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Résumé de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle : une psychologue reconnue se demande si nous vivons dans un monde avec "de plus en plus de technologies" et de "moins en moins de relations humaines" et elle en vient à la conclusion qu'il faudrait peut-être repenser notre façon d'être ensemble en société — un livre événement par l'une des spécialistes de sciences humaines les plus en vue du moment.

Sherry Turkle, 2015, 523 pages.

Titre original : Alone together (2011).

Chronique et résumé de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle

Préface — Trois tournants

Sherry Turkle a une longue expérience en tant que psychologue et anthropologue. Étudiante à Paris, elle est ensuite partie faire carrière au célèbre Massachussetts Institute of Technology (MIT) pour y étudier "les cultures informatiques". Plus précisément, elle s'intéresse aux rapports intimes que nous entretenons avec le monde numérique.

Au cours des 40 dernières années, elle a écrit trois livres importants :

The Second Self (1984) ;

Life on the Screen (1995) ;

Alone together (2011) (traduit par Seuls ensemble) ;

Reclaiming Conversation (2015) (traduit par Les yeux dans les yeux).

Introduction — Seuls ensemble

« La technologie se présente comme l'architecte de nos intimités. » (Seuls ensemble, Introduction)

Toute la technologie dite "numérique" — depuis l'utopie virtuelle de Second Life aux hamsters de compagnie Zhu Zhu — nous est présentée comme une série d'améliorations artificielles de la réalité. Mais ces "améliorations" sont-elles réelles ? Et sont-elles sans risque ?

Pour l'auteure, il y a un inconvénient majeur à cette promesse de l'hyperconnexion numérique, à savoir la possibilité de la perte des relations humaines directes. Elle le montre bien en citant l'histoire d'une jeune fille qui envoie des textos à son amie alors qu'elles sont dans la même maison !

Sur la base de ce constat, Sherry Turkle propose de demander :

« comment en sommes-nous arrivés là — et sommes-nous contents d'y être ? » (Seuls ensemble, Introduction)

Sherry Turkle utilise plusieurs anecdotes et arguments pour présenter son propos.

Par exemple, alors qu'elle emmène sa fille au New York Museum of Natural History, celle-ci lui dit que le musée aurait dû utiliser des robots à la place des tortues Galápagos, au lieu d'emprisonner des créatures vivantes. Selon l'autrice, beaucoup d'autres enfants réagissent de la même façon, et cela l'inquiète.

Elle critique également le livre d'un expert en intelligence artificielle, David Levy, qui promeut les relations romantiques avec les robots. Elle craint qu'une interaction avec un objet inanimé "comme s'il" était vivant puisse, d'une manière ou d'une autre, nous faire "perdre" une dimension essentielle de notre humanité.

La technologie moderne promet de nous rapprocher. Ce qui est sûr, c'est qu'elle s'appuie sur nos "vulnérabilités humaines" — à savoir, en premier lieu, le besoin d'intimité avec autrui et de connexion sociale. Mais nous aide-t-elle vraiment à combler ce besoin, ou nous fait-elle courir de nouveaux risques ? Telle est toute la question de cet ouvrage.

Première partie — Le moment robotique : nouvelles solitudes, nouvelles intimités

Chapitre 1 — Nos plus proches voisins

Quelles sont nos relations aux robots domestiques qui peuplent déjà nos quotidiens ? L'auteure a mené de nombreuses études pour tenter de répondre à cette interrogation.

Tout d'abord, en tant qu'étudiante du MIT dans les années 1970, elle a fait l'expérience d'ELIZA, un programme informatique de base qui avait pour propriété essentielle de mimer un dialogue avec un psychothérapeute.

En réalité, ELIZA se contentait souvent de reformuler (éventuellement sous forme de questions) ou de paraphraser les propos de l'utilisateur. Mais la plupart des personnes l'ayant utilisé étaient prises au jeu et lui révélaient leurs secrets.

Pour Sherry Turkle, les participants ne pensent en rien qu'ils parlent à une véritable intelligence, mais ils "jouent le jeu", en quelque sorte. Autrement dit, ils sont complices du programme et utilisent les capacités du programme pour provoquer ce qu'ils attendent, à savoir des réponses réalistes d'ELIZA.

Il en va sensiblement de même pour les enfants avec les Furbies, ces peluches animées qui peuvent interagir avec leurs propriétaires. À travers les interviews qu'elle a menées durant de longues années, Sherry Turkle découvre que les petits considèrent les Furbies comme vivants, tout en sachant qu'ils ne sont pas "biologiquement vivants".

En fait, les enfants n'ont pas peur de brouiller les catégories : ils voient leur Furby à la fois comme une machine et comme un être vivant. Wilson, un petit garçon interrogé par l'auteure, affirme qu'il peut "toujours entendre la machine à l'intérieur".

D'un autre côté, dans ses études sur l'usage des Tamagotchis par les enfants, Sherry Turkle a remarqué que certains d'entre eux pleurent la mort de leurs petits animaux de compagnie électroniques. Elle donne ainsi l'exemple d'une petite fille qui refuse d'appuyer sur reset après la "mort" de son Tamagotchi.

Selon l'auteure, la pensée de ces enfants est directement liée à leurs interactions — c'est une pensée pragmatique, orientée vers l'action. Ils se prennent au jeu, comme si les Tamagotchis étaient en vie, et se demandent : que veut-il ? Quelles sont les expériences significatives que j'ai eues avec lui ?

Chapitre 2 — Assez vivants

Sherry Turkle amène avec elle huit Furbies dans une école primaire au printemps 1999. Directement, les enfants essaient de se connecter avec les jouets en leur parlant. Ils remarquent que les Furbies ont beaucoup en commun avec eux :

Ils ont des besoins ;

Ils sont distincts les uns des autres ;

Enfin, ils ont besoin d'être nourris.

Étrangement, certains enfants utilisent le vocabulaire des êtres vivants pour parler des machines, et parfois s'appliquent à eux-mêmes le vocabulaire des machines pour parler d'eux-mêmes. Un flou se crée. Pour l'auteure :

« [Les Furbies] promettent la réciprocité parce que, contrairement aux poupées traditionnelles, elles ne sont pas passives. Ils font des exigences. Ils se présentent comme ayant leurs propres besoins et leur vie intérieure. » (Seuls ensemble, Chapitre 2)

Autre expérience : le « test à l'envers ». Ici, des adultes tiennent trois "choses" à l'envers :

Une Barbie ;

Une gerbille (sorte de hamster) ;

Et enfin un Furby.

Apparemment, les gens sont plus réticents à laisser le Furby à l'envers trop longtemps. Pourquoi ? Car celui-ci, contrairement aux deux autres, est capable de dire "J'ai peur" (langage programmé dans la machine). Ils savent que c'est un robot, et pourtant c'est plus fort qu'eux, ces paroles les touchent.

Sherry Turkle raconte encore les opinions de deux garçons sur les robots, à vingt-cinq ans d'intervalle.

En 1983, l'auteure parle à Bruce, un garçon qui pense que, bien qu'un robot puisse faire moins d'erreurs, les défauts des humains sont ce qui les rend spéciaux.

En 2008, elle s'entretient avec Howard, qui voit quant à lui l'infaillibilité d'un robot comme un avantage. Il pense qu'un robot est susceptible de donner de meilleurs conseils qu'un humain, car il a accumulé davantage de connaissances.

Dans le cas de Bruce, c'est l'humanité et sa singularité qui sont mises en avant. La réponse de Howard, quant à elle, est typique de l'optimisme qui caractérise les constructeurs de technologies numériques et de robots. Mais celle-ci, pour Sherry Turkle, comporte le risque de se satisfaire des relations robotiques.

En d'autres termes, l'auteure craint que nos interactions répétées avec des robots sociables ne mènent à une réduction de ce que nous considérons comme "la vie", et tout particulièrement la vie humaine, avec les liens sociaux complexes qui la caractérisent.

Chapitre 3 — De vrais compagnons

C'est ce qu'elle cherche à exemplifier à partir d'un autre cas : la relation entre les robots AIBO — les chiens robots — et leurs propriétaires. Est-ce un véritable animal de compagnie ? Et plus important : est-ce que le fait de faire "comme si" il s'agissait d'un vrai chien peut amener ces personnes à se suffire de ce type de relation, somme toute limitée ?

Que leur manquent-ils ? Pour Sherry Turkle, la réponse est claire : l'altérité, à savoir la capacité de voir le monde à travers les yeux d'un autre.

Pour l'auteure, comme le robot n'est pas vivant, il devient simplement une prothèse ou une extension de la personne qui le possède. Lorsque nous interagissons avec des êtres humains, nous avons l'habitude de considérer l'altérité. Ne pas le faire est même le signe certain d'un problème psychologique (personnalité narcissique, manipulatrice, etc.).

Dans leurs relations avec AIBO, les enfants sont à nouveau pragmatiques. Ils le considèrent "comme si" il était un animal de compagnie normal et agissent en fonction. Toutefois, une jeune fille interviewée par l'auteure dit que l'AIBO est plus facile que les animaux de compagnie à certains égards parce qu'elle peut l'éteindre, à la différence d'un "vrai" animal vivant.

Sherry Turkle appelle cela un « attachement sans responsabilité ». Selon elle, s'habituer à ce type d'interaction peut être risqué dès lors qu'il influence nos rapports avec les autres personnes.

Bien sûr, il y a des nuances à faire. Les personnes n'interagissent pas de la même manière avec ces robots et ces interactions ne disent pas la même chose de notre façon d'agir avec les autres. À la fin du chapitre, l'auteure présente plusieurs exemples qui permettent de nuancer le propos.

Chapitre 4 — Enchantement

My Real Baby est une poupée robotique sortie en 2000. C'est un robot sociable légèrement plus avancé que le Furby. Il mûrit et devient plus indépendant. Sa "personnalité" est peu à peu façonnée par la façon dont il est traité par son propriétaire.

Sherry Turkle étudie les interactions entre My Real Baby et les enfants âgés de 5 à 14 ans. Elle remarque tout d'abord qu'ils voient les robots sous un jour positif, à la manière dont ils sont présentés dans les blockbusters hollywoodiens (R2D2 dans Star Wars ou Wall-e, par exemple).

L'auteure s'intéresse à la question de savoir si les enfants pensent que les robots pourraient, à l'avenir, prendre soin d'eux ou de leurs proches (enfants ou personnes âgées). Elle récolte des réponses — et des questions — intéressantes.

Certains se demandent concrètement si les robots ont de l'empathie pour eux. Selon Sherry Turkle, c'est une idée particulièrement courante chez ceux qui ont des parents absents. Un enfant nommé Kevin, âgé de 12 ans et particulièrement précoce, demande à l'auteure :

« Si les robots ne ressentent pas de douleur, comment pourraient-ils vous réconforter ? »

Mais d'autre part, Sherry Turkle remarque aussi que le comportement pragmatiste de bon nombre d'entre eux ne change pas : ils se satisfont de l'action simulée du robot et s'inquiètent seulement du fait qu'il pourrait tomber en panne.

Lorsqu'elle les interroge sur l'utilisation des robots pour aider leurs grands-parents, certains enfants affirment qu'ils pourraient être utilisés pour intervenir en cas de problème (chute, mort, etc.) ou de les aider à se sentir moins seuls. Mais certains enfants craignent aussi que leurs grands-parents en viennent à aimer le robot plus qu'eux !

Sherry Turkle termine ce chapitre par deux autres illustrations intéressantes.

Elle donne d'abord l'exemple de Callie, une jeune fille de 10 ans qui a une relation forte avec son jouet My Real Baby. Comme son père est souvent absent, la présence du robot la réconforte et lui fait "se sentir plus aimée". Investie d'un sentiment de responsabilité, elle se considère même comme la mère du bébé.

Tucker, un enfant de sept ans, est atteint d'une maladie grave. Il utilise AIBO pour exprimer ses sentiments sur la mort, sur son corps et sa propre peur de mourir. Il compare AIBO à son chien, mais considère que l'AIBO "fait mieux". Selon Sherry Turkle, il identifie le robot à « un être qui peut résister à la mort par la technologie ».

Chapitre 5 — Complicités

Sherry Turkle fait la découverte du robot Cog pour la première fois en 1994, au MIT. Cog est un robot assez évolué qui apprend de son environnement et cherche à créer du lien social.

Lors de nouvelles expériences avec des enfants, Sherry Turkle présente deux robots — Cog et Kismet (un autre robot "sociable") — à un groupe d'enfants. Ceux-ci, naturellement curieux, interagissent avec les robots et cherchent à faire connaissance.

Ils essaient de plaire aux robots et se font les complices de l'effort des concepteurs pour rendre les robots plus humains qu'ils ne le sont vraiment. Ils parlent et ils dansent avec eux ; bref, ils cherchent à attirer leur attention et à créer du lien social.

Même lorsque les concepteurs expliquent à certains enfants le mécanisme qui se cache derrière ces robots, ou bien lorsque ceux-ci tombent en panne, les élèves interrogés continuent de trouver des justifications et des explications pour conserver cet aspect "vivant".

Pour aller plus loin, Sherry Turkle raconte notamment l'histoire d'une petite fille de 11 ans qui, en raison de ses origines indiennes, a quelques difficultés à s'intégrer dans le groupe.

Elle n'aime pas la façon dont les filles qu'elle fréquente font semblant d'être ses amies, puis se moquent de son accent. Par contraste, elle aime la "fiabilité" de Cog. Selon Sherry Turkle, la petite fille s'assure ainsi d'être aimée, sans risquer le rejet d'autrui.

Une autre petite fille, à l'inverse, considère que c'est de sa faute si le robot ne parle pas suffisamment. Elle se demande pourquoi il n'est pas très bavard et s'en impute la responsabilité. Ici, c'est un sentiment d'échec qui est fabriqué par la relation avec la machine.

L'auteure donne de nombreux autres exemples très parlants. À chaque fois, elle pose la question du sens de créer des robots sociables. Quelles sont les implications éthiques de ce type de technologie et sommes-nous capables de les assumer ?

"Voulons-nous vraiment être dans le business de la fabrication d'amis qui ne pourront jamais être des amis ?" (Seuls ensemble, Chapitre 5)

L'amitié avec les robots ne pourra jamais être réciproque. Ce sera toujours une projection de nos propres sentiments sur un être finalement indifférent. Autrement dit, l'amitié véritable nécessite l'altérité.

Chapitre 6 — L'amour au chômage

Connaissez-vous Paro ? C'est un robot thérapeutique introduit dans certaines cliniques à partir du printemps 2009. Sa cible : les personnes âgées et, avant tout, les résidents des maisons de retraite. C'est l'occasion, pour Sherry Turkle, de revenir sur ses réflexions et ses observations auprès de ce groupe d'individus.

Sherry Turkle raconte d'abord les expériences qu'elle a menées avec My Real Baby. Elle explique que le robot est bien accepté, même si, de façon générale, elle remarque que les personnes âgées cherchent surtout à interagir avec les personnes humaines réelles qui organisent l'étude ou prodiguent les soins.

L'auteure raconte ensuite son incursion auprès des chercheurs en robotique. En 2005, elle assiste à un symposium intitulé « Caring Machines [machines de soin] : l'intelligence artificielle dans les soins aux personnes âgées ». Elle questionne notamment les participants au sujet du titre du symposium lui-même : veut-on vraiment que les machines prennent soin de nos ainés ?

Selon elle, prendre soin est ce qu'elle nomme "le travail de l'amour". Il s'agit avant tout d'une activité fondamentalement humaine.

Plus tard, toutefois, elle parle avec Tim, un homme d'âge moyen qui affirme que le robot Paro améliore la vie de sa mère. Celle-ci, selon lui, semble plus vivante grâce à la compagnie du robot. Mais est-elle pour autant moins seule qu'auparavant ? Telle est l'inquiétude de l'auteure.

Voici quelques autres exemples donnés par Sherry Turkle :

Une personne âgée nommée Andy devient très attachée à un My Real Baby et en vient à lui parler comme à son ex-femme.

Johnathan, un autre résident, ancien ingénieur, est plus terre-à-terre. Il démonte My Real Baby et trouve une puce informatique dont il ignore la composition.

Une femme âgée nommée Edna préfère le jouet à sa véritable arrière-petite-fille de 2 ans parce qu'elle peut jouer avec elle sans aucun risque. Le robot la détend.

Les robots comme Paro ou encore Nursebot (un autre robot de ce genre) commencent à intégrer les maisons de repos. Ils peuvent aider dans certaines tâches, comme la prise de médicaments. Mais nous devons faire attention aux conséquences inattendues de ces technologies sur les liens sociaux et, en particulier, sur la façon dont nous prodiguons l'amour et les soins.

Chapitre 7 — Communion

Sherry Turkle relate une série d''études visant à tester les compétences du robot Kismet dans la conversation entre adultes. Rich, jeune homme de vingt-six ans, participe à cette expérience.

Il commence par activer ce que l'auteure a appelé dès le premier chapitre "l'effet ELIZA". C'est-à-dire qu'il cherche activement à faciliter la relation avec le robot afin de créer l'illusion de son caractère "vivant". Peu à peu, un rapport se crée et Rich se prend au jeu — au point d'oublier que le lien est factice !

Avec Domo, une version améliorée de Kismet pensée pour l'aide ménagère, les effets sont semblables. Selon son concepteur, peu importe de savoir que le robot n'as pas de sentiments ; ce qui compte, c'est ce que nous ressentons lorsqu'un robot, par exemple, nous tient la main.

Mais Sherry Turkle n'est pas d'accord avec ce point de vue. Elle considère que, derrière ce "fantasme de communion", se cache en réalité "l'indifférence ultime" du robot. Et que cette indifférence n'est pas sans conséquences.

Selon le psychologue Clifford Nass, les personnes tendent à éviter les conflits ou à blesser les "sentiments" de l'ordinateur, même s'ils savent, au fond d'eux, que l'ordinateur n'en a pas. C'est toute la thématique de l'"informatique affective", une discipline inventée par Rosalind Picart dont parle l'auteure à la fin de ce chapitre.

Deuxième partie — En réseau : dans l'intimité, de nouvelles solitudes

Chapitre 8 — Toujours connectés

Sherry Turkle se souvient d'un groupe de personnes surnommées « les cyborgs » au MIT, dans les années 90. "Errant dans et hors du réel physique", ils étaient les premiers passionnés des jeux en ligne.

Leur attachement à l'espace virtuel semblait bizarre et marginal dans ces années-là. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? L'auteure souligne que beaucoup d'entre nous vivent comme cela désormais, que ce soit par le biais des réseaux sociaux ou des jeux en ligne comme Second Life.

Pour Sherry Turkle, notre vrai moi, notre moi physique, se confond peu à peu avec notre moi virtuel. Ou, à tout le moins, l'un et l'autre se transforment mutuellement. La psychologue-anthropologue prend plusieurs exemples tirés de ses recherches plus récentes.

En voici un. Pete est un homme d'âge moyen qui vit un mariage malheureux. Mais il a une femme virtuelle dans Second Life. Selon lui, cette relation en ligne aide effectivement son mariage dans la vie réelle à perdurer.

Pourquoi ? Car elle lui donne un exutoire. Dans le jeu, il peut aborder des sujets que sa femme refuse d'entendre. Les moments où il se sent le plus "lui-même", c'est dans le jeu, dit-il encore.

Sherry Turkle s'intéresse aussi au multitâche et à ses implications. Elle rappelle des études ayant montré les effets plutôt négatifs, en terme d'efficacité d'apprentissage, notamment, de ce mode de travail.

Par ailleurs, l'auteure remarque que la patience des gens diminue à mesure que les technologies de communication nous offrent des services toujours plus rapides. Les nuances se perdent aussi. Dans un monde où les réponses instantanées deviennent la norme, il faut faire court et direct.

Sherry Turkle voit ainsi une « symétrie effrayante » émerger : à mesure que les robots sont promus au rang d'être (quasi-) vivants, les personnes qui communiquent en ligne sont rétrogradées au stade de « machines maximisantes », sommées d'être toujours plus efficaces.

Finalement, Sherry Turkle observe un lien fort entre la robotique et les réseaux sociaux. Nous sommes profondément séduits par les deux technologies.

Les robots sociaux attirent les utilisateurs avec leurs besoins artificiels et créent une réponse positive chez les utilisateurs, qui se mettent à "jouer le jeu".

Les réseaux sociaux exigent de nous un engagement de plus en plus intense. Nous nous sentons obligés, ici aussi, d'entrer dans le jeu et de répondre le plus rapidement possible aux notifications et aux messages qui nous sont envoyés.

Chapitre 9 — Grandir constamment reliés

Depuis l'apparition des smartphones, de nombreux adolescents (et adultes) sont "scotchés" à leurs écrans. Quitte, parfois, à les utiliser lorsqu'ils conduisent ou quand ils savent que cela est dangereux.

La génération native d'Internet pense que la connexion via les réseaux sociaux est quelque chose d'acquis, de déjà-là et de premier. Mais, selon l'auteure, cette attitude peut nuire à l'auto-réflexion, qui passe par l'intimité et la solitude.

Par ailleurs, le médium lui-même, à savoir la forme des messages que nous envoyons, encadre la façon dont nous pensons et réagissons. L'auteure craint que le caractère rapide, court et direct des messages déposés sur les réseaux sociaux empêche les adolescents d'exprimer et de ressentir complètement leurs sentiments.

Aujourd'hui, une étudiante qui envoie des messages 15 fois par jour n'est pas considérée comme "anormale". Mais pensez-y. Était-ce ainsi il y a dix ans ? Pas du tout. À cette époque, vous auriez sans doute trouvé cela "bizarre". Les codes sociaux et culturels changent.

Sherry Turkle utilise de nombreux entretiens qu'elle a elle-même réalisés afin de montrer comment les jeunes se "créent des identités" en ligne et comment celles-ci peuvent causer des troubles intérieurs ou participer à réparer (partiellement ou artificiellement) des blessures dans la vie réelle.

Trish, par exemple, est une jeune fille de 13 ans qui est maltraitée physiquement. Dans les Sims Online, elle se crée une famille respectueuse et aimante.

Katherine, 16 ans, expérimente diverses personnalités dans ce même jeu.

Mona et un autre lycéen s'inquiètent de la relation de conséquence entre la création de leur profil sur Facebook et les opportunités qu'ils peuvent avoir dans la vie réelle. Leur profil virtuel peut avoir des conséquences importantes sur leur bien-être et leur avenir.

Sherry Turkle montre qu'un certain nombre d'étudiants sont fatigués de cet "audit" constant et de cette simplification de soi-même qu'implique l'univers des réseaux sociaux.

En résumé :

« Les réseaux sociaux nous demandent de nous représenter sur un mode très simplifié. Et devant notre public, nous nous sentons ensuite tenus de nous conformer à ces représentations simplificatrices. » (Seuls ensemble, Chapitre 9)

Chapitre 10 — Plus la peine de passer un coup de fil

Dans ce chapitre, Sherry Turkle continue son investigation sur les réseaux sociaux et la communication en ligne de façon plus générale.

Elle donne l'exemple d'Elaine, 17 ans, qui préfère envoyer des textos plutôt qu'appeler. Pourquoi ? Car cela lui donne le temps de construire ses pensées sans pression et souvent pendant qu'elle est seule. Ici, le message écrit peut aider la réflexion.

Audrey, 16 ans, est quant à elle timide. Elle préfère envoyer des textos, plutôt que de parler. Mais c'est surtout parce qu'elle n'aime pas mettre fin aux appels. Ses parents sont divorcés et ses frères sont souvent occupés ; dès lors, elle ressent chaque fin d'appel comme un rejet. Avec les textos, c'est plus simple, dit-elle.

Cela dit, elle avoue que, lorsqu'elle a déménagé, elle aurait aimé dire au revoir à l'un de ses amis par téléphone ou en personne, plutôt que par message écrit.

D'ailleurs, les adolescents ne sont pas les seuls à préférer les textos. L'auteure cite une femme adulte qui cherche à convertir son mari à ce mode de communication. Lui qui préfère téléphoner se voit contraint d'écrire afin d'être "plus efficace".

Sherry Turkle utilise de nombreux autres exemples en relation aux textos. À chaque fois, elle montre bien l'ambiguïté de ce médium. En effet, celui-ci peut aider à l'expression. Mais il contraint également énormément les échanges.

Et — comme nous avons toujours le mobile à côté de nous — il ne permet plus que rarement les moments de solitude et de remise en question.

Chapitre 11 — Réduction et trahison

Sherry Turkle se prête ici au jeu et crée un personnage de Second Life nommé Rachel. Elle affirme que "quand nous jouons à recréer notre vie via un avatar, nous exprimons nos espoirs, nos forces et nos fragilités".

À nouveau, l'auteure n'est pas contre la technologie. Elle reconnaît même qu'un tel « jeu » peut avoir des effets thérapeutiques ou éducatifs sur la vie réelle d'une personne.

Les psychologues distinguent deux processus mentaux que Sherry Turkle propose d'utiliser pour penser les formes de vie en ligne :

Le « retour du refoulé » ;

Le « travail sur les problèmes ».

Le « retour du refoulé » désigne ici le fait de rester bloqué au sein des mêmes conflits intérieurs, sans pouvoir avancer et trouver une solution. Votre présence en ligne ne vous aide pas à grandir, mais plutôt à vous cacher.

Par contraste, en « travaillant sur les problèmes », vous utilisez l'univers virtuel pour explorer de nouveaux comportement et mettre un terme à vos soucis.

Par exemple, Joel, un programmeur informatique à succès, utilise Second Life pour « explorer son potentiel d'artiste et de leader ». Son avatar est un éléphant miniature nommé Rashi qui organise et construit de grands projets artistiques et bâtiments dans le jeu et qui est respecté pour cela.

La vie en ligne de Joel "rejaillit" de façon positive sur sa vie hors ligne.

En revanche, Adam a plutôt tendance à s'enfermer dans le virtuel et à "laisser tomber" sa vie réelle. Il est insatisfait de sa vie hors ligne et en particulier de son travail. Mais il aime sa vie virtuelle dans Quake, un jeu de tir à la première personne auquel il joue seul ou avec des amis. Il aime aussi Civilization, un jeu dans lequel il peut construire des univers entiers.

« Tel est le secret de la simulation : elle offre l'exaltation de la créativité sans la pression, l'excitation de l'exploration sans le risque. » (Seuls ensemble, Chapitre 11)

Cette caractéristique peut être mise à profit pour évoluer dans la vie, ou simplement nous divertir. Mais elle peut aussi susciter des phénomènes d'addiction et la perte des repères avec le monde réel.

Chapitre 12 — De vraies confessions

Sur un site appelé PostSecret, les gens envoient des cartes postales manuscrites confessant quelque chose, et ces confessions de cartes postales sont ensuite mises en ligne. Il existe plusieurs sites de ce genre où l'idée est, à chaque fois, de faire part aux autres internautes de ses questionnements les plus intimes.

Sherry Turkle remarque qu'il est plus facile de se confesser de cette façon. En effet, nous pouvons rester plus évasifs et nous nous dévoilons sous couvert d'anonymat. Mais c'est aussi moins efficace, car nous ne confrontons pas à une relation directe (avec un ami ou un membre de la famille, par exemple).

En fait, ces confessions en ligne sont, dans un sens, semblables à ces compagnons robots analysés dans la première partie. Comme avec eux, nous n'avons plus à traiter avec de vraies personnes ; nous pouvons juste nous satisfaire de faire "comme si" nous nous excusions vraiment, ou comme si nous réparions vraiment nos erreurs.

Par ailleurs, confesser ses problèmes en ligne augmente le nombre de réponses auxquelles nous pouvons nous attendre. Or, ce ne sont pas toujours des réponses bienveillantes ou justifiées, loin de là. La "cruauté" des internautes peut rendre l'expérience vraiment pénible.

Enfin, ces messages peuvent avoir pour effet de limiter l'empathie de ceux qui les lisent. Nous doutons de l'aspect "réel" et sincère de la confession. Et comme nous estimons qu'il pourrait s'agir d'une "performance", nous nous lassons des messages.

Chapitre 13 — Angoisses

Autre phénomène analysé par Sherry Turkle : le stress et l'anxiété. L'anxiété est monnaie courante à l'ère du numérique. Nous avons peur de manquer une information ou un bon plan (le fameux FOMO pour fear of missing out) et nous avons le sentiment simultané que tout est disponible et de devoir toujours être accessible.

Pour l'auteure, c'est d'ailleurs à partir des attentats du 11 septembre que les mobiles sont devenus "des symboles de sécurité physique et émotionnelle". En l'ayant toujours avec nous, nous nous sentons davantage protégés. Même si ceux-ci nous stressent aussi d'un autre côté.

À la fin du chapitre, Sherry Turkle aborde la question délicate du harcèlement sur Facebook et celle de la surveillance généralisée qu'impliquent les réseaux sociaux. Elle rappelle l'importance cruciale de la vie privée pour la démocratie.

Chapitre 14 — La nostalgie des jeunes

Finalement, Sherry Turkle note que de nombreux jeunes aspirent à une connexion plus profonde et en face à face. Ils se sentent enfermés dans le cercle vicieux créé par la technologie numérique. Envoyer des textos, par exemple, crée « une promesse qui génère sa propre demande ».

La promesse est que vous pouvez envoyer un SMS et demander à un ami de le recevoir en quelques secondes, ;

La demande est que l'ami soit obligé de répondre.

Robin, une jeune journaliste ambitieuse de 26 ans, se sent par exemple obligée de garder son BlackBerry avec elle à tout moment. Elle se sent même anxieuse et presque malade lorsqu'il n'est pas à bout de bras.

Pourquoi cet attachement si fort aux mobiles ? Parmi ses arguments, Sherry Turkle fait valoir que l'une des raisons pour lesquelles les enfants d'aujourd'hui souhaitent être connectés est qu'ils ont grandi en concurrence avec les téléphones pour attirer l'attention de leurs parents.

Conclusion — Des débats nécessaires

La psychologue et anthropologue démontre que les ordinateurs nous "utilisent" — et nous façonnent — autant que nous les façonnons. Nous inventons de nouvelles technologies pour nous aider à vivre et à travailler au quotidien, mais celles-ci nous transforment profondément !

L'un de ses amis et collègues handicapés, Richard, lui raconte comment il valorise l'aide que lui apportent les personnes humaines. Selon lui, un robot ne pourrait pas agir vis-à-vis de lui de cette façon. L'être humain, dit-il, surtout quand il est fragile, a besoin d'être raccroché à son histoire et à des liens concrets de fraternité. C'est ce qui lui donne sa dignité.

Non, la seule "performance du sentiment" ne suffit pas. Bien sûr, nous pouvons être tentés par cette solution, car nous contrôlons (ou pensons mieux contrôler) les rapports que nous entretenons avec les robots. Mais nous nous exposons moins à l'altérité.

Par ailleurs, nous risquons de ne plus supporter la solitude, pourtant essentielle à la création de nouvelles idées. Constamment aux prises avec cette performance du sentiment (aussi bien avec les robots qu'avec les autres virtuels), nous en oublions de nous retrouver avec nous-même pour nous poser ou réfléchir.

Au final, Sherry Turkle voit bien que certaines générations ressentent davantage le besoin de se mettre au vert et de concevoir d'autres formes de connectivité — c'est d'ailleurs tout l'objet du cyberminimalisme.

Que ce soit avec les robots ou les réseaux sociaux, nous pouvons créer des limites. Les robots, par exemple, peuvent très bien nous aider dans certaines tâches, mais nous ne devrions pas nous laisser avoir par l'illusion de l'amour robotique — dans le domaine des soins, surtout.

En somme, c'est à nous de reprendre le contrôle des usages acceptables et indésirables !

Épilogue — La lettre

Sherry Turkle raconte ici une anecdote personnelle. Elle envoie un texto à sa fille, qui prend une année sabbatique à Dublin avant l'université. Mais elle est insatisfaite : elle se souvient avec nostalgie des lettres qu'elle envoyait et recevait de sa propre mère alors qu'elle était à l'université.

Elle se rappelle que ces lettres étaient longues, sincères et pleines d'émotions. Bien qu'elle apprécie les échanges écrits et les visioconférences par Skype avec sa fille, quelque chose lui manque. Et elle remarque aussi que d'autres mères sont dans la même situation.

Alors, que faire ? Sherry Turkle évoque différentes méthodes pour « capturer la vie ». Il y a l'art et la science, bien sûr. Mais aussi la volonté, pour certaines personnes, d'archiver leur vie complète en écrivant des mémoires — ou en consignant chaque petit moment sur Instagram ou sur Facebook !

Pourtant, au quotidien, comment échanger de façon à la fois simple et plus profonde ? Sherry Turkle propose à sa fille de s'écrire des lettres, comme elle le faisait quand elle était elle-même plus jeune. Une correspondance à l'ancienne, pourquoi pas !

Conclusion sur "Seuls ensemble" de Sherry Turkle :

Ce qu'il faut retenir de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle :

Ce livre se lit presque comme un roman. Pourtant, il repose sur un nombre impressionnants d'études et d'expériences réalisées par l'auteure et ses collègues pendant plus de quatre décennies. Grâce à sa force narrative et sa rigueur scientifique, l'ouvrage est devenu un classique à la fois dans les universités et en dehors.

Ses deux champs d'expérimentation sont :

La conception et la commercialisation de robots domestiques et en particulier de robots sociaux (jouets, robots domestiques, de compagnie, de soin, etc.) ;

L'apparition, grâce à Internet, de mondes en ligne divers (jeux, réseaux sociaux, etc.) et d'une connexion accrue (via les messageries, les textos, etc.).

Elle remarque une similitude entre ces deux domaines. En effet, à chaque fois, les êtres humains, jeunes ou vieux, se prêtent au jeu de la simulation et en oublient qu'ils deviennent, à leur tour, les jouets de réactions préprogrammées.

Or, ce qui l'intéresse plus que tout, c'est de voir comment ces relations à sens unique affectent notre sens de l'intimité, de la solitude et des relations humaines.

Et sa contribution principale consiste à documenter avec précision les difficultés auxquelles nous sommes confrontés avec les technologies actuelles issues de la robotique et d'Internet. À savoir :

Le risque de se couper de l'altérité et de l'imprévisibilité ;

La tentation de préférer des émotions artificielles aux joies et aux peines concrètes ;

Le manque de solitude nécessaire à la constitution du soi et des relations humaines.

Pour autant, Sherry Turkle, qui est une fine psychologue et anthropologue, ne considère pas qu'il faille — comme on dit — jeter le bébé avec l'eau du bain. Selon elle, il existe des usages positifs de la robotique ainsi que des réseaux sociaux et des jeux en ligne. Mais ce n'est qu'en les pratiquant avec conscience et réflexion que nous pouvons en tirer le meilleur.

Points forts :

Un style personnel qui permet d'entrer dans l'étude comme s'il s'agissait d'un roman ;

De très, très, très nombreux exemples issus de toutes ses études de terrain et entretiens ;

Un effort théorique solide ;

Une bibliographie et des annexes intéressantes.

Point faible :

C'est un livre peu ardu, mais qui en vaut la peine.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 21 Nov 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12977/Seuls-ensemble
Belle et bien dans son âge http://www.olivier-roland.fr/items/view/12962/Belle-et-bien-dans-son-ge

Résumé de "Belle et bien dans son âge. Ma méthode pour prendre de l’âge sans vieillir" de Natacha Dzikowski : ce guide pratique et motivant partage des conseils concrets de beauté, santé et bien-être mental ainsi que des expériences inspirantes pour nous aider à assumer notre âge avec optimisme et à traverser la cinquantaine en restant belles, rayonnantes et épanouies.

Par Natacha Dzikowski, 2021, 256 pages.

Chronique et résumé de "Belle et bien dans son âge. Ma méthode pour prendre de l’âge sans vieillir" de Natacha Dzikowski

Début – Préambule

Le cap de la cinquantaine : une période charnière

En préambule de son livre "Belle et bien dans son âge", l'auteure, Natacha Dzikowski, souligne que la cinquantaine est une période charnière dans la vie des femmes.

"Prendre de l’âge, pour moi, c’est avancer dans la vie, accumuler des expériences, mûrir".

C’est, poursuit-elle, "une opportunité de s’alléger, se désencombrer de tous les faux-semblants avec lesquels nous avons longtemps vécu", "accepter de sortir de sa zone de confort pour aller vers le changement" et "développer de la souplesse, se départir des croyances erronées, se délester de nos vieilles structures, créer de l'ouverture, se donner de l’espace et préparer un terrain nouveau."

Car "c'est avec l’âge que l’on peut décider d’abandonner qui nous croyons devoir être pour devenir ce que nous sommes vraiment. C’est un moment charnière."

Natacha Dzikowski observe que ce cap peut être source d'inquiétude, notamment à cause des changements physiques liés au vieillissement. Cependant, affirme-t-elle, il est possible de rester belle et en bonne santé après 50 ans.

Affronter les défis de la cinquantaine avec confiance

L'auteure note que de nombreuses femmes sont angoissées face aux rides, à la ménopause ou à la prise de poids à cet âge. Pourtant, elle insiste sur le fait qu’elles ne devraient pas le vivre comme une fatalité. Au contraire, elle considère la cinquantaine comme l'occasion de prendre un nouveau départ.

Natacha Dzikowski explique alors que son livre a pour objectif d'aider les femmes à assumer sereinement cette étape de vie. Grâce à des conseils pratiques sur l'alimentation, l'activité physique et la gestion du stress, elle promet à ses lectrices qu'elles pourront rester belles, rayonnantes et en pleine forme.

"Je suis convaincue qu’on peut prendre de l’âge sans vieillir, que notre âge civil et notre âge biologique ne sont pas forcément corrélés. Nous pouvons agir sur notre âge biologique grâce à notre hygiène de vie globale et à une gestion proactive de notre santé. Il y a une grande règle d’or à garder en mémoire toujours qui est qu’il faut aider son corps pour qu’il nous aide en retour. Le meilleur moyen pour ça est de devenir une experte de soi-même, la coautrice de sa santé et de son bien-être, tant physique qu’émotionnel."

Introduction | L’âge dans tous ses états

Bien vivre dans son âge

Natacha Dzikowski introduit le sujet de son livre "Belle et bien dans son âge" en soulignant que l'âge n'est pas synonyme de vieillesse et qu'il est possible de rester jeune malgré les années qui passent. Elle affirme que la jeunesse est avant tout une énergie et une façon de se comporter plutôt qu'un état.

Aussi, selon l'auteure, bien vivre dans son âge c'est l'habiter et l'aimer comme sa propre maison : "à partir de 50 ans, l’âge c’est un peu comme une maison de campagne, on la veut d’abord pour soi, pour y être bien avec ses amis et ses proches" écrit-elle.

L’âge n’est pas une faute

L'auteure dénonce l'âgisme, cette idéologie négative sur l'âge, comme source de frustration et de manque de confiance en soi.

"Dans mon monde idéal, l’âge ne devrait plus être un sujet, juste un fait qui n’entraînerait pas plus de conséquences que d’être brune, blonde ou rousse."

Aussi, Natacha Dzikowski appelle les femmes à ne plus s'interdire des choses au nom de leur âge :

"Ce qui nous importe en vrai, c’est l’âge que l’on ressent et non celui que les autres nous renvoient avec en prime leurs peurs accrochées à leur flan. Bannissons de notre vocabulaire des phrases du type : "Je ne peux pas m’habiller comme ça, ce n’est plus de mon âge." Au nom de quoi et de qui les vêtements seraient-ils rangés par âge ? Ça me peine quand j’entends ce type de phrases, à propos d’habillement, mais aussi de coiffure, de chaussures, de style de vie… car je sens que la personne qui la prononce s’interdit quelque chose qui lui ferait plaisir au nom d’un regard collectif qui fixerait la norme de ce qui est acceptable selon l’âge."

Faire de notre âge un droit

L’auteure de "Belle et bien dans son âge" clôt son introduction en invitant les lectrices à devenir les héroïnes de leur âge. Elle dit proposer ce livre pratique pour aider les quadras, quinquas et plus à conserver un corps en bonne santé et un mental d'acier.

Chapitre 1 : Le cap des 50 ans

Natacha Dzikowski introduit le premier chapitre de "Belle et bien dans son âge" en soulignant que l'approche de la cinquantaine est un cap, un moment "pivot" dans la vie d’une femme.

En effet, cette dernière se sent souvent dans une position inconfortable : "c’est une dizaine qu’on n’a pas très envie de voir arriver, même chez celles qui n’ont pas le nez collé à leur âge : 50 ans, ça fait quelque chose" note l’auteure. Et ce, souvent, à cause des changements physiques liés à l'âge et à l'image négative véhiculée par la société sur la cinquantaine.

1.1 - Tout va bien et pourtant...

Natacha Dzikowski décrit ici ce sentiment de malaise qui peut accompagner l'approche de la cinquantaine. Malgré une situation où, a priori, tout va bien, de petits signes trahissent en réalité le temps qui passe : la peau qui vieillit, des kilos en trop, une énergie en dents de scie, le regard des autres qui change.

L’auteure explique alors que ce mal-être est lié à la peur de vieillir et, au fond, tout ce qu’on ne veut pas :

"Les mots en "-ior" et les cases toutes faites dans lesquelles on n’a pas envie d’entrer, nos parents qui vieillissent, les enfants qui n’en sont plus, les questions qu’on se pose, le boulot qu’on questionne, le sens que l’on cherche avec plus d’avidité probablement… Toutes ces petites horloges jalonnent nosjournées. […] Jour après jour, on sent la pression qui monte et le malaise qui s’installe."

Ainsi, la cinquantaine marque une transition, avec son lot de questions existentielles. On remet en cause ses habitudes, son travail, le sens de sa vie.

Toutefois, si ce moment peut être déstabilisant, il est bien normal, assure Natacha Dzikowski. C'est l'étape de la "transition du milieu de vie". L'auteure confie avoir elle-même traversé cette période difficile avant de s'en libérer.

Elle nous incite alors à lâcher nos "masques", ces personnages que nous nous sommes forgés, pour accueillir de nouvelles parts de nous-mêmes.

Elle conclut en soulignant les difficultés des seniors à conserver un emploi, mais appelle à ne jamais renoncer et à continuer de croire en ses rêves, quel que soit son âge.

1.2 - La ménopause, oh non, pas elle !

  • Qu’est-ce que la ménopause ?

Natacha Dzikowski aborde ensuite le sujet délicat de la ménopause. Ce sujet est encore souvent tabou et source d'appréhension chez les femmes. Elle explique que cette étape peut être vécue de manière positive si on la prépare et qu'on accepte la transformation de son corps.

Elle souligne que "la ménopause n'est pas une maladie" ni un signe de vieillissement. C'est juste une adaptation naturelle à un changement hormonal.

C’est une transformation, pas une dégradation :

"La ménopause est un mécanisme biologique par lequel les règles disparaissent naturellement et la fonction ovarienne s’arrête définitivement. Ménopause veut donc dire fin des cycles menstruels. À la naissance, les ovaires disposent d’un stock défini de follicules contenant des ovules. À la puberté, le signal de départ du mécanisme d’ovulation est lancé et quand le stock de follicules est épuisé, c’est la ménopause. Simple, non ?"

Et cette transformation n’arrive pas d’un seul coup :

"Elle est précédée d’une période plus ou moins longue, entre 45 et 55 ans, où les cycles se dérèglent, entraînant une série d’effets secondaires plus ou moins présents. Les premiers symptômes commencent en général vers 47 ans avec un âge moyen de la ménopause à 51 ans. Entre 50 et 54 ans, 80 % des femmes sont ménopausées, chacune à leur manière, tellement nous vivons différemment les symptômes collatéraux de cet ajustement hormonal."

Pourtant, constate-elle, la peur de ne plus être désirable et les discours anxiogènes sur les "risques" de la ménopause rendent les femmes inquiètes.

  • Comment reconnaît-on la ménopause ?

L’auteure de "Belle et bien dans son âge" partage des conseils pour :

Identifier les premiers symptômes de la ménopause (comme les bouffées de chaleur par exemple).

Mieux comprendre son corps durant cette période.

Devenir actrice de sa santé.

Elle insiste sur le fait qu'il ne faut pas dramatiser cette période de fragilité temporaire mais au contraire la voir comme une opportunité de se renouveler.

En somme, pour Natacha Dzikowski, toutes les femmes peuvent traverser sereinement la ménopause si elles anticipent les changements et adoptent les bons réflexes d'hygiène de vie :

"Non, à la ménopause, notre corps ne se dégrade pas si on en prend soin, si on l’aide à s’adapter à la nouvelle donne hormonale et aux changements de notre métabolisme."

Selon elle :

"Plus tôt on adopte une hygiène de vie adéquate, plus vite on arrive à gérer les effets collatéraux dès la périménopause. Plus vite on atteint notre équilibre métabolique, moins on subit de déséquilibres en chaîne."

Ainsi, ces périodes de périménopause et de ménopause se préparent. Elles s’anticipent "exactement comme certaines femmes calculent le bon moment pour une grossesse dans leur carrière".

1.3 - Passer le cap tête haute, choisir sa vie !

  • 50 ans : le bon moment pour oser

La cinquantaine, poursuit l’auteure, marque une transition dans la vie des femmes. C'est le moment de faire le point sur soi-même, ses envies, son travail, ses relations.

Aussi, pour Natacha Dzikowski, il ne faut pas avoir peur du changement. Au contraire, c'est le bon moment pour oser, lance l’auteure : changer de vie, de métier, d'apparence, de ville… 50 ans peut être un nouveau départ pour nous : nous devenons moins dépendante du regard des autres et pouvons alors décider de vivre pour nous.

  • La cinquantaine : se créer une nouvelle féminité

La ménopause signe aussi la fin d'une période de fécondité. L'auteure de "Belle et bien dans son âge" nous suggère de nous créer une nouvelle féminité, loin des diktats de la société sur l'apparence des femmes :

"La féminité n’est pas linéaire, elle se sculpte à chaque étape de la vie. Adolescence et arrivée des règles qui signent le passage dans le clan du féminin, maternité qui exulte la puissance du féminin créateur et immortel, ménopause qui clôt la fertilité, mais pas le désir. C’est un moment de notre vie où nous nous sentons en transition avec une peur de perdre notre intégrité corporelle. Quand on commence à perdre la finesse de sa taille, le fuselage de ses bras et de ses cuisses, quand on sent que son ventre est de moins en moins plat, on ne peut pas s’empêcher d’avoir peur de perdre son corps, ses contours, sa consistance, sa maîtrise de soi."

Elle poursuit :

"C’est aussi un moment où nous devons revoir tout notre calendrier intime qui était rythmé par nos cycles. Pour certaines d’entre nous, se séparer de ses règles et de la possibilité d’enfanter revient à se séparer d’un processus vivant en nous. Faire le deuil de ses règles, c’est faire le deuil de toute une période pleine, pratiquement quarante ans de la vie qui s’envolent."

L’auteure raconte ici comment elle, a commencé à mieux prendre soin de son corps et de sa santé quand elle a eu 40 ans, dans le but d’aborder sereinement la cinquantaine. Elle partage ses rituels de sport, de méditation, d'alimentation saine, conseillant à chacune de trouver ce qui lui fait du bien.

1.4 - Passer à l’action, y croire

Natacha Dzikowski termine ce premier chapitre en insistant sur l'importance de la discipline pour prendre soin de soi après 50 ans. Car sans régularité, il est impossible de profiter des bienfaits du sport, de la méditation ou d'une alimentation saine, rappelle-t-elle.

Selon l’auteure de "Belle et bien dans son âge", cette discipline consiste simplement à mettre en place des rituels agréables pour soi, pas des contraintes. Et puis, en transformant une activité en habitude, on finit par la trouver naturelle.

Ce sont d’ailleurs ces astuces - pour rester en forme malgré l'âge et apprivoiser les changements - qu’elle nous propose de découvrir dans les prochains chapitres de "Belle et bien dans son âge"

L'auteure souligne enfin que les hommes ne sont pas épargnés par les changements hormonaux de la cinquantaine. Elle explique que cette sorte de "ménopause masculine" est appelée l’andropause et développe ses effets.

Chapitre 2 : Faire équipe avec son corps

Le chapitre 2 de "Belle et bien dans son âge" montre combien comprendre et prendre soin de son corps est la clé de la longévité.

On y apprend que le corps possède des capacités innées d'autodéfense qu'il faut écouter et respecter, et qu’il est notre meilleur allié dans la vie. L’auteure y relate aussi des exemples personnels sur les bienfaits de l'activité physique et d'une alimentation saine.

2.1 - De quoi notre corps a-t-il besoin ?

Natacha Dzikowski commence par nous faire observer que le corps a des besoins simples et vitaux : respirer, boire, manger sainement, éliminer, faire du sport et se reposer. Et que respecter ces besoins est ce qui permet de conserver son énergie et sa vitalité.

Elle détaille le fonctionnement du métabolisme, processus essentiel de gestion de l'énergie dans l'organisme. Celui-ci fait intervenir le catabolisme et l’anabolisme. Le métabolisme de base diminue avec l'âge mais peut être stimulé par l'activité physique, souligne-t-elle.

Ce chapitre parle ensuite de l'importance de respecter les rythmes biologiques (chronobiologie) dictés par notre horloge interne.

Les 3 grandes phases d'une journée y sont décrites :

L’assimilation de 12 h à 20 h,

La régénération de 20 h à 4 h du matin,

L’élimination de 4h à 12h.

Pour l’auteure de "Belle et bien dans son âge", il est essentiel de dîner tôt et léger. Ceci dans le but de ne pas perturber la phase cruciale de détoxination nocturne.

Ainsi, en respectant la chronobiologie, on aide son corps à rester en bonne santé.

2.2 - Qu’est-ce qui fait vieillir prématurément notre corps ?

Natacha Dzikowski nous met ici en garde contre deux facteurs de vieillissement prématuré : l'excès d'acidité et le sucre.

Elle présente d’abord le fonctionnement de l'équilibre acido-basique dans le corps et l'importance du pH. Un pH trop acide, souligne-t-elle, notamment à cause d'une alimentation acidifiante, conduit à une fatigue cellulaire et à des problèmes comme l'ostéoporose.

Puis, l’auteure donne des conseils pour ajuster son alimentation et atteindre le bon ratio acide/alcalin.

Elle décrit aussi le rôle catastrophiquement néfaste du sucre qu’elle qualifie d’ennemi public n°1 de la santé, de la silhouette et de la belle peau. Le sucre, lance-t-elle, est une véritable drogue addictive qui provoque des pics d'insuline, un stockage des graisses, le développement des rides et des déséquilibres intestinaux.

À l’approche de la ménopause, le sucre est encore plus un danger. Le supprimer est "non négociable", assène l’auteure de "Belle et bien dans son âge". Un encart liste alors des astuces pour absorber moins de sucres.

2.3 - À la ménopause, que se passe-t-il dans notre corps ?

Natacha Dzikowski expose ensuite ce qui se passe dans le corps des femmes à l'approche de la ménopause, période charnière entre 40 et 50 ans.

Elle détaille le rôle capital des œstrogènes. Ceux-ci agissent sur l'humeur, la densité osseuse, la qualité de la peau et des cheveux ou encore la répartition des graisses.

  • Les fragilités à surveiller

Ainsi, avec la baisse des œstrogènes, le métabolisme est déstabilisé. D'où l'importance de surveiller diverses fragilités, à savoir :

Gynécologiques : après 45 ans, il est crucial de réaliser tous les ans un bilan complet (bilan sanguin, mammographie, échographies des seins et des ovaires, frottis).

Cardiaques : "les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de décès des femmes après 55 ans, devant tous les cancers" informe l’auteur, d’où l’importance de faire contrôler son cœur au moins tous les 5 ans.

Du poids : la prise de poids engendrés par le ralentissement du métabolisme et la perte de masse musculaire peut être contrôlée avec une petite discipline alimentaire et sportive.

Psychologiques : les bouleversements importants de cette période (corps qui change, image de soi brouillée, enfants qui quittent la maison, vieillissement de nos parents, questionnements professionnels, personnels…) nous rendent plus vulnérable. Natacha Dzikowski nous suggère de parler avec notre entourage, d’échanger, de nous faire aider par des professionnels pour retrouver confiance en nous.

  • Les stratégies gagnantes  à partir de 45 ans

L'auteure liste des conseils pour soulager les troubles typiques de la ménopause que sont les bouffées de chaleur, l’irritabilité, les insomnies, la sécheresse vaginale, la prise de poids.

Par exemple :

Pour les bouffées de chaleur, la première chose à faire, dit-elle, est d’éviter les excitants (épices, café, alcool). L’auteure met ici en garde contre les traitements hormonaux substitutifs, non dénués de risques, et partage les solutions naturelles qu'elle a expérimentées avec succès : homéopathie, acupuncture, sophrologie.

Pour les sautes d’humeur, la fatigue et le sommeil irrégulier, Natacha Dzikowski conseille de faire vérifier ses dosages en vitamines B.

Enfin, elle rappelle que l'alimentation et l'activité physique sont primordiales pour accompagner son corps dans cette transition, éviter la prise de poids et rester en bonne santé.

2.4 - Comment garder un corps au top de son énergie

Ici, il est question du rôle fondamental de l'intestin, notre "deuxième cerveau", dans notre vitalité et notre santé.

"L’intestin est un organe majeur de notre organisme. Pour bien le comprendre, il est important d’avoir à l’esprit une notion simple, mais essentielle et que nous oublions : nous sommes ce que nous digérons."

Natacha Dzikowski détaille plus précisément le fonctionnement du microbiote intestinal, élément clé de notre immunité qu'il faut préserver : "c’est le chef d’orchestre du corps" écrit-elle.

L’auteure montre comment la mise au repos périodique du système digestif via le jeûne ou la monodiète permet de le régénérer. Cela booste les défenses immunitaires, favorise l'élimination des toxines et protège la flore intestinale.

À ce propos, elle partage plusieurs conseils pratiques pour jeûner ou faire une monodiète au quotidien, à la semaine ou au mois. L'objectif étant de soulager ses intestins régulièrement pour rester en bonne santé.

2.5 - Aimer son corps, lui porter de l’attention au quotidien

  • Fuir le corps idéalisé

Pour Natacha Dzikowski, le rapport complexe que nous entretenons avec notre corps est souvent lié à une image idéalisée irréaliste que nous poursuivons en vain.

""Pas assez" devient un peu notre mantra quotidien. Pas assez svelte, pas assez mince, pas assez grande, pas assez… Rares sont les moments où on lui dit merci. Merci d’être là, en bonne santé ; d’être notre véhicule terrestre, notre compagnon de route fidèle ; de nous permettre de sentir et de ressentir toutes une palette d’émotions et de sensations. Merci d’être notre canal de connexion, notre canal d’ancrage."

  • La prise de conscience tardive de Natacha Dzikowski

L’auteure raconte, à ce sujet, comment elle a mis des années à accepter son physique et lâcher prise sur les diktats.

"J’ai passé un nombre incroyable d’années à chercher à être autrement. Je ne me trouvais jamais assez. (…) J’avais une garde-robe à plusieurs tailles et j’étais sous contrôle permanent, voyageant avec ma balance pour corriger immédiatement tout écart de poids. À l’époque, je suivais un régime draconien avec un acupuncteur que j’adorais, mais qui me terrorisait avec sa pesée quotidienne. Sa méthode marchait super bien. Je perdais du poids et je pouvais enfiler mes pantalons taille 36. Dès que je relâchais ma vigilance, je reprenais du poids et hop, je repartais pour une cure avec lui. Ça a duré assez longtemps, en fait. Et puis un jour, je me suis dit stop. Stop à cet archi-contrôle, à cet état d’alerte rouge tous les jours, toute l’année. Ce moment est arrivé autour de mes 40 ans."

Finalement, Natacha Dzikowski a appris à aimer son corps, et ce grâce au sport, aux massages, à la méditation, confie-t-elle.

Elle raconte comment elle s’est fait une raison sur le fait qu’elle ne pourrait jamais avoir le corps idéal de ses 25 ans et comment elle a, petit à petit, réinvesti son énergie positivement.

  • Comprendre ses besoins, s’accepter et retrouver l’estime de soi

Après avoir partagé son cheminement, l’auteure conseille aussi aux lectrices de renoncer aux régimes draconiens et à la quête de la perfection.

Le secret, selon elle, est ailleurs : il est de développer l'estime de soi.

Enfin, le chapitre 2 de "Belle et bien dans son âge" nous encourage à :

Devenir, chacune, experte de notre corps pour répondre à ses besoins, et non pour le malmener.

Accorder la priorité dans son emploi du temps aux activités qui nous ressourcent comme le yoga, l'écriture ou le sport : "si l’on veut que notre corps nous aide, nous devons l’aider aussi", lui donner ce dont il a besoin.

Cette partie du livre "Belle et bien dans son âge" parle aussi de l’EFT (Emotional Freedom Technique). Cette pratique psycho-énergétique de libération des émotions utilise les méridiens énergétiques chinois. C’est un outil qui aide à se libérer des émotions négatives en tapotant des points spécifiques d’acupuncture (tapping).

Finalement, le message de ce chapitre est le suivant : on peut apprendre à s'aimer soi-même, avec nos qualités et nos défauts. C'est la clé pour entretenir son énergie et sa vitalité, et vieillir sereinement.

Chapitre 3 : L’alimentation vertueuse

Le 3ème chapitre du livre "Belle et bien dans son âge" montre comment l'alimentation influence le vieillissement et la santé. Il souligne que manger pour des raisons émotionnelles détourne la nourriture de son rôle énergétique et entraîne une prise de poids.

3.1 - Pourquoi le surpoids est dangereux

Natacha Dzikowski commence par alerter sur les dangers du surpoids pour la santé, notamment après 50 ans où le métabolisme ralentit.

En effet, le surpoids accélère le vieillissement, dérègle les hormones et favorise les maladies.

  • Viser une meilleure hygiène alimentaire

L’auteure nous met en garde contre "la nourriture réconfort" : "la nourriture, c’est de l’énergie, pas un doudou émotionnel". Elle déconseille aussi les régimes, sources de frustration, et nous invite à mettre en place plutôt une hygiène alimentaire durable. Elle préconise l'IMC comme repère objectif et invite chacune à calculer son indice.

  • Éviter d’encrasser son corps

Cette partie de "Belle et bien dans son âge" explique que nous produisons des toxines en interne (toxines endogènes ou endotoxines) et que nous en ingérons aussi via notre alimentation (toxines exogènes ou exogènes ou xénobiotiques).

Ces toxines nuisent au bon fonctionnement de nos cellules. C’est pourquoi il est essentiel de les éliminer grâce aux organes filtres que sont le foie, les reins ou la peau. Sinon, elles s'accumulent et rendent malades.

L'auteure de "Belle et bien dans son âge" partage alors deux règles d’or pour éviter l'encrassement du corps :

Choisir des aliments peu toxiques,

Stimuler les organes d'élimination.

Elle conseille alors de bannir les produits industriels, transformés, raffinés, artificiels, grillés, fumés et riches en gluten. Et de privilégier les fruits et légumes crus (la "raw food") qui contiennent des fibres protectrices.

3.2 - Les 5 règles gagnantes pour avoir un corps naturellement sain et performant

L'auteure de "Belle et bien dans son âge" énonce 5 autres règles simples pour éliminer les toxines et garder un corps sain :

Boire suffisamment d'eau,

Consommer des fibres,

Pratiquer une activité physique régulière,

Bien respirer,

Dormir assez.

Natacha Dzikowski revient également sur le rôle de chaque organe - reins, intestins, peau, poumons - dans le processus naturel d'élimination. Elle suggère des habitudes faciles à adopter pour les stimuler : marcher, prendre les escaliers, méditer ou faire du yoga.

3.3 - Qu’est-ce qu’une alimentation saine, une alimentation longévité ?

L'auteure décrit le rôle de deux hormones essentielles dans l'organisme : l'insuline et le cortisol. L’insuline régule la glycémie et le stockage des graisses, le cortisol agit contre l'inflammation.

Mais leur déséquilibre, dû au sucre et au stress, provoque des dérèglements : diabète, prise de poids, affaiblissement du système immunitaire.

C’est pourquoi l'alimentation doit permettre de réguler ces hormones et éviter les états inflammatoires chroniques néfastes pour la santé.

3.4 – Les 8 piliers de l’alimentation longévité

Natacha Dzikowski termine le troisième chapitre de son livre "Belle et bien dans son âge" en détaillant les 8 piliers d'une alimentation saine et protectrice.

Manger moins et plus lentement : en restreignant nos apports caloriques et en prenant le temps de bien mastiquer, on favorise la satiété, on digère mieux et on évite la prise de poids.

Privilégier les aliments naturels et peu cuits : "plus la cuisson dure, plus on perd de substances nutritives", explique l’auteure. Elle recommande une cuisson douce, à la vapeur ou en papillote, pour préserver les nutriments.

Consommer beaucoup de fruits et légumes, essentiels grâce à leur concentration en vitamines, fibres, antioxydants. Ils protègent la santé et la beauté de la peau.

Préférer les aliments à indice glycémique bas, qui n'entraînent pas de pic d'insuline et de fatigue. "Ils sont les partenaires privilégiés des bonnes performances physiques et intellectuelles", souligne l'auteure.

Consommer des protéines, qui jouent un rôle central dans la reconstruction cellulaire. Il faut alterner protéines animales (viandes, poissons, œufs) et végétales (légumineuses, céréales) pour un bon équilibre.

Dire oui aux bonnes graisses insaturées, comme les oméga 3 et 6. Elles protègent les parois cellulaires et le système cardio-vasculaire.

Bannir totalement le sucre, responsable de rides, de fatigue, de dérèglements hormonaux et d'envies compulsives.

Bien répartir les aliments dans la journée selon le rythme chronobiologique naturel du corps, en respectant le principe du decrescendo alimentaire : petit-déjeuner copieux, déjeuner équilibré/ moyen, dîner léger.

L'alimentation influence directement le processus de vieillissement. En suivant ces quelques principes, on aide son corps à rester en bonne santé.

À la fin de ce chapitre, sont partagés une check-list, un "zoom" pour nous aider à gérer les écarts et un autre sur les vertus de l’œuf , la protéine par excellence.

Chapitre 4 : Doper son métabolisme et sa bonne santé

Dans le chapitre 4 de son livre "Belle et bien dans son âge", Natacha Dzikowski présente le corps comme un allié à long terme, capable de s'autoréparer.

Elle indique que, quand nous prenons soin de lui et que nous répondons à ses besoins, notre corps reste un compagnon fidèle, "pilier de nos performances quotidiennes, de notre vitalité, de notre envie de bouger, de faire, de découvrir". Il est donc de notre responsabilité de l'aider consciemment.

4.1 - Conserver un corps performant, dans lequel on se sent bien et qui nous plaise

Selon l'auteure de "Belle et bien dans son âge", le sport est indispensable pour conserver un corps performant et sain.

Pourquoi ? Parce que "le corps a besoin de mouvement" fait observer Natacha Dzikowski :

"Il [le corps] n’est pas fait pour être immobile ni sédentaire. (…) La sédentarité est le pire ennemi de la bonne santé et des bonnes performances de notre corps."

Le sport, en stimulant la circulation sanguine et lymphatique, oxygène les cellules et élimine les toxines. Il augmente aussi les hormones antistress, régule le sommeil et l'humeur. Il booste le métabolisme, ce qui permet de mieux contrôler son poids. Et en renforçant la masse musculaire, il ralentit le vieillissement.

Enfin, voir les résultats de ses efforts est très gratifiant. Cela renforce l'estime et la confiance en soi.

"Cela donne la sensation d’être aux commandes, […] en pleine possession de soi. Cette boucle effort-visibilité du résultat est extrêmement stimulante. Elle nous apprend l’automotivation, la persévérance dans l’effort, elle nous donne envie de nous regarder, de nous féliciter et cerise sur le gâteau, de nous étonner dans nos capacités à nous dépasser, à sortir de notre zone de confort. Se gratifier nous permet de nouer avec nous-mêmes une relation de confiance, de respect et d’amour. […] On sort du jugement pour entrer dans une collaboration, un partenariat. On apprend faire équipe avec soi."

4.2 – Quelle activité physique choisir ?

Natacha Dzikowski révèle ici le trio gagnant du sport.

En effet, selon elle, pour maximiser les bienfaits du sport, il faut pratiquer trois grandes activités :

La musculation, pour renforcer/ conserver ses muscles, réduire son excès de graisse ("plus on a de muscles, plus on brûle de calories"), retarder le relâchement de la peau, booster son métabolisme et sa densité osseuse. 

Le cardio-training, comme la course ou le vélo, pour affiner la silhouette, améliorer la santé cardio-vasculaire et respiratoire, prévenir agir sur le diabète, le cholestérol, agir positivement sur les vaisseaux sanguins, les os, les muscles et le mental.

Les étirements (stretching) via le yoga ou le Pilates, pour assouplir le corps et gérer le stress.

L’auteure détaille longuement toutes les vertus de ces disciplines : perte de poids, meilleure oxygénation des cellules, augmentation des hormones du bien-être, amélioration de l'humeur et du sommeil...

4.3 – Comment me remettre au sport ?

Natacha Dzikowski partage ici son expérience personnelle pour montrer qu'il n'est jamais trop tard pour se (re)mettre au sport.

Elle relate comment à 40 ans, souffrant de maux de dos, elle a commencé par le Pilates. Puis, comment elle y a ensuite ajouté le cardio-training et enfin la musculation pour un programme complet.

Selon elle, il est important de commencer progressivement, en douceur et de choisir des activités motivantes adaptées à chacune.

"Pour mettre toutes les chances de votre côté, donnez-vous des objectifs atteignables et raisonnables, qui soient compatibles avec votre emploi du temps et votre biorythme, que vous n’aurez aucune peine à tenir. Surtout, ne mettez pas la barre trop haut tout de suite. On ne peut pas décider de courir un marathon du jour au lendemain ! Commencez par planifier des séances réalistes et au bout de quelques semaines, ajustez en fonction de vos envies, de vos résultats. Chaque personne a sa recette."

Le fait d'avoir un coach ou de pratiquer en groupe rend aussi les choses plus faciles.

Puis, avec de la discipline, on finit par prendre goût au sport. Et les bienfaits sont nombreux : silhouette affinée, énergie décuplée, confiance en soi accrue. Le sport devient alors un plaisir. Il sculpte le corps et l'esprit !

À la fin de ce chapitre, l’auteure partage une check-list et un programme adapté pour nous donner envie de reprendre le sport à 50 ans.

Chapitre 5 : Entretenir sa peau et ses cheveux

Dans le 5ème chapitre de son ouvrage "Belle et bien dans son âge", Natacha Dzikowski présente la peau comme un organe vivant, protecteur et miroir de notre santé.

Elle nous montre en quoi celle-ci joue un rôle majeur dans notre organisme, en protégeant les autres organes des infections, des blessures et des rayons solaires nocifs : "c’est notre principale barrière immunologique" écrit l’auteure.

Dans ce chapitre, Natacha Dzikowski rappelle aussi que la nourriture, le soleil ou le tabac vieillissent prématurément la peau. Le but, souligne-t-elle, est donc de garder une peau lumineuse, lisse et sans imperfections.

5.1 – La peau a son propre rythme

"La peau est un organe vivant et non juste une surface. Ça veut dire que c’est un organe qui vit, se transforme, qui interagit avec notre organisme" explique Natacha Dzikowski.

De fait, la peau a sa propre chronobiologie : le jour, elle a besoin d'hydratation et de protection, la nuit, elle se régénère grâce à une microcirculation intense qui oxygène les cellules.

Ce chapitre nous apprend également comment fonctionne la peau sous l’influence des hormones, comment elle se renouvelle en un mois et que, pour qu'elle reste saine, nous devons la nourrir de l'intérieur avec des antioxydants et des vitamines A, E et C.

Plus globalement, l'alimentation et l'hydratation sont cruciales pour la peau. Et il est tout aussi important de respecter ses rythmes biologiques dans les soins quotidiens, informe l’auteure.

5.2 – Qu’est-ce qui accélère le vieillissement de la peau ?

"La peau, notre peau, est un organe essentiel. Notre interface avec le monde extérieur. Avoir une belle peau, c’est un peu notre Graal commun à tout âge, ce que nous recherchons toutes. Peu importe d’avoir quelques rides, elles font partie de la vie de notre visage. En revanche, une belle peau douce, lumineuse, dense, soyeuse, sans imperfections ni taches, oui nous en avons envie. Parce que la peau, c’est ce que nous voyons en premier de nous, c’est ce qui nous enveloppe et ce qui parle de nous, de notre état émotionnel souvent."

L'auteure de "Belle et bien dans son âge" rappelle que 80 % du vieillissement cutané est dû à des facteurs externes qui sont la pollution, le tabac et l’alimentation. Ces agressions épuisent les défenses antioxydantes de la peau.

Elle met aussi en évidence les changements liés à la ménopause : peau qui s'affine, pores qui se dilatent, déshydratation... En fait, la production de collagène et d'élastine ralentit, d'où l'apparition des rides. 

Pour lutter contre ce processus, l’auteure recommande donc de consommer des vitamines A, C et E aux vertus anti-âge. Et d'utiliser des actifs comme l'acide hyaluronique ou le rétinol.

L'hydratation et la protection solaire sont aussi primordiales.

5.3 – Les 4 gestes de la belle peau

Natacha Dzikowski partage les 4 gestes clés et incontournables pour entretenir sa peau après 50 ans.

Le double nettoyage, matin et soir, en deux étapes : une phase huileuse pour décoller toutes les impuretés, puis une phase aqueuse avec un gel nettoyant pour parfaire le nettoyage. Ce rituel quotidien permet de bien "débarrasser la peau afin qu'elle puisse respirer et se régénérer la nuit".

L'exfoliation, deux fois par semaine avec des gommages doux. En éliminant les cellules mortes, nous boostons la pénétration des soins, nous stimulons le renouvellement cellulaire et nous estompons rides, taches pigmentaires et pores apparents.

L'application d'une protection solaire et des antioxydants le jour, pour former un bouclier contre les agressions extérieures qui accélèrent le vieillissement cutané.

L'utilisation d'actifs réparateurs et d'huiles nourrissantes la nuit, moment où la peau est plus réceptive et met en place ses mécanismes de régénération.

En suivant ces quelques règles, la peau reste lumineuse et lisse plus longtemps.

5.4 – Nourrir sa peau de l’intérieur

Natacha Dzikowski rappelle que notre hygiène alimentaire influence la qualité de notre peau.

Elle recommande alors de manger des probiotiques, fruits, légumes et huiles riches en vitamines A, C et E. Et de bannir le sucre néfaste à la fermeté de l'épiderme.

5.5 – Médecine esthétique, y aller ou pas ?

Face aux rides et à la perte de fermeté, l'auteure comprend qu'on soit tentée par la médecine esthétique. De plus, les progrès permettent désormais des traitements légers efficaces.

Toutefois, elle insiste sur l'importance du dialogue avec le praticien, qui doit rester mesuré dans ses recommandations. L'idéal est de consulter toujours le même médecin et de procéder par touches successives.

Natacha Dzikowski partage, à ce propos, son expérience personnelle des injections d'acide hyaluronique et de botox, qu'elle espace de façon à conserver un résultat naturel. L'essentiel est de ne pas en faire trop et de respecter les volumes harmonieux de son visage.

5.6 - Cheveux, mes beaux cheveux !

  • Soigner son cuir chevelu

De beaux cheveux commencent par un cuir chevelu sain, qu'il faut chouchouter avec des masques et automassages. En effet, le microbiome du cuir chevelu est primordial pour une belle chevelure, précise Natacha Dzikowski.

Un brossage doux quotidien, avec une brosse en poils naturels, est également indispensable.

  • Bien traiter sa fibre capillaire

L’auteure conseille aussi de :

Renforcer et régénérer notre fibre capillaire, fragilisée à la ménopause, avec des soins nourrissants et reconstructeurs à base de kératine ou d'huiles (huiles de coco, beurre de karité).

Privilégier les shampoings doux en base neutre sans additifs inutiles.

Éviter le sèche-cheveux.

D’autre part, elle recommande une alimentation équilibrée, riche en protéines et vitamines B, ainsi que des cures régulières de compléments capillaires.

Chapitre 6 : Muscler son mental, cultiver l’optimisme

Le chapitre 6 du livre "Belle et bien dans son âge" montre qu'il est possible de "cultiver son jardin intérieur" malgré les doutes.

Il invite à prendre le temps de découvrir ses envies profondes pour se sentir alignée avec soi-même. Car c'est en explorant ses passions qu'on trouve de nouveaux chemins.

"Pour se sentir bien, alignée avec soi, il est super important d’entretenir sa force vitale, de se regarder avec lucidité et en conscience pour déterminer ce qui vraiment nous anime, nous pousse, nous motive. Prendre de l’âge, mûrir diraient certains, nous autorise ce scan de nos envies, de nos passions, de nos rêves. C’est vraiment le moment pour laisser tomber les "il faut que…" et d’aller vers les "j’ai envie de…", "je peux…". Et ça n’a aucune importance si cette exploration vous prend un peu de temps. Donnez-vous ce temps de la réflexion pour vous, juste pour vous !"

6.1 – Tout cela vous paraît difficile ? Insurmontable ?

Muscler son mental demande un entraînement quotidien, comme le font les sportifs, affirme l’auteure.

Selon Natacha Dzikowski, nos pensées influencent directement notre réalité. Elle croit, dit-elle, en la loi d'attraction. Pour elle, des pensées négatives attirent des énergies négatives tandis que cultiver l'optimisme ouvre la porte au bonheur.

Pour cette raison, il est possible de reprendre le pouvoir sur son existence en changeant son état d'esprit.

6.2 – Comment entretenir sa force vitale ?

L'auteure "Belle et bien dans son âge" partage ici 3 étapes pour muscler son mental et sa force vitale.

  • Étape n°1 : Apprendre à s'aimer vraiment

Natacha Dzikowski invite d'abord à développer l'autocompassion, l’empathie pour soi-même en apprenant à se parler avec douceur et à se récompenser pour ses succès.

  • Étape n°2 : Renforcer sa confiance en soi

Via 5 règles :

S'honorer,

Éviter les comparaisons,

User de mots bienveillants envers soi,

Renoncer à la perfection,

S'accepter avec ses qualités et défauts, se réconcilier avec soi-même.

  • Étape n°3 : Ne plus vivre obsédé par le passé, s’ouvrir aux possibles et "aimer voir devant"

L’auteure parle ici de combattre ce qu’elle nomme le syndrome du rétroviseur. Pour cela, nous devons "aimer voir", autrement dit accueillir le moment présent au lieu de ressasser le passé.

Aussi, pour Natacha Dzikowski, chacun a le pouvoir de créer sa propre réalité en changeant son interprétation des événements :

"Le réel n’existe pas, en fait. Chacun de nous crée son réel à partir de ce qu’il projette car nos projections deviennent nos perceptions. Et ce que nous percevons est basé sur nos interprétations. Notre interprétation du moment détermine donc notre perception de la réalité que nous vivons. Nous sommes donc responsables de la façon dont nous percevons ce que nous voyons. Par exemple, on peut interpréter une dispute amoureuse comme une raison supplémentaire de divorcer ou bien comme une opportunité d’apprendre et de rendre la relation plus solide et profonde. Dans le premier cas, vous créez un sentiment négatif, du stress et vous fabriquez un excès de cortisol accélérant ainsi le processus de vieillissement alors que dans le second cas, vous créez une stimulation constructive."

6.3 - Inventer son âge

Natacha Dzikowski termine ce chapitre de "Belle et bien dans son âge" en nous proposant d’ "inventer notre âge". Car c’est, écrit-elle, "une porte ouverte sur un infini de possibles" :

"Nous avons la liberté de choisir ce que prendre de l’âge va signifier pour nous, comment nous allons habiter notre âge, comment nous allons le construire, le décorer, le faire vibrer. C’est une opportunité fabuleuse. Prenez-la à bras-le-corps et donnez-vous l’opportunité d’être alignée avec vos choix de vie quels qu’ils soient. Nous sommes responsables de la taille de nos rêves. Personne ne peut décider à notre place de là où nous voulons aller, de comment nous allons vivre notre âge, le posséder et en habiter tous les recoins avec plaisir."

De même, l’auteure nous invite à considérer notre âge comme une maison de campagne à aménager pour soi, pas pour les autres. 50 ans est le moment rêvé pour explorer ses passions profondes, qui changent avec le temps. Il faut, insiste-elle, sortir de sa zone de confort et casser ses routines.

Pour cultiver sa joie de vivre, elle recommande enfin la méditation, la pleine conscience et des exercices de respiration : apprendre à observer ses pensées permet de s'en libérer.

Le sommeil est aussi primordial pour se sentir bien dans son corps et dans sa tête.

Chapitre 7 : Je peux (enfin) faire comme j’ai envie

Natacha Dzikowski ouvre le dernier chapitre de son livre "Belle et bien dans son âge" en nous encourageant à embrasser la vie dont nous rêvons, sans nous laisser dicter notre conduite par les normes.

Elle affirme qu'avec l'âge, vient l'envie de sortir des faux-semblants, de laisser derrière soi les carcans qui enferment. La cinquantaine est ainsi une bonne occasion d’explorer de nouvelles voies, de rebondir et d’oser le changement.

Mais comment trouver le courage de franchir le pas quand la peur nous paralyse ? Comment dépasser nos doutes et nos appréhensions pour nous lancer dans l'inconnu ?

L'auteure partage sa méthode qui, selon elle, marche à tous les coups : refuser de se laisser intimider par ceux qui prétendent savoir ce que l'on peut ou ne peut pas faire. Écouter son intuition plutôt que les injonctions extérieures.

La plus grande aventure que nous puissions entreprendre consiste à devenir la personne que l'on rêve d'être, assure Natacha Dzikowski. À 50 ans, il est temps de se défaire des chaînes du conformisme pour embrasser notre véritable nature.

7.1 – Prendre de l’âge n’est pas un problème

Vieillir n’est pas un problème. "C’est la façon dont on le regarde qui l’est" écrit Natacha Dzikowski.

L’auteure de "Belle et bien dans son âge" nous appelle d’abord à ne plus confondre jeunesse et vitalité, la première étant un état d'esprit. Elle nous invite à considérer chaque année comme un cadeau, une chance qui ouvre de nouvelles possibilités plutôt que comme une fatalité.

En fait, pour elle, la cinquantaine est le moment rêvé pour laisser derrière soi les faux-semblants et devenir qui on souhaite vraiment être.

7.2 – Quand le monde du travail nous regarde de travers

Dans cette partie assez longue du livre "Belle et bien dans son âge", Natacha Dzikowski aborde la difficulté de la cinquantaine sur le marché du travail, où les entreprises rechignent à recruter des seniors. Mais si perdre son emploi à cet âge est un choc, cela peut aussi être l'opportunité de se reconvertir, fait remarquer l’auteure.

Natacha Dzikowski insiste sur l'importance, dans ce cas, de procéder par étapes. De faire d'abord un bilan personnel pour définir ses objectifs avant de se lancer. Et de s'entourer d'une équipe de soutien, car on ne réussit pas seul rappelle-t-elle. 

Ce qui est capital, ajoute-elle, est d’avoir suffisamment de lucidité pour évaluer ses atouts, et de détermination pour persévérer avec courage et volonté. Accepter l'insécurité financière et dépasser la peur de l’échec font aussi partie du changement de vie.

L’auteure relate avec détails sa propre histoire à ce sujet. Elle revient aussi sur plusieurs parcours inspirants de femmes qui ont créé leur entreprise avec succès après 50 ans dans la mode, les bijoux ou les accessoires. Leur point commun est d'avoir osé sortir de leur zone de confort en suivant leur intuition.

7.3 – Je me débarrasse de tout ce qui m’ennuie et des obligations inutiles

Natacha Dzikowski encourage ses lectrices à faire, lorsqu’elles ont 50 ans, du tri dans leur vie. À se débarrasser des personnes ou obligations futiles qui les ennuient. L'idée n'est pas de devenir ermite, mais de créer de l'espace pour accueillir la nouveauté :

"Donnez-vous le droit de choisir votre environnement, votre temps et votre planning."

  • Revoir son écosystème affectif et relationnel

Pour Natacha Dzikowski, c'est en élargissant ses cercles d’amis, de connaissances, en faisant circuler l'air nouveau, en essayant de nouvelles activités qu'on ouvre la porte aux surprises. Celle-ci recommande alors de revisiter son écosystème affectif, de laisser certains liens se défaire et d'en créer de nouveaux.

"On ne peut pas forcément choisir sa famille, mais nous sommes responsables de l’environnement que nous créons autour de nous. Nous choisissons notre écosystème affectif et relationnel. Rien ne nous oblige à rester dans un cadre qui ne nous convient plus, avec des personnes dont nous ne partageons plus les valeurs ou les centres d’intérêt. Nous avons le droit de changer. Notre écosystème affectif et relationnel est le reflet de notre état d’esprit. Certains liens se défont et cela ne doit pas vous entraîner dans des abîmes de culpabilité. D’autres se créent."

L'âge autorise cette liberté.

  • Changer de tête et de garde-robe

Pourquoi, par ailleurs, ne pas changer de look si on en a envie ? Histoire de booster notre estime de soi.

Il est en effet essentiel de se plaire à tout âge. C’est pourquoi l’auteure de "Belle et bien dans son âge" nous encourage à vider nos placards et là aussi, accueillir du neuf et du nouveau : "il y a pléthore de plateformes digitales de vente de vêtements de seconde main. C’est facile et vous avez la satisfaction de vous constituer une réserve pour vous faire des cadeaux".

7.4 – Osez tout ce qui vous tente

À ce propos, Natacha Dzikowski nous pousse également à oser explorer de nouvelles voies en matière de style, de look et de séduction après 50 ans. Elle nous recommande d’adapter notre maquillage et notre garde-robe sans nous soucier du regard des autres.

Ainsi, pour l’auteure, chacune peut mener la vie dont elle rêve à tout âge et non celle que la société attend d'elle. La séduction n'a pas d'âge, il suffit de s'aimer soi-même et de prendre soin de son corps.

"Le rejet de soi ne peut pas vous ouvrir les portes d’une relation amoureuse et/ou sexuelle épanouissante. Se sentir séduisante vous demandera peut-être des efforts en termes d’hygiène de vie, d’habitudes alimentaires à changer, d’activités sportives à réintégrer dans votre quotidien, oui probablement, mais le bénéfice que vous aurez en retour en vaut vraiment la peine."

Natacha Dzikowski conclut par un message d'optimisme, incitant toutes les femmes à embrasser leur maturité avec confiance et audace :

"Allez, soyez sans complexe ! Bien dans votre âge, dans votre vie et haut les cœurs pour les 50 prochaines années !"

7.5 – Ma méthode en 4 étapes

Pour clore ce chapitre, l'auteure de "Belle et bien dans son âge" résume en 4 étapes sa méthode pour transformer positivement sa vie après 50 ans :

Faire le point sur ses motivations profondes.

Recenser ses forces et ses limites. 

Se donner suffisamment de temps.

Mettre toutes les chances de son côté en se faisant accompagner.

Selon elle, visualiser ses objectifs (avec un "vision board") est aussi une technique puissante pour passer à l'action.

Conclusion de Natacha Dzikowski

Dans sa conclusion, Natacha Dzikowski nous invite à prendre de l'âge avec enthousiasme et confiance.

"Que puis-je vous laisser en guise de conclusion de ce guide pratique de l’âge sans complexe ? De la joie j’espère, celle d’avoir envie d’habiter votre âge, de l’occuper pleinement, d’avoir envie de le rendre confortable en prenant soin de vous, de votre corps, ce merveilleux véhicule terrestre. Il est votre compagnon de route et plus tôt vous l’aimerez et en prendrez soin, plus vous pourrez profiter de tous vos âges. Vous avez tout le temps de décider d’être vieille un jour. Ne laissez pas le regard des autres vous définir, vous donner une place que vous ne choisissez pas. (…) L’âge est une chance. Être vivante est bien plus stimulant et enthousiasmant qu’être jeune."

Finalement, l’auteure de "Belle et bien dans son âge" nous exhorte ici d’habiter pleinement notre maturité, en prenant soin de notre corps et de notre mental. Le but est, souligne-t-elle, de toujours cultiver notre joie de vivre en refusant les images négatives liées à l'âge, afin de rester maîtresse de notre existence.

Conclusion de "Belle et bien dans son âge. Ma méthode pour prendre de l’âge sans vieillir" de Natacha Dzikowski

Les idées clés

Dans son ouvrage "Belle et bien dans son âge", Natacha Dzikowski dévoile une méthode complète et inspirante pour vivre sereinement la cinquantaine.

Voici les 2 grandes idées qui se dégagent au terme de cette lecture.

Prendre soin de son corps est la clé de la longévité

L'auteure insiste sur l'importance de comprendre et d'écouter les besoins de son corps. En adoptant une alimentation saine, une activité physique régulière et en respectant son rythme biologique, on booste son énergie et on ralentit le vieillissement.

Le sport, en particulier, est indispensable pour préserver sa masse musculaire, sa souplesse et un mental d'acier.

Cultiver l'optimisme permet de vieillir sereinement

Selon l'auteure de "Belle et bien dans son âge", il est possible de muscler son mental comme un sportif entraîne ses muscles.

En pratiquant la gratitude, l'autocompassion, la pleine conscience, nous développons notre résilience face aux aléas de la vie. Apprendre à s'aimer, sortir de sa zone de confort et réaliser ses rêves permettent aussi de trouver un nouvel élan à 50 ans.

Que vous apportera la lecture de "Belle et bien dans son âge" ?

Grâce aux conseils concrets de Natacha Dzikowski, vous aurez toutes les clés pour aborder la cinquantaine avec confiance et sérénité.

Que ce soit sur le plan physique, psychologique ou cosmétique, vous saurez prendre soin de vous de manière globale au quotidien. Vous apprendrez à écouter votre corps, resterez active, positive et épanouie.

Loin des clichés sur l'âge, vous saurez comment préserver votre vitalité et votre beauté durablement.

En somme, je recommande vivement ce livre inspirant à tous les quadras, quinquas et plus qui souhaitent vivre en pleine santé, se sentir belles et bien dans leur âge.

Le livre "Belle et bien dans son âge" vous accompagnera avec bienveillance pour transformer cette étape charnière de la vie en une formidable opportunité de renouveau !

Points forts :

Des conseils pratiques et accessibles pour comprendre ce qui change vers la cinquantaine, prendre soin de soi et s'épanouir à 50 ans.

L'approche globale du bien-être (alimentation, sport, mental, beauté).

Un ton bienveillant et encourageant qui donne envie de passer à l'action, de se prendre en main, et qui inspire du positif sur un sujet souvent tabou et empreint de négatif.

De nombreux témoignages et expériences personnelles inspirants.

Points faibles :

Certaines recommandations peuvent sembler difficilement applicables à certains au quotidien (jeûne, monodiète, etc.).

Ma note :

★★★★★

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Mon, 30 Sep 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12962/Belle-et-bien-dans-son-ge
Manuel du langage corporel  http://www.olivier-roland.fr/items/view/12960/Manuel-du-langage-corporel

Résumé de "Manuel du langage corporel" de Robert Mercier : Il nous parle de l'importance du non verbal dans la communication, dévoilant les principes clés du langage corporel, de la posture aux expressions faciales, et comment ces éléments influencent les interactions humaines. À travers des exemples concrets, Mercier nous apprend à décoder les signaux non verbaux et à éviter les erreurs courantes. Ce livre vous permet d'améliorer votre compréhension et votre efficacité dans les échanges personnels et professionnels.

Par Robert Mercier, 2021, 164 pages.

Note : cet article a été écrit par Rémi Bonnet du blog : L'action suit tes pensées.

Chronique et résumé de « Manuel du langage corporel » de Robert Mercier :

Chapitre 1 - Les types de langages.

Le paralangage.

Alors, qu'est-ce que le paralangage ?

Le paralangage est un aspect fondamental de la communication.

Il englobe les éléments vocaux qui accompagnent notre discours verbal.

Contrairement aux mots eux-mêmes, le paralangage inclut des aspects tels que le ton de la voix, l'intonation, le volume, le rythme et les pauses.

Ces éléments apportent des nuances émotionnelles et contextuelles qui enrichissent le message que nous transmettons.

Par exemple, imaginez une phrase prononcée avec une intonation montante.

Cette variation indique généralement une question, alors qu'une intonation descendante marque souvent une affirmation ou une certitude.

Le volume de la voix joue également un rôle crucial : un volume élevé peut signaler l'importance ou l'urgence d'un message, tandis qu'un volume plus modéré peut être perçu comme plus réfléchi ou moins pressant.

Les pauses, quant à elles, peuvent servir à créer du suspense ou à offrir un moment de réflexion.

Voyons maintenant comment le paralangage se révèle particulièrement important dans les interactions professionnelles et sociales.

Lors d'un entretien d'embauche, par exemple, un candidat peut exprimer sa confiance et son enthousiasme par un ton de voix dynamique et un rythme de parole fluide.

En revanche, en situation de négociation, un volume bien contrôlé et des pauses bien placées peuvent renforcer l'efficacité de la persuasion et l'autorité perçue.

Le paralangage est également un révélateur des émotions et des intentions non verbales.

Par exemple, une voix tremblante peut trahir une nervosité sous-jacente, même lorsque les mots prononcés sont positifs.

Donc, comprendre le paralangage nous permet non seulement d’interpréter plus précisément les messages des autres, mais aussi d'améliorer notre propre communication.

En somme, le paralangage, bien que subtil, joue un rôle crucial dans une interaction réussie et empathique.

En appréhendant ces nuances, nous pouvons faire une réelle différence dans la qualité de nos échanges et dans la compréhension mutuelle, que ce soit dans le cadre professionnel ou personnel.

La Proxémique.

La proxémique c’est l'utilisation de l'espace personnel dans la communication humaine.

Ce concept, développé par l'anthropologue Edward T. Hall dans les années 1960, examine comment vous utilisez et percevez l'espace autour de vous selon différents contextes culturels et sociaux.

Hall a identifié plusieurs zones de distance interpersonnelle, chacune correspondant à des types d'interactions spécifiques :

  • Pour en savoir plus : La proxémie: comprendre l'espace personnel à travers les cultures.

1- La zone intime :

Elle s'étend de 0 à 45 cm.

Cette zone est généralement réservée aux relations très proches, comme celles entre partenaires ou membres de la famille.

La proximité dans cette zone permet une intimité physique et émotionnelle.

2 - La zone personnelle : 

Elle va de 45 cm à 1,2 m.

Vous utilisez couramment cette zone dans les interactions amicales ou professionnelles, où un certain degré de confort est attendu sans intimité physique intense.

Cette distance permet une communication ouverte tout en maintenant une certaine réserve.

3 - La zone sociale :

Elle s'étend de 1,2 à 3,6 m.

Typique des interactions formelles et des échanges professionnels, cette distance est souvent adoptée lors des réunions ou des conversations avec des connaissances moins proches.

Elle favorise une communication respectueuse tout en préservant une certaine distance.

4 - La zone publique :

Elle dépasse 3,6 m et est utilisée pour les discours ou les présentations.

Cette distance permet de maintenir une certaine objectivité, l'orateur étant perçu comme distinct du public.

Cependant, la perception et l'utilisation de ces zones varient considérablement d'une culture à l'autre.

Par exemple, dans les cultures méditerranéennes, vous pouvez vous tenir plus près des autres, tandis que dans les cultures nord-européennes ou anglo-saxonnes, une distance plus grande est souvent préférée.

Ces différences sont dues à des normes culturelles distinctes concernant l'espace personnel et l'intimité.

Finalement, comprendre la proxémique est essentiel dans la communication interculturelle et professionnelle.

Une gestion appropriée de l'espace peut faciliter des interactions harmonieuses et éviter des malentendus.

Par exemple, une personne habituée à une grande distance physique pourrait percevoir une approche rapprochée comme intrusive, tandis qu'une personne provenant d'une culture plus tactile pourrait trouver une distance excessive froide et distante.

Ainsi, la proxémique joue un rôle crucial dans la manière dont vos messages sont reçus et interprétés.

Une connaissance approfondie de ces dynamiques permet d'améliorer vos échanges et d'éviter les conflits dus à des différences culturelles.

En fin de compte, maîtriser l'espace personnel contribue à des interactions plus fluides et plus respectueuses dans divers contextes sociaux et professionnels.

La Kinésique.

La kinésique est une discipline fascinante qui explore les mouvements corporels et leur rôle dans la communication non verbale.

Elle se concentre sur la manière dont les gestes, les postures, les expressions faciales et d'autres mouvements corporels transmettent des informations et des émotions.

En fait, la kinésique est un pilier fondamental de la communication humaine, souvent plus révélateur que les mots eux-mêmes.

Parce que les gestes sont l'un des aspects les plus analysés de la kinésique.

Leur signification peut varier considérablement d'une culture à l'autre.

Cependant, certains gestes, comme le sourire, ont une interprétation universelle.

Ce geste est généralement perçu comme un signe de convivialité et d'amitié dans la plupart des cultures.

En revanche, d'autres gestes peuvent être spécifiques à une culture particulière et nécessitent une compréhension contextuelle pour éviter les malentendus.

Les postures jouent également un rôle crucial dans la communication non verbale.

Elles reflètent souvent notre état émotionnel et notre attitude envers les autres.

Par exemple, une posture fermée, avec les bras croisés, peut signaler une attitude défensive ou un malaise.

En revanche, une posture ouverte, avec les bras détendus et les paumes visibles, est souvent interprétée comme un signe d'ouverture et d'accueil.

Ces variations posturales sont essentielles pour comprendre les dynamiques interpersonnelles et adapter vos propres comportements en conséquence.

De plus, les expressions faciales sont un autre aspect clé de la kinésique.

Elles ont la capacité d'exprimer des émotions telles que la joie, la tristesse, la colère ou la surprise.

Souvent, elles sont plus sincères que les mots utilisés pour décrire ces sentiments.

Les micro-expressions, ces variations subtiles et rapides du visage, peuvent révéler des émotions profondes et parfois inconscientes.

Ces indices fugitifs témoignent souvent de sentiments que nous ne verbaliserions pas immédiatement.

Au final, la kinésique joue un rôle fondamental dans notre compréhension des signaux non verbaux.

En développant votre aptitude à interpréter ces signes, vous pouvez améliorer votre communication et établir des relations plus profondes.

De plus, la capacité à décoder les gestes, les postures et les expressions faciales enrichit vos interactions avec les autres et vous permet de mieux comprendre les nuances de la communication humaine.

Chapitre 2- Les origines et l'évolution du langage corporel.

Pour commencer, le langage corporel, qui comprend gestes, postures et expressions faciales, est une forme essentielle de communication non verbale.

Son histoire est aussi fascinante que complexe, remontant à nos ancêtres préhistoriques.

Les premiers humains ont développé des formes de communication non verbale cruciales pour leur survie dans des environnements sociaux variés.

À leurs débuts, les manifestations du langage corporel étaient principalement des gestes et des postures utilisés pour exprimer des émotions, établir des hiérarchies sociales et coordonner les activités de groupe.

Ainsi, ces formes de communication renforçaient les interactions sociales nécessaires à la cohésion des groupes.

Puisque les gestes pour signaler la peur, la colère ou la joie étaient essentiels dans la vie quotidienne des premiers humains.

Toutefois, avec le temps, le langage corporel s'est considérablement affiné.

Chez les Homo sapiens, il est devenu un complément indispensable au langage verbal.

Les recherches anthropologiques montrent que des gestes spécifiques étaient utilisés pour renforcer les messages verbaux et faciliter la communication dans divers contextes.

Par exemple, lors de la chasse, les signes non verbaux aidaient à coordonner les actions des membres du groupe, tandis que dans les rituels sociaux, ils exprimaient des valeurs communes.

À mesure que les sociétés se complexifiaient et que les civilisations se développaient, le langage corporel a continué d’évoluer.

Les conventions culturelles ont enrichi le répertoire des signes non verbaux, chaque culture développant ses propres codes et significations.

Ainsi, le salut par poignée de main ou les gestes de respect, comme l'inclinaison de la tête, portent des significations profondes qui varient d'une culture à l'autre.

Ces gestes reflètent les valeurs et les normes sociales propres à chaque groupe.

Aujourd'hui, le langage corporel demeure crucial dans les interactions humaines.

Il complète le langage parlé et révèle souvent des émotions ou des intentions cachées.

De plus, les avancées en psychologie et en neurosciences ont approfondi notre compréhension des signaux non verbaux.

D'ailleurs, ces recherches montrent que le langage corporel joue un rôle clé dans la communication quotidienne et dans les relations interpersonnelles.

Il est devenu un outil indispensable pour saisir les subtilités des échanges humains.

En bref, le langage corporel est le fruit d'une longue évolution historique.

De ses premières formes primitives aux conventions culturelles modernes, il reste un élément central de la communication humaine.

Et sa capacité à exprimer des émotions et à compléter le langage verbal souligne son importance dans notre vie sociale.

Chapitre 3 - Comprendre le Langage Corporel : Le Positif et le Négatif.

Tout d'abord, le langage corporel est un élément essentiel de la communication humaine.

Il révèle souvent plus que les mots eux-mêmes et joue un rôle déterminant dans vos interactions et perceptions.

Vous pouvez classer le langage corporel en deux catégories principales : positif et négatif.

Ces deux aspects influencent fortement la manière dont vous vous comprenez et interagissez avec les autres.

Le langage corporel positif inclut des gestes et des postures qui favorisent une atmosphère ouverte et accueillante.

Par exemple, un sourire est un signe universel de bienveillance.

Un sourire sincère, associé à un contact visuel direct, transmet des sentiments d’accessibilité et de confiance.

De même, une posture ouverte, comme se tenir droit avec les épaules légèrement en arrière, montre de l'assurance et du respect.

Ces comportements non verbaux permettent de créer une connexion positive avec les autres.

En outre, les mouvements de tête en signe d’acquiescement et le fait de se pencher légèrement vers votre interlocuteur sont des indicateurs d’engagement et d’intérêt.

Ces gestes suggèrent que vous êtes pleinement présent et attentif à la conversation.

En revanche, le langage corporel négatif peut engendrer des malentendus et des barrières dans la communication.

Les bras croisés, par exemple, peuvent être perçus comme une posture défensive, même si ce n'est pas votre intention.

De plus, éviter le contact visuel peut donner l'impression de désintérêt ou de méfiance.

Un ton de voix tendu, associé à une posture rigide, peut également traduire de l'hostilité ou de l’inconfort.

D’autres signes de langage corporel négatif incluent des gestes agités ou des expressions faciales fermées, qui peuvent refléter de la nervosité ou de l’irritation.

Ces indices non verbaux peuvent freiner la communication et créer des tensions dans vos relations interpersonnelles.

En fin de compte, le langage corporel est un outil puissant pour exprimer vos émotions et intentions.

Parce que comprendre les nuances entre les signes positifs et négatifs vous permet d’améliorer vos interactions humaines et de favoriser une communication plus harmonieuse.

En prêtant attention aux détails du langage corporel, vous pouvez mieux interpréter les messages non verbaux des autres et adapter votre propre communication en conséquence.

Chapitre 4 - La Poignée de Main :  Sa signification et ses implications.

Pour débuter, la poignée de main, souvent perçue comme un geste banal, joue en réalité un rôle crucial dans la communication non verbale et les dynamiques sociales.

Ce geste peut révéler beaucoup sur vous, en fonction de sa fermeté, de sa durée et du contexte dans lequel il se manifeste.

En général, une poignée de main ferme mais pas écrasante est perçue comme un signe de confiance et de respect.

Elle montre que vous êtes sûr de vous tout en respectant les limites de l’autre personne.

À l’inverse, une prise molle peut être interprétée comme un manque d’assurance ou d’engagement.

Elle peut aussi donner l’impression que vous n’êtes pas sincère ou réellement intéressé par l’interaction.

D'ailleurs, la durée du contact est également importante : une poignée de main trop brève peut sembler désintéressée, tandis qu’une poignée prolongée peut être perçue comme excessive ou intrusive.

Votre posture lors de la poignée de main est également déterminante.

Une posture ouverte et droite, avec les épaules en arrière, projette une image de confiance et d’engagement.

À l’inverse, une posture fermée, avec les bras croisés ou les épaules voûtées, peut signaler de la réticence ou un manque d’ouverture.

Pour que votre poignée de main soit perçue positivement, il est crucial que votre posture et votre geste soient en harmonie.

Un décalage entre ces deux éléments peut créer une impression incohérente et potentiellement négative.

Les mains elles-mêmes ajoutent une dimension supplémentaire au geste.

Les gestes des mains, comme un léger toucher des doigts ou un mouvement de balancement pendant la poignée de main, peuvent accentuer la chaleur ou la cordialité du geste.

Il est également essentiel que vos mains soient propres et bien entretenues pour maintenir une image soignée et professionnelle.

Des détails comme des ongles soignés et une peau propre contribuent à l’impression globale que vous laissez.

En somme, la poignée de main est bien plus qu’un simple geste de salutation.

Elle est chargée de signification et son impact est amplifié par la posture et l’état des mains.

Une poignée de main appropriée, accompagnée d’une posture ouverte et de mains bien entretenues, peuvent jouer un rôle crucial dans la formation d’une première impression positive lors des interactions sociales.

Chapitre 5 - Calibrer votre langage corporel : Réussir votre première impression.

Pour commencer, calibrer votre langage corporel est essentiel pour faire une première impression réussie.

Le langage corporel constitue une part importante de notre communication, souvent plus influente que les mots que nous utilisons.

La première impression repose largement sur des signaux non verbaux tels que la posture, les expressions faciales et les gestes.

Pour optimiser votre première impression, adoptez une posture ouverte et détendue.

Tout d'abord, gardez une posture droite avec les épaules légèrement en arrière et avancez avec assurance : cela communique confiance et professionnalisme.

Cependant, évitez de croiser les bras ou de vous replier sur vous-même, car ces gestes peuvent être interprétés comme des signes de fermeture ou d’insécurité.

Le contact visuel est tout aussi essentiel.

Un regard direct mais non intimidant établit une connexion et montre votre engagement et votre sincérité.

Un sourire authentique joue également un rôle crucial : il crée une atmosphère chaleureuse et accueillante.

Et assurez-vous que votre sourire soit naturel et non forcé, afin qu'il reflète réellement une attitude positive.

De plus, soyez attentif à vos gestes et à votre tonalité.

Des gestes ouverts et mesurés, ainsi qu’une voix claire et calme, renforcent l’impression de confiance et de compétence.

Évitez les mouvements nerveux ou les tics qui peuvent distraire ou suggérer une anxiété sous-jacente.

En bref, pour réussir votre première impression, il est important de prêter attention aux détails et de maîtriser votre langage corporel.

Car une posture ouverte, un bon contact visuel, un sourire sincère et des gestes contrôlés peuvent profondément influencer la perception des autres dès les premiers instants.

Chapitre 6 - Comprenez le langage non verbal pour décoder les émotions et les intentions.

Pour débuter, apprendre à "lire" les autres passe par la compréhension du langage non verbal, ce qui vous permettra de mieux saisir leurs émotions et intentions.

Puisque chaque partie du corps donne des indices précieux pour interpréter ce que les gens ressentent ou pensent réellement.

Les mains sont particulièrement révélatrices.

Quand une personne montre ses paumes, cela indique souvent sincérité et ouverture.

En revanche, des mains fermées ou en retrait peuvent signaler une réserve ou une attitude défensive.

Les gestes des mains, comme les mouvements rapides ou hésitants, peuvent aussi révéler des sentiments de nervosité ou d'enthousiasme.

Les pieds jouent un rôle crucial dans la communication non verbale.

L'orientation des pieds montre l'engagement d'une personne dans une conversation.

Si quelqu'un se tourne vers vous avec les pieds dirigés vers vous, cela témoigne d'intérêt.

À l'inverse, si ses pieds pointent vers la sortie, cela peut suggérer qu'il souhaite mettre fin à la conversation ou quitter la situation.

Les bras, quant à eux, signalent divers états émotionnels.

Les bras croisés sont souvent interprétés comme un signe de protection ou de désaccord.

Cependant, cette posture peut aussi simplement refléter un besoin de confort ou de sécurité.

Les mouvements des bras, comme les gestes d'accompagnement pendant la parole, offrent également des indices sur l'engagement et le confort de la personne.

Le visage est un miroir précieux des émotions.

Les expressions faciales, telles que les sourires ou les froncements de sourcils, donnent des indications immédiates sur des sentiments de joie ou de frustration.

Les yeux jouent un rôle central dans la communication non verbale : un contact visuel direct peut signifier intérêt et confiance, tandis qu'un regard évité peut signaler inconfort ou tromperie.

La tête et le corps complètent ce tableau.

Un hochement de tête est souvent interprété comme un signe d'accord, tandis qu'une inclinaison de la tête peut indiquer une écoute attentive.

Les mouvements du corps, comme se pencher en avant ou reculer, révèlent l'engagement ou le désintérêt de la personne.

De plus, la respiration, qu'elle soit rapide ou saccadée, peut trahir des sentiments d'anxiété ou de stress, fournissant ainsi un aperçu supplémentaire de l'état émotionnel de quelqu'un.

En combinant ces éléments, vous obtenez une vue d'ensemble plus précise des sentiments et des intentions des autres.

Cette compréhension améliore la communication en rendant les échanges plus empathiques et efficaces.

Donc, analyser le langage non verbal vous aide non seulement à interpréter les émotions des autres, mais aussi à adapter votre propre comportement pour favoriser des interactions plus harmonieuses.

Chapitre 7 - Identifier un mensonge : Les signes et indices.

Tout d'abord, identifier un mensonge peut être plus facile en observant les signes subtils que le corps révèle.

Lorsque quelqu'un ment, son corps émet souvent des indices non verbaux qui trahissent ses véritables sentiments ou intentions.

L'un des signes les plus révélateurs est la cohérence des expressions faciales avec le discours.

Les expressions faciales sincères correspondent généralement aux émotions que la personne prétend ressentir.

À l'inverse, un sourire forcé ou une expression qui ne correspond pas au contexte émotionnel peut indiquer une dissimulation.

Les changements dans le contact visuel sont également significatifs : une personne qui ment peut éviter le regard ou, au contraire, fixer intensément les yeux de son interlocuteur pour paraître honnête.

Les gestes et les postures peuvent aussi trahir un mensonge.

Par exemple, si quelqu'un se touche fréquemment le visage, ajuste ses vêtements ou se gratte, il peut essayer de gérer le stress lié à la dissimulation.

De même, les mouvements corporels comme croiser les bras ou les jambes peuvent signaler une tentative de se protéger ou de se défendre.

Les variations dans le ton de la voix sont également révélatrices.

Les hésitations ou les changements de rythme peuvent indiquer un manque de sincérité.

Une voix qui devient plus aiguë ou qui présente des variations inattendues peut révéler de la nervosité.

La manière dont une personne construit ses phrases peut aussi fournir des indices.

Les mensonges sont souvent accompagnés d'explications excessivement détaillées ou de justifications compliquées pour masquer la vérité.

Une explication trop élaborée peut suggérer une tentative de tromperie.

Les expressions faciales jouent un rôle crucial dans la communication émotionnelle humaine.

Elles reflètent souvent les sentiments internes, mais peuvent également être influencées par des processus cognitifs plus complexes.

En observant les expressions faciales, telles que les sourires, les froncements de sourcils ou les regards fuyants, vous pouvez déduire une large gamme d’émotions, allant de la joie et la colère à la tristesse et la confusion.

En observant attentivement ces signes non verbaux, vous pouvez discerner plus facilement la vérité derrière les mots.

Le langage corporel, associé à une écoute attentive, vous permet souvent de mieux comprendre les véritables intentions d’une personne et de détecter les mensonges plus efficacement.

Chapitre 8 - Les indices non verbaux : Les gestes, tics et micro-expressions.

En premier lieu, les gestes, les tics et les micro-expressions jouent un rôle crucial dans la communication non verbale.

Ils offrent des indices précieux sur les émotions et les états mentaux des individus.

Les gestes peuvent renforcer ou contredire les messages verbaux.

Par exemple, un sourire accompagné d'une attitude ouverte peut signaler de la sincérité, tandis qu'un geste fermé, comme croiser les bras, peut indiquer de la réticence ou de la défensive.

Les tics, tels qu’un clignement excessif des yeux ou une grimace involontaire, sont souvent des signes de stress ou de malaise.

Ces mouvements répétés, généralement inconscients, peuvent révéler des sentiments internes que les mots seuls ne dévoilent pas.

Ils fournissent un aperçu des tensions ou des émotions non exprimées verbalement.

Les micro-expressions, quant à elles, sont des manifestations fugaces des émotions.

Elles durent généralement moins d'une fraction de seconde et sont souvent difficilement contrôlables.

Ces expressions brèves mais intenses révèlent les véritables sentiments.

Elles apparaissent lorsque quelqu'un tente de dissimuler une émotion, mais que cette tentative échoue brièvement, laissant transparaître l’état émotionnel réel.

Ainsi, reconnaître et comprendre ces expressions faciales est essentiel dans divers contextes professionnels et personnels.

Par exemple, dans la psychologie clinique, la capacité à identifier les micro-expressions peut aider les thérapeutes à évaluer les émotions des patients de manière plus précise.

De même, dans les négociations professionnelles, lire les expressions faciales peut permettre d’adapter ses propres stratégies et de répondre de manière plus appropriée aux émotions des interlocuteurs.

Alors, apprendre à décoder ces signes subtils enrichit la qualité des interactions humaines.

Une meilleure reconnaissance des expressions faciales permet de développer des relations plus empathiques et d'éviter les malentendus en offrant un aperçu plus profond des sentiments non exprimés verbalement.

Une attention accrue aux expressions faciales contribue ainsi à une communication plus authentique et efficace, favorisant des échanges plus clairs et harmonieux.

En conclusion, les gestes, les tics et les micro-expressions jouent un rôle vital dans la communication non verbale.

Ils fournissent des indices essentiels sur les émotions et les états mentaux des individus.

En apprenant à reconnaître ces signes, vous pourrez améliorer votre compréhension des autres, ajuster vos propres comportements et favoriser des interactions plus sincères et efficaces.

Chapitre 9 - Comprendre les différences culturelles dans le langage corporel.

Tout d'abord, les différences culturelles dans le langage corporel sont essentielles pour une communication interculturelle réussie.

Les gestes, les expressions faciales et la posture varient grandement d'une culture à l'autre, ce qui peut entraîner des malentendus entre personnes de milieux culturels différents.

Prenons l'exemple du contact visuel.

Dans les sociétés occidentales, un regard direct est souvent perçu comme un signe de sincérité et de confiance.

Cependant, dans certaines cultures asiatiques, un contact visuel prolongé peut être interprété comme un défi ou une impolitesse.

La modestie, dans ces cultures, se manifeste souvent par un regard abaissé.

Les gestes varient également d'une culture à l'autre.

Aux États-Unis, le geste "OK" avec le pouce et l'index formant un cercle est généralement perçu positivement.

En revanche, en Grèce et au Brésil, ce même geste peut être considéré comme offensant.

De même, les poignées de main diffèrent : aux États-Unis, une poignée de main ferme est souvent perçue comme un signe de confiance, tandis qu'en Asie du Sud-Est, une poignée de main plus légère est généralement préférée pour respecter les hiérarchies sociales.

Les expressions faciales portent aussi des significations culturelles distinctes.

Par exemple, un sourire est souvent associé au bonheur dans de nombreuses cultures.

Toutefois, dans certains contextes, il peut également servir à dissimuler des émotions négatives ou des malaises.

Ces variations culturelles soulignent l'importance de comprendre les normes du langage corporel pour éviter les malentendus.

En étant sensibilisé aux différences interculturelles, vous pouvez favoriser des interactions respectueuses et efficaces avec des personnes de cultures différentes.

Chapitre 10 - La Communication non verbale et le genre.

Pour débuter, la communication non verbale joue un rôle crucial dans la perception et l’expression du genre.

Les gestes, les postures et les expressions faciales transmettent des messages aussi puissants que les mots.

Cette forme de communication est profondément influencée par les normes culturelles et les stéréotypes de genre.

Dès l’enfance, vos comportements non verbaux sont façonnés par les attentes sociétales.

Ces attentes définissent ce qui est considéré comme approprié pour chaque genre.

Par exemple, dans de nombreuses cultures, les hommes sont souvent encouragés à adopter des postures expansives et dominantes.

Ils se tiennent fréquemment debout avec les jambes écartées ou occupent beaucoup d’espace, ce qui est associé à des traits de leadership et de pouvoir.

En revanche, les femmes sont souvent socialisées pour adopter des postures plus fermées et réservées, ce qui est perçu comme des comportements de soumission ou de modestie.

Ces normes influencent également la manière dont vous interprétez les signaux non verbaux.

Une femme qui occupe beaucoup d’espace peut être perçue comme agressive ou non conforme aux normes traditionnelles de genre.

De même, un homme qui utilise des gestes plus délicats peut être jugé comme moins assertif.

Ainsi, les attentes sociétales dictent souvent la façon dont vos comportements non verbaux sont reçus et interprétés.

Les perceptions de genre évoluent et reconnaissent désormais la diversité des expressions de genre.

Cela souligne l’importance de réévaluer les normes non verbales.

Puisque prendre conscience des biais non verbaux liés au genre est crucial pour favoriser une communication plus inclusive.

Une telle approche peut refléter une gamme plus large d’identités et d’expressions de genre.

En conclusion, la communication non verbale et les attentes de genre sont étroitement liées.

Vos gestes et postures sont influencés par les normes sociétales qui définissent ce qui est considéré comme approprié pour chaque genre.

Donc, une compréhension approfondie de ces biais peut vous aider à promouvoir une communication plus respectueuse et inclusive, reflétant la diversité des expressions de genre.

Chapitre 11 - Maîtriser le langage du corps pour réussir dans divers contextes.

Pour commencer, le langage du corps joue un rôle fondamental dans la réussite de vos interactions, que ce soit lors de prises de parole en public, de rendez-vous, d’entretiens d’embauche ou de négociations.

Ce langage non verbal peut soit soutenir vos propos, soit les contredire, influençant ainsi la perception que les autres ont de vous.

Lors de la prise de parole en public, il est crucial d’adopter une posture ouverte et une gestuelle maîtrisée.

Une posture droite et un contact visuel régulier transmettent confiance et autorité.

Évitez les gestes distrayants, comme vous frotter les mains ou croiser les bras, car ils peuvent détourner l’attention et réduire l’impact de votre discours.

Dans un rendez-vous, qu’il soit professionnel ou personnel, le langage corporel est déterminant pour instaurer la confiance.

Un sourire sincère et une poignée de main ferme mais non écrasante créent une première impression favorable.

Les signes non verbaux, comme hocher la tête et adopter une posture ouverte, montrent une écoute active et favorisent une interaction fluide.

En entretien d’embauche, la cohérence entre vos paroles et votre langage corporel est essentielle.

Une posture droite, un contact visuel direct et des gestes mesurés renforcent l’image d’un candidat sûr de lui et engagé.

Évitez de croiser les bras, car cela peut être perçu comme une attitude défensive ou fermée, diminuant ainsi votre efficacité.

Lors de négociations, le langage corporel peut influencer significativement les perceptions et les décisions.

Utilisez des gestes pour illustrer des points importants et adoptez une posture ouverte pour favoriser une attitude collaborative.

Les gestes tels que tapoter du doigt ou regarder fréquemment l’horloge peuvent signaler impatience ou hostilité, ce qui peut nuire à l’accord souhaité.

En résumé, maîtriser le langage corporel est essentiel pour renforcer vos messages verbaux, établir des relations positives et améliorer vos chances de succès dans diverses situations de communication.

Adapter votre langage corporel en fonction du contexte vous permet d’optimiser vos interactions et de laisser une impression favorable.

Conclusion sur "Manuel du langage corporel" de Robert Mercier.

Le "Manuel du langage corporel" de Robert Mercier est un livre très pertinent, se distinguant par sa profondeur d'analyse et sa clarté pédagogique.

En tant que lecteur, vous trouverez dans ce livre une ressource précieuse pour comprendre et maîtriser le langage corporel.

De plus, Robert Mercier aborde le langage corporel de manière méthodique, en intégrant des concepts clairs et des exemples pertinents.

Il décompose les éléments complexes du langage non verbal en principes accessibles, facilitant ainsi votre compréhension et l'application des idées présentées.

Le livre est divisé en sections bien structurées, chacune traitant un aspect spécifique du langage corporel.

Cette organisation vous aide à progresser de manière logique, en passant des bases aux applications plus avancées.

Les transitions entre les sections sont fluides, renforçant ainsi la cohérence du texte.

Mercier utilise des phrases courtes et des explications directes, rendant le contenu facile à suivre et à assimiler.

L’un des points forts de l’ouvrage est sa capacité à rendre le langage corporel accessible à un large public.

Mercier évite les termes techniques excessifs et opte pour une langue simple, favorisant ainsi votre compréhension.

Cette clarté est particulièrement bénéfique pour ceux qui découvrent ce sujet.

De plus, les exemples concrets et les illustrations enrichissent le texte et facilitent votre apprentissage.

Ce que ce livre « Manuel du langage corporel » m’a apporté ?

Dans l'ensemble, je savais à peu près tout ce qui se trouvait dans ce livre.

Cependant, j'ai tout de même pu approfondir mes connaissances sur le langage corporel.

Ce livre ne m'a certes rien appris de nouveau, mais il m'a permis d'approfondir ce que je savais déjà.

Donc, même si, comme moi, vous avez déjà des connaissances sur le langage corporel, je vous le recommande vivement.

Car il est facile à lire et à comprendre, et il vous apprendra forcément quelque chose.

Rémi Bonnet du blog L'action suit tes pensées.

Les points forts et points faibles du "Manuel du langage corporel" :

Points forts :

Rapide à lire et va droit au but.

Il offre une excellente introduction aux principes fondamentaux du langage corporel.

Des exemples concrets et des études de cas qui rendent les concepts plus tangibles et applicables dans votre vie quotidienne.

Point faible :

Manque de nuance sur le langage corporel, trop général.

Ma note : ★★★★☆

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Thu, 26 Sep 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12960/Manuel-du-langage-corporel
La diagonale de la joie | Voyage au cœur de la transe http://www.olivier-roland.fr/items/view/12957/La-diagonale-de-la-joie-Voyage-au-cur-de-la-transe

Résumé de "La diagonale de la joie | Voyage au cœur de la transe" de Corine Sombrun : ce livre est le témoignage captivant de Corine Sombrun, qui partage son cheminement depuis sa découverte de la transe chamanique en Mongolie jusqu'à son travail acharné pour en démontrer les mécanismes neuronaux et les bénéfices. Il nous entraîne dans son parcours initiatique et ses recherches scientifiques pour faire reconnaître le potentiel de la transe cognitive, un état modifié de conscience dans des applications thérapeutiques et créatives prometteuses. Il ouvre ainsi de nouvelles perspectives à l'interface entre sciences et traditions.

Par Corine Sombrun, 2021, 336 pages.

Chronique et résumé de "La diagonale de la joie | Voyage au cœur de la transe" de Corine Sombrun

Préambule – Novembre 2001

Dans un préambule, l’auteure de "La diagonale de la joie", Corine Sombrun, relate un rendez-vous qu’elle a eu avec un docteur.

Elle y raconte l’expérience troublante vécue lors d'une cérémonie chamanique alors qu’elle réalisait un reportage en Mongolie.

Suite à cet épisode d’état modifié de conscience, pendant lequel elle affirme s’être retrouvée possédée par l'esprit d'un loup, un chamane l’a désignée comme "grande chamane".

Au terme de ce récit et de sa consultation, le médecin finira par orienter Corine Sombrun vers un psychiatre.

Partie 1

Chapitre 1 - 2006

1.1 - Rencontre décisive de Corine Sombrun avec le Dr Pierre Etevenon

Le premier chapitre du livre nous ramène en 2006 : cette année-là, soit 5 ans après sa "mésaventure avec son médecin" relatée en préambule du livre, l’auteure de "La diagonale de la joie" rencontre Pierre Etevenon, docteur en sciences et directeur de recherche à l'INSERM, sur les conseils d'un ami.

Corine Sombrun raconte qu’intrigué par son expérience de transe chamanique, Pierre l'a invitée à lui faire une démonstration chez lui.

En effet, le chercheur considère les états modifiés de conscience, dont la transe de Corine Sombrun semble faire partie, comme un phénomène vraiment digne d'intérêt. Il souhaite l’étudier.

Pionnier dans ce domaine, il a enregistré dès 1972 une méditation d'un maître zen, pressentant déjà l'impact de ces pratiques sur le cerveau, ce que l'évolution de l'imagerie cérébrale a ensuite confirmé.

Au terme de la démonstration et de cette rencontre, Pierre Etevenon propose à Corine Sombrun de la mettre en contact avec des neuroscientifiques pour étudier son cas.

1.2 - Des défis à relever

Néanmoins, Pierre Etevenon explique à Corine que, pour pouvoir réaliser des électroencéphalogrammes de son cerveau en transe, cette dernière doit apprendre à induire cet état sans l'aide du tambour chamanique. C’est une gageure : même les chamanes mongols en sont incapables.

Mais si elle y parvient, ce serait une première mondiale. Aucun EEG d'une telle transe n'ayant été réalisé en laboratoire. Pierre la met aussi en garde contre le risque d'être accusée d'exercice illégal de la médecine si elle proposait des consultations : "si j’arrive à vous faire entrer dans un programme de recherche, nous allons être confrontés à énormément de réticences. Vous avez pu le constater, ces sujets dérangent, et à la seule évocation de consultations ou de thérapies par la transe, certains n’hésiteraient pas à invoquer un exercice illégal de la médecine. Toutes les portes que nous aurions pu ouvrir se refermeraient" avertit Pierre.

De retour chez elle, Corine, soutenue par son amie Anne, tente sans succès d'entrer en transe par la seule force de sa volonté. Le "loup" en elle semble rétif à se transformer en "souris de laboratoire"...

Chapitre 2 - 2007

2.1 - Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle

Dans ce 2ème chapitre, nous retrouvons Corine Sombrun à l’Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Elle s'apprête à s'envoler pour Edmonton au Canada.

Là-bas, l'attend le Pr Flor-Henry qui va réaliser les premiers électroencéphalogrammes de son cerveau en transe. Ce séjour dans le plus grand hôpital psychiatrique de l'Alberta a nécessité un an de préparation. Cette perspective angoisse Corine...

Corine se remémore les paroles du chamane mongol Balgir qui l'avait mise en garde : refuser son destin de chamane lui vaudrait un enfer pire que le cancer qu'elle a combattu. Mais surtout, la transe lui a fait entrevoir une porte vers un autre monde, peut-être celui des morts, où elle espère retrouver un être cher disparu. Voilà ce qui l'a décidée à suivre cette voie initiatique, soit 3 ans de formation à la frontière de la Sibérie malgré ses doutes.

Une fois arrivée à destination, l’apprentie chamane retrouve Pr Flor-Henry à Toronto. L’homme au nœud papillon la conduit à son hôtel. Sur la route, dans son break blanc, Corine lui confirme que non, elle n’a jamais pris d’antidépresseurs ou de neuroleptiques. Et que oui, elle a, en effet, déjà réussi l'exploit d'entrer en transe sans tambour, une condition indispensable pour les examens qui l'attendent.

2.2 - L’arrivée au centre hospitalier d‘Edmonton

Corine Sombrun et le Pr Flor-Henry arrivent à l'hôpital psychiatrique d'Edmonton de briques rouges. C’est le plus grand de l'Alberta.

Dans une salle de réunion, une quinzaine de psychiatres sont venus à sa rencontre. Corine ressent l'hostilité de l'un d'eux (qu’elle appelle Casque Noir dans le livre). Mais à part ce dernier, elle s’étonne de l’accueil chaleureux des autres psychiatres, "vu le scepticisme ironique auquel elle a l’habitude de se confronter"...

Invitée à résumer son parcours, Corine Sombrun raconte son expérience en Mongolie.

Les questions fusent : le son du tambour est-il le seul inducteur ? Prend-elle des substances psychoactives ? À quelles sensations la transe donne-t-elle accès ? Etc. etc.

Corine répond à toutes ces interrogations. Elle décrit aussi la perte de la perception habituelle de soi, les visions, la disparition de la douleur, mais surtout une intelligence perceptive décuplée lui permettant de capter des informations inaccessibles en temps normal.

Dans cet état le cerveau semble gagner en intelligence perceptive. Il capte des informations qu’il ne voit pas, ou peu, dans un état de conscience ordinaire. Un peu comme si la perception de la réalité était augmentée.

Elle partage avec l’assemblée médicale l'exemple d'une amie souffrant d'acouphènes que Corine Sombrun avait perçus pendant une transe sans le savoir. Ou encore celui de sa rencontre "guidée" avec les descendants apaches de Geronimo dont la légende évoque une origine mongole commune.

Face au scepticisme d'une psychiatre sur la nature potentiellement pathologique de ces expériences, Le Pr Flor-Henry informe qu’une évaluation psychiatrique est bien planifiée. En attendant, Corine Sombrun propose une démonstration le lendemain, avec l'un d'eux comme cobaye. Une jeune interne, Anika, se porte volontaire.

2.3 - Les premiers tests d'évaluation

Direction ensuite le centre de recherche, dans un bâtiment haute sécurité aux allures de couloir de la mort où sont évalués les grands criminels. Impression renforcée par les contrôles d'identité, badges, gardes et parois vitrées blindées...

Dans une petite pièce sombre, Corine doit alors remplir une batterie de tests de personnalité et de QI. Les questions s'enchaînent, certaines semblent peu adaptées à son expérience si particulière. Elle y répond du mieux qu'elle peut, en se demandant parfois quoi cocher pour rester au plus près de la vérité sans passer pour folle. Puis vient le test de QI sur ordinateur, qu'elle doit passer le ventre vide et en partie au hasard vu ses lacunes en anglais.

L'épreuve s'achève, la laissant craindre le pire score de l'Alberta !

De retour à l'hôtel après des achats dans un magasin bio, Corine Sombrun se prépare pour la démonstration de transe prévue le jour suivant devant les psychiatres.

2.4 - La transe sous l'œil des psychiatres

Nous voici le lendemain, il est 10h40.

Telle un artiste avant un concert, Corine Sombrun, "flippée" écrit-elle, s'impose une préparation physique et mentale : elle exécute chaque geste au ralenti.

Ancienne pianiste, elle se remémore son dernier récital d'improvisation : "je vais désormais remplacer le piano par mon corps en transe" pense-t-elle.

Face à son "public" de psychiatres, dont Anika, la jeune interne volontaire pour l'expérience, l’auteure de "La diagonale de la joie" procède à l'induction de la transe.

Agenouillée derrière la tête d'Anika allongée au sol, elle ferme les yeux et déclenche les tremblements habituels. Très vite, la transe survient.

Corine Sombrun se met à hurler comme un loup. Elle souffle, chante dans une langue inconnue. Elle "voit" le corps d'Anika auréolé d'une aura qu'elle entreprend de nettoyer par des gestes et des sons.

Puis tout s'apaise. Corine rouvre les yeux. "Je regarde les psychiatres. Leur mine me fait penser que la camisole m’attend, là, juste derrière la porte fermée à clef" plaisante l’auteure de "La diagonale de la joie"

Les psychiatres semblent partagés entre fascination et perplexité. Ils évoquent tour à tour dédoublement de personnalité, encéphalite limbique ou syndrome des personnalités multiples.

Les futurs EEG devraient apporter un éclairage bienvenu.

"Première étape : essayer de découvrir les mécanismes physiologiques liés à cet état de conscience volontairement modifié et l’influence de celui-ci sur le fonctionnement des hémisphères cérébraux. Pour cela, il faudra comparer les enregistrements de mon cerveau à ceux de personnes saines, mais aussi à ceux de patients atteints de pathologies d’ordre psychiatrique, comme la schizophrénie et les troubles maniaco-dépressifs. Des "groupes contrôles", comme ils disent. J’espère que je ne vais pas trop le perdre, le contrôle. Tous viennent me remercier. Même Casque noir. Ils sont tous impatients de connaître les résultats des tests. Et moi donc…"

2.5 - Discussion entre Corine Sombrun et Pierre Flor-Henry

Dans cette partie du livre "La diagonale de la joie", Corine Sombrun et Pierre Flor-Henry sont attablés au restaurant de l'hôpital.

Tous deux discutent des résultats des tests. La jeune femme revient sur son premier épisode de transe à l'âge de 7 ans au Burkina Faso. Elle confie aussi sa honte initiale d'être assimilée aux chamanes de Mongolie, jugés charlatans par sa culture. Elle déplore ce manque d'étude sérieuse du phénomène.

Pierre compare certains aspects de sa transe à des pathologies comme les troubles dissociatifs de l'identité ou l'encéphalite limbique. Il souligne cependant la capacité étonnante de Corine à provoquer et maîtriser volontairement ces symptômes habituellement subis.

Le Professeur fait également un parallèle avec les expériences de privation sensorielle ("sense deprivation") qui peuvent aussi induire des états modifiés de conscience, utilisés à des fins de manipulation mentale (par les services britanniques lors d’interrogatoires pendant la guerre notamment).

Corine et Pierre s'interrogent alors sur les mécanismes cérébraux en jeu dans la transe et sur ce qu'elle pourrait révéler du fonctionnement encore mystérieux du cerveau.

2.6 - Batterie de tests

À présent, nous retrouvons Corine Sombrun au centre de recherche (CDRC) de l’hôpital.

Une batterie de tests préparatoires aux EEG y attend la jeune femme. Corine Sombrun en relate longuement toutes les étapes : mesures du système nerveux autonome, poses d'électrodes, flashs lumineux, tests cognitifs, puis examen auditif...

Elle se plie à ce protocole parfois inconfortable.

Une fois terminé, Corine, intriguée, explique à Pierre Flor-Henry son envie d'entrer en transe à la vue des flashs de lumière. Le Professeur y voit une réaction normale à ce type de stimulations sensorielles par alternance, comme c’est le cas avec les battements du tambour chamanique.

Avant de la libérer, cheveux hirsutes et durcis par le gel des électrodes, le psychiatre invite Corine à dîner chez lui le lendemain, pour rencontrer son épouse, elle aussi médecin, et profiter d'un cadre apaisant en pleine nature.

2.7 - Dîner chez les Flor-Henry

Corine est invitée à dîner chez Pierre Flor-Henry, en compagnie de sa femme Gloria, de leurs enfants Sophie et Alex, ainsi que d'un couple d'amis. L'ambiance est chaleureuse et détendue, entre taquineries familiales, discussions sur les tests en cours et interrogations sur le chamanisme.

Pierre souligne l'importance de l'effet placebo dans les guérisons, avec un mécanisme neurologique impliquant le système dopaminergique. Il met aussi en garde contre les risques accrus de troubles psychiatriques liés à la consommation de drogues, terrain cérébral fragile ou non.

Portée par cette convivialité et la perspective d'une virée shopping avec Gloria, Corine sent enfin la peur la quitter à la veille de l'ultime épreuve : la transe sous EEG.

2.8 - La transe sous EEG

Le jour J est arrivé. Sanglée, casquée d'électrodes, Corine Sombrun doit cette fois entrer en transe sans bouger pour ne pas fausser les tracés EEG.

Malgré le trac, l'inconfort et le peu d'ampleur de l'état modifié atteint, l'enregistrement est réussi.

S'ensuivent les mêmes tests cognitifs que la veille, qui lui semblent nettement plus ardus après la transe, au point de craindre une perte de QI !

Pierre y voit le signe d'un impact neurologique réel de la transe, rendant provisoirement le cerveau moins apte au raisonnement. Les résultats seront analysés d'ici juin.

Chapitre 3 - 2008

3.1 - Un appel alarmant

Quatre mois après les tests, Pierre Flor-Henry appelle enfin Corine.

Soulagé d'écarter tout trouble psychiatrique, il l'alarme cependant : les tracés EEG révèlent un stress cérébral très violent pendant la transe, avec un risque de blocage dans cet état. Il lui intime d'arrêter immédiatement, sans plus d'explications, la laissant désemparée.

3.2 - Diagnostic chamanique

De retour en Mongolie, l’auteure de "La diagonale de la joie" assiste Enkhetuya, la chamane qui la forme, lors d'une consultation : une mère s'inquiète pour sa fille Tsetseg, 4 ans. Celle-ci présente en effet de nombreux symptômes : maigreur, doigts et orteils rouges et gonflés, démangeaisons jusqu'au sang, grande fatigue, goût de métal dans la bouche...

Enkhetuya, qui n'a jamais vu un tel tableau, s'étonne d'apprendre que le père cherche de l'or sur d'anciens sites miniers où la famille a dû s'installer après avoir tout perdu. Elle soupçonne une "contamination". Pour lever le voile, elle utilise ses "cailloux de divination", répartis selon un schéma bien précis. Leur disposition confirme la présence d'un "buzar", une souillure émanant d'esprits en colère qui met l'enfant et sa lignée en danger. Un rituel chamanique s'impose.

3.3 - La réticence de Corine

C'est à Corine qu'Enkhetuya confie cette cérémonie. Réticente, la jeune femme invoque l'avertissement de Pierre Flor-Henry et sa peur de rester bloquée en transe.

Mais son aînée formatrice balaye ses craintes, l'exhortant à assumer son rôle de chamane et à faire confiance aux esprits qui l'ont choisie et la guideront.

Traditions, doutes et responsabilité s’entremêlent. Et Corine, tiraillée, doit pourtant décider si elle ose braver l'interdit du psychiatre pour répondre à l'appel de sa vocation et venir en aide à cette famille en détresse. Un choix crucial pour la suite de son parcours initiatique.

"Se rendre dans le monde des esprits ressemble toujours autant à un acte de courage. Et plus je me persuade qu’Enkhetuya a raison, que je vais revenir de ce monde noir, plus la mise en garde de Pierre s’impose : bloquée en loup ou en chihuahua pour toujours..."

Dans cette partie de "La diagonale de la joie", l’auteure relate avec beaucoup de détails la cérémonie qu’elle va finalement mener avec Doudgi, le mari d’ Enkhetuya comme assistant.

3.4 - Discussion sur les risques et potentiels de la transe

Changement de décor.

Corine Sombrun participe à un dîner entre amis : Pierre Flor-Henry et Pierre Etevenon y débattent des implications des tracés EEG de Corine Sombrun.

Si le premier insiste sur les risques de séquelles au vu des similitudes avec des pathologies psychiatriques, le second y voit plutôt l'ouverture vers un état cérébral méconnu aux applications potentiellement thérapeutiques.

Au grand dam de Pierre Flor-Henry, Corine suggère, elle, de tester la transe sur des patients.

Elle déplore aussi la rareté des chamanes. C’est, dit-elle, un frein dans le fait de considérer cet état comme un potentiel plutôt qu'un dysfonctionnement.

La discussion glisse sur le cas de la petite Tsetseg, dont les symptômes évoquent une grave intoxication au mercure liée à l'orpaillage sauvage pratiqué par son père : "Ils sont tous intoxiqués. La seule solution est qu’ils changent d’environnement pour ne plus jamais être exposés au mercure. Si ce n’est pas déjà trop tard" concluent les convives.

Un diagnostic qui rejoint les perceptions de Corine lors de la cérémonie chamanique :

"C’est ce que j’ai perçu pendant la transe, dis-je. Regards étonnés. (…) Enfin, un truc m’a dit qu’ils devaient s’éloigner de ce trou, sans quoi ils allaient tous mourir. Etevenon sourit. Ce n’est pas très scientifique, mais j’espère que la famille a suivi le conseil de ton "truc".

3.5 - Rencontre avec les Indiens d'Alaska

À la fin de chapitre de "La diagonale de la joie", Corine, en quête des origines des Indiens d'Amérique, rend visite aux Athabaskans d'Alaska, apparentés aux Apaches.

Leur chef Gary lui montre une "roue mongole", technique de pêche qui pourrait être un indice de cette filiation, malgré l'absence de tradition halieutique chez les Mongols.

Il l'alerte aussi sur les menaces que fait peser le changement climatique sur leur mode de vie encore très dépendant de la nature : rivières asséchées, saumons raréfiés, parasites, rayons UV... Autant de réflexions qui nourrissent les interrogations de Corine sur l'accès à la transe.

Symboliquement, elle réalise pour Gary une cérémonie mongole avec un tambour apache sous le regard de Geronimo. La transe lui révèle que Gary descend d'une lignée chamanique. Il lui demande alors de lui transmettre cette tradition perdue, une requête lourde de sens pour la jeune femme en plein questionnement sur son propre destin.

Chapitre 4 - 2009

4.1 - Colloque de l'Artemoc

Le chapitre de "La diagonale de la joie" nous transporte en avril 2009, au 2ème colloque de l'Artemoc sur les états modifiés de conscience.

L’Artemoc (anciennement Arthemoc : Association de recherche transdisciplinaire sur les hallucinations et autres états modifiés de conscience, créée par Guillaume Dumas, Juan González et Alexandre Lehmann) a pour but de "porter un regard transdisciplinaire, critique et rigoureux sur les phénomènes de modification de la conscience et de la cognition".

"Ce deuxième colloque a pour but d’ouvrir de nouveaux champs de recherche en invitant des spécialistes déjà reconnus dans leurs domaines, mais aussi des chercheurs émergents, qui présenteront leurs travaux concernant, entre autres, le sommeil paradoxal, les expériences de mort imminente, la méditation, les mécanismes cognitifs et affectifs des EMC, leur phénoménologie, l’ontologie des hallucinogènes, la transe, les plantes psychoactives, les rituels traditionnels, et le chamanisme…"

4.2 - Confronter la transe chamanique à la science

Corine Sombrun y présente son expérience chamanique en Mongolie. Sa présentation s’intitule "Un cerveau occidental face aux effets de la transe chamanique mongole".

Elle soulève la question d'un potentiel cognitif inexploré, accessible à tous, que la transe révélerait, au-delà des a priori culturels l'assimilant à un trouble mental.

"En Mongolie en 2001, commençais-je, on m’a dit que j’étais chamane et, à Paris la même année, que je souffrais de troubles psychiatriques. Huit ans plus tard, je pense plutôt que les chamanes nous montrent une voie à prendre au sérieux. La transe qu’ils utilisent pourrait-elle être une capacité du cerveau que d’autres n’auraient tout simplement pas encore réussi à développer  ? Pourquoi et comment  ? Je n’en sais rien. Mais si l’accès à la transe se révélait effectivement une fonction cognitive, ne serions-nous pas tous capables de développer des capacités dites "chamaniques" ? L’important alors ne serait plus de se demander si nous le pouvons, mais de prendre conscience que nous le pouvons. Et du chemin à parcourir pour retrouver cette part de l’humain que la société occidentale s’obstine à ignorer."

Elle poursuit :

"Après cette expérience en Mongolie, l’unique option qui s’est présentée à moi était de confronter la transe au seul langage que nous, Occidentaux, voudrons bien entendre, celui de la science…"

À la fin de son intervention, le chercheur Alexandre Lehman invite Corine Sombrun à initier un nouveau protocole de recherche, mais le faible nombre de sujets pouvant entrer en transe risque de freiner l'obtention de financements, prévient Guillaume Dumas.

Corine propose alors d'enregistrer ce qu’elle appelle une "absolue" : des séquences de rythmes de tambour mongol particulièrement propices à déclencher cet état, pour tester leurs effets neurologiques sur un plus large panel.

Cette piste semble intéresser l'équipe scientifique.

4.3 - Salon du livre "La 25e heure" et bonne nouvelle

Nous retrouvons l’auteure du livre "La diagonale de la joie" en compagnie du coordinateur du salon de livre "La 25e heure du livre".

Marraine du salon qui porte cette année sur le thème des peuples de la steppe, Corine Sombrun envisage d’organiser, à cette occasion, une rencontre inédite entre la chamane mongole Enkhetuya et Harlyn Geronimo, descendant du chef apache. Une opportunité pour ce dernier de renouer avec les origines mongoliques de son peuple, transmises par la tradition orale.

Ce jour-là, Corine reçoit un appel de Pierre Etevenon. Il lui apprend que selon les dernières analyses de Pierre Flor-Henry, la transe provoquerait une inversion de la prédominance des hémisphères cérébraux, avec une activation accrue du droit. Un phénomène observé aussi en méditation ou sous substance psychotrope.

Loin d'y voir une anomalie, les chercheurs y décèlent un fonctionnement cérébral méconnu à explorer. Le laboratoire de la Pitié-Salpêtrière accepte alors d'enregistrer Corine en EEG : une avancée majeure pour légitimer l'étude de la transe.

4.4 - Rituel chamanique

De retour en Mongolie, Corine assiste Enkhetuya qui dit avoir reçu un mauvais sort d'un chamane noir, son rival. Pour le contrer, celle-ci initie Corine, sa disciple, à un rituel spécifique.

Non sans appréhension, Corine entre alors en transe au rythme lancinant du tambour. Elle affronte courageusement l'entité maléfique invoquée, une gargouille menaçante, jusqu'à la faire disparaître, transformant l'intention néfaste dont elle était chargée. Une épreuve formatrice qui démontre le pouvoir des esprits sollicités à bon escient.

"Tu le sais maintenant : la transe peut transformer toute intention néfaste. Ne l’oublie jamais", confie Enkhetuya après le rituel.

4.5 - Devenir rien

Dans cette partie du livre "La diagonale de la joie", l’auteure partage également une expérience qu’elle considère comme la plus belle depuis le début de son aventure en Mongolie. Celle-ci survient lors d’une nuit étoilée : c’est une sensation de dissolution totale de son corps. La sensation que celui-ci était devenu un rien indestructible fusionnant avec l'univers.

"Je suis devenue rien. (…) Je venais de sortir du tipi d’Enkhetuya pour aller faire pipi. Il faisait nuit. Et vu notre position géographique aucune lumière artificielle ne parasitait le ciel. Mes yeux balayaient les étoiles. Laissant mes pensées au repos. Quand soudain une force m’a traversée. Comme une foudre à la fois douce et infiniment puissante. J’ai senti mon corps se dissoudre. Devenir un rien, si vide de matière que plus rien ne pouvait l’atteindre ou l’agresser. J’ai eu alors la sensation d’être indestructible. Comme si en devenant rien j’avais soudain fusionné avec l’univers, pris sa forme et sa force. Partout et nulle part."

Cette expérience lui fait prendre conscience que devenir rien pourrait être la clé pour ne plus souffrir. Elle bouleverse alors sa perception de la mort qui pourrait n’être qu’une simple dissolution du "je" dans l'invisible. Corinne fait le lien avec la pensée de Merleau-Ponty sur la réversibilité des dimensions de visible et d'invisible, suggérant qu'ils sont indissociables comme un endroit et un envers.

4.6 - Création d'une "absolue de tambour"

Dans cette partie du livre "La diagonale de la joie", nous retrouvons Corine Sombrun pour commencer à construire la trame de son "absolue de tambour". La voici donc en train de sélectionner et d’assembler un concentré de séquences de tambour mongol les plus propices à induire la transe.

Se remémorant une expérience de "transe musicale" vécue en 1987 alors qu'elle jouait du piano, Corine mesure combien ces états modifiés de conscience spontanés sont, en réalité, assez courants.

Cette absolue pourra servir à étudier le phénomène sur un plus large panel. En attendant, il ne reste plus qu’à le tester sur Guillaume et Pierre Etevenon. Une perspective qui soulève, chez elle, autant d'espoir que d'inquiétude quant aux résultats à venir...

4.7 - Rencontre historique au Mans

Le salon du livre "La 25e heure" voit la rencontre tant attendue entre la chamane mongole Enkhetuya et Harlyn Geronimo, "medicine man" apache. Un moment chargé d'émotion et de symboles qui révèle une parenté intime entre ces deux peuples, des traits physiques aux rituels en passant par la langue.

Très sollicitée par le public, Enkhetuya improvise même des consultations, non sans quelques malentendus culturels qui mettent Corine dans l'embarras. Une illustration des défis de la transmission du chamanisme en Occident.

4.8 - Visions troublantes

Un jour, lors d'un échange avec un ami rescapé d'une méningite, Corine "voit" une lame plantée dans son crâne. Elle ne sait en saisir la signification.

Aussi, perplexe face à ces nouvelles perceptions qui se manifestent hors transe, elle s'interroge sur la conduite à tenir. Comment les interpréter, les gérer au quotidien, éviter d'en être affectée ?

Autant de questions qui la renvoient à sa responsabilité de chamane et à la nécessité de trouver par elle-même des réponses, guidée par les esprits. Un nouveau défi dans son parcours initiatique.

Chapitre 5 - 2010

5.1 - Périple en terre lapone

En Laponie norvégienne, Corine Sombrun découvre le mode de vie des Saamis, éleveurs de rennes transhumants.

L’objectif de cette visite est de trouver une solution pour enrichir le patrimoine génétique des rennes des Tsaatans de Mongolie, menacés de consanguinité.

Mais l'insémination et le transport d'animaux vivants en camion s'avèrent irréalisables. Seule option viable : emmener des mâles par avion, un budget inaccessible. Quant aux traditions chamaniques, elles ont été éradiquées par les missionnaires et interdites par la loi. Un constat amer pour Corine.

5.2 - Doutes et nouvelles perceptions

De retour en France, Corine peine à retranscrire ses émotions lors de l'enterrement d'un maître chamane mongol. Une impasse qu'une courte transe spontanée viendra débloquer, lui révélant aussi un souci chez une amie, confirmé après coup. Un signe de plus de l'évolution de ses perceptions.

Enfin, dans cette partie de "La diagonale de la joie", Corine Sombrun confie son besoin croissant d'ordre, peut-être un autre effet secondaire de la pratique de la transe, mais ô combien salvateur face à ses doutes chroniques.

5.3 - Prête pour de nouveaux tests EEG à Paris

Deux ans après les tests canadiens, Corine Sombrun s'apprête à passer de nouveaux enregistrements EEG, cette fois au Lena, le labo de neurosciences cognitives de la Pitié-Salpêtrière. Un protocole confidentiel, fruit de la persévérance de Pierre Etevenon et de l'intérêt suscité chez le Dr Martinerie par Guillaume Dumas.

Excitants proscrits, cheveux naturels pour ne pas perturber les électrodes : nous voilà ici avec Corine prête à se soumettre aux tests. Elle est en compagnie de Pierre Etevenon qu’elle a retrouvé à l’hôpital. Elle l'interroge : aurait-t-il connaissance d’une publication de Pierre Flor-Henry dont elle a toujours aucune nouvelle après plus de deux ans ? Celle-ci légitimerait ces recherches. Mais Pierre n'a toujours rien su à ce propos.

Corine revient ensuite sur une anecdote étrange qui lui est arrivée après que son amie Anne ait rapporté une statue dogon du marché aux puces. Pierre mesure alors la portée des modifications cérébrales induites par la pratique intensive de la transe chez Corine : sa perception de l'environnement semble s'affiner, jusqu’à donner vie aux objets.

5.4 - Réalisation des tests EEG à la Pitié-Salpêtrière

Corine est à présent en train de passer ses nouveaux enregistrements EEG au laboratoire de neurosciences cognitives de la Pitié-Salpêtrière.

Équipée de 64 électrodes, elle subit une batterie de tests (contractions musculaires, états de repos, attention focalisée et diffuse...) avant d'entrer en transe légère puis profonde, le tout filmé pour comparer les expressions de son visage à son ressenti.

Malgré la gêne et la douleur liées à sa posture agenouillée, elle parvient à induire la transe. Des visions de loup, de matière touchée et reniflée, des chants d'oiseau émergent, tandis que les scientifiques guettent le moindre signe dans une ambiance de "première mondiale".

En visionnant les vidéos, Corine découvre avec émotion son visage en transe sans masque, révélant une beauté insoupçonnée, une harmonie parfaite entre visible et invisible. Une dissociation du "je" qui la renvoie à la dissolution de l'ego et à l'expérience d'infini vécue en Mongolie (au paragraphe 4.4).

"J’ai de plus en plus souvent l’impression que mon corps se dissout, depuis. Comme la première fois en Mongolie, "je" ne m’appartient plus. Je le regarde et il n’est plus à moi. Ni à personne. Il est dans le tout, sans protection. Sans ego. Tout nu. Mais avec la sensation d’une incroyable puissance. Un peu flippant au début. Formidablement rassurant désormais. Beau de savoir que quelque part en moi il y a cet infini. Juste là, à portée de rien. Une porte. Vers un espace entre les atomes. C’est une source de joie, tu sais, d’avoir découvert que si je suis mal c’est juste mon ego qui souffre, trop petit, trop étriqué. Je ne sais pas encore diriger les transes vers cet espace, mais peut-être qu’un jour…"

5.5 - Soutien aux Indiens d'Amazonie

Thomas Pizer, de l'ONG Aquaverde, propose à Corine Sombrun de participer à un projet artistique visant à soutenir le combat du chef Almir Narayamoga Surui contre la déforestation en Amazonie.

Malgré les menaces de mort pesant sur ce dernier, elle accepte de se rendre au Brésil pour aider les Surui à créer un spectacle mêlant leur histoire et leur engagement écologique. Thomas lui demande aussi de les initier à la transe pour raviver leurs traditions chamaniques, décriées par les missionnaires.

5.6 - Test de "l'absolue de tambour" sur Guillaume

Dans cette partie de "La diagonale de la joie", nous retrouvons Corine en train de faire écouter son "absolue de tambour", concentré des séquences rythmiques les plus propices à la transe, à son ami Guillaume. Mais malgré 40 minutes d'écoute attentive, rien ne se produit, hormis quelques bâillements. Un échec cuisant qui remet en question la possibilité de déclencher la transe chez des non-chamanes.

Avant de partir, Guillaume propose quand même à Corine d'analyser les sons de manière numérique pour tenter d'en extraire la clé.

5.7 - Deuil et transe cathartique

Bouleversée par le décès de son ami Jean d'un cancer fulgurant, Corine ne parvient pas à exprimer son chagrin. Elle se réfugie dans les séries TV, puis décide de tenter une transe pour débloquer ses émotions. D'abord envahie par un noir pesant, elle se met alors à frapper son corps comme pour en chasser la peine, jusqu'à ce que les larmes se libèrent enfin.

Le soir même, lors d’un dîner improvisé chez une amie, une nouvelle vague de pleurs la submerge, déclenchée par le rhum et le souvenir d'une transe où Jean lui serait apparu, en colère, bloquant le processus. Incapable de l'aider de son vivant, elle s'interroge sur sa propre colère refoulée.

5.8 - Rêves, signes et rupture

Une nuit, Corine Sombrun rêve qu'une force entre en elle comme un "accouchement à l'envers", non sans lutte. Était-ce une transe en dormant ? se demande-t-elle…

Au matin, la réalité la rattrape : Anne, sa compagne, l'a quittée. Serait-ce le sens de cette "transe onirique", ce quelque chose venu s'imposer en elle ?

Mais comme lors d'un rêve prémonitoire lui ayant apporté des chants amérindiens, elle pressent que ce rêve va faire émerger du nouveau. Les transes ont déjà tant transformé son être, des cris de loup au "protolangage", qu'elle a appris à accepter cet "ordre où on sait sans savoir".

Malgré cela, le chagrin et le doute l'étreignent.

5.9 - Rien n’avance

Le chapitre 5 de "La diagonale de la joie" se termine sur une conversation entre Guillaume et Corine. Lors de cette discussion, nous apprenons que, si les nouveaux EEG confirment une modification du cerveau de Corine comparable à la méditation, l'analyse des séquences de tambour n'a, quant à elle, pas avancé.

La création d'un centre dédié à l'étude des transes leur semble alors plus que jamais nécessaire. Mais l'absence de sujets volontaires et les échecs des tests sur son entourage compromettent le projet.

Chapitre 6 - 2011

6.1 Immersion en Amazonie

Dans ce nouveau chapitre de "La diagonale de la joie", Corine Sombrun part en Amazonie avec une équipe d'Aquaverde pour soutenir le chef Almir dans son combat écologique.

Guidés par le chamane Perpeira, le groupe s'immerge pieds nus dans la jungle, à l'écoute des arbres et des esprits. Cette expérience sensorielle intense fait écho à la transe pour Corine. Elle lui révèle un état de conscience "amplifié" propice à la survie.

Le soir, Corine réalise une cérémonie chamanique devant le village. Ses cris et le vent soudain qu'elle soulève en soufflant terrifient l'assemblée. Pour Almir, c'est un signe que l'esprit protecteur des Surui, Xiwagoti, est venu lui parler, annonçant que la parole de son peuple allait se répandre.

6.2 - Doutes et explorations artistiques

De retour en France, l'auteure de "La diagonale de la joie" raconte traverser une période sombre.

Anne l'a bel et bien quittée, son "absolue de tambour" échoue à induire la transe chez ses proches et Flor-Henry tarde à publier ses travaux. Déprimée, la jeune femme pense à se réfugier une nouvelle fois dans les séries TV.

Mais son intérêt pour les états de conscience modifiés se ravive. Elle pressent que les capacités chamaniques, en sommeil chez la plupart, peuvent s'activer par un stress intense : NDE (near death experience), choc psychologique... Comme ce fut son cas après un vaccin et un deuil. Certains artistes, tel Abraham Poincheval et ses performances extrêmes, ont aussi su les éveiller.

Justement, elle collabore avec le plasticien Jean-Luc Vilmouth pour une exposition mêlant transe et art. Lors d'un test aux Beaux-Arts, elle capte des présences et voit une épine dans le crâne de Jean-Luc, peut-être liée à ses migraines.

Ces perceptions hors transe, de plus en plus fréquentes, la troublent… Mais son cheminement intuitif se poursuit, entre espoirs et transgressions, arts et sciences, visible et invisible. La conscience et ses mystères ne cessent de la relancer.

Partie 2

Chapitre 7 - 2013

7.1 - Expérience sur des bactéries

Élie, jeune chercheur spécialisé en biophysique, propose à Corine Sombrun de tester l'effet de la transe sur des bactéries de boues d'épuration dans son laboratoire. Malgré la difficulté à entrer en contact avec ces organismes, elle parvient à émettre des sons graves et aigus, dont le chant diphonique mongol, et des gestes amples qui semblent redonner vie au "magma bactérien". Si les mesures ne montrent pas de changement immédiat, Élie remarque un démarrage simultané dans certains réacteurs 15 jours plus tard. Un lien de cause à effet impossible à prouver, mais une piste à creuser.

7.2 - Atelier "Open state"

Lors d'un workshop aux Beaux-Arts, Corine et Jean-Luc font explorer à des étudiants les liens entre transe et créativité. Leur faisant écouter l'"absolue de tambour" les yeux bandés, ils les invitent ensuite à retranscrire leur ressenti par une performance. Certains reproduisent les sons et gestes de Corinne sans les avoir vus, signe qu'une "ouverture" s'est produite malgré l'absence de transe à proprement parler.

Jean-Luc voit dans cet état la source d'un "enseignement intuitif". Une façon de libérer notre spontanéité enfantine et de faire tomber les barrières de la technique. Un moyen de modeler notre perception du monde. Un véritable outil au service des artistes, s'il était maîtrisé.

"Imagine cette technique appliquée à des artistes. Ils retrouveraient cette joie d’être, cette joie du dessin ou de la danse spontanés, mais augmentée de la technique académique. Le beau et le juste, enfin réunis. C’est ce que nous cherchons tous et à quoi nous accédons parfois, dans les moments de grâce, ou d’inspiration. Là ils auraient un outil pour le déclencher au lieu de l’attendre."

7.3 - Regards croisés art-science

Jean-Luc propose d'utiliser une vidéo de Corine Sombrun en transe pour montrer la dimension artistique du processus. Évoquant Chris Frith, pour qui notre vision n'est qu'un modèle créé par le cerveau, il suggère aux étudiants de façonner un masque reflétant leur manière d'utiliser la transe pour explorer la réalité.

Chacun y projette sa sensibilité : miroir intérieur, bestiaire créatif, filtre transformant, porte vers l'autre... Autant de regards singuliers, au carrefour de l'art et de la conscience.

7.4 - La transe selon un physicien

Le Pr Marc Henry confie à Corine Sombrun l'expérience de mort imminente qui a bouleversé sa vision de chercheur. Intrigué par la transe, il y voit un accès à un champ d'informations habituellement filtré par le cerveau. Quand elle lui parle des bactéries "réactivées", il imagine une autre expérience pour aller plus loin.

Échangeant sur l'intelligence du vivant, ils s'accordent sur cette "autre réalité" perçue en transe, où tout devient signe. Marc promet d'y réfléchir, pendant que Corine repart étudier le mongol, malgré ses piètres progrès !

7.5 - Échanges avec Guillaume

Guillaume détaille enfin les résultats des EEG de la Salpêtrière. Comparant les états de repos avant/après transe, il note une hausse de puissance dans toutes les bandes de fréquences durant la transe, plus marquée lors de la transe profonde.

L'activité du cortex visuel apparaît aussi plus élevée en transe que les yeux ouverts au repos, confirmant les observations en IRM des visions sous ayahuasca. Enfin, l'activité accrue des lobes pariétal droit et frontal gauche post-transe suggère un effet "facilitant" sur des réseaux impliqués dans la cognition sociale.

Autant de pistes neuroscientifiques stimulantes pour éclairer les mystères de la transe et ses retombées dans les interactions humaines.

7.6 - Vers un projet de recherche

Corine rencontre Francis Taulelle, spectroscopiste RMN (Résonance Magnétique Nucléaire) et ami de Marc Henry.

Pour faire émerger une étude scientifique sur la transe malgré le scepticisme ambiant, Francis préconise de réunir un "conseil" de chercheurs de confiance, poursuivre les expérimentations même parcellaires et créer une "Association pour l'étude scientifique de la transe".

Malgré les menaces reçues, Corine est émue par ce soutien qui rend son projet enfin envisageable.

7.7 - Transe partagée

Lors d'une transe "test" avec Marc, Corine perçoit en lui des blocages qu'elle s'emploie à dissiper par des sons et des gestes. La présence d'une vieille femme amérindienne et les réactions synchrones de Marc, mêlant sa voix à la sienne, la bouleversent. Se pourrait-il que Marc soit chamane lui aussi ?

7.8 - L'épigénétique, ou l'influence de l'environnement

Marc explique à Corine les avancées de l'épigénétique.

L'épigénétique étudie comment notre environnement module l'expression de nos gènes. En effet, nos cellules, sensibles aux signaux reçus par l'eau qui les baigne, réagissent différemment selon notre vécu d'une situation. Un mécanisme possiblement héritable, à l'image de souris devenues craintives sur plusieurs générations après un stress olfactif.

Et si la transe, comme l'alimentation ou le stress, influait aussi sur cet "habillage" de nos gènes ?

Chapitre 8 - 2014

8.1 - Un comité pour la recherche sur la transe

Réunis chez Francis Taulelle à Strasbourg, Corine et un groupe de scientifiques lancent un comité de recherche sur la transe. Objectif : faire émerger une étude rigoureuse de ce phénomène malgré le scepticisme ambiant.

Après une démonstration convaincante de Corine, ils s'accordent sur les premières étapes : effectuer une analyse bibliographique exhaustive, identifier les hypothèses et méthodes d'investigation envisageables, étoffer l'équipe de chercheurs compétents. Le tout en vue de monter un programme solide, pouvant à terme bénéficier de financements.

8.2 - Une séance aux effets "ostéopathiques"

Lors de sa transe de démonstration, Corine perçoit chez Francis un œil noir, similaire à celui déjà vu chez un ami. Ses hurlements de loup et sons inédits semblent cibler des zones douloureuses, que Francis lui confirme a posteriori comme correspondant à un problème cervical.

Troublée par cette "séance d'ostéopathie" improvisée et ses effets rapportés, elle s'interroge : et si la transe avait bien un potentiel thérapeutique, au-delà de l'effet placebo ?

8.3 - Doutes et témoignages encourageants

Malgré les échecs de son "absolue de tambour" et l'absence de nouvelles de Flor-Henry, Corine puise du courage dans les témoignages reçus lors de ses conférences. Comme cet agriculteur "magnétiseur" qui se sent compris et validé dans ses perceptions grâce à ses livres.

Une rencontre touchante qui la renvoie à son propre cheminement : trouver sa place entre science et tradition, accepter ce qu'elle devient. Une quête de sens exigeante mais alimentée par la gratitude de son public.

8.4 - Quand la transe s'invite...

Corine s'interroge : les réactions de "crise" suite à un choc psychologique seraient-elles parfois une forme de transe spontanée ? Son ami Yvan lui raconte justement avoir vécu une telle expérience après un deuil, se transformant malgré lui en "singe" le temps d'une transe violente mais apaisante.

Un exemple de plus confortant son hypothèse : la capacité d'entrer en transe sommeille en chacun, prête à s'activer en cas de stress intense. Comme une soupape, un mécanisme de réparation.

"Le corps a évidemment cette capacité. Si on se coupe et que ce n’est pas trop grave il organise la cicatrisation. Mais se peut-il que les épisodes de "crise" constatés chez des personnes venant de vivre un choc psychologique soient parfois une forme de transe spontanée ? Quoi qu’il en soit l’idée se confirme peu à peu : la capacité d’accès à cet état est bien en sommeil quelque part dans nos cerveaux."​

Cela la renvoie aux descriptions historiques de "possédés" et autres "extatiques" assimilés à l'hystérie, mais chez qui ces états modifiés jouaient peut-être un rôle régulateur méconnu. Un pan de l'humain longtemps occulté que la science commence à peine à explorer.

8.5 - Tests électrophotoniques surprenants

Dans cette partie du livre "La diagonale de la joie", Corine Sombrun relate un dîner avec des amis. Elle fait alors connaissance avec un couple d'amis en commun : Fiorella et son mari Antonio, qui s'occupe de financer des projets de recherche pour le Vatican et s'intéresse aux travaux d'électrophotonique.

Au cours de la conversation, Marc propose de tester l'effet de la transe de Corine sur... l'eau de Lourdes.

Le lendemain, la voilà alors qui "sonde" différentes eaux et champignons par la transe, sous l'œil intrigué du couple.

Ses réactions, du rejet à la communion joyeuse, semblent en phase avec la nature des échantillons. L'imagerie électrophotonique révèle même une "expansion" de leur signature après la transe. Quand à un moment, Corine perçoit une entité menaçante autour d'Antonio. Elle la chasse violemment. Le groupe est bouleversé par sa puissance insoupçonnée.

Une expérience troublante qui interroge sur les frontières entre matière, conscience et invisible. Et renforce la volonté de Corine de faire reconnaître le potentiel de la transe, malgré les embûches et les doutes.

8.6 - Enregistrer l'"absolue" en studio

Pour optimiser l'analyse de l'"absolue de tambour", Guillaume a conseillé à Corine de l'enregistrer en studio. Défi relevé ! Et malgré les contraintes, à savoir : reproduire les séquences de transe les plus profondes, sans costume ni cadre rituel.

Ainsi, dans un studio de cinéma près de Paris, une équipe de choc l'accueille, intriguée mais enthousiaste. Parée de micros, filmée sous tous les angles, Corine s'élance. Malgré un arrêt pour cause de micros arrachés, elle parvient à entrer en transe et à déployer son bestiaire sonore surprenant, du loup à l'aigle en passant par de mystérieux chants amérindiens.

Une performance qui force le respect et l'admiration de ces professionnels du son. Et qui lui offre un matériau de choix pour percer enfin les secrets rythmiques et acoustiques de la transe.

Hélas, le test sur Élie reste infructueux. Après modélisation des séquences clés, la "boucle sonore" obtenue ne provoque toujours pas de transe chez lui. Mais Corine veut y croire, pressentant son potentiel.

8.7 - Un chien sauvé à distance ?

Suite à l'opération de Prozac, le chien mourant d'Anne, Corine tente une transe à distance pour le soulager. Dans un état méditatif, elle visualise l'animal, masse son ventre, souffle du froid sur la zone douloureuse, demande l'aide des esprits...

Le lendemain, le vétérinaire constate une amélioration. Simple coïncidence ou preuve d'une action à distance de la transe ? La question reste ouverte mais renforce la confiance de Corine en son potentiel thérapeutique.

Chapitre 9 - 2015

9.1 - Rencontre avec Olivier Houdé

Après les attentats de Charlie Hebdo, Corine s'interroge sur ses prières nocturnes inconscientes. Serait-ce un signe prémonitoire du "buzar", ce manque de respect généralisé annonciateur de catastrophes selon les chamanes ?

Malgré ce contexte morose, elle poursuit ses recherches.

Cédric Villani la met en contact avec Olivier Houdé, spécialiste et professeur de psychologie du développement à la Sorbonne.

Lors d'une rencontre avec lui et son équipe, Corine Sombrun discute des liens entre transe, intuition et apprentissage. Elle souligne que la transe permet un développement des capacités intuitives et créatives, ainsi qu'un "apprentissage sans apprendre". Olivier Houdé y voit un parallèle avec ses recherches sur l'apprentissage intuitif chez l'enfant.

Il propose d'étudier le "switch" entre conscience normative et transe par EEG.

Corine insiste sur la distinction entre pratiquer la transe et être chamane, cette dernière fonction impliquant un ancrage culturel spécifique.

L'équipe est séduite par l'idée de tester l'efficacité de séquences de tambour enregistrées par Corine pour induire la transe chez tous.

9.2 - Test grandeur nature et mystère du vivant

Malgré leur complexité, Élie identifie avec Corine des marqueurs acoustiques de la transe dans les enregistrements.

Un premier test grandeur nature de la "boucle sonore" effectué sur une vingtaine d'étudiants en arts lui redonne espoir : 16 d'entre eux entrent en transe ! Déclenchant une étonnante palette d'expressions corporelles et émotionnelles, comme une porte ouverte sur leur intériorité profonde.

Autant de preuves pour Corine que cet état de conscience amplifié dort en chacun, clé d'une relation au monde et à soi-même renouvelée.

Mais la mort soudaine de son ami Jean-Luc, après un rêve prémonitoire, la renvoie à l'insondable mystère du vivant et de l'invisible, au-delà de toute maîtrise illusoire.

Partie 3

Chapitre 10 - 2016

10.1 - Bonne nouvelle et échanges stimulants

La 3ème partie du livre "La diagonale de la joie" commence avec Corine Sombrun qui, attablée avec des amis, annonce une grande nouvelle : le Pr Flor-Henry va enfin publier les résultats de leur étude EEG sur la transe, concluant à une dissociation non pathologique et à un possible outil thérapeutique.

S'ensuit une discussion passionnée avec Étienne Klein sur les liens entre transe, créativité et "eurêka" scientifiques. Ce dernier évoque Poincaré qui a soudainement découvert la solution à un problème mathématique en montant dans un omnibus. Ou encore comment Einstein a été mis sur la voie de la relativité générale par un mystérieux tremblement.

"Savez-vous comment Einstein a été mis sur la voie de la théorie de la relativité générale ? Un jour il rêvasse sur un tabouret après déjeuner quand tout son corps se met à trembler. Il dit alors qu’il a l’idée la plus heureuse de sa vie celle qui le met sur la voie d’une nouvelle théorie de la gravitation. Il y travaillera pendant huit ans avec d’autres chercheurs et publiera en 1915 la théorie de la relativité générale simplement à partir de cette idée."​

Autant d’idées dont ces hommes ne s’attendaient pas, peut-être fruit d'une transe spontanée ?

10.2 - Un psychiatre intrigué

Nous retrouvons ici Corine Sombrun en compagnie d'un psychiatre, le Dr Patrick Lemoine. Ce dernier dit à Corine voir, dans la transe, un outil potentiel pour ses patients souffrant de crises de dissociation post-traumatique.

Il propose alors à Corine qu'elle écoute sa "boucle sonore" durant son sommeil. Le but étant de tester l'induction d'un rêve lucide. Une première étape avant d'envisager des applications cliniques, malgré les obstacles administratifs, explique le psychiatre.

10.3 - Hommage à un voisin et migraines ophtalmiques

Au matin, Corine croit apercevoir un vieil homme disparaître dans son plafond. Une vision prémonitoire ? Elle apprend peu après le décès de son voisin âgé.

Tout en peaufinant sa boucle sonore, l'auteure de "La diagonale de la joie" raconte ensuite être gênée par des migraines ophtalmiques. Un point lumineux brouille sa vision. Ceci l'interroge sur la nature de la réalité perçue par notre cerveau.

Enfin, une rencontre fortuite avec le neuropsychologue Chris Frith, auteur de la formule "Ce que nous voyons n'est pas le monde, mais un modèle du monde créé par notre cerveau", ne fait que renforcer son questionnement.

10.4 - Test de la boucle sonore en clinique

Direction l'unité de sommeil d'une clinique pour tester sa boucle sonore sur elle-même. Après une nuit de référence bardée de capteurs, Corine s'apprête à s'endormir avec le son, diffusé en phase de sommeil paradoxal.

Objectif : voir s'il déclenche une transe ou un rêve lucide, sans la réveiller. Un réglage délicat.

Pari réussi malgré un premier réveil : des visions de feuilles bleues, de limace, de poulpe et de serres d'aigle animent sa nuit. Le matin, les chercheurs notent des tracés EEG inhabituels et une "expression de douleur", ouvrant des pistes nouvelles.

10.5 - Obstacles et espoirs

Hélas, la directrice de la clinique annule au dernier moment le test prévu sur des volontaires, redoutant la réaction des syndicats face à une "mise en transe du personnel". Qu'à cela ne tienne, ils le feront en privé le lendemain.

Patrick Lemoine raconte aussi sa tentative d'amener une patiente à percevoir ses crises dissociatives non plus comme une fatalité, mais comme une possible réponse adaptative de son cerveau. Une approche inspirée par l'exemple de Corine, porteuse d'espoir malgré les résistances institutionnelles.

10.6 - Expérience artistique à Verdun

Corine rejoint Léa pour un nouveau projet artistique intitulé "Spirits of War". Celui-ci vise à capter les mémoires enfouies de lieux meurtris comme les champs de bataille de Verdun.

Agenouillée dans un trou d'obus, Corine Sombrun entre en transe. Elle entre en communication avec un soldat agonisant prénommé William. Bouleversée, elle partage avec lui un instant suspendu entre douleur et beauté, face à l'absurdité de la guerre :  

"Il siffle un air militaire. Je le siffle pour lui. Sa cuisse. Sa cuisse gauche est ouverte. Sanguinolente. Il va mourir. Il le sait. Mais il continue de siffler. Je siffle. Comme un baume sur l'absurdité de ce qu'il vit. Il souffre. Il crie, il siffle, il chante. Une pause pour se donner du courage. Pour accepter ce qu'on l'oblige à vivre. La peur. La terreur. Je la ressens. De devoir mourir."

Sur un second site au cœur de la forêt, une présence hostile se manifeste dans son dos. Hurlements, grimaces, rires... Corine parvient à la faire fuir au terme d'une transe cathartique.

Une expérience qui lui montre, une fois encore, "combien l'art pouvait être un vecteur puissant de mémoire et de résilience".

10.7 - Ouvrir les consciences

Lors d'un échange avec le sociologue Edgar Morin, ce dernier encourage Corine Sombrun à monter un dossier sur le chamanisme pour une revue de sciences cognitives.

Le sociologue voit dans ces états de conscience modifiés "un chaînon manquant dans la réflexion philosophique". Une exploration à poursuivre, à l'image d'une de ses amies somnambule, raconte-il, retrouvant miraculeusement ses clefs en pleine nuit.

Autant d'expériences inspirantes qui renforcent la conviction de Corine : au-delà des résistances, la transe a bien un potentiel émancipateur et créatif pour l'humain, lui ouvrant l'accès à une forme d'intelligence intuitive.

10.8 - Un article scientifique

Le Dr Shapiro envoie à Corine le brouillon d'un article cosigné avec Flor-Henry sur son cas, intitulé "Changements cérébraux pendant une transe chamanique". Fini donc le temps où on la jugeait pathologique !

Autre avancée : sa "boucle sonore" fait l'unanimité auprès d'une équipe de psychiatres, déclenchant des transes aussi variées qu'hilarantes. De quoi nourrir l'espoir d'applications cliniques pour aider des patients en crise dissociative.

Corine Sombrun mesure alors le chemin de l'aventure scientifique et humaine parcouru en 9 ans, malgré l'incertitude qui demeure sur la publication de l'article.

10.9 - L'expérience de transe collective à San Francisco

Dans cette partie de "La diagonale de la joie", Corine Sombrun relate son expérience de transe collective lors d'un voyage à San Francisco avec son amie psychologue Nadine Kreisberger. Elles organisent une séance de test de la "sound loop", une boucle sonore capable de déclencher des états de transe, avec un groupe de volontaires.

Ainsi, nous retrouvons Nadine et Corine sur le chemin pour se rendre chez leur hôtesse Sona. Une fois arrivées, elles installent le matériel nécessaire à l'expérience. Une quinzaine de participants, dont le mathématicien Edward Frenkel, se présentent et évoquent leurs motivations.

Corine fait une démonstration de transe auto-induite avant de lancer la sound loop. Rapidement, les volontaires entrent dans des états de transe variés, vivant des sensations et visions surprenantes. Seules deux personnes ne réagissent pas.

10.10 - Les retours d'expérience positifs des participants

Au sortir de l'expérience, les participants partagent leurs ressentis. Maria a vécu un moment de guérison en surmontant sa peur d'être enfermée. Peter a fait un voyage profond, bien plus intense que ses méditations habituelles. Un autre s'est senti devenir un loup.

L'expérience a été concluante pour la majorité, suscitant l'enthousiasme du groupe. Surtout, le succès de cette expérience démontre le potentiel de cette approche pour accéder à des états de conscience modifiés de façon naturelle.

10.11 - Réflexions sur l'augmentation des capacités cérébrales 

Le chapitre 10 de "La diagonale de la joie" se termine avec une discussion entre Corine et Edward. Tous deux échangent sur les recherches actuelles qui visent à augmenter les capacités du cerveau par la technologie, comme les implants de Neuralink.

Ils soulignent l'importance d'apprendre d'abord à développer nos aptitudes naturelles et à collaborer avec le vivant de façon écologique avant de recourir à ces technologies.

Pour eux, une seconde révolution cognitive basée sur une meilleure utilisation de nos ressources cérébrales serait nécessaire pour accompagner l'essor de l'intelligence artificielle sans dommages.

Chapitre 11 - 2017

11.1 - Transe libératrice pour Francis

Pour commencer ce nouveau chapitre de "La diagonale de la joie", Corine Sombrun relate l'expérience de transe de son ami Francis, directeur de recherche au CNRS, souffrant d'un cancer avec métastases et de paralysie partielle du bassin.

Ainsi, sous la supervision du Dr Marik Cassard, Francis écoute la "sound loop". Il entre rapidement dans un état de transe profond. Son corps s'agite violemment, ses jambes bougent de manière désordonnée. Son bassin, pourtant partiellement paralysé, se met à onduler.

À la fin de l'expérience, Francis témoigne d'une sensation d'ouverture de sa cage thoracique et d'une libération des points de blocage de son bassin, sans douleur. Corine et Marik sont fascinés par cette démonstration du pouvoir de l'état de transe. Elle a permis à Francis de mobiliser son corps au-delà de ses limites apparentes. Et ce, grâce à une intelligence qui échappe encore à la compréhension rationnelle.

11.2 - Expérience mystique et protolangage

Corine Sombrun évoque ensuite une expérience mystique vécue pendant une transe, où elle a eu la vision d'une présence divine et ressenti un immense sentiment de foi et d'amour. Elle a exprimé spontanément cette émotion par le biais du "protolangage", une forme de vocalisation instinctive qui semble porter le sens profond de l'intention sans passer par les mots.

"En même temps que ma bouche se mettait à prononcer ce protolangage incompréhensible pour mon intelligence analytique mais dont une autre intelligence percevait le sens sacré j’ai plongé dans cet instant où l’on sait que quelque chose du grand mystère nous est enfin révélé. Une dimension cachée dont la porte vient de s’ouvrir. Infinie. Le lendemain en me réveillant j’ai eu la sensation de cette image incrustée partout en moi. J’étais différente. Transformée. Bouleversée. (...) Trois jours. Elle est restée trois jours en moi. Et puis je suis "redescendue". Il est resté la gratitude. Immense. Et l’envie de dire merci tout le temps."

Elle réfléchit à l'intérêt d'étudier scientifiquement ce mode de communication qui pourrait ouvrir des portes vers une compréhension plus directe entre les êtres.

"Retrouver l’usage de ce protolangage ne serait-il pas une belle avancée ? Nous l’avons testé dans le cadre d’un atelier avec des étudiants de l’École supérieure des arts de la ville de Liège. [...] Tous se sont mis à parler en protolangage. La vidéo révèle à quel point la communication était fluide sans impression de jugement profonde. Déclenchant un sentiment de joie communicatif. Beau. L’image de la tour de Babel. De ce langage commun à tous les humains."

Cette expérience a été, pour elle, une révélation bouleversante dont la beauté l'a habitée pendant trois jours, laissant place ensuite à un sentiment de gratitude infinie.

11.3 - Reconnaissance scientifique et maîtrise de la transe

Dans cette partie du livre "La diagonale de la joie", Corine Sombrun apprend avec joie la publication de son article co-écrit avec le Pr Flor-Henry, fruit de dix années de travail pour faire reconnaître ses recherches par la communauté scientifique.

Elle partage la nouvelle avec ses proches et appelle Francis pour lui en faire part.

Celui-ci se montre heureux mais un peu inquiet car depuis qu'il a appris à auto-induire la transe, il peine à la contrôler au quotidien. Corine lui conseille de dialoguer avec l'intelligence à l'œuvre dans ce processus pour apprendre à l'interrompre.

En parallèle, elle reçoit les résultats d'analyses du Dr Faivre sur sa nuit de transe induite pendant le sommeil paradoxal, qui mettent en évidence des particularités électrophysiologiques.

11.4 - Abraham Poincheval : transe au cœur d'un rocher 

Corine Sombrun évoque ici la performance artistique d'Abraham Poincheval qui s'est muré dans un rocher pendant une semaine au Palais de Tokyo à Paris.

L'artiste témoignera ensuite avoir vécu une expérience proche de l'extase ou de la transe au cœur de cet espace confiné qui lui a fait repousser ses limites physiques et mentales.

11.5 - Casting transe pour un film

Fabienne Berthaud, réalisatrice de l'adaptation cinématographique du livre "Mon initiation chez les chamanes", propose à Corine d'organiser un "casting transe". L’objectif est de choisir parmi trois comédiennes celle qui serait la plus apte à jouer une transe à l'écran.

Corine Sombrun est également sollicitée pour faire écouter la "sound loop" aux actrices et les accompagner dans cette expérience inédite.

11.6 - Transe et connexion à la nature

Lors d'une promenade dans la nature avec ses chiens, l’auteure de "La diagonale de la joie" se laisse aller à une transe spontanée. Elle entre en communication avec les éléments naturels qui l'entourent, chantant en "protolangage" devant un pin.

Cette expérience lui fait prendre conscience de l'interconnexion profonde entre tous les êtres vivants et de l'importance de respecter et d'écouter la nature. Corine Sombrun souligne alors la pertinence des savoirs traditionnels sur ce sujet, comme le concept d'arbres maîtres chez les chamanes qui rejoint celui d'arbres mères mis en évidence par la science. L'observation et la mise en lien de ces connaissances permettraient des pratiques plus durables et écologiques, pense-t-elle :

"Parmi les plus grands et les plus vieux, ces arbres [les arbres mères] sont généralement les mieux intégrés au mycélium souterrain. Ils sont donc considérés comme indispensables au développement d’une forêt, car ils nourrissent leur progéniture en partageant les nutriments dont les jeunes arbres ont besoin pour bien pousser. L'observation et la mise en lien de toutes ces connaissances seraient l’une des conditions indispensables pour générer des pratiques forestières plus durables, dont celle consistant à protéger les arbres mères, ou à donner aux arbres mourants le temps de libérer leurs nutriments avant de les abattre."

11.7 - Transe thérapeutique et mémoires traumatiques

Le récit se poursuit avec Corine en train d’assister son amie psychologue Nadine lors d'une séance de thérapie expérimentale avec Ashley, une patiente ayant accepté de tester la transe.

Pendant qu'Ashley écoute la "sound loop", Corine perçoit dans sa propre transe des informations sur le vécu d'Ashley : une blessure à la gorge liée à un ancêtre pendu, un corps vide et froid qu'elle n'habite pas.

Ashley confirme avoir un grand-père mort pendu à Auschwitz et souffrir de polypes à la gorge.

Nadine lui propose un rituel pour se libérer de ce lien douloureux. La nuit suivante, Ashley revit le traumatisme, puis, lors d'une seconde transe, parvient à s'en libérer.

Pour l'auteure de "La diagonale de la joie", cet épisode illustre le potentiel thérapeutique de la transe pour accéder à des mémoires traumatiques inconscientes et les transmuter.

11.8 - Conférence chez Google sur transe et thérapie

Corine et Nadine sont invitées par leur ami Marius à donner une conférence chez Google sur leur approche combinant transe chamanique, neurosciences et psychologie.

Marius, lui-même converti à la transe, a pu en mesurer les bénéfices.

Corine relate, durant la conférence, le cas d'une patiente de Nadine qui, lors d'une transe, a pu affronter la violence de son père incestueux et s'en libérer, découvrant une nouvelle perception du monde.

Cet exemple, souligne pour l’auteure de "La diagonale de la joie", la puissance transformatrice de la transe quand elle est bien accompagnée.

11.9 - Défis de la transe à l'ère numérique

Dans le métro, Corine observe les passagers absorbés par leurs smartphones et s'interroge sur la possibilité d'une reconnexion à notre environnement dans ce contexte d'hyperconnexion virtuelle.

Elle évoque l'idée des "googlers" de combiner réalité virtuelle et "sound loops" pour optimiser l'accès à la transe, mais pointe les défis techniques et les risques potentiels. Elle mentionne son futur projet d'intervention en école de commerce avec Maya Farhat, pour initier des dirigeants et DRH à repousser leurs limites par la transe.

Chapitre 12 - 2018

12.1 - Transe de possession et médiumnité de Francis

Dans cette partie du livre de "La diagonale de la joie", Francis raconte à Corine une transe bouleversante vécue avec son épouse Anne.

Celle-ci souhaitait contacter sa grand-mère Berthe, décédée, pour dénouer une situation familiale.

Pendant la transe, Francis a eu l'impression de devenir Berthe, éprouvant la sensation d'étouffer sous l'eau. Par sa bouche, Berthe a répondu aux questions d'Anne. Francis a ainsi vécu sa première expérience de possession et de médiumnité. Il s'est avéré que Berthe était morte d'un arrêt cardiaque, et non noyée.

Pour Francis, scientifique, ces phénomènes ouvrent de nouvelles perspectives de recherche passionnantes sur la nature de la conscience et des liens entre les êtres. Elles pourraient s'expliquer par une "physique des résonances" encore à découvrir. 

12.2 - Projet d'étude sur la transe cognitive au CHU de Liège

Nous retrouvons ici Corine et Francis. Tous deux sont accueillis au CHU de Liège par Audrey Vanhaudenhuyse pour rencontrer le Pr Steven Laureys, directeur du laboratoire Giga Consciousness qui étudie les états modifiés de conscience.

Corine et Francis évoquent la conférence au Palais des congrès où la transe d'une artiste sur scène a "contaminé" le public, déclenchant des transes spontanées.

Devant Steven Laureys et son équipe, ils présentent également leur projet d'étude scientifique sur la "transe cognitive" comme potentiel humain accessible à tous, en comparaison avec d'autres états étudiés comme l'hypnose ou la méditation.

Ils proposent de constituer une cohorte de sujets formés à la transe. L'équipe est enthousiaste. Steven Laureys donne son accord pour lancer un protocole d'imagerie cérébrale sur Corine puis sur la cohorte.

12.3 - Conte apache et idée d'induction de transe par l'image

Écoutant le son d'un orage en arrière-plan, Corine Sombrun repense à un conte apache sur la dispute entre le vent et le tonnerre, qui finirent par se réconcilier pour faire régner l'harmonie. Ce conte lui donne soudain une idée sur la façon d'induire la transe avec des images. 

12.4 - Transe libératrice pour Lilian, atteinte de SLA

Dans cette partie du livre "La diagonale de la joie", Corine relate un moment particulièrement fort : Lilian, atteinte de sclérose latérale amyotrophique, a accepté de tester l'effet de la transe sur sa maladie.

Allongée, Lilian entre rapidement en transe, nous raconte l'auteure. Son corps s'agite et émet des sons et des cris puissants malgré la faiblesse de ses muscles. À un moment, elle prononce "This is my body" et sent alors s'ouvrir un espace en elle.

Au réveil, émue et joyeuse, Lilian raconte cette expérience libératrice qui lui a permis de "tout laissé aller". "Des sanglots dans la voix, elle ajoute : Je n'avais jamais crié de ma vie. Jamais. Même quand mon père me violait".

Une deuxième transe lui révèlera les ressources insoupçonnées de ce corps qu'elle rejetait à cause de la maladie et qu'elle peut désormais voir comme un "allié".

12.5 - IRM de transe et collaboration Liège-Stanford

Corine Sombrun passe une IRM fonctionnelle au CHU de Liège.

Pendant la transe dans le tube, elle ressent plus fortement les effets du champ magnétique et a un fou rire incontrôlable.

Elle subit ensuite un test d'hypnose avec le Pr Faymonville. En sortant, elle raconte à Audrey Vanhaudenhuyze l'expérience menée à Stanford avec Lilian, atteinte de sclérose latérale amyotrophique.

Le Pr David Spiegel, spécialiste de l'hypnose, a été impressionné par les mouvements spontanés du corps de Lilian pendant la transe et envisage un protocole sur des patients atteints de cette maladie. Audrey propose une collaboration entre Liège et Stanford, ce qui rejoint le projet de Corine et Francis de créer le TranceScience Research Institute pour financer ce type de recherches.

12.6 - Effets de la transe sur la SLA de Lilian

Après deux mois de pratique de la transe cognitive, Lilian a retrouvé quelques sensations et une légère amélioration de sa mobilité et de sa respiration. Même si la transe n'a pas d'effet sur la maladie elle-même, elle semble soulager certains symptômes.

Pour Francis, la transe permettrait d'accéder plus facilement à des circuits neuronaux alternatifs. C'est ce qui s'est passé, sans doute, dans son propre cas, pense-t-il.

12.7 - Stimulation magnétique et dissociation en transe

Corine Sombrun subit ici des tests de stimulation magnétique transcrânienne couplés à un EEG.

Malgré l'inconfort de l'appareillage, elle parvient à entrer en transe.

Le test vise à stimuler deux points :

La première stimulation sur le "précunéus" situé sur le "cortex préfrontal postérieur", induit alors, chez Corine, une forte expérience de dissociation avec dépersonnalisation. La jeune femme se sent alors devenir fourmi puis iguane.

La seconde stimulation au niveau du "cortex prémoteur" stoppe cette dissociation.

Corine suggère que ces points pourraient être naturellement activés pendant la transe et que leur stimulation pourrait aider des patients souffrant de dissociation pathologique.

12.8 - Transe transformatrice pour un colonel à HEC

La partie suivante de "La diagonale de la joie" partage le témoignage d'un colonel ayant participé à la formation HEC Executive Education. Dès la première écoute de la "sound loop", il a vécu une transe transformatrice, se sentant comme une chrysalide devenue papillon, captant les vibrations du monde d'une façon nouvelle.

12.9 - Révélations aériennes : transe, soins palliatifs et acceptation de la mort

Pendant un vol en avion au-dessus de la Mongolie, Corine et Amélie, médecin urgentiste, discutent de l'intérêt de la transe pour les soins palliatifs et la communication avec les patients en fin de vie.

Corine évoque aussi le cas d'un psychiatre dont le père décédé lui a révélé en transe un cancer, lui sauvant ainsi la vie.

Toutes deux réfléchissent à l'impact de la méditation et potentiellement de la transe sur le vieillissement cellulaire via les télomères. Pour Corine, accepter la mort comme une transmutation du flux de vie serait le véritable secret de l'immortalité, contrairement à l'acharnement de nos sociétés à vouloir contrôler la vie.

12.10 - Vieillissement, beauté intérieure et mécanismes de la transe

En observant ses rides dans le miroir, Corine Sombrun médite sur le vieillissement et la beauté intérieure révélée par la transe.

À ce moment-là, elle reçoit un e-mail de Francis. Elle le lit. Francis y partage ses réflexions scientifiques sur le potentiel de la transe comme boussole de guérison, ouvrant de nouvelles voies pour traiter les maladies. Il propose des pistes de recherche sur les mécanismes cellulaires et les neurotransmetteurs impliqués dans la transe.

Chapitre 13 - 2019

13.1 - L'enfant, ce transeur qui s'ignore

Corine et Francis discutent de l'hypothèse selon laquelle les bébés et jeunes enfants vivraient naturellement dans un état proche de la transe, leur lobe frontal n'étant pas assez développé pour inhiber ces capacités.

Selon Francis, la "grande régression synaptique" en serait une explication neurologique. Ce processus, qui a lieu au cours de notre développement, conduirait à l'élagage de connexions neuronales, restreignant ainsi ces aptitudes.

Corine et Francis s'interrogent alors sur la possibilité de réactiver ces réseaux par la transe à l'âge adulte.

13.2 - Résister à la dépendance technologique

Observant la nature au petit matin, Corine réfléchit à notre dépendance croissante aux écrans et à la société de consommation. Cette dernière nous transforme en "produits", pense-t-elle, et génère chez nous une angoisse profonde.

Elle évoque Henry David Thoreau, précurseur de la décroissance, et la nécessité de résister à ce liberticide. Elle repense à la "sécurité psychique" dont parle Edgar Morin.

Mais un appel de Dominique Gonzalez-Foerster la sort de ses réflexions. Cette artiste plasticienne l'invite à collaborer sur une expérience artistique en réalité virtuelle autour de la transe pour la Biennale de Venise.

13.3 - Visions d'un futur spatial

Au réveil d'un rêve prémonitoire, Corine a la certitude d'avoir entrevu une scène de son futur dans un laboratoire lié aux études spatiales, où la transe était au cœur d'une discussion passionnée. Elle s'interroge sur l'influence de cette vision sur son présent et pressent l'intérêt de former les spationautes à la transe cognitive pour amplifier leurs capacités dans l'isolement de l'espace.

13.4 - Protocole pionnier sur la transe cognitive

Corine participe à une étude pionnière sur la transe cognitive au CHU de Liège, supervisée par Steven Laureys, Olivia Gosseries et Audrey Vanhaudenhuyze.

Vingt-sept volontaires entraînés à la transe sont testés en EEG dans différentes conditions : au repos, en imaginant une transe et en transe réelle, avec ou sans stimulations auditives. Pendant l'expérience, Corine a des visions liées à la mort et ressent l'état de fœtus de l'enfant à naître de Gitka, l'une des chercheuses.

Les prochains protocoles exploreront l'augmentation de la force, la diminution de la douleur et les applications thérapeutiques de la transe, notamment pour les troubles anxieux, les addictions et la rééducation.

La création du TranceScience Research Institute avec Francis Taulelle permettra de développer ces recherches transdisciplinaires.

13.5 - La minute de silence

Dans cette dernière partie du livre, l'auteure de "La diagonale de la joie" partage les résultats des premières études, bien que peu nombreuses, réalisées sur les effets de la transe au niveau cérébral :

Celles-ci montrent une modification des connexions entre différentes régions du cerveau, notamment celles impliquées dans le traitement des informations extérieures, la conscience de soi et les perceptions sensorielles.

L'activité électrique cérébrale semble se caractériser par une modification des rythmes bêta dans les régions frontales, pariétales et occipitales, avec un transfert de prédominance de l'hémisphère gauche vers le droit.

La réponse à la stimulation magnétique varie selon les zones stimulées, reflétant l'attention focalisée sur le vécu intérieur et la diminution de la conscience de l'environnement typiques de la transe.

Ces observations préliminaires corroborent les ressentis subjectifs des personnes en état de transe.

13.6 - La transe, clé d'un avenir joyeux et créatif

Après la projection du film "Un monde plus grand", Corine Sombrun mesure le chemin parcouru pour faire reconnaître la transe par la science.

Elle souligne, à ce propos, l'importance de réconcilier le savoir et la conscience, l'intellect et la perception, pour construire un futur écologique et heureux. Elle évoque également les avancées à venir : études cliniques, formations universitaires, expositions artistiques...

Enfin, en ce qui la concerne, la transe lui a appris, confie-t-elle, à se réinventer, à retrouver la joie de l'exploration comme un enfant. La transe lui a fait découvrir, conclue-t-elle, le sens du sacré en elle et la liberté d'être pleinement soi :

"Grâce à elle, j’ai découvert que vivre une transe, c’est accepter de ne plus savoir qui je suis, et si je ne sais plus qui je suis, je suis libre de devenir ce que je suis. Grâce à elle, j’ai découvert le sens du sacré. Cette racine de la spiritualité est bien là, en chacun de nous. Et ces années de recherche, enfin, se réveillent, m’éveillent, éveillent. Diagonale de la joie."

Conclusion de "La diagonale de la joie | Voyage au cœur de la transe" de Corine Sombrun

Les trois idées majeures de "La diagonale de la joie | Voyage au cœur de la transe"

  1. Le parcours initiatique et scientifique hors du commun de Corine Sombrun

Tout au long des pages, Corine Sombrun nous embarque dans son incroyable périple. Depuis sa découverte fortuite de la transe chamanique en Mongolie jusqu'à son combat acharné pour en percer les mystères grâce aux neurosciences. Un cheminement jalonné de doutes, de joies et de révélations. Un parcours initiatique et scientifique fascinant qui témoigne de la volonté de beaucoup de mieux connaître et reconnaître cet état de conscience si particulier.

  1. La transe cognitive, un potentiel humain à (re)découvrir

Au fil de ses expériences et de ses recherches, Corine Sombrun met en lumière le formidable potentiel de ce qu'elle nomme la "transe cognitive". Loin d'être réservée à quelques chamanes initiés, cette capacité à entrer dans un état modifié de conscience par la seule force de la volonté semble en réalité sommeiller en chacun de nous. Une aptitude naturelle qui, une fois éveillée et maîtrisée, ouvre des perspectives insoupçonnées tant sur le plan thérapeutique que créatif.

  1. Vers une réconciliation entre science et tradition, intellect et intuition

Plus qu'un simple récit, "La diagonale de la joie" est un véritable plaidoyer pour une approche holistique de l'humain et de la conscience. En faisant dialoguer les savoirs ancestraux et les découvertes les plus pointues en neurosciences, Corine Sombrun nous invite à dépasser les clivages pour embrasser toute la complexité de notre être. Une vision audacieuse qui réconcilie le cerveau et le cœur, la rigueur scientifique et la sagesse intuitive.

Que vous apportera la lecture de "La diagonale de la joie | Voyage au cœur de la transe" ?

Que vous soyez féru de développement personnel, passionné par les états de conscience ou simplement curieux de l'aventure humaine, "La diagonale de la joie | Voyage au cœur de la transe" ne manquera pas de vous interpeller. Corine Sombrun y partage avec générosité son expérience unique, ses questionnements, ses engagements. En refermant ce livre, vous aurez voyagé aux côtés d'une femme hors normes. Mais aussi et surtout, vous aurez ouvert votre esprit à de nouveaux horizons quant à votre propre potentiel, les facultés de votre conscience, et ce, bien au-delà du prisme de l'ésotérisme.

Pourquoi lire "La diagonale de la joie | Voyage au cœur de la transe" ?

"La diagonale de la joie" est un ouvrage à la fois intimiste (parcours personnel de l'auteure) et universel (mise en lumière de nombreuses découvertes neuroscientifiques).Je le conseille donc :

D'une part, pour la qualité du témoignage, authentique et captivant, qui nous plonge au cœur d'un parcours de vie et de recherche extraordinaire.

D'autre part, pour la portée des découvertes scientifiques et des réflexions qu'il contient, véritables invitations à élargir notre regard sur nous-mêmes et sur le monde.

"La diagonale de la joie" est un livre passionnant et unique en son genre qui vous permettra d'explorer autrement le potentiel de cette diagonale de la joie qui, selon l'auteure et de plus en plus de recherches, sommeillerait en chacun de nous...

Points forts :

Le témoignage authentique et captivant d'un parcours à la fois initiatique et scientifique hors du commun.

La mise en lumière du potentiel de la transe cognitive, capacité humaine méconnue aux applications prometteuses.

Une invitation à réconcilier science et tradition, intellect et intuition, pour une approche holistique de la conscience.

Une écriture captivante et très accessible, un style personnel et authentique, qui transmet avec justesse la richesse des expériences et des réflexions de l'auteure.

Point faible :

La structure du récit, alternant entre différentes temporalités, angles et thématiques, peut parfois dérouter le lecteur. Mais c'est aussi, pour d'autres, ce qui peut en faire sa richesse.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 16 Sep 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12957/La-diagonale-de-la-joie-Voyage-au-cur-de-la-transe
Comment fonctionne le cerveau : 5 livres pour s’émerveiller de ses incroyables capacités http://www.olivier-roland.fr/items/view/12950/Comment-fonctionne-le-cerveau-5-livres-pour-smerveiller-de-ses-incroyables-capacits

Vous êtes-vous déjà demandé comment fonctionne le cerveau, cet organe fascinant qui régit nos pensées, nos émotions et nos actions ? Les neurosciences ont fait des progrès spectaculaires ces dernières décennies, révélant les mystères de notre matière grise. Des chercheurs passionnés se sont penchés sur les capacités extraordinaires de notre cerveau, de la conscience à la créativité en passant par la plasticité cérébrale. Et ce qu’ils nous dévoilent aujourd’hui est un potentiel insoupçonné !

Dans cet article, j’ai résumé, pour vous, 5 livres incontournables à ce sujet : chacun d’entre eux apporte un éclairage unique et accessible sur les capacités incroyables de notre cerveau et l'évolution spectaculaire des neurosciences. De quoi vous mettre à jour et ainsi mieux cerner cette "boîte noire" qui fait de nous des êtres conscients et uniques.

Alors, prêt à stimuler vos neurones ?

  1. "Les 12 lois du cerveau"

Titre original : "Brain Rules"

Par John Medina, 2008 (édition originale), 2010 (édition en français), 304 pages.

Résumé du livre "Les 12 lois du cerveau" de John Medina

12 clés pour comprendre comment fonctionne le cerveau

Dans son ouvrage "Les 12 lois du cerveau", John Medina, célèbre neuroscientifique nous aide à mieux comprendre comment fonctionne le cerveau à travers 12 principes clés. Alliant rigueur scientifique et talent de vulgarisateur, il rend accessibles les découvertes récentes sur cet organe complexe et fascinant.

Son objectif, souligne-t-il, est de permettre au plus grand nombre d'acquérir des connaissances actualisées sur le cerveau, dans le but notamment d'améliorer nos capacités d'apprentissage et nos performances cognitives.

Comment optimiser les capacités de notre cerveau

Chacun des 12 chapitres présente une "loi" essentielle pour optimiser les capacités de notre cerveau au quotidien.

John Medina expose alors, au fil des pages, l'importance cruciale de l'exercice physique pour stimuler nos facultés mentales, la nécessité du sommeil pour consolider les apprentissages, et les différences subtiles entre cerveaux masculins et féminins.

Il explique aussi brillamment le fonctionnement de notre mémoire à court et long terme, pourquoi la vision domine nos autres sens, et comment le stress chronique impacte négativement l'apprentissage.

On découvre également que chaque cerveau possède un câblage unique façonné par nos gènes et notre environnement. Que notre attention est une ressource précieuse facilement perturbée par l'ennui et le multitâche. Que nos sens coopèrent étroitement pour construire notre représentation du monde, parfois au prix d'illusions. Et que notre curiosité innée est le véritable moteur de l'apprentissage à tout âge.

Le message et les points clés du livre "Les 12 lois du cerveau" de John Medina

Le message fort du livre

Notre cerveau, bien que complexe, fonctionne selon des lois fondamentales qu'il est aujourd'hui possible de mieux comprendre grâce aux apports des neurosciences. Une meilleure connaissance de ces lois peut nous permettre d'optimiser les capacités d’apprentissage et les performances cognitives du cerveau, à tout âge.

7 idées clés du livre "Les 12 lois du cerveau"

L'activité physique régulière est l'un des meilleurs moyens de stimuler nos capacités cognitives à tout âge. Elle favorise en effet la plasticité cérébrale et en réduit les risques de déclin cognitif (maladies neurodégénératives).

Entretenir sa curiosité et son goût d'apprendre est la clé d'un cerveau en pleine forme tout au long de la vie. Ainsi, nos études et notre travail devraient être conçus comme une exploration plutôt que comme un passage obligé.

Bien dormir joue un rôle essentiel dans la consolidation de la mémoire et des apprentissages. Dès lors, un sommeil de qualité et des siestes bien placées sont essentiels pour ancrer les apprentissages de la journée. À l'inverse, un manque chronique de sommeil détériore fortement nos facultés mentales.

Le stress excessif ou chronique perturbe l'apprentissage et la mémorisation à long terme, d'où l'importance de construire un environnement sécurisant et motivant, à l'école comme au travail.

Les émotions influencent nos façons de penser et d'apprendre. Des émotions positives amplifient nos capacités intellectuelles.

L'attention se focalise difficilement plus de 10 minutes. Au-delà, elle a besoin de fréquentes re-stimulations par la nouveauté, les émotions et le storytelling pour rester mobilisée. C’est pourquoi la présentation d'informations sous un format ludique et émotionnellement stimulant optimise la mémorisation. Le multitâche est à proscrire car il disperse notre attention.

Le cerveau interprète toujours une information dans un contexte global. D'où l'importance de donner du sens aux apprentissages. 

La vision est notre sens dominant : plus une information est visuelle, plus elle sera facile à traiter et à mémoriser pour notre cerveau. C’est pourquoi, les images et démonstrations sont bien plus efficaces que de longs discours.

Mon avis sur le livre "Les 12 lois du cerveau" de John Medina

Dans "Les 12 lois du cerveau", le Dr John Medina vulgarise avec brio les découvertes récentes en neurosciences. Aussi, plutôt que d'asséner un cours magistral, il ponctue son propos d’histoires, d'exemples et d'expériences étonnantes et frappantes. Et il réussit, de cette façon, à faire de son livre un véritable pont entre ces connaissances et notre vie quotidienne.

Par ailleurs, cette lecture réconciliera votre tête et votre corps et vous montrera que prendre soin de l'un, c'est prendre soin de l'autre.

Enfin, il vous dévoile les coulisses du travail des chercheurs, sans occulter ce qui reste mystérieux dans le fonctionnement cérébral. Son but : vous aider à exploiter au mieux votre potentiel en adaptant votre mode de vie, votre façon d'apprendre et de travailler aux besoins de votre cerveau.

Dès lors, "Les 12 lois du cerveau" est un livre à mettre entre vos mains si vous voulez comprendre comment fonctionne le cerveau et optimiser les capacités de votre matière grise au quotidien, que ce soit au travail, à l'école ou dans votre vie personnelle.

Les points forts et points faibles du livre "Les 12 lois du cerveau" de John Medina

Points forts : 

Un contenu scientifique solide et accessible, avec des références récentes de qualité.

La vulgarisation réussie de concepts neuroscientifiques pointus.

Les anecdotes et nombreux exemples frappants qui ancrent le propos.

Les mises en scènes et implications pédagogiques et pratiques à l’image des idées préconisées.

Le récapitulatif des idées-clés pour chacun des chapitres.

Point faible :  

Peu d'illustrations pour un livre qui vante l'importance du visuel.

Ma note : ★★★★★

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  1. "L’homme aux deux cerveaux"

Par Daniel Pink, 2006, 288 pages.

Résumé du livre "L’homme aux deux cerveaux" de Daniel Pink

De l'analytique au créatif : l’essor de l'hémisphère droit

Dans son livre "L'homme aux deux cerveaux", l'auteur, Daniel Pink, explique que l'avenir appartient aux personnes qui sauront exploiter pleinement les capacités de l'hémisphère droit de leur cerveau.

Pendant longtemps, notre économie et notre société ont privilégié les qualités associées à l'hémisphère gauche du cerveau : la logique, l'analyse, la linéarité. Mais face aux bouleversements actuels - abondance matérielle, mondialisation, essor technologique - cette approche ne suffit plus. Pour réussir dans cette nouvelle ère dite "conceptuelle", il faut désormais cultiver les aptitudes de l'hémisphère droit : la créativité, l'empathie, la vision d'ensemble.

Les 3 raisons du basculement vers l’ère conceptuelle

Daniel Pink structure son propos en deux parties.

La première expose les raisons de ce basculement vers "l'ère conceptuelle". Selon l’auteur, trois forces majeures l'expliquent :

L'abondance qui crée un besoin de beauté et de sens au-delà de la fonctionnalité,

L'externalisation vers l'Asie des tâches logiques et répétitives,

L'automatisation croissante par les ordinateurs du travail cérébral routinier.

Les 6 compétences de cette nouvelle ère plus conceptuelle

La deuxième partie explore les six compétences clés pour s'adapter et s'épanouir dans ce nouveau contexte. Il s'agit du design, du storytelling, de la synthèse, de l'empathie, du jeu et de la quête de sens. Daniel Pink les considère comme les "six sens" de l'ère conceptuelle, des aptitudes longtemps négligées mais désormais indispensables pour compléter les capacités analytiques traditionnelles.

À travers de nombreux exemples issus des entreprises, des sciences et des arts, l’auteur montre comment développer et appliquer concrètement ces "six sens". Pour cela, il ponctue chaque chapitre d'exercices, de références et de conseils pratiques pour muscler son hémisphère droit et libérer son potentiel créatif.

Le message et les points clés du livre "L’homme aux deux cerveaux" de Daniel Pink

Le message fort du livre

Pour s'épanouir dans un monde en pleine mutation, il est crucial de développer les facultés créatives et émotionnelles de notre cerveau droit, trop longtemps négligées au profit de la pensée logique et analytique. C'est donc en cultivant les "six sens" de l'ère conceptuelle que nous pourrons créer de la valeur et du sens.

4 points clés développés par Daniel Pink dans le livre "L’homme aux deux cerveaux"

Notre cerveau gauche traite l'information de manière séquentielle et analytique, tandis que notre cerveau droit a une approche simultanée et synthétique. Bien que complémentaires, ces deux modes de pensée ont été inégalement valorisés.

Trois forces majeures bouleversent notre époque et rendent les compétences du cerveau droit plus essentielles que jamais : l'abondance matérielle, la concurrence des travailleurs asiatiques et l'automatisation des tâches cérébrales routinières.

Six aptitudes clés permettront de prospérer dans cette nouvelle ère conceptuelle :

Le design, ou la capacité à créer des produits à la fois beaux et fonctionnels.

Le storytelling, ou l'art de communiquer des idées à travers des récits captivants.

La synthèse, ou le talent pour connecter des éléments a priori distincts en un tout cohérent.

L'empathie, ou la faculté de comprendre les émotions et les besoins d'autrui.

Le jeu, ou savoir utiliser l'humour et la légèreté pour innover et créer du lien.

La quête de sens, ou la tendance à rechercher un but profond au-delà du matériel.

Toute personne, en s'entraînant, peut développer et renforcer ces "six sens", notamment à travers des exercices de dessin, d'écoute, d'écriture, de connexions inédites entre idées.

Mon avis sur le livre "L’homme aux deux cerveaux" de Daniel Pink

"L'homme aux deux cerveaux" est un ouvrage clairvoyant qui partage une approche globale et nuancée de l'intelligence humaine, au-delà de la pensée purement rationnelle.

Résolument tourné vers l'avenir, il propose, en parallèle, une analyse pertinente des défis actuels, de l’évolution de notre monde et une approche concrète pour s'y adapter.

Daniel Pink montre alors, loin des clichés réducteurs, la complémentarité de nos deux hémisphères. Mais surtout, il met en lumière des compétences encore peu exploitées, et pourtant essentielles pour réussir dans le monde complexe d'aujourd'hui.

"L'homme aux deux cerveaux" vous invite, en somme, à rééquilibrer vos aptitudes analytiques et créatives (vos deux hémisphères). Fourmillant d'exemples, il constitue une véritable source d'inspiration pour révéler le potentiel de votre hémisphère droit, et ainsi vous créer des opportunités et tirer parti des années à venir.

Je recommande donc ce livre à tous ceux qui souhaitent anticiper les transformations du monde de demain et s'y préparer.

Les points forts et points faibles du livre "L’homme aux deux cerveaux" de Daniel Pink

Points forts :

Un ouvrage qui identifie clairement les compétences d'avenir et les opportunités pour qui saura les saisir.

L’analyse fine des défis contemporains, des mutations économiques, sociales et technologiques en cours et la façon dont l’auteur arrive à nous rendre acteur du changement sur des questions qu’on croirait hors de contrôle.

La capacité de l'auteur à rendre accessible des concepts complexes issus des neurosciences.

La profusion d'exemples concrets issus de divers domaines (entreprise, design, médecine, arts...).

Le juste équilibre entre réflexion théorique et applications pratiques.

Points faibles :  

Quelques longueurs et redondances.

Les exemples très centrés sur les États-Unis ne sont pas toujours adaptés à l’Europe.

Ma note : ★★★★★

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  1. "Le cerveau de cristal"

Par Denis Le Bihan, 2012, 220 pages.

Résumé du livre "Le cerveau de cristal" de Denis Le Bihan

Le cerveau révélé : plongée dans l'imagerie cérébrale moderne

Dans "Le cerveau de cristal", l’auteur Denis Le Bihan, médecin et physicien pionnier dans le domaine de l'imagerie cérébrale, nous invite à un fascinant voyage au cœur du cerveau humain. Pour cela, il revient sur les dernières avancées scientifiques qui nous permettent aujourd’hui de voir le cerveau en action.

Grâce aux progrès fulgurants de l'imagerie médicale, et en particulier de l'IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), le cerveau est devenu "transparent" comme du cristal, souligne l’auteur spécialiste.

Nous pouvons désormais observer en temps réel son fonctionnement, localiser précisément les zones activées lors de tâches spécifiques, et même détecter précocement certaines pathologies.

Des rayons X à l'IRM : l’incroyable évolution de l’imagerie cérébrale

L'auteur retrace l'historique de ces découvertes, depuis les premières radiographies (rayons X, EEG) jusqu'aux scanners les plus sophistiqués.

Il explique notamment le principe de l'IRM, basé sur les propriétés magnétiques des atomes d'hydrogène présents dans notre corps, et qui permet de reconstruire en 3D la structure du cerveau.

Mais la véritable révolution est venue de l'IRM fonctionnelle (IRMf), lance l’auteur, car celle-ci rend visible l'activité cérébrale. En mesurant les variations infimes de flux sanguin et d'oxygénation, elle révèle quelles régions s'activent lorsque nous parlons, lisons, raisonnons ou ressentons des émotions. De quoi explorer les mystères de la pensée !

L’IRM de diffusion : une autre révolution

Denis Le Bihan est lui-même à l'origine d'une avancée majeure : l'IRM de diffusion.

Cette technique suit les mouvements des molécules d'eau dans les tissus. Elle détecte ainsi très précocement les lésions dues aux AVC, offrant un gain de temps précieux pour les traiter efficacement. Elle ouvre aussi de nouvelles pistes pour le diagnostic du cancer et de maladies neurodégénératives comme Alzheimer.

Les révélations de l’imagerie cérébrale sur les capacités de notre cerveau

Au fil des pages, on découvre avec fascination la plasticité étonnante de notre cerveau qui ne cesse de se reconfigurer au gré de nos apprentissages et expériences.

Aussi, on comprend mieux les différences de fonctionnement entre cerveaux de bébés, d'adultes, de séniors, entre hommes et femmes, entre personnes saines et malades.

L'imagerie révèle aussi le pouvoir de l'entraînement mental, les mécanismes de l'empathie ou de la douleur, le rôle crucial du sommeil...

Autant de connaissances qui ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques comme la stimulation ciblée de zones cérébrales.

En filigrane, c'est toute une réflexion sur la conscience et le libre-arbitre qui se dessine. Les images en temps réel montrent même que certaines de nos décisions semblent se former dans le cerveau avant même d'émerger à notre conscience !

NeuroSpin : vers l’imagerie ultra puissante

L’auteur évoque enfin les recherches menées au centre NeuroSpin qu'il a fondé, avec des IRM encore plus puissantes, pour cartographier le cerveau humain dans ses moindres détails et mieux comprendre ses mécanismes complexes. Peut-être trouvera-t-on un jour un "code neural" expliquant le fonctionnement global du cerveau, comme le code génétique pour nos cellules ?

Le message et les points clés du livre "Le cerveau de cristal" de Denis Le Bihan

Le message fort du livre

Grâce aux progrès fulgurants de l'imagerie cérébrale ces 40 dernières années, et notamment de l'IRM, nous pouvons enfin observer le cerveau humain dans toute sa transparence et sa complexité. Ces avancées ouvrent des perspectives immenses pour mieux comprendre nos processus mentaux, mais aussi pour diagnostiquer et traiter plus efficacement les maladies neurologiques ou psychiatriques. Une véritable révolution est en marche !

7 points clés à retenir du livre "Le cerveau de cristal"

Dans les années 80, l'invention de l'IRM révolutionne l'exploration du cerveau en le rendant en quelque sorte transparent. Elle permet, en effet, d'obtenir des images détaillées du cerveau de façon non invasive, en utilisant les propriétés magnétiques des atomes d'hydrogène contenus dans les tissus.

Plus tard, l’invention de l'IRM fonctionnelle (IRMf) va plus loin : elle rend visible l'activité des différentes zones cérébrales en temps réel, via la mesure des variations de flux sanguin et d'oxygénation qui accompagnent leur activation. L'IRMf montre que l'imagerie mentale active les mêmes zones que la perception réelle et que certaines personnes dans le coma peuvent communiquer.

L'IRM de diffusion, mise au point par l'auteur en 1984, est, elle, capable de détecter précocement les lésions des AVC en suivant les mouvements des molécules d'eau. Elle offre aussi de nouveaux outils de diagnostic pour les cancers et maladies neurodégénératives.

Notre cerveau se reconfigure en permanence au fil de nos expériences et apprentissages : c'est la plasticité cérébrale. L'imagerie montre que des entraînements ciblés permettent de renforcer certaines zones et connexions.

Des différences subtiles d'organisation et d'activation sont observées entre cerveaux de bébés, d'adultes, de seniors, entre hommes et femmes, entre personnes saines et malades.

L'imagerie cérébrale éclaire d'un jour nouveau des processus complexes comme l'empathie, la douleur, la prise de décision, la conscience. Elle ouvre la voie à de nouvelles thérapies comme la neuro-stimulation.

La course à des IRM toujours plus puissantes est lancée, comme en témoigne le projet Neurospin qui vise à atteindre un champ magnétique de 11,7 Tesla, pour une résolution inégalée, et ainsi mieux comprendre le "code neural" régissant le fonctionnement global du cerveau.

Mon avis sur le livre "Le cerveau de cristal" de Denis Le Bihan

"Le cerveau de cristal" est une formidable plongée dans les mystères du cerveau, rendue accessible à tous par le talent de vulgarisateur de Denis Le Bihan.

Loin d'être ennuyeux ou trop théorique, ce livre est jalonné d'explications passionnantes et d'exemples édifiants.

On en ressort fasciné par les prouesses de l'imagerie médicale qui rendent enfin notre matière grise transparente. Mais aussi admiratif devant la plasticité et la complexité de cette machine extraordinaire qui fait de nous des êtres pensants, uniques, créatifs et ressentants.

Enfin, plus qu'une leçon de neurosciences, "Le cerveau de cristal" est une ode à la connaissance et à la créativité des chercheurs. Un magnifique panorama des avancées qui révolutionnent notre regard sur le cerveau et ouvrent des perspectives vertigineuses pour la médecine de demain.

Instructif. Passionnant. Captivant. À lire absolument !

Les points forts et points faibles du livre "Le cerveau de cristal" de Denis Le Bihan         

Points forts :       

L’expertise incontestable de l'auteur, éminent spécialiste de la neuro-imagerie, et sa pédagogie remarquable sur ces sujets complexes.

La mise en perspective historique passionnante qui retrace les grandes étapes de l'imagerie cérébrale.

Les multiples exemples concrets et parlants pour illustrer les découvertes, les capacités d’adaptation et d’apprentissage incroyables de notre cerveau et les pistes d’applications immédiates possibles que ces exemples apportent.

La projection inspirante sur les possibilités futures et sur nous-mêmes.

La qualité de la plume de l'auteur, claire et imagée.

Points faibles :      

Quelques passages très techniques et donc plus ardus.

La structure du livre chronologique qui entraîne des redites.

La fin consacrée au centre Neurospin (fondé par l’auteur) peut sembler un peu longue et promotionnelle

Ma note : ★★★★☆

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  1. "Libérez votre cerveau"

Par Idriss Aberkane, 2016, 278 pages.

Résumé du livre "Libérez votre cerveau | Traité de neurosagesse pour changer l’école et la société" d’Idriss Aberkane

Dans son ouvrage "Libérez votre cerveau", Idriss Aberkane, l’auteur docteur en géopolitique et enseignant à CentraleSupelec, nous explique de façon accessible et sans langue de bois, le fonctionnement de notre cerveau. Son objectif est de montrer que mieux nous comprenons notre cerveau, mieux nous pouvons l'utiliser et nous épanouir.

Selon lui, l'environnement actuel - notamment l'école et certaines entreprises - n'est pas adapté à la "neuroergonomie", autrement dit à l’ergonomie de notre cerveau. En effet, pour l’auteur, ces institutions cherchent à formater les individus alors que chaque cerveau est unique et que forcer sa conformité est néfaste.

Au fil des chapitres, Idriss Aberkane passe en revue différentes études en neurosciences qui montrent à quel point notre cerveau peut être conditionné et manipulé lorsqu'il est surchargé d'informations. Mais, rassure-t-il, quelques outils simples de "gymnoétique" (ou gymnastique de l'esprit) permettent de le garder libre et épanoui.

Idriss Aberkane s'est intéressé à la neuroergonomie suite à une dépression. Son parcours universitaire impressionnant lui confère une certaine légitimité. Cependant, il crée la polémique par ses critiques virulentes des institutions et la remise en cause de certains points de son CV.

Le message et les points clés du livre "Libérez votre cerveau" d’Idriss Aberkane

Le message clé du livre

Notre cerveau n'est pas fait pour se conformer aux systèmes en place. Ce sont plutôt ces derniers qui doivent s'adapter à notre cerveau.

4 points phares du livre "Libérez votre cerveau"

Tout le monde peut devenir "prodige" dans un domaine avec de la pratique passionnée et inspirée, sans facilités innées. L'amour est la source de la connaissance.

Notre cerveau a des limites et se sature facilement. Le "multitasking" n'existe pas.

L'environnement actuel (école, marketing, médias...) génère beaucoup de frustrations qui peuvent mener à la violence.

7 exercices de "gymnoétique" permettent de garder un cerveau libre :

Pratiquer la subjectivité limpide,

Désinstaller les "pourriciels" mentaux,

Passer de l'impuissance à la puissance apprise,

Cultiver sa néophilie,

Explorer mentalement,

Utiliser la méthode des lieux,

S'affranchir de l'opinion des pairs.

Mon avis sur le livre "Libérez votre cerveau" d’Idriss Aberkane

"Libérez votre cerveau" est un livre qui ouvre les yeux sur le fonctionnement réel de notre cerveau. Les conseils pratiques fournis par l’auteur pour mieux exploiter notre potentiel au quotidien sont utiles et faciles à réaliser. L'humour et le ton direct de l'auteur rendent, en plus, la lecture très agréable.

Les points forts et points faibles du livre "Libérez votre cerveau" d’Idriss Aberkane

Points forts :    

Le contenu accessible et drôle.

Le style clair, direct et synthétique.

Les conseils pratiques applicables au quotidien.

Des propos qui ouvrent le débat et questionnent les évidences.

Points faibles :      

Même si le contenu se veut accessible, certains passages restent complexes.

Des critiques parfois extrêmes.

Les controverses sur le CV de l'auteur.

Ma note : ★★★★☆

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  1. "Le bug humain"

Par Sébastien Bohler, 2019, 268 pages.

Résumé du livre "Le bug humain" de Sébastien Bohler

Le striatum à l’origine de la crise planétaire

Dans son ouvrage un brin provocateur "Le bug humain", Sébastien Bohler, docteur en neurobiologie, avance une thèse audacieuse : et si c'était notre cerveau lui-même qui nous menait à notre perte ?

Plus précisément, une petite structure cérébrale qui sécrète la dopamine, appelée "striatum", siège de nos pulsions primaires, serait la cause principale de la crise écologique actuelle.

Comment fonctionnent le striatum et le circuit de la récompense ?

Le striatum est le centre du circuit de la récompense, explique Sébastien Bohler. Il nous pousse à assouvir nos besoins fondamentaux : manger, nous reproduire, acquérir un statut social, réduire nos efforts et accumuler de l'information.

Mais bien qu’autrefois crucial pour notre survie, ce "pilote automatique" est devenu problématique à l'heure de l'abondance matérielle et du numérique, indique l’auteur.

Les dérèglements de la planète dus à notre soif insatiable de plaisirs

En effet, selon l’auteur, en voulant toujours plus de nourriture, de sexe, de pouvoir, de confort et de stimulations, nous épuisons les ressources de la planète à un rythme effréné.

De plus, les nouvelles technologies, tout comme la pornographie en ligne, les réseaux sociaux ou les jeux vidéo exacerbent ces pulsions en les sollicitant sans limites. Et notre consommation compulsive de vidéos ou de likes répond aux mêmes ressorts cérébraux que la recherche de nourriture.

Pire, notre striatum est programmé pour en vouloir toujours plus, ne jamais être rassasié, soutient l’auteur. C'est alors un formidable moteur de croissance... mais qui nous propulse tout droit dans le mur. En témoignent les dérèglements engendrés qui mettent en péril la planète : obésité, addictions, course au statut social, dérèglement climatique et effondrement de la biodiversité.

Notre cortex préfrontal, siège de la raison et de la volonté, peine à reprendre le contrôle face à cette tyrannie du désir immédiat.

Pour Sébastien Boher, telle est l'origine du "bug" de notre cerveau : un décalage fatal entre des pulsions archaïques et un environnement d'hyperabondance qui les exacerbe.

Sobriété et pleine conscience : nouvelles armes contre le "bug humain"

Pourtant, des solutions existent. Dans une troisième partie plus nuancée, Sébastien Bohler envisage deux pistes concrètes.

La première prône un conditionnement social vers plus de sobriété : l’idée est donc de détourner le striatum en associant plaisir et comportements écologiques : rendre le local et le durable désirable et valorisant socialement.

La seconde, plus profonde, vise à développer notre "muscle" attentionnel par la pratique de la pleine conscience, afin de moins dépendre des injonctions consuméristes. Car c'est aussi la conscience qui fait notre singularité d'êtres humains. En développant notre capacité à être pleinement présents à nos sensations, nous pouvons éprouver une forme de plénitude avec moins de biens matériels. Finalement, tout l'enjeu est de faire croître cette "sagesse" pour équilibrer notre soif de croissance.

Le message et les points clés du livre "Le bug humain" de Sébastien Bohler

Le message clé du livre

Notre cerveau, et plus précisément notre striatum, centre de la récompense et des pulsions primaires, est le principal responsable de la crise écologique actuelle. En voulant toujours plus de nourriture, de sexe, de pouvoir et de stimulations dans un monde d'abondance, nous épuisons la planète. Il est urgent de reprogrammer nos désirs et de cultiver notre conscience pour inverser la tendance.

6 points majeurs de l’hypothèse développée par Sébastien Bohler

Le striatum est une zone cérébrale qui procure des récompenses (dopamine) pour maximiser les chances de survie de l’espèce mais qui, aujourd’hui, pousse à une consommation excessive nuisible à long terme.

Technologie et abondance : nos inventions (réseaux sociaux et course aux likes, publicité ciblée, nourriture industrielle, hyperconsommation, pornographie, etc.) exacerbent les motivations primaires gérées par le striatum. Le striatum en veut toujours plus et ne peut être rassasié durablement, ce qui engendre obésité, addiction, course au statut social, etc.

Le cortex préfrontal (siège de la conscience) peut limiter les élans du striatum, mais la tentation de la satisfaction immédiate domine souvent sur la raison et le long terme. Heureusement, le cerveau est plastique : le striatum peut donc évoluer.

Première solution proposée par l’auteur : changer les normes sociales pour valoriser la connaissance, la conscience de soi et le respect de l’environnement plutôt que la consommation effrénée. Il s’agit plus précisément de détourner le striatum en rendant les comportements écologiques désirables et valorisants socialement.

Deuxième solution proposée par l’auteur : développer sa pleine conscience aux sensations pour savourer plus avec moins de biens matériels.

L'enjeu premier est désormais de faire croître notre sagesse et notre attention au même rythme que notre intelligence et nos technologies. Sans quoi nous resterons esclaves de nos pulsions court-termistes au détriment de l'habitabilité à long terme de la planète.

Mon avis sur le livre "Le bug humain" de Sébastien Bohler

"Le bug humain" est un ouvrage dérangeant mais salutaire.

Sébastien Bohler réussit le tour de force de vulgariser des concepts complexes tout en brossant un tableau de l'origine cérébrale et comportementale de la crise écologique.

Si vous trouvez cet éclairage parlant, alors ce livre vous permettra de prendre conscience de l'urgence de changer de paradigme. Et si le ton est parfois un peu réducteur voire fataliste, le livre a le mérite de pointer du doigt nos incohérences d'êtres humains pris entre nos pulsions primaires et nos aspirations supérieures.

Les pistes de solutions esquissées, entre nudges verts, pleine conscience et quête de sens, ouvrent des perspectives inspirantes pour reprogrammer nos esprits et nos sociétés.

"Le bug humain" est une lecture que je conseille vivement pour penser l'écologie autrement, en commençant par une écologie intérieure de nos désirs conditionnés. Un appel convaincant à reprogrammer nos cerveaux individualistes et à courte vue et à renouer avec notre humanité profonde pour un avenir plus conscient.

Si vous avez aimé Sapiens de Yuval Noha Harari, vous aimerez certainement "Le bug humain" (les deux livres se recoupent et on en sent clairement l’influence du premier sur le second).

Les points forts et points faibles du livre "Le bug humain" de Sébastien Bohler

Points forts :

Une thèse originale et documentée scientifiquement sur les ressorts cérébraux de la crise écologique.

La vulgarisation réussie de concepts en neurosciences, des exemples concrets et parlants pour illustrer le "court-circuit" du striatum à notre époque.

Une plume alerte et un soupçon d'humour et de suspens pour faire passer un message fort, les multiples anecdotes et expériences personnelles relatées par l’auteur.

Des pistes intéressantes pour "hacker" nos cerveaux et repenser nos priorités collectives.

Points faibles :

La vision assez catastrophiste.

L’interprétation réductrice mettant le cerveau au centre de tous les problèmes écologiques , sans prendre en compte la complexité et multiplicité des autres facteurs (sociaux, démographiques, politiques, etc.).

Ma note : ★★★★★

Pour aller plus loin :

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Lire la chronique sur ce blog

Et vous, quels livres passionnants avez-vous lus sur le fonctionnement et les capacités du cerveau ? Avez-vous été surpris par certaines découvertes sur le cerveau ? Partagez vos suggestions de lectures et vos réflexions en commentaire, pour nous aider à encore mieux comprendre comment fonctionne le cerveau, cet organe qui façonne notre humanité !

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Mon, 02 Sep 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12950/Comment-fonctionne-le-cerveau-5-livres-pour-smerveiller-de-ses-incroyables-capacits
Le grand art de la petite conversation http://www.olivier-roland.fr/items/view/12948/Le-grand-art-de-la-petite-conversation

Résumé du livre « Le grand art de la petite conversation » de Debra Fine : Si vous êtes mal à l’aise dans les conversations informelles, alors vous trouverez dans ce livre des outils pratiques pour avoir des idées de conversation et apprendre les bonnes attitudes pour réussir à briser la glace et maintenir une conversation agréable.

Par Debra Fine, 2008, 174 pages

Titre original : The fine art of small talk

Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par Naomie du blog Créer la vie de ses rêves

Chronique et résumé de "Le grand art de la petite conversation" de Debra Fine :

Chapitre 1 : Quel est le grand enjeu de la petite conversation ?

La petite conversation est la conversation informelle, appelée « small talk » chez les anglo-saxons. Elle se produit à longueur de journée dès que vous croisez quelqu’un : un voisin devant l’ascenseur, un parent quand vous déposez votre enfant à l’école, un collègue à la machine à café, lors d’un événement professionnel ou privé, etc… 

Quand on ne sait pas quoi dire ou comment entretenir l’échange au-delà des banalités convenues sur la pluie et le beau temps, ces moments d’échanges peuvent être la source d’un grand malaise ou d’anxiété. 

Ce livre propose des solutions pratiques pour acquérir une meilleure aisance pour des échanges de qualité dans n’importe quelle situation :

Entraîner n’importe quelle personne dans un dialogue constructif

Relancer une conversation qui s’éteint

Introduire de nouveaux sujets d’échange

Se sentir plus à l’aise et en confiance dans les événements collectifs

Développer des relations professionnelles cordiales

Se retirer d’une conversation avec élégance

La petite conversation a mauvaise presse, elle est considérée comme du bavardage inutile, futile et sans intérêt. Or, c’est elle qui brise la glace pour nous donner envie ou pas d’aller vers une conversation plus profonde ou intime.

Les personnes qui maitrisent l’art de la petite conversation permettent aux personnes qu’elles rencontrent de se sentir à l’aise, acceptées et valorisées, de nouer de nouvelles relations et de créer de nouvelles occasions de rencontres amicales, amoureuses ou professionnelles. 

Cette compétence n’est pas forcément innée. C’est un art comme tous les autres qui s’apprend.

Il existe tout d’abord deux prérequis à accepter :

Prendre des risques : c’est à nous de prendre le risque d’engager une conversation. Nous ne pouvons pas attendre que les autres personnes fassent le 1er pas et viennent nous parler. Il existe effectivement un petit « risque » que l’autre personne ne nous réponde pas ou mal, et nous sentir ainsi rejetés. Mais comparé aux autres risques de la vie, cela reste un risque relatif.

Endosser la responsabilité de l’échange : il nous incombe à chacun de trouver des sujets de discussion, de nous rappeler du nom de notre interlocuteur, de les présenter au groupe ou encore de briser les silences pesants. Si vous assumez la responsabilité de l’échange, votre interlocuteur vous en sera reconnaissant et sera plus enclin à développer une relation sociale avec vous.

Chapitre 2 : Dépassez les préceptes avisés de maman

Nous avons été conditionnés dans notre éducation à ne pas initier le contact avec un inconnu. Cela nous a été utile et nous a protégés, enfant, mais maintenant que nous sommes adultes, nous pouvons réagir différemment pour échanger avec des inconnus lorsque nous nous savons en sécurité pour le faire. Ce qui n’était pas le cas lorsque nous étions enfant.

Quand vous êtes en sécurité, mettez un point d’honneur à adresser la parole à des inconnus

Pour étendre votre cercle social, vous devez l’élargir à des personnes que vous ne connaissez pas encore. Cette personne inconnue peut devenir une connaissance et vous présenter à d’autres inconnus, qui deviendront à leur tour des connaissances et peut-être plus, qui sait ?

Présentez-vous

N’attendez pas que l’hôte d’une réception (mariage, conférence ou autre) vous présente aux autres invités, prenez l’initiative de vous présenter aux autres. Pour commencer, choisissez une personne disponible autour de vous. Abordez-la, tendez-lui la main avec un sourire et dites : « Bonjour, je m’appelle Debra Fine, ravie de vous connaitre ».

Du silence comme marque d’impolitesse

Votre silence lors d’une conversation, qu’il soit dû à votre timidité ou votre peur, peut vous faire passer pour snob ou arrogant Ce serait dommage. Épargnez-vous de donner cette impression erronée en évitant les silences.

Les bonnes choses arrivent à ceux qui les obtiennent

Attendre qu’une personne fasse le 1er pas pour vous parler ou initier la conversation vous fera perdre un temps fou ou des occasions ; en particulier si vous êtes célibataire ! Les bonnes choses arrivent à ceux et celles qui osent entreprendre. 

À vous de lancer une conversation

La 2ème plus grande phobie aux USA est celle d’engager une conversation avec un inconnu, ce qui signifie que la plupart des personnes vous seront reconnaissantes de lancer et animer une conversation. Ils apprécieront votre sens de l’initiative et votre cordialité.

À vous d’endosser la responsabilité d’une conversation

Si vous attendez que votre interlocuteur prenne l’initiative d’une conversation, vous êtes tout simplement égoïste d’après Debra Fine. Vous donnez priorité à votre confort et vous ne faites pas votre part dans l’échange. Tout comme vos réponses basiques Oui / Non ne témoignent pas d’une volonté de faire un effort dans la conversation.

Les brise-glaces du monde de l’entreprise et d’usage courant

Initier une conversation avec un inconnu se prépare. L’auteur propose 20 brise-glaces pour le monde professionnel et 50 pour la vie courante dans lesquels vous pourrez en piocher au moins 4 et les apprendre avant d’arriver à un événement. Vous aurez ainsi de quoi lancer la conversation. 

Ces 70 brise-glaces sont listés dans les pages 33 à 36 du livre. 

Voici quelques exemples non exhaustifs pour le cadre professionnel : 

Qu’est-ce-qui vous a amené dans ce domaine professionnel ?

Qu’est-ce-qui distingue votre société de votre concurrence ?

Quelles sont les orientations à venir de votre entreprise ?

Quelles évolutions avez-vous remarquées dans votre profession depuis vos débuts ?

Des exemples pour la vie courante :

Que pensez-vous de ce film / restaurant / soirée ?

Ici, faire du ski / danser / marcher est un défi. Quelles sont vos destinations / lieux préférés pour skier / danser / marcher ?

Quel a été votre repas le plus mémorable ?

Quelle est la plus extraordinaire coïncidence que vous ayez vécue ?

Chapitre 3 : Jetez-vous à l’eau, lancez une conversation

Le seul fait d’avoir des sujets de conversation a déjà accru vos compétences. Si vous ne vous sentez pas capable pour le moment que de répondre aux questions que l’on vous pose, entrainez-vous à sourire et à dire bonjour en premier. C’est le préambule pour une conversation. Entrainez-vous plusieurs fois par jour jusqu’à vous sentir à l’aise.

Qu’y a-t-il dans un nom ?

Efforcez-vous à retenir le nom de votre interlocuteur. Le nom d’une personne est son identité. En le retenant, vous lui témoignez un réel l’intérêt. En répétant plusieurs fois le nom de la personne lorsqu’elle se présente, vous le retiendrez mieux.

Si vous oubliez le nom d’une personne que vous croisez, ne faites pas semblant de vous en souvenir, surtout pas. Cela pourrait même vous mettre dans une situation embarrassante si vous devez, par exemple, la présenter à la volée à une autre personne. Soyez honnête et dites d’emblée «Je suis désolée, j’ai oublié votre prénom. Vous voulez bien me le rappeler svp ? ».

De votre côté, mettez à l’aise votre interlocuteur en lui rappelant rapidement votre nom « Bonjour, vous vous rappelez de moi, je suis Debra Fine ».

Halte aux surnoms !

Appelez une personne par son nom ou prénom. N’utilisez pas de vous-même un surnom ou diminutif. Si elle voulait que vous l’appeliez Cathy au lieu de Catherine ou Seb au lieu de Sébastien, elle vous l’aurait dit.

Chapitre 4 : Faites durer la conversation

Après les présentations, il s’agit de faire durer votre conversation.

Pour montrer que vous souhaitez engager une conversation, enchaînez avec une question ouverte après une phrase affirmative simple : « Quelle belle journée. Comment avez-vous prévu d’en profiter ? »

Formules de démarrage

Trouvez une formule de démarrage qui manifeste de l’intérêt pour votre interlocuteur. Si vous remarquez que votre interlocuteur porte un accessoire spécial, faites-lui un compliment et demandez-lui des renseignements dessus. L’effort que vous ferez sera remarqué et apprécié. Faire un compliment est toujours un démarrage apprécié.

Une partie à 5

Si vous êtes dans un groupe, avancer en pas feutrés.

Portez votre intérêt sur celui ou celle qui a la parole, tout en restant légèrement en retrait pour que le groupe s’habitue peu à peu à votre présence.

Rentrez dans la conversation du groupe en montrant que vous avez suivi la conversation. Vous reconnaitrez que vous êtes accueilli quand on vous invitera à prendre place à côté de l’un des membres ou qu’on vous demande votre avis.

Au début, il convient d’exprimer une opinion en accord avec le groupe ou de montrer par un hochement de tête que vous êtes d’accord. Attendez plus tard, une fois que vous serez bien intégré dans le groupe pour donner un avis radical. Sinon, le groupe vous en voudra d’avoir perturbé le groupe et il se dispersera.

Chapitre 5 : Proposons des sujets de conversation

Après avoir souri, amorcé un contact visuel, trouvé la personne disponible, échangez vos noms et utilisé un brise-glace, il s’agit de lancer des sujets de conversation.

Comme la plupart des gens aiment parler d’eux, il suffit de trouver des sujets qui les concernent.

Des questions ouvertes

Utilisez des questions ouvertes pour inviter la personne à parler. Si vous utilisez des questions fermées, la conversation risque de se terminer rapidement par oui ou non.

Approfondir

À chaque fois que vous lancez une question pour engager un dialogue, préparez-vous à la poursuivre avec une question pour approfondir la réponse.

Par exemple si vous demandez « Comment s’est passé votre WE ? » et que la personne vous répond « Super, j’ai fait du jardinage », enchaînez avec « Qu’avez-vous fait en particulier ? » Faites toutefois attention à ne pas être trop intrusif, surtout avec des personnes que vous connaissez peu.

Prenez ce qui vient à vous

Pour cela, observez votre interlocuteur. Vous remarquerez une foule d’informations qui vous aidera à faire durer la conversation.

Observez les badges, insignes ou bijoux portés. « Je vois que vous faites partie de [tel club, département…], quelle implication avez-vous ? »

Ou encore les vêtements et accessoires (marques, insignes, caractéristiques…) « Je vois que vous portez un T-shirt du Hard rock café de Londres. Êtes-vous allés à Londres ? Comment avez-vous trouvé la ville ? »

Observez l’aménagement des bureaux et des maisons. Y a-t-il des photos au mur, des œuvres d’art, des livres exposés ? « Quelle photo/sculpture intéressante. D’où vient-elle ? »

Rebondissez sur le lieu et l’occasion qui vous réunit « J’étais la coloc de la mariée lorsque nous étions étudiantes. Et vous, comment connaissez-vous les mariés ? »

Chapitre 6 : Pour une meilleure écoute

Pour développer des conversations, votre devoir d’interlocuteur quand une personne vous parle est de l’écouter, réellement. C’est un impératif de politesse qui régit l’art de l’échange. Une écoute attentive est essentielle pour une bonne conversation. Elle comprend 3 composantes : visuelle, verbale et mentale

L’écoute se voit

Les indices visuels tels que les mimiques, inclinaisons de la tête, expressions corporelles montrent à votre interlocuteur que vous êtes attentif et concentré sur ce qu’il vous dit.

Verbaliser votre écoute

Quelques réactions verbales donnent également des informations à votre interlocuteur sur la qualité de votre écoute. Utilisez-les pour montrer que vous êtes bien à l’écoute. « Je vois », « Cela a dû être fatigant / épatant » « Auriez-vous des exemples ? »

Chapitre 7 : Prévenez les silences pesants

Les conversations qui s’éteignent comme les silences au cours d’une conversation peuvent créer un malaise. Vous pouvez les anticiper en adaptant vos brise-glaces aux occasions.

Ne laissez vos anciennes connaissances tomber dans l’oubli

Si vous revoyez des anciennes connaissances, prenez des nouvelles en évitant la platitude du « Quoi de neuf ? ». Utilisez plutôt « Que s’est-il passé dans votre travail depuis notre dernière rencontre ? » « Qu’est-ce-qui a changé dans votre vie depuis notre dernière conversation ? »

Petit cours d’histoire

Si vous vous êtes préparé pour un événement, vous devez avoir quelques informations sur l’origine et parcours de votre interlocuteur. Demandez-leur des précisions sur leur passé « Comment avez-vous commencé à faire des marathons / peindre / apprendre l’italien ? » « Qu’est-ce-qui vous a amené dans le Colorado ? » « Qu’est-ce-qui a éveillé votre intérêt pour le marketing ? »

Préparatifs d’expédition

Préparez-vous à une conversation comme vous le feriez pour une interview. Vous devez disposer de plusieurs questions et sujets pour assurer un échange fluide et naturel. Avant d’arriver à un événement, prenez le temps de réfléchir à des questions pour engager la conversation. Rappelez-vous de votre dernier échange si vous avez déjà croisé cette personne (le nom de son entreprise, son poste, sa vie familiale, ses centres d’intérêt).

Vous pouvez même vous préparer des antisèches que vous irez relire dans les WC au cours de l’événement. Vous trouverez une longue liste d’antisèches dans les pages 135 à 138.

Sous les feux de la rampe

La règle de bonne conduite pour une conversation veut que, par courtoisie, vous parliez aussi de vous. Il doit avoir un équilibre de parole entre les deux protagonistes. Vous ne pouvez pas poser uniquement des questions.

Lorsque c’est à votre tour de parler de vous, révélez d’abord des éléments qui ne prêtent ni à la gêne, ni à la controverse. Il existe un large choix de sujet vous concernant. En revanche, il y a une liste resserrée de sujets à éviter (si vous êtes dans le doute, évitez le sujet) : les commérages, les ennuis personnels, le prix des choses, les sujets de controverses quand vous ignorez l’avis de votre interlocuteur, votre santé ou celle de votre interlocuteur sauf s’il y a un aspect visuel que vous ne pouvez pas ignorer comme une jambe dans le plâtre.

Chapitre 8 : Crimes et délits

Malgré tous vos efforts, sachez qu’il existe 8 profils de personnes qui peuvent nuire à la qualité de vos échanges. Sachez les repérer pour vous défendre (et éviter également d’être dans l’un de ces rôles) :

Le policier : il vous mitraille nerveusement de questions comme s’il menait un interrogatoire « Que faites-vous comme métier ? Êtes-vous marié ? Avez-vous des enfants ? Vous êtes là depuis longtemps ? »  

Solution : posez une question ouverte puis approfondissez. Vous reprendrez ainsi la maitrise de l’échange pour imposer un rythme plus agréable.

Le matamore : Au moment de parler de lui, il vante ses exploits, fanfaronne sur ses prouesses, exhibe un égo hypertrophié.

Solution : revenez sur des sujets d’ordre général comme l’actualité

Le supérieur : Il a toujours une histoire supérieure ou plus intéressante que la vôtre à raconter. Il utilise souvent des formules d’introduction comme « Moi aussi j’ai connu ça » « Je suis déjà passé par-là ».

Solution : rappelez-lui qu’il s’agit de votre histoire

Le monopolisateur : Il s’impose dans toutes les conversations et monopolise la parole, en étant convaincu qu’il a une mission, celle d’animer la conversation.

Solution : s’il s’agit d’un tête à tête avec un client ou votre belle-mère, il est préférable malheureusement de capituler. Guettez le moment où il reprendra sa respiration pour changer de sujet de conversation. 

Si vous êtes en groupe, au bout de 5 minutes de monologue, reprenez la conversation en interpellant une autre personne du groupe pour lui demander son avis ou son expérience pour partager la parole.

Le coupeur de parole : Vous ne pouvez pas terminer ce que vous êtes en train de raconter car il vous coupe sans arrêt la parole. Il n’y a que 3 situations dans lesquelles couper la parole se justifie : une situation d’urgence, un sujet de conversation absolument insupportable et le monopolisateur qui refuse depuis plus de 5 minutes de laisser la parole

(Pas de solution proposée par l’auteur dans ce cas)

Le rabat-joie : Il sabote une conversation en répondant à côté à des questions ouvertes. Si vous lui demandez « Qu’avez-vous fait ce week-end ? », il vous répondra « Rien » sans apporter de précisions, ignorant que la question avait pour but d’ouvrir la conversation.

Solution : Répondez à une question fermée de votre rabat joie comme si c’était une question ouverte. Donnez des détails, des informations pour lui permettre de vous poser une question.

Le je-sais-tout : arrogant et condescendant, il vous fait savoir qu’il est au courant de tout, même s’il n’est pas concernéSolution : lui demander « Quel est votre avis / expérience là-dessus ? »

Le donneur de conseils : il propose ses conseils sans avoir été sollicité et se mêle ainsi de ce qui ne le regarde pas.

(Pas de solution proposée par l’auteur dans ce cas.)

Parfois la seule solution pour éviter ces profils est de fuir la conversation.

Chapitre 9 : Sortie élégante

Une fois venu le moment de clore une conversation, faites-le de façon élégante.

Il existe plusieurs façons de s’extraire d’une conversation.

Rappelez d’abord à votre interlocuteur pourquoi vous avez initié cet échange « Merci c’était passionnant de vous écouter sur votre activité. Je dois absolument parler à une cliente avant qu’elle ne parte ». Saluez la personne et faîtes ce que vous avez énoncé (aller voir la cliente). 

N’inventez pas de prétexte. Soyez sincère. Si vous avez dit que vous deviez vous rafraîchir, allez directement vous rafraîchir après avoir pris congé, sans faire de détour pour aller parler à une autre personne. L’honnêteté est la meilleure politesse.

La relève de la garde

Lorsqu’une nouvelle personne rentre dans votre groupe de discussion, profitez-en pour en sortir.

Vous pouvez également inviter votre interlocuteur à sortir du groupe pour vous accompagner à aller voir d’autres personnes ou prendre un verre. C’est une sortie attentionnée pour vous séparer.

Grands effets d’un peu de reconnaissance

Quand vous terminez une conversation, montrez que vous l’avez appréciée et remerciez sincèrement votre interlocuteur avec un sourire. Vous laisserez une impression gaie et positive.

« Je suis ravi que vous m’ayez initié à à la finance des startup C’était passionnant. » « C’était un plaisir de vous voir et d’en apprendre davantage sur la cuisine italienne » « J’ai apprécié votre effort pour m’inclure dans la conversation. C’est difficile d’être nouveau dans l’école/l’organisation »

Avant de quitter une conversation, ayez une idée de la destination (aller chercher à manger, passer un coup de fil, voir une personne). Si vous avez l’air égaré et que votre interlocuteur précédent s’en aperçoit, il pourrait s’en offenser et penser que vous n’avez pas apprécié sa compagnie.

Chapitre 10 : survivre au monde des célibataires 

Lorsque vous souhaitez rencontrer l’amour, vous devez vous ouvrir à de nouvelles personnes. L’art de la petite conversation s’avèrera encore plus précieux dans ces cas.

Concentrez-vous davantage sur votre partenaire plutôt que de vous préoccuper de l’effet que vous produisez. Vous trouverez dans ce chapitre d’autres idées de brise-glace plus propices à créer des liens pour les 1er RV.

Conclusion sur « Le grand art de la petite conversation » de Debra Fine :

Ce livre est une mine d’informations pratiques pour se sentir plus à l’aise lors des conversations informelles. Il est ponctué de nombreux exemples, d’idées de brise-glaces et de sujets de conversation dont vous pouvez vous inspirer. Savoir converser ne repose pas uniquement sur des outils mais également sur une attitude et une réelle volonté de connaitre votre interlocuteur.

Debra Fine explique efficacement comment s’exercer et réagir en prenant plaisir dans différentes situations. Vous réaliserez en le lisant que maitriser l’art de la conversation est accessible (ce n’est pas forcément réservé aux personnalités extraverties) et un atout indispensable pour votre vie personnelle et professionnelle.

J’ai découvert ce livre après un événement professionnel dans lequel je n’arrivais pas à échanger avec les personnes présentes. Je me sentais tellement gauche et ridicule que je me suis enfuie au bout de 20 minutes. Depuis, j’ai compris que ce sentiment était normal et partagé. Cela fait 10 ans maintenant que je continue de m’exercer et cela est devenu un jeu.

Naomie du blog Créer la vie de ses rêves 

Points forts et points faibles du livre « Le grand art de la petite conversation » :

Points forts :

Facile à lire et à appliquer

Très nombreuses idées de brise-glaces et sujets de conversations

Motivant 

L’expérience rapportée de l’auteur

Point faible :

Difficile à résumer car des répétitions entre certains chapitres

Ma note :

★★★★☆

Avez-vous lu "Le grand art de la petite conversation" ? Combien le notez-vous ?

[ratings]

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Thu, 29 Aug 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12948/Le-grand-art-de-la-petite-conversation
Devenez meilleur négociateur que vos enfants http://www.olivier-roland.fr/items/view/12927/Devenez-meilleur-ngociateur-que-vos-enfants

Résumé de « Devenez meilleur négociateur que vos enfants » : Dans cet ouvrage, Laurent Combalbert, un négociateur d'expérience au sein du RAID, établit une analogie surprenante entre ses négociations professionnelles complexes et les défis quotidiens pour négocier avec ses quatre enfants, révélant comment les techniques de négociation peuvent être adroitement appliquées à la parentalité, transformant ainsi chaque interaction familiale en une opportunité d'apprentissage mutuel et de compréhension.

Par Laurent Combalbert, 2014, 200 pages.

Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par Bertrand du blog Captain Papa.

Chronique et résumé de “ Devenez meilleur négociateur que vos enfants”

Chapitre 1 : Pourquoi nos négociations avec les enfants sont-elles si complexes ?

Le premier chapitre examine les subtilités de la négociation avec les enfants, révélant les différences de pensée entre enfants et adultes et l'impact des émotions dans la communication parent-enfant, crucial pour affiner les stratégies de négociation familiale

Pourquoi négocions-nous avec nos enfants ?

Au fil des générations, le contexte familial a évolué d'une structure autocratique vers une approche plus démocratique. Désormais, la négociation devient un outil quotidien. L'auteur explore ainsi différentes situations conflictuelles : le conflit permanent, le passage en force, la soumission, le pourrissement, la négociation. Ces scénarios démontrent la complexité et la nécessité de négocier de façon réfléchie entre parents et enfants. Car seule la négociation équilibrée permet de parvenir à un accord mutuellement satisfaisant malgré les divergences de buts.

Quand affection et émotions rendent les négociations difficiles

Concrètement, l'affection profonde des parents pour leurs enfants peut parfois entraver une négociation efficace. Combalbert rappelle que les émotions fortes, telles que l'amour et l'attachement, ont tendance à altérer la capacité à négocier de manière objective. Comprendre et gérer ces émotions est donc crucial pour maintenir un équilibre entre l'affect et la raison, et pour garantir une négociation efficace qui ne perd pas de vue l'objectif éducatif de la relation parent-enfant.

La relation, à quoi ça sert ?

La qualité de la relation entre parent et enfant est un pilier central de la négociation.  C’est l’une des idées maitresses de l’ouvrage. Une relation solide facilite l'établissement d'un dialogue constructif, mais une relation mal définie peut conduire à des erreurs dans la négociation. Pour développer cette relation, l’article « Ralentir pour gagner du temps de qualité avec vos enfants » peut vous apporter des pistes intéressantes pour créer du lien avec vos enfants. En fait, l'équilibre entre l'affection et la raison est essentiel pour avoir la garantie que négocier avec vos enfants ne se résume pas seulement à un échange affectif, mais aussi à un moyen d'atteindre des objectifs éducatifs concrets. Car, comme le rappelle l’auteur, négocier, c’est vouloir atteindre un objectif. Cet objectif doit être clairement défini tout en restant ferme sur les points non négociables.

Parfois, il peut être d’ailleurs malin et intéressant de négocier avec vos enfants sur la forme plutôt que sur le fond qui doit rester non négociable. Par exemple, si le fond est « tu dois ranger ta chambre », vous pourriez proposer « tu peux ranger ta chambre avant d’aller jouer ou après avoir pris ta douche » en jouant sur la forme.

Négocier pour éduquer vos enfants.

Pour l’auteur, négocier est également une composante essentielle de l'éducation. La négociation va au-delà de la simple transmission de connaissances, en aidant les enfants à comprendre la différence entre les aspects négociables et non négociables de la vie. Cependant, cette approche comporte des dangers comme la possibilité que les enfants perçoivent tout comme étant négociable. Il met l'accent sur la nécessité d'une préparation minutieuse avant de négocier avec vos enfants selon le processus suivant :

Respirer plusieurs fois pour poser votre souffle.

Se rappeler notre objectif.

Récapituler les arguments à utiliser.

Anticiper les arguments que votre enfant va utiliser.

Se rappeler qu’un bon négociateur est celui qui sait avant tout écouter.

Se remémorer les techniques d’écoute efficace.

Respirer en profondeur avant de commencer.

Y aller

Chapitre 2 : Pouvoir de Négocier ou Autorité de Négocier ?

Avez-vous du pouvoir ou de l’autorité ?

La distinction entre le pouvoir et l'autorité est essentielle dans les négociations avec les enfants. Historiquement, l'autorité familiale a évolué d'un modèle autocratique vers une démocratie où l'enfant est reconnu comme un individu autonome. Aujourd’hui, les parents doivent trouver un équilibre entre l'utilisation du pouvoir, qui implique souvent une certaine force ou statut, et l'exercice de l'autorité, qui repose sur le respect et la personnalité. Cet équilibre est crucial pour établir une autorité parentale qui est à la fois ferme et à l'écoute, permettant de développer et de protéger l'enfant tout en respectant son autonomie

Quels sont vos pouvoirs de négociations ?

Les parents disposent de différents types de pouvoirs dans la négociation avec leurs enfants. Le pouvoir institutionnel est lié à leur rôle et position dans la hiérarchie familiale, tandis que le pouvoir situationnel découle de circonstances particulières qui donnent un avantage temporaire. Le pouvoir personnel est fondé sur les qualités individuelles et l'expertise des parents, et le pouvoir relationnel est construit sur la confiance et le respect développés au sein de la relation parent-enfant. Utiliser ces pouvoirs de manière équilibrée est essentiel pour mener des négociations efficaces et respectueuses qui respectent les besoins et l'individualité de l'enfant.

Chapitre 3 : Les Acteurs de la Négociation 

La négociation entre parents et enfants est influencée par divers acteurs comme les grands-parents ou les camarades, et peut être complexifiée par des situations : famille monoparentale, famille recomposée, enfant unique ou fratrie.

Les parents

Les pères sont souvent perçus comme moins disposés à négocier avec les enfants que les mères. Une co-parentalité efficace dépend toutefois d'une collaboration étroite entre les parents, avec un partage des responsabilités et des valeurs communes. Ils doivent afficher une unité pour éviter d’être manipulés par les enfants. Dans les familles monoparentales, le parent doit négocier seul, en naviguant parfois avec des règles divergentes de l'ex-partenaire. Dans les familles recomposées, les beaux-parents cherchent un équilibre entre leur rôle et la création de liens de confiance. En somme, une bonne négociation familiale repose sur l'adaptation aux rôles parentaux, l'évolution des structures familiales et une communication respectueuse.

Les enfants 

La capacité naturelle des enfants à négocier peut poser des défis aux parents. Un enfant unique peut avoir une dynamique de négociation spéciale en raison de l'attention exclusive reçue.  Dans les fratries, les enfants peuvent former une unité pour négocier avec leurs parents, qui doivent alors faire preuve de justice et prendre en compte l'individualité de chacun. Les relations parent-enfant nécessitent de l'empathie pour une communication sans malentendus. Ainsi, la négociation parent-enfant dépend fortement de la structure familiale et requiert des parents un équilibre entre justice et compréhension.

Les grands parents

La présence accrue des grands-parents dans l'éducation influence les négociations au sein des familles. Leur rôle tend à être plus complice et moins strict que celui des parents. Cependant, il est essentiel de maintenir l'autorité parentale et d'assurer que les grands-parents ne sapent pas cette autorité en présence des enfants. Un accord sur les limites à respecter, incluant la sécurité et la confiance, doit être établi pour que les enfants comprennent l'importance des décisions parentales, malgré les libertés qu'ils peuvent expérimenter chez leurs grands-parents.

Les amis

Les camarades de classe et les amis de la famille peuvent aussi influencer positivement ou négativement les négociations entre parents et enfants. Les premiers sont essentiels pour l'apprentissage de l'autonomie et des techniques de négociation par les enfants, qui ont tendance à se comparer à eux, incitant les parents à expliciter les règles et valeurs propres à leur foyer. Les seconds peuvent introduire des dynamiques de négociation différentes lors des temps de loisirs, tout en ayant la capacité de renforcer les valeurs familiales à travers leur comportement exemplaire.

Chapitre 4 : Le Cadre de la Négociation Parents-Enfants 

Clarifier le cadre de la négociation

Mettre en place un cadre pour négocier avec vos enfants est crucial car il établit une base commune pour la discussion. L'auteur recommande l'utilisation du référentiel PACIFICAT, qu'il a lui-même créé pour l’aider dans les négociations complexes en posant des questions clés pour la planification, la conduite et la conclusion d'une négociation.

Les voici :

Pouvoirs en négociation : se demander quels pouvoirs peuvent être utilisés dans la situation.

Analyse du contexte : regarder les enjeux, les objectifs, et ce que chacun peut apporter.

Cartographier les acteurs : Qui a de l'influence dans cette négociation ?

Identifier la stratégie : Déterminer ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas.

Former l'équipe : sur qui compter pour négocier ?

Influencer : Maintenir une bonne relation tout au long au de la négociation.

Clôturer : Prendre des décisions et les faire accepter.

Apprendre de l'expérience : Qu'est-ce qu'on garde de bon et qu'est-ce qu'on évite pour la prochaine fois ?

Transmettre le savoir : Comment utiliser cette expérience pour les futures négos ?

Ces questions couvrent ainsi les pouvoirs en jeu, l'analyse du contexte, la cartographie des acteurs, la stratégie de négociation, la formation de l'équipe, l'influence, la conclusion et l'apprentissage de l'expérience.

Avant de négocier avec des enfants, il est en outre crucial de :

Comprendre que chacun a sa propre vision du monde, contrôlée par les parents, et influencée par l'extérieur.

Différencier clairement ce qui est négociable de ce qui ne l'est pas, en tenant compte de l'âge, de la maturité et du comportement de l'enfant, ainsi que du contexte. Les sujets considérés comme "jamais-négociables", qui reposent sur les valeurs et la culture familiales, doivent être explicitement communiqués et expliqués aux enfants.

Maintenir de manière claire, constante et cohérente sur le long terme, la distinction entre le négociable et le non négociable. Cette responsabilité incombe aux parents, mais également aux grands-parents et aux autres adultes influents dans la vie de l'enfant.

Inventer ensemble un processus de négociation

Une fois le cadre défini, il faut convenir d'un terrain commun, où des règles acceptées par tous guident la négociation. Afin de résoudre les divergences, l’auteur propose d’abord le processus suivant en 3 étapes :

Avant l'émergence du problème : Instaurer une discussion ouverte et claire sur le problème potentiel, exposer objectivement les positions, et chercher une solution mutuellement acceptable tout en respectant les opinions de chacun.

Quand le problème est déjà présent : Éviter la violence verbale, prendre une pause pour discuter calmement, et travailler ensemble pour trouver une solution.

Après la négociation : Mettre en œuvre la solution convenue. Si aucune solution n'est trouvée, les parents doivent prendre une décision et l'appliquer.

Ensuite, il est essentiel pour les parents de comprendre les véritables souhaits de l'enfant. Un effort est parfois nécessaire pour déchiffrer les souhaits réels de leurs enfants, qui peuvent être masqués par des demandes ambiguës. D’ailleurs, il est parfois difficile de garder son calme face au comportement de notre enfant que nous ne comprenons pas.

Puis, l’auteur définit les règles essentielles pour négocier avec les enfants qui impliquent de construire la confiance par l'honnêteté, d'écouter activement pour une compréhension mutuelle, de respecter les décisions prises pour préserver la fiabilité du processus, et de faire preuve de créativité pour trouver des solutions innovantes

Enfin, l’auteur rappelle qu’il est important d’éviter les comportements à risque tels que le bluff, les menaces, les ultimatums et les mensonges, qui peuvent tous nuire à la confiance et à l'efficacité de la négociation. En outre, les enfants doivent être informés qu’il existe des sanctions, clairement définies, en cas de non-respect de règles

Enfin, la négociation parent-enfant doit être guidée par des principes de clarté, d'équité et de respect mutuel. En appliquant ces règles et principes, les parents peuvent naviguer efficacement dans le processus de négociation, tout en développant la capacité à négocier chez leurs enfants et en renforçant leur relation avec ces derniers.

Chapitre 5 : La Relation, Arme de Pacification Massive 

La relation, ingrédients de base pour négocier avec nos enfants

Faisant écho au premier chapitre, l’auteur met à nouveau en lumière la relation comme fondement de la négociation, en stipulant qu'elle est précurseur de la communication et, par extension, de la négociation. Une relation saine peut faciliter la résolution de conflits et la communication efficace.

En effet, la qualité des interactions parent-enfant détermine le succès des négociations. L'école de Palo Alto souligne l'importance de la symétrie pour l'équilibre et la responsabilisation, tandis que les dynamiques complémentaires se fondent sur un rapport hiérarchique. L'Analyse Transactionnelle (AT) d’Éric Berne présente trois états du Moi — "Enfant", "Parent" et "Adulte" — qui interagissent différemment au cours de la négociation. Un parent peut imposer des règles depuis l'état "Parent" alors que l'enfant, depuis l'état "Enfant", réagit émotionnellement. Une négociation équilibrée requiert souvent un état "Adulte" des deux côtés pour des décisions objectives.

L’auteur détaille ensuite les différents types d’interaction parents-enfants selon qu’elles sont à l’initiative des uns ou des autres :

À l’initiative des parents :

La manière douce : On repère un souci et on propose calmement d'en parler, en restant objectif.

La manière forte : Là, on est plus direct et ferme, surtout pour rappeler une règle ou aborder des sujets où il n'y a pas de débat.

L'attentisme : On attend que ce soit l'enfant qui vienne vers nous pour poser des questions ou demander des conseils.

L'entrée libre : On se glisse dans une discussion déjà en cours, en jouant le rôle de médiateur pour aider à trouver un compromis sans conflit.

Les entrées consécutives : C'est un jeu d'équipe entre les parents. Un commence la discussion, et l'autre arrive après pour appuyer ou trancher, en choisissant bien son moment pour intervenir.

À l’initiative des enfants :

La sollicitation : C'est quand l'enfant vient directement nous voir pour nous parler d'un truc, comme vouloir jouer dehors. Il est clair et direct sur ce qu'il veut.

La provocation : Parfois, l'enfant cherche à attirer notre attention en faisant quelque chose de fort, comme claquer une porte ou crier. Ça peut être volontaire ou pas, mais cela demande une réponse de notre part.

L'approche indirecte : Ici, l'enfant n'aborde pas directement le problème. Il peut montrer des signes comme soupirer ou rester silencieux, ce qui demande qu'on soit attentif pour comprendre ce qui se passe.

En conclusion, comprendre et appliquer les modèles de relation et de communication appropriés est clé pour négocier de façon fructueuse avec les enfants, et cela demande une capacité à reconnaître et à s'adapter aux différentes méthodes d'interaction selon l'initiative des parents ou des enfants.

Maintenir la relation dans la durée

L'interaction entre deux personnes crée une dynamique de communication qui nécessite un équilibre pour être maintenue, particulièrement dans le cadre de la relation parent-enfant. Cette relation est circulaire et peut être perturbée par des comportements qui menacent la connexion. Pour préserver l'échange :

Il est essentiel de convaincre l'enfant de la possibilité de négocier.

La méfiance doit être dissipée par des arguments objectifs.

Les réactions inappropriées des parents, souvent dues à des malentendus, doivent être corrigées.

Instaurer la confiance est crucial, et cela peut être fait en assurant la confidentialité.

Face au mensonge, il est important de souligner ses effets délétères sur la relation.

Par ailleurs, des interruptions temporaires dans la communication peuvent être salutaires, permettant de calmer les tensions ou de réévaluer la situation. Ces pauses doivent être bien gérées, en respectant le besoin de l'enfant de prendre du recul et en réaffirmant le désir de compréhension mutuelle. Lorsque les parents proposent une pause, ils doivent en justifier les raisons et préciser les conditions de reprise. L'équilibre et l'authenticité sont indispensables à des interactions fructueuses, tout comme une écoute attentive.

Chapitre 6 : Écouter Pour Négocier avec vos enfants

Faire preuve d’empathie

L'auteur met en exergue le rôle central de l'empathie et de l'écoute active dans la communication entre parents et enfants, soulignant que ces compétences sont clés pour des négociations réussies. L'empathie, différente de la sympathie, permet aux parents de ressentir véritablement les émotions de l'enfant, renforçant ainsi la connexion et la compréhension mutuelles. Elle ne doit cependant pas être confondue avec la faiblesse, mais plutôt vue comme un équilibre entre les émotions et la rationalité. La manifestation adéquate des émotions pendant la négociation enrichit la relation.

L'intelligence émotionnelle joue un rôle primordial dans la gestion des émotions au cours des négociations, aidant à maintenir une interaction authentique et fiable. Les parents doivent être capables d'identifier et de nommer les émotions, de reconnaître leurs déclencheurs et de comprendre comment les gérer de manière constructive, tout en enseignant à l'enfant l'expression appropriée de ses sentiments. Il est essentiel de ne pas dissimuler ses émotions afin de préserver la confiance dans la relation.

Cependant, un trop-plein d'émotion peut mener à une implication excessive, où l'objectivité est perdue, se rapprochant de la contagion émotionnelle où l'on prend sur soi les émotions de l'autre sans maintenir une distance critique. Il est conseillé d'impliquer l'autre parent ou de prendre une pause pour éviter ce piège et revenir à une négociation calme et ciblée.

Écouter, mais écouter vraiment

L'apprentissage de la parole est intégré dès l'enfance, mais l'écoute, souvent négligée, doit devenir un objectif conscient à l'âge adulte. Une écoute véritable va au-delà de la simple réception d'informations ; elle implique une ouverture d'esprit et une disponibilité sans préjugés. Considérée comme un art, cette écoute requiert une concentration et une disposition qui peuvent être développées avec le temps.

L'écoute active est présentée comme un pilier de la communication personnelle, essentielle pour établir une relation interpersonnelle solide et efficace. Elle prépare le terrain pour des négociations fructueuses, en s'appuyant sur des techniques comme la paraphrase, la reformulation, les encouragements, l'identification des émotions, le recentrage, les messages "je", et l'utilisation des silences. Ces méthodes aident les parents à comprendre et à répondre aux besoins de leurs enfants, en renforçant la confiance et l'empathie, éléments nécessaires pour bien négocier avec leurs enfants.

Cependant, des obstacles à cette écoute active, les "attitudes de Porter", peuvent entraver la communication. L'investigation peut sembler inquisitrice, l'évaluation peut interrompre la confiance, la suggestion peut limiter l'autonomie de l'enfant, le soutien peut simplifier outre mesure le problème, et l'interprétation peut induire des malentendus. Il est donc recommandé de les utiliser avec prudence et de privilégier une approche qui encourage l'enfant à s'exprimer et à participer activement à la résolution de problèmes.

En somme, l'auteur met l'accent sur l'importance de développer une écoute authentique et de résister à l'impulsion d'imposer prématurément des solutions, permettant ainsi une communication plus ouverte et respectueuse avec les enfants.

Chapitre 7 - Négocier à tous les âges de l'enfant 

Les premières négociations : histoires sans paroles

La négociation entre parents et enfants ne repose pas uniquement sur les mots ; elle englobe aussi de puissantes formes de communication non verbales. Les enfants, avant même de savoir parler, utilisent des expressions faciales, des sourires et des regards pour communiquer leurs besoins et désirs. Ces signaux non verbaux, qui constituent la majorité de la communication interpersonnelle, sont essentiels pour établir des limites et renforcer la relation à l'autorité.

En outre, la voix humaine, avec ses nuances de prosodie telles que le ton, le rythme et le volume, est un outil clé de communication, surtout avec les jeunes enfants qui ne saisissent pas encore le langage verbal. L'alignement entre l'intention et l'expression para-verbale est vital pour éviter les incohérences qui pourraient confondre l'enfant.

Cependant, la communication non verbale peut être sujette à des malentendus, car souvent, les adultes voient ce qu'ils veulent ou s'attendent à voir. Il est donc crucial de faire appel à l'intuition et à la sensibilité parentales pour interpréter correctement les messages non verbaux des enfants et éviter les confusions.

 « Mon Dieu, mais tu parles ! »

La compréhension des mots est fondamentale dans la communication parent-enfant. Les enfants peuvent mal interpréter les mots pour diverses raisons, comme un vocabulaire limité ou une compréhension différente de celle des adultes. Parfois, cette mauvaise interprétation peut même être intentionnelle. L’auteur propose d’utiliser des méthodes d'écoute active, comme la paraphrase et la reformulation, qui sont utiles pour une compréhension partagée.

Dans les échanges avec les enfants, la structure des phrases joue également un rôle important. La syntaxe, ou l'ordre des mots dans une phrase, peuvent affecter la communication de différentes manières. L'effet de primauté montre que les premiers mots ont plus d'impact, tandis que l'effet de récence indique que les derniers mots sont mieux retenus. L'effet de halo souligne comment certains mots peuvent colorer la perception globale du message, et l'effet de redondance révèle que la répétition peut renforcer un point. La compréhension de ces effets syntaxiques peut être un atout pour les parents en quête d'une communication plus efficace avec leurs enfants.

 « Non ! » : quand le défi devient permanent

La phase du "non" chez les enfants, typiquement entre 2 et 4 ans, est une étape clé où ils explorent leurs limites et apprennent à gérer les frustrations. Cette période marque le début des premières négociations et l'apprentissage de l'intransigeance de certaines règles. Le "non" est souvent un signe d'indépendance et un élément crucial dans le processus de séparation-individuation, révélant une quête d'identité et de personnalité.

Les enfants utilisent le "non" différemment selon leur degré de maturité et leurs intentions. Le "non" de sollicitation sert à tester les limites posées par les parents. Le "non" de parade reflète une affirmation formelle d'indépendance, souvent sans intention de provoquer une réaction concrète. Tandis que le "non" d'opposition, lui, est justifié par des raisons que l'enfant considère comme valables.

Face à ce "non" systématique, plusieurs stratégies sont proposées par l’auteur. Sur des sujets non négociables, les parents doivent rester fermes pour établir des frontières claires. Pour les oppositions basées sur des malentendus, une explication objective peut éclairer l'enfant. Si le "non" persiste, détourner l'attention ou offrir des choix limités peut donner à l'enfant un sentiment de contrôle tout en le guidant. Parfois, il est possible de céder sur des aspects moins importants pour permettre à l'enfant de s'exprimer, sans compromettre l'éducation.

Comprendre et gérer le "non" est essentiel pour les parents, car c'est un aspect fondamental du développement de l'autonomie de l'enfant. La patience et la cohérence sont de mise pour naviguer à travers cette phase en soutenant la croissance de l'enfant.

Négocier avec un enfant adolescent : mission impossible ?

L'adolescence est une phase de conflits et d'affirmation de soi où les jeunes expérimentent des relations intenses et s'engagent dans des discussions avec les parents. Bien que sujet à de fortes influences extérieures, c'est un moment clé pour l'acquisition de la maturité et des compétences de négociation. Les adolescents, en quête d'autonomie, adoptent de nouveaux comportements et expressions pour se distinguer de leurs parents. Les parents doivent alors équilibrer le maintien des règles incontournables avec une adaptation des cadres de négociation, respectant l'individualité des adolescents tout en les préparant aux normes sociales.

Dans ce contexte, la rhétorique devient un outil précieux pour les parents. Il s'agit de persuader par le discours en utilisant diverses techniques argumentatives :

L'argument d'autorité : Utilisation de figures d'autorité reconnues par l'adolescent pour soutenir un argument.

L'argument par analogie : Comparaison de situations distinctes pour faciliter la compréhension de l'adolescent.

L'argumentaire avantages/inconvénients : Mise en avant des avantages et inconvénients pour aider à prendre une décision.

Le rapport de cause à effet : Lien entre un comportement et ses conséquences.

L'argumentaire par élimination : Élimination des solutions alternatives pour renforcer l'argument principal.

L'argumentaire scientifique : Utilisation de données scientifiques ou statistiques pour appuyer un argument.

Le recours aux valeurs supérieures : Appel à des valeurs importantes pour l'adolescent.

L'argumentaire par généralisation : Transformation d'un cas particulier en une généralisation applicable à toutes les situations similaires.

L'argumentaire par "paliers" : Décomposition de l'objectif en étapes réalisables.

Ces méthodes doivent enrichir le dialogue, sans discréditer les adolescents, et servir à naviguer à travers les inévitables conflits, avec l'amour parental comme pierre angulaire de la relation. La négociation est donc présentée comme une stratégie pour gérer les tensions et favoriser le développement des adolescents. 

Chapitre 8 : Négocier en Situation de Conflit

L'auteur présente des stratégies pour négocier efficacement dans des situations conflictuelles, en mettant l'accent sur la résolution de conflits et la recherche de solutions gagnant-gagnant

Les conflits, à quoi ça sert ?

La négociation est cruciale dans la gestion des tensions familiales, mais elle peut mener à des conflits si elle se transforme en lutte pour imposer sa volonté, souvent marquée par des émotions fortes. Selon les psychologues Dominique Picard et Edmond Marc, les conflits sont inévitables dans les relations familiales à cause de leur complexité. Un désaccord ne devient un conflit que lorsque les parties tentent d'imposer leur point de vue.

Les conflits parent-enfant se catégorisent en trois types :

Conflits d'objectif : Ils émergent lorsque les buts des individus sont incompatibles, comme des divergences entre les attentes académiques des parents et les satisfactions personnelles de l'enfant.

Conflits cognitifs : Ils résultent de divergences de perceptions ou d'idées, par exemple, lorsque les parents et l'enfant ont des conceptions différentes de l'autonomie.

Conflits affectifs : Ces conflits découlent de sentiments et émotions discordants, comme l'indifférence de l'enfant face à une situation qui inquiète les parents.

Chaque type de conflit demande une approche de résolution adaptée et une compréhension claire de ses origines pour parvenir à une solution.

Les conflits sont particulièrement courants à l'adolescence, période où les jeunes recherchent l'indépendance, souvent en opposition aux règles parentales. Bien que source de tensions, ces conflits peuvent être constructifs, contribuant au développement social de l'enfant dans un environnement familial ouvert au dialogue. Toutefois, une gestion autoritaire et des conflits perpétuels peuvent engendrer des effets néfastes, tels que l'agressivité chez l'enfant. Par conséquent, il est vital d'établir des règles claires et de tenter de négocier avec son enfant pour favoriser un développement sain de la personnalité de celui-ci.

Négocier les conflits avec les enfants

Pour gérer les conflits, trois méthodes sont distinguées : l'utilisation du pouvoir, où l'une des parties impose sa volonté ; le recours à la loi, faisant intervenir une autorité tierce comme la justice ; et la négociation, qui cherche un accord mutuellement bénéfique à travers le dialogue. La négociation est préconisée comme la voie privilégiée pour résoudre les conflits familiaux, notamment ceux basés sur des divergences d'objectifs, de perspectives ou d'émotions. La création de "négociabilité" dans les situations conflictuelles implique de clarifier les intentions, d'échanger des points de vue et de comprendre les sentiments impliqués, en excluant toute forme de violence.

La violence, qu'elle soit verbale ou physique, est inacceptable dans la résolution des conflits. Les enfants doivent apprendre que le recours à la violence est interdit et les parents doivent adopter une position ferme contre toute agressivité, en interrompant la discussion si nécessaire. Comprendre et s'attaquer aux racines de l'agressivité de l'enfant est crucial, tout comme l'est la communication ouverte. Si la violence persiste, il est conseillé de faire appel à un professionnel.

La rationalisation des conflits passe par un processus en plusieurs étapes : reconnaître le conflit, le déclarer aux parties concernées, explorer ses causes réelles, envisager différentes solutions, choisir une solution acceptable pour tous, obtenir l'acceptation de toutes les parties et finalement mettre en œuvre la solution convenue. La confiance mutuelle est essentielle pour l'application effective de la résolution choisie.

Conclusion sur « Devenez meilleur négociateur que vos enfants »

Je pense avant tout que ce livre n’a pas connu le succès qu’il mérite.Pourquoi ? Tout simplement parce que l’auteur met en relief avec beaucoup de justesse combien il peut être difficile de négocier avec les enfants. Or, c’est une problématique commune à TOUS LES PARENTS et qui perturbe, à tous les âges, l’harmonie de la relation qu’ils entretiennent avec leurs enfants. Il me semble donc essentiel de s’y intéresser et de posséder les clés pour réussir au mieux ces négociations avec nos enfants.

Ensuite, je trouve ce livre très didactique et pratique au travers des multiples « autodiagnostics » et « exercices pratiques » qui s’y trouvent et sont à réaliser au cours de la lecture. Ils permettent au lecteur de mieux se connaitre et de mieux appréhender les difficultés qu’il peut rencontrer avec ses enfants. Pour n’en citer que quelques-uns, vous trouverez des autodiagnostics sur le thème « Êtes-vous autoritaire ? » ou « Êtes-vous un négociateur né ? » ou bien des exercices pour apprendre à « Repérez vos freins à l’écoute » ou à définir ce que vous considérez comme « jamais négociable ». Le livre présente aussi de nombreux exemples concrets de parents décrivant leurs expériences, ce qui le rend facile à lire et très concret.

Enfin, j’ai particulièrement apprécié la mise en avant de la relation avec l’enfant comme préalable à la résolution de conflit et au bon déroulement d’une négociation. C’est une idée maitresse du livre qui me parle car je crois fermement que nous pouvons augmenter le temps de qualité que nous passons avec nos enfants et, selon moi, les liens que nous créons avec eux nous permettent de faciliter la communication, voire parfois d’éviter le conflit.

Points forts et points faibles du livre « Devenez meilleur négociateur que vos enfants »

Points forts :

Rapide à lire, très concis, très concret.

Excellent parallèle entre les pratiques de la négociation professionnelle et son adaptation au cercle familiale avec les enfants.

Exercices pratiques et autodiagnostics à réaliser à la fin de chaque thème qui permet de mettre en perspective les informations transmises.

Méthode pratique à mettre en œuvre et directement applicable au sein de la famille.

Points faibles :

Quelques passages longs théoriques qui n’ont pas toujours d’utilité à la compréhension.

Références aux théories en psychologie de Carl Rogers et de l'École de Palo Alto qui datent un peu.

Ma note :

★★★★☆

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Mon, 05 Aug 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12927/Devenez-meilleur-ngociateur-que-vos-enfants
Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans http://www.olivier-roland.fr/items/view/12918/Maintenant-ou-jamais-La-vie-commence-aprs-40-ans

Résumé de "Maintenant ou jamais! La vie commence après quarante ans" du Dr Christophe Fauré : Plutôt qu'une crise, le psychiatre Christophe Fauré voit dans la période du milieu de vie, entre 40 et 55 ans, une chance de se connecter à notre vraie nature profonde. Et bien que déstabilisante, cette transition naturelle vers plus d'authenticité recèle, selon lui, un fort potentiel d'épanouissement à condition toutefois d’être bien appréhendée.

Par Christophe Fauré, 2020, 336 pages.

Chronique et résumé de "Maintenant ou jamais! La vie commence après 40 ans" du Dr Christophe Fauré

Introduction: Le territoire méconnu du milieu de la vie

Le Dr Christophe Fauré est un psychiatre et psychothérapeute français. Il commence son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" en nous plongeant dans le quotidien d'Isabelle, 47 ans, venue le voir en consultation. La patiente raconte connaître un sentiment de vide intérieur persistant. Pourtant, Isabelle semble avoir tous les ingrédients du bonheur : un mari aimant, des enfants épanouis, un travail passionnant. Mais alors, d'où vient donc ce trouble existentiel ?

En fait, l'auteur explique qu'Isabelle traverse - comme beaucoup d'entre nous - ce qu'il appelle "la transition du milieu de vie". Ainsi, dit-il, entre 40 et 55 ans, nous entrons dans une phase naturelle de remise en question, imperceptible de l'extérieur. Notre identité construite durant la première moitié de notre vie ne nous correspond plus. Et cela, bien sûr, interroge: qui sommes-nous en train de devenir ?

Le Dr Christophe Fauré entend d’abord briser les clichés de la fameuse "crise de la quarantaine". Selon lui, loin d'être une crise, cette période recèle, au contraire, des opportunités d'accomplissement personnel. Certes déstabilisante, la transition du milieu de vie est avant tout, affirme-t-il, une période de transformation intérieure profonde.

Aussi, à travers le livre"Maintenant ou jamais! La vie commence après quarante ans", l'auteur nous propose une feuille de route. Une feuille de route pour traverser sereinement ce passage turbulent. Couple, enfants, travail, parents âgés... il explore toutes les facettes touchées de notre quotidien.

Son objectif ? Nous révéler à nous-même, à notre authenticité. Car bien négociée, notre "midlife crisis" a le pouvoir de nous connecter à notre lumière intérieure. Et ainsi, peut-être trouverons-nous des réponses qui nous échappaient depuis longtemps...

Chapitre 1: Une "crise" au milieu de la vie ?

Le Dr Christophe Fauré commence le premier chapitre de "Maintenant ou jamais. La vie commence après quarante ans" en expliquant l’origine du mythe tenace de la "crise de la quarantaine".

Celui-ci, indique-t-il, prend sa source dans un article de 1965 du psychologue Elliot Jaques. Il est ensuite repris par Daniel Levinson et Roger Gould, deux chercheurs alors en plein questionnement existentiel. Le concept finit par se populariser dans les années 70, via le best-seller "Passages : Predictable Crises of Adult Life" de la journaliste Gail Sheehy.

Mais récemment, des études ont battus en brèche cette notion, observe l’auteur.

En effet, pour le Dr George Vaillant par exemple, ces "crises" correspondent simplement aux aléas de la vie d'adulte. Aussi, la vaste enquête "MacArthur Foundation" vient confirmer que la fameuse crise de la quarantaine/cinquantaine ne toucherait en fait que... 8 % des quadragénaires !

Finalement, 50 ans après son apparition, le concept de "crise du milieu de vie" s’avère scientifiquement infondé, lance l’auteur. Les difficultés vécues ne sont pas liées à l’âge, mais bel et bien liées aux épreuves de l'existence.

1.1 - Une transition, pas une crise

Une étape de croissance

Ainsi, contrairement aux idées reçues, la période du milieu de vie n'est pas une "crise", insiste le Dr Christophe Fauré. C’est un processus naturel de développement. Au même titre que l'adolescence: tout comme le corps de l'adolescent change, l'adulte traverse des transformations sur les plans physique, psychologique et spirituel.

Résister, source de difficultés

De plus, ce n'est pas cette transition en elle-même qui pose problème, mais le refus conscient ou inconscient de la reconnaître et de l'accueillir. Et selon l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", c’est cette résistance, et non le processus, qui peut générer des complications.

Toutefois, ajoute l’auteur, quand elle est bien appréhendée, cette période recèle, en fait, un fort potentiel d'épanouissement.

Vers plus d'authenticité

L’auteur liste ensuite, avec détail, les nombreuses caractéristiques de cette transition du milieu de vie.

En voici cinq majeures :

Le questionnement existentiel: ces questions génèrent une certaine confusion, qui peuvent, même quand on est très entouré, provoquer un sentiment de grande solitude intérieure.

L’insatisfaction vis-à-vis de sa vie actuelle: "De façon plus ou moins consciente, on commence à remettre en question ce qu’on a vécu jusque-là, en réévaluant parfois la pertinence des valeurs ou des principes de vie qui ont guidé notre existence. Tout en reconnaissant objectivement que ces "boussoles" ont été bénéfiques, on a parfois l’impression que certaines ne sont plus tout à fait adaptées à la personne qu’on est en train de devenir" écrit l’auteur.

Le désir de changement: vers quelque chose de neuf, nouveau, voire plus excitant, l’envie de découvrir une autre façon de vivre, "avec la conscience d’un temps désormais compté pour s’ouvrir à ces nouveaux horizons".

Une forme d’ennui et de perte d’identité.

Un sentiment d’urgence à laisser notre empreinte dans ce monde et l’envie de consacrer plus de temps à ce qui fait sens.

En somme, l'adulte aspire à plus d'authenticité, à donner davantage de sens à son existence.

Mais, encore une fois, termine l’auteur, même si le chemin est parsemé d'embûches, le milieu de vie est une promesse d'accomplissement.

1.2 - Le processus d’individuation

Dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", le Dr Christophe Fauré explique que, selon le psychanalyste Carl Jung, le milieu de vie correspond à l'émergence d'un processus psychique naturel appelé "l'individuation".

Il s'agit là d'une dynamique intérieure qui nous pousse à redevenir aligné avec notre véritable essence.

Il indique que l'individuation est un processus en 5 étapes. Au fur et à mesure de ces étapes, nous allons lâcher notre "personnage social" pour révéler la personne authentique tapie au fond de nous.

Et si nous l’accueillons consciemment, ce processus, bien que déstabilisant, est extrêmement positif. Il nous rend acteur de notre propre transformation et nous confronte à nos peurs pour mieux les dépasser. Car l'individuation est une promesse : celle de devenir pleinement nous-même.

1.3 - Les cinq étapes du processus d’individuation

Première étape : s'accommoder au monde

Le Dr Christophe Fauré explique ici que, durant l'enfance et l'adolescence, nous développons ce qu’on appelle une "Persona", autrement dit une sorte de masque social qui nous permet de nous intégrer à notre environnement. Ainsi, nous sélectionnons certains comportements et en écartons d'autres. Et ceci, dans le but d’obtenir l'amour et la reconnaissance dont nous avons besoin.

Nous sommes alors dans la phase "d'accommodation" au monde extérieur. Cette étape est nécessaire mais nous conduit parfois à refouler des parts de nous-mêmes jugées socialement inadaptées.

Ces parties de soi refoulées forment notre "Ombre". Cette dernière se compose à la fois d'éléments sombres et de potentiels créatifs non exploités.

Et pour le Dr Christophe Fauré :

"Même si l’Ombre est le réceptacle de nos pulsions les plus dangereuses ou les plus viles, il s’y trouve également nos rêves à peine ébauchés, nos projets pas assez nourris, nos aspirations abandonnées ou étouffées sous l’emprise de la peur, de la négligence, de la raison, des contraintes extérieures, de l’absence d’encouragements… Ce qui n’a jamais pu trouver sa place dans notre vie, à quoi on n’a pas laissé sa chance, attend dans l’Ombre, patiemment, en silence… Mais tout cela dort d’un sommeil léger : le "non-choisi", la "vie non vécue", cherche toujours à se faire entendre.

Au milieu de notre vie, nous commençons à en percevoir plus distinctement le murmure. L’Ombre commence à montrer le bout de son nez. De ce lieu intérieur nous arrivent des vagues de nostalgie qui résonnent parfois douloureusement, comme un appel lointain de ce que nous sommes et que nous n’avons pas encore choisi d’être…"

Deuxième étape : la prise de conscience

Vers 40-50 ans, survient une remise en question de notre Persona, devenue trop étriquée. On pressent qu'elle n'est qu'un masque derrière lequel se cache notre véritable essence.

Ce temps de doutes est le signal que notre processus d'"individuation" vers plus d'authenticité est en marche.

Troisième étape : le face-à-face avec le réel

"Un jour, on se retrouve dans une sorte de no man’s land psychologique. La troisième étape est un temps de confrontation à ce qui s’élève en soi - la confrontation à un réel qu’il devient impossible de nier" fait observer l’auteur.

S'installe alors une période de fragilité et de confusion. On ne sait plus qui l'on est vraiment. C'est un peu comme un deuil de la personne que l'on a cru être. Heureusement, ce trouble annonce, sans que nous le sachions, l'émergence de dimensions plus profondes de notre être.

"Ce qu’il y a de troublant dans le vécu de cette troisième étape, c’est le parfum de deuil qui s’en dégage - comme si cette inquiétude latente, cette sourde et indéfinissable angoisse ou cette insécurité préfigurait une mort à venir. En vérité, quelque chose est bien en train de mourir. Comme nous avons dû mourir à nous-même, lorsque nous étions enfant, pour devenir adolescent, nous devons aujourd’hui mourir à la personne que nous avons été : ce qui meurt est cette partie de nous si puissamment identifiée à cette Persona que nous nous sommes construite autrefois. Nous sommes réellement touchés et affectés par ce "décès". […]  

Mais ce n’est qu’une impression, si effrayante soit-elle. Il est beaucoup plus juste de dire que c’est une illusion qui est en train de mourir - une illusion de soi - et cela va libérer de la place pour que s’installe en nous davantage d’authenticité. Cette "mort" symbolique va rendre possible le déploiement d’autres dimensions de notre être. Ainsi, ce qui nous déprime lors de la transition du milieu de la vie est moins le deuil de notre jeunesse (comme on le croit trop souvent) que celui de la personne que nous avons cru être."

Quatrième étape : s'ajuster à soi-même

Les interrogations commencent à s'apaiser. On accepte mieux ce processus et l'on s'ajuste en douceur via de subtils changements. C'est le temps des prises de conscience, du recentrage sur l'essentiel et de la reconquête de notre liberté intérieure.

Cinquième étape : devenir soi-même

Dernière étape : l'"individuation", autrement dit l'intégration apaisée, pleine et entière de toutes les dimensions de notre être.

Nous devenons plus souple, plus nuancé et l'on assume mieux les différentes facettes de notre personne. Le but ? Permettre l'émergence de notre "Soi" fondamental, cette part divine enfouie en nous. En le révélant à lui-même, nous nous révélons aussi à nous-même, confie l’auteur.

Viennent ensuite les concepts-clés de Soi et Moi définis par le psychanalyste Carl Jung : "La première moitié de la vie pourrait donc se comprendre comme un mouvement du Soi "intérieur" inconscient vers un Moi "extérieur" conscient" énonce le psychiatre.

Puis, le docteur précise :

"La transition du milieu de la vie est donc le point charnière entre les deux mouvements (de l’intérieur  vers  l’extérieur, puis de l’extérieur vers l’intérieur) : c’est le moment où s’articulent deux aspects différents de notre vie, par l’inversion de deux puissants mouvements psychiques. C’est pour cette raison qu’il est parfois si chaotique et source d’instabilité intérieure : des forces d’une incroyable puissance sont en jeu. Ces forces modifient en profondeur la vision que nous avons de nous-même, en faisant surgir dans notre conscience des dimensions que nous ne soupçonnions pas.

Cela induit immanquablement un déséquilibre dans notre identité, qui doit se déstructurer partiellement et se reformer pour intégrer ces nouvelles composantes. En définitive, c’est le moment de notre existence où nous commençons à sortir d’un état psychique fragmenté pour tendre vers un état psychique plus unifié."

Le premier chapitre de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" conclut par une réflexion sur la dimension universelle de cette quête intérieure au cœur des grandes traditions spirituelles de l'humanité.

Puis, l’auteur termine en résumant : loin d'être une crise, le trouble du milieu de vie est en fait le signe heureux que nous entrons en contact avec l'essence lumineuse de notre être. Le mieux est donc de l'accueillir pour cheminer vers plus de plénitude :

"Le  mal-être que nous pouvons ressentir au milieu de notre vie est paradoxalement la meilleure chose qui puisse nous arriver : il signe le fait que nous sommes en relation directe avec une partie extrêmement saine de nous-même - une dimension de notre être qui nous convie à plus de complétude. Ce trouble intérieur est la salutaire expression de cette nostalgie de nous-même où nous nous languissons de nous retrouver et où nous percevons, sans l’ombre d’un doute, notre besoin de "rentrer à la maison". Ne commettons pas l’erreur d’y être sourd - ou, pire encore, de chercher à l’étouffer."

Chapitre 2 : Accueillir en soi le meilleur de soi-même

Nous venons de l’observer dans le premier chapitre, au milieu de notre vie émerge souvent une impérieuse quête de soi. Par ailleurs, note l’auteur, c’est fréquent que nous n’ayons pris que très peu soin de nous-mêmes depuis des années.

La transition que nous traversons nous offre alors une chance, assure l’auteur : cesser cette auto-négligence devenue source de tensions insidieuses et comprendre le processus à l’œuvre pour tendre vers l’apaisement.

2.1 – Trois conseils pour bien vivre ce temps d’intégration

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" développe ici en quoi la transition du milieu représente un temps d’intégration. Il partage 3 conseils pour respecter et bien traverser cette étape.  

Prendre son temps

La transition du milieu de vie demande patience. Car elle n’est pas "l’affaire de quelques semaines" mais dure, en général, plusieurs années.

Avant de changer radicalement de vie, il est primordial de prendre le temps de la réflexion. Au minimum 6 mois à 1 an. Céder à l'urgence engendre souvent des décisions hâtives aux conséquences fâcheuses.

"Il est donc capital, prévient l’auteur, de ne pas brûler tous les ponts derrière soi, de ne pas tout dynamiter, en se ménageant des solutions de repli si on réalise soudain qu’on fait fausse route. […] Ne l’oublions pas : nous avons affaire à un processus intérieur naturel qui a son propre rythme : il n’est pas linéaire ; il ne peut être ni raccourci ni accéléré."

Accepter sa vulnérabilité

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" nous met ensuite en garde : le processus d’individuation est un processus de métamorphose intérieure qui nous rend plus fragile.

À l'image du crabe qui mute, un temps de retrait est nécessaire pour consolider sa nouvelle identité naissante, loin des prédateurs.

Quelques jours de solitude, de l'écriture ou un suivi psychologique peuvent y aider.

"Quels que soient les moyens utilisés, ils ont la même finalité : prendre un temps de pause et de réflexion pour laisser mûrir le processus. C’est ce que traverse la chenille quand elle s’apprête à devenir un papillon : elle a besoin d’entrer dans le silence de sa chrysalide et de se retirer du monde ; c’est dans l’obscurité, la solitude et la protection de son cocon que s’effectue sa métamorphose ; elle respecte le rythme naturel qui préside à sa croissance."

Identifier ses résistances

Le Dr Christophe Fauré décrit ici les mécanismes inconscients qui, malgré notre désir de changement, freinent notre élan :

La projection de la responsabilité sur autrui : "ce n’est pas moi le problème, c’est l’autre !"

L’évitement des problèmes : "je slalome entre les obstacles, je n’ai même pas mal".

L’anesthésie par diverses addictions : "je me déconnecte pour ne pas penser".

La passivité : "je n’ai pas envie de me prendre la tête".

Prendre conscience de ces résistances est un préalable pour avancer.

2.2 – La peur, moteur de la résistance au changement | 3 points clés

À mi-chemin de notre vie, nous hésitons à remettre en question ce que nous avons construit. Par crainte d'ouvrir la "boîte de Pandore" et de faire face à l'inconnu.

Pour le psychiatre Christophe Fauré, il est alors important de reconnaître et de comprendre ce qui se joue dans ces peurs pour évoluer.

Voici les 3 points clés développés dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" à ce sujet :

Redouter de quitter sa zone de confort

Le connu est rassurant, le prévisible sécurisant. Normal donc d'aspirer à la stabilité. Mais, poussé à l'extrême, nous devons savoir que cela bloque toute évolution.

L’auteur nous fait observer à ce propos que, par peur de l'inconnu, certains s'opposent au mouvement naturel de transformation intérieure à l’œuvre. Or, en agissant ainsi, ils restent prisonniers de leur zone de confort, au risque de le regretter amèrement plus tard.

Appréhender le regard des autres

Le regard des autres pèse lourd lorsque l'on s'apprête à changer. Craignant incompréhension et jugement, nous redoutons de déplaire à nos proches ou de les froisser si nous opérons des transformations qui les affectent.

Cette peur sournoise du conflit avec ceux qui comptent dans notre vie peut totalement tétaniser nos élans de changement, aussi légitimes soient-ils. Combien de rêves ou d'aspirations avons-nous étouffés dans l'œuf par crainte des réactions de notre entourage ?

Heureusement, le Dr Christophe Fauré nous rassure : gagnant en maturité et en assurance au milieu de notre existence, nous devenons moins dépendants du regard des autres. Leur approbation n'est plus ce sésame vital qui conditionne chacun de nos pas.

Cet affranchissement progressif peut nous rendre plus audacieux pour explorer de nouveaux territoires, même si cela dérange nos proches. Bien sûr, leur ressenti mérite considération. Mais ce surcroît de liberté psychique autorise désormais des prises de risque inédites.

Osons donc cultiver ce précieux détachement.

Identifier ses fausses croyances

Nos peurs se nourrissent de nos convictions erronées, intégrées depuis l'enfance.

La transition qui s’opère en milieu de vie est alors l'occasion de réexaminer ces croyances limitantes sur nous-mêmes. Car sans cette remise en question courageuse, nos peurs et nos blocages perdureront. Prenons donc la décision de faire ce "nécessaire retour" sur nous-même, invite l’auteur.

2.3 - Toute résistance est-elle négative ?

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" révèle ici pourquoi la résistance au changement n’est pas nécessairement négative. Elle a même parfois, affirme-t-il, "toute sa raison d’être".

En effet, parfois, elle :

Protège des décisions trop hâtives :

En freinant nos élans, la résistance au changement nous invite à examiner plus posément ce qui doit vraiment être transformé dans notre vie.

"Si vous sentez que quelque chose "frotte" intérieurement, alors que vous vous apprêtez à prendre une décision importante, n’adoptez pas nécessairement une attitude de défiance vis-à-vis de ce signal intérieur ; n’y voyez pas systématiquement l’expression d’une peur à dépasser : ce n’est pas toujours le cas. Il peut y avoir une forme de sagesse dans la résistance à céder […]. Toute la difficulté est de rester le plus lucide possible, afin de faire la distinction entre peur et sagesse, car force est de constater que, trop souvent, c’est la peur qui nous gouverne quand s’impose à nous la nécessité du changement."

Aide à prendre le temps d'intégrer :

Opérer des changements signifie renier ou abandonner une facette de soi à laquelle on s'est identifié pendant longtemps. Il est donc normal que cela ne puisse se faire du jour au lendemain.

Le psychiatre prend ici l'exemple de Nadine, une patiente. Dire "non" quand on le lui demandait était impensable durant son enfance, sous peine de ne plus exister aux yeux de sa mère et de perdre son amour. Nadine s'est ainsi construite avec l'idée qu'elle devait se plier aux exigences d'autrui pour être aimée.

Aujourd'hui, il lui faut réapprendre à faire des choix libres et éclairés dans son propre intérêt. Mais désapprendre des réflexes acquis pendant des décennies et se défaire de croyances aussi enracinées demande beaucoup de temps. Et cette transition vers plus d'authenticité suit rarement une trajectoire linéaire. Des allers-retours sont inévitables. Il est donc bon de respecter le rythme de cette intégration progressive pour la rendre sereine et pérenne.

2.4 - Agir malgré la peur

La transition du milieu de vie génère des bouleversements qui peuvent légitimement faire peur. On quitte nos repères et notre zone de confort pour s'aventurer vers l'inconnu.

Face à ce vertige, la tentation est grande de reculer et de renoncer à évoluer, observe le Dr Christophe Fauré. Pourtant, le psychiatre nous encourage à faire preuve de courage. Autrement dit, à avancer malgré la peur, à faire ce qui nous effraie, agir en dépit de l'angoisse qui nous tenaille.

Ce n'est pas facile, mais contrairement à ce que croient beaucoup de personnes, il ne faut pas nécessairement avoir confiance en soi pour sauter le pas. En réalité, lance l’auteur, c'est tout le contraire : la confiance en soi nait de nos actes courageux. Plus nous affrontons nos peurs et nous prouvons que l'on peut y arriver, plus nous gagnons en assurance.

Ainsi, en cultivant petit à petit notre courage et notre témérité face à l'adversité, nous construisons les bases d'une estime de nous-mêmes durable. Et nous nous garantissons par la même occasion une seconde partie de vie sans regret, où nous n'aurons pas à nous reprocher notre lâcheté.

Le message, dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" est donc le suivant : même terrifié, fonçons ! Notre audace sera récompensée.

2.5 - L’intégrité

Au milieu de notre parcours de vie, assure le Dr Christophe Fauré, nous prenons conscience que les différentes sphères de notre existence (vie professionnelle, familiale, relations amicales, épanouissement personnel, etc.) sont intimement liées et s’influencent mutuellement. Mais nous réalisons aussi que nous avons souvent négligé l’une de ces dimensions et que cela nous a appauvri.

La bonne nouvelle, c’est que, pour le psychiatre, la période de transition vers la maturité est idéale pour pallier à cela. Pour révéler les zones d’ombre de notre vie, ces pans que nous avons délaissés, et leur redonner vie. Elle est plus précisément "une invitation à prendre en compte toutes les dimensions de notre être, afin de les réunir en un tout cohérent" écrit le Dr Christophe Fauré.

Et en prenant soin de nourrir harmonieusement tous les aspects de notre personne, les efforts entrepris dans un domaine auront des répercussions positives partout ailleurs, assure l’auteur.

Chapitre 3 : Le corps et ses messages

Le troisième chapitre de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" porte sur le corps vieillissant, comme miroir du temps qui passe, et sur la difficulté que cela peut représenter.

Car en effet, nous dit le Dr Christophe Fauré, au milieu de la vie, le corps change et ne répond plus tout à fait à nos attentes. Les exemples qu’il mentionne racontent les ravages du temps que nous constatons, non sans dépit, à ce moment-là : perte de performances physiques, relâchement cutané, prise de poids.

Autrefois allié fiable et séducteur, le corps devient le témoin impitoyable de notre avancée en âge. Un miroir dans lequel il est parfois difficile de soutenir notre propre regard.

Alors comment apprivoiser ce vieillissement ?

3.1 - Un support d’identité

Le Dr Christophe Fauré commence par expliquer comment, quand notre corps se transforme avec l’âge, notre perception de nous-mêmes est ébranlée.

Notre corps est, en effet, le support de notre identité depuis l'enfance. Vers 50 ans, ses transformations peuvent alors être vécues comme une mort sociale douloureuse. Et plus notre persona s'est construite autour de l'apparence physique, plus ce déclin est difficile. Dans ce cas, perdre ses attributs de séduction fracture l'estime de soi. On peut aussi avoir l’impression de se "dématérialiser" sous les regards indifférents.

3.2 – Comment réagissons-nous ?

L’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" décrit alors les différentes attitudes que l’on peut observer face à ce corps qui vieillit.

La quête d’authenticité

Heureusement, le vieillissement nous pousse souvent à explorer d'autres aspects de soi, longtemps délaissés. En apprenant à exister au-delà des attributs physiques, nous gagnons en profondeur et en authenticité. Nos proches sont alors touchés par l'émergence de notre vraie nature.

L’abandon de soi

À l'inverse, d'autres délaissent leur corps avec excès, par manque d'estime d'eux-mêmes ou dans la reproduction de schémas parentaux négligents. Incapables de compenser la perte de leur principal support narcissique, ils sombrent alors dans "l'auto-abandon". Mais le corps finit toujours par présenter l'addition, stipule l’auteur. Il faudra alors renouer le dialogue avec lui et panser nos blessures intérieures.

Le refuge dans la maladie

Au milieu de la vie, il arrive aussi que des personnes acculées par une pression psychologique ou affective insoutenable, ou le sentiment de ne plus trouver de sens à leur existence se réfugient dans la maladie. Ne sachant comment faire face à l'effondrement de leur Persona et à l'émergence de pans refoulés, ces personnes s'enferment dans une pathologie, physique ou psychique.

C'est ce que le Dr Françoise Millet-Bartoli appelle la "maladie refuge".

Des maux ou des symptômes physiques comme des migraines, crises de coliques néphrétiques, troubles digestifs, spasmophilie surviennent alors. Ce sont des manifestations d'un trop-plein intérieur que le mental n'arrive plus à contenir.

Ces syndromes ont souvent une origine psychogène : la douleur physique facilite l'expression d'émotions bloquées. En effet, il est socialement plus acceptable de se plaindre d'une rage de dents que d'avouer sa colère rentrée. C'est en fait le corps qui exprime à notre place ce que nous n'osons formuler autrement, indique le Dr Christophe Fauré.

Par ailleurs, le statut protecteur de "malade" peut également combler un vide identitaire. Le problème, c’est que cela empêche souvent tout travail sur soi. Heureusement, parfois, ces maux finissent par livrer leur message ! La maladie devient, dans ce cas, une voie d'accès à notre for intérieur et encourage à l'introspection. Comme ce patient, Richard, qui découvre après un cancer la personne orgueilleuse et fermée aux autres qu'il était devenu. Si la prise de conscience n'induit pas toujours une guérison, concède le Dr Fauré, elle ouvre la porte à une paix intérieure libératrice.

La fuite en avant

Ceux qui n'existent que par leur enveloppe charnelle peuvent surinvestir désespérément leur corps pour contrer les outrages du temps, quitte à opter pour de lourds sacrifices.

Le Dr Christophe Fauré racontent ici le récit de plusieurs femmes. C'est le cas de Caroline qui multiplient les opérations de chirurgie esthétique. Selon lui, derrière ce leurre se cache souvent un manque d'estime de soi abyssal, hérité d'une enfance douloureuse.

Avant de changer notre apparence, l’auteur nous invite alors à examiner nos motivations : par exemple, la perte de désir de notre conjoint révèle-t-elle un problème dans notre couple ? Il est crucial d’être lucide sur nos intentions profondes, insiste l’auteur.

Car certes, l'arsenal médical peut atténuer les marques de l'âge. Mais sans recul, ces gestes superficiels peuvent nous éloigner de notre quête d'authenticité, affirme le psychiatre. À l'inverse, pratiquer une activité sportive peut traduire un réel désir de se prendre en main.

L’essentiel finalement est d’être au clair sur ses intentions.

3.3 - Se mettre à nu

Observons notre reflet dans le miroir avec bienveillance, conclue ici le psychiatre : trop souvent négligé ou maltraité, notre corps mérite respect ! Et s'il envoie des signaux de détresse via la douleur, sachons les écouter !

"La prochaine fois que vous serez dans votre salle de bains, regardez-vous nu dans le miroir. Ne détournez pas les yeux, même si un peu de gêne s’élève en vous. Réalisez que, trop souvent, vous n’avez pour votre corps que peu de considération, même si, en apparence, vous faites attention à lui. Vous l’avez facilement contrôlé durant la première moitié de votre vie, en le pliant à votre volonté pour qu’il vous serve sans broncher. Désormais, c’est une autre histoire : si vous ne lui accordez pas suffisamment de soin, d’attention et de respect, c’est lui qui va commencer à prendre le contrôle de votre vie. Il risque de vous imposer ses limites, en réponse à la négligence ou aux agressions multiples que vous lui avez peut-être fait subir."

Notre corps est le fidèle allié qui nous accompagnera pendant plusieurs décennies encore, alors prenons-en soin avec une alimentation saine et du sport. Et en apprenant à l'aimer, à reconnaître sa beauté unique, c'est également notre estime de nous-mêmes qui grandira.

Alors adressons-lui, chaque jour, notre gratitude.Il n'est jamais trop tard pour commencer ! termine l’auteur.

Chapitre 4 : Le couple et l’amour

Le quatrième chapitre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" revient sur les changements qui se produisent dans notre couple et les relations amoureuses au milieu de vie.

Car plus âgés, les partenaires ne sont plus ceux qu'ils étaient à leur rencontre. "L'amour a mis des lunettes" écrit joliment le Dr Christophe Fauché. Plus mûrs, plus lucides sur eux-mêmes, de puissants changements intérieurs s'opèrent. Même célibataire, le processus d'individuation transforme nos aspirations : et si la relation de couple n'était plus la clé du bonheur ?

4.1 - Vivre à deux la transition du milieu de vie

Un processus pas toujours synchrone

L’auteur commence par nous rappeler qu’au milieu de la vie, les partenaires ont évolué ; leur relation repose moins sur la passion que sur la complicité.

Un vaste ensemble de repères conscients et inconscients en fait [l’auteur parle de la relation de couple] un pilier essentiel de votre existence. L’amour-passion n’est peut-être plus au rendez-vous, mais une douce affection et un profond attachement l’un envers l’autre ont pris le relais. Pour nombre de couples parvenus au milieu de la vie, l’intensité émotionnelle s’est souvent estompée pour laisser place à plus d’intimité et de sécurité relationnelle, source d’une calme complicité.

On découvre aujourd’hui d’autres facettes du mot "aimer", d’autres façons de communiquer, dans une meilleure compréhension et une meilleure acceptation de qui est l’autre. De même, sans vous le formuler explicitement ou sans même en avoir pleinement conscience, vous percevez votre conjoint comme celui ou celle qui va, avec un peu de chance, vous accompagner jusqu’à votre dernier souffle. C’est également en cela que la relation est vécue comme importante et précieuse, car elle a le pouvoir de mettre à distance la peur de vieillir… et de mourir… seul.

Pour autant, le processus d'individuation qui s'amorce peut déstabiliser le couple. Chacun mute à son rythme. Si l'on ne saisit pas que ces mouvements intérieurs sont simultanés mais pas synchrones, des incompréhensions peuvent alors naître.

Attention aux projections

Facile alors de vouloir rendre l'autre responsable de notre mal-être, fait remarquer le Dr Christophe Fauré. Pourtant, continue-t-il, ce sentiment diffus préexistait souvent à la relation.

Il est alors important de réaliser que notre partenaire ne peut combler tous nos manques. Une part du travail nous revient.

Redéfinir le projet conjugal

Le milieu de vie, c’est, pour beaucoup d’entre nous, la période où le couple parental s'efface. Il est alors temps d'investir la dimension conjugale.

Sans tout chambouler, l’auteur nous invite à échanger sur nos aspirations respectives avec notre conjoint. Car selon lui, cela donne un nouvel élan à la relation. Et nous possédons déjà un socle solide pour le faire.

"L'enjeu est de définir ou de redéfinir ensemble un projet de couple. […]. Les ajustements se font spontanément si votre relation a été jusque-là harmonieuse. Il est même possible que la transition du milieu de la vie soit l’occasion de vous retrouver l’un l’autre, alors que vous vous étiez un peu perdus de vue. De fait, vous pouvez compter sur de solides acquis ; vous n’en êtes plus aux premiers temps de votre relation où les fondations de votre couple étaient encore fragiles : vous avez construit ensemble tellement de choses, noué tellement de liens avec vos proches et vos amis, traversé tellement de crises ou de périodes houleuses que vous disposez aujourd’hui d’un capital humain et relationnel qui constitue un socle de qualité."

Le psychiatre poursuit :

"La transition du milieu de la vie invite à rechercher une nouvelle authenticité dans la relation, une nouvelle intimité, une nouvelle raison de se choisir : se choisir par rapport à ce qui émerge de nouveau chez l’un et chez l’autre, mais aussi se rechoisir par rapport à ce qui existe et que l’on souhaite préserver. En effet, les raisons qui ont poussé à se choisir autrefois ne sont plus tout à fait les mêmes que celles qui poussent à se re-choisir aujourd’hui. Il y a des attitudes ou des comportements de votre conjoint dont vous ne voulez plus. Il y a des compromis que vous n’avez plus envie de faire.

Le Dr Christophe Fauré conclut alors :

" Il est alors grand temps de mettre cartes sur table et d’en parler le plus constructivement possible."

De l'art de la conciliation

Le Dr Christophe Fauré souligne que des changements intérieurs s’opèrent aussi chez notre partenaire simultanément aux nôtres. Il est alors essentiel de les accueillir tout en restant disponible à nous-même.

Selon le psychiatre, l'enjeu est de cultiver une relation intime, sans pour autant tomber dans une dépendance affective malsaine. Plutôt que d'attendre passivement que nos besoins soient devinés, affirmons-les avec assertivité ! Ne laissons plus nos frustrations putréfier le terreau conjugal.

Faire une place aux désirs émergents

Revendiquer plus fort nos aspirations personnelles (liées au processus d’individuation), peut engendrer des tensions au sein du couple, reconnaît le Dr Fauré. Son conseil pour les apaiser ? Cultiver des projets communs fédérateurs, tout en aménageant des espaces d'épanouissement individuel pour chaque partenaire.

À l'image du funambule qui avance en oscillant, l'auteur préconise d'instaurer une saine alternance entre rapprochement et prise de distance, entre intimité partagée et liberté revendiquée. Selon lui, ce subtil jeu de balancier serait la clé d'une relation équilibrée et épanouie.

4.2 - Un temps pour se rechoisir

Le Dr Fauré explique ici que nous sommes attirés par des partenaires exprimant des qualités refoulées en nous. Ils incarnent nos pans de vie "non choisis" et répondent à notre quête de complétude.

Mais en réintégrant ces dimensions via le processus d'individuation, ils nous paraissent, à présent, moins "nécessaires". D'où des tensions.

Alors, au lieu de reprocher à l'autre de ne plus nous combler, l’auteur nous encourage à accepter qu’il ne puisse pas répondre à tous nos besoins. Débarrassé du poids de nos attentes déçues, notre partenaire apparaît différemment. Et de là peut naître un nouvel élan :

"C’est là que pointe un nouvel enjeu de la transition du milieu de la vie : dégager la relation de la charge de nous rendre "entier" et la laisser exister pour ce qu’elle est, comme la cerise sur le gâteau de notre vie. La relation devient alors un "plus" qui embellit notre existence, en l’affranchissant de la lourdeur de notre besoin d’exister via notre conjoint(e). Elle cesse d’être perçue comme une béquille à nos (supposées) défaillances personnelles. Libérée de ce fardeau et de ces écrasantes attentes, la relation peut véritablement prendre son envol et nous enseigner le véritable sens du mot "amour"."

4.3 - La relation extraconjugale au milieu de la vie

Pour le Dr Christophe Fauré, la conjonction entre une relation déjà en souffrance et le questionnement existentiel propre à cette transition qu’est le milieu de vie peut favoriser l’infidélité. Et plus particulièrement, le fameux "démon de midi", terme pour qualifier dans le langage populaire, "une relation amoureuse entre une personne d’un certain âge et une autre souvent plus jeune".

Avant de tirer des conclusions hâtives et de tout remettre en cause, le psychiatre nous suggère plutôt de comprendre ce qui se joue dans ce type de relation.

Car pour lui, derrière la différence d’âge séduisante, se cachent, en réalité, des aspirations plus profondes, communes à beaucoup, chez l’homme comme chez la femme. Celles-ci peuvent être, par la quête de sens face à la prise de conscience du temps qui passe, la peur panique de vieillir, un besoin viscéral de continuer à plaire et séduire, etc.

Toutefois, concède l’auteur, si la différence d'âge est propice au fantasme, le décalage générationnel, grisant au départ, devient vite un obstacle. La personne infidèle finit le plus souvent par réaliser qu’elle ne pourra jamais combler par procuration ce vide intérieur et ces aspirations inassouvies.

Une douloureuse mais salutaire prise de conscience ! Car après la déflagration de cette "bombe" relationnelle, de nombreux couples parviennent à se reconstruire sur des bases plus saines, autour d'une compréhension approfondie de leur fonctionnement singulier.

4.4 - Divorcer au milieu de la vie

Malgré les difficultés, nombreux sont ceux qui franchissent le pas du divorce à 45-55 ans, las d’une relation qui s’est essoufflée.

Outre l’angoisse de ne plus plaire, il faut accepter de quitter un confort matériel et émotionnel durement acquis sans savoir ce qui nous attend. Et sans compter le coût financier ou la culpabilité de faire souffrir ses proches.

Pourtant, le Dr Christophe Fauré voit dans cette rupture une opportunité de rebondir et de s'accomplir. Comme le suggère l'idéogramme chinois "crise", le danger côtoie ici l'opportunité. À nous de savoir la saisir.

Le ressentiment ou l'incompréhension sont souvent au rendez-vous. Aussi, le psychiatre nous invite à considérer ce temps du célibat comme un sas de retour à soi, où panser nos blessures avant d'explorer de nouveaux possibles. Rien ne sert de brûler les étapes par peur panique de la solitude. Une relation épanouie avec soi-même est la garantie d'une rencontre réussie, souffle l’auteur.

4.5 - Commencer une relation au milieu de la vie

Nombre de célibataires rêvent, après plusieurs années de solitude ou une relation brisée, de vivre à nouveau une belle histoire. Mais passé 50 ans, la peur de ne plus plaire, avec un physique moins avantageux et le fardeau des désillusions vécues, sape bien des élans.

Sans compter le poids du passé : après des années de vie commune, il n’est pas aisé de se lancer dans une nouvelle histoire.

Alors, comment raviver la flamme de l'espoir ?

Selon le Dr Christophe Fauré, la clé, c’est la confiance en soi.

Selon lui, en apprenant à s'aimer pleinement, avec nos forces et nos fragilités, nous devenons rayonnants ! Un travail psychothérapeutique, mais aussi une remise en question de nos habitudes de vie, peuvent y aider. Car il n'est jamais trop tard pour devenir la plus belle version de nous-mêmes, rappelle l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans".

Mais alors où rencontrer l'âme sœur ?

Si la famille ou les amis restent de formidables intermédiaires, Internet s'est imposé pour des millions de gens.

Certes, la magie opère rarement derrière un écran. Mais accepter ce pas, aussi artificiel soit-il, permet bien souvent une première rencontre déterminante.

Ainsi, en dépit des a priori, les sites ont le mérite de favoriser la mise en relation. Charge à nous, par la suite, de provoquer l'étincelle ! Et si cette persona virtuelle cachait l'être d'exception que nous cherchons depuis si longtemps ? La technologie moderne pourrait bien avoir le dernier mot sur le romantisme...

Chapitre 5 : Les relations avec les enfants et les parents

Dans le chapitre 5 de son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré montre en quoi la transition du milieu de vie est une véritable rencontre avec notre for intérieur.

Il nous fait observer que, loin d'être un processus solitaire, celle-ci impacte et métamorphose aussi beaucoup nos relations avec nos proches, notamment nos enfants et nos parents.

5.1 - L’adolescence, une autre mutation

L'auteur constate d’abord que l'adolescence des enfants coïncide souvent avec notre propre remise en question existentielle de parents quadragénaires.

Or, durant ces années-là, les règles du jeu changent à une vitesse vertigineuse. On peine à suivre le tempo, le chaos s’installe ! Nos ados nous snobent et nous malmènent sans vergogne, quand nous-mêmes sommes fragilisés par nos mutations intérieures, et donc beaucoup plus vulnérables à leurs sautes d'humeur.

Difficile dans ce contexte de continuer à assumer sereinement notre rôle de parents, consent l’auteur. D’autant que derrière chaque crise d’adolescence perce la nostalgie de l’enfant câlin et obéissant que nous avons tant chéri.

Alors comment traverser l’orage ?

Pour le Dr Christophe Fauré, la réponse est claire : en maintenant coûte que coûte le dialogue, en osant la confidence sincère, pour rétablir une relation d’adulte à adulte empreinte de respect. Même si notre adolescent fait mine de ne pas écouter, il comprend plus qu’on ne l’imagine. Ces marques de considération pacifient bien des rapports explosifs !

5.2 - Quand les enfants quittent la maison

Et puis vient le moment tant redouté du départ définitif de nos petits. Si les mères sont culturellement préparées à ce "syndrome du nid vide", ce serait finalement les pères qui souffriraient le plus de l’abandon.

Mais des études récentes dédramatisent ce passage obligé : en effet, investis dans d’autres sphères, finalement, il semblerait que, nous, pères et mères, vivions plutôt ce départ comme un soulagement. Et la relation avec nos grands enfants gagnerait même en maturité une fois le cordon coupé !

"Les enfants manquent à leurs parents, c’est indéniable - mais, sur la base des recherches que j’ai menées auprès de ces parents, ce qui se passe en réalité est à l’opposé du syndrome du nid vide. La majorité des parents font part d’une plus grande liberté, d’une reconnexion avec leur partenaire et de davantage de temps disponible pour se consacrer à leurs propres activités ou hobbies."

Reste que, pour nous parents, cette séparation est porteuse d’un subtil deuil qu’il nous faut accueillir et panser avec douceur, confie l’auteur. Il nous faut composer avec le manque, tout en célébrant fièrement l’envol de nos oisillons vers leur vie d’adultes épanouis. Et parfois, la distance est trop douloureuse. Il est alors capital d’oser en parler et énoncer nos besoins.

"Son départ peut s’accompagner d’une réelle dépression ou d’un pénible sentiment de perte desens. Alors il faut se poser cette question : "Est-ce que le départ de mes enfants est la seule et unique raison de mon désarroi ?" Ce départ peut effectivement faire caisse de résonance avec d’autres pertes ou questions existentielles qui s’imposent à vous aujourd’hui."

5.3 - Construire une autre relation avec vos parents

Inévitablement, la remise en question du milieu de vie réactive aussi notre histoire familiale. Le miroir aux alouettes de nos parents vole en éclats : derrière le vernis des souvenirs rejaillissent les blessures mal cicatrisées de notre enfance.

Le Dr Christophe Fauré nous invite alors à réévaluer nos parents avec compassion. À voir en eux des êtres cabossés, conditionnés par leur propre éducation. Des rêveurs contrariés qui ont fait de leur mieux, mais n’en ont pas moins reproduit auprès de nous leurs schémas limitants.

Pour l’auteur, identifier ces blocages hérités qui nous entravent encore est le premier pas vers la liberté. Nous pouvons choisir de ne pas répéter à notre tour ces schémas avec nos propres enfants. Et de vivre, pleinement, cette vie qui est la nôtre.

5.4 - Devenir le parent de son parent

Ironie de cette période de milieu de vie : il n’est pas rare, poursuit l’auteur, de devoir endosser un rôle de soutien auprès de nos parents, au moment même où nous sentons nos forces décliner. Or, rien ne nous a préparé à ce renversement des rôles, à devenir le parent de ce père ou de cette mère âgé.e ou dépendant.e autrefois si puissant.e. Outre la fatigue, ce renversement des rôles réactive souvent des rancœurs enfouies.

Pourtant, aussi exigeant soit-il, accompagner la vieillesse de nos parents est aussi une opportunité de leur rendre l’amour inconditionnel jadis reçu. Pour le Dr Christophe Fauré, ce dévouement guérit parfois les blessures.

Mais dans tous les cas, prévient-il, ne nous oublions pas : au sein de la "génération sandwich", pensons à nous ressourcer !

5.5 - Perdre un parent au milieu de la vie

Entre 45 et 60 ans, la mort d’un parent n’a rien d’improbable, rappelle l'auteur.

Là-aussi, le deuil est l’occasion de revisiter le passé. Cette relecture parfois douloureuse que nous en faisons est une période propice pour tenter d’apaiser les blessures relationnelles, même si nous avons parfois le sentiment qu’il est trop tard.

Lorsqu’ils perdent leurs parents, certains ressentent même étrangement un certain soulagement à se libérer d'une emprise ou figure écrasante. Cela n’a rien d’incompatible avec le manque et la peine, précise l’auteur, comme dans cet exemple :

"Je peux enfin vivre ma vie, reconnaît Victor, 54 ans, après le décès de son père. Je l’aimais et je sais qu’il m’aimait, là n’est pas la question - mais je me sentais toujours soumis à son approbation. C’était très subtil, mais très présent en même temps. Aujourd’hui, même s’il me manque et que je pleure son départ, je me sens plus libre intérieurement que je ne l’ai jamais été."

Quoi qu'il en soit, cette perte nous confronte à notre propre finitude. À nous désormais, d’y puiser de quoi donner un sens profond au temps qu’il nous reste à vivre...

Chapitre 6 : La vie professionnelle

Au sommet de leur carrière, de nombreux quadragénaires sont saisis par un profond questionnement existentiel.

Ce questionnement est à écouter avec discernement et courage. C’est ce que l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" propose d’étudier dans ce nouveau chapitre.

6.1 - Au sommet… et au creux de la vague

Le Dr Christophe Fauré décrit ici un paradoxe courant : au zénith de leur carrière, de nombreux  quadragénaires se sentent étouffés et insatisfaits dans leur travail. Une étude internationale pointe ce creux psychologique autour de 50 ans. Malaise d'autant plus fort que notre société valorise beaucoup le succès professionnel, en particulier chez les hommes.

Mais derrière les apparences, certains réalisent tardivement avoir trop investi leur travail, souvent pour combler un manque affectif. Forcés de constater que le Graal de la réussite sociale ne les transporte plus, la désillusion est là. Et ils sombrent.

De plus, cette transition est aussi le moment de faire le deuil de certains rêves professionnels irréalisables :

"Autant de deuils que nous devons bon gré mal gré intégrer : nous ne serons jamais membre du conseil d’administration de notre entreprise, nous ne serons pas reconnu comme le meilleur journaliste de notre rédaction, nous n’obtiendrons jamais telle promotion… Mais, au bout du compte, avons-nous toujours envie de cela ? Peut-être. Peut-être pas."

Pour l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", heureusement, après un passage obligé dans la zone de turbulences, les choses finissent par s'apaiser. À condition d’avoir su écouter les appels intérieurs du processus d'individuation.

Nous réalisons alors que nous pouvons opérer des changements en douceur, sans tout bouleverser. L'essentiel étant de se recentrer sur l'authenticité et la quête de sens qui nous animent au plus profond.

6.2 - Redéfinir sa vie professionnelle au milieu de la vie

Heureusement, nous rassure l'auteur, il n'est pas trop tard pour opérer un virage à 180° et se réorienter vers des rivages qui chantent à notre âme. Les "quadras" disposent même de sérieux atouts : recul, connaissance de soi, vécu... Attention toutefois à ne pas céder aux sirènes de la précipitation et du fantasme, prévient le psychiatre.

Ainsi, nous devons identifier clairement la source de nos frustrations. C’est primordial ! lance le Dr Christophe Fauré. De même, nos aspirations profondes méritent que nous les examinions : quelles valeurs voulons-nous incarner ? Où puiser l'épanouissement ? Dans quel secteur nos talents apporteront-ils de la valeur au "collectif" ?

Une fois la direction fixée, il nous faut accepter l'exigeant travail de la maturation intérieure et extérieure. Rédaction du CV, formation complémentaire, gestion financière... Tout est affaire de planification, de patience et de détermination.

Mais le jeu en vaut la chandelle, promet le psychiatre : en domptant nos peurs archaïques, nous dessinerons peu à peu les contours du professionnel épanoui enfoui en nous. Et trouverons enfin notre juste place !

Chapitre 7 : Enrichir sa vie

Le chapitre 7 du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" évoque l’évolution de notre vie personnelle, de nos priorités.

Car si notre mode de vie fonctionnait hier, des ajustements s'imposent peut-être aujourd'hui :

""Ce qui était vrai ou important au matin de notre vie peut cesser de l’être dans son après-midi", écrit Carl G. Jung. Certains aspects de votre vie qui fonctionnaient bien autrefois fonctionnent peut-être moins bien aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que vous avez fait fausse route. Non, vous avez simplement évolué, mûri et modifié vos priorités et vos axes de vie. Il vous est demandé aujourd’hui de construire un pont sur l’avenir. D’un côté, il va s’appuyer fermement sur ce que vous avez construit de bon et de solide durant la première moitié de votre vie ; de l’autre, il va s’étayer sur ce que vous avez envie de faire de votre existence dans sa seconde moitié."

Ainsi, notre quête sera de donner plus de sens et de saveur aux années restantes. Et pour y parvenir, ouvrons-nous avec confiance à tous les possibles qui s'offrent à nous, clame l’auteur.

7.1 - Les 4 axes de transformation personnelle

Dans la première partie du chapitre 7 du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré nous propose quatre axes pour opérer une transformation personnelle positive.

1er axe : Continuer, ajuster, arrêter, initier

L’auteur suggère d'appliquer ces quatre actions dans sept domaines clés de notre vie, à savoir à :

Notre relation au corps,

Notre partenaire,

Nos enfants,

Nos parents,

Notre travail,

Nos loisirs,

Notre vie spirituelle.

Cela offre 28 possibilités concrètes d'amélioration.

Par exemple, pour notre corps, on peut continuer à se faire masser pour s'apaiser, ajuster notre alimentation pour la rendre plus saine, arrêter de fumer et initier une nouvelle activité physique.

2ème axe : Se montrer le plus concret et le plus spécifique possible.

Le psychiatre souligne qu'il est essentiel d'être le plus concret et le plus spécifique possible dans nos objectifs pour leur donner une chance de se réaliser.

En effet, un objectif vague comme "Je veux être plus serein" a peu de chances d'aboutir. Il vaut mieux planifier précisément les étapes à franchir comme faire du yoga deux fois par semaine.

3ème  axe : Hiérarchiser ses priorités et leur donner la primauté

Nous ne pouvons pas tout accomplir simultanément. Nous devons alors apprendre à ordonner nos désirs par ordre d'importance, même si renoncer à certains n'est pas aisé. Et assurons-nous que nos nouveaux choix reflètent nos aspirations actuelles, non celles d'autrefois.

4ème axe : Se fier à sa boussole intérieure

Enfin, le Dr Christophe Fauré indique que nous pouvons évaluer si nous sommes sur la bonne voie grâce à notre "boussole intérieure" : si on se sent plus heureux, apaisé, plein d'énergie positive ou de bien-être, c'est qu'on avance dans la bonne direction, en phase avec nos aspirations profondes. L'essentiel est de trouver la voie qui nous libère intérieurement.

7.2 - La créativité pour enrichir votre vie

Le psychiatre met ensuite l'accent sur l'importance de la créativité pour donner un nouvel élan à la seconde moitié de sa vie.

Il cite une étude démontrant que la créativité connait deux pics au cours de la vie : autour de 20 ans et autour de 50 ans. Contrairement aux idées reçues, la cinquantaine n'est donc pas trop tard pour exprimer sa créativité.

Le Dr Christophe Fauré partage de nombreux exemples inspirants de personnes qui se sont lancées dans une activité créative à mi-parcours : apprendre la musique, créer un blog, militer dans une association, cuisiner la gastronomie du monde, refaire la décoration de sa maison selon les principes du feng shui...

Il souligne qu'il ne faut pas se limiter et ne pas croire que seuls les artistes talentueux ont le droit de créer. Tout le monde peut laisser libre cours à son imagination, et ce, dans de multiples domaines.

L'auteur termine en nous invitant à répondre à un questionnaire très complet pour faire le point sur nous-mêmes. Quels sont nos rêves d'enfance abandonnés ? Nos aspirations actuelles ? Nos talents non exploités ? Quels sont nos projets ? Qu'aimerions-nous devenir ? Autant de pistes pour insuffler une nouvelle dynamique créative à cette deuxième partie de notre vie.

7.3 - Les apports de la psychologie positive pour enrichir la vie

Le Dr Christophe Fauré présente ici la "psychologie positive". En gros, cette approche scientifique vise à étudier ce qui va bien chez un individu plutôt que ses difficultés.

Aussi, l’auteur du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" explique que selon cette théorie, une vie heureuse repose sur 3 piliers. Cette vie doit être :

Plaisante : faite de loisirs et d'émotions positives.

Engagée : avec un investissement dans un projet qui nous motive.

Pleine de sens : en accord avec nos valeurs.

Les deux fondateurs de cette école ont aussi identifié 24 forces et vertus universelles comme, par exemple, la créativité, la curiosité, le courage, l’intelligence émotionnelle... Celles-ci sont développées en annexe du livre. Ici, l'idée est de repérer nos 5 forces dominantes pour les cultiver.

L'auteur présente ensuite une étude prouvant l'efficacité de méthodes issues de la psychologie positive contre la dépression. Parmi les exercices : noter chaque jour 3 événements positifs vécus et exprimer sa gratitude de façon précise pour certaines choses.

Il souligne que l'intérêt de la psychologie positive est qu'elle nous offre des outils concrets, validés scientifiquement, pour devenir acteur de notre propre bonheur et de notre accomplissement personnel.

7.4 - Vous faire accompagner pour enrichir votre vie

L’auteur fait part ici de l’intérêt que nous aurions à nous faire accompagner lors de notre transition du milieu de vie pour en retirer tous les bienfaits.

En effet, pour lui, le passage du milieu de vie est une occasion unique de grandir qu’il ne faut pas laisser passer. Mais il est aussi, souvent, solitaire car notre entourage ne vit pas forcément la même chose. L'idée est donc de trouver un espace de parole pour partager nos questionnements existentiels.

Dès lors, plusieurs options s'offrent à nous :

La thérapie, individuelle ou de couple, peut aider à y voir plus clair. Attention cependant à choisir un thérapeute qui connaisse bien les enjeux du milieu de vie.

Les groupes de parole entre pairs sont aussi très enrichissants pour confronter nos expériences.

Des stages de développement personnel permettent d'explorer de nouvelles voies.

Le mentorat ou le coaching apportent un regard extérieur précieux et stimulant.

Quelle que soit la formule, l'auteur insiste sur l'importance de ce processus pour nous ouvrir à ce qui était enfoui en nous et que nous n'osions pas regarder.

Chapitre 8 : Quête de soi, quête de sens | La spiritualité au milieu de la vie

Le dernier chapitre du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" commence par une histoire saisissante pour introduire le sujet de la quête spirituelle, étudiée dans cette dernière partie du livre :

Viktor Frankl, médecin, a 39 ans quand il est déporté à Auschwitz. Cette terrible expérience lui permet d'élaborer une théorie sur le sens de la vie : contrairement aux plus robustes, il observe que ce sont les plus faibles qui résistent le mieux. Pourquoi ? Parce que ces derniers savent développer une vie intérieure qui laisse la place à l'espoir et qui questionne le sens.

De retour des camps, le Dr Frankl fonde alors ce qu’on appelle la "logothérapie". Cette thérapie se base sur l’idée que les troubles psychiques résultent d'un vide existentiel. Car, comme Carl Jung, Viktor Frankl pense que l'être humain est en quête constante de sens et transcendance.

Pour l’auteur, c’est bien ce désir profond d'une existence riche de sens, réponse à notre aspiration à la plénitude, qui s’éveille au milieu de notre vie. Et cette quête relève, dit-il, de notre dimension spirituelle.

8.1 - Qu’entend-on par "spiritualité" ?

Voici les idées principales que commence par exposer l’auteur du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" pour mieux comprendre ce qu’est cette dimension spirituelle.

Spiritualité Vs religion

L'auteur clarifie d’abord la différence entre "spiritualité" et "religion".

L'étymologie du terme "spiritualité" renvoie à "spiritus", le souffle : la spiritualité a donc trait à ce qui respire en nous, à cet espace de respiration intérieure. On le voit d’ailleurs très bien dans les pratiques méditatives qui utilisent la respiration comme ancrage corporel de cette dimension.

Ainsi, prendre soin de son corps revient à prendre soin de son esprit, rappelle l’auteur. Dans la même idée, se libérer psychologiquement de ses blocages émotionnels et schémas limitants crée un espace intérieur propice au développement spirituel.

La spiritualité, partie intégrante de l’être

Le psychiatre explique ensuite que, contrairement à Freud qui ne voyait pas cette dimension comme essentielle, Jung considérait la spiritualité comme partie intégrante de l'être. Il pensait qu'elle était indispensable à l'équilibre psychique d'un individu.

La spiritualité laïque

Le Dr Servan-Schreiber tentait, quant à lui, de définir ce qu'est une "spiritualité laïque", c'est-à-dire sans référence à une religion instituée. Pour lui, il s'agit de la quête d'un sentiment élevé en nous, celle d'un lien créateur à l'univers et au monde. C'est une aventure intérieure qui se nourrit de moments intenses, faits de beauté, de partage ou de solitude. Elle est accessible à tous.

La spiritualité au quotidien

L’auteur souligne enfin que la spiritualité s’ancre dans le quotidien. Elle nous permet alors de voir au-delà de la routine. Elle est spécifique à chacun d’entre nous et à notre propre perception du réel.

Qui dit spiritualité, dit nécessairement chemin intérieur

Si elle s'ouvre à autrui, la démarche spirituelle nécessite d'abord de faire un chemin intérieur, faute de quoi on risque de continuer à s'oublier soi-même, rappelle l'auteur. Un travail psychologique préalable peut alors préparer le terrain de cette quête de sens.

L’auteur raconte avoir lui-même expérimenté ce couplage psychologie + spiritualité pour répondre à ses questions existentielles en se retirant deux ans dans un monastère bouddhiste au mitan de son existence. Il explique ainsi avoir réaliser combien la spiritualité est essentielle à une authentique paix intérieure, et ce, quelle que soit la voie empruntée.

8.2 - Secrets de vie

Dans cette partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", l'auteur est allé recueillir les paroles de personnes en fin de vie pour savoir ce qui avait donné sens à leur existence.

Ainsi, de cette enquête, plusieurs points reviennent de façon récurrente, comme par exemple, le fait d’avoir :

Aimé et pris soin de ses proches,

Créé des liens significatifs,

Contribué au bien-être d'autrui,

Fait la paix en soi.

Une autre étude a été menée auprès de 235 personnes jugées "sages" par leur entourage. Celle-ci fait ressortir 5 ingrédients d'une vie réussie, à savoir :

Être intègre et honnête avec soi-même,

Ne laisser aucun regret derrière soi sur ce qu'on a fait ou non de sa vie,

Vivre dans l'instant présent,

Apprendre à aimer et à agir avec bienveillance,

Donner plus que recevoir.

Pour l’auteur de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", ces thèmes universels indiquent autant de directions spirituelles à explorer, sans affiliation à une doctrine particulière.

Le Dr Christophe Fauré développe alors quelques-unes de ces pistes à travailler :

Être honnête avec soi-même est le pilier du processus d'individuation à mi-parcours de sa vie. Cela passe par l'acceptation sereine de la réalité. Et nécessite de faire la paix avec son passé.

La peur de la mort renvoie souvent à la peur d'une vie non vécue. D'où l'importance de saisir sa vie à pleines mains. Dans cette optique, "se poser", à cette période de notre vie, permet de retrouver la clarté de notre être, masquée par l'agitation. Nous pouvons notamment pratiquer la méditation de pleine conscience : celle-ci apprend à vivre l'instant présent, dans une attention consciente à soi et au monde, confie l’auteur. Pour autant, elle ne suffit pas, continue-t-il : son but ultime est la réalisation de notre Nature profonde et de celle de toute chose. C'est ce qu'on appelle l'Éveil.

Enfin, "aimer" procure un sentiment de sens. En prenant soin de nous dans ce mitan de l'existence, nous devenons plus disponibles aux autres et inspirants pour nos proches. C'est un acte d'amour que de cheminer vers notre meilleur potentiel.

Finalement, au milieu de la vie, la quête spirituelle nous tend la main pour donner corps et substance à notre recherche de sens. Pour le Dr Christophe Fauré, elle vient parfaire, par une dimension verticale, tout le travail horizontal de transformation de soi.

8.3 - Une recette du bonheur ?

Dans cette dernière partie du livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", l'auteur commence par partager deux études. Ces études ont pour but de comprendre ce qui procure le bonheur dans une vie. Ainsi :

La première, menée à Harvard sur 780 hommes durant 75 ans, démontre que nos relations sociales sont la clé du bien-être, quel que soit notre milieu. Plus on entretient des liens affectifs riches, plus on est heureux et en bonne santé.

La seconde étude révèle que le sentiment d'accomplissement provient des actions que nous réalisons au-delà de notre intérêt personnel, de notre investissement pour autrui via des projets éducatifs ou sociaux. Donner semble donc plus essentiel que recevoir.

Donner plus que recevoir

Notre quête de spiritualité au milieu de notre vie nous pousse justement à nous tourner vers le monde. Et au regard des études mentionnées, cet élan vers les autres est positif. En sortant de notre coquille ego, nous pouvons trouver, dans le don de nous-mêmes, ce supplément d'âme qui illuminera notre seconde vie.

Attention tout de même, servir autrui n'est pas une condition sine qua non pour être heureux. Et cela ne demande pas obligatoirement de réaliser des choses extraordinaires ou spectaculaire. Pour l’auteur, ce doit être une question de "vocation", d'appel intérieur qu'il faut assumer et qui doit être source de joie : s'occuper de ses proches, mener une action humanitaire, protéger l'environnement... peu importe.

Transmettre

"La première moitié de la vie est un temps d’acquisition et de construction. Au milieu de la vie, quelque chose s’inverse progressivement et l’idée de restitution ou de transmission prend de plus en plus d’importance. Cela concerne bien sûr la transmission de ce qui a été accumulé au niveau matériel, mais un mouvement beaucoup plus global s’initie souvent en soi, indépendamment d’un patrimoine que l’on pourrait transmettre."

"Transmettre", souligne l’auteur, permet de laisser une trace, d'offrir aux autres ce qu'on est. Et cette transmission de notre essence peut prendre des formes très simples au travers de nos expériences de vie :

"Vous n’avez pas besoin de livrer au monde un héritage d’exception pour y trouver du plaisir et un sentiment de plénitude. Votre héritage peut être le fruit naturel de votre expérience de vie, en tant que parent, en tant que conjoint, en tant que membre de votre communauté. Il peut être le fruit des  circonstances, heureuses ou malheureuses, de votre existence. Là où elles peuvent prendre sens, c’est quand vous parvenez à en extraire l’essence."

Conclusion : Un mot de la fin | Pour que tout commence

Dans la conclusion de son livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré s'adresse à nouveau à Isabelle, jeune femme perdue rencontrée au tout début du livre. Elle ne pleure plus désormais, car elle a fait le deuil de son passé. Certes, des questions demeurent mais elle sait à présent qu'une nouvelle chance de vie s'offre à elle, livre l’auteur. Les incertitudes de sa transition de vie ont laissé place à une certitude : "le temps qui lui reste à vivre sera à l’image de ce qu’elle décide d’en faire aujourd’hui".

Certes la tâche est vaste et les doutes légitimes. Mais il s'agit d'avancer, pas à pas, sans exigence de perfection. Des trésors en elle ne demandent qu'à s'éveiller.

Et pour nous également !

C’est pourquoi, l’auteur nous invite, nous aussi, à oser être libre et maître de notre vie pour que, au milieu de notre existence, tout commence enfin à avoir un sens :

"Tout est entre vos mains désormais : prêter attention à votre corps comme vous ne l’avez peut-être jamais fait jusqu’à maintenant, revisiter votre couple avec un regard neuf et aimant, assumer votre solitude, si tel est votre destin".

Pour l'auteur, il s'agit d'"accueillir les opportunités de croissance" que cette période nous offre. Tout comme :

"Construire une autre relation avec vos enfants en voie d’autonomie et vos parents en voie de dépendance, faire courageusement le point sur votre vie professionnelle et aller là où vous n’avez jamais osé aller, trouver comment la dimension spirituelle de votre être peut trouver sa place dans votre existence, oser l’engagement, la curiosité, aller au-devant du nouveau, de ce qui n’a pas encore été vécu ou exploré, pacifier le passé et libérer le présent, ouvrir des portes et en fermer d’autres, sortir des schémas et des croyances qui vous ont bridés ou ont limité votre champ de vie, dire "oui" quand auparavant vous disiez "non", embrasser l’avenir avec confiance, dans une conscience aiguë que cet avenir aura, un jour, une fin."

Enfin, il nous invite à "prendre des risques qui n’apparaissent plus aujourd’hui aussi hasardeux" et à oser : "oser vivre avec courage, la peur au ventre mais la tête dans les étoiles, oser être heureux, oser être une force de changement et d’inspiration dans le monde : voilà à quoi vous invite la seconde moitié de votre vie" conclut-t-il !

Annexe : Les 24 forces en psychologie positive

En annexe de son ouvrage "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans", le Dr Christophe Fauré partage 24 forces ou traits positifs de personnalité qui, cultivé(e)s, procurent un sentiment d'accomplissement. Elles se répartissent en 6 vertus.

La sagesse et la connaissance : elles regroupent la créativité, la curiosité, l'ouverture d'esprit, l'amour d'apprendre, la sagesse.

Le courage : il rassemble la bravoure face aux épreuves, la persévérance dans ses projets, l’authenticité dans ses actes et paroles, la vitalité.

La justice : elle implique l'esprit d'équipe et d’entraide, le sens de l'équité et de la justice, les qualités de leader bienveillant.

L'humanité : elle comprend la capacité d'aimer et nouer des liens forts, la gentillesse via des actions bienfaisantes, l'intelligence sociale pour comprendre les autres.

La tempérance : elle exige de pardonner les torts subis, la modestie sans se mettre en avant, la prudence dans ses choix, la maîtrise de soi.

La transcendance : elle nécessite de cultiver le sens du Beau, d'éprouver de la gratitude, d'être optimiste, d'avoir de l'humour, de trouver un sens spirituel à son existence.

Le psychiatre nous invite à identifier nos 5 forces-signatures parmi ces 24 pour orienter nos efforts et trouver l'épanouissement. En les mettant délibérément en pratique dans notre quotidien, nous renforcerons notre bien-être.

Selon l’auteur, cet outil issu de la psychologie positive permet de devenir acteur de son bonheur en développant le meilleur de soi-même.

Conclusion de "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans" du Dr Christophe Fauré

Les 3 grandes idées à retenir sur le milieu de vie, période entre 40 et 55 ans, selon le livre "Maintenant ou jamais !"

  1. Une transition naturelle vers plus d’authenticité

Tout au long des chapitres du livre, le Dr Christophe Fauré développe l’idée clé suivante : loin d'être une crise comme on le dit souvent, la période de la quarantaine à la cinquantaine correspond en fait à une transition naturelle. Un processus psychique appelé "individuation" s'enclenche alors, qui nous pousse à retrouver notre authenticité. Même s'il peut nous déstabiliser, ce processus s’avère être, selon lui, très positif.

  1. Une période pour redonner du sens à son existence

Pour l’auteur de  "Maintenant ou jamais ! La vie commence après quarante ans", cette période de remise en question existentielle est propice à une prise de recul, et à redonner du sens aux différentes facettes de notre vie. Dès lors, le Dr Christophe Fauré nous encourage à opérer des changements, même modestes, afin de recentrer notre vie sur ce qui compte vraiment désormais. L'idée est de se libérer de certains carcans pour être plus aligné avec soi-même.

  1. L’occasion de se réaliser pleinement

Enfin, l'auteur voit dans cette transition du milieu de vie une chance unique de se réaliser pleinement, de révéler des pans de nous-mêmes restés dans l'ombre. En acceptant ce qui émerge en nous, en prenant soin des dimensions négligées, nous pouvons devenir, assure-t-il, la meilleure version de nous-même et trouver un sentiment d’accomplissement.

Ce que la lecture "Maintenant ou jamais !" vous apportera

Le livre "Maintenant ou jamais ! La vie commence après 40 ans" partage de précieux éclairages sur cette période méconnue qu’est le milieu de vie.

Le Dr Christophe Fauré replace cette transition dans une perspective positive et épanouissante, à rebours des clichés anxiogènes de la "crise de la quarantaine".

Aussi, ses conseils concrets nous aident à traverser les turbulences rencontrées tout en impulsant un nouvel élan à votre vie.

Qu’il s’agisse du couple, du travail ou de la spiritualité, cet ouvrage dissipe, en effet, les malentendus du mitan de la vie. On y voit alors plus clair. Et on apprend à aller vers cette aspiration qui nous appelle, à savoir plus d’authenticité.

Les nombreux témoignages et récits de vie et de patients relatés tout au long du livre donnent du rythme aux propos. Comme ils sont très réalistes et parlants, il est, de plus, très facile de s’y retrouver, de s’identifier.

En somme, cette lecture nous permet de comprendre les profonds changements intérieurs à l’œuvre pour les accueillir sereinement plutôt que de leur résister. Surtout, il redonne espoir et confiance pour la suite en montrant comment transformer chaque difficulté en tremplin d’accomplissement.

Points forts :

Démystifie la "crise de la quarantaine" en montrant que c'est une transition naturelle et positive.

Fournit des conseils concrets pour traverser sereinement cette période de changements et redonner du sens à sa vie en se recentrant sur l'essentiel.

Très bien écrit, style parlant ; on sent l'expertise et la bienveillance de l'auteur.

Les récits de vie distillés permettent de s'identifier très facilement et de se sentir moins seul.

Points faibles :

Les propos et conseils sont très axés sur les familles qui suivent un schéma plutôt classique : si vous n'avez pas d'enfants adolescents ou que n'êtes pas en couple depuis des années à l’âge de 40 ou 50 ans, certaines parties ne vous parleront pas.

Ma note :

★★★★★

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Mon, 22 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12918/Maintenant-ou-jamais-La-vie-commence-aprs-40-ans
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Résumé de « Les formes de l’intelligence » de Howard Gardner : le livre classique — et polémique — de Howard Gardner, psychologue états-unien qui développe dans cet ouvrage sa fameuse théorie des intelligences multiples, abondamment reprise en éducation et en développement personnel, notamment.

Par Howard Gardner, 1997

Titre original : « Frames of mind », 1983.

Chronique et résumé de « Les formes de l’intelligence » de Howard Gardner

Quelques mots sur Howard Gardner

Howard Gardner est un psychologue de renommée mondiale né le 11 juillet 1943 à Scranton, en Pennsylvanie, aux États-Unis. Il est surtout connu pour sa théorie des intelligences multiples, qui a révolutionné notre compréhension de l’intelligence humaine.

Howard Gardner a obtenu son doctorat en psychologie du développement à l’Université de Harvard en 1971. Il y a ensuite enseigné et mené des recherches pendant de nombreuses années.

Sa théorie des intelligences multiples est exposée pour la première fois en 1983 dans son livre « Frames of Mind: The Theory of Multiple Intelligences . Il y soutient que l’intelligence ne peut pas être réduite à une seule capacité cognitive, mais plutôt qu’il existe plusieurs types d’intelligence.

Cette théorie a eu un impact significatif sur l’éducation en encourageant une approche plus diversifiée de l’enseignement pour répondre aux besoins individuels des élèves.

Parmi les autres ouvrages notables de Gardner, on peut citer :

Les Nouvelles Formes de la vérité, de la beauté et de la bonté. Pour les transmettre au XXIe siècle (2013)

Faire évoluer les esprits. En politique, dans l’entreprise et dans la vie privée (2007) ;

Les Personnalités exceptionnelles. Mozart, Freud, Gandhi et les autres (1999).

Howard Garner a reçu de nombreux prix et distinctions pour ses contributions à la compréhension de la cognition humaine. Il continue d’être une figure influente dans le domaine de la psychologie cognitive et de l’éducation.

À noter avant de commencer cette chronique : tous les noms des parties et des chapitres sont les noms originaux. Toutefois, afin de simplifier la présentation de ce livre assez technique et difficile, les intertitres à l'intérieur des chapitres ont été modifiés.

Introduction : L’idée d’intelligences multiples

Dès le départ, Howard Gardner met en avant l’idée que l’intelligence humaine est beaucoup plus complexe et diversifiée que ce que les tests traditionnels d’intelligence peuvent mesurer. Il souligne que l’intelligence ne devrait pas être réduite à une catégorie étroite, mais plutôt comprise comme une combinaison de diverses compétences et talents.

Il introduit la notion fondamentale selon laquelle l’intelligence peut se manifester de différentes manières à travers des « formes » ou « types » d’intelligence distincts. Ce point de départ met en lumière la nécessité de reconnaître et de valoriser la diversité des capacités humaines pour une meilleure compréhension de notre potentiel intellectuel.

Première partie — Le contexte

Chapitre 1 — L’intelligence : les théories classiques

Dans ce chapitre, Howard Gardner explore les théories classiques de l’intelligence qui ont influencé la psychologie cognitive et l’éducation pendant de nombreuses années. Il remet en question l’idée qu’une seule forme d’intelligence puisse être mesurée de manière exhaustive et défend l’idée que l’intelligence est plus complexe et diversifiée que ce que ces théories suggèrent.

Passage en revue des auteurs classiques

Howard Gardner évoque, entre autres :

La théorie de l’intelligence générale développée par Charles Spearman.

La théorie de la structure mentale multiple de Louis Thurstone.

Il donne une place particulière aux travaux de Jean Piaget, un psychologue suisse célèbre pour ses travaux sur le développement cognitif des enfants. Howard Gardner discute de son approche en ce qui concerne la compréhension de l’intelligence et du développement intellectuel.

Il reconnaît l’importance des travaux du chercheur suisse et de sa théorie du développement cognitif, qui a grandement influencé la psychologie du développement. Pour ce dernier, les enfants passent par différentes étapes de développement cognitif, chacune caractérisée par des modes de pensée spécifiques.

Ces étapes/périodes sont les suivantes :

Sensorimotrice ;

Préopératoire ;

Opérations concrètes ;

Opérations formelles.

Nouveaux développements

Malgré son importance, cette théorie est insuffisante, selon Howard Gardner. L’auteur développe plutôt l’idée selon laquelle :

Le développement intellectuel peut être réduit à un ensemble d’étapes universelles ;

Les individus peuvent développer diverses formes d’intelligence indépendamment les unes des autres.

Howard Gardner met également en évidence l’importance de l’interaction entre la biologie, la culture et l’expérience dans le développement de l’intelligence. Il suggère que l’approche de Piaget, bien qu’utile pour comprendre le développement cognitif des enfants, ne tient pas pleinement compte de la complexité de l’intelligence et de la manière dont elle se manifeste à travers diverses formes.

Finalement, l’auteur soutient que sa théorie des intelligences multiples est plus holistique et réaliste que les théories classiques, car elle reconnaît la diversité des talents humains. Il insiste sur l’importance de cette approche dans l’éducation, encourageant les enseignants à reconnaître et à développer les différentes formes d’intelligence chez leurs élèves.

Chapitre 2 — Les fondements biologiques de l’intelligence

Dans ce chapitre, Howard Gardner explore les bases biologiques de l’intelligence, en examinant comment le cerveau et le système nerveux sont liés à nos capacités cognitives. Il soutient que l’intelligence ne peut être pleinement comprise sans tenir compte de son substrat biologique.

Neurones et gènes

L’auteur commence par discuter de la complexité du cerveau humain, qui est composé de milliards de cellules nerveuses interconnectées appelées neurones. Il explique que l’intelligence émerge de l’interaction entre ces neurones et que chaque individu possède une architecture cérébrale unique qui influence son intelligence.

L’auteur aborde ensuite le rôle des gènes dans la détermination de l’intelligence. Il reconnaît que la génétique joue un rôle important dans la détermination de certaines aptitudes cognitives, mais il insiste sur le fait que l’environnement et l’expérience jouent également un rôle crucial dans le développement de l’intelligence.

Howard Gardner examine également les différences de structure cérébrale entre les individus, en particulier en ce qui concerne les zones du cerveau associées à des compétences spécifiques. Par exemple, il discute des découvertes en neurosciences qui montrent que la région du cerveau associée à la mémoire, l’hippocampe, est essentielle pour les processus de mémorisation.

Plasticité du cerveau humain

L’auteur souligne que le cerveau est hautement plastique, ce qui signifie qu’il a la capacité de changer et de s’adapter en réponse à l’expérience et à l’apprentissage. Il insiste sur l’importance de l’éducation dans la formation et le développement de l’intelligence, car elle peut influencer la structure et la fonction cérébrale.

Howard Gardner aborde également la question de l’intelligence animale et examine les similitudes et les différences entre l’intelligence humaine et celle d’autres espèces. Il explore comment les animaux utilisent leur intelligence pour résoudre des problèmes, communiquer, et s’adapter à leur environnement. Finalement, le psychologue souligne que l’intelligence est une propriété complexe qui émerge de l’interaction entre ces facteurs et que le cerveau est hautement plastique, ce qui signifie qu’il peut se modifier en réponse à l’expérience et à l’apprentissage.

Idée : avant d'aller plus loin, découvrez ces citations sur l'intelligence pour vous faire une meilleure idée de la théorie de Howard Gardner.

Chapitre 3 — Qu’est-ce qu’une intelligence ?

Dans ce chapitre, Howard Gardner commence par remettre en question la définition traditionnelle de l’intelligence, souvent associée à des capacités cognitives telles que la mémoire, la résolution de problèmes mathématiques et la compréhension verbale. Il soutient que cette définition est trop étroite et ne tient pas compte de la diversité des compétences humaines.

Une définition de l’intelligence

L’auteur propose ensuite sa propre définition de l’intelligence. Selon Howard Gardner, l’intelligence est :

« [U] ne capacité ou un ensemble d’aptitudes qui permet à une personne de résoudre des problèmes ou de concevoir des produits qui soient importants dans un certain contexte culturel. » (Les formes de l’intelligence, Chapitre 3)

Il insiste sur le fait que cette définition reconnaît la variété des formes d’intelligence, de l’intelligence linguistique à l’intelligence musicale en passant par l’intelligence spatiale.

Howard Gardner explore également l’idée que l’intelligence peut être située dans un contexte culturel. Il soutient que ce qui est considéré comme une intelligence précieuse peut varier d’une culture à l’autre, ce qui signifie que l’intelligence ne peut pas être complètement décontextualisée.

Par ailleurs, le psychologue aborde également la question de la mesure de l’intelligence. Il critique les tests de quotient intellectuel (QI) traditionnels, qui sont souvent basés sur des compétences cognitives spécifiques, et qui négligent d’autres formes d’intelligence. Il propose que des évaluations plus nuancées soient créées afin de mieux refléter la diversité des talents des individus.

Conditions nécessaires

Howard Gardner discute des « conditions nécessaires » de l’intelligence en se référant aux éléments essentiels qui doivent être réunis pour qu’une compétence particulière soit considérée comme une forme d’intelligence.

Gardner soutient que pour qu’une compétence soit reconnue comme une intelligence distincte, elle doit répondre aux conditions suivantes.

Potentiel biologique ou cérébral : l’auteur suggère que chaque forme d’intelligence doit être associée à un potentiel biologique ou cérébral spécifique. Par exemple, l’intelligence musicale peut être liée à des zones du cerveau impliquées dans la perception et la création de la musique.

Capacité à résoudre des problèmes ou à créer des produits : une forme d’intelligence doit inclure la capacité à résoudre des problèmes ou à créer des produits qui sont valorisés dans une culture donnée. Par exemple, l’intelligence mathématique implique la résolution de problèmes mathématiques, tandis que l’intelligence artistique implique la création d’œuvres artistiques.

Existence au sein de différentes cultures : Howard Gardner considère qu’une forme d’intelligence doit être présente et reconnue dans différentes cultures. Il souligne ainsi que les formes d’intelligence ne sont pas limitées à une seule culture ou société.

Apprentissage et développement possibles : il insiste sur le fait qu’une forme d’intelligence doit être susceptible d’être développée et améliorée grâce à l’apprentissage et à l’expérience. Cela signifie que les individus ont la capacité de développer leurs intelligences dans des domaines qui les intéressent ou qui sont importants pour eux.

En résumé, ces conditions nécessaires se réfèrent aux critères qui doivent être satisfaits pour qu’une intelligence soit reconnue comme distincte et valide au sein de sa théorie des intelligences multiples. L’auteur cherche ainsi à définir et à légitimer les différentes formes d’intelligence qu’il identifie dans sa théorie.

Deuxième partie — La théorie

Chapitre 4 — L’intelligence linguistique

L’intelligence linguistique, selon Howard Gardner, se définit par la capacité à manier les mots avec finesse et à décoder les subtilités du langage. Elle s’épanouit particulièrement dans des domaines tels que l’écriture, l’édition, et la traduction.

Cette forme d’intelligence englobe aussi bien la réception de stimulations linguistiques (l’écoute et la lecture) que la création proprement dite de langage (la parole et l’écriture). Plus que cela, elle consiste à saisir comment le langage peut influencer les émotions, une compétence cruciale pour les poètes, les politiciens ou les romanciers, par exemple.

L’intelligence linguistique se traduit par la capacité à comprendre autrui et à articuler ses propres pensées, qu’elles s’expriment dans la langue maternelle ou dans d’autres langues. Elle occupe une place de choix dans l’éducation, souvent mise en lumière aux côtés de l’intelligence logico-mathématique.

Exemples

Que ce soit chez les auteurs, les traducteurs, ou les orateurs, l’intelligence linguistique est la muse qui guide ceux qui manient le langage à l’écrit ou à l’oral. Elle s’incarne notamment dans :

La parole des avocats ;

La plume des écrivains ;

Plus généralement dans la voix de ceux qui lisent, parlent, résolvent des problèmes, créent, et comprennent grâce au pouvoir des mots.

Chapitre 5 — L’intelligence musicale

L’intelligence musicale, selon Howard Gardner, représente la capacité humaine à appréhender, créer et interpréter la musique sous diverses formes, notamment les rythmes, les mélodies et les motifs musicaux.

Cette forme d’intelligence englobe à la fois des processus actifs et passifs, ce qui signifie qu’elle s’exprime non seulement dans la pratique musicale, mais aussi dans l’appréciation de la musique.

Les individus dotés d’une intelligence musicale développée sont capables de jouer d’un instrument de musique, de chanter ou de composer de manière compétente, ce qui reflète la composante active de cette intelligence.

Ils peuvent créer des compositions originales, interpréter des partitions musicales, et comprendre la structure et la signification émotionnelle des œuvres musicales.

La composante passive de l’intelligence musicale réside dans la capacité à écouter, apprécier et comprendre la musique en tant qu’auditeur. Les personnes ayant cette intelligence sont sensibles aux nuances musicales, capables de distinguer les différents instruments et timbres, et d’analyser les modèles musicaux et les harmonies présents dans une pièce musicale.

Exemples

L’intelligence musicale est particulièrement développée et essentielle chez :

Les musiciens professionnels ;

Les compositeurs et les artistes musicaux.

Cependant, elle ne se limite pas à ces groupes. Toute personne, qu’elle soit ou non musicienne, peut avoir une intelligence musicale, bien que son niveau de développement puisse varier.

Howard Gardner considère que l’intelligence musicale est cruciale pour comprendre le rôle de la musique dans la culture humaine. Elle permet d’exprimer des émotions et des idées de manière unique, de communiquer avec les autres à travers la musique, et de développer une appréciation profonde de cet art.

L’intelligence musicale peut également être liée à d’autres formes d’intelligence, comme l’intelligence interpersonnelle (capacité à collaborer avec d’autres musiciens) et l’intelligence linguistique (par le biais des paroles de chansons).

Intelligence et créativité font bon ménage et sont souvent synonymes.

Chapitre 6 — L’intelligence logico-mathématique

L’intelligence logico-mathématique permet de soulever — et de solutionner — des questions de nature logique ou mathématique. C’est la capacité à faire usage des nombres afin de venir à bout de problèmes quantitatifs ou logiques.

Si vous avez une bonne intelligence logico-mathématique, vous serez capable de calculer bien sûr. Mais ce n'est pas tout. Vous pourrez également :

Mesurer ;

Faire preuve de logique ;

Résoudre des problèmes mathématiques ;

Faire des investigations scientifiques ;

Classer des objets.

Exemples

L’intelligence logico-mathématique est, selon le psychologue, particulièrement utile dans :

Les sciences :

Mais aussi dans les affaires ;

Ou encore en pharmacie et en médecine.

Toutefois, Howard Gardner remarque qu’une partie du problème concernant le QI et l’intelligence aujourd’hui vient du fait que nous avons privilégié cette intelligence logico-mathématique au détriment des autres.

Chapitre 7 — L’intelligence spatiale

Cette forme d'intelligence représente la capacité humaine à comprendre et à manipuler l’espace qui nous entoure. Elle englobe diverses compétences. Lesquelles ? Notamment la capacité à :

Naviguer efficacement dans un milieu donné ;

Percevoir les rapports entre objets au sein d'un espace ;

Créer des images mentales des objets en mouvement.

L'intelligence spatiale permet à un individu de visualiser la continuité d’une image lorsqu’elle est en rotation ou de former un plan spatial mental.

Un exemple concret de l’application de l’intelligence spatiale se manifeste lorsqu’il s’agit d’organiser des objets dans un espace limité. Par exemple : disposer des valises de manière optimale dans le coffre d’une voiture… Ou encore de concevoir un itinéraire pour se rendre d’un point A à un point B de manière efficace.

Exemples

Cette forme d’intelligence intervient également dans des domaines tels que :

L’architecture, où les architectes doivent concevoir des espaces fonctionnels et esthétiques ;

La menuiserie, qui nécessite la compréhension des dimensions et des assemblages spatiaux ;

L’urbanisme, où la planification de l’utilisation de l’espace urbain est essentielle.

En mathématiques, l’intelligence spatiale est également précieuse, car elle aide à comprendre et à résoudre des problèmes géométriques complexes. De plus, dans des jeux comme les échecs, elle permet de prévoir les mouvements des pièces sur l’échiquier. Une aide cruciale pour élaborer des stratégies gagnantes !

Howard Gardner considère que l’intelligence spatiale est l’une des intelligences multiples qui font partie de la palette de compétences humaines. Elle est importante car elle permet de comprendre et de maîtriser l’espace qui nous entoure. Elle offre également un aperçu de la manière dont les individus perçoivent et interagissent avec leur environnement.

Chapitre 8 — L’intelligence kinesthésique

Dans la perspective de Howard Gardner, l’intelligence corporelle-kinesthésique représente la capacité d’exercer un contrôle précis sur les mouvements du corps, que ce soit dans des activités sportives, artistiques, ou dans l’expression d’idées et de sentiments à travers des gestes physiques.

Cette forme d’intelligence permet à un individu de coordonner son corps de manière experte pour atteindre des objectifs spécifiques, que ce soit en exécutant une danse complexe, en pratiquant un sport de haut niveau, en réalisant une intervention chirurgicale délicate, ou en créant des œuvres artisanales d’une grande finesse.

Howard Gardner a souligné dans certaines de ses publications ultérieures que l’intelligence corporelle-kinesthésique se développe principalement grâce à une pratique intensive et à l’acquisition d’une expertise. En d’autres termes, elle s’enrichit avec l’expérience et la répétition, permettant à une personne de maîtriser des compétences motrices complexes au fil du temps.

Exemples

Les professions qui exigent une utilisation prépondérante de cette intelligence incluent donc les :

Danseurs, qui doivent exécuter des mouvements gracieux et complexes ;

Athlètes professionnels, qui doivent contrôler leur corps pour exceller dans leur sport ;

Chirurgiens, qui nécessitent une précision millimétrique lors des interventions médicales ;

Artisans, qui créent des objets avec une dextérité exceptionnelle.

En fin de compte, l’intelligence corporelle-kinesthésique témoigne de la capacité humaine à maîtriser les mouvements de son propre corps de manière hautement spécialisée. Elle est le fruit d’une pratique soutenue et de la recherche de l’excellence dans ces domaines spécifiques.

Chapitre 9 — Les intelligences personnelles

L’intelligence intrapersonnelle

L’intelligence intrapersonnelle se révèle être un miroir intérieur, permettant à une personne de forger une image authentique et détaillée d’elle-même et de l’exploiter efficacement dans sa vie. Elle fait davantage appel à la sphère des images mentales qu’à celle du langage.

En somme, il s’agit de la capacité à déchiffrer ses propres émotions, à maintenir une connexion ouverte avec ses besoins et désirs personnels. Cette forme d’intelligence s’inscrit dans la tradition de l’introspection et de la psychologie analytique. Elle permet d’anticiper et de guider ses actions en fonction d’une connaissance approfondie de soi.

Il est important de noter que, bien que cela ne soit pas systématique, une personne dotée d’une intelligence intrapersonnelle élevée peut parfois être perçue par son entourage comme étant égocentrique.

Cette forme d’intelligence est étroitement liée à la sensibilité de l’individu envers ses propres potentiels, limites et émotions. Elle englobe la capacité de se comprendre soi-même, ainsi que la maîtrise de soi.

Dans les domaines du conseil, de la psychologie et de la psychiatrie, l’intelligence intrapersonnelle est grandement sollicitée et valorisée.

L’intelligence interpersonnelle

L’intelligence interpersonnelle se définit comme la capacité à comprendre autrui, à établir des communications efficaces, et à anticiper les comportements des individus. Elle permet à une personne d’interagir de manière appropriée et adaptée avec les autres, en reconnaissant les nuances de personnalité, de caractère et de motivations qui les animent.

Cette forme d’intelligence favorise l’empathie, la coopération, la tolérance, et même la capacité à influencer ou à manipuler subtilement les interactions.

Elle permet également de déchiffrer les intentions de quelqu’un, même si elles ne sont pas explicitement exprimées, ce qui est essentiel pour résoudre des problèmes liés aux relations interpersonnelles.

L’intelligence interpersonnelle est particulièrement prépondérante chez les individus charismatiques et atteint son apogée chez ceux dotés d’une grande empathie. Cette caractéristique est souvent observée chez les :

Enseignants ;

Thérapeutes ;

Leaders (politiques, religieux) ;

Commerciaux ;

Gestionnaires d’équipe.

Elle est un atout précieux pour la création de relations harmonieuses. Mais ce n'est pas tout : elle aide à la résolution de conflits et l’influence positive sur autrui, ce qui en fait une compétence cruciale pour réussir dans ces métiers.

Chapitre 10 — Une critique de la théorie des intelligences

Dans ce chapitre, Howard Gardner cherche à développer un regard critique sur sa propre théorie. Comment ? En la comparant à d’autres théories qui existent déjà. L’objectif est de montrer que cette nouvelle approche permet de comprendre plus de choses que celles qui lui ont précédé.

N'entrons pas ici dans les détails de ce chapitre technique. Nous pouvons retenir que le psychologue étudie plusieurs opérations cognitives dites « de niveau supérieur » telles que :

Le bon sens ;

L’originalité ;

La capacité métaphorique ;

La sagesse ;

Et enfin la conscience de soi.

Pour l’auteur, ces catégories anciennes cherchent à décrire, de façon trop générale et imparfaite, des segments de compétences qui appartiennent aux intelligences multiples étudiées plus haut.

Chapitre 11 — La socialisation des intelligences

Howard Gardner aborde la notion de la « socialisation des intelligences humaines » pour expliquer comment les individus développent leurs différentes formes d’intelligence à travers leurs interactions avec la société et la culture qui les entourent.

Cette idée est un élément clé de sa théorie des intelligences multiples.

Howard Gardner soutient que les intelligences humaines ne se développent pas de manière isolée. En fait, elles sont fortement influencées et façonnées par l’environnement social et culturel dans lequel les individus grandissent et évoluent.

Culture et société

Premièrement l’auteur soutient que la culture et la société ont une influence majeure dans la formation des intelligences. Les valeurs, les croyances, les pratiques, les normes et les attentes de la société contribuent à façonner la manière dont les individus développent et manifestent leurs compétences intellectuelles.

Par ailleurs, le psychologue met en avant l’idée selon laquelle l’apprentissage se fait nécessairement à travers l’interaction sociale. Howard Gardner souligne que de nombreuses formes d’intelligence sont développées à travers des rencontres entre personnes.

Par exemple, l’intelligence interpersonnelle, qui concerne la compréhension des autres et des relations sociales, se développe principalement — voire uniquement — dans le cadre des interactions avec d’autres individus.

Symboles et communication

Troisièmement, les symboles et la communication jouent un rôle crucial dans la socialisation des intelligences humaines. Les symboles comprennent le langage, les mots, les gestes, les signes, les images, la musique, etc. Ils sont utilisés pour communiquer des idées, des émotions, des connaissances et des valeurs au sein d’une culture donnée.

L’auteur avance par ailleurs l’idée que l’apprentissage se produit souvent par la médiation symbolique. Autrement dit, les individus acquièrent de nouvelles connaissances et compétences en utilisant des symboles pour représenter des concepts abstraits. Par exemple, l’apprentissage mathématique repose largement sur la manipulation de symboles numériques.

Diversité des cultures et donc des valorisations des intelligences

Enfin, Howard Gardner défend l’idée de la diversité culturelle des intelligences. Selon lui, il est évident que différentes cultures valorisent différentes formes d’intelligence. Par conséquent, la socialisation des intelligences peut varier d’une culture à l’autre, ce qui contribue à la diversité des talents humains à travers le monde.

Troisième partie — Implications et applications

Chapitre 12 : L’éducation des intelligences

Dans ce chapitre, Howard Garner souhaite proposer d’adapter et d’utiliser sa théorie dans le domaine de l’éducation. Pour ce faire, il propose de créer une grille d’analyse des processus éducatifs.

Il s’agit d’un outil conceptuel pour aider à évaluer comment les différents types d’intelligence, tels que ceux qu’il a identifiés dans sa théorie des intelligences multiples, peuvent être pris en compte dans le processus éducatif.

Cette grille vise donc à informer les éducateurs sur la manière d’adapter leur enseignement pour répondre aux besoins et aux forces cognitives diverses des élèves.

Les 5 principaux éléments ou étapes de la grille d'analyse

  1. Identification des intelligences présentes. La première étape consiste à identifier les types d’intelligence présents chez les élèves. L’enseignant doit reconnaître que chaque élève possède une combinaison unique de ces intelligences.

  2. Conception de l’enseignement adapté. Une fois que les intelligences des élèves sont identifiées, l’enseignant peut concevoir des activités et des méthodes d’enseignement qui prennent en compte ces différentes intelligences. Par exemple, si un élève excelle dans l’intelligence musicale, l’enseignant peut intégrer la musique dans l’apprentissage. Si un élève est fort en intelligence spatiale, des activités visuelles ou de résolution de problèmes spatiaux peuvent être proposées.

  3. Différenciation de l’enseignement. La grille d’analyse encourage la différenciation de l’enseignement, c’est-à-dire l’adaptation de l’enseignement pour répondre aux besoins spécifiques de chaque élève. Cela signifie que les élèves peuvent être regroupés en fonction de leurs forces cognitives pour travailler sur des projets ou des activités qui leur conviennent le mieux.

  4. Évaluation multiple. Howard Gardner suggère également que l’évaluation devrait refléter les différentes formes d’intelligence. Traditionnellement, l'éducation se concentre sur des tests standardisés qui mesurent l’intelligence linguistique ou logico-mathématique. Or, l’évaluation devrait inclure une gamme de méthodes, telles que des :

Présentations orales ;

Projets artistiques ;

Démonstrations corporelles ;

Etc.

  1. Encouragement de la métacognition. Le psychologue souligne l’importance de l’enseignement de la métacognition, c’est-à-dire la prise de conscience de ses propres processus de pensée. Les élèves devraient être encouragés à réfléchir sur leur propre manière d’apprendre. Ils devraient aussi comprendre leurs forces et leurs faiblesses, et développer des stratégies d’apprentissage adaptées à leurs intelligences dominantes.

Chapitre 13 : La théorie des intelligences appliquées

Ce court chapitre conclusif revient sur la mode de l’intelligence et sur la volonté des éducateurs d’améliorer leurs méthodes. L’auteur cherche à avoir un discours prudent. Les années 60 et 70 ont été le moment d’une grande volonté de changement.

Toutefois, certaines expériences éducatives ont plutôt mal tourné. Il convient donc de faire des tests et de ne pas se précipiter ; même avec la théorie des intelligences multiples.

Howard Gardner invite finalement tous les éducateurs à prendre en compte les facteurs biologiques, psychologiques, historiques et culturels des êtres humains. Cette connaissance aidera, dit-il, à créer de meilleures structures éducatives.

Conclusion sur « Les formes de l’intelligence » de Howard Gardner :

Un livre rapidement devenu un classique… avec son lot de critiques !

Publié en 1983, le livre Frames of Mind : the Theory of Multiple Intelligence devient rapidement un succès mondial. Toutefois, bien que l’ouvrage soit largement salué pour sa vision novatrice de l’intelligence, il n’a pas échappé à la critique.

Voici un bref résumé des principales critiques émises à l’encontre de ce livre :

Manque de preuves empiriques : certains critiques estiment que Howard Gardner n’a pas fourni suffisamment de preuves empiriques pour étayer sa théorie des multiples intelligences.

Manque de testabilité : la théorie est critiquée pour son manque de testabilité. Certains considèrent que les intelligences proposées sont difficiles à mesurer de manière objective, ce qui rend la validation empirique problématique.

Complexité excessive : certains lecteurs trouvent que la théorie des intelligences multiples est trop complexe. Les sept formes d’intelligence, selon eux, se chevauchent parfois et peuvent être difficiles à distinguer clairement.

Application en éducation : bien que la théorie puisse être inspirante, certains éducateurs estiment qu’elle est difficile à mettre en pratique dans le contexte de la salle de classe.

Manque de considération pour les neurosciences : Certains critiques soutiennent que Gardner ne tient pas suffisamment compte des avancées en neurosciences cognitives qui ont depuis émergé, remettant en question sa vision de l’intelligence.

Universalité de la théorie : Certains estiment que la théorie de Howard Gardner pourrait être trop centrée sur la culture occidentale et ne pas s’appliquer universellement à toutes les sociétés et cultures du monde.

Malgré ces critiques, le livre de Howard Gardner continue de susciter des débats fascinants. Il est une source d’inspiration pour de nombreux éducateurs et chercheurs. D'ailleurs, l'auteur lui-même a continué à travailler à sa théorie !

L'intelligence naturaliste : la neuvième forme d'intelligence

En effet, dix ans après la publication de ce premier ouvrage sur les intelligences multiples, Howard Gardner a ajouté une nouvelle intelligence à son modèle. Il s'agit de l’intelligence naturaliste.

En résumé, c’est l’intelligence qui permet de classer les objets et de les différencier en catégories. Elle est très sollicitée chez les :

Zoologistes ;

Botanistes ;

Archéologues ;

Anthropologues ;

Etc.

C’est aussi, plus largement, une capacité à apprécier le vivant et la nature.

Ce qu’il faut retenir de « Howard Gardner » de Howard Gardner :

« Les Formes de l’Intelligence » de Howard Gardner est un ouvrage captivant qui a profondément influencé notre compréhension de l’intelligence humaine. Ce livre est une véritable pépite intellectuelle qui nous pousse à repenser nos idées préconçues sur ce qu’est réellement l’intelligence.

Retenez tout d’abord que l’auteur défie la notion traditionnelle d’une seule intelligence mesurable par le QI. Il avance au contraire l’idée audacieuse qu’il existe plusieurs formes d’intelligence, chacune avec ses propres caractéristiques et son propre potentiel.

Cette approche révolutionnaire ouvre la porte à une reconnaissance plus équitable des talents et des capacités individuelles.

Par ailleurs, Howard Gardner y démontre comment les différentes formes d’intelligence se manifestent dans la vie quotidienne, l’éducation et le monde du travail. Il défend notamment l’idée selon laquelle l’échec scolaire aux États-Unis devrait être analysé différemment.

Finalement, ce livre a le grand mérite de nous rappeler que l’intelligence est bien plus riche et diversifiée que ce que nous avons l'habitude de penser. Ce livre nous incite à célébrer la diversité des talents humains. Il nous permet de reconnaître que chacun d’entre nous a le potentiel d’exceller dans sa propre sphère d’intelligence.

Vous avez encore envie d'en apprendre davantage sur les formes de l'intelligence ? Suivez ce lien !

Points forts :

Un classique de psychologie contemporaine ;

Une heureuse déconstruction du système réducteur du QI (quotidien intellectuel) ;

De nombreuses sources, références et discussions scientifiques ;

Une prise en main plus ou moins aisée des concepts.

Point faible :

Les critiques exposées plus haut limitent la portée du livre fondateur de Howard Gardner. Toutefois, celui-ci reste un ouvrage de référence dans son domaine et un must read absolu en développement personnel, notamment.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 09 May 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12849/Les-formes-de-lintelligence
Les modèles mentaux http://www.olivier-roland.fr/items/view/12847/Les-modles-mentaux

Résumé de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins : un livre qui vous aidera à penser mieux, plus rapidement et plus justement — le tout en utilisant les trucs et astuces des meilleurs intellectuels et hommes d'actions.

Par Peter Hollins, 2023.

Titre original : « Mental Models: 30 Thinking Tools that Separate the Average From the Exceptional. Improved Decision-Making, Logical Analysis, and Problem-Solving", 2019.

Chronique et résumé de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel"de Peter Hollins

Qui est Peter Hollins ?

Peter Hollins (ou Pete Hollins pour les plus intimes) est un auteur de développement personnel qui a eu quelques succès notables avec ses ouvrages antérieurs, comme :

Le pouvoir de l'autodiscipline (The Power of Self-Discipline) ;

Comment faire les choses que vous détestez (How to Do What You Hate) ;

Ou encore Finissez ce que vous avez commencé (Finish What you Start).

Dans ce nouveau livre, Peter Hollins, spécialiste de la psychologie humaine et cognitive, résume pour nous les principaux principes et tactiques mis en évidence par cette discipline et utilisés par les plus grands intellectuels, sportifs ou encore P.D.-G. d'entreprises.

Chapitre 1 — Prise de décision rapide en fonction du contexte

Peter Hollins commence par rendre à César ce qui lui appartient. En l'occurrence, il trouve en Charlie Munger — l'associé peu connu du célèbre investisseur milliardaire Warren Buffet — l'inventeur du concept de "modèle mental".

Il cite de façon extensive le discours de celui-ci, prononcé lors d'une remise de diplôme à la USC (University of Southern California) Business School. En voici le dernier passage :

"Vous devez connaître les idées principales des grandes disciplines et les utiliser régulièrement — toutes, et pas seulement quelques-unes d'entre elles. La plupart des gens sont formés à un seul modèle — l'économie, par exemple — et essaient de résoudre tous les problèmes par le même prisme. Vous connaissez le vieux dicton : pour l'homme qui a un marteau, le monde ressemble à un clou. C'est une manière insensée de traiter les problèmes." (Citation du discours de Charlie Munger, cité dans Les modèles mentaux, Introduction)

Ce que Charlie Munger et, après lui, Peter Hollins tentent de dire, c'est qu'il est capital de se doter des principaux "modèles mentaux", des principaux "outils" intellectuels développés dans les disciplines les plus diverses. C'est ce que l'auteur nomme plus loin un "treillis de modèles" pour traiter les problèmes.

Un modèle mental est "un plan qui attire votre attention sur les éléments importants de ce à quoi vous faites face et qui définit un contexte, un arrière-plan et une direction à prendre". En ayant à l'esprit, et même intégré complètement en vous différents modèles mentaux, vous comprendrez le monde plus rapidement et agirez plus efficacement.

1 : concentrez-vous sur ce qui est "important", ignorez les tâches "urgentes"

Séparer les tâches urgentes des tâches importantes est capital pour éviter de perdre du temps et d'avoir l'esprit perpétuellement encombré. Pour rappel :

Tâches urgentes = exigences d'une action immédiate et rapide, venant la plupart du temps de l'extérieur.

Tâches importantes = exigences qui contribue à un objectif à court ou long terme, souvent venant de l'intérieur (de vous-même).

Pour vous aider à distinguer l'important de l'urgent, il existe une matrice nommée Matrice d'Eisenhower, du nom du célèbre général des Armées, puis président des États-Unis.

Elle croise l'urgence et l'importance pour former 4 cases :

Urgent et important = à faire aujourd'hui ;

Urgent et non important = à déléguer ;

Pas urgent et important = à inscrire dans le planning ;

Pas urgent et pas important = à éliminer.

Peter Hollins soutient que le plus original, dans cette matrice, consiste à déléguer à quelqu'un d'autre les tâches urgentes non importantes. En effet, nous avons tendance à réaliser celles-ci en premier lieu. Problème : elles finissent pas nous pomper tout notre temps !

Solution : déléguer. Comment ? Cela peut être de façon automatisée (via des programmes informatiques) ou en embauchant des gens pour le faire.

2 : visualisez tous les dominos

Le psychologue nomme "raisonnement de premier ordre" la pensée qui consiste à agir en fonction des objectifs immédiats, sans penser aux conséquences de l'action. C'est souvent ce qui se passe, d'ailleurs, lorsque nous agissons selon les urgences du moment.

À la place, il prône le "raisonnement de second ordre", qui cherche à prendre en compte les conséquences prévisibles de l'action à plus long terme :

"Il s'agit simplement d'essayer de se projeter dans l'avenir et d'imaginer une suite de conséquences que vous pouvez utiliser pour effectuer une analyse coûts-avantages de vos décisions ou solutions." (Les modèles mentaux, Chapitre 1)

Autrement dit, il s'agit d'y "penser à deux fois", comme le dit l'expression. Certes, ce n'est pas si facile au quotidien. Cela engage des chaînes causales complexes que nous ne voulons pas toujours voir ou auxquelles nous pensons ne pas avoir le temps de penser.

L'investisseur Howard Marks suggère de se poser les questions suivantes pour raisonner de cette façon sans se perdre dans l'indécision :

Dans quelle mesure cette décision affectera-t-elle les événements dans le futur ?

Quel résultat cette décision aura-t-elle ?

Quelles sont les chances que je réussisse ou que j'aie raison ?

Qu'en pensent les autres ?

En quoi ce que je pense est-il si différent de ce que pensent les autres ?

Quels dominos, que les autres personnes visualisent, sont-ils en train de tomber ? (Se mettre à la place des autres pour voir comment ils imaginent les conséquences)

3 : prendre des décisions réversibles

L'une des façons de s'autoriser à décider rapidement (et non pas seulement de façon judicieuse) consiste à prendre des décisions réversibles. N'ayez pas peur de revenir sur ce que vous avez décidé !

"Ajoutez ceci à votre analyse : comment puis-je prendre une décision réversible, et que faudrait-il faire ? Est-ce que je peux le faire ? Puis passez à l'action." (Les modèles mentaux, Chapitre 1)

Revenir sur une décision ne signifie pas se déshonorer ou perdre sa parole, mais c'est s'ajuster en fonction de la situation et des nouvelles informations disponibles.

À noter : dans son livre Les lettres de Jeff Bezos, les auteurs Steve et Karen Anderson montrent que le milliardaire américain utilise cette distinction entre décisions réversibles et irréversibles.

4 : cherchez la "satisfiction"

Herbert Simon, un grand économiste, sociologue et père de la systémique (qui influença le développement de l'informatique dans les années 1950), a développé l'idée que les individus ne prenaient pas des décisions optimales mais des décisions suffisamment satisfaisantes.

C'est ce que ce terme de "satisfiction" veut signifier. Prenez des décisions réversibles et suffisamment bonnes sur le moment. Nous avons tous beaucoup trop tendance à réfléchir et à optimiser nos choix, dans des situations où rien ne l'exige.

"La plupart de nos décisions sont prises de manière adéquate en choisissant simplement une option qui est fiable et honnête. dit encore Peter Hollins dans Les modèles mentaux.

5 : restez dans une fourchette de 40 à 70 %

La fourchette d'information nécessaire pour prendre une décision éclairée se situe entre 40 et 70 % (estimés).

Vous ne pouvez certainement pas avoir toute l'information nécessaire au moment X pour prendre une décision complètement rationnelle. Dans ce cas, vous devrez vous contenter d'une information partielle et c'est bien ainsi.

Vous pouvez spécifier ce modèle mental, voire l'élargir, en remplaçant "information" par :

Lectures/apprentissage ;

Confiance (pas besoin d'avoir 100 % confiance en soi pour agir) ;

Planification (vous pouvez agir avec un taux raisonnable d'incertitude) ;

Etc.

Si vous êtes aux alentours de 70 %, cela signifie que vous êtes bien préparés pour décider et agir. En outre, considérez que cette information est suffisante et ignorez volontairement la zone grise.

6 : minimisez les regrets

Autre truc du célèbre Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon : le cadre de minimisation des regrets. Celui-ci se découpe en 3 directives simples :

Imaginez-vous à 80 ans ;

Considérez que vous voulez avoir le moins de regrets possible ;

Demandez-vous : "est-ce que, à cet âge, je regretterai d'avoir décidé/choisi/agi de cette façon ?".

À noter : c'est un test qui ressemble fort à certains préceptes des stoïciens. Il nous oblige à penser à ce que nous voulons vraiment, plutôt qu'à ce qui est bon maintenant. Allié aux autres modèles mentaux, il nous aide à agir à la fois justement et rapidement.

Chapitre 2 — Voir plus clairement

Bien que nous n'ayons pas toujours toutes les informations en main pour nous décider (et que nous puissions nous décider quand même !), il est utile de maximiser nos chances d'obtenir les bonnes informations au bon moment.

En d'autres termes, il est utile d'avoir des stratégies et des tactiques pour mieux appréhender les problèmes et obtenir l'information dont nous avons besoin. Pour ce faire, nous devons dépasser notre vision primaire, subjective, du monde.

7 : ignorez les "cygnes noirs"

Peter Hollins reprend ici la théorie du cygne noir de Nassim Nicholas Taleb. Selon cet auteur, des événements imprévisibles (cygnes noirs) ne manquent pas de survenir et de bouleverser nos façons de voir le monde, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devrions les considérer comme significatifs pour nos prises de décision.

Pourquoi ? Car ils ne sont pas la norme et que, si nous leur donnons trop d'importance, nous créerons peut-être plus de conséquences négatives que celles qu'ils ont déjà occasionnées.

"Ce modèle mental consiste à aller au-delà de la gravité d'un événement de type cygne noir, à faire un pas en arrière et observer l'ensemble du tableau." (Les modèles mentaux, Chapitre 2)

8 : recherchez les points d'équilibre

Connaissez-vous les rendements décroissants ? C'est un concept venu de l'économie. Pour le dire vite et en se plaçant du point de vue du consommateur, votre satisfaction diminue au fil de l'utilisation d'un produit ou d'un service.

Nous pensons généralement que nous aurons le même avantage, réparti équitablement dans le temps. Or nous avons d'abord plus, puis de moins en moins d'avantages au cours du temps. Par exemple, vous pouvez faire de rapides progrès en anglais, mais pour aller plus loin dans cette langue, vous devrez y consacrer chaque fois plus de temps et d'énergie.

Reconnaître la loi des rendements décroissants, c'est simplement être honnête avec soi-même. Peter Hollins donne quelques exemples parlants adaptés au quotidien :

Si vous cherchez à lire 900 mots à la minute, il est possible que vous n'y compreniez plus rien ;

Quand vous travaillez 9 heures d'affilée, vous devenez de moins en moins productif ;

Lorsque vous forcez l'apprentissage du piano, vous risquez de vous dégoûter de cet instrument ;

Etc.

9 : guettez la régression à la moyenne

L'idée de régression à la moyenne est liée à ces deux premiers modèles mentaux. La moyenne, pour rappel, est "l'entre-deux" de deux valeurs. Allons au plus simple : si vous avez deux chiffres — disons 5 et 7 —, alors leur moyenne sera 6.

Au-delà des mathématiques, nous pouvons dire que la moyenne est la "routine", l'habitude prise par quelque chose ou quelqu'un. Par définition, nous en changeons peu. Qu'est-ce qu'alors que la régression ? Eh bien, c'est simplement le passage d'un événement étonnant à la routine.

Par exemple : vous êtes fou amoureux pendant un (deux ou trois !) an de votre nouvelle compagne, puis vous "régressez à la moyenne", c'est-à-dire que vous en arrivez à un "niveau" d'amour plus stable et plus durable (une routine, une moyenne qui vous convient à tous les deux).

Qu'est-ce que cela signifie ? Eh bien, allié au modèle mental sur le cygne noir, il indique que nous ne devrions pas changer d'attitude ou prendre une décision risquée après un événement trop perturbant ou sortant de la moyenne/routine.

Il est préférable de "laisser le cycle entier se dérouler et [d'évaluer] toutes les informations auxquelles vous aurez accès pendant cette période", prévient Peter Hollis.

10 : que ferait Bayes (What Would Bayes Do) ?

Thomas Bayes est un mathématicien du XVIIIe siècle qui a donné son nom à un théorème mathématique très employé en probabilités. Il s'agit d'une formule mathématique simple (voir p. 67).

Son objectif : "prédire ce qu'il pourrait se produire si d'autres événements significatifs se sont produits". Disons-le en utilisant un langage plus formel et abstrait : "si A se produit, et qu'il est lié à B, alors vous pouvez générer une probabilité tangible".

Peter Hollins l'explique clairement et montre comment vous pouvez l'utiliser dans votre vie de tous les jours pour calculer rapidement la probabilité d'occurrence d'un événement donné.

11 : faites comme Darwin

C'est-à-dire ? Soyez ouvert aux idées contradictoires ou opposées aux vôtres !

Le célèbre biologiste était un passionné de l'apprentissage. Il voulait devenir incollable sur son domaine d'étude et ne rechignait pas devant la difficulté. Même quand la science était incertaine et que des avis divergents s'exprimaient, il les prenait tous en compte.

C'est ainsi qu'il a réussi à composer une théorie scientifique solide. Tous les détails et les incohérences qu'il apercevait, il cherchait à les expliquer et à les intégrer peu à peu à sa propre recherche.

Prendre en compte les avis opposés ou contradictoires ne suffit pas. Vous devez également suivre les preuves lorsque celles-ci sont irréfutables, et voir où elles vous amènent.

Ce goût puissant pour la recherche de la vérité peut générer un grand inconfort psychologique, malgré sa simplicité apparente. Mais en tant que modèle mental, il vous aidera à vous ouvrir l'esprit et à considérer avec plus d'attention vos problèmes.

12 : pensez avec le système 2

Ici, Peter Hollins utilise la théorie de Daniel Kahneman, présentée dans Système 1 / Système 2.

Selon le psychologue et économiste américain, prix Nobel d'économie, nous aurions deux "systèmes" de pensée l'un rapide (mais biaisé), et l'autre plus lent (mais plus susceptible d'atteindre la vérité).

Le système 1 est pratique et peut être utilisé dans bien des situations ordinaires. Il se base sur des "heuristiques" (biais) qui aident à prendre des décisions rapidement.

Le système 2 est idéal pour les situations de travail et d'effort mental. Il est l'outil à utiliser pour toute réflexion lucide et posée. Lorsque vous le pouvez, passez donc au système 2 !

Chapitre 3 — Résolution de problèmes révélateurs

Dans ce chapitre, Peter Hollins s'intéresse aux meilleures manières de résoudre les problèmes qui se posent dans la vie de tous les jours aussi bien qu'en situation particulière — dans le cours de votre travail ou de votre vie privée.

13 : contrôle de vos perspectives par les pairs

Ce type d'examen par les pairs — c'est-à-dire d'évaluation par des personnes aux mêmes compétences et au même statut que vous — est bénéfique, car il vous permet d'avancer considérablement dans votre perception des problèmes.

En fait, même une critique dévastatrice ou vicieuse et mal intentionnée peut vous être utile, dans la mesure où elles vous forceront à répondre et à trouver (ou à réaffirmer) ce qui est positif dans votre travail.

Toutefois, normalement, une évaluation par les pairs est une critique constructive et approfondie. Ce regard analytique et — si tout va bien — bienveillant sur votre travail ne peut que vous aider à aller plus loin.

Peter Hollins expose aussi le principe dit de la "triangulation", qui vise à croiser des sources d'origines différentes afin de solidifier une affirmation ou un propos.

14 : trouvez vos propres défauts

Vous pouvez également vous forcer vous-même à l'autocritique. Dans ce cas, partez de la question suivante : "si vous vouliez que votre point de vue ou votre opinion échoue, quel est le meilleur moyen pour que cela se produise facilement ?".

Autre façon d'opérer : imaginer un tiers objectif. Cela fonctionne bien pour analyser les relations et tout particulièrement les relations de couple, par exemple. Cherchez à vous placer successivement dans les 3 positions suivantes :

La vôtre ;

Celle de l'autre personne (votre partenaire, par exemple) ;

Un observateur neutre de la scène ou de la situation.

15 : séparer la corrélation de la causalité

C'est une "tarte à la crème" de beaucoup de statisticiens et de scientifiques : il faut éviter de confondre causalité et corrélation. D'accord, mais rappelons ce que désignent ces deux termes au juste !

Corrélation : terme statistique qui montre une similitude (caractéristique, comportement, etc.) entre deux éléments ou variables.

Causalité : rapport logique d'une chose à une autre, qui établit la raison d'une transformation (rapport de cause à effet).

Souvent, nous prenons l'un pour l'autre, sans nous en rendre clairement compte. Nous voyons deux choses qui se ressemblent et nous en inférons un rapport de causalité (ceci a créé/produit cela).

Exemple : si les ventes de lunettes de soleil augmentent en même temps que les ventes de crèmes glacées, ce n'est pas parce que les premières causent les secondes, mais seulement car il y a une corrélation entre ces deux types de vente en raison… de l'arrivée de l'été (qui elle, est la cause !).

Un conseil de Peter Hollins : posez-vous au moins 5 fois la question "pourquoi" et cherchez à y répondre avec de plus en plus de finesse, en passant des causes immédiates aux causes profondes.

16 : raconter à l'envers

Maintenant que vous connaissez la différence entre les corrélations et les causes, vous pouvez vous essayer à cet autre modèle mental. Concrètement, il s'agit d'un schéma à dessiner, dit "en arête de poisson".

Expliquons-nous :

À la droite de la surface d'écriture (tableau, feuille, etc.), vous écrirez un thème ou une observation et vous l'entourerez par un carré (ou pourquoi pas une tête de poisson dessinée !).

Vous tracerez une ligne partant du bord gauche de votre "tête de poisson" vers la gauche de la surface d'écriture pour créer son "corps" (sa "colonne vertébrale").

À partir de là, vous créerez les "arêtes", partant du corps et se prolongeant en verticale. Vous indiquerez pour chaque arête une cause possible de votre thème/observation.

Raconter à l'envers (Source, Les modèles mentaux, Chapitre 3, p. 99)

Sous chaque catégorie, vous viendrez placer des causes plus précises. Par exemple, si une catégorie est "politiques locales", vous spécifierez par "pas de parking gratuit" ou encore "mauvaise gestion du réseau des transports en commun".

17 : la méthode SCAMPER

Voici une méthode pour stimuler votre créativité.

Cet acronyme désigne :

S comme substituer ;

C comme combiner ;

A comme adapter ;

M comme maximiser/minimiser ;

P comme passer à un autre usage ;

E comme éliminer ;

R comme renverser.

L'objectif est de résoudre un problème en manipulant ces 7 outils logiques (expliqués en détail dans le livre) et en alliant leurs forces. De cette façon, vous êtes sûr d'explorer l'éventail le plus large possible d'options.

18 : revenir aux principes de base

Quelles sont les données de base de votre problème ? Prenez le temps d'enlever tout ce qui ne fait pas réellement partie du problème, mais qui est là pour des raisons plus conventionnelles (habitude de passer par tel outil, façon de faire, etc.).

Qu'obtenez-vous ? Une vision neuve du problème ! Et c'est déjà beaucoup. Revenir aux principes de base permet de sortir des habitudes prises et dont nous ne nous rendons même plus compte.

"Cette méthode élimine les opinions et les interprétations d'autres personnes et vous amène aux éléments essentiels qui existent. À partir de là, vous pouvez ensuite remonter vers une solution, souvent avec une approche entièrement nouvelle fondée sur des vérités irréfutables et indiscutables, car vous ne vous reposez plus sur des hypothèses." (Les modèles mentaux, Chapitre 3)

Chapitre 4 — Modèles Anti-Mentaux : comment l'évitement engendre le succès

Peter Hollins qualifie de modèles anti-mentaux les conseils et formules qui suivent car elles visent non pas à se rapprocher d'un objectif, comme c'était le cas jusqu'ici, mais plutôt à s'éloigner de ce que nous ne voulons pas. Ils nous orientent en nous évitant de faire telle ou telle chose qui nuit à notre objectif.

Voyons cela de plus près.

19 : évitez les objectifs directs

Par exemple, vous pouvez commencer par inverser votre objectif. Au lieu de vous demander ce que vous voulez, vous pouvez poser la question : "Qu'est-ce que je veux (à tout prix) éviter ?"

Les avantages de cette méthode :

Vous découvrirez ce qui risque de faire obstacle à votre réussite ;

Sur cette base, vous pourrez trouver des moyens de les contourner.

20 : évitez de penser comme un expert

Parfois, il est bon d'avoir une vue d'ensemble, et un regard frais sur un problème. L'expert est celui qui est accoutumé à un type de problème et qui regarde dans le détail. Mais vous pouvez résister à cette pensée experte — et c'est parfois une très bonne chose !

En fait, l'erreur est parfois tellement "grosse" que seul un débutant peut la remarquer. Les spécialistes, le nez dans le guidon", ne la voient tout simplement plus. Si vous arrivez avec une approche naïve, il se pourrait bien que vous fassiez mouche.

21 : évitez vos zones de non-génie

Le modèle mentaux vous dirait : "restez dans votre zone de génie". Le modèle anti-mental vous invite simplement à éviter les activités qui sont en dehors de cette zone. Autrement dit, si vous remarquez que vous n'êtes pas très bon en chant, mais excellent en danse, privilégiez plutôt la seconde discipline !

"Ne vous condamnez pas à l'échec en opérant en dehors de votre zone de génie. Préparez-vous à un succès constant et fiable en opérant dans ce secteur. Déterminez vos avantages stratégiques et exploitez-les au maximum." (Les modèles mentaux, Chapitre 4)

22 : évitez les listes de tâches à faire

Rédigez plutôt des listes "à ne pas faire" ! Vous verrez comme cela vous libèrera l'esprit… Cela peut paraître étrange, et pourtant ça fonctionne souvent. Oui, écrivez tout ce que vous avez déjà fait, et qui n'est plus à faire. Ou tout simplement des choses que vous ne voulez pas — et n'avez pas à — faire.

Un sentiment de plus grande légèreté vous envahira. Nous pensons tellement à ce que nous devons faire et aux fardeaux qui écrasent nos épaules que nous en oublions qu'il est bon, si bon, de laisser des choses de côté.

Ces tâches "à ne pas faire" peuvent être temporaires (elles reviendront sur votre liste de tâches à faire plus tard) ou définitives. Il y a aussi les choses que vous avez déléguées (voir le chapitre 1). Vous pourriez également noter :

Les tâches terminées ;

Celles qui sont pur gaspillage d'énergie ;

Celles qui sont en cours mais ne nécessitent plus votre attention.

23 : évitez le chemin de la moindre résistance

Prenez-vous les escaliers ou l'ascenseur ? Le second, c'est la voie de la moindre résistance. Pourtant, nous savons tous que ce sont les premiers qui nous conduisent à une meilleure santé physique. Nous nous laissons porter — et rien ne sert de culpabiliser — par la facilité.

Pour y échapper, c'est plutôt simple, du moins en paroles : être honnête avec soi-même, reconnaître le chemin de moindre résistance et prendre son courage à deux mains !

Pour ce faire, vous pouvez vous demander comment :

Vous serez dans 10 minutes ;

Et dans 10 heures ;

Puis dans 10 jours…

Si vous prenez tel ou tel chemin. Ne vous sentirez-vous pas mieux d'avoir pris l'escalier dans 10 jours (voir dans 10 semaines), si vous prenez l'escalier au lieu de l'ascenseur ?

Chapitre 5 — "Oldies but Goodies"

Voici quelques "lois" bien connues qui, sans pouvoir être classées clairement dans les chapitres qui précèdent, n'en demeurent pas moins des classiques à garder avec soi en cas de besoin !

24 : la loi de Murphy

"La tartine de confiture retombe toujours du mauvais côté". Cette loi, vous la connaissez sans doute et vous l'avez certainement déjà expérimentée !

Pour le dire de façon plus générale : "Tout ce qui peut tourner mal tournera mal". Ce qui doit être complété par deux corollaires qui explicitent la loi :

"Laissées à elles-mêmes, les choses ont tendance à aller de mal en pis".

"Il est impossible de rendre quoi que ce soit infaillible, car les failles sont sournoises".

Et connaissiez-vous l'observation d'Etorre ? Je suis sûr que vous avez expérimenté celle-là aussi au supermarché : "L'autre file va toujours plus vite" !

C'est sans doute une exagération. Mis qu'importe, gardez bien à l'esprit ce qui pourrait mal tourner et cherchez à l'éviter.

25 : le rasoir d'Occam

Ce philosophe médiéval a forgé un principe simple : "plus c'est simple, plus la probabilité de vérité est élevée". Autrement dit, en situation d'incertitude, préférez les explications simples et fuyez les théories qui coupent les cheveux en quatre.

Attention, il s'agit d'un principe, pas d'une règle absolue. Parfois, des situations sont le fruit de causes complexes et enchevêtrées. Mais il est néanmoins bon de commencer par le simple et d'avancer progressivement, en ajoutant de la complexité petit à petit.

"Une élaboration excessive ou des éléments inutiles ne feront que vous détourner du problème initial. Ne laissez pas vos instincts créatifs jouer un rôle trop important lorsque vous essayez de comprendre une situation — le plus souvent, la solution la plus élémentaire et basique est la plus précise." (Les modèles mentaux, Chapitre 5)

26 : le rasoir de Hanlon

Ici, le rasoir d'Occam prend une tournure plus morale ou plus directement liée au comportement humain. Plutôt que de considérer une mauvaise intention derrière un phénomène, préférez d'abord l'explication par l'incompétence ou l'insouciance.

Les personnes qui vous posent problème n'agissent probablement pas, le plus souvent, dans le but avéré de vous nuire. Soit ils ne connaissent pas votre propre objectif, soit ils ne sont pas parvenus à vous aider, mais ils ont essayé de bonne foi.

Mais attention ! Ici encore, cela ne signifie pas que cela soit tout le temps le cas. Il est important de rester attentif à la malveillance et, par exemple, à la manipulation.

27 : le principe de Pareto

Voici un principe que les rebelles intelligents connaissent bien ! Le principe de Pareto, dit aussi principe 80/20, s'applique à un grand nombre de situations. Citons ici Peter Hollins pour nous aider à le décrire :

"Ce modèle mental repose sur une proposition simple : identifiez les 20 % d'intrants qui génèrent les 80 % de résultats dans un domaine que vous cherchez à améliorer et concentrez-vous ces intrants. N'essayez pas de faire tout en même temps : concentrez-vous sur ce qui fait bouger l'aiguille et sur ce que contribue à façonner le résultat que vous souhaitez." (Les modèles mentaux, Chapitre 5)

Cette méthode fonctionne très bien dans les domaines de la productivité et du travail. Cela dit, vous pouvez également chercher à le mettre en place ailleurs, et notamment dans votre vie privée.

28 : la loi de Sturgeon

Il y a deux manières de le dire :

10 % des informations sont de qualité ;

90 % des informations sont à jeter.

Concentrez-vous sur la meilleure information possible ! Mais aussi sur les meilleurs produits ou services. Oubliez les propositions douteuses qui ne vous mèneront nulle part. Optez pour ce qu'il y a de meilleur et partez de cette bonne base pour vous décider ou agir.

29-30 : les lois de Parkinson

L'historien Cyril Parkinson a beaucoup écrit. Mais ici, nous nous intéressons à deux "lois" qu'il a formulées et qui concernent directement la productivité et l'efficacité :

L'effet "abri" à vélo" : si vous construisez une centrale nucléaire, la question de l'abri à vélo n'est sans doute pas votre plus grande priorité. Concentrez-vous sur l'essentiel et gardez votre objectif principal en vue.

"Le travail s'étend de manière à remplir tout le temps disponible pour son achèvement". Si vous vous donnez la journée pour faire un travail que vous auriez pu faire en 4 heures, vous gaspillerez à coup sûr toute la journée pour terminer ce travail. Donnez-vous des dates limites ambitieuses et des créneaux de travail précis pour mener à bien vos tâches !

Conclusion sur "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins :

Ce qu'il faut retenir de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins :

Peter Hollins propose ici un petit vade-mecum de stratégies et d'outils conceptuels à conserver avec soi et à tester au jour le jour. Ses usages sont multiples :

Être plus créatif ;

Plus efficace ;

Mais aussi plus malin !

Vous y trouverez les influences de certains des plus grands psychologues, économistes et statisticiens actuels — notamment—, comme Daniel Kahneman ou Nassim Nicholas Taleb. Mais vous retrouverez aussi l'influence de penseurs plus anciens, comme Guillaume d'Occam.

Le livre se lit très facilement et son format "portable" (court et léger) en fera le compagnon de route préféré de votre sac à dos ou de votre attaché-case !

Points forts :

Des chapitres courts et bien écrits, avec beaucoup d'exemples ;

Un résumé des modèles mentaux en fin de chapitre et en fin d'ouvrage ;

Un manuel facile à prendre en main (au sens propre et figuré) et à emporter partout avec soi !

Point faible :

Le livre s'inspire surtout d'auteurs qui ont développé une pensée originale et dont nous pouvons d'ailleurs consulter les chroniques sur ce site ;). Cela dit, ce petit ouvrage forme une introduction précieuse et concise si vous ne voulez pas lire (tout de suite !) les classiques…

Ma note :

★★★★☆

Avez-vous lu le livre de Peter Hollins « Les modèles mentaux » ? Combien le notez-vous ?

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Résumé de « Les 8 lois de l'amour » de Jay Shetty : un manuel de sagesse en matière d'amour pour tous ceux et celles qui souhaitent ardemment trouver l’amour, mais aussi tout faire pour le garder et même parvenir à surmonter les ruptures — en s’acceptant davantage et en s’ouvrant au monde !

Par Jay Shetty, 2023, 368 pages.

Titre original : « 8 Rules of Love  », 2023

Chronique et résumé de « Les 8 lois de l'amour » de Jay Shetty

Qui est Jay Shetty ?

Né en 1987 à Londres, Jay Shetty a bénéficié d'une éducation de classe moyenne. Bien que ses parents soient d'origine indienne, il n'a pas été élevé dans la religion hindoue. À l'âge de 18 ans, il a intégré la Cass Business School de Londres pour se consacrer à des études de gestion et de sciences du comportement.

Il délaisse toutefois la carrière dans le monde des affaires pour embrasser la vie monastique en tant que moine hindou. Entre 2010 et 2013, il réside dans un ashram, un monastère hindou situé à Mumbai, en Inde.

Durant cette période, il se plonge dans l'étude approfondie des textes sacrés hindous — en particulier dans les Védas (écrits anciens pratiques). Même après avoir quitté l'ashram, Jay Shetty persévère dans ses études et accumule de cette façon une profonde connaissance de ce domaine.

Cette conversion vers la vie monastique et l'hindouisme est en grande partie due à sa rencontre avec Gauranga Das, un moine hindou, alors qu'il était encore à l'université. Plus tard, à Mumbai, celui-ci le convainc qu'"il serait de plus grande valeur et de plus grand service s'[il] quittait l'ashram et partageait ce que [il avait] appris avec le monde".

Il décide donc de quitter l'ashram et de réorienter sa carrière de coach vers l'enseignement pratique de la pleine conscience et de la sagesse hindoue et orientale.

Son premier livre, Think Like a Monk: Train Your Mind for Peace and Purpose Every Day, décrit la transition qui s'est produite dans sa pensée lorsqu'il souhaitait « s'immerger dans l'état d'esprit du moine » (Shetty, Jay. Pensez comme un moine, Guy Trédaniel Éditions, 2020).

Désormais, Jay Shetty est coach de vie. Mais pas seulement ! Depuis 2019, il anime également le podcast On Purpose. Ses livres, ses vidéos en ligne et ses cours ont beaucoup de succès et il forme même, désormais, d'autres coaches aux techniques orientales qu'il a apprises lorsqu'il était moine.

L'auteur s'est marié en 2016. Il fait régulièrement référence à cette relation tout au long du livre que nous allons lire maintenant.

Introduction

Commençons par une analogie. Imaginons un dialogue entre un enseignant et un élève au sujet du soin d'une fleur. L'attraction physique ressemble à une fleur coupée et placée dans un vase. Par contraste, l'amour ressemble à une fleur dans le sol, qui reçoit de l'eau et des nutriments grâce à ses racines.

La fleur dans le vase va rapidement se faner. Mais celle qui vit en pleine terre est fragile elle aussi. Il lui faut des soins et une attention constante pour se maintenir vivace.

Mettre l'amour en pratique

Jay Shetty a décidé d'écrire Les 8 lois de l'amour pour aider les gens à apprendre à aimer grâce aux idées contenues dans les Védas. Mais ce n'est pas tout : comme nous le verrons, l'auteur appuie également ses propos sur des études scientifiques et en particulier sur la recherche contemporaine en psychologie.

Alors, qu'ont à nous dire les enseignements des Védas sur le lien amoureux ? C'est ce que l'auteur se propose d'explorer. Pour lui, il importe d'abord de comprendre que l'amour est avant tout une pratique.

Nous pourrions dire aussi, comme le soutient Erich Fromm, que l'amour est un art. Dans les deux cas, l'idée est la même : l'amour requiert des gestes, des rituels, une attention et des obligations aussi. Rien ne sert "d'attendre" l'amour, il faut le construire et l'entretenir, comme si vous étiez un jardinier !

Les 4 ashrams

Il explique que les Védas caractérisent le cheminement de la vie en général à partir de 4 phases ou étapes :

Brahmacharya ashram (vie étudiante) ;

Grhastha ashram (vie du ménage) ;

Vanaprastha ashram (vie à la retraite) ;

Sannyasa ashram (vie renoncée).

Dans les 8 lois de l'amour, l'auteur applique ces principes aux domaines de l'amour. Pour lui, il y a 4 phases ou ashrams (classe ou étude).

Ces 4 ashrams sont :

Se préparer à l'amour ;

Pratiquer l'amour ;

Protéger l'amour ;

Perfectionner l'amour.

Chaque partie du livre sera liée à l'un de ces thèmes. Selon Jay Shetty, les gens traversent souvent ces étapes sans y penser, ce qui est dommage et cause bien des ennuis. L'objectif de ce livre est d'aider le lecteur à devenir pleinement conscient de ce qu'il vit. De cette façon, il aura de meilleures chances de "pratiquer l'amour" avec plus de sagesse.

Partie 1 — La solitude

La partie 1 est en corrélation avec l'ashram Brahmacharya, c'est-à-dire le stade de la vie étudiante dans les stades de la vie védique. Ici, dans Les 8 lois de l'amour, il s'agit de se préparer à la relation amoureuse.

Loi 1 : Redécouvrez la solitude

La solitude est la première étape pour apprendre à aimer. Étonnant ? Pas tellement… Souvent, la peur d'être sans partenaire nous amène à faire de mauvais choix dans notre vie romantique. En fait, "pratiquer" le fait d'être permet non seulement d'améliorer certaines compétences, mais nous aide aussi à améliorer nos relations.

La peur de la solitude

Nous pouvons nous acclimater à la solitude assez rapidement (voir les exercices "À essayer" répertoriés en fin de chaque résumé de chapitre). De nombreuses études scientifiques citées dans le livre font état des avantages de la solitude.

Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, par exemple, a montré que les adolescents qui ne développent pas de compétences créatives sont aussi ceux qui craignent le plus être seuls.

La solitude est l'antidote à l'isolement

Jay Shetty considère la solitude comme l'antidote à l'isolement. Qu'est-ce que cela signifie ? Premièrement que la solitude est une pratique choisie, qui nous permet de nous concentrer sur nous-mêmes, alors que l'isolement est une situation subie. En pratiquant la solitude, nous pouvons réapprendre à nous mettre en rapport avec autrui et, de cette façon, rompre le mauvais charme de l'isolement.

Passer de l'isolement à la solitude

Selon l'auteur, il faudrait passer par trois phases principales afin d'aller de l'un à l'autre :

Présence ;

Mal-être ;

Confiance.

Expliquons un peu ces termes.

Dans la première étape, les individus sont invités à explorer leurs attitudes et leurs croyances. L'idée est de s'assurer qu'un potentiel partenaire puisse reconnaître et apprécier ces aspects essentiels de leur personnalité.

La deuxième phase encourage à développer une aisance à être seul en testant de nouvelles activités, telles que le voyage en solitaire, par exemple. Ce processus favorise une meilleure connaissance de soi et renforce la confiance personnelle — des éléments qui contribueront à des relations amoureuses plus épanouissantes.

Enfin, la troisième étape vise à accroître la confiance personnelle dans divers domaines tels que la personnalité, la santé émotionnelle et physique, mais aussi les relations et les finances. Un exercice "À essayer" est proposé pour faire le point sur ces questions.

Les bienfaits de la solitude

Shetty souligne l'importance de la solitude dans le renforcement de l'identité. Cette force permet d'éviter la dépendance trop forte à autrui. L'auteur affirme que la solitude nous aide à prendre de bonnes décisions et à éviter des décisions trop rapides.

La solitude nous donne la force de choisir ce qui est bon pour nous-mêmes, sans nous laisser influencer, voire manipuler par autrui.

En bref, nous acquérons :

Un seul mental (moins dispersé) ;

Plus de maîtrise de soi et de patience ;

Un sentiment de complétude.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

Pour mettre en pratique ses conseils, l'auteur donne plusieurs exercices du type "À essayer" (voir plus haut). En voici les intitulés :

"Bilan" à propos de la solitude (p. 28-30) ;

"Apprenez à connaître vos valeurs" (p. 35-36) ;

"Tirez parti du temps passé seul" (p. 37-39) ;

"Identifiez le domaine dans lequel vous avez le plus envie d'évoluer" (p. 41-44).

Loi 2 : N'ignorez pas votre karma

Dans la tradition hindoue, le karma est lié à la conséquence de nos attitudes et de nos comportements. Si nous agissons de façon correcte, la réponse qui nous sera envoyée aura plus de chance d'être elle-même positive. À l'inverse, si nous agissons mal, nous risquons d'entrer dans un cercle vicieux d'actions et de réactions négatives.

Le cycle karmique

L'auteur développe l'idée d'un cycle karmique. C'est-à-dire ? Celui-ci est composé d'événements ou des idées reçues de l'enfance. Ces « impressions » ou samskaras ont un impact sur nos décisions à l'âge adulte.

À leur tour, nos choix ont des résultats positifs ou négatifs en nous et autour de nous. Cela dit, nous pouvons modifier ces événements et ces idées pour améliorer nos décisions et nos comportements actuels — et les effets qui en résultent.

Pour ce faire, nous avons d'abord besoin de comprendre et de reconnaître ces impressions et leur influence négative sur nous. "Les mêmes impressions conduisent aux mêmes choix", c'est cela le cycle karmique. Tout l'enjeu consiste à en modifier le signe : du négatif vers le positif.

Les cadeaux et failles des parents

Les samskaras, qu'on pourrait également traduire par croyances, se forment pendant l'enfance et la jeunesse, grâce (ou à cause) de l'influence des parents, bien sûr, mais aussi des films et des premières relations. Ensuite, nous avons tendance à reproduire ces modèles relationnels, sans nous en rendre compte.

Chaque famille dépose aux pieds de ses enfants des cadeaux, mais aussi des "failles". Plus tard dans notre existence, nous pouvons par exemple rechercher des partenaires qui comblent ces failles, au risque d'entrer dans une forme de dépendance affective.

Les cadeaux — valeurs positives et idéaux relationnels — sont positifs, bien sûr. Mais ils sont également susceptibles de poser problème, dans la mesure où ils peuvent nous conduire à exiger beaucoup trop d'une personne. Il faut donc être prudent et, surtout, conscient de ces forces et de ces faiblesses, pour mieux agir au quotidien et nous préparer à rencontrer l'amour.

Jay Shetty propose plusieurs exercices "à essayer" sur ces différentes thématiques (voir la liste plus bas).

La magie des films

Les films — et les chansons populaires — jouent également un rôle dans nos croyances relationnelles. L'auteur propose un exercice amusant et intéressant en vue d'identifier l'impact des films et des chansons d'amour sur nos pensées et nos façons d'agir.

Le premier amour

Il discute également de nos façons de rencontrer l'amour à l'heure actuelle. Lorsque nous sommes jeunes et que notre cerveau n'est pas encore complètement formé et stabilisé (pas avant l'âge de 25 ans environ), nous pouvons plus facilement nous comporter de façon impulsive et choisir des partenaires sur de mauvaises bases.

En s'appuyant sur les stéréotypes de la pop culture, l'auteur développe les "caractères" suivants, typiques selon lui des premiers amours difficiles :

Rebelle (celui ou celle qui casse les codes et nous emmène en dehors de notre routine) :

Indisponible (celui ou celle qui nous rejette) :

Projet (qui a besoin d'être sauvé) :

Coureur de jupons (qui ne vous sera pas fidèle bien longtemps) :

Riche (celui ou celle qui fait briller nos yeux pour d'autres raisons que lui ou elle-même, que ce soit son argent ou sa célébrité).

Il est tout aussi important d'identifier son propre rôle dans les relations passées : êtes-vous plutôt un sauveur, un dépendant ou un soutien ? N'hésitez pas à consulter également à ce sujet notre chronique sur l'analyse transactionnelle.

Pour pratiquer ces questions, l'auteur fournit un exercice de réflexion pour comprendre nos relations passées (ce que nous projetions de nous-mêmes, notamment).

Vous attirez ce dont vous vous servez pour impressionner

Jay Shetty discute ensuite de la façon dont les gens attirent ce qu'ils projettent dans le monde. Ainsi, si nous mettons en avant nos richesses ou notre beauté, par exemple, nous prenons le risque de n'être reconnus que par ces aspects-là. Ce qui est dommage, car nous sommes plus que cela.

"Nous nous vendons aux autres en mettant en avant nos richesses, mais cela n'est pas bénéfique sur le long terme. Il vaut mieux afficher notre personnalité, nos valeurs et nos objectifs véritables, afin d'être aimés pour ce qui compte le plus pour nous." (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 2)

Donnez-vous ce que vous attendez d'autrui

Finalement, Jay Shetty nous rappelle que nous ne devrions pas utiliser nos partenaires pour répondre à un besoin émotionnel, mais que nous devrions y répondre nous-mêmes au préalable. Plusieurs anecdotes et exercices permettent de comprendre et d'appliquer ce point important.

Faites le point

L'auteur suggère par exemple de faire le point 3 minutes en début de journée et en fin de journée, tous les jours. C'est à ces moments clés que vous pouvez tenter de mettre en place de nouvelles routines, qui répondent mieux à vos besoins émotionnels.

Faire croître l'amour

"C'est la pratique qui fait croître l'amour. Il n'y a pas d'autre moyen." (Eknath Easwaran, cité dans Les 8 lois de l'amour, Chapitre 2)

C'est ainsi que se clôt la première partie de l'ouvrage : nous sommes invités à pratiquer tous ces exercices pour nous préparer à l'amour et continuer notre chemin.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Méditez sur votre moi jeune" (p. 59-60) ;

"Identifiez les cadeaux et les failles de vos parents" (p. 66-68) ;

"L'amour au cinéma" (p. 73) ;

"Vos rôles en couple" (p. 78-80) ;

"Réfléchir et tirer les leçons d'une relation amoureuse passée" (p. 83-84) ;

"Ce que vous mettez en avant" (p. 88) ;

"Donnez-vous ce que vous voulez recevoir" (p. 91-92).

Écrivez-vous une lettre d'amour

À la fin de chaque partie, Jay Shetty propose également une lettre d'amour particulière, ainsi qu'une suggestion de méditation guidée.

À l'issue de cette première partie, il nous invite à rédiger une lettre d'amour à nous-mêmes, afin de nous "aider à établir un dialogue avec (nous-mêmes)".

Voici les 3 autres lettres que l'auteur suggère d'écrire :

À votre partenaire (partie 2) ;

À vous-même dans les moments difficiles, comme si vous vous adressiez à un ami (partie 3) ;

Au monde (partie 4)/

Méditation pour redécouvrir la solitude

Découvrez la méditation proposée spécialement pour cette partie : la méditation de gratitude".

Et voici les 3 autres méditations proposées en fin de partie :

Renforcer la compatibilité ;

Guérir grâce à l'amour ;

Reliance.

Partie 2 — La compatibilité

Sommes-nous faits l'un pour l'autre ? Voilà la question qui préoccupe bien des couples (et des agences matrimoniales) ! Il s'agit de la question de la compatibilité des partenaires. Celle-ci est traitée à travers le lien à l'ashram de Grhastha, ou deuxième étape des étapes de la vie védique, qui implique la vie familiale ou conjugale — et qui est réinterprétée dans le livre comme l'étape de la création de la relation.

Loi 3 : Définissez l'amour avant de le penser, de le ressentir ou de l'exprimer

Cette règle souligne l'importance de savoir ce qu'est (pour vous) l'amour et de communiquer cette définition à votre partenaire. Jay Shetty raconte plusieurs anecdotes au sujet de personnes qui se sont manquées par faute d'avoir compris leurs définitions respectives de l'amour.

Ces différentes définitions peuvent être reliées à des phases amoureuses. Peut-être que vous définissez l'amour en fonction de l'une de ces phases.

Les quatre phases de l'amour

Ces 4 phases sont :

Attirance ;

Rêves ;

Difficultés et maturation ;

Confiance.

L'auteur les récupère de la tradition Bhakti et les adapte à son propos. Comme nous allons le voir, il s'agit bien de phases puisqu'il est question de passer de l'attraction initiale à la confiance, en passant par la lutte contre les rêves irréalistes et la création d'attentes réalistes.

L'attirance — Jay Shetty suggère d'utiliser la fameuse « règle des trois rendez-vous » (vue dans de nombreux films romantiques et séries américaines) pour évaluer la compatibilité d'une personne avec votre personnalité, vos valeurs et vos objectifs. Ces trois rendez-vous vous permettront de poser des questions et de vous faire une idée de la personne à qui vous avez affaire.

Les rêves — La notion d'idéalisation est également beaucoup utilisée pour caractériser cette phase. Si vous avez été amoureux ou amoureuse, vous le savez : c'est cette période où vous imaginez l'autre sous son meilleur jour et où vous forgez des ambitions irréalistes pour le couple.

Pour évacuer ces attentes erronées et partir sur de bonnes bases, il faut se donner les moyens de créer des attentes réalistes, basées sur les personnalités réelles de l'un et l'autre. Le rythme et l'habitude jouent ici un rôle essentiel. En effet, les routines et les horaires offrent la possibilité de se rencontrer autrement.

Dans le couple, nous devons discuter de nos attentes et accepter les désaccords : « la manière dont vous gérez vos différences est plus importante que la découverte de vos points communs », soutient l'auteur.

Et si vous suiviez la suggestion du psychologue clinicien Seth Meyers de ne vous voir qu'une fois par semaine au cours du premier mois de fréquentation ? Cela vous permettrait peut-être de mieux prendre le temps de le connaître avant de vous engager plus complètement. Pensez également à distribuer équitablement le temps entre amis et celui dédié à votre relation amoureuse.

Difficultés et maturation — Dans cette troisième étape des quatre phases de l'amour, les couples apprennent à grandir à partir de leurs différences. Jay Shetty utilise plusieurs anecdotes personnelles pour nous introduire plus concrètement à ce moment.

C'est à ce moment que nous nous rendons compte s'il y a des éléments de la relation qui sont trop importants et des choses qui, fondamentalement, "ne passent pas". Dans ce cas, la rupture est peut-être la meilleure solution. Mais c'est aussi la phase où les couples se solidifient, s'ils parviennent à trouver des solutions créatives à leurs différends.

Confiance — Les couples construisent la confiance à partir de leur développement commun. Celle-ci doit commencer par nous-mêmes : "nous devons être dignes de confiance", affirme Jay Shetty. Par ailleurs, nous devons la donner à notre partenaire via une saine communication et par l'intermédiaire de nos actions.

L'auteur évoque trois types de confiance.

Physique : celle-ci se produit lorsque les couples se sentent en sécurité les uns avec les autres et savent que leur partenaire est présent, aimant et a une présence positive.

Mentale : elle implique de faire confiance à leur esprit, à leurs idées et à leur prise de décision.

Émotionnelle : cette forme de confiance se produit en faisant confiance à leurs valeurs et à leur identité.

Les problèmes, s'ils sont surpassés positivement, renforcent la confiance mutuelle. Nous avons tous nos points faibles. Le fait de nous accepter et d'accepter l'autre tel qu'il est, un grand stimulateur amoureux.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Préparez-vous pour le premier rendez-vous" (p. 111) ;

"Programmez votre emploi du temps" (p. 120) ;

"La confiance au quotidien" (p. 127) ;

"Construire des rêves réalistes à deux" (p. 128-129).

Loi 4 : Votre partenaire amoureux est votre guru

Nous apprenons énormément les uns des autres dans nos relations amoureuses. Bien sûr, cela est vrai de toutes les relations.

D'ailleurs, le terme "guru" renvoie d'abord à la relation de maître à élève que Jay Shetty a forgé avec son maître lorsqu'il était moine (par ailleurs, si nous sommes des observateurs attentifs, nous pouvons aussi apprendre d'autres personnes, même quand celles-ci ne sont pas particulièrement sages).

Par contraste avec le rapport guru/élève, la spécificité de la relation amoureuse consiste dans le fait que les deux personnes jouent les deux rôles (guru/élève) en même temps. Mais elles se ressemblent par la révérence, le respect que chacun des membres de la relation éprouve pour l'autre.

Les relations amoureuses nous font grandir

Le psychologue Jeremy Dean a étudié la façon dont les gens se perçoivent et comment ils peuvent mieux se comprendre à travers le point de vue de leur partenaire. Comment agir au mieux ? Nous pouvons nous inspirer de la pratique du maître hindou : « orientation sans jugement, sagesse sans ego, amour sans attente ».

Jay Shetty soutient que les amis, la famille et les autres personnes de notre entourage ne peuvent que très difficilement faire preuve de ces trois qualités en raison de leur perspective partielle et partiale. L'amoureux, selon lui, pourrait en revanche y parvenir, car il nous connaît plus complètement.

L'auteur parle également de la « théorie de l'amélioration de soi » d'Arthur et d'Elaine Aron. Celle-ci considère que les relations améliorent l'identité personnelle en nous permettant de découvrir des choses (compétences, perspectives, traits de personnalité) qui nous font défaut.

"Notre partenaire amoureux élargit notre perception de nous-mêmes, car il nous permet d'accéder à des ressources plus grandes." (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 4)

Devenir un meilleur guru

Quelles sont les qualités d'un bon guru et d'un bon disciple ? C'est l'objet du livre The Guru and Disciple Book de Kripamoya Das (l'ancien maître de Jay Shetty).

Voici les 4 conseils/caractéristiques que l'auteur donne pour être un bon guru :

Ne pas diriger, mais servir ;

Donner l'exemple ;

Soutenez ses objectifs, et pas les vôtres ;

Ni critique, ni jugement, ni insultes.

Il propose ensuite plusieurs anecdotes et un grand nombre d'exercices "à essayer" pour devenir un meilleur guru et aider, par exemple, notre partenaire à trouver ses objectifs. Le chapitre comprend aussi des analyses théoriques et des histoires sur les moines japonais afin de démontrer la nécessité de soutenir son partenaire dans son propre apprentissage.

Devenir un meilleur élève

Voici maintenant les règles à suivre pour s'améliorer en tant qu'élève. Vous devrez être… :

Ouvert d'esprit et curieux ;

Humble ;

Bon traducteur ;

Reconnaissant ;

Capable de rester vous-même !

Le dernier point est particulièrement important : l'auteur y souligne que l'amour n'est pas une relation de soumission à autrui. Il est particulièrement important de reconnaître les abus et de mettre fin à une relation de ce type. C'est notamment l'objet du livre Se libérer de l'emprise émotionnelle.

Le plus beau cadeau du guru

Jay Shetty termine ce chapitre par ces mots :

"Deux partenaires qui s'épanouissent ensemble s'aident, lentement mais sûrement, à observer, à apprendre et à grandir dans différents domaines. Le mal-être provoqué par le changement est compensé par le plaisir d'une compréhension partagée." (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 4)

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Bilan : pouvez-vous apprendre et grandir auprès de votre partenaire ?" (p. 137-140) ;

"Aidez votre partenaire à découvrir ses objectifs" (p. 145) ;

"Identifiez le mode d'apprentissage de votre partenaire" (p. 146-147) ;

"Appréciez le savoir de votre partenaire" (p. 154) ;

"Présentez une nouvelle idée" (p. 155-157) ;

"Reconnaissez les compétences de votre guru" (p. 158-159).

Loi 5 : Le but de la vie avant tout

Dans un couple, est-ce que chacun doit avoir son but ? Ou bien l'objectif est-il, comme le disait Antoine de Saint-Exupéry, de "regarder dans la même direction" ? Et si les deux choses n'étaient pas nécessairement contradictoires ? Ce sont les questions qui sont explorées dans ce dernier chapitre de la deuxième partie.

En fait, pour l'auteur, les choses sont claires : pour que la relation s'épanouisse au mieux, il est important que chacun donne la meilleure version de lui-même. Or, pour ce faire, il doit être capable de son propre but.

Le dharma : votre boussole

Dans l'hindouisme, le but se dit dharma. En réalité, la notion désigne un mélange "de passion, d'expertise et de dévouement". Jay Shetty expose différents types de buts comme avoir un emploi satisfaisant, une passion, devenir parent ou bénévole dans une association, etc.

Le Dharma ne s'identifie à aucun d'eux ; il n'est pas une activité spécifique, mais la raison pour laquelle les gens font cette activité, que ce soit « pour créer quelque chose, pour connecter les gens, pour partager ce que vous avez appris, pour servir les autres ou le monde ».

L'auteur explore en détail ces différents points en citant les recherches du professeur de développement humain Anthony Burrow sur la relation entre satisfaction, objectifs et réseaux sociaux. Il relate également les débats philosophiques autour de l'hédonisme (bonheur par le plaisir) et de l'eudaimonia (bonheur de l'épanouissement personnel) et raconte une histoire bouddhiste sur le fait de se donner la priorité à soi-même.

Il propose également un schéma issu des Védas. Ceux-ci énumèrent quatre « grandes quêtes » qui forment un cycle :

Dharma (connaître le but de votre vie permet à vous-même et à votre partenaire de savoir clairement quelles sont vos valeurs et vos priorités) ;

Artha (chercher à créer une stabilité dans les domaines de la finance, de la santé et du développement personnel) ;

Kama (plaisir et lien. Il s'agit de vos relations avec autrui) ;

Moksha (se libérer du monde matériel en se reliant à l'Esprit).

Comment donner la priorité à votre dharma (la pyramide de la raison d'être)

Après avoir étudié ce point, Jay Shetty propose une « pyramide de la raison d'être » plus complexe qui a pour vocation à montrer comment nous parvenons à construire une raison d'être solide (si ce n'est déjà fait).

La pyramide de la raison d'être est composée de 5 étages :

Apprendre ;

Expérimenter ;

S'épanouir ;

Gérer ;

Gagner.

Les individus commencent en général par en apprendre davantage sur un sujet d'intérêt (1), puis ils expérimentent cette connaissance en faisant beaucoup d'essais et d'erreurs (2). S'ils persévèrent et surmontent les obstacles, ils s'épanouissent dans leur activité (3) ; cependant, pour être pleinement en possession de sa raison d'être et célébrer ses réussites (5), il faut encore être patient et gérer les surprises du quotidien (4).

Aidez votre partenaire à donner la priorité à sa raison d'être

Jay Shetty raconte plusieurs histoires visant à nous montrer comment nous pouvons soutenir notre partenaire dans sa recherche d'un objectif, puis dans son accomplissement. Il montre aussi qu'il n'est pas toujours facile d'équilibrer les différents aspects de sa vie. Brigid Schulte, une journaliste, ainsi que le pilote de voiture de course Lewis Hamilton, sont pris en exemples.

Jay Shetty insiste sur l'importance de laisser de la place à chacun dans la relation. Au cours de l'existence, les occasions de déséquilibre ne manquent pas : changement de situation professionnelle, enfants, etc. Pourtant, nous pouvons trouver les moyens de rééquilibrer la relation et de trouver des objectifs communs qui transcendent les objectifs de chacun (voir les exercices "À essayer").

Quand deux raisons d'être s'opposent

Même en faisant de notre mieux, il n'est pas toujours facile de composer avec les objectifs de l'autre, surtout quand ceux-ci s'opposent directement aux nôtres (ou les nôtres à ceux de notre partenaire). Que faire dans ces cas-là ?

L'auteur donne une série de conseils pour parvenir à un accord. Il suggère, par exemple, de donner la priorité à un objectif, puis à l'autre. L'organisation du temps est ici particulièrement importante. En cas de déséquilibre majeur, vous pouvez chercher à "rééquilibrer les dharmas" au sein du couple.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Découvrir votre raison d'être" (p. 171-173) ;

"Rencontrez un mentor" (p. 174-176) ;

"Bilan : réorganisez votre temps libre" (p. 176-178) ;

"Fixez-vous des objectifs ensemble" (p. 184-185) ;

"Régler un déséquilibre des dharmas" (p. 201-202) ;

"Échangez votre temps" (p. 205).

Partie 3 — La guérison

Dans cette partie, Jay Shetty se penche sur l'ashram de Vanaprastha. Les thèmes privilégiés sont la dispute, le pardon et la rupture.

Loi 6 : Gagnez ou perdez ensemble

Le conflit est nécessaire à un couple. Même s'il a généralement mauvaise presse, il joue en fait un rôle important. Comme l'exprime cette citation, les disputes permettent de mieux connaître l'autre.

"Les partenaires qui évitent les conflits ne comprennent pas les priorités, les valeurs ou les difficultés de l'autre. Tous les couples se disputent, ou tout du moins le devraient-ils. » (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 6)

Beaucoup de gens pensent qu'une relation "parfaite" signifie ne pas se disputer du tout, mais c'est une erreur. Nous devrions nous disputer quand cela est nécessaire, afin que les problèmes ne s'aggravent pas.

Nous devrions même aborder les conflits comme des problèmes communs. La communication non violente, dont Jay Shetty cite des exemples, est une ressource précieuse pour venir à bout des disputes de couples. En fait, l'objectif n'est pas de se vaincre l'un l'autre, mais bien de trouver une solution commune au problème.

Dans une courte section, l'auteur évoque également l'importance de ne pas confondre conflit et maltraitance. Il propose un tableau très utile pour bien différencier les deux (p. 219).

L'origine d'une dispute

Il s'intéresse ensuite à l'origine de nos disputes. Selon le Bhagavad-Gita, un texte hindou sacré, il y a trois énergies sacrées :

Celle liée à l'ignorance (tamas) ;

Puis celle liée à l'impulsivité (rajas) ;

Et enfin celle qui est liée à la bonté (sattva).

Pour Jay Shetty, ces trois énergies créent trois types de conflits :

Disputes vaines = s'emporter de manière irréfléchie, ne rien résoudre.

Rapports de force = avoir envie de l'emporter sur l'autre, la guerre des égos.

Disputes productives = chercher à comprendre, trouver une solution.

Nous n'avons pas besoin de changer ou d'assumer aucune responsabilité » (176). Un désir d'avoir raison ne résoudra pas le problème, de sorte que le chapitre comprend un exercice pour trouver l'ego et la passion dans une dispute et souligne la nécessité pour les deux personnes de voir les malentendus qui se sont produits et leur rôle en eux.

Comment avoir des disputes productives

Nous pouvons réussir à avoir des disputes plus productives si nous avons véritablement "le désir de faire équipe". Voici les conseils donnés dans cette section.

Purifier l'ego = accepter que vous soyez peut-être dans l'erreur et vous ouvrir aux raisons de l'autre ;

Diagnostiquer le fond du problème = il existe plusieurs types de conflits (intérieur, social, interpersonnel) et il importe de cerner de quel type il s'agit.

Découvrir sa forme de dispute = certains préfèrent vider leur sac, d'autres se cachent et d'autres encore explosent... Il faut le savoir et "agir" en conséquence.

Gagner ensemble

Jay Shetty propose ensuite un acronyme pour aller plus loin dans son analyse. Il propose de résoudre ensemble les conflits en utilisant les "5 E" :

Endroit et moment ;

Expression ;

Évacuation de la colère ;

Engagement ;

Évolution.

Premièrement, choisissez un endroit sûr et un moment optimal pour vous disputer. Pas toujours facile quand nous "explosons", direz-vous ! Mais c'est possible. L'auteur expose les recherches d'Art Markman, neuroscientifique, sur l'expression saine de la colère pour nous montrer comment tenter le coup.

Le terme « Expression » signifie considérer attentivement les mots dits et utiliser le mot « nous » lorsque vous abordez un problème, afin de désigner clairement sa nature commune.

La phase d'évacuation de la colère a pour objectif d'atteindre cet état d'ouverture et d'empathie sans lequel aucune résolution saine du conflit n'est possible.

L'engagement implique un accord vers le changement et la création de propositions.

Enfin, l'évolution signifie que le couple grandit du conflit en s'excusant et en assumant leurs responsabilités respectives. Cette dernière étape implique trois sous-étapes : l'acceptation, la verbalisation et l'action.

À noter : la dispute peut devenir une vraie habitude et même une sorte de cercle vicieux dans le couple. Les psychiatres Phillip Lee et Diane Rudolph montrent en effet que certains ménages peuvent devenir accros au conflit et s'enfermer dans ce schéma, sans jamais trouver de solution concrète à leurs problèmes.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Passer d'une dispute à un objectif commun" (p. 217-218) ;

"Identifiez l'ego et la passion dans le conflit" (p. 225-226) ;

"Identifiez la forme de dispute de votre partenaire et la vôtre" (p. 232) ;

"Passez un accord au sujet de votre prochaine dispute" (p. 239-240) ;

"Discuter des problèmes complexes" (p. 243-244) ;

"Écrire une lettre pour s'excuser" (p. 249-250).

Loi 7 : Lors d'une rupture, ce n'est pas vous qui vous écroulez

Jay Shetty utilise une analogie connue : la maison. Une relation amoureuse qui prend fin est comme une maison dont les murs s'effritent, puis s'écroulent. Nous avons tous des défauts, là n'est pas la question. Ce qui importe, ainsi que nous l'avons vu au chapitre antérieur, est de savoir résoudre les conflits pour qu'ils ne s'enveniment pas.

Les signes de problème

L'auteur met en exergue trois problèmes qui sont souvent la cause des ruptures :

L'infidélité ;

La perte d'intérêt ;

Le manque d'intimité (au sens large).

Jay Shetty y insiste à nouveau : la violence et toute forme de maltraitance doivent être combattues. Une personne qui subit une telle situation doit rompre le plus rapidement possible, pour son propre bien.

Nourrir l'intimité

La perte d'intimité est souvent le fruit d'un manque d'énergie mise dans la relation. Pourtant, il y a des façons de combler ce manque de connexion et de communication. D'abord, Jay Shetty conseille de faire des choses par soi-même. En parler à l'autre ajoute à la conversation ; en plus de vous nourrir vous-même, cela nourrit le couple.

D'autre part, créer ou participer à des activités communes peut également créer un sentiment d'intimité et de fierté de couple. Pourquoi ne pas prendre des cours de danse, par exemple ? Trouver des lieux où échanger renforce considérablement la relation.

L'auteur aborde en particulier trois types d'activités :

Le divertissement (aller voir un film ensemble, par exemple) ;

L'expérience (faire un voyage et en parler à son conjoint, faire du bénévolat, etc.) ;

L'éducation (reprendre des études).

Jay Shetty rapporte comment sa femme et lui cultivent leur intimité via des amitiés nouvelles et des expériences partagées. Nous pouvons également développer notre intimité en reconnaissant nos valeurs respectives et en éprouvant de la gratitude les uns pour les autres.

S'élever ou se séparer

Lorsque la décision de rester ensemble ou de rompre se fait insistante, il faut y répondre de la façon la plus sage possible. Jay Shetty propose un canevas en 5 étapes pour nous aider à nous décider. Il l'appelle la "voie de l'élévation".

Intolérance ;

Tolérance ;

Compréhension ;

Acceptation ;

Appréciation.

Lors de ses séances de coaching de vie ou de couple, Jay Shetty conduit les personnes qu'il reçoit à se demander si leur problème est totalement intolérable ou s'il peut être toléré, voire compris et accepté. Lorsqu'il est apprécié, nous reconnaissons que le problème fait partie intégrante de notre partenaire.

En fonction de notre capacité commune à évaluer le ou les problèmes selon cette échelle, nous pouvons décider en conscience de continuer ou de rompre.

Rompre en conscience

Si la rupture a lieu, il importe au plus haut point de faire le point sur sa peur d'être seul. Toute rupture crée un changement radical, mais mieux vaut s'en aller que de maintenir une relation malsaine à tout prix.

Lorsque nous nous retrouvons seuls, le cerveau se met en branle et nous pouvons nous sentir particulièrement fragiles. Pourtant, l'auteur rappelle à partir de textes indiens que "l'âme ne se rompt pas". Quoi qu'il en soit, la rupture sera plus facile si vous avez suivi les règles énoncées dans les sections précédentes.

Il décrit le processus de rupture et donne des conseils pour les deux situations :

Lorsque c'est vous qui rompez ;

Quand c'est l'autre qui prend la décision.

Jay Shetty souligne l'importance de se raconter. des histoires pour donner du sens à nos aventures amoureuses. Il expose des théories scientifiques pour nous montrer qu'il est plus facile d'aller de l'avant lorsque nous créons ce sens.

Tirez les leçons karmiques de vos erreurs

Chaque relation — et chaque rupture — nous apprend quelque chose. Nous pouvons donc tirer les leçons « karmiques » de nos erreurs. Cea peut prendre du temps, et c'est entre autres pourquoi il vaut mieux ne pas se jeter à corps perdu dans une nouvelle relation trop vite.

Certains amis reviennent dans nos vies après une rupture. La solitude est également le moment pour se retrouver et réfléchir, voire renforcer son estime de soi.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Bilan : pour quelles raisons partez-vous ?" (p. 261) ;

"S'entourer de soutien" (p. 275-276) ;

"Faire son deuil" (p. 293-294) ;

"Prises de conscience" (p. 297-298) ;

"Check-list : êtes-vous prêt à ressortir avec quelqu'un ?" (p. 303-304).

Partie 4 — La reliance

L'amour peut être élargi au-delà de la relation amoureuse et des rapports familiaux. L'objet de cette dernière partie est de comprendre cette forme de l'amour que l'auteur nomme "reliance". Celle-ci s'élance vers la famille, les amis, mais aussi, au-delà, vers nos connaissances, nos collègues, les étrangers et finalement la Terre tout entière.

Loi 8 : Aimez encore et toujours

La quatrième étape de la vie selon les Védas, l'ashram Sannyasa, implique la notion de service aux autres et à ce qui nous relie tous : le monde ou, pour la religion, le divin. Dans la philosophie hindoue, cette dernière étape implique de renoncer aux « désirs matériels » et de se concentrer sur la spiritualité.

Attendre l'amour ou l'expérimenter

Jay Shetty revisite cette dernière étape de la sagesse des Védas pour aborder la question de l'amour d'autrui et, surtout, la façon dont nous pouvons diffuser l'amour, au lieu de le recevoir.

"Au lieu d'attendre l'amour, à nous de trouver des façons de l'exprimer." (Les 8 lois de l'amour, Chapitre 8)

Comment donner de l'amour

Il n'est pas toujours facile d'avoir de l'empathie pour les choses qui nous sont lointaines. Nous avons une préférence naturelle pour ce qui nous est proche. Jay Shetty cite Jamil Zaki, professeur de psychologie à Stanford, pour appuyer ses arguments.

Pourtant, à force de travail, nous pouvons peut-être parvenir à étendre notre conception de l'amour et à embrasser un maximum d'êtres. C'est vers cela que nous devrions au moins tendre.

Aimez les personnes qui vous sont les plus proches

Cela dit, nous sommes face à une difficulté, car souvent, nous avons du mal à aimer correctement même les personnes qui nous sont les plus proches. Nous leur en voulons pour ceci ou pour cela. L'auteur commence donc par trouver des voies pour nous aider à aimer notre famille et nos amis pour ce qu'ils sont, et non pour leurs uniques comportements extérieurs.

Dans l'un des exercices "À essayer", Jay Shetty recommande d'organiser ses contacts en différents groupes en fonction de la proximité, puis de décider du temps que nous allons donner aux personnes d'une certaine catégorie (famille, amis, collègues, etc.). L'objectif de cet exercice est de donner la priorité à ceux avec qui nous voulons maintenir les liens les plus proches, tout en n'oubliant pas les personnes que nous ne voyons pas souvent.

Appréciez vos collègues

Nous voulons tous être appréciés dans notre travail. D'autant plus que nous y passons souvent beaucoup de temps. Les sentiments d'amitié et de respect y ont une importance cruciale, au point que de nombreuses personnes accepteraient de changer de travail si elles se sentaient plus reconnues et appréciées dans le nouveau.

Nous pouvons apprendre à donner de nous-mêmes pour créer des environnements plus chaleureux, par exemple en :

nous donnant à fond pour des projets qui tiennent à cœur à l'équipe ;

offrant nos compétences aux plus jeunes et en leur servant de mentors ;

donnant des feedbacks constructifs et en encourageant nos collègues ;

respectant et en accueillant les recommandations de personnes plus expérimentées que nous.

L'auteur raconte toutefois une parabole : celle du crocodile et du singe. Lorsque nous sommes faces à des "crocodiles", évitons de "faire le singe". Parfois, la gentillesse n'est pas de mise. Si vous êtes pris dans des rapports de force potentiellement destructeurs, il convient de savoir se défendre et agir — sans devenir soi-même un prédateur.

Être une source d'inspiration pour les inconnus

Jay Shetty consacre une courte section à la protection des uns et des autres au sein de sa communauté (voisins, etc.). Puis, il évoque l'importance de devenir un exemple pour autrui. Il relate l'histoire d'un policier qui a offert des chaussures à un sans-abri qui marchait pieds nus dans la rue en plein hiver.

Dans la courte section suivante, Jay Shetty invite tout un chacun à aider les associations et à faire du bénévolat.

Au contact de la Terre

Pour terminer, Jay Shetty propose un schéma qu'il nomme "les cercles de l'affection". Ceux-ci s'imbriquent de façon concentrique :

Famille ;

Amis ;

Collègues ;

Entourage ;

Inconnus ;

Associations ;

La Terre.

Pour résumer, le concept de service est la clé de cette étape de la vie. Cette règle élargit l'amour pour y inclure celui que nous portons à tous, de nos amis à des associations qui viennent en aide à des inconnus. Jay Shetty souligne aussi que l'argent, pour utile qu'il soit, n'est pas le seul moyen de soutenir des causes importantes.

S'impliquer personnellement est une meilleure façon de pratiquer l'amour. Il prend l'exemple de plusieurs associations, notamment au service des animaux. En effet, l'enjeu est d'élargir notre sollicitude aux êtres qui ne sont pas humains, et finalement à la Terre, qui fait face au changement climatique.

Nous avons souvent des difficultés à sentir cet aspect de l'amour, car cet enjeu nous paraît vaste et lointain. Pourtant, Jay Shetty croit que nous sommes capables de travailler sur nous-mêmes pour répondre à ces enjeux de façon positive.

Les exercices "À essayer" de ce chapitre

"Aider un proche difficile à trouver de l'affection autour de lui" (p. 324) ;

"Structurez la liste de vos proches" (p. 326-327) ;

"Exprimer son affection au travail" (p. 329-330)

Conclusion sur « Les 8 lois de l'amour » de Jay Shetty :

Ce qu’il faut retenir de « Les 8 lois de l'amour » de Jay Shetty :

Jay Shetty propose un livre pratique, un manuel même, au sujet de l'amour. Il applique et réinterprète bon nombre de sagesses indiennes en les mélangeant avec des ouvrages de développement personnel et des études de psychologie sociale ou de neurosciences.

L'ensemble est cohérent et se lit facilement. Nous passons de la création de la relation amoureuse à sa solidification, puis à la rupture ou — à minima — aux difficultés. L'ouvrage se termine finalement sur la question de l'amour pour autrui, dans nos relations familiales, professionnelles, sociales et même "écologiques" — c'est-à-dire avec des êtres non humains.

Que retenir, finalement ? Que cela vaut la peine d'"aimer encore et toujours", à condition d'apprendre cet art d'aimer si bien connu des sagesses anciennes — et que nous avons un peu perdu. Eh oui, l'amour se travaille et c'est surtout en le donnant que nous le pratiquerons et que nous nous améliorerons !

Points forts :

Un ouvrage qui combine développement personnel et érudition indienne ;

De nombreux exercices à essayer ;

Des exemples de lettres à écrire et de méditations à réaliser.

Point faible :

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Ma note :

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Vous n’êtes pas si malin http://www.olivier-roland.fr/items/view/12689/Vous-ntes-pas-si-malin

Résumé de "Vous n'êtes pas si malin" de David McRaney : un best-seller qui explore les fondamentaux de la psychologie cognitive pour vous aider à repérer les biais que chacun de nous possède et vous permettre de mieux réfléchir et agir au quotidien — un livre de vulgarisation scientifique qui a fait événement à sa sortie.

Par David McRaney, 2012, 302 pages.

Titre original : "You are not so smart".

Chronique et résumé de "Vous n'êtes pas si malin" de David McRaney

Un mot sur l'auteur : David McRaney

"You are not so smart" signifie "vous n'êtes pas si malin". Ce n'est pas le seul ouvrage à la fois accessible et provocateur que l'auteur consacre à ce thème. Il y a aussi :

"Now you are less dumb" ("Maintenant, vous êtes moins bête") (2013) ;

Ou encore "You can beat your brain" ("Vous pouvez battre votre cerveau") (2013) ;

Et tout récemment "How minds change" ("Comment les esprits changent") (2022).

Mais c'est avec ce premier livre — aujourd'hui traduit en 17 langues — qu'il a connu un succès national puis mondial à partir de 2012.

Pourtant, David McRaney n'est pas un scientifique. C'est avant tout un journaliste scientifique états-unien qui propose de la vulgarisation en neurosciences et psychologie cognitive. Comme il le dit sur son site personnel, il est passionné de "cerveau, d'esprit et de culture".

Avant de se lancer dans l'écriture de l'ouvrage que nous allons chroniquer, David McRaney a tenu un blog du même nom — You are not so smart — qui lui a donné la matière pour son livre imprimé et créer un podcast à succès (disponible sur le blog).

Introduction — Vous

"L'erreur : vous êtes un être rationnel et logique qui voit le monde tel qu'il est.

La vérité : vous êtes aussi illusionné que le reste d'entre nous — mais c'est OK, car cela vous maintient en bonne santé." (Vous n'êtes pas si malin, Introduction)

Nous pensons souvent tout savoir sur nous-même et être de bons analystes de nos décisions et actions. Mais est-ce si sûr ? 

Dans You Are Not So Smart, David McRaney nous montre que ce n’est pas nécessairement le cas.

Deux objectifs le guident :

Nous faire réfléchir en nous introduisant aux grands principes des sciences cognitives et de la psychologie cognitive (ainsi que de l’économie comportementale, notamment) ;

Nous aider à mieux comprendre qui nous sommes et ce que nous faisons afin de changer d’attitude. 

Pour atteindre son but, l’auteur dresse un panorama des biais, erreurs de jugement et autres raccourcis mentaux que nous utilisons au quotidien pour penser et agir. Il en répertorie pas moins de 48 !

David McRaney décline 3 types de problèmes :

Biais cognitifs = schémas de pensée et de comportement prévisibles qui nous amènent à tirer des conclusions erronées.

Sophismes logiques (ou erreurs de jugement) = problèmes impliquant le langage. Nous sautons une étape ou nous oublions un élément du problème sans nous en rendre compte.

Heuristiques = raccourcis mentaux que vous utilisez pour résoudre des problèmes courants.

Examinons maintenant dans le détail ces 48 zones inconscientes et voyons comment nous pouvons apprendre à les repérer afin de penser et agir de façon plus intelligente.

Chapitre 1 — Amorçage

"L'erreur : vous savez quand vous êtes influencé et comment cela affecte votre comportement.

La vérité : vous êtes inconscient des incitations constantes d'idées formées dans votre esprit inconscient." (Vous n'êtes pas si malin, Ch. 1)

La plupart du temps, nous ignorons que nous sommes dans l’erreur ou que nous sommes conditionnés.

Nous pensons et agissons à partir de stimulus passés (d’impressions qui ont marqué notre mémoire). Ceux-ci affectent la façon dont nous nous comportons et pensons. Et aussi la façon dont nous percevons de nouveaux stimulus.

Cet amorçage fonctionne mieux lorsque nous sommes en pilote automatique. Lorsque nous n’essayons pas de faire une introspection consciente avant de choisir notre comportement, nous faisons confiance à ce que les psychologues appellent “l’inconscient adaptatif”. 

Toutefois, nous pouvons parfois en reprendre le contrôle. Quand ? Lorsque notre régulateur de vitesse mental est activé ou lorsque nous nous trouvons dans des circonstances peu familières.

Chapitre 2 — Confabulation

"L'erreur : vous savez quand vous vous mentez à vous-même. La vérité : vous êtes souvent ignorant de vos motivations et vous créez des histoires fictionnelles pour justifier vos décisions, vos émotions et votre histoire, sans vous en rendre compte." (Vous n'êtes pas si malin, Ch. 2)

La confabulation décrit notre tendance à ignorer nos motivations réelles.

À la place, nous créons des récits fictifs qui expliquent et justifient nos décisions, nos émotions et notre histoire. Le tout sans même nous en rendre compte !

Chapitre 3 — Le biais de confirmation

« L’erreur : Vos opinions sont le résultat d’années d’analyse objective, rationnelle.

La vérité : Vos opinions sont le résultat d’années au cours desquelles vous avez prêté attention à des informations qui confirmaient ce que vous croyiez, pendant que vous ignoriez les informations qui mettaient en doute vos préconceptions. » (Vous n'êtes pas si malin, Ch. 3)

Le biais de confirmation est le mode par défaut de notre recherche d’informations : sans le vouloir, nous avons plutôt tendance à rechercher ce que nous savons déjà). 

Nous introduisons un filtre entre le monde et notre esprit et nous accueillons les informations de manière sélective. 

Bien sûr, cela a un sens au niveau de l’évolution humaine (sélectionner les bonnes informations dans l’environnement pour agir au mieux).

Mais cela peut aussi conduire à des attitudes “braquées”. Typiquement, nous voulons avoir raison sur la façon dont nous voyons le monde et nous évitons les preuves et les opinions contradictoires.

Ou pour le dire avec l’auteur en une phrase simple : "Les gens aiment qu’on leur dise ce qu’ils savent déjà".

Pour éviter le biais de confirmation, nous pouvons nous imposer des lectures qui contredisent nos penchants naturels, prendre l’habitude aux débats et aux recherches de preuves.

Chapitre 4 — Le biais rétrospectif

« L’erreur : Après avoir appris quelque chose de nouveau, vous vous souvenez à quel point vous étiez autrefois ignorant ou à quel point vous aviez tort.

La vérité : Vous regardez souvent en arrière sur les choses que vous venez d’apprendre et supposez que vous les connaissiez ou que vous les croyiez depuis le début. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 4)

Nous regardons souvent les choses que nous venons d’apprendre comme si nous les savions déjà — ou comme si cela nous paraissait évident. 

C’est le cas, par exemple, avec l’innovation. Maintenant que le smartphone a été inventé, cela ne vous paraît-il pas évident ? Pourtant, si vous remontez le fil du temps, il est probable que vous vous rendiez compte que vous n’aviez jamais pensé à tenir ce type d’appareil dans vos mains un jour !

Mais l’auteur s’intéresse surtout aux conséquences que le biais rétrospectif a au niveau existentiel. En intégrant le nouveau comme évident et connu, nous avons la sensation de ne pas bouger — ou du moins, pas trop. 

En bref, nous avons ainsi l’impression d’être toujours en phase avec nous-même, cohérents dans nos idées et nos actions.

Chapitre 5 — L’erreur du tireur d’élite du Texas

« L’erreur : Vous prenez en compte le hasard lorsque vous déterminez la cause et l’effet.

La vérité : Vous avez tendance à ignorer le hasard lorsque les résultats semblent significatifs ou lorsque vous voulez qu’un événement aléatoire ait une cause significative. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 5)

Voici un bon mélange du biais rétrospectif (chapitre 3) et du biais de confirmation (chapitre 4) !

De quoi s’agit-il ? 

Souvent, nous rassemblons des coïncidences en un tout afin de donner du sens à ce qui n’en a pas nécessairement (ou qui en a un autre que nous ne pouvons deviner).

Cette erreur apparaît lorsque nous cherchons du sens. Autrement dit… Tout le temps ou presque ! Nous cherchons à théoriser, à modéliser, à expliquer. 

Pourquoi ? Afin d’être rassuré et, plus fondamentalement, afin de trouver notre place dans la société et dans le monde.

Chapitre 6 — La procrastination

« L’erreur : Vous procrastinez parce que vous êtes paresseux et que vous ne pouvez pas bien gérer votre temps.

La vérité : La procrastination est alimentée par la faiblesse vis-à-vis de nos impulsions et par une incapacité à raisonner nos pensées. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 6)

Face à deux récompenses possibles, l’une immédiate et l’autre reportée, nous sommes plus susceptibles de choisir celle dont nous pouvons profiter maintenant que celle dont nous pourrons profiter plus tard. 

Et cela même si — et c’est un point capital — la récompense ultérieure est bien plus importante !

C’est la fameuse étude des bonbons menée auprès de nombreux enfants en bas âge (voir le chapitre pour le rappel ou l’explication complète). 

Lorsque nous prenons conscience que nous avons procrastiné, nous nous sentons faibles et honteux. Nous savons que nous avons succombé au plaisir présent. 

Comment résister ? 

En nous rappelant que c’est maintenant que nous faisons advenir le futur. En fait, le bénéfice à long terme (étudier pour réussir ses études) a souvent bien plus d’avantages que le bénéfice à court terme (prendre plaisir à regarder un match de tennis à la télévision).

Pour arrêter de procrastiner, il faut également arrêter d’être idéaliste. Deux exemples d’idéalisme :

Penser que nous pouvons travailler dur au dernier moment ;

Croire que nous pouvons gérer correctement notre temps alors que ce n’est manifestement pas le cas.

Chapitre 7 — Le biais de normalité

« L’erreur : Vos instincts de combat ou de fuite entrent en jeu et vous paniquez lorsque la catastrophe survient.

La vérité : Lors d’une crise, vous devenez souvent anormalement calme et vous prétendez que tout est normal. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 7)

Peu importe les problèmes que nous rencontrons dans la vie, notre première analyse de toute situation est de la voir dans le contexte de ce qui est normal pour nous.

Pour cette raison, nous avons tendance à interpréter les situations étranges et alarmantes comme si elles faisaient partie des affaires courantes. Nous refusons de nous en préoccuper.

Un navire coule ? Un gigantesque brasier ravage votre maison ? Dans certaines situations vraiment angoissantes, nous sommes parfois submergés par le flot d’informations ambiguës. Résultat : nous nous figeons et devenons incapables d’agir.

Plus prosaïquement, le biais de normalité consiste en fait à gagner du temps et à prétendre que tout continuera à aller aussi bien qu’auparavant. De cette façon, nous laissons à notre esprit le temps de s’adapter en douceur (parfois trop !).

Chapitre 8 — Introspection

« L’erreur : Vous savez pourquoi vous aimez les choses que vous aimez et ressentez ce que vous ressentez.

La vérité : L’origine de certains états émotionnels vous demeure cachée, et lorsque vous êtes pressé de les expliquer, vous allez juste inventer quelque chose. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 8)

L’origine de certains états émotionnels nous échappe et, lorsque quelqu’un nous demande de les expliquer, nous inventons quelque chose.

Chapitre 9 — L’heuristique de la disponibilité

« L’erreur : Avec l’arrivée des médias de masse, vous comprenez comment le monde fonctionne sur la base de statistiques et de faits tirés de nombreux exemples.

La vérité : Vous êtes beaucoup plus susceptible de croire que quelque chose est un lieu commun si vous pouvez en trouver un seul exemple, et vous êtes beaucoup moins susceptible de croire en quelque chose que vous n’avez jamais vu ou dont vous n’avez jamais entendu parler auparavant. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 9)

L’heuristique de disponibilité décrit notre tendance à réagir plus rapidement et plus fortement lorsque nous rencontrons des informations qui nous sont déjà familières.

Concrètement, cela signifie qu’il est plus facile de croire à quelque chose lorsqu’une personne nous présente des exemples. Ceux-ci nous renvoie en effet vers quelque chose de connu. 

En revanche, si cette personne nous présente une réalité de façon abstraite, typiquement sous forme de chiffres ou de graphes, nous le rejetterons plus facilement, car nous n’y retrouverons pas d’emblée des motifs connus (à moins, peut-être, d’être un statisticien aguerri).

Autrement dit, comme Saint Thomas, nous avons besoin de “voir pour croire”.

Chapitre 10 — L’effet témoin

« L’erreur : Quand quelqu’un est blessé, les gens se précipitent à son aide.

La vérité : Plus il y a de personnes qui sont témoins d’une personne en détresse, moins il est probable qu’une seule personne aide. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 10)

En fait, plus il y a de personnes qui assistent à la détresse d’une personne, et moins il y a de chances qu’une seule d’entre elles lui vienne en aide.

Cela apparaît dans plusieurs situations. L’auteur donne les exemples suivants :

Donner son sang ;

Aider quelqu’un à changer un pneu ;

Donner de l’argent à un artiste de rue ;

Mettre fin à une bagarre.

Dans la plupart des cas, les gens se précipitent pour aider lorsqu’ils voient une autre personne donner l’exemple. Ils se sentent alors “prêts” à faire un geste. Étrange, non ?

Chapitre 11 — L’effet Dunning-Kruger

« L’erreur : Vous pouvez prédire à quel point vous vous comporteriez dans n’importe quelle situation.

La vérité : Vous êtes généralement assez mauvais pour estimer votre compétence et la difficulté des tâches complexes. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 11)

La plupart du temps, nous ne pouvons pas anticiper notre façon d’agir dans des domaines pour lesquels nous n’avons pas d’expérience.

C’est seulement en cherchant à nous améliorer dans un domaine que nous commençons à mieux comprendre les points sur lesquels nous devons travailler. Nous cernons mieux la complexité et les nuances. Nous découvrons aussi des maîtres dans notre domaine et nous nous comparons à eux pour voir où nous avons des lacunes. 

D’où l’importance de s’ouvrir à la critique. Si nous voulons exceller dans quelque chose, nous devons nous entraîner et nous devons être capables de goûter au travail des personnes plus expertes que nous. 

Lorsqu’elles nous critiquent, elles mettent en évidence des points aveugles pour nous, et cela nous aide à progresser.

Chapitre 12 — L’apophénie

« L’erreur : Certaines coïncidences sont si ridicules qu’elles doivent avoir un sens.

La vérité : Les coïncidences font partie des routines de la vie, même lorsqu’elles semblent miraculeuses. Toute signification qui leur est appliquée vient de votre esprit. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 12)

Les coïncidences font partie de la vie, même celles qui semblent miraculeuses. Le sens qu’on leur donne vient de l’esprit. C’est ce que l’on appelle une apophénie.

Souvent, l’apophénie est le résultat d’un autre biais : le biais de confirmation (chapitre 2). Nous voyons ce que nous avons envie de voir et nous oublions le reste. Si nous voulons voir du sens quelque part, nous allons ignorez plus ou moins inconsciemment tout ce qui est absurde ou ne “colle pas” à notre interprétation. 

L’apophénie ne signifie pas simplement mettre de l’ordre dans le chaos, mais c’est croire que nous sommes destinés à découvrir ce sens “caché”. C’est croire qu’il y a des miracles rares qui arrivent et que nous pouvons en prendre conscience et les comprendre. 

Chapitre 13 — La loyauté de marque

« L’erreur : Vous préférez ce que vous possédez aux choses que vous ne possédez pas parce que vous avez fait des choix rationnels lorsque vous les avez achetés.

La vérité : Vous préférez les choses que vous possédez parce que vous rationalisez vos choix passés pour protéger votre sens de soi. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 13)

Lorsque nous débattons avec quelqu’un sur la prétendue supériorité d’une marque sur une autre, nous ne cherchons pas tant à convaincre l’autre personne qu’à nous rassurer nous-même. 

Nous avons besoin de nous mettre en conformité avec nos propres choix en les justifiant à postériori.

Cette façon de penser est liée à l’erreur du coût irrécupérable. 

Même si nous payons trop cher quelque chose, ou que nous nous rendons compte que nous avons payé pour quelque chose de mauvaise qualité, nous consommerons tout de même le produit, parce que nous estimerons avoir à rentabiliser l’argent ou le temps que nous avons investi pour l’obtenir.

Chapitre 14 — L’argument d’autorité

« L’erreur : Vous êtes plus préoccupé par la validité de l’information que par la personne qui la livre.

La vérité : Le statut et les références d’une personne influencent grandement votre perception du message délivré par cette personne. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 14)

Nous regardons souvent les personnes qui ont du pouvoir comme si elles avaient quelque chose de spécial qui nous manquent : connaissances, compétences, etc. Dès lors, nous sommes portés à croire plus facilement ce qu’ils nous proposent. 

C’est d’ailleurs un argument marketing très utilisé dans la publicité !

Lors des controverses, il existe plusieurs autorités, plusieurs experts qui se disputent autour d’une question. Dans ce cas, nous devons — ou plutôt devrions — nous intéresser aux arguments de chaque partie et aux preuves qu’elles apportent. 

Chapitre 15 — L’argument d’ignorance

« L’erreur : Lorsque vous ne pouvez pas expliquer quelque chose, vous vous concentrez sur ce que vous pouvez prouver.

La vérité : Lorsque vous n’êtes pas sûr de quelque chose, vous êtes plus susceptible d’accepter des explications étranges. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 15)

L’argument de l’ignorance est celui qui consiste à décider que quelque chose est vrai ou faux parce qu’on ne trouve pas de preuve du contraire.

Nous ne savons pas quelle est la vérité, alors nous supposons que n’importe quelle explication est aussi bonne qu’une autre.

Le problème, c’est que lorsque ce type d’argument est poussé à bout, il peut aboutir, notamment, aux théories du complot. Typiquement, les complotistes demandent toujours plus de preuves, alors même qu’il y en a déjà beaucoup (pour prouver la rotondité de la Terre, par exemple).

Rappelons-nous : un manque de preuves ne peut ni confirmer ni nier une proposition. Mais dans tous les cas, nous pouvons nous demander si la balance des preuves ne penche pas plus d’un côté que de l’autre.

Chapitre 16 — L’erreur de l’homme de paille

« L’erreur : Lorsque vous vous disputez, vous essayez de vous en tenir aux faits.

La vérité : Dans toute dispute, la colère vous incitera à recadrer la position de votre adversaire. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 16)

Lorsque nous nous disputons à propos de quelque chose de personnel ou de quelque chose de plus public et abstrait, nous avons parfois recours à la construction d’un personnage fictif.

Pourquoi ? Car, de cette façon, nous détournons la position de notre adversaire afin de la rendre plus facile à réfuter. C’est l’un des rouages de la rhétorique.

Chaque fois que quelqu’un commence une attaque par :

« Alors vous dites que nous devrions tout simplement… » ;

« Tout le monde sait que… » ;

“Les scientifiques disent que…”.

Avez-vous remarqué l’usage d’hommes de paille dans vos conversations ? 

Chapitre 17 — L’erreur ad hominem

« L’erreur : Si vous ne pouvez pas faire confiance à quelqu’un, vous devriez ignorer les affirmations de cette personne.

La vérité : Ce que dit quelqu’un et pourquoi il le dit devraient être jugés séparément. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 17)

Lorsque nous supposons qu’une personne est dans le faux en raison de son identité ou du groupe auquel elle appartient, nous commettons un sophisme ad hominem.

Il s’agit aussi d’un argument : quand vous cherchez à réfuter quelqu’un sur la base de son appartenance communautaire ou de son identité, vous construisez un argument ad hominem. Vous détournez l’attaque sur la personne sans vous en prendre à l’argument lui-même.

Bien sûr, nous n’agissons pas comme cela sans raison. 

En fait, nous avons besoin d’avoir confiance en une personne pour croire en ses arguments. Nous recherchons donc l’intégrité et nous nous servons de nos capacités à juger quelqu’un pour juger de ce qu’il dit. 

Toutefois, cela peut nous jouer des tours. Pour contrer la manœuvre, nous devrions aussi apprendre à juger ce qu’une personne dit de façon autonome, grâce à l’analyse des preuves et au caractère logique de son raisonnement.

Chapitre 18 — L’erreur du Monde-Juste

« L’erreur : Les gens qui perdent au jeu de la vie doivent avoir fait quelque chose pour le mériter.

La vérité : Les bénéficiaires de la bonne fortune ne font souvent rien pour la gagner, et les mauvaises personnes s’en tirent souvent sans problèmes. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 18)

Lorsque nous entendons parler d’une situation qui, nous l’espérons, ne nous arrivera jamais, nous avons tendance à blâmer la victime.

Pourquoi ? Non pas parce que nous sommes une personne horrible et sans sentiments, mais tout simplement parce que nous voulons croire que nous sommes assez intelligents pour nous éviter le même sort.

Par ailleurs, nous voulons croire que la justice domine le monde. Nous le voyons dans la fiction : il est courant que les méchants perdent et que les gentils gagnent. 

C’est ainsi que nous aimons voir le monde. « Vous voulez que le monde soit juste, alors vous prétendez qu’il l’est », résume David McRaney.

Chapitre 19 — Le jeu des biens publics

« L’erreur : Nous aurions pu créer un système sans réglementation où tout le monde contribuerait au bien de la société, où tout le monde en bénéficierait et où tout le monde serait heureux.

La vérité : Sans une certaine forme de réglementation, les fainéants et les tricheurs saborderont les systèmes économiques parce que les gens ne veulent pas passer pour des pigeons. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 19)

Le jeu des biens publics suggère que la réglementation par la sanction décourage les négligents.

L’auteur insiste sur le fait qu'il n'est pas question de refuser catégoriquement d’aider, ou bien de rejeter toute forme de mise en commun. En fait, il s’agit plutôt de refuser de venir en aide au menteur ou de faire plus de travail que le négligent. 

Chapitre 20 — Le jeu de l’ultimatum

« L’erreur : Vous choisissez d’accepter ou de refuser une offre en fonction de la logique.

La vérité : Lorsqu’il s’agit de conclure un accord, vous basez votre décision sur votre statut. » (Vous n'êtes pas si malin, Ch. 20)

La place que nous occupons dans la société — ou celle que nous pensons avoir — a une importance majeure sur nos jugements. 

Si vous estimez être important, vous voudrez une part plus grande que la moyenne. 

Dans le cas contraire, vous vous contenterez de moins.

David McRaney rapporte une expérimentation qui met en scène ce phénomène. Et il conclut que nous faisons tous attention à notre statut lorsque nous proposons quelque chose à quelqu’un ou qu’une offre nous est faite.

Pour nous, la justice dépend souvent de qui nous sommes (ou percevons être) dans la société.

Chapitre 21 — Validation subjective

« L’erreur : Vous êtes sceptique quant aux liens généraux.

La vérité : Vous êtes enclin à croire que les affirmations et les prédictions sont vraies, surtout si elles sont positives et qu’elles vous concernent personnellement. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 21)

La tendance à croire des déclarations vagues conçues pour plaire à n’importe qui s’appelle l’effet Forer, et les psychologues évoquent ce phénomène pour expliquer pourquoi les gens se laissent séduire par des pseudosciences.

L’effet Forer fait partie d’un phénomène plus large que les psychologues appellent la validation subjective, une façon élégante de dire que nous sommes beaucoup plus vulnérables aux suggestions lorsque le sujet de la conversation nous concerne de près.

Chapitre 22 — Endoctrinement dans une secte

« L’erreur : Vous êtes trop intelligent pour rejoindre une secte.

La vérité : Les sectes sont peuplées de gens comme vous. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 22)

Les recherches sur les sectes suggèrent que l’on n’y adhère généralement pas pour une raison particulière ; on y tombe en quelque sorte comme on tombe dans n’importe quel groupe social.

Lorsque nous sommes “fan” de quelqu’un, nous sommes au premier niveau de l’endoctrinement. Nous ferions volontiers ce que cette personne, que nous admirons, nous demande de faire.

Ceux que nous appelons les leaders charismatiques utilisent également cette même force d’attraction. La différence entre Charles Manson et Mohandas Gandhi est que l’un agit dans le sens de ses intérêts et de ses pulsions cruelles lorsque l’autre agit pour le bien de toute une communauté.

Chapitre 23 — Pensée de groupe

« L’erreur : Les problèmes sont plus faciles à résoudre lorsqu’un groupe de personnes se réunit pour discuter de solutions.

La vérité : Le désir de parvenir à un consensus et d’éviter la confrontation entrave le progrès. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 23)

Le désir de parvenir à un consensus et d’éviter la confrontation entrave le progrès.

En effet, lorsque des groupes se réunissent pour prendre une décision, une illusion d’invulnérabilité peut émerger.  

Dans ce cas, nous commençons à rationaliser les idées des autres sans reconsidérer les nôtres. Nous voulons défendre la cohésion du groupe contre toute atteinte, alors nous supprimons les doutes, nous n’argumentons pas et nous ne proposons pas d’alternatives.

Puisque tout le monde fait la même chose, le leader du groupe suppose à tort que tout le monde est d’accord et que le consensus est atteint, alors que c’est faux.

Pour qu’un groupe prenne de bonnes décisions, il doit permettre la dissidence et convaincre chacun qu’il est libre de dire ce qu’il pense sans risquer d’être puni.

La véritable pensée de groupe dépend de 3 conditions : 

L’appréciation mutuelle ; 

L’isolement ;

Une date limite décidée.

Chapitre 24 — Les vendeurs super normaux 

« L’erreur : Les hommes qui ont des relations sexuelles avec de jeunes lolitas sont fous, et les femmes qui épousent des milliardaires de quatre-vingts ans sont intéressées.

La vérité : Les jeunes lolitas et les milliardaires âgés sont tous deux des libérateurs supernormaux. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 24)

Un stimulant supernormal est une version exagérée d’un stimulus pour lequel il existe une tendance de réponse, ou tout stimulus qui suscite une réponse plus forte que le stimulus pour lequel il a évolué.

L’auteur prend l’exemple de scarabées mâles attirés par des bouteilles de bière ressemblant “en mieux” — c’est-à-dire avec des formes exagérées — aux femelles avec qui ils ont l’habitude de s’accoupler. 

Dans une situation de rareté des ressources, il est normal que nous soyons, en tant qu’animaux ayant besoin de survivre, attirés par quelque chose de plus “gros” et “appétissant” que d’habitude. 

C’est un truc utilisé tous les jours par les chaînes de restauration rapide qui vous promettent des “maxi-menus” à des prix attractifs. C’est aussi ce qui crée l’attraction pour les femmes ou les hommes aux caractéristiques sexuelles exacerbés.  

Chapitre 25 — L’heuristique de l’affect

« L’erreur : Vous calculez ce qui est risqué ou gratifiant et choisissez toujours de maximiser les gains tout en minimisant les pertes.

La vérité : Vous dépendez des émotions lorsque vous devez savoir si une chose est bonne ou mauvaise, vous surestimez considérablement les récompenses et vous avez tendance à vous en tenir à vos premières impressions. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 25)

L’heuristique de l’affect est l’un des moyens par lesquels nous arrivons rapidement à une conclusion à propos d’une nouvelle information. Le plus souvent, cela se passe “à l’instinct”. C’est l’intuition qui parle.

Celle-ci peut être utile, mais gardons à l’esprit que nous pouvons nous tromper et que nous avons tendance à entendre positivement ce qui nous satisfait (et négativement ce qui nous déplaît). 

Chapitre 26 — Le nombre de Dunbar

« L’erreur : Il y a un trombinoscope dans votre esprit avec les noms et les visages de chaque personne que vous connaissez.

La vérité : Vous pouvez maintenir des relations et garder le contact avec seulement 150 personnes à la fois. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 26)

Ce nombre est issu d’une expérience célèbre d’un anthropologue, Robin Dunbar. Celui-ci a remarqué que dans de nombreuses sociétés, le nombre de connexions ou de connaissances d’un individu ne dépassait pas 150. 

Si certaines amitiés viennent à disparaître, d’autres peuvent les remplacer, mais toujours dans cette limite virtuelle des 150 personnes. 

Il existe des explications cognitives et évolutionnistes à ce nombre : le cerveau ne peut traiter plus d’information et interagir avec un plus grand nombre de contacts deviendrait contreproductif pour l’individu. 

D’où la conclusion de David McRaney : si vous utilisez votre nombre d’amis sur Facebook comme un indicateur de votre statut social, vous vous trompez.

Au final, vous pouvez avoir 1 000 amis sur les réseaux sociaux et n’être en contact réel ou intense qu’avec 150 d’entre eux maximum, comme tout le monde !

Chapitre 27 — La vente

« L’erreur : À la fois le consumérisme et le capitalisme sont soutenus par les entreprises et la publicité.

La vérité : À la fois le consumérisme et le capitalisme sont dirigés par la compétition entre les consommateurs pour le statut. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 27)

Le système capitaliste reprend toute rébellion à son compte et en fait un produit à vendre. La contreculture y devient rapidement une niche à exploiter, voire le nouveau conformisme à la mode. 

Ce phénomène met en évidence le fait suivant : ce sont les consommateurs et les vendeurs qui créent éternellement les nouvelles modes et les nouveaux produits à acheter. C’est par la compétition constante des uns avec les autres que se construisent le consumérisme et le capitalisme.

David McRaney résume de la façon suivante les façons d’être en compétition, en fonction de la classe sociale :

Les pauvres sont en concurrence avec les ressources. 

La classe moyenne est en concurrence avec la sélection. 

Les riches sont en concurrence avec leurs possessions.

Chapitre 28 — Le biais de l’autoservice

« L’erreur : Vous vous évaluez vous-même sur la base de vos réussites et de vos échecs passés.

La vérité : Vous excusez vos échecs et vous vous voyez vous-même comme ayant plus de succès, étant plus intelligent et plus compétent que vous êtes vraiment. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 28)

Quand tout va bien pour nous, nous attribuons tout à nos incroyables compétences, mais une fois que le vent tourne, nous cherchons des facteurs externes ayant empêché à notre génie de briller.

Par ailleurs, nous ne croyons pas être une personne moyenne, alors que nous croyons que tout le monde l’est. Cette tendance, qui découle d’un préjugé égocentrique, s’appelle l’effet de supériorité illusoire.

Chapitre 29 — L’effet du projecteur

« L’erreur : Quand vous êtes entourés d’autres personnes, vous vous sentez comme si chacun notait chaque aspect de votre apparence et de votre comportement.

La vérité : Les gens attachent peu d’importance à vous à moins qu’ils soient incités à le faire. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 29)

La recherche montre que les autres, lorsqu’ils sont en groupe, ne prêtent pas tant attention à vous qu’à eux-mêmes. Si nous n’attirons pas l’attention sur nous, nos petits écarts (positifs comme négatifs) passent en général inaperçus. 

Cela change, en revanche, si nous commençons à nous exhiber volontairement, pour le meilleur comme pour le pire. Ainsi, si vous êtes particulièrement éloquent ou, au contraire, que vous vous excusez trop lourdement d’avoir commis une erreur, vous serez remarqué à coup sûr !

Chapitre 30 — L’effet de la troisième personne

« L’erreur : Vous croyez que vos opinions et vos décisions sont basées sur l’expérience et les faits, alors que ceux qui ne sont pas d’accord avec vous succombent aux mensonges et à la propagande de sources auxquelles vous, vous ne vous fiez pas.

La vérité : Chaque personne croit que les gens qui ne sont pas d’accord avec elle sont crédules, et chaque personne pense qu’elle est moins susceptible de persuasion qu’elle ne l’est vraiment. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 30)

Il y a des personnes qui considèrent une information comme dangereuse non pas parce qu’elle les affecte en propre, mais parce qu’elles pensent qu’elle pourrait affecter les pensées et les opinions d’un tiers imaginaire.

Cet « effet de la troisième personne » est une version du biais d’égocentrisme ou d’auto service. Nous nous considérons comme plus performants, plus intelligents et plus compétents que nous ne le sommes. 

En revanche, nous avons peur pour autrui, car nous le pensons plus vulnérable que nous.

Chapitre 31 — La catharsis

« L’erreur : Évacuer votre colère est un moyen efficace de réduire le stress et d’éviter de s’en prendre à vos amis et à votre famille.

La vérité : L’expression libre de la colère augmente le comportement agressif au fil du temps. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 31)

Pour le dire en un mot : le défoulement augmente le comportement agressif au fil du temps.

Nous pensons souvent que la catharsis (défoulement salutaire en cas de crise) est une bonne chose. Pourtant, si nous agissons régulièrement ainsi, nous serons plus susceptibles de la rechercher systématiquement lorsque nous serons en colère. 

En conséquence, nous serons aussi plus susceptibles de continuer à faire des choses agressives pour pouvoir continuer à nous défouler. Bref, c’est un cercle vicieux.

Chapitre 32 — L’effet de la mauvaise information

« L’erreur : Les souvenirs sont joués comme des enregistrements dans notre esprit.

La vérité : Les souvenirs sont construits à nouveau à chaque fois en fonction des informations qui sont disponibles, ce qui les rend très perméables aux influences venues du présent. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 32)

La mémoire est une faculté imparfaite. Notre mémoire est perméable, malléable et en changement permanent. 

Nous filtrons tous les informations que nous y conservons et nous nous laissons tous « infecter » par des informations venues de notre entourage ou de notre environnement. 

Ces caractéristiques de la mémoire impliquent que nous ne conservons pas les souvenirs à la manière d’un appareil photo. En réalité, nous nous construisons des histoires qui évoluent au fil du temps. 

Se raconter des histoires est d’ailleurs un excellent moyen d’apprendre ! Pour en savoir plus, retrouvez la chronique de Mémoire, vous avez le pouvoir !

Chapitre 33 — La conformité

« L’erreur : Vous êtes un individu fort et vous ne vous conformez que sous la contrainte.

La vérité : une figure d’autorité ou la pression sociale peuvent facilement vous faire obéir, parce que la conformité est un instinct de survie. » (Vous n'êtes pas si malin, Ch. 33)

Le conformisme est notre « position par défaut » à tous. C’est de là que nous partons : nos expériences antérieures, notre statut social, notre savoir accumulé nous conduisent à nous comporter d’une certaine manière.

Mais nous avons le pouvoir de « casser les règles » et d’enfreindre les normes de temps à autre. 

Dans des situations quotidiennes, nous pouvons nous opposer à l’autorité ou à l’habitude. Qu’il s’agisse de répondre à une question ou d’agir avec courage face à une injustice.

Chapitre 34 — L’extinction

« L’erreur : Si vous arrêtez de contracter une mauvaise habitude, celle-ci diminuera peu à peu jusqu’à disparaître de votre vie.

La vérité : À chaque fois que vous quittez quelque chose de façon abrupte, votre cerveau fera des efforts récurrents pour retourner à votre ancienne habitude. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 34)

Le cerveau n’a pas évolué dans un environnement où la nourriture était abondante. 

Dès que nous trouvons une source de nourriture riche en calories, en graisses et en sodium, nous avons naturellement tendance à en manger beaucoup et à y revenir encore et encore. 

Si nous supprimions une telle récompense, notre cerveau piquerait une crise !

Chapitre 35 — La flemmardise sociale

« L’erreur : Lorsque vous êtes joints par des autres dans une tâche, vous travaillez plus dur et devenez plus accompli.

La vérité : Une fois que vous faites partie d’un groupe, vous avez tendance à faire moins d’efforts parce que vous savez que votre travail sera réuni avec celui des autres. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 35)

Cette tendance est également appelée l’effet Ringelmann, du nom d’un ingénieur français qui le découvrit en 1913. Sa découverte fut reproduite expérimentalement grâce aux travaux d’Alan Ingham en 1974.

Aujourd’hui, de nombreuses organisations connaissent ce phénomène et nous demandent de travailler aussi dur que si nous travaillions seuls. 

Chapitre 36 — L’illusion de transparence

« L’erreur : Lorsque vos émotions sont fortes, les gens peuvent vous regarder et dire ce que vous êtes en train de penser ou de sentir.

La vérité : Votre expérience subjective n’est pas observable, et vous surestimez la manière dont vous exprimez vos pensées intimes et vos émotions. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 36)

Nous avons l’impression de savoir ce que nous ressentons et pensons. Or, nous avons aussi tendance à croire que ces pensées et ces émotions s’échappent de nous et sont visibles, qu’elles sont clairement perceptibles à l’extérieur de nous.

Mais c’est faux. Le plus souvent, nos expériences intimes sont indéchiffrables pour d’autres personnes. 

À l’inverse, lorsque nos émotions prennent le dessus et que notre état mental devient le centre de notre attention, notre propre capacité à évaluer ce que les autres ressentent et pensent est réduite à néant.

Autrement dit, pour analyser le langage du corps et deviner ce que pense ou ressent quelqu’un, il est nécessaire d’être attentif à cette personne et se concentrer. 

Chapitre 37 — L’impuissance apprise

« L’erreur : Si vous êtes dans une mauvaise situation, vous ferez tout pour vous en échapper.

La vérité : Si vous vous sentez comme si vous n’avez pas le contrôle de votre destinée, vous abandonnerez et vous accepterez la situation, quelle qu’elle soit. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 37)

Si, au cours de notre vie, nous avons connu des défaites écrasantes, des mauvais traitements ou une perte de contrôle, nous nous convainquons avec le temps qu’il n’y a pas d’issue.

Même si une issue nous est offerte, nous n’agirons pas. Pourquoi ? Car nous deviendrons des nihilistes et nous préférerons nous conformer à ce que nous croyons avoir compris du monde, plutôt que de changer d’opinion.

Avez-vous déjà vu l’image de cet éléphant, attaché à un maigre poteau et qui reste là sans bouger, alors qu’il pourrait se détacher d’un simple coup de patte ?

Chapitre 38 — Cognition incarnée

« L’erreur : Vos opinions des gens et des événements sont basés sur une évaluation objective.

La vérité : Vous traduisez votre monde physique en mots, et vous croyez à ces mots. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 38)

Nous sommes loin d’être des cerveaux déconnectés, froids et uniquement rationnels. Nous sommes d’abord constitués de sensations, qui s’établissent par l’entremise de nos corps. 

En fait, nos sens nous « disent » des choses que nous nous empressons souvent de tenir pour vraies. Et cela avant même que notre cerveau ait commencé à réfléchir ! 

Autrement dit, vos émotions — qui peuvent être provoquées par des textures ou des odeurs, par exemple — vont vous faire « dire » des choses qui, après coup, vous feront penser d’une manière ou d’une autre.

Deux exemples : 

Une sensation de froid sur votre poitrine (due à un stéthoscope) vous mettra peut-être de mauvais poil et vous serez plus enclin à être désagréable ou à penser du mal de votre docteur ;

En revanche, si votre coiffeur vous offre une tasse de café bien chaude, cette agréable sensation déclenchera sans doute des mots doux, ou en tout cas des pensées sympathiques et une appréhension positives de cette personne.

Chapitre 39 — L’effet d’ancrage

« L’erreur : vous analysez rationnellement tous les facteurs avant de prendre une décision ou de déterminer la valeur de quelque chose.

La vérité : Vos premières impressions s’attardent dans votre esprit et affectent les perceptions plus tardives et vos décisions. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 39)

Vous connaissez l’adage qui veut que la première impression soit décisive. Et, de fait : notre première perception reste ancrée dans notre esprit. Elle influencera nos perceptions et nos décisions ultérieures.

Nous dépendons de l’ancrage tous les jours :

Pour prédire l’issue des événements ;

Estimer le temps que prendra une chose ;

L’argent qu’elle vous coûtera ;

Etc.

Lorsque nous devons choisir entre plusieurs options ou estimer la valeur d’une chose ou d’une personne, nous avons besoin d’un point d’appui. La première impression (ou la première expérience d’une chose ou d’une personne) nous sert de guide pour les fois suivantes.

Chapitre 40 — L’attention

« L’erreur : Vous voyez tout ce qui se passe devant vos yeux, incorporant toute l’information comme le ferait une caméra.

La vérité : Vous n’êtes conscient que d’un petit nombre de données prises en compte par vos yeux, et même une plus petite partie seulement est traitée par votre esprit conscient, puis mémorisée. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 40)

Les psychologues parlent de « cécité d’inattention » pour désigner le fait de ne pas voir l’information au premier coup d’œil.

Notre attention est comme un projecteur, et seules les parties éclairées du monde apparaissent dans notre perception.

Notre perception est construite à partir de ce à quoi nous prêtons attention.

Le problème avec la cécité d’inattention, ce n’est pas qu’elle se produise souvent, mais plutôt que nous pensons qu’elle ne se produit pas.

Le jumeau de la cécité d’inattention est la cécité au changement. 

Le cerveau ne peut pas suivre la quantité totale d’informations provenant de nos yeux, et notre expérience d’un moment à l’autre est donc modifiée pour plus de simplicité.

Plus notre attention est sollicitée dans un sens et moins nous nous attendons à ce que quelque chose sorte de l’ordinaire. 

De ce fait, lorsqu’un événement surprenant survient, nous sommes aussi moins enclins à le voir, et cela même lorsque des vies sont en jeu !

Chapitre 41 — L’autohandicap

« L’erreur : Dans tout ce que vous faites, vous cherchez le succès.

La vérité : Vous créez souvent les conditions de l’échec à l’avance pour protéger votre ego. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 41)

L’autohandicap est une négociation de la réalité, une manipulation inconsciente de nos perceptions et de celles des autres. Nous l’utilisons pour protéger notre ego.

Les comportements d’autohandicap sont des investissements dans une réalité future dans laquelle nous pouvons attribuer notre échec à autre chose qu’à nos capacités.

À noter : selon les études rapportées par l’auteur, les hommes auraient davantage recours à l’autohandicap que les femmes pour apaiser leur peur de l’échec.

Chapitre 42 — La prophétie autoréalisatrice

« L’erreur : Les prédictions sont sujettes à des forces qui sont en dehors de votre contrôle.

La vérité : Le simple fait de croire qu’un événement futur arrivera peut le causer si l’événement dépend du comportement humain. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 42)

Le simple fait de croire qu’un événement futur se produira peut entraîner sa réalisation, à condition que l’événement en question dépende du comportement humain.

Si nous voulons améliorer notre vie dans un sens ou dans un autre, nous devons agir comme si la chose que nous attendions de l’autre personne était déjà sur votre chemin. C’est ce qu’enseigne également la programmation neurolinguistique.

Une vision négative conduira à des prédictions négatives, et nous commencerons à manipuler inconsciemment notre environnement pour réaliser ces prédictions.

Chapitre 43 — Le Moment

« L’erreur : Vous êtes une personne unique, et votre bonheur dépend de votre capacité à être content de votre propre vie.

La vérité : Vous avez de multiples vous-mêmes, et le bonheur est plutôt basé sur votre capacité à satisfaire toutes ces différentes parties. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 43)

Nous souhaitons tous atteindre des objectifs pour être heureux. Pourtant, une fois que nous avons effectivement réalisé l’un d’entre eux, l’expérience se termine. Et il faut recommencer (comme avec les achats impulsifs).

Une solution à ce problème consiste d’abord à remarquer que nous avons des désirs contradictoires. À partir de ce constat, nous sommes en mesure de créer des objectifs qui ne se nuisent pas les uns par rapport aux autres et qui apportent des satisfactions plus durables.

Vous souhaitez économiser pour vous acheter une belle maison ? Très bien, mais que diriez-vous de ne pas sacrifier votre vie présente pour y parvenir ? Trouvez le moyen de satisfaire à la fois votre besoin de sens au travail et votre besoin d’argent.

Chapitre 44 — Le biais de cohérence

« L’erreur : Vous savez comment vos opinions ont changé au cours du temps.

La vérité : À moins que vous n’ayez consciencieusement gardé la trace de vos progrès, vous affirmez que la façon dont vous sentez (ou pensiez) aujourd’hui est identique à la façon dont vous sentiez (ou pensiez) hier. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 44)

Le biais de cohérence a pour cause la volonté de réduire l’inconfort de la dissonance cognitive. 

Pour rappel, la dissonance cognitive survient lorsque nous constatons que nous sommes en désaccord avec nous-mêmes sur une question. Cela provoque un malaise que nous cherchons à résoudre.

C’est une chose qui arrive régulièrement au cours d’une vie : nous changeons d’idée, au point que nous affirmons aujourd’hui ce que nous niions hier. 

Pour échapper à ce malaise de l’incohérence personnelle, nous préférons réécrire notre biographie en prétendant que nous avons toujours pensé telle ou telle chose. 

Ou de façon atténuée : nous avons tendance à croire que si nous avions su ce que nous savons aujourd’hui (en vieillissant), les choses auraient été différentes. 

En fait, ce n’est pas le cas. Nous étions une autre personne et nous avons agi de la seule façon qu’il nous était donné d’agir, et même si nous avions eu une autre information en notre possession, il est fort probable que nous ayons agi identiquement.

Chapitre 45 — L’heuristique de la représentativité 

« L’erreur : Connaître l’histoire d’une personne permet de déterminer plus facilement quel genre de personne elle est.

La vérité : Vous tirez des conclusions hâtives en "rangeant" la personne dans un type de personnalité préconçu. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 45)

Nous tirons des conclusions hâtives en nous basant sur la représentativité d’une personne par rapport à un type de caractère préconçu.

Lorsqu’il s’agit d’inconnus, notre premier réflexe est de les faire entrer dans des archétypes afin de déterminer rapidement leur valeur ou leur menace.

L’heuristique de la représentativité contribue à alimenter plusieurs autres erreurs cognitives, comme le sophisme de la conjonction.

Le sophisme de la conjonction dit ceci : plus nous entendons parler de choses qui correspondent à nos modèles mentaux, plus elles nous paraissent probables.

Les heuristiques de représentativité sont utiles, mais aussi dangereuses. Elles peuvent nous aider à éviter le danger et à chercher de l’aide, mais elles peuvent aussi conduire à des généralisations et à des préjugés.

Chapitre 46 — Les attentes

« L’erreur : Le vin est un élixir complexe, plein de saveurs subtiles qu’un expert seul peut vraiment distinguer, et les dégustateurs éclairés sont imperméables à la tromperie.

La vérité : Les œnologues et les consommateurs avertis peuvent être trompés en altérant leurs attentes. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 46)

C’est une chose bien connue : le packaging, mais aussi les avis que vous lisez au sujet d’un produit, d’un service ou d’une œuvre (cinématographique, par exemple), vous influence.

Tout ce qui tourne autour des objets modifie vos attentes à leur égard. 

Mais plus que tout : votre expérience sera déterminée en grande partie par ces attentes que vous avez formées. Exemple : ce film vous paraîtra moyen, car vous aviez lu des critiques négatives, etc. 

Chapitre 47 — L’illusion de contrôle

« L’erreur : Vous savez évaluer votre contrôle sur votre environnement.

La vérité : Vous croyez souvent avoir du contrôle sur des résultats qui sont en réalité ou aléatoires ou trop complexes pour être prévisibles. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 47)

C’est l’erreur du joueur, qui pense pouvoir déterminer en pensée le mouvement de la bille à la roulette. Vous croyez que cela ne vous arrive pas ? Détrompez-vous.

Nous avons tous l’impression, à certains moments de nos existences, de contrôler notre destinée. Nous pensons être aux manettes. Mais avons-nous bien conscience de toutes les choses qui pourraient nous arriver ?

Cela ne doit pas nous empêcher d’agir, bien sûr. Simplement, prévoyez une place… Pour l’imprévu. Cherchez à contrôler les petites choses, mais accueillez le hasard dans la globalité de votre existence.

Chapitre 48 — L’attribution fondamentale de l’erreur

« L’erreur : Le comportement des autres personnes est le reflet de leur personnalité.

La vérité : Le comportement des autres est plutôt le résultat des situations que de leurs dispositions. » (Vous n’êtes pas si malin, Ch. 48)

Lorsque nous ne savons pas grand-chose d’une personne, lorsque nous n’avons pas eu l’occasion de la connaître, nous avons tendance à en faire un personnage, une invention. 

Nous attribuons alors leurs comportements au personnage que nous avons créé, tout en nous formant une idée plus précise de sa personnalité (car nous pensons que son comportement est le reflet de sa personnalité).

Pourtant, nous commettons une erreur d’attribution fondamentale en croyant que les actions d’une personne découlent seulement de sa personnalité et n’ont rien à voir avec le contexte.

Cela se passe même avec les gens que nous côtoyons tous les jours et pensons bien connaître. 

Lorsque nous interprétons la froideur de notre conjoint comme une indifférence de sa part à nos désirs et à nos besoins, nous commettons peut-être une faute d’attribution de l’erreur. 

Pourquoi ? Car la réponse est peut-être tout autre : un stress lié au travail ou d’autres problèmes dont nous ne savons rien l’empêchent peut-être d’être pleinement attentif à nos besoins.

Conclusion sur "Vous n'êtes pas si malin" de David McRaney :

Ce qu'il faut retenir de "Vous n'êtes pas si malin" de David McRaney :

Eh oui, le cerveau est une machine complexe ; notre raison, loin d’être accessible, fonctionne à la manière d’une boîte noire. Nous pensons être raisonnables ou rationnels, mais nous sommes dirigés par des mécanismes et des habitudes inconscientes.

Et cela, peu importe que nous nous considérions comme peu ou très intelligents ! En fait, notre cerveau est préprogrammé pour se mentir à lui-même de façon assez régulière. 

La plupart du temps, il s’agit d’un mécanisme de survie, mais cela est parfois dû au fait que le cerveau n’est pas parfait.

Les travaux de psychologie et des sciences cognitives montrent que nous n’avons souvent aucune idée de la raison pour laquelle nous agissons comme nous le faisons, choisissons les choses que choisissons, ou pensons ce que nous pensons. 

Par contre, nous sommes devenus des as de la construction de récits, de petites histoires pour justifier nos actions ou nos décisions. Ces fictions s’appuient sur des biais cognitifs, des sophismes logiques ou encore des heuristiques. Il est bon de les connaître afin de ne pas tomber dans nos propres panneaux — ou dans la manipulation d'autrui.

Points forts :

Une introduction fort utile aux biais cognitifs ;

De nombreux exemples d'études scientifiques ;

Une écriture pédagogique et plutôt drôle ;

Des chapitres courts.

Points faibles : 

Quelques répétitions ;

Le livre n'est actuellement pas disponible en français !

Ma note :

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Mon, 11 Dec 2023 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12689/Vous-ntes-pas-si-malin
Se libérer de l’emprise émotionnelle http://www.olivier-roland.fr/items/view/12685/Se-librer-de-lemprise-motionnelle

Résumé de « Se libérer de l’emprise émotionnelle » de Sylvie Tenenbaum : un livre qui vous aidera à reprendre votre vie en main en vous aidant à repérer le phénomène d’emprise émotionnelle et à briser le cercle vicieux dans lequel il peut vous enfermer.

Par Sylvie Tenenbaum, 2023, 269 pages.

Chronique et résumé de « Se libérer de l’emprise émotionnelle » de Sylvie Tenenbaum

Introduction. L’emprise est banale

« L’emprise est banale. Sa force vient de cette banalité, de ce qui quotidiennement émousse notre regard, notre écoute, nos sensations vis-à-vis de tous les systèmes abusifs que nous pouvons regrouper sous le terme d’emprise. » (Saverio Tomasella et Barbara Ann Hubert, L’Emprise affective, cité dans Se libérer de l’emprise émotionnelle, Introduction)

L’emprise peut prendre plusieurs noms autour de nous :

Maltraitance ;

Violence physique ;

Violence psychologique ;

Domination ;

Sexisme ;

Etc.

Nous la retrouvons — comme nous allons le voir au chapitre 1 — dans toutes les sphères de la vie, depuis la famille jusqu’au milieu médical. Toutes les institutions sont concernées. 

Il en existe des formes plus ou moins complexes, qui vont des luttes de pouvoir explicites (relativement simples) aux supplices mentaux les plus subtils (et complexes).

Selon Sylvie Tenenbaum, nous pouvons même être notre propre bourreau. Nous avons, parfois, un « prédateur intérieur » qui nous maltraite et fait de notre monde comme le disait Oscar Wilde (cité par l’auteure), « un enfer ».

Sous ce phénomène, il y a une volonté de contrôle et de soumission. Pour les victimes, cette pression se traduit par une résignation et, dans les cas les plus graves, à la dépression ou aux tentatives de suicide.

Par la description des prédateurs et de leurs « types », nous pouvons aider à une prise de conscience. C’est ce que nous verrons au chapitre 2. Nous verrons que l’emprise s’immisce de façon inconsciente dans la relation, à partir de modes de communications dégradés et malsains.

Le chapitre 3, lui, se penchera sur la description des victimes et sur le traumatisme qu’elles subissent. Nous chercherons à comprendre les mécanismes qui les maintiennent dans le giron de ceux ou celles qui leur nuisent. 

Nous verrons enfin qu’il est possible — heureusement — de percevoir les signes de l’emprise et de s’en dégager (chapitre 4). Cet acte de libération ne se fait pas sans mal ni sans effort, mais il en vaut la peine.

« Il est possible de se retrouver soi-même dès lors que l’on dirige ses doutes et ses accusations sur le prédateur et non plus sur soi », dit l’auteure. Mais surtout :

« Notre vie nous appartient, ne donnons à personne un droit de regard sur nos pensées, la possibilité de nous dominer et de nous contrôler par la force, de nous voler notre existence. » (Se libérer de l’emprise émotionnelle, Introduction)

Chapitre 1. L’emprise dans tous ses états

L’emprise touche toutes les relations humaines. Elle consiste en une « effraction psychique » qui s’étend dans la durée et conduit à un rapport de domination toxique qui peut conduire à la destruction psychique du dominé. 

Au quotidien, l’emprise est faite de manipulations plus ou moins cachées, plus ou moins douces, et d’une série de stratégies visant à obtenir ou à renforcer l’influence perverse de l’un sur l’autre.

Ses effets peuvent être dévastateurs : perte d’estime de soi, de confiance en soi, érosion des fondements de l’identité. Depuis 2010, il existe un délit de violence psychologique dans la loi française. Les peines peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.

L’emprise en famille

Au sein de cette partie, nous pouvons dissocier différents types d’emprise en fonction de la relation qu’elle dégrade :

Parents — enfant ;

Couple ;

Autre relation (fraternelle, par exemple).

— L’emprise parentale 

L’emprise parentale est sans doute l’une des plus nocives qui soit, car elle s’enracine dès l’enfance et génère une profonde empreinte sur la personnalité.

Sylvie Tenenbaum fournit plusieurs exemples d’adultes en ayant souffert :

Marie, 45 ans, toujours ébranlée par les critiques de son père ;

Paul, 62 ans, incapable de se remettre des humiliations maternelles ;

Delphine, 33 ans, qui a été victime du syndrome de Münchhausen par procuration (SMPP) de sa mère (conduisant celle-ci à faire faire une foule d’examens médicaux sans raison à sa fille… au point de la rendre véritablement malade) ;

Frédéric, 44 ans, dont les deux parents étaient abusifs ;

Vincent, 40 ans, père de famille qui n’arrive pas à se dépêtrer de l’emprise de sa compagne et voit avec effroi sa fille subir le même sort (cas d’aliénation parentale) ;

Solène, 14 ans, qui s’est donné la mort à cause d’un cyberharcèlement qui impliquait sa famille.

L’enfant victime d’un prédateur (ou d’une prédatrice) ne peut se développer normalement. 

Il doit se suradapter constamment aux désidératas du parent dysfonctionnel, voire le prendre en charge en endossant le rôle d’un adulte. 

En revanche, il ne peut pas avoir d’exigence propre. La satisfaction de ses propres besoins est secondaire, voire refusée. En conséquence, il en vient souvent à les refouler plus ou moins complètement. 

Les violences, physiques et/ou mentales, accompagnent le mécanisme et le renforcent. L’une des formes les plus graves étant la maltraitance sexuelle et d’inceste. 

— L’emprise dans le couple

Ici encore, les témoignages ont la priorité :

Fabrice, 31 ans, se fait malmener par Laura, qui devient de plus en agressive ;

Brigitte, 46 ans, mariée avec deux enfants, a un mari qui la rejette ainsi que leurs enfants ;

Julien, 38 ans, est retenu financièrement par sa compagne, qui l’empêche de partir.

La personne persécutrice va jouer sur l’amour de l’autre pour le manipuler et parvenir à ses fins. En prodiguant tantôt caresse, tantôt écoute, elle croit pouvoir se donner le droit de devenir autoritaire et despotique. 

Et surtout, elle pense (souvent avec raison, malheureusement) que ces gestes ou cette empathie suffiront à faire oublier ses comportements toxiques.

— L’emprise entre membres d’une famille

D’autres cas sont possibles, bien sûr. Toutes les relations intrafamiliales sont potentiellement concernées. Voici encore quelques témoignages :

Asmita, 30 ans, abusée sexuellement par son oncle, puis par un autre membre de sa famille ;

Yasmina, 27 ans, humiliée de façon constante par son grand-père ;

Maud, 58 ans, malmenée par sa grande sœur et incapable d’obtenir l’amour de sa mère ;

Laurent, 31 ans, sous le joug de sa sœur ainée avec qui il vit depuis le décès de leurs parents.

N’oublions pas non plus les personnes âgées. Fragilisées, elles peuvent facilement devenir l’objet de mauvais traitements.

L’emprise en amitié

L’amitié est une relation d’égalité et d’affection entre deux personnes. Mais il arrive qu’elle se détraque et mène à l’emprise. Cela peut commencer par de la rivalité, voire de la compétition, et prendre un mauvais pli.

C’est ce dont rend compte Estelle, 42 ans, qui n’a pas réussi à se défaire de son lien avec Séverine, son amie d’enfance, alors que celle-ci ne cesse de la critiquer et de la diminuer.

L’emprise dans l’entreprise

L’emprise en entreprise prend souvent place entre un supérieur hiérarchique et un employé de rang inférieur. Mais pas seulement. Le harcèlement moral (mobbing) n’en est qu’une phase ; il peut mener à une réelle malveillance et même au renvoi de la personne sous emprise.

Voici quelques exemples :

Virginie, 34 ans, sous antidépresseurs et sous l’emprise de sa cheffe ;

Arnaud, 37 ans, subit le harcèlement répété d’une collègue, qui le prend pour son « homme à tout faire ».

L’emprise religieuse et politique

Les fanatismes de tout poil lient religion et politique. Leurs adeptes sont des persécuteurs en ce qu’ils cherchent à dominer autrui, c’est-à-dire à lui faire « rendre raison » à tout prix.

Sylvie Tenenbaum relate l’histoire des enfants de Tiam, une ville d’Irlande. Entre 1925 et 1961, des enfants nés hors mariage ont été maltraités par toute une communauté. Le scandale n’a éclaté qu’en 2014.

L’emprise sectaire

C’est l’un des phénomènes d’emprise les plus connus et étudiés. 

Selon la définition de l’Association de défense des familles et de l’individu (ADFI) reprise par l’auteure, une secte est « un groupe dans lequel on pratique une manipulation mentale qui entraîne : endoctrinement, contrôle de la pensée, viol psychique ».

L’entrée dans une secte se fait en plusieurs étapes (approche, séduction et persuasion). La technique d’amorçage donne une impression de liberté qui facilite l’adhésion. 

Ce n’est qu’ensuite, peu à peu, que les menaces plus ou moins voilées et la coercition entrent en jeu. 

L’emprise en psychothérapie

Nous pensons tout d’abord à « l’œuvre » de charlatans, plus avides que soucieux du bien d’autrui. Ceux qui cherchent à nous vendre « la » solution miracle à vos problèmes. 

Mais ce ne sont pas seulement eux. Des personnes convaincues de leur bien-fondé et manipulatrices peuvent nous prendre dans des raisonnements dangereux. 

À la suite de Guy Rouquet, créateur de Psychologie Vigilance, nous pouvons les appeler des « dérapeutes », autoproclamés psychothérapeutes, qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas.

Narcissiques, ils sont parfois convaincus qu’ils peuvent vous aider. Pourtant, ils sont incapables d’empathie réelle. Ce qu’ils aiment faire, c’est se prendre pour Dieu en vous promettant la guérison qu’ils sont incapables de vous donner.

Vous les trouverez généralement dans diverses disciplines farfelues, qui s’éloignent de toute rigueur scientifique. Eh oui, il est plus facile pour eux de se prétendre ceci ou cela que de faire l’effort réel de se former à des pratiques reconnues.

L’emprise médicale

Cela dit, de vrais médecins peuvent aussi nuire. Le risque zéro n’existe pas. La frontière entre charlatanisme et exercice sécurisé de la médecine n’est pas toujours bien tracée. Elle n’est pas non plus claire dans l’esprit de tout le monde.

« Qu’il s’agisse de psychothérapies ou de pratiques médicales douteuses, il est important d’insister sur les trop nombreuses impostures intellectuelles », rappelle Sylvie Tenenbaum. 

L’emprise du prédateur intérieur

Nous pouvons être nos pires ennemis. Cette voix intérieure qui nous oblige à agir de telle ou telle façon nous domine. Elle nous rabaisse aussi en nous convainquant que nous ne sommes pas à la hauteur. 

Si ces critiques ou ces ordres venaient d’un autre, nous ne les accepterions sans doute pas. Alors pourquoi nous laisserions-nous faire, lorsqu’il s’agit de nous-mêmes ? 

Cela n’arrive pas à tout le monde. Notre dialogue interne peut être plus apaisé. Toutefois, nous pouvons parler d’emprise du prédateur intérieur lorsque cette voix intérieure nous empêche manifestement d’aller là où nous le souhaitons et de mener à bien nos projets.

L’auteure rapporte le témoignage de Marie-Claude, 60 ans, qui a découvert au cours de sa psychothérapie qu’elle se faisait beaucoup de mal à elle-même. Son juge intérieur l’a « contrainte au culte du sacrifice pour les autres », dit-elle notamment.

Chapitre 2. Les prédateurs…

Il n’existe pas une seule forme de personnalité qui mène à l’emprise. Cette notion est large et s’applique à différents types de « prédateurs ». Nous allons donc faire un tour d’horizon de différentes personnalités problématiques, afin d’aider tout un chacun à mieux se repérer.

Portraits de prédateurs

Les portraits qui suivent avancent par ordre de gravité. Tous les « empreneurs » ou « empreneuses », comme les appelle Sylvie Tenenbaum, sont des manipulateurs. Par contre, ils ne sont pas tous des bourreaux. Seuls les pires le sont.

— Le manipulateur

Nous pouvons tous avoir des moments de manipulation, surtout quand nous sommes mal dans notre peau. Nous avons besoin d’affection et avons alors parfois tendance à manipuler, plus ou moins consciemment, notre entourage.

Mais rappelez-vous : le manipulateur « consommé » est celui qui vous nuit pour en tirer un profit déterminé. Et il sait très bien ce qu’il fait. Son besoin de l’autre est vital pour obtenir ce qu’il veut. Cependant, il avancera masqué.

Comme le remarque également Isabelle Nazare-Aga, l’autrice de Les manipulateurs sont parmi nous, les manipulateurs sont immatures affectivement, et compensent souvent un complexe d’infériorité par une volonté de domination. Ils sont dépendants d’autrui et se sentent vides sans la présence de l’autre.

Le manipulateur est très souvent égoïste ou égocentrique, même s’il sait faire mine d’écouter pour récolter des informations sur vous qui lui seront utiles ensuite. Il sait également se faire valoir et remarquer en société (manipulateur histrionique).

— Le manipulateur narcissique et le pervers

Le narcissique est un égocentrique qui a besoin d’être constamment valorisé, flatté, mis en avant. Il aime — et veut — que les autres l’admirent. 

Le pervers (à distinguer des perversions sexuelles) apprécie faire du tort à autrui, en le soumettant à « ses » propres lois, qui s’identifient à ses propres désirs. Il jouit de cet effet de tyrannie exercé sur autrui. Au fond, il n’aime personne : ni les autres ni lui-même.

— Le prédateur pervers narcissique

Il regroupe les traits du manipulateur narcissique et du pervers. Son but : se grandir. Ses moyens : vous humilier et, parfois, vous anéantir. Sylvie Tenenbaum vous propose une liste d’indicateurs pour vous protéger p. 98-99. 

Voici quelques traits trouvés dans la liste :

Le PN (pervers narcissique) vous vide de votre énergie ;

Il n’est jamais content ;

Le PN vous isole ;

Il joue le rôle de la victime ;

Il dit une chose et son contraire pour vous confondre ;

Etc.

Nous pouvons ici parler de bourreau dans la mesure où il « jouit (très consciemment) des tortures qu’il inflige ». 

— Le prédateur paranoïaque 

La personnalité paranoïaque va faire des inférences erronées, des déductions fausses. Elle doute, se sent trahie ; en fait, elle a peur et, pour se défendre, prend la fuite ou attaque. Elle est constamment en mode défensif.

Ce type de personnalité est sujet à la rancœur tenace et à la jalousie. Il fait payer aux autres ce qu’il pense être des injustices subies (peu importe que celles-ci soient ou non imaginaires).

L’auteure donne l’exemple d’un couple : Pierre et Solange. Cette dernière a vécu un enfer sous sa coupe (p. 107-108).

— Le prédateur psychopathe

Les psychopathes sont des malades mentaux qui peuvent aller très loin dans l’horreur. Sylvie Tenenbaum donne l’exemple de Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux. 

Ces personnes peuvent être très charismatiques. Mais au fond, elles sont profondément antisociales et dangereuses.

Les comportements du prédateur

Quels sont les procédés utilisés par ces « empreneurs » pour acquérir de l’emprise sur vous ? L’auteure analyse deux moyens : la séduction et la disqualification.

— La séduction

Le charme ne leur manque pas. Ils savent également s’exprimer avec aisance et montrer de l’assurance en eux-mêmes. Lorsque cela l’intéresse, il peut vous écouter aussi, nous l’avons déjà signalé. 

Il sait jouer la perfection, l’intensité, la complicité et l’insouciance. Il peut même se montrer généreux. Mais en fait, il ment et imite ; il joue plus qu’il n’est sincère. Et surtout, ces comportements ne sont pour lui qu’une manière de vous entraîner vers lui pour vous faire agir à ses fins.

Découvrez les autres caractéristiques de ces jeux de séduction p. 116-117. Pour l’auteure, le but de la séduction est de fasciner sa proie.

— La disqualification

Ce versant du comportement des prédateurs émotionnels est explicitement plus agressif. Ici, la personne va chercher à vous rabaisser par tous les moyens. 

De petites phrases peuvent très bien y parvenir, telles que :

« Là, tu es nulle, non ? »

« Tu fais n’importe quoi. »

« Tu t’es regardée ? »

« Non, tu ne penses pas ce que tu dis, non tu n’as pas envie de voir tes amis, etc. »

« Ma pauvre ! »

Etc.

Il est aussi le pro de la culpabilisation : « Regarde ce que tu m’as fait faire ! ». Voici l’une des phrases qui lui permet de rejeter la faute sur vous. 

Il fait du chantage affectif ou génère la zizanie et la confusion à son propre profit. Par exemple en parlant mal de quelqu’un devant vous, ou en parlant mal de vous à quelqu’un d’autre !

Une communication pervertie

La communication verbale et non verbale est le terrain privilégié de la malveillance. La personne prédatrice ne communique pas pour dire qui elle est ou ce qu’elle ressent, mais pour se montrer sous un jour qui lui convient et qui lui permettra d’affirmer sa supériorité. 

— Les armes verbales de l’ « impostueur »

Pour prendre le pouvoir sur votre psychisme, le prédateur va bien sûr chercher à utiliser la parole. 

Voici quelques techniques évoquées (plus en détail) dans le livre :

La persuasion à tout prix ;

Le mensonge ;

L’injonction paradoxale ;

Les faux bons conseils ;

La confusion ;

Le brouillage des niveaux de communication ;

Les phrases non terminées ;

L’excès de détails inutiles ;

Les silences agressifs ou inappropriés ;

Le cynisme et la dérision ;

La critique excessive de l’autre, des proches ;

Le pessimisme ;

Le désintérêt pour les propos d’autrui (voire le dénigrement) ;

Etc.

Ce type de personne peut également très bien ne pas tenir ses promesses et ne pas en avoir cure. La promesse lui sert à un moment X pour obtenir ce qu’il veut, puis il l’oublie aussi vite que sa dernière paire de chaussettes. Sa parole n’a pas de valeur.

Il sait aussi très bien jouer des rôles (cela va de pair avec le mensonge). Plusieurs « jeux » sont présentés :

Le larmoyant ;

Le fuyant ;

L’ordinateur ;

Les lectures de pensée ;

Le chantage ;

L’exagération ;

L’art d’avoir toujours raison.

— les armes non verbales

Les personnalités manipulatrices peuvent et savent souvent jouer des aspects non verbaux de la communication. 

Ils joueront l’indifférence ou moduleront leur voix pour vous faire comprendre qu’ils n’ont cure de ce que vous dites, par exemple… Ils peuvent aussi lever les yeux au ciel, bâiller, etc.

Autre attitude gênante et destructrice : leur imprévisibilité. Ils peuvent générer une tension à tout moment dans la conversation, de façon parfois presque imperceptible. 

Bien sûr, la violence fait également partie de leurs outils : bris de verre, jets divers, volonté de faire mal et surtout d’apeurer la personne qui lui fait face.

Chapitre 3. … Et leurs proies

Sylvie Tenenbaum affirme qu’il n’existe pas de « portrait type » de victime. Elle décide donc de se limiter à des témoignages de personnes qui sont tombées aux mains d’une secte, qui ont connu des violences de couple ou qui ont fait l’objet de maltraitance infantile.

Qui sont les victimes des prédateurs ?

Elle dresse néanmoins une liste de « points communs entre les victimes » qui offre la possibilité de s’orienter un peu. Pour retrouver ces traits de personnalités, rendez-vous p. 142-146.

Puis, l’auteure commence par évoquer le sort des enfants. Elle fait part de plusieurs histoires. Notamment, celle de :

Frédéric, 44 ans, qui « se réveille » après la mort de son père ;

Caroline, 40 ans, qui a reproduit avec son mari ce que sa mère lui faisait subir ;

Nicole, 63 ans, qui avoue ne pas « savoir vivre » ;

François, 51 ans, qui n’ose toujours pas avouer à ses parents qu’il va divorcer ;

Etc.

Sylvie Tenenbaum dresse également un tableau des symptômes des enfants sous emprise. Il y a, d’après sa présentation, une différence à faire selon que l’enfant a 7 ans ou moins. 

Voici les symptômes des enfants de moins de 7 ans :

Comportements modifiés et négatifs tels que tristesse, agitation ou repli sur soi ;

Trouble anxieux ;

Trouble du comportement alimentaire ;

Manifestations (par le jeu ou autre) de violence ;

Régressions dans le développement (au niveau de la propreté ou du langage, par exemple) ;

Psychosomatisations (douleurs corporelles) telles que des nausées, des migraines, etc.

Sur un plan plus théorique, il est utile d’analyser le mythe de la famille parfaite et de comprendre toute l’importance du rôle de l’amour pour les enfants. C’est pour eux une question de survie.

Si l’amour est conditionné à du chantage ou d’autres attitudes négatives, la construction de soi devient beaucoup plus difficile et toutes sortes de problèmes ou pathologies psychiques peuvent en découler.

L’auteure évoque enfin l’École de Palo Alto et son analyse systémique. Dans une famille, un individu peut devenir un « patient désigné », c’est-à-dire un être qui va jouer le rôle de thermostat ou de régulateur familial. 

Dans une famille dysfonctionnelle, l’enfant peut être amené à jouer ce rôle et il est très difficile de s’en défaire, même à l’âge adulte.

Comment devient-on adepte d’une secte ?

« Ils sont encore trop nombreux ceux qui subissent les ravages des sectes, malgré tous les drames médiatisés. Les personnes embrigadées ne sont pas moins intelligentes que vous et moi. » (Se libérer de l’emprise émotionnelle, Ch. 3)

Selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (la Miviludes), il existe trois types de victimes de secte :

Tout d’abord, les adeptes eux-mêmes, qui ne reconnaissent pas leur statut de victime, car ils sont fascinés par le gourou et pris dans la communauté ;

Ensuite, les anciens adeptes qui demeurent fragiles de longues années après leur endoctrinement et craignent parfois des représailles ;

Enfin, les familles des victimes elles-mêmes, qui se sentent démunies et perdues face à ce phénomène.

L’endoctrinement à une secte fonctionne selon le principe de soumission à l’autorité. Sylvie Tenenbaum rappelle la célèbre expérience de Stanley Milgram. 

Celui-ci montra dans les années 1960 qu’un grand pourcentage de personnes (90 %) était susceptible de se soumettre à l’obéissance d’un tiers autoritaire sans exposer de résistance, même quand cette obéissance pouvait entraîner un mal pour autrui.

Tout au long du chapitre (et même du livre), l’auteure prend aussi l’exemple du film La secte de Waco (réalisé par Dick Lowry, sorti en 1993). Dans ce film, un faux prophète du nom de David fait preuve d’un grand pouvoir de séduction pour convaincre des personnes — et notamment Jason — de le rejoindre. Pour ce faire, il lui promet qu’il trouvera dans la communauté la famille aimante qu’il n’a jamais eue.

L’enfer au cœur de l’alcôve

Venons-en aux relations de couple. Ici encore, il n’y a pas de profil type. La vie amoureuse peut prendre une tournure inattendue sans que nous y soyons préparés ou « prédestinés ». 

Or, une fois à l’intérieur d’une relation toxique, il peut être très difficile d’en sortir. La violence psychique et/ou physique conduit à la solitude, à la soumission totale et à l’adaptation aux désirs d’autrui.

Les victimes peuvent connaître les symptômes suivants :

Une profonde souffrance psychique et affective ;

Des conduites addictives ;

Un état de sidération ;

Des difficultés à communiquer ;

Une baisse d’énergie ;

Un affaiblissement de l’estime de soi ;

De la somatisation ;

Etc. 

Attention : ces symptômes (dont la liste est plus longue) ne sont pas tous visibles chez les victimes et peuvent avoir des intensités variables.

Souvent, les victimes conservent également l’espoir que les choses finiront par s’arranger et que la personne maltraitante redeviendra gentille, censée. Cet espoir est lié à une peur de l’abandon et de la solitude.

Pour ne rien arranger, les victimes sont régulièrement dans le déni et sous l’illusion du biais de confirmation. Elles sélectionnent les faits qui les arrangent et oblitèrent les autres. Pour plus d’informations sur ce type de biais, lisez Système 1 / Système 2 de Daniel Kahneman.

À l’inverse, cela peut aussi arriver aux proches. Ceux-ci peuvent croire le manipulateur davantage que la victime. Également pris dans les filets rhétoriques de la personne prédatrice, ils utiliseront les faits qu’ils connaissent pour mettre en doute la parole de celui ou celle qui souffre.

Par exemple :

« Elle est vraiment agréable, je l’ai vue récemment, tu as de la chance de l’avoir rencontrée. »

« C’est l’homme le plus gentil que je connaisse. »

Il n’est alors vraiment pas facile de s’en sortir. Et il peut être complexe de prouver les maltraitantes vécues.

« Comme les victimes, les prédateurs ont souvent une faille narcissique qu’ils repèrent très vite car ils la reconnaissent : c’est par là qu’ils entrent pour en prendre possession (…). Ainsi un prédateur saura repérer une personne dépendante qui se sentira en sécurité devant son assurance. La séduction s’opère déjà à cet instant : chacun répondant au désir/besoin de l’autre. La suite est prévisible : le jeu de dupes peut s’installer, l’un ne pensant qu’à donner, l’autre à prendre et à assurer son ascendant. » (Se libérer de l’emprise relationnelle, Ch. 3)

Vous pourrez découvrir plusieurs témoignages en fin de chapitre :

Arthur, 35 ans, qui ne peut s’occuper de ses enfants sans subir les foudres de sa femme ;

Daniel, 45 ans, dont la relation amoureuse difficile a déteint sur son travail ;

Pascale, 36 ans, qui fait les frais professionnels d’un refus de relation avec un collègue ;

Françoise, 60 ans, étouffée par l’amour et le culte maternels.

Chapitre 4. En finir avec l’emprise

Les chapitres précédents ont permis de se familiariser avec les mécanismes de l’emprise. Il ne s’agit pas de dire que « cela se passe partout ». Au contraire, il est important de pouvoir discerner les relations qui sont nocives et toxiques de celles qui ne le sont pas.

Nous avons également vu que le changement est difficile. Il l’est pour la victime, qui peut vivre dans le déni ou rester fascinée par la personne dominatrice. Mais il l’est surtout pour le manipulateur lui-même qui, à vrai dire, aurait trop à y perdre.

Dans ces circonstances, une solution s’impose : ne plus chercher à faire vivre ce lien néfaste. Si cela vous arrive, vous devez fuir et vous reconstruire.

Éviter de devenir une victime

Mais avant d’en arriver là, vous pourriez — et devriez — ouvrir l’œil. Nous avons vu que ce type de relation dysfonctionnelle peut apparaître dans bien des secteurs de la vie personnelle et professionnelle.

Il est donc particulièrement important de cultiver son esprit critique. Soyez particulièrement vigilant lorsqu’un médecin, officiel ou non, vous promet monts et merveilles en matière de guérison. 

Agissez de même avec des professionnels de la relation tels que les coachs. Le coaching de vie, par exemple, peut être d’une grande aide. Cependant, il y a, comme partout, des charlatans.

Voici 4 bonnes pratiques pour éviter la crédulité face à ce type de situation :

De préférence, optez pour un professionnel reconnu, dont vous pouvez vérifier les références ;

Si possible, ne participez pas à de longs séminaires (plus d’une journée) si vous ne connaissez pas les animateurs ;

Ne faites pas confiance aux personnes qui vous assurent que vous pouvez, comme eux, devenir professionnel « en X » après quelques heures seulement de formation ;

De façon générale, prenez toujours des renseignements (et pourquoi pas des avis complémentaires) avant tout engagement.

Dans les relations interpersonnelles, il est capital d’apprendre à reconnaître une personne sous emprise, mais aussi repérer le phénomène d’emprise sur vous-même et, bien sûr, à reconnaître les comportements toxiques d’autrui. 

En plus des chapitres précédents, Sylvie Tenenbaum propose quelques listes d’attitudes à tenir à l’œil (comme elles répètent partiellement le propos, nous ne les reproduisons pas ici. Vous pouvez consultez p. 195-201).

L’auteure propose également une liste de stratégies à éviter, car elles risqueraient d’approfondir l’emprise. Les voici :

Perdre son sang-froid ;

Lutter verbalement ;

Faire preuve d’empathie ;

Faire la leçon ;

Être encore plus dévoué ;

Vouloir comprendre à tout prix ;

Baisser les bras.

À la place, vous aurez plutôt intérêt à :

Noter précisément ce que vous subissez ;

Rechercher des personnes de confiance ;

Refuser de vous justifier ;

Savoir dire non ;

Etc. (plus de stratégies p. 215-216).

Sortir de l’emprise

Cela demandera de l’effort et engendrera, peut-être, de la tristesse. Mais n’oubliez pas que vous le faites pour vous sauver vous-même.

Le premier pas consiste souvent à avertir un proche et/ou à accepter l’aide qui est proposée. Cela signifie que vous avez déjà pris conscience et êtes sorti du déni.

Au travail, mieux vaut agir rapidement. Si vous avez pris des notes, que vous avez des témoins et des preuves (tels que des mails envoyés), ces documents vous seront très utiles — que vous décidiez de porter l’affaire devant la justice ou non (vous pouvez vous contenter d’une menace).

Deux cas nous montrent l’importance de parler rapidement :

Virginie, 34 ans, a eu le courage de solliciter le médecin du travail et sa DRH ;

Arnaud, 37 ans, a parlé de sa relation difficile avec sa collègue auprès de sa famille, qui l’a aidé à entamer des démarches officielles.

Bien sûr, si vous ne voyez pas vers qui vous tourner directement autour de vous, vous pouvez aussi vous adresser à des organismes spécialisés, tels que :

Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) ;

Violences conjugales ;

Institut de victimologie ;

Association de défense contre le harcèlement moral (ADCHM) ;

Miviludes ;

Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (UNADFI) ;

Maltraitance des enfants et des mineurs (composez le 119) ;

La police (appel 17 ou 112) ;

Violence Femmes Info (appelez le 3919) ;

SOS anti-manipulateurs ;

Etc.

Se reconstruire

Décider de s’aimer soi-même ; considérer que commencer à vivre est mieux, que c'est un devoir envers soi-même. Voilà de profonds changements d’attitude, préludes à la libération.

« Si l’on ne met pas tout en œuvre pour parvenir à vivre mieux, en prendre la décision n’est pas suffisant. Quelle que soit la situation d’emprise vécue, il est fondamental de se sentir soutenu, guidé. C’est le rôle des proches, avec l’aide du thérapeute (pas un coach, donc ce n’est pas le métier). » (Se libérer de l’emprise émotionnelle, Ch. 4)

Parfois, vivre auprès de ses proches durant une durée déterminée pourra aider à « sortir de la terreur », surtout si des risques de représailles sont probables.

Le thérapeute aidera en posant des questions claires et en faisant preuve de patience. Il aidera le patient à sortir de sa pudeur et de la minimisation, voire du déni ou de la mémoire traumatique. 

Parfois, le travail psychologique devra aller creuser dans l’enfance pour trouver la trace d’anciennes relations toxiques. Cet exercice aidera le patient à sortir plus durablement de l’emprise plus récente.

Ici encore, quelques témoignages sont mis en avant par Sylvie Tenenbaum :

Océane, 40 ans, a fait un long travail pour comprendre pourquoi elle avait entretenu une relation toxique avec son mari et comment en sortir ;

Anastasia, 47 ans, éprouve des difficultés à se séparer de son compagnon, mais elle sait que c’est le seul véritable choix possible ; 

Fabrice, 31 ans, s’est senti profondément trahi par Laura — et pourtant, elle lui manque encore. Mais il est bien décidé à changer de vie et à se prendre en main.

Ces exemples montrent que « le processus d’emprise peut psychiquement perdurer après la sortie de la relation ». Pour Sylvie Tennebaum, qui s’oppose ici à l’avis d’autres thérapeutes, le pardon ne peut aider à mettre fin à ces réminiscences. Au contraire : ce serait comme une double peine pour la victime.

Comme il ne peut généralement rester seul très longtemps, l’ « empreneur » aura souvent retrouvé quelqu’un d’autre rapidement. Quand cela arrive, c’est une chance pour l’ex-victime, car cela lui évite le risque de « rechute ».

Dernier point : comment sortir de l’emprise du prédateur intérieur ? Nous parlons ici d’une figure d’autorité qui veut faire la loi dans notre tête et réguler nos moindres faits et gestes.

Selon l’auteure, « suivre son intuition, ses antennes, peu importe le nom, est l’antidote ». Votre instinct est votre meilleur guide pour vous y opposer.

Peu à peu, vous gagnerez en force en ne lui répondant plus par la positive. Il ne disparaîtra sans doute jamais complètement, mais il se fera plus faible à mesure que vous aurez retrouvé votre « fil rouge » intérieur.

Conclusion. L’emprise n’est pas une fatalité

Sortir d’une situation d’emprise est un acte de résilience. 

« Les ailes brisées se réparent : recouvrer l’idée de sa dignité autorise la sortie de la cage. Car il ne s’agit pas d’abandonner un abri sûr, un amour sincère, une amitié loyale, une relation de qualité, mais des illusions. Il faut savoir laisser derrière soi ce qui fait souffrir. » (Se libérer de l’emprise émotionnelle, Conclusion)

Se défaire du joug de l’emprise est un geste de libération existentielle. Une fois réalisé, ce geste vous redonne les clés de votre vie. Vous pouvez enfin vous demander le sens que vous voulez lui donner et œuvrer librement à reconstruire votre existence.

Conclusion sur « Se libérer de l’emprise émotionnelle » de Sylvie Tenenbaum :

Ce qu’il faut retenir de « Se libérer de l’emprise émotionnelle » de Sylvie Tenenbaum :

Ce livre aide à se souvenir de plusieurs choses :

Nous pouvons tous « tomber » sous l’emprise d’un manipulateur ;

Il convient d’être prudent, à la fois dans les domaines de la vie professionnelle et personnelle ;

Heureusement, nous pouvons repérer certains traits afin de reconnaître les personnes nocives ;

Et nous pouvons également rester attentifs aux victimes et à leurs symptômes, afin de les aider si nécessaire ;

La sortie de l’emprise est un processus souvent long et difficile ;

Mais ce n’est pas une fatalité — Il est possible de se protéger et de retrouver sa liberté !

Points forts :

Une présentation soignée et claire ;

De nombreux témoignages de patients ;

Une explication simple des concepts issus de la psychologie ;

Des listes de traits caractéristiques ou de symptômes.

Point faible :

Je n’en ai pas trouvé.

Ma note :

★★★★★

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Résumé de « L’intelligence émotionnelle 2 — Cultiver ses émotions pour s’épanouir dans son travail » de Daniel Goleman : un best-seller qui utilise les principaux résultats des études sur l’intelligence émotionnelle (notamment publiées dans le Tome 1) pour les appliquer au monde du travail et chercher de nouvelles voies pour améliorer le bien-être et la performance en situation professionnelle. 

Par Daniel Goleman, 1999, 383 pages.

Titre original : « Working With Emotional Intelligence » (1998)

Vous ne connaissez pas encore cet auteur ou le concept ? Alors, commencez par lire L'intelligence émotionnelle Tome1 !

Chronique et résumé de « L’intelligence émotionnelle 2 — Cultiver ses émotions pour s’épanouir dans son travail » de Daniel Goleman

Partie 1 — Intelligence Émotionnelle 2 : Au-delà de l’expertise

Chapitre 1 — Le nouvel étalon

Les règles du travail changent. Nous sommes jugés par une nouvelle mesure : non plus seulement par notre intelligence ou par notre formation et notre expertise, mais aussi par la façon dont nous nous traitons les uns les autres. 

Ce critère est de plus en plus utilisé :

Lors de l’embauche de nouvelles recrues dans une entreprise ;

Ou lorsqu’un dirigeant décide de se séparer de ses collaborateurs ;

Ou bien encore quand il est question d’attribuer ou non une promotion. 

De nombreuses recherches permettent d’établir des règles pour connaître et prévoir les performances des meilleurs collaborateurs (ceux que Daniel Goleman nomme les « star performers »). 

Quel que soit le domaine dans lequel vous travailliez ou vouliez travailler, il est donc utile d’apprendre ces nouvelles règles afin d’en tirer profit pour votre carrière ou votre avenir professionnel.

Les nouvelles normes

En fait, les nouvelles normes n’ont pas grand-chose à voir avec ce que nous apprenons à l’école ; oubliez ici les compétences scolaires et les réussites académiques !

Au contraire, ce nouveau type d’évaluation tient pour acquis que vous avez suffisamment de capacités intellectuelles et de savoir-faire technique pour faire votre travail. 

Mais alors, quel est le point important ? Eh bien, elle se concentre plutôt sur les qualités personnelles, telles que l’initiative et l’empathie, l’adaptabilité ou encore la persuasion. 

La recherche contemporaine en psychologie nous permet de savoir quelles sont les qualités essentielles à développer pour réussir professionnellement — et au-delà. 

Elle nous apprend aussi à manier ces ingrédients de l’excellence au travail pour améliorer notre capacité à la direction — c’est-à-dire notre leadership.

Historiquement, plusieurs noms ont été donnés à ces qualités : le « caractère » ou la « personnalité ». Plus récemment, certains les ont appelés soft skills ou compétences générales/transversales, ou encore « talents humains ». 

Daniel Goleman propose une nouvelle appellation pour unir toutes ces facettes : celle d’intelligence émotionnelle.

Chapitre 2 — Les compétences des meilleurs 

Il n’y a pas d’opposition entre compétences en intelligence émotionnelle et compétences cognitives, mais plutôt « synergie » (renforcement commun). D’ailleurs, les plus performants possèdent les deux à un haut niveau. 

Plus le travail est complexe, plus l’intelligence émotionnelle est importante — ne serait-ce que parce qu’une déficience de ces capacités peut entraver l’utilisation de l’expertise technique ou de l’intellect d’un être.

Daniel Goleman prend exemple : un cadre qui est embauché pour diriger une entreprise familiale à succès. C’est le premier président de l’entreprise qui vient de l’extérieur de l’entreprise. 

Peu après son embauche, un chercheur utilise une méthode d’entretien pour évaluer la capacité du nouveau cadre à gérer la complexité cognitive, et détermine que sa capacité est la plus élevée — un « niveau 6″, autrement dit quelqu’un de suffisamment intelligent pour pouvoir être, théoriquement, PDG d’une entreprise mondiale ou dirigeant d’un pays. 

Au cours de l’entrevue, la conversation se dirige vers la raison pour laquelle il a dû quitter son emploi précédent. Or, il se trouve qu’il avait été licencié parce qu’il n’avait pas réussi à faire face à ses subordonnés. 

Voici ce que raconte le chercheur ayant mené l’étude :

« C’était un déclencheur émotionnel pour lui. Son visage est devenu rouge et rouge, il a commencé à agiter les mains — il était clairement agité. Il s’est avéré que son nouveau patron — le propriétaire de l’entreprise — l’avait critiqué ce matin-là pour la même chose, et il a continué à dire à quel point il était difficile pour lui de faire des remontrances à des employés peu performants, surtout lorsqu’ils étaient dans l’entreprise depuis longtemps. (…) Alors qu’il était si contrarié, sa capacité à gérer la complexité cognitive — à la raison — s’est effondrée. » (L'intelligence émotionnelle 2, Chapitre 2)

Que faut-il en retenir ? Que les émotions incontrôlables peuvent rendre les gens intelligents stupides ! 

Ou comme l’a déclaré Doug Lennick, vice-président chez American Express Financial Advisors :

« Les aptitudes dont vous avez besoin pour réussir commencent par la puissance intellectuelle — mais les gens ont aussi besoin de talents émotionnels pour obtenir le plein potentiel de leurs talents. La raison pour laquelle vous n’obtenez pas le plein potentiel des gens est l’incompétence émotionnelle. » (L'intelligence émotionnelle 2, Chapitre 3)

Le cadre de la compétence émotionnelle

Le grand fossé des compétences se situe entre l’esprit et le cœur ou, plus techniquement, entre la cognition et l’émotion. 

Certaines compétences sont purement cognitives, telles que le raisonnement analytique ou l’expertise technique. 

D’autres combinent la pensée et le sentiment ; on peut appeler ces « compétences émotionnelles ».

Une compétence émotionnelle est une capacité apprise basée sur l’intelligence émotionnelle qui se traduit par une performance exceptionnelle au travail. Il y a de nombreux chemins vers l’excellence. 

Compétences personnelles

Il existe 25 compétences émotionnelles de base qui se divisent en 5 catégories. 

Les 3 premières catégories contiennent des compétences personnelles, qui déterminent la façon dont nous nous gérons :

Conscience de soi : connaître ses états internes, ses préférences, ses ressources et ses intuitions. Les compétences de conscience de soi comprennent la conscience émotionnelle, l’auto-évaluation précise et la confiance en soi.

Autorégulation : gérer ses états internes, ses impulsions et ses ressources. Cette catégorie comprend la maîtrise de soi, la fiabilité, la conscience, l’adaptabilité et l’innovation.

Motivation : tendances émotionnelles qui guident ou facilitent l’atteinte des objectifs. Les compétences en matière de motivation comprennent la motivation, l’engagement, l’initiative et l’optimisme.

Compétences sociales

Les deux dernières catégories contiennent des compétences sociales, qui déterminent la façon dont nous gérons les relations : 

Empathie : Prise de conscience des sentiments, des besoins et des préoccupations des autres. Les compétences en matière d’empathie comprennent la compréhension des autres, le développement des autres, une orientation vers le service, l’exploitation de la diversité et de la conscience politique.

Aptitudes sociales : aptitude à induire des réponses souhaitables chez les autres. Cette catégorie comprend l’influence, la communication, la gestion des conflits, le leadership, le catalyseur de changement, la création de liens, la collaboration et la coopération, et les capacités d’équipe.

Chapitre 3 — Vive les compétences douces

Une étude citée par l’auteur évalue l’importance des compétences émotionnelles pour les postes de cadres et de direction dans les entreprises. La recherche est menée auprès de15 entreprises mondiales — dont IBM, Pepsico et Volvo — et les résultats ont été époustouflants.

Une seule capacité cognitive distingue les stars performers de la moyenne : la reconnaissance des modèles, à savoir la pensée « vue d’ensemble » qui permet aux dirigeants de synthétiser efficacement une foule d’informations et d’anticiper avec succès les tendances. Mais à cette exception près, la supériorité intellectuelle ou technique n’a joué aucun rôle dans le succès du leadership. 

Au plus haut niveau de la direction, tout le monde a besoin de compétences cognitives, dans une certaine mesure, mais être le meilleur — techniquement parlant — dans leur domaine ne fait pas d’eux un cadre ou un dirigeant hors pair.

C’est plutôt la compétence émotionnelle qui fait la différence cruciale entre les dirigeants médiocres et ceux qui sont excellents. 

Les star performers montrent de plus grandes forces au niveau des compétences émotionnelles, parmi lesquelles :

L’influence ;

Le leadership d’équipe ;

La conscience politique ;

La confiance en soi ;

La motivation pour la réussite. 

En moyenne, près de 90 % de leur succès en leadership était attribuable à l’intelligence émotionnelle.

En résumé : quel que soit le domaine considéré, la performance des cadres et des dirigeants dépend d’abord et avant tout des compétences émotionnelles. Pour exceller dans ces positions, elles sont indispensables.

Partie 2 — Intelligence Emotionnelle 2 : La maîtrise de soi

Chapitre 4 — Le gouvernail intérieur

La capacité à lire dans les sentiments d’autrui (et en soi-même) a des racines évolutives gravées dans l’histoire de l’espèce. 

Les zones du cerveau impliquées dans ces « intuitions » sont en fait beaucoup plus anciennes que les minces couches du néocortex, qui sont les centres de la pensée rationnelle qui se trouvent au sommet du crâne.

Ces sentiments « instinctifs » font partie des centres émotionnels qui se trouvent physiquement dans la partie supérieure de la moelle épinière et en particulier dans l’amygdale, une structure en forme d’amande composée de nombreux circuits neuronaux. 

Ce réseau complet, parfois appelé « amygdale étendue », s’étend jusqu’au centre d’exécution des tâches du cerveau caché au sein des lobes préfrontaux, juste derrière le front.

Le cerveau stocke différents aspects d’une expérience dans différentes zones — l’origine d’un souvenir est codée dans une zone, les images, les sons et les odeurs dans d’autres zones, et ainsi de suite. 

L’amygdale est le lieu où les émotions provoquées par ou associées à une expérience sont stockées. Chaque expérience à laquelle nous associons une réaction émotionnelle, aussi subtile soit-elle, sera « codée » dans l’amygdale.

Pour aller plus loin sur ce thème et avoir un point de vue opposé sur le rôle de l'amygdale, voir Le Bug humain.

La source des impressions

En tant que « base de données » contenant tout ce que nous ressentons au sujet de tout ce que nous vivons, l’amygdale nous fournit de nombreuses informations quand nous en avons besoin. 

Chaque fois que nous avons une préférence de quelque nature que ce soit — que ce soit pour commander du risotto plutôt que le bar spécial — ou un sentiment intérieur — par exemple si nous pensons intuitivement que nous devrions prendre ce billet d’avion —, c’est un message de l’amygdale. 

Grâce aux circuits qui sont « branchés » à l’amygdale, et en particulier les voies nerveuses qui courent de l’amygdale jusque dans les viscères, nous pouvons avoir une réponse somatique. 

Autrement dit, nous pouvons sentir, dans notre corps même, les choix auxquels nous sommes confrontés. L’intuition se sent physiquement dans l’estomac ou dans notre « for intérieur ».

Or Daniel Goleman nous donne une bonne nouvelle : cette capacité, dit-il, peut se renforcer avec l’accumulation d’expériences que la vie nous apporte. Le terme classique pour ce renforcement de notre sensibilité directrice est sagesse. 

Comme vous le savez sans doute, les gens qui ignorent ou négligent les messages de ce dépôt de la sagesse de la vie le font à leurs périls.

Conscience de soi — Compétences 

L’intuition ou ce sentiment intime et profond (que les anglophones nomment « gut feelings » c’est-à-dire, littéralement, « sentiments intestinaux ») utilise ce réservoir interne de mémoire émotionnelle caché dans notre amygdale. 

Cette capacité à sentir ce qui se passe en nous est au cœur de la conscience de soi, et celle-ci est la compétence de base vitale pour 3 autres compétences émotionnelles, plus précises :

Conscience émotionnelle : la reconnaissance de la façon dont nos émotions affectent notre performance et la capacité d’utiliser nos valeurs pour guider la prise de décision. 

Auto-évaluation précise : une idée franche de nos forces et de nos limites personnelles, une vision claire de l’endroit où nous devons nous améliorer et la capacité d’apprendre de l’expérience.

Confiance en soi : le courage qui vient de la certitude de nos capacités, de nos valeurs et de nos objectifs.

Chapitre 5 — Le self-control

La conclusion la plus frappante des études sur le cerveau de personnes stressées est que le cerveau émotionnel peut saper le fonctionnement du centre exécutif du cerveau, c’est-à-dire les lobes préfrontaux, situés juste derrière le front. 

La zone préfrontale est le site de la « mémoire de travail », la capacité à prêter attention et à garder à l’esprit toute information qui est importante. La mémoire de travail est vitale pour :

La compréhension ; 

L’analyse ;

La planification ;

La prise de décision ;

Le raisonnement ;

L’apprentissage.

Lorsque l’esprit revient au calme, la mémoire de travail fonctionne mieux. Mais lorsqu’il fait face à une urgence, le cerveau se protège. Ce faisant, il « vole » les ressources de la mémoire de travail et les dirige vers d’autres sites cérébraux afin de garder les sens en alerte. En d’autres termes, il se met en mode « survie ».

Lors d’une situation de stress, le cerveau s’appuie donc sur des routines et des réponses simples et très familières. Il met de côté la pensée complexe, la perspicacité créative et la planification à long terme. L’accent est mis sur le présent à gérer ou sur la crise du moment. 

Ce fonctionnement est vieux de plusieurs millions d’années ! Mais nous continuons à en faire l’expérience aujourd’hui sous la forme d’émotions troublantes, telles que : 

Les soucis ;

L’anxiété ;

La panique ;

Les sentiments de frustration et d’irritation ;

La colère, voire la rage.

Gérer les émotions

La notion de maîtrise de soi émotionnelle ne signifie pas nier ou réprimer ses sentiments réels. En fait, même nos « mauvaises » humeurs ont leur utilité, d’un point de vue biologique.

La colère, la tristesse et la peur peuvent devenir des sources de créativité, d’énergie et de connectivité :

La colère peut être une source intense de motivation, en particulier lorsqu’elle découle de l’envie de redresser une injustice ou une iniquité. 

La tristesse partagée peut tisser les gens ensemble. 

L’urgence née de l’anxiété — si elle n’est pas écrasante — peut propulser l’esprit créatif.

Mais attention ! La maîtrise de soi émotionnelle ne signifie pas « surcontrôle », c’est-à-dire l’étouffement de tous les sentiments et de toute spontanéité. En fait, il y a un coût physique et mental à cette forme de contrainte excessive. 

Les personnes qui étouffent leurs sentiments, et en particulier les sentiments négatifs forts, augmentent leur tension et leur fréquence cardiaque. 

Lorsqu’un tel « couvercle émotionnel » est placé sur les sentiments de façon chronique, celui-ci peut altérer les performances intellectuelles et diminuer la fluidité des interactions sociales. Tout devient alors très compliqué ! 

Par contraste, la compétence émotionnelle implique d’avoir le choix de la façon dont nous exprimons nos sentiments. 

Dans des contextes de travail multiculturels, avec de nombreuses sensibilités différentes, il est particulièrement important de savoir contrôler ses émotions. Une sagesse que les stoïques nous apprenaient déjà…

L’autorégulation — Compétences 

L’autorégulation est la gestion des impulsions ainsi que des sentiments de détresse. 

Elle dépend du fonctionnement des centres émotionnels en tandem avec les centres exécutifs du cerveau dans les domaines préfrontaliers. 

Ces deux compétences primordiales — gérer les impulsions et faire face aux bouleversements — sont au cœur de 5 compétences émotionnelles plus particulières :

Maîtrise de soi : gérer efficacement les émotions et les impulsions perturbatrices.

Fiabilité : faire preuve d’honnêteté et d’intégrité.

Conscience : fiabilité et responsabilité dans l’exécution des obligations.

Adaptabilité : Flexibilité dans la gestion du changement et des défis.

Innovation : être ouvert à de nouvelles idées, approches et nouvelles informations.

Chapitre 6 — Ce qui nous meut 

Les gens qui trouvent leur travail exaltant donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Le Flow 

La clé de cette exaltation n’est pas la tâche elle-même, mais l’état d’esprit spécial créé pendant que nous travaillons, un état appelé « flux » (‘flow “en anglais). Celui-ci pousse les gens à faire de leur mieux, quel que soit le travail qu’ils font.

Cet état s’épanouit lorsque nos compétences sont pleinement engagées — par exemple par un projet de travail qui nous stimule et nous plaît. Le défi nous absorbe tellement que nous ne pensons plus au temps et nous devenons hyperconcentrés. 

Dans cet état, nous semblons tout gérer sans effort et nous nous adaptons avec agilité. Le flux est lui-même un état de plaisir ; c’est pourquoi c’est le facteur de motivation ultime. 

Les activités que nous aimons nous attirent parce que nous entrons dans le flux au fur et à mesure que nous les poursuivons. Lorsque nous travaillons dans cet état, la motivation est intégrée et le travail devient un plaisir en soi.

Le « flow » offre une alternative radicale aux idées largement répandues sur ce qui motive les gens au travail. 

Bien sûr, cela ne signifie pas pour autant que les incitations n’ont pas d’importance. Il y a de la valeur dans les critiques et les promotions, ou encore les primes. Mais les facteurs de motivation externes ne sont pas les plus puissants et ne sont pas suffisants.

Daniel Goleman rapporte une expérience : lorsque des scientifiques demandent de tenir un journal d’activité à des employés pour noter ce qu’ils ressentent, il ressort clairement de cette étude que le bien-être ressenti est lié au plaisir pris à la tâche. 

Les incitations traditionnelles passent donc à côté de l’essentiel lorsqu’il s’agit d’amener les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes. Pour atteindre ce niveau, les gens doivent aimer ce qu’ils font et trouver du plaisir à le faire.

Motivation — Compétences 

3 compétences de motivation caractérisent les stars performers : 

Motivation pour les réalisations : s’efforcer d’améliorer ou atteindre un niveau d’excellence.

Engagement : adopter la vision et les objectifs de l’organisation ou du groupe.

Initiative et optimisme : saisir les opportunités et être capable de résilience.

Partie 3 — Intelligence Émotionnelle 2 : Les compétences sociales

Chapitre 7 — Le radar social

Sentir ce que les autres ressentent sans le dire, voilà l’essence de l’empathie. Les personnes nous disent rarement avec des mots ce qu’ils ressentent ; au lieu de cela, ils nous l’indiquent dans le ton de leur voix, dans leur expression faciale et via d’autres expressions non verbales. 

La capacité à détecter ces signaux subtils s’appuie sur des compétences plus élémentaires, en particulier la conscience de soi et la maîtrise de soi. 

En effet, sans la capacité de sentir nos propres sentiments — ou les empêcher de nous submerger — nous serions désespérément hors de contact avec les humeurs des autres.

L’empathie est notre radar social. En l’absence d’une telle sensibilité, les gens sont « absents ». Être émotionnellement sourd conduit à la maladresse sociale, que ce soit à travers une mauvaise interprétation des sentiments d’autrui ou par un manque de tact. 

L’empathie nécessite d’être capable de lire les émotions d’autrui. À un niveau supérieur, elle implique de détecter et de répondre aux préoccupations ou aux sentiments tacites d’une personne. 

Au plus haut niveau, l’empathie consiste à comprendre les problèmes ou les préoccupations qui se cachent derrière les sentiments d’autrui.

Empathie — Compétences 

L’empathie représente la compétence de base pour toutes les compétences sociales importantes dans le milieu professionnel. 

Il s’agit notamment de :

Comprendre les autres : sentir les sentiments et les points de vue des autres et s’intéresser activement à leurs préoccupations. 

Être orienté « service » : anticiper, reconnaître et répondre aux besoins des clients. 

Tirer parti de la diversité : cultiver les opportunités en rencontrant des personnes différentes. 

Être sensibilisé politiquement : être capable de « décoder » les courants politiques et sociaux au sein d’une organisation.

Chapitre 8 — L’art de l’influence 

Influencer l’état émotionnel d’une autre personne est parfaitement naturel ; nous le faisons constamment, soit en « atténuant » soit en « augmentant » les émotions des autres. Ces influences réciproques sont une sorte de virus social qui s’exerce pour le meilleur comme pour le pire.

Cet échange émotionnel constitue une économie interpersonnelle invisible qui fait partie de toute interaction humaine. Toutefois, elle est généralement trop subtile pour être remarquée. 

L’économie émotionnelle est la somme totale des échanges des sentiments au sein de relations déterminées (couple, groupe, société). 

De manière plus ou moins fine, nous nous sentons tous un peu mieux (ou pire) après une interaction. Autrement dit, chaque rencontre peut être pondérée le long d’une échelle allant de l’émotion toxique au sentiment de plénitude. 

Bien que son fonctionnement soit en grande partie invisible, cette économie peut avoir d’immenses avantages pour une entreprise ou pour le ton de la vie organisationnelle.

Quelle que soit l’entreprise, les éléments émotionnels jouent un rôle crucial et l’influence y est bel et bien présente au quotidien. La compétence émotionnelle nécessite d’être capable de se mouvoir aisément dans ses sous-courants émotionnels. 

Les personnes les plus efficaces dans les organisations utilisent naturellement leur radar social pour détecter comment les autres réagissent, et elles affineront leur propre réponse afin de diriger l’interaction dans la meilleure direction.

Aptitudes sociales — Compétences

Ces compétences sociales se divisent en 5 sous-compétences ou aptitudes : 

Influence : connaître et pratiquer des tactiques efficaces de persuasion. 

Communication : envoyer des messages clairs et convaincants. 

Gestion des conflits : négocier et résoudre les désaccords. 

Leadership : inspirer et guider. 

Catalyseur du changement : initier, promouvoir ou gérer le changement.

Chapitre 9 — Collaboration, équipes et le QI de groupe

Qu’est-ce qui fait qu’une équipe est plus performante que la meilleure personne de l’équipe ? 

Cette question est essentielle. Lorsqu’une équipe fonctionne bien, elle augmente le « QI du groupe », c’est-à-dire la somme totale des meilleurs talents de chaque membre de ladite équipe. 

Autrement dit, les résultats ne sont pas simplement additifs mais multiplicatifs, et les meilleurs talents d’une personne se démultiplient pour produire des résultats bien au-delà de ce qu’elle aurait normalement pu faire (ou cru pouvoir faire). 

L’explication de ce phénomène exceptionnel réside dans les relations tissées entre les membres — ou si vous préférez, dans la chimie qui se crée entre les membres.

Daniel Goleman rapporte en effet une étude menée auprès de 60 équipes de travail dans une grande entreprise américaine de services financiers. 

Cette investigation a révélé que le bon fonctionnement d’une équipe était lié à plusieurs facteurs, mais que la dimension qui comptait le plus était l’élément humain — c’est-à-dire la façon dont les membres interagissaient les uns avec les autres et les autres personnes avec lesquelles l’équipe se connectait.

Coordination sociale — Compétences 

Plusieurs compétences des star performers sont enracinées dans les talents humains de base de la coordination sociale : 

Construire des liens : nourrir des relations qui ont du sens. 

Collaboration et coopération : travailler avec les autres pour atteindre des objectifs partagés.

Esprit d’équipe : créer une synergie dans la réalisation des objectifs du groupe.

Partie 4 — Intelligence Émotionnelle 2 : Un nouveau modèle d’apprentissage

Chapitre 10 — L’erreur à 10 milliards de dollars

Aujourd’hui, des millions et des millions de dollars sont gaspillés dans des programmes de formation qui n’ont pas d’impact durable — ou pas d’effet du tout — sur la construction de la capacité émotionnelle. Cela équivaut à une erreur de 10 milliards de dollars. 

La culture de la compétence émotionnelle nécessite une compréhension des principes fondamentaux du changement de comportement. Ce qui n’est malheureusement pas le cas, la plupart du temps. 

Lorsque des chercheurs ont demandé aux entreprises de Fortune 500 pour quelles raisons leurs programmes étaient difficiles à évaluer, la plainte la plus courante était la difficulté à mesurer les compétences transversales telles que les compétences émotionnelles. 

Pour aider à changer cela, le Consortium for Research on Emotional Intelligence in Organizations a été mis en place. Cofondé par Daniel Goleman, il se compose de chercheurs et de praticiens d’écoles de commerce, du gouvernement fédéral, de sociétés de conseil et d’entreprises. 

Le Consortium a étudié la littérature scientifique sur le changement de comportement et a disséqué des programmes de formation particulièrement réussis afin de dégager des lignes directrices. 

Leur but ? Créer de meilleures pratiques en matière d’enseignement des compétences basées sur l’intelligence émotionnelle.

Voici les 14 lignes directrices qui ont été proposées : 

Évaluer le travail. La formation devrait se concentrer sur les compétences les plus nécessaires à l’excellence dans un emploi ou un rôle donné.

Évaluer l’individu. Le profil des forces et des limites de la personne doit être évalué afin d’identifier ce qui doit être amélioré. 

Promettre des évaluations avec soin. La rétroaction sur les forces et les faiblesses d’une personne comporte une charge émotionnelle. 

Mesure de la préparation. Les gens sont à différents niveaux de préparation.

Motiver. Les gens apprennent dans la mesure où ils sont motivés et font de la compétence un objectif personnel pour le changement. 

Rendre le changement autogéré. Lorsque les gens dirigent leur programme d’apprentissage, en l’adaptant à leurs besoins, à leurs circonstances et à leur motivation, l’apprentissage est plus efficace.

Concentrez-vous sur des objectifs clairs et gérables. Les gens ont besoin de clarté sur ce qu’est la compétence et les étapes nécessaires pour l’améliorer.

Prévenir les rechutes. Les habitudes changent lentement, les rechutes et les glissades n’ont pas besoin de signaler une défaite.

Donnez votre avis sur les performances. Les commentaires continus encouragent et aident à diriger le changement. 

Encourager la pratique. Un changement durable nécessite une pratique soutenue à la fois au travail et en dehors. 

Organiser le soutien. Les personnes partageant les mêmes idées qui essaient également d’apporter des changements similaires peuvent offrir un soutien continu crucial. • Fournir des modèles. Les personnes de haut niveau et très efficaces qui incarnent la compétence peuvent être des modèles qui inspirent le changement. 

Encourager. Le changement sera plus grand si l’environnement de l’organisation soutient le changement, valorise la compétence et offre une atmosphère sûre pour l’expérimentation. 

Renforcer le changement. Les gens ont besoin de reconnaissance — pour sentir que leurs efforts de changement comptent. 

Évaluer. Établir des moyens d’évaluer l’effort de développement pour voir s’il a des effets durables.

Chapitre 11 — Meilleures pratiques 

Bien que presque tous les programmes de développement de l’intelligence émotionnelle comprennent au moins quelques-unes de ces « bonnes pratiques », l’auteur note qu’elles bénéficient d’une plus grande puissance lorsqu’elles sont utilisées en combinaison.

Ces 14 lignes directrices offrent un plan précis pour l’enseignement — et l’apprentissage — de l’intelligence émotionnelle. 

Les 14 lignes directrices de l'intelligence émotionnelle en détail

Évaluer le travail. Une question de base doit être posée avant toute formation : que faut-il pour faire ce travail de façon excellente ? 

Évaluer l’individu. L’évaluation idéale doit se faire à 360 degrés (plusieurs perspectives). 

Réaliser les évaluations avec soin. Faire preuve d’empathie, de sensibilité et de délicatesse lors des évaluations. 

Mesurer la préparation. Attendre que les personnes soient prêtes au changement pour les faire agir effectivement. 

Motiver. Plus les gens sont motivés pour apprendre, plus la formation est efficace pour eux. 

Rendre le changement autogéré. Aligner le plan d’apprentissage aux vies, aux intérêts, aux ressources et aux objectifs de ceux qui apprennent.

Se concentrer sur des objectifs clairs et réalisables. Décomposer les objectifs en étapes plus petites offre des défis plus concrets et des succès plus faciles. 

Prévenir les rechutes. Les gens doivent être avertis au début de la formation qu’ils sont susceptibles de vivre de mauvais jours lorsqu’ils reviennent à leurs mauvaises habitudes. Il faut alors leur montrer comment tirer parti de ces rechutes. 

Donner son avis sur les performances. Permettre à chacun de donner son sentiment sur l’apprentissage et de dire où il en est avec lui-même. 

Encourager la pratique. Privilégier la répétition ; refaire, encore et encore. 

Organiser le soutien. Le mentorat peut servir de base pour renforcer la compétence émotionnelle. 

Fournir des modèles. L’imitation va de pair avec la répétition ; c’est en imitant que nous apprenons le mieux. 

Encourager et renforcer. Créer des incitations qui donnent envie d’acquérir les compétences. 

Évaluer. Mesurer de façon objective les avancées et inclure des mesures de rendement au travail.

Partie 5 — Intelligence Émotionnelle 2 : L’organisation émotionnellement intelligente 

Chapitre 12 — Prendre le pouls de l’organisation

Une organisation émotionnellement intelligente doit accepter de se diriger vers des valeurs. La clarté sur les valeurs, l’esprit et la mission d’une organisation conduit à une confiance en soi décisive qui facilite le processus de prise de décision de l’entreprise. 

Autrement dit, un énoncé de mission organisationnelle remplit une fonction émotionnelle : articuler l’idée et donner le sentiment concret que ce que nous faisons ensemble en vaut la peine. 

Par ailleurs, travailler pour une entreprise qui mesure son succès à l’aune de la conformité à ses valeurs — et pas seulement à partir de ses revenus — constitue, pour chaque employé, un facteur d’augmentation d’énergie et d’investissement.

Bien gérer les émotions 

Il peut être très utile de connaître les sentiments de vos collaborateurs. Pourquoi ? Car leurs états émotionnels disent quelque chose de l’état de santé de votre organisation. 

Prenons un exemple : envisagez une division de centrale à gaz chez Petro-Canada, la plus grande entreprise de raffinage de pétrole et de gaz du pays. Il se trouve qu’une vague d’accident eut lieu là-bas durant une époque. 

Voici, après analyse, la conclusion du chercheur :

« J’ai découvert que dans la culture macho de l’industrie pétrochimique, les gars ne reconnaissaient jamais leurs sentiments. Si quelqu’un venait au travail avec la gueule de bois, préoccupé par un enfant malade ou contrarié par une querelle avec sa femme, ses collègues de travail ne lui demandaient jamais comment il allait ce jour-là ou s’il était assez en forme pour être bon au travail. Le résultat est que le gars risque d’être inattentif et de causer un accident. »

En d’autres termes, l’ignorance des émotions au travail a un coût humain. 

En l’occurrence, l’entreprise a lancé une série d’ateliers pour les équipes « afin de leur faire voir que ce qu’ils ressentent a des conséquences — et que c’est important. Ils ont vu qu’ils devaient prendre soin les uns des autres et qu’ils se rendaient service à eux-mêmes en vérifiant comment ils allaient ». 

Suite à ces ateliers, quelques règles ont été mises en place et leur bilan de sécurité s’est amélioré.

Chapitre 13 — Le cœur de la performance

L’argument le plus fort en faveur de l’avantage économique de l’intelligence émotionnelle dans les organisations a été fourni par le chercheur Jac Fitz-Enz, de l’Institut Saratoga, dans le cadre d’un projet parrainé par la Society for Human Resource Management. 

Depuis 1986, l’Institut a recueilli des données auprès de près de 600 entreprises de plus de 20 industries, détaillant les politiques et les pratiques.

Ils ont analysé les meilleures entreprises. Celles-ci ont été sélectionnées en fonction de leur rentabilité, de leurs cycles de ventes, de leur volume et d’autres indices de performance pertinents.

Les 8 pratiques suivantes de gestion des ressources humaines ont été identifiées comme socle commun :

Équilibre entre les aspects humain et financier de l’agenda de l’entreprise.

Engagement clair et stratégie à long terme.

Initiative visant à stimuler l’amélioration des performances.

Communication ouverte et renforcement de la confiance entre les différentes parties prenantes.

Relations ouvertes entre l’intérieur et l’extérieur de l’entreprise 

Collaboration, soutien et partage des ressources.

Innovation, prise de risques et dynamique d’apprentissage collectif.

Passion pour la compétition et l’amélioration continue.

Cette liste est intrigante en raison des similitudes évidentes entre ces pratiques organisationnelles et les compétences émotionnelles qui caractérisent les individus hautement performants.

Toutefois, ces capacités concernent ici l’observation des entreprises les plus performantes et non les individus eux-mêmes. 

Il est donc possible d’en conclure que, tout comme pour les individus, les compétences émotionnelles sont essentielles aux organisations. 

Le succès de toute entreprise repose donc au moins sur la réussite au niveau de 3 domaines : 

Cognitif, dans le sens de bien gérer les connaissances ; 

Technique, c’est-à-dire avoir l’expertise nécessaire dans son champ d’action ; 

Humain, à savoir la mobilisation des compétences sociales et émotionnelles.

Conclusion — Quelques remarques/pensées finales

Il est possible d’enseigner et d’apprendre l’intelligence émotionnelle. Individuellement, nous pouvons ajouter ces compétences à notre trousse de survie au travail. Et c’est plus que jamais nécessaire aujourd’hui ! 

Pour les entreprises de toutes sortes, le fait que les compétences émotionnelles puissent être évaluées et améliorées suggère aussi autre chose : à savoir que la performance — et donc la compétitivité — peut être améliorée. 

L’augmentation du niveau de compétence émotionnelle de la société passe par 3 phases :

Au niveau individuel, chacun peut identifier, améliorer et évaluer son intelligence émotionnelle. 

Du point de vue du groupe, il est possible de générer des dynamiques interpersonnelles qui favorisent l’intelligence émotionnelle collective. 

Au niveau de l’organisation, l’intelligence émotionnelle peut devenir une priorité tant au niveau de l’embauche, de la formation, de l’évaluation des performances et des promotions.

Bien sûr, l’intelligence émotionnelle n’est pas une solution miracle. L’écologie d’une société est extraordinairement complexe et aucune intervention ne peut résoudre tous les problèmes en une seule fois. 

Mais une chose est sûre : si l’ingrédient humain est ignoré, alors il est sûr que les choses ne fonctionneront pas, ou iront de pis en pis. 

Conclusion sur « L’intelligence émotionnelle 2 — Cultiver ses émotions pour s’épanouir dans son travail » de Daniel Goleman :

Ce qu’il faut retenir de « L’intelligence émotionnelle 2 — Cultiver ses émotions pour s’épanouir dans son travail » de Daniel Goleman :

Le secret du succès n’est pas ce que vous avez appris à l’école ! 

Ce qui compte le plus, ce n’est pas l’excellence académique, ni un diplôme d’école de commerce, ni même un savoir-faire technique ou une dizaine d’années d’expérience. 

Ce qui distingue les star performers des autres, c’est l’intelligence émotionnelle. 

Bonne nouvelle ! 

L’intelligence émotionnelle est constituée d’un ensemble de compétences que tout le monde peut acquérir. 

Dans ce livre qui se lit comme un guide pratique, Daniel Goleman identifie une à une ces compétences clés, expose leur importance et montre comment elles peuvent être encouragées. 

Avant d'aller plus loin, retenez donc ceci : plus la position sociale d’une personne est élevée et plus il est probable que l’intelligence émotionnelle soit présente — surtout lorsque les positions requièrent du leadership.

De façon individuelle, c’est l’ingrédient indispensable pour progresser dans n’importe quel domaine, et cela même dans les carrières de haute technologie. 

Mais c'est aussi vrai au niveau collectif : les organisations qui apprennent à fonctionner de manière émotionnellement intelligente sont celles qui resteront en première position sur le marché, aujourd’hui comme demain.

En lisant cet ouvrage, vous comprendrez plus précisément comment fonctionne l’intelligence émotionnelle et pourquoi elle peut être cruciale pour votre carrière. 

Et si vous voulez aller encore plus loin, vous pourrez aussi consulter les nombreuses annexes présentes à la fin du livre !

Points forts :

Un document complet et très bien structuré,

Des pistes d’actions claires pour les individus comme pour les entreprises ;

De nombreuses sources et des explications sur la méthodologie de recherche (dans les annexes, notamment).

Point faible :

Ce n’est pas vraiment un point faible, mais plutôt une impression : si vous pouvez lire l’anglais, lisez plutôt cette version. C’est toujours mieux de consulter le document original !

Ma note :

★★★★★

Le petit guide pratique du livre L’intelligence émotionnelle 2 de Daniel Goleman

Les trois catégories des compétences personnelles :

Conscience de soi : connaître ses états internes, ses préférences, ses ressources et ses intuitions. Les compétences de conscience de soi comprennent la conscience émotionnelle, l’auto-évaluation précise et la confiance en soi.

Autorégulation : gérer ses états internes, ses impulsions et ses ressources. Cette catégorie comprend la maîtrise de soi, la fiabilité, la conscience, l’adaptabilité et l’innovation.

Motivation : tendances émotionnelles qui guident ou facilitent l’atteinte des objectifs. Les compétences en matière de motivation comprennent la motivation, l’engagement, l’initiative et l’optimisme.

Foire Aux Questions (FAQ) du livre L’intelligence émotionnelle 2 de Daniel Goleman

  1. Comment le public a accueilli le livre L’intelligence émotionnelle 2 de Daniel Goleman ?

Ce livre comme le tome 1a été très bien accueilli par le public de par son grand succès. Il devient aussi un peu plus tard un best-seller.

  1. Quel fut l’impact du livre L’intelligence émotionnelle 2 de Daniel Goleman ?

Ce livre a permis à une multitude de personnes d'apprendre à mieux se connaitre et mieux appréhender leurs relations avec les autres conjoints, mais, enfants, collaborateurs.

  1. À qui s’adresse le livre L’intelligence émotionnelle 2 de Daniel Goleman ?

Ce livre s’adresse au commun des mortels.

  1. Quels sont les trois niveaux de réussite sur lesquels repose le succès de toute entreprise ?

Cognitif, dans le sens de bien gérer les connaissances ; 

Technique, c’est-à-dire avoir l’expertise nécessaire dans son champ d’action ; 

Humain, à savoir la mobilisation des compétences sociales et émotionnelles.

  1. Quelles sont les 3 phases de l’augmentation du niveau de compétence émotionnelle de la société ?

Au niveau individuel, chacun peut identifier, améliorer et évaluer son intelligence émotionnelle. 

Du point de vue du groupe, il est possible de générer des dynamiques interpersonnelles qui favorisent l’intelligence émotionnelle collective. 

Au niveau de l’organisation, l’intelligence émotionnelle peut devenir une priorité tant au niveau de l’embauche, de la formation, de l’évaluation des performances et des promotions.

Compétences émotionnelles plus particulières vs Compétences sociales

Compétences émotionnelles plus particulières Compétences sociales

Maîtrise de soi : gérer efficacement les émotions et les impulsions perturbatrices. Influence : connaître et pratiquer des tactiques efficaces de persuasion.

Fiabilité : faire preuve d’honnêteté et d’intégrité. Communication : envoyer des messages clairs et convaincants.

Conscience : fiabilité et responsabilité dans l’exécution des obligations. Gestion des conflits : négocier et résoudre les désaccords.

Adaptabilité : Flexibilité dans la gestion du changement et des défis. Leadership : inspirer et guider.

Innovation : être ouvert à de nouvelles idées, approches et nouvelles informations. Catalyseur du changement : initier, promouvoir ou gérer le changement.

Qui est Daniel Goleman ?

Né à Stockton, en Californie, Daniel Goleman est diplômé du Amherst College. Il a également étudié à Harvard et obtenu un doctorat en psychologie clinique et en développement de la personnalité. C'est là qu'il a rencontré le professeur David Mc Clelland, qui l'a encouragé à écrire sur le QI. Depuis, il est devenu l'un des plus grands experts mondiaux de l'intelligence émotionnelle et donne des conférences dans le monde entier. Il a également voyagé en Inde, où il a appris la méditation, et est membre de l'Institut Mind and Life, qui favorise les rencontres entre la science et le bouddhisme. Il a tenu pendant plusieurs années une chronique scientifique dans le New York Times et a enseigné à Harvard. Son travail souligne l'importance de l'autodiscipline et de la persévérance. Il vit aujourd'hui dans le Massachusetts avec sa femme, la psychothérapeute Tara Bennett-Goleman, et leurs deux enfants.

Avez-vous lu le livre de Daniel Goleman « L’intelligence émotionnelle 2 — Cultiver ses émotions pour s’épanouir dans son travail » ? Combien le notez-vous ?

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Thu, 14 Sep 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12567/Lintelligence-motionnelle-2
Pilotez votre communication : évaluation, indicateurs et tableaux de bord http://www.olivier-roland.fr/items/view/12558/Pilotez-votre-communication-valuation-indicateurs-et-tableaux-de-bord

Résumé de « Pilotez votre communication : évaluation, indicateurs et tableaux de bord » de Thierry Libaert et Jacques Suart : un manuel exhaustif pour savoir comment mesurer vos actions de communication et trouver les indicateurs pertinents dans le nouveau monde numérique.

Thierry Libaert et Jacques Suart, 2019, 194 pages.

Chronique et résumé de « Pilotez votre communication : évaluation, indicateurs et tableaux de bord » de Thierry Libaert et Jacques Suart

Chapitre 1 : Pilotez votre communication - le nouvel environnement de la communication

Les auteurs choisissent de retenir 20 tendances actuelles dans le livre Pilotez votre communication. Parfois contradictoires, qui jouent un rôle dans les politiques de communication des entreprises :

Perte de confiance dans les organisations et pessimisme de la population française ;

Demande de transparence du public vis-à-vis des organisations ;

Poids trop important de la mesure des outils de communication, plutôt que de la mesure des objectifs finaux ;

Spécialisation de la fonction « communication » des entreprises et création d’un domaine d’expertise propre ;

Changement du rôle du « responsable communication » d’une entreprise, davantage intégré à la réflexion sur la stratégie et les résultats de l’organisation ;

Importance nouvelle de la communication de crise, qui devient presque « quotidienne » ;

Modification des identités visuelles des marques, vers plus de simplicité, de rondeurs et d’ouverture ;

Rapprochement de la communication, insistance sur le lien créé avec le client ;

Numérisation des supports et création de nouvelles compétences liées au digital ;

Révolution dans le domaine de la communication financière ;

Augmentation du recours au droit et aux normes dans la communication ;

« Révolution Internet » de la communication et invention d’une nouvelle manière de communiquer ;

Accélération de la communication, réactivité accrue ;

Nouveautés économiques, notamment liées à l’économie circulaire et collaborative ;

Responsabilité nouvelle, recherche de solutions authentiques en dehors du greenwashing ;

Diminution forte des budgets pour l’événementiel et le mécénat ;

Remise en question des fondamentaux de la communication interne ;

Fusions et transformations des services « com » des entreprises ;

Personnalisation de la publicité via l’intermédiaire de la gestion de données ;

Internationalisation de la communication d’entreprise.

  1. L’accélération du temps

Constat

C’est d’abord un constat : les professionnels de la communication — les communicants — considèrent leur métier comme « stressant » et ont l’impression d’exercer un métier de « pompier », courant toujours derrière la dernière crise.

Désormais, les plans de communication ne se font plus sur 5 ans mais annuellement. Le temps leur manque aussi pour simplement planifier correctement leurs actions.

« Le cercle devient donc totalement vicieux. Les communicants n’ont pas le temps de se projeter dans un long terme qui faciliterait leur prise de décision autour d’axes stratégiques délimités. La stratégie cède alors le pas à la tactique, l’instantanéité et la réactivité deviennent les objectifs centraux et, en conséquence, la qualité première exigée du communicant est l’agilité. » (Pilotez votre communication, p. 10)

Assez logiquement, la diffusion des messages va, elle aussi, de plus en plus vite. Nous sommes pris dans une sorte de « zapping communicationnel ». Il faut toutefois noter la stabilité de certains messages de grandes entreprises, telles que :

Coca-Cola et le plaisir ;

McDonalds et la simplicité ;

Danone et la santé par l’alimentation.

Toutefois, beaucoup d’entreprises font trop souvent varier leur message. Il faut y voir une forme de « frénésie de communication » qui est due, notamment, à la généralisation du big data. 

Compréhension

Ce phénomène est structurel, c’est-à-dire qu’il touche l’ensemble du secteur et s’appuie sur des causes profondes de changement. Pour répondre à cette accélération et à cette perte de vue à long terme, les communicants ont développé de nouveaux outils nommés « tableaux de bord de pilotage », qui permet de visualiser un certain nombre d’indicateurs.

Dès qu’un indicateur (par exemple, l’indicateur « responsabilité sociale ») chute, les communicants s’empressent de créer une communication appropriée pour revaloriser cette valeur auprès du public. Et ainsi de suite, sans véritable stratégie rigoureuse derrière.

Internet joue un rôle important dans ce phénomène d’accélération. L’évaluation de la communication peut se faire en temps réel, mais pas seulement. Les bad buzz (critiques de la marque) obligent les professionnels à réagir très vite. La conversation avec le public — sur un maximum de réseaux sociaux — est désormais permanente. D’autres facteurs sont indiqués par les auteurs p. 13-14.

Conséquences

Deux conséquences négatives en termes de réputation peuvent être signalées :

Fragilisation de l’image de marque par la succession de signes et messages différents ;

Perte de visibilité dans le flux constant des messages.

Finalement :

« Il y a un paradoxe actuel dans le décalage entre une communication des organisations qui est à un niveau élevé de professionnalisation et le constat d’une absence majeure de crédibilité de ses discours. » (Pilotez votre communication, p. 15)

Autrement dit, les professionnels de la communication sont de plus en plus nombreux et qualifiés, mais leurs actions ont de moins en moins de valeur et d’intérêt !

Tendances

Les auteurs plaident pour une slow communication. Selon eux, cette approche — qui met en avant la nécessité de retrouver le temps long de la stratégie, notamment pour aborder les questions de responsabilité sociale des entreprises (RSE) — est la plus efficace. 

La slow communication se focalise moins sur la réputation que sur la relation, en cherchant notamment à co-construire le sens et les objectifs pérennes de l’organisation.

La transformation permanente

Face à la transformation permanente des entreprises et des contextes mouvants dans lesquels elles évoluent, la nécessité d’indicateurs de pilotage devient chaque jour plus grande. Les communicants doivent engager des actions de façon précise, en associant le temps court (instantanéité) et le temps long (croissance, pérennité de l’entreprise).

  1. L’impact de l’écosystème

Mettre le client au centre

« Dans le nouvel écosystème, le client occupe la place centrale. La méthode du Net Promoter Score mesure la satisfaction du client (impact, mémorisation, agrément) et l’organisation des directions de communication prend en compte dans chacun de ses grands domaines (…) cet impératif. » (Pilotez votre communication, p. 19)

Fred Reichheld, auteur de The Ultimate Question, est le créateur de cette méthodologie. L’idée est d’évaluer la volonté du client de recommander le produit/service de l’entreprise en lui posant la question suivante, la plupart du temps par mail :

« Quelle est la probabilité que vous recommandiez la marque à un ami ou à un collègue ? »

3 catégories d’utilisateurs peuvent être créées (à partir des réponses de 0 à 10) :

Promoteurs ;

Passifs ;

Détracteurs.

Gérer la complexité

Certains considèrent que cet outil est trop simple. Des entreprises, telles que BNP Paribas, cherchent à aller plus loin en justifiant leur activité devant le public et en cherchant à évaluer l’opinion que celui-ci se fait de la « raison d’être » de l’entreprise. C’est un travail plus complexe qui exige d’autres fonctions, telles que celle de « Directeur de l’engagement ».

Rendre ses audiences actives

La multitude des canaux de communication et la vitesse de propagation des messages (bons ou mauvais) obligent les communicants à faire usage de tableaux de bord pour piloter leur communication. Certains nouveaux indicateurs voient le jour, tels que :

La mesure d’engagement ;

Le taux d’usage réel et de pénétration de l’intranet ;

Le nombre de journalistes qui suivent l’entreprise.

S’ouvrir aux acquis de la recherche

Malheureusement, les travaux universitaires restent globalement imperméables au monde « pratique » de la communication d’entreprise. Pour les auteurs, c’est particulièrement dommageable, car ceux-là pourraient aider ceux-ci, en leur fournissant des informations et des hypothèses établies grâce à des méthodes scientifiques.

  1. La création de valeur au cœur du métier

La création de valeur, notamment via la création de contenu, est au cœur du métier de communicant aujourd’hui. Les consommateurs veulent partager leur avis ; ce qui est logique, puisqu’ils deviennent de plus en plus sollicités pour le faire.

La solution pour communiquer efficacement n’est pas simple, mais elle passe par :

Un ancrage fort, des convictions, du sens (vision, mission, ambition) ;

Une capacité à répondre rapidement et de façon « agile ».

« Il faut communiquer pour croître, se développer et réussir », rappellent les auteurs. Or, cela passe par l’attention au client. La focalisation de certaines directions sur le « process » (gestion, discipline, optimisation des coûts) ne doit pas être l’alpha et l’oméga de la logique entrepreneuriale. 

« Si la conformité aux règles est nécessaire, elle doit également laisser la place à l’imagination et à la créativité. » (Pilotez votre communication, p. 22)

Chapitre 2 : Pilotez votre communication - les nouveaux enjeux

  1. Transformer le lien en relation durable

En réalité, le lien n’est pas seulement le « like » des réseaux sociaux. Celles et ceux qui se bornent à cet indicateur ont la vue trop courte. Cela dit, la multiplication des canaux de communication (réseaux sociaux, blogs, etc.) oblige l’entreprise à travailler avec soin la cohérence de son image et à évacuer aussi vite que possible les « mauvais » messages.

  1. Intégrer les risques

Aujourd’hui, la communication de crise est devenue le pain quotidien des communicants. Mais il faut encore distinguer entre le management des risques et le risque de communication. C’est-à-dire ?

Le management des risques

Nous vivons de manière générale dans une société de plus en plus risquée. Ce « risque croissant » prend forme en communication avec la méfiance croissante du public et la diffusion des fake news, mais aussi avec les dangers liés à la cybersécurité ou les coupes budgétaires qui réduisent les moyens financiers, notamment. Tous ces éléments concourent à accroître le risque d’une communication « ratée ».

Il faut donc apprendre à piloter le risque lorsque vous communiquez. Que vous soyez en train de penser à la cohérence à long terme de la marque ou que vous réagissiez aux derniers inputs des réseaux sociaux, vous devez le prendre en compte.

Bien sûr, il y a des intensités de crise différentes. Et il faut aussi savoir reconnaître les véritables feux de forêt lorsqu’ils apparaissent, afin de sélectionner judicieusement vos interventions. Un bad buzz peut avoir moins d’importance, même s’il prend une tournure virale étonnante, que quelques lignes dans un journal national prestigieux.

C’est notamment au niveau de la responsabilité sociale de l’entreprise que les organisations sont le plus lourdement critiquées. Les ONG environnementales, entre autres, exercent une lourde pression. D’autant plus que celles-ci manient bien l’outil numérique.

En gestion des risques, vous devrez être attentif à ces indicateurs (fournis par Entreprises & Médias) :

Nombre de messages négatifs et portée ;

Poids des contenus négatifs diffusés par les influenceurs ;

Volume et évolution des réclamations ;

Indicateurs RH (taux d’absentéisme, grèves, etc.) ;

Indicateurs RSE ;

Taux de confiance des publics externes et collaborateurs (voir l’encadré dans Pilotez votre communication, p. 32)

Le risque de communication

« La communication en elle-même est devenue une activité à risque », affirme l’auteur. La communication sensible cherche à répondre à ce problème. Il s’agit de prendre en compte les effets potentiellement dévastateurs d’erreurs en apparence anecdotiques. 

Il faut, par exemple, être très attentif à ne pas véhiculer de stéréotypes sexistes. Un simple choix de couleurs rose/bleu (rose pour les filles, bleu pour les garçons) peut soulever une tempête d’indignation et endommager durablement la réputation d’une entreprise.

Pour naviguer dans ces eaux, il faut d’abord chercher à comprendre le contexte dans lequel vous diffusez votre message. Vous pouvez aussi chercher à créer le « choc » ou le « scandale », mais cette approche peut très vite se retourner contre vous.

Pour évaluer la « dangerosité » de votre communication, vous devrez faire des tests. Trois moyens sont mentionnés par les auteurs :

Le prétest, quantitatif ou qualitatif (visant à demander l’avis des consommateurs eux-mêmes — classique, mais onéreux) ;

L’avis des parties prenantes (sous-traitants, etc.) ;

Le test du naïf (avis d’un collaborateur étranger à la campagne de communication — la solution meilleur marché).

  1. Le rôle stratégique et opérationnel de la fonction

La communication est une fonction qui a toute sa place auprès des dirigeants de l’entreprise. La particularité de ce « discours stratégique » est qu’il met en évidence que l’entreprise ou l’organisation est en « transformation permanente ».

Chaque fois qu’un changement s’opère, la communication intervient pour créer la continuité et expliquer, rassurer le public et les parties prenantes. C’est aussi la raison pour laquelle il est compliqué de sous-traiter la communication d’une entreprise ou d’une organisation.

Chapitre 3 : Pilotez votre communication - Les indicateurs de pilotage

Il existe aujourd’hui un grand nombre d’indicateurs de pilotage et le communicant a, en cette matière, plutôt l’embarras du choix. Encore faut-il bien choisir ! 

  1. Une intégration progressive

Mais commençons par voir ce qui a mené à cette situation.

Besoin, pour les communicants d’entreprise, de se justifier en exhibant des résultats concrets, chiffrables ;

Comparaison avec les autres secteurs de l’entreprise, comme le marketing, qui évalue plus efficacement le retour sur investissement ;

Demande forte, de la part de la Direction, de pouvoir agir vite sur la base de données stables ;

Contrôle interne des départements de communication ; 

Évaluation des collaborateurs et création de critères objectifs de rémunération ;

Nécessité de construire des indicateurs innovants, différents de ceux du marketing ou de la presse classique ;

Focalisation sur les résultats obtenus par rapport aux cibles précises visées ;

Demande d’information sur l’état des lieux de la communication en continu.

Face à ces pressions de toutes sortes, les communicants ont développé leurs propres indicateurs, plus ou moins inspirés d’autres disciplines. Le choix d’un indicateur précis dépend bien sûr de plusieurs facteurs et doit évidemment répondre au besoin précis d’évaluation à un moment X. 

Pour se repérer, retenons qu’il existe 4 grands axes à prendre en compte :

Pilotage (évaluer la conduite d’un programme en cours) ;

Anticipation (créer ou adapter une stratégie en fonction de prévisions) ;

Résultat (faire le point sur la réussite ou l’échec d’un programme lorsque celui-ci s’achève) ;

Performance (juger de la qualité et de l’efficience des moyens mis en œuvre.

Les auteurs font état d’une autre manière de distinguer les indicateurs en fonction du type de mesure souhaité. Vous distinguerez alors entre les :

Inputs ;

Outputs ;

Outtakes ;

Outcomes ;

Outflows [voir p. 48).

Dans la fiche pratique proposée p. 49, les auteurs proposent une mesure des objectifs qui ressemble fort à la méthode des objectifs SMART [pour en savoir plus sur cette méthode, voir par exemple la chronique de Le coaching avec la PNL pour les Nuls].

  1. Gérer la complexité

Pour faire face au nombre grandissant d’indicateurs, le communicant doit faire usage de sa raison et bien choisir. Il est préférable d’avoir un nombre restreint d’indicateurs clés [KPI]. Les auteurs conseillent en particulier :

Le Net Promoter Score ;

Le taux d’engagement ;

La contribution à la chaîne de valeur.

Éventuellement complétés avec le :

Pourcentage de couverture média positive ;

Taux de notoriété ;

Taux de notoriété qualifiée parmi les cibles principales ;

Et enfin taux de satisfaction des utilisateurs du site web et des comptes numériques [p. 52].

  1. L’évaluation en question

Il est important de souligner les progrès qui ont été faits en matière d’évaluation des actions de communication depuis une quinzaine d’années. C’est un point positif qui aide les communicants à se professionnaliser et à trouver leur place au sein de l’entreprise.

L’intégration progressive de l’évaluation

Quelles sont les dates clés de la transformation de la communication vers la prise en compte de l’évaluation et des indicateurs ?

1977 : Conférence de James Grunig, l’un des fondateurs des relations publiques modernes, mettant en avant l’importance de l’évaluation.

1993 : Publication d’une feuille de route par Lindenman [société allemande de relations publiques] qui fait référence.

1994 : Publication du Gold paper on evaluation de l’Association internationale des relations publiques.

1996 : Développement d’un modèle original intégrant le retour sur investissement par la Société suédoise des relations publiques.

2010 : Déclaration de Barcelone élaborée par 16 organisations internationales de relations publiques.

L’évaluation, un outil faillible

Pour qu’il soit opérationnel, un indicateur doit d’abord définir clairement son objet. C’est une remarque moins évidente qu’il n’y paraît. En effet, certains critères peuvent s’entendre différemment et il est parfois difficile d’établir clairement ce qui est évalué.

En matière de communication, le retour sur investissement [ROI] est difficilement calculable. Pourquoi ? Notamment car les actions des relations publiques ne rapportent « rien », financièrement parlant, dans l’immédiat. 

Il est donc difficile d’établir un ROI monétaire. Une alternative a été proposée : le Social ROI [SROI] :

« En clair, il s’agit d’estimer la valeur des changements effectués à la suite d’actions de communication. Ainsi, une campagne visant une meilleure alimentation peut déboucher sur des bénéfices en termes de réduction des dépenses de santé. » [Pilotez votre communication, p. 56]

Toutefois, même ces tentatives sont critiquées par certains spécialistes, qui considèrent qu’il est difficile d’estimer objectivement le rapport coûts/bénéfices.

Peut-on croire le palmarès de réputation ?

Les directions d’entreprises sont souvent tentées de se référer à ces mesures que sont les palmarès de réputation. Le baromètre Posternak-La Matrice est l’un des plus connus en France et répertorie, depuis 1990, les 30 plus grandes entreprises françaises.

Les auteurs formulent toutefois 5 critiques :

Variation des classements [parfois grande] en fonction des sources et des données ;

Difficulté à évaluer concrètement, en termes financiers, les valeurs d’image des entreprises ;

Incapacité de ces classements à prendre en compte le secteur des entreprises ;

Prise en compte difficile de l’actualité ;

Existence d’autres facteurs que la communication dans l’image d’une entreprise.

Les obstacles et dérives potentielles

Pour continuer leur analyse, Thierry Libaert et Jacques Suart dressent une liste de 7 erreurs à ne pas commettre si vous voulez utiliser des indicateurs pour mesurer votre communication :

L’indicateur ne doit pas se substituer à l’objectif de la communication ;

Le tableau de bord ne doit pas freiner la créativité en devenant un « carcan réducteur d’innovation et de prise de risques » [p. 59] ;

La volonté de tout chiffrer est inefficace et ne permet pas de rendre compte de certains traits [il est parfois préférable, par exemple, d’utiliser d’autres formes de représentations comme le mapping] ;

Une segmentation trop importante des cibles ;

Le manque de réflexion [souvent par manque de temps] sur les meilleurs outils à employer ;

L’absence de critique sur le tableau de bord et les indicateurs ;

Ne pas voir que le tableau de bord est un objet social à utiliser avec prudence dans ses relations.

Le choix des indicateurs

Le tableau de bord est un « outil de dialogue avec le management et les équipes [qui] permet le reporting pour l’action » [p. 63]. Il est donc important de bien choisir ses indicateurs afin de donner les bons signaux, créer des priorités et donner des pistes pour l’action.

Pour les sélectionner, vous veillerez à réfléchir à ceux qui sont compréhensibles pour votre audience. Ils doivent permettre d’engager la conversation plutôt que de se justifier. Les auteurs conseillent de prendre en compte les 3 éléments les plus critiques de la stratégie d’entreprise pour vous décider.

La présentation du tableau de bord

L’évaluation se faisant omniprésente, les indicateurs concernent chaque phase d’action de communication et non pas seulement le début [conception] et la fin [résultats]. 

Par ailleurs, il faut voir que le tableau de bord s’inscrit lui-même dans un processus en 5 phases :

Plan de communication ;

Choix des indicateurs ;

Mise en œuvre de l’évaluation ;

Synthèse dans le tableau de bord ;

Management de la communication.

Désormais — les auteurs y insistent —, l’évaluation est conçue comme un processus « permanent », « itératif » et « opérationnel ». 

Voici 10 principes pour construire son tableau de bord [Pilotez votre communication, p. 70] :

Intégration au plan de communication ;

Clarté ;

Consistance et exhaustivité [au niveau des champs stratégiques pertinents] ;

Visée opérationnelle ;

Stabilité des indicateurs dans la durée ;

Il doit faire l’objet d’une négociation hiérarchique ;

Et il doit être testé ;

Chaque objectif doit avoir au moins un indicateur de mesure ;

Il doit servir le management et l’analyse des performances individuelles ;

Choix d’indicateurs adaptés.

La présentation en tant que telle

Nous l’avons dit, les tableaux de bord efficaces sont exhaustifs d’un point de vue stratégique [c’est-à-dire n’exclure aucune composante majeure de la stratégie de communication], temporellement définis [avec un passage clair entre avant, pendant et après] et opérationnels [utilisables pour des actions].

Pour rendre cela en termes de visualisation, vous avez plusieurs possibilités. Les auteurs donnent un exemple de tableau constitué de 5 parties p. 73. Ils invitent à faire un usage raisonné des émojis, et des pictogrammes. Ils montrent aussi quelques exemples d’histogrammes et de graphiques :

Camembert ou secteurs ;

Radar ;

Mapping.

Chapitre 4 : Pilotez votre communication - le tableau de bord par grands domaines

  1. Réputation, image et marque

La réputation est l’affaire de tous et pas seulement du département « communication » de l’entreprise. En effet, il est difficile de la mesurer exactement. Celle-ci dépend en premier lieu du produit/service proposé et des valeurs dégagées par l’entreprise, mais aussi de ce qu’en disent vos collaborateurs, les publics, les journalistes, etc.

La marque a une valeur financière qui peut être calculée et qui fait même l’objet de normes (Norme ISO NF 10668). Il est possible d’établir des palmarès des valeurs de marques, comme le fait Interbrand, société spécialisée du domaine. 

  1. L’influence digitale

3 axes doivent être pris en compte :

Évaluation du site Internet ;

Des blogs ;

Et enfin des réseaux sociaux.

L’évaluation des sites Internet

Il faut ici considérer :

les mesures de fréquentation (comptage des visites, notamment) ;

et celles d’audience (avis sur le site, etc.).

Au niveau des mesures quantitatives de fréquentation du web, les hébergeurs offrent gratuitement une série de données brutes qui peuvent déjà se révéler très utiles. Toutefois, vous aurez besoin d’analyses plus fines de votre audience, notamment au sujet de la représentation géographique.

Les mesures qualitatives d’analyse de l’audience servent aux communicants pour savoir quel est le profil des personnes qui visitent le site. Sur ce point vous pouvez, par exemple, vous tournez vers le baromètre e-corporate® de crmmetrix.

L’évaluation des blogs

Les blogs deviennent de véritables sources d’information qui dépassent parfois en nombre de visiteurs les médias classiques. Les entreprises auraient tort de ne pas s’en inspirer et de leur tourner le dos. 

Des doutes sur la façon de construire un business à partir d’un blog ? Découvrez Tout le monde n’a pas eu la chance de réussir ses études !

L’évaluation des réseaux sociaux

Faire votre veille sur les réseaux sociaux peut vous aider à être en prise avec les sujets qui font l’actualité. Sur Twitter, par exemple, une recherche par hashtags vous aidera à trier les sujets qui vous intéressent.

Les réseaux sociaux ne sont pas tous identiques et ne permettent pas d’effectuer les mêmes mesures. Selon le sociologue Dominique Cardon, il faudrait prendre en compte 4 axes d’évaluation en matière de communication numérique :

Popularité (nombre de clics) ;

Autorité (Page rank de Google) ;

Réputation (viralité et retweet) ;

Prédictibilité (données récupérées par les cookies et autres).

  1. La relation presse

Les outils de pilotage de la presse

« Aujourd’hui, l’analyse des retombées presse reste le premier moyen d’évaluation des actions de communication », affirment les auteurs (p. 98). Ils dégagent 3 grands domaines d’étude des médias :

Baromètres récurrents ;

Études ad hoc sur un produit ou un événement précis, ou lorsqu’il y a une crise ;

Veille médiatique.

Il existe différents outils pour étudier, soit les messages diffusés directement par l’entreprise, soit les retombées indirectes (messages non diffusés par l’entreprise elle-même). Ces analyses peuvent être menées de façon qualitative ou quantitative.

Concernant les données quantitatives, Thierry Libaert et Jacques Suart mentionnent les recherches au sujet de :

L’origine de l’émission du message (lorsque celui-ci ne provient pas de l’entreprise ou de l’organisation, il peut être le fait de syndicats, d’associations, d’actionnaires, de journalistes, etc.).

Les données relatives aux articles publiés (type de support, lectorat, rubrique, taille de l’article, impact visuel, titre, nombre de mentions de l’entreprise/organisation dans l’article, etc.).

Les données qualitatives

Quant aux données qualitatives, les auteurs signalent qu’il est possible d’analyser :

La tonalité (plutôt négative ou positive, détectable à partir d’un travail lexicographique réalisé par ordinateur) ;

La tonalité selon les supports, selon les thématiques (finance, commercial, innovation, etc.) ou encore selon les émetteurs (actionnaires, pouvoirs publics, etc.).

Ces données peuvent être compilées et analysées sur plusieurs mois, afin de fournir un graphique de l’image de l’entreprise dans la presse, par exemple (les auteurs fournissent un exemple de graphique de ce genre, p. 105).

En dehors de l’analyse de la tonalité, vous pouvez aussi étudier les données qualitatives suivantes :

Type de support ;

Délivrance des messages ;

Contenu des messages ;

Thèmes des messages.

Vous pouvez également établir un tableau de bord pour vos relations presse. C’est un outil pour les entreprises ou les organisations les plus avancées. Le gouvernement français, par exemple, analyse de la sorte les différents journaux télévisés afin de suivre en temps réel ce qui est dit de ses politiques.

Vous trouverez plusieurs figures et tableaux utiles pour prendre en main ces techniques p. 107-111.

Limites des études médias

Celles-ci sont utilisées très différemment selon les entreprises et les organisations. Quoi qu’il en soit, vous veillerez à ne pas confondre des indices type ODV (occasion de voir) ou UBM (unité de bruit médiatique) avec l’indice GRP (gross rating point), car ce sont des indices différents. Les uns sont utilisés dans le cadre d’un travail journalistique (UBM) et l’autre dans une visée publicitaire (GRP).

Par ailleurs, n’oubliez pas de relativiser le poids des médias dans la construction de l’opinion publique.

  1. La publicité

Deux types de publicités doivent être distingués :

La publicité produit ou service, qui vise à vendre un produit ou un service ;

La publicité institutionnelle, qui vise à « vendre » l’image d’une entreprise ou d’une organisation.

Les méthodes d’évaluation des résultats de ces deux types de campagnes diffèrent.

Les prétests

Ils interviennent en amont de la campagne pour voir si le message est construit correctement, s’il est clair et compréhensible. Il en existe de deux types : qualitatifs et quantitatifs. Sont également vérifiées à cette occasion les qualités techniques de la campagne, ainsi que l’adéquation du spot publicitaire (ou autre) aux objectifs communication globaux de l’entreprise ou de l’organisation.

« Médiascopie » : une méthode originale de prétest

Inventée en 1985, cette méthode permet de savoir en temps réel l’impact d’une communication directe (publicité TV, conférence de presse, etc.). Elle s’appuie sur un échantillonnage de téléspectateurs ou auditeurs qui doivent signaler leur réaction au message qui leur est proposé via une petite télécommande avec un curseur.

En utilisant cette étude dès le prétest, vous pouvez adapter votre message pour le rendre plus performant. 

Les mesures en fin de campagne

Les auteurs parlent de 3 types d’évaluation en fin de campagne, c’est-à-dire en aval de l’effort de communication. Vous pouvez évaluer :

Les résultats obtenus par rapport aux objectifs communication fixés ;

L’audience estimée de la campagne ;

L’aspect technique de la campagne (différents « scores » comptabilisés les uns aux autres).

Les mesures d’audience selon les médias

Les auteurs détaillent ici tout le lexique utile pour comprendre les mesures d’audience utilisées dans la/le :

Presse écrite ;

Télévision ;

Radio ;

Cinéma ;

Affichage ;

Internet.

Thierry Libaert et Jacques Suart abordent également la méthode des trackings, qui permettent de suivre l’évolution de l’opinion beaucoup plus finement, mais à un coût plus élevé.

L’évolution du paysage publicitaire rend la mesure plus délicate

Face à l’explosion des supports, des chaînes, blogs, podcasts, SMS, etc., il devient de plus en plus difficile de suivre en temps réel l’avis positif ou négatif des publics cibles visés par les opérations de communication. 

Comme cela a déjà été dit, il faut aussi être capable de tenir ensemble la personnalisation du message et la cohérence d’ensemble du message. Pas facile, dans ces conditions, de mesurer ses actions avec précision !

  1. La communication interne

Un domaine en pleine évolution

La communication interne, c’est-à-dire dirigée vers les membres de l’organisation ou de l’entreprise (employés, cadres, etc.), a souvent été le parent pauvre de la communication. Tantôt laissée aux ressources humaines, tantôt placées dans les mains des communicants, elle a historiquement peu trouvé les moyens de se développer.

Pourtant, il n’en est plus de même aujourd’hui. La communication interne connaît un nouveau souffle. Parmi les objectifs : créer de l’engagement, améliorer le fonctionnement et satisfaire les attentes du personnel.

Les actions à évaluer

Elles doivent prendre place en fonction des objectifs cités plus haut.

Contribution au bon fonctionnement de l’entreprise : le salarié connaît-il les activités, les objectifs, etc. de l’entreprise ? Les cadres sont-ils en mesure de faire remonter rapidement les informations ?

Répondre aux attentes des collaborateurs : le salarié connaît-il son rôle ? Se sent-il entendu, consulté, respecté ?

Prise en compte des différents acteurs : des dirigeants aux syndicats, quels sont les relations et les réseaux de communication informels ?

Les baromètres d’opinion internes

Ceux-ci sont un classique de la communication interne. Ils peuvent servir à différentes fins : identifier les attentes du personnel, analyser le climat interne, etc. Dans tous les cas, ils doivent :

Être annoncés (les collaborateurs doivent être informés de sa tenue) ;

Être engageants (confidentialité des données, publication des résultats et informations sur les décisions prises en fonction des résultats).

L’étude doit commencer par une phase qualitative avec des entretiens de groupe, puis s’élargir à l’ensemble de l’entreprise via l’émission d’un questionnaire qui sera rempli, de préférence, « au cours d’une réunion consacrée à cet effet pendant les heures de travail » (p. 129).

Si cette solution n’est pas possible, vous pouvez agir :

Par téléphone ;

En réalisant des entretiens face à face ;

Via des e-sondages (par courriel, par exemple).

Chaque solution a ses avantages et ses inconvénients, qui sont détaillés dans l’ouvrage. 

L’analyse du comportement des salariés

Pour que votre analyse soit fine, vous devrez prendre en compte les subtilités des attitudes des personnes. Comme Thierry Libaert et Jacques Suart le soulignent :

« Lorsque l’on arrive dans son entreprise le matin après s’être levé tôt et avoir marché sous la pluie à cause d’une grève ou d’un accident de transport en commun (…), l’esprit n’est pas tout à fait neutre à l’égard des informations de sa propre entreprise. Il convient d’en tenir compte lors des évaluations internes. » (Pilotez votre communication, p. 134)

Typologie des salariés

L’heure n’est plus à la segmentation hiérarchique (cadres, employés, etc.). Désormais, l’évaluation cherche davantage à cerner les différences en termes d’âge, d’ancienneté, de formation ou encore d’attitude.

L’évaluation des performances des outils de communication

Ce type d’évaluation est de plus en plus recherché et se décompose en deux types d’audits :

Audit des médias internes ;

Analyse du lectorat 

L’évaluation des réunions est aussi importante. L’information passe-t-elle bien ? Les participants sont-ils assidus ? Etc.

Vous pouvez aussi mesurer les consultations de l’Intranet. Quelles sont les pages les plus lues ? Qui consulte quoi, et combien ?

Accompagner le changement

Les auteurs citent des audits importants de changement réalisés dans des organismes publics (ou privatisés) tels que :

SNCF ;

RATP ;

La Poste.

Ce sont des études de longue haleine qui font appel à diverses compétences académiques : sociologie, psychologie, etc.

Autres évaluations spécifiques

Voici un tour d’horizon d’autres évaluations qui peuvent être menées au niveau de la communication interne :

Évaluation du réseau de correspondants communication ;

Audit de culture interne postfusion ;

Analyse (et renversement) d’un phénomène de démobilisation.

Utiliser les indicateurs existants

Pour réaliser vos audits internes, vous pouvez utiliser des données ou des indicateurs déjà travaillés par d’autres directions de votre entreprise ou de votre organisation. 

  1. Le mécénat et le sponsoring

Faut-il exclure le mécénat et le sponsoring de la sphère de l’évaluation ? Sont-ce des actions « gratuites », ou tout au moins sans résultat immédiat et clairement évaluable ? Les auteurs ont modifié leur position par rapport à la première publication de l’ouvrage en 2006.

Désormais, ils introduisent le mécénat et le sponsoring dans la sphère de la mesure, en donnant quelques exemples pertinents à l’appui (Institut Pasteur ou sponsoring sportif). 

Dans la suite du chapitre, les auteurs étudient 5 types d’indicateurs ou d’études à effectuer à ce niveau :

Équivalence achat d’espace ;

Notoriété ;

Identité et/ou attractivité ;

Indicateurs économiques ;

Attribution et mémorisation.

  1. L’événementiel

Salons, foires, etc. : un classique qu’il ne faudrait pas oublier à l’heure du tout numérique ! Comment évaluer ces prestations ? Thierry Liebart et Jacques Suart proposent un tableau de bord spécifique pour l’analyse de ces événements (p. 155), ainsi qu’un référentiel de base (p. 156).

  1. La communication de crise

Évaluer l’intensité de la crise afin de la diminuer, voire de revenir à la normale, est fondamental. Les entreprises doivent être attentives au contexte, afin de ne pas investir des ressources si cela n’est pas nécessaire.

Par exemple, certaines communications de crise ratées n’ont pas fait baisser le chiffre d’affaires de certaines entreprises (c’est le cas de Total, après le naufrage de l’Erika, en 1999).

La méthodologie

Si une communication de crise doit être mise en place, alors son tableau de bord devra se dessiner à partir de 3 axes :

Anticipation de la communication de crise (veille stratégique, recensement des crises potentielles) ;

Gestion de la communication de crise (pilotage matériel, pilotage stratégique) ;

Post-crise (retour d’expérience).

La construction du tableau de bord de communication de crise

Les auteurs proposent un tableau exhaustif des stratégies de reconquête de l’opinion (p. 165) qui s’appuie sur 3 objectifs :

Renforcer la proximité avec les élus ;

Répondre aux inquiétudes de l’opinion ;

Retrouver la confiance des parties prenantes.

Conclusion et perspectives

« La nouvelle étape à franchir dans la démarche de professionnalisme de la communication est, sans aucun doute, celle de la maîtrise des méthodes et des techniques d’évaluation de ses performances et de ses résultats. » (Pilotez votre communication, p. 171)

Quelles sont les pistes pour l’avenir ou les enjeux à creuser pour améliorer la pratique des communicants ? Voici les dernières recommandations ou réflexions des auteurs dans Pilotez votre communication :

Appuyer chaque campagne de communication sur l’écoute et la compréhension des autres ;

Intégration des nouvelles technologies de l’information et réflexion sur les changements qu’ils génèrent ;

Permettre le recoupement des informations afin d’améliorer la compréhension des événements ;

Prendre garde aux limites et aux excès en matière d’évaluation dans la communication ;

Mutualiser les études entre entreprises pour faire baisser les coûts de production et obtenir de meilleurs résultats.

Conclusion sur « Pilotez votre communication : évaluation, indicateurs et tableaux de bord » de Thierry Libaert et Jacques Suart :

Ce qu’il faut retenir de « Pilotez votre communication : évaluation, indicateurs et tableaux de bord » de Thierry Libaert et Jacques Suart :

Le message central de Pilotez votre communication est simple : l’évaluation peut entrer dans les directions des communications des entreprises et des organisations de toutes les tailles. Les résultats des campagnes de communication peuvent se mesurer, même si ce n’est pas toujours simple et qu’il faut donc être prudent.

L’ouvrage s’adresse à des professionnels de la communication et vise à les initier à ces questions d’évaluation en leur proposant un cadre théorique et pratique. Même si le propos est général, les exemples et les entretiens qui parsèment le document montrent que la cible est davantage la grande entreprise ou la grande organisation.

Les auteurs n’ont pas reculé devant l’ampleur de la tâche, puisqu’ils traitent de tous les aspects de la communication, depuis la presse écrite jusqu’au numérique, en passant par l’affichage. Il est possible de regretter le manque de précision sur les méthodes de communication digitale, mais la base y est. Difficile de tout intégrer quand on veut aborder autant de sujets !

Points forts :

Un bon équilibre entre la théorie et la pratique ;

Des entretiens avec des experts du domaine ;

De nombreuses adresses utiles et des références de qualité ;

Un lexique pour prendre en main les concepts de base.

Points faibles :

Un livre qui s’adresse plutôt à un public déjà spécialisé ;

Quelques passages redondants.

Ma note :

★★★★

Le petit guide pratique du livre Pilotez votre communication de Thierry Libaert et Jacques Suart

Les deux grands apports du livre Pilotez votre communication :

Savoir comment mesurer vos actions de communication

Trouver les indicateurs pertinents dans le nouveau monde numérique

Foire Aux Questions (FAQ) du livre Pilotez votre communication de Thierry Libaert et Jacques Suart

  1. Comment le public a accueilli le livre Pilotez votre communication de Thierry Libaert et Jacques Suart ?

Ce livre a été très bien accueilli par le public de par son grand succès. Ainsi, il devient un best-seller et un classique indispensable toutes les tailles d’entreprises.

  1. Quel fut l’impact du livre Pilotez votre communication de Thierry Libaert et Jacques Suart ?

Le livre Pilotez votre communication a permis à une multitude de personnes d’avoir un regard beaucoup plus lucide et posé sur la communication et ses axes et surtout comment mieux la piloter.

  1. À qui s’adresse le livre Pilotez votre communication de Thierry Libaert et Jacques Suart ?

Ce livre s’adresse aux marketeurs, aux entreprises et à ceux qui aspirent à faire carrière dans la communication.

  1. Quels sont les deux types de publicités distinctes selon les auteurs ?

La publicité produit ou service visant à vendre un produit ou u service

La publicité institutionnelle visant à vendre l’image d’une entreprise ou d’une organisation

  1. Quels sont les mesures d’audience selon les médias d’après les auteurs ?

Selon les auteurs il y a six mesures d’audience selon les médias

La presse écrite

La télévision

La radio

Le cinéma

L’affichage

L’internet

La présentation du tableau de bord vs Les types d’indicateurs ou d’études

La présentation du tableau de bord Les types d’indicateurs ou d’études

Plan de communication Équivalence achat d’espace

Choix des indicateurs   Notoriété

Mise en œuvre de l’évaluation Identité et/ou attractivité

Synthèse dans le tableau de bord Indicateurs économiques

Management de la communication Attribution et mémorisation

Qui est Thierry Libaert ?

Thierry Libaert, expert français en communication des organisations, est né à Lille en 1959. Il enseigne les sciences de l'information et de la communication à l'Institut d'études politiques de Paris, à l'Université Paris-IV (CELSA), à l'Université de La Réunion et à l'Université catholique de Louvain, où il préside le Laboratoire d'Analyse des Systèmes de la Communication d'Organisation (Lasco). Il est également actif dans divers domaines, notamment en tant que membre du Comité économique et social européen, du conseil d'administration de l'Agence française de normalisation (AFNOR) et en tant que président du comité scientifique de l'association « Communication & Entreprise ». Thierry Libaert a également exercé des responsabilités dans le domaine de la réglementation professionnelle, de la publicité et de la surveillance de l'environnement. Il est également directeur scientifique de l'Observatoire international des crises.

Qui est Jacques Suart ?

Jacques SUART, né le 15 février 1951, est un consultant spécialisé dans la stratégie de communication, la communication de crise et l'image de marque. Il est actuellement président de la société Suart Conseil, fondée en 2016. Bien que le chiffre d'affaires de la société ne soit pas divulgué, Jacques SUART accompagne les entreprises et les organisations dans leurs besoins de communication.

Il a 30 ans d'expérience dans le secteur de la communication, ayant travaillé en tant que directeur de la communication dans de grandes organisations ainsi qu'en agence. Son expérience lui permet d'aider les organisations à développer des stratégies de communication efficaces, à gérer des situations de crise et à renforcer leur image de marque.

Avez-vous lu le livre de Thierry Libaert et Jacques Suart « Pilotez votre communication : évaluation, indicateurs et tableaux de bord » ? Combien le notez-vous ?

Où trouver le livre « Pilotez votre communication : évaluation, indicateurs et tableaux de bord » ?

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Thu, 07 Sep 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12558/Pilotez-votre-communication-valuation-indicateurs-et-tableaux-de-bord
Maîtrisez vos émotions http://www.olivier-roland.fr/items/view/12553/Matrisez-vos-motions

Résumé de « Maîtrisez vos émotions. Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions » de Thibaut Meurisse : un manuel riche en enseignements sur nos émotions, comment mieux en prendre conscience et les gérer.

Par Thibaut Meurisse, 2021, 260 pages.

Chronique et résumé de « Maîtrisez vos émotions : Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions » de Thibaut Meurisse

Maîtrisez vos émotions - Introduction

Personne ne nous apprend réellement comment fonctionnent nos émotions, ni nos professeurs, ni nos parents. La société nous enjoint à les réprimer, notamment les émotions négatives. Pourtant, les émotions sont au centre de notre vie et de notre bonheur.

À travers ce livre Maîtrisez vos émotions, l’auteur, Thibaut Meurisse affirme qu’il « vous aidera à :

comprendre la nature des émotions et la façon dont elles affectent votre vie ;

identifier les émotions négatives qui contrôlent votre vie et à apprendre à les surmonter ;

changer votre récit pour mieux contrôler votre vie et vous créer un meilleur avenir ;

reprogrammer votre esprit pour ressentir plus d’émotions positives. » (Maîtrisez vos émotions, p. xii)

L’auteur conseille de lire Maîtrisez vos émotions dans son ensemble au moins une fois puis de revenir et de se concentrer sur les sections que l’on souhaite approfondir. Des exercices sont inclus dans chaque section et vous trouverez également des exercices complémentaires dans la partie annexe. 

Partie 1 – Maîtrisez vos émotions : Définir les émotions

  1. Votre mécanisme de survie

Un penchant pour la négativité

Au début de l’histoire de l’humanité, les êtres humains vivaient en petits groupes nomades. Par la suite, lorsqu’ils ont commencé à devenir de plus en plus sédentaires, ils ont continué à vivre dans des systèmes communautaires où les liens de parenté et de solidarité étaient très forts. 

Ils vivaient le plus souvent dans des environnements très hostiles où ils étaient confrontés à la menace de prédateurs. Face à ces dangers, le cerveau des humains a développé des réflexes de survie presque automatiques. Le stress ressenti dans une telle situation permettait de se protéger en provoquant des réactions comme la fuite ou l’attaque. 

Le groupe ou la communauté assuraient une protection essentielle face aux dangers. Être exclu du groupe signifiait se retrouver seul face aux prédateurs et la mort presque assurée.

Ainsi le cerveau humain associe l’inclusion dans un groupe à la protection et le rejet à un danger. 

Bien que nous vivions aujourd’hui dans des sociétés plus sécurisées et plus individualistes, nous continuons à associer le rejet ou la critique à un risque d’exclusion et donc de mort. L’auteur donne l’exemple de personnes qui se focalisent sur une critique négative – par exemple une critique du patron – alors qu’elles ont reçu un grand nombre de compliments par ailleurs. La peur d’être rejeté prend alors le pas sur les évaluations positives.

Mais Thibaut Meurisse précise que :

« La fonction principale de votre cerveau n’est pas de vous rendre heureux, mais d’assurer votre survie. Ainsi, si vous voulez être heureux, vous devez apprendre à contrôler vos émotions au lieu d’espérer que le bonheur vienne à vous naturellement. » (Maîtrisez vos émotions, p. 5)

La dopamine peut nuire à votre bonheur

Lorsque nous effectuons certaines actions qui ont un lien avec notre survie (nous alimenter, faire l’amour, etc.) et la survie de l’espèce, de la dopamine est libérée dans certaines zones du cerveau. Nous ressentons alors du plaisir, parfois intense. Cette sensation nous amène à chercher à renouveler l’action associée au plaisir et donc à continuer à nous alimenter et à tenter de nous reproduire par exemple.

Dans nos sociétés modernes, les spécialistes du marketing et de la psychologie utilisent ce système de récompense de la dopamine. Ils créent des contenus qui stimulent certaines zones de notre cerveau et nous amènent à libérer de la dopamine et donc à ressentir du plaisir.

C’est ainsi que certains deviennent « accros » aux notifications, aux « likes », à leurs smartphones, à la pornographie, etc. Ces addictions peuvent être très dangereuses, notamment lorsqu’elles amènent certains à s’éloigner de besoins essentiels comme boire et manger.

L’adaptation hédonique

Il est faux de croire qu’en réalisant ses rêves, on sera heureux pour toujours. Une fois l’excitation et l’euphorie passées, on cherchera à passer à une nouvelle chose « excitante » (p. 7). 

L’auteur cite une étude très intéressante, réalisée en 1978, sur deux groupes ayant connu un grand changement de vie un an auparavant.

Un groupe était constitué de personnes qui venaient de gagner au loto.

L’autre groupe était constitué de personnes qui étaient devenues paraplégiques. 

Un an après ce changement, tous les participants étaient aussi heureux ou malheureux qu’avant. Cette étude montre que les évènements extérieurs n’ont que peu d’effet sur notre niveau de bonheur.

L’auteur cite les travaux de Sonja Lyubomirsky et selon qui :

50% de notre bonheur est déterminé par la génétique ;

40% par des facteurs internes ;

10% par des facteurs externes.

« Ainsi, l’influence des facteurs externes est probablement bien moindre que vous ne le pensiez. Voici ce qu’il en ressort : c’est votre attitude face à la vie qui dicte votre bonheur, pas ce qui vous arrive. » (Maîtrisez vos émotions, p. 8)

  1. L’ego et son fonctionnement

Alors, qu’est-ce que l’ego ?

L’auteur choisit de désigner l’ego comme « l’identité » ou « l’histoire » d’une personne. L’ego se réfère à la perception que chacun a de lui-même. Cette conscience de soi se définit à travers ce que nous ressentons au contact des évènements de notre vie et des jugements que les autres portent à notre égard. 

L’ego se construit dans la comparaison aux autres et il crée de la dépendance aux autres. De plus, l’ego n’est jamais satisfait et cherche à s’alimenter toujours plus. 

Alors, nous pouvons ressentir des émotions négatives lorsque des éléments qui composent notre identité – et auxquels nous sommes attachés – sont critiqués. Il est important de prendre conscience de notre ego afin de ne pas nous soumettre entièrement à nos croyances. Nous pouvons alors éviter de grandes souffrances. 

Le besoin d’identité de votre ego

L’auteur identifie que l’ego a un fonctionnement similaire à celui du cerveau : il cherche à survivre mais aussi à s’accroître ! Pour cela, il a besoin de s’alimenter. C’est ainsi que certaines personnes cherchent à réaliser des actions uniquement dans le but d’obtenir un maximum de reconnaissance et de satisfaire ainsi leur ego. 

L’auteur identifie plusieurs éléments qui alimentent l’ego.

Les possessions matérielles : le capitalisme et le marketing développent beaucoup de techniques pour nous amener à croire que les objets en tout genre que nous possédons (vêtements, voiture, montres, etc.) jouent un grand rôle sur l’image que nous renvoyons aux autres. Si nous en venons à penser que les objets peuvent faire notre bonheur, ceci est problème.

Le corps : les sociétés modernes véhiculent des images stéréotypées des corps considérés comme beaux et séduisants. Ceci nous pousse à croire qu’un beau corps est essentiel au bonheur. Non ! Nous dit l’auteur. Il est possible d’observer son corps avec bienveillance, indépendamment des normes fabriquées par le marketing.

Les relations avec les autres : nous cherchons souvent, à travers nos actions, à obtenir la reconnaissance des autres. Nous utilisons ainsi les autres, d’une certaine manière, pour renforcer notre identité. Cela vaut pour les relations avec les amis et les connaissances, mais aussi, parfois, dans les relations parents-enfants. Certains parents se comportent comme s’ils possédaient leurs enfants et cherchent à renforcer leur ego à travers eux. On peut observer aussi des mécanismes similaires dans les couples.

Les croyances : elles peuvent être de différents types (religieuses, politiques ou métaphysiques). L’attachement à des croyances peut mener certains à être prêts à mourir pour les défendre, ou pire, à tuer ceux qui les contredisent !

Thibaut Meurisse mentionne aussi d’autres objets d’identification tels que la culture, la nationalité, l’âge, l’emploi, le statut social, etc.

Le besoin de l’ego de se sentir supérieur

Pour alimenter son ego, une personne en vient à développer des comportements dérangeants en société tels que :

« colporter des commérages », des critiques négatives sur d’autres, car cela permet de se sentir différent, « meilleur » en quelque sorte ;

chercher à avoir toujours raison, ce qui permet d’affirmer son existence ;

se plaindre, ce qui permet de se donner raison et de donner tort aux autres ;

attirer l’attention sur soi, quitte à commettre des actes répréhensibles.

L’impact de votre ego sur vos émotions

Pourquoi est-il si important de comprendre notre ego ? Et bien, parce que notre ego est à l’origine de beaucoup des émotions négatives que nous ressentons. 

« En remplaçant votre histoire actuelle par une histoire plus valorisante, tout en renonçant à un attachement excessif aux choses, aux personnes ou aux idées, vous pourrez vivre des émotions plus positives. » (Maîtrisez vos émotions, p. 12)

  1. Maîtrisez vos émotions : La nature des émotions

Les émotions que nous ressentons n’ont pas vocation à rester durablement en nous. Elles peuvent apparaître, puis disparaître après nous avoir habités pendant des temps variables. Plusieurs émotions peuvent également cohabiter. L’important est de réussir à les accepter sans se juger et de ne pas s’identifier à elles. Ne nous laissons pas définir par nos émotions !

L’utilité des émotions négatives

Ce ne sont pas les émotions elles-mêmes qui créent de la souffrance, mais la manière dont nous les critiquons.

Considérons plutôt le côté positif des émotions négatives. Elles agissent comme des signaux qui nous permettent de détecter une souffrance, un problème à analyser, des changements à amorcer. 

L’auteur cite les exemples d’Elon Musk et d’Abraham Lincoln qui ont vécu de profonds moments de dépression et de tristesse ce qui ne les a pas empêchés de se retrouver ensuite sur des rails positives ! Les émotions négatives n’ont pas vocation à rester en nous. Un jour, elles disparaissent et votre personnalité peut « briller de nouveau » (p.22).

Cependant Thibaut Meurisse conseille aux personnes souffrant de dépression chronique grave d’aller consulter un spécialiste.

Le côté perfide des émotions

Les émotions qui nous habitent à un moment donné de notre vie colorent toutes les expériences que nous vivons. 

Si nous nous sentons heureux, nous avons tendance à vivre tout ce qui nous arrive de manière positive, y compris des expériences que nous aurions pu ressentir comme désagréables à d’autres moments. 

À l’inverse, si nous nous sentons malheureux, les évènements de notre vie sont teintés d’émotions négatives comme la tristesse, la colère, le ressentiment, l’angoisse, l’exaspération, ou encore la frustration.

« Efforcez-vous de remarquer lorsque de tels évènements se produisent et commencez à déjouer les ruses de vos émotions. Vous pouvez également aller plus loin et noter ces évènements dans un journal. Ce faisant, vous comprendrez mieux le fonctionnement des émotions, et par conséquent, vous serez mieux équipé pour les gérer. » (Maîtrisez vos émotions, p. 23)

Le pouvoir maléfique des émotions

Selon Thibaut Meurisse, les émotions négatives agissent « comme un sort » (p.24), c’est-à-dire qu’elles nous envahissent subitement sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. 

Le problème est que les émotions prennent alors le pas sur la raison. Nous avons beau tenter de nous raisonner, rien n’y fait et nous restons habités par ce ressenti négatif. Ce mécanisme est amplifié quand l’image que nous nous faisons de nous-mêmes est atteinte. Par exemple, une personne qui manque de confiance en elle se sentira vite touchée par une petite critique. 

C’est ainsi que des cercles vicieux d’émotions et de pensées négatives se mettent en place, une émotion en entraînant une autre de la même nature.

Le pouvoir filtrant des émotions

Quels sont les aspects de la vie qui sont atteints par les émotions ? 

Ils sont nombreux, il s’agit notamment de la capacité à :

entreprendre, être créatif, avoir des idées ; 

persévérer ; affronter les obstacles ; sortir de sa zone de confort.

Briser le pouvoir magnétique des émotions

Nous avons vu que les émotions négatives peuvent être un signal intéressant pour nous amener à analyser les causes de notre mal-être et chercher des solutions. Ainsi, les émotions négatives vont et viennent au milieu d’émotions positives et ce processus reste naturel et sain. 

Toutefois, lorsque nous restons prisonniers trop longtemps de cercles vicieux d’émotions négatives, nous devons essayer de briser ce que l’auteur appelle leur « pouvoir magnétique ». Comment faire ?

Thibaut Meurisse conseille de « compartimenter les problèmes et ne pas regrouper des problèmes sans rapport les uns avec les autres » (p.28).  De plus, en examinant précisément ce qui a déclenché une émotion négative, nous pouvons commencer à identifier certains schémas de causes à effets qui se mettent en place. 

Votre point d’équilibre émotionnel

Thibaut Meurisse cite ici deux autres auteurs, Esther et Jerry Hicks, qui ont développé un modèle dans leur ouvrage Demandez et vous recevrez pour expliquer le passage d’émotions négatives à positives. 

Ils distinguent des échelles d’émotions. Ainsi, les émotions qui nous empêchent de passer à l’action, comme la dépression ou le désespoir, sont au bas de l’échelle. Puis la colère signifie un regain d’énergie et d’action. Elle peut être utilisée comme un moteur pour se mettre en marche et créer une dynamique. 

« Chaque fois que vous ressentez des émotions négatives, recherchez des émotions revigorantes. (…) si la colère vous fait du bien, acceptez-la. » (Maîtrisez vos émotions, p. 30)

Émotions et souffrance mentale

Lorsque nous sommes confrontés à un problème dans notre vie, il est contre-productif de lui associer un ensemble de questionnements angoissants et négatifs. Non seulement ils ne nous permettent pas de trouver des solutions, mais en plus, ils créent de la souffrance mentale. 

Et cette souffrance mentale consomme beaucoup d’énergie. Par exemple, lorsque l’on procrastine face à une tâche qui nous semble difficile, la souffrance mentale générée consomme en réalité plus d’énergie que la réalisation de la tâche elle-même. Et nous nous rendons finalement souvent compte que la tâche n’était pas si difficile que cela. Ce qui est problématique, c’est donc la souffrance que nous avons générée à partir de cette tâche à faire.

En réalité, les problèmes n’existent pas

Nous devons arrêter de créer de faux problèmes qui n’existent que dans notre esprit ou pour lesquels nous ne devons pas perdre de temps, car nous ne pouvons pas changer le passé ni prévoir l’avenir.

Partie 2 – Maîtrisez vos émotions : Ce qui affecte vos émotions

Thibaut Meurisse débute cette partie en soulignant la complexité des émotions et des différents facteurs qui les influencent. 

Il distingue deux types d’émotions :

Les émotions naturelles spontanées qui sont liées à nos mécanismes de survie (par exemple la peur qui peut mener à la fuite ou à l’attaque pour se défendre) ;

Les émotions sur lesquelles nous pouvons agir, car elles proviennent de la façon dont nous interprétons ce qui nous arrive, mais aussi d’autres facteurs comme l’alimentation, l’activité physique et cognitive ou encore le sommeil, etc. 

  1. L’impact du sommeil sur votre humeur

Des études ont montré que la quantité et la qualité du sommeil influencent la manière dont nous gérons nos émotions, notre capacité de concentration, notre vigilance et même notre espérance de vie.

Voici quelques conseils donnés par Thibaut Meurisse pour améliorer notre sommeil (p. 38-39) :

faire le noir complet dans sa chambre ;

ne pas utiliser d’appareils électroniques ou alors avec une protection anti-lumière bleue ;

détendre son esprit par exemple par l’écoute d’une musique apaisante ou la lecture d’un livre papier ;

ne pas boire d’eau dans les deux heures précédant le coucher pour éviter d’aller aux toilettes pendant la nuit ;

adopter un rituel du soir qui nous aidera aussi à avoir un rituel du matin.

  1. L’influence du corps sur vos émotions

Langage et posture corporels

Thibaut Meurisse cite les travaux d’Amy Cuddy, psychologue sociale à Harvard Business School. Elle a mené une expérience où elle mesurait les hormones produites par des hommes qui adoptaient certaines postures corporelles.

Les hommes qui adoptent une attitude de puissance produisent des hormones qui augmentent leur vitalité, leur bien-être et leur acceptation du risque. 

À l’inverse, les hommes qui adoptent une attitude de faible puissance produisent moins d’hormones entraînant des sensations de bonheur et sont plus averses au risque.

L’auteur conseille donc de s’efforcer d’adopter des postures corporelles qui génèrent des émotions positives comme sourire, se tenir droit, ou encore manifester une certaine énergie dans ses mouvements.

Les bienfaits de l’exercice physique

De même, des études ont montré que la pratique d’un exercice physique régulier permet de soigner des dépressions avec autant d’efficacité que des antidépresseurs. De manière générale, faire un peu de sport régulièrement peut aussi contribuer à augmenter l’espérance de vie.

Et pas besoin de courir dix kilomètres par jour ! Trente minutes de marche cinq jours par semaine contribuent déjà de manière significative à une amélioration de l’humeur. 

  1. Maîtrisez vos émotions : L’influence des pensées sur vos émotions

La méditation et la visualisation sont des pratiques qui peuvent vous aider à améliorer significativement votre humeur.

À travers la méditation, vous observez les pensées qui surgissent dans votre esprit et vous apprenez à les mettre à distance de manière à diminuer l’impact émotionnel qu’elles ont sur vous. 

À travers la visualisation, vous pouvez visualiser des expériences qui vous amènent des émotions positives.

  1. L’influence des paroles sur vos émotions

Prêtez attention à la manière dont vous vous parlez à vous-mêmes, dont vous exprimez vos souhaits et vos intentions. 

Dites : « je veux », « je le ferai », « absolument », « bien sûr », « aucun problème ». Utilisez des formes positives.

Ne dites pas : « j’espère », « je vais essayer », « je souhaite », « peut-être », « si tout va bien ». N’utilisez pas de formules négatives.

« Les affirmations positives sont des phrases que vous répétez régulièrement jusqu’à ce que votre subconscient les accepte comme vraies. Au fil du temps, elles conditionnent votre esprit à éprouver des émotions positives telles que la confiance ou la gratitude. » (Maîtrisez vos émotions, p. 48)

  1. L’influence de la respiration sur vos émotions

La respiration est absolument essentielle à la vie. Si vous arrêtez de respirer, vous mourez en quelques minutes. 

En pratiquant certaines techniques de respiration, vous pouvez influencer grandement votre humeur et la gestion de vos émotions.

Ralentir la respiration permet de :

soulager le stress ;

augmenter sa conscience et sa sensibilité ;

diminuer l’anxiété et la peur.

Pratiquer une respiration rapide permet de :

se libérer du stress ;

avoir plus d’énergie.

  1. Maîtrisez vos émotions : L’influence de l’environnement sur vos émotions

Que nous le voulions ou non, le contact avec ce qui nous entoure provoque des émotions, que ce soit le contact avec d’autres êtres humains, des animaux, des végétaux, un paysage, des bruits, etc. 

Pour essayer d’améliorer notre bien-être, essayons de maintenir de bonnes relations avec les autres et de vivre dans un environnement agréable et bien organisé. L’auteur indique qu’il développera davantage ces points dans le chapitre 16.

  1. L’influence de la musique sur vos émotions

Des études ont montré que l’écoute de musique contribue à améliorer l’humeur en quelques minutes seulement. La musique peut aussi aider à mieux communiquer et améliorer la qualité de vie en général. 

Thibaut Meurisse précise que chacun est différent. Il nous invite à observer les liens entre différents types de musique et les émotions que nous ressentons. Il nous conseille alors de créer des playlists adaptées à chacune des émotions que nous recherchons : repos, détente, méditation, énergie, etc.

Partie 3 – Maîtrisez vos émotions : Changer vos émotions

Au début de cette troisième partie de l’ouvrage, l’auteur annonce les trois thèmes principaux qu’il traitera :

l’origine des émotions ;

les bienfaits de la pensée positive ;

les limites de la pensée positive et les compléments à apporter pour améliorer la gestion des émotions négatives.

  1. La naissance des émotions

Comment naissent les émotions que nous ressentons ? 

Thibaut Meurisse rappelle la distinction qu’il a déjà faite entre deux types d’émotions négatives.

Tout d’abord, on trouve les émotions négatives spontanées qui sont essentielles à notre survie puisqu’elles conditionnent des réactions qui visent à nous maintenir en vie. Il s’agit par exemple de la peur que nous éprouvons face à un danger. L’auteur ne s’attarde pas sur ces émotions essentielles.

En second lieu, on peut distinguer les émotions négatives que nous créons dans notre esprit. 

L’enjeu ici est de répondre à la question suivante : à travers quel processus générons-nous des émotions négatives qui peuvent nous envahir durablement ?

L’auteur distingue trois mécanismes qui s’enchaînent.

L’interprétation qui est très souvent liée à l’histoire personnelle de chacun et aux attentes créées à un moment donné. Face à un même évènement, deux personnes peuvent réagir très différemment. Par exemple, la pluie fera le bonheur d’un agriculteur et le malheur d’une famille qui prévoyait de se baigner. 

L’identification qui consiste à se définir à travers une émotion que l’on ressent à un moment donné. Or, l’auteur le rappelle, les émotions ont vocation à être passagères et à se modifier ! Ce n’est pas parce que vous vous sentez envahi par la tristesse à un moment donné que vous êtes triste en permanence.

La répétition qui consiste à s’accrocher à une émotion négative, par exemple le ressentiment que l’on éprouve envers un ami. Essayez de lâcher prise de cette émotion négative dès le début, ne la laissez pas vous habiter !

La combinaison et l’enchaînement de ces trois mécanismes (interprétation, identification, répétition) créent une émotion négative intense, durable et envahissante.

Pour réduire le pouvoir des émotions négatives, essayez d’identifier, à chaque étape, les mécanismes à l’œuvre.

Quels sont les évènements qui ont eu lieu et quelles ont été vos pensées ? 

Quelle a été votre réaction face à ces pensées ?

Avez-vous répété ces pensées à différents moments ?

  1. Maîtrisez vos émotions : Changer votre interprétation

La manière dont nous interprétons des évènements est étroitement liée à notre histoire de vie personnelle. Notre culture d’origine, notre famille, la société dans laquelle nous évoluons ou encore nos fréquentations influencent grandement nos opinions et nos manières de voir le monde.

Ainsi pour comprendre les interprétations que nous réalisons, Thibaut Meurisse nous conseille d’analyser nos points de vue. Quels sont-ils et sont-ils si immuables que nous le croyons ? Notre bonheur passe-t-il vraiment par le respect de toutes ces normes que nous énonçons au sujet par exemple du mariage, de la bonne santé, ou encore de l’argent ? 

En examinant attentivement ces normes que nous avons tendance à ne jamais questionner, nous nous rendrons compte que certaines ne nous correspondent pas et que nous pouvons les revisiter ou les voir autrement. Nous serons ainsi mieux armés pour faire face aux nécessaires aléas de la vie qui surgiront et pour y répondre. Nous pourrons alors saisir ces imprévus comme des opportunités pour avancer plutôt que de créer des blocages.

  1. Se libérer des émotions

L’éducation nous apprend le plus souvent à réprimer nos émotions négatives telles que la colère, la peur, la frustration ou la tristesse. Cependant, en faisant cela, nous bloquons ces énergies délétères à l’intérieur de nous-mêmes. 

Que se passe-t-il alors ? Nous continuons à entretenir le sentiment de ne pas être performant ou compétent par exemple, de ne pas « être assez bien » pour satisfaire certaines exigences sociales.

Comment nous libérer de nos émotions négatives ? 

Thibaut Meurisse nous conseille de suivre différentes étapes.

Observez les cycles émotions/pensées/interprétations avec détachement. Pour cela, prêtez attention aux signaux que votre corps vous envoie, prenez le temps de les ressentir et de les accepter. 

Caractérisez vos émotions avec précision. Plutôt que de dire « je suis triste », dites plutôt quelque chose comme « je me sens triste en ce moment et cela est certainement lié à tel évènement ».

Libérez-vous des émotions néfastes et des croyances qui y sont attachées, par exemple l’idée qu’il faut travailler beaucoup pour se sentir fier et être performant ou encore l’idée qu’il faut contrôler le résultat de ses actions.

« J’avais régulièrement l’impression de ne pas être assez performant. Par conséquent, je pensais que je devais travailler plus dur. Cette conviction m’a conduit à créer des listes d’objectifs quotidiens impossibles à atteindre, même en travaillant du matin au soir. Je n’atteignais pas souvent mes objectifs, ce qui renforçait la conviction que je n’étais pas assez doué. En réalisant que ce n’était qu’une histoire, j’ai commencé à abandonner cette croyance. Après ça, j’ai remarqué que j’étais presque aussi productif, mais sans avoir besoin de lutter et de me sentir stressé. C’est un problème sur lequel je travaille toujours, mais ce processus m’a beaucoup aidé. » (Maîtrisez vos émotions, p. 78)

Pour finir, Thibaut Meurisse expose le principe de la Méthode Sedona de Hale Dwoskin qui préconise trois façons de se libérer de ses émotions : les laisser partir ; les autoriser à exister ; les accueillir. 

  1. Conditionner l’esprit pour générer des émotions positives

Pour rappel, les émotions et les pensées se font écho et s’alimentent mutuellement à l’intérieur de cycles. Par exemple, le fait de croire que l’on est incompétent génère des émotions négatives comme la honte et la culpabilité, qui, à leur tour, attireront des pensées qui renforceront ces émotions et ainsi de suite. Ainsi, vous vous souviendrez régulièrement d’échecs passés et vous vous focaliserez sur les choses pour lesquelles vous vous croyez incompétent. 

Ces cycles d’émotions et de pensées créent à leur tour des blocages qui empêchent de passer à l’action pour améliorer sa vie. Et voilà comment, en vous croyant incompétent à tort, vous ne demanderez pas de promotion. 

En vous concentrant sur ce que vous voulez et en cherchant des moyens pour générer des énergies positives (enthousiasme, excitation, passion), vous arriverez à réaliser beaucoup plus de choses que ce que vous croyez !

Pour faire le plein de pensées positives :

célébrez quotidiennement vos petites victoires ;

traitez-vous avec compassion et respect ;

reconnaissez vos points forts.

Pour vous entraîner à éprouver plus d’émotions positives, vous pouvez utiliser le même schéma d’identification des émotions négatives déjà présenté : interprétation + identification + répétition = émotion puissante.

Thibaut Meurisse apporte alors quelques exemples de stratégies à réfléchir et à mettre en place pour éprouver certaines émotions comme la gratitude, l’enthousiasme, la confiance/certitude, l’estime de soi ou encore l’esprit de décision.

Mais attention à ne pas vouloir mettre en œuvre trop de changements à la fois ! Commencez petit et allez-y progressivement. « N’oubliez pas que la maîtrise de vos émotions est un travail de longue haleine » (p. 92).

  1. Maîtrisez vos émotions : Changer vos émotions en modifiant votre comportement

Thibaut Meurisse nous prévient. Il n’est pas toujours aisé de substituer une émotion négative par une positive, notamment lorsqu’il s’agit d’émotions liées à des chocs profonds comme une dépression sévère ou le deuil d’un être cher. 

Toutefois, il existe encore un autre biais pour changer ses émotions : votre comportement. Le changement peut alors opérer très rapidement, comme dans le cas d’une colère légère que l’on calme en se concentrant sur une tâche précise. 

Ce processus de transformation des émotions par le comportement peut aussi prendre des mois, voire des années, s’il s’agit d’émotions qui vous habitent plus durablement. Persistez, vous finirez par voir les résultats !

  1. Changer vos émotions en modifiant votre environnement

Votre environnement est constitué notamment par les activités dans lesquelles vous investissez du temps et les personnes qui vous entourent, notamment celles avec lesquelles vous avez le plus d’interactions. 

Observez et analysez les éléments qui composent votre environnement. Lorsque vous êtes en contact avec eux, comment vous sentez-vous ? Est-ce vous ressentez un regain ou, au contraire, une baisse d’énergie ?

En réalisant ce travail, vous pourrez choisir de vous concentrer davantage sur ce qui vous procure du bien-être et laisser de côté, voire carrément, vous séparer des personnes et des habitudes qui vous tirent vers le bas.

Thibaut Meurisse cite quelques exemples d’habitudes souvent toxiques. C’est notamment le temps passé :

devant la télévision ou des vidéos, car ce sont des activités passives ;

sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter, etc.), car ils risquent d’accroître la dépendance au jugement des autres pour l’estime de soi ;

avec des personnes négatives et qui se plaignent fréquemment.

Le fait de laisser des projets inachevés est aussi une source d’angoisse. Votre esprit se trouve alors comme « encombré » par trop « d’onglets ouverts » (p. 99). 

  1. Des solutions à court et à long terme pour gérer vos émotions

Dans cette partie, l’auteur, Thibaut Meurisse, fournit « un ensemble d’exercices et de techniques pour mieux gérer vos émotions » (p. 100).

Parmi les solutions à court terme, voici quelques exemples.

Modifier son état émotionnel : se distraire ; bouger ; écouter de la musique ; crier ; agir pour faire ce que l’on doit faire (que l’on en ait envie ou non).

Prêter attention à ses émotions : écrire – avec précision – ses préoccupations et les évènements qui ont généré une émotion ; recueillir un point de vue extérieur en discutant avec un ami.

Se détendre : se reposer ; utiliser des techniques de respiration ; relâcher ses muscles ; voir les problèmes comme des signaux pour chercher des solutions et aller mieux.

Voici des exemples de solutions à long terme.

Analyser ses émotions négatives : identifier « l’histoire » qui se trame derrière les émotions ressenties ; pratiquer la méditation ; se concentrer complètement en réalisant une activité.

S’éloigner de la négativité : changer d’environnement ; supprimer les activités qui ne sont pas productives, qui n’apportent rien.

Conditionner son esprit : créer des rituels ; faire du sport.

Augmenter son énergie : mieux dormir ; mieux manger.

Demander de l’aide : pour surmonter des problèmes profonds comme une dépression.

Partie 4 : Maîtrisez vos émotions : Utiliser vos émotions pour vous épanouir

Dans cette quatrième et dernière partie, Thibaut Meurisse expose la manière dont on peut s’appuyer sur ses émotions pour son développement personnel. Rappelez-vous que les émotions négatives n’ont pas vocation à durer et à vous habiter en permanence. Elles vont et viennent et vous pouvez aussi agir sur ce flux.

  1. Maîtrisez vos émotions : Laisser vos émotions vous guider

Prêtez attention à vos émotions le plus possible. Les émotions agissent comme des signaux qui vous indiquent une marche à suivre. Si les émotions sont négatives, analysez ce que vous devez changer pour aller mieux. 

Si vous ignorez les émotions négatives, le problème qui les cause va s’amplifier et deviendra encore plus difficile à gérer. Vous pourriez même rencontrer de graves problèmes de santé comme un épuisement professionnel (burn-out) ou une dépression.

C’est par exemple le cas lorsque vous rencontrez des problèmes avec votre conjoint ou un ami et que vous ne parvenez pas à en parler, ce qui accroît votre mal-être. La même situation peut se produire sur le plan professionnel. 

Améliorer sa conscience de soi est un outil puissant pour mieux gérer ses émotions.

« La conscience de soi est votre capacité à analyser objectivement vos pensées, vos émotions et vos comportements, sans y ajouter votre propre interprétation ou histoire. » (Maîtrisez vos émotions, p. 110) 

Une bonne conscience de soi augmente la curiosité, l’écoute, la prise de responsabilité, la remise en question des croyances.

  1. Écrire vos émotions

Thibaut Meurisse vous invite ici à réaliser l’exercice simple. Prenez quelques instants chaque jour pour noter vos émotions et sentiments en leur attribuant une note sur une échelle de 1 à 10 (1 étant la pire émotion et 10 la meilleure). 

À la fin de la semaine, faites un bilan. 

Analysez les émotions négatives ressenties et les faits concrets auxquels elles étaient liées (évènements extérieurs, manque de sommeil, etc.). 

Observez également comment vous avez interprété les faits et quelles croyances ancrées en vous vous ont amené à ce ressenti. 

Demandez-vous comment vous avez réussi à quitter un état émotionnel délétère pour revenir à un état neutre. 

Et enfin, « qu’auriez-vous pu faire pour éviter ou réduire ces émotions négatives ? »

  1. Ne pas être à la hauteur

Les sentiments de « n’être pas assez + adjectif (intéressant, inspirant, intelligent, etc.) » ou « de ne pas + verbe (travailler, produire, réfléchir, etc.) + assez » sont néfastes pour l’estime de soi et ont dû tuer dans l’œuf beaucoup de rêves. 

Vous n’êtes pas incompétent. En réalité, vous faites même la plupart des choses que vous entreprenez plutôt bien. Mais vous pensez souvent que vous n’êtes pas légitime pour réaliser une action. Vous avez alors tendance à vous focaliser sur vos échecs et vos difficultés au lieu de voir ce que vous faites bien. Cela peut vous rassurer, car vous vous dites que vous n’avez pas besoin « d’être à la hauteur ». Mais cela entretient aussi en vous un sentiment de mal-être.

« Même si le manque d’expérience, d’intérêt ou de talent peut expliquer pourquoi vous ne réussissez pas aussi bien que vous le souhaiteriez dans certains domaines, cela n’a rien à voir avec le fait que vous n’êtes pas suffisamment ‘compétent’. »  (Maîtrisez vos émotions, p. 122) 

Afin de surmonter le sentiment d’incompétence :

identifiez ce qui déclenche en vous vos sentiments d’incompétence ;

gardez une trace de vos réussites, par exemple en créant un « journal de réussites » et en notant tous les compliments que vous recevez ;

apprenez à recevoir les compliments et à les accepter.

Apprenez à prendre confiance en vous !

  1. Maîtrisez vos émotions : Être sur la défensive

Vous êtes sur la défensive lorsque vous ressentez le besoin de vous justifier en permanence ou que vous vous sentez offensé rapidement. Vous vous sentez vite en danger et vous vous voulez protéger votre ego. 

Thibaut Meurisse avance trois raisons pour lesquelles vous éprouvez le besoin de vous défendre.

Ce qu’on vous dit est en partie vrai et vous avez des difficultés à le reconnaître. Cela « déclenche en vous des réactions émotionnelles telles que la colère, le déni ou l’autocritique » (p. 132).

Ce qu’on vous dit sur vous n’est pas vrai, mais vous le croyez à tort et cela vient renforcer l’image dévalorisante que vous avez déjà de vous.

Une de vos croyances fondamentales est attaquée.

L’auteur conseille de chercher à comprendre ce qui nous amène à adopter une posture défensive. Pouvez-vous lâcher prise sur certaines de vos croyances ?

  1. Le stress et l’inquiétude

Le stress peut avoir de très graves répercussions sur la santé et il est à la source de milliers de décès chaque année dans le monde. 

Comment se sentir moins stressé ? 

En évitant les situations stressantes ;

En améliorant sa gestion des situations stressantes.

Comme pour les autres émotions négatives déjà abordées, Thibaut Meurisse conseille de prendre le temps de s’arrêter pour comprendre dans quelles situations naît le stress. Observez les interprétations et les croyances que vous associez à ces situations et demandez-vous si la situation est réellement stressante en soi. 

L’inquiétude, quant à elle, naît du souvenir ou de l’anticipation de situations stressantes. Pour diminuer vos inquiétudes, essayez de les lister. Elles peuvent être liées par exemple à la santé, la situation financière, le travail, les relations, la famille, etc.

Pour mieux gérer le stress, Thibaut Meurisse conseille de répartir les soucis en trois catégories distinctes ce:

que vous contrôlez ;

que vous contrôlez partiellement ;

sur quoi vous n’avez absolument aucun contrôle.

  1. Se soucier du regard des autres

Rappelez-vous que vous êtes la personne la plus importante au monde dont vous devez vous soucier en priorité. C’est avec vous-même en effet que vous vivez en permanence quoiqu’il arrive. « Il est donc normal de vous préoccuper de votre bien-être mental et physique » (p. 142).

Vous avez souvent tendance à surestimer le temps que les autres passent à penser à vous. En réalité, non ils ne pensent pas tant que ça à vous. Tout simplement parce qu’ils sont déjà très occupés à gérer leurs propres problèmes. 

Si vous cherchez à tout prix à obtenir l’approbation des autres et à être aimé du plus grand nombre, vous risquez d’oublier de vous occuper de vos besoins essentiels et de passer à côté de ce qui vous plaît vraiment à vous. 

« Vous n’êtes pas responsable des pensées des autres. En fait, ce que les gens pensent de vous ne vous regarde pas. Votre rôle est d’exprimer votre personnalité de la meilleure façon possible, tout en ayant l’intention la plus authentique. En bref, votre responsabilité est de faire de votre mieux pour être pleinement vous-mêmes. Ensuite, les gens peuvent vous aimer ou non, et c’est très bien ainsi. N’oubliez pas que les personnes les plus influentes telles que les présidents et les hommes et femmes d’État sont souvent détestées par des millions de personnes. » (Maîtrisez vos émotions, p. 144) 

  1. Maîtrisez vos émotions : Le ressentiment

Le ressentiment surgit lorsqu’une personne nous blesse et que nous ne parvenons pas à le lui dire. Nous avons alors tendance à attendre, par exemple, que cette personne comprenne par elle-même ce qu’elle a fait et reconnaisse le tort qu’elle nous a causé. 

Le ressentiment peut aussi apparaître, même après avoir exprimé ses besoins envers l’autre, lorsque l’on ne parvient pas à pardonner et à tourner la page. Nous continuons à penser à ce qui nous a blessé ce qui alimente la blessure en nous. C’est ainsi qu’un cercle vicieux se met en place.

En réalité, Thibaut Meurisse encourage à se débarrasser de cette amertume. La tranquillité d’esprit est plus importante que le besoin d’avoir raison et de se venger ! Pardonner, faire preuve de compassion envers autrui, réévaluer son interprétation peut aider à lâcher prise. 

  1. La jalousie

Nous ressentons de la jalousie lorsque nous aimerions avoir ce que quelqu’un d’autre a et que nous n’avons pas. Encore une fois, il s’agit certainement d’une interprétation erronée de la réalité. Entre ce que nous projetons et ce que nous croyons, il est même possible que nous ayons déjà ce que l’autre a ! 

Mais le sentiment de jalousie souligne avant tout nos manques et notre problème d’estime et de confiance en nous. Si nous analysons précisément ce qui déclenche ce sentiment, nous pouvons aussi agir pour lui faire face. Thibaut Meurisse cite son exemple. En comprenant pourquoi il était jaloux d’une personne qui rencontrait du succès dans le développement personnel, il a compris son propre désir de développer une activité dans ce domaine et il s’est lancé !

L’auteur nous invite à penser plutôt en termes de coopération et de soutien mutuel et nous propose de cesser de nous comparer aux autres. Après tout, nous ne connaissons jamais tous les aspects de la vie d’une personne. Pendant que vous vous concentrez sur les aspects positifs de la vie d’une personne, vous oubliez que cette personne rencontre certainement aussi des difficultés dans certains domaines. Mais surtout, vous oubliez de vous concentrer sur vous-mêmes.

  1. La dépression

L’auteur précise ici qu’il aborde la dépression « non-clinique ». Il distingue trois grands axes selon lesquels elle peut apparaître :

soudainement à la suite d’un choc émotionnel brutal et violent (lié par exemple à un deuil ou une séparation) ;

progressivement dans la dégradation de plusieurs aspects de votre vie (conditions de vie, perte d’un travail, couple, dettes, etc.),

sans raison apparente, mais parce que vous vous rappelez de manière répétitive et incessante les aspects que vous jugez négatifs dans votre vie et les craintes que vous avez concernant votre avenir.

La dépression est souvent créée par les pensées négatives que vous accumulez. Elle conduit à un sentiment de désespoir et d’impuissance : rien ne va plus et rien n’est plus possible.

Mais ne vous culpabilisez pas pour les émotions que vous ressentez. Ne réfléchissez pas trop, essayez plutôt d’agir ! En sortant de chez vous, en faisant des activités, en rencontrant des gens. Vous pouvez aussi faire du sport et méditer. En étant actif ainsi, même sans y réfléchir, vous allez percevoir petit à petit que vous vous reconnecterez davantage à vous-mêmes, à vos émotions, aux autres et à la réalité.

« La dépression est un signe que vous devez vous éloigner de votre esprit – en laissant de côté vos soucis concernant le passé/l’avenir ou votre interprétation de la situation actuelle – et vous reconnecter au moment présent. C’est une invitation puissante à vous détacher de l’identité à laquelle vous vous accrochez depuis tant d’années. C’est cette identité qui vous a amené à céder à la pression sociale : gagner une somme d’argent particulière, adopter un style de vie spécifique ou développer un certain statut social. La dépression vous invite à vous reconnecter à votre corps et à vos émotions tout en sortant de votre tête. » (Maîtrisez vos émotions, p. 165) 

  1. La peur de prendre des risques

Nous avons plus tendance à chercher à nous sécuriser et à rester dans notre zone de confort qu’à prendre des risques. Beaucoup de peurs plus ou moins conscientes nous empêchent alors de vivre pleinement notre vie. Par exemple, c’est par peur que nous n’allons pas vers des personnes qui nous attirent et qui nous correspondent ou encore que nous restons dans un poste de travail qui nous ennuie profondément. 

Comme pour les autres émotions, si nous écoutons et reconnaissons pourquoi et de quoi nous avons peur, cela peut nous donner la clé pour avancer dans notre vie et prendre les bonnes décisions. 

Nous avons tous, et même à l’âge adulte, une grande capacité à apprendre. Il suffit d’accepter de sortir de sa zone de confort de temps en temps. Cela ouvre des portes pour gagner confiance en soi et avancer dans le chemin qui nous correspond le mieux.

« Pour sortir de votre zone de confort, demandez-vous : ‘Quelle est la chose que je devrais faire, mais que je repousse constamment par peur ?’ Une fois que vous aurez fait cette chose, vous éprouverez probablement un sentiment de fierté et vous vous sentirez pleinement vivant. » (Maîtrisez vos émotions, p. 172) 

  1. La procrastination

La procrastination correspond à l’action de retarder la réalisation d’une action prévue, de la remettre à plus tard. Derrière la tendance à procrastiner se cache souvent un problème de gestion de ses émotions comme la peur d’échouer, le manque de confiance en soi et d’estime de soi. Le fait de ne pas être à sa place, de se sentir contraint de réaliser des tâches ennuyeuses peut aussi expliquer cette tendance.

La procrastination est coûteuse émotionnellement. Elle génère stress, angoisse et inquiétude. Lorsque nous procrastinons, nous avons l’impression de gérer en permanence une multitude de fenêtres ouvertes et de ne jamais rien terminer. 

L’auteur affirme également que la procrastination « peut vous conduire à :

ne pas vivre la vie que vous voulez ;

ne pas réaliser vos rêves ;

avoir une faible estime de vous et vous sentir coupable et malheureux. » (p. 174)

Thibaut Meurisse vous propose alors un processus en 16 étapes pour surmonter la procrastination parmi lesquelles on trouve notamment :

comprendre et analyser ce qui se cache derrière la procrastination, identifier les raisons ;

garder à l’esprit le coût de la procrastination ;

identifier ses techniques de distraction ;

noter précisément ce que l’on fait et le temps passé à chaque tâche ;

préparer son environnement pour les tâches planifiées ;

fractionner les tâches avec des objectifs réalisables et concentrez-vous sur des actions à impact positif rapide ;

agir, se lancer !

cultiver de bonnes habitudes quotidiennes.

  1. Le manque de motivation 

La passion rime avec la motivation. Si vous n’êtes pas motivé, c’est que vous avez le sentiment de ne rien faire de passionnant. Prenez le temps d’analyser pourquoi et d’explorer votre personnalité. Quels sont vos points forts et vos valeurs et quels types d’activités pourraient vous permettre de les déployer et de les valoriser ?

Vous pourriez aussi manquer de motivation, car vous ne définissez pas vos objectifs et votre vision personnelle d’une manière qui vous touche émotionnellement, et donc qui vous inspire. 

Gardez en tête qu’il est tout à fait normal de ne pas se sentir motivé et inspiré en permanence. La motivation va et vient. Pour vous aider à agir lorsque la motivation vient à manquer, instaurez une routine et gardez bien en tête vos objectifs. La discipline et l’organisation vous permettront de réaliser les choses qui doivent être faites même si vous n’en avez pas envie. 

Cependant, ne vous culpabilisez pas si vous n’arrivez pas à faire tout ce que vous pensez devoir faire ! Réévaluez vos objectifs et réorganisez la liste des tâches et des priorités.

Lorsque vous êtes bloqué, concentrez-vous pour terminer des cycles de tâches que vous aviez laissé ouverts les uns après les autres. Vous vous sentirez alors soulagé et vous pourrez enclencher une dynamique positive ! 

Conclusion

Thibaut Meurisse conclut son ouvrage Maîtrisez vos émotions en rappelant son message central.

Vos émotions ne vous définissent pas, elles vont et viennent. Vous n’êtes pas une personne « triste » ou « en colère » pour toujours.

Vous continuerez à éprouver des émotions négatives tout au long de votre vie et c’est normal.

Mais vous avez le pouvoir de vous changer et de changer votre environnement pour entrer dans une dynamique globale qui vous amènera à ressentir plus d’émotions positives.

Conclusion sur « Maîtrisez vos émotions : Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions » de Thibaut Meurisse : 

Un manuel riche en enseignements sur nos émotions :

Voici un guide stimulant, limpide et facile à lire qui nous amène à comprendre et à réfléchir à ce qui déclenche et alimente des émotions négatives en nous et qui nous incite aussi à agir pour faire face à ce phénomène. Les émotions vont et viennent et ne sont pas destinées à rester durablement en nous. Nous pouvons aussi agir pour favoriser des émotions positives !

L’ouvrage est structuré en quatre parties qui offrent une progression depuis la compréhension jusqu’à l’action. Des citations de penseurs ou hommes et femmes célèbres ouvrent ou agrémentent chacune des sous-parties. Puis l’auteur expose une idée générale qu’il accompagne ensuite d’exemples clairs et d’exercices qu’il a concoctés. Un grand cahier d’exercices final est également proposé à la fin de l’ouvrage. Des références à d’autres auteurs de développement personnel sont aussi mobilisées.

Ce qu’il faut retenir de « Maîtrisez vos émotions : Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions » de Thibaut Meurisse :

L’auteur propose dans Maîtrisez vos émotions, une formule frappante qui nous permet de saisir rapidement comment des émotions négatives fortes peuvent venir nous habiter durablement. Il résume cette formule ainsi : interprétation + identification + répétitions = émotions puissantes. 

Tout au long de l’ouvrage, cette formule est rappelée. L’auteur montre comment elle agit en arrière-plan de différentes situations pour expliquer le surgissement des émotions.

Cette formule permet aussi de comprendre comment on peut faire face à ses émotions négatives. Ainsi, en étant attentif aux différentes étapes qui mènent à leur surgissement, en décrivant les contextes dans lesquels elles apparaissent, il est possible d’en relativiser un grand nombre. Discuter avec quelqu’un de confiance, méditer, écrire, faire du sport sont aussi d’autres moyens – parmi les nombreux proposés par l’auteur – de prendre de la distance vis-à-vis de ses ressentis négatifs. 

Ainsi, on libère de la place pour plus d’émotions positives, augmenter son bien-être, sa vitalité et son envie d’agir !

Les points forts et les points faibles du livre Maîtrisez vos émotions

Maîtrisez vos émotions - Points forts :

Une écriture claire et efficace qui permet une prise en main rapide de l’ouvrage ;

Des éléments proposés très pertinents à la fois pour réfléchir et pour agir en rapport à nos émotions ;

De nombreux exemples et des exercices proposés au fil de l’ouvrage, mais aussi dans la partie annexe.

Maîtrisez vos émotions - Point faible :

Quelques répétitions, mais qui sont aussi utiles pour bien comprendre les liens de cause à effet entre les différentes idées exposées.

Ma note :

★★★★★

Le petit guide pratique du livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse

Autour de quoi s’accentue le livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse ?

Le but de l’auteur à travers son livre est d’aider les lecteurs à

Comprendre la nature des émotions et la façon dont elles affectent leur vie

Identifier les émotions négatives qui contrôlent leur vie et à apprendre à les surmonter

Changer leur récit pour mieux contrôler leur vie et leur créer un meilleur avenir

Reprogrammer leur esprit pour ressentir plus d’émotions positives

Foire Aux Questions (FAQ) du livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse

  1. Comment le public a accueilli le livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse ?

Maitrisez vos émotions a été bien accueilli par le public, car c’est un sujet d’intérêt commun pour de nombreuses personnes.

  1. Quel fut l’impact du livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse ?

Le livre a influencé l'approche d’une vie plus positive et a permis d’apprendre à gérer efficacement les émotions.

  1. À qui s’adresse le livre Maitrisez vos émotions de Thibaut Meurisse ?

Le livre est recommandé à tous ceux qui cherchent à surmonter les sentiments négatifs et à prendre le contrôle de leur état émotionnel.

  1. Qu’est-ce que l’égo ?

L’auteur désigne l’ego comme « l’identité » ou « l’histoire » d’une personne. L’ego se réfère à la perception que chacun a de lui-même.

  1. Quels sont les aspects de la vie qui sont atteints par les émotions ?

Être entreprenant, créatif, avoir des idées

Être persévérant ; affronter les obstacles ; sortir de sa zone de confort.

Conseils pour améliorer le sommeil vs Les solutions à long terme pour gérer les émotions

Les conseils pour améliorer le sommeil Les solutions à long terme pour gérer les émotions

Faites-en sorte que votre chambre à coucher soit complètement obscure Analyser ses émotions négatives

N’utilisez pas d'appareils électroniques ou utilisez-les avec une protection contre la lumière bleue S'éloigner de la négativité

Détendez votre esprit, par exemple en écoutant de la musique apaisante ou en lisant un livre de poche Conditionner son esprit

Ne buvez pas d'eau deux heures avant de vous coucher pour éviter d'aller aux toilettes la nuit Augmenter son énergie

Adopter un rituel du soir pour nous aider dans notre rituel du matin Demander de l'aide

Qui est Thibaut Meurisse ?

Thibaut Meurisse est un auteur, blogueur et coach en développement personnel français. Il est connu pour ses livres et ses articles qui donnent des conseils pratiques pour augmenter la productivité, la motivation et l'autodiscipline.

Thibaut Meurisse est l'auteur de plusieurs livres populaires, dont Gérer son temps, gérer sa vie, développer sa confiance en soi et L'art de l'autodiscipline. Ses livres traitent de sujets tels que la gestion du temps, la motivation, la résolution de problèmes, la confiance en soi et la maîtrise des émotions.

Avez-vous lu le livre de Thibaut Meurisse « Maîtrisez vos émotions : Guide pratique pour vaincre la négativité et mieux gérer vos émotions. » Combien le notez-vous ?

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Mon, 04 Sep 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12553/Matrisez-vos-motions
La boîte à outils pour prendre la parole en public http://www.olivier-roland.fr/items/view/12545/La-bote-outils-pour-prendre-la-parole-en-public

Résumé de « La boîte à outils pour prendre la parole en public » de Annie Leibovitz : un manuel exhaustif pour savoir comment mesurer vos actions de communication et trouver les indicateurs pertinents dans le nouveau monde numérique.

Par Annie Leibovitz, 2023, 194 pages.

Chronique et résumé de « La boîte à outils pour prendre la parole en public » de Annie Leibovitz 

Préface d’Oscar Sisto

Pour parler en public, il n’est pas seulement nécessaire de bien connaître son sujet, il faut aussi se connaître soi-même. Convaincre sans savoir qui vous êtes et ce que vous voulez ? Impossible !

Pas de solution miracle ; seulement de la pratique, de l’entraînement. Vous excellerez si vous vous exercez. L’art de communiquer s’acquiert avec le temps ; heureusement, il existe des méthodes sérieuses et accessibles pour nous aider à gravir la montagne.

Ce livre en est un parfait exemple.

Prendre la parole en public - Avant-propos

« Pouvons-nous, dans notre monde actuel, échapper à la prise de parole en public ? », demande Annie Leibovitz. Il semble bien que non. Nous sommes toutes et tous des acteurs ou des actrices à un moment donné au moins de notre existence professionnelle ou privée.

Pour oser nous avancer sur la scène de la vie sociale et jouer notre rôle, nous devons vaincre certaines peurs profondément ancrées.

« La peur de parler en public est une des phobies les plus répandues avec 55 % de la population qui se disent concernés. » (Extrait de la revue Science Humaine de mars 2019, cité dans Prendre la parole en public, Avant-propos)

Le remède est en quelque sorte identique au mal : plus vous oserez vous exposer aux regards et vous exprimer en public, et plus votre peur sera maîtrisée. Plus vous vous transformerez et vous étonnerez vous-même !

Pour réussir dans cet exercice, il faut compter non seulement avec la mémoire, mais aussi avec l’ensemble du corps. Prendre la parole en public est un sport… Êtes-vous prêt à vous lancer ?

Dossier 1 : Prendre la parole en public - Quel type d’intervention ?

Vous êtes en « représentation », et cela quel que soit le type d’intervention :

Vidéo YouTube ;

Workshop;

Discours officiel ;

Etc.

Tout d’abord, Annie Leitbovits insiste sur 2 prérequis de base pour interpréter son rôle :

La réflexion (vous devez réfléchir à ce que vous allez dire, comment, etc.) ;

La création de lien avec le public (votre but est d’intégrer le public comme s’il était une personne qui vous est proche).

Outil 1 — Le discours

Ce terme est très général, puisqu’il désigne toutes « les paroles prononcées avec une certaine méthode, un but déterminé, et adressées à une assemblée » (Prendre la parole en public, Outil 1). Il peut s’agir d’une remise de prix, d’un discours politique, d’un cours magistral, etc.

Il vise à faire passer un message, une information à une assemblée relativement captive. Comment s’y prendre ? Tout d’abord, vous devrez vous poser des questions du genre :

Qu’est-ce que je veux transmettre ?

Est-ce que je veux motiver, rassurer, convaincre, faire agir, etc. (objectif) ?

Si le public devait retenir une seule phrase de mon discours, quelle serait-elle ?

Que sait le public de ce que je vais lui raconter ?

Comment organiser ma pensée ?

Etc.

Pensez aux éléments qui cadrent votre discours, comme le temps disponible, par exemple. À partir de ces informations, vous pouvez commencer à rédiger votre intervention.

Les métaphores (outil 48) pourront vous aider à donner de la couleur et à imager votre propos. C’est un élément particulièrement important pour se faire comprendre et permettre à l’auditoire de mémoriser le message.

Outil 2 — La conférence

Ici, nous sommes clairement dans le discours d’expert. Vous transmettez votre savoir à un auditoire qui est également expert ou qui, a minima, est intéressé par le sujet.

Vous êtes en position de surplomb puisque vous délivrez votre message avec autorité, en vous tenant sur une estrade ou un pupitre. Toutefois, un temps de questions/réponses peut être prévu, ce qui crée une dimension plus horizontale et participative.

Les conférences TED sont un bon exemple de ce type d’intervention. À nouveau, vous devrez réfléchir aux raisons qui vous amènent à prendre la parole, ainsi qu’au fil rouge que vous voulez développer. L’orateur doit sécuriser le cheminement de son intervention, pour lui et pour son public.

Vous pouvez, par exemple, rédiger votre conclusion dès que vous commencez à rédiger. Cela vous permettra de savoir où vous allez. Utilisez également le storytelling pour donner vie à votre récit.

Outil 3 — L’exposé

Celui-ci se rapproche des deux premiers, mais en diffère sur plusieurs points :

Ici, vous passez le plus souvent d’un travail écrit (un travail universitaire, par exemple) à une présentation orale, où vous allez hiérarchiser l’information à conserver et à délivrer selon ce mode de transmission ;

L’assistance est souvent plus restreinte que dans les deux premiers cas.

Il vise à informer, expliciter, voire à argumenter afin de convaincre votre public ou à l’amener à prendre une position par rapport à ce que vous dites.

Attention au hors-sujet : votre exposé doit être clairement lié au thème de la réunion (ou du séminaire, par exemple). Veillez également à indiquer vos sources et à exposer clairement ce qui relève des faits et ce qui relève de vos opinions ou de vos hypothèses.

Pour aller plus loin, consultez le tableau étape par étape proposé par l’auteure à la fin de cette section.

Outil 4 — Le workshop

« Un workshop est un atelier à la fois convivial et professionnel lors duquel un travail collectif est mené sur un sujet. » (Prendre la parole en public, Outil 4)

Ce format est plus participatif que les autres, puisque vous intervenez ici chacun à tour de rôle. En général, les workshops ont une fonction créative (trouver de nouvelles idées sur un thème donné) et impliquent une dimension ludique qui est absente ou quasi absente des autres types d’intervention.

Le workshop peut également servir à former des personnes en les faisant participer activement au processus de formation. Il s’agit d’un véritable travail de groupe et de co-construction de l’apprentissage.

Pour le mettre en place, vous veillerez à :

En définir les objectifs ;

Déterminer la cible et le nombre de participants.

Soignez le début du workshop, puisqu’il s’agit d’un moment clé de prise de contact où vous allez réchauffer l’atmosphère et mettre tout le monde en confiance. Annie Leibovitz propose un exercice « icebreaker » (pour briser la glace) : le bâton d’hélium.

Dossier 2 : Prendre la parole en public - Préparer son intervention

Dans ce dossier, nous allons construire peu à peu les fondations de votre prise de parole, en abordant chaque point important l’un après l’autre. Il n’y a pas de succès sans petit progrès : avancez pas à pas en suivant ces conseils et vous commencerez à mettre toutes les chances de votre côté pour faire mouche lors de votre prochaine intervention orale !

Outil 5 — Déterminer son objectif et ses intentions

« Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va ! » (Sénèque, cité dans Prendre la parole en public, Outil 5)

C’est le b.a.-ba de la prise de parole en public. Sans but, sans volonté de vous exprimer, à quoi bon le faire ? Si vous ne savez pas clairement pourquoi vous parlez, autant vous taire ! L’intervention publique, quelle qu’elle soit, diffère ici fondamentalement d’une simple conversation privée, au cours de laquelle on « parle » sans savoir précisément où l’on va en le faisant.

En bornant clairement votre prise de parole, en lui donnant une finalité clairement exprimée, vous rassurerez votre auditoire et l’inciterez à vous suivre.

Pour ce faire, réfléchissez à votre objectif. Voulez-vous :

Convaincre ?

Informer ?

Sensibiliser ?

Persuader ?

Entraîner à l’action ?

Attention : Si vous n’êtes pas vous-même habité par votre parole, vous aurez beaucoup plus de mal à faire passer votre message. Ce n’est certes pas impossible, mais plus compliqué.

Outil 6 — Structurer son intervention

Une fois l’objectif établi, vous devrez construire votre intervention en vous appuyant sur les contraintes qui vous sont données (en particulier de temps). Il n’y a pas de plan tout fait, mais il existe quelques « points de passage obligés » et quelques modèles qui peuvent vous aider à structurer vos idées.

Les points de passage obligés sont l’introduction et la conclusion. Vous ne pouvez y échapper. Pourquoi ? Parce qu’ils vous permettent de créer le fil rouge de toute votre prise de parole et de le rappeler à la mémoire de votre public.

Le développement suit quant à lui des chemins variés, mais doit toujours être construit de façon cohérente en fonction de vos différentes idées (dans l’idéal, pas plus de trois). Vous pourrez préparer un argumentaire précis grâce à l’outil 42. Les visuels, les citations et les métaphores renforcent votre point de vue et clarifient votre propos tout au long du développement.

À la fin de cette section, Annie Leibovitz fournit une « fiche conducteur » ou « synopsis » très utile qui reprend et détaille, en un seul tableau exhaustif, les trois parties de votre intervention :

Introduction ;

Développement ;

Conclusion.

Outil 7 — Éviter les pièges de langage

Attention à la « propreté » de votre langage ! Vous ne voulez pas créer des réflexes négatifs qui nuisent à la transmission de votre message. Adapter son langage, créer un discours dynamique et aéré : voilà une bonne manière de fluidifier l’échange.

Commencez donc par supprimer les mots inutiles de votre intervention, tels que les habituels :

« Pour le coup » ou « du coup' (très à la mode) ;

« En fait » ;

« Voilà » ;

« Genre » ;

« En vrai » ;

« Après » ;

Etc.

Mais aussi les expressions négatives et les mots malheureux, tels que (pêle-mêle) :

« Pas du tout » ;

« Vous n’y êtes pas » ;

« Vous n’avez pas d’autres questions ? » (et toutes les interrogations négatives) ;

« Toujours/Jamais/Ils sont tous… » ;

« On » (manque d’affirmation de soi).

Pour nettoyer vos propos et ne pas retomber dans l’erreur, pensez à vous entraîner en répétant les mots les plus importants de votre intervention.

Souvent, l’usage de la première personne du pluriel (« nous ») est également indiqué pour créer un sentiment de proximité avec le public ; utilisez le « vous » lorsque vous voulez vous adresser directement à l’auditoire.

De façon générale, visez plutôt :

La compréhension et la tolérance ;

L’optimisme ;

L’adaptation et la personnalisation des propos ;

La valorisation et l’affirmation ;

La confiance en vous ;

L’effet de certitude ;

La concision et le concret.

Outil 8 — Anticiper la logistique

Les détails d’organisation ne doivent pas être laissés pour la fin. L’anticipation des contraintes est essentiel pour ne pas être perdu et surpris en dernière minute. Vous serez plus confiant si vous avez pris le temps de vous adapter aux conditions particulières de votre prise de parole publique.

Par exemple, il est bon de pouvoir visiter la salle où vous allez vous exprimer. Il est également utile de vous assurer que les dispositifs numériques ou autres que vous utiliserez pour prendre la parole sont en bon état de marche. Le son est-il correct ? Vérifiez ce point si possible également.

Enfin, configurez les sièges et réfléchissez votre position dans l’espace en fonction du type d’intervention.

Outil 9 — Façonner sa mémoire

Il est possible d’améliorer sa mémoire. Et c’est fondamental pour prendre la parole en public ! Pourquoi ? Car cela vous garantit :

Une meilleure transmission de l’information ;

Une baisse du niveau de stress ;

L’augmentation de votre confiance en vous.

Il existe différentes méthodes d’apprentissage et de mémorisation. L’auteure propose une méthode 8 temps. La voici !

Se détendre et se concentrer ;

Réfléchir à son objectif et aux idées clés ;

Recopier son texte ;

Se déplacer dans l’espace au moment de le mémoriser ;

Répéter, répéter… et répéter encore ;

Enregistrer son texte et l’écouter de temps à autre ;

Visualiser votre performance en mode « réussite » (la PNL aide beaucoup pour cela) ;

S’autoriser à improviser (voir l’outil 44).

Dossier 3 : Apprivoiser son trac

Le trac est « un sentiment d’insécurité qui résulte de la prise de conscience d’une situation inconnue, ressentie comme dangereuse » (cité dans Prendre la parole en public, Dossier 3). Bref, dans ces moments, peur et incertitude nous étreignent.

Il y a toutefois des outils pour le contrôler et maîtriser ses effets. Sachez toutefois que vous ne vous en libérerez pas complètement. En fait, il est beaucoup plus utile de « vivre avec » et de le transformer en énergie positive.

Eh oui, le trac peut vous servir, puisqu’il vous procure l’énergie intellectuelle et physique dont vous avez justement besoin !

Avant la prestation

Outil 10 — L’acceptation de soi

Être soi-même, c’est-à-dire être conscient de qui vous êtes, vous aidera à aller de l’avant. Regardez-vous avec honnêteté et bienveillance. C’est le meilleur moyen de vous calmer et de reprendre confiance en vous.

Pour vous accepter, pensez à :

Avoir conscience de votre insatisfaction et la ressentir ;

Apprendre à dire « oui, c’est OK » ;

Se focaliser sur l’instant présent ;

Apprivoiser le pire ;

Vous détacher du poids du passé (d’après Christophe André, repris dans Prendre la parole en public, Outil 10)

Pour aller plus loin sur le chemin de la bienveillance, Annie Leibovitz vous propose une auto-évaluation en fin de section.

Outil 11 — Les leviers de motivation

Repérer ce qui vous motive à prendre la parole en public va vous aider à fournir une meilleure prestation. Il y a, quelque part, quelque chose qui vous « fait envie » dans le fait de prendre la parole. Quel est votre besoin ? Trouvez-le !

Pour partir à la recherche de votre motivation :

Lancez-vous des défis et fixez-vous des objectifs ;

Positivez ;

Allez-y étape par étape, sans procrastiner ;

Échangez avec d’autres au sujet de vos doutes.

La motivation est intrinsèquement liée à l’idée que nous sommes capables de faire les choses et que nous avons prise sur elles. En sachant que nous pouvons agir, nous retrouvons le plaisir de nous développer et de nous mouvoir dans le monde.

Outil 12 — Relativiser

La pensée positive invite les individus à modifier leurs « croyances » ou leur « système de pensées » pour renouveler leur monde intérieur. Nous pouvons changer de regard sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure.

L’auteure propose plusieurs pistes pour y parvenir. Si ce thème vous intéresse, il serait également très pertinent de vous reportez à la chronique de ce guide pratique : Exercices de PNL pour les Nuls, un ouvrage beaucoup plus complet sur le sujet.

Outil 13 — Éviter le scénario « catastrophe »

Le scénario catastrophe est l’enchaînement de pensées négatives qui vous place dans une situation d’échec prévisible. C’est comme une boule de neige… Ou une prophétie autoréalisatrice.

Pour y échapper, la pensée positive et la relativisation sont nécessaires (outil 12). Annie Leibovitz suggère aussi de pratiquer le dessin projectif, qui consiste à travailler la partie droite du cerveau (créativité, symbole, etc.) afin d’ouvrir votre imagination vers le futur en parcourant différents possibles.

Une méthode de dessin projectif est proposée dans la section. L’auteure prévient : si vous vous trouvez ridicule au début, c’est normal ! Mais ne perdez pas patience ni espoir : « plus vous pratiquerez, plus cela vous paraîtra naturel et efficace », rassure-t-elle.

À la fin du chapitre, vous retrouverez également l’expérience de Florence, Cheffe de projet informatique, professeure d’université et infopreneuse, qui a réussi à vaincre sa peur « catastrophique » de parler en public grâce à un travail sur ses émotions.

Outil 14 — Visualiser son succès

Cette technique largement utilisée par les sportifs de haut niveau et par les artistes peut vous aider à vaincre l’immobilité causée par le trac. Elle vous permet d’améliorer vos chances de réussite et de mémorisation grâce à la projection — via l’imagination — de ce qui va se passer.

« La visualisation est une présence à soi dans un espace-temps riche en “possibles”. Lorsque vous visualisez, votre inconscient vous envoie vers ce que vous imaginez et reçoit cette vision comme une réalité, comme si vous l’aviez vécue, avec tous vos sens, et que vous aviez créé des images positives de réussite. » (Prendre la parole en public, Outil 14)

Vous pouvez pratiquer la visualisation plusieurs fois avant la prise de parole en public. Pensez également à écrire ce que vous imaginez durant les sessions, afin de l’ancrer encore davantage dans la mémoire.

Un exercice vous est proposé en fin de section : « Inventer le film de sa victoire ». Une présentation stressante ? Une audition pour le job de vos rêves ? Passez-vous le film de votre intervention en mode « réussite » pour gagner en confiance !

Outil 15 — Ses points forts et ses ressources

Être honnête envers soi-même et s’accepter (outil 10), cela passe aussi par la reconnaissance et l’acceptation de ses points forts et de ses ressources internes. Vous avez des qualités, des compétences, des talents qui vous rendent unique et capable de réaliser vos objectifs.

Commencez par en faire une liste. Quelles sont vos 10 réussites majeures en matière de vie personnelle et professionnelle ? Fiez-vous à votre jugement et aux émotions positives ressenties et vécues lors de ces événements.

Ensuite, prenez le temps de créer des phrases affirmatives qui vous correspondent. Par exemple : « Je suis déterminée (parce que + expérience passée) ».

Vous pouvez aussi recueillir les opinions de personnes proches et de confiance. Mais surtout, évitez à tout prix les manipulateurs pour ce genre d’exercice !

Outil 16 — Apprivoiser ses émotions

« Les émotions sont des indicateurs qui servent notre intérêt, même si elles nous procurent parfois un sentiment désagréable. » (Prendre la parole en public, Outil 16)

Pour apprendre à apprivoiser les émotions, vous devez d’abord apprendre à les reconnaître dans leur singularité. La peur n’est pas la colère, et la joie — bien sûr — n’est pas la tristesse. Ces deux-là s’opposent plutôt et, pourtant, elles sont toutes nécessaires à notre bon fonctionnement.

Vous pouvez autoévaluer vos émotions en vous immergeant dans une situation passée et en analysant les causes de l’émotion, souvent cachées dans des besoins non satisfaits et des pensées/croyances particulières.

Outil 17 — Dépasser ses peurs

« J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité à la vaincre. » (Nelson Mandela, cité dans Prendre la parole en public, Outil 17)

À nouveau, le meilleur conseil à donner face à la peur de parler en public est de comprendre le mécanisme de cette émotion et d’apprendre à l’accueillir (et à la dépasser) avec bienveillance, patience et curiosité.

Voici les étapes proposées par Annie Leibovitz pour en finir avec la peur (de monter sur scène, par exemple !) :

Accepter la peur ;

La vivre en pleine conscience ;

Engendrer des émotions positives ;

Imaginer physiquement la peur et — surtout — son contraire pour que cette nouvelle émotion remplace la précédente.

Outil 18 — Faire face au syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur se décompose en 3 impressions principales :

Incapacité à s’attribuer sa réussite ;

Sentiment de tromper son entourage ;

Peur d’être démasqué.

Voici quelques exemples de pensées parasites qui signalent la présence du syndrome de l’imposteur :

« Suis-je vraiment légitime pour accomplir ce travail ? »

« Je ne vais pas y arriver, ça me stresse ! »

« Tout le monde va se rendre compte que je suis plein de vide… »

« Il va falloir que je renonce à faire autre chose en ce moment, il faut d’abord que je termine ce travail à tout prix… »

« J’ai vraiment eu de la chance. »

« Finalement, j’ai réussi, mais je ne sais vraiment pas comment j’ai fait ! »

Etc.

Pour vaincre ce dérangeant complexe, il est utile de dissocier la réalité objective et vos impressions. Il est également utile de travailler sur ses points forts (outil 15) et, pourquoi pas, tenir un « journal des attributions » (voir p. 75).

Outil 19 — Expérimenter un nouveau « soi » !

Sortir de sa zone de confort est un grand thème du développement personnel qui peut être utile ici encore. En effet, prendre la parole en public est souvent synonyme de grand saut dans l’inconnu pour beaucoup d’entre nous.

La routine a, bien sûr, de grandes qualités. Mais en sortir aussi ! Tester de nouvelles choses est certes plus risqué que de ne rien faire, mais cela a aussi l’avantage de :

Faire grandir la liste de vos succès ;

Découvrir de nouvelles facettes de vous-même ;

Changer d’habitudes, si nécessaire.

Relever des défis, puis passer à l’action, sont les premières étapes pour sortir de sa zone de confort. Une fois l’action passée, il sera également utile de réaliser un feedback pour voir ce que vous avez appris. Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir échoué ? Rappelez-vous, dans ce cas, qu’il n’y a pas d’échec, mais seulement un apprentissage. Ce n’est pas grave, vous ferez mieux la prochaine fois !

Outil 20 — L’assertivité 

L’assertivité est l’autre nom de l’affirmation de soi. Ici, il s’agit d’oser dire ce que vous pensez ou, plus généralement, de prendre votre place au sein de l’environnement extérieur. L’assertivité :

Garantit une meilleure santé mentale ;

Favorise les rapports francs ;

Réduit le niveau d’anxiété.

Il n’est pas question de marcher sur les pieds des autres, mais simplement de défendre ses droits et sa présence de façon honnête et courageuse, en restant toujours dans le dialogue.

Une liste de 60 questions vous est proposée en fin de section pour mesurer votre niveau d’assertivité. Faites le test !

Outil 21 — Les fiches mémo

« Avant une présentation, vous pouvez parfois avoir l’impression que vous ne savez plus rien. Il vous faut alors un moyen rapide et efficace de vous guider en quelques secondes vers la réussite. » (Prendre la parole en public, Outil 21)

Les fiches mémo sont là pour ça. Elles vous aideront à mémoriser et vous apporteront un sentiment de sécurité bienvenu. Par ailleurs, elles vous soulageront d’un poids. Une fois le contenu connu et reproduit dans vos fiches, vous pourrez en effet vous concentrer sur toutes les autres dimensions de votre intervention : posture, gestuelle, intonation, etc.

L’auteure vous propose d’ailleurs quelques fiches mémo utiles pour mémoriser certains éléments de la prise de parole en public :

Mettre en valeur une idée et faire des silences ;

Donner du rythme ;

Articuler ;

Regarder ;

Susciter l’intérêt.

Ces points seront développés dans la quatrième et la cinquième parties. Un exercice d’échauffement est également proposé à la fin de cette section.

Pendant la prestation

Outil 22 — La posture du leadership personnel

Si l’esprit influence le corps, l’inverse est également vrai. Une posture particulière peut influencer votre état d’esprit : c’est le concept de Power Posture développé par Amy Cuddy.

En vous plaçant, par exemple, dans la posture de Wonder Woman, bras légèrement pliés fermement appuyés sur les hanches, vous augmenterez votre énergie et votre confiance en vous.

Lors d’une intervention publique, veillez notamment à assurer votre posture de leadership personnel en :

Souriant ;

Vous ancrant au sol ;

Ayant des gestes « ouverts » (voir outil 40) ;

Respirant calmement.

Vous pouvez pratiquer ces exercices au quotidien. Le corps retient les gestes et les postures que vous lui faites faire et saura, par lui-même, les reproduire au moment le plus opportun.

Outil 23 — Voix et corps en cohérence avec le discours

« Une incohérence peut parfois advenir entre ce que nous ressentons et les actions que nous menons, les idées que nous avons et les paroles que nous formulons. Ce décalage entre l’interne (notre vie intérieure) et l’externe (ce que nous montrons à l’extérieur) revient à se sentir “débordé(e)”. » (Prendre la parole en public, Outil 23)

À l’inverse, nous nous sentons centrés ou alignés lorsque nos actions sont en phase avec nos paroles et nos pensées (ainsi que nos émotions et notre personnalité profonde). Cet état à un nom : la congruence.

Lorsque vous prenez la parole en public, cette congruence — ou son absence — se sent. Pour « incarner votre personnage » de façon la plus authentique qui soit, vous devrez notamment travailler votre posture (Outil 22 et outils des dossiers 4 et 5).

Dossier 4 : Prendre la parole en public - Se décontracter et s’entraîner

Dans les deux dossiers qui viennent (dossier 4 et dossier 5), nous allons approfondir les notions vues dans le dossier précédent en nous concentrant tout particulièrement sur les façons de préparer le corps — gestes, posture, rythme cardiaque, respiration, voix — et le mental à la prise de parole en public.

Outil 24 — Préparer son mental comme un(e) sportif (-ve)

Pour surmonter la peur du regard d’autrui, il faut apprendre à « muscler son mental ». C’est également ce que tout sportif ou toute sportive doit faire, ainsi que d’autres personnalités qui sont constamment « sur scène » (politiciens, acteurs, etc.).

La technique des ancres, tirée elle aussi de la programmation neurolinguistique (PNL), peut être utile à ce type d’entraînement.

Pour vous relaxez tout en apprenant à faire confiance à votre corps, fiez-vous également aux enseignements du Jeu intérieur du tennis, le best-seller du coaching sportif.

Outil 25 — Préparer son physique comme un(e) sportif (-ve)

Se préparer physiquement est tout aussi important que se préparer mentalement, car vous engagez tout votre corps dans votre présentation publique. Au moment de parler, vous devez avoir confiance en votre corps et être suffisamment détendu, malgré le trac. Pas de panique, cela se prépare !

Commencez par réduire les tensions en jouant avec une balle de tennis quelques minutes, en la plaçant simplement sous un pied, puis sous l’autre. Faites-la rouler pour détendre toute la chaîne musculaire.

Pour aller encore plus loin, faites des exercices de relaxation en contractant, puis en décontractant le haut du corps, plusieurs fois d’affilée.

Instaurez un rituel de « rassemblement » de vous-même qui fait suite aux exercices précédents : prenez le temps de respirer, de vous retrouver, de répéter éventuellement la première phrase de votre intervention que vous connaissez par cœur.

En plus de ces exercices, veillez bien sûr à entretenir votre physique de façon régulière, à vous hydrater, à manger et à dormir correctement.

Outil 26 — Gérer le stress

Pour éviter le surmenage et le stress face à la préparation de votre allocution, prenez le temps de vous organiser. Pour ce faire, apprenez à repérer votre rythme et à hiérarchiser les tâches en fonction de leur complexité ou de leur urgence. Une chose à la fois ! Les tâches plus difficiles seront faites aux heures où vous êtes le plus productif.

Encore une fois, veillez également à bien vous reposer : c’est essentiel pour votre mémoire et votre corps tout entier. Un sommeil « réparateur » vous protège du stress et vous rend plus résistant en cas d’attaque de panique.

De façon générale, l’amélioration de la résistance au stress vient aussi de :

Notre capacité à relativiser (outil 12) ;

La qualité de vie (voir l’outil précédent) ;

L’équilibre vie privée et vie professionnelle (ainsi que les relations sociales).

Annie Leibovitz vous invite également à faire la distinction entre :

La pression interne qu’on se donne à soi-même ;

Celle, externe, qui nous est transmise par les autres.

Analysez d’où viennent vos tensions et mettez en place des solutions là où vous le pouvez.

Outil 27 — La relaxation

La relaxation ou la connexion à soi vient de :

La posture ;

La respiration ;

L’énergie.

Un exercice de relaxation connu consiste à se coucher sur le sol (ou un tapis de yoga) et de sentir sa connexion au sol, en cherchant à peser le plus lourd possible. Vous contractez chaque partie du corps une à une, puis vous la laissez se « fondre » complètement dans le sol, en ne faisant plus qu’un avec lui.

Outil 28 — La respiration

La respiration n’est pas seulement nécessaire à la vie, elle est utile dans la vie de tous les jours pour modifier nos états de conscience : grâce à la respiration, nous pouvons devenir plus énergiques ou plus relaxés, par exemple.

Cette « prise de conscience du souffle » est essentielle lors de toute bonne préparation de prise de parole en public. Vous pouvez expérimenter la respiration abdominale 5 à 10 minutes par jour (voir p. 107-108).

Outil 29 — La cohérence cardiaque

La cohérence cardiaque permet de faire le lien entre le cœur et le cerveau par la respiration. Vous pouvez pratiquer 2 types d’exercices :

Respiration cohérente ;

Récupération des ressources.

Le principe est un peu semblable à la récupération après un effort : vous cherchez à mettre au diapason votre respiration et votre rythme cardiaque. Lorsque nous subissons une émotion forte (le trac, par exemple), notre cœur bat plus vite et notre respiration devient incohérente. L’objectif de ces exercices : retrouver la sérénité simplement en utilisant la respiration pour remettre la cohérence au niveau cardiaque.

Outil 30 — Se connecter à soi-même au quotidien

La méditation est une pratique qui a fait ses preuves. Après 2 ou 3 semaines de pratique régulière, vous devriez commencer à en ressentir les bienfaits. Est-il compliqué de commencer ? Pas du tout. Au fond, la méditation est un « rappel à soi » et une attention guidée par la respiration (outil 28).

Vous pouvez méditer partout où vous le souhaitez une fois que la technique de base est apprise. Avec un peu d’entraînement, la pleine conscience (ou mindfulness) est accessible non seulement dans les endroits de calme, mais aussi dans des situations plus troublées. Découvrez les exercices proposés dans le livre et dans les nombreuses autres chroniques du blog !

Outil 31 — Répéter, répéter, répéter

Vous pensiez que les grands orateurs avaient ça dans le sang et débitaient de longs discours sans en avoir répété un traître mot ? Détrompez-vous : s’ils sont si bons, c’est parce qu’ils savent ce qu’ils ont à dire sur le bout des doigts !

Il a été démontré que la répétition et l’imitation jouent un rôle au niveau neuronal : certaines connexions se consolident, fortifiant notre mémoire et notre aisance à parler en public.

Bien sûr, vous allez d’abord apprendre votre texte. Mais pas seulement. Vous pouvez également vous entraîner en répétant vos postures, vos intonations, vos silences, etc. Lorsque vous vous sentez prêt, demandez à quelqu’un de confiance de vous écouter et de vous faire un feedback honnête et bienveillant.

En fait, en répétant, vous allez vous corriger, mais aussi penser à de nouvelles choses et constamment améliorer votre prestation. Répéter, ce n’est donc jamais dire (ou faire) deux fois la même chose !

Dossier 5 : Prendre la parole en public - Se mettre en scène

Outil 32 — Éviter les mauvaises habitudes

Une habitude est une action que nous effectuons régulièrement de façon presque mécanique, sans y penser. Pour en changer, il faut un effort conscient. Il faut une vingtaine de jours pour modifier une mauvaise habitude, à condition de répéter la nouvelle action (la bonne habitude) et de l’ancrer pour que celle-ci remplace définitivement celle-là.

Voici certaines mauvaises habitudes de prise de parole en public que vous pouvez modifier grâce aux outils proposés dans ce manuel :

Absence de préparation du texte (structure, etc.) ;

Absence de répétition ;

Gestes parasites ;

Caractère brouillon de l’entrée en scène ;

Etc.

Outil 33 — L’« entrée en scène »

« L’entrée en scène, c’est marquer les esprits dès le début ! Réussir une intervention, un exposé, une conférence, c’est intéresser vos auditeurs et laisser une trace durable dans leur mémoire. » (Prendre la parole en public, Outil 33)

Pour créer cet effet sur votre auditoire, vous devez le capter dès le début. Or, le contenu ne fait pas tout. Prendre la parole au bon moment, avec la bonne intonation et les bons gestes : voilà le secret pour envouter celles et ceux qui vous écoutent !

Voici 3 conseils d’Annie Leibovitz :

Prendre place et accueillir l’auditoire (attendre quelques secondes avant de parler, être souriant, etc.) ;

Jouer votre rôle dès le début (en fonction d’un personnage que vous vous serez choisi) ;

Créer du suspens grâce à un effet visuel (image, slide), une métaphore ou une question (utilisez le silence à votre avantage).

Outil 34 — Le lien avec l’auditoire

Nous avons dit qu’il faut jouer un personnage. Mais ce personnage doit coller avec votre personnalité. Autrement dit : vous recherchez le naturel et l’authenticité tout en vous préparant du mieux possible. C’est comme cela qu’un lien solide s’établira avec votre auditoire.

Pour approfondir ce lien, vous pourrez, selon les circonstances :

Vous adresser directement au public ;

Parier sur l’effet « miroir » (regarder dans les yeux pour transmettre les émotions) ;

Raconter des anecdotes ;

Faire vibrer la corde sensible ;

Vous exprimer avec enthousiasme.

Outil 35 — Trouver sa voix

Votre voix est « l’ambassadrice de votre état » émotionnel. Nous avons vu plus haut des techniques pour contrôler vos émotions, via la respiration notamment. La voix se travaille aussi pour elle-même, par une sorte de gymnastique musicale. Pensez à votre voix comme à une « palette de couleurs » avec laquelle vous pouvez peindre votre intervention dans les tons de votre choix.

Le timbre (ou spectre vocal) ne varie pas et vous caractérise en tant qu’individu. Il rend votre voix unique. Vous pouvez par contre en modifier :

L’intensité ou volume ;

L’intonation (du grave à l’aigu) ;

Le débit (rapidité) ;

Le rythme (silences, succession de phrases courtes et longues, etc.) ;

L’articulation (clarté des sons).

Anne Leibovitz vous propose quelques exercices pratiques en fin de section pour soigner votre articulation et jouer avec les « résonateurs ».

Outil 36 — Le rythme et la mélodie

Le rythme et la mélodie vous aideront à garder votre auditoire attentif. À éviter : le ton monocorde qui endort tout le monde ! Donner de la vie et du relief à vos messages est possible en jouant sur :

Le phrasé (découpage du discours) ;

La bonne vitesse ;

La ponctuation (écrite et orale) ;

L’utilisation du silence ;

La répétition ;

Le découpage des mots ;

Etc.

Outil 37 — Les silences

Les silences vous permettent de respirer, mais aussi de donner du rythme à votre intervention ou à insister sur une idée. Contrairement à ce que l’on croit souvent, il n’y a donc aucune raison de les bannir !

Lorsque vous inspirez, n’ayez pas peur de prendre 3 secondes de pause. Cela permet à votre public d’intégrer l’information que vous venez de lui transmettre.

Choisissez aussi des silences plus longs lorsque vous voulez créer une rupture ou insister sur une idée. Pensez enfin à garder un bref moment de silence après une question du public, si ce que vous allez répondre vous semble particulièrement important.

Et souvenez-vous :

« Le but n’est pas de remplir l’espace par des mots mais d’établir un lien, d’intéresser et de convaincre vos auditeurs. » (Prendre la parole en public, Outil 37)

Outil 38 — L’impact par le regard

Regarder son public permet d’en faire un partenaire : la parole devient plus interactive et empathique. De plus, en vous mettant au contact des autres, vous pouvez « prendre le pouls » de la situation en direct.

À contrario, ne pas regarder peut être mal interprété par votre auditoire : manque de confiance, indifférence, absence de préparation, etc.).

Agissez en ce sens dès le début de votre intervention : regardez de façon bienveillante et souriante pour souhaiter la bienvenue. Au moment de parler, trouvez une personne accessible et regardez-la. Mais pas trop longtemps ! Changez en alternant les distances (premier rang, troisième, etc.).

Si la salle est grande, alors décomposez le public en 3 parties que vous considérerez comme trois personnes :

Côté droit ;

Milieu ;

Côté gauche.

Apprenez également à manier le regard avec le silence (outil 37), par exemple lorsque vous changez de sujet ou que vous voulez marquer une idée forte.

Outil 39 — La posture et l’espace

Pour soigner votre posture et maîtriser l’espace, vous devrez être ancré dans le sol et ne pas avoir peur d’occuper les lieux. Pour vous enraciner, imaginez un arbre et descendez votre centre de gravité. Le haut du corps doit être souple pour laisser passer le souffle.

Vos pieds seront légèrement espacés l’un de l’autre pour vous donner de la stabilité. Si vous devez vous déplacer, veillez à conserver tout l’auditoire dans votre champ de vision. Conservez également le pouvoir sur votre corps en anticipant le mouvement. Pour cela, utilisez le regard et le silence.

Un test d’auto-évaluation vous est proposé en fin de section : 12 questions vous aideront à déceler les axes d’amélioration de votre posture.

Outil 40 — La gestuelle

Pour compléter l’outil précédent, vous devrez apprendre à contrôler vos gestes. Les mains, surtout, disent beaucoup ! Et les bras suivront, si vous les laissez faire…

Il n’y a pas vraiment de règles précises, même s’il existe quelques codes ou types de gestes :

Énumératif : vos doigts indiquent le chiffre ou le nombre que vous évoquez ;

Indicatif : lorsque vous voulez montrer quelque chose au public (via un visuel, notamment) ;

Métaphorique : quand vous voulez donner de la force à une idée (en ouvrant les bras).

Les gestes dits « parasites » manifestent un blocage. Ils doivent être évités au maximum. Souvenez-vous : donnez la liberté au haut du corps, tout en vous ancrant avec vos pieds dans le sol. Progressivement, vous apprendrez à doser vos gestes de façon naturelle. Le tour sera joué !

Dossier 6 : Vitaliser sa communication

Dans ce dossier, l’auteure nous donne une foule d’astuces pour donner encore plus de cachet à nos prestations orales. Elle décompose ses conseils en 2 temps :

Ceux qui concernent la structure de la prestation ;

Ceux qui concernent le déroulé de notre intervention.

La structure

Outil 41 — Planter le décor

La rédaction de l’introduction compte, mais ce n’est pas tout. Vous devez au préalable gérer votre entrée en scène (voir plus haut) afin de donner le ton de votre intervention et en poser le cadre. C’est cela, planter le décor : faire savoir à votre public que vous êtes là, confiant et enthousiaste, et que vous allez commencer.

Il conviendra peut-être de commencer par quelques mots de bienvenue ou de remerciement, avant de vous présenter (cela dépend du contexte).

Vous devrez ensuite veiller à présenter votre sujet de façon claire, avec une phrase d’accroche qui l’interpelle, tout en expliquant ce qui vous a amené à parler de ce thème : c’est l’introduction. Vous la terminerez en présentant les éléments que vous allez développer dans la suite en titillant leur curiosité.

Pour être plus efficace, vous pouvez utiliser un visuel de type slide, vidéo ou même un objet que vous transportez avec vous. Plus le visuel est fort et en rapport avec le sujet, plus il accrochera l’intérêt de votre auditoire.

Dans les situations de réunions en groupes restreints de 20 à 30 personnes environ, vous pourrez jouer sur les effets d’annonce pour créer un fil rouge et ainsi aider les participants à s’y retrouver et à rester concentrés.

De nombreux exemples d’accroches sont proposés à la fin de la section.

Outil 42 — Développer son sujet

Lorsque vous développez votre sujet, vous avez tout intérêt à faire usage de la rhétorique. Pourquoi ? Pour argumenter de façon percutante et mettre toutes les chances de votre côté. Parmi les conseils donnés par Annie Leibovitz au sujet des arguments, retenez en particulier :

Qu’il vaut (beaucoup) mieux peu de bons arguments qu’une litanie d’arguments faibles, ou pire, inutiles ;

Que vous devez toujours viser la clarté ;

Et le plus important, que vos arguments soient sélectionnés en fonction de votre auditoire.

Vous gagnerez notamment à transformer les caractéristiques techniques de votre argumentation en avantages pour votre public. Il doit ressentir ce que vous lui proposez comme un bénéfice. C’est, en tout cas, une marche à suivre si vous voulez emporter son adhésion.

Outil 43 — Répondre aux questions de l’assemblée

C’est souvent un moment redouté. Vous avez peur de tomber dans un piège, de manquer de répartie ou de vous emberlificoter les pinceaux. Comment se sortir de l’épreuve des questions posées par le public ?

Rappelez-vous les 5 C de la performance réussie :

Calme ;

Concentration ;

Confiance ;

Créativité ;

Combativité.

Concrètement, il y a plusieurs façons de procéder. Vous pouvez par exemple répondre aux questions une à une ou répertorier toutes les questions par thèmes, puis répondre en une fois. Cela dépend souvent de la situation (conférence de presse, défense de thèse, etc.).

Veillez à laisser la personne poser sa question jusqu’au bout et incitez-le même à vous en dire davantage si nécessaire. Ensuite, dirigez votre réponse à l’ensemble du public.

Dans tous les cas, montrez-vous confiant et n’hésitez pas à reformuler une question ou à demander un éclaircissement lorsque vous ne comprenez pas ce qui vous est demandé.

Outil 44 — Gérer les imprévus et improviser

« Et si gérer les imprévus était… un jeu ? Accepter de ne pas tout contrôler et de laisser cette place à l’imprévu, c’est déjà ne pas résister et être prêt(e) à l’affronter. » (Prendre la parole en public, Outil 44)

Étrangement, l’improvisation nécessite beaucoup de préparation. C’est comme pour la sérendipité. Il faut mettre en place les conditions propices à l’étonnement et à la créativité.

En fait, ce sont vos connaissances, de vos expériences et vos compétences qui, associées à de petites astuces, vous permettront de faire mouche !

Vous pouvez donc vous exercer à l’improvisation. Comment ? En profitant de chaque occasion de la vie quotidienne pour prendre la parole et expérimenter ce qui se passe de façon ouverte, curieuse. Tentez des recettes proposées dans ce manuel et voyez ce que ça donne !

Annie Leibovitz vous propose également quelques jeux d’improvisation en fin de section et dans les annexes de l’ouvrage.

Outil 45 — La sortie de scène

La conclusion est « le » moment où vous pouvez marquer durablement les esprits et apparaître comme un bon (voire un excellent) orateur. Cette partie — elle — ne s’improvise donc pas ! Pour une prise de parole en public, apprenez-la par cœur.

Marquez par votre gestuelle, votre posture et un silence que vous allez conclure. Au niveau du contenu, revenez sur les points principaux et incitez votre audience à l’action. Enfin, pensez également à remercier votre auditoire.

À éviter :

Traîner en longueur ;

Utiliser des phrases négatives ou passéistes ;

Douter ;

Faire un « plat » (« voilà ») ;

Remercier de façon personnelle (si cela doit être fait, ce sera au début) ;

Oublier le timing de l’intervention et devoir écourter votre conclusion.

Outil 46 — Analyser sa prestation

« Pour progresser, capitaliser sur ses acquis et avoir conscience de ses ressources est indispensable. Évoluer, c’est à la fois s’entraîner et analyser puis évaluer sa prestation, avec des critères objectifs, c’est-à-dire prendre de la distance avec le rôle joué en prise de parole. » (Prendre la parole en public, Outil 46)

Pour vous aider à progresser, l’auteure propose une check list pour s’autoanalyser et préparer ses prochaines interventions. Celle-ci comprend tous les éléments (outils) vus jusqu’à présent et les regroupe en un tableau très utile.

Un point important : ne restez pas insatisfait de vos performances passées ; servez-vous vraiment de ces analyses pour orienter de futures interventions en vous focalisation sur des objectifs clairs et précis.

Le déroulé

Outil 47 — L’accroche narrative

Le storytelling sert la prise de parole. En mettant l’émotion au service de votre message, vous augmentez vos chances de succès. Pour raconter une histoire percutante à l’oral, pensez à :

Entrer dans le vif du sujet ;

Parler au présent ;

Tirer une leçon qui élève le débat ;

Inciter à l’action.

Votre histoire doit être crédible, cohérente avec le reste de votre intervention et bien préparée. Faites des essais et des répétitions pour la connaître sur le bout des doigts et la raconter en y mettant toute l’émotion, comme si vous y étiez.

Outil 48 — Les métaphores

Il en va à peu près de même avec les métaphores ou les analogies. Elles servent votre propos en créant des images qui « parlent » d’elles-mêmes à votre public. La métaphore crée du lien en dehors du raisonnement logique et s’adresse directement à nos émotions.

Pour trouver une métaphore qui corresponde à votre concept, commencez par écrire toutes les options qui vous viennent à l’esprit, puis prenez le temps de laisser aller votre créativité pour trouver des liens inattendus.

La métaphore adéquate est celle qui « résonne » dans l’imaginaire collectif que vous partagez avec votre auditoire. Sans cela, elle tombera à plat.

Outil 49 — Oser interpréter

Si nous avons peur de monter sur scène, nous avons encore plus souvent peur de « jouer un personnage ». Pourquoi ? Eh bien, car le paradoxe du jeu d’acteur est que mettre un masque nous met à nu !

Pourtant, cet exercice peut vraiment faire la différence dans une intervention orale. Entre un interlocuteur complètement cérébral et un acteur qui donne vie à ce qu’il raconte, il y a tout un monde. L’engagement du corps, surtout, est complètement différent. Et l’impact sur le public est bien plus grand.

Ici encore, gardez à l’esprit que rien n’est donné à l’avance. Vous devrez sans doute vous y reprendre plusieurs fois pour trouver le rôle qui vous convient ou la manière d’aborder un personnage précis. Il n’est par ailleurs pas question de vous transformer en comédien ! Simplement de faire passer votre vérité à un instant T.

Outil 50 — Transformer un monologue en lecture vivante

« Lire en public est tout un art. Une lecture vivante demande à jouer sur les rythmes, la voix, l’interprétation… Nous sommes nombreux à avoir tendance à nous “accrocher” au texte et parler à notre feuille plutôt qu’à notre public. » (Prendre la parole en public, Outil 50)

Il existe un code de ponctuation spécial pour la lecture vivante qui permet de savoir quand faire des pauses, élever la voix ou accélérer le rythme. Ces signes principaux sont présentés dans la section.

Si vous avez à lire un texte en public, prenez le temps de vous entraîner à voix haute en utilisant ce code.

Gardez toujours à l’esprit qu’un monologue doit être pensé comme un dialogue : agissez comme si vous vouliez discuter avec l’auditoire, afin de lui faire une confidence.

Dossier 7 : Prendre la parole en public - Gérer un workshop

Dans ce dernier dossier, Annie Leibovitz s’intéresse aux animateurs et aux animatrices de workshops. C’est un exercice particulier qui requiert une bonne connaissance du fonctionnement des groupes. Voici quelques clés pour commencer à agir.

Outil 51 — Le rôle d’animateur(-trice) workshop

L’animateur(-trice) de workshop doit être vigilant(e) à :

Ses propres attitudes ;

La dynamique du groupe ;

Les conditions de réussite du workshop ;

Les personnes dans le groupe ;

Et enfin les objectifs.

Si vous êtes animateur(-trice), vous devrez guider l’atelier en suivant une série d’étapes que vous aurez préparées à l’avance. En général, on distingue les phases suivantes :

Introduction (accueil, explications et règles) ;

Production (stimulation du groupe, prises de parole, etc.) ;

Conclusion (« débriefer » et délivrer la synthèse des travaux).

Après (envoi de la synthèse, d’un questionnaire de satisfaction).

Dans la suite de la section, l’auteure évoque une technique d’animation assez connue : la méthode Post-it.

Outil 52 — Le fonctionnement d’un groupe

Un groupe a son rythme, son existence propre. Les raisonnements qui sont tenus en groupe ne sont pas les mêmes que ceux qui sont tenus individuellement. L’individu en groupe, par ailleurs, doit être plus rapidement stimulé, sous peine de voir chuter sa créativité et son implication.

Le groupe se compose peu à peu à force des échanges et du temps passé ensemble. Le groupe s’organise à partir des premières prises de parole, et devient de plus en plus productif au fur et à mesure que le workshop se développe (si tout se passe bien).

L’animateur(-trice) supervise le travail pour s’assurer que l’énergie du groupe va dans le bon sens (bienveillance et réalisation des objectifs, notamment). Pour cela, il fait usage de techniques différentes et joue avec les contrastes : moments ludiques et moments sérieux, moments intenses et moments plus calmes, moments d’action en mouvement et moments assis, etc.

Outil 53 — Faire face aux situations critiques

Certains participants peuvent devenir agressifs, ou certains peuvent parler trop. Il faut encore compter avec les apartés qui nuisent à l’ambiance et cassent l’effet de groupe, ou encore avec les perturbations diverses qui font que vous avez un trou, que vous perdez le fil et que le workshop se disloque.

Mais il ne faut pas céder devant ces difficultés ! Relativisation, objectivation et réactivité seront vos meilleures amies pour faire face aux situations difficiles.

Faites le silence pendant au moins 3 secondes pour mettre un peu de distance avec ce qui vient de se passer et répondre calmement. Rappelez-vous aussi que vous n’êtes pas attaqué(e) en tant que personne. C’est le rôle que vous jouez qui sert de défouloir à la personne !

Conclusion sur « La boîte à outils pour prendre la parole en public » de Annie Leibovitz

Ce qu’il faut retenir de « La boîte à outils pour prendre la parole en public » de Annie Leibovitz :

 Ce livre de la collection « La boîte à outils » répond à sa promesse : donner de nombreuses pistes pour améliorer sa prise de parole en public. L’acquéreur de l’ouvrage ne sera donc pas déçu, car il y a vraiment de quoi s’amuser et travailler en parcourant les pages et les dossiers qui le composent !

Si vous n'êtes pas familier du développement personnel et de la PNL, vous découvrirez aussi certains de leurs concepts essentiels (congruence, assertivité, visualisation, etc.). Toutefois, il sera préférable de compléter votre apprentissage par d'autres lectures pour avoir une compréhension plus globale de ces domaines.

Annie Leibovitz les applique avec beaucoup de justesse pour vous aider à prendre la parole en public et devenir plus confiant lors de vos interventions. Par ailleurs, elle s’intéresse de près à la forme du discours en empruntant à d’autres courants, tels que la rhétorique, le copywriting ou le storytelling.

Finalement, c'est votre identité et votre créativité qui trouvent, dans l'exercice du discours ou de la conférence, par exemple, une manière de s'exprimer. Ne laissez pas ces occasions vous échapper… Vous n'en serez que plus fort et plus fier, une fois le moment de trac passé !

Les points fort et les points faibles du livre

Points forts :

Une foule d’outils pour vaincre sa peur et commencer à pratiquer la prise de parole  ;

Des exemples, des tableaux, des schémas pour compléter l'information  ;

De nombreuses annexes.

Points faibles :

Le livre n'aborde pas la spécificité de la prise de parole publique en « virtuel » (webinaires, vidéos YouTube, etc.). Toutefois, lire l'ouvrage ne pourra pas faire de tort à celles et ceux qui voudraient se lancer dans ce type d'aventure.

Ma note :

★★★★★

Le petit guide pratique du livre La boîte à outils pour prendre la parole en public de Annie Leibovitz

Ce qu’il faut essentiellement pour bien parler en public dans le livre La boîte à outils pour prendre la parole en public :

Se connaître soi-même

La pratique et l’entraînement au quotidien

Foire Aux Questions (FAQ) du livre La boîte à outils pour prendre la parole en public de Annie Leibovitz

  1. Comment le public a accueilli le livre La boîte à outils pour prendre la parole en public de Annie Leibovitz ?

Le livre a été très bien accueilli par le public. Car, il s’est rapidement imposé comme la collection business numéro des ventes avec plus d’un million d’exemplaires

  1. Quel fut l’impact du livre La boîte à outils pour prendre la parole en public de Annie Leibovitz ?

Le livre La boîte à outils pour prendre la parole en public livre des outils concrets, explicites et applicables tout de suite, Il s’agit d’un condensé de concept simple pour permettre à tous de prendre la parole en public

  1. À qui s’adresse le livre La boîte à outils pour prendre la parole en public de Annie Leibovitz ?

Ce livre s’adresse à tout le monde sans exception, tout le monde peut être confronté à la prise de parole en public.

  1. Quels sont les avantages de l’assertivité ?

Garantit une meilleure santé mentale

Favorise les rapports francs

Réduit le niveau d’anxiété

  1. Quel est le rôle de la cohérence cardiaque ?

La cohérence cardiaque permet de faire le lien entre le cœur et le cerveau par la respiration

Les 5 C de la performance réussie vs Le rôle d’animateur workshop

Les 5 C de la performance réussie Le rôle d’animateur workshop

Calme Ses propres attitudes

Concentration La dynamique du groupe

Confiance Les conditions de réussite du workshop

Créativité Les personnes dans le groupe 

Combativité Les objectifs

Qui est Annie Leibovitz ?

Annie Leibovitz, auteur, photographe américaine contemporaine, est connue pour ses photos de célébrités. Ses photos capturent la personnalité et la vie privée de ses sujets avec un mélange de comédie et d'expressivité. Elles représentent des célébrités nues dans de somptueuses robes, recouvertes de peinture, dans des réservoirs d'eau ou des bains de lait. Elle a commencé sa carrière dans les années 1970 avec Rolling Stone et continue à contribuer régulièrement à des magazines prestigieux tels que Vanity Fair et Vogue. Influencée par Richard Avedon et Henri Cartier-Bresson, ses premières expériences photographiques pendant les vacances de son enfance ont éveillé son intérêt pour la photographie. Leibovitz, née le 2 octobre 1949 à Waterbury dans le Connecticut, a pris la dernière photo de John Lennon et Yoko Ono avant leur mort.

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La fabrique du crétin digital http://www.olivier-roland.fr/items/view/12495/La-fabrique-du-crtin-digital

Chronique et résumé de « La fabrique du crétin digital » de Michel Desmurget : ce scientifique nous alerte sur les dangers des écrans pour nos enfants et nos adolescents — un vrai succès de librairie qui nous donne des clés pour comprendre ce qu'il se passe et agir afin de protéger nos proches.

Michel Desmurget, 2019, 186 pages.

Chronique et résumé de « La fabrique du crétin digital » de Michel Desmurget

Un mot sur l'auteur et le livre La fabrique du crétin digital

Docteur en neurosciences cognitives, Michel Desmurget est Directeur de Recherche à l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM).

La fabrique du crétin digital a reçu une mention spéciale lors de la remise du prix Femina fin 2019.

Prologue

Nos enfants passent de plus en plus de temps sur les écrans. Le plus souvent, pour jouer ou se divertir. Pourtant, il existe un nombre toujours croissant d'études scientifiques qui démontrent la nocivité de cette exposition. 

"La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphones, tablettes, télévision, etc. – par les nouvelles générations est astronomique. Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages représentent autour de 1 000 heures pour un élève de maternelle (soit davantage que le volume horaire d’une année scolaire), 1 700 heures pour un écolier de cours moyen (2 années scolaires) et 2 400 heures pour un lycéen du secondaire (2,5 années scolaires)." (La fabrique du crétin digital, p.9)

Malheureusement, le traitement médiatique de la situation n'est pas à la hauteur. Bien au contraire ! Souvent, les médias s'emparent de la dernière étude à la mode — mais pas nécessairement la meilleure — pour inventer des gros titres qui ne correspondent en rien à la réalité des faits.

Pour nous aider à y voir plus clair, Michel Desmurget s'est donc efforcé de synthétiser et de vulgariser cet immense corpus de littérature scientifique trop souvent passé sous silence ou mal interprété.

Grâce à ce livre, vous entrerez donc dans le vif du sujet : au-delà des mythes, vous constaterez les véritables conséquences du numérique sur la santé, l’intelligence et les émotions de la jeune génération !

L'« enfant mutant » des armées propagandistes

L'auteur commence alors par passer en revue les discours d'un certain nombre de personnalités (médiatiques, politiques ou académiques) vantant les mérites du numérique et ses effets sur l'humanité. Pour résumer, ces auteurs estiment que :

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de l'humanité ;

Nos cerveaux sont en train d'évoluer rapidement ;

Les enfants deviennent plus intelligents.

En particulier, les jeunes de la génération numérique (qu'on les nomme millinals, digital natives ou autres) développeraient de nouvelles compétences, inconnues ou sous-développées jusqu'alors.

Par ailleurs, d'autres (ou les mêmes) spécialistes insistent sur :

les bénéfices des jeux vidéo, même violents, sur les jeunes ;

Ou, de façon plus générale — sur les bénéfices des outils digitaux pour l'éducation.

Mais est-ce si sûr ?

Les voix de la discorde

La réponse de Michel Desmurget est clairement non. De nombreux experts vont dans le sens opposé aux discours de glorification. Pour eux, c'est bien tout le contraire qui se passe. Parmi les exemples qu'il prend, le plus caractéristique et intrigant est le cas de certains fondateurs de la Silicon Valley qui refusent de laisser leurs enfants utiliser les écrans et les placent dans des écoles privées garanties "sans technologies numériques".

La stratégie du doute

Selon l'auteur, le discours de glorification des outils numériques a largement pris le dessus dans la sphère publique et le citoyen a bien du mal à se faire une idée claire de ce qu'il en retourne vraiment.

Pourquoi ? Car la littérature scientifique qui en dévoile les dangers est chère, majoritairement en anglais, immense et plutôt ardue.

Au-delà, il y a une tendance, parmi les médias notamment, à se satisfaire des sources les plus facilement accessibles et à les répéter telles quelles. Bien sûr, les bons médias révèlent également des scandales et font un formidable travail.

Le problème est aussi que même les publications les plus officielles ne citent pas forcément leurs sources. Elles laissent leurs affirmations planer dans la vie et le citoyen n'a plus qu'à les croire sur parole.

Science et opinion ne se valent pas

Tous, nous avons des opinions, c'est-à-dire des idées ou croyances issues de nos expériences antérieures. Pour autant, ces opinions n'équivalent pas à des savoirs, rappelle Michel Desmurget. 

Il y a de ce fait tromperie lorsque l'opinion se fait passer pour de l'expertise, c'est-à-dire lorsqu'une croyance se fait passer pour une connaissance vérifiée. Tout l'enjeu consiste donc à débusquer ces "faux experts" et à mettre en lumière les véritables expertises, cachées dans les revues scientifiques.

Trop, c'est trop !

"Alors oui, j'en ai assez de ces spécialistes autoproclamés qui saturent l'espace médiatique de leur verbiage inepte. J'en ai assez de ces lobbyistes abjects, déguisés en experts, qui nieraient jusqu'à la sphéricité de la Terre si cela pouvait servir leur carrière et engraisser leurs intérêts." (La fabrique du crétin digital, p. 30)

Michel Desmurget est en colère contre la propagation de ces discours dans les médias, car ils servent avant tout des intérêts économiques et pas ceux de nos enfants.

Alors que faire ? L'option de ce livre est d'informer, ni plus ni moins.

L'auteur ne plaide pas pour des mesures coercitives : il veut donner aux gens la possibilité de se faire leur propre idée en s'appuyant sur des études scientifiques rigoureuses qu'il se propose de compiler, de résumer et d'analyser.

Première partie — La fabrique du crétin digital - Homo mediaticus. La construction d'un mythe

1 — Contes et légendes

« Une génération différente »

Michel Desmurget commence par passer en revue de façon plus précise les affirmations de l'industrie du numérique et de ses experts, afin d'en montrer la faible validité, voire le caractère tout simplement mensonger.

Premier "mythe" auquel il s'attaque : l'idée que les jeunes seraient vraiment différents (et meilleurs). Il se concentre sur 3 postulats :

"L'omniprésence des écrans a créé une nouvelle génération d'êtres humains, totalement différente de la précédente ;

Les membres de cette génération sont experts dans le maniement et la compréhension des outils numériques ;

Pour garder quelque efficacité (et crédibilité), le système scolaire doit impérativement s'adapter à cette révolution." (La fabrique du crétin digital, p. 43)

À y regarder de plus près, il n'y a en fait aucune preuve convaincante de ces affirmations.

Premièrement, la nouvelle génération vantée dans les médias est hétéroclite, elle n'a pas d'unité. Autrement dit, "elle n'existe pas". Les différences sont très importantes en fonction du statut social, du sexe, de l'âge, etc.

Deuxièmement, parmi ces jeunes, bien peu sont des petits génies de l'informatique. Certes, la majorité d'entre eux peut utiliser les réseaux sociaux et télécharger des applications, mais c'est à la portée de tous. Il est même démontré que beaucoup ont de véritables inaptitudes techniques et un manque de culture numérique.

Troisièmement, il y a dans ces discours une étrange tendance à positiver des caractéristiques auparavant considérées comme plutôt négatives (zapping, impatience, etc.) et à dévaloriser les générations antérieures.

« Un cerveau plus développé »

Autre affirmation à mettre en doute : l'idée que le cerveau des joueurs de jeu vidéo serait plus épais par endroits et, donc, que ceux-ci deviendraient plus intelligents ou capables d'une meilleure mémorisation.

Pour l'auteur, c'est non seulement inexact, mais potentiellement dangereux. Pourquoi ?

Car s'il est vrai que le cerveau (partie préfrontale) s'épaissit lorsque vous jouez au jeu vidéo, c'est aussi vrai de bien d'autres activités ;

Parce qu'épaisseur et augmentation des facultés ne vont pas forcément de pair ;

Car l'augmentation du volume du cerveau pourrait plutôt signaler un problème d'addiction (stimulation des circuits de récompense) ;

Parce qu'il y a donc tout lieu de s'en inquiéter, d'autant plus au moment de l'adolescence, période où le cerveau est fragile et en construction.

Par ailleurs, les études récentes montrent qu'il n'y a aucun "transfert depuis les jeux vidéo vers la "vraie vie"". C'est-à-dire ? Eh bien, les compétences éventuellement acquises lors d'un jeu vidéo ne sont pas nécessairement transférables ensuite, lorsque vous devez résoudre des problèmes du monde réel.

« Les écrans, c'est formidable ! »

L'auteur s'en prend ici à plusieurs idées trompeuses.

Il attaque d'abord l'idée que les ordinateurs ou les tablettes vont permettre aux enfants des pays pauvres d'apprendre seuls efficacement (programme One laptop per child). En fait, les résultats de ce programme se sont avérés négatifs.

Il revient ensuite sur la mauvaise interprétation de certains résultats scientifiques concernant les bénéfices du jeu vidéo sur la dyslexie. En réalité, comme l'auteur l'explique très bien, les journalistes ont souvent tendance à généraliser là où il n'y a aucune certitude établie.

Ce faisant, ils créent de fausses croyances chez les personnes (en l'occurrence l'idée que jouer aux jeux vidéo pourrait aider ces enfants, alors que cela n'a rien d'établi, bien au contraire).

En conclusion

"L'enfant mutant du numérique, que son aptitude à taquiner le smartphone aurait transformé en omnipraticien génial des nouvelles technologies les plus complexes ; que Google Search aurait rendu infiniment plus curieux, agile et compétent que n'importe lequel de ses enseignants pré-digitaux ; qui grâce aux jeux vidéo aurait vu son cerveau prendre force et volume ; qui grâce aux filtres Snapchat ou Instagram aurait élevé sa créativité jusqu'aux plus hauts sommets ; etc. ; cet enfant n'est qu'une légende. Il n'est nulle part dans la littérature scientifique." (La fabrique du crétin digital, p. 67)

2 — Paroles d'experts

Les médias sont face à un problème de taille : les secteurs industriels qui cherchent à cacher des vérités qui les dérangent (comme l'industrie du tabac ou du sucre, par exemple) embauchent ce que l'auteur nomme des "experts "maison"".

En fait, ce sont des faux experts qui ne font que répéter le discours de l'industrie en question pour semer le doute et faire croire qu'il y a débat au sein de la communauté scientifique.

Les médias, comme les citoyens, doivent donc se poser très sérieusement la question de la crédibilité des experts. Pour Michel Desmurget, la crédibilité passe par :

La connaissance du sujet (littérature scientifique) ;

La constance (ne pas changer son discours en fonction du public) ;

L'honnêteté (l'absence de conflits d'intérêts ou, à minima, la reconnaissance publique des liens qui peuvent exister).

De l'art d'ignorer les conflits d'intérêts

Les médias ne devraient pas être si tolérants vis-à-vis des conflits d'intérêts. Il se trouve pourtant que ces informations sont souvent aisément disponibles, comme le montre l'auteur à partir de plusieurs exemples.

Les sources, comme les experts, doivent être passées au crible fin. Certaines références sont présentées comme des articles scientifiques, alors qu'elles n'en sont pas.

Même les organismes d'État, comme le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) n'est pas épargné. Souvent, ses experts sont d'anciens professionnels des médias ayant travaillé de longues années dans le secteur privé. Besoin d'une preuve ? L'auteur prend l'exemple du lien entre publicité et obésité infantile.

De l'art du verbiage creux et des réponses fumeuses

La rhétorique est menée de main de maître par celles et ceux qui veulent parler de tout sans savoir de quoi ils parlent vraiment. Elle sert alors à manipuler, plus qu'à simplement convaincre.

Michel Desmurget montre comment la généralisation ou l'appel au bon sens et à la mesure font partie de stratégies discursives employées par des "omnispécialistes" qui soit ne connaissent pas les faits, soit refusent de les prendre en compte.

L'ironie est également l'une des armes redoutables employées par les experts généralistes qui cherchent à décrédibiliser les discours sérieux et factuels. L'exemple des publicités cachées dans les films est ici mis en avant par l'auteur.

Au-delà de ces trucs rhétoriques, l'auteur se dresse contre des arguments du genre : "Il faut bien mourir de quelque chose", qui tendent à relativiser la gravité des problèmes liés à l'alcoolisme, au tabagisme ou à l'obésité. Il invite le lecteur à être plus malin et à réfléchir en termes statistiques.

Finalement, ce qui le chagrine le plus, c'est que la plupart du temps, les études scientifiques elles-mêmes ne sont jamais vraiment analysées, regardées en détail et discutées. Les pseudo-spécialistes et les médias tournent autour, le plus souvent pour les détruire, mais jamais pour les interpréter soigneusement.

De l'art des opinions mouvantes

Certains experts ayant pignon sur rue dans les médias ne sont visiblement pas capables de transmettre correctement les informations contenues dans les études scientifiques. Est-ce par simple erreur ? Est-ce une volonté de limiter, voire d'étouffer le problème ? C'est difficile à dire.

Quoi qu'il en soit, Michel Desmurget tient à recadrer les faits. Il s'intéresse en particulier aux raccourcis opérés par un expert au sujet de l'influence de la télévision (et des écrans) sur le sommeil chez les enfants.

Les investigations démontrent clairement un effet délétère, comme le rappelle l'auteur. Pourquoi, dans ce cas, minimiser ces faits dans des journaux et des programmes d'importance nationale ?

L'auteur prend plusieurs pages pour démonter les avis trop "généreux" des spécialistes à grande audience et préciser la réalité des faits quant aux nuisances des écrans chez les plus jeunes.

De l'art de trier les cerises

Cherry picking, en anglais, désigne une pratique de sélection des études afin d'avancer une thèse plutôt qu'une autre. Ce n'est pas une pratique très recommandable, puisqu'elle biaise la vérité scientifique en la soumettant à une opinion déterminée.

C'est pourtant ce qui se fait dans plusieurs domaines, comme celui du changement climatique et du numérique. Problème : déconstruire ce type de construction fumeuse prend du temps et demande que le lecteur s'intéresse aux chiffres.

Michel Desmurget s'en prend en particulier à un avis sur les jeux vidéo délivrés par l'Académie des sciences. Cet avis s'appuie bien sur de sérieuses études scientifiques. Le problème, c'est qu'elle picore les faits, plutôt qu'elle ne les relate avec exactitude et complétude.

En analysant plus finement l'étude, il met ainsi en doute les propos de cet "Avis", qui prétendait que les joueurs seraient :

Plus créatifs ;

Meilleurs pour collaborer ;

Plus attentifs et rapides ;

Mieux concentrés.

Selon lui (à l'appui de l'étude qu'il analyse), ces affirmations sont tout simplement fausses ou surévaluées. En outre, il conviendrait de poser plus clairement la question de l'addiction à ces jeux.

De l'art de cultiver le doute en terres de consensus

Il importe de voir que peu de doutes subsistent quant à la dangerosité des écrans pour les plus jeunes ou au sujet des effets délétères des jeux vidéo.

Pourtant, médias et industrie s'allient souvent pour faire valoir des avis "divergents", censés "enrichir le débat" là où il devrait être clos (et l'est, de fait, dans la communauté scientifique).

Comment ? En faisant "entrer en scène" une autre figure du discours pseudo-expert : l'Iconoclaste. C'est la personne bardée de diplômes, au discours original et à contre-courant, qui va affaiblir le consensus scientifique.

Michel Desmurget prend à nouveau, en l'étendant aux États-Unis, le cas de la corrélation entre jeux vidéo et violence.

En conclusion

Michel Desmurget veut ici prévenir sur le manque de fiabilité de l'information diffusée dans les médias :

"Dans le champ du numérique, l'information offerte au grand public manque souvent cruellement de fiabilité. En ce domaine, nombre d'experts médiatiques, parmi les plus importants, présentent une stupéfiante capacité à collectionner les âneries, sornettes, revirements, approximations et contrevérités." (La fabrique du crétin digital, p. 148)

L'auteur invite les journalistes à être plus scrupuleux dans le choix de leurs experts. Surtout, ils devraient faire un travail de médiation, entre la science, l'industrie et le public, pour montrer qui est digne ou non de confiance.

3 — Études boiteuses

« Les loisirs numériques n'affectent pas les performances scolaires »

Bien trop souvent, les médias relaient, sans véritable esprit critique, des études scientifiques peu fiables. En fait, toutes les publications scientifiques ne se valent pas : certaines revues ont des critères de sélection plus durs que d'autres. Et, dans tous les cas, une véritable étude scientifique doit avoir été validée par les pairs (d'autres scientifiques) afin d'être considérée comme fiable.

"L'ennui, c'est que ces notions de hiérarchie et de crédibilité des sources semblent étrangères à nombre de médias généralistes. N'importe quel travail, aussi inepte soit-il, peut ainsi se retrouver en "une", pour peu qu'il soit suffisamment tape à l'œil et apte à faire le buzz." (La fabrique du crétin digital, p. 155)

C'est ce que démontre le cas des loisirs numériques et de leurs effets délétères sur les performances scolaires. L'auteur relate la manière dont une étude peu fiable a fait l'objet d'une couverture médiatique indue.

C'est de cette façon que des contre-vérités circulent et que le doute s'installe dans les esprits des parents, qui ne savent plus comment agir avec leurs enfants.

« Jouer aux jeux vidéo améliore les résultats scolaires »

Michel Desmurget met ensuite en question une autre étude qui affirmait un lien positif entre jeu vidéo et amélioration des résultats scolaires.

Selon lui, cette étude est insatisfaisante, car problématique du point de vue des statistiques utilisées et de la façon dont les résultats sont interprétés. Cette recherche va même jusqu'à affirmer que :

Il est préférable de jouer aux jeux vidéo plutôt que faire ses devoirs ;

Manquer les cours et travailler sur Internet ;

Les élèves des classes défavorisées apprennent mieux que les plus privilégiés.

Pour l'auteur, ces affirmations sont complètement extravagantes et dénuées de fondement.

Michel Desmurget poursuit en montrant que les données elles-mêmes sur lesquelles se fondent cette étude et d'autres du même acabit sont trompeuses et peu fiables.

« Moins de crimes grâce aux jeux vidéo violents »

De nombreuses erreurs de jugement, telles que la "corrélation sophistique" (p. 173), donnent lieu à des titres de journaux abusifs.

Pour se faire comprendre, l'auteur passe par l'exemple de l'obésité infantile et de la publicité alimentaire. Les affirmations des lobbyistes (et de certains politiques) tombent sous le coup du non-sens : contrairement à ce qu'ils affirment, le lien entre publicité et obésité est bel et bien prouvé chez les enfants (études à l'appui indiquées dans le livre).

Il faut donc à tout prix se méfier des corrélations simplistes qui font prendre des chaudrons pour des lanternes. Dire que les jeux vidéo ne sont pas liés à la criminalité, voire qu'ils la diminuent, c'est ne rien comprendre aux statistiques. Pourquoi ? Car il faut prendre en compte de nombreux autres critères dans la diminution de la criminalité.

Par ailleurs, lorsque vous souhaitez mettre en évidence un lien de causalité entre un jeu en particulier et la hausse de la criminalité, vous devriez prendre en considération le fait que des jeux du même genre sortent tous les mois. Sans cela, ne pas constater de lien n'a rien d'étonnant.

Ce que propose l'auteur

Pour Michel Desmurget, il y a ici une relation nocive entre des études scientifiques de peu de fiabilité, un lobbyisme industriel et des médias qui relaient sans trop se poser de questions. Il donne une astuce pour faire face à ce genre de fausses informations :

"Une règle simple permet cependant de se protéger contre ce genre de manœuvre : si l'on vous dit que deux phénomènes sont indépendants parce que leurs variations ne sont apparemment pas corrélées, soyez outrageusement circonspect. Demandez-vous toujours si ces phénomènes sont déterminés par plusieurs causes. Lorsque c'est le cas ( et c'est presque toujours le cas), demandez-vous si ces causes sont prises en compte dans le modèle statistique. Lorsque la réponse est négative, c'est sans doute le signe que ce qui vient de vous être affirmé relève moins de la fière science que de la triste fumisterie." (La fabrique du crétin digital, p. 185)

« Pas de preuves de dangerosité des écrans pour le développement des jeunes enfants »

C'est faux. Il y a des études sérieuses qui montrent le contraire. Certes, ces études sont complexes, mais cela ne signifie pas que nous devions baisser les bras devant leurs résultats. Il y a bien une corrélation forte (et probablement un lien de causalité) entre écran et développement linguistique et social des enfants.

Simplement, il faut prendre le temps de comprendre la littérature scientifique et en reproduire fidèlement les conclusions.

En conclusion

Ici encore, Michel Desmurget nous met en garde et nous exhorte à développer notre esprit critique, même vis-à-vis des médias nationaux réputés "sérieux" et de leurs services de vérification de l'information. Pour ce faire, quelques astuces (en plus de la règle évoquée un peu plus haut) :

Douter des conclusions "trop belles" ;

Vérifier la qualité des sources ;

Être circonspect face à un résultat unique qui contredit de nombreuses autres études.

Deuxième partie — La fabrique du crétin digital - Homo numericus. La réalité d'une intelligence entravée et d'une santé menacée

En préambule

Maintenant que les mythes et les opinions ont été écartés, nous pouvons nous centrer sur l'analyse des discours prétendant à la validité scientifique. Quels sont les faits concernant l'homo numericus en devenir ?

Avant d'aller plus loin, il faut nuancer le propos en soulignant que :

Les technologies numériques ont apporté des progrès incontestables (automatisation, calcul, conception), mais beaucoup de ses usages dits "récréatifs" posent problème, surtout pour les plus jeunes. Il n'est donc pas question de critiquer "Le" numérique dans son ensemble.

Il existe différents types d'effets négatifs, qui touchent les "quatre piliers de l'identité" : le cognitif, l'émotionnel, le social et le sanitaire.  L'enjeu consiste à en dresser un tableau clair et obtenir un "bilan global" qui donne une idée juste des problèmes à affronter.

4 — Des usages abusifs (trop) répandus

Il importe en particulier de se poser les trois questions suivantes :

Quoi (quels écrans, quels usages) ;

Combien (de temps passé devant les écrans) ;

Qui (sexe, catégorie sociale, âge, etc.).

Des estimations forcément approximatives

Malgré la qualité des études produites par de nombreux chercheurs, il faut reconnaître que les estimations sont approximatives. Pourquoi ? Car les données sont difficiles à récolter (notamment via les sondages et les interviews, les deux techniques les plus couramment utilisées).

Toutefois, les analyses présentées dans cette seconde partie sont dignes d'intérêt et de confiance, car elles reposent sur des protocoles de recherche sérieux.

La plupart des résultats sont d'abord valables pour les États-Unis (ou les enquêtes ont été conduites), mais une comparaison avec les études (moins nombreuses) d'autres pays montre une forte convergence.

Enfance : l'imprégnation

L'auteur passe en revue les temps d'écrans, les types d'usage et les différences (entre sexes, catégories sociales) chez :

les 0-1 an ;

2-8 ans.

Entre 0 et 1 an, c'est en moyenne 50 minutes par jour qui sont passés devant les écrans. De 2 à 4 ans, c'est 2 h 45 par jour, puis 3 heures jusqu'à 8 ans. Pour l'auteur, ces chiffres sont colossaux, surtout lorsqu'il est précisé que ce temps d'écran n'est pas lié à une interaction parentale et ne donne pas lieu à un apprentissage réel.

Préadolescence : l'amplification

Entre 8 et 12 ans, c'est environ 4 h 40 de temps journalier consacré aux écrans, soit près d'un tiers du temps de veille. Les activités "créatives" (création graphique, écriture, etc.) sont peu nombreuses comparées aux autres usages (jeux vidéo, télévision, réseaux sociaux).

Qu'en est-il des plus jeunes qui ne sont pas exposés aux dispositifs digitaux ? Eh bien, contrairement à l'idée toute faite selon laquelle ils risqueraient de devenir des "parias" sociaux, il semble qu'ils se portent mieux !

Adolescence : la submersion

Ici, on monte à 6 h 40 de temps de consommation numérique (en moyenne) !

"Autrement dit, sur une simple année, les écrans absorbent autant de temps qu'il y a d'heures cumulées d'enseignement du français, des maths et des SVT durant tout le secondaire." (La fabrique du crétin digital, p. 223)

Les usages sont sensiblement les mêmes que chez les pré-ados, avec toutefois une utilisation beaucoup plus imposante des réseaux sociaux. Ici encore, les différences entre foyers aisés et défavorisés jouent un rôle important, puisque les moins bien lotis "consacrent chaque jour 2 h 30 de plus aux écrans que leurs homologues plus privilégiés" (p. 224).

Environnement familial : des facteurs aggravants

Le milieu familial joue bien sûr un grand rôle dans la modération ou l'exagération de ces tendances. Si vous placez une télé dans la chambre de votre enfant ou que vous lui offrez un téléphone mobile dès son plus jeune âge, il est bien certain que sa consommation augmentera.

Par ailleurs, plus les parents seront de gros consommateurs et plus les enfants suivront les habitudes parentales — et moins les parents considéreront la consommation de leurs enfants comme problématique.

Établir des règles claires aide les plus jeunes à avoir des comportements moins nocifs pour leur santé. Cela a également été démontré. À long terme, nous gagnons à "réorienter les activités" (de la télévision vers la lecture, par exemple), pour le bien de l'enfant et celui de la famille.

Quelles limites à l'usage des écrans ?

Souvent, les limitations sont énoncées de façon trop vague dans les médias, ainsi que les dommages causés. Il convient d'être plus factuel et plus clair. Quels critères choisir ?

Les frontières de l'excès doivent être placées selon l'âge. Comme "les expériences précoces (en matière d'apprentissage) sont d'une importance primordiale", il importe par-dessus tout de ne pas gaspiller ce potentiel.

C'est la première idée à garder fermement à l'esprit et qui se traduit chez l'auteur par : "Pas d'écran avant (au moins) 6 ans !" (p. 235).

Pour les plus de 6 ans, Michel Desmurget conseille (études à l'appui) d'autoriser moins d'une heure par jour — et plutôt aux alentours de 30 minutes, en privilégiant des contenus adaptés et non violents.

En conclusion

Voici les trois points à retenir de ce chapitre :

Les plus jeunes passent trop de temps devant les écrans et en particulier aux activités récréatives numériques.

Il est possible de poser des règles claires, justifiées simplement à l'enfant.

Il faut s'en tenir à des limites basses, en suivant la littérature scientifique disponible, soit rien avant 6 ans et moins d'une heure par jour ensuite.

5 — Réussite scolaire : attention, danger !

Écrans domestiques et résultats scolaires ne font pas bon ménage

Par écrans domestiques, l'auteur réfère à "tous les écrans accessibles en dehors de l'école, que ceux-ci soient "personnels" (smartphones, télé dans la chambre, console de jeu, ordinateur, etc.) ou "familiaux" (télé dans le salon, tablette commune, ordinateur partagé, etc.)" (p. 245).

D'après plusieurs études générales de qualité menées en Angleterre et en Allemagne notamment, il apparaît que ce type d'écrans est délétère pour les résultats scolaires. Bien sûr, il s'agit de données moyennes qui ne rendent pas bien compte des spécificités individuelles, mais elles signalent une tendance générale.

Ces résultats suivent une tendance déjà remarquée dans le cas particulier — et connu de longue date — de la télévision. Il s'avère qu'un usage régulier de la télé nuit aux performances académiques et professionnelles (pour les détails des chiffres, voir p. 248-250).

Quant aux jeux vidéo, il n'y a pas non plus de grande surprise. L'auteur expose les résultats de recherche menés aux États-Unis afin de montrer, ici encore, qu'il vaut mieux se passer de console si vous voulez réussir à l'école.

Le smartphone n'échappe pas non plus à l'œil avisé de l'enquêteur et des scientifiques dont il expose les investigations. Voici comment il résume l'état de la recherche :

"L'impact négatif du smartphone s'exprime avec clarté sur la réussite scolaire : plus la consommation augmente, plus les résultats chutent." (La fabrique du crétin digital, p. 253)

Il en va enfin de même avec les ordinateurs. Pourquoi ? Car, malheureusement, "c'est toujours, toujours, les usages abêtissants qui gagnent". Autrement dit, les écrans servent avant tout à nous distraire et non à nous éduquer.

Le monde merveilleux du numérique à l'école

Il faut d'abord distinguer entre l'apprentissage "du" numérique et l'apprentissage "par" le numérique. Le premier est nécessaire — au moins, de façon basique — au second, mais il est utile de bien différencier ces problématiques.

Apprentissage "du" numérique : Quand apprendre à se servir des outils numériques ? Et qu'apprendre (les logiciels de bureautique, la programmation, etc.) ? Cette question doit être pensée à fond, par-delà toute "technofrénésie" idiote.

Apprentissage "par" le numérique : Est-ce que ces apprentissages offrent une réelle plus-value à l'apprenant ? C'est encore loin d'être démontré. En fait, les résultats sont plutôt très décevants.

L'auteur analyse en détail plusieurs études et rapports officiels. Ceux-ci montrent une absence de relation directe entre infrastructures numériques à l'école et progrès de l'enseignement.

À nouveau, l'auteur souligne :

Le détournement "récréatif" de ces infrastructures (notamment par les étudiants des universités qui utilisent les ressources numériques académiques à d'autres fins que l'étude) ;

La prépondérance de la logique économique (faire entrer le numérique à l'école, c'est faire gagner beaucoup d'argent à cette industrie) sur la logique éducative (le développement intellectuel).

Qu'en est-il des MOOC (Massive Open Online Course), réputés géniaux ? Michel Demurget rappelle de nombreux chiffres et ne semble pas convaincu. "La bulle se dégonfle", conclut-il.

Enfin, il émet de sérieux doutes sur les supposées capacités des jeunes à utiliser Internet à des fins documentaires. En réalité, soupeser l'information est une action complexe, qui requiert des savoirs précis dont ne disposent pas la plupart des jeunes qui effectuent des recherches sur la Toile.

En conclusion

Retenez deux points de ce chapitre :

Les écrans domestiques entraînent une utilisation "récréative" défavorable à la formation ;

"Plus les élèves investissent dans les TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement), plus la performance des élèves chute." (p. 285)

6 — Développement : l'intelligence, première victime

Des interactions humaines mutilées

Le bébé arrive au monde avec un bagage de compétences qui ne demandent qu'à croître. En particulier, le nourrisson est très attiré par tout ce qui touche aux relations humaines (voix, présence physique, etc.). Plus l'entourage s'occupe de lui et prend le temps d'être avec lui, et plus l'enfant grandit favorablement.

Les écrans ne reproduisent que très imparfaitement la présence humaine. Un être en chair et en os sera beaucoup mieux perçu, senti et compris qu'un être apparaissant en mode "vidéo".

Par ailleurs, l'augmentation du temps d'écran diminue logiquement le temps d'échanges et de partages qui sont essentiels au développement de l'enfant et de ses capacités sociales. Plus l'attention de l'adulte ou de l'enfant (ou des deux) est captée par les écrans, plus l'échange s'amenuise et plus les frustrations, voire le mal-être, augmente.

Un langage amputé

Le langage est fondamental à notre humanité et est directement lié à notre intelligence. L'apprentissage du vocabulaire et de l'orthographe sont des compétences de base qui sont de moins en moins maîtrisées. Le numérique, bien sûr, n'est pas seul en cause : les réformes scolaires, notamment, sont pointées du doigt par Michel Desmurget.

"L'enfant a besoin qu'on lui parle !", clame l'auteur, en se référant à de très nombreuses études. C'est — de loin — la meilleure manière de lui faire apprendre de nouveaux mots et de lui faire saisir les subtilités de la langue.

Qu'en est-il des programmes éducatifs ? L'auteur s'est déjà penché sur la question à plusieurs reprises dans l'ouvrage, mais va davantage dans le détail ici. Il montre, toujours recherches à l'appui, que les résultats de ces programmes sont très faibles en matière d'acquisition des compétences langagières de base.

"Bref, en matière de langage, l'inefficacité des programmes audiovisuels éducatifs est non seulement expérimentalement avérée, mais aussi théoriquement inéluctable." (La fabrique du crétin digital, p. 310)

L'auteur insiste finalement sur l'importance des livres pour l'enrichissement du vocabulaire et la compréhension. Nous comprenons mieux un contenu écrit dans un livre que sur un écran.

Une attention saccagée

Il existe différents types d'attention :

Distribuée, extrinsèquement stimulée (depuis l'extérieur) et ouverte sur le monde ;

Focalisée, intrinsèquement maintenue (depuis la volonté intérieure) et peu perméable aux agitations extérieures.

La première est celle offerte par les jeux vidéo ou les écrans en général. La seconde est celle qui est requise pour la résolution d'un problème mathématique ou l'écriture, par exemple.

Contrairement à une opinion répandue, il n'y a donc pas de différence entre écrans non interactifs "préjudiciables" (télé, DVD) et écrans interactifs "bienfaisants" (jeux vidéo, ordinateur, tablette, etc.). Les deux sont tout aussi nocifs.

Nous avons de plus en plus de mal à rester concentrer longtemps et à résister aux tentations liées aux écrans. Ces phénomènes sont liés : nous mobilisons davantage nos circuits d'attention exogènes, mais sommes de plus en plus incapables de mobiliser ceux qui sont liés à l'attention endogène.

Les notifications et autres usages mobiles "kidnappent" notre attention et nous "déroutent" de notre écoute (lorsque nous écoutons un conférencier par exemple), de nos pensées (lorsque nous effectuons une tâche intellectuelle) et de notre nécessaire vigilance (lorsque nous conduisons, par exemple).

Qu'en est-il de cette fameuse aptitude au "multitasking", cette capacité à jongler avec plusieurs tâches à la fois, alors ? Eh bien, cette compétence requiert une énergie mentale très conséquente, accroît les possibilités d'erreurs et diminue les capacités de mémorisation.

L'auteur tire la sonnette d'alarme en rappelant que les réseaux sociaux ont été conçus pour dévorer notre attention. Michel Desmurget rapporte enfin que l'excès de stimulation pourrait être lié aux troubles de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH).

En conclusion

Les écrans créent de véritables problèmes de fond pour le développement des enfants :

Au niveau des interactions humaines ;

Sur le plan du langage ;

Enfin, au niveau de la concentration.

7 — Santé : une agression silencieuse

Mais ce n'est pas tout ! Le physique lui-même est atteint. Il y a pléthore d'articles qui le montrent. Parmi celles-ci, l'auteur se concentre sur trois dangers de taille :

Les troubles de sommeil ;

La sédentarité ;

Les contenus "à risque".

Un sommeil brutalement mis à mal

Le thème est sous-traité dans les médias et alerte assez peu les parents eux-mêmes. Pourtant, c'est l'un des effets les plus dangereux des écrans.

Pourquoi ? Car le cerveau s'active pendant que nous dormons. Le sommeil est, comme dit l'expression courante, "réparateur", et cela aussi bien sur le plan intellectuel et émotionnel que physique.

Il est prouvé que les écrans :

Retardent l'heure du coucher ,

Augmentent la latence d'endormissement (le temps entre la mise au lit et le fait de dormir) ;

Excitent, plus qu'ils ne calment.

"Depuis quelques années maintenant, les études s'accumulent pour montrer l'existence d'un lien étroit, au sein des jeunes générations, entre consommation numérique et souffrance psychique (dépression, anxiété, mal-être, suicide, etc.). L'impact des écrans sur le sommeil fournit une base explicative directe et solide à ce désastre." (La fabrique du crétin digital, p. 346)

Une sédentarité dévastatrice

"Absence prolongée d'activité physique", voilà comment se définit la sédentarité. L'auteur apporte un correctif à la suite d'autres scientifiques : il est possible d'être sédentaire tout en étant actif, c'est-à-dire de travailler en journée et de s'affaler dans le divan toute la soirée ensuite.

De façon générale, rester assis dégrade la santé. Michel Desmurget le rappelle à l'aide de nombreux travaux anciens et récents. Par ailleurs, rester devant les écrans diminue la propension à réaliser une activité physique (un sport, par exemple).

Marcher, s'activer est essentiel à la santé humaine, ainsi qu'au contrôle des émotions et au bien-être psychologique. Tout comme dormir.

Bien sûr, cela n'est pas seulement dû aux écrans récréatifs. Mais ceux-ci y jouent un rôle indéniable.

L'influence des contenus numériques

Loin d'être seulement un réservoir à souvenirs, la mémoire est une véritable "machine à créer des liens" : c'est une intelligence en soi, qui s'active lorsque nous en avons besoin.

Certes, elle n'est pas parfaite et crée parfois des liens étranges, par simple "contiguïté temporelle"; Ce principe est utilisé par les maîtres du marketing pour nous pousser à associer des éléments entre eux (un goût avec une marque, etc.). Il est aussi à la base de certains stéréotypes tenaces.

L'auteur se penche ensuite sur le marché juteux du placement de produits dans les films et jeux vidéo. Cette forme subtile de publicité est utilisée entre autres par l'industrie du :

Tabac ;

Alcool ;

Alimentaire.

De nombreuses études montrent que le tabagisme, l'alcoolisme et l'obésité peuvent être fortement corrélés aux campagnes publicitaires diffusées sur nos écrans récréatifs.

Le poids inquiétant des normes

"Au fond, les éléments précédents ne font que refléter la capacité générale des contenus audiovisuels de masse à formater nos représentations sociales. YouTube, les séries, les films, les clips musicaux, les jeux vidéo sont de véritables machines à fabriquer des normes, c'est-à-dire des règles, souvent implicites, de conduite, d'apparence ou d'expectation." (La fabrique du crétin digital, p. 375)

Nous ne faisons pas qu'observer nos "alter ego numériques" sur les écrans ; nous voulons leur ressembler. Or, cette tendance à vouloir être toujours plus en phase avec cette perfection artificielle engendre des comportements pathologiques, notamment au niveau de la :

Perception du corps ;

Sexualité ;

Violence/agressivité.

Épilogue

Michel Desmurget n'y va pas avec le dos de la cuillère. Il affirme qu'au cours de l'écriture de ce livre, son exaspération s'est muée en colère. Voici ce qu'il affirme :

"Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l'histoire de l'humanité, une telle expérience de décérébration n'avait été conduite à aussi grande échelle." (La fabrique du crétin digital, p. 385)

Cela n'est pas mépriser les jeunes que de le dire. Au contraire, c'est parce qu'il se préoccupe de leur sort qu'il préfère ne pas se taire.

Que retenir ?

L'auteur propose 4 conclusions à retenir :

Le manque de fiabilité de l'information fournie au grand public.

Le caractère exorbitant de la consommation numérique des plus jeunes.

La dangerosité des écrans récréatifs pour les enfants et les adolescents.

L'inadaptation de notre cerveau aux mondes numériques.

Que faire ?

Il propose également 2 grandes lignes d'action :

Prendre nos responsabilités en tant que parents afin de résister à cette déferlante.

Établir des règles précises de consommation (c'est l'objet du point suivant).

Sept règles essentielles

Voici les règles mises en place et suggérées par l'auteur suite à sa revue de la littérature scientifique :

Pas d'écrans avant 6 ans ;

Après 6 ans, pas plus de 30 minutes/jour ;

Hors de la chambre ;

Avec des contenus adaptés ;

Pas le matin avant l'école ;

Ni le soir avant le coucher ;

Et un écran à la fois.

Moins d'écrans, c'est plus de vie

Les heures gagnées pourront bénéficier à la vie familiale et au développement de l'enfant. Certes, cela peut être compliqué au début, mais il y a des méthodes pour y parvenir. Et n'oubliez pas : ils vous remercieront quand ils seront grands !

Une lueur d'espoir ?

Michel Desmurget remarque que la vague numérique s'estompe et que les critiques se font plus audibles. Il voit que de nombreux praticiens s'interrogent sur les effets délétères des écrans récréatifs et il estime que c'est un signe positif. "Une salutaire prise de conscience semble se dessiner", affirme-t-il.

Postface

Dans sa postface rédigée en 2020, un an après la parution de La fabrique du crétin digital, Michel Desmurget dit son étonnement face au succès du livre. Et sa joie, aussi, de voir le thème des dangers du numérique pour nos enfants enfin mis sur le devant de la scène !

Il cherche d'abord à comprendre les raisons de cet engouement, puis analyse en détail les principales critiques qui lui ont été formulées, avant d'aborder la question de la Covid-19 et de ce que nous a appris le confinement en matière de numérique.

Conclusion sur « La fabrique du crétin digital » de Michel Desmurget :

Ce qu’il faut retenir de « La fabrique du crétin digital » de Michel Desmurget :

Voilà un livre écrit à la fois avec la tête et le cœur. La passion de Michel Desmurget pour son sujet se sent à chaque page. Ce qui domine est un sentiment puissant de colère face à la logique économique qui, par seul appât du gain, "siphonne" le cerveau des plus jeunes.

Pour résister à cette vague sans précédent, l'auteur se propose de rassembler, synthétiser et vulgariser les nombreuses études portant sur le thème de la consommation numérique chez les enfants et les adolescents. Leur connaissance doit nous aider à y voir plus clair et à protéger les plus vulnérables.

C'est donc bien un livre "coup de poing" que vous lirez. Peut-être le trouverez-vous excessif par endroits, mais l'auteur s'en explique à chaque fois. Alarmiste ? Peut-être, mais il y a des raisons. Méprisant ? Non, simplement inquiet. À vrai dire, Michel Desmurget répond de façon plutôt convaincante à toutes les critiques qui lui sont (ou pourraient lui être) adressées.

Cet ouvrage est fait pour vous si vous constatez que vos enfants exagèrent avec les écrans récréatifs. Il vous aidera à faire le point sur les risques encourus et à établir des limites claires, arguments scientifiques à l'appui.

Points forts :

Un travail de synthèse impressionnant ;

Une présentation en deux parties qui aide à trier le bon grain de l'ivraie ;

Une écriture virevoltante et incisive ;

Des recommandations claires et nettes.

Points faibles :

L'écriture virevoltante et incisive pourra aussi être considérée comme un défaut, si vous ne supportez pas bien l'ironie !

Ma note :

★★★★★

Le petit guide pratique du livre La fabrique du crétin digital de Michel Desmurget

Pour Michel Desmurget, la crédibilité passe par :

La connaissance du sujet (littérature scientifique) ;

La constance (ne pas changer son discours en fonction du public) ;

L'honnêteté (l'absence de conflits d'intérêts ou, à minima, la reconnaissance publique des liens qui peuvent exister).

Foire Aux Questions (FAQ) du livre La fabrique du crétin digital de Michel Desmurget

1.Comment le public a accueilli le livre La fabrique du crétin digital de Michel Desmurget ?

Edité par SEUIL, La fabrique du crétin digital est un vrai succès de librairie. Il a été très vite adapté par le public grâce à la richesse des informations et à la pertinence des analyses contenues dans le livre.

  1. Quel fut l’impact du livre La fabrique du crétin digital de Michel Desmurget ?

Ce livre nous alerte sur les dangers des écrans pour nos enfants et nos adolescents, et nous donne les clés pour comprendre ce qui se passe et agir pour protéger ceux qui nous entourent.

  1. À qui s’adresse le livre La fabrique du crétin digital de Michel Desmurget ?

Ce livre s’adresse à tous les parents et au personnel de la petite enfance.

  1. Quels sont les différents types d’attention ?

Distribuée, extrinsèquement stimulée (depuis l'extérieur) et ouverte sur le monde

Focalisée, intrinsèquement maintenue (depuis la volonté intérieure) et peu perméable aux agitations extérieures.

  1. À quoi est lié l’excès de stimulation selon l’auteur ?

Michel Desmurget rapporte que l'excès de stimulation pourrait être lié aux troubles de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH).

Conséquences des écrans sur le plan intellectuel vs Conséquences des écrans sur le plan émotionnel

Conséquences des écrans sur le plan intellectuel Conséquences des écrans sur le plan émotionnel

Les troubles de sommeil Retardent l'heure du coucher  

La sédentarité Augmentent la latence d'endormissement (le temps entre la mise au lit et le fait de dormir)

Les contenus "à risque" Excitent, plus qu'ils ne calment

Qui est Michel Desmurget ?

Michel Desmurget est un chercheur français spécialisé dans les neurosciences cognitives. Né d'un père français et d'une mère allemande, Michel Desmurget est titulaire d'un doctorat en neurosciences et chercheur au CNRS au Centre de neurosciences cognitives de Lyon. Il a vécu près de huit ans aux États-Unis, où il a travaillé pour plusieurs universités américaines, dont le MIT, l'université Emory et l'université de Californie à San Francisco. En 2011, il est nommé directeur de recherche à l'INSERM. Lors de l'émission "La Tête au carré" de France Inter du 12 mai 2011, sur le thème "L'influence de la télévision", il a déclaré que "la science se construit sur les cendres du bon sens". Il a écrit le livre TV Lobotomy - la vérité scientifique sur les effets de la télévision (2011), qui dénonce les effets néfastes de la télévision sur la santé et le développement cognitif, notamment chez les enfants. Il a également mené des recherches sur les effets de différents régimes amaigrissants sur l'organisme et relate ses expériences dans son livre L'Anti-régime, maigrir pour de bon (2015).

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L’art de bien agir http://www.olivier-roland.fr/items/view/12489/Lart-de-bien-agir

Résumé de "L’art de bien agir - 52 voies sans issue qu'il vaut mieux laisser aux autres" de Rolf Dobelli : Dans  "L’art de bien agir", l’auteur partage 52 erreurs courantes que nous commettons tous dans notre vie professionnelle et personnelle et propose des conseils pour les éviter.

Par Rolf Dobelli, 2013, 246 pages.

Titre original allemand : "Die Kunst des klugen Handelns – 52 Irrwege die Sie besser anderen überlassen"

Titre english version : "The art of Thinking Clearly"

Chronique et résumé de "L'art de bien agir - 52 voies sans issue qu'il vaut mieux laisser aux autres" de Rolf Dobelli

  1. Pourquoi de mauvaises raisons suffisent souvent - La justification de la motivation

Dans le premier chapitre de son livre "L'art de bien agir", Rolf Dobelli s'intéresse à la question de la motivation. Il montre le rôle majeur que jouent la communication et la justification de nos actions et décisions pour faire accepter des situations difficiles aux gens.

Rolf Dobelli partage deux anecdotes dans lesquelles il se retrouve "bloqué", dans un contexte d'attente. La première a lieu sur l’autoroute, l’autre, à l'aéroport de Francfort.

Dans les deux cas, l’auteur de "L’art de bien agir" partage son énervement face au manque d'informations sur la cause du retard.

Il compare alors cette réaction à une expérience menée par Ellen Langer, psychologue à l’université d’Harvard. La psychologue a en effet étudié les comportements d'étudiants dans la file d’attente d’une bibliothèque. Elle a mis en évidence que les gens acceptaient une demande plus facilement si elle était accompagnée d'une justification, même absurde.

Autrement dit, le simple fait de donner une raison apaise les nerfs et les frustrations.

Pourquoi ? Parce que, selon Rolf Dobelli, nous avons tous un "besoin maladif" de justification. Et cela s'applique continuellement, y compris dans nos activités professionnelles. Les employés ont besoin de raisons claires et motivantes pour se sentir engagés et impliqués dans leurs actions et dans la poursuite des objectifs de l’entreprise.

En somme, la première erreur décrite du livre "L’art de bien agir" affirme que les gens sont plus disposés à accepter et à tolérer les situations pénibles s'ils en connaissent la raison.

"Moralité : le "parce que" a sa raison d'être. Cette locution conjonctive, qui ne paie pas de mine, est le lubrifiant indispensable des relations interpersonnelles. Alors usez-en et abusez-en."

  1. Pourquoi vous décidez mieux quand vous décidez moins – La fatigue décisionnelle. L'art de bien agir

Le deuxième chapitre du livre "L’art de bien agir" traite de la fatigue décisionnelle. Ce type de fatigue correspond au fait que prendre des décisions épuise notre capacité de concentration et de maîtrise personnelle.

Rolf Dobelli cite une étude du psychologue Roy Baumeister. Celle-ci compare la force de volonté et d’autodiscipline entre "décideurs" et "non décideurs". Les résultats des expériences réalisées ont montré que les personnes qui prennent des décisions sont plus susceptibles de manquer de volonté par la suite.

L’auteur poursuit en expliquant que la fatigue décisionnelle peut nous être préjudiciable car elle nous rend plus disposés à succomber aux messages publicitaires et à prendre des décisions impulsives.

De la même façon qu’une batterie se vide, la volonté s’épuise. Elle doit être rechargée par le repos, la relaxation, l’alimentation, etc. L'auteur donne l'exemple des magasins Ikea qui ont placé des restaurants au milieu de leurs allées. Cette configuration permet aux clients de manger et ainsi recharger leur énergie. Ces derniers peuvent alors poursuivre leurs achats avec plus de capacité de décision.

L'exemple de l'auteur

Enfin, Rolf Dobelli termine avec l'exemple de quatre détenus d’une prison israélienne. Tous ont demandé une libération anticipée pour des délits différents. La décision des juges a été prise à des heures différentes (avant et après avoir mangé). Les juges se sont montrés plus "courageux" en ce qui concerne les verdicts des cas du début de journée. Les derniers cas ont, quant à eux, été traités davantage selon le statu quo. Ce dernier exemple révèle que les décisions de justice peuvent également être affectées par la fatigue décisionnelle.

Pour ne pas subir les effets de la fatigue décisionnelle, l’auteur de "L’art de bien agir " nous invite ici à :

Nous rappeler que la prise de décision est fatigante et impacte nos décisions.

Limiter le nombre de décisions à prendre chaque jour.

Nous concentrer sur les choix importants plutôt que de nous disperser dans d’autres choix mineurs.

Apprendre à récupérer de l’énergie mentale.

  1. Pourquoi vous ne porteriez pas le pull d’Hitler – Le biais de contamination ? l'art de bien agir.

Le troisième biais décrit dans "L’art de bien agir" porte sur les liens émotionnels existant entre les personnes et les choses. Ces choses peuvent être matérielles ou immatérielles. Elles peuvent faire partie d’un lointain passé.

Rolf Dobelli présente plusieurs exemples pour illustrer ce phénomène appelé "biais de contamination".

Il évoque notamment l'idée qu’a eu, un jour, l'évêque d'Auvergne. À savoir, celle de réunir des nobles en présence d’ossements, de lambeaux d’étoffes et d’objets maculés de sang appartenant à des saints. Le but étant de persuader les princes et chevaliers de renoncer à la violence.

La peur et le respect des hommes du Moyen-Âge pour les saints et leurs reliques étaient tellement forts qu'ils cessèrent la guerre. L’histoire montre que cette tactique, qui se répandit ensuite dans de nombreux pays, a conduit à l'établissement de la paix dans toute l’Europe.

D’autres expériences réalisées à notre époque montrent comment cette crainte de l’invisible peut affecter les actions des gens. Les liens émotionnels alors créés avec certains objets, des personnes ou même des événements s’avèrent très puissants.

Des exemples plus explicites

Voici quelques exemples bien parlants :

Lors d’une expérimentation, il a été demandé à des gens d’endommager des photos de leurs proches. Bien qu’il s’agisse d’un simple jeu, l’auteur décrit leur difficulté, leur malaise et les scrupules ressentis à ce moment-là.

Par l’exemple d'un pull ayant appartenu à un criminel de guerre comme Adolf Hitler, l’auteur montre comment une chose inoffensive comme un vêtement peut devenir répugnante simplement en raison de son association avec une personne ou une idéologie néfaste.

Rolf Dobelli nous raconte l’histoire personnelle d'une amie de l’auteur, correspondante de guerre qui a, un jour, servi du vin à ses invités dans des verres plaqués or. Tous s’extasiaient devant ces objets si luxueux. L’auteur décrit comment l’extase s’est mutée en profond dégoût et rejet quand son amie leur a révélé qu’elle avait dérobé ces verres dans la salle à manger de Saddam Hussein quelques heures après que les Américains eurent pris d’assaut son palais gouvernemental.

L’auteur de "L’art de bien agir" conclut en expliquant comment les émotions peuvent :

Se transmettre, même sans contact direct,

Continuer à influencer les actions et les pensées des gens bien longtemps après que l'événement initial ait eu lieu.

  1. Pourquoi l’adjectif "moyen" peut être trompeur – La problématique de la moyenne. L'art de bien agir

La quatrième partie du livre "L’art de bien agir" met en évidence l'inadéquation de l'utilisation de la moyenne pour décrire les données dans un monde de plus en plus complexe.

En effet, selon Rolf Dobelli, la moyenne peut être trompeuse. Les deux exemples qu’il cite illustrent parfaitement bien cette idée.

L'auteur prend d’abord l'exemple d'un bus dans lequel monte la personne la plus lourde du pays. Si l’on calcule le poids moyen des passagers après que cette personne soit montée, alors on constate qu’il a augmenté de 4 à 5 %. Mais imaginons une autre situation. S’il vient à monter l’individu le plus riche du pays, alors la fortune moyenne des passagers se met vraiment exploser.

Pour bien comprendre, Rolf Dobelli nous propose de chiffrer cette situation de façon réaliste. Si chacun des 50 passagers du bus possède une fortune de 54 000 € et que l’homme le plus riche du pays possède 25 milliards d’euros, alors la fortune moyenne des passagers du bus s’évalue à 500 millions d’euros chacun. Elle augmente d’un million de pourcent !

Cet exemple montre très bien comment le poids de certaines valeurs extrêmes dans la prise en compte de la moyenne peut rendre les données complètement absurdes. "Il suffit d’un cas exceptionnel pour venir bouleverser la donne et la notion de "moyenne" n’a plus aucun sens", affirme l’auteur. Elle peut alors masquer des biais ou erreurs dans des données et procurer une fausse impression de la réalité. Les scientifiques parlent de "loi de puissance".

Inadéquation de la moyenne selon l'auteur

Selon Rolf Dobelli, cette inadéquation de la moyenne est encore plus flagrante dans notre monde de plus en plus dominé par des extrêmes. L’auteur cite de multiples exemples de domaines soumis à des extrêmes et pour lesquels se fier à la moyenne n’a aucun sens : la moyenne des statistiques de visite d'un site Web, celle des salaires dans le secteur du cinéma, etc.

Par conséquent, Rolf Dobelli nous encourage à la vigilance. Il nous invite à ne pas baser notre compréhension de la réalité uniquement sur les moyennes mais recourir à d'autres indicateurs pour prendre des décisions judicieuses. Il écrit :

"Lorsque quelqu'un prononce le mot "moyenne", dressez l'oreille. Essayez de creuser la distribution qui se cache derrière. Dans les domaines où un seul cas extrême n'a quasiment aucune influence sur la moyenne, comme dans le premier exemple du bus, le concept de moyenne tient debout. Mais dans ceux où un seul cas extrême domine, comme dans le second exemple, supprimez le mot "moyenne" de votre vocabulaire (et conseillez aux journalistes d'en faire autant)."

  1. L'art de bien agir, Comment démotiver à coup de primes – L’effet d’éviction de la motivation

Dans cette partie du livre "L'art de bien agir", Rolf Dobelli revient sur le"phénomène d'éviction de la motivation intrinsèque par la motivation extrinsèque". Ce phénomène a pour effet de dissuader des personnes de faire quelque chose en contrepartie d’une récompense financière.

Trois situations énoncées par Rolf Dobelli dans L'art de bien agir

Pour illustrer ce phénomène, l’auteur raconte trois situations. Les trois contextes sont radicalement différents.

Tout d'abord, l'auteur parle d’un service qu’il a proposé à son ami : quand, pour le remercier, son ami lui a fait parvenir une somme d'argent, l’auteur a ressenti que son ami avait, par cette offre, porté atteinte à leur amitié en dépréciant son geste initial.

Ensuite, un second exemple évoque un sondage dans lequel des citoyens suisses ont été interrogés : il s’agissait de leur demander s’ils accepteraient l’implantation d’un site d'enfouissement de déchets radioactifs sur leur commune. La majorité des gens a accepté, mais lorsque la question a été assortie d'un dédommagement financier, le nombre de participants favorables a considérablement diminué. Les citadins ont ressenti cette prime comme une tentative de corruption, ou, en tout cas, elle a contribué à diminuer leur esprit civique et leur motivation à œuvrer pour l’intérêt général.

Enfin, l’auteur de "L’art de bien agir" cite l’exemple des crèches qui ont mis en place un système d’amende pour les parents en retard au moment de venir chercher leurs enfants. Le but était de les motiver à arriver à l’heure, mais à l’inverse, l'amende a entrainé une augmentation plutôt qu'une diminution des retards : le retard devenait légitime puisqu’on payait pour. Les rapports au départ humains entre parents et employés de crèches sont devenus mercantiles.

Par ces exemples, Rolf Dobelli explique que l'argent n'est pas toujours une motivation efficace. Il est, en effet, parfois considéré comme dévaluant notre contribution. Il peut nous détourner de notre mission plus globale.

Dans un contexte professionnel, et encore plus concernant les salariés d’une entreprise à but non lucratif, recourir à des incitations financières peut non seulement réduire l’engagement des individus, mais aussi la créativité et la qualité du travail.

  1. Si vous n’avez rien à dire, ne dites rien – La tendance au verbiage, l'art de bien agir

L’auteur de "L’art de bien agir" aborde, dans ce sixième chapitre, le phénomène du verbiage. Celui-ci se caractérise par des discours creux et des propos sans fondement.

Les "discours verbeux" sont souvent employés pour cacher un manque de substance, de pensée profonde, une ignorance, remplir des silences ou pour impressionner les autres par des mots et des concepts complexes.

Le verbiage touche divers milieux. On le retrouve notamment :

Chez les universitaires : en ce qui concerne les prévisions économistes par exemple,

Dans les entreprises : pour cacher une faillite notamment,

Dans le sport : utilisé par les journalistes sportifs pour garder l’antenne.

Rolf Dobelli mentionne plusieurs cas de verbiage pour mieux comprendre.

Le cas d’une "miss" qui répond de manière confuse à une question simple lors de la finale de Miss Teen America.

Celui du philosophe Jürgen Habermas, dont les discours sont difficilement compréhensibles.

L’auteur lui-même reconnaît avoir été fasciné par les propos verbeux du philosophe Jacques Derrida dans sa jeunesse : il réalise, à présent, que cela n'avait aucun sens.

Ainsi, pour communiquer efficacement, l’auteur recommande de tout simplement ne rien dire si l’on n’a rien à dire. Sinon, de bien réfléchir avant de parler. De s'assurer que l'information est pertinente et de l’exprimer de manière claire et concise pour éviter la confusion et faciliter la compréhension.

Il termine en écrivant :

"La simplicité est le point d’arrivée d’un chemin long et pénible, et non son point de départ."

  1. L'art de bien agir Comment afficher de meilleurs résultats sans améliorer la performance – Le phénomène de Will Roger

L’erreur n°7 de "L'art de bien agir" a trait à ce qu’on appelle le "phénomène de Will Rogers" (ou "stage migration" en anglais, qui signifie "migration de stade").

Ce phénomène se produit lorsque les résultats sont améliorés sans pour autant qu’il y ait d’amélioration de la performance moyenne. En fait, on crée cet effet paradoxal quand on déplace des éléments aux caractéristiques inférieures d’un groupe, vers un autre groupe. Cela augmente automatiquement les résultats moyens du premier groupe.

Par exemple, si vous dirigez deux chaînes de télévision, A et B, avec une audience élevée et faible respectivement, vous pouvez déplacer une émission qui tire légèrement vers le bas l'audimat moyen de la chaîne A vers la chaîne B, ce qui augmente l'audimat moyen de la chaîne B et améliore les deux chaînes.

D’autres exemples sont cités dans :

La vente automobile => pour mieux répartir les résultats commerciaux dans plusieurs succursales,

Le domaine médical => pour augmenter les statistiques de l’espérance de vie d’un stade de maladie,

La gestion de fonds d'investissement privés => où un gestionnaire peut vendre certaines participations du fonds à un autre fonds pour améliorer les résultats moyens des deux fonds.

En somme, le phénomène de Will Rogers est trompeurpuisqu’il n'augmente pas les performances réelles des groupes : il améliore artificiellement les résultats moyens en manipulant les éléments dans les groupes.

Pour éviter d’être manipulé, soyons donc attentif quand nous analysons des statistiques et des données.

  1. Si vous avez un ennemi, submergez-le de données – Le biais d’information, l'art de bien agir

Dans la huitième partie de "L’art de bien agir", Rolf Dobelli étudie le biais d'information.

Ce biais cognitif, dit d’information, consiste à penser qu'un supplément d'informations mène forcément à une meilleure décision. Il se trouve que non.

L'auteur donne des exemples de situations où ce biais peut causer des problèmes.

Dans une première anecdote, l'auteur recherche un hôtel à Berlin. Bien qu’il ait déjà présélectionné son hébergement, Rolf Dobelli va passer deux heures à rechercher encore plus d'informations sur les différentes options disponibles. Finalement, il choisit l'hôtel qui l'avait attiré dès le départ.

Dans un autre exemple, des médecins sont interrogés sur le choix de traitement pour un patient. Le patient peut être atteint de trois maladies graves. Un test diagnostique est proposé, mais il ne s'avère utile que dans un cas. Et bien la plupart des médecins vont recommander malgré tout de passer ce test.

Rolf Dobelli souligne que les banques, gouvernements et laboratoires d’idées sont également sujets à ce biais. Ils peuvent commander de multiples rapports économiques pour une même question, même s'ils connaissent déjà les informations essentielles, et même si les études ne sont pas très pertinentes.

Le problème, selon l’auteur, est que se retrouver ainsi submergés d’informations est source d’erreurs de jugement et de décisions préjudiciables. Pour lui, "ce qu'on n'a pas besoin de savoir ne sert à rien, même si on le sait".

En somme, restons vigilant face à l'excès d'informations : une quantité importante de données n'est pas nécessairement gage de qualité de décision.

  1. l'art de bien agir, Pourquoi vous voyez un visage dans la pleine lune – L’illusion des séries

La neuvième erreur du livre "L’art de bien agir" est celle de "l’illusion des séries". Elle se produit lorsque nous percevons une relation ou un schéma là où il n'en existe pas réellement.

Rolf Dobelli commence par relater plusieurs faits divers sur des personnes qui ont :

Entendu des messages de l’au-delà sur des bandes-son.

Vu apparaître des "signaux" dans des objets du quotidien : des silhouettes d’animaux, le visage de la Sainte Vierge, celui du Christ, dans des aliments et dans la roche.

Puis, il cite une anecdote sur un ami. Ce dernier a perdu tout son argent en spéculant sur les marchés financiers. Il pensait, en effet, avoir trouvé une logique de gains implacable après avoir interprété des chiffres.

Enfin, l’auteur partage l’expérience d’un psychologue qui pensait avoir découvert une loi cachée dans une série de lettres aléatoires.

Pour l’auteur de "L'art de bien agir", toutes ces histoires montrent combien les illusions et perceptions trompeuses sont courantes dans notre vie.

Selon lui, le cerveau humain est naturellement enclin à chercher de l'ordre et de la signification dans le monde. Il va alors vouloir trouver un sens, une logique à des séries d’évènements aléatoires. Il va créer des modèles, des schémas et des règles même là où il n'y en a pas.

Rolf Dobelli nous encourage à toujours essayer de reconnaître ces illusions. Assurons-nous que nos interprétations se fondent sur des preuves solides. Qu'elles se basent sur des données objectives, pas sur des perceptions subjectives ou modèles inventés.

  1. L'art de bien agir : Pourquoi vous aimez ce pour quoi vous avez souffert – La justification de l’effort

La dixième partie du livre "L’art de bien agir" traite de la"justification de l’effort".

La "justification de l'effort" est un concept qui explique notre tendance à surestimer la valeur d’une réalisation pour laquelle nous avons investi beaucoup d'efforts.

Rolf Dobelli cite plusieurs exemples tels que :

John, un soldat qui attache plus d’importance à son insigne de parachutiste que toutes ses autres décorations en raison de la souffrance qu'il a endurée pour l'obtenir.

Marc, qui valorise la moto qu'il a restaurée jusqu’à mettre en péril son couple pendant des années,  au point de la considérer comme irremplaçable.

L’auteur examine aussi la façon dont les fabricants utilisent parfois la justification de l’effort pour vendre leurs produits. Il parle de "l'effet IKEA", par exemple, comme une forme atténuée de justification de l'effort : nous accordons plus de valeur à un meuble que nous avons monté nous-mêmes qu'à un autre similaire que nous avons simplement acheté.

Finalement, la justification de l'effort est un biais cognitif qui nous aveugle. Il peut avoir certains avantages quand nous voulons renforcer la cohésion de groupe et la motivation personnelle (via des rituels d’initiation par exemple, le passage d’épreuves difficiles). Mais il est primordial de garder à l'esprit que la valeur que nous attribuons à une réalisation peut être biaisée par notre propre perception de l'effort que nous y avons consacré.

  1. Pourquoi les petites succursales sortent du lot – La loi des petits nombres, l'art de bien agir.

Ce chapitre de "L’art de bien agir" montre l'importance de comprendre la loi des petits nombres avant de prendre des décisions. Cette loi se produit lorsque nous tirons des conclusions erronées à partir d'échantillons de taille réduite.

Rolf Dobelli illustre cette idée en nous racontant la décision précipitée d'un directeur financier d'une entreprise de distribution.

Il explique que ce directeur financier souhaite faire installer des systèmes de sécurité dans ses magasins afin de réduire les vols.

Pour prendre sa décision, ce dernier se base sur une étude. Celle-ci révèle que le taux de vols à l’étalage est plus élevé dans les boutiques situées en zones rurales. Le directeur choisit donc de prioriser la mise en place des installations de sécurité dans les magasins des zones rurales.

Mais après plus d’investigations, le directeur financier réalise qu’il s’agit-là d’un biais lié à la loi des petits nombres. En effet, les magasins de campagne sont aussi les plus petits. Or, il sait que la fluctuation des taux de vol pèse bien plus lourdement dans les magasins de petite taille. Ces données ne sont donc pas comparables entre elles compte tenu des tailles différentes entre succursales.  

Nous comprenons donc que travailler avec des petits échantillons peut générer des résultats très différents de la réalité.

  1. L'art de bien agir : Pourquoi ce à quoi vous vous attendez influence la réalité – L’effet des attentes.

Le chapitre n°12 du livre "L’art de bien agir" de Rolf Dobelli décrit "l’effet des attentes". Autrement dit, la manière dont les attentes peuvent influencer notre perception de la réalité, nos comportements et les résultats.

L’auteur commence par raconter comment Google a été victime de l’effet des attentes en 2006. Après avoir publié des résultats financiers impressionnants, l’entreprise a subi une baisse importante de son cours en bourse. Selon lui, cette baisse est liée au fait que les analystes attendaient des résultats encore meilleurs.

Google est l’exemple parfait d’un autre constat que fait ici Rolf Dobelli. Selon lui, les entreprises voulant satisfaire les attentes des analystes financiers, publient parfois leurs propres prévisions de résultats. Cette démarche est maladroite, déclare-t-il, car les entreprises ne font alors que renforcer les attentes et donc les critiques en cas d'échec.

Deux effets relatifs à l'effet des attentes dans L'art de bien agir

Rolf Dobelli revient enfin sur deux effets que nous connaissons probablement, relatif à l’effet des attentes :

L'effet Pygmalion : l’auteur décrit comment les attentes d'un enseignant envers un élève, par exemple, peuvent influencer ses résultats scolaires, souvent de manière inconsciente.

L'effet placebo : nous connaissons cet effet qui atteste que les attentes peuvent avoir un effet sur la biochimie du cerveau et, par conséquent, sur les résultats d'un traitement médical.

Ainsi, pour Rolf Dobelli, les attentes ont un impact bien réel sur les évènements. "Elles ont le pouvoir de transformer la réalité" lance l’auteur.

Et comme nous ne pouvons pas nous soustraire aux attentes ni vivre sans en avoir, Rolf Dobelli nous invite alors à les manier avec précaution : 

"Ayez des attentes plus élevées à votre égard et à l'égard des personnes qui vous sont chères. Ainsi, vous augmenterez votre propre motivation et la leur. En même temps, diminuez vos attentes à l'égard de tout ce que vous ne pouvez pas contrôler - le marché boursier, par exemple. "

Puis, l’auteur conclut :

"Paradoxalement, le meilleur moyen de se protéger des mauvaises surprises est justement de s'attendre à des surprises"

  1. L'art de bien agir : Ne croyez pas toutes les bêtises qui vous viennent spontanément à l’esprit – L’illusion du "c’est logique !" 

Le treizième principe de "L’art de bien agir" porte sur notre tendance à croire des idées ou des arguments qui nous semblent logiques mais qui sont, en réalité, faux ou trompeurs.

Pour mieux comprendre, Rolf Dobelli partage les résultats du "Test de réflexion cognitive" (Cognitive Reflection Test ou CRT en anglais). Ce test a été soumis à des milliers d’étudiants de trois universités différentes. Il consiste à répondre à trois questions. Chacune des questions possède une réponse intuitive fausse et une réponse juste.

Les résultats indiquent que :

La pensée rationnelle est plus fatigante que l'intuition.

Les individus qui font confiance à leur intuition sont moins enclins à remettre en question leurs croyances.

Nous devrions rester sceptiques vis-à-vis des questions de logique les plus simples. Car selon l’auteur, "tout ce qui semble plausible n’est pas vrai".

  1. L'art de bien agir : Comment démasquer un charlatan – L’effet Forer

Dans cette partie du livre "L’art de bien agir", il est question de l'effet Forer ou effet Barnum.

L’effet Forer se produit lorsqu’une personne considère qu’on a su faire une description très pertinente de sa personnalité, alors qu’en réalité, cette description correspond à la majorité des gens. C’est à cause de l’effet Forer que les pseudosciences (astrologie, graphologie, chiromancie, tarologie...) fonctionnent si bien.

Les charlatans, consultants et analystes escrocs utilisent cet effet. Ils dévoilent des généralités vagues qui s’appliquent au plus grand nombre, tout en donnant l'impression que les informations sont précises et spécifiques.

L'auteur rend compte ensuite de l’expérience du psychologue américain Bertram Forer qui a donné son nom à ce phénomène. Ce dernier a extrait une description de personnalité de la rubrique "astrologie" de divers magasines. Puis, il l’a communiquée à ses étudiants comme étant la leur. Les étudiants ont évalué la pertinence de cette description de leur personnalité à 4,3 sur 5 (soit 86 %). L'expérience a été répétée plusieurs fois au fil des décennies suivantes, avec des résultats pratiquement identiques.

Enfin, Rolf Dobelli liste 4 éléments qui ont contribué à ce que ces descriptions conviennent à tout le monde :

Les descriptions très générales, qui "marchent à tous les coups".

Des traits flatteurs spécifiques, qu’on a tendance à accepter même s’ils ne nous correspondent pas,

"L’effet de la caractéristique positive" qui n'emploie jamais d'affirmations négatives.

" Le biais de confirmation", qui joue un rôle majeur dans la manière dont nous percevons ces descriptions.

  1. L'art de bien agir : Pourquoi les actions caritatives, c’est bon pour les stars – La folie du bénévolat.

Pour exposer ce nouveau principe, l'auteur du livre "L’art de bien agir" commence par dépeindre la vie de Jacques. Jacques est un photographe qui travaille pour des magazines de mode. Il est réputé dans le milieu et gagnant 500€ de l'heure.

Bien que sa vie soit enviable, Jacques commence à se poser des questions sur la valeur de son travail. Il aspire à une activité porteuse de sens. Un jour, un ancien camarade de classe, président d'une association locale de protection de l'avifaune, l'appelle. Il lui propose de participer à une journée pour confectionner des abris pour oiseaux.

Jacques - qui veut vraiment contribuer à améliorer le monde - doit décider s'il y participera ou non. Pour Rolf Dobelli, Jacques devrait refuser la proposition de son ami.

En effet, selon l’auteur, il serait plus intéressant pour tout le monde que Jacques travaille une heure supplémentaire ce jour-là en tant que photographe. Et qu’il donne la somme d’argent perçue à l'association.

Plus explicitement

Son bénévolat n'aurait du sens que s'il pouvait y investir ses compétences techniques, comme prendre une photo professionnelle pour l'association. Mais ce n’est pas ce que son ami lui demande.

Ainsi - en travaillant plus pour faire don d'une partie de l'argent gagné, Jacques :

Créerait du travail à un artisan que l’association pourrait rémunérer pour construire les abris,

Pourrait également, avec le reste de l’argent, participer au financement de l’association.

À travers cet argumentaire, l'auteur soulève la question de l'altruisme. Il est bon, dit-il, de s’interroger sur nos activités bénévoles : les fait-on de façon vraiment désintéressée ? Ou nous procurent-elles des avantages personnels ?

Car notre engagement caritatif n’est pas forcément lié à des raisons altruistes. Il peut être motivé par le désir de se sentir bien avec soi-même, d'améliorer son image publique ou d'obtenir des avantages professionnels. C’est notamment le cas des célébrités. Bien que ces dernières soient justement souvent des exceptions, puisque le simple fait de s’afficher pour une cause contribue à son retentissement international.

Par conséquent, Jacques devrait, selon Rolf Dobelli, porter un regard honnête sur lui-même. Est-il vraiment une star ou se prend-il pour une star ? Et si nous voulons vraiment agir de manière efficace, nous devrions faire la même chose :

"Tant que les gens ne nous courent pas après dans la rue, nous devrions refuser le bénévolat et nous contenter de faire des dons d'argent."

  1. Pourquoi vous êtes le jouet de vos sentiments – L’heuristique d’affect

Dans cette partie du livre "L’art de bien agir ", il est question de l'heuristique d'affect. Ce phénomène se produit lorsque nos émotions et nos sentiments influencent notre prise de décision de manière irrationnelle.

Rolf Dobelli explique que, lorsque nous devons nous exprimer sur un sujet délicat ou faire un choix, la théorie voudrait que nous utilisions un processus décisionnel rationnel.

Nous pourrions ainsi lister les avantages et les inconvénients d'une situation. Puis, les corréler avec leur probabilité d’arriver et leurs conséquences pour obtenir une évaluation rationnelle.

Pourtant, personne ne prend de décisions de cette façon.

L’auteur développe diverses raisons à cela. Mais la principale raison, selon lui, est liée aux "heuristiques cognitives", et plus particulièrement  à l’"heuristique d’affect".

Rolf Dobelli rapporte plusieurs exemples qui montrent comment nos émotions momentanées affectent nos décisions. Il cite des exemples avec les technologies, les aliments, nos activités, etc. Nos affects peuvent se former en moins d'un centième de seconde, simplement en regardant un visage souriant, mécontent ou neutre. À cause d’eux, nous allons ainsi aimer ou détester quelque chose sans tenir compte des risques et des avantages réels.

  1. Pourquoi vous devriez vous remettre en question plus souvent – L’illusion d’introspection, l'art de bien agir.

Dans ce nouveau chapitre, Rolf Dobelli examine l’illusion d’introspection.

Il explique que nous croyons avoir une compréhension profonde de nos motivations et de nos comportements mais qu'en réalité, nous nous trompons souvent. En d’autres termes, lorsque nous évaluons nos propres convictions, nous pensons que notre introspection est impartiale. Mais cette conviction est souvent fausse.

Rolf Dobelli mentionne l'exemple de Bruno, un fabricant de comprimés vitaminés. À travers son histoire, l'auteur démontre que nos croyances sont souvent influencées par des facteurs extérieurs. Comme l'intérêt financier ou la tradition familiale par exemple.

L’auteur de "L’art de bien agir" explique également que les gens ont tendance à réagir de trois façons différentes lorsqu'ils rencontrent une opinion différente de la leur (qu’il pense être la plus valable) :

La première réaction est l'hypothèse d'ignorance => nous pensons que l'autre ne possède pas toutes les informations nécessaires pour comprendre notre point de vue.

La deuxième réaction est l'hypothèse d'idiotie => nous pensons que l'autre possède les informations nécessaires, mais est incapable de comprendre la situation.

La troisième réaction est l'hypothèse de méchanceté => nous pensons que l'autre a compris la situation, mais choisit délibérément de ne pas être d'accord avec nous.

En conclusion, Rolf Dobelli nous invite à la remise en question. Car la capacité humaine à connaître la vérité sur nos propres convictions est limitée. Les croyances peuvent être influencées par des facteurs extérieurs, et l'introspection peut être biaisée.

"Soyez d'autant plus critique envers vous-même que vos convictions sont fortes" termine l’auteur.

  1. Pourquoi vous devriez brûler tous vos vaisseaux - L’incapacité à fermer des portes

Dans le chapitre n° 18 de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli évoque notre incapacité à fermer des portes.

Cette incapacité est due à deux éléments :

Notre peur de perdre des opportunités,

Notre difficulté à abandonner des options ou des projets même lorsque ceux-ci ne sont plus pertinents ou rentables.

Rolf Dobelli partage plusieurs exemples de ce comportement :

Ceux, comme lui, qui lisent plusieurs livres en même temps et qui finalement n’en terminent pas beaucoup.

Les étudiants qui suivent plusieurs filières universitaires en même temps.

L'auteur fait également référence à des situations historiques où des dirigeants militaires ont enlevé toutes les options de repli à leurs troupes pour les obliger à se concentrer sur un seul objectif.

Ensuite, l’auteur de "L’art de bien agir" décrit une expérience réalisée par Dan Ariely et Jiwoong Shin. Ces professeurs de psychologie ont testé des joueurs de jeu vidéo. Les résultats mettent en évidence la préférence flagrante des joueurs à se laisser toutes les options ouvertes alors même qu'ils perdent en efficacité et productivité.

Le problème, selon l'auteur, c’est que nous ne nous en rendons pas forcément compte, mais cette attitude à se laisser toutes les options ouvertes, peut coûter de l’énergie mentale, un temps précieux et réduire nos performances.

Par conséquent, si l’on veut maximiser notre efficacité et atteindre nos objectifs plus rapidement, il est préférable, affirme l’auteur, de :

Se débarrasser des projets qui ne sont plus pertinents ou rentables pour ne focaliser que sur ceux qui le sont.

Se concentrer sur une seule option à la fois, quitte à "brûler ses vaisseaux derrière soi".

Apprendre à décider rapidement et de façon définitive.

  1. Pourquoi vous troquer ce qui est bien contre ce qui est nouveau – La néomanie

L’auteur du livre "L’art de bien agir" nous rappelle comment, il y a 50 ans, les individus visualisaient notre présent. Ils imaginaient un monde avec des voitures volantes, des villes de cristal, des habitations en plastique, des cités sous-marines, des vacances sur la Lune et une nourriture sous forme de pilules.

Pourtant, fait-il remarquer, aujourd'hui, nous nous servons encore d'objets inventés il y a des milliers d'années. Nous utilisons quotidiennement des chaises, pantalons, chaussures, lunettes. Nous mangeons comme nos ancêtres, des morceaux d'animaux et de végétaux à une table en bois avec une fourchette.

En fait :

"L'ancien résiste au temps, il possède une logique inhérente – même si nous ne la comprenons pas toujours. Si quelque chose traverse les siècles, ce n'est pas pour rien. Il y a forcément une raison. Toute société qui s'imagine son avenir accorde beaucoup trop de poids aux inventions les plus excitantes du moment […]. Et toute société sous-estime le rôle des techniques traditionnelles."

Cette tendance est due à ce que le philosophe Nassim Taleb appelle le biais de néomanie (ou "manie de la nouveauté").

Selon ce philosophe, les technologies ayant résisté à l'innovation pendant des siècles continueront à le faire dans le futur. Les technologies plus récentes, elles, seront éliminées.

Et même si la société surestime souvent le rôle des inventions les plus excitantes du moment, notre quotidien dans cinquante ans, ne sera, en fin de compte, pas si différent de celui d'aujourd'hui, et ce, même si de nouveaux gadgets apparaissent.

  1. Pourquoi la propagande fonctionne à retardement – L’effet d’assoupissement

Dans ce chapitre, l’auteur de "L'art de bien agir" examine l’effet d’assouplissement. Cette notion désigne que la force de persuasion d’un message - comme la publicité et la propagande – s’accroît avec le temps.

Rolf Dobelli commence par parler des films de propagande produits en masse pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces films avaient pour but de renforcer le patriotisme et d'encourager les soldats à se battre pour leur pays.

Des études américaines ont montré que les films de propagande n’accroissaient pas l'enthousiasme patriotique des spectateurs immédiatement après leur projection. Les spectateurs savaient qu'il s'agissait de propagande, ce qui discréditaient les informations avant même qu'on les projette.

Par contre, neuf semaines après avoir vu un film, les soldats manifestaient une sympathie beaucoup plus grande à l'égard de la guerre que ceux qui n'en avaient pas vu.

À l'heure actuelle, la meilleure explication à cet effet est la suivante : le cerveau oublie relativement vite la provenance des informations, mais beaucoup moins vite les informations elles-mêmes. C'est la raison pour laquelle des informations issues d'une source peu crédible gagnent en crédibilité avec le temps.

L’auteur de "L’art de bien agir" décrit ensuite comment l'effet d'assoupissement fonctionne aussi très bien avec les spots publicitaires agressifs régulièrement diffusés en période d’élections, et notamment auprès des électeurs indécis. La source des données est oubliée, mais les arguments les plus agressifs sont durablement mémorisés.

Rolf Dobelli conclut par trois conseils pour se prémunir de l'effet d'assoupissement.

D’abord, il conseille de ne pas accepter de conseils non sollicités, aussi bien intentionnés soient-ils.

Ensuite, de se tenir à l'écart de toute source contaminée par la publicité.

Enfin, d’essayer de nous souvenir de la source de tous les arguments que nous avons lus ou entendus.

  1. Pourquoi vous êtes souvent aveugle à une meilleure solution – La cécité aux alternatives

Ce chapitre de "L'art de bien agir" de Rolf Dobelli met en lumière les biais cognitifs qui nous empêchent de considérer toutes les alternatives avant de prendre une décision.

L'auteur prends l'exemple d'un prospectus publicitaire pour un programme de MBA qui nous fait miroiter un gain financier important. Rolf Dobelli montre d'abord comment nous sommes enclins à ne pas évaluer correctement le coût réel du MBA. Ensuite, il souligne notre tendance à oublier systématiquement de comparer une proposition à la deuxième meilleure possibilité. C’est ce que l’auteur appelle "la cécité aux alternatives".

Rolf Dobelli mentionne également un cas dans le domaine financier. Dans cette situation, un banquier propose un placement d’épargne à ses clients. Pour les convaincre, il vante ce type de placement en le comparant à un autre peu favorable. Pour prendre notre décision, nous devrions, selon l’auteur, le comparer à d’autres solutions de placement. Pas simplement à celui qui sert de point de comparaison au banquier. Car ce dernier est, en réalité, le pire taux de placement qui soit.

C'est d'ailleurs ainsi que Warren Buffett fonctionne : il évalue chaque opération par rapport à la deuxième meilleure option possible.

Enfin, l'auteur souligne que les politiques sont souvent victimes de "cécité aux alternatives". Quand ils ne comparent pas une proposition avec toutes les autres options possibles notamment. Il illustre ses propos en rapportant l’exemple de la construction d'un complexe sportif. La municipalité a accepté le projet car elle préférait le gymnase au terrain vague qui s'y trouvait. Mais elle ne l'a pas comparé à tout ce qu'elle aurait pu bâtir à la place.

Par conséquent, nous ne devrions pas nous contenter de comparer une proposition avec une seule autre option. Nous devrions toujours considérer minutieusement chacune des options possibles avant de prendre une décision.

  1. Pourquoi vous dites du mal des ambitieux – Le biais de comparaison sociale

Dans cette partie de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli examine le "biais de comparaison sociale". Ce phénomène pousse les individus à refuser de recommander d'autres personnes susceptibles de prendre leur place, même si cela leur fait du tort à long terme.

L’auteur nous dit avoir expérimenté ce biais quand un jour, il a beaucoup hésité à écrire un témoignage positif au dos du livre d’un auteur pouvant potentiellement devenir son concurrent.

Mais ce biais peut avoir des conséquences plus graves. Dans le monde scientifique par exemple. En effet, les chercheurs ont pour objectif de publier un maximum d'articles dans les revues spécialisées les plus réputées. Aussi, les jeunes chercheurs qui remettent en question les connaissances établies sont parfois fustigés par les grands pontes du domaine. C’est aussi à cause du biais de comparaison sociale que certaines équipes de chercheurs ont du mal à se maintenir au top pendant plusieurs années. Car, comme dans le monde des startups, le biais de comparaison sociale entraine le processus suivant, décrit par Guy Kawasaki :

"Des joueurs A (de premier plan) embauchent des joueurs A+, c'est- à-dire des collaborateurs encore meilleurs qu'eux. En revanche, les joueurs B recrutent des joueurs C, c'est-à-dire des collaborateurs moins bons qu'eux, les joueurs C des joueurs D, encore moins bons qu'eux, les joueurs D des joueurs E, et ainsi de suite jusqu’à ce que l'entreprise, au bout de quelques années, ne soit plus constituée que de joueurs Z. Alors un bon conseil : recrutez des meilleurs candidats que vous, sinon votre boîte sera bientôt pleine de losers."

Ce qu'il faudrait retenir

À long terme, le biais de comparaison sociale peut donc vraiment nuire à notre carrière ou à notre entreprise. C’est pourquoi :

Les individus doivent apprendre à recommander des personnes compétentes, même si elles sont susceptibles de prendre leur place.

Les entreprises doivent également embaucher des candidats meilleurs qu'eux pour éviter que leur entreprise ne soit constituée que de joueurs Z.

Enfin, rappelons-nous que le succès ne se mesure pas seulement à sa position dans la hiérarchie. Il se mesure aussi à la réussite de l'équipe. Il est important de travailler ensemble pour atteindre les objectifs communs, plutôt que de se battre pour obtenir la première place.

  1. Pourquoi la première impression n’est pas la bonne – L’effet de primauté et l’effet de récence

Le 23ème chapitre de l’ouvrage "L'art de bien agir" étudie examine les"effets de primauté et de récence".

L'effet de primauté est un phénomène psychologique qui fait que la première impression que l'on a d'une personne influence notre jugement général sur elle. Et ce, même lorsque nous savons qu'il y a d'autres informations ultérieures à prendre en compte.

L’effet de primauté peut conduire à des erreurs de jugement, à une mauvaise évaluation des personnes et des situations et donc à des décisions inadéquates. Par exemple :

En tant que recruteur, nous pouvons être tenté de sélectionner le candidat qui nous a fait la meilleure première impression lors des entretiens individuels, au lieu de choisir le plus qualifié. L’auteur recommande alors, pour éviter cet effet, de faire venir tous les candidats en même temps et de les faire répondre aux mêmes questions les uns après les autres.

Dans les réunions : la première opinion exprimée sur une question est souvent déterminante pour le jugement général qui sera porté. Pour éviter que le premier à parler ait trop de poids, l’auteur conseille de solliciter les avis des participants à tour de rôle et de manière aléatoire.

L’auteur indique toutefois que l'effet de primauté peut se contrebalancer avec l'effet de récence.

L'effet de récence, quant à lui, se produit lorsque les dernières informations sont plus prégnantes dans notre mémoire.

En effet, avec une capacité de stockage très limitée, notre mémoire à court terme doit constamment faire de la place pour de nouvelles informations. Ainsi, si les impressions sont anciennes et que l'on doit agir immédiatement, l'effet de récence peut prendre le pas sur l'effet de primauté.

  1. Pourquoi vous n’avez pas l’intuition de ce que vous ignorez – L’effet de saignée

Dans le chapitre 24 de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli explique que nous avons tendance à nous accrocher à une théorie, même si celle-ci est fausse, jusqu'à ce qu'une autre, apparemment meilleure, apparaisse. Cette tendance irrationnelle est appelée "effet de saignée".

L'auteur partage l'exemple de la théorie des quatre humeurs du corps. Cette théorie a dominé la médecine pendant plus de 2000 ans, malgré son inexactitude. Elle a conduit à la pratique de la saignée, qui a souvent empiré la condition des patients plutôt que de les guérir.

Mais Rolf Dobelli explique que cette tendance existe, en fait, dans tous les systèmes complexes. Par exemple : les êtres humains, la bourse, les guerres, les villes, les écosystèmes et les entreprises.

L’auteur de "L’art de bien agir" souligne également que nous avons du mal à admettre notre ignorance, à reconnaître que nous ne savons pas. Nous devrions, au contraire – et les décideurs encore plus- être prêts à remettre en question les théories établies, même si cela peut être inconfortable.

  1. Pourquoi le "fait maison" est meilleur – Le syndrome du Not Invented Here

Dans ce chapitre de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli décrit le syndrome du "Not Invented Here" (NIH). Ce syndrome, c'est la tendance à se méfier de toute idée qui n’est pas développée en interne.

Il s'applique à tout.

L’auteur constate, par exemple, que les entreprises sont portées à penser que leurs idées internes sont plus remarquables et importantes que celles des prestataires ou des fournisseurs externes. Et ce, même si objectivement, ces dernières sont meilleures.

Selon l’auteur, ce syndrome est responsable de la prospérité de certaines entreprises, mais aussi de la majorité des échecs de start-ups.

En effet, les personnes qui travaillent en équipe pour trouver des solutions sont susceptibles de développer le syndrome du NIH. Chacun a tendance à penser que son idée est la meilleure. Pour y remédier, l’auteur suggère de diviser l'équipe en deux groupes. Un groupe qui génère des idées et un autre qui les évalue. Puis, d'inverser les rôles.

Le syndrome du NIH peut même s'appliquer à la cuisine. L’auteur partage une expérience personnelle à ce sujet. Un jour, l’auteur invente une sauce pour les soles qu'il est en train de cuisiner. Mais sa femme n’aime pas la sauce. Deux semaines plus tard, c’est au tour de sa femme de préparer une sauce similaire. Cette fois, c’est l'auteur qui trouve sa sauce détestable. Pourtant, après le repas, l’épouse de l’auteur lui révèle que la sauce proposée était en fait celle qu’il avait réalisée deux semaines plus tôt. Elle avait voulu le tester pour voir s'il avait le syndrome du NIH.

  1. Comment vous pouvez mettre à profit l’impensable – Le cygne noir

Le chapitre 26 du livre "L'art de bien agir" de Rolf Dobelli traite de l'importance de prendre en compte les événements imprévus, appelés "cygnes noirs", dans les décisions que nous prenons.

Le concept de "cygne noir", introduit par Nassim Taleb, décrit un événement rare et imprévisible qui impacte significativement la vie de ceux qui en sont témoins.

Cet événement peut être positif ou négatif. L'auteur cite plusieurs exemples, tels que la découverte de l'or en Californie, la chute de Moubarak en Égypte, ou encore ce genre de rencontre qui bouleverse complètement une vie.

Pour l’auteur de "L’art de bien agir", le concept de cygne noir est capital car notre monde est de plus en plus imprévisible. Aujourd'hui, nos vies peuvent prendre des tournures totalement inattendues. Les cygnes noirs surviennent de plus en plus souvent. Et notre cerveau est mal équipé pour y faire face. Il est donc nécessaire, pointe l’auteur, de nous y préparer mentalement. Pour cela, nous devons adopter une approche anti-fragile. C’est-à-dire que nous devons apprendre à :

Transformer les coups du sort en opportunités de croissance.

Tirer des leçons des imprévus pour mieux nous adapter et nous renforcer.

  1. Pourquoi votre savoir n’est pas transposable – La dépendance au domaine

L'auteur du livre "L'art de bien agir" explique pourquoi notre savoir ne se transpose pas facilement à d'autres domaines. Cette difficulté de transposer les connaissances s'appelle "la dépendance au domaine".

L'auteur raconte deux anecdotes personnelles pour illustrer cette difficulté :

Lors d’un congrès médical, il explique avoir lui-même utilisé un exemple tiré de la médecine pour faire référence à l'oubli de la fréquence de base à son audience. Les médecins présents ont alors immédiatement compris. Cependant, lorsqu'il a eu recours à un exemple analogue mais tiré du domaine économique, la plupart des médecins n’ont pas réussi l’exercice proposé.

De même, lorsque l’auteur a tenu un discours face à des investisseurs : ces derniers ont très vite saisi les exemples financiers, mais pas les exemples biologiques.

Rolf Dobelli fait état du constat du philosophe Nassim Taleb concernant les joueurs d'échecs . En général, ceux-ci ne sont compétents que pour résoudre des problèmes d'échecs. Il leur est difficile de transposer leurs compétences à un autre domaine.

Enfin, l’auteur de "L'art de bien agir " mentionne un exemple célèbre de dépendance au domaine. Celui d'Harry Markowitz, lauréat du prix Nobel d'économie en 1990 pour sa théorie du choix des portefeuilles. Bien qu'il ait développé une théorie sophistiquée, Markowitz était incapable de l'appliquer à son propre portefeuille.

  1. Pourquoi vous pensez que les autres pensent comme vous – L’effet de faux consensus

Dans la 28ème partie de "L'art de bien agir ", Rolf Dobelli traite de l'effet de faux consensus. Celui-ci consiste à penser que les autres sont d'accord avec nous alors qu'ils ne le sont pas forcément.

L’effet de faux consensus a été mis en évidence par le psychologue Lee Ross. C'était en 1977, suite à une expérience réalisée avec des étudiants. Le psychologue a montré comment nous avons tendance à généraliser notre opinion personnelle à la majorité de la population. Et à croire que les autres pensent et ressentent les choses comme nous.

L'effet de faux consensus se manifeste particulièrement :

Dans les groupes de pression et les groupuscules politiques : ceux-ci surestiment systématiquement l'importance du thème qui les préoccupe.

Chez les politiciens, qui surévaluent régulièrement leurs chances électorales.

Chez les artistes qui s'attendent souvent à une réussite plus grande que celle qu'ils connaîtront au cours de leur vie.

Au sein des entreprises : le fait qu’un service soit convaincu par un produit ne signifie pas que les consommateurs le seront également.

Parmi les "bidouilleurs géniaux" : amoureux de leurs gadgets ultra sophistiqués ou de leurs appareils aux fonctionnalités illimitées, ces derniers croient, souvent à tort, que les consommateurs seront séduits par leur produit.

L'effet de faux consensus entraine une autre tendance : celle de qualifier de "pas tout à fait normaux" les gens qui ne sont pas de notre avis.

  1. Pourquoi vous êtes convaincu d’avoir toujours raison – La falsification de l’histoire

Au chapitre n°29 de son livre "L'art de bien agir", Rolf Dobelli aborde le phénomène de la falsification de l'histoire.

L'auteur explique comment les individus tendent à réécrire leur propre histoire personnelle pour se convaincre qu'ils ont toujours eu raison dans leurs décisions passées. Cette pratique est particulièrement présente lorsque les décisions ont eu des conséquences négatives. Les individus cherchent alors à se protéger de la culpabilité ou de la honte.

Ce phénomène est courant au sein des gouvernements. Il les aide à maintenir leur pouvoir absolu en créant l'illusion d'une infaillibilité totale.

Mais il se produit également dans notre cerveau :

Inconsciemment, nos souvenirs s’adaptent à nos opinions actuelles pour devenir obsolètes et erronés : nous sommes alors convaincus que nous avons toujours eu raison ; nous pensons que nos opinions actuelles sont identiques à celles que nous avions dans le passé. Or, cela peut s’avérer bien loin de la réalité.

Nos souvenirs "flash" sont des souvenirs construits à partir d'éléments sélectionnés et intégrés dans notre mémoire, plutôt qu'un enregistrement fidèle de ce qui s'est passé. L’auteur évoque des études réalisées qui montrent que ces souvenirs flash sont la plupart du temps altérés.

En conclusion, l’auteur souligne que nous devons être conscients de la manière dont notre cerveau révise nos souvenirs et opinions passés. Nous devons accepter notre faillibilité et être prêts à remettre en question nos croyances passées. Accepeter que nous puissions nous tromper nous rend plus ouverts aux autres perspectives. Et plus enclins à accepter de nouvelles idées.

  1. Pourquoi vous vous identifiez à votre équipe de foot – Le biais endogroupe/exogroupe

Le 30ème biais évoqué par Rolf Dobelli dans son livre "L'art de bien agir" est celui de l'effet endogroupe/exogroupe. Ce biais psychologique pousse les individus à se sentir :

Plus proches de ceux qui leur sont similaires, comme les membres de leur propre groupe,

Et plus distants de ceux qui sont différents.

L’auteur parle alors d’un phénomène d'identification au groupe.

Celui-ci, indique-t-il, est particulièrement présent au sein des équipes sportives. Rolf Dobelli s’interroge alors : pourquoi nous identifions-nous à des équipes que nous ne connaissons pas et composées de personnes avec qui nous n'avons aucun lien de parenté ?

L’auteur de "L'art de bien agir" considère que l'identification à un groupe est un biais endogroupe/ exogroupe qui s'est développé au cours de l'évolution de l'humanité. En effet, l'appartenance à un groupe était vitale pour nos ancêtres. Elle leur permettait de trouver de la nourriture et de se protéger contre les attaques. Aujourd'hui, les groupes peuvent se former sur la base de critères communs minimes, comme celui de notre lieu de naissance ou de notre entreprise.

Rolf Dobelli fait ensuite référence aux travaux du psychologue britannique Henry Tajfel. Ceux-ci ont montré que les membres d’un groupe formé sur des critères complètement aléatoires se trouvaient plus sympathiques les uns aux autres qu’ils ne trouvaient sympathiques les membres des autres groupes.

L’auteur évoque également le biais d'homogénéité de l'exogroupe. Celui-ci nous conduit à émettre des préjugés, des avis stéréotypés envers les membres d'autres groupes, voire même à déformer leurs opinions.

Rolf Dobelli conclut en nous invitant à réfléchir à notre propre identification à des groupes. Il nous encourage à prendre conscience de ces biais pour :

Ne pas nous fermer aux autres groupes,

Éviter d’adopter dans des comportements discriminatoires.

  1. Pourquoi vous préférez le risque à l’incertitude – L’intolérance à l’ambiguïté

Cette partie met en évidence notre tendance à préférer les situations risquées - mais connues - plutôt que les situations incertaines.

Il s’agit plus précisément du paradoxe d'Ellsberg, ou de l'intolérance à l'ambiguïté.

Parce que nous préférons les probabilités connues à celles inconnues, nous préférons prendre des risques plutôt que de faire face à l'incertitude. Dans le risque, les probabilités sont connues et l'on peut décider si l'on souhaite ou non prendre ce risque. En revanche, dans l'incertitude, les probabilités sont inconnues : il est impossible de prendre une décision rationnelle basée sur les risques.

Selon Rolf Dobelli, risque et incertitude sont souvent confondus. Mais ces deux notions doivent être différenciées.

  1. Pourquoi le statu quo, c’est sacré – L’effet du choix par défaut

Ce chapitre du livre "L'art de bien agir" de Rolf Dobelli explique comment les gens ont tendance à s'accrocher au statu quo, même s'il n'est pas dans leur intérêt. Il appelle cela l'effet du choix par défaut ou le biais du statu quo.

En fait, lorsqu'un choix par défaut est proposé, la plupart des gens ont tendance à le choisir. Par confort et par manque d'information quant aux autres options possibles.

Cela peut être observé et utilisé dans divers domaines :

Dans le choix d'une assurance automobile ou d'une couleur de voiture par exemple.

Par les gouvernements pour influencer les choix des individus : en proposant un choix par défaut, le gouvernement peut orienter les citoyens vers une décision qu'il juge souhaitable, sans pour autant les contraindre.

L'auteur de "L’art de bien agir" souligne, que même en l'absence de choix par défaut, les individus préférent le statu quo. Ils sont réticents au changement. Cela peut s'expliquer par une aversion au risque et une préférence pour ce qui est familier.

  1. Pourquoi vous dire que c’est votre dernière chance vous fait perdre le nord – La peur des regrets

Dans ce chapitre de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli décrit comment la peur des regrets peut nous pousser à prendre des décisions irrationnelles.

L’auteur relate deux histoires. Celles-ci racontent comment deux hommes ont mal investi leur argent :

Paul n'a pas vendu ses actions de la société A pour acheter des actions de la société B et a perdu de l'argent,

Michel a vendu ses actions de la société B pour acheter des actions de la société A et a également perdu de l'argent.

Les deux ont commis une erreur. Pourtant, les sondages montrent que, pour les gens, celui qui doit éprouver le plus de regret est Michel. Pour Rolf Dobelli, ce qui ressort du sondage est dû au fait que Paul a été passif, tandis que Michel a été actif. Et qu'il a pris une décision différente de ce qu’aurait fait la majorité des gens.

Rolf Dobelli fait part de nombreux autres exemples liées à la peur des regrets. Il mentionne la tendance des traders à vendre des actions exotiques avant la fin de l'année pour éviter les pertes. Ou encore la difficulté à se débarrasser de choses inutiles par crainte de regretter de les avoir jetées plus tard.

Ces exemples mettent aussi en évidence les décisions parfois stupides que la peur des regrets futurs engendrent. Et d'autant plus lorsque celle-ci est combinée au concept de "dernière chance". Nous pouvons alors avoir des réactions très conventionnelles, nous limiter ou encore nous empêcher de vivre pleinement.

Selon l’auteur du livre "L'art de bien agir", nous devrions plutôt apprendre à accepter les erreurs et les regrets comme faisant partie de notre expérience de vie et à en tirer des leçons pour avancer.

  1. Pourquoi ce qui saute aux yeux n’est pas le plus important – L’effet de saillance

Dans ce chapitre de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli évoque l'effet de saillance. Il s'agit d'un phénomène psychologique qui nous pousse à accorder une importance disproportionnée aux caractéristiques les plus visibles d'une situation, au détriment de tous les autres éléments.

D’après l’auteur, ce phénomène est très répandu. Il peut largement influencer notre perception du monde et de notre entourage.

L'auteur cite plusieurs exemples :

La marijuana : même si elle n'a aucun lien avec la conduite automobile, si elle est trouvée dans une voiture accidentée, elle peut être présentée comme une cause possible de l'accident. Juste parce que c'est le sujet principal du moment dans les médias.

De même, lorsqu'une femme est promue à un poste élevé, cette promotion peut être attribuée à son sexe plutôt qu'à ses compétences, car il s’agit de la caractéristique la plus visible.

Un viol commis par un étranger pourra être attribué à sa nationalité plutôt qu'à d'autres facteurs. Cela conduit à une perception négative des étrangers en général. L'effet de saillance agit ici sur les préjugés.

Enfin, selon Rolf Dobelli, l'effet de saillance peut également influencer nos prévisions, comme dans le cas des élections. Les candidats avec des caractéristiques saillantes, comme une forte personnalité ou un charisme, peuvent être surévalués par rapport à leurs compétences réelles.

  1. Pourquoi faire l’expérience est plus important qu’étudier – L’illusion du savoir livresque

Dans ce chapitre, l'auteur de "L'art de bien agir" soutient l’importance de l’expérience par rapport à la connaissance livresque.

Pour mieux nous rendre compte, Rolf Dobelli nous invite à nous poser cette question : préférerions-nous être opéré par un médecin qui a lu des milliers de livres de médecine mais qui n'a pas pratiqué une seule opération, ou par un médecin qui n'a lu aucun livre de médecine mais qui a effectué des milliers d'opérations ?"

Pour l'auteur, expérimenter, essayer, se tromper sont plus utiles à la création de nouveaux produits/ idées que la simple connaissance des théories existantes.

Il prend l'exemple des frères Wright qui ont réussi le premier vol motorisé sans étudier de rapports scientifiques préalables. Ou encore celui de Malcom McLean, qui a inventé les conteneurs pour le transport des marchandises sans avoir lu aucun livre sur le sujet. Ces deux innovations sont beaucoup plus le fruit d'essais et d'imitations que de lectures et de réflexions.

Rolf Dobelli conclut en déclarant que nous accordons une trop grande importance à la connaissance livresque dans notre société. Inversement, nous sous-estimons la pratique qui est pourtant la meilleure manière de comprendre les nuances de la réalité. Pour lui, ce ne sont pas les universités qui créent les sociétés prospères. Ce sont les sociétés prospères qui entretiennent les universités parce qu'elles peuvent se le permettre.

  1. Pourquoi l’argent n’est pas neutre – L’effet de l’argent de la maison

Le sujet consacré à cette partie du livre "L’art de bien agir" est celui de l'argent. 

Rolf Dobelli affirme que l’argent n’est pas neutre : nous ne le traitons pas de manière égale selon sa provenance.

L’auteur commence par nous faire constater que nos comportements en matière de dépenses diffèrent selon que l'argent est gagné à la sueur de notre front, trouvé ou hérité. L'économiste Richard Thaler appelle cela "l'effet de l'argent de la maison" (house money effect).

Rolf Dobelli affirme que les gens sont plus disposés à prendre des risques avec des gains réalisés en jouant ou en spéculant plutôt qu'avec l'argent gagné à la sueur de leur front. Cela peut d’ailleurs expliquer pourquoi les gagnants du loto sont souvent plus pauvres après avoir empoché la super cagnotte qu'avant, continue l’auteur.

Pour illustrer l’idée que notre façon de dépenser l’argent varie selon la façon dont il a été acquis, l’auteur de "L'art de bien agir" partage les réponses des gens à la question suivante :

Si vous gagnez 20 000 euros à la fin de l'année, que faites-vous ?

a) vous les laissez sur votre compte bancaire,

b) vous les investissez,

c) vous les utilisez pour des dépenses nécessaires

d) vous vous offrez une croisière de luxe.

La plupart des gens optent pour l'une des solutions a, b ou c. Cependant, si vous avez gagné 20 000 euros au loto, la plupart des gens choisissent les solutions c ou d. Ils commettent ainsi une erreur de jugement : 20 000 euros sont 20 000 euros, peu importe leur provenance.

  1. Pourquoi les bonnes résolutions du Nouvel An ne fonctionnent pas – La procrastination

Dans cette partie de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli traite de la procrastination. Autrement dit, notre tendance à remettre au lendemain ce qui peut être fait aujourd'hui.

L’auteur commence par préciser que la procrastination est irrationnelle. Nous savons, en effet, ce qui est bon pour nous, mais nous ne le faisons pas. Pourquoi ? À cause du fossé temporel entre l'investissement et le rendement qui nécessite une certaine force mentale. D’ailleurs, si nous ignorons les bonnes résolutions du Nouvel An, c’est à cause de cette habitude, indique l’auteur.

Rolf Dobelli revient ensuite sur une expérience du psychologue Roy Baumeister réalisée avec des étudiants.

Roy Baumeister a offert aux étudiants des radis et des cookies, mais il leur a interdit de manger les cookies pendant une demi-heure. Ensuite, il leur a demandé de résoudre un problème mathématique difficile. Les étudiants qui n'avaient pas mangé de cookies ont abandonné l'exercice deux fois plus vite que les autres. Selon l’auteur, leur autocontrôle leur avait, en fait, pris beaucoup d'énergie mentale. Elle leur avait alors manqué pour résoudre le problème.

Cet exemple montre que la volonté fonctionne comme une batterie à court terme : quand la volonté est épuisée, il manque de l'énergie pour relever les défis ultérieurs.

Pour lutter contre la procrastination, l’auteur fait trois suggestions :

Se reposer et se détendre de temps en temps pour recharger ses batteries : il est impossible de maintenir un autocontrôle vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Adopter des stratégies ou des astuces pour éviter de se laisser trop distraire : lorsqu'il écrit un roman, Rolf Dobelli, par exemple, indique couper sa connexion Internet pour éviter d'être tenté de surfer sur le web.

Se fixer des délais.

  1. Pourquoi vous avez besoin de régner dans votre propre royaume – Le piège de l’envie

Dans ce 38ème chapitre, l’auteur de "L'art de bien agir" traite de l’envie et de ses méfaits.

Rolf Dobelli développe plusieurs idées. Selon lui, l’envie :

Représente la plus stupide de toutes les émotions, car contrairement à la colère, à la tristesse ou à la peur, elle est facilement évitable.

Ne procure aucun plaisir, seulement de la souffrance.

Est suscitée par différents éléments, tels que la possession matérielle, le statut social, la santé, la jeunesse, le talent, la popularité et la beauté.

Se confond souvent avec la jalousie car les réactions physiologiques sont les mêmes. Mais contrairement à cette dernière, l’envie n’a besoin que de deux individus alors que la jalousie en réclame trois :"Pierre est jaloux de Luc parce que la jolie voisine sonne chez Luc et pas chez lui".

Peut conduire à une chaîne de comportements néfastes allant de l’inaction à la destruction de biens matériels et au sabotage des projets d’autrui. Le texte illustre ce propos avec l’histoire d’un paysan qui demande à un génie de faire mourir la vache de son voisin, simplement parce qu’il n’en a pas lui-même.

Pour éviter l’envie, l’auteur conseille de :

Cesser de se comparer aux autres : la comparaison sociale est non seulement source de stress mais peut entraîner une envie perpétuelle, car il y aura toujours quelqu’un de mieux.

Se concentrer sur ses propres objectifs, pas sur ceux des autres.

Avoir une image réaliste de soi-même.

  1. Pourquoi vous préférez les romans aux statistiques – La personnification

Ce chapitre de "L'art de bien agir" de Rolf Dobelli étudie pourquoi les statistiques ne sont pas aussi efficaces que les histoires pour susciter de l'empathie chez les gens.

L’auteur explique que les histoires permettent de personnifier les informations, de les rendre concrètes et plus faciles à comprendre. Avec leurs personnages, leurs défis et leurs épreuves, elles mettent en scène une empathie.

Dès lors, une histoire aura toujours un impact émotionnel plus fort sur nous que n’importe quelle statistique. Car si les statistiques peuvent révéler des chiffres choquants sur les pertes humaines dans les guerres ou les enfants sous-alimentés en Afrique, ces dernières ne touchent pas les émotions des gens.

Les photos sont également intéressantes car elles permettent de personnaliser une situation en mettant un visage sur une situation.

L’auteur explique alors que c’est à cause de cet effet de personnification que les journalistes cherchent toujours à inclure des photos et des histoires dans leurs contenus. De cette façon, ils peuvent humaniser des événements (guerres ou catastrophes). Et ainsi faire en sorte que les gens s'identifient et se soucient des personnes touchées.

Les recherches de l'auteur Rolf Dobelli sur la compassion dans L'art de bien agir

Enfin, Rolf Dobelli partage des recherches sur la compassion. Celles-ci montrent que :

Les gens sont plus susceptibles de donner de l'argent à un enfant affamé qu'à une cause abstraite, telle que la faim en Afrique.

La compassion est un comportement humain complexe qui ne peut être réduit à un simple chiffre.

"Moralité : soyez prudent lorsqu'on vous sert des destins individuels. Si l'on vous sollicite, posez des questions sur la réalité des faits et les statistiques qui se cachent derrière. Le sort des individus ne vous laissera pas insensible, mais vous pourrez le replacer dans son contexte. En revanche, si c'est vous qui sollicitez les autres et voulez motiver, surprendre ou faire sortir les gens de leur léthargie, veillez à jouer sur la corde sensible - la corde de l'humain."

  1. Pourquoi les crises sont rarement des opportunités – L’illusion du "ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

Ce chapitre du livre "L'art de bien agir" explique pourquoi les crises ne sont pas toujours des opportunités. Il revient sur l'illusion que "ce qui ne me tue pas me rend plus fort".

En effet, pour Rolf Dobelli, les crises peuvent causer un stress énorme et nous laisser mentalement et physiquement épuisé. Ainsi, contrairement à l'idée populaire selon laquelle elles peuvent nous rendre plus forts, elles auraient plutôt tendance à nous affaiblir.

Pour illustrer son point de vue, l'auteur relate plusieurs exemples. Il évoque notamment celui d'une femme atteinte d'un cancer et celui d'un chef d'entreprise confronté à la concurrence.

Rolf Dobelli développe ensuite deux idées principales à ce sujet :

La plupart des entreprises ne survivent pas à une crise économique, et que celles qui y parviennent, par chance, ne sont pas nécessairement renforcées par l'expérience.

Les gens ont tendance à justifier leur expérience de crise en prétendant qu’elle les a renforcés. Mais ceux-ci pourraient tout aussi bien apprendre les leçons qu'ils ont tirées de leur expérience de crise sans avoir à subir l'expérience elle-même.

  1. Pourquoi vous devriez de temps en temps regarder sur le côté – L’illusion d’attention

Dans le chapitre 41 de "L'art de bien agir ", Rolf Dobelli nous aide à comprendre et à prendre conscience d’un phénomène appelé "l’illusion d’attention".

L'illusion d'attention est le fait que nous croyons rien manquer de ce qui se passe dans notre champ de vision, alors qu'en réalité, nous avons tendance à voir uniquement ce à quoi nous prêtons une attention soutenue.

L’auteur partage une expérience classique de psychologie cognitive. Dans celle-ci, des volontaires regardent une vidéo d'un match de basket, sans remarquer qu'un individu déguisé en gorille traverse l'écran.

D’autres exemples sont relatés, comme :

L'expansion de Swissair qui n'a pas vu ses liquidités fondre,

La gestion défectueuse du bloc de l'Est qui a entraîné la chute du mur de Berlin,

Les risques qui sautaient aux yeux dans les bilans des banques, mais qui sont pourtant passés inaperçus jusqu'à la crise financière de 2008.

L’auteur de "L’art de bien agir" conclut en rappelant combien il est capital de :

Rester constamment attentif.

Se rappeler que ce à quoi nous prêtons attention n'est qu'une partie de ce qui se passe réellement autour de nous.

Ceci peut nous éviter des accidents, des manquements professionnels ou encore des prises de décisions mal éclairées.

  1. Pourquoi les belles paroles et les beaux projets sont convaincants – Les fausses déclarations stratégiques

Le 42ème chapitre du livre "L'art de bien agir" explique pourquoi les belles paroles et les beaux projets peuvent être convaincants, mais peuvent aussi cacher des fausses déclarations stratégiques.

L’auteur décrit les fausses déclarations stratégiques comme des mensonges délibérés, utilisés pour persuader les gens de faire des choses qu'ils ne feraient pas autrement.

Selon lui, celles-ci sont couramment employées quand les enjeux sont élevés, comme lors d'un entretien d'embauche ou lors d'une négociation. Dans ces situations, les gens sont plus susceptibles d'être convaincus par des promesses audacieuses et des projections optimistes.

Les projets colossaux sont aussi particulièrement vulnérables aux fausses déclarations stratégiques. Les gouvernements et les entreprises ont tendance à financer les projets les plus impressionnants sur papier, plutôt que les projets qui ont la meilleure chance de réussir.

En réalité, les promoteurs de ces projets ambitieux surestiment leur capacité à atteindre les objectifs et minimisent les risques. Au final, les projets se retrouvent souvent retardés et nécessitent des coûts supplémentaires.

Enfin, Rolf Dobelli signale que la plupart des gens utilisent les fausses déclarations stratégiques, autrement dit, de grossiers mensonges, tous les jours. Que ce soit pour obtenir un emploi, signer un contrat ou simplement impressionner quelqu'un.

L’auteur termine en insistant sur le fait que si les fausses déclarations stratégiques sont un moyen efficace de persuader les gens, elles peuvent également causer des dommages très négatifs à long terme.

  1. Pourquoi vous devriez parfois éteindre votre cerveau – L’excès de pensée

Dans le chapitre n°43 de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli explore le concept de l'excès de réflexion. Il insiste sur l'importance de savoir éteindre son cerveau de temps en temps.

L'auteur commence ici par raconter une histoire : celle d’un mille-pattes intelligent qui se perd dans ses réflexions pour trouver la meilleure façon de se rendre jusqu’à un petit grain de sucre sur une table, et qui finit par mourir de faim.

Rolf Dobelli se penche ensuite sur des exemples de situations montrant pourquoi une réflexion excessive peut s’avérer très néfaste et peut conduire à de mauvaises décisions. Il relate notamment l'histoire de Jean Van de Velde. Ce golfeur a perdu le British Open de golf en 1999 parce qu’il s’est mis une pression excessive pour gagner.

Enfin, l’auteur du livre "L'art de bien agir" explique pourquoi il est parfois préférable de s'appuyer sur son intuition. C’est le cas dans les situations où nous avons acquis des compétences motrices ou des habitudes de réflexion, telles que choisir des aliments ou des amis. L’essentiel est alors de trouver un équilibre entre la réflexion et l'instinct. Puis, de comprendre quand il est préférable d'utiliser l'un ou l'autre.

  1. Pourquoi vous prévoyez beaucoup trop de choses – L’erreur de planification

Le 44ème phénomène expliqué dans le livre "L'art de bien agir" de Rolf Dobelli aborde"l'erreur de planification". Ce biais cognitif conduit les gens à surestimer leur capacité à réaliser une certaine quantité de travail dans un temps donné.

L’auteur commence par souligner que, d’une façon générale, nous avons tendance à établir des to-do-list irréalistes. Nous sommes enclins à surplanifier en quelque sorte.

Cette erreur de planification s’observe dans différentes situations, y compris dans le cadre de projets économiques ou politiques. Les avantages d'un projet sont souvent surévalués, tandis que le temps de travail, les coûts et les risques sont sous-estimés.

Rolf Dobelli revient sur les raisons qui nous rendent incapables de planifier correctement :

D’abord, nous avons une prédisposition à nous faire des illusions et à prendre nos désirs pour des réalités.

Ensuite, nous nous focalisons trop sur le projet en question et occultons les facteurs extérieurs susceptibles de l'influencer.

L’auteur partage enfin les conclusions de plusieurs études menées auprès d'étudiants. Celles-ci montrent que :

Seulement 30 % d'entre eux ont réussi à tenir leur délai de mémoire soi-disant réaliste.

En moyenne, il leur a fallu presque deux fois plus de temps de temps que dans le pire des scénarios.

  1. Pourquoi l’homme qui a un marteau dans la tête voit tout en forme de clou – La déformation professionnelle

Ce chapitre de "L'art de bien agir" de Rolf Dobelli traite de la déformation professionnelle. Celle-ci désigne la tendance des individus à voir tout à travers le prisme de leur profession ou de leur expertise.

En d’autres termes, les personnes formées dans un domaine particulier sont portées à utiliser les modèles de pensée de leur spécialité professionnelle pour résoudre tous les problèmes qu'ils rencontrent, même ceux qui n'ont rien à voir avec leur domaine de compétence.

L’auteur partage plusieurs exemples pour illustrer ce phénomène :

Le chirurgien qui souhaite intervenir pour résoudre la quasi-totalité des problèmes médicaux, alors que le patient pourrait être traité par une méthode moins invasive.

L'ingénieur du bâtiment qui pense à des solutions de génie civil pour résoudre des problèmes qui ne nécessitent pas de telles solutions.

Rolf Dobelli termine en soulignant que la déformation professionnelle peut s’avérer dangereuse. C'est le cas quand elle concerne des domaines où les méthodes propres à une spécialité particulière n'ont pas leur place.

  1. Pourquoi vous oubliez rarement une tâche qui n’est pas terminée – L’effet Zeigarnik

L’auteur du livre "L'art de bien agir" nous explique ici ce qu’est l’effet Zeigarnik. Il s’agit, nous dit-il, d’un phénomène qui se caractérise par le fait que les tâches non terminées sont souvent mémorisées et rappelées, alors que les tâches achevées sont oubliées.

Ce sont les psychologues Zeigarnik et Lewin qui ont commencé à étudier ce comportement après avoir observé un serveur dans un restaurant. Ils ont remarqué que ce dernier retenait toutes les commandes jusqu'à leur exécution.

L’auteur fait ressortir, à l’aide d’exemples, plusieurs points à retenir concernant l’effet Zeigarnik.  

Il s'interroge d'abord : si les tâches non terminées restent dans notre tête tant qu'elles ne sont pas réalisées, comment font les personnes qui ne se laissent pas déborder par les tâches en cours ?

Et bien, des études menées par Roy Baumeister à l'université de Floride ont montré qu'en réalité, les tâches ne nous obsèdent que jusqu'à ce que nous voyions clairement comment nous allons les accomplir. Pour ne pas ressentir de stress lié aux tâches en cours, il suffit donc de se concentrer sur la façon dont nous allons les réaliser - avec un programme bien pensé par exemple - plutôt que de simplement chercher à les terminer.

  1. Le bateau dans lequel vous êtes assis compte plus que la force avec laquelle vous ramez – L’illusion de compétence

Dans ce chapitre de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli expose toute une réflexion sur "l’illusion de la compétence à travers laquelle il soutient les idées suivantes :

L'auteur s'interroge d’abord sur les raisons pour lesquelles il existe si peu d'entrepreneurs en série, c'est-à-dire des personnes ayant créé plusieurs entreprises à succès. Selon lui, c’est parce que la chance joue un rôle plus important que les compétences dans la réussite d'une entreprise.

Ensuite, pour Rolf Dobelli, si les compétences et le travail acharné sont certes nécessaires au succès, ils ne sont pas suffisants pour le garantir. L’auteur explique en effet que la réussite durable d'un individu n'est déterminante que s'il réussit mieux et plus longtemps que d'autres moins compétents que lui.

À travers une étude, l'auteur montre également que les traits de personnalité des PDG d’entreprise ne sont pas, non plus, des critères déterminants.

Enfin, l'auteur souligne que, dans certains domaines, les compétences ne jouent aucun rôle dans la réussite. Il cite notamment le cas d'une société de gestion de patrimoine, où les performances des conseillers ont été établies sur la base d'un classement sans prendre en compte leurs compétences.

L'auteur nous invite alors à réfléchir à :

L'illusion de la compétence,

L'importance de la chance dans la réussite d'une entreprise,

La pertinence du culte du PDG dans le monde de l'entreprise.

  1. Pourquoi les listes de vérification rendent aveugle – L’effet de la caractéristique positive

Le 48ème phénomène expliqué par Rolf Dobelli dans "L'art de bien agir" est l’effet de la caractéristique positive. Ce dernier se produit lorsque les gens ont une réaction plus forte à quelque chose qui est présent plutôt qu'à quelque chose qui est absent.

L’auteur partage plusieurs exemples qui montrent qu’en général, nous attribuons plus de poids à ce qui est présent qu’à ce qui est absent. Il est, par exemple, plus facile de reconnaître la présence de certains chiffres dans une série de nombres que l’absence de chiffres. Ou encore penser à l'absence de douleur demande une certaine énergie.

Selon Rolf Dobelli, c’est à cause de cet effet que les listes de vérification peuvent être trompeuses.

Les gens ont en effet tendance à se concentrer sur les éléments qui sont inclus dans la liste plutôt que sur ceux qui ne le sont pas. Par conséquent, si quelque chose est omis de la liste, il peut être facilement manqué ou ignoré. L'auteur attire notre attention sur le fait que, dans certains cas, cela peut être vraiment problématique : quand il s’agit de fraude financière ou de la teneur en cholestérol d'un produit alimentaire par exemple.

L'auteur suggère que, pour éviter cette "cécité aux omissions", les listes de vérification soient construites en incluant des éléments spécifiques qui pourraient être manquants. Il nous invite également à prendre conscience des omissions potentielles afin d'éviter de manquer des éléments importants.

  1. Pourquoi vous voulez peindre la cible autour de la flèche – Le parti pris informationnel

Dans cette partie de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli expose les conséquences de ce qu’il nomme le "parti pris informationnel".

Le "parti pris informationnel" est, en fait, une technique qui consiste à ne présenter que les aspects positifs d'un produit ou d'un service et d’en cacher les aspects négatifs.

Nous la retrouvons, par exemple :

Sur les sites Web des hôtels qui ne montrent que les photos les plus flatteuses,

Sur les brochures commerciales qui ne vantent que les meilleurs produits,

Ou encore dans les rapports d'activité des entreprises qui ne mettent en avant que les objectifs atteints.

Le "parti pris informationnel" touche toutes les industries et tous les secteurs d’activité. Mais, selon Rolf Dobelli, le domaine de la recherche universitaire est particulièrement concerné. En effet, les chercheurs sont souvent récompensés pour ce qu'ils ont fait, mais sont rarement reconnus pour ce qu'ils n'ont pas fait. Les scientifiques de la recherche sur les médicaments antibiotiques, par exemple, sont plus souvent mis en avant que les héros obscurs de la lutte antitabac.

Pour conclure, l’auteur nous invite à prendre du recul. Pour contrer le parti pris informationnel, nous devons être attentifs à ne pas nous laisser entraîner par les anecdotes ou les histoires qui renforcent ce biais. Les chefs d'entreprise doivent, eux, faire preuve de transparence et d’honnêteté sur les défis qu’ils ont à relever et les objectifs qu'ils n'ont pas atteints, tout en mettant en avant les avantages qu'ils ont apportés.

  1. La sempiternelle chasse aux boucs émissaires – Le biais de la cause unique

Le 50ᵉ biais mis en lumière par l'auteur de "L'art de bien agir" est celui de la cause unique. Autrement dit, de la tendance à réduire une situation complexe ou à attribuer les échecs ou les problèmes à une seule cause, plutôt qu'à un ensemble de causes.

Nous le retrouvons notamment lorsque des journalistes posent des questions telles que "Quelle est la raison de cette guerre ?" ou "Pourquoi avons-nous envahi l'Irak?". 

Or, Rolf Dobelli nous fait remarquer que, dans la plupart des cas, il y a plusieurs facteurs à l’origine d’une situation donnée. Il est donc dangereux de se concentrer sur une seule d’entre elles. L’auteur mentionne, en guise d’exemple, la crise financière de 2008 causée par une combinaison de politiques monétaires, de modèles de risque et de notation erronés, etc.

La simplification excessive de la causalité est un biais qui peut avoir des conséquences néfastes sur les décisions, les politiques et nos attitudes. Par exemple, dans le cas de la criminalité, le biais de la cause unique peut nous amener à nous concentrer sur une seule cause, comme la pauvreté ou l'immigration, sans tenir compte des nombreux autres facteurs qui y contribuent pourtant aussi.

Enfin, l’auteur de "L'art de bien agir" souligne que la simplification excessive de la causalité est aussi préjudiciable quand elle est utilisée pour justifier des actions ou des politiques non efficaces ou aux effets négatifs.

  1. Pourquoi les chauffards apparaissent comme des conducteurs moins dangereux – Le biais de l’intention de traiter, l'art de bien agir.

L’avant-dernier chapitre du livre "L'art de bien agir" nous met en garde vis-à-vis du "biais de l'intention de traiter". Ce biais cognitif conduit à des résultats trompeurs dans l'analyse des données.

Il peut se manifester lorsque nous comparons des groupes de personnes selon des critères préétablis (ex. : leur comportement ou leur performance).

Ce biais n'est pas facile à reconnaître. L'auteur montre comment ce biais explique pourquoi :

Les conducteurs les plus rapides semblent être les moins dangereux,

Les entreprises endettées ont une meilleure rentabilité que les entreprises non endettées,

Un médicament peut sembler efficace alors qu'il ne l'est pas réellement.

Dans tous ces cas, le biais est dû à la sélection des données et à l'exclusion de certains individus qui auraient dû être inclus dans l'analyse.

Pour éviter les conclusions erronées, Rolf Dobelli nous invite à rester sur nos gardes :

"Vérifiez immédiatement si l'objet de l'étude - automobilistes responsables d'accidents, entreprises en faillite, patients gravement malades - fait toujours partie de l'échantillon ou l'a quitté sans crier gare, pour quelque raison que ce soit. Dans ce dernier cas, vous pouvez mettre votre étude à la poubelle."

  1. Pourquoi trop d’info tue l’info – L’illusion des nouvelles

Dans le dernier chapitre de "L'art de bien agir", Rolf Dobelli nous fait part d’une dernière tendance qu’il appelle "l'illusion des nouvelles". Celle-ci consiste à croire que plus nous avons d'informations, mieux nous sommes informé.

L’auteur commence par expliquer que les "news" sont toxiques pour notre esprit.

Selon lui, les informations que nous recevons quotidiennement sont beaucoup trop abondantes pour que notre cerveau parvienne à bien les assimiler.

Finalement, ce sont les "news" sensationnelles et scandaleuses qui vont le plus attirer notre attention car elles captent notre cerveau avec une multitude de stimuli bruyants, choquants et changeants sans cesse. Alors que les informations abstraites, complexes et nécessitant une explication sont ignorées. Nous sommes, de cette façon, très mal informés.

Rolf Dobelli confie avoir personnellement décidé de ne plus consommer de nouvelles pendant trois ans. Pour cela, il a résilié tous ses abonnements à des journaux, magazines. Il a éliminé la télévision et la radio. Il a supprimé les applications de news de son téléphone et détourné le regard quand il voyait un journal à côté de lui. L'auteur affirme que cette expérience lui a permis d'avoir une pensée plus claire, des points de vue de plus grande valeur. Il a aussi gagné beaucoup de temps libre. Quant à ses décisions, elles étaient, déclare-t-il, bien meilleures. Il précise, à ce propos, que parmi les 10 000 informations brèves que nous lisons environ tous les ans, il est très rare qu'une seule d'entre elles soit suffisamment pertinente pour nous aider à prendre une décision importante.

Conclusion de "L'art de bien agir : 52 voies sans issue qu'il vaut mieux laisser aux autres" de Rolf Dobelli

C’est pourquoi la consommation de nouvelles est, pour Rolf Dobelli, un véritable désavantage concurrentiel et une perte de temps. Nous devrions la limiter considérablement et nous créer un "vrai" réseau social d'amis et de connaissances en chair et en os pour filtrer les nouvelles importantes.

"L'art de bien agir" de Rolf Dobelli est un ouvrage exhaustif. Il offre un tour d'horizon des erreurs que nous pouvons faire au quotidien sans nous en rendre compte.

Sa lecture nous permet alors de :

Prendre conscience et de comprendre quelles sont exactement ces 52 erreurs courantes que nous commettons tous sans le savoir

Ces erreurs sont liées aux biais cognitifs et aux illusions mentales. Elles concernent tous les domaines de notre vie personnelle et professionnelle. Les très nombreux exemples et les études évoqués dans l'ouvrage rendent leur compréhension très accessible.

Prendre les mesures qu'il faut pour éviter de tomber à nouveau dans ces pièges et reprendre le contrôle dans nos prises de décisions

En mettant en évidence ces erreurs et en nous aidant à comprendre comment nous fonctionnons avec nos biais, "L'art de bien agir" nous aide à reprendre le pouvoir sur nos décisions et nos actions. Nous avons des clés pour ne plus (ou moins) être manipulé.

L’auteur décrit ces erreurs en s'inspirant de ses propres expériences. Il illustre ses propos avec de nombreux travaux de psychologues, de sociologues et de chercheurs en économie. Toutes ces données et anecdotes viennent enrichir le propos et rendre la lecture agréable.

Les points forts et les points faibles de L'art de bien agir de Rolf Dobelli

Points forts :

L’alternance entre le contenu théorique et le narratif permet de bien saisir les informations.

Les multiples exemples, histoires, études qui servent d’illustrations rendent la lecture agréable et viennent contrebalancer la monotonie de la structure des chapitres.

Le contenu est exhaustif, il aborde une grande variété de sujets dans sa thématique.

Points faibles :

Les conseils et certains propos pourraient être davantage étayés.

Le livre est structuré mais presque trop. Il en devient un peu rébarbatif. Les chapitres, qui font tous 3 pages, s’enchainent tous de la même manière, comme dans un catalogue, rendant sa lecture linéaire monotone.

Ma note :

★★★★

Le petit guide pratique du livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli

4 éléments qui ont contribué à ce que les descriptions conviennent à tout le monde :

Les descriptions très générales, qui "marchent à tous les coups".

Des traits flatteurs spécifiques, qu’on a tendance à accepter même s’ils ne nous correspondent pas,

"L’effet de la caractéristique positive" qui n'emploie jamais d'affirmations négatives.

" Le biais de confirmation", qui joue un rôle majeur dans la manière dont nous percevons ces descriptions.

Foire Aux Questions (FAQ) du livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli

  1. Comment le public a accueilli le livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli ?

Ce livre a été très bien accueilli par le public avec son mérite de format catalogue.

  1. Quel fut l’impact du livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli ?

Ce livre nous donne des conseils pertinents pour éviter les multiples erreurs de réflexion quotidiennes que nous commettons tant dans nos vies personnelles que professionnelles.

  1. À qui s’adresse le livre L’art de bien agir de Rolf Dobelli ?

Ce livre s’adresse à tout le monde sans exception.

  1. Comment ne pas subir les effets de la fatigue décisionnelle selon l’auteur ?

Nous rappeler que la prise de décision est fatigante et impacte nos décisions.

Limiter le nombre de décisions à prendre chaque jour.

Nous concentrer sur les choix importants plutôt que de nous disperser dans d’autres choix mineurs.

Apprendre à récupérer de l’énergie mentale.

  1. Quels sont les deux effets relatifs à l’effet des attentes ?

On a l’effet pygmalion et l’effet placebo.

Les milieux du verbiage vs les cas de verbiage

Les milieux du verbiage Les cas de verbiage

Chez les universitaires : en ce qui concerne les prévisions économistes par exemple Le cas d’une "miss" qui répond de manière confuse à une question simple lors de la finale de Miss Teen America

Dans les entreprises : pour cacher une faillite notamment Celui du philosophe Jürgen Habermas, dont les discours sont difficilement compréhensibles

Dans le sport : utilisé par les journalistes sportifs pour garder l’antenne L’auteur lui-même reconnaît avoir été fasciné par les propos verbeux du philosophe Jacques Derrida dans sa jeunesse : il réalise, à présent, que cela n'avait aucun sens

Qui est Rolf Dobelli ?

Rolf Dobelli est écrivain, économiste et entrepreneur. Il est le fondateur de Zurich Minds, une communauté internationale de personnalités du monde des affaires, de la culture et de la science, et a cofondé getAbstract, un important détaillant en ligne de livres abrégés sur les affaires, basé à Lucerne. Il a coécrit avec Nassim Nicholas Taleb le livre The Black Swan (Le cygne noir).

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Mon, 31 Jul 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12489/Lart-de-bien-agir
Système 1 / Système 2 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12480/Systme-1-Systme-2

Résumé de « Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée » de Daniel Kahneman : le livre événement qui a ouvert la voie à de nouveaux développements en psychologie cognitive et en économie comportementale — un ouvrage à ne pas manquer !

Par Daniel Kahneman, 2012 (2016), 706 pages.

Titre original : Thinking, Fast and Slow (2011).

Chronique et résumé de « Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée » de Daniel Kahneman

Première partie. Deux systèmes de pensée

1 — Les personnages de l'histoire

Selon Daniel Kahneman, il est possible de distinguer deux grands modes de raisonnement : le Système 1 et le Système 2.

Le Système 1 a les caractéristiques suivantes :

automatique ;

involontaire ;

intuitif ;

rapide ;

demandant peu d'effort ;

peu coûteux en énergie ;

créatif (en lien avec l'intuition).

Nous nous servons du Système 1 lorsque nous reconnaissons instantanément le sentiment de colère chez quelqu'un, par exemple.

Le système 2 n'est pas assimilable à la "pensée" en général, mais bien à la pensée analytique. Il se distingue par :

Ia concentration et l'attention dont l'individu doit faire preuve ;

la résolution de problèmes complexes ;

sa lenteur ;

sa gourmandise en énergie.

Il intervient en général quand le système 1 bloque sur une donnée inconnue. Lorsque nous remplissons notre déclaration d'impôts, nous sollicitons le Système 2.

Pour l'auteur, cette distinction doit être comprise comme une allégorie qui facilite la transmission de ses recherches. Ce qui importe avant tout à Daniel Kahneman est de présenter au lecteur un certain nombre de biais cognitifs.

Même si cela ne suffit pas complètement à s'en prémunir, en avoir conscience est un premier pas. C'est en discutant avec autrui et en s'exerçant que les individus pourront améliorer leurs capacités de jugement et de prise de décision.

Le Système 1 et le Système 2 en bref :

"Il avait une impression, mais parfois, ses impressions sont des illusions."

"C'est une réaction typique du Système 1. Elle a réagi à la menace avant même de l'avoir identifiée."

"Là, c'est ton Système 1 qui parle. Calme-toi et laisse ton Système 2 prendre les commandes." (Système 1 / Système 2, Chapitre 1)

2 — L'attention et l'effort

Un signe physique, étudié par l'auteur, permet de déceler lorsque l'individu "passe" du Système 1 au Système 2 : la dilatation des pupilles. Lorsque vous devez réaliser une tâche difficile, qui exige de la concentration, vos pupilles se dilateront certainement.

Daniel Kahneman propose un modèle en V inversé : plus le niveau de difficulté est important, c'est-à-dire plus la concentration est grande, et plus les pupilles se dilatent. Le point maximal de dilatation correspond aux limites du Système 2. Au-delà, les pupilles rétrécissent. 

Le chercheur montre ainsi que le Système 2 est relativement peu actif, par exemple lorsque nous bavardons. Il montre aussi que nous sommes tous dotés de capacités différentes et que nous pouvons oblitérer des informations si nous avons atteint un seuil maximal de concentration. 

L'attention et l'effort en bref :

"Je ne vais pas tenter de résoudre ça en conduisant. C'est une tâche à se dilater la pupille. Elle nécessite un effort mental !"

"C'est la loi du moindre effort qui est à l'œuvre ici. Il va penser aussi peu que possible."

"Elle n'a pas oublié la réunion. Elle était complètement concentrée sur autre chose quand l'heure du rendez-vous a été établie et elle ne vous a tout simplement pas entendu."

"Ce qui m'est venu rapidement à l'esprit était une intuition du Système 1. Il va falloir que je recommence et que je cherche activement dans ma mémoire." (Système 1 / Système 2, Chapitre 2)

3 — Le contrôleur paresseux

Comme nous avons chacun des seuils différents de concentration, nous pouvons nous ennuyer ou être plus vite fatigués que d'autres lorsque nous exécutons certaines tâches. À l'inverse, nous pouvons n'atteindrons pas tous des états de « flow » (ou de flux, en français), c'est-à-dire de concentration maximale, aux mêmes occasions.

Parfois, nous pouvons épuiser notre Système 2 à une tâche. C'est ce que l'auteur nomme « épuisement du moi ». Dans ce cas, la volonté s'épuise et nous devenons plus impulsifs. Le glucose nous aide à rester concentré et à reprendre le contrôle. C'est la "nourriture" du cerveau et en particulier du Système 2, qui mobilise notre volonté et nos capacités d'analyse. 

Par économie (pour aller plus vite, pour consommer moins d'énergie), nous nous fions le plus souvent au Système 1. Mais notre capacité à l'action rationnelle dépend du contrôle effectué par le Système 2 sur le Système 1. Certains d'entre nous ont moins l'habitude d'exercer ce contrôle que d'autres.

Le contrôle en bref :

"Elle n'a pas eu de mal à se concentrer pendant des heures sur sa tâche. Elle était dans un état de flux."

"Au bout d'une longue journée de réunions, son ego était épuisé. Il a donc opté pour des procédures standard au lieu de réfléchir au problème."

"Il ne s'est pas donné la peine de vérifier si ce qu'il disait tenait debout. Son Système 2 est-il toujours paresseux ou était-il plus fatigué que d'habitude ?" (Système 1 / Système 2, Chapitre 3)

4 - La machine associative

Le système 1. fonctionne par associations mentales. Nous n'en sommes pas conscients. Pourtant, ces associations influencent nos comportements et nos pensées.

Le phénomène dit d'"amorçage" est lié à cette capacité du Système 1. Par exemple :

Vous pensez à la vieillesse et vous agissez inconsciemment plus lentement ;

À l'inverse, vous agissez lentement et, soudainement, vous vous mettez à penser à des mots relatifs à la vieillesse ;

Vous vous amusez et donc vous souriez ;

Mais le simple fait de sourire pourrait aussi vous procurer un certain amusement !

Ainsi, penser à quelque chose peut nous amener à agir d'une certaine manière. Et inversement. Cela peut avoir de lourdes implications, tant en matière de bien-être individuel, de politique ou d'économie.

Cela montre notamment qu'il peut être assez aisé d'influencer les individus en leur suggérant des actions via des mots bien choisis, par exemple.

L'amorçage en bref :

"La vue de tous ces gens en uniforme n'amorce pas la créativité."

"Le monde n'est pas aussi logique que vous le pensez. Sa cohérence vient essentiellement de la façon qu'a votre esprit de fonctionner."

"Ils étaient amorcés pour trouver des défauts, et c'est exactement ce qu'ils ont trouvé."

"Son Système 1 a construit une histoire, et son Système 2 l'a cru. Ça nous arrive à tous." (Système 1 / Système 2, Chapitre 4)

5 - L'aisance cognitive

L'aisance cognitive intervient dans le passage d'un Système à l'autre. Le concept désigne une impression de facilité, de bien-être, de confiance ou de vérité.

Ses sources sont multiples :

L'exposition répétée ;

La bonne humeur ;

Une présentation claire ;

Un amorçage.

L'aisance cognitive nous maintient dans le Système 1 et peut nous tromper.

Par exemple, vous pouvez penser qu'un discours clair est vrai ou que vous l'avez déjà entendu par le passé.

Autre cas : à l'écrit, une taille et une police de caractères peuvent vous donner plus confiance qu'une autre, plus petite et difficile à lire. Indépendamment du contenu, vous êtes ainsi incité à vous faire une opinion à partir de la seule forme.

Le Système 1 aime l'aisance cognitive : pour lui, sont vrais les contenus faciles à traiter. Le système 2 apparaît lorsque l'aisance cognitive diminue (et avec elle, la sympathie, la bonne humeur, la clarté, etc.).

D'autre part, plus vous avez vu quelque chose par le passé, et plus cette chose vous paraitra inoffensive et donc sympathique. Autrement dit, la répétition peut vous amener à basculer dans un état d'aisance cognitive et donc à croire quelque chose simplement parce qu'elle est répétée.

Enfin, votre humeur peut vous induire en erreur. Si vous êtes content, vous serez moins alerte, vous aurez davantage tendance à prendre pour acquises certaines affirmations. 

L'aisance cognitive en bref :

"Ne rejetons pas leur projet pour la simple raison que la police le rend difficile à lire."

"Nous avons tendance à y croire parce que cela a été dit et redit, mais prenons malgré tout le temps d'y réfléchir."

"Je suis de très bonne humeur aujourd'hui, et mon Système 2 est plus faible que d'habitude. Raison de plus pour redoubler de prudence." (Système 1 / Système 2, Chapitre 5)

6 - Normes, surprises et causes

Le système 1 est intrinsèquement lié au concept de normalité. En d'autres termes, nous sommes habitués à reconnaître des choses comme "normales" grâce au Système 1.

Des normes découlent des attentes. Soit une attente active, lorsque vous espérez volontairement qu'un événement survienne, soit une attente passive quand, sans vous attendre consciemment à quoi que ce soit, vous n'êtes pourtant pas surpris de ce que vous voyez ou entendez.

Par exemple, si vous écoutez un homme dire, dans une conversation banale, « J'ai mes règles », vous serez sans doute surpris. Le Système 1 évalue le caractère "normal" d'une assertion à partir de vos catégories et de vos représentations.

Le Système 1 cherche des causes et des corrélations. Toutefois, ce type de raisonnement n'est pas toujours le plus approprié. Souvent, l'intervention du système 2, qui agit davantage par raisonnement statistique, serait plus appropriée. Mais il nécessite une formation particulière que trop peu de personnes possèdent, selon l'auteur.

Les normes et les causes en bref :

"Quand j'ai vu que le deuxième candidat était lui aussi un vieil ami, je n'ai pas été tout à fait aussi surpris. Une nouvelle expérience n'a pas besoin d'être répétée souvent pour donner une impression de normalité !"

"Quand nous étudierons les réactions à ces produits, veillons bien à ne pas nous concentrer exclusivement sur la moyenne. Nous devrions prendre en considération toute la gamme des réactions normales."

"Elle ne peut pas accepter qu'elle n'ait simplement pas eu de chance ; il lui faut une histoire causale. Elle va finir par penser que quelqu'un a saboté intentionnellement son travail." (Système 1 / Système 2, Chapitre 6)

7 - La machine à tirer des conclusions hâtives

Le Système 1 traite les informations rapidement et tire — souvent trop — rapidement des conclusions. En outre, pour lui, toute nouvelle information est vraie à priori. Cela signifie que si nous laissons s'engourdir notre Système 2 — ou si celui-ci est absorbé par une autre tâche ou est épuisé —, alors nous suivrons la pente (erronée) du Système 1.

Le Système 1 cherche la cohérence et des indices qui confortent ses représentations du monde. Une nouvelle information sera traitée à partir de ce que nous savons déjà et sera ramenée à quelque chose de connu. L'effet de halo consiste à interpréter quelqu'un ou quelque chose de façon sélective en fonction d'une première impression antérieure.

Les conclusions hâtives en bref :

"Elle ne sait rien des compétences de cette personne en matière de gestion. Elle s'appuie seulement sur l'effet de halo d'une bonne présentation."

"Décorrélons les erreurs en obtenant des jugements distincts sur la question avant d'en discuter. Des évaluations indépendantes nous fourniront davantage d'informations."

"Ils ne tenaient pas à avoir d'autres informations susceptibles de gâcher leur histoire." (Système 1 / Système 2, Chapitre 7)

8 - La mécanique des jugements

Cohérence et réduction des informations vont de pair. Le Système 1 tire des conclusions hâtives parce que, pour lui, « seul compte, ce qui est connu » (« WYSIATI - What you see is all there is »). Un Système 2 paresseux (ou épuisé, ou occupé ailleurs) s'empressera de valider ces conclusions.

Voici des biais qui en découlent :

Excès de confiance ;

Biais d'exposition ;

Oubli de la fréquence de base.

L'analogie et la comparaison sont des instruments privilégiés du Système 1. Celui-ci transpose une conclusion tirée dans un domaine vers un autre. Et il le fait très rapidement ! Pourquoi ? Car, pour se défendre, il a besoin de juger rapidement du degré de menace ou des intentions d'autrui.

Nous sommes pris dans cette évolution biologique sans nous en rendre compte. Par exemple, nous sommes plutôt enclins à voter pour les candidats qui suscitent en nous le plus d'émotions positives (lorsque nous les regardons à la télévision, par exemple), indépendamment de leurs compétences.

Notre Système 1 est bon pour faire des moyennes, mais pas très doué pour effectuer des additions. Il peut aussi s'arrêter sur des éléments secondaires des phénomènes, alors que ceux-ci ne devraient pas être pris en compte dans un jugement rationnel (du type analytique / Système 2).

La mécanique des jugements en bref

"Évaluer les gens pour savoir s'ils sont séduisants ou non est une évaluation primaire. Vous le faites automatiquement, que vous le vouliez ou non, et ça vous influence."

"Il y a des circuits dans le cerveau qui évaluent la tendance à dominer à partir de la forme du visage. Il a tout l'air d'être un meneur né."

"Le châtiment ne semblera juste que si son intensité équivaut au délit. Tout comme on peut faire correspondre l'intensité d'un son à l'intensité d'une lumière."

"C'est un cas évident de chevrotine mentale. On lui avait demandé s'il pensait que cette société était solide financièrement, mais il n'a pas su mettre de côté qu'il appréciait beaucoup ses produits." (Système 1 / Système 2, Chapitre 8)

9 - Réponde à une question facile

Sans que nous le sachions, le Système 1 peut remplacer une question difficile par une question facile. Il cherche ainsi à nous simplifier la vie. Si cela peut en effet aider dans certains cas, ce n'est toutefois pas très utile si cela se fait de façon inconsciente, et ça l'est encore moins lorsque le Système 1 se trompe.

En fait, ces réponses sont infondées. Bien sûr, le Système 2 est là pour contrôler les conclusions hâtives du Système 1. Mais parfois il se laisse prendre à son propre jeu et laisse proliférer les erreurs.

Les substitutions et l'heuristique en bref :

"Avons-nous encore en tête la question à laquelle nous essayons de répondre ? Ou lui en avons-nous substitué une autre plus facile ?"

"La question est de savoir si cette candidate peut l'emporter. Or, nous sommes apparemment en train de répondre à la question de savoir si elle se tire bien des interviews. Ne substituons pas."

"Il aime le projet, donc il pense que ses coûts sont faibles et que ses bénéfices sont importants. Un bel exemple d'heuristique de l'affect."

"Nous nous servons des résultats de l'an dernier pour prédire la valeur de la société dans plusieurs années. Cette heuristique est-elle suffisamment valide ? De quelles autres informations avons-nous besoin ?" (Système 1 / Système 2, Chapitre 9)

Deuxième partie. Les grands biais cognitifs

10 - La loi des petits nombres

Dans la vie quotidienne, nous sommes enclins à penser « jamais deux sans trois » : si un événement survient deux années de suite, nous estimons qu'il surviendra l'année suivante également. À l’inverse, si rien ne se passe pendant un ou deux ans, nous pensons qu'il ne se passera rien ensuite.

Erreur ! En raisonnant comme cela, nous utilisons ce que Daniel Kahneman appelle la "loi des petits nombres", qui s'oppose à la "loi des grands nombres" utilisée par les casinos et les organismes d'assurance.

La loi des petits nombres en bref :

"Oui, le studio a produit trois grands succès depuis l'arrivée du nouveau PDG. Mais il est trop tôt pour affirmer qu'il a la main magique."

"Je ne croirai pas au génie du nouveau trader avant d'avoir consulté un statisticien capable d'évaluer si sa série de succès n'est pas due à la chance."

"L'échantillon est trop petit pour se livrer à des déductions. Ne suivons pas la loi des petits nombres."

"Je prévois de garder secrets les résultats de l'expérience jusqu'à ce que nous disposions d'un échantillon suffisamment important. Sinon, nous risquons d'être poussés à en tirer des conclusions prématurées." (Système 1 / Système 2, Chapitre 10)

11 - Les ancres

Lorsque nous voyons un chiffre ou un nombre, puis que nous devons estimer quelque chose, la vue préalable du numéro peut nous induire en erreur.

En fait, ce numéro agit comme une ancre. S'il est en forme, le Système 2 va chercher à contre-balancer cette ancre en en cherchant d'autres et en avançant dans son estimation par tâtonnements successifs. Mais s'il est fatigué, il abandonne et se réfère à ce qu'il a vu en premier lieu.

Daniel Kahneman montre que :

Le Système 1 intervient d'abord dans l'évaluation ;

N'importe quel nombre, même sans relation directe avec le nombre final à estimer, peut servir d'ancre.

Et — comme le montrent les exemples ci-dessous — même les experts se font avoir et doivent donc être prudents !

Les ancres en bref :

"La société que nous souhaitons acquérir nous a envoyé son business plan, avec les revenus que nous espérions. Mettez ce nombre de côté, il ne faut pas qu'il influence notre réflexion."

"Les plans sont des scénarios optimistes. Évitons de nous ancrer sur des plans quand nous prévoyons les résultats réels. Un des moyens d'y parvenir est d'envisager comment le plan pourrait échouer."

"Notre objectif, dans la négociation, est de les ancrer sur ce nombre."

"Faisons-leur clairement comprendre que si c'est cela leur proposition, les négociations sont terminées. Ce n'est pas comme cela que nous voulons commencer."

"Les avocats de la défense ont fait une référence absurde à un dédommagement ridiculement faible, et ils ont réussi à ancrer le juge sur ce montant !" (Système 1 / Système 2, Chapitre 11)

12 - La science de la disponibilité

L'heuristique de disponibilité est l'"outil" mental utilisé pour estimer la fréquence d'un événement ou "la proportion d'une catégorie relative à d'autres catégories" (gagner à tel ou tel jeu, par exemple).

Pour nous décider, nous essayons naturellement de trouver des exemples. Or, notre Système 1 considère d'abord le nombre d'exemples qu'il a sous la main (qui sont disponibles). Puis il juge — la fréquence d'un événement ou la taille de la catégorie — en fonction de la facilité qu'il a eu à en trouver.

Le système 2 peut intervenir dans le processus afin de relativiser ce premier jugement. Si l'évaluation nous touche particulièrement (si nous devons calculer la probabilité d'avoir un infarctus, par exemple), alors nous nous concentrerons davantage sur le nombre d'exemples trouvés et moins sur la facilité ou la difficulté que nous avons eu à nous les remettre en mémoire.

Des erreurs peuvent découler de cette tendance du Système 1. Par exemple, s'il nous est demandé de trouver un grand nombre d'exemples, nous allons nous fatiguer rapidement et nous allons donc sous-estimer la chose à évaluer.

Ce biais sera renforcé par les "inhibiteurs" du Système 2 que nous avons aperçus plus haut :

Bonne humeur ;

Forte confiance en ses intuitions ;

Épuisement ou surmenage du système 2 ;

Sentiment de pouvoir;

Manque de connaissances dans le domaine.

La disponibilité en bref

"À cause de la coïncidence de deux accidents d'avion le mois dernier, maintenant, elle préfère prendre le train. C'est idiot. Le risque n'a pas vraiment changé : c'est un biais de la disponibilité."

"Il sous-estime les risques de la pollution en milieu fermé parce que les médias en parlent peu. C'est un effet de disponibilité. Il devrait s'intéresser aux statistiques."

"Ces derniers temps, elle a regardé trop de films d'espionnage, donc elle voit des complots partout."

"La PDG a remporté plusieurs succès d'affiliée, par conséquent l'échec ne lui vient pas facilement à l'esprit. Le biais de la disponibilité fait qu'elle a une trop grande confiance en elle." (Système 1 / Système 2, Chapitre 12)

13 - Disponibilité, émotion et risque

Souvent, nous estimons mal les risques. Pourquoi ? En raison des biais de l'heuristique de disponibilité. Nous donnons un poids plus grand aux événements les plus marquants car ce sont ceux qui nous viennent le plus aisément à l'esprit. En fait, ce sont ceux qui nous ont le plus touchés émotionnellement.

En d'autres termes, l'émotion peut détourner notre attention de problématiques importantes au détriment d'enjeux mineurs.

Daniel Kahneman rappelle deux grandes théories du risque.

La première met en doute le calcul expert basé sur le calcul numérique (calcul en nombre de vies humaines ou en année de vie). Elle met plutôt en évidence la pertinence de l'analyse qualitative des risques réalisée par les "profanes" (qui distinguent, par exemple, entre de "bons" accidents, dus au hasard, et les "mauvais" qui sont dus à la négligence).

La seconde va dans le sens opposé. Elle considère que les "profanes" surestiment certains risques en raison de leur caractère émotionnel, qui renforce l'heuristique de la disponibilité. Cela conduit à un mauvais usage des ressources publiques (qui devraient être allouées en fonction d'un calcul d'expert).

Les cascades de disponibilité en bref :

"Elle est emballée par une innovation qui a de gros avantages et aucun inconvénient. Je soupçonne l'heuristique de l'affect."

"C'est une cascade de disponibilité : un non-événement est grossi par les médias et le public jusqu'à ce qu'il remplisse nos écrans de télé et soit sur toutes les lèvres." (Système 1 / Système 2, Chapitre 13)

14 - La spécialité de Tom W

Gare à l'erreur de conjonction ! Celle-ci nous prend lorsque nous nous basons sur des stéréotypes, au détriment des données statistiques. Daniel Kahneman affirme qu'il est difficile de se prémunir contre ce biais. Il suggère au lecteur d'être vigilant aux deux points suivants :

Les taux de base (aussi appelée fréquence de base) ;

La validité des informations fournies.

Pour découvrir toute l'histoire de Tom W (un test réalisé par l'auteur mettant en scène un étudiant au profil "typique" d'informaticien, rendez-vous au chapitre 14 ;)).

La représentativité en bref :

"La pelouse est bien tondue, le réceptionniste a l'air compétent, et le mobilier est séduisant, mais cela ne veut pas dire que cette entreprise est bien gérée. J'espère que la direction ne se focalise pas sur la représentativité."

"Cette start-up donne l'impression qu'elle ne va pas plonger, mais le taux de base de réussite dans le secteur est extrêmement faible. Comment savoir que cette société est différente ?" (Système 1 / Système 2, Chapitre 14)

15 - Linda : moins, c'est plus

Autre erreur de conjonction : violer les règles de la logique en jugeant "une conjonction entre deux événements (ici, employée de banque et féministe) est plus probable qu'un seul événement (employée de banque) dans une comparaison directe".

Voici le résumé du célèbre exemple (fictif) : Kahneman fait lire un texte qui dit que Linda est une jeune femme engagée. Puis il pose une question : est-il plus probable qu'elle travaille dans une banque et qu'elle s'engage pour le féminisme ou qu'elle soit une simple employée de banque ?

La plupart des gens répondent qu'il est plus probable qu'elle soit et l'un et l'autre, alors que les probabilités sont équivalentes. Lisez le chapitre pour en savoir plus !

« Moins, c'est plus  » en bref :

"Ils ont bâti un scénario très compliqué et soutiennent qu'il est tout à fait probable. Il ne l'est pas — ce n'est qu'une histoire plausible."

"Ils ont ajouté un cadeau bon marché à leur produit hors de prix, et leur offre a du coup perdu de son attrait. Dans ce cas, moins, c'est plus."

"Dans la plupart des situations, une comparaison directe oblige les gens à faire preuve de davantage de prudence et de logique. Mais pas toujours. Parfois, l'intuition bat la logique même quand on a la bonne réponse sous le nez." (Système 1 / Système 2, Chapitre 15)

16 - Quand les causes écrasent les statistiques

Dans certains cas, les stéréotypes permettent de mieux penser. Pas toujours, évidemment ! Pour l'auteur, la société a raison de combattre les préjugés et les stéréotypes, mais elle devrait aussi prendre en compte le fait que certains d'entre eux sont utiles.

Nous avons plus de facilité à induire (passer du particulier au général) qu'à déduire (passer du général au particulier). Cela est lié au fait que nous avons besoin de vivre les choses pour les comprendre. L'enseignement de la psychologie doit prendre ce fait en compte pour aider les gens à mieux penser.

Les causes et les statistiques en bref :

"Nous ne pouvons pas partir du principe qu'ils vont vraiment apprendre quelque chose de simples statistiques. Montrons-leur un ou deux cas individuels représentatifs pour influencer leur Système 1."

"Pas la peine de se demander si cette information statistique va être ignorée. Au contraire, elle va immédiatement servir à alimenter un stéréotype." (Système 1 / Système 2, Chapitre 16)

17 - Régression vers la moyenne

Il s'agit d'un phénomène commun. Pourtant, c'est une erreur dont nous ne sommes pas souvent conscients.

De quoi s'agit-il ? Pour résumer, il s'agit du biais qui consiste à ramener une rupture dans une suite d'événements à une cause erronée. En fait, l'explication devrait être statistique et non causale.

Soit l'exemple suivant : un officier de l'armée de l'air qui sermonnait ses soldats parce qu'ils avaient de mauvaises performances et qui considérait que ses critiques les aidaient à s'améliorer.

À y regarder de près, pourtant, il est manifeste que la détérioration des performances des soldats était simplement due à la malchance au cours d'une session d'entraînement. Il est, en fait, fort probable que celle-ci les quitte et qu'ils retrouvent tous leurs moyens à la session suivante.

La régression vers la moyenne en bref :

"La critique est plus efficace que les félicitations, a-t-elle appris de l'expérience. Mais ce qu'elle ne comprend pas, c'est que tout est dû à la régression vers la moyenne."

"Peut-être son deuxième entretien a-t-il été moins impressionnant que le premier parce qu'il avait peur de nous décevoir, mais il est plus probable que son premier entretien était inhabituellement bon."

"Notre procédure de sélection est bonne, mais elle n'est pas parfaite, donc, nous devrions anticiper la régression. Nous ne devrions pas être surpris que les meilleurs candidats ne répondent souvent pas à nos attentes." (Système 1 / Système 2, Chapitre 17)

18 - Apprivoiser les prédictions intuitives

En général, nous ne sommes pas très doués pour les prédictions. Pourquoi ? Car nous avons tendance à donner trop de poids aux intuitions du Système 1, qui nous emmènent souvent vers les cas extrêmes.

Pour éviter ce biais, Daniel Kahneman nous invite à agir de la façon suivante :

Considérer les informations de base et faire la moyenne (à condition qu'aucune information subsidiaire ne soit disponible).

Évaluer l'influence maximale des informations à disposition et évacuer les informations au poids trop faible.

Effectuer des corrections en fonction de la perfection de la corrélation et de la fiabilité des informations.

Cette régression vers la moyenne est très utile. Toutefois, elle ne vous aidera pas à prédire les événements particulièrement rares.

Les prédictions intuitives en bref :

"Cette start-up a remarquablement imposé son concept, mais nous devrions nous attendre à ce qu'elle ne fasse pas aussi bien à l'avenir. Elle est très loin d'avoir conquis le marché et il y a encore beaucoup de place pour une régression."

"Notre prédiction intuitive est très favorable, mais elle est probablement trop élevée. Tenons compte de la robustesse de nos preuves et faisons régresser la prédiction vers la moyenne."

"Cet investissement est peut-être une bonne idée, même si, selon nos meilleures estimations, il va échouer. N'allons pas prétendre que nous savons vraiment qui est le prochain Google." (Système 1 / Système 2, Chapitre 18)

Troisième partie. L'excès de confiance en soi

19 - L'illusion de compréhension

Nous avons tendance à penser que quelque chose est évident dès lors que nous l'avons sous les yeux. C'est une illusion de compréhension. En fait, nous nous forgeons une histoire cohérente à postériori, mais nous oublions la foule d'éléments — et la part de hasard — qui interviennent dans la création d'une chose ou la survenue d'un événement.

Cette façon de penser peut engendrer des risques et avoir des effets pervers qui sont bien indiqués dans le livre.

Pour l'auteur, nous ne pouvons négliger le rôle du hasard. C'est pourquoi, par exemple, nous devons nous méfier des "livres de recettes du succès". Ils nous donnent l'impression de comprendre, mais ne font que nous donner une histoire claire et plausible, rien de plus.

Le biais rétrospectif en bref :

"Cette erreur a l'air évidente, mais ce n'est qu'un biais rétrospectif. Vous ne pouviez pas le savoir à l'avance."

"Il se réfère trop à cette histoire de réussite, trop parfaite. Il est sous le coup d'une erreur de narration."

"Rien ne lui permet de dire que la société est mal gérée. Tout ce qu'elle sait, c'est que son action a plongé. C'est un biais de résultat, en partie un effet de biais rétrospectif, en partie un effet de halo."

"Ne cédons pas au biais du résultat. C'était une décision stupide, même si elle a bien marché." (Système 1 / Système 2, Chapitre 19)

20 - L'illusion de validité

Nous devons avoir une attitude modeste face à l'incertitude. Cela implique de ne pas surestimer nos capacités prédictives. Pourtant, nous avons beaucoup de difficultés à agir de la sorte et à nous confronter à cette réalité.

Même les experts se font avoir ! Si vous demandez à un expert de prévoir la direction que prendra son champ de recherche, il a autant, voire plus de chances de se tromper que si nous laissons la réponse émerger du hasard.

Le talent illusoire en bref :

"Elle a une bonne histoire cohérente qui explique tout ce qu'elle sait, et grâce à cette cohérence, elle se sent bien."

"Qu'est-ce qui lui permet de croire qu'il est plus malin que le marché ? Serait-ce une illusion de talent ?"

"Elle, c'est un hérisson. Elle a une théorie qui explique tout, et cela lui donne l'illusion qu'elle comprend le monde."

"La question n'est pas de savoir si ces experts sont bien formés. Elle est plutôt de savoir si le monde est prévisible." (Système 1 / Système 2, Chapitre 20)

21 - Les intuitions contre les formules

Kahneman continue en affirmant (après le psychologue Paul Meehl) que les experts prédisent moins bien qu'un algorithme ou qu'une simple formule tirée des enseignements statistiques.

Cela dit, nous ne sommes pas prêts à renoncer à nos intuitions et à nos prédictions si facilement. Mais il n'est pas dit que cela en vienne à évoluer dans un monde de plus en plus gouverné par l'intelligence artificielle.

Bien sûr, l'intuition ne doit pas pour autant être complètement évacuée. Daniel Kahneman donne notamment des conseils en matière de recrutement afin d'allier outil statistique (formules) et prédictions (intuitions).

Les jugements et les formules en bref :

"Chaque fois qu'il est possible de remplacer le jugement humain par une formule, nous devrions au moins l'envisager."

"Il pense que ses jugements sont complexes et subtils, mais une simple combinaison de notes fonctionnerait sans doute mieux."

"Décidons par avant quel poids accorder aux données dont nous disposons sur les performances passées des candidats. Sinon, nous donnerons trop d'importance à l'impression que nous laisseront les entretiens." (Système 1 / Système 2, Chapitre 21)

22 - L'intuition des experts : quand lui faire confiance ?

Cela ne signifie pas que les experts ont toujours tort ! Loin de là. Au cours de son parcours, l'auteur a été amené à relativiser sa position (au départ assez critique) vis-à-vis de l'expertise.

Finalement, il considère que le jugement de l'expert est justifié lorsque le contexte est stable et lorsqu'il est possible de recevoir un feedback immédiat et clair (lorsque vous jouez une partie d'échecs, par exemple).

En revanche, le jugement humain (de l'expert comme du profane) n'est pas fiable lorsque les situations sont trop complexes. Même si nous lui faisons confiance, cela ne change rien.

L'intuition des experts en bref :

"Quel est son degré d'expertise pour cette tâche particulière ? A-t-elle beaucoup de pratique ?"

"Croit-il vraiment que l'environnement des start-up est assez régulier pour justifier une intuition qui va à l'encontre des taux de base ?"

"Elle est très confiante dans sa décision, mais la confiance subjective est un piètre indicateur de l'exactitude d'un jugement." "A-t-il vraiment eu la possibilité d'apprendre ? À quel point le retour dont il a bénéficié sur ses jugements a-t-il été rapide et clair ?" (Système 1 / Système 2, Chapitre 22)

23 - La vision externe

Lorsque nous avons un projet et voulons le mener à bien, nous développons un plan et nous estimons les coûts et les délais. Cependant, nous ne basons bien souvent que sur de maigres informations. Et nous oublions régulièrement de prendre appui sur d'autres expériences similaires.

En fait, nous sommes trop optimistes ! Nous ne nous arrêtons pas suffisamment sur les difficultés prévisibles et sur les « inconnues inconnues » (les difficultés complètement imprévisibles).

Pour avoir une meilleure appréhension du projet, nous devrions :

Étudier les projets similaires existants ;

Tenter d'estimer les aléas et leurs coûts ;

Corriger notre estimation du projet en prenant en considération ses caractéristiques singulières.

La vision externe en bref :

"Il adopte une vision externe. Il devrait oublier son propre cas et s'intéresser à ce qui s'est passé dans d'autres cas."

"Elle est victime d'une erreur de prévision. Elle se fonde sur un scénario ultra-optimiste, mais le plan pourrait échouer de bien des façons, et elle ne peut pas toutes les prévoir."

"Nous procédons à une rallonge budgétaire parce que nous ne voulons pas reconnaître notre échec. C'est un cas de sophisme des coûts irrécupérables." (Système 1 / Système 2, Chapitre 23)

24 - Le moteur du capitalisme

Ce sont souvent les optimistes qui prennent les rênes du changement et font avancer l'économie capitaliste, basée sur l'initiative des entrepreneurs. Mais l'optimisme est-il toujours un bon guide ? Pas si sûr, d'après ce que nous venons de lire.

En fait, les entrepreneurs optimistes se concentrent surtout sur les facteurs de succès et négligent les facteurs d'échec. En outre, ils préfèrent arborer une fière confiance en eux-mêmes, plutôt que de reconnaître l'incertitude. Enfin, ils surévaluent souvent leurs propres capacités, dès lors qu'ils les trouvent suffisamment bonnes.

Daniel Kahneman ne dit pas que c'est une mauvaise chose. Il croit que cela bénéficie à la société, mais il insiste pour que nous n'oubliions pas tous ceux qui vont échouer par excès d'optimisme.

Pour minimiser les risques, l'auteur propose de suivre la méthode de Gary Klein, dite « méthode pre-mortem ». Pour la mettre en place :

Réunissez un petit groupe de personnes très convaincues (par un projet ou une décision) ;

Demandez-leur d'imaginer que la décision ou le projet, une fois concrétisé, s'est transformé en échec total ;

invitez-les à créer un récit rendant compte de cet échec.

L'optimisme en bref :

"Ils ont une illusion de contrôle. Ils sous-estiment gravement les obstacles."

"C'est un cas d'excès de confiance. Ils semblent croire qu'ils en savent plus qu'en réalité."

"Ils souffrent apparemment d'un cas aigu de négligence de la concurrence."

"Nous devrions procéder à une séance de pre-mortem. Quelqu'un pourrait identifier un danger que nous avons négligé." (Système 1 / Système 2, Chapitre 24)

Quatrième partie. Faire le bon choix

25 - Les erreurs de Bernouilli

En situation d'incertitude, les personnes réelles ne prennent pas toujours leurs décisions de la manière la plus rationnelle qui soit. C'est pourtant ce que la majorité des théories économiques dominantes affirment.

En fait, nous prenons des risques — ou les rejetons — en fonction de critères multiples, et pas seulement selon la simple balance coût/bénéfice. Par exemple :

Nous sommes averses au risque même lorsqu'un gain est assuré ;

Nous prenons des risques alors que nous sommes déjà en situation de perte.

Pour découvrir plus en détail la théorie dite "de l'utilité espérée" de Daniel Bernoulli, grand mathématicien du XVIIIe siècle, rendez-vous au chapitre 25.

Les erreurs de Bernouilli en bref :

"Il a été très heureux de toucher une prime de 20 000 euros il y a trois ans, mais son salaire a augmenté de 20 % depuis, donc il lui faudra désormais une prime plus importante pour obtenir la même utilité."

"Les deux candidats sont prêts à accepter le salaire que nous leur proposons, mais ils ne seront pas satisfaits de la même façon parce que leurs points de référence sont différents. Actuellement, elle touche un salaire beaucoup plus élevé."

"Elle l'attaque en justice pour la pension alimentaire. En fait, elle serait disposée à un arrangement, mais lui préfère aller devant les tribunaux. Ce n'est pas étonnant — elle ne peut que gagner, donc elle fait preuve d'aversion au risque. Alors que lui est confronté à des choix qui sont tous mauvais, donc, il préfère prendre le risque." (Système 1 / Système 2, Chapitre 25)

26 - La théorie des perspectives

Cette théorie a été mise au point par l'auteur et son collègue de toujours, Amos Tversky. Elle complète la théorie traditionnelle de la décision en lui adjoignant 3 grands principes liés au Système 1.

Nous nous appuyons sur un niveau de référence pour nos décisions, qui correspond, le plus souvent, à une situation similaire et récente que nous avons vécue. C'est à partir d'elle que nous calculerons les pertes et les gains.

L'avantage ou le désavantage à perdre/gagner décroît de façon marginale. Par exemple : la différence entre perdre/gagner 10 ou 20 euros nous paraît plus importante que celle entre 110 et 120 euros.

Psychologiquement, nous considérons que les pertes sont plus importantes que les gains.

L'auteur reconnaît qu'il y a des manques à cette théorie, et notamment :

L'incapacité à expliquer le phénomène de déception en cas de perte ;

Même si elle est valide, l'utilité pratique de cette théorie est moindre, dans beaucoup de cas, à celle de la théorie traditionnelle, qui est plus simple.

La théorie des perspectives en bref :

"Il souffre d'une aversion extrême à la perte, qui le pousse à refuser des occasions très favorables.

"Compte tenu de son immense richesse, sa réaction émotionnelle à des gains et pertes mineurs n'a aucun sens."

"Il accorde deux fois plus de poids aux pertes qu'aux gains, ce qui est normal." (Système 1 / Système 2, Chapitre 26)

27 - L'effet de dotation

En suivant la théorie des perspectives, nous pouvons considérer que nous n'aimons pas être dépossédés d'un bien, quand bien même le gain postérieur serait équivalent à la perte.

Si nous consentons à perdre quelque chose (un bien, un avantage, etc.), nous voulons en récupérer "plus", car nous considérons que les pertes valent davantage que les gains (règle 3 mentionnée ci-dessus).

Toutefois, ce n'est pas valable à chaque fois : notre impression et nos exigences vont dépendre du bien échangé. Échanger un billet de 5 euros pour un autre ne nous fera ni chaud ni froid. Par contre, si nous avons besoin de ce bien (une maison par exemple), alors il devient important et l'échange ne nous est plus du tout indifférent.

Autre nuance : nous ne sommes pas tous pareils. Par exemple, si vous avez l'habitude des transactions, vous serez normalement plus indifférent qu'une autre personne.

Selon Daniel Kahneman, d'autres facteurs peuvent encore jouer et la théorie mérite donc d'être affinée.

L'effet de dotation en bref :

"Peu lui important quel serait son bureau, mais le lendemain de l'attribution, elle n'a plus voulu échanger. Effet de dotation !"

"Ces négociations ne mènent nulle part parce que les deux parties ont du mal à faire des concessions, même si elles peuvent obtenir quelque chose en retour. Les pertes pèsent plus que les gains."

"Quand ils ont augmenté leurs prix, la demande s'est tarie."

"Il est avare : pour lui, le moindre sou dépensé est une perte." (Système 1 / Système 2, Chapitre 27)

28 - Événements négatifs

Parce qu'ils sont utiles à notre survie, l'évolution nous a amenés à être particulièrement attentifs aux signaux et expériences négatifs. C'est pourquoi ceux-ci ont plus de poids dans nos jugements.

C'est notamment pour cela que :

Les golfeurs mettent plus ou moins de concentration dans certains coups (le bogey et le birdie) ;

Les négociateurs ne prennent pas les concessions à leur juste valeur ;

La difficulté à mettre en place des réformes.

Si nous avons le sentiment de subir une perte, nous ne jugerons pas une situation comme juste. Sera jugée équitable la décision qui ne nous occasionnera pas de pertes, à moins que cette décision nous permette de nous préserver d'autres pertes.

L'aversion à la perte en bref :

"Cette réforme ne passera pas. Ceux qui risquent d'y perdre se battront avec plus d'acharnement que ceux qui pourraient en tirer parti."

"Chacun d'entre eux pense que les concessions de l'autre sont bien moins douloureuses. Ils ont tort tous les deux, bien sûr. C'est juste l'asymétrie des pertes."

"Ils auraient moins de mal à renégocier l'accord s'ils comprenaient que le gâteau à partager est en réalité en expansion. Il ne s'agit pas de répartir les pertes, mais les gains." (Système 1 / Système, Chapitre 28)

29 - Le schéma quadrangulaire

Daniel Kahneman développe d'autres conséquences de ses observations et de ses théories.

Pour résumer, le schéma quadrangulaire propose quatre situations.

1 — Si la probabilité d'un événement est grande :

Si nous y gagnons, nous préférons un gain certain mais plus petit à un gain possible plus élevé ;

Par contre, si nous perdons, nous préférons courir le risque de tout perdre.

2 — Quand la probabilité d'un événement est faible :

En cas de gain, nous préférons tenter notre chance de gagner, même si celle-ci est faible ;

Si nous risquons de perdre, nous préférons diminuer le plus possible cette probabilité, même si elle est faible.

Le schéma quadrangulaire en bref :

"Il est tenté d'accepter un arrangement pour mettre un terme à cette poursuite fantaisiste et éviter une perte catastrophique bien qu'improbable. C'est ce qu'on appelle surestimer une faible probabilité. Sachant qu'il a de fortes chances d'être confronté à ce problème de manière récurrente, il ferait mieux de ne pas céder."

"Pour nos vacances, nous ne comptons jamais sur une offre de dernière minute. Nous sommes prêts à payer cher la certitude."

"Ils n'accepteront pas de reconnaître leurs pertes tant qu'ils auront une chance de se refaire. C'est la prise de risque en situation de perte."

"Ils savent que les risques d'explosion au gaz sont minimes mais ils veulent les éliminer. C'est l'effet de possibilité, ils veulent pouvoir être tranquilles." (Système 1 / Système 2, Chapitre 29)

30 - Les événements rares

Nous évaluons mal la probabilité des événements rares. Soit nous les surestimons, soit nous les sous-estimons.

Pourquoi les surestimons-nous ? Parce que notre imagination nous joue des tours ! En outre, l'expression de la probabilité à partir des cas possibles (1 sur 1 000, par exemple, plutôt que 0,001) nous rend plus sensibles au fait que c'est… possible (alors que la probabilité est très faible).

Et les sous-estimations, alors ? Ici, c'est notre expérience qui prend le dessus. Nous nous formons une image générale des événements que nous connaissons et nous sommes moins enclins à percevoir la possibilité d'un changement brusque.

Les événements rares en bref :

"Les tsunamis sont très rares au Japon, mais sils suscitent des images tellement frappantes que les touristes sont obligés de surestimer leur probabilité."

"C'est un cercle vicieux bien connu. Il commence par l'exagération puis la surévaluation avant de céder la place à la négligence."

"Nous ne devrions pas nous focaliser sur un seul scénario car nous risquons d'en surestimer la probabilité. Imaginons les autres solutions possibles de manière à parvenir à un total de probabilités de 100 %."

"Ils veulent que les gens aient peur du risque. C'est pour ça qu'ils parlent d'un mort pour 1 000. Ils jouent sur la négligence du dénominateur." (Système 1 / Système 2, Chapitre 30)

31 - Quelle politique en matière de risque ?

Dans ce chapitre, Daniel Kahneman montre que nous nous trompons souvent en matière de décisions en situation de risque. En fait, nous le verrions si nous mettions bout à bout toutes les décisions que nous avons prises. Mais comme nous agissons une décision à la fois, nous répétons nos erreurs.

L'auteur se fait pédagogue et même éducateur : il veut que ses lecteurs prennent leurs décisions en étant initiés au savoir statistique. Sans cela, pense-t-il, nous retomberons constamment dans nos travers.

Nous pouvons apprendre à naviguer entre la prise inconsidérée de risques et l'aversion complète à la perte en :

Utilisant des analyses des probabilités ;

En les mettant en lien avec des situations similaires ;

Et en suivant une stratégie de prise de risques globale.

Les politiques en matière de risque, en bref :

"Dites-lui de penser en trader ! Vous gagnez peu, vous perdez peu."

"J'ai décidé de n'évaluer mon portefeuille qu'une fois par trimestre. Je répugne trop aux pertes pour prendre des décisions sensées face aux fluctuations quotidiennes des prix."

"Ils ne prennent jamais les garanties supplémentaires. C'est leur politique en matière de risque."

"Chacun de nos cadres fuit les pertes dans son domaine. C'est parfaitement naturel, mais le résultat, c'est que l'entreprise ne prend pas assez de risques." (Système 1 / Système 2, Chapitre 31)

32 - À l'heure des comptes

L'auteur utilise un concept de Richard Thaler : l'idée de "comptes mentaux hermétiques", c'est-à-dire de façons de calculer différentes selon les situations.

Si vous êtes fan de sport et que vous voulez aller voir un match de votre équipe préférée, vous serez davantage motivé pour y aller, même en pleine tornade, si vous avez payé le billet que si vous l'avez reçu gratuitement. Si vous n'avez rien payé, vous ne serez peut-être pas prêt à affronter le risque de la tempête.

Parfois, aussi, nous prenons des décisions conventionnelles que nous regrettons ensuite. Ici, le risque aurait été bon à prendre et nous aurait amené plus loin.

Mais dans tous les cas, mieux vaut — nous dit l'auteur — ne pas trop s'appesantir sur le passé lorsque nous avons pris une mauvaise décision. Et il vaut également mieux ne pas trop surévaluer nos regrets à venir, car leur appréhension est souvent d'une intensité plus forte que ce qu'il serait réellement.

La tenue des comptes en bref :

"Il tient des comptes mentaux séparés pour les achats liquides et par carte de crédit. Je lui rappelle constamment que l'argent, c'est de l'argent."

"Nous nous accrochons à ce titre simplement pour éviter de clôturer notre compte mental sur une perte. C'est l'effet de disposition."

"Nous avons découvert un excellent plat dans ce restaurant et nous n'essayons jamais rien d'autre, pour éviter de regretter."

"Le vendeur m'a présenté le siège auto le plus cher en me disant que c'était le plus sûr et je n'ai pu me résoudre à acheter le modèle le moins cher. Cela ressemblait à un compromis tabou." (Système 1 / Système 2, Chapitre 32)

33 - Les renversements de préférence

Nous avons aussi plus de chances de commettre un impair lorsque nous nous focalisons sur le seul cas présent. En d'autres termes, oublier de comparer avec des cas antérieurs laisse plus de champ libre au Système 1 et à ses conclusions hâtives.

Le renversement de préférence en bref :

"Les BTU (British Thermal Unit) ne m'évoquaient rien jusqu'à ce que je me rende compte à quel point les caractéristiques d'un climatiseur peuvent varier d'un modèle à l'autre. L'évaluation conjointe est essentielle."

"Vous dites que c'était un discours exceptionnel parce que vous le comparez à ses autres discours. Mais comparée aux autres intervenants, elle restait à un niveau inférieur."

"Souvent, lorsque l'on élargit le cadre, on prend des décisions plus raisonnables."

"Lorsque vous considérez des cas isolés, il y a des chances que vous soyez guidés par une réaction émotionnelle du Système 1." (Système 1 / Système 2, Chapitre 33)

34 - Les cadres et la réalité

Pour résumer, le cadrage, c'est la façon dont quelqu'un (ou vous-même) vous présente une situation, l'"encadre" (en vous proposant, par exemple, une alternative). L'effet de cadrage a lieu lorsque cette présentation suffit à vous faire agir d'une certaine manière.

Certains énoncés ont force de cadrage ; d'autres non. Par ailleurs, les personnes plus émotives seraient plus sujettes aux effets de cadrage. Mais nous sommes tous touchés, d'une façon ou d'une autre.

Bien sûr, tous les cadrages ne se valent pas. Certains énoncés nous aideront à prendre de bonnes décisions, tandis que d'autres nous conduiront sur la mauvaise voie.

Les cadres et la réalité en bref :

"Ils accepteront mieux ce qui s'est passé s'ils parviennent à envisager le résultat sous un angle différent : ce qu'il leur reste plutôt que ce qu'ils ont perdu."

"Maintenant reformulons le problème en modifiant le point de référence. Imaginez que cela ne nous appartenait pas ; à combien l'estimerions-nous désormais ?"

"Assignez cette perte à votre compte mental des "recettes générales" — vous vous sentirez mieux !"

"Ils vous demandent de cocher une case pour vous désabonner de leur liste de diffusion. Cette liste serait bien plus courte s'ils vous demandaient de cocher une case pour s'abonner !" (Système 1 / Système 2, Chapitre 34)

Cinquième partie. Les deux facettes du moi

35 - Les deux facettes du moi

Daniel Kahneman montre tout au long de cet ouvrage que nous ne nous décidons pas seulement en fonction de notre expérience du moment, en pesant le pour et le contre, mais que nous utilisons nos souvenirs, nos expériences passées pour nous orienter dans la pensée.

En d'autres termes, l'auteur interroge les fondements de la théorie utilitariste (vous en découvrirez plus à ce sujet dans l'ouvrage).

Selon lui, il existe un conflit entre ce qui est ressenti réellement sur le moment (douleur/plaisir) et le souvenir que nous en gardons. Bien souvent, nous prenons l'un pour l'autre (le souvenir pour la réalité).

Les deux facettes du moi en bref :

"Vous pensez à l'échec de votre mariage uniquement du point de vue du moi mémoriel. Un divorce est comme une symphonie se terminant par un son discordant — le fait qu'il est mal terminé ne signifie pas qu'il a été entièrement négatif."

"C'est un cas grave de négligence de la durée. Vous accordez un poids égal à la bonne et à la mauvaise partie de votre expérience, alors que la bonne partie a duré dix fois plus que l'autre." (Système 1 / Système 2, Chapitre 35)

36 - La vie est une histoire

Lorsque nous voulons faire le point sur notre vie et sa "réussite", nous nous concentrons souvent plutôt sur l'évolution globale et sur les derniers instants.

Or, il en va de même quand nous partons en vacances ! Nous partons davantage en vacances pour acquérir un souvenir et en retenir une expérience que pour vivre l'expérience telle qu'elle se donne.

En fait, de ce point de vue, nous sommes comme des étrangers à nous-mêmes. Nous avons beaucoup de difficultés à vivre le moment présent sans le référer à un souvenir (passé ou en construction).

La vie est une histoire en bref :

"Il tente désespérément de protéger le récit d'une vie d'intégrité, menacée par le dernier épisode en date."

"Ce qu'il était prêt à faire pour une rencontre d'un soir est un signe de négligence totale de la durée."

"Vous avez l'air de consacrer toutes vos vacances à la fabrication de souvenirs. Peut-être devriez-vous poser votre appareil photo et profiter de l'instant, même s'il n'a rien de très mémorable ?"

"Elle est atteinte d'Alzheimer. Elle ne parvient plus à faire le récit de sa vie, mais son moi expérimentant est toujours sensible à la beauté et à la douceur." (Système 1 / Système 2, Chapitre 36)

37 - Le bien-être expérimenté

Dans ce cas, comment évaluer le bonheur vécu ?

Daniel Kahneman et ses collègues proposent le test ou le protocole suivant : recomposer (à l'écrit) le déroulement d'une journée (ou de plusieurs) et noter votre humeur lors de la réalisation des activités.

Ce que nous ressentons sur le moment et ce que nous évaluons être une "bonne vie", bien vécue, sont de très différentes choses. Ainsi, par exemple, les personnes éduquées peuvent ressentir un niveau de satisfaction globale plus grand, mais ont plus de difficultés à apprécier l'instant présent.

Par ailleurs, l'auteur montre que la richesse — au-delà, selon lui, de 75 000 dollars par an — n'augmente plus le bien-être global des individus, mais seulement la satisfaction éphémère. Et encore, vous risqueriez de ne plus profiter des bonheurs les plus simples.

Le bien-être expérimenté en bref :

"Cette politique devrait avoir pour objectif de limiter les souffrances humaines. Nous tendons vers un indice U plus faible dans la société. Nous devrions avoir pour priorité de lutter contre la dépression et la grande pauvreté."

"La façon la plus facile d'accroître votre bonheur est de contrôler l'utilisation que vous faites de votre temps. Pouvez-vous consacrer plus de temps aux choses que vous aimez faire ?"

"Au-delà d'un certain niveau de revenus, vous pouvez vous payer davantage d'expériences agréables, mais vous perdrez une partie de votre capacité à jouir des moins chères." (Système 1 / Système 2, Chapitre 37)

38 - Penser à la vie

Mais au final, selon l'auteur, le bonheur dépend en grande partie de prédispositions génétiques. Certains d'entre nous sont plus susceptibles de trouver leur vie satisfaisante que d'autres.

Pour la satisfaction plus immédiate, cela peut dépendre des objectifs que nous nous sommes fixés. Nos objectifs nous mènent vers la réussie et, ce faisant, vers la satisfaction.

Nous avons tendance à surestimer ou à sous-estimer le bonheur ou le malheur lorsque nous nous focalisons sur un seul élément objectif, tel qu'un climat agréable (positif) ou la paraplégie (négatif).

En fait, selon Daniel Kahneman, une fois que nous nous sommes habitués à une situation (plutôt bonne ou plutôt mauvaise), nous nous y habituons et ressentons un bien-être similaire à celui de la moyenne.

Pas de bonheur facile, donc ! C'est un concept flou et difficile à cerner, parce qu'il dépend non seulement de l'expérience réelle, mais aussi du souvenir que nous en avons.

Penser à la vie en bref :

"Elle pensait qu'acheter une belle voiture la rendrait plus heureuse, mais en fait, c'était une erreur de prévision affective."

"Sa voiture est tombée en panne ce matin sur le chemin du travail, et il est de mauvaise humeur. Ce n'est pas le moment de lui demander s'il est satisfait de son emploi !"

"La plupart du temps, elle a l'air de très bonne humeur, mais quand on lui demande, elle répond qu'elle est très malheureuse. La question doit lui rappeler son récent divorce."

"Ce n'est pas parce que nous achèterons une maison plus grande que nous serons plus heureux à long terme. Nous pourrions souffrir d'une illusion de concentration."

"Il a choisi de répartir son temps entre deux villes. Probablement un cas grave de miswanting." (Système 1 / Système 2, Chapitre 38)

Conclusion sur « Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée » de Daniel Kahneman :

Ce qu’il faut retenir de « Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée » de Daniel Kahneman :

C'est un livre événement qui a fait connaître Daniel Kahneman bien au-delà des cercles académiques universitaires. L'influence de la théorie qu'il a dégagée tout au long de sa carrière est énorme ! Et ce n'est pas pour rien qu'il a reçu le Prix Nobel d'économie en 2002.

Que faut-il en retenir ? Il serait présomptueux de résumer en quelques phrases toute une vie de recherches. Mais l'introduction et la conclusion du livre sont particulièrement intéressantes, ainsi que les parties "en bref", que nous avons citées dans ce résumé.

Pourquoi ? Parce que nous y voyons la volonté de l'auteur de faire passer sa théorie dans le langage courant. Il le dit dès le début : il voudrait que nous usions des concepts qu'il a développés à la machine à café, lorsque nous hésitons devant un projet ou un candidat. Mais aussi à la maison, lorsque nous nous demandons si nous avons bien fait d'agir de telle ou telle manière.

Est-il possible de "muscler" notre Système 2 afin qu'il contrôle plus efficacement notre Système 1 ? Est-il possible de juger ou décider plus rationnellement en évitant le piège des biais cognitifs ? Certainement ! Mais cela demande de l'entraînement. L'auteur plaide en faveur d'un enseignement plus intense des statistiques et des probabilités.

Êtes-vous prêts à prendre de meilleures décisions ?

Points forts :

Un livre fondateur ;

De nombreux exemples ;

Les parties "en bref" qui permettent de concrétiser les propos ;

La pédagogie et l'humour de l’auteur !

Point faible :

Je n’en ai pas trouvé, sinon une certaine difficulté par endroits, mais cela fait partie du livre et de son intérêt !

Ma note :

★★★★★

Le petit guide pratique du livre Système 1 Système 2 de Daniel Kahneman

Autour de quoi s’accentue le livre Système 1 Système 2 de Daniel Kahneman ?

Système 1 Système 2 se concentre sur les processus mentaux qui déterminent les décisions, les actions et les interactions de l’être humain avec le monde qui l’entoure.

Foire Aux Questions (FAQ) du livre Système 1 Système 2 de Daniel Kahneman

  1. Comment le public a accueilli le livre Système 1 Système 2 de Daniel Kahneman ?

Système 1 Système 2, a été très bien accueilli par le public. Il a attiré de nombreux lecteurs à la fois pour sa clarté et pour son importance dans la compréhension de la pensée humaine.

  1. Quel fut l’impact du livre Système 1 Système 2 de Daniel Kahneman ?

Le livre contribue à sensibiliser le public aux processus cognitifs qui influencent leurs choix et leurs décisions. Il a encouragé les gens à réfléchir plus profondément au raisonnement humain, qui influence de nombreux domaines. Il a aussi contribué à faire progresser la compréhension du cerveau et du comportement.

  1. À qui s’adresse le livre Système 1 Système 2 de Daniel Kahneman ?

System 1 System 2 s'adresse à un large éventail de lecteurs, des profanes aux professionnels, désireux de comprendre le fonctionnement de l’esprit et les implications pratiques de cette compréhension dans divers domaines.

  1. Qu’est-ce que l’aisance cognitive ?

L'aisance cognitive intervient dans le passage d'un Système à l'autre. Le concept désigne une impression de facilité, de bien-être, de confiance ou de vérité.

  1. Quels sont les biais qui découlent du mécanisme de jugement ?

Excès de confiance

Biais d'exposition

Oubli de la fréquence de base

Système 1 vs Système 2

Système 1 Système 2

Automatique, involontaire La concentration et l'attention dont l'individu doit faire preuve

Intuitif La résolution de problèmes complexes

Rapide, demandant peu d'effort Sa lenteur

Peu coûteux en énergie Sa gourmandise en énergie

Qui est Daniel Kahneman ?

Daniel Kahneman est né à Tel Aviv, en Israël, en 1934. Il a étudié les mathématiques et la psychologie à l'université hébraïque de Jérusalem, mais n'a obtenu son doctorat en psychologie qu'en 1961 à l'université de Californie à Berkeley. Il a enseigné à l'université de Jérusalem jusqu'en 1978. Puis à l'université Columbia à Vancouver (Colombie-Britannique) de 1978 à 1986 ; il a enseigné à Berkeley sept ans plus tard ; et il est professeur de psychologie à l'université de Princeton (New Jersey) depuis 1993. Il enseigne également la politique publique à la Woodrow Wilson School.

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Thu, 27 Jul 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12480/Systme-1-Systme-2