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Résumé de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle : une psychologue reconnue se demande si nous vivons dans un monde avec "de plus en plus de technologies" et de "moins en moins de relations humaines" et elle en vient à la conclusion qu'il faudrait peut-être repenser notre façon d'être ensemble en société — un livre événement par l'une des spécialistes de sciences humaines les plus en vue du moment.

Sherry Turkle, 2015, 523 pages.

Titre original : Alone together (2011).

Chronique et résumé de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle

Préface — Trois tournants

Sherry Turkle a une longue expérience en tant que psychologue et anthropologue. Étudiante à Paris, elle est ensuite partie faire carrière au célèbre Massachussetts Institute of Technology (MIT) pour y étudier "les cultures informatiques". Plus précisément, elle s'intéresse aux rapports intimes que nous entretenons avec le monde numérique.

Au cours des 40 dernières années, elle a écrit trois livres importants :

The Second Self (1984) ;

Life on the Screen (1995) ;

Alone together (2011) (traduit par Seuls ensemble) ;

Reclaiming Conversation (2015) (traduit par Les yeux dans les yeux).

Introduction — Seuls ensemble

« La technologie se présente comme l'architecte de nos intimités. » (Seuls ensemble, Introduction)

Toute la technologie dite "numérique" — depuis l'utopie virtuelle de Second Life aux hamsters de compagnie Zhu Zhu — nous est présentée comme une série d'améliorations artificielles de la réalité. Mais ces "améliorations" sont-elles réelles ? Et sont-elles sans risque ?

Pour l'auteure, il y a un inconvénient majeur à cette promesse de l'hyperconnexion numérique, à savoir la possibilité de la perte des relations humaines directes. Elle le montre bien en citant l'histoire d'une jeune fille qui envoie des textos à son amie alors qu'elles sont dans la même maison !

Sur la base de ce constat, Sherry Turkle propose de demander :

« comment en sommes-nous arrivés là — et sommes-nous contents d'y être ? » (Seuls ensemble, Introduction)

Sherry Turkle utilise plusieurs anecdotes et arguments pour présenter son propos.

Par exemple, alors qu'elle emmène sa fille au New York Museum of Natural History, celle-ci lui dit que le musée aurait dû utiliser des robots à la place des tortues Galápagos, au lieu d'emprisonner des créatures vivantes. Selon l'autrice, beaucoup d'autres enfants réagissent de la même façon, et cela l'inquiète.

Elle critique également le livre d'un expert en intelligence artificielle, David Levy, qui promeut les relations romantiques avec les robots. Elle craint qu'une interaction avec un objet inanimé "comme s'il" était vivant puisse, d'une manière ou d'une autre, nous faire "perdre" une dimension essentielle de notre humanité.

La technologie moderne promet de nous rapprocher. Ce qui est sûr, c'est qu'elle s'appuie sur nos "vulnérabilités humaines" — à savoir, en premier lieu, le besoin d'intimité avec autrui et de connexion sociale. Mais nous aide-t-elle vraiment à combler ce besoin, ou nous fait-elle courir de nouveaux risques ? Telle est toute la question de cet ouvrage.

Première partie — Le moment robotique : nouvelles solitudes, nouvelles intimités

Chapitre 1 — Nos plus proches voisins

Quelles sont nos relations aux robots domestiques qui peuplent déjà nos quotidiens ? L'auteure a mené de nombreuses études pour tenter de répondre à cette interrogation.

Tout d'abord, en tant qu'étudiante du MIT dans les années 1970, elle a fait l'expérience d'ELIZA, un programme informatique de base qui avait pour propriété essentielle de mimer un dialogue avec un psychothérapeute.

En réalité, ELIZA se contentait souvent de reformuler (éventuellement sous forme de questions) ou de paraphraser les propos de l'utilisateur. Mais la plupart des personnes l'ayant utilisé étaient prises au jeu et lui révélaient leurs secrets.

Pour Sherry Turkle, les participants ne pensent en rien qu'ils parlent à une véritable intelligence, mais ils "jouent le jeu", en quelque sorte. Autrement dit, ils sont complices du programme et utilisent les capacités du programme pour provoquer ce qu'ils attendent, à savoir des réponses réalistes d'ELIZA.

Il en va sensiblement de même pour les enfants avec les Furbies, ces peluches animées qui peuvent interagir avec leurs propriétaires. À travers les interviews qu'elle a menées durant de longues années, Sherry Turkle découvre que les petits considèrent les Furbies comme vivants, tout en sachant qu'ils ne sont pas "biologiquement vivants".

En fait, les enfants n'ont pas peur de brouiller les catégories : ils voient leur Furby à la fois comme une machine et comme un être vivant. Wilson, un petit garçon interrogé par l'auteure, affirme qu'il peut "toujours entendre la machine à l'intérieur".

D'un autre côté, dans ses études sur l'usage des Tamagotchis par les enfants, Sherry Turkle a remarqué que certains d'entre eux pleurent la mort de leurs petits animaux de compagnie électroniques. Elle donne ainsi l'exemple d'une petite fille qui refuse d'appuyer sur reset après la "mort" de son Tamagotchi.

Selon l'auteure, la pensée de ces enfants est directement liée à leurs interactions — c'est une pensée pragmatique, orientée vers l'action. Ils se prennent au jeu, comme si les Tamagotchis étaient en vie, et se demandent : que veut-il ? Quelles sont les expériences significatives que j'ai eues avec lui ?

Chapitre 2 — Assez vivants

Sherry Turkle amène avec elle huit Furbies dans une école primaire au printemps 1999. Directement, les enfants essaient de se connecter avec les jouets en leur parlant. Ils remarquent que les Furbies ont beaucoup en commun avec eux :

Ils ont des besoins ;

Ils sont distincts les uns des autres ;

Enfin, ils ont besoin d'être nourris.

Étrangement, certains enfants utilisent le vocabulaire des êtres vivants pour parler des machines, et parfois s'appliquent à eux-mêmes le vocabulaire des machines pour parler d'eux-mêmes. Un flou se crée. Pour l'auteure :

« [Les Furbies] promettent la réciprocité parce que, contrairement aux poupées traditionnelles, elles ne sont pas passives. Ils font des exigences. Ils se présentent comme ayant leurs propres besoins et leur vie intérieure. » (Seuls ensemble, Chapitre 2)

Autre expérience : le « test à l'envers ». Ici, des adultes tiennent trois "choses" à l'envers :

Une Barbie ;

Une gerbille (sorte de hamster) ;

Et enfin un Furby.

Apparemment, les gens sont plus réticents à laisser le Furby à l'envers trop longtemps. Pourquoi ? Car celui-ci, contrairement aux deux autres, est capable de dire "J'ai peur" (langage programmé dans la machine). Ils savent que c'est un robot, et pourtant c'est plus fort qu'eux, ces paroles les touchent.

Sherry Turkle raconte encore les opinions de deux garçons sur les robots, à vingt-cinq ans d'intervalle.

En 1983, l'auteure parle à Bruce, un garçon qui pense que, bien qu'un robot puisse faire moins d'erreurs, les défauts des humains sont ce qui les rend spéciaux.

En 2008, elle s'entretient avec Howard, qui voit quant à lui l'infaillibilité d'un robot comme un avantage. Il pense qu'un robot est susceptible de donner de meilleurs conseils qu'un humain, car il a accumulé davantage de connaissances.

Dans le cas de Bruce, c'est l'humanité et sa singularité qui sont mises en avant. La réponse de Howard, quant à elle, est typique de l'optimisme qui caractérise les constructeurs de technologies numériques et de robots. Mais celle-ci, pour Sherry Turkle, comporte le risque de se satisfaire des relations robotiques.

En d'autres termes, l'auteure craint que nos interactions répétées avec des robots sociables ne mènent à une réduction de ce que nous considérons comme "la vie", et tout particulièrement la vie humaine, avec les liens sociaux complexes qui la caractérisent.

Chapitre 3 — De vrais compagnons

C'est ce qu'elle cherche à exemplifier à partir d'un autre cas : la relation entre les robots AIBO — les chiens robots — et leurs propriétaires. Est-ce un véritable animal de compagnie ? Et plus important : est-ce que le fait de faire "comme si" il s'agissait d'un vrai chien peut amener ces personnes à se suffire de ce type de relation, somme toute limitée ?

Que leur manquent-ils ? Pour Sherry Turkle, la réponse est claire : l'altérité, à savoir la capacité de voir le monde à travers les yeux d'un autre.

Pour l'auteure, comme le robot n'est pas vivant, il devient simplement une prothèse ou une extension de la personne qui le possède. Lorsque nous interagissons avec des êtres humains, nous avons l'habitude de considérer l'altérité. Ne pas le faire est même le signe certain d'un problème psychologique (personnalité narcissique, manipulatrice, etc.).

Dans leurs relations avec AIBO, les enfants sont à nouveau pragmatiques. Ils le considèrent "comme si" il était un animal de compagnie normal et agissent en fonction. Toutefois, une jeune fille interviewée par l'auteure dit que l'AIBO est plus facile que les animaux de compagnie à certains égards parce qu'elle peut l'éteindre, à la différence d'un "vrai" animal vivant.

Sherry Turkle appelle cela un « attachement sans responsabilité ». Selon elle, s'habituer à ce type d'interaction peut être risqué dès lors qu'il influence nos rapports avec les autres personnes.

Bien sûr, il y a des nuances à faire. Les personnes n'interagissent pas de la même manière avec ces robots et ces interactions ne disent pas la même chose de notre façon d'agir avec les autres. À la fin du chapitre, l'auteure présente plusieurs exemples qui permettent de nuancer le propos.

Chapitre 4 — Enchantement

My Real Baby est une poupée robotique sortie en 2000. C'est un robot sociable légèrement plus avancé que le Furby. Il mûrit et devient plus indépendant. Sa "personnalité" est peu à peu façonnée par la façon dont il est traité par son propriétaire.

Sherry Turkle étudie les interactions entre My Real Baby et les enfants âgés de 5 à 14 ans. Elle remarque tout d'abord qu'ils voient les robots sous un jour positif, à la manière dont ils sont présentés dans les blockbusters hollywoodiens (R2D2 dans Star Wars ou Wall-e, par exemple).

L'auteure s'intéresse à la question de savoir si les enfants pensent que les robots pourraient, à l'avenir, prendre soin d'eux ou de leurs proches (enfants ou personnes âgées). Elle récolte des réponses — et des questions — intéressantes.

Certains se demandent concrètement si les robots ont de l'empathie pour eux. Selon Sherry Turkle, c'est une idée particulièrement courante chez ceux qui ont des parents absents. Un enfant nommé Kevin, âgé de 12 ans et particulièrement précoce, demande à l'auteure :

« Si les robots ne ressentent pas de douleur, comment pourraient-ils vous réconforter ? »

Mais d'autre part, Sherry Turkle remarque aussi que le comportement pragmatiste de bon nombre d'entre eux ne change pas : ils se satisfont de l'action simulée du robot et s'inquiètent seulement du fait qu'il pourrait tomber en panne.

Lorsqu'elle les interroge sur l'utilisation des robots pour aider leurs grands-parents, certains enfants affirment qu'ils pourraient être utilisés pour intervenir en cas de problème (chute, mort, etc.) ou de les aider à se sentir moins seuls. Mais certains enfants craignent aussi que leurs grands-parents en viennent à aimer le robot plus qu'eux !

Sherry Turkle termine ce chapitre par deux autres illustrations intéressantes.

Elle donne d'abord l'exemple de Callie, une jeune fille de 10 ans qui a une relation forte avec son jouet My Real Baby. Comme son père est souvent absent, la présence du robot la réconforte et lui fait "se sentir plus aimée". Investie d'un sentiment de responsabilité, elle se considère même comme la mère du bébé.

Tucker, un enfant de sept ans, est atteint d'une maladie grave. Il utilise AIBO pour exprimer ses sentiments sur la mort, sur son corps et sa propre peur de mourir. Il compare AIBO à son chien, mais considère que l'AIBO "fait mieux". Selon Sherry Turkle, il identifie le robot à « un être qui peut résister à la mort par la technologie ».

Chapitre 5 — Complicités

Sherry Turkle fait la découverte du robot Cog pour la première fois en 1994, au MIT. Cog est un robot assez évolué qui apprend de son environnement et cherche à créer du lien social.

Lors de nouvelles expériences avec des enfants, Sherry Turkle présente deux robots — Cog et Kismet (un autre robot "sociable") — à un groupe d'enfants. Ceux-ci, naturellement curieux, interagissent avec les robots et cherchent à faire connaissance.

Ils essaient de plaire aux robots et se font les complices de l'effort des concepteurs pour rendre les robots plus humains qu'ils ne le sont vraiment. Ils parlent et ils dansent avec eux ; bref, ils cherchent à attirer leur attention et à créer du lien social.

Même lorsque les concepteurs expliquent à certains enfants le mécanisme qui se cache derrière ces robots, ou bien lorsque ceux-ci tombent en panne, les élèves interrogés continuent de trouver des justifications et des explications pour conserver cet aspect "vivant".

Pour aller plus loin, Sherry Turkle raconte notamment l'histoire d'une petite fille de 11 ans qui, en raison de ses origines indiennes, a quelques difficultés à s'intégrer dans le groupe.

Elle n'aime pas la façon dont les filles qu'elle fréquente font semblant d'être ses amies, puis se moquent de son accent. Par contraste, elle aime la "fiabilité" de Cog. Selon Sherry Turkle, la petite fille s'assure ainsi d'être aimée, sans risquer le rejet d'autrui.

Une autre petite fille, à l'inverse, considère que c'est de sa faute si le robot ne parle pas suffisamment. Elle se demande pourquoi il n'est pas très bavard et s'en impute la responsabilité. Ici, c'est un sentiment d'échec qui est fabriqué par la relation avec la machine.

L'auteure donne de nombreux autres exemples très parlants. À chaque fois, elle pose la question du sens de créer des robots sociables. Quelles sont les implications éthiques de ce type de technologie et sommes-nous capables de les assumer ?

"Voulons-nous vraiment être dans le business de la fabrication d'amis qui ne pourront jamais être des amis ?" (Seuls ensemble, Chapitre 5)

L'amitié avec les robots ne pourra jamais être réciproque. Ce sera toujours une projection de nos propres sentiments sur un être finalement indifférent. Autrement dit, l'amitié véritable nécessite l'altérité.

Chapitre 6 — L'amour au chômage

Connaissez-vous Paro ? C'est un robot thérapeutique introduit dans certaines cliniques à partir du printemps 2009. Sa cible : les personnes âgées et, avant tout, les résidents des maisons de retraite. C'est l'occasion, pour Sherry Turkle, de revenir sur ses réflexions et ses observations auprès de ce groupe d'individus.

Sherry Turkle raconte d'abord les expériences qu'elle a menées avec My Real Baby. Elle explique que le robot est bien accepté, même si, de façon générale, elle remarque que les personnes âgées cherchent surtout à interagir avec les personnes humaines réelles qui organisent l'étude ou prodiguent les soins.

L'auteure raconte ensuite son incursion auprès des chercheurs en robotique. En 2005, elle assiste à un symposium intitulé « Caring Machines [machines de soin] : l'intelligence artificielle dans les soins aux personnes âgées ». Elle questionne notamment les participants au sujet du titre du symposium lui-même : veut-on vraiment que les machines prennent soin de nos ainés ?

Selon elle, prendre soin est ce qu'elle nomme "le travail de l'amour". Il s'agit avant tout d'une activité fondamentalement humaine.

Plus tard, toutefois, elle parle avec Tim, un homme d'âge moyen qui affirme que le robot Paro améliore la vie de sa mère. Celle-ci, selon lui, semble plus vivante grâce à la compagnie du robot. Mais est-elle pour autant moins seule qu'auparavant ? Telle est l'inquiétude de l'auteure.

Voici quelques autres exemples donnés par Sherry Turkle :

Une personne âgée nommée Andy devient très attachée à un My Real Baby et en vient à lui parler comme à son ex-femme.

Johnathan, un autre résident, ancien ingénieur, est plus terre-à-terre. Il démonte My Real Baby et trouve une puce informatique dont il ignore la composition.

Une femme âgée nommée Edna préfère le jouet à sa véritable arrière-petite-fille de 2 ans parce qu'elle peut jouer avec elle sans aucun risque. Le robot la détend.

Les robots comme Paro ou encore Nursebot (un autre robot de ce genre) commencent à intégrer les maisons de repos. Ils peuvent aider dans certaines tâches, comme la prise de médicaments. Mais nous devons faire attention aux conséquences inattendues de ces technologies sur les liens sociaux et, en particulier, sur la façon dont nous prodiguons l'amour et les soins.

Chapitre 7 — Communion

Sherry Turkle relate une série d''études visant à tester les compétences du robot Kismet dans la conversation entre adultes. Rich, jeune homme de vingt-six ans, participe à cette expérience.

Il commence par activer ce que l'auteure a appelé dès le premier chapitre "l'effet ELIZA". C'est-à-dire qu'il cherche activement à faciliter la relation avec le robot afin de créer l'illusion de son caractère "vivant". Peu à peu, un rapport se crée et Rich se prend au jeu — au point d'oublier que le lien est factice !

Avec Domo, une version améliorée de Kismet pensée pour l'aide ménagère, les effets sont semblables. Selon son concepteur, peu importe de savoir que le robot n'as pas de sentiments ; ce qui compte, c'est ce que nous ressentons lorsqu'un robot, par exemple, nous tient la main.

Mais Sherry Turkle n'est pas d'accord avec ce point de vue. Elle considère que, derrière ce "fantasme de communion", se cache en réalité "l'indifférence ultime" du robot. Et que cette indifférence n'est pas sans conséquences.

Selon le psychologue Clifford Nass, les personnes tendent à éviter les conflits ou à blesser les "sentiments" de l'ordinateur, même s'ils savent, au fond d'eux, que l'ordinateur n'en a pas. C'est toute la thématique de l'"informatique affective", une discipline inventée par Rosalind Picart dont parle l'auteure à la fin de ce chapitre.

Deuxième partie — En réseau : dans l'intimité, de nouvelles solitudes

Chapitre 8 — Toujours connectés

Sherry Turkle se souvient d'un groupe de personnes surnommées « les cyborgs » au MIT, dans les années 90. "Errant dans et hors du réel physique", ils étaient les premiers passionnés des jeux en ligne.

Leur attachement à l'espace virtuel semblait bizarre et marginal dans ces années-là. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? L'auteure souligne que beaucoup d'entre nous vivent comme cela désormais, que ce soit par le biais des réseaux sociaux ou des jeux en ligne comme Second Life.

Pour Sherry Turkle, notre vrai moi, notre moi physique, se confond peu à peu avec notre moi virtuel. Ou, à tout le moins, l'un et l'autre se transforment mutuellement. La psychologue-anthropologue prend plusieurs exemples tirés de ses recherches plus récentes.

En voici un. Pete est un homme d'âge moyen qui vit un mariage malheureux. Mais il a une femme virtuelle dans Second Life. Selon lui, cette relation en ligne aide effectivement son mariage dans la vie réelle à perdurer.

Pourquoi ? Car elle lui donne un exutoire. Dans le jeu, il peut aborder des sujets que sa femme refuse d'entendre. Les moments où il se sent le plus "lui-même", c'est dans le jeu, dit-il encore.

Sherry Turkle s'intéresse aussi au multitâche et à ses implications. Elle rappelle des études ayant montré les effets plutôt négatifs, en terme d'efficacité d'apprentissage, notamment, de ce mode de travail.

Par ailleurs, l'auteure remarque que la patience des gens diminue à mesure que les technologies de communication nous offrent des services toujours plus rapides. Les nuances se perdent aussi. Dans un monde où les réponses instantanées deviennent la norme, il faut faire court et direct.

Sherry Turkle voit ainsi une « symétrie effrayante » émerger : à mesure que les robots sont promus au rang d'être (quasi-) vivants, les personnes qui communiquent en ligne sont rétrogradées au stade de « machines maximisantes », sommées d'être toujours plus efficaces.

Finalement, Sherry Turkle observe un lien fort entre la robotique et les réseaux sociaux. Nous sommes profondément séduits par les deux technologies.

Les robots sociaux attirent les utilisateurs avec leurs besoins artificiels et créent une réponse positive chez les utilisateurs, qui se mettent à "jouer le jeu".

Les réseaux sociaux exigent de nous un engagement de plus en plus intense. Nous nous sentons obligés, ici aussi, d'entrer dans le jeu et de répondre le plus rapidement possible aux notifications et aux messages qui nous sont envoyés.

Chapitre 9 — Grandir constamment reliés

Depuis l'apparition des smartphones, de nombreux adolescents (et adultes) sont "scotchés" à leurs écrans. Quitte, parfois, à les utiliser lorsqu'ils conduisent ou quand ils savent que cela est dangereux.

La génération native d'Internet pense que la connexion via les réseaux sociaux est quelque chose d'acquis, de déjà-là et de premier. Mais, selon l'auteure, cette attitude peut nuire à l'auto-réflexion, qui passe par l'intimité et la solitude.

Par ailleurs, le médium lui-même, à savoir la forme des messages que nous envoyons, encadre la façon dont nous pensons et réagissons. L'auteure craint que le caractère rapide, court et direct des messages déposés sur les réseaux sociaux empêche les adolescents d'exprimer et de ressentir complètement leurs sentiments.

Aujourd'hui, une étudiante qui envoie des messages 15 fois par jour n'est pas considérée comme "anormale". Mais pensez-y. Était-ce ainsi il y a dix ans ? Pas du tout. À cette époque, vous auriez sans doute trouvé cela "bizarre". Les codes sociaux et culturels changent.

Sherry Turkle utilise de nombreux entretiens qu'elle a elle-même réalisés afin de montrer comment les jeunes se "créent des identités" en ligne et comment celles-ci peuvent causer des troubles intérieurs ou participer à réparer (partiellement ou artificiellement) des blessures dans la vie réelle.

Trish, par exemple, est une jeune fille de 13 ans qui est maltraitée physiquement. Dans les Sims Online, elle se crée une famille respectueuse et aimante.

Katherine, 16 ans, expérimente diverses personnalités dans ce même jeu.

Mona et un autre lycéen s'inquiètent de la relation de conséquence entre la création de leur profil sur Facebook et les opportunités qu'ils peuvent avoir dans la vie réelle. Leur profil virtuel peut avoir des conséquences importantes sur leur bien-être et leur avenir.

Sherry Turkle montre qu'un certain nombre d'étudiants sont fatigués de cet "audit" constant et de cette simplification de soi-même qu'implique l'univers des réseaux sociaux.

En résumé :

« Les réseaux sociaux nous demandent de nous représenter sur un mode très simplifié. Et devant notre public, nous nous sentons ensuite tenus de nous conformer à ces représentations simplificatrices. » (Seuls ensemble, Chapitre 9)

Chapitre 10 — Plus la peine de passer un coup de fil

Dans ce chapitre, Sherry Turkle continue son investigation sur les réseaux sociaux et la communication en ligne de façon plus générale.

Elle donne l'exemple d'Elaine, 17 ans, qui préfère envoyer des textos plutôt qu'appeler. Pourquoi ? Car cela lui donne le temps de construire ses pensées sans pression et souvent pendant qu'elle est seule. Ici, le message écrit peut aider la réflexion.

Audrey, 16 ans, est quant à elle timide. Elle préfère envoyer des textos, plutôt que de parler. Mais c'est surtout parce qu'elle n'aime pas mettre fin aux appels. Ses parents sont divorcés et ses frères sont souvent occupés ; dès lors, elle ressent chaque fin d'appel comme un rejet. Avec les textos, c'est plus simple, dit-elle.

Cela dit, elle avoue que, lorsqu'elle a déménagé, elle aurait aimé dire au revoir à l'un de ses amis par téléphone ou en personne, plutôt que par message écrit.

D'ailleurs, les adolescents ne sont pas les seuls à préférer les textos. L'auteure cite une femme adulte qui cherche à convertir son mari à ce mode de communication. Lui qui préfère téléphoner se voit contraint d'écrire afin d'être "plus efficace".

Sherry Turkle utilise de nombreux autres exemples en relation aux textos. À chaque fois, elle montre bien l'ambiguïté de ce médium. En effet, celui-ci peut aider à l'expression. Mais il contraint également énormément les échanges.

Et — comme nous avons toujours le mobile à côté de nous — il ne permet plus que rarement les moments de solitude et de remise en question.

Chapitre 11 — Réduction et trahison

Sherry Turkle se prête ici au jeu et crée un personnage de Second Life nommé Rachel. Elle affirme que "quand nous jouons à recréer notre vie via un avatar, nous exprimons nos espoirs, nos forces et nos fragilités".

À nouveau, l'auteure n'est pas contre la technologie. Elle reconnaît même qu'un tel « jeu » peut avoir des effets thérapeutiques ou éducatifs sur la vie réelle d'une personne.

Les psychologues distinguent deux processus mentaux que Sherry Turkle propose d'utiliser pour penser les formes de vie en ligne :

Le « retour du refoulé » ;

Le « travail sur les problèmes ».

Le « retour du refoulé » désigne ici le fait de rester bloqué au sein des mêmes conflits intérieurs, sans pouvoir avancer et trouver une solution. Votre présence en ligne ne vous aide pas à grandir, mais plutôt à vous cacher.

Par contraste, en « travaillant sur les problèmes », vous utilisez l'univers virtuel pour explorer de nouveaux comportement et mettre un terme à vos soucis.

Par exemple, Joel, un programmeur informatique à succès, utilise Second Life pour « explorer son potentiel d'artiste et de leader ». Son avatar est un éléphant miniature nommé Rashi qui organise et construit de grands projets artistiques et bâtiments dans le jeu et qui est respecté pour cela.

La vie en ligne de Joel "rejaillit" de façon positive sur sa vie hors ligne.

En revanche, Adam a plutôt tendance à s'enfermer dans le virtuel et à "laisser tomber" sa vie réelle. Il est insatisfait de sa vie hors ligne et en particulier de son travail. Mais il aime sa vie virtuelle dans Quake, un jeu de tir à la première personne auquel il joue seul ou avec des amis. Il aime aussi Civilization, un jeu dans lequel il peut construire des univers entiers.

« Tel est le secret de la simulation : elle offre l'exaltation de la créativité sans la pression, l'excitation de l'exploration sans le risque. » (Seuls ensemble, Chapitre 11)

Cette caractéristique peut être mise à profit pour évoluer dans la vie, ou simplement nous divertir. Mais elle peut aussi susciter des phénomènes d'addiction et la perte des repères avec le monde réel.

Chapitre 12 — De vraies confessions

Sur un site appelé PostSecret, les gens envoient des cartes postales manuscrites confessant quelque chose, et ces confessions de cartes postales sont ensuite mises en ligne. Il existe plusieurs sites de ce genre où l'idée est, à chaque fois, de faire part aux autres internautes de ses questionnements les plus intimes.

Sherry Turkle remarque qu'il est plus facile de se confesser de cette façon. En effet, nous pouvons rester plus évasifs et nous nous dévoilons sous couvert d'anonymat. Mais c'est aussi moins efficace, car nous ne confrontons pas à une relation directe (avec un ami ou un membre de la famille, par exemple).

En fait, ces confessions en ligne sont, dans un sens, semblables à ces compagnons robots analysés dans la première partie. Comme avec eux, nous n'avons plus à traiter avec de vraies personnes ; nous pouvons juste nous satisfaire de faire "comme si" nous nous excusions vraiment, ou comme si nous réparions vraiment nos erreurs.

Par ailleurs, confesser ses problèmes en ligne augmente le nombre de réponses auxquelles nous pouvons nous attendre. Or, ce ne sont pas toujours des réponses bienveillantes ou justifiées, loin de là. La "cruauté" des internautes peut rendre l'expérience vraiment pénible.

Enfin, ces messages peuvent avoir pour effet de limiter l'empathie de ceux qui les lisent. Nous doutons de l'aspect "réel" et sincère de la confession. Et comme nous estimons qu'il pourrait s'agir d'une "performance", nous nous lassons des messages.

Chapitre 13 — Angoisses

Autre phénomène analysé par Sherry Turkle : le stress et l'anxiété. L'anxiété est monnaie courante à l'ère du numérique. Nous avons peur de manquer une information ou un bon plan (le fameux FOMO pour fear of missing out) et nous avons le sentiment simultané que tout est disponible et de devoir toujours être accessible.

Pour l'auteure, c'est d'ailleurs à partir des attentats du 11 septembre que les mobiles sont devenus "des symboles de sécurité physique et émotionnelle". En l'ayant toujours avec nous, nous nous sentons davantage protégés. Même si ceux-ci nous stressent aussi d'un autre côté.

À la fin du chapitre, Sherry Turkle aborde la question délicate du harcèlement sur Facebook et celle de la surveillance généralisée qu'impliquent les réseaux sociaux. Elle rappelle l'importance cruciale de la vie privée pour la démocratie.

Chapitre 14 — La nostalgie des jeunes

Finalement, Sherry Turkle note que de nombreux jeunes aspirent à une connexion plus profonde et en face à face. Ils se sentent enfermés dans le cercle vicieux créé par la technologie numérique. Envoyer des textos, par exemple, crée « une promesse qui génère sa propre demande ».

La promesse est que vous pouvez envoyer un SMS et demander à un ami de le recevoir en quelques secondes, ;

La demande est que l'ami soit obligé de répondre.

Robin, une jeune journaliste ambitieuse de 26 ans, se sent par exemple obligée de garder son BlackBerry avec elle à tout moment. Elle se sent même anxieuse et presque malade lorsqu'il n'est pas à bout de bras.

Pourquoi cet attachement si fort aux mobiles ? Parmi ses arguments, Sherry Turkle fait valoir que l'une des raisons pour lesquelles les enfants d'aujourd'hui souhaitent être connectés est qu'ils ont grandi en concurrence avec les téléphones pour attirer l'attention de leurs parents.

Conclusion — Des débats nécessaires

La psychologue et anthropologue démontre que les ordinateurs nous "utilisent" — et nous façonnent — autant que nous les façonnons. Nous inventons de nouvelles technologies pour nous aider à vivre et à travailler au quotidien, mais celles-ci nous transforment profondément !

L'un de ses amis et collègues handicapés, Richard, lui raconte comment il valorise l'aide que lui apportent les personnes humaines. Selon lui, un robot ne pourrait pas agir vis-à-vis de lui de cette façon. L'être humain, dit-il, surtout quand il est fragile, a besoin d'être raccroché à son histoire et à des liens concrets de fraternité. C'est ce qui lui donne sa dignité.

Non, la seule "performance du sentiment" ne suffit pas. Bien sûr, nous pouvons être tentés par cette solution, car nous contrôlons (ou pensons mieux contrôler) les rapports que nous entretenons avec les robots. Mais nous nous exposons moins à l'altérité.

Par ailleurs, nous risquons de ne plus supporter la solitude, pourtant essentielle à la création de nouvelles idées. Constamment aux prises avec cette performance du sentiment (aussi bien avec les robots qu'avec les autres virtuels), nous en oublions de nous retrouver avec nous-même pour nous poser ou réfléchir.

Au final, Sherry Turkle voit bien que certaines générations ressentent davantage le besoin de se mettre au vert et de concevoir d'autres formes de connectivité — c'est d'ailleurs tout l'objet du cyberminimalisme.

Que ce soit avec les robots ou les réseaux sociaux, nous pouvons créer des limites. Les robots, par exemple, peuvent très bien nous aider dans certaines tâches, mais nous ne devrions pas nous laisser avoir par l'illusion de l'amour robotique — dans le domaine des soins, surtout.

En somme, c'est à nous de reprendre le contrôle des usages acceptables et indésirables !

Épilogue — La lettre

Sherry Turkle raconte ici une anecdote personnelle. Elle envoie un texto à sa fille, qui prend une année sabbatique à Dublin avant l'université. Mais elle est insatisfaite : elle se souvient avec nostalgie des lettres qu'elle envoyait et recevait de sa propre mère alors qu'elle était à l'université.

Elle se rappelle que ces lettres étaient longues, sincères et pleines d'émotions. Bien qu'elle apprécie les échanges écrits et les visioconférences par Skype avec sa fille, quelque chose lui manque. Et elle remarque aussi que d'autres mères sont dans la même situation.

Alors, que faire ? Sherry Turkle évoque différentes méthodes pour « capturer la vie ». Il y a l'art et la science, bien sûr. Mais aussi la volonté, pour certaines personnes, d'archiver leur vie complète en écrivant des mémoires — ou en consignant chaque petit moment sur Instagram ou sur Facebook !

Pourtant, au quotidien, comment échanger de façon à la fois simple et plus profonde ? Sherry Turkle propose à sa fille de s'écrire des lettres, comme elle le faisait quand elle était elle-même plus jeune. Une correspondance à l'ancienne, pourquoi pas !

Conclusion sur "Seuls ensemble" de Sherry Turkle :

Ce qu'il faut retenir de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle :

Ce livre se lit presque comme un roman. Pourtant, il repose sur un nombre impressionnants d'études et d'expériences réalisées par l'auteure et ses collègues pendant plus de quatre décennies. Grâce à sa force narrative et sa rigueur scientifique, l'ouvrage est devenu un classique à la fois dans les universités et en dehors.

Ses deux champs d'expérimentation sont :

La conception et la commercialisation de robots domestiques et en particulier de robots sociaux (jouets, robots domestiques, de compagnie, de soin, etc.) ;

L'apparition, grâce à Internet, de mondes en ligne divers (jeux, réseaux sociaux, etc.) et d'une connexion accrue (via les messageries, les textos, etc.).

Elle remarque une similitude entre ces deux domaines. En effet, à chaque fois, les êtres humains, jeunes ou vieux, se prêtent au jeu de la simulation et en oublient qu'ils deviennent, à leur tour, les jouets de réactions préprogrammées.

Or, ce qui l'intéresse plus que tout, c'est de voir comment ces relations à sens unique affectent notre sens de l'intimité, de la solitude et des relations humaines.

Et sa contribution principale consiste à documenter avec précision les difficultés auxquelles nous sommes confrontés avec les technologies actuelles issues de la robotique et d'Internet. À savoir :

Le risque de se couper de l'altérité et de l'imprévisibilité ;

La tentation de préférer des émotions artificielles aux joies et aux peines concrètes ;

Le manque de solitude nécessaire à la constitution du soi et des relations humaines.

Pour autant, Sherry Turkle, qui est une fine psychologue et anthropologue, ne considère pas qu'il faille — comme on dit — jeter le bébé avec l'eau du bain. Selon elle, il existe des usages positifs de la robotique ainsi que des réseaux sociaux et des jeux en ligne. Mais ce n'est qu'en les pratiquant avec conscience et réflexion que nous pouvons en tirer le meilleur.

Points forts :

Un style personnel qui permet d'entrer dans l'étude comme s'il s'agissait d'un roman ;

De très, très, très nombreux exemples issus de toutes ses études de terrain et entretiens ;

Un effort théorique solide ;

Une bibliographie et des annexes intéressantes.

Point faible :

C'est un livre peu ardu, mais qui en vaut la peine.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 21 Nov 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12977/Seuls-ensemble
Comment réussir une négociation http://www.olivier-roland.fr/items/view/12976/Comment-russir-une-ngociation

Résumé de "Comment réussir une négociation" de Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton : un classique absolu de la littérature sur la négociation (politique, business, famille) vendu à plus de 15 millions d'exemplaires dans le monde — une approche simple et pragmatique qui fait l'unanimité (ou presque) depuis 1981 !

Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton (pour les nouvelles éditions), 267 pages, 2002.

Titre original : Getting to Yes (1981).

Chronique et résumé de « Comment réussir une négociation » de Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton :

Partie I. Le différend

1 — Pas de négociations sur des positions

Pour les auteurs, une négociation réussie est une négociation qui aboutit à un accord :

Judicieux ;

Efficace ;

Qui ne compromet pas les relations existantes.

Or, la façon dont nous négocions habituellement répond rarement à ces trois exigences. Souvent, en effet, nous négocions « à la dure » en partant de positions déterminées, puis en allant vers le compromis.

C’est comme cela, par exemple, que nous marchandons dans une brocante (un exemple pris par les auteurs, p. 31-32). Parfois, cela fonctionne. Mais pas toujours. Et pas souvent de la meilleure manière possible.

Étudions les failles de cette « négociation sur des positions » un peu plus en détail.

La discussion sur des positions ne permet pas d’aboutir à un accord judicieux

Premier point : l’accord judicieux est difficile à atteindre car l’amour-propre entre souvent en jeu. Comme nous avons pris une position de départ, nous ne voulons pas en sortir, car ce serait risquer de « perdre la face ».

Au final, quand l’accord est trouvé, c’est souvent de guerre lasse. Nous coupons la poire en deux « pour arrêter les frais ». Mais en réalité, nous restons souvent sur notre faim et l’accord n’est pas aussi avantageux qu’il aurait pu l’être.

La discussion sur des positions est dépourvue d’efficacité

Logiquement, ce type de négociation qui n’en finit pas n’est pas très efficace. Les négociations sur les positions traînent en longueur et s’enlisent. Pourquoi ? Car, pour être sûrs de parvenir à nos fins, nous partons de positions extrêmes, afin de nous donner une marge d’évolution.

À chaque instant, nous devons décider que faire. L’autre partie est dans la même situation. Il y a trop de décisions à prendre. Les concessions sont lentes à se former et chacun cherche à gagner le plus de temps. Bref, ce n’est pas très efficace !

La discussion sur des positions compromet les relations existantes

En affrontant ainsi leurs volontés, les négociateurs en finissent par abîmer leurs relations. Nous nous fâchons, nous nous frustrons. Nous avons le sentiment de n’avoir pas été profondément entendus.

« La colère et la rancœur suscitées par une aventure de ce genre durent parfois toute une vie. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 1)

Quand les parties en présence sont nombreuses, la négociation sur des positions est pire encore

C’est déjà compliqué à deux, mais lorsqu’il y a encore plus de parties en présence, ce type de négociation aboutit encore plus souvent à des blocages et à des tensions extrêmes.

La gentillesse ne constitue pas une réponse

« Face à ce mode de négociation « dure », il existe un mode de négociation « doux » qualifié par le terme de « gentillesse ». Dans ce cas, nous cherchons à satisfaire nos amis en évitant le conflit. Dès lors, nous changeons facilement d’avis et nous faisons des offres en vue d’arriver à un accord le plus rapidement possible.

Le problème avec cette manière de faire, c’est que nous pouvons facilement nous faire abuser. Tout d’abord, l’accord risque de ne pas être à notre avantage. Mais surtout, nous nous mettons « à la merci » du négociateur « dur ».

La solution de rechange

Toutes les négociations comportent deux niveaux :

Le fond, ce qui doit être décidé ;

La forme, c’est-à-dire la partie procédurale, la façon dont la négociation sera menée.

Sans toujours nous en rendre compte, nous négocions sur la forme aussi bien que sur le fond. En fait, il s’agit d’un jeu (ou d’une négociation) sur les règles du jeu elles-mêmes (faut-il être doux ou dur ?).

C’est au niveau de ce « méta-jeu » qu’il faut se placer. Au lieu d’utiliser des techniques de négociation douces ou dures, il est préférable d’utiliser le système appelé « négociation raisonnée » ou « négociation sur le fond » inventé par les auteurs.

Celui-ci, selon Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton, peut être utilisé dans presque toutes les situations.

Il contient quatre éléments :

Hommes : séparer les gens du problème.

Intérêts : se concentrer sur les intérêts, pas sur les positions.

Solutions : inventer plusieurs options avant de se décider.

Critères : insister sur l’établissement de critères objectifs.

Démêler les gens et leurs émotions du problème en question permet aux deux parties de travailler ensemble en équipe, plutôt que l’un contre l’autre. L’accent mis sur les intérêts porte quant à lui à privilégier les besoins réels des personnes plutôt que leur égo. Penser à de nombreuses solutions aide à soulager la pression et à accroître la coopération, tandis que l’utilisation d’une norme externe et équitable au lieu d’en rester à la seule volonté des négociateurs.

Ces éléments peuvent et devraient être utilisés aux trois étapes de la négociation :

L’analyse. ;

La mise au point d’un plan ;

La discussion.

Si vous suivez cette façon de négocier raisonnablement, le résultat sera probablement un règlement du conflit judicieux, efficace et à l’amiable.

Partie II. La méthode

2 — Traiter séparément les questions de personnes et le différend

Les négociateurs sont avant tout des personnes

« Une donnée fondamentale que l’on a tendance à oublier au cours de négociations, en particulier au sein de grosses entreprises ou de conférences internationales, c’est que les autres, ceux de la partie adverse, ne sont pas des représentants abstraits mais des êtres humains. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 2)

Eh oui, les négociateurs sont des gens ; ils ont des désirs, des besoins et des préjugés. C’est encore plus vrai — ou encore plus visible — lorsque nous nous disputons avec notre conjoint ou conjointe, par exemple.

Parfois, ces relations humaines concourent à la réussite de la négociation : lorsque l’amitié prime. Mais souvent, nous comprenons mal les bonnes intentions d’autrui et nous nous sentons rapidement menacés. Notre égo prend le dessus.

Résultat : une réaction en chaîne de récriminations qui aboutit à l’échec de la négociation.

L’intérêt du négociateur est double : le différend ET la relation avec l’adversaire

Les négociateurs ont en général deux objectifs :

Obtenir ce qu’ils veulent (c’est-à-dire servir leur propre intérêt) ;

Maintenir une bonne relation avec l’autre partie.

Il est rare, en effet, que nous nous moquions complètement de la pérennité de la relation avec autrui. Même dans le commerce, nous souhaitons fidéliser le client pour qu’il revienne. Il faut donc se montrer conciliant pour que celui-ci accepte de faire de nouveau appel à nous.

Le problème, c’est que les deux objectifs s’embrouillent très souvent lorsque nous négocions à partir de positions « dures ». Par exemple, nous profitons des défauts personnels d’autrui pour l’emporter et cela crée une rupture qui peut être définitive.

Traiter séparément les questions de relation et celles de fond : il faut aborder sans détour les problèmes humains

Les différences personnelles devraient être résolues, non pas en faisant des concessions (et encore moins en se laissant manipuler), mais en changeant la façon dont nous traitons l’autre partie.

Autrement dit, nous devons apprendre à traiter nos partenaires avec psychologie. Or, les psychologues utilisent une classification des problèmes humains en 3 grandes catégories :

Perception ;

Affectivité ;

Communication.

Nous devons appliquer les conseils qui suivent aussi bien à nous-mêmes qu’aux autres personnes qui entrent dans la négociation.

La perception

Les personnes ou les pays se disputent autour de possessions ou d’événements. Mais le plus souvent, peu importe les faits. Vous pouvez chercher à apporter des preuves, celles-ci ne sont qu’un argument parmi d’autres.

Ce qui importe avant tout, c’est la perception qu’a l’autre du problème. Le conflit naît et se situe au niveau des idées différentes que les deux parties ont formées. Il faut donc être capable de se mettre dans la peau de l’adversaire. C’est capital.

« Le pouvoir de se mettre dans la peau de son adversaire n’est pas donné à tout le monde ; c’est pourtant un des talents les plus essentiels qu’un négociateur devrait posséder. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 2)

Il n’est pas nécessaire d’être en accord avec le point de vue d’autrui, ; simplement de prendre le temps de le comprendre. Ce faisant, nous éliminons certains préjugés et nous améliorons notre capacité à négocier et à résoudre le conflit.

Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton donnent plusieurs autres conseils pour améliorer la perception réciproque des négociateurs :

Ne supposez pas que vos peurs décrivent leurs intentions.

Ne prétendez pas que votre problème est de leur faute.

Discutez et reconnaissez leurs perceptions, y compris celles qui vous semblent sans importance.

Surprenez-les en allant à l’encontre de leurs préjugés négatifs à votre égard.

Incluez-les dans tous les aspects d’une décision.

Assurez-vous qu’ils considèrent l’accord comme juste et non comme une concession humiliante.

L’affectivité

Les auteurs commencent par mettre en avant le fait que nous devrions, en tant que négociateurs, constamment faire attention aux émotions qui nous traversent et qui traversent la partie adverse. Ces émotions peuvent être la colère, la peur ou la distraction, par exemple.

Il est toujours bon de « prendre la température » et de chercher à modifier le curseur pour atteindre un état de calme et de confiance.

Pour ce faire, concentrez-vous sur les cinq « préoccupations essentielles » des individus ou des groupes. À savoir le besoin d’/de :

Autonomie ;

Appréciation ;

Affiliation ;

Rôle ou de but ;

Statut.

Par ailleurs, veillez à :

Respecter l’identité, c’est-à-dire l’image de soi de l’autre partie.

Reconnaitre les émotions et inviter autrui à partager les siennes.

Permettre à chacun de se « défouler » pendant un moment.

Éviter de répondre aux accès de colère.

Proposer des gestes symboliques (une poignée de main, un repas partagé, de courtes excuses).

De cette façon, nous pouvons garder les relations sur des bases affectives saines.

La communication

« Sans communication, point de négociation », disent les auteurs. En effet, la négociation suppose la communication pour arriver à une décision commune. Mais ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air !

Trois problèmes principaux bloquent régulièrement la communication.

Lorsque celle-ci n’a pas pour fin de se comprendre mutuellement mais plutôt de manipuler des tiers (spectateurs au débat, par exemple) ;

Quand les négociateurs cessent tout simplement d’écouter la partie adverse, le plus souvent afin de préparer leur propre réplique ;

Quand il y a malentendu véritable, en raison d’une barrière linguistique ou culturelle.

Pour chercher à tempérer ou résoudre ces trois enjeux, Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton proposent les alternatives suivantes :

Se placer dans une attitude d’écoute active et montrer que l’on comprend :

S’exprimer de manière claire pour être compris ;

Parler de soi, et non des autres ;

S’exprimer dans un but précis.

Mieux vaut prévenir

« Il est toujours préférable de traiter les questions de personnes avant qu’elles ne deviennent des problèmes. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 2)

Pour ce faire, vous veillerez à établir une relation constructive avec votre interlocuteur, c’est-à-dire ne pas avoir peur de se montrer comme une personne à part entière. Cela dit, vous ferez attention, dans la négociation elle-même, à ne pas attaquer la personne elle-même, mais toujours l’objet du différend lui-même — en prenant soin de laisser la personne (son identité, ses besoins légitimes, etc.) en sécurité.

3 — Se concentrer sur les intérêts en jeu et non sur les positions

Pour trouver une solution judicieuse, il faut concilier les intérêts, pas les positions

« Faire la distinction entre positions et intérêts, voilà ce qui compte vraiment dans une négociation. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 3)

Mais comment faire ? En fait, les intérêts sont « les moteurs silencieux de l’action ». Ce sont nos besoins, nos craintes, nos désirs et nos soucis réels. Par contraste, les positions en sont « les bruyantes manifestations ». D’où l’importance de savoir bien écouter.

Selon Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton, l’avantage de partir des intérêts est que ceux-ci offrent plusieurs voies de règlement du conflit. Par ailleurs, la conciliation d’intérêts vaut mieux que le compromis sur les positions parce qu’il est toujours possible de trouver davantage de points communs au niveau des intérêts.

En effet, « sous » chaque position, il y a plusieurs intérêts qui peuvent se révéler conciliables ou antagoniques. Et c’est parce que nos intérêts divergents que nous pouvons nous entendre.

« Le cas du marchand de chaussures et de son client en est l’illustration la plus simple : ils ont besoin d’argent et de chaussures l’un et l’autre, mais inversement : le chausseur préfère gagner 50 dollars et vendre ses chaussures, le client préfère prendre les chaussures et donner ses 50 dollars. Ils sont faits pour s’entendre ! » (Comment réussir une négociation, Chapitre 3)

Comment déterminer les intérêts en jeu

Il existe au moins deux techniques pour faire surgir les intérêts des parties en cause.

La première est de poser la question « Pourquoi ? » en se mettant à la place de l’adversaire.

La deuxième consiste à se poser la question « Pourquoi pas ? » en se demandant pourquoi l’adversaire refuserait la première proposition qu’il pense que nous lui ferions.

Vous devez également prendre en compte le fait qu’il existe plusieurs intérêts en jeu. Souvent, les négociateurs parlent pour des mandants (des personnes qui l’ont chargé de négocier). Il faut retrouver toute la palette des intérêts qui s’expriment plus ou moins clairement dans les négociations.

Le plus souvent, ce sont les exigences fondamentales de l’être humain qui jouent le rôle le plus important. À savoir :

La sécurité ;

Le bien-être économique ;

L’appartenance à une communauté ;

L’identification ;

La maîtrise de sa destinée.

Les auteurs conseillent de dresser la liste des intérêts en jeu afin de les garder en mémoire tout au long de la procédure de conciliation.

Chacun doit aborder la question de ses préoccupations

Lorsque nous nous engageons dans une négociation raisonnée, nous souhaitons parler de façon constructive des intérêts en jeu. Bien. Mais quelle est la marche à suivre pour que ce soit efficace ?

Voici les derniers conseils des auteurs :

Soyez concret dans vos explications ;

Admettez les intérêts d’autrui dans la discussion ;

Commencez par une question et non une solution ;

Soyez orienté vers l’avenir ;

Expliquez ce que vous voudriez faire au lieu de vous justifier ;

Soyez résolu mais conciliant, ouvert aux idées d’autrui ;

Restez ferme sur la question débattue et conciliant avec les participants.

4 — Imaginer des solutions procurant un bénéfice mutuel

Diagnostic

Souvent, les négociations sont centrées sur des questions uniques — une somme d’argent à recevoir ou un territoire à garder, la garde des enfants dans un divorce, etc. — où nous pensons qu’il y aura toujours un gagnant et un perdant. Ou, si nous ne sommes pas perdants, nous éprouvons à tout le moins une insatisfaction.

Finalement, une solution optimale est souvent négligée et il en résulte beaucoup de « pertes ». C’est l’exemple du partage de l’orange : si je veux manger la chair et que l’autre veut la peau pour faire un gâteau, pourquoi s’obstiner à la couper en deux et à donner à chacun une partie ? Il aurait été plus judicieux de donner toute la pelure à l’un et toute la chair à l’autre.

« Nous devons donc nous efforcer de trouver des options qui élargissent la ressource contestée au lieu de simplement la diviser. Mais pourquoi les négociateurs négligent-ils la plupart du temps cette approche raisonnée ou « sur le fond » ?

 Pour quatre raisons selon Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton :

Les jugements hâtifs (vouloir aller trop vite) ;

La recherche de la seule et unique réponse (croire qu'il n'y a qu'une bonne solution) ;

L'hypothèse selon laquelle les limites du gâteau sont fixées une fois pour toutes ;

L'idée que les difficultés de l'adversaire ne regardent que lui.

Au contraire, toute la méthode de la négociation raisonnée passe, comme nous allons le voir, par l'empathie et la recherche concertée de solutions variées.

Ordonnance

Quatre lignes directrices pourront vous aider à améliorer la recherche de solutions mutuellement satisfaisantes :

Dissocier l'invention et la décision ;

Élargir le champ des possibles (carte en rond) ;

Rechercher un bénéfice mutuel ;

Faciliter la tâche de l'adversaire quand il devra se prononcer.

La première consiste à séparer le processus créatif du processus de décision : « Inventez d'abord, décidez plus tard ». Pour ce faire, les auteurs conseillent de mettre sur pied des sessions informelles de brainstorming en petits groupes.

Une autre façon de faire (complémentaire) est d'élargir le champ des possibles. Les auteurs proposent une carte "en rond" qui vous aidera à inventer des solutions (p. 115) :

Questions à résoudre ;

Analyse et diagnostic de la situation ;

Angles d'attaque ;

Solutions.

Une troisième proposition consiste à rechercher un bénéfice mutuel qui élargit les ressources. Le secret est de trouver des choses qui coûtent très peu à une partie, mais que l'autre partie souhaite vraiment.

La quatrième ligne directrice est de faire en sorte qu'il soit facile pour l'autre partie de dire oui. Penser à dessiner votre solution de telle manière à ce qu'elle soit facile à mettre en œuvre et que chaque partie se sente honorée.

5 — Exiger l'utilisation de critères objectifs

Les décisions fondées sur la seule volonté sont coûteuses

Nous l'avons vu tout au long des précédents chapitres, les compromis issus des négociations dures ou douces ne sont pas souvent optimaux. Ils prennent du temps et, lorsqu'ils aboutissent, laissent souvent une partie insatisfaite. La ressource en jeu aurait pu être allouée de manière plus juste et plus efficace.

L'un des critères de la méthode de la négociation raisonnée consiste à exiger l'utilisation de critères objectifs.

En quelles circonstances utiliser un critère objectif ?

Parfois, aucune des parties ne peut trouver une solution à un conflit. Dans cette situation, une partie extérieure et neutre peut être amenée pour décider de la question.

Par exemple, si un entrepreneur et un acheteur ne peuvent pas se mettre d'accord sur la profondeur minimale de la fondation d'un bâtiment, ils peuvent se référer aux normes des régulateurs locaux ou à la pratique courante de la région.

De cette façon, la décision est établie sur des bases objectives plutôt que sur la volonté des négociateurs. De tels accords sont plus stables, car ils reposent sur des règles éprouvées ; ils sont également plus efficaces, car des normes communes résolvent automatiquement de nombreux problèmes.

La mise au point d'un critère objectif

"Si l'on décide d'adopter la méthode de négociation raisonnée, deux questions se posent : comment mettre au point des critères objectifs, comment les utiliser dans la discussion." (Comment réussir une négociation, Chapitre 4)

Les auteurs passent en revue différents types de critères et de procédures à utiliser dans les négociations. Concernant le critère d'équité (qui signifie "justice"), il doit "être indépendant de la volonté des parties en présence" et "acceptable pour les deux parties en présence". Dans la réalité, il existe une diversité de critères objectifs possibles et il faudra donc prioritairement tomber d'accord sur celui (ou ceux) à utiliser.

Au sujet des procédures équitables, les auteurs évoquent l'importance de mettre en place des systèmes qui minimisent l'injustice (ou le sentiment d'injustice). Par exemple :

La procédure "l'un coupe, l'autre choisit" ;

Le tirage au sort ;

Le choix à tour de rôle ;

L'arbitrage d'un tiers ;

Etc.

Fonder les discussions sur un critère objectif

Il faut se mettre d'accord sur les procédures et les critères à utiliser. Mais comment faire ? Comment convaincre l'adversaire ? Trois principes fondamentaux doivent guider les discussions :

Présenter chaque question comme la recherche commune d'un critère objectif ;

Être disposé à raisonner et rester ouvert à la recherche de critères mieux adaptés ;

Demeurer impassible face aux pressions, mais s'incliner devant les principes.

Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton développent ces trois aspects en donnant de nombreux exemples. Retenons ici que l'établissement de principes objectifs permet de résister aux pressions (chantages, pots de vin, etc.) d'une partie ou de l'autre et d'obtenir justice plus aisément.

Partie III. Oui mais…

6 — Que se passe-t-il quand la partie adverse est manifestement plus puissante ?

Se protéger

"Quand on se précipite à l'aéroport parce qu'on craint de rater le départ d'un avion, on agit comme si c'était une question de vie ou de mort. En y réfléchissant à tête reposée, on se rend compte qu'on aurait fort bien pu prendre le suivant sans que cela constitue une catastrophe." (Comment réussir une négociation, Chapitre 6)

Il en va de même avec les négociations. Nous avons tendance à nous précipiter quand nous avons investi beaucoup de temps dans les discussions. Nous risquons alors de nous montrer trop "doux" et de laisser l'adversaire prendre le dessus.

Pour éviter de tomber dans cet écueil, vous pouvez fixer un seul non négociable, au-delà duquel vous refuserez d'aller. Mais c'est revenir à une forme de négociation "dure" qui limite l'imagination. À la place de cette stratégie classique, les auteurs privilégient la MEilleure SOlution de REchange — ou MESORE.

La MESORE est un "moyen d'évaluer tout accord pour savoir si l'on a intérêt ou non à le signer". Elle repose sur l'hypothèse de ce qui serait réalisé si l'accord n'aboutissait pas au bout d'un certain temps.

Il convient d'y penser sérieusement, et non de façon vague. Autrement dit, vous devez savoir clairement quelles sont les options réalistes de remplacement qui s'offrent à vous si l'accord n'aboutit pas ou ne prend pas la direction initialement souhaitée.

Tirer le meilleur parti de ses atouts

La MESORE se révèle plus importante que l'argent, l'influence sociale ou le poids politique respectif de chaque partie. Mais comment l'élaborer ? Vous devrez agir en trois temps :

Imaginer plusieurs solutions de repli qui vous conviendraient si l'accord devait échouer ;

Approfondir les idées les plus intéressantes et concevoir leur mise en application pratique ;

Opter pour la meilleure d'entre elles.

Vous devriez également faire de même avec l'adversaire — c'est-à-dire étudier quelle est sa MESORE probable. Si vous la trouvez, vous serez davantage en mesure de trouver un accord judicieux, efficace et amical.

Quand l'adversaire est tout-puissant

Lorsque l'autre est vraiment plus fort, il faut chercher à s'appuyer autant que possible sur les principes objectifs décidés en amont, aussi bien les critères d'équité que les procédures équitables.

Avoir une bonne MESORE vous permettra également de gagner en force, puisque vous vous sentirez capable de quitter la table des négociations lorsque l'adversaire cherchera à vous intimider.

"Un négociateur qui possède une MESORE est donc plus apte non seulement à déterminer l'accord minimum qu'il peut accepter mais encore à l'obtenir. Rechercher sa MESORE est certainement la ligne de conduite la plus efficace qu'il puisse adopter quand il affronte un négociateur apparemment plus puissant." (Comment réussir une négociation, Chapitre 6)

7 — Que se passe-t-il quand la partie adverse refuse de jouer le jeu ?

Nous pouvons nous retrouver dans des situations où l'adversaire refuse de jouer le jeu de la négociation raisonnée. Dans ce cas, il se placera le plus souvent dans une posture de position "dure" et cherchera par tous les moyens à nous faire plier. Que faire, dans ce cas ?

Trois angles de réponses sont à envisager :

Ce qu'il convient de faire personnellement, à savoir suivre la méthode raisonnée afin de créer une dynamique positive ;

Ce que l'adversaire peut faire et à quoi nous pouvons l'amener par la "négociation jiu-jitsu".

L'utilisation d'une tierce personne "pour orienter la discussion sur les intérêts, les propositions et les critères".

La première tactique fait, d'une certaine manière, l'objet de tout le livre, puisqu'elle consiste simplement à mettre en œuvre la négociation raisonnée de façon résolue dans l'espoir que l'autre y reconnaitra également son intérêt. Concentrons-nous donc sur les deux autres.

La négociation jiu-jitsu

La bonne tactique consiste à ne pas répondre aux critiques qui nous poussent dans nos retranchements. Pourquoi ? Pour éviter le cercle vicieux des contre-critiques qui nous ferait revenir à une négociation "dure" classique.

L'enjeu consiste plutôt à l'esquiver et à "la faire dévier dans le sens de la question en cours"

"Au lieu de résister à ses efforts, il faut les canaliser pour qu'ils participent à la recherche des intérêts communs, à l'invention de solutions avantageuses fondées sur des critères objectifs." (Comment réussir une négociation, Chapitre 7)

Pour maîtriser cet art de la négociation, il vous faudra (p. 168-171) :

"Découvrir sur quoi repose la position de l'adversaire au lieu de l'attaquer."

"Rechercher la critique et les conseils de la partie adverse, sans défendre ses propres idées."

"Savoir ramener les attaques personnelles vers les questions de fond."

"Poser des questions et attendre."

La procédure à texte unique

Au lieu de partir de positions et de faire des concessions qui nous laissent fatigués et aigris, mieux vaut parfois avoir directement recours à une personne tierce — un médiateur. Celui-ci peut utiliser la procédure à texte unique pour agir efficacement, amicalement et judicieusement.

Prenons l'exemple d'un couple avec deux projets de maison différents (donné par les auteurs). Ils font un appel à un architecte. Celui-ci décide de s'enquérir des intérêts de chacun (et non de leurs positions), puis réalise une liste de desiderata qu'il soumet à leurs critiques.

À partir de là, il peut créer un avant-projet. De nouveau, ronde de critiques de la part du mari comme de la femme (il est plus facile de critiquer que de faire des concessions, rappellent les auteurs). Deuxième projet et même dynamique, jusqu'à aboutir à un accord.

Le cercle, ici, est vertueux. Pourquoi ? Car :

Il n'a pas engagé l'amour propre des époux, ni le sien.

Il a fait au mieux à partir des intérêts (désirs, besoins, craintes, etc.) de chacune des parties, et les a invités à construire ensemble un projet unique.

En outre, il a pris en compte une série de contraintes (légales, physiques, etc.) objectives. Les époux savent ce qui les attend et peuvent se décider ensemble.

Dans la suite du chapitre, Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton proposent une étude détaillée d'un autre cas issu de la vie réelle : une négociation entre un propriétaire et son locataire : l'affaire Agence Jones/Frank Turnbull (p. 178-193).

8 — Que se passe-t-il quand la partie adverse triche ou recourt à des moyens déloyaux ?

Parfois, les négociateurs sont particulièrement coriaces et n'hésitent pas à employer des méthodes douteuses pour "gagner" coûte que coûte la négociation. C'est ce que les auteurs nomment la négociation truquée.

Le plus souvent, nous nous irritons tout en "laissant passer" et en nous promettant que nous ne ferons plus jamais affaire avec cette personne (ou ce groupe). Ou bien alors nous rétorquons en rendant coup pour coup.

Comment y répondre plus sainement ? En prenant conscience que :

"La négociation truquée n'est jamais qu'une manière de tirer la couverture à soi sur la forme. On réagira donc en faisant une question de procédure — quelle est la méthode de négociation choisie par les parties ? Et l'on entamera donc une négociation raisonnée sur la procédure." (Comment réussir une négociation, Chapitre 8)

Comment discuter des règles de négociation

Il faut nécessairement :

Comprendre ce qu'il se passe et mettre le doigt sur les tactiques employées) ;

Exprimer à l'autre ce que nous avons compris ;

Lui proposer de discuter de la forme de la négociation.

Autrement dit, il faut appliquer la négociation raisonnée à la forme elle-même en cherchant à comprendre les intérêts qui poussent l'adversaire à tricher et en l'amenant à un accord sur les règles à suivre.

Pour vous aider à identifier ce qui se passe, les trois sections suivantes sont consacrées à trois catégories de tactiques déloyales :

Le mensonge délibéré ;

La guerre psychologique ;

Les pressions.

Les mensonges délibérés

Dans cette section, les auteurs abordent les types de mensonges délibérés :

Faux renseignements (un classique pour tromper l'adversaire) ;

Autorité mal définie (identification claire du mandant et des marges de manœuvre du négociateur) ;

Intentions sujettes à caution (incertitude sur le respect de la parole donnée).

Cela dit, ne considérez pas que cacher une partie de son jeu équivaut à l'une de ces formes de triche. Vous pouvez garder certaines informations pour vous, même dans la négociation raisonnée. L'important est de suivre la méthode et, le cas échéant, de faire appel à une personne tierce pour aider à la construction d'une solution.

La guerre psychologique

Une autre façon de colorer négativement la procédure de la négociation consiste à s'en prendre aux sentiments des personnes en les mettant mal à l'aise. Les auteurs abordent les cas des/de :

Situations angoissantes ;

Attaques personnelles ;

Tactique du bon et du méchant ;

Menaces.

Au lieu de menaces, vous pouvez opter pour des avertissements. Ceux-ci ne visent pas à réclamer et à annoncer une punition pour la partie adversaire, mais plutôt à montrer que vous protégerez vos intérêts.

De façon générale, le négociateur raisonné refusera de répondre à ces intimidations et cherchera toujours à remettre la discussion sur des rails constructifs.

La stratégie de la pression dans la négociation de position

"Cette stratégie consiste à placer d'emblée l'adversaire dans une position où lui et lui seul sera en mesure de faire des concessions." (Comment réussir une négociation, Chapitre 8)

Voici quelques "mauvaises manières" utilisées par les négociateurs coriaces :

Refus de négocier ;

Exigences extrêmes ;

Exigences sans cesse croissantes ;

Stratégie de blocage ;

Le coup du partenaire têtu ;

La temporisation ;

Le choix décisif ("c'est à prendre ou à laisser").

Chacune de ces tactiques est exposée en détail par Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton.

Refuser d'être une victime

Refuser d'être une victime, cela signifie qu'il est possible de déclarer ouvertement que nous souhaitons voir advenir une négociation en bonne et due forme. Nous pouvons nous montrer fermes sur ce point et nous devrions l'être.

Par ailleurs, nous ne devrions pas nous laisser aller à être un "bourreau". Pour ce faire, nous pouvons nous demander ce que nous sommes en train de faire ou prêt à faire. Certaines questions peuvent nous aider à maintenir le curseur vers l'équité, l'efficacité et l'amabilité. Par exemple :

"Est-ce une démarche que j'adopterais en face d'un ami ou d'un membre de ma propre famille ?"

"Si la totalité de ce que j'ai dit et fait était rendue publique, est-ce que j'en éprouverais de la gêne ?"

Etc.

En conclusion : trois remarques

"Je le sais depuis toujours."

Les préceptes et idées développées ici forment "ce que le bon sens et l'expérience commune mettent à la portée de chacun de nous". Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton ne prétendent donc pas avoir inventé de toutes pièces une nouvelle méthode, mais plutôt s'être inspirés de pratiques déjà existantes.

C'est en forgeant qu'on devient forgeron

La négociation se pratique… Sans cela, vous ne deviendrez pas un négociateur expert. Et tous les livres que vous lirez — même les meilleurs — n'y changeront rien.

"Gagner."

"Demander à un négociateur "alors, qui a gagné ?" est à peu près aussi déplacé que de poser la même question aux deux conjoints d'un ménage." (Comment réussir une négociation, Conclusion)

L'objectif de la négociation n'est pas de "gagner" mais d'"entrer dans une collaboration constructive destinée à élaborer une solution judicieuse à tel ou tel problème commun"

Conclusion sur "Comment réussir une négociation" de Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton :

Ce qu'il faut retenir de "Comment réussir une négociation" de Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton :

Comment réussir une négociation est un livre qui mêle politique, affaires et développement personnel avec beaucoup de perspicacité et de pertinence. Roger Fisher et William Ury ont tous deux présidé le Harvard Negociation Project, rebaptisé Global Negociation Initiative.

Ce livre a été s'est vendu à 15 millions d'exemplaires et a été traduit en 35 langues. il est l'un des ouvrages les plus fréquemment cités sur les listes des meilleurs livres de négociation.

Bref, c'est un classique ! Et dans un sens, il pourra vous rappeler des autres livres comme Cessez d'être gentil, soyez vrai sur la communication non-violente.

Rappelez-vous que la négociation raisonnée a pour but de construire une solution judicieuse (équitable), efficace et à l'amiable entre les parties, en insistant sur trois points :

La focalisation sur les intérêts et non sur les personnes ou les positions ;

L'invention de solutions partagées qui procurent des bénéfices mutuels ;

L'utilisation de critères objectifs et de procédures équitables.

Points forts :

Un manuel très clair et instructif ;

De très nombreux exemples venus des affaires, de la politique et de la vie privée ;

10 questions supplémentaires en fin d'ouvrage pour y voir encore plus clair ;

Une préface à la nouvelle édition, ainsi que les préfaces antérieures ;

Un classique absolu de la négociation à avoir dans sa bibliothèque.

Points faibles :

Je n’en ai pas trouvé.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 14 Nov 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12976/Comment-russir-une-ngociation
Le Guide du rêve lucide http://www.olivier-roland.fr/items/view/12975/Le-Guide-du-rve-lucide

Résumé de "Le Guide du rêve lucide | 65 exercices et 15 programmes pour prendre les commandes de vos rêves" du Pr. Clare Johnson : dans ce guide ultra-pratique, la pionnière du rêve lucide Clare Johnson nous livre ses meilleures techniques et programmes pour apprendre à devenir un rêveur lucide, explorer en pleine conscience le fascinant monde des rêves. Et en faire une opportunité de créativité, de connaissance de soi et même de guérison.

Par Pr. Clare Johnson, 2022, 264 pages.

Titre original : "The Art of Lucid Dreaming: Over 60 Powerful Practices to Help You Wake Up in Your Dreams"

Chronique et résumé de "Le Guide du rêve lucide | 65 exercices et 15 programmes pour prendre les commandes de vos rêves" du Pr. Clare Johnson

À Propos de l’auteure

La Pr Clare R. Johnson, présidente de l'International Association for the Study of Dreams, est une pionnière dans l'étude et la pratique du rêve lucide depuis plus de 40 ans.

Première à avoir consacré une thèse au rêve lucide comme force créatrice, elle enseigne depuis 15 ans comment exploiter le potentiel de l'inconscient à travers cette pratique.

Auteure de nombreux ouvrages sur le sujet, dont le remarqué "Llewellyn's Complete Book of Lucid Dreaming", elle partage son expertise lors de conférences internationales et à travers son site web.

Introduction

Dans l’introduction de son livre intitulé "Le Guide du rêve lucide", l’auteure, la Pr. Clare Johnson, commence par nous révéler les incroyables possibilités que nous offre le rêve lucide.

En effet, le rêve lucide est cet état fascinant où l'on est conscient de rêver pendant son sommeil. Il nous offre alors la chance d’interagir avec notre monde onirique, de vivre des expériences extraordinaires (comme voler, nous transformer, explorer l'univers...), de développer notre créativité et même de nous soigner.

Le rêve lucide n’a pourtant rien de mystérieux ou d'élitiste, souligne l’auteure. Et tout le monde peut y accéder, enfant comme adulte, novice ou expérimenté.

C'est en tout cas ce que nous démontre ici la Pr. Clare Johnson, pionnière dans l'étude et la pratique du rêve lucide depuis plus de 40 ans.

Après avoir relaté sa propre découverte, enfant, de la lucidité, puis son parcours d'universitaire ayant fait du rêve lucide son sujet de thèse et de vie, elle nous invite à la suivre dans l'exploration de cet état de conscience aux mille potentiels.

Elle explique avoir conçu "Le Guide du rêve lucide" comme un livre ultra pratique. Et y avoir condensé les meilleures techniques, exercices et programmes issus de ses recherches, expériences et enseignements.

Que nous soyons débutant ou rêveur lucide chevronné, nous y trouverons, assure l’auteure, de précieux outils pour déclencher la lucidité, la maintenir, et piloter nos rêves. Avec en prime un questionnaire pour identifier notre profil de dormeur/rêveur et adapter au mieux notre pratique.

PARTIE 1 – Devenez rêveur lucide : réveillez-vous dans vos rêves

Chapitre 1 : Qu'est-ce que le rêve lucide ?

"Le rêve lucide est un rêve dans lequel nous savons que nous rêvons, pendant que nous rêvons." commence par écrire Clare Johnson.

Autrement dit, le rêve lucide est un état où l'on prend conscience que l'on rêve pendant le rêve lui-même.

Cette prise de conscience nous amène alors à explorer en pleine lucidité notre univers onirique et ses manifestations étonnantes. Il nous permet aussi de réagir sans peur aux situations effrayantes, et même d'influer sur le cours du rêve.

1.1 - Que pouvons-nous faire dans un rêve lucide ?

Les possibilités sont infinies. "Il n’existe aucune limite !" lance l’auteure.

  • Vivre des expériences incroyables

Le rêve lucide permet de vivre des expériences extraordinaires, transcendantes et ultra-réalistes,  comme voler, se métamorphoser en goutte de pluie, respirer sous l'eau, changer de forme, explorer l'univers, transcender l'espace-temps...

L’état de conscience qu’il induit n’a pas d’équivalent. Le Pr. Clare Johnson écrit à ce propos : :

"Je me suis transformée en dauphin et j’ai senti la formidable puissance de mon corps sous la mer, le bref éclair de soleil en jaillissant à la surface des vagues et l’impact de l’eau en replongeant dans les flots. C’était si réel. Un homme m’a raconté son rêve lucide où il devenait une femme enceinte et caressait son ventre arrondi."

Elle poursuit :

"Dans les rêves lucides, nous pouvons étendre notre expérience : changer de genre ou ne pas en avoir ; respirer sous l’eau, se muer en fourmi ou prendre une ombre dans ses bras ; et, pour les plus courageux, accoucher. Nous pouvons interroger le songe sur la nature de la réalité, de la vie, de la mort et de la conscience… et recevoir des réponses de notre inconscient. Nous pouvons étreindre un proche décédé ou sentir de nouveau son parfum si familier. Nous pouvons améliorer des capacités physiques, vaincre des phobies, avoir des expériences sexuelles incroyables ou apprendre à mieux nous connaître. Bref, il n’existe aucune limite !"

  • Stimuler la création, l’introspection, la guérison, l’évolution

Selon l’auteure, le rêve lucide stimule aussi intensément la créativité en donnant accès à un flux d'images mentales d'une incroyable vivacité.

Nous pouvons alors nous en inspirer à des fins artistiques, littéraires ou pour mener à bien un projet.

Il est aussi possible de méditer au cours d’un rêve lucide et de vivre l’unicité et l’interconnexion. C'est enfin, affirme l’auteure, un formidable outil d'introspection, de guérison émotionnelle et physique, d'apprentissage et d'évolution spirituelle.

1.2 - Sept questions classiques sur le rêve lucide

L'auteure du "Guide du rêve lucide" répond ici aux interrogations les plus fréquentes au sujet des rêves lucides.

Résumons ses réponses :  

Oui, tout le monde peut rêver lucide.

Oui, cela s'apprend.

Le contrôle du rêve n'est pas un impératif, il existe de multiples façons d'interagir avec.

Non, ce n'est pas dangereux mais une préparation est conseillée en cas de fragilité psychologique.

Oui, il aide face aux cauchemars.

Oui, son existence est prouvée scientifiquement.

Se rappeler ses rêves est important mais pas indispensable pour devenir rêveur lucide.

1.3 - Développer un état d’esprit de rêveur lucide 

"Le Guide du rêve lucide" décrit ensuite les 3 clés essentielles à développer pour induire et stabiliser le rêve lucide :

L'intention, qui est la volonté et le désir de devenir rêveur lucide.

La clarté, qui permet de rester concentré malgré les distractions oniriques.

L'expectative qui est la conviction que l'on va y arriver.

1.4 - Astuces pour mieux se souvenir de ses rêves et mieux s’y connecter

L’auteur du "Guide du rêve lucide" continue en nous fournissant diverses astuces concrètes pour :

Mieux nous rappeler de nos rêves (exercice 1) : l'auteure conseille un réveil en douceur, de rester immobile au réveil en s'interrogeant sur son rêve, de s'engager à les noter, d'y penser la nuit et de faire des siestes.

Tenir un journal de rêves afin de mieux se connecter à notre esprit rêveur (exercice 2) : l'auteure suggère d'y noter ou dessiner ses rêves chaque matin, même de façon brouillonne, en privilégiant le présent, les mots-clés et émotions. Relire ce journal aide à repérer les thèmes récurrents, déclics de lucidité.

Créer un objectif de rêve lucide et ainsi renforcer son intention de devenir un rêveur lucide (exercice 3) :  clarifier ses motivations pour le rêve lucide (plaisir, créativité, spiritualité, guérison...) renforce l'intention. L'auteure propose alors d'écrire ses 3 motivations principales, de visualiser son rêve lucide idéal, de l'utiliser pour cultiver son intention, sans toutefois en faire une fixation contraignante pendant le rêve.

1.5 - Les phases de sommeil

Clare Johnson explique ici que le sommeil se compose de 4 phases qui se répètent par cycles de 90 minutes :

1ère phase : sommeil léger,

2ème phase : sommeil un peu plus profond,

3ème phase : sommeil profond et récupérateur,

4ème phase : sommeil paradoxal avec mouvements oculaires rapides.

Les rêves lucides surviennent surtout en phase 4 (sommeil paradoxal), mais pas uniquement. Les périodes oniriques les plus propices ont lieu en fin de nuit, quand la chimie cérébrale favorise la lucidité.

Le chapitre 1 se termine avec un exercice (exercice 4) de méditation matinale pour faire naître un rêve lucide lors de cette la période la plus propice.

1.6 - Comment vaincre les doutes, les peurs et les blocages mentaux qui nous empêchent de devenir un rêveur lucide

Clare Johnson passe ensuite en revue les freins psychologiques courants qui peuvent nous empêcher de faire des rêves lucides. On peut, en effet :

Douter quant à la possibilité même du rêve lucide,

Avoir peur de ce qui pourrait surgir,

Manquer de motivation pour appliquer les techniques,

Penser ne pas avoir assez d’imagination, ne pas être assez créatif pour y arriver,

Ne pas vouloir sacrifier du temps de sommeil,

Ressentir un certain malaise à devenir rêveur lucide.

L’auteure répond point par point à ces résistances, en démontant nos idées limitantes.

En résumé, son message est le suivant : avoir l'esprit ouvert, la conscience que nous rêvons chaque nuit, et la certitude que le potentiel du rêve lucide est accessible à tous.

Chapitre 2 - Exercices efficaces pour se réveiller dans ses rêves

Même si la lucidité fascine, il n'existe pas de recette miracle pour y accéder du jour au lendemain. Il s’agit d’un état d'esprit que nous devons cultiver patiemment. Et pour cela, nous nous appuierons sur l'Intention, la Clarté et l'Expectative, et pratiquerons régulièrement pour élever notre niveau de conscience global. 

Aussi, l’auteure conseille de rester au moins une semaine sur une même technique d'induction avant d'en changer, pour donner le temps au cerveau d'intégrer le message.

L'essentiel, ajoute-t-elle, est de garder sa motivation en éveil, sans se mettre la pression.

Chaque petit progrès est bon à prendre, que ce soit se rappeler un rêve, se poser la question de son état ou voler en rêve. L'indulgence et la persévérance sont de mise !

"Jouez avec votre objectif de rêve lucide avec enthousiasme et légèreté, tandis que vous essayez les procédés présentés dans ce chapitre et surtout restez curieux et motivé !"

2.1 - Les cinq tests de réalité les plus efficaces 

Dans le deuxième chapitre du "Guide du rêve lucide",  Clare Johnson commence par nous indiquer quels sont les tests de réalité qui permettent de développer notre esprit critique au cœur même du rêve, en nous interrogeant sur notre état de conscience.

Elle détaille alors 5 tests particulièrement efficaces, à pratiquer plusieurs fois par jour :

Le test du flottement : sentir le poids et la solidité de son corps. "Êtes-vous léger ? Suffisamment pour flotter dans l’air ? Votre corps est-il tangible ? Lorsque vous appuyez votre épaule contre un mur, pénétrez-vous dedans ? Si vous tapez d’une main sur une table, la traverse-t-elle ? Sautez en l’air : atterrissez-vous d’un coup sec ou planez-vous un peu ?".

Le test du doigt : essayer de faire passer son doigt à travers sa paume, le tirer pour voir s’il devient élastique ou s’arrache.

Le pincement de nez : se pincer le nez et tenter de respirer.

Dire l'heure ou lire : les chiffres et lettres se comportent bizarrement en rêve.

L'astuce des mains : examiner en détail ses mains et leur aspect : "observez attentivement vos paumes. Examinez les lignes qui courent entre les doigts, puis inspectez le dos. Détaillez vos bagues, si vous en portez, scrutez ces étonnants tourbillons de chair situés au niveau des articulations ou la longueur de vos ongles. N’oubliez pas vos veines. Voyez-vous des taches de rousseur ?"

Un exercice (exercice 6) encourage ici à inventer ses propres tests, ancrés dans ses sensations corporelles et ses fonctionnements mentaux pour plus d'efficacité.

2.2 - Comment utiliser sa mémoire pour se réveiller au cours d'un rêve

Notre mémoire prospective, qui nous permet de nous rappeler d'effectuer une action prévue, est un formidable outil pour déclencher la lucidité.

Trois exercices sont ici proposés par l’auteure :

L'exercice 7 du "Guide du rêve lucide" détaille comment utiliser notre mémoire prospective : se répéter dans la journée son intention de rêver lucide, créer des rappels visuels, se donner des tâches insolites à accomplir en cas de situation précise... En reliant l'intention à nos déclics personnels, on ancre le réflexe du test de réalité.

L'exercice 8 propose de nous entraîner à renforcer notre intention le jour pour la déclencher la nuit. Pour cela, l’auteure nous invite à réagir différemment à nos facteurs de stress, ceci dans le but de renforcer notre capacité à nous souvenir d'une résolution.

L’exercice 9 partage la Technique IMRL ou MILD en anglais (Mnémonic Induction of Lucid Dreams) du Dr Stephen LaBerge, chercheur spécialiste du rêve lucide. Cette technique s'appuie sur la mémoire prospective : le matin, on mémorise son rêve, on se dit qu'on le reconnaîtra, on se visualise lucide, le tout jusqu'à se rendormir.

2.3 - Compléments alimentaires, masques de rêves lucides et stimuli sonores lucidogènes

Il y existe, nous apprend ici l'auteure, des compléments alimentaires et masques émettant des flashs ou stimuli sonores qui peuvent aider certains à devenir rêveur lucide, avec prudence et patience.

2.4 - Techniques d’induction nocturnes pour devenir rêveur lucide

Plusieurs techniques d'induction nocturnes du rêve lucide sont alors présentées : 

La technique "Se Réveiller Se Recoucher" ou "Wake Up, Back to Bed" (WBTB) en anglais  (exercice 10) qui mise sur le rebond de sommeil paradoxal après une interruption de sommeil. Autrement dit : le fait de se lever brièvement favorise les rêves lucides en rallongeant le sommeil paradoxal.

L'identification de nos déclics de lucidité personnels liés à nos besoins corporels ou à nos thèmes oniriques récurrents (exercice 11). 

La technique du bout des doigts, à pratiquer en s'endormant (exercice 12).

La création d'une compilation musicale avec des chansons déclics (exercice 13).

La technique du bras coincé pour associer une position à l'intention (exercice 14). 

La saisie des micro-réveils nocturnes pour réaffirmer son intention (exercice 15).

En somme, le chapitre 2 du "Guide du rêve lucide" fournit une belle boîte à outils pour stimuler sa lucidité, en alliant techniques diurnes et nocturnes.

Place désormais à un moment clé de la pratique : l'endormissement.

Chapitre 3 – Détendez-vous pour rêver lucide

Clare Johnson est claire : si le rêve lucide demande de l'entraînement, ce ne doit pas être au détriment du sommeil. En fait, l'enjeu, selon elle, est de réussir à cultiver une relaxation profonde tout en restant vigilant.

C’est cet équilibre subtil que nous enseigne le troisième chapitre du "Guide du rêve lucide". Pour cela, il nous faut miser, notamment, sur l'état hypnagogique, ce moment de basculement fascinant entre veille et sommeil.

3.1 - Voyage lucide dans le sommeil

Ce passage du "Guide du rêve lucide" relate une expérience hypnagogique complète.

Elle démarre par les premières sensations de flottement (brume lumineuse) et visions lumineuses jusqu'à l'immersion totale dans un rêve, en passant par toutes les étapes : images statiques 2D, images 3D évolutives, scènes filmiques...

Le rêveur parvient à rester conscient tout au long et à influencer les événements, jusqu'à prendre son envol, dans un pur moment de joie et de lucidité.

3.2 - De l'imagerie hypnagogique au rêve lucide

Clare Johnson détaille ici son modèle de l'hypnagogie visuelle, "véritable porte d'entrée vers le rêve lucide", souligne-t-elle.

Elle décrit ensuite le rêve lucide induit pendant l'éveil (WILD). Autrement dit, lorsqu'on parvient à passer de l'éveil au rêve sans perdre conscience, en restant vigilant aux images et sensations étranges.

L’auteure partage enfin son souvenir d'enfant lorsqu'elle observait son double endormi flottant vers la lumière, au seuil du sommeil.

Pour finir cette partie, un exercice (exercice 16) nous apprend à pratiquer la technique WILD de manière détaillée : position, détente, observation des images, gestion des sensations surprenantes, test de réalité, visualisation d'une scène... jusqu'à l'entrée en rêve lucide. Y est abordé aussi le "vide lucide", cet interstice noir entre deux rêves, propice à la méditation. 

3.3 - Jouer avec son corps onirique lucide

Dans cette partie du "Guide du rêve lucide", Clare Johnson explique que le corps onirique, extension plastique de notre conscience, nous permet les métamorphoses et expériences physiques les plus incroyables.

Elle évoque, en guise d’illustration, son expérience enfantine de "Grande Clare", une dilatation de son corps et de sa conscience qui la fascinait et qu'elle associait au rêve lucide.

Un exercice (exercice 17) nous invite à nous entraîner, à notre tour, à ce type d’expérience par la visualisation : étirements, rétrécissements, rajeunissement, lévitation, transformation en animal ou élément...

3.4 - L'état de demi-sommeil comme élixir créatif

Clare Johnson affirme ici que le demi-sommeil, en tant qu’état de conscience "entre-deux", s'avère être un formidable stimulant créatif, et encore plus lorsqu'on parvient à rester lucide : "dans les états de relaxation profonde qui marquent l’assoupissement (ou l’éveil), la créativité infinie du rêve se mêle à notre cerveau d’éveil pour former un cocktail détonant" écrit-t-elle.

L’auteure rapporte, en guise d’exemple, la fameuse histoire du chimiste Kekulé qui découvrit la structure en anneau du benzène lors d'un état hypnagogique. Elle relate aussi celle de l'artiste Salvador Dali qui s'assoupissait régulièrement dans son fauteuil une clé à la main. Lorsque, avec la somnolence, la clé glissait et tombait, elle le réveillait. Selon l’auteure, son imagination puisait souvent dans cette imagerie onirique.

Dans un exercice (exercice 18), est alors détaillé la technique pour "surfer à la lisière du sommeil" : posture détendue, focalisation sur un rêve, observation décontractée des images, maintien de la vigilance par des mouvements subtils, questionnement ciblé sur un projet artistique... Un entraînement exigeant mais gratifiant.

3.5 - Transitions vers l'éveil : faux réveils et imagerie hypnopompique

En miroir de l'état hypnagogique, l'auteure décrit deux phénomènes au seuil du réveil : 

Les faux réveils, ces moments trompeurs où l'on croit se réveiller et vaquer à ses occupations alors que l'on rêve encore. L'occasion idéale pour un test de réalité ! 

L'état hypnopompique, avec son imagerie qui semble se matérialiser dans la chambre du dormeur. Une chance à saisir pour prolonger l'état de conscience onirique.

3.6 - Techniques de base pour renforcer l'intention et multiplier ses chances de lucidité

Cette dernière partie regroupe 7 techniques simples à expérimenter pour démultiplier ses chances de déclencher sa lucidité : 

Dormir ailleurs que dans son lit (exercice 19),

Développer la rêverie diurne (exercice 20),

Revivre ses rêves en visualisation (exercice 21),

Pratiquer une activité corporelle consciente comme le yoga (exercice 22),

Affûter son sens de l'inhabituel, "son radar à bizarrerie" et tester sa réalité (exercice 23), 

Créer un rituel du coucher dédié aux rêves lucides (exercice 24), 

S'endormir en écoutant une visualisation personnalisée de son rêve (exercice 25).

Le chapitre 3 du "Guide du rêve lucide" nous a fourni une boîte à outils variés et ciblés pour accompagner le glissement vers le sommeil, ce moment privilégié pour incuber ses rêves lucides.

Passons à présent au prochain objectif : identifier son profil de dormeur et de rêveur pour personnaliser au mieux sa pratique.

Chapitre 4  - Créez votre programme personnel de lucidité

Après avoir présenté les techniques de base pour devenir rêveur lucide, le Pr. Clare Johnson nous invite à mieux nous connaître en tant que rêveur et dormeur unique, grâce au questionnaire de lucidité qu'elle a créé.

L'objectif : identifier notre profil pour sélectionner les méthodes d'induction de rêve lucide les plus adaptées et créer un programme sur-mesure.

4.1 - À quel genre de rêveur et de dormeur appartenez-vous ?

L'auteure souligne que malgré l'universalité du sommeil et du rêve, nous avons tous des habitudes, des facilités et des blocages différents dans ces domaines.

Certains se souviennent beaucoup de leurs rêves, d'autres pas du tout. Certains s'endorment facilement, d'autres souffrent d'insomnie. D'où l'intérêt du questionnaire de lucidité pour nous aider à mieux cerner notre fonctionnement (exercice 19).

Ce questionnaire se compose de 9 rubriques avec des questions à choix multiples ou ouvertes.

Voici ces rubriques :

La profondeur et qualité de notre sommeil,

Nous et notre vie onirique,

Nos rêves d'enfance,

Notre imagination et notre pensée visuelle,

Nos cauchemars,

L’insomnie et troubles du sommeil,

La dépression et anxiété,

La conscience,

Le rêve lucide.

Nous pouvons y consacrer une vingtaine de minutes, seul ou aidé par un ami. L'essentiel est de répondre le plus sincèrement et précisément possible. Il est aussi intéressant de compléter le questionnaire une seconde fois en notant nos réponses "idéales", pour visualiser là où on veut aller.

4.2 - Appliquer les meilleures techniques selon son profil de rêveur

Après analyse du questionnaire, nous pouvons nous identifier à un ou plusieurs des 15 profils type listés par l'auteure : petit/ gros dormeur, dormeur léger/ agité/ insomniaque, grand/petit rêveur, rêveur anxieux, hautement conscient, rêveur heureux, rêveur lucide, penseur visuel et imaginatif, lucide, victime de cauchemars, insomniaque rêveur contrarié, rêveur enfant prodige...

Pour chaque profil, "Le Guide du rêve lucide" partage un "programme de lucidité" avec des recommandations personnalisées parmi les nombreux exercices présentés. Il peut s'agir de techniques de relaxation, de visualisation, de travail sur les cauchemars, les paralysies du sommeil, le lâcher-prise émotionnel, le retour dans le rêve, les tests de réalité, le renforcement de l'intention, etc.

L'idée est de combiner les programmes correspondant à nos différentes facettes de dormeur/rêveur pour construire une routine adaptée. Des exemples de programmes type pour certaines associations courantes de profils sont fournis en annexe.

4.3 - Créer son programme de lucidité personnalisé

Une synthèse en 9 étapes pour appliquer concrètement la démarche est énoncée dans l’exercice 27 :

Répondre au questionnaire de lucidité.

Choisir parmi les 15 profils ceux qui nous correspondent.

Explorer les programmes associés et sélectionner 3 exercices de base.

Choisir un exercice de renforcement de l'intention.

Définir 3 tests de réalité à pratiquer.

Compléter le modèle de programme personnalisé fourni en annexe.

S'inspirer des exemples de l'annexe si besoin.

Définir sa routine de sommeil et ses objectifs de journal de rêve.

Démarrer le programme dès le soir et l'ajuster au fil du temps.

Ainsi, avec ce chapitre très concret et le questionnaire comme point d'appui, l'auteure nous aide à nous orienter parmi les nombreuses techniques d'induction des rêves lucides et trouver celles qui résonneront le mieux avec notre nature profonde.

Une approche résolument personnalisée pour cheminer vers la lucidité à notre propre rythme. Place désormais aux méthodes pour prolonger nos rêves lucides une fois dedans !

PARTIE 2 – Restez lucide : faites des rêves lucides plus longs et plus satisfaisants

Chapitre 5 - Exercices pratiques pour des rêves lucides plus longs

5.1 - Cultiver la sérénité

Une fois devenu lucide en rêve, le défi est de le rester.

Souvent, le débutant perd sa lucidité par excès d'excitation ou de distraction. L'enjeu est donc d'apprendre à stabiliser cet état de conscience si spécial, en cultivant le calme et la vigilance. La clé : s'entraîner le jour à remarquer et apaiser ses émotions pour mieux y parvenir la nuit.

Pour cela, "Le Guide du rêve lucide" nous invite à réaliser un exercice (exercice 28). Ce dernier consiste à observer le flux de nos émotions, les nommer, trouver des moyens de nous apaiser (respiration, visualisation de notre corps onirique). L’auteure suggère même d'utiliser la télé comme support de test de réalité, en pleine montagne russe émotionnelle ! Il s'agit d'ancrer une affirmation positive ("Je suis paisible et détendu") et un geste associé pour les réutiliser en rêve lucide.

5.2 - Les niveaux de lucidité

Ce passage détaille le spectre de la lucidité. Car :

"Le rêve lucide n’est pas une phase unique de vigilance mentale : il en existe plusieurs niveaux. En d’autres termes, la lucidité implique la vigilance et celle-ci connaît différents degrés d’intensité. Pensez au moment où vous êtes concentré. Quand vous terminez une tâche en un éclair. Quand vous jouez comme un dieu au tennis. Et pourtant, à d’autres instants, vous vous trouvez lent, vous rêvassez. Parfois, on commet des erreurs, par manque de vigilance. C’est la même chose dans l’état onirique."

L’auteure examine donc ces niveaux de lucidité : depuis la non lucidité totale jusqu'à la conscience transcendante du "vide lumineux", en passant par des états intermédiaires comme la pré-lucidité (on se questionne sans comprendre qu'on rêve), la lucidité brouillée par les émotions, instable ou au contraire limpide et prolongée.

Ainsi, notre degré de vigilance fluctue. Toutefois, nous pouvons apprendre à le rehausser volontairement, affirme Clare Johnson.

5.3 - Que ressent-on quand on perd sa lucidité ?

À travers un exemple de rêve lucide dans un champ de neige, l'auteure nous fait vivre de l'intérieur la dissolution progressive du rêve par excès de distraction ou d'émotion.

On comprend alors l'importance des techniques de stabilisation pour prolonger l'expérience. Pour l’auteure, s’il nous arrive de perdre sa lucidité très tôt au milieu d’un rêve, au lieu de se sentir frustré, mieux vaut prendre un temps pour noter son rêve, et le rejouer en visualisation en y insérant les techniques de stabilisation nécessaires.

5.4 - Les techniques de stabilisation pour rester lucide

"Perdre sa lucidité n’est pas forcément un combat – parfois on se réveille naturellement et c’est merveilleux. De temps à autre, notamment à la fin d’un long songe, on le laisse nous échapper. D’ailleurs, on ne s’en rend même pas compte, absorbé par l’action et les émotions oniriques au point d’en oublier sa lucidité. C’est seulement au réveil, en y repensant, qu’on réalise : "Tiens, je crois que j’ai perdu ma lucidité juste après que le bateau pirate s’est mis à couler." Bonne nouvelle, il existe des méthodes pour façonner l’état d’esprit attentif et lucide dont nous avons besoin pour naviguer dans ce monde des rêves halluciné et envoûtant."

  • La technique CLEAR

Pour stabiliser notre lucidité, l’auteure nous propose d’essayer la technique CLEAR. Elle se réalise en 5 étapes (l'acronyme aide à mémoriser) :

Calmez-vous,

Lorgnez autour de vous,

Expérimentez dans le rêve,

Affirmez que vous rêvez,

Rappelez-vous vos objectifs oniriques.

  • 8 nouvelles méthodes pour rester lucide

"Le Guide du rêve lucide" partage 8 exercices comme 8 autres façons de rester lucide :

1/ Le jeu des différences (exercice 30)

Le but est d’aiguiser notre sens de l'observation en listant les différences entre rêves lucides et non lucides (couleurs, logique, thèmes, sensations...). Un esprit de détective pour mieux repérer les indices de rêve.

2/ Faire de nos personnages oniriques des alliés (exercice 31)

Au lieu de nous laisser duper, apprenons à repérer les indices de lucidité de nos personnages oniriques (clins d'œil, pouvoirs étranges, regards perçants). Nous pouvons leur demander, avant de dormir, de nous aider à devenir rêveur lucide.

3/ Changer de point de vue (exercice 32)

Si la scène devient floue, évitons de fixer du regard et promenons plutôt notre attention d'un détail à l'autre pour stabiliser le rêve.

4/ Tourner comme un derviche (exercice 33)

Pivoter sur soi-même permet à certains de créer une "nouvelle scène stable". L’auteure confie qu’avec elle, cette méthode ne fonctionne pas et qu’elle peut donc ne pas marcher avec tout le monde. Toutefois, ajoute-t-elle, nous pouvons atterrir dans le "vide lucide" qui reste une vaste opportunité de création.

5/ Nous donner la main (exercice 34)

L’auteure décrit 5 façons d'utiliser ses mains pour rester lucide (les frotter, applaudir, teste de réalité, toucher le décor, les lever devant soi). Un grand classique !

6/ Activer notre cerveau grâce à l'arithmétique (exercice 35)

Des petits calculs simples suffisent à stimuler la vigilance et éclaircir le rêve.

7/ Parler aux personnes, objets et animaux qui peuplent notre rêve (exercice 36)

Dialoguer avec les éléments du rêve, même inanimés, renforce la lucidité et apporte de surprenantes révélations. Sinon, on peut aussi les lécher pour se reconnecter aux sensations !

8/ Se rappeler qu’on est dans un rêve lucide (exercice 37) 

Un mantra chantonné ("je suis lucide"), un objet symbolique ou un pense-bête permettent de ne pas oublier qu'on rêve, malgré la force d'envoûtement du scénario.

En résumé, le chapitre 5 du "Guide du rêve lucide", riche en conseils pratiques, nous apprend à prolonger les rêves lucides, avec en filigrane l'idée d'un entraînement à la vigilance et au calme qui se poursuit le jour comme la nuit.

Place, à présent, aux techniques de transe éveillée et de méditation pour muscler encore notre lucidité.

Chapitre 6 - Entraînez votre esprit à prolonger le rêve lucide

Le sixième chapitre du "Guide du rêve lucide" nous fait observer que la lucidité onirique est comme un muscle qui se renforce avec la pratique. Ainsi, plus nous l'utilisons, plus il devient facile de rester conscient et concentré, même au cœur des rêves les plus fous.

Ce chapitre explore alors 3 approches pour consolider notre vigilance : les transes créatives, la méditation/ musique/ mantras et le yoga du rêve.

6.1 - Les 3 forces vitales du rêve lucide

Avant d’aborder ces 3 façons de nous entraîner à être lucide, l'auteure rappelle le trio gagnant pour ancrer la lucidité (ICE) :

L'Intention => la volonté de devenir rêveur lucide,

La Clarté => rester concentré malgré les distractions oniriques,

L'Expectative => s'attendre à réussir.

En exerçant ces 3 forces dans notre vie éveillée, on bâtit un état d'esprit robuste pour affronter sereinement les rêves.

6.2 - Trois façons de développer et d’ancrer notre lucidité

1/ Les transes créatives lucides

La transe lucide est un état de conscience qui mêle éveil et rêve, concentration et imagerie débridée. S'y entraîner permet d'apprendre à maintenir cet équilibre subtil si précieux pour les rêves lucides. De nombreux créatifs l'utilisent pour libérer leurs idées.

L'exercice 38 détaille la technique d'écriture lucide pour y parvenir : dans un état de relaxation, on revisite un rêve en le laissant se déployer puis on écrit sans s'arrêter, en restant dans le flux des images. Plus qu'un outil de créativité, c'est aussi un puissant processus de guérison, qui permet d'interagir avec nos rêves sans peur.

2/ La méditation, la musique et les mantras

Méditer en se focalisant sur son intention de rêver lucide a un double effet : cela augmente nos chances d'en faire, tout en développant une clarté d'esprit propice à les prolonger.

L'exercice 39 propose une méditation guidée complète, avec respiration consciente, mantra personnalisé ("je suis lucide"), visualisation, ancrage du calme et de la vigilance. Une variante : méditer à la bougie en observant la flamme pour induire une transe lucide.

Comme nos pensées influent sur nos rêves, la musique est également un bon support pour induire des vibrations de joie et de lucidité. Que ce soit avec des instruments, des chants ou des mantras mélodieux martelant notre intention, elle nous aide à rester concentrés et sereins.

L'exercice 40 nous invite alors à une transe musicale allongée, pour voyager dans nos rêves en pleine conscience, l'exercice 41 à créer une ritournelle entêtante de lucidité, et l'exercice 42 à utiliser notre voix chantée pour stabiliser le rêve de l'intérieur.

3/ Devenir un yogi du rêve lucide

Yoga, taichi, qi gong... Toute discipline corporelle qui allie souplesse physique et mentale est une alliée précieuse des rêves lucides. La posture de la montagne (exercice 43 : Tadasana) et celles d'équilibre comme le bateau (exercice 44 : Paripurna Navasana) ou l'arbre (exercice 45 : Vrksasana) sont particulièrement recommandées pour leur effet apaisant et fortifiant. Les pratiquer en rêve est jouissif !

6.3 - Trois exercices de stabilisation supplémentaires

"Le Guide du rêve lucide" partage 3 autres astuces sans tapis de yoga cette fois :

Raconter son rêve à voix haute à mesure qu'il se déroule en mentionnant souvent les mots "rêve" et "onirique" (exercice 46).

Se remémorer son objectif de rêve pour raviver sa détermination si la lucidité vacille (exercice 47).

Voler dans son rêve, pour se réancrer par les sensations et les changements de perspective (exercice 48).

Le chapitre 6 du "Guide du rêve lucide" nous enseigne une belle palette d'entraînements pour fortifier notre mental, du plus créatif au plus méditatif. De quoi prolonger sereinement nos escapades oniriques.

Notre prochaine étape est désormais d’apprendre à les piloter avec doigté. Tout un art !

PARTIE 3 – Dirigez vos rêves lucides : découvrez les meilleures techniques

Chapitre 7 - Dirigez vos rêves lucides grâce au pouvoir de la pensée et de l'intention

Une fois lucide en rêve, que faire ? "Tout ce que vous voulez !" s’exclame le Pr Clare Johnson.

Le rêve lucide ouvre un champ infini de possibles, des plus fantastiques aux plus introspectifs. Mais comment procéder ?

Le 7ème chapitre du "Guide du rêve lucide" partage les différentes manières d'orienter le cours de nos aventures oniriques.

7.1 - Être lucide ne veut pas forcément dire contrôler ses rêves

L’auteure commence par déconstruire un mythe: être lucide, assure-t-elle, ne signifie pas forcément contrôler le rêve. Nous pouvons très bien l'observer ou y participer passivement sans rien diriger.

Elle distingue alors 4 niveaux d'implication, de l'observation à la maîtrise continue :

"L’ observation passive" : lorsqu’ "on observe le rêve comme un film en taisant nos pensées".

"La participation passive" : quand "nous entrons dans le cours des événements en devenant lucide, sans vouloir consciemment les modifier".

"Le contrôle sporadique" : qui "nous permet de pousser le rêve dans une certaine direction ou d’interroger notre environnement onirique et d’en attendre une réponse".

"Le contrôle continu" : dans ce cas, "le rêveur s’efforce de guider et de diriger les événements tout au long du rêve".

7.2 - Les rêves réagissent à nos pensées et à nos émotions

L’auteure décrit également ici comment nos pensées, émotions, croyances influent constamment sur le rêve, lucide ou non, sans qu'on puisse tout contrôler. En fait, le rêve est comme un miroir qui reflète et amplifie notre monde intérieur. Il répond instantanément par des images à nos attentes, peurs et désirs.

Prendre conscience de cet écho permanent est alors la meilleure leçon de pleine conscience !

C’est pourquoi, note Clare Johnson, pour bien piloter nos rêves lucides, mieux vaut identifier au préalable nos croyances sur le rêve, l'éveil et la nature de la réalité. Elles peuvent en effet faciliter ou limiter nos expériences.

Pour nous y aider, l’auteure fournit un exercice (exercice 49 : "Testez votre système de croyance"). Celui-ci propose un questionnaire détaillé pour faire le point sur notre vision : du contrôle du rêve, du lien pensée-matière, des lois de la physique, de la nature des rêves, de notre identité et notre attitude en rêve...

7.3 - Les peurs liées à la maîtrise du rêve

Certains craignent qu'en contrôlant trop le rêve, on rate ses messages inconscients. Mais l'auteure nous rassure sur ce point : un rêve important reviendra de toute façon sous une autre forme tant qu'on n'aura pas saisi le message. Et la conscience lucide offre justement une opportunité d'introspection et de dialogue direct avec notre psyché, en plus des rêves non lucides qui continuent en parallèle.

Autre point soulevé par Clare Johnson : celle-ci nous invite à interagir avec souplesse et respect avec le rêve, comme une conversation où spontanéité et fantaisie gardent leur place. Pas de contrôle rigide mais une coopération ludique et curieuse. Comme dans la vie, l'important est de suivre son ressenti et d'expérimenter avec un esprit ouvert.

7.4 - Pourquoi les rêves lucides érotiques sont-ils parfois si difficiles à obtenir ?

Le sexe est un sujet brûlant en rêve lucide ! L'auteure explique que si le scénario prévu ne se déroule pas comme prévu (partenaire qui disparaît, etc), c'est souvent un problème de lucidité insuffisante plus que de contrôle.

Elle partage alors un exercice à réaliser (exercice 50 : "guide du rêve lucide réussi") qui fournit des conseils pour réussir ses rêves érotiques : bien visualiser son fantasme à l'avance, stabiliser d'abord la lucidité, faire apparaître son partenaire idéal par une incantation ou un rituel, explorer des sources de plaisir inattendues...

7.5 - Je n'arrive pas à voler dans mes rêves lucides ! Que se passe-t-il ?

Autre classique frustrant : l'échec à s'envoler. Là encore, c'est souvent un manque de lucidité stable couplé à des croyances limitantes sur ce qui est possible ou non. Il faut aussi savoir lâcher-prise et y mettre de la légèreté, informe Clare Johnson.

L'exercice 51 ("guide du vol en rêve lucide") prodigue de nombreuses astuces pour un décollage facile : s'attendre à voler sans effort, se rappeler que la gravité n'existe pas en rêve, sauter avec l'intention de s'envoler, utiliser son souffle, adopter la position de Superman... Le vol est une des expériences les plus grisantes et libératrices en rêve lucide.

7.6 - Se servir des personnes et des images que nous rencontrons dans nos rêves

Pour Clare Johnson, les personnages de rêves, humains, animaux ou entités sont de précieux alliés. Et en affinant notre perception, nous découvrons que ces derniers peuvent avoir des niveaux de conscience très variables, des zombies aux êtres "supraconscients". L'exercice (exercice 52) proposé dans cette partie du "Guide du rêve lucide" nous aide alors à les repérer.

Aussi, pour l’auteure, il est important de traiter ces personnages avec respect et bienveillance. De cette façon, nous favorisons des échanges riches et surprenants qui nourrissent autant la créativité que la quête de sens. Et parfois, souligne l’auteure, c'est le rêve lui-même qui semble nous répondre, par télépathie, au-delà des mots.

L'exercice 53 nous encourage à soigner ces relations pour stimuler et favoriser notre lucidité : ces amis oniriques nous laissent, en effet, des indices, nous guident, nous éveillent.

Au terme de ce chapitre 7 du "Guide du rêve lucide", nous possédons de nombreuses pistes et réflexions pour déployer tout le potentiel du rêve lucide, avec souplesse, curiosité et discernement. En bonus, des conseils ciblés pour réussir les rêves érotiques et s'envoler en toute liberté.

L’auteure propose, à présent, de nous apprendre à apprivoiser les cauchemars...

Chapitre 8 - Affrontez et accueillez vos cauchemars

Pour l’auteure du "Guide du rêve lucide", les cauchemars sont une occasion en or de pratiquer la lucidité. En effet, que l'on en prenne conscience en plein rêve ou au réveil, ils nous invitent à transformer la peur en amour et en curiosité pour en faire une expérience réparatrice.

Ce 8ème chapitre explore alors diverses techniques pour y parvenir.

8.1 - Pourquoi modifier un cauchemar ?

Clare Johnson nous fait d’abord observer que changer le scénario d'un cauchemar peut avoir un effet thérapeutique puissant, comme chez les victimes de stress post-traumatique qui revivent l'événement en boucle. En modifiant les images mentales de la scène, nous créons, en effet, un nouveau câblage neuronal qui remplace peu à peu l'ancien.

Cette "thérapie par imagerie mentale" fonctionne aussi pour des cauchemars plus anodins du quotidien (parler en public, déménager...). L'auteure la pratique avec succès dans ses ateliers d'écriture lucide, où les participants découvrent souvent des clés pour résoudre leurs mauvais rêves.

La technique qu’elle utilise pour changer ses cauchemars avec l’écriture lucide (exercice 54) consiste à :

Entrer dans une transe lucide en visualisant le cauchemar sans crainte,

Laisser les images se transformer en notant les associations d'idées,

Écrire ce nouveau scénario sans s'arrêter, comme s'il se déroulait en direct,

Consigner les enseignements et questionnements qui émergent,

Relire en soulignant les passages importants.

Clare Johnson souligne que nous pouvons adapter cette technique en "dessin lucide" ou "conversation lucide" enregistrée. L'important est de dialoguer avec l'inconscient en toute liberté pour dénouer le cauchemar de l'intérieur.

8.2 - Des solutions aux cauchemars

  • L’imagerie lucide

L’auteure partage ici une technique qu’elle a elle-même développé pour solutionner les problèmes de cauchemars. Elle l’a nommé "la solution aux cauchemars par l'imagerie lucide" (LINS).

Celle-ci doit intervenir juste après un cauchemar. Elle utilise la visualisation :

"L’imagerie lucide, c’est comme le rêve lucide… mais éveillé. Ou comme l’écriture lucide, mais sans stylo. Il suffit d’observer et de guider les images visualisées."

Attention toutefois, l’auteure déconseille cette technique aux personnes anxieuses, dépressives, souffrant de psychose ou trouble de la personnalité, ou encore en cas de traumatisme ou de deuil.

Voici cette technique (exercice 55 : "la solution aux cauchemars par l'imagerie lucide") synthétisée en 5 étapes :

Prendre soin de notre corps : respiration, hydratation, confort.

Retourner dans notre cauchemar jusqu'au point de bascule émotionnelle, c’est-à-dire  le moment où le rêve est devenu déplaisant, se rappeler qu’on est en sécurité, laisser les images émerger et faire des associations.

Identifier ce moment critique où la peur, l’angoisse, la culpabilité s'installe, et restaurer l’équilibre : "décidez de l’instant où vous souhaitez que les événements ou votre attitude changent" (choisir le moment juste avant le point de bascule fonctionne généralement assez bien, indique l’auteure).

S'imaginer lucide pour réécrire la suite : demander au personnage effrayant pourquoi il nous suit, faire en sorte qu’une scène sereine ou amusante se produise, faire intervenir des secours (ami puissant, objet magique, mantra de soin), changer d'attitude, jouer un autre rôle débarrassé de notre peur…

Se rendormir avec l'intention de rêver lucide.

  • Dix actions utiles pour faire face aux cauchemars

Pour l’auteure, en répétant la technique de "l'imagerie lucide" , nous réagirons de manière plus créative la prochaine fois et induirons un rêve lucide réparateur. L'auteure partage comment, en listant 10 façons créatives d'agir dans un cauchemar lucide ou une visualisation (exercice 56) :

Demander de l'aide au rêve, calmement : "Envoie-moi de l’aide, s’il te plaît."

Offrir un cadeau inattendu : "Tout le monde aime les cadeaux. Les personnages les plus sinistres et les bêtes les plus féroces ne font pas exception".

Affronter le problème avec force : "Parfois, la priorité n’est pas de répondre avec amour et compassion. Dans certains cas, il peut être psychologiquement valorisant de réagir avec force, notamment, dans le cas de rêves rejouant des moments de notre vie où nous avons été victime de traumatisme, de maltraitance ou de harcèlement. C’est un rêve, après tout."

Capituler et observer ce qui se passe (souvent rien).

User de pouvoirs magiques.

Demander un présent au "monstre".

Se réveiller (en retenant son souffle ou remuant ses doigts de pied) ou fuir "malin" comme dans un film (par une trappe, en réalisant une série de saltos…).

Invoquer un bouclier protecteur.

Chercher le message caché : "Au milieu de la peur et de la confusion qui règnent dans le cauchemar, demandez au personnage, animal ou événement onirique, s’il a un message à vous transmettre. Vous assisterez peut-être à une transformation. Un terrifiant tsunami s’arrête tout à coup et vous montre un gros plan du patron qui vous harcèle : votre situation professionnelle vous submerge, mais de grands changements ne vont pas tarder."

Embrasser ce qui nous menace avec amour.

8.3 - Anxiété, malaise et peur en tant que déclics de lucidité

Dans un autre exercice (exercice 57), l’auteure partage un dernier conseil simple mais efficace pour mieux gérer les cauchemars : dès qu'on ressent un malaise éveillé, s'interroger "Est-ce que je rêve ?" et faire un test de réalité. Ceci permet d’en faire un réflexe salvateur en cas de cauchemar.

Et dans le cauchemar, le fait d’avoir conscience qu’on est en train de rêver, chassera la peur et nous permettra de creuser le message du rêve.

8.4 - La paralysie du sommeil

"Connaissez-vous cette sensation affreuse d’être paralysé au cours d’un rêve ? Vous fuyez un agresseur, mais vos membres se figent ; vous tentez d’avancer, mais c’est impossible et il se rapproche… vous sentez son souffle sur votre cou… Et vous vous réveillez. Votre cœur bat la chamade et vous avez encore les jambes lourdes tandis que vous essayez d’émerger de ce cauchemar."

Voilà ce qu’on appelle la paralysie du sommeil. Cela survient quand nous devenons conscient pendant l'atonie musculaire du sommeil paradoxal (impossibilité de bouger, sensations bizarres, hallucinations...).

C'est désagréable, concède l’auteure. Il n’en reste pas moins que c'est une porte d'entrée vers le rêve lucide et de fantastiques aventures lucides ! Mieux vaut donc l'accueillir sans résistance.

Voici alors quelques astuces clés pour mieux gérer la paralysie du sommeil (exercice 58) :

Ce phénomène intervient quand nous nous réveillons mentalement tandis que notre corps reste atone et notre esprit rêveur. Se rappeler alors qu’à ce moment-là, nous sommes déjà lucide et très proche du rêve.

Ne pas lutter contre les événements effrayants mais respirer, relâcher la peur et s'apaiser.

Tout observer en scientifique curieux.

Essayer d’activer son corps onirique (se frotter les mains par exemple) et d’entrer dans un rêve agréable.

Appliquer la méthode de l’imagerie lucide (expliqué dans ce chapitre, exercice 56) aux visions cauchemardesques.

Pour tout cela, il faut du courage, termine Clare Johnson, mais c'est un formidable tremplin vers l'aventure lucide.

8.5 - Comment se détendre auprès de personnages oniriques effrayants

Pour l’auteure du "Guide du rêve lucide", plutôt que d'avoir peur des apparitions, mieux vaut les voir comme des parts de nous, porteuses d'un enseignement.

L’exercice 59 nous explique alors comment se détendre face à des personnages oniriques effrayants

Retenons ici qu’en les accueillant avec amour, elles se transforment souvent en précieux alliés. Et que déconstruire ses croyances aide aussi à dédramatiser ces rencontres.

En résumé, le chapitre 8 du "Guide du rêve lucide" nous apprend à transmuter l'énergie des cauchemars en lucidité bienveillante, que ce soit par l'écriture, l'imagerie mentale ou directement dans le rêve. De quoi aborder nos peurs nocturnes comme une opportunité de nous libérer, de guérir et de grandir. Un travail exigeant mais ô combien gratifiant.

Chapitre 9 - Créativité, soin et expériences spirituelles lucides

Ce 9ème et dernier chapitre du "Guide du rêve lucide" explore les immenses potentiels du rêve lucide une fois qu'on a acquis une certaine maîtrise.

En effet, selon le Pr Clare Johnson, le rêve lucide peut stimuler la créativité, enclencher un processus de guérison physique ou émotionnelle, et même ouvrir sur des expériences spirituelles transcendantes.

De quoi aller encore plus loin dans l'aventure !

9.1 - Se connecter avec son artiste intérieur avec le rêve lucide créatif

Clare Johnson commence par rappeler combien nos rêves sont, avec leurs images fantastiques qui se déploient spontanément, un puits de créativité formidable. Dès lors, devenir rêveur lucide, c’est la possibilité d’interagir consciemment avec cette source d'inspiration inépuisable pour nourrir n’importe quelle démarche artistique.

L'auteure raconte, par exemple, comment un de ses rêves lucides lui a donné l'idée de rendre l'un de ses personnages de roman synesthète.

Par ailleurs, vivre des expériences oniriques extraordinaires (voler, respirer sous l'eau...) enrichit considérablement l'imaginaire. Sans compter le côté très immersif et multisensoriel propice à une créativité débridée.

L’auteure encourage ici (exercice 60 : "le rêve lucide pour une créativité débordante") à profiter de cet état si particulier pour :

Sortir de sa zone de confort en testant de nouveaux arts sans crainte.

Demander de l'aide au rêve qui répond en images.

S’ouvrir : "laissez le flux vous entraîner" écrit l'auteure.

Observer le processus créatif du rêve en direct : "soyez attentif aux éclats de pure créativité, tandis que le rêve insuffle la vie dans les plus minuscules détails".

Donner une impulsion initiale vers un projet puis se laisser guider.

Utiliser l'énergie puissante des cauchemars comme tremplin créatif.

9.2 - Comment fonctionne le potentiel réparateur physique et émotionnel du rêve lucide ?

Les rêves reflètent souvent nos traumatismes et problèmes émotionnels.

Pour l’auteure du "Guide du rêve lucide", devenir rêveur lucide nous donne la possibilité d'interagir avec ces images pour amorcer un processus de guérison, l'environnement onirique réagissant directement à nos pensées et intentions.

L'auteure partage l'exemple d'un homme surmontant sa peur du noir en affrontant en rêve lucide un placard menaçant qui finit par se déchirer. Quand on choisit d'envoyer de l'amour aux personnages effrayants, la transformation réparatrice opère, même inconsciemment.

De plus en plus de témoignages suggèrent que le rêve lucide aiderait aussi à traiter des problèmes physiques (acouphènes, tumeurs, douleurs...) grâce au pouvoir de l'esprit sur le corps. Des études montrent que nos actions oniriques ont des effets mesurables (rythme cardiaque, activité cérébrale...).

L'exercice 61 détaille alors comment induire cette guérison émotionnelle. Ainsi, face à une image effrayante ou malsaine :

Créer un cocon protecteur de lumière et réciter un mantra.

Stabiliser la lucidité pour favoriser l'état réceptif en utilisant la méthode CLEAR exposée dans le chapitre 5, exercice 29.

Envoyer de l'amour à l'imagerie négative sans chercher à la refouler.

Demander au rêve un signe ou un message réparateur.

S'attendre à recevoir de l'aide si besoin.

Un autre exercice (exercice 62) applique ces principes aux maux physiques. Ainsi, pour traiter une douleur physique, l’auteure nous invite, pendant notre rêve lucide à :

Diriger notre intention de soin vers la zone de notre corps concernée.

Former une boule de lumière de soin avec nos mains : frotter nos paumes, générer ainsi de une énergie de guérison et l’irradier sur notre corps.  

Visualiser notre corps en parfaite santé.

Chanter ou réciter un mantra de soin.

9.3 - Le rêve lucide spirituel

Le rêve lucide, nous dit l’auteure, ouvre aussi des portes vers des visions mystiques, des rencontres avec des guides ou des divinités, et des fulgurances de conscience pure.

Clare Johnson a appelé "lumière lucide" cette clarté immanente, imprégnée de béatitude et de sentiment d'unité, qu'elle voit comme notre nature essentielle. Accessible dans de nombreux états modifiés de conscience, elle serait la source primordiale dont nous émanons. La contacter régénère en profondeur.

À ce propos, elle relate une expérience personnelle :

"Un jour, juste après une échéance éditoriale stressante, je me suis écroulée sur mon lit, totalement épuisée au point de me sentir physiquement malade. Soudain, ma chambre s’est remplie de lumière : une lueur chaude et dorée qui baignait mon corps et me semblait accueillante et bienveillante. Je flottais dans un bonheur lucide. Je me suis abandonnée à l’incroyable sensation de m’immerger dans une lumière pure et curative. J’ai fini par ouvrir les yeux : une heure et demie avait passé. Pas de rêve, seule la lumière lucide. Je me suis assise, étonnée par l’énergie qui me parcourait. J’ai sauté du lit, enfourché mon VTT pour une longue balade et j’ai roulé le long de la rivière, aux anges. Une sieste puissance 10 : j’avais rechargé mes batteries directement à la source. Je brillais comme une ampoule de 100 watts ! On se réveille de ces rêves lucides spirituels, comme illuminé de l’intérieur."

9.4 - Invoquer des expériences spirituelles

"Que nous soyons athées ou croyants, le rêve lucide peut mener à des expériences transcendantales dont nous nous souviendrons longtemps" écrit Clare Johnson.

L'exercice 63 propose plusieurs façons de susciter ces expériences spirituelles.

Pour y parvenir, voici ses conseils. Durant un rêve lucide ou n’importe quel autre état de conscience modifié :

Se visualiser en train de rencontrer une divinité de notre choix ou vivre l’expérience d’une lumière lucide, formuler une intention claire et répéter un mantra.

Suivre toute lumière inhabituelle (lune très lumineuse, arbre particulièrement vivant…) et s’y connecter sans crainte : "c’est peut-être un portail ouvrant sur une expérience spirituelle".

Méditer pour une connexion express au divin.

Flotter en l’air et faire un salto arrière avec la ferme résolution d'accéder à des sphères sacrées.

Poser des questions existentielles et métaphysiques au rêve.

9.5 - Le vide lucide

Si au cours de ces explorations, nous atterrissons dans un espace infini et sombre entre deux rêves, pas de panique !

Ce "vide lucide" n'est qu'une autre forme de lumière, soutient l’auteure. "Il s’agit juste d’une lumière noire (ou blanche ou multicolore) : l’espace entre les rêves, l’étoffe dont sont faits les rêves !" précise-t-elle. C’est un état extraordinaire qui recèle un potentiel créatif infini.

Pour ne plus en avoir peur et, au contraire, en savourer ses trésors, Clare Johnson nous conseille d'y amener un état d'esprit serein et méditatif (exercice 64).

"Rappelez-vous l’histoire du chiot qui arrive dans une caverne aux parois recouvertes de miroirs. Il découvre de nombreux chiots qui l’observent. Terrifié, il jappe… et les autres se mettent également à aboyer ! Il se précipite dehors, la queue entre les pattes. Le silence retombe dans la caverne. La curiosité l’emporte et il y retourne. Il se sent plus serein, plus courageux. Alors, à son grand ravissement, il croise cette fois une petite troupe très calme. Il agite la queue et ils lui répondent tous en agitant la leur ! Le vide lucide fonctionne de la même façon. Si vous avez connu des expériences oniriques effrayantes, apaisez vos craintes. Travaillez votre respiration, entourez-vous d’un œuf de lumière protecteur et rappelez-vous que vous êtes en sécurité. Apportez cette sérénité dans le vide lucide et votre expérience n’en deviendra que plus positive."

9.6 - L’expérience hors du corps

De même, si on a l'impression de se retrouver hors de son corps, il est important de dépasser sa peur pour profiter de cette prodigieuse liberté de mouvement et de perception. Ce n'est pas une véritable sortie définitive de son enveloppe charnelle (sinon on ne se réveillerait pas) mais plutôt une extension de sa conscience (exercice 65 : "comment déclencher une expérience hors du corps dans un rêve lucide et à l'éveil").

Au terme du chapitre 9 du "Guide du rêve lucide", nous sommes désormais capable de plonger plus loin dans la vaste mer du rêve lucide, en confiance, avec en plus la possibilité de créer davantage, de guérir et de s'éveiller à sa nature profonde. Comme un grand voyage initiatique qui ne fait que commencer, pour peu qu'on ose en franchir les portes... Car "ceci n’est que le sommet de l’iceberg des possibles du rêve lucide ! Le rêve lucide est un océan, un univers qui reste encore à explorer !" termine l’auteure.

Conclusion

"La lucidité, c'est la conscience" déclare Clare Johnson pour démarrer sa conclusion. En prêtant attention à nos rêves d’une façon générale, et en nous montrant curieux face aux rêves lucides, nous devenons plus éveillés et connectés, poursuit-elle.

Partageons donc cette richesse autour de nous ! Car, pour le Pr Clare Johnson, le rêve est un langage universel qui nous relie dans notre monde fracturé :

"Lorsque nous écoutons les songes d’autrui, c’est leur âme qui nous parle. Et que se passe-t-il quand deux âmes se parlent ? On s’éclaire ! On brille ! Ainsi, en partageant nos rêves, on ajoute un peu de lumière au monde."

Dans sa conclusion, l'auteure nous encourage à adapter les exercices à notre goût, à entretenir notre curiosité et à pratiquer régulièrement. Elle évoque des témoignages bouleversants de personnes ayant surmonté un deuil, des cauchemars traumatiques ou la maladie grâce au rêve lucide.

Comme une plongeuse explorant un monde sous-marin merveilleux, elle espère nous avoir transmis cet enthousiasme pour découvrir par nous-même tous les trésors du rêve lucide. Un voyage intérieur passionnant qui ne fait que commencer... Un "autre monde" à explorer.

Annexes

Les annexes comprennent un modèle pour créer son propre programme de lucidité personnalisé, en combinant les exercices les plus adaptés à son profil de dormeur/rêveur.

L'auteure fournit également trois exemples de programmes types pour nous guider dans cette démarche sur mesure.

Conclusion de "Le Guide du rêve lucide | 65 exercices et 15 programmes pour prendre les commandes de vos rêves" du Pr. Clare Johnson

Dans "Le Guide du rêve lucide", la Pr. Clare Johnson, pionnière dans l'étude et la pratique du rêve lucide depuis plus de 40 ans, partage un condensé ultra-pratique de ses recherches, expériences et enseignements sur cet état de conscience fascinant où l'on est conscient de rêver pendant son sommeil.

Trois points clés pour résumer ce qu’est "Le Guide du rêve lucide"

  1. Un mode d'emploi complet du rêve lucide

Véritable mode d'emploi pour cheminer vers la lucidité, ce guide fourmille de conseils, techniques et programmes pour apprendre à déclencher, prolonger et diriger nos rêves lucides.

Les 65 exercices proposés couvrent toutes les étapes clés : de l'entraînement diurne aux techniques du cycle du sommeil en passant par la gestion des peurs et la personnalisation de sa pratique.

Un parcours progressif et adapté à chacun pour devenir un véritable explorateur de sa vie onirique.

  1. Une boîte à outils pour déployer le potentiel des rêves lucides

Au-delà des techniques d'induction, Clare Johnson nous montre comment interagir avec nos rêves pour en faire de formidables outils de développement personnel.

Stimulation de la créativité, résolution des cauchemars, guérison émotionnelle et physique, expériences mystiques... : la lucidité ouvre un champ infini de possibles que "Le Guide du rêve lucide" nous apprend à cultiver, avec des exercices ciblés et des retours d'expérience édifiants.

  1. Une invitation à la connaissance de soi et à l'éveil

En filigrane, cet ouvrage est une véritable invitation à mieux se connaître et à s'éveiller à notre potentiel illimité.

En prêtant attention à nos rêves et en les explorant de façon consciente, c'est un voyage intérieur que nous entamons, riche en révélations sur nous-mêmes et en opportunités de transformation. Le rêve lucide devient alors un chemin vers plus de conscience, de liberté et de sagesse.

Pourquoi lire "Le Guide du rêve lucide" ?

Vous aurez entre les mains un mine d'or pour développer votre lucidité

"Le Guide du rêve lucide" s'adresse à tous : des néophytes aux rêveurs lucides confirmés en quête d'approfondissement. Chacun y trouvera des clés pour progresser à son rythme et selon ses aspirations.

Nourri par les dernières découvertes scientifiques et des décennies d'expérience, mais toujours avec un style clair et inspirant, ce guide est une mine d'or pour qui veut développer sa lucidité au quotidien comme dans ses rêves. Il donne vraiment envie de se lancer dans l'aventure.

C’est un incontournable sur le sujet, à conseiller à tous les explorateurs de la conscience !

Je recommande la lecture de cet ouvrage pour son exhaustivité et son côté très concret.

"Le Guide du rêve lucide" vous apportera d’innombrables clés pour expérimenter par vous-même cet état de conscience modifié si particulier et en goûter ses multiples bénéfices. C’est un livre qui intéressera tous ceux qui souhaitent élargir leur conscience et explorer le vaste potentiel de leur esprit !

Il ne vous reste plus qu'à vous glisser sous la couette et mettre en pratique les précieux conseils du Pr Clare Johnson pour des nuits riches en aventures et en découvertes !

Points forts :

Un guide ultra complet qui aborde tous les aspects du rêve lucide et propose 65 exercices pratiques et 15 programmes personnalisables.

Écrit par une pionnière dans l'étude et la pratique du rêve lucide depuis 40 ans.

L’approche axé développement et l’étude de tous les bénéfices du rêve lucide : créativité, guérison, connaissance de soi, expériences mystiques...

Points faibles :

Bien que scientifiques, certains termes - qui appartiennent au monde onirique et au domaine des états de conscience modifiés - peuvent sembler ésotériques.

Certains exercices demandent beaucoup d'entraînement et de persévérance avant d'être maîtrisés.

Ma note :

★★★★☆

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Mon, 11 Nov 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12975/Le-Guide-du-rve-lucide
Faire plus avec moins http://www.olivier-roland.fr/items/view/12973/Faire-plus-avec-moins

Résumé de « Faire plus avec moins » de Vicky Payeur : la créatrice du blog Vivre avec moins nous propose ici un condensé de son savoir et de ses conseils pour « redécouvrir l’abondance grâce à la frugalité » et apprendre à vivre mieux au jour le jour.

Vicky Payeur, 2022, 204 pages.

Chronique et résumé de "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur

Avant-propos

Connaissez-vous le frugalisme ? Il s'agit de cette tendance à rechercher l'indépendance financière hors travail le plus tôt possible dans son existence. Autrement dit, prendre sa retraite dès 30 ou 40 ans ! Mais est-ce vraiment réalisable ?

Au Québec — pays de Vicky Payeur — comme ailleurs, la réponse est oui. À condition, bien sûr, de respecter certains principes de vie et d'avoir mis suffisamment d'argent de côté pendant les années de labeur.

Le mouvement FIRE, pour Financial Independence Retire Early est pionnier et particulièrement représentatif de cette tendance de fond des sociétés contemporaines. Il a émergé aux États-Unis dans les années 2010, quand des blogueurs ont publié leurs idées concernant l'épargne et la retraite précoce.

Vicky Payeur dit s'inspirer de tous ces auteurs du mouvement FIRE. Mais elle voudrait répondre à une question restée selon elle largement sans réponse : "comment vivre la frugalité au quotidien ?" C'est-à-dire concrètement (p. 8-9) :

« Comment faire augmenter la valeur de ses placements ?

Quelles stratégies utiliser pour réduire les impôts à payer ?

Comment travailler davantage ou gagner plus d'argent ?

Quelles dépenses est-il nécessaire d'enlever de son budget pour peut-être espérer vivre librement un jour ?

Comment épargner un peu plus chaque mois ? » (Faire plus avec moins, Avant-propos)

L'autrice s'est posé ces questions dans sa propre existence : en 2015, elle est passée d'un mode de vie hyperconsommateur à une existence frugale, principalement pour rembourser ses dettes. Aujourd'hui, elle est très heureuse de son choix et veut partager ses bons plans avec vous. Sympa, non ?

Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur son blog Vivre Avec Moins.

Introduction

"Frugalité est un mot que j'entends bien rarement. Probablement parce qu'il est souvent associé péjorativement à l'avarice ou, comme on dit, au fait d'être cheap. Personne ne souhaite être perçu ainsi dans une société où l'étalage des richesses et la démonstration d'exploits professionnels sont valorisés ! Cependant, il y a une nuance importante entre frugalité et avarice."

Quelle est-elle ?

L'avare ne veut pas se séparer de son argent ; il veut même en accumuler toujours plus, sans raison.

La personne frugale (ou le "frugaliste") est sobre, oui, économe, encore, mais elle n'est pas attachée à l'argent et pourra se montrer généreuse ou s'octroyer des plaisirs de temps à autre.

La frugalité ne date pas d'hier

En un sens, la frugalité est une habitude de grand-mère. Rappelez-vous ses petits plats et sa manie à "tout" réparer ou à tout garder. Eh bien, c'est l'inverse de notre mode de vie actuel et, pourtant, c'est vers cela que nous pouvons aller si nous le voulons.

Oui, penser sa consommation est (re)devenu essentiel ! Oui, penser, réfléchir à ce qui est utile et à ce qui ne l'est pas. Commençons petit à petit et voyons comment amplifier peu à peu cette attitude dans notre existence de tous les jours. L'enjeu est économique, mais aussi environnemental.

Oser devenir libre

"En consommant moins, mais mieux, on peut transformer notre budget en entier", dit l'auteur. Épargner : voilà la clé. Et ce livre est justement conçu pour vous aider à le faire de manière efficace. Certaines propositions peuvent paraître "extrêmes", mais c'est parce qu'elles visent à "atteindre des objectifs ambitieux".

C'est possible. Par ailleurs, être frugal ne veut pas dire arrêter complètement de travailler. Vous pouvez vous consacrer à des projets qui ont du sens pour vous, mais vous ne dépendez plus d'un emploi qui ne vous plaît pas.

À vous de définir exactement votre idée de la liberté financière. À vous, aussi, de laisser de côté les conseils qui vous plairont le moins pour adapter la méthode en fonction de vos aspirations profondes.

Partie 1 — L'heure des bilans

  1. Analyse

Au Québec, un tiers de la population environ vit d'une paie à l'autre sans pouvoir épargner ou en épargnant très peu. Pour Vicky Payeur, c'était la même chose. Jusqu'au jour où elle s'est mise en tête d'étudier les dépenses de son compte bancaire.

Elle donne ce premier conseil :

"Prenez le temps d'analyser votre situation financière en toute franchise et posez-vous la question suivante : "où va mon argent ?"." (Faire plus avec moins, Chapitre 1)

Posez-vous des questions telles que :

Combien est-ce que je dépense en… (restaurant, vêtements, etc.) ?

Quand ai-je réalisé ma dernière grosse dépense ?

Combien est-ce que j'épargne par mois ?

Jusqu'à quand pourrais-je survivre si je perdais mon travail demain ?

En fait, nous pensons souvent agir plus vertueusement que nous ne le faisons en réalité. Lorsque nous nous imposons cette petite analyse, nous voyons mieux où le bât blesse et ce que nous pouvons faire pour corriger le tir. Et cela vaut à 20 ans comme à 50 !

  1. Quotidien

Nous ne sommes pas les victimes. L'état de nos finances dépend de nous. Bien sûr, nous avons diverses obligations, mais il est toujours possible de revenir à la question : "qui a choisi de contracter ce prêt ?", etc.

Commençons donc par nous dire que c'est possible. Et que nous avons la responsabilité de gérer correctement notre argent. Chacun, en fonction de sa situation propre, peut faire un premier pas.

Quels sont les postes de dépenses que vous pouvez revoir ?

Les déplacements

Si vous avez besoin d'une voiture, interrogez-vous sur l'utilité réelle (et non symbolique) d'avoir une voiture neuve, en location (leasing) ou achetée avec un prêt, par exemple. Ne vaut-il pas mieux opter pour une voiture d'occasion ?

Et si vous ne possédiez pas de voiture ? Le quotidien deviendrait-il impossible ? Si la réponse est non, alors interrogez-vous sur le caractère nécessaire de cet achat et envisagez les autres options en comparant l'aspect financier (autobus, train, etc.).

L'hypothèque

Les prix des logements montent, grimpent, volent ! Vous voulez acheter ? Avez-vous les reins assez solides pour vous embarquer dans une hypothèque à long terme ?

Vicky Payeur met surtout en garde au niveau de la tentation de voir trop grand. Pensez votre logement en fonctions, ici encore, de vos besoins réels. Selon le nombre de personnes dans votre famille, vous aurez certes besoin d'une maison ou d'un appartement plus petit ou plus grand, mais à quoi bon vouloir un palace difficile à chauffer ?

Le ratio des dépenses mensuelles liées au logement devrait être d'un tiers (30 %) et idéalement d'un cinquième (20 %). Dans beaucoup d'endroits, il est difficile de tenir ce ratio, mais vous pouvez agir à d'autres endroits.

"En réduisant le coût obligatoire associé à votre habitation, vous aurez plus de marge de manœuvre pour les autres postes de dépenses et, par le fait même, pourrez épargner davantage." (Faire plus avec moins, Chapitre 2)

Les sorties au restaurant

Nous aimons tous aller au restaurant. Mais nous avons aussi tendance à y aller… beaucoup. Surtout lorsque nous travaillons à l'extérieur. Petit-déjeuner, déjeuner et dîner : parfois les trois repas y passent !

Faites le compte. Cela revient vite cher, vous verrez. Nous verrons dans la suite de l'ouvrage (partie 2) comment mettre en place une alimentation plus frugale et plus saine — sans pour autant nous priver du restaurant lors des occasions spéciales !

Les achats impulsifs

Les trois postes de dépenses précédents (voiture, logement, nourriture) sont souvent les plus gourmands et ceux qui nous empêchent d'épargner. Il faut y ajouter tous ces achats impulsifs qui allègent grandement notre portefeuille.

À quoi pensez-vous ? À la télévision que vous venez d'acheter ? Au cafe latte de 16 h ou à cette dernière paire de chaussures commandée en ligne ? Pas besoin de vous faire un dessin ; vous voyez certainement de quoi Vicky Payeur veut parler !

"Tous ces achats que vous faites parfois sans réfléchir ont un effet direct sur votre liberté. Plus vous dépensez, plus vous devrez travailler pour payer ces abonnements mensuels et ces achats spontanés. Chaque fois que vous utilisez votre carte bancaire, vous venez de retarder l'heure, le jour et l'année de l'atteinte de votre liberté." (Faire plus avec moins, Chapitre 2)

Cette dernière phrase peut faire réfléchir, pas vrai ? Gardez-la à l'esprit au moment de sortir votre carte bleue plus vite que Zorro.

Choisir sa vie

Bien entendu, personne ne vous demande de vivre une vie qui ne vous conviendrait pas. Vous avez le contrôle. Si, pour vous, cette vie plus dépensière vous satisfait et que vous pouvez vous l'offrir (même si c'est à crédit sur votre retraite anticipée), alors pourquoi pas !

Mais si vous avez l'ambition de moins travailler et/ou de vous consacrer davantage à ce que vous aimez vraiment, bref si votre vie ne vous convient pas en l'état, alors pensez-y…"Prenez quelques minutes pour analyser votre mode de vie actuel et les frais occasionnés", dit l'autrice. "Où aimeriez-vous habiter ? Quelle vie aimeriez-vous mener ?".

  1. Changement

Le changement est aussi psychologique et social. Nous avons l'habitude d'écouter certains discours qui nous poussent à la consommation. Mais correspondent-ils à nos valeurs et à nos aspirations ? Pas vraiment, ou rarement.

Changer dans le sens du frugalisme, c'est donc aussi ouvrir son esprit à d'autres manières de voir le monde et d'agir en son sein.

Par ailleurs, la motivation à vous limiter aujourd'hui peut être boostée par votre volonté à atteindre un objectif précis. C'est aujourd'hui que commence ce projet, et pas demain ! Établissez dès que possible votre pourquoi (votre objectif) et votre comment (les moyens pour y parvenir).

Progressez à votre rythme

"Ne vous inquiétez pas, je ne vous suggère pas de devenir un ermite dans le fond des bois, loin de la consommation de notre société capitaliste (bien que je trouve ce mode de vie inspirant !). Il suffit de modifier quelques-uns des gestes que vous accomplissez quotidiennement au profit d'une option plus économique." (Faire plus avec moins, Chapitre 3)

Autre point central qui est même la "règle d'or" selon Vicky Payeur : y aller à son rythme. Sans quoi, vous risquez fort bien d'abandonner rapidement.

Par ailleurs, utilisez ce que vous avez déjà. Prenons un exemple. Terminez tous vos produits de ménage habituels afin de penser à en acheter d'autres qui seront plus économiques et écologiques (par exemple en vrac).

Selon Vicky Payeur, la durée de "mise en route" d'un mode de vie frugal peut fortement varier selon les personnes. Dans son cas, cela lui a pris un an et demi pour "atteindre un niveau satisfaisant". "Il ne faut pas devenir fou et rechercher la perfection", dit-elle encore pour nous rassurer.

L'important, c'est d'être curieux et de tester les astuces. D'en faire de petites habitudes à intégrer dans votre quotidien progressivement. Laissez de côté celles qui ne vous correspondent pas et adoptez les autres !

Cherchez l'inspiration

Vous trouverez sur Internet différentes inspirations, des plus radicales (comme Mark Boyle et son livre L'homme sans argent) au plus softs.

Vous pouvez aussi trouver l'inspiration plus directement autour de vous. Nous avons parlé plus tôt de la grand-mère, mais cela peut être un cousin ou un oncle. Qui sait ! Demandez-leur comment ils font et ils partageront certainement leurs astuces frugales avec vous.

Mais Vicky Payeur ne veut pas s'arrêter là. Selon elle, vous pouvez devenir votre propre source d'inspiration. Comment ça ?

En fait, vous pouvez rapidement devenir "accro" à ce petit jeu de l'épargne. Dès que notre focale se concentre sur la liberté financière, vous avez envie d'éliminer les dépenses superflues. cela devient un jeu !

Persévérez

Comment tenir bon, même dans les moments difficiles ? L'autrice rapporte ici sa propre expérience et donne des dates précises :

2015-2016 : elle freine sa surconsommation et met de l'ordre dans ses finances.

2016-2018 : elle commence à voir son endettement se réduire peu à peu. En un peu moins de deux ans, elle rembourse 16 000 $.

2018-2019 : elle se constitue un fonds d'urgence pour "assurer sa sécurité financière". Elle décide de quitter son emploi au bout d'un an d'épargne.

2019-2020 : ce n'est pas toujours facile d'être complètement à son compte. Mais elle a réussi à ne pas s'endetter à nouveau et à vivre modestement, mais correctement.

2020-2021 : elle achète un bien immobilier avec son compagnon, beaucoup de dépenses en une fois, mais un investissement rendu possible par les efforts réalisés jusque-là !

"Parfois, il faut mettre la main à la pâte pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, pour changer son quotidien." (...) Le chemin le plus facile pour y arriver, c'est celui de la frugalité." (Faire plus avec moins, Chapitre 3)

Petit à petit, vous pouvez voir le ciel s'éclaircir et penser non seulement à l'épargne, mais aux investissements financiers tels que la bourse ou l'immobilier.

  1. Doutes

"Êtes-vous obligé de parler de vos nouvelles motivations, de votre changement de vie ou de vos prises de conscience ? La réponse est non." (Faire plus avec moins, Chapitre 4)

Parfois, nous pouvons percevoir notre entourage comme un frein dans la réalisation de nos objectifs. À d'autres moments, ils sont une grande source d'inspiration et de motivation. À vous, donc, de voir quand et avec qui vous voulez partager votre nouveau goût pour la simplicité.

Vicky Payeur, pour sa part, a décidé d'ouvrir complètement les vannes, puisqu'elle a créé un blog dans lequel elle s'est mise à raconter son parcours, depuis ses erreurs jusqu'à ses réussites. Elle partage au quotidien avec son audience des trucs et astuces et répond aux questions qui lui sont adressées.

☀️ En véritable infopreneuse, elle propose aujourd'hui des ateliers et des formations pour aider celles et ceux qui le souhaitent à prendre le chemin de la frugalité. Bref, à sa manière, elle suit la méthode des rebelles intelligents proposée dans votre livre gratuit Vivez la vie de vos rêves grâce à votre blog !

Le jugement des autres

Le jugement des autres peut avoir une influence négative sur vous. Certaines personnes peuvent être fermées à ce mode de vie. D'autres peuvent (parfois même les mêmes) ressentir de la jalousie. Savoir s'y préparer permet de mieux affronter ce problème.

Comment faire ? En ne parlant pas quand vous n'en sentez pas le désir et en ignorant ceux et celles qui vous critiquent ou vous envient. Malgré ses activités de blogueuse, Vicky Payeur prône plutôt la voie du "en dire moins, c'est souvent mieux'.

Surtout lorsqu'il s'agit de parler de ce que vous arrivez à mettre de côté ! En effet, ce n'est pas la même chose de parler de ses difficultés et de trucs et astuces pour les surmonter que d'exposer ses objectifs et ses revenus réels.

La prudence est donc de mise. Mais dans tous les cas, vous restez maître de vos prises de parole.

Une histoire de collègues

Au travail, vous pourrez faire face à des collègues qui sont eux aussi dans des situations d'endettement ou de difficultés financières, mais qui refuseront (voire se moqueront) de vos objectifs frugaux. C'est ce qu'a vécu Vicky Payeur. Comme elle, laissez vos chemins se séparer.

Focalisez-vous sur votre propre réussite et adoptez la pensée positive.

"Aujourd'hui, je sais pertinemment qu'adopter la pensée positive dans mes différentes actions du quotidien a été la clef de ma réussite." (Faire plus avec moins, Chapitre 4)

La force des amitiés

À côté des personnes qui vous tirent vers le bas, il y — aussi ! — toutes celles qui vous aident dans votre parcours. Les vrais amis sont ceux qui accepteront de ne plus sortir au restaurant comme avant mais vous aimeront toujours autant.

Redécouvrez ensemble des activités que vous aviez perdues de vue, par exemple. Pourquoi ne pas se retrouver chez soi plutôt que d'aller dans un bar ? Aller se promener ou jouer aux cartes… Ce ne sont que quelques illustrations.

Vous pouvez également adapter certaines activités pour les rendre plus frugales. Par exemple : les vacances. Vous pouvez épargner tout au long de l'année dans l'optique de ces vacances entre amis que vous avez l'habitude de faire.

"Croire qu'on ne peut pas adopter de nouvelles habitudes par crainte de l'avis de ses amis ou d'autrui, c'est s'enfermer dans une cage sans même avoir essayé d'en sortir. Essayez de nouvelles choses, osez, puis vous verrez ce qui en découlera !" (Faire moins avec plus, Chapitre 4)

Partie 2 — Comment se vit la frugalité ?

  1. Avant

Revenons encore une fois à nos grands-parents. Non pas pour nier les progrès dont nous profitons aujourd'hui, mais pour éclairer de leur perspective notre tendance à l'hyperconsommation.

Ils avaient l'habitude de recycler et d'entretenir les choses ; nous jetons sans même prendre le temps de réparer. Qui a raison ? Prenons-les en exemple, soutient Vicky Payeur.

S'inspirer de la Grande Dépression

La grande crise qui fit suite au Krash boursier de 1929 intéresse beaucoup l'autrice. Selon elle, il y a même "7 astuces économes" à retenir en particulier :

« Cuisiner à partir de rien ;

Réparer avant de remplacer ;

Se divertir dans le confort de son foyer ;

Faire soi-même ;

Faire du troc ;

Dépenser seulement l'argent qu'on a ;

Réutiliser. » (Faire plus avec moins, Chapitre 5)

Retourner à la base

Nos ancêtres avaient beaucoup d'imagination pour vivre de peu ! En allant fouiller pour nous dans les savoirs de nos aïeux, la blogueuse retrouve plein de trucs et astuces qu'elle partage dans cet ouvrage.

Parmi les conseils supplémentaires, très pratico-pratiques, qu'elle donne à la suite du chapitre pour concrétiser les "7 astuces économes", vous trouverez :

Faire son bouillon (alimentation) ;

Sécher les poches de thé (alimentation) ;

Entretenir un potager (alimentation) ;

Réutiliser les vieux tissus (textile) ;

Raccommoder les vêtements (textile) ;

Revaloriser les emballages alimentaires (organisation) ;

Prendre des notes sur des vieilles enveloppes (organisation) ;

Etc.

À vous de consulter l'ouvrage afin de voir quels sont les trucs qui vous plaisent et vous paraissent réalisables chez vous ;). Maintenant, entrons dans le détail des propositions de Vicky Payeur.

  1. Alimentation

"Il faut arrêter de consommer en mode automatique et commencer à se poser les bonnes questions qui nous rapprocheront un peu plus de notre liberté financière. L'argent qu'on évite de gaspiller aujourd'hui est peut-être ce qui fera la différence entre une retraite à 45, 50 ou 55 ans, plutôt qu'à la mi-soixantaine !" (Faire plus avec moins, Chapitre 6)

La cuisine est sans doute l'un des endroits où nous pouvons agir le plus efficacement pour réduire nos dépenses et mettre en pratique le frugalisme. Voyons comment.

L'évolution de mon panier

Vicky Payeur raconte comment elle est passée d'un panier d'achat de 120 $ à 50 $ par semaine (et même à 20 $ lorsqu'elle remboursait ses dettes !). Plusieurs actions sont à mettre en place, comme utiliser ce que vous avez dans vos tiroirs et n'acheter que ce dont vous avez besoin.

Progressivement, vous pouvez également changer durablement vos habitudes alimentaires. Manger moins de viande est économique et écologique, sans compter que c'est également bon pour votre santé.

Autre astuce : être attentif aux aubaines : réductions en tout genre dans les magasins ou via des applications dédiées, par exemple.

Viser l'équilibre, pas les extrêmes

Il est important de continuer à s'alimenter correctement. Manger des pâtes au beurre tous les jours n'est pas la solution… Votre santé est plus précieuse que vos économies !

Manger frugal

Manger frugal, c'est donc manger des produits frais et variés. Bref, c'est manger sainement et économiquement en suivant ces 9 règles d'or de l'alimentation frugale (p. 83) :

« Ne rien gaspiller ;

Cuisiner ce que l'on a ;

Utiliser des techniques de conservation adaptées ;

Planifier ses repas ;

Connaître les prix ;

Adopter la semaine sans épicerie ;

Mettre en place un système anti-gaspillage ;

Faire pousser des aliments ;

Manger principalement des repas maison." (Faire plus avec moins, Chapitre 6)

L'autrice présente en détail ces 9 points et vous donne encore plus de conseils dans les pages qui suivent. Mais passons à la suite.

Les fameux gadgets de cuisine

Minimalisme et frugalisme vont de pair. Pas besoin d'avoir les nouveaux robots ménagers à la mode ou les ustensiles hyperspécialisés qui vous serviront trois fois dans l'année. Débarrassez-vous de tous ces gadgets inutiles, encombrants. Et surtout : ne les achetez pas ! Ou bien si vraiment c'est indispensable, achetez en promotion…

N'oubliez pas : les produits dits "révolutionnaires" censés vous "simplifier la vie" ne sont souvent que des machins compliqués qui, au final, ne vous font pas gagner une seule minute — et encore moins un centime.

Économiser un dollar à la fois

En apprenant la simplicité et le recyclage en matière d'alimentation, vous pouvez vraiment commencer à voir la différence dans votre portemonnaie et votre compte en banque. C'est l'un des domaines où vous pouvez être le plus créatif et le plus rapidement efficace.

  1. Logement

"Imaginez : chaque jour, le tiers de votre temps passé au travail ne sert qu'à mettre un toit sur votre tête. Réduire sa mensualité pour se loger est donc, sans surprise, une piste de solution majeure pour réduire vos dépenses de manière générale et alléger votre budget." (Faire plus avec moins, Chapitre 7)

Ne partons pas du principe que c'est impossible ; se loger à coût raisonnable est parfaitement faisable. Il y a des solutions plus radicales, telles que vivre en yourte ou sur un bateau, par exemple, et d'autres qui le sont moins. Explorons-les ensemble.

Les pièges à éviter

La première erreur est peut-être… de choisir une propriété "qui utilise le maximum de notre capacité d'emprunt pour l'hypothèque". À quoi bon ? Le plus important n'est-il pas de bien vivre au quotidien, sans se créer (trop) de stress supplémentaire ?

La modestie peut ici vous éviter de gros ennuis plus tard, lorsque vous devrez rembourser mensuellement votre prêt.

Autre écueil (lié au premier) : éviter de faire le "voisin gonflable", c'est-à-dire celui qui a tendance à gonfler son importance de biens trop chers pour lui, jusqu'à l'endettement insupportable.

Nous avons toujours tous tendance à nous comparer aux autres et à vouloir ce qu'ils ont (voire mieux). C'est la base sociologique de ce phénomène problématique.

Mais nous pouvons y résister. Au lieu d'agir de façon impulsive, attendez deux semaines ou un mois avant d'agir. "Il y a de fortes chances que vous ayez déjà oublié ce désir et que vous soyez rendu à autre chose", prédit Vicky Payeur !

Les autres frais

Il existe des dépenses plus essentielles que d'autres. Parmi celles-ci, bien sûr, le paiement de l'hypothèque ou du loyer, ainsi que les assurances diverses et les frais fixes (abonnements à l'électricité, internet, eau, gaz) qui nous permettent de vivre confortablement et en sécurité au jour le jour.

Par contre, réfléchissez aux dépenses qui sont accessoires. Cela dépend de chacun, mais voici quelques exemples :

Femme de ménage ;

Entretien paysager ;

Télévision câblée (ou abonnement Netflix) ;

Etc.

Se loger à petit prix

Dans cette section, l'autrice vous donne quelques idées pour vivre de façon moins conventionnelle et plus économique — voire plus rentable :

Opter pour un petit logement (genre tiny house, yourte, etc.) ;

Vivre en colocation ;

Habiter avec ses parents ;

Déménager dans une autre région ;

Louer une partie de son bien immobilier ;

Vivre en van ;

Faire du "home sitting" (gardiennage de maison) ou du WWOOFing (travail contre logement) ;

Etc.

Les solutions sont nombreuses et très variées !

Vivre de façon alternative, même avec des enfants

Peut-être pensez-vous que ces solutions sont réservées à des jeunes gens. Impossible d'agir de la sorte quand on a une famille ! Et pourquoi pas ? L'autrice rapporte plusieurs anecdotes de parents vivant frugalement et différemment en ayant un ou plusieurs enfants.

Hypothèque ou location ?

Impossible à dire de façon générale. "Pour savoir si vous gagnez à louer ou à acheter une propriété, il vous faudra sortir la calculatrice", prévient Vicky Payeur. Toutefois, il est possible de mettre en évidence quelques avantages et inconvénients de chaque situation.

Pour la location :

Prix fixe chaque mois (+) ;

Mais possibilité de hausse du prix du loyer au renouvellement du contrat, voire d'expulsion (-) ;

Moins de frais liés à l'entretien (+) ;

Mais moins de liberté d'action (-).

Pour l'achat/hypothèque :

Marge de manœuvre accrue (+) ;

Mais frais "surprises" (-) ;

Épargne "forcée" qui nous permet de constituer un capital (+).

  1. Loisirs

"Plutôt que de dépenser votre argent en biens matériels, dépensez-le en nouveaux apprentissages. Le savoir est la seule chose que personne ne pourra jamais vous retirer." (Dominique Loreau, L'art de la simplicité, Cité dans Faire plus avec moins, Chapitre 8)

Nous avons plus de loisirs aujourd'hui qu'avant, mais souvent nous passons notre temps libre à passer d'une activité payante à une autre. Pourtant, il est tout à fait possible de profiter du quotidien sans en faire des tonnes.

Vivre plutôt que consommer

Les émotions que nous ressentons lorsque nous achetons quelque chose (bien ou service) ne durent généralement pas. En revanche, celles qui nous prennent lorsque nous vivons quelque chose de fort, fortuit et gratuit, celles la restent ancrées en nous.

Ces expériences peuvent être de différentes natures : bénévolat ou simple jardinage, il y a le choix ! L'idée consiste à se détourner des possessions et du matériel pour insister sur le moment passé ensemble.

Le coût des loisirs

Vous pouvez limiter les dépenses et mieux profiter de l'existence. Comment ? En réfléchissant à vos achats de "gadgets". Encore une fois, il tient à vous seul de savoir ce qu'est, pour vous, une dépense légitime et une dépense superflue.

Si vous faites un sport, par exemple, certaines dépenses seront nécessaires. Mais comment les gérer ? Vicky Payeur vous propose de mettre tout cela par écrit et de faire le point.

Quelle est l'enveloppe budgétaire que vous avez consacrée en un an à votre loisir principal (sport, activité culturelle) ? Êtes-vous heureux du résultat et souhaitez-vous continuer ainsi ?

Et les autres activités ?

Lesquelles vous semblent pertinentes et satisfaisantes ? Lesquelles pourraient être supprimées ou limitées ?

Les modes

Les stigmatisations vont bon train. Pour les sports, on vous reprochera de ne pas avoir le matériel dernier cri. Pour la musique, par exemple, certains vous demanderont pourquoi vous n'avez "que" la version freemium…

Nous l'avons déjà dit : nous sommes influencés par nos pairs. Cela vaut dans le domaine de l'alimentation et du logement comme du loisir. Mais vivre sobrement, c'est penser différemment et c'est donc "arrêter de faire… comme tout le monde" !

Les activités déjà payées à même les taxes

Eh oui, chaque année, nous payons en impôts et en taxes des infrastructures et des institutions de loisirs dont nous aurions bien tort de nous priver. Par exemple ?

Au niveau du sport :

Chemins de randonnée publics et gratuits ;

Parcs municipaux et infrastructures sportives qui y sont installés ;

Sentiers, trottoirs et pistes cyclables pour courir ou faire du vélo ;

Groupes d'entraide et de création d'événements gratuits ;

Piscines municipales (moins chères) ;

Etc.

Au niveau culturel :

Musées (parfois gratuits) ;

Festivals et spectacles gratuits l'été ;

Bibliothèques ;

Conférences et cours gratuits ;

Quartiers et villages proches ;

Groupes et associations locales ;

Etc.

En outre, vous pouvez vous divertir en restant chez vous. Recréez, par exemple, l'ambiance cinéma à la maison… Ou profitez de votre temps libre pour écrire sur des thématiques qui vous intéressent ou jouer de la musique en autodidacte…

Des loisirs modestes

Vicky Payeur a plein d'idées ! Elle propose de noter les activités en fonction de leur coût ($$$, $$, $ ou 0) et à voir ce que vous pouvez changer par des loisirs gratuits et "modestes". Il y en a pour tous les goûts :

Au niveau du sport (utiliser les infrastructures gratuites pour courir, faire du vélo, jouer au ping-pong, etc.) ;

Ou des activités culturelles (depuis les visites gratuites, jusqu'aux conférences citées plus haut, etc.) ;

Et des activités domestiques (comme le jardinage, la construction/restauration de meubles, etc.) ;

Ou sociales (bénévolat, organisation de dîner partagé ou de pique-nique, chez soi ou dans la nature) ;

Etc.

L'autrice donne une foule d'idées impossible à reproduire ici. Consultez l'ouvrage pour vous faire une meilleure idée !

Voyager léger

Faire le tour du monde sans argent ? C’est ce qu’ont fait Muammer Yilmaz et Milan Bihlmann pour démontrer que c’était possible. Vous ne souhaitez pas aller jusque là ? C’est compréhensible.

Voyons donc les solutions qui s’offrent à vous. :

Être flexible (si vous travaillez de chez vous en freelance, par exemple, c'est plus facile de voyager les jours "creux") ;

Faire du couchsurfing ;

Prendre le bus de ville et acheter vos propres aliments au lieu d'aller au resto tous les jours ;

Aller dans des pays où vous avez un meilleur pouvoir d'achat (en Asie, notamment).

La frugalité et les loisirs dans la vraie vie

Il y a un équilibre à trouver entre le souhait d'épargner et l'envie de vivre le moment présent. L'important consiste à ne pas devenir avare. Sachez dépenser votre argent, mais dépensez-le sagement !

"La frugalité n'est pas la privation", répète Vicky Payeur. "C'est économiser là où d'autres dépensent tout leur argent et le faire de manière intelligente et réfléchie", conclut-elle.

  1. Apparence

Combien dépensez-vous par mois en vêtements et soins personnels ? Pour un Canadien, c'était en moyenne 400 $ par mois en 2019. Si cela vous semble beaucoup, faites votre propre compte. Vous aurez peut-être des surprises !

La différence entre besoin — quelque chose de nécessaire à notre bien-être — et désir — plus proche du caprice inutile — est ici importante.

Moins, c'est mieux !

Vicky Payeur prête beaucoup d'attention à son physique, mais elle le fait de façon minimaliste et frugaliste.

Elle a fait le vide et n'a gardé que 20 % de sa garde-robe ; ce qu'elle porte vraiment. Elle a aussi modifié son style pour qu'il soit plus simple et que ses vêtements soient plus faciles à assembler au quotidien.

"La confiance en soi est probablement le plus bel accessoire", dit encore Vicky Payeur. Plus besoin de chercher le dernier sac à la mode, contentez-vous d'être bien dans vos baskets !

Les vêtements

Réduire ses achats vestimentaires passe par :

Un tri de sa garde-robe et par l'appréciation de ce qu'on a déjà ;

De petites retouches par-ci par-là pour garder ses vêtements plus longtemps ;

Des achats de seconde main, des friperies ou des échanges, etc. ;

Via de petites (e-)boutiques ou des sites/applications de petites annonces ;

Des achats de qualité !

L’autrice recommande d’éviter certains tissus qui se dégradent plus rapidement comme l’acrylique et la viscose et privilégier des matières organiques comme le lin ou le coton.

Les cheveux

Parfois, nous dépensons des sommes folles chez le coiffeur. Et nous pensons qu'avoir du shampoing chez soi est tout simplement évident. Mais il y a des alternatives…

Au menu de cette section :

La méthode no-poo à base de bicarbonate de soude et de vinaigre de cidre de pomme ;

Du savon ;

La réduction des produits utilisés (surtout pour mesdames).

Pour le coiffeur ? À vous de voir. Vous pouvez aussi apprendre à couper les cheveux de vos proches.

Le corps

Vicky Payeur relate avoir ressenti un mal-être physique très jeune, alors qu'elle avait à peine 24-25 ans. Elle s'est rendu compte qu'elle bougeait peu et ne mangeait pas toujours bien. Pas besoin pour autant de dépenser une centaine de dollars en abonnement à la salle de gym ou en équipement.

Vous pouvez suivre les conseils déjà donnés plus haut (chapitre 8 sur les loisirs). Quant à l'autrice, voici sa routine santé quotidienne :

Faire une balade dehors de 30 minutes au moins ou faire une activité sportive ;

Boire de l'eau tout au long de la journée ;

Soupe et salade au moins une fois par jour ;

Bien dormir !

J'achète, donc je suis

La pression sociale peut être forte : nous voulons être beaux et belles pour apparaître parmi nos collègues et nos amis. Alors, nous recourons aux moyens les plus aisés… mais souvent les plus coûteux.

Et pourquoi ne pas se simplifier la vie ? Cela ne signifie certainement pas arrêter de prendre soin de soi. Au contraire ! En consommant de façon réfléchie, vous vous sentirez mieux et cela se verra.

  1. Famille

"Avoir des enfants, ça coûte de l'argent." (Faire plus avec moins, Chapitre 10)

Certes. Et même beaucoup. Et pourtant, là encore, il est possible d'économiser. Il n'est pas question de parler ici de l'éducation proprement dite. Simplement de faire un petit arrêt sur image pour se demander ce que nous faisons et se rappeler ce que nous aimions quand nous étions enfants.

Êtes-vous influençable ?

Nous voulons être de bons parents. Alors, nous écoutons les publicitaires nous raconter que ce produit est essentiel au bien-être de notre bambin (ou de nous-mêmes). Nous capitulons devant leurs arguments. Bref, nous nous montrons influençables.

Si vous remarquez ce ciblage marketing, prenez vos distances. Interrogez toujours le caractère "nécessaire" et "essentiel" de ce produit ou de ce service. Cache-t-il un vrai besoin ou seulement un désir ?

Réduire le rythme

Autre point : voulons-nous que nos enfants aient des horaires de ministres ? Pas nécessairement. Ralentir le rythme est à la fois sain pour eux et pour la vie financière de la famille.

Leur créativité n'en sera pas abîmée, détrompez-vous ! Un peu de temps, un peu d'ennui est plus que nécessaire au développement des aptitudes créatrices des petits comme des grands.

Les objets de seconde main

Vos familles et vos amis vous donnent de vieux vêtements et des objets de leurs précédents enfants ? Quel bonheur ! Si ce n'est pas le cas, tournez-vous vers du seconde main dès que c'est possible. Surtout pour les vêtements, qui ont souvent la vie courte.

Bien sûr, la sécurité doit avoir votre priorité : un siège-auto ou ce genre de choses devront être adaptés à votre environnement et devront donc peut-être être achetés neufs.

Emprunter et échanger plutôt qu'acheter ?

Aujourd'hui, il existe de nombreux groupes, notamment sur Facebook, pour s'échanger des objets en tout genre ou emprunter ce dont nous avons besoin. Cela vaut aussi pour les jouets et autres objets infantiles. Pourquoi ne pas essayer ?

La nature comme terrain de jeux

Nous l'avons dit plus haut : le monde autour de nous recèle d'espaces où découvrir le monde et où faire ses premiers pas et ses premières expériences. Il suffit souvent de quelques kilomètres pour trouver un parc ou un espace naturel où faire évoluer son enfant en toute liberté.

"Laisser à un enfant du temps de jeu libre et actif en nature lui apporte de nombreux avantages qui lui rendront service tout au long de sa vie." (Faire plus avec moins, Chapitre 10)

Les trois cadeaux

La frugalité en famille repose également sur l'apprentissage d'autres voies possibles à côté de la surconsommation. Les cadeaux sont souvent l'occasion d'un excès. Mais pourquoi ne pas en faire un rituel vertueux ?

Vicky Payeur propose d'offrir 3 cadeaux (à se répartir entre parents et grands-parents, par exemple) :

Quelque chose que l'enfant veut vraiment ;

Une chose dont il a vraiment besoin ;

Un livre.

Voici une autre idée : offrir quelque chose de commun pour la famille. Par exemple : une activité à pratiquer tous ensemble.

Conclusion sur "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur :

Ce qu'il faut retenir de "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur :

"Adopter des habitudes frugales au quotidien est LA façon viable pour atteindre ses objectifs de devenir libre financièrement et de prendre sa retraire hâtivement." (Faire plus avec moins, Conclusion)

Selon Vicky Payeur, il est souvent difficile de faire jouer son salaire. Nous ne savons pas avec certitude si nous gagnerons plus dans 5 ou 10 ans. Il est donc préférable de commencer dès maintenant à épargner, petit à petit.

Certes, cela demande du travail et quelques efforts. Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. Tant d'un point de vue économique qu'éthique. Finalement, c'est la porte d'entrée vers vos objectifs de vie !

Points forts :

Un manuel très clairement présenté ;

Plein de conseils pour commencer à épargner tout de suite ;

Une belle mise en page ;

Une annexe avec des recommandations de lectures utiles ;

Des résumés à la fin de chaque chapitre.

Point faible :

L'aspect blogging (qui permet d'augmenter ses revenus en faisant quelque chose qu'on aime) est peu abordé, ainsi que les façons plus proactives (placements en bourse, investissements) de développer son capital financier.

Ma note :

★★★★★

Avez-vous lu le livre de Vicky Payeur « Faire plus avec moins » ? Combien le notez-vous ?

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Mon, 04 Nov 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12973/Faire-plus-avec-moins
10 % plus heureux http://www.olivier-roland.fr/items/view/12972/10-plus-heureux

Résumé du livre de « 10 % plus heureux. Un candide au pays de la méditation » de Dan Harris : un livre en forme de biographie et de manuel de développement personnel où l’auteur partage son expérience du stress et nous montre comment en sortir grâce à la méditation.

Dan Harris, 2019 (2014), 324 pages.

Titre original : 10 % Happier.

Chronique et résumé de "10 % plus heureux" de Dan Harris

Chapitre 1 - Ça tourne !

En 2004, alors qu’il est en plein direct de la célèbre émission de télévision Good Morning America, le journaliste Dan Harris est victime d’une crise de panique. Il éprouve alors ce que les médecins appellent la « faim d’air », une sensation physiologique qui donne à une personne l’impression que ses poumons ne peuvent pas absorber suffisamment d’air.

C'est cet événement traumatisant qui a donné le point de départ au voyage entrepris par l'auteur pour découvrir l'origine de cette panique, ainsi que les moyens pour éviter que cela ne se reproduise.

Mais justement : d'où vient-il exactement ? Telle est la première question à se poser. En fait, Dan Harris raconte comment il en est arrivé à travailler pour ABC News, une grande chaîne nationale aux États-Unis.

Âgé d’une vingtaine d’années, Dan Harris était ambitieux. Lorsqu’il commence à travailler à ABC, à 29 ans, le jeune journaliste correspondant veut plaire à son chef de rédaction, Peter Jennings. Il en fait beaucoup. Trop sans doute. Le burn-out n’est pas loin.

Surviennent ensuite les attentats du 11 septembre 2001. Dan Harris et son équipe couvrent le désastre. Plus tard, alors qu’il est correspondant au Moyen-Orient, l’auteur raconte qu’il ressent très fortement ce qu’il appelle « l’héroïne journalistique ».

Qu’est-ce ? Le fait de devenir accro à la montée d’adrénaline qui accompagne le travail de journaliste. Lors des reportages dans des zones « chaudes », il peut à tout moment se faire tirer dessus. Ce danger est à la fois source de peur et d’excitation. Peu à peu, Dan Harris s’habitue aux horreurs dont il est le témoin.

À son retour aux États-Unis, il paraît plus solide qu’auparavant. Mais en réalité, il a contracté une maladie invisible : une forme d’anxiété croissante liée à ses expériences traumatisantes dans les zones de conflit.

Pour pallier ces soucis, l’auteur utilise des drogues (cocaïne, extazy). Mais celles-ci ont un effet encore plus délétère sur lui. Malgré le fait qu’il aille voir un psychiatre, l’auteur refuse de prendre sérieusement en considération son état. Jusqu’au jour où il fait cette crise de panique sur le plateau de Good Morning America.

C’est un autre psychiatre qui lui révélera qu’il est atteint de stress post-traumatique. Dan Harris est alors à la fois soulagé et inquiet pour son avenir professionnel. Il sait que c’est l’insouciance et le travail qui l’ont mené là. Mais comment modifier son comportement, maintenant que le problème est déjà bien ancré ?

Chapitre 2 - Brebis égarées

En 2004, Peter Jennings assigne au journaliste une nouvelle mission : s'occuper du traitement des affaires religieuses pour ABC News. Dan Harris et son producteur, Wonbo Woo, voyagent aux États-Unis pour couvrir des histoires sur l'essor des mouvements chrétiens et parler de thématiques diverses telles que le mariage homosexuel ou l'avortement.

Au départ, le journaliste n’est pas vraiment emballé. Pour lui, ces histoires de religion sont sans intérêt et il les dédaigne même un peu. Pourtant, son avis va changer lorsqu’il va rencontrer un évangéliste nommé Ted Haggard, qui devient l’une de ses sources privilégiées dans ses investigations.

Peu à peu, Dan Harris crée des reportages plus profonds sur les thématiques religieuses et s’intéresse davantage à ce qu’il fait. Grâce à la gentillesse et au sérieux de personnes comme Ted Haggard (qui, néanmoins, sera pris dans un scandale peu de temps après), il se prend de passion pour ces nouveaux sujets.

En 2005, son mentor Peter Jennings meurt et le journaliste doit changer de poste : il devient reporter pour le magazine Nightline. C’est aussi l’époque où il rencontre sa future femme, Bianca, qui l’incite à trouver une solution à ses problèmes d’anxiété.

Chapitre 3 - Génial ou givré ?

Dan Harris considère qu'il va mieux. Il est désormais fiancé à Biance et a un nouveau travail. Toutefois, il est encore pris de temps à autre par des attaques de panique. Il anime l'édition du dimanche de World News Tonight, mais se sent stressé, notamment vis-à-vis de ses collègues.

Lorsqu'une amie lui demande s'il a lu l'ouvrage de Eckhart Tolle, Une Nouvelle Terre, le journaliste s'en moque. Pour lui, cet auteur de développement personnel ne mérite pas vraiment qu'on s'y arrête. Pourtant, une fois qu'il le lit, quelque chose l'interpelle et il décide de lui consacrer un entretien dans son show.

Ce qu’il fait. Pourtant, le jour J, il n’est toujours pas totalement convaincu par la présentation de l’auteur. Selon lui, Eckhart Tolle ne donne pas de solution satisfaisante pour calmer la voix intérieure négative de l’égo :

"C'était comme si j'avais rencontré un homme qui me disait que mes cheveux avaient pris feu, mais refusait de me fournir un extincteur." (10 % plus heureux, Chapitre 3)

Chapitre 4 - L'industrie du bonheur

Étape suivante dans sa réflexion : une interview avec Deepak Chopra, un gourou spirituel très populaire outre-Atlantique ayant écrit plusieurs best-sellers. Dan Harris l’interroge sur l’égo et les thèses d’Eckart Tolle. Ici encore, l’auteur est déçu par la réponse et le comportement du guide spirituel indien.

Et il en va de même lorsqu'il rencontre d'autres "gourous" venus du New Age et du développement personnel.

Mais alors, que faire ? Pour lui, il est nécessaire de s’appuyer sur des preuves scientifiques solides ; il ne peut s’en remettre à des « traitements » potentiellement dangereux n’ayant pas fait leurs preuves et aux discours d’experts autoproclamés.

Chapitre 5 — Le Jew-Bu

Sa femme Bianca lui suggère de lire un autre livre : celui de Mark Epstein, un psychologue pratiquant la méditation bouddhiste. C’est grâce à cette lecture que l’auteur se rend compte de ce qui restait « caché » ou implicite chez Eckart Tolle. En fait, la théorie qu’il développait trouvait ses racines dans le bouddhisme.

Plus que ce qu’il avait lu avant, le livre de Mark Epstein lui ouvrait la voie vers une compréhension à la fois plus profonde et plus modeste que ce que prétendaient offrir ceux et celles qu’il avait rencontrés jusqu’à présent.

Par ailleurs, Dan Harris se sent proche du côté « pragmatique » et concret du bouddhisme, qui propose des solutions concrètes pour mettre un terme aux pensées négatives et au flux destructeur de l’égo. Trois expressions sont souvent utilisées par les bouddhistes pour qualifier cette intranquillité de l’esprit :

Esprit se comparant (comparing mind) : l'esprit se mesure sans cesse aux autres ;

Esprit voulant (wanting mind) : l'esprit désirant les choses ;

Et enfin l'esprit agité (monkey mind) : l'esprit insatiable et en besoin de nouveauté constante.

Reconnaître cela est essentiel à la croissance. Tout comme prendre conscience de notre tendance à "terribiliser" et, plus fondamentalement encore, l'impermanence des choses.

La seule façon d'atteindre le bonheur consiste alors à accepter complètement — et activement — ce caractère fini et provisoire des événements et des choses. Mais c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire, bien sûr !

Emballé par ces idées, Dan Harris contacte Mark Epstein pour lui proposer une interview. Le contact passe bien et le psychologue lui propose de participer à un groupe de spiritualité nommé le "bus juif", en référence à l'origine commune des participants. Mieux encore, c'est lui qui finit par le convaincre de se mettre à la méditation.

Chapitre 6 - Le pouvoir de la pensée négative

Dan Harris se réconcilie avec la méditation après avoir lu plusieurs études scientifiques qui montrent les avantages physiologiques de cette pratique. Il ne la voit plus comme une activité de hippies en mal de découvertes orientales.

Quelques instructions simples permettent de commencer une session :

Asseyez-vous dans une position confortable ;

Suivez votre respiration ;

Lorsque l’attention s’égare, revenez à votre respiration.

L’auteur se rend compte qu’il s’agit d’un « exercice cérébral rigoureux » qui cherche à « apprivoiser le train en fugue de l’esprit ». Et cela n’a rien de facile ! Mais pour lui, cela valait vraiment la peine de persévérer.

Il a donc créé une routine quotidienne. Peu à peu, il a pris l’habitude de suivre son souffle pour soulager son anxiété et se concentrer sur les moments présents. Les résultats ne se sont pas fait attendre très longtemps.

Il a commencé à ressentir une ouverture de sa conscience. Il devenait capable de reconnaître ce qui se passe dans l'esprit moment par moment, en acceptant la nature transitoire de toute pensée.

Lors d’une retraite, Dan Harris écoute la conférencière Tara Brach, qui a créé une méthode intitulée RAIN, pour :

Reconnaître ce qui se passe (ressource) ;

Accepter l'expérience entièrement (allow) ;

Investiguer avec soin et curiosité (investigate) ;

Nourrir avec auto-compassion (nurture)

RAIN est une technique de pleine conscience en quatre étapes qui intègre :

La reconnaissance de vos pensées ;

Le fait de les laisser exister ;

L’étude de ce qu’elles provoquent dans le corps ;

Les identifier comme des états d'être transitoires, qui passent.

Pour Dan Harris, cette technique fonctionne bien. Mais son nouvel ami et mentor, Mark Epstein, lui conseille de participer à une autre retraite dirigée par Joseph Goldstein, un professeur de méditation de renom faisant partie du groupe du « bus juif ».

Chapitre 7 - Retraite

Dan Harris se rend donc au Spirit Rock Meditation Center de Californie pour assister à la retraite silencieuse de 10 jours dirigée par Joseph Goldstein. Cette fois, le niveau est plus exigeant. Le temps de méditation prévu est d’environ 10 heures par jour.

Le journaliste craint de ne pas réussir à tenir sur la longueur. Et, de fait, il pense abandonner après quelques jours, malgré les discours du soir enjoués et motivants de Joseph Goldstein.

Mais Dan Harris décide de raconter ses difficultés à quelqu’un qui lui conseille de faire baisser la pression et de ne pas essayer aussi fort. En effet, les personnes comme lui cherchent à tout prix à atteindre des objectifs et à réussir. C’est cela qui « bloque ».

L’expérience de la méditation va dans le sens inverse et beaucoup de personnes ont du mal avec cet aspect de la pratique.

Cette discussion l'aide et, peu de temps après, il fait l'expérience d'une méditation particulièrement intense qui le laisse dans un état de bien-être profond qu'il décrit comme des "vagues de bonheur".

Cet état se poursuit pendant plusieurs jours puis cesse. Lors d’une conversation avec Joseph Goldstein, celui-ci lui affirme que cette pleine conscience joyeuse augmentera avec la pratique.

Chapitre 8 - 10 % plus heureux

De retour de la retraite, Dan Harris retombe rapidement dans ses habitudes quotidiennes. Au travail, les négociations ne se passent pas comme prévu. En plus, la plupart des gens voient son nouveau goût pour la méditation avec scepticisme.

À chaque fois, les personnes qui l’interrogeaient semblaient lui dire : « Vous avez donc rejoint un culte, n’est-ce pas ? ». Afin de mieux faire comprendre cette pratique, il décide de déclarer, à chaque fois que quelqu’un le questionne, que :

« Je le fais parce que cela me rend 10 % plus heureux »…

Et c’est à partir de là qu’il a commencé à penser à écrire un livre sur le sujet ! Pour lui, cette phrase, « Cela me rend 10 % plus heureux », est à la fois accrocheuse et vraie.

En effet, Dan Harris considère qu’il est plus heureux dans son ménage et plus sympathique avec ses collègues. Finalement, il signe un contrat et commence à travailler sur Good Morning America en tant que présentateur du week-end.

C’est un changement difficile au départ, pour le journaliste, mais il s’y fait. Il doit aussi faire face à des critiques venues des réseaux sociaux à cette époque. Certes, la vie reprend son cours et le stress est toujours là. Mais la méditation fait pourtant son œuvre ! Le journaliste affirme qu’il a résolu ses problèmes plus rapidement grâce à elle.

C’est également à cette époque que Dan Harris décide également de réaliser une interview avec Joseph Goldstein. Il lui demande comment il a commencé la méditation et pourquoi organiser des retraites si intenses, comme celle de Spirit Rock.

Joseph Goldstein dit que le fait d’être dans l’environnement d’une retraite de ce type permet aux participants de se familiariser avec leurs schémas de pensée et, ainsi, de mieux comprendre ce qui est important pour eux.

Chapitre 9 - La "nouvelle caféine"

Pour lui, désormais, la méditation a tout d’un superpouvoir  ! Mais, qui plus est, les scientifiques démontrent l’efficacité de la méditation grâce à de nombreuses études scientifiques, ce qui l’encourage encore davantage.

Il cite plusieurs études, notamment sur les bienfaits de la méditation sur la dépression, la toxicomanie et l’asthme (entre autres !).

Il relate également une expérience célèbre de Harvard démontrant que les personnes ayant suivi un cours de huit semaines de réduction du stress basé sur la pleine conscience voient leur matière grise :

"S'épaissir" dans les zones du cerveau associées à la conscience de soi et à la compassion ;

"Diminuer" dans les régions associées au stress".

Pour l'auteur, ces découvertes scientifiques peuvent aider à convaincre même les personnes les plus sceptiques des effets bénéfiques, tant psychologiques que physiologiques, de la méditation.

Dan Harris décide de présenter une série d’histoires sur la méditation sur la chaîne ABC. Sa première histoire porte sur la façon dont la méditation est utilisée avec succès dans les bureaux de l’entreprise du producteur alimentaire General Mills.

Sa directrice, Janice Maturano, voit la méditation comme une pratique positive et non seulement de "réduction de stress". Elle insiste tout particulièrement sur l'importance de se concentrer sur une tâche, puis de la laisser tomber et de faire une pause. Dans cet espace de repos, une solution ou une percée peut se produire plus aisément.

Lorsqu’il travaille sur les autres histoires de sa série, Dan Harris se convainc de l’utilité et de la vérité de son nouveau crédo : « 10 % plus heureux grâce à la méditation ». Il utilise toutes les sources qu’il peut pour démontrer son propos et obtient un certain succès.

Chapitre 10 - Plaidoyer intéressé pour ne pas être un con

Dan Harris finit par interviewer le Dalaï Lama. Au début, il est plutôt sceptique, mais se rassure quelque peu lorsqu'il apprend que le leader des bouddhistes s'intéresse de très près aux études scientifiques démontrant les effets bénéfiques de la méditation.

Lorsque le journaliste lui fait part de ses questionnements autour de la question de la compassion, celui-ci lui répond :

"La pratique de la compassion est finalement bénéfique à toi-même. Je la décris habituellement comme cela : nous sommes égoïstes, mais nous sommes des égoïstes sages plutôt que des égoïstes fous".

Ce propos donne à réfléchir, car il nous apprend que la pratique de la compassion est une bonne chose également pour sa propre santé. D’ailleurs, des études scientifiques citées par l’auteur dans l'ouvrage le démontrent.

Mais la compassion est plus facile à comprendre qu’à entreprendre ! L’une de ses grandes erreurs professionnelles est justement liée à un manque de compassion. Malgré ce nouveau savoir, Dan Harris reconnaît avoir été incorrect lors de l’interview qu’il réalisa avec Paris Hilton et qui poussa celle-ci à quitter le plateau de télévision.

Chapitre 11 - De la dissimulation du zen

Petit à petit, Dan Harris se désengage de la compétition sans pitié. Plutôt que de briguer inlassablement de nouvelles fonctions, il préfère se concentrer sur la méditation. Finie, la « course de rats » !

Le journaliste décide de participer à une autre retraite sur le thème de la compassion — son point le plus délicat. Sharon Salzberg, une autre professeur, y discute de la mudita, le concept bouddhiste de "joie sympathique" ou de "joie ouverte aux succès des autres". Un concept quelque peu difficile à accepter pour l'auteur !

En fait, Dan Harris ne parvient pas très bien à associer son ambition avec sa pratique de la méditation. Il se rend compte qu’il devient trop passif et qu’il met en péril sa carrière, à laquelle il a pourtant travaillé une bonne partie de sa vie. Comment rester calme sans pour autant devenir mou et sans objectifs ?

Plusieurs personnes l’ont aidé à trouver une réponse à cette question. Joseph Epstein, d’abord, qui lui explique :

«Les gens vont profiter de toi s'ils te voient comme quelqu'un de vraiment zen. Dans le comportement organisationnel, il y a un certain type d'agression qui n'y attache aucune valeur — qui verra le zen comme une marque de faiblesse. Si ça ressort trop chez toi, les gens ne te prendront pas au sérieux. Donc je pense que c'est important de garder le zen pour toi, et de les laisser voir en toi une menace potentielle. » (10 % plus heureux, Chapitre 11)

Bianca, sa femme, lui permet aussi de rééquilibrer les choses. Elle l'aide en lui faisant comprendre qu’il essaye de tout diriger, en particulier lorsqu’il se trouve sur un plateau de télévision. Or, maintenant qu’il travaille en équipe, il doit apprendre à se détendre et à suivre le courant !

Dan Harris cherche avant tout à atteindre une forme de « non-attachement aux résultats ». En fait, la vie ne va pas toujours dans le sens que nous nous attendons et nous devons l’accepter. C’est ça, selon lui, le chaînon manquant entre la pleine conscience et l’ambition.

Conclusion sur « 10 % plus heureux » de Dan Harris :

Ce qu’il faut retenir de « 10 % plus heureux » de Dan Harris :

Dan Harris termine avec 10 conseils qui récapitulent ce qu'il a appris au long de son parcours et qu'il nomme "la voie de l'inquiet" :

Ne soyez pas un sale con ;

(Et/mais…) Si nécessaire, planquez le Zen ;

Méditez ;

Le prix de la sécurité est un sentiment d'insécurité (ça vous servira un temps) ;

Le sang-froid n’est pas l’ennemi de la créativité ;

Ne forcez rien ;

L'humilité empêche l'humiliation ;

Allez-y mollo avec l'auto-flagellation ;

Ne vous attachez pas aux résultats ;

Pensez-y : qu'est-ce qui compte le plus ?

Ce livre est utile pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore la méditation et voudraient s'y initier. Mais il ne s'agit pas d'un manuel ; plutôt d'une biographie qui intègre des conseils pour apprendre à intégrer la pratique de la méditation à sa vie de tous les jours.

Le dernier chapitre est particulièrement intéressant puisqu'il montre comment associer un certain degré d'ambition avec les principes de la méditation de pleine conscience. Au final, l'objectif est d'être plus heureux dans sa vie quotidienne.

Grâce à la pratique méditative, nous devenons capables de dégonfler notre égo et d’accepter notre existence dans toutes ses imperfections. Nous sommes plus simples et justes avec nous-mêmes et avec les autres. Nous vivons davantage au présent.

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Thu, 31 Oct 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12972/10-plus-heureux
Information : l’indigestion http://www.olivier-roland.fr/items/view/12971/Information-lindigestion

Résumé de « Information : l’indigestion » de Benoît Raphaël : un manuel « pour penser soi-même dans le chaos de l’info », tel est le sous-titre et la promesse de cet ouvrage complet et très pédagogique, qui cherche à nous donner des outils pour apprendre à consommer plus raisonnablement l’information.

Par Benoît Raphaël, 2023, 317 pages.

Chronique et résumé de "Information : l'indigestion" de Benoît Raphaël

Qui est Benoît Raphaël ?

Benoît Raphaël est un journaliste français. Il a créé plusieurs médias web et contribué à la rédaction du journal Nice Matin en se focalisant sur le journalisme de solution (un type d'investigation journalistique guidé par la recherche de solutions plutôt que par des enquêtes portant uniquement sur la mise en évidence de problèmes).

Benoît Raphaël est aussi entrepreneur. Il est par exemple à l'origine du média Flint, un site qui permet de faire une veille d'info "anti fake-news et anti fatigue informationnelle" en s'associant à l'intelligence artificielle !

Information : l'indigestion est son premier livre. Il y dévoile, justement, toutes ces idées sur les dangers de notre fatigue face au flot constant des (mauvaises/fausses) informations.

Commençons tout de suite par le chapitre 1 (NB. Les sous-parties de chapitre étant très nombreuses, nous en avons élagué la plupart pour simplifier la présentation de la chronique).

1 — Grosse fatigue

L’auteur part de son expérience personnelle : en tant que journaliste et citoyen accoutumé aux réseaux sociaux et aux médias en ligne, il a lui-même souffert de la fatigue informationnelle. Un beau jour, il décide donc de partir à Bali pour se mettre au vert et prendre le temps de réfléchir aux prochaines étapes de sa vie. C’est là qu’est né Information : l’indigestion.

Ceux qui n’en peuvent plus

Il remarque en effet qu'il est loin d'être le seul à être touché par cette vague de stress liée à la surconsommation des médias en ligne. Il veut à la fois témoigner et livrer une analyse journalistique sérieuse, appuyée sur des ouvrages et des articles scientifiques.

À ce propos, il met également en garde. Selon lui, il faut prendre les effets d'annonces des articles de journaux avec des pincettes. Il le sait bien, puisqu'il est lui-même du métier ! Souvent, les titres et manchettes amplifient une réalité en la simplifiant. Surtout quand il s'agit de manipulation de chiffres…

Au-delà, ce sont les sondages eux-mêmes (sur lesquels s'appuient les articles) qu'il faut relativiser, car ils se contredisent souvent l'un l'autre. En fait, même quand il s'agit de s'informer sur la fatigue informationnelle, les choses ne sont pas très claires !

"Ainsi va l'info. Une sorte de brouillard construit de vagues successives qui nous envoient des "impressions" d'info. Lesquelles jouent le rôle premier qu'ont toujours eu les médias depuis que les humains se racontent des histoires au coin du feu ou qu'ils se saluent en pestant sur le temps qu'il fait : alimenter les conversations quotidiennes pour nous aider à nous sentir moins seuls." (Information : l'indigestion, Chapitre 1)

Trouvez-moi le coupable !

Finalement, aurions-nous toujours été stressés ? Est-ce que la technologie joue un rôle si important dans ce processus ? Telles sont les questions également posées dans ce chapitre. Et Benoît Raphaël y répond en s'intéressant avant tout au cerveau et aux neurosciences, ainsi qu'à la sociologie.

Côté sociologie, il cite en particulier l’ouvrage du sociologue français Pascal Bronner, Apocalypse cognitive, dans lequel celui-ci montre comment les technologies ont « libéré du temps de cerveau disponible » sans pour autant orienter correctement l’usage que nous faisons de notre matière grise !

Côté neurosciences, le journaliste s’intéresse à plusieurs travaux montrant comment notre cerveau « fatigue » en raison de son insatiable appétit pour les informations nouvelles, qui sont comme des « bonbons » auxquels il a beaucoup de mal à résister.

2 — Pourquoi nous aimons tant l'information

Notre cerveau veut nous protéger en s’informant. Le problème, c’est qu’il prend de nombreux raccourcis (les fameux biais mis en évidence par Daniel Kahneman dans Système 1/Système 2) et agit parfois de façon… quelque peu excessive.

Assoiffés d'informations

En fait, bien souvent et malgré le fait qu'elles nous déplaisent, "nous consommons les informations négatives jusqu'à l'indigestion". Oui, mais pourquoi ?

"Globalement, notre cerveau nous motive à rechercher des informations à propos de tout ce qui pourrait contribuer à notre survie : identifier le danger bien sûr, trouver de la nourriture, obtenir une reconnaissance sociale, et enfin nous reproduire. Le tout en faisant le moins d'efforts possible." (Information : l'indigestion, Chapitre 2)

➡️ Pour plus d’informations à ce sujet, lisez la chronique de l’ouvrage de Sébastien Bohler, Le bug humain, cité par Benoît Raphaël tout au long de ce chapitre.

L’info, c’est la vie !

Bref, l’information nous est vitale. Reste à savoir comment nous la traitons ou, plutôt, comment cet organe complexe et étrange qu’est le cerveau se charge de cette fonction. Comme nous allons le voir, il récupère, trie, calcule, retient et efface. En somme, il organise toutes nos perceptions et autres informations. Et il en crée une « version » du monde, la nôtre !

Heureusement, toutes ces tâches peuvent être travaillées, éduquées. Nous pouvons soit laisser aller notre cerveau à vau-l’eau, soit entreprendre une forme de « régime attentionnel » et de musculation du néocortex (la partie la plus sollicitée dans le traitement raisonné de l’information).

"Chercher la bonne information est essentiel dans le processus décisionnel. Si ce système est déséquilibré, nous risquons de nous perdre dans une quête sans fin d'informations nouvelles et variées, ou de nous concentrer sur les informations les plus anxiogènes, avec pour conséquence de nous faire prendre des décisions néfastes pour notre bien-être, de surconsommer des informations divertissantes et inutiles pour combler ce mal-être ou pour calmer nos angoisses… ou de nous empêcher de prendre des décisions tout court." (Information : l'indigestion, Chapitre 2)

3 — Ce que le trop-plein d'informations fait à notre cerveau

Agir est donc possible et — surtout — souhaitable ! Mais avant d'envisager de possibles modes opératoires, regardons de plus près les effets de la surinformation sous notre boîte crânienne.

Un système peu sympathique

Mal consommer l'information peut nous rendre malades. Ce qui se matérialise d'abord par la fatigue.

En fait, l'information provoque du stress. Et trop d'information en provoque… encore plus. Or, si le stress est un phénomène corporel normal, il peut néanmoins devenir (très) problématique lorsqu'il devient chronique ou excessif.

Dans ce cas, il peut faire beaucoup de torts à différentes parties de notre organisme. Selon les chercheurs, c'est au sein du système dit "sympathique" que se régule une bonne partie du stress. En pompant de l'énergie pour assurer l'état de veille attentive qu'est le stress, il met à mal d'autres organes ou fonctions corporelles. C'est là que le danger apparaît.

Trop d'infos tue l'info

Par ailleurs, Benoît Raphaël met en évidence un autre point intéressant dans ce chapitre. C'est le phénomène du "paradoxe du choix" mis en évidence par Barry Schwartz dans son livre The Paradox of Choice: Why More is Less (2009).

En fait, la surcharge d’informations rend le processus de décision plus compliqué à traiter pour le cerveau, donc plus stressant et fatiguant. En outre, le trop-plein de possibilités nous laisse insatisfaits, car nous ne sommes jamais sûrs à 100 % d’avoir fait le bon choix !

Résultat : nous vivons, perdus et anxieux, dans un "brouillard informationnel". Aussi bien individuellement que collectivement, trouver du sens — un élément essentiel au bien-être et au développement — devient une tâche beaucoup, beaucoup plus difficile à mener à bien…

✅ Sur la dimension collective du rapport entre information, réalité et création de sens, vous pouvez lire la chronique du livre Sapiens de Yuval Noah Harari, dont s'inspire d'ailleurs le travail de Benoît Raphaël.

4 — De la malbouffe à la malinformation

Continuons notre enquête en filant la métaphore de la nourriture. Nous "consommons" des informations. Trop. Et ce trop-plein nous procure une sorte d'"indigestion".

Mais le problème, également, est celui de la mauvaise qualité : nous ingérons des informations mal formées. Nous sommes désormais familiers des scandales sanitaires et du terme « malbouffe ». Il va falloir nous habituer à vivre dans l’ère de la « malinformation ».

Matière première et transformation

À l’instar de la nourriture, l’information passe par toute une chaine industrielle, une « chaine de valeurs » qui contient des processus de production, de transformation, de distribution et de consommation. Google, par exemple, distribue des informations qu’il ne produit pas, tout en générant ainsi des profits publicitaires.

Les producteurs d’informations sont les journalistes de terrain, mais aussi les scientifiques et autres experts qui produisent des études sur tel ou tel état du monde.

Les transformateurs sont les vulgarisateurs, les chaines de radio ou de télé qui reprennent les propos des premiers en les adaptant à leurs programmes et à leurs lignes éditoriales. Notons que les influenceurs font également partie des transformateurs, le plus souvent.

Les distributeurs, aujourd’hui, sont Alphabet (Google, YouTube) ou Méta (Facebook, WhatsApp), pour ne citer que deux noms bien connus.

Puis, nous consommons. Nous qui avons besoin d’information, nous dépendons de la « valeur nutritive » de ces « contenus ». Parfois, il n’y a pas de risque à consommer ce qui nous est proposé. Mais à d’autres moments, mieux vaut prendre ses précautions !

« C’est pour ça qu’il est nécessaire de bien comprendre la valeur des informations que nous recevons, comment elles se fabriquent, et comment notre cerveau apprend à les trier, si nous voulons éviter l’indigestion et vivre plus heureux. » (Information : l'indigestion, Chapitre 4)

Baisse de la matière première, hausse de la transformation ?

Nous pensons spontanément qu'il y a plus d'information. Et c'est partiellement vrai. Mais en réalité, nous ne nous rendons pas compte qu'il y a peu de "matière première" de l'information.

Par exemple, les mêmes dépêches de l'AFP (Association française de presse) sont reprises, parfois telles quelles, par la majorité des transformateurs que sont des rédactions des chaînes d'info ou de la presse papier.

En fait, avoue l'auteur, il est même difficile d'avoir des chiffres sur le niveau exact de cette "explosion d'informations" dont tout le monde parle. Ce qui va dans son sens ! Il est compliqué d'avoir des chiffres fiables et de première main sur un sujet qui, pourtant, est important.

Pompier pyromane

Les algorithmes des moteurs de recherche nous aident à trouver l’information. Ils la cherchent, la trient pour nous, la classe selon différentes catégories même. Mais pensez-y une minute : Google a aussi tout intérêt à voir les sites web et autres contenus exploser sur Internet. Pourquoi ? Car il peut ainsi proposer davantage de publicités en ligne — le cœur de son business model.

D'un côté, donc, Google (et les réseaux sociaux) nous aide à y voir plus clair dans l'océan d'informations (pompier), mais, de l'autre, il incite tout un chacun, grâce à ces produits gratuits notamment, à participer à la création du flux lui-même, principalement en ajoutant du contenu "secondaire", c'est-à-dire des commentaires et autres ajouts plus ou moins intéressants à des informations de base.

Tous les jours, du bruit s’ajoute au bruit et il devient plus difficile de trier ; ce qui nous rend peut-être encore plus dépendants aux médias sociaux et aux algorithmes. Dans cette course, les médias traditionnels ont des difficultés à suivre et participent eux aussi, finalement, à la détérioration du paysage informationnel.

L'information sans additifs ni journalistes élevés en batterie

D'autres tendances émergent. Vous pouvez en effet souscrire à des abonnements pour obtenir une information de meilleure qualité, sorte d'information "bio", dit l'auteur. Mais cela revient cher : si vous voulez de la diversité, vous devrez payer plusieurs fois et cela représente une somme importante au bout du mois.

En outre, d'autres dangers guettent. Les "monocultures" d'information sont sensibles à un virus : les fake news. Quand tout le monde reprend sans grand jugement la même matière première, la fausse information peut se propager, très, très vite !

Parfois, la fausse information cache une réelle volonté de nuire. C’est le cas de la « fabrique de l’ignorance » de certaines industries, comme celle du tabac, par exemple.

À un niveau plus léger, mais parfois problématique, Benoît Raphaël note que certaines techniques de marketing peuvent ajouter à la difficulté de notre cerveau de gérer correctement l'information.

5 — Les robots sont cons

Aujourd'hui, de nombreux acteurs du web cherchent à obtenir nos données pour faire tourner leurs algorithmes d'intelligence artificielle et nous les resservir sous forme d'aide à la décision, recommandations diverses, etc.

Mais l'utilisation de ces "robots" est-elle bien contrôlée ? Et que se passe-t-il lorsque ces algorithmes ne sont pas si intelligents qu'ils en ont l'air… ?

Facebook guidant le peuple

Il est exagéré de dire que Facebook a été l'origine du Printemps arabe. Il y a certes contribué, mais le mouvement est bien plus large et s'est constitué, amplifié et construit conceptuellement en dehors des réseaux sociaux.

Si la plateforme peut indubitablement aider certains groupes à se réunir politiquement, il faut se rappeler que ce n'est pas son but premier. Pour Facebook, l'enjeu est d'abord financier. Le réseau social veut vous garder connecté le plus longtemps possible.

La notion d’engagement renvoie à cet objectif : pour Facebook et d’autres réseaux sociaux, un post « engageant » est un post qui donne envie de commenter, de reposter ou de liker. Vous êtes « engagé » lorsque vous « likez » (ou commentez ou repostez) et continuez à faire défiler votre fil.

À quoi servent alors les algorithmes ? À maximiser votre engagement (en fait, celui de chaque utilisateur, de façon personnalisée en fonction des contenus qu’il a, justement, likés ou commentés au préalable).

Or, Benoît Raphaël rapporte un fait inquiétant : les algorithmes orientés vers l'engagement ont tendance à faire dériver les contenus des fils des utilisateurs vers plus de radicalisme, afin d'amplifier l'engagement.

Sans nous en rendre compte, nous pouvons donc être amenés à lire des contenus de plus en plus "orientés". Pire, nous influençons par nos propres actions le contenu des fils de nos proches, participant ainsi à la diffusion en chaîne de contenus problématiques.

Cela dit, il y a des parades. Dans Information : l’indigestion, Benoît Raphaël explique aussi comment il est possible d’« assagir son Facebook » (p. 125-126).

Réparer Facebook

Le journaliste explique encore qu'il a réalisé un entretien avec l'un des anciens ingénieurs en intelligence artificielle de Facebook. Celui-ci avait été embauché par la firme états-unienne pour perfectionner les algorithmes dans le sens d'un surplus d'engagement.

Toutefois, après plusieurs années et plusieurs scandales, Facebook lui a demandé une autre tâche : améliorer les algorithmes pour les rendre moins sujets aux dérives extrémistes. Pour l’ingénieur, la mission est particulièrement complexe. En réalité, ce ne sont pas seulement les robots de Facebook qui doivent être modifiés, mais aussi les humains qui les utilisent et se laissent « attraper » par eux.

Un algorithme du bien-être ?

Dans IA 2042, Kai-Fu Lee propose de modifier les algorithmes pour qu’ils ne soient plus (uniquement) mus par l’engagement. Cela signifierait que les compagnies telles que les GAFAM acceptent de changer de business model, ce qui n’a rien de certain.

Néanmoins, l’idée est là : concevoir autrement les algorithmes pour qu’ils nous aident vraiment. Aujourd’hui, l’IA (sous la forme de ces algorithmes) est surtout un facteur de dérèglement social. Mais elle peut se transformer en autre chose.

Quant à cet ingénieur de Facebook… Eh bien Benoît Raphaël raconte qu'il a démissionné et trouvé une place sur un réseau social qu'il considère plus favorablement : LinkedIn.

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Thu, 24 Oct 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12971/Information-lindigestion
L’Erreur de Descartes http://www.olivier-roland.fr/items/view/12967/LErreur-de-Descartes

Résumé de « L’Erreur de Descartes » d’Antonio R. Damasio : un succès inattendu de librairie pour un livre qui navigue entre neurosciences et philosophie pour démontrer toute l’importance des émotions sur nos manières de penser et d’agir.

Antonio R. Damasio, 1994 (2010 pour la dernière édition), 394 p.

Chronique et résumé de « L’erreur de Descartes » d’Antonio R. Damasio :

Avant d'aller plus loin : qui est Antonio Damasio ?

Neurobiologiste de renom, Antonio Damasio est le directeur du Brain and Creativity Institute (Institut pour l'étude neurologique de l'émotion et de la créativité) de l'université de Californie du Sud. Il enseigne également au Salk Institue for Biological Studies dans la région de San Diego (La Jolla).

Il s'est fait connaître du grand public par la publication de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique exigeante et de grande qualité. L'Erreur de Descartes (initialement paru en 1995, actualisé en 2010) est le premier et sans doute le plus connu. Mais d'autres ont également eu un grand succès :

Le Sentiment même de soi : corps, émotions, conscience (1999) ;

Spinoza avait raison : joie et tristesse, le cerveau des émotions (2003) ;

L'ordre étrange des choses : la vie, les émotions et la fabrique de la culture (2017) ;

Sentir et savoir : une nouvelle théorie de la conscience (2021).

Préface à la nouvelle édition

Antonio Damasio propose ici un résumé très rapide du développement des neurosciences et de ses espoirs pour l'avenir. Il cite rapidement les pionniers de la psychologie scientifique du début du XXe siècle ayant questionné le rôle des émotions chez les humains :

Charles Darwin ;

William James ;

Sigmund Freud ;

Charles Sherrington.

Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, un fossé s'est creusé entre le domaine naissant des neurosciences (qui s'intéresse au fonctionnement du cerveau humain) et l'étude des sentiments. Heureusement, la publication de L'Erreur de Descartes a changé la donne.

Selon l'auteur, il existe des marqueurs somatiques (expliqués plus loin dans l'ouvrage) qui permettent de faire le "pont" entre émotion et raison. Cela permet de montrer que :

Certes, les émotions peuvent créer des préjugés et nuire au raisonnement.

Mais qu'elles interviennent également de façon beaucoup plus positive qu'on ne le croit souvent.

En fait, selon Antonio Damasio, la raison a évolué à partir des émotions. Celles-ci peuvent augmenter la prise de décision et son efficacité et ainsi nous assurer de meilleures chances de survie.

Notre instinct nous guide en se rappelant des bonnes décisions prises par le passé. Plus encore, nos sentiments et nos émotions jouent un grand rôle dans l'apprentissage et, notamment, dans l'apprentissage des règles sociales.

Les sciences humaines et sociales (et par extension, le marketing (digital), par exemple) peuvent-elles apprendre quelque chose de la neurobiologie ? C'est ce qu'espère l'auteur !

Introduction

Les philosophes et les scientifiques opposent souvent raison et passion. Mais l'auteur souhaite remettre en question cette opposition. Comment en est-il venu à se questionner à ce sujet ?

Il raconte une anecdote d'un patient qui ne pouvait plus ressentir d'émotions en raison d'une maladie neurologique. La personne était intelligente, mais elle ne pouvait plus, suite à son problème de santé, prendre des décisions "socialement appropriées" ou "personnellement avantageuses".

Que s'était-il passé ? Pour l'auteur, c'était le signe que prise de décision rationnelle et émotions avaient un lien. En tant que spécialiste de neurobiologie, Antonio Damasio en a fait une hypothèse scientifique : la raison nécessite la capacité de ressentir des sentiments pour agir correctement.

Après 20 ans de recherche clinique, son hypothèse devient enfin une théorie "viable". Son travail montre que le cerveau n'est pas le seul centre de raisonnement. En fait, il semble que les pensées humaines soient régulées au sein d'une organisation complexe de réseaux neuronaux qui dépasse le seul cerveau.

Tous nos ressentis et émotions participent à nous faire agir dans un sens ou dans un autre. Plus précisément, c'est grâce à eux que nous pouvons adhérer à des principes moraux ou des conventions sociales. Éthique et biologie sont donc étroitement corrélées.

Autre contribution majeure des recherches de l'auteur : l'idée que les sentiments ne sont pas seulement "dans la tête" mais plutôt un reflet de ce qui se passe dans l'ensemble du corps. En réalité, ils sont des guides internes qui permettent une surveillance continue de l'état du corps et qui nous renseignent sur notre état (douleur, plaisir, joie, satisfaction, etc.).

Nous avons tendance à oublier que notre cerveau — où nous plaçons notre "esprit" et notre intelligence — est le fruit d'une évolution qui commence par le reste du corps. Or, c'est d'abord par les organes sensoriels que nous appréhendons notre environnement ; la raison ne vient que dans un deuxième temps !

Première partie

Chapitre 1 : Désagrément dans le Vermont

Antonio Damasio commence par raconter l'histoire de Phineas P. Gage, un travailleur des chemins de fer très promis à une belle carrière dans le Vermont de la fin du XIXe siècle. Doué, proactif et sociable, il avait tout d'un futur leader.

Malheureusement, un accident survint : le cheminot reçut une barre de métal droit dans la tête, transperçant de la joue jusqu'au crâne. Il n'en mourut pas, mais — chose étrange — sa personnalité changea du tout au tout. Il avait toujours un côté rationnel, mais n'avait plus aucune discipline et ne pouvait plus se comporter correctement en société.

Licencié par son employeur, il mourut à 38 ans. Son cas devint célèbre auprès des médecins.

Pourtant, les scientifiques de l'époque n'interrogèrent pas directement le lien entre le dommage cérébral et les défaillances éthiques et sociales de Phineas P. Gage, excepté son propre médecin, le Dr. Harrow.

Pour Antonio Damasio, cette histoire montre qu'agir de façon personnellement et socialement avantageuse requiert au moins deux composantes :

La connaissance des règles sociales ;

Le fonctionnement correct des systèmes cérébraux qui y sont liés.

Toutefois, de nombreuses énigmes restent à éclaircir, et les témoignages et les relevés réalisés à l'époque ne permettent pas de lever tout le mystère.

Chapitre 2 : L'étude du cerveau de Gage

Antonio Damasio explique comment l'affaire fut résolue dans le monde scientifique à l'époque :

Les médecins Paul Broca et Carl Wernicke considérèrent que les lésions cérébrales avaient causé une aphasie (altération du langage). Après quelques hésitations, le monde scientifique se rangea sous cette explication.

L'hypothèse du Dr. Harlow (selon laquelle les dommages causés à certaines zones du cerveau affecteraient le comportement social) n'a, quant à elle, pas été reprise aussi largement par le corps scientifique et médical.

Néanmoins, le Dr. Harlow réussit à convaincre la famille de Phineas Gage de donner le crâne du pauvre homme à la science pour plus d'études. Il se trouve aujourd'hui à la Harvard Medical School.

Beaucoup plus récemment, la neuroscientifique Hanna Damasio développa un système novateur pour réétudier le cerveau de Phineas Gage. Elle remarqua que les zones dédiées au langage et au mouvement étaient intactes, mais que l'hémisphère gauche et la région préfrontale étaient eux davantage touchés.

Or, les recherches récentes montrent que ces régions sont impliquées dans la prise de décision. Sa conclusion va donc plutôt dans le sens de l'hypothèse du Dr. Harlow.

Si vous êtes intéressés par les détails de l'anatomie du système nerveux, Antonio Damasio propose un "intermède" assez technique sur ce sujet p. 48-55.

Chapitre 3 : un Phineas Gage d'aujourd'hui

Elliot est le nom fictif d'un patient qu'Antonio Damasio a évalué durant sa carrière. Sa personnalité avait radicalement changé à la suite de lésions du cortex préfrontal dues à une opération pour lui retirer une tumeur cérébrale.

Pour l'auteur, le cas d'Elliot était "une version particulièrement pure" de l'état de Phineas Gage : son intellect demeurait ici aussi intact, mais ses aptitudes à décider correctement pour lui-même et en contexte social avaient empiré.

Comme Phineas, Elliot avait perdu son emploi. Malheureusement, il n'avait reçu aucune prestation d'invalidité de l'État, car celui-ci n'avait pas reconnu son problème. C'est pourquoi son médecin cherchait à faire connaître sa maladie en venant trouver l'auteur de L'erreur de Descartes.

Comme Phineas, il commença à avoir des attitudes bizarres, comme collectionner des déchets. Pire, il ne parvenait plus à faire des plans pour le futur et à maintenir une attitude sociale ; il divorça même deux fois. Pourtant, Elliot paraissait étrangement distant lorsqu'il racontait toutes les tristes histoires qui lui étaient arrivées. Et il en était conscient…

C'est là que le neurobiologiste se rendit compte qu'il fallait qu'il prenne en compte les émotions ! Lors de tests ultérieurs menés en laboratoire, Antonio Damasio prit conscience que son patient connaissait les règles de conduite sociale, mais n'arrivait pas à les appliquer dans la vie réelle.

Il émit alors pour la première fois son hypothèse centrale : la réduction de la réactivité émotionnelle d'Elliot devait être liée, d'une manière ou d'une autre, à son incapacité à agir correctement en société.

Chapitre 4 : De sang-froid

"Personne n'a jamais douté que, dans certaines circonstances, l'émotion perturbe la faculté de raisonnement. Les preuves en sont abondantes et sont à l'origine du conseil fort juste que nous avons tous appris depuis notre plus jeune âge : Gardez la tête froide, contrôlez vos émotions ! Ne laissez pas vos passions interférer avec votre jugement." (L'Erreur de Descartes, p. 83)

Bien sûr, les émotions peuvent nous mener à faire des choix terribles et à agir de façon manifestement "irrationnelle". Pour autant, Antonio Damasio refuse que nous considérions les émotions comme une "faculté mentale surnuméraire" et comme un "à-côté de la pensée rationnelle" qui serait "de trop".

En fait, les histoires de Phineas et d'Elliot nous apprennent aussi autre chose : le manque d'émotions peut également être à l'origine de comportements irrationnels. L'auteur, bien sûr, ne s'est pas contenté de ces deux cas ; il a étudié chez d'autres patients et ceux-ci ont confirmé cette hypothèse.

Cela dit, l'erreur serait d'identifier trop rapidement des zones du cerveau avec ces facultés. En réalité, il existe de nombreuses interactions entre "sites cérébraux" et celles-ci interviennent dans le rapport entre émotions, raisonnement et prise de décision.

C'est ce que l'auteur souhaite montrer en présentant plusieurs autres cas assez techniques tout au long du chapitre. Finalement, il lui apparaît que les dommages peuvent non seulement venir du cortex préfrontal, mais également de :

La zone de l'hémisphère cérébral droit qui traite les signaux du corps ;

Certaines structures du système limbique (et en particulier l'amygdale).

Deuxième partie

Chapitre 5 : L'élaboration d'une explication

À partir de ce chapitre, l'auteur va chercher à élaborer une explication scientifique aux constats qu'il a réalisés dans sa carrière et qu'il a résumés dans la première partie du livre. Le contenu des chapitres devient plus complexe et plus technique. L'auteur se livre à plusieurs distinctions et explications de base.

Par exemple, il distingue le corps et l'organisme. Le second est l'ensemble de l'individu, dont la frontière est la peau. Le corps, quant à lui, est l'organisme "moins les tissus nerveux" (système nerveux central et périphérique).

Un organisme change constamment. Il peut être dans un état mental ou corporel à un moment donné, et en changer à un autre moment. Les relations entre le mental et le corporel se réalisent via deux "canaux" spécifiques :

Le système nerveux périphérique ;

Le système sanguin (par lequel transitent les hormones, neurotransmetteurs, etc.).

Lorsqu'un organisme reçoit un stimulus, il y répond par une action, un mouvement. Ces mouvements peuvent être volontaires ou non (c'est-à-dire automatiques). Le mouvement délibéré est lié à la pensée et aux images qui peuvent se former à l'esprit.

L'organisme interagit non seulement avec lui-même, mais avec l'extérieur ; son milieu. Celui-ci se rend présent à l'organisme via ses 5 sens. Les informations ainsi recueillies seront transmises au cerveau qui les traitera de façon sélective.

La mémoire est un élément crucial qui nous aide également à raisonner. Il faut distinguer entre les images qui nous viennent directement de la perception (via nos sens) et celles que nous nous formons à partir de la mémoire (nos souvenirs).

Selon Antonio Damasio, la mémoire est fondamentalement "reconstructive", à savoir qu'elle recompose une image du passé à partir de différents éléments et zones du cerveau, sans reproduire à l'identique l'événement. Connaître, c'est accumuler les représentations qui nous viennent des sens et de la mémoire. Nous pensons et parlons d'abord à partir d'images qui se forment dans notre esprit.

Bien que nous nous réinventions constamment, nous avons aussi un "ensemble de préférences de base" constituées pour notre survie au cours de l'évolution.

Chapitre 6 : La régulation biologique de la survie

Les instincts nous permettent de répondre rapidement à des stimuli de notre corps ou de l'environnement. Par ailleurs, nos émotions et sentiments manifestent certains instincts. Ainsi, quand nous avons faim (instinct) et que nous nous plaignons (sentiment), c'est parce que le niveau de sucre dans notre corps commence à diminuer (stimuli corporels).

Les instincts sont indispensables à notre survie. Ils sont une forme de mécanisme pré-organisé qui nous aide à classer les événements selon des catégories négatives ou positives. Grâce à la mémoire, nous pouvons nous souvenir d'événements passés et ainsi pré-classer les événements futurs.

Ici, corps et esprit ne sont pas distincts mais travaillent complètement ensemble. L'enjeu ? Accroître les chances de survie de l'organisme !

Pour Antonio Damasio, il est clair que la pensée ne vient pas d'une origine divine, mais bien des processus longs et complexes de l'évolution biologique. Selon lui, nous pouvons utiliser la neurobiologie pour étudier la manière dont nous agissons et prenons nos décisions.

Pour autant, cela ne signifie pas nécessairement réduire l'explication des comportements humains à la biologie ; afin d'étudier ceux-ci, le scientifique plaide plutôt pour l'utilisation de méthodes interdisciplinaires qui associeraient neurosciences et sciences humaines.

Chapitre 7 : Les émotions et leur perception

Antonio Damasio considère la différence entre :

Certains animaux comme les reptiles qui ne possèdent que d'anciennes structures cérébrales, fonctionnent à l'instinct et vivent souvent dans des environnements simples ;

Les organismes dont le cerveau comprend des structures plus récentes, telles que le néocortex, qui doivent tenir compte de plus de facteurs lorsqu'ils prennent des décisions et vivent dans des milieux plus complexes.

Nous retrouvons ici, d'une certaine manière, la différence entre "le système 1 et le système 2", pour reprendre l'expression d'un livre fameux : un cerveau reptilien qui agit par pure habitude ou instinct et un cerveau développé capable de prendre des décisions précises et subtiles en fonction de situations changeantes.

Cela dit, c'est un peu plus complexe que ça ! Tout le chapitre vise à montrer que les émotions (sensées cantonnées au premier niveau) s'invitent constamment dans la prise de décision et le raisonnement.

Le chercheur distingue trois types d'émotions :

Primaires = depuis la naissance (joie, tristesse, colère, peur et dégoût)

Secondaires = appréciations plus fines de l'environnement en fonction du passé ;

Sentiments d'arrière-plan = qui nous donnent une image de l'état de notre corps à un moment T.

Le scientifique distingue également les émotions (emotions) et les sentiments (feelings). Tous les sentiments ne génèrent pas d'émotions, alors que toutes les émotions génèrent des sentiments.

À noter : c'est une vérité qui est à la base, notamment, des ateliers du rire où le simple fait de produire le rire crée progressivement l'émotion qui lui correspond !

Nos sentiments et nos émotions sont tout aussi concrets que nos organes ou notre langage, par exemple. Ils sont, de ce fait, parfaitement "étudiables" par la biologie contemporaine. Cependant, Antonio Damasio y insiste, cela ne signifie pas que ce type d'interprétation matérialiste, scientifique, suffise à rendre compte de leur richesse.

Chapitre 8 : L'hypothèse des marqueurs somatiques

Nous voici arrivés au cœur de l'hypothèse scientifique de l'auteur. À nouveau, si vous souhaitez entrer dans les détails techniques et rigoureux de l'explication, il est préférable de vous référer directement à l'ouvrage. Nous nous en tenons ici aux grandes lignes.

Qu'est-ce qui constitue une prise de décision ? Selon le chercheur, la prise de décision est le but ultime du raisonnement. Son résultat est le choix lui-même (aller dans tel sens ou tel autre). Pour penser et nous décider, nous avons besoin d' :

Une connaissance de la situation actuelle ;

Des options d'action disponibles et de leurs conséquences ;

Une capacité inhérente à trier et jauger ces situations, options et conséquences.

Antonio Damasio suggère en outre, nous l'avons vu, que les émotions sont tout aussi importantes que la raison et la mémoire dans le raisonnement et la prise de décision.

Par ailleurs, il met en avant (après d'autres, bien sûr) que certaines décisions peuvent être :

Inconscients (vous ne choisissez pas consciemment d'avoir faim) ;

Conscients, mais sans raisonnement (vous ne raisonnez pas quand vous vous protégez contre un danger).

Jusqu'alors, nous pensions que raisonnements intuitifs et raisonnements délibérés et rationnels devaient être strictement séparés, tant au niveau logique que sur le plan biologique. C'est ainsi que le voyait notamment le philosophe Descartes. Or, selon Damasio, c'est faux ; ces différents types de raisonnements opèrent à partir du même noyau neurobiologique.

Bien sûr, nous avons aussi vu que certaines personnes, comme Phileas Gage (voir chapitre 1), peuvent raisonner rationnellement sur un plan mathématique, par exemple, et pourtant échouer à prendre des décisions justes sur un plan social. Pour l'auteur, cela montre que ces décisions en contexte social sont particulièrement complexes et ne peuvent être gérées de la même façon.

En fait, ces décisions ne peuvent fonctionner sur un mode purement utilitaire de coûts et bénéfices, en évacuant toute émotion. Et c'est là qu'intervient l'hypothèse des marqueurs somatiques — la clé de l'argument d'Antonio Damasio.

Que signifie cette expression ? Dit simplement, c'est l'idée qu'un sentiment instinctif (gut feeling) peut déjouer tous nos plans cartésiens. Le corps (soma en grec) provoque une image et lui associe un sentiment viscéral. De ce fait, il "oblige" l'esprit à restreindre les options disponibles en en rejetant automatiquement certaines de façon émotionnelle.

Bref, les marqueurs somatiques court-circuitent la pensée rationnelle ! Ils font partie des émotions secondaires, mais trouvent leur base dans les émotions primaires. Dès l'enfance, nous acquérons un ensemble de marqueurs somatiques qui dirigeront notre vie durant (ou tenterons de le faire).

Certaines conditions socio-politiques (régimes autoritaires, etc.) ou individuelles (maladies, etc.) peuvent contrarier le développement et l'expression corrects de ces marqueurs somatiques.

Troisième partie

Chapitre 9 : La mise à l’épreuve de l’hypothèse des marqueurs somatiques

Pour tester son hypothèse, Antonio Damasio conduisit plusieurs expériences avec son équipe. Il rapporte en particulier le succès de deux expériences rassemblées sous le nom générique du test du "jeu de poker".

Dans la première version de l'expérience, des cartes sont distribuées à un "Joueur" (le sujet de l'expérience) à qui l'on demande de gagner le plus d'argent possible en piochant des cartes dans deux paquets distincts. Certaines cartes lui font gagner gros (paquets A et B) et d'autres moins (paquets C et D). Parfois même, certaines cartes exigent de lui qu'il paie une somme plus ou moins importante (quand elles sont "mauvaises", les cartes du paquet A exigent un remboursement important).

Le Joueur découvre, chemin faisant, comment éviter les plus grosses pertes tout en cherchant à optimiser ses gains :

Les joueurs "normaux" apprennent à préférer progressivement les paquets C et D par prudence.

Ceux qui ont des lésions frontales spécifiques agissent à l'inverse en persistant à jouer "risqué".

Plusieurs interprétations sont dégagées par le chercheur et ses collègues. Pour choisir parmi elles, un autre test fut imaginé dans lequel la punition était première (les cartes "négatives" arrivant plus souvent que les cartes "positives", qui font gagner de l'argent). Les résultats de ce deuxième test permirent d'y voir plus clair.

Pour mettre un mot sur leurs résultats, les scientifiques forgèrent l'expression de "myopie de l'avenir". Selon eux, ces tests montrent que "les patients atteints de lésions frontales souffriraient d'une profonde exagération de ce qui pourrait être une tendance fondamentale normale, à savoir : se saisir du présent plutôt que de miser sur l'avenir".

Voici ce qu'en dit encore Antonio Damasio :

"Il semble bien que les patients atteints de lésions frontales aient perdu ce qu'ils avaient acquis par l'éducation et la socialisation. L'une des aptitudes les plus caractéristiques de l'homme est d'apprendre à orienter son comportement en fonction de perspectives lointaines et non en fonction d'objectifs immédiats, apprentissage que nous commençons à faire dès l'enfance. Les lésions frontales, chez nos patients, mettent à mal non seulement tous les acquis accumulés jusque là, dans ce domaine, mais empêchent toute acquisition nouvelle. Le seul côté un peu positif de ce triste constat est que, comme c'est souvent le cas en neuropathologie, il ouvre des perspectives au progrès de la science. L'effet des lésions nous permet d'entrevoir la nature des processus qui ont été perdus." (L’Erreur de Descartes, Chapitre 9)

Chapitre 10 : Le corps dans le fonctionnement mental du cerveau

Percevoir le monde, ce n'est pas seulement une attitude passive de réception ; c'est aussi de l'action. Lorsque je perçois, mon corps agit ou mieux, interagit avec son environnement.

Prenons un exemple. Si vous vous baladez la nuit et que vous vous sentez suivi, votre esprit et votre corps reconnaissent tous les deux la menace et initient des changements pour assurer votre survie. Et si vous décidez de fuir, tous les systèmes de votre corps seront déjà alignés pour suivre cet objectif !

Corps et cerveau interagissent constamment entre eux et avec le monde via les circuits neuronaux. C'est ainsi que le corps peut se maintenir en équilibre (homéostasie).

Mais Antonio Damasio va plus loin. Il soutient que le concept de soi est un état biologique qui est constamment mis à jour. Rien à voir avec l'idée d'un inspecteur ou d'un juge qui agirait "par-delà" le corps, comme jugé sur sa tour d'ivoire. Sans corps, pas de vie de l'esprit !

Inversement, le développement de l'esprit assure la survie en donnant aux organismes un moyen de s'adapter aux changements imprévus dans le génome. Cela signifie aussi que le corps est la priorité de l'esprit. Première tâche de celui-ci : comprendre quelles sont les limites du corps, sa "géographie". Deuxième tâche : localiser les interactions à l'extérieur du corps grâce aux sens.

En fait, l'esprit surveille constamment l'état du corps et interagit avec lui en arrière-plan pour s'assurer de notre survie. D'ailleurs, remarque-t-il, « quand vous voyez, vous ne voyez pas seulement : vous sentez que vous voyez quelque chose avec vos yeux ».

L'auteur se pose encore une autre question importante dans ce chapitre : quel est le fondement biologique de la conscience ? Nous pouvons chercher à le comprendre à partir de certaines pathologies.

Si les personnes malades sont généralement capables de décrire le changement d'état par rapport à eux-mêmes, les anosognosiques complets (personnes incapables de reconnaître le mal dont elles souffrent) ne le peuvent pas. Pourquoi ?

C'est peut-être, d'après l'auteur, parce qu'elles ont subi des dommages au sein de leur "moi neural". Ils deviennent incapables de reconstruire une image neuve de l'état de leur corps pour la comparer à l'ancien.

Le moi neuronal comprend deux ensembles de représentations qui sont constamment mis à jour :

Les événements autobiographiques, tels que la notion d'identité, de routines et d'aspirations.

Les représentations du corps tel qu'il est actuellement et le compare à la façon dont il est généralement.

D'habitude, ces processus restent masqués. Pourtant, ces pathologies nous donnent des indices de ce qui passe hors de la scène. Le chercheur va même jusqu'à émettre des hypothèses sur la formation de la subjectivité comme "troisième étape" à partir de ces deux premières étapes (voir p. 325-329).

Chapitre 11 : La passion fondant la raison

Bien que certaines de ses idées aient été vérifiées par l'expérience, le propos central de l'auteur demeure une hypothèse qui demande encore du travail afin d'être totalement validée.

Par ailleurs, Antonio Damasio met en garde contre des interprétations trompeuses de ses théories. Il ne dit pas que les émotions et les sentiments sont "supérieurs" à la raison ni qu'ils l'emportent toujours face au raisonnement. S'ils font partie du processus de raisonnement, cela ne diminue en rien l'importance de celui-ci.

Nous pouvons néanmoins apprendre à comprendre ce qui se passe au sein de ces interactions, et en particulier lorsque ce "monde intérieur" ne fonctionne plus.

Pour Antonio Damasio, l'erreur fondamentale de Descartes — quelle que soit l'interprétation qu'on fasse de sa philosophie par ailleurs — consiste dans la séparation du corps et de l'esprit. Et le problème est que sa pensée reste influente dans le milieu de la recherche, y compris en neurobiologie ou en neurochimie.

Pour l'auteur, la rationalité humaine est fragile et finie — et c'est parce qu'elle est incorporée. Il importe donc de changer de paradigme afin de pouvoir nous appréhender de façon plus complète et aussi plus humble.

Post-scriptum

Antonio Damasio dit avoir écrit L’Erreur de Descartes afin de donner un aperçu de la recherche en neurobiologie au plus grand nombre et pour faire comprendre comment ce savoir peut affecter la façon dont nous envisageons l’humanité.

Par ailleurs, il a écrit pour que le corps médical change de perception sur la question des rapports entre le corps et l'esprit. Si elle modifie son paradigme pour prendre en compte les interactions constantes entre corps, émotions et raison, la médecine sera en mesure de développer de meilleurs traitements et d'être plus respectueuse du patient.

Pour l'instant, la situation académique n'est, selon lui, pas satisfaisante. Les étudiants de tous les cursus devraient apprendre les bases de la psychologie humaine. Dans les facultés de médecine ou de neurosciences, il faudrait éduquer davantage les étudiants à l'empathie.

En fait, le "biais cartésien" — qui dissocie nettement raison et passion — ne fait pas du bien à la recherche et devrait être modifié pour :

Faire davantage de progrès ;

Augmenter l'efficacité du diagnostic et du traitement des maladies psychologiques ;

Redonner confiance en la médecine occidentale.

Antonio Damasio poursuit ses investigations. Ses plus récentes recherches ont par exemple établi que la douleur et le plaisir sont tous deux nécessaires pour qu'un organisme fonctionne normalement et efficacement. Ce sont des dispositions innées qui ont pour fonction de configurer correctement nos instincts. Ceux-ci peuvent ensuite servir à établir des stratégies de prise de décision complexes.

Conclusion sur « L’Erreur de Descartes » d’Antonio R. Damasio :

Ce qu’il faut retenir de « L’Erreur de Descartes » d’Antonio R. Damasio :

Retenez que :

Le raisonnement est éclairé par les émotions et les sentiments ;

Pour raisonner correctement, nous avons besoin de l'intégrité des systèmes de notre cerveau (et non seulement d'une petite partie où se logerait la "raison").

Le raisonnement prend ses sources dans l'esprit autant que dans le corps ;

Celui-ci évolue avec l'expérience et peut en général être amélioré.

Contrairement à ce que pensait le philosophe René Descartes, la raison n'est ni pure, ni complètement immatérielle. Si cette théorie s'avère exacte, alors elle impliquera une reconfiguration profonde de nos façons de voir le monde et notamment nos interactions sociales.

Points forts :

Un livre savant par l'un des plus grands neuroscientifiques actuels ;

Des explications claires malgré la complexité du sujet, avec des sections spécifiques pour introduire certains termes techniques ;

De nombreuses images qui aident à la compréhension ;

Une écriture agréable, qui allie la raison à l'émotion, notamment via des anecdotes personnelles.

Point faible :

C'est un peu difficile à lire, mais l'effort en vaut la peine !

Ma note :

★★★★★

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Thu, 17 Oct 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12967/LErreur-de-Descartes
Le grand saut http://www.olivier-roland.fr/items/view/12963/Le-grand-saut

Résumé de "Le grand saut" de Gay Hendricks : ce psychologue vous montre comment retrouver un surplus de confiance en vous et découvrir que tout ce que vous voulez entreprendre est réellement possible — un best-seller du New York Time lors de sa sortie aux États-Unis.

Gay Hendricks, 2010, 284 pages.

Titre original : The Big Leap (2009).

Chronique et résumé de "Le grand saut" de Gay Hendricks

Introduction - Supprimez le dernier obstacle à la réussite ultime en amour, au travail et en santé

Le seul problème qui vous retient

Pour Gay Hendricks, ce problème a un nom : c'est le problème de la limite supérieure. Lorsque vous êtes déjà une personne motivée et avec du succès, il se peut que vous perdiez confiance au moment d'atteindre vos objectifs ultimes. Ou que vous les pensiez impossibles.

C'est ça, le problème de la limite supérieure : la difficulté à "franchir les derniers kilomètres". Pour le résoudre, une chose est à accomplir : apprendre à apprendre ou, si vous voulez, être ouvert à l'apprentissage. Telles sont la question et la thèse principales de l'auteur.

Comment atteindre votre zone de génie ? Telle est une autre formulation de cette même interrogation. Cela dit, pour être heureux, il ne suffit pas de réussir dans les affaires. L'important est de parvenir au meilleur de soi-même dans tous les domaines de l'existence.

Pour vous aider à réaliser ce potentiel que vous sentez en vous, Gay Hendricks choisit de s'adresser à vous simplement et directement, à partir de sa propre expérience personnelle et comme thérapeute.

Le moment de la découverte

L'auteur raconte comment lui est venue l'idée principale de sa méthode. C'est alors qu'il s'inquiétait inutilement pour sa fille (qui était en sécurité dans un camp de vacances) qu'il a pris conscience que son inquiétude était générée à cause de bien-être antérieur. Comment ? Cela mérite une explication !

"Une partie de moi craignait de jouir d'une énergie positive pour une période prolongée de temps. Lorsque j'atteignais ma limite supérieure, quant à la quantité de sentiments positifs que je pouvais gérer, je créais une série de pensées désagréables pour me dégonfler." (Le grand saut, Introduction)

Ce schéma fonctionne dans tous les domaines :

Vous mangez sainement puis vous "craquez" ;

Ou bien vous vous disputez après une période de couple harmonieuse ;

Etc.

Les pensées ou attitudes négatives seraient donc un moyen — mis en place de façon inconsciente ou presque inconsciente — pour stopper net une avancée positive. Pourquoi ? Car, ainsi, nous restons dans notre zone de confort, c'est-à-dire dans ce que nous connaissons déjà.

D'où une première question pratique : "Comment puis-je augmenter les périodes de contentement dans ma vie ?" Suivie de trois autres :

"Si je peux éliminer les comportements qui interrompent le flot d'énergie positive, puis-je apprendre comment me sentir bien tout le temps ?

"Puis-je permettre aux choses d'aller bien dans ma vie en tout temps ? Dans mes relations, puis-je vivre en harmonie et en intimité tout le temps ?"

" Notre espèce peut-elle vivre des périodes plus longues de paix et de prospérité, libres du schéma où nous chamboulons tout lorsque les choses vont bien ? » (Le grand saut, Introduction)

Chapitre 1 - Vous préparer pour le grand saut

Comment commencer

Dans ce chapitre, tout l'enjeu consiste à identifier le problème et la façon de le résoudre. Commencez par vous demander si vous êtes prêt à être mieux au quotidien. Cela peut paraître stupide (tout le monde a envie de répondre "oui !"), mais ne l'est pas.

"Se sentir bien", pour Gay Hendricks, c'est avant tout ressentir un "sentiment profond et naturel de bien-être qui ne dépend pas de facteurs extérieurs".

Prenez un peu de temps chaque jour pour rechercher ce sentiment. Puis, vous pourriez progressivement vous demander si vous voulez étendre ce bien-être à votre "vie tout entière" (dans tous les aspects de votre existence) et, finalement, si vous voulez vous sentir bien absolument "tout le temps".

Ici encore, la réponse évidente semble être positive. Mais quand nous y pensons un peu, nous voyons qu'en fait, nous nous mettons des bâtons dans les roues ou, plutôt, nous nous imposons des limites. Or, celles-ci n'ont pas lieu d'être ; elles sont simplement issues de croyances restrictives et erronées.

En fait, répondre par oui à ces questions est un acte courageux. Il vous prépare au "grand saut" !

Le grand saut de Maynard

Maynard Webb est l'une des personnes qui ont permis à la plateforme eBay de connaître un grand succès dans les années 2000-2010. Dans cette compagnie, il était dans sa zone d'excellence, selon Gay Hendricks, mais pas dans sa zone de génie. Il pouvait — et souhaitait — faire mieux.

Il s'est finalement décidé à entrer dans une autre compagnie et a connu un succès retentissant.

Autre exemple. Le Dr Jordan a lui reculé au dernier moment, lorsqu'une grande entreprise a voulu racheter sa petite compagnie. Il a tellement créé de difficultés que les acheteurs se sont enfuis. Mais cela lui a permis d'apprendre la leçon et il est devenu un adepte du grand saut.

Vous concentrer sur vous-même

"Une fois que vous vous engagez à vivre votre plein potentiel, votre ego est soudainement menacé d'extinction. Il a fabriqué des excuses pour vous tout le long de votre vie. Si votre engagement à faire votre grand saut est sincère, vous devrez montrer la porte à votre ego. Mais à moins que vous ayez de la chance, votre ego ne partira pas calmement. Il a toute une carrière derrière lui." (Le grand saut, Chapitre 1)

Que veut dire ce passage ? Eh bien que nous nous faisons un cinéma intérieur et que le projectionniste n'est autre que notre ego, qui cherche à nous protéger contre une perte d'estime de nous-même en préférant se bercer d'illusions.

Le chemin à parcourir

En fait, c'est de la peur. La peur est ce brouillard qui vous empêche d'avancer et de trouver votre chemin hors de votre zone de confort (le cinéma intérieur). Pourtant, la crainte peut être maîtrisée et mise à profit comme un carburant. À condition de "respirer".

En fait, la peur est de l'excitation "sclérosée".

Pour lui redonner vie, il faut respirer, c'est-à-dire prendre concrètement des bouffées d'air pour donner de l'espace à cette émotion et la contrôler. C'est ce que font de nombreux acteurs et actrices quand ils ont le trac, par exemple !

Si votre envie d'atteindre votre zone de génie est sincère, la méthode qui sera exposée dans les lignes qui suivent vous sera d'un secours précieux.

Comment fonctionne le problème de la limite supérieure

Selon l'auteur, nous sommes dotés d'un "thermostat" qui nous indique les limites d'amour, de réussite professionnelle, etc. que nous pouvons tolérer. Ces mesures ont été arrêtées, pour la plupart, dans l'enfance. Autrement dit, nous avons appris à limiter les hausses "dangereuses" du thermostat.

La culpabilité joue un rôle particulièrement important dans ce processus :

"La culpabilité est un moyen dont dispose notre esprit pour presser douloureusement sur le conduit où circulent nos sentiments positifs." (Le grand saut, Chapitre 1)

Une idée radicale

Pour Gay Hendricks, tout l'enjeu consiste à dissiper ces sentiments négatifs en prenant appui sur la réserve de bien-être intérieur que nous pouvons retrouver à chaque instant en nous.

Souvent, nous pensons que, pour être heureux, vous devez avoir réussi, être en bonne santé, etc., c'est l'inverse qui est vrai. Retrouvez cette source de bien-être et faites-la grandir progressivement : c'est là que vous serez en bonne voie pour vous accomplir dans tous les domaines !

Cette idée est radicale car elle s'oppose à ce qui est communément cru. Vous n'avez besoin de rien pour commencer à être heureux, sinon d'une pensée positive qui vous aide au quotidien dans vos réalisations.

Apprenons à ne pas saboter notre capacité à vivre mieux en "enclenchant le commutateur de la limite supérieure", c'est-à-dire en nous créant des problèmes inutiles (et parfois graves). Trouvons le moyen de retrouver notre énergie positive.

Le thermostat de la limite supérieure des personnes à succès

Gay Hendricks prend plusieurs exemples de personnalités qui achoppent au moment même où ils réussissent. Certains, en effet, se "tirent une balle dans le pied" parce qu'ils ne supportent pas avoir autant de succès. L'auteur prend les exemples de :

Christian Bale ;

John Belushi ;

Bill Clinton.

Il montre aussi comment la chanteuse Bonnie Raitt est parvenue à entrer dans sa zone de génie et à accomplir ses plus grands espoirs musicaux.

Résoudre un problème et vous libérer

"Par sa nature, le problème de la limite supérieur est impossible à résoudre dans votre état de conscience ordinaire. Si cette résolution avait été possible, il y a déjà longtemps que vous l'auriez faite. Le problème de la limite supérieure ne se résout que par un bon dans la conscience." (Le grand saut, Chapitre 1)

Impossible, ici, de recueillir des informations, puis de faire le choix adéquat. Il faut purement et simplement "dissoudre" le problème, en une seule fois.

Pour bien faire comprendre de quoi il s'agit, le psychologue rappelle les quatre "zones" d'interaction efficace avec le monde :

Incompétence (nous ne savons pas comment agir) ;

Compétence (nous pouvons résoudre des problèmes donnés) ;

Excellence (nous avons la maîtrise de notre environnement et sommes reconnus pour notre travail) ;

Génie (nous créons sans aucune difficulté et c'est notre don qui est mis en avant).

Souvent, c’est autour de 40 ans que notre « génie naturel » nous envoie des alarmes pour se rappeler à nous. Nous avons souvent évolué en faisant taire les petites voix qui nous appelaient, mais celles-ci se font de plus en plus pressantes.

Chapitre 2 - Faire le saut

Souvent, les problèmes et les réussites s'emmêlent. Une réussite dans la sphère du travail peut vous procurer un problème côté "cœur". Et vice-versa : les gâchis dans un domaine se répercutent ou peuvent se répercuter dans un autre.

Le déclenchement du problème de la limite supérieure

Selon Gay Hendricks, il y a quatre croyances limitantes qui nous empêchent d'accéder à notre plein potentiel. La plupart du temps, après un effort, nous sommes capables d'en reconnaître au moins deux ou trois. Il est plus rare d'arriver à quatre.

Avant de les présenter, l'auteur montre que ces barrières intérieures se manifestent sous la forme de mantras négatifs du type :

"Je ne peux développer mon plein potentiel parce que (...)" ;

"Je suis incapable de vivre des relations sereines parce que (...) ;

Etc.

Barrière cachée numéro 1 : se sentir fondamentalement imparfait

Souvent, nous pensons que quelque chose manque en nous. Ce défaut nous empêcherait d'atteindre nos objectifs professionnels ou de développer notre créativité, par exemple. Mais est-ce si sûr ?

Si vous réussissez, alors vous entrez en contradiction avec ce mantra négatif. Il y a "dissonance cognitive", c'est-à-dire conflit intérieur entre vos valeurs ou croyances (limitantes) et vos actions (réussite).

Pour résoudre cette tension intérieure, votre thermostat cherche à se remettre à la normale et à évacuer la réussite gênante par un nouveau problème ! Mais il y a une autre voie : vous pouvez mettre fin à cette croyance fausse et limitante, que l'auteur compare à un "bug" de notre cerveau.

Barrière cachée numéro 2 : déloyauté et abandon

Une autre façon de s'interdire de faire les choses est de considérer que vous souffrirez d'abandon ("je serai seul") ou que vous trahirez vos origines ("je ne peux pas lui/leur faire ça") en cas de réussite.

Souvent, vous vous inquiétez pour votre famille (vos parents). "Vais-je réussir à combler les attentes de mes proches ?" Telle est l'une des questions que vous vous posez. Vous vous sentez coupable et n'osez pas avancer.

Souvent, une bonne conversation permet de mettre les choses à plat et d'éteindre ces peurs inutiles. Celle-ci demande du courage, mais vous soulage d'un poids immense ensuite. L'auteur donne l'exemple d'un couple nouvellement marié qui a dû en passer par là pour vivre pleinement la relation.

Barrière cachée numéro 3 : croire qu'un plus grand succès entraîne un plus grand fardeau

Vous pouvez penser que vous serez un plus grand fardeau pour vous-même ou pour les autres si vous réussissez. Ce type de croyance peut vous poser problème depuis votre plus jeune âge, selon les messages que votre entourage familial vous a transmis inconsciemment ou implicitement.

Gay Hendricks raconte une histoire liée à sa propre enfance. Selon lui, sa mère et son frère l'ont toujours vu comme un fardeau, alors qu'il était une bénédiction pour ses grands-parents. Heureusement, il a fini par le comprendre et à voir que sa culpabilité reposait sur une faute imaginaire.

Barrière cachée numéro 4 : le crime d'éclipser les autres

Parfois, nous nous sentons retenu dans nos actions par la peur de faire du tort aux autres — souvent un proche. Nous ne voulons pas qu'il se sente exclu ou éclipsé par nos réussites. C'est un phénomène qui se produit régulièrement avec les enfants doués et talentueux.

Demandez-vous si vous avez peur d'éclipser quelqu'un en exprimant qui vous êtes et ce que vous faites de mieux. Peut-être que la dissolution de votre limite supérieure est liée à cet interdit qui vous a été imposé un jour…

Aller de l'avant

Ces 4 barrières cachées forment des mantras négatifs qui, répétés au fil des jours, peuvent vous limiter considérablement. Apprenez à les repérer par une réflexion honnête ; peut-être aussi à l'occasion de discussions avec des proches ou des professionnels de psychologie.

Une fois identifiés, vous serez capable d'aller de l'avant… C'est-à-dire de faire le grand saut !

Chapitre 3 - Pour être plus précis

Voyons maintenant de façon plus précise comment détecter le problème de la limite supérieure dans la vie quotidienne. Autrement dit, entrons dans encore plus de détails ; cette enquête nous aidera à nous préparer au changement.

Modèles typiques où nous atteignons notre limite supérieure

Voici les cinq modèles typiques de limite supérieure que Gay Henricks développe dans ce chapitre :

L'inquiétude ;

Le blâme et la critique ;

La "déviation" ;

Les disputes ;

Le fait de tomber malade ou de se blesser.

  • L'inquiétude

Pourquoi survient l'inquiétude ? Souvent, elle survient… pour rien, c'est-à-dire pour rien d'important. Elle est alors la manifestation évidente de notre limite intérieure. Bien sûr, il y a des inquiétudes légitimes, mais elles ne sont pas en cause ici. Pour dissocier l'une de l'autre, demandez-vous :

Si elle est liée à une possibilité réelle (et non imaginée) ;

S'il y a quelque chose que vous pouvez mettre en œuvre ici et maintenant pour créer une différence positive (pour résoudre le problème).

Si ce n'est pas le cas, alors c'est sans doute que l'inquiétude ne mérite pas toute cette énergie mentale de votre part. L'auteur prévient qu'il n'est pas si aisé de se déprendre de ses inquiétudes inutiles. En quelque sorte, nous y tenons. Le psychologue donne néanmoins un plan en 7 étapes pour parvenir à la maîtriser (voir pages 98-99).

  • La critique et le blâme

Souvent, la critique a aussi peu avoir avec la réalité que l'anxiété.

"En d'autres termes, lorsque nous critiquons quelque chose, cela n'a habituellement rien à voir avec la chose que nous critiquons. Quand nous blâmons quelqu'un — ou quelque chose — nous le faisons parce que nous avons atteint notre limite supérieure et que nous essayons de retarder le flot d'énergie positive." (Le grand saut, Chapitre 3)

Souvent, nous sommes accro au blâme et à la critique. Nous nous en prenons à l'autre (ou aux choses ou aux autres de façon générale) de façon répétée et, en fait, nous ne pouvons nous arrêter. Faites l'expérience : cessez de critiquer ou blâmer pendant une journée et voyez si vous avez des difficultés.

Il en va de même lorsque vous vous critiquez vous-même. C'est le même processus. Souvenez-vous : la critique et le blâme ne visent jamais à parvenir à des résultats tangibles. Ils ont juste pour objet de vous mettre des bâtons dans les roues.

Apprenez donc à vous observer très attentivement pour reconnaître les moments où vous jouez le rôle du critique et de l'accusateur. Ici encore, apprenez à trier entre celles qui sont véritablement méritées et demandent une action concrète ici et maintenant — puis celles qui sont véritablement inefficaces et destructrices.

  • La déviation

"Faire dévier" signifie ici minimiser ou se refuser à profiter de l'énergie positive qui émane de nos actions. Concrètement, vous refusez par exemple de recevoir une critique positive ou un compliment sur votre travail.

Ce faisant, vous ne pouvez mettre en place une véritable scène de reconnaissance, où chacun des interlocuteurs estime l'autre. C'est dommage, puisque cela nuit à votre propre énergie. Nous restons dans notre zone de compétence, peut-être, mais nous refusons l'excellence et le génie.

Dans ce cas-ci, apprenez à distinguer la louange honnête et méritée (de la flatterie sans intérêt) et à la recevoir comme il se doit. De cette façon, vous vous mettrez au défi d'aller encore plus loin !

  • Les disputes

Gay Hendricks aborde la question à la fois sur le plan personnel du couple et sur celui, international, des conflits entre pays ou confessions religieuses et politiques. Selon lui, c'est à chaque fois le même scénario : quelqu'un revendique le statut de victime et veut rendre l'autre partie responsable.

Comment sortir de ces engrenages ? En affirmant à 100 % sa propre responsabilité à la fois dans la création du conflit et dans sa volonté à le résoudre. Chacun, bien sûr, doit s'engager de la même façon. En fait, il n'y a pas 100 % à diviser, mais 100 % à additionner de part et d'autre !

  • Blessures et maladies

Gay Hendricks affirme que certaines — pas toutes, bien sûr ! — affections ou accidents peuvent survenir de façon à créer un problème de limite supérieure. Et, dans tous les cas, cela ne doit pas vous empêcher de le traiter avec des médecins compétents.

Simplement, demandez-vous si ce problème de santé survient à un moment particulièrement "inadéquat", lorsque vous venez tout juste de réussir quelque chose ou que vous vous apprêtiez à faire le grand saut, par exemple.

Pour savoir si vos douleurs peuvent être liées à un problème de limite supérieure, utilisez la technique suivante.

Les trois P

Que sont les trois P ? Ils sont comme une carte. Les trois P signifient :

Punition ;

Prévention ;

Protection.

La punition peut survenir lorsque vous faites quelque chose manière irrationnelle et que votre corps vous "punit" pour vous signaler un souci. L'auteur prend l'exemple d'une personne ayant des migraines affreuses après des ébats amoureux hors mariage.

Selon Gay Hendricks, voilà un signe que cette personne se châtie de son comportement irrationnel et ne s'autorise pas, en fin de compte, d'explorer sa zone de génie. Solution ? Reconnaître que les "sensations délicieuses" qu'il expérimente avec sa maîtresse pourraient être libérées de façon plus saine, sans tricher.

Quant à la prévention et la protection, elles surviennent souvent ensemble. Ce peut être dû à une tentative de votre corps et de votre subconscient de vous éviter de faire quelque chose que vous n'avez pas totalement (ou du tout, en fait) envie de faire.

Atteinte à l'intégrité

"Poser une atteinte à votre intégrité est l'un des moyens les plus rapides pour vous rabaisser après une excursion au-delà de votre limite supérieure. Les atteintes à l'intégrité les plus répandues sont les mensonges, le non-respect d'un accord, et les vérités cachées." (Le grand saut, Chapitre 3)

Nous sommes souvent des experts au petit jeu de nous cacher ce que nous pensons vraiment. Nous évitons d'être honnêtes avec nous-mêmes et avec les autres pour ne pas dépasser notre limite supérieure, mais nous nous imaginons que ce sont d'autres raisons qui nous y poussent.

Le psychologue prend de nombreux exemples, dont celui de Bill Clinton à nouveau, pour illustrer ce phénomène. Il suggère aussi de considérer l'intégrité moins comme un problème moral (même si c'en est un) que comme un problème physique : le manque de sincérité, par exemple, "bouche" les relations et les rend moins fluides.

En reconnaissant que nous n’avons pas été sincères, nous pouvons enlever le caillou et laisser le flux de la communication se rétablir naturellement. De ce fait, nous pouvons, dans nos interactions quotidiennes, atteindre de bien meilleurs niveaux de succès et de bien-être.

L'auteur propose de faire le point en acceptant de prendre en considération le fait que le mensonge ou le manque d'intégrité soit lié à une peur d'évoluer positivement (pour soi-même ou au sein d'une relation).

La première étape vers la plénitude : découvrir votre histoire

Pour découvrir ce qui empêche la plénitude d'être restaurée, il importe de se pencher sur son histoire. Posez-vous les questions suivantes :

"À quel moment est-ce que je sens que je ne suis plus intègre face à moi-même ?"

"Qu'est-ce qui m'empêche de me sentir complet et entier ?"

"Quels sont les sentiments importants que je ne laisse pas apparaître dans ma conscience ?"

"Y a-t-il un aspect de ma vie où je ne révèle pas toute la vérité ?"

"Y a-t-il un aspect de ma vie où je n'ai pas tenu mes promesses ?"

"Dans ma relation avec (...), qu'ai-je besoin de dire ou de faire pour me sentir complet et entier ?"

Ces interrogations vous aideront à "déprogrammer" votre histoire et à vous reconnecter à votre zone de génie.

L'attitude

Ces exercices peuvent paraître longs et fastidieux. Mais Gay Hendricks se veut rassurant : recherchez des choses déterminées (un sentiment de tristesse ou de peur, par exemple) et cherchez à l'analyser.

Important : agissez avec une tonalité de remerciement et d'émerveillement, plutôt que sur le mode du blâme ! Rechercher la vérité est une activité qui s'exerce préférablement dans une atmosphère ludique.

Actions requises

En ayant cette attitude à l'esprit, commencez vos recherches de "problèmes de limite supérieure", ce que l'auteur résume par ULPs (pour upper limit problem, en anglais). Chaque fois que vous constatez que votre problème est lié à un ULP, cherchez à le dissoudre en utilisant l'une des techniques citées plus haut.

Cherchez aussi consciemment à accroître l'épanouissement, l'amour et le succès dans votre corps et votre esprit. Savourez les sensations corporelles qui sont liées au bien-être et à la plénitude intérieure.

Enfin, mettez-vous à la recherche d’une histoire de vous-même qui soit en lien avec votre zone de génie. Créez votre propre récit positif afin de reconnaître votre plein potentiel et accepter de le partager.

Chapitre 4 - Construire un nouveau nid dans votre zone de génie

"Ceux et celles qui ont le courage de découvrir et de faire naître leur génie font une percée vers des hauteurs sans précédent de productivité et de satisfaction." (Le grand saut, Chapitre 4)

La plupart du temps, nous "sautillons" dans notre zone de compétence, mais nous n'osons pas franchir le pas, faire le grand saut — le seul qui compte vraiment. Notre tâche consiste à repérer les moments où nous n'avançons plus en raison du problème de la limite supérieure afin de déverrouiller ce plafond de verre.

De façon régulière, les personnes souhaitent réaliser un projet créatif, mais n'y parviennent pas. Le grand saut consiste à passer le cap et à se donner les cartes en main. Les histoires que nous construisons et que nous racontons pour justifier notre maintien dans la zone de compétence ne peuvent pas durer éternellement !

Votre engagement au génie

Dans cette partie, Gay Hendricks cherche à vous faire passer le précipice ; bref, il veut que vous vous engagiez à sauter. Pour vous faire à l'idée, il vous propose de commencer par la répétition de cette phrase :

"Je m'engage à vivre dans ma zone de génie, maintenant et pour toujours." (Le grand saut, Chapitre 4)

En répétant plusieurs fois cette phrase et en étant attentif à ce qu'elle provoque en vous, vous ancrerez cette nouvelle croyance positive et vous serez prêt à changer.

Les questions géniales

Voici une série de questions à vous poser pour identifier votre zone de génie et ne pas la laisser s'échapper :

"Qu'est-ce que j'aime le plus faire ?"

"Quel est le travail que je fais sans sentir que c'est du travail ?"

"Dans mon travail, qu'est-ce qui produit le ratio le plus élevé de rentabilité et de satisfaction par rapport au temps consacré ?"

"Quelle est mon habilité unique ?"

L'auteur explicite chacune de ces questions pour que vous puissiez y répondre de façon précise. À noter : c'est aussi la méthode employée dans Vivre la vie de ses rêves grâce à son blog !

Articuler votre habileté unique

Il n'est pas si aisé de la rencontrer. Il faut souvent défaire "les poupées russes" qui la cachent. Par exemple, ce n'est pas "animer les réunions" qui sera, peut-être, l'habilité de quelqu'un. Mais plutôt : la capacité à sentir des changements d'humeur dans les groupes et à les canaliser.

Trouvez une affirmation simple et précise commençant par :

"J'excelle dans…"

Selon Gay Hendricks :

« Vous saurez que vous approchez de votre habileté unique quand vous ressentirez une lueur intérieure d’émerveillement et d’excitation. » (Le grand saut, Chapitre 4)

Chapitre 5 - Vivre dans votre zone de génie

Sortez de votre boîte et engagez-vous dans la spirale

La zone de génie n'est pas tellement stable : en fait, c'est plutôt une spirale d'ascension permanente. Une fois passée la limite supérieure, il n'y a plus de limites selon Gay Hendricks. Du moins, comparé à l'état très restreint dans lequel vous étiez avant, à savoir bloqué dans des "boîtes" et des croyances erronées.

Le mantra de la réussite suprême : une intention directrice centrale

Le mantra de la réussite suprême (ou appelez-le autrement si vous préférez) est une sorte de méta-programme à installer au cœur ou à la racine de vous-même.

Il s'agit d'un mantra dans la mesure où c'est "un son ou une idée que vous employez comme point de focalisation dans la méditation". Souvent, le mantra est simplement l'attention à la répétition. Mais il existe aussi d'autres techniques où vous pouvez focaliser votre attention sur une phrase précise.

L'important est d'y revenir à chaque fois, comme à un "port d'attache". Il est normal que vos idées vagabondent vers le passé ou l'avenir ; l'enjeu, c'est de les laisser filer et de revenir à l'instant présent.

Votre mantra de la réussite suprême

Dans la suite de l'ouvrage, l'auteur utilise l'acronyme MRS pour en parler. Il vous permet de garder l'intention centrale de votre zone de génie à l'esprit. Le voici :

"Je me développe chaque jour dans l'épanouissement, le succès et l'amour, et j'inspire ceux et celles qui m'entourent à faire de même." (Le grand saut, Chapitre 5)

Commencez par le dire à voix basse plusieurs fois. Puis tentez à voix haute. Ressentez son action en vous. Pour le psychologue Gay Hendricks, il s'agit de la meilleure méthode pour tenir à distance le problème de la limite supérieure et parvenir à vous installer durablement dans votre zone de génie.

Comment utiliser le MRS

Deux voies complémentaires sont préconisées par l'auteur :

Formellement, c'est-à-dire dans le cadre de méditations régulières ;

Informellement, dans la vie quotidienne, lorsque vous en avez l'occasion.

Pour la méditation, Gay Hendricks propose d'alterner des répétitions toutes les 15-20 secondes.

Ce à quoi vous pouvez vous attendre

En fait, se répéter ce mantra dans le cadre d'une méditation n'ira pas sans difficulté. Comme l'auteur le signale, il est fort probable — et même souhaité — que vous esprit riposte à cette phrase nouvelle.

En effet, l'objectif est de "recabler" le conscient et le subconscient. Mais le cerveau, lui, préfèrerait garder ses bonnes vieilles habitudes ! Il va donc vous faire penser (en boucle) à tout le contraire. Par exemple : "Je ne suis pas assez bon pour inspirer qui que ce soit", etc.

Mais persévérez et vous verrez un changement. Ces ripostes sont un bon signe. Elles cesseront quand votre subconscient et votre conscient auront assimilé le nouveau programme.

Un important raccourci : le refus éclairé

Il importe de savoir dire non ou, pour le dire avec un livre célèbre : cessez d'être gentil et soyez vrai ! Le refus n'est pas mauvais en soi, au contraire. Il vous permet de rester focaliser sur ce qui vous intéresse et vous profite le plus.

Les refus éclairés et motivés honnêtement vous offriront même de bonnes surprises. L'auteur raconte comment il a lui-même réussi à obtenir des avantages et des opportunités grâce à sa capacité à dire non.

Un autre raccourci : renouveler et raffiner votre engagement

S'engager est le point de départ de tout projet : amoureux comme professionnel. Mais il ne se suffit pas à lui-même. En réalité, il faut souvent renouveler l'engagement pris à l'égard d'autrui. Il en va de même avec vous-même et votre MRS.

En prenant soin de votre engagement pour la zone de génie, vous donnerez l'exemple autour de vous. C'est ce qu'affirme Gay Hendricks dans ce passage :

"L'un des sentiments les plus savoureux au monde, c'est de voir que votre engagement à vivre dans votre zone de génie inspire d'autres personnes à faire de même. Non seulement inspirer les autres leur fera du bien, mais vous vous sentirez aussi merveilleusement bien." (Le grand saut, Chapitre 5)

Chapitre 6 - Le temps selon Einstein

Pour bénéficier d'une existence plus harmonieuse, vous devez comprendre que le temps n'est pas linéaire et objectif, mais avant tout subjectif. Nous pouvons le "créer". Oui, pour Gay Hendricks — qui s'inspire ici assez librement de la théorie de la relativité d'Einstein — vous pouvez maîtriser le temps !

Le problème et la solution

Pour l'auteur, qui cite ici David Allen (son voisin !), nous avons tous un problème avec le temps. Nous n'arrivons pas à "caser" tout ce que nous voulons ou devons faire dans le temps qui nous est "imparti".

Il y a bien des méthodes, dont celle de David Allen justement, mais celles-ci sont souvent compliquées et nous les laissons tomber en partie ou complètement après quelques essais. En tout cas, c'est l'expérience qu'en a faite Gay Hendricks.

Pour celui-ci, le vrai secret réside dans le fait de se donner une autre conception du temps. C'est ce qu'il appelle le paradigme Einstein, en opposition à l'ancien paradigme, celui de Newton.

Une fois adopté le temps selon Einstein, vous pourrez augmenter le temps disponible pour vos activités créatrices et productives. Comment ? Voyons d'abord en quoi consiste la différence entre les deux formes de temps.

L'ancien paradigme et le piège du temps newtonien en détail

Pour résumer, le temps newtonien est un temps fini, puisqu'il existe une quantité limitée de temps. Du coup, nous sommes toujours dans un état de pénurie. Toujours à le chercher pour réaliser la moindre activité.

En fait, nous sommes pris dans un piège, selon lequel il existe d'un côté le temps comme réalité matérielle et physique, indubitable, et de l'autre nous-mêmes, qui subissons sa pression. Nous sommes pris dans un dualisme où nous sommes les esclaves du maître-temps !

Notre problème de temps : un problème d'espace

Le changement de conception du temps va de pair avec un changement de conception de l'espace. Dans l'ancien paradigme, l'espace est lui aussi fixe. Dans la version d'Einstein, l'espace peut se contracter ou s'élargir — comme le temps justement !

La phrase clé du célèbre physicien contemporain est la suivante :

"Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C'est ça la relativité." (Albert Einstein)

Gay Hendricks interprète cette remarque en disant que notre conscience s'étend dans l'espace lorsque nous sommes bien, alors qu'elle se rétrécit le plus possible quand nous sommes en mauvaise posture.

La vérité à propos du temps et toutes ces choses que vous ne voulez pas vraiment faire

"Pour arriver à vivre dans le temps selon Einstein, il vous faut effectuer une importante transformation, et c'est un concept qui est tellement inconcevable que j'ai effectivement vu des adultes avoir le souffle coupé d'étonnement lorsque je leur ai présenté comment procéder." (Le grand saut, Chapitre 6)

Êtes-vous prêt à essayer ?

En fait, vous avez besoin de déprogrammer votre persona du temps. Qu'est-ce que c'est que ça ? Le persona, ici, désigne "un modèle d'action et de sentiments qui sont apparus dans notre vie à un certain moment en réaction à certaines conditions".

En fait, persona signifie masque en latin. Mais laissons les complications aux universitaires, dit l'auteur, et entrons dans le concret.

Ce que vous avez vraiment besoin de savoir au sujet de votre persona

Nous avons plusieurs persona, au moins deux ou trois le plus souvent. Ceux-ci se sont développés durant notre enfance. À l'âge adulte, l'un des enjeux consiste à les repérer et à "supprimer" ceux qui nous sont devenus inutiles ou néfastes.

Pour Gay Hendricks, nous agissons également avec le temps en fonction d'un persona. Le plus souvent, nous agissons par exemple comme des "policiers du temps", recadrant la moindre personne en retard. Mais nous pouvons adopter en profondeur une autre personnalité relative au temps.

Le temps selon Einstein

Devenir maître de son temps, c'est refuser le dualisme et considérer que vous êtes la source du temps. Le temps vous appartient ; vous avez prise sur lui. Ce n'est pas une ruse, selon le psychologue. Vous pouvez générer davantage de temps. Commencez par vous dire :

"Où dans ma vie je n'assume pas ma pleine responsabilité ?" ou "Qu'est-ce que j'essaie de nier ?" ou encore "Où dans ma vie dois-je assumer ma pleine responsabilité ?" (Le grand saut, Chapitre 6)

Prendre ses responsabilités aiderait-il à mieux gérer son temps ? C'est ce que prétend l'auteur. En fait, prendre en main le stress permet aussi de prendre en main le temps. Regardons comment.

Comment commencer

Une première action pourrait être de cesser de vous plaindre du temps — ou plutôt de votre manque de temps. Les phrases du genre "Je n'ai pas le temps" doivent disparaître de votre vocabulaire.

Imaginez un peu : si votre enfant veut jouer avec vous, vous pourriez être tenté de lui répondre que "vous n'avez pas le temps maintenant". Mais qu'en serait-il s'il se coupait en jouant seul et que vous deviez l'amener à l'hôpital ?

Dans un cas, vous avez le temps mais pas dans l'autre. Cela n'est pas une bonne manière de prendre ses responsabilités. Vous êtes la source du temps que vous prenez et que vous accordez aux autres.

La sensation de la pression du temps

Cette pression que nous ressentons lorsque nous sommes pressés, en retard et stressés, vous l'avez déjà sûrement expérimentée. En fait, vous pouvez modifier cet état corporel. Et il en va de même avec l'ennui que vous ressentez peut-être comme un vide.

Rendez-vous compte que, en réalité, ces sensations proviennent de vous-même et d'un "ferment créateur" en vous. Vous pouvez maîtriser cet élan créateur et le diriger là où il vous semble bon d'agir.

Une invitation

Créez donc suffisamment de temps pour apprendre sur vous-même et mettre en œuvre ces principes !

"Ce qu'il faut principalement, c'est une attention enthousiaste. Surveillez constamment les plaintes qui sortent de votre bouche ou circulent dans votre esprit à propos du temps. En les détectant pour les éliminer une par une, vous deviendrez de moins en moins occupé tout en en accomplissant beaucoup plus." (Le grand saut, Chapitre 6)

Chapitre 7 - Résoudre les problèmes relationnels

Souvent — nous dit l'auteur qui s'appuie ici sur une étude scientifique de John Cuber et Peggy Harroff —, les personnes qui réussissent ont des relations conjugales décevantes. Pourquoi ? En fait, avant d'en venir à cette question, il convient de voir quels sont les types de relations dites décevantes :

Celles qui sont dépourvues de vitalité, c'est-à-dire d'envie de partager et de libido.

Il y a aussi celles qui sont passives-agréables, c'est-à-dire où l'amour est sans passion (et ne l'a peut-être jamais été). Peu d'attente, peu de disputes, mais pas de véritable harmonie profonde.

Enfin, il y a les relations où le conflit est prédominant.

Alors maintenant, revenons sur les raisons. Selon Gay Hendricks, il en existe deux :

Parce qu'ils ont du succès (nous l'avons dit) ;

Mais qu'ils ne connaissent pas le fonctionnement de la limite supérieure.

Dès lors, ces couples se créent des noises sans savoir pourquoi. Les personnes inconscientes de ce qu'elles croient et de ce qu'elles projettent sur l'autre ne peuvent pas rétablir leurs relations.

La projection survient quand vous vous rendez compte que vous attribuez à l'autre vos propres sentiments. Ces projections sont souvent nocives et nuisent à l'énergie et à l'équilibre du couple.

Pour apprendre à prendre vos responsabilités au sein du couple lorsque vous avez déjà du succès, l'auteur donne quelques conseils :

Prenez du temps en suffisance sans votre partenaire ;

Exprimez vos émotions et vos vérités de façon simple ;

Permettez-vous de vivre les sentiments (les vôtres et ceux de l'autre) ;

Soyez affectueux ;

Apprenez à relâcher l'intimité autrement que par la dispute ;

Cherchez des amitiés avec lesquelles réaliser des projets communs.

Conclusion sur « Le grand saut » de Gay Hendricks :

Que faut-il retenir du livre "Le grand saut" de Gay Hendricks :

Ce manuel typique de développement personnel vous apprendra à ne plus vous auto-saboter et à réaliser le meilleur de vous-même. Bien entendu, cela demande des efforts. L'enquête sur ses propres croyances limitantes, par exemple, est un processus délicat ; mais vous pouvez la mener à bien !

Dans la conclusion du livre, Gay Hendricks insiste sur le fait qu'il s'agit d'une trajectoire ascendante continue. Les moments où nous nous libérons d'une limite supérieure sont les moments du grand saut.

"Voici ce que je vous souhaite : un voyage de toute une vie béni de plusieurs moments de découverte de ce genre. À mesure que vous avancez sur votre chemin puisse chaque jour être rempli d'autant de magie pratique et miracles quotidiens." (Le grand saut, Conclusion)

Points forts :

Un livre pour aller encore plus loin dans le succès, dans tous les domaines ;

De grandes séquences autobiographiques ;

Des concepts expliqués clairement ;

Une méthode pas à pas pour le changement ;

Des annexes avec encore plus d'anecdotes.

Point faible :

On peut regretter l'absence d'un bibliographie avec des sources scientifiques.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 03 Oct 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12963/Le-grand-saut
Manuel du langage corporel  http://www.olivier-roland.fr/items/view/12960/Manuel-du-langage-corporel

Résumé de "Manuel du langage corporel" de Robert Mercier : Il nous parle de l'importance du non verbal dans la communication, dévoilant les principes clés du langage corporel, de la posture aux expressions faciales, et comment ces éléments influencent les interactions humaines. À travers des exemples concrets, Mercier nous apprend à décoder les signaux non verbaux et à éviter les erreurs courantes. Ce livre vous permet d'améliorer votre compréhension et votre efficacité dans les échanges personnels et professionnels.

Par Robert Mercier, 2021, 164 pages.

Note : cet article a été écrit par Rémi Bonnet du blog : L'action suit tes pensées.

Chronique et résumé de « Manuel du langage corporel » de Robert Mercier :

Chapitre 1 - Les types de langages.

Le paralangage.

Alors, qu'est-ce que le paralangage ?

Le paralangage est un aspect fondamental de la communication.

Il englobe les éléments vocaux qui accompagnent notre discours verbal.

Contrairement aux mots eux-mêmes, le paralangage inclut des aspects tels que le ton de la voix, l'intonation, le volume, le rythme et les pauses.

Ces éléments apportent des nuances émotionnelles et contextuelles qui enrichissent le message que nous transmettons.

Par exemple, imaginez une phrase prononcée avec une intonation montante.

Cette variation indique généralement une question, alors qu'une intonation descendante marque souvent une affirmation ou une certitude.

Le volume de la voix joue également un rôle crucial : un volume élevé peut signaler l'importance ou l'urgence d'un message, tandis qu'un volume plus modéré peut être perçu comme plus réfléchi ou moins pressant.

Les pauses, quant à elles, peuvent servir à créer du suspense ou à offrir un moment de réflexion.

Voyons maintenant comment le paralangage se révèle particulièrement important dans les interactions professionnelles et sociales.

Lors d'un entretien d'embauche, par exemple, un candidat peut exprimer sa confiance et son enthousiasme par un ton de voix dynamique et un rythme de parole fluide.

En revanche, en situation de négociation, un volume bien contrôlé et des pauses bien placées peuvent renforcer l'efficacité de la persuasion et l'autorité perçue.

Le paralangage est également un révélateur des émotions et des intentions non verbales.

Par exemple, une voix tremblante peut trahir une nervosité sous-jacente, même lorsque les mots prononcés sont positifs.

Donc, comprendre le paralangage nous permet non seulement d’interpréter plus précisément les messages des autres, mais aussi d'améliorer notre propre communication.

En somme, le paralangage, bien que subtil, joue un rôle crucial dans une interaction réussie et empathique.

En appréhendant ces nuances, nous pouvons faire une réelle différence dans la qualité de nos échanges et dans la compréhension mutuelle, que ce soit dans le cadre professionnel ou personnel.

La Proxémique.

La proxémique c’est l'utilisation de l'espace personnel dans la communication humaine.

Ce concept, développé par l'anthropologue Edward T. Hall dans les années 1960, examine comment vous utilisez et percevez l'espace autour de vous selon différents contextes culturels et sociaux.

Hall a identifié plusieurs zones de distance interpersonnelle, chacune correspondant à des types d'interactions spécifiques :

  • Pour en savoir plus : La proxémie: comprendre l'espace personnel à travers les cultures.

1- La zone intime :

Elle s'étend de 0 à 45 cm.

Cette zone est généralement réservée aux relations très proches, comme celles entre partenaires ou membres de la famille.

La proximité dans cette zone permet une intimité physique et émotionnelle.

2 - La zone personnelle : 

Elle va de 45 cm à 1,2 m.

Vous utilisez couramment cette zone dans les interactions amicales ou professionnelles, où un certain degré de confort est attendu sans intimité physique intense.

Cette distance permet une communication ouverte tout en maintenant une certaine réserve.

3 - La zone sociale :

Elle s'étend de 1,2 à 3,6 m.

Typique des interactions formelles et des échanges professionnels, cette distance est souvent adoptée lors des réunions ou des conversations avec des connaissances moins proches.

Elle favorise une communication respectueuse tout en préservant une certaine distance.

4 - La zone publique :

Elle dépasse 3,6 m et est utilisée pour les discours ou les présentations.

Cette distance permet de maintenir une certaine objectivité, l'orateur étant perçu comme distinct du public.

Cependant, la perception et l'utilisation de ces zones varient considérablement d'une culture à l'autre.

Par exemple, dans les cultures méditerranéennes, vous pouvez vous tenir plus près des autres, tandis que dans les cultures nord-européennes ou anglo-saxonnes, une distance plus grande est souvent préférée.

Ces différences sont dues à des normes culturelles distinctes concernant l'espace personnel et l'intimité.

Finalement, comprendre la proxémique est essentiel dans la communication interculturelle et professionnelle.

Une gestion appropriée de l'espace peut faciliter des interactions harmonieuses et éviter des malentendus.

Par exemple, une personne habituée à une grande distance physique pourrait percevoir une approche rapprochée comme intrusive, tandis qu'une personne provenant d'une culture plus tactile pourrait trouver une distance excessive froide et distante.

Ainsi, la proxémique joue un rôle crucial dans la manière dont vos messages sont reçus et interprétés.

Une connaissance approfondie de ces dynamiques permet d'améliorer vos échanges et d'éviter les conflits dus à des différences culturelles.

En fin de compte, maîtriser l'espace personnel contribue à des interactions plus fluides et plus respectueuses dans divers contextes sociaux et professionnels.

La Kinésique.

La kinésique est une discipline fascinante qui explore les mouvements corporels et leur rôle dans la communication non verbale.

Elle se concentre sur la manière dont les gestes, les postures, les expressions faciales et d'autres mouvements corporels transmettent des informations et des émotions.

En fait, la kinésique est un pilier fondamental de la communication humaine, souvent plus révélateur que les mots eux-mêmes.

Parce que les gestes sont l'un des aspects les plus analysés de la kinésique.

Leur signification peut varier considérablement d'une culture à l'autre.

Cependant, certains gestes, comme le sourire, ont une interprétation universelle.

Ce geste est généralement perçu comme un signe de convivialité et d'amitié dans la plupart des cultures.

En revanche, d'autres gestes peuvent être spécifiques à une culture particulière et nécessitent une compréhension contextuelle pour éviter les malentendus.

Les postures jouent également un rôle crucial dans la communication non verbale.

Elles reflètent souvent notre état émotionnel et notre attitude envers les autres.

Par exemple, une posture fermée, avec les bras croisés, peut signaler une attitude défensive ou un malaise.

En revanche, une posture ouverte, avec les bras détendus et les paumes visibles, est souvent interprétée comme un signe d'ouverture et d'accueil.

Ces variations posturales sont essentielles pour comprendre les dynamiques interpersonnelles et adapter vos propres comportements en conséquence.

De plus, les expressions faciales sont un autre aspect clé de la kinésique.

Elles ont la capacité d'exprimer des émotions telles que la joie, la tristesse, la colère ou la surprise.

Souvent, elles sont plus sincères que les mots utilisés pour décrire ces sentiments.

Les micro-expressions, ces variations subtiles et rapides du visage, peuvent révéler des émotions profondes et parfois inconscientes.

Ces indices fugitifs témoignent souvent de sentiments que nous ne verbaliserions pas immédiatement.

Au final, la kinésique joue un rôle fondamental dans notre compréhension des signaux non verbaux.

En développant votre aptitude à interpréter ces signes, vous pouvez améliorer votre communication et établir des relations plus profondes.

De plus, la capacité à décoder les gestes, les postures et les expressions faciales enrichit vos interactions avec les autres et vous permet de mieux comprendre les nuances de la communication humaine.

Chapitre 2- Les origines et l'évolution du langage corporel.

Pour commencer, le langage corporel, qui comprend gestes, postures et expressions faciales, est une forme essentielle de communication non verbale.

Son histoire est aussi fascinante que complexe, remontant à nos ancêtres préhistoriques.

Les premiers humains ont développé des formes de communication non verbale cruciales pour leur survie dans des environnements sociaux variés.

À leurs débuts, les manifestations du langage corporel étaient principalement des gestes et des postures utilisés pour exprimer des émotions, établir des hiérarchies sociales et coordonner les activités de groupe.

Ainsi, ces formes de communication renforçaient les interactions sociales nécessaires à la cohésion des groupes.

Puisque les gestes pour signaler la peur, la colère ou la joie étaient essentiels dans la vie quotidienne des premiers humains.

Toutefois, avec le temps, le langage corporel s'est considérablement affiné.

Chez les Homo sapiens, il est devenu un complément indispensable au langage verbal.

Les recherches anthropologiques montrent que des gestes spécifiques étaient utilisés pour renforcer les messages verbaux et faciliter la communication dans divers contextes.

Par exemple, lors de la chasse, les signes non verbaux aidaient à coordonner les actions des membres du groupe, tandis que dans les rituels sociaux, ils exprimaient des valeurs communes.

À mesure que les sociétés se complexifiaient et que les civilisations se développaient, le langage corporel a continué d’évoluer.

Les conventions culturelles ont enrichi le répertoire des signes non verbaux, chaque culture développant ses propres codes et significations.

Ainsi, le salut par poignée de main ou les gestes de respect, comme l'inclinaison de la tête, portent des significations profondes qui varient d'une culture à l'autre.

Ces gestes reflètent les valeurs et les normes sociales propres à chaque groupe.

Aujourd'hui, le langage corporel demeure crucial dans les interactions humaines.

Il complète le langage parlé et révèle souvent des émotions ou des intentions cachées.

De plus, les avancées en psychologie et en neurosciences ont approfondi notre compréhension des signaux non verbaux.

D'ailleurs, ces recherches montrent que le langage corporel joue un rôle clé dans la communication quotidienne et dans les relations interpersonnelles.

Il est devenu un outil indispensable pour saisir les subtilités des échanges humains.

En bref, le langage corporel est le fruit d'une longue évolution historique.

De ses premières formes primitives aux conventions culturelles modernes, il reste un élément central de la communication humaine.

Et sa capacité à exprimer des émotions et à compléter le langage verbal souligne son importance dans notre vie sociale.

Chapitre 3 - Comprendre le Langage Corporel : Le Positif et le Négatif.

Tout d'abord, le langage corporel est un élément essentiel de la communication humaine.

Il révèle souvent plus que les mots eux-mêmes et joue un rôle déterminant dans vos interactions et perceptions.

Vous pouvez classer le langage corporel en deux catégories principales : positif et négatif.

Ces deux aspects influencent fortement la manière dont vous vous comprenez et interagissez avec les autres.

Le langage corporel positif inclut des gestes et des postures qui favorisent une atmosphère ouverte et accueillante.

Par exemple, un sourire est un signe universel de bienveillance.

Un sourire sincère, associé à un contact visuel direct, transmet des sentiments d’accessibilité et de confiance.

De même, une posture ouverte, comme se tenir droit avec les épaules légèrement en arrière, montre de l'assurance et du respect.

Ces comportements non verbaux permettent de créer une connexion positive avec les autres.

En outre, les mouvements de tête en signe d’acquiescement et le fait de se pencher légèrement vers votre interlocuteur sont des indicateurs d’engagement et d’intérêt.

Ces gestes suggèrent que vous êtes pleinement présent et attentif à la conversation.

En revanche, le langage corporel négatif peut engendrer des malentendus et des barrières dans la communication.

Les bras croisés, par exemple, peuvent être perçus comme une posture défensive, même si ce n'est pas votre intention.

De plus, éviter le contact visuel peut donner l'impression de désintérêt ou de méfiance.

Un ton de voix tendu, associé à une posture rigide, peut également traduire de l'hostilité ou de l’inconfort.

D’autres signes de langage corporel négatif incluent des gestes agités ou des expressions faciales fermées, qui peuvent refléter de la nervosité ou de l’irritation.

Ces indices non verbaux peuvent freiner la communication et créer des tensions dans vos relations interpersonnelles.

En fin de compte, le langage corporel est un outil puissant pour exprimer vos émotions et intentions.

Parce que comprendre les nuances entre les signes positifs et négatifs vous permet d’améliorer vos interactions humaines et de favoriser une communication plus harmonieuse.

En prêtant attention aux détails du langage corporel, vous pouvez mieux interpréter les messages non verbaux des autres et adapter votre propre communication en conséquence.

Chapitre 4 - La Poignée de Main :  Sa signification et ses implications.

Pour débuter, la poignée de main, souvent perçue comme un geste banal, joue en réalité un rôle crucial dans la communication non verbale et les dynamiques sociales.

Ce geste peut révéler beaucoup sur vous, en fonction de sa fermeté, de sa durée et du contexte dans lequel il se manifeste.

En général, une poignée de main ferme mais pas écrasante est perçue comme un signe de confiance et de respect.

Elle montre que vous êtes sûr de vous tout en respectant les limites de l’autre personne.

À l’inverse, une prise molle peut être interprétée comme un manque d’assurance ou d’engagement.

Elle peut aussi donner l’impression que vous n’êtes pas sincère ou réellement intéressé par l’interaction.

D'ailleurs, la durée du contact est également importante : une poignée de main trop brève peut sembler désintéressée, tandis qu’une poignée prolongée peut être perçue comme excessive ou intrusive.

Votre posture lors de la poignée de main est également déterminante.

Une posture ouverte et droite, avec les épaules en arrière, projette une image de confiance et d’engagement.

À l’inverse, une posture fermée, avec les bras croisés ou les épaules voûtées, peut signaler de la réticence ou un manque d’ouverture.

Pour que votre poignée de main soit perçue positivement, il est crucial que votre posture et votre geste soient en harmonie.

Un décalage entre ces deux éléments peut créer une impression incohérente et potentiellement négative.

Les mains elles-mêmes ajoutent une dimension supplémentaire au geste.

Les gestes des mains, comme un léger toucher des doigts ou un mouvement de balancement pendant la poignée de main, peuvent accentuer la chaleur ou la cordialité du geste.

Il est également essentiel que vos mains soient propres et bien entretenues pour maintenir une image soignée et professionnelle.

Des détails comme des ongles soignés et une peau propre contribuent à l’impression globale que vous laissez.

En somme, la poignée de main est bien plus qu’un simple geste de salutation.

Elle est chargée de signification et son impact est amplifié par la posture et l’état des mains.

Une poignée de main appropriée, accompagnée d’une posture ouverte et de mains bien entretenues, peuvent jouer un rôle crucial dans la formation d’une première impression positive lors des interactions sociales.

Chapitre 5 - Calibrer votre langage corporel : Réussir votre première impression.

Pour commencer, calibrer votre langage corporel est essentiel pour faire une première impression réussie.

Le langage corporel constitue une part importante de notre communication, souvent plus influente que les mots que nous utilisons.

La première impression repose largement sur des signaux non verbaux tels que la posture, les expressions faciales et les gestes.

Pour optimiser votre première impression, adoptez une posture ouverte et détendue.

Tout d'abord, gardez une posture droite avec les épaules légèrement en arrière et avancez avec assurance : cela communique confiance et professionnalisme.

Cependant, évitez de croiser les bras ou de vous replier sur vous-même, car ces gestes peuvent être interprétés comme des signes de fermeture ou d’insécurité.

Le contact visuel est tout aussi essentiel.

Un regard direct mais non intimidant établit une connexion et montre votre engagement et votre sincérité.

Un sourire authentique joue également un rôle crucial : il crée une atmosphère chaleureuse et accueillante.

Et assurez-vous que votre sourire soit naturel et non forcé, afin qu'il reflète réellement une attitude positive.

De plus, soyez attentif à vos gestes et à votre tonalité.

Des gestes ouverts et mesurés, ainsi qu’une voix claire et calme, renforcent l’impression de confiance et de compétence.

Évitez les mouvements nerveux ou les tics qui peuvent distraire ou suggérer une anxiété sous-jacente.

En bref, pour réussir votre première impression, il est important de prêter attention aux détails et de maîtriser votre langage corporel.

Car une posture ouverte, un bon contact visuel, un sourire sincère et des gestes contrôlés peuvent profondément influencer la perception des autres dès les premiers instants.

Chapitre 6 - Comprenez le langage non verbal pour décoder les émotions et les intentions.

Pour débuter, apprendre à "lire" les autres passe par la compréhension du langage non verbal, ce qui vous permettra de mieux saisir leurs émotions et intentions.

Puisque chaque partie du corps donne des indices précieux pour interpréter ce que les gens ressentent ou pensent réellement.

Les mains sont particulièrement révélatrices.

Quand une personne montre ses paumes, cela indique souvent sincérité et ouverture.

En revanche, des mains fermées ou en retrait peuvent signaler une réserve ou une attitude défensive.

Les gestes des mains, comme les mouvements rapides ou hésitants, peuvent aussi révéler des sentiments de nervosité ou d'enthousiasme.

Les pieds jouent un rôle crucial dans la communication non verbale.

L'orientation des pieds montre l'engagement d'une personne dans une conversation.

Si quelqu'un se tourne vers vous avec les pieds dirigés vers vous, cela témoigne d'intérêt.

À l'inverse, si ses pieds pointent vers la sortie, cela peut suggérer qu'il souhaite mettre fin à la conversation ou quitter la situation.

Les bras, quant à eux, signalent divers états émotionnels.

Les bras croisés sont souvent interprétés comme un signe de protection ou de désaccord.

Cependant, cette posture peut aussi simplement refléter un besoin de confort ou de sécurité.

Les mouvements des bras, comme les gestes d'accompagnement pendant la parole, offrent également des indices sur l'engagement et le confort de la personne.

Le visage est un miroir précieux des émotions.

Les expressions faciales, telles que les sourires ou les froncements de sourcils, donnent des indications immédiates sur des sentiments de joie ou de frustration.

Les yeux jouent un rôle central dans la communication non verbale : un contact visuel direct peut signifier intérêt et confiance, tandis qu'un regard évité peut signaler inconfort ou tromperie.

La tête et le corps complètent ce tableau.

Un hochement de tête est souvent interprété comme un signe d'accord, tandis qu'une inclinaison de la tête peut indiquer une écoute attentive.

Les mouvements du corps, comme se pencher en avant ou reculer, révèlent l'engagement ou le désintérêt de la personne.

De plus, la respiration, qu'elle soit rapide ou saccadée, peut trahir des sentiments d'anxiété ou de stress, fournissant ainsi un aperçu supplémentaire de l'état émotionnel de quelqu'un.

En combinant ces éléments, vous obtenez une vue d'ensemble plus précise des sentiments et des intentions des autres.

Cette compréhension améliore la communication en rendant les échanges plus empathiques et efficaces.

Donc, analyser le langage non verbal vous aide non seulement à interpréter les émotions des autres, mais aussi à adapter votre propre comportement pour favoriser des interactions plus harmonieuses.

Chapitre 7 - Identifier un mensonge : Les signes et indices.

Tout d'abord, identifier un mensonge peut être plus facile en observant les signes subtils que le corps révèle.

Lorsque quelqu'un ment, son corps émet souvent des indices non verbaux qui trahissent ses véritables sentiments ou intentions.

L'un des signes les plus révélateurs est la cohérence des expressions faciales avec le discours.

Les expressions faciales sincères correspondent généralement aux émotions que la personne prétend ressentir.

À l'inverse, un sourire forcé ou une expression qui ne correspond pas au contexte émotionnel peut indiquer une dissimulation.

Les changements dans le contact visuel sont également significatifs : une personne qui ment peut éviter le regard ou, au contraire, fixer intensément les yeux de son interlocuteur pour paraître honnête.

Les gestes et les postures peuvent aussi trahir un mensonge.

Par exemple, si quelqu'un se touche fréquemment le visage, ajuste ses vêtements ou se gratte, il peut essayer de gérer le stress lié à la dissimulation.

De même, les mouvements corporels comme croiser les bras ou les jambes peuvent signaler une tentative de se protéger ou de se défendre.

Les variations dans le ton de la voix sont également révélatrices.

Les hésitations ou les changements de rythme peuvent indiquer un manque de sincérité.

Une voix qui devient plus aiguë ou qui présente des variations inattendues peut révéler de la nervosité.

La manière dont une personne construit ses phrases peut aussi fournir des indices.

Les mensonges sont souvent accompagnés d'explications excessivement détaillées ou de justifications compliquées pour masquer la vérité.

Une explication trop élaborée peut suggérer une tentative de tromperie.

Les expressions faciales jouent un rôle crucial dans la communication émotionnelle humaine.

Elles reflètent souvent les sentiments internes, mais peuvent également être influencées par des processus cognitifs plus complexes.

En observant les expressions faciales, telles que les sourires, les froncements de sourcils ou les regards fuyants, vous pouvez déduire une large gamme d’émotions, allant de la joie et la colère à la tristesse et la confusion.

En observant attentivement ces signes non verbaux, vous pouvez discerner plus facilement la vérité derrière les mots.

Le langage corporel, associé à une écoute attentive, vous permet souvent de mieux comprendre les véritables intentions d’une personne et de détecter les mensonges plus efficacement.

Chapitre 8 - Les indices non verbaux : Les gestes, tics et micro-expressions.

En premier lieu, les gestes, les tics et les micro-expressions jouent un rôle crucial dans la communication non verbale.

Ils offrent des indices précieux sur les émotions et les états mentaux des individus.

Les gestes peuvent renforcer ou contredire les messages verbaux.

Par exemple, un sourire accompagné d'une attitude ouverte peut signaler de la sincérité, tandis qu'un geste fermé, comme croiser les bras, peut indiquer de la réticence ou de la défensive.

Les tics, tels qu’un clignement excessif des yeux ou une grimace involontaire, sont souvent des signes de stress ou de malaise.

Ces mouvements répétés, généralement inconscients, peuvent révéler des sentiments internes que les mots seuls ne dévoilent pas.

Ils fournissent un aperçu des tensions ou des émotions non exprimées verbalement.

Les micro-expressions, quant à elles, sont des manifestations fugaces des émotions.

Elles durent généralement moins d'une fraction de seconde et sont souvent difficilement contrôlables.

Ces expressions brèves mais intenses révèlent les véritables sentiments.

Elles apparaissent lorsque quelqu'un tente de dissimuler une émotion, mais que cette tentative échoue brièvement, laissant transparaître l’état émotionnel réel.

Ainsi, reconnaître et comprendre ces expressions faciales est essentiel dans divers contextes professionnels et personnels.

Par exemple, dans la psychologie clinique, la capacité à identifier les micro-expressions peut aider les thérapeutes à évaluer les émotions des patients de manière plus précise.

De même, dans les négociations professionnelles, lire les expressions faciales peut permettre d’adapter ses propres stratégies et de répondre de manière plus appropriée aux émotions des interlocuteurs.

Alors, apprendre à décoder ces signes subtils enrichit la qualité des interactions humaines.

Une meilleure reconnaissance des expressions faciales permet de développer des relations plus empathiques et d'éviter les malentendus en offrant un aperçu plus profond des sentiments non exprimés verbalement.

Une attention accrue aux expressions faciales contribue ainsi à une communication plus authentique et efficace, favorisant des échanges plus clairs et harmonieux.

En conclusion, les gestes, les tics et les micro-expressions jouent un rôle vital dans la communication non verbale.

Ils fournissent des indices essentiels sur les émotions et les états mentaux des individus.

En apprenant à reconnaître ces signes, vous pourrez améliorer votre compréhension des autres, ajuster vos propres comportements et favoriser des interactions plus sincères et efficaces.

Chapitre 9 - Comprendre les différences culturelles dans le langage corporel.

Tout d'abord, les différences culturelles dans le langage corporel sont essentielles pour une communication interculturelle réussie.

Les gestes, les expressions faciales et la posture varient grandement d'une culture à l'autre, ce qui peut entraîner des malentendus entre personnes de milieux culturels différents.

Prenons l'exemple du contact visuel.

Dans les sociétés occidentales, un regard direct est souvent perçu comme un signe de sincérité et de confiance.

Cependant, dans certaines cultures asiatiques, un contact visuel prolongé peut être interprété comme un défi ou une impolitesse.

La modestie, dans ces cultures, se manifeste souvent par un regard abaissé.

Les gestes varient également d'une culture à l'autre.

Aux États-Unis, le geste "OK" avec le pouce et l'index formant un cercle est généralement perçu positivement.

En revanche, en Grèce et au Brésil, ce même geste peut être considéré comme offensant.

De même, les poignées de main diffèrent : aux États-Unis, une poignée de main ferme est souvent perçue comme un signe de confiance, tandis qu'en Asie du Sud-Est, une poignée de main plus légère est généralement préférée pour respecter les hiérarchies sociales.

Les expressions faciales portent aussi des significations culturelles distinctes.

Par exemple, un sourire est souvent associé au bonheur dans de nombreuses cultures.

Toutefois, dans certains contextes, il peut également servir à dissimuler des émotions négatives ou des malaises.

Ces variations culturelles soulignent l'importance de comprendre les normes du langage corporel pour éviter les malentendus.

En étant sensibilisé aux différences interculturelles, vous pouvez favoriser des interactions respectueuses et efficaces avec des personnes de cultures différentes.

Chapitre 10 - La Communication non verbale et le genre.

Pour débuter, la communication non verbale joue un rôle crucial dans la perception et l’expression du genre.

Les gestes, les postures et les expressions faciales transmettent des messages aussi puissants que les mots.

Cette forme de communication est profondément influencée par les normes culturelles et les stéréotypes de genre.

Dès l’enfance, vos comportements non verbaux sont façonnés par les attentes sociétales.

Ces attentes définissent ce qui est considéré comme approprié pour chaque genre.

Par exemple, dans de nombreuses cultures, les hommes sont souvent encouragés à adopter des postures expansives et dominantes.

Ils se tiennent fréquemment debout avec les jambes écartées ou occupent beaucoup d’espace, ce qui est associé à des traits de leadership et de pouvoir.

En revanche, les femmes sont souvent socialisées pour adopter des postures plus fermées et réservées, ce qui est perçu comme des comportements de soumission ou de modestie.

Ces normes influencent également la manière dont vous interprétez les signaux non verbaux.

Une femme qui occupe beaucoup d’espace peut être perçue comme agressive ou non conforme aux normes traditionnelles de genre.

De même, un homme qui utilise des gestes plus délicats peut être jugé comme moins assertif.

Ainsi, les attentes sociétales dictent souvent la façon dont vos comportements non verbaux sont reçus et interprétés.

Les perceptions de genre évoluent et reconnaissent désormais la diversité des expressions de genre.

Cela souligne l’importance de réévaluer les normes non verbales.

Puisque prendre conscience des biais non verbaux liés au genre est crucial pour favoriser une communication plus inclusive.

Une telle approche peut refléter une gamme plus large d’identités et d’expressions de genre.

En conclusion, la communication non verbale et les attentes de genre sont étroitement liées.

Vos gestes et postures sont influencés par les normes sociétales qui définissent ce qui est considéré comme approprié pour chaque genre.

Donc, une compréhension approfondie de ces biais peut vous aider à promouvoir une communication plus respectueuse et inclusive, reflétant la diversité des expressions de genre.

Chapitre 11 - Maîtriser le langage du corps pour réussir dans divers contextes.

Pour commencer, le langage du corps joue un rôle fondamental dans la réussite de vos interactions, que ce soit lors de prises de parole en public, de rendez-vous, d’entretiens d’embauche ou de négociations.

Ce langage non verbal peut soit soutenir vos propos, soit les contredire, influençant ainsi la perception que les autres ont de vous.

Lors de la prise de parole en public, il est crucial d’adopter une posture ouverte et une gestuelle maîtrisée.

Une posture droite et un contact visuel régulier transmettent confiance et autorité.

Évitez les gestes distrayants, comme vous frotter les mains ou croiser les bras, car ils peuvent détourner l’attention et réduire l’impact de votre discours.

Dans un rendez-vous, qu’il soit professionnel ou personnel, le langage corporel est déterminant pour instaurer la confiance.

Un sourire sincère et une poignée de main ferme mais non écrasante créent une première impression favorable.

Les signes non verbaux, comme hocher la tête et adopter une posture ouverte, montrent une écoute active et favorisent une interaction fluide.

En entretien d’embauche, la cohérence entre vos paroles et votre langage corporel est essentielle.

Une posture droite, un contact visuel direct et des gestes mesurés renforcent l’image d’un candidat sûr de lui et engagé.

Évitez de croiser les bras, car cela peut être perçu comme une attitude défensive ou fermée, diminuant ainsi votre efficacité.

Lors de négociations, le langage corporel peut influencer significativement les perceptions et les décisions.

Utilisez des gestes pour illustrer des points importants et adoptez une posture ouverte pour favoriser une attitude collaborative.

Les gestes tels que tapoter du doigt ou regarder fréquemment l’horloge peuvent signaler impatience ou hostilité, ce qui peut nuire à l’accord souhaité.

En résumé, maîtriser le langage corporel est essentiel pour renforcer vos messages verbaux, établir des relations positives et améliorer vos chances de succès dans diverses situations de communication.

Adapter votre langage corporel en fonction du contexte vous permet d’optimiser vos interactions et de laisser une impression favorable.

Conclusion sur "Manuel du langage corporel" de Robert Mercier.

Le "Manuel du langage corporel" de Robert Mercier est un livre très pertinent, se distinguant par sa profondeur d'analyse et sa clarté pédagogique.

En tant que lecteur, vous trouverez dans ce livre une ressource précieuse pour comprendre et maîtriser le langage corporel.

De plus, Robert Mercier aborde le langage corporel de manière méthodique, en intégrant des concepts clairs et des exemples pertinents.

Il décompose les éléments complexes du langage non verbal en principes accessibles, facilitant ainsi votre compréhension et l'application des idées présentées.

Le livre est divisé en sections bien structurées, chacune traitant un aspect spécifique du langage corporel.

Cette organisation vous aide à progresser de manière logique, en passant des bases aux applications plus avancées.

Les transitions entre les sections sont fluides, renforçant ainsi la cohérence du texte.

Mercier utilise des phrases courtes et des explications directes, rendant le contenu facile à suivre et à assimiler.

L’un des points forts de l’ouvrage est sa capacité à rendre le langage corporel accessible à un large public.

Mercier évite les termes techniques excessifs et opte pour une langue simple, favorisant ainsi votre compréhension.

Cette clarté est particulièrement bénéfique pour ceux qui découvrent ce sujet.

De plus, les exemples concrets et les illustrations enrichissent le texte et facilitent votre apprentissage.

Ce que ce livre « Manuel du langage corporel » m’a apporté ?

Dans l'ensemble, je savais à peu près tout ce qui se trouvait dans ce livre.

Cependant, j'ai tout de même pu approfondir mes connaissances sur le langage corporel.

Ce livre ne m'a certes rien appris de nouveau, mais il m'a permis d'approfondir ce que je savais déjà.

Donc, même si, comme moi, vous avez déjà des connaissances sur le langage corporel, je vous le recommande vivement.

Car il est facile à lire et à comprendre, et il vous apprendra forcément quelque chose.

Rémi Bonnet du blog L'action suit tes pensées.

Les points forts et points faibles du "Manuel du langage corporel" :

Points forts :

Rapide à lire et va droit au but.

Il offre une excellente introduction aux principes fondamentaux du langage corporel.

Des exemples concrets et des études de cas qui rendent les concepts plus tangibles et applicables dans votre vie quotidienne.

Point faible :

Manque de nuance sur le langage corporel, trop général.

Ma note : ★★★★☆

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Thu, 26 Sep 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12960/Manuel-du-langage-corporel
Kilomètre Zéro http://www.olivier-roland.fr/items/view/12959/Kilomtre-Zro

Résumé de "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua : ce roman initiatique nous entraîne dans le parcours de Maëlle, une jeune cadre surbookée qui, pour tenir une promesse faite à son amie mourante, s'envole pour le Népal et vit une transformation intérieure. Au rythme d'un trek dans l'Himalaya ponctué d'enseignements de sagesse, de rencontres inspirantes et d'une histoire d'amour aussi inattendue qu'intense, Maëlle va en effet retrouver le chemin de son cœur et découvrir la clé du bonheur en elle.

Par Maud Ankoua, 2017, 304 pages.

Chronique et résumé de "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua

Chapitre 1 - Regret ou remords ?

1.1 Une bien triste nouvelle

Maëlle, une jeune femme ambitieuse et surbookée, travaille d'arrache-pied dans une start-up parisienne dont elle est la directrice financière. Alors qu'elle s'apprête à partir en vacances après une période intense au bureau, elle reçoit un appel mystérieux de son amie Romane qui insiste pour la voir de toute urgence.

Intriguée par le ton grave de cette dernière, Maëlle accepte de la retrouver à l'adresse indiquée le lendemain matin.

Le rendez-vous est donné à l'Institut Curie, ce qui inquiète immédiatement Maëlle. Ses craintes se confirment lorsque Romane lui annonce qu'elle se bat contre un cancer depuis plusieurs mois. Choquée et peinée, Maëlle peine à trouver les mots. Elle suit son amie jusqu'à la salle de chimiothérapie, un lieu angoissant qui la met face à la dure réalité de la maladie.

1.2 L’histoire improbable du manuscrit

Pendant la perfusion de Romane, cette dernière se livre. Elle explique avoir rencontré un chercheur américain, Jason, lors d'une mission à Katmandou. Cet homme lui a parlé d'un mystérieux manuscrit népalais contenant le secret d'une méthode ancestrale pour guérir du cancer. D'abord sceptique, Romane a fini par croire en cette idée lorsque Jason lui a annoncé avoir retrouvé ce texte.

Trop faible pour faire le voyage, Romane supplie Maëlle de se rendre à sa place à Katmandou pour récupérer le précieux manuscrit des mains de Jason. Partagée entre son esprit rationnel qui la pousse à se méfier et son envie d'aider son amie, Maëlle commence par refuser catégoriquement. Mais devant l'insistance de Romane qui lui rappelle qu'elle ne lui a jamais rien demandé en seize ans d'amitié, la jeune femme finit par céder, à contrecœur.

De retour au bureau passablement chamboulée, Maëlle affronte son patron qui ne comprend pas son absence. Incapable d'expliquer la situation, elle quitte le travail bouleversée et rentre chez elle. Toute la journée, elle se torture l'esprit : doit-elle vraiment partir pour le Népal comme promis à Romane ? Cette histoire de manuscrit lui paraît rocambolesque, mais l'idée de décevoir son amie malade lui est insupportable.

1.3  Un départ précipité

Après des heures à tergiverser, Maëlle s'apprête à ouvrir l'enveloppe mystérieuse que Romane lui a remis. À l'intérieur, elle découvre stupéfaite un billet d'avion pour Katmandou à son nom, ainsi qu'une lettre de Romane la suppliant de partir dès le lendemain. Prise au piège par sa promesse, Maëlle comprend qu'elle n'a plus le choix…

C'est ainsi que pour honorer son amitié et malgré ses doutes, elle s'envole à contrecœur pour le Népal, avec l'espoir fou de trouver ce remède miracle qui pourrait sauver Romane.

Chapitre 2 - Avec des yeux d’enfant

2.1 Une arrivée difficile

Dans le deuxième chapitre de "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua, Maëlle découvre Katmandou et ses environs. Maya, l'amie de Romane qui tient l'hôtel Mandala où elle est descendue, la guide.

Dès son arrivée au Népal, Maëlle est décontenancée par le dépaysement et le choc des cultures. Tout la déstabilise, des embouteillages chaotiques de la capitale aux coupures d'électricité quotidiennes de l'hôtel, en passant par l'absence de réseau pour son téléphone.

Épuisée et à cran, elle peine à s'adapter à ce nouvel environnement qu'elle juge arriéré et inconfortable.

2.2 Une contrariété de plus

Sa contrariété s'accentue lorsqu'elle apprend par une lettre que Jason, l'homme qui doit lui remettre le mystérieux manuscrit népalais, est parti précipitamment dans l'Himalaya. Il lui faudra le rejoindre là-bas, accompagnée d'un certain Shanti, guide et ami de Jason.

Alors qu'elle attend Shanti, Maya propose à Maëlle une visite de Bodnath, l'un des principaux sanctuaires bouddhistes du pays. La propriétaire de l'hôtel tente d'ouvrir les yeux de la jeune femme sur la beauté des lieux et de l'initier à la méditation. Mais Maëlle, obnubilée par ses tracas professionnels et l'absence de réseau, peine à lâcher prise.

2.3  Le défi lancé par Maya

Face à la mauvaise volonté de Maëlle, Maya la met au défi de poser un regard neuf sur les choses, comme un enfant qui découvre le monde, sans a priori ni jugement. Elle l'invite à vivre pleinement l'instant présent et à faire de ce voyage imprévu une expérience enrichissante, malgré l'inconfort :

"Chaque instant que tu perds à être malheureuse ne te sera jamais rendu. Tu sais où commence ta vie, mais pas quand elle s’arrête. Une seconde vécue est un cadeau que nous ne devons pas gâcher. Le bonheur se vit maintenant."

Puis elle continue :

"Si tu penses qu’être ici est une obligation, tu vas vivre des moments difficiles ces prochaines heures, car la montagne est un miroir géant. Elle est le reflet de ton âme… Le reflet de ton état d’être. Tu as le choix de saisir l’opportunité qui t’est offerte, d’expérimenter ce voyage autrement, en arrêtant de comparer ce que tu es, ce que tu sais, ta culture, ton niveau de vie, ton confort. Si tu acceptes d’observer, sans juger, avec un regard neuf, en oubliant tout ce que tu as déjà vu, alors malgré toutes ces différences, tu découvriras un monde nouveau dans lequel tu pourras prendre un plaisir supérieur à celui que tu connais."

2.4 Maëlle accepte le défi

D'abord réticente, Maëlle accepte alors de jouer le jeu.

Ainsi, lors de leur promenade autour du grand stupa de Bodnath, la jeune femme s'efforce de mettre ses sens en éveil et de savourer la beauté des lieux. Mais elle peine encore à faire taire son mental qui la ramène sans cesse à ses repères et ses préoccupations.

Maya la rassure, la transformation demande du temps, comme tout apprentissage. L'envie et la persévérance sont les clés du succès, assure-t-elle.

Au terme du 2ème chapitre du livre "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua, nous pressentons que le périple de Maëlle sera bien plus qu'une simple course au trésor.

Et c'est, en effet, un véritable cheminement intérieur qui commence, avec Maya comme guide spirituelle. Les bases d'une profonde remise en question sont posées, ouvrant la voie à de multiples révélations à venir.

Chapitre 3 - Pile ou face

Maëlle rencontre Shanti, le guide qui doit l'emmener rejoindre Jason dans l'Himalaya.

Effarée, elle découvre qu'il lui faudra marcher 5 à 6 jours si elle veut atteindre le monastère reculé où se terre le chercheur américain !

Shanti explique qu'ils ne peuvent pas y aller en hélicoptère car l'endroit abrite des réfugiés tibétains recherchés par les autorités.

Maëlle fait alors face à un vrai dilemme : elle veut aller au bout de sa promesse faite à Romane mais ne peut pas non plus s’absenter si longtemps de son travail. La jeune femme est d’abord tentée de renoncer. Mais Shanti la pousse dans ses retranchements : n'est-elle pas venue pour sauver son amie ? Ses peurs ne dictent-elles pas sa décision ?

Ébranlée mais convaincue par la sagesse de Shanti, Maëlle finit par écouter son cœur. Pour Romane, elle est prête à tenter l'aventure et à dépasser ses craintes. Le trek peut commencer.

Chapitre 4 - Chance ou malchance

4.1 Le départ pour l'Himalaya

Maëlle profite de ses derniers instants à Katmandou avant le grand départ pour l'Himalaya. Malgré les paroles rassurantes de Maya et la perspective d'un voyage en plusieurs étapes, la jeune femme est envahie par le doute et l'angoisse. Elle redoute cette expédition avec des inconnus dans un environnement hostile.

Le trajet en minibus jusqu'à Pokhara, point de départ du trek, est l'occasion pour Maëlle de mettre en pratique les conseils de Maya : observer ce nouveau monde avec des yeux neufs, sans a priori. Si les embouteillages, la conduite erratique et le manque de confort la rebutent au départ, elle s'efforce peu à peu de s'émerveiller de ces scènes de vie hautes en couleur.

Maud Ankoua fait ainsi parler Maëlle :

"Les mots de Maya résonnaient dans ma tête : "Expérimente chaque instant en amnésique." Je n’avais aucun mal, tout était si loin de ce que je connaissais. Cette route, empruntée par les camions surpeuplés, les vélos rafistolés, les vaches errantes cherchant un brin d’herbe à ruminer m’offrait des scènes improbables. (…) Dans un pays comme le Népal, il est facile pour moi de constater la nouveauté, puisque rien ne m’est familier ! Ce qui est plus difficile, c’est de ne pas le critiquer ! Parce qu’immédiatement je compare avec ce que je connais. Je me rends compte que j’émets un commentaire sur tout."

4.2 Les premiers enseignements de sagesse de Shanti

Shanti pousse plus loin la réflexion en invitant Maëlle à être maître de ses émotions. Lorsqu'un chauffard manque de les percuter, il lui explique que sa colère ne dépend que d'elle. Rester dans le ressentiment ne fait que la desservir : "si nous admettons que le bonheur prend naissance en nous et que rien ne peut le déséquilibrer, nous verrouillons l’accès aux situations extérieures toxiques" fait-il observer à Maëlle. Un enseignement qui fait son chemin dans l'esprit de la jeune femme.

Après une halte chez une guérisseuse qui leur offre une tisane aux vertus revigorantes, un contretemps les retarde. Karma, le chauffeur, a raté une sortie. Shanti relativise en racontant à Maëlle l'histoire du vieil homme et de son cheval, qui illustre la relativité de la chance et de la malchance : un aléa peut toujours cacher une opportunité.

Le chapitre de "Kilomètre zéro" se clôt sur une note gourmande et chaleureuse : la découverte émerveillée par Maëlle du "dal bhat", plat népalais typique, savouré face à un panorama époustouflant sur l'Himalaya. Ces quelques heures de route ont déjà éveillé chez l'héroïne de nouvelles perspectives. Son cheminement intérieur semble bel et bien enclenché, tandis que l'aventure du trek s'apprête à commencer.

Chapitre 5 - Refus de priorité

5.1 Au départ du trek

Maëlle et son équipe arrivent à Kande, point de départ du trek. La jeune femme rencontre les porteurs Nishal et Thim, neveu de ce dernier, ainsi que Goumar le cuisinier. Malgré la fatigue, elle ne peut s'empêcher d'admirer les sommets majestueux de l'Himalaya qui se dévoilent au fil de l'ascension.

Arrivés à l'étape du soir, Maëlle découvre avec déception le confort plus que spartiate de sa chambre. Mais la beauté du coucher de soleil sur les montagnes lui fait vite oublier ces désagréments. Attablée avec Shanti, elle en profite pour joindre Romane et lui laisser un message.

5.2 La métaphore du pot en verre

S'ensuit une discussion à bâtons rompus où Shanti questionne Maëlle sur sa vie. Quand il constate que son travail occupe toute la place au détriment de sa vie personnelle, il lui fait la leçon, au grand dam de la jeune femme qui se braque.

Pour lui faire prendre conscience de ses priorités, Shanti utilise la métaphore d'un pot en verre qu'il remplit de cailloux, de graviers et de sable. Si elle met d'abord le sable, symbolisant le superflu, il ne restera plus de place pour les cailloux, c'est-à-dire l'essentiel. Le message est limpide : si elle ne se concentre que sur son travail, elle passe à côté de sa vie.

5.3 Une leçon de vie qui inspire Maëlle sur ses priorités de vie

Touchée, Maëlle avoue que l'amour, la famille, les amis et les petits bonheurs sont ce qui compte le plus à ses yeux. Shanti l'encourage alors à faire de ces aspirations ses priorités.

"Si tu avais une baguette magique, quelle serait pour toi la vie idéale ?

-  Euh… Je vivrais aux côtés d’un homme extraordinaire qui me comprendrait, que je soutiendrais et qui m’épaulerait. Je voyagerais, je découvrirais le monde avec lui ! Je partagerais des soirées et des week-ends avec ma famille, mes amis, j’aurais un quotidien simple, rempli de petits bonheurs : une balade à la campagne, un coucher de soleil, un verre de vin, des discussions tardives, de l’attention, de l’amour… Enfin, tout ça, c’est bien gentil, mais ça n’existe que dans les contes de fées !

  • Non, c’est une réalité pour les personnes qui en ont fait leurs priorités. Cequi n’est pas ton cas puisque pour le moment, seul ton travail est essentiel."

(...) Parce qu’il me manquait le reste, je m’accrochais à ce que j’avais. "Raisonne en sens inverse. En définissant tes priorités, tu les vivras, car toute ton énergie sera focalisée sur ce qui est essentiel."

Shanti révèle à Maëlle que pour lui, c'est la santé qui prime sur tout.

Inspirée, Maëlle nomme ses trois pierres angulaires : la santé, l'amour ainsi que le partage et le bonheur. Son travail n'arrive qu'en priorité secondaire, avec ses rêves et ses envies. Une prise de conscience salutaire pour la jeune femme qui sent son cœur vibrer à nouveau en réalisant ce tri.

Chapitre 6 - Esprit positif

6.1 Le chemin continue

Malgré une nuit inconfortable, Maëlle se réveille en pleine forme pour cette deuxième journée de trek. Émerveillée par le spectacle du lever de soleil sur l'Himalaya, elle savoure un copieux petit-déjeuner avant le grand départ.

Shanti lui explique le programme du jour : monter jusqu'au col de Deurali à 2100 mètres puis redescendre vers le village de Landruk. Un parcours qui semble infini à Maëlle qui choisit pourtant de rester positive. Elle questionne son guide sur le mystérieux manuscrit qu'ils recherchent. Shanti reste évasif, seul le chemin leur apportera des réponses.

6.2 Visualiser sa vie rêvée

L'amour est une de ses priorités mais elle a peur de souffrir à nouveau. Le guide l'encourage alors à s'ouvrir aux opportunités en adoptant un état d'esprit positif :

"Tu as mis des noms sur tes priorités, maintenant il te faut changer ton état d’esprit pour accueillir les opportunités sans répéter les mêmes erreurs. Pour recevoir le bonheur, il va falloir penser autrement, être positive, croire en ce que tu souhaites et en la Vie, car tu attires ce que tu es."

Maëlle enchaîne :

"- Je suis quelqu’un d’optimiste !

  • C’est un bon début. Mais être positif, c’est s’ouvrir vers l’extérieur. Prenons un exemple : si tu t’apprêtes à demander l’heure dans la rue, te tourneras-tu vers la personne qui est pressée, en pleine conversation téléphonique, ou celle qui te sourit ?

  • Vers celle qui m’accueille du regard, non ? Je n’aurais pas envie de déranger l’autre.

  • Je ferais la même chose ! Ce qui n’empêche pas que celle qui est absorbée par son appel puisse être optimiste, non ?

  • Oui, ça y est, je comprends. Mais comment s’ouvrir vers l’extérieur ?

  • C’est avant tout se remplir de l’intérieur. Lorsque tu rumines tes réflexions nocives, tu expires du négatif et tout ton corps exprime cet état : tes muscles se tendent, ton visage se crispe, tu ne peux appréhender les occasions qui se présentent. À l’inverse, quand tes pensées sont positives, ton être se détend, tu deviens accueillante. Les personnes qui te croisent ont envie de venir à toi."

6.3 Visualiser sa vie rêvée

Shanti explique à Maëlle que le bonheur est à sa portée si elle cesse de le verrouiller par ses peurs : "sois audacieuse" glisse-t-il, "l’amour implique le risque. Si tu es fermée, personne ne viendra te demander l’heure".

Pour changer sa façon de penser, Shanti lui conseille aussi de visualiser son idéal et de ne laisser aucune pensée toxique la détourner de son objectif. Maëlle doit imaginer sa vie rêvée dans les moindres détails pour l'attirer à elle. Shanti insiste : c'est maintenant qu'elle doit modifier son état d'esprit, pas à son retour à Paris. Chaque seconde compte.

6.4 La pensée positive

Le trek se poursuit dans la bonne humeur, l'équipe sentant le changement d'attitude de Maëlle.

Shanti l'aide à repérer ses pensées négatives pour mieux les chasser : "plus tu prendras conscience de tes automatismes, moins ils s’imposeront. L’observation te sort de ce cercle infernal. Dans un premier temps, quelques secondes d’attention suffisent, puis un peu plus chaque jour, et enfin ce processus devient naturel."

Pas facile quand 80 % des 60 000 pensées quotidiennes sont des répétitions de la veille ! Mais en les remplaçant une à une par une pensée positive, Maëlle avance sur le chemin de la transformation.

En fait, tout est une question d'entraînement : rester dans l'instant présent pour vivre pleinement les opportunités au lieu de ressasser le passé ou d'angoisser pour l'avenir. Shanti lui donne quelques astuces pour créer de nouveaux automatismes. Par exemple, quand lui a commencé à travailler sur ses pensées, il s'était fixé des points de repère : à chaque fois qu'il franchissait une porte, il tentait de se recentrer.

Après une pause déjeuner chez l'habitant, la descente vers Landruk se fait à travers de splendides paysages façonnés par les rizières. Maëlle médite les paroles de Shanti, bien décidée à adopter cette nouvelle philosophie.

La beauté de l'Annapurna au coucher du soleil achève cette journée riche en révélations.

Chapitre 7 - Suspendu

7.1 Maëlle, paralysée par la vue d'un pont suspendu

Maëlle se réveille courbaturée après une nuit inconfortable. Shanti l'encourage à faire quelques étirements avant de repartir. La montée est rude mais la jeune femme trouve son rythme, portée par la beauté des sommets.

Soudain, elle se fige, tétanisée par la vue d'un pont suspendu au-dessus du vide. Sa peur panique du vertige la paralyse. Shanti tente de la rassurer : le pont est solide, des troupeaux le traversent depuis des années. Mais rien n'y fait, Maëlle est prisonnière de ses pensées catastrophistes.

7.2 Maëlle dépasse sa peur du vide

Shanti lui explique que sa peur n'est qu'une construction mentale, comme un cauchemar dont elle peut sortir. Il l'invite à respirer profondément et à se concentrer sur ses pas en fermant les yeux :

"Il est temps pour toi d’expérimenter la virtualité de la peur. Comme tu viens de le voir, le pont peut supporter d’énormes charges : des troupeaux le traversent depuis des années. Il danse, se déforme, mais il est toujours là ! Ton cerveau imagine les pires scénarios, mais ce ne sont que des inventions. Rien n’est réel.

  • Peut-être, mais mon malaise, lui, l’est !

  • C’est la même chose que dans un rêve.

  • Tu veux dire un cauchemar !

  • Lorsque tu dors, rien ne te semble plus réel que ton imagination. Ton corps réagit aux émotions : face à la peur, il se raidit, ton cœur s’accélère, ton souffle est court, mais lorsque tu te réveilles, tu sors de cet état de stress, parce que le signal donné à ton cerveau est rassurant. C’est la même chose ici : tu es bloquée dans un cauchemar imaginaire. La réalité est tout autre, tu vois bien !

  • Je comprends, mais c’est plus fort que moi. Mon corps s’immobilise à l’idée d’essayer

  • Tu dois le rassurer et contrôler tes pensées négatives pour sortir de cet état de panique. Commence par respirer profondément."

Tant bien que mal, encadrée par Goumar et Shanti, Maëlle parvient à traverser, non sans être passée par toutes les émotions.

“Si la peur frappe à ta porte et que tu as le courage de l’ouvrir, tu t’apercevras que derrière, il n’y a personne” souffle Shanti.

7.3 L’art de maîtriser ses peurs selon Shanti

De l'autre côté, soulagée mais encore tremblante, elle confie à son guide à quel point il lui est difficile de contrôler ses émotions.

Shanti la rassure : cela s'apprend. La peur naît dans la pensée. En prenant conscience de ce mécanisme, elle peut apaiser l'enfant apeuré en elle et laisser l'adulte pondéré prendre le relais. Tout est une question d'entraînement.

"Les peurs naissent de la pensée. Par des exercices réguliers de prise de conscience, tu n’en seras plus le jouet, mais le maître. Si tu observes ce qui arrive, tu peux calmer l’enfant en panique qui est en toi. Nous jonglons entre un double état : l’enfant qui sommeille en nous et l’adulte que nous sommes devenu. Face à nos peurs, c’est le petit être qui domine, nous quittons notre lucidité. Ses émotions négatives l’emprisonnent, jusqu’à ce que l’aîné trouve les paroles rassurantes pour le ramener à la raison."

7.4 Une révélation mystique

Après un déjeuner réparateur à Jhinu Danda, Shanti propose à Maëlle de se délasser dans les sources chaudes.

Une promenade de 30 minutes les mène à ce havre de paix naturel créé par des geysers. La jeune femme savoure ce moment de détente en se prélassant dans les bassins, ses courbatures se déliant dans l'eau bouillonnante.

Sur une suggestion de Shanti, elle tente une expérience inédite : s'allonger dans l'eau et écouter les sensations de son corps. D'abord sceptique, elle se laisse guider et sombre dans un état méditatif profond. Son esprit se tait, elle a l'impression de ne faire qu'un avec l'eau, la montagne, l'univers. Une révélation mystique qui la bouleverse.

7.5 Toucher à l'amour universel

Dans ce passage de "Kilomètre zéro", Maud Ankoua restitue l'expérience improbable que vit Maëlle :

"Tout à coup, mon cerveau se tut, il ne concevait plus rien, une trappe s’ouvrit au niveau de ma gorge, j’avais le sentiment d’habiter mon corps pour la première fois.

Il se passa alors quelque chose d’étrange : je ne distinguais plus la limite entre mon corps et l’eau. Je me mêlais à la sève des montagnes avec laquelle je fusionnais. J’eus le sentiment que mon être se prolongeait dans toutes les directions. Au fur et à mesure qu’il s’étendait à droite puis à gauche, il transperçait le décor au-dessus et en dessous de moi, jusqu’au centre de la Terre, puis ressortait de l’autre côté de la planète pour se fondre dans l’univers. J’eus l’impression de ne faire qu’un avec tout ce qui m’entourait. Je n’avais jamais ressenti cette force en moi, ni même imaginé sa puissance. Je n’arrivais plus à revenir de cette éternité. Toute image disparut. Les battements de mon cœur résonnaient à l’infini, comme si le reste n’existait plus."

Shanti rassure la jeune femme. Elle vient, lui dit-il, de toucher à la source, à l'amour universel en elle.

Déstabilisée mais curieuse, Maëlle mesure le chemin parcouru. En quelques jours à peine, sa vision de la vie et d'elle-même a radicalement changé. Un nouveau monde semble s'ouvrir à elle.

Chapitre 8 - Ma chère colère

De retour à l'hôtel, la rencontre avec Matteo, un bel Italien, va remettre en question ce bel équilibre. Malgré son attirance immédiate pour cet homme, Maëlle se braque, prisonnière de ses préjugés et de son passé douloureux. Son attitude glaciale pousse Matteo à quitter les lieux à l'aube, pour le plus grand désarroi de la jeune femme.

Shanti tente de lui faire comprendre que son ego et ses peurs ont dicté sa conduite, l'empêchant de saisir cette belle opportunité. Maëlle, vexée, s'emporte contre son guide qui a le tort de lui renvoyer ses contradictions. S'ensuit une longue discussion où Shanti décortique les mécanismes de l'ego qui sabote le bonheur de Maëlle en la maintenant dans des émotions toxiques.

Maëlle réalise alors que pour sortir de ce cercle vicieux, elle n'a qu'une seule solution : rester dans le moment présent. C'est, en effet, en prenant conscience de ses pensées et en les remplaçant par des vibrations positives, qu'elle pourra reprendre le contrôle sur sa vie et avancer vers ses vrais désirs. Un travail de longue haleine mais qui en vaut la peine pour accéder enfin à la sérénité.

Malgré sa déception, la jeune femme entrevoit le chemin à parcourir. Si cette rencontre avec Matteo doit se faire, alors rien ne pourra l'empêcher. À elle de rester ouverte et confiante, le reste n'appartient pas à son ressort.

Une leçon de vie qui résonne en elle tandis qu'elle poursuit son périple intérieur dans la magnificence de l'Himalaya.

Chapitre 9 - Carte de visite

9.1 Confondre l'être et l'avoir

Après une journée éprouvante dans la forêt tropicale et la bambouseraie, le groupe atteint le village de Bamboo Lodge. Maëlle profite d'un moment de détente avec Nishal, savourant une bière face au coucher de soleil époustouflant sur l'Annapurna.

Le dîner est l'occasion pour Shanti de poursuivre sa réflexion sur les valeurs qui régissent la vie de Maëlle. Pour lui, l'argent est au cœur du système occidental, dictant le respect, l'amour, la reconnaissance. Un formatage qui pousse à confondre l'être avec l'avoir, à ne donner que par intérêt. Un fonctionnement aux antipodes de la vie simple et solidaire des habitants de l'Himalaya.

9.2 Les valeurs fondamentales de Maëlle mises à mal

Maëlle comprend mieux le sentiment de fragilité qui l'habite depuis le début du voyage. Loin de ses repères, elle se retrouve nue, dépouillée des apparats derrière lesquels elle se protège d'habitude. Une vulnérabilité qui lui révèle son essence profonde. Le plus déroutant, lui fait remarquer Shanti, ce sont les réactions des gens quelle rencontre :

"Il est impossible d’appliquer ton mécanisme de pensée, de stratégie et de défense. C’est pourquoi tu te sens désemparée. Nous construisons dès notre plus jeune âge une armure pour nous protéger. Nous la façonnons avec notre éducation et la position que la société attend de nous en oubliant nos besoins intrinsèques. En Occident, la valeur fondamentale sur laquelle repose tout votre système de compréhension, d’acceptation, de pouvoir, de reconnaissance, et d’amour est l’argent. Tes réflexes sont conditionnés autour de cet élément. Ce qui ne peut fonctionner ici."

Pour Shanti, la souffrance vient de notre peur de manquer. Il l'encourage à accepter son authenticité sans craindre le rejet :

"Alors pourquoi te sens-tu si fragile ? Parce que tu fais tomber un à un les masques que ton ego a placés devant tes yeux pour se protéger. C’est en acceptant cette vulnérabilité que tu sauras qui tu es. Tu te retrouves nue, sans carapace, mais tu ne t’affaiblis pas. Au contraire, tu retrouves l’essentiel."

Finalement, c'est en étant pleinement elle-même que Maëlle attirera l'amour et trouvera sa véritable force. Un défi vertigineux mais salvateur !

9.3 Un point sur des enseignements bouleversants

Une fois de retour dans sa chambre, Maëlle récapitule les enseignements de Shanti sur un bout de papier :

"Vivre l’instant présent avec des yeux neufs.Se rendre compte que seuls deux sentiments existent : la Peur ou l’Amour. Le seul coupable de notre souffrance, c’est nous.Ce qui peut sembler négatif ne l’est peut-être pas.Choisir ses priorités et s’assurer que ses pensées sont dans cet axe, en observant ses automatismes.Rassurer son enfant intérieur lorsqu’il panique.Distinguer les messages qui émanent du cœur de ceux qui viennent de l’ego.Supprimer les armures, qui ne protègent qu’en surface, mais finissent parétouffer.Revenir à l’essentiel.S’envoler légère en étant soi-même."

Chapitre 10 - Réalité tronquée

10.1 Shanti et ses enseignements de sagesse

Malgré une nuit agitée, Maëlle se réveille motivée pour cette nouvelle journée de trek.

Avec Shanti, elle savoure le spectacle grandiose du lever de soleil sur l'Annapurna. Quand son guide lui demande quels sont ses objectifs du jour, elle évoque avec enthousiasme l'arrivée au but du voyage, la rencontre avec Jason et la découverte de la méthode promise.

Shanti la ramène à plus de sagesse : seul le chemin compte, pas la destination. Son unique objectif à lui est d'être heureux à chaque instant.

La journée les mène à travers la fameuse forêt de rhododendrons. Mais Maëlle est déçue : pas une fleur à l'horizon en cette saison ! C'était moins spectaculaire que prévu. Shanti l'invite alors à un exercice : les yeux fermés, il lui décrit avec détails ces arbustes et leurs magnifiques fleurs. Et soudain, par la magie des mots, la forêt s'anime de mille couleurs devant les yeux ébahis de la jeune femme.

Une leçon sur la réalité et la perception s'ensuit. Shanti explique que nous ne voyons le monde qu'à travers le filtre de notre vécu, de notre éducation. Notre vérité n'est que partielle et subjective, à l'image de la description d'un téléphone vue sous différents angles. Il faut rester humble face à nos certitudes.

10.2 Un diagnostic intéressant

Arrivés à Deurali, Maëlle tombe malade, terrassée par des maux de ventre et une grande fatigue. Elle craint le mal des montagnes.

Mais pour Shanti, ces symptômes révèlent surtout le conflit intérieur qui tiraille la jeune femme, entre ses priorités et ses peurs. Son corps tire la sonnette d'alarme. Si elle veut jouer la plus belle symphonie de sa vie, elle doit laisser enfin parler son cœur, sans chercher à tout contrôler. Épuisée mais pensive, Maëlle s'endort sur ces paroles.

Au matin, quel n'est pas son étonnement de se réveiller en pleine forme ! En communion avec la beauté des sommets au lever du soleil, elle ressent une plénitude inédite. Son esprit apaisé, son corps détendu, elle prend enfin conscience de ce mécanisme de vie prodigieux en elle qui œuvre sans relâche à son bien-être. Une équipe fabuleuse - cœur, corps, mental - avec qui elle compte bien faire désormais la paix.

Un moment de grâce et de gratitude sur le chemin de la réconciliation avec elle-même ! Comment avait-elle pu passer à côté d’elle-même pendant toutes ces années, pensa-t-elle.

Chapitre 11 - Belle énergie

11.1 Le pouvoir de nos mots intérieurs

L'objectif est proche ! Maëlle et son groupe attaquent la dernière ascension vers le camp de base de l'Annapurna. Une rencontre avec un couple de Français aux propos intolérants gâche le déjeuner et vide Maëlle de son énergie.

Shanti lui explique comment se préserver de ces personnes "énergivores" animées par la peur. La clé ? Rester dans des pensées bienveillantes, en lien avec l'autre plutôt que dans la volonté d'avoir raison.

"Les pessimistes, les négatifs, ceux qui veulent imposer leur point de vue, d’autres qui contredisent tout ce qui est dit, ou ceux qui se victimisent sont des gens énergivores. Ils sont animés par la peur. Tu peux éviter ce genre de situation. Il suffit d’être attentif. Ce type de comportement est facilement repérable et ton corps est un bon indicateur. Lorsque tu sens des tensions, de la crispation, une frustration, tu sais que ton énergie diminue. (...) La colère est un sentiment vain qui ne nous soulage pas. Le bonheur consiste à être en harmonie avec nous. Seules nos pensées bienveillantes peuvent nous préserver de ces offenses."

Un exercice de visualisation permet à Maëlle de mesurer le pouvoir des mots sur son état intérieur.

Son guide l'encourage aussi à s'observer pour repérer les signes annonciateurs de pensées toxiques. Et avec de la pratique, formuler des intentions positives deviendra un réflexe salvateur.

11.2 L’arrivée, enfin !

Les derniers mètres sont un calvaire pour Maëlle à bout de souffle. Shanti l'invite alors à dédier cet ultime effort à tous ceux qui rêveraient d'être à sa place. Portée par ces êtres chers, Maëlle puise une force insoupçonnée pour atteindre le but.

À leur arrivée au sanctuaire, un homme se présente à eux. C'est Jason, celui qu'ils sont venus chercher de si loin.

Chapitre 12 - Un choix : deux portes

12.1 Une discussion si loin des croyances de Maëlle

Maëlle et son groupe ont enfin atteint le sanctuaire de l'Annapurna.

Jason, l'homme qu'ils sont venus chercher de si loin, les accueille. Malgré la fatigue, la jeune femme questionne le chercheur sur ses travaux. Mais sceptique, elle peine à croire que la peur soit à l'origine de maladies graves. Et qu'un simple changement d'état d'esprit puisse guérir.

Une discussion avec Ayati, une collègue de Jason, éclaire Maëlle sur ces recherches.

Le scientifique a découvert que seul l'état de confiance et d'amour pouvait renforcer le système immunitaire de patients tibétains traumatisés par l'exil.

En fait :

"La croyance réflexe alimente de nouvelles peurs de perdre ce que nous avons, de n’être jamais satisfaits, de devenir envieux de ce que le voisin a de plus. L’état de confiance au contraire affirme que plus nous donnons, plus riche est notre vie. Le bonheur d’offrir n’a rien de comparable. L’amour ne peut nous démunir, il se multiplie, jamais ne se divise. Lorsque nous partageons notre temps, un sourire, de l’argent, nous accédons à la source intarissable de l’univers. L’état de confiance repose donc sur l’abondance, il prend naissance en nous alors que la croyance réflexe se fonde sur la peur du manque et se nourrit de restes extérieurs.

12.2 Choisir entre deux portes : la Peur ou l'Amour

La clé ? Prendre conscience qu'à chaque instant, nous avons le choix entre deux portes :

Celle de la Peur, qui nous maintient prisonniers de notre ego et de ses croyances limitantes.

Celle de l'Amour, qui nous ouvre à notre vraie nature interconnectée.

"Je compris qu’il y avait en quelque sorte deux portes devant moi. J’avais le choix de pousser l’une ou l’autre à chaque instant. Soit j’empruntais celle qui me permettait l’accès à l’Amour, soit celle qui m’enfermait dans le prisme de la Peur."

Intriguée, Maëlle approfondit le sujet avec Jason.

Pour lui, sortir de l'illusion de la séparation est un défi car l'ego fera tout pour sauvegarder son emprise. Pourtant, la science le prouve : à l'échelle subatomique, la matière n'est que vibration d'énergie, essentiellement composée de vide. Preuve que tout est relié, y compris nos pensées.

12.2 Vibrations, perception et instant présent

Ainsi, puisque nous attirons ce que nous sommes, il suffit d'élever notre niveau vibratoire par des pensées d'amour pour accéder au champ infini des possibles et recréer l'harmonie en nous.

Une révélation qui ébranle les certitudes de Maëlle. Pour l'aider à expérimenter ce changement d'état, Jason l'invite à contempler le coucher de soleil sur l'Annapurna.

Subjuguée par la beauté du moment, Maëlle fait l'expérience de cette vibration du cœur où plus rien n'existe que l'instant présent. Son mental apaisé, elle se sent en communion totale avec la magnificence qui l'entoure, au-delà de toute perception habituelle du temps et de l'espace.

12.3 Un signe du destin

Quand la nuit tombe, c'est une silhouette familière qui vient tirer la jeune femme de sa contemplation. Emmitouflé dans sa parka, Matteo, le chercheur italien rencontré quelques jours plus tôt, se tient devant elle, couverture à la main. Sous le choc de ces retrouvailles inespérées, Maëlle s'évanouit, le cœur battant à tout rompre.

Le destin semble lui offrir une seconde chance de s'ouvrir à l'amour et à ses possibles insoupçonnés.

Chapitre 13 - L'unité absolue

13.1 Modifier ses schémas de pensée

Au sanctuaire de l'Annapurna, Maëlle retrouve Matteo.

Malgré son malaise initial, elle ne peut nier l'attirance qui opère entre eux. La jeune femme questionne le chercheur sur son parcours qui l'a mené de la neurologie à New York jusqu'à ces recherches au Népal sur l'impact des pensées sur la santé.

Avec Ayati et Jason, ils approfondissent le sujet. Pour eux, la réalité que nous percevons n'est qu'une infime partie de la vérité, déformée par nos filtres mentaux et émotionnels. Notre cerveau interprète le monde plus qu'il ne le voit objectivement, en fonction de nos expériences passées. Mais puisque cet organe est en constante évolution, nous avons le pouvoir de changer nos croyances limitantes en modifiant nos schémas de pensée.

13.2 Selon la science, la matière est sensible à nos pensées et émotions

Plus troublant encore, la matière qui nous compose, à plus de 70% d'eau, est sensible aux vibrations de nos pensées et de nos émotions. C'est ce que prouvent les travaux du Dr Masaru Emoto.

En effet, en photographiant des cristaux d'eau, ce dernier a démontré que les ondes positives d'amour et de gratitude génèrent des structures harmonieuses, tandis que les vibrations de haine et de colère produisent des formes chaotiques. Notre corps tout entier est donc le réceptacle de nos états intérieurs.

13.3 Les 4 étapes de la transformation selon "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua

Dès lors, le processus de transformation repose sur un protocole en quatre étapes :

Prendre conscience qu'à chaque instant, nous avons le choix entre l'état de peur et celui d'amour.

Élever notre niveau vibratoire par des pensées bienveillantes pour accéder au champ infini des possibles.

Comprendre le fonctionnement de notre cerveau pour reprogrammer nos automatismes.

Prendre la mesure du pouvoir créateur de la pensée pour se reconnecter à notre vraie nature, au-delà des apparences.

Ébranlée mais curieuse, Maëlle est prête à tenter l'expérience de cette transformation intérieure.

Mais le lendemain, c'est un tout autre défi qui attend le groupe : une violente tempête de neige s'abat sur le sanctuaire, les obligeant à retarder leur départ.

Coupée du monde extérieur, la jeune femme doit prendre sur elle pour ne pas céder à la panique. Heureusement, la présence apaisante de Matteo à ses côtés l'aide à garder confiance. Entre eux, l'alchimie opère en douceur, portée par la magie des lieux et la promesse d'un nouveau départ.

Chapitre 14 - À partir de maintenant...

14.1 Maëlle veut expérimenter le processus de transformation avec Matteo

Au sanctuaire, la tempête fait rage, obligeant le groupe à retarder son départ. Malgré son inquiétude, Maëlle choisit de faire confiance et de profiter de ce temps suspendu pour approfondir le "processus de transformation" avec Jason.

14.2 Première étape : voir les choses différemment

Le chercheur lui explique que la première étape est d'être déterminé à voir les choses différemment, en prenant conscience de nos croyances limitantes façonnées par notre vécu, que "nous agissons par automatisme". En nous détachant de ces automatismes, nous nous offrons alors la liberté de percevoir la réalité telle qu'elle est, sans le filtre de la peur.

Aussi, l'ego fait tout pour maintenir son emprise en alimentant nos doutes et nos craintes, souligne-t-il :

"Une création commence par une idée à un moment précis et présent. Au plus profond de nous, nous savons que notre pensée résonne, et que le rêve n’est pas loin. Mais il est souvent difficile de passer à la réalisation. Pourquoi ? Parce que l’ego freine, il nous décourage. Ses  arguments paraissent tellement sensés que saisis par le doute, nous préférons oublier nos aspirations."

Mais l'échec n'existe que dans le monde de l'ego. Ce que nous considérons comme des erreurs sont en fait des expériences nécessaires pour apprendre et grandir.

Aussi, en acceptant les épreuves, nous pouvons nous libérer des barrières de la peur et amorcer notre transformation.

Jason invite Maëlle à visualiser sa vie telle qu'elle la désire et à l'affirmer à voix haute, en commençant par "À partir de maintenant, je...".

Galvanisée, la jeune femme se déclare prête à faire confiance, à embrasser les opportunités et à assumer ses erreurs.

Le processus est enclenché.

14.3 Deuxième étape : accéder à son potentiel

Le deuxième stade est d'accéder à son plein potentiel.

Pour cela, il faut se reconnecter à cette petite voix intérieure, cette flamme qui nous rappelle que nous sommes reliés à une dimension qui nous dépasse. En acceptant ce qui est, sans jugement, et en étant attentif aux signes et aux coïncidences, nous pouvons entendre ce que notre cœur veut vraiment créer.

C'est ainsi de cet espace illimité que naît la vraie guérison.

En élevant notre niveau de conscience, nous augmentons nos fréquences vibratoires et renforçons notre système immunitaire. Tout est une question de perception. Un nouveau monde de possibles s'ouvre alors à nous, dès l'instant où nous lâchons le contrôle pour faire confiance à ce qui arrive.

14.4 C'est parti pour la transformation !

Dans ce chapitre de "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua, Maëlle fait donc face à un défi vertigineux mais libérateur, que la jeune femme est prête à relever. En se tournant vers les montagnes enneigées de l'Himalaya, elle s'exclame :

"À partir de maintenant, j’ai confiance en la vie, elle me présente les opportunités et je les saisis. (...) J’accepte de me tromper, l’erreur fait partie de la transformation. (...) J’attire ce que je pense, si mes pensées sont positives, le positif arrive à moi, si en revanche mes pensées sont négatives, le négatif arrive à moi. À partir de maintenant, je suis consciente des deux portes devant moi. À partir de maintenant, je suis moi !"

Chapitre 15 - Kilomètre Zéro

15.1 L’interprétation étrange d’un rêve intriguant

Au sanctuaire, la tempête s'est calmée. Maëlle peut enfin redescendre comme prévu. Pourtant, un détail la trouble : tous ses acolytes ont fait, la nuit dernière, le même rêve étrange d'une chasse au trésor dans l'Himalaya, comme un appel…

Pour Jason et ses amis, il faut y voir un signe ! Le signe d'un mystérieux sage qui se serait réfugié dans les montagnes et dont les théories révolutionneraient les relations humaines. Un homme qu'ils recherchent depuis des mois et que ce songe commun pourrait les aider à localiser.

Sceptique mais intriguée, Maëlle accepte de participer à une expérience : se connecter à son intuition à l'aube le lendemain pour "sentir" quelle direction prendre. Si les autres peinent à voir une indication claire, la jeune femme revoit en pensée le nom d'un lieu aperçu en rêve : Tshong.

Un jeune sherpa leur apprend qu'il s'agit d'un refuge non loin de leur position actuelle. Le groupe est convaincu : c'est là qu'il faut aller.

15.2 Accueillir ce qui vient avec confiance

Troublée, Maëlle hésite. Sa raison lui dicte de rentrer à Paris où ses responsabilités l'attendent.

Mais quelque chose la retient ici, une petite voix intérieure qui la pousse à tenter l'aventure. Sans parler de Matteo dont elle est en train de tomber amoureuse. Lorsque ce dernier la supplie de les accompagner, son cœur balance.

C'est finalement une discussion avec Shanti qui aide Maëlle à trancher. Pour son guide, le bonheur ne dépend pas d'un hypothétique résultat mais de l'instant présent, de ce "kilomètre zéro" sans cesse renouvelé. "Profite du chemin, ne cherche pas de résultat", lui dit-il. "Le bonheur est un état d’esprit, il ne dépend pas de ce qui se passera plus tard ni d’un fait extérieur. Il commence ici et maintenant."

Selon lui, s'acharner sur l'objectif fait manquer la beauté du chemin. Ce qui compte, c'est d'accueillir ce qui vient avec confiance :

"C’est un problème récurrent dans notre monde moderne, le résultat ! Se fixer une direction peut être utile, mais en se focalisant sur l’objectif, nous en oublions le voyage. Notre obsession du résultat engendre notre peur de l’échec. Nous souffrons de l’incertitude jusqu’au moment fatidique : soit nous atteignons notre but, en fixons un suivant et nous inquiétons de nouveau, soit nous n’y arrivons pas et nous effondrons dans les affres du naufrage en renforçant l’idée de notre faible valeur. L’objectif devient donc un traumatisme. Le résultat n’est qu’un fait, un bref instant entre deux voyages. Crois-tu que le bonheur dépend d’un moment aussi court ?"

15.3 Maëlle choisit d’écouter sa petite voix intérieure et de faire confiance en la vie

Libérée du poids de ses peurs, Maëlle choisit finalement d'écouter sa petite voix intérieure et de faire confiance à la vie. Qu'importe s'ils trouvent ou non ce sage au bout du chemin, l'essentiel est de savourer cette expérience unique au présent, avec les êtres qui la touchent. De profiter de chaque pas comme d'un cadeau sans se soucier d'une éventuelle désillusion.

"L'objectif est de prendre du plaisir à chaque seconde, ainsi le voyage sera une réussite. Le bonheur ne réside pas au kilomètre final qui n’existera jamais, mais au kilomètre zéro, qui commence à chaque instant" pense Maëlle.

C'est donc le cœur léger que la jeune femme s'apprête à prendre la route de Tshong aux côtés de Shanti, de Matteo et des sherpas.

Ce chapitre du livre "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua se termine sur ce nouveau départ. Un départ sous le signe de l'amour et de la confiance retrouvée. Comme si le véritable trésor n'était pas tant celui qu'on cherche que celui qu'on porte déjà en soi et qui ne demande qu'à s'éveiller.

Chapitre 16 - L'intuition

16.1 Quand la carapace se fissure

Shanti et son équipe poursuivent leur périple dans l'Himalaya.

Lors d'une pause, Matteo et Maëlle se rapprochent et échangent sur le cheminement intérieur qui est en train de s'opérer en elle. Elle prend conscience que son identité professionnelle et sociale n'était qu'une carapace et que ce voyage la connecte à son essence profonde, même si elle ne sait pas encore où tout cela va la mener.

Après un déjeuner animé où Thim, l'un des jeunes porteurs lui apprend avec patience à manger avec les mains, Maëlle goûte un moment de complicité enfantine avec Matteo. Ils se joignent aux jeux insouciants d'écoliers népalais et de leur brebis, retrouvant leur âme d'enfant et une joie pure.

C'est l'occasion pour Shanti de lui glisser encore quelques sages paroles :

"Nous pensons que devenir adulte, c’est intellectualiser chaque chose. Nous en oublions de vivre. L’enfant habite l’expérience, il ne la considère pas. Que ferais-tu si tu laissais ton enfant intérieur se manifester en toi ?"

16.2 Une rencontre mystérieuse

Arrivés au village de Tshong, le groupe est accueilli par Gu-Lang, une vieille femme énigmatique. Pendant que les hommes vont faire un tour, Maëlle se repose puis discute avec Gu-Lang. Celle-ci lui affirme que "l'homme qu'elle est venue rencontrer l'attend", à son grand étonnement !

Vexée que Matteo tarde à rentrer et intriguée par les propos étranges de Gu-Lang, elle accepte de suivre Thi Bah, la nièce de la vieille Népalaise, à la recherche de ce mystérieux rendez-vous.

Après s'être perdues, Maëlle commence à perdre patience et à se demander ce qui lui a pris de croire en ces fantaisies. À un croisement, Thi Bah lui propose de se concentrer pour choisir leur chemin. Soudain, un aigle survole l'une des voies et semble leur indiquer la direction. Elles le suivent jusqu'à une petite maison isolée d'où s'échappe une odeur de feu de bois. La nièce frappe à la porte, convaincue d'être arrivée à destination, sous le regard dubitatif de Maëlle.

Ce seizième chapitre de "Kilomètre zéro" se termine sur fond de suspense autour de cette mystérieuse rencontre qui semble l'attendre.

Chapitre 17 - Cocktail

17.1 Les conseils amoureux de Chikaro pour Maëlle

Maëlle, perdue et tremblante, est accueillie par un vieux couple asiatique dans la petite maison isolée. L'homme, Chikaro, se dit japonais. Il lui révèle l'attendre suite à un rêve prémonitoire.

Lors de leurs échanges, ce dernier lui explique que le bonheur nécessite un véritable travail sur soi et une compréhension profonde de l'amour :

"Nous attendons de l’autre qu’il comble nos carences, n’est-ce pas ? Tant que nous ne travaillons pas sur nos besoins non satisfaits, nous projetons sur l’être aimé nos attentes, au point de l’idéaliser. Il se donne le rôle de répondre et d’alimenter nos dysfonctionnements. Nous entrons dans une relation de dépendance mutuelle qui finit souvent par une catastrophe lorsque la magie disparaît."

Chikaro souligne que pour aimer vraiment, il faut d'abord s'aimer soi-même et se libérer de ses peurs et blessures : "Pour se sentir aimé, il est indispensable de s’apprécier soi-même. Pour donner quelque chose, il faut le posséder."

17.2 L'amour, un cocktail biologique

Chikaro détaille les mécanismes biologiques qui se déclenchent lors d'un coup de foudre. Ce "cocktail magique" d'hormones euphorisantes finit par s'estomper pour laisser place soit à un amour mature, soit à la déception.

"Lorsque l’on tombe amoureux, douze régions de l’encéphale s’activent pour délivrer ces molécules chimiques euphorisantes. Un cocktail magique, proche de certaines drogues comme l’héroïne ou l’opium. C’est pourquoi nous nous sentons “pousser des ailes”. - Un cocktail magique ? - Oui, une surproduction d’hormones comme les amphétamines, stimulant l’activité  cérébrale, diminuant le sommeil et la faim, ou la dopamine provoquant l’hyperactivité et l’ivresse. Mais aussi la phényléthylamine suscite l’euphorie, la NGF, une des protéines qui augmentent au début d’une relation et qui ne durent, au mieux, qu’un an, ou encore la lulibérine, l’hormone du désir, n’est-ce pas ?"

17.3  Les 3 clés pour nous reconnecter à l’amour

Chikaro partage ensuite trois clés pour pacifier ses relations :

Ne jamais se voir comme une victime,

Cesser les suppositions,

Arrêter de juger.

L'amour véritable est partout, inconditionnel, mais notre mental nous empêche souvent de le ressentir. En changeant notre regard sur le monde et les autres, nous pouvons nous reconnecter à cet amour.

Malgré ces conseils de sagesse, Maëlle peine à dépasser sa colère envers Matteo.

Ce chapitre de "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua amène la jeune femme à réfléchir sur sa conception de l'amour. Les explications subtiles de Chikaro l'éclairent sur ses propres travers et lui indiquent une voie de transformation intérieure, même si le chemin s'annonce encore long et ardu.

Chikaro l'invite alors à remplacer ses pensées négatives par de la bienveillance. Alors qu'il s'apprête à illustrer son propos par une parabole zen, de violents coups à la porte les interrompent.

Chapitre 18 - Le miroir

18.1 La méprise de Maëlle envers Matteo

Matteo fait irruption dans la maison, essoufflé et inquiet pour Maëlle. Il lui explique que Nishal a été mordu par un chien et qu'ils l'ont amené chez un médecin.

Soulagée et honteuse d'avoir douté de lui, elle se tourne vers Chikaro qui lui chuchote les trois clés : ne pas se voir en victime, cesser d'interpréter, ne pas juger.

18.2 L'unité de toute chose

Matteo partage avec Chikaro ses recherches scientifiques démontrant l'unité de toute chose.

Le vieux Japonais approuve et souligne le paradoxe dans lequel nous vivons : nous croyons être tous les uns les autres séparés. Mais à tort, selon lui. Car nous n'avons, en réalité, "jamais quitté l'unité".

D'ailleurs, "la physique nous le démontre", ajoute-t-il : "nous ne sommes qu’énergie, cette concentration d’atomes qui fait de tout une immense vibration intelligente. C’est pourquoi toute action de notre part a une conséquence sur ce qui nous entoure et sur nous-mêmes".

18.3 L’autre est comme un miroir révélateur de soi

Matteo et Chikaro poursuivent leur conversation : selon eux, pour retrouver l'harmonie, il faut accueillir l'autre comme un miroir révélateur de soi.

"Lorsque je suis souriant, attentif, aimant, calme avec les autres, ils se sentent rassurés en ma présence. Ils ne cherchent plus à attaquer pour se défendre. Ils me renvoient un sourire, un geste amical. Quand je suis froid, soucieux, en colère, triste ou jaloux envers quelqu’un, leur insécurité m’adresse une image brutale. Mon comportement reflète mon état intérieur comme un miroir, renchérit Matteo."

De même, pour Chikaro, lorsque quelqu'un nous blesse, c'est le reflet d'une zone d'ombre en nous. L'autre n'est qu'une partie de nous-mêmes. Aussi, en changeant notre regard, en cherchant la similitude plutôt que la différence, nous pouvons nous libérer de l'ego et retrouver la paix.

18.4 Notre perception est illusoire

Le vieux sage compare enfin notre perception illusoire à un rêve dont nous pensons qu'il est la réalité. Pour nous réveiller de ce "rêve", nul besoin de mourir. Il suffit de prendre conscience. Chaque contrariété est un enseignement sur ce que nous devons travailler en nous.

Ainsi, une personne qui nous agace reflète souvent un trait que nous refusons de voir en nous. À l'inverse, quelqu'un qui nous attire incarne un potentiel que nous aimerions développer. En considérant l'autre comme un cadeau, un révélateur, nous pouvons grandir en conscience.

"Lorsque je souffre face à la remarque d’une personne, je peux sortir de cette ornière en visualisant la douleur autrement, en me concentrant sur la similitude avec mon interlocuteur et non plus sur la différence. Se sentir similaire à l’autre nous permet d’abolir le mécanisme de dominant/dominé. Supérieur/inférieur."

18.5 Retour au village

En rentrant au gite, Maëlle raconte ses mésaventures à Shanti qui l'a attendue dans la nuit. Elle lui résume les précieux enseignements de Chikaro :

"Il [Chikaro] m’a donné trois clés de compréhension pour sortir de la souffrance : la première est que nous ne sommes jamais victimes du monde que l’on voit. En identifiant nos peurs, nous nous rendons compte qu’elles tronquent la réalité de notre perception puisqu’elles ne sont qu’illusions. Nous sommes donc victimes de notre perception. La deuxième clé est de cesser toute supposition face à une situation. En attendant d’avoir des explications tangibles, il faut bannir toute interprétation intermédiaire. La troisième clé est de ne rien juger de ce qui se produit. En nous libérant de la critique et en acceptant l’autre dans son ensemble, la connexion entre les êtres devient indestructible, n’est-ce pas ?"

Maëlle avoue ensuite à Shanti sa méprise au sujet de Matteo. Shanti acquiesce en murmurant : "L'autre est notre miroir !" Maëlle plonge alors son regard dans celui de Matteo et y contemple son reflet.

Chapitre 19 - Une zone d’ombre

19.1 Une belle nuit d’amour

Au réveil, Maëlle savoure ces moments de complicité avec Matteo. Malgré la blessure infectée de Nishal, le groupe reprend la descente vers Gandrung. Le soir, Matteo prodigue des soins à Nishal pendant que les autres visitent le village.

Maëlle réalise qu'elle est tombée amoureuse de Matteo.

Ils passent alors une nuit intense et fusionnelle, s'abandonnant l'un à l'autre. Au petit matin, ils contemplent ensemble le lever du soleil, conscients que leur séparation approche.

19.2 Un travail sur soi pour sortir des schémas toxiques

Lors d'une pause déjeuner, un incident se produit : une citerne d'eau tombe du toit, provoquant la panique d'une touriste occidentale. Bien que pas touchée, celle-ci se met alors à débiter ses plaintes de façon théâtrale à Maëlle. Cette réaction enferme la jeune femme dans un profond malaise.

Shanti aide alors Maëlle à comprendre pourquoi cette attitude l'a autant affectée.

Il lui explique que ce qui nous agace chez l'autre est souvent le reflet d'une zone d'ombre en nous, quelque chose qu'on refuse de voir.

La réaction épidermique de Maëlle pourrait ainsi être liée au fait qu'elle a dû écouter et porter les plaintes de sa mère durant son enfance, suite au départ de son père.

Aussi, Shanti l'encourage à identifier ses blessures pour mieux les dépasser et laisser s'exprimer son potentiel. Il lui conseille de chercher les similitudes avec les autres plutôt que les différences. C'est un travail sur soi au quotidien, mais qui permet de sortir des schémas nocifs.

Maëlle comprend que cette femme était finalement un cadeau, un miroir pour éclairer une souffrance enfouie.

Malgré la tristesse du départ imminent, elle savoure ses derniers instants complices avec Matteo avant de regagner Pokhara.

Chapitre 20 - Trahison

20.1 Trahisons et cœur brisé

Maëlle savoure ses derniers instants de complicité avec Matteo avant son départ.

Mais en lisant par hasard des SMS sur le téléphone de ce dernier, elle découvre qu'il échange avec une certaine Laura et avec Romane, son amie, à propos d'un mystérieux paquet qu'il devait récupérer.

"Le téléphone de Matteo vibra. Je tendis la main machinalement et déchiffrai un SMS en italien : "Tu m’as tellement manqué, j’ai hâte de te retrouver demain. Rentre vite. Je t’aime. Laura", suivi d’une rangée d’icônes de cœurs rouges. Mon cœur se mit à cogner. Qui était cette Laura ? Je regardai, tremblante, le téléphone et me trouvai face à l’inimaginable. En dessous du texto de cette femme, je vis apparaître le nom de Romane, mon amie. J’entrai dans la conversation et lus, stupéfaite, ses échanges avec Matteo depuis plusieurs jours."

Se sentant trahie, Maëlle s'enfuit, le cœur brisé.

"Je bondis du lit sans prendre le temps de lire la conversation avec Laura. Je m’habillai, furieuse, me dirigeai vers la salle de bains le mobile à la main et le balançai violemment contre la porte de la douche en hurlant ma douleur. "Comment avez-vous pu me faire ça tous les deux ?""

Torturée par mille questions, Maëlle s'enfuit sans vouloir écouter Matteo. Quand elle revient dans la chambre, l'Italien est déjà parti.

Il a laissé derrière lui le fameux paquet transmis par Jason, contenant les travaux de recherches à rapporter à Romane. Celui-ci se trouve toujours dans le sac à dos de la jeune femme. Après cette trahison, Maëlle est prise de doutes sur ce que pouvait réellement contenir ce paquet. Elle décide de l'ouvrir et trouve, à l'intérieur... un simple carnet vierge.

Cette découverte vient encore ajouter de la confusion aux mille hypothèses qui tournent à présent dans sa tête.

20.2 La colère de Maëlle

Refusant d'écouter les explications de Matteo via une lettre remise par Thim, la jeune femme déchire le message de rage.

Shanti tente de raisonner Maëlle. Il l’invite à ne pas tirer de conclusions hâtives sans avoir tous les éléments. Il lui conseille de contacter Romane. Mais Maëlle tombe sur sa messagerie. Elle lui laisse un message colérique.

Shanti lui fait prendre conscience que sa souffrance vient surtout de ses propres projections et illusions brisées. Il l'encourage à sortir de son rôle de victime pour retrouver la paix intérieure.

20.3 S'aimer soi-même et faire confiance à la vie

Maëlle peine à relativiser, submergée par un sentiment de trahison et de solitude. Shanti lui explique que pour pouvoir aimer vraiment, il faut d'abord s'aimer soi-même et faire confiance à la vie.

"Sais-tu qu’il existe une personne dans ce monde qui ne t’abandonnera jamais ? La seule qui sera toujours près de toi, c’est toi ! Prends soin de toi, regarde-toi avec affection, en comprenant tes faiblesses et tes forces sans te juger. Commence par t’aimer du plus profond de ton être et tu pourras chérir quelqu’un sans peur. Tu te sens seule, parce que tu te délaisses. Aie confiance en la vie. Tu as émis tes souhaits, sois sûre que la matrice universelle œuvre pour toi. Tu vis ce que tu dois vivre, tu rencontres les bonnes personnes au bon moment pour atteindre tes objectifs. Tu es aimée bien au-delà de ce que tu peux imaginer. Tu es sur ton chemin."

Shanti conte ensuite à Maëlle une parabole sur un vieil homme réalisant à la fin de sa vie que Dieu l'a toujours accompagné, même dans ses moments les plus sombres. Ces paroles apaisent un peu Maëlle.

20.4 Le réconfort de Shanti, Nishal et Thim

Avant de reprendre l'avion vers Katmandou, elle fait ses adieux émouvants à Nishal et Thim. Ce dernier lui offre son précieux collier de kyanite, censé ouvrir le chemin du cœur. En échange, il ne demande à Maëlle qu'un sourire. Touchée par ce geste, elle serre la pierre contre elle, y puisant un peu de réconfort.

La découverte des messages a ébranlé la confiance de Maëlle et ravivé ses blessures. Malgré le soutien de Shanti, la jeune femme peine à présent à dépasser sa colère et son sentiment d'abandon.

Ce chapitre de "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua se termine sur l'énigme encore entier du paquet et des véritables intentions de Matteo et Romane, laissant Maëlle dans la confusion la plus totale. Seul le cadeau sincère de Thim est parvenu à l'émouvoir et à adoucir quelque peu sa peine au moment de quitter le Népal.

Chapitre 21 - Le pardon

Sur le chemin du retour entre Katmandou et Pokhara, Shanti aide Maëlle à comprendre que sa souffrance vient de ses pensées. En les observant consciemment, elle réalise qu'elles sont la cause de son mal-être.

De retour chez Maya, Maëlle lui raconte son périple et sa déception amoureuse. Maya sort alors une vieille lettre de son grand-père sur le pouvoir du pardon. Elle explique à Maëlle que pardonner est la clé du bonheur, car cela permet de se libérer de la peur et des jugements.

Maëlle comprend que son ego cherche des excuses pour renvoyer la faute sur les autres, alors qu'en réalité, la douleur vient d'elle-même. Maya souligne que si l'on considère que la séparation est une illusion, il n'y a rien à pardonner. Le véritable pardon consiste à réaliser qu'il n'y a pas eu de mal, puisque la souffrance provient de nos propres blessures non résolues : le pardon, souligne-t-elle, "n’est plus un acte généreux de notre part envers l’autre pour ce qu’il aurait fait de mal, mais la compréhension qu’il n’y a pas eu de mal, car la douleur ne vient pas de lui, elle vient de nous-mêmes".

Maëlle résume les étapes de cette prise de conscience : assumer sa responsabilité, sortir de la position de victime, accueillir l'enseignement de la situation, choisir l'amour plutôt que l'ego. Elle réalise que le pardon inconditionnel ouvre la porte de l'unité et de la joie.

Emplie d'une énergie nouvelle, elle savoure cet instant présent, ce "kilomètre zéro" où tout s'efface dans la perfection. Les conseils lumineux de Maya lui permettent de transmuter sa peine en une opportunité de grandir intérieurement.

Chapitre 22 - L’envol

Apaisée, Maëlle savoure sa renaissance intérieure. Malgré la trahison, elle se sent aimée et confiante. Ce voyage lui a offert un précieux cadeau : la découverte du bonheur en elle.

L'heure du départ arrive. Les adieux avec Shanti sont émouvants. Il la rassure : leur lien d'amour est éternel. Il l'encourage à transmettre cet enseignement.

Maëlle ressent pour la première fois l'unité avec l'autre. Leurs cœurs ne font qu'un.

Chapitre 23 - Un nouveau départ

23.1 Le retour à paris de Maëlle, pleine d’énergie positive

De retour à Paris le jour de ses 35 ans, Maëlle savoure son appartement et sa nouvelle sérénité.

Malgré les messages inquiets de sa famille durant son absence, elle choisit de prendre du temps pour elle plutôt que de les rejoindre.

En se promenant dans Paris, elle observe les passants avec bienveillance et tente de leur transmettre son énergie positive. Sa colère envers Romane et Matteo refait surface mais elle décide consciemment de lui laisser la place de s'exprimer puis de la transmuter.

23.2 Tout s’éclaire

Au rendez-vous avec Romane, celle-ci lui explique, affaiblie par la maladie, qu'elle a orchestré ce voyage initiatique pour que Maëlle se réveille à l'essentiel avant qu'il ne soit trop tard. Elle voulait lui offrir "la liberté de choisir en conscience" :

"Tu te démolis comme je l’ai fait pendant des années, alors j’ai inventé cette histoire pour que tu puisses toi aussi vivre ces enseignements et te réveiller avant d’avoir à subir ce que je vis. Je savais que tu n’y serais jamais allée si je ne t’y avais pas obligée. (…) Je voulais t’offrir pour ton anniversaire la liberté de choisir en pleine conscience."

Quant à Matteo, il n'était là que pour la protéger. Les messages que Maëlle avait surpris venaient en réalité de sa sœur Laura, dont il s'occupe depuis 3ans suite à un grave accident.

Romane remet alors à Maëlle une lettre de Matteo, qui lui déclare son amour sincère et l'invite à le rejoindre à Milan.

Émue aux larmes, Maëlle mesure l'amour que lui porte son amie malgré son combat contre la maladie. Romane lui prend la main et l'encourage alors à vivre pleinement cet amour naissant :

"Je t’aime, mon amie, n’en doute pas. Matteo est un homme extraordinaire, tout comme toi. Rejoins-le. Ne laisse pas la peur t’emprisonner, c’est le moment de devenir libre, c’est le moment de vivre !"

Épilogue

Après avoir fêté son anniversaire avec Romane, Maëlle s'envole pour Milan rejoindre Matteo.

Dans l'avion, elle découvre le message touchant de son amie dans le carnet finalement "vide" que lui avait fait ramener Romane du Népal. Celle-ci l'invite à partager son expérience.

Émue, Maëlle commence à écrire son récit, débutant par son arrivée à Paris, au tout début de sa carrière.

Et pour finir

Dans la toute dernière partie de son livre "Kilomètre zéro", Maud Ankoua conclut en nous invitant à créer un monde meilleur main dans la main, en transmettant l'Amour et en inspirant chacun à trouver sa voie, pour relier nos lumières autour de la Terre :

"J’aime à croire qu’un jour, nous saurons marcher les uns avec les autres. Je me suis dit que si chacun donnait la main à quelqu’un d’autre, alors ensemble, nous pourrions faire de ce monde un lieu meilleur où il fait bon vivre dans une douce harmonie. (…) Si vous croyez comme moi que le bonheur est un choix, alors il est de notre responsabilité d’aider ceux qu’on aime à se réaliser ! Prenez quelqu’un par la main et enseignez-lui l’Amour, devenez son "Shanti", aidez-le à trouver son chemin et proposez-lui de tenir la main d’une autre personne en ne lâchant plus jamais la sienne. Très vite, nos mains se relieront autour de la Terre pour faire de cette planète l’œuvre que nous aurons réalisée. N’essayez pas de convaincre les autres, montrez-leur l’exemple, inspirez-les, c’est en rayonnant que votre lumière guidera leurs pas…"

Conclusion de "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua

Les 3 grandes idées forces qui émergent du roman initiatique "Kilomètre zéro" de Maud Ankoua

  1. Un parcours de transformation intérieure

Tout au long de son trek dans l'Himalaya, Maëlle, personnage clé du récit de Maud Ankaoua, vit une véritable métamorphose.

Guidée par les enseignements de sagesse de Shanti et ses rencontres inspirantes - comme celle de Chikaro - elle apprend à s'ouvrir à son intuition, à dépasser ses peurs et ses croyances limitantes pour se reconnecter à son cœur et à son essence profonde.

Un cheminement intérieur qui l'amène (et nous amène) à réaliser que le bonheur ne dépend pas de l'extérieur mais de notre regard sur la vie.

  1. L'amour comme clé de la guérison

Au fil des pages, Maud Ankaoua veut nous montrer que l'amour véritable est la voie royale vers la paix intérieure et la guérison.

Que ce soit à travers l'histoire d'amour naissante entre Maëlle et Matteo, le soutien indéfectible de Romane ou la bienveillance inconditionnelle de Shanti, le roman illustre le pouvoir transformateur de cet amour qui nous relie tous au-delà des apparences.

Une force qui nous invite à pardonner, à lâcher le contrôle pour faire confiance à la vie.

  1. Le pouvoir de nos pensées

"Kilomètre Zéro" met également en lumière l'impact de nos pensées sur notre réalité.

Comme l'expliquent Jason et Matteo dans leurs recherches, notre mental est souvent le prisonnier de l'ego et de ses peurs, nous maintenant dans l'illusion de la séparation.

En prenant conscience de ce mécanisme et en choisissant délibérément des pensées plus élevées, ancrées dans l'amour et la gratitude, nous avons le pouvoir de transformer notre vie et d'accéder à notre plein potentiel.

Que vous apportera la lecture de "Kilomètre Zéro" de Maud Ankoua ?

Le livre "Kilomètre Zéro" de Maud Ankaoua est certes un roman, mais un roman initiatique, un roman dit de développement personnel. Il vous transportera dans la magie de l'Himalaya tout en faisant écho à votre propre vécu, pour une expérience aussi dépaysante qu'inspirante.

En effet, le parcours initiatique de Maëlle vous fera découvrir, en même temps qu'elle, de précieux enseignements pour apprendre à vivre en conscience, avec authenticité. Vous aurez ainsi accès à de multiples clés pour dépasser vos conditionnements, guérir vos blessures et vous ouvrir à l'amour inconditionnel en vous et autour de vous. Tout cela, à travers une histoire émouvante et pleine de sagesse mais toujours ancrée dans la réalité moderne de tout un chacun.

Je recommande la lecture "Kilomètre Zéro" de Maud Ankaoua à ceux qui cherchent à s'éveiller à une forme de spiritualité tout en passant un agréable moment d'introspection, de narration et d'émotions.

Points forts :

Une quête initiatique inspirante qui nous transporte dans la magie de l'Himalaya.

De précieux enseignements de sagesse pour apprendre à vivre en conscience et cultiver le bonheur.

Une histoire touchante qui allie développement personnel, amour et spiritualité.

Points faibles :

Le rythme du récit peut parfois sembler un peu lent, notamment dans les passages plus introspectifs.

Un genre "déjà-vu" et certaines parties initiatiques du récit parfois prévisibles, heureusement compensés par un style résolument moderne.

Ma note :

★★★★☆

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Mon, 23 Sep 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12959/Kilomtre-Zro
Pourquoi écrire va vous rendre heureux http://www.olivier-roland.fr/items/view/12958/Pourquoi-crire-va-vous-rendre-heureux

Résumé de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" de Natalie Goldberg : ce livre nous invite à découvrir le pouvoir transformateur de l'écriture. En osant régulièrement coucher nos pensées sur le papier, nous donnons vie à notre créativité, apprivoisons nos parts d'ombre et, au-delà du résultat, nous reconnectons à nous-mêmes et au monde.

Par Natalie Goldberg, 2021, 284 pages.

Titre original : "Writing Down the Bones"

Chronique et résumé de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" de Natalie Goldberg

Introduction

Dans l’introduction de son livre "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", l’auteure, Natalie Goldberg nous raconte comment elle est passée d'une élève modèle écrivant des dissertations fades à une écrivaine authentique et passionnée.

En fait, un déclic s'est produit quand, après ses études, elle a découvert un recueil de poésie. Un recueil qui parlait de sujets ordinaires comme la façon de cuire une aubergine.

L’auteure confie que c’est cette lecture qui va alors lui faire réaliser à Natalie Goldberg qu’elle peut écrire aussi sur sa propre vie et ses expériences. Et c’est cela qui l’amène aussi à animer des ateliers d'écriture, en parallèle de sa pratique de la méditation zen.

Natalie Goldberg explique que son livre "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" vise à nous faire découvrir l'écriture comme une pratique personnelle pour explorer sa vie et sa sagesse intérieure. Elle prévient qu'il n'y a pas une seule vérité ou méthode mais différentes approches selon les moments. L'essentiel est de faire confiance à son esprit, d'écrire avec honnêteté et de trouver sa propre voie.

  1. Esprit de débutant, papier et stylo

Dans le premier chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg nous rappelle combien il est important de garder un esprit de débutant à chaque séance d'écriture, comme si c'était la première fois.

Elle insiste sur le choix du bon stylo : il doit être suffisamment rapide pour suivre le fil de la pensée. Et du bon cahier, pas trop intimidant pour pouvoir y écrire librement.

L'auteure évoque aussi l'impact des outils, comme la machine à écrire ou l'ordinateur, sur notre façon d'écrire. L'essentiel est de trouver ce qui nous convient, sans pour autant passer plus de temps à choisir son matériel qu'à écrire.

  1. Les premières pensées

Natalie Goldberg présente ici un élément clé de sa pratique : la séquence chronométrée. Pendant un temps défini, il s'agit d'écrire sans s'arrêter, sans se censurer, en se laissant complètement aller.

Le but est d'accéder aux premières pensées, celles qui ont une énergie incroyable avant d'être filtrées par notre censeur intérieur.

Comme dans la méditation zen, la discipline consiste à rester présent malgré les émotions qui surgissent. C'est en écrivant à partir de cet endroit brut et spontané qu'on touche quelque chose de vrai et de vibrant.

  1. La pratique de l'écriture

Écrire, c'est comme la course à pied, écrit ici l’auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" : plus on pratique, meilleur on devient. Il faut écrire régulièrement, sans attendre l'inspiration, juste pour créer une habitude et dépasser la résistance initiale.

Natalie Goldberg s'impose de remplir un cahier par mois, sans se soucier des marges ou de l'orthographe, pour s'autoriser une totale liberté.

"Ne te dis pas avant d’écrire  : "Je vais écrire un poème." Cette attitude te bloquera tout de suite. Assieds-toi devant ton cahier avec le moins d’attente possible envers toi-même. Dis  : "Je suis libre d’écrire les pires âneries au monde." Il faut se donner assez d’espace pour pouvoir écrire longtemps sans but."

Pour elle, quand nous sommes vraiment plongé dans l'écriture, corps et esprit sont complètement unifiés. Cette pratique régulière vise à développer la confiance en soi et en sa propre voix, un entraînement essentiel quelle que soit la forme d'écriture finale visée.

"Cette pratique de l’écriture embrasse toute la vie et ne demande aucune forme logique (…). C’est un endroit où tu peux venir dans un état sauvage et débridé, mêler le rêve de la soupe de ta grand-mère aux nuages merveilleux qui passent devant ta fenêtre. C’est une activité sans itinéraire, reliée à tout ce que tu es dans ton moment présent. Considère cette pratique de l’écriture comme des bras aimants dans lesquels tu te jettes de manière illogique et désordonnée. C’est notre forêt sauvage où nous rassemblons nos énergies (...). Assieds-toi là où tu es. Livre-moi ce moment. Écris sur tout ce qui te traverse en ce moment. (...) N’essaie pas de maîtriser ce qui se passe. Reste attentif à tout ce qui surgit et garde la main en mouvement."

  1. Faire du compost

Dans le 4ème chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg compare le processus d'écriture à celui du compost.

En effet, nos expériences ont besoin de temps pour être digérées et fertiliser notre écriture, observe-t-elle. C’est pourquoi, quand on vit quelque chose d'intense, il est difficile d'en écrire immédiatement quelque chose, il faut du recul.

En écrivant régulièrement, même si tout n'est pas bon, on laboure son esprit pour en tirer une riche matière ensuite. L'auteure confie avoir ainsi écrit plusieurs fois sur son père mourant avant qu'un long poème jaillisse, comme une "tulipe d'un rouge flamboyant".

Cette compréhension développe notre patience et notre acceptation : l'écriture ne se maîtrise pas totalement, il faut faire confiance au processus.

  1. La stabilité artistique

Natalie Goldberg évoque ses vieux cahiers d'écriture, témoins de son cheminement.

Une amie les a lus et y a vu comment, à travers les pages d'angoisse et de banalité, l'auteure a construit son identité d'écrivain.

Ainsi, entamer une pratique d'écriture implique d'affronter ses résistances et ses peurs. En osant écrire le pire, en reconnaissant ses parts d'ombre, on gagne en stabilité. Dès lors, pour l’auteure, nous ne fuyons plus la beauté mais nous l'embrassons, ancré dans sa vérité.

  1. Une liste de sujets pour une pratique de l'écriture

L'auteure suggère de tenir une liste de sujets d'écriture, inspirés de phrases entendues, de souvenirs, de sensations, pour démarrer facilement une séance sans être bloqué par la page blanche.

Selon elle, cette démarche nous habituera à repérer dans le quotidien une matière à écrire.

Natalie Goldberg propose ici plusieurs sujets en guise d’exemples : parler de la lumière, écrire "Je me souviens", choisir une couleur et la chercher en se promenant, s'installer dans des lieux insolites, raconter sa matinée, un endroit aimé, un départ, son premier souvenir...

L'essentiel, résume l’auteure, est d'ancrer son écriture dans une expérience concrète et honnête.

  1. Se battre avec le tofu

Natalie Goldberg compare la discipline d'écriture à un "combat stérile contre du tofu" ( il est inutile, indique-t-elle, de se battre contre ce genre de fromage fade car cela nous mène finalement nulle part).

"La discipline a toujours été pour moi un mot cruel. Je l’imagine toujours en train de frapper mon côté paresseux jusqu’à la soumission, et, du coup, cela ne fonctionne jamais. Le dictateur et le résistant continuent tout simplement à se battre : "Je ne veux pas écrire. - Tu vas écrire. - J’écrirai plus tard. Je suis fatiguée. - Tu écriras maintenant." Pendant ce temps, mon cahier reste vide."

D’après l’auteure, mieux vaut donc laisser ces voix contradictoires s'exprimer brièvement sur la page. Après cette lutte intérieure, on pourra passer à l'écriture véritable. Mais il faut aussi mettre au point ses propres techniques pour se mettre à écrire et cesser de procrastiner.

Dans cette partie du livre "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg partage alors ses propres astuces pour déjouer la résistance : convenir d'un rendez-vous pour montrer son travail, animer des ateliers, se donner une limite de temps, s'offrir une récompense, remplir un quota de pages...

Ce qui compte, finit-elle, c’est de ne pas se laisser paralyser par la culpabilité et d'écrire quand c'est le moment.

  1. Des ennuis avec le rédacteur chef

Pour libérer sa créativité, il est crucial de faire taire son critique intérieur (ou rédacteur en chef). Pour cela, une méthode consiste à écrire tout ce que celui-ci nous susurre, afin de le démasquer et de moins y prêter attention. "Au bout d’un certain temps, comme celle d’un vieux soûlard qui baragouine dans son coin, elle devient un murmure en arrière-plan" s’amuse l’auteure. L’écouter renforcerait son pouvoir.

Mieux vaut continuer à écrire comme si ses commentaires négatifs n'étaient qu'un lointain bruit de fond.

  1. Tout ce qui est devant ton nez

Dans cette partie de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg revient sur le déroulement d’un atelier d’écriture qu’elle a donné dans le Minnesota. Elle veut nous montrer, à travers cet exemple, que la matière de l'écriture est toujours là, devant elle : l'environnement rural, les élèves spontanés, les circonstances... Ainsi, nul besoin de plans préétablis si l'on reste présent et le cœur ouvert.

L'auteure se remémore également un cours de littérature anglaise qu’elle a enseigné à des lycéens noirs de Detroit. Elle raconte comment elle y avait partagé son amour de la poésie avec authenticité. "Un écrivain doit toujours aborder l’écriture comme si c’était sa première fois", nous dit-elle.

Finalement, le conseil de Natalie Goldberg ici est de s'approprier tout ce qui nous entoure et nous habite pour nourrir notre écriture.

  1. Puise dans la nappe phréatique

Dans ce 10ème chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg nous exhorte de ne pas douter de notre talent. Sans compter que celui-ci grandira, précise-t-elle, avec la pratique.

En cela, inutile de chercher des réponses à l'extérieur.

L'aptitude à écrire est comme une nappe phréatique dans laquelle chacun peut puiser par ses efforts :

"Très souvent (…), les gens commencent à écrire avec une mentalité de pauvre. Ils se sentent vides et courent voir des maîtres et faire des stages pour apprendre à écrire. Or, on apprend à écrire en écrivant. C’est aussi simple que ça."

Ainsi, il faut simplement commencer à écrire, sans chercher à intellectualiser comme on le fait trop souvent à l'école. Rester au plus proche des mots, de leur chaleur et leur puissance évocatrice, voilà la clé pour apprendre.

  1. Nous ne sommes pas le poème

Ici, Natalie Goldberg nous rappelle que nous ne sommes pas nos écrits. Les poèmes reflètent notre état d'esprit au moment de l'écriture, mais ne nous définissent pas.

Se détacher de ses textes permet de rester libre et fluide.

L'auteure évoque l'exemple du poète Galway Kinnell qui, après avoir lu son recueil de poèmes pendant des années, a fini par en avoir assez. La vraie vie est dans l'acte d'écrire, pas dans la relecture répétée des mêmes textes, souligne l’auteure. Il faut sans cesse chercher de nouvelles perspectives pour ne pas se figer.

Puis, elle termine :

Alors ne t’identifie pas trop fortement à ton travail. Reste fluide derrière le noir et le blanc de tes mots. Ils ne sont pas toi. Ils sont le résultat d’un grand moment qui t’a traversé, un moment que toi, suffisamment réveillé, tu as su capter et mettre sur papier.

  1. Homme mange voiture

Une histoire absurde, celle d'un yogi ayant mangé une voiture en un an, inspire ici à Natalie Goldberg une réflexion sur l'écriture :

"Dans un sens, c’est de cette manière qu’il nous faut écrire : non pas en se demandant "Pourquoi ?", non pas en picorant délicatement des bonbons (ou des bougies d’allumage), mais avec voracité, en laissant notre esprit tout avaler et puis tout régurgiter sur le papier avec une énergie débordante. On ne doit pas se dire : "Voilà un bon sujet sur lequel écrire" ou "C’est impossible de parler de ça". L’écriture, c’est tout, c’est inconditionnel. Il n’y a pas de séparation entre écriture, vie et esprit. Si on peut voir grand au point d’admettre que des hommes en arrivent à manger des voitures, alors on verra que les fourmis sont des éléphants, et que les hommes sont des femmes. Alors on verra la transparence de toutes les formes et on verra disparaître toutes les séparations."

Pour l’auteure, c’est ainsi que nous devrions écrire. Pas de censure ni de logique, juste suivre le flux des pensées. C'est comme cela que naissent les vraies métaphores, non pas artificielles mais révélatrices de l'unité profonde des choses.

L'écriture nous connecte à cette vision du monde sans séparations.

  1. L'écriture n'est pas un Big Mac

Quand on écrit, l’auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" nous invite à nous libérer de toute idée préconçue. Et laisser le texte naître de l'intérieur, même maladroitement.

C'est un processus d'ouverture et de mise à nu, pas une production calibrée comme un Big Mac :

"Relâche tout au moment d’écrire, et tente un début simple avec des mots simples pour exprimer ce que tu as à l’intérieur. Le démarrage n’est sans accrocs. Permets-toi d’être maladroit. Tu es en train de te mettre à nu. Tu es en train d’exhiber ta vie et ta personne, non pas telles que ton ego aimerait les voir représentées, mais telles que tu es en tant qu’être humain."

Natalie Goldberg met aussi en garde ici contre la précipitation à vouloir écrire un livre. Elle conseille de prendre le temps d'écrire librement, de trouver sa voix, avant de se lancer dans un grand projet. L'écriture est un art qui se cultive lentement, dont la direction émerge naturellement.

  1. Obsessions

Les écrivains écrivent sur leurs obsessions, les choses qui les hantent. Natalie Goldberg conseille alors d'en faire la liste pour y puiser des sujets.

En effet, inutile de les fuir, elles finiront toujours par ressurgir, prévient l’auteure. Pour elle, mieux vaut leur faire une place, avec douceur, car les obsessions recèlent un pouvoir qu'il faut exploiter.

Celle de l'auteure pour sa famille juive nourrit son écriture. Même si tous les artistes souffrent, écrire reste, selon elle, une liberté et une mission à accomplir. Et transformer ses obsessions profondes en écriture engagée permet de les transcender.

  1. Le détail original

Dans ce court mais crucial chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg insiste sur l'importance des détails originaux en écriture.

Puiser dans la richesse de notre vécu, de nos souvenirs précis, même transposés dans un autre contexte, donne une authenticité incomparable au texte. Nul besoin d'être rigide, l'imagination peut greffer les détails, mais partir d'une base réelle solidifie l'écrit.

Dans cet objectif, l'auteure conseille de nous imprégner de notre environnement avec tous nos sens, sans trop d'auto-conscience, pour pouvoir restituer plus tard la texture du réel.

  1. La puissance du détail

Pour Natalie Golberg, nos vies sont à la fois ordinaires et mythiques. Chaque détail compte et mérite d'être rapporté.

Pour mieux comprendre, l’auteure évoque le mémorial de l'Holocauste Yad Vashem et le monument aux victimes du Vietnam, qui listent les noms des disparus : derrière les chiffres, il y a des individus uniques.

C’est pourquoi, pour l’auteure, l'écrivain doit dire oui à la vie dans ses moindres détails. Il doit incarner ce oui sacré face à la menace d'anonymat et d'anéantissement :

"Nous sommes importants et nos vies sont importantes, à vrai dire magnifiques, et tous leurs détails sont dignes d’être rapportés. Voilà comment les écrivains doivent penser, voilà comment nous devons nous asseoir, stylo à la main. Nous étions là, des êtres humains ; voici comment nous vivions. Que tous le sachent : la Terre nous a connus. Les détails de nos vies sont importants."

Finalement, écrire, c'est une forme de résistance, pour que plus aucun non ne puisse interrompre le flux précieux du réel.

  1. Faire cuire un gâteau

Dans ce chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg compare l'écriture à la préparation d'un gâteau.

Selon cette analogie, les ingrédients sont, dit-elle, les détails de nos vies. Mais il nous faut, continue l’auteure, y ajouter la chaleur du cœur pour que la mixture prenne.

En somme, quand on écrit, on doit s'abandonner complètement, que l'écriture seule écrive à travers nous.

"On a toutes sortes d’ingrédients, c’est-à-dire les détails qui constituent notre vie, mais il n’estpas suffisant d’en faire une liste : "Je suis née à Brooklyn. J’ai une mère et un père, je suis une femme." Non, il faut ajouter la chaleur et l’énergie de ton cœur. Ce n’est pas n’importe quel père ; c’est ton père à toi. Le type qui fumait des cigares et qui mettait trop de ketchup sur son steak. Celui que tu aimais et détestais à la fois. Il ne suffit pas de mélanger simplement tous les ingrédients dans un bol ; tout seuls, ils n’ont pas de vie. Ils doivent fusionner et ne plus faire qu’un avec tous ces détails, que ce soit de l’amour ou de la haine, pour qu’ils deviennent un prolongement de notre corps."

Plus loin dans cette partie du livre, l’auteure précise :

"Il y a des gens qui essaient d’utiliser uniquement de la chaleur pour faire un gâteau, sans aucun ingrédient. La chaleur réconforte et nous fait du bien, mais quand c’est fini, il n’y a rien à manger. En général, le résultat est une écriture abstraite : on a un sentiment de grande générosité, mais rien à se mettre sous la dent. C’est par l’utilisation de détails qu’on améliore sa capacité à faire sentir son extase ou son chagrin.(…) En écrivant avec des détails, tu te tournes face au monde. C’est un geste profondément politique, parce que tu ne te contentes pas de rester dans la chaleur de tes propres émotions."

Même sans garantie sur le résultat, l'essentiel est d'offrir une matière consistante où le lecteur puisse goûter nos émotions.  

  1. Vivre deux fois

Ce chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" fait remarquer que les écrivains vivent deux fois : ils mènent leur vie ordinaire mais ont aussi entraîné une partie d'eux à tout revivre une seconde fois, en observant les détails et la texture du réel.

Là où les autres se mettent à l'abri, eux sortent leur cahier sous la pluie pour contempler les flaques. Cette attitude un peu "bête" leur permet de préserver leur ressource la plus précieuse : le temps. Ils savent qu'en le vendant entièrement contre un salaire, ils perdraient cet espace intérieur où rêver et créer.

  1. Écrire, c'est soigner sa ligne

L'écriture n'est pas qu'une activité mentale, c'est aussi très physique.

D’abord, garder la main en mouvement est un moyen concret de briser les résistances de l'esprit. Ensuite, quand on écrit vraiment, le corps tout entier est engagé, détendu, prêt à courir des kilomètres sur le papier.

Mais les grands écrivains nous lèguent aussi leur souffle. Un souffle puissant au moment de l'inspiration, un souffle grisant qu'on peut réveiller en soi des années plus tard en lisant leurs textes à voix haute.

  1. Écouter

Natalie Goldberg raconte comment enfant, on lui a dit qu'elle chantait faux. Et comment elle a appris, bien plus tard, qu'il n'y avait, en réalité pas de fausses notes, mais juste une écoute à développer.

De même, l'écriture est à 90 % de l'écoute. En étant totalement réceptif à ce qui nous entoure, nous pouvons le restituer fidèlement. Il s'agit d'accueillir la réalité sans jugement et d'en refléter la vérité, comme un miroir.

C’est pourquoi, lire de la poésie avec tout son corps, entrer dans sa musique, permet de trouver peu à peu sa propre voix.

  1. N'épouse pas la mouche

Quand un texte perd l'attention du lecteur, c'est souvent que l'auteur s'est laissé distraire par un détail (comme une mouche au restaurant) en oubliant son propos initial.

Mieux vaut rester précis, garder son but en tête et y ramener doucement son esprit s'il s'en écarte. On peut s'intéresser à la mouche, mais pas l'épouser ! Le rôle de l'écrivain est de rendre le lecteur plus présent et vivant, pas de le perdre dans des digressions, rappelle l’auteure !

  1. N'utilise pas l'écriture pour obtenir de l'amour

Natalie Goldberg met ici en garde contre la tentation d'utiliser l'écriture pour obtenir de l'attention et de l'amour.

Être écrivain ne devrait pas servir d'excuse pour exister, déclare l’auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux". Car la vie et l'écriture sont deux entités bien distinctes. Pour illustrer son propos, Natalie Goldberg raconte comment, lors d'une période difficile, elle a confondu le besoin de soutien pour ses poèmes et pour elle-même.

Il est crucial, note-elle, de constater qu'on est déjà soutenu à chaque instant par la terre sous nos pieds, l'air que l'on respire... Mieux vaut donc partir de là avant de chercher une validation extérieure.

Et quand quelqu'un nous complimente sincèrement sur notre travail, apprenons à l'accueillir et à y croire, même si c'est inconfortable au début.

  1. Quels sont tes rêves profonds ?

L’auteure raconte avoir, un jour, demandé à son groupe d'écriture où ils voulaient aller maintenant qu'ils avaient trouvé leur voix créatrice. Elle leur propose alors d’écrire cinq minutes sur leurs rêves profonds.

"Beaucoup d’entre nous ne savent pas, ne reconnaissent pas, évitent leurs rêves profonds. Quand on écrit sur ce sujet pendant cinq, dix minutes, on est obligé de fixer les désirs qui flottent dans notre cerveau et dont on n’aurait peut-être jamais pris conscience. C’est l’occasion de coucher sur le papier, sans réfléchir, les désirs à la périphérie de notre conscience."

Ainsi, écrire quelques minutes sur ses rêves profonds permet d'en prendre conscience et de les prendre au sérieux. Si l'on ne sait pas encore, on peut déjà désirer qu'une direction apparaisse.

Natalie Goldberg raconte son propre questionnement après son deuxième recueil de poèmes, quand elle a réalisé qu'elle ne voulait pas écrire de roman. Un ami lui suggère alors d’écrire "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", une idée qu'elle avait déjà eue des années plus tôt. Nos rêves reviennent, admet l’auteure, autant les écouter.

Puis elle conclut : une fois qu'on a confiance en sa voix, nous pouvons la canaliser dans différentes formes d'écriture pour réaliser nos aspirations. Mais attention, cela révèle aussi nos autres rêves de vie, qu'on ne pourra plus éviter...

  1. La syntaxe

Dans cette partie de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg nous suggère d’essayer un exercice.

Cet exercice consiste à choisir quelques phrases, à en mélanger tous les mots comme des blocs en bois, sans chercher à construire du sens. Puis à y ajouter arbitrairement de la ponctuation et à lire le résultat à voix haute de façon expressive.

Faire cela permet de briser notre syntaxe habituelle sujet-verbe-complément qui place le "je" au centre, informe l’auteure. Et en cassant cette structure, on ouvre de nouvelles perspectives où l'on n'est plus "maître" mais en interaction avec le monde.

Même si l'on revient ensuite à des phrases classiques, quelque chose a bougé. Nous nous rapprochons de la vérité en libérant la langue de sa prison grammaticale, comme le montrent les poèmes surprenants écrits par des femmes handicapées mentales n'ayant jamais appris les règles.

  1. En sirotant du vin timidement

Dans ce chapitre 25 de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", l'auteure évoque le poète Russell Edson qui écrit des textes absurdes et décalés à partir de premières phrases fortes.

Elle nous invite à faire de même, à nous détendre pour laisser libre cours à notre imagination, en piochant par exemple le début d'une phrase dans un journal et la fin dans un livre de cuisine.

L'essentiel, fait remarquer Natalie Goldberg, est de prendre des risques, de plonger dans le non-sens sans avoir peur de l'échec. C'est en osant sortir de notre zone de confort que l'on peut toucher une forme de vérité.

  1. N'explique pas, mais montre !

Voici un conseil clé en écriture : n’expliquez pas les émotions mais faites-les ressentir au lecteur à travers une situation.

Ainsi, nul besoin de mentionner la colère ou la joie, il suffit de décrire un accouchement par exemple pour transmettre l'intensité de l'instant. En écrivant à partir des premières pensées, celles qui reflètent directement l'expérience avant tout jugement, on montre sans avoir besoin d'expliquer.

Par ailleurs, il faut sauter les phrases généralistes du type "cette histoire parle de..." et plonger dans le vif du sujet pour y entraîner le lecteur avec soi. Même pour une dissertation, des images concrètes rendent les idées plus vivantes.

  1. Sois précis

Nommer précisément les choses, c'est leur rendre leur dignité, écrit l’auteure.

Dès lors, mieux vaut parler d'un "géranium" que d'une "fleur". Cela donne tout de suite une image plus nette.

Natalie Goldberg raconte ici avoir appris le nom des plantes autour d'elle comme une façon de prendre conscience de son environnement. Car en étant précis, en citant la variété exacte d'une marguerite comme le fait William Carlos Williams, on s'ancre dans l'instant présent. On pénètre l'essence des choses au lieu de rester dans le vague.

"Apprends le nom de tout ce qui existe : oiseaux, fromages, tracteurs, voitures, bâtiments. Un écrivain est tout - architecte, cuisinier, fermier et, en même temps, il n’est rien de tout cela."

  1. La grande concentration

Quand on écrit sur un sujet précis, comme une cuillère en bois sculptée dans un bloc de cèdre, nous devons toujours rester conscient de ce qui nous entoure. Il est bon, par exemple, de mentionner aussi en une phrase la couleur du ciel ou le bruit de tondeuse au loin.

Cela rappelle que l'univers continue d'exister autour de notre tâche.

En méditation zen, la marche très lente entre deux assises permet de réaliser à quel point chaque pas est relié au sol, à l'air, à tout le reste. De même, l'écriture demande une grande concentration mais sans se couper du monde, en le laissant respirer à travers les mots.

  1. L'ordinaire et l'extraordinaire

Après avoir visité des lieux grandioses - comme quand Natalie Goldberg est allée dans les paysages lunaires du territoire hopi - nous pouvons nous demander comment les décrire.

À ce sujet, l’auteure indique d’abord que les détails ne se limitent pas aux petites choses banales. Même un paysage immense ou une danse rituelle sont faits d'éléments ordinaires pour ceux qui y vivent, affirme-t-elle. En fait, tout est à la fois ordinaire et extraordinaire : c'est notre regard qui fait la différence.

Pour saisir cette dualité, il faut pénétrer le cœur de son sujet et réaliser que tout est interconnecté, comme nos destins individuels tissent une toile commune. Les détails deviennent alors des reflets de cette unité.

"Ainsi, le fondement de l’écriture n’est pas le simple remaniement matérialiste des objets, mais l’utilisation de détails pour appréhender le monde et parvenir à l’autre rive, au grand vide derrière le tout."

  1. Parler, c'est le terrain d'entraînement

Natalie Goldberg explique ici que raconter des histoires à des amis est un excellent entraînement pour l'écriture. Pour les rendre captivantes, nous devons les remplir de détails et de couleurs.

Écouter les ragots est aussi un moyen d'apprendre la vie, non par jugement mais par curiosité. Une conversation peut révéler une histoire à écrire ou une phrase qui deviendra l'amorce d'un poème.

Enfin, parler aide à trouver de nouvelles directions et à transformer sa vie en matériau littéraire. Pour l’auteure, c'est un échauffement avant les heures solitaires passées à écrire...

  1. Écrire, c'est un acte communautaire

On s'inquiète souvent de trop imiter un auteur qu'on admire, mais c'est pourtant ainsi qu'on apprend, affirme ici l’auteure.

Lire avec passion permet de s'imprégner du style de l'autre puis de l'intégrer naturellement à sa propre voix.

Ainsi, l'écriture n'est pas un acte solitaire mais un dialogue avec les écrivains passés et présents. Il est bon de se lier à d'autres auteurs locaux pour s'encourager mutuellement plutôt que de souffrir seul. Et de nous considérer comme des écrivains "tribaux" portant une multitude de voix.

  1. Un plus un égalent une Mercedes

Dans ces ateliers d’écriture, Natalie Goldberg encourage toujours ses élèves à débrancher leur esprit logique pour s'ouvrir à l'irrationnel et devenir ce qu'ils observent.

Elle dit, par exemple, à ces élèves de 10-11 ans :

"Débranche ton esprit logique qui pense que 1 + 1 = 2. Ouvre ton esprit à la possibilité que 1 + 1 = 48, ou une Mercedes-Benz, une tarte aux pommes, un cheval bleu. Ne raconte paston autobiographie avec des faits : “J’ai 11 ans. Je suis un garçon. J’habite à Owatonna. J’ai une mère et un père.” Dis-moi qui tu es vraiment : “Je suis le givre sur la vitre, le cri d’un jeune loup, un frêle brin d’herbe.”"

Il s'agit de saisir une émotion ou une vision par les mots au moment où l'on ne fait plus qu'un avec elle :

"Oublie qui tu es. Disparais dans tout ce que tu regardes - une rue, un verre d’eau, un champ de maïs. Deviens entièrement chaque émotion que tu ressens, brûle en entier avec elle. N’aie pas peur - rapidement, ton ego deviendra anxieux et mettra fin à cette extase. Mais si tu peux saisir le sentiment, l’odeur ou la vision par des mots au moment où tu es un avec lui, tu auras vraisemblablement un très bon poème."

En effet, pour Natalie Goldberg, c'est ainsi que naissent les meilleurs poèmes. Ceux qui nous reconnectent à une conscience plus vaste de qui nous sommes. Et la lecture de grands livres ranime sans cesse cette vision.

  1. Soyez un animal

L’auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" affirme que même hors des moments d'écriture, l'écrivain reste aux aguets, tous les sens en éveil, comme un félin guettant sa proie.

"Observe un chat quand il voit quelque chose bouger dans une pièce. Il reste parfaitement immobile et, en même temps, chacun de ses sens est en éveil, scrutant, écoutant, sentant.Voilà comment tu dois être quand tu marches dans la rue."

Il s'agit d'être présent à son environnement, de faire taire les pensées pour mieux capter les détails :

"L'esprit du chat n’est pas en train de se demander combien d’argent il lui faudra, ou à qui envoyer une carte postale quand il sera à Venise ; il ne fait que regarder : la souris, la bille qui roule par terre, la lumière qui se reflète dans le cristal. Il est prêt, de tout son être de chat, à leur sauter dessus."

Juste avant d'écrire, cette attitude de traque silencieuse est une bonne préparation. Puis, à l'heure dite, on bondit sur le papier en écrivant sans s'arrêter pendant la durée prévue.

L'essentiel est de rester connecté à son être profond, à son "écrivain intérieur", dans l'écriture comme dans la vie.

  1. Écris des affirmations et réponds aux questions

Suite à une étude montrant que les femmes utilisent souvent un langage hésitant, interrogatif ou imprécis (comme "peut-être", "quelque part", "un peu", "un  petit  peu"), Natalie Goldberg explique avoir pris conscience de l'importance d'écrire des phrases affirmatives.

"Après avoir lu les conclusions de cette étude, je suis rentrée chez moi et j’ai lu un poème que je venais d’écrire. Je me suis forcée à enlever tous les mots et les phrases vagues et imprécis. C’était comme si je me dépouillais de mes vêtements, pour me retrouver nue comme après une douche, m’exhibant telle que je suis vraiment avec mes vrais sentiments. La première fois, ça m’a fait peur, mais ça m’a fait aussi du bien. Le poème en a été bien amélioré."

Selon l’auteure, même si la vie n'est pas toujours clairement tranchée, s'entraîner à des affirmations nettes aide à faire confiance à son esprit. De même, au lieu de laisser les questions en suspens, mieux vaut tenter d'y répondre, en puisant dans ses ressources intérieures.

Elle conclut :

"Écrire, c’est l’acte de percer le brouillard dans ton esprit par le feu des mots. Ne dépose pas le brouillard sur le papier. Même si tu n’es pas sûr de quelque chose, exprime-le comme si tu étais sûr de le savoir. Avec cet entraînement, tu finiras par l’être."

  1. L'action de la phrase

Natalie Goldberg nous propose ici un exercice d’écriture ludique.

Celui-ci consiste à créer de nouvelles combinaisons en accouplant une liste de noms à une liste de verbes liés à un métier de façon complètement arbitraire. Puis à compléter les phrases obtenues en les mettant au passé si nécessaire. Cela permet de prendre conscience de ses verbes et de leur puissance quand on les utilise de manière originale. Cela dynamise notre écriture. Car finalement, « plus on est éveillé à tous les aspects de la langue, plus l’écriture sera vibrante » nous fait remarquer l’auteur.

  1. Écrire au restaurant

Pour Natalie Goldberg, écrire au restaurant est un bon moyen de s'évader, de changer de décor et d'éviter les distractions domestiques. Elle conseille de choisir un endroit à l'ambiance humaine, d'y établir une relation en consommant régulièrement et en laissant un bon pourboire.

L'activité du lieu peut soit nous aider à nous concentrer en occupant la partie sensorielle de notre esprit, soit stimuler l'écriture par un jeu d'échanges entre intérieur et extérieur.

Contrairement à la France, écrire en public est peu courant aux États-Unis, mais cela permet généralement d'être tranquille, les gens étant intrigués mais n'osant pas déranger.

  1. Un studio pour écrire

Dédier un espace - comme un studio - à l'écriture est le signe d'un engagement croissant. Pour autant, il ne faut pas en faire une obsession en le décorant à outrance, signale Natalie Goldberg.

Un léger désordre est normal, reflet d'un esprit créatif qui a lâché prise. L'essentiel est d'avoir un endroit chauffé, éclairé, avec un bureau et des étagères, et de s'y mettre au travail.

Après tout, certains écrivains comme Meridel le Sueur écrivent en nomade, en changeant sans cesse de lieu. Le studio ne fait pas l'écrivain !

  1. Un vaste sujet : l'érotisme

Pour aborder un grand thème comme celui de l’amour ou de l'érotisme sans tomber dans l'abstraction ennuyeuse, Natalie Goldberg nous conseille ici d’y entrer par un détail concret (une tranche de pomme, une miette sur les lèvres). Et de s'en approcher progressivement, comme par une danse de côté. En effet, inutile de se jeter à l'eau d'un coup. Mieux vaut prendre son temps.

On peut aussi traiter le sujet sous différents angles en se posant des questions plus précises : qu'est-ce qui nous excite ? Quelle est notre partie du corps la plus érotique ? L’auteure nous suggère d’écrire comme si nous savions, en étant précis et sans nous censurer.

  1. Touriste dans ta propre ville

Un écrivain remarque ce à quoi les autres ne prêtent pas attention. Il fait revivre l'ordinaire.

Quand nous vivons trop longtemps au même endroit, le regard s'émousse, alors que voyager permet de tout voir d'un œil neuf.

Pour Natalie Goldberg, nous devrions donc être comme un touriste dans notre propre ville, notre propre vie. Nous devrions nous émerveiller des choses simples, comme la couleur d'une carotte qu'on coupe.

Alors, tenir une liste de détails banals à mentionner dans ses textes est une façon de leur rendre hommage et d'aiguiser sa capacité d'observation.

  1. Écrire n'importe où

Natalie Goldberg nous encourage à écrire en toutes circonstances, même quand la vie semble chaotique.

Selon elle, il n'existe pas de conditions parfaites. Il faut donc s'entraîner à la souplesse en écrivant dans des lieux et situations variés : dans la rue, au cimetière, à l'aéroport...

Ce qui compte, c’est de savoir qu'on peut le faire n'importe où. Cela procure un grand sentiment de liberté. D’ailleurs, quand on est plongé dans l'écriture, l'endroit importe peu :  nous sommes au cœur de l'acte créatif.

  1. Va plus loin

Souvent, nous nous arrêtons d'écrire au moment où cela devient fort et réel, par peur, fait remarquer Natalie Goldberg dans ce chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux".

L'auteure nous invite alors à aller au-delà de ce point, à surfer sur la vague émotionnelle même si le cœur se brise. Car c'est en osant dire jusqu'au bout que l'écriture nous libère. Sinon, nous traînons ses non-dits comme un cauchemar. Et cet instant ne se reproduira pas, alors autant l'exploiter à fond tant qu'on y est.

  1. Éprouver de la compassion

Dans ce chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", nous retrouvons Natalie Goldberg sur une île grecque avec une amie. En prenant des moments seule pour écrire, Natalie Goldberg raconte comment elle doit affronter sa peur de la solitude.

Sans sa compagne de voyage, elle perçoit son environnement plus intensément et essaie de s'y relier par l'écriture. Accepter l'inconfort sans paniquer lui permet de toucher un sentiment d'unité avec le monde.

De même, nous dit-elle, en osant écrire à partir de notre douleur et de nos doutes, on finit par éprouver de la compassion pour notre condition humaine. On arrive à aimer la vie telle qu'elle est, dans toutes ses imperfections :

"Le fait de commencer à écrire à partir de notre douleur crée tôt ou tard de la compassion pour nos petites vies tâtonnantes. De cet état de délabrement sort une tendresse pour l’asphalte sous nos pieds, pour l’herbe desséchée qui craquette dans un vent féroce. On arrive alors à toucher les choses autour de soi qu’on pensait laides et à voir leurs détails uniques - la peinture qui s’effrite, le gris des ombres - tels qu’ils sont, simplement pour ce qu’ils sont : non pas mauvais mais faisant partie de la vie autour de nous ; et alors, on peut aimer cette vie parce que c’est la nôtre et parce que pour l’instant il n’y a rien de mieux."

  1. Douter, c'est une torture

Le doute est une torture pour l'écrivain, qu'il faut apprendre à ignorer, confie l’auteure.

Ainsi, si un manuscrit est refusé, il faut continuer et en écrire un autre, encore meilleur grâce à la pratique acquise. La persévérance est sans cesse testée mais il faut garder foi en son chemin, avec humour et patience, sans se laisser ronger par les pensées négatives. Car l'immensité de la vie va bien au-delà des doutes mesquins :

"Nourris plutôt de la tendresse et de la détermination envers ton écriture, le sens de l’humour et une profonde patience, emplie de la conviction que ce que tu fais est juste. Évite de te laisser prendre par cette petite souris rongeuse qu’est le doute."

  1. Un petit bonbon

Natalie Goldberg raconte qu’une tradition juive veut qu'on donne un bonbon à un enfant lisant la Torah pour la première fois, afin qu'il associe l'étude à la douceur.

Selon elle, il devrait alors en être de même pour l'écriture : en faire une amie fidèle et agréable, une source de vie qui nous reconnecte à nous-mêmes. Comme le dit Gore Vidal, écrire est la meilleure des drogues !

  1. Un nouveau moment

En méditation zen, on dit "Perché sur un poteau de trente mètres, fais un pas dans le vide" : cela signifie qu'on ne peut pas se reposer sur ses acquis, qu’il faut continuer à avancer vers l'inconnu.

Pour l’auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", il en va de même pour l'écriture : après un succès ou un échec, c'est un nouveau moment pour écrire autre chose. Sans garantie certes, mais il faut malgré cela persévérer. Nous pouvons toujours recommencer à écrire. Et c'est une chance extraordinaire de pouvoir à tout instant faire table rase du passé et se lancer dans une nouvelle direction créative.

  1. Pourquoi j'écris ?

Se demander pourquoi on écrit est une question obsédante à explorer. Non pour trouver une réponse définitive mais plutôt pour réaliser que l'écriture imprègne, en fait, nos vies pour de multiples raisons.

"L’écriture n'est pas une thérapie, même s’il peut y avoir un effet thérapeutique" lance l’auteure. Non, poursuit-elle, "l’écriture, c’est plus profond". Elle "contient une énergie très puissante" : on écrit à travers la souffrance pour la transformer en mots et en beauté.

Natalie Goldberg souligne ensuite que chaque raison d'écrire ravive notre élan et "donne finalement plus d’éclat à notre écriture".

Elle partage enfin ses propres motivations : laisser une trace, faire face à la solitude, la folie, s'affirmer, se réveiller à la vie, faire partir la douleur... Ces motivations évoluent avec le temps mais sont toutes vraies sur le moment. Inutile de se justifier, il suffit d'écrire, tout simplement.

  1. Tous les lundis

Dans le chapitre 47 de son livre "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg évoque les lundis d'hiver passés à écrire avec son amie Kate, toute la journée, dans différents cafés. Consacrer du temps à l'écriture et à l'amitié au début de chaque semaine était essentiel pour elles.

Elle rappelle alors l'importance des rapports humains au-delà de l'efficacité pure :

"Ce qui est important n’est pas simplement ce que tu fais - "Je suis en train d’écrire un livre" -, mais comment tu le fais, comment tu t’y prends, et ce que tu finis par y trouver de précieux."

En tant qu'écrivains, il faut se rappeler de "faire un pas hors de soi-même aux moments où l’on est trop profondément recroquevillé en soi-même".

  1. Davantage à propos des lundis

L'auteure revient plus en détail sur ces lundis partagés (ceux évoqués dans le chapitre précédent). Ils étaient, décrit-elle, faits de longues discussions, de quelques temps d'écriture, de poésie, d'amitié et de petits détails ordinaires.

Elle partage le souvenir d’une de ces journées :

"On a parlé de nos voix d’écrivains - de leur force et de leur courage, comparées aux vraies mauviettes que nous sommes en tant qu’êtres humains. Voilà ce qui crée notre folie : le gouffre entre l’immense amour qu’on ressent pour le monde quand on s’installe pour écrire sur lui, et l’indifférence qu’on lui porte dans nos vies humaines. On a parlé d’Hemingway, qui pouvait écrire sur la grande patience de Santiago dans son bateau de pêche, et, en sortant de son studio, maltraiter sa femme et se saouler. Il faut commencer à rapprocher ces deux mondes. L'art, c’est l’acte de dépasser l’agressivité. Nous devons vivre notre art dans nos vies de tous les jours."

Un maître zen disait que notre but est de ressentir de la bienveillance pour tous les êtres à chaque instant. L'enjeu est donc d'insuffler à notre quotidien la bienveillance présente dans nos écrits. D'amener l'état d'esprit de l'écriture dans notre cuisine, notre vie : 'il ne s’agit pas de pondre un bon poème pour ensuite cracher sur notre vie, maudire nos voitures et faire une queue de poisson à quelqu’un sur l’autoroute" écrit Natalie Goldberg.

Puisque notre secret est que nous écrivons par amour du monde, alors pourquoi ne pas le chérir en toutes circonstances ? Être toujours plein de gentillesse. Pour l’auteure, c'est ainsi qu'on survit en tant qu'artiste, au-delà des considérations matérielles.

  1. Des stands d'écriture spontanée

Natalie Goldberg propose, dans cette partie de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux",  d'installer un stand de "poèmes sur commande" lors de fêtes ou ventes de charité. C’est ce qu’elle fait depuis plusieurs années lors d’un festival d’été : contre une petite somme, elle écrit un poème d’une page sur un thème choisi par le client, sans ratures ni relecture.

C'est un véritable exercice de lâcher-prise et de générosité ! Comme ces poètes zen japonais qui, autrefois, écrivaient des haïkus et les jetaient dans une rivière !

Certes, il faut du courage pour se livrer sans filet et se détacher de son texte. Mais les gens sont touchés, car ils ont soif de vérité et de poésie. "Ils ont envie du tranchant de ta vérité".

Même un ancien propriétaire de l'auteure, qui, pourtant la dédaignait, lui a, un jour envoyé ses propres poèmes après avoir eu vent, dans le journal local, de ses activités autour de l’écriture et de la poésie. Un client lui a aussi écrit qu'un poème rédigé pour lui des années auparavant l'avait aidé dans une passe difficile. Preuve que l'écriture spontanée n'est pas vaine. Alors lâchons prise et osons pleinement être écrivain !

  1. Une sensation d'espace

Pour maîtriser une certaine forme d'écriture comme le roman ou la poésie, il faut beaucoup en lire. Ces lectures permettent, en effet, de s'imprégner de son rythme et de sa structure.  Car des exercices comme écrire dix poèmes de trois vers en trois minutes permettent certes d'intégrer un format. Mais la forme seule ne suffit pas. Il faut aussi la remplir de vie.

Ainsi, un vrai haïku ne se résume pas à 17 syllabes, il crée surtout un saut, un espace qui fait ressentir une expérience de plénitude.

Seule la pratique permet d'insuffler cette énergie vitale au cœur des contraintes formelles.

  1. Un vaste champ où errer

L'auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" évoque ici un stagiaire, David, qui écrivait de façon très décousue et provocante. Malgré son non-respect apparent des règles, elle avait confiance en son énergie créatrice et en sa détermination.

Elle explique qu’à l'inverse, des participants plus sages produisaient des textes cohérents mais plats, sans oser sortir de leur zone de confort.

Or, pour progresser, il faut parfois oser la folie, repousser ses limites, voir le monde autrement : « à un moment de notre vie il faut être fou, il faut délirer, se décaler de son point de vue ordinaire et voir que le monde n’est pas ce qu’on pense, qu’il n’est pas solide, structuré et éternel ».

S'accorder un vaste espace intérieur permet ensuite de revenir toucher la cible avec la force d'un maître archer.

"Pendant tout le temps où David écrivait en planant dans les hauteurs, j’ai gardé confiance dans le fait qu’un jour il atterrirait pour nous transmettre sa vision, à nous qui habitions la terre solide du Minnesota. Il descendrait alors en spirale pour toucher la cible en plein cœur, comme un maître de tir à l’arc. Il s’était donné beaucoup d’espace.  Par contre, en commençant et en poursuivant de façon trop précise, on risque de ne jamais toucher ce nerf qui fait que les mots vibrent d’une vérité qui traverse présent, passé et futur."

Suzuki Roshi disait que la meilleure façon de contrôler quelqu'un est de l'encourager à être incontrôlable dans une prairie spacieuse. Il en va de même avec l'écriture !

  1. Les élèves modèles

Pour améliorer son écriture, la pratique régulière est essentielle mais pas suffisante, poursuit Natalie Goldberg.

Il ne s'agit pas juste de remplir des pages en comptant les heures. Il faut aussi y mettre tout son cœur, être prêt à se donner à fond. Et si on écrit de façon trop scolaire, mieux vaut s'arrêter et attendre d'avoir vraiment envie de s'exprimer.

Nous avons aussi besoin de pauses régénératrices et de souplesse pour nous adapter à la vie. Parfois, un changement extérieur, comme quitter un travail ennuyeux, débloque l'écriture.

Finalement, l'essentiel pour l’auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" est de cultiver une attitude amicale et non rigide. Et d'oser entrer dans les "champs de maïs" de l'écriture de tout son être. Finalement, le défi, écrit l’auteure, est de "laisser l’écriture nous en apprendre sur notre vie, et notre vie nous en apprendre sur l’écriture. Laisse aller ; dans les deux sens".

  1. Pas de limites

Même quand on a accepté l'écriture comme sa voie, la résistance ne disparaît jamais totalement. Il y aura toujours des hauts et des bas.

L'auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" raconte avoir essayé maints rythmes d'écriture pendant un congé sabbatique, sans trouver de formule miracle à ce sujet. Ce qu’il faut alors, selon elle, c’est de ne jamais rompre le lien profond à l'écriture. Écriture qu’elle compare à la respiration : un processus vital qu'on ne peut arrêter sous aucun prétexte.

"Considère l’écriture comme la respiration. On ne s’arrête pas de respirer simplement parce qu’on doit s’occuper du jardin, ou prendre le métro, ou enseigner : l’écriture est aussi élémentaire que cela."

Par ce travail patient au cœur même des difficultés, nous nous ouvrons à plus de douceur envers soi-même et de compassion pour le monde. L'écriture efface les limites intérieures. Pour Natalie Goldberg, c'est une pratique profondément transformatrice à laquelle se vouer pour la vie.

  1. Un repas que vous aimez

Quand on bloque sur l'écriture, un bon remède est, observe l’auteure, d'écrire sur la nourriture.

En effet, tout le monde s'anime en parlant d'un plat adoré, soutient-elle, avec moult détails savoureux. Même les poètes s'en inspirent, comme Diane di Prima dans son recueil "Dinners and Nightmares".

Alors décrivons nos mets préférés sans censure, en précisant le contexte. Et si nous n’avons pas de bons souvenirs gastronomiques, parlons au moins de ce vieux sandwich au fromage englouti dans un appartement vide.

C'est un bon point de départ pour explorer sa vie et le monde.

  1. Utiliser la solitude

La solitude est souvent le lot de l'écrivain. Un maître zen disait à Natalie Golberg qu'on ne s'y habitue jamais vraiment mais qu'on peut apprendre à l'endurer sans se laisser submerger.

En l'observant de près, l’auteure a donc fini par s'y intéresser plutôt que la fuir. Quand on écrit, il faut utiliser ce sentiment d'isolement pour tendre les bras vers un lecteur, exprimer son expérience de façon à être compris. Car la douleur de la solitude crée une urgence salvatrice, celle de se relier au monde par les mots.

  1. Rouge à lèvres bleu, cigarette qui pend des lèvres

Natalie Goldberg explique ici que pour sortir de la banalité, un petit accessoire incongru peut doper la créativité : vernis à ongles violet, béret, bigoudis...

Il s'agit d'adopter une apparence inhabituelle pour voir le monde autrement. L'auteure, par exemple, garde souvent une cigarette éteinte aux lèvres en écrivant, juste pour se projeter dans un autre univers.

En fait, tout est bon pour court-circuiter nos automatismes : écrire dans un grand cahier à dessin, jouer un rôle, n'importe quoi qui nous fasse changer de point de vue.

  1. Rentrer à la maison

Pour l’auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", il est crucial de se réapproprier ses origines si nous voulons boucler la boucle en tant qu'écrivain.

Non pas pour y rester englué mais pour accepter d'où l'on vient. Si on fuit une part de soi, cela se voit dans nos textes, par l'évitement ou l'excès. Il faut donc trouver un équilibre et une aisance avec son histoire. Cela permet de partager notre expérience singulière avec le lecteur.

En nous ancrant ainsi dans notre identité, nous développons de la compassion pour la condition humaine au sens large. Les racines ne nourrissent-elles pas les branches qui s'étendent vers le ciel ?

  1. Un cercle de conteurs d'histoires

Natalie Goldberg évoque ici des cercles de conteurs qui se réunissaient régulièrement chez elle à Taos.

Après avoir allumé une bougie, chacun devait répondre à une question comme "Racontez un moment où vous étiez vraiment heureux". Ces histoires, tour à tour drôles ou émouvantes, sont restées gravées dans sa mémoire. Elles ont une force indéniable.

C’est pourquoi l'auteure nous encourage à créer nos propres cercles : la magie opère naturellement, sans artifice. Et ces récits pourront nourrir notre écriture par la suite, en commençant simplement par écrire comme on parle.

  1. Le marathon d'écriture

L'auteure de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" détaille ici le déroulement d'un marathon d'écriture qu'elle propose à la fin de ses stages.

Le groupe doit s'engager sur une durée. Il planifie des séquences de 10 à 30 minutes, écrit sans s'arrêter puis lit les textes sans aucun commentaire.

De cette façon, nous pouvons écrire, lire, recommencer en oubliant peu à peu notre timidité. Des sujets tirés au sort peuvent servir de déclencheurs.

Les stagiaires de Natalie Goldberg sont souvent étonnés de pouvoir écrire avec une telle intensité, confie-t-elle.

Mai après un tel dépouillement, on se sent à vif, sans masque. Il est alors conseillé de passer un moment seul ensuite, à faire une activité concrète, pour retrouver ses repères. Reste que c'est un état d'ouverture et de vulnérabilité précieux, à accueillir pleinement.

  1. S'approprier son écriture

Natalie Goldberg constate qu’il est souvent arrivé qu’un stagiaire écrive un texte extraordinaire sans en avoir conscience.

En fait, même un écrivain expérimenté peut ne pas reconnaître la valeur de ce qu'il produit spontanément, indique l’auteure. Il y a un fossé entre la grandeur dont nous sommes capable et la façon dont nous nous percevons. Pourtant, nous avons tous une voix authentique pour exprimer notre vie.

En acceptant la qualité de nos écrits, nous réduisons peu à peu ce fossé, sans pour autant devenir prétentieux. Il s'agit simplement de faire le lien entre notre richesse intérieure, l'image de nous-mêmes et notre travail.

C'est ainsi la clé d'une paix profonde pour un artiste.

  1. Fais-toi confiance

L'auteure explique, lors d’un de ces ateliers, avoir, un jour, demandé à des stagiaires d'extraire "le poème caché" de deux pages de son journal. Tous ont alors proposé des versions très différentes, avec une seule phrase en commun.

Cette anecdote montre à quel point les avis peuvent diverger à propos d’un texte. D'où l'importance, souligne l’auteure, de faire confiance à sa propre voix, d'écouter les retours mais de prendre ses propres décisions en fonction de ce que nous voulons vraiment dire. Et avec le temps, on discerne mieux ce qui nous correspond, même si certains textes nous plaisent à nous seuls.

L'essentiel, finalement, est de reconnaître qu'on est capable du meilleur, et de laisser cette bonté intérieure rayonner sur la page.

  1. Le samouraï

Après des séances d’atelier passées à encourager sans jugement la créativité de ses élèves, Natalie Goldberg décide, un jour, de travailler un peu différemment. Elle choisit de faire appel à ce qu’elle appelle « l'esprit du samouraï dans l'écriture ».

Travailler un écrit avec le samouraï, poursuit-elle, consiste à traquer l'énergie, ne garder que les passages les plus vibrants d’un texte. Cette honnêteté est une forme de bienveillance :

"Quand on se met dans l’esprit du samouraï, il faut être dur. Pas avec méchanceté, mais avec la dureté de la vérité. Et la vérité, c’est qu’en fin de compte la vérité ne pourra jamais faire mal. Elle rend le monde plus clair et les poèmes beaucoup plus brillants."

Il est alors inutile de s'acharner sur un texte médiocre. Mieux vaut plutôt continuer à écrire jusqu'à toucher au but : un vrai poème ou une vraie prose doivent brûler, éblouir, nous réveiller.

Ainsi, le samouraï en nous tranche dans le vif pour ne conserver que l'essentiel, le plus vivant.

  1. Relire et réécrire

Dans l’avant-dernier chapitre de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg décrit comment le fait de relire ses carnets permet, avec le recul, d'y repérer les passages forts, ceux qui ressortent sur la page.

Ainsi, on y découvre parfois des textes dont on ignorait la valeur sur le moment, car notre inconscient œuvre en nous à notre insu. Pour les réviser, nous pouvons alors les retaper en supprimant juste les flous, fait observer l’auteure. Ou bien réécrire sur le même thème de façon chronométrée avant de réunir les meilleurs morceaux.

L'enjeu est de revoir notre matière brute avec un regard neuf et aiguisé de samouraï, pas avec un ego tatillon. Il s'agit de "re-voir" nos images mentales pour les préciser, pas de rationaliser.

  1. Je ne veux pas mourir

Pour Natalie Goldberg, un artiste exprime sa vitalité, mais il doit aussi trouver la paix, "sinon il se brûlera les ailes" comme beaucoup d’artistes qui ont sombré dans l’alcoolisme, les idées suicidaires ou la folie.

De même, notre écriture brûlante doit jaillir d'un lieu paisible en nous, pour ne pas nous consumer. Cette acceptation tranquille de qui nous sommes, jusqu'au seuil de la mort, est, pour l’auteure, une force précieuse pour créer.

"Ainsi, toute cette vie brûlante qu’on meurt d’exprimer dans l’écriture doit venir d’un endroit en nous qui est en paix. Voilà ce qui nous aidera et nous évitera de sauter au plafond, tout excité, en plein milieu d’une histoire, pour ne jamais arriver tout à fait à nous réinstaller au bureau et à la terminer. Nous avons besoin d’une partie de nous qui connaisse la simplicité inébranlable de dire ce que nous ressentons au moment de mourir : "Je ne veux pas mourir." Non pas emplis de colère, de reproches ou d’apitoiement sur soi, mais d’une acceptation de la vérité sur qui nous sommes. Parvenir à ce niveau-là dans l’écriture, c’est atteindre quelque chose qui sera toujours une force dans notre vie d’écrivain."

Épilogue

Natalie Goldberg raconte avoir terminé son livre "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", un dimanche à 23h, après un an et demi d'écriture intense, dont six semaines non-stop,

Soulagée mais désorientée, elle est alors allée dans un café, seule. Elle a savouré cet accomplissement, tout en réalisant en même temps, qu'il n'allait pas transformer sa vie quotidienne.

Le lendemain, les larmes sont venues. Puis à nouveau la joie.

Elle a alors confié à ses élèves que le plus dur n'était pas l'écriture mais la lutte contre ses peurs et résistances.

Si la réussite est source de bonheur, elle peut aussi apporter solitude et déception. Il faut accepter cette palette d'émotions sans s'y accrocher. Et continuer, tout simplement, à écrire.

Conclusion de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" de Natalie Goldberg

Les 3 idées force du livre "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" de Natalie Goldberg

Au fil des pages de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", Natalie Goldberg nous livre un véritable manuel pratique et spirituel sur l'art de l'écriture.

Trois idées force se dégagent de son enseignement :

1.    L'écriture comme pratique quotidienne et engagée

Natalie Goldberg insiste sur l'importance d'écrire régulièrement, sans attendre l'inspiration, pour créer une habitude et dépasser nos résistances.

Il s'agit de s'engager pleinement dans chaque séance, en écrivant avec intensité pendant un temps défini, sans se censurer. C'est, dit-elle, en maintenant cet effort continu que notre voix authentique peut émerger.

2.    L'attention aux détails comme clé d'une écriture vivante

Pour l'auteure, un texte prend vie grâce aux détails concrets qui rendent une expérience singulière et permettent au lecteur de la partager.

Que ce soit un paysage, un repas ou une émotion, il s'agit de l'ancrer dans des perceptions sensorielles, de trouver les mots justes qui font mouche.

Pour Natalie Goldberg, cette attention aux détails du quotidien est un muscle à développer pour nourrir notre créativité.

3.    L'écriture comme voie de transformation intérieure

Au-delà des conseils techniques, Natalie Goldberg envisage l'écriture comme un cheminement spirituel.

En osant coucher sur le papier nos pensées et nos parts d'ombre, nous apprenons à nous accueillir pleinement et à éprouver de la compassion pour notre condition humaine.

Selon l’auteure, écrire avec sincérité nous relie à plus vaste que nous et donne un sens à notre existence.

Ce que vous apportera la lecture de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux"

En lisant "Pourquoi écrire va vous rendre heureux", vous découvrirez une approche décomplexée et engagée de l'écriture. Que vous soyez débutant ou expérimenté, ce livre vous encouragera à ancrer une pratique régulière, à faire confiance en votre voix et à puiser votre inspiration dans votre vie quotidienne.

Vous apprendrez à déjouer les pièges du perfectionnisme pour toucher l'essentiel : un rapport direct et honnête au monde à travers les mots. Au fil des pages, l'écriture vous apparaîtra alors comme un formidable outil de connaissance de soi et d'ouverture aux autres.

Natalie Goldberg montre finalement comment l'écriture, en nous reconnectant à notre créativité et notre authenticité, nous aide à vivre en accord avec nous-mêmes et nos aspirations profondes. Elle propose un véritable art de vivre fondé sur l'attention, l'acceptation de soi et l'engagement dans une pratique exigeante et libératrice.

Je recommande la lecture de "Pourquoi écrire va vous rendre heureux" à tous ceux qui ont envie de découvrir les vertus thérapeutiques et spirituelles de l'écriture au quotidien, améliorer leur plume ou leur rapport à la vie.

Points forts :

Un guide inspirant et pratique pour ancrer une pratique régulière de l'écriture.

Des conseils concrets pour développer une écriture authentique et vivante.

Une approche de l'écriture comme outil de développement personnel et spirituel.

L'auteure partage généreusement son expérience et stimule notre créativité.

Point faible :

Certains passages peuvent paraître un peu répétitifs ou abstraits.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 19 Sep 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12958/Pourquoi-crire-va-vous-rendre-heureux
Le jour où les Lions mangeront de la salade verte http://www.olivier-roland.fr/items/view/12955/Le-jour-o-les-Lions-mangeront-de-la-salade-verte

Résumé de "Le jour où les lions mangeront de la salade verte" de Raphaëlle Giordano : Ce second ouvrage de Raphaëlle Giordano marie astucieusement fiction et techniques de développement personnel. À travers une narration plaisante, il offre une panoplie d’outils simples permettant progressivement de se questionner sur sa personne afin de transformer sa vie, et en particulier via sa relation aux autres. 

Par Raphaëlle Giordano, 2017, 318 pages.

Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par Ana du blog Origami Mama.

Chronique et résumé de « Le jour où les Lions mangeront de la salade verte », de Raphaëlle Giordano :

On peut clairement sentir l’humour émanant de ce deuxième roman de Raphaëlle dès la première phrase de dédicace :

« Un grand merci à toutes les personnes aux penchants burnés que j'ai côtoyées de près ou de loin dans ma vie, qui m'ont inspiré cette histoire et donné envie de réfléchir à comment devenir une meilleure personne »

Avec son franc-parler qu’on lui connaît, Raphaëlle Giordano nous raconte l’histoire de Romane, trentenaire freelance qui lutte activement contre ce qu’elle nomme la « burnerie », soit les comportements injustes, injustifiés, inappropriés… À tous les degrés ! 

Mais c’était sans compter sur sa rencontre avec Maximilien Vogue, PDG d’une grande entreprise de cosmétiques… Sacrément burné !

Note : Les chapitres du livre ne portent aucun titre. Aussi, les intitulés apparaissant dans ce résumé ont été créés pour jalonner la trame de l’histoire et en synthétiser les étapes au fil des chapitres.  

Chapitre 1 – Un tournant pour Sup’ de Burnes

Sup’ de Burnes. C’est le nom charmant que Romane a trouvé pour nommer sa société, qui a un triple-objectif très ambitieux : 

Aider les victimes à affronter les comportements « burnés » ;

Amener chacun à réfléchir à ses propres penchants burnés ;

Gommer ces travers pour développer une façon d'être plus juste et harmonieuse envers les autres.

Elle a un trac fou, comme toujours avant une conférence. Mais cette fois-ci, l’enjeu est de taille : la presse est là. 

Chapitre 2 – Quand le lion rugit la burnerie

Clémence connaît Maximilien Vogue sur le bout des doigts. Les 5 années passées à ses côtés en tant qu’assistante personnelle ont fait naître des sentiments chez elle qu’elle n’ose pas s’avouer. 

C’est un bel homme qui a tout pour être heureux : une mannequin (Julie) qui l’aime sincèrement, un empire cosmétique, un bras droit totalement dévoué…

Pourtant, sa ride du lion est marquée et son visage des mauvais jours lui sied à merveille. 

Espérant savourer une soirée professionnelle en tête-à-tête avec Maximilien, Clémence surprend une conversation houleuse entre Maximilien et Julie. 

Julie lui reproche de ne pas être là pour elle, de ne pas recevoir son amour… Et lui parle de Romane, appuyée d’un article soigneusement imprimé pour l’occasion. Maximilien n’est pas ouvert à la conversation. Dans un claquement de porte, il ordonne à Clémence de venir dans son bureau, la tête déjà aux affaires. 

Clémence ramasse fébrilement l’article réduit en boulette de papier. Sa curiosité n’a aucune égale…

Chapitre 3 – L’accident de voiture de Jean-Philippe

Romane et son père sont devenus très proches depuis ce triste événement, il y a 18 ans.

Jusqu'alors, Jean-Philippe était le stéréotype de la personne burnée. Il se souciait peu des autres, de leur bien-être, et des conséquences que ses actes pouvaient avoir sur autrui. 

En particulier, Jean-Philippe présentait des travers burnés lorsqu'il prenait le volant, quitte à prendre des risques. 

Jusqu’au risque de trop, qui coûta la vie à sa femme. Depuis, Jean-Philippe n’est plus le même homme. 

Aujourd’hui, il gère l’agenda de Romane et s’implique beaucoup dans son activité. À la sortie de la conférence, il l’emmène manger pour fêter dignement le beau succès et les tonnerres d’applaudissements reçus. Son planning affiche complet à nouveau. 

Chapitre 4 – L’origami de l’audace

Encore un origami. Clémence en place depuis plusieurs jours sur le bureau de Maximilien, faits à partir des tracts du coaching de Romane.  

Ce matin, il est furax. Maximilien appelle Clémence dans son bureau pour lui demander des explications. 

Rassemblant tout son courage, l’assistante lui fait comprendre qu’il gagnerait à être moins autoritaire et plus à l’écoute. Frappé par son audace, celui qui n’est pas habitué à ce qu’on lui tienne tête décide de lire le tract. Cette jeune femme est bien trop jeune pour pouvoir lui apprendre quoi que ce soit. Mais elle est plutôt mignonne…

Chapitre 5 – La fiche de Maximilien

Romane relit attentivement la fiche de Maximilien Vogue, pourtant bien incomplète. Le summum de la burnerie se traduit derrière le peu de vocabulaire employé. Un dirigeant exigeant et impatient, dont la puissance et le pouvoir sont les seules aspirations.

Romane scrute le portrait de Maximilien, et reconnaît qu’il s’agit-là d’un très bel homme… On sonne à la porte. Romane regarde à nouveau le portrait de Maximilien : des émotions cachées et refoulées, voilà sa faille ! 

Chapitre 6 – La nervosité s’empare de Maximilien

A l’arrière de sa Jaguar, Maximilien demande à son chauffeur s’ils arrivent bientôt. Le stress et la nervosité commencent à s’installer. Lui, nerveux ! À la tête de sa multinationale, il a connu des situations bien plus importantes qui ne l’avaient pas mis dans ces états. 

Les arguments de Romane l’ont convaincu à accepter une séance de groupe, même si l’idée de reconnaître et d’expliquer à de parfaits inconnus ses penchants burnés ne l’enchante guère. 

Dans sa famille, on est « fort » de père en fils. A croire que bébé, on lui enfilait des bodys en côte de maille. C’est à peu près ce qu’il fallait pour ne pas laisser paraître de sentiments. 

S’installant dans la salle dédiée, Maximilien est déçu tant les lieux et l’organisation lui paraissent communs. 

Chapitre 7 – La première séance de coaching

L’attente est longue et un silence de mort règne entre les participants, qui se regardent en chien de faïence. Maximilien ne supporte pas de perdre son temps et perd patience.

L’arrivée de Romane fait bondir la salle, tant elle dégage assurance et sérénité. Dans un silence le plus total, elle regarde chaque participant tour à tour. Le silence devient insupportable à Maximilien. Puis, Romane commence à applaudir doucement, puis de plus en plus fort et son audience fait de même. Romane se présente et félicite le groupe pour son courage de rejoindre le programme. Elle invite alors les participants à se présenter au travers d’un objet qu’ils portent sur eux et qui les caractérise.

Au travers de cet exercice, l’auteur nous invite à prendre du recul sur soi-même. 

Maximilien est estomaqué par tant d’originalité, mais déchante très vite en entendant les présentations des participants. Il n’a rien en commun avec ces gens-là… Il est VIP. Où sont les autres VIP ? C’est décidé, il ne continuera pas les séances. 

Romane clôture l’atelier sur la mélodie douce et osée de George Brassens : « Quand on est con, on est con… ». 

Maximilien interpelle Romane pour lui faire part de ses doutes quant à l’efficacité des séances. Avec un calme et une attitude déconcertants, Romane lui explique les raisons pour lesquelles la mixité sociale est le premier pas vers la déburnerie. Son orgueil est piqué à vif lorsqu’elle lui demande de la tenir au courant rapidement s’il compte se désister, pour pouvoir laisser sa place à un autre. 

Chapitre 8 – Maximilien se retrouve seul avec lui-même

Tant de pensées tourbillonnent dans sa tête, mais Maximilien ne peut rien partager. 

Se retrouvant bientôt seul dans son immense appartement, il s’assoit dans son luxueux canapé et admire la vue offerte par ses baies vitrées. Il verrait ce qu’elle a dans le ventre.

Maximilien tourne en rond les paroles de Romane dans sa tête et décide d’aller se servir un verre pour éviter de réfléchir à sa vie. Est-il heureux ? Il a tout pour l’être. En tout cas, des centaines de jeunes femmes se battraient pour lui tenir compagnie et combler ce vide ce soir. Au moins artificiellement. 

Chapitre 9 – La Zen Room

La deuxième séance de coaching débute et Maximilien est absent. Romane croit percevoir son incapacité à s’abaisser aux rudiments du savoir-vivre élémentaire. 

À sa grande surprise, tous les participants ont fait leurs devoirs et ont ramené une photo d’une personne les inspirant, symbole de l’anti-burnerie. 

C’est alors que Maximilien frappe à la porte. Et contre toute attente, il a aussi fait l’exercice. Il offre à Romane un petit coffret comportant… Un portrait d’elle-même. Romane n’apprécie pas la plaisanterie, mais Maximilien persiste à la provoquer. La mayonnaise commence à tourner au sein du groupe, chacun se demandant si le programme peut réellement lui apporter quelque chose. 

Par une pirouette, Romane réussit à captiver leur attention et les emmène à la Zen Room. 

C’est ici que l’auteur développe plus longuement un concept mêlant développement personnel et spiritualité. La Zen Room rend hommage aux travaux de Masaru Emoto, qui met en exergue l’influence de nos pensées sur l’eau. À son état solide, les cristaux qui composent l’eau prennent une forme régulière et agréable à regarder lorsqu’ils ont été exposés à des pensées positives. De la même manière, une eau exposée à des pensées négatives prend, sous forme de cristaux, une forme décousue, irrégulière et désagréable à regarder. 

En sachant que le corps humain d’un adulte est composé à 70 % d’eau, c’est dire l’importance de la pensée positive sur notre corps tout entier, et par extrapolation, sur ceux des autres. L’auteur explique aussi en filigrane ce qu’est la loi d’attraction : « devenez ce que vous voulez attirer à vous ». 

La loi d'attraction est un concept fondamental de développement personnel qui postule que nos pensées et nos émotions ont un pouvoir attractif sur les événements et les circonstances de notre vie. Selon cette loi, nous attirons à nous ce à quoi nous pensons et ce que nous ressentons le plus intensément, qu'il s'agisse de positif ou de négatif.

Elle repose sur l'idée que l'univers est composé d'énergies vibratoires et que nos pensées et émotions émettent des vibrations particulières. Ces vibrations interagissent avec les vibrations environnantes, attirant des expériences et des circonstances qui correspondent à la nature de ces vibrations. 

Chapitre 10 – La burnerie pour-ton-bien

Quelques jours plus tard, Romane reçoit Emilie, l’une des participantes, un peu plus tôt que la séance de groupe. Celle-ci est ravagée par une lettre reçue de son fils, qui a fugué depuis maintenant plus de deux mois. 

Cette dame très « vieille France » s’est rendu compte de la burnerie ayant poussé son fils à agir de la sorte. À vouloir tout diriger et lui dicter la manière dont il doit vivre sa vie « pour son bien », Emilie a obtenu l’effet inverse, soit son départ précipité. Elle ne s’était pas occupée à comprendre ce qui le rendrait heureux. Au lieu de cela, elle l’avait forcé à suivre des études qu’il ne voulait pas et lui imposait constamment son point de vue, présenté comme le seul valable. 

Consciente de ses travers, Emilie trouve du baume au cœur dans les paroles de Romane. 

L’auteur met en exergue au travers de ce court chapitre l’importance de l’écoute et de la nécessité pour chacun de faire ses expériences et suivre son propre chemin de vie. 

Chapitre 11 – Maximilien le Magnétique

Pour cette nouvelle séance, Romane emmène ses élèves au planétarium pour une projection sur les mystères de l’univers.

Le but est de faire prendre conscience à chacun de la place qu’il occupe dans le monde, une place toute petite… 

Menant le groupe vers l’entrée, Romane se surprend à être bien plus troublée par Maximilien que ce qu’elle imaginait ! Ses pensées vont alors à son ex-mari… Un homme parfait. Mais un homme beaucoup trop « lisse » à son goût. Romane combat la burnerie chaque jour, mais elle est en réalité inlassablement attirée par ce type de profils. 

Alors même que tous les voyants sont au rouge avec Maximilien, elle ne peut s’empêcher d’en être complètement déconcertée. Surtout lorsqu’elle se retrouve à ses côtés, dans le noir de la salle, sentant son regard posé sur elle…

Chapitre 12 – Mon monde dans le monde

Maximilien s’amuse de la voir gigoter de la sorte. Il n’est pas aussi intéressé par les planètes que par les changements de jambe intempestifs de Romane. 

La fin de la projection annonce le soulagement de celle-ci. Le groupe prend place dans une salle annexe, où Romane leur a préparé un atelier thématique. 

Romane demande à chacun de créer la maquette de son monde, avec tout un système de planètes gravitant autour, représentant les personnes importantes de leur vie.

C’est ainsi que les carapaces de plusieurs membres du groupe commencent à se craqueler. Le temps passe mais Maximilien ne fait toujours pas l’exercice. D’ailleurs, il n’a toujours pas ramené de portraits de personnes inspirantes, comme le lui a demandé Romane à la première séance. Cela lui vaut des remontrances, mais il se résout à essayer le nouvel exercice proposé par Romane pour la prochaine fois : celui de troquer sa place pendant une journée pour se mettre dans la peau de quelqu’un qui subit de plein fouet sa burnerie. 

L’étonnement satisfait de Romane l’agace, et une fois à l’arrière de sa Jaguar, il ne peut s’empêcher de constater qu’elle a quelque chose de spécial. 

À nouveau, Maximilien oublie de répondre au SMS de Julie. 

L’auteur nous propose dans ce chapitre deux méthodes simples et efficaces pour changer de point de vue : se mettre à la place de quelqu’un d’autre et remettre sa place en perspective dans son écosystème, pour prendre conscience des relations que nous pouvons avoir. 

Chapitre 13 – L’entretien avec Bruno

Vidée de sa journée, Romane savoure une tartine dans son canapé. 

Seul Bruno a refusé le « Troc-fauteuil ». Il a quitté la séance furieux, sans même lui adresser une salutation ou un regard.

Romane n’aime pas laisser un participant finir un atelier sur une note désagréable. Elle prend son téléphone pour identifier ce qui le gêne dans cette proposition d’exercice. La colère de Bruno l’oblige à tenir le combiné à l’écart de son oreille pendant plusieurs minutes. 

Romane utilise alors une technique de visualisation pour s’apaiser et retrouver sa clarté d’esprit face à tant de burnerie. 

La visualisation est une technique puissante utilisée dans de nombreux domaines, notamment le développement personnel, la sophrologie, le sport de haut niveau et même la psychothérapie. Elle consiste à utiliser l'imagination pour créer des images mentales positives et réalistes de situations, d'objectifs ou de comportements souhaités. Cette méthode permet de renforcer la confiance en soi, de réduire le stress et d'améliorer les performances.

La visualisation repose sur le principe que le cerveau ne fait pas de distinction claire entre une expérience réelle et une expérience vivement imaginée. Lorsqu'une personne imagine une situation de manière détaillée et intense, elle active les mêmes zones cérébrales que celles qui seraient sollicitées si elle vivait réellement cette situation. En conséquence, la visualisation peut influencer les émotions, les attitudes et même les réponses physiologiques.

Les mots justes de Romane résonnent chez Bruno, qui la remercie même. 

Et quant à Maximilien, dernier participant n’ayant pas encore fait sauter ses verrous intérieurs, elle en ferait son affaire personnelle. 

Chapitre 14 – Le Troc-fauteuil de Maximilien

Maximilien arrive tôt au bureau ce matin, et de mauvaise humeur. 

Matinale elle aussi, Clémence frappe à sa porte pour lui remémorer que pour la journée, son bureau se trouve dans la pièce adjacente. Le Troc-fauteuil. Contrarié, il se résout à quitter son siège confortable pour celui de son assistante, bien moins confortable. Mais pas question de filmer sa journée avec une caméra embarquée, comme le lui a demandé Romane ! 

C’est alors que Clémence révèle des performances théâtrales. Sans états d’âme, elle le harponne d’ordres et de demandes pressantes. Café. Croissant. Mais où peut-il trouver cela ? 

Maximilien prend alors conscience de la tristesse de la salle de repos où se trouve la machine à café en fin de vie. À vrai dire, c’est la première fois qu’il y met les pieds. Il ne sait pas plus où chercher un croissant. Il prend tellement de temps à la tâche que rattraper les 14 appels en absence et les 3 dossiers urgents donnés par Clémence à 13h30 lui ont fait sauter sa pause déjeuner. Compatissants, ses collaborateurs lui ramènent un sandwich et une pomme. Sa journée est rythmée par une succession d’évènements stressants, humiliants et agaçants. 

Complètement épuisé, il tire sa révérence à 20h00 et vient saluer Clémence. Comment fait-elle pour encaisser cela tous les jours ? Maximilien avoue admirer les compétences de son bras droit, qui pour l’heure, s’est habilement glissée dans sa posture habituelle de subordonnée. 

Chapitre 15 – Le débriefing à chaud

Romane a reçu tous les films de la journée, sauf celui de Maximilien. Elle les a tous visionnés et décide d’organiser une visioconférence avec ses participants le soir-même à 19h00 pour un débriefing à chaud. 

L’ensemble du groupe a subi l’équivalent d’un électrochoc au cours de cette journée très particulière. Romane danse la samba intérieurement. Vérifiant son smartphone toutes les 5 minutes pour guetter un éventuel message de Maximilien, c’est une fois le débriefing terminé qu’elle reçoit le message tant attendu. « Il faut qu’on parle ». Rendez-vous le lendemain au café du coin. 

Chapitre 16 – La décision de Maximilien

Romane est nerveuse à l’idée de cette rencontre. Maximilien arrive et Romane embraye d’emblée sur l’expérience du Troc-fauteuil. 

S’en suit une discussion houleuse ravissant les oreilles aux alentours, se délectant de ce qu’ils pensent être une querelle de couple.

Maximilien ne comprend pas l’intérêt pratique de l’exercice : un patron reste un patron, et une assistante reste une assistante, il en est ainsi. Romane tente de lui expliquer que diriger ne signifie pas nécessairement commander de façon despotique. La « voie du milieu », selon les principes bouddhistes. 

La « voie du milieu » est un concept central du bouddhisme. Elle représente un chemin de vie équilibré, évitant les extrêmes de laisser-aller et d’ascétisme. Cette approche vise à mener une existence harmonieuse et sage, tant sur le plan personnel que professionnel. Elle est souvent décrite comme l’équilibre entre deux extrêmes.

Maximilien s’amuse de découvrir les penchants burnés de l’obstination de Romane. 

Mais sa décision est prise : il abandonne le programme. Romane tente de cacher sa déconfiture tant bien que mal. 

Chapitre 17 – Le quotidien reprend le dessus

Deux semaines ont passé et Maximilien travaille d’arrache-pied pour rattraper le retard accumulé au courant de ces dernières semaines. Il reçoit un message vocal désespérant de Julie. Mince, son SMS de réponse était resté dans les brouillons…

Pas facile de lui expliquer la situation, assis à son bureau ! Il l’appellerait en rentrant. Romane refait surface dans le journal qu’il feuillette. Il songe à cette force de caractère et à son petit côté spécial. Dommage, ils ne se reverraient plus… 

L’arrivée de Clémence le ramène sur Terre. Venant chercher un dossier spécifique, elle en profite pour lui dire que son départ du programme est bien regrettable. Furieux que le monde entier s’intéresse à cela, Maximilien la renvoie prestement dans son bureau.  

Chapitre 18 – Le Titanic

Pour cette nouvelle séance, le groupe visite une exposition sur le Titanic. Selon elle, il s'agit d'un drame de la burnerie ayant conduit des hommes aveuglés par leur volonté de puissance et de pouvoir à délaisser le bon sens et la sécurité.

Romane invite les participants à méditer sur la conception qu'ils avaient du bonheur véritable, et sur ce qui pourrait faire qu'à l'avenir, ils se sentent les « rois du monde », comme Leonardo Di Caprio. L’auteur nous offre une excellente manière de nous donner les pleins pouvoirs quant à notre définition du bonheur : chercher des situations de vie concrètes nous permettant de matérialiser cette atteinte du bonheur. 

Contrairement à son habitude, Romane clôture rapidement l’atelier et en est soulagée. Au volant de sa voiture, elle se surprend à songer à nouveau à Maximilien. Elle le maudit d'avoir été aussi fier et d'avoir laissé sa burnerie gagner plutôt que de suivre son programme. 

En même temps, son klaxonnement rageux lui rappelle ses propres accès de burnerie. Ses jurons et son agressivité viennent contrecarrer toute la théorie qu’elle incite à pratiquer. Mais aussi, sa petite voix intérieure décide de remuer le couteau dans la plaie en lui rappelant que c'est son propre orgueil qui l'avait conduite à vouloir changer Maximilien à tout prix.

Heureusement, le SMS de son amie Sandrine vient à point nommé pour lui changer les idées.

L’auteur met en avant des concepts cruciaux du développement personnel : la gestion des émotions, l'auto-critique et la bienveillance envers soi-même. En apprenant à reconnaître et à gérer ses accès de colère, à se remettre en question tout en gardant de la bienveillance avec soi-même via l’acceptation de sa condition d’être humain « faillible », on peut grandement améliorer son bien-être et ses relations avec les autres. Ces pratiques encouragent une approche plus consciente et équilibrée de la vie, alignée avec les principes de la croissance personnelle et de la réalisation de soi.

Chapitre 19 – L'électrochoc

Alors que lui aussi se change les idées auprès d'une femme magnifique, Maximilien reçoit un appel des urgences. 

Une dénommée Julie s’y trouvait à la suite d’une tentative de suicide.

« - Vous êtes de la famille ? - Oui c'est… c'est ma sœur jumelle… » 

Chapitre 20 – L’arrivée aux urgences

Complètement sonné, Maximilien se repasse le film de ces dernières semaines. Toutes les fois où sa sœur avait tenté de le joindre et où ses appels de détresse étaient restés lettre morte parce qu'il était trop occupé. 

La salle d'attente des urgences le confronte à la dure réalité : son statut et son pouvoir ne lui donnent aucun passe-droit. Rongé de colère et d'inquiétude, il doit se résigner et patienter. 

L’interne l’amène enfin à la chambre où se trouve Julie. Pénélope, sa colocataire dont Maximilien ignorait l’existence, se trouve déjà à son chevet. Pénélope le fusille du regard et lui enjoint d'être là pour Julie dorénavant. 

Elle quitte les lieux et Maximilien fait la promesse au corps inanimé de Julie qu'il ne la laissera plus jamais tomber.

Chapitre 21 – La prise de conscience de Maximilien

Maximilien se sent misérable. 

Arrivé à la première heure à l'hôpital, il trouve Julie réveillée mais refusant de lui parler. À l’exception de cette injonction de s’en aller, les susurrements de Maximilien restent sans écho, Julie préférant fixer le mur. 

Maximilien quitte l’hôpital, le regard livide, hagard et incapable de penser clairement après ces récents événements. Sa burnerie de pouvoir avait mis un écran entre lui et ses émotions. Les passants sont indifférents à son triste état. C'est alors que lui vient l'idée d'appeler Romane.

Pas de chance pour lui, elle ne décroche pas.

Chapitre 22 – La tournée de Romane

Cela faisait longtemps que Romane n'avait pas aussi bien dormi !

Sa journée s’annonce bien chargée : en accord avec les participants concernés, elle servira de médiatrice auprès de leurs proches, pour les informer des progrès accomplis grâce à son programme. 

Thomas, le fils d’Emilie, a trouvé un poste d'apprenti cuisinier. Il est véritablement troublé en visionnant les images de sa mère jouant les commis de cuisine lors du Troc-fauteuil. Sa pause étant déjà finie, Romane clôture la conversation en lui demandant s'il souhaiterait participer à un casting pour l'émission Graines de chef. 

De son côté, Janine avait accumulé beaucoup de non-dits et de frustration aux côtés de son mari Patrick. Elle était devenue transparente à ses yeux et a perdu toute motivation de le séduire. Patrick dénigrait son activité d'entrepreneur, mais aussi l’importance du travail qu’elle accomplissait auprès de ses enfants et dans leur maison. Romane montre à Janine les images d’un Patrick très différent de ce que Janine avait connu.

L’estomac de Romane se noue à la vue de l’appel manqué de Maximilien. Pas de message vocal, cela ne doit pas être important. Elle ne le rappelle pas.

Chapitre 23 – Confidences intimes

Le même soir, Romane travaille avec son père à Sup’ de Burnes. En vérifiant son téléphone, elle voit que Maximilien est justement en train de l’appeler. Il reçoit un téléphone rouge en guise de réponse. 

Une fois rentrée chez elle, Romane prend une douche chaude et s'installe confortablement pour décompresser. Encore un appel manqué de Maximilien !

Il est 23h15 mais Romane se décide à le rappeler. Heureux et soulagé de l'entendre, il lui raconte l'histoire de Julie, que Romane imaginait d’abord avec amertume comme sa compagne. 

Romane ne comprend pas pourquoi Maximilien lui témoigne d’un évènement de ce type. Un membre de la famille aurait été plus approprié… Mais elle se prend au jeu et lui livre des détails sur sa propre enfance aux côtés de son père burné. Le son de leurs souffles respectifs les berce jusqu’au petit matin, comme s'ils étaient allongés l'un à côté de l'autre.

Chapitre 24 – L'entretien d'embauche de Maximilien

Sur ordre de Romane, Maximilien se présente à Sup’ de Burnes une demi-heure avant la séance de groupe. Il est excité et nerveux à la fois, ce qui contraste avec l’accueil détaché et troublant de Romane. 

Elle questionne sa volonté de rejoindre à nouveau le programme et sa capacité à suivre à la lettre tous les exercices qu'elle demanderait. Maximilien a l'impression de passer un entretien d'embauche ! En bon orateur, il réussit à trouver les mots justes pour la convaincre.

Chapitre 25 – Happy’Lib

Menant Maximilien jusqu’à la salle pour enchaîner la séance, Romane est fière d’avoir su cacher qu’elle s’était véritablement liquéfiée à son contact. 

Cette fois-ci, Romane souhaite que le groupe s'approprie la gentillesse et la bienveillance, même si ces termes paraissent aujourd'hui désuets. Le défi est de taille : les participants doivent réfléchir à un projet associatif prônant la tolérance et la pensée positive.

D'abord décontenancés, les participants prennent finalement très au sérieux cet exercice, y compris Maximilien. A la séance suivante, Romane découvre tout un concept : présentation théâtrale, logo, nom d’association…

Happy’Lib entend distribuer non pas des billets de banque, mais des billets de sagesse et de bonne humeur pour contrebalancer le trop-plein de consumérisme de notre société. Romane est sincèrement touchée par le projet. Le message sous-jacent est de véhiculer que la véritable liberté est de savoir offrir aux autres ce que l'on a de meilleur. « La clé de notre bonheur est dans ce qu'on est, pas dans ce qu'on a ».

Bientôt, des hommes-sandwichs munis d’un stock de faux billets apparaissent au Trocadéro. Une chaîne de télévision vient même les interviewer. Sur le chemin du retour, chacun savoure intérieurement cette expérience vibrante.

Chapitre 26 – La bulle bleue

Au volant de sa Fiat de location (une idée de Romane pour lui faire travailler son humilité), Maximilien est partagé entre des sentiments étranges naissants pour Romane et sa culpabilité par rapport à sa sœur.

Maximilien arrive devant un spa. Le personnel l’accueille avec de grands sourires, guidé par les instructions de Romane. Maximilien va rentrer dans un cocon de flottaison chargé en sel d’Epsom, pour se laisser flotter et s'accorder un moment de relaxation. 

Livré à lui-même, il se trouve à présent en tête à tête avec ses pensées, son corps et ses sensations. Son corps se relâche de plus en plus au sein de cette bulle bleue, et son esprit observe quelques pensées. Mais bien vite, le temps lui paraît un peu long, jusqu’à ce que Romane réapparaisse dans ses rêveries…

Au travers de ce chapitre, Raphaëlle Giordano nous rappelle l'importance de prendre soin de son enveloppe charnelle pour soutenir l'activité de ses deux premiers chakras. Cela permet de faire circuler les énergies du bas (corps) vers le haut (pensées) et inversement. Elle rappelle aussi que chaque instant pris pour méditer amène beaucoup d'effets positifs, même s'il s'agit seulement de quelques minutes par jour, et que la méditation est un art pour lequel il faut s’entraîner. 

Après l’expérience, Maximilien ouvre l’enveloppe prévue par Romane. Sa lettre manuscrite l’invite à suspendre le marathon du « faire » pour retourner dans l’« être ».

Chapitre 27 – Les cadeaux de Romane

Romane est impatiente de découvrir comment les participants ont vécu leur journée philosophico-sensorielle. Chaque type de burnerie s’est vu prescrire une expérience spécifique et unique. À présent, elle va les surprendre davantage.

Mais avant cela, c’est Maximilien qui la surprend en lui tendant un petit paquet provenant de l'institut de beauté. Ce remerciement de sa réintégration dans le programme la touche sincèrement, mais elle affiche une attitude neutre.

Chacun des drôles de présents préparés par Romane doit apporter un degré supplémentaire de travail sur soi de la part des participants. Quelle surprise lorsqu'ils découvrent un couple d'inséparables, un lapin, un chaton ou encore… Thomas, le fils d'Emilie !

Maximilien est embarrassé et maladroit lorsque Romane lui installe Pelote sur le torse. Le petit Korat a pour mission d’attendrir son cœur de dur à cuire. Il croit à une mauvaise blague mais fait bonne figure. 

Chapitre 28 – Rencontre du troisième type

Maximilien ne peut cacher sa colère pendant l’interminable trajet en voiture le séparant de son domicile. 

Cela dit, ces miaulements intempestifs sont seulement les prémices des parties de cache-cache et chat perché auxquelles Maximilien et Pelote se livreront à destination. 

Exténué, Maximilien s’avachit dans son canapé. Quelques minutes plus tard, Pelote décide de s’installer sur ses genoux pour se reposer elle aussi. Quel pouvoir surnaturel a-t-elle pour l’obliger à rester immobile pendant près de 45 minutes ? 

Maximilien construit à Pelote un petit enclos pour la nuit. Mais le lendemain matin, il n’est pas au bout de ses peines : Pelote a saccagé tout son appartement et dort à présent, roulée en boule à ses pieds. La colère de Maximilien reprend le dessus et une nouvelle partie de cache-cache marque son début de journée.  

Chapitre 29 – Une nouvelle assistante à Cosmetics & Co.

Muni de son plus beau costume, Maximilien est déterminé à faire craquer le cœur de la concierge pour lui garder Pelote pour la journée. C’était sans compter son allergie aux chats ! 

Clémence désenchante rapidement à la vue de la nouvelle stagiaire. Après plusieurs péripéties, elle impose à Maximilien un ultimatum. À présent, il doit choisir : ce sera elle ou le chat ! Une excellente leçon de vie, à savoir : apprendre à poser des limites et dire non aux engagements toxiques. 

À ce moment, il reçoit un SMS de Romane : rendez-vous ce soir au cinéma pour travailler son féminin. Ravalant sa fierté, Maximilien se rappelle son « pourquoi » il a intégré le groupe et décide de poursuivre son programme de transformation. L’auteur nous présente une technique puissante pour garder la motivation dans chacun de nos projets : se remémorer une raison nous prenant aux tripes pour laquelle nous avons entamé le projet. 

Chapitre 30 – Le cours de self-défense

Avant la séance de cinéma, Romane donne un cours de self-défense anti-burnerie, au cours duquel elle a le plaisir de retrouver Janine. 

Dans ce cours, Romane explique qu’il existe 3 attitudes que l’on adopte naturellement face au stress d’un comportement burné : 

La lutte, matérialisée par le conflit ;

La fuite ; et 

La sidération, matérialisée par l’absence de répartie et de réaction.

Romane explique comment y remédier via la communication non-violente. Celle-ci se découpe en 3 temps : 

Parler des faits de manière objective, sans affect ou envolées émotionnelles ;

Puis, évoquer son ressenti en utilisant seulement « je » ;

Et enfin, proposer une solution de résolution qui satisfasse les deux parties, en exprimant clairement ses besoins.

Chapitre 31 – Quand les émotions refont surface

Dès le cours de self-défense terminé, Romane accueille le petit groupe de coaching pour une séquence « émotions ». Elle souhaite reconnecter les participants à leur énergie féminine. 

L’énergie féminine est souvent abordée dans les contextes de développement personnel et spirituel. C’est une dimension de notre nature humaine qui est présente chez tous les individus, indépendamment de leur genre. Elle incarne des qualités qui sont souvent associées à la douceur, à l’intuition, à la réceptivité et à la compassion. Elle s’oppose à l'énergie masculine, qui est plus liée à l'action, à la force et à la logique. 

Le film projeté est en réalité un assemblage des scènes les plus mythiques de l’histoire du cinéma. Romane observe les masques de ses élèves tomber les uns après les autres. 

Mais Maximilien lui donne du fil à retordre… Jusqu’à cette scène d’amour paternel. Maximilien revoit son propre père et tout l’amour qu’il ne lui avait jamais témoigné. Un homme ne doit pas pleurer. Un homme est dans l’action, et non dans l’émotion. Voilà des croyances limitantes que Maximilien commence à expérimenter de sa chair… Nous reviendrons sur ce dernier concept au chapitre 36.

Chapitre 32 – Une nouvelle expérience

Pour cette nouvelle séance, Romane emmène les participants beaucoup plus loin dans leurs relations interpersonnelles. 

Elle leur annonce qu’à l’image des « trois singes » de la philosophie orientale, ils vont expérimenter la cécité pendant une journée, afin de poser un autre regard sur les personnes et les situations se présentant à eux. Plus encore, ils ne pourront utiliser leur parole qu’à bon escient et devront développer leur capacité d’écoute. 

L’idée de cette expérience n’enchante guère Maximilien, qui camoufle ses réticences par un numéro de malvoyant visant à taquiner Romane. 

Malgré toute la désapprobation qu’elle lui montre, Maximilien sent qu’il ne la laisse pas indifférente…

Chapitre 33 – La journée des trois singes de Maximilien

Cette fois encore, Clémence épaule Maximilien dans cette expérience. 

Il sent à présent à quel point son bras droit ne rate pas une occasion de l’effleurer. Malgré sa cécité, Maximilien « voit » pour la première fois le côté séducteur de son assistante. 

L’arrivée surprise de Romane rafraichit l’ambiance : Maximilien remarque, au ton et aux mots employés, que Clémence ne l’apprécie pas vraiment. 

Pour sa dernière réunion, Maximilien décide d’écouter et de ne prendre la parole que très peu, contrairement à son habitude. Force est de constater qu’une véritable émulation de groupe s’est créée. Il se rend compte de tous les bénéfices qu’il peut tirer de cette pratique qui laisse à chacun l’espace pour libérer sa créativité.

Malgré tout, il clôture sa journée de travail soulagé de pouvoir enfin retirer ses lunettes opaques. En voyant l’heure, il bondit de sa chaise pour libérer la cat-sitter et en oublie même son téléphone sur le bureau. 

Chapitre 34 – Les SMS de Maximilien

Clémence aime se lover dans le fauteuil de Maximilien une fois tous les salariés partis. Ce soir-là, elle aperçoit son smartphone posé sur le bureau, et décide de lui faire cette infidélité. 

Les derniers échanges plutôt tendres avec Romane confirment ses pressentiments. La colère la gagne. 

Chapitre 35 – La visite surprise du père de Maximilien

La sonnerie de la porte le lendemain matin dérange Maximilien. Mais ce qui le dérange encore plus est la vue de son paternel, une fois la porte ouverte. 

Ils échangent quelques mots dans une tension palpable. Venant récupérer ses clubs de golf, le père de Maximilien éclate de rire en voyant la plaquette de Sup’ de Burnes posée sur le secrétaire. Il plaque un baiser sec sur le front de Maximilien et prend la porte. 

Chapitre 36 – Les larmes de Maximilien à Sup’ de Burnes

Ce même après-midi, Romane prépare un atelier sur les « fausses croyances », ou autrement dit, les « croyances limitantes ». 

Chacun doit recenser les croyances qu’il porte en lui, dans ses habitudes, ses comportements, ses paroles, et qui lui mettent des barrières aujourd’hui pour être pleinement soi et pour vivre authentiquement. 

Ces croyances sont des messages très forts enregistrés dans l'enfance de façon inconsciente, comme des mauvais disques avec des certitudes erronées sur soi-même, sur les autres et sur la vie. 

Les participants sont invités à prendre deux disques vinyles et à inscrire sur l'un d'eux leurs fausses croyances, et sur l'autre leurs nouvelles croyances positives.

Maximilien est particulièrement touché et sent sa sensibilité à fleur de peau.

Contre toute attente, il craque et livre la relation avec son père et la situation de sa sœur, entre larmes et colère.

Romane propose au groupe de faire une pause pour permettre à Maximilien de se remettre. À la sortie de de l'atelier, Patrick attend Maximilien pour lui témoigner à quel point il l’avait trouvé courageux de se livrer ainsi, devant tous. Ces deux hommes, qui ne s'appréciaient guère auparavant, remontent chacun dans l'estime de l'autre.

Chapitre 37 – L’échange de Romane et Julie

Romane s’octroie une après-midi shopping. Elle repense à son échange avec Julie, obtenu avec l'accord de Maximilien. Son participant ne pourrait pas progresser tant qu'elle ne lui aurait pas pardonné. 

Julie est profondément touchée par les propos de Romane et acquiesce au fait que tout le monde a le droit à une seconde chance. L'idée du pardon commence à germer dans sa tête.

Chapitre 38 – Le pardon

Cette conversation inspire Romane pour un nouvel exercice : trouver une façon originale de demander pardon aux personnes qu'ils ont blessées.

Deux semaines plus tard, Maximilien raconte à Romane comment il a mis dans le secret 14 soignants pour montrer à Julie à quel point il était désolé. 

Le principe du pardon est essentiel dans de nombreuses traditions spirituelles et philosophies de vie. Ce passage me rappelle une approche unique et puissante pour le mettre en pratique. Originaire de la culture hawaïenne, la méthode Ho'oponopono est une technique de guérison et de réconciliation qui se concentre sur la purification des pensées et des émotions pour restaurer l'harmonie intérieure et extérieure.

C'est un processus de pardon, de réconciliation et de libération qui aide à se défaire des émotions négatives et des souvenirs douloureux. La méthode repose sur quatre phrases simples mais profondes :

Désolé

Pardonne-moi

Merci 

Je t'aime

Ces phrases sont répétées comme un mantra pour nettoyer les mémoires et les blocages émotionnels.

Chapitre 39 – En route pour les Pommiers du Possible

Romane est toujours nerveuse avant un départ. Elle prévoit d’emmener le groupe dans un lieu de recueil pour le weekend. 

La route se passe bien, même si Romane vit un supplice intérieur, la main de Maximilien frôlant son genou à chaque changement de vitesse. 

Ce lieu initiatique, créé par elle-même et Jean-Philippe, doit les amener à se déconnecter et à expérimenter les vertus du calme. Et c’est tout naturellement que Romane confisque les téléphones de tous les participants à l’arrivée ! Cela ne manque pas de frustrer particulièrement Maximilien. 

Chapitre 40 – Le dragon cracheur de feu

Malheureusement pour lui, Maximilien vient d’avoir confirmation d’être arrivé au milieu de nulle part. 

Les hôtes Sofia et Vincent les accueillent chaleureusement et l’atmosphère se détend rapidement. Maximilien profite du fait que l’ensemble du groupe soit rassemblé autour de Vincent jouant à la guitare pour demander à Sofia ce qu’est le jeu disposé sur la table. 

Elle lui explique qu’il s’agit d’un jeu de tarot philosophique. C’est un moyen très puissant pour canaliser les énergies et obtenir un éclairage sur une situation donnée. Malgré quelques réticences, Maximilien accepte de se prêter au jeu. 

Il demande comment évolueront ses relations avec les femmes. Les réponses le sidèrent ! 

Mais ce qui l’intrigue le plus est la façon dont les femmes le perçoivent : un dragon cracheur de feu. Seule Nathalie, l’une des participantes, ne semble pas le percevoir ainsi. À ce moment précis, elle vient l’emmener dîner bras dessus bras dessous. Depuis le début du coaching, elle ne cache pas son attirance pour Maximilien, ce qui l’embarrasse fortement vis-à-vis de Romane.

Chapitre 41 – L’Etreinte

Après le dîner, Sofia propose à Maximilien de clarifier sa carte du dragon cracheur de feu. Elle demande au jeu de livrer des pistes d’amélioration de son comportement. Excité, ses scrupules face au jeu de tarot disparaissent complètement.

L’auteur nous expose ici le tarot de coaching. C’est une méthode de développement personnel qui utilise les cartes de tarot non pas pour prédire l'avenir, mais pour explorer les potentialités et guider le consultant dans l'amélioration de son comportement et de ses choix futurs. Contrairement à la divination traditionnelle, le tarot de coaching se concentre sur l'introspection, la prise de conscience et l'action proactive.

Absorbé par les explications de Sofia, il ne voit pas la soirée passer. Lorsque Romane arrive à l’improviste, il s’en trouve vraiment gêné et cache puérilement la carte qu’il tient dans sa main ! En effet, il vient de retourner la carte de l’Etreinte, qui symbolise ce dont il doit prendre conscience pour ouvrir l’accès à ses émotions et son jardin intérieur. En d’autres termes, il doit s’ouvrir, se livrer et se laisser pénétrer par l’autre. 

Déboussolée par son comportement, Romane monte se coucher. 

Chapitre 42 – Romane démasquée

Après une nuit agitée, Romane sent sa jalousie monter : le comportement déplacé de Maximilien avec Nathalie, son indifférence lorsqu’elle est venue le voir pendant le jeu de tarot… 

Elle aussi jouera aux indifférentes. Romane ignore Maximilien toute la matinée. Au repas de midi, sa nervosité la pousse à boire un peu trop de pinot noir et à jouer de sa sensualité. 

Maximilien ne la quitte pas des yeux, Romane en rougit. Jean-Philippe voit clair à présent. Il ne voit pas cette relation d’un bon œil… 

Essayant de garder la face, Romane clôture le déjeuner en emmenant le groupe dans une dépendance s’étant transformée… En théâtre. 

Chapitre 43 – Maximilien fait le clown

Les hôtes, habillés en clowns, y attendent les participants. 

Romane invite chacun à créer un déguisement de clown représentant sa caricature ou son extrême opposé. Bientôt, ils pourront monter sur scène et se livrer à une improvisation théâtrale ! 

Lâcher prise. Voilà le maître mot de l’exercice. Maximilien devient de plus en plus anxieux. Il voit ses camarades déborder de créativité, mais ouvrir la soupape est quelque chose que Maximilien ne fait jamais. 

Le duo Patrick-Maximilien finit pourtant d’achever l’ensemble du groupe, ému et touché par la scène créée ensemble. Maximilien est surpris de la profondeur de cet échange et par les émotions qu’il ressentait. Il peut lire la fierté dans les yeux de Romane. 

Chapitre 44 – Le baiser sous la pluie

Le weekend prend déjà fin. Nathalie s’empresse de s’installer sur le siège passager à côté de Maximilien, Romane restant muette. 

Fort heureusement pour elle, Nathalie est la première à être raccompagnée. Maximilien et Romane se retrouvent bientôt seuls. Devant l’immeuble haussmannien où elle logeait, Maximilien se trouve aux petits soins pour l’épargner de la pluie battante. 

Dans un silence se faisant de plus en plus pesant, leurs regards trahissent l’envie, mais aussi un instant redouté. Maximilien attrape le col de Romane dans un élan de passion, mais celle-ci coupe court au baiser. Ce n’est ni professionnel, ni souhaitable… Fière, mais aussi aigrie d’avoir résisté, elle s’empresse d’écarter les rideaux de son appartement pour lui jeter un dernier regard. Maximilien est déjà parti, décontenancé par une réaction dont il n’avait l’habitude. 

Chapitre 45 – Happy ’Lib fait du cirque

Cet évènement a jeté un froid entre Romane et Maximilien. Tous deux se sentent frustrés mais feignent l’indifférence. 

Pour cette nouvelle séance, Romane décide de pousser ses élèves sur le chemin du don de soi et de l’authenticité. Happy’Lib accueillera des préadolescents pour leur faire exécuter des numéros de cirque. L’idée est tout simplement de donner de son temps sans contrepartie. 

D’abord très gauche, Maximilien se surprend lui-même du plaisir déployé à divertir le petit groupe d’enfants dont il a la charge.

La journée est éreintante mais Maximilien apprend qu’en donnant aux autres l’on donne à soi-même. Raphaëlle Giordano rappelle ici l’un des principaux enseignements de la philosophie bouddhiste : soi et autrui ne font qu’un. 

Ce concept d’interdépendance repose sur l'idée que tous les êtres vivants sont intrinsèquement liés et que nos actions, pensées et sentiments affectent non seulement nous-mêmes, mais aussi les autres et le monde qui nous entoure.

Par cet exemple, l’auteur nous amène à reconnaître que notre interconnexion avec les autres peut mener à une vie plus riche et plus épanouissante.

Maximilien ferme les yeux quelques instants dans le minibus de Sup’ de Burnes. Lorsqu’il les rouvre, Romane le fixe intensément, avec tout sauf du rejet dans son regard.

Chapitre 46 – La querelle de Romane et Jean-Philippe

La voyant fatiguée et soucieuse depuis plusieurs jours, Jean-Philippe se décide à mettre les pieds dans le plat avec Romane. 

Malheureusement pour lui, la conversation tourne au vinaigre et elle lui avoue l’affection portée à Maximilien sur un ton bien plus élevé qu’à l’accoutumée. Elle quitte le café dans une atmosphère glaciale, ce qu’elle déteste faire ! 

Sa rencontre prévue avec Janine tombe à point nommé pour lui changer les idées. Janine est véritablement troublée par le poème écrit par Patrick. Elle recherche auprès de Romane la réassurance que son nouveau couple, si elle lui donnait une seconde chance, pourrait fonctionner. Romane lui explique qu’une personne qui décide de changer de son plein gré peut accomplir une transformation incroyable… Ce qui la renvoie inlassablement à Maximilien. 

Chapitre 47 – Le tournage de Graines de Chef

Romane réussit à obtenir la participation de Thomas à cette émission prisée. Il faut dire qu’elle a un atout de taille : le producteur n’est autre que l’un de ses anciens élèves ! 

La camaraderie entre Romane et Luca Morini déplaît fortement à Maximilien, qui ne sait plus gérer ses émotions. La burnerie revient en force et lui échappe dans toutes ses attitudes, mais ce sont ses paroles acerbes à Luca qui lui valent un renvoi exprès de la part de Romane. 

Chapitre 48 – Des blattes chez Romane

Romane est tiraillée entre son attirance et sa colère envers Maximilien. Cela la tourmente depuis des jours. Soulagée d’avoir pu ouvrir son cœur et de s’être réconciliée avec Jean-Philippe, Romane s’accorde à présent une journée « OFF ».

Quelle surprise lorsqu’un livreur sonne à la porte avec un colis énorme ! Curieuse, Romane ouvre le colis et découvre de magnifiques orchidées… Mais aussi des blattes, dont elle est phobique ! 

Rassemblant son courage autant que faire se peut, elle appelle Maximilien au secours. Lui qui pensait se faire pardonner pour sa conduite de la veille… 

Ce travail terminé, Maximilien et Romane reviennent sur la scène avec Luca. La discussion prend un air de règlement de comptes, se soldant en une voluptueuse réconciliation. 

Chapitre 49 – La relation s’officialise

Maximilien est fier du patron qu’il est en train de devenir. Avenant, chaleureux et engagé pour le bien-être au travail, il est sur un petit nuage, ce qui n’échappe pas à Clémence. 

Elle lui lance un regard étrange lorsqu’il lui demande de réserver une table pour deux le soir même. 

L’idylle n’échappe pas plus à Julie et à Jean-Philippe. Maximilien reçoit même un avertissement en bonne et due forme de sa part… Pour la discrétion, il reviendra ! 

En sortant de Sup’ de Burnes, il remarque un coup de couteau sur l’un de ses pneus. Clémence ne répond pas à ses appels, bizarre… Tant pis, il sera en retard sur ses réunions.  

Le soir venu, il retrouve Romane au restaurant et aperçoit un reflet étrange d’une voiture garée de l’autre côté de la rue. Pourtant, elle semble vide…

Chapitre 50 – Le Jiminy intérieur de Romane

Romane oscille de plus en plus entre exaltation et anxiété. Parfois, elle s’abandonne dans le tourbillon de ses émotions, et parfois, elle ressent peur et jalousie. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de souffrir, peur d’être déçue…  

Elle prend l’habitude de consulter son coach intérieur, qu’elle appelle Jiminy, pour se rassurer. 

L’auteur rappelle ici l’importance des affirmations positives pour se libérer de ses peurs et calmer son mental. Ce passage fait écho au cercle vertueux qu’évoque Raphaëlle Giordano dans son premier ouvrage. 

En voici les éléments clés :

Cercle vicieux : pensée négative > attitude physique voûtée, mollesse > manque d’énergie, tristesse, découragement, peurs > laisser-aller, incapacité à prendre soin de soi > mauvaise estime de soi > repli sur soi, peu d’ouverture aux autres > sensation d’être dans une impasse > vision floue, perspectives incertaines. 

Cercle vertueux : pensée positive > attitude physique dynamique > entrain, enthousiasme communicatif > capacité à prendre soin de soi > bonne estime personnelle > ouverture aux autres, réseau, possibilités de rebondir > créativité, regard constructif sur la situation.

Chapitre 51 – L’enterrement de vie de burnerie

Romane organise une véritable cérémonie pour clôturer le programme de transformation de ses élèves. Toutes les personnes ayant contribué au succès des participants sont conviées.

Tenues de cocktail, petits fours, fines bulles et remise de diplômes sont de mise. Toutefois, Romane passe par les montagnes russes émotionnelles entre le décolleté vertigineux de Clémence et le « Tu as changé ma vie » prononcé sur scène par Maximilien, dont l’auditoire ne peut percevoir toute la profondeur. 

L’ambiance bascule du tout au tout lorsque l’assemblée aperçoit Romane courir, vaciller et régurgiter.

Chapitre 52 – Le Sanguinaire du Canada

Maximilien veille sur Romane toute la nuit durant, ainsi que le lendemain. Jean-Philippe étant arrivé pour le relayer, Maximilien file au bureau pour récupérer un dossier urgent et confidentiel qu’il doit traiter, même un samedi. 

Dans les bureaux déserts, Maximilien cherche longtemps ce dossier, puis se souvient que Clémence tient un coffre fermé à clé dans son bureau. Par chance, le dossier s’y trouve. Il remarque aussi un flacon de Sanguinaire du Canada, qui n’est autre qu’un vomitif ! 

Il décide d’en avoir le cœur net et appelle Clémence urgemment au bureau. 

Chapitre 53 – La vérité fait surface

Clémence est aux anges. Son patron qui l’appelle un weekend. Elle lui est donc devenue indispensable. 

C’était sans compter la lucidité et la fermeté de Maximilien, qui réussit à la faire reconnaître ses méfaits de façon très subtile. 

Dans un élan passionnel, Clémence se jette au cou de Maximilien juste au moment où Romane passe la porte du bureau de Clémence. 

Chapitre 54 – Le dénouement

S’en suit une altercation verbale mais aussi physique, Romane laissant échapper une gifle à Clémence. Maximilien calme le jeu et réussit à convaincre Romane de ses intentions. Clémence est licenciée. 

ÉEpilogue

Deux ans et demi plus tard, Romane porte la vie et offrira bientôt à Maximilien un petit garçon. Ils sont follement amoureux, ce qui amène Maximilien à la « non-demander » en mariage : se lier sans s’aliéner, voilà leur vision de l’amour. Cette fin nous rappelle que chaque individu est unique et que la diversité est une richesse dans nos relations interpersonnelles. S’oublier en tant que personne revient à oublier notre mission de vie. 

Bonus

Comme dans son premier roman, l’auteur recense les outils qu’elle met à disposition du lecteur pour travailler sur sa propre burnerie. 

Il s’agit de l’ensemble des techniques de développement personnel qu’elle aborde tout au long de ce roman. 

Conclusion de "Jour où les lions mangeront de la salade verte" par Raphaëlle Giordano :

"Le Jour où les lions mangeront de la salade verte" est une œuvre captivante qui continue de mettre en lumière le talent de l'auteur pour tisser des histoires riches en émotions et en introspections personnelles. 

Ce deuxième roman de Raphaëlle Giordano, bien qu'indépendant de son premier succès, parvient à maintenir l'intérêt des lecteurs grâce à son style fluide et son approche accessible du développement personnel. Il se révèle être bien plus qu'un simple roman ; c'est une véritable boîte à outils pour le développement personnel, dissimulée dans une histoire captivante.

J’ai particulièrement apprécié le développement approfondi des personnages principaux. L’auteur excelle à explorer la complexité des relations humaines et les transformations personnelles. La relation entre Maximilien et Romane est particulièrement bien traitée, montrant leur croissance individuelle et mutuelle à travers des moments de tension, de soutien et de réconciliation. Cette dynamique réaliste et nuancée permet au lecteur de s'identifier aux personnages et de s'investir émotionnellement dans leurs parcours. Il s’agit d’un témoignage poignant de la manière dont les êtres humains peuvent évoluer ensemble. En particulier, le lecteur peut très facilement appliquer à soi l’ensemble des concepts de développement personnel grâce à cette proximité avec les personnages. 

Un autre aspect remarquable est l'intégration des exercices de développement personnel dans la trame narrative. Les ateliers sur les fausses croyances, le pardon, et la séance de théâtre ou la consultation de tarot ne sont pas seulement des ajouts didactiques, mais ils s'imbriquent de manière organique dans l'histoire. Ces exercices permettent aux personnages de révéler et de confronter leurs vulnérabilités, offrant ainsi aux lecteurs des outils concrets pour leur propre croissance personnelle.

L’auteur réussit également à aborder des thèmes psychologiques et émotionnels profonds tout en conservant une touche légère et humoristique. Cette capacité à mêler comédie et sérieux rend le roman accessible et agréable, allégeant les moments de tension et maintenant l'intérêt des lecteurs tout au long de l'histoire.

Par ailleurs, la multiplicité des éléments de développement personnel traités plus en profondeur ainsi que les nombreux clins d’œil à d’autres qui sont moins mis en évidence en un atout incontestable pour toute personne débutant sur le chemin de la transformation personnelle. Pour un lecteur plus aguerri à ces thématiques, il est vrai que cela restera plutôt un balayage complet mais léger en termes de théorie. 

Ce récit offre une expérience de lecture enrichissante, éclairant le chemin vers une vie plus épanouie et authentique. Personnellement, il m'a permis de prendre du recul sur mes propres croyances limitantes et de trouver des moyens pratiques pour les dépasser. 

Cependant, malgré ses nombreux atouts, le roman présente quelques faiblesses. La répétition de certains thèmes et situations peut donner une impression de déjà-vu. 

La résolution des conflits, bien que satisfaisante, peut paraître trop rapide ou simpliste. Par exemple, l’éviction de Clémence et la réconciliation instantanée entre Maximilien et Romane manquent peut-être de la complexité réaliste qu’on aurait pu attendre compte tenu des tensions accumulées. Également, certains personnages sont un peu caricaturés, ce qui est fort dommage eu égard au souhait de l’auteur de montrer la complexité et la variété de facettes d’une même personne. 

Enfin, la fin du roman, bien que positive et heureuse, peut sembler prévisible. Le dénouement romantique et l'épilogue idyllique, bien qu'appropriés pour le genre, pourraient manquer de surprise pour les lecteurs en quête de twists inattendus ou de fins plus nuancées.

En somme, il s’agit d’une œuvre engageante et enrichissante, combinant des éléments de développement personnel avec une histoire captivante. Les personnages bien développés et les exercices intégrés de manière créative sont des points forts indéniables, offrant à la fois divertissement et réflexion. 

Bien que quelques répétitions et simplifications narratives puissent diminuer l'impact pour certains lecteurs, le charme et la positivité de l'écriture de Raphaëlle Giordano font de ce livre une œuvre inspirante et réconfortante. 

Idéal pour ceux qui cherchent à explorer les thèmes de la transformation personnelle et des relations humaines de manière accessible et agréable, ce roman confirme le talent de l’auteur à toucher le cœur de ses lecteurs pour entamer un changement dans leur vie. 

Ana, du blog Origami Mama

Points forts et points faibles de "Le jour où les lions mangeront des salades vertes" :

Points forts :

La multiplicité des outils de développement personnel et leur arrivée originale au sein de la narration ;

Le style léger, humoristique et accessible ;

Les exercices pratiques à intégrer facilement dans sa vie personnelle. 

Points faibles :

L’intrigue un peu trop prévisible ;

La simplification un peu trop poussée de certaines situations complexes. 

La note d’Ana, du blog Origami Mama

★★★★☆

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Guide pratique du livre « Le jour où les lions mangeront de la salade verte » de Raphaëlle Giordano

Quels sont les éléments utilisés par Raphaëlle Giordano pour écrire « Le Jour où les Lions mangeront de la salade verte » ?

La fiction

Les techniques du développement personnel

Les outils permettant de se déburner

Foire Aux Questions (FAQ) du livre « Le Jour où les Lions mangeront de la salade verte » de Raphaëlle Giordano :

  1. Comment le public accueillit le livre « Le Jour où les Lions mangeront de la salade verte » de Raphaëlle Giordano ?

Ce roman a rencontré un succès, même s’il est bien moins connu que son premier opus, véritable best-seller avec plus de deux millions d’exemplaires venus dans le monde.

  1. Quel est l’impact du livre « Le Jour où les Lions mangeront de la salade verte » de Raphaëlle Giordano ?

Ce livre permet aux lecteurs de se remettre en question et de prendre du recul sur la façon dont ils accueillent leur rapport aux autres. Il livre des clés pratiques pour entamer une transformation visible. 

  1. À qui s’adresse le livre « Le Jour où les Lions mangeront de la salade verte » de Raphaëlle Giordano ?

Ce livre s'adresse au grand public. Bien que son format de roman puisse attirer les amateurs de fiction, les enseignements de développement personnel qu'il contient le rendent intéressant pour ceux qui recherchent des conseils pratiques pour améliorer leur vie et leurs relations personnelles.

4. Les exercices proposés dans le livre nécessitent-ils beaucoup de temps ou de ressources ?

Non, les exercices proposés dans le livre sont généralement simples et ne nécessitent pas beaucoup de temps ou de ressources. Ils peuvent être intégrés dans la routine quotidienne de manière pratique, et certains peuvent même être réalisés en quelques minutes seulement. L'accent est mis sur la simplicité et l'applicabilité dans la vie quotidienne.

  1. Qu’est-ce que la burnerie ?

La burnerie désigne un état de vie où l'on se retrouve dépassé par ses émotions, le stress, la pression et les attentes, menant à des comportements déplacés, injustes et parfois malveillants envers autrui.

Qui est Raphaëlle Giordano ?

Raphaëlle Giordano est une romancière française née le 19 avril 1974 à Paris. Artiste peintre et experte en créativité et développement personnel, elle est classée numéro 6 des auteurs de best-sellers GFK-Le Figaro en 2020, passant au numéro 2 en 2018 et au numéro 8 en 2019, ce qui la place dans le top 10 des auteurs.

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Thu, 12 Sep 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12955/Le-jour-o-les-Lions-mangeront-de-la-salade-verte
Le grand art de la petite conversation http://www.olivier-roland.fr/items/view/12948/Le-grand-art-de-la-petite-conversation

Résumé du livre « Le grand art de la petite conversation » de Debra Fine : Si vous êtes mal à l’aise dans les conversations informelles, alors vous trouverez dans ce livre des outils pratiques pour avoir des idées de conversation et apprendre les bonnes attitudes pour réussir à briser la glace et maintenir une conversation agréable.

Par Debra Fine, 2008, 174 pages

Titre original : The fine art of small talk

Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par Naomie du blog Créer la vie de ses rêves

Chronique et résumé de "Le grand art de la petite conversation" de Debra Fine :

Chapitre 1 : Quel est le grand enjeu de la petite conversation ?

La petite conversation est la conversation informelle, appelée « small talk » chez les anglo-saxons. Elle se produit à longueur de journée dès que vous croisez quelqu’un : un voisin devant l’ascenseur, un parent quand vous déposez votre enfant à l’école, un collègue à la machine à café, lors d’un événement professionnel ou privé, etc… 

Quand on ne sait pas quoi dire ou comment entretenir l’échange au-delà des banalités convenues sur la pluie et le beau temps, ces moments d’échanges peuvent être la source d’un grand malaise ou d’anxiété. 

Ce livre propose des solutions pratiques pour acquérir une meilleure aisance pour des échanges de qualité dans n’importe quelle situation :

Entraîner n’importe quelle personne dans un dialogue constructif

Relancer une conversation qui s’éteint

Introduire de nouveaux sujets d’échange

Se sentir plus à l’aise et en confiance dans les événements collectifs

Développer des relations professionnelles cordiales

Se retirer d’une conversation avec élégance

La petite conversation a mauvaise presse, elle est considérée comme du bavardage inutile, futile et sans intérêt. Or, c’est elle qui brise la glace pour nous donner envie ou pas d’aller vers une conversation plus profonde ou intime.

Les personnes qui maitrisent l’art de la petite conversation permettent aux personnes qu’elles rencontrent de se sentir à l’aise, acceptées et valorisées, de nouer de nouvelles relations et de créer de nouvelles occasions de rencontres amicales, amoureuses ou professionnelles. 

Cette compétence n’est pas forcément innée. C’est un art comme tous les autres qui s’apprend.

Il existe tout d’abord deux prérequis à accepter :

Prendre des risques : c’est à nous de prendre le risque d’engager une conversation. Nous ne pouvons pas attendre que les autres personnes fassent le 1er pas et viennent nous parler. Il existe effectivement un petit « risque » que l’autre personne ne nous réponde pas ou mal, et nous sentir ainsi rejetés. Mais comparé aux autres risques de la vie, cela reste un risque relatif.

Endosser la responsabilité de l’échange : il nous incombe à chacun de trouver des sujets de discussion, de nous rappeler du nom de notre interlocuteur, de les présenter au groupe ou encore de briser les silences pesants. Si vous assumez la responsabilité de l’échange, votre interlocuteur vous en sera reconnaissant et sera plus enclin à développer une relation sociale avec vous.

Chapitre 2 : Dépassez les préceptes avisés de maman

Nous avons été conditionnés dans notre éducation à ne pas initier le contact avec un inconnu. Cela nous a été utile et nous a protégés, enfant, mais maintenant que nous sommes adultes, nous pouvons réagir différemment pour échanger avec des inconnus lorsque nous nous savons en sécurité pour le faire. Ce qui n’était pas le cas lorsque nous étions enfant.

Quand vous êtes en sécurité, mettez un point d’honneur à adresser la parole à des inconnus

Pour étendre votre cercle social, vous devez l’élargir à des personnes que vous ne connaissez pas encore. Cette personne inconnue peut devenir une connaissance et vous présenter à d’autres inconnus, qui deviendront à leur tour des connaissances et peut-être plus, qui sait ?

Présentez-vous

N’attendez pas que l’hôte d’une réception (mariage, conférence ou autre) vous présente aux autres invités, prenez l’initiative de vous présenter aux autres. Pour commencer, choisissez une personne disponible autour de vous. Abordez-la, tendez-lui la main avec un sourire et dites : « Bonjour, je m’appelle Debra Fine, ravie de vous connaitre ».

Du silence comme marque d’impolitesse

Votre silence lors d’une conversation, qu’il soit dû à votre timidité ou votre peur, peut vous faire passer pour snob ou arrogant Ce serait dommage. Épargnez-vous de donner cette impression erronée en évitant les silences.

Les bonnes choses arrivent à ceux qui les obtiennent

Attendre qu’une personne fasse le 1er pas pour vous parler ou initier la conversation vous fera perdre un temps fou ou des occasions ; en particulier si vous êtes célibataire ! Les bonnes choses arrivent à ceux et celles qui osent entreprendre. 

À vous de lancer une conversation

La 2ème plus grande phobie aux USA est celle d’engager une conversation avec un inconnu, ce qui signifie que la plupart des personnes vous seront reconnaissantes de lancer et animer une conversation. Ils apprécieront votre sens de l’initiative et votre cordialité.

À vous d’endosser la responsabilité d’une conversation

Si vous attendez que votre interlocuteur prenne l’initiative d’une conversation, vous êtes tout simplement égoïste d’après Debra Fine. Vous donnez priorité à votre confort et vous ne faites pas votre part dans l’échange. Tout comme vos réponses basiques Oui / Non ne témoignent pas d’une volonté de faire un effort dans la conversation.

Les brise-glaces du monde de l’entreprise et d’usage courant

Initier une conversation avec un inconnu se prépare. L’auteur propose 20 brise-glaces pour le monde professionnel et 50 pour la vie courante dans lesquels vous pourrez en piocher au moins 4 et les apprendre avant d’arriver à un événement. Vous aurez ainsi de quoi lancer la conversation. 

Ces 70 brise-glaces sont listés dans les pages 33 à 36 du livre. 

Voici quelques exemples non exhaustifs pour le cadre professionnel : 

Qu’est-ce-qui vous a amené dans ce domaine professionnel ?

Qu’est-ce-qui distingue votre société de votre concurrence ?

Quelles sont les orientations à venir de votre entreprise ?

Quelles évolutions avez-vous remarquées dans votre profession depuis vos débuts ?

Des exemples pour la vie courante :

Que pensez-vous de ce film / restaurant / soirée ?

Ici, faire du ski / danser / marcher est un défi. Quelles sont vos destinations / lieux préférés pour skier / danser / marcher ?

Quel a été votre repas le plus mémorable ?

Quelle est la plus extraordinaire coïncidence que vous ayez vécue ?

Chapitre 3 : Jetez-vous à l’eau, lancez une conversation

Le seul fait d’avoir des sujets de conversation a déjà accru vos compétences. Si vous ne vous sentez pas capable pour le moment que de répondre aux questions que l’on vous pose, entrainez-vous à sourire et à dire bonjour en premier. C’est le préambule pour une conversation. Entrainez-vous plusieurs fois par jour jusqu’à vous sentir à l’aise.

Qu’y a-t-il dans un nom ?

Efforcez-vous à retenir le nom de votre interlocuteur. Le nom d’une personne est son identité. En le retenant, vous lui témoignez un réel l’intérêt. En répétant plusieurs fois le nom de la personne lorsqu’elle se présente, vous le retiendrez mieux.

Si vous oubliez le nom d’une personne que vous croisez, ne faites pas semblant de vous en souvenir, surtout pas. Cela pourrait même vous mettre dans une situation embarrassante si vous devez, par exemple, la présenter à la volée à une autre personne. Soyez honnête et dites d’emblée «Je suis désolée, j’ai oublié votre prénom. Vous voulez bien me le rappeler svp ? ».

De votre côté, mettez à l’aise votre interlocuteur en lui rappelant rapidement votre nom « Bonjour, vous vous rappelez de moi, je suis Debra Fine ».

Halte aux surnoms !

Appelez une personne par son nom ou prénom. N’utilisez pas de vous-même un surnom ou diminutif. Si elle voulait que vous l’appeliez Cathy au lieu de Catherine ou Seb au lieu de Sébastien, elle vous l’aurait dit.

Chapitre 4 : Faites durer la conversation

Après les présentations, il s’agit de faire durer votre conversation.

Pour montrer que vous souhaitez engager une conversation, enchaînez avec une question ouverte après une phrase affirmative simple : « Quelle belle journée. Comment avez-vous prévu d’en profiter ? »

Formules de démarrage

Trouvez une formule de démarrage qui manifeste de l’intérêt pour votre interlocuteur. Si vous remarquez que votre interlocuteur porte un accessoire spécial, faites-lui un compliment et demandez-lui des renseignements dessus. L’effort que vous ferez sera remarqué et apprécié. Faire un compliment est toujours un démarrage apprécié.

Une partie à 5

Si vous êtes dans un groupe, avancer en pas feutrés.

Portez votre intérêt sur celui ou celle qui a la parole, tout en restant légèrement en retrait pour que le groupe s’habitue peu à peu à votre présence.

Rentrez dans la conversation du groupe en montrant que vous avez suivi la conversation. Vous reconnaitrez que vous êtes accueilli quand on vous invitera à prendre place à côté de l’un des membres ou qu’on vous demande votre avis.

Au début, il convient d’exprimer une opinion en accord avec le groupe ou de montrer par un hochement de tête que vous êtes d’accord. Attendez plus tard, une fois que vous serez bien intégré dans le groupe pour donner un avis radical. Sinon, le groupe vous en voudra d’avoir perturbé le groupe et il se dispersera.

Chapitre 5 : Proposons des sujets de conversation

Après avoir souri, amorcé un contact visuel, trouvé la personne disponible, échangez vos noms et utilisé un brise-glace, il s’agit de lancer des sujets de conversation.

Comme la plupart des gens aiment parler d’eux, il suffit de trouver des sujets qui les concernent.

Des questions ouvertes

Utilisez des questions ouvertes pour inviter la personne à parler. Si vous utilisez des questions fermées, la conversation risque de se terminer rapidement par oui ou non.

Approfondir

À chaque fois que vous lancez une question pour engager un dialogue, préparez-vous à la poursuivre avec une question pour approfondir la réponse.

Par exemple si vous demandez « Comment s’est passé votre WE ? » et que la personne vous répond « Super, j’ai fait du jardinage », enchaînez avec « Qu’avez-vous fait en particulier ? » Faites toutefois attention à ne pas être trop intrusif, surtout avec des personnes que vous connaissez peu.

Prenez ce qui vient à vous

Pour cela, observez votre interlocuteur. Vous remarquerez une foule d’informations qui vous aidera à faire durer la conversation.

Observez les badges, insignes ou bijoux portés. « Je vois que vous faites partie de [tel club, département…], quelle implication avez-vous ? »

Ou encore les vêtements et accessoires (marques, insignes, caractéristiques…) « Je vois que vous portez un T-shirt du Hard rock café de Londres. Êtes-vous allés à Londres ? Comment avez-vous trouvé la ville ? »

Observez l’aménagement des bureaux et des maisons. Y a-t-il des photos au mur, des œuvres d’art, des livres exposés ? « Quelle photo/sculpture intéressante. D’où vient-elle ? »

Rebondissez sur le lieu et l’occasion qui vous réunit « J’étais la coloc de la mariée lorsque nous étions étudiantes. Et vous, comment connaissez-vous les mariés ? »

Chapitre 6 : Pour une meilleure écoute

Pour développer des conversations, votre devoir d’interlocuteur quand une personne vous parle est de l’écouter, réellement. C’est un impératif de politesse qui régit l’art de l’échange. Une écoute attentive est essentielle pour une bonne conversation. Elle comprend 3 composantes : visuelle, verbale et mentale

L’écoute se voit

Les indices visuels tels que les mimiques, inclinaisons de la tête, expressions corporelles montrent à votre interlocuteur que vous êtes attentif et concentré sur ce qu’il vous dit.

Verbaliser votre écoute

Quelques réactions verbales donnent également des informations à votre interlocuteur sur la qualité de votre écoute. Utilisez-les pour montrer que vous êtes bien à l’écoute. « Je vois », « Cela a dû être fatigant / épatant » « Auriez-vous des exemples ? »

Chapitre 7 : Prévenez les silences pesants

Les conversations qui s’éteignent comme les silences au cours d’une conversation peuvent créer un malaise. Vous pouvez les anticiper en adaptant vos brise-glaces aux occasions.

Ne laissez vos anciennes connaissances tomber dans l’oubli

Si vous revoyez des anciennes connaissances, prenez des nouvelles en évitant la platitude du « Quoi de neuf ? ». Utilisez plutôt « Que s’est-il passé dans votre travail depuis notre dernière rencontre ? » « Qu’est-ce-qui a changé dans votre vie depuis notre dernière conversation ? »

Petit cours d’histoire

Si vous vous êtes préparé pour un événement, vous devez avoir quelques informations sur l’origine et parcours de votre interlocuteur. Demandez-leur des précisions sur leur passé « Comment avez-vous commencé à faire des marathons / peindre / apprendre l’italien ? » « Qu’est-ce-qui vous a amené dans le Colorado ? » « Qu’est-ce-qui a éveillé votre intérêt pour le marketing ? »

Préparatifs d’expédition

Préparez-vous à une conversation comme vous le feriez pour une interview. Vous devez disposer de plusieurs questions et sujets pour assurer un échange fluide et naturel. Avant d’arriver à un événement, prenez le temps de réfléchir à des questions pour engager la conversation. Rappelez-vous de votre dernier échange si vous avez déjà croisé cette personne (le nom de son entreprise, son poste, sa vie familiale, ses centres d’intérêt).

Vous pouvez même vous préparer des antisèches que vous irez relire dans les WC au cours de l’événement. Vous trouverez une longue liste d’antisèches dans les pages 135 à 138.

Sous les feux de la rampe

La règle de bonne conduite pour une conversation veut que, par courtoisie, vous parliez aussi de vous. Il doit avoir un équilibre de parole entre les deux protagonistes. Vous ne pouvez pas poser uniquement des questions.

Lorsque c’est à votre tour de parler de vous, révélez d’abord des éléments qui ne prêtent ni à la gêne, ni à la controverse. Il existe un large choix de sujet vous concernant. En revanche, il y a une liste resserrée de sujets à éviter (si vous êtes dans le doute, évitez le sujet) : les commérages, les ennuis personnels, le prix des choses, les sujets de controverses quand vous ignorez l’avis de votre interlocuteur, votre santé ou celle de votre interlocuteur sauf s’il y a un aspect visuel que vous ne pouvez pas ignorer comme une jambe dans le plâtre.

Chapitre 8 : Crimes et délits

Malgré tous vos efforts, sachez qu’il existe 8 profils de personnes qui peuvent nuire à la qualité de vos échanges. Sachez les repérer pour vous défendre (et éviter également d’être dans l’un de ces rôles) :

Le policier : il vous mitraille nerveusement de questions comme s’il menait un interrogatoire « Que faites-vous comme métier ? Êtes-vous marié ? Avez-vous des enfants ? Vous êtes là depuis longtemps ? »  

Solution : posez une question ouverte puis approfondissez. Vous reprendrez ainsi la maitrise de l’échange pour imposer un rythme plus agréable.

Le matamore : Au moment de parler de lui, il vante ses exploits, fanfaronne sur ses prouesses, exhibe un égo hypertrophié.

Solution : revenez sur des sujets d’ordre général comme l’actualité

Le supérieur : Il a toujours une histoire supérieure ou plus intéressante que la vôtre à raconter. Il utilise souvent des formules d’introduction comme « Moi aussi j’ai connu ça » « Je suis déjà passé par-là ».

Solution : rappelez-lui qu’il s’agit de votre histoire

Le monopolisateur : Il s’impose dans toutes les conversations et monopolise la parole, en étant convaincu qu’il a une mission, celle d’animer la conversation.

Solution : s’il s’agit d’un tête à tête avec un client ou votre belle-mère, il est préférable malheureusement de capituler. Guettez le moment où il reprendra sa respiration pour changer de sujet de conversation. 

Si vous êtes en groupe, au bout de 5 minutes de monologue, reprenez la conversation en interpellant une autre personne du groupe pour lui demander son avis ou son expérience pour partager la parole.

Le coupeur de parole : Vous ne pouvez pas terminer ce que vous êtes en train de raconter car il vous coupe sans arrêt la parole. Il n’y a que 3 situations dans lesquelles couper la parole se justifie : une situation d’urgence, un sujet de conversation absolument insupportable et le monopolisateur qui refuse depuis plus de 5 minutes de laisser la parole

(Pas de solution proposée par l’auteur dans ce cas)

Le rabat-joie : Il sabote une conversation en répondant à côté à des questions ouvertes. Si vous lui demandez « Qu’avez-vous fait ce week-end ? », il vous répondra « Rien » sans apporter de précisions, ignorant que la question avait pour but d’ouvrir la conversation.

Solution : Répondez à une question fermée de votre rabat joie comme si c’était une question ouverte. Donnez des détails, des informations pour lui permettre de vous poser une question.

Le je-sais-tout : arrogant et condescendant, il vous fait savoir qu’il est au courant de tout, même s’il n’est pas concernéSolution : lui demander « Quel est votre avis / expérience là-dessus ? »

Le donneur de conseils : il propose ses conseils sans avoir été sollicité et se mêle ainsi de ce qui ne le regarde pas.

(Pas de solution proposée par l’auteur dans ce cas.)

Parfois la seule solution pour éviter ces profils est de fuir la conversation.

Chapitre 9 : Sortie élégante

Une fois venu le moment de clore une conversation, faites-le de façon élégante.

Il existe plusieurs façons de s’extraire d’une conversation.

Rappelez d’abord à votre interlocuteur pourquoi vous avez initié cet échange « Merci c’était passionnant de vous écouter sur votre activité. Je dois absolument parler à une cliente avant qu’elle ne parte ». Saluez la personne et faîtes ce que vous avez énoncé (aller voir la cliente). 

N’inventez pas de prétexte. Soyez sincère. Si vous avez dit que vous deviez vous rafraîchir, allez directement vous rafraîchir après avoir pris congé, sans faire de détour pour aller parler à une autre personne. L’honnêteté est la meilleure politesse.

La relève de la garde

Lorsqu’une nouvelle personne rentre dans votre groupe de discussion, profitez-en pour en sortir.

Vous pouvez également inviter votre interlocuteur à sortir du groupe pour vous accompagner à aller voir d’autres personnes ou prendre un verre. C’est une sortie attentionnée pour vous séparer.

Grands effets d’un peu de reconnaissance

Quand vous terminez une conversation, montrez que vous l’avez appréciée et remerciez sincèrement votre interlocuteur avec un sourire. Vous laisserez une impression gaie et positive.

« Je suis ravi que vous m’ayez initié à à la finance des startup C’était passionnant. » « C’était un plaisir de vous voir et d’en apprendre davantage sur la cuisine italienne » « J’ai apprécié votre effort pour m’inclure dans la conversation. C’est difficile d’être nouveau dans l’école/l’organisation »

Avant de quitter une conversation, ayez une idée de la destination (aller chercher à manger, passer un coup de fil, voir une personne). Si vous avez l’air égaré et que votre interlocuteur précédent s’en aperçoit, il pourrait s’en offenser et penser que vous n’avez pas apprécié sa compagnie.

Chapitre 10 : survivre au monde des célibataires 

Lorsque vous souhaitez rencontrer l’amour, vous devez vous ouvrir à de nouvelles personnes. L’art de la petite conversation s’avèrera encore plus précieux dans ces cas.

Concentrez-vous davantage sur votre partenaire plutôt que de vous préoccuper de l’effet que vous produisez. Vous trouverez dans ce chapitre d’autres idées de brise-glace plus propices à créer des liens pour les 1er RV.

Conclusion sur « Le grand art de la petite conversation » de Debra Fine :

Ce livre est une mine d’informations pratiques pour se sentir plus à l’aise lors des conversations informelles. Il est ponctué de nombreux exemples, d’idées de brise-glaces et de sujets de conversation dont vous pouvez vous inspirer. Savoir converser ne repose pas uniquement sur des outils mais également sur une attitude et une réelle volonté de connaitre votre interlocuteur.

Debra Fine explique efficacement comment s’exercer et réagir en prenant plaisir dans différentes situations. Vous réaliserez en le lisant que maitriser l’art de la conversation est accessible (ce n’est pas forcément réservé aux personnalités extraverties) et un atout indispensable pour votre vie personnelle et professionnelle.

J’ai découvert ce livre après un événement professionnel dans lequel je n’arrivais pas à échanger avec les personnes présentes. Je me sentais tellement gauche et ridicule que je me suis enfuie au bout de 20 minutes. Depuis, j’ai compris que ce sentiment était normal et partagé. Cela fait 10 ans maintenant que je continue de m’exercer et cela est devenu un jeu.

Naomie du blog Créer la vie de ses rêves 

Points forts et points faibles du livre « Le grand art de la petite conversation » :

Points forts :

Facile à lire et à appliquer

Très nombreuses idées de brise-glaces et sujets de conversations

Motivant 

L’expérience rapportée de l’auteur

Point faible :

Difficile à résumer car des répétitions entre certains chapitres

Ma note :

★★★★☆

Avez-vous lu "Le grand art de la petite conversation" ? Combien le notez-vous ?

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Thu, 29 Aug 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12948/Le-grand-art-de-la-petite-conversation
Comment être résilient : l’art d’affronter les épreuves de la vie en 4 livres essentiels http://www.olivier-roland.fr/items/view/12937/Comment-tre-rsilient-lart-daffronter-les-preuves-de-la-vie-en-4-livres-essentiels

Vous vous sentez parfois accablé par les épreuves de la vie ? Vous aimeriez trouver la force de vous relever plus facilement après chaque coup dur ? Être plus résilient devant l’adversité ? Eh bien, sachez que cela est possible ! Et pas besoin de devenir moine bouddhiste pour cela…

Être résilient, c'est l'art d'affronter les épreuves de la vie pour en sortir plus fort. Mais de nombreuses approches existent pour cultiver la résilience. C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article : 4 livres sur la résilience, qui abordent le sujet différemment.

Et pour savoir quelle façon d’apprendre la résilience vous correspond le plus, je partage, pour chacun de ces livres, un résumé, les idées clés et mon avis.

Dans "Kintsugi : l'art de la résilience", Céline Santini s'inspire d'une technique japonaise. Le kintsugi consiste à réparer la céramique brisée avec de la laque dorée, mettant ainsi en valeur les "cicatrices". Une approche inspirante pour transcender nos blessures !

"Plus rien ne pourra me blesser" est le récit poignant de David Goggins. Enfant violenté et moqué, il se transforme par un entraînement physique extrême et une discipline de fer. Sa quête : repousser sans cesse ses limites.

Dans "La nuit, j'écrirai des soleils", Boris Cyrulnik étudie le pouvoir résilient de l'écriture. Lui-même miraculé de la Shoah, il montre comment transformer la souffrance par les mots. Ainsi, nos failles deviennent créativité, lumière à partager.

Enfin, "L'obstacle est le chemin" de Ryan Holiday applique la philosophie stoïcienne. Grâce à une autre perception et à la persévérance dans l'action, les problèmes sont des opportunités déguisées pour progresser.

Ainsi, au fil des pages, vous réaliserez que vos échecs peuvent devenir tremplins, vos faiblesses forces, votre négativité énergie créatrice. Et vous saurez comment y parvenir !

Laissez-vous ainsi surprendre, émouvoir, stimuler par ces lectures inspirantes qui vous pousseront sur la voie de la résilience !

  1. "Kintsugi | L’art de la résilience"

Par Céline Santini, 2019 (1ère édition), 253 pages.

Résumé du livre "Kintsugi | L’art de la résilience" de Céline Santini

Dans son livre "Kintsugi | l’art de la résilience", Céline Santini s'inspire, comme son titre l’indique, de la technique japonaise qu’est le kintsugi pour proposer une méthode de développement personnel basée sur la résilience.

Le kintsugi ou "jointure en or" en japonais, est un procédé traditionnel japonais qui consiste à réparer des céramiques brisées d’une façon bien particulière. En effet, on utilise, pour cela, de la laque parsemée de poudre d'or, mettant ainsi en valeur les "cicatrices" de l'objet au lieu de les dissimuler.

En extrapolant cette technique à la vie personnelle, Céline Santini nous invite à considérer nos épreuves et nos failles dans l’idée du kintsugi : non pas comme des faiblesses à cacher mais comme des forces et des opportunités de croissance.

L'auteure partage alors son parcours semé d'épreuves douloureuses (divorces, deuils, accidents). Elle raconte comment elle les a transcendées pour devenir une personne plus forte et épanouie.

Le processus pour y parvenir, indique-t-elle, s’est déroulé en 6 étapes, et s’inspire donc du kintsugi :

Briser : accepter la douleur de l'échec.

Assembler : analyser les schémas limitants.

Patienter : lâcher prise et ralentir.

Réparer : reprendre confiance et passer à l'action.

Révéler : renouer avec sa joie de vivre.

Sublimer : contempler le chemin parcouru et aider les autres.

Chaque étape est développée dans le livre et accompagnée d'exercices pratiques pour avancer concrètement dans une démarche de reconstruction.

Le message clé du livre "Kintsugi | L’art de la résilience"

Nos échecs et nos blessures peuvent être transformés en opportunités de croissance et de résilience si on les aborde avec un état d'esprit positif.

4 points clés à connaître pour être plus résilient face aux épreuves de la vie

Nos épreuves douloureuses font partie intégrante de notre parcours et nous permettent de devenir plus forts. Au lieu de les percevoir négativement ou de chercher à les dissimuler, il faut les accepter et les transcender.

La résilience est une qualité que chacun peut développer. Même après un échec cuisant ou un traumatisme, il est possible de se relever et de poursuivre son chemin, transformé positivement par l'expérience vécue.

Des outils concrets existent pour traverser les épreuves et se reconstruire : analyse de ses schémas limitants, lâcher-prise, reprise de confiance en soi et en ses capacités, joie de vivre retrouvée.

Une fois arrivé de "l'autre côté" grâce à un travail sur soi, il est enrichissant de partager son expérience pour inspirer et aider les autres à traverser leurs propres épreuves. Les blessures deviennent ainsi des forces et des leviers de croissance.

Mon avis sur le livre "Kintsugi | L’art de la résilience" de Céline Santini

"Kintsugi | L’art de la résilience" est un ouvrage émouvant mais aussi plein de sagesse. Il redonne espoir en nous rappelant que nos failles peuvent devenir nos plus grandes forces.

Appliquer l'approche du kintsugi au développement personnel est une façon puissante, je trouve, de transformer positivement les épreuves de la vie.

D’autre part, l’auteure raconte son histoire avec tendresse, humour, sincérité, nous invitant à porter sur nous-même et notre passé douloureux le même regard d’amour. Ses conseils y sont exprimées avec beaucoup de bienveillance.

Si en plus vous avez un attrait tout particulier pour la culture du Japon, alors je ne peux que vous conseiller vivement cette lecture qui vous ravira et vous aidera!

Les points forts et points faibles du livre "Kintsugi – L’art de la résilience" de Céline Santini

Points forts :       

Le récit poignant et authentique de l'auteure dans lequel on s’identifie facilement.

L’approche originale et métaphorique de la technique du kintsugi qui nous plonge dans la culture japonaise.

Les exercices pratiques partagés à chaque étape qui aident à poser des actes pour être plus résilient.

La structure en 6 étapes et les parties dédiés à ceux qui veulent approfondir davantage.

L’écriture agréable et le ton bienveillant.

Point faible :      

Quelques redites dû au fait que l’auteure suit le processus réel de la réparation des céramiques : certaines étapes y sont, en effet, répétées plusieurs fois (séchage, polissage,…).

Certains exercices ont parfois tendance à amener des réponses répétitives.

Ma note : ★★★★★

Pour aller plus loin :

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  1. "Plus rien ne pourra me blesser"

Titre original : “Can’t Hurt Me: Master Your Mind and Defy the Odds”

Par David Goggins, 2018, 363 pages.

Résumé du livre "Rien ne pourra me blesser" de David Goggins

Dans ce récit autobiographique, David Goggins nous plonge dans son passé douloureux. Les violences et le racisme subis pendant son enfance lui ont laissé des séquelles psychologiques profondes et ont sapé son estime de soi. Pourtant, l’homme parvient à se transformer complètement en repoussant ses limites physiques et mentales.

Tout commence lorsque David décide de perdre plus 50 kg en seulement 3 mois. S’il veut perdre tout ce poids, c’est parce qu’il veut absolument, malgré les moqueries des autres, passer les tests pour entrer chez les Navy Seals.

Il adopte alors un entraînement et un régime alimentaire extrêmes, enchaînant parfois plus de 6 heures d'exercice par jour. C'est le début, déclare-t-il, d'une quête pour repousser ses limites et devenir "la meilleure version de lui-même".

Malgré des échecs et des blessures, sa persévérance finit par payer. Le jeune homme intègre les Navy Seals. S'en suit alors un entraînement infernal aussi bien physique que mental. Pour survivre, il applique des techniques de résilience. Ces techniques, l’auteur les décrit dans son livre : celle, par exemple, qui consiste à "capter l'âme de ses ennemis" ou celle de la "boîte à biscuits" qui contient , explique-t-il, tous ses succès passés.

Par la suite, David participe à des courses d'endurance parmi les plus extrêmes au monde. Chaque épreuve est l'opportunité de transcender ses limites et d'accomplir l'impensable.

Car, au fil des kilomètres et des souffrances, il apprend alors que la seule limite est celle que l'on se fixe.

Le message clé du livre "Rien ne pourra me blesser"

La seule limite que l’on ait vraiment est celle que l'on se fixe. En cultivant discipline, motivation et persévérance, nous pouvons tous accomplir bien plus que ce que nous pensons être capable.

5 conseils clés pour être résilient face aux épreuves de la vie selon David Goggins

Identifier nos facteurs limitants est la première étape clé pour apprendre à être résilient. Si vous voulez progresser, vous devez regarder la vérité en face et assumer vos responsabilités.

Habituez-vous à l'inconfort en sortant continuellement de votre zone de confort : cela vous amènera à étendre votre potentiel. Et chaque défi relevé renforcera votre mental.

Visualisez le succès final que vous visez et la vie dont vous rêvez avec beaucoup de précisions : c’est essentiel pour maintenir le cap dans les moments difficiles. Repenser à la "boîte à biscuits" de vos succès passés stimule également votre motivation.

Ne sous-estimez pas vos capacités : la règle des 40 % stipule que nous abandonnons bien avant d'avoir utilisé tout notre potentiel. Alors, persévérez avec obstination.

L'échec fait partie intégrante du chemin vers la réussite. Abordez-le comme une opportunité de progresser en analysant vos erreurs.

Cultivez une discipline de fer au quotidien, même quand vous n'en avez pas envie, en restant fidèle à vos plans d'action et à votre motivation profonde.

Mon avis sur le livre "Rien ne pourra me blesser" de David Goggins

"Rien ne pourra me blesser" est une source intarissable de motivation.

L'histoire captivante de David Goggins démontre que tout est possible si l'on s'en donne vraiment les moyens. Ses conseils sont applicables à tous les domaines.

Je le recommande vivement à ceux qui veulent découvrir leur réel potentiel, à ceux qui ont besoin d’un coup de pouce pour repousser leurs limites et oser l'extraordinaire.

Les points forts et points faibles du livre "Rien ne pourra me blesser" de David Goggins

Points forts :

Un récit touchant et inspirant.

Un livre extrêmement motivant, qui donne vraiment envie de se dépasser.

Il ne s’agit pas seulement d’une biographie. De nombreux conseils concrets pour progresser sont partagés.

Une histoire facile à lire et accrocheuse.

Point faible :

Il est parfois difficile de s'identifier au parcours de l’auteur, très loin de notre réalité.

Certains passages sont durs (violence, racisme...).

Ma note : ★★★★★

Pour aller plus loin :

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  1. "La nuit, j’écrirai des soleils"

Par Boris Cyrulnik, 2019, 304 pages.

Résumé du livre "La nuit, j’écrirai des soleils" de Boris Cyrulnik                              

"La nuit, j'écrirai des soleils" est un livre du Dr Boris Cyrulnik, neuropsychiatre renommé qui a beaucoup travaillé sur le sujet de la résilience. Dans cet ouvrage, il étudie le pouvoir de résilience de l'écriture.

À travers les parcours de vie d'écrivains célèbres tels que Rimbaud, Romain Gary et Victor Hugo, ainsi qu’à travers sa propre histoire, Boris Cyrulnik montre comment transformer la souffrance en soleil grâce aux mots. Ayant lui-même survécu à l'Holocauste, perdu ses parents et vécu un lourd traumatisme très jeune, l'auteur connaît la valeur de la résilience.

Le livre "La nuit, j'écrirai des soleils" traite alors du rôle crucial des émotions, de l'attachement et du langage dans la construction de soi. Boris Cyrulnik affirme, à ce propos, qu’une "niche sensorielle" stable est essentielle au développement sain de l'enfant.

L’auteur explique ensuite que la résilience devient possible lorsqu'on parvient à transformer la perception douloureuse de son passé. Et l'écriture y contribue grandement en sélectionnant certains faits, en les recomposant et en sollicitant imagination et créativité. Celle-ci permet alors de (re)construire du sens, de sortir de la répétition traumatique et d'entrevoir un futur plus lumineux, soutient l’auteur.

Boris Cyrulnik montre également les similarités entre le travail du scientifique et du romancier. En effet, tous deux observent la réalité, font des hypothèses, vérifient, expérimentent et créent des mondes imaginés. Ainsi, fiction et réalité s'entremêlent, la frontière est poreuse.

Finalement, Boris Cyrulnik considère que nos failles et nos pertes peuvent être source d'une formidable puissance créatrice. En effet, face à l'adversité, l'être blessé est poussé à inventer un univers où brille le soleil, un monde meilleur, déclare le psychiatre. Pour lui, l'écriture joue alors un double rôle. Il est un mécanisme d'autodéfense et un outil de résilience : en couchant sur le papier nos tourments, nous apprivoisons nos démons. Et en tissant des liens avec le lecteur, nous pansons nos blessures.

Le message clé du livre "La nuit, j’écrirai des soleils" de Boris Cyrulnik

L'écriture peut transformer un trauma psychique en force créative. En exprimant par des mots nos émotions négatives, en leur donnant une forme littéraire, nous initions un processus de résilience qui mène vers la lumière.

5 idées clés de Boris Cyrulnik à retenir pour être résilient face aux épreuves de la vie

Pour guérir de ses blessures, il est essentiel de rétablir des liens affectifs forts ainsi qu'un cadre sécurisant. Boris Cyrulnik explique en effet que les enfants ont besoin de ce qu'il appelle une "niche sensorielle" : un cocon stable d'amour et d'attention adapté à leurs émotions. Sans cela, leur développement se trouve entravé. De même, l'adulte blessé doit pouvoir retrouver des bases affectives solides afin de pouvoir se reconstruire pleinement.

Pour se libérer du fardeau d'un passé difficile, il faut parvenir à voir les événements sous un autre angle, en transformant ainsi le récit que l'on s'en fait. De fait, se contenter de revivre en boucle un trauma bloque toute avancée. Mais en faisant appel à son imagination et à sa créativité, notamment par l'écriture, on peut modifier sa perception des choses et envisager dès lors de nouvelles possibilités d'avenir..

Exprimer par écrit, même de façon partielle, des expériences traumatisantes permet de leur donner sens. Cette démarche aide à se les "approprier" et à s'en détacher. Coucher ses souffrances sur le papier est une façon de les transformer en quelque chose de positif (processus de sublimation) que l'on peut partager avec d'autres.

Dans leur façon d'appréhender le réel, scientifiques et écrivains fonctionnent de manière assez similaire : ils émettent des hypothèses qu'ils imaginent. La seule différence est que les scientifiques vérifient leurs théories par l'expérimentation, les écrivains par l'invention de personnages et d'intrigues fictives. Mais au final, les deux créent des univers possibles à partir d'éléments tirés du quotidien.

Selon Boris Cyrulnik, face à des traumatismes ou à des horreurs, la seule façon de s'en sortir est d'exprimer sa créativité pour produire quelque chose de beau. Ainsi, en dépit de la souffrance, chacun peut transformer l'obscurité en lumière, aussi bien pour soi que pour les autres.

Mon avis sur le livre "La nuit, j’écrirai des soleils" de Boris Cyrulnik

Ce livre sur la résilience de Boris Cyrulnik est dense et puissant. Il résonnera en vous si vous avez connu l'adversité. Il vous invitera à réfléchir en profondeur à vos traumatismes et à ceux des autres ainsi qu’aux moyens par lesquels vous pourriez les surmonter.

Finalement, à travers les portraits sensibles de grands écrivains meurtris mais résilients, Boris Cyrulnik célèbre lui-même la puissance créatrice née de la souffrance. Son récit, empreint d'humanité, est un vibrant hommage à cette force qui sommeille en tout être abîmé. Une lecture salutaire et inspirante.

Les points forts et points faibles du livre "La nuit, j’écrirai des soleils" de Boris Cyrulnik

Points forts :

La richesse des sources et des références qui offrent un regard croisé pertinent (science, littérature, histoire) sur la résilience par l'écriture.

Des exemples variés et captivants tirés du vécu de l’auteur et de celui de grands auteurs et compositeurs.

Le sujet poignant et passionnant.

Point faible :           

L’auteur se répète parfois et a tendance à perdre par moments le fil de son raisonnement, mais cela ne nuit pas au plaisir de la lecture ni à son intérêt intellectuel.

Certains passages sont complexes, moins fluides.

Ma note : ★★★★★

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  1. "L’obstacle est le chemin"

Titre original : “The Obstacle is the Way – The Ancient Art of Turning Adversity to Advantage”

Par Ryan Holiday, 2018 (édition française), 256 pages.

Résumé du livre "L’obstacle est le chemin" de Ryan Holiday

Dans "L'obstacle est le chemin", l'auteur Ryan Holiday, entrepreneur américain, s'inspire de la philosophie stoïcienne pour montrer comment transformer les difficultés en opportunités.

Le livre est structuré en 3 grandes parties. L’auteur décompose ainsi la façon de percevoir les obstacles, d'agir pour les surmonter et de faire preuve de volonté pour en tirer des leçons :

"Percevoir" consiste à voir les choses objectivement pour rester calme.

"Agir" signifie travailler avec ténacité en décomposant les problèmes.

"Vouloir" implique d'accepter l'échec et de toujours se relever.

Aussi, à travers de nombreux exemples historiques, Ryan Holiday décrit comment des personnalités telles que John D. Rockefeller, Amelia Earhart ou Barack Obama ont su tirer parti des circonstances difficiles.

Le message clé du livre "L’obstacle est le chemin" de Ryan Holiday

Les obstacles sont, selon Ryan Holiday, des occasions déguisées. Car si nous les abordons avec la bonne stratégie, ils peuvent nous rendre plus forts et nous conduire au succès. Autrement dit : en changeant notre regard sur les difficultés, les épreuves de vie offrent des opportunités de progresser.

5 conseils clés à suivre pour être résilient face aux épreuves de la vie selon Ryan Holiday

Entraînez-vous à adopter un regard objectif sur les difficultés pour y déceler des opportunités plutôt que de vous apitoyer. Contrôlez vos émotions.

Face à un problème, établissez un plan d'action détaillé, testez des solutions avec opiniâtreté et maintenez votre élan vers l'avant. La persévérance finit toujours par payer.

Acceptez les échecs éventuels et soyez mentalement prêt à rebondir immédiatement pour en tirer des leçons. Consentez avec humilité à ce qui vous dépasse.

Canalisez vos frustrations liées aux obstacles et transformez cette énergie négative en carburant pour atteindre vos objectifs.

Adoptez un état d'esprit pragmatique et rusé : évitez les actions frontales vouées à l'échec et exploitez habilement la moindre opportunité sur votre route.

Mon avis sur le livre "L’obstacle est le chemin" de Ryan Holiday

Inspiré de la philosophie stoïcienne, "L’obstacle est le chemin" est un livre qui n’a rien de rébarbatif ni théorique comme certains pourraient le craindre.

Au contraire, c’est une lecture stimulante, motivante et très accessible. L’auteur vous montre comment intégrer les principes stoïciens dans votre quotidien pour, grâce à une autre perception, l’action et la volonté, faire de chaque problème une opportunité.

En cela, c’est un ouvrage que je conseille à tous ceux qui aimeraient être plus résilient et rester déterminé face aux épreuves de la vie.

Les points forts et points faibles du livre "L’obstacle est le chemin" de Ryan Holiday

Points forts :

Le style dynamique, facile à lire, axé pratique, avec de nombreux exemples et des chapitres courts.

Les anecdotes historiques intéressantes.

L’explication de la pensée stoïcienne, en 3 grands principes.

Point faible :

Certains chapitres manquent de structure claire.

Beaucoup d'exemples liés à la guerre.

Ma note : ★★★★☆

Pour aller plus loin :

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Ces 4 livres inspirants montrent qu’être résilient s'apprend et se cultive. Alors, par quelle lecture commencer pour booster votre capacité à rebondir et renaître face aux épreuves de la vie ? Je vous invite à réagir et à partager vos avis dans les commentaires ci-dessous.

Faites-nous part aussi de votre livre "coup de cœur" sur le thème de la résilience. Vos témoignages pourront soutenir d'autres lecteurs en recherche d'inspiration.

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Mon, 12 Aug 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12937/Comment-tre-rsilient-lart-daffronter-les-preuves-de-la-vie-en-4-livres-essentiels
Quiz compétences en leadership : Évaluez votre potentiel de leader http://www.olivier-roland.fr/items/view/12931/Quiz-comptences-en-leadership-valuez-votre-potentiel-de-leader

Le leadership n’est pas réservé aux grandes figures publiques. Il commence dès l’enfance, que ce soit en organisant un match de football, en prenant l’initiative lors d’une sortie entre amis, ou en gérant des projets au travail. Notre « Quiz compétences en leadership » vous invite à découvrir comment ces moments ont façonné votre potentiel de leader […] Cet article Quiz compétences en leadership : Évaluez votre potentiel de leader est apparu en premier sur Des livres pour changer de vie.

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Wed, 07 Aug 2024 18:20:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12931/Quiz-comptences-en-leadership-valuez-votre-potentiel-de-leader
Quiz connaissances des outils d’intelligence artificielle http://www.olivier-roland.fr/items/view/12930/Quiz-connaissances-des-outils-dintelligence-artificielle

L’intelligence artificielle (IA) transforme rapidement notre monde, et s’adapter à ces changements est essentiel. Ce quiz explore vos connaissances des outils d’intelligence artificielle, qui révolutionnent la création de contenu, l’analyse de données, et bien plus encore. Maîtriser ces technologies est crucial pour rester compétitif dans un paysage numérique en constante évolution. Êtes-vous prêt à tester […] Cet article Quiz connaissances des outils d’intelligence artificielle est apparu en premier sur Des livres pour changer de vie.

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Tue, 06 Aug 2024 19:24:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12930/Quiz-connaissances-des-outils-dintelligence-artificielle
Quiz confiance en soi : Mesurez l’estime en vous-même http://www.olivier-roland.fr/items/view/12926/Quiz-confiance-en-soi-Mesurez-lestime-en-vous-mme

La confiance en soi se façonne dès le plus jeune âge, influencée par notre parcours familial, les encouragements reçus et les mentors qui nous prennent sous leur aile. Qu’il s’agisse de prendre la parole en classe, de se lancer dans de nouveaux défis ou de défendre ses idées, ces expériences nous construisent. Pour évaluer votre […] Cet article Quiz confiance en soi : Mesurez l’estime en vous-même est apparu en premier sur Des livres pour changer de vie.

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Tue, 06 Aug 2024 12:06:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12926/Quiz-confiance-en-soi-Mesurez-lestime-en-vous-mme
Apprendre à s’organiser, c’est facile ! http://www.olivier-roland.fr/items/view/12920/Apprendre-sorganiser-cest-facile-

Résumé de "Apprendre à s'organiser, c'est facile !" de Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt : un manuel en quatre parties pour vous aider à vous organiser, que vous soyez étudiant, freelance ou même à la retraite — avec une foule d'exercices pratiques et de bons plans, of course !

Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt, 2008 (2017), 351 pages.

Chronique et résumé de "Apprendre à s'organiser, c'est facile !" de Stéphanie Bujon et Laurence EInfalt

Introduction

Que vous ayez trop d'activités à effectuer, pas assez de temps pour tout faire ou trop d'informations à traiter, "il existe une solution", affirment les auteures d'une seule voix !

Cette solution, vous la trouverez dans les lignes de cet ouvrage composé de quatre parties, chacune ayant un objectif propre :

La première partie vous enseigne la méthode de base à suivre, quel que soit le problème ;

La deuxième partie vous aide à aller plus loin sur le chemin de l'organisation de votre vie ;

Ensuite, la troisième partie s'adresse à des profils spécifiques, de l'étudiant au retraité ;

Enfin, la quatrième partie porte sur des situations précises, du nettoyage à l'organisation d'une réunion, par exemple.

"De l'information brute à la mise en œuvre de l'action, notre méthode vous accompagne et vous oriente. Il n'est absolument pas question de robotiser votre vie quotidienne, loin de là. À chaque étape, vous faites de vrais choix, qui sont loin d'être "automatiques"." (Apprendre à s’organiser, c’est facile !, Introduction)

Petit à petit, vous apprendrez à prendre les bonnes décisions et à les intégrer naturellement dans votre vie. Comme le rappellent tous les bons coaches de vie, vous avez la responsabilité de mener votre vie et c'est donc à vous d'assumer les choix que vous ferez en faveur — ou non — de l'organisation.

Alors, prêt à apprendre à mieux vous organiser ? Si c'est le cas, continuez votre lecture ! ;)

Première partie — La méthode

Chapitre 1 : Avant de vous lancer

À l'origine des émotions pénibles : des ampoules

Chaque expression que nous employons dans le cadre de nos projets et de notre organisation est comme une ampoule qui s'allume dans notre cerveau :

"Il faut que je…" ;

"tiens, si je…" ;

"Un jour, je…" ;

"Il est urgent de…" ;

Etc.

Ampoule ! Souvent, ce sont de véritables "guirlandes" d'ampoules que nous trimbalons dans notre tête tout au long de la journée. Mais nous ne trouvons pas cela très joli ; en fait, chaque illumination agit comme une alarme, comme une "notification", pour reprendre le langage des téléphones mobiles.

Mais que sont-elles ? En fait, ce sont "des engagements que vous prenez avec vous-même". Dès que vous ne passez pas à l'action, c'est comme si vous ne respectiez pas ce mini "contrat" que vous aviez passé avec vous-même.

Résultat : vous pouvez être déçu et vous pouvez avoir l'impression que vous ne pouvez pas vous faire confiance. Ce serait dommage de perdre confiance en soi, alors que l'intention était bonne !

Nous ne pouvons pas toujours maîtriser ces ampoules : ni quand nous les allumons, ni quand nous les éteignons. Parfois, elles s'allument même "toutes seules" en pleine nuit ! Cela vous fatigue. Et pour une bonne raison : votre cerveau n'est pas capable de gérer tous vos engagements. Il lui faut l'aide d'un système externe.

La solution : un système externe fiable "anti-ampoules"

La liste de choses à faire et les papiers collés partout sur votre bureau sont comme les ancêtres de ce système — ou sa version basique, dirons-nous. Mais pour passer de l'intention à l'action (bref, apprendre à éteindre correctement toutes nos ampoules), il faut souvent quelque chose de plus solide que cela !

L'enjeu : mettre un peu d'ordre dans ce débordement de choses à faire, d'informations et de temps qui passe (trop vite). La méthode : un système externe en 5 étapes. Mode d'emploi ⬇️.

Une méthode en 5 étapes

Voici les cinq étapes qui seront détaillées dans la suite de cette partie :

Récolter les ampoules ;

Réfléchir à ce que vous voulez en faire ;

Organiser le résultat de vos réflexions ;

Vous tenir à jour ;

Et enfin… agir !

Les auteures proposent un glossaire des expressions qu'elles utilisent dans l'ouvrage pages 11-12. En voici trois à titre d'exemple :

3PA = "acronyme de Plus Petite Prochaine Action, c'est-à-dire, en vue d'un résultat désiré, la plus petite action que je peux faire maintenant, pour progresser vers mon but. Pour la trouver, se poser la question : "Si je m'y mettais maintenant, qu'est-ce que je ferais, physiquement, tout de suite ?" (p. 11)

Boîte = corbeille ou autre contenant qui permet de recueillir les "ampoules" au quotidien, sous toutes leurs formes, c'est-à-dire documents écrits, pense-bêtes, objets, messages électroniques, vocaux, etc." (p. 11).

Réserve = "ensemble des informations que l'on décide de garder pour le jour où on en aura besoin" (p. 12) ;

Etc.

Votre matériel

Les auteures optent pour un mode "physique" d'organisation plus qu'high tech. Elles vous proposent de vous munir de :

Au moins trois "boîtes" (selon le sens donné ci-dessus) ;

Papier-crayon ou écran-clavier, peu importe (mais si vous optez pour le papier, privilégiez un cahier ou des classeurs pour ordonner les notes) ;

Fournitures de bureau standard (des trombones aux ciseaux, etc.) ;

Titreuse (appareil pour créer des étiquettes) ;

Chemises cartonnées (en quantité) ;

Une poubelle ;

Un agenda.

Chapitre 2 : Récolter les ampoules

La journée est remplie d'ampoules que nous notons à la va-vite ou que nous pensons pouvoir mémoriser. Dans l'un ou l'autre cas, elles finissent souvent par être perdues ou oubliées. Conséquence : nous n'avons pas agi comme prévu.

Pourquoi regrouper les ampoules ?

Première raison : pour donner une chance à des projets non urgents, mais importants (comme apprendre un instrument, appeler un ami ou faire un check-up santé) d'avoir une place dans notre emploi du temps.

Deuxième raison : pour savoir où les informations se trouvent. Autrement dit : réduire les supports (papiers volants, mémoire défaillante, email, etc.) à un endroit dédié à tous les "je dois…".

Troisième raison : pour ne pas avoir à y penser plusieurs fois — c'est-à-dire ne pas se laisser déranger par certaines ampoules au mauvais moment et ainsi éviter cette impression de débordement constant.

Quatrième raison : pour éviter de (trop) faire confiance à sa mémoire. Autant s'aider d'un système externe quand nous le pouvons.

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Thu, 25 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12920/Apprendre-sorganiser-cest-facile-
Quiz vivre son rêve : êtes-vous prêt à passer à l’action ? http://www.olivier-roland.fr/items/view/12932/Quiz-vivre-son-rve-tes-vous-prt-passer-laction-

Avez-vous déjà pris un moment pour vous demander si vous possédez tous les bons atouts pour vivre votre rêve ? Dans notre société moderne, nous sommes souvent encouragés à poursuivre nos aspirations et à ne jamais cesser de rêver. Pourtant, la réalisation de ces rêves nécessite bien plus que de simples souhaits. C'est précisément ce que le "Quiz Vivre Son Rêve" propose d'explorer.

Qu'est-ce que le test "Comment vivre son rêve" vous apportera ?

Les 10 questions de notre Quiz Vivre Son Rêve révèlent 3 éléments clés qui détermineront vos chances d'atteindre votre objectif, et aident à identifier où vous devez développer des compétences :

Clarté et alignement : Votre rêve est-il clairement défini et en phase avec votre personnalité ? Préparation et engagement : Avez-vous l'expérience et l'engagement nécessaires pour atteindre votre rêve ? Adaptation et apprentissage : Êtes-vous prêt à apprendre et à vous adapter constamment pour réaliser votre rêve ?

Quiz Vivre Son Rêve : 10 questions pour connaitre votre potentiel de réussite

  1. Pouvez-vous décrire votre rêve simplement, en une phrase, sans devoir y penser ? Oui, sans hésitation Oui, mais j'ai besoin de quelques secondes Pas vraiment, j'ai besoin de réfléchir Non, je ne peux pas

Pourquoi c'est important : Cela aide à clarifier et à simplifier votre objectif principal.

  1. Est-ce que votre rêve s'aligne avec votre personnalité ? Par exemple, être propriétaire d’un bistro demande de l’entregent. Oui, parfaitement Oui, mais avec quelques ajustements Pas vraiment, mais je peux m'adapter Non, pas du tout

Pourquoi c'est important : Il est essentiel que votre rêve corresponde à vos traits de caractère et à vos compétences naturelles.

  1. Avez-vous acquis de l'expérience professionnelle associée à votre rêve ? Avez-vous déjà travaillé dans un poste connexe à votre rêve ? Oui, beaucoup d'expérience Oui, un peu d'expérience Pas encore, mais j'ai des connaissances théoriques Non, aucune expérience

Pourquoi c'est important : L'expérience pratique peut vous donner un aperçu réaliste et des compétences nécessaires pour atteindre votre objectif.

  1. Pratiquez-vous des éléments de votre rêve plusieurs fois par semaine ? Oui, tous les jours Oui, plusieurs fois par semaine Oui, mais de façon irrégulière Non, rarement

Pourquoi c'est important : La régularité et la pratique sont clés pour progresser vers votre rêve.

  1. Êtes-vous prêt à sacrifier quelque chose d’important dans votre vie pour atteindre votre rêve ? Par exemple, si votre rêve est de devenir un grand chef, vous devrez sans doute changer de ville. Êtes-vous prêt à faire ce genre de sacrifice ? Oui, sans hésitation Oui, mais cela dépend de la situation Peut-être, mais je suis encore indécis(e) Non, je ne suis pas prêt(e)

Pourquoi c'est important : Atteindre un rêve demande souvent des compromis et des sacrifices.

  1. Avez-vous un talent inné associé à votre rêve ? Par exemple, avoir un restaurant demande une grande capacité de leadership et de gestion. Est-ce votre cas ? Oui, j'ai ce talent Oui, mais je dois encore le développer Pas vraiment, mais je peux apprendre Non, je n'ai pas ce talent

Pourquoi c'est important : Identifier vos talents innés peut vous aider à maximiser vos chances de succès.

  1. Avez-vous énuméré les étapes et les micro-étapes nécessaires pour atteindre votre rêve ? Oui, tout est planifié Oui, mais il reste encore des détails à peaufiner J'ai une idée générale, mais rien de précis Non, je n'ai pas encore planifié

Pourquoi c'est important : Une planification détaillée vous aide à rester sur la bonne voie et à mesurer vos progrès.

  1. Qu’est-ce qui motive votre rêve ? Une passion profonde et durable Un fort intérêt et des encouragements extérieurs Une motivation modérée et variable Une motivation faible ou incertaine

Pourquoi c'est important : Comprendre votre motivation profonde peut vous aider à rester engagé et déterminé.

  1. Est-ce que vous prenez en compte l'évolution des tendances et des technologies par rapport à votre rêve ? Oui, je suis toujours à jour Oui, la plupart du temps Parfois, mais pas systématiquement Non, rarement ou jamais

Pourquoi c'est important : Rester à jour avec les tendances et les technologies peut vous donner un avantage compétitif.

  1. Dans la dernière année, avez-vous développé activement vos connaissances associées à votre rêve ? Par exemple, lire des livres à ce sujet, participer à des événements comme des foires ou des conférences, écouter des podcasts ? Oui, régulièrement Oui, de temps en temps Rarement Non, je n'ai rien fait de tel

Pourquoi c'est important : Continuer à apprendre et à se développer est crucial pour atteindre et maintenir le succès. De plus, ces actions sont un indicateur de votre sérieux.

    Voir le résultat

Merci d'avoir pris part à notre quiz vivre son rêve. Quel que soit le vôtre, sachez que vous pouvez l'atteindre. Il suffit que vous soyez bien préparé, que vous soyez capable de prendre des risques et de passer à l'action.

Votre résultat aux "Quiz Vivre Son Rêve" n'est pas à la hauteur de vos attentes ?

Il est normal qu'une personne ne soit pas consciente des gestes et des compétences nécessaires pour atteindre son rêve. Ce qui distingue ceux qui réalisent leurs rêves de ceux qui se contentent de rêver, c'est l'acquisition de connaissances et la capacité à passer à l'action. Voici 4 résumés de livre qui vous aideront à atteindre votre cible :

Le Why Café Forcez votre destin Changer d’état d’esprit Changer sa vie : la méthode des Petites Habitudes  

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Tue, 23 Jul 2024 19:16:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12932/Quiz-vivre-son-rve-tes-vous-prt-passer-laction-
Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans http://www.olivier-roland.fr/items/view/12918/Maintenant-ou-jamais-La-vie-commence-aprs-40-ans

Résumé de "Maintenant ou jamais! La vie commence après quarante ans" du Dr Christophe Fauré : Plutôt qu'une crise, le psychiatre Christophe Fauré voit dans la période du milieu de vie, entre 40 et 55 ans, une chance de se connecter à notre vraie nature profonde. Et bien que déstabilisante, cette transition naturelle vers plus d'authenticité recèle, selon lui, un fort potentiel d'épanouissement à condition toutefois d’être bien appréhendée.

Par Christophe Fauré, 2020, 336 pages.

Chronique et résumé de "Maintenant ou jamais! La vie commence après 40 ans" du Dr Christophe Fauré

Introduction: Le territoire méconnu du milieu de la vie

Le Dr Christophe Fauré est un psychiatre et psychothérapeute français. Il commence son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" en nous plongeant dans le quotidien d'Isabelle, 47 ans, venue le voir en consultation. La patiente raconte connaître un sentiment de vide intérieur persistant. Pourtant, Isabelle semble avoir tous les ingrédients du bonheur : un mari aimant, des enfants épanouis, un travail passionnant. Mais alors, d'où vient donc ce trouble existentiel ?

En fait, l'auteur explique qu'Isabelle traverse - comme beaucoup d'entre nous - ce qu'il appelle "la transition du milieu de vie". Ainsi, dit-il, entre 40 et 55 ans, nous entrons dans une phase naturelle de remise en question, imperceptible de l'extérieur. Notre identité construite durant la première moitié de notre vie ne nous correspond plus. Et cela, bien sûr, interroge: qui sommes-nous en train de devenir ?

Le Dr Christophe Fauré entend d’abord briser les clichés de la fameuse "crise de la quarantaine". Selon lui, loin d'être une crise, cette période recèle, au contraire, des opportunités d'accomplissement personnel. Certes déstabilisante, la transition du milieu de vie est avant tout, affirme-t-il, une période de transformation intérieure profonde.

Aussi, à travers le livre"Maintenant ou jamais! La vie commence après quarante ans", l'auteur nous propose une feuille de route. Une feuille de route pour traverser sereinement ce passage turbulent. Couple, enfants, travail, parents âgés... il explore toutes les facettes touchées de notre quotidien.

Son objectif ? Nous révéler à nous-même, à notre authenticité. Car bien négociée, notre "midlife crisis" a le pouvoir de nous connecter à notre lumière intérieure. Et ainsi, peut-être trouverons-nous des réponses qui nous échappaient depuis longtemps...

Chapitre 1: Une "crise" au milieu de la vie ?

Le Dr Christophe Fauré commence le premier chapitre de "Maintenant ou jamais. La vie commence après quarante ans" en expliquant l’origine du mythe tenace de la "crise de la quarantaine".

Celui-ci, indique-t-il, prend sa source dans un article de 1965 du psychologue Elliot Jaques. Il est ensuite repris par Daniel Levinson et Roger Gould, deux chercheurs alors en plein questionnement existentiel. Le concept finit par se populariser dans les années 70, via le best-seller "Passages : Predictable Crises of Adult Life" de la journaliste Gail Sheehy.

Mais récemment, des études ont battus en brèche cette notion, observe l’auteur.

En effet, pour le Dr George Vaillant par exemple, ces "crises" correspondent simplement aux aléas de la vie d'adulte. Aussi, la vaste enquête "MacArthur Foundation" vient confirmer que la fameuse crise de la quarantaine/cinquantaine ne toucherait en fait que... 8 % des quadragénaires !

Finalement, 50 ans après son apparition, le concept de "crise du milieu de vie" s’avère scientifiquement infondé, lance l’auteur. Les difficultés vécues ne sont pas liées à l’âge, mais bel et bien liées aux épreuves de l'existence.

1.1 - Une transition, pas une crise

Une étape de croissance

Ainsi, contrairement aux idées reçues, la période du milieu de vie n'est pas une "crise", insiste le Dr Christophe Fauré. C’est un processus naturel de développement. Au même titre que l'adolescence: tout comme le corps de l'adolescent change, l'adulte traverse des transformations sur les plans physique, psychologique et spirituel.

Résister, source de difficultés

De plus, ce n'est pas cette transition en elle-même qui pose problème, mais le refus conscient ou inconscient de la reconnaître et de l'accueillir. Et selon l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", c’est cette résistance, et non le processus, qui peut générer des complications.

Toutefois, ajoute l’auteur, quand elle est bien appréhendée, cette période recèle, en fait, un fort potentiel d'épanouissement.

Vers plus d'authenticité

L’auteur liste ensuite, avec détail, les nombreuses caractéristiques de cette transition du milieu de vie.

En voici cinq majeures :

Le questionnement existentiel: ces questions génèrent une certaine confusion, qui peuvent, même quand on est très entouré, provoquer un sentiment de grande solitude intérieure.

L’insatisfaction vis-à-vis de sa vie actuelle: "De façon plus ou moins consciente, on commence à remettre en question ce qu’on a vécu jusque-là, en réévaluant parfois la pertinence des valeurs ou des principes de vie qui ont guidé notre existence. Tout en reconnaissant objectivement que ces "boussoles" ont été bénéfiques, on a parfois l’impression que certaines ne sont plus tout à fait adaptées à la personne qu’on est en train de devenir" écrit l’auteur.

Le désir de changement: vers quelque chose de neuf, nouveau, voire plus excitant, l’envie de découvrir une autre façon de vivre, "avec la conscience d’un temps désormais compté pour s’ouvrir à ces nouveaux horizons".

Une forme d’ennui et de perte d’identité.

Un sentiment d’urgence à laisser notre empreinte dans ce monde et l’envie de consacrer plus de temps à ce qui fait sens.

En somme, l'adulte aspire à plus d'authenticité, à donner davantage de sens à son existence.

Mais, encore une fois, termine l’auteur, même si le chemin est parsemé d'embûches, le milieu de vie est une promesse d'accomplissement.

1.2 - Le processus d’individuation

Dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", le Dr Christophe Fauré explique que, selon le psychanalyste Carl Jung, le milieu de vie correspond à l'émergence d'un processus psychique naturel appelé "l'individuation".

Il s'agit là d'une dynamique intérieure qui nous pousse à redevenir aligné avec notre véritable essence.

Il indique que l'individuation est un processus en 5 étapes. Au fur et à mesure de ces étapes, nous allons lâcher notre "personnage social" pour révéler la personne authentique tapie au fond de nous.

Et si nous l’accueillons consciemment, ce processus, bien que déstabilisant, est extrêmement positif. Il nous rend acteur de notre propre transformation et nous confronte à nos peurs pour mieux les dépasser. Car l'individuation est une promesse : celle de devenir pleinement nous-même.

1.3 - Les cinq étapes du processus d’individuation

Première étape : s'accommoder au monde

Le Dr Christophe Fauré explique ici que, durant l'enfance et l'adolescence, nous développons ce qu’on appelle une "Persona", autrement dit une sorte de masque social qui nous permet de nous intégrer à notre environnement. Ainsi, nous sélectionnons certains comportements et en écartons d'autres. Et ceci, dans le but d’obtenir l'amour et la reconnaissance dont nous avons besoin.

Nous sommes alors dans la phase "d'accommodation" au monde extérieur. Cette étape est nécessaire mais nous conduit parfois à refouler des parts de nous-mêmes jugées socialement inadaptées.

Ces parties de soi refoulées forment notre "Ombre". Cette dernière se compose à la fois d'éléments sombres et de potentiels créatifs non exploités.

Et pour le Dr Christophe Fauré :

"Même si l’Ombre est le réceptacle de nos pulsions les plus dangereuses ou les plus viles, il s’y trouve également nos rêves à peine ébauchés, nos projets pas assez nourris, nos aspirations abandonnées ou étouffées sous l’emprise de la peur, de la négligence, de la raison, des contraintes extérieures, de l’absence d’encouragements… Ce qui n’a jamais pu trouver sa place dans notre vie, à quoi on n’a pas laissé sa chance, attend dans l’Ombre, patiemment, en silence… Mais tout cela dort d’un sommeil léger : le "non-choisi", la "vie non vécue", cherche toujours à se faire entendre.

Au milieu de notre vie, nous commençons à en percevoir plus distinctement le murmure. L’Ombre commence à montrer le bout de son nez. De ce lieu intérieur nous arrivent des vagues de nostalgie qui résonnent parfois douloureusement, comme un appel lointain de ce que nous sommes et que nous n’avons pas encore choisi d’être…"

Deuxième étape : la prise de conscience

Vers 40-50 ans, survient une remise en question de notre Persona, devenue trop étriquée. On pressent qu'elle n'est qu'un masque derrière lequel se cache notre véritable essence.

Ce temps de doutes est le signal que notre processus d'"individuation" vers plus d'authenticité est en marche.

Troisième étape : le face-à-face avec le réel

"Un jour, on se retrouve dans une sorte de no man’s land psychologique. La troisième étape est un temps de confrontation à ce qui s’élève en soi - la confrontation à un réel qu’il devient impossible de nier" fait observer l’auteur.

S'installe alors une période de fragilité et de confusion. On ne sait plus qui l'on est vraiment. C'est un peu comme un deuil de la personne que l'on a cru être. Heureusement, ce trouble annonce, sans que nous le sachions, l'émergence de dimensions plus profondes de notre être.

"Ce qu’il y a de troublant dans le vécu de cette troisième étape, c’est le parfum de deuil qui s’en dégage - comme si cette inquiétude latente, cette sourde et indéfinissable angoisse ou cette insécurité préfigurait une mort à venir. En vérité, quelque chose est bien en train de mourir. Comme nous avons dû mourir à nous-même, lorsque nous étions enfant, pour devenir adolescent, nous devons aujourd’hui mourir à la personne que nous avons été : ce qui meurt est cette partie de nous si puissamment identifiée à cette Persona que nous nous sommes construite autrefois. Nous sommes réellement touchés et affectés par ce "décès". […]  

Mais ce n’est qu’une impression, si effrayante soit-elle. Il est beaucoup plus juste de dire que c’est une illusion qui est en train de mourir - une illusion de soi - et cela va libérer de la place pour que s’installe en nous davantage d’authenticité. Cette "mort" symbolique va rendre possible le déploiement d’autres dimensions de notre être. Ainsi, ce qui nous déprime lors de la transition du milieu de la vie est moins le deuil de notre jeunesse (comme on le croit trop souvent) que celui de la personne que nous avons cru être."

Quatrième étape : s'ajuster à soi-même

Les interrogations commencent à s'apaiser. On accepte mieux ce processus et l'on s'ajuste en douceur via de subtils changements. C'est le temps des prises de conscience, du recentrage sur l'essentiel et de la reconquête de notre liberté intérieure.

Cinquième étape : devenir soi-même

Dernière étape : l'"individuation", autrement dit l'intégration apaisée, pleine et entière de toutes les dimensions de notre être.

Nous devenons plus souple, plus nuancé et l'on assume mieux les différentes facettes de notre personne. Le but ? Permettre l'émergence de notre "Soi" fondamental, cette part divine enfouie en nous. En le révélant à lui-même, nous nous révélons aussi à nous-même, confie l’auteur.

Viennent ensuite les concepts-clés de Soi et Moi définis par le psychanalyste Carl Jung : "La première moitié de la vie pourrait donc se comprendre comme un mouvement du Soi "intérieur" inconscient vers un Moi "extérieur" conscient" énonce le psychiatre.

Puis, le docteur précise :

"La transition du milieu de la vie est donc le point charnière entre les deux mouvements (de l’intérieur  vers  l’extérieur, puis de l’extérieur vers l’intérieur) : c’est le moment où s’articulent deux aspects différents de notre vie, par l’inversion de deux puissants mouvements psychiques. C’est pour cette raison qu’il est parfois si chaotique et source d’instabilité intérieure : des forces d’une incroyable puissance sont en jeu. Ces forces modifient en profondeur la vision que nous avons de nous-même, en faisant surgir dans notre conscience des dimensions que nous ne soupçonnions pas.

Cela induit immanquablement un déséquilibre dans notre identité, qui doit se déstructurer partiellement et se reformer pour intégrer ces nouvelles composantes. En définitive, c’est le moment de notre existence où nous commençons à sortir d’un état psychique fragmenté pour tendre vers un état psychique plus unifié."

Le premier chapitre de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" conclut par une réflexion sur la dimension universelle de cette quête intérieure au cœur des grandes traditions spirituelles de l'humanité.

Puis, l’auteur termine en résumant : loin d'être une crise, le trouble du milieu de vie est en fait le signe heureux que nous entrons en contact avec l'essence lumineuse de notre être. Le mieux est donc de l'accueillir pour cheminer vers plus de plénitude :

"Le  mal-être que nous pouvons ressentir au milieu de notre vie est paradoxalement la meilleure chose qui puisse nous arriver : il signe le fait que nous sommes en relation directe avec une partie extrêmement saine de nous-même - une dimension de notre être qui nous convie à plus de complétude. Ce trouble intérieur est la salutaire expression de cette nostalgie de nous-même où nous nous languissons de nous retrouver et où nous percevons, sans l’ombre d’un doute, notre besoin de "rentrer à la maison". Ne commettons pas l’erreur d’y être sourd - ou, pire encore, de chercher à l’étouffer."

Chapitre 2 : Accueillir en soi le meilleur de soi-même

Nous venons de l’observer dans le premier chapitre, au milieu de notre vie émerge souvent une impérieuse quête de soi. Par ailleurs, note l’auteur, c’est fréquent que nous n’ayons pris que très peu soin de nous-mêmes depuis des années.

La transition que nous traversons nous offre alors une chance, assure l’auteur : cesser cette auto-négligence devenue source de tensions insidieuses et comprendre le processus à l’œuvre pour tendre vers l’apaisement.

2.1 – Trois conseils pour bien vivre ce temps d’intégration

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" développe ici en quoi la transition du milieu représente un temps d’intégration. Il partage 3 conseils pour respecter et bien traverser cette étape.  

Prendre son temps

La transition du milieu de vie demande patience. Car elle n’est pas "l’affaire de quelques semaines" mais dure, en général, plusieurs années.

Avant de changer radicalement de vie, il est primordial de prendre le temps de la réflexion. Au minimum 6 mois à 1 an. Céder à l'urgence engendre souvent des décisions hâtives aux conséquences fâcheuses.

"Il est donc capital, prévient l’auteur, de ne pas brûler tous les ponts derrière soi, de ne pas tout dynamiter, en se ménageant des solutions de repli si on réalise soudain qu’on fait fausse route. […] Ne l’oublions pas : nous avons affaire à un processus intérieur naturel qui a son propre rythme : il n’est pas linéaire ; il ne peut être ni raccourci ni accéléré."

Accepter sa vulnérabilité

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" nous met ensuite en garde : le processus d’individuation est un processus de métamorphose intérieure qui nous rend plus fragile.

À l'image du crabe qui mute, un temps de retrait est nécessaire pour consolider sa nouvelle identité naissante, loin des prédateurs.

Quelques jours de solitude, de l'écriture ou un suivi psychologique peuvent y aider.

"Quels que soient les moyens utilisés, ils ont la même finalité : prendre un temps de pause et de réflexion pour laisser mûrir le processus. C’est ce que traverse la chenille quand elle s’apprête à devenir un papillon : elle a besoin d’entrer dans le silence de sa chrysalide et de se retirer du monde ; c’est dans l’obscurité, la solitude et la protection de son cocon que s’effectue sa métamorphose ; elle respecte le rythme naturel qui préside à sa croissance."

Identifier ses résistances

Le Dr Christophe Fauré décrit ici les mécanismes inconscients qui, malgré notre désir de changement, freinent notre élan :

La projection de la responsabilité sur autrui : "ce n’est pas moi le problème, c’est l’autre !"

L’évitement des problèmes : "je slalome entre les obstacles, je n’ai même pas mal".

L’anesthésie par diverses addictions : "je me déconnecte pour ne pas penser".

La passivité : "je n’ai pas envie de me prendre la tête".

Prendre conscience de ces résistances est un préalable pour avancer.

2.2 – La peur, moteur de la résistance au changement | 3 points clés

À mi-chemin de notre vie, nous hésitons à remettre en question ce que nous avons construit. Par crainte d'ouvrir la "boîte de Pandore" et de faire face à l'inconnu.

Pour le psychiatre Christophe Fauré, il est alors important de reconnaître et de comprendre ce qui se joue dans ces peurs pour évoluer.

Voici les 3 points clés développés dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" à ce sujet :

Redouter de quitter sa zone de confort

Le connu est rassurant, le prévisible sécurisant. Normal donc d'aspirer à la stabilité. Mais, poussé à l'extrême, nous devons savoir que cela bloque toute évolution.

L’auteur nous fait observer à ce propos que, par peur de l'inconnu, certains s'opposent au mouvement naturel de transformation intérieure à l’œuvre. Or, en agissant ainsi, ils restent prisonniers de leur zone de confort, au risque de le regretter amèrement plus tard.

Appréhender le regard des autres

Le regard des autres pèse lourd lorsque l'on s'apprête à changer. Craignant incompréhension et jugement, nous redoutons de déplaire à nos proches ou de les froisser si nous opérons des transformations qui les affectent.

Cette peur sournoise du conflit avec ceux qui comptent dans notre vie peut totalement tétaniser nos élans de changement, aussi légitimes soient-ils. Combien de rêves ou d'aspirations avons-nous étouffés dans l'œuf par crainte des réactions de notre entourage ?

Heureusement, le Dr Christophe Fauré nous rassure : gagnant en maturité et en assurance au milieu de notre existence, nous devenons moins dépendants du regard des autres. Leur approbation n'est plus ce sésame vital qui conditionne chacun de nos pas.

Cet affranchissement progressif peut nous rendre plus audacieux pour explorer de nouveaux territoires, même si cela dérange nos proches. Bien sûr, leur ressenti mérite considération. Mais ce surcroît de liberté psychique autorise désormais des prises de risque inédites.

Osons donc cultiver ce précieux détachement.

Identifier ses fausses croyances

Nos peurs se nourrissent de nos convictions erronées, intégrées depuis l'enfance.

La transition qui s’opère en milieu de vie est alors l'occasion de réexaminer ces croyances limitantes sur nous-mêmes. Car sans cette remise en question courageuse, nos peurs et nos blocages perdureront. Prenons donc la décision de faire ce "nécessaire retour" sur nous-même, invite l’auteur.

2.3 - Toute résistance est-elle négative ?

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" révèle ici pourquoi la résistance au changement n’est pas nécessairement négative. Elle a même parfois, affirme-t-il, "toute sa raison d’être".

En effet, parfois, elle :

Protège des décisions trop hâtives :

En freinant nos élans, la résistance au changement nous invite à examiner plus posément ce qui doit vraiment être transformé dans notre vie.

"Si vous sentez que quelque chose "frotte" intérieurement, alors que vous vous apprêtez à prendre une décision importante, n’adoptez pas nécessairement une attitude de défiance vis-à-vis de ce signal intérieur ; n’y voyez pas systématiquement l’expression d’une peur à dépasser : ce n’est pas toujours le cas. Il peut y avoir une forme de sagesse dans la résistance à céder […]. Toute la difficulté est de rester le plus lucide possible, afin de faire la distinction entre peur et sagesse, car force est de constater que, trop souvent, c’est la peur qui nous gouverne quand s’impose à nous la nécessité du changement."

Aide à prendre le temps d'intégrer :

Opérer des changements signifie renier ou abandonner une facette de soi à laquelle on s'est identifié pendant longtemps. Il est donc normal que cela ne puisse se faire du jour au lendemain.

Le psychiatre prend ici l'exemple de Nadine, une patiente. Dire "non" quand on le lui demandait était impensable durant son enfance, sous peine de ne plus exister aux yeux de sa mère et de perdre son amour. Nadine s'est ainsi construite avec l'idée qu'elle devait se plier aux exigences d'autrui pour être aimée.

Aujourd'hui, il lui faut réapprendre à faire des choix libres et éclairés dans son propre intérêt. Mais désapprendre des réflexes acquis pendant des décennies et se défaire de croyances aussi enracinées demande beaucoup de temps. Et cette transition vers plus d'authenticité suit rarement une trajectoire linéaire. Des allers-retours sont inévitables. Il est donc bon de respecter le rythme de cette intégration progressive pour la rendre sereine et pérenne.

2.4 - Agir malgré la peur

La transition du milieu de vie génère des bouleversements qui peuvent légitimement faire peur. On quitte nos repères et notre zone de confort pour s'aventurer vers l'inconnu.

Face à ce vertige, la tentation est grande de reculer et de renoncer à évoluer, observe le Dr Christophe Fauré. Pourtant, le psychiatre nous encourage à faire preuve de courage. Autrement dit, à avancer malgré la peur, à faire ce qui nous effraie, agir en dépit de l'angoisse qui nous tenaille.

Ce n'est pas facile, mais contrairement à ce que croient beaucoup de personnes, il ne faut pas nécessairement avoir confiance en soi pour sauter le pas. En réalité, lance l’auteur, c'est tout le contraire : la confiance en soi nait de nos actes courageux. Plus nous affrontons nos peurs et nous prouvons que l'on peut y arriver, plus nous gagnons en assurance.

Ainsi, en cultivant petit à petit notre courage et notre témérité face à l'adversité, nous construisons les bases d'une estime de nous-mêmes durable. Et nous nous garantissons par la même occasion une seconde partie de vie sans regret, où nous n'aurons pas à nous reprocher notre lâcheté.

Le message, dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" est donc le suivant : même terrifié, fonçons ! Notre audace sera récompensée.

2.5 - L’intégrité

Au milieu de notre parcours de vie, assure le Dr Christophe Fauré, nous prenons conscience que les différentes sphères de notre existence (vie professionnelle, familiale, relations amicales, épanouissement personnel, etc.) sont intimement liées et s’influencent mutuellement. Mais nous réalisons aussi que nous avons souvent négligé l’une de ces dimensions et que cela nous a appauvri.

La bonne nouvelle, c’est que, pour le psychiatre, la période de transition vers la maturité est idéale pour pallier à cela. Pour révéler les zones d’ombre de notre vie, ces pans que nous avons délaissés, et leur redonner vie. Elle est plus précisément "une invitation à prendre en compte toutes les dimensions de notre être, afin de les réunir en un tout cohérent" écrit le Dr Christophe Fauré.

Et en prenant soin de nourrir harmonieusement tous les aspects de notre personne, les efforts entrepris dans un domaine auront des répercussions positives partout ailleurs, assure l’auteur.

Chapitre 3 : Le corps et ses messages

Le troisième chapitre de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" porte sur le corps vieillissant, comme miroir du temps qui passe, et sur la difficulté que cela peut représenter.

Car en effet, nous dit le Dr Christophe Fauré, au milieu de la vie, le corps change et ne répond plus tout à fait à nos attentes. Les exemples qu’il mentionne racontent les ravages du temps que nous constatons, non sans dépit, à ce moment-là : perte de performances physiques, relâchement cutané, prise de poids.

Autrefois allié fiable et séducteur, le corps devient le témoin impitoyable de notre avancée en âge. Un miroir dans lequel il est parfois difficile de soutenir notre propre regard.

Alors comment apprivoiser ce vieillissement ?

3.1 - Un support d’identité

Le Dr Christophe Fauré commence par expliquer comment, quand notre corps se transforme avec l’âge, notre perception de nous-mêmes est ébranlée.

Notre corps est, en effet, le support de notre identité depuis l'enfance. Vers 50 ans, ses transformations peuvent alors être vécues comme une mort sociale douloureuse. Et plus notre persona s'est construite autour de l'apparence physique, plus ce déclin est difficile. Dans ce cas, perdre ses attributs de séduction fracture l'estime de soi. On peut aussi avoir l’impression de se "dématérialiser" sous les regards indifférents.

3.2 – Comment réagissons-nous ?

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" décrit alors les différentes attitudes que l’on peut observer face à ce corps qui vieillit.

La quête d’authenticité

Heureusement, le vieillissement nous pousse souvent à explorer d'autres aspects de soi, longtemps délaissés. En apprenant à exister au-delà des attributs physiques, nous gagnons en profondeur et en authenticité. Nos proches sont alors touchés par l'émergence de notre vraie nature.

L’abandon de soi

À l'inverse, d'autres délaissent leur corps avec excès, par manque d'estime d'eux-mêmes ou dans la reproduction de schémas parentaux négligents. Incapables de compenser la perte de leur principal support narcissique, ils sombrent alors dans "l'auto-abandon". Mais le corps finit toujours par présenter l'addition, stipule l’auteur. Il faudra alors renouer le dialogue avec lui et panser nos blessures intérieures.

Le refuge dans la maladie

Au milieu de la vie, il arrive aussi que des personnes acculées par une pression psychologique ou affective insoutenable, ou le sentiment de ne plus trouver de sens à leur existence se réfugient dans la maladie. Ne sachant comment faire face à l'effondrement de leur Persona et à l'émergence de pans refoulés, ces personnes s'enferment dans une pathologie, physique ou psychique.

C'est ce que le Dr Françoise Millet-Bartoli appelle la "maladie refuge".

Des maux ou des symptômes physiques comme des migraines, crises de coliques néphrétiques, troubles digestifs, spasmophilie surviennent alors. Ce sont des manifestations d'un trop-plein intérieur que le mental n'arrive plus à contenir.

Ces syndromes ont souvent une origine psychogène : la douleur physique facilite l'expression d'émotions bloquées. En effet, il est socialement plus acceptable de se plaindre d'une rage de dents que d'avouer sa colère rentrée. C'est en fait le corps qui exprime à notre place ce que nous n'osons formuler autrement, indique le Dr Christophe Fauré.

Par ailleurs, le statut protecteur de "malade" peut également combler un vide identitaire. Le problème, c’est que cela empêche souvent tout travail sur soi. Heureusement, parfois, ces maux finissent par livrer leur message ! La maladie devient, dans ce cas, une voie d'accès à notre for intérieur et encourage à l'introspection. Comme ce patient, Richard, qui découvre après un cancer la personne orgueilleuse et fermée aux autres qu'il était devenu. Si la prise de conscience n'induit pas toujours une guérison, concède le Dr Fauré, elle ouvre la porte à une paix intérieure libératrice.

La fuite en avant

Ceux qui n'existent que par leur enveloppe charnelle peuvent surinvestir désespérément leur corps pour contrer les outrages du temps, quitte à opter pour de lourds sacrifices.

Le Dr Christophe Fauré racontent ici le récit de plusieurs femmes. C'est le cas de Caroline qui multiplient les opérations de chirurgie esthétique. Selon lui, derrière ce leurre se cache souvent un manque d'estime de soi abyssal, hérité d'une enfance douloureuse.

Avant de changer notre apparence, l’auteur nous invite alors à examiner nos motivations : par exemple, la perte de désir de notre conjoint révèle-t-elle un problème dans notre couple ? Il est crucial d’être lucide sur nos intentions profondes, insiste l’auteur.

Car certes, l'arsenal médical peut atténuer les marques de l'âge. Mais sans recul, ces gestes superficiels peuvent nous éloigner de notre quête d'authenticité, affirme le psychiatre. À l'inverse, pratiquer une activité sportive peut traduire un réel désir de se prendre en main.

L’essentiel finalement est d’être au clair sur ses intentions.

3.3 - Se mettre à nu

Observons notre reflet dans le miroir avec bienveillance, conclue ici le psychiatre : trop souvent négligé ou maltraité, notre corps mérite respect ! Et s'il envoie des signaux de détresse via la douleur, sachons les écouter !

"La prochaine fois que vous serez dans votre salle de bains, regardez-vous nu dans le miroir. Ne détournez pas les yeux, même si un peu de gêne s’élève en vous. Réalisez que, trop souvent, vous n’avez pour votre corps que peu de considération, même si, en apparence, vous faites attention à lui. Vous l’avez facilement contrôlé durant la première moitié de votre vie, en le pliant à votre volonté pour qu’il vous serve sans broncher. Désormais, c’est une autre histoire : si vous ne lui accordez pas suffisamment de soin, d’attention et de respect, c’est lui qui va commencer à prendre le contrôle de votre vie. Il risque de vous imposer ses limites, en réponse à la négligence ou aux agressions multiples que vous lui avez peut-être fait subir."

Notre corps est le fidèle allié qui nous accompagnera pendant plusieurs décennies encore, alors prenons-en soin avec une alimentation saine et du sport. Et en apprenant à l'aimer, à reconnaître sa beauté unique, c'est également notre estime de nous-mêmes qui grandira.

Alors adressons-lui, chaque jour, notre gratitude.Il n'est jamais trop tard pour commencer ! termine l’auteur.

Chapitre 4 : Le couple et l’amour

Le quatrième chapitre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" revient sur les changements qui se produisent dans notre couple et les relations amoureuses au milieu de vie.

Car plus âgés, les partenaires ne sont plus ceux qu'ils étaient à leur rencontre. "L'amour a mis des lunettes" écrit joliment le Dr Christophe Fauché. Plus mûrs, plus lucides sur eux-mêmes, de puissants changements intérieurs s'opèrent. Même célibataire, le processus d'individuation transforme nos aspirations : et si la relation de couple n'était plus la clé du bonheur ?

4.1 - Vivre à deux la transition du milieu de vie

Un processus pas toujours synchrone

L’auteur commence par nous rappeler qu’au milieu de la vie, les partenaires ont évolué ; leur relation repose moins sur la passion que sur la complicité.

Un vaste ensemble de repères conscients et inconscients en fait [l’auteur parle de la relation de couple] un pilier essentiel de votre existence. L’amour-passion n’est peut-être plus au rendez-vous, mais une douce affection et un profond attachement l’un envers l’autre ont pris le relais. Pour nombre de couples parvenus au milieu de la vie, l’intensité émotionnelle s’est souvent estompée pour laisser place à plus d’intimité et de sécurité relationnelle, source d’une calme complicité.

On découvre aujourd’hui d’autres facettes du mot "aimer", d’autres façons de communiquer, dans une meilleure compréhension et une meilleure acceptation de qui est l’autre. De même, sans vous le formuler explicitement ou sans même en avoir pleinement conscience, vous percevez votre conjoint comme celui ou celle qui va, avec un peu de chance, vous accompagner jusqu’à votre dernier souffle. C’est également en cela que la relation est vécue comme importante et précieuse, car elle a le pouvoir de mettre à distance la peur de vieillir… et de mourir… seul.

Pour autant, le processus d'individuation qui s'amorce peut déstabiliser le couple. Chacun mute à son rythme. Si l'on ne saisit pas que ces mouvements intérieurs sont simultanés mais pas synchrones, des incompréhensions peuvent alors naître.

Attention aux projections

Facile alors de vouloir rendre l'autre responsable de notre mal-être, fait remarquer le Dr Christophe Fauré. Pourtant, continue-t-il, ce sentiment diffus préexistait souvent à la relation.

Il est alors important de réaliser que notre partenaire ne peut combler tous nos manques. Une part du travail nous revient.

Redéfinir le projet conjugal

Le milieu de vie, c’est, pour beaucoup d’entre nous, la période où le couple parental s'efface. Il est alors temps d'investir la dimension conjugale.

Sans tout chambouler, l’auteur nous invite à échanger sur nos aspirations respectives avec notre conjoint. Car selon lui, cela donne un nouvel élan à la relation. Et nous possédons déjà un socle solide pour le faire.

"L'enjeu est de définir ou de redéfinir ensemble un projet de couple. […]. Les ajustements se font spontanément si votre relation a été jusque-là harmonieuse. Il est même possible que la transition du milieu de la vie soit l’occasion de vous retrouver l’un l’autre, alors que vous vous étiez un peu perdus de vue. De fait, vous pouvez compter sur de solides acquis ; vous n’en êtes plus aux premiers temps de votre relation où les fondations de votre couple étaient encore fragiles : vous avez construit ensemble tellement de choses, noué tellement de liens avec vos proches et vos amis, traversé tellement de crises ou de périodes houleuses que vous disposez aujourd’hui d’un capital humain et relationnel qui constitue un socle de qualité."

Le psychiatre poursuit :

"La transition du milieu de la vie invite à rechercher une nouvelle authenticité dans la relation, une nouvelle intimité, une nouvelle raison de se choisir : se choisir par rapport à ce qui émerge de nouveau chez l’un et chez l’autre, mais aussi se rechoisir par rapport à ce qui existe et que l’on souhaite préserver. En effet, les raisons qui ont poussé à se choisir autrefois ne sont plus tout à fait les mêmes que celles qui poussent à se re-choisir aujourd’hui. Il y a des attitudes ou des comportements de votre conjoint dont vous ne voulez plus. Il y a des compromis que vous n’avez plus envie de faire.

Le Dr Christophe Fauré conclut alors :

" Il est alors grand temps de mettre cartes sur table et d’en parler le plus constructivement possible."

De l'art de la conciliation

Le Dr Christophe Fauré souligne que des changements intérieurs s’opèrent aussi chez notre partenaire simultanément aux nôtres. Il est alors essentiel de les accueillir tout en restant disponible à nous-même.

Selon le psychiatre, l'enjeu est de cultiver une relation intime, sans pour autant tomber dans une dépendance affective malsaine. Plutôt que d'attendre passivement que nos besoins soient devinés, affirmons-les avec assertivité ! Ne laissons plus nos frustrations putréfier le terreau conjugal.

Faire une place aux désirs émergents

Revendiquer plus fort nos aspirations personnelles (liées au processus d’individuation), peut engendrer des tensions au sein du couple, reconnaît le Dr Fauré. Son conseil pour les apaiser ? Cultiver des projets communs fédérateurs, tout en aménageant des espaces d'épanouissement individuel pour chaque partenaire.

À l'image du funambule qui avance en oscillant, l'auteur préconise d'instaurer une saine alternance entre rapprochement et prise de distance, entre intimité partagée et liberté revendiquée. Selon lui, ce subtil jeu de balancier serait la clé d'une relation équilibrée et épanouie.

4.2 - Un temps pour se rechoisir

Le Dr Fauré explique ici que nous sommes attirés par des partenaires exprimant des qualités refoulées en nous. Ils incarnent nos pans de vie "non choisis" et répondent à notre quête de complétude.

Mais en réintégrant ces dimensions via le processus d'individuation, ils nous paraissent, à présent, moins "nécessaires". D'où des tensions.

Alors, au lieu de reprocher à l'autre de ne plus nous combler, l’auteur nous encourage à accepter qu’il ne puisse pas répondre à tous nos besoins. Débarrassé du poids de nos attentes déçues, notre partenaire apparaît différemment. Et de là peut naître un nouvel élan :

"C’est là que pointe un nouvel enjeu de la transition du milieu de la vie : dégager la relation de la charge de nous rendre "entier" et la laisser exister pour ce qu’elle est, comme la cerise sur le gâteau de notre vie. La relation devient alors un "plus" qui embellit notre existence, en l’affranchissant de la lourdeur de notre besoin d’exister via notre conjoint(e). Elle cesse d’être perçue comme une béquille à nos (supposées) défaillances personnelles. Libérée de ce fardeau et de ces écrasantes attentes, la relation peut véritablement prendre son envol et nous enseigner le véritable sens du mot "amour"."

4.3 - La relation extraconjugale au milieu de la vie

Pour le Dr Christophe Fauré, la conjonction entre une relation déjà en souffrance et le questionnement existentiel propre à cette transition qu’est le milieu de vie peut favoriser l’infidélité. Et plus particulièrement, le fameux "démon de midi", terme pour qualifier dans le langage populaire, "une relation amoureuse entre une personne d’un certain âge et une autre souvent plus jeune".

Avant de tirer des conclusions hâtives et de tout remettre en cause, le psychiatre nous suggère plutôt de comprendre ce qui se joue dans ce type de relation.

Car pour lui, derrière la différence d’âge séduisante, se cachent, en réalité, des aspirations plus profondes, communes à beaucoup, chez l’homme comme chez la femme. Celles-ci peuvent être, par la quête de sens face à la prise de conscience du temps qui passe, la peur panique de vieillir, un besoin viscéral de continuer à plaire et séduire, etc.

Toutefois, concède l’auteur, si la différence d'âge est propice au fantasme, le décalage générationnel, grisant au départ, devient vite un obstacle. La personne infidèle finit le plus souvent par réaliser qu’elle ne pourra jamais combler par procuration ce vide intérieur et ces aspirations inassouvies.

Une douloureuse mais salutaire prise de conscience ! Car après la déflagration de cette "bombe" relationnelle, de nombreux couples parviennent à se reconstruire sur des bases plus saines, autour d'une compréhension approfondie de leur fonctionnement singulier.

4.4 - Divorcer au milieu de la vie

Malgré les difficultés, nombreux sont ceux qui franchissent le pas du divorce à 45-55 ans, las d’une relation qui s’est essoufflée.

Outre l’angoisse de ne plus plaire, il faut accepter de quitter un confort matériel et émotionnel durement acquis sans savoir ce qui nous attend. Et sans compter le coût financier ou la culpabilité de faire souffrir ses proches.

Pourtant, le Dr Christophe Fauré voit dans cette rupture une opportunité de rebondir et de s'accomplir. Comme le suggère l'idéogramme chinois "crise", le danger côtoie ici l'opportunité. À nous de savoir la saisir.

Le ressentiment ou l'incompréhension sont souvent au rendez-vous. Aussi, le psychiatre nous invite à considérer ce temps du célibat comme un sas de retour à soi, où panser nos blessures avant d'explorer de nouveaux possibles. Rien ne sert de brûler les étapes par peur panique de la solitude. Une relation épanouie avec soi-même est la garantie d'une rencontre réussie, souffle l’auteur.

4.5 - Commencer une relation au milieu de la vie

Nombre de célibataires rêvent, après plusieurs années de solitude ou une relation brisée, de vivre à nouveau une belle histoire. Mais passé 50 ans, la peur de ne plus plaire, avec un physique moins avantageux et le fardeau des désillusions vécues, sape bien des élans.

Sans compter le poids du passé : après des années de vie commune, il n’est pas aisé de se lancer dans une nouvelle histoire.

Alors, comment raviver la flamme de l'espoir ?

Selon le Dr Christophe Fauré, la clé, c’est la confiance en soi.

Selon lui, en apprenant à s'aimer pleinement, avec nos forces et nos fragilités, nous devenons rayonnants ! Un travail psychothérapeutique, mais aussi une remise en question de nos habitudes de vie, peuvent y aider. Car il n'est jamais trop tard pour devenir la plus belle version de nous-mêmes, rappelle l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans".

Mais alors où rencontrer l'âme sœur ?

Si la famille ou les amis restent de formidables intermédiaires, Internet s'est imposé pour des millions de gens.

Certes, la magie opère rarement derrière un écran. Mais accepter ce pas, aussi artificiel soit-il, permet bien souvent une première rencontre déterminante.

Ainsi, en dépit des a priori, les sites ont le mérite de favoriser la mise en relation. Charge à nous, par la suite, de provoquer l'étincelle ! Et si cette persona virtuelle cachait l'être d'exception que nous cherchons depuis si longtemps ? La technologie moderne pourrait bien avoir le dernier mot sur le romantisme...

Chapitre 5 : Les relations avec les enfants et les parents

Dans le chapitre 5 de son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré montre en quoi la transition du milieu de vie est une véritable rencontre avec notre for intérieur.

Il nous fait observer que, loin d'être un processus solitaire, celle-ci impacte et métamorphose aussi beaucoup nos relations avec nos proches, notamment nos enfants et nos parents.

5.1 - L’adolescence, une autre mutation

L'auteur constate d’abord que l'adolescence des enfants coïncide souvent avec notre propre remise en question existentielle de parents quadragénaires.

Or, durant ces années-là, les règles du jeu changent à une vitesse vertigineuse. On peine à suivre le tempo, le chaos s’installe ! Nos ados nous snobent et nous malmènent sans vergogne, quand nous-mêmes sommes fragilisés par nos mutations intérieures, et donc beaucoup plus vulnérables à leurs sautes d'humeur.

Difficile dans ce contexte de continuer à assumer sereinement notre rôle de parents, consent l’auteur. D’autant que derrière chaque crise d’adolescence perce la nostalgie de l’enfant câlin et obéissant que nous avons tant chéri.

Alors comment traverser l’orage ?

Pour le Dr Christophe Fauré, la réponse est claire : en maintenant coûte que coûte le dialogue, en osant la confidence sincère, pour rétablir une relation d’adulte à adulte empreinte de respect. Même si notre adolescent fait mine de ne pas écouter, il comprend plus qu’on ne l’imagine. Ces marques de considération pacifient bien des rapports explosifs !

5.2 - Quand les enfants quittent la maison

Et puis vient le moment tant redouté du départ définitif de nos petits. Si les mères sont culturellement préparées à ce "syndrome du nid vide", ce serait finalement les pères qui souffriraient le plus de l’abandon.

Mais des études récentes dédramatisent ce passage obligé : en effet, investis dans d’autres sphères, finalement, il semblerait que, nous, pères et mères, vivions plutôt ce départ comme un soulagement. Et la relation avec nos grands enfants gagnerait même en maturité une fois le cordon coupé !

"Les enfants manquent à leurs parents, c’est indéniable - mais, sur la base des recherches que j’ai menées auprès de ces parents, ce qui se passe en réalité est à l’opposé du syndrome du nid vide. La majorité des parents font part d’une plus grande liberté, d’une reconnexion avec leur partenaire et de davantage de temps disponible pour se consacrer à leurs propres activités ou hobbies."

Reste que, pour nous parents, cette séparation est porteuse d’un subtil deuil qu’il nous faut accueillir et panser avec douceur, confie l’auteur. Il nous faut composer avec le manque, tout en célébrant fièrement l’envol de nos oisillons vers leur vie d’adultes épanouis. Et parfois, la distance est trop douloureuse. Il est alors capital d’oser en parler et énoncer nos besoins.

"Son départ peut s’accompagner d’une réelle dépression ou d’un pénible sentiment de perte desens. Alors il faut se poser cette question : "Est-ce que le départ de mes enfants est la seule et unique raison de mon désarroi ?" Ce départ peut effectivement faire caisse de résonance avec d’autres pertes ou questions existentielles qui s’imposent à vous aujourd’hui."

5.3 - Construire une autre relation avec vos parents

Inévitablement, la remise en question du milieu de vie réactive aussi notre histoire familiale. Le miroir aux alouettes de nos parents vole en éclats : derrière le vernis des souvenirs rejaillissent les blessures mal cicatrisées de notre enfance.

Le Dr Christophe Fauré nous invite alors à réévaluer nos parents avec compassion. À voir en eux des êtres cabossés, conditionnés par leur propre éducation. Des rêveurs contrariés qui ont fait de leur mieux, mais n’en ont pas moins reproduit auprès de nous leurs schémas limitants.

Pour l’auteur, identifier ces blocages hérités qui nous entravent encore est le premier pas vers la liberté. Nous pouvons choisir de ne pas répéter à notre tour ces schémas avec nos propres enfants. Et de vivre, pleinement, cette vie qui est la nôtre.

5.4 - Devenir le parent de son parent

Ironie de cette période de milieu de vie : il n’est pas rare, poursuit l’auteur, de devoir endosser un rôle de soutien auprès de nos parents, au moment même où nous sentons nos forces décliner. Or, rien ne nous a préparé à ce renversement des rôles, à devenir le parent de ce père ou de cette mère âgé.e ou dépendant.e autrefois si puissant.e. Outre la fatigue, ce renversement des rôles réactive souvent des rancœurs enfouies.

Pourtant, aussi exigeant soit-il, accompagner la vieillesse de nos parents est aussi une opportunité de leur rendre l’amour inconditionnel jadis reçu. Pour le Dr Christophe Fauré, ce dévouement guérit parfois les blessures.

Mais dans tous les cas, prévient-il, ne nous oublions pas : au sein de la "génération sandwich", pensons à nous ressourcer !

5.5 - Perdre un parent au milieu de la vie

Entre 45 et 60 ans, la mort d’un parent n’a rien d’improbable, rappelle l'auteur.

Là-aussi, le deuil est l’occasion de revisiter le passé. Cette relecture parfois douloureuse que nous en faisons est une période propice pour tenter d’apaiser les blessures relationnelles, même si nous avons parfois le sentiment qu’il est trop tard.

Lorsqu’ils perdent leurs parents, certains ressentent même étrangement un certain soulagement à se libérer d'une emprise ou figure écrasante. Cela n’a rien d’incompatible avec le manque et la peine, précise l’auteur, comme dans cet exemple :

"Je peux enfin vivre ma vie, reconnaît Victor, 54 ans, après le décès de son père. Je l’aimais et je sais qu’il m’aimait, là n’est pas la question - mais je me sentais toujours soumis à son approbation. C’était très subtil, mais très présent en même temps. Aujourd’hui, même s’il me manque et que je pleure son départ, je me sens plus libre intérieurement que je ne l’ai jamais été."

Quoi qu'il en soit, cette perte nous confronte à notre propre finitude. À nous désormais, d’y puiser de quoi donner un sens profond au temps qu’il nous reste à vivre...

Chapitre 6 : La vie professionnelle

Au sommet de leur carrière, de nombreux quadragénaires sont saisis par un profond questionnement existentiel.

Ce questionnement est à écouter avec discernement et courage. C’est ce que l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" propose d’étudier dans ce nouveau chapitre.

6.1 - Au sommet… et au creux de la vague

Le Dr Christophe Fauré décrit ici un paradoxe courant : au zénith de leur carrière, de nombreux  quadragénaires se sentent étouffés et insatisfaits dans leur travail. Une étude internationale pointe ce creux psychologique autour de 50 ans. Malaise d'autant plus fort que notre société valorise beaucoup le succès professionnel, en particulier chez les hommes.

Mais derrière les apparences, certains réalisent tardivement avoir trop investi leur travail, souvent pour combler un manque affectif. Forcés de constater que le Graal de la réussite sociale ne les transporte plus, la désillusion est là. Et ils sombrent.

De plus, cette transition est aussi le moment de faire le deuil de certains rêves professionnels irréalisables :

"Autant de deuils que nous devons bon gré mal gré intégrer : nous ne serons jamais membre du conseil d’administration de notre entreprise, nous ne serons pas reconnu comme le meilleur journaliste de notre rédaction, nous n’obtiendrons jamais telle promotion… Mais, au bout du compte, avons-nous toujours envie de cela ? Peut-être. Peut-être pas."

Pour l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", heureusement, après un passage obligé dans la zone de turbulences, les choses finissent par s'apaiser. À condition d’avoir su écouter les appels intérieurs du processus d'individuation.

Nous réalisons alors que nous pouvons opérer des changements en douceur, sans tout bouleverser. L'essentiel étant de se recentrer sur l'authenticité et la quête de sens qui nous animent au plus profond.

6.2 - Redéfinir sa vie professionnelle au milieu de la vie

Heureusement, nous rassure l'auteur, il n'est pas trop tard pour opérer un virage à 180° et se réorienter vers des rivages qui chantent à notre âme. Les "quadras" disposent même de sérieux atouts : recul, connaissance de soi, vécu... Attention toutefois à ne pas céder aux sirènes de la précipitation et du fantasme, prévient le psychiatre.

Ainsi, nous devons identifier clairement la source de nos frustrations. C’est primordial ! lance le Dr Christophe Fauré. De même, nos aspirations profondes méritent que nous les examinions : quelles valeurs voulons-nous incarner ? Où puiser l'épanouissement ? Dans quel secteur nos talents apporteront-ils de la valeur au "collectif" ?

Une fois la direction fixée, il nous faut accepter l'exigeant travail de la maturation intérieure et extérieure. Rédaction du CV, formation complémentaire, gestion financière... Tout est affaire de planification, de patience et de détermination.

Mais le jeu en vaut la chandelle, promet le psychiatre : en domptant nos peurs archaïques, nous dessinerons peu à peu les contours du professionnel épanoui enfoui en nous. Et trouverons enfin notre juste place !

Chapitre 7 : Enrichir sa vie

Le chapitre 7 du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" évoque l’évolution de notre vie personnelle, de nos priorités.

Car si notre mode de vie fonctionnait hier, des ajustements s'imposent peut-être aujourd'hui :

""Ce qui était vrai ou important au matin de notre vie peut cesser de l’être dans son après-midi", écrit Carl G. Jung. Certains aspects de votre vie qui fonctionnaient bien autrefois fonctionnent peut-être moins bien aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que vous avez fait fausse route. Non, vous avez simplement évolué, mûri et modifié vos priorités et vos axes de vie. Il vous est demandé aujourd’hui de construire un pont sur l’avenir. D’un côté, il va s’appuyer fermement sur ce que vous avez construit de bon et de solide durant la première moitié de votre vie ; de l’autre, il va s’étayer sur ce que vous avez envie de faire de votre existence dans sa seconde moitié."

Ainsi, notre quête sera de donner plus de sens et de saveur aux années restantes. Et pour y parvenir, ouvrons-nous avec confiance à tous les possibles qui s'offrent à nous, clame l’auteur.

7.1 - Les 4 axes de transformation personnelle

Dans la première partie du chapitre 7 du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré nous propose quatre axes pour opérer une transformation personnelle positive.

1er axe : Continuer, ajuster, arrêter, initier

L’auteur suggère d'appliquer ces quatre actions dans sept domaines clés de notre vie, à savoir à :

Notre relation au corps,

Notre partenaire,

Nos enfants,

Nos parents,

Notre travail,

Nos loisirs,

Notre vie spirituelle.

Cela offre 28 possibilités concrètes d'amélioration.

Par exemple, pour notre corps, on peut continuer à se faire masser pour s'apaiser, ajuster notre alimentation pour la rendre plus saine, arrêter de fumer et initier une nouvelle activité physique.

2ème axe : Se montrer le plus concret et le plus spécifique possible.

Le psychiatre souligne qu'il est essentiel d'être le plus concret et le plus spécifique possible dans nos objectifs pour leur donner une chance de se réaliser.

En effet, un objectif vague comme "Je veux être plus serein" a peu de chances d'aboutir. Il vaut mieux planifier précisément les étapes à franchir comme faire du yoga deux fois par semaine.

3ème  axe : Hiérarchiser ses priorités et leur donner la primauté

Nous ne pouvons pas tout accomplir simultanément. Nous devons alors apprendre à ordonner nos désirs par ordre d'importance, même si renoncer à certains n'est pas aisé. Et assurons-nous que nos nouveaux choix reflètent nos aspirations actuelles, non celles d'autrefois.

4ème axe : Se fier à sa boussole intérieure

Enfin, le Dr Christophe Fauré indique que nous pouvons évaluer si nous sommes sur la bonne voie grâce à notre "boussole intérieure" : si on se sent plus heureux, apaisé, plein d'énergie positive ou de bien-être, c'est qu'on avance dans la bonne direction, en phase avec nos aspirations profondes. L'essentiel est de trouver la voie qui nous libère intérieurement.

7.2 - La créativité pour enrichir votre vie

Le psychiatre met ensuite l'accent sur l'importance de la créativité pour donner un nouvel élan à la seconde moitié de sa vie.

Il cite une étude démontrant que la créativité connait deux pics au cours de la vie : autour de 20 ans et autour de 50 ans. Contrairement aux idées reçues, la cinquantaine n'est donc pas trop tard pour exprimer sa créativité.

Le Dr Christophe Fauré partage de nombreux exemples inspirants de personnes qui se sont lancées dans une activité créative à mi-parcours : apprendre la musique, créer un blog, militer dans une association, cuisiner la gastronomie du monde, refaire la décoration de sa maison selon les principes du feng shui...

Il souligne qu'il ne faut pas se limiter et ne pas croire que seuls les artistes talentueux ont le droit de créer. Tout le monde peut laisser libre cours à son imagination, et ce, dans de multiples domaines.

L'auteur termine en nous invitant à répondre à un questionnaire très complet pour faire le point sur nous-mêmes. Quels sont nos rêves d'enfance abandonnés ? Nos aspirations actuelles ? Nos talents non exploités ? Quels sont nos projets ? Qu'aimerions-nous devenir ? Autant de pistes pour insuffler une nouvelle dynamique créative à cette deuxième partie de notre vie.

7.3 - Les apports de la psychologie positive pour enrichir la vie

Le Dr Christophe Fauré présente ici la "psychologie positive". En gros, cette approche scientifique vise à étudier ce qui va bien chez un individu plutôt que ses difficultés.

Aussi, l’auteur du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" explique que selon cette théorie, une vie heureuse repose sur 3 piliers. Cette vie doit être :

Plaisante : faite de loisirs et d'émotions positives.

Engagée : avec un investissement dans un projet qui nous motive.

Pleine de sens : en accord avec nos valeurs.

Les deux fondateurs de cette école ont aussi identifié 24 forces et vertus universelles comme, par exemple, la créativité, la curiosité, le courage, l’intelligence émotionnelle... Celles-ci sont développées en annexe du livre. Ici, l'idée est de repérer nos 5 forces dominantes pour les cultiver.

L'auteur présente ensuite une étude prouvant l'efficacité de méthodes issues de la psychologie positive contre la dépression. Parmi les exercices : noter chaque jour 3 événements positifs vécus et exprimer sa gratitude de façon précise pour certaines choses.

Il souligne que l'intérêt de la psychologie positive est qu'elle nous offre des outils concrets, validés scientifiquement, pour devenir acteur de notre propre bonheur et de notre accomplissement personnel.

7.4 - Vous faire accompagner pour enrichir votre vie

L’auteur fait part ici de l’intérêt que nous aurions à nous faire accompagner lors de notre transition du milieu de vie pour en retirer tous les bienfaits.

En effet, pour lui, le passage du milieu de vie est une occasion unique de grandir qu’il ne faut pas laisser passer. Mais il est aussi, souvent, solitaire car notre entourage ne vit pas forcément la même chose. L'idée est donc de trouver un espace de parole pour partager nos questionnements existentiels.

Dès lors, plusieurs options s'offrent à nous :

La thérapie, individuelle ou de couple, peut aider à y voir plus clair. Attention cependant à choisir un thérapeute qui connaisse bien les enjeux du milieu de vie.

Les groupes de parole entre pairs sont aussi très enrichissants pour confronter nos expériences.

Des stages de développement personnel permettent d'explorer de nouvelles voies.

Le mentorat ou le coaching apportent un regard extérieur précieux et stimulant.

Quelle que soit la formule, l'auteur insiste sur l'importance de ce processus pour nous ouvrir à ce qui était enfoui en nous et que nous n'osions pas regarder.

Chapitre 8 : Quête de soi, quête de sens | La spiritualité au milieu de la vie

Le dernier chapitre du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" commence par une histoire saisissante pour introduire le sujet de la quête spirituelle, étudiée dans cette dernière partie du livre :

Viktor Frankl, médecin, a 39 ans quand il est déporté à Auschwitz. Cette terrible expérience lui permet d'élaborer une théorie sur le sens de la vie : contrairement aux plus robustes, il observe que ce sont les plus faibles qui résistent le mieux. Pourquoi ? Parce que ces derniers savent développer une vie intérieure qui laisse la place à l'espoir et qui questionne le sens.

De retour des camps, le Dr Frankl fonde alors ce qu’on appelle la "logothérapie". Cette thérapie se base sur l’idée que les troubles psychiques résultent d'un vide existentiel. Car, comme Carl Jung, Viktor Frankl pense que l'être humain est en quête constante de sens et transcendance.

Pour l’auteur, c’est bien ce désir profond d'une existence riche de sens, réponse à notre aspiration à la plénitude, qui s’éveille au milieu de notre vie. Et cette quête relève, dit-il, de notre dimension spirituelle.

8.1 - Qu’entend-on par "spiritualité" ?

Voici les idées principales que commence par exposer l’auteur du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" pour mieux comprendre ce qu’est cette dimension spirituelle.

Spiritualité Vs religion

L'auteur clarifie d’abord la différence entre "spiritualité" et "religion".

L'étymologie du terme "spiritualité" renvoie à "spiritus", le souffle : la spiritualité a donc trait à ce qui respire en nous, à cet espace de respiration intérieure. On le voit d’ailleurs très bien dans les pratiques méditatives qui utilisent la respiration comme ancrage corporel de cette dimension.

Ainsi, prendre soin de son corps revient à prendre soin de son esprit, rappelle l’auteur. Dans la même idée, se libérer psychologiquement de ses blocages émotionnels et schémas limitants crée un espace intérieur propice au développement spirituel.

La spiritualité, partie intégrante de l’être

Le psychiatre explique ensuite que, contrairement à Freud qui ne voyait pas cette dimension comme essentielle, Jung considérait la spiritualité comme partie intégrante de l'être. Il pensait qu'elle était indispensable à l'équilibre psychique d'un individu.

La spiritualité laïque

Le Dr Servan-Schreiber tentait, quant à lui, de définir ce qu'est une "spiritualité laïque", c'est-à-dire sans référence à une religion instituée. Pour lui, il s'agit de la quête d'un sentiment élevé en nous, celle d'un lien créateur à l'univers et au monde. C'est une aventure intérieure qui se nourrit de moments intenses, faits de beauté, de partage ou de solitude. Elle est accessible à tous.

La spiritualité au quotidien

L’auteur souligne enfin que la spiritualité s’ancre dans le quotidien. Elle nous permet alors de voir au-delà de la routine. Elle est spécifique à chacun d’entre nous et à notre propre perception du réel.

Qui dit spiritualité, dit nécessairement chemin intérieur

Si elle s'ouvre à autrui, la démarche spirituelle nécessite d'abord de faire un chemin intérieur, faute de quoi on risque de continuer à s'oublier soi-même, rappelle l'auteur. Un travail psychologique préalable peut alors préparer le terrain de cette quête de sens.

L’auteur raconte avoir lui-même expérimenté ce couplage psychologie + spiritualité pour répondre à ses questions existentielles en se retirant deux ans dans un monastère bouddhiste au mitan de son existence. Il explique ainsi avoir réaliser combien la spiritualité est essentielle à une authentique paix intérieure, et ce, quelle que soit la voie empruntée.

8.2 - Secrets de vie

Dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", l'auteur est allé recueillir les paroles de personnes en fin de vie pour savoir ce qui avait donné sens à leur existence.

Ainsi, de cette enquête, plusieurs points reviennent de façon récurrente, comme par exemple, le fait d’avoir :

Aimé et pris soin de ses proches,

Créé des liens significatifs,

Contribué au bien-être d'autrui,

Fait la paix en soi.

Une autre étude a été menée auprès de 235 personnes jugées "sages" par leur entourage. Celle-ci fait ressortir 5 ingrédients d'une vie réussie, à savoir :

Être intègre et honnête avec soi-même,

Ne laisser aucun regret derrière soi sur ce qu'on a fait ou non de sa vie,

Vivre dans l'instant présent,

Apprendre à aimer et à agir avec bienveillance,

Donner plus que recevoir.

Pour l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", ces thèmes universels indiquent autant de directions spirituelles à explorer, sans affiliation à une doctrine particulière.

Le Dr Christophe Fauré développe alors quelques-unes de ces pistes à travailler :

Être honnête avec soi-même est le pilier du processus d'individuation à mi-parcours de sa vie. Cela passe par l'acceptation sereine de la réalité. Et nécessite de faire la paix avec son passé.

La peur de la mort renvoie souvent à la peur d'une vie non vécue. D'où l'importance de saisir sa vie à pleines mains. Dans cette optique, "se poser", à cette période de notre vie, permet de retrouver la clarté de notre être, masquée par l'agitation. Nous pouvons notamment pratiquer la méditation de pleine conscience : celle-ci apprend à vivre l'instant présent, dans une attention consciente à soi et au monde, confie l’auteur. Pour autant, elle ne suffit pas, continue-t-il : son but ultime est la réalisation de notre Nature profonde et de celle de toute chose. C'est ce qu'on appelle l'Éveil.

Enfin, "aimer" procure un sentiment de sens. En prenant soin de nous dans ce mitan de l'existence, nous devenons plus disponibles aux autres et inspirants pour nos proches. C'est un acte d'amour que de cheminer vers notre meilleur potentiel.

Finalement, au milieu de la vie, la quête spirituelle nous tend la main pour donner corps et substance à notre recherche de sens. Pour le Dr Christophe Fauré, elle vient parfaire, par une dimension verticale, tout le travail horizontal de transformation de soi.

8.3 - Une recette du bonheur ?

Dans cette dernière partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", l'auteur commence par partager deux études. Ces études ont pour but de comprendre ce qui procure le bonheur dans une vie. Ainsi :

La première, menée à Harvard sur 780 hommes durant 75 ans, démontre que nos relations sociales sont la clé du bien-être, quel que soit notre milieu. Plus on entretient des liens affectifs riches, plus on est heureux et en bonne santé.

La seconde étude révèle que le sentiment d'accomplissement provient des actions que nous réalisons au-delà de notre intérêt personnel, de notre investissement pour autrui via des projets éducatifs ou sociaux. Donner semble donc plus essentiel que recevoir.

Donner plus que recevoir

Notre quête de spiritualité au milieu de notre vie nous pousse justement à nous tourner vers le monde. Et au regard des études mentionnées, cet élan vers les autres est positif. En sortant de notre coquille ego, nous pouvons trouver, dans le don de nous-mêmes, ce supplément d'âme qui illuminera notre seconde vie.

Attention tout de même, servir autrui n'est pas une condition sine qua non pour être heureux. Et cela ne demande pas obligatoirement de réaliser des choses extraordinaires ou spectaculaire. Pour l’auteur, ce doit être une question de "vocation", d'appel intérieur qu'il faut assumer et qui doit être source de joie : s'occuper de ses proches, mener une action humanitaire, protéger l'environnement... peu importe.

Transmettre

"La première moitié de la vie est un temps d’acquisition et de construction. Au milieu de la vie, quelque chose s’inverse progressivement et l’idée de restitution ou de transmission prend de plus en plus d’importance. Cela concerne bien sûr la transmission de ce qui a été accumulé au niveau matériel, mais un mouvement beaucoup plus global s’initie souvent en soi, indépendamment d’un patrimoine que l’on pourrait transmettre."

"Transmettre", souligne l’auteur, permet de laisser une trace, d'offrir aux autres ce qu'on est. Et cette transmission de notre essence peut prendre des formes très simples au travers de nos expériences de vie :

"Vous n’avez pas besoin de livrer au monde un héritage d’exception pour y trouver du plaisir et un sentiment de plénitude. Votre héritage peut être le fruit naturel de votre expérience de vie, en tant que parent, en tant que conjoint, en tant que membre de votre communauté. Il peut être le fruit des  circonstances, heureuses ou malheureuses, de votre existence. Là où elles peuvent prendre sens, c’est quand vous parvenez à en extraire l’essence."

Conclusion : Un mot de la fin | Pour que tout commence

Dans la conclusion de son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré s'adresse à nouveau à Isabelle, jeune femme perdue rencontrée au tout début du livre. Elle ne pleure plus désormais, car elle a fait le deuil de son passé. Certes, des questions demeurent mais elle sait à présent qu'une nouvelle chance de vie s'offre à elle, livre l’auteur. Les incertitudes de sa transition de vie ont laissé place à une certitude : "le temps qui lui reste à vivre sera à l’image de ce qu’elle décide d’en faire aujourd’hui".

Certes la tâche est vaste et les doutes légitimes. Mais il s'agit d'avancer, pas à pas, sans exigence de perfection. Des trésors en elle ne demandent qu'à s'éveiller.

Et pour nous également !

C’est pourquoi, l’auteur nous invite, nous aussi, à oser être libre et maître de notre vie pour que, au milieu de notre existence, tout commence enfin à avoir un sens :

"Tout est entre vos mains désormais : prêter attention à votre corps comme vous ne l’avez peut-être jamais fait jusqu’à maintenant, revisiter votre couple avec un regard neuf et aimant, assumer votre solitude, si tel est votre destin".

Pour l'auteur, il s'agit d'"accueillir les opportunités de croissance" que cette période nous offre. Tout comme :

"Construire une autre relation avec vos enfants en voie d’autonomie et vos parents en voie de dépendance, faire courageusement le point sur votre vie professionnelle et aller là où vous n’avez jamais osé aller, trouver comment la dimension spirituelle de votre être peut trouver sa place dans votre existence, oser l’engagement, la curiosité, aller au-devant du nouveau, de ce qui n’a pas encore été vécu ou exploré, pacifier le passé et libérer le présent, ouvrir des portes et en fermer d’autres, sortir des schémas et des croyances qui vous ont bridés ou ont limité votre champ de vie, dire "oui" quand auparavant vous disiez "non", embrasser l’avenir avec confiance, dans une conscience aiguë que cet avenir aura, un jour, une fin."

Enfin, il nous invite à "prendre des risques qui n’apparaissent plus aujourd’hui aussi hasardeux" et à oser : "oser vivre avec courage, la peur au ventre mais la tête dans les étoiles, oser être heureux, oser être une force de changement et d’inspiration dans le monde : voilà à quoi vous invite la seconde moitié de votre vie" conclut-t-il !

Annexe : Les 24 forces en psychologie positive

En annexe de son ouvrage "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré partage 24 forces ou traits positifs de personnalité qui, cultivé(e)s, procurent un sentiment d'accomplissement. Elles se répartissent en 6 vertus.

La sagesse et la connaissance : elles regroupent la créativité, la curiosité, l'ouverture d'esprit, l'amour d'apprendre, la sagesse.

Le courage : il rassemble la bravoure face aux épreuves, la persévérance dans ses projets, l’authenticité dans ses actes et paroles, la vitalité.

La justice : elle implique l'esprit d'équipe et d’entraide, le sens de l'équité et de la justice, les qualités de leader bienveillant.

L'humanité : elle comprend la capacité d'aimer et nouer des liens forts, la gentillesse via des actions bienfaisantes, l'intelligence sociale pour comprendre les autres.

La tempérance : elle exige de pardonner les torts subis, la modestie sans se mettre en avant, la prudence dans ses choix, la maîtrise de soi.

La transcendance : elle nécessite de cultiver le sens du Beau, d'éprouver de la gratitude, d'être optimiste, d'avoir de l'humour, de trouver un sens spirituel à son existence.

Le psychiatre nous invite à identifier nos 5 forces-signatures parmi ces 24 pour orienter nos efforts et trouver l'épanouissement. En les mettant délibérément en pratique dans notre quotidien, nous renforcerons notre bien-être.

Selon l’auteur, cet outil issu de la psychologie positive permet de devenir acteur de son bonheur en développant le meilleur de soi-même.

Conclusion de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" du Dr Christophe Fauré

Les 3 grandes idées à retenir sur le milieu de vie, période entre 40 et 55 ans, selon le livre "Maintenant ou jamais !"

  1. Une transition naturelle vers plus d’authenticité

Tout au long des chapitres du livre, le Dr Christophe Fauré développe l’idée clé suivante : loin d'être une crise comme on le dit souvent, la période de la quarantaine à la cinquantaine correspond en fait à une transition naturelle. Un processus psychique appelé "individuation" s'enclenche alors, qui nous pousse à retrouver notre authenticité. Même s'il peut nous déstabiliser, ce processus s’avère être, selon lui, très positif.

  1. Une période pour redonner du sens à son existence

Pour l’auteur de  "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", cette période de remise en question existentielle est propice à une prise de recul, et à redonner du sens aux différentes facettes de notre vie. Dès lors, le Dr Christophe Fauré nous encourage à opérer des changements, même modestes, afin de recentrer notre vie sur ce qui compte vraiment désormais. L'idée est de se libérer de certains carcans pour être plus aligné avec soi-même.

  1. L’occasion de se réaliser pleinement

Enfin, l'auteur voit dans cette transition du milieu de vie une chance unique de se réaliser pleinement, de révéler des pans de nous-mêmes restés dans l'ombre. En acceptant ce qui émerge en nous, en prenant soin des dimensions négligées, nous pouvons devenir, assure-t-il, la meilleure version de nous-même et trouver un sentiment d’accomplissement.

Ce que la lecture "Maintenant ou jamais !" vous apportera

Le livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" partage de précieux éclairages sur cette période méconnue qu’est le milieu de vie.

Le Dr Christophe Fauré replace cette transition dans une perspective positive et épanouissante, à rebours des clichés anxiogènes de la "crise de la quarantaine".

Aussi, ses conseils concrets nous aident à traverser les turbulences rencontrées tout en impulsant un nouvel élan à votre vie.

Qu’il s’agisse du couple, du travail ou de la spiritualité, cet ouvrage dissipe, en effet, les malentendus du mitan de la vie. On y voit alors plus clair. Et on apprend à aller vers cette aspiration qui nous appelle, à savoir plus d’authenticité.

Les nombreux témoignages et récits de vie et de patients relatés tout au long du livre donnent du rythme aux propos. Comme ils sont très réalistes et parlants, il est, de plus, très facile de s’y retrouver, de s’identifier.

En somme, cette lecture nous permet de comprendre les profonds changements intérieurs à l’œuvre pour les accueillir sereinement plutôt que de leur résister. Surtout, il redonne espoir et confiance pour la suite en montrant comment transformer chaque difficulté en tremplin d’accomplissement.

Points forts :

Démystifie la "crise de la quarantaine" en montrant que c'est une transition naturelle et positive.

Fournit des conseils concrets pour traverser sereinement cette période de changements et redonner du sens à sa vie en se recentrant sur l'essentiel.

Très bien écrit, style parlant ; on sent l'expertise et la bienveillance de l'auteur.

Les récits de vie distillés permettent de s'identifier très facilement et de se sentir moins seul.

Points faibles :

Les propos et conseils sont très axés sur les familles qui suivent un schéma plutôt classique : si vous n'avez pas d'enfants adolescents ou que n'êtes pas en couple depuis des années à l’âge de 40 ou 50 ans, certaines parties ne vous parleront pas.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 22 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12918/Maintenant-ou-jamais-La-vie-commence-aprs-40-ans