Olivier Roland - tagged with Productivit-et-efficacit http://www.olivier-roland.fr/feed en-us http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss Sweetcron o.roland@technosmart.net L’art des listes http://www.olivier-roland.fr/items/view/12978/Lart-des-listes

Résumé de "L’art des listes | Simplifier, organiser, enrichir sa vie" de Dominique Loreau : cet ouvrage nous invite à faire des listes pour nous reconnecter à l'essentiel, stimuler notre créativité, nous alléger et donner du sens à notre vie, en abordant tous les aspects de notre quotidien et de notre être intérieur.

Par Dominique Loreau, 2020, 288 pages.

Titre édition anglaise : "L'art de la Liste: Simplify, organise and enrich your life"

Chronique et résumé de "L’art des listes | Simplifier, organiser, enrichir sa vie" de Dominique Loreau

INTRODUCTION

En introduction du livre "L’art des listes | Simplifier, organiser, enrichir sa vie", l’auteure, Dominique Loreau, souligne l'omniprésence et les vertus des listes depuis toujours pour se connecter à soi et sublimer son existence.

Elle relate en effet comment, depuis la nuit des temps, l'homme éprouve le besoin de consigner les idées, événements et faits sous forme de listes : des monastères du Moyen-Âge aux inventaires asiatiques, cette quête de connaissance universelle et de soi a toujours perduré, explique-t-elle.

Aussi, pour Dominique Loreau, parce qu’elles sont concises et denses, les listes nous offrent une voie d'accès directe pour explorer notre vie en profondeur, affiner nos sens tout comme pour nous simplifier l'existence.

"De par sa concision et sa forme ramassée, de par la simplicité de sa présentation et l’immédiateté de son approche, de par le prisme des mots qu’elle concentre, la liste nous donne une voie d’accès directe à l’exploration illimitée de notre vie."

En notant souvenirs, rêves et aspirations, nous ramenons à la surface des pans entiers de notre être, lance l’auteure.

De plus, les listes s'adaptent parfaitement à notre époque, non seulement pour la prise de conscience qu'elles suscitent, mais aussi pour le renouveau spirituel qu'elles éveillent. Elles clarifient notre mental et, comme le préconise le zen, nous aident à nous libérer des formes pour atteindre la plénitude. "Qu’en reste-t-il ? Plus de lucidité, plus de légèreté au quotidien et un enrichissement immense sur tous les plans" termine Dominique Loreau.

Chapitre 1 - Pourquoi des listes ?

1.1 - Nous avons tous besoin des listes

Les listes font partie intégrante de notre quotidien et de notre mental.

Pour Dominique Loreau, nos listes représentent un "support indispensable" : elles nous aident à garder le contrôle, gagner du temps et éviter stress et oublis. En les systématisant, nous pouvons donc vivre plus simplement et intensément.

1.2 - Le développement personnel

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, avec ses pertes de repères, rend le développement personnel de plus en plus présent.

Souvent, nous accumulons donc des conseils et techniques de développement personnel que nous n’appliquons pas. L’auteure de "L’art des listes" nous invite alors à tenir des listes des idées marquantes que nous rencontrons sur le sujet. C’est un moyen, affirme-t-elle, de nous approprier ces enseignements. "Faire des listes, vous montrera ce livre, n’est ni fatigant ni vain, ni pour les écervelés" précise Dominique Loreau. "Au contraire, c’est systématiser un moyen de s’enrichir, seconder sa mémoire, la rafraîchir, et vivre plus intensément".

1.3 - Les listes, question de personnalité

Enfin, pour Dominique Loreau, faire des listes révèle aussi notre personnalité. Certains en font par nécessité, d'autres par passion, allant jusqu'à tout répertorier. C'est un phénomène culturel, notamment au Japon où la "listomania" est très présente.

L’auteure explique ce phénomène par "l’amour du multiple sous un tout : posséder des connaissances et garder des traces de tout sans s’encombrer de divers documents". C’est "l’art de posséder sans posséder, et de ne rien posséder en ayant tout".

Car finalement, faire des listes, c'est savourer la vie et en collectionner ses moments à l'infini, observe l’auteure.

1.4 - L’art du peu, un style sans syntaxe

"La liste est la forme d’expression la plus concise qui existe ; paradoxalement, son style elliptique revêt le caractère le plus exhaustif dans tous les domaines. Sa brièveté même nous mène à l’évidence. Et cela, avec bien plus de force parfois que des phrases encombrées de toute une syntaxe."

1.5 - Journaux intimes ou listes

"Faites le ménage dans vos écrits comme vous le feriez dans une maison si longtemps habitée que vous ne savez plus ce qu’elle recèle. Une maison qui contient tant de choses encombrantes, inutiles,stériles que vous n’avez même plus de place pour y vivre et y respirer."

Ainsi, "les listes permettent de restructurer ses idées, d’avoir un panorama global de son existence. Elles aèrent le texte, améliorent sa visibilité, font de sa relecture un plaisir."

1.6 - Un passe-temps créatif

"Écrire le livre de sa vie sous forme de listes peut constituer la plus parfaite des collections, le plus accessible des passe-temps et représente une activité idéale et constructive, aussi riche, sinon plus, que les mots croisés, que l’on ait sept ou cent dix-sept ans."

Se constituer des listes ne requiert aucun effort continu, aucun talent particulier, nulle contrainte d’avoir à suivre le fil de ses idées. Cela donne au contraire vie à ses pensées, à sa propre esthétique de l’existence. Cet ensemble  de  notes  deviendra,  jour  après  jour,  notre  propre  bible  de l’existence, le reflet de notre univers intérieur, un centre de repères qui pourront nous aider à retrouver cette unité, cette harmonie, ce sens tout simple de l’émerveillement que nous perdons peu à peu.

1.7 - Faire des listes ou se rendre maître d’un trésor inépuisable et secret

La passion qu’ont certains pour les listes peut aussi s’expliquer par le désir de tendre à l’exhaustivité. Ils ont cette impression qu’enfin listé, le monde est envisageable, un peu mieux limité et "taillé" à leurs besoins. Tout leur apparaît un peu moins immensément démesuré, complexe, étrange, en un mot angoissant. Le monde et la vie leur appartiennent mieux.

Partie 1 – Les listes pour … se simplifier les mécaniques de l’ordinaire

Chapitre 2 - Le temps, c’est de l’argent

Le deuxième chapitre de "L’art des listes" met en lumière l’intérêt des listes dans notre gestion du temps.

2.1 Les listes "Mes condensateurs de temps"

Les listes sont de véritables "condensateurs de temps" déclare Dominique Loreau. Elles nous aident à mieux organiser notre vie effrénée et sont très pratiques "quand nous nous sentons dépassés par tout ce que nous devons ou désirons faire". Elles soulagent notre mémoire en consignant idées et tâches à accomplir, apportant satisfaction à chaque case cochée.

Au travail, les listes permettent de hiérarchiser les priorités pour optimiser son efficacité. De fragmenter une tâche impressionnante en plusieurs petites de façon à ce qu’elle devienne moins angoissante.

2.2 - Faire des listes pour optimiser la qualité de son temps

Pour Dominique Loreau, quand nous faisons nos listes, nous devons suivre le principe suivant : planifier ses activités dans le but de maximiser ses expériences positives et sa qualité de vie.

L'auteure suggère ici plusieurs listes à faire pour prendre conscience de l'utilisation de son temps : ce qui nous en fait perdre ou gagner, les moments où l'on vit pleinement l'instant présent, la répartition entre travail, tâches ménagères, loisirs...

2.3 - Comment mieux profiter du temps qui passe

Pour mieux profiter de notre temps, l’auteure du livre "L’art des listes" liste ici plusieurs conseils comme : établir des priorités, se fixer des objectifs, déléguer les corvées, cultiver les petits plaisirs du quotidien, agir sans tarder, faire du sport, limiter les sollicitations...

Elle propose aussi des idées de listes pour gagner du temps : lister les raccourcis de clavier, nos sites préférés, nos adresses email, nos mots de passe, les coordonnées de services utiles à contacter…

Dominique Loreau souligne que la maîtrise de son temps est indissociable d'un travail sur soi. Le but est de contrôler son emploi du temps plutôt que de le subir, en s'autorisant aussi des moments d'oisiveté et de déconnexion salutaires.

2.4 - Comment se déstresser face aux fêtes de fin d'année

Pour Dominique Loreau, novembre est idéal pour anticiper sereinement les fêtes. C’est, assure-t-elle, le moment d’utiliser les listes. En plus de nous aider à organiser les fêtes de fin d’année, elles permettent de ne pas avoir à se rappeler chaque année des choses à faire.

L'auteure de "L’art des listes" prodigue ici de nombreux conseils d'organisation : dresser des listes d'idées cadeaux originales ou immatérielles, fixer un budget, faire ses achats en avance, impliquer toute la famille dans la décoration, cuisiner simple, avoir une réserve de cadeaux d'appoint, une boite de correspondance prête...

Plusieurs suggestions de listes sont également proposées :

Des choses à faire : cartes de vœux, budget, résolutions de nouvelle année...

Des cadeaux : cadeaux reçus, offerts, à faire, à se faire offrir, idées d’emballages originaux et personnalisés…

Pour mieux et moins dépenser : mes rentrées et sorties d’argent (le kakebo : à faire en une phrase avec Claude : mettre faire tenir ses comptes à jour à Claude), dépenses à envisager cette année, achats extravagants mémorables, mes envies shopping, mes besoins en matière d’achats…

Chapitre 3 - La cuisine, l’alimentation

Le chapitre 3 du livre "L’art des listes" met en exergue les multiples façons de sublimer son quotidien gastronomique grâce aux listes.

3.1 - Les recettes et "trucs" de cuisine

Plutôt que d'accumuler des livres de cuisine, Dominique Loreau conseille de compiler ses recettes favorites dans un carnet pratique.

On peut alors les :

Classer par catégories, comme par exemple "plats préférés", "recettes reçues de ma mère, de ma sœur, de mes amis", "recettes que j’ai inventées", ou "plats de consistance", "amuse-gueule", "desserts", etc.

Agrémenter d'anecdotes personnelles, "trucs de cuisine" et autres informations utiles : dans le sien, l’auteure confie y ajouter des astuces, équivalences de poids et mesures, une charte de calories…

Accompagner d’idées de repas selon les occasions : repas en solitaire, repas TV, repas en amoureux, de famille, entre amis, de réception, dînatoires, du dimanche soir, préparés en 10 minutes, pique-niques, dans le jardin, o’clock tea, boîte repas, repas diététiques, du malade, des jours de pluie…

3.2 - L’Almanach du gourmet

L'auteure suggère également de tenir un "Almanach du gourmet" répertoriant mois par mois les produits de saison et les plats qui s'accordent à la météo.

Elle évoque, à ce propos, une liste qui l’a marquée : celle d’une épouse japonaise qui avait noté, repas après repas, année après année, 60 ans de menus adaptés à l'âge et la santé de son mari. Lors d’une émission à la télévision japonaise, cette liste avait été présentée comme une véritable preuve d'amour et un modèle diététique.

3.3 - Mes carnets gastronomiques

Dominique Loreau fait ensuite d’autres suggestions, comme lister dans un carnet :

Nos accords mets-boissons préférés, tel un mariage parfait de saveurs à ne pas gâcher. L’auteure les appelle ses "Duos du plaisir".

Nos souvenirs de repas d'exception : "Quel dommage de laisser perdre le souvenir de certains repas…" écrit ici l’auteure. "Nous ne notons généralement pas ce que nous avons mangé même si nous tenons un journal, et pourtant certains repas font partie des grands moments de la vie. Noter le lieu, les mets et les vins, les personnes présentes peut, des années plus tard, raviver un de ces moments exceptionnels de notre vie."

Les menus de nos réceptions.

Nos restaurants coups de cœur et même les promenades qui s’en suivent.

Les cafés, bars, clubs, salons de thé et caves de dégustation où nous sommes allés : "Ces endroits portent souvent des noms amusants ou élégants. Ils font partie de vous, maintenant que vous les avez visités. Bistrots de Paris, bars de grands et luxueux hôtels de New York,  buvettes de plages tropicales… cette liste peut constituer une collection de souvenirs très originale et moins agaçante que celle de ces petites boîtes d’allumettes qui ont perdu tout leur charme, une fois sorties de leur décor."

Nos produits gastronomiques fétiches : les meilleures huiles d’olive trouvées sur le marché, le meilleur jambon goûté chez des amis, les commerces spécialisés, boulangeries renommées dont il est fait éloge dans un magazine (des adresses notamment fort utiles le jour où l’on veut offrir un cadeau).

Nos vins préférés : l’auteure nous confie qu’un de ses amis notait ses impressions sur chaque vin en les comparant à des femmes célèbres ou connues de lui.

Autant d'aide-mémoire gourmands et de sources d'inspiration culinaire, à l'image des menus calligraphiés précédant les cérémonies du thé japonaises, summum de la prévenance.

Chapitre 4 - Les listes "Santé, régimes, beauté"

Dans le chapitre 4 du livre "L’art des listes", Dominique Loreau partage des astuces "bien-être" au quotidien et des exemples concrets de listes, du suivi des maladies aux secrets beauté.

Pour l’auteure, ces listes vont nous aider à mieux comprendre les signaux de notre corps, à atteindre nos objectifs minceur ou encore à associer beauté et santé de façon personnalisée...

4.1 - Le "carnet de santé"

Au même titre qu'un carnet de recettes, Dominique Loreau préconise de tenir un "carnet de santé" pour traquer et noter nos petits maux.

La tenue de ce "carnet de santé" va permettre de déceler l'apparition d’éventuels symptômes, d'indiquer précisément son état à un médecin et d'avoir ses propres remèdes.

L'auteure de "L’art des listes" suggère ici encore de multiples listes de suivi intéressantes : les maladies dont nous avons souffert, les opérations que nous avons subies, nos traitements, les causes de nos problèmes de santé, ce que nous pourrions faire pour améliorer notre santé, les vertus des aliments, nos biorythmes (heures de faim, de sommeil, de coups de fatigue...), les abus que nous avons commis avec notre corps, des principes à nous fixer pour être en meilleure forme, etc.

4.2 - Listes de dialogues entre moi et mon corps

Des "listes-dialogues" avec son corps aident aussi à comprendre les messages qu'il nous envoie et à sortir de la passivité.

Ainsi, entreprendre par écrit une conversation avec son moi en surpoids, fatigué ou dépendant, est un premier pas vers la guérison, observe l’auteure.

"Vous pouvez par exemple, dans une liste à deux colonnes, entreprendre un dialogue avec le moi mince qui est en vous, lui demander les raisons pour lesquelles il s’est ainsi laissé piéger par la graisse. Demandez-lui de vous aider à le libérer, à le faire sortir de sa prison. Essayez de rester en contact avec lui aussi souvent que possible. (…) Vous pouvez aussi faire ce type de "listes-dialogues" pour mieux comprendre vos problèmes avec l’alcool, le tabac, la drogue, ou toute autre forme de dépendance, même la fatigue."

4.3 - Le carnet "Minceur"

De même, tenir un "carnet minceur" avec son poids, ses menus, ses motivations, notre image idéale s'avère le meilleur des coachs.

On peut aussi y noter nos plats diététiques préférés, les régimes dangereux pour la santé, nos erreurs alimentaires, la charte des calories, les inconvénients des kilos en trop, les raisons pour lesquelles je mange sans faim, ma façon de me nourrir enfant, mes obsessions, mes angoisses liées à la nourriture, etc.

"Tout ce que vous aurez écrit de votre main, dans votre propre carnet, aura beaucoup plus de poids que n’importe quel écrit imprimé. Faire des listes est le premier pas pour se prendre réellement en charge."

L'essentiel, indique l’auteure, est de se fixer des objectifs précis, mesurables, réalistes et d'y associer des actions concrètes.

4.4 - Les "exercices physiques sous forme de croquis" et "mes secrets de beauté"

Enfin, Dominique Loreau conseille de :

Réaliser des planches de croquis récapitulant ses exercices physiques : enchaînements de yoga, mouvements kinesthésiques à faire dans les transports, devant son ordinateur, etc., massages à se faire en regardant la télévision, exercices de maintien, ceux faisables en téléphonant, en étendant le linge…

Consigner ses secrets de beauté maison : soins de la peau, des cheveux, des ongles, du corps, aliments et boissons "spécial beauté", masques de beauté faits maison, mini-jeûnes de désintoxication par saison, conseils de proches, de mon professeur de danse

Autant d'outils sur mesure pour se prendre en main et associer minceur et bien-être au quotidien. 

Chapitre 5 - Les listes de la Fée du logis

Le chapitre 5 de "L’art des listes" partage de nombreuses idées de listes pratiques pour nous faciliter la vie au quotidien et rendre notre intérieur "impeccable" en un "jeu".

5.1 - La routine domestique

Tenir sa maison devient un jeu grâce à une routine ménagère bien rodée.

L'auteure conseille de répartir les tâches en séquences quotidiennes de 15 minutes, de la vaisselle au linge en passant par l'aspirateur.

5.2 - Liste de la routine domestique annuelle "grand blanc"

Des listes récapitulent aussi les corvées hebdomadaires, mensuelles et annuelles pour un intérieur toujours impeccable.

5.3 - Les numéros de téléphone à avoir sous la main

Avoir ses propres "trucs et astuces" et numéros utiles sous la main facilite la vie. De l'urgence médicale au plombier en passant par le pressing, regrouper ces renseignements évite de perdre un temps précieux.

5.4 - Les listes fixes et provisoires

Enfin, certaines listes méritent d'être conservées et perfectionnées, comme celle des indispensables à glisser dans sa valise avant de partir en voyage. Un bon moyen d'optimiser son quotidien !

Chapitre 6 - Les listes "Escapades"

Le sixième chapitre de "L’art des listes" décrit l'art et la manière de préparer sereinement ses escapades grâce aux listes, de la conception du projet aux valises. L’auteure y partage là encore des astuces très concrètes à mettre en pratique pour partir l'esprit léger vers de nouvelles aventures.

6.1 - Prévoir pour mieux voyager

Rien de tel qu'une escapade bien préparée pour se ressourcer.

Pour cela, Dominique Loreau conseille de se constituer, avant de partir, des listes "escapades". Cela peut être une liste :

De week-ends ou de voyages escapades "tout prêts" : à l’intérieur, on y regroupera toutes les informations pratiques : hôtels, itinéraires, activités, budget...

D’amis qui nous ont invités à aller les voir

De recherches à entreprendre pour aller à tel ou tel endroit.

De quoi partir sur un coup de tête si on le souhaite en toute sérénité.

6.2 - Tous mes préparatifs de voyage

Une fois le séjour calé, place aux listes de préparatifs. Dominique Loreau détaille ici tout ce à quoi penser côté logistique avant un grand voyage pour nous aider à faire des listes type selon les types de voyage et saisons : week-end à la mer, à la montagne, en été, en hiver, pays chauds/ froids, etc.

Ainsi, du passeport au système d'alarme en passant par les cadeaux à rapporter, nous pouvons lister :

Ce à quoi il nous faut penser à faire chez nous : fermeture de l’électricité, gaz, débrancher le frigo, mettre l’alarme…

Les formalités de départ : copie des passeports, vérifier nos billets de transport, avoir de l’espèce…

Ce qu’il faut anticiper sur le voyage : budget cadeaux à rapporter, valise, dentiste…

Les personnes à contacter avant de partir : double des clés à donner, garde d’animaux, arrosage des plantes, prévenir nos proches de notre absence…

Les choses à régler avant le départ : factures, argent, voiture…

Pour l’auteure, "une bonne liste, fiable, donne une tranquillité d’esprit et une sérénité qui laissent toute la place aux joies du départ".

Côté valise, l'organisation est reine. L'auteure recommande notamment le "système poupées russes" : une pochette par catégorie (médicaments, devises...) à glisser dans un grand sac, le tout dans la valise. On plie chaque vêtement avec soin et on opte pour des tenues légères et polyvalentes. Sans oublier sa trousse de secours et ses indispensables beauté.

6.3 - Mon kit de kits

Dominique Loreau partage enfin tout un tas d’astuces mémo à garder sous la main pour voyager l'esprit libre.

Elle suggère de nous constituer une liste de kits : kits de soins, de secours, de toilette, de douche, cheveux, maquillage, électronique, documents importants et argent, pochettes, sacs, sac-à-main.

Une fois les préparatifs bouclés, il ne reste plus qu'à savourer l'idée du départ... Et la destination !

Chapitre 7 - Les listes pour éliminer

7.1 - Posséder moins pour avoir assez

Faire l'inventaire exhaustif de ses possessions est la méthode la plus efficace pour réaliser ce dont on a vraiment besoin et se débarrasser du superflu, soutient l’auteure de "L’art des listes".

Elle suggère d’avoir une "liste anti-encombrement" sous forme de liste de "kits de nos choses essentielles". Cette liste regroupe, par catégorie, les indispensables du quotidien : produits d’entretien, ustensiles de cuisine, si invités, pour correspondance, tea time, ambiances, soins, papiers...

En parallèle, nous pouvons lister aussi ce que nous possédons en excès, ce que nous avons de plus précieux, les choses sans valeur sentimentale que nous gardons, ce que nous pourrions vendre, donner, nous débarrasser, les vêtements que nous ne portons jamais, etc.

Cela permet de visualiser ce qui est en excès.

7.2 - Comment se séparer de certains objets du passé

Pour se séparer des objets du passé plus facilement, Dominique Loreau conseille d'écrire un poème d'adieu. Pour l’auteure, ce poème résumera ce que ces objets représentaient avant de s'en défaire.

Par ailleurs, des listes à intituler "Adieu objets du passé" aident à faire le tri parmi les cadeaux encombrants, les souvenirs d'ex, les objets qui rappellent une dispute ou une personne à oublier, les articles qui ne correspondent plus à nos goûts ou à notre intérieur actuel...

7.3 - Photos, articles de presse et scrapbooks

Même discipline pour les photos. L’auteure nous invite à :

Ne garder que celles qui évoquent des moments uniques,

En éliminer les doubles,

Les classer et les légender dans des albums de voyage ou scrapbooks.

L'essentiel est d'être sélectif.

7.4 - Listes que l’on pourrait faire précéder du chiffre "1"

Enfin, l'auteure propose des listes minimalistes.

Elle partage de nombreuses idées, comme dans les listes avec "1" :

Nos possessions matérielles : 1 parfum, 1 bague…

Des activités  "zen" : 1 voyage en solo, 1 soin de beauté par jour…

Nos engagements : 1 jour par semaine sans rendez-vous, 1 seule banque…

La nourriture et cuisine : 1 journée de monodiète par mois, 1 bol...

Ou encore les listes avec "trop" : trop de choix, trop de choses inutiles, trop de laisser-aller, trop de kilos, etc.

L’idée est de posséder moins mais mieux, pour nous simplifier l'existence. D’adopter un art de vivre épuré et zen.

Chapitre 8 - Une vie bien ordonnée

8.1 - Leçons tirées du livre "Getting Things Done"

Dans ce chapitre de "L’art des listes", Dominique Loreau nous invite à tenir des listes fiables selon la méthode du livre "Getting Things Done".

Il s'agit de rassembler ses tâches en suspens, les traiter, les organiser par contexte, les réviser et surtout agir concrètement.

Pour cela, chacune de nos actions doit être définie précisément. Les petites choses réglées en 2 minutes, le reste classé selon des échéances.

8.2 - Noter même ses problèmes

Dominique Loreau nous propose également de noter nos problèmes pour mieux les cerner :

"Faire des listes, ce n’est pas seulement noter ce qu’il y a à faire sur une feuille de papier, mais transcrire ce qui se passe dans sa tête pour mieux voir ce que l’on peut faire immédiatement ou laisser en attente. On peut ainsi mieux cerner certaines priorités afin de les accomplir. On ressent un sentiment remarquable de soulagement une fois que tout ce que l’on voulait décharger de sa tête est transféré sur le papier !

Si vous avez des problèmes auxquels réfléchir ou à résoudre, qu’ils soient d’ordre professionnel, relationnel, privé ou physique, notez-les aussi. Ils n’auront plus l’ampleur que vos émotions leur donnent. Ils seront focalisés, concrets et limités, plus contrôlables, moins envahissants ; ils seront comme le reste : quelque chose à régler, de toute façon."

8.3 Les listes "Questionnaires"

Enfin, l'auteure de "L’art des listes" conseille des "listes-questionnaires" que l’on utilisera avant tout engagement important : un achat immobilier, une opération, un emploi, un gros achat, une adhésion à une association, etc...

Partie 2 - Les listes pour … apprendre à mieux se connaître

Chapitre 9 - Qui suis-je ?

9.1 - Pourquoi chercher à mieux se connaître

Pour composer son autoportrait, l'auteure nous invite à rassembler dans des listes tout ce qui nous concerne : notre histoire, nos rêves, nos goûts, nos traits de caractère... Car nous ne voyons souvent de nous que ce que nous voulons bien voir, oubliant qui nous sommes vraiment dans le tourbillon de la vie.

"C’est comme si l’ensemble de vos listes traçait de vous le plus fidèle des autoportraits. Carnets culinaires, listes de lectures, cauchemars, amours…, c’est tout cela, vous."

Aussi, se remémorer et révéler le plus profond de soi permet de mieux se connaître et de savoir ce que l'on veut. L'écriture est un chemin vers notre vérité intérieure, assure Dominique Loreau. Certes, nous sommes un et plusieurs à la fois, mais entamer ce puzzle de l'autoportrait est essentiel pour prendre conscience de ce que nous sommes, termine-t-elle.

9.2 - Se poser à côté de soi et regarder

En fait, poursuit l’auteure, il s'agit d'être le témoin de notre propre vie, en nous observant à distance. Que faisons-nous ? Qu'aimons-nous ? Nos expériences et réflexions, une fois listées, nous renverront une image plus fidèle que le miroir. De quoi vivre de façon plus intense et authentique.

"Faire des listes nous force à réfléchir, à questionner, à explorer, à assembler et organiser tout ce que nous avons collectionné d’histoire personnelle, de savoir-faire, de savoir et de sagesse au cours de notre existence. Tous les détails, même infimes, que nous pouvons noter nous renverront une image de nous plus fidèle que celle que nous contemplons dans le miroir ; ils nous amèneront à considérer la vie dans une perspective nouvelle. Puis quelque chose de magique se mettra en œuvre : nous commencerons à vivre de manière plus intense, plus riche, plus personnelle. Le pouvoir révélateur des listes est immense."

Dominique Loreau donne un exemple :

"Si la plupart des personnes que vous fréquentez sont des artistes, par exemple, n’est-ce pas que vous avez vous-même, au fond de vous, une âme d’artiste ? Pourquoi ne pas vous engager dans une activité artistique ? Qui sait, c’est peut-être là votre véritable vocation, même si vous n’en avez jamais pris conscience auparavant…"

Chapitre 10 - Monographie de mon moi

10.1 - Mes moi, un être unique

Nos multiples facettes et contradictions internes peuvent ralentir notre progression, souligne Dominique Loreau .

C’est donc en dressant un éventail exhaustif de tous ces "moi" qui nous composent, que nous prendrons mieux conscience de leur existence pour mieux les réconcilier et développer un "moi" global capable de les contenir.

Des questions précises sur nos préférences, notre passé, nos rêves, notre éthique... révèlent notre identité profonde. Cet autoportrait doit être le plus complet possible, incluant l'irrationnel, pour faire émerger qui nous sommes vraiment.

Ainsi, pour nous aider, cette partie de "L’art des listes" partage de multiples idées de listes comme : celle de ce que nous aimons faire, de notre héritage familial et culturel, notre tempérament, notre éducation, nos aspirations, les personnes que nous aimerions être, celles qui nous ont influencé, les endroits où nous aimerions vivre, où nous avons vécu, notre CV, etc ...

10.2 - Mes goûts

Nombre de personnes ignorent leurs véritables goûts. Nos achats compulsifs reflètent bien cette méconnaissance de soi.

Pourtant, choisir en sachant exactement ce qu'on aime rend la vie plus belle. Connaître sa couleur préférée, par exemple, et l'intégrer à son quotidien favorise l'harmonie intérieure et la réussite.

C’est pourquoi, pour l'auteure, certaines listes sont importantes. Elle en propose ici en les appelant "listes de ces choses qui sont moi"". On y retrouve, parmi tant d’autres choses, les contextes, styles, conversations, personnes, vêtements... dans lesquels nous nous sentons vraiment nous-même.

10.3 - Ce que je ne voudrais jamais faire ou refaire

Savoir ce que nous n’aimons pas est tout aussi important que ce que nous aimons, affirme Dominique Loreau.

Ainsi, lister les choses que nous ne voudrions plus refaire est un bon exercice. Car nous les faisons souvent par habitude, et cette liste nous aidera alors à changer nos comportements. Éliminer même qu’une petite partie de ces choses nous apportera plus de bonheur dans notre vie.

Autre idée : nous pouvons aussi confronter ce qu'on regrette d'avoir fait et comment on agirait aujourd'hui, tirant ainsi les leçons de nos erreurs.

10.4 - Les "pas japonais"

"Imaginez, dans un jardin parfaitement obscur, un chemin de pierres fluorescentes, de ces gros galets appelés "pas japonais", sur lesquels on marche pour ne pas se salir les pieds. Imaginez que ces "pas japonais" représentent différentes étapes de votre vie", écrit l’auteure.

C’est le concept décrit par Ira Progoff dans son livre "Intensive Journal". Celle-ci y recommande alors, de représenter les évènements principaux/ étapes clés de notre parcours de vie par une douzaine de "pas japonais".  

Pour l’auteure, cette chronologie révèle la cohérence, la corrélation entre des événements en apparence disparates. De cette façon, nous percevrons mieux la progression de notre vie. Par exemple : petite enfance, accident de moto, premier grand amour, mariage, divorce…

Il est aussi possible de décliner ces "pas" par domaines : amours, carrière, succès...

Enfin, visualiser nos prochains "pas" aide aussi à nous projeter dans un futur réaliste et motivant.

10.5 - Mes listes portraits 

Lister les qualités qu'on admire chez quelqu'un met en lumière ce qu'on voudrait être, affirme ici Dominique Loreau. Et nos choix relationnels reflètent souvent divers aspects de nous-mêmes. Ainsi, faire le portrait de personnes qui nous fascinent et en notant ce qui nous intrigue chez elles peut faire "entrer ces qualités dans notre désir conscient de les acquérir". En faire le portrait d'êtres chers, en notant ce qu'ils nous ont apporté révèle comment chacun a façonné notre regard.

Pour cela, voici des listes suggérées par l’auteure : nos meilleurs amis, nos amis d’adolescence, les amours de notre vie, nos professeurs préférés, les membres de notre famille avec qui nous sommes le plus attachés, des inconnus avec qui nous avons eu un contact profond même que quelques heures ou minutes, les personnages de fiction qui nous ont marqué, les personnes qui nous ont influencé par leur personnalité.

10.6 - Mes listes archétypes 

Pour l’auteure de "L’art des listes", les archétypes sont de puissants guides. Et reconnaître ceux qui sommeillent en nous permet de vivre pleinement notre vraie nature. C’est pourquoi, il est intéressant, nous dit Dominique Loreau, de lister nos héros d'enfance, les personnages qui ont marqué notre vie, nos idoles, nos films et romans préférés, nos scénarios de vie idéale, ce que pensent mes archétypes…

Ces listes montrent comment ces symboles nous ont construits, inspirés, transformés.

10.7 - Autres listes pour mieux se connaître

Mes rêves et mes cauchemars : noter le contenu de nos rêves, et imaginer une fin positive aux cauchemars, ordonne ce chaos nocturne et transforme ces énergies en création poétique, indique l’auteure.

Mes désirs et mes rêves les plus fous : lister ses désirs les plus fous, lâcher la bride de la raison, inviter tous ses "moi", même les plus enfouis, à s'exprimer, voilà le meilleur moyen de découvrir qui on est vraiment. Ces rêves irrationnels sont le moteur de notre élan vital, confie l’auteure.

Mon moi et le monde de l'irrationnel : consigner les coïncidences, prémonitions, phénomènes étranges dont on est témoin, etc. ajoute une dimension fascinante à notre identité.

Dominique Loreau termine en soulignant que certaines listes peuvent avoir, écrit-elle, des retombées magiques. En effet, selon elle, notre inconscient se mobilise pour réaliser ce qui est couché sur le papier. Ainsi, mettre nos rêves par écrit, croire aux mystères, peut avoir un véritable pouvoir créateur

Chapitre 11 - Sur le chemin des temps

11.1 - Parler de ses souvenirs pour ne pas les perdre

La mémoire ordonne nos pensées et nous relie à notre environnement. Ainsi, faire des listes de nos souvenirs, les rechercher quand ils ont été oubliés, se rappeler de petites choses, d’un nom, d’une date, selon Dominique Loreau, renforce cette faculté tel un muscle qu'on exerce. Plus on entretient son savoir, plus on assimile de nouvelles connaissances. D’ailleurs, en cela, le simple fait de faire des listes, quelle qu’elle soit, est bénéfique.

Par ailleurs, poursuit l’auteure, échanger sur son passé est essentiel pour ne pas laisser mourir une partie de soi. Les listes ravivent les souvenirs à la manière d'un film qu'on peut visionner à son gré. Et "nous laissent le choix de "revisionner" ces souvenirs tels que nous le souhaitons à des moments divers de notre vie".

11.2 - Des souvenirs sous forme de listes, analogies et regroupements

Enfin, Dominique Loreau explique qu’en associant noms et personnes à nos souvenirs, des liens inconscients se révèlent. En effet, notre mémoire n'est pas linéaire mais fonctionne par regroupements.

"Des personnes connues dans mon enfance, comme la voisine Mme Légaret, ou la tante Louise, Huguette, puis, plus tard, la lecture des Papiers de Henry Rye de George Gissing me firent réaliser mon amour des petits intérieurs soignés, tranquilles, où tout est à sa place, minutieusement et méthodiquement rangé, nettoyé, respecté. D’où mon attirance pour ce type de vie frugale, simple, sans questionnements métaphysiques, mais néanmoins paisible et "zen". Tant d’éléments de notre enfance et de nos expériences sont les faits déclenchants de notre vie actuelle, de nos tendances, de notre manière de penser…"

Pour cette raison, mieux vaut donc noter un thème central et le développer en ramifications puis en liste, plutôt que de faire de longues descriptions.

"Si vous décrivez un repas en disant : "En entrée, il y avait des fruits excellents venant directement de la mer, puis un rôti accompagné de petits légumes du jardin préparé par grand-tante, ensuite…", la personne qui écoute cette description n’aura pas une idée aussi claire du menu que si vous lui dites simplement : "fruits de mer, rôti pommes de terre, salade, fromage et tarte au citron". Quatre-vingt-dix pour cent des mots sont inutiles à la mémorisation et s’immiscent de plusieurs secondes entre les mots clés qu’ils isolent, affaiblissant ainsi notre faculté de faire la connexion entre les idées pour les associer les unes aux autres."

11.3 - Je me souviens, de Georges Perec

Dans un ouvrage intitulé "Je me souviens", Georges Perec liste 480 minuscules souvenirs d'une génération, fragments du quotidien oubliés qui soudain ressurgissent et suscitent une douce nostalgie. Les listes prouvent que "nulle vie n'est vaine" et peuvent transmettre un peu de lumière aux générations futures.

Partie 3 – Les listes pour… prendre soin de soi

Chapitre 12 - Les listes, de merveilleux outils d’autoanalyse

12.1 - Écrire pour corriger sa propre myopie

L'écriture connecte à soi-même. Elle permet alors de s'approfondir, de détecter ses défauts et manques, commence par nous dire Dominique Loreau. Elle aide à sortir de sa myopie et paresse intellectuelle pour prendre conscience de ce qui se passe en soi et autour de soi.

12.2 - Écrire, c'est réfléchir deux fois

L’auteure de "L’art des listes" développe ces idées principales :

Prendre des notes de nos lectures permet de faire siennes les idées qui nous ont marqué : "elles vous resteront en profondeur, bien plus que si vous vous étiez contenté de reposer le livre après sa lecture. Cette prise de notes vous obligera à vous poser, à prendre le temps de réfléchir", observe l’auteure.

Réorganiser ses écrits sous forme de listes en fait d’excellents objets d'analyse, un feedback de notre identité et ainsi un premier pas vers le changement :

"Supports hybrides de nos pensées où s’accumulent, au fil du temps, sentiments, réflexions, notes, notations, ébauches de projets, poésies…, nos écrits emmagasinent une réserve de matériaux mobiles et provisoires, et constituent, bien qu’incomplets et lacunaires, toute une panoplie de "brouillons de soi". Si vous reprenez ces "brouillons" et que vous les réorganisez sous forme de listes (liste de mes peurs, de mes colères, de mes responsabilités…), ils deviendront de véritables objets d’analyse.

Vous rassemblerez, emmagasinerez des informations plus faciles à analyser qu’un texte en écriture libre, au fil de vos pensées. Vous ferez l’acte d’organiser concrètement votre mental, de prendre conscience de votre propre identité, et, en vous voyant sur le papier, vous prendrez du recul. C’est alors que vous pourrez commencer à changer pour éviter de retomber, une fois de plus, dans les mêmes erreurs destructrices. Le feedback aura fait son effet."

12.3 - Écrire pour se fixer des repères

Faire le bilan écrit de sa vie donne une vision panoramique qui révèle comment nous en avons été l'auteur, au-delà du hasard.

Dans un monde qui cherche à nous formater, écrire permet ainsi de se reconnecter à soi et de rester centré malgré les circonstances extérieures.

Ces notes deviennent une bible personnelle, reflet de notre univers intérieur, base de notre équilibre.

12.4 - Écrire pour se prendre en charge

L’auteure explique ici que faire le bilan de sa vie rend plus responsable, plus adulte. Cela nous incite à trouver en nous les ressources pour résoudre nos problèmes. Un réajustement constant des priorités fait partie intégrante de l'existence.

"Écrire, se poser, s’imposer un travail de réflexion, et toujours avoir présent à l’esprit que ce n’est qu’en faisant un effort sur soi que l’on obtient davantage de paix intérieure et de joie de vivre, voilà ce dont nous avons besoin. C’est par soi que l’on peut et que l’on doit trouver son propre équilibre et donc sa santé, se prendre en main et apprendre comment utiliser les ressources qui sont déjà là, en nous. (…) Écrire est un des meilleurs moyens pour chercher à résoudre ses problèmes par soi-même."

Pour illustrer ses propos, Dominique Loreau partage des idées de listes :

"Mes responsabilités" : ce dont je suis/ je ne suis pas responsable dans la vie, ce pour quoi je choisis de dégager ma responsabilité.

"Mes fardeaux" : ce dont je peux me passer pour me sentir plus vivant, plus léger, ce que je transporte sans cesse dans ma tête, dans mon cœur…

12.5 - Écrire pour mieux énoncer les choses

Autre bénéfice du fait d’écrire, encore plus particulièrement des listes : les listes forcent à définir et clarifier, à nommer les choses pour mieux les posséder. Même l'indicible peut être approché : "On ne peut plus se mentir, se cacher les choses telles qu’elles sont, en les enrobant d’interprétations".

12.6 - Écrire pour être lucide

En étant précis avec soi-même, on génère plus de lumière intérieure, observe enfin l’auteure. Clarifier son passé libère de sa tyrannie et permet de mieux construire son avenir (à condition toutefois d'être parfaitement honnête).

Des listes à deux colonnes du type "faits et ressentis", "pour ou contre" sont pour cela intéressantes, comme les listes "Lucidités" : nos manques et limites, nos peurs, appréhensions, images qui nous reviennent régulièrement en tête, "je ne suis pas prêt mais un jour, je…", "si cela n’était pas trop dangereux, je dirais que…", etc.

Ainsi, "mettre les faits sur le papier, noir sur blanc, c’est comme tendre une torche dans le gris de son flou mental".

Chapitre 13 - Ne plus être victime de ses émotions

13.1 - Dresser l'inventaire de nos émotions

Les émotions négatives (peurs, frustrations, colères, angoisses) sont des énergies mentales pouvant être dominées si on les identifie, note l’auteure. Pour cela, continue-t-elle, acceptons alors de prendre conscience de nos ressentiments, jalousies, énervements... sans chercher à les anéantir.

Pour Dominique Loreau, lister ce qui nous rend trop émotif et nous fatigue (certaines relations, conflit, alcool, parler de soi, essayer de changer les autres, ou des choses sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle, manque de sommeil...) apaise et détache. Une fois listées, voir ces émotions comme de simples énergies dissipe leur emprise.

Sur le même sujet, il est intéressant de lister aussi : ce qui nous cause le plus du souci, nous dérange et ce que cela provoque en nous, les émotions qui contrôlent notre vie, les solutions idéales ou compensatoires.

13.2 - Le bilan de nos pensées

Selon Tristine Rainer, célèbre thérapeute de l’écriture, auteure du livre "The New Diary", écrire librement ses peurs et chagrins permet un rééquilibrage émotionnel.

Julia Cameron, auteure du livre "Libérez votre créativité" conseille, elle, d’écrire 3 pages tous les matins pour "purger et purifier notre ego de ses pollutions inconscientes".

Pour Dominique Loreau, synthétiser et métaboliser ensuite en liste les idées qui apparaissent dans ces écrits va clarifier le fonctionnement de notre mental et révéler nos schémas.

Nous pourrons alors dresser la liste claire des pensées qui nous traversent l’esprit dans la journée, avant le sommeil, lors de nos insomnies, lorsque nous sommes en colère, frustré ou angoissé, ou au contraire au meilleur de nous-même, ou dans des endroits que nous aimons particulièrement.

13.3 - Écrire, exutoire du trop-plein émotionnel

"Les listes sont un moyen idéal de "vider son sac", comme d’autres le font sur le divan, de regrouper le multiple sous un tout, de combiner, d’accumuler les informations, indices, détails, pour prendre conscience et évoluer, c’est-à-dire se vider du superflu, jusqu’à ce qu’il ne reste que l’essentiel : savoir surfer sur les vagues de la vie, non seulement sans se noyer, mais en y trouvant équilibre et plaisir."

Ainsi, écrire délivre de ce qui fait mal, sans déverser sur l'entourage. Consigner ses angoisses, lister les émotions qui nous contrôlent, dont nous sommes le plus souvent victime ou encore les personnes et évènements qui nous ont fait du mal par exemple, permet de s'en vider. Car en observant les émotions incontrôlables, nous nous en détachons. Et moins d'attachement émotionnel signifie plus de solutions.

13.4 - Quant à l'amour...

Revivre son histoire affective par écrit aide à comprendre ce qui nous a construits, soutient l’auteure. Plutôt que ruminer, dialoguons avec nous-mêmes. Pour cela, listons ce que la relation nous a appris. Ou réalisons ce que Dominique Loreau appelle une "déclaration d'indépendance" afin d’affirmer nos limites : nous y noterons exactement ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas dans une relation amoureuse.

"L’art des listes" suggère aussi de lister notamment : les raisons pour laquelle nous avons aimé des amours de notre vie, et pourquoi nous nous sommes quittés, les situations problématiques jamais résolues, les enseignements de ces expériences, les non-dits…

Si nous ne pouvons détacher notre pensée d’une personne, notons nos pensées pour les maîtriser et nous recentrer, un peu comme une lettre non envoyée. Lister les insatisfactions aide à retrouver nos valeurs, à clarifier nos attentes.

Enfin, l’auteure nous encourage à bannir un vocabulaire victimaire. Nous avons le choix de nos émotions. Tenons la liste détaillée de ce qui nous rebute chez l'autre pour tenir bon dans une séparation. Externalisés, les griefs perdent leur emprise, tel un mal nommé par le médecin, donc plus traitable.

Chapitre 14 – Quand rien ne va plus dans votre vie

14.1 - Des mots sur nos maux

Écrire et lister ce qui nous stresse ou nous irrite a un effet apaisant immédiat. Car une fois posé sur le papier, le problème perd de son emprise, indique Dominique Loreau.

"Une fois le carnet refermé, le problème est loin, emprisonné, nommé, donc plus facile à cerner. Il perd alors de son intérêt. Couchez les colères ou les raisons de votre stress sur le papier : elles n’auront plus d’emprise sur vous. Se décharger ainsi est le meilleur des somnifères. Essayez !..."

Les listes sont plus faciles pour ceux qui se sentent bloqué pour écrire. Ainsi :  

"En faisant la liste de tous les sujets importants sur une page, on peut les "épingler" un à un et se concentrer sur ce qui nous tracasse le plus."

Sinon, il existe aussi une liste idéale en cas de colère ou de stress, celle dite "Baumes à l’âme" : on peut y mettre, par exemple, passer la nuit dans un petit hôtel, aller chez le coiffeur ou la manucure, marcher, prendre un bain parfumé à la rose, boire un gin, jeter tout ce qui est moche et inutile…

Autres listes à faire comme précieux outils de relaxation : les listes dites "Corbeille" : ce qui nous met en colère, ce que nous dirions à la personne qui nous fait du mal en ce moment, nos insultes préférées, nos revanches, rancunes, colères datées, ce qui nous calme, etc.

14.2 - Noter nos peurs et nos angoisses pour nous en éloigner

Trois points sont ici développés :

Noter ses peurs, même anodines, révèle qu'elles sont moins effrayantes une fois couchées sur le papier.

En parallèle, lister des solutions positives, même à posteriori, permet de les dompter.

Pour les angoisses, plus diffuses, décrire les sensations éprouvées et le contexte aide à mieux les cerner. 

D’autres listes comme celles à relire quand nous nous sentons angoissé sont aussi suggérées.

14.3 - Dans les moments de vague à l'âme...

Rien n'est permanent ni inutile, chaque épreuve perfectionne, affirme ici Dominique Loreau.

Si pour certains, les listes figent trop la réalité, reste qu’elles servent aussi de repères concrets quand un "support abstrait ne suffit pas". Dans ces moments souvent cafardeux, nos listes nous ramènent à la réalité. Elles nous rappellent, par la même occasion, que la grisaille n'est que passagère.

Lister ce qui doit être fait puis accomplir une tâche à sa portée aide à se remettre en mouvement, à se reconnecter au flux de la vie. Feuilleter son "trésor" de moments heureux et de projets est aussi un excellent stimulant :

"Toutes ces accumulations de moments merveilleux déjà vécus, de choses aimées passées et présentes, de projets apparemment impossibles aujourd’hui mais qui se réaliseront probablement un jour à condition que… vous les notiez noir sur blanc, sont autant d’étincelles éphémères de secours, pareilles à celles qui jaillissent lorsque l’on veut remettre en marche une batterie déchargée."

C'est, en somme, une véritable "pharmacopée psychologique de secours" écrit l’auteure.

Cette partie se termine par une suggestion de listes "anti-vague à l’âme" : liste de choses douces, choses ou personnes qui me procurent de l’énergie, des projets pour le futur (voyages, vacances,, changement de situation…), des activités qui m’aident à aller mieux…

14.4 - Le principe des opposés

Comme à toute pensée correspond un opposé, toute dépression contient son antidote.

Selon l’auteure, le type de liste qu’elle appelle "Principe des opposés" (ce qu'on aime/déteste, nos meilleurs/pires souvenirs, personnes qui m’aiment/qui ne m’aiment pas, ce qui m’amuse/ce qui m’ennuie...) rappelle cet équilibre. Et nous aide quand la vie nous semble fade : se demander ce qui nous ennuie et ce qu'on désire vraiment,par exemple, éclaire la voie à suivre, comme le fit l'écrivaine Katherine Mansfield dans son journal.

14.5 - Faire le deuil de certaines choses

Pour Dominique Loreau, vivre, c'est choisir entre immobilisme et renouveau permanent.

Regarder lucidement ses rêves pour ne garder que les plus constructifs est douloureux mais libérateur. Lister ses attachements aide alors à y renoncer. Et ce, qu’il s’agisse d’idées, de dépendances ou d’un être cher disparu. Tout comme le fait de consigner ce qu'on aimerait dire au défunt et imaginer ses réponses réconforte.

14.6 - Donner un sens à nos souffrances

Répertorier les épreuves déjà endurées constitue, selon l’auteure de "L'art des listes" un trésor de sagesse qui donne du sens aux souffrances présentes. Chaque défi relevé renforce le courage d'affronter l'avenir. Et pour l’auteure, plus la qualité d'expression de ces listes sera belle, plus elle sublimera la douleur et nous réconciliera avec nous-même.

Nous pouvons alors lister : les difficultés que nous avons surmontées, nos souffrances et ce qu’elles nous ont appris, nos actes de courage, tout ce qui peut apaiser ma douleur (poèmes, mots, musiques, paysages…), mes deuils.

14.7 - S'aimer, se respecter, se valoriser

Nos listes rappellent notre unicité et notre potentiel quand le monde extérieur nous compresse.

Un "Manifeste de soi" listant qualités, talents, fiertés et promesses à soi-même renforce l'estime personnelle. Comptabiliser chaque succès, même infime, attire la réussite. Cultiver sa singularité, simplement "être" sans "avoir", voilà la clé de l'épanouissement.

14.8 - Rire

L’auteure rappelle ici que l'humour est essentiel : il dédramatise, allège, guérit. Rire libère des soucis, détend, préserve la jeunesse, explique-t-elle.

Ainsi, lister blagues, films, situations comiques et les personnes avec lesquelles nous rions le mieux, insuffle plus de légèreté dans notre quotidien.

Chapitre 15 - Prendre conscience de ses pensées

15.1 - Ce sont nos pensées qui font la qualité de notre vie

Pour Dominique Loreau, observer, dans un lieu public, ses jugements et émotions face aux inconnus révèle l'impact de nos pensées parasites sur nos actes.

Et chacune de ces pensées génère une subtile réaction émotionnelle qui altère notre vécu. Selon l’auteure, lister ces pensées aide alors à s'en libérer. Par exemple : dans un café, lister les personnes que je regarde et dans une colonne en face, noter ce que chacune d’entre elles m’inspire.

15.2 - Rejetez les pensées négatives

Dans son célèbre livre "Transformez votre vie", Louise Hay préconise de toujours aller vers ce qui est positif.

Car selon elle, les mots que nous nous répétons deviennent réalité. En somme, l'attention nourrit nos pensées pour qu'elles se concrétisent.

Aussi, plutôt que de nous poser en victime, nous devrions voir nos erreurs comme des leçons pour mieux vivre demain, et pour chasser la négativité, dresser des listes d'énoncés positifs, de choses agréables dans notre esprit, d'activités, de personnes ou encore d’endroits gais.

15.3 - Comment nous entraîner à stopper le flux de nos pensées

Notre esprit est un outil dont nous sommes maîtres, pas esclaves, rappelle Dominique Loreau.

En notant brièvement chaque pensée comme un caillou jeté dans l'eau, puis en écoutant le silence avant la suivante, nous nous entraînons à contrôler leur flux incessant et épuisant.

15.4 - Concentrons-nous sur les solutions, pas sur les problèmes

Nos convictions profondes façonnent notre réalité. Dès lors, en nourrissant des images positives, nous attirerons des circonstances heureuses, affirme l’auteure. Pour cette raison, cette dernière nous encourage aussi à focaliser sur les solutions, et non pas sur les problèmes.

Renforcer nos attitudes positives par des listes peut alors passer par le fait de nous fixer des buts concrets ou des plans d’avenir.

15.5 - En choisissant nos mots, nous choisissons les termes de notre bonheur

En retranscrivant nos moments de bonheur sur papier, nous recréons la réalité selon notre perception et nos valeurs.

Nous approprier les idées d'autres qui trouvent écho en nous forge aussi notre vision du monde.

En fait, pour l’auteure, le simple fait de mettre des mots justes sur nos ressentis est un trésor. C’est un art qui s'apprend très satisfaisant.

Chapitre 16 - Nous sommes les partisans de notre propre vie

16.1 - Comment se constituer une liste de "Questions phares" ?

Pour Dominique Loreau, faire des listes renforce notre identité et nous rend acteurs de notre vie. Plus que les réponses, ce sont les questions qui importent. Issues de lectures inspirantes, elles deviennent des sujets d'introspection pour donner du sens à notre existence.

Selon elle, il est bon, par exemple, de lister nos rôles, valeurs, influences, principes, injustices révoltantes ou raisons de vivre. Ces listes éclairent notre cheminement.

16.2 - Pour que les choses changent, il faut d'abord les visualiser

Planifier sa vie comme un voyage en listant ambitions, rêves et convictions permet d'atteindre ses sommets, déclare Dominique Loreau. Notamment, parce que selon elle noter précisément ce qu'on veut nous amène à le visualiser, et attire les situations pour s'accomplir.

Cela peut passer par différentes listes : livres à lire, musiciens à découvrir, œuvres d’art à voir, pays à visiter, hobbies à maitriser, endroits où vivre, comment nous nous voyons dans 5, 10 ou 20 ans.

Chapitre 17 – Faire des listes pour évoluer

17.1 - Le sens c’est d’abord une direction

L'évolution exige de se questionner sans cesse pour trouver le sens de sa vie. Cette quête solitaire vise à créer l'harmonie en soi par ses choix. Visualiser son but et le chemin pour l'atteindre donne force et clarté. Des listes de réflexions guident ce cheminement vers un moi profond, nous ancrant dans une direction plutôt que prisonniers du passé ou de l'avenir. Agir selon sa conscience, voilà l'essentiel.

17.2 - Quelle contribution puis-je apporter au monde

Que garderons-nous au seuil de la mort : nos biens ou nos relations, notre honnêteté, notre contribution à la vie des autres ? Lister les travers de notre système nous incite à consommer différemment. Il existe mille façons d'apporter sa pierre à l'édifice d'un monde meilleur.

17.3 - Le bonheur vient à ceux qui sont prêts à le recevoir

Le vrai bonheur est spirituel, au-delà du confort matériel. Il naît de l'harmonie avec notre part la plus élevée. Plutôt que des listes moralisatrices, décrivons nos désirs et joies pour nous enseigner le bonheur. Le pratiquer, s'en souvenir, en parler, contrôler ses envies nous en rapproche. Relire ses listes de petits plaisirs éveille notre conscience.

17.4 - La mort

Tabou mais omniprésente, la mort donne son sens à la vie. L'accepter comme naturelle, se poser des questions existentielles construit notre philosophie personnelle. Maintenir le fil avec soi, espérer une vie après la mort, tout en se fixant des repères de vie éthiques, voilà l'essentiel.

Partie 4 – Les listes de mes mille et un plaisirs

Chapitre 18 - Imagination et créativité

18.1 - Nous pouvons choisir les couleurs de notre vie

Tout comme Emily Carr qui, à 61 ans, choisit de vivre dans un mobile-home et de faire des listes-journaux poétiques, nous avons, nous aussi, le pouvoir de "peindre le tableau de notre vie".

En dressant l'inventaire de ce que nous désirons voir, écouter, sentir, faire... nous changeons notre perception du monde.

Noter les mille merveilles du quotidien dans des listes (appelées "listes couleurs de ma vie" par l’auteure), crée un réservoir de bonheur et aiguise notre sensibilité créatrice. Finalement, comme les artistes, chacun peut, avec de simples mots, devenir l'auteur de son existence, écrit Dominique Loreau. On peut décrire, par exemple, les charmes des saisons, des étapes de la vie, des modes de vie que nous aimerions expérimenter, des petites choses qu’on aime à l’endroit où nous vivons…

18.2 - Les listes "Évasion et imagination"

"Les listes des autres font toujours rêver. Elles nous stimulent, nous inspirent". Elles nous font rêver et, en nous faisant devenir un autre, nous amènent à devenir encore plus nous-même, s’étonne l’auteure.

Les listes des autres nous poussent alors à explorer nos propres rêves. Nous entrons dans une zone de créativité infinie. Le monde s'efface, on voyage au-delà des frontières du quotidien.

Écrire ces folies, ces vies rêvées, ces routines fantasmées ouvre des portes. Créer, c'est jouer. Une idée peut devenir projet de vie ou œuvre d'art. L'auteure cite l'exemple inspirant de la liste d'effets personnels du voyageur-écrivain William Least Heat-Moon lors de son périple en van. De quoi nous donner envie de lister ce qu'on emporterait pour un tour du monde !

18.3 - Des listes de "Petits riens"

Sur le modèle du livre "Les Miscellanées de Mr Schott", merveilleuse collection de petits riens essentiels, l'auteure nous invite à recenser mille sujets amusants et excentriques. Du nom des thés oolong aux scènes de films romantiques sous la neige new-yorkaise, en passant par les nuances de gris ou ce qu'on ferait en étant invisible... Juste pour le plaisir !

18.4 - Des listes pour embellir sa vie : découvrir sa propre esthétique

Nous avons tous le pouvoir d'embellir notre vie en affinant notre sens esthétique. Les listes nous forment à l'écoute des détails du monde. Qu'on se promène en voiture, à vélo ou à pied, qu'on explore sa ville ou un village, l'essentiel est de se laisser submerger par le flot d'images. Lister ses "coups de cœur" (un film, un biscuit, un nom de rue...) avec des détails concrets contribue à façonner une vie à son image. L'élégance se cherche dans cette quête de la beauté pure et harmonieuse.

18.5 - Instants uniques

Chaque instant recèle une parcelle d'éternité, pour peu qu'on lui accorde de l'attention. Le luxe des émotions raffinées se cultive. L'auteure suggère de lister les activités d'une journée idéale, d'y glisser des rituels, des plaisirs simples qui cassent la routine. Tenir un agenda de sorties, des carnets de voyages ou de vacances immortalise ces moments uniques.

18.6 - Les plaisirs de la lecture

Dans cette partie du livre "L'art des listes", Dominique Loreau partage sa propre liste de plaisirs de lecture : lire un livre avec son amoureux, découvrir qu'on peut aussi lire à l'envers, recopier des citations savoureuses, attendre avant de tourner la dernière page... Puis elle dévoile des extraits de sa bibliographie intime, chaque livre étant associé à un lieu et un souvenir.

Selon elle, lire est un voyage qui nous transforme. Prendre des notes de lecture est donc indissociable de la lecture, pour réviser ce qu'on a ressenti avec nos propres mots. Relire les livres qui ont compté est aussi une très bonne idée.

18.7 - La culture

Comme pour la lecture, se constituer une liste de films vus, d'expos visitées, de pièces de théâtre... permet de retenir artistes et créations marquantes. Les impressions couchées sur le papier valent mieux qu'un tas de tickets d'entrée qui s'empilent.

18.8 - Les listes sous forme de haïkus

À la manière des haïkus composés d'une seule phrase, l'auteure nous encourage à transcrire nos expériences en phrases-listes. Car pour elle, tout est source de poésie.

Elle nous suggère de nous entraîner à exprimer beaucoup en peu de mots, par associations d'idées et descriptions de détails. Elle illustre avec ses "Esquisses du Japon", de délicats instantanés de vie.

18.9 - Les recettes du bonheur

Pour les Chinois, le but de la vie est simple : c’est le plaisir, dans ses dimensions matérielles et spirituelles.

Faire l'inventaire de moments choisis peut résumer une vie heureuse. Ces petits riens savourés - un éclat de rire, un beau rêve... - rappellent que même en temps difficiles, chaque instant recèle une étincelle positive. Relire ces listes de petits bonheurs enseigne à son moi futur comment être heureux. De vraies recettes de joie à portée de main !

Chapitre 19 - Le plaisir des sens

19.1 - Mettons-nous véritablement nos sens à profit ?

Avant même la pensée, ce sont les sens qui nous relient au monde. Les affiner, les aiguiser apporte plus de vie, signale l’auteure. Nommer précisément ses sensations est la clé de leur qualité. Notre corps filtre l'univers, sa quête sensorielle méticuleuse mérite d'être célébrée en listes.

19.2 - Le visuel : couleurs, formes, volumes, lumières...

Regarder s'apprend. Un vocabulaire chromatique étendu, comme les 110 mots des teinturiers japonais pour le noir, élargit notre palette visuelle. Lister ce qu'on aime contempler, les nuances de couleurs, d'ombres et de formes affine notre perception.

19.3 - L'olfactif

Plus que les images, les odeurs ravivent instantanément des souvenirs enfouis. Sensuelles ou thérapeutiques, elles influencent notre humeur. Enrichir son odorat par des listes olfactives est une clé du bonheur.

19.4 - Le goût

Déguster lentement révèle les saveurs. Plus on a de mots pour les décrire, plus on les apprécie, telle la framboise d'un champagne. Chaque nouveau plaisir gustatif nous métamorphose.

19.5 - Le toucher, le sentir

Toucher nous connecte au monde, il exprime nos émotions. La conscience de soi passe par ce contact tactile vital, à affiner en le listant.

19.6 - Les sons

La pollution sonore agresse notre système nerveux. Prêter attention aux sons néfastes ou bénéfiques, en dresser l'inventaire, améliore notre environnement et notre qualité de vie.

19.7 - Se nourrir de musique

Vecteur puissant d'émotions profondes, la musique structure notre esprit. Son plaisir charnel caresse le corps et monte à l'âme. Composer des listes de morceaux adaptées à nos humeurs et activités décuple son pouvoir.

19.8 - Les listes de conjugaisons des sens

C'est de l'addition des sens que naît la vie. S'amuser à lister des "trios plaisir" - massage, encens, musique douce... - parfait nos petits bonheurs.

19.9 - Le plaisir de se relire

Nos listes sensorielles et réflexives sont notre trésor. Les relire à distance, comme un atlas intime, procure une joie inégalée.

Partie 5 – Les listes, mode d’emploi

Chapitre 20 - Les listes et leurs supports

20.1 - Le carnet, notre compagnon le plus intime

"Le carnet, assemblage d’images mentales, de gribouillages, de textes personnels, chipés ou copiés, de rêves, de recherche, de notes de voyage… est notre compagnon le plus intime" commence Dominique Loreau.

Il nous permet d’y noter nos idées fulgurantes. Attention alors, de toujours l'avoir sur soi et d’être discipliné.

Réceptacle de notre personnalité, le carnet peut constituer une véritable passion et devenir un véritable objet fétiche qu'on aime voir s'user, se patiner, se remplir. Il peut aussi représenter une extension de soi, "une partie de soi sans laquelle on se sent vide", poursuit l’auteure. Enfin, le carnet met en lumière le plaisir charnel de l’écriture selon un rituel qui passe par le papier, le stylo, l’encre...

Plusieurs conseils sont prodigués par l’auteure à ce sujet, comme par exemple : soigner sa présentation pour garder l’envie de poursuivre, éviter les ratures, tenir un carnet unique pour chaque type de listes afin de renforcer leur cohérence.

20.2 - Quel support choisir pour ses listes ?

L'essentiel, pour l’auteure, est d'opter pour un support extensible où regrouper ses listes par thème. Dès lors, les cahiers sont à proscrire.

L'idéal : un petit organizer de poche pour noter à la volée, et un carnet à anneaux ou ordinateur pour une mise au propre ordonnée. Garder une "liste des listes" en début de carnet facilite les recherches. Un classement par grandes catégories puis sous-catégories, avec des lettres plutôt que des chiffres, s'avère très pratique.

En version numérique, Dominique Loreau conseille de créer des dossiers thématiques : vie professionnelle, références à garder, comptes, voyages, codes secrets...

Pour les minimalistes, une simple feuille pliée peut faire office de pense-bête.

Le carnet, à garder toujours à portée de main, sert de confident en toute occasion. Le mettre à jour régulièrement procure une sérénité incomparable. Les passages intimes sont à protéger des regards.

Chapitre 21 - Comment faire ses listes

21.1 - Comment commencer ?

Le plus dur est de structurer ses listes, prévient l’auteure.

Pour rendre la tâche plus facile, nous pouvons partir de là où on en est, ou des thèmes que nous trouvons les plus inspirants. Chaque événement (un cadeau reçu par exemple) est prétexte à une nouvelle liste.

Et le classement s'affinera ensuite avec le temps.

21.2 - Les différentes formes de listes

Diverses idées sont ici développées :

Les notes de lecture évitent d'accumuler trop de livres.

Papiers colorés et listes à double colonne facilitent le repérage.

Place à la créativité avec les listes "œuvres d'art" suggérées par l’auteure : dessins, couleurs, formes originales... Nous pouvons aussi les calligraphier, les orner d'enluminures médiévales ou de croquis façon carnets de voyage japonais. Les collages de photos d'auteurs peuvent personnaliser les résumés de lecture.

Certaines listes se composent à plusieurs : un "livre portrait" de couple, une collecte de souvenirs familiaux...

D'autres s'offrent, telles des recettes ou citations sur un joli papier.

Les listes par chiffres (3, 7, 100...) revêtent une dimension symbolique, se référant au sacré.

21.3 - Donner un titre spécifique à chacune de ses listes

Un thème précis indique où noter chaque élément.

Hors sujet, mieux vaut éliminer ou déplacer pour préserver la clarté. Un bon titre conditionne toute la liste.

21.4 - Quand faire ses listes ?

À tout moment ! En s'accordant juste un temps calme pour se remémorer l'essentiel, comme le faisait Anaïs Nin pour son journal.

Dans un café, un embouteillage, une salle d'attente... Quelques notes chaque jour et le trésor s'étoffe.

Chapitre 22 - Quelques livres de listes qui peuvent vous inspirer

En guide de dernier chapitre, Dominique Loreau partage plusieurs listes de livres susceptibles de nous inspirer.

22.1 - Les listes de Jonathan

Un ami new-yorkais de l'auteure a dressé une liste de 10 listes perdues qui lui étaient chères, des noms de chats de Frida Kahlo aux repas partagés avec son amoureuse, en passant par ses trajets à vélo ou sa discographie de jazz. Autant de traces d'une vie riche en souvenirs et en émotions.

22.2 - Le Grand Almanach poétique japonais

Cet ouvrage fondamental recense en 4 volumes plus de 4900 expressions sur les saisons, servant de répertoire poétique. Divisé en 7 parties (saisons, ciel, nature, hommes, fêtes, bestiaire, plantes...), il puise dans le trésor de la sensibilité nippone.

22.3 - Le Dao de jing de Lao-tseu

Traité taoïste composé de sentences sur le "Principe et son action", ce livre est une longue liste de préceptes de vie inspirés de l'observation de la nature, à appliquer à soi et aux autres pour une existence harmonieuse.

22.4 - Notes de Li Yi-chan

Les "listes-répertoires" de ce poète chinois du VIIIe siècle, surnommé "la loutre" pour son goût des références, dressent un miroir éclectique de son époque, des mets rares aux rituels du thé, suggérant richesse ou pauvreté. Elles ont inspiré les listes japonaises médiévales.

22.5 - Sages écrits de jadis

Cette anthologie de maximes, poèmes et proverbes chinois, issue de sources antiques variées, offre un condensé de philosophies complémentaires. Centrées sur la patience et la maîtrise de soi, ces pensées guident l'homme en quête de sagesse au fil de l'existence.

CONCLUSION

En dressant des listes sur tous les aspects de notre vie, nous captons et savourons chaque instant. Telle une respiration ou une pensée, chaque liste crée notre réalité. Noter, voilà la clé pour ne rien laisser échapper et vivre pleinement.

Conclusion de "L'art des listes | Simplifier, organiser, enrichir sa vie" de Dominique Loreau

  1. Trois idées clés à retenir de "L’art des listes"

Idée n°1 : Les listes, un art de vivre qui donne du sens

Le livre "L'art des listes" de Dominique Loreau nous révèle la richesse insoupçonnée de cette pratique ancestrale que sont les listes. Loin d'être une manie futile, dresser des listes s'avère être un véritable art de vivre qui nous reconnecte à nous-mêmes et à l'essentiel.

En listant nos tâches, nos rêves, nos souvenirs, nos désirs, nous devenons les acteurs de notre vie et lui donnons un sens nouveau.

Idée n°2 : Explorer toutes les facettes de notre vie par les listes

L'auteure explore de façon approfondie toutes les facettes de notre existence qui peuvent être sublimées par les listes. De la simplification de notre quotidien à l'exploration de notre vie intérieure, en passant par le développement de notre créativité et la célébration des petits plaisirs, les listes se révèlent être des alliées inestimables pour vivre mieux et plus intensément.

Chaque chapitre regorge d'idées inspirantes et d'exemples concrets pour nous aider à démarrer notre propre pratique.

Idée n°3 : Les listes, miroir de notre identité et boussole de vie

Au-delà d'un simple mode d'emploi, "L'art des listes" est une véritable invitation à porter un regard neuf sur notre vie. En prenant le temps de coucher sur le papier ce qui compte vraiment pour nous, nous clarifions nos priorités et nos aspirations. Les listes deviennent alors le reflet de ce que nous sommes et de ce que nous voulons devenir. Elles nous aident à cultiver la gratitude, l'émerveillement et la pleine conscience, pour savourer chaque instant et ne rien laisser échapper de ce cadeau précieux qu'est l'existence.

  1. Ce que vous apportera cette lecture

En refermant ce livre, vous aurez acquis une multitude d'outils concrets et puissants pour métamorphoser votre vie du tout au tout. Que vous souhaitiez gagner en sérénité, en efficacité, en créativité ou simplement en joie de vivre, les listes seront vos précieuses alliées.

Vous apprendrez à utiliser leur pouvoir clarificateur pour faire le tri dans vos pensées, vos émotions et vos objectifs. Vous découvrirez comment elles peuvent réenchanter votre quotidien en attirant votre attention sur les petites merveilles qui vous entourent.

Enfin, vous réaliserez qu'en noircissant ces pages, c'est le livre de votre vie que vous écrivez, celui qui vous ressemble et qui trace votre chemin unique vers l'épanouissement.

  1. Pourquoi lire "L’art des listes | Simplifier, organiser, enrichir sa vie"

Je recommande la lecture de "L'art des listes" à tous ceux qui aspirent à une vie plus riche, plus consciente et plus authentique.

Avec son ton bienveillant, sa sagesse inspirante et ses conseils accessibles, ce livre est un véritable trésor qui transformera durablement votre rapport à vous-même et à l'existence. Nul doute qu'après l'avoir refermé, vos listes n'auront plus jamais la même saveur et deviendront les témoins enchantés de votre métamorphose intérieure !

Points forts :

Un livre inspirant qui nous révèle la puissance insoupçonnée des listes pour transformer notre vie.

Une multitude d'idées et d'exemples concrets pour démarrer facilement notre propre pratique des listes.

Une exploration approfondie de tous les domaines de notre vie qui peuvent être enrichis par les listes : organisation, créativité, développement personnel...

Une approche bienveillante et accessible qui nous guide pas à pas vers une vie plus épanouie.

Points faibles :

Certains lecteurs très cartésiens pourraient trouver certaines suggestions un peu trop "poétiques" ou abstraites.

À l’heure où nous pouvons établir des playlists sur nos appareils téléphone, internet, TV, lecteurs de musique, réseaux sociaux (exercices physiques, recettes, musique, vidéos, films, chaines TV, photos…), certaines idées peuvent paraitre obsolètes. Encore faut-il s’être mis à la page de toute cette technologie. Car dans ce cas les listes resteront appréciées.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 18 Nov 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12978/Lart-des-listes
Au cœur de l’intelligence artificielle http://www.olivier-roland.fr/items/view/12965/Au-cur-de-lintelligence-artificielle

Résumé de « Au cœur de l’intelligence artificielle » d’Axel Cypel : ce livre, rédigé par un ingénieur travaillant de près avec les algorithmes, a pour ambition de vous aider à démêler le vrai du faux en matière d'IA — pour ce faire, il vous plonge au cœur des questions techniques, éthiques et sociales que posent le développement de l'intelligence artificielle.

Axel Cypel, 2020, 455 pages.

Chronique et résumé de "Au cœur de l'intelligence artificielle" d'Axel Cypel

Introduction : Du scientisme ambiant

Axel Cypel raconte plusieurs anecdotes personnelles qui montrent qu'il existe un flou autour de notre compréhension de l'IA et de ses pouvoirs. D'où les questions qu'il se pose dans cet ouvrage et auxquelles il voudrait donner des réponses réalistes :

"Quelle est la part du vrai dans ce qui s'entend sur l'IA et dans ce qui se lit ? Jusqu'où cette technologie peut-elle aller ? Est-ce souhaitable ?" (Au cœur de l'intelligence artificielle, Introduction)

Pour l'auteur, le flot incessant d'informations contradictoires et exagérées autour de l'IA nuit fortement à la compréhension sereine du phénomène. Axel Cypel veut donc démêler le vrai du faux et poser les questions calmement.

Mais, se demande-t-il, comment écrire sur l'IA ? Comment prendre en compte tous les aspects de cette réalité ? Pour nous aider à naviguer dans l'ouvrage, il a établi les sigles suivants :

T pour Technique (bases informatiques et mathématiques) ;

D pour Dangers (problèmes potentiels pour l'humain) ;

L pour Limitations (soucis "techniques" à résoudre) ;

C pour collatéraux (technologies affiliées à l'IA, questions philosophiques).

Dans le livre, ces sigles permettent de faciliter le repérage des grands thèmes liés à l'IA. Nous noterons la lettre correspondante après le titre de chaque chapitre (par exemple, au chapitre 1, [T]).

Partie A : Expliquer l'IA

L'auteur s'intéresse ici aux questions scientifiques et techniques. Le deuxième chapitre, plus "amusant", a pour but d'interroger nos perceptions de l'IA. Souvent, nous fantasmons et exagérons ce que peut cette technologie. C'est pourquoi un petit rappel de ses principes de fonctionnement s'avère utile.

Chapitre 1 : Présentation générale de l'IA [T]

Axel Cypel se lance ici dans les définitions. Qu'est-ce que l'IA d'un point de vue scientifique et technique ? Mais aussi :

Quel est le rôle des données ?

Qu'est-ce que le cloud ?

Et la notion d'apprentissage ?

Sans oublier : qu'est-ce qu'un algorithme ?

L'auteur cherche la clarté, mais pas la simplification. Il propose des développements intéressants pour lier les définitions entre elles. Par exemple, voici sa définition de l'algorithme :

"Un algorithme est un procédé (une sorte de recette) qui permet de résoudre un problème par la mise en œuvre de suites d'opérations élémentaires selon un processus défini aboutissant à une solution." (Au cœur de l'intelligence artificielle, Chapitre 1)

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Thu, 10 Oct 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12965/Au-cur-de-lintelligence-artificielle
ChatGPT pour les nuls http://www.olivier-roland.fr/items/view/12928/ChatGPT-pour-les-nuls

Résumé de "ChatGPT pour les nuls" de Yasmina Salmandjee : un manuel pour bien commencer à prendre en main la célèbre intelligence artificielle générative d'OpenAI —, quel que soit votre domaine d'action, vous y trouverez des solutions !

Yasmina Salmandjee, 2023, 304 pages.

Chronique et résumé de "ChatGPT pour les nuls" de Yasmina Salmandjee

Introduction

Depuis plusieurs mois, il est impossible de passer à côté de la déferlante d'informations et de news concernant l'intelligence artificielle et ChatGPT en particulier !

Si vous lisez cette chronique (et que vous vous intéressez au livre lui-même), c'est que vous avez, vous aussi, décidé de vous initier à l'intelligence artificielle "grand public".

Vous souhaitez comprendre et maîtriser cet outil au mieux de ses capacités, dans vos usages quotidiens et professionnels ? Cet ouvrage est fait pour vous !

Partie 1. Les fondamentaux de ChatGPT

Chapitre 1. Introduction à ChatGPT

Qu'est-ce que ChatGPT ?

Il y a plein de manières de donner une définition de ChatGPT (vous vous en rendrez compte rapidement si vous faites un petit tour sur le net à ce sujet). Mais le plus simple est encore de commencer par son nom :

Chat comme « chat », en anglais, qui signifie bavarder, discuter. Par extension, chatbot, c’est un robot capable de tenir une discussion, dit aussi « agent conversationnel ».

GPT comme Generative Pre-trained Transformer ou « transformateur génératif pré-entraîné » en bon français, c’est le modèle spécifique de langage développé par OpenAI et utilisé ici.

"ChatGPT est donc tout simplement une interface de conversation utilisant une technologie de pointe dans le domaine de l'intelligence artificielle." (ChatGPT pour les nuls, Chapitre 1)

Ce à quoi sert ChatGPT concrètement

L'interface renvoie des réponses structurées en langage naturel sur la base de demandes réalisées par l'utilisateur. Vous posez une question et ChatGPT vous répond ! Il y a donc pléthore d'usages potentiels.

Selon Yasmina Salmandjee, il est possible de les diviser en 6 familles principales :

Obtenir des réponses à des questions ;

Transformer un texte ;

Générer du texte ;

Trouver des idées dans tous les domaines (à partir de ce qui existe déjà sur le web) ;

Classer ou extraire des données ;

Programmer du code informatique.

Ce que ChatGPT n’est pas

D'abord, l'interface n'est pas humaine ! Et son intelligence reste… artificielle ! Elle n'a rien à voir avec l'intelligence humaine. Elle ne sait pas tout et ne peut pas tout. Autrement dit : elle a des limites évidentes.

C'est un logiciel qui "donne l'illusion de s'exprimer comme le ferait un être humain", mais "il reste une machine".

Voyons quelques-unes de ses limites :

Comme il compile l'information d'internet, il a peu de créativité réelle (il est incapable de créer des idées complètement nouvelles).

Il n'a pas d'émotions, de sentiments ou même de "ressentis" (la sentience).

Les notions de prompt et de contexte

« Prompt est tout simplement le mot qui désigne l’instruction — phrase, question, ensemble de directives ou d’exemples — que l’utilisateur saisit pour obtenir une réponse de ChatGPT. » (ChatGPT pour les nuls, Chapitre 1)

Le contexte va venir préciser la demande en ajoutant des informations diverses (par exemple le ton à employer ou la localisation de l’utilisateur). Grâce à ces données supplémentaires, ChatGPT peut répondre de façon plus adéquate.

ChatGPT versus moteurs de recherche : quelles différences ?

Vous savez très probablement déjà utiliser un moteur de recherche. Vous posez une question ou introduisez un mot-clé (ou une expression) dans la barre de recherche et vous attendez la « réponse » : une liste de sites internet plus ou moins pertinents.

Est-ce que Google (le plus connu d’entre eux) est menacé par OpenAI ? La réponse est non. Moteurs de recherche et agents conversationnels sont des outils différents.

Voyons un peu les différences :

Google travaille à partir de mots-clés et fournit une liste de sites/références ; ChatGPT met le "dialogue" au premier plan (et ne fournit pas toujours ses sources !).

ChatGPT est avant tout textuel, alors que Google traite textes, images, vidéos, lieux, livres, etc.

Google vous donne accès à Internet dans son entièreté, alors que ChatGPT (dans la version 3.5 au moins) ne dispose pas des informations après 2021.

ChatGPT modifie ses réponses alors que, pour une même question, Google (ou Bing, si vous êtes plutôt "team" Microsoft) vous donnera les mêmes résultats.

Google propose des publicités dans ses résultats ; ChatGPT non.

L’un dans l’autre, ChatGPT est peut-être plus ressemblant d’un dispositif comme l’assistant vocal de Google (Google Assistant), d’Apple (Siri) ou d’Amazon (Alexa).

Et pourtant, y a-t-il néanmoins des recoupements et des changements à prévoir dans nos façons de nous connecter au web ? Eh bien oui. Mais Google ne compte pas se laisser faire et a déjà sa réponse : Bard.

Les limitations de ChatGPT

ChatGPT ne peut répondre à tout. Il y a des règles et des restrictions qui lui ont été imposées. C'est pourquoi il refusera de répondre à certaines de vos questions. En outre, ChatGPT se trompe parfois et certains usages sont tout simplement interdits.

"ChatGPT a donc des limitations d'ordre technologique, technique, mais aussi des restrictions d'usage imposées par ses créateurs." (ChatGPT pour les nuls, Chapitre 1)

Il faut enfin noter que la question du droit d'auteur et du plagiat est particulièrement importante ici. Pourquoi ? Car ChatGPT transforme des contenus déjà diffusés. Même s'il les remanie, la question du respect des auteurs se pose de façon accrue.

Chapitre 2. L'intelligence artificielle

Qu'est-ce que l'intelligence artificielle ?

L'intelligence artificielle est une expression qui peut porter à confusion. Elle a un côté "oxymore" (n'y a-t-il pas contradiction entre l'intelligence, un phénomène d'abord humain, et la notion d'artifice ?). Par ailleurs, il faudrait plutôt en parler au pluriel.

Cela dit, Yasmina Salmandjee propose de retenir la définition de base du Larousse :

"Ensemble de théories et de techniques mises en œuvres en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence humaine." (ChatGPT pour les nuls, Chapitre 2)

Des machines imitant le fonctionnement du cerveau ?

Quelles sont les principales fonctions mentales qui font de nous des êtres intelligents ? En voici une liste :

Apprentissage (acquérir et traiter de l'information nouvelle) ;

Raisonnement (manipuler de façon logique/cohérente l'information) ;

Compréhension (apprécier les raisonnements) ;

Perception de la vérité (faire la différence entre vraie et fausse info) ;

Perception des liens (interactions entre les données) ;

Prise en compte du sens des choses ;

Distinction entre faits, valeurs et croyances ;

Prise de décision ;

Etc.

L’auteure passe en revue la question des réseaux neuronaux et fait bien la différence entre robots et intelligence artificielle. Pour en savoir plus à ce sujet, voir l’excellent ouvrage L’intelligence artificielle pour les nuls.

Réseaux de neurones et apprentissage

Au sujet des réseaux de neurones, il est néanmoins important de noter les concepts suivants :

Deep learning (apprentissage profond) ;

Machine learning (apprentissage machine ou automatisé).

Ce sont deux méthodes très en vogue pour former des intelligences artificielles :

"Le deep learning est particulièrement adapté pour l'analyse de grandes quantités de données non structurées, telles que des images, du texte ou des signaux audio, tandis que le machine learning est plus adapté pour des tâches où les données sont plus structurées." (ChatGPT pour les nuls, Chapitre 2)

IA supervisée ou non supervisée

Les IA dites "supervisées" ont besoin que les données soient "étiquetées". Autrement dit, un agent humain doit aider l'IA à ranger les données dans des catégories pour que celle-ci puisse "apprendre".

À l'inverse, les IA dites "non supervisées" apprennent d'elles-mêmes par essai/erreur à partir d'un très grand stock de données.

Les domaines d'application de l'intelligence artificielle

Les domaines d'application de l'IA sont potentiellement infinis ou presque. Les principaux secteurs touchés ou en voie de transformation sont :

La santé ;

Les transports ;

L'industrie en général ;

La protection de l'environnement ;

L'éducation ;

Le divertissement ;

La finance ;

Le commerce ;

La sécurité ;

Les ressources humaines ;

La logistique ;

Le marketing (digital ou non) ;

Le tourisme ;

Etc.

Petite histoire de l'intelligence artificielle

L'histoire de l'IA commence au milieu du XXe siècle. Des chercheurs comme Walter Pitts et le célèbre Alan Turing font partie des précurseurs.

En tant que tel, le concept d'intelligence artificielle "IA" apparaît lors de la célèbre conférence de Darmouth en 1956, qui réunit tous les grands chercheurs du domaine.

Les années 1960 connaissent un premier développement, notamment dans le domaine des jeux (jeu de dames). Puis, un premier "hiver de l'IA" a lieu dans les années 1970, par manque de financements et de résultats.

Après un bref regain d'intérêt dans les années 1980, c'est à nouveau un passage à vide qui caractérise la recherche des années 1990. Mais tout change dans les années 2000 avec le développement sans précédent d'Internet.

Les dérives et dangers de l'intelligence artificielle

Beaucoup d'espoirs sont liés à l'intelligence artificielle. Mais aussi beaucoup de craintes ! Certaines histoires peuvent faire sourire, mais d'autres ont de quoi nous faire vraiment peur… C'est pourquoi il est important d'en comprendre les enjeux et de s'y intéresser.

Le premier défi est le travail. Selon une étude particulièrement alarmiste (trop, peut-être ?) de Goldman Sachs, plus de 300 millions d'emploi à travers le monde pourraient être menacés.

Côté risques, on retrouve également :

Deep fakes (fausses informations "profondes") ;

Contrôle des populations ;

Biais racistes, sexistes et autres ;

Problèmes de droit de propriété intellectuelle ;

Hameçonnage, escroqueries ou chantage ;

Addiction ;

Etc.

Pour autant, l'IA est une nouvelle mine d'or que les géants du web aussi bien que les start ups n'entendent pas laisser passer. En fait, la course à l'IA n'en est qu'à ses débuts et va encore s'emballer.

Serons-nous capables d'en maîtriser les dangers tout en en récoltant les bénéfices ?

Partie 2. ChatGPT en action

Chapitre 3. Bienvenue dans le monde de ChatGPT

Accéder à l'interface de ChatGPT

Pour vous connecter, rien de plus simple : allez sur le site d'OpenAI et cliquez sur "Try". Vous pourrez y créer un compte. Une fois configuré, vous pourrez vous connecter aisément à ChatGPT 3.5. chaque fois que vous le voudrez.

À noter : depuis que ce livre a été rédigé, il existe deux autres versions (payantes) :

ChatGPT 4 ;

ChatGPT 4o (pour la reconnaissance vocale).

Depuis la parution de l’ouvrage, un autre changement important est survenu : l’application ChatGPT pour mobile.

Si vous êtes un utilisateur plus avancé (développeur ou programmeur, par exemple), vous pouvez accéder à l'API (application programming interface) de ChatGPT pour intégrer cette technologie à vos propres logiciels ou app en cours de conception.

Lancer une discussion

La notion de prompt a été proposée par Reid Hoffman, ancien cadre chez OpenAI et auteur d'Impromptu, Amplifying Our Humanity Through AI.

Mais soit, passons à l'action ! Pour rédiger votre premier prompt, rien de plus simple. Utilisez la barre de texte pour taper ou coller votre texte et appuyez sur le logo "envoi" (une petite flèche).

Si vous constatez un bug, rafraîchissez votre navigateur et tout devrait revenir à la normale rapidement.

Affiner vos prompts et préciser le contexte

Plus votre prompt contiendra du contexte — c'est-à-dire des informations supplémentaires qui précisent la nature de la réponse attendue —, plus la réponse sera précise et détaillée.

Par exemple, vous pouvez demander un niveau de difficulté particulier. Si vous souhaitez une explication pour un enfant ou un débutant, vous pouvez l'indiquez. Pareil si vous voulez une réponse d'expert !

Autre cas : l’ajout de contraintes. Vous avez envie qu’un mot apparaisse trois fois dans le texte de réponse, demandez-le. Ou bien alors vous souhaitez écrire « dans le style de… » ? Dites-le dans votre prompt.

Continuer la discussion… ou recommencer !

Au cours d'un même "chat" ou "discussion", vous pouvez poser plusieurs questions à ChatGPT. Il vous répondra en se souvenant (normalement) de ce que vous lui aviez demandé précédemment.

Mais vous pouvez tout aussi bien décider de changer de discussion et en créer une nouvelle. Dans ce cas, l'historique et le contexte seront perdus et vous recommencerez de zéro.

Si vous souhaitez revenir à une discussion antérieure, vous le pouvez sans difficultés. L'interface conserve vos discussions passées.

Consulter l'historique des discussions

Cet historique se situe dans la partie gauche de l’écran. Pour commencer une nouvelle discussion, cliquez sur « New chat ». Pour accéder à une ancienne discussion, cliquez sur le nom de celle-ci (c’est l’IA qui le choisit par défaut pour vous, mais vous pouvez en changer), avec l’onglet

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Thu, 01 Aug 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12928/ChatGPT-pour-les-nuls
Apprendre à s’organiser, c’est facile ! http://www.olivier-roland.fr/items/view/12920/Apprendre-sorganiser-cest-facile-

Résumé de "Apprendre à s'organiser, c'est facile !" de Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt : un manuel en quatre parties pour vous aider à vous organiser, que vous soyez étudiant, freelance ou même à la retraite — avec une foule d'exercices pratiques et de bons plans, of course !

Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt, 2008 (2017), 351 pages.

Chronique et résumé de "Apprendre à s'organiser, c'est facile !" de Stéphanie Bujon et Laurence EInfalt

Introduction

Que vous ayez trop d'activités à effectuer, pas assez de temps pour tout faire ou trop d'informations à traiter, "il existe une solution", affirment les auteures d'une seule voix !

Cette solution, vous la trouverez dans les lignes de cet ouvrage composé de quatre parties, chacune ayant un objectif propre :

La première partie vous enseigne la méthode de base à suivre, quel que soit le problème ;

La deuxième partie vous aide à aller plus loin sur le chemin de l'organisation de votre vie ;

Ensuite, la troisième partie s'adresse à des profils spécifiques, de l'étudiant au retraité ;

Enfin, la quatrième partie porte sur des situations précises, du nettoyage à l'organisation d'une réunion, par exemple.

"De l'information brute à la mise en œuvre de l'action, notre méthode vous accompagne et vous oriente. Il n'est absolument pas question de robotiser votre vie quotidienne, loin de là. À chaque étape, vous faites de vrais choix, qui sont loin d'être "automatiques"." (Apprendre à s’organiser, c’est facile !, Introduction)

Petit à petit, vous apprendrez à prendre les bonnes décisions et à les intégrer naturellement dans votre vie. Comme le rappellent tous les bons coaches de vie, vous avez la responsabilité de mener votre vie et c'est donc à vous d'assumer les choix que vous ferez en faveur — ou non — de l'organisation.

Alors, prêt à apprendre à mieux vous organiser ? Si c'est le cas, continuez votre lecture ! ;)

Première partie — La méthode

Chapitre 1 : Avant de vous lancer

À l'origine des émotions pénibles : des ampoules

Chaque expression que nous employons dans le cadre de nos projets et de notre organisation est comme une ampoule qui s'allume dans notre cerveau :

"Il faut que je…" ;

"tiens, si je…" ;

"Un jour, je…" ;

"Il est urgent de…" ;

Etc.

Ampoule ! Souvent, ce sont de véritables "guirlandes" d'ampoules que nous trimbalons dans notre tête tout au long de la journée. Mais nous ne trouvons pas cela très joli ; en fait, chaque illumination agit comme une alarme, comme une "notification", pour reprendre le langage des téléphones mobiles.

Mais que sont-elles ? En fait, ce sont "des engagements que vous prenez avec vous-même". Dès que vous ne passez pas à l'action, c'est comme si vous ne respectiez pas ce mini "contrat" que vous aviez passé avec vous-même.

Résultat : vous pouvez être déçu et vous pouvez avoir l'impression que vous ne pouvez pas vous faire confiance. Ce serait dommage de perdre confiance en soi, alors que l'intention était bonne !

Nous ne pouvons pas toujours maîtriser ces ampoules : ni quand nous les allumons, ni quand nous les éteignons. Parfois, elles s'allument même "toutes seules" en pleine nuit ! Cela vous fatigue. Et pour une bonne raison : votre cerveau n'est pas capable de gérer tous vos engagements. Il lui faut l'aide d'un système externe.

La solution : un système externe fiable "anti-ampoules"

La liste de choses à faire et les papiers collés partout sur votre bureau sont comme les ancêtres de ce système — ou sa version basique, dirons-nous. Mais pour passer de l'intention à l'action (bref, apprendre à éteindre correctement toutes nos ampoules), il faut souvent quelque chose de plus solide que cela !

L'enjeu : mettre un peu d'ordre dans ce débordement de choses à faire, d'informations et de temps qui passe (trop vite). La méthode : un système externe en 5 étapes. Mode d'emploi ⬇️.

Une méthode en 5 étapes

Voici les cinq étapes qui seront détaillées dans la suite de cette partie :

Récolter les ampoules ;

Réfléchir à ce que vous voulez en faire ;

Organiser le résultat de vos réflexions ;

Vous tenir à jour ;

Et enfin… agir !

Les auteures proposent un glossaire des expressions qu'elles utilisent dans l'ouvrage pages 11-12. En voici trois à titre d'exemple :

3PA = "acronyme de Plus Petite Prochaine Action, c'est-à-dire, en vue d'un résultat désiré, la plus petite action que je peux faire maintenant, pour progresser vers mon but. Pour la trouver, se poser la question : "Si je m'y mettais maintenant, qu'est-ce que je ferais, physiquement, tout de suite ?" (p. 11)

Boîte = corbeille ou autre contenant qui permet de recueillir les "ampoules" au quotidien, sous toutes leurs formes, c'est-à-dire documents écrits, pense-bêtes, objets, messages électroniques, vocaux, etc." (p. 11).

Réserve = "ensemble des informations que l'on décide de garder pour le jour où on en aura besoin" (p. 12) ;

Etc.

Votre matériel

Les auteures optent pour un mode "physique" d'organisation plus qu'high tech. Elles vous proposent de vous munir de :

Au moins trois "boîtes" (selon le sens donné ci-dessus) ;

Papier-crayon ou écran-clavier, peu importe (mais si vous optez pour le papier, privilégiez un cahier ou des classeurs pour ordonner les notes) ;

Fournitures de bureau standard (des trombones aux ciseaux, etc.) ;

Titreuse (appareil pour créer des étiquettes) ;

Chemises cartonnées (en quantité) ;

Une poubelle ;

Un agenda.

Chapitre 2 : Récolter les ampoules

La journée est remplie d'ampoules que nous notons à la va-vite ou que nous pensons pouvoir mémoriser. Dans l'un ou l'autre cas, elles finissent souvent par être perdues ou oubliées. Conséquence : nous n'avons pas agi comme prévu.

Pourquoi regrouper les ampoules ?

Première raison : pour donner une chance à des projets non urgents, mais importants (comme apprendre un instrument, appeler un ami ou faire un check-up santé) d'avoir une place dans notre emploi du temps.

Deuxième raison : pour savoir où les informations se trouvent. Autrement dit : réduire les supports (papiers volants, mémoire défaillante, email, etc.) à un endroit dédié à tous les "je dois…".

Troisième raison : pour ne pas avoir à y penser plusieurs fois — c'est-à-dire ne pas se laisser déranger par certaines ampoules au mauvais moment et ainsi éviter cette impression de débordement constant.

Quatrième raison : pour éviter de (trop) faire confiance à sa mémoire. Autant s'aider d'un système externe quand nous le pouvons.

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Thu, 25 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12920/Apprendre-sorganiser-cest-facile-
Construire un second cerveau http://www.olivier-roland.fr/items/view/12915/Construire-un-second-cerveau

Résumé de "Construire un second cerveau — Une méthode complète pour organiser votre vie numérique et libérer votre potentiel créatif" de Tiago Forte : un manuel dont le célèbre Seth Godin revendique l'efficacité — pour quoi faire ? Eh bien, pour découvrir tout votre potentiel et apprendre à l'exprimer, pardi !

Tiago Forte, 2022, 276 pages.

Titre original : « Building a Second Brain » (2022).

Chronique et résumé de "Construire un second cerveau — Une méthode complète pour organiser votre vie numérique et libérer votre potentiel créatif" de Tiago Forte 

Introduction — La promesse d'un second cerveau

Première partie — Les fondations : comprendre ce qui est possible

✅ Chapitre 1 — Où tout a commencé

Tiago Forte utilise le storytelling dans ce premier chapitre. C'est-à-dire ? Il nous raconte une histoire — son histoire personnelle — faite de difficultés et de réussites. Plus précisément, il nous raconte comment il a surmonté l'obstacle de la maladie grâce à l'invention de son système de notes et d'organisation de la pensée.

Un tournant personnel : la découverte du pouvoir associé à la prise de note

Alors qu'il était malade — un étrange mal de gorge qui ne passait pas et que les médecins n'arrivaient pas à bien diagnostiquer — il s'est rendu compte qu'il pouvait noter ses sensations et ses pensées pour aider le corps médical à y voir plus clair.

Ensuite, il a commencé à regrouper également les rapports des médecins et à composer un véritable dossier personnel de gestion de sa maladie.

Peu à peu, il a étendu cette bonne habitude à d'autres domaines de sa vie et a transformé ses notes manuscrites en notes numériques. Lorsqu'il a décroché son premier emploi, il a utilisé cette méthode est s'est rendu compte de sa puissance.

Un autre tournant : la découverte du pouvoir du partage

Oui, il s'est rendu compte que son système de notes était véritablement un atout professionnel. Cela lui a d'abord valu d'être apprécié par ses collègues et sa hiérarchie. Puis, il a même reçu des demandes de conseils et de formation venues de certains collaborateurs.

Peu à peu, sa méthode d'organisation a pris une forme plus structurée et prête pour être échangée, partagée. Les discussions informelles se sont transformées en ateliers, voire en conférences. Il a également écrit des articles sur le sujet qui sont parus dans des revues prestigieuses.

Les origines du système du second cerveau

Bien sûr, Tiago Forte n'est pas seul à avoir pensé à l'organisation des idées. Pour créer sa méthode, il s'est inspiré de nombreux scientifiques et penseurs qu'il cite d'ailleurs dans l'ouvrage.

Quoi qu'il en soit, il a patiemment agrégé son expérience personnelle et ces précieuses références pour concocter un programme qu'il a nommé CODE et qui sera présenté dans la deuxième partie de cet ouvrage (et de cette chronique !).

✅ Chapitre 2 — Un second cerveau, c'est quoi ?

"L'information constitue la matière première de tout ce que nous entreprenons." (Construire un second cerveau, Chapitre 2)

Nous pouvons quantifier la quantité d'informations que nous "ingurgitons" par jour. Le New York Times, par exemple, estime à 34 gigaoctets la quantité d'informations consommée quotidiennement par un "individu moyen".

Problème : souvent, nous nous noyons dans cet océan d'informations. Celui-ci nous submerge ; au lieu de le maîtriser, nous perdons pied. Internet a été le grand démultiplicateur de ce phénomène.

Le constat est désormais connu : notre capacité d'attention est sollicitée constamment par les dispositifs numériques, et cela au détriment de notre qualité de vie et de la réalisation de nos projets.

Pourtant, le numérique et Internet sont également des outils formidables pour se construire un second cerveau. C'est même pour cela que l'ordinateur personnel a été inventé ! Rappelez-vous la phrase de Steve Jobs : "l'ordinateur est comme un vélo pour l'esprit".

L'héritier des mémentos

Mais n'allons pas trop vite. Regardons un peu en arrière. Comment les personnes créatives et organisées faisaient-elles, il n'y a pas encore si longtemps, pour produire leurs œuvres et réaliser leurs objectifs ?

Beaucoup d'entre eux utilisaient des mémentos ou, en anglais, des commonplace books. Typiquement, il s'agit de carnets utilisés pour y laisser des idées ou pour recopier des passages de livres, par exemple.

Ce faisant, ces personnes créaient (et créent toujours, pour bon nombre d'entre elles qui utilisent encore ce système éculé) leurs propres idées et projets en s'appuyant sur toute cette compilation de notes personnelles.

Pour Tiago Forte, cette simple pratique peut nous aider à endiguer le phénomène de perte d'attention évoqué plus haut. Mais nous pouvons nous servir des outils mis aujourd'hui à notre disposition !

Le mémento numérique

La numérisation du mémento permet un archivage et une organisation plus pratique. Les calepins se perdent, doivent être recompilés, conservés physiquement, etc. À l'inverse, les notes numériques sont plus aisément consultables et nous pouvons les conserver sans grande difficulté, notamment grâce au cloud.

En fait, le mémento numérique est le second cerveau. Lorsque vous aurez appris à le créer et à l'utiliser, il agira comme une machine à penser rien que pour vous. L'auteur le définit également comme un laboratoire où vous pouvez regrouper et assembler des savoirs qui vous sont propres.

Repenser la prise de notes : les notes comme. des briques de savoir

Tout le monde est concerné par la prise de notes et la mémorisation aujourd'hui. Pourquoi ? Car la plus grande partie des emplois sont liés à l'information. En fait, nous sommes dans une société où :

"Plus de la moitié des actifs peuvent être considérés comme des "travailleurs du savoir", c'est-à-dire des individus pour qui les connaissances constituent le bien le plus précieux et qui passent le plus clair de leur temps à gérer de vastes quantités d'informations." (Construire un second cerveau, Chapitre 2)

Et pourtant, nous n'apprenons que très rarement à gérer celles-ci. À l'école, on nous apprend à retenir pour retenir, sans chercher à faire quelque chose des notes que nous prenons une fois l'examen passé.

En situation professionnelle, nous nous trouvons souvent démunis, car nous n'avons justement pas appris à manipuler les connaissances comme il se doit.

Il importe donc d'agir. Pour ce faire, commencez par imaginer chaque connaissance comme une brique de Lego. Nous allons apprendre à les conserver et à les associer pour faire émerger vos plus belles idées.

Une histoire de deux cerveaux

Tiago Forte raconte deux histoires :

Celle de Nina, qui n'utilise que son "premier cerveau" (celle qui est dans sa tête !). Elle a bien des difficultés à se souvenir de l'endroit où elle a placé tel rapport ou telle note, et perd un temps fou à organiser ses idées.

Votre histoire, une fois que vous aurez adopté la méthode proposée par l'auteur (découvrez-la p. 39-42 !).

Mettre la technologie au service de la pensée

Même lorsque nous utilisons les outils numériques, nous devons nous rendre à l'évidence : une bonne part de notre production finit au fond d'un cloud ou d'une clé USB et nous n'en entendons plus jamais parler…

Le numérique ne résout donc pas tout naturellement. Il faut réaliser un effort pour le mettre au service d'une gestion efficace des connaissances personnelles (le PKM ou personal knowledge management est un véritable champ de recherches aux États-Unis).

Pour que le numérique devienne véritablement notre deuxième cerveau, nous devons apprendre à interagir de façon saine et adaptée avec lui. Voyons maintenant ce que cela pourrait donner !

✅ Chapitre 3 — Comment un second cerveau fonctionne

"Dites-vous que votre second cerveau est votre meilleur assistant personnel." (Construire un second cerveau, Chapitre 3)

Ensuite, demandez-vous quels seraient ses attributions ou ses superpouvoirs.

Les superpouvoirs d'un second cerveau

Pour Tiago Forte, il y en a quatre :

Concrétiser ses idées ;

Mettre en lumière de nouvelles associations d'idées ;

Faire germer de nouvelles idées ;

Affûter ses perspectives dans leur singularité (p. 46).

Superpouvoir numéro 1 : concrétiser nos idées

Même les plus puissants esprits ont besoin de rendre leurs idées concrètes. En science comme ailleurs, dès que nous pensons abstraitement, nous avons besoin de revenir, à un moment donné, vers le concret, le manipulable.

C'est pourquoi noter ses idées, dessiner ou encore modéliser en 3D est si important. Avec le mémento numérique, chaque brique prend sa place quelque part et se "matérialise" en quelque sorte (même si c'est avec des pixels et des bits informatiques).

Superpouvoir numéro 2 : mettre en lumière de nouvelles associations d'idées

"La créativité consiste à connecter des idées, dit l'auteur, surtout quand celles-ci semblent n'avoir rien à voir de commun les unes avec les autres". Il prend l'exemple du Scrabble, ce jeu où il faut mélanger des cubes pour former des ensembles de lettres à partir desquelles former des mots.

Tout comme le Scrabble, le mémento numérique vous offre la possibilité de mélanger vos idées afin de faire émerger de l'inattendu et créer du sens.

Superpouvoir numéro 3 : faire germer de nouvelles idées

Le "biais de récence" signifie la tendance à favoriser les briques de connaissance que vous avez vues (ou entendues, etc.) récemment. Grâce à votre second cerveau, vous pourrez aller rechercher des idées lointaines sans peine et les connecter avec d'autres beaucoup plus récentes.

Cet effet de longue durée — grâce à la mémoire externe qu'est votre second cerveau — peut vous aider à faire émerger des idées véritablement originales, au-delà de la simple association d'idées récentes.

Superpouvoir numéro 4 : affûter nos perspectives dans leur singularité

Compiler et associer les idées d'autrui a pour fin de faire naître vos propres idées et votre propre perspective sur le monde. La création ne part pas de rien ! Elle s'appuie sur ce qui a été réalisé en amont par d'autres que nous.

En réalité, nous pouvons donner une interprétation particulière à ce que nous voyons, entendons, etc., bref, percevons du monde extérieur.

Retenez ceci : le fait que vous soyez bloqué dans un projet créatif (par exemple, écrire) ne signifie pas nécessairement que vous n'êtes pas doué ou que vous avez perdu toute inspiration, mais simplement que vous n'avez pas encore suffisamment de matériaux à votre disposition.

Choisir une application de prise de notes : le centre neurologique de votre second cerveau

Tiago Forte se refuse à donner une recommandation en particulier. Vous pouvez selon lui opter pour le programme qui vous convient le mieux, que ce soit, par exemple, Evernote, Notion ou encore Apple Notes.

Les quatre atouts d'un assistant numérique de ce type sont :

Le multimédia, à savoir la possibilité d'utiliser vos contenus sur plusieurs médias (ordinateurs, téléphone, etc.).

Le caractère informel, c'est-à-dire que vous n'avez pas à rendre un travail fini et sans fautes !

La durée indéterminée du processus.

L'orientation vers l'action, puisque l'intérêt est de capter rapidement des idées pour les utiliser ensuite.

Si votre système de notes comprend ces quatre points forts, vous pouvez l'adopter ! Pensez aussi que vous pouvez commencer par une application basique, puis monter en gamme ensuite. Le plus important ici :

"[N]e pas se faire piéger par le perfectionnisme en repoussant le moment de commencer à prendre des notes au prétexte que vous devez d'abord trouver l'application "parfaite" qui inclura une liste précise de fonctionnalités. Le but n'est pas d'avoir à votre disposition des outils parfaits, mais des outils fiables sur lesquels vous pouvez compter, en sachant que vous pourrez toujours en changer plus tard." ((Construire un second cerveau, Chapitre 3)

Se souvenir, se connecter créer : les trois étapes de la gestion des connaissances personnelles

Le plus souvent, les personnes prennent du temps pour mettre véritablement à profit leur second cerveau. L'auteur recommande d'ailleurs de passer par ces trois étapes :

Commencez par simplement prendre des notes et à vous servir de votre système comme aide-mémoire.

Ensuite, passez à un stade de réflexion et de découverte de nouvelles idées par connexion.

Enfin, bâtissez un véritable système de création de nouvelles choses, comme des vidéos YouTube, par exemple, ou tout autre projet créatif que vous aurez à l'esprit !

L'auteur introduit ensuite sa méthode CODE. Toutefois, dans le cadre de cette chronique, nous pouvons nous passer de ce résumé et passer directement à la présentation de la méthode en tant que tel. Prêt à construire votre second cerveau ? C'est parti !

Deuxième partie — Les quatre étapes de la méthode CODE

✅ Chapitre 4 — Capter : garder ce qui résonne en soi

"L'information n'est pas un luxe ; c'est la condition même de notre survie." (Construire un second cerveau, Chapitre 4)

Que veut dire TIago Forte ici ? Eh bien, qu'en tant qu'humains, nous avons besoin de penser et de nous informer afin de répondre à nos besoins les plus élémentaires.

Par ailleurs, comme la nourriture, les informations conditionnent notre bien-être. Si nous mangeons mal, nous serons probablement en mauvaise santé à un moment ou à un autre. Il en va de même pour les "nourritures de l'esprit".

Se constituer un recueil de connaissances personnel

L'auteur prend l'exemple de la chanteuse de pop et country Taylor Swift. Dans plusieurs documentaires, celle-ci se met en scène en train de créer ses chansons. Or, elle utilise précisément un système de notes du type "second cerveau", qui lui permet de se souvenir, de connecter les idées et de créer.

Chaque personnalité reconnue pour son talent dispose d'un système semblable. La créativité ne vient pas seule, comme par enchantement. Elle suppose un processus créatif qui peut être enseigné et appris.

Se créer une banque de savoirs : comment générer des intérêts composés à partir de vos idées

Une question délicate se pose : comment sélectionner les informations à sauvegarder ? Comment savoir ce que nous voulons conserver et ce qui ne mérite pas ce traitement de faveur ?

Pour ce faire, commençons par compliquer — ou plutôt élargir — la notion de savoir. Par ce mot, Tiago Forte n'entend pas ici les grands principes philosophiques ou scientifiques, mais tout "actif informationnel", tout "contenu" qui vous semble intéressant pour une raison ou pour une autre.

Il y a donc du savoir partout autour de vous, et c'est à vous de décider ce qui peut vous aider à :

Résoudre un problème ;

Gagner du temps ;

Éclairer un concept ;

Apprendre d'une expérience passée ;

Etc. (exemples donnés par l'auteur p. 73)

Bref, tout actif informationnel est ce qui peut vous servir, quel que soit le but que vous vous proposez (et il peut y en avoir plusieurs en même temps, c'est d'ailleurs souvent le cas).

Par ailleurs, en plus des "briques" que vous trouverez dans le monde extérieur, il y a ce qui apparaît "à l'intérieur". En effet, chaque information peut résonner en vous et vous faire penser à quelque chose qui peut, à son tour, être noté.

Ce qu'il ne faut pas garder

Voici une liste non exhaustive de documents qu'il est préférable de ne pas intégrer à votre système de notes :

Des rapports confidentiels ou données à sécuriser ;

Des documents avec des formats trop spécifiques ;

Les fichiers trop imposants ;

Les contenus collaboratifs en temps réel.

Douze problèmes favoris : l'art de la captation vu par un prix Nobel

Revenons au filtre lui-même, à savoir les buts que vous vous fixez. Vous pouvez transformer ces buts ou ces problèmes en questions. Dès que vous repérez une donnée qui semble répondre, même partiellement, à l'une de vos questions, vous la répertoriez dans votre système de notes !

C'est à partir de l'exemple du prix Nobel de physique Richard Feynman que Tiago Forte propose cette astuce bien utile. Vos questions peuvent regrouper des problèmes existentiels ou complètement prosaïques, peu importe ! L'important est que vous ayez envie de récolter des informations sur ces sujets.

Voici quelques exemples donnés par l'auteur, mais il est bien plus efficace de trouver vos 12 questions en fonction de vos intérêts propres :

Comment moins vivre dans le passé et plus dans le présent ?

Comment mon business peut-il devenir à la fois durable et rentable ?

Que puis-je faire pour manger plus sainement ?

Etc.

Si vous n'y arrivez pas, ne stressez pas. Essayez les trucs suivants :

Posez des questions à votre entourage et en particulier à vos parents pour voir ce qui vous intéressait enfant ;

Arrêtez-vous au nombre que vous avez, sans aller jusqu'à 12.

Conformez-vous avec ce premier jet, vous l'améliorerez plus tard si nécessaire !

Bien sûr, préférez les questions ouvertes (qui appellent des réponses longues) aux questions fermées (oui/non) !

Les critères de captation : comment éviter de trop capter (ou pas assez)

Retenez également que la valeur d'un contenu est distribuée. Autrement dit, tout ne vous intéressera pas. Au lieu de garder un article complet dans vos favoris, ne le lisez qu'une fois et sélectionnez les passages les plus pertinents pour votre problème pour les placer dans votre système de notes.

Vous devez impérativement apprendre à faire le tri en ne sélectionnant que les parties qui vous parlent le plus. Sinon, c'est la submersion — et c'est un problème qui arrive à beaucoup d'entre nous.

Alors, pour apprendre à raffiner votre sélection, voici quatre questions à vous poser. Est-ce… :

Inspirant ?

Utile ?

Personnel ?

Surprenant ?

En définitive, captez ce qui résonne en vous

"Lorsque vous vous imprégnez d'une information, soyez à l'écoute de vous-même et voyez si elle vous émeut ou vous surprend. Ce sentiment de "résonnance" — comme un écho dans votre âme — est votre intuition qui vous dit que ce contenu vaut vraiment la peine d'être noté." (Construire un second cerveau, Chapitre 4)

Nos émotions nous aident à organiser notre savoir et jouent un rôle dans notre raisonnement. Apprenez donc à écouter cette petite voix intérieure suffisamment souvent pour qu'elle prenne de la force et vous guide dans vos choix.

Au-delà de l'application de prises de notes : choisir des outils de captation

Tiago Forte détaille tous les logiciels ou outils numériques qui vous permettent de récupérer du contenu au quotidien. Par exemple, vous pouvez :

Copier-coller du contenu YouTube en demandant d'afficher la transcription ;

Utiliser la fonction "partager" des livres numériques ;

Découper des segments de podcasts ;

Etc.

Ce ne sont que quelques exemples parmi ceux donnés par l'auteur. Le plus souvent, des solutions simples existent pour récupérer les éléments qui vous intéressent le plus.

Les étonnants bénéfices de l'externalisation de vos pensées

Cela vaut pour les briques de connaissance extérieure. Mais quand vous voulez exprimer vos propres idées (notamment vos ressentis par rapport aux documents que vous sélectionnez), vous pouvez simplement écrire directement dans votre système de notes (ou vous enregistrez en audio, si vous préférez).

Notez vos idées ou les exprimer à haute voix a bien des avantages. Premièrement, cela facilite la mémorisation. Mais ce n'est pas tout. Le fait d'exprimer ce que vous pensiez ou ressentez vous donne de nouvelles idées ou vous procure de nouvelles émotions qui peuvent être très libératrices.

La prise de notes nous aide aussi — et c'est lié — à prendre nos distances avec l'information reçue. Nous cessons peu à peu de réagir à chaud, sans prendre le temps d'y réfléchir. D'ailleurs, certains des contenus que vous sélectionnez aujourd'hui vous sembleront inutiles ou triviaux quelques jours plus tard. Dans ce cas, supprimez-les !

À votre tour : à quoi ressemblerait la captation d'idées si c'était facile ?

Plutôt que de chercher à retenir tous les éléments un par un de ce livre, demandez-vous comment vous pourriez mettre en place la captation d'idées dans votre quotidien de manière agréable et aisée. Imaginez les contenus que vous pourriez y intégrer.

En somme, commencez à agir plutôt qu'à tout retenir. C'est ainsi que vous trouverez les chemins qui vous conviennent le mieux et que vous tirerez tout le bénéfice des conseils donnés dans ce livre.

✅ Chapitre 5 — S'organiser : sauvegarder ses actifs en vue d'une utilisation future

Twilda Swarp est l'une des chorégraphes les plus réputées dans le monde de la danse contemporaine. Elle a une technique créative simple qu'elle nomme "La boîte".

Elle dépose dans une simple boîte de rangement tous les éléments liés à un projet chorégraphique, depuis son objectif (qui peut être un simple mot) jusqu'à des objets de toutes sortes et des morceaux de musique. Lorsqu'elle veut travailler sur son projet, elle sait où aller voir : dans la boîte !

L'effet cathédrale : concevoir un espace pour vos idées

L'environnement numérique est important. Nous passons de nombreuses heures immergés "dans" ces espaces de travail, que ce soit via nos téléphones ou nos ordinateurs.

Dès lors, il est capital de les organiser au mieux, en favorisant autant que possible un esprit de découverte et de réflexion. Nous allons voir une solution pour créer ce type d'espace dans les sections suivantes.

Avec PARA, formez votre esprit (et vos notes) en vue d'agir

En réalité, ce passage à l'organisation est souvent l'écueil de ceux qui prennent des notes. Ils accumulent, sans parvenir à créer un ordre. Résultat : la submersion à nouveau.

Tiago Forte propose une technique d'organisation qu'il nomme PARA pour :

Projet (projects) = les efforts limités dans le temps, concentrés sur une tâche en cours actuellement (les 12 questions du chapitre 3, par exemple).

Domaines (areas) = les responsabilités à long terme que vous souhaitez maîtriser dans la durée.

Ressources (resources) = les sujets ou intérêts potentiellement utiles pour l'avenir.

Archives (archives) = les informations devenues inactives, issues des trois autres catégories.

L'idée est de déposer les briques de connaissance dans l'un de ces quatre répertoires, à partir de l'usage que vous voulez en faire.

PARA vu des coulisses

L'auteur montre, grâce à des captures d'écran, son propre classement en action sur son ordinateur. Il a 4 fichiers principaux, puis, à l'intérieur, les fichiers correspondants.

Par exemple, s'il clique sur le premier fichier "Projets", il a 11 nouveaux fichiers qui apparaissent avec les projets qui l'occupent en ce moment. Lorsqu'il clique sur l'un de ces fichiers, il ouvre des documents avec les informations qu'il a répertoriées.

Il en va de même avec les autres fichiers principaux (domaines, ressources et archives).

Où ranger cette information? Comment faire pour savoir où sauvegarder chacune de vos notes

Si vous avez encore des difficultés à vous décider, malgré ce système de classement, demandez-vous :

Quel est le projet concerné par cette note ?

Aucun, alors pour quel domaine (plus long terme) ?

Toujours aucun ? Alors est-ce une ressource intéressante "au cas où" ?

Non, alors dans les archives (ou à ne pas noter).

Faites confiance à votre intuition et pensez rapidité. Votre note doit être là où vous l'attendez. Elle doit vous aider concrètement à réaliser vos objectifs.

Organiser l'information comme une cuisine : que suis-je en train de préparer ?

Tiago Forte propose cette analogie curieuse et bien trouvée avec la cuisine.

Vos projets sont les petits plats qui mijotent sur le feu.

Vos domaines sont le réfrigérateur, y sont conservées les choses à consommer relativement rapidement.

Le garde-manger, ce sont vos ressources, disponibles en cas de besoin pour n'importe quel repas.

Les archives ? Votre congélateur ! C'est un lieu de stockage à durée indéfinie.

Vous comprenez bien que les notes peuvent se déplacer d'un endroit à un autre. Lorsque vous avez terminé un projet, vous pouvez le mettre au congélateur ou placer quelques éléments que vous n'avez pas utilisés (ou qui peuvent encore servir) dans votre fichier Ressources, par exemple.

Vos projets achevés sont l'oxygène de votre second cerveau

L'objectif n'est pas d'avoir un ordinateur bien rangé ; l'objectif est de mener à bien vos projets créatifs et productifs. Un projet terminé vous donne de l'énergie pour le suivant et augmente votre confiance en vous.

Pour ce faire, vous avez besoin de faire le vide dans leur espace de travail. Si vous avez trop de documents dont ne vous savez que faire, placez-les dans Archive (avec la date, éventuellement) jusqu'à un meilleur usage. Libérez les espaces importants pour vos projets et faites disparaître ce qui ne compte plus.

À votre tour : rapide dans vos gestes, délicat dans votre toucher

Telle est la phrase que Tiago Forte a entendue d'une de ses coaches. Et c'est aussi ce qu'il veut nous transmettre. Être rapide dans ses gestes et délicat dans son toucher, cela signifie prendre le chemin de la moindre résistance. Bref, ne pas faire de forcing.

Cherchez donc le moyen le plus simple de vous rapprocher de votre envie de créer une organisation efficace pour votre prise de notes. Par exemple, ne commencez qu'avec les projets. Peu à peu, ajoutez, quand vous vous sentez à l'aise.

"Surtout, gardez à l'esprit que ces catégories ne sont pas définitives. PARA est un système dynamique qui se transforme constamment. Votre second cerveau évolue en parallèle de vos projets et de vos objectifs, ce qui signifie que vous n'avez pas à vous préoccuper de savoir s'il est parfait ou même finalisé." (Construire un second cerveau, Chapitre 5)

✅ Chapitre 6 — Distiller : aller à l'essentiel

Comment faire quelque chose de nouveau à partir de briques de connaissances existantes ? Il faut les distiller, c'est-à-dire les interpréter et en retirer la substantifique moelle.

Pour montrer ce processus à l'œuvre, Tiago Forte utilise l'exemple de Francis Ford Coppola lorsqu'il réalisa Le Parrain à partir d'un roman de Mario Puzo. Il utilisa un classeur pour répertorier ces impressions sur le livre et transformer celui-ci en un film très personnel.

La prise de note quantique : comment créer des notes pour un futur inconnu

La captation et le classement sont les étapes en amont. Une fois que votre connaissance est intégrée dans votre classement, vous devrez en faire quelque chose. Sur le moment, vous n'avez pas le temps de la relire ou de l'interpréter. Il faudra donc réaliser ce travail ensuite.

Les deux premières étapes sont ainsi comme un message envoyé à votre moi futur : "eh, prends garde, cela compte, fais-en quelque chose !". Mais pour ce faire, il faut aussi parvenir à garder l'intérêt pour vos notes. Comment faire ?

La "découvrabilité" : le lien manquant pour rendre vos notes utiles

Vos notes doivent être claires : les points importants doivent sauter aux yeux directement. C'est ça la "découvrabilité" selon l'auteur. Si vous voulez que votre idée reste fraiche dans un avenir plus ou moins proche, vous devez la rendre "découvrable" en ce sens.

Imaginez que vous serez débordé demain, avec toutes les informations que vous vous serez "envoyé". Pour vous faciliter la vie, vous avez besoin de vous rappeler très facilement ce qui était important au moment où vous avez collectionné cette information.

Surlignage 2.0 : la technique de la synthèse progressive

L'auteur propose d'améliorer la technique habituelle du surlignage en créant quatre strates permettant de se souvenir rapidement du sens d'une note :

La note brute (en elle-même, elle est déjà une sélection d'un document) ;

Les passages en caractère gras ;

Les passages surlignés ;

Le sommaire exécutif.

Le sommaire exécutif de votre note, c'est vous qui l'écrivez en reprenant de façon synthétique ce que vous avez surligné. En passant de strate en strate, c'est comme si vous zoomiez sur votre carte du savoir pour prendre de la hauteur.

Dans la suite du chapitre, Tago Forte donne quatre exemples de synthèse progressive avec des documents de plus en plus courts (voir pages 144-150).

Le secret de Picasso : élaguer le "bien" pour faire ressortir l'"extraordinaire"

Connaissez-vous la série de lithographies de taureaux du célèbre artiste espagnol (voir image ci-dessous) ? En 11 lithographies, le peintre simplifie une image d'un taureau pour n'en conserver que les traits les plus élémentaires.

La simplification — ou la distillation — est tout un art !

"La synthèse progressive ne sert pas à se rappeler autant de choses que possible. À mesure que vous distillerez vos idées, elles s'amélioreront naturellement, parce que quand vous éliminez ce qui n'est "que" bon, cela permet à ce qui est excellent de briller plus intensément." (Construire un second cerveau, Chapitre 6)

Les trois erreurs les plus courantes des preneurs de notes novices

Tiago Forte en repère trois principales :

Surligner à l'excès ;

Surligner sans but précis ;

Compliquer le surlignage.

Gardez les choses simples en ayant toujours à l'esprit que vos briques de connaissances doivent être malléables et utilisables pour votre moi futur. Si vous surlignez trop ou avec trop de couleurs, vous vous perdrez sans doute.

À votre tour : gardez votre moi futur à l'esprit

Exercez-vous à la méthode PARA avec des contenus que vous aurez sélectionnés et classés. Par exemple, un extrait d'article de blog ou de vidéo YouTube.

Tiago Forte conseille de créer vos notes en respectant les trois strates indiquées pour les rendre "découvrables". Pour vérifier que vous avez correctement effectué cette action, laissez la note de côté, mais mettez-vous un rappel quelque part pour qu'elle revienne dans votre champ de vision quelques jours plus tard.

Est-ce que vous pouvez vous rappeler aisément, en 30 secondes environ, de quoi il s'agit ? Dans ce cas, c'est que votre note fonctionne. Conservez-la alors sous cette forme définitive dans le dossier choisi.

✅ Chapitre 7 — Exprimer : montrer son travail

Octavia Butler est l'une des plus grandes écrivaines de science-fiction contemporaines. Or, elle a commencé avec peu. Comment a-t-elle réussi à créer des mondes futuristes et à avoir des intuitions fortes sur le monde d'aujourd'hui ?

Eh bien, elle prenait énormément de notes à propos de ses multiples centres d'intérêts. Ce qui fait dire à Tiago Forte :

"Les créateurs professionnels s'inspirent constamment de ce que leurs expériences et leurs observations personnelles leur offrent, des idées des autres et des leçons glanées aussi bien des succès que des échecs. S'il y a un secret à la créativité, c'est qu'elle se nourrit de nos efforts quotidiens pour rassembler et organiser ce qui nous influence." (Construire un second cerveau, Chapitre 7)

Comment protéger vos ressources les plus précieuses

"L'attention d'un travailleur du savoir est sa plus rare et précieuse ressource", dit l'auteur. Notre système de notes doit donc nous libérer de l'attention pour créer, au lieu de nous en demander davantage.

La dernière étape du programme CODE consiste à s'exprimer. Comment faire ? Ici encore, mieux vaut ne pas attendre que tout soit parfait. Recherchez le feed-back d'autrui assez régulièrement, sans attendre le dernier moment.

Les briques intermédiaires : pour être puissant, pensez petit

Cette notion de découpage en tâches intermédiaires est connue. Découper un projet en petits bouts vous aidera à combattre la procrastination et à avancer plus sereinement.

Il est également important de proposer un premier jet — et cela quel que soit votre domaine (de la musique à l'architecture, en passant par le copywriting).

Mais tout ceci ne suffit pas. Votre second cerveau va agréger les premiers jets qui sont comme autant de briques intermédiaires sur le chemin de votre projet final. C'est en associant ces briques que vous gagnerez en puissance créative et en efficacité.

D'un projet à l'autre, vous pouvez en effet réutiliser certaines briques intermédiaires, comme des notes distillées (voir le chapitre précédent) ou des livrables que vous avez rendus dans d'autres circonstances, par exemple.

Tiago Forte considère que cette pratique a quatre avantages principaux :

Augmentation de la concentration ;

Adaptation du travail au temps disponible ;

Réorientation et feed-backs plus rapides ;

Facilitation toujours accrue de la réalisation des projets.

Assembler ses briques : le secret d'une production bien huilée

Pensez à un projet. Par exemple : organiser une conférence. Vous pouvez penser que cela est hors de votre portée, car vous ne l'avez jamais fait. Et pourtant, si vous découpez la tâche en plusieurs morceaux, vous vous rendrez vite compte que vous savez déjà tout faire ou presque.

Par exemple, vous devrez créer un programme et envoyer des invitations aux conférenciers. Ce sont des choses que vous savez déjà probablement faire. Si cela est nécessaire, vous pourrez même utiliser des briques de votre second cerveau pour aller plus vite dans la réalisation de chacune de ces sous-tâches.

Pensez Lego ! Construisez peu à peu votre projet à partir de briques qui viennent remplir les plus petites tâches que vous avez identifiées et sans même vous en rendre compte, vous aurez complété votre projet tout entier.

Comment récupérer et réutiliser votre travail passé

Le processus de récupération des briques de connaissance n'a rien de trivial. C'est à ce moment-là que de nouvelles connexions, encore plus puissantes, peuvent émerger entre différents morceaux d'informations que vous aurez collectés.

L'auteur propose quatre méthodes de récupération :

Recherche = utilisez la fonction recherche de votre navigateur ou de votre logiciel de prise de notes.

Navigation "au gré du courant" = ouvrez votre dossier PARA pertinent et parcourez-le.

Balises = utilisez les étiquettes ou balises (aussi appelés tags, en anglais) pour "casser" les frontières/silos entre vos dossiers et faire des connexions plus étonnantes.

Sérendipité = laissez votre intuition parler !

Par nature, la créativité est collaborative

Non, nous ne créons pas seuls. Même si nous sommes effectivement seuls dans notre bureau à un moment X, nous sommes habités par de multiples voix qui viennent nous aider à réaliser nos ambitions. Ce sont les briques de connaissance qui portent ces voix !

Plus prosaïquement, le fait de recevoir des retours réguliers de vos collègues ou éditeurs (ou autres) participe complètement au processus créatif.

Tout n'est que combinaison

Dans le même ordre d'idée, nous pouvons dire que la créativité est toujours un "art de la combinaison", c'est-à-dire que nous travaillons toujours en nous appuyons sur ce que d'autres ont déjà fait.

Il existe même des briques de connaissance si essentielles qu'elles reviennent constamment dans votre travail et dans celui des autres. Reconnaître que vous vous inspirez d'autrui n'a rien de déshonorant. Au contraire !

"Rendre à César ce qui est à César ne diminuera pas la valeur de votre contribution, cela la rehaussera. Comme toutes vos sources seront clairement documentées dans votre second cerveau, vous n'aurez pas de peine à les retrouver et les inclure dans votre version définitive." (Construire un second cerveau, Chapitre 7)

À votre tour : vous seul savez ce que vous souhaitez produire

"C'est en réalisant des choses concrètes que nous apprenons — avant même de nous sentir prêts, avant d'avoir tout compris et avant de savoir où cela nous mènera", dit encore l'auteur un peu plus loin.

Autrement dit : passez à l'action sans attendre d'avoir tout compris. C'est en faisant que vous vous rendrez plus intelligent ! Quelle que soit la création que vous vous proposez de réaliser, qu'elle soit professionnelle ou personnelle, vous pouvez commencer à agir en vous aidant du système proposé dans ce livre.

Troisième partie — La conversion : réaliser vos projets

✅ Chapitre 8 — L’art de l’exécution créative

Tiago raconte l'histoire de sa mère, musicienne, et de son père, peintre. La création a fait partie de sa vie très jeune. Et c'est le sens même de ce qu'il veut transmettre. L'organisation et la prise de notes ne sont pas des fins en soi, mais des moyens pour créer.

Divergence et convergence : un exercice créatif d'équilibriste

Si les résultats de notre créativité sont nouveaux, le processus créatif, lui, est "immuable". Pour l'exposer clairement, l'auteur a recours à une opposition entre deux phases :

Divergence ;

Convergence.

Pendant la phase de divergence, nous accumulons une foule bigarrée de sources d'inspiration. Mais elle ne suffit pas. Il lui faut aboutir à un résultat unique et cohérent : c'est la phase de convergence.

Les deux premières lettres du programme CODE, capter et organiser, font partie de la phase de divergence. Les deux suivantes, distiller et exprimer, sont quant à eux au cœur du processus de convergence.

Les trois stratégies que j'utilise pour donner corps à un travail créatif

Pour vous pousser à l'action et tout particulièrement vers la phase de convergence, qui peut être sans cesse repoussée, Tago Forte donne trois astuces :

"L'archipel des idées" vise à créer des ponts et à éviter l'angoisse de la page blanche en créant, sur votre page de traitement de texte, un "archipel" avec plusieurs citations ou sources à votre disposition. De cette façon, il vous sera plus facile de commencer à écrire.

"Le pont d'Hemingway" est une technique du romancier pour passer d'une session de travail à une autre. Au lieu de terminer à bout de souffle, prenez le temps, vers la fin de votre session, de faire le point sur la situation actuelle de votre travail et de vous donner des idées pour la prochaine fois. Pensez également à noter les informations à ne pas oublier et à vous rappeler à vous-même vos intentions.

Réduire la portée de votre travail en créant un produit un peu plus simple que ce que vous aviez prévu à la base, surtout si vous avez une date limite à respecter. Vous pourrez l'améliorer ensuite ou utiliser ce que vous avez fait pour autre chose.

L'auteur nous montre, image à l'appui, comment il s'est servi de sa méthode pour penser l'aménagement de son garage en bureau et studio d'enregistrement.

À vous : soyez prompt et avancez

Si vous voulez vous lancer, commencez par :

Rédiger une esquisse ;

Regarder dans vos dossiers PARA ce qui pourrait "coller" ;

Vous poser des questions pour ajouter de nouveaux éléments (éventuellement) ;

Réserver un créneau pour sortir un premier jet (15 minutes environ) ;

Si cela est nécessaire, créer un "pont Hemingway" pour la prochaine séance de travail ;

Réduire la portée si le projet s'avère trop ambitieux ;

Noter tout ce que vous apprenez en cours de route ;

Recueillez les feed-backs de votre premier jet.

✅ Chapitre 9 — Les habitudes essentielles des experts en organisation numérique

"Votre second cerveau est un système pragmatique destiné à rehausser votre productivité et votre créativité." (Construire un second cerveau, Chapitre 8)

Pour Tiago Forte, productivité et créativité vont de pair. Grâce au système qu'il propose, nous pouvons associer les deux. En fait, les deux reposent sur de bonnes habitudes, que ce chapitre se propose de passer en revue.

La "mise en place", une façon d'encourager une productivité durable

La "mise en place" est une notion de cuisine professionnelle pour désigner la façon d'organiser l'espace de travail des chefs cuisiniers. En l'occurrence, cela passe par une attention constante à l'ordre de rangement de chaque chose, même lorsque vous êtes dans le feu de l'action.

Cette discipline interne et externe est nécessaire aussi dans le monde numérique et pour les travailleurs du savoir.

Les listes de contrôle d'un projet : la clé pour lancer le "volant d'inertie" du savoir

Nous consommons tous les jours des informations et une partie d'entre elles nous serviront à produire ce que nous voulons en fonction de nos objectifs. L'auteur invite à considérer les connaissances comme des actifs que vous investissez et que vous pouvez sans cesse recycler. C'est ce qu'il nomme, après d'autres, le "volant d'inertie" du savoir.

Pour vous assurer de bien utiliser vos connaissances dans ce sens, vous pouvez établir des listes de contrôle :

Une pour le lancement du projet ;

Une autre pour la clôture du projet.

L'objectif de ces listes consiste à vous permettre de commencer et de terminer vos projets en restant dans la ligne que vous aviez décidée. C'est une aide à l'action plus qu'une structure rigide. Comme les échafaudages, elles permettent à votre projet de tenir debout le temps de la construction.

Faire des revues une habitude : pourquoi traiter vos notes par lots et à quelle fréquence

C'est David Allen qui a proposé cette technique dans S'organiser pour réussir. Celle-ci a pour but de faire le point de façon régulière sur un sujet ou un projet en cours. Tiago Forte ajoute à ceci l'idée que vous pouvez le faire en révisant vos notes de la semaine ou du mois.

L'auteur explique en détail comment formater sa revue hebdomadaire sans se laisser submerger et réaliser des revues mensuelles pour être tout à fait au clair sur ce que vous êtes en train de faire.

L'habitude de l'attention en éveil : utiliser son second cerveau pour provoquer la chance

L'opportunisme a mauvaise presse. Pourtant, ce terme peut être utilisé de façon positive, pour signaler la possibilité d'être attentif à l'instant et à la surprise, et être capable d'en faire quelque chose. De petites "opportunités" s'offrent à nous tous les jours.

Face à une modification de priorité ou d'objectif, votre second cerveau est suffisamment souple pour agir. Si une occasion se présente, vous n'avez qu'à regrouper d'anciennes notes dans un nouveau dossier. À condition que vous preniez l'habitude de considérer véritablement votre système de notes comme un outil de travail et non comme un simple pense-bête.

À vous : si votre système parfait reste inutilisé, c'est qu'il n'est pas parfait

Les trois habitudes présentées ci-dessus sont faciles à mettre en place et à réaliser dans vos créneaux creux de la journée. Agissez avec souplesse pour construire progressivement l'environnement qui vous ressemblera le plus et sera le plus efficace pour vous.

"Rappelez-vous que vous n'êtes pas en train de construire une encyclopédie de savoirs parfaitement organisés, mais un système fonctionnel. À la fois dans le sens où il doit être opérationnel et dans le sens où il doit faire partie intégrante de votre quotidien. Pour cette raison, rien ne vaut un système imparfait, mais utile dans les conditions réelles de votre vie courante." (Construire un second cerveau, Chapitre 9)

✅ Chapitre 10 — Trouver sa voie pour s’exprimer

Dans un monde où l'information est devenue abondante, l'enjeu est moins de savoir comment se relier à elle que comment bien le faire.

Tiago Forte considère en outre que nos émotions et notre histoire façonnent notre rapport à l'information. Ce qui compte avant tout, c'est autrement dit de se doter du bon état d'esprit et non pas avant tout de la bonne boîte à outils.

La crainte que notre esprit ne soit pas assez puissant

Construire un second cerveau vous aidera à mener à bien vos projets en libérant votre "premier cerveau", trop souvent surchargé et anxieux. Peu à peu, une relation va s'établir entre votre cerveau "interne" et votre cerveau "externe".

Cette relation peut devenir intime, au point que vous aurez des difficultés à vous passer de votre système de notes. Votre être biologique changera : vous serez capable de rester concentré plus longtemps et vous serez plus calme.

À partir du moment où votre second cerveau vient soulager le premier, vous pouvez vous étonner de ce qu'il est capable de faire. Pour l'auteur, "se construire un second cerveau est une entreprise de développement personnel" car vous modifierez progressivement de nombreux aspects de votre personnalité.

Bien sûr, un tel changement peut faire peur. Mais il en vaut assurément la peine. Grâce à ce nouvel état d'esprit et au système CODE, vous passerez de :

La pénurie d'idées à leur abondance ;

L'obligation de faire les choses au véritable service rendu ;

La consommation pure et simple à la création.

Le besoin fondamental d'expression de soi

Tiago Forte relate son expérience de maladie et le bienfait que lui a procuré la méditation. Il affirme que la pratique de la méditation Vipassana a pour lui été une révélation, qui s'est greffée à une autre : l'écriture en public.

Ces deux activités lui ont fait comprendre à quel point l'expression de soi est un besoin fondamental.

À votre tour : le courage de partager

Nous avons souvent peur de partager nos histoires de vie ou nos idées. Nous n'osons pas nous affirmer positivement. Il nous semble toujours qu'il y a une bonne raison de ne pas le faire : la hiérarchie ou le sentiment d'imposture, par exemple.

Pourtant, les avantages de l'expression de soi sont véritablement sans commune mesure avec ceux du silence. S'adresser à un public pour exprimer des choses que nous souhaitons partager crée non seulement du lien social, mais vous reconnecte à vous-même.

Conclusion sur "Construire un second cerveau — Une méthode complète pour organiser votre vie numérique et libérer votre potentiel créatif" de Tiago Forte :

Que retenir de "Construire un second cerveau — Une méthode complète pour organiser votre vie numérique et libérer votre potentiel créatif" de Tiago Forte :

"Les idées de Tiago Forte marchent vraiment", dit le maître du marketing Seth Godin à propos de cet ouvrage. Alors, pourquoi se priver de les appliquer, au moins pour essayer ?

Il vous aidera à :

Prendre des notes ;

Établir un système de données numériques ;

Organiser vos idées ;

Les conserver efficacement ;

Rendre vos idées plus concrètes ;

Faire mûrir vos idées ;

Créer des contenus qui font la différence !

Retenez que le numérique peut être un puissant instrument pour nous aider à développer notre créativité, à condition de savoir l’utiliser et de le maîtriser.

Grâce à un système de type CODE, vous vous construirez un cerveau externe à toute épreuve pour vous aider dans les tâches du quotidien ET réussir à mieux exprimer ce que vous souhaitez dire au monde.

Vous voulez en savoir plus sur Tiago Forte et sa méthode ? Rendez-vous sur :

Sa chaîne YouTube ;

Son site internet, Forte Labs.

Points forts :

Un manuel très clair et instructif ;

Plein de conseils et de captures d'écran pour commencer tout de suite ;

Des exemples inspirants venus d'artistes, philosophes ou scientifiques ;

Un chapitre bonus pour créer des tags efficaces ;

Un résumé à la fin de l'ouvrage (Section "Dernières pensées : vous en êtes capable").

Points faibles :

Je n'en ai pas trouvé.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 15 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12915/Construire-un-second-cerveau
Pour une résistance oisive http://www.olivier-roland.fr/items/view/12912/Pour-une-rsistance-oisive

Résumé de « Pour une résistance oisive. Ne rien faire au XXIe siècle » de Jenny Odell : un best-seller anticonformiste qui a plu même au président des États-Unis, Barack Obama ! À lire pour se déconnecter et pour réfléchir aux conséquences de nos vies numériques sur nos habitudes de vie.

Jenny Odell, 2021, 311 pages.

Titre original : How to Do Nothing : Resisting the Attention Economy (2019)

Chronique et résumé de "Pour une résistance oisive. Ne rien faire au XXIe siècle" de Jenny Odell

Qui est Jenny Odell et comment a été reçu son livre "Pour une résistance oisive" ?

Jenny Odell est une artiste visuelle états-unienne, spécialisée dans le numérique. Elle est aussi professeure d'arts à l'université de Stanford et diplômée de littérature anglophone. Pour en savoir plus à son sujet, ainsi que sur ses écrits et ses projets, vous pouvez découvrir son site internet.

La parution de son premier livre en 2019, "How to Do Nothing: Resisting the Attention Economy", traduit en français par "Pour une résistance oisive. Ne rien faire au XXIe siècle" (2021) a été un véritable événement aux États-Unis. Surtout après les quelques mots prononcés par Barack Obama à son sujet !

Depuis, l'auteure continue à créer des installations artistiques, à enseigner et à écrire. Elle a notamment écrit "Saving Time: Discovering a Life Beyond the Clock" sorti en 2024. Jenny Odell a aussi rédigé de nombreux articles sur le sujet de la culture de la productivité et de l'écologie à l'ère du numérique (voir son site internet pour plus de détails).

Jenny Odell est issue d'une mère originaire des Philippines et d'un père états-unien. Elle se dit à l'aise avec cette double identité, qui lui permet d'être "entre les deux", à la fois un pied dans la culture occidentale et un pied en dehors. Elle a grandi à Cupertino (siège de Apple) et vit actuellement à Oakland.

Comme nous allons le voir, ces informations sur ses origines ne sont pas anecdotiques. Elle considère qu'il est très important de se relier aux lieux où l'on vit pour sortir de l'emprise des réseaux sociaux et apprendre à mieux les utiliser.

Entrons donc dans le détail de ses propositions !

Introduction. Survivre à l'utilité

À l'heure des réseaux sociaux et de l'hyperstimulation permanente, « rien n’est plus difficile que de ne rien faire », dit Jenny Odell. Cette connexion constante au numérique a des conséquences au niveau :

Individuel = nous en oublions de penser le sens de notre vie.

Collectif = résolution de problèmes complexes via des discussions.

Culturel = perte de goût pour « le nuancé, poétique, ou le non directement intelligible ».

Alors, que faire ?

"Ce livre se donne pour objectif de trouver les moyens de conserver cette place sous le soleil. C’est un guide pratique pour ne rien faire compris comme acte de résistance politique à l’économie de l’attention." (Pour une résistance oisive, Introduction)

Son hypothèse est simple : "et si les gens et choses qui nous entourent suffisaient, et se suffisaient à eux-mêmes ?" En nous détournant du numérique, nous apprenons à revenir à des liaisons plus profondes. « La réalité augmentée pourrait-elle tout simplement signifier de poser son téléphone ? », demande-t-elle.

Sa thèse n'en est pas pour autant antitechnologique. Son problème, c'est avant tout la logique marchande attachée à l’économie de l’attention, ainsi que le culte de l’individualisme.

Pour nous faire comprendre les enjeux de son livre, elle utilise la métaphore de l’arbre Old Survivor, qui nous enseigne :

la résistance (il est trop tordu pour être utilisé comme bois de menuiserie) ;

le témoignage et la mémoire, c’est-à-dire l’enracinement dans le passé dont le présent dépend.

Pour l'auteur, Old Survivor permet de penser une « résistance-en-place » qui implique :

Un refus du cadre de référence (se soumettre aux usages du numérique, par exemple) ;

Une volonté de sortir des logiques de pensées identitaires (repli nationaliste, etc.) ;

La reconnaissance d'une subjectivité qui change avec le temps.

Pour parvenir à penser et à agir autrement Jenny Odell propose d'abord de se désengager, c'est-à-dire de s’arracher à l’économie de l’attention. Ensuite, et en fait dans le même temps, il est nécessaire de se réengager, c'est-à-dire se relier autour d’autres choses.

Dans ce double mouvement, l'auteur puise une grande Inspiration dans le biorégionalisme créé par Peter Berg dans les années 1970. Pour elle, il s'agit de résister aux effets dévastateurs du numérique en ayant recours à l'écologie. Nos esprits, comme la nature elle-même, ont été saccagés et pillés.

Jenny Odell termine l'introduction en reconnaissant que son livre a une « drôle de forme », à la fois :

Invitation à la promenade ;

Manuel activiste ;

Guide de développement personnel.

À vous de voir par quel "bout" vous prendrez l'ouvrage !

Chapitre 1. Le bien-fondé du rien

Ne rien faire, qu'est-ce que c'est ? C'est laisser un temps libre pour la découverte et l'attention aux choses oubliées. C'est aussi laisser au temps le temps de faire son œuvre, c'est-à-dire de nous transformer.

Jenny Odell parle de son art et de celui d’autres artistes comme de la création d’un espace ouvert pour l’observation, la contemplation ou l’attention. Pour laisser, comme elle dit, « les histoires grouiller ».

Concrètement, elle trouve souvent ce temps lorsqu'elle se rend dans une roseraie près de chez elle. Ou lorsqu'elle observe (et écoute !) les oiseaux — l'une de ses activités préférées.

Pour l'auteure, cette pratique amateure d'observation ornithologique va à l'opposé de la recherche en ligne, puisqu’on « ne peut pas le débusquer et le forcer à s’identifier à nous ». Les chants des oiseaux s’apprennent et, quand nous les connaissons, ils nous deviennent familiers, comme des langues que nous parlons.

Ces moments et ces lieux (car les deux vont de pair) sont « des refuges ». Quelque chose de nouveau peut se révéler, un changement peut s’opérer. Nous nous surprenons à faire davantage attention aux autres et non seulement à nous-mêmes, on devient aussi plus conscient de nos propres forces et faiblesses.

Autocritique de l’auteure : privilège lié à ce pouvoir de ne rien faire. Réponse : elle trouve dans le syndicalisme la même idée de jouir du temps libre pour son propre plaisir.

Le temps, comme l'espace, est colonisé par l'idéologie de l'efficacité et de la rapidité. Nous perdons en même temps des espaces publics (parcs, bibliothèques) et le temps pour ne rien faire (moments de pur vagabondage ou de repos).

Avec les outils numériques, le travail s’immisce partout. Le travail et le hors travail fusionnent. Par ailleurs, nous sommes submergés d'informations et de fausses informations, sans plus être capables de faire le tri.

En réalité, le bavardage sur les réseaux sociaux est savamment entretenu par les dirigeants des plateformes pour des raisons financières. Eh oui, car c'est en maximisant notre taux d'engagement que celles-ci peuvent construire nos profils et les vendre aux plus offrants.

À l'opposé, ne rien faire est un processus actif d’écoute. Celui-ci permet de :

Se réparer, c’est-à-dire prendre soin de soi ;

D'écouter avec une sensibilité corporelle renouvelée et donc de faire davantage preuve d’empathie ;

S'immuniser contre les discours de la croissance infinie pour reconnaître que nous sommes des animaux terrestres.

Jenny Odell aborde enfin la question de la vie éternelle souhaitée par les transhumanistes (dans la veine de Elon Musk) et leur oppose une prise en compte de la finitude humaine en sortant du temps productif.

Chapitre 2. L'impossibilité d'une retraite

Peut-on s’extraire de façon permanente du monde de la productivité ? Ou, dans le même ordre d’idée, la « détox numérique » est-elle une voie prometteuse ?

L’auteure analyse ici plusieurs formules, depuis les aventures communautaires des années 1960 jusqu’aux tentatives plus récentes de gourous plus ou moins millionnaires et proches de la Silicon Valley — en passant même par le Jardin d’Épicure, qui sert de modèle racine (pas toujours conscient) à toutes ces initiatives.

L’auteure montre que les utopies qui cherchent à se constituer à partir d’une « table rase du passé » échouent. Elle montre en particulier que/qu' :

Celles-ci procèdent de la volonté de s’extraire du politique ;

Il y règne souvent des tensions autoritaires qui règnent dans les communautés qui se créent en dehors de la société.

La reproduction des inégalités et des préjugés qui s’y développent.

Les tentatives utopistes des années 60 ont échoué. Et il en va de même des tentatives techno-utopistes telles que celle de Pascal Thiel dans les années 2000. Plus généralement, la volonté de coloniser les nouveaux espaces (cyber, interstellaire, eaux internationales) pour créer une société "nouvelle" sont à considérer avec circonspection.

Pour Jenny Odell, nous avons une responsabilité, à savoir nous inscrire dans la communauté politique réelle, plutôt que fuir pour se mettre à l’écart. Au lieu de vouloir fonder une communauté parfaite et homogène, il s’agit d’accepter et d’explorer le hasard lié à la « pluralité d’agents » qui compose toute société.

À la place de ces utopies — qui demeurent néanmoins des idéaux intéressants —, l’auteure envisage plutôt une résistance à l'intérieur même de la ville ou de la "cité". Elle reprend en particulier à un auteur anarchiste catholique l’idée d’associer contemplation et action, fuite et participation.

Autrement dit, elle se demande non pas s’il faut participer à la vie publique (sa réponse est oui), mais comment. Et sa réponse est ce qu'elle nomme un « refus-sur-place », un genre de retraite dans l’enceinte même de la société.

Ne pas succomber à la tempête médiatique, qui ne produit que du bruit — et ne pas en produire davantage (en produisant des posts qui n’ont aucun effet réel, sinon celui d’enrichir la plateforme).

« Une forme de réaction hybride est nécessaire. Nous devons être en mesure de faire les deux : contempler et participer, partir et toujours revenir, là où l’on a besoin de nous. (…) Dans la foulée, je suggère autre chose à la place du langage de la retraite ou de l’exil. Une simple disjonction que j’appellerai « se tenir à l’écart ». » (Pour une résistance oisive, Chapitre 2. L'impossibilité d'une retraite)

Ce "tenir-à-l'écart" implique :

Ne pas fuir ce qui nous pose problème mais le connaître ;

S’octroyer une posture critique ;

Se laisser la possibilité de construire un autre monde, mais « dans » celui-ci.

Voyons maintenant comment elle compte mettre plus concrètement ce plan à exécution.

Chapitre 3. Anatomie d'un refus

Jenny Odell évoque dans ce chapitre plusieurs performances d'artistes contemporains. Chacune d'elle met en scène le refus d'une norme, telle que travailler ou encore marcher rapidement dans la rue. Elle montre que ces gestes artistiques permettent de voir ce qui reste d'habitude caché et "évident" :

« Depuis l’intérieur des cycles de comportements admis, de tels refus produisent des ramifications étranges qui ne s’oublient pas de sitôt. » (p. 111) (Pour une résistance oisive, Chapitre 3. Anatomie d'un refus)

L’auteure rapporte ensuite plusieurs histoires, dont celle de Diogène le cynique. Elle dit à son propos qu'il était comme un artiste contemporain, cherchant par son attitude à provoquer et à attirer l'attention sur l'inertie des autres citoyens.

Diogène a le grand mérite, selon elle, de nous montrer que le refus est non seulement possible, mais aussi qu'il est possible de refuser tout en restant dans la société. Quand il accepte de participer à la cité, Diogène le fait « à sa mode ».

C’est ce que Jenny Odell appelle la création d'un « tiers espace » : ni exclusion, ni pure et simple inclusion, mais rapport critique et ouvert aux façons de vivre en société (au-delà de ce que celle-ci nous impose).

Elle trouve également un exemple en Bartelby le scribe, un personnage d'une nouvelle de Herman Melville. « Non seulement il n’obtempère pas ; il refuse les termes mêmes de la question », rappelle-t-elle.

Le scribe sape l’autorité en habitant un « tiers espace ». Le fait-il par simple caprice ou de façon irraisonnée ? Non ! Bartelby agit de façon volontaire, studieuse et disciplinée. Voluntate, studio, disciplina (Cicéron) : telle est la règle d'action qu'il faut se donner lorsque nous voulons agir ainsi.

En effet, pour Jenny Odell, « ne rien faire » est une tâche difficile. Il faut avoir la force de s’opposer aux coutumes et à nos propres inclinations. C’est un exercice d’endurance sociale. Pour illustrer ce point, l'auteure cite finalement Henri Thoreau, le philosophe états-unien qui fonda les principes de la désobéissance civile outre-Atlantique.

De tels refus sont possibles, tant au niveau individuel que collectif. Or, ils impliquent une tension vers un but et — donc — de l'attention. Sans attention, sans concentration, il est impossible d'agir ou de penser, que ce soit seul ou ensemble.

Tous les actes d’activisme véritables et qui ont eu du succès (comme les actions contre la ségrégation raciale, par exemple) avaient été pensés, soigneusement réfléchis. Bien sûr, il n'est pas donné à tout le monde d'avoir le temps ou les ressources pour refuser d'agir de façon conformiste.

Il existe des différences culturelles, sociales et économiques qui pèsent sur les individus et les empêchent de modifier leurs comportements. Mais si nous cultivons l'attention au quotidien, nous pouvons néanmoins y parvenir.

Chacun, à son niveau, peut agir. Et, petit à petit, les marges peuvent grandir et se rassembler. pour transformer la société dans son ensemble.

Chapitre 4. Exercices d'attention

L’auteure cherche ensuite — dans ce chapitre, ainsi que dans toute la suite de l'ouvrage — des manières de réorienter son attention. Les artistes, notamment, sont particulièrement importants. Pourquoi ? Car ils nous aident à changer nos manières de percevoir et de nous relier au monde.

Jenny Odell s’intéresse par exemple à l'œuvre des artistes David Hockney (peintre) et à celle de John Cage (musicien), pour ne citer que les plus célèbres. Elle montre à chaque fois comment ces artistes invitent à regarder le réel autrement, soit en :

Montrant des détails qui n’apparaissent pas d'habitude (Hockney) ;

Ouvrant un espace d’écoute pour des sons que nous négligeons au quotidien (Cage).

En réalité, nous pouvons reproduire ces expériences dans notre expérience de tous les jours. C'est par exemple ce que cherche à faire la méditation de pleine conscience. En ouvrant un nouvel espace pour notre attention, nous changeons la façon dont nous voyons le monde et nous rapportons à notre milieu.

À ce propos, l'auteure prend aussi l’exemple de sa ville natale : Cupertino, siège d’Apple. Elle met en scène deux réalités :

D’un côté, l’uniformité de la ville, son absence d’aspérité et le bâtiment type « vaisseau spatial » d’Apple ;

De l’autre, ce qu’elle a été capable d’y redécouvrir (le nom des arbres et des animaux, des montagnes, l’existence de ruisseaux qui zèbrent la géographie, etc.).

Pourquoi chercher à réorienter ainsi son attention en s'inspirant des artistes et de la nature ? Eh bien, dit Jenny Odell, d'abord parce que c'est amusant ! Cela comble notre besoin de curiosité. Ensuite, elle affirme que c’est un moyen de se dépasser soi-même en s'ouvrant vers l’extérieur.

Pour avancer dans sa réflexion, elle utilise une distinction philosophique entre "Je-Cela" et "Je-Tu" :

Je-Cela (regard uniformisant qui prend toute chose pour un moyen à utiliser) ;

Je-Tu (regard singulier sur une réalité que nous cherchons à envisager depuis sa perspective propre).

L'auteure s'intéresse également aux sciences. Elle aborde la question de la cécité inattentionnelle.

« Les chercheurs (Arien Mack et Irvin Rock) suggèrent que l’attention est une clé qui ouvre la porte qui divise la perception inconsciente… de la perception consciente. Sans cette clé de l’attention, il n’y a tout simplement pas de prise en compte du stimulus. » (Pour une résistance oisive, Chapitre 4. Exercices d'attention)

Ceci explique notamment le sentiment d’étrangeté de découvrir des choses dans notre entourage qui ont pourtant toujours été là. Par ailleurs, ce phénomène apparaît dans nos préjugés et la façon dont nous agissons en fonction d’eux sans nous en rendre compte.

Comment s'en défaire ? Eh bien une formation, par exemple, peut être une « clé d’attention » qui nous fait découvrir que nous avions l’habitude d’agir de telle ou telle façon et que nous pouvons en changer.

Bien sûr, la discipline est nécessaire pour maintenir l’attention et changer d’habitudes. L'auteure signale aussi l'importance de trouver du nouveau dans le même pour garder son attention fixée sur un objet.

Ces liens entre volonté, attention et discipline sont mis à mal par l’économie de l’attention, notamment via les techniques de persuasion issues du marketing digital. Même lorsque celui-ci se veut "éthique", il n'est pas dit que cela suffise, car il nous prive de notre capacité à décider par nous-mêmes.

Au lieu de cela, il serait préférable, selon Jenny Odell, de considérer les différentes formes d’attention dont nous sommes capables et chercher à travailler ses formes plus profondes et robustes. En réhabituant notre esprit à être attentif et concentré, nous enrichissons notre expérience humaine.

L'auteure se tourne résolument vers les autres et vers la nature pour "travailler son attention". Et elle dit même utiliser des applications mobiles pour l’y aider, comme iNaturalist par exemple. Cette application n'est pas une panacée, mais l'aide à faire les premiers pas pour se reconnecter à ce qu'elle avait oublié.

Petit à petit, en observant et en vous intéressant à un sujet, vous apprenez « la langue » d'autres êtres et vous commencez même par les remarquer malgré vous : le changement devient irréversible !

« Les séquoias sempervirens, les chênes, les buissons de mûres ne seront plus jamais « des tas de plantes ». Même si je le voulais, un tohi ne pourrait plus jamais être un simple « oiseau ». En vertu de quoi ce lieu ne peut plus être n’importe quel lieu. » (Pour une résistance oisive, Chapitre 4. Exercices d'attention)

Chapitre 5. Écologie des inconnus

Ce n'est souvent que lorsque quelqu’un est dans l’urgence que nous retrouvons les liens de communauté qui sous-tendent toute la société. Nous venons en aide à autrui presque sans réfléchir, car nous nous sentons responsables les uns des autres.

Et si nous acceptions de nous décentrer plus souvent pour prendre en compte les exigences de la vie de l’autre ? Et si nous acceptions de ne pas nous offusquer trop vite ? S’éloigner du « réglage par défaut » égocentrique de nos existences pour faire une place à l’autre en tant que personne. En voilà une bonne idée !

Mais autant le savoir d'emblée : ce n'est pas si facile. C’est un choix et une discipline de parvenir à agir de façon attentive et altruiste au quotidien. Aller à la rencontre de l’autre dans une "relation Je-Tu" ne va pas (ou plus) de soi et demande donc un effort conscient.

Jenny Odell plaide pour que nous nous rencontrions davantage et notamment dans les espaces communs qui nous réunissent, comme les quartiers où nous vivons. Connaissez-vous vos voisins ? Et le boulanger du coin ?

« Comparée aux algorithmes qui nous recommandent des amis sur la base de leurs qualités utilitaires […], la proximité géographique est différente, en ce qu’elle nous place à côté de gens dont nous n’avons pas de raisons utilitaires « manifestes » de nous préoccuper […]. Je suggère ainsi plusieurs raisons qui nous incitent non seulement à en tenir compte, mais aussi à nous préoccuper et à partager une réalité, les gens qui vivent autour de nous étant exclus de nos bulles de filtres. » (Pour une résistance oisive, Chapitre 5. Écologie des inconnus)

Voici les trois raisons pour prendre soin des espaces communs qui sont invoquées par l'auteure :

Se préoccuper de celles et ceux qui nous entourent car nous sommes redevables l’un de l’autre d’un point de vue pratique. Un quartier est un « réseau de soutien » dans les situations extrêmes ou banales.

Un monde avec pour seul type de relation le « Je-Cela » est un monde « appauvri et esseulé ». Lorsque nous commençons à entrer dans une relation différente, « je-tu », nous l'apprécions et nous voulons plus en sortir.

Réapprendre à vivre avec les autres nous transforme positivement. Nos rencontres nous réservent des surprises et nous prenons conscience que nous sommes "plus" que ce que nous croyons être.

Un algorithme, quant à lui, va me créer une identité « univoque », sans nouveauté réelle. Nous sommes enfermés dans des bulles de subjectivité. À l'inverse, la rencontre est une prise de risque, où nous mettons notre propre identité en jeu.

D'ailleurs, est-ce que la notion de rencontre est réservée aux humaines "entre eux" ? Pour Jenny Odell, la réponse est non ! La conversation avec les êtres de la nature nous permet aussi de prendre d’autres perspectives et de sortir de notre petit point de vue isolé.

Grâce aux rencontres et aux conversations que nous tissons, le monde devient moins solitaire ! Apprendre le nom des choses (y compris grâce à une application comme iNaturalist, par exemple) est un préalable à ces conversations. En effet, connaître un nom, c'est déjà faire connaissance…

Nous retrouvons ici l’engagement biorégionaliste de l’auteure. Au lieu d’un repli identitaire, le biorégionalisme nous apprend à regarder les choses dans une perspective écologique et inclusive.

Le repli sur soi, "dans sa bulle", est comparé à un barrage. En nous contentons de voir le monde à travers les filtres de Facebook ou de X, notamment, nous limitons nos possibilités intérieures. Voici un autre passage intéressant de Pour une résistance oisive :

« Contrairement aux barrages qui interrompent l’écoulement de la rivière, ces barrières-là ne sont pas tangibles : il s’agit de structures mentales, qui peuvent être démantelées par l’exercice de l’attention. Lorsqu’on adopte une vision utilitaire, voire algorithmique de l’amitié et de la reconnaissance, ou qu’on consolide le bastion imaginaire du moi face au changement, ou qu’on échoue tout simplement à voir que nous avons une incidence sur la vie des autres et vice versa (même et surtout de celles et ceux que nous ne voyons pas) — alors nous fermons notre attention aux autres et aux lieux que nous habitons ensemble." (Pour une résistance oisive, Chapitre 5. Écologie des inconnus)

Chapitre 6. Réhabiliter les sols de la pensée

Pour apprendre à vivre de façon écologique, y compris au niveau de nos relations avec nous-mêmes et avec autrui, il importe de :

Laisser de la place à l'ambiguïté et à la fluidité des catégories ;

Être humble et ouvert ;

(Se) donner du temps.

Jenny Odell raconte comment l’observation des oiseaux lui a appris ces valeurs. Grâce à cette pratique, elle a commencé à envisager autrement son rapport au monde et au numérique. En fait, elle dit que cela a eu plus d'influence sur elle qu'une conférence "critique" sur les effets négatifs des réseaux sociaux, par exemple.

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Thu, 11 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12912/Pour-une-rsistance-oisive
Hyperfocus http://www.olivier-roland.fr/items/view/12913/Hyperfocus

Résumé de « Hyperfocus : comment travailler moins pour en faire plus » de Chris Bailey : un essai facile d'accès et très bien documenté pour vous aider à vous concentrer au maximum sur vos tâches complexes et — dans le même temps — apprendre à recharger les batteries et devenir plus créatif ! 

Par Chris Bailey, 2018.

Titre original : « Hyperfocus : How to Work Less and Achieve More », 2018.

Chronique et résumé de « Hyperfocus : comment travailler moins pour en faire plus » de Chris Bailey

Chapitre 0 : Pourquoi le focus compte

Chris Bailey se met en scène dans ce chapitre 0. Il nous raconte comment il écrit ce chapitre dans un café restaurant et comment il parvient à se concentrer malgré le bruit ambiant. Mais il nous relate aussi autre chose.

En effet, il nous dit qu'il aime beaucoup regarder les gens autour de lui. Lorsqu'il prend un moment de pause, il observe les comportements qui l'entourent. Voici ce qu'il en dit :

"En me focalisant sur d'autres personnes, j'ai réalisé bien des observations sur ce sur quoi les gens se focalisent. À chaque moment, nous nous concentrons (focusing) sur quelque chose, même si nous sommes perdus dans nos pensées intérieures." (Hyperfocus, Chapitre 0)

Son objectif, dans cet ouvrage, est d'explorer les manières dont nous pouvons mieux contrôler notre attention et, comme nous allons le voir, notre intention.

Pour ce faire, Chris Bailey a lu de nombreux livres et études scientifiques qui sont répertoriés à la fin de l'ouvrage. Ses recherches lui permettent d'affirmer qu'il est possible — et souhaitable — d'améliorer sa productivité et sa créativité grâce à une meilleure maîtrise de notre attention (focus).

Chapitre 0.5 : Comment mieux se focaliser grâce à ce livre

Commençons par ce livre lui-même. Si vous le lisez (ou si vous lisez cette chronique !), c’est que le sujet vous intéresse et que vous voulez rester suffisamment concentré pour apprendre quelque chose ! Alors, avant même de comprendre pourquoi, essayez les « trucs » suivants :

Placez votre téléphone hors de vue ;

Prenez le temps de bien choisir votre environnement de lecture ;

Faites une liste des distractions possibles ;

Demandez-vous pourquoi ce livre (ou cette chronique) en vaut la peine pour vous ;

Consommez éventuellement un peu de café avant la lecture ;

Prenez un crayon ou un marqueur fluo ;

Et lorsque vous sentez que vous perdez votre attention, prenez une mini-pause, puis revenez-y.

Tous ces conseils ne sont pas à utiliser. Vous pouvez choisir ceux qui vous parlent le plus et peut-être essayer l'un ou l'autre auquel vous n'aviez pas pensé par vous-même ou auquel vous n'êtes pas habitué. En un mot : expérimentez.

Partie 1 — Hyperfocus

Chapitre 1 : Quitter le mode automatique

Le mode autopilote

Nous choisissons de lire certains livres en mode purement automatique. Il suffit souvent qu’un ami nous en parle en bien, puisque nous lisions quelque chose à son sujet, pour que nous l’achetions sans plus nous poser de questions.

Et cela ne se passe pas que pour les livres, bien sûr ! Nous agissons souvent en "mode autopilote", c'est-à-dire guidé par nos habitudes. Et en soi, cela n'est pas un mal, bien au contraire…

Les habitudes nous facilitent grandement la tâche au quotidien. Mais pas tout le temps. Comme le dit l'auteur, "certaines décisions méritent d'être prises de façon délibérée", consciente.

Un jour en mode autopilote

Notre attention est devenue une "denrée rare", notamment en raison des pressions diverses que nous subissons (et que nous nous imposons) via nos dispositifs électroniques : mails, notifications, etc.

Pensez-y. Même quand nous voulons nous concentrer, nous n'y arrivons pas ! Ces situations vous sont peut-être déjà arrivées :

Vous êtes au lit et ne pouvez pas vous sortir de l'esprit certaines idées qui tournent en boucle ;

Vos meilleures idées arrivent à un moment complètement inattendu, mais pas du tout quand vous le voudriez ;

Vous procrastinez très consciemment alors qu'un travail important vous attend…

Ce ne sont que quelques exemples qui nous montrent en quoi un travail sur nos capacités d'attention peut s'avérer utile.

Les 4 types de tâches

Il existe des tâches qui méritent plus ou moins notre attention. Chris Bailey propose un cadran original qui découpe les tâches selon leur degré d'attractivité et leur degré de productivité.

Il y a les tâches peu attractives, mais productives (travail nécessaire) ;

Puis les tâches attractives et productives (travail déterminé) ;

Et les tâches non attractives et non productives (travail non nécessaire) ;

Enfin, celles qui sont attractives, mais pas vraiment productives (travail de distraction).

Selon vous, à quel type de tâche devez-vous donner le plus d'attention ? Le numéro 2, bien sûr !

Comme le dit l'auteur :

"Le travail déterminé (ou réfléchi) [est] le lieu parfait de la productivité. Ce sont les tâches pour lesquelles nous sommes sur terre ; les tâches où nous sommes le plus engagés lorsque nous sommes en train de les réaliser ; celles aussi où nous avons le plus d'impact." (Hyperfocus, Chapitre 1)

Le travail nécessaire doit lui aussi être réalisé. Et les deux autres, alors ? Chris Bailey ne considère pas que nous devions les éliminer, mais simplement que nous devons être vigilant, car le mode autopilote a tendance à nous ramener vers elles lorsque nous ne le voulons pas.

Comme nous allons le voir dans la suite de cette chronique, nous pouvons apprendre à diriger notre attention de telle façon à réellement choisir lorsque nous voulons travailler et quand nous voulons faire autre chose (nous reposer, etc.).

Chapitre 2 : Les limites de votre attention

Les frontières de votre attention

Notre capacité à nous focaliser sur quelque chose est contrainte par deux éléments :

Notre attention a des limites ;

Après nous être concentré sur quelque chose, nous ne pouvons retenir qu'un petit nombre dans notre mémoire à court terme.

La mémoire est ici un enjeu capital. Bien sûr, il y a des astuces pour amplifier cette capacité, comme référer ce que nous devons apprendre à des choses que nous savons déjà, ou créer des histoires pour mieux nous souvenir.

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Thu, 27 Jun 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12913/Hyperfocus
Hyperfocus http://www.olivier-roland.fr/items/view/12893/Hyperfocus

Résumé de « Hyperfocus : comment travailler moins pour en faire plus » de Chris Bailey : un essai facile d'accès et très bien documenté pour vous aider à vous concentrer au maximum sur vos tâches complexes et — dans le même temps — apprendre à recharger les batteries et devenir plus créatif ! 

Par Chris Bailey, 2018.

Titre original : « Hyperfocus : How to Work Less and Achieve More », 2018.

Chronique et résumé de « Hyperfocus : comment travailler moins pour en faire plus » de Chris Bailey

Chapitre 0 : Pourquoi le focus compte

Chris Bailey se met en scène dans ce chapitre 0. Il nous raconte comment il écrit ce chapitre dans un café restaurant et comment il parvient à se concentrer malgré le bruit ambiant. Mais il nous relate aussi autre chose.

En effet, il nous dit qu'il aime beaucoup regarder les gens autour de lui. Lorsqu'il prend un moment de pause, il observe les comportements qui l'entourent. Voici ce qu'il en dit :

"En me focalisant sur d'autres personnes, j'ai réalisé bien des observations sur ce sur quoi les gens se focalisent. À chaque moment, nous nous concentrons (focusing) sur quelque chose, même si nous sommes perdus dans nos pensées intérieures." (Hyperfocus, Chapitre 0)

Son objectif, dans cet ouvrage, est d'explorer les manières dont nous pouvons mieux contrôler notre attention et, comme nous allons le voir, notre intention.

Pour ce faire, Chris Bailey a lu de nombreux livres et études scientifiques qui sont répertoriés à la fin de l'ouvrage. Ses recherches lui permettent d'affirmer qu'il est possible — et souhaitable — d'améliorer sa productivité et sa créativité grâce à une meilleure maîtrise de notre attention (focus).

Chapitre 0.5 : Comment mieux se focaliser grâce à ce livre

Commençons par ce livre lui-même. Si vous le lisez (ou si vous lisez cette chronique !), c’est que le sujet vous intéresse et que vous voulez rester suffisamment concentré pour apprendre quelque chose ! Alors, avant même de comprendre pourquoi, essayez les « trucs » suivants :

Placez votre téléphone hors de vue ;

Prenez le temps de bien choisir votre environnement de lecture ;

Faites une liste des distractions possibles ;

Demandez-vous pourquoi ce livre (ou cette chronique) en vaut la peine pour vous ;

Consommez éventuellement un peu de café avant la lecture ;

Prenez un crayon ou un marqueur fluo ;

Et lorsque vous sentez que vous perdez votre attention, prenez une mini-pause, puis revenez-y.

Tous ces conseils ne sont pas à utiliser. Vous pouvez choisir ceux qui vous parlent le plus et peut-être essayer l'un ou l'autre auquel vous n'aviez pas pensé par vous-même ou auquel vous n'êtes pas habitué. En un mot : expérimentez.

Partie 1 — Hyperfocus

Chapitre 1 : Quitter le mode automatique

Le mode autopilote

Nous choisissons de lire certains livres en mode purement automatique. Il suffit souvent qu’un ami nous en parle en bien, puisque nous lisions quelque chose à son sujet, pour que nous l’achetions sans plus nous poser de questions.

Et cela ne se passe pas que pour les livres, bien sûr ! Nous agissons souvent en "mode autopilote", c'est-à-dire guidé par nos habitudes. Et en soi, cela n'est pas un mal, bien au contraire…

Les habitudes nous facilitent grandement la tâche au quotidien. Mais pas tout le temps. Comme le dit l'auteur, "certaines décisions méritent d'être prises de façon délibérée", consciente.

Un jour en mode autopilote

Notre attention est devenue une "denrée rare", notamment en raison des pressions diverses que nous subissons (et que nous nous imposons) via nos dispositifs électroniques : mails, notifications, etc.

Pensez-y. Même quand nous voulons nous concentrer, nous n'y arrivons pas ! Ces situations vous sont peut-être déjà arrivées :

Vous êtes au lit et ne pouvez pas vous sortir de l'esprit certaines idées qui tournent en boucle ;

Vos meilleures idées arrivent à un moment complètement inattendu, mais pas du tout quand vous le voudriez ;

Vous procrastinez très consciemment alors qu'un travail important vous attend…

Ce ne sont que quelques exemples qui nous montrent en quoi un travail sur nos capacités d'attention peut s'avérer utile.

Les 4 types de tâches

Il existe des tâches qui méritent plus ou moins notre attention. Chris Bailey propose un cadran original qui découpe les tâches selon leur degré d'attractivité et leur degré de productivité.

Il y a les tâches peu attractives, mais productives (travail nécessaire) ;

Puis les tâches attractives et productives (travail déterminé) ;

Et les tâches non attractives et non productives (travail non nécessaire) ;

Enfin, celles qui sont attractives, mais pas vraiment productives (travail de distraction).

Selon vous, à quel type de tâche devez-vous donner le plus d'attention ? Le numéro 2, bien sûr !

Comme le dit l'auteur :

"Le travail déterminé (ou réfléchi) [est] le lieu parfait de la productivité. Ce sont les tâches pour lesquelles nous sommes sur terre ; les tâches où nous sommes le plus engagés lorsque nous sommes en train de les réaliser ; celles aussi où nous avons le plus d'impact." (Hyperfocus, Chapitre 1)

Le travail nécessaire doit lui aussi être réalisé. Et les deux autres, alors ? Chris Bailey ne considère pas que nous devions les éliminer, mais simplement que nous devons être vigilant, car le mode autopilote a tendance à nous ramener vers elles lorsque nous ne le voulons pas.

Comme nous allons le voir dans la suite de cette chronique, nous pouvons apprendre à diriger notre attention de telle façon à réellement choisir lorsque nous voulons travailler et quand nous voulons faire autre chose (nous reposer, etc.).

Chapitre 2 : Les limites de votre attention

Les frontières de votre attention

Notre capacité à nous focaliser sur quelque chose est contrainte par deux éléments :

Notre attention a des limites ;

Après nous être concentré sur quelque chose, nous ne pouvons retenir qu'un petit nombre dans notre mémoire à court terme.

La mémoire est ici un enjeu capital. Bien sûr, il y a des astuces pour amplifier cette capacité, comme référer ce que nous devons apprendre à des choses que nous savons déjà, ou créer des histoires pour mieux nous souvenir.

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Mon, 24 Jun 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12893/Hyperfocus
4 000 semaines : la gestion du temps pour les mortels http://www.olivier-roland.fr/items/view/12866/4-000-semaines-la-gestion-du-temps-pour-les-mortels

Résumé de « 4 000 semaines : la gestion du temps pour les mortels » de Oliver Burkeman : un livre qui questionne les ouvrages de développement personnel et pose la question de la gestion du temps de façon plus philosophique et personnelle — à lire pour tous ceux qui veulent en finir avec les excès de la productivité et de la flexibilité !

Par Oliver Burkeman, 2021.

Titre original : « Four Thousand Weeks: Time Management for Mortals », 2021.

Chronique et résumé de « 4 000 semaines : la gestion du temps pour les mortels » de Oliver Burkeman

Introduction : sur la longue durée, nous sommes tous morts

Le croyez-vous ? Un être humain vit environ 4 000 semaines. Eh oui, si nous avons la chance de vivre jusqu’à 80 ans, c’est bien le nombre juste.

Cela vous semble peu ? À Oliver Burkeman aussi. Pour lui, cette durée est « effroyablement et outrageusement courte ».

Ce thème de la brièveté de la vie est un classique de la philosophie, de la spiritualité et de l’art. Depuis l’Antiquité, de nombreux intellectuels et artistes se sont intéressés à ce paradoxe : nous avons tant à faire, et pourtant si peu de temps pour réaliser tout ce que nous souhaiterions.

Le développement personnel, si en vogue aujourd'hui, peut-il contribuer à nous aider ? Après tout, un grand nombre d'entre eux abordent précisément cette question de la gestion du temps, et au-delà de la productivité.

Oliver Burkeman cite d'ailleurs un livre célèbre de développement personnel sur la gestion du temps : Getting things done (S'organiser pour réussir) de David Allen. Pourtant, l'auteur de 4 000 semaines entreprend aussi de le critiquer.

En effet, Oliver Burkeman considère que ce type d'ouvrages de self-help (nom du développement personnel en anglais) se trompent globalement. Pour lui, le livre de David Allen, comme d'autres, se concentre généralement sur les aspects les plus superficiels du problème, tels que :

Les routines matinales ;

La préparation de repas (batchcooking) ;

Le rangement ;

La création ou la tenue d'un agenda ;

Etc.

En résumé, selon eux, l'enjeu est l'organisation parfaite. Mais pour Olivier Burkerman, il faut aller plus loin. Notamment en s'intéressant de plus près à la philosophie et aux disciplines qui ont traditionnellement proposé des solutions à ce problème.

En fait, il faut placer la brièveté de l'existence humaine au cœur du sujet. Or, cela implique de questionner aussi le véritable sens de la vie. Comment agir, quelles actions privilégier, face à ce manque cruel de temps qui est notre lot commun ?

Voici la question que veut poser l’auteur et qui va, selon lui, au-delà du développement personnel classique.

La vie du côté passager

Profitons-nous vraiment du « temps libre » dégagé par la pléthore d’outils et d’applications qui nous promettent de nous faire gagner du temps ?

Et le gagnons-nous vraiment ? Certes, nous n'avons plus à laver la vaisselle (seulement à la ranger) et nous pouvons faire nos comptes beaucoup plus rapidement (à l'aide de programmes de gestion comptable, par exemple). Mais quelle est véritablement la qualité de ce temps "gagné" sur ces activités habituellement considérées comme inutiles et chronophages ?

En fait, nous ne profitons peut-être pas autant de cette liberté que nous le croyons. Peut-être même que nous ne nous sentons pas "plus libres" que les personnes qui vivaient au Moyen-Âge ou dans l'Antiquité… Selon l'auteur, cela est dû au fait que la vie s'est considérablement accélérée.

En fait, nous sommes confrontés à l'obligation sociale d'intégrer des quantités croissantes de tâches à réaliser dans un délai limité — le même que celui de tout individu depuis des générations. C'est même pire : plus nous en faisons, et plus nous avons le sentiment que nous devons en faire plus. Telle est notre "condition moderne".

Être occupé (rappelons que business signifie littéralement être occupé, to be busy, en anglais) est devenu une valeur en soi ; quelque chose de positivement valorisé. Plus la société moderne augmente la richesse des populations, et plus des activités nouvelles voient le jour. Pris dans ce paysage, chacun de nous a beaucoup de mal à ralentir.

Nous vivons comme des passagers de nous-mêmes, conduits par des forces qui, elles, vont à tout allure. Mais où allons-nous, précisément ?

S'organiser pour réussir les mauvaises choses

Souvent, nos tentatives pour nous organiser échouent, car elles nous font faire de plus en plus de traces que nous ne voulons pas vraiment ou qui nous fatiguent encore plus. Nous pensons que le temps gagné doit avant tout être utilisé de façon productive au sens "rentable" du terme.

En réalité, nous téléchargeons des applications qui nous offrent quelques menus services, puis nous nous rendons compte que nous en faisons un usage qui nous "enferme" encore plus dans la répétition de cette logique. Nous passons ainsi nos journées, mais faisons-nous vraiment ce qui importe à nos yeux ?

Par exemple :

Passer du temps avec nos proches ;

Nous consacrer à une cause sociale ;

Développer un art ou une discipline qui nous tient vraiment à cœur ;

Etc.

Si nous voulons vraiment parvenir à agir en ce sens, alors il ne faut plus tourner autour du pot. Il faut accepter que la question de la gestion du temps s'étende bien au-delà de celle de la productivité.

Il faut prendre pleinement conscience que nous avons peu de temps et tourner cette connaissance difficile à notre avantage. Comment ? La suite de l'ouvrage nous le dira.

Citons donc ici la dernière phrase de l'introduction :

"Commençons par admettre la défaite : [L'organisation parfaite] n'arrivera jamais. Mais vous savez quoi ? C'est une excellente nouvelle." (4 000 semaines, Introduction)

Partie 1 — Choisir de choisir

Chapitre 1 — Une vie qui embrasse ses propres limites

Durant de longues périodes de l’histoire, la sensation du temps était liée aux récoltes et aux tâches agricoles. Une fois la tâche terminée, la saison arrivée à son terme, venait le temps du repos. Les éléments naturels, dont le lever et le coucher du soleil, rythmaient la vie des gens.

Autrement dit, le temps était perçu à partir des tâches à accomplir et de l'environnement. Aujourd'hui, c'est l'horloge, au temps homogène, qui dirige les activités. Nous ne nous préoccupons plus des saisons ni de la durée interne d'un travail ; nous rapportons tout aux secondes, aux minutes et aux heures.

Auparavant, temps et vie allaient de pair. Une activité donnée, par exemple traire des vaches ou récolter des cultures, s'exerçait au "bon moment", c'est-à-dire quand il le fallait pour survivre. Cette façon de penser le temps et la vie permet de vivre dans l'instant présent.

Cela est plus difficile aujourd'hui, car nous pensons avoir un temps sans limites. Le temps des horloges passe que nous soyons là ou non. Nous avons le sentiment de courir après lui et nous avons souvent la sensation d'être "submergé" par lui.

Le temps avant les calendriers

Bien sûr, l'expérience médiévale et agricole du temps a ses limites. Dans les villes, notamment, nous devons pouvoir nous coordonner les uns aux autres. Nous devons nous accorder sur une mesure commune pour agir de concert.

Ce sont d'ailleurs les moines du Moyen-Âge qui ont inventé les premières horloges mécaniques pour organiser le culte dans leurs monastères. Ce faisant, ils ont aussi créé une notion de temps selon laquelle il est "une chose abstraite avec une existence indépendante, distincte des activités spécifiques" que nous exerçons.

La fin de l'éternité

Dans 4 000 semaines, Oliver Burkeman continue cette fresque historique en montrant que la vision du temps se modifie encore davantage à partir de la Révolution industrielle. Peu à peu, le temps est découpé de façon encore plus générale et uniformisée.

La semaine de six jours (plus une de repos) et la notion d'heures de travail fixes commencent à dominer l'expérience des gens. À partir des Temps modernes, le temps devient une ressource comme une autre, qu'il faut "employer" à bon escient et éviter de gaspiller.

Pour l'auteur, c'est là le début de l'anxiété que nous vivons encore aujourd'hui. Chaque moment devient une opportunité, et il nous appartient à nous seuls de savoir la saisir. C'est une responsabilité immense qui entraîne aussi beaucoup d'angoisse.

Nous ne pouvons nous empêcher de nous projeter et d'organiser notre temps de la façon la plus efficace possible. Nous voulons profiter de chaque "parcelle" de temps dont nous disposons. Malheureusement, cette approche nous enferme dans le futur et nous empêche de simplement profiter de l'instant présent.

Confessions d'un geek de la productivité

Ne vous trompez pas ! Oliver Burkeman ne pense pas être au-dessus des autres sur ces sujets. Dans cette section, il avoue avoir lui-même passé des années à essayer de maîtriser son temps. Il a même tenu une chronique de journal dans laquelle il s’est évertué à « tester » chaque nouvelle mode en matière de gestion du temps.

Mais il a remarqué quelque chose : il devenait de plus en plus stressé ! Il voulait accomplir toujours plus. Et c'est là que lui est venue sa "révélation" : un jour, il s'est rendu compte que cela lui serait impossible. Il a donc décidé de changer son fusil d'épaule et de trouver une autre voie, plus sereine.

Être sans cesse occupé ne nous aide pas à avoir une vie bonne et heureuse. Nous évitons constamment la question de nos limites. Nous croyons, au contraire, que "tout est possible". Mais c'est faux. Nous devons apprendre à nous défaire de ce désir de contrôle permanent.

Pour le dire autrement : nous nous noyons dans le travail pour échapper aux questions existentielles qui nous travaillent presque malgré nous. Pourtant, nier la réalité ne fonctionne pas, ou du moins pas très longtemps.

Un souffle glacé de réalité

Oliver Burkeman en tire une maxime ou plutôt ce qu'il appelle le « paradoxe de la limitation » qui dit que :

Plus nous essayons de tout adapter à l'objectif de la maîtrise du temps ;

Plus nos vies deviennent insatisfaites.

Être capable de prendre du recul et d'accepter ce paradoxe nous aide à changer de voie. Non, nous n'aurons jamais le temps de faire tout ce que nous voulons ! Oui, nous devons faire des choix difficiles au sujet du temps que nous allons allouer pour chaque chose !

Et ce sentiment de réalité n'est pas négatif. En fait, choisir une voie en conscience, en sachant que nous allons perdre d'autres choses, nous permet de valoriser le chemin que nous avons choisi à sa pleine valeur.

Cette façon de penser les choses nous oblige à penser à ce que nous voulons vraiment et ce qui est le plus précieux à nos yeux.

Chapitre 2 — Le piège de l'efficacité

Être constamment occupé : voilà bien une affliction moderne qui affecte tout le monde, et cela dans toutes les classes socio-économiques ! Du ministre au coursier Uber, tout le monde se sent désespérément "tenu" par le temps.

Chacun d'entre nous refuse pourtant d'admettre la vérité énoncée plu haut. À la place, nous cherchons à optimiser notre temps en dégageant du temps pour faire tout ce que nous souhaitons faire. Nous dégageons du temps pour apprendre l'espagnol dans notre salle de bain ou écouter des podcasts dans notre voiture, etc.

Nous voulons tout faire !

Et nous pensons qu'il suffit de trouver plus de temps pour accomplir toutes ces choses auxquelles nous aspirons. C'est là le piège de l'efficacité qui nous empêche, encore une fois, de nous mettre face à notre humaine — et mortelle — condition.

La boîte mail de Sisyphe

L'un des premiers livres de gestion du temps a été Comment vivre 24 heures par jour (How to Live on 24 Hours a Day) de l'écrivain anglais Arnold Bennet (1908). Comme certains spécialistes du développement personnel aujourd'hui, Arnold Bennet incitait ses lecteurs à tirer le meilleur parti de leur quota quotidien de 24 heures en arrêtant de procrastiner ou de se plaindre.

Suffit-il de trouver des stratégies pour faire tout ce que nous voulons ? Nous l'avons compris, pour Oliver Burkeman, la réponse est non. Non seulement car cela nous donne la sensation d'avoir toujours plus à faire, mais aussi parce qu'il y a plein de choses qu'au fond, nous ne voulons pas vraiment, nous ne ferons pas et n'avons pas à faire.

Plutôt que de tourner en rond de façon absurde en cherchant sans cesse la meilleure manière d'optimiser la gestion de notre boîte mail (exemple donné par l'auteur), préférons une bonne réflexion sur ce que nous voulons vraiment.

La to-do list sans fond

La seule façon d'être libre n'est pas de trouver de bonnes stratégies, mais d'accepter que nous devions faire des choix difficiles sur la façon de passer notre temps. Bien sûr, ce sens du sacrifice ne cadre pas vraiment avec le mantra moderne de l'acquisition et de la consommation effrénée.

Les technologies modernes telles qu'Internet nous promettent de prendre le contrôle sur nos tâches, mais elles augmentent aussi le nombre de tâches que nous devons accomplir. Pourquoi ? Parce qu'elles nous donnent l'impression que nous pouvons toujours "ajouter" une tâche supplémentaire dans un créneau de temps libre.

Cela crée une to-do list sans fond.

Il est intéressant de comparer, à ce titre, l'expérience moderne à l'expérience dite "prémoderne" du Moyen-Âge ou de l'Antiquité. Les philosophes stoïciens, par exemple, imaginaient le temps comme un éternel retour. Dans ce cadre, pas besoin de courir ; il importe bien davantage de savoir quelle est notre place dans ce monde.

Pourquoi vous devriez arrêter de parer au plus pressé

Une autre idée courante parmi les auteurs de développement personnel est que nous devrions parer aux tâches les plus urgentes en premier lieu, puis nous occuper de ce qui compte le plus pour nous.

C'est une erreur ! De cette façon, vous êtes sûr de ne jamais parvenir à réaliser les activités qui sont vraiment significatives pour vous. Vous êtes sans cesse pris dans cette liste interminable ou ce travail de Sisyphe absurde.

Quelle est réellement la tâche que vous devriez effectuer en premier lieu ? Traiter ce mail ou aller voir votre frère malade (pour ne donner qu'un exemple) ? Oliver Burkeman adopte une approche originale et nous incite à réorganiser nos activités à partir de ce qui a le plus de valeur à nos yeux.

Les écueils du confort

Nous pensons "économiser" du temps et gagner en confort. De nombreuses applications vendent d'ailleurs leurs services de cette façon : plus vous utilisez notre (magnifique) produit, plus vous gagnerez du temps pour ce qui a du sens et de l'intérêt. Mais est-ce le cas ?

D'une part, il importe de se rendre compte que ces façons de nous faire gagner du temps posent problème au niveau social. Par exemple, utiliser les services d'Uber implique de souscrire à son modèle de rémunération précaire.

Autre cas : envoyer une carte d'anniversaire électronique peut sembler anodin. Pourtant, vous évitez de ce fait de soutenir les libraires locaux et de prendre du temps pour écrire quelques mots vous-même. Quel est le geste qui est le plus dénué de sens, ici ?

Voulons-nous vraiment que tout soit "facile" ? Voulons-nous réellement vivre des vies entièrement "confortables" ? Quel est le prix du confort ? Ce sont ces questions que nous devrions nous poser.

La culture du confort peut nous conduire là où nous ne voudrions pas forcément être. Pensez à Netflix. Il est facile de rester dans son canapé. Mais ne préférons-nous pas aller au cinéma entre amis ?

La réponse n'est pas nécessairement facile à donner à chaque fois, mais nous devrions à minima penser à nous poser la question le plus souvent possible.

Chapitre 3 — Faire face à la finitude

Dans 4 000 semaines, l'auteur cherche des ressources dans la philosophie contemporaine. Il introduit rapidement à la pensée du philosophe allemand Martin Heidegger. Dans son livre majeur, Être et Temps (1927), celui-ci affirme que le temps doit devenir la dimension essentielle de la vie humaine.

Jetés dans le temps

Martin Heidegger considère que nous « sommes un temps limité ». En d'autres termes, nous ne possédons pas le temps comme une ressource, mais nous sommes des êtres temporels. Cet état nous définit comme êtres vivants et humains.

Cette perspective heideggerienne sur le temps a l’avantage de nous faire prendre conscience de nos limites. C'est parce que nous avons un terme, une limite donnée — bref que nous sommes des êtres temporellement limités — que nous devons réfléchir à la question du sens de notre existence.

La plupart du temps, nous optons pour une myriade de distractions, mais est-ce là un choix "authentique" ? Telle est l'un des problèmes que pose Martin Heidegger.

Devenir concret

Oliver Burkeman poursuit son argumentation à partir du livre This Life (2019), du philosophe suédois Martin Hägglund. Celui-ci soutient que la finitude de la vie est ce qui lui donne son sens.

En fait, si nous pensions que rien ne finirait jamais, alors rien ne pourrait vraiment avoir d'importance.

Les personnes qui croient en la vie éternelle et ceux qui pensent qu'ils peuvent organiser leur vie parfaitement sont "dans le déni". Rien n'est véritablement en jeu pour eux.

Pour devenir concrets, nous avons besoin d'accepter la certitude de notre mort. C'est ce que disent aussi les stoïciens et certains psychologues comme le psychologue espagnol Rafael Santandreu, d'ailleurs.

Nous n'avons que du temps prêté

À ce sujet, le cas des expériences de mort imminente est particulièrement troublant. Oliver Burkeman soutient que les personnes ayant vécu ce type d'événement développent une relation plus authentique et plus précieuse avec le temps. En prenant conscience de leur fragilité, ils apprécient chaque moment et apprennent à donner la priorité aux choses qui comptent le plus.

Toutes ces réflexions nous mènent vers une conclusion : la vie et le temps ne nous appartiennent pas. Nous sommes en vie pour un temps donné ou, plus exactement, « prêté » — puisque celui-ci nous sera enlevé à un certain moment.

Cela doit-il nous rendre insatisfaits ? Non, car nous pourrions tout aussi bien, à la place, ressentir de la gratitude pour le fait que nous ayons reçu ce temps à vivre. En un sens, l'existence a quelque chose de miraculeux. Nous pouvons donc affirmer notre vie avec joie même si celle-ci est fragile et limitée.

Chapitre 4 — Devenir un meilleur procrastinateur

Pour résumer, Oliver Burkeman soutient que la gestion de notre temps ne concerne pas seulement ce que nous devons faire, mais aussi — et surtout — ce que nous devons laisser de côté.

Oliver Burkeman attire l'attention sur le livre de Stephen Covey de 1994, Priorité aux priorités (First Things First). Celui-ci enseigne qu'il faut faire les tâches les plus importantes en premier, puis les plus triviales.

Mais comment faire quand, comme aujourd'hui, nous sommes faces à une foule d'actions importantes à mener en parallèle ? C'est impossible.

En fait, dit Oliver Burkeman, la solution de Stephen Covey ne fonctionne pas. Le vrai problème de la gestion du temps est de se rendre capable de décider entre ce qui sera fait et ce qui ne le sera pas.

L'art de la négligence créative

Oliver Burkeman commence par citer quelques stratégies de remplacement.

Jessica Abel, par exemple, conseille simplement de prendre le temps, au début de la journée, pour accomplir le projet qui vous tient le plus à cœur, même si cela signifie négliger d'autres tâches importantes.

Il fait également valoir que nous devrions limiter la prise en charge de plusieurs projets. Souvent, nous nous investissons dans trop de projets et nous n'en finissons aucun (ou aucun de manière véritablement satisfaisante).

Au lieu de cela, nous devrions nous tenir à la leçon suivante : terminer le projet en cours avant d'en entamer un autre. C'est aussi l'occasion de réapprendre une chose : notre capacité de travail est limitée.

Perfection et paralysie

Les bons procrastinateurs acceptent qu'ils n'accomplissent jamais tout. Ils savent qu'ils doivent faire des choix. Les mauvais procrastinateurs, quant à eux, ils sont paralysés par l'idée d'abandonner quoi que ce soit, parce que cela signifierait faire face à leurs limites.

Ce type de procrastination apparaît dans toutes les sphères de la vie quotidienne :

Professionnelle ;

Amoureuse ;

Sociale ;

Etc.

Henri Bergson, le célèbre philosophe français du début du XXe siècle, donne une réponse à la question du procrastinateur : pourquoi reportons-nous les choses à demain ? Selon lui, c'est parce que nous aimons plus que tout imaginer un avenir luxuriant où tous nos rêves restent possibles.

Pour sortir de ce perfectionnisme et de cette paralysie, il importe d'oser agir et de faire des choix, en ayant conscience que ceux-ci impliquent des sacrifices.

L'inévitable enracinement

Prenons un exemple en matière d'amour. Vous pouvez chercher infiniment à trouver le partenaire parfait. Vous sauterez de relation en relation sans vous attacher jamais. Pour vous, c'est comme si la vie n'avait pas de fin et que vous aviez l’éternité pour trouver chaussure à votre pied.

Mais est-ce bien la solution ? N'est-ce pas là être obsédé par des chimères ?

Dans le domaine des relations de couple, il importe aussi d'accepter les défauts de son partenaire et de reconnaître nos limites réciproques. Celui qui a peur de l'engagement préfère rester dans l'idéalisation.

Nous pouvons passer des années à hésiter sur le chemin à prendre. Pourtant, une fois la décision prise, la plupart d'entre nous éprouvent un soulagement et découvrent qu'ils aiment finalement s'engager et s'enraciner quelque part.

Selon Oliver Burkeman, c'est parce que :

"Lorsque vous ne pouvez plus revenir en arrière, l'anxiété disparaît parce que, désormais, il n'y a qu'une seule direction à prendre : aller de l'avant en faisant face aux conséquences de votre choix." (4 000 semaines, Chapitre 4)

Chapitre 5 — Le problème de la pastèque

Un autre problème très actuel lié à la gestion du temps est celui de la distraction. L'auteur prend l'exemple d'une vidéo absurde sur BuzzFeed où une pastèque explose : 3 millions de vues !

Comment expliquer qu'autant de personnes perdent leur temps à regarder de tels contenus ridicules ?

Prenons d'abord le temps d'une définition. La distraction peut être définie comme le fait de consacrer notre temps et notre attention limités à des activités dans lesquelles nous n'avons jamais eu l'intention de nous engager — par opposition à nos passions.

L'avènement d'Internet et des médias sociaux a placé la distraction au premier plan. Et, en fait, c'est bien là un enjeu de taille. La personne qui regarde une pastèque exploser choisit-elle vraiment de regarder cela plutôt qu'un documentaire ou faire quelque chose de plus intéressant ?

La réponse est en grande partie non. Nous sommes aujourd'hui happés par des mécanismes savamment construits pour détourner notre attention.

Auparavant, nous pensions globalement que la personne distraite pouvait choisir sa distraction. Par exemple, je peux choisir de prendre un bain de soleil au lieu de me plonger dans mon travail.

Mais avec les réseaux sociaux, l'attention devient une ressource dont les entreprises cherchent à tirer profit. Plus nous nous distrayons, et plus elles gagnent de l'argent en glissant, par-ci par-là, des publicités sous nos yeux.

Une machine peut faire mauvais usage de votre vie

Comment ? En personnalisant sans cesse le contenu et en nous maintenant en état d'alerte grâce aux notifications.

En surface, nous pouvons croire que la solution consiste à se doter d'outils ou de techniques permettant de minimiser la distraction en ligne. Par exemple :

Mise en pause des notifications :

Applications de blocage des publicités (ad blockers) ;

Ou même la méditation.

Cependant, ces solutions ne vont pas à la racine du problème. En réalité, la maîtrise complète de l'attention d'une personne est impossible.

Pourquoi ? Car nous sommes programmés par l'évolution biologique pour répondre aux signaux d'alerte. Et c'est très bien ainsi ! Nous ne pouvons négliger que le bus est sur le point d'arriver ou qu'un enfant crie au secours.

Par ailleurs, la distraction offre de beaux moments. Nous sommes parfois surpris par un beau coucher de soleil ou par le regard mystérieux et sympathique d'un ou d'une inconnue. En soi, toute distraction n'est donc pas à empêcher.

Toutefois, il est important de noter les conséquences de la distraction en ligne. Celles-ci ne se limitent pas à une heure perdue de temps en temps. En fait, les capacités de prédiction des algorithmes entraînent des effets plus graves et plus directement politiques.

Par exemple, la tendance à suivre des contenus de plus en plus filtrés et choquants sur certains thèmes nous conduit à adopter des positions extrêmes. Nous devenons de plus en plus irritables et pouvons nous fâcher avec notre famille, nos amis, voire — plus inquiétant — prendre en grippe la société tout entière.

Si ce thème vous intéresse, vous pourriez aussi aimer la chronique du livre de Sébastien Bohler, Le bug humain ou celui de Pascal Bronner, Apocalypse cognitive.

Chapitre 6 — L'interrupteur intime

Dans 4 000 semaines, Oliver Burkeman insiste sur le courage de faire face au présent. L'auteur soutient que la distraction est un moyen de fuir cet inconfort ressenti avec le moment présent tel qu'il est.

Si les réseaux sociaux cherchent à nous manipuler et à gagner notre attention, nous collaborons avec eux souvent de bonne grâce. Oui, une partie interne de nous-mêmes nous éloigne des tâches que nous voulons accomplir. Pourquoi ? Car nous aimons la facilité !

Et c'est un paradoxe important :

Lorsque nous sommes engagés dans une tâche significative qui ajoute une réelle valeur à nos vies ;

Nous éprouvons en même temps un sentiment d'ennui parfois si désagréables que nous ferions presque tout pour que celui-ci disparaisse.

Or cet ennui est capital, car il signale nos limites. Si nous nous ennuyons, c'est peut-être parce que nous sommes face à de l'incertitude et à notre propre fragilité : allons-nous réussir ? Comment allons-nous surmonter cette difficulté, cet obstacle qui se dresse devant notre désir ?

L'inconfort de ce qui compte

En "succombant" à la distraction, nous évacuons d'un trait ces peurs et ces angoisses que révèle l'ennui. En vaquant à des occupations sans importance, nous nous redonnons l'illusion de l'infini et de la compétence. Nous retournons dans notre zone de confort.

La solution n'est pas aisée. Elle passe par une reconnaissance de l'inconfort lié à l'ennui. Pour Olivier Burkeman, nous devons :

Faire face et tourner notre attention consciemment vers ce qui nous pose problème dans le moment présent, afin de chercher à résoudre la tension.

En même temps, reconnaître que nous ne pouvons pas déterminer complètement le résultat des événements. Nous agissons au mieux, mais sans garantie de succès.

Cette attitude permet d'avancer dans l'inconfort et dans l'incertitude.

Partie 2 — Au-delà du contrôle

Chapitre 7 — Nous n'avons jamais réellement le temps

Le spécialiste de la cognition Douglas Hofstader a établi une loi simple : chaque tâche prend plus de temps que prévu. Oliver Burkeman abonde dans ce sens. Pour lui, c'est le signe que le temps ne peut pas être complètement contrôlé.

Tout peut arriver

L'auteur raconte des anecdotes de famille. Il vient, dit-il, d'une famille de planificateurs obsessionnels ! Chaque membre de sa famille aime ressentir ce sentiment de contrôle sur l'avenir.

Pour lui, l’origine de cette tendance comportementale familiale est liée à la Seconde Guerre mondiale, lorsque sa grand-mère parvint à fuir l’Allemagne avant les premières grandes déportations organisées par le gouvernement nazi.

L'anxiété profonde de sa grand-mère devant ce qui pourrait se passer a été transmise de génération en génération. Pour elle, l'important était de prédire ce qui allait se passer et de maîtriser sa destinée dans un moment crucial.

Même si, aujourd'hui, le danger n'est plus mortel, la crainte et le besoin de contrôle demeurent. C'est le cas de sa grand-mère, mais aussi de ses parents et du reste de sa famille.

S'occuper de ses affaires

"Le planificateur obsessionnel […] exige que des gages de sécurité lui soient donnés au sujet de l'avenir — mais l'avenir n'est justement pas le genre d'objet qui peut lui fournir l'assurance dont il a envie !" (4 000 semaines, Chapitre 7)

Pourquoi ? Car l'avenir est par nature incertain. C'est d'ailleurs également ce que dit le célèbre statisticien Nicholas Nassim Taleb dans ses livres, que ce soit Le Cygne noir ou Antifragile.

Êtes-vous inquiet ? Pensez-vous que c'est en prédisant quelque chose que vous éviterez que cela se passe mal ? C'est une erreur logique. Vous ne pouvez pas contrôler l'avenir en établissant des plans. L'imprévu fait intégralement partie de la vie.

Il faut en tirer une conclusion : il n'y a aucune garantie que nous serons en mesure d'utiliser le temps comme nous l'avions prévu. Et il se peut que nous ayons beaucoup moins à vivre que les 4 000 semaines annoncées au début du livre.

Si nous examinons nos vies rétrospectivement, nous pouvons nous rendre compte du côté absurde de la prévision. Posez-vous la question : votre vie s'est-elle déroulée telle que vous l'aviez prévue ? La réponse est sans doute non !

Notre existence est le fruit de circonstances que nous n'avions pas prévues et d'occasions fortuites. Certes, nous avons pris des décisions, mais toujours sur la base de ce "terrain mouvant".

Y a-t-il de quoi être rassuré, alors ?

Bien sûr, car l’acceptation de l’incertitude nous dégage de l’obligation de tout contrôler et, donc, de l’anxiété qui lui est liée. Qui plus est, il n’est pas question de ne faire aucun plan, mais simplement de se rappeler que ceux-ci sont des aide-mémoires, susceptibles de changement.

Chapitre 8 — Vous êtes ici

La catastrophe causale

Nous instrumentalisons le temps en le considérant comme ce qui nous mène vers une plus grande récompense, un plus grand succès, etc.

« Vous vous concentrez sur l'endroit où vous vous dirigez, au détriment de vous concentrer sur l'endroit où vous êtes ». (4 000 semaines, Chapitre 8)

Cette "instrumentalisation" perpétue l'illusion dommageable d'une satisfaction à venir et d'un contrôle total. Ce faisant, nous estimons que le présent n'est jamais satisfaisant et nous propulsons l'épanouissement personnel dans un avenir idéalisé.

La dernière fois

Oliver Burkeman s'est rendu compte qu'il vivait lui-même selon cet état d'esprit orienté vers l'avenir lorsqu'il est devenu père. Il a constaté que les manuels qu'il lisait sur le sujet tombaient tous sous le coup de cette façon de voir le monde.

En effet, les manuels destinés aux parents considèrent que le présent du nourrisson doit être utilisé comme un tremplin vers leur avenir. Objectif : donner la priorité à la formation de l'enfant pour qu'il soit un adulte prospère.

Mais ce n'est pas l'avis de l'auteur. Pour lui, il est préférable de vivre chaque instant avec son enfant. Les expériences que celui-ci vit sont une découverte constante. L'enfant est "pure présence" et non une projection vers l'avenir.

Présent, mais absent

L'orientation vers l'avenir au détriment du présent ne se produit pas seulement au niveau individuel, mais aussi au niveau sociétal. À force de rechercher le profit ou la perfection, nous nous "absentons" de l'instant présent.

Pour certains spécialistes du développement personnel, la méditation de pleine conscience semble être la solution pour enfin "savourer le moment". Pour Oliver Burkeman, c'est un peu plus compliqué.

En fait, il arrive souvent que nous recherchions désespérément à nous concentrer pour accomplir les exigences de la méditation. Dans ces cas-là, tout ce que nous réussissons à faire est à créer un fossé entre le vécu réel et ce que nous voulons vivre dans le présent.

L'auteur propose une option à la fois plus simple et plus directe, mais peut-être pas moins aisée : accepter simplement que nous vivons dans le présent, que cela nous plaise ou non.

Chapitre 9 — Redécouvrir le repos

Le déclin du plaisir

Les philosophes de l'Antiquité pensaient bien différemment. Il est vrai que pour eux, le travail était dévalorisé ; il s'agissait d'une dégradation. Avoir du temps libre (et être libre) signifiait se dédier entièrement à l'étude de soi et du monde. C'est ce qu'ils nommaient la contemplation.

À l'époque médiévale, le rythme de l'existence était en grande partie dicté par la religion : le dimanche, les jours fériés, etc. sont en partie des reliques de cette époque. Certaines périodes étaient dédiées au jeûne, d'autres à l'engagement communautaire, d'autres encore à la prière. Bref, le temps libre était prescrit et faisait sens de façon collective.

Et aujourd'hui ?

Même notre temps libre doit faire l'objet d'un contrôle accru. C'est étrange, mais nous organisons de plus en plus notre temps hors travail comme le temps de travail lui-même. Il existe une pression sociale à "rentabiliser" individuellement ce temps disponible du mieux possible.

Résultat : stress, stress et encore stress au bout du compte ! Ce qui devait être un temps de loisir et de plaisir devient une sorte de corvée. Paradoxal, non ?

La productivité pathologique

Avec l'industrialisation et la quantification du temps (comptabilisé à partir des horloges), le temps libre devient un "temps utile". L'ouvrier veut faire ce qu'il veut quand il n'est pas soumis à la loi du patron. Mais ce qu'il veut, bien souvent, c'est s'améliorer (ou améliorer ses biens).

Cette tendance à prendre le temps libre pour un temps où l'individu doit s'occuper de lui-même, de sa famille et de ses biens est typique de la modernité. Mais il engendre une forme de "productivité pathologique".

Dans 4 000 semaines, Oliver Burkeman soutient en effet que si nous ne nous permettons pas de perdre du temps et d'être inactifs, alors nous ne nous permettons pas du tout de nous libérer. Nous sommes juste pris dans une forme stressante de développement personnel.

D'où vient ce phénomène ? En partie dans ce que le célèbre sociologue allemand Max Weber a nommé dans l'un de ces livres célèbres « l'éthique de travail protestante ». Qu'est-ce que c'est ?

En résumé, il s'agit d'une manière de voir le monde qui a émergé dans les cercles calvinistes d'Europe du Nord. Parmi ceux-ci, beaucoup ont immigré aux États-Unis. L'idée de base est la suivante : travailler dur et accumuler des biens est le signe de la moralité et de l'élection divine. Au jour du Jugement dernier, seuls ceux qui auront travaillé dur seront sauvés !

Bien que nous ne nous reconnaissions pas nécessairement dans cet esprit religieux, notre mentalité a été construite à partir de telles idées, qui sont passées dans la culture populaire (via des romans et des films, notamment).

Nous pensons malgré nous que si nous optimisons constamment notre temps, nous ne ressentirons pas le besoin de justifier notre existence ; nous nous sentirons valorisés, reconnus et aimés par nos proches.

Règles pour le repos

Alors, comment retrouver le repos ? Premier point mis en avant par l'auteur : se rappeler que l'avenir est incertain (voir le chapitre précédent). En conséquence : cesser de le surinvestir et profiter du temps présent tel qu'il se donne, là, maintenant.

Oliver Burkeman conseille aussi de se reposer sans attendre d'être "tout à fait" bien. Lorsque nous cherchons le bon moment, la bonne position, etc., nous revenons à ce petit démon de la perfection. Sentons-nous plutôt maladroits, avec quelques douleurs, mais sentons-nous bien malgré tout, dit l'auteur.

Oliver Buckerman dit aussi qu'il adore randonner. Il propose de s'adonner à cette activité comme une fin en soi. C'est-à-dire ? Eh bien comme une activité que vous faites sans autre but que marcher et explorer le monde.

Rod Steward, radical

L'auteur prend également l'exemple du célèbre rockeur. Dans son temps libre, celui-ci assemble un train miniature. Et il se passionne pour cette activité depuis des années ! Pas très sexy, pour une rock star ? Il s'en fiche et avoue même n'être pas très bon à cela !

Voici donc un conseil qui prolonge ce qui précède : jouer ou plutôt prendre plaisir à des passe-temps non productifs où nous ne ressentons pas l'obligation d'exceller. Dans une société fondée sur le perfectionnisme et l'abstraction d'un avenir parfait, agir par pur plaisir devient un luxe presque inconcevable !

Pourquoi ? Car cela nous oblige à nous concentrer sur l'existence réelle et ses processus, plutôt que sur les bénéfices attendus qui sont toujours reportés à… demain.

Chapitre 10 — La spirale de l'impatience

Échapper à la vitesse

Voilà un nouveau constat ironique :

La technologie moderne réduit les temps d'attente (voyage, communications, etc.).

Et pourtant, nous sommes plus impatients que jamais !

Nous sommes frustrés par notre incapacité à accomplir des tâches difficiles dans le temps que nous nous donnons. Pourquoi ? Peut-être parce que nous éprouvons comme désagréable le fait de ne pas avoir un contrôle total des événements, malgré les technologies toujours plus "efficaces" qui sont mises à notre disposition.

La société dans son ensemble devient de plus en plus impatiente et rapide. Les attentes en matière d'efficacité dans des domaines tels que le travail ont augmenté. La pression augmente sur les employés.

Vous devez arrêter, mais vous ne pouvez pas vous arrêter

La lecture est l'un des domaines qui souffrent le plus de cette impatience contemporaine généralisée. De nombreuses personnes se plaignent de ne pas avoir le temps de lire. Pourtant, ils sont rapidement frustrés quand ils se mettent à lire, car ils se rendent compte qu'un texte "prend du temps".

Oui, chaque texte a sa propre durée. Pour le saisir pleinement, nous devons abandonner nos propres attentes de satisfaction instantanée et nous plonger dedans avec attention.

Fait intéressant : la psychothérapeute de la Silicon Valley Stephanie Brown a découvert que de nombreux patients à elle souffraient d'une dépendance à la vitesse. Tout comme un alcoolique utilise l'alcool pour évacuer des sentiments difficiles, les accros à la vitesse cherchent à éviter la douleur émotionnelle en se ruant sur de nombreuses activités.

Dans une certaine mesure, c'est ce que nous faisons tous. Nous avons trop peur de perdre le rythme et de nous laisser distancer. Pour gérer ce sentiment désagréable, nous cherchons à reprendre le contrôle et à faire toujours mieux.

Malheureusement, cela génère une spirale addictive qui peut avoir un impact négatif aussi bien sur nos relations que sur notre santé. Contrairement à l'alcoolisme, cette dépendance à la vitesse est socialement acceptée et valorisée, ce qui la rend encore plus compliquée à gérer.

Pour se rétablir, Oliver Burkeman préconise :

Accepter la vérité selon laquelle les tâches prennent plus de temps que ce que vous ne pensez ou souhaiteriez ;

Reconnaitre que vous aurez toujours besoin de courir plus vite une fois que vous commencez à entrer dans cette spirale infernale.

L'anxiété face aux tâches chronophages diminue considérablement lorsque vous acceptez le processus qu'elles impliquent. C'est alors que vous pourrez acquérir ce "superpouvoir" mal aimé… la patience !

Chapitre 11 — Rester dans le bus

Regarder et attendre

Voilà bien une qualité sous-estimée dans la société occidentale. La patience semble impliquer la passivité, voire la fainéantise. Nous cherchons au contraire à forcer les événements pour obtenir ce que nous voulons. C'est cette attitude proactive qui est valorisée.

Pourtant, Oliver Burkeman affirme dans 4 000 semaines que "la patience devient une forme de pouvoir". Ceux qui prennent le temps dont ils ont besoin pour faire un travail significatif obtiennent une satisfaction plus durable aussi bien pendant la réalisation du projet qu'une fois le résultat accompli.

L'auteur donne l'exemple de Jennifer Roberts, professeure d'histoire de l'art à Harvard. Celle-ci confie à ses étudiants la tâche ardue de regarder le même tableau pendant trois heures d'affilée.

Pourquoi ? Car cette tâche encourage les jeunes gens à regarder la peinture et à s'imprégner de son atmosphère. Ils remarqueront des éléments nouveaux qu'ils n'auraient pas pris en compte autrement.

Le psychothérapeute M. Scott Peck observe quant à lui notre inconfort face à l'attente. Il affirme que :

"Nous sommes tellement mal à l'aise avec l'expérience du déroulement naturel de la réalité que lorsque nous sommes confrontés à un problème, nous courons au plus vite vers une résolution — n'importe quelle solution, pourvu que nous puissions nous dire que nous y faisons "face", et ainsi avoir le sentiment de l'avoir sous contrôle." (Scott Peck dans The Road Less Travelled [1978], cité dans 4000 semaines, Chapitre 11)

Trois principes de patience

La première solution proposée par Oliver Burkeman consiste à "développer le goût des problèmes". Plutôt que de nous précipiter vers la sortie, nous ferions mieux d'accepter le fait que la douleur, le mystère et les énigmes à résoudre font partie de la condition humaine.

Deuxième proposition : l'incrémentalisme radical. C'est-à-dire ? Avancer par petits pas quotidiens, sans en faire trop en une fois. Habituez-vous à attendre jusqu'à demain pour continuer votre tâche. Cela vous permet de ne pas forcer et de laisser advenir naturellement la créativité.

Enfin, l'auteur rapporte le principe du photographe finno-américain Arno Minkkinen. Celui-ci suggère de "rester dans le bus". Qu'entend-il par là ? Dans le domaine de la création, rester dans le bus signifie accepter la période où notre production sera médiocre et dérivée, et cheminer à travers cela jusqu'à parvenir au point d'originalité souhaité.

Chapitre 12 — La solitude du digital nomad

Synchronisation et désynchronisation

Aujourd'hui, de nombreux conseils de spécialistes du numérique prônent le fonctionnement asynchrone. En soi, il est tout à fait positif de pouvoir choisir ses horaires. Mais cela pose néanmoins quelques problèmes.

Pour Oliver Burkeman, l'un des dangers du digital nomadism (nomadisme numérique en bon français) et du travail asynchrone est la solitude. Il met en avant le fait que certaines des activités les plus importantes de la vie sociale nécessitent la synchronisation :

Se faire des amis ;

Élever des enfants ;

S'engager politiquement ;

ET même faire du business.

Tout ne peut donc pas être "asynchrone". Nous devons pouvoir nous coordonner avec autrui, échanger en direct, etc.

Dans les sociétés prémodernes, l'ostracisation — le fait d'être forcé de rester à l'écart de la communauté — était l'une des plus grandes punitions. Aujourd'hui, la société moderne célèbre cette atomisation des relations et la distanciation de chacun vis-à-vis de chacun. Nous ne créons plus de rythmes communs.

La figure du nomade numérique est exemplaire de ces transformations, puisque celui-ci peut théoriquement choisir son emploi du temps en fonction de ses caprices et travailler à partir de n'importe quel endroit dans le monde.

L'auteur souligne pour terminer que le terme « nomade numérique » est trompeur. En effet, les nomades d'origine n'étaient pas des vagabonds solitaires. Ils voyageaient en groupe.

Nous pouvons constater que les relations professionnelles et personnelles souffrent d'un manque de « rythmes partagés ». Pourquoi est-ce important ? Car c'est ainsi que se constituent des relations plus profondes.

Rester unis dans le temps

Oliver Burkeman cite plusieurs études qui montrent que le partage du temps, la coordination, améliore le sentiment de bien-être des individus. Par exemple, l'étude de 2013 du chercheur suédois Terry Hartig montre que — contrairement à ce que pensent les gourous de la productivité — le bonheur des gens est lié à la "régulation sociale du temps".

Les périodes de repos socialement prescrites sont essentielles pour permettre aux gens de coordonner plus facilement leurs temps de loisirs avec ceux de leurs proches. Cela stimule les relations personnelles, qui sont elles-mêmes propices au bonheur.

Nous avons également l'impression de nous sentir plus réels et d'avoir des expériences plus vivantes lorsque nous sommes synchronisés avec les autres. En tant qu'êtres sociaux, nous avons besoin d'agir de concert dans un but donné.

La liberté de ne jamais voir ses amis

En fin de compte, nous devons évaluer avec attention ce que nous voulons faire :

Profiter de la flexibilité des horaires, au risque de voir le travail s'infiltrer dans tous les aspects de notre vie ;

Nous engager dans des activités en commun, avec une gestion sociale du temps, mais aussi des temps d'arrêt mieux marqués.

En tant qu'individus, nous pouvons privilégier l'un ou l'autre. Pour Oliver Burkeman, il est préférable de perdre un peu de son indépendance pour retrouver un sens du temps "en commun". Mais peut-être y a-t-il moyen de concilier les deux ? De décider de ses horaires tout en préservant des temps précieux pour les siens et sa communauté ?

Chapitre 13 — La thérapie de l'insignifiance cosmique

La Grande Pause

Nombreuses sont les personnes qui pensent qu'elles pourraient vivre des expériences plus enrichissantes et significatives. Nous voulons profiter de la vie dans le temps qui nous est octroyé.

En soi, ce désir est très positif. Il atteste que nous voulons jouir de l'existence dans le présent et que nous sommes prêts à nous poser les bonnes questions sur la manière de mener sa vie.

Durant la pandémie mondiale de COVID-19, nous nous sommes collectivement posé cette question ! Beaucoup de personnes ont (re)découvert la valeur du voisinage ; ils ont utilisé leur temps et leurs ressources pour faire tout leur possible pour aider ceux qui vivaient autour d'eux. Ils ont cherché à faire ce qui compte le plus.

Ce n'est pas qu'ils ne se souciaient pas des autres avant la pandémie, mais c'est simplement qu'ils pensaient qu'ils n'avaient pas le temps. Dans le contexte de la crise sanitaire mondiale, ils changèrent de point de vue et se mirent à agir différemment.

Cette "Grande Pause" qu'a été le Covid a été pour certains l'occasion d'un véritable changement d'attitude à l'égard du temps et de la vie de tous les jours.

Une modeste vie qui a du sens

Quelle est cette thérapie de l'insignifiance cognitive ? Elle part du principe que nous nous donnons trop d'importance, en tant qu'individu et en tant que société. Nous croyons être importants, ou être la meilleure civilisation qui n'ait jamais existé.

Mais redescendons sur terre. L'humanité, dans son ensemble, n'a que 6 000 ans, ce qui est très jeune par comparaison avec l'âge du monde lui-même. N'est-il pas étonnant de penser que l'époque des pharaons égyptiens ne remonte qu'à 35 vies en arrière de la nôtre !

Conséquence logique : notre propre vie n'est qu'une infime goutte d'eau dans cet océan de personnes ayant vécu jusqu'ici. Et notre temps sur Terre est bel et bien court, très court ; "un minuscule petit scintillement de presque rien dans le schéma des choses".

Ce constat de notre « insignifiance cosmique » peut être assez désagréable. Pourtant, il peut aussi nous libérer de l'enfermement dans nos problèmes et nos obsessions quotidiens (210). Plutôt que d'en avoir peur, nous pourrions nous servir de cette sagesse pour profiter plus raisonnablement de la vie quotidienne.

Comment ? En trouvant plus de sens dans les tâches que nous faisons déjà. À l'inverse, la surévaluation de notre existence nous amène à rejeter nos limites et à nous égarer dans des rêves impossibles.

Chapitre 14 — La maladie humaine

La vie provisoire

Notre lutte contre le temps découle de la tentative de le maîtriser et de sentir ainsi que nous avons un pouvoir sur notre propre condition mortelle. Nous cherchons à être productifs et proactifs, à réaliser tous nos objectifs. À l'inverse, nous nous épuisons et nous retardons les échéances.

Ces attitudes sont liées au fait que nous oublions le fait essentiel : le temps ne se laisse pas ainsi attraper. Il déborde de nos projets, nos désirs. Et il nous pousse malgré nous jusqu'à nos limites, que nous le voulions ou non. Cette vie nous est prêtée dans le temps, "pour" un temps.

Abandonner l'espoir de cette relation de maîtrise par rapport au temps peut nous libérer. Cela signifie accepter qu'il y ait toujours plus de choses à faire que ce que nous pouvons effectivement faire. Cela implique aussi que nous devrons prendre des décisions difficiles sur la meilleure vie à mener.

5 questions

Pour terminer ce chapitre de 4 000 semaines, Oliver Burkeman préconise que nous nous posions cinq questions importantes sur la façon dont nous passons notre temps.

Où, dans votre vie ou votre travail, recherchez-vous actuellement le confort, alors que ce qui est demandé est un peu d'inconfort ?

Vous tenez-vous et vous jugez-vous par des normes de productivité ou de performance qui sont impossibles à atteindre ?

Avez-vous accepté le fait que vous êtes qui vous êtes, et non la personne que vous pensez que vous devriez être ?

Dans quels domaines de l'existence pensez-vous que vous n'êtes pas encore tout à fait prêt à passer à l'action ?

Comment passeriez-vous vos journées si vous ne vous souciiez pas de voir vos actions se concrétiser ?

La dernière chose la plus importante

Dernier conseil d'Oliver Burkeman : ne pas se laisser submerger par les idées (et les outils) sur la gestion du temps. Prenons simplement une seule mesure, la plus significative pour nous. Acceptons nos limites. C'est ainsi que nous travaillerons réellement à un monde meilleur.

Conclusion — Au-delà de l'espoir

Dans le dernier chapitre et dans la conclusion, Oliver Burkeman montre que la question du temps importe politiquement. Nous sommes à une époque de grands changements. Bien agir, dans le temps qui nous est imparti, peut avoir de grandes conséquences.

Abandonner l'espoir signifie que nous avons, aujourd'hui, dans le moment présent, le pouvoir de changer les choses. Nous n'espérons pas un monde meilleur ; nous le bâtissons, dans les limites qui sont les nôtres.

Concentrons-nous sur les causes qui comptent à nos yeux et acceptons que nous ferons de notre mieux, sans garantie ni contrôle absolus.

Conclusion sur « 4 000 semaines : la gestion du temps pour les mortels » de Oliver Burkeman :

Ce qu’il faut retenir de « 4 000 semaines : la gestion du temps pour les mortels » de Oliver Burkeman :

Voici dix conseils rassemblés en fin d'ouvrage par Oliver Burkeman pour vivre une vie épanouie tout en respectant nos limites temporelles.

Adopter une approche de la productivité à "volume fixe".

Sérialiser, c'est-à-dire se concentrer sur un seul grand projet à la fois.

Décider à l'avance où l'on veut échouer/ne pas exceller.

Tenir une liste des choses « terminées » afin de contrer l'impression d'avoir trop de choses à faire.

Être bienveillant et choisir une cause humanitaire tout en étant conscient de ce qu'on peut lui donner.

Adopter une technologie ennuyeuse et à usage unique qui ne distraie pas.

Chercher la nouveauté dans le banal, travailler sa patience.

Expérimenter dans les relations, notamment en cherchant à comprendre véritablement autrui.

Agir dans le moment présent (par exemple, remercier un collègue ou aider quelqu'un) plutôt que de privilégier son emploi du temps.

Pratiquer l'art de ne rien faire en se laissant le temps d'accepter la réalité et le temps qui passe.

Ce livre d'Oliver Burkeman est original car il casse certains codes du développement personnel. Il ouvre des portes pour penser autrement notre gestion du temps et plus généralement notre rapport au monde.

Points forts :

Une écriture vivante et facile ;

Une introduction claire et pédagogique à des ouvrages de philosophie et à des études scientifiques sur la gestion du temps :

De nombreux exemples issus de la vie personnelle de l'auteur.

Point faible :

Je n’en ai pas trouvé.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 27 May 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12866/4-000-semaines-la-gestion-du-temps-pour-les-mortels
Les modèles mentaux http://www.olivier-roland.fr/items/view/12847/Les-modles-mentaux

Résumé de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins : un livre qui vous aidera à penser mieux, plus rapidement et plus justement — le tout en utilisant les trucs et astuces des meilleurs intellectuels et hommes d'actions.

Par Peter Hollins, 2023.

Titre original : « Mental Models: 30 Thinking Tools that Separate the Average From the Exceptional. Improved Decision-Making, Logical Analysis, and Problem-Solving", 2019.

Chronique et résumé de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel"de Peter Hollins

Qui est Peter Hollins ?

Peter Hollins (ou Pete Hollins pour les plus intimes) est un auteur de développement personnel qui a eu quelques succès notables avec ses ouvrages antérieurs, comme :

Le pouvoir de l'autodiscipline (The Power of Self-Discipline) ;

Comment faire les choses que vous détestez (How to Do What You Hate) ;

Ou encore Finissez ce que vous avez commencé (Finish What you Start).

Dans ce nouveau livre, Peter Hollins, spécialiste de la psychologie humaine et cognitive, résume pour nous les principaux principes et tactiques mis en évidence par cette discipline et utilisés par les plus grands intellectuels, sportifs ou encore P.D.-G. d'entreprises.

Chapitre 1 — Prise de décision rapide en fonction du contexte

Peter Hollins commence par rendre à César ce qui lui appartient. En l'occurrence, il trouve en Charlie Munger — l'associé peu connu du célèbre investisseur milliardaire Warren Buffet — l'inventeur du concept de "modèle mental".

Il cite de façon extensive le discours de celui-ci, prononcé lors d'une remise de diplôme à la USC (University of Southern California) Business School. En voici le dernier passage :

"Vous devez connaître les idées principales des grandes disciplines et les utiliser régulièrement — toutes, et pas seulement quelques-unes d'entre elles. La plupart des gens sont formés à un seul modèle — l'économie, par exemple — et essaient de résoudre tous les problèmes par le même prisme. Vous connaissez le vieux dicton : pour l'homme qui a un marteau, le monde ressemble à un clou. C'est une manière insensée de traiter les problèmes." (Citation du discours de Charlie Munger, cité dans Les modèles mentaux, Introduction)

Ce que Charlie Munger et, après lui, Peter Hollins tentent de dire, c'est qu'il est capital de se doter des principaux "modèles mentaux", des principaux "outils" intellectuels développés dans les disciplines les plus diverses. C'est ce que l'auteur nomme plus loin un "treillis de modèles" pour traiter les problèmes.

Un modèle mental est "un plan qui attire votre attention sur les éléments importants de ce à quoi vous faites face et qui définit un contexte, un arrière-plan et une direction à prendre". En ayant à l'esprit, et même intégré complètement en vous différents modèles mentaux, vous comprendrez le monde plus rapidement et agirez plus efficacement.

1 : concentrez-vous sur ce qui est "important", ignorez les tâches "urgentes"

Séparer les tâches urgentes des tâches importantes est capital pour éviter de perdre du temps et d'avoir l'esprit perpétuellement encombré. Pour rappel :

Tâches urgentes = exigences d'une action immédiate et rapide, venant la plupart du temps de l'extérieur.

Tâches importantes = exigences qui contribue à un objectif à court ou long terme, souvent venant de l'intérieur (de vous-même).

Pour vous aider à distinguer l'important de l'urgent, il existe une matrice nommée Matrice d'Eisenhower, du nom du célèbre général des Armées, puis président des États-Unis.

Elle croise l'urgence et l'importance pour former 4 cases :

Urgent et important = à faire aujourd'hui ;

Urgent et non important = à déléguer ;

Pas urgent et important = à inscrire dans le planning ;

Pas urgent et pas important = à éliminer.

Peter Hollins soutient que le plus original, dans cette matrice, consiste à déléguer à quelqu'un d'autre les tâches urgentes non importantes. En effet, nous avons tendance à réaliser celles-ci en premier lieu. Problème : elles finissent pas nous pomper tout notre temps !

Solution : déléguer. Comment ? Cela peut être de façon automatisée (via des programmes informatiques) ou en embauchant des gens pour le faire.

2 : visualisez tous les dominos

Le psychologue nomme "raisonnement de premier ordre" la pensée qui consiste à agir en fonction des objectifs immédiats, sans penser aux conséquences de l'action. C'est souvent ce qui se passe, d'ailleurs, lorsque nous agissons selon les urgences du moment.

À la place, il prône le "raisonnement de second ordre", qui cherche à prendre en compte les conséquences prévisibles de l'action à plus long terme :

"Il s'agit simplement d'essayer de se projeter dans l'avenir et d'imaginer une suite de conséquences que vous pouvez utiliser pour effectuer une analyse coûts-avantages de vos décisions ou solutions." (Les modèles mentaux, Chapitre 1)

Autrement dit, il s'agit d'y "penser à deux fois", comme le dit l'expression. Certes, ce n'est pas si facile au quotidien. Cela engage des chaînes causales complexes que nous ne voulons pas toujours voir ou auxquelles nous pensons ne pas avoir le temps de penser.

L'investisseur Howard Marks suggère de se poser les questions suivantes pour raisonner de cette façon sans se perdre dans l'indécision :

Dans quelle mesure cette décision affectera-t-elle les événements dans le futur ?

Quel résultat cette décision aura-t-elle ?

Quelles sont les chances que je réussisse ou que j'aie raison ?

Qu'en pensent les autres ?

En quoi ce que je pense est-il si différent de ce que pensent les autres ?

Quels dominos, que les autres personnes visualisent, sont-ils en train de tomber ? (Se mettre à la place des autres pour voir comment ils imaginent les conséquences)

3 : prendre des décisions réversibles

L'une des façons de s'autoriser à décider rapidement (et non pas seulement de façon judicieuse) consiste à prendre des décisions réversibles. N'ayez pas peur de revenir sur ce que vous avez décidé !

"Ajoutez ceci à votre analyse : comment puis-je prendre une décision réversible, et que faudrait-il faire ? Est-ce que je peux le faire ? Puis passez à l'action." (Les modèles mentaux, Chapitre 1)

Revenir sur une décision ne signifie pas se déshonorer ou perdre sa parole, mais c'est s'ajuster en fonction de la situation et des nouvelles informations disponibles.

À noter : dans son livre Les lettres de Jeff Bezos, les auteurs Steve et Karen Anderson montrent que le milliardaire américain utilise cette distinction entre décisions réversibles et irréversibles.

4 : cherchez la "satisfiction"

Herbert Simon, un grand économiste, sociologue et père de la systémique (qui influença le développement de l'informatique dans les années 1950), a développé l'idée que les individus ne prenaient pas des décisions optimales mais des décisions suffisamment satisfaisantes.

C'est ce que ce terme de "satisfiction" veut signifier. Prenez des décisions réversibles et suffisamment bonnes sur le moment. Nous avons tous beaucoup trop tendance à réfléchir et à optimiser nos choix, dans des situations où rien ne l'exige.

"La plupart de nos décisions sont prises de manière adéquate en choisissant simplement une option qui est fiable et honnête. dit encore Peter Hollins dans Les modèles mentaux.

5 : restez dans une fourchette de 40 à 70 %

La fourchette d'information nécessaire pour prendre une décision éclairée se situe entre 40 et 70 % (estimés).

Vous ne pouvez certainement pas avoir toute l'information nécessaire au moment X pour prendre une décision complètement rationnelle. Dans ce cas, vous devrez vous contenter d'une information partielle et c'est bien ainsi.

Vous pouvez spécifier ce modèle mental, voire l'élargir, en remplaçant "information" par :

Lectures/apprentissage ;

Confiance (pas besoin d'avoir 100 % confiance en soi pour agir) ;

Planification (vous pouvez agir avec un taux raisonnable d'incertitude) ;

Etc.

Si vous êtes aux alentours de 70 %, cela signifie que vous êtes bien préparés pour décider et agir. En outre, considérez que cette information est suffisante et ignorez volontairement la zone grise.

6 : minimisez les regrets

Autre truc du célèbre Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon : le cadre de minimisation des regrets. Celui-ci se découpe en 3 directives simples :

Imaginez-vous à 80 ans ;

Considérez que vous voulez avoir le moins de regrets possible ;

Demandez-vous : "est-ce que, à cet âge, je regretterai d'avoir décidé/choisi/agi de cette façon ?".

À noter : c'est un test qui ressemble fort à certains préceptes des stoïciens. Il nous oblige à penser à ce que nous voulons vraiment, plutôt qu'à ce qui est bon maintenant. Allié aux autres modèles mentaux, il nous aide à agir à la fois justement et rapidement.

Chapitre 2 — Voir plus clairement

Bien que nous n'ayons pas toujours toutes les informations en main pour nous décider (et que nous puissions nous décider quand même !), il est utile de maximiser nos chances d'obtenir les bonnes informations au bon moment.

En d'autres termes, il est utile d'avoir des stratégies et des tactiques pour mieux appréhender les problèmes et obtenir l'information dont nous avons besoin. Pour ce faire, nous devons dépasser notre vision primaire, subjective, du monde.

7 : ignorez les "cygnes noirs"

Peter Hollins reprend ici la théorie du cygne noir de Nassim Nicholas Taleb. Selon cet auteur, des événements imprévisibles (cygnes noirs) ne manquent pas de survenir et de bouleverser nos façons de voir le monde, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devrions les considérer comme significatifs pour nos prises de décision.

Pourquoi ? Car ils ne sont pas la norme et que, si nous leur donnons trop d'importance, nous créerons peut-être plus de conséquences négatives que celles qu'ils ont déjà occasionnées.

"Ce modèle mental consiste à aller au-delà de la gravité d'un événement de type cygne noir, à faire un pas en arrière et observer l'ensemble du tableau." (Les modèles mentaux, Chapitre 2)

8 : recherchez les points d'équilibre

Connaissez-vous les rendements décroissants ? C'est un concept venu de l'économie. Pour le dire vite et en se plaçant du point de vue du consommateur, votre satisfaction diminue au fil de l'utilisation d'un produit ou d'un service.

Nous pensons généralement que nous aurons le même avantage, réparti équitablement dans le temps. Or nous avons d'abord plus, puis de moins en moins d'avantages au cours du temps. Par exemple, vous pouvez faire de rapides progrès en anglais, mais pour aller plus loin dans cette langue, vous devrez y consacrer chaque fois plus de temps et d'énergie.

Reconnaître la loi des rendements décroissants, c'est simplement être honnête avec soi-même. Peter Hollins donne quelques exemples parlants adaptés au quotidien :

Si vous cherchez à lire 900 mots à la minute, il est possible que vous n'y compreniez plus rien ;

Quand vous travaillez 9 heures d'affilée, vous devenez de moins en moins productif ;

Lorsque vous forcez l'apprentissage du piano, vous risquez de vous dégoûter de cet instrument ;

Etc.

9 : guettez la régression à la moyenne

L'idée de régression à la moyenne est liée à ces deux premiers modèles mentaux. La moyenne, pour rappel, est "l'entre-deux" de deux valeurs. Allons au plus simple : si vous avez deux chiffres — disons 5 et 7 —, alors leur moyenne sera 6.

Au-delà des mathématiques, nous pouvons dire que la moyenne est la "routine", l'habitude prise par quelque chose ou quelqu'un. Par définition, nous en changeons peu. Qu'est-ce qu'alors que la régression ? Eh bien, c'est simplement le passage d'un événement étonnant à la routine.

Par exemple : vous êtes fou amoureux pendant un (deux ou trois !) an de votre nouvelle compagne, puis vous "régressez à la moyenne", c'est-à-dire que vous en arrivez à un "niveau" d'amour plus stable et plus durable (une routine, une moyenne qui vous convient à tous les deux).

Qu'est-ce que cela signifie ? Eh bien, allié au modèle mental sur le cygne noir, il indique que nous ne devrions pas changer d'attitude ou prendre une décision risquée après un événement trop perturbant ou sortant de la moyenne/routine.

Il est préférable de "laisser le cycle entier se dérouler et [d'évaluer] toutes les informations auxquelles vous aurez accès pendant cette période", prévient Peter Hollis.

10 : que ferait Bayes (What Would Bayes Do) ?

Thomas Bayes est un mathématicien du XVIIIe siècle qui a donné son nom à un théorème mathématique très employé en probabilités. Il s'agit d'une formule mathématique simple (voir p. 67).

Son objectif : "prédire ce qu'il pourrait se produire si d'autres événements significatifs se sont produits". Disons-le en utilisant un langage plus formel et abstrait : "si A se produit, et qu'il est lié à B, alors vous pouvez générer une probabilité tangible".

Peter Hollins l'explique clairement et montre comment vous pouvez l'utiliser dans votre vie de tous les jours pour calculer rapidement la probabilité d'occurrence d'un événement donné.

11 : faites comme Darwin

C'est-à-dire ? Soyez ouvert aux idées contradictoires ou opposées aux vôtres !

Le célèbre biologiste était un passionné de l'apprentissage. Il voulait devenir incollable sur son domaine d'étude et ne rechignait pas devant la difficulté. Même quand la science était incertaine et que des avis divergents s'exprimaient, il les prenait tous en compte.

C'est ainsi qu'il a réussi à composer une théorie scientifique solide. Tous les détails et les incohérences qu'il apercevait, il cherchait à les expliquer et à les intégrer peu à peu à sa propre recherche.

Prendre en compte les avis opposés ou contradictoires ne suffit pas. Vous devez également suivre les preuves lorsque celles-ci sont irréfutables, et voir où elles vous amènent.

Ce goût puissant pour la recherche de la vérité peut générer un grand inconfort psychologique, malgré sa simplicité apparente. Mais en tant que modèle mental, il vous aidera à vous ouvrir l'esprit et à considérer avec plus d'attention vos problèmes.

12 : pensez avec le système 2

Ici, Peter Hollins utilise la théorie de Daniel Kahneman, présentée dans Système 1 / Système 2.

Selon le psychologue et économiste américain, prix Nobel d'économie, nous aurions deux "systèmes" de pensée l'un rapide (mais biaisé), et l'autre plus lent (mais plus susceptible d'atteindre la vérité).

Le système 1 est pratique et peut être utilisé dans bien des situations ordinaires. Il se base sur des "heuristiques" (biais) qui aident à prendre des décisions rapidement.

Le système 2 est idéal pour les situations de travail et d'effort mental. Il est l'outil à utiliser pour toute réflexion lucide et posée. Lorsque vous le pouvez, passez donc au système 2 !

Chapitre 3 — Résolution de problèmes révélateurs

Dans ce chapitre, Peter Hollins s'intéresse aux meilleures manières de résoudre les problèmes qui se posent dans la vie de tous les jours aussi bien qu'en situation particulière — dans le cours de votre travail ou de votre vie privée.

13 : contrôle de vos perspectives par les pairs

Ce type d'examen par les pairs — c'est-à-dire d'évaluation par des personnes aux mêmes compétences et au même statut que vous — est bénéfique, car il vous permet d'avancer considérablement dans votre perception des problèmes.

En fait, même une critique dévastatrice ou vicieuse et mal intentionnée peut vous être utile, dans la mesure où elles vous forceront à répondre et à trouver (ou à réaffirmer) ce qui est positif dans votre travail.

Toutefois, normalement, une évaluation par les pairs est une critique constructive et approfondie. Ce regard analytique et — si tout va bien — bienveillant sur votre travail ne peut que vous aider à aller plus loin.

Peter Hollins expose aussi le principe dit de la "triangulation", qui vise à croiser des sources d'origines différentes afin de solidifier une affirmation ou un propos.

14 : trouvez vos propres défauts

Vous pouvez également vous forcer vous-même à l'autocritique. Dans ce cas, partez de la question suivante : "si vous vouliez que votre point de vue ou votre opinion échoue, quel est le meilleur moyen pour que cela se produise facilement ?".

Autre façon d'opérer : imaginer un tiers objectif. Cela fonctionne bien pour analyser les relations et tout particulièrement les relations de couple, par exemple. Cherchez à vous placer successivement dans les 3 positions suivantes :

La vôtre ;

Celle de l'autre personne (votre partenaire, par exemple) ;

Un observateur neutre de la scène ou de la situation.

15 : séparer la corrélation de la causalité

C'est une "tarte à la crème" de beaucoup de statisticiens et de scientifiques : il faut éviter de confondre causalité et corrélation. D'accord, mais rappelons ce que désignent ces deux termes au juste !

Corrélation : terme statistique qui montre une similitude (caractéristique, comportement, etc.) entre deux éléments ou variables.

Causalité : rapport logique d'une chose à une autre, qui établit la raison d'une transformation (rapport de cause à effet).

Souvent, nous prenons l'un pour l'autre, sans nous en rendre clairement compte. Nous voyons deux choses qui se ressemblent et nous en inférons un rapport de causalité (ceci a créé/produit cela).

Exemple : si les ventes de lunettes de soleil augmentent en même temps que les ventes de crèmes glacées, ce n'est pas parce que les premières causent les secondes, mais seulement car il y a une corrélation entre ces deux types de vente en raison… de l'arrivée de l'été (qui elle, est la cause !).

Un conseil de Peter Hollins : posez-vous au moins 5 fois la question "pourquoi" et cherchez à y répondre avec de plus en plus de finesse, en passant des causes immédiates aux causes profondes.

16 : raconter à l'envers

Maintenant que vous connaissez la différence entre les corrélations et les causes, vous pouvez vous essayer à cet autre modèle mental. Concrètement, il s'agit d'un schéma à dessiner, dit "en arête de poisson".

Expliquons-nous :

À la droite de la surface d'écriture (tableau, feuille, etc.), vous écrirez un thème ou une observation et vous l'entourerez par un carré (ou pourquoi pas une tête de poisson dessinée !).

Vous tracerez une ligne partant du bord gauche de votre "tête de poisson" vers la gauche de la surface d'écriture pour créer son "corps" (sa "colonne vertébrale").

À partir de là, vous créerez les "arêtes", partant du corps et se prolongeant en verticale. Vous indiquerez pour chaque arête une cause possible de votre thème/observation.

Raconter à l'envers (Source, Les modèles mentaux, Chapitre 3, p. 99)

Sous chaque catégorie, vous viendrez placer des causes plus précises. Par exemple, si une catégorie est "politiques locales", vous spécifierez par "pas de parking gratuit" ou encore "mauvaise gestion du réseau des transports en commun".

17 : la méthode SCAMPER

Voici une méthode pour stimuler votre créativité.

Cet acronyme désigne :

S comme substituer ;

C comme combiner ;

A comme adapter ;

M comme maximiser/minimiser ;

P comme passer à un autre usage ;

E comme éliminer ;

R comme renverser.

L'objectif est de résoudre un problème en manipulant ces 7 outils logiques (expliqués en détail dans le livre) et en alliant leurs forces. De cette façon, vous êtes sûr d'explorer l'éventail le plus large possible d'options.

18 : revenir aux principes de base

Quelles sont les données de base de votre problème ? Prenez le temps d'enlever tout ce qui ne fait pas réellement partie du problème, mais qui est là pour des raisons plus conventionnelles (habitude de passer par tel outil, façon de faire, etc.).

Qu'obtenez-vous ? Une vision neuve du problème ! Et c'est déjà beaucoup. Revenir aux principes de base permet de sortir des habitudes prises et dont nous ne nous rendons même plus compte.

"Cette méthode élimine les opinions et les interprétations d'autres personnes et vous amène aux éléments essentiels qui existent. À partir de là, vous pouvez ensuite remonter vers une solution, souvent avec une approche entièrement nouvelle fondée sur des vérités irréfutables et indiscutables, car vous ne vous reposez plus sur des hypothèses." (Les modèles mentaux, Chapitre 3)

Chapitre 4 — Modèles Anti-Mentaux : comment l'évitement engendre le succès

Peter Hollins qualifie de modèles anti-mentaux les conseils et formules qui suivent car elles visent non pas à se rapprocher d'un objectif, comme c'était le cas jusqu'ici, mais plutôt à s'éloigner de ce que nous ne voulons pas. Ils nous orientent en nous évitant de faire telle ou telle chose qui nuit à notre objectif.

Voyons cela de plus près.

19 : évitez les objectifs directs

Par exemple, vous pouvez commencer par inverser votre objectif. Au lieu de vous demander ce que vous voulez, vous pouvez poser la question : "Qu'est-ce que je veux (à tout prix) éviter ?"

Les avantages de cette méthode :

Vous découvrirez ce qui risque de faire obstacle à votre réussite ;

Sur cette base, vous pourrez trouver des moyens de les contourner.

20 : évitez de penser comme un expert

Parfois, il est bon d'avoir une vue d'ensemble, et un regard frais sur un problème. L'expert est celui qui est accoutumé à un type de problème et qui regarde dans le détail. Mais vous pouvez résister à cette pensée experte — et c'est parfois une très bonne chose !

En fait, l'erreur est parfois tellement "grosse" que seul un débutant peut la remarquer. Les spécialistes, le nez dans le guidon", ne la voient tout simplement plus. Si vous arrivez avec une approche naïve, il se pourrait bien que vous fassiez mouche.

21 : évitez vos zones de non-génie

Le modèle mentaux vous dirait : "restez dans votre zone de génie". Le modèle anti-mental vous invite simplement à éviter les activités qui sont en dehors de cette zone. Autrement dit, si vous remarquez que vous n'êtes pas très bon en chant, mais excellent en danse, privilégiez plutôt la seconde discipline !

"Ne vous condamnez pas à l'échec en opérant en dehors de votre zone de génie. Préparez-vous à un succès constant et fiable en opérant dans ce secteur. Déterminez vos avantages stratégiques et exploitez-les au maximum." (Les modèles mentaux, Chapitre 4)

22 : évitez les listes de tâches à faire

Rédigez plutôt des listes "à ne pas faire" ! Vous verrez comme cela vous libèrera l'esprit… Cela peut paraître étrange, et pourtant ça fonctionne souvent. Oui, écrivez tout ce que vous avez déjà fait, et qui n'est plus à faire. Ou tout simplement des choses que vous ne voulez pas — et n'avez pas à — faire.

Un sentiment de plus grande légèreté vous envahira. Nous pensons tellement à ce que nous devons faire et aux fardeaux qui écrasent nos épaules que nous en oublions qu'il est bon, si bon, de laisser des choses de côté.

Ces tâches "à ne pas faire" peuvent être temporaires (elles reviendront sur votre liste de tâches à faire plus tard) ou définitives. Il y a aussi les choses que vous avez déléguées (voir le chapitre 1). Vous pourriez également noter :

Les tâches terminées ;

Celles qui sont pur gaspillage d'énergie ;

Celles qui sont en cours mais ne nécessitent plus votre attention.

23 : évitez le chemin de la moindre résistance

Prenez-vous les escaliers ou l'ascenseur ? Le second, c'est la voie de la moindre résistance. Pourtant, nous savons tous que ce sont les premiers qui nous conduisent à une meilleure santé physique. Nous nous laissons porter — et rien ne sert de culpabiliser — par la facilité.

Pour y échapper, c'est plutôt simple, du moins en paroles : être honnête avec soi-même, reconnaître le chemin de moindre résistance et prendre son courage à deux mains !

Pour ce faire, vous pouvez vous demander comment :

Vous serez dans 10 minutes ;

Et dans 10 heures ;

Puis dans 10 jours…

Si vous prenez tel ou tel chemin. Ne vous sentirez-vous pas mieux d'avoir pris l'escalier dans 10 jours (voir dans 10 semaines), si vous prenez l'escalier au lieu de l'ascenseur ?

Chapitre 5 — "Oldies but Goodies"

Voici quelques "lois" bien connues qui, sans pouvoir être classées clairement dans les chapitres qui précèdent, n'en demeurent pas moins des classiques à garder avec soi en cas de besoin !

24 : la loi de Murphy

"La tartine de confiture retombe toujours du mauvais côté". Cette loi, vous la connaissez sans doute et vous l'avez certainement déjà expérimentée !

Pour le dire de façon plus générale : "Tout ce qui peut tourner mal tournera mal". Ce qui doit être complété par deux corollaires qui explicitent la loi :

"Laissées à elles-mêmes, les choses ont tendance à aller de mal en pis".

"Il est impossible de rendre quoi que ce soit infaillible, car les failles sont sournoises".

Et connaissiez-vous l'observation d'Etorre ? Je suis sûr que vous avez expérimenté celle-là aussi au supermarché : "L'autre file va toujours plus vite" !

C'est sans doute une exagération. Mis qu'importe, gardez bien à l'esprit ce qui pourrait mal tourner et cherchez à l'éviter.

25 : le rasoir d'Occam

Ce philosophe médiéval a forgé un principe simple : "plus c'est simple, plus la probabilité de vérité est élevée". Autrement dit, en situation d'incertitude, préférez les explications simples et fuyez les théories qui coupent les cheveux en quatre.

Attention, il s'agit d'un principe, pas d'une règle absolue. Parfois, des situations sont le fruit de causes complexes et enchevêtrées. Mais il est néanmoins bon de commencer par le simple et d'avancer progressivement, en ajoutant de la complexité petit à petit.

"Une élaboration excessive ou des éléments inutiles ne feront que vous détourner du problème initial. Ne laissez pas vos instincts créatifs jouer un rôle trop important lorsque vous essayez de comprendre une situation — le plus souvent, la solution la plus élémentaire et basique est la plus précise." (Les modèles mentaux, Chapitre 5)

26 : le rasoir de Hanlon

Ici, le rasoir d'Occam prend une tournure plus morale ou plus directement liée au comportement humain. Plutôt que de considérer une mauvaise intention derrière un phénomène, préférez d'abord l'explication par l'incompétence ou l'insouciance.

Les personnes qui vous posent problème n'agissent probablement pas, le plus souvent, dans le but avéré de vous nuire. Soit ils ne connaissent pas votre propre objectif, soit ils ne sont pas parvenus à vous aider, mais ils ont essayé de bonne foi.

Mais attention ! Ici encore, cela ne signifie pas que cela soit tout le temps le cas. Il est important de rester attentif à la malveillance et, par exemple, à la manipulation.

27 : le principe de Pareto

Voici un principe que les rebelles intelligents connaissent bien ! Le principe de Pareto, dit aussi principe 80/20, s'applique à un grand nombre de situations. Citons ici Peter Hollins pour nous aider à le décrire :

"Ce modèle mental repose sur une proposition simple : identifiez les 20 % d'intrants qui génèrent les 80 % de résultats dans un domaine que vous cherchez à améliorer et concentrez-vous ces intrants. N'essayez pas de faire tout en même temps : concentrez-vous sur ce qui fait bouger l'aiguille et sur ce que contribue à façonner le résultat que vous souhaitez." (Les modèles mentaux, Chapitre 5)

Cette méthode fonctionne très bien dans les domaines de la productivité et du travail. Cela dit, vous pouvez également chercher à le mettre en place ailleurs, et notamment dans votre vie privée.

28 : la loi de Sturgeon

Il y a deux manières de le dire :

10 % des informations sont de qualité ;

90 % des informations sont à jeter.

Concentrez-vous sur la meilleure information possible ! Mais aussi sur les meilleurs produits ou services. Oubliez les propositions douteuses qui ne vous mèneront nulle part. Optez pour ce qu'il y a de meilleur et partez de cette bonne base pour vous décider ou agir.

29-30 : les lois de Parkinson

L'historien Cyril Parkinson a beaucoup écrit. Mais ici, nous nous intéressons à deux "lois" qu'il a formulées et qui concernent directement la productivité et l'efficacité :

L'effet "abri" à vélo" : si vous construisez une centrale nucléaire, la question de l'abri à vélo n'est sans doute pas votre plus grande priorité. Concentrez-vous sur l'essentiel et gardez votre objectif principal en vue.

"Le travail s'étend de manière à remplir tout le temps disponible pour son achèvement". Si vous vous donnez la journée pour faire un travail que vous auriez pu faire en 4 heures, vous gaspillerez à coup sûr toute la journée pour terminer ce travail. Donnez-vous des dates limites ambitieuses et des créneaux de travail précis pour mener à bien vos tâches !

Conclusion sur "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins :

Ce qu'il faut retenir de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins :

Peter Hollins propose ici un petit vade-mecum de stratégies et d'outils conceptuels à conserver avec soi et à tester au jour le jour. Ses usages sont multiples :

Être plus créatif ;

Plus efficace ;

Mais aussi plus malin !

Vous y trouverez les influences de certains des plus grands psychologues, économistes et statisticiens actuels — notamment—, comme Daniel Kahneman ou Nassim Nicholas Taleb. Mais vous retrouverez aussi l'influence de penseurs plus anciens, comme Guillaume d'Occam.

Le livre se lit très facilement et son format "portable" (court et léger) en fera le compagnon de route préféré de votre sac à dos ou de votre attaché-case !

Points forts :

Des chapitres courts et bien écrits, avec beaucoup d'exemples ;

Un résumé des modèles mentaux en fin de chapitre et en fin d'ouvrage ;

Un manuel facile à prendre en main (au sens propre et figuré) et à emporter partout avec soi !

Point faible :

Le livre s'inspire surtout d'auteurs qui ont développé une pensée originale et dont nous pouvons d'ailleurs consulter les chroniques sur ce site ;). Cela dit, ce petit ouvrage forme une introduction précieuse et concise si vous ne voulez pas lire (tout de suite !) les classiques…

Ma note :

★★★★☆

Avez-vous lu le livre de Peter Hollins « Les modèles mentaux » ? Combien le notez-vous ?

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Ce sera l’IA ou/et moi http://www.olivier-roland.fr/items/view/12758/Ce-sera-lIA-ouet-moi

Résumé de « Ce sera l'IA ou/et moi » de Cécile Dejoux : un livre fourmillant d'informations, de témoignages et de bons plans qui questionne les relations entre travail et intelligence artificielle — à vous procurer absolument si vous souhaitez être un acteur du changement économique et technologique.

Cécile Dejoux, 2020, 208 pages.

Chronique et résumé de « Ce sera l'IA ou/et moi » de Cécile Dejoux

Partie I — Où en sommes-nous avec l’IA ?

1 — Tout ce que l'IA peut faire…

L'intelligence artificielle (IA) a eu ses hauts et ses bas depuis ses débuts dans les années 1950. Il a connu plusieurs "hivers", c'est-à-dire des gels de financements et des stagnations au niveau des avancées.

Mais depuis les années 1990, la technologie a gagné en vigueur et serait aujourd'hui, selon l'auteure, mature. "Depuis 2010, on assiste à des progrès fabuleux, résultats de plusieurs facteurs" :

Baisse des coûts de production ;

Progrès dans la recherche ;

Explorations de nouvelles méthodes ;

Explosion des usages ;

Nouveaux investissements.

Ces facteurs se nourrissent l'un l'autre pour former un engouement nouveau au sujet de cette technologie. L'effervescence est palpable. Un indice : le chiffre d'affaires généré par l'IA dans le monde est passé de 3,2 milliards de dollars en 2016 à 53,2 milliards en 2023 — et passera à 89,8 milliards de dollars en 2025, selon les prévisions de Statista.com.

Cela conduit — et a déjà conduit — à une multiplication des usages dans nos vies quotidiennes.

"L'IA s'est immiscée dans notre vie de tous les jours sans que l'on en ait nécessairement conscience, ni même qu'on le remarque. Si vous êtes un utilisateur de smartphone, vous avez accès à de multiples services générés par l'IA : GPS, application de reconnaissance de musiques ou de visages, clavier prédictif, sélection automatique de profils sur les sites de rencontres, systèmes de détection et de suivi des visages dans la mise au point des photos et vidéos, etc." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 1)

Les grands domaines d'application actuels

Cécile Dejoux distingue 4 grands domaines d'application :

Parole et langage (identification de mots, création de réponses, chatbot, traduction) ;

Vision (reconnaissance d'objets, images, mise en relation, alerte, computer vision) ;

Optimisation des connaissances (détection, data visualisation, analyse, prédiction) ;

Robotique et automatisation (robots collaboratifs dits "cobots", robotic process automation ou RPA).

L'IA remplit des fonctions de base de l'intelligence comme reconnaître, classer, s'exprimer et prévoir. L'auteure étudie chacune de ces fonctions en détail.

Une IA capable de voir et re reconnaître

Nous pouvons penser tout d'abord à la vidéosurveillance et à la reconnaissance des personnes, mais pas seulement. La reconnaissance des objets est également un champ d'application infini. Il y a pléthore d'applications commerciales possibles, et parmi elles certaines d'une importance cruciale, comme l'imagerie médicale (reconnaissance de pathologies, notamment).

Une IA capable de trier, classer, extraire des informations pertinentes

"Face à l'infobésité, cette masse d'informations qui submerge le collaborateur, voilà un excellent outil d'assistance pour faire le tri, identifier la bonne information, faire les rapprochements pertinents qui aideront le collaborateur à prendre ses décisions en ayant les bons éléments entre les mains !" (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 1)

L'auteure est optimiste : selon elle, les algorithmes boostés au machine learning (apprentissage machine) nous aident à optimiser nos recherches, nos transactions et nos communications.

Une IA capable de décoder et de s'exprimer

Cécile Dejoux ne parle pas de ChatGPT (car elle écrit en 2020), mais c'est en premier lieu à ce type de chatbots conversationnels que nous pensons lorsque nous évoquons les fonctions de décodage et d'expression langagière. Pensez aussi aux logiciels de traduction que vous utilisez tous les jours !

Une IA capable de recommander et de prévoir

Le marketing et la médecine s'intéressent très fortement à ce type d'IA. De la gestion des stocks à la prédiction des comportements ou la prévision des pannes de courant, l'intelligence artificielle peut intervenir à de nombreuses échelles et dans d'innombrables secteurs.

Elle devient particulièrement efficace dans le matching, notamment, à savoir dans la capacité à mettre en relation des choses et/ou des personnes.

Cécile Dejoux propose plusieurs figures très utiles qui détaillent les applications de l'IA, leurs fonctions dans les entreprises et leur valeur ajoutée. À consulter p. 20-22 !

2 — Quand l'IA décuple nos compétences

Les IA peuvent "augmenter" les compétences humaines de façon très, très intéressante. Voyons quelles formes cela peut prendre.

Un robot qui collabore avec l'opérateur

C'est la notion de "cobot" qui réunit "coopération" (ou collaboration) et "robot" (ou robotique). Nous les retrouvons déjà dans beaucoup d'industries :

Automobile ;

Bâtiment ;

Santé.

De nombreuses actions physiques sont déjà réalisées pas ces cobots (visser, poncer, etc.). Mais que diriez-vous d'un logiciel qui ferait de la curation de contenu pour vous ? C'est le projet de Flint, un petit robot virtuel "que vous pouvez élever et qui va devenir votre assistant, qui va aller chercher des articles de qualité pour vous". Le tout, en évitant de tomber dans des biais de confirmation ou "bulles filtrantes".

Et ce n'est qu'un exemple.

L'IA comme interprète, comme conseiller marketing et comme soutien créatif

Cécile Dejoux explore ensuite ces différentes facettes de l'IA et donne de nombreux exemples, notamment issus des entretiens qu'elle a réalisés avec des experts. Elle illustre en particulier le domaine de la créativité en montrant comment l'IA peut nous servir dans les domaines suivant :

Musique ;

Graphisme ;

Gastronomie ;

Innovation.

Une IA pour optimiser la gestion des lieux

L'auteure donne l'exemple de Locarise, une plateforme dopée à l'IA fondée par Sébastien Béal, qui officie au Japon.

Finalement, l'auteur crée une distinction entre l'apport du numérique et celui de l'IA :

"Alors que le numérique a favorisé l'apprentissage continu, l'IA nous impose une posture réflexive : c'est à chacun de nous d'imaginer son futur métier avec l'IA et de se définir sur des compétences clés sources de différenciation (certains appelleront cela un talent) comme créer de nouvelles tâches grâce à elles (quand l'IA nous augmente- et savoir travailler avec elle (quand l’IA nous assiste)." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 2)

3 — Quand l'IA nous assiste

De l'aide pour la gestion de projet et l'engagement

Pour la gestion de notre temps, une IA simple peut nous assister au quotidien. C'est le cas de GipsyBot développé par Martin Plouy et ses collaborateurs. Il vous aide à organiser vos tâches et celles de ceux avec qui vous travaillez pour plus de fluidité et d'efficacité.

Une autre application présentée par Cécile Dejoux est Bleexo, qui fournit un tableau de bord pour visualiser les variables d'engagement, de motivation et de satisfaction des employés d'une entreprise en vue d'"améliorer l'expérience collaborateur".

Un soutien juridique

De nombreux secteurs des métiers juridiques sont déjà "touchés" par l'IA :

Révision de contrats ;

Recherche de documentation (jurisprudence, etc.) ;

Évaluation des risques judiciaires ;

Calcul d'indemnités à payer ;

Réponse à des questions juridiques récurrentes ;

Etc.

Un détecteur de déficiences

Outillés avec l'IA, le cloud et parfois même les puces RFID (qui permettent aux objets de se connecter à Internet, voire de se communiquer des informations entre eux), des logiciels peuvent aider à assurer la maintenance des machines.

Un accompagnement dans la gestion des ressources humaines

L'auteure passe en revue plusieurs aspects du métier de RH (ou liés à cette fonction) qui sont d'ores et déjà modifiés par l'IA :

Le recrutement (des logiciels peuvent aider à "matcher" des profils et des postes) ;

La construction de candidature (orientation professionnelle en fonction d'un profil) ;

La détection de personnalité (analyse des comportements et profilage de candidats).

À chaque fois, le collaborateur doit accepter de voir ses fonctions modifiées par l'assistance logicielle. Mais surtout, la division des tâches déléguées à l'IA et au travailleur doit être clairement établie.

4 — Quand l'IA travaille à notre place

"L'idée d'être "remplacé" par une machine soulève légitimement quelques protestations… Mais s'il s'agit de lui déléguer des tâches peu gratifiantes et de se réserver celles qui demandent plus de réflexion, d'expérience, de créativité ? Vue sous cet angle, l'entrée de l'IA dans l'entreprise peut apporter aux collaborateurs un nouveau confort de travail, en libérant du temps pour des missions plus valorisantes." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 4)

Les RPA (robotic process automation) peuvent nous accompagner et travailler pour nous, notamment au niveau du transfert des données. Plus généralement, Sophie Pène, professeure des universités, pronostique l'arrivée de nouveaux métiers plus orientés vers l'observation des IA — ou la transformation des métiers existants vers ce genre de tâches.

Voici deux exemples de tâches que les IA peuvent ou pourront faire à notre place :

Trier nos mails ;

Faire de la conversation commerciale ou du SAV.

Pour l'auteure, c'est sûr, c'est la fin des tâches routinières qui nous attend. Nous pourrons profiter de missions plus enrichissantes et nous nous retrouverons souvent en position de contrôler l'IA.

5 – Quand l’IA transforme nos métiers

Le métier d'expert-comptable

L’auteure prend l’exemple de Vogedis. Cette entreprise a choisi de passer par une IA nommée « Conciliator » (société Dathim) pour réaliser un grand nombre de tâches auparavant exécutées par les experts-comptables. Désormais, ceux-ci ont vu leur travail modifié ; ils sont aujourd’hui data analysts — ce qui, pour Cécile Dejoux, correspond davantage à leur « cœur de métier. »

Le métier de consultant

Ici, l'auteure choisit d'étudier le cas de l'entreprise Epsa, spécialisée dans le consulting auprès des entreprises. Elle raconte comment les salariés ont pris en main l'IA Conciliator (la même que pour les comptables) et ont appris à travailler avec elle.

Elle décrit l'existence de trois phases dans l'adoption de cette nouvelle technologie :

Émerveillement face au temps gagné et à la puissance de la machine ;

Prise de conscience et de déception (ce n'est pas aussi "magique" qu'ils le croyaient au début) ;

Réalisme où l'automatisation de l'IA et l'expertise du consultant trouvent leur point d'équilibre.

Le métier de commercial

C'est le dernier métier étudié par Cécile Dejoux, qui relate l'aide apportée par un voicebot. Celui-ci va chercher les informations présentes dans le CRM (customer relationship management) de l'entreprise et élabore un résumé audio que le commercial n'a plus qu'à écouter dans sa voiture lorsqu'il se rend chez le client !

Un impact au niveau de certaines tâches

Voici quelques autres tâches qui peuvent être prises en charge par l'IA :

Contrôle de la paye ;

Optimisation de la trésorerie ;

Prévention des fraudes ;

Trading à haute fréquence.

6 — Au cœur du débat : les questions qui font peur

L'IA va-t-elle voler nos postes… ou en créer ?

Nous ne pouvons être sûrs des chiffres, mais nous savons que la plupart des métiers seront impactés d'une façon ou d'une autre. En fait, selon une étude de la Harvard Business Review, ce seront d'abord les tâches qui seront bouleversées, avant les métiers eux-mêmes.

Il importe donc au plus haut point de se préparer et de se former aux nouvelles tâches qui demanderont "plus" d'humain. L'automatisation des tâches physiques et cognitives va nous obliger à aller encore plus loin dans l'acquisition de compétences.

Pour l'auteure, qui cite plusieurs experts, l'un des enjeux sera de "dompter les robots" et de "les nourrir avec des données". Une phase de transition sera nécessaire, bien sûr.

À noter aussi que l'IA, lorsqu'elle est couplée aux plateformes de type Uber, peut générer une augmentation du travail indépendant (mais qui n'est pas toujours de qualité, d'où d'épineuses questions).

Une IA pourrait-elle prendre le pouvoir ?

Même si l'imaginaire des films de science-fiction est souvent trop caricatural, il n'empêche que des questions se posent au niveau de la sécurité et des relations de pouvoir entre machines et humains.

C'est particulièrement le cas pour les technologies de reconnaissance faciale et de biométrie. L'auteure cite le cas chinois du social ranking. La surveillance pourrait devenir une réalité de tous les instants. Sommes-nous prêts à troquer notre liberté pour notre sécurité ?

Il faudra prendre des mesures. Cécile Dejoux explore plusieurs voies réglementaires et cite la possibilité de "certifier" les IA. C'est justement ce que propose la nouvelle réglementation européenne, l'IA Act (2023), premier texte législatif de grande ampleur sur le déploiement et le contrôle des IA.

L'homme va-t-il se transformer ?

Cécile Dejoux cite Yuval Noah Harari qui suggère que nous sommes entrés dans l'ère du "hacking de l'humain" (voir en particulier Homo Deus).

Elle cite aussi, sur un volet plus concret, le projet Neuralink d'Elon Musk. Celui-ci a pour ambition de connecter le cerveau à des machines informatiques, voire de connecter des cerveaux entre eux malgré la distance.

Il y a beaucoup de projets qui explorent ce type de connexions. Par ailleurs, nous construisons aussi des robots humanoïdes, qui ressemblent de plus en plus aux humains. La frontière entre machine et humain est-elle amenée à devenir de plus en plus floue ?

Peut-on se fier à l'IA ?

La question des biais des IA est un vrai problème. Après tout, celles-ci sont construites par des humains qui ont leurs propres biais et leurs propres préjugés. Nous avons vu, par exemple, des IA reproduire des tendances racistes ou misogynes. Tout le monde connait également les problèmes d'"hallucinations" des IA génératives, telles que ChatGPT, qui est capable d'inventer des sources de toutes pièces.

Il y a une série de questions à résoudre concernant la responsabilité des IA et leur sécurité. Pensons aux voitures autonomes : qui sera responsable si l'IA embarquée dans votre Tesla prend la mauvaise décision et tue quelqu'un ?

Par ailleurs, les IA peuvent nous voler notre libre arbitre et nous rendre "accros". C'est déjà le cas de nombreux consommateurs de réseaux sociaux accrochés par les algorithmes, mais cela peut aller encore plus loin. L'IA, liée à la réalité virtuelle, pourrait aussi nous faire perdre toute connexion avec la réalité.

Enfin, il y a la question énergétique. Green IT, dès 2018, évaluait à 4,2 % la part des émissions mondiales de gaz à effet de serre liée au numérique. "C'est au moins deux fois plus que le transport aérien, et cette empreinte va doubler entre 2010 et 2025", soutient le fondateur du site, Frédéric Bordage.

L'éthique et la législation vont être amenées à jouer un grand rôle pour arbitrer sur ces questions. Cécile Dejoux détaille le rôle et les propositions de plusieurs instances françaises ou internationales :

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (la CNIL) ;

Le Comité national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) ;

La Commission de réflexion sur l'éthique de la recherche en science et technologies du numérique d'Allistene (CERNA) ;

L'Observatoire international de l'impact social de l'IA.

Elle propose également une cartographie d'évaluation d'une IA à partir de trois aspects :

Ses risques (politiques, économiques, énergétiques, etc.) ;

Ses limites (sécurité, biais, réglementation, etc.) ;

Et enfin ses opportunités (innovation, productivité, etc.).

Partie II — Comment participer à un projet IA ?

7 — Culture IA : ce qu'il faut savoir

Faut-il disposer une d'expertise scientifique ?

Participer à un projet IA, c'est par exemple décider de concevoir une nouvelle application pour optimiser certaines tâches liées à sa profession.

Faut-il, pour cela, disposer de connaissances scientifiques ou techniques ? Non ! Mais il est nécessaire de "comprendre cet univers et d'en suivre les évolutions" en vue de ne pas être perdu. Maîtriser les bases du vocabulaire IA est également un plus. Mais ce sont les data analysts et les programmeurs qui restent les experts de l'IA.

Vous, en tant qu'expert de votre propre métier, vous interviendrez pour adapter l'IA à ce qu'exige votre pratique professionnelle. Bref, experts métier et experts IA doivent collaborer pour trouver des solutions ingénieuses.

L'acte de naissance de l'IA

Afin d'entrer dans l'univers de l'IA, un peu d'histoire ne fait pas de mal. Cécile Dejoux retrace rapidement les grandes avancées, de Minksy et Turing jusqu'à aujourd'hui (en 2019). Elle détaille également les 3 plus grands courants de pensée qui déterminent l'IA :

Symbolisme ;

Connexionnisme ;

Comportementalisme.

Pour en savoir plus sur ces questions, consultez la chronique de l'ouvrage L'intelligence artificielle pour les nuls.

Pas d'IA sans data !

Les données sont au cœur du développement ces IA, puisque celles-ci apprennent à partir de celles-là. Il existe différentes manières de classer les données, mais en IA, les spécialistes distinguent souvent deux types de données :

Structurées (informations contrôlées et faciles à labéliser) ;

Non structurées (informations stockées sans format prédéfini donc plus facile à labéliser).

Comment s'y prendre pour acquérir une culture data ?

Il importe d'abord de comprendre ce que sont les analyses du web (web analytics), du type de ce qui se fait pour contrôler un site internet (via Google Analytics ou Matomo par exemple). Ensuite, il faut les distinguer des data analytics, plus larges, qui compilent toutes sortes de données dans et en dehors du web.

L'auteure insiste sur l'importance de s'entraîner, notamment grâce aux bases de données fournies par le gouvernement. L'enjeu est d'apprendre à réfléchir à partir des données et à les visualiser clairement. Avoir un bon sens logique est indispensable !

8 — Des systèmes logiques et des systèmes d’apprentissage

Ce sont les deux grands systèmes que vous pourrez utiliser. Voyons de plus près ce qu'ils recouvrent.

Systèmes logiques : quand l'IA applique des règles établies

« Les systèmes logiques (également nommés “systèmes experts” ou “approche symbolique”) font appel au raisonnement automatique en s’appuyant sur trois éléments : une base de connaissance, des règles, et un “moteur” qui va les utiliser pour en déduire des réponses précises. » (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 8)

Il y a des avantages et des inconvénients. D'un côté, les règles sont traçables (nous comprenons ce que l'IA fait), mais de l'autre ce type d'IA est finalement limité au savoir introduit dès le départ. Ce type d'IA n'apprend pas.

Des modèles hybrides utilisant symbolisme et machine learning existent et sont prometteurs. C'est notamment le cas, en France, de Golem, par exemple.

Système d'apprentissage : quand l'IA est capable d'apprendre

Cécile Dejoux rappelle les principes de l’apprentissage automatique ou apprentissage machine. Ici, nous sommes dans l’approche connexionniste, très en vogue actuellement. Il y a quatre types d’apprentissage selon l’auteure :

Supervisé ;

Non supervisé ;

Par renforcement ;

Et "par transfert".

Vous trouverez un tableau complet et pratique des avantages et des fonctions de chacun de ces modèles p. 99.

Un pas de plus dans l'apprentissage…

Le deep learning ou apprentissage profond est une nouvelle étape dans les développements de l'IA. L'inspiration de cette technique vient du cerveau humain et des neurones profonds. Plus il y a de "couches", plus l'IA peut apprendre et plus le réseau de neurones est dit "profond".

"Le machine learning est de l'IA reposant sur des statistiques, tandis que le deep learning est du machine learning utilisé avec des réseaux de neurones. Grâce à un programme d'apprentissage automatique, la machine apprend à résoudre des problèmes à partir d'exemples : elle peut alors comparer et classer des données, et même reconnaître des formes complexes." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 8)

Trois types de modèles

Répondre à une question posée : voilà, en résumé, l'objectif d'une IA. Il est aussi possible de les classer à partir du type de question/réponse. L'auteur reconnaît trois modèles :

Prédictif ;

Décision ;

Optimisation.

Certains modèles se combinent pour résoudre des problèmes plus complexes. Les modèles ne sont que des approximations de la réalité, des simplifications. Pour enrichir chaque modèle, des combinaisons peuvent être nécessaires.

La recherche et le développement ne peuvent avancer sans les experts. Les experts métier sont vitaux pour créer des applications qui mettent en œuvre les principes vus dans ce chapitre. Mais quel est ce nouveau métier ? Avez-vous pensé à vous reconvertir en "expert métier IA" ? Voyons ça de plus près !

9 — Le rôle de l'expert métier IA

"les meilleures idées proviennent du travail en commun des data scientists (qui savent structurer une solution) et des gens du métier (qui émettent le besoin). Les collaborateurs sont des acteurs majeurs de la transformation des organisations et il est important qu'ils participent pleinement aux projets IA qui y sont envisagé." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 9)

L'"expert métier IA" est celui qui fera la jonction entre un métier (le besoin) et l'IA (la solution). Mais est-ce le seul métier lié à l'IA ?

Les différents métiers de l'IA

Cécile Dejoux cite de nombreux métiers émergents directement liés à l'IA :

Expert métier IA ;

Chef de projet IA ;

Data engineer ;

Mais aussi data miner ;

Data analyst ;

Et data scientist ;

Ingénieur machine learning ;

Ingénieur en développement.

Consultez les p. 106-107 pour en apprendre plus sur leurs spécificités ! Au-delà de ces emplois de base, il en existe d'autres, tels que :

Domaine ingénieur ;

Dataviz expert ;

Cyber security expert ;

Chief data officer ;

Éthicien ;

Responsable de la gouvernance de la data ;

Etc.

Maintenant que nous en savons un peu plus sur les métiers, regardons comment se déroule un projet IA. Il y a trois temps particulièrement importants pour l'expert métier IA.

La problématisation ;

La modélisation ;

L'intégration du système IA.

Quel est le problème ?

C'est la première question à laquelle il faut répondre, avant même de "plonger" tête baissée dans les data.

"Il ne s'agit pas de partir des données que vous avez à disposition en vous demandant ce que vous pourriez en faire d'intéressant. Il s'agit de partir du problème que vous voulez résoudre, puis d'aller recueillir les données qui vous permettront d'atteindre votre objectif." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 9)

Comment la tâche doit-elle être traitée ?

Lors de cette phase, les questions se modifient et concernant davantage l'intégration, c'est-à-dire la mise à l'épreuve de la réalité de l'entreprise.

Voici quelques exemples de questions à se poser — et de décisions à prendre :

Pouvez-vous supporter le coût de l'opération ?

Devrez-vous investir dans de nouvelles compétences ou avez-vous les ressources en interne ?

Qu'allez-vous faire concrètement des résultats ?

La solution est-elle vraiment utile ?

Vous devez balancer les coûts et les bénéfices avant de donner votre feu vert pour l'implémentation finale du système dans l'entreprise. À lire pour aller plus loin : "Les 7 étapes de la prise de décision pour le lancement d'un projet IA", p. 116-118.

10 — Comprendre les règles du jeu dans un projet IA

Cécile Dejoux met en garde contre un risque de confusion. Elle exprime très bien cette idée dans l'extrait suivant :

"Il faut bien garder à l'esprit que le monde de l'IA est celui de la probabilité ("une chose est vraie à tant de pour cent") et non de la rationalité ("une chose est vraie ou fausse"). L'IA fonctionne par corrélation et non par causalité. Elle propose une version simplifiée de la réalité, une version probabiliste, comme lorsque Madame Météo nous annonce que demain, il y a 80 % de chances qu'il pleuve. Ce n'est qu'une probabilité et non pas une certitude." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 10)

Comprendre ce point capital, c'est comprendre que l'IA a des limites. Et qu'il convient de prendre en compte ces limites dès la conception et — bien sûr — l'intégration de la technologie dans l'entreprise.

Peut-on tout demander aux IA ?

Les IA n'ont pas de vision complète et générale du monde, contrairement aux humains. Mais les limites peuvent surgir de bien d'autres points :

De la complexité du besoin ;

Des limitations techniques ;

De l'interprétation des résultats ;

Etc.

Trois principes pour une nouvelle donne

À l'ère de l'IA, ce n'est pas celui qui génère la data qui en retire une valeur ajoutée, mais celui qui en permet l'exploitation. C'est typiquement le cas des réseaux sociaux : vous créez des données (posts, photos, etc.), mais c'est bien la plateforme qui en tire un bénéfice.

C'est le premier principe : celui de la prédominance du flux (mise en relation) sur le stock (la donnée simplement créée et déposée quelque part).

Par ailleurs, les évolutions liées à l'IA nous montrent que les nouveaux métiers (dont nous avons eu un aperçu au chapitre précédent) sont en cours de formation et que d'autres métiers plus classiques se transforment). S'il y a encore un flou sur les métiers émergents, nous sommes sûrs, en revanche, des compétences à acquérir.

C'est le deuxième principe : celui de la compétence versus le métier.

Enfin, nous savons que la collaboration est essentielle aux projets IA, entre chercheurs et même entre entreprises concurrentes. La compétition est reléguée ailleurs, au niveau de la "chasse aux talents" IA.

C'est le troisième principe : celui de la collaboration versus la compétition.

Le bouleversement de la notion de propriété

L'auteure soulève ici la question de la propriété des données. À qui sont-elles ? Aux plateformes qui les exploitent ou au consommateur ? Comment se les réapproprier ? Il existe aujourd'hui des tentatives philosophiques et juridiques pour assurer le droit de propriété sur nos données et traces numériques.

L'importance du contexte culturel : décryptage de notre tour du monde de l'IA

Pour terminer ce chapitre, l'auteure explore les évolutions les plus récentes (et les enjeux juridiques, notamment) dans plusieurs régions du monde :

En Europe ;

Aux États-Unis ;

Au Japon ;

Au Canada ;

En Chine ;

À Singapour.

Ce sont les lieux où elle s'est rendue pour réaliser ses entretiens. Elle montre rapidement la spécificité de chaque contexte national et conclut sur l'importance d'harmoniser la régulation de l'IA.

Partie III — Quels nouveaux équilibres entre l'homme et l'IA ?

11 — De nouvelles compétences pour intégrer les IA

D’après une étude intitulée « Collaborative intelligence : Humans and AI are Joining Forces », 3 compétences sont à développer en priorité pour coopérer efficacement avec les IA :

Être capable d'entraîner les IA pour améliorer leurs performances ;

Savoir rendre compte de leur apport et discuter leurs avantages ;

Être en mesure de délimiter leur champ d'action (éthique, sécurité, etc.).

Éduquer les IA et apprendre d'elles

C'est la première exigence. Devenir "entraîneur" d'IA, cela passe par un accompagnement visant à lui "montrer" si les solutions qu'elle trouve nous semblent satisfaisantes ou non. Dans l'apprentissage machine, cela signifie éduquer les réseaux de neurones "en confrontant le système à des situations diverses et de plus en plus complexes".

Rappelons-nous que "le robot est une page blanche", dit l'auteure, qui évoque l'histoire d'une IA "psychopathe" formée au sein du Massachussetts Institute of Technology (MIT), à Boston.

C'est d'abord en les formant de façon adéquate que nous pourrons, ensuite, bénéficier de leurs services et apprendre d'elles, notamment en bénéficiant d'apprentissages hyperpersonnalisés.

Créer des systèmes informants fournisseurs de data

C'est la deuxième compétence vue ci-dessus. Celle-ci exige de savoir transmettre des connaissances et donc de les "traduire" du langage humain vers le langage machine. C'est également tout le travail du traitement des données.

Il est indispensable de faire des choix judicieux, distinguer ce qui est automatisable et ce qui ne l'est pas et surtout pouvoir les justifier. Comment ? En prenant à la fois en compte les exigences des travailleurs, les acquis des sciences du travail et l'encadrement législatif.

Identifier les biais et contrôler les IA

Troisième compétence : le contrôle.

"Cela veut dire à la fois être conscient des biais qui peuvent faire dériver le système (données de mauvaise qualité, mauvais schémas, algorithmes inadéquats...) et les anticiper mais aussi mettre en place des systèmes d'alerte, pour être en mesure de "débrancher" le système." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 11)

Ces questions impliquent bien sûr d'établir les responsabilités des IA, mais aussi de tout faire pour que ces systèmes soient les plus sûrs et les plus justes possibles, en amont même d'éventuels problèmes.

12 — L'indispensable acculturation des collaborateurs à l'IA

Pour l'auteure, cela est un fait irrévocable : nous allons devoir nous adapter à l'IA dans de nombreuses sphères professionnelles. Alors comment accompagner les collaborateurs dans la prise en main de l'IA ?

Savoir problématiser et exercer son esprit critique

Poser une question, c'est déjà diriger son interlocuteur dans une voie particulière. Lorsque nous utilisons les IA, nous devons savoir comment formuler nos demandes. Sans cela, nous obtiendrons des résultats peu satisfaisants.

C'est quelque chose que nous pouvons observer tous les jours avec ChatGPT. Si nous ne rédigeons pas correctement nos "scripts", l'IA ne nous donnera pas le résultat voulu.

Par ailleurs, il importe de pouvoir utiliser son esprit critique pour évaluer la réponse de l'IA. Celle-ci est-elle pertinente avec ce qui avait été demandé ? Est-elle juste, véridique, etc. ?

Se montrer créatif et expérimenter

Il existe un principe 80-20 dans le travail, selon Fabrice Fischer, fondateur et CEO de Blu, interrogé par Cécile Dejoux. Cela signifie que 80 % des tâches que nous effectuons dans le cadre de notre travail sont souvent des tâches routinières ou pour lesquelles nous sommes surqualifiés.

Les 20 % restants constituent les tâches qui nous "challengent" véritablement et que nous ne pouvons (ni ne voulons) déléguer à l'IA.

Par ailleurs, l'auteure insiste sur la nécessité de penser différemment et à changer de points de vue pour réaliser des choses étonnantes, hors des sentiers battus de l'IA.

Penser la complémentarité et favoriser l'intelligence collective

Le manager doit être capable d'amener chaque collaborateur à se dépasser au sein du groupe. C'est un "catalyseur d'intelligence collective", pour reprendre les termes de Joël de Rosnay, également interrogé par l'auteure.

Le manager de demain devra être :

Adaptable (souplesse dans les rôles et capable d'apprendre vite) ;

Opportuniste (dans le sens de savoir saisir les opportunités sans planification claire) ;

Agile (avec un profil transdisciplinaire, autonome et pourtant capable de travailler en groupe).

13 — Des exemples d'intégration de l'IA en entreprise

Dans ce court chapitre, Cécile Dejoux explore ensuite l'exemple d'une entreprise qui est au cœur de cette transition :

EDF, qui a mis en place un chatbot juridique et qui développe un projet de recommandation intitulé Gecko, au service des ingénieurs. Voir p. 156-158.

Malakoff Humanis, une société d'assurance et de protection sociale qui veut mettre l'IA au centre de son modèle de croissance. Voir p. 159-162.

14 — Nos forces : tout ce qui nous différencie

L'humain et son rapport à l'IA

L'auteure reprend la pyramide de Maslow pour établir les besoins nouveaux de l'humain et fonction de l'IA. Voici les aspects qu'elle en dégage :

Premier niveau (physiologie) = accès à l'IA, qui inclut les infrastructures et notamment Internet.

Deuxième niveau (sécurité) = respect de la vie privée (réglementé aujourd'hui par le RGPD, entre autres).

Troisième niveau (appartenance) = capacité à utiliser les outils en ayant une culture suffisante de leurs modes de fonctionnements.

Quatrième niveau (estime) = possibilité de décider d'utiliser ou non les IA, réflexivité et compétences de centrage (voir le chapitre 15 pour plus d'informations).

Cinquième niveau (accomplissement) = équilibres réfléchis à explorer entre IA et humain.

Maintenir nos capacités cognitives et d'adaptation est plus qu'important, c'est vital ! Nous ne voulons pas nous laisser aller à la paresse intellectuelle en raison de l'IA. Nous voulons qu'elles soient une aide pour les tâches répétitives, mais pas l'occasion de nous endormir sur nos lauriers. Telle est en tout cas la position de Cécile Dejoux.

En conséquence, nous devons continuer à exercer notre cerveau. Il est malléable et produit des neurones tout au long de sa vie. Nous avons donc encore des marges pour grandir et évoluer — même en tant qu'espèce. En fait, l'IA pourrait bien nous aider à faire des bons en matière de santé.

Ce dernier point soulève toutefois la question importante de l'eugénisme et du transhumanisme. Voulons-nous seulement guérir ou améliorer nos capacités naturelles de façon potentiellement irrémédiable ?

15 — Les "compétences de centrage" : l'attention, la mémoire et le temps

Quand les soft skills classiques ne suffisent pas

Les compétences douces sont toujours utiles (créativité, esprit critique, capacité à apprendre, empathie), mais elles ne sont plus suffisantes. Les compétences de centrage sont celles qui "permettront (à l'homme) de garder la maîtrise de son attention, sa mémoire, la maîtrise de son temps".

Un "centrage" qui équilibre la relation de l'homme à l'IA

Les compétences pour devenir "IA compatible" devront être équilibrées avec ces compétences de centrage. C'est un travail d'adaptation constant et essentiel pour que l'IA ne devienne pas un danger.

Comment l'IA risque de nous voler nos dernières minutes d'attention…

Cécile Dejoux rappelle ici les enjeux de la partie d'attention causée par les IA et, plus largement, par le numérique. Elle rappelle des thématiques déjà étudiées dans d'autres livres, tels que Le Bug humain ou encore Apocalypse cognitive.

L'importance de faire travailler notre propre mémoire

Ici, Cécile Dejoux montre l'importance d'aller au-delà du travail de l'esprit critique : ce dont nous avons aussi besoin, c'est de nous souvenir de ce que nous savons et de nous rappeler des cheminements que nous empruntons pour raisonner, cuisiner, etc.

La réalité de l'IA est une réalité de synthèse, simplifiée. Toute la richesse de l'histoire humaine ne s'y trouve pas, même si elle a accès à des millions de données. C'est la mémoire humaine qui est le véritable cœur de l'histoire, et non pas l'IA.

Même si vous externalisez votre mémoire dans des machines, n'oubliez donc pas de l'entraîner quotidiennement. Pour ce faire, les conseils développés dans la chronique Mémoire : vous avez le pouvoir ! pourraient bien vous aider…

Le temps de l'IA n'est pas le temps de l'homme

Les IA calculent beaucoup, beaucoup plus vite que nous. Mais ce n'est pas tout :

"Pas de pause pour l'IA, pas de difficulté pour elle à réaliser plusieurs tâches (dont des calculs) simultanément. Pas de notion du temps (le sens du temps, la densité, le présent) que celui qu'on lui inculque. Le risque est donc qu'elle ne soit pas en mesure d'adapter son pas, au pas de l'homme." (Ce sera l'IA ou/et moi, Chapitre 15)

Pour trouver un équilibre et reprendre le contrôle sur le temps humain, l'auteure propose trois axes de travail :

Connaissance de ses limites ;

Évitement de la fragmentation des tâches ;

Respect de son temps et de celui des autres.

Le mot de la fin

Trois « équilibres » sont à (re) trouver pour apprendre à vivre dans cette nouvelle « civilisation de l’IA » — du moins au niveau professionnel :

L’équilibre « soi versus groupe » est rompu, car un nouvel acteur entre en jeu : l’IA.

Le rapport « collaborateur versus manager » se trouve modifié par l’IA, qui n’a pas le même socle de valeurs partagées.

L’équilibre entre le moi et le monde est — au-delà du travail — remis en question par la technologie : que voulons-nous ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller lorsque nous donnons notre confiance à des machines ?

Conclusion sur « Ce sera l'IA ou/et moi » de Cécile Dejoux :

Ce qu’il faut retenir de « Ce sera l'IA ou/et moi » de Cécile Dejoux :

Voici un livre très utile pour tous les professionnels qui, sans être ingénieurs IA ni experts en informatique, s'intéressent de très près à cette nouvelle technologie dans le cadre de leur activité professionnelle.

Cet ouvrage nous apprend en effet comment mener la transition de notre entreprise vers l'IA, en réfléchissant avant tout sur les compétences à acquérir. En l'occurrence, Cécile Dejoux met en balance deux types de compétences clés : les compétences pour devenir "IA compatible" et les compétences de centrage pour mieux gérer notre rapport à l'IA.

Cécile Dejoux a interviewé de nombreux experts dans le monde entier et fait part de son expérience d'universitaire et de femme d'action.

Points forts :

Une bibliographie conséquence à la fin de chaque partie ;

De très nombreux entretiens de managers, de dirigeants d'entreprises et de chercheurs, notamment ;

Des liens (codes QR) vers les entretiens et des tutos en vidéo ou audio ;

Une écriture simple et de nombreux graphiques pour exposer clairement les idées.

Point faible : 

C'est un ouvrage assez technique qui plaira avant tout aux professionnels déjà investis dans une conversion vers l'IA. Si vous êtes tout à fait novice dans ce secteur, préférez plutôt des ouvrages moins spécialisés dans un premier temps.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 25 Jan 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12758/Ce-sera-lIA-ouet-moi
Objectifs ! http://www.olivier-roland.fr/items/view/12396/Objectifs-

Résumé de « Objectifs ! Comment obtenir tout ce que vous voulez, plus rapidement que vous n'auriez pu l'imaginer  » de Brian Tracy : un guide classique pour apprendre à fixer des objectifs et les atteindre de façon méthodique et volontaire, avec courage et détermination.

Par Brian Tracy, 2010 [seconde édition], 296 pages.

Titre original : Goals ! How to Get Everything You Want - Faster Than You Ever Thought Possible.

Chronique et résumé de « Objectifs ! Comment obtenir tout ce que vous voulez, plus rapidement que vous n'auriez pu l'imaginer  » de Brian Tracy

Introduction - Le succès est l'objectif

Bryan Tracy considère que la mise sur papier d'objectifs clairs et précis est la clé du succès. Avoir une stratégie efficace en matière de buts à atteindre vous épargnera un temps précieux et vous aidera à réussir dans tous les domaines de votre vie.

En suivant la méthode proposée dans ce livre, vous arriverez à vous organiser et à vous "propulser" plus loin, beaucoup plus loin même, que vous ne l'auriez imaginé de prime abord.

Bryan Tracy partage sa longue expérience de conférencier et condense ici son savoir. Sa mission de vie ? Vous aider à atteindre vos objectifs plus rapidement que vous ne pensiez pouvoir le faire.

1 - Commencer : débloquez votre potentiel

Nous vivons, selon l'auteur (qui écrit au début des années 2000), une période de paix et de prospérité inconnue jusqu'alors. Le nombre de millionnaires a grandi de façon étonnante en quelques décennies et l'auteur prévoit qu'il y en aura encore davantage dans les prochaines années.

« Votre objectif devrait être de faire partie de ce groupe », annonce-t-il.

Ce n'est pas où vous commencez, mais où vous terminez qui compte

À 18 ans, Bryan Tracy travaillait notamment comme plongeur dans un petit hôtel. Il avait quitté le système scolaire et effectuait de petits boulots saisonniers.

Il n'avait pas de spécialisation et peu d'instruction. Toutefois, il commença à travailler comme vendeur.

Le jour où ma vie a changé

À 23 ans, il décide un beau jour d'écrire un objectif sur un bout de papier : gagner 1 000 € de ventes en un mois. Et cela fonctionna ! Il mit au point une méthode de vente qui l'aida à atteindre son objectif. Cela lui valut d'être promu chef d'équipe par le nouveau propriétaire de l'entreprise pour laquelle il travaillait.

En quelques mois, il finit directeur des ventes. Il forma 80 employés dont beaucoup sont aujourd'hui devenus millionnaires.

Des hauts et des bas

Pour autant, cette période fut jalonnée d'échecs temporaires. Il a beaucoup voyagé et appris les langues. Son manque d'expérience lui fit faire de mauvais choix. Mais à chaque occasion, il remontait la pente grâce à la méthode d'objectifs que vous allez découvrir dans les chapitres qui suivent.

D'année en année, Bryan Tracy voit sa vie évoluer. Il s'enrichit considérablement tout au long de la vingtaine. Il commence à réfléchir plus sérieusement à son système de création et d'atteinte d'objectifs et fait de nombreuses recherches.

Tout le monde peut le faire

Selon Bryan Tracy, cette méthode est universelle et peut être mise en œuvre quel que soit votre niveau d'étude. Il a pu le constater au cours de ses nombreux cours et séminaires.

Si vous la suivez, elle vous mènera vers la richesse, l'accomplissement et la satisfaction. Une seule condition : accepter d'apprendre.

Créez votre propre monde

Le pouvoir de l'esprit est sans limites ou presque. Grâce à lui, vous pouvez imaginer, puis réaliser vos rêves les plus fous. En d'autres termes, les pensées mènent le monde et vous devenez avant tout ce que vous pensez être.

« Prendre une décision au sujet de vos objectifs clarifie le brouillard immédiatement et vous permet de vous focaliser et de diriger vos énergies et compétences vers ce que vous voulez véritablement. » (Objectifs !, chap. 1)

Votre fonction automatique de recherche d'objectifs

Pour Bryan Tracy, vous êtes tel un pigeon voyageur : doté d'un infaillible sens de l'orientation, celui-ci est capable de retrouver son chemin, même complètement perdu.

La description claire et précise d'objectifs suffit à créer cette « boussole » interne. Une fois le but défini, l'esprit se focalise inconsciemment et constamment sur la destination à atteindre.

Quel que soit votre objectif, vous y parviendrez. Ce mécanisme cybernétique, comme le nomme l'auteur, ne vous juge pas : il vous mène où bon vous semble.

Pourquoi les gens ne se fixent pas d'objectifs

Après investigation, Bryan Tracy considère qu'il existe 4 raisons à cela :

Penser que cela ne compte pas ;

Ignorer comment faire ;

Avoir peur de l'échec ;

Avoir peur du rejet.

Rejoignez les 3 % qui réussissent en établissant vos propres objectifs de façon claire et précise. Votre bonheur pourrait bien en dépendre, dans la mesure où savoir où vous allez vous donnera confiance en vous et en la vie.

C'est vous qui maîtriserez le changement dans votre vie et qui développerez votre potentiel là où vous le souhaitez.

2 - Prenez votre vie en charge

Un jour, alors qu'il n'a presque rien pour vivre, l'auteur se rend compte d'une chose : ce qui lui arrivera dépend de lui. Personne ne viendra à sa rescousse pour lui faire atteindre ses rêves. Il comprit ce jour-là qu'il devait changer par lui-même, en assumant la responsabilité de ses actions.

La grande découverte

Ce pas qu'il a fait ce soir-là, c'est le passage de l'enfance à l'âge adulte. Il est inutile de ressasser éternellement ce que vos parents ont ou n'ont pas fait pour vous. C'est une cage qui vous enferme.

Ces émotions négatives (souvent liées aux expériences passées) sont vos pires ennemies. Heureusement, vous pouvez vous en libérer. Peur, autoflagellation, envie, jalousie, sentiment d'infériorité, colère : voilà des émotions négatives. Celles-ci sont principalement causées par 4 facteurs :

La justification = trouver des raisons, sans cesse, pour alimenter le mal-être ;

La rationalisation = excuser ses actions en trouvant des causes et en prenant le statut de victime ;

L'opinion d'autrui = se préoccuper excessivement du jugement d'autrui, sans s'ancrer dans sa propre valeur ;

L'accusation = blâmer les autres à toute occasion.

La responsabilité est l'antidote

« Je suis responsable », voilà la phrase à prononcer pour couper court aux émotions négatives. Elle vous permet de reprendre le contrôle calmement, en rejetant derrière vous ce qui vous empêche d'agir (tristesse, colère, etc.).

Les autres peuvent vous faire du tort, certes, mais c'est à vous qu'il appartient de rétablir l'équilibre. Si c'est vous qui faites une erreur, admettez-la puis passer à autre chose.

Voyez-vous vous-même comme auto-entrepreneur

« Vous êtes l'architecte de votre destinée », dit encore Bryan Tracy. Vous choisissez ce qui est bon pour vous et vous décidez d'avancer dans un sens ou dans un autre. « Vous êtes le patron » !

Pour ce faire, vous devrez développer une stratégie personnelle. La métaphore entrepreneuriale est ici très explicitement utilisée, puisque l'auteur vous invite à prendre les rênes de votre vie comme d'un business :

Développer une stratégie de marketing personnel incluant votre auto-promotion ;

Créer une stratégie de relations humaines, à la fois à la maison et au travail.

Concevoir une stratégie de recherche et développement pour évoluer et apprendre continuellement.

Finalement, l'auteur va jusqu'à proposer de vous concevoir comme une entreprise ayant un stock de croissance (growth stock), c'est-à-dire une puissance de rendement qui donne confiance aux investisseurs. Allez-vous continuer à grandir et à être profitable, pour vous-même et autrui ?

Déterminez votre locus de contrôle

L'auteur rappelle la théorie psychologique du locus de contrôle. Selon celle-ci, il existe une différence entre le locus de contrôle interne et externe.

Interne : la personne est auto-dirigée, dans le contrôle de son existence, optimiste et positive.

Externe : la personne se sent surdéterminée par des contraintes extérieures, elle est envahie d'émotions négatives.

Plus vous accepterez d'être le responsable de votre vie, plus vous passerez d'un locus de contrôle externe à un locus de contrôle interne. Cela vous rendra aussi plus heureux. C'est ce que Bryan Tracy nomme le « Triangle d'or » :

Responsabilité ;

Contrôle ;

Bonheur.

3 - Clarifiez vos valeurs

Les valeurs sont votre coffre-fort. Elles sont ce qui vous caractérise en propre, le plus précieux en vous. Plus vous êtes au clair avec elles, plus vous pouvez agir vers l'extérieur. Ainsi va la vie : de l'intérieur vers l'extérieur.

Les cinq niveaux de la personnalité

Imaginez une cible avec cinq cercles concentriques.

Au centre, il y a vos valeurs (premier cercle).

Celles-ci déterminent vos croyances (deuxième cercle).

Elles-mêmes vont influencer vos attentes et vos souhaits (troisième cercle).

À leur tour, ceux-ci vont générer certaines attitudes spécifiques (quatrième cercle).

Enfin, vos attitudes entraîneront des actions, vos actions (cinquième cercle).

Vos objectifs et vos valeurs doivent marcher main dans la main et être en phase l'un avec l'autre. C'est très important. C'est pourquoi éclaircir ses valeurs est si capital. Qu'est-ce qui est le plus important pour vous ? Une fois que vous le savez, vous pouvez organiser votre vie en construisant des objectifs adéquats.

Connaissez ce que vous voulez vraiment

Tous les sages le disent : il convient de s'examiner soi-même et de savoir ce que l'on veut pour avancer sereinement et avec bonheur dans l'existence.

Votre intuition peut ici vous aider. Que vous dit cette "petite voix" qui murmure parfois à votre oreille ?

Outre l'intuition, l'analyse de vos comportements importe aussi. Vos actions présentes et passées disent quelque chose des valeurs que vous avez privilégiées jusqu'à aujourd'hui. Bien sûr, vous agissez en fonction de différents motifs, de différentes valeurs. Il importe donc au plus haut point de les hiérarchiser.

Vous pouvez également vous projeter dans l'avenir pour éclaircir ce qui vous tient le plus à cœur : pour quoi aimeriez-vous être connu un jour ? Que voudriez-vous que les gens disent de vous après votre mort ?

Votre passé n'est pas votre futur

Pour avancer, souvenez-vous de cet état de fait : ce qui vous a déterminé hier n'a pas à vous déterminer aujourd'hui. Vous pouvez changer et ouvrir la voie à un avenir meilleur. Certaines personnes ayant fait de la prison pour d'horribles choses se sont transformées et ont accompli des choses extraordinaires. Vous le pouvez aussi.

Combien vous vous aimez

L'auto-estime (l'amour que vous vous portez à vous-même) a son rôle à jouer dans ce processus.

« Au plus votre comportement du moment sera consistant avec ce que vous pensez être votre comportement idéal, au plus vous vous aimerez et vous respecterez vous-même et serez heureux. » (Objectifs !, p. 35)

Connaître ses valeurs et agir en conformité avec elles accroitra naturellement votre auto-estime et votre confiance en vous-même.

Pensez à ce que vous désirez dans différents domaines de votre vie, tels que :

La carrière ;

La famille ;

Les finances ;

La santé.

Où mettez-vous le curseur ? Quels sont les mots, les expressions que vous associez à ces parties de votre existence ? Quelle est la priorité que vous accordez à l'une ou à l'autre ?

Soyez vrai avec vous-même

En somme, cherchez à être intègre. L'intégrité est comme une méta-valeur, c'est-à-dire la valeur qui vous permet de garantir le respect des autres valeurs. Plus vous agirez en vous connectant directement à vos valeurs (intégrité), plus la vie vous sourira.

4 - Analysez vos croyances

Passons maintenant aux croyances. Elles sont essentielles à la vie humaine. Sans elles, nous serions perdus dans l'existence. En fait, les croyances déterminent ce qui advient dans la réalité.

Ce n'est pas de la magie, non ! Simplement, si vous croyez dur comme fer que quelque chose est possible, alors cette chose peut se réaliser ; par contre, si vous n'y croyez pas, il n'y a aucune chance !

Votre programme pour le succès

Bryan Tracy considère que le « concept de soi » est la découverte majeure du 20e siècle en matière de développement personnel. Selon cette théorie, vos croyances sont d'abord subjectives. Elles sont composées à partir des bribes d'informations que vous avez récoltées durant votre vie, et principalement durant votre enfance.

Vos croyances peuvent donc être complètement erronées ; néanmoins, elles structurent vos attitudes et vos actions. Ce sur quoi vous devez agir, ce sont les croyances limitantes, celles qui vous disent que vous êtes incapable de faire certaines choses.

Les experts (médicaux, entre autres) peuvent créer de telles croyances limitantes. Ne les écoutez donc pas trop. Une simple remarque d'un adulte, prononcée avec autorité lorsque nous étions enfant, peut suffire à créer un blocage.

Vous êtes meilleur que ce que vous pensez

Pour apprendre à ne plus brimer votre génie intérieur, il vous faudra reconnaître vos croyances limitantes et les désactiver. La PNL peut vous y aider.

Pensez-y : vous possédez une dizaine d'intelligences différentes, selon le Dr. Howard Gardner. Vous êtes donc unique ! Vous êtes certainement plus intelligent que quiconque autour de vous dans certains de ces domaines :

Verbal ;

Visuel-spatial ;

Entrepreneurial ;

Physique (sportif) ;

Musical ;

Interpersonnel ;

Intrapersonnel ;

Intruitif ;

Artistique ;

Abstrait.

Comme vos croyances sont acquises, vous pouvez les modifier. Prenez donc le temps de les analyser afin de voir s'il n'y a pas des domaines dans lesquels vous pensez avoir des aptitudes, mais qui n'ont jamais été développés, par peur ou manque de confiance.

En explorant ainsi votre être, vous allez progressivement vous donner une autre image de vous-même. Vous vous trouverez plus compétent. En prenant de l'assurance, vous pourrez choisir vos croyances et vous convaincre que vous êtes né pour accomplir une grande destinée (quelle qu'elle soit).

Agissez pour vous sentir bien

Même des situations compliquées, vous pouvez sortir quelque chose de positif. Lorsque vous commencez quelque chose de neuf, vous pouvez vous sentir en difficulté. Vous ne voyez pas vraiment où se trouve le bénéfice. Et pourtant, il se peut qu'il ne soit pas loin.

La confiance en soi s'acquiert progressivement. Une excellente façon d'agir dans les situations nouvelles (et incommodes) est de "faire comme si". De cette façon, vous allez générer les sensations qui correspondent aux talents que vous souhaitez acquérir.

Comment faire ? Vous pouvez vous appuyer sur des modèles, des personnes qui ont atteint un niveau d'excellence que vous ne possédez pas encore. Suivez leurs conseils ou observez la manière dont ils agissent et copiez-les. Vous vous sentirez comme eux et vous commencerez à obtenir les mêmes résultats !

Créez l'équivalent mental

Vous l'aurez compris : il importe de créer en vous l'équivalent mental de ce que vous voulez voir advenir dans le monde. Agissez comme si vous pouviez devenir celui que vous voulez vraiment devenir, et il se peut que vous le deveniez effectivement.

De cette façon, vous reprogrammez votre subconscient. Et c'est un cercle vertueux qui vous entraînera vers la réussite.

Bien sûr, vos actions devront suivre, car c'est en agissant comme si vous aviez déjà certaines compétences que vous allez les acquérir.

Prenez une décision

Vous pouvez décider, dès maintenant, de rejeter vos croyances limitantes et de vous mettre à agir selon votre moi idéal. À partir de ce moment, ajustez vos mots et vos actions les uns aux autres. Le changement prend du temps, mais il apparaîtra et surprendra tout le monde autour de vous, y compris vous-même.

5 - Créez votre propre futur

Avez-vous une vision ? Tous les grands leaders en ont une. Autrement dit, ils sont orientés vers le futur et imaginent ce qu'ils peuvent faire pour changer les choses.

Pensez au futur

Avoir une perspective au long cours vous donne un cap à tenir et vous aide à l'atteindre. Pourquoi ne pas développer votre propre vision ? Vous devriez vous imaginer dans 5 ans, par exemple. Si vous n'aviez aucune limitation, où seriez-vous ? Que feriez-vous ?

Pratiquez la pensée « ciel bleu ». Si tout était possible, que se passerait-il ? Que serait une vie parfaite ? Une fois cela imaginé, revenez au présent et demandez-vous ce que vous devriez faire, ce qui devrait arriver, pour que cette image devienne réalité.

Ce processus d'idéalisation et d'orientation est essentiel. Rêvez grand et rêvez entier. Bryan Tracy vous propose de commencer avec votre carrière, puis de continuer avec votre famille, votre santé et votre vie sociale et communautaire. Il vous propose, à chaque fois, un certain nombre de questions à vous poser (voir pages 55-59 pour la version anglaise).

Faites-le !

Le mouvement, l'action est primordiale. Seules, les intentions n'aboutissent à rien. Comme le dit le proverbe, « l'enfer est pavé de bonnes intentions ».

Voici quelques questions supplémentaires, que vous invite à vous poser Bryan Tracy, pour vous mettre en mouvement. Si vous pouviez être au top de votre forme intellectuelle et physique dans 5 ans :

« Quelles connaissances et compétences auriez-vous acquises ?

Dans quels domaines voudriez-vous être reconnu comme excellent ?

Que seriez-vous en train de faire chaque jour pour développer encore davantage vos connaissances et vos compétences afin d'être le meilleur de votre domaine ? » (Objectifs !, p. 60)

Concevez votre calendrier parfait (du 1er janvier au 31 décembre) afin de mettre au maximum en application votre vision. C'est en ayant des idéaux attractifs, connectés à vos valeurs, que vous vous motiverez de façon permanente. Vous aurez le feu sacré.

6 - Déterminez vos vrais objectifs

Les objectifs se réalisent automatiquement à partir du moment où vous décidez d'en faire votre priorité et que vous vous disciplinez pour les atteindre.

7 clés pour vous fixer des objectifs

Voici les 7 clés proposées par Bryan Tracy.

Les objectifs doivent être clairs, spécifiques, détaillés et écrits.

Ils doivent être mesurables et objectifs.

Par ailleurs, ils doivent être temporellement déterminés.

Ensuite, ils doivent vous mettre au défi, vous faire sortir de votre zone de confort.

Les objectifs doivent également être congruents avec vos valeurs et en harmonie les uns avec les autres.

Ils doivent être équilibrés entre les différents domaines de votre existence (carrière, famille, santé, vie sociale et communautaire, spiritualité).

Enfin, ils doivent être reliés à une vision ou un but précis qui surpasse les autres.

12 étapes pour fixer et réaliser tout objectif

Bryan Tracy reprend ici et amplifie ce qu'il a dit précédemment afin de donner une liste plus complète de la méthode à suivre.

« Avoir un désir : Que voulez-vous vraiment ?

Croire que votre but est réalisable.

Écrire votre objectif.

Déterminer votre point de départ.

Déterminer pourquoi vous le voulez.

Fixer une limite temporelle.

Identifier les obstacles sur votre chemin.

Déterminer les connaissances et les compétences additionnelles dont vous aurez besoin.

Choisir les personnes qui pourront vous aider.

Faire un plan : mettre toutes les choses ensemble.

Visualiser votre objectif de façon continuelle.

Ne jamais abandonner. » (Objectifs !, p. 70-73)

Le premier pas consiste à vous décider à agir en ce sens, en vous posant les questions soulevées par ce livre, puis en appliquant ces 12 étapes. Nous allons maintenant expliciter certaines notions encore obscures et préciser comment agir dans certains domaines.

7 - Décidez quel est votre but principal défini

« Votre but précis principal peut être défini comme l'objectif le plus important pour vous à un moment T » (Objectifs !, p. 81)

Il doit avoir les mêmes caractéristiques que vos autres objectifs (voir le chapitre précédent). En particulier, vous ne devez pas établir de buts hors de votre portée du moment. Sinon, ceux-ci risquent de vous démotiver, ce qui crée l'effet inverse à celui désiré. C'est la meilleure façon de se saboter soi-même.

La grande question

Si vous étiez invincible, que voudriez-vous faire ? Voilà la grande question. Pour autant, il faut encore vous demander, une fois cet objectif établi, combien de temps cela prendra et par quelles étapes il vous faudra passer. Il y aura sans doute des étapes intermédiaires à atteindre.

Soyez conscient du prix à payer

Vous aurez à investir du temps pour réaliser vos objectifs, qu'ils soient financiers ou autre. Ne pensez pas, insiste Bryan Tracy, que tout arrivera simplement parce que vous le souhaitez.

L'exercice des 10 objectifs

Prenez une feuille de papier et listez 10 objectifs. Écrivez-les comme s'ils étaient déjà accomplis, au présent de l'indicatif. Ensuite, demandez-vous lequel de ces objectifs aurait le plus d'impact sur votre vie s'il était réalisé là, maintenant.

Écrivez-le à nouveau, sur une nouvelle feuille de papier. Maintenant, rédigez tout ce que vous pensez devoir accomplir pour que cet objectif se réalise. Écrivez cet objectif sur une carte (genre carte de visite) et conservez-la avec vous, en la consultant de temps à autre. Pensez-y régulièrement, chaque jour, en vous demandant comment vous allez vous y prendre.

8 - Commencez par le commencement

Maintenant que vous avez choisi la destination, il faut établir votre point de départ. C'est là qu'il faut être particulièrement honnête et partir du « principe de réalité ». Autrement dit, il faut être conscient de votre situation et de ce qui vous sépare de votre objectif.

Partez donc d'où vous êtes, en ne vous voilant pas la face. Quel que soit l'objectif désiré, décidez d'une première étape mesurable, d'un premier palier à atteindre. Si vous voulez perdre du poids, combien de temps allez-vous dédier à l'exercice, par semaine et par mois ? Restez réaliste, mais challengez-vous.

Si vous voulez gagner plus, commencez par calculer votre taux horaire actuel, et établissez des objectifs intermédiaires pour l'améliorer progressivement. Comparez ensuite de semaine en semaine ou de mois en mois.

Bryan Tracy expose une méthode précise pour calculer et fixer des objectifs financiers à partir du taux horaire p. 89-91.

Pratiquez la pensée 0

Pour commencer sur de bonnes bases, demandez-vous s'il y a des choses que vous faites aujourd'hui que vous ne voudriez plus faire à l'avenir, depuis que vous connaissez clairement vos objectifs. Une fois cette question éclaircie, cherchez à éliminer au plus vite ces actions.

Cette pensée peut s'appliquer à tous les domaines de votre vie et peut également comprendre des relations avec des personnes.

Préparez-vous donc au changement. Cela peut être difficile, mais gardez à l'esprit que la modification d'une mauvaise habitude, la fin d'une relation toxique ou l'amélioration d'un processus peuvent au final accélérer considérablement l'atteinte de vos objectifs.

Déterminez le niveau de vos compétences et capacités

Faites une liste sincère de vos compétences, habilités et points faibles actuels. Manquez-vous de certaines compétences pour réaliser votre objectif ? Il vous faudra les améliorer sans attendre en fixant un objectif intermédiaire.

Il faut être prêt à vous réinventer soi-même si vous voulez véritablement changer et accomplir de grandes choses. Votre capacité à apprendre est sans conteste votre plus grande valeur, votre plus grand atout.

Considérez-vous comme un faisceau de ressources positives. Par exemple, imaginez-vous recommencer depuis le début votre carrière et, au vu de votre expérience, voyez ce que vous pouvez faire pour améliorer les choses.

Allez du bon vers le formidable

Lorsque Bryan Tracy réalise un planning stratégique pour une entreprise, il pose 4 questions à ses dirigeants :

Où en sommes-nous maintenant ?

Où serions-nous idéalement dans le futur ?

Comment sommes-nous arrivés là où nous sommes aujourd'hui ?

Que doit-on faire maintenant pour aller d'où nous sommes à l'endroit où nous voulons aller ?

Souvenez-vous : un bon démarrage, c'est déjà la moitié du chemin qui est fait !

9 - Établissez et réalisez tous vos objectifs financiers

Gérer ses finances tout au long de sa vie, pour être économiquement indépendant, est l'une des grandes responsabilités qui vous incombent. Que vous aimiez le sujet ou non, vous devrez l'étudier ; sinon, vous risquez des ennuis.

Ne vous illusionnez pas

L'argent a son importance et vous vous illusionneriez en pensant que cela ne compte pas pour vous. Vous pouvez difficilement vous en passer et il est contreproductif de prétendre le contraire.

Donc, la solution consiste à prendre le contrôle de cet aspect de votre existence. Réalisez des plans vous aidera à rationaliser votre comptabilité. Vous pouvez utiliser la méthode en 12 étapes vue au chapitre 6.

Prenez en main votre argent

Bryan Tracy décline cette méthode en 12 étapes dans la suite du chapitre afin de vous montrer comment procéder.

Commencez par formuler votre souhait en imaginant ce que vous voudriez avoir à court terme, à moyen terme et sur le long terme.

Ayez confiance dans le fait que vous pouvez y accéder, en reliant vos objectifs à votre situation actuelle et à vos valeurs.

Écrivez vos objectifs. Pour le long terme, vous devrez fixer votre "nombre" grâce à un calcul simple exposé p. 104.

Analysez votre point de départ en faisant le bilan de votre situation actuelle (passif/actif).

Décidez la raison pour laquelle vous voulez cet argent : qu'allez-vous en faire ?

Établissez une deadline pour chaque temporalité (court, moyen et long terme).

Considérez les obstacles à surmonter pour parvenir à atteindre vos objectifs dans les temps voulus.

Déterminez les connaissances et les compétences à acquérir pour atteindre vos objectifs. Regardez autour de vous pour voir ce que d'autres font et en tirer ce que vous devriez faire.

Faites une liste des personnes ou des groupes à contacter pour vous aider et demandez-vous comment les convaincre (c'est-à-dire comment créer des situations win/win où chacun y trouvera sa part).

Élaborez un plan d'action en séquençant très précisément chaque étape. Utilisez la règle 80/20 pour hiérarchiser les priorités.

Visualisez l'objectif comme si vous l'aviez déjà réalisé. Soyez précis !

Persistez et considérez dès maintenant que vous n'abandonnerez pas.

10 - Devenez un expert de votre domaine

Votre salaire ou vos revenus, si vous êtes indépendant, sont souvent déterminés par l'excellence avec laquelle vous exécutez votre travail. S'engager à être l'un des meilleurs de votre domaine fera aussi de vous une personne plus heureuse, parce que vous développerez pleinement vos potentialités.

Rassurez-vous : pour s'élever jusqu'aux sommets, il faut d'abord avoir été tout en bas. La plupart des personnes qui ont réussi ont dû travailler dur pour y arriver. Et c'est une bonne nouvelle, car cela signifie que vous pouvez aussi y arriver.

La loi d'airain du développement de soi

Avant d'avoir plus, vous devez devenir plus, c'est-à-dire effectuer un changement dans votre être. Encore une fois, ce n'est pas tant le talent inné qui compte que la volonté et le travail consenti pour acquérir de nouvelles compétences.

L'éducation permanente est donc un ingrédient essentiel de votre succès. Aujourd'hui plus que jamais, la valeur des connaissances et des compétences change rapidement ; ce qui était valorisable hier sera vite obsolète demain. Si vous voulez faire des étincelles, vous devez donc prendre la décision de vous former continuellement.

Bien sûr, cela doit avoir un sens. Il vous faudra rechercher quelles sont les habilités et les informations nécessaires à votre évolution et focaliser votre attention sur leur obtention.

Identifiez vos domaines de résultats clés

Dans chaque domaine, il y a entre 5 à 7 résultats essentiels à obtenir pour devenir excellent. Dans la vente, par exemple, c'est :

Prospecter ;

Établir un rapport avec le prospect ;

Identifier les besoins ;

Présenter les solutions ;

Répondre aux objections ;

Clôturer la vente ;

Fidéliser et créer des ambassadeurs.

Quels sont les principaux résultats à obtenir dans votre cas ?

Passez sur la voie rapide

Demandez-vous quelle est « LA » compétence à acquérir qui aura le plus d'impact sur votre carrière. Vous pouvez le demander à vos collègues ou à votre patron. Une fois identifiée, elle doit devenir votre priorité numéro 1.

Développez vos talents

Qu'est-ce qui vous différencie déjà ? Quels sont vos talents et les passions qui vous animent ? C'est aussi une voie à explorer, car plus vous faites une chose avec plaisir et aisance naturelle et plus vous la ferez bien.

Pour les identifier, observez :

Lorsque vous êtes heureux de faire quelque chose ;

Que vous faites quelque chose bien, sans grande peine ;

Ce qui vous a permis d'accomplir ce que vous avez accompli jusqu'à maintenant ;

Ce que vous avez appris avec facilité ;

Les choses qui attirent naturellement votre attention ;

Ce que vous aimez apprendre et aimeriez apprendre votre vie durant ;

Lorsque le temps s'arrête quand vous agissez (état de flow) ;

Les personnes que vous respectez et admirez.

Vous trouverez là un foyer de passions et de talents à développer. Ceux-ci sont aisés à faire grandir, parce que cela ne vous coûte rien d'apprendre à leur sujet ni de les pratiquer. Au contraire, vous aimez ça !

La formule trois plus un

Au lieu de prétendre que vous n'êtes pas bon dans un domaine (justification, excuses), accrochez-vous. Allez-y simplement en :

Commençant par lire 10 à 15 minutes tous les jours sur le sujet que vous devriez maîtriser ;

Écoutant des audios dans votre voiture ou les transports en commun ;

Allant à des conférences sur le thème ,

Pratiquant dès que vous le pouvez.

Pratiquer est la chose la plus importante, car c'est elle qui vous donnera la confiance et la maîtrise effective.

11 - Améliorez votre vie de famille et vos relations

Bryan Tracy considère qu'il y a une différence entre hommes et femmes. Les hommes rechercheraient davantage dans l'autoestime et seraient dans la compétition avec les autres hommes, tandis que les femmes seraient plutôt tournées vers les relations au sein de la famille.

Bien sûr, l'auteur considère que la famille et les enfants importent autant à l'homme qu'à la femme, mais reconnait que les hommes y prêtent souvent une moindre attention.

Bryan Tracy propose ensuite d'appliquer sa méthode en 12 étapes (chapitre 6) aux questions des relations intrafamiliales. Vous pourrez retrouver son analyse complète p. 132-146.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce thème, et tout particulièrement sur les relations amoureuses du point de vue de l'homme, vous pouvez lire la chronique du livre Integral relationships pour aller plus loin sur ces questions.

12 - Optimisez votre santé et votre bien-être

Il est fort probable que vous souhaitiez vivre en bonne santé durant un nombre d'années raisonnable. Cela fait partie — et devrait faire partie, selon Bryan Tracy — des objectifs de chacun d'entre nous.

Mais alors, comment réaliser cette vision d'un esprit dans un corps sain, d'une bonne santé et d'une vieillesse agréable ?

Bryan Tracy rappelle les préceptes d'un livre important sur la nutrition nommé The Zone Diet, écrit par Barry Sears. Dans cet ouvrage, vous pourrez apprendre à maintenir de hauts niveaux d'énergie et à perdre du poids. Entrer dans la zone, c'est décider de changer ses habitudes alimentaires et sportives, notamment.

À nouveau, c'est à vous de vous considérer responsable de votre « capital santé », comme on dit parfois aujourd'hui. Pour y parvenir, laissez de côté les excuses et les mauvaises habitudes et reprenez le contrôle en vous fixant des objectifs SMART (spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes, temporellement définis).

C'est ce que Bryan Tracy vous propose de faire en mettant une fois de plus en application son programme en 12 étapes présenté dans les chapitres antérieurs. Pour voir plus précisément ce qu'il vous propose en matière de santé, consultez les p. 149 à 157.

Et si vous souhaitez prendre en main votre santé, consultez cette chronique résumant 3 livres sur les habitudes de vie saine.

13 - Mesurez vos progrès

Vous pouvez vous fixer des objectifs consciemment, mais la conscience ne fournit qu'une partie du processus. Une partie du succès vient du subconscient. Celui-ci cache de grandes ressources que vous pouvez exploiter pour atteindre vos buts.

Les buts clairs, réalistes et précis sont une bénédiction car vous pouvez mesurer leur état d'avancement. Les dates-limites et les évaluations faites en cours de route vous permettent de motiver votre subconscient à passer à l'action.

3 clés pour des performances au top

Engagement : sachez clairement vers quoi vous allez et décidez-vous fermement à y aller.

Conclusion : allez jusqu'au bout avec discipline, résistez à la tentation d'abandonner avant la fin.

Fermer la boucle : soyez capable de terminer et considérer l'action comme terminée, l'objectif comme atteint (et en profiter).

Mangez un éléphant

Comment manger un éléphant ? Petit à petit, bouchée après bouchée. Allez-y par petits morceaux en fixant des objectifs intermédiaires et des échéances. C'est en fractionnant vos objectifs que vous les rendrez atteignables et réalistes.

Réfléchissez aussi à quelle partie « manger » en premier lieu. Nous en avons déjà parlé : il est toujours utile de savoir ce qui, parmi vos objectifs, est celui qui est prioritaire. À partir de là, continuez sans renoncer.

Si vous le mesurez, vous pouvez le gérer

Vous connaissez sans doute la phrase : « Tout ce qu'on mesure s'améliore ». C'est en calculant (le nombre d'heures passées à la salle de gym, le nombre de ventes réalisées, les gains effectués en un mois, etc.) que vous deviendrez capable de progresser. Sans calcul, pas de point de repère !

14 - Surmontez les obstacles

L'échec provisoire précède toujours le succès

Vous devriez dès maintenant vous attendre à échouer de temps à autre. Bonne nouvelle : les défaites sont aussi vos alliées ! Elles font partie du prix à payer pour le désir de changement. Et elles vous enseignent de précieuses leçons.

Pensez en termes de solution. Lorsque vous échouez, ne vous morfondez pas sur votre sort. C'est improductif. Passez à la suite en vous demandant comment solutionner le problème et vous remettre sur les rails.

Fonctionner de cette façon est une compétence. Si vous ne la possédez pas encore, elle fera assurément partie des compétences clés à acquérir au plus vite. En admettant l'erreur et en vous positionnant dans une approche proactive, tournée vers les solutions, vous aurez toutes les chances de réussir.

La théorie des contraintes

Entre vous et votre objectif, il y aura toujours un obstacle, une contrainte. C'est la thèse d'Eliyahu Goldratt dans son livre The Goal. Soyez en conscient et déterminez quelle est la contrainte la plus importante à lever.

Souvent, ces obstacles seront intérieurs. C'est une application originale de la règle 80/20 :

80 % de vos problèmes viennent de vous-même ;

Seulement 20 % sont dûs au monde extérieur.

Regardez donc en vous-même avant tout. Il y a deux grands obstacles : la peur d'échouer et le doute en vos capacités. Heureusement, nous avons vu qu'il s'agissait d'émotions négatives acquises et non de données innées.

Vous pouvez donc vous en libérer en apprenant le courage et la confiance. Cela vous demandera de la pratique. Choisissez dès maintenant d'agir avec courage et confiance ; faites « comme si » au début, si nécessaire. Cela viendra !

La zone de confort, vous connaissez cela. C'est un autre obstacle interne à lever si vous voulez avancer. Pourquoi ? Parce que celle-ci vous empêche de rêver en grand.

Organisez vos obstacles par priorité

Voyez quels sont les obstacles principaux qui vous empêchent d'avancer et listez-les du plus important ou plus anodin. Pour chacun d'entre eux, réfléchissez à plusieurs manières de les solutionner. Prenez le temps d'aller au fond des choses et de creuser pour faire apparaître la vraie nature du souci et les vraies solutions. Si vous ne le faites pas, vous perdrez du temps à résoudre de faux problèmes.

Si vous avez suivi les idées présentées, vous voyez que les obstacles deviennent des objectifs intermédiaires. Acquérir une compétence ou une habilité pour aller un pas plus loin dans la direction souhaitée, telle est la logique.

Si vous doutez de votre aptitude à délimiter les problèmes, parlez-en à quelqu'un de confiance. Demandez-lui un feedback. Soyez ensuite honnête avec vous-même et mettez le processus en route.

15 - Associez-vous aux bonnes personnes

Créer des relations est l'un des points essentiels du succès. Cela vaut sur le plan personnel comme sur le plan professionnel. Pourquoi ? Car une chose importante ne se fait jamais seul.

Vos relations clés dans les affaires

Vous devez définir qui sont vos clients. Votre patron, si vous êtes employé, peut être considéré comme votre premier client. Vous devez le satisfaire. Comme tout entrepreneur (même, donc, si vous êtes employé), vous devez prévoir une stratégie de satisfaction de vos clients importants.

Deux qualités sont généralement requises pour avoir de l'avancement : établir des priorités et faire le job rapidement. Malheureusement, beaucoup travaillent de nombreuses heures sans se concentrer sur l'essentiel. Ils perdent du temps et stagnent sans bien savoir pourquoi.

Vos collègues sont aussi, en un sens, vos clients. Pensez à eux comme à des personnes que vous pouvez satisfaire. Donnez-leur des impulsions, aidez-les en cas de besoin, soignez votre réputation de personne proactive. En jouant en équipe et en agissant de la sorte, vous attirerez à vous l'énergie et les vibrations positives.

Investissez dans la construction de relations

Réseauter fait partie de la vie professionnelle. Regardez quelles sont les organisations qui pourraient vous amener des contacts et commencez à entrer en relation avec elles. Cherchez à entrer dans des comités d'organisation et à vous engager, même bénévolement, dans la vie de cette organisation et dans les activités proposées.

Planifiez cela à long terme. Prévoyez en amont de contacter telle ou telle personne de votre communauté. Chaque fois que cela est possible, plantez des graines pour faire germer la relation. Envoyez une lettre, donnez une information intéressante, passez-lui un appel.

De façon générale, cherchez à vous connecter aux personnes les plus intéressantes de votre domaine, à celles qui réussissent, en vous montrant ouvert et orienté vers l'avenir. Si vous pensez qu'une relation n'en vaut pas la peine, n'ayez pas de remord à la laisser de côté.

Vos relations les plus importantes

« Nous avons tous besoin du support de notre famille et de nos amis », rappelle Bryan Tracy. Ne perdez donc pas de vue l'investissement nécessaire auprès de celles et ceux qui comptent le plus pour vous. Vous ne voudriez pas travailler dur pour être au top niveau professionnel tout en perdant cette part essentielle de votre vie. Gardez l'équilibre !

16 - Faites un plan d'action

S'il y a bien une compétence à acquérir si vous ne la possédez pas encore, c'est bien celle-ci. Tous vos objectifs en dépendent ! Si vous avez une vision, un objectif à long terme, mais que vous êtes incapable de le tronçonner en plus petits projets avec des étapes intermédiaires, vous n'arriverez pas loin.

Heureusement, grâce à tous les chapitres précédents, vous avez certainement appris en partie comment faire (si vous ne le saviez pas déjà). Maintenant que vous avez réfléchi à tous les points importants (les 12 étapes du chapitre 6), vous êtes capable de créer un plan précis et concret.

Le processus de planning est essentiel

En réalité, ce qui compte le plus n'est pas le plan fini, mais l'action de planification. Lorsque vous planifiez, vous placez tous les éléments en ordre et vous vous formez un état d'esprit dirigé vers l'action. Peu importe si, ensuite, vous devez modifier les plans ; vous serez déjà sur la bonne voie.

Le processus de planification doit se faire par écrit pour être efficace. Ce n'est pas une perte de temps. Au contraire, cela vous fera gagner des heures et également de l'argent. Quand vous savez où vous allez et quels sont les moyens d'y parvenir, vous ne gaspillez plus vos ressources inutilement.

Vous ne pouvez pas aller là à partir d'ici

Lorsque vous planifiez attentivement vos objectifs, vous pouvez être amené à vous rendre compte que vous avez fait des erreurs d'appréciation et qu'il vous est impossible d'aller là où vous le souhaitiez avec les ressources disponibles. Là encore, cela vous épargnera des efforts inutiles.

Commencez donc par réaliser une liste de toutes les activités que vous devez accomplir pour réaliser un objectif, quel qu'il soit. Chaque fois que vous avez une nouvelle idée, ajoutez-la. Ensuite, déterminez la hiérarchie des activités. Lesquelles doivent être réalisées en premier lieu ? Lesquelles sont urgentes ?

Au sein du plan, il y aura des éléments clés à atteindre absolument. Les voir apparaître sur le papier vous permet de vous focaliser dessus avec plus d'attention. Toutefois, vous devez être prêt à remanier votre plan, qui doit toujours faire face à la situation réelle et aux éléments que vous n'avez pas prévus.

Modifiez votre plan à partir d'une analyse problème/solution. Chaque difficulté peut être surmontée. Lors de ce processus, restez au plus près de l'écrit. Modifiez-le, révisez-le à l'écrit, toujours. N'oubliez pas : planifier est une compétence que vous pouvez acquérir. L'auteur vous propose un modèle de tableau p. 204.

Assemblez votre équipe

Si vous travaillez en équipe sur un projet, vous devriez les inclure dans le processus de planification. Vous vous rendrez compte que des choses qui pouvaient paraître simples et rapidement exécutées peuvent en réalité prendre plusieurs mois. Soyez à la fois optimiste et réaliste.

17 - Gérez correctement votre temps

Le rôle de l'intelligence

Être intelligent, c'est d'abord agir de manière intelligente. Comment ? En agissant en fonction de vos objectifs, sans vous mettre des bâtons dans les roues. Le processus de planification vu au chapitre précédent vous aidera à avancer et à déterminer des périodes de temps pour faire les choses en lien avec vos objectifs.

Vous devrez séparer l'urgent de l'important. L'urgent est ce qui doit être fait maintenant. L'important est ce qui doit être fait absolument. Pour plus d'informations à ce sujet, voyez la chronique de Savoir s'organiser.

Pratiquez la procrastination créative

Eh oui ! Mais attention, car avant, vous devrez établir clairement, selon le principe 80/20, quels sont les 20 % des activités qui vous rapportent 80 % de valeur (d'atteinte des objectifs). Prenez le reste du temps pour réaliser des tâches moins urgentes et moins importantes, mais qui vous font plaisir et vous détendent.

Pratiquez la méthode ABCDE

C'est une façon alternative d'organiser les tâches. Voici comment elle est conçue :

A = tâches très importantes. À faire en premier. Il peut y avoir des tâches A-1, A-2, etc. en fonction des priorités.

B = ce que vous devriez faire. Par exemple, appeler quelqu'un ou répondre à cet email. Si vous ne le faites pas, ce ne sera pas aussi dérangeant que pour une tâche A, mais cela vous ennuiera quand même un peu.

C = ce qui serait sympa, mais dont vous pouvez vous passer. Ce sont des activités qui n'apportent rien à votre projet, mais vous donnent une petite satisfaction immédiate.

D = des tâches que vous pouvez — et devriez, dès que possible — déléguer.

E = celles que vous pouvez éliminer, car elles ne vous apportent plus rien.

Créez des créneaux de temps

« Planifiez votre journée à l'avance et créez des créneaux de 30, 60 et 90 minutes de travail ininterrompu. Ceux-ci sont des blocs de temps durant lesquels vous pouvez travailler sans interruption ou sans pause sur vos tâches les plus essentielles. Ces créneaux sont essentiels pour l'accomplissement de toute tâche longue et importante. » (Objectifs !, p. 218)

Se concentrer de cette façon est obligatoire pour réaliser de grandes choses. Vous devez rester sur les rails. Pour cela, revoyez de temps à autre votre objectif et rappelez-vous pourquoi vous agissez ainsi.

Restez sur la bonne voie

Au long de la journée, lorsque vous travaillez (pour vous ou pour votre employeur), posez-vous ces 5 questions :

Pourquoi suis-je payé ?

Quelle est mon activité à plus forte valeur ajoutée ?

Quels sont les domaines dans lesquels j'ai des résultats décisifs ?

Que suis-je le seul à pouvoir faire, et qui peut, si je le fais bien, faire une vraie différence pour l'entreprise ?

Quel est le meilleur usage que je puisse faire de mon temps, là, maintenant ?

18 - Revoyez quotidiennement vos objectifs

Vous pouvez doubler la vitesse d'atteinte de vos objectifs si vous vous y prenez bien. Comment ? Commencez par revoir chaque jour vos objectifs. Il ne s'agit pas seulement de pensée positive, mais de connaissance positive. Vous devez être sûr, au fond de vous, que vous êtes capable de les atteindre.

En fait, comme cela a déjà été dit auparavant, vous programmez de cette façon votre subconscient. Écrire ses objectifs, les revoir régulièrement et visualiser la réussite sont les clés pour ancrer la réussite au plus profond de vous.

Écrivez vos objectifs chaque jour

En réitérant cet exercice chaque jour, vous vous maintenez en connexion directe avec vos désirs. Voici l'exercice : écrivez dans un carnet 10 à 15 objectifs. Tous les jours. Sans vous référer à la liste de la veille. La liste changera au gré du temps, elle s'adaptera à vous et à vos besoins du moment.

Mais le plus important est ce lien qu'elle crée entre vos souhaits et vous-même. Plus vous serez connecté à vos objectifs et plus vous vous sentirez décoller !

Activez votre subconscient

Comme dans les exercices de PNL, Bryan Tracy vous demande de rédiger des objectifs comme s'ils étaient déjà réalisés, c'est-à-dire au présent de l'indicatif, de façon positive (sans négation) et personnelle (en commençant par « Je »). C'est ce qu'on nomme la règle des 3 P :

Présent ;

Positif ;

Personnel.

Par exemple : « Je gagne 30 000 € par an avec mon blog ».

Votre ordinateur mental travaille 24 h/24

À force de vous remémorer vos objectifs et de les considérer comme déjà à moitié acquis (grâce aux phrases), vous allez faire travailler votre subconscient qui, lui, travaillera pour vous sans que vous vous en rendiez compte.

De façon étonnante, il se pourrait bien que l'existence vous procure des occasions que le subconscient aura discrètement tissées. Il y a donc une partie du travail de réalisation des objectifs qui se réalise en quelque sorte sous l'eau. Ne négligez pas cette part cachée de l'iceberg !

Multipliez vos résultats

Vous pouvez augmenter l'efficacité de la méthode en ajoutant à chaque objectif écrit selon la formule des 3 P 3 actions immédiates à entreprendre, elles aussi rédigées sous ce format. En outre, comme nous l'avons déjà dit, vous pouvez utiliser des cartes (genre Bristol), pour garder vos objectifs avec vous et les revoir régulièrement.

19 - Visualisez vos objectifs continuellement

Votre plus puissante faculté

La visualisation fait partie du processus décrit dans les chapitres précédents. Ici, Bryan Tracy insiste une dernière fois sur l'importance de la vision et de l'imagination pour atteindre vos objectifs. Bien sûr, il faut se confronter à l'action et à la réalité, mais il faut aussi rêver et se voir en train d'aboutir, et même s'imaginer une fois l'objectif réalisé.

Nourrissez votre esprit avec des images excitantes

Votre image de vous-même dépend des images mentales que vous vous faites au sujet de votre existence. Or, vous pouvez prendre le contrôle de ces images et les rendre plus positives. Cette technique de visualisation est particulièrement travaillée dans la PNL.

Pour réussir la visualisation, mieux vaut être calme et relaxé. Dans la suite du chapitre, Bryan Tracy vous donne 4 critères pour pratiquer la visualisation.

Fréquence : ici, le plus est le mieux.

Durée : cela peut aller de quelques secondes à quelques minutes, si vous êtes particulièrement détendu.

Clarté : ce critère désigne la précision, la profondeur avec laquelle vous vous représentez la scène. Ce critère s'améliore avec le temps et l'écriture de vos objectifs joue un grand rôle.

Intensité : plus vous y verrez clair, plus vous pourrez attacher des émotions positives à vos images. La clé pour prendre la bonne attitude !

Les meilleurs moments pour visualiser vos buts sont sans doute le matin et le soir, avant de commencer la journée, ou une fois que tout a été fait.

20 - Activez votre esprit « superconscient »

L'esprit superconscient est un état mental supérieur ; c'est celui du génie qui permet la découverte scientifique, technique ou artistique. Lorsque vous vous êtes transformé et mis en connexion profonde avec vous-même grâce à vos objectifs, vous pouvez l'activer vous aussi.

Deux manières de stimuler votre esprit superconscient

La première façon d'accéder à votre esprit superconscient est de travailler vos objectifs et de vous engager complètement dans l'action. La seconde façon consiste, à l'inverse, à vous relaxer le plus possible. Si vous bloquez à un moment donné sur un problème, passez en mode "relax" quelque temps.

Trois qualités spéciales

Une bonne idée ou solution venue de votre superconscience aura 3 qualités :

Complétude = elle répondra de façon exhaustive à votre question/problème.

Intuition = l'idée apparaîtra d'elle-même dans toute sa clarté et son évidence.

Bonheur = une telle solution procure de la joie, voire de l'exaltation.

Cela n'arrive pas tous les jours ! Mais se mettre dans un état de confiance totale par rapport à soi, à ses capacités, peut considérablement y aider.

21 - Persistez jusqu'à ce que vous y arriviez

« Chaque grand succès dans votre vie représentera un triomphe de persistance. Votre capacité à décider ce que vous voulez, à commencer, et à persister en surmontant les obstacles et les difficultés jusqu'à ce que vous réalisiez vos objectifs est ce qui déterminera de façon critique votre succès. Or, l'autre face de la persistance est le courage. » (Objectifs !, p. 264)

Vous pouvez apprendre à surmonter votre peur, qui est souvent votre plus grand ennemi. En fait, vous pouvez apprendre presque tout ce que vous voulez — et même le courage. Comment ?

Les causes de la peur et ses cures

La peur de l'échec et la peur du rejet, qui sont nos deux plus grandes peurs (et qui vont souvent de pair), s'enracinent dans l'enfance. Elles entraînement malheureusement beaucoup de comportements négatifs : procrastination, sensibilité à l'égard de la critique, indécision, etc.

L'ignorance peut créer de l'insécurité, et donc de la peur. Tout comme la fatigue et la maladie, qui peuvent faire de nous des gens peureux et lâches. Mais nous pouvons nous relier à nos expériences, apprendre et nous reposer ou nous soigner. Nous ne sommes pas obligés d'agir de cette façon.

Bien sûr, tout le monde a peur à un certain point. Même une personne confiante, qui accomplit de grandes choses, connaît des moments de doute et même de peur. L'important, c'est que cette personne sait analyser et gérer cette émotion.

Analysez vos peurs

Demandez-vous de quoi vous avez peur. Écrivez, bien sûr. Penchez-vous plutôt vers la peur de l'échec ou du rejet ? Analysez aussi plus en détail en découvrant des peurs plus spécifiques. Faites-en la liste.

Ensuite, établissez des rapports de priorité. Lesquelles sont les plus fortes, les plus nocives ? Pensez bien à cette chose importante : chaque peur vous a certainement aidé à un moment de votre passé. Mais est-ce encore le cas aujourd'hui ? Si la réponse est non, demandez-vous comment l'éliminer.

Le courage de commencer

Nous l'avons déjà dit : seule la pratique permet de mettre fin aux émotions négatives. Pour mettre fin à la peur, vous devrez pratiquer le courage. Comment ? En acceptant de sortir de votre zone de confort de temps à autre, puis de plus en plus souvent. Le futur appartient à ceux qui prennent des risques !

Ici, l'autodiscipline est l'élément clé. Sans elle, vous retomberez dans vos vieux schémas. « La persistance est l'autodiscipline en action », dit Bryan Tracy. C'est votre plus grande qualité, celle qui vous fera gravir des montagnes.

Le grand paradoxe

Vous pourriez croire que la sécurité est la valeur première, celle qui coule de source. Et de fait, lorsque nous planifions nos objectifs, etc., comme nous l'avons vu dans ce livre, nous cherchons entre autres à limiter l'adversité. Pourtant, nous n'apprenons vraiment que dans les moments de risque, de tensions et d'échecs. C'est le paradoxe.

Prenez donc le risque et ses conséquences (tension, échec) comme ce qui vous fera évoluer et vous mènera vers le succès. Votre succès n'est qu'à une marche de l'échec !

Conclusion de « Objectifs ! Comment obtenir tout ce que vous voulez, plus rapidement que vous n'auriez pu l'imaginer  » de Brian Tracy :

Ce qu’il faut retenir de « Objectifs ! Comment obtenir tout ce que vous voulez, plus rapidement que vous n'auriez pu l'imaginer  » de Brian Tracy :

Ce livre est un classique du développement personnel. Publié pour la première fois en 2003, il a connu un grand succès outre-Atlantique, comme les autres livres de l'auteur canadien Bryan Tracy, d'ailleurs. Parmi ses autres bestsellers, 2 ont été chroniqués sur ce site : Avalez le crapaud et Le pouvoir de la confiance en soi.

La première version de cet ouvrage a fait l'objet d'une traduction en français et est disponible en livre audio. C'est ici la seconde version canadienne (en anglais) de 2010 qui a été résumée.

Que devez-vous retenir de l'ouvrage ? Eh bien les 21 points suivants :

Commencez par débloquer votre potentiel ;

Prenez votre vie en main ;

Clarifiez vos valeurs ;

Analysez vos croyances ;

Créez votre avenir ;

Déterminez vos objectifs réels ;

Décidez ce qui constitue votre but principal ;

Commencez par le début (en étant réaliste) ;

Fixez et réalisez vos objectifs financiers ;

Devenez un expert de votre domaine ;

Améliorez vos relations de famille et vos relations professionnelles ;

Gagnez en santé et en bien-être ;

Mesurez vos progrès ;

Surmontez les obstacles avec courage, envie d'apprendre et optimisme ;

Associez-vous aux bonnes personnes ;

Faites un plan concret et précis d'actions ;

Apprenez à gérer votre temps de façon efficace ;

Révisez quotidiennement vos objectifs ;

Visualisez-les de façon continue ;

Activez votre esprit superconscient ;

Persistez jusqu'à ce que vous y arriviez !

Et enfin : écrivez sans cesse, depuis le moment où vous commencez à réfléchir à vos objectifs jusqu'à leur planification finale.

Points forts :

Un guide point par point pour apprendre à se fixer des objectifs clairs, précis et réalistes ;

La volonté de Bryan Tracy de nous encourager constamment pour nous donner envie de nous dépasser ;

Le texte est aéré de nombreux paragraphes et se lit facilement.

Point faible :

Il y a beaucoup de répétitions ;

Quelques schémas et tableaux auraient été appréciés.

Ma note :

                 

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Thu, 25 May 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12396/Objectifs-
En finir avec la procrastination http://www.olivier-roland.fr/items/view/12169/En-finir-avec-la-procrastination

Résumé de « En finir avec la procrastination » de Petr Ludwig et Mathias Durand : un petit livre carré très dynamique, rempli de schémas utiles, et qui contient surtout une méthode solide visant à « arrêter », comme dit le sous-titre, « de tout remettre à demain pour commencer à vivre pleinement aujourd’hui » — Prêt ? Partez !

Par Petr Ludwig et Mathias Durand, 2019 (2e édition), 278 pages.

Chronique et résumé de « En finir avec la procrastination » de Petr Ludwig et Mathias Durand

Un mot sur Petr Ludwig et Mathias Durand

Petr Ludwig est l’auteur de En finir avec la procrastination. Il a également développé un site : procrastination.com, où il propose notamment — en plus de son livre — des cours et des articles de blog.

Mathias Durand a lui-même suivi les conseils prodigués par Petr Ludwig dans son livre, avant de rejoindre l’équipe de procrastination.com. Il est aujourd’hui conférencier et responsable du développement du marché francophone.

Introduction — Qu’est-ce que la procrastination et pourquoi la combattre ?

Voici la définition de la procrastination (du latin pro-crastinus, « qui appartient à demain ») proposée par Petr Ludwig :

« Tendance pathologique à repousser les tâches et les obligations ». (En finir avec la procrastination)

Il la distingue de la paresse. La différence ?

Le paresseux ne veut pas agir, ne souhaite accomplir aucune activité, aucune tâche, et il est content comme ça.

Le procrastinateur, quant à lui, voudrait bien faire quelque chose — et parfois doit le faire —, mais il ne parvient pas à s’y mettre et se sent, par conséquent, frustré et coupable.

Par ailleurs, la procrastination n’est pas du repos. Pourquoi ?

Car le repos apporte une énergie nouvelle.

Alors que la procrastination, elle, nous enlève celle que nous avions.

Attendre le dernier moment ou effectuer toutes ses tâches à la fois en dernière minute n’est pas la solution. Il est largement préférable d’apprendre à faire les choses progressivement et dans l’ordre.

Une brève histoire sur la procrastination

Depuis toujours, « remettre au lendemain » a été un problème. En témoignent ces vers d’Hésiode cités à propos par l’auteur :

« Ne remettez rien ni au lendemain,

Ni au surlendemain :

Qui néglige sa besogne

N’emplit pas sa grange ;

Pas davantage qui la remet.

C’est le zèle qui fait valoir l’ouvrage.

Qui remet sa besogne,

À chaque fois porte un défi au désastre. » (Les Travaux et les Jours, cité dans En finir avec la procrastination)

À noter : on retrouve une idée similaire dans les Pensées pour moi-même de l’empereur philosophe romain Marc Aurèle, ainsi que chez Sénèque, un autre philosophe romain faisant partie du courant philosophique nommé le stoïcisme. Celui-ci affirme : « Tandis qu’on l’ajourne, la vie passe. »

Aujourd’hui, l’ère de la paralysie décisionnelle

Avec l’accroissement de l’espérance de vie, la paix relative, les loisirs, l’Internet et les nouveaux moyens de communication, le monde moderne offre de nombreuses possibilités que n’avaient pas nos prédécesseurs.

Ce « potentiel » augmente comme des « ciseaux », dit Petr Ludwig. Que veut-il dire ? Imaginez-vous une paire de ciseaux qui s’ouvre : l’amplitude est de plus en plus grande.

Une bonne nouvelle, à priori, puisque celle-ci semble liée à l’augmentation des libertés individuelles. Et pourtant, cela conduit à la paralysie décisionnelle. Trop de choix tue le choix, pourrait-on dire…

En découle également une augmentation de la procrastination. Dans l’impossibilité de (se) choisir, l’individu contemporain ne sait plus que faire, il est frustré car il se sent incapable d’exploiter son potentiel.

Comment obtenir des informations efficacement ?

Un grand nombre de recherches scientifiques existent et peuvent être exploitées afin de proposer des solutions simples, directement praticables. Peut-être même trop.

À nouveau, un problème semblable se pose : trop d’informations tue l’information. Alors que faire ? Que choisir, parmi des études qui aboutissent parfois à des résultats ou des préconisations opposées ?

On en reviendrait presque à la paralysie… Mais ce livre se donne pour mission de « franchir le gouffre » qui sépare les connaissances de la mise en pratique en synthétisant les meilleures études (bibliographie à l’appui) sur le sujet.

Le système du développement personnel

Le livre est conçu selon 4 parties :

Motivation ;

Capacité d’agir ;

Résultats ;

Objectivité.

Ce sont les principaux points, à la fois indépendants et connectés avec les autres, que l’auteur a dégagés de ses lectures. C’est à partir de ce « système du développement personnel » qu’il compte bien nous aider à surmonter nos angoisses à agir et notre frustration. Suivons-le !

Motivation

Pris entre la naissance et la mort, nous « bénéficions » d’un temps limité sur Terre. Chaque seconde perdue l’est irrémédiablement, sans possibilité de recours. Cette conscience peut être angoissante, certes, mais c’est aussi elle qui nous aide à chercher notre but dans la vie ou ce que l’auteur nomme « notre vision personnelle », la source de notre motivation.

Motivation extrinsèque : la carotte et le bâton

Il existe plusieurs types de motivations. La première peut être dite « extrinsèque », c’est-à-dire que sa source n’est pas en soi-même, mais à l’extérieur de l’individu. Vous connaissez très certainement la métaphore de l’âne que l’on fait avancer soit à la carotte, soit au bâton. C’est la même chose.

La motivation extrinsèque peut être créée et maintenue soit :

Par une (ou plusieurs) récompense(s) ;

Par une (ou plusieurs) punition(s).

Cette manière d’influencer les comportements ne va pas sans problèmes.

Premièrement, dit Petr Ludwig, le plaisir n’est pas de la partie, car les décharges de dopamine (hormone de la satisfaction) sont trop faibles lorsque la motivation ne vient pas de l’intérieur.

Deuxièmement, une fois que l’incitation ou la dissuasion disparaissent, la motivation s’évanouit à son tour, et la (faible) satisfaction qu’elle procurait avec.

La motivation intrinsèque par les objectifs

Voici une autre manière d’envisager la motivation. Celle-ci fonctionne par la recherche de buts et de rêves à atteindre. Cela semble meilleur, non ? Pourtant, c’est ici aussi problématique. Pourquoi ? Car cela ne fonctionne pas à long terme et peut entraîner un sentiment de frustration et de dépendance.

Voyons de plus près le cheminement de la motivation intrinsèque par objectifs tels qu’il est synthétisé par l’auteur :

« Le cortex préfrontal crée une représentation de la satisfaction future en termes d’objectifs.

« En chemin vers le but, l’individu n’est pas satisfait tant qu’il ne l’a pas atteint.

Après avoir atteint l’objectif, une dose unique d’émotion positive Joy se libère, à cause de l’adaptation hédonique, l’homme s’habitue rapidement à l’objectif et l’émotion positive finit par disparaître. » (En finir avec la procrastination)

Précisons certains termes. L’adaptation hédonique désigne cette « propension » à considérer l’objectif atteint comme « normal » et donc comme n’étant plus source de plaisir. L’émotion « Joy » (joie en anglais) est l’émotion positive de courte durée ressentie lors de la réalisation d’un objectif.

On comprend pourquoi une telle motivation peut générer de la dépendance : en recherche de joy, vous allez courir après de nouveaux objectifs (toujours plus grands) tout au long de votre vie, en étant pourtant frustré entre chaque étape de réalisation. En d’autres termes, vous deviendrez « accro aux buts ».

La motivation intrinsèque par le chemin

Ce troisième type de motivation est celui que veut promouvoir Petr Ludwig. La motivation intrinsèque par le chemin est fondée sur la « vision personnelle » et, pour cela, procure une satisfaction plus durable. Expliquons-nous.

« À quoi voulez-vous dédier votre vie ? » Telle est la question à se poser pour établir sa vision personnelle. L’action elle-même, plus que les objectifs, en est le moteur. Ou pour le dire autrement : la voie importe plus que le but.

Bien sûr, vous n’avancez pas dans le vide. Vous établissez des « jalons » qui vous indiquent que vous êtes toujours sur le chemin et que vous progressez dans le sens voulu. Mais ces jalons vous servent comme des « moyens » ; ils ne sont pas des fins en soi.

Conséquence ? Vous êtes plus heureux au présent. C’est ce que l’auteur, après d’autres, nomme « happiness now » (le bonheur maintenant). En étant établi sur votre vision personnelle, vous vous sentez à votre place, heureux d’être là, ici et maintenant.

Une « boucle de rétroaction » peut se mettre en place : l’action mise en place pour accomplir votre vision personnelle vous satisfait et libère de la dopamine. Cette dernière vous aide à mieux agir, à être plus créatif et réceptif aux apprentissages. Ainsi, vous pouvez atteindre des sommets.

Dans cet état, le « flow » remplace le joy. Lorsque vous faites ce pour quoi vous vous sentez « fait », vous êtes absorbé dans la tâche au point de perdre la notion du temps et de l’espace. Vous profitez d’une libération « longue durée » de dopamine.

La coopération comme fondement d’une croissance plus efficace

Petr Ludwig propose de penser à une autre émotion positive qu’il nomme « meaning ». Pour comprendre à quoi elle est liée, il faut diviser les actions égoïstes des actions non-égoïstes.

Le joy et le flow sont des émotions liées aux actions que nous effectuons pour notre survie ou notre propre développement : il nomme les activités qui procurent ces émotions ego-activité 1.0.

Le meaning est en revanche une émotion liée à une action réalisée pour autrui, type d’action qu’il nomme ego-activité 2.0.

Selon plusieurs recherches scientifiques, nous avons un avantage (en termes biologiques) à coopérer et à agir de façon non-égoïste.

Pour résumer le propos, nous pouvons dire que plus nous créons des liens avec des partenaires partageant notre vision — autrement dit, plus nous créons une vision collective — et plus nous sommes motivés à agir personnellement — c’est-à-dire à accomplir notre vision personnelle.

Cette dernière forme de motivation est sans doute la plus puissante ; c’est elle qui aide certains hommes et femmes à changer le monde.

OUTIL : vision personnelle

Commençons par vous doter d’une vision personnelle. Cette forme de motivation est indispensable. Pour la construire, l’auteur propose plusieurs outils.

L’analyse SWOT personnelle (sur ce point, vous pouvez aussi consulter les outils du personal branding).

La liste des réussites personnelles ;

L’analyse des activités motivantes ;

La « bêta-version » de la vision personnelle.

Petr Ludwig vous suggère de prendre un après-midi pour réaliser ces exercices, tranquillement. Chaque outil est présenté en détail dans l’ouvrage.

À noter :

« La version “finale” de la vision personnelle dépend du niveau d’autonomie de celle ou celui qui la construit. Mais il y a des éléments communs qui augmentent l’efficacité de la démarche : la matérialisation, l’effet émotionnel, l’orientation vers les actions et non pas vers les objectifs, l’intégration d’ego-activités de type 2.0, l’équilibre et l’interconnexion de tous les éléments et enfin l’utilisation d’ancres qui nous rattacheront à notre vision. » (En finir avec la procrastination)

Sur la notion d’ancre, vous pouvez consulter le livre p. 93 ou vous référer à la chronique de La PNL pour les Nuls, par exemple.

Agir !

Pour l’auteur, deux notions importent pour comprendre la capacité d’agir : la productivité et l’efficacité. Pour simplifier, il prend la métaphore d’une route.

Pensez que votre vision personnelle est un chemin à parcourir.

La capacité d’agir est l’ensemble des choses concrètes qui « accomplissent » la vision personnelle.

La productivité désigne le nombre d’heures que vous décidez de dédier à la « marche ».

L’efficacité consiste à vous assurer que vous marchez « bien », c’est-à-dire que vous avancez vraiment, en mettant les bons moyens en œuvre.

Maintenant, allons plus loin. Car il existe d’autres critères à prendre en compte qui seront détaillés dans ce chapitre :

L’autorégulation ;

La maîtrise de la paralysie décisionnelle (dont nous avons déjà parlé) ;

L’héroïsme.

Quand le cerveau veut mais que nos émotions refusent

S’obéir lorsqu’on se commande à soi-même de faire quelque chose : voilà l’un des nœuds du problème. Cette capacité porte un nom : l’autorégulation.

Pourquoi est-ce si difficile ?

Parce que le cerveau est un organe dans lequel entrent en jeu les instincts (cerveau reptilien), les émotions (système limbique) et la rationalité (néocortex). En d’autres termes, l’autorégulation est la capacité de réfréner ses instincts et surtout à contrôler (mais non pas étouffer) ses émotions.

Comment contrôler les émotions négatives qui nous empêchent d’agir (et nous font donc procrastiner) ? Avant de répondre complètement, utilisons une métaphore.

L’éléphant émotionnel et le cavalier rationnel

Imaginez-vous double : vous êtes à la fois un éléphant et son cavalier — émotions et raison. Plus votre cavalier sera apte à diriger, tenace, et plus il sera en mesure de conduire l’éléphant. Mais de son côté, l’éléphant doit accepter l’impulsion ! La question devient donc : comment apprendre à conduire notre éléphant ?

Les ressources cognitives, clés vers l’autorégulation

Dans ce modèle, la raison, c’est d’abord un ensemble de « ressources cognitives » ou, si on file la métaphore, « l’énergie dont dispose le cavalier ». À chaque action, on perd un peu de ces ressources ; elles ne sont pas inépuisables.

Lorsque les ressources cognitives sont épuisées, alors l’éléphant fait ce qu’il veut ! La solution : augmenter et renouveler rapidement vos ressources cognitives. Voyons voir comment faire.

Le renouvellement des ressources cognitives

Ici, pas de miracle : pour renouveler ses ressources, il faut en passer par le corps et par son maintien en forme. Une alimentation saine — des fruits pour l’apport indispensable de sucre, par exemple — et une activité physique régulière — ne fut-ce qu’un peu de marche sont les clés du renouvellement des ressources cognitives.

Pensez aussi à éteindre votre téléphone de temps en temps afin d’éviter les sollicitations intempestives. Et bien sûr, dormez : la nuit, mais aussi, pourquoi pas, en faisant de courtes siestes durant la journée.

L’augmentation des ressources cognitives

Pour augmenter vos ressources cognitives, apprenez à entraîner « le muscle de la volonté », comme dit Petr Ludwig. Cela doit se faire, comme tout entraînement, de façon progressive et répétée. Oui mais comment, concrètement ? Par la création d’habitudes.

La construction des habitudes ou comment entraîner notre éléphant

Certaines activités créent en nous une aversion émotionnelle. Nous sommes bloqués, incapables d’agir. Du moins au début. Et pourtant, si on s’y habitue, on commence à les accepter, et on en vient même parfois à les apprécier.

L’aversion émotionnelle est comme un obstacle à l’action. Il faut donc trouver le moyen d’abaisser l’obstacle le plus possible pour que notre éléphant puisse passer outre. Deuxième pas : répéter l’action une vingtaine, voire une trentaine de fois.

Mais cela ne suffit pas. Si vous voulez réellement muscler votre volonté, vous devrez remonter l’obstacle (et donc la difficulté) progressivement. Prenons un exemple utilisé par Petr Ludwig : courir.

« Si l’on veut s’habituer à courir, il faut baisser l’obstacle initial au minimum. Il suffit de se changer, de sortir de chez soi et de courir quelques centaines de mètres. Une fois cette situation parfaitement dominée plus de 20 fois — lorsque notre éléphant est habitué à cet obstacle —, on peut alors augmenter la distance. Par un allongement graduel, on finit par devenir capable de courir n’importe quelle distance. Et parce que nous allons atteindre le flow, nous allons même aimer courir ! » (En finir avec la procrastination)

Comment ne pas perdre ses habitudes et les préserver durablement

Il peut vous arriver de perdre une bonne habitude, par exemple à la suite de :

Un mariage ;

Une maladie ;

Un oubli ;

Vacances ;

Etc.

Pour la retrouver, n’exigez pas de vous-même des performances identiques à celles d’autrefois. Reprenez au niveau minimal, pour remonter doucement, pas à pas, au niveau auquel vous étiez.

Comment surmonter les mauvaises habitudes et ne pas les reprendre

Les mauvaises habitudes peuvent elles aussi être supprimées d’une façon semblable, mais inversée ; c’est-à-dire en diminuant progressivement le comportement néfaste, voire en créant intentionnellement un obstacle (une aversion).

Exemple : pour arrêter de fumer, vous pouvez diminuer progressivement et vous obliger à verser 200 € à quelqu’un dès que vous craquez.

OUTIL : liste d’habitudes

Cet outil a été créé par l’auteur et ses collègues pour vous aider à muscler votre volonté. En 3 minutes par jour, vous pourrez accéder à de profondes transformations. En quoi consiste-t-il ?

Il s’agit d’un tableau mensuel à remplir chaque jour.

Une ligne = un jour du mois ;

Une colonne = une habitude positive à construire ou une mauvaise habitude à perdre ;

Vous nommerez chaque colonne par un résumé de l’action à entreprendre, puis vous créerez une case « Limite » pour indiquer le nombre limite que vous voulez atteindre.

Premier exemple : vous voulez vous lever plus tôt. « Se lever » constitue l’habitude à prendre ; « 7 h 30 » est la limite, c’est-à-dire l’heure maximum à laquelle vous voulez vous lever.

Deuxième exemple : vous voulez faire de la course à pied. « Courir » désigne l’habitude, tandis que « 100 mètres » vous fournit une limite minimale (courir au moins 100 mètres).

Utilisez une dernière colonne pour indiquer votre « potentiel du jour » en le notant sur 10. Par exemple, vous vous êtes levé à 7 h pétantes, sans problème : vous pouvez fièrement vous attribuer un 9 ou un 10/10.

Attention, Petr Ludwig prévient :

« Remplir la liste d’habitudes constitue en soi une métahabitude : le faire nous permet de prendre l’habitude d’apprendre de nouvelles habitudes. La liste d’habitudes est la colonne vertébrale de notre développement personnel, la base de la construction de nouveaux comportements. » (En finir avec la procrastination)

Intégrer cette habitude dans votre liste : remplir la liste d’habitude devient alors votre première colonne.

Pour créer un visuel utile, placez des gommettes vertes ou rouges (ou dessinez-les) pour chaque « jalon » atteint. Si une raison objective vous a empêchée d’accomplir l’habitude, alors vous pouvez utiliser une gomme bleue.

Consultez l’ouvrage pour découvrir les autres conseils et construire concrètement votre première liste d’habitudes !

La paralysie décisionnelle

Nous avons parlé de ce phénomène plus tôt. Il concerne la difficulté à choisir (et donc à agir), lorsqu’on a face à nous un grand nombre d’options possibles. La paralysie décisionnelle est également liée au regret. Nous regrettons de ne pas avoir fait ceci ou cela (telles études, tel choix amoureux, tel investissement dans une passion, etc.) et nous nous sentons frustrés.

En fait, c’est une bonne idée de « fermer volontairement les ciseaux du potentiel ». Mieux vaut retenir rapidement quelques options sur lesquelles vous pourrez vous engager pleinement. Pour ce faire, il vous faudra déterminer les tâches qui répondent le mieux à votre vision personnelle.

OUTIL : todo-today

Cet outil de gestion des tâches devrait vous y aider. Selon Petr Ludwig, il améliorera rapidement votre productivité et votre efficacité. À la différence des méthodes GTD (Getting things done) de David Allen ou ZTD (Zen to done) de Léo Babauta, celle-ci a la particularité de ne pas utiliser de listes.

Elle utilise plutôt la mentalisation et les cartes mentales, qui permettraient un traitement plus clair et plus efficace des informations. Voici les principales étapes pour construire votre premier todo-today :

Sur une feuille blanche, notez les tâches à accomplir ;

Prenez soin de les nommer clairement ;

Si une tâche est trop « grosse », divisez-la (elle doit tenir dans un créneau de 30 à 60 minutes) ;

À l’inverse, regroupez les tâches trop « petites » ;

Utilisez des couleurs pour marquer les priorités (entourez en rouge les tâches urgentes et importantes, par exemple) ;

Ensuite, vous pouvez tracer le « chemin » de la journée avec des flèches ;

Et même noter le temps de réalisation (de 8 à 9 h, par exemple) à côté des « bulles » de couleurs ;

Le moment venu, concentrez-vous sur la réalisation de la tâche ;

Une fois réalisée, rayez-la avec des traits noirs.

Entre deux actions, prenez une petite pause. Faites de votre todo-today une habitude quotidienne, en le préparant le soir pour le lendemain, par exemple.

Consultez l’ouvrage pour découvrir les avantages et les risques liés à cet outil, savoir comment le mettre en œuvre précisément et, surtout, apprendre à le décliner en plusieurs formats : format « todo » et format « idées » !

La zone de confort de la masse, l’endroit où le mal est né

Nous pouvons tous être des héros. Et pourtant, nous sommes souvent rattrapés par l’effet de groupe. Nous nous mettons à agir de façon grégaire, sans oser sortir du lot pour montrer notre différence.

Ce faisant, on se laisse parfois embarquer à faire de mauvaises choses. Non pas parce qu’on serait mauvais naturellement, mais parce qu’on a manqué du courage nécessaire pour s’opposer.

En première approche, l’héroïsme consiste à faire ce pas de côté par rapport au groupe, lorsque celui-ci nous emmène sur une voie que nous ne souhaitons pas suivre.

Plus largement, on peut considérer comme héroïque toute personne qui parvient à sortir de sa « zone de confort », que celle-ci soit physique (un lit bien chaud) ou sociale (des préjugés, par exemple). À nouveau, cela s’entraîne.

OUTIL : héroïsme

Comment ?

En s’habituant à agir pour soi-même, sans que personne ne nous observe, simplement pour le plaisir de l’amélioration.

Pensez à la technique du « samouraï des 3 secondes » : faites l’action (sortir de votre lit, oser une pensée inédite) dans un délai très rapide.

Réalisez aussi la tâche la plus pénible en premier, dans votre journée.

Résultats

« Une vision sans action est un rêve. Une action sans vision est un cauchemar. » (Proverbe japonais cité dans En finir avec la procrastination)

La vision et l’action doivent se conjuguer pour donner naissance aux résultats. Oui, mais quels types de résultats ? L’auteur en mentionne deux :

Résultats émotionnels = liés à la satisfaction, engendrée par la dopamine ;

Résultats matériels = les conséquences tangibles de vos efforts.

Certes, il arrive parfois de dévier de la route et de se remettre à procrastiner sans même avoir atteint les résultats. La cause de ces détours ? Elle peut venir de l’entourage et de la « contagion d’émotions négatives ».

Nous allons voir comment remédier à ce problème.

D’où viennent les émotions négatives ?

Voici le raisonnement de l’auteur, rapidement résumé. Pour des raisons biologiques (liées à l’amygdale), les émotions négatives sont plus « contagieuses » que les émotions positives.

Nous pouvons donc être touchés par celles-là plus facilement. Ce faisant, nous créons une « boucle de rétroaction » qui diminue la somme totale d’émotions positives dans un groupe (chacun se plaignant et recevant les plaintes des autres, etc.).

Imaginons maintenant un hamster qu’on enferme dans une boîte (cette histoire est basée sur une expérience scientifique réelle).

Le premier jour, le hamster tentera de s’échapper en cognant contre le couvercle.

Le deuxième jour, il essaiera, mais moins.

Enfin, après quelques jours dans cette situation, il sera convaincu qu’il ne peut pas sortir et ne tentera plus rien.

Même si vous enlevez le couvercle, il restera là sans protester.

C’est triste ! Et pourtant, cela nous arrive aussi : on appelle cela l’impuissance acquise. On se croit incapables de certaines choses. Dès lors, on les abandonne trop vite. Les états de dépression sont liés à ce sentiment d’impuissance.

Comment se débarrasser d’un hamster ? Comme un vétéran !

Si vous aussi, vous avez « attrapé le hamster », cette drôle de maladie, sachez que vous pouvez la combattre. Certains vétérans ont réussi à le faire avec leurs pensées négatives tournées vers les expériences traumatisantes qu’ils avaient vécues.

Pour cela, il faut distinguer entre :

Le passé positif ;

Le passé négatif ;

Mais aussi le présent ;

Et l’avenir.

Des psychologues ont aidé des vétérans à sortir de leur état en orientant leurs pensées du passé négatif (qui dominait) vers l’avenir, en les incitant à réfléchir au sens de leur vie et à leur vision personnelle. Ils pouvaient témoigner de ce qu’ils avaient vu pour aider les générations futures, par exemple.

Le passé négatif peut alors se transformer en passé positif, c'est-à-dire en un passé bénéfique pour soi et pour d’autres. C’est ainsi que la boucle de rétroaction peut s’inverser (de négative, devenir positive) et amener au flow.

Vous passez de :

« Je ne fais rien » à « Je fais des choses qui ont du sens » ;

« Je me sens coupable » à « Je me sens bien » ;

« Mes doutes m'assaillent et me paralysent » à « Mes compétences augmentent » ;

« J’ai un sentiment d’impuissance » à « J’ai confiance en moi ».

OUTIL : jeu intérieur

Il y a du « jeu », c’est-à-dire un espace de liberté, entre le stimulus (ce qui nous vient de l’extérieur) et la réponse (émotionnelle) que nous lui apportons. Ce « jeu intérieur » vous permet de conserver votre équilibre émotionnel. Cette idée est aussi l’un des postulats de la psychologie cognitive.

Il est possible d’entraîner ce « jeu intérieur » pour surmonter les échecs et autres coups du sort de façon plus calme. Comment ? En tirant parti, justement, de chaque obstacle. Apprenez à tourner tous vos petits soucis en occasions, oui, en opportunités.

Plutôt que de vous sentir comme le hamster piégé, pensez plutôt que vous êtes en train d’apprendre. C’est positif, puisque vous avez essayé de faire quelque chose ! L’idéal est de repérer très tôt vos « hamsters » et de vous en débarrasser au plus vite.

Modifier les perceptions négatives de notre passé en perceptions positives

Il existe des hamsters qu’on peut traiter (évacuer) et d’autres qui sont là pour rester. Vous pourrez apprendre à vivre avec, mais pas lui faire vos adieux définitifs. Ils sont là depuis trop longtemps. Le mieux que vous pouvez faire, c’est de les comprendre et de les accepter (c’est-à-dire d’accepter cette partie de vous-même).

Pour modifier vos perceptions négatives, vous devez donc savoir à quel type de hamster vous avez affaire. Si c’est une émotion trop puissamment ancrée en vous, agissez de telle façon à générer l’acceptation. Si c’est une émotion liée à un problème plus récent ou pour lequel vous pouvez agir, alors entamez la transformation en émotion positive.

Pour vous y aider, faites votre propre « analyse du hamster » (et donnez-lui un nom) en regardant :

Comment vous en avez profité ;

Comment il vous a fait avancer.

OUTIL : liste de flow

Le principe est simple :

Consignez chaque jour — dans un carnet prévu à cet effet, par exemple — 3 choses positives que vous avez vécues dans la journée ;

Puis, évaluez chacune d’entre elles selon une échelle allant de 1 à 10.

Privilégiez un moment en soirée. Notez chaque situation, chaque moment bénéfique en une ou deux phrases courtes, facilement mémorisables. Cet outil aide à transformer (à « positiver ») notre représentation du passé et du présent.

OUTIL : remise à zéro du « hamster »

Pour remettre à zéro un hamster, autrement dit pour régler une situation de blocage interne, retenez bien toutes les propositions qui vous ont été faites dans ce chapitre.

Pour rappel :

Prendre conscience du problème et nommer le « hamster » ;

Prendre du temps pour soi afin de recharger ses batteries cognitives ;

Se souvenir du mode de fonctionnement d’un hamster ;

Se rappeler que changer dépend de soi ;

Activer son jeu intérieur ;

S’orienter vers l’avenir en se reconnectant à sa vision personnelle ;

Positiver son passé en se rappelant les succès et les apprentissages (grâce à votre liste de flow, si vous en avez déjà une) ;

Décider de laisser de côté le hamster en s’engageant en faveur d’une amélioration ;

Créer une todo-today pour se préparer à l’action ;

Agir héroïquement en commençant une première tâche.

Croissance personnelle et déclin personnel

Vous l’aurez compris, il existe deux types de boucles de rétroaction :

La boucle positive du flow (qui mène de « Je fais des choses qui ont du sens » à « J’ai confiance en moi ») ;

La boucle négative du hamster (qui mène de « Je ne fais rien » à « je me sens impuissant »).

Cette boucle négative du hamster constitue le terreau de la procrastination. Un changement durable en ce domaine s’effectue donc à partir du moment où vous parvenez à sauter définitivement d’une boucle à l’autre.

« De nombreuses personnes fluctuent entre ces deux boucles sans être véritablement dans l’une ou l’autre jusqu’au jour où elles franchissent un point de bascule et que la boucle s’active. » (En finir avec la procrastination)

L’objectivité

Il est important d’entretenir un regard extérieur ou, pour le moins, réfléchi sur soi-même. Sans cela, on risque de sombrer dans la bêtise : on devient sûr de soi sur des choses dont on devrait raisonnablement douter.

En d’autres termes, il importe de reconnaître les modèles mentaux à partir desquels nous interprétons le monde. Qu’est-ce qu’un modèle mental ? C’est un ensemble d’idées qui nous aident à ordonner les données venues du monde extérieur.

L’évaluation d’un modèle mental — afin de décider s’il correspond plus ou moins à la réalité du monde extérieur — peut être nommée « objectivité ». Prenons deux exemples proposés par Petr Ludwig :

« Imaginer pouvoir sauver l’Afrique de la famine en vous tapant la tête contre le sol traduit un taux d’objectivité très faible. Au contraire, un modèle mental qui vous indique qu’en vous tirant un coup de fusil dans la jambe vous allez avoir très mal traduit un niveau d’objectivité très élevé ! » (En finir avec la procrastination)

L’effet Dunning-Kruger et la cécité des incompétents

L’effet Dunning-Kruger (du nom des chercheurs qui ont étudié expérimentalement ce phénomène) désigne la relation entre confiance en soi et ignorance. En fait, les conclusions de leurs recherches sont les suivantes :

Les personnes qui sont compétentes ont moins souvent confiance en elles-mêmes et doutent plus facilement de leurs compétences ;

Celles qui sont incompétentes ont plus souvent confiance en elles-mêmes et sont incapables de remettre leurs prétendues compétences en doute.

En somme, cette étude affirme que les personnes compétentes se sous-estiment souvent, alors que les incompétentes ont plus tendance à se surestimer.

Parfois, le cerveau nous protège contre des remises en question qui mettraient en danger nos structures mentales. Ou pour le dire encore autrement : dans certaines situations, nous préférons conserver à tout prix nos « modèles mentaux » plutôt qu’être objectifs.

Pourquoi combattre la non-objectivité ?

Il y a pourtant de bonnes raisons à rechercher l’objectivité et, donc, à lutter contre cet effet d’« ignorance douce » mis en évidence par l’effet Dunning-Kruger. Lesquelles ?

Prendre de meilleures décisions : plus vous agissez de façon objective (conformément à la réalité), plus vous devenez susceptibles de décider et d’agir correctement. Une dose raisonnable de doute et de remise en question ne fait pas de tort.

Se développer individuellement : plus vous reconnaissez vos failles, plus vous êtes capable de les changer rapidement ou de les accepter pour mieux vous comporter.

Agir de façon bonne et juste envers autrui : plus vous vous connaissez vous-même et êtes en phase avec le monde, et plus vous évitez le fanatisme. Vous êtes davantage capable d’empathie, parce que vous reconnaissez les différents modèles mentaux et pouvez en changer.

Comment, concrètement, améliorer notre objectivité ?

Il existe des moyens de combattre le manque d’objectivité. La curiosité, comme on va le voir, n’a rien d’un vilain défaut !

Éducation et formation continue : se former dans différents domaines ouvre l’esprit et permet de mieux détecter nos zones d’incompétence.

Sélection d’informations : apprendre à sélectionner les informations de qualité et à s’appuyer sur elles lorsqu’on raisonne.

Ouverture et modestie : reconnaître vos zones d’ombre ainsi que l’existence d’experts dans d’autres domaines.

Raison et intuition : prendre l’habitude d’interroger son intuition (c’est-à-dire l’utiliser, mais aussi la remettre en question) pour ne pas se laisser prendre dans des évidences.

« Effet retour » : être à l’écoute des retours que d’autres personnes peuvent vous faire concernant vos projets ou vos comportements.

Pensée critique : avoir le courage de la vérité en sortant de sa zone de confort.

Contradiction : s’exercer à la contradiction en contestant ses propres idées aussi fortement que l’on est capable de les soutenir.

Rasoir d’Ockham : rechercher l’explication la plus simple et la plus probable.

Attention à l’opinion de la masse : se détacher des mouvements de foule et de l’influence des groupes qui peuvent conduire à la non-objectivité collective.

Anti-dogmatisme : accepter que nous puissions nous tromper et que nous nous trompions sans doute encore, demeurer dans une attitude de recherche de la vérité plutôt que dans une attitude dogmatique de possession d’une vérité.

Finalement, Petr Ludwig pose cette question au lecteur :

« Sur une échelle de 1 à 10, à combien évaluez-vous vos efforts pour essayer d’augmenter l’objectivité de vos modèles mentaux ? » (En finir avec la procrastination)

Conclusion : la clé de la pérennité du changement

Petr Ludwig rencontre certains de ses clients qui sont tout à fait heureux après avoir suivi les conseils prodigués par son livre ou avoir suivi ses coachings. Pourtant, il y en a d’autres qui « rechutent ».

C’est même une chose assez courante. Lui-même reconnaît oublier beaucoup de ce qu’il lit. Au final, vous lisez un livre de développement personnel, puis vous en oubliez le contenu et celui-ci reste à jamais « lettre morte » dans votre bibliothèque.

Dans ce cas, que faire ?

OUTIL : rendez-vous avec soi-même

L’auteur vous propose une méthode d’auto-coaching pour mettre en application les principes et les outils novateurs proposés tout au long d’En finir avec la procrastination.

Prendre rendez-vous avec soi-même, c’est donc se considérer comme son propre coach. Quelques idées simples vous aideront à mieux comprendre de quoi il s’agit et à l’appliquer au quotidien.

Une fois par semaine, prenez rendez-vous avec vous-même ;

Cela peut être les dimanches après-midi, par exemple, dans un endroit au calme, sans distractions ;

Utilisez la liste des questions à vous poser à vous-même et notez les réponses et les idées importantes dans un carnet (vous devez pouvoir les retrouver lors du prochain rendez-vous).

Bien sûr, le risque de reporter le rendez-vous existe. Essayez de planifier plusieurs semaines à l’avance (au moins deux). Vous pourriez aussi vous retrouver démuni devant votre feuille de papier.

Mais pas d’inquiétude ! Allez sur le site français laprocrastination.fr où vous trouverez la liste de questions à vous poser, ainsi que d’autres documents pour vous aider à bien démarrer !

La fin de la procrastination et votre nouveau départ

La révision des concepts et outils qui se trouvent dans ce livre est importante. Trouvez-lui une place dans votre maison et pensez à le feuilleter de temps à autre. « La révision », dit le proverbe, « est mère de la sagesse ».

Conclusion sur « En finir avec la procrastination » de Petr Ludwig et Mathias Durand :

« Comment arrêter de tout remettre à demain pour commencer à vivre pleinement aujourdhui ! »

La procrastination est l'un des maux du siècle. Pourquoi demeurons-nous sans agir, alors que nous savons ce que nous avons à faire ? Qu'est-ce qui nous pousse ainsi à reporter au lendemain nos tâches du quotidien ?

Ce problème peut sembler anodin. Et pourtant, il peut avoir des conséquences très fâcheuses, lorsqu'il devient récurrent. La procrastination peut aller jusqu'à nous faire perdre la confiance de nos employeurs ou de nos proches, et nous enfermer durablement dans la peur du monde et d'autrui.

Il est donc temps de passer à l’action ! Heureusement, ce livre vous offre une méthode originale, basée sur les principes du développement personnel, pour en finir avec la « boucle négative du hamster ».

En fait, son propos pourrait être considéré comme plus large que le simple combat contre la procrastination. En effet, l’auteur explique comment mettre un terme aux pensées négatives et cherche aussi à accroître notre objectivité. Ce faisant, il brasse des sujets larges et vise, globalement, une amélioration de l’individu.

Mais tous ces sujets sont bel et bien liés à la procrastination, qui est un problème que nous connaissons tous et qui peut avoir de fâcheuses conséquences. Celle-ci est souvent le fruit de blocages et d’idées toutes faites. Devenir plus positif et plus objectif contribue donc bel et bien au combat que se propose de mener l’auteur.

Voici un bref rappel des principaux outils développés dans l'ouvrage :

La vision personnelle ;

Liste d'habitudes ;

Todo-today ;

Héroïsme ;

Liste de flow ;

Jeu intérieur ;

Le bouton de remise à zéro du hamster ;

Rendez-vous avec soi-même.

Pour les mettre en oeuvre, vous pourrez également profiter de ces 5 méthodes complémentaires :

L'analyse SWOT personnelle ;

La liste des réussites personnelles ;

L'analyse des activités motivantes ;

Bêta version de la vision personnelle ;

L'analyse du hamster.

→ Pensez aussi à consulter la chronique de Le hamster quitte la roue de Christopher Klein et Jens Helbig !

Ce qu’il faut retenir de « En finir avec la procrastination » de Petr Ludwig et Mathias Durand :

Voici un message important qui apparaît dans la conclusion :

« Combattre la procrastination est un acte d’héroïsme quotidien ». (En finir avec la procrastination)

Autrement dit, vous pouvez vous sentir fier d’avancer, chaque jour, dans l’accomplissement de vos souhaits. C’est dans le chemin lui-même que vous pouvez trouver la force et la satisfaction.

Les résultats ne sont pas à négliger, bien sûr, mais c'est l’action elle-même — le plaisir même de se mettre à changer — qui vous procurera les ressources pour entrer durablement dans le cercle vertueux du flow.

Avez-vous un autre message à retirer du livre de Petr Ludwig ? Si c’est le cas, l’auteur vous propose de lui envoyer un mail sur son email personnel !

Quant à lui, voici ce qu’il propose de retenir, en citant le philosophe et psychologue étatsunien William James :

« La chose la plus importante est de vivre pour quelque chose de plus que pour la vie toute seule. » (Cité dans En finir avec la procrastination)

→ Il vous semble que vous avez besoin d'encore plus de conseils pour en finir avec la procrastination ? Dans ce cas, laissez le hamster de côté et mangez un crapaud ! Sans blague, lisez donc la chronique de Avalez le crapaud : 21 méthodes pour déjouer la procrastination de Brian Tracy, mais consultez-la pour agir et non pour continuer à procrastiner !

Points forts :

La présentation claire, didactique, des causes de la procrastination et des moyens pour la combattre ;

Des schémas à l’appui de la démonstration, à partir d’une méthode nommée know-how design.

Une méthode qui s’appuie sur les meilleures études scientifiques liées au développement personnel ;

Une proposition claire et documentée (via le site internet en français) pour s'auto-coacher au quotidien.

Point faible :

La reformulation toute personnelle (par Petr Ludwig) de certaines idées classiques du développement personnel peut parfois porter à confusion, lorsque nous les connaissons déjà. Cela dit, nous ne pouvons en tout cas pas nier l’effort pédagogique et l’intérêt de sa proposition originale. À recommander, donc !

Ma note :

                

Avez-vous lu le livre de Petr Ludwig et Mathias Durand « En finir avec la procrastination » ? Combien le notez-vous ?

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Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Petr Ludwig et Mathias Durand « En finir avec la procrastination »

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Thu, 15 Dec 2022 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12169/En-finir-avec-la-procrastination
Les lettres de Jeff Bezos http://www.olivier-roland.fr/items/view/12014/Les-lettres-de-Jeff-Bezos

Résumé de « Les lettres de Jeff Bezos. 14 principes pour faire croître votre entreprise comme Amazon » de Steve Anderson : un livre passionnant issu d’une lecture approfondie et originale des lettres envoyées par Jeff Bezos à ses actionnaires — laissez-vous convaincre par ces quatorze thèses claires qui n’ont qu’un seul but, vous aider à faire décoller votre entreprise ! Par Steve Anderson (avec Karen Anderson), 2020, 237 pages. Titre original : The Bezos Letters. 14 Principles to Grow your Business Like Amazon. Chronique et résumé de « Les lettres de Jeff Bezos. 14 principes pour faire croître votre entreprise comme Amazon » de Steve Anderson

L’auteur et l’ouvrage Steve Anderson est un spécialiste du risque, de la technologie et de la productivité. Avec plus de 340 000 followers, il a notamment été choisi parmi les 150 personnalités à suivre sur LinkedIn. Sa femme, Karen Anderson, est écrivaine et journaliste. Elle a également contribué à l’écriture de cet ouvrage. Ils ont créé un site internet qui accompagne le livre et permet de réaliser les exercices qui se trouvent en fin de chapitres : TheBezosLetters.com. N’hésitez pas à y faire un tour et, éventuellement, à contacter le couple par ce biais.

Partie introductive. Le risque et la croissance Selon Steve Anderson, Jeff Bezos est le « maître du risque ». Pourquoi ? Parce que celui-ci a su lier le risque à son activité commerciale de façon positive, intuitive et intentionnelle. Contrairement à de nombreuses autres entreprises, le créateur d’Amazon pense que le risque est une occasion d’apprendre et qu’il vaut la peine de suivre son intuition, à condition d’avoir clairement ses objectifs en tête. Les débuts C’est à 30 ans que Jeff Bezos crée Amazon. Nous sommes alors en 1994 et internet n’est encore qu’une technologie d’initiés, ou presque. Il souhaite créer la plus grande librairie du monde, non pas physique, mais en ligne. Or, cela lui a réussi, puisqu’il fait aujourd’hui partie des multinationales les plus florissantes des États-Unis et du monde. En 2018, Amazon a atteint et dépassé la valeur de mille milliards de dollars. Comment a-t-il transformé son projet de librairie en ligne en l’affaire la plus lucrative du siècle ? C’est ce que Steve Anderson se propose d’étudier en examinant les lettres que son fondateur a envoyé aux actionnaires durant toutes les années de développement de l’entreprise. Retour sur risque Au lieu de parler de retour sur investissement, l’auteur propose le concept de « retour sur risque ». Que faut-il entendre par là ? Simplement l’idée selon laquelle le risque lui-même est un investissement. Oser peut rapporter gros ! Première partie. Le cycle de croissance : testez « Chez Amazon, tester est une façon de vivre ; cela signifie encourager tous les membres des équipes à essayer de nouvelles choses pour améliorer la façon dont Amazon fait des affaires. Si quelque chose ne fonctionne pas, ils ne sont pas punis — ils sont encouragés à examiner ce qui ne fonctionne pas et à apprendre de cela. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 29) Autrement dit, le risque, ici, n’est pas vu comme quelque chose de négatif, comme un échec, mais bien comme une occasion d’aller plus loin. Comme nous allons le voir, c’est ce qui rend Amazon si créatif. Chapitre 1 : Encouragez l’« échec réussi » L’échec réussi désigne précisément ce que l’échec vous a appris et la manière dont vous allez transformer cet apprentissage en action. Risque et espace Selon Steve Anderson, il n’est pas impossible que Jeff Bezos, né en 1964, ait été influencé par la conquête de l’espace. Les missions Apollo sont un exemple d’échecs réussis. La première mission fut un drame ; mais ce fut aussi ce qui poussa la NASA à se surpasser. Un pas de géant pour l’humanité… C’est ainsi que durant la décennie des années 60, la NASA réussit progressivement à faire mieux, avec les missions Apollo suivantes. Lorsque les astronautes états-uniens foulèrent le sol lunaire le 20 juillet 1969, cela marqua l’accomplissement de tous ces efforts. « Houston, on a un problème… » Après ce premier alunissage humain, les missions devinrent plus routinières. Pourtant, un jour, un problème survint… C’est à cette occasion qu’on entendit ce fameux : « Houston, on a un problème ». Il y avait un véritable péril pour les personnes à bord de la navette Apollo 13. Le retour fut l’occasion d’un intense suspense, mais aussi d’un apprentissage essentiel. Bien sûr, vous pouvez apprendre autrement. Mais c’est dans l’échec que vous apprendrez le mieux, c’est-à-dire le plus profondément. Jeff Bezos sait maîtriser cette dynamique ; en d’autres termes, il prend des risques de façon intentionnelle. C’est une sorte d’expérimentation continue au sein de son business model. Les échecs les plus réussis d’Amazon Le premier fut Amazon Auctions, une tentative de l’entreprise pour concurrencer eBay. Cela ne fonctionna pas, parce que les clients des deux enseignes ne souhaitaient pas agir de la même façon (les clients d’Amazon comptaient sur des prix fixes). Le second fut zShops, qui permettait à des vendeurs tiers d’utiliser la plateforme d’Amazon contre une petite taxe. Ce qui fut un échec, c’est l’idée de séparer ces vendeurs d’Amazon en créant des pages distinctes. Ce qui fonctionna en revanche — et qui fait encore une partie de la fortune de l’entreprise — c’est de permettre à ces vendeurs tiers de proposer leurs produits sur la Marketplace d’Amazon. Un échec à 178 millions de dollars Il en fut de même pour le Fire Phone, un mobile spécialement conçu pour faire des achats sur Amazon. Il était destiné à aider ses utilisateurs à faire du shopping sur le site en ligne. Mais ce fut un échec retentissant ! Tant que cela ? Pas vraiment… Malgré la fortune investie — 178 millions de dollars, donc — cette technologie fut utilisée pour la création de Echo et Alexa, deux dispositifs promis à de grands succès. L’échec réussi comme état d’esprit pour le succès Retenez ce point : il ne s’agit certainement pas d’incompétence — Amazon n’aime pas beaucoup cela — ni d’absence de peur d’ailleurs, mais simplement de la volonté de réaliser le meilleur possible. Mise en pratique. Encouragez l’« échec réussi » Première question : faites un inventaire de la « tolérance à l’échec » de votre entreprise. Comment l’échec est-il géré ? Deuxième question : quand avez-vous utilisé pour la dernière fois un échec comme « étude de cas » pour améliorer votre affaire ? Troisième question : Que pouvez-vous faire, dans votre commerce ou dans votre entreprise, pour communiquer sur le fait que l’échec est une occasion d’apprendre et de s’améliorer ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 41)

Chapitre 2 : Pariez sur les grandes idées Ce qui fut un succès, ce fut l’idée de mettre les vendeurs tiers sur la même page qu’Amazon (à la différence de zShops). Cela permet au vendeur tiers d’accéder à la clientèle gigantesque d’Amazon, aux clients de comparer et d’avoir le choix, et à Amazon de gagner des commissions, tout en satisfaisant le client (même lorsque ce n’est pas lui, mais un vendeur tiers, qui empoche la vente). Un point important à souligner : les vendeurs tiers sont sélectionnés par Amazon qui exige d’eux un niveau de qualité équivalent à celui qu’il offre. Finalement, ces commissions rapportent énormément à Amazon. « En 2018, 58 % des produits vendus sur Amazon dans le monde venaient des vendeurs tiers… créant des milliards de dollars de revenus pour Amazon. » (Les lettres de Jeff Bezsos, p. 45) Parier sur la livraison gratuite : Super Save Shipping et Amazon Prime Pour les clients d’Amazon, le coût de la livraison était l’une des barrières les plus importantes à l’achat. Et ce, même si les avantages de la vente en ligne étaient assurés. Il fallait donc innover pour changer cette situation. Super Save Shipping fut le premier dispositif introduit : il permettait de se faire livrer gratuitement à partir de 25 $ d’achat. Amazon Prime arriva ensuite. Le système d’abonnement permettait aux clients de se débarrasser des coûts de transport et de bénéficier d’avantages divers : livraison en un jour, pas de limite minimum d’achat. Ce pari fut largement gagnant parce que, entre autres, les clients Prime dépensent en moyenne à peu près le double des clients non Prime par an (1 400 $ dollars contre 600). Parier sur l’effet de levier de l’infrastructure : les services web d’Amazon Amazon web services (AWS) a été créé aux alentours de 2003. Il s’agissait au départ de répondre à des enjeux informatiques en interne. En utilisant la technologie du cloud, Amazon souhaitait permettre à chacun de ses départements de bénéficier de services d’infrastructure à la fois personnalisés et communs. Finalement, cette idée sortit de son cadre initial pour devenir un vrai business. AWS propose des services de cloud à des individus, à des entreprises et à des gouvernements en optant pour une formule simple : le pay-as-you-go (paiement au fur et à mesure). Voici ce que Jeff Bezos lui-même pense du succès de cette entreprise : « Je crois que AWS est l’un de ces business de rêve qui offre ce qui peut servir aux clients et permettre des retours financiers pour de nombreuses années à venir. Pourquoi suis-je optimiste ? D’abord, l’étendue des possibilités est grande, puisqu’elle s’étend à tous les serveurs, les réseaux, les centres de données, l’infrastructure logicielle, les bases de données, les dépôts de données et bien plus. De façon similaire à Amazon, qui fait de la vente au détail sur tous les sujets, AWS ne connaît pas de contrainte au niveau de la taille du marché. » (Cité dans Les lettres de Jeff Bezos, p. 50) Parier petit sur les grandes idées Cela ne peut se dire que de façon relative, bien sûr, mais on peut dire qu’Amazon n’investit pas gros au départ. Par contre, plus il voit que l’idée paie, et plus il investit en elle. Plus il ajoute des services complémentaires aussi qui permettent d’attacher le client et d’augmenter le prix de vente. Les prochains grands paris Jeff Bezos le dit : il veut une quatrième grande idée, après celles de Marketplace (vendeurs tiers), Prime (abonnement et livraison gratuite) et AWS (infrastructures). L’une des pistes prometteuses est la création de magasins physiques. Mais ce pari sera-t-il gagnant ? Il faut s’assurer que les clients y trouvent leur compte. Quoi qu’il en soit, Jeff Bezos a déjà commencé à parier petit, notamment en créant des librairies physiques et des Amazon Go Stores, ainsi qu’en rachetant les magasins Whole Foods. Mise en pratique. Parier sur les grandes idées Première question : Quand avez-vous parié sur une grande idée pour la dernière fois ? Deuxième question : Que pouvez-vous faire pour encourager votre équipe (ou même vous-même) à explorer de nouvelles grandes idées ? Troisième question : Citez une grande idée là, tout de suite, sur laquelle vous pourriez miser ! (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 53) Chapitre 3 : Dynamique pratique de l’invention et de l’innovation Pour avoir du succès, il ne convient ni de s’enfermer dans une seule idée ni de travailler seul. En réalité, il faut constamment innover sans craindre l’erreur, et bien s’entourer. Thomas Edison le savait ; Jeff Bezos aussi, 200 ans plus tard. Chez Amazon, l’expérimentation est encouragée à tous les niveaux de l’organisation et dans tous les départements. Chacun cherche l’amélioration, constamment. Peu importe que vous soyez une nouvelle recrue ou un cadre, la culture du travail d’Amazon fait de vous un innovateur ou un inventeur potentiel. Peu importe d’échouer. L’important est d’essayer avec sincérité. Et si cela réussit, vous serez encouragé à le développer et à le partager avec les autres. L’invention dynamique aide la créativité déchaînée C’est ainsi que vous reconnaîtrez les employés qui sont les plus créatifs ; c’est aussi de cette manière que vous les motivez davantage et que vous les poussez à agir de façon autonome. Les meilleures inventions viennent de ceux qui réalisent les tâches au quotidien ! Agir de façon délibérée en faveur de l’invention dynamique Cette culture interne est réellement mise en œuvre chez Amazon, alors qu’elle reste lettre morte dans d’autres compagnies. L’entreprise tente vraiment de convaincre ses employés que l’échec n’est pas mortel : les conséquences ne seront pas graves pour eux (ni licenciement, ni perte de salaire, etc.). Exploiter ses avantages Amazon connaît ce que les gens lisent et il doit être capable de tirer avantage de cela. C’est ce qu’il fait avec les librairies physiques. L’entreprise, ici, ne cherche pas à vendre un livre en particulier (le client qui sait ce qu’il veut lire achète directement sur Amazon en ligne). Elle cherche à proposer à son client ce qu’il veut lire ensuite. Pour cela, il lui propose un grand nombre d’informations et organise son magasin de façon particulière (en présentant, par exemple, chaque ouvrage face « couverture » et non sur la tranche). Pourquoi la pratique de l’invention dynamique et de l’innovation est essentielle Comme le dit Jeff Bezos : « Ces plateformes (Prime, AWS, etc.) […] créent des situations gagnant-gagnant et créent de la valeur pour les développeurs, les entrepreneurs, les clients, les auteurs et les lecteurs. » (Cité dans Les lettres de Jeff Bezos, p. 62) Lab126 — Le laboratoire d’invention d’Amazon Amazon détient son propre laboratoire d’invention et d’innovation. Le 1 est lié au A de Amazon (la première lettre de l’alphabet) et le 26 au Z de Amazon (la 26e lettre de l’alphabet et le lieu où se termine le logo en sourire de la marque). C’est là que se sont développés les projets du Kindle, du Fire Phone, d’Echo, etc. Et c’est là que bien  d’autres projets verront le jour ! Mise en pratique. La pratique de l’invention dynamique et de l’innovation Première question : Prenez du temps dans les trente prochains jours pour vous demander quelle serait la prochaine chose que vous voudriez essayer dans votre business. Deuxième question : Comment mettre en place un « Lab126 » dans votre entreprise ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 64) Deuxième partie. Construire « Chez Amazon, construire signifie faire d’une idée prometteuse une initiative stable. Amazon construit en s’assurant que chaque investissement soit basé sur ce que les clients veulent. La bonne nouvelle, c’est que les risques à court terme aident à découvrir les initiatives gagnantes et à éliminer les perdantes (et à apprendre d’elles) — ce qui est une façon de sauver du temps, de l’énergie et du capital. Amazon utilise la pensée à long terme pour assurer une fondation solide à chaque initiative (et chaque risque), afin que celle-ci puisse durer plusieurs années, voire au-delà, même si cela signifie faire des sacrifices dans l’immédiat. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 65) Chapitre 4 : Soyez obsédé par vos clients L’obsession est souvent considérée comme une caractéristique psychologique négative. Pourtant, c’est bien l’idée que veut transmettre Jeff Bezos : il s’agit d’avoir la satisfaction du client constamment à l’esprit, comme un mantra ou une idée fixe. Être une entreprise obsédée par ses clients C’est une question pratique. Il faut se mettre à la place du client. Parfois, vous pouvez répondre facilement ; parfois, vous avez besoin de données sur ce qu’il préfère. Quelles sont les solutions à leur proposer — si possible avant même qu’ils ne se rendent compte qu’il y avait un problème ? Amazon a conçu trois piliers de l’expérience client :

Les prix bas ; La meilleure sélection ; La délivrance rapide et pratique.

Que veut vraiment le client ? Bien souvent, les entreprises ne savent pas exactement ce que les clients veulent. À la place, ils s’imaginent que leur façon de communiquer avec eux au sujet de leurs nouveaux produits est inadéquate. En fait, ces entreprises sont obsédées par le produit qu’elles vendent, plutôt que par le client. Voici les questions à se poser — celles qu’Amazon ne manque pas de se poser :

« Qui est le client ? Quel est le problème ou l’occasion du client ? Quel est le bénéfice le plus important pour le client ? (Au singulier) Comment savez-vous ce dont le client a besoin ? À quoi ressemble l’expérience du client ? » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 71)

Le service Client comme une extension de l’obsession à l’égard du client Lorsqu’un client appelle le service Client, il souhaite une réponse rapide et qui convienne à son mode de communication (mail, téléphone, etc.). Amazon laisse très peu attendre ses clients. L’entreprise cherche surtout à éviter au client d’avoir à chercher longtemps comment résoudre son problème (chat, mail, téléphone, etc.). Le plus important est de faire sentir au client qu’il est compris et qu’une solution en profondeur est recherchée. L’employé est placé en situation d’autonomie : il doit être capable de trouver les causes et les solutions du problème de façon indépendante. C’est ce qu’Amazon cherche également à implanter dans la culture des vendeurs tiers, en leur faisant notamment signer un Pack anti-frustration (Frustration-Free Packaging). La puissance des systèmes automatisés Ces systèmes permettent de détecter les produits ou services défaillants (par exemple, un film en streaming) et de rembourser le client de façon proactive. Cette façon d’aller au-devant d’une expérience client défectueuse (par exemple, si le visionnage du film est de mauvaise qualité) garantit le succès d’Amazon. Au-delà de l’attendu Être obsédé par le client a des effets sur la culture d’innovation de l’entreprise. Cette obsession pousse à aller toujours plus loin, au-delà des normes. Mise en pratique. Être obsédé par ses clients Première question : Asseyez-vous et écrivez une description de votre (bon) client typique. Quelles sont ses trois ou quatre caractéristiques principales ? Quels sont ses principaux problèmes que vous pourriez résoudre ? Deuxième question : Que pouvez-vous faire aujourd’hui pour améliorer l’expérience du client vis-à-vis de votre entreprise ? Troisième question : Mettez votre équipe au défi d’amener une nouvelle idée chaque semaine pour servir encore mieux les clients, quel que soit le coût de celle-ci. (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 77)

Chapitre 5 : Appliquez la pensée à long terme « Nous sommes en train de travailler à quelque chose d’important, quelque chose qui importe à nos clients, quelque chose dont nous pourrons parler à nos petits-enfants. » (Jeff Bezos cité dans Les lettres de Jeff Bezos, p. 79) Être un « bon ancêtre » pour ses futurs successeurs et pour ses employés L’idée d’être un bon ancêtre, c’est-à-dire d’avoir participé favorablement au monde de demain (qui inclura peut-être vos petits-enfants), est une très bonne manière de se représenter le long terme pour votre entreprise. Que voulez-vous avoir réalisé dans 50 ans, voire plus ? Ruer dans Wall Street — Amazon donne l’exemple à Apple Certaines entreprises coupent court à l’obsession de Wall Street pour le court terme. Amazon est en première ligne de cette façon de faire. Apple suit également cette tendance en refusant de publier ses revenus trimestriels auprès des agents de la bourse de Wall Street. Tous deux considèrent que ces mesures à court terme ne sont pas adéquates. « Amazon veut casser la tendance, et donc sacrifier les profits de cette année pour investir dans la loyauté des clients à long terme et dans la création de produits qui créeront des profits plus importants l’année prochaine et pour les années à venir. La pensée à long terme permet à Amazon de focaliser son attention sur les chiffres qui comptent. Dans le cas d’Amazon, ces chiffres sont la croissance des clients et des revenus. Investir — en améliorant — dans l’expérience du client améliore la réitération des achats et la force de la marque de l’entreprise. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 85) Penser au long terme même quand le monde récompense la pensée à court terme Revenir à une pensée du long terme peut être difficile, lorsqu’on s’est habitué au court terme. Sur la base de son analyse des lettres aux actionnaires, Steve Anderson propose quelques points résumant l’approche à long terme qui prévaut chez Amazon, au niveau du management et de la prise de décision :

Se focaliser sur le client ; Mesurer l’efficacité des programmes et des investissements sur le long terme ; Apprendre des erreurs et trier régulièrement les bons et les mauvais projets ; Réaliser des investissements courageux ; Privilégier la maximisation de la valeur actuelle de la trésorerie ; Partager ses procédures de décision ; Maintenir une culture du changement, consciente des coûts ; Équilibrer la focalisation sur la croissance et l’attention au long terme ; Engager des personnes motivées et talentueuses.

Mise en pratique. Appliquer la pensée à long terme Première question : Avez-vous une liste d’objectifs à long terme (ou à plus long terme) pour votre entreprise — à la fois sur les plans financier et stratégique ? Deuxième question : Votre équipe est-elle seulement récompensée pour sa performance annuelle ou trimestrielle ou est-elle valorisée lorsqu’elle propose des actions qui donnent des résultats à long terme ? Troisième question : Comment pouvez-vous modifier les récompenses à court terme pour encourager la pensée à long terme ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 90) Chapitre 6 : Comprenez votre volant d’inertie Le volant d’inertie est une métaphore qui vient de la mécanique : il s’agit d’une roue difficile à faire tourner au départ, mais qui, une fois mise en mouvement et prenant de la puissance, devient presque impossible à arrêter. Comment une entreprise passe-t-elle d’un état « bon » à un état « excellent » ? Comment gagne-t-elle en puissance et en inertie ? Telle est la question que cette image permet de poser. « Dans les affaires, pensez votre “volant d’inertie” comme un engrenage avec des rayons tout autour. Chaque rayon de l’engrenage est quelque chose qui apporte de la force pour faire tourner la roue — un élément clé de votre activité qui crée de l’élan et qui permet à votre entreprise d’aller là où vous voulez. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 92) Les activités initiatrices d’élan doivent, bien sûr, aller dans le même sens. Par exemple, si au niveau personnel vous souhaitez maigrir, le régime et l’exercice seront deux activités (deux rayons) qui permettront à votre volant d’inertie de la perte de poids de se mettre en branle de plus en plus rapidement. Voici les rayons du volant d’inertie (ou cercle vertueux) d’Amazon :

Un plus grand choix et un plus grand confort d’achat ; L’expérience du client ; Le trafic sur le site internet ; Le nombre de vendeurs ; La baisse des coûts de structure ; Des prix plus bas.

Ces rayons s’entretiennent mutuellement et vont dans le sens voulu par Amazon : à savoir la croissance. Comment les avantages principaux d’Amazon ont été conçus pour faire tourner le volant d’inertie d’Amazon Steve Anderson prend l’exemple d’Amazon Prime. Bien qu’étant un investissement risqué au départ, Amazon Prime avait pour vocation à améliorer l’expérience du client, à améliorer le confort d’achat et à attirer davantage de trafic sur le site, trois piliers du cercle vertueux. En outre, le succès de Prime a permis de faire baisser les coûts de livraison. En d’autres termes, Amazon Prime permet à Amazon de croître, ce qui permet à Amazon d’améliorer les services offerts par Prime, et donc de croître encore et encore, etc. Comment comprendre votre propre volant d’inertie Référez-vous aux livres de Jim Collins Good to Great (2001) et Turning the Flywheel (2019). L’auteur y pose les questions suivantes, reprises par Steve Anderson :

Comment votre volant d’inertie tourne-t-il ? Quels en sont les composants ? Quelle est la séquence de votre cercle vertueux ?

Mise en pratique. Comprendre votre volant d’inertie Première question : Qu’est-ce qui se trouve au centre du volant d’inertie de votre compagnie ? Deuxième question : Quels sont les facteurs clés ou les activités qui tournent votre volant d’inertie ? Troisième question : Comment ces moteurs se renforcent l’un l’autre pour faire tourner votre volant d’inertie plus rapidement ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 98) Troisième partie. Cycle de croissance : accélérez « Pour Amazon, l’accélération est la façon dont vous faites quelque chose qui a été testé et construit et qui booste ensuite votre croissance. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 99) Chapitre 7 : Générez des décisions ultrarapides Le premier principe à mettre en œuvre est la prise de décision rapide. Cela signifie : éviter le temps perdu. Jeff Bezos résout le paradoxe de la décision rapide et de la vue à long terme en distinguant deux types de décisions :

Les décisions de type 1 qui sont essentielles et ont des conséquences majeures sans retour en arrière possible ; Celles de type 2 qui peuvent être changées ou annulées sans que le monde s’arrête pour autant.

Il encourage ses équipes à prendre des décisions de type 2, en insistant sur le fait que ces décisions ont un caractère singulier (il n’y a pas de décision toute prête), qu’elles se font en l’absence relative d’information et de consensus. Le plus important en la matière, pour un chef ou un cadre, consiste à savoir distinguer les décisions de type 1 et 2. Une fois qu’il a pris une décision, il importe que tous, même ceux qui n’étaient pas d’accord, s’engagent dans la même direction : c’est le principe du « disagree and commit » (désaccord et engagement). Comment accélérer la croissance en prenant des décisions ultrarapides Avec les décisions de type 2, les risques pris sont réversibles. Les employés ont suffisamment d’autonomie et de confiance pour rendre leur travail plus efficace, sans être sclérosés par la peur d’être puni ou de ne pas pouvoir revenir en arrière. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille accepter toutes les décisions ! Toutefois, il importe de laisser la porte ouverte au risque et aux décisions à impact limité, en faisant confiance à la compétence des équipes. Ce n’est pas pour rien que le processus de recrutement est si soigné chez Amazon. Les membres de l’entreprise doivent savoir prendre des risques intelligents, calculés rationnellement. La méthodologie de Bezos : l’histoire des six pages Cela peut paraître contreproductif, mais Jeff Bezos demande à chaque employé souhaitant prendre une décision de créer un mémo de six pages. Pourquoi ? Parce qu’il est essentiel de ralentir avant d’accélérer. Et cela vaut surtout pour les décisions de type 1. « L’histoire des six pages est un document créé autour de la nouvelle idée, écrit dans la forme d’une histoire. C’est une façon de raconter clairement l’idée ou le projet, comme si vous en discutiez avec quelqu’un et lui expliquiez ce que vous avez derrière la tête. Quand les gens parlent ensemble, ils ne parlent pas avec des bullet points. La narration est descriptive et se lit comme un livre, non comme un graphique en camembert. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 108) Les six pages vont servir tout au long du projet. Chacun des participants va pouvoir intervenir sur l’histoire, et on pourra y revenir si on se rend compte que l’idée ne fonctionne pas comme prévu, afin de faire le point sur ce qui a dérapé. C’est un processus collaboratif et itératif qui réduit le nombre des réunions et les rend plus efficaces. Les composants de l’histoire des six pages Voici le squelette d’une histoire de six pages proposé par Sandy Carter, VP des services web d’Amazon et reproduite par l’auteur des Lettres de Jeff Bezos (p. 113) :

Rédigez le communiqué de presse (celui dans lequel vous voudriez présenter votre projet au monde) ; Écrivez les FAQs (répondez à l’avance aux questions qui pourraient vous être posées) ; Définissez les interactions entre les utilisateurs (expliquez comment cela fonctionne) ; Concevez le manuel (donnez les instructions pour que ça marche) ; Répondez à ces questions :

Qui est le client ? Quel est le problème du client ou son opportunité ? Quel est son bénéfice le plus important ? (N’en choisissez qu’un, le plus significatif) Comment connaissez-vous les besoins du client ? (Assurez-vous qu’ils soient aux sources du projet) À quoi ressemble l’expérience du client ? (Anticipez les réactions et les réponses du client.)

Pourquoi cette méthodologie fonctionne-t-elle si bien pour Amazon ? Parce que nous aimons écouter des histoires, comme nous l’apprend d’ailleurs le succès du storytelling. Cela rend les participants à une réunion plus efficace, et cela oblige le rédacteur à placer son idée de façon plus globale, en l’intégrant dans le processus du cercle vertueux d’Amazon. D’un autre côté, comme les décisions de type 2 sont facilitées, cela laisse plus de temps pour mûrir les décisions de type 1. Mise en pratique. Générer des décisions ultrarapides Première question : Avez-vous un mécanisme pour distinguer entre des décisions de type 1 et de type 2 — et est-ce que quelqu’un dans votre équipe comprend cette différence ? Deuxième question : Avez-vous un système en place pour prendre des décisions de type 1 ? (Quelle est votre version du mémo de six pages ?) Troisième question : Avez-vous un mécanisme en place pour prendre rapidement des décisions de type 2 ? (Source : Les lettres de Bezos, p. 115)

Chapitre 8 : Simplifiez ce qui est complexe Créer Kindle pour simplifier la collection de livres et la portabilité Avec Kindle, Amazon facilite la vie des lecteurs, en leur permettant d’augmenter le nombre de livres qu’ils peuvent emporter partout avec eux. De ce fait, ils sont plus enclins à acheter plus de livres. En 2007, lors de la création de Kindle, 88 000 titres pouvaient être téléchargés. Aujourd’hui, ce sont des millions de livres qui peuvent être téléchargés en moins d’une minute sur le dispositif. De nouvelles fonctionnalités voient le jour également. Il ne s’agit pas d’imiter à tout prix le livre, mais de créer une expérience de lecture à la fois riche, comme celle d’un livre, et nouvelle. À l’heure actuelle, par exemple, vous pouvez également écouter des audiolivres. Créer Echo et Alexa pour rendre le quotidien plus simple Le Kindle est le fruit du Lab126. Mais celui-ci ne s’est pas arrêté là. Il a également développé Alexa, un robot ménager qui facilite la vie du quotidien. Comment ? Par la puissance de la reconnaissance vocale et du logiciel d’apprentissage qui permet à cette machine de s’améliorer avec l’usage. Echo (l’enceinte d’entrée de gamme) dispose également de cette technologie qui allie la puissance du hardware (pour l’écoute) et du software (pour la compréhension et la réponse aux questions). L’internet des objets permet d’aller encore plus loin. Ce à quoi Jeff Bezos n’avait pas pensé au départ. « L’impact d’Echo (Alexa) a été fortement influencé par le développement de l’internet des objets (IoT) — à savoir des dispositifs qui incluent tout depuis les lumières de votre chambre à coucher jusqu’à la liste de courses de la porte du réfrigérateur et qui peuvent être gérés depuis de simples commandes vocales. L’enceinte Echo peut service de centrale pour une myriade de dispositifs domestiques intelligents qui arrivent sur le marché. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 125) Self-Service Checkout et Amazon Go Jeff Bezos insiste souvent sur la nature de self-service d’Amazon. Les internautes achètent par eux-mêmes ce dont ils ont besoin, sans l’aide de vendeurs. C’est ce qu’il a voulu reproduire physiquement avec les magasins Amazon Go. Dans un magasin de ce type, vous entrez après vous être connecté à votre compte Amazon, puis commencez à parcourir et à mettre les produits dans votre panier (physique). Vous sortez sans passer par la caisse : sans vous en rendre compte, vous avez payé dès que vous avez effectué l’action de mettre le produit dans le panier. Vous recevez votre note par mail quelques minutes plus tard. La vie n’est-elle pas plus simple ? Vous n’avez qu’à faire un tour dans le magasin et sortir. Le reste est pris en charge. Utiliser les plans de compétence (skill blueprints) d’Alexa Alexa vous offre un autre service qui vous facilite le quotidien. Vous pouvez déléguer à Alexa des choses à faire ou à faire faire par d’autres membres de la famille. Par exemple, vous pouvez demander à Alexa de conserver un mot de passe et de le transmettre aux invités qui occupent votre maison, ou lui soumettre une liste de tâches à réaliser par les enfants. Quel est l’avantage de ce système ? Le gain de temps. Comme le dit Steve Anderson : « Amazon a utilisé la technologie pour accélérer le temps au bénéfice de ses clients. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 128) Commencer à simplifier les soins de santé L’une des dernières acquisitions d’Amazon, qui date de 2018, est PillPack. Que fait cette entreprise et en quoi rend-elle la vie de ses clients plus aisée ? Elle se charge de délivrer les médicaments aux personnes ayant des prescriptions complexes, en triant pour eux les cachets à prendre et en les fournissant en sachets uniques. Au lieu d’avoir à gérer plusieurs boites de médicaments différents, PillPack fournit la dose exacte des médicaments à prendre par jour. Ce service est gratuit pour les médicaments couverts par les assurances. Il facilite ainsi la gestion des recharges, des questions d’assurance et de prescription. Mise en pratique. Rendre simple ce qui est complexe Première question : Quelles sont les plus grosses « barrières à l’entrée » pour les nouveaux clients qui font affaire avec vous ? Deuxième question : Que pouvez-vous faire pour faciliter le commerce entre vous et vos clients existants ? Troisième question : Quelle est la partie de l’expérience client la plus compliquée ou la plus complexe et comment pouvez-vous la simplifier ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 130) Chapitre 9 : Accélérez le temps avec la technologie « L’invention est dans notre ADN et la technologie est un outil fondamental que nous manions pour évoluer et améliorer chaque aspect de l’expérience que nous offrons à nos clients. Nous avons encore beaucoup à apprendre, j’espère et je m’attends à ce que nous continuions à avoir autant de plaisir à apprendre. » (Jeff Bezos, cité dans Les lettres de Jeff Bezos, p. 131) Pourquoi accélérer le temps avec la technologie est-il plus facile que jamais La numérisation des données et la puissance des ordinateurs s’accroît à une vitesse exponentielle. La compétition autour de ces technologies est elle aussi acharnée. Amazon reste modeste, mais veut avoir son mot à dire dans ce développement. Même si votre entreprise n’en est pas à ce stade, demandez-vous simplement si ses technologies ne sont pas obsolètes. Autrement dit, assurez-vous d’être toujours dans une logique de prise de risque et d’innovation. Une chose est sûre : aujourd’hui, ne rien faire serait pire que d’agir. Comment utiliser la technologie pour « accélérer le temps » Certaines entreprises prennent de l’avance et de la force grâce à des technologies nouvelles, tandis que d’autres ralentissent et doivent s’adapter. L’un des points forts de Jeff Bezos est qu’il est capable d’identifier les technologies qui surgissent et qui peuvent servir les principes fondateurs d’Amazon (comme l’obsession à l’égard du client). AWS et le lead de sept ans C’est à peu près ce qu’il s’est passé avec les AWS (Amazon web services), autrement dit le service de cloud d’Amazon, vendu aux autres entreprises, ainsi qu’aux gouvernements. Qu’a fait ici Jeff Bezos ? Il a transformé la technologie qui avait été utilisée pour développer la propre infrastructure d’Amazon en un service à proposer à d’autres secteurs. Un service qui est devenu très, très rentable ! « Tout à coup, c’était là » La technologie peut parfois donner l’impression d’arriver lentement, et de ne montrer ses effets que progressivement. Mais c’est trompeur. En fait, une technologie peut croître de façon exponentielle et s’implanter si rapidement qu’elle paraît soudainement évidente. « Il y a de nombreux exemples de technologies et de plateformes qui deviennent perturbatrices en peu de temps. On peut évidemment parler d’Uber et de Airbnb. Mais il y a encore beaucoup d’autres entreprises qui changent des industries entières du tout au tout. La perturbation ne survient pas toujours au niveau de l’industrie entière […], mais peut affecter une partie de vos affaires, en donnant à des entreprises qui adoptent ces technologies un avantage sur les autres. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 137) Centres de distribution On a vu qu’il avait développé, en interne, une infrastructure de cloud. Mais ce n’est pas tout. L’intelligence artificielle et la robotique sont mises à profit à d’autres niveaux. Amazon utilise notamment la technologie pour organiser la distribution des paquets, livrer rapidement et ainsi satisfaire le client. Depuis l’achat de Kiva System en 2012, Amazon perfectionne ses techniques de stockage et de distribution. Amazon dispose aujourd’hui de 175 centres de distribution en opération dans le monde. Il a déjà équipé 25 de ceux-ci de robots qui viennent en aide au travail des humains, comme dans le centre de Jeffersonville par exemple. Mise en pratique. Accélérer le temps avec la technologie Première question : Comment utilisez-vous la technologie pour accélérer la croissance de votre entreprise ? Deuxième question : De quelle façon pourriez-vous utiliser la technologie pour rendre une partie de votre affaire obsolète (avant que vos compétiteurs le fassent pour vous) ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 140) Chapitre 10 : Faites la promotion de la propriété Un shareowner, en anglais, c’est-à-dire un actionnaire, prend des parts dans une société en les achetant. Il devient ainsi un propriétaire de la société, et non un locataire. Cela a des conséquences pour Jeff Bezos. À savoir, en premier lieu, celui de se préoccuper de la société. Vous ne pouvez pas vous comporter à l’égard d’une propriété comme à l’égard d’un bien quelconque. En d’autres mots, vous devez vous comporter avec votre propriété selon une logique de long terme. Il s’agit, en fin de compte, d’un état d’esprit très différent. Prendre possession Il en va de même pour les employés, et surtout les cadres. Jeff Bezos les encourage à se concevoir eux-mêmes comme des propriétaires de l’entreprise, à penser et à agir de cette façon. Un propriétaire ne peut pas dire : « Cela n’est pas mon problème ». Il se sent impliqué et investi dans la résolution dudit problème. Comment promouvoir la propriété Voici les règles pour promouvoir la propriété parmi les investisseurs et les employés :

Les traiter comme des propriétaires en utilisant un langage approprié ; Donner aux employés des actions dans la société ; Faciliter la prise de décision ; Faire des réunions permettant de partager une « cause commune » ; Fournir à chacun des occasions d’inventer et d’innover ; Offrir la possibilité de se désengager quand ils le souhaitent ; Accepter le désaccord au sein du processus de prise de décision (et avancer quand même).

Les clients peuvent sentir « la propriété » aussi — Amazon Smile Il ne s’agit pas de propriété à proprement parler, mais du sentiment d’agir avec Amazon. Avec Amazon Smile, vous pouvez donner en faveur d’une association de charité de votre choix. À chaque achat, vous participez ainsi à renforcer une bonne cause, grâce et main dans la main avec Amazon. Ce geste donne un sentiment de communauté. Mise en pratique. Promouvoir la propriété Première question : Offrez-vous une compensation à votre équipe sous la forme d’une « propriété » de l’entreprise — celle-ci incluant un partage des profits ou de la croissance ? Deuxième question : Communiquez-vous régulièrement avec votre équipe sur les objectifs à court terme et sur les objectifs à long terme de votre affaire ? Troisième question : Y a-t-il une incitation (ou une barrière), pour les employés, à améliorer ou à réparer certains domaines de l’entreprise en dehors de leur propre département ou de leurs responsabilités ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 147) Quatrième partie. Cycle de croissance : mesurez « Chez Amazon, la mesure est la manière par laquelle vous réalisez une croissance exceptionnelle sans sacrifier qui vous êtes ou ce que vous offrez. Cela requiert de créer et de maintenir une culture de l’innovation — une culture capable de prendre de risques au service du client [et] implique une concentration accrue sur les standards élevés et de ne pas sacrifier la qualité sur l’autel d’une plus grande profitabilité. Cela implique de mesurer ce qui compte et de questionner de façon continue ce que vous mesurez afin d’être sûr d’être focalisé sur les bonnes statistiques — mais sans oublier votre intuition dans le processus. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 149) Chapitre 11 : Maintenez votre culture Comment l’entreprise de Jeff Bezos a-t-elle maintenu sa culture en atteignant le nombre de 600 000 employés ? Probablement grâce à son leadership personnel, mais aussi au fait de rester concentré sur les objectifs clés de l’entreprise, la croissance en tête. Bien sûr, il est difficile de rester humble et focalisé sur le client à partir d’une certaine taille, mais c’est l’enjeu. La culture du « premier jour » est pour cela ardemment défendue par les équipes d’Amazon. C’est l’état d’esprit que les employés doivent avoir. Amazon a par ailleurs développé 14 principes que les cadres doivent toujours garder en tête. Les 14 principes de direction d’Amazon

L’obsession à l’égard du client ; La propriété ; L’invention et la simplification ; La justice ; L’apprentissage et la curiosité ; L’engagement et le développement d’employés ; La focalisation sur les plus hauts standards ; L’ambition (penser grand) ; Le biais pour l’action ; La frugalité (faire plus avec moins) ; La confiance acquise par l’écoute ; Le scepticisme et le goût du détail (à l’égard des données) ; L’engagement, même dans le désaccord ; La concentration sur le résultat.

Les innovations intérieures : une approche pour construire et conserver sa force de travail Amazon développe des techniques pour éviter le turn-over de ses équipes et ainsi conserver sa force de travail. Il a développé plusieurs programmes, tels que :

« Choix de carrière », qui permet aux employés d’employer une part de leur temps dans des formations ; « Payer pour arrêter », qui permet à un employé de partir d’Amazon de façon simplifiée, s’il ne se sent pas à l’aise avec ses missions ; « Virtual contact center » qui permet à un employé de travailler depuis la maison.

Les bénéfices de se souvenir des « premiers jours » Amazon cherche à rappeler son histoire à ses employés pour conserver sa culture d’entreprise. Jeff Bezos a par exemple nommé son bâtiment de Seattle, « Day 1 ». Mais ce n’est pas tout. L’entreprise cherche de façon répétée à montrer que c’est encore le « premier jour ». Ses principes de gestion en sont imprégnés ; les fameux « bureaux-portes » des débuts (Jeff Bezos avait construit son bureau en installant des pieds à une porte) se sont multipliés dans les bâtiments, rappelant aux employés (les « Amazoniens ») la frugalité et l’innovation des débuts. Mise en pratique. Maintenir sa culture Première question : Pouvez-vous articuler/expliciter ce qu’est votre culture d’entreprise ? Deuxième question : Si vous posiez la même question à vos employés, leur réponse serait-elle identique à la vôtre ? Troisième question : Quels sont les éléments clés positifs de votre culture d’entreprise que vous pourriez renforcer ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 162-162)

Chapitre 12 : Focalisez-vous sur des standards élevés Steve Anderson cite le proverbe suivant pour résumer l’idée : « Si vous pensez qu’il est cher d’engager un professionnel, attendez d’avoir engagé un amateur. » « Les rehausseurs de barre » et les demandeurs d’emploi d’Amazon Lors des entretiens d’embauche, Amazon fait appel à des « rehausseurs de niveau » qui sont des responsables ayant démontré des compétences dans le choix des employés engagés. De façon plus générale, avant d’embaucher quelqu’un, le cadre doit se poser trois questions :

Admirez-vous cette personne ? Cette personne augmentera-t-elle le niveau moyen d’efficience du groupe dans lequel il entrera ? Dans quelle dimension (compétence, intérêt, etc.) cette personne pourrait-elle devenir une superstar ?

Investir en maintenant des standards élevés pour les parties tierces Il en va de même pour ceux qui travaillent pour Amazon, sans pour autant faire partie de l’entreprise. C’est le cas de certains livreurs qui travaillent en freelance. En 2018, Amazon a cherché à attirer de nouveaux entrepreneurs en leur offrant des conditions très intéressantes. À quatre conditions :

Être focalisé sur le client ; Diriger et motiver une équipe de délivreurs ; Travailler dur et démontrer des résultats ; Être résilient, c’est-à-dire capable de changer et de s’adapter.

Des standards élevés pour les « non amazoniens » Il en va de même pour les vendeurs tiers qui profitent de la Marketplace d’Amazon, comme on l’a vu plus haut. « Sous plusieurs aspects, l’investissement d’Amazon dans les vendeurs tiers opère à la façon dont les franchises assurent aux franchisés de maintenir les standards de la marque. […] Les clients savent exactement à quoi s’attendre lorsqu’ils vont dans une entreprise franchisée […]. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 172) Comment investir dans des standards élevés pour votre entreprise Focalisez-vous sur l’expérience du client. Cela requiert une approche holistique. Commencez par définir les standards que vous souhaitez atteindre et maintenir. Investissez-y ensuite de façon constante, jusqu’à atteindre ce que vous voulez de meilleur pour vos clients. Pour ce faire, vous devrez aussi garder cette mentalité du premier jour. Cela signifie simplement éviter de perdre de vue la croissance et l’innovation. Comme le dit Jeff Bezos : « Le Jour 2 est l’arrêt du mouvement. Suivi par l’inutilité. Suivi à son tour par l’atrocité et le pénible déclin. [Puis] la mort. Et c’est pourquoi c’est toujours le Jour 1. » (Jeff Bezos, cité dans Les lettres de Jeff Bezos, p. 173) Mise en pratique. Se focaliser sur des standards élevés Première question : Quelles sont les trois ou quatre caractéristiques importantes de vos employés les plus performants ? Deuxième question : Vous focalisez-vous (ainsi que vos responsables de recrutement) sur ces caractéristiques lorsque vous engagez du personnel ? Troisième question : Qui est responsable du « contrôle qualité » dans votre compagnie — et comment s’en occupent-ils ? (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 174) Chapitre 13 : Mesurez ce qui compte, interrogez ce qui doit être mesuré et faites confiance à votre instinct « Un grand nombre de décisions importantes que l’on réalise sur Amazon.com peuvent être faites grâce aux données. Il y a une bonne et une mauvaise réponse, une meilleure réponse et une pire, et les maths peuvent nous dire laquelle est laquelle. Ce sont nos décisions préférées. » (Jeff Bezos, cité dans Les lettres de Jeff Bezos, p. 175) La mesure ne concerne pas seulement les données financières Les données ne concernent pas seulement l’argent dépensé ou récolté (bien que cela soit important pour Amazon également !). Non, l’information la plus anecdotique peut être utilisée pour connaître la meilleure manière de servir le client et lui fournir une meilleure expérience du site internet (en lui proposant des articles pertinents, par exemple). Le design web est devenu une véritable science chez Amazon, au point que l’entreprise a développé un Weblab qui analyse tous les changements graphiques et ergonomiques possibles en vue de choisir les meilleurs. Des tests peuvent être effectués pour savoir si les clients préfèrent ou non les changements opérés sur la plateforme de vente en ligne. Mesurer les finances La méthode de calcul financière d’Amazon est propre à Jeff Bezos. Celui-ci ne calcule pas bénéfice, bénéfice par action, taux de croissance des bénéfices, mais par « flux de trésorerie disponibles ». « Les flux de trésorerie disponibles (free cash flows) sont définis comme les flux de trésorerie nets générés par les activités d’exploitation moins les achats d’immobilisations, y compris les logiciels à usage interne capitalisés et le développement de sites web, tous deux présentés dans nos états des flux de trésorerie. » (Jeff Bezos, cité dans Les lettres de Jeff Bezos, p. 179) Ce concept n’a rien de simple. Mais le plus important à retenir, pour une société petite ou grande, est de se focaliser sur une seule mesure : celle qui correspond le mieux au type de progrès que vous voulez engranger pour votre organisation. Définissez des données que vous pourrez utiliser pour calculer cette mesure et savoir si vous avancez dans la bonne direction. Faire confiance à son instinct Les données chiffrées ne sont pas les seuls guides valables pour autant ! La curiosité, la remise en question, l’attention à la moindre anecdote — qui sont souvent révélatrices et précieuses — peuvent vous permettre de sentir l’évolution de votre entreprise et l’état de satisfaction de votre clientèle. Et même lorsque vous analysez les données — une étape cruciale et obligatoire, surtout quand l’entreprise grandit en taille — vous devez vous servir de votre intuition. Les données ne sont pas toujours (voire jamais) compréhensibles d’elles-mêmes, il faut les interpréter. En alliant votre sens de l’observation et votre instinct aux données, vous deviendrez capable de leur donner sens et de prendre de meilleures décisions. La confiance de ses clients Les clients savent que vous utilisez les données pour améliorer leur expérience de navigation. Ils sont intelligents et ils vous font confiance. C’est donc à vous d’honorer ce crédit qu’ils vous offrent pour améliorer constamment votre service ou votre proposition commerciale. Mise en pratique. Mesurez ce qui compte, questionnez ce que vous mesurez et faites confiance à votre instinct Première question : Avez-vous identifié les principales données clés de votre affaire ? Deuxième question : Êtes-vous capable de trier effacement toutes les données, de mesurer et d’arriver à comprendre quelles sont les données qui comptent vraiment ? Troisième question : (Vous êtes en train de mesurer quelque chose, pas vrai ?) (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 184) Chapitre 14 : Croyez que c’est toujours le Jour n° 1 Le Jour n° 1 est moins une date qu’un concept et un état d’esprit. L’obsession du client est la caractéristique principale de ce concept. C’est ce qu’il s’agit de ne jamais oublier et de maintenir, au-delà de toute routinisation des procédures. Jeff Bezos a commencé toute son entreprise en ligne et il avait un besoin impérieux de changer d’échelle, en convainquant toujours plus de clients (puisque ses marges n’étaient pas très importantes). En outre, ce concept lui a permis de créer une mythologie autour du commencement, puisqu’à la différence d’une entreprise physique, aucune inauguration grandiose n’a été organisée pour célébrer le début de l’aventure. Résister aux excuses Le Jour n° 1 est une idée qui permet également d’éviter les excuses qui dérivent de l’habitude et du relâchement qu’induit la création d’une procédure. Souvent, l’on accuse la méthode ou les procédés, plutôt que soi-même. En rappelant à ses employés que les choses sont toujours en mouvement et commencent, ici et maintenant, Jeff Bezos souhaite leur rappeler qu’ils sont responsables de leurs actes. Il ne s’agit pas, bien sûr, de défendre l’anarchie et de nier tout intérêt à l’ordre et à la standardisation. Chaque entreprise a besoin de créer des routines pour avancer et se développer. Celles-ci doivent aider à la prise de décision, mais elles ne peuvent se substituer à l’obsession de l’entreprise : servir le client. Embrasser les tendances externes C’est une autre raison qui pousse à se sentir toujours au premier jour ! Être toujours le Jour n° 1, c’est être encore attentif à l’environnement duquel on émerge et qui nous entoure. Autrement dit, c’est ne pas oublier qu’il peut exister des forces qui peuvent rendre votre modèle obsolète, et c’est aussi être capable de prendre des risques pour rester dans la course et vous adapter. La vitesse l’emporte sur la perfection L’important pour Jeff Bezos et Amazon, nous l’avons dit, c’est la croissance (qui passe par une attention de tous les instants à la satisfaction du client). Pour croître rapidement, il importe de ne pas viser la perfection, mais plutôt la vitesse. Il faut agir vite, quitte à commettre quelques erreurs, et apprendre tout aussi rapidement. Évitez les atermoiements de la culpabilité ; apprenez et agissez en conséquence. Cela fonctionne tout particulièrement pour les décisions de type 2. S’engager en faveur du « Jour 1 » en agissant et en pensant comme une start-up Voici la conclusion de Steve Anderson au sujet du Jour n° 1. « L’état d’esprit du Jour n° 1 promu par Jeff Bezos peut être appliqué à n’importe quel type d’entreprise dans n’importe quelle industrie, depuis la start-up jusqu’aux compagnies grandes et matures. Il n’est pas facile d’être une entreprise du Jour n° 1, mais il importe avant tout de se rappeler qu’il s’agit d’un état d’esprit. L’appliquer au sein d’une grande entreprise vous aide à éviter a déchéance et à rester focalisé sur ce qui fait de vous une entreprise couronnée de succès. » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 190) Mise en pratique. Penser que c’est toujours le « Jour n° 1 » Première question : Si votre entreprise a plus de cinq ans, demandez-vous ce que vous faisiez au commencement et que vous voulez encore continuer à faire. Deuxième question : Si votre affaire a moins de cinq ans, demandez-vous ce que, dans dix ans, vous aimeriez continuer à faire (en plus de gagner davantage d’argent). Troisième question : Peu importe que votre entreprise soit jeune ou vieille, demandez-vous ce que vous pouvez faire de façon régulière pour conserver cet état d’esprit du « Jour 1 ». (Source : Les lettres de Jeff Bezos, p. 192) Chapitre 15. Un état d’esprit du risque et de la croissance De la Marketplace d’Amazon aux services web (Amason web Services), en passant par Kindle et par Prime, Amazon innove. Non pas en prenant des risques à l’aveuglette, mais en apprenant de ses échecs et en osant, de façon intentionnelle, aller à contre-courant en croyant en ses idées. Aujourd’hui, Jeff Bezos n’est plus aux manettes du quotidien d’Amazon. Il cherche à anticiper la trajectoire sur le long terme, à identifier les voies dans lesquelles il estime qu’il sera profitable de s’engager. Comment Jeff Bezos a-t-il développé un état d’esprit du risque et de la croissance ? Parti d’un investissement de 300 000 $ (un don de ses parents), Bezos est devenu, 20 ans plus tard, l’homme le plus riche du monde (selon le magazine Forbes, qui l’a déclaré tel en 2018). Élevé avec amour et respect par son grand-père dans un ranch du Texas, parti ensuite à Princeton pour étudier la physique — qu’il abandonne au profit de l’informatique et de l’électricité —, il crée sa famille à New York et prend le pouls de la révolution technologique en cours. Mais c’est à Seattle — siège de Microsoft et Baker & Taylor, un célèbre centre de distribution de livres — qu’il concrétise le rêve de créer sa propre entreprise. Amazon naît en juillet 1994 dans un garage de la ville. Curieux, à l’écoute des évolutions, aimant le risque et le changement, Jeff Bezos a patiemment réfléchi à ce qu’il pouvait faire de mieux. Il a ensuite consacré toute son énergie à développer son projet en utilisant toutes les ressources à sa disposition. Des chevaux plus rapides Steve Anderson raconte cette anecdote liée à Henri Ford, le célèbre constructeur automobile : si celui-ci avait demandé aux gens ce qu’ils voulaient, dit H. Ford, ils lui auraient répondu qu’ils voulaient des chevaux plus rapides. Ce n’est pas tout à fait ce qu’il leur a donné : il a créé la voiture (le Modèle T) avec, à l’intérieur, la puissance de plusieurs chevaux. C’est la marque d’un état d’esprit de croissance et de risque. Henri Ford a innové en allant contre les préjugés du temps. Chapitre 16. Au-delà d’Amazon Connaissez-vous Blue Origin ? C’est le projet d’exploration spatiale de Jeff Bezos, créé en 2000. Celui-ci veut prendre exemple sur les leçons de l’aviation commerciale pour construire les bases d’un commerce spatial en bonne et due forme, aux côtés des initiatives d’Elon Musk et de Richard Branson. Comment Jeff Bezos a-t-il identifié le rôle incalculable de l’infrastructure ? Jeff Bezos l’a toujours reconnu : il a bénéficié d’infrastructures ou de technologies parallèles qui ont considérablement aidé sa propre entreprise. C’est le cas de Fedex, qui organisait des livraisons express bien avant lui ; mais c’est le cas aussi du développement du paiement électronique par carte de crédit et de l’explosion des smartphones. Jeff Bezos sait qu’il ne construira pas de ses propres mains l’entreprise de l’espace. Ce que veut faire le fondateur d’Amazon aujourd’hui, c’est plutôt créer une infrastructure, semblable à celle dont il a lui-même profité, pour permettre aux générations futures de créer eux-mêmes ce projet. Le slogan de Blue Origin (appelé comme cela en référence à la Terre, la planète bleue, bien sûr) est Gradatim Ferociter : pas à pas, férocement. « Nous ne sommes pas dans une course, et il y aura de nombreux acteurs dans cette entreprise humaine pour aller dans l’espace au profit de la Terre. La part de Blue Origin dans ce voyage est de construire une route vers l’espace avec nos lanceurs réutilisables, afin que nos enfants puissent construire l’avenir. Nous allons procéder étape par étape, car c’est une illusion de croire que sauter des étapes nous y amènera plus rapidement. La lenteur est régulière [smooth], et ce qui est régulier est rapide. » (Jeff Bezos, cité dans Les lettres de Jeff Bezsos, p. 205) Quel est le plus grand risque ? Après avoir appliqué rapidement ses quatorze principes au projet Blue Origin, Steve Anderson conclut son ouvrage par ces mots : « Lorsque vous suivez les cycles de croissance et les 14 principes de croissance, vous pouvez, vous aussi, faire croître votre entreprise comme Amazon. Car oui, envoyer des personnes dans l’espace est risqué. La croissance d’une entreprise est une affaire risquée. La vie est risquée. Mais telle est la question : et si le plus gros risque était de ne pas prendre suffisamment de risques ? » (Les lettres de Jeff Bezos, p. 208)

Conclusion sur « Les lettres de Jeff Bezos. 14 principes pour faire croître votre entreprise comme Amazon » de Steve Anderson : Un livre de marketing à la gloire d’Amazon Ce livre est intéressant par sa méthode, d’abord. En utilisant les lettres aux actionnaires écrites par Jeff Bezos, Steve Anderson (et sa femme) parvient à dégager des principes restés implicites dans les discours du fondateur d’Amazon. Le contenu mérite également l’attention, puisque l’on apprend — même si c’est sous le prisme d’une appréciation unilatéralement positive de l’entreprise états-unienne — beaucoup de choses sur l’entreprise et sur l’homme qui se trouve à sa tête. Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à aller jeter un œil du côté des Secrets de la réussite de Jeff Bezos. Enfin, le livre offre au lecteur une sorte de schéma ou de marche à suivre pour questionner sa propre croissance commerciale et le développement de son entreprise. Ce qu’il faut retenir de « Les lettres de Jeff Bezos. 14 principes pour faire croître votre entreprise comme Amazon » de Steve Anderson : Voici, en résumé, le cycle et les 14 principes dégagés par l’auteur. A) Testez

  1. Encouragez l’échec réussi
  2. Pariez sur les grandes idées
  3. Pratiquez l’invention et l’innovation dynamiques

B) Construisez

  1. Soyez obsédé par vos clients
  2. Pensez à long terme
  3. Comprenez votre volant d’inertie

C) Accélérez

  1. Générez des décisions très rapides
  2. Simplifiez la complexité
  3. Accélérez le temps avec la technologie
  4. Promouvez la propriété

D) Mesurez

  1. Maintenez votre culture
  2. Focalisez-vous sur des standards élevés
  3. Mesurez ce qui compte, questionnez ce qui est mesuré et faites confiance à votre instinct
  4. Croyez que c’est toujours le Jour n° 1

Points forts :

14 thèses limpides pour faire progresser votre affaire ; Une plongée dans les méthodes du géant de la distribution en ligne ; Des questions claires, en fin de chaque chapitre, pour vous aider à avancer.

Point faible :

Ce livre ne prend aucun recul critique vis-à-vis des défauts d’Amazon. Bien sûr, on pourra s’informer ailleurs !

Ma note :                  Avez-vous lu le livre de Steve Anderson « Les lettres de Jeff Bezos. 14 principes pour faire croître votre entreprise comme Amazon » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Steve Anderson « Les lettres de Jeff Bezos. 14 principes pour faire croître votre entreprise comme Amazon » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Steve Anderson « Les lettres de Jeff Bezos. 14 principes pour faire croître votre entreprise comme Amazon »

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Thu, 01 Sep 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12014/Les-lettres-de-Jeff-Bezos
Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros http://www.olivier-roland.fr/items/view/11976/Freelance-laventure-dont-vous-tes-le-hros

Résumé de « Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros. Construire son offre, mieux vendre et s’épanouir au quotidien » d’Alexis Minchella : créateur en 2019 du podcast Tribu Indé, podcast de référence pour le partage des expériences de jeunes freelances, l’auteur a écrit ce livre pour vous donner un ensemble de ficelles et de conseils pratiques — à vous de prendre le gouvernail de l’aventure ! Par Alexis Minchella, 2021, 282 pages. Chronique et résumé de « Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros. Construire son offre, mieux vendre et s’épanouir au quotidien » d’Alexis Minchella

Introduction — Pourquoi la majorité des freelances échoue Même si le salariat reste le modèle largement dominant en France aujourd’hui, vous êtes de plus en plus nombreux à vous lancer dans le freelancing. S’il est très facile de créer un statut d’autoentrepreneur, il est beaucoup plus difficile d’en tirer, pour ceux qui sont encore sous ce statut après 3 ans d’activité, un revenu avantageux. Pour vous lancer dans le freelancing, vous devez vous poser les bonnes questions.

Quelles sont les compétences que je peux valoriser pour vendre des services en tant qu’indépendant à des entreprises ? Quels sont mes objectifs ? Quelles méthodes vais-je mettre en place pour lancer et faire avancer mon activité sans me perdre dans les petites tâches ? Comment vais-je me préparer ?

Le livre présente des méthodes qui ont montré leur efficacité à différents niveaux : vision, position sur le marché, organisation personnelle, trouver des clients et gérer la relation avec eux, définir un prix juste. Partie 1 — N’importe qui peut devenir freelance

Chapitre 1 —La peur fait partie de l’aventure La découverte d’un monde inconnu, la peur du lendemain et de l’échec, du regard des autres, et vos propres croyances peuvent vous limiter et diminuer votre envie de vous lancer dans le freelancing. Il est important de comprendre tous ses éléments pour ne pas freiner le développement de votre initiative. Les fausses croyances du freelancing Les clichés ont la vie longue. Le salariat, avec le confort qu’il semble apporter en termes de sécurité de l’emploi et de protection sociale, est la norme dominante. S’en éloigner ou choisir une autre voie peut sembler incompréhensible pour certains. Ceux-ci se représentent le freelance comme un original un peu rebelle et à l’écart de la société. De plus, d’autres ont tendance à dévaloriser le freelancing ou à gaspiller leurs talents. Gardez le cap sur vos envies et vos objectifs ! Le freelancing peut aussi s’imposer à vous progressivement comme la meilleure manière de vous épanouir dans ce qui vous plaît, tout en vous libérant de certaines contraintes managériales. Affronter ses propres peurs Il est normal de ressentir de la peur avant de prendre une décision que l’on pressent pouvoir changer le cours de notre vie. Les questions se bousculent et nous font douter de la réussite future de notre projet. Pourtant, beaucoup de stars mondialement connues ont ressenti les mêmes peurs avant de se lancer. En tant que freelance, c’est à vous d’aller chercher vos propres clients, d’établir de bonnes relations avec eux et de leur fournir un résultat qui les satisfait. Vous pouvez vous fixer un objectif de départ d’un client nouveau par mois. Vous verrez que le portefeuille de clients se remplira plus vite qu’il n’y paraît. Entre 3 et 7 ou 8 clients paraît être un portefeuille raisonnable. N’ayez pas peur d’avoir pris une mauvaise décision en devenant freelance, vous êtes là pour apprendre et expérimenter. Les premiers mois peuvent être difficiles, mais vous apprenez de vos erreurs et vous pourrez toujours revoir votre envie d’être freelance après avoir essayé. Rien ne sert de vous dévaloriser en comparant vos compétences avec celles que vous croyez percevoir chez les autres. Avec le temps vous allez gagner de l’expérience qui affinera vos compétences. Pour surmonter ses peurs et ses croyances bloquantes, il faut se lancer ! Imaginer le pire scénario de sa vie En se basant sur la réflexion de Tim Ferris, on peut distinguer trois questions à se poser avant de se lancer dans un nouveau projet :

Comment le projet peut-il échouer ? En définissant chacun des points où vous pensez que des échecs peuvent apparaître, vous pouvez vous rassurer en envisageant des actions concrètes à mettre en œuvre (matrice DPR : Définir Prévenir Réparer). Par exemple, pour contrer la peur de ne pas trouver assez de clients (Définir), vous pouvez travailler gratuitement pour des clients potentiels vraiment intéressants et mobiliser votre réseau (Prévenir). Au pire, vous postulerez pour un nouveau travail (Réparer). Comment le projet peut-il réussir ? Vous pouvez envisager les bénéfices personnels et professionnels que vous allez retirer du fait de la réussite de votre projet, par exemple gagner confiance en vous, développer vos compétences relationnelles, choisir vos lieux de travail. Que se passera-t-il si vous ne faites rien ? Envisagez les conséquences à 6 mois, 1 an et 3 ans sur votre énergie, votre santé mentale et physique, vos relations, etc. Vous vous rendrez compte que le fait de ne pas vous lancer, alors que vous en avez envie, risque de vous coûter bien plus à différents niveaux.

Chapitre 2 —La base du freelancing Pourquoi des compétences rares et utiles sont indispensables pour votre réussite ? C’est l’expérience qui permet de faire grandir votre expertise. Essayez de déterminer quelles sont les compétences rares et utiles que vous pouvez offrir à des clients. Si les compétences que vous offrez sont trop répandues sur le marché, vous ne pourrez pas les facturer cher ni vous démarquer de vos concurrents. Pour affiner vos compétences, vous devrez peut-être en développer certaines ou en acquérir de nouvelles. En tant que freelance, vous n’avez pas de temps pour vous former en travaillant avec un client. Vous devez être opérationnel dès le début du contrat passé avec le client. D’où l’intérêt d’évaluer précisément les compétences que vous pouvez offrir avant de commencer. Attention, n’écoutez pas les personnes qui vous disent que vous devez chercher à vivre de votre passion. Identifiez tout d’abord vos compétences et les opportunités qui vont vous permettre de vous lancer. 3 points clés pour identifier les bonnes compétences Trouver un équilibre entre expérience, intérêts personnels et opportunités externes est essentiel. Les trois ingrédients sont essentiels pour bien réussir sur le long terme son activité de freelance tout en se sentant épanouis.

Vos expériences professionnelles : elles vous ont permis, en vous confrontant à la pratique et à la réalité du terrain, de développer certaines compétences spécifiques. Vos intérêts personnels : ce que vous faites par plaisir dans votre activité professionnelle, sans même avoir l’impression de travailler, ce qui vous motive, vous stimule, vous donne le sentiment d’être utile. Les opportunités du marché : observer le monde extérieur pour détecter des besoins spécifiques des entreprises

Pour développer des compétences, il est intéressant de définir des méthodes d’apprentissage spécifiques. Comment ? En fonction de buts précis et définis dans le temps. Par exemple, vous vous fixez un objectif d’apprentissage par semaine en ayant en tête un objectif final et global. Pour devenir un freelance expérimenté, il faut développer sans cesse ses compétences. Chapitre 3 —Les piliers pour devenir un freelance incontournable Face à la profusion de conseils et d'opportunités de vente offerte par les réseaux sociaux, il est important de rester concentré. Pilier n° 1 : Augmenter sa jauge de crédibilité Les clients auront d’autant plus envie de travailler avec vous que vous aurez une bonne réputation, qu’ils évalueront positivement votre travail et vous feront confiance. Vous aurez plus d’autorité. Plusieurs éléments influencent la jauge de crédibilité :

Niveau d’expertise ; Différentes expériences ; Compétences ; Audience ; Réseau ; Valeur perçue.

Pilier n° 2 : S’entourer de partenaires stratégiques Le réseau constitue un appui central à votre activité. Il y a plusieurs manières de se constituer un réseau, puis de l’alimenter :

Rencontres informelles dans un espace de co-working ; Clients qui recommandent votre travail ; Etc.

Pilier n° 3 : Maîtriser les grands principes de la vente Si vos compétences et votre expertise sont indispensables, elles ne suffisent pas face à votre client. Pour bien vendre le service que vous offrez, vous devez commencer par écouter les besoins de votre client. Ne récitez pas une présentation standard, mais personnalisez-la en fonction de votre client. Vous devez vous intéresser à son business model pour voir comment vous pouvez intervenir précisément et apporter de véritables solutions. Votre client doit rapidement comprendre comment vous allez répondre à ses besoins spécifiques. « La valeur de votre travail = compétences (rares et utiles) + crédibilité + communication (savoir vendre) + votre réseau. » (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p. 57) Chapitre 4 — Construire sa vision pour anticiper le futur Clarifier régulièrement ses objectifs, se poser les bonnes questions et réfléchir à une vision à long terme est essentiel pour savoir où l’on va, ne pas se perdre dans les tâches à réaliser et donner un sens à son activité de freelancing. Le lien entre votre vision et votre quotidien Avoir conscience de son ou de ses objectifs à long terme permet de colorer des journées qui parfois peuvent paraître maussades. Les efforts et les difficultés quotidiennes semblent rendre la tâche ardue. Mais soyez rassuré : chaque pas que vous effectuez vous rapproche de cet objectif final ! Se projeter sur le long terme, un exercice difficile Cet objectif de long terme et cette vision sont particulièrement importants lorsque l’on est freelance. Vous devez les personnaliser en fonction de votre activité, de vos compétences et de vos intérêts. Les 3 dimensions indispensables pour construire sa vision Lorsque vous travaillez en freelance, vous devez donner un sens à votre travail. Vous êtes aussi guidé par vos aspirations personnelles qu’il est légitime de prendre en compte. « Pour rendre plus claire votre vision, vous pouvez regrouper l’ensemble de vos réponses à différentes questions dans un document de synthèse en reprenant la structure suivante :

Une phrase de synthèse qui résume votre vision pour chaque section (business, santé, relations) Ce que vous souhaitez être/faire/avoir ? Et pourquoi ?

Votre vision clarifiée, il va maintenant falloir la rendre actionnable, même sur le très long terme. » (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p.65) Quelles sont vos motivations profondes Votre vision articule vos aspirations personnelles et vos comportements professionnels. Par exemple, vous faites un lien entre le temps que vous souhaitez travailler par jour et par semaine, l’argent que vous voulez gagner, le rythme de vie que vous voulez avoir. Vous devez comprendre l’articulation entre ces différents éléments pour bien évoluer. Partie 2 — Construire son offre

Chapitre 5 — Comment choisir entre spécialiste et généraliste ? Le généraliste conserve un spectre large d’activités de peur de ne pas trouver assez de clients ou de ne pas répondre suffisamment à leurs demandes. Le spécialiste préfère se concentrer sur un problème précis exprimé par ses clients cibles. Les deux peuvent avoir raison. Le rôle de l’école dans l’approche spécialiste/généraliste Le système éducatif actuel nous offre une formation tout d’abord théorique et généraliste. Ensuite, on nous demande de nous spécialiser dans un domaine précis. Mais nous sommes encore très jeunes et n’avons pas d’expérience du monde du travail. C’est sans doute la raison pour laquelle nous sommes de plus en plus nombreux à changer régulièrement de domaine professionnel. Soit parce que nous n’avons pas le choix et que le monde actuel nous l’impose, soit parce que nous avons envie d’explorer autre chose. Aujourd’hui les jeunes actifs n’hésitent pas à questionner le sens et les modes d’organisation du travail. Allier des compétences pointues dans certains domaines tout en faisant preuve de flexibilité dans l’usage de multiples compétences : voilà la combinaison qui semble gagnante aujourd’hui. Pourquoi les généralistes ont-ils raison ? Être freelance implique d’avoir des compétences de base dans un ensemble de domaines pour bien gérer son activité à différents niveaux (commercial, marketing, gestion, technique, etc.). Cela permet aussi de répondre de manière efficace à la demande des clients en anticipant les relations qui doivent être créées entre ces différents niveaux. La combinaison de plusieurs compétences utiles vous permet aussi de vous ajuster à un monde en perpétuelle transformation. Vous avez aussi plus de capacité à présenter simplement les qualités de votre offre et sa pertinence pour les besoins de votre client. Cependant, vous avez moins d’avantages compétitifs que les spécialistes et vous pouvez rencontrer des difficultés à aller vers des tâches plus complexes. La carte à jouer des spécialistes Les spécialistes ont l’avantage de bien connaître les bases et les fondamentaux du sujet et de pouvoir le décliner suivant différents degrés de simplicité ou de complexité en fonction des clients à qui ils s’adressent. Ils ont donc un avantage compétitif et plus de crédibilité. Pour savoir s’il est préférable d’être plutôt généraliste ou spécialiste, vous devez vous poser la question des types de clients que vous cherchez à atteindre et de leurs besoins. Si vos compétences sont encore débutantes et imprécises sur un sujet, adressez-vous à des clients qui sont aussi en développement et qui ne recherchent pas un niveau d’expertise pointu ou qui n’ont pas encore fait appel à des spécialistes sur ce domaine. Plus vous affinerez vos compétences par la suite et plus vous pourrez rechercher des clients qui demandent des niveaux d’expertise supérieurs. Demandez-vous pourquoi votre client s’adresse à vous, ce dont il a besoin et s’il est bien conscient de ses objectifs. Conjuguer spécialisation et connaissances généralistes Combiner des connaissances généralistes et des connaissances spécifiques se présente comme idéal. Brian Balfour, entrepreneur de la Silicon Valley, propose un modèle en T :

Barre horizontale du T : acquisition des bases dans chaque domaine, ce sont les compétences transversales. Barre verticale du T : approfondir une thématique précise, c’est l’expertise métier.

Pour compléter cette méthode, on peut passer à la méthode des 3 T. « On vient rajouter une (voire) deux branches verticales à votre T initial. Vous développez des compétences profondes sur un champ limité de compétences, tout en gardant la flexibilité de passer d’un sujet à un autre. Votre barre horizontale, c’est-à-dire votre socle de compétences transverses, est tout aussi important que vos compétences verticales (ce qui vous rend expert). Vous pouvez alors vous démarquer par la profondeur de votre expertise. » (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p.89) Les compétences horizontales que vous pouvez approfondir peuvent porter sur la compréhension des particularités de certains marchés, sur la gestion du temps et des relations humaines, sur les spécificités liées au métier. Une bonne équation pour développer ses compétences est la règle 80//20 : passer 80 % du temps sur une ou des compétences verticales et 20 % sur des compétences horizontales. Chapitre 6 —Les premières briques pour construire votre offre Pour réussir en tant que freelance, en plus de vos compétences et de vos objectifs, vous devez penser au marché sur lequel vous allez proposer votre offre. Pourquoi ne faut-il pas calquer les stratégies des entrepreneurs ? Freelance, vous vous lancez tout seul dans une activité et c’est vous qui proposez des solutions personnalisées à vos clients. L’entrepreneur peut initier son activité individuellement, mais il va rapidement recruter des employés. Il va chercher à fabriquer des produits ou des services à la fois de très bonne qualité et standardisables. 2 principes clés pour comprendre le positionnement Pour bien vous positionner, vous devez chercher un équilibre entre les compétences (transversales et spécifiques) que vous avez à offrir et les besoins de vos clients. Essayez de prendre de l’avance sur les tendances à venir sur les marchés sur lesquels vous évoluez. Il n’est pas recommandé de se positionner uniquement à partir de vos compétences ou bien des besoins de vos clients. Les deux (compétences et besoins clients) doivent se rencontrer. Les 2 hypothèses pour appuyer son positionnement Trouver le bon positionnement peut prendre du temps et peut se traduire par plusieurs tentatives. Deux stratégies existent généralement :

Soit vous partez de vos expériences et de vos compétences et vous décidez de passer beaucoup de temps à approfondir certains sujets. Cette stratégie est la plus courante. Soit vous repérez des opportunités de développement d’un marché. Cette stratégie est la plus risquée, car il faut rapidement vérifier que ces possibles opportunités vont bien advenir (exemple des offres liées au télétravail qui s’est largement amplifié avec la crise sanitaire).

Votre positionnement doit être spécifique La valeur ajoutée du freelance est qu’il propose des offres spécifiques et personnalisées à ses clients. La stratégie marketing est donc différente de celle utilisée par les grandes marques. Bien vous positionner vous permet de mieux choisir et cibler vos clients puis à terme de facturer plus cher, car vous acquérez une bonne réputation pour répondre à des besoins précis. Au départ, vous avez un positionnement plus généraliste. C’est par l’expérience du travail avec certains clients que vous préciserez votre offre en fonction de types de clients. Le bouche-à-oreille et les recommandations de vos clients vous seront alors utiles pour développer votre activité. Vous arriverez alors à convaincre vos clients que vous offrez la meilleure crédibilité sur le marché. Comment devenir une référence sur son marché À vous de trouver votre avantage compétitif sur le marché. Définissez vos avantages par rapport à vos concurrents. Le plus souvent, vous mettez plusieurs mois avant de trouver le bon positionnement. À vous de voir également le risque que vous souhaitez prendre. Au début, la plupart des freelances ne veulent pas prendre trop de risque, aussi parce que leur situation financière ne leur permet pas. Ce n’est qu’au fur et à mesure du développement de leur activité qu’ils commencent à prendre plus de risques. Pour vous aider, vous pouvez prendre le temps d’anticiper différents scénarios et d’évaluer les chances de réussite ou les risques d’échec. Par exemple en vous basant sur des expériences passées ou en en cours, réfléchissez au contexte précis et à ce qui vous a permis d’engager une décision. Pour réussir, un freelance doit d’abord partir de l’identification de clients cibles et de leurs besoins (qui a besoin d’aide et sur quels sujets ?), les mettre en rapport avec ses compétences (comment puis-je les aider ?), pour proposer une offre adaptée. Chapitre 7 — Découvrir les besoins profonds de vos clients grâce au milkshake Vous devez bien communiquer et dialoguer avec vos clients cibles. C’est en comprenant leurs difficultés et leurs processus de fonctionnement interne que vous pourrez définir au mieux votre offre. Pas en vous arrêtant sur l’apparence extérieure de votre client. À quoi ressemble votre milkshake ? L’exemple du milkshake permet de montrer l’importance d’une compréhension fine et concrète des besoins du client en partant de son activité réelle et de la compréhension de ce qu’il se passe sur le terrain. On prend l’exemple d’une entreprise qui cherche à augmenter ses ventes de milkshakes. Les techniques marketing traditionnelles ne fonctionnent pas (modifier les offres en fonction des goûts exprimés des clients). Une plongée dans un magasin permet alors d’identifier les clients et les raisons de leurs achats. Beaucoup achètent un milkshake avant de faire le trajet jusqu’à leur travail, pour passer le temps et se remplir l’estomac avec un produit facile à consommer (ça tient dans la main et on ne se salit pas). Ils peuvent alors décider de rendre le produit plus calorique et plus consistant. Creuser les besoins de vos clients sur le terrain Le concept de job-to-be-done est très utile. Vous devez comprendre, non pas seulement le produit ou le service dont a besoin votre client, mais pourquoi il en a besoin et comment il va l’utiliser pour répondre à un problème ou un besoin particulier. Par exemple, il existe des applications qui permettent de retoucher des photos, mais en fonction des clients que l’on cherche à toucher, les fonctionnalités proposées vont être différentes. Ce n’est qu’en discutant avec des consommateurs du service (des photographes professionnels ou amateurs) qu’ils peuvent se rendre compte des réels besoins. 3 points clés :

Il faut comprendre le besoin spécifique de chaque client ; Un besoin peut se modifier ; Chaque client peut faire un usage spécifique de votre offre.

6 étapes pour créer son document de positionnement Étape 1 : faire calmement le bilan  Faites le bilan de vos compétences en vous posant un ensemble de questions sur vos expériences passées (sur les missions, les tâches, les objectifs, les compétences des personnes avec qui il a été nécessaire de travailler, organisation, résultats, évaluation par les managers, risque pour l’entreprise) Étape 2 : définir son client idéal Faites de la veille client (expériences passées, réseaux professionnels comme LinkedIn, communautés en ligne comme les groupes Facebook ou WhatsApp, repérer les offres d’emploi sur vos compétences) ; compléter avec différentes informations (secteur d’activité avec ses spécificités, contacts pour accéder à un client, taille des entreprises, type de métier, etc.). A savoir que les entreprises ne cherchent pas toujours l’offre la moins chère et que les clients vous reconnaissent comme expert. Étape 3 : comprendre votre client Posez les bonnes questions, écoutez et approfondissez certains points. Cherchez à comprendre le contexte de l’entreprise (développement, business model), ses objectifs (comment ils ont été décidés et évoluent), les difficultés (et les manières de les affronter), les solutions d’accompagnement mises en place, les veilles d’information sur les évolutions du secteur. Ensuite à vous de construire vos propres guides d’entretien. En un mot : cherchez à cerner la psychologie, le vocabulaire et les habitudes de votre client. Étape 4 : identifier les opportunités Vous pouvez réaliser plusieurs entretiens pour chaque type de client (une dizaine par exemple). Si vous les enregistrez, cela vous permet de ne pas avoir de notes à prendre pendant la discussion et de pouvoir reprendre ensuite tous les éléments tout en repérant les éléments que vous pourriez approfondir lors d’une prochaine discussion. Certains prospects n’expriment pas leurs besoins de manière claire. N’hésitez pas à leur demander de préciser au cours de l’entretien. Étape 5 : évaluer les solutions alternatives Au fil des entretiens, vous allez comprendre les raisons qui ont amené vos prospects à se tourner vers telle agence ou tel freelance pour les accompagner. Vous allez alors identifier vos principaux concurrents et les conseils qui circulent dans les communautés. Les faiblesses des concurrents face aux besoins de certains clients vous permettent de construire des offres alternatives. Étape 6 : rédiger votre document de positionnement C’est un document de synthèse qui regroupe un ensemble de points (identification du problème précis des clients, alternatives déjà expérimentées par les clients, comment pouvez-vous faire la différence, qui sont vos clients idéaux, sur quel marché proposez-vous des avantages). Pour avoir un bon positionnement, il faut une bonne adéquation entre le problème (auquel vous proposez de répondre) et la cible. Problème et cible doivent être suffisamment définis. Mais attention, s’ils sont trop précis, vous diminuez votre marge de sécurité. « Ne cherchez pas à vous mettre une pression gigantesque pour trouver le bon positionnement du premier coup. Ça n’arrive que très rarement. Il évoluera avec le temps, en fonction du marché, de vos expériences et aussi de vos envies ! Ne passez pas trop de temps à intellectualiser la démarche. Passez à l’action le plus vite possible. » (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p.138) Partie 3 — Méthodes et stratégies pour mieux vendre

Chapitre 8 —La méthode des 90 jours pour atteindre ses objectifs Lorsqu’on est freelance, on oscille souvent entre des moments de légèreté, quand on se trouve porté par la liberté de créer et de choisir quand et où on travaille, et des moments de baisse de moral et de questionnement sur nos réelles envies. Pour mener à bien votre projet, vous devez apprendre à gérer votre temps, vous concentrer sur les tâches les plus stratégiques et faire attention à ne pas perdre trop de temps à planifier au lieu de travailler. Le mythe de l’entrepreneur productif Une idée couramment répandue concernant les entrepreneurs et les personnes qui réussissent est qu’ils doivent énormément travailler tout au long de la journée tout en étant très réactifs. Le risque en cherchant à réaliser un maximum de tâches de la sorte est de ne plus réussir à distinguer les tâches prioritaires des tâches secondaires et de se noyer dans ces dernières. Vous perdez également de vue votre vie sociale et les temps de loisirs et de repos nécessaires à votre bonne forme. Vous risquez alors de développer une fatigue intense (burnout), du stress et de l’anxiété. Les procrastinateurs adorent planifier leur semaine La procrastination consiste à vouloir remettre à plus tard ce que l’on devrait ou aurait envie de commencer maintenant. Face à une action qui nous semble importante et complexe, nous avons tendance à prendre peur et à chercher un moyen ou une bonne raison de fuir, en cherchant un moyen pour nous amuser par exemple. Établir une longue liste de choses à faire sans organiser les tâches par ordre d’importance et d’urgence et sans leur attribuer des limites de temps (deadlines) est un puissant facteur de procrastination. Après avoir établi la liste des choses à faire, vous devez sélectionner les tâches les plus essentielles en fonction de vos objectifs. Chaque tâche doit être précisée et découpée en tâches plus réelles que vous exprimez en commençant par des verbes d’action (« réfléchir », « faire », « écrire », etc.). Voici les éléments pour mieux gérer votre temps.

La concentration : quand vous passez d’une petite tâche à une autre, vous perdez du temps pour effectuer les transitions et pour vous reconcentrer à chaque fois sur la prochaine tâche. À l’inverse, si vous vous concentrez plusieurs heures d’affilée sur une même tâche, vous serez plus efficace et vous produirez un résultat de meilleure qualité. Un état d’esprit créatif : la concentration sur une seule tâche vous permet aussi de bien prendre le temps de réfléchir à votre positionnement, de chercher des solutions originales à proposer à vos clients, d’être créatif. Un plan bien ficelé : il vous faut trouver un équilibre entre « trop planifier » et « ne rien planifier ». Sur ce point, l’auteur conseille « la méthode des 90 jours » qui consiste à élaborer un plan sur 12 semaines avec des objectifs précis et des actions à accomplir par semaine en fonction d’un objectif final à atteindre.

Et puis, lorsqu’on est freelance, on doit réfléchir à une vision qui soit en adéquation avec son activité. Et on doit agir tout de suite comme un professionnel. Le stratège et le technicien Un bon freelance doit aussi savoir combiner les deux rôles du stratège et du technicien.

Le stratège est celui qui pense la vision d’ensemble, qui articule les différents ingrédients à prendre en compte pour que toute son activité marche correctement et lui donne les résultats finaux attendus. Il réfléchit, analyse, prévoit, organise en fonction d’une stratégie générale. Le technicien est un exécutant des plans du stratège, il est concentré sur la réalisation de certaines tâches et sur les résultats de chacune des tâches. Indispensable au résultat d’ensemble, il peut cependant perdre facilement de vue l’objectif final et global de l’ensemble de l’activité.

Alexis Minchella recommande d’essayer de jongler entre ces deux rôles pendant des cycles de 3 mois (90 jours) :

« Tous les ans, vous réfléchissez aux grands objectifs de l’année (stratège)

Puis vous construisez votre plan pour vous approcher de ces objectifs, sur 90 jours (stratège)

Vous passez ensuite votre première semaine à exécuter le plan (technicien)

Vous faites un bilan hebdomadaire pour préparer la semaine suivante en fonction de votre plan de 90 jours (stratège)

Puis vous exécutez pendant 7 jours (technicien). Et ainsi de suite.

Vous gardez la motivation, car vous savez que les tâches que vous êtes en train d’accomplir aujourd’hui auront un impact sur les 90 prochains jours, puis sur l’année. Et puis vous créez des boucles de feedback rapides pour garder le cap et avancer vers vos objectifs. » (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p.154) Le plan de 90 jours nous aide à être plus réaliste et à mieux estimer nos résultats à court et long terme. 4 étapes pour construire son plan de 90 jours

Que voulez-vous accomplir dans les prochains 90 jours ? Faites le point sur vos objectifs à long terme et annuels et sur les différentes manières possibles et à tester pour les atteindre. Quelles sont les opportunités que vous devriez saisir ? N’hésitez pas à écrire ici toutes les idées qui vous passent par la tête, les idées que vous avez pu laisser de côté pendant les 90 jours précédents, celles qui vous sont venues en échangeant avec différentes personnes, en écoutant des podcasts, etc. Comment se sont passés vos 90 derniers jours ? Demandez-vous ce qui a fonctionné ou non pendant les 90 derniers jours, les différents résultats, les erreurs, ce qui a pris du temps, ce qui peut être amélioré. Qu’allez-vous accomplir durant les 90 prochains jours ? Sélectionnez, parmi ce que vous avez écrit pour répondre aux trois autres questions, les 2 ou 3 priorités du trimestre, celles qui vont vers vos objectifs à plus long terme, qui sont stratégiques. L’auteur conseille de se concentrer sur 3 objectifs maximum. Pour chaque objectif, vous devez définir les tâches à réaliser et des indicateurs de performance associés. Puis c’est dans votre revue stratégique hebdomadaire que vous allez découper en tâches secondaires plus précises réparties sur les 90 jours.

L’auteur précise qu’il prend une journée complète pour élaborer un plan trimestriel et bien le penser, ce qui lui évite d’avoir à revenir dessus en cours de route (ou rarement). Qu’est-ce qu’une bonne stratégie ? Une stratégie ne doit pas être confondue avec une succession de tactiques. Le plan de 90 jours forme la ligne directrice de la stratégie. Alexis Minchella compare cette ligne directrice à ce que l’on rassemble avant de partir en expédition (équipements, armes, chemin à emprunter). Les actions cohérentes et les plus petites tâches viennent ensuite dans le détail et au cours de l’expédition. Au cours de votre expédition, restez concentré et autodiscipliné. Ne vous dispersez pas en cédant à l’attrait de différents objets brillants qui sont autant de tentations pour vous faire dévier de votre chemin. Vous pouvez noter cette nouvelle idée ou cette opportunité que vous apercevez et en évaluer la pertinence lors de l’élaboration de votre prochain plan de 90 jours. Chapitre 9 - 3 modèles pour trouver ses clients Lorsqu’on se lance en freelance, on peut avoir peur d’affronter ce que l’on pense ne pas connaître. Le risque est alors de perdre un temps précieux à tout bien préparer et réfléchir avant de démarrer réellement. Or, il faut se lancer, contacter des clients, chercher à connaître leurs véritables besoins et problématiques actuelles. Les 5 niveaux du freelancing L’indépendant peut revêtir 5 visages différents selon Seth Godin. Il peut être :

Turc mécanique : personne qui réalise des microtâches basiques, non mécanisables et très mal payées. Homme à tout faire : touche-à-tout généraliste qui peut dépanner pour un ensemble de tâches. Il n’établit pas d’avantage concurrentiel. Artisan : il est bien plus spécialisé que l’homme à tout faire, commence à avoir une bonne réputation et est mieux rémunéré. Artiste : il offre des méthodes et des prestations sur mesure et irremplaçables. Il est recommandé dans des cercles d’initiés. Superstar : il a approfondi un sujet pendant plusieurs années et est devenu la référence dans un domaine. La demande est en général bien supérieure à l’offre pour ce type de prestations.

À vous de définir à quel niveau vous êtes ou souhaitez être. En fonction de votre positionnement (qui doit correspondre aux besoins de vos clients), vous allez développer des offres et une méthode de démarchage spécifiques. Pourquoi votre client a-t-il besoin de vous ? 3 raisons principales motivent les demandes de vos clients :

Besoin d’expertise. Le client ne sait pas comment trouver une solution à un problème et il a besoin de compétences, de méthodes, de conseils, d’accompagnement. Besoin de gagner du temps. Le client a une idée assez précise de la solution qu’il recherche pour un problème et il cherche quelqu’un pour la mettre en œuvre rapidement. A vous de le guider pour préciser ou modifier cette solution si cela s’avère nécessaire. Besoin d’un modèle pour réduire le risque. Le client a besoin d’être rassuré et que vous lui présentiez un modèle de solution qui a déjà fait ses preuves sur un problème semblable. Vous devrez peut-être permettre à votre client d’échanger avec d’autres clients avec lesquels vous êtes en train de travailler.

En fonction du profil et des attentes de votre client, vous adaptez votre offre et votre présentation. Essayez d’accrocher les bons clients qui vous correspondent ! Les 3 modèles pour trouver des clients La manière dont vous entrez en contact avec votre client la première fois joue un grand rôle dans la suite de votre relation.

Le réseau. Ce sont toutes les personnes que vous connaissez plus ou moins dans différents milieux (lieux de formation, famille, amis, rencontres professionnelles diverses, etc.) et qui peuvent vous recommander ou vous donner des informations et des conseils précieux.

Vous pouvez structurer votre réseau en faisant une liste des personnes et des échanges que vous avez eus. Pour chaque personne, vous pouvez noter de 1 à 10 votre degré de proximité avec la personne et le pouvoir qu’a cette personne pour vous aider sur votre sujet. Vous pouvez alors distinguer les alliés (forte proximité, fort pouvoir de décision, à contacter en priorité), les soutiens (pas forcément à contacter tout de suite, peuvent vous mettre en relation avec les bonnes personnes) et les potentiels (qui peuvent avoir un fort pouvoir de décision, mais il va falloir s’en approcher, avec du contenu).

La prospection. Pour que de potentiels clients pensent à vous contacter, vous devez être proactifs et aller vers eux en cherchant les bons canaux de communication. Soyez simple, court, précis, direct. Votre objectif est d’attirer leur attention. Vous pouvez personnaliser votre approche, apporter une information stratégique, mentionner ce qui vous rend crédible et terminer en incitant à vous recontacter simplement. L’auteur propose ici plusieurs exemples judicieux de stratégies d’approches de clients (notamment commencer par des offres faciles, de qualité, gratuites et peu ou pas engageantes). La création de contenu en visant le long terme. C’est le modèle le plus efficace, mais aussi le plus difficile, car les retours ne viennent pas forcément tout de suite. Il fait l’objet des deux chapitres suivants.

« Mon dernier conseil : ne misez pas tout sur la création de contenus dès votre lancement. Prenez le temps d’identifier les forces de votre réseau, puis démarrez la prospection pour signer rapidement vos premières missions, prendre confiance et voir à plus long terme ensuite. » (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p.182) Chapitre 10 — Devenir son propre média (sans en faire trop) Dans votre marque se trouve votre vision, votre univers et ce que vous voulez transmettre. Les gens doivent comprendre les messages portés par votre marque et vous devez l’incarner. Se créer sa propre identité sur Internet En tant que freelance, vous pouvez aussi être influenceur c’est-à-dire quelqu’un qui peut facilement communiquer sur sa marque en ouvrant un site sur Internet et en communiquant via les réseaux sociaux. Votre mise en scène, votre stratégie marketing, vos cibles et vos offres sont bien précises. C’est à vous de choisir ce que vous voulez montrer et de poser des limites. Construire un actif pour générer des opportunités à l’infini Lorsque vous êtes freelance, vous cherchez à attirer l’attention et à susciter la confiance de potentiels clients. Alexis Minchella considère que votre marque et vos contenus sont des actifs immatériels pour toute une vie. Les médias qui rencontrent du succès aujourd’hui se positionnent sur un sujet précis, produisent du contenu de qualité et avec régularité. Cela demande un investissement conséquent. Les résultats ne sont pas prévisibles, parfois nuls, parfois bien au-dessus de ce à quoi on s’attendait. L’auteur donne l’exemple de son podcast Tribu Indé créé en 2019 qui l’a amené à être contacté par l’éditeur Eyrolles pour la publication de ce livre. Faut-il choisir un nom de marque ? Pour identifier votre activité de freelance, vous pouvez choisir de communiquer en votre nom propre ou bien choisir un nom de marque. Si vous communiquez en votre nom, vous allez créer une relation plus directe, personnalisée et immédiate avec vos clients. Mais un nom de marque transmet une apparence plus professionnelle et sérieuse. Différentes personnes peuvent participer ou s’approprier plus facilement le projet porté par la marque. Les 4 principes d’une marque personnelle puissante L’auteur identifie 4 principes à la base d’un cercle vertueux d’une marque personnelle.

Une expertise transmise par la communication. Une expérience partagée de manière simple et authentique. Un nombre restreint de thématiques, vous cherchez avant tout à toucher une audience cible que vous avez identifiée en travaillant sur votre positionnement. Un point de vue cohérent partagé avec régularité.

Même si la création de contenu peut ne pas rapporter immédiatement, mais davantage sur le long terme, il est important d’y consacrer du temps dès que vous pouvez. Capital social : apprendre à maîtriser son environnement professionnel Le capital social est constitué par les ressources et les assets que vous pouvez développer pour mobiliser ou connecter ces ressources. Alexis Minchella donne l’exemple du podcast Tribu Indé qu’il a fondé. Les jeunes freelance (moins de deux ans d’activité) constituent l’audience cible. Les assets sont le podcast, la newsletter, un mini-cours pour les freelances, des rencontres physiques, des conférences, un groupe Facebook et ce livre. La communauté et les ressources se développent ; les freelances se connectent entre eux. Créer une connexion émotionnelle avec sa cible Un bon réseau se forme par la qualité des interactions que vous établissez avec vos prospects. À travers votre personnalité, vous créez une connexion émotionnelle, personnalisée avec des clients cibles qui vont partager votre vision du monde. Vous créez ainsi un écosystème personnalisé autour de vous qui est une stratégie très efficace pour développer votre activité. Chapitre 11 : Doper sa crédibilité grâce au contenu Il est intéressant de commencer à développer du contenu dès le début, voire en amont, du démarrage de votre activité freelance. Le contenu permet d’attirer de nouveaux clients et d’alimenter le lien avec les clients existants. Créer un bon contenu de qualité est une tâche essentielle et complexe qui garantit plutôt des retours de long terme que des retours immédiats. C’est toute la stratégie du Content marketing. Sortir du lot dans cette marée d’information À travers Internet et les moteurs de recherche, vos futurs clients peuvent avoir accès facilement et gratuitement aux informations de base qui les intéressent. Ils peuvent ainsi développer des activités (publicité sur Facebook, création d’une identité graphique, référencement Google, etc.). Vous devez donc apporter des informations et des compétences qui ne sont pas directement accessibles et qui correspondent aux besoins de vos futurs clients. Comment créer de la valeur Un bon contenu de qualité est à la base du succès de votre activité. La valeur du contenu dépend de la valeur que votre audience lui accorde. Pour créer de la valeur, votre contenu doit donc être en accord avec votre positionnement et donc vos clients cibles. Comment créer du contenu quand on n’a pas d’idées ? L’auteur a observé qu’un bon contenu est souvent le résultat de deux paramètres qui permettent d’anticiper les besoins des clients et ce que vous pouvez leur apporter :

La maîtrise du sujet pour créer du contenu exceptionnel qui plait aux clients cibles La compréhension de son environnement, c’est-à-dire des clients et de leur niveau de maturité. Ce sont vos clients ou futurs clients qui peuvent vous donner des idées de contenu à créer en vous faisant part de leurs problèmes et en analysant ce que le marché propose en termes de solution.

Les 4 stratégies de contenus à utiliser Vous identifiez le niveau de maturité de votre client sur son problème. On peut distinguer 4 niveaux de contenus :

Basiques = une information simple, que tout le monde peut reproduire. Curation = une veille sur une thématique donnée. Mode d’emploi = le partage d’une technique pour réaliser une action plus difficile. Stratège = l’ajout d'éléments qui démontrent votre compétence ou votre expérience.

Il est beaucoup plus intéressant de partager un contenu stratégique personnel qu’un contenu de base. Mais il est possible de mêler ces quatre niveaux de contenus en fonction des situations et des cas. Plusieurs types de formats existent pour la création de contenu, écrit (article, livre, etc.), audio (podcast, message vocal, etc.), vidéo (reportage, petite vidéo, etc.), évènement, étude de cas, interview, etc. Construire sa pyramide de promotion de contenus Lorsque vous créez du contenu, vous devez aussi penser à la manière dont vous allez partager et faire circuler ce contenu. 2 paramètres sont à prendre en compte pour une promotion efficace.

Médium de publication : site Internet, blog, YouTube, plateforme de podcast, etc. Canaux de promotion : réseaux ouverts (réseaux sociaux comme LinkedIn, Instagram, sites partenaires, influenceurs…) et réseaux fermés (groupes privés Facebook ou autres, newsletters, messages individuels, etc.).

Pour chaque type de client, identifiez l’information qu’ils recherchent, les plateformes sociales et sources d’informations qu’ils consultent, le contenu qu’ils partagent, etc. Alexis Minchella identifie 3 clés indispensables pour votre promotion.

Régularité : publiez moins de contenu, mais avec plus de fréquence Planification : associez un type de promotion pour chaque contenu, évitez d’avoir à improviser Mesure de l’impact de chaque action : pour chaque type de réseaux (ouverts ou fermés)

« Concentrez-vous sur des actions de promotion bien ciblées et apprenez à comprendre les codes de chaque réseau ouvert et fermé pour industrialiser votre processus de promotion avec le temps ». (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p. 209) Développer une routine de création Les habitudes d’écriture de plusieurs écrivains traduisent les ingrédients de la production de contenu : concentration et répétition. L’auteur conseille de réserver de la concentration et du temps sur un ou deux formats pour commencer plutôt que de vouloir publier plus (ce qui implique souvent de diminuer le temps alloué à la création). Puis il sera possible d’ajouter d’autres formats à mesure que votre activité avancera dans la bonne direction. Vous saisirez alors mieux et plus vite les codes de chaque contenu. Pour avoir plus d’informations sur la production de contenus, n’hésitez pas à consulter également la chronique des Secrets d’un écrivain freelance. Partie 4 : Convaincre ses clients et développer son business

Chapitre 12 — Définir un prix juste pour son offre Il peut sembler difficile de déterminer et de proposer un prix qui soit juste à la fois pour soi-même et pour son client. Lorsqu’on est freelance, on ne facture pas que le temps d’exécution du projet mais aussi le recours à nos connaissances et à nos compétences forgées au cours de nos expériences. 3 paramètres à prendre en compte dans votre tarif Alexis Minchella conseille de prendre le temps d’évaluer différents éléments (niveau de maturité du client, niveau de confiance, travail de chacun, résultats attendus, etc.) avant d’annoncer une estimation globale du prix du projet au client. Pour estimer un prix juste pour vous et pour votre client, vous devez distinguer trois paramètres.

Le coût de votre service = temps de travail + coûts structurels (bureau, matériel, logiciel, etc.). Pour réaliser un profit, votre prix doit dépasser vos coûts. Le prix que votre client va payer = coût + profit. La valeur d’une mission : elle est plus difficile à établir, car elle est liée à ce que vous apportez pour le revenu de l’entreprise. Vous devez vous positionner en véritable collaborateur et partenaire qui fait la différence par rapport à d’autres prestataires.

Facturer au temps passé ou comment saboter son efficacité Si vous facturez le temps passé pour réaliser une mission à votre client, cela signifie que si vous étiez plus efficace et que vous réalisiez la mission en moins de temps que prévu, vous perdriez de l’argent par rapport à si vous y aviez passé plus de temps, ce qui est absurde ! Si votre client vous le demande, vous pouvez donner une estimation du temps que vous passeriez à réaliser la mission pour justifier la facturation finale. Mais votre client n’a pas à savoir finalement combien de temps il vous a fallu exactement pour arriver au livrable. Vous vendez la valeur d’une solution que vous apportez à votre client et du bénéfice que vous lui apportez par rapport à son activité. La méthode pour déterminer le bon prix gagnant Pour commencer, vous pouvez vous rendre sur des plateformes gratuites pour connaître les tarifs d’autres freelances sur une même thématique. Puis vous devez penser à trois critères pour établir votre taux journalier moyen (TJM).

Vos objectifs à court, moyen et long terme : en reprenant la méthode des 90 jours, vous découpez vos objectifs financiers par trimestre pour avoir une idée du chiffre d’affaires que vous devez réaliser pour les atteindre. Vos coûts structurels mensuels : même si la plupart des freelances ont peu de coûts, vous devez comptabiliser toutes les charges sur l’année. Vous devez aussi être attentif pour accompagner l’évolution de ces coûts. Le nombre de jours dédiés à vos clients : lorsque vous travaillez, vous avez un temps de travail dédié directement à vos clients et vous avez également un temps de travail dédié à l’alimentation de votre activité en général (administratif, commercial, marketing, renforcement et acquisition de nouvelles compétences, lectures, création de contenu, etc.).

La technique d’ancrage pour maîtriser la négociation « Le prix de la prestation s’établit en fonction de sa valeur. Mais cette “valeur perçue” dépend aussi du marché, du contexte et des circonstances dans lesquelles vous allez présenter votre projet » (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p.224). La valeur de votre prestation dépend du positionnement sur votre marché, de la manière dont vos clients perçoivent votre travail et de leurs enjeux. Pour évaluer ces éléments, vous pouvez poser quelques questions à vos clients sur les points suivants :

Le business model de l’entreprise ; La manière dont elle se rémunère ; Ses canaux d’acquisition ; Le panier moyen ; Les objectifs annuels ; Les bénéfices espérés.

Alexis Minchella conseille de proposer plusieurs niveaux de prestations, mais pas plus de trois offres (par exemple : de base, améliorée, haut de gamme). Votre client se focalise alors sur le choix d’une offre et non plus sur son envie de travailler avec vous. Pour certaines prestations, notamment haut de gamme, vous pouvez faire appel à certains spécialistes. Augmenter sa valeur perçue L’auteur partage des réflexions exprimées dans le podcast Tribu Indé, les siennes et celles d’autres freelances. L’idéal est de connaître le véritable bénéfice que votre travail apporte à votre client. Ainsi, vous pouvez facturer en conséquence. Vous pouvez aussi mettre en valeur le bénéfice émotionnel de votre travail, c’est-à-dire ce qu’il apporte en termes de bien-être, de diminution du stress dans les équipes, d’impression de facilité dans l’exécution de certaines tâches. À vous de le formuler pertinemment en fonction de ce que vous connaissez de votre client. Mais même si vous augmentez la valeur perçue par votre client, n’augmentez pas non plus trop les prix par rapport à ceux du marché. Travailler gratuitement est-il un mauvais conseil ? Si vous avez un peu de temps, comme c’est le cas souvent en début d’activité, réaliser quelques prestations gratuites peut être une bonne affaire à condition de respecter quelques critères. À savoir :

Vous choisissez cette mission gratuite (vous ne la subissez pas). La réalisation de ce travail est stratégique pour le développement de votre activité. Ce type de travail a permis à d’autres d’augmenter leur crédibilité. Le résultat de votre travail aura une visibilité (sera publié, votre nom sera associé). Vos clients ne seront pas trop chronophages. Vos compétences pourront augmenter.

À ces conditions, le travail réalisé gratuitement sur le moment peut se révéler très rentable sur le long terme puisqu’il permet d’augmenter votre portfolio, votre visibilité, votre crédibilité et votre réseau. Chapitre 13 — Apprendre à mieux vendre Pour vous démarquer face à vos concurrents, vous devez approfondir certaines compétences clés, mais aussi savoir maîtriser des outils marketing et de négociation commerciale pour convaincre et vendre. Le piège du « freelance canapé » Le « freelance canapé » n’est pas proactif dans la recherche de prospects et de nouveaux clients et dans l’anticipation des risques liés à des changements imprévus du marché. Il reste dépendant de ses anciens clients et des plateformes de freelances ou d’intermédiaires. Or, vous devez apprendre à négocier et à vendre vos prestations pour vous adapter aux potentielles évolutions du marché et développer votre activité. Cela passe aussi par l’augmentation de la confiance en soi. Faire bonne impression dès le premier appel Avant le premier rendez-vous avec votre client, tâchez de regrouper un ensemble d’informations sur ce client.

Savoir s’il entre dans votre cible. Préparer des questions pertinentes à lui poser (sur sa stratégie marketing, son business model, ses clients, ses attentes, etc.). Savoir quelles informations stratégiques vous devrez positionner dans la conversation pour le rassurer par rapport à ses attentes. Anticiper les prochaines étapes.

Votre client se sentira d’autant plus en confiance pour travailler avec vous qu’il perçoit que vous vous intéressez concrètement à son activité et à ses problématiques. Inutile à ce moment-là d’entrer dans le détail de l’organisation de la mission, du temps de réalisation ou de son coût. S’inspirer des meilleurs braqueurs pour rassurer son client En s’inspirant des leçons du braquage réalisé dans la série à succès La Casa de papel, Alexis Minchella définit une méthode et des processus clés pour une bonne négociation commerciale et s’assurer une bonne relation avec le client tout au long de la mission :

un objectif commun, qui permet de motiver des décisions et de recadrer certaines décisions ; une équipe à construire avec, pour chacun, un rôle déterminé et déterminant pour la réussite de la mission ; une préparation minutieuse de la mission pour assurer la bonne stratégie et le bon plan d’action ; obtenir de petites victoires rapidement pour démontrer sa valeur et marquer des points ; surmonter les obstacles et les imprévus en suivant un plan ; toujours garder le contact pour rassurer l’équipe ; atteindre l’objectif.

Construire une proposition commerciale que votre client ne pourra pas refuser Une fois que vous avez repéré des informations essentielles sur vos clients (contexte, fonctionnement, besoins, objectifs, solutions, délais, fourchette budgétaire si possible), Alexis Minchella conseille de suivre une même structure pour envoyer des propositions commerciales aux clients. Inutile selon lui de perdre beaucoup de temps sur la forme, c’est davantage le fond qui compte.

La situation initiale : à travers la relation établie avec votre client, cherchez à recueillir des informations de contexte personnalisées. L’objectif à atteindre, l’étoile du nord : concept qui circule depuis quelques années depuis la Silicon Valley. L’étoile du nord est un indicateur clé à suivre pour la prise de décision stratégique. À vous de préciser l’objectif formulé par votre client pour le rendre actionnable. Les mesures du succès : les définitions du processus de la mission et des étapes. La méthodologie : détaillez les actions que vous devez accomplir pour mener à bien votre mission. Mettez en avant vos compétences et votre expertise. Temps et prix : évaluez le temps de chaque étape du projet et définissez les responsabilités de chacun pour ne pas être tenu responsable en cas de défaillance de votre client. Concernant le prix, il vaut mieux adapter votre prestation au budget de votre client plutôt que de baisser votre prix. Essayez de définir une première étape rapide à réaliser pour mettre en confiance votre client et montrer votre valeur. Responsabilités conjointes : chacun, vous et votre client, doit s’engager sur des responsabilités pour que chaque étape du projet puisse se faire dans le temps et de manière efficace. Vous définissez avec votre client un nombre raisonnable de réunions en fonction de leur utilité, une fréquence de points à réaliser, la possibilité de communiquer sur d’éventuels blocages. Mes références : vous vous présentez et vous présentez votre entreprise (missions, méthodologie, résultats) à vos clients de manière assez simple. Vos projets personnels vous permettent de donner des informations sur votre personnalité et votre état d’esprit. Bonus = la rareté crée de la valeur : montrez que vous êtes occupé, pas immédiatement disponible, ce qui est une preuve sociale.

Chapitre 14 — Dépasser les attentes de vos clients pour devenir irremplaçable Après plusieurs missions, Alexis Minchella a compris que chaque mission se pilote avec le client, ce qui permet finalement de faciliter le démarrage et de lever certains blocages qui pourraient apparaître pour le freelance. Faire travailler ses clients  Il est intéressant d’observer que vous n’êtes pas le seul à apporter des connaissances à votre client. Ce dernier vous en apporte aussi et elles sont précieuses. À vous d’en tirer aussi profit pour votre activité et pour la réussite de la mission. Créer des systèmes simples Au fur et à mesure des missions, vous allez comprendre de mieux en mieux les informations cruciales (outils, documents internes, compréhension de l’équipe, du projet, de la stratégie marketing) pour démarrer la mission sur de bonnes bases. L’auteur conseille de lister les besoins en information et de demander au client d’y répondre en partageant les informations et les documents nécessaires. Vous gagnez ainsi un temps précieux et évitez plusieurs allers-retours pour recueillir les bonnes informations. Pensez à expliquer à votre client pourquoi vous avez besoin de ces informations, sous cette forme et sous quel délai. À vous de jauger et d’adapter ensuite les informations pertinentes à demander à chaque client. Comment ne pas devenir esclave de ses clients Alexis Minchella explique qu’il partage avec ses clients un document de synthèse de son activité à la fin de chaque semaine, court, efficace, facile à rédiger. Il y consigne les tâches réalisées dans la semaine, les retours clients nécessaires et d’éventuelles questions. Le client peut apporter des commentaires en ligne au document. Cela permet de créer une régularité dans les échanges et le suivi de la mission par le client et d’alimenter la confiance tout en limitant des contacts intempestifs de la part du client. Encore une fois, à vous d’adapter un outil et une fréquence en fonction de votre mission et de votre client. Créer de la concurrence pour stabiliser son activité  Un bon freelance se mesure au temps passé à travailler avec chaque client et pas au nombre de collaborations qu’il affiche. Votre client doit avoir conscience du travail que vous fournissez pour livrer votre résultat. À la fin de la mission, vous pouvez aussi rédiger un document de synthèse qui récapitule la situation et le contexte de départ, les différentes étapes, les résultats, ce qui peut être amélioré et les bonnes découvertes. Cela permet de mettre en valeur votre travail tout en recueillant les retours de votre client. Cela vous permet aussi de réfléchir, pour vous-même, aux enseignements de cette mission pour préparer les prochaines. En début de mission, essayez de doser ce que vous promettez pour pouvoir respecter vos engagements. En fin de mission, essayez d’apporter quelques propositions de solutions supplémentaires au client pour prolonger votre apport (prochaines étapes, idées de prestataires à contacter, etc.) et lui donner envie de continuer à travailler avec vous. Vous pouvez par exemple proposer une prestation mensuelle, passer de l’opérationnel à du conseil stratégique (facturé plus cher), ou bien un nouveau projet. Chapitre 15 —Notre développement est personnel Trouver son rythme de croisière lorsqu’on démarre en freelance peut être difficile. L’auteur rapporte son expérience personnelle. Au début, il est possible de se perdre dans une multitude de tâches que l’on croit nécessaire au bon démarrage de son activité. Oublier d’avoir du temps libre et personnel. En effet, en plus des projets clients, il faut aussi gérer tout l’arrière-plan du projet (administratif, marketing, commercial, comptabilité, apprentissages, etc.). Le freelance apporte aussi souvent une énergie personnelle importante pour créer et faire vivre son activité. Les indépendants sont antifragiles Si l’auteur s’inspire beaucoup du modèle des start-up pour sa vision du business, il établit une différence avec les freelances. Les coûts sont limités, ils peuvent rapidement dégager un peu de profit, et ils n’ont pas besoin de connaître un développement accéléré puisqu’ils sont seuls à faire vivre leur activité. L’antifragile, d’après le professeur Nassim Nicholas Taleb, se renforce dans des situations d’incertitude, de stress et d’échec. Et pour Alexis Minchella, le freelance est antifragile puisqu’il doit prendre des risques pour progresser et s’adapter aux évolutions de la société. Pour diminuer les risques toutefois, il est conseillé d’avoir plusieurs clients (pour ne pas dépendre d’un seul). Mais aussi, d’alimenter vos projets personnels pour garantir de futures nouvelles sources de revenus. Comment faire mieux sans en faire plus ? À partir de son expérience et des conseils de Paul Jarvis, Alexis Minchella estime qu’il est préférable de chercher à travailler avec intelligence et efficacité en se fixant des limites à ne pas dépasser afin de garantir un bon partage entre travail et vie personnelle. Capitaliser sur ses expériences, prolonger ses missions avec quelques clients, construire quelques outils simples à utiliser peut nettement améliorer son sentiment de bien-être au travail. Notre développement est personnel Lorsqu’on est freelance, l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle est plus difficile à établir que lorsqu’on est salarié. Le freelance est souvent amené à travailler chez lui et ses relations amicales et professionnelles se mêlent souvent. L’auteur partage la répartition de son temps de travail et des types de tâches entre certains moments de la journée et le week-end. Il peut ainsi déconnecter plus facilement à certains moments. Conclusion —Votre aventure en freelance est infinie Pour finir, l’auteur conseille de rester humble et d’accepter le développement progressif de son activité. « Il faudra accepter que parfois, les autres seront meilleurs que vous. Votre unique objectif reste centré sur vous : vous améliorer et devenir meilleur (sans en faire toujours plus). » (Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros, p.280)

Conclusion sur « Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros. Construire son offre, mieux vendre et s’épanouir au quotidien » d’Alexis Minchella : Un guide complet : Un livre complet sur l’aventure du freelancing écrit par un jeune auteur qui en a fait l’expérience lui-même et qui a partagé celles de plusieurs freelances à travers le podcast Tribu Indé (tribuinde.com). Vous apprécierez tout particulièrement la précision des explications et des conseils ainsi que la richesse des exemples proposés. Ce livre s’adresse aussi bien à des freelances débutants qu’à des personnes qui souhaitent prendre du recul sur leur activité et leurs pratiques. Et si vous achetez le livre, plusieurs bonus vous seront proposés sur le site de Tribu Indé :

Une vidéo masterclass dédiée à l’administratif avec une experte du sujet Une interview avec une indépendante sur sa méthode d’organisation, pour compléter le Plan de 90 jours Ma boîte à outils pour gérer et structurer toute mon activité freelance La liste des meilleures ressources recommandées par l’auteur (livres, newsletters, chaîne YouTube et podcasts) Les réponses aux questions des lecteurs Et quelques surprises…

Ce qu’il faut retenir de « Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros. Construire son offre, mieux vendre et s’épanouir au quotidien » d’Alexis Minchella : Devenir freelance peut être une aventure très positive. À condition de prendre en compte et de respecter un ensemble de paramètres pour cadrer son activité à différents niveaux : compétences, marché cible, contact client, marketing, valeur, positionnement, organisation, vision, etc. À travers un cheminement rigoureux et détaillé, ce livre vous présente ces différentes facettes et leur articulation et plusieurs écueils à éviter. Il donne des conseils judicieux pour tenter de trouver un équilibre sain et porteur de succès. À condition que l’on soit prêt à prendre quelques risques et à investir aussi de l’énergie personnelle. Points forts :

Une présentation approfondie et progressive des différentes facettes associées à l’aventure du freelance ; Une solide documentation à partir de l’expérience de l’auteur et de ses échanges avec de nombreux freelances. Notamment à travers le podcast Tribu Indé qu’il a créé en 2019 ; Des schémas et des dessins ludiques et clarifiants ; Des points d’étapes synthétiques à la fin de chaque chapitre.

Point faible :

Quelques répétitions au cours de l’ouvrage, mais cela est aussi utile pour construire progressivement le fil conducteur de l’aventure freelance.

Ma note :

Avez-vous lu le livre d’Alexis Minchella « Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre d’Alexis Minchella « Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros » Visitez Amazon afin d’acheter le livre d’Alexis Minchella « Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros »

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Thu, 28 Jul 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11976/Freelance-laventure-dont-vous-tes-le-hros
La règle ? Pas de règles ! http://www.olivier-roland.fr/items/view/11928/La-rgle-Pas-de-rgles-

Résumé de « La règle ? Pas de règles ! Netflix et la culture de la réinvention » de Reed Hastings et Erin Meyer : un livre à deux voix, très original et qui a remporté un franc succès dans les librairies - un ouvrage pratique, surtout, grâce auquel vous apprendrez à diriger votre entreprise comme Reed Hastings, le patron de Netflix ! Par Reed Hastings et Erin Meyer, 2020, 293 pages. Titre original : No rules rules. Netflix and the Culture of Reinvention. Chronique et résumé « La règle ? Pas de règles ! Netflix et la culture de la réinvention » de Reed Hastings et Erin Meyer 

Les auteurs Cofondateur de Netflix en 1997, Reed Hastings en est désormais le président-directeur général depuis 1999. Venu du monde des logiciels (il avait créé la société Pure Software en 1991, rachetée en 1997), le PDG du géant états-unien a conservé le goût des systèmes flexibles et adaptatifs. Reed Hastings est diplômé de Stanford et du Bowdin College. En plus de ses activités commerciales, il s’intéresse notamment beaucoup à l’éducation. Reed Hastings est également membre du conseil d’administration de Facebook. Erin Meyer est professeure dans l’une des écoles de commerce les plus réputées d’Europe : l’INSEAD (Institut européen d’administration des affaires) basé à Fontainebleau, Paris. Elle est l’auteur d’un petit livre pratique sur les meilleures façons de « franchir les frontières invisibles du commerce international » (c’est son sous-titre) : The Culture Map, sorti en 2014. Elle a été identifiée par la Thinkers50 Radar list comme l’un des cinquante penseurs commerciaux les plus influents au monde. À noter avant de lire cette chronique L’ouvrage est composé de 4 parties, appelées sections, et de 10 chapitres. Vous en trouverez le récapitulatif complet à la fin de cette chronique, mais voici déjà le plan des quatre sections principales :

Premières étapes vers une culture de la liberté et de la responsabilité ; Étapes suivantes ; Techniques pour renforcer la culture de la liberté et de la responsabilité ; Devenir global.

Remarque : afin de simplifier la lecture de cette chronique, j’ai modifié la plupart des sous-titres de l’ouvrage. À l’exception des derniers intertitres de chaque chapitre (que j’ai raccourcis et simplement intitulés « À emporter »), les sous-titres que vous rencontrerez dans ce résumé ne correspondent donc pas à ceux que vous pourrez retrouver dans le texte original.

Introduction Une culture d’entreprise sans règles ! Alors que la plupart des entreprises ont tendance à multiplier les règles et les processus à mesure qu’elles grandissent, Netflix est allée dans la direction opposée. Au fur et à mesure de sa croissance, l’entreprise a construit une culture qui consiste à avoir moins de règles. Comment y est-elle arrivée ? Elle a utilisé un processus en 3 étapes qui a été répété, encore et encore. Ce processus ressemble à ceci (on l’appelle aussi « le cycle Netflix ») :

Construire une densité de talents ; Augmenter le niveau de sincérité ; Trouver des moyens d’éliminer le contrôle.

Une croissance progressive Au cours de son développement, Netflix est passé par plusieurs étapes :

Une petite affaire de location de DVD par courrier ; La diffusion en continu du contenu d’autres personnes sur Internet ; La création de son propre contenu ; Une entreprise mondiale implantée dans 190 pays.

Tout au long de son évolution, la société a favorisé la flexibilité des employés et l’innovation.

Section 1. Premières étapes vers une culture de la liberté et de la responsabilité Pour créer une culture d’entreprise telle que celle de Netflix, vos actions initiales devraient être :

Créer un lieu de travail épatant pour les collègues ; Laisser les gens dirent ce qu’ils pensent ; Arrêter de contrôler les vacances et les dépenses.

Cela vous paraît surprenant ? On détaille cela tout de suite. Chapitre 1. Un excellent lieu de travail épate les collègues Des licenciements causés par la bulle Internet Officiellement lancé en 1997, Netflix a rapidement subi les conséquences de la bulle Internet de 2001, durant laquelle de nombreux entrepreneurs du web ont fait faillite. Pour survivre, l’entreprise a été contrainte de licencier un tiers de ses employés. Cela signifiait réduire son effectif de 120 à 80 personnes. Le jour de l’annonce des licenciements a été terrible, mais quelques semaines plus tard, quelque chose d’étrange s’est produit. En fait, selon Reed Hastings, l’ambiance s’est considérablement améliorée. Il y avait plus de « passion, d’énergie et d’idées. » Au début de l’année 2002, l’activité d’abonnement aux DVD par courrier était à nouveau en pleine croissance. Or, tout ce travail pouvait être réalisé par un nombre plus restreint de personnes à la fois plus motivées et plus dynamiques. Reed Hastings en a tiré une leçon managériale. En fait, les licenciements ont créé une augmentation spectaculaire de la « densité de talents ». Ce qui signifie que :

La quantité moyenne de talents par employé était plus élevée ; Les employés peu performants qui faisaient perdre du temps et de l’énergie à leur responsable avaient disparu ; Comme ceux qui restaient étaient excellents dans leur travail, cette nouvelle norme de performance est devenue contagieuse.

Résultat : moins de personnel, mais un environnement de travail plus dynamique Pour Erin Meyer, l’apprentissage clé de ceci est que : « Si vous avez une équipe entièrement composée de personnes très performantes, chacune d’entre elles pousse les autres à se dépasser ». » (Erin Meyer, La Règle ? Pas de règles !, chapitre 1) La création d’un lieu de travail dynamique est donc la première marche d’évolution à viser. Vous devez chercher à entourer vos meilleurs employés (comparés ici à des superstars) de personnes à la fois talentueuses et collaboratives. Un processus d’apprentissage réciproque se met alors en branle. Les employés commenceront à apprendre les uns des autres. Mieux, ils se motivent mutuellement sans avoir besoin directement des impulsions de l’équipe dirigeante. En tant que leader, vous devez donc chercher en premier lieu à mettre en place un tel environnement de travail. Bien sûr, cela implique de se séparer des personnes fainéantes et pessimistes qui freinent cette dynamique vertueuse. La culture de « la liberté et de la responsabilité » (appelée par les employés « F&R ») est une culture dans laquelle vous pouvez vous permettre de réduire les contrôles. Pourquoi ? Parce que les personnes talentueuses et dynamiques souhaitent un traitement en tant qu'adultes et veulent démontrer qu’elles peuvent faire les choses bien. Dans ce contexte, vous n’avez pas besoin d’établir des règles contraignantes, mais simplement d’agir en toute franchise. À emporter

« Votre rôle numéro 1 en tant que chef d’entreprise est de développer un environnement de travail composé exclusivement de collèges épatants.

Les collègues épatants accomplissent plus de tâches et sont exceptionnellement créatifs et passionnés.

Les idiots, les fainéants, les personnes douces qui ne performent pas, ou encore les pessimistes qui sont conservés dans l’équipe diminueront la performance de chacun. » (La règle ? Pas de règles! p. 11)

Chapitre 2. Dites ce que vous pensez réellement (avec une intention positive) « Ne dites de quelqu’un que ce que vous lui diriez en face » Chez Netflix, les gens sont encouragés à dire ce qu’ils pensent. Reed Hastings a vraiment mis tout en œuvre pour encourager les gens à s’exprimer. Les commentaires francs, transparents et constructifs sont toujours accueillis de façon positive. L’honnêteté, plutôt que les manigances et les non-dits, permet d’être plus rapide et donc plus efficace. La raison est simple : l’information est plus rapidement disponible et à moindre coût. C’est l’objectif de l’expression : « Ne dites de quelqu’un que ce que vous lui diriez en face ». Autrement dit, il s’agit d’énoncer systématiquement aux autres ce qu’on pense, de façon constructive (ce dernier point est évidemment essentiel). Ces retours constructifs sont encouragés aussi bien vers le haut de la hiérarchie, que vers le bas et de façon croisée au sein de l’entreprise. Voyons maintenant comment s’y prendre. Les directives 4A : des feedbacks qui augmentent la productivité Lorsque chacun s’exprime avec franchise, le groupe en apprend davantage. Ces retours d’information fréquents augmentent la rapidité et l’efficacité de chacun. Pour obtenir ce résultat, Netflix a conçu les « directives 4A ». La première mesure peut sembler contre-intuitive, tant elle est inhabituelle dans le monde de l’entreprise : les employés étaient activement encouragés à donner un feedback honnête à leurs patrons. Lors de chaque réunion individuelle, ces retours sont encouragés. Les dirigeants, pour leur part, sont tenus d’indiquer aux employés qu’ils ne seront pas punis pour avoir donné un avis honnête. Voici la signification des 4 A.

A1 : Objectif d’assistance (aim of assist) — le feedback doit être donné avec une intention positive plutôt qu’être le lieu de laisser échapper (venting of frustrations) ses frustrations. A1 : Utile et agissant (actionnable) – Le feedback doit se focaliser sur ce que la personne peut faire différemment. Il doit être spécifique et dirigé vers l’action. A3 : Appréciatif (appreciate) – La personne recevant le feedback doit reconnaître qu’elle écoute attentivement et avec un esprit ouvert. A4 : Accepter ou laisser de côté (accept or discard) – La personne recevant le feedback doit montrer qu’elle a écouté, mais peut soit appliquer soit ignorer les avis.

Les dirigeants doivent apprendre à donner et à recevoir de tels feedbacks 4 A. En fait, cette façon de faire détend l’atmosphère. Grâce à l’instauration de cette culture de la transparence et de la franchise, les gens parlent entre eux dès qu’ils constatent des problèmes, plutôt que de rester assis là sans rien faire. Reed Hastings analyse cela comme une boucle de rétroaction. Il s’agit en effet d’un retour d’information (un apprentissage) qui nous permet de fonctionner de façon plus efficace, car nous savons désormais comment mieux faire les choses. Cette rétroaction crée un sentiment de responsabilité mutuelle et réduit le besoin de verticalité et de normes strictes. Être à l’écoute Ces feedbacks constructifs ne fonctionnent que si les personnes s’écoutent mutuellement. C’est pourquoi, ici encore, il faut oser se débarrasser des personnes incapables d’écouter l’avis des autres et de le prendre en compte. Même s’il est brillant, quelqu’un lève les yeux au ciel lorsqu’une autre personne s’exprime difficilement ou insulte les plus faibles que lui empoisonnera la culture de groupe. En tant que leader, vous devez donc vous débarrasser de ces « abrutis ». En fait, comme le dit Reed Hastings, une culture de la franchise « exige que chacun réfléchisse attentivement aux directives des 4 A. Cela nécessite une réflexion et parfois une préparation avant de donner un feedback, ainsi qu’un suivi et un accompagnement de la part des responsables. » (Reed Hastings, La Règle ? Pas de règles ! chapitre 2) À emporter

« Avec de la franchise, les meilleurs performeurs deviennent des performeurs sensationnels. Des retours fréquents et honnêtes augmentent exponentiellement la vitesse et l’efficacité de votre équipe ou de votre force de travail.

Faites place à la sincérité en créant des moments de feedbacks dans vos réunions habituelles.

Coachez vos employés afin qu’ils donnent et reçoivent des retours de façon efficace, suivant les guidelines 4 A.

En tant que leader, sollicitez des retours fréquemment et répondez avec des indices d’appartenance [c’est-à-dire des paroles qui permettent de renforcer le sentiment d’appartenance au groupe] lorsque vous les recevez.

Débarrassez-vous des imbéciles lorsque vous installez une culture de la franchise. » (La Règle ? Pas de règles! p. 37)

Chapitre 3.a. Supprimez la politique de vacances Faire confiance Une fois que la densité de talents est élevée et que la franchise règne, vous pouvez commencer à relâcher certains contrôles et à offrir plus de liberté sur le lieu de travail. Le meilleur point de départ est de supprimer les contrôles sur les vacances et les dépenses. Cette liberté accordée donnera aux gens plus de contrôle sur leur vie et leur indiquera que vous faites confiance à vos employés dans la réalisation de leurs tâches. Par ailleurs, cette confiance en soi améliorera leur sentiment d’appartenance à l’entreprise, ce qui est une excellente chose. Des vacances illimitées La plupart des entreprises exigent que les employés effectuent des demandes de vacances. Le nombre de jours de congé autorisés chaque année est contrôlé : la direction cherche à s’assurer que vous ne prenez pas plus de temps que ce à quoi vous avez droit. Chez Netflix, vous pouvez prendre autant de temps que vous le souhaitez pour vos vacances. Aucune approbation n’est requise et personne ne contrôle le temps que vous prenez chaque année. Selon Reed Hastings, cette politique a plusieurs avantages :

Attraction des meilleurs talents, et en particulier les membres de la génération Z et les milléniaux, qui n’aiment pas beaucoup pointer à l’heure ; Suppression de la bureaucratie et des coûts administratifs liés au suivi de la politique de vacances ; Augmentation du niveau de confiance et de la responsabilité.

Les dirigeants eux-mêmes doivent prendre de grandes vacances afin de donner l’exemple ! Reed Hastings prend généralement six semaines de congés par an et parle beaucoup de ses vacances. Se sentir plus libre Cette attitude est liée à un autre principe en vogue dans l’entreprise du divertissement : « diriger en fonction du contexte, pas du contrôle ». Chaque manager est invité à expliquer à son équipe quelles sont les périodes tendues et celles qui le sont moins. De cette façon, chacun sait qu’il est bon d’être à son poste à telle époque, mais qu’il peut être libre à telle autre. Résultat ? Les gens sont plus satisfaits. Cela redonne aux employés du contrôle sur leur vie. Chapitre 3.b. Supprimez les approbations de voyage et de dépenses « Agissez dans le meilleur intérêt de Netflix » L’autre contrôle qui peut être supprimé une fois que vous avez instauré une atmosphère de franchise concerne les approbations des voyages et des dépenses. Il est étonnant de voir combien d’heures de gestion sont consacrées à ces questions. Tout d'abord, Netflix présente une directive sur les dépenses avec cette formulation :

« Dépensez l’argent de l’entreprise comme si c’était le vôtre ». Le problème est qu’il y a trop de variabilité. C’est pourquoi Netflix a évolué vers une autre formule ; « Agissez dans le meilleur intérêt de Netflix ».

Certes, il faut éradiquer les dépenses inconsidérées. C’est pourquoi, à la fin de chaque mois, l’équipe financière envoie aux managers un lien listant tous les reçus par employé. Les managers examinent les demandes de remboursement des dépenses des membres de leur équipe et discutent avec ceux qui dépensent trop. Ils parlent du contexte et informent leurs employés de ce qui est approprié et de ce qui ne l’est pas. Punir visiblement les abus Si ces responsables ou l’équipe financière découvrent que des personnes effectuent des dépenses inappropriées, ces employés sont licenciés ouvertement et sans ambages, afin que les autres comprennent les conséquences. C’est la contrepartie de la responsabilité. En fait, comme l’affirme Reed Hastings, les employés responsables veilleront entre eux à s’assurer que les actions de leurs coéquipiers sont conformes au bien de l’entreprise. À emporter

« Quand vous abandonnez vos politiques de frais de voyage et de dépenses, encouragez vos dirigeants à établir, en amont, le contexte permettant de savoir comment dépenser l’argent et, en aval, encouragez-les à vérifier les reçus. Si les gens dépensent trop, actualisez le contexte.

Sans contrôle des dépenses, vous aurez besoin d’un département des finances pour auditer les reçus accumulés annuellement.

Lorsque vous trouvez des gens qui abusent du système, renvoyez-les et parlez des abus de façon ouverte — même s’il s’agit de “performeurs stars”. Cela est nécessaire afin que les autres comprennent les conséquences d’un comportement irresponsable.

Certaines dépenses peuvent augmenter avec la liberté. Mais les coûts de la surdépense ne sont pas aussi élevés que les gains que la liberté vous apportera.

Avec cette liberté en matière de dépense, les employés seront capables de prendre des décisions financières rapidement qui aideront l’entreprise.

Sans le temps et les coûts administratifs liés aux bons de commande et aux processus d’approvisionnement, vous gaspillerez moins de ressources.

De nombreux employés répondront à cette nouvelle liberté en dépensant moins que s’ils étaient dans un système avec des règles. Lorsque vous dites aux personnes que vous avez confiance en elles, elles montrent qu’elles sont dignes de confiance. » (La Règle ? Pas de règles!, p. 70-71)

Section 2. Étapes suivantes Si vous voulez aller encore plus loin, vous devriez, encore et toujours :

Vous assurer de payer très bien vos meilleurs employés ; Ouvrir vos livres (de compte, notamment) ; Faire en sorte qu’aucune approbation ne soit requise.

Chapitre 4. Payez-vous les meilleures compétences du marché Les « rock stars » Reed Hastings vient de l’industrie des logiciels, où le « principe de la rock star » est bien connu. C’est l’idée selon laquelle les meilleurs talents sont vingt fois plus performants que les talents moyens, voire plus. Chez Netflix, il a divisé la force de travail en deux catégories :

les rôles opérationnels, qui reçoivent un salaire moyen ; les rôles créatifs, qui sont payés aux tarifs les plus compétitifs du marché.

Netflix préfère rémunérer très fortement un employé exceptionnel, plutôt que d’engager une douzaine de personnes aux performances moyennes. Cette approche permet d’augmenter le niveau d’innovation de l’entreprise. Un salaire élevé garanti Netflix refuse d’utiliser les primes de rémunération au rendement. Au lieu de cela, les employés talentueux reçoivent un salaire de base élevé garanti, et ces salaires sont ajustés chaque année pour refléter la façon dont le marché valorise ces compétences spécifiques. La rémunération est donc garantie dès le départ. Ceci dit, il n’y a aucune limite aux augmentations de salaire d’une année sur l’autre. Si un employé très innovant peut fournir des données montrant qu’il obtiendrait davantage chez un concurrent, Netflix s’alignera sur cette offre, voire la surpassera. En règle générale, si vous êtes approché par un chasseur de têtes, vous gardez cette information confidentielle. Vous n’aimez pas trop la divulguer à votre patron. Mais Netflix va dans la direction opposée ! Montrez l’offre qui vous est faite afin d’obtenir une augmentation. En agissant de la sorte, Netflix s’engage à conserver ses meilleurs éléments et à les rémunérer à la valeur réelle du marché. Engager moins, mais mieux « Afin de renforcer la densité de talents au sein de votre personnel, pour tous les rôles créatifs, engagez un employé exceptionnel au lieu de dix ou plus, de niveau moyen. Embauchez cette personne exceptionnelle au sommet de la fourchette qu’elle vaut sur le marché. Adaptez son salaire au moins une fois par an afin de continuer à lui offrir plus que ses concurrents. Si vous ne pouvez pas vous permettre de payer vos meilleurs employés au niveau le plus élevé du marché, laissez partir certaines des personnes les moins fabuleuses pour pouvoir le faire. De cette façon, les talents deviendront encore plus denses ». » (Reed Hastings, La Règle ? Pas de règles! chapitre 4) À emporter

« Les méthodes utilisées par la plupart des entreprises pour rémunérer les employés ne sont pas idéales pour une force de travail créative et à haute densité de talent.

Divisez votre force de travail entre les créatifs et les opérationnels. Payez les travailleurs créatifs au niveau le plus haut du marché. Cette façon de faire signifie engager un individu exceptionnel plutôt que dix personnes adéquates ou plus.

Ne payez pas en fonction de bonus liés à la performance. Placez plutôt ces ressources directement dans les salaires.

Apprenez aux employés à développer leurs réseaux et à investir du temps, régulièrement, dans la prise en compte de leur propre valeur et de celle de leurs équipes. Cela peut impliquer qu’ils prennent des appels de recruteurs, voire qu’ils aillent faire des interviews dans d’autres entreprises. Ajustez les salaires en fonction. » (La Règle ? Pas de règles ! p. 99)

Chapitre 5. Ouvrez les livres « Le soleil se lève » : privilégier la transparence La plupart des entreprises parlent de transparence, mais enferment ensuite leurs secrets et ne les partagent qu’en cas de nécessité. Netflix fait le contraire. Cette politique a un nom : « sunshining » (lever du soleil). Autrement dit, l’entreprise ouvre ses livres. Les gens apprennent à lire les comptes des profits et des pertes, et chacun reçoit toutes les données financières qu’il souhaite. Bien entendu, ces informations restent strictement confidentielles : aucun employé ne peut ensuite aller les divulguer à l’extérieur en vue, par exemple, d’en faire commerce. Ce faisant, l’entreprise traite ses employés comme des adultes. Elle leur offre la connaissance et l’occasion de contribuer à l’entreprise de manière significative. Les membres de Netflix voient aussi, de cette façon, qu’il n’y a pas de cercle restreint, pas d’élite qui détient des informations supérieures et cachées. Encore une fois, la transparence crée de la confiance. Les symboles de l’ouverture L’entreprise utilise beaucoup d’autres symboles pour renforcer ce message. Par exemple :

Il n’y a pas d’espaces fermés dans les bureaux de Netflix ; Reed Hastings, le PDG de Netflix, se rend facilement à pied au bureau d’une personne qu’il souhaite rencontrer, plutôt que de la convoquer dans son bureau ; Il n’y a pas d’assistants personnels, qui font souvent office de gardiens ; Personne n’a de casiers, parce que tout le monde est censé se faire entièrement confiance.

Cette politique de transparence est une manière, pour les employés, de se sentir propriétaires de l’entreprise, et donc d’accroître leur motivation et leur responsabilité dans le succès de l’entreprise. Mais Reed Hastings note une autre conséquence positive : cela rend le personnel plus intelligent. Pourquoi ? Car ils réfléchissent en adultes et prennent des décisions mûrement pensées par eux-mêmes, sans avoir besoin de l’avis de la hiérarchie. Désavantages et limites Un inconvénient potentiel de la transparence radicale est que les gens apprennent parfois à l’avance que leur emploi pourrait disparaître. Bien sûr, cela peut causer du stress, mais il est finalement préférable de pouvoir se préparer, plutôt que d’apprendre la nouvelle de façon abrupte. Autre point d’achoppement : la transparence doit-elle aussi s’appliquer à la vie privée d’une personne ? L’approche adoptée par Netflix est la suivante :

Si l’information concerne un événement survenu au travail, la transparence est de mise ; Si l’information concerne autre chose, il faut dire aux gens qu’ils n’ont pas à la partager et qu’ils peuvent la demander à la personne concernée.

Il est bon de parler de ses erreurs C’est un autre volet de la transparence. Reed Hastings, par exemple, parle ouvertement et longuement des erreurs qu’il a commises. Ce faisant, il se rend accessible et il stimule aussi la créativité en faisant comprendre à ses équipes que les erreurs sont acceptables, si elles sont commises ouvertement et avec de bonnes intentions. « Si vous avez les meilleurs employés sur le marché et que vous avez instauré une culture du retour d’information ouvert, le fait de révéler les secrets de l’entreprise augmente le sentiment d’appartenance et d’engagement du personnel. Si vous faites confiance à votre personnel pour traiter des informations sensibles de manière appropriée, la confiance dont vous faites preuve suscitera des sentiments de responsabilité et vos employés vous montreront à quel point ils sont dignes de confiance ». » (Reed Hastings et Erin Meyer, La Règle ? Pas de règles ! chapitre 5) À emporter

« Afin d’implanter une culture de la transparence, prenez en considération les messages symboliques que vous envoyez. Débarrassez-vous des bureaux fermés, des assistants qui agissent comme des gardes, et des espaces verrouillés.

Ouvrez les livres à vos employés. Apprenez-leur à lire le P&L. Partagez les informations financières et stratégiques sensibles avec chacun, au sein de l’entreprise.

Lorsque vous prenez des décisions qui impacteront le bien-être des employés, comme des réorganisations ou des mises à pied, divulguez l’information assez tôt à votre force de travail, avant que les choses ne soient solidifiées. Cela causera de l’anxiété et de la distraction, mais la confiance que vous construirez ainsi surpasse ces désavantages.

Lorsque la transparence entre en tension avec la vie privée d’un employé, suivez cette ligne directrice : si l’information concerne quelque chose qui s’est passé au travail, optez pour la transparence et parler honnêtement de l’incident. Si l’information concerne la vie personnelle de l’employé, dites aux personnes que ce n’est pas la place de la partager et dites qu’elles peuvent s’adresser directement à l’intéressé si elles le souhaitent.

Aussi longtemps que vous vous montrez compétent, parlez ouvertement et largement de vos propres erreurs — et encouragez tous les chefs d’équipe à faire de même — cela augmentera la confiance, la bonne volonté, et l’innovation au sein de l’organisation. » (La Règle ? Pas de règles ! p. 126)

Chapitre 6. Maintenant, relâchez davantage les commandes Encourager la prise de décision La suppression des limites de vacances et des politiques de dépenses était une première étape symbolique, mais l’étape suivante consiste à générer un lieu de travail où aucune approbation décisionnelle n’est requise. Dans un tel cadre, vous êtes censé faire confiance à chacun pour agir dans le sens favorable à l’entreprise. Lorsqu’une personne est engagée chez Netflix, le principe fondamental suivant lui est enseigné : « N’essayez pas de plaire au patron. Faites ce qui est bon pour l’entreprise ». On apprend également aux nouveaux employés la chose suivante. À leur arrivée, ils disposent d’un tas métaphorique de jetons avec lesquels ils peuvent faire des paris. Certains de ces paris seront réussis, d’autres échoueront. Leurs performances seront jugées en fonction de la taille de ce tas, et non en fonction de la réussite ou de l’échec d’un seul pari. Pour Reed Hastings, c’est la meilleure façon d’encourager l’innovation et la prise de décision. Le cycle d’innovation de Netflix Chaque fois que vous avez une nouvelle idée qui vous passionne, vous devez faire ceci :

Socialiser ; Tester ; Décider ; Célébrer.

C’est ce que Netflix appelle le « cycle de l’innovation ». Détaillons-la. Socialiser, c’est-à-dire faites connaître votre idée et laissez vos collègues vous dire s’ils l’aiment ou la détestent. En bref, obtenez des commentaires et des retours constructifs. S’il s’agit d’une grande idée, testez-la et analysez ce que les données montrent. Trouvez d’autres personnes qui font déjà ce que vous proposez, et essayez de tirer des enseignements de leur expérience. Faites un essai et demandez leur avis aux clients. Sur ces bases, pariez en partant du principe que vous choisissez d’aller de l’avant ou non et que vous êtes seul responsable du résultat. Aucune approbation n’est requise. Si le projet vous plaît, allez-y. Si votre pari se révèle gagnant, célébrez-le. Mais faites de même s’il échoue ! Mettez-le en lumière pour que tout le monde en tire les leçons. Netflix ne s’attend pas à ce que tous les paris réussissent : l’entreprise souhaite que les gens partagent ce qu’ils apprennent. « Nous ne devons pas avoir peur de nos échecs. Nous devrions les embrasser. Et ensoleiller encore plus les erreurs ! » (Reed Hastings, La Règle ? Pas de règles ! chapitre 6) À emporter

« Dans une entreprise innovante et rapide, l’appropriation des décisions critiques et importantes devrait être dispersée au sein de la force de travail à différents niveaux, et non pas allouée à un certain type de statut hiérarchique.

Afin que ceci fonctionne, le chef d’équipe doit apprendre à son groupe le principe de Netflix : “Ne cherchez pas à faire plaisir à votre chef.”

Lorsque de nouveaux employés rejoignent l’entreprise, dites-leur qu’ils ont un sac rempli de jetons métaphoriques qu’ils peuvent utiliser pour faire des paris. Certains auront du succès, d’autres non. La performance d’un travailleur sera jugée sur le résultat global de ses paris, non sur les résultats d’une simple mise.

Pour aider votre force de travail à faire de bons paris, encouragez-les à cultiver le dissentiment, à socialiser leurs idées et à tester leurs gros paris.

Apprenez à vos employés que lorsqu’un pari échoue, ils devraient s’en réjouir ouvertement [sunshine it openly]. » (La Règle ? Pas de règles ! p. 160)

Section 3. Techniques pour renforcer la culture de la liberté et de la responsabilité Vous souhaitez désormais renforcer votre culture de la liberté et de la responsabilité. Mais comment ? Suivez ce chemin :

Vivez selon le test du gardien ; Maximisez votre honnêteté en utilisant des cercles de feedbacks ; Dirigez en fonction du contexte, ne contrôlez pas.

Chapitre 7. Le test du gardien La métaphore de l’équipe sportive En 2008, Netflix était en pleine croissance. Des dizaines de nouveaux employés rejoignaient l’entreprise chaque semaine. Pour structurer cette augmentation, l’équipe de direction a commencé à utiliser la métaphore de l’équipe sportive professionnelle. Les questions à se poser Pour renforcer l’éthique et l’état d’esprit de l’équipe sportive, les managers sont invités à appliquer le « test du gardien ». En pratique, cela signifie que chaque manager doit régulièrement se demander s’il a la meilleure personne dédiée à chaque poste. Les chefs d’équipe doivent donc se poser la question : « Si un membre de votre équipe devait démissionner demain, essaieriez-vous de le faire changer d’avis ? Ou seriez-vous soulagé de le voir partir ? Dans ce dernier cas, vous devriez lui verser une indemnité de départ dès maintenant et chercher une star, une personne pour laquelle vous vous battriez. » (La Règle ? Pas de règles ! Chapitre 7) Netflix essaie d’appliquer ce test à l’ensemble de l’entreprise. Il ne s’agit pas de créer des systèmes de classement et de compétition, qui nuisent à la culture de la collaboration, de la liberté et de la responsabilité, mais de renforcer l’honnêteté. Les employés eux-mêmes sont encouragés à aller voir leur patron à tout moment et à lui demander : « Si j’envisageais de partir, jusqu’où iriez-vous pour me faire changer d’avis ? ». Cette démarche désamorce en grande partie les tensions et l’anxiété. La transparence, même en matière de licenciement Netflix fait également quelque chose d’intéressant lorsque des personnes sont licenciées. L’équipe se réunit et commence par noter les principales forces de l’employé licencié. Le manager explique ensuite pourquoi il a estimé que cet employé n’était plus le meilleur choix pour son poste. Les membres de l’équipe peuvent alors interroger le manager sur ce qui a été fait pour aider cette personne, et ainsi de suite. En mettant tout sur la table, tous les membres de l’équipe peuvent comprendre ce qui se passe. Netflix offre également une généreuse indemnité de départ à tout employé licencié. De nombreux anciens employés de Netflix ont utilisé ces indemnités pour démarrer leurs prochains projets. L’indemnité de départ comprend généralement plusieurs mois de salaire pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, pendant que les ex-employés cherchent un nouvel emploi. Chaque année, Netflix enregistre en moyenne un taux de rotation volontaire de 3 à 4 % et un taux de rotation involontaire (personnes licenciées) d’environ 8 %. À emporter

« Afin d’encourager vos chefs d’équipe à se focaliser sur la performance, apprenez-leur à utiliser le test du gardien […].

Éviter les systèmes de classement qui créent de la compétition Internet et découragent la collaboration.

Pour une culture de la performance, la métaphore de l’équipe sportive est meilleure que celle de la famille. Encouragez vos managers à développer l’engagement, la cohésion et la camaraderie, tout en vous assurant que chaque joueur est à la bonne place.

Lorsque vous réalisez que vous devez laisser partir quelqu’un, au lieu de le mettre sur un certain type de PIP (performance improvement plan), ce qui est humiliant et coûteux sur le plan organisationnel, prenez tout cet argent et donnez-le à l’employé sous la forme d’une généreuse indemnité de départ.

L’inconvénient d’une culture de haute performance est que les employés peuvent avoir l’impression que leur emploi est en jeu. Pour réduire cette peur, encouragez-les à utiliser le test du gardien avec leurs managers […].

Lorsqu’un employé s’en va, parlez-en ouvertement avec l’équipe et répondez à leurs questions avec franchise. Cela diminuera leur peur d’être le suivant et augmentera la confiance envers l’entreprise et la direction. » (La Règle ? Pas de règles ! p. 186)

Chapitre 8. Maximisez la franchise « La franchise, c’est comme aller chez le dentiste » Les nouvelles personnes qui rejoignent Netflix sont souvent stupéfaites de voir à quel point la franchise fait partie intégrante de la culture de l’entreprise. Pour ces personnes qui viennent d’entreprises où l’on commande et contrôle, il n’est pas évident de se mettre soudain à signaler à son patron ce qu’il fait bien ou mal ! Mais comme le dit Reed Hastings : « La franchise, c’est comme aller chez le dentiste. Même si vous encouragez tout le monde à se brosser les dents quotidiennement, certains ne le feront pas. Ceux qui le font risquent quand même de ne pas voir les endroits inconfortables. Je ne peux pas garantir que la franchise que nous encourageons se produise tous les jours ». (Reed Hastings, La Règle ? Pas de règles ! chapitre 8) Dans de nombreuses entreprises, l’examen annuel des performances est le mécanisme qui permet de donner du feedback aux employés, mais celui-ci ne va que dans une seule direction et ne provient que d’une seule personne. Netflix a choisi d’utiliser un autre mécanisme : les feedbacks à 360°, écrits et en direct. Des évaluations écrites à 360 degrés Un 360 écrit est un rapport auquel n’importe qui chez Netflix peut ajouter ses commentaires. Sa préparation se fait dans le cadre d’un exercice annuel. En moyenne, les employés de Netflix reçoivent un retour d’information sur leurs performances de la part d’au moins 10 de leurs pairs. Ces commentaires sont signés par la personne qui les donne. Si vous voulez plus de détails, vous pouvez ainsi aller les voir pour en discuter. Par ailleurs, les employés sont amenés à évaluer leur patron dans le cadre de ces évaluations écrites à 360°, ce qui donne lieu à des discussions animées ! Les 360 degrés en direct En plus des évaluations écrites, Netflix organise des évaluations en direct. Comme leur nom l’indique, il s’agit de séances de feedback en présentiel durant lesquelles il est possible d’identifier et de désamorcer les tensions latentes au sein de l’équipe. Voici quelques caractéristiques de ces Live 360 :

Elles ont souvent lieu au cours d’un dîner ; Un groupe de 10 à 12 employés est la taille optimale ; Il est préférable de mandater un modérateur fort qui peut intervenir si la discussion s’écarte du sujet ; Les participants sont invités à donner un feedback constructif de type 4A ; Un équilibre d’environ 25 % de feedback positif et de 75 % de feedback de développement (choses à améliorer) est souhaité.

Voici quelques astuces supplémentaires données par Reed Hastings : « Les premières interactions de feedback donneront le ton de la soirée. Choisissez un récepteur de feedback qui recevra un feedback difficile avec ouverture et appréciation. Choisissez un donneur de feedback qui donnera le feedback difficile, tout en respectant les directives des 4 A. Souvent, le patron choisit d’être le premier à recevoir. Les 360° en direct fonctionnent en raison de notre forte densité de talents et de notre politique “pas d’abrutis brillants”. Si vos employés sont immatures, ont une mauvaise attitude ou manquent de confiance en eux pour montrer leur vulnérabilité en public, vous n’êtes peut-être pas prêt à organiser ces événements. Et même si vous êtes parfaitement prêt, vous aurez besoin d’un modérateur solide qui s’assurera que tous les commentaires s’inscrivent dans le cadre des 4 A et interviendra si quelqu’un dit quelque chose de déplacé ». » (Reed Hastings, La Règle ? Pas de règles ! Chapitre 8) À emporter

« La franchise, c’est comme aller chez le dentiste. Même si vous y encouragez tout le monde, certains ne le feront pas. Et même ceux qui le font peuvent encore avoir des soucis. Une séance approfondie tous les six à douze mois garantit des dents propres et un système de rétroaction en parfait état.

Les évaluations de performance ne sont pas le meilleur mécanisme pour un environnement de travail franc, principalement parce que les commentaires ne vont généralement que dans un sens (vers le bas) et ne proviennent que d’une seule personne (le patron).

Un rapport écrit à 360 degrés est un bon mécanisme de rétroaction annuelle. Toutefois, évitez l’anonymat et les notes numériques, ne liez pas les résultats à des augmentations ou des promotions, et ouvrez les commentaires à quiconque est prêt à les donner.

Les dîners en direct à 360 degrés sont un autre processus efficace. Prenez plusieurs heures, loin du bureau. Donnez des instructions claires, suivez les directives de retour d’information A4 et utilisez la méthode “Démarrer, Arrêter, Continuer” en cherchant à obtenir environ 25 % de positifs, 75 % de développement, tous exploitables et sans peluches. » (La Règle ? Pas de règles ! p. 204)

Chapitre 9. Dirigez en fonction du contexte, ne contrôlez pas Informer ses employés de la situation La plupart des organisations ont des dirigeants qui contrôlent tout ce qui se passe. Un patron approuve les initiatives à poursuivre et gère le temps de ses subordonnés directs. Un patron peut vérifier fréquemment pour corriger un travail qui n’est pas conforme aux normes, ou donner aux employés le pouvoir d’utiliser leur discrétion dans le cadre des contrôles mis en place. Diriger avec le contexte est beaucoup plus difficile car cela donne beaucoup plus de liberté et de discrétion aux employés. En tant que manager ou chef d’équipe, vous fournissez suffisamment d’informations pour que les employés comprennent la situation, puis vous leur faites ensuite confiance pour prendre de bonnes décisions et travailler sans surveillance. Le principal avantage de diriger en tenant compte du contexte est que chacun apprend à prendre de bonnes décisions par lui-même. Les trois conditions réunies chez Netflix Netflix a toujours suivi la philosophie selon laquelle il est préférable de diriger en fonction du contexte plutôt que de contrôler. Cela a été rendu possible chez Netflix grâce à ces trois conditions :

L’entreprise a une forte densité de talents. Elle est remplie de personnes qui sont motivées et extrêmement talentueuses. Ils n’ont pas besoin qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire heure par heure et jour par jour. L’objectif de l’entreprise est d’être une force créative et d’innover, et non d’empêcher une erreur dans un système de production qui fabrique des millions de produits chaque année. Le PDG de Netflix est un ingénieur en logiciel et comprend que l’entreprise doit être un système à couplage lâche. Dans ce type de système, la conception des composants se fait de manière à pouvoir s'adapter sans devoir revenir en arrière et modifier la base. Cela rend Netflix flexible, avec une prise de décision décentralisée.

L’étoile Polaire de l’entreprise Quelques fois par an, Reed Hastings réunit les dirigeants de Netflix du monde entier pour une réunion de deux jours afin de s’assurer que tout le monde comprend l’« étoile polaire » de l’entreprise, c’est-à-dire la direction générale prise par Netflix. Des mémos sont ensuite envoyés via Google Docs à chaque employé de l’entreprise pour expliquer le contexte partagé lors de ces réunions. Tous les employés de l’entreprise ont ainsi le même accès à ces informations contextuelles. Puis, entre ces grandes réunions, l’équipe dirigeante organise des réunions individuelles avec chaque employé, une fois par an. Cela lui permet de comprendre le contexte en détail et cela permet aussi de mettre en évidence tout ce qui ne fonctionne pas (excès de dépenses, par exemple). La métaphore de l’arbre, plutôt que celle de la pyramide La plupart des organisations ont un organigramme qui ressemble à une pyramide. Netflix, quant à lui, ressemble à un arbre plutôt qu’à une pyramide. Le PDG est à la racine de l’arbre et le nourrit en lui fournissant un contexte. Il soutient les cadres supérieurs, qui à leur tour soutiennent les branches extérieures où les décisions sont prises. Par exemple :

En octobre 2017, Reed Hastings a déclaré aux hauts dirigeants de l’entreprise que la croissance internationale était la priorité absolue de Netflix et son plus gros moteur de revenus. Ted Sarandos, le directeur du contenu de Netflix, a décidé que, par conséquent, Netflix devait « prendre de gros risques et apprendre beaucoup » sur ces marchés internationaux. Il a déclaré à ses collaborateurs que Netflix devait devenir une machine à apprendre internationale. Melissa Cobb, qui rend compte à Ted Sarandos, a décidé que la seule façon d’y parvenir était que Netflix fournisse du matériel de qualité provenant du monde entier. Pour elle, il s’agit de « faire venir des cabanes de glace et des huttes de terre à Bangkok ». Dominique Bazay, qui rend compte à Melissa Cobb, a fait part de ses réflexions sur le contenu mondial et a décidé de viser haut pour tout contenu d’animation préscolaire qu’elle développe. Aram Yacoubian, qui rend compte à Dominique Bazay, était responsable de l’acquisition de contenu en Inde. Il a tenu compte de cette idée lorsqu’on lui a présenté une émission produite localement intitulée Mighty Little Bheem. Aram a acheté l’émission pour Netflix, mais a également donné de l’argent aux créateurs locaux pour améliorer l’animation. L’émission a été lancée en avril 2019, et en trois semaines, elle était devenue l’une des séries animées les plus regardées de Netflix. Elle compte désormais 27 millions de vues.

« La décision d’Aram d’acheter Mighty Little Bheem est un exemple clair de la manière dont Netflix dirige en fonction du contexte. Chaque leader, de moi-même à la racine de l’arbre jusqu’à Dominique au niveau de la branche intermédiaire, établit un contexte qui éclaire la décision d’Aram. Mais c’est Aram lui-même, en tant que capitaine informé, qui décide des émissions à acheter. Chez Netflix, il y a beaucoup d’histoires d’employés de niveau inférieur qui prennent des décisions financières de plusieurs millions de dollars sans l’approbation du patron. Les personnes extérieures sont souvent perplexes quant à la manière dont cela peut fonctionner dans une organisation financièrement responsable. La réponse est simple : c’est à cause de l’alignement ». » (Reed Hastings, La Règle ? Pas de règles ! Chapitre 9) À emporter

« Afin de diriger avec le contexte, vous devez avoir une densité de talents élevée, votre objectif doit être innovant (pas de prévention des erreurs) et vous devez fonctionner dans un système à couplage lâche.

Une fois ces éléments en place, au lieu de dire aux gens quoi faire, alignez-vous au pas de course en fournissant et en débattant de tout le contexte qui leur permettra de prendre de bonnes décisions.

Quand l’un des vôtres fait quelque chose de stupide, ne blâmez pas cette personne. Au lieu de cela, demandez-vous quel contexte vous n’avez pas réussi à définir. Êtes-vous suffisamment cohérent et inspirant au moment d’exprimer vos objectifs et votre stratégie ? Avez-vous clairement expliqué toutes les hypothèses et les risques qui aideront votre équipe à prendre les bonnes décisions ? Êtes-vous aligné avec vos employés sur la vision et les objectifs ?

Une organisation faiblement couplée devrait ressembler à un arbre plutôt qu’à une pyramide. Le patron est à la racine, soutenant le tronc des cadres supérieurs qui soutiennent les branches extérieures où se prennent les décisions.

Vous savez que vous dirigez avec succès avec le contexte lorsque vos employés font avancer l’équipe dans la direction souhaitée en utilisant les informations qu’ils ont reçues de vous et de ceux qui vous entourent pour prendre eux-mêmes d’excellentes décisions. » (La Règle ? Pas de règles ! p. 254)

 

Section 4. Devenir global Chapitre 10. Apportez tout au monde ! Une entreprise « sans règles » peut-elle se développer facilement à l’international ? Entre 2011 et 2015, Netflix s’est développé en s’implantant dans plusieurs pays à la fois. En 2016, l’entreprise a pris la décision de se lancer dans 130 pays en un jour ! La grande question était de savoir si la culture d’entreprise « sans règles » de Netflix fonctionnerait dans le monde entier. Pour s’adapter à la croissance internationale, Netflix a établi une carte culturelle d’entreprise en fonction de sept dimensions et comportements. Cette méthodologie était basée sur l’ouvrage de Erin Meyer, The Culture Map. Une fois que Netflix a identifié sa propre culture d’entreprise, l’entreprise a pu la comparer aux cultures des pays dans lesquels la société s’implantait. Cette carte comparative a ensuite servi de guide pour adapter la culture d’entreprise de Netflix aux préférences locales. Par exemple, dans certains pays, les employés sont naturellement prédisposés à consulter des guidelines ou à demander la permission lorsqu’ils prennent des décisions, plutôt que d’utiliser leur propre jugement. La carte culturelle l’a mis en évidence, et c’est pourquoi Netflix a pris soin de former les employés locaux sur la manière de procéder. Une fois qu’ils ont pris le coup de main, ces employés ont généralement aimé la liberté que cela leur donnait, même si cela était contraire à leurs habitudes. Ces cartes culturelles ont aidé Netflix à anticiper et à gérer les problèmes d’adaptation locale au fur et à mesure que l’entreprise se mondialisait. Les défis pour l’avenir C’est un premier défi : apprendre à adapter la culture de la liberté et de la responsabilité dans d’autres pays, tout en prenant en compte les différences culturelles. Voici la conclusion du PDG de Netflix, Reed Hastings. « À l’ère de l’information, dans de nombreuses entreprises et au sein de nombreuses équipes, l’objectif n’est plus la prévention des erreurs et la reproductibilité. Au contraire, c’est la créativité, la vitesse et l’agilité. À l’ère industrielle, l’objectif était de minimiser la variation. Mais aujourd’hui, dans les entreprises créatives, la maximisation de la variation est plus essentielle. Dans ces situations, le plus grand risque n’est pas de commettre une erreur ou de perdre la cohérence ; c’est de ne pas réussir à attirer les meilleurs talents, à inventer de nouveaux produits ou à changer rapidement de direction lorsque l’environnement se modifie. La cohérence et la répétitivité ont plus de chances d’étouffer les idées nouvelles que d’apporter des bénéfices à votre entreprise. Un grand nombre de petites erreurs, bien que parfois douloureuses, aident l’organisation à apprendre rapidement et constituent un élément essentiel du cycle d’innovation. Dans ces situations, les règles et les processus ne sont plus la meilleure réponse. Une symphonie n’est pas ce que vous recherchez. Laissez le chef d’orchestre et les partitions derrière vous. Créez plutôt un groupe de jazz. Le jazz met l’accent sur la spontanéité individuelle. Quand tout s’assemble, la musique est magnifique. » (Reed Hastings et Erin Meyer, La Règle ? Pas de règles ! Chapitre 10)

Conclusion sur « La Règle ? Pas de règles ! Netflix et la culture de la réinvention » de Reed Hastings et Erin Meyer : Un livre qui vous dévoile la culture d’entreprise de Netflix et qui vous propose de l’appliquer à votre organisation

« Netflix est différent. Nous avons une culture où aucune règle ne prévaut. » (Reed Hastings, La Règle ? Pas de règles ! Introduction)

Ce livre intéressera tous les entrepreneurs qui cherchent de nouvelles méthodes de gestion. Le présupposé du livre est simple : c’est en considérant ses collaborateurs comme des adultes, à la fois libres et responsables, qu’une entreprise peut atteindre des sommets et se renouveler sans cesse. Autrement dit, il faut privilégier la communication et tout faire pour que les employés soient conscients des enjeux de l’entreprise. À partir du moment où ceux-ci sont talentueux et intelligents, ils auront à cœur de faire évoluer votre affaire et de stimuler les autres à faire de même. Ce qu’il faut retenir de « La Règle ? Pas de règles ! Netflix et la culture de la réinvention » de Reed Hastings et Erin Meyer : Voici votre plan d’action, si d’aventure vous souhaitez placer vos pas dans ceux de Netflix et créer une culture de liberté et de responsabilité pour votre propre entreprise. Tout d’abord (section 1) :

Créez une pépinière de talents parmi vos collaborateurs (chapitre 1) ; Faites croître la franchise (chapitre 2) ; Supprimez les contrôles (vacances, voyages, dépenses - chapitres 3 a et b).

Ne vous arrêtez pas ! Continuez exactement dans ce sens (section 2) :

Améliorez sans cesse le niveau de talents dans vos équipes (chapitre 4) ; Gonflez à bloc la sincérité (chapitre 5) ; Éliminez les contrôles restants et instaurez l’autonomie dans la prise de décision (chapitre 6).

Oui, oui, une seule recette, aller encore plus loin dans cette direction. Voici quelques outils (section 3) :

Le test du gardien vous permettra d’atteindre des taux d’excellence records (chapitre 7) ; Les feedbacks constructifs à 360 degrés garantiront un maximum d’honnêteté (chapitre 8) ; L’explication du contexte, plutôt que le contrôle, vous permettra de gérer vos équipes (chapitre 9).

Vous vous sentez pousser des ailes ? Passez donc à la vitesse supérieure et devenez global (section 4) :

En exportant votre modèle tout en prenant en compte les différences culturelles des pays dans lesquels vous vous implantez (chapitre 10).

Points forts :

Un livre bien écrit et original ; Une entrée dans les coulisses du géant de nos salons ; Des conseils pour croître comme Netflix et transformer sa culture d’entreprise.

Point faible :

Le format de l’ouvrage, qui fait dialoguer les deux auteurs en proposant une citation après l’autre, peut surprendre au départ. Mais une fois qu’on s’y est habitué, c’est plutôt agréable.

Ma note :    Avez-vous lu le livre de Reed Hastings et Erin Meyer  « La Règle ? Pas de règles ! Netflix et la culture de la réinvention »? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Reed Hastings et Erin Meyer  «La Règle ? Pas de règles ! Netflix et la culture de la réinvention » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Reed Hastings et Erin Meyer  « La Règle ? Pas de règles ! Netflix et la culture de la réinvention »

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Thu, 09 Jun 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11928/La-rgle-Pas-de-rgles-
Comment écrire plus http://www.olivier-roland.fr/items/view/11913/Comment-crire-plus

Résumé de « Comment écrire plus » de Dominic Bellavance : Un petit guide pour les auteurs qui se sont déjà frottés à la littérature, mais qui veulent apprendre à écrire plus vite et mieux ! Par Dominic Bellavance, 2021, 248 pages. Chronique et résumé de « Comment écrire plus » de Dominic Bellavance

Quelques mots sur l’auteur Dominic Bellavance est écrivain. Ses genres de prédilection sont le roman noir, la science-fiction et la fantasy. Il a notamment écrit plusieurs ouvrages dans la collection « Un roman dont vous êtes la victime ». Vous pourrez trouver de nombreuses ressources sur son site Internet, qui contient un blog comprenant une foule d’articles sur le métier d’écrivain. Alégracia et le Serpent d’Argent, son premier livre, a remporté le Prix Aurora décerné par l’Association canadienne de la science-fiction et du fantastique. Dominic Bellavance a étudié l’intégration multimédia et a obtenu un baccalauréat multidisciplinaire en création littéraire, en littérature québécoise et en rédaction professionnelle à l’Université Laval. Il donne des cours d’écriture créative au Centre de formation professionnelle Maurice-Barbeau.

Introduction Un autre guide de conseils d’écriture Des livres qui parlent d’écriture efficace, il y en a à la pelle. Quelle est la spécificité de celui-ci ? Un guide pour être plus efficace Son sujet est bien l’efficacité, ce qui implique une méthode. Dominic Bellavance souhaite vous aider à rédiger vos œuvres de fiction ; et pour ce faire il vous rappelle ces trois étapes essentielles :

L’imagination (dite aussi parfois idéation, le moment de réflexion sur le sujet) ; La création (la partie rédactionnelle proprement dite) ; La livraison (le moment de divulguer son texte).

Un guide potentiellement dangereux La procrastination peut vous guetter si vous perdez de vue le processus d’écriture. Ne l’oubliez pas, les outils proposés dans ce livre n’ont pas vocation à devenir une fin en eux-mêmes. Ils doivent rester des moyens au service de la seule fin qui vaille : écrire ! Un guide sans fausses prétentions Il ne s’agit pas de promettre la production d’un nombre exubérant de mots, mais plus simplement de vous suggérer d’accroître votre propre production, quelle qu’elle soit. Un guide pour les romanciers intermédiaires à expérimentés L’ouvrage ne traite pas de littérature, ni ne proposer un atelier d’écriture créative. Dominic Bellavance considère que vous avez déjà mis les mains dans le cambouis de la création littéraire. Un guide précis L’auteur opte pour des outils précis et en parle de façon claire : il ne parle pas de logiciel de traitement de texte, mais de Word ou de Scrivener. Il partage « ses coups de cœur » technologiques. Un guide de trucs hiérarchisés Dominic Bellavance a choisi de donner des étoiles à ses propres conseils, afin de mettre en évidence que certains sont plus indispensables que d’autres (d’une à trois étoiles). Un guide qui vous rappelle ce qu’il est (et ce qu’il n’est pas) « Ce livre ne contient pas :

Des conseils pour absolus débutants […] ;

Des ateliers d’écriture […] ;

Un panorama 360° du métier d’écrivain […] ;

Des conseils pour publier son livre […] ;

Des tactiques de marketing […] ;

Que des trucs faciles à appliquer […].

Ici, vous trouverez :

Des méthodes de travail […] :

Des trucs pour économiser du temps […] ;

Des anecdotes […]. » (Comment écrire plus, Introduction)

Un guide qui contient même des conseils très mauvais Surprise ! Un guide basé sur des faits vécus Dominic Bellavance est un amoureux de la technologie et du blogging. Il aime tester les nouveaux outils et partager sa passion pour l’écriture. C’est dans la même logique qu’il rédige cet ouvrage. Un guide qui suit un ordre logique Le plan de l’ouvrage est le suivant :

Conseils utiles à toutes les étapes d’écriture ; Idéation ; Plan ; Premier jet ; Réécriture ; Évaluation par les bêta lecteurs.

Conseils utiles à toutes les étapes d’écriture Truc 1 — Trouver un bon ordinateur (conseil 3 étoiles) Le rêve de bon nombre d’écrivains ? Un ordinateur portable, pour pouvoir écrire n’importe où. Oui, mais… faut-il encore trouver le bon ! Ce ne fut pas le cas de Dominic Bellavance avec ce premier achat bon marché (il était alors étudiant). Trop lent, pas ergonomique pour un sou… Une plaie, quoi ! « Travailler avec un ordinateur performant, c’est la base. » (Comment écrire plus, chapitre 1) Quel que soit votre type de mobilité d’écrivain (nomade, sédentaire), recherchez un dispositif performant, c’est-à-dire qui plante peu et qui soit rapide. Cela vous fera déjà gagner bien du temps et vous épargnera des soucis qui réduisent inévitablement votre concentration. Ne négligez pas non plus le clavier. Pensez à l’ergonomie. Votre santé en dépend. La combinaison gagnante de Dominic Bellavance ? Un Magic Trackpad (pour faire défiler l’écran), un clavier Apple et une souris. Il évite ainsi de réveiller sa tendinite ! Avant de passer au point suivant, petit tour d’horizon des différents types de dispositifs qui pourraient vous tenter :

Le PC est un bon choix pour travailler sur Word, mais vous devrez impérativement vous méfier des virus et des mises à jour interminables ; Le Mac est indiscutablement le meilleur choix pour éviter les virus et travailler sur Scrivener (voir Truc 2), mais cela vous coûtera aussi indiscutablement plus cher ; Le Chromebook est la solution pour naviguer sur Internet et consulter des applications web, mais n’est pas conseillé pour l’écriture proprement dite.

Truc 2 — Acheter un bon logiciel d’écriture (conseil 3 étoiles) Quel est le meilleur logiciel pour écrire des romans ? Nombre d’entre nous utilisent le bon vieux Word, mais ce n’est pas nécessairement le plus pratique. Certes, changer de logiciel de traitement texte et d’habitudes de travail requiert de la volonté et un peu de temps à investir dans l’apprentissage, mais cela vaut le coup. Le logiciel Scrivener dispose des avantages suivants :

Il fournit un espace de stockage unique pour vos textes et vos documents de recherche ; Il permet de structurer plus aisément tous les documents.

Avant d’envoyer votre précieux manuscrit aux éditeurs, vous devrez néanmoins unifier votre texte en l’éditant dans un document Word (en utilisant le double interligne). Si cela vous tente, essayez dans un premier temps la version gratuite et consultez ce tutoriel de formation. Truc 3 — Se créer un système de copies de sûreté (conseil 3 étoiles) Rien n’est infaillible, pas même votre disque dur. C’est pourquoi il vous faut prendre toutes les précautions nécessaires avec vos données. Aujourd’hui, le stockage via des serveurs cloud fonctionne très bien : Dropbox, par exemple. Vous pouvez également faire des copies de sécurité sur des dispositifs physiques qui demeureront à votre portée, choisissez des clés USB ou un disque dur externe. Truc 4 — Acheter Antidote (conseil 3 étoiles) Ce logiciel ne vous délivrera pas de la tâche d’avoir à votre disposition quelques ouvrages de référence en papier, mais il vous facilitera néanmoins grandement le travail de correction/relecture et désencombrera vos étagères ! Antidote dispose :

De dictionnaires (définitions, synonymes, etc.) à employer au quotidien ; Un correcteur d’orthographe et de ponctuation très performant ; Une aide précieuse pour détecter certaines erreurs de style (les répétitions, notamment).

Truc 5 — Trouver un logiciel pour gérer ses tâches (conseil 3 étoiles) Les check-lists fonctionnent très bien : elles vous libèrent l’esprit et vous permettent ainsi de vous concentrer sur l’écriture. Il existe différentes applications qui rempliront très bien ce rôle. Dominic Bellavance utilise par exemple Toodledo, qui permet de donner de nombreuses caractéristiques aux tâches et de les organiser de façon hebdomadaire. L’auteur vous conseille aussi l’excellent livre de David Allen, Getting Things Done (d’où est tirée la méthode GTD), traduit en français sous le titre S’organiser pour réussir. Truc 6 — Créer des canaux pour ses idées (conseil 3 étoiles) Smartphone, enregistreur vocal, carnet avec stylo ou crayon, peu importe : gardez avec vous le moyen de noter vos idées. Vous les transférerez ensuite dans un projet en cours. Octroyez-vous un moment pour le faire chaque semaine. Le plus important est qu’aucune bonne idée ne vous échappe ! Truc 7 — Acheter un sac à main (conseil 3 étoiles) Non, Dominic Bellavance ne rigole pas ! Il le dit texto : « Les écrivains masculins auraient avantage à porter un sac à main pour transporter leurs ordinateurs, manuscrits, cahiers, calepins et liseuses partout où ils vont. » (Comment écrire plus, chapitre 7) Et après tout, on le comprend bien. C’est vrai que c’est pratique ! Conseils utiles à l’étape de l’idéation Truc 8 — Trouver une motivation fondamentale (conseil 3 étoiles) Qu’est-ce qu’une motivation fondamentale ? C’est le désir profond qui vous pousse à faire quelque chose : ici, écrire — c’est-à-dire aussi rester plusieurs heures d’affilée devant un écran d’ordinateur. Prenez le temps de sonder vos souhaits, vos désirs, vos ambitions. Ne vous arrêtez pas à la première motivation trouvée. Notez ce que vous estimez être votre ou vos motivations fondamentales. Placez ces motivations à un endroit visible, par exemple sur l’un des murs de votre bureau. De cette façon, vous pourrez y revenir quand vous aurez un doute et vous retrouverez ainsi la stimulation nécessaire pour avancer. Truc 9 — Trouver des idées qui font vibrer (conseil 3 étoiles) La motivation vous donne l’impulsion à partir d’un point extérieur (l’envie d’être connu ou de faire le bien de l’humanité, par exemple), tandis que les bonnes idées de roman vous feront vibrer « de l’intérieur » même du roman et réanimeront constamment l’impulsion première. Privilégiez l’exploration des idées qui sont source d’émotions, car ce sont celles qui vous mèneront le plus loin. Vous pouvez aussi travailler sur commande, si la proposition de votre éditeur vous plait. Vous aurez plus de chances de voir votre ouvrage finir dans les rayons des librairies. Mais pensez-y : est-ce votre « grand roman » ? Truc 10 — Cibler une maison d’édition (conseil 1 étoile) Vous aurez davantage de chances d’être reçu favorablement par une maison d’édition si vous l’avez ciblée au préalable. Autrement dit, il vous faudra analyser le champ littéraire et les éditeurs en vous posant la question suivante : quel est celui qui pourrait accepter le manuscrit que je vais créer ? À l’autre bout du raisonnement, vous pouvez aussi choisir d’écrire complètement « seul », c’est-à-dire sans prendre en compte une maison d’édition en particulier. Ainsi, vous serez sûr de ne pas faire de compromis sur vos idées ou votre style (ce qui risque d’être le cas dans l’option antérieure). Au final, l’important est de savoir dès le départ de quel côté de cette balance vous souhaitez vous placer, pour éviter les surprises et avancer plus sereinement dans votre ouvrage. Truc 11 — Voyager (conseil 3 étoiles) C’est certain : l’expérience nourrit les œuvres de fiction que vous imaginez. Or le voyage forme la jeunesse, comme on dit, mais aussi les adultes déjà bien bâtis ! Les voyages sont de formidables réservoirs d’expériences qui vous permettront d’enrichir considérablement vos horizons et de repousser les limites de votre créativité. Il n’y a pas de règles strictes concernant les voyages : chacun les réalise selon ses gouts et ses envies.

Vous pouvez privilégier des destinations de luxe, mais il est tout à fait possible de voyager à bon marché ; Il est parfois suffisant de partir à deux pas de chez soi, même si on peut aussi avoir envie de découvrir des lieux exotiques ; L’intensité du voyage varie — du plus confortable au plus « risqué » ; Lire est le premier voyage.

Truc 12 — Noter ses rêves (conseil 1 étoile) Cela demande peu d’efforts et de moyens, mais peut vous être fort bénéfique. Un carnet et un stylo, ou votre téléphone intelligent à portée de main, avec une lampe de chevet allumée, et vous pourrez immortaliser les idées (le plus souvent) fugaces d’un rêve. Ces idées pourront ensuite vous servir dans la construction de votre roman. Soit, pour vous fournir une trame générale, soit pour compléter la construction de certains personnages, de lieux imaginaires, etc. Truc 13 — Remplir un cahier Canada (conseil 3 étoiles) Le cahier Canada est l’équivalent d’un bloc de feuilles lignées, mais uniquement composées de 32 pages. Cette limitation vous donne un objectif : remplir les 32 pages pour trouver toutes les idées de votre prochain roman. Ne perdez pas cet objectif de vue, c’est lui qui donne sa valeur à l’exercice ! Il s’agit ici de réaliser un remue-méninge sans ordinateur. Vous notez ce qui vous passe par la tête, sans rien rejeter à priori :

Trame de fond ; Personnages principaux ; Personnages secondaires et tertiaires ; Situations intéressantes ; Etc.

Une fois le cahier terminé, vous aurez normalement quelques bonnes idées pour commencer votre roman. À partir de là, vous pourrez réorganiser les idées dans votre logiciel de traitement de texte. Truc 14 — Créer une trame de fond d’enfer (conseil 3 étoiles) La question de la trame de fond est épineuse : faut-il construire un plan très solide dès le départ, ou se laisser aller en cours de route, quitte à improviser ? Partir avec une trame de fond trop structurée et une préparation trop longue du sujet est une chose. Mais attention, car vous risquez d’ennuyer votre lecteur avec les détails issus de votre recherche. C’est d’ailleurs le premier mauvais conseil de Dominic Bellavance, qui s’est lui-même pris les pieds dans le tapis en essayant d’écrire une œuvre hyper structurée qui s’est soldée par un échec cuisant. Par ailleurs, cela peut vous donner une raison à suivre votre (notre) fâcheuse tendance à la procrastination. Finalement, il pourrait être préférable de construire la trame chemin faisant, en même temps que vous écrivez le roman. Plusieurs auteurs connus, tels que Stephen King, écrivent sans plan strict en tête. Et après tout, ça leur réussit plutôt bien !

Conseils utiles à l’étape du plan Truc 15 — Décortiquer les tâches à réaliser (conseil 2 étoiles) « Votre idéation est complétée, il est temps d’entrer dans le concret. Vous avez erré — tant mieux. Vos idées sont étalées devant vous. La création commencera bientôt, et c’est franchement excitant. Dansez un peu. Mais pas trop. Vous voulez écrire un roman de 600 pages, mais dois-je vous rappeler que sur cette projection phénoménale, vous n’avez encore tapé aucun “vrai” mot. Et avant que vous puissiez écrire le premier, il vous reste d’importantes étapes à franchir comme réaliser les fiches de personnages, définir votre histoire, monter le squelette de votre narration… » (Comment écrire plus, chapitre 15) Eh oui, il reste du pain sur la planche ! Mais pas d’inquiétude. Vous pouvez y arriver. Comment ? En… :

Déterminant les tâches à réaliser avant l’écriture du premier jet ; Planifiant ces tâches dans le logiciel d’aide à l’organisation que vous aurez choisi ; « Cassant » les tâches en sous-tâches plus aisément réalisables ; Se focalisant sur une petite tâche à la fois, sans regarder la montagne devant soi.

Truc 16 — Faire un plan (conseil 3 étoiles) Comme pour la trame de fond, il faut l’utiliser avec modération et, surtout, avec pertinence. Il n’est pas requis pour tous les romans. Commencez donc par vous demander si l’élaboration d’un plan précis est bien nécessaire. Le dilemme est le suivant : d’un côté, à l’aide d’un plan, vous gagnerez en rapidité dans l’écriture, mais d’un autre côté, vous pourriez vous sentir « obligé » par le plan et perdre en créativité. Le bon conseil de Dominic Bellavance : « Assurez-vous de contrôler votre plan, et non d’être contrôlé par ce dernier. » (Comment écrire plus, chapitre 16) Si vous vous décidez pour le plan, alors sachez que vous pourrez créer des dossiers très pratiques dans Scrivener. Vous n’aurez plus qu’à « remplir » chaque zone de texte ensuite, une fois votre plan réalisé. Truc 17 — Remplir des fiches de personnages (conseil 2 étoiles) Dominic Bellavance n’est pas un grand fan des fiches de personnages. Néanmoins, il les utilise de temps en temps. Il a conçu les siennes en s’inspirant de l’ouvrage de Rachel Aaron, 2 000 to 10 000 : Writing Faster, Writing Better, and Writing More of What you Love. Voici les critères qu’il utilise :

Nom ; Âge ; Caractéristiques physiques ; Aime ; Déteste ; Désire plus que tout ; Sait/croit ; Ignore ; Autres renseignements.

Demandez-vous si la construction de telles fiches vous sera vraiment utile, et pour quels personnages elle l’est. Vous pouvez adapter les fiches, mais garder la question du plus profond désir, puisque c’est ce qui meut votre personnage de bout en bout. Ne procrastinez pas des heures sur cette tâche ! Truc 18 — Faire des montages photo (conseil 3 étoiles) Voici une technique plus créative et peut-être plus simple pour créer vos profils de personnages. Elle peut venir en appoint ou remplacer les fiches vues plus haut. Comment faire ?

Commencez par trouver l’image d’une personne ressemblant à votre personnage et placez-là au centre de votre montage ; Ajoutez d’autres images autour, qui traitent de ses gouts, de ses habitudes, etc. ; Notez le nom du personnage quelque part sur le montage ; Collez le montage près de votre bureau — il vous soufflera les réponses le moment venu !

Truc 19 — Passer ses personnages en entrevue (Conseil 2 étoiles) Voici une autre technique proposée par l’auteur de Comment écrire plus. Elle peut se pratiquer complètement mentalement ou, de préférence, à l’aide d’un carnet et d’un crayon. Posez des questions qui embarrassent vos personnages, qui les forcent à se révéler ; notez, bien sûr, le résultat de vos découvertes. Éliminez ou remplacez les personnages qui ne vous ont pas convaincu. Truc 20 — Créer une distribution pour les personnages (conseil 2 étoiles) Ce truc sert à donner vie à vos personnages. Au début — et c’est normal — vos personnages sont ternes et sans relief. En leur attribuant un acteur ou une actrice, ou même à des personnes que vous connaissez, vous serez plus à même de les développer dans toutes leurs dimensions. Comme le dit Dominic Bellavance : « Au bout d’un temps, vos personnages deviendront autonomes et s’affranchiront de leurs référents. » (Comment écrire plus, chapitre 20) Conseils utiles à l’étape du premier jet Truc 21 — Se réserver du temps d’écriture (conseil 3 étoiles) Dominic Bellavance appuie ses dires sur deux livres : 168 Hours : You Have More Time Than You Think, de Laura Vanderkam et Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent, de Stephen R. Covey. Une chose est certaine : si vous voulez écrire, il faudra dégager du temps pour le faire. Vous pourrez trouver différentes méthodes en vue de vous organiser au quotidien. Une façon de faire est de distinguer entre les tâches ;

Urgentes, mais non importantes ; Urgentes et importantes ; Importantes, mais pas urgentes ; Non importantes, et non urgentes.

Une fois que vous aurez réussi à dégager quelques créneaux, rendez-les « sacrés » pour vous, comme pour vos proches. Ils doivent savoir qu’ils ne peuvent pas vous déranger durant ces périodes de travail. Truc 22 — Écrire chaque jour (conseil 3 étoiles) Ce n’est peut-être pas le truc le plus facile à mettre en place, mais c’est pourtant un conseil fort utile, parce qu’il augmente considérablement votre productivité et votre endurance. En effet, vous ne devez pas constamment « recharger », c’est-à-dire vous remettre en mémoire tout ce que vous aviez fait quelques jours ou quelques semaines plus tôt. À la limite, n’écrivez qu’une phrase, mais écrivez quelque chose ! « Si l’idée d’écrire chaque jour vous séduit, ouvrez votre agenda (papier ou virtuel) et créez-vous un horaire en vous basant sur ces trois questions :

À quel moment êtes-vous le plus productif ? Le matin ? Le soir ? En plein milieu de la nuit ?

Pourriez-vous travailler à ce moment tout au long de la semaine, ou êtes-vous dans l’obligation de faire varier votre période d’écriture ?

Combien de temps seriez-vous en mesure d’accorder à chaque séance ? » (Comment écrire plus, chapitre 22)

Truc 23 — Se définir un objectif quotidien (conseil 2 étoiles) Si vous êtes déjà un écrivain quotidien, un conseil supplémentaire pourrait être de définir des objectifs pour chaque séance d’écriture. Choisissez un objectif qui vous met au défi et qui ne soit donc pas trop facile à atteindre (un plus grand nombre de mots, par exemple). Vous pouvez utiliser Scrivener pour créer et « afficher les objectifs du projet ». Truc 24 — Écrire très rapidement, sans réfléchir (conseil 2 étoiles) Attention, comme pour le conseil qui consistait à tout prévoir sous forme de plan ou de trame de fond, ce conseil est à double tranchant. Vous pouvez l’essayer et vois si ce type d’écriture vous convient. Mais ne considérez pas les résultats comme bons à priori ! Analysez votre production en toute objectivité, une fois la séance terminée. Truc 25 — Laisser des trous (conseil 2 étoiles) Bannissez Internet lors de vos séances d’écriture — cela risquerait de vous faire perdre le fil de votre propre histoire. Si vous avez besoin d’une information pour compléter un passage, laissez celui-ci en suspens momentanément et annotez le texte en utilisant, par exemple, les crochets. Faites de même lorsque vous avez une petite panne sur un détail (pour trouver la réplique d’un dialogue, élaborer une description, etc.), mais que vous êtes en train d’écrire avec efficacité. Lorsque vous arriverez à la fin de votre créneau d’écriture, ou même lorsque vous aurez achevé votre premier jet, il sera temps de vous pencher sur ces passages entre crochets et de les remplacer par du texte de qualité. Truc 26 — Regarder ses mains (conseil 1 étoile) Le conseil peut paraitre étrange, à première vue, mais il a du sens : ne regardez pas votre écran, mais vos mains ! Pourquoi ? Eh bien, parce que vous pourriez être distrait par ce que vous écrivez. Si vous regardez uniquement vos mains, vous vous focalisez sur la rapidité d’écriture et sur la seule transmission de vos idées, de votre tête jusqu’à la page blanche. En somme, vous aurez :

Moins envie de remanier le texte (coquilles, fautes, style, etc.) ; Plus de « temps » pour penser à vos personnages et à l’action proprement dite.

Truc 27 — Prendre des pauses régulières (conseil 2 étoiles) Parfois, on se met à travailler et on en perd la notion du temps (cela vaut lorsqu’on a beaucoup de temps devant soi). Si vous faites des pauses régulières, vous :

Gérerez mieux votre réservoir d’énergie sur la longue durée ; Vous assurerez de bouger un peu, vous lever, marcher pour ne pas rester collé à l’écran ; En déterminerez soigneusement le temps et la fréquence (par exemple, dix minutes par heure).

Il existe des logiciels qui vous aideront à planifier vos pauses et qui vous rappelleront quand c’est l’heure de se dégourdir les jambes. Parmi eux, il existe Workrave ou encore Dejal. La fonction minuterie de votre téléphone mobile pourra aussi faire l’affaire. Truc 28 — Utiliser une banque de synonymes pour le verbe dire (conseil 1 étoile) Contrairement à la langue anglaise qui admet la répétition du verbe dire, le français préfère la diversité. Vous pourrez trouver de nombreux synonymes à utiliser pour vos dialogues et vos incises (il vaut mieux éviter ces dernières, si vous le pouvez). Dominic Bellavance conseille de vous constituer une liste que vous afficherez quelque part ou que vous ressortirez d’un tiroir le moment venu. Pensez à utiliser le synonyme adapté à la situation et à bien connaître la définition précise de chacun d’eux. Truc 29 — Terminer sa séance au milieu d’une phrase (conseil 1 étoile) Il faut souvent un peu de temps pour que le robinet de l’écriture commence à couler : les mots viennent au goute à goute, puis le jet se fait plus fort. Il se peut même qu’on soit complètement pris dans le flot en fin de séance ! Voici un conseil de l’auteur de Comment écrire plus : si votre séance se termine à 10 heures et que vous êtes en plein milieu d’une phrase, laissez cette phrase en plan. Pourquoi ? Car cela vous aidera à reprendre le lendemain. C’est aussi pourquoi il vaut mieux ne pas terminer sa séance sur un chapitre fini, par exemple. Il sera plus difficile pour vous de recommencer. Comme si vous aviez bien serré le robinet et qu’il fallait à nouveau attendre que les mots se mettent à couler. Truc 30 — Travailler ailleurs (conseil 3 étoiles) Vous manquez d’inspiration ? Vous n’aurez pas nécessairement besoin d’aller rencontrer les Inuits en Alaska, d’affronter l’Everest ou de déjeuner avec des Berbères après de longues heures à dos de chameau. Dominic Bellavance vous conseille simplement de (je traduis ses expressions canadiennes) :

Aller faire un tour ; Vous arrêter dans un bar ; Commander un café ou une autre boisson chaude ; Le savourer tranquillement ; Tout en travaillant entouré d’autres personnes.

Vous pouvez aussi simplement mimer l’ambiance du café en utilisant une application du type Coffivity. Qu’emporter au café ? Votre ordinateur portable ou vos documents papier, lors de l’étape de la relecture, par exemple. Truc 31 — Faire de l’exercice (conseil 3 étoiles) C’est simplement essentiel. Et pourtant ! On retarde, on trouve toutes les excuses imaginables. Comment ancrer cette saine habitude une bonne fois pour toutes dans notre planning quotidien ? Le conseil de Dominic Bellavance consiste à fusionner les activités : en même temps qu’il fait du vélo stationnaire ou qu’il sort se promener, il écoute des podcasts. Comme il le dit : « C’est ça, mon truc. Pour me désennuyer en faisant mes exercices, j’écoute désormais des podcasts. Je pédale et j’apprends. Si, comme moi, vous avez aussi besoin de stimulation, optez pour cette activité, ou visionnez des séries télé, écoutez des livres audio, lisez un roman pendant que vous forcez… Tant que le sport permet ce genre de distraction. Ça vous motivera à fouetter vos muscles, et ça rendra le moment infiniment plus agréable. » (Comment écrire plus, chapitre 31) Truc 32 — Bloquer Internet (conseil 2 étoiles) Connaissez-vous Freedom ? Une application qui vous « libère » de Twitter, Facebook, Pinterest et d’Internet. Pour toujours ? Mais non, rassurez-vous ; seulement le temps de votre séance d’écriture. Si vous restez concentré, vous ne pourrez pas faire mille choses à la fois. Le cerveau ne peut pas efficacement lire des mails, répondre à un commentaire sur Facebook et écrire un chef-d’œuvre (ou même un roman balbutiant). C’est sûr et certain : la navigation sur le web vous fait perdre en productivité et en attention, ce qui peut aussi générer des erreurs. Prenez donc en main votre « cure » : Freedom vous aidera si vous êtes accro, sinon, vous pourrez peut-être gérer la situation par vous-même, en déconnectant votre wifi ou votre 4G le temps de votre séance d’écriture. Truc 33 — Porter un chapeau d’écriture (conseil 1 étoile) Dominic Bellavance vous propose une autre solution, plus douce et plus amusante : le chapeau d’écriture. En quoi ça consiste ? Eh bien, je lui laisse ici encore la parole : « Vous prenez un chapeau. Vous le mettez sur votre tête. Et tant que ce chapeau reste en place, vous ne pouvez rien faire d’autre qu’écrire. Pas le droit d’aller sur Facebook. Ni de visiter Wikipédia pour commencer vos recherches. R. I. E. N. Sauf écrire. Ça fonctionne, imaginez-vous donc. Le seul fait de devoir enlever le chapeau pour aller procrastiner en ligne vous fera prendre conscience de vos tics improductifs. Vous remarquerez exactement à quelle fréquence le web vous extirpe de votre œuvre. Au fil du temps, vous allez gagner de la discipline sans même le réaliser. » (Comment écrire plus, chapitre 33) Voici donc les quelques règles à suivre.

Choisir un couvre-chef : casquette, bonnet, tout ce que vous voudrez ! Vous portez le chapeau ? Vous écrivez ! Vous voulez faire autre chose ? Il vous faut enlever le chapeau.

Truc 34 — Couper les sources de distraction (conseil 3 étoiles) Au cas où cela n’allait pas de soi avec les deux conseils précédents, voici de quoi enfoncer le clou : interdiction d’utiliser le smartphone durant la séance d’écriture. Votre mobile est votre pire ennemi durant ces périodes sacrées. Plusieurs solutions s’offrent à vous, depuis la désactivation des notifications, jusqu’à la désactivation du téléphone tout court. Si cette dernière solution vous parait extrême, pensez à :

Prendre un abonnement chez un service d’afficheur qui filtrera vos appels entrants ; Dire à vos amis de ne pas vous déranger pendant certaines heures ; Signaler à votre famille qu’ils ne peuvent vous appeler qu’en cas d’urgence réelle.

Si ce sont les bruits qui vous dérangent, vous pourrez utiliser un programmes tel que SimplyNoise, qui crée un bruit blanc vous coupant des sons extérieurs. Truc 35 — Cesser ses activités promotionnelles (conseil 2 étoiles) Lâchez du lest avec les réseaux sociaux et vos activités de promotion. Cela vous fera du bien. À vos followers et potentiels lecteurs aussi, peut-être. Ainsi que le suggère justement Dominic Bellavance : « Publier un livre de qualité est probablement l’acte promotionnel qui aura le plus d’impact sur votre carrière. » (Comment écrire plus, chapitre 35) Revoyez donc vos priorités, si cela n’est pas déjà fait. Truc 36 — Réduire l’entretien ménager (conseil 3 étoiles) Vous êtes un maniaque de la propreté et du rangement ? Ce conseil ne va peut-être pas vous plaire… Et pourtant, considérez le temps que vous gagneriez à limiter votre compulsion au nettoyage ? L’endurance à la saleté (dans des limites raisonnables, on s’entend) peut être l’un de vos apprentissages les plus précieux pour gagner en productivité en tant qu’auteur. Et si vraiment, cela vous fait mal au cœur de voir la poussière s’entasser quelque peu, pourquoi ne pas engager un professionnel ? Ce ne sera pas de l’argent jeté par les fenêtres, mais un réel investissement. Pensez aussi aux aspirateurs électriques et autres dispositifs automatiques qui peuplent aujourd’hui nos magasins d’électroménagers. Truc 37 — Acheter de gros chaudrons (conseil 2 étoiles) Le batch cooking a le vent en poupe. Et c’est ce que propose ici Dominic Bellavance avec son histoire de « gros chaudrons ». En gros, il vous suffira de cuisiner… en gros. Préparez des portions plus importantes et réservez-les pour d’autres fois. Pensez aux bocaux, aux casseroles et mijoteuses, donc, mais aussi à faire l’acquisition d’un bon congélateur, éventuellement indépendant du frigo. Truc 38 — Travailler sur deux projets en même temps (conseil 2 étoiles) « Écrire un roman est une entreprise de longue haleine. Si votre enthousiasme venait à diminuer au fil du temps, essayez de démarrer un deuxième projet en parallèle. Votre flamme pourrait se rallumer. Pendant que vous travaillez sur votre deuxième projet, accumulez activement des idées pour le premier. Quand vous y reviendrez, vous aurez du matériel frais devant vous. » (Comment écrire plus, chapitre 38) Attention, toutefois, à ne pas laisser un projet inachevé. D’un point de vue psychologique, et notamment pour la confiance en soi, il est important de terminer les projets dans lesquels vous vous êtes engagé. Avant de vous lancer dans deux projets en parallèle, assurez-vous de pouvoir revenir sans trop d’efforts au projet que vous laissez de côté : n’est-il pas trop complexe ? N’êtes-vous pas en train de le fuir ?

Conseils utiles à l’étape de la réécriture Truc 39 — Changer la police de caractère (conseil 1 étoile) Préférez une police de caractère bien lisible à l’écran. Cela facilitera grandement votre tâche de relecture et de réécriture. Times News Roman, taille 12, interligne double est le format standard que vous utiliserez pour soumettre vos manuscrits aux maisons d’édition. Toutefois, vous pourrez peut-être trouver une autre police qui comblera mieux vos attentes. Truc 40 — Relire son texte à voix haute (conseil 2 étoiles) Écoutons la prose imagée de Dominic Bellavance pour nous convaincre de l’utilité de ce conseil : « Quand je réécris le même texte ad vitam aeternam sans parvenir à trouver une solution satisfaisante, j’appelle mes cordes vocales en renfort, et je relis mon passage à voix haute. Ça change tout. Lorsque j’emploie les moyens extrêmes — c’est-à-dire les ondes sonores —, les faiblesses de mon texte sortent des buissons comme des perdrix qui s’envolent après un coup de fusil. C’est concret : je les entends. Les corrections m’apparaissent alors évidentes, me reste à les appliquer. J’économise un temps fou. » (Comment écrire plus, chapitre 40) Utilisez cette technique en priorité pour les dialogues. Le manque de naturel vous sautera aux oreilles ! À force de pratique, vous vous habituerez à votre voix et n’aurez plus peur de « parler tout seul ». Truc 41 — Supprimer (conseil 2 étoiles) Eh oui, cela peut être douloureux. Et pourtant ! Supprimer est parfois ce que vous pouvez faire de mieux. Parfois, on s’acharne à reformuler, à réécrire, à tourner autour, mais ça ne fonctionne pas et on ne sait pas pourquoi. Dans ce cas, supprimez ! Pourquoi ? Car vous y gagnerez du temps et de l’énergie. En quelque sorte, vous perdez une nouvelle fois le temps que vous avez déjà investi (et perdu) dans la rédaction de ce passage. Aller de l’avant est alors la meilleure option. En outre, vous vous remercierez sans doute plus tard, car il est fort possible que votre histoire s’en trouve améliorée. Certes, l’opération peut vous coûter, on l’a dit (elle donne l’impression d’avoir passé du temps à écrire « pour rien »), mais si elle est bénéfique pour la qualité de votre ouvrage, et donc pour la satisfaction de votre lectorat, n’est-ce pas ce que vous pouvez faire de mieux ? Si la douleur est vraiment trop forte, gardez vos scènes élaguées quelque part, dans un document Scrivener (il existe une option « Instantanés ») ou dans un document Word dédié à vos « déchets ». Truc 42 — Changer le temps de verbe ou le narrateur (conseil 2 étoiles) Il se peut qu’à la relecture, vous compreniez que vous n’avez pas utilisé le bon type de narrateur ou le bon temps de verbe : la troisième personne du singulier à la place de la première, par exemple, ou le passé simple à la place de l’indicatif. Si vous identifiez ce problème, vous pouvez vous lancer dans la correction de votre texte. Cela prend du temps et de l’énergie, mais ce n’est pas une tâche impossible. Faites l’essai sur quelques pages ou un chapitre et faites-le lire à vos bêta lecteurs. Attention, car des modifications « à côté » seront nécessaires : pronoms, cohérence des situations, etc. Vous devez donc être particulièrement attentif. Pour aller plus loin sur ce thème, le livre Comment écrire des histoires, d’Élisabeth Vonaburg, pourrait vous être utile. Truc 43 — Imprimer une copie papier (conseil 3 étoiles) Le stylo rouge est de sortie en même temps que le papier. Imprimer et corriger à la main est une étape souvent indispensable, car on ne lit pas un texte à l’ordinateur comme on le lit sur un écran. On voit des choses restées inaperçues. Par ailleurs, il est plus facile de rédiger certaines annotations, remarques, etc. pour chacun des chapitres. Suivez encore ces conseils de l’auteur : « Trouvez également une demi-douzaine de recommandations qui s’appliqueraient à l’ensemble de votre œuvre. Retranscrivez-les sur une feuille que vous épinglerez près de votre écran. Ce sera votre guide tout au long de votre réécriture. Une fois votre annotation terminée, retournez devant votre clavier et consultez votre manuscrit, page par page. Trouvez des solutions aux problèmes que vous avez soulevés. Répétez ces étapes au besoin. » (Comment écrire plus, chapitre 43) Truc 44 — Laisser reposer le manuscrit (conseil 3 étoiles) Parfois, une pause s’impose. Vous reliez, vous annotez, mais rien n’y fait. Vous n’avez plus l’inspiration (ou la motivation) pour effectuer les modifications et les corrections. Dans ce cas, laissez votre ouvrage de côté et passez à autre chose, pour un temps plus ou moins long. En règle générale, quelques semaines devraient suffire. Lors de cette « vacance », consacrez-vous à d’autres activités, et notamment à des activités qui pourront être bénéfiques pour votre carrière : animation d’un blog, promotion sur les réseaux sociaux, etc. Conseils utiles à l’étape de l’évaluation par les bêta lecteurs Truc 45 — Trouver des lecteurs appropriés (conseil 3 étoiles) « La révision est finie. Vous avez travaillé des mois pour produire votre premier jet, passé des nuits à remanier vos phrases, à déficeler votre intrigue, à enrichir vos descriptions et à donner de la couleur à vos personnages. Colère, écœurement, espoir, joie, terreur et courage vous ont tenues par la main à tour de rôle. C’est tout un voyage que vous avez fait ! Vous avez maintenant un roman achevé devant vous. Vous en êtes là. Après tout ce temps. Avouez-le : vous débarrasser de cette “chose” est tentant. Elle mérite un exil rapide. Ce démon de papier a été responsable de vos tourments durant une partie de votre vie. » (Comment écrire plus, chapitre 45) Que faire ? Envoyer cet être que vous ne pouvez plus voir directement à la maison d’édition ? Ce serait une erreur. Vous avez besoin des retours de bêta lecteurs compétents et de confiance. Choisissez-les selon vos besoins du moment. Chaque type de lecteur aura ses avantages et ses inconvénients. Composez votre cercle de lecteurs avec attention et — surtout — considérez leurs remarques en fonction de ce qu’ils peuvent vous apporter. Chacun lit en fonction d’intérêts, de compétences ou de connaissances qui lui sont propres. En variant les types de lecteurs, vous enrichirez les commentaires reçus. Voici les différentes catégories de lecteurs que vous pourrez probablement rencontrer autour de vous (elles peuvent d’ailleurs se recouper) :

Les membres de votre famille ; Vos amis ; Les lecteurs qui ne lisent jamais ; Ceux qui lisent tout le temps (les papivores boulimiques) ; Des collègues auteurs ; Les lecteurs spécialisés dans le genre littéraire que vous avez choisi (SF, horreur, romance, etc.) ; Ceux qui sont spécialisés dans un autre genre littéraire.

Truc 46 — Imprimer ses manuscrits aux bons endroits (conseil 1 étoile) Imprimez un manuscrit par bêta lecteur, pour qu’il puisse commenter personnellement plus à son aise. Vous pourrez trouver des centres d’impression : cela coûte certes un peu plus cher, mais se révèlera diablement plus efficace. Si vous n’imprimez qu’un seul volume, votre imprimante domestique devrait suffire. Vous pouvez opter pour des cartouches d’encre « marque blanc », voire pour des cartouches rechargeables pour réaliser des économies. Truc 47 — Utiliser un système d’étoiles (conseil 1 étoile) Cela peut vous être utile pour ne pas vous perdre dans les innombrables commentaires et vous faire une idée rapide de la qualité de chaque chapitre. Par exemple, vous pouvez demander à chaque bêta lecteur d’évaluer chaque chapitre de 1 à 5 étoiles, puis rassembler ces notes dans un fichier Excel : vous serez ainsi en mesure de réaliser la moyenne de chaque chapitre, en nombre d’étoiles. Si un consensus apparait sur la bonne qualité d’un chapitre, tant mieux ! Si c’est l’inverse qui apparait, vous saurez que vous devrez retravailler ce chapitre unanimement jugé médiocre. Truc 48 — Insérer des feuilles lignées dans ses manuscrits (conseil 1 étoile) Pour recueillir les avis de vos lecteurs avant qu’ils n’oublient eux-mêmes ce qu’ils avaient à dire, simplifiez-leur la tâche en insérant des feuilles lignées à la fin de chaque chapitre. Lorsque vous relierez votre manuscrit, veillez à ce que les pages lignées soient bien du même format que le reste des pages. Truc 49 — Bien interpréter les commentaires (conseil 1 étoile) Et voici un autre mauvais conseil : appliquez à la lettre les recommandations de vos bêta lecteurs. Ce que vous devez plutôt faire, c’est de trouver, d’interpréter ce qu’ils ont voulu vous dire. « Quelle pourrait être la cause réelle du problème qu’ils ont souligné ? » (Comment écrire plus, chapitre 49) Prenez garde aux commentaires qui reviennent d’un lecteur à l’autre ; ces remarques sont certainement significatives et vous aurez à traiter ce point. Cela dit, ne cherchez pas les complications : il se peut que le problème soit finalement aisé à résoudre. Le conseil le plus important Truc 50 — Écrire (conseil 5 étoiles !) Dominic Bellavance le répète : attention à la procrastination. Elle peut se nicher dans chacune des tâches auxiliaires à la création littéraire pure. Dans le choix des logiciels, dans les recherches, dans la mise en page, etc. « Votre roman n’avancera que durant les moments où votre cul sera posé sur votre chaise, et qu’un logiciel de traitement de texte sera ouvert devant vous. Cul. Sur chaise. Je n’ai rien de plus à dire là-dessus. Mettez-vous au travail. » (Comment écrire plus, chapitre 50, gras utilisé par l’auteur)

Conclusion sur « Comment écrire plus » de Dominic Bellavance : Un guide pour les auteurs de fiction : Comme Stephen King ou Neil Gaiman, Dominic Bellavance parle du travail d’écrivain comme d’un métier « en chair et en os ». Il parle des affres concrètes de l’écriture, des ratés et des moyens de s’améliorer au quotidien. On y retrouve donc de nombreuses anecdotes, souvent racontées avec humour. Mais aussi tous les tours de mains et les astuces développées au fil du temps par cet auteur canadien. À noter : on aimera ou on aimera pas le style d'écriture très léger, voire carrément familier, de Dominic Bellavance. Mais c'est son parti-pris. Il s'adresse au lecteur comme à un ami ou à un membre de la famille. Il parle aussi avec franchise et parfois un peu crûment. On ressent la volonté de partager son expérience personnelle et de motiver son audience. Mais vous n'êtes pas obligé de suivre le style proposé par l'auteur pour apprécier certains (voire tous) ses conseils ! Le livre est conçu de telle façon à pouvoir naviguer aisément entre les chapitres et même, si vous le souhaitez, à ne prendre que l'essentiel. À la fin de chaque chapitre, l'auteur propose un résumé bienvenu des principales idées ou actions qui y ont été développées. Un conseil : commencez par là. Consultez ces résumés et si le thème vous intéresse, il ne tient alors plus qu'à vous de plonger dans le chapitre. Ce qu’il faut retenir de « Comment écrire plus » de Dominic Bellavance : Dominic Bellavance prévient dès le départ ses lecteurs : ceux et celles qui voudront compléter leurs connaissances en écriture créative ne trouveront pas ce qu'ils cherchent ici. En effet, le livre ne contient presqu'aucune leçon sur le style, sur la création des personnages, sur le développement d'une énigme, etc. En revanche, celles et ceux qui souhaiteront améliorer leur productivité pourront lire cet ouvrage utile, qui leur donnera plein de « trucs » pour écrire plus rapidement et gagner du temps au quotidien. À ce titre, les chapitres les plus intéressants et les plus originaux concernent sans doute les logiciels utilisés par l'auteur. En somme, ce livre ne conviendra pas aux auteurs débutants qui chercheraient des conseils de base en écriture, mais il sera parfait pour des auteurs confirmés qui souhaitent changer leurs habitudes productives. Points forts :

Une écriture simple et amusante ; Des anecdotes nombreuses ; Des conseils précis, utiles et bien expliqués.

Point faible :

Si vous avez déjà lu d’autres ouvrages de ce type, vous ne serez pas très surpris par le contenu de celui-ci, qui n’apporte pas grand-chose de plus à ce qui est déjà connu. Mais si c’est votre premier livre sur le sujet, foncez !

Ma note :

Avez-vous lu le livre de Dominic Bellavance « Comment écrire plus » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Dominic Bellavance « Comment écrire plus » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Dominic Bellavance « Comment écrire plus »

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Thu, 26 May 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11913/Comment-crire-plus
La boîte à outils du coaching http://www.olivier-roland.fr/items/view/11885/La-bote-outils-du-coaching

Résumé de « La boîte à outils du coaching » de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri : un manuel conçu pour les coaches en entreprise (coaching de dirigeants, de managers et d’équipes) et qui fait déjà référence, puisqu’il en est déjà à sa troisième édition ! Par Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri, 2019, 192 pages. Chronique et résumé de « La boîte à outils du coaching » de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri 

Les auteurs Les deux auteurs sont coaches de dirigeants. Belkacem Ammiar est membre du cabinet Koan-coaching. Il enseigne dans différentes écoles supérieures et en université. Omid Kohneh-Chahri, quant à lui, est fondateur du cabinet de coaching Awareness & Development. Il forme également des coaches au sein de l’équipe pédagogique de Transformance. Avant-propos L’ouvrage est conçu en fonction des trois grands types de relations qu’un coach doit développer :

La relation avec lui-même ; Celle avec la personne accompagnée ; Et enfin celle qui peut le lier à des groupes (équipes, organisation).

Il s’adresse aussi bien aux coaches novices qu’aux experts : « Le coach débutant y puisera toutes les ressources nécessaires pour apprendre à cadrer efficacement sa relation avec ses clients tout au long de l’accompagnement de coaching. Quant au coach confirmé, il pourra apprendre à développer sa posture toujours très paradoxale qui consiste à “aider l’autre à apprendre à se débrouiller seul et à trouver lui-même ses solutions”. » (La boîte à outils du coaching, p. 6) Une posture paradoxale, en effet, qui est toutefois rendue praticable grâce aux outils de référence présentés ici, qui proviennent des différents courants majeurs du coaching, à savoir :

La psychologie humaniste ; L’analyse transactionnelle ; La programmation neurolinguistique (PNL) ; « L’élément humain » de Will Schutz ou CNV ; La culture CT (coach & team) ; L’approche systémique ; Le développement organisationnel (organisational development) et le codéveloppement.

Dossier 1 — Se préparer au coaching Ce dossier explore la notion de qualité d’être et étudie, tout particulièrement, les quatre capacités indispensables pour exercer en tant que coach professionnel. Quelles sont ces quatre capacités ?

La disponibilité pour son client ; La connexion avec soi-même ; L’agilité et la flexibilité des modes d’intervention ; Une attitude claire par rapport à l’argent.

Outil 1 – La centration Se centrer, c’est prendre le temps de porter attention à soi et, tout particulièrement, à sa respiration. Cette technique s’inspire clairement de la méditation. Vous commencez par :

Respirer profondément ; Puis vous passez en revue et relâchez chacun de vos membres ; Enfin, vous êtes dans un état centré, concentré sur le flux d’air qui vous traverse.

Utiliser cette technique simple vous permettra d’accueillir plus facilement l’autre, parce que vous serez plus calme vous-même. Elle vous permet d’explorer vos émotions et ainsi de mieux vous connaître. Notez que cet outil (ou ces outils, si on dissocie relaxation et centration) peut être proposé au client. En situation de stress, leur maîtrise pourra l’aider à décompresser et à prendre du recul. Outil 2 – La troisième écoute Pour comprendre la signification de cette expression, il faut savoir ce que sont les deux premières écoutes :

D’abord, le coach écoute le discours verbal (ce qui est dit) de son client ; Ensuite, le coach écoute le discours non verbal (manifestations corporelles) et les rapports entre celui-ci et le premier.

La troisième écoute est dirigée vers le coach lui-même. Il n’écoute plus le client, mais lui-même. C’est-à-dire ? Lorsqu’il reçoit un signal venant de son coaché, quel que soit le canal (une intuition, une pensée réfléchie, une émotion, etc.), il prendra le temps de vérifier si ce stimulus provient bien de l’interaction avec le coaché. S’il décide ou reconnait que ce signal « appartient » bien à l’interaction présente avec le coaché, il pourra agir de la façon la plus appropriée vis-à-vis de ce dernier. Si ce signal vient du coaché lui-même, il le laissera de côté le temps de la séance. Outil 3 – Le poisson-canne à pêche Cet outil a été conçu par Vincent Lenhardt. Il porte sur la question de la posture à adopter en situation du coaching. Comment agir ? Faut-il résoudre les problèmes pour le client (donner du poisson) ou lui permettre de trouver seul la voie de sortie (offrir une canne à pêche) ? Ce dilemme est typique de la pratique du coach. Bien sûr, l’objectif du coaching est d’amener le client à une autonomie complète. Toutefois, par principe, cela signifie que ce n’est pas (toujours) le cas au moment de l’interaction. En fonction du degré d’autonomie et de maturité, mais aussi de l’urgence de la situation et de l’état émotionnel du client, le coach peut donc décider d’agir dans un sens ou dans un autre (poisson ou canne à pêche). Cela implique :

De comprendre la situation ; Puis de choisir sa posture en connaissance de cause (chaque posture ayant ses avantages et ses inconvénients).

L’avantage principal de la posture poisson est d’agir vite, mais le risque pour le client est de rester dans une posture passive, en attente du « sauvetage » du coach. Au contraire, l’autre posture responsabilise le client, mais ne fonctionne pas si l’urgence se marie à un état émotionnel instable du client. Outil 4 — Déterminer le prix d’une intervention Pouvoir déterminer et justifier le prix d’une prestation est capital pour le coach. Être au clair avec cet aspect donne des gages de confiance. Comment faire ? Il faut commencer par analyser et cerner la problématique du client, ce qui implique de déceler ses objectifs (au cours d’une première séance). Une session complète de coaching est habituellement composée de dix séances de deux heures. Afin de définir le prix de l’intervention, il faut ensuite connaître les prix du marché. À titre indicatif, le taux horaire standard d’un coaching de dirigeant est de 600 € (et de 400 € pour un coaching de manager). Ce prix inclut la préparation du coach. Le coach doit analyser son rapport à l’argent en se posant la question de :

Sa valeur ; De sa compétence ; De sa situation par rapport à ses pairs, voire de ses formateurs.

Une sous-évaluation peut être le signe de la création d’un rapport biaisé (le coach se positionne en tant que sauveur, faisant un rabais) ; une surévaluation, en revanche, peut être le signe d’une identité narcissique. Dossier 2 — Préparer son intervention La préparation du coaching est une phase clé de la relation. Mais quels sont les critères de réussite d’une telle étape ?

Parvenir à fixer des objectifs clairs et communs ; Ancrer la démarche dans un contexte précis ; Créer une relation pédagogique avec l’entreprise.

Outil 5 — Établir les objectifs Pas de coaching sans savoir où l’on va. La démarche d’accompagnement est centrée sur l’action et elle a une fin clairement établie dès le départ. Par ailleurs, le client a besoin de buts clairs pour demeurer motivé. L’objectif est décidé lors de la première séance, mais des objectifs secondaires doivent aussi être désignés lors de chaque séance. Il faudra donc :

Définir le « but global » du client ; Puis les objectifs de performance (qui permettent d’atteindre le but global) ; Et enfin décider d’indicateurs de mesure servant à s’assurer du mouvement positif effectué.

Outil 6 — Conduire une réunion tripartite La première séance de deux heures est composée :

D’une première heure avec le client (pour faire connaissance, clarifier sa problématique et préparer la deuxième heure) ; De la deuxième heure, dite « réunion tripartite » durant laquelle un représentant de l’entreprise sera également présent.

L’objectif de cette deuxième heure est de poser le cadre du coaching et de décider des objectifs en commun. Le déroulement en est simple :

D’abord, effectuer un tour de table de présentation ; Ensuite, le coach anime la discussion afin de parvenir à un accord sur les objectifs à atteindre par le coaché.

Outil 7 – Le contrat tripartite « Le contrat tripartite est un document rédigé par le coach à l’issue de la réunion tripartite (voir outil 6), explicitant les objectifs du coaching et les modalités d’intervention. Il s’agit d’un accord entre le coach et la personne accompagnée, son manager et le cas échéant la direction des ressources humaines [dans le cas d’une réunion dite quadripartite]. Un contrat tripartite comprend les rubriques suivantes :

Contexte de la demande ;

Enjeux de l’entreprise ;

Objectifs du coaching ;

Principes du coaching et rôle du coach ;

Modalités d’accompagnement ;

Budget […] ;

Traitement des litiges. » (La boîte à outils du coaching, p. 30)

Le contrat devra être signé par toutes les parties prenantes. À noter : certains coaches préfèrent séparer le contrat dans ses deux parties constitutives — à savoir le contrat de coaching et le contrat d’affaires (avec les parties budget et traitement des litiges). Outil 8 – Le bilan de coaching Réalisé à l’issue de la démarche, il a trois finalités principales :

Exhiber les bénéfices pour l’ensemble des parties prenantes ; Faire le point, de manière réflexive ; Fixer durablement les apprentissages et les changements.

Le coach prendra d’abord une heure pour prendre du recul sur le chemin parcouru avec le client, puis réalisera une autre réunion tripartite d’une heure, au cours de laquelle il animera les interactions et veillera particulièrement à l’aspect factuel des feedbacks ; il s’appuiera sur les indicateurs établis en début de parcours. Outil 9 – L’alliance On parle d’alliance tout court dans le cadre du coaching individuel ou d’« alliance avec l’équipe » dans le cadre d’un coaching collectif. Il y a alliance lorsque les acteurs s’entendent autour :

Des finalités du coaching ; De la qualité de la relation (entente interpersonnelle) ; Du déroulement concret de l’intervention.

Cette connexion devra être créée ou favorisée tout au long du parcours, en s’assurant notamment de :

Actualiser les objectifs ; Donner une réponse honnête, c’est-à-dire prendre position, après écoute, quant à la possibilité de l’accompagnement ; Être clair et pédagogue au sujet de la pratique du coaching ; Fournir un cadre avec des règles de fonctionnement ; Ne pas laisser le client sans réponses à ses interrogations.

Dossier 3 — Écouter et analyser le contexte du client Le coaching diffère de la formation et du conseil. Cela se repère à deux points essentiels.

Le coach considère que la réponse vient du patient : il porte un regard optimiste sur son client en considérant qu’il est plein de ressources, qu’il s’agira de développer ou de dévoiler ensemble ; La relation est cadrée et ce cadre vise à responsabiliser au maximum le coaché, qui devra notamment fournir une demande claire. Le coach, quant à lui, devra toujours veiller à structurer et contextualiser son intervention.

Outil 10 – L’écoute active C'est Carl Rogers, célèbre psychologue humaniste étatsunien, qui a conçu cette méthode. Celle-ci vise à créer un climat d’ouverture et de confiance entre le thérapeute et le client. Elle passe notamment par l'observation du discours non verbal par la reformulation des propos, des ressentis et des émotions. Elle implique authenticité, respect et empathie pour le coaché. Pour écouter de façon bienveillante et profonde, concentrez-vous sur tous les signaux (verbaux, non verbaux, comportements à votre égard) et n’oubliez pas de mettre en œuvre la troisième écoute (outil 2). Pour reformuler efficacement, préférez l’emploi des mêmes mots et expressions que ceux utilisés par votre client. Il existe trois formes de reformulation.

Reflet : vous répétez exactement les propos pour relancer la discussion ; Synthèse : vous demandez des clarifications ou mettez en évidence certains traits de l’interaction en résumant et en additionnant un certain nombre de signaux ; Déductive : faire apparaître clairement et faire valider les croyances ou les idées du coaché.

L’écoute active est l’une des compétences essentielles du coach. Outil 11 – Le questionnement Imprescriptible, il vous servira dans toutes les phases du coaching, afin d’aider votre client à s’orienter, à exprimer ses pensées et ses émotions, ou encore à le faire réfléchir et lui permettre de développer son potentiel et ses capacités de résolution des problèmes. Il est le complément naturel à l’écoute active. Pour bien maîtriser cet outil, le coach devra bien peser ses mots et connaître différents types de questions.

Ouverte : la réponse est laissée totalement libre ; Fermée : une alternative est impliquée dans la question ; Orientée action : l’accent est placé sur la manière (comment) ; Orientée expérience dans le passé : à visée plus réflexive ; Clarification : débrouiller ou illustrer un propos peu compréhensible ; Projection : le coaché est invité à imaginer une situation où le problème est résolu ; Métaphorique : déplacement du regard qui permet de traiter le problème différemment.

Outil 12 – La grille RPBCD Pour comprendre, déplions le sens de cet acronyme.

R comme Réel = qu’en est-il de la situation actuelle du coaché ? P comme Problème = qu’est-ce qui dysfonctionne pour le coaché ? Quel est l’état futur désiré ? B comme Besoin = le coach est amené à poser prudemment une hypothèse sur le besoin sous-jacent (diagnostic) ; D comme Demande = le coach clarifie l’objectif de la séance avec le coaché et le responsabilise ; C comme Contrat = chacun explicite ses attentes, ses capacités d’intervention et les modalités de l’interaction.

Ne prenez pas ceci pour un processus linéaire ; ces cinq niveaux sont reliés de façon dynamique et doivent être adaptés en cours de route. Outil 13 – Le modèle GROW Ce modèle permet de dégager un ordre au questionnement proposé sur l’ensemble de la démarche. Il peut aussi donner lieu à un dialogue rapide, appelé « dialogue de coaching », au cours duquel vous vous assurerez de poser les questions suivantes.

Goal (objectifs) : clarification de l’ambition du client ; Reality (réalité) : exploration de la situation actuelle ; Options : réflexion autour des solutions possibles ; Will (volonté, action) : dessiner un plan d’action et prévoir les obstacles.

Il n’est pas nécessaire d’imposer cette structure de questionnement dès le départ du coaching. La plupart du temps, le client a d’abord besoin de s’y retrouver lui-même et de débrouiller différents nœuds. Utilisez son propre dynamisme, puis lorsque vous considérez que cela est perspicace et judicieux de son point de vue, faites-le entrer dans la démarche. Outil 14 – Les zones d’intervention Très utile dans le cadre d’un accompagnement individuel, ce modèle permet de créer une hiérarchie des problèmes, de planifier leur résolution et ainsi de traiter intelligemment les urgences. Huit zones sont à travailler en profondeur (dans le livre, les auteurs détaillent avec plus de précision le travail à réaliser pour chaque zone) :

Le coach lui-même = est-il au clair avec lui-même ? La relation = est-elle efficace ? Le coaché = a-t-il une bonne estime de lui-même ? La relation coaché — environnement de travail = quelle est-elle ? Le système du coaché = quels sont les dysfonctionnements, les pressions, etc. ? Le problème = une fois posé, comment agir ? Quelle solution « technique » apporter ? La relation entre les autres et le problème posé = comment envisager le problème sous leur angle ? La relation du coaché avec le problème posé = comment gérer son problème, quelles sont les options ?

Outil 15 – Le triangle de Karpman C'est Stephen Karpman, spécialiste de l'analyse transactionnelle, qui a mit en place ce modèle qui fournit des clés de compréhension et d'analyse en matière de communication. Lorsque vous êtes en interaction avec quelqu'un, vous pouvez adopter l'une des trois postures suivantes :

Celle de victime ; De persécuteur ; Ou de sauveteur.

Les situations de malaise relationnel, de conflit ou de manipulation peuvent résulter de l'enfermement de chacun des interlocuteurs dans l'un de ces rôles. Pour utiliser ce modèle, veillez à :

Cerner d’abord le souci de votre client ; Lui exposer les trois rôles (persécuteur, victime, sauveteur) ; Expliquer la dynamique interactive du triangle ; À partir de là, aider le client à s’y repérer, à repenser son problème selon ce schèma et à mettre en place des stratégies d’évitement ou de sortie du triangle.

Attention à ne pas entrer vous-même dans la peau du « sauveteur ». Cela se remarque à une prise de parole trop fréquente et à une trop forte implication dans la résolution des problèmes du client (sans demande de sa part), qui conduisent d’ailleurs le coach à considérer qu’il dépense trop d’énergie dans les séances. Dossier 4 — Intervenir efficacement Comme on l’a vu avec le poisson-canne à pêche, le coach peut intervenir plutôt en conseillant ou plutôt en éveillant l’autonomie du client, selon la situation. L’objectif final est bien d’atteindre l’autonomie, mais le conseil s’avère parfois nécessaire lorsqu’il y a urgence ou lorsque le client ne maîtrise pas certaines notions essentielles (le coach joue alors le rôle d’un « enseignant »). Ce dossier fournit des outils permettant d’agir plutôt dans un sens (outils 16, 20, 21, 26, 27) ou dans l’autre (17, 18, 19, 22, 23, 24, 25). Outil 16 – 3P : Protection, Permission, Puissance En jouant sur ces trois leviers, vous serez en mesure de créer des conditions de travail sereines entre vous et le coaché.

La protection vous permet d'avertir le client contre les conséquences et risques d’une action. La permission est un acte de langage au cours duquel vous autorisez le client à changer de comportement. Enfin, la puissance est le sentiment ressenti par le client, lorsqu'il se sent à la fois autorisé et protégé.

Alors que la protection consiste à dire « non », en pointant les conséquences négatives, la permission consiste à dire « oui », en encourageant le client à explorer et à se transformer. Le coach doit trouver le bon équilibre, en vue de donner un sentiment de confiance en soi à son client. Outil 17 – Le renforcement progressif Ici encore, la confiance en soi est au centre des préoccupations. En soulignant les avancées du coaché, en le motivant et en le soutenant, vous pouvez, en tant que coach, jouer un rôle crucial dans le niveau de cette confiance. Le renforcement positif consiste en :

Une écoute attentive ; La valorisation de la personne ou de l’équipe.

Le renforcement peut être conditionnel ou inconditionnel :

Conditionnel = lié à un résultat obtenu ; Inconditionnel = lié aux caractéristiques intrinsèques de la personne ou de l’équipe.

Outil 18 – Le feedback critique Donner un feedback critique de façon constructive implique de :

Déceler et décrire les faits et les comportements observables ; Relater les conséquences négatives pour le client et son entourage ; Travailler à un changement.

Avoir des retours de personnes bienveillantes est toujours une occasion inestimable d’en apprendre davantage sur soi et ainsi de progresser. Pour que cela fonctionne, la juste balance doit être trouvée entre les critiques et les gestes de renforcement positif. En tant que coach, vous ne devrez pas oublier de vous préparer aux réactions possibles de votre (ou de vos) interlocuteur(s), afin de mieux guider la séance. Outil 19 – La confrontation Cette technique vise à extraire et exhiber les incohérences du client, afin de le faire réfléchir. Elles peuvent apparaître :

Entre deux affirmations ; Entre le discours verbal et le discours non verbal ; Dans le conflit entre les possibilités concrètes et les désirs (buts) ; Entre le comportement général du coaché et ses discours ; Dans la différence entre les valeurs et les actes ; Entre le contrat du coaching et ce que fait le client (si le client annule souvent les séances prévues, par exemple) ; Entre la perception du coach et celle du coaché ; Lorsque le coach a l’impression que le client ment, cache ou déforme la réalité.

La confrontation doit être réalisée avec bienveillance et lorsque le coach se sent bien. L’objectif n’est pas de froisser le client, mais de l’aider à avancer. Outil 20 – La métacommunication La métacommunication permet de dénouer un conflit. Par exemple entre deux acteurs d’une même entreprise. Quelles sont les grandes étapes à ne pas manquer ?

Rappeler, par un exercice, que les parties prenantes agissent sur des cadres de référence distincts ; Montrer que les « visions » qu’ils portent (leur avis sur le problème) dépendent de leur cadre de référence et qu’il n’y a donc pas de solution « unique et absolue » ; Faire un effort d’écoute non critique du cadre de référence de l’autre partie ; Générer un feedback réciproque où chacun résume ce qu’il a compris et ressent à propos du cadre de l’autre et de ses contraintes propres ; Inventer une solution commune.

Outil 21 – Les niveaux de changement Comme coach, vous serez amené à repérer différents niveaux d’intervention et donc de changement. La demande de votre client peut se situer à différents niveaux de profondeur — il vous appartiendra de vous adapter après avoir analysé ce point ; vous devrez parfois orienter le coaché vers d’autres spécialistes (thérapeute, notamment). Vincent Lenhardt a dégagé 7 niveaux :

  • 1 = une modification directement liée au contexte du client ; 0 = un changement lié à la fonction exercée ; 1 = un comportement à faire évoluer ; 2 = une transformation des valeurs, des croyances et des systèmes de représentation ; 3 = une restructuration psychique (à laisser à un thérapeute) ; 4 = le développement de la partie inconditionnellement positive en chacun de nous ; 5 = le développement spirituel (à laisser à des ministres religieux).

Outil 22 – La prescription de tâches La technique de prescription des tâches permet au coach d’inviter son client à réfléchir à son évolution et ainsi à favoriser son évolution personnelle. Quels types de tâches le coach peut-il être amené à prescrire ?

Les tâches d’observation visent à collecter des informations sur des situations ; Celles de projection visent à imaginer les bénéfices d’une situation nouvelle ; Les tâches de comportement visent à encourager le client à se dépasser ; Celles dites « paradoxales » visent à débloquer un problème en agissant sur le symptôme.

Ces tâches doivent être prescrites avec soin par le coach (en connaissant le client et en donnant les protections et les permissions nécessaires) et seront réalisées en dehors des séances par le coaché. Outil 23 – Le recadrage « Le recadrage est un mode d’intervention qui vise à générer un changement de regard du client sur sa situation. Sous ce nouvel angle de vue, ce qui était perçu comme une difficulté devient une ressource utile. Il peut s’agir d’un recadrage de point de vue (les angles de perception et la position du point de vue du client sont modifiés), de sens (à partir des mêmes faits, de nouvelles interprétations de la situation sont perçues par le client), de comportement (le client comprend l’aspect positif du comportement qui lui posait problème) ou encore d’un recadrage par parties (voir outil 24). » (La boîte à outils du coaching, p. 82) Assurez-vous :

D’avoir une alliance forte entre vous, le coach, et votre client (voir l’outil 9) ; De bien connaître l’écologie du changement, c’est-à-dire savoir si l’environnement dans lequel il aura lieu sera compatible.

Outil 24 – Le recadrage des parties Il y a plusieurs parties en chacun de nous… Ces parties entrent en conflit les unes avec les autres. Nous voulons rester le même, et en même temps changer. Comment mettre de l’ordre dans tout ça ? Six étapes sont identifiées par les auteurs :

Identification du changement à réaliser ; Prise de contact avec la part de soi-même liée au comportement problématique ; Séparation du comportement en tant que tel et de l’intention positive qu’il comprend ; Création d’un comportement alternatif, non problématique ; Ancrage concret des nouvelles dispositions ; Liaison du nouveau comportement avec l’environnement du coaché.

Outil 25 – La résolution de problèmes par le modèle systémique Lorsqu'une relation fonctionne mal, c'est souvent en raison de blocages autour d'une même problématique. En fait, sans nous en rendre compte, nous mettons en place des solutions qui sont de même nature que le problème et, de cette façon, nous n'arrivons jamais à sortir du cercle vicieux. Pour en sortir, le modèle systémique propose le cheminement suivant :

Clarifiez le problème ; Explorez les tentatives de solutions et trouvez-en le dénominateur commun ; Prescrivez des tâches.

Outil 26 – Les 4 zones de l’identité Grâce à cet outil, vous pourrez créer un diagnostic clair des blocages relationnels ou fonctionnels de vos clients. En repérant les zones problématiques, vous pourrez agir et les renforcer. Tout d’abord, identifiez la zone identitaire perturbée :

S’agit-il d’un problème de reconnaissance interne (confiance en soi et en ses compétences et capacités) ; Le problème vient-il du statut, c’est-à-dire de toutes les couches externes qui font l’identité de la personne (diplômes, carte d’identité, etc.) ? Le souci est-il lié à l’environnement ou au milieu du client, c’est-à-dire à la reconnaissance externe, qui va faire pression sur les trois autres zones ? A-t-il une difficulté vis-à-vis de ses référents externes (ses valeurs, les modèles personnels) ? Généralement, cette quatrième zone est la plus solide, et donc la plus stable.

Après avoir identifié la zone défaillante, vous pourrez la travailler progressivement grâce au questionnement, au renforcement positif ou aux feedbacks. Outil 27 – La grille OSBD Voici un nouvel acronyme ! Les coaches en raffolent. Quelle est la signification de celui-ci ? Laissez-vous guider.

O = Observation (niveau 1) S = Sentiment (niveau 2) B = Besoin (niveau 3) D = Demande (niveau 4)

Il s’agit de quatre niveaux logiques que le coach va démêler analytiquement avec le coaché au cours des séances. Il devra d’abord s’assurer de faire parler le client à propos d’actions précises (premier niveau), puis l’inviter à décrire ses émotions (deuxième niveau). De là, le client pourra déceler la source de son insatisfaction, c’est-à-dire le besoin qui n’a pas été comblé (troisième niveau) et il pourra donc exprimer une demande ou créer un nouveau référentiel d’action (quatrième niveau). Outil 28 – Les degrés d’autonomie Ce modèle issu de l'analyse transactionnelle modélise 4 stades ou états d'une relation :

[L]a dépendance ; [L]a contre-dépendance ; [L]'indépendance ; [E]t l’interdépendance.

Progressivement, la relation va gagner en force et en autonomie. Mais cela n'ira pas sans faire des compromis, ni sans renoncer à certaines attitudes limitantes. L'interdépendance est le degré le plus fort de la relation, dans la mesure où les personnes sont à la fois pleinement autonomes et associées.

Dossier 5 — Améliorer les modes de fonctionnement de l’équipe Découvrez dans ce dossier des « cartes » pour vous aider à vous repérer au sein des équipes et des relations qui s’y nouent, des outils pour mieux communiquer, ainsi que des méthodes ludiques et pédagogiques. Outil 29 — Diagnostiquer le fonctionnement de son équipe Un groupe peut avoir plusieurs formes ou, plus concrètement, une cohésion plus ou moins forte. La grille de lecture proposée ici vous propose de diagnostiquer le type de groupe auquel vous avez affaire. Une équipe évolue selon trois stades :

La collection d’individus (ils sont ensemble mais ne forment pas un tout) ; Le groupe solidaire (les individus s’associent pour réaliser des tâches communes, une identité se constitue, etc.) ; L’équipe performante (une vision partagée permet de souder fortement ses membres qui adaptent constamment leurs rôles à ce qui est attendu par l’équipe).

Le rôle du coach diffère selon l’étape à laquelle se situe le groupe :

Soit créer une symbiose entre le dirigeant et son groupe et entre les personnes (stade 1) ; Ou bien générer plus d’écoute et instaurer un certain nombre de règles (stade 2) ; Ou alors gérer la complexité en s’adressant directement aux acteurs (stade 3).

Outil 30 — Mon, Son, Ton, Notre, Mon Cet outil a une vocation d’intégration, de diagnostic et d’intervention. Intégrer l’ensemble des parties prenantes, repérer les dysfonctionnements et agir au bon endroit (sur la bonne personne ou sur le groupe lui-même). Pour l’appliquer, vous devrez vous questionner de la façon suivante, lorsque vous rencontrez une difficulté (par exemple, un participant récalcitrant) :

Est-ce MON problème (à moi, en tant que coach) ? Est-ce SON problème (si le participant a un problème personnel vis-à-vis duquel il vaut mieux ne pas intervenir en public) ? Est-ce TON problème (lorsque le participant a un problème qui mérite une confrontation et un recadrage public) ? Est-ce NOTRE problème (au groupe en tant que totalité) ? C’est mon problème (au final, quelle que soit son origine, je dois le traiter).

Outil 31 – La matrice RACI Cet outil est utilisé dans le cadre de diagnostics d'équipes, lorsque sont observés des dysfonctionnements en matière de répartition des rôles, des tâches et des responsabilités. Comment le mettre en œuvre ? Quatre étapes sont nécessaires :

Préparez un tableau avec les noms des activités et les noms des personnes de l’équipe ; Formalisez la situation actuelle (demandez à chacun des membres d’inscrire un R, un A, un C ou un I en fonction du rôle qu’il pense jouer pour telle et telle activité de l’équipe) ; Analysez la matrice en pointant du doigt les incohérences ou les contradictions qui émanent des réponses ; Formalisez la situation cible (en redistribuant les rôles de façon concertée et optimale).

Outil 32 – La présentation « binôme, groupe, plénière » Renforcer la cohésion d’une équipe n’est pas toujours aisé, surtout au sein de grandes équipes. Cet outil et le prochain sont spécifiquement consacrés à cette question. Cela passe, bien sûr, par la parole. Comment rassurer et permettre l’éclosion de la parole ? En y allant petit à petit. Tout d’abord, le coach invite chacun à jouer le jeu de la présentation en rassurant sur la confidentialité, mais aussi en proposant à chacun de choisir le degré d’ouverture qui lui convient et en demandant d’adopter une attitude d’écoute bienveillante. Seul, dans un premier temps, chacun va réfléchir aux questions posées par le coach (Qui suis-je ? Quels sont les événements qui m’ont construit ? Quels sont mes projets ? etc.). Ensuite, en binôme, chaque participant va raconter son histoire et se présenter à quelqu’un d’autre, pendant 10 minutes environ. Il écoutera également la présentation de l’autre puis lui fera un feedback de 2 minutes. Au sein de petits groupes ensuite, chacun va se présenter de façon plus concise (3 minutes), tandis que le binôme ajoutera un élément pour compléter la présentation. Enfin, lorsque l’équipe entière sera réunie, chacun se présentera de façon réduite (45 secondes ou une minute maximum). Le coach assurera le bon déroulement de l’ensemble des étapes et proposera une restitution. Outil 33 – Les 2 cercles Autre façon de renforcer la cohésion : l’outil des deux cercles fonctionne de la manière suivante.

Création de deux cercles concentriques avec les membres de l’équipe ; Questionnement « Qui suis-je ? » lancé par le coach (chacun trouve un binôme de l’autre cercle et explore la question) ; Changement (le coach pose une autre question et fait tourner le cercle pour que le binôme change également) ; Restitution au cours de laquelle chacun peut donner son ressenti.

Outil 34 – La banquise Il s’agit d’un jeu visant à analyser et à améliorer l’esprit de collaboration au sein d’une équipe. Avec un tissu, le coach va mimer une banquise et sa disparition progressive (en réduisant sa taille progressivement). Deux fois de suite, il va « réduire la banquise » et demander aux membres de l’équipe de se positionner, puis d’interroger en silence la place qu’ils ont prise. Le coach invitera chacun à se poser des questions telles que :

Suis-je à la bonne place ? À quelle place aurais-je aimé être ? Quel est mon sentiment ? Quel est mon rapport au groupe à cette étape du jeu ?

Outil 35 – La présentation croisée Cet outil fonctionne mieux lorsque les membres d’une équipe se connaissent déjà. Le manager peut animer un séminaire en commençant avec ce jeu de rôles où chacun va présenter son voisin comme si c’était lui-même (c’est-à-dire en première personne), avec humour et légèreté. Grâce à cet outil simple, l’écoute sera renforcée au sein de votre équipe. En tant que coach ou manager, vous pouvez donner un petit temps de préparation et proposer une structure pour la présentation. Outil 36 – Le blason Le blason a 5 parties :

Ma devise ; Le passé (les événements déterminants) ; Le présent (mes plaisirs et mes craintes) ; L’avenir (mes envies, mes projets, mes rêves) ; Mes valeurs.

Après un temps de préparation (une vingtaine de minutes), chaque membre se présentera aux autres grâce à ce blason, en cinq minutes maximum. Si vous souhaitez mettre en place cet exercice, reportez-vous aux conseils plus détaillés de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri dans l’ouvrage. Outil 37 — MTSI (Management Team Speed Integration) Lorsque quelqu’un arrive dans une équipe, ce n’est pas toujours facile ! Cet outil vous permettra de faciliter son intégration. Le coach joue le rôle d’animation des échanges. D’abord, chaque membre de l’équipe répond à la question : « qu’aurais-je aimé qu’on me dise lorsque j’ai intégré l’équipe ? », puis se présente et propose éventuellement une action à entreprendre avec le nouvel arrivant (un déjeuner ensemble, par exemple). Puis, c’est au tour du nouvel arrivant de prendre la parole et de demander aux autres ce qu’ils voudraient savoir sur lui. En invitant chacun à se rappeler sa propre intégration, cet outil favorise l’empathie et la prise de contact. Outil 38 – Le jeu du pont Cet outil ludique permet d’améliorer la performance et le fonctionnement d’un groupe. Il convient très bien aux équipes de plus de 8 personnes, mais peut être adapté aux équipes plus petites. Le but ? Construire le plus long pont possible, avec des feuilles de papier A4 ! Avec 50 feuilles, une paire de ciseaux et une règle, les participants doivent trouver le moyen de faire traverser le pont à une voiture miniature, sans que celui-ci ne s’écroule bien sûr. Les ponts réalisés par équipes de 6 ou 7 seront testés et les meilleures solutions retenues. Outil 39 – Les 5 carrés « Les 5 carrés est un outil d’analyse d’amélioration du fonctionnement d’une équipe. Il permet au travers de l’observation des échanges et des modes de coopération entre les membres d’une équipe de mettre en évidence le stade de développement de celle-ci et la nature des relations entre ses membres. Il s’utilise en deux temps :

[U]ne première phase de mise en situation au cours de laquelle les membres de l’équipe doivent réaliser une œuvre commune dans le silence (5 carrés) […] ; [U]ne seconde phase de débriefing avec le coach.

Ce retour de la part du coach permet aux participants de prendre conscience de leurs comportements et ainsi de poser les bases de nouveaux modes de travail, plus coopératifs. » (La boîte à outils du coaching, p. 132) Outil 40 – La corde et le carré parfait Exercice de réflexion sur la perfection et sur les représentations individuelles et collectives, il permet de développer la coopération au sein d’une équipe. Il est prévu pour de grands groupes accompagnés dans la durée. Le jeu comporte deux phases principales : d’abord, créer un carré — le plus parfait possible — avec une corde ; ensuite, reproduire ce carré les yeux bandés et sans parler. Cela nécessite la création de stratégies. Il se développe en 6 étapes :

Répartition des rôles (joueur ou observateur, chaque joueur ayant un observateur) ; Introduction du coach (consignes de l’exercice) ; Préparation (les joueurs préparent pendant que les observateurs s’interrogent sur la façon d’agir de leur joueur) ; Réalisation (les yeux bandés) ; Débriefing (point de 40 minutes sur le jeu) ; Conclusions des observateurs.

Outil 41 – La caisse enregistreuse Exercice issu de la métacommunication (voir l’outil 20), il permet à chacun de se rendre compte du caractère relatif de ses interprétations et d’amener l’équipe à fonctionner plus réflexivement et efficacement. Pensez à l’utiliser en séminaire, si votre équipe est déjà bien constituée. Le jeu consiste à répondre à un questionnaire au sujet d’un texte, de façon individuelle d’abord, puis collective (en s’associant et en se mettant d’accord). Un observateur regarde le déroulement des débats. Avant le débriefing, les participants répondent à quelques questions sur leur rôle et leur participation au cours du jeu. L’observateur donne ensuite un feedback en interrogeant tout particulièrement le type de leadership, les méthodes et les valeurs qui se sont dégagées lors de la réalisation de l’exercice. En tant que coach, veillez à ce que l’observateur reste sur ces points et ne dérive pas vers des jugements personnels. Outil 42 – Le jeu du village Comment réfléchir au fonctionnement d'une équipe ? Pourquoi ne pas jouer ! Inventez tous ensemble un village dans lequel vous souhaiteriez vivre. Quels sont les points d'achoppement et les points d'accord ? Où y a-t-il des compromis possibles ? Où se trouvent les points de blocage ? C'est en dialoguant à partir de ce point de départ que vous pourrez prendre conscience de bien des habitudes et valeurs implicites de l'équipe.

Dossier 6 — Établir des relations efficaces Augmenter l’intelligence collective d’un groupe : tel est l’enjeu des exercices proposés ici. Des outils qui permettent tantôt de comprendre et d’adapter sa place au sein d’une équipe, tantôt de soigner les relations entre les membres. Outil 43 – Les baguettes Cet outil, ainsi que le suivant, fournit d’excellentes bases de métacommunication. Si vous voulez cerner les règles de fonctionnement implicites, vous pouvez mettre en place ce jeu simple, mais puissant. Il consiste en :

Trouver un partenaire avec qui jouer ; Maintenir deux baguettes de bois avec les index, en se tenant face à face ; Rester silencieux durant 3 minutes ; Recommencer l’exercice avec un autre partenaire ; Débriefer pour remarquer les différences et inviter chaque participant à la réflexion ; Clore l’exercice.

Outil 44 – La sculpture de chaussures Théoriquement, il s'agit d'analyser comment les acteurs engagés dans un projet s'y positionnent et se comportent au cours de celui-ci. L'outil permettra de déceler ce qui coince à ce niveau. Pour le mettre en œuvre, vous devrez utiliser une grande feuille de papier (format A0) et la placer au sol. Celle-ci représentera le projet ou l’objectif du groupe. Vous demanderez ensuite à chacun de déposer l'une de ses chaussures dans le cadre blanc créé par la feuille. L’analyse du montage ainsi créé vous permettra de déceler des problèmes et de débloquer l’énergie du groupe. Outil 45 – Le décollage de timbres On pourrait également utiliser une autre expression : « vider son sac ». Oui, mais poliment et de façon bienveillante ! Il s’agit de « décoller » les griefs que l’on peut avoir contre les membres de son équipe, pour éviter que ces non-dits n'aboutissent à des conflits larvés ou ouverts. Il n’est pas question de critiquer l’autre, mais avant tout de se faire du bien à soi-même, en se libérant d’une émotion négative. En tant que coach, vous devez vous assurer que l’exercice se déroule dans cette tonalité et que les relations n’ont pas atteint un point de dégradation irréversible. Si les voyants sont au vert, expliquez le cadre, puis procédez par étapes :

Laissez chaque participant réfléchir à ses « timbres » ; Demander à chaque participant d’aller trouver une personne vis-à-vis de laquelle il a un « timbre » et lui demander si elle est d’accord pour clarifier la situation ; Faire décrire le problème en dissociant situation et ressenti (voir l’outil 27) ; Recevoir l’interprétation de la personne ; Éventuellement, lui faire une demande pour clore toute gêne.

Outil 46 – Le petit télégraphiste C’est un exercice qui fonctionne sur le principe des signes de reconnaissance, c’est-à-dire des feedbacks courts et positifs qui rappellent à une personne ce qui va bien. Cet outil implique la sincérité de ses membres. L’ironie n’est pas permise. Le déroulement est simple : chaque participant va utiliser un carton pour rédiger une caractéristique positive (par exemple, sur le mode : « Ce que j’apprécie chez toi, c’est… ») et réfléchir à la conditionnalité de cette caractéristique (liée à une situation précise ou à la personnalité du membre de l’équipe), puis signer le carton. Après ce temps de préparation d’une quarantaine de minutes, le jeu consiste à énoncer dans les yeux le signe de reconnaissance à la personne choisie. Celle-ci ne remercie ni ne « rend » rien dans l’immédiat, mais prend simplement le temps d’accepter le retour et énonce à son tour le signe de reconnaissance à la personne qu’elle avait choisie (un autre interlocuteur). Le jeu se termine lorsque tous les participants ont énoncé/reçu leur feedback. Outil 47 – La chaise chaude Ici encore, l'enjeu consiste à apaiser les relations au sein d'une équipe et à lui redonner de la vigueur. Le fonctionnement est simple. Chacun à leur tour, les membres de l'équipe vont se placer sur une chaise en face des autres et écoutent ce que ceux-ci ont à dire. Bien entendu, le coach doit veiller à ce que chacun s’exprime :

Simplement ; Directement ; Sincèrement ; De façon bienveillante.

Une fois que tous les collaborateurs sont passés sur la chaise, les nœuds se sont normalement débloqués, puisque tout le monde a pu s'exprimer calmement. Dossier 7 — Construire un collectif performant Comment promouvoir l’échange d’informations au sein de grands, voire de très grands groupes ? Comment avoir des objectifs communs, construits par les parties ? Comment renforcer l’intelligence collective des équipes ? Telles sont les questions posées dans ce dernier dossier. Outil 48 – Le partage des représentations Parfois, les réunions finissent dans l’affrontement et dans l’enfermement dans sa propre perspective. Ce n’est pas idéal ! Voici comment fluidifier les relations en trois étapes :

Réfléchir à la question posée (par le coach) et l’écrire ; Partager la réflexion/être dans une situation d’écoute active (pour ceux qui ne présentent pas) ; Construire une solution commune.

En tant que coach, veillez bien à faire émerger les cadres de référence de chaque personne. Outil 49 – La marguerite holomorphique « La marguerite holomorphique est un processus de travail utilisé en coaching d’organisation permettant de faire travailler un grand groupe — plusieurs services par exemple — autour de sujets majeurs pour l’entreprise. Au cours de l’exercice, chaque participant aura un rôle actif et devra tour à tour contribuer en sous-groupe à l’un des sujets, exposer la synthèse des réflexions de son sous-groupe au reste de l’équipe, recueillir et intégrer les remarques et propositions d’amélioration de ces derniers. Cet exercice est appelé “holomorphique” car à son issue, chacun a pu contribuer ou réagir sur tous les sujets majeurs de l’organisation puis repartir avec une compréhension partagée de ceux-ci. » (La boîte à outils du coaching, p. 170) Précisez votre compréhension de cet outil en consultant les conseils de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri, p. 170-173. Outil 50 – La vision partagée Il s’agit d’un processus pouvant être bouclé en une journée, comprenant cinq grandes étapes :

Réfléchir ; Présenter ; Clarifier ; Communiquer sur les à-côtés, ressentis, etc. (métacommunication) ; Élaborer la vision.

Pensez à préparer l’équipe en amont, notamment en lui exposant les affinités de cet outil avec l’outil 48 (les deux peuvent aller de pair) et en introduisant le propos théoriquement grâce à l’outil 29. Outil 51 – Le hérisson de Colins Jim Collins est à l'origine de cet outil. Plutôt que de modéliser l'avancée d'une entreprise à partir de la métaphore du loup ou du requin, ouvert à toutes opportunités et agressif, Jim Collins choisit la figure du hérisson, qui avance relativement aveugle aux circonstances, mais selon une stratégie clairement définie. Celle-ci, dit-il, forme l'intersection de trois cercles.  Quels sont ces trois cercles ?

Le domaine dans lequel vous excellez ; Votre passion, ce que vous aimez le plus ; Ce qui est utile et économiquement recherché.

Vous pouvez utiliser cet outil pour aider une équipe à repenser ses objectifs. Outil 52 – La réunion déléguée Dans ce type de dispositif, cinq positions doivent être tenues :

Leader d’équipe = celui qui prend les décisions ; Modérateur, facilitateur = celui qui gère l’énergie de la réunion ; Coach = celui qui observe et donne un feedback ; « Cadenceur » = celui qui rythme la réunion ; Pousse-décision = celui qui enregistre les décisions.

C’est un autre mode de réunion, qui pourra être testé en coaching collectif. Veillez, en tant que coach, à préparer le leader d’équipe en coaching individuel, afin qu’il ne ressente pas l’expérience de façon négative. Outil 53 – Le groupe de codéveloppement professionnel Cet outil développé par Alain Payette a beaucoup de succès dans le coaching d’équipe. Il permet de conscientiser les membres d’une équipe quant à la richesse du groupe et de stimuler l’intelligence collective. Ce n’est pas le consensus qui est visé ici, mais l’exploration des points de vue. Il faut donc encourager la divergence. Comment ? En choisissant et en préparant, d’abord, le sujet à traiter. Et ensuite ?

Exposer la problématique à un membre qui va jouer le rôle du client ; Clarifier la problématique (questions/réponses) ; Formuler la demande (le client fait une proposition en termes de contenu et de procédure) ; Réagir et suggérer des modifications ; Synthétiser les propos et générer un plan d’action ; Identifier les apprentissages et évaluer la séance.

Outil 54 – Le World Café Le World Café est une méthode qui a pour objectif de faire croître l’intelligence collective d'une équipe. Elle se déroule en trois étapes :

Débats en petits groupes autour de thématiques décidées à l'avance ; "Fertilisation croisée", c'est-à-dire passages de tables en tables pour contribuer aux autres questions en cours ; Consolidation, c'est-à-dire restitution et consolidation des acquis des discussions au cours d'une assemblée plénière.

Outil 55 – Le Forum Ouvert Cette méthode cherche à tirer parti d’un constat simple : les échanges les plus fructueux se font le plus souvent… à la machine à café ! L’idée consiste dès lors à « mixer » la forme de la réunion avec la pause-café. Cet outil fonctionne très bien pour les grands groupes, puisqu’il est pensé pour coordonner de grandes assemblées, où différentes réunions (sur des thèmes à l’ordre du jour) sont organisées en parallèle. Plusieurs salles et environnements (dont un espace pause permanent) devront être aménagés. Veillez à ce que les participants soient volontaires et intéressés par les questions posées (par exemple, en proposant le thème général du séminaire plusieurs semaines en avance). Par ailleurs, pour mettre en place le Forum Ouvert, vous devrez commencer par créer un cercle de participants et distinguer entre :

Le facilitateur, qui se place au centre du cercle des personnes et explique les principes de ce type de réunion ; Les initiateurs, qui viennent à leur tour au centre du cercle pour proposer des sujets à mettre à l’ordre du jour de la réunion. Des abeilles, qui iront et viendront d’une réunion à l’autre ; Des papillons, qui préféreront la pause ou discuter autour d’un café.

Conclusion sur « La boîte à outils du coaching » de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri : Un manuel pour apprendre à coacher les dirigeants et les équipes : Ce livre fera le bonheur des hommes et des femmes d’action, dirigés vers l’efficacité et le consensus. Il offre une panoplie d’outils adaptés à des situations très diverses. Si vous êtes coach débutant, vous y trouverez les moyens de gagner en confiance dans votre pratique ; si vous êtes un coach confirmé, ce livre pratique renouvellera votre approche du métier, en vous proposant de nouveaux outils ou en approfondissant vos connaissances sur certains thèmes connus. Ce qu’il faut retenir de « La boîte à outils du coaching » de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri : Comme les autres ouvrages de la collection « La boîte à outils », La boîte à outils du coaching se singularise par sa présentation claire et par son aspect pratique. Retenez donc la chose suivante : vous ne trouverez peut-être pas ici de grands principes théoriques (toutefois, vous pourrez vous référer à la bibliographie intéressante placée à la fin de l’ouvrage), mais si vous êtes en panne d’inspiration pour dynamiser vos équipes ou redonner du sens à votre action, vous y trouverez certainement l’outil qui convient ! Points forts :

Un style clair et un ton adapté au lectorat ; Une absence de jargon, mais une description précise des outils ; Une présentation efficace en 55 outils ; Des cas d’entreprises présentés en « bonus ».

Point faible :

Ceux et celles qui chercheraient de grands principes théoriques ne les trouveront pas et seront renvoyés vers les références essentielles du coaching, qui vont de l’analyse transactionnelle à la programmation neurolinguistique, en passant par la métacommunication.

Ma note :                  Avez-vous lu le livre de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri « La boîte à outils du coaching » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri « La boîte à outils du coaching » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Belkacem Ammiar et Omid Kohneh-Chahri « La boîte à outils du coaching »

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Thu, 28 Apr 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11885/La-bote-outils-du-coaching
La boîte à outils de l’efficacité professionnelle http://www.olivier-roland.fr/items/view/11877/La-bote-outils-de-lefficacit-professionnelle

Résumé de « La boîte à outils de l’efficacité personnelle » de Pascale Bélorgey : un manuel qui propose pas moins de 71 outils clés en main et 12 témoignages vidéo(s) pour améliorer son organisation et mieux gérer son temps au travail, notamment. Par Pascale Bélorgey, 2019, 192 pages. Chronique et résumé de « La boîte à outils de l’efficacité personnelle » de Pascale Bélorgey 

Mode d’emploi La boîte à outils de l'efficacité professionnelle est un manuel composé de 6 dossiers, comprenant chacun entre 9 et 13 outils permettant d’améliorer l’efficacité professionnelle. Chaque dossier traite un problème d’organisation en particulier. Par exemple, le dossier n° 1 offre des ressources pour « sortir la tête de l’eau », tandis que le dossier n° 5 propose d’« étendre son influence ». L’ouvrage peut se lire de façon linéaire ou se consulter à votre guise, selon vos intérêts. Il en va de même pour cette chronique ! Elle reprend fidèlement les propos et l’ordre du texte original de la première édition. Vous pouvez donc consulter les titres et vous arrêter là où vous le souhaitez. L’auteure, Pascale Bélorgey, propose également de nombreux liens et même quelques vidéos que vous retrouverez en partie ici. Vous pouvez également consulter son blog dédié à l'efficacité professionnelle. Bonne lecture ! Dossier 1. Sortir la tête de l’eau

Outil 1. L’objectif personnel d’efficacité Cet outil vous sera utile pour trouver un but, une motivation pour agir et changer vos habitudes. Il implique de s’interroger sur ce que vous souhaitez dans la vie, aux niveaux personnel et professionnel. Il est composé de 5 caractéristiques — les 5 P. Un objectif personnel d’efficacité doit être :

Positif = exprimez votre but de façon positive, c’est-à-dire sans recourir à la négation (ne… pas) ; Précis = assurez-vous de vous proposer à vous-même un objectif clair, atteignable, plutôt qu’un rêve diffus ; Présent = rédigez votre but (ou mémorisez-le) au présent de l’indicatif ; Puissant = pour quoi… ou pour qui vous lancez-vous ce défi ? Cherchez le sens de votre quête ; Personnel = l’objectif émane de vous et non d’une autre personne ou d’une organisation.

Votre objectif doit également être écologique. Autrement dit, assurez-vous que vous serez en phase avec les changements obtenus, sans quoi votre inconscient refusera de vous suivre sur ce chemin. « Imaginez votre objectif atteint. Qu’est-ce qui a changé autour de vous ? Quel est l’impact sur votre travail, vos relations professionnelles, votre vie privée ? Êtes-vous prêt à accepter ces changements ? Ajustez, si besoin, en le modifiant ou en allongeant le délai de réalisation. » (La boîte à outils de l’efficacité personnelle, p. 15) Lorsque vous êtes en accord complet avec votre objectif personnel d’efficacité, utilisez la visualisation (une technique développée par la programmation neurolinguistique) pour lui donner corps. Imaginez des situations où votre but est devenu réalité. Ressentez les émotions et les sensations positives que sa réalisation génère en vous. Outil 2. Diablotins et permissions Les diablotins Certaines pensées négatives ou injonctions vous retiennent d’entreprendre certaines choses. Faites-en de petites personnes, des diablotins, chacun avec ses caractéristiques, et apprenez ainsi à les maîtriser et à les faire taire. Cette personnalisation vous aidera à mettre à distance vos peurs enfantines. Vous ressentez des émotions négatives ? Vous pensez ou parlez dans la langue du « Je dois », « Il faut » (injonctions) ou du « Je ne peux pas », « C’est impossible » (croyances limitantes) ? C’est le signe de la présence d’un diablotin ! Heureusement, vous pouvez dialoguer avec lui en modifiant son discours négatif en point d’attention et en le remerciant. Il a une vision à court terme (il cherche sans doute votre sécurité immédiate), mais vous voulez aller de l’avant. Voici quelques exemples de diablotins :

« Sois sympa » (envie de plaire aux autres avant tout) ; « Ne t’arrête pas » (perfectionnisme) ; « Papillonne » (dispersion) ; Pendules folles (mauvaise gestion des tâches et des délais) ; Sancho Panza (immobilisme par peur des responsabilités) ; On (perte de soi dans les normes sociales) ; Marmotte (rêve sans action) ; Hibou (indécision, « ou… ou ») ; Cigale (manque d’anticipation) ; 36 fois la même chose (reproduction des erreurs) ; « Sois fort » (refus d’accepter ses faiblesses) ; « Tu verras bien demain » (procrastination, report des délais).

Permissions Il existe un moyen de parlementer avec ces diablotins en leur opposant des permissions que vous vous donnez à vous-même. En situation de stress — lorsque ces diablotins viennent vous hanter — respirez et soyez bienveillant envers vous-même. Autrement dit, apprenez à désobéir ! Permettez-vous de prendre du recul et de laisser tomber ces vieilles croyances qui vous tourmentent en affirmant une contre-proposition et en adaptant votre pratique. Par exemple, si vous êtes victime du diablotin Sancho Panza qui vous interdit de prendre des responsabilités, dites-lui : « C’est en ne prenant aucun risque que je pénalise mon avenir » (permission). Ensuite, adaptez votre pratique en relativisant l’échec (quel est le risque réel ?) et en osant demander un droit à l’erreur, voire de l’aide pour effectuer vos premiers pas. Outil 3. L’autorecadrage Lorsque les diablotins vous poussent dans un sens, voire vous maintiennent dans de mauvaises habitudes, l’autorecadrage vous permet de remettre vos priorités au premier plan. Comment faire ? Voici un plan d’action/réflexion en 4 étapes.

Quand êtes-vous inefficace ? Repérez le moment précis. Pourquoi ? Quel est le diablotin qui se cache ici ? Quelles sont les conséquences de cette action inefficace ? Que faire ? Recadrer, décider et agir en fonction de vos priorités !

Ne laissez pas le temps vous filer entre les doigts. Placez vos objectifs au centre de vos journées. Toutefois, n’en devenez pas pour autant insensible à certaines urgences professionnelles. Il reste vrai que, parfois, vous devrez mettre vos priorités temporairement en suspens pour traiter un dossier dans l’urgence ou venir en aide à quelqu’un. Outil 4. La boucle systémique face à la surcharge chronique Il se peut que vous créiez vous-même les conditions d’une surcharge de travail, en donnant le signal à votre entourage professionnel que vous êtes prêt à en faire toujours plus. C’est ce qu’on nomme la boucle systémique : vos comportements conduisent les autres à penser et à agir d’une certaine façon envers vous, et ce type d’action renforce ledit comportement. À nouveau, vous poser des questions vous sera très utile pour amorcer une action nouvelle :

Qu’est-ce qui vous met en surcharge ? Comment ce phénomène est-il maintenu dans le temps (que faites-vous pour l’entretenir) ? Il est temps de changer : par exemple, prévenez autrui de façon polie que, désormais, vous agirez autrement !

Outil 5. La pensée positive Celle-ci vous aidera à diminuer le niveau de stress et à remarquer vos potentialités, plutôt que vos faiblesses. Ce faisant, elle vous aidera à dénouer certaines situations professionnelles difficiles (surcharge de travail, difficulté d’une mission, procrastination, etc.). Il n’est pas question de s’enfermer dans un optimisme béat, mais d’avancer progressivement vers un mieux-être en reprenant confiance en soi. Restez bienveillant avec vous-même si vous ne parvenez pas à apaiser tout de suite votre anxiété. Après tout, c’est une technique qui s’apprend, elle aussi, pas à pas !

Commencez par repérer l’émotion négative qui vous gêne (colère, stress, etc.), puis l’injonction ou la croyance limitante qui s’y trouve liée (le « il faut » ou le « je ne peux pas »). Proposez-vous à vous-même un contre-argument positif qui vous permette d’accueillir la situation (« Il est normal d’avoir peur… » ou « Je suis en droit d’avoir des craintes »). Repensez à des moments où vous avez réussi à vaincre une difficulté semblable et à mettre à profit vos émotions. À partir de là, imaginez une solution à votre problème et mettez-la en œuvre. Si cela n’est pas encore possible pour vous, acceptez cet état de choses sans vous culpabiliser davantage.

Les émotions négatives brouillent vos capacités intellectuelles. La pensée positive vous aide à temporiser et à retrouver vos facultés pour aller mieux. Outil 6. Les stratégies anti-fatigue Être reposé est essentiel pour se sentir bien et être efficace. Ne laissez pas l’épuisement vous gagner. Nous verrons bientôt comment respecter sa chronobiologie (outil 19) et comment déléguer (outil 18). Pour l’instant, retenez qu’il importe de :

Faire de la santé une priorité ; Limiter les distractions ; Bien dormir ; S’alimenter sainement ; Faire du sport ; S’octroyer des pauses/déconnexions complètes.

Il s’agit ici de recommandations générales. Si votre fatigue persiste ou vous crée des soucis importants, n’hésitez pas à consulter un médecin. Outil 7. La matrice des priorités On l’appelle aussi matrice d’Eisenhower. Cette matrice fait une distinction entre tâches urgentes (avec un caractère d’immédiateté) et tâches importantes (prioritaires), et l’intensité faible ou haute de ces tâches. Son bénéfice ? Vous apporter plus de sérénité au quotidien. Elle est particulièrement utile pour gérer les priorités sur le moyen terme (une semaine ou un mois, par exemple). La matrice est composée de 4 cadrans (de A à D) :

A = importance haute et urgence haute : à faire dès que possible ! B = importance haute et urgence faible : planifiez et entretenez ces actions. C = importance faible et urgence forte : ne les perdez pas de vue et tentez de négocier ce qui peut l’être, quitte à déléguer ou à dire non à certaines sollicitations. D = importance faible et urgence faible : à faire dans les moments de relâche relative, à automatiser ou à déléguer.

Une astuce : planifiez les tâches du cadran B (vos priorités personnelles) au matin, avant de commencer la journée et les urgences qui vous y attendent ! Cela vous rappellera peut-être le système promu par le Miracle Morning. Outil 8. La méthode LIMITER Celle-ci vous permettra d’avancer sur vos priorités, en évitant que les autres tâches ne grignotent tout votre planning. Elle vous aide à garder le cap et à focaliser votre énergie là où vous le souhaitez. Vous devrez peut-être supprimer certaines tâches de votre emploi du temps ou négocier des changements. Concrètement, il s’agit de réaliser en une dizaine de minutes une to-do list améliorée le soir, avant une journée tendue. En voici les éléments :

Lister TOUTES les tâches à effectuer ; Inclure les imprévus ; Mettre un ordre de priorité (privilégiez l’importance des tâches) ; Indiquer une durée réaliste (ne trichez pas) ; Totaliser les heures ; Éliminer les tâches hors limite ; Réaliser les tâches dans l’ordre.

Regarder ses mails est une tâche en soi ! Ne commencez donc pas par là, si ce n’est pas votre priorité. Outil 9. Le désengorgement de l’agenda « Redonner de la souplesse à l’agenda permet d’accueillir les imprévus et nouvelles priorités. Indispensable lorsque l’agenda est “bloqué” ou anxiogène, le désengorgement peut s’effectuer chaque semaine. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 33) À nouveau, il vous faudra ici évaluer les priorités de la semaine (en vous aidant de l’outil 7 par exemple, et en agissant de façon objective et raisonnée). À partir de là, vous pourrez « tamiser » votre agenda en laissant tomber l’inessentiel (ce qui passe par l’annulation de rendez-vous ou leur limitation en temps, par exemple) et en réorganisant l’essentiel. Peu à peu, vous prendrez l’habitude d’agir de cette façon et vous pourrez anticiper les périodes d’engorgement, refuser les tâches non prioritaires et accueillir l’imprévu avec plus de sérénité. Un conseil : osez supprimer (définitivement ou provisoirement) certaines tâches ! Outil 10. La réponse à une nouvelle demande « À l’impossible, nul n’est tenu », dit le proverbe. Dire non peut parfois s’avérer nécessaire, si une demande n’entre pas dans votre champ de compétences ou de priorités. Dire oui, bien sûr, est souvent bienvenu et possible, mais n’oubliez pas de poser vos conditions. Pour cela, utilisez par exemple la règle 2-20-2-2. C’est-à-dire ? Demandez à votre interlocuteur de préciser la durée de la tâche.

2 minutes ou moins : dites-oui et faites-le tout de suite. 20 minutes : proposez un rendu dans l’heure. 2 heures : négociez en gardant à l’esprit vos priorités. 2 jours ou plus : revoyez vos priorités ou négociez un refus.

Pour interagir avec votre interlocuteur, vous avez trois options principales : répondre par l’affirmative, en faisant suivre ce « oui » de vos conditions ; répondre par la négative en affirmant (poliment) vos priorités ; aiguiller la demande vers d’autres services/personnes. Outil 11. La focalisation sur un seul objectif Comment lutter efficacement contre le diablotin « Papillonne » (outil 2) ? D’abord, en vous fixant un objectif concret, homogène et atteignable. Ensuite, en vous isolant des distractions. Enfin, en vous octroyant un temps limité pour agir. Explications. Si une tâche est trop vague ou trop complexe, réduisez-là à un sous-objectif plus précis et plus facile à atteindre. Faites-en l’objectif à réaliser. Visualisez-vous l’ayant atteint : cela vous donnera de l’énergie ! Pour vous mettre au travail, préparez-vous un bureau propre, duquel vous aurez supprimé les traces d’autres tâches en cours (autres dossiers, boîte email ouverte, etc.). Ayez uniquement le nécessaire et l’utile à portée de main. C’est parti. Appuyez sur le chronomètre et lancez-vous dans une séance de travail (environ 1 h 30, mais estimez au préalable votre durée optimale de concentration, qui dépendra notamment de votre état de fatigue). Évidemment, ne prenez pas plus de temps à vous préparer (à séparer les tâches, à ranger votre bureau, à estimer votre temps idéal de travail) qu’à travailler ! Ce serait là succomber à la procrastination. Être focalisé, c’est à la fois être concentré (c’est-à-dire fixé sur un objet à l’exclusion des autres) et être attentif (c’est-à-dire sensible à ce qui se passe et capable de mémorisation). La concentration et l’attention sont deux capacités que vous pouvez travailler au quotidien, y compris lors de vos moments de détente ou d’attente (en jouant à contempler un objet ou à mémoriser un environnement, en faisant de la méditation ou des sports cérébraux, par exemple). Outil 12. La méthode CAP pour gérer les emails La gestion des emails n’est pas toujours aisée ; si vous n’y prenez pas garde, elle peut même se substituer à vos priorités. La méthode CAP est là pour vous soutenir sur ce point. Comment ?

Classement : placez les mails informatifs, sans action à réaliser de votre part, dans des dossiers. Action : répondez tout de suite — ou en période de basse énergie — aux mails qui vous prennent moins de 2 minutes, dans la journée à ceux qui vous prennent 2 minutes environ ou sont particulièrement urgents et planifiez dans votre agenda ceux qui vous prendront plus de temps et peuvent attendre un peu. Poubelle : supprimez sans vergogne tout courrier inopportun ou inutile qui encombre votre messagerie.

Prévoyez deux à trois séquences de CAP par jour. Ne répondez pas à ce qui n’est pas nécessaire et fixez-vous des limites temporelles : 15 minutes, par exemple, pour traiter 10 emails. Outil 13. La désintoxication digitale « Les outils digitaux nous apportent sur un plateau un potentiel infini d’informations et d’échanges. Ce sont de merveilleux outils lorsque nous les mettons au service de nos projets. Mais si nous n’y prenons pas garde, ils peuvent phagocyter notre temps comme un nuage de sauterelles sur un champ de maïs. La désintoxication digitale commence par la prise de conscience que nous sommes bien sous l’emprise d’une addiction. Une utilisation maîtrisée des outils digitaux ou objets connectés répond aux critères classiques d’une activité efficace : un objectif précis atteint dans un laps de temps limité. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 42) Comment lever (au moins temporairement) l’addiction ? Voici le plan d’action en quatre temps proposé par Pascale Bélorgey.

Reconnaître l’addiction ; Renoncer à tout voir à et à tout traiter ; Se donner des objectifs précis (voir les outils 12, 22, 60, 61) ; Limiter sa consommation de contenus.

Oublier de temps en temps ses dispositifs à la maison, faire des cures de désintoxication… C’est la seule manière de retrouver ses capacités d’attention et de concentration pour être à nouveau pleinement dans le présent. Dossier 2. Performer à moindre effort

Outil 14. Le pilotage des objectifs Pilote, où placez-vous votre regard ? Si vous regardez trop loin, vous risquez de reporter sans cesse. Mais trop près, et vous êtes le nez dans le guidon, voire vous vous dirigez droit dans le mur ! Non : « le bon horizon pour piloter les objectifs sereinement, c’est la semaine », affirme Pascale Bélorgey. Cette vue moyenne vous permet de garder vos objectifs bien en vue et ainsi de rester plus motivé et focalisé. Comment opérer ? En divisant d’abord vos objectifs quantitatifs et qualitatifs en fonction du nombre de semaines travaillées. Chaque objectif doit devenir un plan d’action, qui peut être estimé en heures (ou en demi-journées) de travail, qui devront être réparties dans votre planning hebdomadaire en fonction de leur priorité. Gardez un créneau libre ou « provisoire ». Créez un tableau de bord de pilotage global et si nécessaire des tableaux de bord pour chaque objectif, ainsi que des feuilles de route et des tableaux de suivi pour vos diverses activités. Consacrez un temps dans la semaine (ou au moins une fois par mois) pour faire le point avec vous-même. Le cas échéant, reprenez le contrôle de votre emploi du temps en revoyant vos objectifs. Outil 15. La matrice enjeux/effort Et le plaisir, dans tout ça ! Eh bien, il compte, et il permet d’être plus performant. Ce point est au cœur de la stratégie proposée par cet outil. Il pourra, par exemple, vous aider à planifier votre semaine. La matrice comporte 4 cadrans (de 1 à 4)

Booster d’énergie. Ce sont les tâches à enjeu fort et effort faible. Prévoyez-les en début de semaine. Vous serez satisfait d’avoir si bien avancé ! Répartition. Ce sont les tâches à enjeu fort et à effort élevé. À réaliser de préférence le matin ou quand vous êtes le plus en forme, tout au long de la semaine. Danger ! Chouettes à réaliser, ces tâches à enjeu faible et à effort faible ne vous apportent pas grand-chose… Apprenez à les limiter et à leur consacrer uniquement vos « heures creuses » (sous peine de procrastination et de retard accumulé). Réduire l’effort. Ces tâches à enjeu faible et à effort élevé n’ont pas grand intérêt pour vous et vous fatiguent, mais elles doivent être réalisées… Cherchez à innover, à réduire, à rendre amusant…

Utilisez cette matrice en combinaison avec l’outil 7 pour prendre en compte les délais et les degrés d’importance/urgence. Outil 16. Le drive temps-valeur Cet outil vient lui aussi en complément de la matrice des priorités (outil 7). Vous pouvez le réaliser avant de planifier vos tâches. Il vise à vous faire gagner du temps dans la réalisation des tâches à faible valeur ajoutée (peu importantes et peu urgentes, peu intéressantes et fatigantes). L’outil se base sur 4 types d’actions.

Faire le strict nécessaire pour gagner 10 à 15 % de votre temps sur les actions peu intéressantes. Rationaliser pour gagner 40 à 50 % de votre temps sur les actions importantes ou urgentes du quotidien. Innover pour gagner 80 à 90 % de votre temps sur la réalisation de vos tâches hebdomadaires (urgentes ou importantes). Supprimer les tâches inutiles pour gagner 100 % de temps !

Outil 17. Le zen-performance « Les personnes très performantes ont la plupart du temps un rituel qui leur permet de progresser avec constance. […] Le zen-performance s’inspire de ces rituels gagnants. Elle consiste à se donner une règle réaliste à appliquer tous les jours pour inscrire nos objectifs essentiels dans la routine. Ce qui importe n’est pas le résultat du jour, mais la régularité de la pratique. Le résultat est au bout de la route, et la route est douce. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 52) Commencez par choisir une règle simple et réaliste, c’est-à-dire un objectif précis, une tâche claire ou une durée à respecter (faire 30 minutes d’espagnol, etc.). Chaque jour, appliquez votre règle, en respectant un créneau et des conditions d’exécution (c’est le rituel). Enfin, centrez-vous sur la réalisation en soi de l’action et félicitez-vous d’avoir suivi la règle que vous vous êtes donnée. Outil 18. Le réflexe de délégation Il vaut parfois mieux confier une tâche à une personne plus compétente ou mieux placée pour l’accomplir. Ce faisant, vous gagnerez aussi du temps. Que vous soyez un manager ou non, vous pouvez installer des processus de délégation. Qui pourrait effectuer cette action ? Ayez cette question en tête, lorsqu’on vous confie une nouvelle mission ou que vous avez quelque chose à faire. Vous avez trouvé la personne ? Eh bien, ne tardez pas à aller lui parler. Anticipez, présentez-lui les grandes lignes du projet, vérifiez sa motivation, valorisez-la en lui expliquant pourquoi vous avez pensé à elle. Tout au long de la délégation, restez présent et continuez à mettre en valeur (voire à officialiser) son travail. Bien entendu, on pourra parfois vous dire non. Ne vous en offusquez pas ! Outil 19. La chronobiologie Vos rythmes biologiques vous imposent des moments d’énergie et des moments « mous ». Il convient de ne pas les négliger et d’agir de façon synchrone avec eux. Vous devriez donc apprendre à vous écouter et à prendre ainsi conscience de vos rythmes biologiques. Une fois que vous avez repéré vos « creux » et vos « pics », organisez votre agenda en fonction (utilisez les matrices des outils proposés plus haut pour repérer les tâches qui requièrent toute votre énergie). Un bon conseil : mettez à profit le soir pour vous préparer à la matinée suivante. Choisissez par exemple le dossier à traiter et installez-le sur votre bureau, ou créez une to-do-list améliorée (outil 8) pour avoir en tête le « menu » du lendemain. Outil 20. Le draft C’est un outil qui convient bien aux perfectionnistes et aux procrastinateurs. Il vous libère de l’injonction de perfection en vous autorisant à réaliser un « brouillon » (traduction littérale de ce mot anglais). La plupart du temps, vos commanditaires seront heureux de recevoir un draft et de le discuter avec vous. N’hésitez donc pas à le leur proposer et à vous accorder sur le niveau du document (plus ou moins exploratoire ou terminé). Dans un premier temps, donc, ne pensez plus au livrable, mais seulement au draft : celui-ci devient votre objectif prioritaire. Laissez-vous emporter par votre intuition et votre créativité ; rédigez ou dessinez sans crainte d’échouer ou de mal faire (laissez les coquilles et les fautes). Progressivement, vont se dégager naturellement quelques idées-forces que vous allez lier et commencer à organiser à chaud. À présent, corrigez votre document et le draft est prêt ! Servez-le à vos commanditaires pour avoir des commentaires constructifs, feedbacks qui vous serviront à finaliser le livrable et vous feront gagner un temps précieux. Outil 21. La production des dossiers de fond « Rien ne sert de courir, il faut partir à point », non ? Eh bien, c’est l’idée de cet outil, qui vous aidera à gérer votre énergie et votre créativité pour remettre des travaux (articles, études, etc.) qui demandent un investissement au long cours. En vous préparant progressivement à la tâche à accomplir, votre cerveau travaillera pour vous inconsciemment ! Voici les points dégagés par Pascale Bélorgey pour mettre en œuvre cette technique :

Notez vos idées au fil de l’eau (dans des dossiers dédiés) ; Visualisez le résultat final (de façon positive, en ayant une image claire du destinataire et des besoins) ; Découpez le travail en sous-objectifs (homogènes et atteignables en 1 h 30 max) ; Planifiez vos séquences de réflexion (lors de vos « pics » et la veille au soir) ; Préparez-vous la veille pour être efficace (en visualisant l’objectif et en ordonnant votre bureau) ; Isolez-vous pour rester concentré ; Démarrez sans attendre (utilisez pour cela l’outil 20) ; Préparez la séquence suivante (savourez l’objectif réalisé et passez au suivant, ou planifiez un moment pour terminer ce que vous étiez en train de faire). (Source : La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 61)

Outil 22. La recherche d’information Comment rechercher l’information pertinente ? À l’ère d’internet, la question a pris une actualité nouvelle. Mais restons pour l’instant dans des considérations générales. Voici quelques conseils de l’auteure pour devenir plus efficace et plus efficient dans ce domaine.

Avoir un but bien déterminé : ne pas partir à l’aveuglette, mais savoir ce que vous cherchez, quelles sont les principales sources fiables et les mots-clés à utiliser. Trier « en gros » : survoler les documents pour déceler s’ils ont un intérêt pour vous ou non. Si vous sélectionnez l’un d’entre eux, conservez-le (dans vos favoris, par exemple) afin de le lire plus tard. Réaliser une première synthèse : à partir d’une lecture grossière, mais attentive des titres et des articulations de chaque discours, vous pourrez dégager les idées clés et les résumer (à l’aide d’une carte mentale, par exemple). Lire « dans le détail » : les textes qui vous intéressent le plus méritent toute votre concentration (prenez des notes). Croiser les sources : les informations retenues n’en seront que plus fiables. Cibler : vérifiez certaines informations essentielles à partir de mots-clés, d’un chiffre ou d’une image. Limiter votre recherche dans le temps : déterminer dès le départ un « budget temps » à utiliser pour la recherche et résistez à l’envie d’être exhaustif.

Outil 23. La gestion de la procrastination Pas toujours facile de s’y mettre ! Allégez le poids des tâches permet de diminuer les émotions négatives (anxiété, dégoût) associées à la procrastination. Mais il existe d’autres trucs et astuces. En voici quelques-unes.

Analyser l’origine du problème : dégoût, anxiété ? Autre… Commencer petit : réalisez une tâche simple, puis avancer petit pas par petit pas. Transformer le dégoût en amusement : lancez-vous des défis ou rendez le travail plus visuel et coloré, par exemple. Se récompenser : après chaque séance de travail (quelle que soit sa taille), accordez-vous une pause, rayez la ligne dans votre to do list, profitez d’un commentaire positif d’un collègue… Être bienveillant avec soi-même : n’ajoutez pas la culpabilité aux autres émotions négatives. Supprimer les tâches véritablement inutiles. Se donner des tâches négatives telles que « ne pas aller sur internet ».

Parfois, vous remettrez certaines choses au lendemain. N’en faites pas toute une histoire. Vous avez parfois besoin de souffler et c’est très bien ainsi. Outil 24. Les préférences personnelles « Plus nous travaillons en respectant nos préférences, plus nous sommes efficaces et performants. Cet outil est utile pour créer les conditions de notre efficacité en général. Il est un bon antidote à la procrastination des tâches qui nous semblent ennuyeuses. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 69) Veillez à :

Respecter votre environnement de travail préféré : en groupe, seul, chez vous, au bureau, etc. Respecter votre perception préférée, c’est-à-dire votre mode naturel de résolution des problèmes : plus émotif ou plus imaginatif, plus logique ou plus normatif, etc. Nourrir vos besoins psychologiques pour vous motiver : réalisez les tâches qui vous plaisent en premier, octroyez-vous des récompenses, etc.

N’hésitez pas à consulter l’ouvrage pour en savoir un peu plus sur les 6 types de personnalités développés par Taibi Kahler (modèle Process Com®) : empathique, travaillomane, persévérant, rebelle, rêveur, promoteur. Outil 25. Le télétravail en alternance C’est une possibilité qui nous est de plus en plus offerte — voire, parfois, imposée. Comment gérer au mieux le travail à la maison ou devant l’écran d’ordinateur (car le télétravail peut très bien s’effectuer hors de chez soi, dans un espace collaboratif de travail, par exemple). Télétravailler exige de bien se préparer en amont (s’assurer d’avoir tout le matériel disponible sous la main), de savoir ce que l’on va réaliser et de ne pas se laisser distraire. Vous devrez sans doute adapter la cadence en fonction des demandes de l’entreprise ou des exigences du travail. Par ailleurs, indiquez clairement aux autres membres de votre équipe que vous êtes en télétravail pour qu’ils puissent agir en conséquence. Assurez-vous de ne pas manquer de rendez-vous important et proposer, lorsque c’est possible, d’y participer à distance. Prenez des pauses régulières. Veillez aussi à ne pas vous couper des moments informels passés avec les collègues, qui vous permettent de garder contact avec la culture de l’organisation et de socialiser. Outil 26. Le sentiment d’efficacité personnelle « L’efficacité est un cercle vertueux. Plus nous cultivons notre sentiment d’efficacité personnelle, plus nous sommes sereins face au travail à accomplir. Et la sérénité nous rend efficaces. Albert Bandura, psychologue canadien connu pour son concept d’auto-efficacité, a relevé quatre facteurs contribuant au sentiment d’efficacité personnelle :

Les expériences actives de maîtrise ;

Les expériences vicariantes ;

[Celles] de persuasion verbale ;

L’état psychique et émotionnel. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 74)

Les premières sont liées aux échecs et aux réussites acceptées et digérées. En faisant régulièrement le bilan de ce que vous accomplissez, vous augmentez ces expériences actives de maîtrise. Les deuxièmes insistent sur la comparaison : qu’avez-vous fait mieux ou moins bien qu’un autre ? Retirez-en une fierté ou un apprentissage, en n’ayant pas peur de demander à celui qui fait mieux comment il l’a fait. Copiez les personnes qui excellent plutôt que de vous laisser décourager par elles ! Les troisièmes jouent sur les retours positifs ou négatifs vis-à-vis de vos prestations. Sollicitez-les et apprenez à les interpréter de façon à enrichir votre sentiment d’efficacité personnelle (en en retirant de la fierté ou un apprentissage, donc). Dossier 3. Travailler efficacement ensemble

Outil 27. Les niveaux de synergie 5 niveaux peuvent être dégagés. Ceux-ci servent avant tout à se repérer et à faire des propositions pour améliorer la coopération au sein des équipes. Quels sont-ils ?

-1 = du chacun pour soi. 0 = des demandes honorées. 1 = de la vision commune. 2 = de l’efficacité collective. 3 = de l’équipe performante.

Le passage entre chaque niveau s’effectue en fonction d’objectifs particuliers :

Respecter les engagements et reconnaître le travail de chacun permet de passer du niveau -1 au niveau 0. Avoir un but commun et se répartir clairement les choses à faire vous fera sauter du niveau 0 au niveau 1. Créer des méthodes pour gagner du temps et résoudre ensemble les problèmes vous mènera directement au niveau 2. Avoir un état d’esprit flexible vous permettra d’accueillir avec souplesse les changements et d’atteindre le niveau 3 !

La démarche est globalement la même, qu’il s’agisse de fonder une équipe entière ou de créer une relation avec une personne en particulier. L’important est d’y aller progressivement, une étape après l’autre (sans en sauter une seule). Outil 28. Les 7 clés de la coopération « La coopération ne se décrète pas. Elle se construit pas à pas dans la sincérité et le respect mutuel. Elle exige de nous que nous soyons conscients de ce que nous produisons à tout moment dans la relation. Et que nous fassions le choix de coopérer malgré les difficultés rencontrées — ou à cause d’elles. Les 7 clés de compréhension nous guident pour aborder la relation dans un état d’esprit susceptible de favoriser la coopération chez nos partenaires professionnels malgré les difficultés — et surtout pour les résoudre ensemble. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 82) Voici les 7 clés de la coopération, les 4 premières sont liées à la conscience et les trois suivantes à la disponibilité :

L’authenticité ; L’objectivité ; Le don ; L’initiative ; La posture ; L’empathie ; Le processus.

Outil 29. La posture ++ Voici un outil issu de l’analyse transactionnelle. Elle permet de prendre du recul sur une situation d’interaction et de la recadrer. Pour mettre en œuvre ce type d’analyse, commencez par analyser votre propre état d’esprit, puis celui de l’autre. Êtes-vous plutôt bien ou mal disposé à l’égard de votre interlocuteur ? Et celui-ci, que pense-t-il du contact, à votre avis ? À partir de cette réflexion, vous disposez d’une sorte de « boussole » pour vous orienter. Quatre postures sont possibles :

Le contact est au point mort (--) ; Vous vous sentez supérieur à l’autre et vous lui imposez votre opinion (+-) ; À l’inverse, vous vous sentez en infériorité et n’osez pas dire ce que vous pensez (-+) ; Vous pouvez trouver une solution, car vous vous situez l’un et l’autre sur un pied d’égale légitimité (++).

En cherchant à incarner sincèrement, dès le départ, une posture ++, vous inviterez naturellement votre interlocuteur à « changer de signe » et à se mettre en mode ++ lui aussi. Faites preuve de tact et de confiance en vous (en utilisant éventuellement la pensée positive). Souvenez-vous aussi des quatre accords toltèques ! Outil 30. Les engagements mutuels La confiance s’instaure progressivement. Pour se faire, il faut s’engager vis-à-vis de l’autre et recevoir en retour un engagement similaire. Cela concerne aussi tous les aspects des échanges au sein de l’entreprise. Voici quelques règles pour construire des engagements mutuels :

Soyez réaliste, ne promettez pas l’impossible ; Négociez si on vous en demande trop, tout en gardant à l’esprit les besoins de l’interlocuteur ; Invitez-le à s’engager en retour, en lui demandant de vous tenir informé de l’évolution du projet, par exemple ; Respectez votre engagement ou anticipez un délai en prévenant d’une difficulté qui survient.

Outil 31. Le feedback constructif Les feedbacks négatifs peuvent être tournés en apprentissages. Mais il vaut mieux privilégier les critiques constructives qui renforcent la confiance en soi de l’interlocuteur et le motive à continuer son travail. Les remerciements sont bien sûr bienvenus, lorsque vous recevez de quelqu’un un livrable ou même après lui avoir proposé votre critique (vous le remerciez alors pour son écoute). Si la critique est nécessaire, commencez par évoquer un élément positif, puis proportionnez vos remarques aux enjeux (au niveau de synergie et au niveau d’importance de l’erreur et du travail). Réagissez à chaud, de façon bienveillante et sincère. Accueilliez à votre tour les critiques de façon positive en demeurant dans une posture ++. Outil 32. Le but commun Le but commun est un outil langagier qui vise à mettre l’accent sur les traits d’union qui rendent possible et souhaitable la coopération. Parlez en utilisant le « nous », plutôt que le « je » et le « tu » ; placez-vous aussi dans une logique du « et » (voire du « oui et ») plutôt que du « ou » (et du « oui, mais »). Cette façon de communiquer permet d’orienter l’esprit sur la recherche de solutions communes, à partir des exigences et des besoins de chacun. Une fois l’accord obtenu, vous pouvez vous répartir les tâches. L’ambiance de travail en sera nettement améliorée ! Outil 33. La proposition d’arbitrage en cas de blocage Il se peut toutefois qu’une situation demeure bloquée. Que faire, dans ce cas ? Eh bien, il est encore possible de faire appel à une instance d’arbitrage, c’est-à-dire à un tiers qui va prendre de la distance pour nous. Cela exigera de partir du constat qu’il existe bel et bien un désaccord, puis de proposer l’arbitrage à l’autorité compétente. Il sera utile de faire rédiger par les parties prenantes une demande d’arbitrage détaillée qui permettra aux arbitres sollicités de clore le cas. Adoptez une posture constructive et calme, même si l’arbitre ne conclut pas en votre faveur. Vous aurez au moins la satisfaction d’avoir dénoué le problème. Outil 34. Les emails efficaces Vous n’êtes pas le seul à recevoir beaucoup d’emails professionnels. Nous sommes tous dans ce cas ! C’est bien pour cela qu'il importe d’apprendre à rédiger des mails efficaces qui facilitent le travail de votre destinataire. Comment ? Voici quelques conseils proposés par Pascale Bélorgey.

Sélection du destinataire : choisissez le ou les destinataires pertinents pour vos emails, réponses et mises en copie. Précision et concision du titre : faites court, mais complet, en commençant par l’information principale. Accroche : adoptez un ton personnalisé et expliquez directement pourquoi votre destinataire est concerné. Développement : écrivez des phrases courtes, soyez clair et synthétique, tout en veillant à donner toutes les informations utiles. Conclusion : rappelez quelle est l’action attendue et personnalisez la fin du mail.

À prendre en compte : si vous devez traiter un conflit, préférez la voie téléphonique ou le rendez-vous direct. Outil 35. La proposition d’un nouveau fonctionnement « Ce n’est pas dans l’urgence d’un livrable à rendre que nous pouvons négocier nos méthodes de travail. Plus la relation est tendue, plus cet entretien demande de préparation : trouver les points d’appui positifs, exposer les faits de façon neutre pour que notre partenaire de travail ne se sente pas accusé, clarifier ce que nous pouvons lui demander à minima qui semble compatible avec son fonctionnement actuel… Car c’est en l’amenant à coopérer dans le processus de recherche de solution que nous pourrons mettre en place un fonctionnement pérenne. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 100) En résumé, ne brûlez pas ces étapes :

Décider du bon moment ; Dire ce qui va bien ; Affirmer vos besoins et vos contraintes ; Être à l’écoute des besoins et contraintes de votre partenaire ; Formuler un diagnostic commun ; Rechercher ensemble une solution ; Remercier votre partenaire pour son engagement.

Outil 36. La négociation gagnant-gagnant Pour compléter le point précédent, vous pouvez vous inspirer de cet outil : il serait dommage de passer à côté de l’occasion de maximiser le bénéfice de chaque partie. Plus généralement, cet outil s’applique à toute situation de désaccord. En voici la recette et les principaux ingrédients :

Se préparer est essentiel pour pouvoir exposer vos arguments et éventuellement obtenir plus ; Déclarer que vous êtes là pour trouver une solution (posture ++) ; Négocier en prenant en compte les besoins des deux parties ; Négocier en montrant en quoi certaines demandes sont inaccessibles, mais en mettant l’interlocuteur au défi de trouver une solution et en faisant preuve d’ouverture pour arriver à un accord ; Finaliser celui-ci en résumant les principaux points qui ont été atteints (envoyer un mail à toutes les personnes intéressées).

Outil 37. La réunion productive À la fin de ce type de réunion, chacun saura ce qu’il aura à faire, parce que l’énergie du groupe aura été concentrée sur un objectif concret et les tâches auront été réparties. Elle se compose de trois phases :

Le lancement = annonce d’un objectif concret et commun qu’il s’agira de réaliser (par exemple, une augmentation des ventes de 10 %) ; La production = maintien de la focalisation des équipes autour de l’objectif en cours de traitement ; La concrétisation = décision sur les actions à entreprendre et des rôles (finalisation du livrable, responsable du suivi, notamment).

Si l’objectif est trop grand, réduisez-le. Il doit pouvoir « tenir » dans le temps imparti pour la réunion. Outil 38. Les méthodes de résolution de problèmes En cas de problème important, mieux vaut conserver la tête froide. Il importe de ne pas se méprendre sur ce qui est en jeu, ce qui conduirait inévitablement à une mauvaise prise de décision. Les méthodes de résolution des problèmes sont utiles, car elles ralentissent et rationalisent la situation, nous permettant ainsi d’y voir plus clair. Commencez par poser le problème de façon objective, c’est-à-dire en listant ce sur quoi il porte, qui est concerné, ce qui a déjà été tenté, ce à quoi l’on veut arriver (l’objectif concret), les ressources et compétences qui vous manquent. Si vous êtes face à une urgence, vous pouvez trouver une solution provisoire afin d’endiguer le problème pour un temps déterminé qui vous permettra de trouver une solution durable. Prenez soin d’étudier les causes du problème en utilisant plusieurs méthodes (les cartes mentales et les Post-its™, les 5 pourquoi, la loi de Pareto). Trouvez des solutions. Selon cette loi de Pareto, 20 % des causes résoudront 80 % du problème. D’où l’importance de bien analyser les causes en amont. Désignez des personnes pour s’atteler à la tâche. Finalement, gardez trace de ce qui s’est passé : mesurez et, éventuellement, utilisez les solutions trouvées pour dresser des axes d’amélioration dans d’autres secteurs de votre activité. Préférez plutôt un groupe avec des profils divers pour enrichir votre recherche de causes et de solutions. Outil 39. La réunion de brainstorming Cet outil est assez connu. Pourtant, lorsqu’on pense brainstorming (parfois traduit par remue-méninges), on oublie parfois l’une de ces facettes : la pensée critique, qui vient en complément de la pensée créative. Grâce à cette méthode, vous développerez en commun des idées nouvelles qui vous aideront à résoudre des problèmes. Comment l’utiliser ? Commencez par cadrer la réunion en proposant une « question défi » à laquelle chacun tentera de répondre. Poursuivez ensuite par la production d’idées (phase de divergence). La règle en est simple :

C = censure interdite ; Q = quantité exigée ; F = farfelu bienvenu ; D= démultiplication encouragée (rebonds, déformations, etc.).

Gérez cette phase en recentrant si nécessaire, mais sans exercer de pression. Ensuite, invitez les participants à sélectionner des idées (phase de convergence). Questionnez-les sur les raisons de leurs choix (élimination ou conservation) et hiérarchisez les idées. Dossier 4. Développer sa valeur ajoutée

Outil 40. L’orientation client « Que nous soyons ou non en contact direct avec le client, c’est toujours pour lui que nous travaillons. L’orientation client permet à toute la chaîne client-fournisseur de l’entreprise d’être efficace pour répondre aux 4 attentes essentielles :

La qualité : celle des produits et services qu’il achète, mais aussi son expérience de la marque au sens large, du premier au dernier contact.

La réactivité en cas de problème.

Une certaine flexibilité pour accéder à des demandes “hors catalogue” ou “hors process”.

Une relation personnalisée qui lui permettre de se sentir reconnu. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 114)

Outil 41. La prestation enthousiasmante Qu’est-ce qu’une prestation enthousiasmante, sinon une prestation qui dépasse les attentes du client ? Pourquoi devriez-vous fournir ce type de prestation, et quand ? Vous pourrez offrir un tel supplément à votre client lorsque vous aurez au préalable rempli une série de conditions initiales et implicites (le minimum attendu, en quelque sorte) et que les attentes explicites auront également été atteintes, assurant ainsi la parfaite satisfaction du client. La prestation enthousiasmante crée une heureuse surprise ou du moins, un petit plus qui fait du client un potentiel ambassadeur enthousiaste de votre enseigne. Attention : ce petit plus ne doit pas être un gadget, il doit être véritablement utile au client (prenez le temps de bien clarifier ses attentes). Par ailleurs, si ce service devient désormais la norme, il faudra penser à vous renouveler de temps à autre. Outil 42. L’exploitation des incidents On ne parle pas ici des incidents liés à la sécurité, mais de ceux de l’activité courante qui pourraient concerner les clients ou les relations au sein de l’entreprise. Ce type d’incident devient une opportunité dès l’instant où l’on étudie et où l’on y cherche un apprentissage. Alors, comment opérer la transformation ? Premièrement, ne niez pas la situation ; acceptez-la avec le plus de sérénité possible. Deuxièmement, montrez que vous êtes intéressé à la recherche d’une solution et que vous comprenez le problème vécu par l’autre. Troisièmement, trouvez une solution — peut-être pas la solution parfaite, mais une solution acceptable pour le moment, ou annoncez un délai si vous ne pouvez résoudre le problème immédiatement. Quatrièmement, traitez le problème en profondeur pour qu’il ne se reproduise plus. Outil 43. L’esprit pionnier face aux changements Le changement, le progrès, l’initiative sont des mots qui parcourent notre quotidien et qui deviennent souvent des injonctions. Et, de fait, de nombreux changements surviennent. Comment les accompagner ? Différentes attitudes existent : vous pouvez vous opposer ou être sceptique (vous êtes plutôt « contre »), ou être attentiste, voire pionnier (vous êtes alors plutôt « pour »). L’attentiste attend un déclic, tandis que le pionnier est moteur. Pour devenir un pionnier, c’est-à-dire être une force de changement, apprenez à gérer vos émotions négatives face à la modification de vos habitudes. Utilisez votre raison pour comprendre objectivement ce qu’une modification entraînerait pour l’entreprise. Prenez les devants et proposez de réaliser des tests pour mettre en œuvre le changement (nécessaire ou suggéré). Puis, faites un retour sur expérience avec les personnes impliquées et tirez-en les enseignements pour les tests suivants ou pour son application. Il importe que chacun puisse exprimer honnêtement ses doutes. En cours de route, vous devrez certainement motiver les attentistes, rassurer les sceptiques et aider les opposants à s’exprimer. Mais vous serez finalement à la tête d’un groupe de pionniers qui vous suivra, et vous n’en serez que plus reconnu par les autres membres de l’entreprise. Outil 44. L’esprit d’initiative De façon similaire, il s’agit d’agir de façon proactive afin d’éviter les risques et de saisir les opportunités. Il s’agit d’une attitude à adopter au quotidien (à la différence de l’outil 47 qui concerne les innovations de rupture). Soyez à l’affût et posez-vous des questions à partir de vos expériences passées. Que se passerait-il si… ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas quand… ? Comment gagner en productivité lorsque… ? Ne partez pas tête baissée, mais évaluez les risques et les bénéfices à changer le statu quo. Si vous pensez pouvoir agir, foncez et prenez les rênes de la réalisation du changement ! Outil 45. L’amélioration continue Comment avoir un bon état d’esprit ? Comme son nom l'indique, il s'agit de progresser lentement, mais sûrement.  Voici ces 4 étapes à prendre en compte :

Planifiez (plan) = avoir un objectif de progrès ; Faites (do) = réalisez ce que vous avez programmé ; Vérifiez (check) = mesurez vos résultats ; Agissez (act) = stabilisez le progrès et continuez à avancer.

Outil 46. La démarche lean Comme l’outil précédent, il s’agit également d’une forme d’amélioration quotidienne, mais qui fonctionne par élimination progressive des formes de gaspillage (en matière de surproduction, d’attentes, de transports, d’étapes inutiles, de stocks, de mouvements inutiles, de corrections ou de retouches), plutôt que par ajout. Posez-vous notamment les questions suivantes :

Quelle est la source du gaspillage ? Comment l’éliminer ? Comment rationaliser l’existant, c’est-à-dire le ranger mieux ? De quelle façon rendre cette amélioration accessible à tous au sein de l’entreprise ?

Désencombrer avec régularité vous permet d’avoir l’esprit plus clair. Attention, toutefois, lorsque vous « jetez » quelque chose, à vérifier que cela n’était pas utile à d’autres. Outil 47. La démarche d’innovation individuelle Innover, c'est s'autoriser à échouer, en ayant l'ambition de créer une rupture. Cela ne réussit pas toujours, mais peut vous amener loin. Choisir une logique d'innovation, c'est s'engager en faveur du changement. En soi, la procédure reste sensiblement la même que pour les outils précédents, à savoir : identifier un objectif et s’y tenir, analyser le problème et trouver des idées pour le résoudre de façon originale, tester et tirer les enseignements de ces expériences. Sauf qu’ici, l’enjeu est plus grand et votre créativité est mise à plus rude épreuve ! Outil 48. L’avocat de l’ange « Ce que j’aime dans ton idée, c’est… » Plutôt que de critiquer, il est possible de trouver les « pépites » énoncées par l’autre. Cela permet de multiplier les perspectives et les chances de trouver de bonnes idées en faisant fructifier la moindre prise de parole et en limitant la gêne ou la peur. Pour devenir un avocat de l’ange, suivez ces conseils de Pascale Bélorgey :

Relevez uniquement le positif ; Renforcez la valeur de l’idée ; Rendez à César ce qui appartient à César.

Vous pouvez appliquer cette méthode à vous-même ! L’important, c’est qu’elle devienne une façon naturelle d’échanger. Bien sûr, agissez de cette façon si vous croyez à une idée, et non simplement pour faire plaisir à votre collègue ou à votre supérieur. Outil 49. La transformation d’une contrainte en valeur Vous pouvez changer et vous pouvez surtout profiter d’une obligation ou d’une contrainte venue de l’extérieur pour en faire quelque chose de positif ! Il suffit d’un peu d’entraînement et d’un peu d’imagination. Commencez par explorer votre gêne : quelles sont les valeurs que la contrainte met à mal ? Votre conviction est-elle simplement là par habitude ou est-elle valable ? Peut-être que oui. Posez alors ce que Edward de Bono, père de la pensée latérale, a nommé l’opération de provocation : imaginez-vous dans un avenir où la contrainte a été totalement acquise. Le présent ressemble alors à un passé révolu. Comment vous sentez-vous ? Cette situation peut libérer votre pouvoir de transformation. Peu à peu, habituez-vous à cette idée et faites-en quelque chose que, désormais, vous défendez bec et ongles. Vous êtes maintenant prêt pour libérer votre créativité : comment feriez-vous pour réunir ce futur imaginé avec le présent où le changement n’existe pas encore ? Par exemple : comment feriez-vous pour aider à l’installation des visioconférences, alors qu’au début vous vous y opposiez ? Outil 50. La sérendipité « La sérendipité suppose […] un esprit observateur et ouvert aux “signes”, en même temps qu’une capacité à tisser des liens entre une découverte et l’exploitation qui peut en être faite pour résoudre des difficultés, alimenter des projets en cours ou guider nos décisions personnelles. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 138) Mais comment l’accueillir et l’apprivoiser ? Souvenez-vous des nombreuses fois où vos divagations vous ont mené dans un lieu fertile. Existe-t-il des points communs entre ces situations ? De façon plus générale, ouvrez vos sens et devenez plus curieux, plus attentif aux détails. Lorsqu’une petite (ou une grosse) pépite surgit, ne la rejetez pas, mais inspectez-la et intégrez-la à votre travail. Il ne s’agit pas, évidemment, de convertir en procrastination l’attention à l’inattendu. N’allez pas en profiter pour naviguer sans but sur internet pendant des heures, dans l’espoir de finaliser votre travail ! Outil 51. L’organisation de la veille professionnelle La veille pourra vous aider à rester attentif et surtout, au courant, des évolutions de votre domaine de compétences. En suivant régulièrement des fils d’actualité, vous serez aussi plus à même de faire preuve de créativité et de trouver — par sérendipité — de bonnes idées. Pour une veille réussie, il convient de :

Choisir des axes de veille, c’est-à-dire d’être sélectif et organisé ; Sélectionner ses sources, en privilégiant les meilleurs médias ou experts ; Agréger les flux RSS et créer un tableau de bord pratique ; Consulter vos flux à des heures régulières ; Traiter les données intéressantes (curation de contenu, partages sur les réseaux sociaux, etc.).

Attention à votre rituel : pas plus de 30 minutes par jour, de préférence en heures creuses. Dossier 5. Étendre son influence

Outil 52. La présentation d’une idée innovante Une présentation convaincante de votre idée est le meilleur moyen de trouver des alliés. Pour réussir, suivez ces quelques conseils proposés par l’auteure de La boîte à outils de l’efficacité professionnelle :

Racontez l’« histoire » de l’idée ; Décrivez ce qui ne change pas ; Valorisez les bénéfices de l’innovation ; Rendez l’innovation concrète (à l’aide d’exemples).

Simplifiez votre présentation pour qu’elle soit aisée facile à suivre et à développer. Acceptez de présenter un projet qui n’est pas encore abouti et accueillez les questions avec bienveillance. Celles-ci sont le signe que vos interlocuteurs sont entrés dans un processus d’appropriation, c’est-à-dire d’acceptation progressive. Outil 53. Le doodling ou visual thinking Pour aider les personnes qui sont dotées d’une mémoire visuelle (environ 60 % de la population), il est utile de recourir à des schémas ou des présentations graphiques. Les deux techniques présentées ici sont là pour ça ! Pour se faire comprendre aisément à l’aide d’images, il vous faut d’abord créer une sorte d’alphabet visuel (des pictogrammes, des idéogrammes, des émojis, des bonhommes bâtons, des formes et des graphiques, etc. À partir de lui, vous pourrez transformer votre message en schéma ou en bande dessinée, par exemple. Le must : dessiner vous-même lorsque vous êtes en train de présenter oralement ! Vous retiendrez d’autant mieux l’attention de vos interlocuteurs et ils mémoriseront beaucoup mieux vos idées. Prenez soin à conserver les mêmes codes (images, couleurs) d’une mission à l’autre, cela vous facilitera la tâche. Soyez créatif, mais sobre. Outil 54. Le test à petite échelle « L’innovation peut faire peur. Elle risque de déranger ceux qui seront amenés à la déployer, parce qu’elle change les repères. Elle est regardée avec circonspection par les décideurs qui hésitent à investir sans garantie de rentabilité. Le test à petite échelle engage peu économiquement. Réalisé avec des pionniers, il est peu coûteux en énergie. Mais son impact psychologique est fort. Car il apporte la preuve, s’il se solde par un succès, que l’innovation est non seulement possible, mais bénéfique. Et s’il n’est pas concluant, au moins l’innovation sera-t-elle abandonnée sans regret. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 148) Assurez-vous de :

Faire le bon casting ; Bien organiser le test ; Le laisser se dérouler sans heurts ; Évaluer la qualité du test et son résultat ; Exploiter le test pour décider de la suite.

Assurez-vous que tous (clients, collègues, décideurs) soient bien au courant qu’il s’agit d’un test, et non d’une démonstration conclusive. Outil 55. L’exposé percutant En lien avec les outils présentés ci-dessus, voici quelques recommandations complémentaires pour accroître vos chances de succès lors de présentations orales (présentation d’un produit, d’un bilan, d’une méthode, d’une idée innovante, etc.). Cette technique fonctionne aussi à l’écrit, d’ailleurs !

Introduction : accrocher le public. Développement : raconter une histoire simple et structurée. Exemples : à donner au cours du développement. Conclusion : engager le public (comment peut-il participer ?).

N’oubliez pas votre public cible et ce que vous attendez de lui. Autrement dit, fixez-vous un objectif : quel résultat — impressions positives, financement, accord, etc. — voulez-vous atteindre à l’issue de la présentation ? Restez disponible et ouvert aux questions. Outil 56. L’orientation transverse S’intéresser aux autres, même à ceux qui ne font pas partie de nos domaines d’expertise, est toujours riche en enseignements et fertile. C’est une démarche de curiosité et d’ouverture qui a toute sa place en entreprise. L’orientation transverse, comme on l’appelle ici, permet de créer de nouveaux projets, de résoudre des problèmes ou de relever des défis. Vous pouvez agir simplement dans ce sens en prenant l’habitude d’écouter de façon approfondie vos partenaires professionnels, lors de tous vos échanges (formels et informels) et en ayant le réflexe de les associer à vos initiatives. La générosité est généralement très appréciée. Non seulement vous invitez les autres à vous rejoindre, mais vous leur offrez également des informations qui pourraient être pertinentes pour leurs propres missions. Enfin, n’hésitez pas à donner votre opinion et à les remercier, à les créditer lorsqu’ils vous aident ou vous donnent des idées, etc. Toutes ces actions, si elles sont réalisées de façon honnête, renforcent la confiance et le respect mutuels. Outil 57. La puissance du don La générosité fait partie de cette « logique du don », comme les sociologues l’appellent. C’est une ressource tout à fait puissante, dans la mesure où elle génère davantage de lien social ; un bien précieux au sein de l’entreprise. Vous pouvez ne pas en avoir conscience, mais vous avez beaucoup à offrir. Réfléchissez-y un instant. Vous pouvez notamment faire bénéficier les autres de votre expertise, de vos feedbacks positifs, de l’information récoltée, etc. Vraiment, la liste est loin de s’arrêter là ! Ce que vous donnerez, donnez-le sans attendre de retour, simplement pour créer ce lien social et ce climat bienveillant. Les souvenirs de ce que vous avez vous-même reçu, ainsi que des moments où vous avez donné, pourront éventuellement vous permettre d’ancrer profondément en vous cette attitude bénéfique. Certes, il se peut qu’il soit parfois impossible de donner, car la culture de compétition l’empêche (ou le secret). Soyez attentif à ces circonstances limitantes, ainsi qu’aux moments où le don risque de mettre mal à l’aise ou de donner l’impression d’être redevable. Outil 58. Le modèle des leaders Qu'est-ce qu'un leader ? Il ne contrôle pas nécessairement, mais stimule, dynamise et cherche à amener les autres à développer leur créativité et leur autonomie. D'autre part, il cherche aussi à créer un esprit d'équipe et de partage entre les pairs et les pionniers. Voici les caractéristiques d'un bon leader ici résumées :

Être ouvert et curieux ; Développer sa vision ; Élaborer des objectifs innovants ; Agir ; Susciter la motivation ; Communiquer à propos des réussites collectives ; Développer l’apprenance (accompagnement et transfert d’expérience).

Outil 59. L’exemplarité « Donner l’exemple n’est pas le principal moyen d’influencer les autres. C’est le seul moyen. » (Albert Schweitzer) Comment donner l’exemple ? D’abord en disant ce que vous allez faire, ensuite en le faisant, puis en affirmant que vous l’avez fait et en aidant, finalement, les autres à le faire. Oui, mais est-ce si facile ? Voici quelques astuces complémentaires.

Parler d’exemplarité ne suffit pas ! Il faut impérativement agir dans le sens voulu. C’est cela qu’on appelle aussi la congruence : l’accord entre vos valeurs, vos compétences et vos actes. Exemplarité ne signifie pas super-héroïsme ! Vous avez vos failles, et il est bon de les admettre, même publiquement. Vous aiderez ainsi les autres à se rapprocher de vous et de vos objectifs. Agir oui, mais pas parfaitement, donc… Cela est impossible, de toute façon. Acceptez vos limites, mais aussi les contraintes extérieures. Être réaliste est synonyme de crédibilité aux yeux de vos interlocuteurs.

Outil 60. Le positionnement personnel sur les réseaux sociaux Se faire connaître sur les réseaux sociaux n’est pas une si simple affaire. IL s’agit d’avoir une intention claire et de créer un profil cohérent avec celle-ci et avec nos valeurs. Lorsque vous créez votre page principale ou lorsque vous écrivez (postez), vous devez être précis : votre lecteur doit comprendre dès le titre (de votre profil ou de votre post) et le pitch (l’introduction, qui figure par exemple comme « Résumé » sur LinkedIn) ce que vous voulez transmettre comme message. Compléter son profil avec des images (photo de vous, graphiques, etc.) est souvent une bonne idée. Faites relire votre page personnelle à quelques proches pour vous assurer qu’ils comprennent vos intentions et votre « ligne ». L’activité est un autre point clé. Vous devrez penser à mettre à jour votre profil, mais aussi à publier de temps à autre du contenu pour ne pas être oublié. Outil 61. L’utilisation des réseaux sociaux « Une présence active sur les réseaux sociaux permet d’être mieux repéré par référencement naturel et de fidéliser des followers. LinkedIn ou Viadeo permettent d’avoir une présence active. D’autres réseaux sociaux peuvent être complémentaires. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 164) Voici les 6 conseils clés de Pascale Bérgoley pour vous faire une place sur les réseaux :

Établissez des contacts ciblés ; Prenez soin de votre réseau ; Publiez, soyez généreux en contenu ; Osez demander des services ; Soyez sélectif au moment d’accepter de nouveaux contacts ; Pour vos publications, appliquez la règle des 70-20-10, c’est-à-dire 70 % sur votre expertise, 20 % pour l’entretien du lien social et 10 % dans un but promotionnel.

Dossier 6. Exprimer tout son potentiel

Outil 62. Le style professionnel personnel Nous avons tous des procédures à suivre, mais sommes tous différents ! Cela signifie que nous pouvons les adapter à notre style, à nos façons de faire. Lorsque nous travaillons, nous pouvons faire preuve de créativité et de personnalité. Sans cela, d’ailleurs, nous risquerions de nous appauvrir et d’appauvrir ce que nous offrons aux autres. Pour affirmer son style, voici quelques règles.

Avoir un « ADN » personnel clair : quelles sont vos valeurs ? Ce qui a le plus de sens à vos yeux ? Qu’est-ce qui vous différencie et fait de vous un expert dans tel ou tel domaine ? Intégrer vos spécificités à vos missions : comment réinterpréter ce qui vous est demandé de faire ? Comment, ensuite, mettre en œuvre cette mission réinterprétée ? Assumer : votre style vous appartient et vous n’avez pas à en rougir. Montrez-vous tel que vous êtes et faites-en un atout.

Tout le monde change et modifie ses priorités. Il est possible que vous changiez de valeurs, voire que votre mission elle-même ne vous satisfasse plus du tout. Dans ce dernier cas, envisager une reconversion (voir l’outil 64) peut être bienvenu. Outil 63. L’exploitation professionnelle des talents personnels De façon parallèle à note style, nous avons tous des talents ou des aptitudes personnelles qui sont parfois laissées de côté dans le cadre professionnel. Mais pourquoi ne pas essayer d’en utiliser quelques-uns au travail ? Il se peut que certaines qualités apportent un vrai plus à la réalisation quotidienne de vos missions. Commencez par les repérer, puis réfléchissez à la manière de les transposer dans le cadre de vos tâches. Quelles sont les compétences qui pourraient être mises à profit dans la sphère professionnelle ? Dès qu’une occasion se présente, n’hésitez pas à faire savoir à vos compagnons de travail quels sont vos talents « cachés » et proposez-vous pour rendre service à la collectivité. Outil 64. La reconversion professionnelle « Il arrive que le métier que nous exerçons soit le fruit d’un chemin que nous n’avons pas réellement choisi. Nous remplissons notre mission avec professionnalisme, mais nous ne sommes pas parfaitement épanouis. Nous sentons que notre voie est ailleurs. La reconversion professionnelle nous permet de nous aligner avec nos aspirations profondes. L’apprentissage sera peut-être long et le chemin semé d’embuches. Mais nous avons des atouts, un réseau qui peut nous aider… et notre passion. Car nous savons que notre épanouissement personnel est au bout du chemin. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 172) Sauter le pas nécessite d’avoir les idées claires et de se poser les bonnes questions, telles que celles-ci : quel talent développer ? Quelles aspirations rencontrer ? Quelle empreinte laisser ? Dans quel environnement travailler ? Que ne surtout pas faire ? Mais encore : quels sont vos atouts ? Nous parlons ici en termes de compétences, d’aptitudes, mais aussi de réseau (outil 61). Ce réseau est susceptible de vous donner des renseignements, de vous aider à trouver un stage ou un poste, de trouver une formation, etc. Une fois ce cheminement effectué, préparez-vous à quitter votre travail actuel. Visez la transparence vis-à-vis de votre entreprise et transmettez, si nécessaire, vos compétences à la personne qui vous remplacera. Puis… Lancez-vous ! Outil 65. L’apprentissage On the Job Vous avez constamment besoin d’apprendre. Il y a toujours une chose que vous ignorez et dont la connaissance vous sera utile pour effectuer votre mission. Lorsque vous butez devant un problème, vous avez naturellement tendance à aller à la recherche de l’information, à poser des questions… Bref à apprendre. Cet outil formalise cette tendance innée. En voici les principales étapes, détaillées par l’auteure dans La boîte à outils de l’efficacité professionnelle :

Être confronté à un problème concret ; Choisir un mode d’apprentissage ; Demander l’aide d’un mentor (ou le faire soi-même) ; Apprendre (en testant, en s’accordant le droit à l’erreur) ; Modéliser son apprentissage (en imaginant une méthode) ; Entretenir sa motivation (la vôtre, et pourquoi pas celle de votre organisation, en échangeant au sujet de votre nouvelle méthode).

Outil 66. La demande de feedback Nous en avons déjà parlé plusieurs fois, mais voici, de façon claire et synthétique, un petit rappel des principaux éléments à conserver à l’esprit :

Expliquez votre demande à l’interlocuteur ; Posez deux questions (une question ouverte et une question fermée) ; Accueillez les feedbacks positifs comme les feedbacks négatifs (sans les contester et en vous demandant ce que vous pouvez en faire) ; Relativisez les feedbacks maladroits (parfois trop chargés en propositions) en remerciant votre interlocuteur et en cherchant la balance entre le positif et le négatif.

Outil 67. La formation continue C’est une dynamique très proche de l’outil 65. L’idée principale consiste ici à faire le point chaque année : où en suis-je ? Qu’ai-je appris ? Qu’aimerais-je apprendre l’année prochaine ? Avec l’objectif, bien sûr, de continuer à apprendre. Allez-y progressivement : il ne sert à rien de vouloir acquérir toutes les compétences souhaitées d’un seul coup. Vous vous épuiseriez et échoueriez certainement. Faites le tri, puis avancez pas à pas, en privilégiant ce que vous pouvez faire maintenant et en restant concentré sur la tâche en cours. Il existe aujourd’hui bien des sources d’apprentissage : des livres, aux MOOCs, en passant par le social learning et les formations plus classiques. Choisissez le parcours qui vous convient et qui correspond à ce que vous avez décidé d’entreprendre. Incrémentez vos nouveaux savoirs et savoir-faire dans vos pratiques quotidiennes. N’oubliez pas, par ailleurs, d’en faire part aux autres, notamment sur les réseaux sociaux. Outil 68. L’utilisation des émotions Les refouler ? C’est souvent ce qu’il advient dans un contexte professionnel. C’est peut-être une erreur, car les émotions, si elles sont bien canalisées, peuvent vous rendre plus conscient, plus agile et plus juste. Comment apprendre à se lier à ces précieuses ressources ? Tout d’abord, accueillez ce qui se passe en vous. Ne cherchez pas d’emblée à réprimer vos sentiments. Si elles apparaissent, c’est pour quelque chose. Cherchez plutôt à décoder ce qu’elles désignent (un besoin, une valeur, un danger, etc.). Utilisez ensuite leur énergie (vous poussent-elles à demander quelque chose, à fuir, à vous opposer, etc.) pour prendre une décision et l’exprimer. Certes, ne le faites pas en un éclair, mais après ce moment d’analyse et de mise à distance. Parfois, il vous faudra même attendre quelque peu pour laisser retomber l’émotion et n’en garder que l’information utile (ne pas écrire un mail sous le coup de la colère, par exemple). Verbaliser une émotion vous permettra de la gérer. Ne cherchez pas de coupables, mais parlez plutôt de vos besoins ou de ce que l’émotion éveille en vous. À l’inverse, en agissant avec empathie, vous permettrez à l’autre d’exprimer un fort ressenti. Outil 69. Le développement de l’intuition « L’intuition se définit comme une connaissance directe et immédiate de la vérité, sans l’aide du raisonnement. Dans notre société occidentale, où la rationalité est à la base de l’éducation, ce phénomène difficilement explicable souffre de préjugés. Notre confiance dans notre intuition s’en trouve limitée. Le développement de l’intuition est une réappropriation de nos capacités intuitives naturelles. En apprenant à reconnaître les manifestations de notre intuition et à écouter les messages bienveillants qu’elle véhicule, nous développons notre potentiel personnel. » (La boîte à outils de l’efficacité professionnelle, p. 182) Une fois libéré des préjugés qui lui sont liés, vous pourrez profiter de l’intuition. Mais quelles sont ses manifestations ?

Les impressions (un ressenti) ; Les impulsions (une action corporelle plus forte que votre volonté) ; Les messages ou les images (qui apparaissent sans crier gare dans votre esprit) ; Les illuminations (une idée fulgurante) ; Les pressentiments (une certitude fugace sur ce qui vient) ; La télépathie (une pensée commune, au même moment).

Développez votre 7e sens progressivement, en écoutant ces manifestations et en vous rappelant les fois où cela a fonctionné. Vous pourriez par exemple pratiquer le mindfulness pour vous disposer favorablement à son égard. Outil 70. Les pages du matin C’est une technique inspirée du livre Libérez votre créativité, de Julia Cameron. Elle s’applique non seulement aux blocages créatifs, mais aussi au développement de soi. Comment mettre en place cette méthode ? Rien de plus simple. Programmez votre réveil 45 minutes plus tôt et passez ce temps libre à écrire. Il n’y a aucun objectif qualitatif à redouter, puisqu’il suffit d’écrire d’un seul jet un certain nombre de pages (plus ou moins le même, sur ce même temps). Le mot-clé : la régularité. Des éléments plus ou moins importants couvriront ces pages. Avec des feutres de couleur, commencez à trier l’essentiel de l’accessoire. Vous découvrirez que votre esprit résout par lui-même des problèmes ou exprime votre voix intérieure… Soyez à l’écoute ! Accordez-vous ce rituel, le matin, à l’abri des regards indiscrets et des tentations. Outil 71. La réalisation des rêves personnels Au-delà du travail, il y a la vie, non ? Tous les outils de ce dossier 6 vont dans ce sens. C’est en marchant vers votre étoile, aidé de votre boussole intérieure, que vous pourrez vous épanouir au mieux, personnellement et professionnellement. Voici les conseils de Pascale Bélorgey à ce sujet :

Boussole intérieure = écoutez vos émotions, votre intuition ; Bonnes personnes = entourez-vous de personnes encourageantes ou n’en parlez pas ; Petits pas = connectez-vous régulièrement à votre projet, même s’il n’est pas encore entièrement clarifié (cela se fera en cours de route) ; Opportunités = soyez attentif à ce qui se propose à vous (rencontres, etc.) ; Aide = sortez de votre bulle pour exposer vos idées à ceux qui peuvent vous accompagner ; Obstacles = la création d’un projet de vie requiert de la persévérance ; Succès = savourez-les avec joie, en utilisant la force qu’ils vous donnent pour continuer à avancer ; Route à suivre = quelle est la prochaine étape ? Écoutez votre boussole intérieure !

Conclusion sur « La boîte à outils de l’efficacité professionnelle » de Pascale Bélorgey : Un livre à garder avec soi et à consulter fréquemment Le format de ce livre est très pratique. Vous pouvez aller et venir dans chaque dossier très facilement. Chaque outil est présenté sur une double page, avec, à gauche, un bref résumé accompagné d’un dessin et, à droite, le détail et la méthodologie. En fonction de vos intérêts du moment (développement personnel, communication avec les équipes, organisation, etc.), vous trouverez un, deux ou trois outils pertinents à tester directement. C’est vraiment pourquoi il mérite de rester près de vous : vous le consulterez à chaque fois que vous chercherez un moyen de vous améliorer dans votre travail quotidien. Ce qu’il faut retenir de « La boîte à outils de l’efficacité professionnelle » de Pascale Bélorgey : Il y a 71 outils dans cet ouvrage : difficile, donc, d’en faire le tour en un mot ! Toutefois, si vous avez lu cette chronique jusqu’ici, vous aurez remarqué que Pascale Bélrogey met en avant une vision sensible, intuitive, empathique, bienveillante du travail. Ici, toutes ces caractéristiques fonctionnent main dans la main avec la performance, l’efficacité et la rationalité. Points forts :

Un format très pratique et très clair ; Des outils dans différents domaines d’intérêt (de l’organisation au développement personnel) ; Une écriture synthétique et des dessins très sympathiques, qui permettent de fixer rapidement l’idée-force de l’outil.

Point faible :

Quelques outils peuvent paraitre redondants, mais, dans l’ensemble, ils se complètent plutôt qu’ils ne se superposent à proprement parler.

Ma note :    Avez-vous lu le livre de Pascale Bélorgey « La boîte à outils de l’efficacité professionnelle » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Pascale Bélorgey « La boîte à outils de l’efficacité professionnelle » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Pascale Bélorgey « La boîte à outils de l’efficacité professionnelle »

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Savoir s’organiser http://www.olivier-roland.fr/items/view/11783/Savoir-sorganiser

Résumé de « Savoir s’organiser. Un guide complet pour mieux vivre au quotidien et gagner du temps pour vous » de Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt : un livre en 9 chapitres limpides rédigé par deux femmes, pour les femmes (mais pourquoi pas aussi pour les hommes), il vous apprendra à gérer du plus petit papier au plus grand événement – le meilleur moyen d’être sereine (ou serein), en somme ! Par Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt, 2018, 185 pages Chronique et résumé de "Savoir s’organiser. Un guide complet pour mieux vivre au quotidien et gagner du temps pour vous" de Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt

Introduction Les autrices présentent leur ouvrage comme un livre écrit par deux femmes, pour les femmes. La première, Stéphanie Bujon, est journaliste, collaboratrice de plusieurs magazines de presse féminine. La seconde — Laurence Einflat — est psychologue et créatrice d’une agence de coaching en organisation personnelle : Jara. Avec ce livre, elles souhaitent s’adresser aux femmes qui se sentent « désorganisée[s], régulièrement débordée[s] par les événements » (p. 10). Leur promesse est claire : « Ne pas faire du quotidien une corvée, mais intégrer véritablement l’organisation dans un fonctionnement régulier. Pour que les moments libres restent ou deviennent des moments de plaisir ! Enfin, ne pas laisser toute la semaine partir à vau-l’eau sous prétexte qu’un vieux copain débarque à l’improviste ou que Petit Dernier vient d’attraper une gastro-entérite. » (Savoir s’organiser, p. 11) Bordéliques reconverties, elles vous diront tout de leurs trucs et astuces ! Mais pourquoi s’adresser seulement aux femmes ? Les hommes n’ont-ils pas, eux aussi, besoin d’ordre et de planification ? Il est vrai que les auteurs traitent principalement des tâches domestiques habituellement réservées aux femmes. Mais, alors ! Cette caractérisation n’est-elle pas terriblement vieux jeu ? Qu’à cela ne tienne, secouons les préjugés et considérons que les hommes ont, eux aussi, bien le droit de lire et de profiter de cet ouvrage. Personnes de tous les sexes et de tous les genres, apprenez à vous organiser grâce au petit livre de Bujon et Einflat ! Afin de vous faciliter la lecture, voici les titres des 9 chapitres qui seront résumés ci-dessous :

Organiser mon temps Ranger mes affaires Planifier les repas Gérer les papiers Préparer les vacances Fonctionner avec les autres Prévoir les grands événements de l’année Orchestrer les grands événements de la vie

Chapitre 1 — Organiser mon temps Les journées sont bien remplies. Pour vous en assurer, faites ce petit test : listez toutes les choses réalisées dans la journée (de la plus insignifiante à la plus importante), en notant le temps consacré à chacune. Recommencez plusieurs jours d’affiliée, y compris les week-ends. Cela vous donnera un tableau clair de votre emploi du temps réel : c’est celui-là que vous pourrez chercher à transformer. L’habitude, l’habitude… Pour gagner du temps, rien de tel qu’une bonne habitude. Pourquoi ? Parce que la tâche à réaliser devient un automatisme que vous faites sans y penser et donc aussi plus rapidement. Un jour déterminé de la semaine, à la même heure, consacrez-vous à une tâche identique (par exemple, repasser devant telle émission du mardi). Une habitude prend 21 jours pour s’implanter. Allez-y donc progressivement ; une à la fois. Installez-là dans votre emploi du temps réel et tenez-y vous pendant ces trois semaines. Incorporez de nouvelles habitudes de la même façon, petit à petit, et transformez votre emploi du temps surmené en horaire parfaitement géré. Que faire avec le temps gagné ? Jouissez-en de 1000 manières, mais n’oubliez pas, là aussi, de prévoir. Il serait trop bête de rester le bec dans l’eau avec votre temps libre, sans savoir que faire ou en vous rendant compte trop tard que le cinéma (ou le théâtre, etc.) est fermé !

Ce soir prépare demain Une première habitude à prendre ? Celle du soir : apprenez à prévoir la journée du lendemain, pour vous et éventuellement pour votre famille. Cela vous évitera la sempiternelle inquiétude de l’oubli du matin, lorsqu’on fait tout à la va-vite. La course du matin Si vous vivez en famille, levez-vous le premier ou la première et préparez tout ce que vous avez à faire pour vous et pour les autres. Pourquoi pas prévoir, dans le hall d’entrée, une armoire avec un tiroir dédié à chaque membre de la famille. Chacun y trouvera ce dont il a besoin pour sa journée et pourra ainsi partir serein ! La liste des choses à faire Autre habitude essentielle pour bien s’organiser, dès la veille au soir : la liste des choses à faire le lendemain — à noter sur un carnet ou sur un smartphone, peu importe, mais dans un endroit identique et facile à trouver (oubliez les bouts d’enveloppe). Notez tout ce que vous avez à faire et rendez plus visible (en soulignant, par exemple) les éléments les plus importants :

Commencez chaque phrase par un verbe en rédigeant une phrase claire que vous n’aurez pas à déchiffrer trois heures plus tard ; Trouvez éventuellement la date limite qui se cache sous une tâche à priori « libre » (demandez-vous quand vous pouvez faire cette tâche au plus tôt). Évacuez de cette liste ce qui ne concerne pas directement les choses à faire (vos contacts pro ou perso ou leurs numéros de téléphone, vos projets à long terme, etc.).

Agendas et calendriers De façon générale, évitez les listes et agendas sur ordinateur fixe : c’est la porte ouverte à la procrastination. Privilégiez un agenda ou un calendrier qui vous offre une vue panoramique sur la semaine (que celui-ci soit installé dans une application mobile ou en papier) et éventuellement de l’année (pour le calendrier). Notez-y tout ou presque :

En fin d’année, notez les anniversaires, grands événements déjà prévus, etc. pour l’année à venir ; À la fin de chaque mois, inscrivez les affaires à suivre pour les deux ou trois prochains mois ; Chaque fin de semaine, ajoutez ce qui touche votre quotidien (gym, courses, réunions, etc.) à venir. Pendant la journée ou le soir, vérifiez vos rendez-vous, notez les imprévus, etc.

L’agenda se remplit au fur et à mesure. Si cela vous paraît utile, complétez avec un calendrier mural sur lequel vous reporterez les événements de votre agenda. Un temps pour chaque chose Pour les choses répétitives à refaire régulièrement, tentez le « jour pour… » Un jour pour faire le ménage, un jour pour prendre soin de soi, etc. Essayez d’en faire des habitudes que vous n’ayez plus à noter dans votre agenda. Ce qui bouleverse votre planning : oublis, interruptions et procrastination « La procrastination est un comportement qui consiste à différer les actions. Autrement dit à remettre les choses à plus tard, ce qui rend ultérieurement ces mêmes actions urgentes. Voire ratées. » (Savoir s’organiser, p. 26) Difficile, parfois, de se défaire de cette fâcheuse tendance ! Le moment venu d’arrêter, souvenez-vous de ces quelques trucs pour forcer votre volonté à agir dans le sens que vous avez préalablement décidé :

Créer une liste avec des deadlines ; Vous engager auprès d’un proche (pour créer une petite pression sociale) ; Scinder les grosses tâches en plus petites ; Se récompenser après la réalisation d’une action.

Pour les contretemps, sachez distinguer le nécessaire de l’accessoire. Si vous n’avez pas vraiment à répondre à cet appel à l’instant présent, laissez le téléphone sonner ou utiliser un répondeur automatique. Vous aurez le temps d’y revenir — vous pouvez d’ailleurs prévenir la personne qui vous sollicite que vous vous occuperez d’elle plus tard. Concernant les oublis, on en revient aux listes ! Ajoutées à l’agenda, elles constituent le système mnémotechnique par excellence. Bien sûr, n’oubliez pas de les LI-RE… Si nécessaire, sortez les réveils et autres post-it que vous ferez sonner ou que vous collerez aux moments ou aux endroits stratégiques.

Chapitre 2 — Ranger mes affaires Ranger est utile… Cela vous permet de faire savoir aux autres où sont les choses et de gagner de l’espace. Et bien sûr, cela fait gagner du temps. Mais comment ranger… ? Tel est l’objet de ce chapitre. Loi n° 1 : « Tu ne garderas chez toi que ce qui est beau ou utile » Sans aller jusqu’au syndrome de l’écureuil, qui peut parfois nécessiter une aide psychologique, il faut avouer que beaucoup d’entre nous conservent des choses sans grande utilité. Vous perdez de l’espace, alors que vous en avez besoin pour d’autres choses. Une conclusion s’impose : n’hésitez plus à faire le tri et à vous débarrasser des choses dont vous ne vous servez pas. Loi n° 2 : « Tu reconnaîtras l’intention derrière les cadeaux sans pour autant les entasser » Cela fait partie de la même logique que ce qui vient d’être dit : gardez dans votre cœur l’attention (et l’intention) plutôt que la chose proprement dite sur votre étagère. Cela ne veut pas nécessairement dire que vous deviez jeter… Loi n° 3 : « Tu jetteras et trieras, régulièrement » Vous pouvez donner, stocker ailleurs, vendre et… jeter. Agissez une pièce après l’autre, toujours. Bref, ne vous dispersez pas. Par sécurité, utilisez un minuteur (30 minutes) et la règle 3 cartons (à ranger dans cette pièce, à ranger dans une autre pièce, à donner ou à vendre) + un sac (à jeter). Avancez jusqu’à avoir terminé la pièce. Loi n° 4 : « Tu prévoiras large dans tes rangements » Pensez à l’usage que vous allez faire des objets avant de les ranger. Une fois que vous avez groupé les objets allant ensemble, considérez leur volume. Prévoyez environ un tiers de volume supplémentaire pour les ranger, sous peine de vous retrouver avec des tiroirs débordants ou des boîtes impossibles à refermer. Loi n° 5 : « Tu placeras près de toi ce dont tu te sers souvent » Dans la même logique que ce qui précède, gardez près de vous ce que vous employez le plus régulièrement. Limitez les acrobaties pour aller chercher votre sac à dos ou vos baskets. Cela doit être à portée de main. Moins vous utilisez un objet et plus il peut se trouver loin de vous. Évitez toutefois de le rendre inaccessible ! Loi n° 6 : « Des cinq niveaux de rangement tu t’inspireras » Quels sont ces cinq niveaux qui permettent de ranger les choses ? Ils se comptent en nombre de mouvements :

Un mouvement, c’est le bébé qui laisse choir quelque chose. À éviter ; Deux mouvements, lorsque vous posez quelque chose à côté de vous pour pouvoir le reprendre directement, ensuite ; Trois mouvements, c’est passer par un placard ou par un déplacement quelconque avant de prendre ce dont vous avez besoin ; Quatre mouvements, et l’organisation devient plus complexe (prévoyez des étiquettes et oubliez les excuses lorsque vous n’avez pas l’énergie de remettre quelque chose à sa place) ; Cinq mouvements et plus, ce sont les choses que vous sortirez une fois par an, voire moins.

Le conseil des autrices : se focaliser sur les rangements entre 2 à 4 mouvements. Loi n° 7 : « Divise et tu règneras » Trois éléments à retenir :

Ayez plusieurs objets identiques dans différents lieux, si cela s’avère nécessaire (une paire de ciseaux dans votre bureau, à la cuisine et dans le garage, par exemple) ; Séparer vos rangements en utilisant, par exemple, des organisateurs de tiroirs ou des petits pots (utilisez les formes des objets pour les ranger ensemble) ; N’hésitez pas à placer les objets où ils trouvent leur usage, même si ce n’est pas le lieu « idéal » (vous rangez vos magazines dans le salon alors que vous lisez dans la chambre, quel intérêt ?).

Loi n° 8 : « Ton repérage tu faciliteras » E-ti-que-tez ! Loi n° 9 : « Tes erreurs tu admettras, mais aucune punition tu ne t’infligeras » Nous en revenons au tri : oubliez ce que vous aviez acheté un jour et que, plus jamais, vous ne mettrez ou n’utiliserez. Ne vous culpabilisez pas ; soyez heureux de vous en débarrasser et de retrouver de l’espace. Loi n° 10 : « Ta valeur tu reconnaîtras et ton look tu soigneras » Même principe : défaites-vous des vêtements trop grands, trop collants, qui vous grattent, de tout ce que vous n’aimez plus porter pour une raison ou l’autre. Oubliez les chaussures et les sacs à main vieillis que vous n’osez plus porter depuis 10 ans. Loi n° 11 : « Tes achats tu refréneras et sagement tu acquerras » C’est bien entendu le complément du point précédent ! Agissez de façon rationnelle sans vous laisser tenter dès le premier jour des soldes venu. Ayez une liste raisonnée des vêtements et accessoires dont vous avez besoin. Complétez-la au fur et à mesure. N’achetez que ce qui a été validé par votre liste ; c’est-à-dire ce qui a été pensé en amont. Rappelez-vous également ce principe : « pour tous les objets que vous croisez, lorsqu’un nouvel objet entre chez vous, un ancien doit sortir » (Savoir s’organiser, p. 48). Un principe qui rappelle ceux mis en œuvre par Marie Kondo. Loi n° 12 : « Une maison ordonnée tu conserveras » Bien, la maison est rangée. Mais comment la garder dans cet état ? Prenez quelques habitudes qui vous permettront de ranger sans en avoir l’air. Rappelez-vous le résultat voulu régulièrement et cherchez à le maintenir, en agissant un peu chaque jour. Lorsque vous quittez une pièce, assurez-vous, en un clin d’œil, que rien ne traîne. Évitez aussi de générer du désordre en manipulant inutilement des objets ou en succombant à la procrastination (ou à la fainéantise !).

Chapitre 3 — Répartir les tâches ménagères Les tâches ménagères sont l’affaire de toute la famille. Pour éviter d’avoir à les faire seul(e), et qu’elles deviennent ennuyeuses, voici quelques trucs et astuces donnés par Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt. Inventaire… à la Prévert Pour chaque pièce de la maison (mais vous pourriez aussi le faire pour l’entretien du jardin, le linge et d’autres choses à faire), créez un tableau à quatre colonnes comportant :

Tâches précises à réaliser dans la pièce (tout à gauche) ; Fréquence de la réalisation de l’action ; Durée (au moins approximative) de la tâche à réaliser ; Personnes auxquelles ces actions sont dévolues.

Petits rituels quotidiens Ne modifiez pas les habitudes déjà acquises. Adaptez plutôt les nouvelles tâches aux moments creux ou mal employés que vous aurez repérés en réalisant votre liste du chapitre 1. Cela peut être un petit rituel en début et en fin de journée, si vous avez un horaire de travail relativement stable. Sinon, adaptez vos rituels de ménage aux spécificités de votre emploi du temps de la semaine. Tâches hebdomadaires Ici encore, pas de règle absolue, mais plutôt le conseil formel de créer des listes de ce que vous devez faire. Plusieurs options sont possibles : soit vous réunissez tout sur une journée, soit vous égrenez les choses à faire sur plusieurs jours, en y passant moins de temps. « En général, ce ménage hebdomadaire regroupe le nettoyage des sanitaires, les poussières, le passage de l’aspirateur et de la serpillière dans tout l’appartement et le tri des petits bazars grandissant (les journaux, le courrier, etc.). À vous de voir si vous préférez tout regrouper ou si vous aimez l’idée de faire les sanitaires le lundi, la poussière le mardi, l’aspirateur le mercredi et ainsi de suite… » (Savoir s’organiser, p. 59) Ménage approfondi, au fur et à mesure Ici encore, une technique « papier ». Divisez une feuille de papier (appelez-la « Janvier ») en quatre compartiments, un pour chaque semaine. Répétez l’opération 12 fois, pour chaque mois de l’année. Répartissez les tâches mensuelles ou peu fréquentes dans les tableaux. Ainsi, vous verrez qu’il n’est pas nécessaire de mettre la maison sens dessus dessous tous les six mois ou tous les ans (le fameux nettoyage de printemps). En divisant les tâches, elles deviennent plus aisément réalisables et partageables entre les membres de la famille. Gagner du temps en faisant le ménage Comment éviter d’en faire trop, trop longtemps ? Voici les conseils des autrices :

Nettoyez régulièrement ; Placez tout ce dont vous avez besoin à disposition, près de vous ; Adoptez définitivement le « une pièce à la fois » ; Créez vos habitudes et petites routines ; Faites seulement le nécessaire (le repassage des chaussettes n’est pas indispensable) ; Apprenez à déléguer (à des machines, à des membres de la famille).

L’entretien du linge C’est une tâche délicate puisqu’elle est, en fait, constituée de plusieurs opérations. Le choix des vêtements. Eh oui, ça commence par là ! Choisir ses vêtements et s’instruire sur les façons de les laver est une étape importante et souvent négligée. Le tri. C’est plus facile si vous êtes seul(e). Si vous êtes en famille, exigez que tout aille dans le panier à linge sale. Ce qui ne l’est pas ne sera pas lavé. Si vous voulez séparer les couleurs, ayez trois paniers à linge sale où chacun mettra les affaires qu’il souhaite voir laver. La lessive, le séchage et le pliage. Chronométrez le temps de lavage et essayez de passer tout de suite au séchage et au pliage, une fois la machine finie. Si vraiment, vous ne pouvez pas le faire dans votre emploi du temps quotidien, réservez une journée ou une matinée pour le faire. Le repassage — ou pas ? Il est possible, parfois, de s’en passer (cela dépend, notamment, de la qualité des vêtements, du séchage et du système de pli). En plus, certains vêtements n’ont définitivement pas besoin de repassage (les chaussettes de tout à l’heure, mais aussi les bavoirs de bébé, etc.). Lorsque ce n’est pas le cas (pour les chemises, pantalons et jupes, notamment), essayez de ne pas dépasser une heure par semaine. Si vous allez au-delà, pensez à investir dans l’achat d’une centrale vapeur : celle-ci pourra s’avérer utile.

Chapitre 4 — Planifier les repas Les exigences en matière de santé, mais aussi les exigences économique, gustative, font partie du casse-tête à réaliser lorsqu’on prépare les repas de la semaine. Comment satisfaire tout le monde en ce faisant du bien à moindre coût ? Apprendre à planifier les repas est sans aucun doute une bonne option. Faire son plan de menus La recette ne change pas : NOTEZ ce que vous prévoyez de préparer. Les autrices se concentrent ici sur les repas du soir. Savoir s’organiser en matière de cuisine, c’est :

Lister les plats préférés de la famille et distribuez-les sur un mois ; Décréter un jour pour un repas (le fameux « lundi, c’est ravioli ») ; Utiliser les restes et ainsi faire d’un plat, une multitude d’autres ; Improviser avec ce qu’il y a dans le frigo ou les recettes que vous trouvez chemin faisant.

« Bien sûr, quand vous préparerez ces plans de menus, vous prendrez la peine d’attribuer à chaque jour son menu. Mais détendez-vous, car, une fois que vos courses seront faites et que vous aurez vérifié soigneusement les dates limites de consommation, rien ne vous empêchera de permuter un jour pour l’autre, pour cause de contretemps. » (Savoir s’organiser, p. 77) Organiser ses fiches de recettes Trier toutes les recettes accumulées au cours du temps est une bonne idée pour gagner du temps. N’oubliez pas aussi d'adapter vos recettes aux goûts du moment (dans votre famille ou dans la société) et à privilégier celles que vous pouvez maîtriser, techniquement et financièrement parlant. Pour le quotidien, oubliez les recettes trop complexes qui vous prendraient trop de temps et d’énergie ! Optez pour le système de classement qui vous convient, mais évitez ici encore la version sur ordinateur fixe, qui n’est pas si pratique qu’on pourrait le croire de prime abord (on n’apporte pas son ordinateur dans la cuisine, généralement). Sélectionnez aussi, éventuellement, les livres qui vous permettront de cuisiner de façon journalière sur la base des critères évoqués dans le paragraphe précédent. Cuisiner en « gros » ? Cuisiner pour le congélateur n’a rien d’une idée sotte. Vous gagnez du temps et vous faites des économies. Certains plats se conservent très bien (la sauce bolognaise et tous les plats en sauce, en général). Cela vous demandera un peu de méthode, mais une fois l’habitude prise, vous ne voudrez plus vous en passer ! « Un conseil : commencez petit. Faites d’abord votre quiche préférée en trois exemplaires. La fois suivante, tentez une “séance quiche”. Et la fois d’après, lancez-vous dans une journée pâtisserie. » (Savoir s’organiser, p. 80) Faire sa liste de courses, et faire les courses ! Pas besoin de stocker comme si vous partiez vivre dans un bunker. Achetez ce dont vous avez besoin pour une période donnée, en prenant en compte les besoins de toute la famille. Voici quatre étapes pour vous faciliter la vie :

Créer une liste de courses informatisée et personnalisée : préparez-la avec toutes les choses achetées habituellement et imprimez-la quand vous partez. Laissez des espaces vides pour indiquer les quantités ou ajouter des informations ou de nouveaux produits ; Compléter sa liste selon le plan de menu : dans les espaces vides, ajoutez tout ce qui, dans votre plan de menu, ne fait pas partie des ingrédients ou composants habituels de vos achats ; S’assurer que tout est dans les placards : ne partez pas sans jeter un coup d’œil à vos étagères et armoires pour voir si vous ne manquez d’aucun produit essentiel dont vous aurez besoin durant la semaine ; Faire les courses : hypermarché ou petit marché du coin ? Le meilleur marché n’est pas toujours celui qu’on croit, notamment car le magasin de proximité ne nécessite pas la voiture et fait gagner du temps dans les rayons. À vous de voir !

Gagner du temps en cuisine Quelques conseils supplémentaires pour vous organiser au mieux dans la cuisine :

Répéter les plans de menus qui ont du succès ; Faire tourner le lave-vaisselle le soir et le ranger le matin ; Dégager votre plan de travail ; Préparer un évier d’eau chaude et plongez-y les ustensiles de cuisine progressivement ; Apprendre à ses enfants (dès 5 ou 6 ans) à placer leur assiette dans le lave-vaisselle après le repas ; Utiliser les appareils à raclette, etc. qui permettent de faire des repas faciles à préparer ; Optimiser sa connaissance des dispositifs ménagers (four microonde, etc.) pour les utiliser au mieux de leurs capacités.

Finalement, apprenez aussi à varier les plaisirs et les exigences : il est possible de cuisiner sain et de façon économique, en respectant notamment les saisons de chaque produit et en mixant produits bio et produits préparés ou semi-préparés de qualité.

Chapitre 5 — Gérer les papiers Apprenez à organiser vos documents administratifs comme un pro ! « Pourquoi ne pas piquer aux spécialistes des bureaux les bonnes méthodes pour organiser les papiers de la maison ? Trier son courrier au jour le jour, se rappeler les factures à payer, mettre au point un système de classement, créer un classeur de maison : dans ce chapitre, vous trouverez toutes les astuces pour libérer votre table préférée de ses envahisseurs. » (Savoir s’organiser, p. 96) Quel système de rangement ? D’abord, pensez « logique ». Par exemple, créez un dossier par membre de la famille. Ensuite, divisez-le en fonction des activités ou des domaines de la vie de tous les jours : santé, école, loisirs, etc. Puis, créez un dossier « maison », un dossier « assurances » et un dossier « banque » qui comprendront chacun leurs sous-parties respectives (par exemple, pour la maison : « électricité », « eau », « télécoms », etc.). Comment le faire vivre ? Une règle simple : le document récent va au-dessus de la pile. Ne comptez pas trop sur vos surprenantes facultés de mémoire ; privilégiez un classement instantané dans des sous-dossiers bien conçus. Le temps de classement en sera réduit et vous pourrez intégrer cette tâche naturellement à votre planning hebdomadaire ou mensuel (à vous de voir). L’archivage Pour les papiers qu’il vous faut impérativement conserver, prenez le temps de les placer dans des boîtes d’archivage et d’étiqueter. Placez-les loin de vous — vous n’en avez pas besoin souvent. Contrôlez le volume de vos archives en rafraichissant de temps à autre le contenu (en apportant les nouveaux documents et en jetant ceux qui n’ont plus aucune raison de rester là). Le rangement des papiers Trouver les contenants qui vous conviennent, de préférence avec des couleurs pour disposer de repères facilement identifiables. Et n’oubliez pas d’é-ti-que-ter ! Ne gardez sur votre bureau que ce qui vous est directement utile. Les travaux en cours peuvent s’empiler raisonnablement, à condition qu’ils soient traités de façon efficace. Si une pile commence à gonfler, c’est mauvais signe ! dans ce cas, inspirez-vous des conseils précédemment donnés pour la faire diminuer. Pour trier les papiers en attente, vous pouvez aussi suivre les conseils suivants. En fait, il s’agit d’un système inventé par les autrices de Savoir organiser : le système TRIÉ ! T – Transmettre R – Ranger I — Intervenir É – Éliminer Transmettre Premier compartiment : tout le courrier qu’il vous faut transmettre à un membre de la famille ou à l’extérieur. Utilisez des Post-its® avec le nom du destinataire. Ranger Un nouveau numéro de téléphone à mettre dans votre répertoire ? Un document avec une information importante à classer ? Simplement un document administratif à insérer dans votre système de classement ? Prenez le temps de distribuer les informations où elles doivent se retrouver, puis éliminer éventuellement les documents, s’ils n’ont plus d’intérêt (une fois le numéro de téléphone copié, par exemple). Intervenir Souvent, il suffit d’agir — même si notre cerveau n’en a pas vraiment envie. Vous savez quoi faire, alors faites-le. Écrivez cette lettre aujourd’hui, plutôt que dans trois semaines. Signez et envoyez ce document avant la fin de la journée, plutôt que de le remettre à la semaine prochaine… S’il vous est impossible d’agir dans la minute, utilisez un Post-it® en fixant une date limite et en rappelant l’action à réaliser, puis foncez ! Éliminer Soyez sans pitié avec les vieux documents, les vieilles lettres, comme vous l’avez été pour vos vêtements et vos objets inutiles. Jetez tout ce qui ne vous servira plus ! Le classeur de maison Ce sera celui qui réunit les documents dont vous avez constamment besoin : infos d’urgence, suivi des commandes, numéros personnels, documents d’école, etc. « Choisissez un beau classeur de couleur vive (que vous pouvez repérer de loin), trouvez une série de pochettes transparentes et mettez-y tout comme ça ; vous aurez le temps, dans quelques jours, d’y ajouter des intercalaires, si nécessaire. Ce classeur est en évolution permanente, mais vous devez savoir ce qu’il y a dedans. » (Savoir s’organiser, p. 105) Chapitre 6 — Préparer les vacances Voyager en famille — il faut le reconnaître — parfois, ça fatigue ! Pour éviter la crise de nerfs ou l’épuisement complet, et surtout pour profiter de ce temps de pause si bien mérité, vous pourriez avoir envie de suivre ces quelques conseils. Vacances à la maison Vous avez décidé de ne pas bouger de chez vous. Il y a des avantages certains à cette formule. Mais que faire ? Et avez-vous besoin de revoir vos routines ? Aucune réponse définitive à cette dernière question. Comme vos rituels sont là pour vous faciliter la vie, vous pouvez avoir envie de les conserver tels quels et après tout, pourquoi pas. Mais si vous avez envie ou besoin (en fonction des autres membres de la famille) de lâcher du lest avec ces tâches, testez des déplacements d’horaires. Ayez à l’esprit que vos vacances sont là pour vous aider à vous reposer. Ne vous matraquez donc pas avec trop de routines. Et si l’occasion s’en présente, apprenez à vos enfants ou à votre conjoint à vous aider ! Pour occuper les enfants, demandez-leur leur avis ! Ils seront ravis de vous informer sur ce qui leur plaît le plus et cela vous donnera des idées d’occupations. En plus d’un bref passage sur internet ou à l’office du tourisme pour consulter les offres de stages et autres activités, vous aurez de quoi les divertir. « N’oubliez pas que, mère au foyer ou travailleuse, ces vacances peuvent aussi être les vôtres ! Si vous avez quelques moyens, utilisez-les pour demander les services d’une femme de ménage ou d’une adolescente de la famille pour jouer avec les enfants pendant que vous bouquinez dans un coin. » (Savoir s’organiser, p. 114) On part en vadrouille

Organiser les vacances Organiser les vacances n’a rien d’une sinécure. Vous connaissez la chanson : faites une liste de tout ce que vous devez faire avant de partir. Pensez à vous assurer que :

La voiture et le matériel sont en ordre ; Toute la famille est en règle (papiers d’identité, etc.) ; Tout le monde est sain et vacciné ; Les animaux de compagnie et les plantes seront soignés ; Quelqu’un peut passer récupérer le courrier, si nécessaire ; Les bagages comprennent tout ce dont vous avez besoin (voir plus bas) ; Les parents et les proches sont prévenus et disposent éventuellement d’une clé ; Vous avez prévu un exemplaire de ce que vous ne trouverez pas sur votre île déserte ; Votre domicile est sécurisé ; Le repas de retour est déjà préparé !

Faire les bagages Bien sûr, ici, tout dépend du mode de transport et du type de voyage (camping, hôtel de luxe, etc.). Quelques règles simples et sans doute connues :

Les bagages sont souvent plus gros à l’aller qu’au retour. Attention, donc, à prévoir un sac en plus au cas où ; En cas de voyage en avion, veillez à bien détacher les anciennes étiquettes pour minimiser le risque de mauvaises blagues (perte, mauvaise destination des bagages).

Voyager zen Pour les voyages longs avec enfants, trouvez les trucs et astuces qui fonctionnent pour les tenir au calme. Par exemple, partez à l’aube lorsqu’ils dorment encore, prévoyez des jouets nouveaux qu’ils découvriront en route, prévoyez de petits goûters sympathiques et sans miettes, préparez des livres, etc. En voiture, bien sûr, préparez bien votre voyage grâce à un itinéraire et une voiture en ordre sur le plan technique et administratif. Assurez-vous que bébé ne manque de rien et arrêtez-vous sur les aires d’autoroute qui disposent de « nursery ». En train, il est parfois possible de réserver des espaces familiaux. En avion, préparez-vous à l’embarquement, car les enfants avec leurs parents entrent en général en premier. Une fois sur place, analysez le lieu de séjour pour vous assurer des points possibles de danger et faire ce que vous pouvez pour les neutraliser. Prévoyez aussi, on ne sait jamais, une photo récente de vos enfants, au cas où l’un d’entre eux se perdrait. Chapitre 7 — Fonctionner avec les autres « La base d’une organisation familiale qui fonctionne s’appelle la délégation. Pour déléguer, il faut un plan d’action. Commencez par organiser une réunion familiale officielle à laquelle sont convoqués tous les membres de votre famille en âge de contribuer à la tenue du foyer. Comme au bureau, préparez soigneusement l’ordre du jour et, pourquoi pas, quelques boissons fraîches. Munissez-vous de votre plan de ménage et de vos routines : branchez les répondeurs, coupez les portables et ça démarre… » (Savoir s’organiser, p. 130) Plan d’action familial C’est le moment d’annoncer que :

Vous sollicitez de l’aide ; Qu’il existe un certain nombre de tâches à déléguer (citer les bénéfices de chaque tâche) ; Que les négociations sont ouvertes pour leur répartition ; Qu’une fois la décision prise, vous pourrez tous manger le cœur léger !

Bien sûr, assurez-vous que les tâches soient adaptées à l’âge de chacun. Le livre détaille les capacités de chacun, selon les âges (1-3 an, 4-7 ans, 8-10 ans, 11-18 ans). Votre conjoint fait de la résistance Seuil de tolérance différent, machisme prégnant ou résiduel, peur de perdre ses affaires, les raisons ne manquent pas pour que les hommes — oui, ici on parle des hommes qui rechignent à la tâche — se dérobent. Ce que vous pouvez faire Pour éviter de faire le travail à la place de l’autre (puisque finalement, vous avez l’impression de faire mieux), montrez-lui votre plan de maison. Parlementez avec lui, regardez ce qu’il pourrait accepter de faire. Explicitez vos problématiques et acceptez aussi, peut-être, de baisser votre niveau d’exigence sur certains points. Quoi qu’il en soit, évitez de passer toujours derrière tout le monde : contentez-vous de répéter calmement les bons principes, cela finira par rentrer. Aider les enfants à s’organiser Ranger sa chambre avec le petit de moins de quatre ans, pour qu’il ne soit pas perturbé par une nouvelle organisation de son environnement. Proposez-lui des rangements, écoutez ceux qu’il vous propose, étiquetez avec des images les boîtes… C’est en comprenant ce que vous faites qu’il sera plus enclin à respecter l’ordre du lieu. Plus généralement, ils aiment beaucoup créer de nouveaux rituels. Habillement, nettoyage, rangement : voyez avec lui comment faire, montrez-lui comment vous faites vous-même. Faites de cela un jeu ! Pour le rangement, il en va de même. Instituez une plage horaire, entre l’école et le coucher, où les jouets seront rangés de façon ludique. Une chambre rangée régulièrement améliorera le confort de l’enfant et le vôtre. Grands adolescents et jeunes adultes Comment maintenir propre un endroit dans lequel vous n’avez plus qu’un droit restreint d’entrée ? Telle est ici la question. « Même si ce n’est pas toujours suivi d’effets immédiats, la responsabilisation est souvent la meilleure solution. Alors, voyez ensemble quel jour vous pouvez déposer l’aspirateur dans la chambre de Fille Ainée pour qu’elle l’utilise, et suggérez-lui qu’elle pourrait mettre à profit son feuilleton idiot du dimanche soir pour aider à la charge de repassage familial. » (Savoir s’organiser, p. 138) Ils sont tout seuls aux manœuvres Si vous devez vous absenter, pensez à distribuer les tâches en fonction des âges et des compétences de chacun. Prévoyez les affaires les plus importantes dans les tiroirs habituels. Tout sera à sa place et ils n’auront pas à stresser. Suggérez-leur d’utiliser le classeur de maison dans lequel vous aurez noté toutes les informations essentielles à la tenue du foyer, ainsi que vos coordonnées.

Chapitre 8 — Prévoir les grands événements de l’année C’est la fête à la maison Que faire quand une fête s’organise ou que des étrangers débarquent dans votre domicile ? Bref, comment recevoir ? Première règle : détendez-vous et souriez. Il n’y a rien à craindre d’un repas. Toutefois, afin d’éviter un stress le jour J, pensez au nombre de convives que vous pouvez recevoir dans votre logis. Deuxième règle : adaptez le menu à vos convives, en privilégiant les plats consensuels. Si vous recevez de façon formelle, préparez-vous au classique zakouskis et apéro, trois plats (minimum), café (tisane ou thé) avec mignardises. Troisième règle : préparez-vous. Pourquoi pas congeler l’un des repas du menu ? Pourquoi pas, aussi, demander à une amie de contribuer ou même de commander une partie du menu chez un traiteur ? Mais surtout, évitez de vous y prendre seul(e) et au dernier moment ! Quatrième règle : prévoyez une activité amusante ou instructive, surtout s’il y a des enfants à combler. Petit Dernier est invité chez un copain C’est une étape importante et attendue des enfants. Pour que ça se passe sans encombre, veillez à :

Limiter les bagages du petit, sans oublier de lui fournir de quoi vous écrire ou prendre quelques photos s’il s’en va plus longtemps que quelques jours ; Lui transmettre vos coordonnées et voir à quelle heure vous pouvez prendre des nouvelles ; Glisser dans son sac son carnet de santé à jour et une autorisation d’hospitalisation urgente ; Lui donner ses papiers d’identité ; Et finalement un peu d’argent.

Départ en classe verte et colonies Préparez le sac de Petit Dernier avec soin. Pour les plus petits, prévoyez quelques éléments rassurants (doudou, etc.) et écrivez-leur une petite lettre sympathique qu’ils trouveront dans leur sac. Pour les plus grands, pensez à leur chargeur de mobile et aux moments creux du voyage en leur proposant des jeux ou des livres. Rentrée des classes Pas facile à préparer ! Surtout quand il y a plusieurs enfants. Compilez les listes de fourniture en une seule et partez à l’aventure. Faites-le dès le mois de juin ! Bien sûr, marquez les objets les plus onéreux pour qu’ils aient une chance d’être retrouvés en cas de perte. Pendant l'été, emmenez votre petite famille pour la séance photos d’identité. Photocopiez les documents qu’on vous sollicite à coup sûr, tel que le carnet de famille ou la feuille d’imposition. En août, c’est le moment d’organiser les horaires et de se préparer au grand jour. Avec ce que vous avez appris au chapitre 1 et au chapitre 2, il ne devrait plus y avoir de problèmes ! Les anniversaires des enfants Ici encore, privilégiez la détente et l’organisation, plutôt que la pression de dernière minute ou la compétition. Une idée simple pour décider du nombre d’invités : l’âge = le nombre d’invités. Donc, si Petit Dernier a 7 ans, il y aurait sept enfants et lui pour le goûter d’anniversaire ! Organisez des jeux… Ou pas ! Les enfants savent souvent s’amuser seuls. Préparez les invitations et envoyez-les à temps, pour qu’on ait le temps de vous répondre. Peu après, achetez le matériel pour votre fête et préparez progressivement votre maison à l’arrivée des petits convives. Protégez les animaux qui pourraient s’évader et les objets qui pourraient souffrir des jeux d’enfants. Noël et autres fêtes traditionnelles Quelles que soient votre culture et votre fête (Hanoukka, Ramadan, Nouvel An chinois, etc.), il s’agit d’un moment où toute la famille se réunit. Si cela se passe chez vous, ou même chez l’un de vos proches, il faut vous y préparer. Pour avoir une maison accueillante durant plusieurs semaines et profiter pleinement des fêtes comme vous le souhaitez, pensez à vos meilleurs souvenirs des fêtes antérieures ; demandez aussi à votre conjoint et à vos enfants. Composez à partir des informations que vous aurez réussi à réunir sous forme de liste. N’hésitez pas à solliciter la participation de votre famille et à simplifier si celle-ci devient trop nombreuse. Une fête plus simple, avec par exemple un cadeau par personne, est plus facile à organiser et aussi meilleur marché. Le plus important : vous préparer et profiter de la fête. Les cadeaux Prévoyez-les à l’année, à partir du calendrier que vous aurez composé. Vous pouvez le transformer en liste avec tous les anniversaires ou fêtes qui requièrent l’achat d’un cadeau. Notez, pour chaque événement, une idée de cadeau ou un budget. Évitez les objets polémiques ou pour lesquels vous n’êtes pas sûr de votre coup. Le mieux : faire directement une séance de shopping avec l’intéressé. Dans le doute, privilégiez des biens périssables qui se consomment plus ou moins rapidement ou des biens qui s’utilisent cachés. Cela évite à celui qui reçoit le cadeau d’avoir à l’exposer chaque fois que vous passez chez lui. Notez vos idées tout au long des mois. Profitez éventuellement des soldes pour agir, si vous savez déjà quoi acheter durant ces périodes. Chapitre 9 — Orchestrer les grands événements de la vie « La vie est ainsi, de célibataire, on se met “en ménage”, puis les enfants arrivent, il faut s’agrandir, préparer l’école, retourner au travail, organiser la vie de l’aîné à l’université. Compliqué ? Non, pas si on prépare les choses calmement en trouvant une solution à chaque problème. » (Savoir s’organiser, p. 162) Il est né le divin enfant… Parmi de nombreux autres possibles, voici quelques conseils pour gérer au mieux ces trois étapes merveilleuses et néanmoins stressantes : 1) la grossesse, 2) l’accouchement et 3) l’après-accouchement. La grossesse

Pensez à vous reposer (revoyez à la baisse vos exigences de ménage, tout en maintenant les rituels importants) ; Rangez ce qui compte près de vous ; Prévoyez ce que vous devrez gérer quand le bébé sera là (repas, préparation des nouveaux rituels biberon et autres) ; Composez votre liste de cadeaux de naissance ; Créez vos faire-part et faites provision de timbres ; Recrutez votre future nounou ; Conservez les documents de votre assurance maladie.

L’accouchement et le séjour à l’hôpital

Organisez votre absence à la maison (voir chapitre 7) ; Préparez une liste des gens à appeler ; Privilégiez vos plus proches parents pour les visites à la maternité et quinze jours plus tard à la maison pour les autres.

Après l’accouchement, s’organiser avec un bébé

Le tourbillon commence : adaptez-vous ! Tout doucement, réintroduisez vos rituels ; Faites-vous aider si vous le pouvez ; Pensez à l’alimentation de votre nourrisson ; Organisez les vêtements du bébé (en étiquetant).

Ça déménage Les autrices Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt vous proposent un processus détaillé en cinq étapes pour ne pas rater son déménagement. De façon générale, voici les cinq étapes à ne pas manquer :

Réunir le matériel d’emballage ; Commencer à emballer ; Faire les cartons ; Une fois sur place (préparer l’arrivée des cartons et du mobilier) ; Le lendemain du déménagement et les jours suivants (ranger et se faire de nouveaux rituels).

Je reprends le travail « Congé parental, période où l’on choisit de mettre ses enfants au premier rang des priorités, ou simplement période de chômage, nous sommes toutes amenées un jour à arrêter de travailler quelque temps, et à reprendre ! Quand les “mères au foyer” regardent leur emploi du temps, elles se demandent souvent comment elles arriveront à caser, au milieu de tout ça, l’horaire légal de travail hebdomadaire réclamé par le patron, et pourtant… il suffit d’un peu d’organisation ! » (Savoir s’organiser, p. 180) Certaines tâches devront être déléguées, certains rituels quelque peu remaniés.

Celui du soir est le plus important, puisqu’il vous permet de vous assurer que tout le monde, vous y compris, commencerez bien la journée ; Les week-ends seront plus chargés, car les enfants voudront profiter de vous ; Les pauses déjeuner deviendront le moment privilégié, sans enfant, pour organiser le plan de menu et toutes les listes qui vous tiennent à cœur, désormais !

Conclusion sur « Savoir s’organiser. Un guide complet pour mieux vivre au quotidien et gagner du temps pour vous » : Un livre qui ravira les mères — et les pères — qui veulent mettre un peu d'ordre dans leur vie de tous les jours Le livre est entièrement consacré à la vie familiale. Pour celles et ceux qui aiment organiser la vie de toute leur petite tribu, ce livre est une mine d’or. Il y a de quoi apprendre et mettre en œuvre une foule de petites astuces quotidiennes pour se faciliter l’existence au jour le jour. Ce qu’il faut retenir de « Savoir s’organiser. Un guide complet pour mieux vivre au quotidien et gagner du temps pour vous » Il y a beaucoup d’informations dans ce petit livre. Retenez en tout cas qu’il vous faudra apprendre à :

Créer des rituels ; Faire des listes ; Rationaliser votre utilisation des objets (systèmes de rangement, étiquetage) ; Apprendre à déléguer.

Ce sont les quatre points capitaux qu’on retrouve tout au long de l’ouvrage ou presque. Points forts :

Un guide qui se veut, comme son nom l’indique, assez « complet ! De nombreux encarts qui s’ajoutent au texte central. Une écriture limpide et amusante, accompagnée de nombreux exemples.

Points faibles :

À vouloir tout traiter, certains chapitres sont un peu expéditifs.

Ma note :

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Thu, 18 Nov 2021 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11783/Savoir-sorganiser