Olivier Roland - tagged with Bonheur-et-Art-de-vivre http://www.olivier-roland.fr/feed en-us http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss Sweetcron o.roland@technosmart.net Réparer le futur http://www.olivier-roland.fr/items/view/12974/Rparer-le-futur

Résumé de "Réparer le futur : du numérique à l'écologie" de Inès Leonarduzzi : un essai audacieux sur les conséquences négatives du numérique et sur les moyens d'y faire face, par la fondatrice de Digital For the Planet, spécialiste en développement durable et en stratégie numérique.

De Inès Leonarduzzi, 2021, 222 pages.

Chronique et résumé de "Réparer le futur : du numérique à l'écologie" de Inès Leonarduzzi

Introduction

Inès Leonarduzzi est une entrepreneure digitale dans l'âme. Dès son enfance, elle se passionne pour Internet, qui vient d'apparaître au grand public. Elle est directement fascinée par les univers numériques. Jeune adulte, elle fonde avec deux amis Rouge Moon, une entreprise combinant art et numérique installée à Hong Kong.

Ensuite, elle entreprend une carrière nomade, travaillant à travers le monde en tant que consultante en numérique. Mais l'auteure réalise alors que les technologies, bien que porteuses de progrès, ne sont pas toujours utilisées de manière responsable.

Cette prise de conscience la mène à fonder Digital For The Planet, un mouvement prônant l'écologie numérique. Son objectif est de promouvoir un usage raisonné et juste des technologies, au service du bien commun.

L'écologie numérique

Contrairement à l'approche occidentale traditionnelle, qui traite les problèmes de manière isolée, Inès Leonarduzzi prône une vision globale, inspirée de la pensée orientale. Selon ce point de vue, l'écologie numérique ne s'adresse pas seulement à la question de la protection de l'environnement. Elle implique aussi des actions sociales, économiques et législatives pour protéger l'humain.

Inspirée par plusieurs penseurs de l'écologie, l'auteur cherche à souligner les liens entre pollutions numériques environnementale, intellectuelle et sociale. Son but est de reprogrammer les imaginaires et inventer de nouveaux langages pour faire face à ces enjeux.

"Je définis l’écologie numérique (ou digital ecology) comme l’étude des interrelations entre l’humain, la machine et l’environnement. Elle [l'écologie numérique] préconise des actions à la fois sociales, économiques et législatives, avec pour objectif la protection de l’humain et de l’environnement. Mais il s’agit aussi et avant tout d’un état d’esprit, nécessaire à la bascule d’une société numérique impondérée à un numérique résilient." (Réparer le futur, Introduction)

Digital For the Planet, la grande aventure

En quatre ans, le mouvement Digital For The Planet a accompli de grandes choses. Ce livre en est le témoignage ; il compile des études sur les impacts du numérique et rend hommage à tous ceux et celles qui œuvrent pour un monde numérique plus responsable.

Désormais dans la trentaine et devenue mère, Inès Leonarduzzi dit aussi avoir écrit ce livre pour son fils et pour tous ceux qui sont les plus vulnérables. Elle cherche moins à convaincre qu'à inspirer et à défendre la liberté et la beauté du monde.

Partie 1 — La pollution numérique environnementale

Autrefois perçu comme une solution propre et écoresponsable, le numérique révèle aujourd'hui sa face sombre et polluante. Il a en réalité un impact environnemental considérable. Loin de dépolluer, il contribue aux problèmes environnementaux de façon croissante.

En 2018, le numérique représente plus de 10 % de la consommation électrique mondiale, avec une croissance de 9 % par an. Les centres de données, essentiels au numérique, pourraient devenir plus énergivores que les autres secteurs industriels d'ici 2035.

Chapitre 1 — La fabrication des appareils

1 — Les coulisses du smartphone

En 2020, plus de 14 milliards de smartphones sont en circulation dans le monde, soit plus que le nombre d'humains. À Noida, en Inde, en 2018, Samsung inaugure une usine produisant 330 000 smartphones par jour. Cela montre l'énorme croissance de la production de ces appareils.

Cependant, cette expansion a un coût environnemental élevé. La fabrication d'un smartphone nécessite une grande quantité de matériaux rares et précieux, dont l'extraction contribue à la déforestation, à la pollution et à la dégradation des écosystèmes.

En effet, l'extraction de ces métaux rares requiert des procédés polluants et énergivores. L'auteure donne l'exemple de Baotou en Chine, un site dont la contamination radioactive est très préoccupante.

Il importe de se rendre compte que le numérique, malgré toutes ses qualités, repose sur l'exploitation de ressources limitées. Ce qui menace l'équilibre de la planète.

2 — Le lithium bolivien, au détriment du sel et des lamas

Le lithium, surnommé « or blanc », est un métal rare essentiel à la fabrication de batteries, notamment pour les voitures électriques. En Bolivie, dans le Salar de Uyuni, une vaste réserve de lithium est exploitée au détriment de l'écosystème local et au mépris des droits des travailleurs.

Ainsi, l'usage du lithium est ambigu. D'un côté, il offre des avantages environnementaux, notamment via la production de véhicules électriques sans émission de carbone. D'un autre côté, il pose des problèmes écologiques graves liés à son extraction (contamination des eaux et de la terre, déforestation, etc.).

L'auteure montre ensuite comment les ambitions économiques d'un pays, comme celles du président Evo Morales en Bolivie, intensifient la dégradation des terres et l'exploitation des personnes. Les communautés locales se sentent dépourvues face à des promesses politiques non tenues.

3 — Quelques grammes de Congo

En 2018, au Mali, Inès Leonarduzzi rencontre un homme engagé dans la protection des enfants travaillant dans les mines en République démocratique du Congo (RDC). Le Congo, qui abrite 60 % des réserves mondiales de coltan, est au cœur de l'industrie électronique mondiale.

L'exploitation des minerais est souvent réalisée par des enfants, dans des conditions de travail épouvantables et sans protection sanitaire.

Par ailleurs, les conflits armés autour de ces métaux entraînent une tension et des violences extrêmes, qui touchent aussi bien les humains que la faune et la flore. Les législations, bien qu'existantes, sont souvent insuffisantes pour protéger les travailleurs et l'environnement.

Elle plaide pour plus de transparence dans la chaîne d'approvisionnement des appareils électroniques. Selon elle, des lois plus rigoureuses sont nécessaires afin de minimiser les dommages humains et écologiques liés à l'industrie numérique.

La fabrication de nos appareils électroniques — et en premier lieu des smartphones — représente une part importante de la pollution numérique. Toutefois, d'autres défis se posent une fois ces appareils en circulation. C'est l'objet des chapitres suivants.

Chapitre 2 — Nos usages quotidiens

1 — L'Homo digitalis est un nouveau riche

Notre consommation numérique a explosé en une décennie. Le trafic internet mondial a triplé en cinq ans. Chaque jour, six personnes sur dix se connectent à Internet, ce qui génère 2,5 trillions d'octets de données, avec un impact environnemental équivalent à celui du transport aérien.

Cette dépendance au numérique illustre ce que l'auteure appelle le « syndrome du nouveau riche numérique ». Chaque action en ligne, comme l'envoi d'un selfie, consomme une quantité significative d'énergie. Nous utilisons quotidiennement Internet pour des tâches banales et souvent futiles, sans nous préoccuper des conséquences de nos actes.

Cela dit, la consultante en numérique rappelle que les technologies ne sont pas le problème en soi. En réalité, c'est plutôt l'absence d'alternatives énergétiques durables et l'utilisation excessive et mal informée des ressources qui doivent être mises en cause.

Elle plaide notamment pour une prise de conscience collective de la valeur de l'énergie. De la même manière que l'on apprend à gérer l'argent, nous devons apprendre à gérer nos usages numériques, gourmands en énergie.

Nous devons réfléchir aux sacrifices écologiques qui permettent notre confort numérique afin de chercher des moyens plus durables d'agir.

2 — Internet : une pieuvre de métal gourmande en électricité

Internet repose sur un réseau complexe de câbles en fibre optique — principalement enterrés sous les sols marins — qui assurent 95 % des communications mondiales. Ces câbles, longs de plus de 1,2 million de kilomètres, permettent le flux constant de données nécessaires pour maintenir la connectivité mondiale.

Le "cloud" n'a donc rien d'un espace virtuel au-dessus de nos têtes ! Il est en réalité constitué de centres de données physiques, dont la plupart se trouvent sur terre, et de câbles sous-marins enterrés dans les océans.

Historiquement, ces câbles suivent les mêmes routes que celles utilisées par le télégraphe et le téléphone. Aujourd'hui, ce sont les géants du numérique, comme Google et le reste des GAFAM, qui possèdent, gèrent et transforment à leur avantage ces infrastructures.

Les centres de données, où sont stockées toutes les informations numériques, consomment des quantités massives d'énergie. En 2020, leur consommation mondiale était estimée à 650 térawattheures, principalement pour alimenter les serveurs et refroidir les équipements.

Ces centres, nous dit-on, fonctionnent de plus en plus avec des énergies renouvelables. Mais c'est très insuffisant, selon Inès Leonarduzzi. Ils restent de grands consommateurs d'électricité et nécessitent également d'énormes quantités d'eau pour les besoins de refroidissement.

3 — Internet ne consomme pas que de l'électricité

En effet, Internet consomme une énorme quantité d'eau pour fonctionner, principalement pour refroidir les serveurs dans les centres de données. Ces centres utilisent de l'eau traitée dans des systèmes de climatisation pour éviter la surchauffe des machines.

Par exemple, les 800 data centers de Californie consomment autant d'eau que 158 000 piscines olympiques chaque année. L'eau est souvent évacuée après usage, ce qui contribue au gaspillage de ressources précieuses.

Bien sûr, des ingénieurs cherchent à réduire cette consommation. Le système de "free cooling" utilise l'air frais naturel pour refroidir les machines. D'autres techniques permettent de refroidir les serveurs par immersion dans l'huile ou l'eau.

Des entreprises comme Microsoft avec le projet Natick — qui vise à immerger des serveurs sous l'océan pour les refroidir naturellement— cherchent des alternatives. Cependant, même ces méthodes suscitent des questions quant à leur impact environnemental à long terme.

Par exemple, l'implantation de centres de données dans des régions froides comme la Norvège ou le cercle polaire soulève des questions sur l'équilibre thermique de ces régions. En effet, la chaleur des machines pourrait contribuer au réchauffement de ces zones géographiques.

En réalité, ces stratégies sont souvent motivées avant tout par des considérations financières, même si elles se présentent comme "écologiques".

4 — Les énergies vertes parfois grises

Les énergies renouvelables, comme le photovoltaïque et l'éolien, sont souvent considérées comme des solutions écologiques.

Cependant, leur production et leur infrastructure nécessitent des ressources non renouvelables, notamment des métaux rares, dont l'extraction et le traitement ont un impact environnemental significatif. Le transport, l'installation et le recyclage de ces technologies émettent également des gaz à effet de serre.

De plus, ces installations peuvent perturber les écosystèmes. La faune, comme les oiseaux et les poissons, sont touchés. Par ailleurs, l'auteure constate également des problèmes d'érosion des sols et d'inondation des vallées. Bien que ces énergies émettent peu de CO2, elles ne sont donc pas sans conséquences écologiques.

Nous voyons donc, grâce à ces exemples, que l'engouement pour les technologies "vertes" comme les voitures électriques et les énergies renouvelables doit être accompagné d'une réflexion sur leur véritable impact environnemental tout au long de leur cycle de vie.

En fait, nous devons non seulement améliorer ces techniques, mais aussi repenser nos modes de vie. Comment les rendre plus respectueux de l'environnement ?

5 — Réduire notre impact

Pour traiter cet aspect, Inès Leonarduzzi se remémore une jeune fille solitaire qu'elle croisait chaque matin dans le car scolaire. La disparition soudaine de cette jeune fille, qui souffrait de boulimie, l'a amenée à réfléchir sur la surconsommation numérique, qu'elle compare à un comportement compulsif similaire.

Elle souligne que la surconsommation est l'un des maux les plus préoccupants de notre époque. Le numérique représente 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce n'est pas rien. Pouvons-nous nous désintoxiquer ?

L'auteure prône un changement de comportement progressif et adapté, plutôt qu'une approche radicale. Parmi les actions simples à adopter, elle recommande à minima de :

Conserver ses appareils le plus longtemps possible ;

Privilégier le wifi plutôt que la 4G pour économiser de l'énergie ;

Éteindre sa box internet lorsqu'elle n'est pas utilisée.

Ces gestes simples permettent de réduire l'empreinte numérique tout en réalisant des économies financières et en conservant le confort technologique auquel nous sommes habitués.

Chapitre 3 — Le recyclage

1 — Agbogbloshie

Le bidonville d’Agbogbloshie au Ghana est devenu un cimetière pour les déchets électroniques, principalement expédiés illégalement depuis l'Europe et les États-Unis. Bien que la Convention de Bâle interdise l'exportation de ces déchets vers des pays en développement, ces appareils sont souvent déclarés comme "destinés à la réutilisation".

Sur place, des enfants et adolescents brûlent les appareils pour en extraire des métaux précieux, ce qui est à la fois nocif pour leur santé et l'environnement. Les substances dangereuses comme le plomb, le cadmium et le mercure contaminent les sols, les cours d'eau et l'air, avant de pénétrer dans les organismes vivants.

Malgré quelques initiatives positives — comme la création d'objets d'art à partir de déchets électroniques et des projets de recyclage respectueux de l'environnement —, la situation reste critique.

Alors, que faire ? La consultante en numérique aborde surtout la question de la responsabilité financière des fabricants concernant le recyclage, l'écoconception des appareils et l'amélioration du taux de recyclage.

Pour endiguer ce problème, il est également nécessaire, pour l'auteure, de mesurer et gérer plus efficacement la quantité de déchets électroniques, en promouvant une économie circulaire et en protégeant les travailleurs vulnérables.

2 — Des déchets ou des rejets ?

L'auteure considère que le langage influence notre perception du monde et notre responsabilité,-. Des termes comme "crise" et "déchet", par exemple, portent à confusion. Avec le mot "déchet", par exemple, nous avons l'impression que certains objets sont hors d'usage, alors qu'ils ont encore de la valeur.

Or, dans certaines cultures, rien ne se jette, tout se réemploie. Contrairement à la mentalité occidentale basée sur l'économie de la consommation, ces cultures font preuve d'imagination et d'humilité. Contre notre propension à extraire toujours plus de matériaux, Inès Leonarduzzi plaide ici pour une revalorisation des matériaux existants.

3 — L'économie des flux : et si les déchets créaient de la richesse ?

Notre société continue de valoriser la production de flux, comme en témoigne notre usage du plastique. En France, 5,5 milliards de bouteilles d'eau en plastique sont vendues chaque année. Ce phénomène enrichit les industries pétrochimiques tout en dégradant l'environnement.

Concernant les appareils électroniques, leur durée de vie peut être prolongée par des gestes simples. Nous pouvons, par exemple, remplacer les batteries de nos appareils plutôt que de les jeter.

Trop souvent, les consommateurs changent de téléphone ou d'ordinateur pour des raisons de performance ou sous l'influence de la mode, alors que la plupart de ces appareils fonctionnent encore bien.

La réparation et le recyclage sont des alternatives essentielles pour réduire l'impact environnemental. Consommer avec mesure, en étant conscient de l'impact sur la planète, devient aujourd'hui un signe de modernité.

4 — Le manque d'imagination et de volonté

Pour moins polluer, il faut non seulement réduire notre consommation d’appareils connectés, mais aussi mieux les produire. Cela implique de lutter contre l’obsolescence programmée et de prolonger la durée de vie des appareils en reconditionnant ou en réutilisant leurs composants.

Des initiatives comme les médailles des Jeux Olympiques de Tokyo, fabriquées à partir de déchets électroniques, montrent qu’il est possible de valoriser nos déchets.

Cependant, l'auteure considère que l’obstacle principal à cette transition reste notre manque d’imagination et notre excès d'ego, qui nous poussent à croire que l'économie et l'écologie sont incompatibles.

L'avenir, selon elle, dépendra de notre capacité à adopter une économie circulaire et à mobiliser les citoyens dans ce changement.

5 — S'inspirer des anciens

Pour avancer vers un futur plus durable, il est essentiel de s'inspirer de la nature. Après tout, cette "ingénieure" a bien fait les choses et a des milliards d'années d'expérience !

Le biomimétisme, c'est-à-dire l'innovation inspirée des écosystèmes naturels, offre des solutions ingénieuses qui s'appliquent à tous les domaines industriels, de la construction à l'aéronautique.

Cette approche est encore trop peu explorée. Pourtant, elle montre que la nature fonctionne en cycles sans produire de déchets ni consommer excessivement. L'exemple de la thermorégulation des ours en hibernation illustre comment nous pourrions repenser nos technologies pour qu'elles respectent ces principes naturels d'efficacité énergétique.

Inès Leonarduzzi raconte l'histoire de son grand-père, un homme analphabète mais doté d'une grande sagesse. Il lui avait enseigné que tout ce dont l'humanité a besoin pour résoudre ses problèmes existe déjà, si l'on a les yeux pour le voir et le cœur pour le partager.

Cette leçon rejoint les réflexions des chercheurs modernes qui affirment que nous disposons déjà des ressources nécessaires pour résoudre les grandes crises mondiales, à condition que nous apprenions à mieux les utiliser et les répartir.

Finalement, le biomimétisme n'est pas simplement une approche scientifique, c'est aussi une philosophie de vie qui nous invite à revoir notre rapport au monde et à utiliser les solutions que la nature nous offre tous les jours.

Partie 2 — La pollution numérique intellectuelle

Au-delà de l'impact environnemental du numérique, il existe des formes de "pollutions" numériques moins visibles mais tout aussi préoccupantes. L'illectronisme, ou l'incapacité à utiliser les outils numériques, par exemple, engendre de nouvelles inégalités dans une société de plus en plus dépendante du numérique.

Par ailleurs, l'usage excessif des technologies peut perturber nos capacités cognitives, altérer notre sommeil ou conduire à des dépendances préoccupantes. Ces formes de pollution intellectuelle sont subtiles mais omniprésentes, et elles affectent les individus sans qu'ils en soient toujours conscients.

Pour un numérique véritablement durable, il est crucial de prendre conscience de ces dangers et de développer des stratégies pour s'en prémunir. Comment ? En optimisant l'usage des technologies plutôt qu'en les rejetant.

Pour Inès Leonarduzzi, le défi est d'apprendre à utiliser ces outils de manière intelligente, en renforçant nos capacités cognitives plutôt qu'en les affaiblissant.

Chapitre 1 — L'illectronisme, l'illettrisme électronique

1 — Les laissés-pour-compte du numérique

L’illectronisme, ou l’incapacité à utiliser les outils numériques, touche un nombre croissant de personnes en France, jeunes et personnes âgées. Bien que la majorité des Français possèdent un équipement informatique, beaucoup rencontrent des difficultés avec des tâches simples comme envoyer un e-mail ou remplir des démarches administratives en ligne.

Cette situation est exacerbée par la fermeture progressive des centres administratifs, laissant des milliers de personnes dans l'incapacité d'exercer leurs droits fondamentaux.

Les personnes vulnérables, comme les allocataires de minima sociaux et les demandeurs d’asile, sont particulièrement touchées, car elles peinent à naviguer dans un monde de plus en plus dématérialisé.

L’illectronisme met en lumière une fracture numérique qui transforme le numérique en un outil discriminatoire. Parce qu'ils sont dans l'incapacité d'acquérir ou de se servir des outils numériques, certaines personnes sont privées de leurs droits.

2 — Pourquoi est-ce essentiel de lutter contre l'illectronisme ?

Selon Inès Leonarduzzi, délaisser une partie de la population face à la transition numérique n’est pas seulement une question sociale, c'est aussi une question économique.

En effet, lutter contre l’illectronisme pourrait générer un bénéfice annuel de 1,6 milliard d’euros, notamment via l'optimisation des téléprocédures. Selon l'auteure, l'administration publique pourrait économiser jusqu'à 450 millions d'euros par an.

De plus, les citoyens gagneraient un temps précieux au quotidien, par exemple en simplifiant la prise de rendez-vous médicaux ou les courses en ligne.

Mais pour l'auteure, le véritable problème va au-delà des aspects économiques. Les illectronés, souvent désireux d’apprendre, voient dans le numérique un moyen de rester connectés avec leurs proches.

Mais le déploiement des outils et des formations reste insuffisant. Il faudrait aussi convaincre les réfractaires des avantages qu'ils peuvent tirer de ces outils.

Inès Leonarduzzi souligne enfin que le numérique semble privilégier les populations urbanisées et actives. Pour ceux qui ne souhaitent pas s'équiper d'ordinateurs ou de smartphones, accéder à leurs droits devient un véritable parcours du combattant, ce qui exacerbe le sentiment d'exclusion et de frustration.

Une fracture numérique se creuse, créant ce que la consultante en numérique nomme une "France sans contact", divisée entre les privilégiés et ceux qui sont laissés pour compte dans cette révolution technologique.

Chapitre 2 — L'intelligence humaine à l'épreuve du quotidien

1 — Les enfants : la chair à canon numérique

En tant que mère, Inès Leonarduzzi s'est rapidement interrogée sur l'impact des écrans sur les enfants. Elle souligne que cette question n'a cessé de la préoccuper, même avant sa grossesse.

Lors de ses recherches, elle a découvert que les enfants sont naturellement attirés par les écrans en raison de leur lumière et de leur mouvement. Mais est-ce sans risque ?

Selon Leonarduzzi, les écrans peuvent être à la fois bénéfiques et dangereux pour les enfants.

D'un côté, ils peuvent servir d'outils d'apprentissage, aider les enfants souffrant de troubles d'apprentissage, et même développer certaines compétences cognitives.

Cependant, une exposition excessive peut entraîner des retards de langage, des troubles de l'attention et des difficultés à établir des relations sociales.

Il importe donc d'encadrer strictement l'utilisation des écrans chez les enfants, en adoptant une approche équilibrée qui alterne entre expériences réelles et virtuelles.

Pour aider les parents, Inès Leonarduzzi propose la méthode « EQE » basée sur trois valeurs :

L'équilibre, ;

La qualité ;

L'échange.

Cette méthode encourage les parents à alterner les activités numériques et non numériques, à veiller à la qualité des contenus visionnés par les enfants et à discuter avec eux de leurs expériences en ligne.

Inès Leonarduzzi critique également la réticence des autorités françaises à adopter des mesures de protection plus strictes. À Taïwan, par exemple, l'exposition excessive des jeunes enfants aux écrans est considérée comme une forme de maltraitance.

En France, des efforts sont réalisés pour sensibiliser les parents, mais il reste encore beaucoup à faire pour protéger les plus petits des effets potentiellement nocifs des écrans.

2 — Dors, tu n'es pas un robot !

Une enquête menée en 2016 révèle que plus de 90 % des personnes dormant près de leur téléphone consultent leurs messages la nuit, et 79 % y répondent immédiatement. Ces habitudes, courantes chez les adolescents, ont des effets préoccupants sur la santé.

En activant les récepteurs photosensibles de la rétine, la lumière bleue perturbe le rythme circadien et entraîne des troubles du sommeil, voire des maladies comme l’obésité ou le diabète.

Pour l'auteure, le sommeil devrait être un moment de déconnexion totale. Les adolescents sont particulièrement vulnérables, car le sommeil est crucial pour leur croissance. Des études montrent que les enfants possédant un smartphone dorment moins que ceux qui n'en ont pas, ce qui contribue à un phénomène inquiétant de « dette de sommeil ».

Inès Leonarduzzi souligne l'importance de sensibiliser davantage sur ce sujet, en particulier auprès des jeunes. Elle plaide pour une utilisation plus exigeante et consciente du numérique.

Elle insiste tout particulièrement sur la nécessité d'éduquer les jeunes aux effets néfastes des écrans sur le sommeil et rappelle que peu d'initiatives institutionnelles ou technologiques existent actuellement pour protéger les utilisateurs.

3 — L'hyperconnexion, cette amie toxique

Dans ce chapitre, Inès Leonarduzzi partage son expérience personnelle de stress numérique. Elle raconte comment la surcharge de travail et l'usage intensif de ses smartphones l'ont conduit à une fatigue extrême à un âge précoce.

À 26 ans, la pression constante d'être connectée et disponible en permanence l'a conduit à un épuisement professionnel ou "blurring" — un état où les frontières entre vie personnelle et professionnelle s'effacent complètement.

Pour l'auteure, cette pression est exacerbée par la culture actuelle de l'e-mail, qui est passée d'un mode de communication asynchrone à une exigence de réponse immédiate.

Les employés passent désormais une part significative de leur journée à gérer leurs e-mails, ce qui entraîne non seulement une augmentation du stress, mais aussi une baisse de la productivité.

Cette hyper-connectivité a donné naissance à de nouvelles formes de stress, comme la nomophobie et l'hypovibrochondrie. Ces termes neufs sont révélateurs de l'impact du numérique sur la santé mentale.

Inès Leonarduzzi propose finalement des stratégies concrètes pour réduire le stress numérique, telles que :

Fixer des créneaux horaires pour vérifier les e-mails ;

Désactiver les notifications et organiser ses messages ;

Limiter l'usage du téléphone le soir.

Chapitre 3 — Les algorithmes de l'addiction

1 — L'économie de l'attention

En 2014, Banksy, connu pour ses œuvres politiquement engagées, se détourne brièvement de la politique pour aborder l'addiction aux écrans à travers sa peinture murale Mobile Lovers. L'œuvre montre un couple enlacé, mais chacun est absorbé par son smartphone, ignorant l'autre.

Plus tard cette même année, une autre œuvre de Banksy représente un smartphone prenant racine dans une main, symbolisant son intégration profonde dans nos vies.

Ces deux œuvres illustrent la difficulté de réguler l'utilisation des écrans : nous serions "addicts" ou presque. Pourquoi ?

Selon Inès Leonarduzzi, il est essentiel de comprendre son origine. Elle se réfère, pour cela, à plusieurs chercheurs en sciences sociales. Tout d'abord, elle se réfère à Herbet Simon pour affirmer que nous vivons désormais dans des sociétés riches en information.

Par ailleurs, elle se tourne vers Yves Citton qui explique que l'attention des individus est devenue un enjeu économique crucial.

L'auteure illustre ce dernier point en affirmant que TF1 et Facebook sont avant tout des régies publicitaires, avant même d'être des chaînes de télévision ou des réseaux sociaux ! En effet, ces entreprises captent notre attention pour vendre des espaces publicitaires.

Pour l'auteure, cette course à l'attention mène une forme de pollution numérique intellectuelle. L'omniprésence des écrans, alimentée par ces modèles économiques, conduit à un déclin intellectuel marqué par l'augmentation des troubles de l'attention et de la concentration.

2 — Ceux qui nous piègent depuis la Silicon Valley

Dans la Silicon Valley, l'objectif principal des entreprises technologiques est de créer des applications qui captent le plus grand nombre d'utilisateurs. Comment ? En utilisant des stratégies qui exploitent les biais cognitifs pour encourager l'addiction aux écrans.

Notre attachement aux outils numériques n'est donc pas un simple effet secondaire. C'est une stratégie délibérée conçue par des experts en « expérience utilisateur » (UX designers), souvent formés en sciences cognitives.

Leur mission ? Concevoir des interfaces qui incitent les utilisateurs à réaliser des actions malgré eux, à travers des techniques appelées dark patterns.

Ces dark patterns incluent des mécanismes comme le fil d'actualité infini sur les réseaux sociaux ou les notifications répétitives. Ces techniques créent des habitudes addictives similaires à celles des machines à sous.

L'université de Stanford, par exemple, a été pionnière dans l'enseignement de ces techniques à travers son Persuasive Tech Lab, où des étudiants apprennent à manipuler les comportements des utilisateurs.

Mais l'avenir n'est pas si sombre. Heureusement, Inès Leonarduzzi souligne qu'une nouvelle génération de « designers éthiques » émerge. Ceux-ci cherchent à créer des interfaces qui respectent et aident les utilisateurs et non à les manipuler.

Encore une fois, pour elle, l'enjeu n'est pas de rejeter le numérique, mais de participer à la construction d'un futur numérique plus responsable.

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Thu, 07 Nov 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12974/Rparer-le-futur
Faire plus avec moins http://www.olivier-roland.fr/items/view/12973/Faire-plus-avec-moins

Résumé de « Faire plus avec moins » de Vicky Payeur : la créatrice du blog Vivre avec moins nous propose ici un condensé de son savoir et de ses conseils pour « redécouvrir l’abondance grâce à la frugalité » et apprendre à vivre mieux au jour le jour.

Vicky Payeur, 2022, 204 pages.

Chronique et résumé de "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur

Avant-propos

Connaissez-vous le frugalisme ? Il s'agit de cette tendance à rechercher l'indépendance financière hors travail le plus tôt possible dans son existence. Autrement dit, prendre sa retraite dès 30 ou 40 ans ! Mais est-ce vraiment réalisable ?

Au Québec — pays de Vicky Payeur — comme ailleurs, la réponse est oui. À condition, bien sûr, de respecter certains principes de vie et d'avoir mis suffisamment d'argent de côté pendant les années de labeur.

Le mouvement FIRE, pour Financial Independence Retire Early est pionnier et particulièrement représentatif de cette tendance de fond des sociétés contemporaines. Il a émergé aux États-Unis dans les années 2010, quand des blogueurs ont publié leurs idées concernant l'épargne et la retraite précoce.

Vicky Payeur dit s'inspirer de tous ces auteurs du mouvement FIRE. Mais elle voudrait répondre à une question restée selon elle largement sans réponse : "comment vivre la frugalité au quotidien ?" C'est-à-dire concrètement (p. 8-9) :

« Comment faire augmenter la valeur de ses placements ?

Quelles stratégies utiliser pour réduire les impôts à payer ?

Comment travailler davantage ou gagner plus d'argent ?

Quelles dépenses est-il nécessaire d'enlever de son budget pour peut-être espérer vivre librement un jour ?

Comment épargner un peu plus chaque mois ? » (Faire plus avec moins, Avant-propos)

L'autrice s'est posé ces questions dans sa propre existence : en 2015, elle est passée d'un mode de vie hyperconsommateur à une existence frugale, principalement pour rembourser ses dettes. Aujourd'hui, elle est très heureuse de son choix et veut partager ses bons plans avec vous. Sympa, non ?

Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur son blog Vivre Avec Moins.

Introduction

"Frugalité est un mot que j'entends bien rarement. Probablement parce qu'il est souvent associé péjorativement à l'avarice ou, comme on dit, au fait d'être cheap. Personne ne souhaite être perçu ainsi dans une société où l'étalage des richesses et la démonstration d'exploits professionnels sont valorisés ! Cependant, il y a une nuance importante entre frugalité et avarice."

Quelle est-elle ?

L'avare ne veut pas se séparer de son argent ; il veut même en accumuler toujours plus, sans raison.

La personne frugale (ou le "frugaliste") est sobre, oui, économe, encore, mais elle n'est pas attachée à l'argent et pourra se montrer généreuse ou s'octroyer des plaisirs de temps à autre.

La frugalité ne date pas d'hier

En un sens, la frugalité est une habitude de grand-mère. Rappelez-vous ses petits plats et sa manie à "tout" réparer ou à tout garder. Eh bien, c'est l'inverse de notre mode de vie actuel et, pourtant, c'est vers cela que nous pouvons aller si nous le voulons.

Oui, penser sa consommation est (re)devenu essentiel ! Oui, penser, réfléchir à ce qui est utile et à ce qui ne l'est pas. Commençons petit à petit et voyons comment amplifier peu à peu cette attitude dans notre existence de tous les jours. L'enjeu est économique, mais aussi environnemental.

Oser devenir libre

"En consommant moins, mais mieux, on peut transformer notre budget en entier", dit l'auteur. Épargner : voilà la clé. Et ce livre est justement conçu pour vous aider à le faire de manière efficace. Certaines propositions peuvent paraître "extrêmes", mais c'est parce qu'elles visent à "atteindre des objectifs ambitieux".

C'est possible. Par ailleurs, être frugal ne veut pas dire arrêter complètement de travailler. Vous pouvez vous consacrer à des projets qui ont du sens pour vous, mais vous ne dépendez plus d'un emploi qui ne vous plaît pas.

À vous de définir exactement votre idée de la liberté financière. À vous, aussi, de laisser de côté les conseils qui vous plairont le moins pour adapter la méthode en fonction de vos aspirations profondes.

Partie 1 — L'heure des bilans

  1. Analyse

Au Québec, un tiers de la population environ vit d'une paie à l'autre sans pouvoir épargner ou en épargnant très peu. Pour Vicky Payeur, c'était la même chose. Jusqu'au jour où elle s'est mise en tête d'étudier les dépenses de son compte bancaire.

Elle donne ce premier conseil :

"Prenez le temps d'analyser votre situation financière en toute franchise et posez-vous la question suivante : "où va mon argent ?"." (Faire plus avec moins, Chapitre 1)

Posez-vous des questions telles que :

Combien est-ce que je dépense en… (restaurant, vêtements, etc.) ?

Quand ai-je réalisé ma dernière grosse dépense ?

Combien est-ce que j'épargne par mois ?

Jusqu'à quand pourrais-je survivre si je perdais mon travail demain ?

En fait, nous pensons souvent agir plus vertueusement que nous ne le faisons en réalité. Lorsque nous nous imposons cette petite analyse, nous voyons mieux où le bât blesse et ce que nous pouvons faire pour corriger le tir. Et cela vaut à 20 ans comme à 50 !

  1. Quotidien

Nous ne sommes pas les victimes. L'état de nos finances dépend de nous. Bien sûr, nous avons diverses obligations, mais il est toujours possible de revenir à la question : "qui a choisi de contracter ce prêt ?", etc.

Commençons donc par nous dire que c'est possible. Et que nous avons la responsabilité de gérer correctement notre argent. Chacun, en fonction de sa situation propre, peut faire un premier pas.

Quels sont les postes de dépenses que vous pouvez revoir ?

Les déplacements

Si vous avez besoin d'une voiture, interrogez-vous sur l'utilité réelle (et non symbolique) d'avoir une voiture neuve, en location (leasing) ou achetée avec un prêt, par exemple. Ne vaut-il pas mieux opter pour une voiture d'occasion ?

Et si vous ne possédiez pas de voiture ? Le quotidien deviendrait-il impossible ? Si la réponse est non, alors interrogez-vous sur le caractère nécessaire de cet achat et envisagez les autres options en comparant l'aspect financier (autobus, train, etc.).

L'hypothèque

Les prix des logements montent, grimpent, volent ! Vous voulez acheter ? Avez-vous les reins assez solides pour vous embarquer dans une hypothèque à long terme ?

Vicky Payeur met surtout en garde au niveau de la tentation de voir trop grand. Pensez votre logement en fonctions, ici encore, de vos besoins réels. Selon le nombre de personnes dans votre famille, vous aurez certes besoin d'une maison ou d'un appartement plus petit ou plus grand, mais à quoi bon vouloir un palace difficile à chauffer ?

Le ratio des dépenses mensuelles liées au logement devrait être d'un tiers (30 %) et idéalement d'un cinquième (20 %). Dans beaucoup d'endroits, il est difficile de tenir ce ratio, mais vous pouvez agir à d'autres endroits.

"En réduisant le coût obligatoire associé à votre habitation, vous aurez plus de marge de manœuvre pour les autres postes de dépenses et, par le fait même, pourrez épargner davantage." (Faire plus avec moins, Chapitre 2)

Les sorties au restaurant

Nous aimons tous aller au restaurant. Mais nous avons aussi tendance à y aller… beaucoup. Surtout lorsque nous travaillons à l'extérieur. Petit-déjeuner, déjeuner et dîner : parfois les trois repas y passent !

Faites le compte. Cela revient vite cher, vous verrez. Nous verrons dans la suite de l'ouvrage (partie 2) comment mettre en place une alimentation plus frugale et plus saine — sans pour autant nous priver du restaurant lors des occasions spéciales !

Les achats impulsifs

Les trois postes de dépenses précédents (voiture, logement, nourriture) sont souvent les plus gourmands et ceux qui nous empêchent d'épargner. Il faut y ajouter tous ces achats impulsifs qui allègent grandement notre portefeuille.

À quoi pensez-vous ? À la télévision que vous venez d'acheter ? Au cafe latte de 16 h ou à cette dernière paire de chaussures commandée en ligne ? Pas besoin de vous faire un dessin ; vous voyez certainement de quoi Vicky Payeur veut parler !

"Tous ces achats que vous faites parfois sans réfléchir ont un effet direct sur votre liberté. Plus vous dépensez, plus vous devrez travailler pour payer ces abonnements mensuels et ces achats spontanés. Chaque fois que vous utilisez votre carte bancaire, vous venez de retarder l'heure, le jour et l'année de l'atteinte de votre liberté." (Faire plus avec moins, Chapitre 2)

Cette dernière phrase peut faire réfléchir, pas vrai ? Gardez-la à l'esprit au moment de sortir votre carte bleue plus vite que Zorro.

Choisir sa vie

Bien entendu, personne ne vous demande de vivre une vie qui ne vous conviendrait pas. Vous avez le contrôle. Si, pour vous, cette vie plus dépensière vous satisfait et que vous pouvez vous l'offrir (même si c'est à crédit sur votre retraite anticipée), alors pourquoi pas !

Mais si vous avez l'ambition de moins travailler et/ou de vous consacrer davantage à ce que vous aimez vraiment, bref si votre vie ne vous convient pas en l'état, alors pensez-y…"Prenez quelques minutes pour analyser votre mode de vie actuel et les frais occasionnés", dit l'autrice. "Où aimeriez-vous habiter ? Quelle vie aimeriez-vous mener ?".

  1. Changement

Le changement est aussi psychologique et social. Nous avons l'habitude d'écouter certains discours qui nous poussent à la consommation. Mais correspondent-ils à nos valeurs et à nos aspirations ? Pas vraiment, ou rarement.

Changer dans le sens du frugalisme, c'est donc aussi ouvrir son esprit à d'autres manières de voir le monde et d'agir en son sein.

Par ailleurs, la motivation à vous limiter aujourd'hui peut être boostée par votre volonté à atteindre un objectif précis. C'est aujourd'hui que commence ce projet, et pas demain ! Établissez dès que possible votre pourquoi (votre objectif) et votre comment (les moyens pour y parvenir).

Progressez à votre rythme

"Ne vous inquiétez pas, je ne vous suggère pas de devenir un ermite dans le fond des bois, loin de la consommation de notre société capitaliste (bien que je trouve ce mode de vie inspirant !). Il suffit de modifier quelques-uns des gestes que vous accomplissez quotidiennement au profit d'une option plus économique." (Faire plus avec moins, Chapitre 3)

Autre point central qui est même la "règle d'or" selon Vicky Payeur : y aller à son rythme. Sans quoi, vous risquez fort bien d'abandonner rapidement.

Par ailleurs, utilisez ce que vous avez déjà. Prenons un exemple. Terminez tous vos produits de ménage habituels afin de penser à en acheter d'autres qui seront plus économiques et écologiques (par exemple en vrac).

Selon Vicky Payeur, la durée de "mise en route" d'un mode de vie frugal peut fortement varier selon les personnes. Dans son cas, cela lui a pris un an et demi pour "atteindre un niveau satisfaisant". "Il ne faut pas devenir fou et rechercher la perfection", dit-elle encore pour nous rassurer.

L'important, c'est d'être curieux et de tester les astuces. D'en faire de petites habitudes à intégrer dans votre quotidien progressivement. Laissez de côté celles qui ne vous correspondent pas et adoptez les autres !

Cherchez l'inspiration

Vous trouverez sur Internet différentes inspirations, des plus radicales (comme Mark Boyle et son livre L'homme sans argent) au plus softs.

Vous pouvez aussi trouver l'inspiration plus directement autour de vous. Nous avons parlé plus tôt de la grand-mère, mais cela peut être un cousin ou un oncle. Qui sait ! Demandez-leur comment ils font et ils partageront certainement leurs astuces frugales avec vous.

Mais Vicky Payeur ne veut pas s'arrêter là. Selon elle, vous pouvez devenir votre propre source d'inspiration. Comment ça ?

En fait, vous pouvez rapidement devenir "accro" à ce petit jeu de l'épargne. Dès que notre focale se concentre sur la liberté financière, vous avez envie d'éliminer les dépenses superflues. cela devient un jeu !

Persévérez

Comment tenir bon, même dans les moments difficiles ? L'autrice rapporte ici sa propre expérience et donne des dates précises :

2015-2016 : elle freine sa surconsommation et met de l'ordre dans ses finances.

2016-2018 : elle commence à voir son endettement se réduire peu à peu. En un peu moins de deux ans, elle rembourse 16 000 $.

2018-2019 : elle se constitue un fonds d'urgence pour "assurer sa sécurité financière". Elle décide de quitter son emploi au bout d'un an d'épargne.

2019-2020 : ce n'est pas toujours facile d'être complètement à son compte. Mais elle a réussi à ne pas s'endetter à nouveau et à vivre modestement, mais correctement.

2020-2021 : elle achète un bien immobilier avec son compagnon, beaucoup de dépenses en une fois, mais un investissement rendu possible par les efforts réalisés jusque-là !

"Parfois, il faut mettre la main à la pâte pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, pour changer son quotidien." (...) Le chemin le plus facile pour y arriver, c'est celui de la frugalité." (Faire plus avec moins, Chapitre 3)

Petit à petit, vous pouvez voir le ciel s'éclaircir et penser non seulement à l'épargne, mais aux investissements financiers tels que la bourse ou l'immobilier.

  1. Doutes

"Êtes-vous obligé de parler de vos nouvelles motivations, de votre changement de vie ou de vos prises de conscience ? La réponse est non." (Faire plus avec moins, Chapitre 4)

Parfois, nous pouvons percevoir notre entourage comme un frein dans la réalisation de nos objectifs. À d'autres moments, ils sont une grande source d'inspiration et de motivation. À vous, donc, de voir quand et avec qui vous voulez partager votre nouveau goût pour la simplicité.

Vicky Payeur, pour sa part, a décidé d'ouvrir complètement les vannes, puisqu'elle a créé un blog dans lequel elle s'est mise à raconter son parcours, depuis ses erreurs jusqu'à ses réussites. Elle partage au quotidien avec son audience des trucs et astuces et répond aux questions qui lui sont adressées.

☀️ En véritable infopreneuse, elle propose aujourd'hui des ateliers et des formations pour aider celles et ceux qui le souhaitent à prendre le chemin de la frugalité. Bref, à sa manière, elle suit la méthode des rebelles intelligents proposée dans votre livre gratuit Vivez la vie de vos rêves grâce à votre blog !

Le jugement des autres

Le jugement des autres peut avoir une influence négative sur vous. Certaines personnes peuvent être fermées à ce mode de vie. D'autres peuvent (parfois même les mêmes) ressentir de la jalousie. Savoir s'y préparer permet de mieux affronter ce problème.

Comment faire ? En ne parlant pas quand vous n'en sentez pas le désir et en ignorant ceux et celles qui vous critiquent ou vous envient. Malgré ses activités de blogueuse, Vicky Payeur prône plutôt la voie du "en dire moins, c'est souvent mieux'.

Surtout lorsqu'il s'agit de parler de ce que vous arrivez à mettre de côté ! En effet, ce n'est pas la même chose de parler de ses difficultés et de trucs et astuces pour les surmonter que d'exposer ses objectifs et ses revenus réels.

La prudence est donc de mise. Mais dans tous les cas, vous restez maître de vos prises de parole.

Une histoire de collègues

Au travail, vous pourrez faire face à des collègues qui sont eux aussi dans des situations d'endettement ou de difficultés financières, mais qui refuseront (voire se moqueront) de vos objectifs frugaux. C'est ce qu'a vécu Vicky Payeur. Comme elle, laissez vos chemins se séparer.

Focalisez-vous sur votre propre réussite et adoptez la pensée positive.

"Aujourd'hui, je sais pertinemment qu'adopter la pensée positive dans mes différentes actions du quotidien a été la clef de ma réussite." (Faire plus avec moins, Chapitre 4)

La force des amitiés

À côté des personnes qui vous tirent vers le bas, il y — aussi ! — toutes celles qui vous aident dans votre parcours. Les vrais amis sont ceux qui accepteront de ne plus sortir au restaurant comme avant mais vous aimeront toujours autant.

Redécouvrez ensemble des activités que vous aviez perdues de vue, par exemple. Pourquoi ne pas se retrouver chez soi plutôt que d'aller dans un bar ? Aller se promener ou jouer aux cartes… Ce ne sont que quelques illustrations.

Vous pouvez également adapter certaines activités pour les rendre plus frugales. Par exemple : les vacances. Vous pouvez épargner tout au long de l'année dans l'optique de ces vacances entre amis que vous avez l'habitude de faire.

"Croire qu'on ne peut pas adopter de nouvelles habitudes par crainte de l'avis de ses amis ou d'autrui, c'est s'enfermer dans une cage sans même avoir essayé d'en sortir. Essayez de nouvelles choses, osez, puis vous verrez ce qui en découlera !" (Faire moins avec plus, Chapitre 4)

Partie 2 — Comment se vit la frugalité ?

  1. Avant

Revenons encore une fois à nos grands-parents. Non pas pour nier les progrès dont nous profitons aujourd'hui, mais pour éclairer de leur perspective notre tendance à l'hyperconsommation.

Ils avaient l'habitude de recycler et d'entretenir les choses ; nous jetons sans même prendre le temps de réparer. Qui a raison ? Prenons-les en exemple, soutient Vicky Payeur.

S'inspirer de la Grande Dépression

La grande crise qui fit suite au Krash boursier de 1929 intéresse beaucoup l'autrice. Selon elle, il y a même "7 astuces économes" à retenir en particulier :

« Cuisiner à partir de rien ;

Réparer avant de remplacer ;

Se divertir dans le confort de son foyer ;

Faire soi-même ;

Faire du troc ;

Dépenser seulement l'argent qu'on a ;

Réutiliser. » (Faire plus avec moins, Chapitre 5)

Retourner à la base

Nos ancêtres avaient beaucoup d'imagination pour vivre de peu ! En allant fouiller pour nous dans les savoirs de nos aïeux, la blogueuse retrouve plein de trucs et astuces qu'elle partage dans cet ouvrage.

Parmi les conseils supplémentaires, très pratico-pratiques, qu'elle donne à la suite du chapitre pour concrétiser les "7 astuces économes", vous trouverez :

Faire son bouillon (alimentation) ;

Sécher les poches de thé (alimentation) ;

Entretenir un potager (alimentation) ;

Réutiliser les vieux tissus (textile) ;

Raccommoder les vêtements (textile) ;

Revaloriser les emballages alimentaires (organisation) ;

Prendre des notes sur des vieilles enveloppes (organisation) ;

Etc.

À vous de consulter l'ouvrage afin de voir quels sont les trucs qui vous plaisent et vous paraissent réalisables chez vous ;). Maintenant, entrons dans le détail des propositions de Vicky Payeur.

  1. Alimentation

"Il faut arrêter de consommer en mode automatique et commencer à se poser les bonnes questions qui nous rapprocheront un peu plus de notre liberté financière. L'argent qu'on évite de gaspiller aujourd'hui est peut-être ce qui fera la différence entre une retraite à 45, 50 ou 55 ans, plutôt qu'à la mi-soixantaine !" (Faire plus avec moins, Chapitre 6)

La cuisine est sans doute l'un des endroits où nous pouvons agir le plus efficacement pour réduire nos dépenses et mettre en pratique le frugalisme. Voyons comment.

L'évolution de mon panier

Vicky Payeur raconte comment elle est passée d'un panier d'achat de 120 $ à 50 $ par semaine (et même à 20 $ lorsqu'elle remboursait ses dettes !). Plusieurs actions sont à mettre en place, comme utiliser ce que vous avez dans vos tiroirs et n'acheter que ce dont vous avez besoin.

Progressivement, vous pouvez également changer durablement vos habitudes alimentaires. Manger moins de viande est économique et écologique, sans compter que c'est également bon pour votre santé.

Autre astuce : être attentif aux aubaines : réductions en tout genre dans les magasins ou via des applications dédiées, par exemple.

Viser l'équilibre, pas les extrêmes

Il est important de continuer à s'alimenter correctement. Manger des pâtes au beurre tous les jours n'est pas la solution… Votre santé est plus précieuse que vos économies !

Manger frugal

Manger frugal, c'est donc manger des produits frais et variés. Bref, c'est manger sainement et économiquement en suivant ces 9 règles d'or de l'alimentation frugale (p. 83) :

« Ne rien gaspiller ;

Cuisiner ce que l'on a ;

Utiliser des techniques de conservation adaptées ;

Planifier ses repas ;

Connaître les prix ;

Adopter la semaine sans épicerie ;

Mettre en place un système anti-gaspillage ;

Faire pousser des aliments ;

Manger principalement des repas maison." (Faire plus avec moins, Chapitre 6)

L'autrice présente en détail ces 9 points et vous donne encore plus de conseils dans les pages qui suivent. Mais passons à la suite.

Les fameux gadgets de cuisine

Minimalisme et frugalisme vont de pair. Pas besoin d'avoir les nouveaux robots ménagers à la mode ou les ustensiles hyperspécialisés qui vous serviront trois fois dans l'année. Débarrassez-vous de tous ces gadgets inutiles, encombrants. Et surtout : ne les achetez pas ! Ou bien si vraiment c'est indispensable, achetez en promotion…

N'oubliez pas : les produits dits "révolutionnaires" censés vous "simplifier la vie" ne sont souvent que des machins compliqués qui, au final, ne vous font pas gagner une seule minute — et encore moins un centime.

Économiser un dollar à la fois

En apprenant la simplicité et le recyclage en matière d'alimentation, vous pouvez vraiment commencer à voir la différence dans votre portemonnaie et votre compte en banque. C'est l'un des domaines où vous pouvez être le plus créatif et le plus rapidement efficace.

  1. Logement

"Imaginez : chaque jour, le tiers de votre temps passé au travail ne sert qu'à mettre un toit sur votre tête. Réduire sa mensualité pour se loger est donc, sans surprise, une piste de solution majeure pour réduire vos dépenses de manière générale et alléger votre budget." (Faire plus avec moins, Chapitre 7)

Ne partons pas du principe que c'est impossible ; se loger à coût raisonnable est parfaitement faisable. Il y a des solutions plus radicales, telles que vivre en yourte ou sur un bateau, par exemple, et d'autres qui le sont moins. Explorons-les ensemble.

Les pièges à éviter

La première erreur est peut-être… de choisir une propriété "qui utilise le maximum de notre capacité d'emprunt pour l'hypothèque". À quoi bon ? Le plus important n'est-il pas de bien vivre au quotidien, sans se créer (trop) de stress supplémentaire ?

La modestie peut ici vous éviter de gros ennuis plus tard, lorsque vous devrez rembourser mensuellement votre prêt.

Autre écueil (lié au premier) : éviter de faire le "voisin gonflable", c'est-à-dire celui qui a tendance à gonfler son importance de biens trop chers pour lui, jusqu'à l'endettement insupportable.

Nous avons toujours tous tendance à nous comparer aux autres et à vouloir ce qu'ils ont (voire mieux). C'est la base sociologique de ce phénomène problématique.

Mais nous pouvons y résister. Au lieu d'agir de façon impulsive, attendez deux semaines ou un mois avant d'agir. "Il y a de fortes chances que vous ayez déjà oublié ce désir et que vous soyez rendu à autre chose", prédit Vicky Payeur !

Les autres frais

Il existe des dépenses plus essentielles que d'autres. Parmi celles-ci, bien sûr, le paiement de l'hypothèque ou du loyer, ainsi que les assurances diverses et les frais fixes (abonnements à l'électricité, internet, eau, gaz) qui nous permettent de vivre confortablement et en sécurité au jour le jour.

Par contre, réfléchissez aux dépenses qui sont accessoires. Cela dépend de chacun, mais voici quelques exemples :

Femme de ménage ;

Entretien paysager ;

Télévision câblée (ou abonnement Netflix) ;

Etc.

Se loger à petit prix

Dans cette section, l'autrice vous donne quelques idées pour vivre de façon moins conventionnelle et plus économique — voire plus rentable :

Opter pour un petit logement (genre tiny house, yourte, etc.) ;

Vivre en colocation ;

Habiter avec ses parents ;

Déménager dans une autre région ;

Louer une partie de son bien immobilier ;

Vivre en van ;

Faire du "home sitting" (gardiennage de maison) ou du WWOOFing (travail contre logement) ;

Etc.

Les solutions sont nombreuses et très variées !

Vivre de façon alternative, même avec des enfants

Peut-être pensez-vous que ces solutions sont réservées à des jeunes gens. Impossible d'agir de la sorte quand on a une famille ! Et pourquoi pas ? L'autrice rapporte plusieurs anecdotes de parents vivant frugalement et différemment en ayant un ou plusieurs enfants.

Hypothèque ou location ?

Impossible à dire de façon générale. "Pour savoir si vous gagnez à louer ou à acheter une propriété, il vous faudra sortir la calculatrice", prévient Vicky Payeur. Toutefois, il est possible de mettre en évidence quelques avantages et inconvénients de chaque situation.

Pour la location :

Prix fixe chaque mois (+) ;

Mais possibilité de hausse du prix du loyer au renouvellement du contrat, voire d'expulsion (-) ;

Moins de frais liés à l'entretien (+) ;

Mais moins de liberté d'action (-).

Pour l'achat/hypothèque :

Marge de manœuvre accrue (+) ;

Mais frais "surprises" (-) ;

Épargne "forcée" qui nous permet de constituer un capital (+).

  1. Loisirs

"Plutôt que de dépenser votre argent en biens matériels, dépensez-le en nouveaux apprentissages. Le savoir est la seule chose que personne ne pourra jamais vous retirer." (Dominique Loreau, L'art de la simplicité, Cité dans Faire plus avec moins, Chapitre 8)

Nous avons plus de loisirs aujourd'hui qu'avant, mais souvent nous passons notre temps libre à passer d'une activité payante à une autre. Pourtant, il est tout à fait possible de profiter du quotidien sans en faire des tonnes.

Vivre plutôt que consommer

Les émotions que nous ressentons lorsque nous achetons quelque chose (bien ou service) ne durent généralement pas. En revanche, celles qui nous prennent lorsque nous vivons quelque chose de fort, fortuit et gratuit, celles la restent ancrées en nous.

Ces expériences peuvent être de différentes natures : bénévolat ou simple jardinage, il y a le choix ! L'idée consiste à se détourner des possessions et du matériel pour insister sur le moment passé ensemble.

Le coût des loisirs

Vous pouvez limiter les dépenses et mieux profiter de l'existence. Comment ? En réfléchissant à vos achats de "gadgets". Encore une fois, il tient à vous seul de savoir ce qu'est, pour vous, une dépense légitime et une dépense superflue.

Si vous faites un sport, par exemple, certaines dépenses seront nécessaires. Mais comment les gérer ? Vicky Payeur vous propose de mettre tout cela par écrit et de faire le point.

Quelle est l'enveloppe budgétaire que vous avez consacrée en un an à votre loisir principal (sport, activité culturelle) ? Êtes-vous heureux du résultat et souhaitez-vous continuer ainsi ?

Et les autres activités ?

Lesquelles vous semblent pertinentes et satisfaisantes ? Lesquelles pourraient être supprimées ou limitées ?

Les modes

Les stigmatisations vont bon train. Pour les sports, on vous reprochera de ne pas avoir le matériel dernier cri. Pour la musique, par exemple, certains vous demanderont pourquoi vous n'avez "que" la version freemium…

Nous l'avons déjà dit : nous sommes influencés par nos pairs. Cela vaut dans le domaine de l'alimentation et du logement comme du loisir. Mais vivre sobrement, c'est penser différemment et c'est donc "arrêter de faire… comme tout le monde" !

Les activités déjà payées à même les taxes

Eh oui, chaque année, nous payons en impôts et en taxes des infrastructures et des institutions de loisirs dont nous aurions bien tort de nous priver. Par exemple ?

Au niveau du sport :

Chemins de randonnée publics et gratuits ;

Parcs municipaux et infrastructures sportives qui y sont installés ;

Sentiers, trottoirs et pistes cyclables pour courir ou faire du vélo ;

Groupes d'entraide et de création d'événements gratuits ;

Piscines municipales (moins chères) ;

Etc.

Au niveau culturel :

Musées (parfois gratuits) ;

Festivals et spectacles gratuits l'été ;

Bibliothèques ;

Conférences et cours gratuits ;

Quartiers et villages proches ;

Groupes et associations locales ;

Etc.

En outre, vous pouvez vous divertir en restant chez vous. Recréez, par exemple, l'ambiance cinéma à la maison… Ou profitez de votre temps libre pour écrire sur des thématiques qui vous intéressent ou jouer de la musique en autodidacte…

Des loisirs modestes

Vicky Payeur a plein d'idées ! Elle propose de noter les activités en fonction de leur coût ($$$, $$, $ ou 0) et à voir ce que vous pouvez changer par des loisirs gratuits et "modestes". Il y en a pour tous les goûts :

Au niveau du sport (utiliser les infrastructures gratuites pour courir, faire du vélo, jouer au ping-pong, etc.) ;

Ou des activités culturelles (depuis les visites gratuites, jusqu'aux conférences citées plus haut, etc.) ;

Et des activités domestiques (comme le jardinage, la construction/restauration de meubles, etc.) ;

Ou sociales (bénévolat, organisation de dîner partagé ou de pique-nique, chez soi ou dans la nature) ;

Etc.

L'autrice donne une foule d'idées impossible à reproduire ici. Consultez l'ouvrage pour vous faire une meilleure idée !

Voyager léger

Faire le tour du monde sans argent ? C’est ce qu’ont fait Muammer Yilmaz et Milan Bihlmann pour démontrer que c’était possible. Vous ne souhaitez pas aller jusque là ? C’est compréhensible.

Voyons donc les solutions qui s’offrent à vous. :

Être flexible (si vous travaillez de chez vous en freelance, par exemple, c'est plus facile de voyager les jours "creux") ;

Faire du couchsurfing ;

Prendre le bus de ville et acheter vos propres aliments au lieu d'aller au resto tous les jours ;

Aller dans des pays où vous avez un meilleur pouvoir d'achat (en Asie, notamment).

La frugalité et les loisirs dans la vraie vie

Il y a un équilibre à trouver entre le souhait d'épargner et l'envie de vivre le moment présent. L'important consiste à ne pas devenir avare. Sachez dépenser votre argent, mais dépensez-le sagement !

"La frugalité n'est pas la privation", répète Vicky Payeur. "C'est économiser là où d'autres dépensent tout leur argent et le faire de manière intelligente et réfléchie", conclut-elle.

  1. Apparence

Combien dépensez-vous par mois en vêtements et soins personnels ? Pour un Canadien, c'était en moyenne 400 $ par mois en 2019. Si cela vous semble beaucoup, faites votre propre compte. Vous aurez peut-être des surprises !

La différence entre besoin — quelque chose de nécessaire à notre bien-être — et désir — plus proche du caprice inutile — est ici importante.

Moins, c'est mieux !

Vicky Payeur prête beaucoup d'attention à son physique, mais elle le fait de façon minimaliste et frugaliste.

Elle a fait le vide et n'a gardé que 20 % de sa garde-robe ; ce qu'elle porte vraiment. Elle a aussi modifié son style pour qu'il soit plus simple et que ses vêtements soient plus faciles à assembler au quotidien.

"La confiance en soi est probablement le plus bel accessoire", dit encore Vicky Payeur. Plus besoin de chercher le dernier sac à la mode, contentez-vous d'être bien dans vos baskets !

Les vêtements

Réduire ses achats vestimentaires passe par :

Un tri de sa garde-robe et par l'appréciation de ce qu'on a déjà ;

De petites retouches par-ci par-là pour garder ses vêtements plus longtemps ;

Des achats de seconde main, des friperies ou des échanges, etc. ;

Via de petites (e-)boutiques ou des sites/applications de petites annonces ;

Des achats de qualité !

L’autrice recommande d’éviter certains tissus qui se dégradent plus rapidement comme l’acrylique et la viscose et privilégier des matières organiques comme le lin ou le coton.

Les cheveux

Parfois, nous dépensons des sommes folles chez le coiffeur. Et nous pensons qu'avoir du shampoing chez soi est tout simplement évident. Mais il y a des alternatives…

Au menu de cette section :

La méthode no-poo à base de bicarbonate de soude et de vinaigre de cidre de pomme ;

Du savon ;

La réduction des produits utilisés (surtout pour mesdames).

Pour le coiffeur ? À vous de voir. Vous pouvez aussi apprendre à couper les cheveux de vos proches.

Le corps

Vicky Payeur relate avoir ressenti un mal-être physique très jeune, alors qu'elle avait à peine 24-25 ans. Elle s'est rendu compte qu'elle bougeait peu et ne mangeait pas toujours bien. Pas besoin pour autant de dépenser une centaine de dollars en abonnement à la salle de gym ou en équipement.

Vous pouvez suivre les conseils déjà donnés plus haut (chapitre 8 sur les loisirs). Quant à l'autrice, voici sa routine santé quotidienne :

Faire une balade dehors de 30 minutes au moins ou faire une activité sportive ;

Boire de l'eau tout au long de la journée ;

Soupe et salade au moins une fois par jour ;

Bien dormir !

J'achète, donc je suis

La pression sociale peut être forte : nous voulons être beaux et belles pour apparaître parmi nos collègues et nos amis. Alors, nous recourons aux moyens les plus aisés… mais souvent les plus coûteux.

Et pourquoi ne pas se simplifier la vie ? Cela ne signifie certainement pas arrêter de prendre soin de soi. Au contraire ! En consommant de façon réfléchie, vous vous sentirez mieux et cela se verra.

  1. Famille

"Avoir des enfants, ça coûte de l'argent." (Faire plus avec moins, Chapitre 10)

Certes. Et même beaucoup. Et pourtant, là encore, il est possible d'économiser. Il n'est pas question de parler ici de l'éducation proprement dite. Simplement de faire un petit arrêt sur image pour se demander ce que nous faisons et se rappeler ce que nous aimions quand nous étions enfants.

Êtes-vous influençable ?

Nous voulons être de bons parents. Alors, nous écoutons les publicitaires nous raconter que ce produit est essentiel au bien-être de notre bambin (ou de nous-mêmes). Nous capitulons devant leurs arguments. Bref, nous nous montrons influençables.

Si vous remarquez ce ciblage marketing, prenez vos distances. Interrogez toujours le caractère "nécessaire" et "essentiel" de ce produit ou de ce service. Cache-t-il un vrai besoin ou seulement un désir ?

Réduire le rythme

Autre point : voulons-nous que nos enfants aient des horaires de ministres ? Pas nécessairement. Ralentir le rythme est à la fois sain pour eux et pour la vie financière de la famille.

Leur créativité n'en sera pas abîmée, détrompez-vous ! Un peu de temps, un peu d'ennui est plus que nécessaire au développement des aptitudes créatrices des petits comme des grands.

Les objets de seconde main

Vos familles et vos amis vous donnent de vieux vêtements et des objets de leurs précédents enfants ? Quel bonheur ! Si ce n'est pas le cas, tournez-vous vers du seconde main dès que c'est possible. Surtout pour les vêtements, qui ont souvent la vie courte.

Bien sûr, la sécurité doit avoir votre priorité : un siège-auto ou ce genre de choses devront être adaptés à votre environnement et devront donc peut-être être achetés neufs.

Emprunter et échanger plutôt qu'acheter ?

Aujourd'hui, il existe de nombreux groupes, notamment sur Facebook, pour s'échanger des objets en tout genre ou emprunter ce dont nous avons besoin. Cela vaut aussi pour les jouets et autres objets infantiles. Pourquoi ne pas essayer ?

La nature comme terrain de jeux

Nous l'avons dit plus haut : le monde autour de nous recèle d'espaces où découvrir le monde et où faire ses premiers pas et ses premières expériences. Il suffit souvent de quelques kilomètres pour trouver un parc ou un espace naturel où faire évoluer son enfant en toute liberté.

"Laisser à un enfant du temps de jeu libre et actif en nature lui apporte de nombreux avantages qui lui rendront service tout au long de sa vie." (Faire plus avec moins, Chapitre 10)

Les trois cadeaux

La frugalité en famille repose également sur l'apprentissage d'autres voies possibles à côté de la surconsommation. Les cadeaux sont souvent l'occasion d'un excès. Mais pourquoi ne pas en faire un rituel vertueux ?

Vicky Payeur propose d'offrir 3 cadeaux (à se répartir entre parents et grands-parents, par exemple) :

Quelque chose que l'enfant veut vraiment ;

Une chose dont il a vraiment besoin ;

Un livre.

Voici une autre idée : offrir quelque chose de commun pour la famille. Par exemple : une activité à pratiquer tous ensemble.

Conclusion sur "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur :

Ce qu'il faut retenir de "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur :

"Adopter des habitudes frugales au quotidien est LA façon viable pour atteindre ses objectifs de devenir libre financièrement et de prendre sa retraire hâtivement." (Faire plus avec moins, Conclusion)

Selon Vicky Payeur, il est souvent difficile de faire jouer son salaire. Nous ne savons pas avec certitude si nous gagnerons plus dans 5 ou 10 ans. Il est donc préférable de commencer dès maintenant à épargner, petit à petit.

Certes, cela demande du travail et quelques efforts. Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. Tant d'un point de vue économique qu'éthique. Finalement, c'est la porte d'entrée vers vos objectifs de vie !

Points forts :

Un manuel très clairement présenté ;

Plein de conseils pour commencer à épargner tout de suite ;

Une belle mise en page ;

Une annexe avec des recommandations de lectures utiles ;

Des résumés à la fin de chaque chapitre.

Point faible :

L'aspect blogging (qui permet d'augmenter ses revenus en faisant quelque chose qu'on aime) est peu abordé, ainsi que les façons plus proactives (placements en bourse, investissements) de développer son capital financier.

Ma note :

★★★★★

Avez-vous lu le livre de Vicky Payeur « Faire plus avec moins » ? Combien le notez-vous ?

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La magie du j’en ai rien à foutre http://www.olivier-roland.fr/items/view/12968/La-magie-du-jen-ai-rien-foutre

Résumé de "La magie du j’en ai rien à foutre" de Sarah Knight : ce livre libérateur partage, avec humour et pragmatisme, une méthode simple mais radicale pour nous débarrasser des prises de tête inutiles et sources de contrariétés dans nos vies. Fini le temps, l'énergie et l'argent gaspillés pour ce qui ne compte pas, place à une vie plus épanouie dans laquelle il est enfin possible de suivre uniquement nos envies profondes !

Par Sarah Knight, 2015, 219 pages.

Titre original : "The Life-Changing Magic of Not Giving a Fuck".

Chronique et résumé de "La magie du j’en ai rien à foutre" de Sarah Knight

Introduction de "La magie du j'en ai rien à foutre" de Sarah Knight

Dans l'introduction de son livre "La magie du j'en ai rien à foutre", l’auteure, Sarah Knight confie avoir longtemps été écartelée et stressée par le poids des obligations du quotidien, avant de réaliser qu'il était possible de "se foutre" de bien des choses.

Ce livre, "La magie du j'en ai rien à foutre", est alors le condensé de tout ce qu'elle a appris pour se libérer des prises de tête paralysantes et pour mener une vie plus épanouie.

La prise de conscience de l’auteure Sarah Knight

S'inspirant du best-seller "La magie du rangement" de Marie Kondo sur le désencombrement de son intérieur, Sarah Knight propose ici, par analogie, de faire le tri dans son "tiroir à prises de tête".

"J’admire Marie Kondo. Sa façon de ranger est une révolution, surtout quand on pense que le but est d’apporter plus de joie aux gens. Ça a marché pour moi, et il ne fait pas de doute que ça fonctionne aussi pour des millions de personnes partout dans le monde. Mais comme elle l’écrit dans son livre : "la vie commence après avoir fait du tri." Eh bien, j’ai fait du tri. La vraie vie a commencé quand je me suis concentrée sur ce qui me pourrissait la vie."

Après avoir démissionné pour devenir auteure freelance, elle a pu expérimenter tous les bienfaits de ne plus se soucier des réunions, des codes vestimentaires, de plaire à tout prix ou encore de ses jours de congés comptés "comme un prisonnier grave sur les murs de sa cellule ceux qu'il a passés derrière les barreaux".

Et en rangeant sa maison à la manière de Marie Kondo, elle a, un jour, réalisé où se situait le vrai problème. Celui-ci se trouvait dans le fatras cérébral et les trop nombreuses obligations qui l'empêchaient de se consacrer aux gens et activités qui la rendaient heureuse.

"Je me sentais apaisée, confiante, rien qu’à contempler ma maison nickel chrome. J’aime les surfaces nettes et les meubles de cuisine bien organisés. Mais ce qui me mettait réellement en joie, c’était ce sentiment de liberté après avoir quitté un boulot dans lequel je n’étais pas heureuse – et de refaire de la place dans ma vie pour des gens, des choses, des événements et des activités qui, eux, me rendaient heureuse. Tout cela, je l’avais perdu de vue, non pas à cause de vingt-deux paires de chaussettes en boule, mais de trop nombreuses obligations et d’un fatras cérébral trop important."

La méthode "MêmePasDésolé" de Sarah Knight

Sarah Knight a développé une méthode en deux étapes baptisée "MêmePasDésolé". Celle-ci vise à identifier et éliminer les sources de contrariété :

D'abord décider de ce dont on n'a rien à foutre,

Puis ne plus rien avoir à foutre de ces choses, sans culpabilité.

L'objectif est de dépenser moins de temps, d'énergie et d'argent pour ce qui nous ennuie. Et d'en avoir plus pour ce qui nous fait vibrer.

Une philosophie de vie libératrice

Avec humour et franchise, ce livre promet d'apprendre à ne plus se soucier de l'opinion des autres, à prioriser ses centres d'intérêt, à dire non poliment mais fermement sans se comporter comme un "trouduc"...

Bref, à atteindre cet état d'esprit libérateur où l'on n'a enfin plus "rien à foutre" de ce qui nous pollue la vie.

Partie 1 - En avoir quelque chose à foutre ou pas

Dans la première partie de "La magie du j'en ai rien à foutre", l’auteure, Sarah Knight aborde les fondements de sa méthode pour cesser de se préoccuper de choses inutiles.

Si nous nous sentons stressé, surbooké ou fatigué de la vie, c'est probablement parce que nous accordons trop d'importance à des choses qui ne le méritent pas, suppose-t-elle.

Aussi, sa méthode intitulée "MêmePasDésolé" vise justement à réduire au minimum le temps, l'énergie et l'argent consacrés à des personnes et activités qui nous ennuient, pour les redéployer vers ce qui nous rend heureux.

"Ce qui compte, si vous suivez ma méthode MêmePasDésolé, c’est que vous aurez l’esprit plus léger, votre agenda sera moins chargé et vous consacrerez votre temps et votre énergie uniquement à des choses et à des gens que vous appréciez. Ça change la vie. Promis. Juré."

Voici 7 points clés que Sarah Knight développe dans la partie 1 de "La magie du j'en ai rien à foutre" pour nous éclairer à ce sujet.

1.1 - N'en avoir rien à foutre : les fondamentaux

Notre intérêt et notre attention sont des ressources limitées et précieuses, souligne Sarah Knight. Et les gaspiller en s'intéressant à tout conduit à l'anxiété et au stress.

Avant de dire "oui" à quelque chose, nous devrions donc nous demander : est-ce que ça m'intéresse vraiment ? Est-ce digne de figurer dans mon "putain de budget" en temps, énergie et argent ?

"Plutôt que de toujours répondre aveuglément Oui, OUI, OUI !!! à toutes les personnes et choses qui pompent votre temps, votre énergie et/ou votre argent (y compris acheter et lire ce livre), la première question à laquelle vous devriez répondre avant de proférer ce sale petit mot de trois lettres est : est-ce que ça m’intéresse vraiment ? (...) Montrez-vous intéressé si quelque chose – que cela soit un être humain, un objet ou un concept – ne vous prend pas la tête et vous rend heureux."

Se poser ces questions avant de se lancer, d’accepter, de faire quelque chose aide à se concentrer sur ce qui nous impacte positivement.

En fait, n'en avoir rien à foutre, poursuit l'auteure, c'est penser à soi d'abord, oser dire non, s'affranchir de la culpabilité associée et arrêter de faire des choses par obligation.

Cela libère du temps et de l'espace mental pour apprécier ce qui compte. C'est à la fois égoïste et bénéfique pour l'entourage, car on devient plus épanoui et agréable.

1.2 - Qui sont ces personnes légendaires qui n'en ont rien à foutre ?

Selon Sarah Knight, il existe 3 catégories de personnes qui n'en ont rien à foutre :

Les enfants, car ils n'ont pas encore intégré les contraintes du monde. Leur esprit est libre.

Les "trouducs", qui sont génétiquement programmés pour faire passer leurs désirs avant tout, peu importe les dégâts. Mais ils ne sont ni respectés ni aimés.

Les "esprits éclairés" qui ont retrouvé la légèreté de l'enfance avec la conscience de l'âge adulte. Ils savent choisir leurs priorités.

1.3 - Comment entrer dans l'une de ces catégories de personnes ?

L'auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" explique vouloir nous aider à atteindre l'éveil dans l'art d'en avoir quelque chose à foutre (ou pas), en évitant les propres erreurs qu’elle a elle-même commises.

Ainsi, sa méthode s'appuie sur un mélange de franchise et de politesse. De cette façon, nous nous libérons sans pour autant devenir un "trouduc". Cette démarche, précise-t-elle, demande aussi d'apprendre à nous foutre de l'opinion des autres.

1.4 - Arrêter d'en avoir quelque chose à foutre de ce que pensent les autres

Pour Sarah Knight, ne pas se soucier du regard des autres concernant nos choix est la clé pour décider d'en avoir rien à foutre (étape 1) et passer à l'acte (étape 2).

Nous n’avons aucun contrôle sur les pensées d'autrui, rappelle l’auteure.

"Quand il s’agit de la façon dont vos centres d’intérêt impactent les autres, la seule chose que vous pouvez maîtriser, c’est votre comportement face à leurs sentiments et non leur opinion."

Elle raconte ici que lorsqu’elle a elle-même démissionné pour devenir freelance, elle s'inquiétait des jugements des autres quant à sa décision. C’est alors qu’elle a réalisé qu’en fait, seul comptait ce qu'elle pouvait maîtriser. À savoir : son bonheur et son nouvel équilibre de vie.

1.5 - Sentiments vs Opinions

En fait, ajoute Sarah Knight, nous nous préoccupons de l'avis des autres parce que nous ne voulons pas être ou paraître comme quelqu'un de mauvais.

Or, dans le fait de ne pas se soucier de ce que vont penser les autres, il faut bien faire la différence entre deux conséquences et agir en conséquence :

Blesser les sentiments d'autrui : qu’il faut éviter,

Diverger d'opinion : qui est légitime et défendable.

À ce propos, Sarah Knight donne l'exemple d'une amie qui vendrait du beurre de cacahuète bio. Si elle n'aime pas ça, dit-elle, elle peut poliment décliner d'en acheter sans attaquer les valeurs de son amie. C'est juste une question de goûts personnels.

De même, avec des parents par exemple, nous pouvons très bien invoquer le concept d'opinion pour clore un débat houleux sur la parentalité. Et cela sans vexer : se contenter de dire calmement, en haussant les épaules : "Je sais, je sais, chacun son opinion". Puis "changer de sujet pour glisser sur un terrain neutre". L'important est d'être franc et poli.

1.6 - Établissez un "Putain de Budget"

Sarah Knight recommande d'établir un "budget de son intérêt" comme nous le ferions avec notre argent.

Ainsi, avant de dire "oui" à une activité, nous devrions évaluer son "coût" en temps, énergie et argent vs le bénéfice en bonheur. Il vaut mieux, par exemple, refuser une invitation à un weekend ennuyeux que de s'en rendre compte trop tard.

L’auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" conseille d'appliquer ce filtre budgétaire à toute demande. En s’interrogeant à chaque fois : vaut-elle vraiment la dépense d'intérêt ?

1.7 - Résumé de la partie 1 du livre "La magie du j'en ai rien à foutre"

Résumons les fondamentaux à intégrer pour décider si on en a à foutre de quelque chose dans les termes de Sarah Knight :

Déterminer l'impact qu’il aura sur soi et sur les autres.

Différencier opinions et sentiments.

Consulter son "Putain de Budget" en temps, énergie, argent.

Être franc et poli.

Ne pas être un "trouduc".

C'est un processus qui demande de la pratique, prévient l’auteure, mais qui permet d'atteindre plus de légèreté et de bonheur.

Aussi, Sarah Knight propose de nous guider, pas à pas, dans les étapes pour y parvenir.

Partie 2 - Décider de n’en avoir rien à foutre

Dans la deuxième partie de son livre "La magie du j'en ai rien à foutre", Sarah Knight nous invite à faire le tri dans notre "fatras mental" pour décider de ce qui mérite vraiment notre intérêt.

2.1 - La méthode "MêmePasDésolé" de Sarah Knight

  • Votre esprit est un hangar

Pour commencer ce travail d'introspection, Sarah Knight nous encourage à visualiser notre esprit comme un vaste hangar. Nous pouvons alors imaginer ce hangar encombré d'innombrables choses. De choses que l'on exige de nous. De choses dont on attend de nous que nous en ayons quelque chose à foutre, et ce, que nous le voulions ou pas.

Il va alors falloir, indique l’auteure, nous aventurer au fin fond de ce hangar mental. Nous allons ainsi tout passer en revue et faire l'inventaire de :

Ce qui nous rend heureux,

Ce qui nous contrarie.

C'est en osant affronter cette "overdose de prises de tête" que nous pourrons mesurer combien certaines choses nous pompent du temps, de l'énergie et de l'argent. Et que nous pourrons trouver la motivation pour faire le tri.

Sarah Knight promet qu'en dressant cette liste une bonne fois pour toutes, nous serons ensuite armé d'une méthode pour rester libéré de ce fatras. Et ce même quand les attentes extérieures changent avec le temps. Le principe est de tout lister, le bon comme le mauvais, car nos vraies priorités sont souvent noyées sous un tas de prises de tête futiles.

Et même si c'est inconfortable, il faut aller jusqu'au bout de cet état des lieux avant d'espérer faire de l'ordre. Comme disait Einstein, mieux vaut passer 55 minutes à bien cerner un problème et 5 minutes à trouver la solution, que l'inverse. En prenant le temps d'explorer ce bazar intérieur, les réponses sur ce qui compte et ne compte pas apparaîtront d'elles-mêmes.

  • Classez vos intérêts par catégorie

Pour faciliter ce tri, Sarah Knight nous propose sa méthode qu’elle a appelée la Méthode "MêmePasDésolé". L’idée est de classer ces préoccupations potentielles en quatre catégories :

Les Choses,

Le Travail,

Les Amis/Connaissances/Inconnus,

La Famille.

Il est recommandé de suivre cet ordre précis.

En commençant par les "Choses", des éléments inanimés qui ne risquent pas de protester, puis en passant au "Travail", grand pourvoyeur de contrariétés pour beaucoup d’entre nous, nous prenons nos marques avant d'aborder les sujets plus sensibles que sont les relations amicales et familiales.

L'auteure nous met d’ailleurs en garde contre la tentation de commencer par la Famille. Celle-ci représente un véritable champ de mines en termes de culpabilité et de sens du devoir. Il vaut donc mieux avoir déjà travaillé sur sa capacité à "n'en avoir rien à foutre" dans les autres domaines avant de s'y frotter.

2.2 - Les Choses

  • Quelles sont les "Choses" dont je pourrais (ou pas) n’avoir rien à foutre ?

La catégorie des "Choses" englobe les objets, concepts et activités.

Certains éléments peuvent recouper d'autres catégories (des personnes considérées comme des "choses", des inconnus). Il suffit alors de les classer là où ça fait le plus sens pour nous.

Pour identifier ce dont on pourrait se foutre parmi les "Choses", Sarah Knight nous invite à noter ce qui provoque chez nous un soupir de contentement ou au contraire une sensation de malaise, façon "fourchette coincée dans le broyeur de l’évier".

Elle partage sa propre liste de 10 choses dont elle se fout désormais. Celle-ci englobe les avis des autres, son allure en bikini, le basket, les matins, Taylor Swift, l'Islande, le calcul infinitésimal, faire semblant d'être sincère, Google + ... Une sélection éclectique qui montre bien que chacun a ses propres priorités et lubies.

L'invitation est donc lancée de dresser notre propre liste sans filtre.

Si cette permission de "n'en avoir rien à foutre" a quelque chose de grisant, il peut être utile, pour un débutant dans la méthode, de voir aussi une liste de ce qui compte pour nous.

L’auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" partage ici la sienne et comment elle y consacre plus de ressources. Cette liste va des grands enjeux (le climat plutôt que le nucléaire iranien) aux choix lifestyle (le houmous plutôt que le yaourt grec, préférer dormir que d'aller au sport, regarder Game of Thrones plutôt que les Jeux Olympiques).

Derrière leur apparente futilité, ces exemples représentent, en réalité, un vrai gain quantifiable de temps, d'énergie et d'argent.

  • Une étape libératrice

En parcourant ainsi ces 4 catégories, chacun va pouvoir identifier ce qui l'agace vraiment et ce qui lui plaît, sans se soucier du regard extérieur. C'est déjà un changement libérateur, lâche l’auteure.Aussi, se fixer de tels objectifs de lâcher-prise est essentiel pour Sarah Knight. Et plutôt que de ressasser ce que l'on "devrait" faire, il est temps, lance-t-elle, de lister noir sur blanc ce qui nous pourrit la vie et ce qui l'enchante vraiment.

Ça tombe bien, Sarah Knight a laissé quelques colonnes vierges dans cette partie du livre "La magie du j'en ai rien à foutre" dans le but de coucher ce premier jet d'inventaire.

Un pas décisif vers une vie allégée et plus heureuse !

2.3 - Le travail

Dans cette partie, Sarah Knight nous explique comment appliquer la magie du "je n'en ai rien à foutre" à notre vie professionnelle et ainsi devenir des employés épanouis et respectés.

Elle nous encourage globalement à nous libérer des contraintes et des attentes inutiles. L'objectif étant de nous concentrer sur ce qui compte vraiment, autrement dit faire du bon boulot tout en préservant notre énergie et notre bien-être.

"Vous pouvez contrôler à quel point vous êtes BON dans votre boulot, et COMBIEN de temps et d’énergie vous y consacrez ; le tout afin de minimiser l’ennui et de maximiser le plaisir."

  • Les réunions et téléconférences

Sarah Knight n'y va pas par quatre chemins : les réunions inutiles et les téléconférences sont une plaie pour notre efficacité au travail.

L’auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" nous incite alors à décliner poliment ce genre d'invitations quand c'est possible. Quitte à laisser d'autres volontaires y aller à notre place.

Sarah Knight remarque avec humour que même lorsqu'on ne peut y couper, rien ne nous oblige à prendre des notes ou à suivre religieusement les PowerPoint soporifiques. Profitons-en plutôt pour avancer sur des tâches plus gratifiantes !

  • Être respecté plutôt qu'aimé : la clé du succès (et de la santé mentale)

Sarah Knight nous met également en garde contre le piège de vouloir absolument être apprécié de ses collègues et supérieurs. Elle souligne qu'il vaut mieux viser le respect par son travail de qualité.

À ce propos, l'auteure nous alerte sur la "spirale infernale du je veux qu'on m'aime". Celle-ci, dit-elle, nous fait accepter des tâches ingrates et chronophages juste pour bien se faire voir. Son conseil : concentrons-nous sur nos missions et "fuck" le reste !

  • Dress code ou pas, habillons-nous comme bon nous semble !

Avec son ton décalé habituel, Sarah Knight s'attaque aux codes vestimentaires aussi stricts qu'absurdes.

Évidemment, si notre tenue excentrique risque de nous faire virer, il est temps de revoir nos priorités... Mais dans la plupart des cas, elle constate que personne "ne pipe mot" si on troque ses escarpins inconfortables pour des sandales mignonnes.

L'essentiel est de faire du bon boulot, le reste n'est que détails !

"Je l’ai déjà dit et le redirai : il est très dur de se faire virer quand on bosse bien. Compte tenu de la quantité de choses auxquelles vous accordez de l’importance quand vous êtes au boulot, il doit bien en avoir trois ou quatre dont vous pouvez vous foutre, et améliorer ainsi votre vie quotidienne. Le code vestimentaire est l’une d’entre elles."

  • La paperasse inutile

Vous savez, tous ces rapports que personne ne lit, ces notes qui partent directement de notre bureau à la poubelle... Sarah Knight nous conseille de tester par nous-même leur utilité. La prochaine fois, "oublions" donc de les remplir et observons ce qui se passe. Si aucun cataclysme n'éclate, c'est que nous pouvons définitivement les bannir de notre to-do list.

Après tout, notre temps et notre énergie sont trop précieux pour les gâcher dans des tâches inutiles !

  • Les sollicitations des collègues : apprenons à dire non avec le sourire

Entre la collecte pour le dernier marathon caritatif de Gail et l'anniversaire de Tim au karaoké, difficile de trouver du temps pour soi.

Sarah Knight nous rassure : il est possible de décliner poliment ce genre d'invitations sans passer pour un ours mal léché. Inutile de nous forcer si le cœur n'y est pas. Réservons notre précieuse énergie pour les causes et les gens qui nous tiennent vraiment à cœur !

  • Nous, notre réputation et notre "Putain de Budget" : le tiercé gagnant

Au final, Sarah Knight nous rassure : en appliquant la méthode "Je n'en ai rien à foutre" avec discernement, on ne nuit pas à sa réputation professionnelle, bien au contraire !

Elle insiste sur l'importance de bien choisir ses "battles" en fonction de ses priorités (son "Putain de Budget" dans le langage coloré de l'auteure).

Finalement, ce qui compte est de se concentrer sur la qualité de son travail. Pour le reste, osons le "Je n'en ai rien à foutre" libérateur !

2.4 - Les amis, connaissances et inconnus

Dans cette 3ème catégorie à passer au crible du "j'en ai rien à foutre" de Sarah Knight, les choses se corsent.

Si on aime ses amis, les relations humaines restent complexes. En cela, les amis aussi peuvent nous taper sur les nerfs, comme lorsqu’ils sont sous l'effet de l'alcool par exemple. Il est donc crucial de savoir prendre du recul et en n’avoir rien à foutre, faire preuve de tact pour ne pas ruiner une amitié.

  • Se blinder

Notre fatras mental est encombré par ce que les autres y ont déposé, que ce soit des sujets de préoccupation temporaires ou des prises de tête qui moisissent là depuis des années. Mais au fond, si tout cela a atterri dans notre esprit, c'est bien qu'on les y a laissé entrer ! s’exclame l’auteure.

Pour se blinder face aux contrariétés induites par les relations, Sarah Knight conseille alors d'établir un périmètre de sécurité autour de notre "hangar à pensées". Cela peut prendre la forme de :

Limites invisibles : s'arranger pour ne pas se retrouver dans une situation qu'on sait stressante.

Barrières plus explicites : dire directement à des amis qu'on n'aime pas une activité et qu'on n'y participera plus).

En guise d’illustration, l'auteure évoque ici l'exemple de soirées quiz auxquelles elle était sans cesse conviée. Plutôt que de décliner avec des excuses bancales, elle a fini par annoncer clairement à ses amis qu'elle détestait ce concept et ce lieu, et qu'elle ne viendrait plus. Ainsi, en étant franche mais polie, elle dit avoir posé sa limite sans froisser personne.

Sarah Knight nous conseille de commencer à nous entraîner à ces refus directs avec de simples connaissances avant de nous attaquer aux proches.

  • Sollicitations, donations et prêts, oh bon sang !

L’auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" poursuit avec un autre sujet épineux : les demandes de dons qui affluent via les réseaux sociaux, par mail ou de vive voix. Même avec les meilleures intentions du monde, impossible de répondre favorablement à toutes, sous peine de faire sauter notre budget !

Sarah Knight explique, elle, classer ces sollicitations par ordre croissant de proximité émotionnelle : les demandes de parfaits inconnus qui ont eu notre contact, celles de connaissances, et enfin celles de proches qui nous tiennent à cœur.

Pour les premières, inutile de culpabiliser. On peut les refuser poliment sans risque de représailles. Pour les connaissances, on peut aussi décliner en invoquant un désaccord d'opinion sur la cause en question, sans que cela ne nous retombe dessus.

C'est avec les amis proches que cela se corse. Si leur projet ne nous emballe pas mais que nous craignons de les froisser, il faut faire preuve de psychologie. Par exemple, leur signifier qu'on est content pour eux même si on ne donne pas. Ou absorber leur énergie contrariée en répondant du tac au tac sur un ton badin.

  • Principes personnels

Quand on sent qu'un refus risque vraiment de blesser, une parade très efficace est d'invoquer des "principes personnels" informe l’auteure. Cela consiste à expliquer qu'on a pour règle de ne jamais donner pour tel type de projet, sinon on devrait le faire pour tous.

Personne ne peut contester ce genre de position de principe sans passer pour un goujat. C'est une prise imparable, à utiliser avec parcimonie pour ne pas éveiller les soupçons. On peut l'appliquer aux mariages, aux conseils pro gratuits, aux séances de lecture publique, etc.

L'auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" termine sur le sujet en listant les choses auxquelles nous pourrions opposer des principes personnels. Elle mentionne alors les enterrements de vie de garçon/ jeune fille pour un remariage, offrir gratuitement un conseil professionnel, les petits déjeuners d'affaires, un aller-retour de 4 heures en voiture dans la même journée, les karaokés, les "dîners pot commun", etc.

  • RSVP : non, c’est non

Pour illustrer la puissance des principes personnels, Sarah Knight prend l'exemple d'une invitation à un vernissage par un ami artiste susceptible. Plutôt que d'avouer qu'elle a horreur de ces événements, elle préfère prétendre que quelque chose de traumatisant lui est arrivé dans ce contexte et qu'elle a fait le serment de ne plus jamais y aller. L'ami n'osera pas insister.

Bien sûr, cela ne fonctionne que si on en n'a vraiment rien à faire de l'activité en question. Sinon, on s'expose à devoir constamment esquiver et mentir, ce qui est contre-productif.

  • Le minuscule petit éléphant dans la pièce

Dernier sujet sensible de cette catégorie : les enfants des autres.

Quand on n'est pas parent soi-même, il peut être délicat d'admettre qu' "on n'en a rien à cirer" des bambins d'amis ou de connaissances, vu l'attachement viscéral qu'ils suscitent chez leurs géniteurs.

Pourtant, l'auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" a découvert en interrogeant des parents que même eux avouent, après quelques verres, n'avoir rien à faire de la marmaille des autres !

Pour Sarah Knight, la clé est alors de se concentrer sur les interactions qui nous rendent heureux - jouer, lire ou cuisiner avec son propre enfant par exemple - et non sur celles qui nous ennuient (les couches et les détails de garderie des enfants d'amis).

De plus, Sarah Knight met en évidence, par divers exemples, les avantages d’avoir des enfants en ce qui concerne sa méthode.

Par exemple, une mère confie qu'elle essaie d'apprendre à sa progéniture à faire le tri dans ce à quoi ils accordent de l'importance, sans se soucier du regard des autres. Un père confirme que devenir parent aide paradoxalement à hiérarchiser ses priorités dans d'autres domaines comme le boulot, et à poser des limites.

"Avoir un enfant peut, en réalité, servir à déterminer et prioriser ce dont on a (ou pas) à foutre dans les autres aspects de la vie, comme le travail. Le bien-être de ce petit être humain tout neuf est parfois le catalyseur qui permet de n’avoir enfin rien à foutre de rester plus tard au bureau, d’accepter des responsabilités supplémentaires et d’entrer dans l’équipe de foot (au sens propre ou au sens figuré) de la boîte. Cela peut aider à tracer des frontières nettes aussi bien avec ses supérieurs qu’avec les employés et à se montrer franc et ferme sur ce que l’on est capable de supporter au quotidien. En d’autres termes, cette précieuse créature pourrait être l’élément déclencheur de l’application de la méthode MêmePasDésolé, catégorie 2 : le Travail. Bam !"

Être un bon parent implique donc aussi de cultiver son propre éveil au "j'en ai rien à foutre" !

  • Les choses dont même les parents n’ont rien à foutre

L'auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" termine sur le sujet en listant les choses dont même les parents n’ont rien à foutre. Ainsi, contrairement à ce qu’on imagine, la majorité des parents n’en ont en rien à faire de "par où est sorti notre bébé", si nous allaitons ou pas, de "ce que disent les spécialistes", "de quand, où, comment et dans quelles circonstances" notre enfant a acquis la propreté, de ses plannings de sieste, etc.

  • Ce n’est pas toujours un problème de heurter les sentiments

Enfin, Sarah Knight avoue que parfois, pour avoir une vie meilleure, il faut accepter de potentiellement heurter les sentiments des inconnus.

Pas question d'être volontairement méchant, mais l'auteure liste, avec humour, quelques situations où on peut s'autoriser à choquer un peu : face à des gens qui veulent nous convertir, des indécis qui retardent la file d'attente, des comiques ratés, des femmes qui urinent sur la cuvette des toilettes ou encore des passagers sans gêne dans l'avion.

Elle conclut que tout l'enjeu est, encore une fois, de se concentrer sur ce qui compte vraiment pour nous.

2.5 - La famille

La famille, dernier bastion de ce dont on pense devoir se préoccuper... et pourtant !

Comme un impôt supplémentaire qui viendrait grever notre budget, les attentes familiales pèsent souvent plus lourd que tout le reste réuni. Le moteur ? La culpabilité.

"La culpabilité n’est pas un sentiment positif. Elle ressemble plus à une envie soudaine et douloureuse de vous gratter l’entrejambe alors que vous êtes en société et qu’il vous est impossible de passer à l’acte. Et, bien évidemment, vous mourez d’envie d’apaiser cette démangeaison. Voilà, la culpabilité, c’est ça."

  • Cessez de vous sentir coupable

Or, culpabiliser signifie justement qu'on a échoué à appliquer la méthode "MêmePasDésolé". Sarah Knight nous exhorte alors à employer tous les outils présentés jusque-là pour désactiver la culpabilité avant qu'elle ne nous engloutisse, au risque d'être broyés.

Certes, les liens familiaux rendent plus délicate la frontière entre "devoir" et "plaisir". Mais il est faux de croire qu'on doit se préoccuper de quelqu'un juste parce qu'on partage ses gènes. Encore une fois, c'est une question de choix, pas d'obligation.

  • Quand un cigare n’est pas seulement un cigare et une tasse de thé pas seulement une tasse de thé

L'auteure illustre ce dilemme avec l'exemple de notre mère qui tiendrait à nous refiler le vieux service à thé en porcelaine de sa propre mère, notre grand-mère. Dire non, même de façon polie, ce serait la froisser. Mais accepter par culpabilité, c'est gâcher de la place et de l'énergie pour quelque chose dont on n'a rien à faire.

La seule issue est de faire primer ses propres sentiments et opinions de façon diplomate. Et c'est ce que l'auteure souhaite nous apprendre dans ce chapitre du livre "La magie du j’en ai rien à foutre".

  • D’après les sondages…

Un sondage mené par Sarah Knight révèle que, dans le domaine familial, les gens n’en ont massivement rien à foutre :

Des divergences politiques et religieuses (ex-aequo),

Des traditions ringardes et fêtes qui tournent au malaise,

De ces vieilles rancunes et rivalités qui monopolisent les discussions,

Des photos de famille obligatoires et mal orchestrées,

De devoir "apprécier" tout le monde juste au nom des liens du sang,

Qu'on utilise ces liens pour les forcer à faire des choses.

Qu'on partage ces avis ou pas, il est réconfortant de voir que nous ne sommes pas seul à trouver certains aspects familiaux pesants.

  • Religion et sujet de débats houleux

La religion est typiquement un sujet explosif en famille. Pourtant, chacun a le droit d'avoir sa propre foi, sans avoir à en débattre.

Pour Sarah Knight, il faut savoir couper court, sans agressivité mais avec fermeté, aux tentatives de prosélytisme d'une tante "grenouille de bénitier" par exemple. Si elle est vexée, ce n'est pas notre faute. Aussi :

"La prochaine fois que Tante Jennifer fait une allusion pas-si-subtile-que-ça à votre inclination à vivre dans le péché, contentez-vous d’essuyer la coulure d’œuf Bénédicte sur votre menton et de déclarer : "Je respecte ton opinion, Tatie, mais je préférerais ne pas avoir de conversation sur nos différentes conceptions de la religion ici, pendant le brunch du soixantième anniversaire de mariage de Mamounette et Papounet." C’était franc et poli, non ? Vous êtes, dans ce cas précis, tout sauf un trouduc."

Mieux vaut donc jouer la carte de la franchise, quitte à froisser, que de perdre un temps et une énergie folle à louvoyer pour esquiver le débat. Sachant que :

"Le pouvoir de la franchise est tout sauf exagéré. Sincèrement, la perte de temps et d’énergie que représente le fait de tourner autour du pot est inimaginable. En fait, la simple idée de le faire est épuisante."

En guise d’illustration, Sarah Knight relate un dîner de famille où la conversation a dévié sur les polémiques de naissance autour du président de l'époque. Avant que cela ne s'envenime, elle a calmement mais fermement déclaré à ses proches qu'elle les aimait mais que la discussion était close. Résultat : le reste du repas s'est déroulé dans la bonne humeur, préservant l'essentiel.

  • Refuser de porter le poids de la honte

Culpabiliser de ne pas se conformer aux attentes familiales, c'est porter le poids de la honte, en solitaire. S'en libérer est justement le but de la méthode "MêmePasDésolé".

Les sondages montrent que nous sommes nombreux à partager ce fardeau. S'appuyer sur ce consensus aide à assumer ses choix avec plus d'assurance.

Aussi, si l’on applique la méthode de Sarah Knight avec bonne foi, en respectant certains principes comme la franchise et la politesse, les risques de conflit ouvert ou de rupture sont faibles. C’est plutôt une façon d’entrer dans une forme d'apaisement et de respect mutuel, assure l’auteure. Et si d'aventure notre tribu est peuplée d'hystériques, est-ce si grave de ne plus être invité ?

  • Vacances : un principe personnel

Pour illustrer la puissance des "principes personnels" en famille cette fois-ci, Sarah Knight explique le système qu'elle a instauré avec son mari pour Thanksgiving. Finis les casse-têtes pour contenter tout le monde. Un programme de rotation sur 3 ans a été établi, sans dérogation possible. Quitte à paraître rigide, personne n'est vexé et tout le monde est traité équitablement.

  • La belle-famille

"Sachez-le, en vous mariant, vous avez doublé d’un seul coup vos "dépenses" familiales. C’est un peu comme quand vous avez une prime au boulot, que vous faites des bonds partout ("trop génial !") et puis que les impôts vous en taxent 50 %… WTF ?" s'amuse l'auteure.

La belle-famille est une donnée avec laquelle il faut aussi composer. Et là encore, il est possible de moduler subtilement son investissement pour limiter les prises de tête et optimiser les bons moments, sans froisser.

La clé est de se mettre d'accord en couple sur un "Putain de Budget" commun et un partage équitable des corvées belle-familiales (cadeaux, visites etc). L’idée est ici aussi de déclencher un cercle vertueux qui profite à tous.

  • La dernière ligne droite

Dernière exploration en date de notre hangar mental, la famille est sans doute la partie la plus ingrate. Pourquoi ? Car profondément enfouie sous des années de non-dits et de ressentiment. Mais ce grand déballage une fois fait, le plus dur est derrière nous !

Il ne reste plus qu'à dresser la liste définitive de ce dont on peut vraiment se foutre dans cette catégorie. Et à s'y tenir.

L'étape 1 - "décider de ce dont on n'a rien à foutre" - est enfin bouclée. Place à la libération de l'étape 2 !

Partie 3 - N’en avoir rien à foutre

Nous voilà arrivés au moment tant attendu de l'étape 2 de la méthode "MêmePasDésolé". C'est-à-dire arrêter concrètement d'avoir quelque chose à foutre des éléments identifiés dans les listes de l'étape 1.

3.1 - La foutue Sainte Trinité : temps, énergie et argent

Pour nous motiver à passer à l'action, Sarah Knight nous invite à visualiser tout ce que nous avons à y gagner en termes de temps, d'énergie et d'argent.

Ne plus aller à un barbecue vegan ennuyeux, c'est gagner une heure pour un bon bain relaxant. Sécher un dîner tardif un mardi soir, c'est être en forme le lendemain matin pour aller à la salle de sport. Zapper le mariage d'une vague connaissance, c'est s'offrir des vacances de rêve dans les Caraïbes. Les exemples ne manquent pas !

L'auteure nous invite à placer les éléments de nos listes sur un "diagramme de Venn temps-énergie-argent". Ceci afin de bien identifier ce qui nous coûte le plus.

Elle partage son propre diagramme en exemple. Elle y révèle que le temps est sa ressource la plus précieuse car non renouvelable, contrairement à l'énergie et l'argent dans une certaine mesure.

L'auteure décrit aussi ce que ce tri salvateur dans ses priorités lui a personnellement apporté. À savoir : des grasses matinées, des week-ends câlins, des congés déconnectés, une culture web pointue, des apéros détente, une confiance décuplée... La récolte est alléchante.

3.2 - À petits pas

Pour faciliter le passage à l'étape 2 et ne pas perdre la motivation gagnée à l'étape 1, Sarah Knight suggère de procéder graduellement, en douceur.

D'abord en s'attaquant aux points de nos listes qui n'impliquent et n’affectent que nous. Pas besoin d'être poli, juste honnête avec soi-même. Raccrocher au nez d'un télévendeur, se faire porter pâle le jour de son anniversaire, ou ouvrir au plombier en pyjama plutôt que de se pomponner à l'aube… voilà de bons débuts dans l'art de ne plus en avoir rien à faire ! Et ces petites révolutions ne dépendent que de nous, inutile de se justifier.

Ensuite, classer les autres points sur une échelle de complexité :

Facile (niveau jaune) : se désabonner du drame Facebook d'un ami, arrêter de s'acharner contre les rides, admettre son incompréhension des marchés financiers...

Moyen (niveau orange) : refuser poliment d'aider un pote à déménager en prétextant le boulot, ne pas se forcer à "faire de la synergie" au bureau...

Difficile (niveau rouge) : sécher le mariage d'un cousin éloigné malgré le carton d'invitation, instaurer des limites avec les enfants envahissants de ses amis...

Plus la situation est délicate, plus elle nécessite de diplomatie pour ne froisser personne. L'idée est d'avancer en douceur pour ne pas se décourager, en appliquant les principes de franchise et de politesse. La maîtrise vient avec la pratique !

3.3 - La soirée à laquelle personne ne veut aller

Sarah Knight aborde, dans cette partie du livre, des situations courantes où il peut être difficile, mais libérateur, de n'en avoir rien à foutre.

La soirée d'entreprise à laquelle personne ne veut aller en est un bon exemple. L'auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre" nous rassure : si nous décidons de ne pas y aller, pas de panique si le lendemain, on se sent un peu mal à l'aise. C'est juste la liberté qui s'installe, pas de la honte ! Il ne faut pas confondre ce sentiment inhabituel avec du regret.

3.4 - À propos du degré de franchise : quand une franchise totale n’est peut-être pas la meilleure règle à adopter

Ensuite, Sarah Knight nuance son propos sur la franchise à tout prix.

"Si vous avez le pressentiment qu’une franchise totale N’EST PAS, en réalité, la meilleure règle à adopter, vous pouvez légèrement la distordre."

Certes, l'honnêteté est la meilleure politique pour ne rien avoir à foutre de quelque chose. Mais parfois, une franchise totale n'est pas la meilleure approche. Notamment quand il s'agit des talents culinaires de quelqu'un, de l'emploi du temps, de la santé mentale, du Père Noël, des femmes enceintes ou encore des belles-mères (voire des belles-mères enceintes !).

Pour l’auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre", un peu de filtre peut, dès lors, s’avérer judicieux !

3.5 - Intérêts différents, même principe

L'auteure propose ensuite des exemples concrets de choses dont les gens n'ont rien à faire. Ceux-ci sont issus d'un sondage. Et sont classées en 3 catégories selon le niveau de difficulté à ne plus s'en soucier : débutant, intermédiaire, confirmé.

Dans la catégorie "Choses", on retrouve des sujets comme les célébrités, le recyclage, la radio publique NPR, la paternité réelle des œuvres de Shakespeare, Game of Thrones ou encore les réseaux sociaux. L’auteure partage des stratégies adaptées à chaque niveau pour affirmer qu'on n'en a rien à faire, sans vexer son entourage.

La catégorie "Travail" regroupe les classiques mails non sollicités, ragots, séminaires de cohésion, léchage de bottes, évaluations annuelles. Là encore, des conseils malins permettent de se libérer du superflu, du niveau débutant (partir en vacances le jour du séminaire) au niveau confirmé (imaginer son boss en maillot de bain ridicule pendant l'évaluation).

Enfin, l'auteure aborde le domaine des relations (amis, connaissances, inconnus), plus subtil car les interactions y sont variées et fréquentes. En nous préparant mentalement, nous pouvons néanmoins, assure l’auteure, réussir à ne plus accorder d'importance à ce qui nous pèse, sans froisser les gens. Le mariage illustre bien ce défi relationnel : merveilleux au début, il peut devenir pesant quand les invitations s'accumulent. On a le droit de décliner, si le budget, l'emploi du temps ou le degré de proximité ne le permettent pas.

L'enjeu est toujours d'assumer ses choix pour préserver son bien-être.

3.6 - Le cas d’étude parfait : les mariages

  • Admettre qu'avec le temps, les invitations au mariages peuvent devenir pesants

Sarah Knight développe ensuite l'exemple des mariages.

Le mariage est un cas d'étude parfait, observe l'auteure. Il illustre très bien l'art délicat d’en avoir rien à foutre dans la catégorie des relations (amis, connaissances et inconnus tout à la fois). Il implique, en effet, toute une gamme de personnes, du cercle proche aux parfaits étrangers. Et englobe une multitude d'attentes en termes de temps, d'énergie et d'argent :

"Il n’y a aucune honte à admettre que tous les mariages auxquels vous serez invités jusqu’à la fin des temps ne sont pas des mariages auxquels vous devez vous rendre. Vous faites souvent, et avec plaisir, des sacrifices pour participer aux événements exceptionnels qui jalonnent la vie de vos amis (ou des enfants de vos amis). Mais, parfois… Parfois, il se peut que la destination choisie ne soit pas dans vos moyens. Ou que vous ayez envie de vous rendre au mariage, mais ne puissiez faire entrer dans votre calendrier les seize autres soirées qui l’accompagnent. Ou encore que vous ne connaissiez pas très bien ces gens. Vous pouvez même ne pas vouloir ou être dans l’incapacité d’y assister pour tout un tas de raisons parfaitement justifiables."

L'auteure poursuit :

"On en est tous passés par là, même si je suis la seule à l’avouer noir sur blanc. Les mariages sont là où se rendent les Esprits éclairés pour descendre des shots tièdes de bonne vodka et rendre les armes dans les bras d’une demoiselle d’honneur bien disposée."

L'enjeu, poursuit l'auteure de "La magie du j’en ai rien à foutre", est alors de trouver le juste équilibre entre préserver son bien-être et éviter de froisser les mariés ou leur entourage.

Bref, les mariages sont un concentré de défis pour le "j'en ai rien à foutre".

  • Quatre scénarios de mariage dans lesquels nous pourrions ne plus vouloir nous investir

L'auteure détaille 4 scénarios typiques où le naturel reviendrait au galop de vouloir en faire moins, voire sécher carrément :

Le mariage programmé pendant un week-end habituellement réservé à une escapade ou une réunion de famille.

L'enterrement de vie de garçon/jeune fille qui s'ajoute au mariage, avec surcoût financier et de congés.

Le mariage aux mille activités qui gâcherait un séjour de rêve au spa.

Le brunch du lendemain alors qu'on décuve et qu'on veut juste dormir.

Pour chacune de ces situations, Sarah Knight propose un "diagramme Franchise et Politesse". Ce diagramme aide à visualiser le curseur du "j'en ai rien à faire" entre honnêteté absolue et diplomatie. L'idée est de trouver sa zone de confort. Tout en évitant le territoire du "trouduc" où on enverrait tout balader sans égards pour les autres.

Et si malgré tous les efforts, l'envie de fuir reste forte face aux sollicitations, l'auteure suggère un recours aux "principes personnels". Clamer par exemple qu'on a pour règle de ne jamais voyager pour un enterrement de vie de garçon. Bien dosée et utilisée avec parcimonie, cette astuce peut être un atout décisif.

3.7 - Le sujet épineux de l'héritage familial

Dans la catégorie des relations familiales, Sarah Knight aborde le délicat sujet de l'héritage et de l'énergie folle dépensée en marchandages et plaintes sur le partage des biens.

Beaucoup affirment s'en moquer, mais peinent en réalité à mettre en pratique le "j'en ai rien à foutre" face à leurs proches sur ce terrain sensible.

Pourtant, en s'alignant vraiment sur cette position de détachement, nous pourrions davantage profiter des moments en famille au lieu de nous déchirer.

3.8 - S'offrir des compensations

Parfois, malgré toute notre bonne volonté, certaines obligations familiales resteront incontournables.

L'auteure propose alors de nous octroyer des "primes de rendement" pour passer la pilule. Par exemple : un massage le lendemain d'une fête de famille barbante, un vol en classe affaires au retour d'une réunion éreintante ou encore un Percocet subtilisé à notre mère avant un déjeuner Rotary interminable. Et si une photo de groupe est imposée, rien ne nous empêche de porter en douce une lingerie décalée sous nos vêtements, s’amuse l’auteure !

3.9 - FAQ (Foutoir Aux Questions)

Pour finir, Sarah Knight répond aux interrogations fréquentes sur la mise en pratique de sa méthode. Celles-ci vont de la peur de devenir apathique à la difficulté d'expliquer tout ça à sa mère.

L'essentiel est de garder en tête l'objectif : non pas basculer dans le "je m'en foutisme" généralisé, mais nous libérer du superflu pour nous consacrer à ce qui nous épanouit vraiment.

C'est, en effet, tout l’intérêt de cette philosophie de vie subtile mais puissante, au potentiel libérateur immense, précise l’auteure.

Partie 4 - Quand la magie du j’en ai rien à foutre change radicalement votre vie

Nous voici arrivé au terme de notre initiation à la méthode "MêmePasDésolé".

Nous avons appris à identifier ce qui compte vraiment pour nous et à nous libérer du reste. Il est temps, annonce l’auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre", de faire le bilan des gains obtenus. Puis, d'explorer de nouveaux horizons de joie.

4.1 - Vous gagnez à ne pas vous disperser

Ne plus accorder plus de temps, d'énergie et d'argent à ce qui ne nous épanouit pas nous amène à récupérer des ressources précieuses.

L'auteure nous invite donc à quantifier précisément ces gains : combien d'heures, de peps et d'euros avons-nous économisés ?

Dresser la liste de ces bénéfices concrets est motivant et très satisfaisant ! soutient l’auteure.

4.2 - Épargnez votre corps, votre esprit et votre âme

Mais, poursuit Sarah Knight, les bienfaits de cette démarche vont au-delà de ces aspects matériels.

En arrêtant de nous inquiéter pour des broutilles, nous avons aussi gagné en connaissance de nous-même, en confiance et en enthousiasme pour la vie.

Sarah Knight aborde également avec humour les conséquences physiques d'accorder trop d'importance à des choses futiles. Elle raconte comment, en voulant absolument finir une partie de Scrabble en ligne, elle a raté son train et s'est tordu la cheville. Depuis, "courir pour attraper un train" figure sur sa liste des choses dont elle n'a rien à faire !

L'autrice souligne enfin les bénéfices mentaux et spirituels du "j'en ai rien à foutre". En arrêtant de se préoccuper de obligations pesantes, on gagne en sérénité et en liberté intérieure. C'est ce qu'elle appelle avec un brin de provocation "l'affirmation de l'âme".

Ce sont donc à la fois notre corps, notre esprit et notre âme qui se portent mieux.

4.3 - Une autre manière de n’en avoir rien à foutre

Parfois, ajoute Sarah Knight, n'en avoir rien à faire prend une forme plus passive.

Face à un interlocuteur pénible qu'on ne peut éviter (un patron, un opérateur téléphonique...), plutôt que de s'agacer, on peut se répéter en boucle "ça n'en vaut pas la peine", et passer à autre chose.

Ce mantra est une autre façon de lâcher prise qui soulage aussi à coup sûr.

4.4 - Un monde meilleur ou l'art de devenir un agent du changement

Pour Sarah Knight, en goûtant aux joies de cette philosophie, nous devenons naturellement un ambassadeur du "j'en ai rien à foutre" dans notre entourage. Or, aider les autres à y parvenir procure encore plus de satisfaction que sa propre libération, pense-t-elle.

"Si nous en avions tous moins à foutre et étions exponentiellement plus heureux et en meilleure santé, le monde s’en porterait bien mieux" clame l’auteure. À nous donc d'y contribuer !

4.5 - Ce dont vous devriez avoir davantage quelque chose à foutre

Pour l’auteure de "La magie du j'en ai rien à foutre", nous pouvons, une fois dans la dynamique, aller encore plus loin. Interrogeons-nous : quelles sont les choses auxquelles on devrait accorder plus d'importance, une attention nouvelle ?

En s'inspirant des regrets les plus courants des personnes en fin de vie, elle cite des pistes : voyager davantage, prendre plus soin de sa santé, apprendre une langue, préparer sa retraite, cultiver un talent... L'idée est de voir plus grand, au-delà des petites victoires du quotidien. Et la clé, conclut l’auteure, reste surtout de suivre sa propre voie.

Pour autant, il ne s'agit pas de nous infliger de nouvelles injonctions. Juste d'une invitation à réfléchir à nos priorités profondes. De même, on a le droit de changer d'avis en cours de route. L'essentiel est de rester à l'écoute de ses désirs et de ce qui nous fait vibrer. Et ce, envers et contre les "haineux" déconcertés par nos choix.

4.6 - Atteindre l’éveil

Au terme de son livre, Sarah Knight nous interpelle : sommes-nous décidé à embrasser pleinement la magie du "j'en ai rien à foutre" ?

La balle est dans notre camp, ajoute-t-elle. Et une chose est sûre, c’est que cette lecture n'était qu'un début.

"Elle [cette lecture] peut vous permettre de vous sortir la tête du nœud coulant mais, mieux encore, empêcher que vous n’en arriviez jamais à ce stade."

À nous donc de déployer à notre façon le meilleur de la méthode dans notre vie pour rejoindre les rangs des Esprits éclairés !

Conclusion de "La magie du j’en ai rien à foutre" de Sarah Knight

Les 3 idées clés du livre "La magie du j’en ai rien à foutre"

  1. Identifier et éliminer les sources de contrariété

Sarah Knight nous offre, dans "La magie du j'en ai rien à foutre", une véritable boîte à outils pour faire le tri dans nos prises de tête.

Sa méthode "MêmePasDésolé" en deux étapes nous apprend à cibler ce qui nous pourrit la vie, puis à nous en libérer concrètement. L'auteure nous aide à visualiser notre esprit comme un vaste hangar encombré. Hangar qu'il nous faut nécessairement passer au crible, avant d'oser affirmer nos choix sans culpabilité. Un processus cathartique et salvateur !

  1. Préserver son temps, son énergie et son argent

Au-delà de l'inventaire mental, Sarah Knight nous invite à chiffrer précisément le coût des choses dont on n'a rien à faire : le temps, l'énergie et l'argent qu'elles dévorent.

Grâce à son "diagramme de Venn temps-énergie-argent", on visualise mieux où passe notre précieux "budget d'intérêt". Et les bénéfices concrets de la méthode "MêmePasDésolé" n'en ressortent que plus clairement : des heures, du peps et des euros récupérés pour ce qui compte vraiment !

  1. Rayonner autour de soi avec le "je n'en ai rien à foutre"

Sarah Knight ne s'arrête pas à notre épanouissement personnel. Pour elle, en goûtant aux joies du "j'en ai rien à foutre", on devient naturellement un ambassadeur de cette philosophie libératrice. Tel un "agent du changement", on aide alors nos proches à s'alléger eux aussi du superflu. Car l'auteure est convaincue : si nous étions tous plus détachés et heureux, le monde s'en porterait bien mieux. Bref, un cercle vertueux inspirant !

Qu’est-ce que vous apportera la lecture de "La magie du j’en ai rien à foutre"

En refermant ce livre, vous aurez en main de nombreuses clés pour enfin lâcher prise. Avec "La magie du j'en ai rien à foutre", Sarah Knight propose un art de vivre tourné vers l'essentiel, et nous apprend à le mettre en place concrètement dans nos vies.

Finalement, que vous souhaitiez vous libérer des conventions, affirmer vos envies, préserver votre énergie ou rayonner autour de vous, son programme s'adapte à toutes vos aspirations.

Pourquoi lire "La magie du j’en ai rien à foutre" ?

Je recommande la lecture de cet ouvrage pour deux raisons principales :

D'abord parce que Sarah Knight aborde avec un humour décapant un sujet ô combien sérieux : comment cesser de se prendre la tête avec des choses qui n'en valent pas la peine.

Ensuite, parce que sa méthode "MêmePasDésolé", ultra pratique et bien rodée, nous guide pas à pas vers un quotidien enfin centré sur nos priorités profondes.

En somme, de quoi entamer une vraie révolution intérieure et devenir, à votre tour, un "esprit éclairé" épanoui !

Points forts :

Une méthode accessible et assez "fun" à lire pour se libérer du superflu.

Des conseils pragmatiques applicables à tous les domaines (travail, relations, famille...).

L'humour décapant de l'auteure qui dédramatise un sujet de développement personnel essentiel et, dans le même temps, le traite de façon sérieuse.

Point faible :

Le ton et langage familier (voire très familier) peuvent ne pas plaire à  tous.

Ma note :

★★★★☆

Avez-vous lu "La magie du j’en ai rien à foutre"? Combien le notez-vous ?

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Mon, 21 Oct 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12968/La-magie-du-jen-ai-rien-foutre
Le Livre du lagom http://www.olivier-roland.fr/items/view/12966/Le-Livre-du-lagom

Résumé de "Le Livre du lagom | L’art suédois du ni trop, ni trop peu" d’Anne Thoumieux : cet ouvrage nous initie à la philosophie suédoise du "ni trop, ni trop peu". Il nous fait découvrir un art de vivre équilibré, épuré et ancré dans la nature, dont le socle est une consommation raisonnée, l'authenticité, le vivre ensemble, le respect de l'environnement et la quête d'un bonheur simple au quotidien.

Par Anne Thoumieux, 2017, 228 pages.

Chronique et résumé de "Le Livre du lagom | L’art suédois du ni trop, ni trop peu" d’Anne Thoumieux

Introduction

Dans l'introduction de son ouvrage intitulé "Le Livre du lagom", Anne Thoumieux, l'auteure nous présente le concept suédois de lagom, une philosophie de vie axée sur la modération et l'équilibre.

"Alors que les Italiens ont la dolce vita et les Danois le désormais incontournable hygge, les Suédois ont le lagom (prononcer LAR - GOM), une approche de la vie reposant sur une recherche de l’équilibre personnel par la pondération."

Ainsi, le terme, difficile à traduire, incarne l'idée de "juste assez", promouvant une vie simple et satisfaite sans excès ni manque.

Fascinée par cette approche peu connue hors de Suède, Anne Thoumieux explique avoir rencontré des Suédois experts dans divers domaines pour démêler cette notion profondément ancrée dans la culture suédoise.

À travers ses découvertes, elle révèle comment le lagom, opposé à notre société de surconsommation, enseigne la satisfaction de ce que l'on a. Elle montre comment le lagom encourage la modestie, la gratitude, une consommation réduite, le respect de l'environnement et l'appréciation des plaisirs simples, et conduit ainsi à une plus grande joie de vivre et au bonheur.

Chapitre 1 – Intraduisible lagom kézako ?

1.1 - Lagom : un mot suédois difficile à traduire mais utilisé à toutes les sauces

Le chapitre 1 du "Livre du lagom" d'Anne Thoumieux décrypte le concept de lagom.

On l’a vu, ce petit mot suédois échappe aux tentatives de traduction. "Ni trop, ni trop peu", "juste ce qu'il faut", "ce qui convient" ou encore "ce qui est juste" : autant d'expressions pour en parler sans vraiment percer le secret de ce concept aux mille facettes.

En fait, selon l’auteure, les Suédois en usent (et en abusent !) à toutes les sauces. Ce terme sert aussi bien à dire "c'est assez" quand on les sert, qu'à qualifier ce qui est parfaitement dosé, pile-poil comme il faut.

1.2 – Le lagom, une philosophie de vie qui prône l’équilibre et la juste mesure

Le lagom, c'est l'art de la juste mesure, l'équilibre subtil entre quantité et qualité. Une philosophie de vie basée sur le contentement et la pleine conscience de ce que l'on a, sans céder à la tentation du toujours plus.

En somme, ce principe, profondément ancré dans la culture suédoise, se manifeste dans divers aspects de la vie pour encourager à vivre de manière équilibrée, à valoriser la communauté, et à agir de façon écologiquement responsable.

"En Suède, il est de bon ton de consommer lagom, comprendre : consommer sans excès, ne pas acheter plus que nécessaire, faire ses choix en pensant à la planète. Exit la fièvre acheteuse et l’excentricité que l’on valorise parfois sous nos latitudes. En Suède, la norme c’est… la norme. On se veut réfléchi, on pèse le pour et le contre, on achète "ni trop, ni trop peu", ni trop cher, ni trop cheap. Bref, une philosophie éco et écolo positive qui s’inscrit dans la tendance slow qui valorise une consommation sage et respectueuse de l’environnement. Alors que les Français veulent "apprendre à ralentir" leur rythme de vie, à désamorcer une pression toujours plus forte qui fait oublier l’essentiel, les Suédois, eux, n’ont pas besoin de cours pour se souvenir de ce qui est fondamental."

1.3 – Des origines "viking"

Selon la légende, le lagom puiserait ses racines au temps des Vikings, où l'on faisait tourner la corne d'hydromel pour que chacun en ait juste assez. De "laget om" - le tour du groupe - serait né "lagom".

Issu de cette pratique ancienne, le lagom symbolise aujourd’hui la cohésion et le juste partage au sein du groupe.

1.4 - L’art de renouer avec l’essentiel et de savourer les choses simples

Mais le lagom ne se résume pas à une simple modération. Il est aussi fait de minimalisme, d'éthique, de bon sens. Un concept qui arrive à point nommé pour nous reconnecter à nous-mêmes dans un monde en perte de repères.

Alors, pour Anne Thoumieux, pas question de réduire le lagom à une dimension ennuyeuse et moralisatrice ! Loin des diktats de notre société de consommation effrénée et valorisant l’excès, le lagom est une invitation à renouer avec l'essentiel, à savourer les plaisirs simples de la vie :

"Si cette pondération peut nous paraître ennuyeuse, c’est parce que nous voyons cela d’un œil qui n’est pas habitué au civisme, aux tempéraments altruistes et à une vie tendant vers la simplicité. Chez nous, l’excès est souvent valorisé et considéré comme une qualité : manger avec appétit, c’est convivial ; boire beaucoup, c’est être un bon vivant ; avoir un intérieur surchargé, un signe de personnalité ; avoir un couple explosif, c’est être passionné, etc. Passer en mode lagom nous demande donc un véritable ajustement de cette perception."

1.5 - Le lagom lifestyle n’est pas réducteur mais au contraire libérateur

Pour l’auteure, le lagom est un vent de fraîcheur et de liberté venu du Nord pour nous aider à retrouver plus qu’un équilibre, mais notre propre équilibre :

"Alléger sa penderie, partir du travail le soir avec le sentiment du devoir accompli et non une culpabilité écrasante, refaire sa déco sans se ruiner et avec la certitude ne pas avoir contribué un peu plus à épuiser les ressources de la planète, c’est assez jubilatoire. Tout comme de parler gentiment à son voisin dans le métro, à venir sans effort vestimentaire particulier à un anniversaire ou encore partir en vacances pas loin de chez soi.

Quel soulagement soudain de vivre sainement et simplement. De faire fi de codes sociaux exigeants au profit de plus de spontanéité. D’apprendre à apprécier ce que l’on a déjà, en arrêtant de vouloir toujours plus, toujours mieux. De se faire plaisir au quotidien par une multitude de petites satisfactions ressenties en conscience. Ou encore d’aller simplement marcher chaque week-end ou de faire du yoga pour garder la forme et non de s’imposer un régime drastique ponctué de séances de torture running alors que l’on déteste ça. C’est tout ça vivre lagom, ou vivre tout court, peut-être."

Chapitre 2 – Une consommation raisonnée pour des consommateurs raisonnés

Dans le chapitre 2 du "Livre du lagom", Anne Thoumieux commence par nous proposer un petit test pour savoir si nous sommes "lagom".

Puis 5 grandes idées sont développées pour mieux comprendre ce qu’est de consommer "lagom".

2.1 – Le principe de moins mais mieux

Au pays du lagom, la frénésie de consommation n'a pas droit de cité. Ici, on prend le temps de réfléchir avant d'acheter, guidé par une volonté culturelle de dépenser intelligemment.

En fait, le shopping à la suédoise, c'est l'art de trouver le juste équilibre entre envies et besoins, explique l’auteure dans le chapitre 2 du "Livre du lagom" : on privilégie la qualité à la quantité, on attend un peu pour s'offrir quelque chose mais on en profite d'autant plus longtemps.

Et le plaisir d'acheter est décuplé par le temps pris pour choisir l'objet qui nous correspond vraiment.

2.2 - Le rapport qualité prix avant tout

Acheter lagom, c’est rechercher une juste proportion entre la qualité et le coût des choses :

Ni trop, ni trop peu : le Suédois choisit rarement l’objet le plus cher de la gamme… mais pas le moins cher non plus. Il choisira un bon rapport qualité prix la plupart du temps, celui du milieu, guidé par une volonté culturelle nationale de dépenser intelligemment.

2.3 – On n’étale pas sa richesse !

Dans cette quête de modération, le luxe ostentatoire n'a pas sa place, lance l’auteure du "Livre du lagom".

Étaler sa réussite et son argent est même considéré comme de mauvais goût.

L’auteure décrit, à ce propos, le Jantelagen (ou "loi de Jante") dont est imprégnée la société suédoise : un code de conduite nordique prônant l'humilité et le respect d'autrui, qui invite à rester dans la moyenne, à ne pas froisser son prochain en affichant des signes extérieurs de richesse. Autrement dit, une culture qui rejette l'ostentation au profit du bien-être collectif.

Cette mentalité se reflète également dans les choix de consommation, privilégiant des biens qui ne sont pas destinés à afficher le statut social mais à répondre de manière pragmatique aux besoins de la vie quotidienne, dans le respect de l’environnement et des principes éthiques.

2.4 – L’impact sur l’environnement de sa consommation

Autres maîtres-mots de la consommation à la suédoise : durabilité et écologie.

"En réfléchissant "global", l’acte d’achat devient, de fait, un acte citoyen et une manière de montrer que l’on a à cœur (et en tête) les enjeux environnementaux actuels."

Ainsi, en mettant systématiquement dans la balance l'impact environnemental d'un achat, le consommateur agit en citoyen responsable. Repeindre son escalier plutôt que d'en racheter un, opter pour des ampoules LED, faire réparer ses bottes chez le cordonnier... Autant de choix guidés par une conscience écologique très ancrée. Car "s’il peut s’éviter d’acheter et faire réparer à la place", le Suédois n’hésite pas.

Les initiatives gouvernementales suédoises, comme la réduction de la TVA sur les réparations, témoignent d'un engagement à promouvoir cette économie circulaire et à lutter contre l'obsolescence programmée.

2.5 – Le sens de la communauté

Cette attention portée à l'environnement est en fait profondément liée à un fort sens de la communauté. Penser d'abord au collectif s'avère, au final, bénéfique pour chacun. En limitant le gaspillage et la pollution, on œuvre pour une société meilleure, où les ressources sont utilisées avec parcimonie et sagesse.

2.6 – Les 5 grands principes du "Livre du lagom" pour résister aux sirènes de la surconsommation

Anne Thoumieux termine ce chapitre du "Livre du lagom" en partageant une multitude de conseils pratiques autour de 5 grands principes pour adopter un mode de consommation plus lagom : réduire sa facture d'énergie, mieux gérer son budget, recycler, privilégier le made in local (des produits locaux et durables), troquer plutôt que jeter, acheter au jour le jour et éviter les stocks de produits qui encombrent nos placards... Bref, de quoi alléger à la fois sa vie, son porte-monnaie et son empreinte carbone !

Pour résumé, la consommation "lagom" n'est pas synonyme de privation, mais d'un juste milieu qui équilibre besoins et désirs, générant satisfaction et durabilité. Car pour les Suédois, le bonheur se trouve dans cette simplicité volontaire, cet art de se contenter de ce que l'on a, de consommer moins mais mieux. Une philosophie aussi bénéfique pour soi que pour la planète !

Chapitre 3 – Mode consciente : minimalisme et écologie

La mode à la suédoise est l'incarnation parfaite du lagom, observe l’auteure dans ce troisième chapitre du "Livre du lagom".

En effet, là encore, point d'extravagance ou de démesure : on mise sur un style épuré, intemporel mais toujours élégant.

3.1 - Le "normcore", un style simple, fonctionnel et discrètement élégant

Selon Anne Thoumieux, l'élégance à la suédoise se niche dans les détails, subtilement trendy sans jamais être tape-à-l'œil. Voici comment elle décrit la mode suédoise :

"L’équilibre parfait entre une allure low profile et pourtant parfaite. Juste. Ni trop ceci, ni pas assez cela. Ni luxe, ni négligée, elle est pointue grâce à des créateurs revendiquant des coupes tendances sans pour autant avoir besoin de se faire remarquer."

Mais attention : ce look minimal, souligne l’auteure, "n’est pas plus facile à concevoir qu’un look excentrique". Derrière son apparent refus de la tendance, ce style appelé "normcore" est en réalité tout un art : il "repose sur un savant goût des associations afin de n’être ni fade ni passe-partout".

Dès lors, avec ses couleurs neutres, ses coupes étudiées et ses basiques de haute qualité mais non ostentatoires, le "normcore" règne en maître dans les dressings scandinaves : 

"La mode suédoise possède donc cette incroyable capacité à offrir ce que nous pourrions appeler des basiques qui se révèlent d’un style fou, une fois portés. Bien loin des pièces hors de prix de créateurs, chacun possède ici le goût du lagom pour choisir ses vêtements et se faire un style propre… dans tous les sens du terme ! Ou propret serait-on tenté de dire. Assez sage, peut-être, mais au tombé toujours parfait qui permet de se fondre gentiment dans la masse. Attention, n’allez pas croire que c’est un point négatif, au contraire ! Vous l’aurez compris, c’est précisément le but recherché."

3.2 – Des marques accessibles et ultra branchées à la fois

Les marques suédoises excellent tellement dans cette "normalité" si désirable qu'elle en devient pointue, voire iconique.

Porter leurs créations, c'est arborer ce "je-ne-sais-quoi" de décontracté chic, ce naturel savamment travaillé qui semble couler de source, confie Anne Thoumieux. Une allure à la fois accessible et furieusement tendance, à mille lieues de la course effrénée aux it-bags et aux must-have des capitales de la mode.

"De Filippa K à Acne en passant par COS, les marques qui se sont fait connaître au-delà des frontières suédoises par cette maîtrise de la "normalité" sont tellement branchées qu’elles ne parlent qu’aux hipsters chez nous alors qu’en Suède, elles sont le quotidien du plus grand nombre. C’est en rejetant la différence au profit d’une normalisation maîtrisée et en abandonnant la quête de singularité vestimentaire que les Suédois, paradoxalement, se distinguent ! Vraiment trop fort !"

3.3 – L’essor de la slow fashion ou mode durable

Des créateurs responsables et engagés

Mais la mode lagom ne se résume pas à une question de style.

Elle embrasse une philosophie bien plus vaste, fait remarquer l’auteure du "Livre du Lagom" : celle de la "slow fashion", en opposition totale avec les diktats frénétiques de l'industrie actuelle.

"Pour avoir les faveurs des Suédois, les enseignes doivent afficher une réelle éthique tout au long de leur processus de production, depuis les conditions de travail de la main-d’œuvre, même à l’étranger, jusqu’aux matériaux utilisés qui doivent être "propres", en passant par des points de vente éco-conçus."

Les marques suédoises citées dans le chapitre, comme Velour, Sandqvist, Filippa K, Acne Studios, et Cheap Monday, illustrent cet engagement envers des produits de qualité, conçus dans le respect de l'environnement et des principes sociaux équitables.

Elles privilégient les petites séries. Les créateurs prennent le temps, eux, de concevoir des pièces durables et bien pensées. Les consommateurs achètent moins mais mieux, en se laissant guider par des critères éthiques autant qu'esthétiques.

"Les marques n’ont pas pour ambition de dominer le monde, alors elles produisent des collections souvent courtes et des quantités "justes suffisantes" pour éviter les stocks et le gâchis. C’est aussi le règne des éditions limitées, des séries capsules qui mettent en avant un styliste ou un savoir-faire."

Par ailleurs, les marques s’engagent en soutenant des causes via les ventes :

"Le Suédois a donc non seulement la conscience écologique tranquille quand il achète un pull dont il a vérifié auparavant que la laine était obtenue sans mauvais traitements des moutons, mais aussi la satisfaction de faire de son achat une bonne action puisqu’il sait qu’une partie sera par exemple reversée à une association."

Des consommateurs éthiques

Car, pour les Suédois, s'habiller est un acte engagé. Hors de question de contribuer à l'exploitation des travailleurs du textile ou de porter des vêtements gourmands en eau et en pesticides.

Les fashionistas nordiques sont de véritables "consomm'acteurs", qui mettent un point d'honneur à choisir des marques transparentes sur leurs pratiques. Quitte à payer un peu plus cher pour s'offrir un basique en coton bio ou en fibres recyclées, fabriqué dans des conditions décentes.

"Tout doit être transparent et peut être un motif d’achat ou de désamour : tissu en coton bio ou fibres de bambou éco-produites ou soutenant le commerce équitable, utilisation de colorants et teintures propres et non toxiques, emballages issus de produits recyclés… l’impact sociologique et économique des vêtements est scruté à la loupe, car il en découle son propre impact personnel et le Suédois vivrait mal d’avoir contribué à la pollution d’un cours d’eau en achetant du made in China qui, en plus de polluer, déteindra à la première lessive."

"Il faut participer à "rendre" ce que l’on prend en donnant en retour"

Cette exigence écolo va jusqu'au bout du cycle de vie des vêtements. On n'hésite pas à troquer, revendre ou donner ce dont on ne veut plus, pour offrir une seconde jeunesse à nos tenues. Une manière de boucler la boucle, dans une logique d'économie circulaire si chère au lagom.

"Les penderies lagom ne sont pas surchargées, au contraire […] On privilégie la qualité à la quantité, "ni trop, ni trop peu". On réfléchit avant de passer à la caisse et on ne sort sa carte bleue que si la marque répond à nos critères esthétiques mais aussi éthiques. On choisit des intemporels qui pourront durer d’une saison à l’autre. On se questionne "Ai-je vraiment besoin de ce tee-shirt ?".

Et dans cette même philosophie, les Suédois pratiquent abondamment le recyclage : les habits sont souvent achetés d’occasion. Quand on s’en est lassés et qu’ils sont encore en bon état, ils sont vendus ou échangés.

3.4 - Le potentiel créatif de ces contraintes

La créativité peut-elle s'épanouir dans un tel carcan éthique ? Assurément oui. En témoignent chaque saison les créateurs suédois tels que Hope ou Cheap Monday.

Chez eux, le respect de l'environnement et des hommes est un moteur et non un frein, soutient Anne Thoumieux : la contrainte devient source d'inventivité, permettant l'éclosion de collections toujours plus innovantes et responsables.

Chapitre 4 – Beauté et bien-être naturels : réunir le corps et l’esprit

Selon la philosophie du lagom, la beauté se conjugue au naturel.

Ainsi, dans le chapitre 4 du "Livre du lagom", nous apprenons qu’il n’est surtout pas question de s'acharner à effacer les rides ou collectionner les produits "miracle". Non… l'objectif ? Obtenir une peau saine et lumineuse, en misant sur des soins simples mais efficaces.

"Hommes et femmes prennent ainsi soin de leur peau tout en acceptant de vieillir : la beauté en mode lagom […] ne cherche pas à arrêter ou remonter le temps, mais à protéger et accompagner la peau avec bienveillance sur le principe de la slow beauty, hérité de la tendance slow life qui préconise, comme pour la mode, une approche plus sereine, plus tolérante et plus simple des choses."

Entre cosmétiques green, gymnastique douce, escapades au grand air et rituels bien-être millénaires, l’art de prendre soin de soi version nordique s’inspire des préceptes authentiques du lagom.

4.1 – L’approche naturelle et minimaliste de la beauté

Les routines beauté des Suédoises sont minimalistes, adaptées à leur type de peau, avec des formules choisies avec soin. Les salles de bain et les produits sont fonctionnels et efficaces. On achète juste les soins qu’il nous faut, et on les teste pendant au moins un cycle de renouvellement cutané pour en constater les effets, observe Anne Thoumieux.

"Le lagom […], c’est acheter les produits dont on a besoin au quotidien, pas tout le rayon maquillage, et en utiliser peu : réduire sa routine au minimum, aller au plus simple mais avec des produits de grande qualité. Et bien sûr, les choisir de préférence bio et écoresponsable."

4.2 - Le "no make-up look" ou l’art de parfaitement équilibrer fraîcheur et sophistication

Côté maquillage, le "no make-up look" et le "make-up nude" règnent en maître.

Incarné à merveille par les beautés scandinaves, ce style mise sur un teint glowy, comme illuminé de l'intérieur, souligné par quelques touches de couleur savamment distillées. Le secret d'une mise en beauté réussie à la suédoise ? Sublimer sa carnation avec un soupçon de blush, une ombre pastel sur les paupières, un voile de mascara et une bouche glossy. Autrement dit : l'équilibre parfait entre fraîcheur et sophistication, sans jamais tomber dans l'excès.

4.3 - L’importance des rituels comme le sauna dans une vision holistique du bien-être

Mais la beauté lagom, ce n’est pas uniquement avoir une jolie peau ou à un trait d'eyeliner maîtrisé.

Non, la beauté selon le concept du lagom, est indissociable d'une approche holistique du bien-être, où l'on prend soin de soi dans sa globalité. Et pour les Suédois, adeptes de la slow life, cela passe avant tout par des rituels profondément ancrés dans leur culture, à l'image du sauna.

Alternance de chaleur intense et de bains froids vivifiants, moment de détox et de relaxation... Le sauna est une véritable ode au corps et à l'esprit, qui permet de se reconnecter à soi et à la nature.

4.4 - Le lien fort entre beauté et mode de vie sain

C’est bien là que réside le secret de la beauté à la scandinave : dans cette symbiose entre mode de vie sain, contact avec les éléments et conscience de soi.

Aussi, pratiquer la fameuse gym suédoise, prendre l'air, s'écouter, traiter son corps avec douceur, ne pas braver la nature mais vivre en harmonie avec elle... sont autant de préceptes qui façonnent les habitudes healthy des Suédois.

Chapitre 5 – Maison lagom : une déco design qui respire

Le 5ème chapitre du "Livre du lagom" dresse un portrait global du lagom appliqué à l'habitat, à notre "déco". En gros, il s’agit de se rapprocher, par son intérieur et divers éléments clés (ambiance, matériaux, couleurs, éco-conception...) d'un mode de vie plus serein et authentique.

5.1 – Less is more : l'esthétique épurée, fonctionnelle et naturelle de la déco suédoise

La décoration selon le style de vie lagom est apaisante et moderne. Les intérieurs scandinaves célèbrent la pureté des lignes et rendent hommage à la nature environnante.

On y ose le minimalisme, sans pour autant sombrer dans l'austérité : les Suédois excellent dans cet art d'épurer leur déco, pour ne garder que l'essentiel, le sens, l'utile.

Dès lors, pas d'accumulation ni de fioritures : l'espace est savamment pensé, chaque objet méticuleusement choisi, pour créer une atmosphère zen et chaleureuse à la fois. Un style "pur avec rendu intimiste" écrit l’auteure.

La qualité prime sur la quantité, avec des meubles et accessoires beaux et durables, dont on profitera longtemps.

L'aménagement aussi se veut à l'image du mode de vie lagom : fonctionnel, compact, optimisé. On multiplie les rangements malins, on joue sur les volumes pour gagner en praticité sans sacrifier le style. Même dans les petites surfaces, l'organisation est reine, sublimée par un design épuré qui respire.

5.2 – L’art du détail, de l’équilibre et minimalisme chaleureux

Côté ambiance, place à la douceur et au cocooning :

"La déco lagom se construit dans la recherche d’une ambiance recherchée, mais pas sophistiquée. Objectif : se sentir bien chez soi."

Les lignes souples apportent une touche de rondeur, comme un écho apaisant aux courbes gracieuses de la nature scandinave.

Coussins moelleux, plaids en laine, voilages de coton... Les matières invitent à la détente et créent un cocon ouaté, explique l’auteure. Celles-ci doivent être nobles et naturelles. Surtout, on bannit au maximum le plastique.

Autre must : la lumière, une denrée si précieuse sous ces latitudes ! On la fait entrer à flots le jour, et on compense son manque le soir venu avec une ribambelle de bougies, de guirlandes et de leds savamment disposées.

Les teintes, elles, se font l'écho des paysages enneigés et des forêts profondes. Camaïeux de blanc, de gris, de beige... Les tons se déclinent dans une palette minérale et naturelle.

Le bois, matériau roi du style nordique, réchauffe l'ensemble de sa douceur organique. Clair ou foncé, il s'invite sous toutes ses formes, du parquet aux meubles iconiques des années 50.

Enfin, la maison lagom a une déco en harmonie parfaite avec la nature, jusque dans ses partis pris écoresponsables et l'usage de matériaux recyclés, observe l’auteure.

Accessoires cocooning, végétaux luxuriants, objets chinés, touches de couleurs subtiles... Quelques clins d'œil bien choisis suffisent à personnaliser cet univers feutré et épuré, sans le surcharger, note Anne Thoumieux : l'art de l'équilibre et du détail, tout en nuances et en délicatesse.

5.3 – Un espace désencombré, organisé et harmonieux

Dans les intérieurs lagom, l’espace est désencombré et savamment optimisé. Les étagères ne supportent que quelques objets choisis. Le reste est rangé pour ne pas polluer la vue.

"Comme les intérieurs ne sont pas toujours spacieux mais plutôt intermédiaires (ni trop petit ni trop grand, hein...), ils sont pensés pour être utilisés dans toutes leurs ressources", souligne Anne Thoumieux : "un placard sous l’escalier, une penderie dissimulée derrière un rideau, de jolies boîtes casées dans les renfoncements visibles…"

5.4 - La quête d'harmonie et d'équilibre

L’auteur du "Livre du lagom" termine ce chapitre en partageant les interviews de deux designers suédoises de renom : Marie-Louise Hellgren et Nathalie Dackelid.

Pour elles, concevoir un intérieur ou un objet, c'est rechercher l'harmonie parfaite avec son environnement et ses usages. Une approche éminemment lagom, qui place le bien-être et le respect de la planète au cœur du processus créatif.

Quelques mots pour résumer le home sweet home du lagom : lignes pures, harmonieuses, matériaux authentiques, naturels, teintes sobres, touches de chaleur et de lumière, un intérieur qui respire et qui rassemble en mode cosy !

Chapitre 6 – Loisirs et vacances, la nature à l’honneur

Le 6ème chapitre du "Livre du lagom" partage avec nous la recette suédoise des vacances parfaites. Nous apprenons que les vacances selon le concept du lagom sont synonymes d'équilibre et d'authenticité au plus près des éléments.

6.1 - La symbiose profonde des Suédois avec la nature

Quand on pense à la Suède, on imagine souvent de vastes étendues sauvages, des lacs à perte de vue, des forêts profondes... Et pour cause : la nature est au cœur du mode de vie lagom !

"En Suède, la nature est absolument centrale dans la vie de chacun. Sans doute parce que le climat est rude, la nature semble toujours proche, même en ville."

Omniprésente jusque dans la Constitution, qui garantit à chacun un droit d'accès total aux espaces naturels, elle rythme ainsi le quotidien et les loisirs des Suédois.

6.2 - Le goût pour les activités outdoor en toutes saisons

Aussi, été comme hiver, qu'il vente ou qu'il neige, impossible pour les Suédois de résister à l'appel du grand air.

Randonnée, vélo, cueillette, pêche ou encore pique-nique au bord d'un lac... Les activités outdoor sont légion, et se pratiquent en toute saison, rapporte l’auteure de "Livre du lagom". L'objectif ? Se ressourcer au contact des éléments, se reconnecter à soi et aux autres, loin du tumulte de la ville.

6.3 - L'institution de la "stuga" et le tourisme vert et responsable

Et pour prolonger ces parenthèses nature, quoi de mieux qu'un séjour dans sa "stuga" ?

Véritable institution en Suède, ces petites maisons de campagne au charme rustique (souvent en bois rouge, sommaire, nichée au cœur de grands espaces et sans barrière autour) sont le point de chute idéal pour des week-ends en famille ou entre amis. Feu de cheminée, cueillette de baies sauvages, balade en forêt au crépuscule... On y savoure une vie simple et authentique, en harmonie avec son environnement.

Car le lagom, c'est aussi cela : faire le choix d'un tourisme doux et responsable, respectueux des écosystèmes et des communautés locales.

Les Suédois en sont des adeptes convaincus, privilégiant des expériences au plus près du terrain. Du camping sur un radeau façonné de ses mains à une immersion en pleine taïga, en passant par des croisières écologiques le long des fjords, les possibilités ne manquent pas pour des vacances 100 % nature et éthiques.

6.4 - La soif de voyages et de découvertes en tribu...

Cette quête d'authenticité se double d'une soif d'ailleurs, qui pousse les Suédois à s'envoler vers des contrées lointaines. Habités par leur légendaire sens du collectif, ils n'hésitent pas à partir en tribu pour des échappées exotiques placées sous le signe du ressourcement. L'occasion de découvrir d'autres cultures, de s'enrichir au contact de l'autre, tout en cultivant la cohésion familiale, lance l’auteure.

6.5 – Les fêtes suédoises

En Suède, les fêtes rythment la vie au fil des saisons. Cette partie du "Livre du lagom" liste et décrit les plus populaires :

Walpurgis Eve, qui célèbre le printemps autour de feux de joie.

Midsummer Eve, où l’on danse couronné de fleurs.

La Toussaint, un moment de recueillement lumineux.

La Sainte-Lucie, où la "reine de lumière" est élue lors d'un défilé enchanteur.

6.6 - Les activités suédoises les plus lagom

Le vélo, le tennis et le golf

En Suède, le vélo est roi ! Tout le monde en fait, que ce soit pour aller travailler, faire les courses ou se balader. De même, pour le tennis et le golf, rendus accessibles à tous grâce à de très nombreux terrains publics et des tarifs abordables.

Les activités : des expériences uniques et nature avant tout

Anne Thoumieux partage ici des idées d’activités parmi les plus lagom : randos en patin à glace, parcours gastronomique en raquettes, traîneau à chiens, balade en bateau, camping sur un radeau fait main ou encore une nuit dans la taïga sur les traces des Sâmes.

Finalement, la philosophie des loisirs et des vacances se résume en un mot : équilibre.

Équilibre entre aventure et contemplation, entre évasion et ancrage local, entre dépassement de soi et cocooning... Autant d'expériences pour nourrir corps et esprit, et se reconnecter à l'essentiel et qui soit, le moins possible, lié à la consommation.

Chapitre 7 – Gastronomie : des traditions et un plaisir qui commencent en cuisine

Dans le chapitre 7 du "Livre du lagom" dédié à l'art de vivre gourmand et épicurien en Suède, Anne Thoumieux nous montre comment la gastronomie y rime à la fois avec simplicité, convivialité et respect des produits de saison.

Une philosophie culinaire qui n'est pas sans rappeler le mouvement slow food, prônant une alimentation de qualité, éthique et durable.

Et au pays du lagom, on met les petits plats dans les grands, sans pour autant passer des heures en cuisine.

7.1 - La slow food ou l'amour des Suédois pour les produits locaux et de saison

Pour les Suédois, manger local et de saison est une évidence. Leur immense territoire regorge de trésors à portée de main, qu'ils prennent plaisir à cueillir ou pêcher eux-mêmes. Baies sauvages, champignons, poissons fraîchement pêchés...

Autant de mets savoureux qui passeront directement de la forêt ou du lac à l'assiette, sans intermédiaire. Une manière de renouer avec les cycles naturels et de redécouvrir les saveurs authentiques.

Comme les hivers suédois sont longs et qu’on aime manger frais, il faut alors faire des réserves en conservant ses aliments de plein de manières possibles : confitures, congélations, légumes dans du vinaigre, viandes et poissons fumés, salés ou marinés…

7.2 - Le goût pour le fait-maison et les plats peu transformés

Selon Anne Thoumieux, cette quête de fraîcheur se double d'un goût prononcé pour les produits bruts, peu transformés.

Le lagom, c'est aussi cela, déclare l’auteure : privilégier le fait-maison aux plats préparés et la qualité à la quantité. Quitte à passer un peu de temps en cuisine pour mitonner des petits plats sains et goûteux.

7.3 – Cuisiner ensemble : l'importance du partage et de la transmission en cuisine

D'ailleurs, cuisiner est avant tout un moment de partage et de convivialité pour les familles suédoises.

Petits et grands mettent la main à la pâte, dans une ambiance chaleureuse et décontractée. On épluche, on émince, on remue les casseroles, on goûte... Autant de gestes simples pour créer du lien et transmettre les traditions culinaires. Le tout, sans prise de tête : ici, on mise sur des recettes familiales, généreuses et faciles à réaliser.

7.4  - Le sens de la mesure allié à la gourmandise

Le lagom, c'est aussi savoir se faire plaisir sans tomber dans l'excès, poursuit l’auteure du "Livre du lagom". Les Suédois raffolent des douceurs, qu'ils dégustent volontiers à l'heure du "fika", cette pause-café gourmande typiquement scandinave. Mais pas question de grignoter n'importe quoi, n'importe quand ! Là encore, l'équilibre est de mise, jusque dans le choix des en-cas.

7.5 – L’attachement aux fêtes traditionnelles et aux mets emblématiques...

Selon Anne Thoumieux, cet art de vivre frugal et épicurien trouve son apothéose lors des fêtes traditionnelles, qui rythment le calendrier suédois.

Écrevisses, harengs, brioches à la cannelle, gaufres... Chaque occasion a ses mets emblématiques, souvent liés aux saisons et aux produits du terroir.

Cette partie du "Livre du lagom" liste quelques-unes de ces fêtes dédiées à la célébration d’un aliment en particulier :

Le premier dimanche de l'Avent, les Suédois se détendent entre amis en buvant du glögg, un vin blanc chaud épicé, accompagné de biscuits au gingembre.

Le 4 octobre, c'est la fête de la kanelbullar (Kanelbullens dag), la célèbre brioche roulée à la cannelle que les Suédois dégustent à tout moment de la journée.

Pour Mardi gras, lors de la Fettisdagen, les Suédois savourent des semla, des pains au lait à la cardamome fourrés à la pâte d'amande et recouverts de crème fouettée à la vanille.

 Le 25 mars, c’est Våffeldagen : place aux gaufres accompagnées de confiture et de crème fouettée, que tout le pays mange sans culpabilité.

Au mois d'août, les Suédois se réunissent entre amis pour déguster des écrevisses cuites à l'eau de mer avec de l'aneth, souvent importées mais toujours délicieuses.

Fin août, les plus courageux se lancent dans la dégustation du surströmming, un hareng fermenté à l'odeur pestilentielle, servi en sandwich avec des pommes de terre et des oignons.

Tous ces rituels savoureux célèbrent le plaisir d'être ensemble autour d'une table bien garnie.

7.6 - Petit déj’, alcool, fika et restaurants

Le petit déjeuner suédois

En Suède, contrairement à de nombreux pays, le petit déjeuner reste un vrai repas chaud et cuisiné, qu’on prend le temps de savourer assis, lors d'une vraie pause. Que ce soit à l'école où les élèves bénéficient d'un repas gratuit et d'options végétariennes, ou en entreprise où les Suédois apportent souvent leur déjeuner préparé à l'avance, le déjeuner sur le pouce devant l'ordinateur n'est pas dans les habitudes.

L’alcool avec modération… et régulation

En Suède, l'État régule rigoureusement la vente d'alcool grâce à un monopole d'État et des règles strictes (horaires limités, interdiction aux moins de 20 ans, pas de promotion). Mais ce système initialement conçu pour réduire la consommation a parfois l'effet inverse, poussant les Suédois à faire des stocks importants avant le week-end ou à s'approvisionner dans les pays voisins.

L’emblématique fika 

En Suède, le fika, est bien plus qu'une simple pause-café : c'est un véritable rituel convivial et gourmand du quotidien, que ce soit au travail, entre amis ou en famille, avec toujours de bons petits gâteaux à partager !

Chapitre 8 – Bonheur au travail : un équilibre qui va de soi

Le chapitre 8 du "Livre du lagom" apporte des clés concrètes pour "travailler à la suédoise".

Miser sur la confiance et l'autonomie, cultiver la flexibilité et le dialogue, mettre l'humain au cœur des priorités... font partie des idées qui y sont développées par Anne Thoumieux pour réinventer le travail version "lagom" et selon l’auteure, redonner du sens et de la sérénité à notre vie professionnelle.

8.1 – Des entreprises "family friendly" : la conciliation vie pro/vie perso et le rejet du présentéisme au profit de l'efficacité

Au pays du lagom, concilier vie pro et vie perso n'est pas un vain mot. C'est une évidence, un équilibre qui coule de source, ancré dans l'ADN même des entreprises.

Ici, assure l’auteure, nous pouvons quitter le bureau à 17h sans culpabilité, pour passer du temps avec sa famille. Un credo qui profite à tous, poursuit-elle : les salariés sont plus épanouis, donc plus productifs, et les employeurs y gagnent en performance.

Bref, une équation gagnant-gagnant, à mille lieues de la culture du présentéisme qui sévit sous d'autres latitudes.

"Alors qu’en France on attend parfois que le patron parte pour ne pas avoir l’air d’un tire-au-flanc en partant avant lui, en Suède les employés prennent leur travail très au sérieux et le quittent à 17 heures pour être avec leur famille avec le sentiment positif du travail accompli. Bien sûr, personne ne vous tiendra rigueur si vous êtes absent du bureau parce que votre enfant est malade et le congé parental ne saurait déboucher sur une mise au placard à votre retour. Au contraire, vous pourrez demander à travailler moins, l’employeur ne peut pas le refuser, et ce, jusqu’aux 8 ans de l’enfant !"

8.2 - La confiance et la souplesse accordées aux salariés

D’ailleurs en Suède, rester tard au bureau est vu comme un aveu d'inefficacité. Mieux vaut miser sur un travail de qualité, réalisé dans le temps imparti, que sur des heures sup' à rallonge. Une philosophie qui va de pair avec une grande confiance accordée aux collaborateurs.

Télétravail, temps partiel pour s'occuper des enfants, congés parentaux prolongés... Tout est fait pour faciliter la vie des salariés, sans jamais remettre en cause leurs compétences.

8.3 - Un management bienveillant, coopératif et un fonctionnement collégial

Cette approche bienveillante se retrouve jusque dans le management.

Selon Anne Thoumieux, les chefs se veulent proches de leurs équipes, dans une logique de coaching plus que de contrôle. Accessibles et à l'écoute, ils font confiance à leurs collaborateurs pour s'organiser et prendre des initiatives. Un mode de fonctionnement horizontal et collégial, aux antipodes des hiérarchies pyramidales.

La communication, elle aussi, se veut fluide et transparente, note l’auteure.

L'information circule librement, sans rétention ni jeux de pouvoir. Chacun est impliqué dans les décisions, consulté selon son expertise plutôt que son rang.

"En Suède, on estime que les décisions doivent être prises en consultant la personne la mieux placée pour répondre, c’est-à-dire celle qui connaît le mieux le sujet, quelle que soit sa position hiérarchique. Dans son processus de décision, le chef recueille les avis et les opinions des concernés, rendant ainsi l’application des mesures plus réaliste et donc plus efficace puisque souvent inspirée par les employés sur le terrain."

Autrement dit, une culture du dialogue et du consensus, garante d'un climat apaisé et constructif, assure Anne Thoumieux.

8.4 - Des valeurs fortes comme socle...

Enfin, au cœur de ce modèle : des valeurs profondément ancrées, comme l'égalité, l'honnêteté, la modération, l’éthique qui impliquent d’être vrai. Autant de principes qui guident les Suédois au quotidien, dans leur façon d'être et de travailler. Avec en fil rouge, cette quête d'harmonie et de juste milieu si chère au lagom.

8.5 – Travailler à la suédoise 

Anne Thoumieux énonce ici 10 règles faciles à suivre pour travailler comme les Suédois.

Puis, elle partage un interview avec Per Hällerstam, un chef d’entreprise suédois. Lorsqu’il décrit son milieu professionnel, il est facile de retrouver l’influence du "lagom", à travers notamment :

La mentalité égalitaire au travail,

La hiérarchie plus plate et l'accessibilité des dirigeants,

Le bon équilibre vie pro/perso : télétravail, pauses café en commun, départs tôt pour s'occuper des enfants…

Les décisions prises en consensus, sans confrontation directe,

Les désaccords qui s'expriment plutôt à l'écrit,

L'exécution rapide.

Enfin, en tant que directeur, il explique laisser beaucoup de liberté et d'initiative à ses employés. Il dit se positionner comme un support pour les aider à être performants, tel un coach fixant des objectifs.

Chapitre 9 – Société : politesse et fluidité avant tout

9.1 – L'équilibre subtil entre réserve et convivialité

La société suédoise est un savant dosage de retenue et de consensus, commence par nous expliquer Anne Thoumieux.

On y cultive l'art de la modération en toutes circonstances. Pas de débordements en public, de coups de klaxon rageurs ou de soupirs exaspérés dans les files d'attente. Les Suédois sont les champions de la maîtrise de soi, même dans les situations les plus irritantes.

Une sagesse du juste milieu qui n'exclut pas pour autant le dynamisme et la répartie, mais toujours avec mesure et humour, souligne l’auteure.

9.2 – Sorties : simplicité et authenticité

D’après l’auteur du "Livre du lagom", cet équilibre subtil se retrouve jusque dans l'art de recevoir à la suédoise. Oubliez les dîners guindés et les réceptions tape-à-l'œil ! La société lagom aime la simplicité et la convivialité, dans une ambiance casual chic.

Question dîner, chacun fait ce qu'il veut, du moment que c'est "lagom", indique l’auteure. En effet, gare à celui qui en ferait trop : un repas trop gastronomique pourrait mettre mal à l'aise les convives, sommés de rendre la pareille. Mieux vaut miser sur des agapes sans chichis, pour que tout le monde se sente bien.

9.3 - Le sens du collectif, du respect d'autrui et de la ponctualité

Autre "must" des soirées suédoises ? Des invités chaussons aux pieds, pour ne pas salir l'intérieur impeccable de leurs hôtes. Un détail qui en dit long sur le sens du pratique et du respect de l'autre, si chers aux Scandinaves.

De même, la ponctualité élevée au rang d'art de vivre, est une évidence. Ici, on n'arrive pas à l'heure, mais à l'heure pile. Un retard, même minime, est perçu comme un affront.

9.4 - Le côté ultra-connecté et innovant

Cela dit, le lagom n’est pas qu’une affaire de bienséance, prévient l’auteure. C'est aussi un état d'esprit résolument tourné vers l'innovation et la connexion.

Ultra-connectés, les Suédois expérimentent les dernières technologies avec un temps d'avance : paiement mobile, rendez-vous médicaux en ligne, administration 2.0... Le tout, avec ce souci constant de sécurité et de bien-être qui les caractérise.

9.5 - L'engagement écologique

Dans le domaine de l’innovation justement, l'écologie est un autre pilier de ce modèle de société exemplaire, termine l’auteure. Pionnière en matière de développement durable, la Suède regorge d'initiatives inspirantes.

En effet, écoquartiers, villes zéro carbone, énergies vertes... les exemples abondent, portés par une conscience environnementale chevillée au corps.

9.6 – Parité, codes sociaux et poésie…

Le neuvième chapitre du "Livre du lagom" se termine par différents petits encarts dans lesquels Anne Thoumieux liste "5 trucs lagom rigolos", "5 choses que les Suédois aiment faire pendant leur temps libre", "5 choses que les Suédois ne feraient jamais", la façon dont la famille royale essaie d’être "comme tout le monde" et autres anecdotes sur la société suédoise.

Elle évoque aussi "Midsummer", la fête traditionnelle la plus importante en Suède. Celle-ci est célébrée avec des repas, des danses et deux traditions florales poétiques : la confection de couronnes de fleurs et un rituel pour les femmes non mariées, qui crée une ambiance colorée et festive jusque tard dans les jardins.

Chapitre 10 – La famille : un pilier fondateur

La recette suédoise de la famille épanouie ? Cultiver des rituels simples, placer l'enfant au cœur des priorités, miser sur une éducation positive, réinventer sa vie de couple...

Dans ce chapitre du "Livre du lagom" dédié à l'art d'être parent version lagom, Anne Thoumieux partage quelques pistes inspirantes pour insuffler un vent de lagom dans sa tribu.

10.1 - La place centrale de la famille dans la société suédoise

En Suède, la famille est reine.

Véritable pilier de la société, elle est au cœur de toutes les attentions et de tous les aménagements. Des horaires de travail adaptés aux congés parentaux généreux, en passant par des modes de garde accessibles et des espaces publics pensés pour les poussettes...

Tout est fait pour faciliter la vie des parents et le bien-être des enfants, observe l’auteure du "Livre du lagom" dans cet avant-dernier chapitre de l’ouvrage.

"Dehors, tout est fait pour faciliter la vie avec une poussette […]. Magasins, banques ou encore administrations, […] les Suédois accueillent partout les enfants avec le sourire, là où habituellement en France on serait regardé de travers et on s’efforcerait de faire taire le bambin à tout prix. En tant que parents, on ne se demande pas si "on gêne" en Suède !

Les centres commerciaux mais aussi les bibliothèques disposent d’espaces dédiés aux enfants, de tables à langer et souvent de parking à poussettes et landaus, tandis que les restaurants sont tous pourvus de chaises hautes… Le paradis des parents, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas fini : dans certaines villes, les bus équipés de larges portes centrales pour faciliter leur montée sont gratuits pour les parents accompagnés d’un jeune enfant pour leur éviter d’avoir à laisser la poussette pour aller payer leur ticket à l’avant ! La société suédoise étant ainsi "calibrée" pour la famille, c’est sans surprise que les traditions perdurent et que les liens familiaux sont renforcés."

10.2 - L'implication des pères

Cette politique volontariste se double d'une répartition équitable des rôles au sein du couple.

Ici, les papas s'impliquent autant que les mamans, sans craindre le regard des autres, souligne Anne Thoumieux. Ainsi, il est courant de les voir pouponner en écharpe au parc ou donner le goûter en terrasse. Un équilibre rendu possible par des congés paternité conséquents (chaque parent a droit à 3 mois de congé paternité et maternité) et une culture de la parité bien ancrée.

10.3 - L'importance des moments partagés et la priorité donnée au bien-être de l'enfant

Pour Anne Thoumieux, cet environnement bienveillant permet aux liens familiaux de s'épanouir en toute sérénité.

Les week-ends à la campagne et les vacances au vert sont autant d'occasions de se retrouver, de partager des moments simples et authentiques. Cueillette de champignons, balades en forêt, jeux au grand air, longues soirées devant la cheminée... Des rituels qui se transmettent de génération en génération, pour le plus grand bonheur de tous.

Car ici, le bien-être de l'enfant est une priorité absolue, ajoute l’auteure du "Livre du lagom". Dès son plus jeune âge, il est placé au cœur d'un système tourné vers son épanouissement. Crèches accessibles, pédagogie positive, activités d'éveil... Tout est pensé pour favoriser son développement harmonieux, dans le respect de ses besoins et de sa personnalité.

10.4 - La philosophie éducative bienveillante au cœur de la parentalité et de la scolarité

Anne Thoumieux explique ensuite que cet art d'être parent à la suédoise se nourrit d'une philosophie éducative résolument bienveillante et tournée vers l'autonomie. Pas de fessée ni de punition, mais une écoute attentive et des encouragements constants. L'enfant est considéré comme une personne à part entière, dont on cultive la confiance et la créativité.

L'école, dans la droite ligne de ces principes, mise sur l'épanouissement plus que sur la performance. Notation tardive, apprentissages ludiques, proximité avec la nature, encouragements, développement de la créativité, jeux en plein air... L'objectif est de former des citoyens libres et responsables, heureux d'apprendre et de grandir.

10.5 - La redéfinition des codes du couple

Cette approche globale du bien-être familial ne serait pas complète sans une redéfinition des codes amoureux, note l’auteure.

Dans la lignée du lagom, les rendez-vous se font "à la cool", autour d'un café et l'addition est partagée. Quant à la vie de couple, elle laisse une large place aux amis, aux enfants et au temps pour soi. Un équilibre subtil, à mi-chemin entre complicité et indépendance.

10.6 – L’enfance suédoise

Ulrika Dezé est la créatrice du concept Yogamini, qui propose des ateliers de yoga pour enfants dans une approche ludique et respectueuse de la nature.

À la fin de ce chapitre du "Livre du lagom", Anne Thoumieux partage son témoignage. Dans celui-ci, elle raconte ce qu’est une enfance à la suédoise. En voici un petit résumé :

L’enfant suédois est au cœur de la vie familiale : à la maison, les tâches sont partagées entre lui/elle et ses parents.

L'école encourage le jeu et les apprentissages sensoriels plutôt que la compétition.

L'éducation est permissive, les punitions corporelles interdites depuis les années 70.

Les familles suédoises vivent dans l'ouverture, sans clôtures ni barrières.

La nature occupe une place centrale, presque sacrée. Les enfants grandissent libres, jouant dehors par tous les temps.

Les conflits sont gérés de manière apaisée, avec l'aide de médiateurs si besoin.

Chapitre 11 – Prêt pour la vie lagom ?

Le dernier chapitre du "Livre du lagom" est court : il met en lumière, sous forme de 10 commandements, les valeurs clés du lagom, tout en invitant à un bilan personnel à travers l'exemple de l'auteure. L'objectif est de susciter une réflexion chez nous, lecteurs, sur nos propres habitudes.

Ainsi, les 10 commandements du lagom énoncés par Anne Thoumieux invitent à cultiver :

L'altruisme,

La gratitude,

Le respect de la nature,

La modération,

Le soin de soi,

Les liens familiaux,

Les plaisirs simples,

L'équilibre travail-vie,

La sobriété

L'humilité.

En somme, le condensé inspirant de cette philosophie de vie qu’est le lagom !

Et entre astuces déjà adoptées et résolutions à prendre, chacun peut faire son "bilan lagom personnel". De petits pas vers un quotidien plus serein et plus conscient, à la suédoise ! termine l’auteure.

Conclusion

Au terme de cette immersion au cœur du lagom, l’auteure du "Livre du lagom" partage avec nous, en guise de conclusion, combien son envie de tester grandeur nature cet art de vivre à la suédoise se fait pressante.

Car vivre le lagom est pour elle, au-delà d'un simple voyage et des frontières scandinaves, une véritable quête d'équilibre et de justesse qui résonne comme un appel universel au bonheur du quotidien, confie-t-elle.

Pour Anne Thoumieux, le "ni trop, ni trop peu" prôné par le lagom s'offre en fait à nous comme une boussole nous indiquant un cap à suivre pour évoluer sereinement dans un monde en perte de repères.

Il ne tient alors plus qu’à nous de l'adopter, pour cultiver la voie du milieu... et du bonheur !

Conclusion de "Le Livre du lagom | L’art suédois du ni trop, ni trop peu" d’Anne Thoumieux

1/ Les 3 grandes idées clés à retenir du livre "Le Livre du lagom" d'Anne Thoumieux

Idée n°1 : Le lagom, une philosophie holistique pour une vie épanouie

La première grande idée du "Livre du lagom" est que le lagom est bien plus qu'un simple précepte prônant la modération.

C'est, selon Anne Thoumieux, une véritable philosophie de vie qui s'est ancrée via les traditions nordiques et qui nous invite à cultiver un art de vivre respectueux de soi, des autres et de l'environnement. Une approche holistique où tout est lié : notre manière de consommer, de nous nourrir, de nous vêtir, de nous loger, de nous divertir et même de travailler.

Idée n°2 : Une quête d'équilibre et d'authenticité, en harmonie avec la nature

Bousculant les diktats de notre société de surconsommation et de gaspillage, le lagom nous appelle aussi à retrouver l'essentiel, les vrais plaisirs de l'existence. En privilégiant le local, le durable, le naturel. En redécouvrant les joies simples d'une randonnée, d'un pique-nique ou d'un feu de cheminée en famille. Bref, en nous reconnectant à ce qui fait sens, dans le respect de notre environnement.

Idée n°3 : La voie du "juste milieu" comme recette du bonheur

Loin des extrêmes de la démesure ou de la privation, le lagom célèbre enfin ce que nous pourrions appeler la "voie du milieu". Ni trop, ni trop peu, mais "ce qu'il faut", suffisamment pour être pleinement satisfait. Une quête d'équilibre permanent, en somme, entre nos besoins et nos désirs.

Au lieu de l'excès "tape à l'œil" ou du manque frustrant, "Le Livre du lagom" prône une modération rassasiante pour goûter aux petits bonheurs du quotidien et atteindre une réelle sérénité.

2/ Ce que cette lecture va vous apporter

"Le Livre du lagom" est une lecture qui va vous immerger dans le mode de vie suédois. Elle vous invite à retrouver l'essentiel, à consommer de façon plus responsable et à apprécier les joies simples et authentiques, loin de l'agitation stressante de notre monde.

Que vous soyez entrepreneurs en quête d'un meilleur équilibre, parents souhaitant transmettre des valeurs responsables à vos enfants, ou simplement citoyens désireux d'allier bien-être et respect de la planète, les préceptes du lagom vous proposent de ralentir, de savourer chaque moment, chaque geste, dans un esprit de pleine conscience et de gratitude.

C'est donc une lecture que je recommande à tous ceux qui aspirent à une autre façon d'aborder la vie, avec plus de plénitude et d'équilibre au quotidien. En somme, "Le Livre du lagom" est un ouvrage inspirant et instructif qui vous aidera à réinventer votre vie dans le respect de vos valeurs personnelles et des enjeux écologiques actuels.

Points forts :

Les illustrations, les photos et la mise en page qui en font une lecture très agréable.

La présentation complète et holistique de cette philosophie suédoise qu'est le "lagom" (tous les aspects du mode de vie sont couverts : consommation, habitat, loisirs, travail, famille, etc.).

Les encarts, témoignages, petites listes et exemples pour illustrer les principes.

Les valeurs du "ni trop ni trop peu" de cet art de vivre équilibré, authentique et respectueux de l'environnement.

Le style d'écriture fluide et bienveillant.

Point faible :

Certains pourront trouver ce mode de vie trop sobre/ minimaliste à leur goût.

Ma note : ★★★★☆

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Le Livre du Hygge http://www.olivier-roland.fr/items/view/12964/Le-Livre-du-Hygge

Résumé de "Le Livre du hygge" de Meik Wiking : cet ouvrage nous invite à découvrir le concept danois qu’est le "hygge", un art de vivre basé sur la convivialité, la simplicité, le partage, la lumière ou encore la chaleur. Il partage des conseils et astuces pour créer cette ambiance cosy qui constituerait pour l’auteur, chercheur à l’Institut de bonheur de Copenhague, la clé du bonheur.

Par Meik Wiking, 2016, 334 pages.

Edition anglaise : "The Little Book of Hygge: The Danish Way to Live Well"

Chronique et résumé de "Le Livre du hygge" de Meik Wiking 

Introduction - Comprendre le concept du hygge

L'auteur, Meik Wiking, chargé d'étudier le bonheur au sein d'un institut de recherche à Copenhague, développe 4 idées dans l’introduction de son "Livre du hygge" :

  1. Le hygge, un concept danois difficile à définir

Meik Wiking explique d’abord que le hygge est un concept difficile à définir précisément.

"Écrire et prononcer "hygge", c’est encore la partie la plus facile. Expliquer exactement ce dont il s’agit, c’est nettement plus compliqué. Le hygge a été défini de tant de manières, depuis "l’art de créer de l’intimité" jusqu’au "réconfort de l’âme", en passant par "l’absence de contrariété", "prendre plaisir à la présence d’objets apaisants", ou encore "être ensemble tranquillement", et mon préféré : "un chocolat chaud à la lueur d’une bougie"."

  1. Le hygge, c'est une ambiance

Ainsi, il s'agit avant tout, indique-t-il, d'un état d'esprit, d'une ambiance, plus que d'éléments matériels : le hygge renvoie, en effet, au fait de se sentir en sécurité, entouré des gens qu'on aime.

"Le hygge parle d’ambiance et d’expérience, plutôt que de choses tangibles : c’est être avec les personnes que l’on aime. Le sentiment d’être à sa place, comme à la maison. La sensation d’être en sécurité, protégé du monde extérieur, et de pouvoir enfin baisser la garde."

Voici un autre extrait du livre particulièrement parlant pour comprendre ce qu’est le hygge :

"Un jour, en décembre, juste avant Noël, je passais un week-end dans un vieux chalet à la montagne, entouré d’amis. Le jour le plus court de l’année se réfléchissait sur la couverture de neige blanche du paysage environnant."

Une fois le soleil couché, vers 16 heures, alors que nous ne le reverrions pas avant dix-sept heures, nous sommes rentrés pour allumer un feu.

"Nous étions tous fatigués après une randonnée, à moitié endormis, assis en demi-cercle autour de la cheminée, emmitouflés dans de gros pulls et des chaussettes en laine. Les seuls bruits audibles étaient le ragoût qui mijotait, les étincelles du feu et les gorgées de vin chaud que l’un d’entre nous avalait.

C’est alors qu’un de mes amis a brisé ce silence.

"Est-ce que ce moment pourrait être encore plus hygge ?" a-t-il demandé, sans attendre de réponse.

– "Oui, a répondu une des filles au bout d’un moment. Si une tempête de neige faisait rage dehors."

Et nous avons tous hoché la tête."

  1. Le lien entre hygge et bonheur

Selon Meik Wiking, le concept de hygge est probablement un ingrédient clé dans le haut niveau de bien-être observé au Danemark, pays qui arrive dans le top 3 du classement des pays les plus heureux du monde.

Il fait remarquer, à ce propos, que les Danois passent beaucoup de temps avec leurs proches et font partie des populations les plus pacifiques sur la planète.

  1. L'intérêt croissant pour le hygge

Enfin, partout dans le monde, on observe un intérêt grandissant pour ce concept typiquement danois, observe l’auteur.

De nombreux journalistes et chercheurs tentent de plus en plus à percer ses secrets. Le hygge inspire de nouveaux commerces et est même enseigné dans certaines universités.

Meik Wiking termine cette introduction en nous informant sur le contenu du "Livre du hygge".

Ainsi, il mentionne vouloir :

Explorer les liens entre le hygge, le bien-être et le bonheur,

Définir plus précisément ce concept,

Partager des clés pour que nous puissions nous-même créer une atmosphère hygge.

Chapitre 1 – La lumière

1.1 - Le hygge instantané : les bougies

Selon "Le Livre du hygge", les bougies sont essentielles pour créer une ambiance hygge.

D’ailleurs, Meik Wiking, l’auteur, nous apprend que 85 % des Danois les associent avant tout au hygge. Et que le Danemark est le plus gros consommateur de bougies en Europe : chaque Danois en brûle 6 kg par an ! Cette consommation augmente par trois durant les mois de décembre avec la fameuse tradition danoise de la "bougie de l'Avent".

"L’ambassadeur américain au Danemark Rufus Gifford a dit un jour, parlant de l’histoire d’amour entre les Danois et les bougies : "Ce n’est pas juste dans le salon, c’est partout. Dans les classes à l’école, dans les salles de réunion. En tant qu’Américain, je ne peux m’empêcher de penser : “Au feu ! Comment est-il possible d’allumer une flamme dans une école ?” Les bougies créent un sentiment de bonheur et de confort"."

Petite mise en garde de l’auteur tout de même : allumer des bougies libère énormément de particules toxiques dans l'air.

1.2 - Les lampes

Au-delà des bougies, les Danois accordent une grande importance à la lumière en général. Le but est de créer une atmosphère chaleureuse, observe Meik Wiking.

À ce propos, l’auteur confie avoir, un jour, "marché deux heures dans Rome avec sa [ma] petite amie de l’époque afin de trouver un restaurant qui ait un éclairage hygge".

Ainsi, les Danois choisissent minutieusement leurs lampes, souvent issues du design danois (comme celles du fameux Poul Henningsen). Ils les placent stratégiquement. La règle est la suivante : plus la température de la lumière est basse, plus elle est propice au hygge.

Pour l’auteur "Livre du hygge", cette obsession danoise pour la lumière vient du manque de luminosité naturelle dans le pays pendant une grande partie de l'année.

1.3 - Trois types de lampes danoises cultes

Dans cette partie du "Livre du hygge", Meik Wiking nous présente trois créateurs de lampes emblématiques au Danemark :

Poul Henningsen qui a consacré sa carrière à apprivoiser la lumière électrique pour qu'elle soit plus douce, avec sa lampe PH.

La famille Klint et ses abat-jours plissés.

Verner Panton et son arche fluorescente diffuse, la VP Globe.

1.4 - Mieux que Photoshop

L'auteur fait ensuite le parallèle entre le goût danois prononcé pour la lumière et celui des photographes. Il explique que la lumière de "l'heure dorée" (golden hour) au lever et coucher du soleil est la plus flatteuse. C'est ce type d'éclairage chaleureux qu'il faut tenter de reproduire à l'intérieur pour un sentiment hygge.

1.5 - Astuce hygge : créer un éclairage hygge

Pour conclure ce premier chapitre du "Livre du hygge", Meik Wiking livre des conseils pour créer facilement une ambiance lumineuse propice au hygge chez soi. Il suggère notamment d’utiliser des bougies en prenant garde à l'aération. Ou des petites lampes d'appoint disséminées en formant comme des "puits de lumière".

Chapitre 2 – Et si on parlait du hygge

2.1 - Le syndrome de la Tourette

Weik Wiking se permet ici une touche d’humour. Il explique, en effet, que les Danois utilisent tellement les mots "hygge" et "hyggelig" dans leur langage quotidien, pour qualifier à peu près tout, qu'ils donnent l'impression aux étrangers de souffrir d'une forme de syndrome de Gilles de la Tourette !

Il ajoute également que le hygge sert d'instrument de mesure à la plupart des événements sociaux au Danemark et qu'il sert aussi d’argument de vente pour les cafés et restaurants.

2.2 - Qu'y a-t-il dans un nom ?

Dans cette partie du "Livre du hygge", l'auteur explique réfuter l'idée que le hygge soit intraduisible et purement danois.

En effet, d'autres cultures, assure-t-il, ont des concepts similaires.

L'auteur passe ici en revue divers termes étrangers qui se rapprochent du hygge : le "gezelligheid"  plus social des Néerlandais, le "koselig" norvégien associé à la chaleur et l'intimité, le "Gemütlichkeit" allemand lié à la bière et aux rassemblements ou encore le "hominess" au Canada.

Cependant, admet-il, seuls les Danois l'utilisent comme verbe et lui accordent une telle importance dans leur identité nationale.

2.3 - Du hygge pour tout le monde

Pour Meik Wiking, ces différents concepts retrouvés dans d'autres cultures prouvent que le hygge n'est pas l'apanage des Danois. S'il prend des formes variées selon les communautés, le sentiment de réconfort et de convivialité qu'il véhicule est universel.

L’auteur du "Livre du hygge" observe d’ailleurs que les pays où ce type de concept est très intégré, comme le Danemark et les Pays-Bas, figurent parmi les plus heureux au monde, note l’auteur.

Deux encarts sont ici consacrés aux expressions danoises et dans le monde autour de ce concept.

2.4 - D'où vient le mot hygge ?

Le mot "hygge" tire son origine du norvégien, où il signifiait à l'époque "bien-être", indique Meik Wiking.

Cette partie du "Livre du hygge" décrit les liens étymologiques du mot "hygge" avec différents termes évoquant le réconfort, les câlins, la considération.

2.5 - Une conversation mondiale autour du hygge

L'auteur Meik Wiking termine le chapitre 2 de son ouvrage "Le Livre du hygge" en constatant que le hygge suscite aujourd'hui un intérêt grandissant à travers le monde. En témoigne, en effet, un foisonnement d'articles, d'ouvrages, de commerces et de formations liés à ce concept.

Chapitre 3 – Être ensemble

3.1 - Comme un câlin sans se toucher

Pour Meik Wiking, le meilleur moment de ses vacances au ski reste, plus que la descente, celui où tout le monde se retrouve autour d'un café sur le balcon du chalet, fatigués mais heureux.

Cette scène que l’auteur nous décrit illustre l'importance des relations sociales pour le bonheur au Danemark. Constat, souligne-t-il, confirmé par de nombreuses études. Sans surprise, le hygge s’inscrit dans cette valeur si chère aux danois : il permet de recréer ce sentiment de plénitude d'être ensemble.

"Quand je fais des conférences autour de la recherche sur le bonheur, je demande toujours aux auditeurs de fermer les yeux et de repenser à la dernière fois où ils se sont sentis vraiment heureux. […]. Lorsque je leur demande de lever la  main pour dire si, dans leur souvenir, ils étaient entourés d’autres personnes, en général neuf sur dix le font."

3.2 - Qu'est-ce que l'amour a à voir là-dedans ? Une question d’ocytocine

Meik Wiking met ici en évidence que les interactions sociales, lors d'un moment hygge, libèrent de l'ocytocine, hormone du bonheur et de l'attachement qui renforce les liens.

En ce sens, le hygge procure amour, chaleur et sécurité : les 3 ingrédients de base de cette neurohormone.

3.3 - Heureux ensemble

L’auteur expose ici de nombreuses études qui ont démontré l’idée que : plus on est satisfait de ses relations sociales, plus on a tendance à se dire heureux dans l'ensemble.

À ce sujet, il écrit :

"Être avec d’autres personnes est un élément clé du hygge, mais en tant que chercheur sur la question du bonheur, je peux aussi affirmer que ces liens sociaux sont probablement l’ingrédient le plus important du bonheur. Il est largement admis parmi les scientifiques et chercheurs qui étudient la question que les relations sociales sont essentielles au bonheur."

Puis, il poursuit :

"Selon le Rapport mondial sur le bonheur commandé par les Nations unies : "Si un niveau de vie minimum est essentiel au bonheur, une fois que ces besoins de base sont comblés, le bonheur varie davantage selon la qualité des relations humaines que selon le revenu"."

Alors, bien sûr, toutes ces recherches ne nous apprennent rien de vraiment surprenant. Toutefois, elles procurent des chiffres, des données et des preuves. Et ces conclusions utiles, "nous pouvons et devons les utiliser pour modeler nos décisions politiques, nos sociétés et nos vies" soutient l’auteur.

3.4 – Le besoin d’appartenance

Meik Wiking parle aussi ici de "l’hypothèse de l’appartenance". Celle-ci entend que "nous avons tous le besoin fondamental de nous sentir liés les uns aux autres".

La preuve en est que :

"Les êtres humains, où qu’ils soient dans le monde, naissent avec la capacité et l’envie de créer des relations solides, qu’ils sont réticents à couper des liens tissés, et que les couples mariés ou les personnes en cohabitation vivent plus longtemps que les personnes seules (bien que ce soit en partie également lié à un système immunitaire plus fort)."

L’auteur du "Livre du hygge" précise que :

"Les relations sociales les plus importantes sont les relations avec des proches, qui permettent de vivre des choses ensemble, de se sentir compris, de partager des pensées et sentiments, et de donner et recevoir du soutien. En un mot : hygge."

Par conséquent, le hygge, basé sur le partage et la connivence en petit comité, répond à ce besoin fondamental d'appartenance. Et c’est peut-être pour cette raison que les Danois ont une préférence pour des groupes restreints (4 personnes en moyenne).

3.5 - Le côté obscur du hygge

Si le hygge solidifie les liens au sein d'un groupe soudé, le revers de la médaille, confie Meik Wiking, est qu'il est très difficile pour un étranger de s'intégrer dans ces cercles sociaux déjà établis.

Mais :

"La bonne nouvelle, comme dit mon ami Jon : "Une fois que t’es dedans, t’es dedans". Une fois que vous avez fait votre place, vous pouvez être sûr que ces relations dureront toute la vie."

3.6 - Hygge : des relations sociales pour les introvertis

L’auteur termine le chapitre 3 du "Livre du hygge" en partageant une anecdote : un jour, une étudiante américaine lui a fait remarquer que le hygge était un cadeau pour les introvertis, car il était une façon d'avoir une vie sociale sans épuisement.

"Ce qu’elle voulait dire, c’est qu’aux États-Unis, elle avait l’habitude de participer à des événements avec beaucoup de monde, beaucoup de réseautage rapide, d’enthousiasme mondain. En gros, elle vivait au royaume des extravertis. Au Danemark, elle a découvert que la façon dont les activités sociales étaient organisées lui correspondait bien plus […] C’était une façon d’avoir une vie sociale sans peine."

En effet, les petits groupes et les conversations détendues du hygge conviennent bien mieux aux introvertis que les grands événements mondains.

"Le hygge est un moyen de fréquenter les autres qui convient aux introvertis : ils peuvent passer une soirée détendue, à l’aise avec quelques amis, sans devoir inclure un grand nombre de convives ni beaucoup d’activités. Un introverti préférera peut-être rester à la maison plutôt que de se rendre à une grande fête d’anniversaire où sont invités beaucoup d’inconnus, et le hygge offre une solution intermédiaire entre voir du monde et se relaxer. Il permet à deux mondes de cohabiter."

3.7  - Astuce hygge : comment se fabriquer des souvenirs

Meik Wiking nous suggère de lancer une nouvelle tradition avec nos proches. Cela peut être une soirée "jeux de société" mensuelle ou une célébration annuelle du solstice d'été au bord de la mer. Ces moments, choisis autour d’une activité significative pour nous, soudent nos liens tout en créant des souvenirs précieux qui se perpétueront au fil des ans.

Chapitre 4 – Manger et boire

4.1 - Vous êtes ce que vous mangez

Le chapitre 4 du "Livre du hygge" commence par expliquer que l'alimentation typiquement danoise, riche en viande, sucreries et café, est intrinsèquement liée au hygge. Et que faire plaisir à ses papilles, se réconforter, partager un bol de pop-corn, sont autant d'éléments hyggelig.

4.2 - Vivons ensemble dans le péché

Les Danois sont de gros consommateurs de bonbons, qu'ils associent beaucoup au hygge, signale l’auteur.

Il relate une anecdote amusante à ce propos :

"Il y a deux ans, je rendais visite à un ami et à sa famille. Sa fille avait alors quatre ans et, pendant le dîner, elle s’est tournée vers moi et m’a demandé :

"C’est quoi, ton travail ?"

"J’essaie de découvrir ce qui rend les gens heureux", ai-je répondu.

Elle a haussé les épaules : "C’est facile, ça. Les bonbons."

Quand on parle de bonheur, je ne suis pas sûr que la réponse soit aussi simple, mais je pense qu’elle a mis le doigt sur un élément du hygge."

4.3 - Les pâtisseries

Il en va de même pour les gâteaux, omniprésents dans les bureaux et salons de thé danois.

Des figures comme le "gâteaumann", bonhomme en pain d'épice des anniversaires, ou des pâtisseries typiques comme le "kringle" sont également très hyggelig.

"Kringle est une pâtisserie danoise traditionnelle, et bon signifie facture. Le principe du bon-kringle est le suivant : lorsque vous avez acheté des gâteaux ou pâtisseries pour un montant de 1 000 couronnes (environ 130 euros) chez le pâtissier du coin, si vous lui présentez les factures, il vous offre un kringle gratuit. C’est un peu comme la carte de fidélité de la pâtisserie, mais sans la carte."

En fait, plus c’est rustique, plus c’est hygge. De même, plus c’est "fait maison", plus c’est hygge.

D’ailleurs :

"Se salir les mains pour pâtisser à la maison est une activité hyggelig que vous pouvez pratiquer seul, ou bien avec des amis ou de la famille. Peu de choses contribuent autant au hygge que l’odeur de gâteaux qui sortent du four."

4.4 - Les boissons chaudes

86 % des Danois lient les boissons chaudes au hygge. Le pays fait partie des plus gros buveurs de café au monde. Un "kaffehygge", ou café hygge, est toujours apprécié. Le thé, le chocolat et le vin chaud participent aussi à l'atmosphère hygge.

4.5 - Accro au hygge ?

L'auteur du "Livre du hygge" montre ici, recherches à l'appui, que notre attirance pour le sucré est liée à la libération de dopamine, l'hormone du plaisir, et à notre instinct de survie.

Si le hygge invite certes à la gourmandise et au réconfort, Meik Wiking souligne que le concept nous invite à nous faire plaisir avec modération à ce niveau-là.

4.6 - Le cousin rondouillard des plats mijotés

Plus un plat demande du temps à préparer, plus il sera hyggelig, annonce Meik Wiking.

Ainsi, cuisiner un ragoût qui mijote des heures est l'archétype de l'activité hygge car on prend plaisir au processus lent.

Pour terminer le quatrième chapitre du "Livre du Hygge", plusieurs recettes traditionnelles danoises sont proposées. Nous retrouvons, par exemple, parmi celles-ci : le plat de marin "skipperlabskovs" ou encore le vin chaud "gløgg" de Noël.

4.7 - Astuce hygge : mettre en place un atelier de cuisine

Meik Wiking raconte avoir créé, il y a quelques années, un atelier de cuisine entre amis dans le but de les voir régulièrement.

Lors de ces soirées, chacun apporte des ingrédients sur un thème défini et tous cuisinent ensemble dans une ambiance détendue et égalitaire, propice au hygge. Même si le résultat n’est pas toujours à la hauteur, plaisante l’auteur, cette activité très hyggelig n’a fait que renforcer leurs liens au fil du temps.

Chapitre 5 – S’habiller

5.1 - Décontracté, c’est la clé

Dans le chapitre 5 du "Livre du hygge", Meik Wiking nous parle du style vestimentaire danois. Celui-ci se veut décontracté, minimaliste, élégant mais peu varié. Il s'inscrit entre "hygge" et "design fonctionnel" informe-t-il. Par ailleurs, les Danois privilégient les superpositions de lainages ou encore les écharpes épaisses, nous dit-il.

5.2 - Comment s'habiller comme un Danois

Quelques conseils sont ensuite partagés pour adopter le look danois "hygge".

En voici quelques-uns :

Portez une écharpe : la règle d’or étant que "plus elle est épaisse, mieux c’est.

Misez sur les teintes sombres comme le noir,

Optez pour des matières épaisses et chaudes en hiver,

Utilisez le principe des couches pour s'adapter à tous les temps,

Arborez une coupe de cheveux décontractée.

5.3 - Le pull à la Sarah Lund

L'auteur clôt le cinquième chapitre du "Livre du hygge" en évoquant le célèbre pull en laine porté par le personnage de Sarah Lund dans la série "The Killing". Celui-ci, indique-t-il, est devenu extrêmement populaire auprès des Danois et symbole d'une mode à la fois tendance et hyper-décontractée.

5.4 - Astuce hygge : comment acheter

Meik Wiking nous invite ici à associer ses achats à des moments importants de notre vie.

Il raconte avoir lui-même attendu la publication de son premier livre pour s'offrir une chaise. Cette chaise qui lui rappelle aujourd’hui cet accomplissement. De même, il nous suggère d'acquérir un vêtement à un moment hyggelig : ainsi, nous nous en souviendrons plus tard, à chaque fois que nous le porterons.

Chapitre 6 – À la maison

6.1 - Le quartier général du hygge

Selon Meik Wiking, le foyer est le cœur du hygge pour les Danois. Ils passent, en effet, plus de temps chez eux qu'à l'extérieur. Ils accordent beaucoup d'importance à la décoration intérieure, d'où le succès de ces séries danoises montrant de superbes intérieurs.

Les Danois disposent de l'espace de vie par habitant le plus grand d'Europe.

L'auteur illustre aussi leur obsession du design à travers l'anecdote du "Vasegate" : le 25 août 2014, plus de 16 000 Danois ont tenté d'acheter en ligne un vase Kähler en édition limitée, créant une rupture de stock immédiate et une hystérie collective pour un simple vase aux rayures cuivrées de 20 cm de haut.

6.2 - La liste de souhaits hygge : 10 choses pour rendre votre maison plus hyggelig

L'auteur propose 10 conseils pour créer un intérieur propice au hygge. Les voici résumés :

Aménagez un "hyggekrog", petit coin douillet pour lire ou se détendre.

Installez une cheminée au cœur de votre intérieur, pour vous y reposer tranquillement devant, ressentir la chaleur et le confort et passer du temps convivial avec vos proches.

Disposez des bougies un peu partout.

Intégrez des objets en bois évoquant la nature.

Faire entrer les éléments naturels via peaux, branchages, etc.

Créez-vous une bibliothèque pleine d’étagères de livres bien épais.

Ajoutez de la vaisselle et des poteries.

Jouez sur les matières et les textures.

Chinez du mobilier vintage.

Multipliez couvertures douillettes et coussins moelleux.

6.3 - Le kit de secours hygge : les indispensables

Enfin, Meik Wiking termine le chapitre 4 du "Livre du hygge" en proposant 14 éléments à toujours avoir sous la main pour plonger instantanément dans une ambiance hygge.

"Vous pouvez vous préparer un kit de secours hygge à mettre de côté pour les soirs où vous êtes fatigué, n'avez rien de prévu et avez envie de rester tranquillement à la maison pour profiter d'un peu de temps pour vous. Faites-vous une boîte, un placard ou une valise remplie des indispensables du hygge."

À savoir :

Des bougies,

Du bon chocolat,

Notre thé préféré,

Un livre qu’on aime,

Un film ou une série qu’on adore regarder,

De la confiture,

Des chaussettes en laine,

D’anciennes lettres manuscrites que nous affectionnons,

Un pull chaud,

Un joli carnet,

Une belle couverture,

De la musique,

Un album photo,

Du papier et un stylo.

Chapitre 7 – Le hygge en dehors du foyer

7.1 - En pleine nature

Bien que la maison soit le cœur du hygge, il est tout à fait possible de vivre des moments hyggelig à l'extérieur, stipule Meik Wiking. Et ce le sera d’autant plus dans des lieux comme les chalets ou au contact de la nature.

Certains facteurs y favorisent le hygge, ajoute l’auteur :

La bonne compagnie,

La décontraction,

La proximité de la nature,

Le fait d'être pleinement dans l'instant présent.

"Le hygge est rempli de cette forte présence et de cet investissement dans l’expérience du moment présent et dans le plaisir qu’il procure" écrit l'auteur du "Livre du hygge".

En effet, passer du temps avec d'autres dans un cadre informel, se relaxer sans chichis, savourer la simplicité d'un paysage naturel, et se connecter au moment présent sont des leviers puissants pour faire naître le hygge, assure ici l’auteur.

Aussi, qu'il s'agisse d'un dîner au coin du feu lors d'un camping ou d'un coucher de soleil sur le pont d'un voilier, les expériences hyggelig ont pour point commun d'être vécues pleinement, sans distraction.

7.2 - Être dans l'instant présent

Ce passage du "Livre du hygge" reflète bien ce que peut être le hygge en dehors de la maison :

"Mes plus beaux souvenirs d’enfance tournent autour de ce petit chalet d’été que ma famille possédait à seulement dix kilomètres de la ville, et où nous restions de mai à septembre. À cette période de l’année, quand même la nuit ne connaît pas l’obscurité, mon frère et moi profitions de ces journées d’été sans fin.

Nous grimpions dans les arbres, attrapions des poissons, jouions au football, faisions du vélo, explorions des tunnels, dormions dans des cabanes dans les arbres, nous cachions sous les bateaux sur la plage, construisions des barrages et des châteaux forts, tirions à l’arc, et partions en forêt chercher des baies et l’or caché des nazis."

Meik Wiking poursuit :

"Le chalet ne faisait que le tiers de la surface de notre maison en ville, les meubles étaient vieillots, la télé en noir et blanc avait un écran 35 cm et une antenne assez capricieuse. Mais c’est bien là que nous vivions le plus de hygge. À bien des égards, j’ai connu alors mes moments les plus heureux, et les plus hyggelige. C’est sans doute parce que, de façon générale, le chalet comprenait tous les facteurs du hygge : les odeurs, les bruits et la simplicité.

Quand on habite dans un chalet, on est plus proche de la nature et de l’autre. Un chalet oblige à vivre plus simplement et plus lentement. À sortir. À être ensemble. À profiter de l’instant présent."

7.3 - Le hygge pendant les heures de travail

Les Danois estiment que le hygge a aussi sa place au bureau.

"Le Livre du hygge" partage alors quelques conseils pour introduire plus de hygge au travail.

Par exemple : multipliez les pauses gâteaux, favorisez un environnement décontracté plutôt que formel, apportez des bougies, installez des canapés pour lire ou tenir des réunions informelles. L’auteur lui-même préfère mener ses interviews installé confortablement dans un canapé plutôt qu'assis de façon guindée de part et d'autre d'une table, confie-t-il.

Chapitre 8 – Du hygge toute l’année

Dans le chapitre 8 de son ouvrage "Le Livre du hygge", Meik Wiking explique que même si le hygge est surtout associé à Noël au Danemark, il est, en fait, possible de cultiver cette atmosphère conviviale tout au long de l'année.

Voici quelques-unes des suggestions qu’il conseille pour cela :

Janvier : proposer une soirée cinéma à la maison entre amis, chacun apportant à grignoter.

Février : partir au ski en groupe et profiter de moments de détente hyggelig ensemble au chalet.

Mars : préparer nos futures vacances en explorant le pays de destination choisi (cuisine, musique, langue...).

Avril : faire une randonnée avec nuit à la belle étoile et repas au coin du feu.

Mai : initier la saison des barbecues hyggelig en se concoctant un week-end à la campagne.

Juin : cueillir des fleurs de sureau pour en faire une limonade parfumée rappelant l'été, et célébrer la Saint-Jean.

Juillet : organiser un grand pique-nique estival avec voisins et amis.

Août : observer la pluie de météores des Perséides, couché dans l'herbe.

Septembre : ramasser des champignons en forêt en famille ou entre amis (accompagné d'un expert si besoin pour éviter tout risque d'intoxication).

Octobre : cueillir des châtaignes avec les enfants pour fabriquer des figurines, ou les déguster grillées, accompagnées de mandarines et d'un bon livre.

Novembre : organiser un concours de soupes entre amis ou en famille, chacun apportant des ingrédients pour concocter une soupe originale que tous pourront goûter.

Décembre : préparer du gløgg (vin chaud épicé) et des æbleskiver (petites crêpes en forme de chou) pour un après-midi ou une soirée hyggelig avec ses proches.

Chapitre 9 – Le hygge sans se ruiner

9.1 – Les meilleures choses dans la vie sont gratuites

Le chapitre 9 du "Livre du hygge" rappelle que le hygge est fait de choses simples, modestes et peu coûteuses. Les expériences de luxe comme le champagne et les huîtres, par exemple, sont à l'opposé de cet esprit.

"Le hygge est humble et lent. C’est choisir le rustique au lieu du neuf, le simple au lieu du raffiné, et l’ambiance plutôt que l’excitation. De manière générale, le hygge est la version danoise d’un mode de vie lent et simple. Le hygge, c’est regarder Le Seigneur des Anneaux en pyjama la veille de Noël, c’est s’asseoir sur le rebord de la fenêtre et regarder le ciel dehors, en savourant une tasse de son thé préféré, c’est regarder le feu de joie d’un solstice d’été, entouré de ses amis et sa famille, pendant que votre baguette enroulée cuit lentement."

Meik Wiking explique aussi, études à l'appui, que le bonheur dépend plus de la qualité des relations sociales que du niveau de revenus. De même, le hygge repose sur le partage d'un moment de bien-être, non sur l'argent dépensé.

L'auteur cite ensuite un poème danois sur notre capacité à apprécier les plaisirs simples de l'existence. Cet état d'esprit correspond, selon lui, à la philosophie du hygge.

9.2 – Dix activités "hygge" avec un petit budget

Meik Wiking propose enfin 10 activités permettant de cultiver une atmosphère hygge avec un petit budget :

Jouer à des jeux de société.

Faire une petite fête en cuisine.

Organiser des soirées télé entre amis.

Créer une mini-bibliothèque dans son immeuble ou son quartier.

Jouer à la pétanque.

Faire un feu de camp.

Aller à des séances de cinéma en plein air.

Organiser une fête de troc d'objets.

Faire de la luge.

Jouer pour le simple plaisir de jouer.

L'auteur conclut qu'oublier un peu le sérieux de l'âge adulte pour retrouver son âme d'enfant est une des clés du hygge.

Chapitre 10 – Visite guidée "Hygge de Copenhague"

Dans ce chapitre du "Livre du hygge", Meik Wiking propose quelques lieux emblématiques de Copenhague pour vivre l'esprit hygge lors d'un séjour dans la capitale danoise.

Il suggère notamment de flâner dans le quartier pittoresque de Nyhavn, de s'offrir des douceurs dans la plus ancienne pâtisserie du pays "La Glace", ou encore d'arpenter les allées du parc Tivoli sous les lumières de Noël.

Faire une balade en barque dans les canaux de Christianshavn, déambuler dans les ruelles historiques telles que Gråbrødre Torv ou Værnedamsvej, et déguster des tartines à la danoise dans un restaurant typique sont quelques-unes des autres expériences hyggelig proposées.

Ainsi, en suivant ce mini-guide, le visiteur pourra facilement découvrir certains des endroits les plus propices pour saisir l'esprit du hygge à Copenhague.

Chapitre 11 – Noël

11.1 – Noël, la période la plus hyggelig de l’année

La période de Noël est considérée par les Danois comme la plus propice pour cultiver l'atmosphère hygge, souligne Meik Wiking. Ils utilisent d'ailleurs, pour en parler, un mot composé spécifique : le "julehygge", qui veut dire "hygge de Noël". Pour eux, si le hygge n'est pas au rendez-vous à Noël, la fête est ruinée !

11.2 - La famille et les amis

L’auteur du "Livre du hygge" explique ensuite que réunir ses proches pour partager un moment privilégié est la base d'un Noël réussi. C’est le cas aussi ailleurs, indique-t-il, mais seuls les Danois diront "c'est hyggelig !" pour savourer pleinement cet instant.

11.3 - Les traditions

Ensuite, Meik Wiking partage certains rituels typiques et selon lui, indispensables au hygge de Noël. Il évoque alors la préparation de plats traditionnels danois très caloriques dont l’élément principal est la viande (rôti de porc ou canard).

Il décrit aussi ce qu’est le "délicieux risalamande", un dessert de crème fouettée et de riz cuit, recouvert d’amandes effilées et de coulis de cerises chaud. Servi dans un grand saladier, on y dissimule une amande entière :  

"Celui qui la trouve dans son bol gagne un cadeau […] Le but pour celui qui a trouvé l’amande est de la cacher et de nier l’avoir trouvée afin de tromper les autres et de les pousser à manger tout le contenu de leur bol : cela se transforme en un championnat de dégustation un peu tordu."

11.4 - Les décorations

"Aucun Noël hyggelig n’est vraiment complet sans ses décorations" fait remarquer l’auteur.

Il s’agit d’un riche décor intégrant, entre autres, les fameuses figurines de nisse (elfe ou gnome) et "cœurs tressés" en papier brillant.

Mais aussi, bien entendu, des bougies…

Une version spécifiquement danoise de la bougie de Noël est la bougie de l’Avent :

"Décorée comme une toise murale avec les dates allant du 1er au 24 décembre, de haut en bas. Chaque jour, le bout de bougie correspondant à la journée est brûlé et fond. Néanmoins, personne n’allume ce calendrier tout seul. On fait plutôt cela soit le matin, à l’heure où les parents essaient désespérément de préparer tout le monde pour l’école et le travail, soit le soir, quand la nuit s’est installée et que toute la famille est attablée pour le dîner. Cette lumière en forme de calendrier est littéralement le centre de la famille. Naturellement, tout le monde se rassemble autour d’elle, le temps qu’elle brûle. Et puis, elle nourrit l’obsession danoise du compte à rebours jusqu’à Noël."

11.5 - Le compte à rebours jusqu'au hygge

Cette partie du "Livre du hygge" nous fait ensuite découvrir différents objets qui ponctuent l'attente fébrile de Noël et entretiennent le hygge : la bougie de l’Avent, le calendrier de l'Avent, les petites cases à ouvrir chaque jour ou encore des programmes télévisés rituels pour enfants (qui proposent une activité hyggelig chaque jour ou une petite histoire de Noël).

11.6 – Les préparatifs pour mieux profiter du hygge à Noël

Paradoxalement, confie l’auteur, tous les préparatifs plutôt stressants d’avant Noël sont nécessaires. Car grâce à eux, nous pourrons, ensuite, mieux savourer l'atmosphère apaisée du hygge, poursuit Meik Wiking.

Aussi, pour les adeptes du hygge, Noël doit permettre de faire une pause dans les tracas du quotidien. L'esprit se veut alors resté égalitaire, sans démonstration de pouvoir.

Enfin, l'auteur termine ce chapitre du "Livre du hygge" en partageant :

La recette d’une douceur traditionnellement consommée à Noël au Danemark : les "æbleskiver", sorte de crêpes.

Un tuto pour fabriquer les "cœurs tressés" en papiers décoratifs pliés, une coutume devenue populaire notamment parce qu’elle participe à la motricité fine des enfants.

Chapitre 12 – Le hygge estival

Au chapitre 12, l'auteur du "Livre du hygge" décrit comment le hygge a aussi sa place en été. Certes sans cheminée ni plaid. Mais il prend alors d'autres formes tout aussi conviviales et simples.

Voici 5 idées partagées par l’auteur du "Livre du hygge" :

Le verger : une cueillette de fruits entre amis fait partie des activités "hyggelig" par excellence. On peut ensuite transformer ses récoltes en confitures ou autres préparations.

Le barbecue avec ses proches : réunir sa famille et/ou ses amis autour de grillades est un classique estival, propice au partage d'instant précieux.

Les jardins partagés : s'occuper d'un potager collectif permet de se rassembler avec des voisins dans une ambiance villageoise au cœur de la ville. C'est à la fois hyggelig et créateur de lien social.

Les pique-niques sur la plage : partir en balade à la mer avec un panier garni de victuailles est une façon simple et agréable de passer du temps de qualité ensemble.

Les balades en vélo cargo : se promener en ville sur un vélo équipé d'une remorque, entre amis ou en couple, rend n'importe quelle virée ludique avec son lot de moments privilégiés.

L'auteur termine en abordant les bienfaits du vélo sur le bonheur et le bien-être collectif. Il présente différentes études montrant que l'usage du deux-roues pour les trajets quotidiens est bon pour la santé et favorise le lien social.

Chapitre 13 – Les 5 dimensions du hygge

Dans l’avant-dernier chapitre du "Livre du hygge", Meik Wiking  explore le hygge à travers nos sens. 

Le goût du hygge 

Les saveurs associées au hygge sont familières, douces et réconfortantes : miel, chocolat, crème, vin... En fait, tout ingrédient accentuant le côté douillet d'un plat ou d'une boisson les rend plus hyggelig.

Le son du hygge

Le crépitement d'un feu de cheminée est probablement le son le plus typique du hygge. Plus largement, les bruits apaisants d'un environnement sécurisant en sont la bande originale : bruissement du vent et de la pluie, craquement du plancher...

L'odeur du hygge

Les senteurs rappelant la sécurité et le réconfort, souvent teintées de nostalgie, sont propices au hygge. Elles invitent, en effet, à lâcher prise, souffle l’auteur. Et chacun y associera ses propres expériences personnelles.

Les sensations tactiles du hygge

Toucher du bois, de la laine, de la céramique... est plus hyggelig que le contact avec des matières modernes comme l'acier ou le verre. De même, les petits objets artisanaux ont plus de potentiel hygge que des créations industrielles, poursuit Meik Wiking.

 Voir le hygge

Visuellement, le hygge s'incarne dans des mouvements lents, des lumières tamisées, des couleurs naturelles. Toute silhouette trop graphique ou aseptisée lui est étrangère.

Le sixième sens du hygge

Au-delà des sens, le hygge se ressent dans la confiance et le bien-être procurés par un moment. L'auteur conclut qu'au fond, il s'apparente au bonheur.

Chapitre 14 – Le hygge et le bonheur

14.1 - Les heureux Danois

Dans ce dernier chapitre du "Livre du hygge", Meik Wiking rappelle que le Danemark arrive systématiquement dans les premiers des classements internationaux sur le bonheur.

Il expose alors les raisons pour lesquelles le pays se situe au premier rang : l'État providence qui réduit les sources de stress, un bon équilibre vie privée/vie professionnelle, la confiance interpersonnelle...

Mais il souligne qu’en encourageant le bien-être au quotidien, le hygge jouerait aussi un rôle non négligeable dans ce phénomène.

Et ce, grâce à au moins 3 constats…

14.2  - Le hygge est facteur de tissu social 

De nombreuses études placent la qualité des relations sociales comme premier facteur de bonheur. Or, la culture du hygge pousse les Danois à accorder beaucoup de temps à leurs proches pour tisser des liens solides.

14.3 - L’appréciation et gratitude sont des éléments piliers du hygge 

Le hygge apprend à savourer l'instant présent et les plaisirs simples.

Or, la recherche montre que la gratitude envers ces petits plaisirs de l'existence accroît le bien-être. De plus, se remémorer des moments hyggelig génère de la nostalgie positive, soutient l’auteur.

14.4 - Le hygge favorise le bonheur au quotidien 

Meik Wiking nous parle ensuite de son travail. Il se questionne et évoque le scepticisme de certaines personnes à l’idée qu’on puisse mesurer le bonheur.

Au cours de cette réflexion, il distingue trois dimensions du bonheur qui s’entremêlent :

La satisfaction qu’on a de la vie d’une façon générale,

La dimension affective ou hédonique : autrement dit, les émotions positives que l’on ressent au quotidien,

Le sentiment que notre existence a un sens.

Selon l’auteur, le hygge stimulerait surtout la deuxième : ainsi, en permettant de goûter le bien-être au quotidien, il devient un moteur durable de bonheur.

Il écrit :

"En faisant des recherches pour écrire ce livre, je me suis aperçu que le hygge peut devenir un moteur du bonheur dans la vie quotidienne. Le hygge nous donne les mots, l’objectif et les méthodes pour prévoir et préserver le bonheur – et pour en vivre un peu chaque jour. Le hygge est peut-être ce qui se rapproche le plus du bonheur quand nous rentrons à la maison après une longue journée de travail, un jour pluvieux de janvier."

Et, soyons-en bien conscients, c’est là que la plus grande partie de nos vies se joue. Pas les jours pluvieux de janvier, non, mais chaque jour. Une fois par an – ou plus, si nous avons de la chance – nous pouvons nous retrouver sur une plage dans un pays exotique, et nous pourrions tout à fait éprouver hygge et bonheur dans ces contrées lointaines. Mais le hygge, c’est tirer le meilleur de ce que nous avons en abondance : le quotidien. C’est peut-être Benjamin Franklin qui en parle le mieux : "Le bonheur n’est pas tant le produit des grands coups de bonne fortune qui arrivent rarement, que celui des petits avantages et plaisirs qui ont lieu tous les jours"."

Conclusion de "Le Livre du hygge" de Meik Wiking 

Les idées clés du "Livre du hygge" de Meik Wiking

Au fil des chapitres de son ouvrage "Le Livre du hygge", Meik Wiking a exploré les multiples facettes du concept danois du "hygge" et nous a livré de précieux conseils pour l'intégrer dans notre quotidien.

Voici les 3 idées clés à retenir :

Le hygge est une atmosphère chaleureuse propice au bien-être

Le hygge se définit avant tout comme une ambiance, un état d'esprit tourné vers la convivialité, le partage et la douceur de vivre. Il s'agit de créer un cocon de bien-être où l'on se sent en sécurité, entouré de ses proches.

Le hygge fait appel à tous nos sens : la lumière tamisée des bougies, le crépitement du feu de cheminée, le goût réconfortant d'un plat mijoté, l'odeur de gâteau qui embaume la maison, la sensation d'un plaid douillet.

Le hygge comme art de vivre au quotidien, facteur de bonheur durable

Plus qu'un simple concept, le hygge est un véritable art de vivre qui encourage à prendre le temps d'apprécier les petits plaisirs du quotidien. Partager un moment de qualité avec ses proches, savourer sa tasse de thé au coin du feu, se promener dans la nature, cuisiner un gâteau...

Le hygge nous invite aussi à cultiver la gratitude et la pleine conscience. D'ailleurs, Meik Wiking explique que cette capacité à ressentir du bien-être dans les gestes simples de tous les jours serait l'une des clés du bonheur durable des Danois.

Le hygge, un état d'esprit à adopter tout au long de l'année

Si le hygge est souvent associé à l'hiver et aux fêtes de Noël, Meik Wiking souligne qu'il peut se vivre à chaque saison. Cueillette de fruits entre amis, dîner au coin du feu lors d'un camping, séance de cinéma en plein air, atelier cuisine... L'auteur multiplie les suggestions d'activités accessibles pour insuffler une dose de hygge chaque mois. Le secret ? Favoriser les plaisirs simples, le partage et la convivialité.

Que vous apportera la lecture "Le Livre du hygge" de Meik Wiking ?

En refermant "Le Livre du hygge", vous aurez toutes les clés en main pour développer votre propre art de vivre "hygge".

Grâce aux conseils de Meik Wiking, vous saurez comment créer une atmosphère chaleureuse et réconfortante chez vous. Vous aurez aussi plein d'idées d'activités propices aux liens et à la déconnexion. Surtout, vous réaliserez que le bonheur se niche dans une multitude de petits gestes simples à portée de tous.

Le "Livre du hygge" est un livre que je recommande à ceux et celles qui sont en quête d’inspiration pour adopter un mode de vie plus serein, convivial et porteur de sens. Agréablement illustré d’images et de dessins hygge, cette lecture est une véritable bouffée de douceur et de bien-être. Nul doute qu'il vous donnera envie d'allumer quelques bougies, de servir une tasse de thé fumante et de prendre le temps d'un moment "hygge"...

Points forts :

C'est un beau livre, joliment illustré.

Un concept très inspirant pour développer son bien-être au quotidien.

Les conseils pratiques et accessibles pour créer une atmosphère "hygge".

De nombreuses anecdotes agréables à lire.

Point faible :

Certains conseils pourraient paraître évidents ou superficiels pour certains lecteurs.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 07 Oct 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12964/Le-Livre-du-Hygge
Marc Aurèle, Sénèque et Platon : 3 œuvres de philosophie antique plus modernes que jamais http://www.olivier-roland.fr/items/view/12939/Marc-Aurle-Snque-et-Platon-3-uvres-de-philosophie-antique-plus-modernes-que-jamais

La philosophie antique fascine. Et pour cause ! Près de 2000 ans après leur rédaction, certains textes fondateurs résonnent encore étrangement juste à notre époque. C'est le cas des "Pensées pour moi-même" de Marc Aurèle, des "Lettres à Lucilius" de Sénèque ou encore du "Gorgias" de Platon.

Derrière ces noms illustres se cachent des trésors de sagesse intemporelle et de réflexions profondes sur des thèmes qui continuent d'alimenter notre quête contemporaine de sens.

Le bonheur, la maîtrise de soi, la juste utilisation de la rhétorique sont ainsi quelques-unes des grandes interrogations humaines auxquelles ces monuments de la philosophie antique tentent d'apporter des réponses nuancées.

Dans cet article, je vous invite à (re) découvrir, au travers de ce panorama, le message universel de trois œuvres majeures qui méritent plus que jamais une lecture.

  1. "Pensées pour moi-même" de Marc Aurèle

Par Marc Aurèle, 170-180 apr. J.-C., 176 pages.

Résumé du livre "Pensées pour moi-même" de Marc Aurèle

"Pensées pour moi-même" est un recueil de notes personnelles de l'empereur romain Marc Aurèle, qui a vécu au 2ème siècle apr. J.-C.

Issu d'une noble famille, Marc Aurèle a été adopté par l'empereur Antonin et formé très tôt à la philosophie, notamment au stoïcisme. Devenu empereur à son tour, il a dû faire face à de nombreuses guerres aux frontières de l'Empire ainsi qu'à des catastrophes naturelles et des épidémies.

Malgré ses lourdes responsabilités, Marc Aurèle prenait le temps chaque jour de méditer et de consigner ses réflexions personnelles dans ces notes retrouvées après sa mort. Sans surprise, le livre est fortement influencé par le stoïcisme. Il traite de thèmes comme l'acceptation de son destin, le contrôle de ses passions, le détachement face à la mort ou encore le retour à la nature après la mort.

Dans "Pensées pour moi-même", Marc Aurèle insiste aussi sur l'importance de cultiver notre "génie intérieur", c'est-à-dire la "faculté rationnelle de notre âme", parcelle de ce qu’il appelle la "Raison universelle divine". Et en vivant ainsi selon les principes de la vertu et de la raison, nous pouvons, selon lui, espérer atteindre le bonheur et une forme de sagesse.

Points clés du livre "Pensées pour moi-même" de Marc Aurèle

Message clé de Marc Aurèle dans "Pensées pour moi-même" :

Pour Platon, le bonheur authentique ne peut être trouvé que dans un mode de vie "vertueux", en accord avec les "lois universelles de la raison" qui régissent l'ordre du monde.

Vivre de manière vertueuse signifie faire preuve de maîtrise de soi, cultiver la tempérance face aux désirs effrénés et aux passions, tout en agissant avec justice et bienveillance.Aussi, selon le philosophe, c'est en dirigeant nos facultés rationnelles vers la "contemplation sereine du cosmos" et l'acceptation de notre destinée que nous pouvons espérer approcher un état de plénitude. Le bonheur émane alors naturellement de l'harmonie ainsi créée "entre notre âme individuelle et l'Âme du monde".

Voici 5 points clés de la pensée stoïcienne de Marc Aurèle issus de ce livre :

Nous faisons tous partie d'un grand Tout harmonieux qu'est l'univers : notre destin individuel y est lié.

La mort n'est pas à craindre car notre âme retourne au "Tout" dont elle provient.

Nos troubles viennent de nos jugements erronés sur les événements : nous devons apprendre à les contrôler.

La partie rationnelle de notre âme est divine : en la cultivant par la philosophie, nous pouvons espérer atteindre le bonheur.

L'instant présent est le seul temps sur lequel nous avons prise : il faut cesser de regretter le passé ou de craindre l'avenir.

En quoi la philosophie antique de Marc Aurèle est-elle encore résolument moderne et intemporelle ?

Malgré les 19 siècles qui nous séparent de Marc Aurèle, ses réflexions font pleinement écho aux questionnements intemporels de l'être humain : Comment trouver le bonheur ? Comment surmonter l'adversité ? Comment accepter sa condition mortelle ? Etc.

Le stoïcisme prôné par Marc Aurèle apporte des réponses nuancées à ces interrogations universelles.

L'idée que nos troubles viennent de nos opinions mal fondées, et non des événements eux-mêmes, est d'une étonnante modernité. Tout comme l'importance accordée au présent, aux petits plaisirs simples de l'existence. Par ailleurs, en prônant un idéal de tempérance, de justice et de recherche de la vérité, Marc Aurèle éclaire notre quête contemporaine de sens.

Enfin, sa conception vertueuse du bonheur, fondée sur la raison, la maîtrise de soi et l'acceptation de notre condition, garde toute sa pertinence au 21e siècle.

Mon avis sur le livre "Pensées pour soi-même" de Marc Aurèle

Je recommande vivement la lecture des "Pensées pour moi-même" de Marc Aurèle à quiconque s'intéresse à la philosophie antique ou au développement personnel. Malgré son grand âge, ce petit livre regorge de maximes fortes dont la portée universelle demeure intacte. Sa lecture apporte réconfort et sagesse.

Les points forts et points faibles du livre "Pensées pour soi-même" de Marc Aurèle

Points forts :

Le style ciselé, les phrases mémorables.

Un grand classique de la littérature universelle, mais très accessible et agréable à lire, même près de 2000 ans après son écriture.

Le message intemporel et la personnalité attachante de Marc Aurèle.

Points faibles :                  

Le contenu peu structuré car ce sont des notes personnelles.

Une pensée jugée parfois trop conformiste et austère.

Ma note :

★★★★★

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  1. "Lettres à Lucilius" de Sénèque

Par Sénèque, 65 après J.-C., 112 pages (édition réduite).

Résumé du livre "Lettres à Lucilius" de Sénèque

"Lettres à Lucilius" est un recueil de 124 lettres que Sénèque, un des pères de la philosophie antique, a écrites à son ami Lucilius entre 62 et 65 après J.-C., peu avant d'être contraint au suicide par l'empereur Néron.

Conseiller de Néron et figure politique importante à Rome, Sénèque tombe en disgrâce auprès de l'empereur en 62. Bien qu'il demande à se retirer de la vie politique, on lui ordonne de rester à Rome. En 65, suite à un complot contre Néron auquel Sénèque est accusé d'être lié, l'empereur exige qu'il se suicide.

C'est dans ce contexte que Sénèque rédige ces lettres à Lucilius, homme de pouvoir d'origine modeste qui aspire à mener une vie philosophique. Son but est de lui transmettre les enseignements du stoïcisme pour l'aider à cultiver un bonheur intérieur, indépendamment des aléas de l'existence et du bon vouloir du sort.

Au fil des lettres, Sénèque invite Lucilius à mieux utiliser son temps, à résister à l'influence néfaste de la foule, à bien choisir ses amis, à se libérer de ses passions pour accéder au véritable bonheur. Il l'encourage à une discipline quotidienne pour progresser sur le chemin de la sagesse, clef de la tranquillité de l'âme.

Sénèque partage ses réflexions sur des sujets comme l'amitié, la vieillesse, la mort, le suicide. Sa pensée est empreinte de simplicité et de bon sens pratique. Le sage, selon lui, se suffit à lui-même et accepte son destin avec sérénité.

Finalement, à travers des anecdotes et exemples concrets, Sénèque rend ses lettres vivantes et inspirantes. Et son style direct permet d'intégrer facilement ses préceptes au quotidien.

Points clés du livre "Lettres à Lucilius" de Sénèque

Message clé de Sénèque dans "Lettres à Lucilius" :

Le bonheur est en nous-même. Il s'obtient par un travail philosophique quotidien pour dompter nos passions et accéder à la tranquillité de l'âme.

Voici 5 points clés des "Lettres à Lucilius"de Sénèque :

Maîtriser l'usage de son temps est vital : tout retard est une portion de vie perdue. Mieux vaut agir que de remettre à plus tard.

La fréquentation des foules et la poursuite des faux biens comme l'argent ou le prestige rendent esclave. Le sage fuit ces pièges.

L'amitié véritable procure un immense réconfort. Un ami fidèle vaut tous les trésors. Mais il est rare : il faut le choisir avec soin et tout partager avec lui.

La constance et la discipline mènent à la sagesse. Celle-ci s'acquiert par un patient travail sur soi visant à reconnaître puis éliminer ses défauts.

Se préparer à bien mourir, c'est se prémunir contre la peur de mal vivre. La philosophie apprend à accepter la mort avec sérénité quand elle devient inévitable.

En quoi la philosophie antique de Sénèque est-elle encore résolument moderne et intemporelle ?

Parues il y a 2000 ans, les "Lettres à Lucilius"de Sénèque n'ont rien perdu de leur pertinence.

La quête de sens, de sérénité intérieure et de maîtrise de soi que nous retrouvons au cœur de ces lettres résonnent fortement avec les aspirations contemporaines. À l'ère du stress, des sollicitations permanentes et de l'infobésité, la philosophie pratique de Sénèque est une bouffée d'air frais.

En effet, son invitation à se recentrer sur l'essentiel, à prendre le temps de réfléchir plutôt que de réagir à chaud, à dompter nos émotions pour éviter qu'elles ne nous submergent se trouve au cœur de sa philosophie, invitation que l’on retrouve aussi très souvent dans la littérature de développement personnel actuelle. Même chose pour les mises en garde contre la pression sociale et la course aux faux-semblants.

Par ailleurs, la recherche du bonheur, le rapport au temps, à la mort, à la souffrance sont des thèmes restés intemporels, et sur lesquels Sénèque apporte un éclairage simple mais profond.

Enfin, sa conception d'une vie "bonne", fondée sur la vertu, le courage et l'acceptation de notre condition mortelle garde là aussi toute sa pertinence aujourd’hui.

Mon avis sur le livre "Lettres à Lucilius" de Sénèque

Accessibles et inspirantes, ces lettres de la philosophie antique sont une mine de sagesse intemporelle.

Sénèque y distille des conseils pratiques applicables au quotidien avec beaucoup de bon sens et d'humilité. Sa pensée aide à cultiver sérénité et résilience face aux aléas de l'existence.

Je recommande vivement la lecture de cet ouvrage fondateur à quiconque aspire à plus de maîtrise de soi, de résilience et de bonheur durable.

Les points forts et points faibles du livre "Lettres à Lucilius" de Sénèque

Points forts :

Le style simple, concis et percutant.

Le format de lettres très courtes qui offre au lecteur une liberté de lecture à son rythme, en le parcourant au gré de ces envies.

Les préceptes partagés par Sénèque concrets et directement applicables.

Le message de Sénèque d’une lucidité inouïe et la sagesse intemporelle de l’ouvrage toujours aussi pertinente après presque 2000 ans.

Les formules éloquentes et inspirantes propres à Sénèque.

Points faibles :

Quelques longueurs et redites inhérentes au format épistolaire.

Des références érudites au stoïcisme parfois obscures pour le novice.

Ma note :

★★★★★

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  1. "Gorgias" de Platon

Par Platon (428-348 av. J.-C.), 2018, 384 pages.

Résumé du livre "Gorgias" de Platon

Le livre "Georgias" de Platon, célèbre philosophe grec ayant vécu entre 428 et 348 avant J.-C., est un dialogue entre Socrate et plusieurs sophistes sur le thème de l'art oratoire.

Ainsi, au travers d'une discussion animée entre cinq protagonistes principaux - Socrate, Chéréphon, Gorgias, Pôlos et Calliclès - Platon nous invite à réfléchir sur le pouvoir des mots, et leur utilisation à des fins personnelles ou altruistes.

Il commence par une confrontation entre Socrate et Gorgias sur la définition de la rhétorique.

Pour Gorgias, personnage clé et maître de l'art oratoire, la rhétorique est l'art de la persuasion par le discours, notamment en politique.

Mais cette vision de la rhétorique, perçue comme un moyen de dominer les foules par le discours, est remise en question par Socrate. Ce dernier dénonce alors, plus globalement, l'usage dévoyé de cet art par les orateurs sophistes, qui l’utilisent pour tromper et manipuler.

Selon lui, un bon orateur devrait être juste et utiliser la parole de façon éthique, et non pour des intérêts égoïstes. Il distingue ainsi les vrais philosophes, qui argumentent avec logique, et les sophistes charlatans.

S'ensuit alors une analyse en profondeur de la rhétorique.

Plus loin, Socrate définit la notion de pouvoir : le vrai pouvoir n'appartient pas à celui qui fait ce qu'il veut mais à celui qui agit avec sagesse et autorité légitime, affirme-t-il. D’ailleurs, ce pouvoir doit s'exercer dans le but de rendre les gens meilleurs et plus heureux.

Points clés du livre "Gorgias" de Platon

Message clé de Platon dans "Gorgias" :

La rhétorique, ou l’art de bien parler, est une technique puissante de persuasion. Mais elle peut être utilisée à mauvais escient par des orateurs malhonnêtes. Ces derniers y ont recours, en effet, pour tromper ou pour servir des intérêts personnels sans aucune considération éthique.

Aussi, le vrai pouvoir et le bonheur, selon Platon, résident dans une vie juste. Une vie fondée sur la maîtrise de soi et le service du bien commun, et non l'assouvissement égoïste des passions.

Voici 4 points clés issus du livre "Gorgias"de Platon :

L'art oratoire : l’ouvrage détaille l'importance de la rhétorique, perçue comme un outil puissant de persuasion, une "arme au service des idées" extrêmement puissante pour convaincre et influencer, notamment en politique. Cette vision est incarnée par le personnage de Gorgias, qui la voit comme un moyen de dominer les autres par la parole.

L’éthique de la rhétorique : le livre partage un débat animé entre Socrate et Gorgias sur l'emploi éthique de la rhétorique. Socrate y voit une forme de flatterie, une technique qui sert à faire le mal, tandis que Gorgias y voit un art noble.

Le pouvoir des mots : Platon, à travers cet ouvrage de philosophie antique, nous invite à réfléchir sur le pouvoir des mots et sur la responsabilité qui incombe à celui qui les manie. Selon lui, le vrai pouvoir appartient à celui qui agit avec sagesse, autorité légitime et pour servir le bien commun. Un bon orateur devrait ainsi utiliser son art pour rendre les gens meilleurs et plus heureux. Un sujet ici toujours d'actualité, particulièrement en cette ère de communication de masse.

Le bonheur : il ne consiste pas à assouvir toutes ses passions égoïstes qui sont insatiables, mais à les maîtriser par une conduite raisonnable et juste. Une vie éthique fondée sur cette maîtrise de soi permet d'atteindre la paix intérieure. Le parallèle est donc fait avec l'art oratoire qui devrait servir cet idéal de vie droite et non les intérêts personnels.

En quoi la philosophie antique de Platon est-elle encore résolument moderne et intemporelle ?

Bien qu'écrite il y a plus de 2000 ans, l'analyse que fait Platon de la rhétorique et de son pouvoir de persuasion est encore criante d'actualité.

À l'ère des fake news, des théories du complot et de la manipulation de l'opinion publique sur les réseaux sociaux ou chaines télévisuelles, les mises en garde de Platon contre les dérapages de l'art oratoire résonnent plus que jamais. Ses réflexions sur les notions de pouvoir, de bonheur, de maîtrise de soi et d'éthique parleront donc beaucoup au lecteur contemporain en quête de sens.

En décrivant avec finesse les travers de la démagogie au service d'intérêts égoïstes et immoraux, Platon met le doigt sur des dérives politiques que nous observons encore fréquemment.

Enfin, le plaidoyer de Platon - d'un idéal de vie juste et d'une conduite raisonnable au service du bien commun - apporte des clés intemporelles à ceux qui ont à cœur de donner un sens éthique à la parole et à la persuasion.

Tout cela fait la force toujours actuelle de cette œuvre magistrale.

Mon avis sur le livre "Gorgias" de Platon

J'ai beaucoup apprécié la finesse avec laquelle Platon analyse l'art oratoire et met en garde contre ses dérives potentielles.

Ses réflexions sur le bonheur, le pouvoir et la justice sont également très inspirantes.

Ce classique de la philosophie antique apporte des arguments pertinents pour défendre un idéal de vie fondé sur l'éthique et le service du bien commun.

Si le style d’écriture (traduction du grec ancien) et la densité de son contenu ne vous fait pas peur, "Gorgias" est un livre que je recommande vivement. La confrontation d’idées qu’on y trouve est un voyage intellectuel dans le monde de philosophique de la rhétorique et de l’éthique qui vous captivera !

Les points forts et points faibles du livre "Gorgias" de Platon

Points forts :

L’analyse approfondie et magistrale de la rhétorique, que Platon présente comme une "arme au service des idées".

La dénonciation fine des dérives de la rhétorique aux enjeux très actuels dans notre société contemporaine.

Des solutions pragmatiques proposées pour corriger les mauvais usages de la prise de parole en public et l'art oratoire, présentées à travers un idéal de vie juste.

La forme, à savoir le recours au dialogue, qui dynamise le texte et permet d'exposer clairement chaque point de vue.

Une œuvre de Platon très actuelle qui continue d’alimenter la réflexion contemporaine.

Points faibles :

La traduction du grec ancien et l’extrême densité du texte peuvent rendre la lecture difficile d’accès.

La condamnation excessive de la rhétorique : Platon a tendance à suraccentuer les aspects négatifs de la rhétorique, négligeant ainsi ses possibles bienfaits quand elle est utilisée de manière éthique et judicieuse.

La dernière partie sur les questions métaphysiques : le manque de cohérence et la part de fantasmes concernant l'après-vie et de la responsabilité, peut être perçue comme moins convaincante.

Ma note :

★★★★☆

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Marc Aurèle, Sénèque et Platon vous ont-ils inspiré dans votre quête de sens ? Si oui, vous pouvez poursuivre cette découverte avec d’autres œuvres majeures de la philosophie antique : "Les vies parallèles des hommes illustres" de Plutarque par exemple.

Et n'hésitez pas à nous faire part de vos réactions et impressions dans les commentaires ci-dessous.

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Thu, 15 Aug 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12939/Marc-Aurle-Snque-et-Platon-3-uvres-de-philosophie-antique-plus-modernes-que-jamais
Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans http://www.olivier-roland.fr/items/view/12918/Maintenant-ou-jamais-La-vie-commence-aprs-40-ans

Résumé de "Maintenant ou jamais! La vie commence après quarante ans" du Dr Christophe Fauré : Plutôt qu'une crise, le psychiatre Christophe Fauré voit dans la période du milieu de vie, entre 40 et 55 ans, une chance de se connecter à notre vraie nature profonde. Et bien que déstabilisante, cette transition naturelle vers plus d'authenticité recèle, selon lui, un fort potentiel d'épanouissement à condition toutefois d’être bien appréhendée.

Par Christophe Fauré, 2020, 336 pages.

Chronique et résumé de "Maintenant ou jamais! La vie commence après 40 ans" du Dr Christophe Fauré

Introduction: Le territoire méconnu du milieu de la vie

Le Dr Christophe Fauré est un psychiatre et psychothérapeute français. Il commence son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" en nous plongeant dans le quotidien d'Isabelle, 47 ans, venue le voir en consultation. La patiente raconte connaître un sentiment de vide intérieur persistant. Pourtant, Isabelle semble avoir tous les ingrédients du bonheur : un mari aimant, des enfants épanouis, un travail passionnant. Mais alors, d'où vient donc ce trouble existentiel ?

En fait, l'auteur explique qu'Isabelle traverse - comme beaucoup d'entre nous - ce qu'il appelle "la transition du milieu de vie". Ainsi, dit-il, entre 40 et 55 ans, nous entrons dans une phase naturelle de remise en question, imperceptible de l'extérieur. Notre identité construite durant la première moitié de notre vie ne nous correspond plus. Et cela, bien sûr, interroge: qui sommes-nous en train de devenir ?

Le Dr Christophe Fauré entend d’abord briser les clichés de la fameuse "crise de la quarantaine". Selon lui, loin d'être une crise, cette période recèle, au contraire, des opportunités d'accomplissement personnel. Certes déstabilisante, la transition du milieu de vie est avant tout, affirme-t-il, une période de transformation intérieure profonde.

Aussi, à travers le livre"Maintenant ou jamais! La vie commence après quarante ans", l'auteur nous propose une feuille de route. Une feuille de route pour traverser sereinement ce passage turbulent. Couple, enfants, travail, parents âgés... il explore toutes les facettes touchées de notre quotidien.

Son objectif ? Nous révéler à nous-même, à notre authenticité. Car bien négociée, notre "midlife crisis" a le pouvoir de nous connecter à notre lumière intérieure. Et ainsi, peut-être trouverons-nous des réponses qui nous échappaient depuis longtemps...

Chapitre 1: Une "crise" au milieu de la vie ?

Le Dr Christophe Fauré commence le premier chapitre de "Maintenant ou jamais. La vie commence après quarante ans" en expliquant l’origine du mythe tenace de la "crise de la quarantaine".

Celui-ci, indique-t-il, prend sa source dans un article de 1965 du psychologue Elliot Jaques. Il est ensuite repris par Daniel Levinson et Roger Gould, deux chercheurs alors en plein questionnement existentiel. Le concept finit par se populariser dans les années 70, via le best-seller "Passages : Predictable Crises of Adult Life" de la journaliste Gail Sheehy.

Mais récemment, des études ont battus en brèche cette notion, observe l’auteur.

En effet, pour le Dr George Vaillant par exemple, ces "crises" correspondent simplement aux aléas de la vie d'adulte. Aussi, la vaste enquête "MacArthur Foundation" vient confirmer que la fameuse crise de la quarantaine/cinquantaine ne toucherait en fait que... 8 % des quadragénaires !

Finalement, 50 ans après son apparition, le concept de "crise du milieu de vie" s’avère scientifiquement infondé, lance l’auteur. Les difficultés vécues ne sont pas liées à l’âge, mais bel et bien liées aux épreuves de l'existence.

1.1 - Une transition, pas une crise

Une étape de croissance

Ainsi, contrairement aux idées reçues, la période du milieu de vie n'est pas une "crise", insiste le Dr Christophe Fauré. C’est un processus naturel de développement. Au même titre que l'adolescence: tout comme le corps de l'adolescent change, l'adulte traverse des transformations sur les plans physique, psychologique et spirituel.

Résister, source de difficultés

De plus, ce n'est pas cette transition en elle-même qui pose problème, mais le refus conscient ou inconscient de la reconnaître et de l'accueillir. Et selon l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", c’est cette résistance, et non le processus, qui peut générer des complications.

Toutefois, ajoute l’auteur, quand elle est bien appréhendée, cette période recèle, en fait, un fort potentiel d'épanouissement.

Vers plus d'authenticité

L’auteur liste ensuite, avec détail, les nombreuses caractéristiques de cette transition du milieu de vie.

En voici cinq majeures :

Le questionnement existentiel: ces questions génèrent une certaine confusion, qui peuvent, même quand on est très entouré, provoquer un sentiment de grande solitude intérieure.

L’insatisfaction vis-à-vis de sa vie actuelle: "De façon plus ou moins consciente, on commence à remettre en question ce qu’on a vécu jusque-là, en réévaluant parfois la pertinence des valeurs ou des principes de vie qui ont guidé notre existence. Tout en reconnaissant objectivement que ces "boussoles" ont été bénéfiques, on a parfois l’impression que certaines ne sont plus tout à fait adaptées à la personne qu’on est en train de devenir" écrit l’auteur.

Le désir de changement: vers quelque chose de neuf, nouveau, voire plus excitant, l’envie de découvrir une autre façon de vivre, "avec la conscience d’un temps désormais compté pour s’ouvrir à ces nouveaux horizons".

Une forme d’ennui et de perte d’identité.

Un sentiment d’urgence à laisser notre empreinte dans ce monde et l’envie de consacrer plus de temps à ce qui fait sens.

En somme, l'adulte aspire à plus d'authenticité, à donner davantage de sens à son existence.

Mais, encore une fois, termine l’auteur, même si le chemin est parsemé d'embûches, le milieu de vie est une promesse d'accomplissement.

1.2 - Le processus d’individuation

Dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", le Dr Christophe Fauré explique que, selon le psychanalyste Carl Jung, le milieu de vie correspond à l'émergence d'un processus psychique naturel appelé "l'individuation".

Il s'agit là d'une dynamique intérieure qui nous pousse à redevenir aligné avec notre véritable essence.

Il indique que l'individuation est un processus en 5 étapes. Au fur et à mesure de ces étapes, nous allons lâcher notre "personnage social" pour révéler la personne authentique tapie au fond de nous.

Et si nous l’accueillons consciemment, ce processus, bien que déstabilisant, est extrêmement positif. Il nous rend acteur de notre propre transformation et nous confronte à nos peurs pour mieux les dépasser. Car l'individuation est une promesse : celle de devenir pleinement nous-même.

1.3 - Les cinq étapes du processus d’individuation

Première étape : s'accommoder au monde

Le Dr Christophe Fauré explique ici que, durant l'enfance et l'adolescence, nous développons ce qu’on appelle une "Persona", autrement dit une sorte de masque social qui nous permet de nous intégrer à notre environnement. Ainsi, nous sélectionnons certains comportements et en écartons d'autres. Et ceci, dans le but d’obtenir l'amour et la reconnaissance dont nous avons besoin.

Nous sommes alors dans la phase "d'accommodation" au monde extérieur. Cette étape est nécessaire mais nous conduit parfois à refouler des parts de nous-mêmes jugées socialement inadaptées.

Ces parties de soi refoulées forment notre "Ombre". Cette dernière se compose à la fois d'éléments sombres et de potentiels créatifs non exploités.

Et pour le Dr Christophe Fauré :

"Même si l’Ombre est le réceptacle de nos pulsions les plus dangereuses ou les plus viles, il s’y trouve également nos rêves à peine ébauchés, nos projets pas assez nourris, nos aspirations abandonnées ou étouffées sous l’emprise de la peur, de la négligence, de la raison, des contraintes extérieures, de l’absence d’encouragements… Ce qui n’a jamais pu trouver sa place dans notre vie, à quoi on n’a pas laissé sa chance, attend dans l’Ombre, patiemment, en silence… Mais tout cela dort d’un sommeil léger : le "non-choisi", la "vie non vécue", cherche toujours à se faire entendre.

Au milieu de notre vie, nous commençons à en percevoir plus distinctement le murmure. L’Ombre commence à montrer le bout de son nez. De ce lieu intérieur nous arrivent des vagues de nostalgie qui résonnent parfois douloureusement, comme un appel lointain de ce que nous sommes et que nous n’avons pas encore choisi d’être…"

Deuxième étape : la prise de conscience

Vers 40-50 ans, survient une remise en question de notre Persona, devenue trop étriquée. On pressent qu'elle n'est qu'un masque derrière lequel se cache notre véritable essence.

Ce temps de doutes est le signal que notre processus d'"individuation" vers plus d'authenticité est en marche.

Troisième étape : le face-à-face avec le réel

"Un jour, on se retrouve dans une sorte de no man’s land psychologique. La troisième étape est un temps de confrontation à ce qui s’élève en soi - la confrontation à un réel qu’il devient impossible de nier" fait observer l’auteur.

S'installe alors une période de fragilité et de confusion. On ne sait plus qui l'on est vraiment. C'est un peu comme un deuil de la personne que l'on a cru être. Heureusement, ce trouble annonce, sans que nous le sachions, l'émergence de dimensions plus profondes de notre être.

"Ce qu’il y a de troublant dans le vécu de cette troisième étape, c’est le parfum de deuil qui s’en dégage - comme si cette inquiétude latente, cette sourde et indéfinissable angoisse ou cette insécurité préfigurait une mort à venir. En vérité, quelque chose est bien en train de mourir. Comme nous avons dû mourir à nous-même, lorsque nous étions enfant, pour devenir adolescent, nous devons aujourd’hui mourir à la personne que nous avons été : ce qui meurt est cette partie de nous si puissamment identifiée à cette Persona que nous nous sommes construite autrefois. Nous sommes réellement touchés et affectés par ce "décès". […]  

Mais ce n’est qu’une impression, si effrayante soit-elle. Il est beaucoup plus juste de dire que c’est une illusion qui est en train de mourir - une illusion de soi - et cela va libérer de la place pour que s’installe en nous davantage d’authenticité. Cette "mort" symbolique va rendre possible le déploiement d’autres dimensions de notre être. Ainsi, ce qui nous déprime lors de la transition du milieu de la vie est moins le deuil de notre jeunesse (comme on le croit trop souvent) que celui de la personne que nous avons cru être."

Quatrième étape : s'ajuster à soi-même

Les interrogations commencent à s'apaiser. On accepte mieux ce processus et l'on s'ajuste en douceur via de subtils changements. C'est le temps des prises de conscience, du recentrage sur l'essentiel et de la reconquête de notre liberté intérieure.

Cinquième étape : devenir soi-même

Dernière étape : l'"individuation", autrement dit l'intégration apaisée, pleine et entière de toutes les dimensions de notre être.

Nous devenons plus souple, plus nuancé et l'on assume mieux les différentes facettes de notre personne. Le but ? Permettre l'émergence de notre "Soi" fondamental, cette part divine enfouie en nous. En le révélant à lui-même, nous nous révélons aussi à nous-même, confie l’auteur.

Viennent ensuite les concepts-clés de Soi et Moi définis par le psychanalyste Carl Jung : "La première moitié de la vie pourrait donc se comprendre comme un mouvement du Soi "intérieur" inconscient vers un Moi "extérieur" conscient" énonce le psychiatre.

Puis, le docteur précise :

"La transition du milieu de la vie est donc le point charnière entre les deux mouvements (de l’intérieur  vers  l’extérieur, puis de l’extérieur vers l’intérieur) : c’est le moment où s’articulent deux aspects différents de notre vie, par l’inversion de deux puissants mouvements psychiques. C’est pour cette raison qu’il est parfois si chaotique et source d’instabilité intérieure : des forces d’une incroyable puissance sont en jeu. Ces forces modifient en profondeur la vision que nous avons de nous-même, en faisant surgir dans notre conscience des dimensions que nous ne soupçonnions pas.

Cela induit immanquablement un déséquilibre dans notre identité, qui doit se déstructurer partiellement et se reformer pour intégrer ces nouvelles composantes. En définitive, c’est le moment de notre existence où nous commençons à sortir d’un état psychique fragmenté pour tendre vers un état psychique plus unifié."

Le premier chapitre de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" conclut par une réflexion sur la dimension universelle de cette quête intérieure au cœur des grandes traditions spirituelles de l'humanité.

Puis, l’auteur termine en résumant : loin d'être une crise, le trouble du milieu de vie est en fait le signe heureux que nous entrons en contact avec l'essence lumineuse de notre être. Le mieux est donc de l'accueillir pour cheminer vers plus de plénitude :

"Le  mal-être que nous pouvons ressentir au milieu de notre vie est paradoxalement la meilleure chose qui puisse nous arriver : il signe le fait que nous sommes en relation directe avec une partie extrêmement saine de nous-même - une dimension de notre être qui nous convie à plus de complétude. Ce trouble intérieur est la salutaire expression de cette nostalgie de nous-même où nous nous languissons de nous retrouver et où nous percevons, sans l’ombre d’un doute, notre besoin de "rentrer à la maison". Ne commettons pas l’erreur d’y être sourd - ou, pire encore, de chercher à l’étouffer."

Chapitre 2 : Accueillir en soi le meilleur de soi-même

Nous venons de l’observer dans le premier chapitre, au milieu de notre vie émerge souvent une impérieuse quête de soi. Par ailleurs, note l’auteur, c’est fréquent que nous n’ayons pris que très peu soin de nous-mêmes depuis des années.

La transition que nous traversons nous offre alors une chance, assure l’auteur : cesser cette auto-négligence devenue source de tensions insidieuses et comprendre le processus à l’œuvre pour tendre vers l’apaisement.

2.1 – Trois conseils pour bien vivre ce temps d’intégration

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" développe ici en quoi la transition du milieu représente un temps d’intégration. Il partage 3 conseils pour respecter et bien traverser cette étape.  

Prendre son temps

La transition du milieu de vie demande patience. Car elle n’est pas "l’affaire de quelques semaines" mais dure, en général, plusieurs années.

Avant de changer radicalement de vie, il est primordial de prendre le temps de la réflexion. Au minimum 6 mois à 1 an. Céder à l'urgence engendre souvent des décisions hâtives aux conséquences fâcheuses.

"Il est donc capital, prévient l’auteur, de ne pas brûler tous les ponts derrière soi, de ne pas tout dynamiter, en se ménageant des solutions de repli si on réalise soudain qu’on fait fausse route. […] Ne l’oublions pas : nous avons affaire à un processus intérieur naturel qui a son propre rythme : il n’est pas linéaire ; il ne peut être ni raccourci ni accéléré."

Accepter sa vulnérabilité

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" nous met ensuite en garde : le processus d’individuation est un processus de métamorphose intérieure qui nous rend plus fragile.

À l'image du crabe qui mute, un temps de retrait est nécessaire pour consolider sa nouvelle identité naissante, loin des prédateurs.

Quelques jours de solitude, de l'écriture ou un suivi psychologique peuvent y aider.

"Quels que soient les moyens utilisés, ils ont la même finalité : prendre un temps de pause et de réflexion pour laisser mûrir le processus. C’est ce que traverse la chenille quand elle s’apprête à devenir un papillon : elle a besoin d’entrer dans le silence de sa chrysalide et de se retirer du monde ; c’est dans l’obscurité, la solitude et la protection de son cocon que s’effectue sa métamorphose ; elle respecte le rythme naturel qui préside à sa croissance."

Identifier ses résistances

Le Dr Christophe Fauré décrit ici les mécanismes inconscients qui, malgré notre désir de changement, freinent notre élan :

La projection de la responsabilité sur autrui : "ce n’est pas moi le problème, c’est l’autre !"

L’évitement des problèmes : "je slalome entre les obstacles, je n’ai même pas mal".

L’anesthésie par diverses addictions : "je me déconnecte pour ne pas penser".

La passivité : "je n’ai pas envie de me prendre la tête".

Prendre conscience de ces résistances est un préalable pour avancer.

2.2 – La peur, moteur de la résistance au changement | 3 points clés

À mi-chemin de notre vie, nous hésitons à remettre en question ce que nous avons construit. Par crainte d'ouvrir la "boîte de Pandore" et de faire face à l'inconnu.

Pour le psychiatre Christophe Fauré, il est alors important de reconnaître et de comprendre ce qui se joue dans ces peurs pour évoluer.

Voici les 3 points clés développés dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" à ce sujet :

Redouter de quitter sa zone de confort

Le connu est rassurant, le prévisible sécurisant. Normal donc d'aspirer à la stabilité. Mais, poussé à l'extrême, nous devons savoir que cela bloque toute évolution.

L’auteur nous fait observer à ce propos que, par peur de l'inconnu, certains s'opposent au mouvement naturel de transformation intérieure à l’œuvre. Or, en agissant ainsi, ils restent prisonniers de leur zone de confort, au risque de le regretter amèrement plus tard.

Appréhender le regard des autres

Le regard des autres pèse lourd lorsque l'on s'apprête à changer. Craignant incompréhension et jugement, nous redoutons de déplaire à nos proches ou de les froisser si nous opérons des transformations qui les affectent.

Cette peur sournoise du conflit avec ceux qui comptent dans notre vie peut totalement tétaniser nos élans de changement, aussi légitimes soient-ils. Combien de rêves ou d'aspirations avons-nous étouffés dans l'œuf par crainte des réactions de notre entourage ?

Heureusement, le Dr Christophe Fauré nous rassure : gagnant en maturité et en assurance au milieu de notre existence, nous devenons moins dépendants du regard des autres. Leur approbation n'est plus ce sésame vital qui conditionne chacun de nos pas.

Cet affranchissement progressif peut nous rendre plus audacieux pour explorer de nouveaux territoires, même si cela dérange nos proches. Bien sûr, leur ressenti mérite considération. Mais ce surcroît de liberté psychique autorise désormais des prises de risque inédites.

Osons donc cultiver ce précieux détachement.

Identifier ses fausses croyances

Nos peurs se nourrissent de nos convictions erronées, intégrées depuis l'enfance.

La transition qui s’opère en milieu de vie est alors l'occasion de réexaminer ces croyances limitantes sur nous-mêmes. Car sans cette remise en question courageuse, nos peurs et nos blocages perdureront. Prenons donc la décision de faire ce "nécessaire retour" sur nous-même, invite l’auteur.

2.3 - Toute résistance est-elle négative ?

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" révèle ici pourquoi la résistance au changement n’est pas nécessairement négative. Elle a même parfois, affirme-t-il, "toute sa raison d’être".

En effet, parfois, elle :

Protège des décisions trop hâtives :

En freinant nos élans, la résistance au changement nous invite à examiner plus posément ce qui doit vraiment être transformé dans notre vie.

"Si vous sentez que quelque chose "frotte" intérieurement, alors que vous vous apprêtez à prendre une décision importante, n’adoptez pas nécessairement une attitude de défiance vis-à-vis de ce signal intérieur ; n’y voyez pas systématiquement l’expression d’une peur à dépasser : ce n’est pas toujours le cas. Il peut y avoir une forme de sagesse dans la résistance à céder […]. Toute la difficulté est de rester le plus lucide possible, afin de faire la distinction entre peur et sagesse, car force est de constater que, trop souvent, c’est la peur qui nous gouverne quand s’impose à nous la nécessité du changement."

Aide à prendre le temps d'intégrer :

Opérer des changements signifie renier ou abandonner une facette de soi à laquelle on s'est identifié pendant longtemps. Il est donc normal que cela ne puisse se faire du jour au lendemain.

Le psychiatre prend ici l'exemple de Nadine, une patiente. Dire "non" quand on le lui demandait était impensable durant son enfance, sous peine de ne plus exister aux yeux de sa mère et de perdre son amour. Nadine s'est ainsi construite avec l'idée qu'elle devait se plier aux exigences d'autrui pour être aimée.

Aujourd'hui, il lui faut réapprendre à faire des choix libres et éclairés dans son propre intérêt. Mais désapprendre des réflexes acquis pendant des décennies et se défaire de croyances aussi enracinées demande beaucoup de temps. Et cette transition vers plus d'authenticité suit rarement une trajectoire linéaire. Des allers-retours sont inévitables. Il est donc bon de respecter le rythme de cette intégration progressive pour la rendre sereine et pérenne.

2.4 - Agir malgré la peur

La transition du milieu de vie génère des bouleversements qui peuvent légitimement faire peur. On quitte nos repères et notre zone de confort pour s'aventurer vers l'inconnu.

Face à ce vertige, la tentation est grande de reculer et de renoncer à évoluer, observe le Dr Christophe Fauré. Pourtant, le psychiatre nous encourage à faire preuve de courage. Autrement dit, à avancer malgré la peur, à faire ce qui nous effraie, agir en dépit de l'angoisse qui nous tenaille.

Ce n'est pas facile, mais contrairement à ce que croient beaucoup de personnes, il ne faut pas nécessairement avoir confiance en soi pour sauter le pas. En réalité, lance l’auteur, c'est tout le contraire : la confiance en soi nait de nos actes courageux. Plus nous affrontons nos peurs et nous prouvons que l'on peut y arriver, plus nous gagnons en assurance.

Ainsi, en cultivant petit à petit notre courage et notre témérité face à l'adversité, nous construisons les bases d'une estime de nous-mêmes durable. Et nous nous garantissons par la même occasion une seconde partie de vie sans regret, où nous n'aurons pas à nous reprocher notre lâcheté.

Le message, dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" est donc le suivant : même terrifié, fonçons ! Notre audace sera récompensée.

2.5 - L’intégrité

Au milieu de notre parcours de vie, assure le Dr Christophe Fauré, nous prenons conscience que les différentes sphères de notre existence (vie professionnelle, familiale, relations amicales, épanouissement personnel, etc.) sont intimement liées et s’influencent mutuellement. Mais nous réalisons aussi que nous avons souvent négligé l’une de ces dimensions et que cela nous a appauvri.

La bonne nouvelle, c’est que, pour le psychiatre, la période de transition vers la maturité est idéale pour pallier à cela. Pour révéler les zones d’ombre de notre vie, ces pans que nous avons délaissés, et leur redonner vie. Elle est plus précisément "une invitation à prendre en compte toutes les dimensions de notre être, afin de les réunir en un tout cohérent" écrit le Dr Christophe Fauré.

Et en prenant soin de nourrir harmonieusement tous les aspects de notre personne, les efforts entrepris dans un domaine auront des répercussions positives partout ailleurs, assure l’auteur.

Chapitre 3 : Le corps et ses messages

Le troisième chapitre de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" porte sur le corps vieillissant, comme miroir du temps qui passe, et sur la difficulté que cela peut représenter.

Car en effet, nous dit le Dr Christophe Fauré, au milieu de la vie, le corps change et ne répond plus tout à fait à nos attentes. Les exemples qu’il mentionne racontent les ravages du temps que nous constatons, non sans dépit, à ce moment-là : perte de performances physiques, relâchement cutané, prise de poids.

Autrefois allié fiable et séducteur, le corps devient le témoin impitoyable de notre avancée en âge. Un miroir dans lequel il est parfois difficile de soutenir notre propre regard.

Alors comment apprivoiser ce vieillissement ?

3.1 - Un support d’identité

Le Dr Christophe Fauré commence par expliquer comment, quand notre corps se transforme avec l’âge, notre perception de nous-mêmes est ébranlée.

Notre corps est, en effet, le support de notre identité depuis l'enfance. Vers 50 ans, ses transformations peuvent alors être vécues comme une mort sociale douloureuse. Et plus notre persona s'est construite autour de l'apparence physique, plus ce déclin est difficile. Dans ce cas, perdre ses attributs de séduction fracture l'estime de soi. On peut aussi avoir l’impression de se "dématérialiser" sous les regards indifférents.

3.2 – Comment réagissons-nous ?

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" décrit alors les différentes attitudes que l’on peut observer face à ce corps qui vieillit.

La quête d’authenticité

Heureusement, le vieillissement nous pousse souvent à explorer d'autres aspects de soi, longtemps délaissés. En apprenant à exister au-delà des attributs physiques, nous gagnons en profondeur et en authenticité. Nos proches sont alors touchés par l'émergence de notre vraie nature.

L’abandon de soi

À l'inverse, d'autres délaissent leur corps avec excès, par manque d'estime d'eux-mêmes ou dans la reproduction de schémas parentaux négligents. Incapables de compenser la perte de leur principal support narcissique, ils sombrent alors dans "l'auto-abandon". Mais le corps finit toujours par présenter l'addition, stipule l’auteur. Il faudra alors renouer le dialogue avec lui et panser nos blessures intérieures.

Le refuge dans la maladie

Au milieu de la vie, il arrive aussi que des personnes acculées par une pression psychologique ou affective insoutenable, ou le sentiment de ne plus trouver de sens à leur existence se réfugient dans la maladie. Ne sachant comment faire face à l'effondrement de leur Persona et à l'émergence de pans refoulés, ces personnes s'enferment dans une pathologie, physique ou psychique.

C'est ce que le Dr Françoise Millet-Bartoli appelle la "maladie refuge".

Des maux ou des symptômes physiques comme des migraines, crises de coliques néphrétiques, troubles digestifs, spasmophilie surviennent alors. Ce sont des manifestations d'un trop-plein intérieur que le mental n'arrive plus à contenir.

Ces syndromes ont souvent une origine psychogène : la douleur physique facilite l'expression d'émotions bloquées. En effet, il est socialement plus acceptable de se plaindre d'une rage de dents que d'avouer sa colère rentrée. C'est en fait le corps qui exprime à notre place ce que nous n'osons formuler autrement, indique le Dr Christophe Fauré.

Par ailleurs, le statut protecteur de "malade" peut également combler un vide identitaire. Le problème, c’est que cela empêche souvent tout travail sur soi. Heureusement, parfois, ces maux finissent par livrer leur message ! La maladie devient, dans ce cas, une voie d'accès à notre for intérieur et encourage à l'introspection. Comme ce patient, Richard, qui découvre après un cancer la personne orgueilleuse et fermée aux autres qu'il était devenu. Si la prise de conscience n'induit pas toujours une guérison, concède le Dr Fauré, elle ouvre la porte à une paix intérieure libératrice.

La fuite en avant

Ceux qui n'existent que par leur enveloppe charnelle peuvent surinvestir désespérément leur corps pour contrer les outrages du temps, quitte à opter pour de lourds sacrifices.

Le Dr Christophe Fauré racontent ici le récit de plusieurs femmes. C'est le cas de Caroline qui multiplient les opérations de chirurgie esthétique. Selon lui, derrière ce leurre se cache souvent un manque d'estime de soi abyssal, hérité d'une enfance douloureuse.

Avant de changer notre apparence, l’auteur nous invite alors à examiner nos motivations : par exemple, la perte de désir de notre conjoint révèle-t-elle un problème dans notre couple ? Il est crucial d’être lucide sur nos intentions profondes, insiste l’auteur.

Car certes, l'arsenal médical peut atténuer les marques de l'âge. Mais sans recul, ces gestes superficiels peuvent nous éloigner de notre quête d'authenticité, affirme le psychiatre. À l'inverse, pratiquer une activité sportive peut traduire un réel désir de se prendre en main.

L’essentiel finalement est d’être au clair sur ses intentions.

3.3 - Se mettre à nu

Observons notre reflet dans le miroir avec bienveillance, conclue ici le psychiatre : trop souvent négligé ou maltraité, notre corps mérite respect ! Et s'il envoie des signaux de détresse via la douleur, sachons les écouter !

"La prochaine fois que vous serez dans votre salle de bains, regardez-vous nu dans le miroir. Ne détournez pas les yeux, même si un peu de gêne s’élève en vous. Réalisez que, trop souvent, vous n’avez pour votre corps que peu de considération, même si, en apparence, vous faites attention à lui. Vous l’avez facilement contrôlé durant la première moitié de votre vie, en le pliant à votre volonté pour qu’il vous serve sans broncher. Désormais, c’est une autre histoire : si vous ne lui accordez pas suffisamment de soin, d’attention et de respect, c’est lui qui va commencer à prendre le contrôle de votre vie. Il risque de vous imposer ses limites, en réponse à la négligence ou aux agressions multiples que vous lui avez peut-être fait subir."

Notre corps est le fidèle allié qui nous accompagnera pendant plusieurs décennies encore, alors prenons-en soin avec une alimentation saine et du sport. Et en apprenant à l'aimer, à reconnaître sa beauté unique, c'est également notre estime de nous-mêmes qui grandira.

Alors adressons-lui, chaque jour, notre gratitude.Il n'est jamais trop tard pour commencer ! termine l’auteur.

Chapitre 4 : Le couple et l’amour

Le quatrième chapitre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" revient sur les changements qui se produisent dans notre couple et les relations amoureuses au milieu de vie.

Car plus âgés, les partenaires ne sont plus ceux qu'ils étaient à leur rencontre. "L'amour a mis des lunettes" écrit joliment le Dr Christophe Fauché. Plus mûrs, plus lucides sur eux-mêmes, de puissants changements intérieurs s'opèrent. Même célibataire, le processus d'individuation transforme nos aspirations : et si la relation de couple n'était plus la clé du bonheur ?

4.1 - Vivre à deux la transition du milieu de vie

Un processus pas toujours synchrone

L’auteur commence par nous rappeler qu’au milieu de la vie, les partenaires ont évolué ; leur relation repose moins sur la passion que sur la complicité.

Un vaste ensemble de repères conscients et inconscients en fait [l’auteur parle de la relation de couple] un pilier essentiel de votre existence. L’amour-passion n’est peut-être plus au rendez-vous, mais une douce affection et un profond attachement l’un envers l’autre ont pris le relais. Pour nombre de couples parvenus au milieu de la vie, l’intensité émotionnelle s’est souvent estompée pour laisser place à plus d’intimité et de sécurité relationnelle, source d’une calme complicité.

On découvre aujourd’hui d’autres facettes du mot "aimer", d’autres façons de communiquer, dans une meilleure compréhension et une meilleure acceptation de qui est l’autre. De même, sans vous le formuler explicitement ou sans même en avoir pleinement conscience, vous percevez votre conjoint comme celui ou celle qui va, avec un peu de chance, vous accompagner jusqu’à votre dernier souffle. C’est également en cela que la relation est vécue comme importante et précieuse, car elle a le pouvoir de mettre à distance la peur de vieillir… et de mourir… seul.

Pour autant, le processus d'individuation qui s'amorce peut déstabiliser le couple. Chacun mute à son rythme. Si l'on ne saisit pas que ces mouvements intérieurs sont simultanés mais pas synchrones, des incompréhensions peuvent alors naître.

Attention aux projections

Facile alors de vouloir rendre l'autre responsable de notre mal-être, fait remarquer le Dr Christophe Fauré. Pourtant, continue-t-il, ce sentiment diffus préexistait souvent à la relation.

Il est alors important de réaliser que notre partenaire ne peut combler tous nos manques. Une part du travail nous revient.

Redéfinir le projet conjugal

Le milieu de vie, c’est, pour beaucoup d’entre nous, la période où le couple parental s'efface. Il est alors temps d'investir la dimension conjugale.

Sans tout chambouler, l’auteur nous invite à échanger sur nos aspirations respectives avec notre conjoint. Car selon lui, cela donne un nouvel élan à la relation. Et nous possédons déjà un socle solide pour le faire.

"L'enjeu est de définir ou de redéfinir ensemble un projet de couple. […]. Les ajustements se font spontanément si votre relation a été jusque-là harmonieuse. Il est même possible que la transition du milieu de la vie soit l’occasion de vous retrouver l’un l’autre, alors que vous vous étiez un peu perdus de vue. De fait, vous pouvez compter sur de solides acquis ; vous n’en êtes plus aux premiers temps de votre relation où les fondations de votre couple étaient encore fragiles : vous avez construit ensemble tellement de choses, noué tellement de liens avec vos proches et vos amis, traversé tellement de crises ou de périodes houleuses que vous disposez aujourd’hui d’un capital humain et relationnel qui constitue un socle de qualité."

Le psychiatre poursuit :

"La transition du milieu de la vie invite à rechercher une nouvelle authenticité dans la relation, une nouvelle intimité, une nouvelle raison de se choisir : se choisir par rapport à ce qui émerge de nouveau chez l’un et chez l’autre, mais aussi se rechoisir par rapport à ce qui existe et que l’on souhaite préserver. En effet, les raisons qui ont poussé à se choisir autrefois ne sont plus tout à fait les mêmes que celles qui poussent à se re-choisir aujourd’hui. Il y a des attitudes ou des comportements de votre conjoint dont vous ne voulez plus. Il y a des compromis que vous n’avez plus envie de faire.

Le Dr Christophe Fauré conclut alors :

" Il est alors grand temps de mettre cartes sur table et d’en parler le plus constructivement possible."

De l'art de la conciliation

Le Dr Christophe Fauré souligne que des changements intérieurs s’opèrent aussi chez notre partenaire simultanément aux nôtres. Il est alors essentiel de les accueillir tout en restant disponible à nous-même.

Selon le psychiatre, l'enjeu est de cultiver une relation intime, sans pour autant tomber dans une dépendance affective malsaine. Plutôt que d'attendre passivement que nos besoins soient devinés, affirmons-les avec assertivité ! Ne laissons plus nos frustrations putréfier le terreau conjugal.

Faire une place aux désirs émergents

Revendiquer plus fort nos aspirations personnelles (liées au processus d’individuation), peut engendrer des tensions au sein du couple, reconnaît le Dr Fauré. Son conseil pour les apaiser ? Cultiver des projets communs fédérateurs, tout en aménageant des espaces d'épanouissement individuel pour chaque partenaire.

À l'image du funambule qui avance en oscillant, l'auteur préconise d'instaurer une saine alternance entre rapprochement et prise de distance, entre intimité partagée et liberté revendiquée. Selon lui, ce subtil jeu de balancier serait la clé d'une relation équilibrée et épanouie.

4.2 - Un temps pour se rechoisir

Le Dr Fauré explique ici que nous sommes attirés par des partenaires exprimant des qualités refoulées en nous. Ils incarnent nos pans de vie "non choisis" et répondent à notre quête de complétude.

Mais en réintégrant ces dimensions via le processus d'individuation, ils nous paraissent, à présent, moins "nécessaires". D'où des tensions.

Alors, au lieu de reprocher à l'autre de ne plus nous combler, l’auteur nous encourage à accepter qu’il ne puisse pas répondre à tous nos besoins. Débarrassé du poids de nos attentes déçues, notre partenaire apparaît différemment. Et de là peut naître un nouvel élan :

"C’est là que pointe un nouvel enjeu de la transition du milieu de la vie : dégager la relation de la charge de nous rendre "entier" et la laisser exister pour ce qu’elle est, comme la cerise sur le gâteau de notre vie. La relation devient alors un "plus" qui embellit notre existence, en l’affranchissant de la lourdeur de notre besoin d’exister via notre conjoint(e). Elle cesse d’être perçue comme une béquille à nos (supposées) défaillances personnelles. Libérée de ce fardeau et de ces écrasantes attentes, la relation peut véritablement prendre son envol et nous enseigner le véritable sens du mot "amour"."

4.3 - La relation extraconjugale au milieu de la vie

Pour le Dr Christophe Fauré, la conjonction entre une relation déjà en souffrance et le questionnement existentiel propre à cette transition qu’est le milieu de vie peut favoriser l’infidélité. Et plus particulièrement, le fameux "démon de midi", terme pour qualifier dans le langage populaire, "une relation amoureuse entre une personne d’un certain âge et une autre souvent plus jeune".

Avant de tirer des conclusions hâtives et de tout remettre en cause, le psychiatre nous suggère plutôt de comprendre ce qui se joue dans ce type de relation.

Car pour lui, derrière la différence d’âge séduisante, se cachent, en réalité, des aspirations plus profondes, communes à beaucoup, chez l’homme comme chez la femme. Celles-ci peuvent être, par la quête de sens face à la prise de conscience du temps qui passe, la peur panique de vieillir, un besoin viscéral de continuer à plaire et séduire, etc.

Toutefois, concède l’auteur, si la différence d'âge est propice au fantasme, le décalage générationnel, grisant au départ, devient vite un obstacle. La personne infidèle finit le plus souvent par réaliser qu’elle ne pourra jamais combler par procuration ce vide intérieur et ces aspirations inassouvies.

Une douloureuse mais salutaire prise de conscience ! Car après la déflagration de cette "bombe" relationnelle, de nombreux couples parviennent à se reconstruire sur des bases plus saines, autour d'une compréhension approfondie de leur fonctionnement singulier.

4.4 - Divorcer au milieu de la vie

Malgré les difficultés, nombreux sont ceux qui franchissent le pas du divorce à 45-55 ans, las d’une relation qui s’est essoufflée.

Outre l’angoisse de ne plus plaire, il faut accepter de quitter un confort matériel et émotionnel durement acquis sans savoir ce qui nous attend. Et sans compter le coût financier ou la culpabilité de faire souffrir ses proches.

Pourtant, le Dr Christophe Fauré voit dans cette rupture une opportunité de rebondir et de s'accomplir. Comme le suggère l'idéogramme chinois "crise", le danger côtoie ici l'opportunité. À nous de savoir la saisir.

Le ressentiment ou l'incompréhension sont souvent au rendez-vous. Aussi, le psychiatre nous invite à considérer ce temps du célibat comme un sas de retour à soi, où panser nos blessures avant d'explorer de nouveaux possibles. Rien ne sert de brûler les étapes par peur panique de la solitude. Une relation épanouie avec soi-même est la garantie d'une rencontre réussie, souffle l’auteur.

4.5 - Commencer une relation au milieu de la vie

Nombre de célibataires rêvent, après plusieurs années de solitude ou une relation brisée, de vivre à nouveau une belle histoire. Mais passé 50 ans, la peur de ne plus plaire, avec un physique moins avantageux et le fardeau des désillusions vécues, sape bien des élans.

Sans compter le poids du passé : après des années de vie commune, il n’est pas aisé de se lancer dans une nouvelle histoire.

Alors, comment raviver la flamme de l'espoir ?

Selon le Dr Christophe Fauré, la clé, c’est la confiance en soi.

Selon lui, en apprenant à s'aimer pleinement, avec nos forces et nos fragilités, nous devenons rayonnants ! Un travail psychothérapeutique, mais aussi une remise en question de nos habitudes de vie, peuvent y aider. Car il n'est jamais trop tard pour devenir la plus belle version de nous-mêmes, rappelle l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans".

Mais alors où rencontrer l'âme sœur ?

Si la famille ou les amis restent de formidables intermédiaires, Internet s'est imposé pour des millions de gens.

Certes, la magie opère rarement derrière un écran. Mais accepter ce pas, aussi artificiel soit-il, permet bien souvent une première rencontre déterminante.

Ainsi, en dépit des a priori, les sites ont le mérite de favoriser la mise en relation. Charge à nous, par la suite, de provoquer l'étincelle ! Et si cette persona virtuelle cachait l'être d'exception que nous cherchons depuis si longtemps ? La technologie moderne pourrait bien avoir le dernier mot sur le romantisme...

Chapitre 5 : Les relations avec les enfants et les parents

Dans le chapitre 5 de son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré montre en quoi la transition du milieu de vie est une véritable rencontre avec notre for intérieur.

Il nous fait observer que, loin d'être un processus solitaire, celle-ci impacte et métamorphose aussi beaucoup nos relations avec nos proches, notamment nos enfants et nos parents.

5.1 - L’adolescence, une autre mutation

L'auteur constate d’abord que l'adolescence des enfants coïncide souvent avec notre propre remise en question existentielle de parents quadragénaires.

Or, durant ces années-là, les règles du jeu changent à une vitesse vertigineuse. On peine à suivre le tempo, le chaos s’installe ! Nos ados nous snobent et nous malmènent sans vergogne, quand nous-mêmes sommes fragilisés par nos mutations intérieures, et donc beaucoup plus vulnérables à leurs sautes d'humeur.

Difficile dans ce contexte de continuer à assumer sereinement notre rôle de parents, consent l’auteur. D’autant que derrière chaque crise d’adolescence perce la nostalgie de l’enfant câlin et obéissant que nous avons tant chéri.

Alors comment traverser l’orage ?

Pour le Dr Christophe Fauré, la réponse est claire : en maintenant coûte que coûte le dialogue, en osant la confidence sincère, pour rétablir une relation d’adulte à adulte empreinte de respect. Même si notre adolescent fait mine de ne pas écouter, il comprend plus qu’on ne l’imagine. Ces marques de considération pacifient bien des rapports explosifs !

5.2 - Quand les enfants quittent la maison

Et puis vient le moment tant redouté du départ définitif de nos petits. Si les mères sont culturellement préparées à ce "syndrome du nid vide", ce serait finalement les pères qui souffriraient le plus de l’abandon.

Mais des études récentes dédramatisent ce passage obligé : en effet, investis dans d’autres sphères, finalement, il semblerait que, nous, pères et mères, vivions plutôt ce départ comme un soulagement. Et la relation avec nos grands enfants gagnerait même en maturité une fois le cordon coupé !

"Les enfants manquent à leurs parents, c’est indéniable - mais, sur la base des recherches que j’ai menées auprès de ces parents, ce qui se passe en réalité est à l’opposé du syndrome du nid vide. La majorité des parents font part d’une plus grande liberté, d’une reconnexion avec leur partenaire et de davantage de temps disponible pour se consacrer à leurs propres activités ou hobbies."

Reste que, pour nous parents, cette séparation est porteuse d’un subtil deuil qu’il nous faut accueillir et panser avec douceur, confie l’auteur. Il nous faut composer avec le manque, tout en célébrant fièrement l’envol de nos oisillons vers leur vie d’adultes épanouis. Et parfois, la distance est trop douloureuse. Il est alors capital d’oser en parler et énoncer nos besoins.

"Son départ peut s’accompagner d’une réelle dépression ou d’un pénible sentiment de perte desens. Alors il faut se poser cette question : "Est-ce que le départ de mes enfants est la seule et unique raison de mon désarroi ?" Ce départ peut effectivement faire caisse de résonance avec d’autres pertes ou questions existentielles qui s’imposent à vous aujourd’hui."

5.3 - Construire une autre relation avec vos parents

Inévitablement, la remise en question du milieu de vie réactive aussi notre histoire familiale. Le miroir aux alouettes de nos parents vole en éclats : derrière le vernis des souvenirs rejaillissent les blessures mal cicatrisées de notre enfance.

Le Dr Christophe Fauré nous invite alors à réévaluer nos parents avec compassion. À voir en eux des êtres cabossés, conditionnés par leur propre éducation. Des rêveurs contrariés qui ont fait de leur mieux, mais n’en ont pas moins reproduit auprès de nous leurs schémas limitants.

Pour l’auteur, identifier ces blocages hérités qui nous entravent encore est le premier pas vers la liberté. Nous pouvons choisir de ne pas répéter à notre tour ces schémas avec nos propres enfants. Et de vivre, pleinement, cette vie qui est la nôtre.

5.4 - Devenir le parent de son parent

Ironie de cette période de milieu de vie : il n’est pas rare, poursuit l’auteur, de devoir endosser un rôle de soutien auprès de nos parents, au moment même où nous sentons nos forces décliner. Or, rien ne nous a préparé à ce renversement des rôles, à devenir le parent de ce père ou de cette mère âgé.e ou dépendant.e autrefois si puissant.e. Outre la fatigue, ce renversement des rôles réactive souvent des rancœurs enfouies.

Pourtant, aussi exigeant soit-il, accompagner la vieillesse de nos parents est aussi une opportunité de leur rendre l’amour inconditionnel jadis reçu. Pour le Dr Christophe Fauré, ce dévouement guérit parfois les blessures.

Mais dans tous les cas, prévient-il, ne nous oublions pas : au sein de la "génération sandwich", pensons à nous ressourcer !

5.5 - Perdre un parent au milieu de la vie

Entre 45 et 60 ans, la mort d’un parent n’a rien d’improbable, rappelle l'auteur.

Là-aussi, le deuil est l’occasion de revisiter le passé. Cette relecture parfois douloureuse que nous en faisons est une période propice pour tenter d’apaiser les blessures relationnelles, même si nous avons parfois le sentiment qu’il est trop tard.

Lorsqu’ils perdent leurs parents, certains ressentent même étrangement un certain soulagement à se libérer d'une emprise ou figure écrasante. Cela n’a rien d’incompatible avec le manque et la peine, précise l’auteur, comme dans cet exemple :

"Je peux enfin vivre ma vie, reconnaît Victor, 54 ans, après le décès de son père. Je l’aimais et je sais qu’il m’aimait, là n’est pas la question - mais je me sentais toujours soumis à son approbation. C’était très subtil, mais très présent en même temps. Aujourd’hui, même s’il me manque et que je pleure son départ, je me sens plus libre intérieurement que je ne l’ai jamais été."

Quoi qu'il en soit, cette perte nous confronte à notre propre finitude. À nous désormais, d’y puiser de quoi donner un sens profond au temps qu’il nous reste à vivre...

Chapitre 6 : La vie professionnelle

Au sommet de leur carrière, de nombreux quadragénaires sont saisis par un profond questionnement existentiel.

Ce questionnement est à écouter avec discernement et courage. C’est ce que l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" propose d’étudier dans ce nouveau chapitre.

6.1 - Au sommet… et au creux de la vague

Le Dr Christophe Fauré décrit ici un paradoxe courant : au zénith de leur carrière, de nombreux  quadragénaires se sentent étouffés et insatisfaits dans leur travail. Une étude internationale pointe ce creux psychologique autour de 50 ans. Malaise d'autant plus fort que notre société valorise beaucoup le succès professionnel, en particulier chez les hommes.

Mais derrière les apparences, certains réalisent tardivement avoir trop investi leur travail, souvent pour combler un manque affectif. Forcés de constater que le Graal de la réussite sociale ne les transporte plus, la désillusion est là. Et ils sombrent.

De plus, cette transition est aussi le moment de faire le deuil de certains rêves professionnels irréalisables :

"Autant de deuils que nous devons bon gré mal gré intégrer : nous ne serons jamais membre du conseil d’administration de notre entreprise, nous ne serons pas reconnu comme le meilleur journaliste de notre rédaction, nous n’obtiendrons jamais telle promotion… Mais, au bout du compte, avons-nous toujours envie de cela ? Peut-être. Peut-être pas."

Pour l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", heureusement, après un passage obligé dans la zone de turbulences, les choses finissent par s'apaiser. À condition d’avoir su écouter les appels intérieurs du processus d'individuation.

Nous réalisons alors que nous pouvons opérer des changements en douceur, sans tout bouleverser. L'essentiel étant de se recentrer sur l'authenticité et la quête de sens qui nous animent au plus profond.

6.2 - Redéfinir sa vie professionnelle au milieu de la vie

Heureusement, nous rassure l'auteur, il n'est pas trop tard pour opérer un virage à 180° et se réorienter vers des rivages qui chantent à notre âme. Les "quadras" disposent même de sérieux atouts : recul, connaissance de soi, vécu... Attention toutefois à ne pas céder aux sirènes de la précipitation et du fantasme, prévient le psychiatre.

Ainsi, nous devons identifier clairement la source de nos frustrations. C’est primordial ! lance le Dr Christophe Fauré. De même, nos aspirations profondes méritent que nous les examinions : quelles valeurs voulons-nous incarner ? Où puiser l'épanouissement ? Dans quel secteur nos talents apporteront-ils de la valeur au "collectif" ?

Une fois la direction fixée, il nous faut accepter l'exigeant travail de la maturation intérieure et extérieure. Rédaction du CV, formation complémentaire, gestion financière... Tout est affaire de planification, de patience et de détermination.

Mais le jeu en vaut la chandelle, promet le psychiatre : en domptant nos peurs archaïques, nous dessinerons peu à peu les contours du professionnel épanoui enfoui en nous. Et trouverons enfin notre juste place !

Chapitre 7 : Enrichir sa vie

Le chapitre 7 du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" évoque l’évolution de notre vie personnelle, de nos priorités.

Car si notre mode de vie fonctionnait hier, des ajustements s'imposent peut-être aujourd'hui :

""Ce qui était vrai ou important au matin de notre vie peut cesser de l’être dans son après-midi", écrit Carl G. Jung. Certains aspects de votre vie qui fonctionnaient bien autrefois fonctionnent peut-être moins bien aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que vous avez fait fausse route. Non, vous avez simplement évolué, mûri et modifié vos priorités et vos axes de vie. Il vous est demandé aujourd’hui de construire un pont sur l’avenir. D’un côté, il va s’appuyer fermement sur ce que vous avez construit de bon et de solide durant la première moitié de votre vie ; de l’autre, il va s’étayer sur ce que vous avez envie de faire de votre existence dans sa seconde moitié."

Ainsi, notre quête sera de donner plus de sens et de saveur aux années restantes. Et pour y parvenir, ouvrons-nous avec confiance à tous les possibles qui s'offrent à nous, clame l’auteur.

7.1 - Les 4 axes de transformation personnelle

Dans la première partie du chapitre 7 du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré nous propose quatre axes pour opérer une transformation personnelle positive.

1er axe : Continuer, ajuster, arrêter, initier

L’auteur suggère d'appliquer ces quatre actions dans sept domaines clés de notre vie, à savoir à :

Notre relation au corps,

Notre partenaire,

Nos enfants,

Nos parents,

Notre travail,

Nos loisirs,

Notre vie spirituelle.

Cela offre 28 possibilités concrètes d'amélioration.

Par exemple, pour notre corps, on peut continuer à se faire masser pour s'apaiser, ajuster notre alimentation pour la rendre plus saine, arrêter de fumer et initier une nouvelle activité physique.

2ème axe : Se montrer le plus concret et le plus spécifique possible.

Le psychiatre souligne qu'il est essentiel d'être le plus concret et le plus spécifique possible dans nos objectifs pour leur donner une chance de se réaliser.

En effet, un objectif vague comme "Je veux être plus serein" a peu de chances d'aboutir. Il vaut mieux planifier précisément les étapes à franchir comme faire du yoga deux fois par semaine.

3ème  axe : Hiérarchiser ses priorités et leur donner la primauté

Nous ne pouvons pas tout accomplir simultanément. Nous devons alors apprendre à ordonner nos désirs par ordre d'importance, même si renoncer à certains n'est pas aisé. Et assurons-nous que nos nouveaux choix reflètent nos aspirations actuelles, non celles d'autrefois.

4ème axe : Se fier à sa boussole intérieure

Enfin, le Dr Christophe Fauré indique que nous pouvons évaluer si nous sommes sur la bonne voie grâce à notre "boussole intérieure" : si on se sent plus heureux, apaisé, plein d'énergie positive ou de bien-être, c'est qu'on avance dans la bonne direction, en phase avec nos aspirations profondes. L'essentiel est de trouver la voie qui nous libère intérieurement.

7.2 - La créativité pour enrichir votre vie

Le psychiatre met ensuite l'accent sur l'importance de la créativité pour donner un nouvel élan à la seconde moitié de sa vie.

Il cite une étude démontrant que la créativité connait deux pics au cours de la vie : autour de 20 ans et autour de 50 ans. Contrairement aux idées reçues, la cinquantaine n'est donc pas trop tard pour exprimer sa créativité.

Le Dr Christophe Fauré partage de nombreux exemples inspirants de personnes qui se sont lancées dans une activité créative à mi-parcours : apprendre la musique, créer un blog, militer dans une association, cuisiner la gastronomie du monde, refaire la décoration de sa maison selon les principes du feng shui...

Il souligne qu'il ne faut pas se limiter et ne pas croire que seuls les artistes talentueux ont le droit de créer. Tout le monde peut laisser libre cours à son imagination, et ce, dans de multiples domaines.

L'auteur termine en nous invitant à répondre à un questionnaire très complet pour faire le point sur nous-mêmes. Quels sont nos rêves d'enfance abandonnés ? Nos aspirations actuelles ? Nos talents non exploités ? Quels sont nos projets ? Qu'aimerions-nous devenir ? Autant de pistes pour insuffler une nouvelle dynamique créative à cette deuxième partie de notre vie.

7.3 - Les apports de la psychologie positive pour enrichir la vie

Le Dr Christophe Fauré présente ici la "psychologie positive". En gros, cette approche scientifique vise à étudier ce qui va bien chez un individu plutôt que ses difficultés.

Aussi, l’auteur du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" explique que selon cette théorie, une vie heureuse repose sur 3 piliers. Cette vie doit être :

Plaisante : faite de loisirs et d'émotions positives.

Engagée : avec un investissement dans un projet qui nous motive.

Pleine de sens : en accord avec nos valeurs.

Les deux fondateurs de cette école ont aussi identifié 24 forces et vertus universelles comme, par exemple, la créativité, la curiosité, le courage, l’intelligence émotionnelle... Celles-ci sont développées en annexe du livre. Ici, l'idée est de repérer nos 5 forces dominantes pour les cultiver.

L'auteur présente ensuite une étude prouvant l'efficacité de méthodes issues de la psychologie positive contre la dépression. Parmi les exercices : noter chaque jour 3 événements positifs vécus et exprimer sa gratitude de façon précise pour certaines choses.

Il souligne que l'intérêt de la psychologie positive est qu'elle nous offre des outils concrets, validés scientifiquement, pour devenir acteur de notre propre bonheur et de notre accomplissement personnel.

7.4 - Vous faire accompagner pour enrichir votre vie

L’auteur fait part ici de l’intérêt que nous aurions à nous faire accompagner lors de notre transition du milieu de vie pour en retirer tous les bienfaits.

En effet, pour lui, le passage du milieu de vie est une occasion unique de grandir qu’il ne faut pas laisser passer. Mais il est aussi, souvent, solitaire car notre entourage ne vit pas forcément la même chose. L'idée est donc de trouver un espace de parole pour partager nos questionnements existentiels.

Dès lors, plusieurs options s'offrent à nous :

La thérapie, individuelle ou de couple, peut aider à y voir plus clair. Attention cependant à choisir un thérapeute qui connaisse bien les enjeux du milieu de vie.

Les groupes de parole entre pairs sont aussi très enrichissants pour confronter nos expériences.

Des stages de développement personnel permettent d'explorer de nouvelles voies.

Le mentorat ou le coaching apportent un regard extérieur précieux et stimulant.

Quelle que soit la formule, l'auteur insiste sur l'importance de ce processus pour nous ouvrir à ce qui était enfoui en nous et que nous n'osions pas regarder.

Chapitre 8 : Quête de soi, quête de sens | La spiritualité au milieu de la vie

Le dernier chapitre du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" commence par une histoire saisissante pour introduire le sujet de la quête spirituelle, étudiée dans cette dernière partie du livre :

Viktor Frankl, médecin, a 39 ans quand il est déporté à Auschwitz. Cette terrible expérience lui permet d'élaborer une théorie sur le sens de la vie : contrairement aux plus robustes, il observe que ce sont les plus faibles qui résistent le mieux. Pourquoi ? Parce que ces derniers savent développer une vie intérieure qui laisse la place à l'espoir et qui questionne le sens.

De retour des camps, le Dr Frankl fonde alors ce qu’on appelle la "logothérapie". Cette thérapie se base sur l’idée que les troubles psychiques résultent d'un vide existentiel. Car, comme Carl Jung, Viktor Frankl pense que l'être humain est en quête constante de sens et transcendance.

Pour l’auteur, c’est bien ce désir profond d'une existence riche de sens, réponse à notre aspiration à la plénitude, qui s’éveille au milieu de notre vie. Et cette quête relève, dit-il, de notre dimension spirituelle.

8.1 - Qu’entend-on par "spiritualité" ?

Voici les idées principales que commence par exposer l’auteur du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" pour mieux comprendre ce qu’est cette dimension spirituelle.

Spiritualité Vs religion

L'auteur clarifie d’abord la différence entre "spiritualité" et "religion".

L'étymologie du terme "spiritualité" renvoie à "spiritus", le souffle : la spiritualité a donc trait à ce qui respire en nous, à cet espace de respiration intérieure. On le voit d’ailleurs très bien dans les pratiques méditatives qui utilisent la respiration comme ancrage corporel de cette dimension.

Ainsi, prendre soin de son corps revient à prendre soin de son esprit, rappelle l’auteur. Dans la même idée, se libérer psychologiquement de ses blocages émotionnels et schémas limitants crée un espace intérieur propice au développement spirituel.

La spiritualité, partie intégrante de l’être

Le psychiatre explique ensuite que, contrairement à Freud qui ne voyait pas cette dimension comme essentielle, Jung considérait la spiritualité comme partie intégrante de l'être. Il pensait qu'elle était indispensable à l'équilibre psychique d'un individu.

La spiritualité laïque

Le Dr Servan-Schreiber tentait, quant à lui, de définir ce qu'est une "spiritualité laïque", c'est-à-dire sans référence à une religion instituée. Pour lui, il s'agit de la quête d'un sentiment élevé en nous, celle d'un lien créateur à l'univers et au monde. C'est une aventure intérieure qui se nourrit de moments intenses, faits de beauté, de partage ou de solitude. Elle est accessible à tous.

La spiritualité au quotidien

L’auteur souligne enfin que la spiritualité s’ancre dans le quotidien. Elle nous permet alors de voir au-delà de la routine. Elle est spécifique à chacun d’entre nous et à notre propre perception du réel.

Qui dit spiritualité, dit nécessairement chemin intérieur

Si elle s'ouvre à autrui, la démarche spirituelle nécessite d'abord de faire un chemin intérieur, faute de quoi on risque de continuer à s'oublier soi-même, rappelle l'auteur. Un travail psychologique préalable peut alors préparer le terrain de cette quête de sens.

L’auteur raconte avoir lui-même expérimenté ce couplage psychologie + spiritualité pour répondre à ses questions existentielles en se retirant deux ans dans un monastère bouddhiste au mitan de son existence. Il explique ainsi avoir réaliser combien la spiritualité est essentielle à une authentique paix intérieure, et ce, quelle que soit la voie empruntée.

8.2 - Secrets de vie

Dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", l'auteur est allé recueillir les paroles de personnes en fin de vie pour savoir ce qui avait donné sens à leur existence.

Ainsi, de cette enquête, plusieurs points reviennent de façon récurrente, comme par exemple, le fait d’avoir :

Aimé et pris soin de ses proches,

Créé des liens significatifs,

Contribué au bien-être d'autrui,

Fait la paix en soi.

Une autre étude a été menée auprès de 235 personnes jugées "sages" par leur entourage. Celle-ci fait ressortir 5 ingrédients d'une vie réussie, à savoir :

Être intègre et honnête avec soi-même,

Ne laisser aucun regret derrière soi sur ce qu'on a fait ou non de sa vie,

Vivre dans l'instant présent,

Apprendre à aimer et à agir avec bienveillance,

Donner plus que recevoir.

Pour l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", ces thèmes universels indiquent autant de directions spirituelles à explorer, sans affiliation à une doctrine particulière.

Le Dr Christophe Fauré développe alors quelques-unes de ces pistes à travailler :

Être honnête avec soi-même est le pilier du processus d'individuation à mi-parcours de sa vie. Cela passe par l'acceptation sereine de la réalité. Et nécessite de faire la paix avec son passé.

La peur de la mort renvoie souvent à la peur d'une vie non vécue. D'où l'importance de saisir sa vie à pleines mains. Dans cette optique, "se poser", à cette période de notre vie, permet de retrouver la clarté de notre être, masquée par l'agitation. Nous pouvons notamment pratiquer la méditation de pleine conscience : celle-ci apprend à vivre l'instant présent, dans une attention consciente à soi et au monde, confie l’auteur. Pour autant, elle ne suffit pas, continue-t-il : son but ultime est la réalisation de notre Nature profonde et de celle de toute chose. C'est ce qu'on appelle l'Éveil.

Enfin, "aimer" procure un sentiment de sens. En prenant soin de nous dans ce mitan de l'existence, nous devenons plus disponibles aux autres et inspirants pour nos proches. C'est un acte d'amour que de cheminer vers notre meilleur potentiel.

Finalement, au milieu de la vie, la quête spirituelle nous tend la main pour donner corps et substance à notre recherche de sens. Pour le Dr Christophe Fauré, elle vient parfaire, par une dimension verticale, tout le travail horizontal de transformation de soi.

8.3 - Une recette du bonheur ?

Dans cette dernière partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", l'auteur commence par partager deux études. Ces études ont pour but de comprendre ce qui procure le bonheur dans une vie. Ainsi :

La première, menée à Harvard sur 780 hommes durant 75 ans, démontre que nos relations sociales sont la clé du bien-être, quel que soit notre milieu. Plus on entretient des liens affectifs riches, plus on est heureux et en bonne santé.

La seconde étude révèle que le sentiment d'accomplissement provient des actions que nous réalisons au-delà de notre intérêt personnel, de notre investissement pour autrui via des projets éducatifs ou sociaux. Donner semble donc plus essentiel que recevoir.

Donner plus que recevoir

Notre quête de spiritualité au milieu de notre vie nous pousse justement à nous tourner vers le monde. Et au regard des études mentionnées, cet élan vers les autres est positif. En sortant de notre coquille ego, nous pouvons trouver, dans le don de nous-mêmes, ce supplément d'âme qui illuminera notre seconde vie.

Attention tout de même, servir autrui n'est pas une condition sine qua non pour être heureux. Et cela ne demande pas obligatoirement de réaliser des choses extraordinaires ou spectaculaire. Pour l’auteur, ce doit être une question de "vocation", d'appel intérieur qu'il faut assumer et qui doit être source de joie : s'occuper de ses proches, mener une action humanitaire, protéger l'environnement... peu importe.

Transmettre

"La première moitié de la vie est un temps d’acquisition et de construction. Au milieu de la vie, quelque chose s’inverse progressivement et l’idée de restitution ou de transmission prend de plus en plus d’importance. Cela concerne bien sûr la transmission de ce qui a été accumulé au niveau matériel, mais un mouvement beaucoup plus global s’initie souvent en soi, indépendamment d’un patrimoine que l’on pourrait transmettre."

"Transmettre", souligne l’auteur, permet de laisser une trace, d'offrir aux autres ce qu'on est. Et cette transmission de notre essence peut prendre des formes très simples au travers de nos expériences de vie :

"Vous n’avez pas besoin de livrer au monde un héritage d’exception pour y trouver du plaisir et un sentiment de plénitude. Votre héritage peut être le fruit naturel de votre expérience de vie, en tant que parent, en tant que conjoint, en tant que membre de votre communauté. Il peut être le fruit des  circonstances, heureuses ou malheureuses, de votre existence. Là où elles peuvent prendre sens, c’est quand vous parvenez à en extraire l’essence."

Conclusion : Un mot de la fin | Pour que tout commence

Dans la conclusion de son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré s'adresse à nouveau à Isabelle, jeune femme perdue rencontrée au tout début du livre. Elle ne pleure plus désormais, car elle a fait le deuil de son passé. Certes, des questions demeurent mais elle sait à présent qu'une nouvelle chance de vie s'offre à elle, livre l’auteur. Les incertitudes de sa transition de vie ont laissé place à une certitude : "le temps qui lui reste à vivre sera à l’image de ce qu’elle décide d’en faire aujourd’hui".

Certes la tâche est vaste et les doutes légitimes. Mais il s'agit d'avancer, pas à pas, sans exigence de perfection. Des trésors en elle ne demandent qu'à s'éveiller.

Et pour nous également !

C’est pourquoi, l’auteur nous invite, nous aussi, à oser être libre et maître de notre vie pour que, au milieu de notre existence, tout commence enfin à avoir un sens :

"Tout est entre vos mains désormais : prêter attention à votre corps comme vous ne l’avez peut-être jamais fait jusqu’à maintenant, revisiter votre couple avec un regard neuf et aimant, assumer votre solitude, si tel est votre destin".

Pour l'auteur, il s'agit d'"accueillir les opportunités de croissance" que cette période nous offre. Tout comme :

"Construire une autre relation avec vos enfants en voie d’autonomie et vos parents en voie de dépendance, faire courageusement le point sur votre vie professionnelle et aller là où vous n’avez jamais osé aller, trouver comment la dimension spirituelle de votre être peut trouver sa place dans votre existence, oser l’engagement, la curiosité, aller au-devant du nouveau, de ce qui n’a pas encore été vécu ou exploré, pacifier le passé et libérer le présent, ouvrir des portes et en fermer d’autres, sortir des schémas et des croyances qui vous ont bridés ou ont limité votre champ de vie, dire "oui" quand auparavant vous disiez "non", embrasser l’avenir avec confiance, dans une conscience aiguë que cet avenir aura, un jour, une fin."

Enfin, il nous invite à "prendre des risques qui n’apparaissent plus aujourd’hui aussi hasardeux" et à oser : "oser vivre avec courage, la peur au ventre mais la tête dans les étoiles, oser être heureux, oser être une force de changement et d’inspiration dans le monde : voilà à quoi vous invite la seconde moitié de votre vie" conclut-t-il !

Annexe : Les 24 forces en psychologie positive

En annexe de son ouvrage "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré partage 24 forces ou traits positifs de personnalité qui, cultivé(e)s, procurent un sentiment d'accomplissement. Elles se répartissent en 6 vertus.

La sagesse et la connaissance : elles regroupent la créativité, la curiosité, l'ouverture d'esprit, l'amour d'apprendre, la sagesse.

Le courage : il rassemble la bravoure face aux épreuves, la persévérance dans ses projets, l’authenticité dans ses actes et paroles, la vitalité.

La justice : elle implique l'esprit d'équipe et d’entraide, le sens de l'équité et de la justice, les qualités de leader bienveillant.

L'humanité : elle comprend la capacité d'aimer et nouer des liens forts, la gentillesse via des actions bienfaisantes, l'intelligence sociale pour comprendre les autres.

La tempérance : elle exige de pardonner les torts subis, la modestie sans se mettre en avant, la prudence dans ses choix, la maîtrise de soi.

La transcendance : elle nécessite de cultiver le sens du Beau, d'éprouver de la gratitude, d'être optimiste, d'avoir de l'humour, de trouver un sens spirituel à son existence.

Le psychiatre nous invite à identifier nos 5 forces-signatures parmi ces 24 pour orienter nos efforts et trouver l'épanouissement. En les mettant délibérément en pratique dans notre quotidien, nous renforcerons notre bien-être.

Selon l’auteur, cet outil issu de la psychologie positive permet de devenir acteur de son bonheur en développant le meilleur de soi-même.

Conclusion de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" du Dr Christophe Fauré

Les 3 grandes idées à retenir sur le milieu de vie, période entre 40 et 55 ans, selon le livre "Maintenant ou jamais !"

  1. Une transition naturelle vers plus d’authenticité

Tout au long des chapitres du livre, le Dr Christophe Fauré développe l’idée clé suivante : loin d'être une crise comme on le dit souvent, la période de la quarantaine à la cinquantaine correspond en fait à une transition naturelle. Un processus psychique appelé "individuation" s'enclenche alors, qui nous pousse à retrouver notre authenticité. Même s'il peut nous déstabiliser, ce processus s’avère être, selon lui, très positif.

  1. Une période pour redonner du sens à son existence

Pour l’auteur de  "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", cette période de remise en question existentielle est propice à une prise de recul, et à redonner du sens aux différentes facettes de notre vie. Dès lors, le Dr Christophe Fauré nous encourage à opérer des changements, même modestes, afin de recentrer notre vie sur ce qui compte vraiment désormais. L'idée est de se libérer de certains carcans pour être plus aligné avec soi-même.

  1. L’occasion de se réaliser pleinement

Enfin, l'auteur voit dans cette transition du milieu de vie une chance unique de se réaliser pleinement, de révéler des pans de nous-mêmes restés dans l'ombre. En acceptant ce qui émerge en nous, en prenant soin des dimensions négligées, nous pouvons devenir, assure-t-il, la meilleure version de nous-même et trouver un sentiment d’accomplissement.

Ce que la lecture "Maintenant ou jamais !" vous apportera

Le livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" partage de précieux éclairages sur cette période méconnue qu’est le milieu de vie.

Le Dr Christophe Fauré replace cette transition dans une perspective positive et épanouissante, à rebours des clichés anxiogènes de la "crise de la quarantaine".

Aussi, ses conseils concrets nous aident à traverser les turbulences rencontrées tout en impulsant un nouvel élan à votre vie.

Qu’il s’agisse du couple, du travail ou de la spiritualité, cet ouvrage dissipe, en effet, les malentendus du mitan de la vie. On y voit alors plus clair. Et on apprend à aller vers cette aspiration qui nous appelle, à savoir plus d’authenticité.

Les nombreux témoignages et récits de vie et de patients relatés tout au long du livre donnent du rythme aux propos. Comme ils sont très réalistes et parlants, il est, de plus, très facile de s’y retrouver, de s’identifier.

En somme, cette lecture nous permet de comprendre les profonds changements intérieurs à l’œuvre pour les accueillir sereinement plutôt que de leur résister. Surtout, il redonne espoir et confiance pour la suite en montrant comment transformer chaque difficulté en tremplin d’accomplissement.

Points forts :

Démystifie la "crise de la quarantaine" en montrant que c'est une transition naturelle et positive.

Fournit des conseils concrets pour traverser sereinement cette période de changements et redonner du sens à sa vie en se recentrant sur l'essentiel.

Très bien écrit, style parlant ; on sent l'expertise et la bienveillance de l'auteur.

Les récits de vie distillés permettent de s'identifier très facilement et de se sentir moins seul.

Points faibles :

Les propos et conseils sont très axés sur les familles qui suivent un schéma plutôt classique : si vous n'avez pas d'enfants adolescents ou que n'êtes pas en couple depuis des années à l’âge de 40 ou 50 ans, certaines parties ne vous parleront pas.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 22 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12918/Maintenant-ou-jamais-La-vie-commence-aprs-40-ans
Pour une résistance oisive http://www.olivier-roland.fr/items/view/12912/Pour-une-rsistance-oisive

Résumé de « Pour une résistance oisive. Ne rien faire au XXIe siècle » de Jenny Odell : un best-seller anticonformiste qui a plu même au président des États-Unis, Barack Obama ! À lire pour se déconnecter et pour réfléchir aux conséquences de nos vies numériques sur nos habitudes de vie.

Jenny Odell, 2021, 311 pages.

Titre original : How to Do Nothing : Resisting the Attention Economy (2019)

Chronique et résumé de "Pour une résistance oisive. Ne rien faire au XXIe siècle" de Jenny Odell

Qui est Jenny Odell et comment a été reçu son livre "Pour une résistance oisive" ?

Jenny Odell est une artiste visuelle états-unienne, spécialisée dans le numérique. Elle est aussi professeure d'arts à l'université de Stanford et diplômée de littérature anglophone. Pour en savoir plus à son sujet, ainsi que sur ses écrits et ses projets, vous pouvez découvrir son site internet.

La parution de son premier livre en 2019, "How to Do Nothing: Resisting the Attention Economy", traduit en français par "Pour une résistance oisive. Ne rien faire au XXIe siècle" (2021) a été un véritable événement aux États-Unis. Surtout après les quelques mots prononcés par Barack Obama à son sujet !

Depuis, l'auteure continue à créer des installations artistiques, à enseigner et à écrire. Elle a notamment écrit "Saving Time: Discovering a Life Beyond the Clock" sorti en 2024. Jenny Odell a aussi rédigé de nombreux articles sur le sujet de la culture de la productivité et de l'écologie à l'ère du numérique (voir son site internet pour plus de détails).

Jenny Odell est issue d'une mère originaire des Philippines et d'un père états-unien. Elle se dit à l'aise avec cette double identité, qui lui permet d'être "entre les deux", à la fois un pied dans la culture occidentale et un pied en dehors. Elle a grandi à Cupertino (siège de Apple) et vit actuellement à Oakland.

Comme nous allons le voir, ces informations sur ses origines ne sont pas anecdotiques. Elle considère qu'il est très important de se relier aux lieux où l'on vit pour sortir de l'emprise des réseaux sociaux et apprendre à mieux les utiliser.

Entrons donc dans le détail de ses propositions !

Introduction. Survivre à l'utilité

À l'heure des réseaux sociaux et de l'hyperstimulation permanente, « rien n’est plus difficile que de ne rien faire », dit Jenny Odell. Cette connexion constante au numérique a des conséquences au niveau :

Individuel = nous en oublions de penser le sens de notre vie.

Collectif = résolution de problèmes complexes via des discussions.

Culturel = perte de goût pour « le nuancé, poétique, ou le non directement intelligible ».

Alors, que faire ?

"Ce livre se donne pour objectif de trouver les moyens de conserver cette place sous le soleil. C’est un guide pratique pour ne rien faire compris comme acte de résistance politique à l’économie de l’attention." (Pour une résistance oisive, Introduction)

Son hypothèse est simple : "et si les gens et choses qui nous entourent suffisaient, et se suffisaient à eux-mêmes ?" En nous détournant du numérique, nous apprenons à revenir à des liaisons plus profondes. « La réalité augmentée pourrait-elle tout simplement signifier de poser son téléphone ? », demande-t-elle.

Sa thèse n'en est pas pour autant antitechnologique. Son problème, c'est avant tout la logique marchande attachée à l’économie de l’attention, ainsi que le culte de l’individualisme.

Pour nous faire comprendre les enjeux de son livre, elle utilise la métaphore de l’arbre Old Survivor, qui nous enseigne :

la résistance (il est trop tordu pour être utilisé comme bois de menuiserie) ;

le témoignage et la mémoire, c’est-à-dire l’enracinement dans le passé dont le présent dépend.

Pour l'auteur, Old Survivor permet de penser une « résistance-en-place » qui implique :

Un refus du cadre de référence (se soumettre aux usages du numérique, par exemple) ;

Une volonté de sortir des logiques de pensées identitaires (repli nationaliste, etc.) ;

La reconnaissance d'une subjectivité qui change avec le temps.

Pour parvenir à penser et à agir autrement Jenny Odell propose d'abord de se désengager, c'est-à-dire de s’arracher à l’économie de l’attention. Ensuite, et en fait dans le même temps, il est nécessaire de se réengager, c'est-à-dire se relier autour d’autres choses.

Dans ce double mouvement, l'auteur puise une grande Inspiration dans le biorégionalisme créé par Peter Berg dans les années 1970. Pour elle, il s'agit de résister aux effets dévastateurs du numérique en ayant recours à l'écologie. Nos esprits, comme la nature elle-même, ont été saccagés et pillés.

Jenny Odell termine l'introduction en reconnaissant que son livre a une « drôle de forme », à la fois :

Invitation à la promenade ;

Manuel activiste ;

Guide de développement personnel.

À vous de voir par quel "bout" vous prendrez l'ouvrage !

Chapitre 1. Le bien-fondé du rien

Ne rien faire, qu'est-ce que c'est ? C'est laisser un temps libre pour la découverte et l'attention aux choses oubliées. C'est aussi laisser au temps le temps de faire son œuvre, c'est-à-dire de nous transformer.

Jenny Odell parle de son art et de celui d’autres artistes comme de la création d’un espace ouvert pour l’observation, la contemplation ou l’attention. Pour laisser, comme elle dit, « les histoires grouiller ».

Concrètement, elle trouve souvent ce temps lorsqu'elle se rend dans une roseraie près de chez elle. Ou lorsqu'elle observe (et écoute !) les oiseaux — l'une de ses activités préférées.

Pour l'auteure, cette pratique amateure d'observation ornithologique va à l'opposé de la recherche en ligne, puisqu’on « ne peut pas le débusquer et le forcer à s’identifier à nous ». Les chants des oiseaux s’apprennent et, quand nous les connaissons, ils nous deviennent familiers, comme des langues que nous parlons.

Ces moments et ces lieux (car les deux vont de pair) sont « des refuges ». Quelque chose de nouveau peut se révéler, un changement peut s’opérer. Nous nous surprenons à faire davantage attention aux autres et non seulement à nous-mêmes, on devient aussi plus conscient de nos propres forces et faiblesses.

Autocritique de l’auteure : privilège lié à ce pouvoir de ne rien faire. Réponse : elle trouve dans le syndicalisme la même idée de jouir du temps libre pour son propre plaisir.

Le temps, comme l'espace, est colonisé par l'idéologie de l'efficacité et de la rapidité. Nous perdons en même temps des espaces publics (parcs, bibliothèques) et le temps pour ne rien faire (moments de pur vagabondage ou de repos).

Avec les outils numériques, le travail s’immisce partout. Le travail et le hors travail fusionnent. Par ailleurs, nous sommes submergés d'informations et de fausses informations, sans plus être capables de faire le tri.

En réalité, le bavardage sur les réseaux sociaux est savamment entretenu par les dirigeants des plateformes pour des raisons financières. Eh oui, car c'est en maximisant notre taux d'engagement que celles-ci peuvent construire nos profils et les vendre aux plus offrants.

À l'opposé, ne rien faire est un processus actif d’écoute. Celui-ci permet de :

Se réparer, c’est-à-dire prendre soin de soi ;

D'écouter avec une sensibilité corporelle renouvelée et donc de faire davantage preuve d’empathie ;

S'immuniser contre les discours de la croissance infinie pour reconnaître que nous sommes des animaux terrestres.

Jenny Odell aborde enfin la question de la vie éternelle souhaitée par les transhumanistes (dans la veine de Elon Musk) et leur oppose une prise en compte de la finitude humaine en sortant du temps productif.

Chapitre 2. L'impossibilité d'une retraite

Peut-on s’extraire de façon permanente du monde de la productivité ? Ou, dans le même ordre d’idée, la « détox numérique » est-elle une voie prometteuse ?

L’auteure analyse ici plusieurs formules, depuis les aventures communautaires des années 1960 jusqu’aux tentatives plus récentes de gourous plus ou moins millionnaires et proches de la Silicon Valley — en passant même par le Jardin d’Épicure, qui sert de modèle racine (pas toujours conscient) à toutes ces initiatives.

L’auteure montre que les utopies qui cherchent à se constituer à partir d’une « table rase du passé » échouent. Elle montre en particulier que/qu' :

Celles-ci procèdent de la volonté de s’extraire du politique ;

Il y règne souvent des tensions autoritaires qui règnent dans les communautés qui se créent en dehors de la société.

La reproduction des inégalités et des préjugés qui s’y développent.

Les tentatives utopistes des années 60 ont échoué. Et il en va de même des tentatives techno-utopistes telles que celle de Pascal Thiel dans les années 2000. Plus généralement, la volonté de coloniser les nouveaux espaces (cyber, interstellaire, eaux internationales) pour créer une société "nouvelle" sont à considérer avec circonspection.

Pour Jenny Odell, nous avons une responsabilité, à savoir nous inscrire dans la communauté politique réelle, plutôt que fuir pour se mettre à l’écart. Au lieu de vouloir fonder une communauté parfaite et homogène, il s’agit d’accepter et d’explorer le hasard lié à la « pluralité d’agents » qui compose toute société.

À la place de ces utopies — qui demeurent néanmoins des idéaux intéressants —, l’auteure envisage plutôt une résistance à l'intérieur même de la ville ou de la "cité". Elle reprend en particulier à un auteur anarchiste catholique l’idée d’associer contemplation et action, fuite et participation.

Autrement dit, elle se demande non pas s’il faut participer à la vie publique (sa réponse est oui), mais comment. Et sa réponse est ce qu'elle nomme un « refus-sur-place », un genre de retraite dans l’enceinte même de la société.

Ne pas succomber à la tempête médiatique, qui ne produit que du bruit — et ne pas en produire davantage (en produisant des posts qui n’ont aucun effet réel, sinon celui d’enrichir la plateforme).

« Une forme de réaction hybride est nécessaire. Nous devons être en mesure de faire les deux : contempler et participer, partir et toujours revenir, là où l’on a besoin de nous. (…) Dans la foulée, je suggère autre chose à la place du langage de la retraite ou de l’exil. Une simple disjonction que j’appellerai « se tenir à l’écart ». » (Pour une résistance oisive, Chapitre 2. L'impossibilité d'une retraite)

Ce "tenir-à-l'écart" implique :

Ne pas fuir ce qui nous pose problème mais le connaître ;

S’octroyer une posture critique ;

Se laisser la possibilité de construire un autre monde, mais « dans » celui-ci.

Voyons maintenant comment elle compte mettre plus concrètement ce plan à exécution.

Chapitre 3. Anatomie d'un refus

Jenny Odell évoque dans ce chapitre plusieurs performances d'artistes contemporains. Chacune d'elle met en scène le refus d'une norme, telle que travailler ou encore marcher rapidement dans la rue. Elle montre que ces gestes artistiques permettent de voir ce qui reste d'habitude caché et "évident" :

« Depuis l’intérieur des cycles de comportements admis, de tels refus produisent des ramifications étranges qui ne s’oublient pas de sitôt. » (p. 111) (Pour une résistance oisive, Chapitre 3. Anatomie d'un refus)

L’auteure rapporte ensuite plusieurs histoires, dont celle de Diogène le cynique. Elle dit à son propos qu'il était comme un artiste contemporain, cherchant par son attitude à provoquer et à attirer l'attention sur l'inertie des autres citoyens.

Diogène a le grand mérite, selon elle, de nous montrer que le refus est non seulement possible, mais aussi qu'il est possible de refuser tout en restant dans la société. Quand il accepte de participer à la cité, Diogène le fait « à sa mode ».

C’est ce que Jenny Odell appelle la création d'un « tiers espace » : ni exclusion, ni pure et simple inclusion, mais rapport critique et ouvert aux façons de vivre en société (au-delà de ce que celle-ci nous impose).

Elle trouve également un exemple en Bartelby le scribe, un personnage d'une nouvelle de Herman Melville. « Non seulement il n’obtempère pas ; il refuse les termes mêmes de la question », rappelle-t-elle.

Le scribe sape l’autorité en habitant un « tiers espace ». Le fait-il par simple caprice ou de façon irraisonnée ? Non ! Bartelby agit de façon volontaire, studieuse et disciplinée. Voluntate, studio, disciplina (Cicéron) : telle est la règle d'action qu'il faut se donner lorsque nous voulons agir ainsi.

En effet, pour Jenny Odell, « ne rien faire » est une tâche difficile. Il faut avoir la force de s’opposer aux coutumes et à nos propres inclinations. C’est un exercice d’endurance sociale. Pour illustrer ce point, l'auteure cite finalement Henri Thoreau, le philosophe états-unien qui fonda les principes de la désobéissance civile outre-Atlantique.

De tels refus sont possibles, tant au niveau individuel que collectif. Or, ils impliquent une tension vers un but et — donc — de l'attention. Sans attention, sans concentration, il est impossible d'agir ou de penser, que ce soit seul ou ensemble.

Tous les actes d’activisme véritables et qui ont eu du succès (comme les actions contre la ségrégation raciale, par exemple) avaient été pensés, soigneusement réfléchis. Bien sûr, il n'est pas donné à tout le monde d'avoir le temps ou les ressources pour refuser d'agir de façon conformiste.

Il existe des différences culturelles, sociales et économiques qui pèsent sur les individus et les empêchent de modifier leurs comportements. Mais si nous cultivons l'attention au quotidien, nous pouvons néanmoins y parvenir.

Chacun, à son niveau, peut agir. Et, petit à petit, les marges peuvent grandir et se rassembler. pour transformer la société dans son ensemble.

Chapitre 4. Exercices d'attention

L’auteure cherche ensuite — dans ce chapitre, ainsi que dans toute la suite de l'ouvrage — des manières de réorienter son attention. Les artistes, notamment, sont particulièrement importants. Pourquoi ? Car ils nous aident à changer nos manières de percevoir et de nous relier au monde.

Jenny Odell s’intéresse par exemple à l'œuvre des artistes David Hockney (peintre) et à celle de John Cage (musicien), pour ne citer que les plus célèbres. Elle montre à chaque fois comment ces artistes invitent à regarder le réel autrement, soit en :

Montrant des détails qui n’apparaissent pas d'habitude (Hockney) ;

Ouvrant un espace d’écoute pour des sons que nous négligeons au quotidien (Cage).

En réalité, nous pouvons reproduire ces expériences dans notre expérience de tous les jours. C'est par exemple ce que cherche à faire la méditation de pleine conscience. En ouvrant un nouvel espace pour notre attention, nous changeons la façon dont nous voyons le monde et nous rapportons à notre milieu.

À ce propos, l'auteure prend aussi l’exemple de sa ville natale : Cupertino, siège d’Apple. Elle met en scène deux réalités :

D’un côté, l’uniformité de la ville, son absence d’aspérité et le bâtiment type « vaisseau spatial » d’Apple ;

De l’autre, ce qu’elle a été capable d’y redécouvrir (le nom des arbres et des animaux, des montagnes, l’existence de ruisseaux qui zèbrent la géographie, etc.).

Pourquoi chercher à réorienter ainsi son attention en s'inspirant des artistes et de la nature ? Eh bien, dit Jenny Odell, d'abord parce que c'est amusant ! Cela comble notre besoin de curiosité. Ensuite, elle affirme que c’est un moyen de se dépasser soi-même en s'ouvrant vers l’extérieur.

Pour avancer dans sa réflexion, elle utilise une distinction philosophique entre "Je-Cela" et "Je-Tu" :

Je-Cela (regard uniformisant qui prend toute chose pour un moyen à utiliser) ;

Je-Tu (regard singulier sur une réalité que nous cherchons à envisager depuis sa perspective propre).

L'auteure s'intéresse également aux sciences. Elle aborde la question de la cécité inattentionnelle.

« Les chercheurs (Arien Mack et Irvin Rock) suggèrent que l’attention est une clé qui ouvre la porte qui divise la perception inconsciente… de la perception consciente. Sans cette clé de l’attention, il n’y a tout simplement pas de prise en compte du stimulus. » (Pour une résistance oisive, Chapitre 4. Exercices d'attention)

Ceci explique notamment le sentiment d’étrangeté de découvrir des choses dans notre entourage qui ont pourtant toujours été là. Par ailleurs, ce phénomène apparaît dans nos préjugés et la façon dont nous agissons en fonction d’eux sans nous en rendre compte.

Comment s'en défaire ? Eh bien une formation, par exemple, peut être une « clé d’attention » qui nous fait découvrir que nous avions l’habitude d’agir de telle ou telle façon et que nous pouvons en changer.

Bien sûr, la discipline est nécessaire pour maintenir l’attention et changer d’habitudes. L'auteure signale aussi l'importance de trouver du nouveau dans le même pour garder son attention fixée sur un objet.

Ces liens entre volonté, attention et discipline sont mis à mal par l’économie de l’attention, notamment via les techniques de persuasion issues du marketing digital. Même lorsque celui-ci se veut "éthique", il n'est pas dit que cela suffise, car il nous prive de notre capacité à décider par nous-mêmes.

Au lieu de cela, il serait préférable, selon Jenny Odell, de considérer les différentes formes d’attention dont nous sommes capables et chercher à travailler ses formes plus profondes et robustes. En réhabituant notre esprit à être attentif et concentré, nous enrichissons notre expérience humaine.

L'auteure se tourne résolument vers les autres et vers la nature pour "travailler son attention". Et elle dit même utiliser des applications mobiles pour l’y aider, comme iNaturalist par exemple. Cette application n'est pas une panacée, mais l'aide à faire les premiers pas pour se reconnecter à ce qu'elle avait oublié.

Petit à petit, en observant et en vous intéressant à un sujet, vous apprenez « la langue » d'autres êtres et vous commencez même par les remarquer malgré vous : le changement devient irréversible !

« Les séquoias sempervirens, les chênes, les buissons de mûres ne seront plus jamais « des tas de plantes ». Même si je le voulais, un tohi ne pourrait plus jamais être un simple « oiseau ». En vertu de quoi ce lieu ne peut plus être n’importe quel lieu. » (Pour une résistance oisive, Chapitre 4. Exercices d'attention)

Chapitre 5. Écologie des inconnus

Ce n'est souvent que lorsque quelqu’un est dans l’urgence que nous retrouvons les liens de communauté qui sous-tendent toute la société. Nous venons en aide à autrui presque sans réfléchir, car nous nous sentons responsables les uns des autres.

Et si nous acceptions de nous décentrer plus souvent pour prendre en compte les exigences de la vie de l’autre ? Et si nous acceptions de ne pas nous offusquer trop vite ? S’éloigner du « réglage par défaut » égocentrique de nos existences pour faire une place à l’autre en tant que personne. En voilà une bonne idée !

Mais autant le savoir d'emblée : ce n'est pas si facile. C’est un choix et une discipline de parvenir à agir de façon attentive et altruiste au quotidien. Aller à la rencontre de l’autre dans une "relation Je-Tu" ne va pas (ou plus) de soi et demande donc un effort conscient.

Jenny Odell plaide pour que nous nous rencontrions davantage et notamment dans les espaces communs qui nous réunissent, comme les quartiers où nous vivons. Connaissez-vous vos voisins ? Et le boulanger du coin ?

« Comparée aux algorithmes qui nous recommandent des amis sur la base de leurs qualités utilitaires […], la proximité géographique est différente, en ce qu’elle nous place à côté de gens dont nous n’avons pas de raisons utilitaires « manifestes » de nous préoccuper […]. Je suggère ainsi plusieurs raisons qui nous incitent non seulement à en tenir compte, mais aussi à nous préoccuper et à partager une réalité, les gens qui vivent autour de nous étant exclus de nos bulles de filtres. » (Pour une résistance oisive, Chapitre 5. Écologie des inconnus)

Voici les trois raisons pour prendre soin des espaces communs qui sont invoquées par l'auteure :

Se préoccuper de celles et ceux qui nous entourent car nous sommes redevables l’un de l’autre d’un point de vue pratique. Un quartier est un « réseau de soutien » dans les situations extrêmes ou banales.

Un monde avec pour seul type de relation le « Je-Cela » est un monde « appauvri et esseulé ». Lorsque nous commençons à entrer dans une relation différente, « je-tu », nous l'apprécions et nous voulons plus en sortir.

Réapprendre à vivre avec les autres nous transforme positivement. Nos rencontres nous réservent des surprises et nous prenons conscience que nous sommes "plus" que ce que nous croyons être.

Un algorithme, quant à lui, va me créer une identité « univoque », sans nouveauté réelle. Nous sommes enfermés dans des bulles de subjectivité. À l'inverse, la rencontre est une prise de risque, où nous mettons notre propre identité en jeu.

D'ailleurs, est-ce que la notion de rencontre est réservée aux humaines "entre eux" ? Pour Jenny Odell, la réponse est non ! La conversation avec les êtres de la nature nous permet aussi de prendre d’autres perspectives et de sortir de notre petit point de vue isolé.

Grâce aux rencontres et aux conversations que nous tissons, le monde devient moins solitaire ! Apprendre le nom des choses (y compris grâce à une application comme iNaturalist, par exemple) est un préalable à ces conversations. En effet, connaître un nom, c'est déjà faire connaissance…

Nous retrouvons ici l’engagement biorégionaliste de l’auteure. Au lieu d’un repli identitaire, le biorégionalisme nous apprend à regarder les choses dans une perspective écologique et inclusive.

Le repli sur soi, "dans sa bulle", est comparé à un barrage. En nous contentons de voir le monde à travers les filtres de Facebook ou de X, notamment, nous limitons nos possibilités intérieures. Voici un autre passage intéressant de Pour une résistance oisive :

« Contrairement aux barrages qui interrompent l’écoulement de la rivière, ces barrières-là ne sont pas tangibles : il s’agit de structures mentales, qui peuvent être démantelées par l’exercice de l’attention. Lorsqu’on adopte une vision utilitaire, voire algorithmique de l’amitié et de la reconnaissance, ou qu’on consolide le bastion imaginaire du moi face au changement, ou qu’on échoue tout simplement à voir que nous avons une incidence sur la vie des autres et vice versa (même et surtout de celles et ceux que nous ne voyons pas) — alors nous fermons notre attention aux autres et aux lieux que nous habitons ensemble." (Pour une résistance oisive, Chapitre 5. Écologie des inconnus)

Chapitre 6. Réhabiliter les sols de la pensée

Pour apprendre à vivre de façon écologique, y compris au niveau de nos relations avec nous-mêmes et avec autrui, il importe de :

Laisser de la place à l'ambiguïté et à la fluidité des catégories ;

Être humble et ouvert ;

(Se) donner du temps.

Jenny Odell raconte comment l’observation des oiseaux lui a appris ces valeurs. Grâce à cette pratique, elle a commencé à envisager autrement son rapport au monde et au numérique. En fait, elle dit que cela a eu plus d'influence sur elle qu'une conférence "critique" sur les effets négatifs des réseaux sociaux, par exemple.

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Thu, 11 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12912/Pour-une-rsistance-oisive
La vie 3.0 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12881/La-vie-3.0

Résumé de « La vie 3.0. Être humain à l’ère de l’intelligence artificielle » de Max Tegmark : un ouvrage très documenté sur l’intelligence artificielle et des défis posés par ses développements par un des plus grands spécialistes en la matière ; préparez-vous à faire chauffer vos neurones !

Par Max Tegmark, 2024, 566 pages.

Titre original : « Life 3.0 : Being Human in the Age of Artificial Intelligence » (2017).

Chronique et résumé de « La vie 3.0. Être humain à l'ère de l'intelligence artificielle » de Max Tegmark

Préambule — La fable de l'Omega Team

Dans ce préambule, Max Tegmark raconte l'histoire fictive de "l'équipe Omega" et de leur IA superintelligente, Prométhée, soigneusement cachée de tous. Comment vont-ils s'en servir et comment évoluera-telle ? Telles sont les questions !

Premiers millions

Très vite, l'IA des ingénieurs de l'équipe Omega se perfectionne dans tous les domaines, au point de les dépasser en compétences.

Pour tester Prométhée, ils décident de lui faire faire des tâches simples sur le service d'Amazon Mechanical Turk (AMT). L'IA parvient à générer ainsi une somme déjà considérable d'argent que l'équipe Omega cherche à réinvestir.

Jeu dangereux

Mais comment ? Il faut en effet protéger et même "enchaîner" Prometheus pour qu'il ne s'échappe pas via Internet. Les ingénieurs doivent donc penser à des systèmes perfectionnés et à des produits qui ne font pas courir le risque d'une perte de contrôle de l'IA.

Ils doivent donc abandonner leurs premières idées : créer des programmes informatiques ou des jeux vidéos. Le risque d'ouvrir la "boîte de Pandore" serait trop grand.

Premiers milliards

L'équipe Omega décide finalement d'utiliser Prometheus afin de construire un empire du divertissement. L'IA génère des films grand public qui trouvent aisément leur audience et deviennent même des blockbusters.

Grâce à cette activité, l'équipe Omega parvient à générer une immense richesse. Mais elle ne s'arrête pas là. Elle crée une chaîne de séries télévisées qui entre en compétition avec Netflix ou Disney+ et finit par les dépasser…

Le tout en arrivant à cacher l'IA superintelligente aux yeux du monde !

Nouvelles technologies

Bien sûr, ils doivent diversifier les sources de revenus et créer des sociétés-écrans qui agissent au nom de Prometheus.

Peu à peu, de nombreuses entreprises et start up discrètement pilotées par l'équipe Omega voient le jour. Celles-ci proposent au monde des innovations sensationnelles qui sont rapidement adoptées par la population et les pouvoirs publics.

L'IA intervient dans tous les domaines, de la santé à l'éducation, en passant par l'exploitation forestière.

La prise du pouvoir

Le pouvoir public voit d'un bon œil ces investissements privés. Mais peu à peu, le contrôle des médias par l'équipe Oméga et Prometheus leur permet également de "hacker" la politique.

Progressivement, ils parviennent même à remodeler l'ordre politique mondial. Comment ? Grâce à une manipulation subtile des débats dans les médias nationaux et internationaux.

L'équipe Omega veut le bien de l'humanité. Elle parvient à "à éroder toutes les structures de pouvoir précédentes dans le monde" en désamorçant d'anciens conflits et en focalisant l'attention sur les grands enjeux de sécurité comme le changement climatique ou le désarmement nucléaire.

Consolidation

Au final, une Alliance est créée. Il s'agit d'un conglomérat privé qui prend peu à peu en charge toutes les prérogatives des États. Comme la grande majorité des gens sur Terre y trouve un bénéfice, ce pouvoir devient indiscuté.

Bien sûr, il y a des résistances, notamment du côté des plus puissants (dictateurs, grands patrons, etc.). Mais au vu des bienfaits apportés, la plupart des gens commencent à éprouver un sentiment de confiance et d'allégeance envers ce nouveau pouvoir.

Réflexion à partir de l'histoire

Dans l'ensemble, les résultats de la prise de contrôle secrète du monde par Prométhée sont donc bénéfiques, en particulier pour les plus démunis. Et pourtant… Max Tegmark demande si c'est bien le genre d'avenir que nous voulons.

Il nous met au défi de commencer à imaginer quel type d'avenir l'IA peut créer.

Est-ce une utopie ou une dystopie ?

Accepterions-nous de nous laisser guider par un pouvoir dont nous ne savons rien ?

Une IA si puissante devrait-elle être traitée comme un prisonnier ?

Etc.

Nous avons le pouvoir de nous poser ces questions et de décider du scénario que nous souhaitons voir advenir. Tout l'enjeu du livre est d'initier les lecteurs à la spéculation et à la réflexion éthique au sujet de ce que cela signifie qu'"être humain à l'ère de l'intelligence artificielle".

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Thu, 06 Jun 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12881/La-vie-3.0
Changer sa vie : la méthode des Petites Habitudes http://www.olivier-roland.fr/items/view/12819/Changer-sa-vie-la-mthode-des-Petites-Habitudes

Résumé de « Changer sa vie : la méthode des Petites Habitudes » de BJ Fogg : le livre à lire si vous voulez baser votre changement de comportement sur des sources solides et une méthode éprouvée — le tout, en agissant petit à petit et sans se culpabiliser !

Par BJ Fogg, 2022.

Titre original : « Tiny Habits : The Small Changes that Changes Everything », 2019.

Chronique et résumé de « Changer sa vie : la méthode des Petites Habitudes » de BJ Fogg

Introduction — Changer, ça peut être facile (et amusant)…

Petit mais costaud

BJ Fogg commence par un double message encourageant :

D'abord, défaites-vous du sentiment de culpabilité face au changement (celui-ci nous vient d'une pression sociale et de l'impression de ne jamais y arriver) ;

Ensuite, prenez confiance dans le fait que changer n'est pas si difficile qu'on ne le pense habituellement (c'est tout l'objet du livre de le démontrer).

Souvent, nous nous y prenons mal, et nous nous attribuons la faute. Mais l'erreur vient des mauvais conseils que nous avons reçus.

"Voyez plutôt les choses ainsi : si vous essayiez de monter une commode avec un mode d'emploi erroné et des morceaux manquants, vous seriez sûrement frustré, mais vous ne vous sentiriez pas coupable, si ? Vous rejetteriez la faute sur le fabricant. En ce qui concerne nos tentatives de changement avortées, nous ne nous prenons jamais au "fabricant", mais toujours à nous-même." (Changer sa vie, Introduction)

Au lieu de nous culpabiliser, prenons plutôt le temps de découvrir une méthode efficace. BJ Fogg la résume en trois choses :

Arrêter de se juger ;

Décortiquer ses désirs et en faire des actes ;

Considérer les erreurs comme des découvertes et s'en servir pour aller de l'avant.

Pour l'auteur, c'est même une aventure amusante qui vous attend ; c'est un "voyage exaltant à la découverte de soi". Pour légitimer son approche, le psychologue du comportement de Stanford en appelle à une expérience solide — plus de 40 000 personnes ayant testé le procédé, dit-il — et à l'influence qu'il a eu sur le cofondateur d'Instagram, Kevin Systrom.

Façonner son comportement

BJ Fogg parle de "conception comportementale". C'est un domaine qu'il a beaucoup investigué, d'abord en commençant par lui-même, en utilisant sans relâche une méthode d'essais/erreurs expérimentale dans sa vie de tous les jours.

À partir de 2011, lorsqu'il a repéré des résultats vraiment positifs sur lui-même, il a commencé à enseigner sa méthode à l'université.

Mais il ne suffit pas de transmettre l'information. Le savoir n'amène pas naturellement au changement. C'est le défaut (l'auteur l'appelle "sophisme de l'information/action") de beaucoup d'ouvrages et de discours d'experts.

Pour changer, il faut nécessairement :

Avoir une révélation ;

Ou changer son environnement ;

Ou bien enfin modifier légèrement ses habitudes.

Comme la première est rare et peu contrôlable, il faut plutôt agir sur les deux autres, et commencer par la troisième.

Petit, mais rapide

"Grâce à la méthode des Petites Habitudes, vous vous concentrerez sur des actions qui prennent moins de trente secondes. Vous apprendrez à assimiler rapidement les nouvelles habitudes qui vous viendront naturellement. En commençant petit, vous pourrez faire de gros changements sans vous soucier du temps que ça prend." (Changer sa vie, Introduction)

Moins de 30 secondes : la promesse est tentante ! Ne voyez pas trop grand, affirme l'auteur ; commencez petit. D'ailleurs — tellement nous sommes occupés et stressés — c'est souvent la seule option réelle que nous ayons !

Petit, c'est maintenant

Bien que l'auteur ne souhaite pas donner de conseils quant au contenu des habitudes en particulier, il fait ici une exception. Il propose de mettre en place une première petite habitude, qu'il nomme le rituel Maui.

Dès que je me réveille et que je pose le pied par terre ;

Je dis : "Je vais passer une très bonne journée."

Et pour ancrer cette habitude dans mon cerveau, je souris.

Comme vous le verrez tout au long du livre, le modèle de base des petites habitudes est à chaque fois le même :

"Dès que je…" ;

"Je dis/fais..." ;

  • attitude de célébration (sourire, par exemple).

Plus petit, plus prudent

Il n'y a pas beaucoup de risques à agir petit ; et c'est là un avantage, selon BJ Fogg. En effet, vous pouvez vous tromper sans que cela n'ait de conséquences graves sur vous ou votre environnement. Vous recommencerez et trouverez la bonne habitude.

Par ailleurs, "personne ne pourra vous mettre des bâtons dans les roues" et vous serez donc moins stressés.

"Puisque les habitudes sont toutes petites et le programme très flexible, vous ne prenez aucun risque sur le plan émotionnel. On ne peut pas vraiment échouer avec les Petites Habitudes. On peut trébucher, mais on se relève, ce n'est pas un échec : c'est une habitude qui rentre." (Changer sa vie, Introduction)

Petite habitude deviendra grande

Souvent, nous grandissons avec l'impression que nous devons "tout donner". C'est une erreur. L'auteur compare deux attitudes de personnes voulant se lancer dans l'entrepreneuriat :

La première veut tout faire en même temps et se sent débordée par les tâches ;

La seconde se note une tâche à la fois, sur un post-it, à accomplir rapidement.

La seconde solution fonctionne mieux, car elle habitue à la réussite. Même petit, le succès nous rassure et nous donne envie de continuer. Et cela nous aide à prendre l'élan pour aller encore plus loin. "Sans même vous en rendre compte, vous aurez dévoré la baleine entière", dit BJ Fogg.

Volonté et motivation ne font pas tout

Eh non ! L'exemple de Juni, une personne à haut risque de diabète 2, est utilisé pour illustrer ce point précis. Plutôt que de se focaliser sur la volonté et la motivation, il est préférable de commencer par de petites actions qui enclencheront le changement.

De petits changements permettent de grandes choses

Changer pas à pas peut nous mener loin et nous aider à aller vraiment mieux dans notre vie de tous les jours. L'auteur le montre grâce à plusieurs personnes ayant suivi son programme des Petites Habitudes. Par ailleurs, il explique davantage "l'anatomie des Petites Habitudes".

Chaque petite habitude est composée de 3 choses (voir un peu plus haut pour la formulation "concrète") :

Moment d'ancrage (profiter d'une routine existante ou d'un moment pour agir) ;

Nouvelle petite habitude (à effectuer directement après le moment d'ancrage) ;

Moment de célébration (créer une émotion positive après l'action nouvelle).

La clé pour commencer petit

L'auteur renvoie vers son site internet TinyHabits pour y trouver davantage de ressources. En fin d'introduction, il donne également trois exercices pour commencer à agir.

Utiliser le fil dentaire (p. 26-27) ;

Démarrer rapidement (p. 27-28) ;

Se rappeler que se sentir bien aide à mieux changer (p. 29).

1 — Les éléments du comportement

C = MAI

C'est la formule "secrète" de toute la pratique, la connaissance qui sert de base au programme des Petites Habitudes.

"Le comportement se produit quand la motivation, l'aptitude et l'impulsion convergent au même moment." (Changer sa vie, Chapitre 1)

Un comportement, c'est une façon d'agir dans le monde. Voyons de plus près les 3 éléments clés qui permettent de le modifier ou de l'enclencher :

La motivation, c'est le désir, le souhait de faire quelque chose.

L'aptitude, c'est votre capacité à agir.

L'impulsion, c'est le stimulus qui vous incite à réaliser le comportement.

C = MAI s'applique à tous les comportements humains

Pour l'auteur, cela ne fait aucun doute : tous les comportements fonctionnent sur cette base qui est, somme toute, relativement simple. La conception comportementale consiste à agir sur ces trois leviers.

BJ fogg prend l'exemple de deux comportements d'une même personne, Katie. D'un côté, celle-ci range son bureau tous les jours et cela lui donne de l'énergie pour faire correctement son travail. De l'autre, elle se laisse prendre par Facebook et en oublie de faire sa séance de sport quotidienne.

Pour qu'un comportement se transforme en habitude (quel qu'il soit, bon ou mauvais), il faut que la motivation soit forte et qu'il soit facile de le faire (que vous ayez une aptitude aisée à l'accomplir). L'impulsion doit également être présente. Pour résumer :

Plus vous êtes motivé à accomplir une tâche, plus vous avez de la chance de la faire ;

Plus une tâche est dure, moins vous aurez de chance de l'accomplir ;

La motivation et l'aptitude travaillent ensemble main dans la main ;

Aucun comportement n'arrive sans impulsion.

L'impulsion fonctionnera lorsque la motivation (envie) et l'aptitude (facilité) iront de pair. Si vous n'êtes pas motivé et/ou que l'action à réaliser est top complexe, l'impulsion sera inefficace.

Utiliser le modèle comportemental pour se défaire d'une habitude

Pour abandonner une mauvaise habitude (par exemple : consulter trop souvent les réseaux sociaux le soir), vous pouvez jouer sur l'aptitude.

Dans l'exemple de Katie, BJ Fogg relate comment celle-ci a choisi de s'acheter un réveil-matin classique et de laisser son téléphone mobile dans la cuisine avant d'aller se coucher. De cette façon, elle a joué sur l'aptitude : elle a rendu Facebook "difficile d'accès", sans pour autant aller jusqu'à supprimer l'application.

À noter : c'est aussi un conseil donné par le minimalisme digital.

Trois étapes pour résoudre les problèmes comportementaux

Pour modifier un comportement — le sien ou un autre — il faut suivre l'ordre suivant :

"Vérifier s'il existe une impulsion pour déclencher le comportement.

Déterminer si la personne est capable de faire le comportement.

Déterminer si la personne est motivée pour faire le comportement." (p. 51)

Souvent, en entreprise, les managers jouent uniquement sur la motivation. Or, c'est justement le dernier levier à activer ! Vous pouvez chercher à appliquer cet ordre de priorité dans tous les domaines de votre vie et vous amuser à travailler sur vos comportements et ceux d'autrui, éventuellement.

Voir le monde à travers le prisme du modèle comportemental

BJ Fogg raconte l'exemple de Jennifer, une jeune graphiste et maman qui n'arrive plus à maintenir une routine sportive. En s'aidant de la formule C = MAI, elle analyse son comportement et comprend où elle peut agir.

En fait, nous pouvons tous le faire ! Il s'agit de se regarder soi-même "avec une certaine curiosité et un recul objectif". Voici ce que dit encore l'auteur sur la posture qu'il vous invite à tenir :

"Je veux que vous traitiez votre vie comme un "laboratoire de changement" personnel, un endroit où expérimenter sur la personne que vous voulez devenir. Un endroit où vous vous sentirez en sécurité, où tout est possible." (Changer sa vie, Chapitre 1)

Voici les exercices proposés à la fin de ce chapitre :

Explorer les différentes manières de se défaire d'une habitude (p. 58) ;

Apprendre le modèle comportemental de Fogg en l'enseignant à quelqu'un d'autre (p. 59).

2 — La motivation : trouver ce qui vous correspond

La motivation est une donnée imprévisible

Lorsque nous voulons changer de comportement, nous agissons souvent en pensant que seule la motivation compte. C'est une erreur. "La motivation, c'est comme un ami fêtard", dit l'auteur : "super pour sortir le soir, mais il ne vaut mieux pas compter dessus pour venir nous chercher à l'aéroport".

1 — La motivation est complexe

De façon originale et peu orthodoxe, BJ Fogg considère que la différence entre motivation interne et externe n'est pas très utile "dans le monde réel". Il préfère distinguer trois types de motivation :

Celle qui dépend de vous-même ;

Un avantage ou une punition liés à l'action ;

Le contexte direct de l'action.

L'auteur donne de nombreux exemples pour comprendre sa théorie et propose également un schéma nommé "le bonhomme PAC" pour personne/action/contexte.

BJ Fogg traite également des motivations concurrentes. Par exemple :

Je veux travailler ;

Mais je veux aussi me reposer.

Comment gérer ce conflit intérieur ? Et que faire lorsque nous n'avons même pas conscience de l'origine de mes désirs ? Comment faire face à la frustration, quand nous échouons à contrôler nos impulsions ?

2 — La vague de motivation

C'est le moment où vous vous sentez capable de tout : vous venez, par exemple, d'acheter une maison et vous êtes motivé pour tout rénover (et vous en faites effectivement beaucoup pendant les premières semaines).

Mais la motivation ne dure pas. En tout cas, elle est instable. Pourtant, nous avons tous tendance à surestimer notre motivation future. Nous sommes souvent trop ambitieux et nous nous créons des pièges à nous-mêmes.

3 — Les fluctuations de motivation

Nous ne pouvons pas prendre le contrôle total de notre motivation. De nombreux éléments (venus du contexte, de nous-mêmes ou d'actions que nous avons effectuées entre temps) peuvent la perturber et la faire retomber à zéro.

Mais il y a aussi des moments où nous pouvons faire l'expérience d'une motivation durable.

"Imaginez une grand-mère qui a toujours envie de passer du temps avec ses petits-enfants, ou une adolescente qui veut toujours avoir l'air présentable devant ses amies. J'appelle ces motivations durables des aspirations (...)." (Changer sa vie, Chapitre 2)

4 — La motivation vers un but abstrait ne donne pas de bons résultats

L'auteur prend l'exemple des campagnes de santé publique autour de la nutrition. "Mangez de toutes les couleurs" : voilà une aspiration et même un commandement pour manger des légumes.

Mais comment faire concrètement ? Ce type de messages est trop abstrait ! Résultat : il ne vous aidera certainement pas à garder votre motivation très longtemps.

Pour changer vos idées sur les campagnes de politiques publiques, lisez ce livre sur le nudging et le marketing social.

5 — La motivation n'est pas un ticket gagnant pour le changement à long terme

Quand nous nous basons seulement sur la motivation et que nous nous donnons des objectifs abstraits à atteindre, nous risquons davantage d'échouer. Et de rejeter la faute sur notre incapacité à tenir nos engagements. Mais c'est encore une erreur.

Comme nous allons le voir, il est important d'apprendre à la jouer fine avec la motivation. Si nous ne tenons pas nos engagements, ce n'est pas parce que nous sommes "nuls" ou "sans volonté", mais parce que nous nous y prenons mal. N'est-ce pas une bonne nouvelle ?

Se montrer plus rusé que la motivation

BJ Fogg y insiste : il n'est pas question de renoncer à nos rêves, certainement pas ! Mais il faut le faire correctement. Commençons par rappeler la distinction entre :

L'aspiration (ce que je veux, vers quoi je tends) ;

Le résultat (ce que j'obtiens effectivement) ;

Le comportement (ce que je mets en place pour obtenir ce que je veux).

Le comportement, vous pouvez le modifier tout de suite. Mais, par contraste, "vous ne pouvez pas réaliser une aspiration ou atteindre un résultat quand vous voulez". Pourtant, nous confondons souvent ces trois concepts.

Un comportement engage une action spécifique. Cela signifie aussi réorienter le questionnement du "pourquoi" vers le "comment". Ne vous demandez pas pourquoi "manger mieux", par exemple, mais "comment" !

Voici les 3 étapes préconisées par la conception comportementale de BJ Fogg :

Mettre ses aspirations au clair ;

Explorer les options comportementales ;

Choisir des comportements spécifiques adaptés.

Dans un premier temps, prenez le temps de savoir ce que vous voulez changer (par exemple, réduire votre taux de stress). Dans un deuxième temps, brainstormez autour des manières de modifier votre comportement (par exemple : jardiner, faire du yoga, etc.).

Pour la troisième étape, voici ce qu'il convient de faire.

Comment trouver la meilleure nouvelle habitude ?

Nous avons souvent de mauvaises méthodes pour changer d'habitudes. Nous y allons soit :

Au pif, sans méthode ;

En cherchant l'inspiration sur Internet ;

En suivant le conseil d'un ami ou ce qui a fonctionné pour lui.

Il est préférable de voir ce qui est véritablement adapté à notre situation. Lorsque nous avons exploré les options possibles, nous pouvons sélectionner celle qui conviendra le mieux à notre situation présente — autrement dit, celle qui sera la plus facile à mettre en place.

BJ Fogg donne le nom de "comportement en or" aux "associations comportementales" les plus efficaces (celles qui rencontrent le mieux vos objectifs, votre aptitude et votre situation actuelle).

Plan ciblé

C'est le nom donné par l'auteur à sa méthode pour trouver des "comportements en or". Elle est composée de plusieurs "rounds" et elle se joue avec des cartes à placer sur un graphe composé de deux axes :

OUI/NON j'arrive/n'arrive pas à adopter ce comportement ;

Comportement à forte/faible incidence (très ou peu efficace).

Tous les comportements trouvés à l'étape 2 de conception comportementale trouveront leur place dans ce graphe (chacun d'entre eux étant représenté par une carte ou un post-it). C'est le premier round.

Dans le deuxième round, vous devez réfléchir à la faisabilité de chaque option. Est-ce que vous êtes prêt à vous "forcer" à faire l'action requise ? Il faut bien y réfléchir, notamment en prenant en compte votre aptitude à faire la chose souhaitée.

Pour résumer :

"Le but du plan ciblé, c'est de trouver les tâches faciles qui vous correspondent, que vous avez déjà envie de faire et qui sont efficaces pour atteindre vos aspirations." (Changer sa vie, Chapitre 2)

Petits exercices d'entraînement à la conception comportementale

Trouver un raccourci dans l'association comportementale ;

Trouver ses comportements en or à l'aide d'un plan ciblé.

3 — L'aptitude : privilégier la facilité

Avancer en "risquant tout" peut paraître plus efficace, mais cela ne l'est pas nécessairement. Certes, des actes radicaux, voire héroïques, sont parfois nécessaires. Mais la méthode des Petites Habitudes, elle, fonctionne très bien au quotidien. En fait, commencer petit est à la fois plus stable et plus durable.

Créer des habitudes en fonction des aptitudes

Faire 20 pompes tous les matins, cela n'est pas facile. En faire 2, en revanche, semble faisable. Alors, pourquoi ne pas commencer par là ? Cette action a beaucoup plus de chances de devenir une habitude.

"Quand on cherche à prendre une nouvelle habitude, on cherche avant tout la régularité. Pour atteindre ce résultat, la simplicité est essentielle ; où, selon la formule que j'enseigne à mes étudiants : c'est la simplicité qui change le comportement." (Changer sa vie, Chapitre 3)

Certains éléments déterminent l'aptitude (la capacité à faire quelque chose) :

Le temps ;

L'argent ;

Le physique ;

L'énergie mentale ou créative ;

La routine préexistante.

L'ensemble de ces caractéristiques forme ce que BJ Fogg nomme la "chaîne d'aptitude". Or, cette chaîne ne tient bon que par son maillon le plus faible.

Lorsque vous vous demandez si ce comportement sera difficile à faire pour vous (c'est ce que l'auteur nomme "la question initiale"), décomposez la chaîne d'aptitude et interrogez-vous sur la partie la plus compliquée pour vous (le maillon le plus faible).

Ensuite, demandez-vous ("question avancée") : "comment puis-je rendre la chose plus facile ?". Il n'existe que trois réponses possibles à cette question :

Accroître ses compétences (personne) ;

Rendre la tâche plus petite (action) ;

Obtenir des outils et des ressources (contexte).

Concevoir vos propres Petites Habitudes

Concevoir de Petites Habitudes passe par un mélange de ces trois ingrédients. Ceux-ci vous permettront de solidifier votre aptitude à agir et donc à changer. L'auteur explique comment il a réussi à faire 20 pompes par jour… en commençant par en faire seulement 2 !

Pour rendre un comportement plus facile, posez-vous les questions suivantes :

Êtes-vous suffisamment motivé pour apprendre de nouvelles compétences ?

Êtes-vous suffisamment motivé pour vous procurer les bons outils et ressources ?

Pouvez-vous revoir les choses à la baisse pour rendre votre comportement plus petit ?

Êtes-vous capable de trouver une première étape à votre comportement ?

Pour que vos bonnes habitudes durent, il faut qu'elles soient faciles. Et qu'elles ne mènent pas tout droit à la culpabilité. Ce n'est pas la perfection qui est ici recherchée, mais la régularité.

Le modèle gagnant : changer de comportement grâce à la simplicité

BJ Fogg remarque que les grandes entreprises du numérique — Google, Amazon, Slack ou Instagram — ont commencé en proposant quelque chose de très simple à leurs clients. Ce n'est qu'une fois que leur application était entrée dans les mœurs qu'ils ont ajouté des fonctionnalités.

Faites de même dans votre vie ! Ne compliquez l'habitude qu'une fois qu'elle sera intégrée à votre routine quotidienne.

À noter : pour le cas des choses importantes à faire, mais qui impressionnent (et pour lesquelles vous procrastinez), pensez à amorcer la première étape, rien de plus. Vous devez faire des examens médicaux ? Commencez par noter le numéro du médecin à contacter et à le garder près de vous.

Vous voulez en savoir plus sur le concept de procrastination, lisez En finir avec la procrastination !

Petits exercices pour rendre une habitude plus facile à faire

Il s'agit d'un exercice en deux parties :

Analyse d'une habitude difficile ;

Conception d'un moyen de rendre l'habitude plus facile.

4 — Les impulsions : le pouvoir de l'après

Souvent, nous agissons sans y penser. Ce sont les impulsions (en partie) qui sont à la manœuvre ! Sans elles, nous n'agissons pas. Mais il faut que ces impulsions soient combinées à l'aptitude et à la motivation.

Cela nous amène à la cinquième étape de la conception comportementale : trouver une bonne impulsion.

Celle-ci est un élément absolument crucial. À la différence des deux autres (aptitude et motivation), l'impulsion fonctionne en mode "on/off". Soit elle est là, soit elle n'est pas là. Il n'y a pas de degrés.

Une approche systématique aux impulsions

Ne laissons pas les impulsions au hasard. Pour créer des impulsions efficaces, revoyons le bonhomme PAC.

Personne = l'impulsion vient de nous (par exemple, les besoins naturels).

Contexte = elle vient de quelque chose dans l'environnement (par exemple un son, etc.).

Action = l'impulsion vient d'une routine préexistante.

L'auteur recommande de choisir un "point d'ancrage" pour enclencher la nouvelle habitude. Par exemple :

La portière de la voiture claque lorsque votre fille sort de la voiture pour partir à l'école (point d'ancrage dans une routine et dans le contexte) ; dès ce moment, vous vous garez quelque part et notez sur un post-it une action clé à accomplir pour votre projet (petite action).

Vous allez faire pipi tous les matins (point d'ancrage dans une routine existante et un besoin naturel) ; directement après, vous faites 2 pompes (petite action).

C'est la recette des Petites Habitudes ! Pour en savoir plus et découvrir de nouveaux exemples, consultez le site du livre, TinyHabits.com.

Identifier ses points d'ancrage

Nous avons tous des habitudes, quelle que soit la vie que nous menons. Souvent, nous avons plus de routines installées le matin. C'est donc un bon moment pour en ancrer une nouvelle.

Par exemple, ce pourrait être :

"Dès que j'ai posé le pied par terre, je…"

"Dès que j'ai ouvert le robinet de douche, je…"

Ou encore "Dès que j'ai lancé la cafetière, je…"

"Dès que j'ai vidé ma boîte mail, je…"

Etc.

Voici maintenant une série d'exemples de routines du soir qui pourraient vous servir :

"Dès que j'ai passé la porte en rentrant du travail, je…"

"Dès que je me suis assis pour manger, je…"

Ou bien "Dès que j'ai posé la tête sur l'oreiller, je…"

Etc.

À quel moment puis-je insérer ma nouvelle habitude dans ma journée ?

Pour ce faire, vous devrez penser à :

L'endroit qui convient ;

La fréquence ;

Le thème/but (calme, boulot, etc.).

L'ensemble ancrage - nouvelle action doit correspondre au niveau de ces trois données. Si votre point d'ancrage est à la cuisine, vous devez pouvoir y faire votre nouvelle action. Pour une Petite Habitude quotidienne, choisissez un point d'ancrage qui a lieu tous les jours.

Enfin, évitez de créer une trop grande différence entre les deux actions au niveau de leur but. L'unité ne doit pas être parfaite, mais elle doit faire sens pour vous. Par exemple, si le café stimule votre imagination, utilisez votre première tasse comme point d'ancrage pour noter vos idées, etc.

Il est bon d'expérimenter ! Retenez qu'il s'agit bien de "recettes". Prenez donc le temps de voir ce qui fonctionne pour vous et adaptez vos Petites Habitudes à votre situation personnelle.

Peaufiner son point d'ancrage avec la méthode du bord de fuite

Qu'est-ce que c'est que le "bord de fuite" ? C'est simplement le moment le plus précis que vous puissiez trouver pour créer votre point d'ancrage. Plutôt que de dire "quand je rentre du travail", dites "dès que j'ai enlevé ma veste et mes chaussures", par exemple. Vous voyez l'idée ?

Cette méthode a pour but d'aider celles et ceux qui ont des difficultés à démarrer leur action. De cette façon, vous avez un moment très précis sur lequel vous pouvez focaliser votre attention.

Technique avancée : commencer par le point d'ancrage

Vous pouvez également fonctionner à l'inverse de ce que nous avons vu en vous posant la question suivante : Que puis-je faire après une habitude existante ? Quelle Petite Habitude puis-je ajouter à la chaîne ?

Pour ce faire, demandez-vous simplement quelle est l'habitude qui pourrait venir se greffer le plus naturellement à un point d'ancrage.

Les habitudes "en attendant"

Pendant que vous attendez quelque chose (que l'eau chauffe, que le bus arrive, etc.), vous pouvez également placer de Petites Habitudes.

La particularité de ces habitudes est qu'elles resteront petites (elles n'auront pas vocation à évoluer vers des routines plus développées), puisque ce sont souvent de très courtes plages horaires. Mais petit ne veut pas dire faible ou impuissant… Au contraire, ces micro-habitudes peuvent réellement faire la différence.

Les meilleures impulsions pour vos clients

Ces techniques d'ancrage peuvent être utilisées en marketing (social ou non) pour créer des habitudes. À l'heure actuelle, ce sont surtout les impulsions de contexte ou de personnes qui sont employées.

Mais BJ Fogg prédit que les impulsions d'action vont devenir de plus en plus déterminantes. Pour cela, vous devrez interroger vos clients et analyser les résultats pour trouver les points d'ancrage les plus utilisés pour utiliser votre produit/service.

Les habitudes nacrées : faire du beau avec ce qui nous agace

Vous pouvez également utiliser un point d'ancrage "énervant" et le transformer en une bonne habitude. Un bruit vous dérange, mais vous ne pouvez rien y faire (ou il sera compliqué de le modifier) ? Pourquoi ne pas le transformer en point d'ancrage pour une habitude ?

Prenons l'exemple de l'auteur : chaque nuit, il se réveille au bruit de "clic" de l'air conditionné. Son idée : à chaque "clic", détendre son visage et son cou pour faciliter son sommeil. Résultat : ce qui était énervant devient le prétexte à autre chose, à savoir une aide pour dormir.

Petits exercices pour trouver des points d'ancrage à vos nouvelles habitudes

Voici les exercices proposés à la fin de ce chapitre :

Trouver ses points d'ancrage ;

Créer des recettes de petites habitudes à partir d'une liste d'habitudes préexistantes ;

Créer des habitudes nacrées pour gérer les éléments irritants de votre vie.

5 — De l'émotion naissent les habitudes

Nous en arrivons à l'étape 6 de la conception comportementale : celle de la célébration. ressentir une émotion positive à l'issue de la réalisation d'une nouvelle action va considérablement aider à la stabiliser.

"Quand on célèbre pour de vrai, on active la partie du cerveau qui gère la récompense. En se sentant bien au bon moment, on pousse son cerveau à reconnaître et encoder la séquence comportementale qu'on vient de réaliser. En d'autres termes, on peut pirater son cerveau pour qu'il crée une habitude en célébrant et en s'autostimulant." (Changer sa vie, Chapitre 5)

Les expériences positives renforcent les habitudes

Lorsque vous parvenez à faire quelque chose, vous en ressentez une satisfaction. Cela vous amène à vouloir reproduire cette sensation ou cette émotion agréable. Ce mécanisme est décisif pour créer des habitudes.

Les émotions engendrent de nouvelles habitudes

Si les émotions sont positives, les habitudes peuvent s'ancrer très vite. "En fait, certaines habitudes semblent prendre instantanément", affirme même BJ Fogg. Donnez un téléphone mobile à un adolescent et vous verrez qu'il ne faudra pas s'y reprendre à deux fois !

La décision et l'habitude s'opposent sur ce point. Lorsque vous décidez, vous délibérez. Quand vous prenez une habitude, vous "n'y pensez plus" ; c'est l'émotion qui a pris le contrôle et qui vous dicte votre conduite.

L'auteur propose un schéma qu'il nomme le "spectre de l'automaticité". Est-ce que vos actions/comportements sont plus ou moins automatiques ? Plutôt du côté des habitudes intégrées une fois pour toute, ou des décisions à reprendre chaque matin ?

BJ Fogg donne de nombreux exemples et insiste sur le fait que nous ne sommes pas impuissants face à la chimie de notre cerveau (et à nos mauvaises habitudes). Nous pouvons la détourner à notre profit.

Pourquoi la célébration est la meilleure méthode pour bâtir une habitude

"La célébration reste le meilleur moyen de créer un sentiment positif qui permet d'enraciner de nouvelles habitudes. C'est gratuit, rapide, et accessible à toutes les personnes, indifféremment de leur couleur de peau, taille, forme, revenu ou personnalité. De plus, la célébration nous apprend à être gentils envers nous-même ; une compétence qui rapporte gros." (Changer sa vie, Chapitre 5)

BJ Fogg préfère parler de célébration plutôt que de récompense, un mot selon lui trop galvaudé. Pour l'auteur, il importe que la célébration ait lieu directement après l'action nouvelle (et pas plus tard, comme beaucoup de récompenses). Plus nous prendrons l'habitude de le faire, et plus nous améliorerons notre confiance en nous-mêmes de façon générale.

Deuxième maxime de Fogg

La première maxime de Fogg était : "Aidez les gens à faire ce qu'ils ont déjà envie de faire." Voici la seconde :

"Aidez les gens à obtenir un sentiment de réussite." (Changer sa vie, Chapitre 5)

Cela vaut surtout pour les coachs de vie formés à la conception comportementale. Mais si vous pratiquez la méthode des Petites Habitudes par vous-même, vous pouvez, de votre propre chef, vous aider à obtenir ce sentiment de réussite.

Comment célébrer à la manière des Petites Habitudes

Selon la méthode prônée par l'auteur, la célébration doit avoir lieu immédiatement après l'action. Elle doit aussi être suffisamment intense ou authentique pour vous convaincre. Par exemple, dire "Génial !" en fermant les poings après avoir réalisé deux pompes peut suffire.

Mais certains trouvent cela stupide ou gênant. Si c'est votre cas, il vous faudra expérimenter d'autres options. Peut-être qu'une validation tacite, discrète, suffira (pour peu qu'elle soit sincère). Explorez ! Trouvez vos manières de célébrer vos réussites.

Trouvez ce qui sonne "juste" pour vous. Comment le savoir ? Grâce à ce sentiment de "rayonnement" qui émanera de vous, cette fierté que vous avez déjà ressentie, par exemple, lorsque vous avez réussi un examen ou cuisiné un plat excellent.

Un moyen rapide d'éprouver la réussite

Souvent, nous sommes très exigeants envers nous-mêmes — trop. En conséquence, nous considérons que nous n'avons pas à nous congratuler pour de petites choses. C'est une grave erreur pour BJ Fogg.

Selon lui, nous devrions revoir nos attentes à la baisse et accepter que la célébration soit une compétence qui se travaille, et que nos efforts — mêmes petits — méritent bel et bien d'être choyés.

Parmi les nombreux conseils qu'il donne, voici quelques astuces pour arriver plus facilement à se célébrer :

Faire participer un enfant (ils sont naturellement doués pour vous faire ressentir une émotion sincère) ;

Effectuer un geste physique (sourire, poing levé, etc.) ;

À l'instant de la célébration, imaginer que vous encouragez quelqu'un que vous aimez, un proche.

Une solution surprise à deux problèmes d'habitudes

Voici deux questions souvent posées :

Comment ancrer l'habitude rapidement dans le cerveau ?

Comment faire pour ne pas oublier d'effectuer une tâche ?

La réponse de BJ Fogg : répéter la séquence comportementale (la nouvelle habitude) avec la célébration entre 7 et 10 fois. Et répétez cela plusieurs fois si nécessaire. "C'est en forgeant qu'on devient forgeron", dit le proverbe. Il en va de même pour nos habitudes !

La célébration est un pont qui mène des Petites Habitudes au grand changement

L'auteur n'y va pas pas quatre chemins :

"La célébration sera un jour classée, au même titre que la pleine conscience et la gratitude, comme une des pratiques quotidiennes qui contribuent le plus à notre bonheur et notre bien-être." (Changer sa vie, Chapitre 5)

Comme la pratique de la gratitude ou de la pleine conscience, la célébration de vos réussites peut mener à de profonds changements dans votre existence. C'est ce que BJ Fogg raconte avec l'exemple de Linda (à retrouver dans la dernière partie du chapitre).

Petits exercices pour ressentir le rayonnement

Voici les exercices proposés à la fin de ce chapitre :

Trouver différents modes de célébration ;

Essayer la méthode des célébrations en rafales ;

Se rappeler qu'on change lorsqu'on se sent bien.

6 — Cultiver ses habitudes : d'un changement minuscule à profond

Nous ne pouvons pas changer complètement du jour au lendemain (ou très rarement). Il faut plutôt envisager le changement comme un processus qui requiert du soin et de la patience.

Grandir et proliférer

BJ Fogg distingue entre deux types de développement d'habitudes. Il y a selon lui les habitudes qui grandissent et celles qui prolifèrent.

Grandir signifie ici prendre en intensité : vous méditez 30 minutes et non plus 3, vous rangez toute la cuisine au lieu de vous concentrer sur le plan de travail, etc.

Proliférer désigne créer des répercussions en chaîne : le rituel Maui (par exemple) vous donne de l'énergie pour réaliser une deuxième action, et ainsi de suite.

Nous avons tous, dans notre "jardin", des habitudes qui grandissent et d'autres qui prolifèrent. À partir d'une seule aspiration (par exemple courir un marathon), vous allez développer des habitudes grandissantes (marcher tous les jours) et proliférantes (mieux manger).

La dynamique de la croissance

La réussite entraîne la réussite, nous l'avons vu plus haut. Même de petites réussites peuvent nous mener vers les sommets, car c'est le sentiment en lui-même qui compte. C'est ce que BJ Fogg nomme l'"élan de la réussite". Ici, l'important, c'est la fréquence, pas la taille.

Comment créer ce changement à long terme auquel vous aspirez ? L'une des premières techniques consiste naturellement à évacuer les éléments démotivants. La peur est l'un d'eux et celle-ci grandit quand nous avons l'impression de "mal" effectuer une action (diriger une réunion, par exemple).

Les compétences du changement

Il est possible d'apprendre à changer, c'est-à-dire d'acquérir les compétences nécessaires pour provoquer vous-même les modifications que vous souhaitez dans votre existence.

BJ Fogg en distingue 5 ou plutôt 5 ensembles de compétences essentielles au changement :

Création comportementale = être capable de distinguer, de "designer" et d'organiser des habitudes ;

Connaissance de soi = savoir ce que nous voulons vraiment.

Traitement de l'information = reconnaître le bon moment pour faire évoluer une habitude ;

Gestion du contexte = redéfinir son environnement pour faciliter le développement des habitudes.

Mentalité = l'attitude face au changement.

Ne vous contentez pas de lire ce livre : mettez en pratique les compétences du changement

Il n'est pas nécessaire de maîtriser toutes les compétences citées par BJ Fogg pour aller de l'avant. Vous pouvez très bien commencer avec celles que vous avez et développer les autres petit à petit.

Un coach de vie, de préférence formé à la conception comportementale, peut également vous aider à progresser plus rapidement, puisqu'il maîtrisera des compétences dont vous ne disposez pas encore et les mettra à votre service. Mais cela n'a rien d'obligatoire !

Exercices liés aux compétences du changement

Voici les exercices liés à ce chapitre :

Apprendre des compétences que l'on maîtrise déjà ;

S'entraîner à la création comportementale ;

Développer une compétence liée au contexte ;

Développer une compétence liée au traitement de l'information ;

Faire croître une compétence en lien avec la mentalité ;

Faire croître une compétence en lien avec la connaissance de soi.

7 — Se défaire des mauvaises habitudes : une approche systématique

Pour explorer la question des mauvaises habitudes, BJ Fogg utilise l'exemple d'une personne accro au sucre. Il montre comment, touche après touche, celle-ci a réussi à faire sa "glucose révolution", comme dirait Ingrid Inchaupsé.

Le plan directeur du changement comportemental

Le plan proposé par l'auteur se découpe en 3 phases :

Se concentrer sur la création de nouvelles habitudes ;

Puis se concentrer sur l'arrêt de l'ancienne habitude (la mauvaise) ;

Enfin, si nécessaire, remplacer l'ancienne habitude par une nouvelle.

Cela paraît simple et un peu "bâteau" dit comme ça, mais ce n'est pourtant pas ce que nous faisons … d'habitude ! En règle générale, lorsque nous voulons supprimer une mauvaise habitude, nous commençons par la supprimer purement et simplement.

Mais cela crée un vide et de l'angoisse qui vont nous ramener illico presto vers le comportement problématique ! Créer de nouvelles habitudes saines avant permet de remplacer les mauvaises en douceur et sans sentiment de perte.

Vous voulez en savoir plus ? L'auteur détaille chaque phase en détail. Par exemple, pour la phase 2, il montre qu'il importe d'être précis en distinguant l'habitude générale des habitudes spécifiques qui viennent "entourer" celle-là. Illustrons le propos :

Habitude générale : vous mangez trop de cochonneries.

Habitudes spécifiques : vous achetez votre petit déjeuner à la station-service, vous mangez des chips en regardant la télé le soir, vous buvez du soda au déjeuner, etc.

À partir de cette liste, vous commencerez par la chose la plus facile à supprimer, puis vous continuerez jusqu'à avoir une alimentation saine, peu à peu, un pas à la fois, quand vous prendrez progressivement confiance en vous.

Se focaliser sur l'impulsion pour se défaire d'une habitude

Pour supprimer une mauvaise habitude, vous pouvez chercher à évacuer l'impulsion qui la maintient présente à votre esprit.

L'exemple type est celui du smartphone. Si vous voulez arrêter de le consulter au travail ou avant d'aller dormir, éloignez-le, ou, à minima, éteignez les notifications ou mettez-le en mode avion.

Redéfinir l'aptitude afin de se défaire d'une habitude

Il est également possible de jouer sur l'aptitude. Comment ? En jouant sur la chaîne d'aptitude (voir le chapitre 3), c'est-à-dire en augmentant un ou plusieurs de ces facteurs :

Le temps nécessaire pour réaliser votre mauvaise habitude ;

L'argent dont vous avez besoin (l'État pratique cette technique en jouant sur le prix des cigarettes, par exemple) ;

Le niveau d'effort physique nécessaire ;

L'effort mental requis ;

Ou en faisant en sorte que votre mauvaise habitude entre en conflit avec une routine existante.

Ajuster la motivation pour se défaire d'une habitude

Nous voulons souvent commencer par là. Pourtant, ce n'est pas le plus simple — et cela peut même être très compliqué.

"C'est pourquoi on essaye de ne pas toucher à la motivation quand on peut régler le problème via l'impulsion ou l'aptitude. On ne s'en occupe que lorsque les étapes précédentes n'ont pas fonctionné." (Changer sa vie, Chapitre 7)

Première option : réduire sa motivation en passant par d'autres trucs. Perdre la motivation à boire le soir en méditant quelques minutes avant de rentrer à la maison ou en écoutant de la musique calme, par exemple.

Deuxième option : ajouter un élément démotivant pour se défaire d'une habitude. Ce n'est pas la voie que recommande BJ Fogg, car cela donne des sentiments négatifs et crée un sentiment de pression.

Revoir le changement à la baisse

C'est la dernière méthode pour supprimer une mauvaise habitude. Si les autres n'ont pas fonctionné, ne vous torturez pas. Diminuez progressivement le temps passé à faire l'action et/ou diminuez-en l'intensité.

Tout ce qui précède concerne la phase 2 de l'arrêt d'une mauvaise habitude. Dans la suite du chapitre, BJ Fogg traite de la question du remplacement de la mauvaise habitude par une bonne habitude (phase 3).

Si rien n'a fonctionné jusque-là…

Enfin, il insiste encore une fois sur le fait qu'il ne sert à rien de se culpabiliser. Il est normal de devoir expérimenter pour trouver la méthode qui fonctionne pour nous. Si vous n'êtes pas parvenu à mettre en œuvre le changement, modifiez vos habitudes de substitution et faites des tests.

Considérez aussi ce que BJ Fogg nomme "la beauté du chamboulement". Tout d'abord, c'est une joie de voir que nous avons réussi à transformer nos vies et à ouvrir de nouveaux créneaux dans nos horaires pour des routines plus saines.

Ensuite, voyez plus grand. Prenez en compte l'aspect social du chamboulement. En modifiant vos habitudes, vous participez à améliorer la vie de votre famille et même, peut-être, de votre communauté.

"La conception comportementale n'est pas une quête solitaire. Chaque comportement que l'on façonne, chaque changement que l'on entreprend, est une goutte de plus qui vient se propager à la surface de l'étang. On façonne par la même occasion nos familles, nos communautés et notre société à travers nos actions, et elles nous le rendent bien. Les habitudes que nous prenons et que nous perpétuons ont une importance." (Changer sa vie, Chapitre 7)

Petits exercices pour s'entraîner à supprimer ou remplacer une habitude

Quels exercices pouvez-vous faire ? Voici les derniers conseils de BJ Fogg :

S'entraîner à créer un essaim de comportements pour se défaire d'une mauvaise habitude ;

S'entraîner à supprimer une impulsion pendant une journée ;

Enfin, s'entraîner à remplacer une habitude et célébrer pour ancrer la nouvelle.

8 — Comment changer ensemble

BJ Fogg prend l'exemple d'une famille dans laquelle l'un des enfants pose problème. À 21 ans, il vit chez ses parents et ne fait rien. Rien ne semble le motiver et il paraît complètement indifférent aux besoins des autres membres de la famille.

Pourtant, l'auteur montre que la conception comportementale a aidé le père, Mike, à trouver des façons de changer les choses, peu à peu. Progressivement, son fils, Chris, a repris sa vie en main, permettant ainsi à la famille de retrouver son équilibre.

Concevoir le changement en groupe

La méthode des Petites Habitudes fonctionne pour transformer les familles, les équipes de travail ou tout autre type de groupe. Pour commencer, souvenez-vous de la première maxime de BJ Fogg : "aidez les gens à faire ce dont ils ont déjà envie".

Demandez-vous quels sont les objectifs de votre fils, de votre conjoint ou de vos collègues. C'est par là que vous devrez commencer. En s'ouvrant à un premier changement qui leur plaît, ils mettront en marche un mécanisme plus général de modification du comportement et seront prêts à vous écouter.

Autrement dit, vous aurez appliqué la seconde maxime : "Aidez les gens à obtenir un sentiment de réussite". C'est par là que vous pourrez les convaincre d'en faire un peu plus pour vos propres objectifs (et non pas en les culpabilisant).

Comment changer ensemble

L'auteur présente deux façons de changer en groupe et utilise deux figures pour ce faire :

Le meneur y va franchement et propose de suivre la méthode des Petites Habitudes ;

Le ninja s'y prend plus subtilement en appliquant la méthode sans que les autres ne le sachent.

Processus de conception pour un changement collectif

Voici le résumé de la méthode proposée par BJ Fogg :

Clarifier ses aspirations ensemble ;

Explorer les options comportementales ensemble ;

Choisir des comportements spécifiques adaptés à son groupe ;

Rendre le comportement en or facile à faire pour tout le monde ;

Trouver une bonne impulsion au comportement en or ;

Célébrer la réussite pour ancrer l'habitude ;

Résoudre les problèmes et répéter ensemble.

Vous le voyez, c'est toute la méthode des Petites Habitudes qui peut être adaptée à la dynamique de groupe. BJ Fogg expose, pour chaque étape, comment agir en tant que meneur ou en tant que ninja.

Il illustre ensuite sa méthode au travers de 2 récits inspirants :

Changement familial et troubles de l'apprentissage ;

Baisser le niveau de stress à l'hôpital.

Petits exercices pour améliorer les compétences du changement d'un groupe

Voici enfin les exercices supplémentaires proposés en fin de chapitre :

Partager les bases de la conception comportementale ;

Résoudre un problème ensemble à l'aide de la conception comportementale ;

Mettre tout le monde d'accord sur le comportement à changer.

Conclusion — Les petits changements qui changent tout

"Les petits ruisseaux font les grandes rivières" : ce dicton connu s'adapte parfaitement à la conclusion de ce livre. BJ Fogg montre qu'il voit grand et qu'il voudrait diffuser au maximum sa méthode.

Celle-ci permet de réaliser de grands changements au niveau individuel, mais aussi, pense-t-il, au niveau social. Pour le démontrer, il utilise plusieurs histoires personnelles, dont certaines très touchantes à propos de son neveu, décédé trop jeune.

Serez-vous prêt à le suivre et à mettre en place la conception comportementale dans votre vie quotidienne, à rêver grand, tout en commençant petit ?

Conclusion sur « Changer sa vie : la méthode des Petites Habitudes » de BJ Fogg :

Ce qu’il faut retenir de « Changer sa vie : la méthode des Petites Habitudes » de BJ Fogg :

Ce livre est un véritable manuel indispensable pour toute personne intéressée à la mécanique du changement de comportement. Il est non seulement très bien écrit, mais beaucoup plus poussé que les autres ouvrages sur le sujet.

Retenez les 7 étapes de la conception comportementale, c'est-à-dire le cœur de la méthode des Petites Habitudes de BJ Fogg :

Clarifier ses aspirations ;

Explorer les options comportementales ;

Choisir des comportements spécifiques adaptés ;

Commencer petit ;

Trouver une bonne impulsion ;

Célébrer sa réussite ;

Analyser les problèmes, itérer et se développer.

Les trois premières étapes concernent le choix (1-3), tandis que les deux suivantes (4 et 5) concernent la conception proprement dite et l'implémentation (6 et 7) des nouvelles habitudes.

Points forts :

Un auteur professeur d'université à Stanford ;

Des théories et expériences à l'appui de la méthode proposée  ;

De nombreux exemples issus de la vie personnelle et professionnelle de l'auteur ;

Un livre de chevet à garder avec soi dans toutes les étapes de son changement !

Point faible :

Je n’en ai pas trouvé.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 04 Apr 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12819/Changer-sa-vie-la-mthode-des-Petites-Habitudes
Les 8 lois de l’amour http://www.olivier-roland.fr/items/view/12810/Les-8-lois-de-lamour

Résumé de « Les 8 lois de l'amour » de Jay Shetty : un manuel de sagesse en matière d'amour pour tous ceux et celles qui souhaitent ardemment trouver l’amour, mais aussi tout faire pour le garder et même parvenir à surmonter les ruptures — en s’acceptant davantage et en s’ouvrant au monde !

Par Jay Shetty, 2023, 368 pages.

Titre original : « 8 Rules of Love  », 2023

Chronique et résumé de « Les 8 lois de l'amour » de Jay Shetty

Qui est Jay Shetty ?

Né en 1987 à Londres, Jay Shetty a bénéficié d'une éducation de classe moyenne. Bien que ses parents soient d'origine indienne, il n'a pas été élevé dans la religion hindoue. À l'âge de 18 ans, il a intégré la Cass Business School de Londres pour se consacrer à des études de gestion et de sciences du comportement.

Il délaisse toutefois la carrière dans le monde des affaires pour embrasser la vie monastique en tant que moine hindou. Entre 2010 et 2013, il réside dans un ashram, un monastère hindou situé à Mumbai, en Inde.

Durant cette période, il se plonge dans l'étude approfondie des textes sacrés hindous — en particulier dans les Védas (écrits anciens pratiques). Même après avoir quitté l'ashram, Jay Shetty persévère dans ses études et accumule de cette façon une profonde connaissance de ce domaine.

Cette conversion vers la vie monastique et l'hindouisme est en grande partie due à sa rencontre avec Gauranga Das, un moine hindou, alors qu'il était encore à l'université. Plus tard, à Mumbai, celui-ci le convainc qu'"il serait de plus grande valeur et de plus grand service s'[il] quittait l'ashram et partageait ce que [il avait] appris avec le monde".

Il décide donc de quitter l'ashram et de réorienter sa carrière de coach vers l'enseignement pratique de la pleine conscience et de la sagesse hindoue et orientale.

Son premier livre, Think Like a Monk: Train Your Mind for Peace and Purpose Every Day, décrit la transition qui s'est produite dans sa pensée lorsqu'il souhaitait « s'immerger dans l'état d'esprit du moine » (Shetty, Jay. Pensez comme un moine, Guy Trédaniel Éditions, 2020).

Désormais, Jay Shetty est coach de vie. Mais pas seulement ! Depuis 2019, il anime également le podcast On Purpose. Ses livres, ses vidéos en ligne et ses cours ont beaucoup de succès et il forme même, désormais, d'autres coaches aux techniques orientales qu'il a apprises lorsqu'il était moine.

L'auteur s'est marié en 2016. Il fait régulièrement référence à cette relation tout au long du livre que nous allons lire maintenant.

Introduction

Commençons par une analogie. Imaginons un dialogue entre un enseignant et un élève au sujet du soin d'une fleur. L'attraction physique ressemble à une fleur coupée et placée dans un vase. Par contraste, l'amour ressemble à une fleur dans le sol, qui reçoit de l'eau et des nutriments grâce à ses racines.

La fleur dans le vase va rapidement se faner. Mais celle qui vit en pleine terre est fragile elle aussi. Il lui faut des soins et une attention constante pour se maintenir vivace.

Mettre l'amour en pratique

Jay Shetty a décidé d'écrire Les 8 lois de l'amour pour aider les gens à apprendre à aimer grâce aux idées contenues dans les Védas. Mais ce n'est pas tout : comme nous le verrons, l'auteur appuie également ses propos sur des études scientifiques et en particulier sur la recherche contemporaine en psychologie.

Alors, qu'ont à nous dire les enseignements des Védas sur le lien amoureux ? C'est ce que l'auteur se propose d'explorer. Pour lui, il importe d'abord de comprendre que l'amour est avant tout une pratique.

Nous pourrions dire aussi, comme le soutient Erich Fromm, que l'amour est un art. Dans les deux cas, l'idée est la même : l'amour requiert des gestes, des rituels, une attention et des obligations aussi. Rien ne sert "d'attendre" l'amour, il faut le construire et l'entretenir, comme si vous étiez un jardinier !

Les 4 ashrams

Il explique que les Védas caractérisent le cheminement de la vie en général à partir de 4 phases ou étapes :

Brahmacharya ashram (vie étudiante) ;

Grhastha ashram (vie du ménage) ;

Vanaprastha ashram (vie à la retraite) ;

Sannyasa ashram (vie renoncée).

Dans les 8 lois de l'amour, l'auteur applique ces principes aux domaines de l'amour. Pour lui, il y a 4 phases ou ashrams (classe ou étude).

Ces 4 ashrams sont :

Se préparer à l'amour ;

Pratiquer l'amour ;

Protéger l'amour ;

Perfectionner l'amour.

Chaque partie du livre sera liée à l'un de ces thèmes. Selon Jay Shetty, les gens traversent souvent ces étapes sans y penser, ce qui est dommage et cause bien des ennuis. L'objectif de ce livre est d'aider le lecteur à devenir pleinement conscient de ce qu'il vit. De cette façon, il aura de meilleures chances de "pratiquer l'amour" avec plus de sagesse.

Partie 1 — La solitude

La partie 1 est en corrélation avec l'ashram Brahmacharya, c'est-à-dire le stade de la vie étudiante dans les stades de la vie védique. Ici, dans Les 8 lois de l'amour, il s'agit de se préparer à la relation amoureuse.

Loi 1 : Redécouvrez la solitude

La solitude est la première étape pour apprendre à aimer. Étonnant ? Pas tellement… Souvent, la peur d'être sans partenaire nous amène à faire de mauvais choix dans notre vie romantique. En fait, "pratiquer" le fait d'être permet non seulement d'améliorer certaines compétences, mais nous aide aussi à améliorer nos relations.

La peur de la solitude

Nous pouvons nous acclimater à la solitude assez rapidement (voir les exercices "À essayer" répertoriés en fin de chaque résumé de chapitre). De nombreuses études scientifiques citées dans le livre font état des avantages de la solitude.

Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, par exemple, a montré que les adolescents qui ne développent pas de compétences créatives sont aussi ceux qui craignent le plus être seuls.

La solitude est l'antidote à l'isolement

Jay Shetty considère la solitude comme l'antidote à l'isolement. Qu'est-ce que cela signifie ? Premièrement que la solitude est une pratique choisie, qui nous permet de nous concentrer sur nous-mêmes, alors que l'isolement est une situation subie. En pratiquant la solitude, nous pouvons réapprendre à nous mettre en rapport avec autrui et, de cette façon, rompre le mauvais charme de l'isolement.

Passer de l'isolement à la solitude

Selon l'auteur, il faudrait passer par trois phases principales afin d'aller de l'un à l'autre :

Présence ;

Mal-être ;

Confiance.

Expliquons un peu ces termes.

Dans la première étape, les individus sont invités à explorer leurs attitudes et leurs croyances. L'idée est de s'assurer qu'un potentiel partenaire puisse reconnaître et apprécier ces aspects essentiels de leur personnalité.

La deuxième phase encourage à développer une aisance à être seul en testant de nouvelles activités, telles que le voyage en solitaire, par exemple. Ce processus favorise une meilleure connaissance de soi et renforce la confiance personnelle — des éléments qui contribueront à des relations amoureuses plus épanouissantes.

Enfin, la troisième étape vise à accroître la confiance personnelle dans divers domaines tels que la personnalité, la santé émotionnelle et physique, mais aussi les relations et les finances. Un exercice "À essayer" est proposé pour faire le point sur ces questions.

Les bienfaits de la solitude

Shetty souligne l'importance de la solitude dans le renforcement de l'identité. Cette force permet d'éviter la dépendance trop forte à autrui. L'auteur affirme que la solitude nous aide à prendre de bonnes décisions et à éviter des décisions trop rapides.

La solitude nous donne la force de choisir ce qui est bon pour nous-mêmes, sans nous laisser influencer, voire manipuler par autrui.

En bref, nous acquérons :

Un seul mental (moins dispersé) ;

Plus de maîtrise de soi et de patience ;

Un sentiment de complétude.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

Pour mettre en pratique ses conseils, l'auteur donne plusieurs exercices du type "À essayer" (voir plus haut). En voici les intitulés :

"Bilan" à propos de la solitude (p. 28-30) ;

"Apprenez à connaître vos valeurs" (p. 35-36) ;

"Tirez parti du temps passé seul" (p. 37-39) ;

"Identifiez le domaine dans lequel vous avez le plus envie d'évoluer" (p. 41-44).

Loi 2 : N'ignorez pas votre karma

Dans la tradition hindoue, le karma est lié à la conséquence de nos attitudes et de nos comportements. Si nous agissons de façon correcte, la réponse qui nous sera envoyée aura plus de chance d'être elle-même positive. À l'inverse, si nous agissons mal, nous risquons d'entrer dans un cercle vicieux d'actions et de réactions négatives.

Le cycle karmique

L'auteur développe l'idée d'un cycle karmique. C'est-à-dire ? Celui-ci est composé d'événements ou des idées reçues de l'enfance. Ces « impressions » ou samskaras ont un impact sur nos décisions à l'âge adulte.

À leur tour, nos choix ont des résultats positifs ou négatifs en nous et autour de nous. Cela dit, nous pouvons modifier ces événements et ces idées pour améliorer nos décisions et nos comportements actuels — et les effets qui en résultent.

Pour ce faire, nous avons d'abord besoin de comprendre et de reconnaître ces impressions et leur influence négative sur nous. "Les mêmes impressions conduisent aux mêmes choix", c'est cela le cycle karmique. Tout l'enjeu consiste à en modifier le signe : du négatif vers le positif.

Les cadeaux et failles des parents

Les samskaras, qu'on pourrait également traduire par croyances, se forment pendant l'enfance et la jeunesse, grâce (ou à cause) de l'influence des parents, bien sûr, mais aussi des films et des premières relations. Ensuite, nous avons tendance à reproduire ces modèles relationnels, sans nous en rendre compte.

Chaque famille dépose aux pieds de ses enfants des cadeaux, mais aussi des "failles". Plus tard dans notre existence, nous pouvons par exemple rechercher des partenaires qui comblent ces failles, au risque d'entrer dans une forme de dépendance affective.

Les cadeaux — valeurs positives et idéaux relationnels — sont positifs, bien sûr. Mais ils sont également susceptibles de poser problème, dans la mesure où ils peuvent nous conduire à exiger beaucoup trop d'une personne. Il faut donc être prudent et, surtout, conscient de ces forces et de ces faiblesses, pour mieux agir au quotidien et nous préparer à rencontrer l'amour.

Jay Shetty propose plusieurs exercices "à essayer" sur ces différentes thématiques (voir la liste plus bas).

La magie des films

Les films — et les chansons populaires — jouent également un rôle dans nos croyances relationnelles. L'auteur propose un exercice amusant et intéressant en vue d'identifier l'impact des films et des chansons d'amour sur nos pensées et nos façons d'agir.

Le premier amour

Il discute également de nos façons de rencontrer l'amour à l'heure actuelle. Lorsque nous sommes jeunes et que notre cerveau n'est pas encore complètement formé et stabilisé (pas avant l'âge de 25 ans environ), nous pouvons plus facilement nous comporter de façon impulsive et choisir des partenaires sur de mauvaises bases.

En s'appuyant sur les stéréotypes de la pop culture, l'auteur développe les "caractères" suivants, typiques selon lui des premiers amours difficiles :

Rebelle (celui ou celle qui casse les codes et nous emmène en dehors de notre routine) :

Indisponible (celui ou celle qui nous rejette) :

Projet (qui a besoin d'être sauvé) :

Coureur de jupons (qui ne vous sera pas fidèle bien longtemps) :

Riche (celui ou celle qui fait briller nos yeux pour d'autres raisons que lui ou elle-même, que ce soit son argent ou sa célébrité).

Il est tout aussi important d'identifier son propre rôle dans les relations passées : êtes-vous plutôt un sauveur, un dépendant ou un soutien ? N'hésitez pas à consulter également à ce sujet notre chronique sur l'analyse transactionnelle.

Pour pratiquer ces questions, l'auteur fournit un exercice de réflexion pour comprendre nos relations passées (ce que nous projetions de nous-mêmes, notamment).

Vous attirez ce dont vous vous servez pour impressionner

Jay Shetty discute ensuite de la façon dont les gens attirent ce qu'ils projettent dans le monde. Ainsi, si nous mettons en avant nos richesses ou notre beauté, par exemple, nous prenons le risque de n'être reconnus que par ces aspects-là. Ce qui est dommage, car nous sommes plus que cela.

"Nous nous vendons aux autres en mettant en avant nos richesses, mais cela n'est pas bénéfique sur le long terme. Il vaut mieux afficher notre personnalité, nos valeurs et nos objectifs véritables, afin d'être aimés pour ce qui compte le plus pour nous." (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 2)

Donnez-vous ce que vous attendez d'autrui

Finalement, Jay Shetty nous rappelle que nous ne devrions pas utiliser nos partenaires pour répondre à un besoin émotionnel, mais que nous devrions y répondre nous-mêmes au préalable. Plusieurs anecdotes et exercices permettent de comprendre et d'appliquer ce point important.

Faites le point

L'auteur suggère par exemple de faire le point 3 minutes en début de journée et en fin de journée, tous les jours. C'est à ces moments clés que vous pouvez tenter de mettre en place de nouvelles routines, qui répondent mieux à vos besoins émotionnels.

Faire croître l'amour

"C'est la pratique qui fait croître l'amour. Il n'y a pas d'autre moyen." (Eknath Easwaran, cité dans Les 8 lois de l'amour, Chapitre 2)

C'est ainsi que se clôt la première partie de l'ouvrage : nous sommes invités à pratiquer tous ces exercices pour nous préparer à l'amour et continuer notre chemin.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Méditez sur votre moi jeune" (p. 59-60) ;

"Identifiez les cadeaux et les failles de vos parents" (p. 66-68) ;

"L'amour au cinéma" (p. 73) ;

"Vos rôles en couple" (p. 78-80) ;

"Réfléchir et tirer les leçons d'une relation amoureuse passée" (p. 83-84) ;

"Ce que vous mettez en avant" (p. 88) ;

"Donnez-vous ce que vous voulez recevoir" (p. 91-92).

Écrivez-vous une lettre d'amour

À la fin de chaque partie, Jay Shetty propose également une lettre d'amour particulière, ainsi qu'une suggestion de méditation guidée.

À l'issue de cette première partie, il nous invite à rédiger une lettre d'amour à nous-mêmes, afin de nous "aider à établir un dialogue avec (nous-mêmes)".

Voici les 3 autres lettres que l'auteur suggère d'écrire :

À votre partenaire (partie 2) ;

À vous-même dans les moments difficiles, comme si vous vous adressiez à un ami (partie 3) ;

Au monde (partie 4)/

Méditation pour redécouvrir la solitude

Découvrez la méditation proposée spécialement pour cette partie : la méditation de gratitude".

Et voici les 3 autres méditations proposées en fin de partie :

Renforcer la compatibilité ;

Guérir grâce à l'amour ;

Reliance.

Partie 2 — La compatibilité

Sommes-nous faits l'un pour l'autre ? Voilà la question qui préoccupe bien des couples (et des agences matrimoniales) ! Il s'agit de la question de la compatibilité des partenaires. Celle-ci est traitée à travers le lien à l'ashram de Grhastha, ou deuxième étape des étapes de la vie védique, qui implique la vie familiale ou conjugale — et qui est réinterprétée dans le livre comme l'étape de la création de la relation.

Loi 3 : Définissez l'amour avant de le penser, de le ressentir ou de l'exprimer

Cette règle souligne l'importance de savoir ce qu'est (pour vous) l'amour et de communiquer cette définition à votre partenaire. Jay Shetty raconte plusieurs anecdotes au sujet de personnes qui se sont manquées par faute d'avoir compris leurs définitions respectives de l'amour.

Ces différentes définitions peuvent être reliées à des phases amoureuses. Peut-être que vous définissez l'amour en fonction de l'une de ces phases.

Les quatre phases de l'amour

Ces 4 phases sont :

Attirance ;

Rêves ;

Difficultés et maturation ;

Confiance.

L'auteur les récupère de la tradition Bhakti et les adapte à son propos. Comme nous allons le voir, il s'agit bien de phases puisqu'il est question de passer de l'attraction initiale à la confiance, en passant par la lutte contre les rêves irréalistes et la création d'attentes réalistes.

L'attirance — Jay Shetty suggère d'utiliser la fameuse « règle des trois rendez-vous » (vue dans de nombreux films romantiques et séries américaines) pour évaluer la compatibilité d'une personne avec votre personnalité, vos valeurs et vos objectifs. Ces trois rendez-vous vous permettront de poser des questions et de vous faire une idée de la personne à qui vous avez affaire.

Les rêves — La notion d'idéalisation est également beaucoup utilisée pour caractériser cette phase. Si vous avez été amoureux ou amoureuse, vous le savez : c'est cette période où vous imaginez l'autre sous son meilleur jour et où vous forgez des ambitions irréalistes pour le couple.

Pour évacuer ces attentes erronées et partir sur de bonnes bases, il faut se donner les moyens de créer des attentes réalistes, basées sur les personnalités réelles de l'un et l'autre. Le rythme et l'habitude jouent ici un rôle essentiel. En effet, les routines et les horaires offrent la possibilité de se rencontrer autrement.

Dans le couple, nous devons discuter de nos attentes et accepter les désaccords : « la manière dont vous gérez vos différences est plus importante que la découverte de vos points communs », soutient l'auteur.

Et si vous suiviez la suggestion du psychologue clinicien Seth Meyers de ne vous voir qu'une fois par semaine au cours du premier mois de fréquentation ? Cela vous permettrait peut-être de mieux prendre le temps de le connaître avant de vous engager plus complètement. Pensez également à distribuer équitablement le temps entre amis et celui dédié à votre relation amoureuse.

Difficultés et maturation — Dans cette troisième étape des quatre phases de l'amour, les couples apprennent à grandir à partir de leurs différences. Jay Shetty utilise plusieurs anecdotes personnelles pour nous introduire plus concrètement à ce moment.

C'est à ce moment que nous nous rendons compte s'il y a des éléments de la relation qui sont trop importants et des choses qui, fondamentalement, "ne passent pas". Dans ce cas, la rupture est peut-être la meilleure solution. Mais c'est aussi la phase où les couples se solidifient, s'ils parviennent à trouver des solutions créatives à leurs différends.

Confiance — Les couples construisent la confiance à partir de leur développement commun. Celle-ci doit commencer par nous-mêmes : "nous devons être dignes de confiance", affirme Jay Shetty. Par ailleurs, nous devons la donner à notre partenaire via une saine communication et par l'intermédiaire de nos actions.

L'auteur évoque trois types de confiance.

Physique : celle-ci se produit lorsque les couples se sentent en sécurité les uns avec les autres et savent que leur partenaire est présent, aimant et a une présence positive.

Mentale : elle implique de faire confiance à leur esprit, à leurs idées et à leur prise de décision.

Émotionnelle : cette forme de confiance se produit en faisant confiance à leurs valeurs et à leur identité.

Les problèmes, s'ils sont surpassés positivement, renforcent la confiance mutuelle. Nous avons tous nos points faibles. Le fait de nous accepter et d'accepter l'autre tel qu'il est, un grand stimulateur amoureux.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Préparez-vous pour le premier rendez-vous" (p. 111) ;

"Programmez votre emploi du temps" (p. 120) ;

"La confiance au quotidien" (p. 127) ;

"Construire des rêves réalistes à deux" (p. 128-129).

Loi 4 : Votre partenaire amoureux est votre guru

Nous apprenons énormément les uns des autres dans nos relations amoureuses. Bien sûr, cela est vrai de toutes les relations.

D'ailleurs, le terme "guru" renvoie d'abord à la relation de maître à élève que Jay Shetty a forgé avec son maître lorsqu'il était moine (par ailleurs, si nous sommes des observateurs attentifs, nous pouvons aussi apprendre d'autres personnes, même quand celles-ci ne sont pas particulièrement sages).

Par contraste avec le rapport guru/élève, la spécificité de la relation amoureuse consiste dans le fait que les deux personnes jouent les deux rôles (guru/élève) en même temps. Mais elles se ressemblent par la révérence, le respect que chacun des membres de la relation éprouve pour l'autre.

Les relations amoureuses nous font grandir

Le psychologue Jeremy Dean a étudié la façon dont les gens se perçoivent et comment ils peuvent mieux se comprendre à travers le point de vue de leur partenaire. Comment agir au mieux ? Nous pouvons nous inspirer de la pratique du maître hindou : « orientation sans jugement, sagesse sans ego, amour sans attente ».

Jay Shetty soutient que les amis, la famille et les autres personnes de notre entourage ne peuvent que très difficilement faire preuve de ces trois qualités en raison de leur perspective partielle et partiale. L'amoureux, selon lui, pourrait en revanche y parvenir, car il nous connaît plus complètement.

L'auteur parle également de la « théorie de l'amélioration de soi » d'Arthur et d'Elaine Aron. Celle-ci considère que les relations améliorent l'identité personnelle en nous permettant de découvrir des choses (compétences, perspectives, traits de personnalité) qui nous font défaut.

"Notre partenaire amoureux élargit notre perception de nous-mêmes, car il nous permet d'accéder à des ressources plus grandes." (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 4)

Devenir un meilleur guru

Quelles sont les qualités d'un bon guru et d'un bon disciple ? C'est l'objet du livre The Guru and Disciple Book de Kripamoya Das (l'ancien maître de Jay Shetty).

Voici les 4 conseils/caractéristiques que l'auteur donne pour être un bon guru :

Ne pas diriger, mais servir ;

Donner l'exemple ;

Soutenez ses objectifs, et pas les vôtres ;

Ni critique, ni jugement, ni insultes.

Il propose ensuite plusieurs anecdotes et un grand nombre d'exercices "à essayer" pour devenir un meilleur guru et aider, par exemple, notre partenaire à trouver ses objectifs. Le chapitre comprend aussi des analyses théoriques et des histoires sur les moines japonais afin de démontrer la nécessité de soutenir son partenaire dans son propre apprentissage.

Devenir un meilleur élève

Voici maintenant les règles à suivre pour s'améliorer en tant qu'élève. Vous devrez être… :

Ouvert d'esprit et curieux ;

Humble ;

Bon traducteur ;

Reconnaissant ;

Capable de rester vous-même !

Le dernier point est particulièrement important : l'auteur y souligne que l'amour n'est pas une relation de soumission à autrui. Il est particulièrement important de reconnaître les abus et de mettre fin à une relation de ce type. C'est notamment l'objet du livre Se libérer de l'emprise émotionnelle.

Le plus beau cadeau du guru

Jay Shetty termine ce chapitre par ces mots :

"Deux partenaires qui s'épanouissent ensemble s'aident, lentement mais sûrement, à observer, à apprendre et à grandir dans différents domaines. Le mal-être provoqué par le changement est compensé par le plaisir d'une compréhension partagée." (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 4)

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Bilan : pouvez-vous apprendre et grandir auprès de votre partenaire ?" (p. 137-140) ;

"Aidez votre partenaire à découvrir ses objectifs" (p. 145) ;

"Identifiez le mode d'apprentissage de votre partenaire" (p. 146-147) ;

"Appréciez le savoir de votre partenaire" (p. 154) ;

"Présentez une nouvelle idée" (p. 155-157) ;

"Reconnaissez les compétences de votre guru" (p. 158-159).

Loi 5 : Le but de la vie avant tout

Dans un couple, est-ce que chacun doit avoir son but ? Ou bien l'objectif est-il, comme le disait Antoine de Saint-Exupéry, de "regarder dans la même direction" ? Et si les deux choses n'étaient pas nécessairement contradictoires ? Ce sont les questions qui sont explorées dans ce dernier chapitre de la deuxième partie.

En fait, pour l'auteur, les choses sont claires : pour que la relation s'épanouisse au mieux, il est important que chacun donne la meilleure version de lui-même. Or, pour ce faire, il doit être capable de son propre but.

Le dharma : votre boussole

Dans l'hindouisme, le but se dit dharma. En réalité, la notion désigne un mélange "de passion, d'expertise et de dévouement". Jay Shetty expose différents types de buts comme avoir un emploi satisfaisant, une passion, devenir parent ou bénévole dans une association, etc.

Le Dharma ne s'identifie à aucun d'eux ; il n'est pas une activité spécifique, mais la raison pour laquelle les gens font cette activité, que ce soit « pour créer quelque chose, pour connecter les gens, pour partager ce que vous avez appris, pour servir les autres ou le monde ».

L'auteur explore en détail ces différents points en citant les recherches du professeur de développement humain Anthony Burrow sur la relation entre satisfaction, objectifs et réseaux sociaux. Il relate également les débats philosophiques autour de l'hédonisme (bonheur par le plaisir) et de l'eudaimonia (bonheur de l'épanouissement personnel) et raconte une histoire bouddhiste sur le fait de se donner la priorité à soi-même.

Il propose également un schéma issu des Védas. Ceux-ci énumèrent quatre « grandes quêtes » qui forment un cycle :

Dharma (connaître le but de votre vie permet à vous-même et à votre partenaire de savoir clairement quelles sont vos valeurs et vos priorités) ;

Artha (chercher à créer une stabilité dans les domaines de la finance, de la santé et du développement personnel) ;

Kama (plaisir et lien. Il s'agit de vos relations avec autrui) ;

Moksha (se libérer du monde matériel en se reliant à l'Esprit).

Comment donner la priorité à votre dharma (la pyramide de la raison d'être)

Après avoir étudié ce point, Jay Shetty propose une « pyramide de la raison d'être » plus complexe qui a pour vocation à montrer comment nous parvenons à construire une raison d'être solide (si ce n'est déjà fait).

La pyramide de la raison d'être est composée de 5 étages :

Apprendre ;

Expérimenter ;

S'épanouir ;

Gérer ;

Gagner.

Les individus commencent en général par en apprendre davantage sur un sujet d'intérêt (1), puis ils expérimentent cette connaissance en faisant beaucoup d'essais et d'erreurs (2). S'ils persévèrent et surmontent les obstacles, ils s'épanouissent dans leur activité (3) ; cependant, pour être pleinement en possession de sa raison d'être et célébrer ses réussites (5), il faut encore être patient et gérer les surprises du quotidien (4).

Aidez votre partenaire à donner la priorité à sa raison d'être

Jay Shetty raconte plusieurs histoires visant à nous montrer comment nous pouvons soutenir notre partenaire dans sa recherche d'un objectif, puis dans son accomplissement. Il montre aussi qu'il n'est pas toujours facile d'équilibrer les différents aspects de sa vie. Brigid Schulte, une journaliste, ainsi que le pilote de voiture de course Lewis Hamilton, sont pris en exemples.

Jay Shetty insiste sur l'importance de laisser de la place à chacun dans la relation. Au cours de l'existence, les occasions de déséquilibre ne manquent pas : changement de situation professionnelle, enfants, etc. Pourtant, nous pouvons trouver les moyens de rééquilibrer la relation et de trouver des objectifs communs qui transcendent les objectifs de chacun (voir les exercices "À essayer").

Quand deux raisons d'être s'opposent

Même en faisant de notre mieux, il n'est pas toujours facile de composer avec les objectifs de l'autre, surtout quand ceux-ci s'opposent directement aux nôtres (ou les nôtres à ceux de notre partenaire). Que faire dans ces cas-là ?

L'auteur donne une série de conseils pour parvenir à un accord. Il suggère, par exemple, de donner la priorité à un objectif, puis à l'autre. L'organisation du temps est ici particulièrement importante. En cas de déséquilibre majeur, vous pouvez chercher à "rééquilibrer les dharmas" au sein du couple.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Découvrir votre raison d'être" (p. 171-173) ;

"Rencontrez un mentor" (p. 174-176) ;

"Bilan : réorganisez votre temps libre" (p. 176-178) ;

"Fixez-vous des objectifs ensemble" (p. 184-185) ;

"Régler un déséquilibre des dharmas" (p. 201-202) ;

"Échangez votre temps" (p. 205).

Partie 3 — La guérison

Dans cette partie, Jay Shetty se penche sur l'ashram de Vanaprastha. Les thèmes privilégiés sont la dispute, le pardon et la rupture.

Loi 6 : Gagnez ou perdez ensemble

Le conflit est nécessaire à un couple. Même s'il a généralement mauvaise presse, il joue en fait un rôle important. Comme l'exprime cette citation, les disputes permettent de mieux connaître l'autre.

"Les partenaires qui évitent les conflits ne comprennent pas les priorités, les valeurs ou les difficultés de l'autre. Tous les couples se disputent, ou tout du moins le devraient-ils. » (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 6)

Beaucoup de gens pensent qu'une relation "parfaite" signifie ne pas se disputer du tout, mais c'est une erreur. Nous devrions nous disputer quand cela est nécessaire, afin que les problèmes ne s'aggravent pas.

Nous devrions même aborder les conflits comme des problèmes communs. La communication non violente, dont Jay Shetty cite des exemples, est une ressource précieuse pour venir à bout des disputes de couples. En fait, l'objectif n'est pas de se vaincre l'un l'autre, mais bien de trouver une solution commune au problème.

Dans une courte section, l'auteur évoque également l'importance de ne pas confondre conflit et maltraitance. Il propose un tableau très utile pour bien différencier les deux (p. 219).

L'origine d'une dispute

Il s'intéresse ensuite à l'origine de nos disputes. Selon le Bhagavad-Gita, un texte hindou sacré, il y a trois énergies sacrées :

Celle liée à l'ignorance (tamas) ;

Puis celle liée à l'impulsivité (rajas) ;

Et enfin celle qui est liée à la bonté (sattva).

Pour Jay Shetty, ces trois énergies créent trois types de conflits :

Disputes vaines = s'emporter de manière irréfléchie, ne rien résoudre.

Rapports de force = avoir envie de l'emporter sur l'autre, la guerre des égos.

Disputes productives = chercher à comprendre, trouver une solution.

Nous n'avons pas besoin de changer ou d'assumer aucune responsabilité » (176). Un désir d'avoir raison ne résoudra pas le problème, de sorte que le chapitre comprend un exercice pour trouver l'ego et la passion dans une dispute et souligne la nécessité pour les deux personnes de voir les malentendus qui se sont produits et leur rôle en eux.

Comment avoir des disputes productives

Nous pouvons réussir à avoir des disputes plus productives si nous avons véritablement "le désir de faire équipe". Voici les conseils donnés dans cette section.

Purifier l'ego = accepter que vous soyez peut-être dans l'erreur et vous ouvrir aux raisons de l'autre ;

Diagnostiquer le fond du problème = il existe plusieurs types de conflits (intérieur, social, interpersonnel) et il importe de cerner de quel type il s'agit.

Découvrir sa forme de dispute = certains préfèrent vider leur sac, d'autres se cachent et d'autres encore explosent... Il faut le savoir et "agir" en conséquence.

Gagner ensemble

Jay Shetty propose ensuite un acronyme pour aller plus loin dans son analyse. Il propose de résoudre ensemble les conflits en utilisant les "5 E" :

Endroit et moment ;

Expression ;

Évacuation de la colère ;

Engagement ;

Évolution.

Premièrement, choisissez un endroit sûr et un moment optimal pour vous disputer. Pas toujours facile quand nous "explosons", direz-vous ! Mais c'est possible. L'auteur expose les recherches d'Art Markman, neuroscientifique, sur l'expression saine de la colère pour nous montrer comment tenter le coup.

Le terme « Expression » signifie considérer attentivement les mots dits et utiliser le mot « nous » lorsque vous abordez un problème, afin de désigner clairement sa nature commune.

La phase d'évacuation de la colère a pour objectif d'atteindre cet état d'ouverture et d'empathie sans lequel aucune résolution saine du conflit n'est possible.

L'engagement implique un accord vers le changement et la création de propositions.

Enfin, l'évolution signifie que le couple grandit du conflit en s'excusant et en assumant leurs responsabilités respectives. Cette dernière étape implique trois sous-étapes : l'acceptation, la verbalisation et l'action.

À noter : la dispute peut devenir une vraie habitude et même une sorte de cercle vicieux dans le couple. Les psychiatres Phillip Lee et Diane Rudolph montrent en effet que certains ménages peuvent devenir accros au conflit et s'enfermer dans ce schéma, sans jamais trouver de solution concrète à leurs problèmes.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Passer d'une dispute à un objectif commun" (p. 217-218) ;

"Identifiez l'ego et la passion dans le conflit" (p. 225-226) ;

"Identifiez la forme de dispute de votre partenaire et la vôtre" (p. 232) ;

"Passez un accord au sujet de votre prochaine dispute" (p. 239-240) ;

"Discuter des problèmes complexes" (p. 243-244) ;

"Écrire une lettre pour s'excuser" (p. 249-250).

Loi 7 : Lors d'une rupture, ce n'est pas vous qui vous écroulez

Jay Shetty utilise une analogie connue : la maison. Une relation amoureuse qui prend fin est comme une maison dont les murs s'effritent, puis s'écroulent. Nous avons tous des défauts, là n'est pas la question. Ce qui importe, ainsi que nous l'avons vu au chapitre antérieur, est de savoir résoudre les conflits pour qu'ils ne s'enveniment pas.

Les signes de problème

L'auteur met en exergue trois problèmes qui sont souvent la cause des ruptures :

L'infidélité ;

La perte d'intérêt ;

Le manque d'intimité (au sens large).

Jay Shetty y insiste à nouveau : la violence et toute forme de maltraitance doivent être combattues. Une personne qui subit une telle situation doit rompre le plus rapidement possible, pour son propre bien.

Nourrir l'intimité

La perte d'intimité est souvent le fruit d'un manque d'énergie mise dans la relation. Pourtant, il y a des façons de combler ce manque de connexion et de communication. D'abord, Jay Shetty conseille de faire des choses par soi-même. En parler à l'autre ajoute à la conversation ; en plus de vous nourrir vous-même, cela nourrit le couple.

D'autre part, créer ou participer à des activités communes peut également créer un sentiment d'intimité et de fierté de couple. Pourquoi ne pas prendre des cours de danse, par exemple ? Trouver des lieux où échanger renforce considérablement la relation.

L'auteur aborde en particulier trois types d'activités :

Le divertissement (aller voir un film ensemble, par exemple) ;

L'expérience (faire un voyage et en parler à son conjoint, faire du bénévolat, etc.) ;

L'éducation (reprendre des études).

Jay Shetty rapporte comment sa femme et lui cultivent leur intimité via des amitiés nouvelles et des expériences partagées. Nous pouvons également développer notre intimité en reconnaissant nos valeurs respectives et en éprouvant de la gratitude les uns pour les autres.

S'élever ou se séparer

Lorsque la décision de rester ensemble ou de rompre se fait insistante, il faut y répondre de la façon la plus sage possible. Jay Shetty propose un canevas en 5 étapes pour nous aider à nous décider. Il l'appelle la "voie de l'élévation".

Intolérance ;

Tolérance ;

Compréhension ;

Acceptation ;

Appréciation.

Lors de ses séances de coaching de vie ou de couple, Jay Shetty conduit les personnes qu'il reçoit à se demander si leur problème est totalement intolérable ou s'il peut être toléré, voire compris et accepté. Lorsqu'il est apprécié, nous reconnaissons que le problème fait partie intégrante de notre partenaire.

En fonction de notre capacité commune à évaluer le ou les problèmes selon cette échelle, nous pouvons décider en conscience de continuer ou de rompre.

Rompre en conscience

Si la rupture a lieu, il importe au plus haut point de faire le point sur sa peur d'être seul. Toute rupture crée un changement radical, mais mieux vaut s'en aller que de maintenir une relation malsaine à tout prix.

Lorsque nous nous retrouvons seuls, le cerveau se met en branle et nous pouvons nous sentir particulièrement fragiles. Pourtant, l'auteur rappelle à partir de textes indiens que "l'âme ne se rompt pas". Quoi qu'il en soit, la rupture sera plus facile si vous avez suivi les règles énoncées dans les sections précédentes.

Il décrit le processus de rupture et donne des conseils pour les deux situations :

Lorsque c'est vous qui rompez ;

Quand c'est l'autre qui prend la décision.

Jay Shetty souligne l'importance de se raconter. des histoires pour donner du sens à nos aventures amoureuses. Il expose des théories scientifiques pour nous montrer qu'il est plus facile d'aller de l'avant lorsque nous créons ce sens.

Tirez les leçons karmiques de vos erreurs

Chaque relation — et chaque rupture — nous apprend quelque chose. Nous pouvons donc tirer les leçons « karmiques » de nos erreurs. Cea peut prendre du temps, et c'est entre autres pourquoi il vaut mieux ne pas se jeter à corps perdu dans une nouvelle relation trop vite.

Certains amis reviennent dans nos vies après une rupture. La solitude est également le moment pour se retrouver et réfléchir, voire renforcer son estime de soi.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Bilan : pour quelles raisons partez-vous ?" (p. 261) ;

"S'entourer de soutien" (p. 275-276) ;

"Faire son deuil" (p. 293-294) ;

"Prises de conscience" (p. 297-298) ;

"Check-list : êtes-vous prêt à ressortir avec quelqu'un ?" (p. 303-304).

Partie 4 — La reliance

L'amour peut être élargi au-delà de la relation amoureuse et des rapports familiaux. L'objet de cette dernière partie est de comprendre cette forme de l'amour que l'auteur nomme "reliance". Celle-ci s'élance vers la famille, les amis, mais aussi, au-delà, vers nos connaissances, nos collègues, les étrangers et finalement la Terre tout entière.

Loi 8 : Aimez encore et toujours

La quatrième étape de la vie selon les Védas, l'ashram Sannyasa, implique la notion de service aux autres et à ce qui nous relie tous : le monde ou, pour la religion, le divin. Dans la philosophie hindoue, cette dernière étape implique de renoncer aux « désirs matériels » et de se concentrer sur la spiritualité.

Attendre l'amour ou l'expérimenter

Jay Shetty revisite cette dernière étape de la sagesse des Védas pour aborder la question de l'amour d'autrui et, surtout, la façon dont nous pouvons diffuser l'amour, au lieu de le recevoir.

"Au lieu d'attendre l'amour, à nous de trouver des façons de l'exprimer." (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 8)

Comment donner de l'amour

Il n'est pas toujours facile d'avoir de l'empathie pour les choses qui nous sont lointaines. Nous avons une préférence naturelle pour ce qui nous est proche. Jay Shetty cite Jamil Zaki, professeur de psychologie à Stanford, pour appuyer ses arguments.

Pourtant, à force de travail, nous pouvons peut-être parvenir à étendre notre conception de l'amour et à embrasser un maximum d'êtres. C'est vers cela que nous devrions au moins tendre.

Aimez les personnes qui vous sont les plus proches

Cela dit, nous sommes face à une difficulté, car souvent, nous avons du mal à aimer correctement même les personnes qui nous sont les plus proches. Nous leur en voulons pour ceci ou pour cela. L'auteur commence donc par trouver des voies pour nous aider à aimer notre famille et nos amis pour ce qu'ils sont, et non pour leurs uniques comportements extérieurs.

Dans l'un des exercices "À essayer", Jay Shetty recommande d'organiser ses contacts en différents groupes en fonction de la proximité, puis de décider du temps que nous allons donner aux personnes d'une certaine catégorie (famille, amis, collègues, etc.). L'objectif de cet exercice est de donner la priorité à ceux avec qui nous voulons maintenir les liens les plus proches, tout en n'oubliant pas les personnes que nous ne voyons pas souvent.

Appréciez vos collègues

Nous voulons tous être appréciés dans notre travail. D'autant plus que nous y passons souvent beaucoup de temps. Les sentiments d'amitié et de respect y ont une importance cruciale, au point que de nombreuses personnes accepteraient de changer de travail si elles se sentaient plus reconnues et appréciées dans le nouveau.

Nous pouvons apprendre à donner de nous-mêmes pour créer des environnements plus chaleureux, par exemple en :

nous donnant à fond pour des projets qui tiennent à cœur à l'équipe ;

offrant nos compétences aux plus jeunes et en leur servant de mentors ;

donnant des feedbacks constructifs et en encourageant nos collègues ;

respectant et en accueillant les recommandations de personnes plus expérimentées que nous.

L'auteur raconte toutefois une parabole : celle du crocodile et du singe. Lorsque nous sommes faces à des "crocodiles", évitons de "faire le singe". Parfois, la gentillesse n'est pas de mise. Si vous êtes pris dans des rapports de force potentiellement destructeurs, il convient de savoir se défendre et agir — sans devenir soi-même un prédateur.

Être une source d'inspiration pour les inconnus

Jay Shetty consacre une courte section à la protection des uns et des autres au sein de sa communauté (voisins, etc.). Puis, il évoque l'importance de devenir un exemple pour autrui. Il relate l'histoire d'un policier qui a offert des chaussures à un sans-abri qui marchait pieds nus dans la rue en plein hiver.

Dans la courte section suivante, Jay Shetty invite tout un chacun à aider les associations et à faire du bénévolat.

Au contact de la Terre

Pour terminer, Jay Shetty propose un schéma qu'il nomme "les cercles de l'affection". Ceux-ci s'imbriquent de façon concentrique :

Famille ;

Amis ;

Collègues ;

Entourage ;

Inconnus ;

Associations ;

La Terre.

Pour résumer, le concept de service est la clé de cette étape de la vie. Cette règle élargit l'amour pour y inclure celui que nous portons à tous, de nos amis à des associations qui viennent en aide à des inconnus. Jay Shetty souligne aussi que l'argent, pour utile qu'il soit, n'est pas le seul moyen de soutenir des causes importantes.

S'impliquer personnellement est une meilleure façon de pratiquer l'amour. Il prend l'exemple de plusieurs associations, notamment au service des animaux. En effet, l'enjeu est d'élargir notre sollicitude aux êtres qui ne sont pas humains, et finalement à la Terre, qui fait face au changement climatique.

Nous avons souvent des difficultés à sentir cet aspect de l'amour, car cet enjeu nous paraît vaste et lointain. Pourtant, Jay Shetty croit que nous sommes capables de travailler sur nous-mêmes pour répondre à ces enjeux de façon positive.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Aider un proche difficile à trouver de l'affection autour de lui" (p. 324) ;

"Structurez la liste de vos proches" (p. 326-327) ;

"Exprimer son affection au travail" (p. 329-330)

Conclusion sur « Les 8 lois de l'amour » de Jay Shetty :

Ce qu’il faut retenir de « Les 8 lois de l'amour » de Jay Shetty :

Jay Shetty propose un livre pratique, un manuel même, au sujet de l'amour. Il applique et réinterprète bon nombre de sagesses indiennes en les mélangeant avec des ouvrages de développement personnel et des études de psychologie sociale ou de neurosciences.

L'ensemble est cohérent et se lit facilement. Nous passons de la création de la relation amoureuse à sa solidification, puis à la rupture ou — à minima — aux difficultés. L'ouvrage se termine finalement sur la question de l'amour pour autrui, dans nos relations familiales, professionnelles, sociales et même "écologiques" — c'est-à-dire avec des êtres non humains.

Que retenir, finalement ? Que cela vaut la peine d'"aimer encore et toujours", à condition d'apprendre cet art d'aimer si bien connu des sagesses anciennes — et que nous avons un peu perdu. Eh oui, l'amour se travaille et c'est surtout en le donnant que nous le pratiquerons et que nous nous améliorerons !

Points forts :

Un ouvrage qui combine développement personnel et érudition indienne ;

De nombreux exercices à essayer ;

Des exemples de lettres à écrire et de méditations à réaliser.

Point faible :

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Réussir sa vie d’expat’ http://www.olivier-roland.fr/items/view/12787/Russir-sa-vie-dexpat

Résumé de « Réussir sa vie d’expat’ » de Magdalena Zilveti Chaland : un guide ultracomplet pour tous ceux et celles qui veulent tenter l'expérience de l'expatriation avec ou sans leur famille, pour quelques mois ou la vie entière !

Par Magdalena Zilveti Chaland, 2015.

Chronique et résumé de « Réussir sa vie d’expat’ » de Magdalena Zilveti Chaland

Introduction

L’expatriation désigne ici le fait, pour les citoyens de pays occidentaux, de partir à l’étranger pour s’y installer. La durée peut varier. L’intérêt également : il peut être éducatif, économique, amoureux, etc.

Cette mobilité internationale est « une réalité en plein essor », dit l’auteure. Pourtant, elle n’est pas toujours thématisée. En outre, ceux et celles qui partent ne se rendent pas toujours compte de toutes les conséquences et de tous les défis qui les attendent.

En fait, il arrive souvent que le projet se focalise sur les aspects pratiques, surtout au début. Mais quid des aspects émotionnels et mentaux ? Ceux-ci sont relégués au second plan, alors qu’ils ont une importance cruciale pour notre bien-être.

« La problématique à laquelle l’expatrié doit faire face se résume ainsi : « Comment réussir à trouver son chez-soi en soi où que l’on soit. » C’est à cette problématique-là que l’intelligence nomade tente d’apporter une réponse. » (Réussir sa vie d’expat’, Introduction)

Autant ne pas le cacher, cette expatriation peut avoir des côtés douloureux. Mais tout l’enjeu est d’en faire une opportunité d’évolution sincère. Cette expérience nouvelle est aussi le foyer d’une réinvention de soi.

Prêt pour le voyage ?

Partie 1. Comprendre ce qui se passe en soi lorsque l’on part vivre ailleurs.

Chapitre 1 — Comment change-t-on en permanence ?

Des individus toujours en évolution

À chaque époque de la vie, nous gagnons et nous perdons quelque chose. Nous nous modifions sans cesse. Voyons quelles sont les cinq grandes étapes de cette évolution.

1 — Une enfance pour se bâtir des fondations. C’est à ce moment que les bases s’acquièrent. Il trouve son équilibre dans la maison. Puis il se socialise progressivement au-delà du cercle restreint de ses parents. Les premières blessures et frustrations doivent être surmontées.

2 — Une adolescence pour se préparer à l’âge adulte. Période de confusion et de maturation exceptionnelle, l’adolescence est le lieu de découverte de son identité et de sa personnalité. L’adolescent prend conscience de sa sexualité et de son corps via la puberté. Il apprend aussi le jeu de soumission/subversion des règles sociales.

3 — Un âge adulte pour se réaliser. L’engagement du jeune adulte, vers 30 ans, se fait plus fort. Il cherche à se déterminer en posant des choix concrets et conscients. C’est souvent le moment de créer une famille et de solidifier ses acquis économiques et professionnels. C’est le temps de l’effort — avec les risques que cela génère.

4 — Un milieu de vie marqué par des remises en question. La période 40-50 ans est charnière pour plusieurs raisons. Les relations familiales évoluent, au point de se transformer complètement (enfants plus indépendants, parents plus dépendants). C’est aussi un temps du « bilan personnel » qui peut être fort en émotions et en changements.

5 — Une vieillesse pour savourer l’instant présent. À cette étape de la vie, il y a bien sûr la question de la retraite qui se pose. Au-delà de cela, chacun vieillit à son rythme. Les conditions physiques et mentales de chacun sont différentes. C’est parfois le moment de concrétiser un vieux rêve de voyage et de profiter du temps présent.

Des identités qui se construisent

L’identité n’est pas acquise une fois pour toutes. « L’identité est une notion compliquée, car elle désigne quelque chose d’impalpable, d’indéfinissable, de mouvant et de souvent incertain », dit l’auteure.

Nous construisons notre identité en intériorisant certains modèles. Nous trouvons ceux-ci au cours des interactions que nous avons tout au long de notre existence. Les moments de « crise » ont un rôle important. Ils vont venir stabiliser certains changements en créant des ruptures avant/après.

Au cœur de l’identité, il y a néanmoins un sentiment unique : celui d’être et de rester différent d’autrui. Nous avons besoin de soigner ce sentiment de « cohérence, d’unité et d’intégrité ».

De temps à autre, sociologues et psychologues parlent d’identités multiples : sociale, idéale, virtuelle, etc. Dans ce cas, le terme renvoie davantage à un rôle dans un environnement social. Parfois, nous nous sentons morcelés entre ces différentes images, ces différents « clichés » de nous-mêmes.

Pour unifier tout cela, il importe de comprendre le processus d’individuation.

« L’individuation représente la réalisation de soi, dans ce qu’il y a de plus profond, intime et personnel, incluant aussi les parts d’ombre et de refoulé. Ce n’est pas un état stable ou un résultat objectif, mais un mouvement évolutif en lien avec le processus de développement personnel. » (Réussir sa vie d’expat’, Partie 1, Chapitre 1)

L’auteure donne plusieurs outils d’analyse pour nous aider à mieux nous connaître, en appréhendant ce processus d’individuation. Elle propose d’utiliser trois typologies :

Les cinq étapes de Christophe Fauré ;

La typologie de Jung ;

Le MBTI/CCTI (Myers-Briggs Type Indicator/Cailloux-Cauvin Type Indicator).

Des intelligences multiples et diverses

L’individu évolue et se construit progressivement ; une identité se forme. Mais qu’en est-il de son intelligence ? Est-elle figée et unique ?

Non. Selon l’auteure, l’ère de l’intelligence unique, définie par le QI (quotient intellectuel) est révolue. Les travaux d’Howard Gardner sont venus amplifier et surtout décloisonner cette version réductrice de l’intelligence.

Magdalena Zilveti Chaland insiste tout particulièrement sur l’importance de l’intelligence émotionnelle qui reprend des éléments des intelligences inter et intrapersonnelles que le psychologue américain avait étudiées ailleurs.

À la rencontre d’une intelligence nomade

Le terme d’intelligence nomade est utilisé pour caractériser « la capacité à vivre en dehors de son cadre familier » de façon active, constructive et apaisée. Ce concept sera mobilisé à nouveau dans le chapitre 4.

Chapitre 2 — Pourquoi changer de pays nous déstabilise ?

Comprendre ce qu’est le nomadisme

« Le nomadisme est un mode de vie fondé sur le déplacement physique, comportemental ou intellectuel. Il peut provenir d’un besoin écologique, climatique, économique, culturel, professionnel ou spirituel. » (Réussir sa vie d’expat’, Partie 1, Chapitre 2)

Il faudrait ajouter le nomadisme digital. Celui-ci nous offre la possibilité de travailler de partout, d’explorer le monde tout en gagnant correctement (voire très bien) notre vie.

L’auteure utilise un conte bien connu pour dire que nous sommes devenus à la fois lièvres et tortues. Nous allons vite, très vite. Mais en même temps, nous emportons notre maison sur notre dos.

Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que ce phénomène du nomadisme est pluriel. Comme le rappelle la définition proposée ci-dessous, les raisons de s’expatrier sont multiples et créent des situations très spécifiques.

Dans les pays industrialisés, « vivre à l’étranger est devenu une part majeure de la formation universitaire, professionnelle et de l’évolution de carrière ». Et nous nous expatrions de plus en plus souvent pour terminer notre existence sous le soleil.

Autrement dit, de plus en plus de personnes ont besoin de développer cette « intelligence nomade » dont nous avons parlé plus tôt.

Connaître les enjeux du culturel

Lorsqu’une personne reste dans le pays d’accueil, nous parlons de « migrant ». Pour celui-ci, la question de l’adaptation à son nouveau cadre de vie est déterminante. Comment trouver un équilibre entre ses racines culturelles et la culture nouvelle qui le reçoit ?

L’intégration culturelle n’est pas toujours chose aisée. Plusieurs sentiments peuvent émerger :

Rejet ;

Fascination ;

Sentiment de perte de ses origines ;

Envie, mais anxiété ;

Etc.

Parfois, les deux cultures sont si différentes que surgit un sentiment d’incompréhension et de désarroi. La personne a l’impression d’être dans une impasse. Ou bien elle se sent sidérée : c’est le « choc culturel ».

Dépasser le choc culturel est un processus long. Pour mieux le comprendre et le gérer, il est possible d’utiliser une modélisation en cinq étapes.

Les voici :

Pré-expatriation = préparation plus ou moins longue à la culture d’accueil ;

Lune de miel = admiration pour la culture directement après l’arrivée sur place ;

Crise = désillusions et frustrations, prise de conscience des « handicaps sociaux » ;

Récupération = assimilation des nouveaux codes sociaux, résilience et nouvelles routines ;

Adaptation = sentiment d’être de plus en plus « chez soi », meilleure maîtrise des codes culturels, l’équilibre est trouvé.

S’adapter aux changements de cadre de vie et aux périodes de transition

Qu’il y ait ou non choc culturel, il y a, dans toute expatriation, une période d’adaptation durant laquelle nous devons accueillir et gérer le changement. Cette période de modification du soi antérieur se nomme aussi « transition ».

Cette transition se déroule en trois phases :

Acceptation de la fin de la stabilité ;

Gestion des incertitudes ;

Renouveau et découverte de nouvelles habitudes.

Pour étudier votre façon d’appréhender le changement, vous pouvez utiliser le système des 4S (théorie des transitions de Schlossberg) :

Situation = que vivez-vous d’autre au moment où vous êtes en train de « transitionner » ?

Self = comment évaluez-vous votre état et vos ressources pour faire face à la transition ?

Soutien = sur qui — et quoi — pouvez-vous compter ?

Stratégies = comment pouvez-vous agir de façon raisonnable et réfléchie ?

Des identités qui deviennent mosaïques

L’origine « du sol » (où nous sommes nés) ou « du sang » (l’origine culturelle de nos parents) peut avoir plus ou moins d’importance pour nous. L’auteure raconte plusieurs cas, et notamment sa propre histoire, à ce sujet.

Comment se sentir chez soi ? Certaines personnes attendront d’avoir déballé des cartons leurs affaires personnelles. Mais peut-être que le chez-soi n’est pas un lieu passif. Après tout, « être chez soi [n’est-il pas] un état d’esprit spirituel et méditatif » ?

Le plus important, nous l’avons déjà dit, est peut-être de parvenir à se sentir chez soi en soi.

Il apparaît aussi que les personnes peuvent combiner deux ou plusieurs origines et en faire une identité multiculturelle. Certains individus se sentent profondément attachés à deux ou plusieurs cultures en même temps.

Chapitre 3 — Des défis émotionnels à relever

Gérer la question des départs et des retours

Il n’est pas toujours facile de quitter ses proches. Ni, pour eux, de nous laisser partir. Tout un travail sera nécessaire pour annoncer la décision, une fois que celle-ci aura été prise. Il faudra aussi répondre aux questions et, parfois, faire face aux préjugés et aux peurs des autres.

Plusieurs actions ont lieu dans les temps qui précèdent le départ. Une fête peut avoir lieu afin de célébrer l’aventure et formaliser les adieux.

Lors d’expatriations professionnelles, un voyage de reconnaissance est parfois organisé. Certaines entreprises font également appel à des « sociétés de relocalisation » qui aident les jeunes arrivants à s’installer dans le pays d’accueil.

Il y aura, bien entendu, le déménagement à prévoir. Puis les retours au pays, plus ou moins saisonniers. Par ailleurs, il arrive que nous partions plusieurs fois, allant de pays en pays ­ avec ou sans passer par la « case départ » du pays d’origine.

Dans ce dernier cas, le processus d’installation devient plus compliqué. L’envie d’aventure peut céder la place à celle de « poser ses valises » quelque part.

Certains auteurs parlent d’impatriation pour désigner le cas de retours définitifs dans le pays d’origine. Il peut se faire sans mal ou, au contraire, être appréhendé avec douleur ou ennui… Souvent, notre terre familière nous est devenue étrangère et nous avons besoin de nous y reconnecter.

Apprendre à gérer son stress

Dans cette section, Magdalena Zilveti Chaland aborde la question du stress. Elle étudie ses origines et ses manifestations, puis évoque plusieurs stratégies et techniques d’adaptation.

Au niveau des techniques, notons celles basées sur le « coping » (en anglais : faire avec). L’auteure évoque deux types de techniques de ce type.

Coping centré sur le problème = stratégies pour améliorer l’environnement.

Coping centré sur l’émotion = stratégies de diminution du sentiment intérieur.

Soyez attentif, si vous vous expatriez, aux signaux somatiques ou psychologiques qui vous indiquent un mal-être. Ne le laissez pas s’installer durablement. Il existe des techniques pour renforcer son estime personnelle et, finalement, sa confiance en soi.

Les souffrances de l’altérité

Le changement de pays peut se révéler être plus dur que prévu.

« Même si l’expatriation peut être un formidable tremplin pour une réalisation personnelle, elle reste néanmoins une démarche qui peut être coûteuse pour le psychisme », soutient l’auteure.

Par exemple, la nostalgie peut surgir. Nous avons alors le « mal du pays » (homsickness). Nous pouvons aussi avoir tendance à idéaliser les bons moments du passé. Vous devriez faire particulièrement attention si ce sentiment s’incruste sur une trop longue période ou devient trop intense.

Nous pouvons également nous rendre compte que les motivations annoncées lors de notre départ ne sont pas exactement celles qui, au fond, nous ont poussé à agir. Parfois, partir revient à « fuir » ou chercher à se reconstruire intérieurement ailleurs.

À certains moments, les réactions des personnes que nous laissons dans le pays que nous quittons pourront nous surprendre. Indifférence, agressivité, chagrin : vous devrez peut-être affronter l’une de ces émotions. Partir, dit l’auteur, peut s’apparenter à « une petite mort ».

Une fois sur place, l’altérité n’en a pas fini de nous jouer des tours. Nous nous sentons à part, voire exclus dans le pire des cas. Notre volonté d’adaptation sera parfois très forte, au point de développer un faux self (une identité de surface qui nous servira à nous intégrer).

Faire face aux épreuves de la vie en vivant loin

Avant d’en venir aux aspects positifs de l’expatriation, continuons à explorer les possibles difficultés. Cette analyse est importante, car elle permet de se mettre au clair avec la réalité de la vie à l’étranger.

Voici les trois situations analysées en détail par Magdalena Zilveti Chaland :

Un proche souffre d’une maladie grave ;

Un décès touche la famille « restée au pays » ;

Ou bien un décès survient dans votre propre famille d’expat’.

Elle conclut ce chapitre difficile par ces termes pleins de résilience :

« Entre détresse et souffrance, reviviscence de souvenirs, regrets et nostalgie, c’est en puisant dans sa capacité à aller de l’avant que le migrant vivant l’épreuve de la maladie et du deuil poursuit son cheminement et ce malgré peine et perte. » (Réussir sa vie d’expat’, Partie 1, Chapitre 3)

Chapitre 4 — Se réaliser à l’étranger en développant une intelligence nomade

Trouver son chez-soi en soi où que l’on soit

Pour trouver la force de l’intelligence nomade, nous avons besoin d’agir à trois niveaux :

Nos ressources internes ;

Les forces agissantes intermédiaires ;

Les facteurs d’ajustement au monde extérieur.

Ce sont ces trois niveaux qui sont développés dans les sections qui suivent.

Puiser dans ses ressources pour s’épanouir

« Les ressources internes sont des éléments uniques que chaque personne possède et qui constituent ses repères identitaires », comme les valeurs, par exemple.

Mais aussi :

Nos besoins spécifiques (l’auteure reprend ici la fameuse pyramide de Maslow) ;

Buts (ici, elle s’appuie sur l’idée d’objectifs SMART) ;

Atouts (nos talents, savoirs et savoir-faire) ;

Et notre motivation, intrinsèque (projet personnel mûri) et extrinsèque (offre d’une entreprise, par exemple).

Des facteurs qui influent sur notre potentiel

Magdalena Zvileti Chaland insiste sur la pratique de pleine conscience. Celle-ci aide à se rendre compte du potentiel qui vit en nous. Nous pouvons apprendre à gagner en confiance, à maîtriser nos émotions et à vaincre nos fausses croyances.

L’auteure ne cite pas cette théorie, mais nous pouvons ici penser aux techniques de la PNL pour travailler ces points.

Des facteurs d’ajustement au monde environnant

Quatre facteurs ou qualités vous aideront à supporter ce que vous ne pouvez pas contrôler (les événements extérieurs).

L’adaptabilité = au quotidien, être capable de se plier aux imprévus ou aux différences culturelles, sans en faire un drame.

La communication = savoir exprimer ses doutes, ses besoins, ses frustrations, pour être compris. Mais aussi savoir se lier d’amitié avec autrui pour ne pas rester seul.

L’empathie = être à l’écoute de l’autre, chercher à comprendre ses propres besoins et ses différences, en se mettant à sa place.

La résilience = prendre conscience de sa force devant les événements malheureux de la vie et tourner le négatif en positif.

Partie 2. Comprendre les petits et grands effets de l’expatriation sur le cercle familial

Chapitre 1 — Déchiffrer ce qui se passe pour la famille en expatriation

Le fonctionnement de la famille

« La famille, c’est une communauté d’individus reliés par des liens de parenté, et c’est également un premier lieu de socialisation pour les enfants. Elle se constitue à travers différentes générations jusqu’à un niveau dit “nucléaire” plus restreint, composé du couple parental et de leurs enfants. » (Réussir sa vie d’expat », Partie 2, Chapitre 1)

D’un côté, les liens avec la famille au sens large (grands-parents, oncles et tantes, etc.) diminuent ou risquent de diminuer avec l’expatriation. Mais de l’autre, les liens de la famille nucléaire se renforcent généralement.

C’est l’une des conséquences de l’adversité et de l’aventure. Celle-ci unit les êtres d’une famille qui sont confrontés à des enjeux similaires et peuvent se serrer les coudes.

Pour les enfants, un noyau familial fort est source de stabilité émotionnelle et affective. L’existence de rituels ou de traditions familiales rassure et génère un sentiment fort d’être chez soi. Ici, bien sûr, la communication est aussi essentielle, pour que tout un chacun se sente accepté et compris.

L’intelligence nomade familiale

Si nous considérons de façon plus précise la famille comme un foyer d’identité, nous retrouvons quatre « ingrédients » importants.

Les valeurs familiales qui sont portées par les parents ;

Les besoins familiaux, qui proviennent des autres composantes et s’expriment de diverses manières ;

Le fonctionnement de la famille, qui suppose des règles et des rituels ;

La culture familiale qui relate l’histoire de la famille et ses relations, notamment, à la famille élargie.

Il existe une série de facteurs ou de « forces agissantes » qui influent sur le noyau familial :

Les saboteurs, qui sont les croyances limitantes au sein d’une famille ;

Le climat émotionnel, qui s’empare parfois de la famille tout entière ;

Le sens de l’engagement, à savoir la volonté de chacun de faire « fonctionner » la famille ;

La cohésion ou l’idée que la famille est plus que la somme des individus qui la composent. C’est un tout.

Comme pour l’individu (voir la partie 1, chapitre 4), la famille doit travailler avec des facteurs d’adaptation à l’environnement. Ceux-ci sont encore au nombre de quatre.

Adaptabilité ;

Solidarité ;

Congruence ;

Communication.

Ce sont des qualités qui permettent aux membres de la famille d’entretenir la vie familiale et de maintenir vivaces les forces agissantes qui donnent à chacun l’envie de faire partie de l’aventure familiale.

Les cellules familiales complexes à l’étranger

Les familles d’aujourd’hui sont parfois multiculturelles ou nomades avant même un quelconque départ. Les familles recomposées obligent les enfants à des allers-retours entre les parents, par exemple. Parfois, le métissage se mêle aux recompositions.

Dans ces cas de familles recomposées, il faut bien sûr s’assurer de l’accord du parent avant toute concrétisation des démarches d’expatriation. Il y a — notamment — des questions juridiques de garde qui doivent être résolues.

Les enjeux psychologiques peuvent également être particulièrement intenses (s’il s’agit pour un enfant de laisser l’un de ses parents au pays, par exemple). L’auteure prend soin de traiter en détail des problématiques liées aux familles séparées par l’expatriation.

Parfois, c’est l’expatriation elle-même qui génère la création d’une famille multiculturelle. Et cela peut même arriver sans que les parents soient d’origine différente. Comment ? Par l’intermédiaire d’une nounou, par exemple. Celle-ci peut apporter sa culture aux enfants et devenir une membre à part entière de la famille.

À noter également : de plus en plus de personnes s’expatrient pour des raisons médicales ou, tout simplement, pour profiter de leur retraite. Ce sont des cas spécifiques. Dans la deuxième situation, le cadre traditionnel permute.

Vecteurs et symboles traditionnels de stabilité, les grands-parents quittent « leur nid » et s’en vont à l’aventure. Cela peut certes parfois déstabiliser les enfants et petits-enfants. Mais souvent, ils sont perçus comme « donnant l’exemple ». Leur courage et leur ouverture sont alors salués par la famille.

Chapitre 2 — Interpréter ce qui se passe pour le couple en expatriation

Les répercussions de l’expatriation pour le couple

Aux États-Unis, il y a un nom pour les femmes qui suivent leur mari à l’étranger (c’est souvent dans ce sens-là) : les « trailing spouses » (conjoints suiveurs). L’auteure opte pour le terme « conjoint », plus neutre.

Les effets de cette situation peuvent être de plusieurs ordres.

Tout d’abord, le conjoint peut s’accoutumer sans problème. L’expatriation est alors une aventure vécue en commun, voire l’occasion de « repartir de zéro ». Les sentiments et le respect mutuels se renforcent au contact de l’adversité.

Parfois, les choses peuvent aller plus mal. Une discordance peut s’installer dans la vie du couple. C’est surtout le cas lorsque le conjoint se sent exclu du projet d’expatriation. Il a l’impression de subir le rythme et les décisions de l’autre. Le stress et la distance peuvent s’installer.

Frustrations, tromperies et ruptures peuvent alors apparaître. Les problèmes préexistants peuvent également remonter à la surface ou trouver un terrain d’expression plus favorable (en dehors de la pression de la famille élargie, notamment).

Les bénéfices pour le conjoint

Le conjoint a tout à gagner à adopter une attitude active. Il peut lui aussi réussir sa vie d’expat’ à condition de formuler un projet personnel qui lui tienne à cœur.

Celui-ci doit se trouver à la jonction de quatre grands axes :

Pouvoir (social et relationnel) ;

Amour (affectif et familial) ;

Être (développement personnel) ;

Avoir (avantages de l’expatriation).

L’expatriation est un moment privilégié pour se découvrir et s’accomplir. Nous pouvons acquérir de nouvelles compétences (langagières, mais pas seulement) et de nouvelles qualités individuelles (plus de curiosité, de résilience, etc.).

Les difficultés du conjoint

Si le conjoint ne parvient pas à trouver sa place et à formuler un projet personnel qui tienne la route, le risque est qu’il se dévalorise. Voici le témoignage de Céline rapporté par Magdalena Svetili Chaland :

« Mon mari découvre son travail, mes enfants découvrent leurs écoles. Et moi ? Seule, dans ma cage dorée, à la recherche de quoi faire, comment le faire et est-ce bien cela que je veux faire, j’ai tout simplement déprimé. Déprimé ? Avec la chance que j’avais ? Peu de personnes pouvaient le comprendre. » (Réussir sa vie d’expat », Partie 2, Chapitre 2)

Au-delà de la dévalorisation personnelle, se sont aussi d’autres besoins qui risquent de ne pas être satisfaits. Il s’oublie parfois au profit des autres (mari, enfants) et crée le vide dans sa vie — au niveau social, notamment. Ici encore, il est important d’en prendre conscience afin d’agir de façon créative.

Finalement, l’auteure aborde la question et le statut du conjoint masculin, suivant sa femme dans un pays étranger. C’est une situation plus rare, source à la fois de dangers et d’opportunités.

Finalement :

« Pour le conjoint, qu’il soit homme ou femme, il s’agit de réussir à créer, à investir et à se reconnaître dans un nouveau rôle et dans une nouvelle société. Trouver sa place signifie toujours être à l’écoute de ses envies et de ses besoins, pour mettre en route un véritable projet de réalisation personnelle. Être conjoint d’expatrié, homme ou femme, est un challenge individuel complexe, mais qui permet de se dépasser et de vivre une expérience unique et épanouissante. » (Réussir sa vie d’expat », Partie 2, chapitre 2)

Chapitre 3 — Pénétrer le monde des enfants en expatriation

Des enfants nomades

David Pollock et Ruth Van Reken ont forgé le terme d’« enfant de la troisième culture » pour désigner la spécificité de certains enfants nés dans le contexte d’expatriation. Ce sont des « mutants culturels » qui ont adopté, dès leur plus jeune âge, des caractéristiques propres à différentes cultures en même temps.

Parfois, leur intégration en France se révèle difficile, à la fois en raison des réactions négatives des autres et de leur propre peur à s’affirmer. Pour se sentir bien, ils doivent apprendre à gérer — et à valoriser correctement — leur sentiment de différence.

Les auteurs cités plus haut proposent quatre types de positionnements de l’enfant ayant vécu l’expatriation. Magdalena Svetili Chaland les reprend à son tour :

Étranger = la différence est flagrante, à la fois physique et mentale ;

Immigrant caché = la différence se trouve dans les façons de penser, leur expérience ;

Adopté = il y a une différence, mais il pense de la même façon et se sent intégré ;

Enfant miroir = les différences sont abolies et il est avec ses semblables.

L’impact de l’expatriation selon le développement des enfants

Les effets de l’expatriation se font diversement sentir selon l’âge et le niveau de développement de l’enfant.

Les tout-petits ont surtout besoin d’une famille qui les rassure. Plus adaptatifs par nature, ils trouveront généralement leur chemin dans ce nouveau monde à condition que leurs besoins soient satisfaits.

Les enfants de 7 ans environ vivent généralement une période critique d’acquisition de liens sociaux, de nouvelles connaissances et de stabilité. Un changement à ce stade peut se révéler plus anxiogène qu’à un autre.

Les adolescents vivent des turbulences internes qui s’ajouteront au stress de l’expatriation. Le travail identitaire qu’ils sont en train de mener peut se compliquer.

Pour autant, l’auteure donne plusieurs conseils pour que tout se passe bien, à tout âge :

Insister sur les bénéfices de l’expatriation ;

Impliquer les enfants dans le projet ;

Être à l’écoute de leur vécu ;

Recréer un espace familier ;

Rassurer l’enfant en lui consacrant du temps.

Les répercussions psychologiques et scolaires de l’expatriation

Il serait vain de le nier : les pertes vécues par l’enfant lors du départ peuvent être nombreuses. Il change de lieu, de proches, d’objets. Tout cela peut être source d’anxiété.

Parfois, l’enfant doit apprendre une nouvelle langue. Et il doit s’intégrer dans une nouvelle école. Ici, le réconfort et le soutien des parents sont essentiels.

Souvent, c’est aussi le moment de choix éducatifs importants du côté des parents. Opter pour une école internationale ou locale ? Tout dépend des stratégies personnelles, familiales et culturelles des parents.

Partie 3. Relever les challenges professionnels et relationnels

Chapitre 1 — Inscrire le monde professionnel dans la mobilité internationale

Ce que l’expatriation représente pour les entreprises

« Pour les entreprises, la présence d’un personnel qualifié à l’étranger permet d’établir une liaison entre la maison-mère et les filiales étrangères, favorisant les mouvements internationaux des salariés. L’objectif est d’entretenir les relations entre les différentes entités internationales de la société. » (Réussir sa vie d’expat », Partie 2, Chapitre 3)

Il peut y avoir d’autres cas de figure :

Création de filiales ;

Restructuration (fermeture de filiales) ;

Compétences recherchées à l’étranger ;

Etc.

Des enquêtes citées par l’auteure montrent que les entreprises se déchargent de plus en plus des frais liés à l’expatriation. Les financements existent toujours, mais surtout dans les grands groupes.

Par ailleurs, l’entreprise doit mettre en place une forme de management interculturel. Ici, le Cercle Magellan peut s’avérer utile. Plus les cultures sont éloignées et plus le défi est grand.

Des dispositions à l’expatriation nécessaires chez l’expatrié

Les entreprises n’envoient pas (ou ne devraient pas envoyer) leurs employés à l’étranger les yeux fermés. Elles s’assurent normalement que ceux-ci soient bien disposés vis-à-vis de l’expatriation.

Des dispositions subjectives (mobiles inconditionnels et conditionnels, voir p. 202-203) et objectives (âge, situation familiale, etc.) entrent en compte.

Au niveau individuel, des facteurs de personnalité sont étudiés afin de voir si la personne est intérieurement bien préparée au nomadisme :

Psychologiquement (confiance en soi, gestion du stress) ;

Socialement (capacités d’interaction, création de réseau, maîtrise de la langue) ;

Cognitivement (capacités d’observation, de compréhension et d’analyse).

L’auteure fournit une check-list bien utile pour vous aider à évaluer vos propres dispositions à l’expatriation p. 205-206 !

La carrière internationale comme tremplin professionnel

Aujourd’hui, les évolutions de carrière se font moins linéairement et moins verticalement. Elles vont en zigzag ! D’ailleurs, pour les plus jeunes, le monde entier devient « un immense champ d’exploration professionnelle », affirme l’auteure.

Les motivations des expatriés économiques varient. Pourquoi changer de pays pour aller travailler ? C’est tout le thème des « ancres de carrière » développé par Edgar H. Schein.

En voici quelques-unes parmi celles citées dans l’ouvrage :

Technique (expertise) ;

Sécurité (stabilité) ;

Management (leadership) ;

Engagement (dévouement à une cause) ;

Etc.

Magdalena Svetili Chaland aborde aussi la question des entrepreneurs qui décident de créer ou gérer leur entreprise depuis l’étranger. Ces « expat-preneurs » ont des profils différents, mais tous ont la force de saisir les opportunités et de prendre des risques.

À noter : il existe de nombreux conjoints (ceux dont nous parlions au chapitre 2 de la partie 2) qui se lancent dans l’entrepreneuriat après l’expatriation. Et pourquoi pas l’infopreneuriat ?

Une expatriation qui impacte fortement la carrière des conjoints

« Accompagner son mari ou sa femme dans une expatriation peut signifier quitter un parcours professionnel et familial classique. Il va alors s’agir de se représenter le travail de façon différente. C’est la notion même de carrière qui est d’ailleurs à repenser. Avec adaptabilité, souplesse et créativité, de nouveaux projets peuvent être considérés. Une reconversion ou une formation peuvent être envisagées. » (Réussir sa vie d’expat », Partie 3, Chapitre 1)

Se reconvertir professionnellement ? C’est possible à tout âge et en tous lieux ! Se former également, grâce au grand nombre de formations en ligne désormais disponibles sur Internet.

Aujourd’hui, les « carrières portables » sont à la mode. Les professionnels nomades peuvent travailler d’où ils veulent grâce aux outils numériques. D’autres choisissent des métiers saisonniers ou qui utilisent des compétences acquises ailleurs (enseignement des langues, par exemple).

Pour mettre en avant votre parcours de « conjoint », voici quelques conseils donnés par l’auteure :

Identifier ses expériences signifiantes ;

Les intégrer dans un CV en les liant entre elles ;

Indiquer clairement les actions concrètes accomplies ;

Anticiper la fonction recherchée ;

S’appuyer sur son réseau d’interconnaissances ;

Mettre en avant l’expatriation comme une preuve de flexibilité et de réactivité.

Chapitre 2 — Quels sont les effets d’un départ à l’étranger sur les relations sociales ?

Une époque marquée par la mondialisation

« La mondialisation désigne ce processus d’intégration planétaire à différents niveaux qui résulte de la libération des échanges, du développement des moyens de transport humains et marchands, ainsi que de déploiement de l’information et de la communication à une envergure mondiale. » (Réussir sa vie d’expat », Partie 3, Chapitre 2)

Aujourd’hui, l’expatriation est souvent le fait d’une certaine élite. Cadres, ingénieurs et directeurs, mais aussi diplomates, par exemple, vont de pays en pays pour exécuter leurs fonctions. La mondialisation amplifie ce processus et en fait la « norme » souhaitable.

Des relations sociales complexes en expatriation

L’intégration dans un cadre professionnel peut aider. La prise de contact avec des réseaux et groupes d’accueil francophones également. Des amitiés entre concitoyens peuvent se nouer. Parfois, un nouveau sentiment de famille élargie en découle.

Il y a toutefois un danger, qui est celui de l’impression de vivre « en vase clos », entre « expat’ ». Cela se produit souvent lorsque les conditions économiques et sociales diffèrent grandement entre le pays d’accueil et les expatriés.

Dans certaines villes, il existe même des « compounds », à savoir des quartiers résidentiels spécifiquement réservés à l’élite nomade. Ceux-ci se justifient la plupart du temps pour des raisons de sécurité.

À l’inverse, un sentiment de promiscuité trop grand peut aussi créer des problèmes. Le partage d’une vie en communauté, avec des personnes d’une culture différente, peut être source de malaise et, finalement, de stress.

D’un autre côté, il importe de gérer ses relations avec les amis restés au pays. La distance peut être bénéfique, par certains aspects. Dans tous les cas, l’amitié perdurera à condition que quelques rituels soient mis en place et que quelques efforts soient consentis.

Qu’en est-il des nouvelles amitiés réalisées sur place ? Les sentiments peuvent être intenses. Il faut bien sûr accueillir les belles rencontres, tout en restant prudent. Parfois, l’isolement nous pousse à idéaliser les relations naissantes.

Si vous êtes célibataire ou « célibataire géographique » (lorsque la famille n’accompagne pas l’expatrié), attention à l’isolement. Il en va de même pour le conjoint d’expat’ qui ne travaille pas, nous l’avons déjà signalé.

Voici quelques conseils pour vaincre la solitude, parmi ceux donnés par Magdalena Svetili Chaland p. 231 :

Apprendre la langue ;

Pratiquer des activités sportives ou culturelles ;

Faire connaissance avec les voisins ;

Etc.

Manier les différents types de communication en expatriation

Lorsque nous changeons d’environnement culturel, les règles de communication changent. La communication non verbale (gestes, attitudes, etc.) doit être maîtrisée peu à peu. Tout comme la langue elle-même.

Le bilinguisme est un phénomène relativement ample : « aujourd’hui, la moitié de la population mondiale est considérée comme bilingue », affirme l’auteure. Bien sûr, il existe différents types de bilinguisme, qui sont fonction de la « profondeur » de l’apprentissage.

Parler deux ou plusieurs langues (multilinguisme) est globalement bénéfique pour l’individu. Selon plusieurs études, la maîtrise de plusieurs langues améliore les capacités cognitives. Par ailleurs, nous pouvons développer différents aspects de notre personnalité en fonction de la langue parlée.

Au-delà de la communication verbale et non verbale classique, nous trouvons aujourd’hui de plus en plus d’expatriés qui profitent de leur expérience de voyage pour créer des blogs. C’est un moyen d’expression fantastique qui permet de se connecter aux autres en partageant ses connaissances et ses ressentis.

Par ailleurs, la communication en ligne, via des outils de visioconférence, s’est généralisée. Ces dispositifs sont très bénéfiques, tant qu’ils ne nuisent pas à la création de connexions in situ.

Conclusion

L’expatriation est une véritable aventure, faite de dangers, mais aussi de véritables occasions de se découvrir soi-même et d’avancer dans la vie. Pour faciliter ce voyage, il est préférable de s’y préparer et de connaître — au moins en théorie — ce qui nous attend.

De l’aide, venue de l’entreprise ou de réseaux sur place peut être nécessaire. Si nécessaire, il est également possible de se faire aider par des coachs spécialisés en expatriation (comme Magdalena Zilveti Chaland).

« Loin d’une vision idéalisée et souvent stéréotypée, l’expatriation est une épreuve personnelle complexe qui touche aussi bien l’identité, les ressources internes ou les relations sociales et familiales. C’est un voyage aussi bien physique que psychique dont on ne revient pas inchangé, mais bien souvent grandi. L’expatriation est alors une formidable opportunité de renouveau personnel. Elle permet d’aller au-delà du connu, du prévu et du restreint pour se réinventer, pour s’ouvrir à de nouvelles cultures et pour se découvrir soi-même. » (Réussir sa vie d’expat », Partie 3, Chapitre 3)

Conclusion sur « Réussir sa vie d’expat’ » de Magdalena Zilveti Chaland :

Ce qu’il faut retenir de « Réussir sa vie d’expat’ » de Magdalena Zilveti Chaland :

Ce livre est une mine d’informations à la fois théoriques et pratiques. Il passe en revue tous les aspects importants de l’expatriation et vous propose des exercices en fin de chapitre.

L’auteure cherche non seulement à comprendre les ressorts psychologiques et sociaux de l’expatriation, mais aussi à fournir un guide pour celles et ceux qui souhaitent sauter le pas.

Pour le dire avec Serge Tisseron, préfacier de l’ouvrage :

« Magdalena Zilveti Chaland n’invite pas seulement l’expatrié à changer de regard sur sa situation pour se découvrir différent et capable de choses nouvelles. Son originalité est de montrer que c’est dans la compréhension de l’ensemble des bouleversements associés à cette situation que réside son bénéfice premier, et que peuvent en résulter tous les bénéfices ultérieurs. » (Réussir sa vie d’expat », Préface de Serge Tisseron)

En d’autres termes, c’est « dans le feu de l’action » que vous découvrirez les avantages de l’expatriation. Car ceux-ci ne vont pas sans les difficultés ! Vous traverserez des tempêtes, mais c’est ainsi que vous apprendrez et grandirez !

Points forts :

Une présentation claire ;

Des témoignages tout au long de l’ouvrage ;

Une section « On fait le point » à la fin de chaque chapitre ;

Des propositions d’actions concrètes à mener à toutes les étapes de l’expatriation.

Point faible :

L’expatriation volontaire en solitaire n’est pas beaucoup abordée. Mais dans l’ensemble, les expat’ solo pourront aussi se retrouver dans les conseils donnés.

Ma note :

★★★★★

Avez-vous lu le livre de Magdalena Zilveti Chaland « Réussir sa vie d’expat’ » ? Combien le notez-vous ?

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Thu, 07 Mar 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12787/Russir-sa-vie-dexpat
La montagne, c’est toi http://www.olivier-roland.fr/items/view/12783/La-montagne-cest-toi

Résumé de « La montagne, c’est toi » de Brianna Wiest : un livre pour « se libérer de l’autosabotage » en 7 leçons claires et efficaces — à mettre entre les mains de toutes les personnes souffrant du syndrome de l’imposteur ou de ses dérivés (perfectionnisme, etc.).

Brianna Wiest, 2023, 213 pages.

Titre original : « The Mountain is You » (2020)

Chronique et résumé de « La montagne, c'est toi » de Brianna Wiest 

Chapitre 1 — La montagne est en vous

L'autosabotage est un mécanisme de défense

Le plus souvent, l'autosabotage est un mécanisme d'adaptation inconscient qui inhibe notre potentiel. Carl Jung, le célèbre psychanalyste et élève dissident de Freud, le dit très bien. En fait, sa propre expérience nous montre que l'autosabotage est un phénomène psychologique qui est lié à :

Des besoins émotionnels non résolus ;

Des peurs irrationnelles ;

et des associations négatives.

L'autosabotage n'est pas nécessairement un échec de notre volonté. En fait, il faut chercher plus profondément, c'est-à-dire dans nos conditionnements inconscients. Nous pouvons avoir une mauvaise estime de nous-mêmes pour une raison ou une autre. Ou bien nous pouvons avoir été socialisés dans la peur de l'étranger…

Sortir du déni

Ces limitations nous font malheureusement beaucoup de tort. Nos chances de succès et d'être heureux s'amenuisent. Pour mettre un terme à ce cercle vicieux, nous devons identifier les besoins et les peurs sous-jacentes qui nous ont marqués. Puis, nous devons faire face à ces croyances limitantes et ces associations inconscientes afin de les combattre.

En faisant cela, nous devenons capables de mieux aligner nos désirs et nos objectifs à nos actions concrètes.

Nous le remarquons donc dès à présent : l'autosabotage est intrinsèquement lié à nos systèmes de croyances. Nous avons tous des principes, des valeurs et des croyances qui donnent forme à la façon dont nous voyons le monde, les autres et — bien sûr — nous-mêmes.

Quels sont, dans ce cas, les premiers pas pour vaincre l'autosabotage ? Brianna Wiest en évoque deux pour commencer :

Cultiver la conscience de soi ;

Se rendre responsable à l'égard de notre situation actuelle.

Bien sûr, plusieurs autres conseils sont donnés dans le livre, ainsi que plusieurs recommandations précises et pratiques (voir les chapitres suivants). Mais pour l'immédiat, suivons la recommandation concrète suivante : écrivons !

Se préparer au changement radical

Eh oui, l'écriture aide à mettre les problèmes à distance et, donc, à cultiver la conscience de soi et la responsabilité. Lorsque nous écrivons ce qui ne va pas, nous reconnaissons le problème et nous le rendons tangible, manipulable. Cette "preuve écrite" servira ensuite de feuille de route pour l'action.

L'échec, nous le savons, est un catalyseur de changement. C'est lorsque les personnes atteignent leur niveau le plus bas qu'ils acceptent finalement de reconnaître l'origine interne de leurs soucis et qu'elles sont prêtes à évoluer.

En prenant conscience que la cause du problème est intérieure — autrement dit, que la montagne est en nous —, nous devenons capables de rejeter les justifications a posteriori ("J'agis mal parce que ceci ou cela d'extérieur à moi m'en empêche") et de nous concentrer sur nos propres forces de changement.

Toutefois, changer de croyances et de vie a un coût que nous devons impérativement accepter de payer. Quel est-il ? Cela dépend du problème ! En tout cas, ce qui est perdu (le plus souvent, une forme de sécurité) est compensé par les gains de cette nouvelle vie plus centrée et ancrée.

Avant d'aller plus loin, retenez ceci :

"La plus belle preuve d'amour que vous puissiez vous offrir est de refuser une vie qui vous rend malheureux. Le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire est d'enfin mettre des mots sur ce qui ne va pas." (La montagne, c'est vous, Chapitre 1)

Chapitre 2 — L'autosabotage existe-t-il vraiment ?

Brianna Wiest ne pense pas que l'autosabotage soit un acte volontaire. Nous ne faisons pas mal délibérément. Ces comportements destructifs sont plutôt le fruit de notre subconscient, comme nous l'avons vu plus haut.

L'autosabotage n'est pas non plus un indice de manque de volonté ou d'incapacité intellectuelle. En fait, il est la manifestation de notre complexité intérieure, de nos conflits émotionnels, qui restent le plus souvent cachés et ignorés.

Types d'autosabotage et comment y remédier

L'auteure passe en revue un grand nombre de types d'autosabotage :

La résistance, par exemple, est un état où nous échouons à nous engager dans de nouvelles opportunités ou relations, particulièrement lorsque la vie semble aller bien ou mieux. Cette forme d'autosabotage indique la peur de l'échec ou de la honte.

La limite supérieure est l'acte de s'imposer à soi-même une limite à ne pas dépasser, une forme de plafond de verre professionnel ou personnel. Au-delà, nous nous refusons le bonheur ou le succès. Et nous enclenchons une série de comportements autodestructeurs pour nous maintenir dans ces limites imaginaires.

La bougeotte est le fait de chercher sans cesse de nouveaux commencements, comme changer de travail sans arrêt ou entrer dans de nombreuses relations amoureuses. Pourquoi ? Pour éviter d'avoir à affronter certains problèmes sous-jacents.

Le perfectionnisme peut nous inhiber au point de nous faire échouer… par peur de l'échec. "Être perfectionniste ne se résume pas à vouloir bien faire : c'est se fixer des attentes irréalistes concernant ce que l'on est capables de faire ou de vivre", rappelle Brianna Wiest.

La mauvaise gestion des émotions nous empêche d'accéder à notre plein potentiel et à "devenir prisonnier" des sentiments négatifs. Nous devons être capables de gérer le chagrin ou la colère pour être pleinement présents à nous-mêmes.

Etc.

Brianna Wiest propose d'autres descriptions de phénomènes d'autosabotage et, pour chaque section, suggère des moyens de remédier au problème. Voici, par exemple, ce qu'elle préconise pour l'autosabotage nommé "manque d'organisation" :

"Comme pour tout, vous devrez procéder pas à pas pour désencombrer et réorganiser votre environnement. Commencez par vous concentrer sur une pièce uniquement ou, si c'est trop, sur un coin de cette pièce, un placard ou un tiroir. Ne dispersez pas vos efforts, consacrez-vous à cette zone et créez-vous une routine pour la maintenir en ordre. (...) Donnez-vous le temps de vous habituer à travailler à un bureau bien rangé et cela finira par devenir naturel. Vous serez peu à peu moins stressé et aurez le sentiment de mieux maîtriser votre vie. Il est extrêmement difficile d'incarner la personne qu'on rêve de devenir dans un environnement qui ne nous ressemble pas." (La montagne, c'est toi, Chapitre 2)

Comment savoir si vous vous autosabotez ?

Brianna Wiest dresse une nouvelle liste, plus facile à prendre en main, afin de vous aider à repérer des comportements problématiques (p. 56-59). Faites attention si vous… :

"Avez plus conscience de ce que vous ne voulez pas que de ce que vous voulez ;

Passez plus de temps à impressionner ceux qui ne vous apprécient pas qu'à chérir ceux qui vous aiment ;

Faites l'autruche ;

Vous souciez plus de paraître heureux que de l'être réellement ;

Recherchez l'approbation des autres avant votre bonheur ;

Refusez d'affronter vos émotions par peur de ce que vous allez découvrir ;

Courez après des objectifs sans vous demander si vous y tenez vraiment ;

Voyez vos mécanismes de défense comme la cause et non la conséquence de votre mal-être ;

Faites passer vos doutes avant votre potentiel ;

Voulez tout faire ;

Attendez qu'on vous ouvre la voie, qu'on vous tende la main ou qu'on vous offre sur un plateau la vie dont vous rêvez ;

Ne voyez pas tout ce que vous avez réussi à accomplir." (La montagne, c'est toi, Chapitre 2)

Identifiez vos engagements inconscients

Les comportements d'autosabotage, nous l'avons vu, sont causés par des conflits inconscients qui nous font agir malgré nous. Ces "engagements profonds" révèlent des besoins, des croyances et des valeurs qui nous animent sans que nous en ayons conscience. Par exemple, lorsque nous voulons tout contrôler, c'est peut-être parce que nous avons profondément peur de faire confiance, etc.

Tant que ces besoins ne sont pas résolus, ils créeront des effets d'autosabotage. Faire face à ce qui est caché n'est pas, la plupart du temps, très confortable. Pourtant, c'est indéniablement comme cela que nous pouvons progresser, selon Brianna Wiest.

Autrement dit, vous devez prendre le temps de distinguer, avec honnêteté, quelles sont les formes d'autosabotage qui vous concernent. Celles-ci sont des symptômes. Ce travail préliminaire vous permettra ensuite de retrouver les besoins sous-jacents — qui sont, eux, la véritable cause du problème.

Dissociez vos actions de vos émotions

La résistance au changement est quelque chose de connu et de normal, jusqu'à un certain point. Pour lever les freins vers votre progrès, vous devrez distinguer les émotions des actions. Les émotions peuvent être valides et légitimes, mais les actions qui en découlent, non.

L'objectif n'est pas seulement de comprendre ce qu'est l'autosabotage, mais d'en analyser les causes et de parvenir à vivre une vie plus entière et satisfaisante.

"Il est crucial d'apprendre à agir avant d'en avoir envie. Passer à l'acte crée un élan et suscite la motivation. Cette dernière ne viendra pas d'elle-même, vous devez la provoquer. Vous devez vous inspirer vous-même, vous mettre en mouvement. Vous devez vous lancer, tout simplement, et laisser votre vie et votre énergie se réaiguiller vers les comportements qui vous porteront vers l'avant, pas vers ceux qui vous retiennent en arrière." (La montagne, c'est toi, Chapitre 2)

Chapitre 3 — Vos émotions sont la clef de votre liberté

Les émotions sont comme des déclencheurs de l'action. Elles sont précieuses pour reconnaître ce qui vous anime. Elles révèlent des douleurs irrésolues, mais aussi vos besoins profonds et ce que vous désirez véritablement. En conséquence, elles peuvent être utilisées pour réaligner votre vie avec celui ou celle que vous êtes vraiment.

Comment interpréter vos émotions négatives ?

Les émotions négatives comme la colère, la tristesse et la culpabilité vous donnent des indices sur ce qui mérite un travail de votre part. Ce sont des messages que vous devez apprendre à interpréter pour améliorer votre existence.

Par exemple :

La colère nous montre des limites ou des injustices que nous chercherons à réparer.

La tristesse, quant à elle, constitue le plus souvent une réponse naturelle à la perte. Dans ce cas, elle vous indique qu'un travail de deuil sain est nécessaire.

Le sentiment de culpabilité nous renvoie à l'impression d'être un fardeau ; pour se débarrasser de cette émotion, un exercice de remémoration est souvent indispensable.

La honte est le sentiment qui intervient lorsqu'on a "conscience d'avoir agi à l'encontre de ses valeurs".

Etc.

Les murmures et les cris de votre voix intérieure

Nous avons tous ce petit dialogue intérieur qui nous avertit des dangers que nous courrons et qui nous met en alerte. Apprenons à écouter ce que nous dit cette "voix intérieure". "Si vous n'agissez pas, ses alertes se feront de plus en plus fortes, et si vous n'apprenez pas à l'écouter, elle finira par tout contrôler", prévient l'auteure.

Nous l'avons dit plus haut : les besoins et les émotions sont légitimes. Par exemple, il est légitime de vouloir être désiré ou de vouloir se sentir en sécurité. Ces besoins sont en vous et ne doivent pas être masqués. Ce ne sont pas des faiblesses à cacher. Au contraire, vous devez les accepter et trouver le moyen de les combler de façon saine et satisfaisante.

Comment suivre son instinct sans redouter l'avenir

L'instinct joue un rôle important pour nous guider. À la différence des réactions émotionnelles ou des projections liées à nos anxiétés passées ou futures, l'instinct est immédiat et tombe — souvent — juste. Il est focalisé sur l'ici et le maintenant. Nous pouvons donc nous fier à cette intuition pour prendre de bonnes décisions.

En fait, notre instinct ou intuition vient de l'intestin (ce que les anglais nomment gut feelings). Cet organe plié et complexe est souvent considéré comme notre "deuxième cerveau". Il nous renseigne sur nos états intérieurs et nos insatisfactions. Bien sûr, il ne doit pas remplacer complètement le raisonnement venu du cerveau lui-même. Mais il ne doit certainement pas être ignoré !

Il importe également d'apprendre à distinguer entre les émotions (notamment la peur) et l'intuition. Ainsi qu'entre l'instinct et les pensées parasites. L'intuition nous donne un sentiment de calme et de rationalité ; nous savons comment nous comporter sans nécessairement savoir directement pourquoi. Les émotions négatives et les pensées parasites nous laissent quant à elles plutôt dans un état de stress et d'incertitude.

Comment réellement combler ses besoins ?

Le concept de self-care (soin de soi) est remis en valeur et est aujourd'hui à la mode. Brianna Wiest suggère qu'il faut aller au-delà de cette tendance et retrouver la signification profonde de ce terme.

Selon elle, nous devrions nous focaliser en premier lieu sur les besoins physiologiques essentiels tels que le sommeil, la nourriture et le bien-être émotionnel. En fait, en cherchant à y subvenir de façon attentive, nous pouvons déjà supprimer bon nombre de comportements d'autosabotage.

"Nous avons tous besoin, pour bien vivre, de nous sentir en sécurité, de nous nourrir, de dormir, d'évoluer dans un environnement sain, de pouvoir nous vêtir et de nous autoriser à vivre nos émotions sans les juger ni les refouler. (...) Comprendre vos besoins, satisfaire ceux que vous avez les moyens de combler et vous ouvrir au monde pour que vos proches, à leur tour, vous aident à combler les autres — voilà comment briser la spirale de l'autosabotage pour vous bâtir une vie plus saine, équilibrée et épanouissante." (La montagne, c'est toi, Chapitre 3)

Chapitre 4 — Développer son intelligence émotionnelle

L'autosabotage est intimement lié au manque d'intelligence émotionnelle. Cette compétence est cruciale pour comprendre, interpréter et répondre aux émotions des autres et de nous-mêmes.

Votre cerveau est programmé pour résister à ce que vous désirez vraiment

Les neurosciences nous ont appris le rôle de la dopamine dans le cerveau. Celle-ci a un rôle à jouer dans nos tendances autodestructrices. Comment ? En nous poussant à "vouloir toujours plus".

D'un côté, c'est positif, puisque cette substance nous aide à conserver de l'ambition. Nous ressentons du plaisir lorsque nous accomplissons de nouveaux objectifs. Mais de l'autre, la dopamine peut nous jouer des tours en nous empêchant d'être content des victoires déjà remportées. Cela peut conduire à l'épuisement émotionnel et à l'autosabotage.

Les associations inconscientes contribuent au problème. Nous nous fermons des porte sans le savoir ! Par exemple, un échec dans un domaine — en amour, par exemple —, peut engendrer une réponse émotionnelle disproportionnée. Celle-ci va s'étendre au-delà de son milieu d'origine et nous faire perdre le contrôle à d'autres niveaux (au travail, notamment).

Votre corps n'aspire qu'à l'homéostasie

Nos biais cognitifs nous jouent également des tours : le biais de confirmation, notamment, qui nous incite à ne voir et à n'apprendre que ce que nous savons déjà. Nous recherchons avant tout notre zone de confort et nous rechignons à nous analyser en profondeur.

En fait, plus largement, c'est tout notre corps qui vise à demeurer dans un état d'équilibre, aussi bien au niveau de la température corporelle que du poids, ou encore de la régularité des battements du cœur, etc. C'est ce que les scientifiques nomment l'homéostasie ou l'"impulsion homéostatique".

"L'enseignement à retenir ici est que tout processus de changement ou de guérison nécessite une période d'adaptation, le temps que notre corps se fasse à la nouvelle norme que nous lui imposons", prévient Brianna Wiest.

Changement et choc d'ajustement

Il faut aussi prendre en compte ce que l'auteure appelle le "choc d'ajustement". Lorsque nous changeons, notre corps et notre esprit prennent un certain temps à s'adapter à la nouvelle configuration. Or, il se peut que, dans les premiers temps, nous n'en soyons pas satisfaits — même si ce changement est largement positif !

Pour que le changement devienne acquis, il faut qu'il devienne familier. Tant qu'il ne l'est pas, des phénomènes d'anxiété, de peur ou de vigilance extrême peuvent survenir face aux changements en cours.

Brianna Wiest promeut une approche "antifragile" de l'esprit et du changement (p. 105-107). Pour elle, l'adversité et le risque font complètement partie de l'aventure et doivent être assumés positivement.

Par ailleurs, elle place la notion de principe au centre de ses réflexions. L'enthousiasme ne suffit pas. Changer, c'est se mettre en conformité avec ses valeurs et ses principes profonds. Ces modifications ne se font pas en un jour. Nous l'avons déjà vu, c'est par une politique des petits pas que nous arriverons à de grandes transformations (ce que l'auteure nomme des "microrévolutions").

"Ce que nous désirons le plus ardemment est souvent ce à quoi nous résistons le plus fortement", assure-t-elle. Dans ces conditions, pas facile d'obtenir ce que nous voulons vraiment ! Mais pas impossible pour autant…

Vous n'êtes pas devin…

Pour y parvenir, il faut allier la résilience et l'expérimentation à la raison. En d'autres termes, il faut aussi arrêter de penser que nous pouvons tout prévoir — aussi bien les émotions d'autrui que les événements futurs. Ces "pensées divinatrices" produisent en nous des émotions fausses qui nous font mal agir (ou risquent de le faire).

En fait, ces pensées sont souvent des biais cognitifs (comme le biais de confirmation) et l'action juste consiste à s'en défaire par le recours à la logique et à la rationalité.

L'inquiétude est le moins stable des systèmes de défense

Quand bien même la préoccupation et la rumination auraient un lien avec la créativité, elles ne sont pas de bonnes conseillères pour le changement, ni même de bons systèmes de défense, soutient Brianna Wiest. Pourquoi ? Simplement car "s'accrocher aux expériences passées" nous maintient dans la spirale infernale de l'autosabotage.

Bien sûr, il est plus facile de dire "arrête de t'inquiéter" que de le faire véritablement ! Il faut donc mettre en place des stratégies alternatives. Les techniques du self-care et du raisonnement logique font partie de votre boîte à outils pour neutraliser l'anxiété et passer à autre chose.

Chapitre 5 — Se libérer du passé

"La vie est une perpétuelle réinvention de soi." (La montagne, c'est toi, Chapitre 5)

Le concept de "laisser aller" ou "lâcher prise" est souvent réduit à une simple décision. Mais en réalité, il n'est pas facile de changer d'anciennes habitudes et de s'élancer vers le nouveau. Lâcher prise (vis-à-vis de nos douleurs et de nos traumatismes passés, notamment) demande du temps : c'est un processus complexe, nuancé et personnel.

Tourner la page

Brianna Wiest propose un exercice à ceux qui veulent se libérer des fantômes de leur passé : se rappeler de vieux souvenirs et entrer en conversation avec son soi d'autrefois. De cette façon, nous pouvons "injecter" notre sagesse présente à notre plus jeune Moi et réorienter notre énergie vers le présent et l'avenir.

Il existe des pressions sociales pour tourner la page rapidement. Nous sommes parfois contraints de nous adapter très vite, ce qui laisse peu de place à l'analyse et à l'intelligence émotionnelle. Pourtant, comme nous l'avons dit plus haut, le temps compte. In fine, l'objectif est d'intégrer progressivement les expériences du passé dans notre identité présente, afin de créer un continuum cohérent et qui laisse la place à la nouveauté.

Se défaire des attentes irréalistes

"Si vous n'êtes capable de trouver le bonheur et la paix qu'après avoir gommé tous les défauts et écarté tous les problèmes de votre existence afin de vivre dans une illusion policée, c'est que vous n'avez pas réellement résolu vos difficultés." (La montagne, c'est toi, Chapitre 5)

Le vrai problème, ce n'est pas les conditions extérieures ou les marques conventionnelles du succès. Ce à quoi vous devez faire face, ce sont à vos conflits intérieurs.

Le développement personnel — tel que le conçoit Brianna Wiest — ne préconise pas que vous deveniez une version idéalisée de vous-même ou de l'individu en général. Il vous invite plutôt à embrasser qui vous êtes vraiment. La guérison commence lorsque nous acceptons l'imperfection.

Se remettre d'un traumatisme émotionnel

Les traumatismes sont des événements au cours desquels nous perdons notre sentiment de sécurité. Leurs répercussions sont psychologiques et physiques. Au plan psychique, nous demeurons dans un état de vigilance accrue, en "mode combat".

Par ailleurs, les régions de l'amygdale, de l'hippocampe et du cortex préfrontal, qui gèrent notamment le stress et la mémoire, sont mises à rude épreuve après un traumatisme. Nous n'arrivons plus (ou plus totalement) à :

Traiter les souvenirs de façon complète ;

Nous sentir en sécurité ;

Gérer nos émotions ;

Planifier et envisager notre avenir.

Pour nous en sortir, nous devons apprendre à nous libérer des émotions refoulées. Celles-ci ne sont pas facultatives ! Elles assurent notre bien-être et nous devons apprendre à les maîtriser autrement qu'en surcompensant ou en nous enivrant (pour ne prendre que deux exemples d'habitudes malsaines).

En fait, les émotions sont physiologiques et — si nous prêtons attention au langage — nous nous rendons compte qu'elles sont intimement liées au corps. Nous disons que nous "en avons plein le dos", quand nous sommes angoissés. Ou encore que nous avons "la peur au ventre", etc.

Ici, la méditation et la respiration peuvent aider en profondeur. Méditer, c'est d'abord apprendre à ressentir. La respiration aide à sentir où se situent les zones de tension. Pensez aussi à vous mouvoir dans l'espace et à laisser votre corps s'exprimer par des manifestations spontanées, telles que des tremblements, des pleurs, etc.

Guérir son esprit

Nous l'avons vu, l'intelligence émotionnelle est un prérequis essentiel pour retrouver la sérénité et se préparer au changement. Cela passe par un certain lâcher-prise : lâcher prise face à toutes ces peurs et émotions négatives qui ne nous servent pas.

"Guérir, c'est refuser de voir le changement comme un désagrément pour ne plus subir, une seconde de plus, la médiocrité. On ne peut pas échapper à l'inconfort du changement, il nous mettra toujours mal à l'aise. Mais on peut choisir de vivre cet inconfort en dépassant les limites que l'on s'est imposées, en brisant les codes et en devenant la personne que l'on rêve d'être, au lieu d'endurer en restant sur place à ruminer des peurs inventées pour justifier notre inaction." (La montagne, c'est toi, Chapitre 5)

Chapitre 6 — Se bâtir un nouvel avenir

Adopter une perspective tournée vers le présent et l'avenir est essentiel pour devenir la meilleure version de vous-même et adopter des principes qui vous mèneront là où vous avez toujours voulu être.

À la rencontre de la personne que vous pourriez devenir

Pour ce faire, nous avons vu qu'il importe au plus haut point de se libérer des fantômes du passé. Mais pas seulement ! Vous devez littéralement créer votre nouvel horizon. L'un des exercices les plus connus pour cela est la visualisation (pratiquée notamment par les spécialistes de la programmation neurolinguistique).

Brianna Wiest retravaille ce concept en proposant au lecteur de converser non plus avec son Moi plus jeune, mais avec son "meilleur Moi possible".

Lorsque vous pratiquerez cet exercice, vous devrez vous focaliser sur les nuances de votre apparence et de votre comportement. Comment serez-vous ? Comment agirez-vous ? Quelles seront les différences, par rapport à celui que vous êtes aujourd'hui ?

En visualisant ces détails, vous obtiendrez des indices sur les étapes à suivre pour devenir celui ou celle que vous voulez être.

Mais l'auteure va plus loin et vous propose un cheminement en 4 étapes :

Vaincre la peur ;

Observer son futur moi ;

Lui demander conseil ;

Imaginer recevoir les "clefs" de sa nouvelle vie.

Devenir la version la plus puissante de soi

Plutôt que de vous laisser aller à de vagues idées sur vous-même et le monde, prenez les choses en main et explorez votre futur Moi de façon raisonnée. Pour devenir la version la plus puissante de vous-même, fondez toutes vos décisions et actions dans le moment présent, avec conscience et responsabilité.

Voici quelques conseils supplémentaires explorés par Brianna Wiest dans La montagne, c'est toi (p. 16'-168) :

Demandez-vous ce que ferait votre "meilleur Moi possible" ;

Prenez conscience de vos faiblesses ;

Tenez-vous prêt à ne pas être aimé ;

Agissez délibérément ;

Travaillez sur vous-même.

Pour l'auteure, vous devez agir comme une petite entreprise en laissant l'image de votre meilleur Moi possible guider vos actions :

"Faites de cette version de vous le PDG de votre vie. Désormais, c'est elle qui prendra les décisions et gérera tout. Elle sera rédactrice en chef, la mère supérieure, le chef de famille… Bref, mettez-vous à ses ordres." (La montagne, c'est toi, Chapitre 6)

Apprendre à valider ses émotions

L'intelligence émotionnelle, associée à une pratique de la validation équilibrée, est d'un grand secours pour évoluer positivement.

La validation peut être néfaste lorsqu'elle devient la recherche compulsive du regard d'autrui. En revanche, elle est diablement utile et bienvenue quand nous devenons capables de valider nos propres émotions.

D'ailleurs, nous nous en rendons davantage compte quand nous le pratiquons avec autrui. Avez-vous remarqué le bien que procure un simple mouvement d'empathie ? Lorsque, par exemple, vous dites à une personne triste : "Je comprends ta tristesse, cela ne doit pas être facile". Ou lorsque vous recevez une remarque de ce genre, plutôt qu'un conseil…

La validation fait du bien. Mais comme nous venons de le dire, elle ne doit pas devenir compulsive. C'est pourquoi nous devons apprendre à valider nous-mêmes nos émotions. Comment ? En reconnaissant votre émotion et en vous disant que vous avez le droit d'être en colère, ou stressé, etc.

Suivre ses principes

Brianna Wiest oppose le fait de suivre des principes avec celui de se laisser uniquement guider par son inspiration. Les principes sont peut-être ennuyeux, mais ils nous mènent à bon port. L'inspiration, quant à elle, n'est basée que sur l'imaginaire : elle virevolte mais ne nous mène — concrètement — nulle part.

Les principes sont des relations de cause à effet. Ils peuvent être des normes sociales, des lois naturelles, ou encore des guides éthiques. En bref, ils apportent un cadre solide à l'action. En basant vos décisions et vos actions sur des principes, vous avez toutes les chances de parvenir à des résultats plus tangibles.

L'auteure aborde également la question de la raison d'être. Quelle est votre raison d'être ? En réalité, celle-ci change au cours du temps. Mais la plupart du temps, nous associons raison d'être et travail. Dans ce cas, autant passer le plus de temps à faire ce que vous aimez vraiment !

"Votre raison d'être se trouve là où se recoupent vos compétences, vos centres d'intérêt et les besoins du monde." (La montagne, c'est toi, Chapitre 6)

Que faire de votre vie ?

Voici plusieurs questions à vous poser pour vous aider à trouver votre raison d'être (p. 181-183) :

Pour qui et pour quoi êtes-vous prêt à souffrir ?

Fermez les yeux et imaginez la meilleure version de vous-même. À quoi ressemble-t-elle ?

Si les réseaux sociaux n'existaient pas, que feriez-vous sincèrement ?

Qu'est-ce qui vous vient le plus naturellement ?

Quelle serait votre routine idéale ?

Qu'aimeriez-vous laisser derrière vous ?

Chapitre 7 — De l’autosabotage à la maîtrise de soi

Passer de l'autosabotage à la maîtrise de soi n'est pas exceptionnel ou particulièrement compliqué. En fait, cela sera la conséquence naturelle d'un seul premier pas dans la bonne direction.

Contrôler ses émotions au lieu de les réprimer

Brianna Wiest s'inspire des enseignements du bouddhisme et de la pratique de la méditation. Mais aussi de la psychothérapie. Selon ces pratiques spirituelles, il importe de libérer ses émotions en "lâchant prise" ou en s'autorisant à s'exprimer.

Souvent, nous réprimons nos émotions de façon inconsciente. Mais nous pouvons reprendre le contrôle de façon consciente. Pour ce faire, prenez acte de l'émotion ressentie, puis décidez clairement de la réponse à apporter. Agissez donc en deux temps, sans vous jeter sur la première réaction qui vous vient spontanément.

Réapprendre à se faire confiance

En agissant de la sorte, il est possible de trouver la paix intérieure et de se faire à nouveau confiance.

Quelle que soit la situation, considérez-là calmement, en gardant à l'esprit que, au fond de vous-même, tout va bien. D'ailleurs, c'est un enseignement que vous pouvez aussi retrouver chez les penseurs stoïciens comme Marc Aurèle.

Trouver sa propre paix

La paix intérieure est une aspiration qui dépasse celle du bonheur éphémère. Pour l'atteindre, il faut se reconnecter avec l'enfant qui demeure toujours en nous — la part de vulnérabilité et de pureté qui nous habite toute notre vie.

C'est, au fond, tout ce que nous possédons, car c'est la seule chose que nous pouvons contrôler. Pour y parvenir, il importe — encore une fois — de ne pas confondre les émotions et les actes. Il faut briser le cercle de l'anxiété qui se nourrit d'elle-même.

Brianna Wiest donne quelques conseils supplémentaires pour nous aider à atteindre la force mentale. Selon elle, il ne s'agit pas d'une qualité stable, obtenue pour toujours. Nous avons à entretenir notre paix intérieure de façon quotidienne. Notamment en :

Restant humble (le monde ne tourne pas autour de nous) ;

Reconnaissant les limites de nos connaissances ;

Demandant de l'aide, lorsque nous en avons besoin ;

Faisant des plans pour guider nos actions ;

Assumant la responsabilité de nos actes et de nos décisions ;

Gérant les émotions complexes.

Se rendre maître de soi

La maîtrise de soi est la prise de responsabilité ou de contrôle sur sa vie — y compris en acceptant les choses que nous ne pouvons, justement, pas maîtriser. Les défis sont des montagnes qui vous élèvent.

Au final, il ne s'agit pas d'un parcours solitaire, mais d'une pratique qui contribue au bien-être collectif. En gravissant vos propres montagnes, vous affirmez non seulement vos capacités, mais contribuez à rendre le monde meilleur.

"Soyez la personne que vous aspirez à devenir. Créez-la. Travaillez sur vous, et votre évolution se répercutera sur les autres. Si nous voulons changer le monde, nous devons d'abord changer nous-mêmes. (...) Si nous voulons escalader les montagnes s'élevant sur notre route, nous devons aborder le chemin d'une nouvelle façon. Une fois arrivé au plus haut sommet de votre vie (quel qu'il soit), vous vous rendrez compte que chaque pas en valait la chandelle." (La montagne, c'est toi, Chapitre 7)

Conclusion sur « La montagne, c'est toi » de Brianna Wiest :

Ce qu’il faut retenir de « La montagne, c'est toi » de Brianna Wiest :

Brianna Wiest est une créatrice de contenus très active sur les réseaux sociaux — en particulier, sur Instagram, Facebook et Pinterest. Elle s'intéresse tout particulièrement à la santé mentale et au développement personnel.

En plus de La montagne, c'est toi, elle a écrit plusieurs ouvrages, dont :

100 Essays that Change the Way You Think ;

The Pivot Year.

Dans La montagne, c'est toi, elle s'intéresse tout particulièrement au phénomène de l'autosabotage. Ses sources d'inspiration pour résoudre sa problématique sont multiples : auteurs de self-help, psychothérapie contemporaine et bouddhisme.

Que retenir de l'ouvrage ? Peut-être cette citation qui se trouve mise en exergue de l'introduction :

"Votre montagne se dresse entre vous et la vie à laquelle vous aspirez. Il n'y a qu'en la gravissant que vous pourrez vous épanouir. Si vous êtes aujourd'hui à son pied, c'est qu'un événement a révélé en vous une blessure enfouie. Cette blessure vous montrera la voie à suivre, et cette voie vous guidera vers votre destin." (La montagne, c'est toi, Introduction)

Points forts :

Un petit livre clair et bien structuré ;

Des exemples dans les domaines personnel et professionnel ;

Une bibliographie à la fin de l'ouvrage ;

Des conseils pour avancer.

Point faible :

Un peu trop de répétitions.

Ma note :

★★★★☆

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Thu, 29 Feb 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12783/La-montagne-cest-toi
Le Cygne Noir http://www.olivier-roland.fr/items/view/12767/Le-Cygne-Noir

Résumé de « Le Cygne Noir : la puissance de l'imprévisible » de Nassim Nicholas Taleb : l’essai qui a fait la renommée de l’auteur, ancien trader d’options qui cherche à construire une théorie du hasard et de l’incertitude pour nous rendre plus forts et améliorer nos vies quotidiennes.

Par Nassim Nicholas Taleb, 2008.

Titre original : « The Black Swan: The Impact of the Highly Improbable », 2007.

Chronique et résumé de « Le Cygne Noir » de Nassim Nicholas Taleb

Incepto, l’œuvre en 5 volumes de Nassim N. Taleb

Nassim Nicholas Taleb (1960-) est un ancien trader d'options et un statisticien de renom. C’est à partir de son expérience dans la finance qu’il a commencé à écrire.

Le Cygne Noir est le deuxième livre de sa série Incerto, qui se compose par ailleurs de :

Le hasard sauvage (Fooled by Randomness) ;

Le cygne Noir (The Black Swan) ;

Le lit de Procuste (The Bed of Procrustes) ;

Antifragile (Antifragile) ;

Jouer sa peau (Skin in the Game), le cinquième et dernier ouvrage de la série.

Tout au long de cette série de livres, Nassim Nicholas Taleb aborde les thématiques du risque et de l’incertitude. Il s’intéresse au hasard et à ce qui provoque les événements inattendus tant aux niveaux économique, politique ou social.

Le Cygne Noir est son livre (et son concept) le plus connu. C’est un concept qui désigne les événements, rares et inattendus, ayant un impact positif sur le monde — y compris les marchés financiers.

L'ouvrage a été un best-seller du New York Times lors de sa sortie.

Prologue

Nassim Nicholas Taleb commence le livre en expliquant l'image centrale qui lui donne son titre. Nous croyons généralement que tous les cygnes sont blancs, avant de nous rendre compte qu'il en existe des noirs.

Cette image est une métaphore des types d'événements rares. Ceux-ci ont les caractéristiques suivantes :

Des valeurs aberrantes ;

Un impact élevé ;

Expliqués après coup par des récits qui résultent de la tendance humaine à traiter les choses au moyen d'histoires.

Selon Nassim Nicholas Taleb, ces « cygnes noirs » aident à expliquer les mouvements les plus importants de l'histoire de l'humanité.

De plus, Taleb articule dans ce prologue l'autre idée centrale du livre : notre cécité par rapport au hasard et aux événements improbables qui bouleversent notre condition.

Une grande partie de cet aveuglement provient d'une dépendance excessive à l'égard des connaissances que nous avons déjà accumulées et des opinions d'experts. La plupart du temps, ceux-ci ne tiennent pas compte des événements très improbables.

À la fin du chapitre, N. N. Taleb fournit quelques indications sur la manière de lire ce livre. Il s'agit d'un essai philosophique qui s'appuie sur des raisonnements propres et l'expérience intime de l'auteur. ll se dit à la fois angoissé et inspiré par les implications de son concept, le Cygne Noir.

Première partie — L’antibibliothèque de Umberto Eco, ou comment nous recherchons la validation de notre savoir

Avant d'entrer dans le premier chapitre, Nassim Nicholas Taleb écrit brièvement sur la bibliothèque de l'écrivain Umberto Eco. Il l'appelle une "antibibliothèque", car l'écrivain italien appréciait davantage les livres qu'il n'avait pas explorés beaucoup plus à ceux qu'il avait déjà lus !

C'est une manière de rester curieux…

Chapitre 1 — L’apprentissage d’un sceptique empirique

Et, en effet, les connaissances que nous n'avons pas encore acquises nous amènent à être ouverts d'esprit aux possibilités de la vie. Nous ne les envisageons pas de façon possessive, comme s'il s'agissait de propriétés personnelles.

Poursuivant sur un ton plus personnel, Nassim Nicholas Taleb se penche ensuite sur ses années de formation au Liban. Il parle aussi de son départ à l'étranger pendant la guerre civile du Liban. Ces expériences l'ont amené à devenir ce qu'il nomme un "empiriste sceptique".

Pour lui, les événements mondiaux de grande ampleur, tels que la guerre du Liban et le krach boursier de 1987, sont des cygnes noirs. Ce sont des événements hautement improbables et pratiquement imprévisibles qui ont bouleversé l'humanité, ou au moins une partie d'entre elle.

Le sceptique empirique cherche à prendre en compte ces événements. Il ne les oblitère pas, comme la plupart d'entre nous le fait. Il existe, en effet, une tendance humaine à trop simplifier ou à négliger ce type d'événements étonnants et imprévisibles.

Selon N. N. Taleb, les êtres humains prétendent en savoir beaucoup plus qu'ils ne savent en réalité. Plus précisément, l'auteur critique les experts qui tentent de déchiffrer et de prévoir les événements humains.

Non seulement nous prétendons en savoir plus que nous en savons en réalité, mais nous nous tournons vers des experts qui n'en savent pas beaucoup plus !

Sur les illusions et les biais qui gouvernent nos pensées, vous pouvez lire aussi Système 1/Système 2 de Daniel Kahneman, un ami de N. N. Taleb !

Chapitre 2 — Le cygne noir de Yevgenia

Dans ce bref chapitre, l'auteur raconte l'histoire fictive d'une écrivaine. Celle-ci se nomme Yevgenia Krasnova. Elle a énormément de mal à publier un livre. Cependant, après avoir envoyé son livre à divers éditeurs en vain, elle est finalement publiée par un éditeur russe qui se dit qu'il n'a rien à perdre.

Son livre, intitulé A Story of Recursion, devient rapidement un best-seller. Yevgenia est catapultée dans les plus hautes sphères du succès littéraire. Son éditeur aussi connait un grand succès. Entretemps, Krasnova épouse et divorce de trois maris, tous philosophes !

Ce chapitre étonnant est une création libre de N.N. Taleb. Ce faisant, il choisit d'inventer un cygne noir positif.

En effet, au lieu de choisir un événement qui tournerait autour d'une catastrophe environnementale ou d'un conflit géopolitique, il raconte ici l'histoire d'un succès littéraire et de son impact dans le monde littéraire.

Chapitre 3 — Le spéculateur et la prostituée

Dans une veine toujours pleine de créativité, l'auteur expose deux concepts ou "mondes" qu'il a inventés : le Médiocristan et l'Extrêmistan.

Dans le Médiocristan, le monde est essentiellement imperméable aux cygnes noirs, prévisible et stable en termes de prédictions et de prévisions.

En Extrêmistan, ici, le monde change en fonction des cygnes noirs, qui sont une partie naturelle du monde. Ici, l'histoire avance par « sauts », contrairement au mouvement lent et continu du Mediocristan.

Nassim Nicholas Taleb soutient que l'Extrêmistan ressemble plus à notre monde moderne, tandis que le Mediocristan ressemble davantage à notre existence ancestrale.

L'opposition entre Médiocristan et Extrêmistan généralise les arguments de l'auteur dans un contexte plus large. Bien sûr, Médiocristan et Extrêmistan existent principalement en tant que concepts, c'est-à-dire en tant qu'hypothèses abstraites.

Chapitre 4 — Mille et un jours, ou comment ne pas être un dupe

N. N. Taleb illustre le problème avec un raisonnement purement de type inductif — c'est-à-dire où l'on passe du particulier au général.

Il raconte l'histoire d'une dinde qui est bien nourrie pendant mille jours consécutifs. Logiquement, elle s'attend à ce que ses maîtres la nourrissent aussi le mille et premier jour. Et pourtant, en ce jour fatidique, la dinde est tuée et préparée pour un dîner de Thanksgiving !

L'anecdote met en évidence l'idée que le cygne noir, vu à travers les yeux de la dinde, est une surprise totale :

"Du point de vue de la dinde, le fait de ne pas être nourrie le mille et unième jour est un cygne noir. Pour le boucher en revanche, ce n'est pas le cas, car son apparition n'est pas inattendue." (Le Cygne Noir, Chapitre 4)

Le "problème de la dinde" met le lecteur en garde contre notre confiance aveugle dans le passé. Celui-ci n'est pas toujours fiable lorsqu'il est question de nous informer sur l'avenir. Or, si l'on ne croit pas en l'existence de cygnes noirs, l'impact de ces événements en sera d'autant plus fort lorsqu'ils surviendront.

Nassim Nicholas Taleb donne quelques exemples. Selon lui, les cygnes noirs négatifs comme les attentats du 11 septembre 2001, par exemple, sont souvent très brusques (même si leurs conséquences s'étendent sur de longues années). Par contre, les cygnes noirs positifs — comme un succès littéraire — sont souvent plus lents à apparaître.

L'auteur souligne que nous sommes complètement inconscients et aveugles. Il soutient que c'est avant tout une histoire de constitution. Selon lui, "la nature humaine n'est pas programmée pour les cygnes noirs".

Chapitre 5 — Confirmation, mon œil !

Taleb commence par illustrer le célèbre biais de confirmation. Il demande au lecteur d'imaginer la scène suivante. Lui, N. N. Taleb, considère que O.J. Simpson est innocent, simplement parce qu'il a passé un après-midi avec lui et qu'il ne l'a vu tuer personne.

Voici l'élément important : souvent, nous fondons nos jugements sur nos propres observations personnelles. Elles nous servent à confirmer ou nier ce que nous croyons possible.

Selon N.N. Taleb, cette tendance à s'appuyer sur les récits que nous avons choisis est un phénomène tout à fait caractéristique de la nature humaine. Néanmoins, cela nous conduit à sous-estimer la présence des cygnes noirs.

Dans nos efforts pour corroborer nos propres récits, nous déformons la vérité sur la façon dont le monde fonctionne.

Si nous combinons l'erreur logique de nos biais de confirmation avec une tendance collective à corroborer nos croyances antérieures, alors nous comprenons pourquoi nous avons tant de mal à faire des prévisions raisonnables sur l'avenir.

Chapitre 6 — L’erreur de narration

N. N. Taleb continue à explorer la tendance naturelle des êtres humains à générer des récits créatifs. Il appelle cela "l'erreur narrative", car elle nous égare souvent.

Pour l'auteur :

"L'erreur narrative est associée à une certaine vulnérabilité à la surinterprétation et à une prédilection pour les histoires compactes." (Le Cygne Noir, Chapitre 6)

Lorsque nous condensons les phénomènes improbables en histoires compactes et faciles à retenir, nous sommes mieux en mesure de traiter le quotidien.

Par ailleurs, le spécialiste de la finance souligne également que nous avons tendance à voir l'histoire de façon linéaire (Médiocristan). Nous aimons la causalité unique, "qui fait circuler le temps dans une seule direction, tout comme la narrativité".

Malgré le fait qu'il s'agisse d'une manifestation innée de la nature humaine, il existe des moyens d'éviter l'erreur narrative. Pour cela, il faut "favoriser l'expérimentation à la narration, l'expérience à l'histoire et la connaissance clinique aux théories".

Pour résumer : en nous appuyant davantage sur des preuves empiriques, nous réduisons la possibilité de créer de faux récits qui déforment notre vision de l'histoire.

Chapitre 7 — Vivre dans l’antichambre de l’espoir

N. N. Taleb montre comment — de ce point de vue —  la société peut être divisée en deux catégories.

D'un côté, il y a des gens — comme la dinde — qui sont complètement inconscients des cygnes noirs de quelque nature que ce soit.

De l'autre côté, il y a ceux et celles qui vivent dans l'attente des cygnes noirs. Ils sont conscients que leurs visions du monde peuvent être fortement remises en cause à tout moment.

Les approches et les idéologies de ces catégories de personnes sont complètement différentes. Nassim Nicholas Taleb reprend l'histoire de l'écrivaine qui espère des cygnes noirs positifs dans sa vie, car "elle ne se souciait pas du doux piège de l'anticipation". Autrement dit : elle avance avec confiance.

À noter : cette façon de voir le monde ressemble assez fortement à celle de L'expérience du lâcher-prise de Michael Singer.

Yevgenia Krasnova pense que le pouvoir de l'imprévisible peut changer sa vie. Tout son système de pensée est basé sur la croyance que les cygnes noirs positifs existent et qu'ils peuvent modifier profondément le cours de nos existences.

Chapitre 8 — La chance infaillible de Giacomo Casanova : le problème de Diagoras

Le philosophe et ancien trader explique ensuite le concept de "preuves silencieuses". Cela fait référence à l'idée qu'il y a des aspects cachés dans tout récit historique.

Ce sont des éléments qui sont restés "silencieux" car ils créaient des distorsions dans le récit "officiel" (et erroné) des événements historiques.

N.N. Taleb prend l'exemple de Diagoras, un poète grec qui vécut au Ve siècle av. J.-C. En substance, le problème est le suivant :

Si je sais que toutes les personnes qui ont échappé à la noyade (lors d'un naufrage) ont prié, cela signifie-t-il que toutes celles qui n'ont pas prié sont mortes ?

Ou pour le dire autrement : parmi les personnes qui sont mortes, y en avait-il qui avait elles aussi prié ?

Nous voulons naturellement croire que la prière aide à survivre au naufrage d'un navire. Mais si nous connaissions l'histoire de celles et ceux qui sont morts, nous changerions peut-être d'avis. Ceux-ci jouent le rôle de "preuve silencieuse".

Autre exemple : Giacomo Casanova, le célèbre aventurier italien, plus connu pour sa réputation de séducteur de femmes. Casanova croyait sincèrement qu'il était né sous une bonne étoile. Tout, dans la vie, lui souriait.

Chaque fois qu'il rencontrait un problème, il parvenait d'une manière ou d'une autre à éviter le désastre. Pourtant, il est impossible d'en conclure que nous avons tous une bonne étoile. En fait, bien des gens sombrent dans l'oubli, car ils n'ont pas eu autant de chance que lui. Ce sont ses "preuves silencieuses".

Morale : lorsque nous interprétons les événements historiques uniquement à travers les lunettes interprétatives des survivants ou des vainqueurs, nous laissons de côté des preuves tacites et silencieuses.

Pourtant cela a des effets néfastes. Lorsque nous ignorons les preuves silencieuses, notre compréhension des cygnes noirs diminue.

Bien sûr, nous ne pouvons pas toujours être au courant de ce qu'il se passe "en cachette" ou en dehors des récits qui nous sont racontés. C'est une limite de la connaissance humaine.

En effet, ces lacunes dans notre connaissance ne sont pas simplement le fruit d'un désir malveillant de dissimulation. Elles renseignent plutôt sur l'inévitable faillibilité de nos savoirs humains.

Chapitre 9 — L’erreur ludique ou l’incertitude du polard

Pour clore cette première partie assez théorique, N. N. Taleb se concentre sur un concept qu'il appelle "l'erreur ridicule".

Celui-ci fait référence au biais logique qui se produit lorsque nous assimilons les jeux de hasard avec le monde réel. Pour l'auteur, ancien trader à Wall Street, l'imprévisibilité de la réalité n'est pas identique au hasard des jeux de casino ou de voyance.

La différence est la suivante :

Dans le jeu, vous connaissez plus ou moins vos chances, en misant sur les probabilités.

"Dans la vraie vie, vous ne connaissez pas les chances ; vous devez les découvrir, et les sources d'incertitude ne sont pas définies".

Autrement, le rapport à l'incertitude est fondamentalement différent dans le jeu et dans la vie réelle. Le pouvoir de l'imprévisible est bien plus fort dans le second cas.

Un cygne noir se produit simplement parce qu'il est une occurrence naturelle — une possibilité parmi d'autres — du monde. Il n'a pas de raison. Personne ne joue aux dés derrière lui. La source de l'incertitude est tout simplement la nature profondément inexplicable (incompréhensible pour nous) de l'univers.

Partie 2 — Les prévisions sont tout bonnement impossibles

Chapitre 10 — Le scandale des prévisions

Dans la suite de l'ouvrage, Nassim Nicholas Taleb explore les limites de notre capacité à prédire et à prévoir l'avenir.

Dans ce chapitre, il se concentre spécifiquement sur le concept d'« arrogance épistémique », qu'il définit comme « notre orgueil concernant les limites de notre connaissance".

Nous nous croyons souvent plus malins que nous ne sommes vraiment. C'est exactement ce que dit David McRaney dans son ouvrage Vous n'êtes pas si malin !

En fait, l'arrogance épistémique a un double effet :

Nous surestimons ce que nous savons ;

Nous sous-estimons l'incertitude.

Pour l'auteur, l'accumulation des connaissances et des informations, la veille attentive des dernières nouvelles ou la lecture de livres d'analyse… Tout cela, au fond, n'aide pas vraiment. En fait, notre capacité à faire des prédictions reste faible.

Au contraire ! L'auteur pense même que l'accumulation de connaissances et d'informations peut diminuer notre capacité à prévoir les événements futurs. Pourquoi ?

Car les êtres humains ont tendance à se faire une idée de ce qui est possible sur la base de leurs expériences ou de leurs connaissances. Or un cygne noir est par nature imprévu et il défie souvent nos catégories de pensée. Il faut donc s'y faire : nous ne sommes pas capables de prévoir l'avenir.

Chapitre 11 — Comment chercher la fiente d’oiseau

Bon nombre de nos découvertes les plus importantes ont été le fruit du hasard ou de la sérendipité.

Christophe Colomb a cherché à trouver une nouvelle route vers l'Inde et a fini par découvrir l'Amérique.

Deux scientifiques sont "tombés" sur le rayonnement micro-ondes en faisant des recherches sur les fientes d'oiseaux.

Alexandre Flemming a découvert la pénicilline de façon aléatoire, en réalisant des investigations différentes.

Souvent, nous reconstruisons l'histoire de ces découvertes scientifiques et de ces inventions techniques.

Nassim Nicholas Taleb souligne ici, une fois de plus, les limites de la connaissance humaine. Les êtres humains n'ont tout simplement pas assez d'informations pour élaborer des hypothèses gagnantes à tous les coups.

Et pourtant, insiste encore l'auteur, nous nous tournons constamment vers des experts censés nous aider à comprendre la direction dans laquelle nous allons. Mais au fond, le savent-ils vraiment mieux que nous ?

Chapitre 12 — L’épistémocratie, un rêve

N. N. Taleb cherche ensuite à formuler l'idée d'une société idéale, une utopie. Dans cette société, les gens admettraient ouvertement la valeur de leur propre ignorance. Ils la placeraient au-dessus de la valeur de leur connaissance. C'est ce qu'il nomme "épistémocratie".

Il propose dans ce cadre un concept qu'il appelle "aveuglement futur". Il s'agit de "l'incapacité de penser dynamiquement, de se positionner par rapport à un futur observateur".

Les effets pratiques de cette cécité future nous conduisent à nous tromper sur la façon dont une décision ou un résultat particulier nous affectera à l'avenir, ou sur la durée des conséquences négatives (ou positives) potentielles.

Rappelons-nous : l'histoire n'est ni causale ni linéaire. En pensant de cette façon, nous croyons que les causes observées dans le passé dicteront la forme que prendra l'avenir. Mais l'avenir est beaucoup plus imprévisible que nous ne le pensons généralement !

Chapitre 13 — Le peintre appelle, ou que faire si on ne peut pas prévoir ?

Dans ce chapitre, l'auteur souhaite donner quelques trucs et astuces pour diminuer notre tendance à l'aveuglement du futur.

Pour les petits soucis de la vie quotidienne, Nassim Nicholas Taleb nous conseille simplement d'accepter notre condition d'être humain. Nous sommes arrogants, mais nous devons reconnaître que nous ne savons pas tout.

Une leçon qui n'est pas si éloignée du stoïcisme !

Par ailleurs, l'auteur garde les pieds sur terre. Certes, nous ne pouvons pas tout prédire. Pour autant, nous sommes capables de prévoir où nous serons la semaine prochaine.

Nassim Nicholas Taleb donne un autre conseil. Au quotidien, nous devrions étudier la plausibilité et le préjudice potentiel d'une prédiction particulière. Pour les situations plus lointaines et pour la « cécité future », il est préférable de rester préparé à tous les résultats possibles.

L'adoption d'un système de pensée qui vous permet d'être prêt pour les moments les plus imprévisibles de la vie peut être très avantageuse.

Elle vous permet de vivre votre existence sur le mode expérimental des essais et des erreurs ;

Elle vous libère de l'idée de causalité et donc de la détermination.

En vous contentant de rester ouvert à l'imprévisible, vous n'avez pas besoin de faire de savants calculs. Vous vous contentez d'imaginer l'imprévu et ses conséquences (un tremblement de terre, par exemple), puis d'agir en fonction de cela. C'est plus simple et plus efficace.

Pour le dire en une expression, nous devrions "nous attendre à l'inattendu".

Partie 3 — Ces cygnes gris de l’Extrêmistan

Chapitre 14 — Du Médiocristan à l’Extrêmistan, et vice-versa

Continuons notre périple dans le monde de l'imprévisible !

Dans cette partie (comme nous allons le voir plus précisément au chapitre suivant), N. N. Taleb se concentre sur ce qui est selon lui une erreur, voire une fraude. C'est pourtant l'un des graphes les plus connus des statistiques : la courbe de Gauss. Celle-ci est aussi appelée "courbe en cloche" ou "courbe de la loi normale".

Mais dans ce chapitre, l'auteur se concentre surtout sur une idée. Le monde est-il "juste" ? Lorsque le hasard gouverne, nous avons tendance à considérer que la justice fait défaut.

Et de fait. Dans un monde imprévisible, l'un peut faire n'importe quoi et réussir, quand l'autre, qui s'évertue à faire les choses correctement, connaît un échec retentissant.

En Extrêmistan, le hasard ou la chance ne garantit ni le succès ni l'échec de manière permanente. Mais cela ne ressemblerait-il pas au monde moderne, de plus en plus instable ? C'est en effet ce que pense l'ancien trader.

"Personne n'est en sécurité", dit encore l'auteur. C'est la face sombre, sans doute, du pouvoir de l'imprévisibilité.

Chapitre 15 — La courbe en cloche, cette grande escroquerie intellectuelle

N. N. Taleb en vient, dans ce chapitre technique, à critiquer la courbe de Gauss. La courbe en cloche représente une distribution des probabilités d'un événement quelconque. Selon ce modèle, les événements proches de la moyenne sont plus fréquents que ceux qui s'en éloignent.

De l'avis de l'auteur, cet outil mathématique et statistique est inadéquat et trompeur. Il nous éloigne de la compréhension correcte des cygnes noirs. Le philosophe trader n'y va pas de main morte, puisqu'il considère carrément cette formule comme une "grande fraude intellectuelle".

Mais l'auteur reconnaît également que le sujet des cygnes noirs est profondément personnel. Il a consacré de nombreuses années de sa vie à réfléchir à l'impact des cygnes noirs sur l'histoire de l'humanité.

C'est un savoir qui se met difficilement "en cloche" ou en graphe, mais qui a pourtant une puissante valeur à ses yeux.

Finalement, Nassim Nicholas Taleb se réfère à un modèle mathématique qui, à ses yeux, se rapproche de sa façon de penser. C'est le modèle fractal de Benoît Mandelbrot. Et, justement, il lui consacre le chapitre suivant.

 Chapitre 16 — L’esthétique du hasard

N.N. Taleb explique le concept de "caractère aléatoire" de Benoît Mandelbrot, un mathématicien polono-franco-américain. Le concept repose sur "la répétition de motifs géométriques à différentes échelles, révélant des versions de plus petites en plus petites d'eux-mêmes" (voir l'image à la fin de la partie 3 : il s'agit d'un exemple de motif fractal).

L'auteur est attiré par ce modèle parce qu'il ne diminue pas la probabilité d'un cygne noir d'un point de vue statistique et prédictif.

De plus, les fractales peuvent transformer les cygnes noirs en cygnes gris, car "le caractère aléatoire fractal est un moyen de réduire les surprises, de rendre certains des cygnes possibles, pour ainsi dire, de nous faire prendre conscience de leurs conséquences, c'est-à-dire de les rendre gris".

Les cygnes gris, comme les cygnes noirs, peuvent avoir un impact profond sur la société. Toutefois, contrairement à ces derniers, les cygnes gris sont plus aisés à expliquer et à comprendre.

Pour Nassim Nicholas Taleb, il ne faut pourtant pas y voir la solution de l'imprévisibilité. Certes, ce modèle peut servir de cadre de référence et, en un sens, nous "réconforter". Mais même ce modèle ne donne pas de réponses précises et absolues.

Aussi complexe et sophistiqué que soit le modèle du mathématicien Benoît Mandelbrot, il ne rivalise toujours pas avec la puissance de l'imprévisible, c'est-à-dire avec l'incertitude typique des cygnes noirs.

En fait, nous serons sans doute toujours limités. Notre capacité à prédire des événements à grande échelle est moins forte que ces événements eux-mêmes.

Chapitre 17 — Les fous de Locke, ou des courbes en cloche aux mauvais endroits

L'auteur poursuit ses recherches en parlant de l'utilisation abusive des théories mathématiques, telles que la courbe gaussienne. Il s'intéresse en particulier à la façon dont celle-ci est utilisée de façon impropre dans les sciences sociales.

Selon N. N. Taleb, cette mauvaise utilisation se produit souvent après coup, lorsque les chercheurs veulent justifier des phénomènes et les expliquer au cours de conférences auprès de collègues ou du public.

Par exemple, le krach boursier de 1987 a démontré l'inefficacité de la courbe en cloche "sur le moment". Pourtant, de nombreux chercheurs ont persévéré dans son utilisation. Ils ont affirmé que la courbe de la loi normale permettait de comprendre la crise, l'économie et la finance.

L'ancien trader iconoclaste s'en prend aussi au prix Nobel d'économie. Selon lui, c'est une imposture, comme la courbe en cloche (qui a beaucoup été utilisée par ses lauréats) !

Les gens sont capables de changer d'avis et de s'ouvrir à l'incertitude. Cependant, lorsque la crise frappe — ou lorsqu'ils doivent prendre un risque majeur pour mettre leur nouvelle pensée à l'épreuve—, ils reviennent souvent à leurs croyances et à leurs préjugés antérieurs.

Dans ces situations stressantes, l'analyse objective est rejetée au profit de ce qui est confortable. C'est exactement le cas des hommes d'affaires qui reviennent à l'utilisation du modèle gaussien, même après avoir réalisé ses limites et ses inexactitudes en tant qu'outil prédictif.

Chapitre 18 — L’incertitude du charlatan

Nassim Nicholas Taleb revient enfin sur la différence entre le jeu et la réalité. De nombreux scientifiques utilisent des modèles de "jeu" pour penser les problèmes du monde réel. Pourtant, ces modèles ne prennent pas véritablement en compte la puissance de l'imprévisible et les cygnes noirs.

L'auteur considère que la philosophie a un grand rôle à jouer. Elle doit exercer son esprit critique pour mettre en doute les théories et les outils les plus établis parmi les scientifiques et les chercheurs.

Les intellectuels peuvent faire la différence en explorant de nouveaux horizons de pensée. Cependant, à l'ère des médias sociaux et de l'information en continu, le lecteur/spectateur est souvent perdu. Le rôle et la responsabilité du philosophe dans la vie intellectuelle sont dilués par les médias de masse.

Partie 4 — La fin

Chapitre 19 — Moitié-moitié, ou comment rendre la pareille au cygne noir

Ce chapitre est le seul chapitre de la partie 4. Le ton est plus conversationnel et moins didactique que dans les chapitres précédents. Il se fait plus personnel aussi. Et il propose des conseils aux lecteurs.

Il écrit par exemple : "La moitié du temps, je suis superficiel, l'autre moitié, je veux éviter la superficialité". En fait, Taleb illustre la complexité de l'attitude qui consiste à reconnaître la puissance de l'imprévisible. En effet, les cygnes noirs nous invitent à une vision paradoxale de la vie.

Nous nous posons alors des questions telles que : "Comment puis-je profiter du moment présent tout en reconnaissant qu'un événement de type cygne noir pourrait se produire à tout moment et changer le monde ?"

Pour vivre à la fois dans la légèreté et la profondeur de ce savoir, Nassim Nicholas Taleb affirme qu'il importe de ne pas renier "les petites choses". En vivant le moment présent, nous profitons du plus grand des cygnes noirs — la vie humaine elle-même.

Épilogue — Les cygnes blancs de Yevgenia

L'auteur revient enfin sur l'histoire de Yevgenia Krasnova, l'écrivaine fictive qu'il a inventée au début de l'ouvrage. Il raconte l'histoire de son deuxième roman, très attendu par ses (désormais) nombreux lecteurs. Le livre est un succès critique, mais un échec commercial. Malheureusement, son éditeur fait faillite.

Avec ce court récit, Nassim NIcholas Taleb montre que les cygnes noirs peuvent avoir des effets positifs ou négatifs. Et la différence ne réside pas seulement dans les résultats du cygne noir en tant que tels, mais aussi dans la façon dont les gens approchent et réagissent à la puissance de l'imprévisible.

Dans cet exemple, N. N. Taleb nous montre que la vision du monde de la romancière — qui est centrée sur l'espoir et l'acceptation des cygnes noirs — lui permet de faire la paix avec l'échec commercial de son roman.

La manière dont nous vivons les événements subjectivement est décisive. Lorsqu'il s'agit de notre bonheur, elle importe plus, sans doute, que les événements externes.

Conclusion sur « Le Cygne Noir » de Nassim Nicholas Taleb :

Ce qu’il faut retenir de « Le Cygne Noir » de Nassim Nicholas Taleb :

Le Cygne Noir : la puissance de l'imprévisible (2007) a été écrit par Nassim Nicholas Taleb. Cet essayiste libano-américain est un ancien trader d'options reconverti à la philosophie.

Dans ce livre, comme dans sa série Incerto de façon plus générale, l'auteur explore le rôle des événements imprévisibles dans l'histoire humaine.

Nous pouvons nous rappeler deux enseignements en particulier :

Nassim Nicholas Taleb soutient que les êtres humains ont tendance à oublier ou à simplifier la place de ces événements improbables ;

Il cherche à nous aider à vivre avec le sentiment d'incertitude en nous montrant que celle-ci peut nous renforcer comme être humain et améliorer les diverses facettes de notre existence.

Ce penseur original utilise aussi bien des anecdotes personnelles et historiques, ainsi que des théories philosophiques parfois complexes, pour démontrer ses idées.

Si vous voulez continuer la lecture d'Incerto et de N. N. Taleb, consultez notre chronique d'Antifragile !

Points forts :

Une pensée riche, créative et complexe, qui donne des idées ;

Des anecdotes intéressantes ;

Des prises de position fortes et parfois controversées ;

Une capacité à rendre accessibles certaines théories obscures.

Point faible :

Je n'en ai pas trouvé.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 15 Feb 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12767/Le-Cygne-Noir
Cyberminimalisme http://www.olivier-roland.fr/items/view/12639/Cyberminimalisme

Résumé de « Cyberminimalisme. Face au tout numérique, reconquérir du temps, de la liberté et du bien-être » de Karine Mauvily : cet ouvrage est un véritable petit manuel qui vous guidera vers une réduction de vos usages numériques, que ce soit vis-à-vis des réseaux sociaux ou l’utilisation des moteurs de recherche, notamment.

Par Karine Mauvily, 2019, 228 pages.

Chronique et résumé de "Cyberminimalisme. Face au tout-numérique, reconquérir du temps, de la liberté et du bien-être" de Karine Mauvily

Introduction — Il n'y a pas de fatalité technologique

Un antidote à la fatalité numérique

L’auteure commence par raconter comment elle en est venue à s’intéresser au cyberminimalisme. Elle raconte deux anecdotes :

Ayant reçu un appareil photo argentique, elle se rend compte qu'elle ne sait pas l'utiliser correctement. Elle retourne au numérique, mais se dit qu'il doit y avoir un moyen pour limiter les nuisances liées à ce type d'appareil.

Après une pause de 4 ans (quand même !) sans téléphone portable ni smartphone, elle s'est dit qu'il était possible de proposer un mode de vie sain et vivable tout en réduisant nos usages des technologies numériques.

Selon Karine Mauvily, nous ne sommes donc pas sans ressources face au déferlement des innovations numériques. Nous pouvons choisir — pour nous et pour la société — de moduler notre rapport aux dispositifs digitaux (en particulier les ordinateurs et téléphones portables, mais aussi les tablettes et autres montres ou objets connectés).

Un peu partout, des prises de conscience

La discussion critique sur les technologies numériques s'étend sur plusieurs "fronts", et notamment :

Des "repentis" de l'industrie numérique elle-même (dirigeants de Facebook et autres).

Des collectifs comme Pièces et main-d'œuvre ou Oblomoff, en France.

Bien sûr, des intellectuels individuels.

Des médecins et des psychologues également, eux aussi parfois regroupés en collectifs, comme la Cose (Collectif surexposition écrans).

Des praticiens de tous les métiers touchés par la numérisation de leurs fonctions, parfois rassemblés (comme dans le collectif Écran total).

Parmi eux, des enseignants se battent contre l'échec de la numérisation à l'école (Karine Mauvily a d'ailleurs écrit un précédent livre à ce sujet : Le désastre de l'école numérique).

Des utilisateurs déçus de Google, de Facebook ou d'autres plateformes qui appellent au désabonnement.

Même certains patrons dénoncent la concurrence déloyale des géants du Web, les GAFAM (pour Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).

Qu'est-ce que le cyberminimalisme ?

Le cyberminimalisme est, selon Karine Mauvily :

"Un style de vie qui cherche à minimiser la présence du numérique dans nos vies pour nous faire gagner du temps, du bien-être et de la liberté. Il s'agit d'agrandir notre zone non numérique dès que cela est possible." (Cyberminimalisme, p. 20)

Le terme vient de "cyber-", qui a donné "cybernétique" dans les années 1940 sous l'impulsion du mathématicien Norbert Wiener. Ce terme est emprunté au Grec ancien où il signifie "piloter", "gouverner" ou "diriger".

Ne laissons pas la cybernétique gouverner nos vies ! Soyons prudents face aux sollicitations constantes des mondes numériques et reprenons la place du pilote. Telle est l'idée.

Si vous voulez en savoir plus au sujet des dangers du numérique et de l'addiction qui peut en découler, lisez la chronique du livre Le bug humain.

Les 7 principes cyberminimalistes

Pour récupérer du contrôle sur nos existences numérisées, Karine Mauvily dresse un inventaire de sept principes :

Le minimum d'objets connectés, achetés à l'occasion.

Pas de téléphone portable avant 15 ans.

Refuser de se laisser remplacer par des logiciels.

Fournir le minimum de données.

Vivre sa vie sans l’enregistrer.

Pratiquer la cyberpolitesse.

Ne pas agir seul (pour une brève explication de chaque principe, voir p. 22-27).

Les avantages du cyberminimalisme

L'auteure considère qu'il y a au moins 5 avantages à l'adoption de ce mode de vie :

Temps gagné = contrairement à ce que nous pouvons penser spontanément, nous gagnons peu de temps à utiliser les solutions clés en main proposées par les applications. Par contre, notre temps d'écran quotidien a explosé et nous fait perdre beaucoup d'heures de la journée.

Bien-être augmenté = l'addiction aux dispositifs numériques est bien documentée maintenant. Elle génère des sentiments négatifs (anxiété, solitude, etc.) dont nous pouvons nous délivrer.

Efficacité retrouvée = c'est une vérité qui se fait de plus en plus jour, nous travaillons mieux quand nous sommes déconnectés.

Liberté préservée = eh oui, les plateformes savent beaucoup, beaucoup de choses sur vous. Pourquoi leur donner toutes ces informations et leur permettre de vous tracer pour vous vendre tel ou tel produit ?

Environnement protégé = la pollution liée au numérique est de plus en plus visible. Les ressources nécessaires pour produire nos dispositifs et soutenir nos échanges en ligne sont en quantité limitée et nous devons en prendre soin.

Chapitre 1 — L’équipement cyberminimaliste

Karine Mauvily ironise : il ne s’agit pas de retourner à la bougie, mais bien de réduire sa dépendance aux outils numériques. Autrement dit, le cyberminimaliste ne nie pas leur intérêt, mais cherche à en circonscrire la portée et le nombre. Voyons comment.

Pourquoi réduire notre stock d'objets connectés ?

Parce que le "tout-numérique" (notamment via l'internet des objets) crée :

Une pression écologique insoutenable ;

Une exposition accrue au piratage ;

Des coûts économiques importants.

Au niveau écologique, d'abord :

"Un Européen aisé se débarrasse d'environ 20 kilos de déchets électriques et électroniques chaque année, n'en déposant que 7 kg en déchetterie. La biodiversité est anéantie par les sites d'extraction de minerais, les sols et rivières sont pollués dans les pays d'export des déchets. Le mot "dématérialisation" accolé aux politiques de numérisation est un mensonge pur et simple." (Cyberminimalisme, p. 37)

L'auteure s'offusque de certains discours, comme celui qui veut qu'imprimer soit moins écologique que lire sur écran. C'est faux ! Parfois, lire sur papier est moins gourmand en énergie que lire directement sur ordinateur.

De façon plus générale, la "dématérialisation" n'aura pas lieu par miracle, mais uniquement si nous réduisons le nombre de nos dispositifs numériques connectés.

Sur le plan du piratage, "chaque nouvel objet connecté qui pénètre chez nous est une porte d'entrée pour la cybercriminalité", dit Karine Mauvily. Pourtant, nous ne nous en rendons pas souvent compte.

Concernant les économies, cela paraît par contre plus évident à chacun : nous consommons aujourd'hui beaucoup plus de technologies numériques qu'il y a 10 ou 15 ans. Pour l'auteure, mieux vaut opter pour des outils d'occasion et faire preuve d'une certaine frugalité en :

Ne renouvelant pas le matériel que vous n'utilisez pas ou peu ;

Achetant d'occasion (reconditionné) ;

Évitant l'achat de gadgets ;

Groupant les achats/ne dupliquant pas le matériel informatique ;

Retardant l'équipement des enfants.

Réduire notre empreinte numérique : mode d'emploi

Commencez par tout noter — avec un calepin et un stylo ! Quoi ? Tous les dispositifs (de l'ordinateur à la bouilloire) électroniques, informatiques ou simplement mécaniques que vous avez chez vous. Pièce après pièce, faites "l'inventaire de vos machines avant réduction" (un tableau illustratif est proposé page 45) dans votre maison.

Une fois l'inventaire réalisé, faites le tri proprement dit. Supprimez :

Les doublons (une télévision, c'est largement suffisant, non ?) ;

Les appareils qui n'ont pas servi plus d'une fois dans l'année ;

Ceux qui peuvent être remplacés par une alternative manuelle.

À chaque phase, Karine Mauvily donne en exemple le cas de sa famille. Elle affirme avoir réduit 25 % du stock d'objets inutiles chez elle.

Troisième étape : la remise en circulation. Si vous le pouvez, ne jetez pas (ou à la déchetterie, au minimum). Recyclez, quand l'option vous en est offerte. Par exemple, en donnant les objets qui fonctionnent encore ou en les envoyant dans des recycleries.

Toutefois, pour l'auteure, la revente en ligne n'est pas ce qui est de plus fiable. Préférez plutôt la revente directe, comme il vient d'être indiqué (directement à la ressourcerie ou dans une recyclerie près de chez vous).

Quatrième étape : si vous devez acheter, achetez d'occasion. Ou si vous ne pouvez vraiment pas vous retenir d'acheter du neuf, cherchez à acheter du modulaire, qui permet un remplacement plus facile des composants (pour un téléphone mobile, par exemple).

Adopter le smartphone allégé

Le smartphone est un couteau suisse. Oui, mais… C'est bien ça le problème : "ses nombreuses fonctions nous ramènent à lui en permanence, au-delà du raisonnable". Pour limiter son utilisation, "allégez-le" en vous dotant :

D'une montre à poignet ;

D'une calculatrice old school ;

D'un réveil ;

D'un calepin ou agenda papier ;

D'une radio classique ;

D'un miroir ;

D'un répertoire téléphonique "papier".

En plus de cela, pensez à désinstaller les logiciels qui ne vous servent pas ou plus. Veillez tout particulièrement — si vous voulez suivre jusqu'au bout les conseils de Karine Mauvily — à supprimer tous les services Google qui vous tracent à coup sûr (nous allons revenir sur ce point plus bas).

Libérer nos appareils des géants de la Tech

C'est un autre aspect important, en effet. Vous pouvez chercher à utiliser des logiciels libres, dont "les codes sources restent ouverts, consultables et modifiables".

Mais attention : leur installation et leur utilisation peuvent parfois devenir chronophages. Cela doit donc être véritablement utile. Pour l'auteure :

"Ce sont deux zones de liberté à conquérir : la zone non numérique à agrandir, la zone numérique à libérer de ses monopoles." (Cyberminimalisme, p. 59)

Pour commencer à vous libérer des monopoles, vous pouvez opter pour un :

Système d'exploitation libre (type Linux) ;

Navigateur Internet libre (type Firefox) ;

Moteur de recherche respectueux de votre vie privée (il y en a plusieurs, tels que DuckDuckGo ou Startpage, par exemple).

Pour vos téléphones portables, c'est pareil ou presque. Le pire étant ici Android, véritable "cheval de Troie" de Google. Apple (et son système iOS) ne semblent pas tracer — pour l'instant au moins — ses utilisateurs.

Voici les 6 options à considérer pour votre mobile, de la moins à la plus cyberminimaliste :

Acheter et utiliser un téléphone Android et l'utiliser tel quel ;

Choisir un iPhone ;

Guetter les smartphones sous système d'exploitation libre (qui arriveront prochainement sur le marché) ;

Choisir un Android et feinter Google (en migrant tout ce qui est possible vers le libre, notamment via le magasin d'applications libres F-Droid) ;

Garder un téléphone portable simple (non "smart") ;

Ne pas avoir de téléphone portable (voir l’argument complet p. 65).

Chapitre 2 — Pas de téléphone portable avant 15 ans

L’auteure raconte l’histoire d’une petite voisine qui, après avoir reçu un smartphone, a perdu toute spontanéité et présence auprès des autres.

Le danger du "piratage de cerveau" (brain-hacking) est réel. L'enfant a besoin de s'ennuyer et d'inventer des jeux pour grandir normalement ; pas de téléphone. Pour Karine Mauvily, la règle "Pas de téléphone portable avant 15 ans" doit donc être suivie.

Les limites d'âge définissent l'enfance

Il y a une foule de choses que nos enfants peuvent ou ne peuvent pas faire en fonction de leur âge, dont se marier et boire de l'alcool, par exemple. Lorsque vous achetez un jouet ou que vous vous apprêtez à regarder un film avec votre bambin, vous regardez aussi quels sont les âges préconisés.

De façon plus générale, poser des limites est sain et fait partie de la construction de l'enfant. Malheureusement, ces limites sont quasi inexistantes sur Internet.

Les impacts de la connexion précoce de mieux en mieux connus

Voici quelques effets négatifs des écrans, établis par des experts, sur les plus jeunes d'entre nous :

Un fort sentiment de dépendance ;

Une exposition à la publicité (et, par ce biais, aux produits gras, sucrés, etc.) ;

De moins bons résultats scolaires ;

Une santé physique et morale en berne.

Pour en savoir plus à ce sujet, vous pourriez également être intéressé par notre chronique de La Fabrique du crétin digital.

Pas d'objets connectés personnels avant 15 ans : la mise en pratique

Pas facile tous les jours, bien entendu, de maintenir le cap ! Et, soyons clairs : pour l'auteure, cela ne signifie pas couper complètement l'enfant de l'univers numérique ou de leurs copains.

Pour ce faire, l'enfant pourra utiliser l'ordinateur familial et surfer sur Internet à cette occasion. Il est aussi recommandé de réhabiliter le téléphone fixe dans la maison pour qu'il puisse recevoir des appels privés.

Il y a plus : pour Karine Mauvily, les enfants doivent aider aux tâches ménagères et être amenés à la lecture. Par ailleurs, il est aussi souhaitable de :

Les inscrire à une activité sportive ;

Se balader en famille (sans mobile) ;

Manger en famille (sans écran).

Lorsque l'enfant a accès à un écran d'ordinateur collectif, il faut en fixer la durée et les plages horaires. Bien sûr, il est aussi important de donner soi-même l'exemple en tant que parent !

Voici quelques autres propositions de l'auteure :

Jouer à des jeux de société ;

Écouter de la musique en famille ;

Imprimer les photos de vacances et faire des albums ;

Proposer des "récompenses" sociales (fêtes d'anniversaire, invitations à dormir, etc.).

Karine Mauvily est également prudente face à la numérisation du milieu scolaire, à la fois néfaste pour les enfants et les enseignants. Ce n'est pas toujours simple, mais il faut oser résister.

Que font les pouvoirs publics ?

Malgré des études aux résultats toujours plus inquiétants, les États continuent à vouloir numériser massivement le système éducatif. Tous les Français sont de surcroît poussés à la consommation de ce type d'appareil, qui reçoit la bénédiction des pouvoirs publics (surtout s'il s'agit de French tech).

Il y a des régulations : par exemple, la "majorité numérique" stipule qu'un enfant ne peut pas ouvrir un compte seul sur un réseau social avant 15 ans. Mais c'est largement insuffisant, du moins pour Karine Mauvily.

Chapitre 3 — La communication cyberminimaliste

Connaissez-vous le phubbing (contraction de phone et snubbing, snober) ? C'est lorsque quelqu'un vous interrompt ou coupe la conversation pour répondre à une notification de son téléphone (appel ou autre).

Au-delà, comment retrouver une communication plus vivante et plus polie ?

Problème numéro 1 : le phubbing

Nous venons de le voir : c'est le phénomène d'être avec quelqu'un tout en agissant sur son téléphone en même temps. Nous pensons pouvoir rester attentifs, mais c'est faux. En outre, cela crée une gêne et un sentiment d'exclusion ou de frustration de l'autre personne.

La solution ? Ne pas utiliser son téléphone portable comme un malpropre ! Voici quelques règles de cyberpolitesse suggérées par l'auteure :

Se rendre à un rendez-vous avec un ami sans téléphone (ou, à défaut, le mettre en sourdine) ;

Terminer une conversation téléphonique avant d'entrer dans un commerce ;

Quitter sa place dans un train pour téléphoner ;

Ne rien écrire sur Internet que nous n'oserions pas dire en face (p. 112-113).

Problème numéro 2 : l'e-réputation à la dérive

Un hacker ou quelqu'un de mal intentionné peut savoir beaucoup de choses sur vous rien qu'en observant vos réseaux sociaux. Mais pas seulement ! Pensez aussi que les recruteurs sont extrêmement nombreux (93 %) à aller jeter un œil du côté d'Internet pour vérifier le profil d'un candidat.

"Retenons comme un mantra : tout ce que nous publions sur Internet devient notre CV, et dans la plupart des cas, nous ne pouvons pas l'effacer." (Cyberminimalisme, p. 114)

Les solutions sont peu nombreuses pour remédier à une mauvaise réputation sur Internet. Nous avons, en Europe, un droit à l'oubli, mais il n'est pas aisément mis en œuvre par les plateformes des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft).

Il existe d'autres bases juridiques, comme la diffamation ou l'atteinte à la vie privée. Mais vous devrez souvent vous battre pendant longtemps avant d'obtenir gain de cause.

Au-delà (ou en deçà) de ces solutions de dernier recours, il existe une formule simple : renoncer au life-log, c'est-à-dire à l'étalage (via le téléchargement) de sa vie sur Internet. Voulez-vous vraiment devenir "le rédacteur en chef de votre propre vie" ?

Ce temps d'attention que vous donnez aux réseaux sociaux est perdu. Et l'image de vous-même qui en sort n'est pas si bénéfique. Il est normal et sain de se fabriquer des identités, mais les identités numériques sont très fragiles et causent souvent de fortes doses d'anxiété.

Problème numéro 3 : trop de messages, des liens moins profonds

"C'est le paradoxe de notre époque : nous communiquons plus que nous ne l'avons jamais fait, pourtant le sentiment de connexion aux autres n'est pas réellement amélioré." (Cyberminimalisme, p. 121)

Demandons-nous quelles sont les personnes que nous voulons avoir dans notre vie et communiquons en priorité avec elles. Optons donc pour le nombre de Dunbar (le nom d'un anthropologue) : 150 relations en moyenne.

Cette "galaxie relationnelle" est composée de plusieurs "couches de relations" (des plus proches aux plus lointaines). Si elle reste constante en nombre, il est tout à fait possible, en revanche, que certains noms changent au cours du temps.

Parmi ces personnes (si vous faites la liste, comme le préconise l'auteure dans le livre, p. 124), lesquelles sont sur Facebook ? Ne gardez qu'elles et privilégiez deux réseaux sociaux maximum.

Réhabituez-vous également, si le cœur vous en dit :

À l'art des coups de fil et des visites ;

Ou à celui des lettres manuscrites !

Finalement, Karin Mauvily traite de la question des réseaux sociaux d’entreprise (souvent moins efficaces que ce qui était espéré) et de la possibilité de quitter certains réseaux comme Facebook.

Chapitre 4 — Cyberminimalisme au travail

Il existe trois enjeux pour le cyberminimalisme relativement au travail. Voyons tout de suite lesquels.

Défi numéro 1 : rester concentré

L'attention se dissipe, l'énergie s'en va… Face à tous ces écrans, nous ne savons plus où donner de la tête. Mais il existe des solutions assez simples pour s'y retrouver.

Premier conseil, classique : ne pas recevoir de notifications lorsque vous travaillez. Pour l'auteure, mieux vaut se passer du téléphone tout court (pendant les plages de labeur, mettre le téléphone dans une autre pièce, en silencieux).

Vous voulez tester votre niveau de proximité à votre smartphone ? Remplissez le tableau p. 148 !

Autres conseils pour améliorer l'attention (d'après Jean-Philippe Lachaux, cité par l'auteure) :

Fractionner ses activités de la journée en minimissions ;

Formuler très clairement son intention pour chaque mission ;

Donner à chaque mission une heure précise de fin.

Pour les mails, perdez l'habitude d'ouvrir votre boîte le matin — un conseil de Thimothy Ferris ! Consultez-les plutôt en fin de journée ou avant une pause, lorsqu'une mission est achevée.

Défi numéro 2 : déconnecter pour éviter le burn-out

Trop de connexions et la surchauffe guette ! Vous avez pensé à faire une pause en milieu de matinée ? C'est pourtant une très bonne idée, assez simple à mettre en œuvre.

Bien sûr, ce n'est pas tout — et pas suffisant, dans bien des cas. Pensez aussi à organiser des réunions sans portable et à vous déconnecter après le travail. C'est dans la loi, vous en avez le droit — ne l'oubliez pas (même si son application pose quelques problèmes qui sont mentionnés dans le livre p. 152 notamment).

Karine Mauvily plaide également pour un droit à la non-connexion. Est-il envisageable, aujourd'hui, de ne pas avoir de boîte mail ? Pas si sûr. Même pour avoir une ligne fixe, il faut désormais se connecter avec une "box". Pourtant, il est capital de penser ce droit, qui est une liberté fondamentale, pour l'auteure.

Défi numéro 3 : ne pas se laisser remplacer

Quand le débat sur la numérisation des professions aura-t-il lieu ? C'est vrai pour l'école, qui intéresse beaucoup Karine Mauvily, mais ça l'est aussi pour bien d'autres métiers.

À l'hôpital ou dans les administrations publiques, c'est pareil : de plus en plus de dispositifs numériques deviennent obligatoires, sans qu'il y ait vraiment de justification à cela. Le travail devient abrutissant, car il consiste à assister des logiciels.

La pression sociale est forte, mais il est important de voir que l'envie de numérisation n'est pas uniformément répandue dans la société. Et que cette résistante mérite d'être entendue !

D'où l'importance de ne pas agir seul (septième principe cyberminimaliste), de constituer des collectifs (ou d'en faire partie) et de créer le débat, notamment au sein des syndicats.

Chapitre 5 — Achats et loisirs cyberminimalistes

Il y a moyen de faire des achats, de passer ses vacances et ses soirées de façon sobre, numériquement parlant. Pas besoin d'être derrière un écran à la recherche de la dernière appli à la mode !

Les achats cyberminimalistes

Il nous faut prendre conscience que nous sommes environnés par les entreprises venues de Californie. "Dans le monde entier, les responsables de communication des entreprises, des services publics, des start-up, semblent confondre modernité et intérêts californiens", rappelle l'auteure.

Chaque achat numérique nous renvoie vers des conditions d'accès, contrats et autres conditions d'utilisation qui font souvent plusieurs milliers de signes et qui sont difficiles à lire. Qu'achetons-nous ? À quoi nous engageons-nous ? Nous ne le savons pas vraiment.

Autre point important : les achats en ligne. Nous participons à la destruction des petits commerces, voire de marchés entiers. Pourtant, nous aimons nous rendre dans une librairie ou dans un magasin… Alors pourquoi ne pas y retourner ?

N'oublions pas non plus de faire attention lorsque des données nous sont demandées par les commerçants (en ligne ou réels).

Les vacances cyberminimalistes

La déconnexion totale n'est pas forcément bonne, car elle crée le manque qui appelle l'obsession. Il est par contre plus intéressant de regarder comment limiter notre rapport :

Aux sites "parasites" tels que Booking ou dans une moindre mesure Airbnb ;

Aux systèmes d'évaluations réciproques ;

Ainsi qu'aux applications qui veulent (trop) nous "faciliter la vie" en vacances (comme les GPS, par exemple) ;

Et enfin aux photographies, que nous prenons en masse — mais pourquoi, au juste ?

Les soirées cyberminimalistes

Souvent, la télévision nous déprime et nous donne un sentiment d'inachèvement. "Nous rêvons d'autre chose", dit l'auteure. Comment mettre en place de nouvelles routines, plus créatives ?

Voici quelques options :

S'offrir trois soirées sans écrans par semaine (et en profiter pour commencer une activité sociale, ludique, créative, sportive, technique, etc.) ;

Varier les plaisirs numériques (en ne visionnant qu'un seul film par semaine, en allant au cinéma et en modérant notre goût pour les séries ou le sport en se fixant une consommation d'un match//épisode par semaine) ;

Surfer sur Internet de façon raisonnable et responsable (à la fois écologique et sociale).

Karine Mauvily propose un tableau (qu'elle remplit en donnant son exemple) pour "choisir ses usages de la Toile", p. 198.

Quelques défis cyberminimaliste

Voici quelques rappels de ce que l'auteure a déjà proposé durant l'ouvrage, accompagné de quelques nouveautés :

Acheter des journaux papier et s'installer pour lire à la terrasse d'un café ;

Écouter la radio ;

Imprimer ses billets de train ;

S'ennuyer dans une salle d'attente ;

Faire une cure de désinformation (ni internet, ni journaux, ni télévision) ;

Transformer tout achat projeté sur Internet en un achat en ville.

Conclusion — Que faire collectivement ?

Cyberminimalisme versus dataïsme

Le dataïsme est la religion de certains grands patrons de la Silicon Valley. Ceux-ci souhaitent vivre éternellement en téléchargeant leurs esprits dans des espaces numériques.

Lisez la chronique de Homo Deus à ce sujet ! L'intelligence artificielle se répand et avec elle les rêves d'immortalité les plus fous des transhumanistes.

Nous ne sommes jamais consultés

Un fait est là : les citoyens ne sont pas consultés sur la numérisation de la société et sur l'utilisation à grande ampleur de l'intelligence artificielle. Qui, nous dit-on pourtant, est potentiellement dangereuse !

Il semble que les entreprises qui les commercialisent aient réussi à faire passer toute cette évolution pour quelque chose de très naturel et d'irréversible.

Pourtant, nous pourrions en débattre et opter pour d'autres options, moins high-tech, plus durables, etc. Au moins, nous devrions avoir le droit d'en discuter collectivement.

Des pistes d'actions collectives

Voici quelques pistes d'actions à mettre en place au niveau collectif :

Lutter pour un droit à la non-connexion ;

Faire fleurir les boutiques de matériel d'occasion ;

Installer en ville des espaces publics numériques (où trouver de l'aide) ;

Renoncer à la numérisation de l'école ;

Se questionner sérieusement sur l'idée de machines éthiques (IA).

Karine Mauvily fait le vœu que la génération Y (nés dans les années 1980 et abreuvés de télévision) soit capable d’élever des enfants avec l’idée de modération numérique. Cette génération Alpha (enfants nés dans les années 2010) saura, espérons-le, reprendre en main le numérique.

Conclusion sur "Cyberminimalisme. Face au tout-numérique, reconquérir du temps, de la liberté et du bien-être" de Karine Mauvily :

Ce qu'il faut retenir de "Cyberminimalisme. Face au tout-numérique, reconquérir du temps, de la liberté et du bien-être" de Karine Mauvily :

Rappelons tout d'abord les 7 principes cyberminimalistes mis en avant par Karin Mauvily :

Le minimum d'objets connectés, achetés à l'occasion.

Pas de téléphone portable avant 15 ans.

Refuser de se laisser remplacer par des logiciels.

Fournir le minimum de données.

Vivre sa vie sans l'enregistrer.

Pratiquer la cyberpolitesse.

Ne pas agir seul.

Ce livre qui complète de façon très intéressante, à la fois :

Les critiques du monde numérique, telles que La fabrique du crétin digital, Le Bug humain (déjà cité) ou bien Apocalypse cognitive ;

Les ouvrages sur l'organisation et la gestion du temps, tels que Savoir s'organiser ou encore l'indémodable La semaine de 4 heures.

Vous y trouverez une recherche de juste milieu visant à accroître notre "zone non numérique", tout en prenant en main notre "zone numérique".

L'auteure ne propose pas de critique radicale de la technologie numérique. Elle cherche plutôt à rendre l'existence contemporaine plus vivable et agréable en limitant nos usages et en évitant le gaspillage.

Points forts :

Une bibliographie intéressante ;

Des tableaux et conseils pratiques ;

Une écriture simple, mais qui aide à réfléchir.

Point faible : 

Pour certains d'entre vous, il ne sera pas pertinent d'appliquer toutes les règles recommandées. En effet, cela dépend de votre goût pour l'informatique ainsi que du travail que vous effectuez. Mais le plus important est de pouvoir y penser et de choisir vos pratiques consciemment. Et en cela, aucun doute, le livre vous aidera !

Ma note :

★★★★★

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Résumé de « De la force à la force : Trouver le succès, le bonheur et un but profond dans la seconde moitié de la vie » d'Arthur Brooks : un livre de développement personnel pour les personnes de plus de 40 ans qui veulent trouver une nouvelle voie — à recommander d'urgence à toutes celles et ceux qui travaillent trop et veulent lever le pied !

Par Arthur Brooks, 2022, 272 pages.

Titre original : « From Strength to Strength: Finding Success, Happiness, and Deep Purpose in the Second Half of Life ».

Chronique et résumé de « De la force à la force : Trouver le succès, le bonheur et un but profond dans la seconde moitié de la vie » d'Arthur Brooks

Quelques mots sur Arthur Brooks

De la force à la force : Trouver le succès, le bonheur et un but profond dans la seconde moitié de la vie est un livre de non-fiction d’Arthur Brooks (2022). Il a été best-seller n° 1 du New York Times pendant plusieurs mois. 

En 2019, Arthur Brooks est devenu professeur à la Harvard Kennedy School et à la Harvard Business School. Pendant une décennie avant cela, il a été président de l’American Enterprise Institute, un groupe de réflexion à Washington, DC, qui étudie les questions d’économie, de politique et de société.

Introduction : « L’homme dans l’avion qui a changé ma vie »

Arthur Brooks s’est posé la question qui est au cœur de ce livre à la suite d’une drôle de rencontre.

À l’été 2012, alors qu’il est dans un avion, il entend la conversation d’un couple assis derrière lui. Le mari se lamente, prétend qu’il est inutile et qu’il serait mieux mort. 

Lorsque les deux personnes débarquent, il est surpris de constater que l’homme est une personnalité connue, un héros célèbre pour une chose qu’il avait réalisée dans sa jeunesse. 

Au moment de cette « rencontre », l’homme est déjà un monsieur âgé d’environ 85 ans, mais il demeure très respecté. L’auteur raconte même que le pilote le reconnaît et lui avoue son admiration. Mais il ne dit pas de qui il s’agit !

Ce qu’Arthur Brooks veut mettre en avant, c’est son sentiment : au départ, il ne peut se résoudre à croire que cet homme estimé éprouve de tels sentiments négatifs. 

Mais il ressent une certaine empathie : lui, à près de 50 ans, a certes connu une vie professionnelle réussie, mais ne se sent pas non plus complètement épanoui.  

Il écrit : 

« J’ai obtenu le désir de mon cœur, du moins tel que je l’imaginais, mais cela ne m’a pas apporté la joie que j’imaginais » (De la force à la force, Introduction). 

Son succès lui a pris tout son temps et toute son énergie. Pire : il a peur de se détacher de cette réussite, qui lui semble être tout ce qu’il a. 

Bref, il se sent « sur la même pente » que la personne dans l’avion. 

Mais il souhaite agir — et c’est pour cela qu’il décide de rédiger cet ouvrage. Il effectue de nombreuses recherches et entretiens et apprend tout ce qu’il peut sur le déclin des personnes qui ont lutté toute leur vie pour réussir. 

« Bien que ces questions soient personnelles, j’ai décidé de les aborder en tant que spécialiste des sciences sociales, en les traitant comme un projet de recherche. » (From strength to strength, Introduction)

Voici sa thèse principale : surmonter les sentiments négatifs associés au déclin nécessite une transformation et l’acquisition d’un regard neuf sur le succès, mais cela peut vous conduire à une vie plus sensée et heureuse.

Chapitre 1 : « Votre déclin professionnel arrive (beaucoup) plus tôt que vous ne le pensez »

La recherche scientifique fournit des preuves du déclin professionnel qui affecte la plupart des personnes d’âge moyen. 

Mais Arthur Brooks commence par l’histoire de Charles Darwin, dont le travail sur la théorie de l’évolution constitue le sommet de la carrière professionnelle. 

Darwin publie L’Origine des espèces — son grand livre — à l’âge de 50 ans, après y avoir travaillé 30 ans. Pourtant, 20 ans plus tard, il se sent malheureux et insatisfait :

« Dans ses dernières années, Darwin était encore très célèbre — de fait, après sa mort, il a été enterré en tant que héros national à l’abbaye de Westminster —, mais il était de plus en plus mécontent de sa vie, voyant son travail comme insatisfaisant, médiocre et peu original. » (De la force à la force, Chapitre 1)

Dans toute profession nécessitant des compétences avancées, le déclin a lieu plus tôt que les gens ne sont prêts à l’admettre. Les athlètes de classe mondiale en sont un exemple évident. Mais le déclin se produit aussi bien au niveau cognitif qu’au niveau physique.

Les recherches sur les gagnants des prix Nobel en science montrent que les plus grands accomplissements ont lieu lorsque les personnes sont dans la vingtaine ou la trentaine. En moyenne, les résultats de ces individus baissent au cours des décennies suivantes. 

Les découvertes révolutionnaires sont rares une fois que les gens entrent dans la quarantaine. La même tendance se présente, bien qu’à un âge légèrement plus avancé, pour les scientifiques qui ne sont pas lauréats du prix Nobel. 

Il en va de même pour les :

Médecins ;

Entrepreneurs ;

Employés de bureau ;

Et, en fait, à peu près tout le monde. 

Les statistiques montrent que, surtout dans les domaines créatifs, les performances de pointe sont visibles environ 20 ans après le début d’une carrière.

Ce phénomène est lié au cortex préfrontal. Le cortex préfrontal est la partie du cerveau qui se développe en dernier. Il joue un rôle important dans ce que les scientifiques appellent la fonction exécutive, qui implique notamment la :

Prise de décision ; 

Mémoire de travail ;

Maîtrise de soi ;

Création de plans et d’actions à mener.

Des études montrent que le cortex préfrontal semble également être la première zone du cerveau à décliner. Lorsque c’est le cas, nous sommes moins enclins aux activités multitâches, à la concentration et à l’analyse approfondie des choses. 

La mémoire commence également à se dégrader. Certaines personnes oublient même des noms et des faits qu’ils connaissent pourtant bien.

L’effet est encore plus grand sur celles et ceux qui sont particulièrement ambitieux ou qui se trouvent déjà au sommet de leur domaine. Ces individus ont l’habitude d’attirer l’attention ; ils savent que leur travail est significatif. Conséquence ? Ils ont encore plus peur que les autres de devenir « obsolètes ». 

Ou pour le dire simplement : plus on grimpe, plus on descend. 

Et, de fait, la recherche scientifique montre que les personnes qui réussissent plus tôt dans la vie ont tendance à être plus mal à l’âge avancé. 

Insatisfaites, frustrées, elles cherchent à en atteindre plus, alors même que leurs capacités diminuent. Souvent, elles travaillent plus — trop — pour compenser, ce qui a pour fâcheux effet de nuire à leur entourage et à leurs relations :

« Le problème du déclin est donc un double problème : nous avons besoin d’un succès toujours plus grand pour éviter l’insatisfaction, mais nos capacités à rester au même niveau diminuent. Mais non, en fait, c’est un triple coup dur, parce que comme nous essayons de rester au même niveau, nous nous retrouvons dans des modèles de comportements addictifs tels que le workaholism, qui enferme les travailleurs acharnés dans des modèles relationnels malsains, le tout au prix d’une perte de connexion profonde avec les conjoints, les enfants et les amis. » (De la force à la force, Chapitre 1)

Face à ce problème, il existe selon Arthur Brooks 3 options : 

Le déni ;

La démission ;

La transformation. 

Ce livre propose une voie pour suivre la troisième option.

La courbe de l'intelligence, Chapitre 1.

Chapitre 2 : « La deuxième courbe »

Arthur Brooks explore les aspects positifs de l’ » après 40 ans ». En fait, il révèle une seconde trajectoire qui, elle, s’améliore avec l’âge. En effet, certaines compétences continuent de progresser même si la capacité d’innovation diminue. 

Quelles sont-elles ?

Vous pourriez par exemple vous améliorer au niveau : 

Du vocabulaire ;

De la capacité à synthétiser ;

De l’utilisation et l’explication d’idées complexes. 

L’auteur discute ensuite de la façon dont le psychologue Raymond Cattell a étudié ce phénomène. Selon ce chercheur, l’intelligence peut être divisée entre « intelligence fluide » et « intelligence cristallisée » : 

La première implique la résolution de problèmes et aboutit à une pensée innovante ;

La seconde est constituée des connaissances accumulées au cours d’une vie d’apprentissage.

L’auteur résume ce travail de la façon suivante : « Quand vous êtes jeune, vous avez une intelligence brute ; quand vous êtes vieux, vous avez la sagesse » (27). Or, cette « sagesse » ou « intelligence cristallisée » peut s’avérer très utile dans certains domaines. 

Par exemple, les historiens sont environ deux fois plus performants après 40 ans. Plus généralement, l’enseignement est favorisé par l’intelligence cristallisée. Les personnes plus âgées font également de parfaits mentors pour les générations qui les suivent. 

Sur un graphique reprenant en abscisse l’âge et le niveau d’intelligence en ordonnée, vous pouvez donc vous imaginer 2 courbes : 

Celle de l’intelligence fluide, qui augmente pendant les 20 premières années d’une carrière, en moyenne, puis diminue. 

Celle de l’intelligence cristallisée qui commence plus tard, se fortifie à l’âge moyen et continue à augmenter pendant quelques décennies.

Vous l’aurez deviné, c’est cette deuxième courbe qui offre le plus d’espoir aux travailleurs de plus de 40 ans ! Le problème, c’est qu’ils doivent savoir qu’elle existe et être prêts à l’embrasser. 

Pour clore le chapitre, Arthur Brooks donne l’exemple de Johann Sebastian Bach, dont l’histoire est un contrepoint à celle de Darwin dans le chapitre précédent. 

J.S. Bach était un génie musical et un compositeur très prolifique. L’un de ses nombreux enfants, Carl Philipp Emanuel Bach, est également devenu un musicien célèbre. Au fur et à mesure que les goûts musicaux changeaient, C. P. E. Bach est devenu plus célèbre que son père.

Au lieu d’arrêter sa production ou de devenir amer, J. S. Bach a travaillé joyeusement sur la composition de L'Art de la Fugue tout au long de la dernière décennie de sa vie. Il a ainsi créé une sorte de manuel de musique baroque que les élèves du monde entier utilisent encore aujourd’hui.

Voulez-vous suivre la voie de Bach et trouver le moyen de développer votre intelligence cristallisée ? Continuez votre lecture !

« Si vous rencontrez un déclin de l’intelligence fluide — et si vous avez mon âge, c’est sûr que vous êtes dans le même cas —, alors cela ne signifie pas que vous êtes lessivé. Non, cela signifie seulement qu’il est temps de sauter de la courbe d’intelligence fluide à la courbe de l’intelligence cristallisée. » (De la force à la force, Chapitre 2)

Chapitre 3 : « Mettez fin à votre dépendance au succès »

Brooks examine ici la première des 3 forces qui empêchent les gens de « sauter » de la première à la deuxième courbe : le fait d’être accro au travail. C’est un phénomène proche de la consommation de drogues ou d’alcool. 

D’ailleurs, les problèmes s’enchaînent :

« Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la probabilité de consommation d’alcool augmente avec le niveau d’éducation et le statut socio-économique. Certains croient — et je suis d’accord, sur la base de mon travail — que les personnes occupant des emplois à haute pression ont tendance à s’automédicamenter avec de l’alcool, y compris en buvant à des niveaux dangereux, ce qui peut éteindre la sensation d’anxiété comme un changement — temporairement. » (De la force à la force, Chapitre 3)

Les personnes qui travaillent avec acharnement sont souvent accros à la gloire que leur profession peut leur apporter. Une femme travaillant dans le domaine de la finance dit à l’auteur que : « Peut-être que je préfère être spéciale plutôt qu’heureuse ». 

Pour d’autres, placer le travail au-dessus de tout est un moyen d’éviter la dépression. Abraham Lincoln et Winston Churchill, par exemple, ont combattu ce problème en s’épuisant à la tâche.

Le surmenage peut également être le résultat de l’auto-objectivation, c’est-à-dire de la tendance à « juger constamment sa propre estime de soi — pour le meilleur comme pour le pire — en fonction de la performance au travail ou de la position professionnelle ». 

La plupart d’entre nous veulent renvoyer l’image d’un être compétent, accompli et estimé par ses pairs. Toutefois, une fois que nous entrons dans ce cercle, il est difficile d’en sortir.

À force de nous comparer aux autres et de nous inquiéter de notre position dans la hiérarchie sociale et professionnelle, nous en devenons accros au travail (ou à d’autres substances). 

Bien sûr, il est naturel d’être fier du travail que nous faisons. Pourtant, cela ne devrait pas se transformer en arrogance et en ambition démesurée. 

Lorsque cela survient, il faut savoir dire stop. Pour ce faire, il faut admettre que nous avons un problème et que nous voulons changer. Un geste qui demande une certaine humilité.

Arthur Brooks rappelle : 

« Vous n’êtes pas votre travail, et moi (comme je dois me le rappeler) je ne suis pas le mien. » (De la force à la force, Chapitre 3)

Chapitre 4 : « Commencer à s'attaquer au problème »

Arthur Brooks ouvre le chapitre 4 avec une anecdote sur la visite du National Palace Museum à Taïwan. Grâce à son guide, il s’interroge sur la nature du processus artistique et de ce qui le précède. 

Dans la pensée occidentale, c’est la toile vierge qui représente le moment avant la création.

Dans la pensée orientale, c’est un bloc de jade non sculpté. 

Alors que la pensée occidentale a tendance à penser l’art en termes d’addition (ajouter de couleurs à la toile pour obtenir une peinture), la pensée orientale y voit plutôt un processus de soustraction (retirer des copeaux de jade pour faire apparaître la statue). 

Or, il en va de même pour le succès. 

Plutôt que d’accumuler des choses irréfléchies, le secret du contentement est d’enlever les choses qui ne sont pas essentielles. C’est le deuxième obstacle pour sauter en direction de la seconde courbe : se détacher des choses mondaines. 

Mais pourquoi sommes-nous tant attachés aux objets et que pouvons-nous y faire ?

Nous pouvons penser à de nombreux entrepreneurs à succès qui ne pensent qu’à l’accumulation de biens en tout genre. Et pourtant, rien de tout cela n’est très gratifiant, au bout du compte.

Pour nous aider à nous détacher de cet état d’esprit, Arthur Brooks raconte les histoires de deux hommes spirituels de l’histoire qui ont traité du problème de l’attachement aux choses : 

Thomas d’Aquin ;

Bouddha. 

Tous deux venaient de familles riches. Celles-ci leur ont donné tout ce qu’ils désiraient dès leur plus jeune âge. Et pourtant, là n’était pas leur bonheur. 

Thomas d’Aquin, venu d’Italie, préfère rejoindre l’ordre dominicain, dont les moines se consacrent à la pauvreté. Il identifie quatre choses — l’argent, le pouvoir, le plaisir et l’honneur — que les gens utilisent pour tenter de se substituer à Dieu. Mais selon lui, aucun n’est satisfaisant.

Le prince indien Siddhartha Gautama, qui est devenu le Bouddha, choisit quant à lui de rejeter sa vie de privilèges et vit une vie d’ascèse, jusqu’à ce qu’il rencontre l’illumination. Sa conclusion ? Les biens du monde ne sont pas mauvais en soi, mais notre attachement à eux peut être la cause du problème. 

Pour Brooks, suivre les étapes pour lâcher cet attachement apporte la paix et l’illumination.

Beaucoup plus récemment, des recherches scientifiques ont montré comment cette dynamique d’attachement fonctionne chez les personnes. Obtenir ce que l’on veut apporte un certain sentiment de satisfaction, mais celui-ci est éphémère. 

Dès lors, nous cherchons toujours quelque chose de nouveau pour obtenir le même sentiment. Nous entrons dans un cercle vicieux — appelé adaptation hédonique — qui s’autoalimente. 

En termes d’évolution, ce goût pour les choses du monde se justifie par le besoin d’entrer en possession de ressources limitées (partenaires, nourriture, etc.). 

En revanche, dans une société industrielle moderne où les ressources sont souvent abondantes, cette fonction atavique du cerveau nous joue des tours. Nous ressentons le besoin de posséder comme une nécessité ; l’absence de biens, comme un échec.

Il existe pourtant d’autres façons d’agir. Au lieu d’assimiler la satisfaction à des quantités toujours plus grandes de choses, Arthur Brooks conçoit cette équation : 

« Satisfaction = Ce que vous avez ÷ ce que vous voulez. » (De la force à la force, Chapitre 4)

Chaque personne peut ainsi calculer simplement ce qui la rend vraiment heureuse.

Se dépouiller des choses inutiles implique donc d’abord de vous demander ce qui vous motive vraiment. L’auteur vous invite ici à réfléchir à votre « pourquoi » — en d’autres termes, à vous demander quel est le but de votre vie. 

Ensuite, il faut travailler sur une liste de choses à faire inversée, dans laquelle on ne réduit ses désirs qu’aux choses qui apporteront le vrai bonheur et la satisfaction personnelle. 

Enfin, l’auteur propose de se concentrer sur les petites choses. Les petites choses de la vie sont ce qui compte vraiment, comme regarder un coucher de soleil avec des êtres chers et s’imprégner de ce moment.

Chapitre 5 : « Réfléchissez à votre mort »

La peur du déclin est la troisième raison pour laquelle les gens ont du mal à sauter de la première à la deuxième courbe. 

Les travailleurs acharnés ont tendance à assimiler travail et vie personnelle et pensent souvent qu’ils peuvent tout simplement continuer à aller au-delà de leurs limites indéfiniment. Ils pensent aussi que leur travail définit leur vie et imaginent que cesser de travailler revient à cesser d’exister.

Si vous voulez vous positionner sur la deuxième courbe, vous aurez en revanche besoin d’admettre que vous connaissez un déclin et que vous ne pouvez plus vous pousser à bout constamment.

Cette reconnaissance renvoie elle-même à la peur de la mort. Cette peur est compréhensible et normale. Tous les animaux ont un instinct de survie ; toutefois, seuls les humains peuvent envisager de ne pas exister et c’est souvent la source de la vraie peur. 

Certaines personnes souhaitent aussi continuer à travailler au-delà de leur apogée pour essayer de sécuriser leur héritage. Toutefois, pour Arthur Brooks, ce n’est pas raisonnable. 

Pourquoi ? Car personne ne peut contrôler l’avenir et même le meilleur héritage n’est pas une garantie de bonheur. En faisant cela, vous risquez de passe à côté du présent en vous concentrant uniquement sur l’avenir. 

Comment sortir de cette peur ?

Par exemple, vous pouvez écouter les choses que les gens disent de quelqu’un à ses funérailles. Ces paroles sont essentiellement tournées vers les qualités personnelles et non vers les réalisations professionnelles. 

Contrairement à d’autres qualités, les vertus personnelles, telles que l’intégrité et la gentillesse, ne disparaissent pas avec l’âge. 

Imaginer que vous n’avez qu’un an à vivre (et à travailler) pourrait également vous aider à vous concentrer sur les choses qui comptent le plus. Comme l’écrit Arthur Brooks : « Contempler la mort peut même rendre la vie plus significative » (105).

En somme, la meilleure façon de surmonter la peur de la mort consiste à s’exposer davantage à elle. Les psychologues suggèrent de faire face aux choses qui nous effraient afin de créer un sentiment de familiarité qui efface la peur.

L’auteur rapporte que certains moines bouddhistes affichent dans leurs chambres des photographies de corps en décomposition. Il existe également une méditation nommée maranasati au cours de laquelle ils imaginent les différentes étapes de la décomposition physique.

Pourquoi ne pas faire la même chose en pensant à son propre déclin professionnel ? Arthur Brooks nous invite à prendre conscience de notre déclin et de la vanité de notre existence, à la manière du philosophe stoïcien Marc Aurèle.

« Ce n’est que lorsque vous faites face à la vérité de votre déclin professionnel — une sorte de mort — que vous pouvez continuer à progresser vers la deuxième courbe. » (De la force à la force, Chapitre 5)

Chapitre 6 : « Cultivez votre forêt de peupliers »

Dans ce chapitre, l’accent est mis sur la création de relations qui donnent un sens à nos vies et sur lesquelles nous comptons dans nos années en déclin. 

Le problème que la plupart des travailleurs acharnés rencontrent est qu’ils mettent tellement le travail en priorité qu’ils en oublient tout le reste, y compris la famille et les amis. 

Comment ne pas laisser cela se produire ? Comment cultiver des relations saines et durables ?

Une étude révolutionnaire nommée Harvard Study of Adult Development donne un aperçu de ce que les gens trouvent significatif dans ce domaine. Commencée en 1938, l’étude a examiné une cohorte de près de 300 étudiants masculins de Harvard tout au long de leur vie. 

L’étude a été conçue pour survivre aux chercheurs originaux. Pour chaque décennie de la vie, les participants ont révélé ce qui les rendait heureux et satisfaits, et ces données ont été classées en fonction de la santé physique et mentale, ainsi que de la satisfaction générale. 

La catégorie supérieure des personnes « satisfaites » nous permet de voir qu’elles valorisent particulièrement l’exercice et l’absence d’excès, mais ce n’est pas tout. Le facteur le plus important qui est mis en évidence dans cette étude est l’amour.

Or, de nombreuses personnes très performantes sont assez seules malgré tous leurs signes extérieurs de succès ! Ils peuvent être connectés à de nombreuses personnes au quotidien, mais ils ressentent pourtant profondément l’isolement. 

Les personnes qui réussissent le mieux n’ont souvent pas la chance de nouer des amitiés de travail en raison de leur position d’autorité et de leadership. Leurs relations les plus proches, qui sont essentielles pour réduire la solitude, sont la famille et les relations amoureuses.

Sur ce dernier point, l’auteur remarque que l’amour est le plus fort entre les conjoints et « l’amour partenaire », dans lequel les partenaires sont à la fois amis et amants. D’après la recherche, l’amour monogame serait également préférable en termes de bonheur à long terme.

Il est également important d’avoir des amis proches en dehors du mariage. Non pas des amitiés superficielles de travail, mais de vrais amis avec lesquels vous pouvez discuter de sujets sérieux et vers qui vous pouvez vous tourner en cas de besoin.

L’auteur utilise la métaphore d’une forêt de peupliers. Si vous ne regardez qu’un seul d’entre eux, il vous semble qu’il tire sa force et sa résilience de lui-même. Toutefois, la vérité est que leurs racines sont connectées sous terre au sein d’un grand réseau de racines.

En fait, la forêt de peupliers est « le plus grand organisme vivant du monde ». 

« Le secret pour supporter mon déclin — non, pour en profiter — est d’être plus conscient des racines qui me lient aux autres. Si je suis connecté aux autres dans l’amour, ma diminution sera plus que compensée par des augmentations pour les autres — c’est-à-dire des augmentations pour d’autres facettes de mon vrai moi. » (De la force à la force, Chapitre 6)

De la même manière, les humains ne sont forts et puissants que lorsqu’ils sont soutenus par leurs relations interconnectées.

Les travailleurs acharnés résistent souvent à nouer des amitiés à cause de 3 causes :

Le manque de temps (ce qui est un signe clair de dépendance au travail ; 

L’absence de pratique — ne pas savoir comment faire ;

La crainte que les nouveaux amis ne leur pardonnent pas leur incompétence sociale.

Pour éviter ce problème d’enfermement dans le travail, Arthur Brooks propose une solution en 3 étapes : 

Planifiez votre temps ;

Faites votre travail de base (ce que vous pouvez fournir de manière unique dans les relations) ; 

Investissez intelligemment dans ce que vous voulez pour les personnes que vous aimez. 

La recherche a montré que les objectifs intrinsèques des relations solides fournissent le plus de satisfaction, et même tard dans la vie, elles peuvent être cultivées.

Chapitre 7 : « Commencez votre Vanaprastha »

Arthur Brooks consacre un chapitre au besoin de spiritualité. Il affirme que ce type de désir se manifeste surtout à l’âge moyen pour beaucoup de personnes. 

Il arrive même souvent que ce soient les plus sceptiques qui modifient leur jugement, une fois venue la quarantaine.

Pourquoi ? 

Eh bien, c’est en partie dû à l’expérience de la vie : à mesure que vous apprenez que la vie n’est pas propre et ordonnée, mais ambiguë et mystérieuse, vous acceptez également l’ambiguïté dans la spiritualité et la religion. 

Sur un plan scientifique, il a été démontré que les gens ressentent une plus grande satisfaction, mais aussi une meilleure santé physique, lorsque les personnes se déclarent religieuses ou spirituelles. 

Il est probable que cela soit dû aux avantages de la socialisation (aller à l’église, fréquenter une communauté, etc.). Toutefois, l’auteur insiste davantage sur un autre point : la concentration.

L’auteur relate un voyage qu’il a réalisé en Inde en 2018. Il avait entendu parler d’une philosophie de la vie que les Indiens appellent les ashramas (étapes) et voulait en savoir plus. Là-bas, il a pu rencontrer un professeur qui lui a exposé cette théorie.

Selon la philosophie des ashramas, il y a 4 grandes étapes dans l’existence :

Les premières années d’apprentissage ;

La création de la famille, la carrière et l’épargne ; 

À l’âge moyen, la prise de distance avec la carrière et l’éveil de l’intérêt spirituel ; 

L’engagement complet dans les questions spirituelles (la prière et l’étude).

Les gens ont souvent du mal à quitter leur succès mondain et à entrer dans la troisième étape, nommée vanaprastha.

Souvent, les travailleurs acharnés ne développent pas ce côté spirituel de leur vie. L’une des raisons est ce qu’Arthur Brooks appelle le « syndrome de Nicodème ». 

Dans la Bible, Nicodème faisait partie d’un groupe religieux farouchement opposé aux enseignements de Jésus, les pharisiens. Pourtant, il se sentait attiré par la parole de ce nouveau prophète et se faufilait, la nuit, pour l’écouter. Finalement, Nicodème se dévoua en cachette au christianisme.

La morale de cette histoire ? Lorsque l’envie spirituelle se manifeste tard dans notre vie, elle entre en conflit avec l’identité que nous nous sommes forgée. Nous hésitons à lui donner une seconde chance, car nous y voyons un tissu de mensonges ou de conseils inappropriés à notre situation.

Changer de point de vue n’est pas facile.

Il faut du temps et un engagement fort afin de favoriser la spiritualité. Tout le monde n’est pas prêt à entreprendre ce cheminement.

Néanmoins, si vous êtes décidé à surmonter ces obstacles, alors Arthur Brooks a un conseil pour vous : partez arpenter les chemins de Compostelle. Un pèlerinage sur le Camino de Santiago, en Espagne, vous aidera certainement à y voir plus clair. 

L’auteur raconte son expérience : pour lui, réaliser cette marche est source de contemplation, voire de méditation. Cela permet de se concentrer sur ce qui est important et d’être reconnaissant pour ce que nous possédons déjà.

Chapitre 8 : « Faites de votre faiblesse votre force »

Comment faire de nos faiblesses des forces ? C’est la question posée dans cet avant-dernier chapitre. 

Arthur Brooks raconte l’histoire de Saint Paul. Celui-ci écrit dans l’une de ses lettres : « On m’a donné une épine dans ma chair, messager de Satan, pour me tourmenter » (172). 

Il est difficile de déchiffrer le sens de cette phrase. Certains spécialistes ont suggéré qu’il souffrait d’épilepsie, car il raconte, à un autre moment, avoir été frappé par un éclair de lumière sur la route de Damas, au point d’en devenir aveugle pendant une brève période. 

Mais le plus important n’est pas là.

Dans la même lettre, Paul écrit que cette épine — sa faiblesse — est en fait sa force.

Qu’en penser ? Pour les travailleurs acharnés, qui veulent à tout prix « performer » en exhibant leurs meilleures qualités, cette affirmation sonne aux oreilles comme une hérésie. Et pourtant, n’a-t-elle pas un sens profond ? 

Selon Arthur Brooks, des liens forts peuvent être forgés par la faiblesse. 

L’auteur lui-même en a fait l’expérience lorsqu’il a relaté, dans le New York Times, son parcours non conventionnel et son chemin vers le succès. Sa faiblesse — ne pas avoir suivi le cheminement mainstream pour parvenir au succès — est devenue sa force : il a reçu beaucoup de soutien inattendu de la part de sa profession.

Prenons 3 autres exemples :

L’animateur de talk-show Stephen Colbert ;

Le survivant de l’Holocauste, Viktor Frankl ;

Le compositeur Ludwig von Beethoven. 

Stephen Colbert a perdu son père et ses deux frères dans un accident d’avion alors qu’il n’avait que 10 ans. Cet événement dramatique ne l’a pas détruit ; Stephen Colbert a su faire preuve de résilience et il est devenu reconnaissant. 

Viktor Frankl écrit dans ses mémoires qu’une « opportunité unique se trouve sur le chemin de la souffrance ».

Ludwig Van Beethoven est devenu sourd à l’âge de 30 ans. Pianiste brillant, il a d’abord été pris de rage devant cette incapacité de jouer. Mais plus tard, il s’est tourné vers la composition. Résultat ? Il a composé ses plus grandes œuvres tard dans sa vie, alors qu’il était complètement sourd. 

N’est-ce pas la surdité qui a rendu l’œuvre de Beethoven unique ? C’est ce que suggère Arthur Brooks. Quoi qu’il en soit, c’est ainsi qu’il a changé pour toujours la musique classique et qu’il est devenu le maître absolu de l’ère romantique.

« La leçon est que si vous voulez créer un lien humain profond avec quelqu’un, vos forces et vos succès mondains ne seront pas suffisants. Vous avez besoin de vos faiblesses pour cela. » (De la force à la force, Chapitre 8)

Chapitre 9 : « Élancez-vous dans la marée descendante ! »

Dans ce dernier chapitre, Arthur Brooks relate une anecdote de son enfance. 

Alors qu’il pêchait seul au bord de la mer, un vieux pêcheur est venu à sa rencontre. Le jeune homme ne savait pas très bien s’y prendre et n’avait, de fait, pécher aucun poisson. 

Alors, l’homme expérimenté dit à Brooks d’attendre la marée descendante, une fois que la mer commencerait à reculer.

Arthur Brooks était confus : est-ce que tous les poissons n’allaient pas s’en aller en même temps ? Non, le pêcheur lui expliqua que le changement de marée allait, au contraire, soulever beaucoup de petits organismes que les poissons voudraient manger. 

C’est alors qu’il pourrait faire une bonne pêche. Le garçon et le pêcheur attendirent la marée descendante et ce fut, comme il l’avait prédit, un grand succès !

Pensez-y. 

C’est exactement ce à quoi fait référence Arthur Brooks lorsqu’il veut parler de la deuxième courbe. Et c’est de cette façon que l’auteur explicite cette métaphore : 

« Je me suis souvenu de ce jour à plusieurs reprises en écrivant ce livre. Il y a une marée descendante dans la vie, la transition de l’intelligence fluide vers l’intelligence cristallisée. » (De la force à la force, Chapitre 9)

En psychologie, les spécialistes nomment « espace liminal » les transitions du milieu de vie, lorsque nous nous situons entre les rôles professionnels, les organisations, les cheminements de carrière et les étapes d’une relation ». 

Le chercheur Bruce Feiler a constaté que les transitions personnelles se produisent en moyenne tous les 18 mois. Ce sont donc des phases assez fréquentes. Or, ceux-ci ont tendance à affecter les gens plus que des événements qui changent le monde, comme les attaques terroristes du 11 septembre par exemple.

Lorsqu’un changement se produit, il peut provoquer de la douleur, mais au final, nous en retenons le plus souvent le positif. C’est en partie parce que ces moments peuvent être de véritables sources de renaissance et de créativité.  

Qu’en est-il de cette phase de transition que nous avons l’habitude d’appeler la « crise de la quarantaine » ? 

En fait, Arthur Brooks soutient que de telles transitions n’ont pas besoin d’être une « crise ». Ce terme, inventé dans les années 1960 et popularisé une décennie plus tard dans le livre Passages de Gail Sheehy, masque d’autres réalités.

L’auteur se tourne vers son propre père et son grand-père afin de prendre des exemples positifs. À l’âge de 49 ans, le grand-père de Brooks a déménagé sa famille du Nouveau-Mexique à Chicago. Celui-ci n’a pas ressenti cela comme un malheur, mais plutôt comme quelque chose qu’il ressentait le besoin de faire. 

De même, le père de Brooks était un professeur d’université en mathématiques, qui se sentait en infériorité parce qu’il n’avait pas passé son doctorat, contrairement à ses collègues. Il a décidé de rédiger une thèse après 40 ans et tout s’est bien passé !

Brooks termine ce chapitre par 4 leçons pour laisser éclore votre intelligence cristallisée.

Celles-ci vous aideront à faire le grand saut vers la quarantaine (ou la cinquantaine) heureuse.

Identifiez ce que vous voulez vraiment. Cette volonté exigera sans doute des sacrifices. Êtes-vous prêts à les réaliser ? 

Considérez le travail comme une récompense, et non comme un moyen d’atteindre une fin. Impossible ? Non : si vous faites ce que vous voulez vraiment, travailler ne sera plus une tâche, mais une activité que vous réaliserez pour elle-même, avec plaisir.

Faites la chose la plus intéressante que vous pensez pouvoir faire.

Préparez-vous au zigzag qu’implique toute reconversion professionnelle. Pour autant, ne prévoyez pas tout, ni trop. Faites le grand saut et laissez-vous porter par l’aventure !

Conclusion : « Sept mots à retenir »

La courte conclusion fournit un résumé de sept mots du livre : « Utilisez les choses. Aimer les gens. Adorez le divin » (Use things, Love people, Worship the divine). 

Arthur Brooks souligne que les biens matériels ne sont pas mauvais en soi. Toutefois, les aimer nous rend insatisfaits et frustrés. Au contraire, aimer les personnes conduites au bonheur.

« Le problème n’est pas le nom “choses”, mais le verbe “aimer”. Les choses sont à utiliser, pas à aimer. Si vous ne deviez vous souvenir que d’une seule leçon de ce livre, ce serait celle-là : l’amour est à l’épicentre de notre bonheur. » (Conclusion)

L’auteur termine en remerciant l’homme dans l’avion qui lui a donné l’idée de ce livre et de cette recherche sur le phénomène du déclin. Finalement, Arthur Brooks a eu le courage de changer le cours de sa vie, à écrire ce livre et à partager ses idées avec d’autres.

Conclusion sur « De la force à la force : Trouver le succès, le bonheur et un but profond dans la seconde moitié de la vie » d'Arthur Brooks :

Ce qu’il faut retenir de « De la force à la force : Trouver le succès, le bonheur et un but profond dans la seconde moitié de la vie » d'Arthur Brooks

Arthur Brooks propose un ouvrage à la fois scientifique et spirituel sur le passage à la quarantaine. Selon lui, il est possible de se transformer pour embrasser tous les avantages de cette étape de la vie et en profiter durablement.

Il s’appuie d’abord sur les études de Dean K. Simonton et Raymond Cattell afin de montrer que nous connaissons tous un déclin de la pensée fluide avec l’âge. 

Mais il insiste ensuite sur l’importance de ne pas se laisser aller à la morosité : ce déclin peut être largement compensé en « sautant sur la courbe » de l’intelligence cristallisée, nommée aussi sagesse.

L’auteur cherche à comprendre notre rapport au travail acharné. Pour beaucoup d’entre nous, ne plus travailler — ou ne plus travailler autant — constitue presque une « petite mort ». Cela est lié au fait que nous attachons profondément notre identité à notre profession.

Toutefois, il y a des chemins à prendre pour diminuer cette charge qui pèse sur nous et entretenir une existence plus joyeuse à partir de 40 ans. L’une d’entre elles est de se reconvertir pour exercer une activité que nous aimons vraiment. 

La spiritualité (la méditation, par exemple) est également une voie à explorer. Sans prétendre chercher à nous convaincre sur ce point, Arthur Brooks veut simplement partager son expérience. 

Finalement, ce livre nous raconte son cheminement personnel et nous livre l’enseignement qu’il en a tiré.

Points forts :

Un livre à la fois personnel et universel ;

Qui parvient à associer connaissances scientifiques, sagesses anciennes et développement personnel ;

Et vous donnera des images fortes pour prendre ce tournant de votre vie avec sérénité ;

En plus, le livre se lit très facilement, car l'auteur a une bonne plume !

Point faible :

Vous devrez lire l'anglais pour pouvoir en profiter…

Ma note :

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Mon, 09 Oct 2023 05:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12599/De-la-force-la-force
Maîtrisez vos émotions http://www.olivier-roland.fr/items/view/12553/Matrisez-vos-motions

Résumé de « Maîtrisez vos émotions. Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions » de Thibaut Meurisse : un manuel riche en enseignements sur nos émotions, comment mieux en prendre conscience et les gérer.

Par Thibaut Meurisse, 2021, 260 pages.

Chronique et résumé de « Maîtrisez vos émotions : Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions » de Thibaut Meurisse

Maîtrisez vos émotions - Introduction

Personne ne nous apprend réellement comment fonctionnent nos émotions, ni nos professeurs, ni nos parents. La société nous enjoint à les réprimer, notamment les émotions négatives. Pourtant, les émotions sont au centre de notre vie et de notre bonheur.

À travers ce livre Maîtrisez vos émotions, l’auteur, Thibaut Meurisse affirme qu’il « vous aidera à :

comprendre la nature des émotions et la façon dont elles affectent votre vie ;

identifier les émotions négatives qui contrôlent votre vie et à apprendre à les surmonter ;

changer votre récit pour mieux contrôler votre vie et vous créer un meilleur avenir ;

reprogrammer votre esprit pour ressentir plus d’émotions positives. » (Maîtrisez vos émotions, p. xii)

L’auteur conseille de lire Maîtrisez vos émotions dans son ensemble au moins une fois puis de revenir et de se concentrer sur les sections que l’on souhaite approfondir. Des exercices sont inclus dans chaque section et vous trouverez également des exercices complémentaires dans la partie annexe. 

Partie 1 – Maîtrisez vos émotions : Définir les émotions

  1. Votre mécanisme de survie

Un penchant pour la négativité

Au début de l’histoire de l’humanité, les êtres humains vivaient en petits groupes nomades. Par la suite, lorsqu’ils ont commencé à devenir de plus en plus sédentaires, ils ont continué à vivre dans des systèmes communautaires où les liens de parenté et de solidarité étaient très forts. 

Ils vivaient le plus souvent dans des environnements très hostiles où ils étaient confrontés à la menace de prédateurs. Face à ces dangers, le cerveau des humains a développé des réflexes de survie presque automatiques. Le stress ressenti dans une telle situation permettait de se protéger en provoquant des réactions comme la fuite ou l’attaque. 

Le groupe ou la communauté assuraient une protection essentielle face aux dangers. Être exclu du groupe signifiait se retrouver seul face aux prédateurs et la mort presque assurée.

Ainsi le cerveau humain associe l’inclusion dans un groupe à la protection et le rejet à un danger. 

Bien que nous vivions aujourd’hui dans des sociétés plus sécurisées et plus individualistes, nous continuons à associer le rejet ou la critique à un risque d’exclusion et donc de mort. L’auteur donne l’exemple de personnes qui se focalisent sur une critique négative – par exemple une critique du patron – alors qu’elles ont reçu un grand nombre de compliments par ailleurs. La peur d’être rejeté prend alors le pas sur les évaluations positives.

Mais Thibaut Meurisse précise que :

« La fonction principale de votre cerveau n’est pas de vous rendre heureux, mais d’assurer votre survie. Ainsi, si vous voulez être heureux, vous devez apprendre à contrôler vos émotions au lieu d’espérer que le bonheur vienne à vous naturellement. » (Maîtrisez vos émotions, p. 5)

La dopamine peut nuire à votre bonheur

Lorsque nous effectuons certaines actions qui ont un lien avec notre survie (nous alimenter, faire l’amour, etc.) et la survie de l’espèce, de la dopamine est libérée dans certaines zones du cerveau. Nous ressentons alors du plaisir, parfois intense. Cette sensation nous amène à chercher à renouveler l’action associée au plaisir et donc à continuer à nous alimenter et à tenter de nous reproduire par exemple.

Dans nos sociétés modernes, les spécialistes du marketing et de la psychologie utilisent ce système de récompense de la dopamine. Ils créent des contenus qui stimulent certaines zones de notre cerveau et nous amènent à libérer de la dopamine et donc à ressentir du plaisir.

C’est ainsi que certains deviennent « accros » aux notifications, aux « likes », à leurs smartphones, à la pornographie, etc. Ces addictions peuvent être très dangereuses, notamment lorsqu’elles amènent certains à s’éloigner de besoins essentiels comme boire et manger.

L’adaptation hédonique

Il est faux de croire qu’en réalisant ses rêves, on sera heureux pour toujours. Une fois l’excitation et l’euphorie passées, on cherchera à passer à une nouvelle chose « excitante » (p. 7). 

L’auteur cite une étude très intéressante, réalisée en 1978, sur deux groupes ayant connu un grand changement de vie un an auparavant.

Un groupe était constitué de personnes qui venaient de gagner au loto.

L’autre groupe était constitué de personnes qui étaient devenues paraplégiques. 

Un an après ce changement, tous les participants étaient aussi heureux ou malheureux qu’avant. Cette étude montre que les évènements extérieurs n’ont que peu d’effet sur notre niveau de bonheur.

L’auteur cite les travaux de Sonja Lyubomirsky et selon qui :

50% de notre bonheur est déterminé par la génétique ;

40% par des facteurs internes ;

10% par des facteurs externes.

« Ainsi, l’influence des facteurs externes est probablement bien moindre que vous ne le pensiez. Voici ce qu’il en ressort : c’est votre attitude face à la vie qui dicte votre bonheur, pas ce qui vous arrive. » (Maîtrisez vos émotions, p. 8)

  1. L’ego et son fonctionnement

Alors, qu’est-ce que l’ego ?

L’auteur choisit de désigner l’ego comme « l’identité » ou « l’histoire » d’une personne. L’ego se réfère à la perception que chacun a de lui-même. Cette conscience de soi se définit à travers ce que nous ressentons au contact des évènements de notre vie et des jugements que les autres portent à notre égard. 

L’ego se construit dans la comparaison aux autres et il crée de la dépendance aux autres. De plus, l’ego n’est jamais satisfait et cherche à s’alimenter toujours plus. 

Alors, nous pouvons ressentir des émotions négatives lorsque des éléments qui composent notre identité – et auxquels nous sommes attachés – sont critiqués. Il est important de prendre conscience de notre ego afin de ne pas nous soumettre entièrement à nos croyances. Nous pouvons alors éviter de grandes souffrances. 

Le besoin d’identité de votre ego

L’auteur identifie que l’ego a un fonctionnement similaire à celui du cerveau : il cherche à survivre mais aussi à s’accroître ! Pour cela, il a besoin de s’alimenter. C’est ainsi que certaines personnes cherchent à réaliser des actions uniquement dans le but d’obtenir un maximum de reconnaissance et de satisfaire ainsi leur ego. 

L’auteur identifie plusieurs éléments qui alimentent l’ego.

Les possessions matérielles : le capitalisme et le marketing développent beaucoup de techniques pour nous amener à croire que les objets en tout genre que nous possédons (vêtements, voiture, montres, etc.) jouent un grand rôle sur l’image que nous renvoyons aux autres. Si nous en venons à penser que les objets peuvent faire notre bonheur, ceci est problème.

Le corps : les sociétés modernes véhiculent des images stéréotypées des corps considérés comme beaux et séduisants. Ceci nous pousse à croire qu’un beau corps est essentiel au bonheur. Non ! Nous dit l’auteur. Il est possible d’observer son corps avec bienveillance, indépendamment des normes fabriquées par le marketing.

Les relations avec les autres : nous cherchons souvent, à travers nos actions, à obtenir la reconnaissance des autres. Nous utilisons ainsi les autres, d’une certaine manière, pour renforcer notre identité. Cela vaut pour les relations avec les amis et les connaissances, mais aussi, parfois, dans les relations parents-enfants. Certains parents se comportent comme s’ils possédaient leurs enfants et cherchent à renforcer leur ego à travers eux. On peut observer aussi des mécanismes similaires dans les couples.

Les croyances : elles peuvent être de différents types (religieuses, politiques ou métaphysiques). L’attachement à des croyances peut mener certains à être prêts à mourir pour les défendre, ou pire, à tuer ceux qui les contredisent !

Thibaut Meurisse mentionne aussi d’autres objets d’identification tels que la culture, la nationalité, l’âge, l’emploi, le statut social, etc.

Le besoin de l’ego de se sentir supérieur

Pour alimenter son ego, une personne en vient à développer des comportements dérangeants en société tels que :

« colporter des commérages », des critiques négatives sur d’autres, car cela permet de se sentir différent, « meilleur » en quelque sorte ;

chercher à avoir toujours raison, ce qui permet d’affirmer son existence ;

se plaindre, ce qui permet de se donner raison et de donner tort aux autres ;

attirer l’attention sur soi, quitte à commettre des actes répréhensibles.

L’impact de votre ego sur vos émotions

Pourquoi est-il si important de comprendre notre ego ? Et bien, parce que notre ego est à l’origine de beaucoup des émotions négatives que nous ressentons. 

« En remplaçant votre histoire actuelle par une histoire plus valorisante, tout en renonçant à un attachement excessif aux choses, aux personnes ou aux idées, vous pourrez vivre des émotions plus positives. » (Maîtrisez vos émotions, p. 12)

  1. Maîtrisez vos émotions : La nature des émotions

Les émotions que nous ressentons n’ont pas vocation à rester durablement en nous. Elles peuvent apparaître, puis disparaître après nous avoir habités pendant des temps variables. Plusieurs émotions peuvent également cohabiter. L’important est de réussir à les accepter sans se juger et de ne pas s’identifier à elles. Ne nous laissons pas définir par nos émotions !

L’utilité des émotions négatives

Ce ne sont pas les émotions elles-mêmes qui créent de la souffrance, mais la manière dont nous les critiquons.

Considérons plutôt le côté positif des émotions négatives. Elles agissent comme des signaux qui nous permettent de détecter une souffrance, un problème à analyser, des changements à amorcer. 

L’auteur cite les exemples d’Elon Musk et d’Abraham Lincoln qui ont vécu de profonds moments de dépression et de tristesse ce qui ne les a pas empêchés de se retrouver ensuite sur des rails positives ! Les émotions négatives n’ont pas vocation à rester en nous. Un jour, elles disparaissent et votre personnalité peut « briller de nouveau » (p.22).

Cependant Thibaut Meurisse conseille aux personnes souffrant de dépression chronique grave d’aller consulter un spécialiste.

Le côté perfide des émotions

Les émotions qui nous habitent à un moment donné de notre vie colorent toutes les expériences que nous vivons. 

Si nous nous sentons heureux, nous avons tendance à vivre tout ce qui nous arrive de manière positive, y compris des expériences que nous aurions pu ressentir comme désagréables à d’autres moments. 

À l’inverse, si nous nous sentons malheureux, les évènements de notre vie sont teintés d’émotions négatives comme la tristesse, la colère, le ressentiment, l’angoisse, l’exaspération, ou encore la frustration.

« Efforcez-vous de remarquer lorsque de tels évènements se produisent et commencez à déjouer les ruses de vos émotions. Vous pouvez également aller plus loin et noter ces évènements dans un journal. Ce faisant, vous comprendrez mieux le fonctionnement des émotions, et par conséquent, vous serez mieux équipé pour les gérer. » (Maîtrisez vos émotions, p. 23)

Le pouvoir maléfique des émotions

Selon Thibaut Meurisse, les émotions négatives agissent « comme un sort » (p.24), c’est-à-dire qu’elles nous envahissent subitement sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. 

Le problème est que les émotions prennent alors le pas sur la raison. Nous avons beau tenter de nous raisonner, rien n’y fait et nous restons habités par ce ressenti négatif. Ce mécanisme est amplifié quand l’image que nous nous faisons de nous-mêmes est atteinte. Par exemple, une personne qui manque de confiance en elle se sentira vite touchée par une petite critique. 

C’est ainsi que des cercles vicieux d’émotions et de pensées négatives se mettent en place, une émotion en entraînant une autre de la même nature.

Le pouvoir filtrant des émotions

Quels sont les aspects de la vie qui sont atteints par les émotions ? 

Ils sont nombreux, il s’agit notamment de la capacité à :

entreprendre, être créatif, avoir des idées ; 

persévérer ; affronter les obstacles ; sortir de sa zone de confort.

Briser le pouvoir magnétique des émotions

Nous avons vu que les émotions négatives peuvent être un signal intéressant pour nous amener à analyser les causes de notre mal-être et chercher des solutions. Ainsi, les émotions négatives vont et viennent au milieu d’émotions positives et ce processus reste naturel et sain. 

Toutefois, lorsque nous restons prisonniers trop longtemps de cercles vicieux d’émotions négatives, nous devons essayer de briser ce que l’auteur appelle leur « pouvoir magnétique ». Comment faire ?

Thibaut Meurisse conseille de « compartimenter les problèmes et ne pas regrouper des problèmes sans rapport les uns avec les autres » (p.28).  De plus, en examinant précisément ce qui a déclenché une émotion négative, nous pouvons commencer à identifier certains schémas de causes à effets qui se mettent en place. 

Votre point d’équilibre émotionnel

Thibaut Meurisse cite ici deux autres auteurs, Esther et Jerry Hicks, qui ont développé un modèle dans leur ouvrage Demandez et vous recevrez pour expliquer le passage d’émotions négatives à positives. 

Ils distinguent des échelles d’émotions. Ainsi, les émotions qui nous empêchent de passer à l’action, comme la dépression ou le désespoir, sont au bas de l’échelle. Puis la colère signifie un regain d’énergie et d’action. Elle peut être utilisée comme un moteur pour se mettre en marche et créer une dynamique. 

« Chaque fois que vous ressentez des émotions négatives, recherchez des émotions revigorantes. (…) si la colère vous fait du bien, acceptez-la. » (Maîtrisez vos émotions, p. 30)

Émotions et souffrance mentale

Lorsque nous sommes confrontés à un problème dans notre vie, il est contre-productif de lui associer un ensemble de questionnements angoissants et négatifs. Non seulement ils ne nous permettent pas de trouver des solutions, mais en plus, ils créent de la souffrance mentale. 

Et cette souffrance mentale consomme beaucoup d’énergie. Par exemple, lorsque l’on procrastine face à une tâche qui nous semble difficile, la souffrance mentale générée consomme en réalité plus d’énergie que la réalisation de la tâche elle-même. Et nous nous rendons finalement souvent compte que la tâche n’était pas si difficile que cela. Ce qui est problématique, c’est donc la souffrance que nous avons générée à partir de cette tâche à faire.

En réalité, les problèmes n’existent pas

Nous devons arrêter de créer de faux problèmes qui n’existent que dans notre esprit ou pour lesquels nous ne devons pas perdre de temps, car nous ne pouvons pas changer le passé ni prévoir l’avenir.

Partie 2 – Maîtrisez vos émotions : Ce qui affecte vos émotions

Thibaut Meurisse débute cette partie en soulignant la complexité des émotions et des différents facteurs qui les influencent. 

Il distingue deux types d’émotions :

Les émotions naturelles spontanées qui sont liées à nos mécanismes de survie (par exemple la peur qui peut mener à la fuite ou à l’attaque pour se défendre) ;

Les émotions sur lesquelles nous pouvons agir, car elles proviennent de la façon dont nous interprétons ce qui nous arrive, mais aussi d’autres facteurs comme l’alimentation, l’activité physique et cognitive ou encore le sommeil, etc. 

  1. L’impact du sommeil sur votre humeur

Des études ont montré que la quantité et la qualité du sommeil influencent la manière dont nous gérons nos émotions, notre capacité de concentration, notre vigilance et même notre espérance de vie.

Voici quelques conseils donnés par Thibaut Meurisse pour améliorer notre sommeil (p. 38-39) :

faire le noir complet dans sa chambre ;

ne pas utiliser d’appareils électroniques ou alors avec une protection anti-lumière bleue ;

détendre son esprit par exemple par l’écoute d’une musique apaisante ou la lecture d’un livre papier ;

ne pas boire d’eau dans les deux heures précédant le coucher pour éviter d’aller aux toilettes pendant la nuit ;

adopter un rituel du soir qui nous aidera aussi à avoir un rituel du matin.

  1. L’influence du corps sur vos émotions

Langage et posture corporels

Thibaut Meurisse cite les travaux d’Amy Cuddy, psychologue sociale à Harvard Business School. Elle a mené une expérience où elle mesurait les hormones produites par des hommes qui adoptaient certaines postures corporelles.

Les hommes qui adoptent une attitude de puissance produisent des hormones qui augmentent leur vitalité, leur bien-être et leur acceptation du risque. 

À l’inverse, les hommes qui adoptent une attitude de faible puissance produisent moins d’hormones entraînant des sensations de bonheur et sont plus averses au risque.

L’auteur conseille donc de s’efforcer d’adopter des postures corporelles qui génèrent des émotions positives comme sourire, se tenir droit, ou encore manifester une certaine énergie dans ses mouvements.

Les bienfaits de l’exercice physique

De même, des études ont montré que la pratique d’un exercice physique régulier permet de soigner des dépressions avec autant d’efficacité que des antidépresseurs. De manière générale, faire un peu de sport régulièrement peut aussi contribuer à augmenter l’espérance de vie.

Et pas besoin de courir dix kilomètres par jour ! Trente minutes de marche cinq jours par semaine contribuent déjà de manière significative à une amélioration de l’humeur. 

  1. Maîtrisez vos émotions : L’influence des pensées sur vos émotions

La méditation et la visualisation sont des pratiques qui peuvent vous aider à améliorer significativement votre humeur.

À travers la méditation, vous observez les pensées qui surgissent dans votre esprit et vous apprenez à les mettre à distance de manière à diminuer l’impact émotionnel qu’elles ont sur vous. 

À travers la visualisation, vous pouvez visualiser des expériences qui vous amènent des émotions positives.

  1. L’influence des paroles sur vos émotions

Prêtez attention à la manière dont vous vous parlez à vous-mêmes, dont vous exprimez vos souhaits et vos intentions. 

Dites : « je veux », « je le ferai », « absolument », « bien sûr », « aucun problème ». Utilisez des formes positives.

Ne dites pas : « j’espère », « je vais essayer », « je souhaite », « peut-être », « si tout va bien ». N’utilisez pas de formules négatives.

« Les affirmations positives sont des phrases que vous répétez régulièrement jusqu’à ce que votre subconscient les accepte comme vraies. Au fil du temps, elles conditionnent votre esprit à éprouver des émotions positives telles que la confiance ou la gratitude. » (Maîtrisez vos émotions, p. 48)

  1. L’influence de la respiration sur vos émotions

La respiration est absolument essentielle à la vie. Si vous arrêtez de respirer, vous mourez en quelques minutes. 

En pratiquant certaines techniques de respiration, vous pouvez influencer grandement votre humeur et la gestion de vos émotions.

Ralentir la respiration permet de :

soulager le stress ;

augmenter sa conscience et sa sensibilité ;

diminuer l’anxiété et la peur.

Pratiquer une respiration rapide permet de :

se libérer du stress ;

avoir plus d’énergie.

  1. Maîtrisez vos émotions : L’influence de l’environnement sur vos émotions

Que nous le voulions ou non, le contact avec ce qui nous entoure provoque des émotions, que ce soit le contact avec d’autres êtres humains, des animaux, des végétaux, un paysage, des bruits, etc. 

Pour essayer d’améliorer notre bien-être, essayons de maintenir de bonnes relations avec les autres et de vivre dans un environnement agréable et bien organisé. L’auteur indique qu’il développera davantage ces points dans le chapitre 16.

  1. L’influence de la musique sur vos émotions

Des études ont montré que l’écoute de musique contribue à améliorer l’humeur en quelques minutes seulement. La musique peut aussi aider à mieux communiquer et améliorer la qualité de vie en général. 

Thibaut Meurisse précise que chacun est différent. Il nous invite à observer les liens entre différents types de musique et les émotions que nous ressentons. Il nous conseille alors de créer des playlists adaptées à chacune des émotions que nous recherchons : repos, détente, méditation, énergie, etc.

Partie 3 – Maîtrisez vos émotions : Changer vos émotions

Au début de cette troisième partie de l’ouvrage, l’auteur annonce les trois thèmes principaux qu’il traitera :

l’origine des émotions ;

les bienfaits de la pensée positive ;

les limites de la pensée positive et les compléments à apporter pour améliorer la gestion des émotions négatives.

  1. La naissance des émotions

Comment naissent les émotions que nous ressentons ? 

Thibaut Meurisse rappelle la distinction qu’il a déjà faite entre deux types d’émotions négatives.

Tout d’abord, on trouve les émotions négatives spontanées qui sont essentielles à notre survie puisqu’elles conditionnent des réactions qui visent à nous maintenir en vie. Il s’agit par exemple de la peur que nous éprouvons face à un danger. L’auteur ne s’attarde pas sur ces émotions essentielles.

En second lieu, on peut distinguer les émotions négatives que nous créons dans notre esprit. 

L’enjeu ici est de répondre à la question suivante : à travers quel processus générons-nous des émotions négatives qui peuvent nous envahir durablement ?

L’auteur distingue trois mécanismes qui s’enchaînent.

L’interprétation qui est très souvent liée à l’histoire personnelle de chacun et aux attentes créées à un moment donné. Face à un même évènement, deux personnes peuvent réagir très différemment. Par exemple, la pluie fera le bonheur d’un agriculteur et le malheur d’une famille qui prévoyait de se baigner. 

L’identification qui consiste à se définir à travers une émotion que l’on ressent à un moment donné. Or, l’auteur le rappelle, les émotions ont vocation à être passagères et à se modifier ! Ce n’est pas parce que vous vous sentez envahi par la tristesse à un moment donné que vous êtes triste en permanence.

La répétition qui consiste à s’accrocher à une émotion négative, par exemple le ressentiment que l’on éprouve envers un ami. Essayez de lâcher prise de cette émotion négative dès le début, ne la laissez pas vous habiter !

La combinaison et l’enchaînement de ces trois mécanismes (interprétation, identification, répétition) créent une émotion négative intense, durable et envahissante.

Pour réduire le pouvoir des émotions négatives, essayez d’identifier, à chaque étape, les mécanismes à l’œuvre.

Quels sont les évènements qui ont eu lieu et quelles ont été vos pensées ? 

Quelle a été votre réaction face à ces pensées ?

Avez-vous répété ces pensées à différents moments ?

  1. Maîtrisez vos émotions : Changer votre interprétation

La manière dont nous interprétons des évènements est étroitement liée à notre histoire de vie personnelle. Notre culture d’origine, notre famille, la société dans laquelle nous évoluons ou encore nos fréquentations influencent grandement nos opinions et nos manières de voir le monde.

Ainsi pour comprendre les interprétations que nous réalisons, Thibaut Meurisse nous conseille d’analyser nos points de vue. Quels sont-ils et sont-ils si immuables que nous le croyons ? Notre bonheur passe-t-il vraiment par le respect de toutes ces normes que nous énonçons au sujet par exemple du mariage, de la bonne santé, ou encore de l’argent ? 

En examinant attentivement ces normes que nous avons tendance à ne jamais questionner, nous nous rendrons compte que certaines ne nous correspondent pas et que nous pouvons les revisiter ou les voir autrement. Nous serons ainsi mieux armés pour faire face aux nécessaires aléas de la vie qui surgiront et pour y répondre. Nous pourrons alors saisir ces imprévus comme des opportunités pour avancer plutôt que de créer des blocages.

  1. Se libérer des émotions

L’éducation nous apprend le plus souvent à réprimer nos émotions négatives telles que la colère, la peur, la frustration ou la tristesse. Cependant, en faisant cela, nous bloquons ces énergies délétères à l’intérieur de nous-mêmes. 

Que se passe-t-il alors ? Nous continuons à entretenir le sentiment de ne pas être performant ou compétent par exemple, de ne pas « être assez bien » pour satisfaire certaines exigences sociales.

Comment nous libérer de nos émotions négatives ? 

Thibaut Meurisse nous conseille de suivre différentes étapes.

Observez les cycles émotions/pensées/interprétations avec détachement. Pour cela, prêtez attention aux signaux que votre corps vous envoie, prenez le temps de les ressentir et de les accepter. 

Caractérisez vos émotions avec précision. Plutôt que de dire « je suis triste », dites plutôt quelque chose comme « je me sens triste en ce moment et cela est certainement lié à tel évènement ».

Libérez-vous des émotions néfastes et des croyances qui y sont attachées, par exemple l’idée qu’il faut travailler beaucoup pour se sentir fier et être performant ou encore l’idée qu’il faut contrôler le résultat de ses actions.

« J’avais régulièrement l’impression de ne pas être assez performant. Par conséquent, je pensais que je devais travailler plus dur. Cette conviction m’a conduit à créer des listes d’objectifs quotidiens impossibles à atteindre, même en travaillant du matin au soir. Je n’atteignais pas souvent mes objectifs, ce qui renforçait la conviction que je n’étais pas assez doué. En réalisant que ce n’était qu’une histoire, j’ai commencé à abandonner cette croyance. Après ça, j’ai remarqué que j’étais presque aussi productif, mais sans avoir besoin de lutter et de me sentir stressé. C’est un problème sur lequel je travaille toujours, mais ce processus m’a beaucoup aidé. » (Maîtrisez vos émotions, p. 78)

Pour finir, Thibaut Meurisse expose le principe de la Méthode Sedona de Hale Dwoskin qui préconise trois façons de se libérer de ses émotions : les laisser partir ; les autoriser à exister ; les accueillir. 

  1. Conditionner l’esprit pour générer des émotions positives

Pour rappel, les émotions et les pensées se font écho et s’alimentent mutuellement à l’intérieur de cycles. Par exemple, le fait de croire que l’on est incompétent génère des émotions négatives comme la honte et la culpabilité, qui, à leur tour, attireront des pensées qui renforceront ces émotions et ainsi de suite. Ainsi, vous vous souviendrez régulièrement d’échecs passés et vous vous focaliserez sur les choses pour lesquelles vous vous croyez incompétent. 

Ces cycles d’émotions et de pensées créent à leur tour des blocages qui empêchent de passer à l’action pour améliorer sa vie. Et voilà comment, en vous croyant incompétent à tort, vous ne demanderez pas de promotion. 

En vous concentrant sur ce que vous voulez et en cherchant des moyens pour générer des énergies positives (enthousiasme, excitation, passion), vous arriverez à réaliser beaucoup plus de choses que ce que vous croyez !

Pour faire le plein de pensées positives :

célébrez quotidiennement vos petites victoires ;

traitez-vous avec compassion et respect ;

reconnaissez vos points forts.

Pour vous entraîner à éprouver plus d’émotions positives, vous pouvez utiliser le même schéma d’identification des émotions négatives déjà présenté : interprétation + identification + répétition = émotion puissante.

Thibaut Meurisse apporte alors quelques exemples de stratégies à réfléchir et à mettre en place pour éprouver certaines émotions comme la gratitude, l’enthousiasme, la confiance/certitude, l’estime de soi ou encore l’esprit de décision.

Mais attention à ne pas vouloir mettre en œuvre trop de changements à la fois ! Commencez petit et allez-y progressivement. « N’oubliez pas que la maîtrise de vos émotions est un travail de longue haleine » (p. 92).

  1. Maîtrisez vos émotions : Changer vos émotions en modifiant votre comportement

Thibaut Meurisse nous prévient. Il n’est pas toujours aisé de substituer une émotion négative par une positive, notamment lorsqu’il s’agit d’émotions liées à des chocs profonds comme une dépression sévère ou le deuil d’un être cher. 

Toutefois, il existe encore un autre biais pour changer ses émotions : votre comportement. Le changement peut alors opérer très rapidement, comme dans le cas d’une colère légère que l’on calme en se concentrant sur une tâche précise. 

Ce processus de transformation des émotions par le comportement peut aussi prendre des mois, voire des années, s’il s’agit d’émotions qui vous habitent plus durablement. Persistez, vous finirez par voir les résultats !

  1. Changer vos émotions en modifiant votre environnement

Votre environnement est constitué notamment par les activités dans lesquelles vous investissez du temps et les personnes qui vous entourent, notamment celles avec lesquelles vous avez le plus d’interactions. 

Observez et analysez les éléments qui composent votre environnement. Lorsque vous êtes en contact avec eux, comment vous sentez-vous ? Est-ce vous ressentez un regain ou, au contraire, une baisse d’énergie ?

En réalisant ce travail, vous pourrez choisir de vous concentrer davantage sur ce qui vous procure du bien-être et laisser de côté, voire carrément, vous séparer des personnes et des habitudes qui vous tirent vers le bas.

Thibaut Meurisse cite quelques exemples d’habitudes souvent toxiques. C’est notamment le temps passé :

devant la télévision ou des vidéos, car ce sont des activités passives ;

sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter, etc.), car ils risquent d’accroître la dépendance au jugement des autres pour l’estime de soi ;

avec des personnes négatives et qui se plaignent fréquemment.

Le fait de laisser des projets inachevés est aussi une source d’angoisse. Votre esprit se trouve alors comme « encombré » par trop « d’onglets ouverts » (p. 99). 

  1. Des solutions à court et à long terme pour gérer vos émotions

Dans cette partie, l’auteur, Thibaut Meurisse, fournit « un ensemble d’exercices et de techniques pour mieux gérer vos émotions » (p. 100).

Parmi les solutions à court terme, voici quelques exemples.

Modifier son état émotionnel : se distraire ; bouger ; écouter de la musique ; crier ; agir pour faire ce que l’on doit faire (que l’on en ait envie ou non).

Prêter attention à ses émotions : écrire – avec précision – ses préoccupations et les évènements qui ont généré une émotion ; recueillir un point de vue extérieur en discutant avec un ami.

Se détendre : se reposer ; utiliser des techniques de respiration ; relâcher ses muscles ; voir les problèmes comme des signaux pour chercher des solutions et aller mieux.

Voici des exemples de solutions à long terme.

Analyser ses émotions négatives : identifier « l’histoire » qui se trame derrière les émotions ressenties ; pratiquer la méditation ; se concentrer complètement en réalisant une activité.

S’éloigner de la négativité : changer d’environnement ; supprimer les activités qui ne sont pas productives, qui n’apportent rien.

Conditionner son esprit : créer des rituels ; faire du sport.

Augmenter son énergie : mieux dormir ; mieux manger.

Demander de l’aide : pour surmonter des problèmes profonds comme une dépression.

Partie 4 : Maîtrisez vos émotions : Utiliser vos émotions pour vous épanouir

Dans cette quatrième et dernière partie, Thibaut Meurisse expose la manière dont on peut s’appuyer sur ses émotions pour son développement personnel. Rappelez-vous que les émotions négatives n’ont pas vocation à durer et à vous habiter en permanence. Elles vont et viennent et vous pouvez aussi agir sur ce flux.

  1. Maîtrisez vos émotions : Laisser vos émotions vous guider

Prêtez attention à vos émotions le plus possible. Les émotions agissent comme des signaux qui vous indiquent une marche à suivre. Si les émotions sont négatives, analysez ce que vous devez changer pour aller mieux. 

Si vous ignorez les émotions négatives, le problème qui les cause va s’amplifier et deviendra encore plus difficile à gérer. Vous pourriez même rencontrer de graves problèmes de santé comme un épuisement professionnel (burn-out) ou une dépression.

C’est par exemple le cas lorsque vous rencontrez des problèmes avec votre conjoint ou un ami et que vous ne parvenez pas à en parler, ce qui accroît votre mal-être. La même situation peut se produire sur le plan professionnel. 

Améliorer sa conscience de soi est un outil puissant pour mieux gérer ses émotions.

« La conscience de soi est votre capacité à analyser objectivement vos pensées, vos émotions et vos comportements, sans y ajouter votre propre interprétation ou histoire. » (Maîtrisez vos émotions, p. 110) 

Une bonne conscience de soi augmente la curiosité, l’écoute, la prise de responsabilité, la remise en question des croyances.

  1. Écrire vos émotions

Thibaut Meurisse vous invite ici à réaliser l’exercice simple. Prenez quelques instants chaque jour pour noter vos émotions et sentiments en leur attribuant une note sur une échelle de 1 à 10 (1 étant la pire émotion et 10 la meilleure). 

À la fin de la semaine, faites un bilan. 

Analysez les émotions négatives ressenties et les faits concrets auxquels elles étaient liées (évènements extérieurs, manque de sommeil, etc.). 

Observez également comment vous avez interprété les faits et quelles croyances ancrées en vous vous ont amené à ce ressenti. 

Demandez-vous comment vous avez réussi à quitter un état émotionnel délétère pour revenir à un état neutre. 

Et enfin, « qu’auriez-vous pu faire pour éviter ou réduire ces émotions négatives ? »

  1. Ne pas être à la hauteur

Les sentiments de « n’être pas assez + adjectif (intéressant, inspirant, intelligent, etc.) » ou « de ne pas + verbe (travailler, produire, réfléchir, etc.) + assez » sont néfastes pour l’estime de soi et ont dû tuer dans l’œuf beaucoup de rêves. 

Vous n’êtes pas incompétent. En réalité, vous faites même la plupart des choses que vous entreprenez plutôt bien. Mais vous pensez souvent que vous n’êtes pas légitime pour réaliser une action. Vous avez alors tendance à vous focaliser sur vos échecs et vos difficultés au lieu de voir ce que vous faites bien. Cela peut vous rassurer, car vous vous dites que vous n’avez pas besoin « d’être à la hauteur ». Mais cela entretient aussi en vous un sentiment de mal-être.

« Même si le manque d’expérience, d’intérêt ou de talent peut expliquer pourquoi vous ne réussissez pas aussi bien que vous le souhaiteriez dans certains domaines, cela n’a rien à voir avec le fait que vous n’êtes pas suffisamment ‘compétent’. »  (Maîtrisez vos émotions, p. 122) 

Afin de surmonter le sentiment d’incompétence :

identifiez ce qui déclenche en vous vos sentiments d’incompétence ;

gardez une trace de vos réussites, par exemple en créant un « journal de réussites » et en notant tous les compliments que vous recevez ;

apprenez à recevoir les compliments et à les accepter.

Apprenez à prendre confiance en vous !

  1. Maîtrisez vos émotions : Être sur la défensive

Vous êtes sur la défensive lorsque vous ressentez le besoin de vous justifier en permanence ou que vous vous sentez offensé rapidement. Vous vous sentez vite en danger et vous vous voulez protéger votre ego. 

Thibaut Meurisse avance trois raisons pour lesquelles vous éprouvez le besoin de vous défendre.

Ce qu’on vous dit est en partie vrai et vous avez des difficultés à le reconnaître. Cela « déclenche en vous des réactions émotionnelles telles que la colère, le déni ou l’autocritique » (p. 132).

Ce qu’on vous dit sur vous n’est pas vrai, mais vous le croyez à tort et cela vient renforcer l’image dévalorisante que vous avez déjà de vous.

Une de vos croyances fondamentales est attaquée.

L’auteur conseille de chercher à comprendre ce qui nous amène à adopter une posture défensive. Pouvez-vous lâcher prise sur certaines de vos croyances ?

  1. Le stress et l’inquiétude

Le stress peut avoir de très graves répercussions sur la santé et il est à la source de milliers de décès chaque année dans le monde. 

Comment se sentir moins stressé ? 

En évitant les situations stressantes ;

En améliorant sa gestion des situations stressantes.

Comme pour les autres émotions négatives déjà abordées, Thibaut Meurisse conseille de prendre le temps de s’arrêter pour comprendre dans quelles situations naît le stress. Observez les interprétations et les croyances que vous associez à ces situations et demandez-vous si la situation est réellement stressante en soi. 

L’inquiétude, quant à elle, naît du souvenir ou de l’anticipation de situations stressantes. Pour diminuer vos inquiétudes, essayez de les lister. Elles peuvent être liées par exemple à la santé, la situation financière, le travail, les relations, la famille, etc.

Pour mieux gérer le stress, Thibaut Meurisse conseille de répartir les soucis en trois catégories distinctes ce:

que vous contrôlez ;

que vous contrôlez partiellement ;

sur quoi vous n’avez absolument aucun contrôle.

  1. Se soucier du regard des autres

Rappelez-vous que vous êtes la personne la plus importante au monde dont vous devez vous soucier en priorité. C’est avec vous-même en effet que vous vivez en permanence quoiqu’il arrive. « Il est donc normal de vous préoccuper de votre bien-être mental et physique » (p. 142).

Vous avez souvent tendance à surestimer le temps que les autres passent à penser à vous. En réalité, non ils ne pensent pas tant que ça à vous. Tout simplement parce qu’ils sont déjà très occupés à gérer leurs propres problèmes. 

Si vous cherchez à tout prix à obtenir l’approbation des autres et à être aimé du plus grand nombre, vous risquez d’oublier de vous occuper de vos besoins essentiels et de passer à côté de ce qui vous plaît vraiment à vous. 

« Vous n’êtes pas responsable des pensées des autres. En fait, ce que les gens pensent de vous ne vous regarde pas. Votre rôle est d’exprimer votre personnalité de la meilleure façon possible, tout en ayant l’intention la plus authentique. En bref, votre responsabilité est de faire de votre mieux pour être pleinement vous-mêmes. Ensuite, les gens peuvent vous aimer ou non, et c’est très bien ainsi. N’oubliez pas que les personnes les plus influentes telles que les présidents et les hommes et femmes d’État sont souvent détestées par des millions de personnes. » (Maîtrisez vos émotions, p. 144) 

  1. Maîtrisez vos émotions : Le ressentiment

Le ressentiment surgit lorsqu’une personne nous blesse et que nous ne parvenons pas à le lui dire. Nous avons alors tendance à attendre, par exemple, que cette personne comprenne par elle-même ce qu’elle a fait et reconnaisse le tort qu’elle nous a causé. 

Le ressentiment peut aussi apparaître, même après avoir exprimé ses besoins envers l’autre, lorsque l’on ne parvient pas à pardonner et à tourner la page. Nous continuons à penser à ce qui nous a blessé ce qui alimente la blessure en nous. C’est ainsi qu’un cercle vicieux se met en place.

En réalité, Thibaut Meurisse encourage à se débarrasser de cette amertume. La tranquillité d’esprit est plus importante que le besoin d’avoir raison et de se venger ! Pardonner, faire preuve de compassion envers autrui, réévaluer son interprétation peut aider à lâcher prise. 

  1. La jalousie

Nous ressentons de la jalousie lorsque nous aimerions avoir ce que quelqu’un d’autre a et que nous n’avons pas. Encore une fois, il s’agit certainement d’une interprétation erronée de la réalité. Entre ce que nous projetons et ce que nous croyons, il est même possible que nous ayons déjà ce que l’autre a ! 

Mais le sentiment de jalousie souligne avant tout nos manques et notre problème d’estime et de confiance en nous. Si nous analysons précisément ce qui déclenche ce sentiment, nous pouvons aussi agir pour lui faire face. Thibaut Meurisse cite son exemple. En comprenant pourquoi il était jaloux d’une personne qui rencontrait du succès dans le développement personnel, il a compris son propre désir de développer une activité dans ce domaine et il s’est lancé !

L’auteur nous invite à penser plutôt en termes de coopération et de soutien mutuel et nous propose de cesser de nous comparer aux autres. Après tout, nous ne connaissons jamais tous les aspects de la vie d’une personne. Pendant que vous vous concentrez sur les aspects positifs de la vie d’une personne, vous oubliez que cette personne rencontre certainement aussi des difficultés dans certains domaines. Mais surtout, vous oubliez de vous concentrer sur vous-mêmes.

  1. La dépression

L’auteur précise ici qu’il aborde la dépression « non-clinique ». Il distingue trois grands axes selon lesquels elle peut apparaître :

soudainement à la suite d’un choc émotionnel brutal et violent (lié par exemple à un deuil ou une séparation) ;

progressivement dans la dégradation de plusieurs aspects de votre vie (conditions de vie, perte d’un travail, couple, dettes, etc.),

sans raison apparente, mais parce que vous vous rappelez de manière répétitive et incessante les aspects que vous jugez négatifs dans votre vie et les craintes que vous avez concernant votre avenir.

La dépression est souvent créée par les pensées négatives que vous accumulez. Elle conduit à un sentiment de désespoir et d’impuissance : rien ne va plus et rien n’est plus possible.

Mais ne vous culpabilisez pas pour les émotions que vous ressentez. Ne réfléchissez pas trop, essayez plutôt d’agir ! En sortant de chez vous, en faisant des activités, en rencontrant des gens. Vous pouvez aussi faire du sport et méditer. En étant actif ainsi, même sans y réfléchir, vous allez percevoir petit à petit que vous vous reconnecterez davantage à vous-mêmes, à vos émotions, aux autres et à la réalité.

« La dépression est un signe que vous devez vous éloigner de votre esprit – en laissant de côté vos soucis concernant le passé/l’avenir ou votre interprétation de la situation actuelle – et vous reconnecter au moment présent. C’est une invitation puissante à vous détacher de l’identité à laquelle vous vous accrochez depuis tant d’années. C’est cette identité qui vous a amené à céder à la pression sociale : gagner une somme d’argent particulière, adopter un style de vie spécifique ou développer un certain statut social. La dépression vous invite à vous reconnecter à votre corps et à vos émotions tout en sortant de votre tête. » (Maîtrisez vos émotions, p. 165) 

  1. La peur de prendre des risques

Nous avons plus tendance à chercher à nous sécuriser et à rester dans notre zone de confort qu’à prendre des risques. Beaucoup de peurs plus ou moins conscientes nous empêchent alors de vivre pleinement notre vie. Par exemple, c’est par peur que nous n’allons pas vers des personnes qui nous attirent et qui nous correspondent ou encore que nous restons dans un poste de travail qui nous ennuie profondément. 

Comme pour les autres émotions, si nous écoutons et reconnaissons pourquoi et de quoi nous avons peur, cela peut nous donner la clé pour avancer dans notre vie et prendre les bonnes décisions. 

Nous avons tous, et même à l’âge adulte, une grande capacité à apprendre. Il suffit d’accepter de sortir de sa zone de confort de temps en temps. Cela ouvre des portes pour gagner confiance en soi et avancer dans le chemin qui nous correspond le mieux.

« Pour sortir de votre zone de confort, demandez-vous : ‘Quelle est la chose que je devrais faire, mais que je repousse constamment par peur ?’ Une fois que vous aurez fait cette chose, vous éprouverez probablement un sentiment de fierté et vous vous sentirez pleinement vivant. » (Maîtrisez vos émotions, p. 172) 

  1. La procrastination

La procrastination correspond à l’action de retarder la réalisation d’une action prévue, de la remettre à plus tard. Derrière la tendance à procrastiner se cache souvent un problème de gestion de ses émotions comme la peur d’échouer, le manque de confiance en soi et d’estime de soi. Le fait de ne pas être à sa place, de se sentir contraint de réaliser des tâches ennuyeuses peut aussi expliquer cette tendance.

La procrastination est coûteuse émotionnellement. Elle génère stress, angoisse et inquiétude. Lorsque nous procrastinons, nous avons l’impression de gérer en permanence une multitude de fenêtres ouvertes et de ne jamais rien terminer. 

L’auteur affirme également que la procrastination « peut vous conduire à :

ne pas vivre la vie que vous voulez ;

ne pas réaliser vos rêves ;

avoir une faible estime de vous et vous sentir coupable et malheureux. » (p. 174)

Thibaut Meurisse vous propose alors un processus en 16 étapes pour surmonter la procrastination parmi lesquelles on trouve notamment :

comprendre et analyser ce qui se cache derrière la procrastination, identifier les raisons ;

garder à l’esprit le coût de la procrastination ;

identifier ses techniques de distraction ;

noter précisément ce que l’on fait et le temps passé à chaque tâche ;

préparer son environnement pour les tâches planifiées ;

fractionner les tâches avec des objectifs réalisables et concentrez-vous sur des actions à impact positif rapide ;

agir, se lancer !

cultiver de bonnes habitudes quotidiennes.

  1. Le manque de motivation 

La passion rime avec la motivation. Si vous n’êtes pas motivé, c’est que vous avez le sentiment de ne rien faire de passionnant. Prenez le temps d’analyser pourquoi et d’explorer votre personnalité. Quels sont vos points forts et vos valeurs et quels types d’activités pourraient vous permettre de les déployer et de les valoriser ?

Vous pourriez aussi manquer de motivation, car vous ne définissez pas vos objectifs et votre vision personnelle d’une manière qui vous touche émotionnellement, et donc qui vous inspire. 

Gardez en tête qu’il est tout à fait normal de ne pas se sentir motivé et inspiré en permanence. La motivation va et vient. Pour vous aider à agir lorsque la motivation vient à manquer, instaurez une routine et gardez bien en tête vos objectifs. La discipline et l’organisation vous permettront de réaliser les choses qui doivent être faites même si vous n’en avez pas envie. 

Cependant, ne vous culpabilisez pas si vous n’arrivez pas à faire tout ce que vous pensez devoir faire ! Réévaluez vos objectifs et réorganisez la liste des tâches et des priorités.

Lorsque vous êtes bloqué, concentrez-vous pour terminer des cycles de tâches que vous aviez laissé ouverts les uns après les autres. Vous vous sentirez alors soulagé et vous pourrez enclencher une dynamique positive ! 

Conclusion

Thibaut Meurisse conclut son ouvrage Maîtrisez vos émotions en rappelant son message central.

Vos émotions ne vous définissent pas, elles vont et viennent. Vous n’êtes pas une personne « triste » ou « en colère » pour toujours.

Vous continuerez à éprouver des émotions négatives tout au long de votre vie et c’est normal.

Mais vous avez le pouvoir de vous changer et de changer votre environnement pour entrer dans une dynamique globale qui vous amènera à ressentir plus d’émotions positives.

Conclusion sur « Maîtrisez vos émotions : Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions » de Thibaut Meurisse : 

Un manuel riche en enseignements sur nos émotions :

Voici un guide stimulant, limpide et facile à lire qui nous amène à comprendre et à réfléchir à ce qui déclenche et alimente des émotions négatives en nous et qui nous incite aussi à agir pour faire face à ce phénomène. Les émotions vont et viennent et ne sont pas destinées à rester durablement en nous. Nous pouvons aussi agir pour favoriser des émotions positives !

L’ouvrage est structuré en quatre parties qui offrent une progression depuis la compréhension jusqu’à l’action. Des citations de penseurs ou hommes et femmes célèbres ouvrent ou agrémentent chacune des sous-parties. Puis l’auteur expose une idée générale qu’il accompagne ensuite d’exemples clairs et d’exercices qu’il a concoctés. Un grand cahier d’exercices final est également proposé à la fin de l’ouvrage. Des références à d’autres auteurs de développement personnel sont aussi mobilisées.

Ce qu’il faut retenir de « Maîtrisez vos émotions : Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions » de Thibaut Meurisse :

L’auteur propose dans Maîtrisez vos émotions, une formule frappante qui nous permet de saisir rapidement comment des émotions négatives fortes peuvent venir nous habiter durablement. Il résume cette formule ainsi : interprétation + identification + répétitions = émotions puissantes. 

Tout au long de l’ouvrage, cette formule est rappelée. L’auteur montre comment elle agit en arrière-plan de différentes situations pour expliquer le surgissement des émotions.

Cette formule permet aussi de comprendre comment on peut faire face à ses émotions négatives. Ainsi, en étant attentif aux différentes étapes qui mènent à leur surgissement, en décrivant les contextes dans lesquels elles apparaissent, il est possible d’en relativiser un grand nombre. Discuter avec quelqu’un de confiance, méditer, écrire, faire du sport sont aussi d’autres moyens – parmi les nombreux proposés par l’auteur – de prendre de la distance vis-à-vis de ses ressentis négatifs. 

Ainsi, on libère de la place pour plus d’émotions positives, augmenter son bien-être, sa vitalité et son envie d’agir !

Les points forts et les points faibles du livre Maîtrisez vos émotions

Maîtrisez vos émotions - Points forts :

Une écriture claire et efficace qui permet une prise en main rapide de l’ouvrage ;

Des éléments proposés très pertinents à la fois pour réfléchir et pour agir en rapport à nos émotions ;

De nombreux exemples et des exercices proposés au fil de l’ouvrage, mais aussi dans la partie annexe.

Maîtrisez vos émotions - Point faible :

Quelques répétitions, mais qui sont aussi utiles pour bien comprendre les liens de cause à effet entre les différentes idées exposées.

Ma note :

★★★★★

Le petit guide pratique du livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse

Autour de quoi s’accentue le livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse ?

Le but de l’auteur à travers son livre est d’aider les lecteurs à

Comprendre la nature des émotions et la façon dont elles affectent leur vie

Identifier les émotions négatives qui contrôlent leur vie et à apprendre à les surmonter

Changer leur récit pour mieux contrôler leur vie et leur créer un meilleur avenir

Reprogrammer leur esprit pour ressentir plus d’émotions positives

Foire Aux Questions (FAQ) du livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse

  1. Comment le public a accueilli le livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse ?

Maitrisez vos émotions a été bien accueilli par le public, car c’est un sujet d’intérêt commun pour de nombreuses personnes.

  1. Quel fut l’impact du livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse ?

Le livre a influencé l'approche d’une vie plus positive et a permis d’apprendre à gérer efficacement les émotions.

  1. À qui s’adresse le livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse ?

Le livre est recommandé à tous ceux qui cherchent à surmonter les sentiments négatifs et à prendre le contrôle de leur état émotionnel.

  1. Qu’est-ce que l’égo ?

L’auteur désigne l’ego comme « l’identité » ou « l’histoire » d’une personne. L’ego se réfère à la perception que chacun a de lui-même.

  1. Quels sont les aspects de la vie qui sont atteints par les émotions ?

Être entreprenant, créatif, avoir des idées

Être persévérant ; affronter les obstacles ; sortir de sa zone de confort.

Conseils pour améliorer le sommeil vs Les solutions à long terme pour gérer les émotions

Les conseils pour améliorer le sommeil Les solutions à long terme pour gérer les émotions

Faites-en sorte que votre chambre à coucher soit complètement obscure Analyser ses émotions négatives

N’utilisez pas d'appareils électroniques ou utilisez-les avec une protection contre la lumière bleue S'éloigner de la négativité

Détendez votre esprit, par exemple en écoutant de la musique apaisante ou en lisant un livre de poche Conditionner son esprit

Ne buvez pas d'eau deux heures avant de vous coucher pour éviter d'aller aux toilettes la nuit Augmenter son énergie

Adopter un rituel du soir pour nous aider dans notre rituel du matin Demander de l'aide

Qui est Thibaut Meurisse ?

Thibaut Meurisse est un auteur, blogueur et coach en développement personnel français. Il est connu pour ses livres et ses articles qui donnent des conseils pratiques pour augmenter la productivité, la motivation et l'autodiscipline.

Thibaut Meurisse est l'auteur de plusieurs livres populaires, dont Gérer son temps, gérer sa vie, développer sa confiance en soi et L'art de l'autodiscipline. Ses livres traitent de sujets tels que la gestion du temps, la motivation, la résolution de problèmes, la confiance en soi et la maîtrise des émotions.

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Mon, 04 Sep 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12553/Matrisez-vos-motions
Le Monde sans fin http://www.olivier-roland.fr/items/view/12462/Le-Monde-sans-fin

Résumé du livre "Le Monde sans fin, miracle énergétique et dérive climatique" : Cette bande dessinée, best-seller de 2022 avec 514 000 exemplaires écoulés, explore avec humour et clarté pédagogique les mécanismes d'un monde en contraction énergétique et présente comment décarboner en douceur les activités humaines — et si l’écologie n’était pas une affaire de morale, mais une question de lois physiques ? 

Par Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain, octobre 2021, 196 pages. 

Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par Emilie du blog Vivre Low-Tech.

Chronique et résumé Le Monde sans fin, miracle énergétique et dérive climatique :

Prologue  

Christophe Blain, l’illustrateur de ce roman graphique, ouvre la BD Le Monde sans fin sur son souvenir de l’été 2018. C’est alors la première fois que les médias grand public relient la canicule au sujet du réchauffement climatique. 

La presse partage le fait qu’il pourrait faire 50°C à Paris en 2050. Mais 2050 est une échéance lointaine et on s’attend à une hausse très lente et progressive des températures. 

Pourtant, avec la canicule de 2018, les choses deviennent plus réelles et immédiates dans l’opinion publique. 

Le sujet du réchauffement climatique continue de questionner Christophe Blain et son frère lui suggère alors, à l’été 2019, de faire une BD avec Jean-Marc Jancovici. 

Qui est Jean-Marc Jancovici ? 

Polytechnicien, il est spécialiste du lien entre les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Au début des années 2000, il crée la méthode de calcul du bilan carbone. Cette méthode a donné naissance à une norme mondiale pour compter les émissions de gaz à effet de serre des entreprises. 

Il est fondateur du Shift Project (un think tank qui œuvre en faveur d'une économie libérée de la contrainte carbone) et cofondateur de Carbone4 (un cabinet de conseil dans la stratégie bas-carbone et le changement climatique). 

Mais au-delà de sa posture d’ingénieur et d’auteur, Jean-Marc Jancovici est devenu une figure emblématique de la décarbonation de nos sociétés. Sa capacité à vulgariser des informations scientifiques et ses talents rhétoriques en font une personne influente auprès des décideurs économiques et de l’opinion publique sur les enjeux climatiques.

Partie 1. Histoire de l’énergie dans les sociétés humaines

L’histoire de nos civilisations est celle de la croissance démographique qui se traduit par l'expansion des villes. Ces dernières concentrent désormais l'essentiel de la population. 

Mais c’est un système qui réclame un flux titanesque d’énergie pour fonctionner. 

1.1. Qu’est-ce que l’énergie ? 

L’énergie nous permet de porter de lourdes charges, de creuser le sol, de ne jamais avoir trop chaud ou trop froid, de détruire des choses, de communiquer sur de longues distances… 

Toute notre économie et notre création de richesses dépendent de l’énergie. Pourtant les dépenses en énergie (fioul, gaz, électricité, essence) ne représentent que 5 à 7% des revenus des ménages en France. À l’échelle mondiale, l’énergie (pétrole, charbon, gaz) ne représente que 5% du PIB.

1.2. Il y a 300 ans, toutes les énergies étaient renouvelables

La marine marchande se déplaçait à la voile et les humains à pied ou grâce à la traction animale. 

Mais aujourd’hui, c’est quand même beaucoup plus pratique et rapide d’utiliser du pétrole pour déplacer des marchandises en bateau ou en camion, nourrir la population, construire des bâtiments… 

Il a fallu 200 ans pour construire Notre-Dame de Paris, grâce aux énergies fossiles il faut 1 an pour construire une tour à la Défense. 

Depuis 200 ans, nous remplaçons des énergies renouvelables (moulins à vent, bateaux à voiles…) par des énergies fossiles. 

Mais parce qu’elle est invisible, nous oublions ce qu’est l’énergie : un flux physique. 

1.3. Les lois immuables de la physique 

Une des premières lois de l’énergie (la loi de la conservation énergétique) est la suivante : à l’intérieur d’un système isolé, l'énergie ne peut pas être créée ou détruite, mais seulement transformée d'une forme à une autre. 

Expliqué plus simplement, cela signifie que si nous, en tant qu'êtres humains, désirons davantage d'énergie que celle que notre corps peut générer, nous sommes contraints de l’extraire dans notre environnement.

Consommer de l’énergie revient à utiliser des machines. Il y a notre usage visible (voiture, ordinateur, métro, avion, ascenseur…), mais il y a aussi tout ce qu’on ne voit pas. Il y a, par exemple, la moissonneuse à coton, des camions de transport de marchandises, des usines pour la teinture… pour pouvoir, au bout de la chaîne, avoir des vêtements et s’habiller chaque matin. Et l’histoire de répète pour tous nos objets du quotidien.

En bref, tout notre monde moderne dépend de l’énergie. 

1.4. Comment mesure-t-on l’énergie ?   

On utilise pour cela les joules. 1 joule c’est 100 g qui montent d’1 mètre environ. 

Quand on brûle 1 litre d’essence, la chaleur dégagée vaut 36 000 000 joules. Cette énergie thermique est plus souvent exprimée en kilowattheures (10 kWh dans le cas du litre d’essence).

Avec 1 litre d’essence, on peut alimenter une machine d’une puissance de 10 kilowatts pendant 1 heure ou une machine d’une puissance de 100 watts pendant 100 heures.

La puissance, c’est l'énergie (en watts) par unité de temps (en heure). 

Plus une machine est puissante, plus elle demande de l’énergie pour chaque minute où elle fonctionne. 

C’est, en quelque sorte, la transformation du monde par unité de temps. Plus une machine est puissante, plus elle transforme le monde en peu de temps. Exemple : plus un radiateur est puissant, plus il va réchauffer la pièce rapidement. 

1.5. Énergie humaine Vs 1 litre d’essence

L’énergie mécanique produite par un humain qui monte 2 000 mètres de dénivelé avec un sac de 10 kg sur le dos représente 0,5 kWh. 

1 litre d’essence qu’on fait passer dans un moteur produit 3 à 4 kWh d’énergie mécanique.  

Ainsi, 1 litre d’essence a la même capacité à transformer ou transporter la matière que 10 à 100 jours de travail de force d’un humain. 

L’essence mise dans un moteur produit une énergie mécanique 500 à 5000 fois moins chère que l’énergie mécanique produite par un humain payé au SMIC. 

C’est la première chose à retenir de la BD Le Monde sans fin : le pétrole est une énergie très peu chère par rapport au gain qu’elle apporte. 

Conclusion partie 1 :

Il n’y a pas d’énergie propre dans l’absolu. Choisir une énergie (renouvelable ou fossile), c’est choisir un type de transformation avec des avantages (prix, stockage, usage…) et des contreparties (type d’extraction ou de production, disponibilité, émissions de CO₂…). 

Partie 2. Quelle énergie utilisons-nous ? 

Utilisée en petite quantité, l’énergie pose peu de problèmes. Mais dès qu’on l’utilise de manière massive, les choses se compliquent. 

Choisir une énergie revient à faire un arbitrage entre ses avantages et ses inconvénients. 

2.1. L’énergie est “gratuite”

Lorsqu’on paye pour de l’énergie, on paye en réalité le travail humain et les machines nécessaires à son extraction. On ne paye pas de facture à mère Nature pour avoir mis le pétrole ou le vent à disposition. 

Ainsi, ce qui fixe le prix d’une énergie, ce n’est pas l’abondance de sa présence dans l’environnement, mais sa facilité à être exploitée et sa concentration. 

Par exemple, l’énergie solaire est très abondante, mais trop diffuse et donc peu propice à faire fonctionner des machines puissantes. En prime, on doit y ajouter un système de stockage coûteux pour pouvoir l’utiliser même quand il n’y a pas de soleil. 

A contrario, le pétrole est le meilleur exemple d’une énergie très concentrée, très facile à extraire de l’environnement et très facile à stocker. 

2.2. Évolution de l’énergie utilisée dans le monde depuis 1850 

En 1850, la première source d’énergie utilisée est le bois. Elle servait à se chauffer, à alimenter les machines à vapeur, les forges… L’utilisation du bois a diminué au fil du temps, c’est la seule source d’énergie qui a suivi cette évolution. 

La seconde source d’énergie à faire son apparition est le charbon. Le charbon a toujours alimenté des machines à vapeur. Aujourd’hui, les ⅔ du charbon alimentent des centrales électriques (qui sont en réalité de très grosses machines à vapeur). Contrairement aux idées reçues, le charbon n’est pas l’énergie du passé. Son utilisation annuelle n’a jamais baissé depuis 1850. Or, le charbon est l’énergie qui produit le plus de CO₂ par kWh, le principal gaz à effet de serre produit par l’activité humaine.  

Ensuite, à partir de 1900, le pétrole fait son apparition. Il ne remplace pas le charbon, mais vient s’ajouter à la consommation énergétique globale, car il sert d’autres usages que le charbon. Le pétrole est l’énergie par excellence de la mobilité, car c’est une énergie qu’on peut stocker et transporter facilement.

Puis, vient le gaz. Il n’a remplacé aucune énergie, il s’ajoute aux autres. Le nucléaire c’est la même histoire. 

Et enfin, il y a les énergies renouvelables (hydroélectrique, éolien, solaire…). On en parle beaucoup et elles occupent une grande place sur la scène médiatique, mais elles ne représentent qu’une infime partie de l’énergie consommée à l'échelle mondiale. 

Source : Production de l’auteur à partir des données de Etemad & Luciani (1991) numérisées par The Shift Project (2019), Smil (2016), et British Petroleum (2020). 

2.3. Chaque terrien consomme en moyenne 22 000 kWh / an

Si on convertit ce chiffre (22 000 kWh / an) en énergie humaine, c’est comme si chaque terrien avait 200 esclaves en permanence qui bossaient pour lui. Si on le dit autrement, l’ensemble des machines qui travaillent pour nous en permanence sont comme un exosquelette qui nous permet de décupler notre force mécanique par 200. 

On comprend ainsi pourquoi l’accès à une énergie abondante et peu chère nous a permis de devenir infiniment plus riches et de vivre plus confortablement que nos ancêtres. 

2.4. Quelle vie aurions-nous sans énergie fossile ? 

L'essentiel de cette énergie est fossile (parce que ce sont des restes de vie ancienne). 

Sans cette énergie, nous aurions une tout autre vie. 30 ans d’espérance de vie et des journées de dur labeur sans aucun espoir d’évolution de notre qualité de vie. 

Si un terrien a, à sa disposition, 200 esclaves en moyenne. En France, c’est plutôt 600, contre 50 en Inde ou 1100 au Canada.

À titre d’exemple, sur 1 année, l’ensemble des appareils électroménagers d’un foyer représente (en puissance) le travail de 5000 jours esclaves. Le chauffage d’une maison de 100m2 représente entre 20 000 et 40 000 jours esclaves. C’est d’ailleurs ce travail ménager qu’on a pu sous-traiter aux machines qui a permis aux femmes d'entrer sur le marché du travail et de sortir du rôle domestique qui leur était assigné. 

2.5. L’explosion de la population

Sans énergie abondante, nous n’aurions pas pu : 

augmenter les rendements céréaliers ; 

apporter l’eau potable et assainir les villes ; 

transporter et conserver la nourriture d’un bout à l’autre du globe… 

Depuis 2 siècles, l’augmentation de la population est exponentielle. Grâce à l’énergie dont nous disposons, les progrès de la médecine et de l’agriculture nous ont permis d’être presque 8 milliards d’individus sur la planète. 

2.6. Des machines plus performantes mais aussi plus nombreuses

Entre 1930 et 2020, les machines nous fournissent 5 à 10 fois plus de mouvements pour une même quantité d’énergie absorbée. Mais cela ne nous fait pas faire d’économie d’énergie puisque, dans le même temps, nous avons augmenté le nombre de machines. 

Conclusion de la partie 2 :

Ainsi, jusqu’à la révolution industrielle, les limites physiques de la planète ne sont pas un problème. Mais l’explosion de la population multipliée par l’augmentation de la consommation énergétique par individu commence à soulever un problème de taille. 

Partie 3. Notre économie après les 30 Glorieuses 

Actuellement, nous consommons principalement des énergies fossiles. Les 2 énergies renouvelables les plus utilisées sont l’hydroélectrique et le bois. 

Source : Mix énergétique primaire dans le monde (en pourcentage) selon l’Agence Internationale de l'Énergie, 2020 

3.1. Évolution de notre mode de production 

On pourrait penser que la raréfaction des ressources fossiles va naturellement créer une augmentation du prix de l’énergie et une baisse de la consommation. Mais en réalité, la part des revenus que nous consacrons à l’énergie ne fait que baisser depuis 1850.

Comment expliquer ce phénomène ? L’énergie abondante nous a permis d’augmenter le revenu / habitant et de : 

Ne plus avoir à travailler dans les champs pour nous nourrir. Il y a 2 siècles, les ⅔ de la population travaillaient dans les champs. 

voir l’essor de l’industrie et l’augmentation du nombre d'ouvriers (jusqu’au pic pétrolier de 1973), augmentant ainsi la production mondiale.

Vivre l'explosion des emplois de service, ce sont les seuls emplois qui continuent d’augmenter depuis la fin des 30 Glorieuses. 

Mais un monde riche en emplois de service n’est pas un monde sobre en énergie. Au contraire, les emplois de service dépendent de la production matérielle pour exister (exemple : métier de la vente ou de l’entretien) ou pour fonctionner (exemple : métier dans l’enseignement ou la médecine…). 

La production (agricole et industrielle) est désormais majoritairement assurée par les machines, permettant aux humains de se consacrer à d’autres tâches et d'accroître la quantité de richesse produite. 

3.2. Évolution de notre mode de consommation

3 grands domaines de nos vies ont été impactés par l’accès à une énergie peu chère : 

L’alimentation. L’abondance énergétique a changé notre façon de manger. Cela a permis à notre régime alimentaire de se diversifier et de devenir plus carné. Grâce aux machines, le rendement des surfaces cultivées augmente et il est alors possible d’en dédier une partie à la nourriture des animaux. Cette alimentation de plus en plus carnée coûte également de moins en moins cher. 

La mobilité. Jusqu’en 1952, on parcourait en moyenne par jour autant de kilomètres à pied qu’en voiture. On aurait pu penser que des moyens de transport rapides nous permettent simplement de faire les mêmes distances en moins de temps, mais en réalité nous passons le même temps à nous déplacer et nous allongeons la distance parcourue.

Les logements. Les humains vivent désormais majoritairement en ville. Et plus l’étalement urbain augmente, plus les flux de déplacements augmentent pour permettre aux habitants d’aller travailler, se soigner, étudier, s’amuser.... Dans le même temps, la taille des logements a augmenté sans que le nombre de personnes par foyer augmente. 

3.3. L’ère du temps libre 

À l’époque où il n’y avait pas de machines qui travaillaient pour nous, il n’y avait ni études longues, ni retraite, ni vacances, ni week-end… 

Et comme pour le reste, plus nos loisirs sont récents, plus ils sont énergivores. 

1 semaine de camping en France pour 4 personnes émet 80 kg de CO₂. Contre 980 kg de CO₂ pour 1 semaine pour 4 personnes dans un hôtel au Maroc. 

Conclusion de la partie 3 : 

L’énergie abondante a changé nos modes de vie. 

Augmentation de l’espérance de vie, réduction du temps de travail, augmentation des revenus individuels, avènement des classes moyennes… à cela s'ajoutent une augmentation des possessions matérielles et des flux d’information. 

Partie 4. L’épuisement des ressources fossiles 

Pendant longtemps, la question de l’épuisement des ressources ne s'est pas posée. On postule que les ressources naturelles sont illimitées et que c’est plutôt la quantité de travail humain qui limite la quantité de richesses produites. Sauf que depuis la révolution industrielle, la production économique varie au rythme de l’énergie. C’est-à-dire au rythme du parc de machines en fonctionnement. 

Pétrole, charbon et gaz sont des énergies qui se renouvellent sur une échelle de temps très, très longue (entre 30 et 350 millions d’années). 

4.1. Le pétrole 

Les premiers puits de pétrole découverts aux États-Unis au milieu du XIXème siècle ne nécessitaient quasiment aucun forage. La pression du gaz les rendait éruptifs et de simples pompes à eau suffisaient pour récupérer le pétrole. 

Au fil des années, le pétrole est devenu de plus en plus difficile et donc coûteux à extraire (pétrole marin profond, gaz de schiste, sables bitumineux…). Selon l’Agence internationale de l’énergie, la production mondiale de pétrole a atteint son pic en 2008 (source : https://www.iea.org/data-and-statistics).

Il sert principalement pour le transport. Or, toute notre économie dépend des transports (pour déplacer les marchandises ou pour que les individus puissent se rendre au travail). 

4.2. Le gaz

Le gaz se transporte et se stocke mal. Il faut soit un tuyau (c’est-à-dire un gazoduc avec des coûts élevés d’installation) soit un méthanier (c’est-à-dire un bateau qui transporte le gaz entre une usine de liquéfaction du gaz à la source et une usine de regazéification à l’arrivée). 

Il sert principalement au chauffage (30%), aux fours industriels (30%) et à la production électrique (40%). 

Le pic de production du gaz arrivera avec un décalage de 10 à 20 ans sur le pétrole.

4.3. Le charbon 

⅔ du charbon sert à la production électrique et 40% de l’électricité mondiale est faite avec du charbon. 

Le charbon est très lourd pour la quantité d’énergie fournie. Puisque son utilisation est principalement électrique, les centrales électriques sont donc proches des mines de charbon. 

Le pic de production n’est pas le plus préoccupant, la vraie limite est la quantité de CO₂ qu’il émet. C’est l’énergie la plus carbonée.

Conclusion de la partie 4 :

64% de la production électrique mondiale provient des énergies fossiles.  

Partie 5. Le climat

5.1. C’est quoi les gaz à effet de serre ? 

Les gaz à effet de serre sont invisibles, mais bloquent les rayonnements infrarouges émis par la terre, confinant ainsi l’énergie (donc la chaleur) près du sol. 

Ces gaz à effet de serre sont très anciens et indispensables. C’est eux qui permettent de maintenir une température minimale sur terre nécessaire au développement de la vie.

Mais, si leur concentration est trop forte, alors ils modifient le climat trop rapidement pour qu’on puisse s’y adapter. 

L’utilisation de combustibles fossiles (comme nous l’avons vu dans les précédentes parties) libère des stocks de CO₂ qui étaient prisonniers sous terre depuis des dizaines ou des centaines de millions d’années. 

Les humains agissent principalement sur 3 gaz à effet de serre: 

le dioxyde de carbone (CO₂) dont 86% viennent de l’utilisation de combustibles fossiles, 

le méthane (CH₄) qui provient principalement de l’agriculture, 

le protoxyde d'azote (N₂0) qui provient principalement de l’épandage d’engrais. 

En 2019, le CO₂ représentait 69% des émissions de gaz à effet de serre. 

5.2. Effets indirects et l’amplification des effets du carbone 

L’océan et les plantes absorbent une partie du CO₂ émis. Ce sont des puits naturels de carbone. 

Mais à une concentration trop importante, cela entraîne plusieurs problèmes. : 

À commencer par l’augmentation de la température et donc de la quantité de vapeur d’eau présente naturellement autour du globe, ce qui entraîne une accélération du réchauffement et donc de la vapeur d’eau… Plus il fera chaud, plus il fera chaud. 

Les feux de forêt accidentels dus au réchauffement ou la déforestation organisée par les humains entraînent une augmentation du CO₂ de l’atmosphère (car le CO₂ contenu dans les arbres est alors rejeté) tout en réduisant la quantité de puits naturels de carbone.  

L’augmentation de la température réduit également la capacité des océans à absorber du CO₂. 

En un mot : le réchauffement climatique appelle le réchauffement climatique. 

5.3. Réchauffement climatique : de combien de degrés parle-t-on ? 

Avec la quantité de CO₂ déjà émise et celle qu’on pourrait émettre jusqu'à 2100, la température moyenne devrait augmenter de 2°C à 5°C par rapport à 1900. Cela semble peu, mais pour être compris, il faut savoir que la température augmente 2 fois plus vite sur les continents que dans les océans. Ainsi, le réchauffement global sur les continents sera plutôt entre 5°C et 10°C. 

2, 3 ou 4°C entre 1900 et 2100, ça paraît peu, mais ce n’est pas un chiffre qu’on peut appréhender avec nos sens. 5°C de réchauffement global au niveau de la terre, c’est ce qui nous sépare de la dernière ère glaciaire, il y a 20 000 ans. 3 km d’épaisseur de glace recouvraient alors le nord de l’Europe, l'Ecosse et une bonne partie de l’Allemagne. Ces 5°C de différence résultent d'un réchauffement naturel de la planète en raison de son changement d'orbite et d’inclinaison. Cela a pris 10 000 ans (soit 0,05°C / siècle). 

Ainsi, 2, 3 ou 5° entre 1900 et 2100 représentent un réchauffement 50 à 100 fois plus rapide que le réchauffement naturel de la dernière ère glaciaire.

Ce réchauffement rapide a de nombreuses conséquences sur les populations actuelles. Certaines régions deviendront trop chaudes pour assurer la survie des populations. Les rendements agricoles baisseront* sous l’effet de la sécheresse (le pourtour méditerranéen fait partie des premiers concernés). Les réfugiés climatiques seront de plus en plus nombreux… 

*Le rapport du GIEC “changement climatique et terre” suggère qu’à partir de 3°C de réchauffement, l’insécurité alimentaire devient généralisée sur la planète. 

5.4. De nombreux effets en chaîne 

Acidification des océans et destruction de la chaîne alimentaire sous-marine, augmentation du niveau des eaux, augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes comme les tempêtes ou les ouragans, fonte du permafrost qui libère du CO₂ et des virus en sommeil… Le réchauffement rapide de la température aura de nombreuses conséquences sur la vie des humains.

Conclusion partie 5 : 

Dans un monde en contraction énergétique (de moins en moins de ressources fossiles) et de déstabilisations liées à l’augmentation des températures, comment ferons-nous pour continuer de nourrir, loger, soigner, déplacer 8 milliards de personnes ? 

Partie 6. Que signifie réduire les émissions de CO₂ à la bonne vitesse ? 

L’intensité du réchauffement climatique dépend de la quantité cumulée de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. 

Selon l’Accord de Paris (adopté lors de la COP21 en 2015), pour rester sous un réchauffement bien en dessous de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, nous devons réduire de 5% par an nos émissions de gaz à effet de serre.

Pour comprendre les ordres de grandeur, - 5% d’émissions de gaz à effet de serre c’est ce qu’a provoqué la pandémie de covid-19 en 2020. 

Fin 2018, nous avons émis dans l’atmosphère 2 250 milliards de tonnes de CO₂. Ce qui signifie que nous avons déjà signé pour 1,3°C de réchauffement. 

6.1. L’épineuse question de la population

Les gaz à effet de serre sont directement liés à : la population, le PIB par habitant, l'intensité énergétique et le contenu en CO₂ de l'énergie consommée. 

Ceci est détaillé dans la formule élaborée par l'économiste japonais Yoichi Kaya. (source : Yoichi Kaya et Keiichi Yokobori, Environment, energy, and economy : strategies for sustainability : Tokyo conference on Global Environment, Energy and Economic Development (1993), United Nations Univ. Press, Tokyo, 1997, 381 p.) 

Pour rester sous 2°C de réchauffement, nous devons diviser les gaz à effet de serre par 3 d’ici 2050. 

Mais diviser par 3 la population ou la richesse produite ne sont pas des scénarios très attrayants. 

Évidemment, l'efficacité énergétique et l’utilisation d’énergies peu carbonées aideront un peu. Mais elles ne seront pas du tout suffisantes pour diviser par 3 les GES. 

Cela soulève une question épineuse mais incontournable. Peut-on continuer à avoir une abondance de biens et de services avec une population croissante ?

6.2. Sobriété Vs Pauvreté 

Consommer moins peut se traduire de 2 manières : 

de manière subie, on parle alors de pauvreté ; 

de manière choisie et organisée, on parle alors de sobriété. 

6.3. Les énergies non carbonées (plus connues sous le nom d’énergies renouvelables)

L’éolien ne représente que 2,3% de l’énergie produite et le solaire 1,3%.

L’exploitation des énergies renouvelables s’est énormément perfectionnée depuis les 30 Glorieuses, mais elles posent quelques problèmes : 

Elles demandent beaucoup de place (exemple : si l’éolien devait fournir la totalité de l’énergie en France, il faudrait quadriller le territoire avec une éolienne tous les kilomètres)

Pour les énergies renouvelables non pilotables (exemple : c’est le cas de l’éolien qui ne produit pas d’électricité s’il n’y a pas de vent), elles nécessitent d’être complétées par une énergie renouvelable pilotable (comprendre “à la demande”, comme les barrages hydroélectriques) ou des systèmes de stockage (comme des batteries, mais cela implique une perte de 20 à 40% de la production). 

Elles consomment beaucoup de ressources minières pour être fabriquées. 

6.4. Et le nucléaire dans tout ça ?  

Bien que très décriée dans le débat public, pour Jean-Marc Jancovici nous ne pourrons pas nous passer de l’énergie nucléaire pour produire l’énergie nécessaire à nos sociétés modernes. Il rappelle que l’énergie nucléaire est : 

peu carbonée (elle émet 6 g de CO₂ / kWh produit contrairement à 800 à 1000 g de CO₂ / kWh pour une centrale à charbon);

très concentrée (une petite quantité de matière produit une grande quantité d’énergie) ;

pilotable (contrairement à l’éolien et au solaire) ;

et elle occupe peu de place sur le territoire par rapport à sa production (contrairement à l’éolien et au solaire). 

1 g d’uranium (permettant la fission nucléaire) produit autant de chaleur que 1 tonne de pétrole.

Pour Jean Marc Jancovici, la peur autour des centrales nucléaires n’est pas justifiée. À titre d’exemple, la pollution aux particules fines* des usines électriques au charbon provoque beaucoup plus de maladies respiratoires et de morts que les centrales nucléaires. 

*238 000 personnes en sont décédées prématurément dans l’UE en 2020. (Source European Environment Agency)

Jean-Marc Jancovici associe la peur des centrales nucléaires à la peur de l’avion. Les accidents sont rares mais frappent les esprits.

Pour lui, les déchets nucléaires sont un problème qu’on est techniquement capable de maîtriser. Et, ils ne justifie pas cette défiance vis-à-vis de l’énergie nucléaire. 

Toutes les technologies modernes font des morts (voiture, piscine individuelle, accident domestique…). Le nucléaire est une de celles qui en font le moins. 

Les militants écologistes sont plutôt antinucléaires. Il est alors difficile d’admettre que nous en avons désormais besoin pour réduire les émissions. 

6.5. Comment l’électricité est-elle produite en France ?

Historiquement, c’est un monopole étatique qui gérait la production d’électricité en France. Cela permettait une planification et une vision long terme des investissements (un barrage hydroélectrique ou une centrale nucléaire sont des infrastructures lourdes qui demandent d’énormes moyens) tout en permettant de produire une énergie peu chère pour les utilisateurs finaux. 

Mais la mise en conformité de la réglementation européenne a conduit à un démantèlement progressif d’EDF, affaiblissant dans le même temps la capacité de l’État à porter une vision ambitieuse de l’indépendance énergétique de la France. 

Conclusion partie 6 :

Ne compter que sur l’éolien et le solaire pour remplacer les énergies fossiles semble très utopique quand on prend en compte le coût économique et l’empreinte écologique des batteries. On pense souvent que “renouvelable” signifie sans défaut, mais aucune énergie n’est parfaite. Chaque manière de produire de l’énergie présente des avantages et des inconvénients. 

À ce stade, on découvre une des idées phare de l’ouvrage Le Monde sans fin : le nucléaire ne pourra pas remplacer toutes les énergies fossiles, mais c’est un peu comme un parachute de secours pour amortir la chute parce que le parachute fossile principal est en train de brûler. Pour Jean-Marc Jancovici, être antinucléaire aujourd’hui c’est comme se débarrasser du parachute de secours et se dire qu’on aura le temps d’en tricoter un autre avant de toucher le sol. Mais l’urgence du réchauffement climatique ne nous offre pas ce luxe. 

Partie 7. L’humanité face à un défi de taille 

7.1. La culpabilité 

Face à ce constat, on peut tomber dans une anxiété extrême. 

Mais la culpabilité ne sert à rien, elle inhibe l’action. L'utilisation des énergies fossiles a permis à l’humanité de sortir d’une grande pauvreté et d’améliorer considérablement ses connaissances scientifiques dans des domaines essentiels : médecine, physique, construction… 

Tant qu’on n’avait pas conscience des conséquences du CO₂ sur le climat, utiliser des énergies fossiles était un choix logique. 

7.2. Tout est affaire de quantité 

Plutôt que d’essayer de passer de 300 km/h à 0 km/h en quelques secondes, il faut réduire progressivement nos émissions. 

Concernant l’alimentation par exemple, il faudrait diviser la consommation de viande et de laitage par 2 à 3 en moyenne par Français. Il faut surtout consommer des produits de meilleure qualité, moins transformés et en moins grandes quantités. Sur de nombreux points, on réalise que ces recommandations rejoignent celles de santé publique concernant l'obésité et la sédentarité. 

Le problème climatique est une affaire de quantité, la solution est aussi une affaire de quantité. 

7.3. Limite des actions individuelles, exemple de l’alimentation 

La question climatique entraîne des changements de comportements individuels, mais aussi des changements structurels dans nos manières de produire. Et à ce titre, l’État a un rôle majeur à jouer, notamment dans le domaine de l’agriculture si nous ne voulons pas perdre notre autonomie alimentaire.

Pour rendre notre système plus résistant à la contraction énergétique, il faut relocaliser l’agriculture. C’est l'organisation agricole qu’on avait avant le pétrole, beaucoup de choses se faisaient sur la même exploitation permettant une synergie entre les productions.

7.4. L’épineuse question de la liberté de se déplacer dans la question des transports 

Les transports et la mobilité sont fortement liés à la liberté. Ce sont souvent des questions difficiles à aborder. La réaction émotionnelle est intense. Pourtant, de nombreux gains en découlent. 

Ne pas prendre l’avion par exemple, c’est renoncer aux voyages lointains, car il n’y a pas d’autres alternatives pour s’y rendre. Mais encore une fois, c’est une question de quantité. Prendre l’avion plusieurs fois par an est une possibilité récente. Cette banalisation de l’avion a aussi conduit à réduire le dépaysement qu’il permet (au début de l’aviation, le dépaysement offert par les longs courriers était bien plus important qu’aujourd’hui). Ainsi, ceux en quête de dépaysement se tournent désormais vers des voyages au long court et/ou des déplacements en ferry, train, bus ou vélo. À noter d’ailleurs que prendre l’avion nous semble banal, mais il est bon de se rappeler que 50% des déplacements en avion sont faits par 5% de la population mondiale.

En ce qui concerne la voiture individuelle, de nombreuses pistes sont à développer : augmentation du nombre de trains, télétravail, vélo pour les courtes distances… Mais la facilité à changer n’est pas la même pour tous et ceux qui quittent leur voiture en premier sont ceux pour qui cela apporte un autre avantage (meilleure santé grâce au vélo, réduction des dépenses contraintes avec la location ponctuelle de voiture plutôt que l’achat, charge mentale réduite avec les longs trajets en train plutôt qu’en voiture, travail en distanciel et asynchrone…). 

7.5. Le logement 

La performance énergétique des bâtiments nécessite des investissements conséquents, mais c’est relativement facile à mettre en place (meilleure isolation, changement du mode de chauffage…) pour un gain majeur. 

7.6. Rendre la sobriété énergétique acceptable

Consommer moins d’énergie n’est pas une proposition très alléchante. Cela semble se faire au détriment du confort et de la mobilité. Le nucléaire rend la décroissance plus acceptable. Il permet de réduire notre consommation à un rythme qui respecte une certaine liberté de mouvement. 

Dans les pays occidentaux (principaux émetteurs de gaz à effet de serre), le minimaliste (c’est-à-dire rompre avec l’idée que bonheur et possession matérielle vont de pair)  et la santé (à travers la consommation d’une alimentation moins transformée et une mobilité active) montrent que décarboner notre économie devient petit à petit désirable. 

Dans les pays qui n’ont pas encore accès à notre niveau de confort, c’est plus la question du contrôle des naissances qui se pose que de réduire la consommation. Pour cela, 3 mesures sont essentielles : l’éducation pour les femmes, l’accès à la contraception, l’accès à un système de retraite pour rendre les personnes âgées moins dépendantes de leurs enfants. 

7.7. Le striatum 

À la fin de la BD Le monde sans fin, arrive enfin la définition du striatum, concept évoqué tout au long du récit. Le striatum est présenté par Sébastien Bohler dans son livre Bug humain . Selon cet auteur, le striatum est une partie de notre cerveau qui produit de la motivation en libérant de la dopamine et en créant ainsi un circuit de la récompense. 

Ce fonctionnement aurait permis à l'espèce humaine de survivre et de se développer pendant des millions d’années. Ainsi, chaque fois qu’on mange, qu’on a une relation sexuelle, ou qu’on gravit un échelon dans la hiérarchie sociale, le striatum nous récompense avec de la dopamine. Cela fonctionne aussi pour minimiser nos efforts et avoir de nouvelles informations. Ces deux actions sont également nécessaires à la survie de l’espèce. 

Mais lorsqu’on passe d’un univers de rareté à un univers d’abondance, le striatum nous pousse à vouloir toujours plus alors que notre survie n’en dépend pas. 

Selon l’OMC, on meurt plus d’obésité aujourd’hui que de la faim dans le monde. 

Ainsi, tout est fait pour nous pousser au moindre effort (prendre sa voiture pour faire 1 km, temps passé à scroller sur les réseaux sociaux…). 

7.8. Tout est foutu ?

Non. Notre cerveau n’aime pas non plus l’imprévu menaçant. Le cortex cingulaire nous pousse à avoir des habitudes, car face à une situation inconnue il nous envoie une hormone de stress. 

Aujourd’hui, nous avons un sentiment d’insécurité très présent (dérive climatique, crise économique, surpopulation…).

Pour calmer le cortex cingulaire, certains tombent dans le déni “le réchauffement climatique n’existe pas” ou la foi “la science va nous sauver”. 

Ainsi le striatum nous pousse à consommer toujours plus, et le cortex cingulaire cherche à retrouver du sens et de la cohésion. C’est la dissonance cognitive. 

L’ancien système est en fin de course. Nous pouvons affronter ensemble ces problèmes si nous voulons permettre à presque 8 milliards de personnes de continuer à vivre sur cette planète. 

Christophe Blain :  “C’est la fin du monde Jean-Marc ?”

Jean-Marc Jancovici : “Idéalement par tout de suite.” 

Conclusion sur "Le Monde sans fin" de Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain :

Ce qu’il faut retenir de la BD Le Monde sans fin

Le Monde sans fin propose une explication peu commune du fonctionnement de l’économie. En abordant les choses par le prisme de l’énergie, ce livre bouscule nos idées préconçues sur le fonctionnement de nos sociétés. Les auteurs nous invitent ainsi à comprendre le ralentissement de la croissance depuis la fin des Trente Glorieuses ou la crise de 2008 sous l'angle énergétique, plutôt que par le spectre habituel de l'emploi ou de la finance. 

Ce livre met également en lumière le rôle vital de l'énergie dans nos vies et l'imminence de la contraction énergétique. Cela ouvre un vaste champ de réflexion sur l'avenir du travail, du logement, de l'alimentation, des loisirs... C'est une prédiction puissante : tous les aspects de nos vies sont sur le point d'être impactés. 

Enfin, Jancovici et Blain nous permettent de comprendre les mécanismes physiques qui lient l’énergie au réchauffement climatique. Ils n’ont jamais un discours moralisateur et ils dépassent les jugements manichéens du bien et du mal en matière d’écologie. Ils présentent ainsi une image plus nuancée et non binaire des défis écologiques. 

Le Monde sans fin est bien plus qu’une bande dessinée : c'est une invitation à comprendre les bouleversements du monde et à réagir de manière plus informée et plus nuancée à la question du changement climatique. 

Points forts:

Le style de dessin de Christophe Blain rend la BD Le Monde sans fin compréhensible et accessible à un large public. Cela permet de prendre conscience des ordres de grandeur (et on ne peut améliorer que ce qu’on mesure !). 

Les sujets sont traités avec humour et autodérision, ce qui est très agréable à lire et les auteurs ne tombent pas dans l'écueil de faire un ouvrage moralisateur, idéologique ou résigné.

Cet ouvrage offre un bon résumé du travail de Jancovici. Ainsi, Le Monde sans fin vulgarise des questions énergétiques et scientifiques complexes, mais incontournables pour comprendre la crise climatique. 

Points faibles:

Ce livre est très orienté en faveur de l'énergie nucléaire. L’auteur n’aborde pas en profondeur les autres avancées scientifiques (car il les juge trop peu matures) dans le domaine de la captation du carbone, de nouvelles manières de stocker l’énergie ou de nouvelles manières d’en produire. 

La BD Le Monde sans fin développe très peu les aspects désirables et émancipateurs de la sobriété. Je développe cette idée sur mon blog dans un article intitulé Pourquoi la maison autonome est-elle le nouveau luxe ?

La note de Émilie du blog Vivre Low-Tech :

★★★★★

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Thu, 13 Jul 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12462/Le-Monde-sans-fin
Un million de révolutions tranquilles http://www.olivier-roland.fr/items/view/12392/Un-million-de-rvolutions-tranquilles

Résumé de « Un million de révolutions tranquilles. Travail, argent, habitat, santé, environnement… Comment les citoyens changent le monde » de Bénédicte Manier : un livre court et pourtant étonnant par sa richesse, tant il vous donnera d’informations sur les petites et grandes initiatives qui changent le monde – de quoi vous donner sérieusement envie de changer de vie (si ce n’est déjà fait) !

Par Bénédicte Manier, 2016 [2012], 305 p.

Chronique et résumé de « Un million de révolutions tranquilles » de Bénédicte Manier 

Préface

Ce livre a eu un grand succès. Couronné du prix du livre Environnement en 2013, il a notamment inspiré le célèbre documentaire Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent (2015), mais aussi L’urgence de ralentir de Philippe Borel (2014).

Son propos est simple : « décrire la dimension mondiale des initiatives sociales, économiques et écologiques portées par la société civile » (p. 9).

Ici, ce ne sont pas les grandes institutions (organisations privées, publiques, ONG mondiales) qui sont au cœur du discours, mais les « anonymes » qui, au jour le jour, contribuent à transformer le monde en agissant autrement.

Partons à leur rencontre !

  1. L’eau, un bien commun

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette ressource n’est pas illimitée. Le manque d’eau concerne un nombre croissant d’individus sur le globe.

A. La validité des solutions low-tech

Dans le Rajasthan : rendre l’eau à la terre

L’Inde est fortement touchée et tout particulièrement l’État du Rajasthan qui fait face à un déficit hydrique sévère.

Pourtant, un lopin de terre échappe à cette « fatalité ». Dès les années 1980, un fonctionnaire de santé s’inquiète de la situation et propose de remettre en usage un ancien système d’irrigation, les johads, abandonnés par les colons anglais.

Il crée une émulation gagnante au sein de la communauté : aujourd’hui, « un réseau complet de 11 000 barrages, canaux et bassins fournit de l’eau à plus de 700 000 habitants, dans plus d’un millier de villages » (Un million de révolutions tranquilles, p. 14).

L’arrivée de l’eau a été bénéfique pour :

La santé ;

L’économie ;

Les écosystèmes.

Une cogestion démocratique

Mais le plus grand succès est peut-être démocratique : grâce à l’énergie d’un homme et à la volonté associée des villageois, la gestion de l’eau est devenue une affaire collective et une ressource gratuite.

Cet homme – qui se nomme Rajendra Singh – a fait des émules. Plusieurs personnalités lui ont emboîté le pas et on fait reverdir des terres arides : c’est le cas de Amla Ruia, Ayyappa Masagi ou encore Ralegan Siddhi, pour ne citer que quelques noms.

Une voie d’avenir pour la planète

Et l’exemple a même inspiré d’autres pays tels que la Chine, le Népal, l’Afghanistan, l’Iran et la Thaïlande.

Plus généralement, la récolte des eaux de pluie est une technique simple et efficace pour lutter contre la sécheresse et le manque d’eau. Chacun, dans sa région, peut inventer un « microsystème » de récolte.

Cela bénéficie aux habitants au niveau local, mais aide aussi à rétablir l’équilibre de l’eau au niveau global, comme le montre une étude universitaire citée dans l’ouvrage.

B. Les agronomes aux pieds nus du Burkina-Faso

Dans ce pays en proie à l’avancée du désert, un paysan du nom de Yacouba Sawadogo a réussi à transformer des terres stériles en zones de plantation.

Comment ? Ici encore, c’est un ancien savoir-faire local qui a fait la différence, le zaï. La méthode a eu tant de succès qu’elle est aujourd’hui exportée dans d’autres pays du Sahel.

C. La réappropriation citoyenne de l’eau

Contrôler soi-même la distribution

Des multinationales s’approprient l’eau pour la vendre. Cela est-il légitime ? C’est douteux. Plusieurs communautés ont d’ores et déjà commencé à lutter contre les grandes compagnies (telles que Coca-Cola, par exemple) et à s’assembler pour récupérer leur droit à l’eau pour tous :

Au Brésil ;

En Bolivie ;

Au Nicaragua ;

En Argentine.

Certaines municipalités ont créé des coopératives d’usagers de l’eau. Et pas seulement dans les pays dits « pauvres ». Elles existent aussi aux États-Unis, en Autriche, au Canada, au Danemark et en Finlande !

Les cours d’eau communautaires

Les acequias de común sont des cours d’eau considérés comme « ressources communautaires » utilisables par tous. Ils existent dans toute l’Amérique du Sud, ainsi qu’au Mexique et aux États-Unis.

Leur objectif : partager l’eau et résister à sa privatisation.

  1. L’agriculture, nouvelle frontière urbaine

La nourriture arrive en ville par camion, c’est-à-dire grâce au pétrole. Comment relocaliser l’agriculture en ville ? Quelles sont les initiatives de la société civile dans ce domaine ? Faisons un bref tour d’horizon.

A. Détroit, prototype des villes post-industrielles

Cette ville s’est effondrée socialement après la mise à l’arrêt de l’industrie automobile dans la région. Dépeuplée, avec des taux de chômage et de pauvreté très inquiétants, Détroit est au bord du gouffre.

Et cette précarité touche, bien entendu, l’alimentation. Un proviseur nommé Malik Yakini a créé le Réseau pour la sécurité alimentaire de la communauté noire en réponse à cet enjeu de « justice sociale alimentaire ».

La municipalité elle-même a emboité le pas en proposant aux habitants d’« adopter une parcelle » (Adopt A Lot) de terre abandonnée pour y faire pousser de la nourriture. Mais pas que ! Certains choisissent d’y planter des éoliennes, des ruches et bien d’autres choses encore.

Les start-ups recommencent à fleurir à Détroit. La population se rajeunit et il y a une grande émulation qui s’est créée. Tous cherchent à imaginer un nouveau futur. Et c’est le même esprit que l’on retrouve à Baltimore, cité portuaire à 600 km de là.

B. New York, pépinière de la guérilla verte

« Ces révolutions agricoles et culturelles sont observées de près, car elles constituent le fer de lance d’un mouvement qui se répand aux États-Unis et au Canada, avec des milliers de jardins et de fermes communautaires créés par des urbains qui veulent mettre fin à l’insécurité alimentaire des plus pauvres et relocaliser la production de leur alimentation. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 38)

À New York, cela prend notamment la forme de jardins sur les toits des immeubles. Mais pas seulement. Le jardin collectif créé sur un terrain vague par Liz Christy est l’un des plus beaux et des plus emblématiques de la Grande Pomme.

En 2016 (date de la deuxième édition de l’ouvrage), 18 000 parcelles urbaines communautaires existent aux États-Unis et au Canada. Et de plus en plus d’habitants produisent eux-mêmes la nourriture qu’ils consomment.

Effet boule de neige : les marchés fermiers redeviennent eux aussi à la mode dans les grandes villes.

C. Des espaces publics comestibles

Ce mélange d’urbanisation et d’agriculture existe à grande échelle dans de nombreuses villes d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Mais le phénomène est assez nouveau dans les pays « riches ». Et pourtant, cela prend de l’ampleur dans des villes telles que :

Londres ;

Berlin ;

Copenhague ;

Madrid ;

Etc.

À Kilkenny, en Irlande, Malcolm Noonan a choisi de planter des arbres. Ses camarades et lui s’inscrivent dans les mouvements GIY (Grow it Yourself) et Slow food. À Philadelphie et à Boston, des vergers émergent également dans les espaces publics.

D. Des jardins solidaires

Autre lieu plein d’ambition et d’innovations vertes : Montréal. La plateforme Lande gère les parcelles à transformer en terrains agricoles dans la ville. Mais il n’y a pas que les terrains vagues qui sont utilisés : des rues et des toits font aussi bien l’affaire !

En France, plusieurs villes s’y sont mises :

Paris, bien sûr ;

Mais aussi Marseille ;

Lille ;

Strasbourg ;

Lyon…

C’est un mouvement d’ampleur qui éclot pour retrouver le sens de sa consommation et mieux se nourrir. Certaines municipalités s’engagent avec les citoyens pour faire exister, perdurer et s’accroître ces initiatives.

E. Des espaces de résilience

« Le maraîchage, qui irrigue maintenant les villes du Nord et du Sud, ne peut d’ailleurs pas se résumer à une tendance bourgeois-bohème. Bien au contraire, il garde souvent son rôle traditionnel d’amortisseur de la pauvreté. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 57)

C’est le cas en Russie, où les problèmes de précarité liés à la chute de l’empire soviétique sont très sérieux, ainsi qu’à Cuba ou encore à la Nouvelle-Orléans. Après le désastre de l’ouragan Katrina, certaines familles ont créé la Guerilla Garden pour restaurer les liens sociaux et les moyens de subsistance.

Dans chaque lieu où la précarité guette, de telles initiatives peuvent ou voient effectivement le jour, qu’il s’agisse de planter des vergers, faire verdir des parcelles ou encore faire de la permaculture en bacs (comme les Keyhole garden). Dans tous les cas, c’est un bel exemple de résilience au niveau collectif.

F. Demain, nourrir les villes

« Nourrir les villes : l’enjeu est primordial. Car en 2050, quand 75 % des neuf milliards de Terriens seront urbains, les cités hypertrophiées auront partout fait reculer les surfaces agricoles et le pétrole sera devenu rare. Faire pousser de la nourriture sur place sera alors indispensable à la résilience du monde urbain après le pic pétrolier. Le réseau des villes en transition s’y prépare déjà et plus de 120 municipalités aussi diverses qu’Abidjan, Johannesburg, Rome, Madrir, Mexico ou New York se sont engagées à organiser des systèmes alimentaires autonomes en signant en 2015 le pacte de Milan. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 65)

Mais même si les politiques commencent à s’en charger, encore une fois ce sont les citoyens eux-mêmes qui sont d’abord à la manœuvre. De nombreuses associations, comme Just Food (New York) et Les Jardins du Trèfle rouge (France), pour n’en citer que deux, s’activent à créer localement des solutions pour résister aux défis qui nous attendent.

L’hydroponie jouera également un rôle dans cette révolution tranquille. Qu’est-ce que c’est ? Ce sont des fermes verticales qui utilisent moins d’eau que les cultures en terre traditionnelles. Voici le nom de quelques initiatives citées ou commentées dans l’ouvrage :

Ferme Lufa (Montréal) ;

Toit Tout Vert (Paris) ;

Sky Greens (Singapour) ;

Farmed Here (Chicago).

G. Une réappropriation de l’espace urbain

L’indépendance alimentaire devient un enjeu vital pour les villes. Elle ne vise pas seulement à limiter les approvisionnements extérieurs, mais aussi à recréer du lien social et lutter contre la pauvreté, comme cela a été vu dans les exemples donnés par l’auteure.

  1. De nouveaux modes de vie

A. Relocaliser la consommation

C’est l’un des grands enjeux à l’heure de la mondialisation. Des initiatives passionnantes ont vu le jour depuis la fin du XXe siècle : le mouvement Slow food, qui a donné naissance au mouvement plus large du Slow living et de toutes ses déclinaisons.

L’Alliance pour des économies locales et vivantes, quant à elle, regroupe un réseau de 35 000 entreprises et entrepreneurs qui veulent changer d’économie et de société en produisant et en consommant localement.

Les circuits courts, les Amap

En Amérique du Nord, comme en Europe, le « circuit court » est désormais à la mode. Il y a des initiatives de tout type, des plus « commerciales » (comme La Ruche) aux plus innovantes et « hors-système ».

L’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne ou première Amap a été créée par Denise et Daniel Vuillon en 2001. Il s’agit d’une sorte de contrat passé entre l’habitant et le paysan, qui est à la fois commercial (puisqu’il y a vente directe de « paniers »), mais aussi social, puisque c’est un autre rapport entre consommateur et producteur qui est ainsi défini.

Les coopératives de consommateurs

Il en existe de toutes tailles, la plus grande étant sans doute au Japon, avec 18,9 millions de membres ! L’objectif est d’assurer la sécurité des consommateurs. Elles existent partout dans le monde et cherchent à réorienter la consommation vers des pratiques plus éthiques, plus locales, plus « bio ».

B. Des commerces solidaires et coopératifs

Les citoyens aident aussi des entreprises existantes à ne pas mourir. L’auteure donne un grand nombre d’exemples de petits ou moyens commerces ayant été repris et transformés de cette façon :

Librairies ;

Épiceries ;

Pubs et bars ;

Superettes ;

Magasins de bricolage ;

Etc.

À chaque fois, la reprise est l’occasion d’un nouveau tournant pour ces commerces, qui deviennent plus ouverts à la dimension sociale, solidaire et écologique de leurs pratiques.

C. Réduire le gaspillage

Bien sûr, c’est un thème connu. Il existe des applications sur internet qui permettent de récupérer des paniers d’invendus. C’est le cas en Allemagne avec Internet foodsharing.de par exemple ou Too Good to Go présente dans plusieurs pays d’Europe.

Plus radical encore : les frigos solidaires installés directement dans les rues pour secourir les plus démunis.

L’enjeu est de taille :

« Rien qu’en France, nous jetons près de 2 900 emballages ménagers par seconde, dont seuls 67 % sont recyclés. Les plus toxiques sont évidemment les plastiques, dont 8 millions de tonnes finissent chaque année dans les océans, où ils polluent irréversiblement la chaîne alimentaire. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 91)

L’économie du don

Vous connaissez certainement La Ressourcerie ou les communautés Emmaüs. Lorsque vous n’avez plus usage d’un objet, mais qu’il est encore en bon état, pourquoi le jeter ? Vous pouvez aussi construire ou utiliser une Givebox ou encore participer (si vous habitez en Argentine, surtout) à une gratiferia.

Les possibilités ne manquent pas. En voici deux autres exemples :

Umsonstladen (les « magasins pour rien ») en Allemagne et désormais dans toute l’Europe du Nord ;

Street stores (magasins éphémères) en Afrique du Sud.

Sur Internet, vous trouverez bien des initiatives et notamment beaucoup qui concernent le don de livres :

Circul-Livre (Paris) ;

World Book Night (Royaume-Uni et États-Unis) ;

Bibliothèques ambulantes diverses et variées de par le monde…

Réparer, recycler, upcycler

Martine Postma a ouvert le premier repair-café en 2009 à Amsterdam. Et depuis, c’est un succès fou. Contre l’obsolescence programmée, soyons ludiques et solidaires !

Mais l’upcycling, c’est quoi ? Eh bien c’est le talent qui consiste à transformer de vieux objets – voire carrément des déchets – en choses utiles :

Un vieux bidon de plastique en jardinière ;

Des cannettes en lampes de chevet ;

Du mobilier à partir de palettes ;

Le rafistolage d’ordinateurs ;

Etc.

Bref, c’est de la « récup’ ». Et c’est parfois bien utile d’être débrouillard : pour soi, pour les autres et pour la planète !

D. La société collaborative

Partager, troquer, louer…

C’est un autre domaine de l’économie sociale et solidaire : plutôt que d’acheter, empruntons-nous les uns les autres ! Certains sites comme Conso collaborative ou Ouishare proposent ce type de service.

Vous pouvez également partager votre voiture avec d’autres, non pas via la plateforme commerciale très connue, mais grâce à Mobicoop.

L’auteure donne tellement d’exemples passionnants qu’il est difficile de tous les citer ! Rendez-vous pages 100-102 si ce thème vous intéresse.

Et voici les autres pistes qui sont explorées par l’auteur au fil des pages suivantes :

Les échanges de service ;

Le partage des savoirs ;

L’éclosion d’une « société civile experte » participant aux sciences ;

L’importance de l’intelligence collective (et tous ses « Wiki ») ;

La communauté du logiciel libre ;

Les makers (et leurs fab-labs basés sur le Do it Yourself ou le Do it Together) ;

Les espaces de coworking et les hubs d’innovation.

E. Vers de nouveaux écosystèmes

Peu à peu, des initiatives éclosent partout dans le monde et dans différents domaines d’action. Il y en a de plus en plus ; et de plus en plus de personnes sont intéressées et y participent. Alors, qu’en sera-t-il demain ? Difficile à dire, bien sûr.

Mais une chose est certaine : de nouveaux écosystèmes émergent, qui défient les divisions habituellement reconnues entre la ville et la campagne, la consommation et la production, l’expertise et l’ignorance.

  1. Implanter une agriculture durable

A. Cogérer les terres

La copropriété a le vent en poupe aux États-Unis et au Royaume-Uni, les deux pays qui ont sans doute le plus mis la propriété individuelle sur un piédestal.  Mais allons faire un tour en France et en Allemagne.

L’épargne solidaire pour garder l’agriculture vivante

En France, Jérôme Deconinck a créé Terre de Liens en 2003. Il s’agit d’investir dans des fermes ayant des projets soutenables. L’objectif : aider les jeunes agriculteurs à se lancer et à changer de modèle, tisser du lien dans les campagnes.

Une filière agroalimentaire cogérée par les habitants

En Allemagne, Christian Hiss a fondé une société citoyenne par actions nommée Regionalwert AG (RWAG) qui a pour objectif de valoriser la filière bio. Ici, l’achat de terres se fait également de façon collective et tous les « actionnaires citoyens » agissent par intérêt social et écologique.

B. Éradiquer la faim : l’histoire de Chandramma

Les femmes du district de Medak, en Inde, ont réinstauré avec l’aide d’une ONG des sangams, c’est-à-dire des plantations réalisées à partir de semences traditionnelles. Peu à peu, une autre idée germe : créer des banques de semences. Cette histoire, racontée en détail dans le livre, donne espoir à toute une région.

Nourrir le monde

Et bien plus ! En effet, l’idée des monocultures a largement fait son temps et cette pratique est aujourd’hui critiquée de toutes parts. L’exemple de l’utilisation de semences anciennes rend visible la possibilité d’autres formes d’agriculture.

Un modèle d’émancipation

Par ailleurs, ces femmes ont bousculé l’ordre établi, en prenant une place traditionnellement réservée aux hommes. Elles se sont tellement prises en main qu’elles ne s’arrêtent plus de créer ! Quelques exemples des réalisations de ces femmes indiennes :

Création de crèches ;

Groupes d’aide à l’autonomie des femmes ;

Production de sacs en jute (plutôt qu’utilisation de sacs en plastique) ;

Réalisation d’un documentaire ;

Etc.

Confronter les modèles

Les arguments de l’agriculture industrielle ne tiennent plus la route. Cela peut se démontrer objectivement, chiffres à l’appui. Des experts de l’ONU l’affirment eux aussi. En inventant de nouvelles façons de faire, inspirées du passé, les femmes du district de Medak sont un exemple à suivre pour le monde entier.

C. L’expansion de l’agriculture biologique

Peu à peu, l’agriculture bio progresse grâce à toutes ces initiatives. En France, le réseau Biocoop « bénéficie d’une croissance continue depuis sa création en 1986 », par exemple. De plus en plus d’agriculteurs sont séduits, qu’ils pratiquent ensuite la vente directe ou non.

D. Les agroécologies : la permaculture et l’agroforesterie

Certains vont encore plus loin dans la régénération des terres et le changement de modèle. En France, le représentant le plus fameux de l’agroécologie et de la permaculture est Pierre Rabhi.

L’agroforesterie consiste quant à elle à utiliser « les synergies entre cultures, arbres et élevage » (p. 155). Progressivement, ces pratiques – mises en œuvre par des citoyens – sont reprises par les gouvernements, qui voient leurs effets positifs.

E. Assurer l’alimentation mondiale de demain

Le changement climatique nous pousse à agir. Selon l’auteure :

« Cette situation n’est pas – encore - irréversible. Mais elle le deviendra si on ne généralise pas très vite les cultures bio, l’agroforesterie, la permaculture et les banques de semences locales – en bref, les solutions qui permettent aux populations de restaurer les écosystèmes agricoles, de se réapproprier leur souveraineté alimentaire et de transmettre une agriculture résiliente aux générations futures. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 160)

Comme elle le dit encore, même l’ONU et d’autres organisations mondiales en ont désormais conscience : changer de modèle est une question de survie pour bien des peuples aujourd’hui.

  1. Un usage citoyen de l’argent

Investir dans l’économie réelle : les clubs coopératifs d’épargne

La Coop57 est une coopérative citoyenne créée par d’anciens salariés d’une maison d’édition. Succès immense : plus de 3 501 sociétaires en 2015. L’objectif : favoriser le développement de l’économie sociale et solidaire qui ne reçoit généralement pas le soutien des banques. Soutenir des projets qui, sans cela, resteraient lettre morte.

Des banques socialement responsables

Vous connaissez peut-être ces banques qui essaient de modifier les comportements agressifs des grands financiers en investissant dans des projets durables :

Rabobank, Oikocredit et Triodos (Pays-Bas) ;

GLS Bank (Allemagne) ;

Merkur Bank (Danemark) ;

Banca Etica (Espagne) ;

Ekobanken et Jak (Suède) ;

Le Crédit coopératif et la Nef (France).

Pour ne citer que les exemples européens ! Depuis la crise de 2008, le nombre de clients n’a fait qu’augmenter dans le monde entier. Par exemple, les credit unions (coopératives financières) ont eu un grand succès aux États-Unis. Et l’initiative audacieuse de Kristen Christian – le Bank Transfer Day – n’y est pas pour rien !

En Espagne, des communautés de prêt autofinancées

« Les credit unions reposent au fond sur un concept simple : collecter l’épargne d’une communauté pour prêter ensuite solidairement aux membres qui en ont besoin. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 171)

C’est ce qu’a reproduit un espagnol, Jean-Claude Rodriguez-Ferrera, en créant les comunidades autofinanciadas ou CAF. Ce n’est pas la même chose que du microcrédit, puisqu’il n’y a pas ici d’organisme centralisé : ce sont les membres eux-mêmes qui gèrent les finances de chaque CAF.

Les banques communautaires

La Sewa Bank (Inde) ou la Banco Bem (Brésil) sont deux autres exemples qui vont dans le même sens que les CAF barcelonaises et les credit unions étatsuniennes. À chaque fois, cela permet de reconstituer un tissu local d’échanges et de solidarité.

L’essor international des monnaies locales

De plus en plus de projets croissent également dans une autre direction : la création de circuits monétaires fermés, qui servent à favoriser le commerce dans des zones précises (par exemple, un centre-ville).

Pour cela, il faut convaincre des commerçants de participer et les citoyens de les utiliser. Mais une fois que le système est en place, ces monnaies locales dynamisent la croissance en redirigeant les flux d’argent.

Le succès ne se dément pas : « Aujourd’hui, plus de 5 000 monnaies locales et complémentaires (MLC) circulent dans le monde » (p. 182). Si ce thème vous intéresse, allez donc jeter un œil p. 180-181.

Penser le développement des territoires

Avec les banques locales, les systèmes de crédits solidaires, etc., les monnaies locales peuvent aider à régénérer économiquement les territoires.

Connaissez-vous le ou la… :

Bonus (Sao Paulo) ;

Coopek (monnaie numérique, France) ;

Wir (Bâle, Suisse) ;

Gonette (Lyon) ;

Bou’Sol (Boulogne-sur-Mer) ;

Eusko (Pays basque) ;

Hours (Ithaca) ;

Etc.

  1. Energies : vers des milliers d’autonomies locales

Même si de nombreux efforts restent à entreprendre, le tournant vers les énergies renouvelables (EnR) a été pris et il est irréversible. La Chine, l’Inde et les États-Unis y travaillent activement. Les innovations techniques impliquant le solaire ou d’autres EnR sont testées et adoptées dans de nombreux pays.

A. Quand le Sud invente ses propres solutions

Inde : les ingénieurs aux pieds nus

Des femmes africaines, asiatiques et sud-américaines viennent apprendre le montage de panneaux solaires dans une école indienne : le Barefoot College. Elles contribuent activement à l’électrification de leurs villes ou villages.

B. Des solutions autonomes et décentralisées

Le biogaz, une petite révolution villageoise au Népal

Innovation intéressante : dans ce village, les déchets sont recyclés en gaz grâce à un « digesteur » qui les méthanise et les rend utilisables pour la caléfaction, notamment.

C. En France, l’éolien citoyen

Avec des amis, Michel Leclercq a créé un parc éolien en Ille-et-Vilaine. Et il fait des émules ! L’idée étant de créer des coopératives citoyennes qui gèrent eux-mêmes leur production et consommation d’énergie.

D. Les coopératives d’énergie

L’exemple nordique

Elles connaissent un grand succès en Europe du Nord. Au Danemark et en Allemagne, par exemple, ces initiatives de citoyens pour se réapproprier l’énergie (solaire, biomasse, éolien, etc.) est un véritable succès. Lorsque les habitants s’y mettent, il est tout à fait possible de réaliser une transition énergétique pacifique dans une région !

Combiner les nouvelles énergies

C’est ce que font certaines localités, comme l’île de Hierro, en Espagne, qui combinent hydro-turbines, éolien et (pour l’instant) fioul, ou celle de Samsø au Danemark, qui combine éolien, panneaux solaires et biomasse.

E. Un modèle énergétique décentralisé

Peut-on tous devenir producteurs d’énergie et revendre nos surplus via des « réseaux intelligents » interconnectés ? Est-ce là l’aube d’une troisième révolution industrielle comme le croit le prospectiviste Jeremy Rifkin ? Cela reste à voir, mais une chose est certaine : le crowdsourcing de l’énergie est une idée qui a le vent en poupe et qui mérite le détour.

  1. Le modèle coopératif

A. Les empresas recuperadas d’Argentine

La crise de 2002 a mis la moitié des Argentins au moins en grande difficulté. De nombreuses entreprises jugées non rentables furent fermées. Pourtant, des ouvriers et des salariés se sont associés pour les reprendre en main et reconstruire le pays après la faillite.

B. Un secteur dynamique

Le modèle coopératif a connu un tel succès qu’il est parfois difficile de le distinguer de ses « équivalents commerciaux ». Certains ont perdu leur âme, c’est vrai ; mais d’autres sont toujours fidèles à leur mission sociale et solidaire. Selon l’auteure, les coopératives sont aussi agiles que leurs pendants non coopératifs et résistent même mieux aux crises.

C. En finir avec la pauvreté

Lijjat est une coopérative exemplaire d’Inde. Elle est la plus grande coopérative féminine au monde, avec 44 000 salariées. 21 femmes se partagent les responsabilités managériales à tour de rôle. Leur mission : aider les femmes à sortir de la pauvreté. Le moyen ? La vente de papads (galettes de farine de lentilles). Une affaire qui tourne et qui sait rester digne !

D. Un outil d’indépendance

La forme coopérative convient particulièrement aux femmes. Si les coopératives féminines sont encore modestes au Maroc, elles se développent néanmoins peu à peu, permettant à leurs cosociétaires de gagner en indépendance. Il en va de façon similaire, par exemple, au Nicaragua.

E. L’extension du domaine coopératif

Le modèle coopératif devient porteur d’espoir dans de nombreux secteurs, tels que l’éducation. Que ce soit en Grande-Bretagne ou en Corée du Sud, de nouvelles formes d’écoles voient le jour.

Autre secteur : le freelancing (journalisme, informaticiens, etc.). De plus en plus de travailleurs freelances se réunissent en coopératives pour bénéficier des avantages de l’entrepreneur salarié, d’une protection sociale, etc. C’est le cas de la SMart en Belgique, également implantée en France, ou de Coopaname.

Il existe aujourd’hui des coopératives intégrales (CI) qui voient le jour, particulièrement en Espagne. Celles-ci regroupent un ensemble de secteurs pour créer un nouveau modèle économique et social, tout en douceur.

F. Le levier d’une autre économie

Même si ce modèle coopératif demeure minoritaire dans l’économie actuelle, il n’empêche qu’il montre d’autres chemins. Surtout, les exemples donnés par l’auteur fournissent la preuve qu’il ne s’agit pas d’une chimère irréaliste, mais bien d’alternatives crédibles.

  1. Habiter ensemble, autrement

A. L’essor des coopératives d’habitants

Voici un autre exemple de succès dans le domaine de la coopération. Au Québec, Le Plateau est un bel exemple d’habitat coopératif. Émanation de la société civile, ces logements solidaires promeuvent la mixité sociale et, finalement, un nouveau mode de vivre-ensemble.

Autre exemple : La Jeune Pousse, à Toulouse ou le Village Vertical de Villeurbanne.

« L’Hexagone compte plusieurs centaines de projets citoyens de ce type, qui mettent en œuvre les mêmes valeurs : logements abordables, gestion démocratique, solidarité entre habitants, bâtiments écologiques et adaptés au handicap. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 241)

B. Le co-habitat en propriété partagée

Guillaume Pinson, professeur québécois, a opté pour une formule semblable : il a acheté un terrain avec d’autres familles et a construit une sorte de petit village écologique. En Allemagne comme en France, ces types d’associations de propriété se multiplient.

C. Vieillir ensemble

Thérèse Clerc ne voulait ni vieillir seule ni finir dans un home. Elle a donc inventé la Maison de Babayagas à Montreuil ; une association qui prône le bien vieillir ensemble. À 70 ans, il est encore possible d’agir et de faire sa révolution douce !

D. Les écovillages

Ils poussent comme des champignons partout dans le monde. Bénédicte Manier développe en particulier deux exemples :

Au Sénégal ;

Aux États-Unis.

Le principe d’un écovillage ? Regrouper les habitats, les construire de façon écologique et consommer des énergies renouvelables. Le tout dans la convivialité.

E. Les éco-hameaux

C’est un peu le même principe. On les voit fleurir en France. L’un des exemples donnés par l’auteure est l’éco-hameau de Chabeaudière.

Avec ce type de nouveaux lieux et modes de vie, renait aussi le goût pour la construction ou plutôt l’auto-construction. Il n’est pas rare de voir les personnes habitant ces lieux construire eux-mêmes leurs maisons.

F. Les sociétés en propriété collective

Connaissez-vous la fédération Habitat et Humanisme, créée à Lyon par Bernard Devert, promoteur immobilier reconverti en prêtre ? Il s’agit d’un système proche du Community Land Trust américain (voir le chapitre 2) qui a pour but d’aider les personnes âgées ou les familles monoparentales à trouver un logement.

G. Des éco-logements de qualité pour les plus démunis

Autre exemple français : l’initiative de François Marty, qui a créé le groupe d’entreprises Chênelet. Elle fournit une réponse originale aux problèmes du logement social, du chômage des moins qualifiés, de la pénurie d’emploi dans la construction et de l’inutilisation des ressources écologiques locales.

Avec ses équipes, il construit des maisons écologiques conçues pour les plus démunis. Et cela fonctionne ; de nombreuses mairies s’y intéressent. Aujourd’hui, Chênelet a fait des petits dans l’économie solidaire !

  1. Une démocratie plus citoyenne

A. Quand les habitants gèrent eux-mêmes la ville

Elango et Sumathy Rangaswamy ont modifié toute la structure institutionnelle de leur village indien. Élu maire, Elango entreprend de changer la vie démocratique avec l’aide des citoyens. Il parvient à fédérer toutes les castes autour de lui (alors qu’il vient de la classe des intouchables, la plus pauvre et la moins respectée d’Inde).

Une économie relocalisée

Au début des années 2000, le village a repris des couleurs et de la vivacité, tant au point de vue démocratique qu’économique. Une économie locale « en réseau » est créée et sert de modèle à d’autres communes voisines.

« L’économie en réseau mise en place à Kuthambakkam [le nom du village] et dans les localités voisines est également porteuse de leçons. Hormis pour les voitures, l’essence et l’informatique, les habitants y sont autosuffisants, ce qui rend leur économie imperméable aux aléas des crises et profite à l’emploi local. Ce type d’économie « démondialisée » est-elle transférable à d’autres pays, dans d’autres contextes et avec d’autres niveaux de vie ? La question mérite d’être posée. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 268)

B. L’essor des expériences participatives

Grâce au renouvellement de la vie démocratique, l’individualisme peut laisser place à la responsabilité collective. Cela a été possible dans ce village indien et est possible ailleurs. Il existe d’autres initiatives de participation citoyenne qui donnent de l’espoir.

Glisser un bulletin de vote dans une urne une fois de temps à autre n’est pas suffisant. Les villages de Marinaleda en Espagne ou la commune de Trémargat en Côtes d’Armor peuvent en témoigner, ainsi que le village de Saillans, dans la Drôme, pour ne citer que quelques cas mentionnés par Bénédicte Manier (qui va étudier ces expériences participatives jusqu’en Irlande et en Islande).

C. Les listes citoyennes

Puisque nous sommes en Islande, mentionnons le Parti pirate islandais, le Piratar, qui a essaimé dans le monde entier et notamment en France.

À Barcelone, l’espoir est venu d’Ada Colau, membre du parti Guanyem, proche de Podemos. Elle a notamment innové en utilisant une plateforme web pour faire participer un maximum d’habitants à la rédaction de la charte éthique de son mouvement.

Son logiciel, DemocracyOS (pour Open Source), a lui aussi eu beaucoup de succès, par exemple en Argentine où il a été repris par Pia Mancini. En France, l’initiative Ma Voix est pensée sur un modèle similaire.

D. L’essor de la Civic Tech

« Dans ces tentatives de rénovation de la démocratie, l’outil numérique joue évidemment un rôle essentiel », affirme Bénédicte Manier.

C’est le cas au Brésil, où les habitants de Rio de Janeiro, mais aussi de Curitiba, Recife et Porto Alegre ont mis en place des systèmes issus de la « Civic Tech » pour intervenir dans les politiques publiques ou combattre la corruption des élus (via du crowdmapping).

Aux États-Unis, des hacknights sont organisés par les citoyens pour « élaborer des outils numériques destinés à améliorer la vie urbaine » (p. 280).

En France, nous ne sommes pas en reste avec les sites et les applications mobiles :

Citizers.com ;

Stig ;

Vooter ;

Fluicity ;

Questionnez vos élus ;

City2Gether ;

Neocity ;

Tell My City ;

Politizr ;

Full-mobs ;

Baztille ;

Etc.

  1. Des centres de santé citoyens

A. Les cliniques gratuites américaines

Face à la précarité et au manque de sécurité sociale, certains citoyens se réunissent pour venir en aide aux plus démunis aux États-Unis. Plusieurs hôpitaux ont été construits et maintenus en activités grâce à la force et à la motivation de personnes n’ayant d’autre statut que de vouloir aider les autres à sortir de la misère. C’est le cas à Ithaca, à Berkeley, à San Francisco, notamment.

B. Les maisons médicales autogérées de Belgique

Ces maisons de santé pluridisciplinaires, gérées directement par les médecins et des associations de patients, parfois en collaboration avec des mutuelles, ont le vent en poupe. Selon le Dr Pierre Dresmla, l’un des représentants et fervents défenseurs de ce modèle, celui-ci a encore de beaux jours devant lui.

C. Au Sud, les médecins aux pieds nus

En Inde, les choses bougent également, grâce à Ashish Das et bien d’autres, tels que Shelly Batra et Sandeep Ahuja. En voici quelques exemples :

La Hathola Medical Bank (banque nationale de médicaments gratuits) ;

Le Neighborhood Network in Palliative Care (réseau citoyen de soins palliatifs) ;

Aravind Eye Hospital (centre hospitalier offrant des soins gratuits aux plus pauvres).

D. Micro-assurances et mutuelles communales

Aux États-Unis et en France et dans les pays du Sud, à des degrés et des échelles divers, les micro-assurances et les mutuelles communales pallient le manque de sécurité sociale et le caractère trop coûteux des mutuelles commerciales.

  1. Conclusion. Une réappropriation du monde

A. La génération du passage à l’acte

Les Millennials ont envie de changer de vie – et de changer le monde ! C’est ce que dit une étude citée par l’auteure, discutée sur le blog de Dan Schwabel, 84 % de Millennials interrogés par l’enquête affirment vouloir « faire quelque chose de positif pour changer le monde ».

Plus généralement, une part de la population refuse l’enfermement identitaire et s’ouvre à la collaboration et à l’action. Or, comme le dit Bénédicte Manier :

« Pour agir, cette société n’a jamais disposé d’autant d’outils : réseaux sociaux, informations planétaires en temps réel, technologies open source, financements participatifs ou mutualisation des compétences ont changé la donne. Ces outils d’empowerment ont modifié les modes d’action, accéléré les échanges intellectuels et matériels, renforcé l’expression démocratique. » (Un million de révolutions tranquilles, p. 298)

À tous les niveaux, y compris au niveau du management, les choses changent ; les organisations se réinventent.

B. Vers de nouveaux communs

Cela s’est fait, finalement, en assez peu de temps. On peut donc prévoir que cela continuera et s’amplifiera à l’avenir. Les classes moyennes promeuvent ces nouvelles façons de vivre et créent ainsi un effet d’entraînement. Par ailleurs, elles répondent à des besoins réels qui devront être satisfaits.

Il reste à généraliser et à coordonner toutes ces pratiques pour créer une véritable bascule de modèle. Face à la crise écologique, il nous faudra réinventer la société en utilisant de façon pragmatique les solutions du Nord comme du Sud.

La société civile a découvert son pouvoir ! Qu’attendons-nous pour agir ?

Conclusion sur « Un million de révolutions tranquilles » de Bénédicte Manier :

Ce qu’il faut retenir de « Un million de révolutions tranquilles » de Bénédicte Manier :

Bénédicte Manier est journaliste et essayiste. Spécialisée dans la société indienne, elle a notamment écrit La Route verte des Indes. Au pays des transitions écologiques et citoyennes (2018) et L'Inde nouvelle s'impatiente : 780 millions d'Indiens de moins de 35 ans (2014).

Un million de révolutions tranquilles. Travail, habitat, argent, santé, eau... Comment les citoyens changent le monde a non seulement reçu le Prix 2013 du Livre de l'’Environnement, mais a également servi d’inspiration principale au célèbre documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent, Demain.

Le livre fourmille d’expériences de toutes sortes, au Nord comme au Sud, petites ou à large échelle, individuellement initiées ou directement collectives, etc. Et c’est son intérêt principal : créer un sentiment d’effervescence mondiale pour donner envie d’y participer. Vous y découvrirez pléthore de noms de héros du quotidien et d’associations qui pourraient bien vous servir au jour le jour.

Points forts :

Un bouillonnement d’initiatives qui donne envie d’agir et de « faire sa part » ;

Des bons plans comme des sites internet, des noms d’associations, etc., pour les Français (mais pas que !) ;

Un texte clair et bien construit.

Point faible :

Je n’en ai pas trouvé !

Ma note :

                

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Mon, 22 May 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12392/Un-million-de-rvolutions-tranquilles
Ce qu’il y a de meilleur en nous http://www.olivier-roland.fr/items/view/12342/Ce-quil-y-a-de-meilleur-en-nous

Résumé de « Ce qu’il y a de meilleur en nous. Travailler et honorer la vie » de Christophe Dejours : en s’appuyant sur son expérience professionnelle et en dialoguant avec des auteurs de sciences humaines, l’auteur propose une réflexion stimulante et passionnante autour des notions de souffrance et de plaisir au travail.  

Par Christophe Dejours, 2021, 176 pages.

Chronique et résumé de « Ce qu’il y a de meilleur en nous. Travailler et honorer la vie » de Christophe Dejours

Avant-propos

Cet ouvrage questionne et ouvre des voies de réflexion sur la souffrance au travail, un thème rarement abordé et considéré.

En considérant les « transformations contemporaines du travail, de la gestion et du management », l’auteur, Christophe Dejours, annonce se situer dans le « débat sur le travail, la souffrance au travail et les pathologies mentales (voire somatiques) » (p. 8).

L’auteur mobilise deux courants de recherche :

La psychodynamique du travail ;

La psychanalyse.

Du côté de la psychodynamique du travail

Les mouvements sociaux autour de mai 68 revendiquaient davantage de liberté et d’émancipation dans la société. En même temps, la crise économique, provoquée par le premier choc pétrolier de 1973, annonçait des heures plus sombres pour l’emploi et le travail.

C’est à ce moment-là, en France, dans les années 1970, que différentes recherches d’abord regroupées sous le terme « psychopathologie du travail » ont vu le jour. L’État a encouragé la création de cette discipline de recherche par des subventions.

Le terme « psychodynamique du travail » est apparu en 1992.

Différentes disciplines des sciences humaines participent au débat sur ces questions qui lient travail et souffrance :

Ergonomie ;

Médecine du travail ;

Sociologie du travail ;

Anthropologie des techniques ;

Sociolinguistique ;

Économie du travail ;

Sociologie de l’éthique ;

Psychiatrie phénoménologique ;

Histoire sociale.

Plus récemment la discipline a aussi dialogué avec le droit et la philosophie.

Bien que tous les chercheurs ne s’accordent pas sur ce point, Christophe Dejours soutient l’idée que la psychanalyse a beaucoup à apporter aux débats concernant la souffrance au travail.

Du côté de la psychanalyse

Les psychanalystes, de leur côté, ont longtemps refusé de s’intéresser au travail et donc à la psychodynamique du travail. En effet, ils considéraient que la psychanalyse a pour objet l’exploration par le patient de son psychisme. Pour eux, les souffrances psychiques ont des origines profondes liées à des conflits psychosexuels. Le travail ne pouvait avoir qu’un rôle « déclenchant » (p. 12) dans les troubles observés.

Depuis plusieurs années cependant, des psychanalystes participent aux débats concernant les souffrances au travail.

« Cette évolution est certainement due à l’aggravation des souffrances et des pathologies en rapport avec le travail, sous l’effet des transformations importantes des méthodes d’organisation du travail, de gestion et de management, aussi bien dans les entreprises privées que dans le secteur public. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 12)

Selon Christophe Dejours, s’intéresser à la clinique du travail n’est pas qu’une question théorique. Il y a là un vrai enjeu pour le psychanalyste confronté, dans son cabinet, à l’écoute du patient qui parle de son travail et des difficultés qu’il y rencontre. Ce livre se situe au centre de ces questions.

Introduction

Christophe Dejours annonce dès l’introduction que son point de départ est la théorie de la sublimation de Freud, le fondateur de la psychanalyse.

Au centre de la théorie freudienne se trouve l’idée que la sexualité infantile – qui perdure chez les adultes – est à la base de l’activité psychique des individus.

« […] Cette sexualité infantile n’a rien d’idyllique. Selon les termes de Freud, c’est une sexualité perverse et polymorphe, dont l’investigation clinique montre qu’elle est foncièrement amorale. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 18)

Selon Freud, pour pouvoir vivre ensemble en société en établissant des rapports non-violents, les êtres humains doivent renoncer à certaines de leurs pulsions sexuelles venant de leur sexualité infantile. La société, de son côté, institue des limites aux pulsions sexuelles. Mais elle ne peut pas contrôler la manière dont chaque individu réprime ses propres pulsions.

La sublimation selon Freud

La sublimation se produit lorsque l’individu oriente une pulsion sexuelle vers une autre action que l’activité sexuelle elle-même. La pulsion originelle fournit alors une énergie pour cette autre occupation qui peut être, par exemple, l’art ou le travail. La satisfaction peut être obtenue par le résultat de cette autre activité.

« La sublimation joue un rôle majeur dans la création artistique et dans la recherche scientifique. Enfin, il est utile de souligner que Freud formule des réserves sur les conséquences de la sublimation. Si cette dernière est engagée dans la production des œuvres de culture, elle peut pourtant devenir une menace non seulement pour la reproduction de l’humanité, mais aussi pour la société et la civilisation, parce qu’elle exigerait des renoncements voire des sacrifices […], peut-être trop coûteux pour l’économie de la sexualité (menace pour la reproduction du genre humain d’une part, engendrement d’une haine de la culture d’autre part). » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 22)

L’auteur énonce des limites à cette théorie de la sublimation de Freud, notamment au regard de la clinique du travail et de la théorie du « travail vivant » qu’il va mobiliser dans l’ouvrage.

Sublimation et travail

Une de ces limites notamment est liée au fait que Freud restreint la sublimation à des personnes d’exception comme de grands intellectuels et artistes. Au contraire, la clinique du travail avance l’idée que la sublimation se produit chez les individus ordinaires, dans les activités quotidiennes et à des degrés divers. Elle incite à prendre en compte les « conditions matérielles, sociales et politiques » (p. 23) qui rendent possible la sublimation.

De plus, pour la clinique du travail, la sublimation a des effets positifs sur l’estime que l’individu a de lui-même et sur le plaisir qu’il peut ressentir en travaillant. Là où Freud associe surtout la sublimation à la souffrance.

Chapitre 1 – L’intelligence au travail. Pourquoi la créativité n’est pas réservée aux « génies »

Selon Christophe Dejours, l’intelligence apparaît dans de nombreux actes du travail ordinaire. Que fait un individu lorsqu’il travaille ? Il transforme de la matière inanimée en de la matière animée, « vivante ». Selon l’auteur, les pulsions sexuelles sont à l’origine de ces actes d’intelligence et de transformation. Comment ? C’est l’objet des prochaines sections.

Investissement sexuel et travail

À l’origine de la pulsion sexuelle se trouve une énergie appelée « libido ». Si aucun processus de sublimation ne se met en place chez un individu, il cherche à assouvir sa pulsion sexuelle à travers une activité sexuelle. Il est alors attiré par de la matière « vivante », par des parties du corps et des organes d’un autre individu avec lequel il a une relation sexuelle.

Lorsqu’un processus de sublimation se met en place, l’individu dirige sa libido non pas vers des organes vivants mais vers des objets inanimés. Ces objets inanimés sont par exemple la terre, la pierre, le bois, le plâtre, le métal ou encore « un outil ou un objet technique (arme, automobile, avion) » (p. 31). 

Comment se fait-il alors que l’individu puisse se sentir attiré et investir de la libido dans ces matériaux « non vivants » ? Parce qu’il se représente en réalité ces objets inanimés comme « vivants » nous dit l’auteur. Cette représentation agit comme un fantasme plus ou moins conscient.

La sublimation : références théoriques de départ

Lorsqu’un adulte refoule des pulsions sexuelles, elles ne disparaissent pas. Elles sont dirigées vers d’autres buts (que l’activité sexuelle). C’est la sublimation, ou transposition.

Christophe Dejours cite l’auteur Jean Laplanche qui souligne, chez Freud, deux fonctions de la sublimation pour les adultes :

Le désir de savoir ;

La pulsion de recherche.

Mais Christophe Dejours insiste sur un point qui semble oublié, selon lui, par Freud, pour expliquer le processus de sublimation. Il s’agit d’un affrontement avec la matière. D'ailleurs, un exemple frappant est celui de l’artiste en prise – comme dans un « corps à corps » (p. 32) – avec de la matière qu’il entreprend de transformer pour créer.

« […] lutte avec la toile, les couleurs, les solvants, les pinceaux, luttes des mains et des doigts avec la terre pour en éprouver la résistance, l’inertie, la dureté, la mollesse, l’indocilité, la viscosité, la malléabilité et en faire, enfin, émerger la forme […]. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 33)

Le « travailler » dans la sublimation chez le poète

Le sculpteur, comme Giacometti, touche et manipule la terre pour produire son œuvre. Le poète, comme Baudelaire, fait de même, mais avec le langage. Il manipule les mots, les détournant de leur sens usuel, les assemblant avec originalité, cassant ainsi des conventions sociales, sublimant le réel.

Christophe Dejours cite Jérôme Thélot qui évoque le travail réalisé par le poète : « travail de la prosodie » (p. 34). Selon Thélot, le poète engage sa subjectivité toute entière pour créer. Il investit des affects, de la douleur, de la persévérance « dans ce corps à corps avec le rythme et la rime » (p. 35).

Le génie de l’intelligence au travail

Comme le poète, le travailleur est confronté aux difficultés et aux résistances quotidiennes apposées par la matière, ou les outils, qu’il manipule et qu’il essaie de transformer. De fait, pour surmonter ces difficultés et trouver des solutions, il mobilise son intelligence : il réessaie, réassemble, bricole, casse, etc.

En cherchant ainsi des solutions, l’homme apprend à anticiper et à reconnaître les moments où des difficultés peuvent surgir. Et cette anticipation passe par la mobilisation de son corps. En effet, ses sens – ouïe, toucher, vue, odorat – lui permettent de percevoir les signes annonciateurs d’un problème. Il engage alors des actions qui visent à contourner le problème avant qu’il ne survienne réellement (par exemple : réduire la vitesse pour éviter la surchauffe d’une machine).

Intelligence au travail et « corpspropriation »

« Ce processus de conquête de la matière par la vie, un philosophe, Michel Henry, l’appelle ‘corpspropriation’. Elle est pour lui ce qui est au principe du ‘travail vivant’, sans lequel aucune production […] ne serait possible ». (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 38)

Dans la confrontation avec la matière et les machines, le travailleur ressent des émotions, mobilise ses capacités physiques et cognitives. À tel point qu’il projette des affects sur la matière inanimée, la traitant comme si elle était vivante. Christophe Dejours cite l’exemple du personnage de Zola, Lantier, qui donne le nom affectueux de « Lison » à sa machine à vapeur. Lantier prend soin de Lison : il va jusqu’à l’aimer, l’insulter, la pousser à bout même.

Corpspropriation et remaniements du corps

Ce qui se produit chez l’homme en proie à la résistance de la matière, c’est aussi le fantasme et la fantaisie. Et c’est à travers eux que le travailleur se libère des prescriptions rationnelles, des modes d’emploi et de la connaissance théorique. Il peut ainsi chercher des solutions et des réponses adaptées au problème réel auquel il est confronté.

« Le génie de l’intelligence du corps n’appartient qu’à celui-là qui l’a acquise au prix de sa souffrance et de son endurance, voire de son courage à pâtir de la résistance du réel. Chaque génie est propre à chaque sujet en son histoire. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 42)

C’est dans le travail et la confrontation aux difficultés que se forment de « nouvelles habiletés » (p. 44).

Quel corps ?

Le corps de l’individu qui travaille n’est pas uniquement le corps saisi dans sa dimension physiologique. C’est aussi le corps dans sa dimension érogène, c’est-à-dire qui ressent des sensations et du plaisir qui proviennent de la sublimation de pulsions sexuelles vers l’activité du travail.

En plus des nouvelles habiletés, il y a aussi de « nouvelles sensibilités » (p. 45) qui naissent dans le travail. C’est ainsi que le travailleur se sent plus vivant.

Les deux pulsions déjà citées par l’auteur – pulsion de comprendre et pulsion de chercher – se transforment en « désir de travailler » (p. 47).

L’œuvre, qui est produite par le travail, apparaît alors comme une forme d’accomplissement de soi. Pour Christophe Dejours, cette réalisation de soi n’est pas seulement réservée aux hommes qui font preuve d’un potentiel exceptionnel. Elle peut se produire dans différents types de métiers et de tâches.

L’auteur précise également les limites de l’analyse qu’il présente ici. En effet, il se concentre uniquement sur le rapport de l’individu qui travaille avec la matière. Pour une analyse complète, il est également nécessaire de prendre en compte les rapports sociaux au travail, c’est-à-dire les formes de « coopération horizontale, verticale et transverse » (p. 47).  

Les risques du travail antisublimatoire

L’auteur précise également que le processus de sublimation dans le travail ne concerne pas tous les métiers et activités. Le travail très rationalisé et industrialisé, comme le taylorisme, ne permet pas de ressentir du plaisir en travaillant, d’exercer sa créativité et son intelligence. Aujourd’hui certaines méthodes de gestion et de management, mises en place depuis les années 1980 – 1990, tendent à standardiser l’activité de travail et à diminuer les possibilités de sublimation et de plaisir au travail.

C’est alors que différentes maladies apparaissent comme des signes du mal-être au travail : épuisement professionnel (burn-out), suicides dans les cas les plus graves. D’où l’urgence de replacer la réflexion sur le lien entre la subjectivité et le travail dans le cabinet du psychanalyste.

Chapitre 2 – La sublimation et ses ennemis. De la folie de la norme à la souffrance éthique

La norme physique exprime une loi de la nature, c’est-à-dire une loi qui ne dépend pas de la volonté des hommes.

La norme humaine désigne une loi qui est instituée, c’est-à-dire décidée et mise en place par des hommes. Les lois instituées varient donc en fonction des contextes historiques, culturels et sociaux. Des hommes ont le pouvoir de les créer de les modifier.

Christophe Dejours, s’appuyant sur les travaux d’Alain Supiot, souligne les problèmes liés à l’excès de normes humaines qui règne dans nos sociétés actuelles. Tout semble devoir obéir à des normes précises. Dejours parle même de « folie de la norme » (p. 51).

Il distingue trois rapports différents à la norme en fonction des personnes :

Les créateurs des normes qui sont les élites ;

Ceux qui n’ont pas de pouvoir pour décider des normes mais qui ont la possibilité de s’en accommoder sans trop en souffrir ;

Ceux qui subissent les normes et qui en souffrent (sans avoir la possibilité de trouver des accommodements pour moins en souffrir).

« La normalisation […] est l’usage de toutes sortes de techniques en vue de domestiquer ou de contraindre les conduites humaines à se conformer aux normes instituées. Il y a donc une ambivalence de la norme instituée. Elle peut générer le meilleur, le vivre-ensemble, mais elle peut aussi conduire au pire lorsqu’elle ne joue plus comme référence dans une délibération, mais comme diktat au service de la tyrannie. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 56)

La normalité en question

Sans fonder une théorie de la normalité, Freud s’y est intéressé pour distinguer un état psychologique pathologique d’un état normal et « ce qui fait obstacle à la normalité (névrose) » (p. 57).

Christophe Dejours refuse de se positionner dans les débats qui ont enflammé la scène intellectuelle des années 1970-1980. De nombreux intellectuels, comme Michel Foucault ou Guattari, critiquaient ce qui leur apparaissait comme une injonction sociale à la normalité. « Être normal » semblait constituer, selon eux, une forme de conformisme social proche de l’assujettissement et de la bêtise. Et pour eux, la psychanalyse participait de ce processus.

Christophe Dejours considère, de son côté, que la normalité est en réalité l’état à travers lequel un être humain tente de survivre dans un monde qui présente sans cesse des menaces pour sa santé psychologique et physique. La normalité n’est jamais définitivement acquise. La recherche de normalité est parcourue de tensions et faite de compromis que chacun doit accepter de réaliser : « compromis avec soi-même d’abord, avec l’autre ensuite, avec le monde enfin » (p. 59).

Normativité et normalisation dans les soins en psychiatrie

Christophe Dejours revient ici à la question de la norme qui est créée par les hommes qui vivent en société, c’est-à-dire de la norme instituée.

Les normes instituées sont nécessaires à la vie en société en tant qu’elles constituent des formes d’accords relativement stables entre les hommes. L’émancipation de chaque individu peut se faire si ce dernier a la possibilité de dialoguer avec d’autres et de contribuer « à la discussion et à la négociation de cette norme » (p. 61).

Si les normes sont imposées sans aucune possibilité de personnalisation et de discussion, la norme ne joue plus un rôle émancipateur. Elle participe plutôt d’un processus opprimant qui impose sans possibilité de personnalisation. « Débute le règne de la normalisation » (p. 61).

C’est ce qui se produit aujourd’hui, selon Christophe Dejours, dans le domaine de la santé en France. Lorsqu’il s’agit d’apporter un soin ou une prestation à quelqu’un qui se trouve en position de vulnérabilité et fragilité, l’application d’un standard uniforme se révèle très inadapté et inefficace. Cette normalisation des soins est contraire à « l’éthique du care » (p. 62) qui prône une adaptation concrète et pratique aux besoins singuliers d’un patient.

« C’est ainsi que la standardisation prônée au nom de la justice et de l’objectivité (de l’évaluation des performances) conduit inexorablement à la dégradation des soins dispensés par les institutions publiques ou privées. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 64)

La coopération mise à mal

Prenons le cas d’une équipe de travail dans un hôpital. Cette équipe est constituée de différentes personnes qui occupent des rôles professionnels différents : médecins, infirmiers, soignants, aides-soignants, secrétaires, femmes de ménage, personnel de sécurité, etc.

Les réunions d’équipe, auxquelles toutes les personnes participent, sont des moments importants et centraux pour la vie de l’équipe. Chacun doit faire remonter des situations particulières problématiques (concernant un patient ou autre).

Parfois les discussions peuvent mener à modifier ou ajuster des normes déjà existantes ou à en créer de nouvelles. C’est ainsi qu’un espace de délibération sur « la marche collective à suivre » émerge à partir des pratiques et que la coopération fonctionne.

Les règles qui régissent le travail collectif de l’équipe soignante sont ainsi singularisées, adaptées en fonction des :

Types de malades et de maladies ;

Personnalités et des expériences des membres de l’équipe soignante ;

Problématiques particulières qui surgissent de la pratique ;

« Doctrine de référence » (p. 66).

C’est à partir de ce constat de la réalité du travail lié aux soins et à la santé que Christophe Dejours soutient que la standardisation n’est pas adaptée car elle empêche la coopération. Le travail nécessite de conserver un espace de délibération collectif sur les règles techniques et de vivre ensemble.

Les stratégies de défense contre la souffrance

La standardisation, dans le domaine du soin, tend à faire disparaître les moments où les soignants peuvent partager les problèmes rencontrés. Les discussions collectives, les ajustements ou les modifications des règles et de l’organisation, ne sont plus permises.

N’ayant plus d’espace pour s’exprimer, plus de moyen d’être atténuée, la souffrance des soignants s’amplifie. Et pour respecter les exigences de standardisation, ils peuvent même être amenés à adopter des pratiques contraires à l’éthique du soin et irrespectueuses envers les malades.

C’est alors qu’une souffrance éthique naît à l’intérieur des soignants qui ne respectent plus, ni la déontologie de leur métier, ni leur propre sens moral.

Une histoire clinique

Christophe Dejours expose le cas d’une patiente qu’il a suivi en tant que médecin psychiatre.

La patiente est psychologue dans un centre de soins psychiatriques. Elle est très impliquée dans son travail au quotidien et assure plusieurs activités différentes (suivis individuels, animation de groupes de parole, formation de stagiaires, etc.).

Récemment une nouvelle direction a été mise en place. Les nouveaux dirigeants s’opposent aux principes de psychothérapie qu’elle met en œuvre dans ses activités. Ses conditions de travail sont mises à mal. Elle cherche à lutter pour défendre son métier, notamment à travers un syndicat de soignants. Et face aux difficultés rencontrées, elle finit par être victime d’un grave problème cardiaque.

Les transformations de l’organisation du travail

Dans le cas exposé, comment l’organisation du travail a-t-elle pu être si brutalement transformée au point même de mener à des démissions en cascade dans le centre de soins où travaille la patiente ?

En se basant sur le récit de sa patiente, Christophe Dejours reconstitue les différentes étapes de cette transformation.

Tout d’abord un nouveau directeur administratif formé aux principes du New Public Management a été nommé. Il a exigé que tous les services et tous les soignants se plient à des comptes rendus systématiques visant à fournir une traçabilité de tous les actes effectués. Ainsi chacun devait, par exemple, compter le temps passé avec chaque patient, consigner les actes réalisés en détail, attribuer des échelles et des indicateurs, ce qui est contraire au principe du secret médical.

En plus de rendre compte de tous les actes effectués dans les moindres détails, les soignants étaient sommés de chercher à optimiser les soins en réduisant les temps passés et en supprimant certaines activités.

Pour contraindre tous les soignants à adopter ces pratiques, deux nouveaux directeurs médicaux sont nommés successivement. Ils se montrent très autoritaires et assujettis à la nouvelle direction administrative. Des directeurs et des soignants de différentes unités démissionnent. Ils sont remplacés par des plus jeunes qui doivent accepter les directives imposées dès leur arrivée. Les pratiques liées à la psychanalyse et à la psychothérapie institutionnelle sont interdites au profit de thérapies cognitivo-comportementales.

La demande initiale

Au cours des séances, il apparaît alors que la patiente a souffert, dans son enfance, de mauvaises relations avec ses parents : une mère abusive, perverse et autoritaire, et un père fuyant. Son frère a développé une maladie mentale.

D’après l’analyse réalisée par la patiente elle-même, ces relations pathologiques avec les membres de sa famille proche expliquent en partie pourquoi elle a développé un goût pour l’aide aux autres et notamment aux malades mentaux.

Plaisir

Pendant trente ans, elle a alors exercé le métier de psychothérapeute avec dévouement. Elle a éprouvé un réel plaisir au travail dans sa pratique professionnelle. Elle a obtenu de la reconnaissance et de l’admiration de ses pairs. Cet engagement au travail a été également motivé par un lien avec les idées politiques de son père et de son grand-père, soutiens de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi, en exerçant si bien son métier de psychologue, la patiente réalisait un « travail de soi sur soi » (p. 82). Un processus de sublimation était à l’œuvre. Il était permis à la fois par la patiente elle-même et par l’organisation du travail.

Résistance

Tous ces éléments expliquent alors pourquoi elle a résisté avec force aux changements imposés par les nouvelles formes de management mises en place sur son lieu de travail. Elle ne pouvait pas envisager de dévoyer ses principes éthiques et moraux. De plus, elle a perdu « les jugements d’utilité et de beauté » (p. 83) formulés par ses collègues à propos de son travail, puisque les réunions collectives étaient désormais interdites.

« […] il n’existe que deux sphères d’accomplissement de soi : l’accomplissement de soi dans le champ érotique, et cela passe par l’amour ; et l’accomplissement de soi dans le champ social, et cela passe par le travail et la reconnaissance du travail par l’autre. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 83)

Finalement, la patiente trouve une voie de sortie en démissionnant de son poste et en réinvestissant un travail « vivant » au travers du militantisme.

La solitude de la patiente

La patiente a également souligné un autre élément qui l’a fait souffrir : le fait que plusieurs collègues dont elle se sentait proche se soient ralliés du côté des nouvelles méthodes de management. Elle a le sentiment d’une trahison de l’œuvre commune qu’ils contribuaient tous à forger par leur engagement professionnel.

Les rapports au sein de l’équipe sont désormais marqués par la méfiance ; la coopération ne se fait plus. Le processus de sublimation – qui était aussi permis par la reconnaissance des autres et par la qualité des valeurs sociales – n’est plus possible. L’amour de soi, qui passait par ces éléments, s’effondre ouvrant ainsi la voie à une décompensation (ici un infarctus).

Christophe Dejours qualifie alors l’organisation du travail prônée par le New Public Management « d’antisublimatoire » (p. 86).

La trahison des autres

Comment se fait-il que certains semblent se ranger du côté des oppresseurs identifiés ici comme les nouveaux managers du centre de soins ?

Les oppresseurs pratiquent l’humiliation et le harcèlement. Ces pratiques instituent la peur et incitent certains à ne pas se rebeller quand bien même ils peuvent être en désaccord avec ces méthodes. De plus, le spectacle de ces pratiques peut même provoquer une forme de jouissance qui bloque toute forme de réflexivité sur ce qui est en train de se passer.

À ces techniques déstabilisatrices s’ajoute l’usage de formules toutes faites (sur l’état du monde par exemple) qui fonctionnent comme des justifications simples, des sortes de fatalités qui limitent le recours à une pensée personnelle.

Face à ces techniques, le psychisme d’un individu met en place des défenses pour tenter de limiter la souffrance éthique ressentie. C’est ainsi que « la folie de la norme » peut se développer. Sous couvert d’objectivité et d’efficacité, des normes sont instituées alors qu’elles conduisent à des pratiques contraires au sens éthique et déontologique.

« […] si nous [psychanalystes] souhaitons résister, cette résistance exigera de nous que nous élaborions ensemble des règles de métier capables de résister à la normalisation. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 93)

Chapitre 3 – Sublimation, clinique du travail et psychanalyse

La psychodynamique du travail a connu plusieurs phases de développement.

Dans l’entre-deux-guerres puis après la dernière guerre : elle était alors appelée « psychopathologie du travail ».

À partir des années 1980, on assiste à un renouveau. La discipline ne s’intéresse plus seulement aux maladies mentales liées au travail. Elle étudie les « ressources psychiques mobilisées par ceux qui parviennent à résister aux effets délétères des contraintes de travail et à demeurer dans la normalité » (p. 97).

Puis dans les années 1990, les chercheurs s’intéressent aussi « aux conditions spécifiques qui permettent d'accéder au plaisir au travail, voire à la construction de la santé mentale, grâce au travail » (p. 98). L’appellation « psychodynamique du travail » est alors retenue pour désigner ce champ de recherche riche et vaste qui croise plusieurs disciplines et questionnements.

Et depuis quelques années, les écoles de psychanalyse dans différents pays commencent à aborder la question du travail dans leurs discussions. Christophe Dejours soutient que c’est à partir d’une réflexion sur le processus de sublimation que la psychanalyse peut aborder les questions liées au travail.

Travail, activité et subjectivité

Le travail prescrit est défini par les définitions, les règlements, les modes d’emploi, les planifications. Lorsqu’un individu travaille, il est confronté à un ensemble d’éléments imprévus que le seul respect des procédures ne suffit pas à surmonter.

Pour accomplir, le travail demandé, il doit alors faire preuve de débrouillardise pour inventer des solutions. Il engage alors sa subjectivité, sa réflexion, son intelligence. Il est dans ce que l’auteur appelle « le travail vivant ».

C’est pourquoi le travail a un impact sur la santé mentale qui peut aussi bien être positif mais aussi très négatif.

Le travail vivant

Les imprévus rencontrés au travail sont de tout type de nature allant des dysfonctionnements d’ordre technique à des changements de directives ou d’engagements provenant d’autres personnes (hiérarchie, collègues, clients, etc.).

Face à cette « résistance du réel », le travailleur éprouve des affects qui peuvent être très variés :

« […] surprise, désagrément, agacement, irritation, déception, colère, sentiment d’impuissance, etc. Tous ces sentiments font partie intégrante du travail. Ils sont la matière première fondamentale de la connaissance du monde. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 102)

Quel que soit le type de métier exercé, un manque de sensibilité conduit à des maladresses ou des échecs. Par exemple, le travailleur va heurter un patient, ou bien le technicien ne va pas percevoir les signes annonciateurs de la panne.

L’échec et son acceptation font partie du travail. Ils permettent d’engager la réflexivité et l’ingéniosité nécessaires pour surmonter les difficultés.

L’intelligence du corps

Lorsque le travailleur est confronté à la résistance du réel, son corps – entendu à la fois comme cognitif et physique – « s’approprie » cette difficulté pour la déchiffrer et chercher une solution. Le philosophe Michel Henry parle de « corpspropriation du monde » (p. 103).

C’est dans la confrontation avec les difficultés du réel que le travailleur forme de nouvelles habiletés.

Lorsque le travailleur parvient à surmonter les difficultés et à trouver des solutions, à accomplir un travail bien fait, il ressent du plaisir. Ainsi, il se transforme aussi lui-même et transforme « la façon d’habiter son corps » (p. 105).

Christophe Dejours précise que ces considérations sur l’intelligence du corps s’adressent également à des métiers intellectuels. Tout être humain est habité par un corps qui ressent des affects lorsqu’il travaille ou échange le résultat de son travail en contact avec d’autres êtres humains.

Travail, coopération et activité déontique

Christophe Dejours distingue deux types d’organisation du travail collectif :

La coordination désigne l’organisation du travail prescrite ;

La coopération désigne l’organisation du travail effective.

En effet, la coopération implique, selon l’auteur, « un remaniement consensuel de l’organisation prescrite » (p. 106). À côté des règles prescrites par la coordination, les imprévus font naître des règles, nouvelles, ou bien issues des premières mais ajustées ou adaptées. Ces règles de coopération résultent de la recherche d’accords, de la confrontation des points de vue et des différentes manières de résoudre les problèmes pratiques qui surgissent.

Pour que le travail collectif se fasse, ces règles doivent revêtir un sens pratique et que le plus grand nombre les comprenne. Mais également, une confiance doit s'établir entre toutes les personnes qui travaillent ensemble. La convivialité doit être au rendez-vous pour assurer de bonnes relations entre les membres de l’équipe et un bon travail individuel et collectif.

Activité déontique, espace de discussion et identité

Pourquoi donc la plupart des travailleurs engagent de l’énergie pour résoudre les problèmes pratiques qui surgissent ? Pourquoi font-ils du zèle ?

Parce que, bien sûr, ils attendent une rétribution. Or cette rétribution n’est pas majoritairement matérielle ou financière. Toutes les études sur le sujet ont montré que les travailleurs attendent un retour symbolique sous la forme de reconnaissance.

Christophe Dejours distingue deux formes de jugement liées à la reconnaissance :

 Le jugement d’utilité – « porte sur l’utilité économique, sociale ou technique de la contribution fournie par un individu à l’organisation du travail » (p. 109). À travers le jugement d’utilité, l’individu accède à un statut, un salaire et des droits sociaux.

 Le jugement de beauté – « s’énonce toujours en termes esthétiques : c’est un beau travail […]. Il connote d’abord la conformité du travail accompli avec les règles de l’art, les règles du métier » (p.109). Cette reconnaissance par les pairs peut être énoncée sous la forme d’un jugement de conformité ou d’originalité.

Ces deux jugements – utilité et beauté – portent d’abord sur la qualité du travail réalisé. Par ce biais, ils ont également un impact sur l’identité du travailleur qui reçoit ces jugements.

Christophe Dejours précise ainsi qu’il y a deux niveaux dans la sublimation :

 La corpspropriation qui est un niveau intrasubjectif ;

 La reconnaissance accordée par les autres.

Une nouvelle méthode d’organisation du travail : l’évaluation individualisée des performances

L’évaluation individualisée des performances est une nouvelle méthode d’organisation mise en place dans les entreprises privées et le service public.

Cette méthode défend l’idée que les résultats du travail de chacun sont mesurables individuellement. Or le travail est aussi collectif et les résultats dépendent de la contribution de chacun et des engagements des uns et des autres. Les résultats de l’évaluation des performances sont donc souvent erronés et peuvent conduire à des sentiments d’injustice.

De plus, cette méthode a des effets délétères sur les relations qu’entretiennent les membres d’une équipe et donc sur la coopération et le vivre-ensemble. Elle fait émerger des sentiments négatifs comme la peur et la méfiance et entraîne une mise en compétition des salariés entre eux. La solidarité et l’entraide tendent à disparaître et l’isolement à s’étendre. Dans ce contexte, les effets du harcèlement – phénomène qui a toujours existé – se font encore plus ressentir.

L’ensemble de ces transformations conjointes détériorent le rapport subjectif au travail et la santé mentale.

La souffrance éthique

« C’est dans ce contexte troublé que certains travailleurs en viennent à accepter de mettre leur zèle au service d’objectifs que leur sens moral réprouve. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 114)

Christophe Dejours cite les techniques de mensonge et de manipulation qui sont le plus souvent, non seulement utilisées, mais même prescrites par le management pour atteindre les objectifs de chiffre d’affaires fixés par la direction. Ces duperies peuvent concerner tout à la fois des clients, des patients, des usagers de service public, des collègues, des subordonnés, etc.

Ces pratiques, contraires à l’éthique, entraînent alors un sentiment de malaise pour celui qui en est victime mais également pour celui qui en est l’instigateur. L’auteur parle de « souffrance éthique ». L’estime de soi et l’identité sont mises à mal.

L’auteur souligne que les suicides sur les lieux de travail sont apparus récemment en France, en 1995. Leur augmentation est indéniablement liée à celle de la souffrance éthique qui se trouve amplifiée chez les collaborateurs les plus impliqués dans leur travail.

Travail vivant et théorie sociale

Historiquement, le travail n’a jamais été que production. Le travail est aussi marqué par la culture et les valeurs sociales de ceux qui le produisent.

Travail et relations sociales

Le travail est ainsi fondamental pour garantir de bonnes relations de transmission et de coopération entre les hommes.

« […] Il n’y a pas de neutralité du travail vis-à-vis du vivre-ensemble. Ou bien le travail, via l’activité déontique, fonctionne comme un moyen puissant de créer, de transmettre des liens sociaux de coopération, ou bien il détruit ces liens sociaux et fait surgir ‘la désolation’. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 118)

À travers l’entente et la délibération, les êtres humains cherchent à s’organiser, à dépasser la violence et leurs pulsions pour s’orienter vers la production d’« œuvres communes » (p. 118) utiles à la société.

Les composantes de la sublimation dans le travail

Pour conclure ce troisième chapitre, Christophe Dejours rappelle les trois composantes de la sublimation dans le processus de travail. Il y a rapport à :

Soi, c'est la « corpspropriation » ;

L’autre, reconnaissance et renforcement de l’identité ;

La culture.

La sublimation, orientée par des méthodes et des buts éthiques, joue un rôle central pour la santé mentale. Elle permet de renforcer la sensibilité du corps et l’amour de soi.

Certains modes d’organisation du travail sont antisublimatoires. Ils empêchent le processus de sublimation de bien se faire. C’est le cas, par exemple, du taylorisme et de l’évaluation individualisée des performances. Ils entraînent une détérioration de la santé mentale des travailleurs.

Chapitre 4 – La psychanalyse est un métier

Les psychanalystes ne sont pas tous d’accord entre eux sur la manière de désigner leur activité professionnelle. Nombreux sont ceux qui réfutent les termes de « métier » et de « technique ».

Christophe Dejours cite Freud qui « utilise beaucoup le terme de technique » (p. 125) dans son texte « Remémoration, répétition, perlaboration ».

La méthode

Pour Freud, la méthode centrale de la psychanalyse exige, pour le patient, un travail d’association libre des idées, d’interrogation autour des actes manqués, des mots utilisés à la place d’autres (méprises), des objets égarés.

En retour, l’analyste doit faire preuve d’une attention « en suspens » (p. 128).

Pour encourager cette méthode, Freud a défini un ensemble d’indications :

Le patient s’allonge sur le divan ;

L’analyste s’allonge sur un fauteuil situé derrière le divan ;

Les séances doivent être régulières ;

Le psychanalyste intervient avec parcimonie pour aider le patient à réfléchir « aux obstacles qui s’opposent à la libre association et analyser la résistance » (p. 129).

Le corps

Le corps d’un être humain est marqué socialement. La culture et la classe sociale ne se transmettent pas seulement verbalement mais elles s’impriment aussi dans les corps. Christophe Dejours cite le célèbre article de l’anthropologue Marcel Mauss, publié en 1934, et intitulé « Les techniques du corps ».

La séance de psychanalyse met en présence deux corps : celui du patient et celui de l’analyste. Le dispositif divan-fauteuil vise à atténuer les effets de la co-présence des deux corps sur le cheminement du patient.

« […] la position allongée sans possibilité de voir l’analyste favoriserait la régression et la libre association chez le patient ; la position assise à l’abri du regard du patient favoriserait l’attention en égal suspens chez l’analyste. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 131)

Cependant les effets de la co-présence des deux corps et des réactions physiques de chacun ne s’effacent jamais totalement. Ce qui amène l’auteur à s’interroger sur la pertinence des médiations à distance (téléphone, vidéos) auxquelles certains analystes ont recours.

La règle

Christophe Dejours énonce ici certaines « règles » contenues dans l’article de Freud de 1912 : « Conseils au médecin dans le traitement psychanalytique ».

Parmi celles-ci, il convient de rester comme « en surface » de ce que dit le patient, et ainsi de se concentrer pour l’aider à analyser les nœuds et les résistances qui émergent de sa parole.

Une autre règle consiste à « protéger le malade du préjudice qu’il encourrait en exécutant ses impulsions » (p. 133).

L’analyste doit également laisser le patient se confronter à ses propres résistances et ses propres nœuds sans chercher à avancer des interprétations ou des conseils trop rapides.

Règle de métier

Christophe Dejours parle ici de son expérience en tant que psychanalyste. Comment faut-il considérer les règles énoncées par Freud ?

Tout d’abord, il rappelle qu’aucune règle, même dans l’armée, ne s'applique jamais strictement. Tout simplement parce qu’elle se heurte aux difficultés et aux imprévus du réel et qu’il faut donc composer pour parvenir à réaliser la tâche à accomplir.

Le psychanalyste, quant à lui, va être amené à modifier sa compréhension des règles au fur et à mesure de l’évolution de son expérience professionnelle. Certaines règles sont aussi destinées à être contestées et à évoluer notamment en fonction du contexte historique.

« Toute règle fonctionne comme un repère, une référence, et respecter une règle cela consiste à emprunter un chemin qui festonne autour de la règle. » (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 135)

Transmission de la technique analytique

La transmission de la technique analytique se fait par la supervision d’un analyste confirmé sur la pratique d’un analyste en formation. L’analyste en formation commence par s’approprier les règles puis il les traduit et les retraduit en fonction de sa pratique face aux patients.

Christophe Dejours considère que l’analyste en formation doit être libre de pouvoir s’approprier et de mettre en œuvre la technique de façon personnalisée. Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de règle ou que toute règle est valable.

Chaque analyste doit ainsi :

Pouvoir « expliciter l’usage qu’il fait de la technique » ;

« Justifier les écarts qu’il est amené à faire dans telle ou telle circonstance par rapport à la technique » (p. 137).

Les psychanalystes et étudiants doivent se réunir régulièrement pour discuter des techniques et de leurs évolutions.

Le « principe »

Christophe Dejours met ici en avant le « principe de refusement » qui est central chez Freud.

Le « refusement » consiste pour le psychanalyste à refuser au patient (p. 139) :

De lui apporter de l’aide ou de l’amour face à sa souffrance ou à sa demande ;

De lui donner des conseils ou des solutions sur ses choix ou décisions à prendre.

Tant que l’analyste perçoit que le patient a la capacité de cheminer pour formuler ses propres réponses, il doit le laisser faire.

Dejours rappelle que le refusement est un principe difficile à tenir face à la souffrance du patient qui court aussi le risque, pendant la phase de cheminement, de décompenser ou de somatiser.

Conclusion. Menaces sur la culture

Christophe Dejours a voulu, dans cet ouvrage, étudier les conditions matérielles et sociales qui rendent possible la sublimation et son rôle dans les actes quotidiens de travail. Il a mis en valeur l’intelligence du corps qui se révèle dans la confrontation à la résistance du réel.

Ces questionnements viennent de la psychodynamique du travail. Cette discipline s’est intéressée aux « travailleurs d’en bas ». Les chercheurs ont alors découvert que la sublimation se révèle même dans les plus petits actes de travail.

La Kulturarbeit de Freud

Christophe Dejours regrette que la psychanalyse ne s’intéresse pas davantage à la question du travail. En réalité, toutes les disciplines des sciences humaines ont tendance à dévaloriser les questions liées au travail et n’abordent pas le « travail vivant ».

Freud cependant a développé un concept intéressant. Kulturarbeit est difficile à traduire en français : travail culturel, travail de culture, travail de la culture. Dejours expose les commentaires de plusieurs auteurs autour de ce concept. Mais force est de constater que le concept de « travail » ou « travailler » reste absent des réflexions entourant le Kulturarbeit. Pourtant c’est à travers le « travail vivant » nous dit Dejours que la sublimation et la production sont possibles.

L'importance du dialogue et de la saine coopération

Finalement, Christophe Dejours rappelle l’importance du dialogue entre différents partenaires impliqués dans les questions relatives au droit du travail (législateur, magistrat, public, recherche scientifique, etc.).

Pour garantir la bonne santé psychique du plus grand nombre, il est essentiel de maintenir ou d’inventer des modes d’organisation du travail qui permettent au travail vivant et à la coopération de se faire dans des bonnes conditions.

« Lorsque ces liens [de coopération] sont tissés, ils donnent accès à ce plaisir très particulier de sentir qu’on participe à une œuvre commune et, au-delà, à la transcendance de l’ordre individuel au profit de la culture et de la civilisation. Dans ce plaisir une place importante revient au pouvoir des liens de coopération de révéler, en chacun et en tous, ce qu’il y a de meilleur dans l’être humain ». (Ce qu’il y a de meilleur en nous, p. 169)

Conclusion sur « Ce qu’il y a de meilleur en nous. Travailler et honorer la vie » de Christophe Dejours :

Un livre qui propose une réflexion puissante sur la notion de plaisir au travail :

L’auteur, Christophe Dejours, est psychiatre, psychanalyste et psychologue. Ses centres d’intérêt, son expérience professionnelle et ses recherches l’ont amené à accorder, depuis de nombreuses années, une place centrale au travail.

Il propose dans cet ouvrage une réflexion autour du processus de sublimation qui serait à la source des sensations que l’on ressent en travaillant.

Ce livre nous permet de mieux comprendre ce qui, dans le travail, peut être à l’origine de souffrance ou de plaisir. Enfin, il nous invite également à réfléchir aux conditions matérielles et sociales qui contribuent à ces processus.

Ce qu’il faut retenir de « Ce qu’il y a de meilleur en nous. Travailler et honorer la vie » de Christophe Dejours :

La sublimation est un processus à travers lequel l’être humain dirige des pulsions vitales et sexuelles vers des activités orientées vers d’autres buts, comme le travail. Ce processus devient possible puisque l’être humain est bien sûr un être vivant qui mobilise tout son corps – et donc ses affects et ses émotions – dans l’acte de travail.

Les difficultés et les imprévus rencontrés lorsqu’on travaille font émerger l’intelligence du corps qui doit composer pour trouver des solutions. La satisfaction ressentie face au travail accompli et la reconnaissance obtenue par les pairs participe à forger une bonne estime de soi.

Ainsi, la psychodynamique du travail, dont Christophe Dejours est un fondateur, s’est intéressée de près à ces phénomènes qui peuvent se produire dans les plus petits actes de travail ordinaire.

En effet, garantir une bonne coopération et des possibilités de délibération autour des normes qui régissent les actes de travail est un enjeu central de nos sociétés modernes. Ces processus sont alors essentiels pour assurer la bonne santé mentale des travailleurs et la réussite du travail lui-même. Dejours soutient d'ailleurs qu’un renforcement d’un dialogue avec la psychanalyse peut enrichir ces réflexions.

Points forts :

Une réflexion passionnante autour du lien entre sublimation et travail vivant ;

Des références scientifiques solides ;

Des exemples tirés à la fois de la pratique professionnelle de l’auteur et de sujets d’actualité.

Point faible :

Des termes scientifiques et techniques parfois un peu compliqués mais qui participent à la richesse de la réflexion de l’auteur.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 17 Apr 2023 05:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12342/Ce-quil-y-a-de-meilleur-en-nous