Olivier Roland - tagged with crativit http://www.olivier-roland.fr/feed en-us http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss Sweetcron o.roland@technosmart.net 4 livres pour développer sa créativité dans son business http://www.olivier-roland.fr/items/view/12946/4-livres-pour-dvelopper-sa-crativit-dans-son-business

Vous êtes entrepreneur, artiste ou créateur et vos projets professionnels nécessitent une grosse dose de créativité ? Ou vous aimeriez savoir comment développer plus de créativité dans votre activité professionnelle ?

Dans de nombreux business, la créativité est une compétence clé. Pour vous différencier, pour innover, vous stimuler. Pour mieux vous épanouir et mieux exprimer vos idées.

OK, mais alors par où devez-vous commencer ?

Dans cet article, j’ai déniché pour vous 4 ouvrages qui vont vous y aider. Chacun à leur manière, ces livres partagent des méthodes éprouvées pour vous apprendre à insuffler votre potentiel créatif dans votre business.

Vous verrez comment vous assurer d’aller au bout de votre projet créatif dans le but d’en faire idéalement une activité rémunératrice, comment réveiller votre potentiel créatif dans n’importe quel domaine d’activité, comment vendre vos créations en ligne, ou encore comment développer votre créativité de façon durable dans vos projets professionnels pour les rendre plus singuliers.

Découvrez-les et testez-les !

  1. "Expédition Créative | La patience, l'ambition et la rigueur du travail bien fait"

Par Valentin Decker, 2019, 210 pages.

Résumé du livre "Expédition créative" de Valentin Decker

Un guide pour entreprendre et concrétiser des projets créatifs

"Expédition créative | La patience, l'ambition et la rigueur du travail bien fait" est un ouvrage qui propose de guider et d’accompagner tout créateur qui ambitionne de concrétiser un projet créatif entrepreneurial.

À travers son expérience personnelle et celles d’autres figures créatives, l’auteur Valentin Decker retrace les différentes étapes du processus créatif. Il prodigue de nombreux conseils pour aller au bout du process.

En mettant l'accent sur ces étapes souvent méconnues mais cruciales du processus créatif, sur l'état d'esprit à adopter et les habitudes à cultiver, Valentin Decker, partage sa méthode pour dompter nos doutes et surmonter les obstacles intérieurs comme extérieurs, depuis l'idée initiale jusqu'à la réalisation finale du projet.

Les 4 phases des coulisses d’un projet créatif

Divisé en quatre parties, l'ouvrage suit ainsi chronologiquement les grandes phases d'une aventure créative :

La préparation mentale indispensable pour se lancer dans l'inconnu.

La mise en mouvement concrète où l'on apprend à enclencher la dynamique vertueuse de la création au quotidien.

Le fameux "combat silencieux" contre la résistance intérieure et toutes les forces qui conspirent à nous décourager.

Le "bout du tunnel" où l'on récolte les fruits de son labeur en envoyant son œuvre dans le monde, sans jamais vraiment s'arrêter.

Les conseils et réflexions de l’auteur pour aller au bout de nos projets créatifs

Au fur et à mesure des pages, l’auteur distille ses réflexions et conseils issus de sa propre expérience de créateur professionnel.

Il commence par démystifier l'image de l'artiste inspiré, en rappelant que le succès repose avant tout sur un travail acharné et des habitudes productives. Pour se lancer, mieux vaut commencer petit, tester et affiner son concept au fur et à mesure plutôt que d'attendre l'idée révolutionnaire.

Valentin Decker insiste sur la nécessité de s'entourer, de prendre des positions audacieuses pour fédérer une communauté de fans et d'assumer pleinement sa voie.

Il nous invite à accepter l'inconfort inhérent au processus créatif et à persévérer coûte que coûte en plaçant la pratique régulière au sommet de nos priorités.

Quand le doute s'installe, Valentin Decker conseille de se détacher du regard des autres en développant ses propres critères de réussite. L'essentiel est de progresser en sortant régulièrement de sa zone de confort pour ne pas stagner.

Avec honnêteté, l'auteur aborde aussi la question sensible de l'échec en nous encourageant à l'accepter comme une opportunité d'apprendre sur le chemin de la création. Il replace chaque initiative dans la perspective d'une trajectoire créative globale où tout est apprentissage.

Le message et les points clés du livre "Expédition créative" de Valentin Decker

Le message fort du livre

La créativité, loin d'être l'apanage de quelques élus, s'apprivoise avec de la discipline et du travail. Développer sa créativité est une compétence qui s’acquiert avec un état d’esprit professionnel et une persévérance à toute épreuve, contrairement à l'image romantique de l'artiste illuminé par l'inspiration.

6 points clés à retenir du livre "Expédition créative"

Commencer petit et ajuster progressivement : pour se lancer, mieux vaut démarrer à petite échelle, tester et ajuster sa création de façon itérative plutôt que d'attendre l'idée parfaite.

Mettre en place des habitudes efficaces et une pratique régulière : pour l’auteur, la meilleure façon de développer notre créativité est de faire de notre passion la priorité numéro un. Il s'agit de devenir un "verbe" (écrire, peindre, filmer) plus qu'un statut.

Rester professionnel et persévérer : face aux doutes et aux peurs, le créateur doit adopter la posture du professionnel qui embrasse l'inconfort et persévère coûte que coûte. Pour cela, il doit savoir protéger farouchement son processus créatif par la mise en place de garde fous.

Se détacher de l’opinion externe en restant son propre juge : plutôt que de dépendre du regard extérieur, il est crucial de définir nos propres critères de réussite en phase avec nos aspirations et rester serein et concentré sur sa progression quotidienne.

Raisonner en termes de trajectoire créative globale et affronter l’échec : l'échec fait partie du processus, il faut l'accepter comme une occasion d'apprendre et considérer chaque projet comme une étape sur notre parcours créatif au long cours. Même avorté, chacun nous fait grandir et ouvre la voie aux suivants.

Oser expérimenter des choses fortes pour nourrir nos créations : qu'il s'agisse d'un tour du monde en solitaire ou d'un défi sportif extrême, accumulons des expériences uniques. Elles nous forgeront un regard singulier et nous aideront à développer notre créativité.

Mon avis sur le livre "Expédition créative" de Valentin Decker

Je conseille vivement le livre "Expédition créative" à tous ceux qui souhaitent se lancer dans un grand projet créatif.

L'auteur dresse un portrait réaliste et pragmatique du processus créatif, sans fard, en déconstruisant l’idée auréolée de l'artiste génial.

L’auteur nous parle d’égal à égal. Il ne cherche pas à nous vendre du rêve mais évoque avec honnêteté ses propres expériences et errances, les hauts comme les bas, pour nous montrer que l'excellence créative n'a rien de magique mais s'acquiert au prix d'un travail acharné, de routines immuables et d'une endurance à toute épreuve.

En tordant ainsi le cou aux mythes paralysants, "Expédition créative" rend l'aventure créative et entrepreneuriale accessible au commun des mortels. Au final, on en ressort regonflé à bloc, avec une feuille de route claire, des conseils concrets à appliquer et l’envie de retrousser ses manches pour se lancer !

Les points forts et points faibles du livre "Expédition créative" de Valentin Decker

Points forts :    

L’humilité et l’authenticité qui se dégage du livre : l'auteur partage honnêtement ses propres doutes et erreurs.

Les conseils inspirants et réalistes pour mieux développer sa créativité.

Une approche pragmatique qui réconcilie créativité et business.

La démystification du processus créatif qui le rend accessible à tous.

Un livre qui donne envie de se lancer et de persévérer avec constance, sans prérequis de génie, sans paillettes ni mythes démotivants.

Point faible :      

Certains conseils peuvent parfois sembler un peu contradictoires, mais doivent être recontextualiser dans la complexité du processus créatif qui demande de trouver un juste équilibre en tout.

Ma note : ★★★★★

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  1. "Vendre ses créations en ligne | Le Guide de l’artisan"

Titre original : "Sell Your Crafts Online – The Handmaker’s Guide"

Par James Dillehay, 2021, 134 pages.

Résumé du livre "Vendre ses créations en ligne | Le guide de l’artisan" de James Dillehay

De l'artisanat au digital : les fondations d’une boutique en ligne réussie

Dans "Vendre ses créations en ligne | Le Guide de l'artisan", James Dillehay, entrepreneur et expert en marketing digital, partage son expérience et un condensé de conseils pratiques à destination des artisans et créateurs qui souhaitent se lancer dans la vente en ligne de leurs produits faits main.

Ainsi, à travers 19 chapitres très concrets, l'auteur nous guide étape par étape dans la création et l'optimisation d'une boutique en ligne rentable sur le long terme.

Du choix du nom de la boutique à la fixation des prix, en passant par le storytelling, les photos, le référencement naturel, les techniques de vente sur les différentes plateformes (Etsy, Amazon Handmade, Facebook, Instagram, Pinterest...) et l'utilisation du marketing d'influence, rien n'est laissé au hasard. James Dillehay décortique chaque levier d'un business créatif avec détails et exemples.

L'objectif : aider tout artisan passionné à vivre de son art grâce au digital. Car pour l'auteur, avec de la méthode, de la rigueur et les bons outils, le processus créatif est à la portée de tous.

Des techniques et astuces pour maîtriser le marché en ligne

"Vendre ses créations en ligne | Le Guide de l'artisan" s'adresse aux néophytes comme aux créateurs vendeurs plus expérimentés.

Ainsi, dans un style simple et sans jargon superflu, l'auteur se nourrit de son expérience de terrain et de données chiffrées pour partager tout ce qu'il faut savoir pour monter sa petite entreprise artisanale. Il explique comment :

Créer sa marque,

Optimiser ses photos,

Fixer ses prix,

Planifier son marketing,

Maîtriser le SEO,

Vendre sur les plateformes comme Etsy, Amazon Handmade, eBay ou son propre site web,

Exploiter les médias sociaux et les publicités payantes.

Plus précisément, le livre explore en détail des sujets tels que l'importance des photos de qualité pour mieux convertir, comment constituer sa liste de clients et newsletter, les pièges marketing à éviter, l'utilisation des stories et des hashtags sur Instagram, la synchronisation des stocks sur plusieurs plateformes, etc. Il prodigue des astuces marketing redoutables pour faire décoller son chiffre d'affaires sans se ruiner en publicité.

James Dillehay appuie ses propos de nombreuses astuces, études, statistiques et témoignages. Il aide ainsi le lecteur à prendre les meilleures décisions dans le lancement de son projet.

Le message et les conseils clés du livre "Vendre ses créations en ligne" de James Dillehay

Le message fort du livre

James Dillehay l'affirme : avec les bons outils et une méthode éprouvée, tout artisan peut réussir à vivre de ses créations grâce à Internet. À condition de s'en donner les moyens et d'éviter certains pièges !

8 conseils à suivre pour vivre de la vente de ses créations en ligne

Ne négligez aucune plateforme de vente et adaptez votre communication progressivement à chacune : Etsy, Amazon Handmade, réseaux sociaux... Attention toutefois, il est préférable d'atteindre un certain niveau de revenus sur une plateforme avant de se lancer sur de nouveaux canaux, pour ne pas disperser inutilement ses efforts. Commencez petit, testez et scalez progressivement.

Utilisez les stories, les hashtags et une communication régulière sur les réseaux sociaux comme Instagram et Facebook pour vous développer.

Soignez votre storytelling en racontant votre parcours et vos valeurs de façon inspirante. Les clients achètent une histoire autant qu'un produit.

Optimisez le référencement naturel (SEO) de vos fiches produits avec des mots-clés pertinents : que ce soit sur Etsy, Amazon ou votre propre site, sans optimisation, vous n'obtiendrez quasiment pas de trafic qualifié vers vos pages et listings produits.

Misez sur des visuels de qualité (photos, vidéos) qui mettent en scène vos produits de façon authentique : c'est la clé pour convertir sur Internet. Les études montrent que cela impacte de façon décisive dans la décision d'achat.

Exploitez le marketing d'influence avec parcimonie et méthode en ciblant des influenceurs en phase avec vos produits. Leur impact peut être spectaculaire !

Évitez les pièges classiques qui plombent les ventes : photos floues, prix trop bas qui donnent une mauvaise image de votre marque, orthographe approximative, process de vente confus, service client trop lent... Soyez pro jusqu'au bout !

Constituez vous une liste de clients : cette dernière vous appartient et vous permettra de toujours rester en contact avec vos acheteurs, même si vous perdez votre compte sur une plateforme par exemple. C'est un atout marketing très puissant.

Mon avis sur le livre "Vendre ses créations en ligne" de James Dillehay

Voilà un ouvrage essentiel pour tous les créateurs qui souhaitent développer leur créativité dans un commerce en ligne. Il se lit comme un guide pratique à suivre étape par étape.

James Dillehay y condense tout son savoir-faire, avec un ton positif et bienveillant. Le but est de permettre à l'entrepreneur débutant de se lancer sereinement et de vivre de la vente de ses créations artisanales grâce au e-commerce.

Les conseils sur le marketing digital, le commerce en ligne, le mindset à adopter, etc . sont nombreux, ultra concrets et appuyés par son expérience terrain.

"Vendre ses créations en ligne" est un ouvrage que je conseille à tous les créateurs en herbe qui veulent se lancer dans l'aventure entrepreneuriale, car il leur permettra d’éviter bien des écueils de débutants. Et même pour un entrepreneur déjà lancé, cet ouvrage compile tellement d'informations pertinentes qu'il peut vraiment l’aider à comprendre ses éventuelles erreurs et à passer un cap dans son business.

C’est un indispensable pour réussir sa transition entrepreneuriale, vivre de sa passion, bref, pour mettre toutes les chances de votre côté pour faire de votre rêve une réalité. À lire crayon en main !

Les points forts et points faibles du livre "Vendre ses créations en ligne" de James Dillehay

Points forts :    

Le condensé de conseils pragmatiques et faciles à suivre pour développer sa créativité dans un business en ligne, étape par étape.

L’auteur expert qui partage généreusement son savoir-faire en matière de marketing digital et expose clairement les stratégies gagnantes pour vendre ses créations en ligne.

Des outils et méthodes puissantes et reproductibles, à la portée de tous, pour se lancer dans la vente en ligne de ses créations.

Point faible :  

Le livre s'adresse avant tout à un public d'artisans américains, même si les techniques enseignées restent globalement universelles.

Ma note : ★★★★☆

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  1. "Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité"

Titre original : “Let the Elephants Run: Unlock your Creativity and Change Everything“.

Par David Usher, 2015, 240 pages.

Résumé du livre "Laissez courir les éléphants" de David Usher

La créativité expliquée dans l’art et l’entreprise

Dans "Laissez courir les éléphants ! Repoussez les limites de votre créativité", David Usher, auteur-compositeur-interprète canadien de renom mais aussi conférencier et entrepreneur, partage sa philosophie et sa méthode pour développer la créativité multidimensionnelle qui sommeille en chacun de nous.

Liberté et structure : les piliers de la créativité

Fort de son expérience artistique et entrepreneuriale, l’auteur articule le processus créatif et son ouvrage, autour de deux notions clés : la liberté et la structure.

D'un côté, il s'agit de réveiller notre curiosité enfantine, de sortir des sentiers battus et d'oser la folie des idées. De l'autre, une rigueur et un travail acharné sont indispensables pour transformer ces élans initiaux en réalisations concrètes.

Car pour Davis Usher, la créativité n'est ni innée ni réservée aux artistes. C'est une compétence qui s'apprend, se muscle et se transpose à tous les domaines (artistique, professionnel, personnel...), à condition d'en maîtriser les ressorts.

19 actions concrètes pour une vie créative

L’auteur nous invite alors, à travers 19 "actions" concrètes émaillées d’exemples et d’illustrations, à découvrir le processus créatif et à le mettre au service de projets aboutis.

Telle une boîte à outils de l'explorateur créatif, il préconise tout au long des pages plein de conseils pour lever nos blocages. Mille astuces et défis surprenants pour nous réinventer au quotidien, dans une joyeuse libération créative.

Qu'il s'agisse de réveiller l'enfant en nous, cultiver l'inconfort pour repousser nos limites ou apprendre à filtrer nos idées, David Usher nous encourage à faire de la créativité un mode de vie inspirant et épanouissant.

Le message les points clés du livre "Laissez courir les éléphants !" de David Usher

Le message fort du livre

Réveiller et développer notre créativité est à la portée de tous. Entre rigueur et fantaisie, c’est une compétence qui s’acquiert par un entraînement quotidien.

4 idées à retenir sur le processus créatif selon David Usher

Notre créativité endormie n'attend que d'être réveillée : cultivons notre curiosité enfantine, osons bousculer nos habitudes pour découvrir de nouveaux horizons. Réanimons chaque jour "nos éléphants roses", ces idées folles qui ne demandent qu'à être domptées au service de nos rêves les plus audacieux !

Tout projet créatif est un subtil équilibre entre liberté et structure : ainsi, pour libérer notre créativité, il faut commencer par lâcher prise et laisser notre imagination et nos idées folles vagabonder sans contraintes, en acceptant l’irrationnel et l’ambiguïté. Vient ensuite le temps de la structure : consigner rigoureusement toutes nos idées dans un carnet, les classer, les filtrer, les confronter, pour ne garder que les meilleures, celles qui feront jaillir l'étincelle et mèneront à un résultat concret.

La créativité est transposable à l’infini : une fois qu’on en maîtrise les rouages, on peut l’appliquer à n’importe quel domaine avec profit. Tout au long du livre, David Usher transpose lui-même son expérience d'artiste à d'autres domaines comme l'entrepreneuriat.

Rien n’est jamais acquis en matière de créativité. David Usher nous met face à nos responsabilités : la créativité s'apprend, se cultive et s'entretient par un travail quotidien. Comme un muscle, elle a besoin d'être stimulée. il faut  alors sans cesse s’entraîner et progresser, en tirant avec humilité les leçons de nos erreurs passées.

Mon avis sur le livre "Laissez courir les éléphants !" de David Usher

"Laissez courir les éléphants !" est un ouvrage inspirant. Il vous raconte comment la créativité obéit à des règles précises qu’il est pour autant tout à fait possible de maîtriser et d’appliquer au-delà des frontières artistiques. Ainsi, que ce soit dans l'univers impitoyable des affaires ou dans l'art délicat de l'écriture, David Usher vous prouve, à travers son livre, que le processus créatif est finalement universel.

L’expérience de créatif polymorphe (musique, entrepreneuriat, conférences...) relatée par l’auteur vous montrera aussi comment vous pouvez viser l'excellence via un travail exigeant mais malgré cela, très accessible, en suivant une approche globale mêlant lâcher-prise ludique et rigueur.

Bourré d'exercices pratiques, d'exemples parlants, le tout servi par une mise en page esthétique, ce livre donne envie de se lancer illico dans l'aventure créative. Un must pour renouer avec votre singularité, vos rêves et vous réinventer, et ce, dans tous les domaines !

Les points forts et points faibles du livre "Laissez courir les éléphants" de David Usher

Points forts :    

L’invitation à s’approprier complètement le livre et à révéler son potentiel créatif.

Le graphisme très agréable et le ton enthousiaste.

Les actions proposées et nombreux exemples issus de l’expérience transversale de l’auteur.

Une approche dans l’air du temps.

Points faibles :  

Parfois un manque de structure dans l'organisation des chapitres.

Quelques répétitions au fil des pages (mais qui aident néanmoins à ancrer le message).

Ma note : ★★★★☆

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  1. "The creative habit | Learn It and Use It for Life"

Par Twyla Tharp, 2003, 243 pages.

Résumé du livre "The creative habit" de Twyla Tharp

Dans "The Creative Habit", Twyla Tharp, célèbre danseuse et chorégraphe américaine, nous livre les clés de sa créativité foisonnante. Fort de ses 35 années de carrière artistique, elle partage ses secrets pour aider toute personne à développer, nourrir et entretenir sa créativité, quel que soit son domaine.

Pour Twyla Tharp, la créativité n'est pas l'apanage des seuls artistes. C'est un muscle que chacun peut développer, à condition d'en maîtriser les ressorts : rituels, mémoire, organisation, prise de risque...

Ainsi, à travers 12 chapitres denses, richement illustrés d'idées, d'anecdotes personnelles et d'exercices pratiques, l’auteure décrit comment la créativité s'apprend et se cultive au quotidien.

Elle ponctue son propos de nombreuses références tirées des arts comme la danse, la musique, la peinture, ainsi que de sa propre expérience. Au-delà des techniques, "The Creative Habit" est un vibrant manifeste pour vivre et penser comme un artiste.

Le message et les conseils clés du livre "The creative habit" de Twyla Tharp

Le message fort du livre

La créativité n'est pas un don inné réservé aux seuls artistes. C'est une compétence qui se travaille, qui s’acquiert par un entraînement au quotidien.

16 conseils à appliquer pour développer votre créativité  

Instaurez des rituels quotidiens pour vous mettre en condition de créer. Ces routines libèrent l'esprit pour l'essentiel.

Identifiez votre "ADN créatif", cette signature singulière qui traverse toutes vos créations et vous définit.

Exploitez votre mémoire dans toutes ses formes (musculaire, sensorielle, virtuelle...) qui sont autant de sources d'inspiration. Nourrissez en permanence votre "boîte à idées" en glanant fragments, souvenirs et sensations. Tout est bon pour alimenter votre mémoire.

Apprenez à voir, à capter les détails, à gratter le vernis des choses pour en extraire l’essence. La créativité naît d'une attention soutenue au monde.

Laissez place au hasard, aux connexions inattendues. Utilisez les coïncidences et la chance. Une contrainte ou un accident peut faire jaillir l'étincelle.

Identifiez la colonne vertébrale, l'idée maîtresse qui portera tout votre projet. Ce fil rouge est votre boussole.

Développez patiemment et peaufinez vos compétences. C'est par la maîtrise technique qu'on peut donner corps à sa vision.

Reconnaissez les périodes de blocages et faites-en des opportunités de rebond pour en sortir plus fort. Dans l'échec se trouve le germe du prochain succès.

Organisez-vous efficacement, rigoureusement mais sans rigidité pour bâtir une base solide sans brider la spontanéité créative. Classez vos idées pour mieux y revenir.

Cherchez l'étincelle qui transformera une idée en œuvre. Pour cela, il faut explorer dans toutes les directions en étant réceptif aux signaux faibles et au hasard.

Inscrivez-vous dans la durée : la créativité est un marathon, pas un sprint. Quand le doute et la panne d'inspiration surviennent, plusieurs techniques permettent de rebondir : reformuler le problème, changer d'environnement, faire un verbe, etc.

Soyez patient et persévérant : rien n'est acquis, même après des décennies. L'échec fait partie du processus créatif : en échouant en privé, on évite l'échec en public.

Mon avis sur le livre "The creative habit" de Twyla Tharp

"The Creative Habit" est un livre qui s’adresse d’abord aux artistes mais qui inspirera finalement toute personne qui souhaite placer la créativité au cœur de sa vie professionnelle ou de son business.

Twyla Tharp y raconte avec générosité son expérience de chorégraphe. Elle y prodigue son approche concrète et enthousiasmante pour développer sa créativité. Entre exercices pratiques et retours d'expérience, chacun y piochera de quoi réenchanter son quotidien, que l'on soit artiste ou entrepreneur.

Enfin, la mise en page créative rythme agréablement la lecture. On ressort de cette lecture l'esprit vibrant d'idées, avec une véritable envie de créer !

Les points forts et points faibles du livre "The creative habit" de Twyla Tharp

Points forts :    

Une approche inspirante, étayée par 35 ans d'expérience artistique.

De nombreux exercices pratiques à mettre en œuvre, dans tous les domaines. Et, un foisonnement d’idées et d’astuces pour développer sa créativité.

Des anecdotes personnelles passionnantes et un ton engageant qui donne envie de se lancer.

"The Creative Habit" est un beau livre, sa mise en page inventive avec photos et dessins rend sa lecture très agréable et met bien en valeur le contenu.

Points faibles :  

Une focalisation sur les arts (danse, musique, peinture, écriture) qui peut dérouter certains lecteurs.

Peut paraître parfois un peu mystique et trop foisonnant.

Quelques longueurs ou imprécisions quand l'auteur sort de son domaine de prédilection.

Ma note : ★★★★☆

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Et vous, quels sont vos conseils et astuces pour développer sa créativité au quotidien ? Avez-vous testé certaines des techniques proposées dans ces livres pour améliorer votre processus créatif ? Connaissez-vous d'autres ouvrages inspirants sur le sujet ? N'hésitez pas à partager votre expérience en commentaires, vos suggestions de lecture sont les bienvenues !

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Mon, 26 Aug 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12946/4-livres-pour-dvelopper-sa-crativit-dans-son-business
Voler comme un artiste http://www.olivier-roland.fr/items/view/12945/Voler-comme-un-artiste

Résumé de "Voler comme un artiste - 10 secrets bien gardés sur la créativité" d’Austin Kleon : dans "Voler comme un artiste", Austin Kleon, artiste visuel et auteur reconnu, partage ses 10 principes pour libérer notre créativité. Avec humour, originalité et de nombreuses illustrations à l'appui, il démystifie le processus créatif et nous encourage à puiser sans complexe dans le travail des autres pour développer notre propre voie artistique.

Par Austin Kleon, 2014, 152 pages.

Titre original "Steal like an artist"

Note : "Voler comme un artiste" est un ouvrage très visuel. Les illustrations, dessins, citations abondent. L’humour et l’esprit grandement créatif qui s’en dégagent complètent le contenu textuel et en font un livre résolument artistique. Je résume ici les propos de l’auteur mais ne restitue pas ses illustrations visuelles.

Chronique et résumé de "Voler comme un artiste|10 secrets bien gardés sur la créativité" d’Austin Kleon

  1. Préambule | Tous les conseils sont autobiographiques

Avant de nous livrer ses 10 principes sur la créativité, l’auteur, Austin Kleon, artiste visuel et auteur reconnu, commence son livre "Voler comme un artiste" avec une sorte de préambule.

Dans ce préambule, Austin Kleon confie que les conseils qu'il donne dans son ouvrage s'adressent, en fait, à une version antérieure de lui-même.

Car bien qu'il parle de "création" artistique, l’auteur dit avoir réalisé que certains conseils peuvent en réalité s'appliquer à tous ceux qui souhaitent introduire plus de créativité dans leur vie et leur travail.

Chapitre 1 - Voler comme un artiste

Dans le premier chapitre de "Voler comme un artiste", Austin Keon commence par souligner que, pour un artiste, l'originalité n'est pas de créer à partir de rien mais savoir repérer les bonnes idées à voler et à transformer.

Selon lui, tout travail créatif s'appuie sur ce qui l'a précédé, rien n'est complètement nouveau. Il faut donc accepter d'être influencé plutôt que rechercher une illusoire originalité absolue. Il faut développer un regard sélectif sur le monde, faire sa "généalogie d'idées" (collage ou remixage d’idées anciennes), s'entourer de ses héros tout en cherchant ce qui nous différencie d'eux.

Bref collecter, sélectionner, transformer pour créer son propre univers.

Voici plus précisément 4 idées majeures que développe Austin Kleon avec humour et multiples illustrations dans le premier chapitre de "Voler comme un artiste".

1.1 - La création comme collage d'influences

Toute nouvelle idée est un remix d'idées plus anciennes.

Comme notre ADN issu de nos parents, nous sommes le produit d'influences choisies (lectures, musique, films...) que nous réassemblons de façon unique.

Nous sommes une somme particulière d'inspirations.

"La génétique nous fournit un bon exemple de ce qui précède. Vous avez une mère et un père. Vous avez hérité certains traits de l’une et de l’autre, mais le tout que vous formez est plus grand que la somme de leurs parties. Vous êtes le produit du remixage de votre mère, de votre père et de tous vos ancêtres. Vous n’avez pas qu’une généalogie familiale, vous avez aussi une généalogie d’idées. Vous ne choisissez pas vos parents, mais vous pouvez choisir vos maîtres, vos amis, la musique que vous écoutez, les livres que vous lisez et les films que vous visionnez."

1.2 - Cultiver un regard sélectif

L'artiste est un collectionneur pointilleux, pas un accumulateur compulsif, nuance l’auteur :

"Il y a une différence : les amasseurs accumulent tout et n’importe quoi, les artistes choisissent ce qu’ils collectionnent. Ils ne gardent que ce qu’ils aiment vraiment."

Ainsi, l’artiste doit sélectionner soigneusement ce qu'il laisse entrer dans son monde et l'influencer.

La qualité de sa "diète créative" détermine la qualité de son travail.

1.3 - Piller intelligemment ses héros

Pour apprendre, il faut choisir quelques maîtres qu'on admire, et tout absorber d'eux, pense Austin Kleon. Puis remonter à leurs propres influences clés. En s'immergeant ainsi dans une généalogie créative, on se sent moins seul et on trouve peu à peu son propre chemin.

"Faites-vous […] les dents sur un penseur, un écrivain, un artiste, un militant, un modèle de comportement, bref un maître que vous aimez beaucoup. Apprenez tout ce que vous pourrez découvrir sur lui. Ensuite, identifiez trois personnes que ce maître estimait et apprenez tout ce que vous pourrez découvrir sur elles. Refaites cet exercice aussi souvent que possible. Grimpez jusqu’au sommet de l’arbre. Quand vous aurez atteint son dernier rameau, faites pousser le vôtre."

1.4 - Organiser la traque aux idées

Pour nourrir sa création, il faut toujours avoir de quoi noter une trouvaille, conseille aussi l’auteur de  "Voler comme un artiste". Carnet, appareil photo, peu importe. L'important est de collectionner les éléments marquants glanés au fil de ses navigations réelles ou numériques, souligne Austin Kleon.

"Faites l’impossible pour toujours avoir du papier sur vous. L’artiste David Hockney a fait adapter les poches intérieures de ses vestons au format d’un carnet à dessins. Le compositeur et musicien Arthur Russell aimait que ses chemises aient deux poches sur le devant, car il les remplissait de fragmentsde papier à musique."

Un bon système de classement permettra ensuite d'y puiser l'inspiration au moment opportun.

En résumé, voler comme un artiste selon Austin Kleon, c'est assumer de façon organisée ses influences, pour mieux s'en nourrir sans les copier, jusqu'à trouver son propre territoire de création. Un subtil alliage d'imprégnation et de transformation.

"Créez un fichier de rapines. Vous avez bien lu: un fichier où vous conservez la trace de ce que vous avez dérobé aux autres. […] Les journalistes appellent ça une "morgue" (ou un "frigo"). […] La morgue est l’endroit où vous entreposez les choses mortes que vous ressusciterez plus tard dans votre œuvre."

Chapitre 2 - N’attendez pas de savoir qui vous êtes pour commencer

Dans le chapitre 2 de "Voler comme un artiste", Austin Kleon énonce plusieurs conseils pour nous lancer en nous inspirant des autres, même si nous ne savons pas vraiment ce que nous voulons faire :

"Si j’avais attendu, pour "être créatif", de savoir qui je suis ou ce qui me motive, eh bien, je serais encore là à me décortiquer au lieu de mettre des choses au monde."

Les voici résumés.

2.1  – S’atteler à la tâche sans trop se poser de questions

Austin Kleon insiste sur l’importance de se mettre en mouvement. Car selon lui, on ne découvre qui l’on est qu'en travaillant et en créant, pas en s'analysant indéfiniment.

L’auteur rappelle ici que la peur de commencer, souvent nourrie par le syndrome de l'imposteur, est normale. Mais ne la laissons pas nous paralyser. La création est un jeu. ET finalement, aucun créateur ne sait vraiment d'où lui viennent ses idées :

"Figurez-vous qu’aucun de nous ne sait ce qu’il fait. Posez la question à n’importe quel créateur et il vous dira l’exacte vérité: il ignore d’où ça vient. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il s’attelle à la tâche. Chaque jour."

2.2 - Faire semblant jusqu’à ce qu’on réussisse

Créer, c'est faire semblant jusqu'à ce qu'on y arrive, déclare Austin Kleon.

Selon lui, nous devons alors, en tant qu’artiste, endosser le rôle de celui qu'on veut devenir, entrer dans le costume et la posture de l'artiste, même si nous avons l'impression de bluffer. Car, assure-t-il, c'est en jouant le jeu à fond qu'on le devient pour de vrai.

"Je veux dire par là que le monde entier est un théâtre. Le travail créateur est une forme de théâtre dont votre atelier, votre bureau ou votre poste de travail est la scène. Les vêtements que vous portez sont votre costume : votre salopette de peintre, votre costume-cravate ou ce curieux chapeau qui vous aide à penser. Vos matériaux, vos outils, vos instruments sont vos accessoires. Le temps qui passe est votre scénario. Une heure par-ci, une heure par-là - le temps qui permet aux choses de se réaliser."

2.3 - Apprendre en copiant nos maîtres

L’auteur de "Voler comme un artiste" nous invite à commencer par imiter nos idoles, comme un peintre reproduisant les grands maîtres, des musiciens interprétant des reprises..

Il ne s'agit pas de plagier, signale l’auteur, mais d'absorber leur style, leur technique, leur vision. En imitant plusieurs influences, on finira par trouver sa propre patte.

"Selon l’écrivain Wilson Milzner, copier un seul auteur est du plagiat, mais en copier plusieurs est de la recherche. J’ai un jour entendu le bédéiste Gary Panter dire ceci : "Si vous vous imbibez de l’influence d’Untel, tout le monde verra en vous le prochain Untel. Mais si vous piquez les œuvres de cent personnes, tout le monde vantera votre originalité !" "

2.4 - Laisser nos imperfections de "copistes" révéler peu à peu notre propre style

C'est justement parce qu'on échoue à reproduire exactement nos modèles qu'on trouve notre singularité, poursuit Austin Kleon. C'est le décalage qui fait émerger notre style.

En fait, nos failles et nos différences, d'abord vécues comme des manques, s'avèrent créatives.

2.5 - Faire honneur à nos héros en les dépassant

Au final, nous rendons hommage à nos idoles non en devenant leur clone mais en transformant leur apport en quelque chose d'unique.

Car selon Austin Kleon, c'est en digérant leurs influences, pas en les régurgitant, qu'on prolonge vraiment leur trace de façon originale.

Chapitre 3 - Écrivez le livre que vous avez envie de lire

Le troisième chapitre du livre "Voler comme un artiste" conseille de ne pas chercher à coller un hypothétique marché mais de créer ce que nous-mêmes voudrions voir exister.

Qu'est-ce qui manque dans le travail de nos idoles ? Qu'est-ce qu'on aimerait qu'ils créent aujourd'hui ? C'est ce désir et notre subjectivité qui donnent sa saveur à notre travail.

C'est d’ailleurs, nous dit l’auteur, le principe de la "fanfiction" : imaginer la suite ou des variations aux œuvres qu'on adore.

Et pour nous aider à créer ce que nous voudrions voir exister, Austin Kleon partage ici 3 conseils :

3.1 - Transformer son désir de lecteur en création

Nous sommes souvent insatisfaits par les suites officielles de nos œuvres cultes. Pourquoi ne pas inventer nous-mêmes la suite dont nous rêvons ? Cette frustration peut devenir un puissant moteur créatif pour prolonger l'histoire à notre façon.

3.2 - Remixer les œuvres qu'on adore

Un bon exercice est d'enregistrer notre propre version d'un morceau avant la sortie d'un nouvel album. Ou d'écrire notre vision d'un prochain épisode. En comparant avec l'original, nous développons notre propre univers en réinterprétant nos influences.

3.3 - Combler les vides de nos idoles

Pour aller plus loin, demandons-nous ce qui manque dans les œuvres de nos maîtres. Qu'est-ce qu'on aimerait les voir faire aujourd'hui ? Réaliser ce qu'eux n'ont pas fait, en croisant leurs influences, c'est trouver sa propre voie.

Finalement, le meilleur moteur est de créer ce dont on a intimement envie, au-delà des modes. Écrire le livre qu'on rêve de lire, lancer le projet qui nous fait vibrer, faire la musique qui nous manque...

C'est la clé d'une création à la fois très personnelle et désirable.

Mettez-vous au travail. Le manifeste est le suivant: tracez le dessin que vous avez envie de voir, lancez l’entreprise que vous avez envie de diriger, jouez la musique que vous avez envie d’entendre, écrivez les livres que vous avez envie de lire, fabriquez les produits que vous avez envie d’utiliser, bref, créez ce que vous avez envie de voir créé.

Chapitre 4 - Servez-vous de vos mains

Le chapitre 4 de "Voler comme un artiste" insiste sur le fait que le travail créatif ne doit pas se limiter à l'écran. Et combien, il est crucial, à l'ère numérique, de renouer avec le travail manuel dans le processus créatif.

Voici donc 4 recommandations de l’auteur de "Voler comme un artiste" pour éviter le piège du "trop d'écran" qui coupe du ressenti physique de la création. Le but est de nous aider à engager notre corps et pas seulement notre tête dans notre processus créatif. Ceci, afin de retrouver un rapport charnel à la matière.

4.1 - Retrouver le goût du jeu

Les outils numériques rendent l'acte d'écrire trop abstrait et cérébral.

Un bédéiste comme Lynda Barry préconise de privilégier le contact direct avec le papier, l'encre, pour renouer avec le plaisir tactile, presque enfantin, de créer. C'est ce qui redonne de la magie au processus.

"Un travail purement cérébral ne vaut rien. Regardez un grand musicien en concert. Regardez un grand chef d’État haranguer les foules. Vous comprendrez ce que je veux dire."

4.2 - Commencer à la main

L'ordinateur est parfait pour mettre en forme et diffuser. Mais, c est contre-productif pour générer des idées. Et ce, à cause de la tentation permanente d'effacer et de corriger, prévient Austin Kleon.

Par conséquent, la sensation du crayon, des ciseaux, de la colle doit faire partie du processus. Il faut mettre notre corps en mouvement pour stimuler notre esprit, souligne l’auteur :

"Observez une personne devant son ordinateur. Elle est immobile, elle ne bouge pas. Nul besoin d’une étude scientifique (il en existe pourtant quelques-unes) pour comprendre que de rester ainsi assis toute la journée devant un ordinateur peut nous tuer et asphyxier ce que nous faisons. Nous avons besoin de bouger, d’avoir la sensation de créer avec le corps. Pas seulement avec la tête."

C’est pourquoi, selon Austin Kleon, mieux vaut ébaucher sur papier, sans censure, et n'utiliser le numérique que dans un second temps.

4.3 - Instaurer un va-et-vient

L'idéal suggéré ici par Austin Kleon est d'avoir deux espaces : une table "analogique" avec uniquement des outils manuels (crayons, papier, colle...) pour expérimenter librement. Et une table "informatique" pour finaliser et publier.

Il décrit la méthode hybride de travail créatif qu’il a lui-même mise en place et qui lui a permis de faire de réels progrès et de retrouver le goût de l’écriture. Car en naviguant de l'un à l'autre, il a réussi à stimuler sa créativité, assure l’auteur.

Varions donc les outils et les supports. Développons un va-et-vient entre l'analogique où l'on expérimente librement, et le numérique où l'on assemble et finalise. Nos mains sont là pour saisir le monde !

4.4 - S'imprégner de la matérialité

Manipuler directement ses notes, les découper, les déplacer, les afficher, les mélanger, permet de s'immerger physiquement dans la matière de son projet. C'est irremplaçable pour faire naître des connexions inattendues et trouver un ordre organique à ses idées.

"Pour l’artiste Stanley Donwood, qui a réalisé le graphisme des albums du groupe Radiohead, travailler à l’ordinateur est aliénant : une vitre nous sépare toujours de ce qui se passe. "Pour avoir un contact tactile avec notre travail, il faut l’imprimer", dit Donwood."

Chapitre 5  - L’importance des activités parallèles et des violons d’Ingres

Le chapitre 5 du livre "Voler comme un artiste" met en évidence l’idée que la création naît souvent de la friction entre des passions variées, pas d'une concentration mono-maniaque.

En effet, pour Austin Kleon, ce sont souvent nos activités récréatives, nos projets annexes qui s'avèrent les plus épanouissants et productifs. Et en réalité, loin d'être des distractions, ces derniers nourrissent indirectement notre créativité principale.

Pour Austin Kleon, mieux vaut donc conserver nos activités récréatives, mener de front plusieurs projets et passer de l'une à l'autre que de se forcer à se concentrer sur une seule. Voire "procrastiner" pour laisser notre esprit vagabonder et établir des connexions inattendues. Rien de nous n'est inutile pour créer.

Voici les 4 idées principales partagées par l’auteur de "Voler comme un artiste" à ce sujet.

5.1 – Créer grâce à la procrastination

Pour Austin Kleon, prendre le temps de s'ennuyer est vital. C'est quand on évite le travail, qu'on fait autre chose, que surgissent souvent nos meilleures idées. Nous devons donc, conseille l’auteur, nous accorder des plages de flânerie et de rêverie, propices aux connexions inattendues, plutôt que de culpabiliser.

"Mes meilleures idées me viennent quand je m’ennuie, et c’est pour cette raison que je ne confie jamais mes chemises au nettoyeur. J’aime les repasser moi-même. C’est si rasoir que j’en récolte presque toujours des idées lumineuses. Si vous manquez d’inspiration, faites la vaisselle ou une très longue promenade. Fixez le plus longtemps possible une tache sur le mur."

5.2 - Préserver la diversité de nos passions

Vouloir se focaliser sur une seule passion en sacrifiant les autres est une erreur, affirme l’auteur de  "Voler comme un artiste". C'est de la friction entre nos différents centres d'intérêt que naît une créativité originale. En laissant dialoguer nos multiples aspirations, nous développons notre singularité.

"Il est bon, selon moi, de mener de front plusieurs projets, car on peut ainsi gambader de l’un à l’autre. On se fatigue de l’un? Alors, on passe à un autre. Et quand celui-ci en vient aussi à nous barber, on reprend celui qu’on avait laissé en plan. C’est ce que j’appelle la procrastination productive."

5.3 - Cultiver un violon d’Ingres

"Un violon d’Ingres est une activité créatrice tout à fait intime. Son but n’est pas de nous faire gagner de l’argent ou de nous rendre célèbres, mais de nous rendre heureux. Un violon d’Ingres nous donne tout et ne nous prend rien."

Garder une activité créative intime, sans enjeu de réussite, juste pour le plaisir, est essentiel, lance Austin Kleon.

Ce violon d'Ingres apaise la pression du travail principal et le stimule indirectement. De même, faire régulièrement quelque chose gratuitement, pour soi, est aussi reconstructeur qu'une pratique spirituelle.

5.4 - Unifier ses fragments par le faire

Inutile de chercher à tout prix une cohérence entre nos divers projets. C'est le fait de les réaliser qui, peu à peu, fera apparaître le fil rouge, fait remarquer l’auteur de "Voler comme un artiste" : notre style naîtra a posteriori de l'assemblage patient de nos expérimentations hétéroclites, termine-t-il.

Chapitre 6 - Le secret : faites du bon travail et diffusez-le

Dans le sixième chapitre de son livre "Voler comme un artiste", Austin Kleon nous invite à créer le meilleur travail possible avec constance et à le partager sans réserve. Il rappelle, à ce sujet,  qu’Internet permet de construire une communauté autour de sa production au fur et à mesure, sans attendre une hypothétique consécration.

6.1 - Produire un excellent travail 

Dès lors, si l’on souhaite être reconnu pour notre talent créatif, l’auteur nous encourage à être généreux de nos trouvailles et de nos techniques. À nous intéresser sincèrement aux autres : c'est comme cela, confie-t-il, que nous devenons visible et que nous progressons, rappelant ainsi que l'égocentrisme n'est pas un bon moteur.

6.2 - Profiter et se servir de l’anonymat

Au début, continue l’auteur, il est bon de savourer notre anonymat comme une chance. Zéro pression, une liberté totale pour expérimenter et progresser loin des regards. Profitons-en cependant, car cela ne durera pas !

"Si personne ne nous connaît, rien ne nous distrait quand on essaie de faire des progrès. On n’a pas à soigner son image auprès du public. On ne risque pas de perdre des sommes importantes. On n’a personne à contenter. Notre imprésario ne nous bombarde pas de courriels. On n’est pas entouré de parasites. Vous ne retrouverez jamais une telle liberté quand le public commencera à s’intéresser à vous et, plus particulièrement, quand on vous paiera pour faire ce que vous faites."

6.3 – Partager authentiquement notre travail pour faire connaître ce que nous aimons vraiment

Ensuite, émerveillons-nous et invitons les autres à vibrer avec nous. Partageons nos découvertes et nos techniques sans crainte. Comme Bob Ross qui enseignait la peinture à la télé, montrons les coulisses de notre création. Nous inspirerons nos fans et apprendrons d'eux en retour.

Pour cela, Austin Kleon propose d’utiliser un blog ou les réseaux sociaux.

"Beaucoup d’artistes craignent qu’une présence assidue en ligne les rendra moins productifs, mais je constate au contraire que cette activité me stimule et me donne un bon coup de pied au derrière. […] Cela vous tient en éveil et vous oblige à penser à votre prochain billet."

L’auteur nous encourage à y exposer notre travail en cours, et pas juste le résultat final. À y diffuser aussi des bribes mystérieuses, des astuces, des conseils utiles, nos sources d’inspiration, nos coups de cœur. Et ce, sans tout dévoiler, en gardant le contrôle et en dosant subtilement nos partages.

Chapitre 7 - Nous ne sommes plus prisonniers de la géographie

Le chapitre 7 de "Voler comme un artiste" commence par rappeler qu’aujourd'hui, nous n’avons absolument plus besoin de vivre au cœur d’un gros centre culturel pour trouver de l’inspiration et nous épanouir artistiquement.

Avec Internet, les échanges stimulants sont à portée de clics, où que l'on soit. Plus d’excuse ! Austin Kleon lui-même, bien qu'installé dans la vibrante Austin au Texas, confie que 90 % de ses inspirateurs virtuels vivent ailleurs !

Pour autant, cela ne veut pas dire qu'il ne faut jamais se déplacer : voyager reste irremplaçable pour renouveler son regard et son énergie.

Austin Kleon partage 4 conseils à ce propos.

7.1 - Créer notre microcosme inspirant

L’auteur du livre "Voler comme un artiste" commence par souligner que, où que l’on vive, nous pouvons construire notre propre univers en nous entourant de livres, d'objets, d'images qui nous font vibrer. En aménageant un cocon stimulant rien qu'à nous.

Comme le conseillait déjà Franz Kafka avant même l’invention d’Internet : pas besoin de voyager, le monde viendra à nous si nous sommes réceptif dans notre antre.

Cultivons donc cette solitude sereine si propice à la création.

7.2 – Nous accorder des parenthèses hors connexion

À l'inverse, dans ce monde hyperconnecté, osons parfois la déconnexion, poursuit l’auteur.

Un trajet en bus sans smartphone, une séance chez le coiffeur sans wifi, un bon livre papier comme seul compagnon : ces temps de latence favorisent une attention plus profonde, essentielle pour alimenter l'imaginaire.

7.3 – Nous imprégner d'autres cultures

Cela dit, rien ne remplace un vrai voyage ou un séjour prolongé à l'étranger pour bousculer ses habitudes et son regard.

Austin Kleon nous met au défi de vivre cette expérience dépaysante au moins une fois ! Inutile d'aller à l'autre bout du monde, l'essentiel est de s'immerger dans un mode de vie différent du sien.

7.4 - Bien choisir notre camp de base

"Ne plus être prisonniers de la géographie ne signifie pas que les lieux n’ont plus d’importance. L’endroit où nous choisissons de vivre influence grandement notre travail."

Pour Austin Kleon, si nous avons la possibilité de choisir notre lieu de vie, il est préférable d’opter pour un endroit qui nous ressemble.

Aimons-nous le mauvais temps propice à rester calfeutré ? Préférons-nous une météo clémente pour profiter de la nature ? Sélectionnons un cadre compatible avec notre rythme créatif, peuplé de gens inspirants, avec une ambiance et une offre culturelle nourrissante.

En résumé, peu importe où l’on habite, c'est notre curiosité qui reste notre meilleur passeport intérieur.

Notre tribu créative nous attend en ligne, prête à voyager avec nous par écrans interposés. À nous d'entretenir ce double mouvement entre connexion choisie et déconnexion salutaire !

Chapitre 8 - Soyez aimable (la planète la plus petite)

Le chapitre 8 du livre "Voler comme un artiste", met en lumière les idées que, dans l’univers très connecté de la création, l’on récolte généralement ce que l’on s’aime.

Ainsi, en privilégiant des relations authentiques, positives avec les autres créateurs (ou même les autres en général),et en sublimant nos frustrations, le succès suit naturellement. D’ailleurs, pour Austin Kleon, la générosité et la bienveillance sont des atouts créatifs autant qu'humains…

8.1 - Cultiver des amitiés, ignorer nos ennemis

Pour Austin Kleon, mieux vaut tresser des liens que pointer des différences. Et comme il le dit avec humour : le meilleur moyen de se venger d'un ennemi, c'est d'en dire du bien !

Soyons donc bienveillant. Célébrons le travail des autres. Mettons en valeur ce qui nous inspire chez eux. C'est comme cela que nous développerons notre propre identité et que nous attirerons de belles énergies. C’est vraiment la clé pour bâtir une communauté créative épanouissante.

8.2 – Rechercher le talent

Pour Austin Kleon, il est essentiel de s’entourer de personnes talentueuses et généreuses, qui nous tirent vers le haut.

"Dans le cyberespace, cela signifie s’intéresser à la crème de la crème, à des gens beaucoup plus intelligents et accomplis que soi, à des gens qui font des choses vraiment intéressantes. Portez attention à leurs propos, à leurs œuvres, aux hyperliens qu’ils partagent."

L’auteur cite l’exemple d’Harold Ramis, acteur et metteur en scène du film "SOS Fantômes", qui avait pour règle d'or de repérer, là où il se trouvait, celui qui l'impressionnait le plus et d'aller le voir pour lui proposer son aide. 

Puis, il ajoute avec humour que si la plus douée des personnes présentes, c’est nous, alors, il est temps d'aller ailleurs !

8.3 – Canaliser notre agacement de façon créative

Oui, les réseaux sociaux regorgent de bêtises qui donnent envie de râler. Mais comme le rappelle avec sagesse la femme d'Austin Kleon, au lieu de pester, faisons plutôt quelque chose de constructif !

Laissons la colère nous propulser hors du lit. Transformons-la en moteur pour nourrir notre création au lieu de la gaspiller en pleurnicheries.

8.4 – Témoigner notre admiration de façon inspirante

Quand nous voulons exprimer notre admiration à nos "modèles", Austin Kleon propose autre chose que de leur écrire une simple lettre pour solliciter leur attention.

Il nous encourage plutôt à leur prouver notre intérêt de manière créative, par exemple en rédigeant un article élogieux sur leur travail, en leur dédiant une œuvre ou en leur apportant une solution.

"Votre idole verra ou non votre travail. Elle y réagira ou non. L’important est que vous lui manifestiez votre admiration sans rien attendre d’elle en retour, et que cette admiration vous porte à créer de nouvelles choses."

L'idée est de sublimer notre admiration pour la transformer en une énergie positive qui nous pousse à créer à notre tour.

8.5 - Accepter de ne pas toujours être compris

L'auteur de "Voler comme un artiste" nous prévient que même une fois notre talent reconnu, il existera toujours des détracteurs pour douter de nous, déformer nos propos ou nous critiquer.

Plutôt que de s'en soucier, il conseille de rester concentré sur nos projets. Il préconise aussi de conserver précieusement les compliments reçus dans un dossier, pour les relire dans les moments de doute, avant de se remettre au travail avec enthousiasme.

"J’ai parfois en ligne des succès qui me valent pendant quelques jours des Tweets et des courriels chaleureux de la part de gens qui découvrent mon œuvre. C’est formidable. Étourdissant. Un vol plané. Mais je sais que, tôt ou tard, il me faudra revenir sur terre et que, peu après, je m’enfoncerai dans un gouffre de déprime, j’aurai envie de capituler, et je me demanderai pourquoi diable j’ai choisi ce métier. C’est pourquoi je classe dans un dossier spécial tous les courriels vraiment sympathiques qui me parviennent (je supprime les courriels détestables sur-le-champ). Quand surviennent des jours sombres, quand j’ai besoin d’un tonique, j’ouvre ce dossier et je lis deux ou trois courriels. Ensuite, je me remets au boulot."

Chapitre 9 - Soyez ennuyeux (il n’y a pas d’autres façons de produire)

Pour Austin Kleon, le mythe de l'artiste tourmenté qui carbure aux excès en tous genres est une illusion romantique. La plupart des grands créateurs ont une vie bien réglée qui leur permet de durer et de maintenir leur production sur la longueur.

Ayons donc, nous aussi, une bonne routine de travail avec des horaires fixes, en gardant si nécessaire un "vrai boulot" stable à côté. C'est moins glamour mais bien plus efficace.

Voici les conseils du chapitre 9 de "Voler comme un artiste" pour adopter ce genre de quotidien certes parfois un peu ennuyeux, mais propice à la création sur le long terme.

9.1 – Préserver notre énergie

L'auteur nous met en garde : la créativité exige une grande énergie, il ne faut donc pas la dilapider dans une vie de patachon vouée à une mort précoce. Mieux vaut miser sur une vie saine et équilibrée pour pouvoir créer le plus longtemps possible. Prendre soin de sa santé, c'est capital.

9.2 - Apprendre à gérer notre argent

Autre conseil avisé d'Austin Kleon : apprenons à gérer notre argent le plus tôt possible.

Comme le répétait son grand-père, l'important n'est pas ce qu'on gagne mais ce qu'on en garde. L'auteur nous incite alors à faire un budget, à ne pas vivre au-dessus de nos moyens, à économiser. Selon lui, en résistant à la société de consommation, on préserve sa liberté créative.

9.3 - Garder un emploi alimentaire

Même si un jour vous arrivez à vivre de votre art, au début vous aurez besoin d'un travail alimentaire, nous prévient l'auteur.

Et ne voyons pas cet emploi comme une punition ! C'est au contraire ce qui nous apportera un revenu, une vie sociale, une structure. Et surtout un précieux sentiment de liberté. L’auteur cite, à ce propos, la formule du photographe Bill Cunningham : "Tant que vous ne prenez pas leur argent, ils ne peuvent pas vous dire quoi faire".

9.4 - Choisir un job qui nourrisse notre créativité

"Un emploi vous met en contact avec d’autres. Apprenez d’eux. Piquez-leur des trucs. Je me suis toujours efforcé de bosser là où je peux apprendre des choses qui enrichiront mon travail créateur."

L'auteur de "Voler comme un artiste" nous encourage à choisir un emploi qui enrichisse notre pratique créative, soit par les compétences qu'il permet d'acquérir soit par les rencontres qu'il occasionne.

Lui-même a appris la recherche en travaillant en bibliothèque, le webdesign en bossant comme développeur, le copywriting en étant rédacteur publicitaire. En somme, pour Austin Kleon, tout est bon à prendre !

9.5 - Instaurer une routine créative quotidienne

Pour avancer dans son art, Austin Kleon insiste sur l'importance d'une routine quotidienne.

Selon lui, il faut nous astreindre à un rendez-vous régulier avec notre création, quoi qu'il arrive. Même si le travail prend beaucoup de temps, il suffit de lui soustraire une plage réservée, comme un moment volé. En cultivant ainsi l'habitude d'un labeur constant, les résultats s'accumulent, observe-t-il.

9.6 – Planifier et mesurer nos progrès

Pour mieux nous tenir à cette routine créative, Austin Kleon préconise de tenir un calendrier où l'on note ses avancées du jour. Chaque tâche accomplie, on trace une grande croix dans la case. Progressivement se dessine une chaîne de croix ininterrompue, qui devient un défi ludique et gratifiant à poursuivre sur la durée.

9.7 – Tenir un journal de bord

Enfin, l'auteur nous conseille de tenir une sorte de journal de bord, moins contraignant toutefois qu'un journal intime. Il s'agit simplement d'y noter les faits marquants de la journée : les projets menés, un repas, un film...

Au fil du temps, ces petites bribes permettent de mesurer le chemin parcouru. Un outil précieux, affirme-t-il, pour ancrer sa pratique sur le long terme.

9.8 - Trouver le bon partenaire de vie

Pour clore ce chapitre, Austin Kleon parle de l’importance du conjoint dans la vie d'un créateur.

"Qui épouser : voilà la plus importante décision que vous ayez à prendre. Un "bon parti" ne désigne pas seulement votre compagne ou votre compagnon de vie, mais aussi la personne avec qui vous faites des affaires, celle avec qui vous partagez une amitié profonde, celle dont vous choisissez la compagnie."

Aussi, vivre avec un artiste est un sacerdoce qui exige d'endosser tous les rôles : homme ou femme à tout faire, coach, parent, relecteur ou relectrice...

Nous avons besoin d’un partenaire compréhensif et solide pour nous garder les pieds sur terre. L'auteur en veut pour preuve cette boutade de sa propre femme : vivre avec lui, c'est comme vivre avec De Vinci !

En somme, résume l’auteur, la recette d'une créativité durable est assez simple, même si elle exige une vraie discipline : un mode de vie sain et régulier, sans crédit ni excès.

Et finalement, les petites habitudes répétées au quotidien, dans un cadre aimant et assuré, sont bien plus fiables pour libérer notre créativité qu'une vie de bohème !

Chapitre 10 - Créer, c’est soustraire

Le dernier chapitre du livre "Voler comme un artiste" porte sur l’idée que la création est affaire de tri, de renoncement pour aller à l'essentiel.

10.1 - S'imposer des limites libératrices

En effet, selon Austin Kleon, dans notre monde saturé d'informations, une des clés du travail créatif  est de savoir faire le tri. Car selon lui, trop de choix paralysent.

Mais les contraintes, elles, heureusement, stimulent la créativité ! nous glisse l’auteur.

C’est pourquoi, il nous encourage tout d’abord à nous imposer des contraintes : un temps limité, un outil spécifique, un lieu insolite pour enclencher notre créativité.

"Rien n’est plus paralysant qu’avoir devant soi des possibilités infinies. Croire qu’on peut tout faire est absolument terrifiant. Pour surmonter l’angoisse de la page blanche ou tout autre blocage créatif, ilsuffit de s’imposer des contraintes. Cela peut paraître contradictoire, mais dans tout travail créateur les limites sont libératrices. Écrivez une chanson pendant la pause-midi. Peignez avec une seule couleur. Démarrez une entreprise sans financement. Tournez un film avec quelques amis et un iPhone. Construisez un machin quelconque en n’utilisant que des pièces de rechange."

Bref, créer un cadre contraignant mais inspirant au lieu de viser une liberté absolue illusoire.

10.2 – Choisir avec art ce qu'on élimine et faire des choix assumés

Austin Kleon souligne ensuite que :

"Ce que l’artiste choisit d’omettre est souvent ce qui rend son œuvre intéressante. Ce qu’il cache, plutôt que ce qu’il montre. De la même manière, ce qui rend un individu intéressant n’est pas seulement ce qu’il a vécu, mais aussi ce dont il n’a jamais fait l’expérience."

Assumons donc nos limites. Ne les craignons pas.

Finalement, nous dit l'auteur, créer c'est sélectionner en pleine conscience ce qu'on garde et ce qu'on abandonne. Nos choix réfléchis, nos renoncements délibérés façonnent notre singularité.

Conclusion de "Voler comme un artiste |10 secrets bien gardés sur la créativité" d’Austin Kleon

L’ouvrage "Voler comme un artiste" d'Austin Kleon est un guide inspirant qui nous montre comment nourrir notre créativité en nous appropriant avec astuce les idées qui nous entourent.

Les 3 idées clés du livre

Au fil des pages, trois idées phares émergent et ouvrent de nombreuses perspectives sur le processus créatif.

Idée n°1 : Voler intelligemment ou l’art d’assumer ses influences en les transformant

Tout d'abord, le livre "Voler comme un artiste" nous invite à embrasser pleinement nos sources d'inspiration, sans culpabilité.

Austin Kleon démystifie l'idée d'une création ex nihilo : toute œuvre s'inscrit dans une généalogie et se nourrit d'influences. Mais le plus important est de digérer ses influences, de se les approprier pour les transmuter en quelque chose de nouveau.

Le processus créatif est un jeu d'essai-erreur, de bricolage tous azimuts, de remixage permanent, pas une quête de perfection immédiate. Il faut savoir copier, expérimenter, partager sans peur du ridicule pour peu à peu affirmer sa patte.

En somme, voler intelligemment, c'est faire sien ce qu'on emprunte pour en faire un tremplin vers sa propre originalité.

Idée n°2 : Vivre intensément en adoptant un mode de vie propice à une création durable  

Selon le livre "Voler comme un artiste", créer, c’est s'ouvrir au monde avec curiosité, entretenir des passions variées. Mais c’est aussi avoir une pratique très régulière et relativement "réglée" pour canaliser son énergie efficacement sur la durée.

L’auteur souligne, en effet, combien le processus et travail créatif s'inscrit dans une discipline de vie globale.

Il implique d'adopter un rythme stable avec des rituels quotidiens, de préserver son énergie, de s'entourer de relations bienveillantes... La créativité a aussi besoin de temps morts, de distractions régénératrices qui enrichissent le processus en coulisses.

Bref, le mode de vie compte autant que les heures à sa table de travail.

Idée n°3 : Valoriser le potentiel créatif des contraintes

Enfin, Austin Kleon attire notre attention sur le pouvoir créatif des contraintes, allant à rebours de l'idée d'une liberté absolue. Canaliser son élan dans un cadre défini ouvre en réalité des possibles insoupçonnés. De même, accepter ses limites, opérer des choix radicaux dans ce qu'on écarte ou conserve s'avère salvateur pour forger son propre style.

Ce que vous apportera la lecture de "Voler comme un artiste"

Au-delà de ces trois axes directeurs, la lecture de "Voler comme un artiste" vous apportera une vision décomplexée et concrète de la créativité.

En démystifiant le processus créatif, Austin Kleon le rend accessible à tous et déculpabilise ceux qui ont peur de se lancer. Ses conseils pragmatiques, sa conception très inclusive de la figure de l'artiste résonnent bien au-delà des arts plastiques. Que l'on soit entrepreneur, indépendant, salarié, ses propositions inspirent à insuffler plus de créativité dans son quotidien, pour le dynamiser.

Les illustrations pleines d'humour et d’audace de l'auteur, son ton résolument original, bienveillant, décomplexé réconcilieront les plus réticents avec leur potentiel créatif !

Pourquoi je recommande ce livre

Je recommande cet ouvrage original et visuel à tous ceux qui souhaitent réveiller ou entretenir leur fibre créative.

D'une part pour la fraîcheur du regard d'Austin Kleon qui aborde sans pression un sujet souvent traité de façon élitiste. D'autre part pour la richesse de ses pistes d'action concrètes, faciles à mettre en pratique quel que soit son domaine.

Chacun y trouvera en effet de quoi nourrir sa propre pratique, qu'elle soit artistique ou non, entre imprégnation des influences et affirmation de sa singularité. Car "Voler comme un artiste" s'adresse à tous, que vous soyez artiste confirmé ou simplement en quête d'épanouissement créatif dans votre vie et votre travail.

Points forts :

L’aspect très visuel du livre : la qualité des illustrations, la créativité des dessins, des citations, des schémas rendent cette lecture originale et ludique.

Le ton et le regard décomplexé et audacieux de l’auteur sur la création qui la démystifie sans la dévaloriser.

Des conseils à la fois abstraits et très pratiques, solides sans être rigides.

L’idée que "voler comme un artiste", c'est admettre qu'on ne crée jamais à partir de rien mais toujours en piochant astucieusement dans un patrimoine existant qu'on s'approprie. L'originalité naît du choix et de l'agencement unique qu'on fera de ses influences.

Points faibles :

Un ouvrage assez bref qui gagnerait à être complété par une exploration plus poussée.

Des principes plutôt adaptés au travail individuel qu'aux processus créatifs en équipe.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 22 Aug 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12945/Voler-comme-un-artiste
Construire un second cerveau http://www.olivier-roland.fr/items/view/12915/Construire-un-second-cerveau

Résumé de "Construire un second cerveau — Une méthode complète pour organiser votre vie numérique et libérer votre potentiel créatif" de Tiago Forte : un manuel dont le célèbre Seth Godin revendique l'efficacité — pour quoi faire ? Eh bien, pour découvrir tout votre potentiel et apprendre à l'exprimer, pardi !

Tiago Forte, 2022, 276 pages.

Titre original : « Building a Second Brain » (2022).

Chronique et résumé de "Construire un second cerveau — Une méthode complète pour organiser votre vie numérique et libérer votre potentiel créatif" de Tiago Forte 

Introduction — La promesse d'un second cerveau

Première partie — Les fondations : comprendre ce qui est possible

✅ Chapitre 1 — Où tout a commencé

Tiago Forte utilise le storytelling dans ce premier chapitre. C'est-à-dire ? Il nous raconte une histoire — son histoire personnelle — faite de difficultés et de réussites. Plus précisément, il nous raconte comment il a surmonté l'obstacle de la maladie grâce à l'invention de son système de notes et d'organisation de la pensée.

Un tournant personnel : la découverte du pouvoir associé à la prise de note

Alors qu'il était malade — un étrange mal de gorge qui ne passait pas et que les médecins n'arrivaient pas à bien diagnostiquer — il s'est rendu compte qu'il pouvait noter ses sensations et ses pensées pour aider le corps médical à y voir plus clair.

Ensuite, il a commencé à regrouper également les rapports des médecins et à composer un véritable dossier personnel de gestion de sa maladie.

Peu à peu, il a étendu cette bonne habitude à d'autres domaines de sa vie et a transformé ses notes manuscrites en notes numériques. Lorsqu'il a décroché son premier emploi, il a utilisé cette méthode est s'est rendu compte de sa puissance.

Un autre tournant : la découverte du pouvoir du partage

Oui, il s'est rendu compte que son système de notes était véritablement un atout professionnel. Cela lui a d'abord valu d'être apprécié par ses collègues et sa hiérarchie. Puis, il a même reçu des demandes de conseils et de formation venues de certains collaborateurs.

Peu à peu, sa méthode d'organisation a pris une forme plus structurée et prête pour être échangée, partagée. Les discussions informelles se sont transformées en ateliers, voire en conférences. Il a également écrit des articles sur le sujet qui sont parus dans des revues prestigieuses.

Les origines du système du second cerveau

Bien sûr, Tiago Forte n'est pas seul à avoir pensé à l'organisation des idées. Pour créer sa méthode, il s'est inspiré de nombreux scientifiques et penseurs qu'il cite d'ailleurs dans l'ouvrage.

Quoi qu'il en soit, il a patiemment agrégé son expérience personnelle et ces précieuses références pour concocter un programme qu'il a nommé CODE et qui sera présenté dans la deuxième partie de cet ouvrage (et de cette chronique !).

✅ Chapitre 2 — Un second cerveau, c'est quoi ?

"L'information constitue la matière première de tout ce que nous entreprenons." (Construire un second cerveau, Chapitre 2)

Nous pouvons quantifier la quantité d'informations que nous "ingurgitons" par jour. Le New York Times, par exemple, estime à 34 gigaoctets la quantité d'informations consommée quotidiennement par un "individu moyen".

Problème : souvent, nous nous noyons dans cet océan d'informations. Celui-ci nous submerge ; au lieu de le maîtriser, nous perdons pied. Internet a été le grand démultiplicateur de ce phénomène.

Le constat est désormais connu : notre capacité d'attention est sollicitée constamment par les dispositifs numériques, et cela au détriment de notre qualité de vie et de la réalisation de nos projets.

Pourtant, le numérique et Internet sont également des outils formidables pour se construire un second cerveau. C'est même pour cela que l'ordinateur personnel a été inventé ! Rappelez-vous la phrase de Steve Jobs : "l'ordinateur est comme un vélo pour l'esprit".

L'héritier des mémentos

Mais n'allons pas trop vite. Regardons un peu en arrière. Comment les personnes créatives et organisées faisaient-elles, il n'y a pas encore si longtemps, pour produire leurs œuvres et réaliser leurs objectifs ?

Beaucoup d'entre eux utilisaient des mémentos ou, en anglais, des commonplace books. Typiquement, il s'agit de carnets utilisés pour y laisser des idées ou pour recopier des passages de livres, par exemple.

Ce faisant, ces personnes créaient (et créent toujours, pour bon nombre d'entre elles qui utilisent encore ce système éculé) leurs propres idées et projets en s'appuyant sur toute cette compilation de notes personnelles.

Pour Tiago Forte, cette simple pratique peut nous aider à endiguer le phénomène de perte d'attention évoqué plus haut. Mais nous pouvons nous servir des outils mis aujourd'hui à notre disposition !

Le mémento numérique

La numérisation du mémento permet un archivage et une organisation plus pratique. Les calepins se perdent, doivent être recompilés, conservés physiquement, etc. À l'inverse, les notes numériques sont plus aisément consultables et nous pouvons les conserver sans grande difficulté, notamment grâce au cloud.

En fait, le mémento numérique est le second cerveau. Lorsque vous aurez appris à le créer et à l'utiliser, il agira comme une machine à penser rien que pour vous. L'auteur le définit également comme un laboratoire où vous pouvez regrouper et assembler des savoirs qui vous sont propres.

Repenser la prise de notes : les notes comme. des briques de savoir

Tout le monde est concerné par la prise de notes et la mémorisation aujourd'hui. Pourquoi ? Car la plus grande partie des emplois sont liés à l'information. En fait, nous sommes dans une société où :

"Plus de la moitié des actifs peuvent être considérés comme des "travailleurs du savoir", c'est-à-dire des individus pour qui les connaissances constituent le bien le plus précieux et qui passent le plus clair de leur temps à gérer de vastes quantités d'informations." (Construire un second cerveau, Chapitre 2)

Et pourtant, nous n'apprenons que très rarement à gérer celles-ci. À l'école, on nous apprend à retenir pour retenir, sans chercher à faire quelque chose des notes que nous prenons une fois l'examen passé.

En situation professionnelle, nous nous trouvons souvent démunis, car nous n'avons justement pas appris à manipuler les connaissances comme il se doit.

Il importe donc d'agir. Pour ce faire, commencez par imaginer chaque connaissance comme une brique de Lego. Nous allons apprendre à les conserver et à les associer pour faire émerger vos plus belles idées.

Une histoire de deux cerveaux

Tiago Forte raconte deux histoires :

Celle de Nina, qui n'utilise que son "premier cerveau" (celle qui est dans sa tête !). Elle a bien des difficultés à se souvenir de l'endroit où elle a placé tel rapport ou telle note, et perd un temps fou à organiser ses idées.

Votre histoire, une fois que vous aurez adopté la méthode proposée par l'auteur (découvrez-la p. 39-42 !).

Mettre la technologie au service de la pensée

Même lorsque nous utilisons les outils numériques, nous devons nous rendre à l'évidence : une bonne part de notre production finit au fond d'un cloud ou d'une clé USB et nous n'en entendons plus jamais parler…

Le numérique ne résout donc pas tout naturellement. Il faut réaliser un effort pour le mettre au service d'une gestion efficace des connaissances personnelles (le PKM ou personal knowledge management est un véritable champ de recherches aux États-Unis).

Pour que le numérique devienne véritablement notre deuxième cerveau, nous devons apprendre à interagir de façon saine et adaptée avec lui. Voyons maintenant ce que cela pourrait donner !

✅ Chapitre 3 — Comment un second cerveau fonctionne

"Dites-vous que votre second cerveau est votre meilleur assistant personnel." (Construire un second cerveau, Chapitre 3)

Ensuite, demandez-vous quels seraient ses attributions ou ses superpouvoirs.

Les superpouvoirs d'un second cerveau

Pour Tiago Forte, il y en a quatre :

Concrétiser ses idées ;

Mettre en lumière de nouvelles associations d'idées ;

Faire germer de nouvelles idées ;

Affûter ses perspectives dans leur singularité (p. 46).

Superpouvoir numéro 1 : concrétiser nos idées

Même les plus puissants esprits ont besoin de rendre leurs idées concrètes. En science comme ailleurs, dès que nous pensons abstraitement, nous avons besoin de revenir, à un moment donné, vers le concret, le manipulable.

C'est pourquoi noter ses idées, dessiner ou encore modéliser en 3D est si important. Avec le mémento numérique, chaque brique prend sa place quelque part et se "matérialise" en quelque sorte (même si c'est avec des pixels et des bits informatiques).

Superpouvoir numéro 2 : mettre en lumière de nouvelles associations d'idées

"La créativité consiste à connecter des idées, dit l'auteur, surtout quand celles-ci semblent n'avoir rien à voir de commun les unes avec les autres". Il prend l'exemple du Scrabble, ce jeu où il faut mélanger des cubes pour former des ensembles de lettres à partir desquelles former des mots.

Tout comme le Scrabble, le mémento numérique vous offre la possibilité de mélanger vos idées afin de faire émerger de l'inattendu et créer du sens.

Superpouvoir numéro 3 : faire germer de nouvelles idées

Le "biais de récence" signifie la tendance à favoriser les briques de connaissance que vous avez vues (ou entendues, etc.) récemment. Grâce à votre second cerveau, vous pourrez aller rechercher des idées lointaines sans peine et les connecter avec d'autres beaucoup plus récentes.

Cet effet de longue durée — grâce à la mémoire externe qu'est votre second cerveau — peut vous aider à faire émerger des idées véritablement originales, au-delà de la simple association d'idées récentes.

Superpouvoir numéro 4 : affûter nos perspectives dans leur singularité

Compiler et associer les idées d'autrui a pour fin de faire naître vos propres idées et votre propre perspective sur le monde. La création ne part pas de rien ! Elle s'appuie sur ce qui a été réalisé en amont par d'autres que nous.

En réalité, nous pouvons donner une interprétation particulière à ce que nous voyons, entendons, etc., bref, percevons du monde extérieur.

Retenez ceci : le fait que vous soyez bloqué dans un projet créatif (par exemple, écrire) ne signifie pas nécessairement que vous n'êtes pas doué ou que vous avez perdu toute inspiration, mais simplement que vous n'avez pas encore suffisamment de matériaux à votre disposition.

Choisir une application de prise de notes : le centre neurologique de votre second cerveau

Tiago Forte se refuse à donner une recommandation en particulier. Vous pouvez selon lui opter pour le programme qui vous convient le mieux, que ce soit, par exemple, Evernote, Notion ou encore Apple Notes.

Les quatre atouts d'un assistant numérique de ce type sont :

Le multimédia, à savoir la possibilité d'utiliser vos contenus sur plusieurs médias (ordinateurs, téléphone, etc.).

Le caractère informel, c'est-à-dire que vous n'avez pas à rendre un travail fini et sans fautes !

La durée indéterminée du processus.

L'orientation vers l'action, puisque l'intérêt est de capter rapidement des idées pour les utiliser ensuite.

Si votre système de notes comprend ces quatre points forts, vous pouvez l'adopter ! Pensez aussi que vous pouvez commencer par une application basique, puis monter en gamme ensuite. Le plus important ici :

"[N]e pas se faire piéger par le perfectionnisme en repoussant le moment de commencer à prendre des notes au prétexte que vous devez d'abord trouver l'application "parfaite" qui inclura une liste précise de fonctionnalités. Le but n'est pas d'avoir à votre disposition des outils parfaits, mais des outils fiables sur lesquels vous pouvez compter, en sachant que vous pourrez toujours en changer plus tard." ((Construire un second cerveau, Chapitre 3)

Se souvenir, se connecter créer : les trois étapes de la gestion des connaissances personnelles

Le plus souvent, les personnes prennent du temps pour mettre véritablement à profit leur second cerveau. L'auteur recommande d'ailleurs de passer par ces trois étapes :

Commencez par simplement prendre des notes et à vous servir de votre système comme aide-mémoire.

Ensuite, passez à un stade de réflexion et de découverte de nouvelles idées par connexion.

Enfin, bâtissez un véritable système de création de nouvelles choses, comme des vidéos YouTube, par exemple, ou tout autre projet créatif que vous aurez à l'esprit !

L'auteur introduit ensuite sa méthode CODE. Toutefois, dans le cadre de cette chronique, nous pouvons nous passer de ce résumé et passer directement à la présentation de la méthode en tant que tel. Prêt à construire votre second cerveau ? C'est parti !

Deuxième partie — Les quatre étapes de la méthode CODE

✅ Chapitre 4 — Capter : garder ce qui résonne en soi

"L'information n'est pas un luxe ; c'est la condition même de notre survie." (Construire un second cerveau, Chapitre 4)

Que veut dire TIago Forte ici ? Eh bien, qu'en tant qu'humains, nous avons besoin de penser et de nous informer afin de répondre à nos besoins les plus élémentaires.

Par ailleurs, comme la nourriture, les informations conditionnent notre bien-être. Si nous mangeons mal, nous serons probablement en mauvaise santé à un moment ou à un autre. Il en va de même pour les "nourritures de l'esprit".

Se constituer un recueil de connaissances personnel

L'auteur prend l'exemple de la chanteuse de pop et country Taylor Swift. Dans plusieurs documentaires, celle-ci se met en scène en train de créer ses chansons. Or, elle utilise précisément un système de notes du type "second cerveau", qui lui permet de se souvenir, de connecter les idées et de créer.

Chaque personnalité reconnue pour son talent dispose d'un système semblable. La créativité ne vient pas seule, comme par enchantement. Elle suppose un processus créatif qui peut être enseigné et appris.

Se créer une banque de savoirs : comment générer des intérêts composés à partir de vos idées

Une question délicate se pose : comment sélectionner les informations à sauvegarder ? Comment savoir ce que nous voulons conserver et ce qui ne mérite pas ce traitement de faveur ?

Pour ce faire, commençons par compliquer — ou plutôt élargir — la notion de savoir. Par ce mot, Tiago Forte n'entend pas ici les grands principes philosophiques ou scientifiques, mais tout "actif informationnel", tout "contenu" qui vous semble intéressant pour une raison ou pour une autre.

Il y a donc du savoir partout autour de vous, et c'est à vous de décider ce qui peut vous aider à :

Résoudre un problème ;

Gagner du temps ;

Éclairer un concept ;

Apprendre d'une expérience passée ;

Etc. (exemples donnés par l'auteur p. 73)

Bref, tout actif informationnel est ce qui peut vous servir, quel que soit le but que vous vous proposez (et il peut y en avoir plusieurs en même temps, c'est d'ailleurs souvent le cas).

Par ailleurs, en plus des "briques" que vous trouverez dans le monde extérieur, il y a ce qui apparaît "à l'intérieur". En effet, chaque information peut résonner en vous et vous faire penser à quelque chose qui peut, à son tour, être noté.

Ce qu'il ne faut pas garder

Voici une liste non exhaustive de documents qu'il est préférable de ne pas intégrer à votre système de notes :

Des rapports confidentiels ou données à sécuriser ;

Des documents avec des formats trop spécifiques ;

Les fichiers trop imposants ;

Les contenus collaboratifs en temps réel.

Douze problèmes favoris : l'art de la captation vu par un prix Nobel

Revenons au filtre lui-même, à savoir les buts que vous vous fixez. Vous pouvez transformer ces buts ou ces problèmes en questions. Dès que vous repérez une donnée qui semble répondre, même partiellement, à l'une de vos questions, vous la répertoriez dans votre système de notes !

C'est à partir de l'exemple du prix Nobel de physique Richard Feynman que Tiago Forte propose cette astuce bien utile. Vos questions peuvent regrouper des problèmes existentiels ou complètement prosaïques, peu importe ! L'important est que vous ayez envie de récolter des informations sur ces sujets.

Voici quelques exemples donnés par l'auteur, mais il est bien plus efficace de trouver vos 12 questions en fonction de vos intérêts propres :

Comment moins vivre dans le passé et plus dans le présent ?

Comment mon business peut-il devenir à la fois durable et rentable ?

Que puis-je faire pour manger plus sainement ?

Etc.

Si vous n'y arrivez pas, ne stressez pas. Essayez les trucs suivants :

Posez des questions à votre entourage et en particulier à vos parents pour voir ce qui vous intéressait enfant ;

Arrêtez-vous au nombre que vous avez, sans aller jusqu'à 12.

Conformez-vous avec ce premier jet, vous l'améliorerez plus tard si nécessaire !

Bien sûr, préférez les questions ouvertes (qui appellent des réponses longues) aux questions fermées (oui/non) !

Les critères de captation : comment éviter de trop capter (ou pas assez)

Retenez également que la valeur d'un contenu est distribuée. Autrement dit, tout ne vous intéressera pas. Au lieu de garder un article complet dans vos favoris, ne le lisez qu'une fois et sélectionnez les passages les plus pertinents pour votre problème pour les placer dans votre système de notes.

Vous devez impérativement apprendre à faire le tri en ne sélectionnant que les parties qui vous parlent le plus. Sinon, c'est la submersion — et c'est un problème qui arrive à beaucoup d'entre nous.

Alors, pour apprendre à raffiner votre sélection, voici quatre questions à vous poser. Est-ce… :

Inspirant ?

Utile ?

Personnel ?

Surprenant ?

En définitive, captez ce qui résonne en vous

"Lorsque vous vous imprégnez d'une information, soyez à l'écoute de vous-même et voyez si elle vous émeut ou vous surprend. Ce sentiment de "résonnance" — comme un écho dans votre âme — est votre intuition qui vous dit que ce contenu vaut vraiment la peine d'être noté." (Construire un second cerveau, Chapitre 4)

Nos émotions nous aident à organiser notre savoir et jouent un rôle dans notre raisonnement. Apprenez donc à écouter cette petite voix intérieure suffisamment souvent pour qu'elle prenne de la force et vous guide dans vos choix.

Au-delà de l'application de prises de notes : choisir des outils de captation

Tiago Forte détaille tous les logiciels ou outils numériques qui vous permettent de récupérer du contenu au quotidien. Par exemple, vous pouvez :

Copier-coller du contenu YouTube en demandant d'afficher la transcription ;

Utiliser la fonction "partager" des livres numériques ;

Découper des segments de podcasts ;

Etc.

Ce ne sont que quelques exemples parmi ceux donnés par l'auteur. Le plus souvent, des solutions simples existent pour récupérer les éléments qui vous intéressent le plus.

Les étonnants bénéfices de l'externalisation de vos pensées

Cela vaut pour les briques de connaissance extérieure. Mais quand vous voulez exprimer vos propres idées (notamment vos ressentis par rapport aux documents que vous sélectionnez), vous pouvez simplement écrire directement dans votre système de notes (ou vous enregistrez en audio, si vous préférez).

Notez vos idées ou les exprimer à haute voix a bien des avantages. Premièrement, cela facilite la mémorisation. Mais ce n'est pas tout. Le fait d'exprimer ce que vous pensiez ou ressentez vous donne de nouvelles idées ou vous procure de nouvelles émotions qui peuvent être très libératrices.

La prise de notes nous aide aussi — et c'est lié — à prendre nos distances avec l'information reçue. Nous cessons peu à peu de réagir à chaud, sans prendre le temps d'y réfléchir. D'ailleurs, certains des contenus que vous sélectionnez aujourd'hui vous sembleront inutiles ou triviaux quelques jours plus tard. Dans ce cas, supprimez-les !

À votre tour : à quoi ressemblerait la captation d'idées si c'était facile ?

Plutôt que de chercher à retenir tous les éléments un par un de ce livre, demandez-vous comment vous pourriez mettre en place la captation d'idées dans votre quotidien de manière agréable et aisée. Imaginez les contenus que vous pourriez y intégrer.

En somme, commencez à agir plutôt qu'à tout retenir. C'est ainsi que vous trouverez les chemins qui vous conviennent le mieux et que vous tirerez tout le bénéfice des conseils donnés dans ce livre.

✅ Chapitre 5 — S'organiser : sauvegarder ses actifs en vue d'une utilisation future

Twilda Swarp est l'une des chorégraphes les plus réputées dans le monde de la danse contemporaine. Elle a une technique créative simple qu'elle nomme "La boîte".

Elle dépose dans une simple boîte de rangement tous les éléments liés à un projet chorégraphique, depuis son objectif (qui peut être un simple mot) jusqu'à des objets de toutes sortes et des morceaux de musique. Lorsqu'elle veut travailler sur son projet, elle sait où aller voir : dans la boîte !

L'effet cathédrale : concevoir un espace pour vos idées

L'environnement numérique est important. Nous passons de nombreuses heures immergés "dans" ces espaces de travail, que ce soit via nos téléphones ou nos ordinateurs.

Dès lors, il est capital de les organiser au mieux, en favorisant autant que possible un esprit de découverte et de réflexion. Nous allons voir une solution pour créer ce type d'espace dans les sections suivantes.

Avec PARA, formez votre esprit (et vos notes) en vue d'agir

En réalité, ce passage à l'organisation est souvent l'écueil de ceux qui prennent des notes. Ils accumulent, sans parvenir à créer un ordre. Résultat : la submersion à nouveau.

Tiago Forte propose une technique d'organisation qu'il nomme PARA pour :

Projet (projects) = les efforts limités dans le temps, concentrés sur une tâche en cours actuellement (les 12 questions du chapitre 3, par exemple).

Domaines (areas) = les responsabilités à long terme que vous souhaitez maîtriser dans la durée.

Ressources (resources) = les sujets ou intérêts potentiellement utiles pour l'avenir.

Archives (archives) = les informations devenues inactives, issues des trois autres catégories.

L'idée est de déposer les briques de connaissance dans l'un de ces quatre répertoires, à partir de l'usage que vous voulez en faire.

PARA vu des coulisses

L'auteur montre, grâce à des captures d'écran, son propre classement en action sur son ordinateur. Il a 4 fichiers principaux, puis, à l'intérieur, les fichiers correspondants.

Par exemple, s'il clique sur le premier fichier "Projets", il a 11 nouveaux fichiers qui apparaissent avec les projets qui l'occupent en ce moment. Lorsqu'il clique sur l'un de ces fichiers, il ouvre des documents avec les informations qu'il a répertoriées.

Il en va de même avec les autres fichiers principaux (domaines, ressources et archives).

Où ranger cette information? Comment faire pour savoir où sauvegarder chacune de vos notes

Si vous avez encore des difficultés à vous décider, malgré ce système de classement, demandez-vous :

Quel est le projet concerné par cette note ?

Aucun, alors pour quel domaine (plus long terme) ?

Toujours aucun ? Alors est-ce une ressource intéressante "au cas où" ?

Non, alors dans les archives (ou à ne pas noter).

Faites confiance à votre intuition et pensez rapidité. Votre note doit être là où vous l'attendez. Elle doit vous aider concrètement à réaliser vos objectifs.

Organiser l'information comme une cuisine : que suis-je en train de préparer ?

Tiago Forte propose cette analogie curieuse et bien trouvée avec la cuisine.

Vos projets sont les petits plats qui mijotent sur le feu.

Vos domaines sont le réfrigérateur, y sont conservées les choses à consommer relativement rapidement.

Le garde-manger, ce sont vos ressources, disponibles en cas de besoin pour n'importe quel repas.

Les archives ? Votre congélateur ! C'est un lieu de stockage à durée indéfinie.

Vous comprenez bien que les notes peuvent se déplacer d'un endroit à un autre. Lorsque vous avez terminé un projet, vous pouvez le mettre au congélateur ou placer quelques éléments que vous n'avez pas utilisés (ou qui peuvent encore servir) dans votre fichier Ressources, par exemple.

Vos projets achevés sont l'oxygène de votre second cerveau

L'objectif n'est pas d'avoir un ordinateur bien rangé ; l'objectif est de mener à bien vos projets créatifs et productifs. Un projet terminé vous donne de l'énergie pour le suivant et augmente votre confiance en vous.

Pour ce faire, vous avez besoin de faire le vide dans leur espace de travail. Si vous avez trop de documents dont ne vous savez que faire, placez-les dans Archive (avec la date, éventuellement) jusqu'à un meilleur usage. Libérez les espaces importants pour vos projets et faites disparaître ce qui ne compte plus.

À votre tour : rapide dans vos gestes, délicat dans votre toucher

Telle est la phrase que Tiago Forte a entendue d'une de ses coaches. Et c'est aussi ce qu'il veut nous transmettre. Être rapide dans ses gestes et délicat dans son toucher, cela signifie prendre le chemin de la moindre résistance. Bref, ne pas faire de forcing.

Cherchez donc le moyen le plus simple de vous rapprocher de votre envie de créer une organisation efficace pour votre prise de notes. Par exemple, ne commencez qu'avec les projets. Peu à peu, ajoutez, quand vous vous sentez à l'aise.

"Surtout, gardez à l'esprit que ces catégories ne sont pas définitives. PARA est un système dynamique qui se transforme constamment. Votre second cerveau évolue en parallèle de vos projets et de vos objectifs, ce qui signifie que vous n'avez pas à vous préoccuper de savoir s'il est parfait ou même finalisé." (Construire un second cerveau, Chapitre 5)

✅ Chapitre 6 — Distiller : aller à l'essentiel

Comment faire quelque chose de nouveau à partir de briques de connaissances existantes ? Il faut les distiller, c'est-à-dire les interpréter et en retirer la substantifique moelle.

Pour montrer ce processus à l'œuvre, Tiago Forte utilise l'exemple de Francis Ford Coppola lorsqu'il réalisa Le Parrain à partir d'un roman de Mario Puzo. Il utilisa un classeur pour répertorier ces impressions sur le livre et transformer celui-ci en un film très personnel.

La prise de note quantique : comment créer des notes pour un futur inconnu

La captation et le classement sont les étapes en amont. Une fois que votre connaissance est intégrée dans votre classement, vous devrez en faire quelque chose. Sur le moment, vous n'avez pas le temps de la relire ou de l'interpréter. Il faudra donc réaliser ce travail ensuite.

Les deux premières étapes sont ainsi comme un message envoyé à votre moi futur : "eh, prends garde, cela compte, fais-en quelque chose !". Mais pour ce faire, il faut aussi parvenir à garder l'intérêt pour vos notes. Comment faire ?

La "découvrabilité" : le lien manquant pour rendre vos notes utiles

Vos notes doivent être claires : les points importants doivent sauter aux yeux directement. C'est ça la "découvrabilité" selon l'auteur. Si vous voulez que votre idée reste fraiche dans un avenir plus ou moins proche, vous devez la rendre "découvrable" en ce sens.

Imaginez que vous serez débordé demain, avec toutes les informations que vous vous serez "envoyé". Pour vous faciliter la vie, vous avez besoin de vous rappeler très facilement ce qui était important au moment où vous avez collectionné cette information.

Surlignage 2.0 : la technique de la synthèse progressive

L'auteur propose d'améliorer la technique habituelle du surlignage en créant quatre strates permettant de se souvenir rapidement du sens d'une note :

La note brute (en elle-même, elle est déjà une sélection d'un document) ;

Les passages en caractère gras ;

Les passages surlignés ;

Le sommaire exécutif.

Le sommaire exécutif de votre note, c'est vous qui l'écrivez en reprenant de façon synthétique ce que vous avez surligné. En passant de strate en strate, c'est comme si vous zoomiez sur votre carte du savoir pour prendre de la hauteur.

Dans la suite du chapitre, Tago Forte donne quatre exemples de synthèse progressive avec des documents de plus en plus courts (voir pages 144-150).

Le secret de Picasso : élaguer le "bien" pour faire ressortir l'"extraordinaire"

Connaissez-vous la série de lithographies de taureaux du célèbre artiste espagnol (voir image ci-dessous) ? En 11 lithographies, le peintre simplifie une image d'un taureau pour n'en conserver que les traits les plus élémentaires.

La simplification — ou la distillation — est tout un art !

"La synthèse progressive ne sert pas à se rappeler autant de choses que possible. À mesure que vous distillerez vos idées, elles s'amélioreront naturellement, parce que quand vous éliminez ce qui n'est "que" bon, cela permet à ce qui est excellent de briller plus intensément." (Construire un second cerveau, Chapitre 6)

Les trois erreurs les plus courantes des preneurs de notes novices

Tiago Forte en repère trois principales :

Surligner à l'excès ;

Surligner sans but précis ;

Compliquer le surlignage.

Gardez les choses simples en ayant toujours à l'esprit que vos briques de connaissances doivent être malléables et utilisables pour votre moi futur. Si vous surlignez trop ou avec trop de couleurs, vous vous perdrez sans doute.

À votre tour : gardez votre moi futur à l'esprit

Exercez-vous à la méthode PARA avec des contenus que vous aurez sélectionnés et classés. Par exemple, un extrait d'article de blog ou de vidéo YouTube.

Tiago Forte conseille de créer vos notes en respectant les trois strates indiquées pour les rendre "découvrables". Pour vérifier que vous avez correctement effectué cette action, laissez la note de côté, mais mettez-vous un rappel quelque part pour qu'elle revienne dans votre champ de vision quelques jours plus tard.

Est-ce que vous pouvez vous rappeler aisément, en 30 secondes environ, de quoi il s'agit ? Dans ce cas, c'est que votre note fonctionne. Conservez-la alors sous cette forme définitive dans le dossier choisi.

✅ Chapitre 7 — Exprimer : montrer son travail

Octavia Butler est l'une des plus grandes écrivaines de science-fiction contemporaines. Or, elle a commencé avec peu. Comment a-t-elle réussi à créer des mondes futuristes et à avoir des intuitions fortes sur le monde d'aujourd'hui ?

Eh bien, elle prenait énormément de notes à propos de ses multiples centres d'intérêts. Ce qui fait dire à Tiago Forte :

"Les créateurs professionnels s'inspirent constamment de ce que leurs expériences et leurs observations personnelles leur offrent, des idées des autres et des leçons glanées aussi bien des succès que des échecs. S'il y a un secret à la créativité, c'est qu'elle se nourrit de nos efforts quotidiens pour rassembler et organiser ce qui nous influence." (Construire un second cerveau, Chapitre 7)

Comment protéger vos ressources les plus précieuses

"L'attention d'un travailleur du savoir est sa plus rare et précieuse ressource", dit l'auteur. Notre système de notes doit donc nous libérer de l'attention pour créer, au lieu de nous en demander davantage.

La dernière étape du programme CODE consiste à s'exprimer. Comment faire ? Ici encore, mieux vaut ne pas attendre que tout soit parfait. Recherchez le feed-back d'autrui assez régulièrement, sans attendre le dernier moment.

Les briques intermédiaires : pour être puissant, pensez petit

Cette notion de découpage en tâches intermédiaires est connue. Découper un projet en petits bouts vous aidera à combattre la procrastination et à avancer plus sereinement.

Il est également important de proposer un premier jet — et cela quel que soit votre domaine (de la musique à l'architecture, en passant par le copywriting).

Mais tout ceci ne suffit pas. Votre second cerveau va agréger les premiers jets qui sont comme autant de briques intermédiaires sur le chemin de votre projet final. C'est en associant ces briques que vous gagnerez en puissance créative et en efficacité.

D'un projet à l'autre, vous pouvez en effet réutiliser certaines briques intermédiaires, comme des notes distillées (voir le chapitre précédent) ou des livrables que vous avez rendus dans d'autres circonstances, par exemple.

Tiago Forte considère que cette pratique a quatre avantages principaux :

Augmentation de la concentration ;

Adaptation du travail au temps disponible ;

Réorientation et feed-backs plus rapides ;

Facilitation toujours accrue de la réalisation des projets.

Assembler ses briques : le secret d'une production bien huilée

Pensez à un projet. Par exemple : organiser une conférence. Vous pouvez penser que cela est hors de votre portée, car vous ne l'avez jamais fait. Et pourtant, si vous découpez la tâche en plusieurs morceaux, vous vous rendrez vite compte que vous savez déjà tout faire ou presque.

Par exemple, vous devrez créer un programme et envoyer des invitations aux conférenciers. Ce sont des choses que vous savez déjà probablement faire. Si cela est nécessaire, vous pourrez même utiliser des briques de votre second cerveau pour aller plus vite dans la réalisation de chacune de ces sous-tâches.

Pensez Lego ! Construisez peu à peu votre projet à partir de briques qui viennent remplir les plus petites tâches que vous avez identifiées et sans même vous en rendre compte, vous aurez complété votre projet tout entier.

Comment récupérer et réutiliser votre travail passé

Le processus de récupération des briques de connaissance n'a rien de trivial. C'est à ce moment-là que de nouvelles connexions, encore plus puissantes, peuvent émerger entre différents morceaux d'informations que vous aurez collectés.

L'auteur propose quatre méthodes de récupération :

Recherche = utilisez la fonction recherche de votre navigateur ou de votre logiciel de prise de notes.

Navigation "au gré du courant" = ouvrez votre dossier PARA pertinent et parcourez-le.

Balises = utilisez les étiquettes ou balises (aussi appelés tags, en anglais) pour "casser" les frontières/silos entre vos dossiers et faire des connexions plus étonnantes.

Sérendipité = laissez votre intuition parler !

Par nature, la créativité est collaborative

Non, nous ne créons pas seuls. Même si nous sommes effectivement seuls dans notre bureau à un moment X, nous sommes habités par de multiples voix qui viennent nous aider à réaliser nos ambitions. Ce sont les briques de connaissance qui portent ces voix !

Plus prosaïquement, le fait de recevoir des retours réguliers de vos collègues ou éditeurs (ou autres) participe complètement au processus créatif.

Tout n'est que combinaison

Dans le même ordre d'idée, nous pouvons dire que la créativité est toujours un "art de la combinaison", c'est-à-dire que nous travaillons toujours en nous appuyons sur ce que d'autres ont déjà fait.

Il existe même des briques de connaissance si essentielles qu'elles reviennent constamment dans votre travail et dans celui des autres. Reconnaître que vous vous inspirez d'autrui n'a rien de déshonorant. Au contraire !

"Rendre à César ce qui est à César ne diminuera pas la valeur de votre contribution, cela la rehaussera. Comme toutes vos sources seront clairement documentées dans votre second cerveau, vous n'aurez pas de peine à les retrouver et les inclure dans votre version définitive." (Construire un second cerveau, Chapitre 7)

À votre tour : vous seul savez ce que vous souhaitez produire

"C'est en réalisant des choses concrètes que nous apprenons — avant même de nous sentir prêts, avant d'avoir tout compris et avant de savoir où cela nous mènera", dit encore l'auteur un peu plus loin.

Autrement dit : passez à l'action sans attendre d'avoir tout compris. C'est en faisant que vous vous rendrez plus intelligent ! Quelle que soit la création que vous vous proposez de réaliser, qu'elle soit professionnelle ou personnelle, vous pouvez commencer à agir en vous aidant du système proposé dans ce livre.

Troisième partie — La conversion : réaliser vos projets

✅ Chapitre 8 — L’art de l’exécution créative

Tiago raconte l'histoire de sa mère, musicienne, et de son père, peintre. La création a fait partie de sa vie très jeune. Et c'est le sens même de ce qu'il veut transmettre. L'organisation et la prise de notes ne sont pas des fins en soi, mais des moyens pour créer.

Divergence et convergence : un exercice créatif d'équilibriste

Si les résultats de notre créativité sont nouveaux, le processus créatif, lui, est "immuable". Pour l'exposer clairement, l'auteur a recours à une opposition entre deux phases :

Divergence ;

Convergence.

Pendant la phase de divergence, nous accumulons une foule bigarrée de sources d'inspiration. Mais elle ne suffit pas. Il lui faut aboutir à un résultat unique et cohérent : c'est la phase de convergence.

Les deux premières lettres du programme CODE, capter et organiser, font partie de la phase de divergence. Les deux suivantes, distiller et exprimer, sont quant à eux au cœur du processus de convergence.

Les trois stratégies que j'utilise pour donner corps à un travail créatif

Pour vous pousser à l'action et tout particulièrement vers la phase de convergence, qui peut être sans cesse repoussée, Tago Forte donne trois astuces :

"L'archipel des idées" vise à créer des ponts et à éviter l'angoisse de la page blanche en créant, sur votre page de traitement de texte, un "archipel" avec plusieurs citations ou sources à votre disposition. De cette façon, il vous sera plus facile de commencer à écrire.

"Le pont d'Hemingway" est une technique du romancier pour passer d'une session de travail à une autre. Au lieu de terminer à bout de souffle, prenez le temps, vers la fin de votre session, de faire le point sur la situation actuelle de votre travail et de vous donner des idées pour la prochaine fois. Pensez également à noter les informations à ne pas oublier et à vous rappeler à vous-même vos intentions.

Réduire la portée de votre travail en créant un produit un peu plus simple que ce que vous aviez prévu à la base, surtout si vous avez une date limite à respecter. Vous pourrez l'améliorer ensuite ou utiliser ce que vous avez fait pour autre chose.

L'auteur nous montre, image à l'appui, comment il s'est servi de sa méthode pour penser l'aménagement de son garage en bureau et studio d'enregistrement.

À vous : soyez prompt et avancez

Si vous voulez vous lancer, commencez par :

Rédiger une esquisse ;

Regarder dans vos dossiers PARA ce qui pourrait "coller" ;

Vous poser des questions pour ajouter de nouveaux éléments (éventuellement) ;

Réserver un créneau pour sortir un premier jet (15 minutes environ) ;

Si cela est nécessaire, créer un "pont Hemingway" pour la prochaine séance de travail ;

Réduire la portée si le projet s'avère trop ambitieux ;

Noter tout ce que vous apprenez en cours de route ;

Recueillez les feed-backs de votre premier jet.

✅ Chapitre 9 — Les habitudes essentielles des experts en organisation numérique

"Votre second cerveau est un système pragmatique destiné à rehausser votre productivité et votre créativité." (Construire un second cerveau, Chapitre 8)

Pour Tiago Forte, productivité et créativité vont de pair. Grâce au système qu'il propose, nous pouvons associer les deux. En fait, les deux reposent sur de bonnes habitudes, que ce chapitre se propose de passer en revue.

La "mise en place", une façon d'encourager une productivité durable

La "mise en place" est une notion de cuisine professionnelle pour désigner la façon d'organiser l'espace de travail des chefs cuisiniers. En l'occurrence, cela passe par une attention constante à l'ordre de rangement de chaque chose, même lorsque vous êtes dans le feu de l'action.

Cette discipline interne et externe est nécessaire aussi dans le monde numérique et pour les travailleurs du savoir.

Les listes de contrôle d'un projet : la clé pour lancer le "volant d'inertie" du savoir

Nous consommons tous les jours des informations et une partie d'entre elles nous serviront à produire ce que nous voulons en fonction de nos objectifs. L'auteur invite à considérer les connaissances comme des actifs que vous investissez et que vous pouvez sans cesse recycler. C'est ce qu'il nomme, après d'autres, le "volant d'inertie" du savoir.

Pour vous assurer de bien utiliser vos connaissances dans ce sens, vous pouvez établir des listes de contrôle :

Une pour le lancement du projet ;

Une autre pour la clôture du projet.

L'objectif de ces listes consiste à vous permettre de commencer et de terminer vos projets en restant dans la ligne que vous aviez décidée. C'est une aide à l'action plus qu'une structure rigide. Comme les échafaudages, elles permettent à votre projet de tenir debout le temps de la construction.

Faire des revues une habitude : pourquoi traiter vos notes par lots et à quelle fréquence

C'est David Allen qui a proposé cette technique dans S'organiser pour réussir. Celle-ci a pour but de faire le point de façon régulière sur un sujet ou un projet en cours. Tiago Forte ajoute à ceci l'idée que vous pouvez le faire en révisant vos notes de la semaine ou du mois.

L'auteur explique en détail comment formater sa revue hebdomadaire sans se laisser submerger et réaliser des revues mensuelles pour être tout à fait au clair sur ce que vous êtes en train de faire.

L'habitude de l'attention en éveil : utiliser son second cerveau pour provoquer la chance

L'opportunisme a mauvaise presse. Pourtant, ce terme peut être utilisé de façon positive, pour signaler la possibilité d'être attentif à l'instant et à la surprise, et être capable d'en faire quelque chose. De petites "opportunités" s'offrent à nous tous les jours.

Face à une modification de priorité ou d'objectif, votre second cerveau est suffisamment souple pour agir. Si une occasion se présente, vous n'avez qu'à regrouper d'anciennes notes dans un nouveau dossier. À condition que vous preniez l'habitude de considérer véritablement votre système de notes comme un outil de travail et non comme un simple pense-bête.

À vous : si votre système parfait reste inutilisé, c'est qu'il n'est pas parfait

Les trois habitudes présentées ci-dessus sont faciles à mettre en place et à réaliser dans vos créneaux creux de la journée. Agissez avec souplesse pour construire progressivement l'environnement qui vous ressemblera le plus et sera le plus efficace pour vous.

"Rappelez-vous que vous n'êtes pas en train de construire une encyclopédie de savoirs parfaitement organisés, mais un système fonctionnel. À la fois dans le sens où il doit être opérationnel et dans le sens où il doit faire partie intégrante de votre quotidien. Pour cette raison, rien ne vaut un système imparfait, mais utile dans les conditions réelles de votre vie courante." (Construire un second cerveau, Chapitre 9)

✅ Chapitre 10 — Trouver sa voie pour s’exprimer

Dans un monde où l'information est devenue abondante, l'enjeu est moins de savoir comment se relier à elle que comment bien le faire.

Tiago Forte considère en outre que nos émotions et notre histoire façonnent notre rapport à l'information. Ce qui compte avant tout, c'est autrement dit de se doter du bon état d'esprit et non pas avant tout de la bonne boîte à outils.

La crainte que notre esprit ne soit pas assez puissant

Construire un second cerveau vous aidera à mener à bien vos projets en libérant votre "premier cerveau", trop souvent surchargé et anxieux. Peu à peu, une relation va s'établir entre votre cerveau "interne" et votre cerveau "externe".

Cette relation peut devenir intime, au point que vous aurez des difficultés à vous passer de votre système de notes. Votre être biologique changera : vous serez capable de rester concentré plus longtemps et vous serez plus calme.

À partir du moment où votre second cerveau vient soulager le premier, vous pouvez vous étonner de ce qu'il est capable de faire. Pour l'auteur, "se construire un second cerveau est une entreprise de développement personnel" car vous modifierez progressivement de nombreux aspects de votre personnalité.

Bien sûr, un tel changement peut faire peur. Mais il en vaut assurément la peine. Grâce à ce nouvel état d'esprit et au système CODE, vous passerez de :

La pénurie d'idées à leur abondance ;

L'obligation de faire les choses au véritable service rendu ;

La consommation pure et simple à la création.

Le besoin fondamental d'expression de soi

Tiago Forte relate son expérience de maladie et le bienfait que lui a procuré la méditation. Il affirme que la pratique de la méditation Vipassana a pour lui été une révélation, qui s'est greffée à une autre : l'écriture en public.

Ces deux activités lui ont fait comprendre à quel point l'expression de soi est un besoin fondamental.

À votre tour : le courage de partager

Nous avons souvent peur de partager nos histoires de vie ou nos idées. Nous n'osons pas nous affirmer positivement. Il nous semble toujours qu'il y a une bonne raison de ne pas le faire : la hiérarchie ou le sentiment d'imposture, par exemple.

Pourtant, les avantages de l'expression de soi sont véritablement sans commune mesure avec ceux du silence. S'adresser à un public pour exprimer des choses que nous souhaitons partager crée non seulement du lien social, mais vous reconnecte à vous-même.

Conclusion sur "Construire un second cerveau — Une méthode complète pour organiser votre vie numérique et libérer votre potentiel créatif" de Tiago Forte :

Que retenir de "Construire un second cerveau — Une méthode complète pour organiser votre vie numérique et libérer votre potentiel créatif" de Tiago Forte :

"Les idées de Tiago Forte marchent vraiment", dit le maître du marketing Seth Godin à propos de cet ouvrage. Alors, pourquoi se priver de les appliquer, au moins pour essayer ?

Il vous aidera à :

Prendre des notes ;

Établir un système de données numériques ;

Organiser vos idées ;

Les conserver efficacement ;

Rendre vos idées plus concrètes ;

Faire mûrir vos idées ;

Créer des contenus qui font la différence !

Retenez que le numérique peut être un puissant instrument pour nous aider à développer notre créativité, à condition de savoir l’utiliser et de le maîtriser.

Grâce à un système de type CODE, vous vous construirez un cerveau externe à toute épreuve pour vous aider dans les tâches du quotidien ET réussir à mieux exprimer ce que vous souhaitez dire au monde.

Vous voulez en savoir plus sur Tiago Forte et sa méthode ? Rendez-vous sur :

Sa chaîne YouTube ;

Son site internet, Forte Labs.

Points forts :

Un manuel très clair et instructif ;

Plein de conseils et de captures d'écran pour commencer tout de suite ;

Des exemples inspirants venus d'artistes, philosophes ou scientifiques ;

Un chapitre bonus pour créer des tags efficaces ;

Un résumé à la fin de l'ouvrage (Section "Dernières pensées : vous en êtes capable").

Points faibles :

Je n'en ai pas trouvé.

Ma note :

★★★★★

Avez-vous lu le livre de Tiago Forte « Construire un second cerveau » ? Combien le notez-vous ?

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Mon, 15 Jul 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12915/Construire-un-second-cerveau
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Résumé de "Expédition créative | La patience, l'ambition et la rigueur du travail bien fait" de Valentin Decker : "Expédition créative" est un guide pour accompagner tous les créateurs, quels que soient leurs projets créatifs, à les concrétiser avec succès. En mettant l'accent sur les étapes souvent méconnues mais cruciales du processus créatif, sur l’état d’esprit à adopter et les habitudes à cultiver, ce livre aide à surmonter les obstacles intérieurs comme extérieurs, depuis l'idée initiale jusqu'à la réalisation finale du projet créatif.

Par Valentin Decker, 2019, 210 pages.

Chronique et résumé de "Expédition créative | La patience, l'ambition et la rigueur du travail bien fait" de Valentin Decker

Introduction

Dans l’introduction de son livre "Expédition créative : La patience, l'ambition et la rigueur du travail bien fait ", Valentin Decker démystifie la figure de l'artiste et insiste sur l'importance de la discipline et de la persévérance dans tout processus créatif.

Son livre, indique-t-il, a été écrit comme un compagnon de route afin d’encourager les créateurs à aller au bout de leur ambition.

L'expérience personnelle de l'auteur

Valentin Decker confie avoir toujours aimé créer des projets. Mais pendant des années, il ne réussissait jamais à aller au bout de ces projets :

"J’ai toujours aimé créer des projets. J’adore partir de zéro, imaginer et donner vie à un concept. […] Au total, j’ai dû monter plus d’une dizaine de projets divers et variés. Ils ont tous un point commun : aucun n’a tenu plus de quelques mois. J’étais constamment excité par mes nouvelles idées. J’adorais rêver et faire des plans. Réfléchir à un nom et concevoir un beau logo. Je me projetais quelques années plus tard, le succès en poche. J’étais passionné, mais je ne savais pas comment m’y prendre. Je faisais n’importe quoi. Je n’avais aucune discipline. Aucune méthode. J’avançais sans carte ni boussole. Je n’avais aucun mentor pour me guider."

Pourtant, un jour de février 2016, l’auteur explique avoir commencé à écrire et, cette fois-ci, persévérer. Il commence, observe-t-il,  à "développer une conscience créative". C’est ainsi qu’il publie son premier livre.

Oubliez le mythe de l'artiste torturé 

En discutant avec d'autres créateurs, l’auteur d’"Expédition créative" réalise qu’en fait, tous font face au même genre de difficultés. Et que contrairement aux idées reçues véhiculées sur les artistes géniaux ou maudits, la réussite passe, en réalité, par la discipline, la régularité et la consistance.

Ces principes peuvent sembler évidents. Mais l'auteur tient à les marteler pour en finir avec les clichés entourant les créateurs à succès. L'inspiration et le talent ne suffisent pas : seul le travail acharné et les habitudes ordonnées et routinières font vraiment la différence. La création exige de l'endurance et un détachement des résultats à court terme, pas des états d'âme de diva ! Elle demande de se dompter et de persister malgré les obstacles. Bref, elle n'a rien de mystique ni d'inné comme on veut trop souvent le croire.

L'auteur cite un passage du livre “La vérité sur l’affaire Harry Quebert”, dans lequel Harry Quebert, un écrivain expérimenté explique la chose suivante à Marcus Goldman, son protégé :

“Les écrivains qui passent leur nuit à écrire, sont malades de caféine et fument des cigarettes roulées, sont un mythe, Marcus. Vous devez être discipliné, exactement comme pour les entraînements de boxe. Il y a des horaires à respecter, des exercices à répéter : gardez le rythme, soyez tenace et respectez un ordre impeccable dans vos affaires.”

La vérité sur le processus créatif

Aussi, rappelle Valentin Decker, le danger, dans le processus créatif, provient finalement bien plus de nous-mêmes que du marché ou de la concurrence.

"Peu importe ce que l’on fait, nous sommes notre plus grand ennemi. C’est ce que l’auteur Steven Pressfield appelle “La Résistance”, cette force invisible qui nous empêche de créer. Celle-ci peut se manifester sous plusieurs formes : la solitude, la difficulté du processus, la lutte contre ses propres démons, le perfectionnisme, la peur des critiques, le syndrome de l’imposteur, etc."

Un compagnon de route pour les créateurs

L'auteur explique avoir écrit "Expédition créative" comme l’ouvrage qu'il aurait aimé lire en se lançant.

Destiné aux créateurs de tout horizon, auteurs, blogueurs, youtubers, podcasteurs..., il se veut un mentor pour nous guider dans toutes les étapes du processus créatif et de notre projet. Son ambition est de nous aider à surmonter les pièges, car "créer" rime souvent avec échecs et remises en question.

Partie 1 | Préparation

Dans la première partie de son livre "Expédition créative", Valentin Decker dit s'adresser aux créateurs afin de les aider à se préparer mentalement avant de se lancer dans l'aventure hasardeuse de leur projet créatif.

Car avant d'embarquer pour ce périple semé d'obstacles, il est essentiel de bien s'équiper et d’adopter le bon état d’esprit pour éviter les pièges classiques de "la résistance".

1.1 - Les idées ne valent rien

  • Une idée doit être lancée pour avoir de la valeur

Valentin Decker commence par nous mettre en garde contre la survalorisation des idées.

En effet, selon lui, les idées ne valent rien sans passage à l’action.

"On connaît tous cette personne qui possède une idée géniale de service et qui n’ose pas en parler en public, par peur de se la faire voler. On connaît tous cette personne qui a eu l’idée d’Ebay avant Ebay… mais, qui n’a pas dédié une seule seconde au projet. On connaît tous cette personne tentée par l’aventure entrepreneuriale, mais qui attend d’avoir LA bonne idée avant de sauter le pas.[…] Ces personnes ont toutes un point commun : elles ne vont jamais au bout de leur projet. Dans la majorité des cas, elles ne se lancent même pas."

  • Démarrer petit, tester et affiner avec le temps

Aussi, souligne Valentin Decker, inutile d'attendre LA grande idée révolutionnaire avant de se lancer. Nous pouvons démarrer petit.

C’est d’ailleurs ce qu’a fait l’entreprise prospère Nintendo, ou encore la star de Youtube Casey Neistat.

Dans ces exemples, l’auteur montre que ces empires n’ont pas démarré avec une idée brillante : Nintendo a d'abord tenté de vendre des jeux de cartes traditionnels avant de se réorienter progressivement vers les jouets et les consoles de salon. Quant à Casey Neistat, il a testé moult formats sur YouTube pendant 10 ans avant de trouver son style de vidéos quotidiennes filmées depuis son téléphone.

Ces deux business ont puisé dans l'existant avant d'affiner leur positionnement au fil du temps.

Alors, lance Valentin Decker, osons nous lancer rapidement : confrontons un concept simple au marché, aussi imparfaite ou petite soit l'idée. Et testons, expérimentons sans attachement excessif à notre idée initiale ni plans sur la comète.

"N’attendons pas que l’inspiration nous frappe et que l’idée parfaite nous vienne. Les idées viennent quand on se met en mouvement. Plus on avance et plus elles viennent. Ces créateurs n’ont pas commencé avec une vision parfaite de ce qu’ils allaient faire. S’ils ne s’étaient pas lancés avant de l’avoir, ils n’auraient jamais vu le jour. C’est le cheatcode que les créateurs à succès ont compris. Testons, explorons et ne tombons pas amoureux de nos idées, incapables de voir ce qu’elles sont réellement. Faisons-les vivre et restons constamment en mouvement."

1.2 - Il n’y a pas de meilleur moment que maintenant

Certes, à l'instar de l'auteur, nous avons tous des contraintes familiales, professionnelles ou de santé qui peuvent servir d'excuses.

Notre activité professionnelle nous prend beaucoup de temps. La charge mentale du foyer est lourde. Et nos proches ne sont pas forcément compréhensifs.

Mais dans l'absolu, les conditions idéales n'existent pas et ne viendront jamais à notre rencontre. L'incertitude et le flou font partie intégrante de tout processus créatif.

Alors pourquoi attendre d'hypothétiques planètes alignées pour oser se lancer ? lâche ici l’auteur.

Consacrons juste 30 minutes par jour, ou même moins certains jours, lorsque nous en ressentons l'énergie et l'envie. Commençons tout petit, l'important pour le moment est de mettre un pied devant l'autre et entrer en mouvement, même à tout petit pas.

Car pour l’auteur :

"Il n’y a pas de meilleur moment pour se lancer qu’aujourd’hui."

1.3 - Planter des graines chaque jour

  • Gardons les pieds sur terre

L’auteur du livre "Expédition créative" partage ensuite l’idée suivante : la peur de l'échec ou du ridicule est légitime mais ne doit pas nous paralyser.

Certes, en décidant de nous lancer dans une création, nous avons fait le choix de suivre un chemin incertain. Cela dit, précise Valentin Decker, "cela n’implique pas de se mettre en danger pour autant". Nul besoin de tout risquer d'un coup en arrêtant notre job pour cette aventure dont les chances que nous ne puissions pas en vivre restent importantes. "Personne ne nous demande de sauter sans parachute et de tout quitter du jour au lendemain" rappelle l’auteur.

  • La phase d’exploration

Pour l’auteur d’"Expédition créative", "la première étape de notre chemin est une phase d’exploration". "On s’essaie à différentes disciplines ou formats. On intègre les règles du jeu et on apprend un maximum de choses" écrit-il.

Valentin Decker nous invite alors à démarrer modestement, à la manière d'un agriculteur qui plante quelques arbres dans son champ sans savoir ce que cela donnera, mais qui patiente en les entretenant avec soin chaque jour.

Cette phase peut être très longue. C’est pourquoi nous devons avoir une activité principale, un job salarié, "alimentaire", en parallèle. L’idée est la suivante :

"Plutôt que de nous demander quels fruits on peut récolter aujourd’hui, demandons-nous quelles graines on peut planter."

Car cette activité créative ne doit générer aucune pression de rentabilité immédiate. Il doit s’agir d’un "side project". Nous l’exerçons simplement par goût de la chose, pour le plaisir d'apprendre, de développer, chaque jour, de nouvelles compétences dans le domaine et le sens du défi.

À l'image de l'arbre, laissons nos talents germer paisiblement. Nos efforts et notre persévérance finiront par porter leurs fruits, assure l’auteur, fruits savoureux que nous récolterons le moment venu.

C’est d’ailleurs la méthode actuelle de l’auteur dans la rédaction de son livre "Expédition créative" :

"Ce livre est un side-project. Je l’écris en parallèle de mon travail salarié à temps plein. J’ai la sécurité (et le luxe) de pouvoir expérimenter librement, sans devoir en retirer un bénéfice financier, à court terme. C’est une chance incroyable. Ce qui est puissant quand on développe un side-project, c’est qu’il a de fortes chances de devenir notre prochain projet principal."

1.4 - Orienter ses actions sur le long terme

  • Les réussites sont rarement instantanées

Aujourd’hui, notre culture moderne célèbre les succès instantanés et pousse à la recherche de résultats rapides.

Pourtant, affirme l’auteur d’ "Expedition créative", toute valeur se construit sur le temps long.

La réussite de MailChimp, par exemple, plateforme leader de mailing, en est un exemple parlant. La firme a mis 15 ans à émerger progressivement : ses fondateurs Ben et Dave ont gardé leur emploi salarié pendant 6 ans pour développer leur produit sur leur temps libre, jusqu'à atteindre la viabilité. Puis 10 années supplémentaires leur furent nécessaires pour imposer leur solution face aux mastodontes du secteur, raconte l’auteur.

  • Endosser des tâches ingrates à court terme

Valentin Decker nous encourage aussi à accepter des rôles ingrats à court terme pour apprendre les bases solides d'un métier et poser de bons fondamentaux, plutôt que de viser des raccourcis glorieux mais éphémères.

Pour lui, il est préférable de penser en années plutôt qu'en semaines. Et de semer avec patience pour récolter avec abondance :

"Résistons à la pression du court terme et changeons notre perspective au temps. Plutôt que de raisonner en semaines ou en mois, raisonnons en années ou en décennies. Un article par semaine pendant un mois est insignifiant. Un article par semaine pendant 10 ans est colossal."

1.5 - Le doute est un bon signe

Cette partie du livre "Expédition créative" aborde le doute souvent féroce dans le processus créatif.  

  • Les assauts du doute saboteur

Pour Valentin Decker, le doute sabote souvent nos élans créatifs. "Il nous pousse au perfectionnisme et à la prudence. Il nous pousse à choisir le confort. À remettre au lendemain et à temporiser sans raison valable" écrit l’auteur.

"À quoi bon ? " nous disons-nous alors, puisque "personne n'en a rien à faire"…

  • Le doute pour nous dépasser

Pourtant, aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, ajoute l’auteur, le doute est un ingrédient indispensable au progrès. Pourquoi ? Parce qu’il nous incite à nous dépasser pour prouver qu'il a tort.

Les plus grands artistes comme John Steinbeck ou Stephen King ont d’ailleurs toujours douté, remarque Valentin Decker. Et ce, malgré les honneurs et les ventes record.

Alors, persévérons. Malgré le doute envahissant, ne le laissons pas nous submerger, faisons de ce poison un remède qui stimule notre soif de nous améliorer. Et acceptons-le comme le prix à payer pour viser l’excellence.

1.6 - Trois questions fondatrices

Valentin Decker observe que nous avons souvent tendance à nous disperser en courant derrière nos envies du moment.

Il y a pourtant, selon lui, une étape préalable à ne pas sauter avant de se lancer corps et âme dans notre projet : celle d’un questionnement introspectif. Ainsi, à ce moment du processus créatif, il propose de se poser trois questions :

Quelles sont nos motivations profondes ?

À quoi ressemble notre vie idéale ?

Comment y arriver concrètement ?

Se poser ces questions permet de clarifier le cap que l'on se fixe pour ne pas s'éparpiller, indique l’auteur. Cette partie du livre "Expédition créative" nous aide donc à y répondre avec plusieurs questions complémentaires. Et si bien sûr, nos réponses sont amenées à évoluer avec le temps et l'expérience, l'essentiel, stipule l’auteur, est de les sonder honnêtement, sans projection des désirs d'autrui :

"Plus tôt on est aligné et en cohérence avec les réponses qu’on leur donne, mieux ce sera. Il ne s’agit pas de choisir ce qui est à la mode ou ce qui est “bien vu”. Mais, de comprendre qui nous sommes profondément, nos forces et nos limites."

Une fois ce cap défini, c’est-à-dire dès lors que nos objectifs sont posés, même sommairement, Valentin Decker nous invite à les transformer en petites actions concrètes du quotidien.

1.7 - Ne tombons pas dans le piège de la comparaison avec les autres

Avec l'avènement des réseaux sociaux, nous sommes sans cesse tentés de comparer nos réalisations à celles des autres, remarque l’auteur d’ "Expédition créative" : nombre de followers, likes et retours financiers. C'est pourtant un piège absolu tant cette compétition est sans fin, prévient-il.

De plus, sur Instagram et autres réseaux, ne sont, en général, dévoilés que les meilleurs moments de nos vies. Personne ne parle jamais des difficultés qui se jouent en coulisses. Nous trouverons alors toujours le moyen d’être insatisfait ou jaloux.

C’est pourquoi, l’auteur nous invite à ne surtout pas rentrer dans ce jeu et à nous concentrer seulement sur notre propre progression avec nos particularités :

"Écoutons plutôt nos aspirations. Soyons tellement occupés par nos projets et notre expédition, au point de ne pas avoir le temps de nous soucier de ce que font les autres. Concentrons-nous à faire le meilleur job possible. C’est tout ce qui compte."

Rappelons-nous aussi que chacun a son propre chemin en fonction de ses standards, de ses qualités et aspirations personnelles. Quand certains artistes préfèrent la discrétion, d'autres choisissent la célébrité. Il n’y a ni bonne ni mauvaise option, pourvu que cela corresponde à nos valeurs profondes.

1.8 - Nous sommes la moyenne des 5 personnes qu’on côtoie

Cette partie d’"Expédition créative" nous plonge dans l’univers de la Renaissance.

Valentin Decker nous dépeint la ville de Florence comme étant, à cette époque, le théâtre d'un foisonnement créatif unique au monde. Dans cet épicentre de talents, gravitait le peintre Andrea Del Verrochio qui forma dans son atelier les plus grands génies de l'époque. Ses élèves dont faisaient partie Leonard de Vinci, Sandro Botticelli ou encore Le Pérugin, baignaient dans une émulation réciproque fascinante. Ils collaboraient, s’inspiraient les uns des autres et progressaient ensemble sous la houlette bienveillante du maître, décrit l’auteur. De cette pépinière prodigieuse allaient éclore les chefs-d’œuvre les plus admirables de l’Histoire occidentale.

Valentin Decker tire de ce constat une leçon : entourons-nous d’autres créateurs ambitieux qui comprennent ce que l’on fait et qui nous tirent vers le haut, au lieu de nous complaire dans un entre-soi médiocre par peur du regard des autres.

1.9 - Quelle est notre cible ?

Si la création jaillit d'abord d'un besoin intime, il est rapidement nécessaire de se demander à qui elle s'adresse, conseille l’auteur du livre "Expédition créative". Sinon, nous prenons le risque de développer un produit tellement générique qu'il ne parle finalement à personne.

Ainsi, pour mieux orienter nos choix stratégiques et apporter à notre public une réponse qui lui correspond, prenons le temps, en amont du projet, de réfléchir à notre positionnement et au cœur de notre cible. L’auteur nous propose de définir plus précisément les habitudes, les problèmes et les références culturelles de cette cible. Pour nous aider, il mentionne aussi un exercice trouvé dans un ouvrage de Ryan Holiday qui consiste à compléter en une phrase, puis en un paragraphe, puis en une page la formule suivante : “C’est un … qui fait … pour …”.

1.10 - Créer la meilleure œuvre possible

La partie 1 du livre "Expédition créative" qui détaille l’étape de la préparation se termine avec cette dernière idée : avant même de s'inquiéter des stratégies marketing pour se faire connaître, assurons-nous d'avoir un produit ou un service qualitativement validé par notre cible. Sans valeur perçue pour le client, le marketing le plus sophistiqué ne sert à rien, déclare Valentin Decker.

Par exemple, à quoi bon dépenser des fortunes en publicités pour attirer les clients vers notre pizzeria si nos pizzas ne sont pas bonnes ? Le bouche-à-oreille désastreux aurait tôt fait de nous couler.

Alors prenons le temps nécessaire pour tester, itérer et peaufiner notre offre afin de créer quelque chose d'irrésistible pour nos premiers fans. Ensuite seulement, viendra le temps d'accélérer la diffusion avec des techniques promotionnelles adaptées.

Partie 2 | Se mettre en mouvement

Dans la seconde partie de son livre "Expédition créative", Valentin Decker nous invite à sortir de l’étape stérile de la planification pour entrer dans le concret de la création. Bien sûr, ceci demande d’accepter l'inévitable part d'imperfection des débuts, précise-t-il. Car seule compte désormais notre capacité à créer dès aujourd'hui, en faisant fi de nos doutes, pour amorcer la dynamique vertueuse qui transformera notre idée en réalité.

2.1 - L’excitation des débuts est pour les amateurs

Valentin Decker commence la partie 2 de son ouvrage "Expédition créative" en se livrant sur son expérience personnelle.

Pendant longtemps, raconte-t-il, l’auteur a eu cette "fièvre" de lancer de multiples projets sans jamais aller au bout. Il était, continue-t-il, uniquement excité par les idées initiales.

Un jour, il comprend que le début d'un projet est certes enthousiasmant mais peu important : ce qui compte, c'est la suite. Et l'excitation des premiers jours retombée, il faut faire preuve de rigueur et de concentration en oubliant le reste. Seule la journée présente existe.

"L'enthousiasme des débuts derrière nous, on se retrouve seul face à nous-mêmes et nos créations. C’est maintenant que tout se joue. C’est ici que se fait la différence entre ceux qui vont au bout, et ceux qui abandonnent."

Aussi, Valentin Decker nous encourage à approcher nos ambitions de manière "froide". L'arrivée glorieuse n'est pas pour demain. Nous venons tout juste d’embarquer et l’océan s'étend encore à perte de vue face à nous. Maîtrisons donc nos émotions et montrons nous patient. Le marin expérimenté sait que les premiers jours en mer ne comptent pas, que le plus gros de la traversée l'attend.

2.2 - Enclencher la machine

"Le plus dur est toujours d’enclencher la machine", note l'auteur. "C’est entre l’instant où l’on se dit que l’on va travailler et le moment où l’on s’y met réellement que tout se joue".

En effet, lancer le travail coûte un effort considérable que notre cerveau a du mal à fournir. Mais une fois dans le mouvement, continuer se fait naturellement.

Pour vaincre cette "résistance intérieure" à s’y mettre, Valentin Decker suggère de développer des techniques personnelles : se créer des rituels, changer d’environnement de travail, s’entourer de pairs qui vont nous motiver. L'écrivain Hemingway, par exemple, laissait ses phrases en suspens pour reprendre son roman au même endroit le lendemain.

Peu importe la méthode, l'essentiel est d'agir en acceptant le flou artistique inhérent à la création. Ne pensons qu'au jour présent sans juger la qualité de notre production. Celle-ci viendra plus tard.

2.3 - Le marketing est de notre responsabilité

Le "truc" du créateur, c’est la créativité. C’est vrai. Promouvoir et vendre ne sont pas des choses forcément naturelles pour nous.

Mais, pour Valentin Decker, il est important de souligner que "le marketing n’est qu’un outil". Ni bon ni mauvais. Tout dépend de l’utilisation que nous en faisons.

Ainsi, pour lui, faire connaître notre travail ne doit pas être vu comme du pur marketing mais comme un service rendu à notre public. Les créateurs doivent assumer ce rôle de "marchands d'art" pour gagner en indépendance financière et poursuivre leur démarche. Et qui est mieux placé que nous pour valoriser notre démarche ?

"Je sais que c’est inconfortable. Mais, le meilleur des produits n’est rien sans marketing. Que vaut un tableau que personne ne voit ? Un texte que personne ne lit ? Un film que personne ne regarde ? Oui, il faut aimer créer et prendre du plaisir dans le processus créatif en lui-même. Mais cela n’a d’impact que lorsqu’il touche les autres. Notre art ne peut pas rester prisonnier d’un site que personne ne visite. […] Nos créations et le marketing sont les deux faces d’une même pièce. Nous devons parler de notre art et le présenter sous son meilleur jour. Nous devons réfléchir à comment le distribuer au mieux. À comment le mettre entre les mains de ceux qui en ont besoin. Nous devons nous demander comment en obtenir une juste rétribution pour en vivre. Et continuer à créer."

2.4 - Commencer son marketing avant d'être prêt

L’auteur d'"Expédition créative" poursuit sur le sujet du marketing. Selon lui, il est inutile d'attendre le produit parfait ou même d'avoir une idée précise de notre projet pour en parler. Même si notre concept est encore nébuleux, l’auteur suggère de communiquer à ce sujet dès le début pour commencer à nous constituer une tribu.

Notre offre évoluera alors naturellement en fonction des retours de notre audience. Et en avançant, nos envies et nos compétences vont s'affiner.

2.5 - Construire son audience comme Winston Churchill

  • L’histoire de Churchill

Valentin Decker revient ici sur la vie de Winston Churchill.

Il nous explique que, parallèlement à sa tumultueuse carrière politique, Churchill a toujours beaucoup écrit. Il a publié des milliers de textes lus par un public fidèle. Même exilé et critiqué dans son propre pays dans les années 1930, il était un homme d’idées qui restait écouté à l'international grâce à cette audience construite patiemment.

C'est d’ailleurs cette relation privilégiée qu’il entretenait avec des milliers de lecteurs qui lui permit de rester influent, et ce malgré son exclusion des hautes sphères du pouvoir britannique. Et c’est grâce à cette communauté dévouée qu’il put revenir sur le devant de la scène pour pointer la menace Hitlérienne.

  • Se créer des fans fidèles

L’exemple de Churchil  inspire à cultiver, à notre échelle, un cercle de fans fidèles et engagés autour de son travail.

Pour Valentin Decker, celle-ci sert de véritable assurance tout risque pour traverser les inévitables tempêtes d'une carrière. Même confidentielle, elle nous tire vers le haut dans les moments difficiles et ouvre des possibles insoupçonnés.

2.6 - 1000 vrais fans

Popularisé par Kevin Kelly en 2008, le concept des 1000 fans stipule qu'il suffit de 1000 fans payants pour vivre de son art. Plus besoin d'être une star comme avant !

"Kelly fait les calculs : en théorie, si le créateur parvient à rassembler 1 000 “vrais fans” et que ceux-ci lui achètent pour 50€ de produits chaque année, cela lui permet de vivre. Si l’on met de côté l’aspect financier, le simple fait de se demander comment rassembler 1 000 vrais fans est libérateur. Nul besoin de se mettre la pression pour plaire à tout le monde. Nul besoin de tout sacrifier pour accumuler des millions de fans et devenir célèbre. Nul besoin de demander la permission à qui que ce soit. D’un coup, cela devient accessible à tout le monde. Il suffit de trouver 1 000 personnes qui possèdent les mêmes goûts que nous et de leur apporter de la valeur. De faire en sorte qu’elles adorent ce que l’on fait."

Pour Valentin Decker, ce n’est pas forcément simple, mais c’est possible et ce doit être notre objectif !

Pour cela, recentrons-nous donc sur les gens qui apprécient vraiment notre travail. Ciblons un public de niche aux goûts spécifiques plutôt qu’un grand public. Si nous créons du contenu de qualité qui aide 1000 personnes, elles le partageront à leurs cercles et notre audience grandira naturellement.

2.7 - Trouver un groupe de gens aussi bizarres que nous

"Quand on crée, on ne peut pas plaire à tout le monde. Certains apprécieront notre style. D’autres le critiqueront dans notre dos. C’est le jeu. Cette pensée est libératrice. Parce que nous ne faisons plus face à l’immensité. Ce n’est plus un océan de personnes que l’on doit convaincre. Commençons par satisfaire les besoins d’une seule personne. Puis deux. Puis trois. Cela doit être notre seul objectif."

Ainsi, plutôt que viser le grand public, l’auteur nous invite à créer pour ceux qui partagent nos intérêts, aussi étranges soient-ils :

"Trouvons des personnes aussi bizarres que nous pour nous accompagner dans notre expédition. En raisonnant comme cela, tout devient plus simple. Trouvons notre groupe de fans de littérature slovène. Trouvons notre groupe de collectionneurs de capsules de bières. Trouvons notre groupe de passionnés d’archéologie bretonne."

L’auteur développe son idée avec l’exemple des adeptes du #velotaf qui forment une communauté très soudée autour d'un mode de vie atypique : adopter le vélo comme moyen de transport quotidien. Ces derniers partagent conseils, photos, témoignages et militent pour leur mode de vie, au mépris des railleries.

À notre tour de trouver un public de niche qui adhère à 200% à notre proposition.

2.8 - Prenons des positions tranchées

Dans cette partie du livre "Expédition créative", Valentin Decker nous encourage à adopter des points de vue forts, à bousculer, remettre en cause, quitte à froisser certaines personnes.

Car pour lui, mieux vaut cliver pour souder ses fans plutôt qu'une œuvre consensuelle qui ne passionne personne. L'essentiel étant de susciter la controverse et le débat au lieu de laisser indifférent.

"En tant que créateurs, nous devons développer un point de vue unique. Adopter une position différente pour rassembler. Ne pas hésiter à tenir des positions tranchées et “extrémistes”. Cela ne veut pas dire qu’il faut se comporter comme un idiot irrespectueux. Cela signifie que certains sujets doivent devenir nos combats. Que l’on doit se battre et affirmer nos valeurs. Qu’il faut repousser les limites de notre discipline. Cela ne plaira pas à tout le monde. C’est normal."

Car pour l’auteur :

"Mieux vaut 100 fans qui adhèrent complètement à un discours tranché et quelques haters, que 1 000 personnes moyennement intéressées, qui ne se soucient guère de notre art."

L’auteur cite le best-seller de Thomas Piketty "Le Capital au XXIème siècle" en guise d’exemple. En effet, ce livre divise : il a un bon score d’avis sur Amazon, pourtant nombreux sont ceux qui lui mettent une note de 1/5 en argumentant longuement leur désaccord. Preuve que le livre "génère un débat sain", qu’il touche une corde sensible et ne laisse pas de marbre.

2.9 - Devenir insensible aux regards des autres

Publier nos créations a quelque chose d’effrayant. Rempli de doutes, on se demande forcément ce que vont en penser les autres. En réalité, les gens s'en moquent, assure ici Valentin Decker. Seuls quelques haters nous critiqueront.

L'auteur se livre sur ses propres débuts lorsqu'il avait "honte" de mettre en ligne ses articles, de peur d'être ridiculisé. Il réalisa vite qu’en fait, personne ne le remarquait. Les gens étant trop occupés à autre chose.

Aussi, avec le temps, partager notre travail devient plus facile, continue l’auteur d’"Expédition créative". On finit par développer une sorte de carapace.

Apprenons donc à "nous détacher du regard des autres". Faisons les choses pour nous, pas pour plaire aux autres.

2.10 - Construire sa carrière comme une somme d’intérêts cumulés

Dans cette partie d’"Expédition créative", Valentin Decker souligne que tout succès est progressif. Il évoque la notion d’intérêts cumulés :

"Les premières marches sont les plus difficiles, mais à chaque fois que l’on apprend quelque chose, cela vient s’empiler et se combiner sur ce que l’on sait déjà. À chaque nouvelle addition de connaissance, on progresse plus vite. À chaque nouvelle création, on s’améliore et on attire de nouvelles personnes."

Ainsi, au début, affirme l’auteur, l'effort est énorme pour peu de résultats visibles. Mais à force de s'améliorer de 1 % chaque jour, en capitalisant sur nos acquis, on finit par percer.

L'essentiel selon Valentin Decker : continuer à rouler notre boule de neige pour qu'elle grossisse, sans jamais nous arrêter. Probablement que rien de spectaculaire ne se produira avant des années, avise-t-il. Mais si l’on persiste, notre travail finira par porter ses fruits sous une forme ou une autre.

2.11 - Pratiquer de manière délibérée pour devenir très bon

Plutôt que de suivre aveuglément sa passion ou de chercher des tips en productivité ou des raccourcis marketing, l’auteur nous suggère plutôt, pour réussir nos projets, de nous appliquer à progresser via une pratique rigoureuse et disciplinée.

Car c’est pour lui en cherchant à nous dépasser tous les jours que nous finirons par développer des compétences durables et vivre de notre art.

Devenir très bon dans notre discipline doit être notre cap.

2.12 - Imiter pour devenir original

Avant de développer leur style propre, les plus grands créateurs comme Picasso, Benjamin Franklin ou Stephen King ont d'abord étudié et copié leurs pairs pendant des années, annonce l’auteur.

Alors commençons, nous aussi, par l'imitation : observons les techniques, pratiques et parcours d’autres autour de nous avant de proposer notre lecture unique. Car "l’imitation précède la création originale" écrit l’auteur.

C’est d’ailleurs ce que nous invite à faire l'auteur américain Austin Kleon : il encourage à "voler" le travail des autres pour percer leurs secrets de fabrication. Il ne s’agit pas de les plagier mais de reproduire leurs méthodes pour pouvoir ensuite y incorporer notre touche personnelle.

2.13 - La notion de chemin

Dans cette partie du livre "Expédition créative", Valentin Decker partage son idée du processus créatif en utilisant une métaphore. Il le compare à un chemin traversant la jungle.

Ainsi, il nous fait observer que le processus créatif est semé d'embûches. Et comme dans une jungle pleine de dangers mortels, seule une avancée régulière peut nous sauver. Chaque jour, nous devons débroussailler notre propre voie en apprenant à dompter les pièges, indique l’auteur avant de continuer son analogie : nous ne savons pas combien de temps nous prendra cette traversée épuisante. À tout instant, nous pouvons être très proche de la sortie sans le savoir. Finalement "n’importe qui peut traverser cette jungle, mais mieux vaut être bien armé et préparé".

2.14 - Célébrer les petites victoires sans s’enivrer

Quand enfin nous commençons à récolter des signes encourageants, savourons-les. "Apprécions le boost de motivation temporaire que cela nous procure", mais gardons la tête froide, avertit l’auteur :

"Ne nous laissons pas enivrer par ce début de succès et ce plaisir éphémère. Ne tombons pas dans l’excès de confiance et ne relâchons pas nos efforts. Ce succès ne signifie pas grand-chose. Il peut s’expliquer par de nombreux éléments : un coup de chance, un timing particulièrement favorable ou quelque chose qui échappe à notre vision. Le hasard joue un grand rôle dans le succès d’une œuvre. Il suffit parfois qu’une personne ou qu’un média en plus la relaie pour la faire éclore. Nous sommes encore loin de comprendre le fonctionnement de la création et ses subtilités."

Pour appuyer cette idée, Valentin Decker mentionne la théorie de Pat Riley, grand coach de la NBA, sur les cycles que traversent les équipes sportives victorieuses : dans un premier temps, règne l'insouciance des débuts, portée par une ambition commune. Puis vient le premier succès, suivi d'excès de confiance et d'ego. S'imaginant invincibles, les joueurs se relâchent et l'équipe implose la saison suivante.

Alors, ne reproduisons pas cette erreur !

2.15 - Humble en toutes circonstances

Pour l’auteur d’"Expédition créative", l'humilité n’est absolument pas, comme certains la considère, un signe de vulnérabilité. Au contraire, elle est essentielle pour continuer à apprendre et ne jamais se sentir supérieur :

"L'humilité est la seule manière de rester lucide, de se remettre en question et de ne jamais considérer une situation comme acquise. Un excès de confiance nous donne des œillères. On fonce déterminé, tout droit, en écrasant tout sur notre passage. Mais, on se prive de la possibilité d’explorer d’autres options et de remettre chaque situation en perspective. On se prive de la possibilité de montrer de l’empathie et d’accepter nos erreurs."

Valentin Decker illustre son propos en nous décrivant le règne pacifiste de l'empereur Hadrien, qui contrastait complètement avec celui de son prédécesseur Trajan. Son objectif, nous apprend l’auteur, était d’assurer la prospérité des peuples conquis plutôt que de chercher à toujours étendre les frontières de l'Empire. Cette posture empathique et d'ouverture lui permit de gouverner sereinement.

Gardons cet état d'esprit dans nos créations :

"Confiant dans notre capacité à aller au bout et à sortir quelque chose de qualitatif, mais jamais arrogant quant à notre supériorité. Nous ne sommes rien dans le grand schéma de l’univers. Nos croyances reposent sur des châteaux de cartes. Tout ce que l’on sait, c’est parce que quelqu’un a pris la peine de nous le transmettre. Nos certitudes tiennent, jusqu’au jour où quelqu’un nous prouve que l’on a tort."

2.16 - La peur est là, c'est bon signe

Valentin Decker explique ensuite que ressentir la peur est normale quand on crée et sort des sentiers battus. En effet :

"Créer consiste précisément à avancer dans le doute et l’incertitude. À oser et prendre le risque d’explorer des recoins (en apparence) sombres. […] On ne sait pas où l’on va et on ne sait pas si nos choix seront payants. La peur sera toujours là."

Aussi, au lieu de la combattre, acceptons-la. Car la peur indique que nous prenons des risques et sommes en train de repousser nos limites. Apprenons donc simplement à la contrôler pour qu'elle ne nous paralyse pas.

2.17 - Ne pas se laisser distraire

Valentin Decker nous met ici en garde : évitons de courir après le matériel parfait ou la dernière tendance. Tout ceci nous distrait. Nous devons rester concentrés.

Il évoque une anecdote sur Stephen King qui, le jour où il a enfin pu s’offrir l’immense bureau en chêne massif dont il avait toujours rêvé, n’a plus réussi à travailler pendant des années.

Pour l’auteur du livre "Expédition créative", mieux vaut commencer avec des outils basiques, le principal est de se mettre au travail. Les belles caméras et logiciels ne sont que des leurres utilisés par notre "Résistance intérieure" pour nous détourner de l'essentiel, à savoir : "asseoir nos fesses sur notre chaise" et avancer. Le reste viendra plus tard, comme récompense méritée de notre labeur.

2.18 - Je suis mon propre boss

Quelles que soient les circonstances, nous avons toujours un contrôle partiel sur les événements via les choix que nous faisons, déclare ici l’auteur.

Dès lors, face à un obstacle, demandons-nous : "Comment puis-je améliorer cela ?". Plutôt que de se sentir frustré, adoptons une posture de solution :

"Quoi qu’il se passe, on reste toujours au contrôle. Le jour où l’on intègre pleinement cette idée, cela change tout. D’un coup, il n’y a plus aucune raison d’être en colère contre quoi que ce soit. Il n’y a plus de problèmes ou difficultés, mais uniquement des solutions à trouver. Peu importe notre niveau actuel, il n’y a que la progression qui compte. Même si elle n’est jamais vraie à 100 %, cette pensée est libératrice. Je suis responsable de ma carrière. Je suis responsable de ma vie et de mon succès. J’ai le pouvoir sur mon œuvre créative. Je ne contrôle pas tout et j’accepte que certaines choses soient externes. Mais, je dispose de prises et de leviers sur les événements, que je peux actionner."

Bien sûr, la chance joue aussi. Mais concentrons-nous sur ce qui est en notre contrôle, à notre portée. Nous sommes responsables de nos actions. Et "tant que l’on progresse un peu plus chaque jour, on se dirige dans la bonne direction. Un pas après l’autre". 

2.19 - La Résistance ne partira pas

Valentin Decker termine la partie 2 de son livre "Expédition créative" dédiée à la mise en mouvement, en revenant sur ce qu’il appelle la "Résistance" dans le processus créatif.

Décrite par Steven Pressfield, la "Résistance" désigne cette force intérieure qui cherche à nous décourager de créer ou de nous dépasser. Au menu : doute, flemme, fatigue, peur du regard des autres, manque de confiance en soi, syndrome de l’imposteur, pensée "rationnelle", etc.

Son intensité varie selon l'importance de la tâche. Elle touche tout le monde et ne disparaîtra pas. Même les plus grands créateurs doivent aussi batailler quotidiennement contre elle. Mais ce combat difficile finit par les renforcer.

Premier pas pour la combattre : reconnaître ses manifestations. Ensuite, il nous faut accepter sa présence et persister quand même.

Partie 3 : Le combat silencieux

L’introduction de la troisième partie du livre "Expédition créative" nous prévient : passé l'enthousiasme initial du début de projet, arrive fatalement le moment où l'on se retrouve seul face aux doutes et à la difficulté du processus créatif. Et c'est là que le bât blesse pour beaucoup d'aspirants entrepreneurs ou artistes.

La "Résistance", cette force invisible évoquée par l’auteur en fin de deuxième partie, cherche alors à nous décourager de multiples manières : procrastination, fatigue, manque d'inspiration, auto-sabotage etc. Elle conspire à nous pousser à abandonner nos belles ambitions et à retourner à une vie plus confortable.

Face à ces assauts, deux attitudes opposées sont possibles : rester amateur ou devenir professionnel.

Valentin Decker nous invite alors à choisir clairement notre camp, en adoptant la posture exigeante du deuxième profil.

Il nous encourage à ne surtout pas renoncer, et même à redoubler d'efforts. Nous devons considérer la difficulté comme un signal positif que nous avançons. Nous devons y voir l'occasion de muscler notre endurance sur la voie de la création, explique-t-il.

3.1 - Qu’est-ce qu’un amateur ?

La première posture est celle de l’amateur, qui invoque les conditions extérieures pour justifier son immobilisme.

Ainsi, ce dernier abandonne rapidement devant la difficulté, se complaît dans les excuses et l'auto-apitoiement. Sa motivation est volatile. Il agit au gré de ses humeurs et besoins émotionnels. Il ne sait pas dompter ses peurs. Bref, il n'a pas l'étoffe pour vivre sérieusement de sa création.

3.2 - Devenir un professionnel

Le professionnel, a contrario, accepte la peur et les obstacles inhérents au processus créatif.

Chaque matin, tel un guerrier qui se prépare au combat, il défie la "Résistance" corps et âme pour progresser coûte que coûte vers ses objectifs. Comprenant que le manque de temps n’existe pas et qu’il s’agit uniquement de hiérarchiser ses activités par ordre d’importance, il place la création au sommet de sa pyramide.

Et peu importent son humeur et les circonstances, sa motivation ne faiblit pas. Son unique priorité : avancer son projet via une pratique régulière et des rituels quotidiens. Car sans cette discipline de fer, impossible d'aller au bout de son ambition créative.

3.3 - Ce n’est jamais personnel

Lorsque nos créations commencent à rencontrer un écho, aussi modeste soit-il, il peut être tentant de lier trop fortement notre ego à leur destin. Inconsciemment, nous attachons notre estime personnelle aux critiques reçues, qu'elles soient positives ou négatives.

Or, pour Valentin Decker, nous devons à tout prix éviter ce piège. Car notre travail n'est jamais qu'un reflet imparfait, à un instant T, de notre potentiel global en tant qu'individu. De plus, les jugements portent rarement sur nous en tant que personne. Ils concernent juste une idée, une formulation ou une situation donnée qui n'a pas su trouver son public. Rien de personnel.

Aussi, en cas de retour mitigé ou de commentaires désobligeants, nul besoin de remettre en cause nos qualités humaines ni même notre talent, souligne l’auteur.

Pour prendre du recul, l'auteur propose alors de considérer notre travail créatif à la manière d'un acteur de cinéma. Nous enfilons temporairement un masque et un costume pour jouer un rôle, celui de notre projet. Une fois le tournage terminé, les critiques glissent sur nous sans nous toucher. Elles s'adressent au personnage, pas à l'humain derrière le masque. "Nous ne sommes pas notre projet".

3.4 - Cultiver l’inconfort

Dans cette partie du livre "Expédition créative", Valentin Decker commence par nous montrer comment, dans nos vies quotidiennes, tout est pensé pour limiter notre inconfort et les prises de risques : "On évite les chocs, on protège nos enfants plus que nécessaire, on habite les quartiers sûrs et on choisit les destinations touristiques populaires."

Nous recherchons tous la sécurité, et ceci est tout à fait normal, admet l’auteur. Toutefois, ajoute-t-il, cette quête effrénée de sécurité possède des effets pervers.

En effet, d’après l’auteur, celle-ci nous rendrait plus vulnérable aux aléas de l'existence. Elle nous prive d’occasions d’apprentissages. Car les échecs, difficultés passagères et dangers mesurés ont aussi beaucoup à nous apporter, soutient Valentin Decker.

C’est pourquoi, à l’image d’un enfant qui progresse en tombant et en se faisant mal, le créateur ambitieux ne doit pas craindre l’inconfort. Bien au contraire, il lui faut le rechercher activement pour repousser ses limites ! Chaque obstacle surmonté le renforce et lui fait gagner en résilience.

3.5 - Devenir obsessionnel

Cette partie du livre "Expédition créative" commence par relater le parcours de Conor McGregor, superstar internationale de MMA.

L’auteur y analyse sa réussite : comment devient-on le n°1 mondial dans un sport de combat extrême comme le MMA ? La réponse, pour Valentin Decker, tient en un mot : l’obsession.

Pour le sportif, cette obsession se traduit par un entraînement physique et mental de tous les instants orienté "performance". Mais à ce sujet, McGregor ne fait que formuler explicitement ce que la plupart des sportifs de haut niveau appliquent au quotidien, souligne Valentin Decker : les basketteurs Lebron James ou encore Kobe Bryant, par exemple, passaient eux aussi, leurs journées à muscler leur corps, travailler leurs appuis au millimètre près, peaufiner leur tir dans toutes les positions.

Alors comment devenir soi-même obsessionnel dans sa discipline créative ? En choisissant chaque jour de se confronter à ses limites plutôt que de stagner dans la facilité. En structurant son quotidien au service exclusif de son art, de son projet, nous répond Valentin Decker, avant de partager son propre vécu à ce sujet :

"Une obsession est une idée, image, ou une pensée qui s'impose à notre esprit sans relâche. Elle tourne constamment en tâche de fond, quoi que l’on fasse. Elle est omniprésente, du lundi au dimanche. Devenir obsessionnel, c’est comprendre que l’on est défini par ce que l’on répète chaque jour. C’est prendre du plaisir dans les combats de tranchées. Aimer se faire mal. Être assoiffé de nouveaux obstacles et défis. […] Il n’y a pas un jour où je n’y pense pas. Pas un jour où je ne me demande pas comment devenir meilleur dans mon art (pour l’instant, c’est l’écriture, mais je ne me ferme aucune porte). [...] La tension est permanente."

3.6 - Le succès qui arrive du jour au lendemain est un mythe

  • 50 années de maturation créative

Valentin Decker raconte ici l’histoire de George R.R Martin.

George R.R Martin est auteur. Il écrit et publie des livres pendant plus de 30 ans sans jamais devenir vraiment connu. Mais un jour, une chaîne de télé choisit d’adapter sa série de livres fantastiques en série TV.

Cette série est la célèbre épopée fantasy "Game of Thrones". Celle-ci devient rapidement un phénomène planétaire, propulsant George R.R Martin sur le devant de la scène. L’écrivain explose ses ventes et est invité partout.

Nous serions alors tenté de cataloguer cet exploit comme un "succès du jour au lendemain", juge l’auteur.

Mais en réalité, une plongée dans le parcours de l'intéressé montre que ce coup de projecteur est le fruit de décennies de labeur en toute discrétion. Avant de publier le premier tome de sa saga littéraire à succès, George R.R. Martin a enchaîné des dizaines de projets tous azimuts dans l'écriture. Son "talent" n'a rien de inné, il est le résultat d'un travail de fond ingrat, loin des feux de la rampe.

Ainsi, laisser penser que certains créateurs sont touchés par la grâce et lui doivent leurs accomplissements extraordinaires est extrêmement contreproductif, aussi flatteur que cela puisse l'être. Car derrière chaque grand nom se cachent des années, voire des décennies, de sueur, de créations, de doutes et d'efforts pour peaufiner son style, assure l’auteur d’"Expédition créative".

  • L’histoire d’Angry Birds

Valentin Decker partage ensuite une seconde histoire pour illustrer l’idée que les grands succès n’arrivent jamais de façon fracassante.

Il s’agit de celle du petit studio finlandais "Rovio" qui a créé 51 jeux en 8 ans, sans succès, et a frôlé la faillite avant que son application, Angry Birds, devienne la plus vendue de tous les temps.

3.7 - S’inspirer sans se comparer

Pour progresser, il est essentiel de savoir s'inspirer des modèles qui nous précèdent dans notre discipline créative, lance Valentin Decker.

Observer leur approche, disséquer leurs œuvres pour en percer les secrets de fabrication, reproduire leurs méthodes, voilà en effet ce qui nous fait gagner un temps précieux.

Cependant, l’auteur d’"Expédition créative" nous met en garde sur un écueil courant de cette quête effrénée de mentors : celui de comparer notre niveau actuel avec celui de ces icônes reconnues. Inévitablement, le constat d'écart est douloureux pour notre amour propre. Le sentiment d'illégitimité et d'imposture rode alors et sape notre confiance.

Ainsi, ces comparaisons sont totalement contre-productives. Chacun avance à son rythme en fonction de son contexte et de ses expériences de vie uniques. Mieux vaut nous concentrer sur notre propre progression personnelle uniquement, en faisant fi des standards inatteignables que l'on aurait tort de s'imposer, conseille l’auteur.

3.8 - Est-ce que l’on continue d’apprendre ?

Quand nous arrivons à un stade plus avancé de notre projet, il est naturel de s'interroger : les choses n'avancent plus aussi vite qu'avant, dois-je persévérer ou changer de cap ? Est-ce juste une passe difficile à traverser ou le signe que je me trompe d'orientation ?

Pour Valentin Decker, dans ces moments de doute, "notre mode de pensée par défaut est de vouloir accumuler toujours plus, toujours plus vite. De maximiser nos gains à court terme : le salaire que l’on gagne, le confort dont on profite, le statut dont on jouit".

Mais, selon lui, une question doit primer sur toutes les autres et guider notre choix : apprenons-nous toujours de nouvelles compétences ou commençons-nous à stagner ? Car, précise-t-il, "l’apprentissage doit être notre étoile du berger". Le propre de tout créateur ambitieux est de rester insatiable dans sa soif d'apprendre et de se dépasser.

Ainsi, si notre travail nous permet encore chaque jour de repousser nos limites, sortir de notre zone de confort, développer de nouveaux savoir-faire, c'est que nous sommes sur la bonne voie. Même si la souffrance est au rendez-vous, persévérons ! "Apprendre, c’est semer les graines de fruits que l’on va récolter plus tard", écrit l’auteur.

À l'inverse, si la routine s'installe, que nous gérons les problèmes en pilote automatique sans plus progresser, alors il est certainement temps de passer à autre chose pour continuer à grandir. Quitte à abandonner des projets prometteurs, l'essentiel est de toujours donner la priorité à notre soif de progrès sur le reste.

3.9 – Être religieux avec son audience

En plus de nos ambitions personnelles, le projet créatif a ceci de formidable qu'il nous permet de tisser des liens avec les gens. En partageant publiquement notre démarche, nous rallions progressivement des personnes qui adhèrent à nos valeurs et trouvent du sens dans ce que l'on fait.

Ces fans, pour l’auteur du livre "Expédition créative", ne sont pas que de simples consommateurs/ spectateurs. Ils sont des alliés dans notre activité créative. Car ils sont prêts à nous soutenir et à propager notre message auprès de leurs cercles.

C’est pourquoi Valentin Decker nous invite à entretenir une relation chaleureuse et authentique avec ces personnes qui nous suivent, à les traiter de manière quasi sacrée, comme la prunelle de nos yeux. Répondre individuellement à leurs messages, les faire participer à nos futures créations, s’intéresser à eux et à leurs problèmes. L’idée est de chérir ces échanges plutôt qu'une stratégie marketing déshumanisée. En retour, ils assureront notre succès bien plus sûrement que des campagnes publicitaires !

3.10 - La décennie silencieuse

Si le génie créatif des plus grands artistes nous paraît inné, une étude passionnante du psychologue John Hayes vient contredire cette perception. En examinant le parcours des compositeurs les plus joués au monde, il découvre un point commun étonnant :

Aucun n'a composé de chef-d’œuvre avant au moins 10 ans de pratique intensive ! Même des "prodiges" comme Mozart ont dû patiemment accumuler des heures de travail pour développer leur sensibilité et maturité artistiques. Avant cette décennie laborieuse passée dans l'ombre, il serait donc impossible d'accéder à la postérité.

Cette phase ingrate mais indispensable, John Hayes l'a justement nommée "la décennie silencieuse".

Voilà donc à quoi tout créateur ambitieux doit s'attendre, prévient Valentin Decker. Préparons-nous donc à traverser avec patience et effort ces 10 années de maturation et de travail, pendant lesquelles nous construisons nos compétences en coulisses avant de pouvoir prétendre à la consécration publique !

3.11 - Aucune raison de s’arrêter

Au terme de longues années d'effort, quand enfin un semblant de reconnaissance pointe pour nos créations, une question légitime surgit : après tout ce chemin, peut-être est-il temps de souffler un peu ?

L'auteur d’"Expédition créative" nous rappelle alors ici que la formidable caractéristique du processus créatif est précisément son absence de ligne d'arrivée.

En effet, nous pouvons toujours nous réinventer, explorer de nouvelles formes de créativité, nous lancer de nouveaux défis, bref progresser indéfiniment. Comme Sisyphe condamné à refaire rouler éternellement son rocher symbolique, sauf qu'à la différence du supplice du personnage mythologique, nous, nous retirons plaisir et joie de ce travail infini.  

"On tombe amoureux du processus créatif ; du simple fait de sortir sa caméra ou de s’asseoir à son bureau pour raconter des histoires. […] Il n’y a aucune raison que l’on s’arrête."

3.12 - Nous n’avons rien de spécial

À mesure que notre projet prend de l'ampleur, il peut être tentant de s’attribuer des talents exceptionnels qui expliqueraient notre réussite là où d'autres échoueraient.

Or, pour l’auteur d’"Expédition créative", des créateurs ambitieux prêts à tout sacrifier pour leur idéal, il en existe des millions aux quatre coins du monde. Dès lors, rien ne justifie de déjà nous croire différent du lot et/ ou intouchable. Ni chance insolente, ni dons surnaturels : seul notre degré d'efforts déterminera si nous perçons, affirme l’auteur.

Cultivons donc patience et humilité. Continuons plutôt à travailler dans notre coin, à l'ombre des projecteurs, sans céder à la tentation de l'ego. Notre succès n'est jamais acquis d'avance et doit se mériter jour après jour.

3.13 - Gérer son temps et son énergie comme des professionnels

Pour tout créateur, le temps et l'énergie représentent un capital limité à allouer judicieusement entre nos différentes priorités quotidiennes. C’est d'autant plus le cas quand nous menons, comme l'auteur, notre projet "à côté" d'une autre activité professionnelle principale.

Dès lors, il est essentiel d’être lucide sur notre fonctionnement interne et de savoir à quels moments de la journée nous serons le plus inspiré et concentré pour créer.

Ensuite, Valentin Decker nous recommande d’organiser méthodiquement notre emploi du temps pour placer la création au centre et lui offrir les plages horaires optimales. Quitte à nous isoler totalement du monde par moment.

Par exemple, l’auteur a choisi de se lever plus tôt, de ne pas traîner après le travail, et de libérer ses samedis et dimanches matin pour consacrer ces temps à son écriture.

3.14 – Quelle est la chose la plus importante ?

Plus on progresse, plus il peut être tentant de complexifier à outrance ses projets et ses stratégies, dans l'espoir d'améliorations supplémentaires. Même si c’est parfois nécessaire, cela reste souvent une erreur, d'après l'auteur.

En effet, selon lui, une fois un minimum de public acquis, mieux vaut rester concentré à 100 % sur notre proposition de valeur initiale qui a fait ses preuves. Continuons à affiner celle-ci en profondeur plutôt que de nous disperser, lance Valentin Decker. La créativité requiert de savoir dire non aux opportunités secondaires pour viser l'essentiel :

"Ne soyons pas comme ces personnes qui cherchent sans cesse le nouveau hack à la mode. Capitalisons sur ce qui marche et appuyons sur l’accélérateur."

Ainsi, chaque matin, prenons le temps de nous demander : quelle est LA priorité absolue à adresser aujourd'hui pour faire progresser mon projet ? Une fois identifiée, consacrons lui le meilleur de notre énergie.

3.15 – Assumer cette voie

Le processus créatif est une route semée d'obstacles. Dès lors, elle nous force à sortir de notre zone de confort, indique l’auteur d’"Expédition créative", quand notre tendance naturelle est, à l’inverse, de privilégier stabilité et sécurité.

Elle implique alors une nécessaire prise de conscience au départ : en choisissant de nous lancer dans un projet créatif, nous avons délibérément opté pour une voie exigeante, qui demandera régularité, rigueur et sacrifices au quotidien. Le succès, la liberté et l'épanouissement qu'elle procure se méritent. Ils requièrent d'accepter une forme de souffrance consentie sur la durée.

Assumons sereinement les implications de notre décision.

3.16 - Quelle souffrance est-on prêt à endurer ?

  • Accepter les contraintes associées au projet créatif

Au-delà du refus de la facilité et de l’élan positif que génère l’appel de la création, se pose une question plus rude : jusqu'où sommes-nous prêt à endurer l'inconfort qui accompagne toute ambition supérieure à la moyenne ?

Car ne nous leurrons pas : en général, plus le projet est ambitieux, plus les sacrifices à consentir et la dose de souffrance sont élevés, prévient l’auteur.

Pour illustrer ses propos, Valentin Decker partage les échecs qu’il a rencontré par le passé en se lançant dans des projets toujours avortés après quelques mois. La raison principale de ces échecs ? "Je voulais les bénéfices du projet, sans en supporter ses coûts", confie-t-il. "Je n’avais pas compris que tout ce qui a de la valeur s’obtient en acceptant la souffrance et l’expérience négative qui en découle".

  • Deux niveaux de souffrance

Pour Valentin Decker, mener à bien des ambitions créatives exige d'accepter deux niveaux de souffrance : celle imposée par la "Résistance" intérieure, d'intensité proportionnelle à nos objectifs, et celle spécifique à chaque discipline.

Plutôt que fuir cet inconfort, mieux vaut le choisir en conscience comme un passage obligé vers le succès et un indice que notre activité nous correspond. Exemples : se lever à l'aube pour le nageur, affronter le public pour l'humoriste, endurer les nuits blanches et les manœuvres inconfortables  pour l’entrepreneur, ou encore la solitude de l’écrivain, comme l’a vécu l’auteur.

L'essentiel : expérimenter soi-même les implications et difficultés concrètes de nos aspirations pour juger si on les supportera sur le long terme.

Car à force de pratique assidue, on finit par les apprivoiser, voire les chérir comme autant de gages de notre engagement : “Un jour, avec le recul, les années de luttes t’apparaîtront comme les plus belles” termine l’auteur en citant Freud.

3.17 - Cultiver des habitudes

L’auteur d’"Expédition créative" revient sur le parcours de Ian Fleming , le créateur de James Bond.

Ian Fleming n'avait rien d'un surdoué de la plume. Pourtant, il publia un nouveau roman de "007" tous les ans jusqu'à sa mort. Comment ? Grâce à des routines immuables : chaque matin, quelques heures d'écriture selon un rituel bien huilé lui permettaient de tenir le rythme effréné.

De même pour Stephen King :

"Tous les jours de l’année. Pas d’excuse, pas de break, pas de vacances. King ne quitte pas son bureau tant qu’il n’a pas couché ses 2 000 mots. Il sait que tous ne seront pas bons à garder ; mais il n’y réfléchit même pas. Certains jours, les mots viennent avec aisance. D’autres jours, c’est une bataille."

Ces deux exemples illustrent bien le pouvoir révolutionnaire des habitudes pour tout créateur. Car loin d'être un carcan stérile, les habitudes structurent nos journées et favorisent ainsi l'émergence de notre flow créatif. Pourquoi ? Parce qu’elles concentrent notre énergie vers l'essentiel - le travail - en automatisant le reste.

“Soyez régulier et ordonné dans votre vie, afin d'être violent et original dans vos créations” lance l’auteur en citant Flaubert.

Et mettons en place des rituels non négociables qui protègent notre processus de création quotidien..

"Les routines et les habitudes sont les fondations de toute carrière créative. Elles sont le meilleur moyen de progresser et d’atteindre les fameuses 10 000 heures de pratiques nécessaires pour devenir très bon dans un domaine. Écrivons 3 heures par jour. Passons 3 heures par jour à travailler sur nos musiques. Filmons 3 heures par jour. Dessinons 3 heures par jour. Dédions 3 heures par jour à peaufiner notre technique. Tout se passera bien."

3.18 - Jusqu’où doit-on vraiment grandir ?

"Toujours plus grand !" est la devise implicite de nombreux créateurs, toujours promptes à sacrifier bien-être sur l'hôtel de la croissance. Pourtant, une fois un seuil minimum vital atteint pour créer sereinement, ne peut-on pas choisir de freiner la fuite en avant pour goûter la douceur de vivre ?

C'est l'option à laquelle nous invite ici Valentin Decker en questionnant la course perpétuelle à la performance. Une fois nos besoins primaires satisfaits, pourquoi ne pas cultiver la joie simple d'une vie de créateur indépendant plutôt que de toujours courir après plus ? Arrêtons-nous pour jouir de ce qui a été construit : un projet à taille humaine qu'il s'agit d'approfondir en conscience plutôt que de gonfler compulsivement sous stéroïdes, avec le risque, en plus, de s'égarer.

3.19 - Le bon moment pour abandonner

  • La traversée du désert : arrêter ou continuer ?

Lorsque plusieurs mois d'efforts acharnés n'ont toujours pas permis de faire décoller notre projet, la tentation du renoncement guette. Faut-il s'entêter ou vaut-il mieux jeter l'éponge pour explorer de nouvelles voies créatives ?

"La majorité de la littérature entrepreneuriale est unanime sur la question", écrit l’auteur d’"Expédition créative". D’après elle, il ne faudrait "surtout pas abandonner. Il faut persévérer, coûte que coûte. […] Abandonner serait pour les perdants. Les faibles."

Mais pour Valentin Decker, la réponse est plus complexe que cela.

Dans certains cas, s’entêter n’est pas une bonne idée, précise-t-il : "abandonner est essentiel pour tirer profit des autres options qui se présentent devant nous".

Par ailleurs, tout projet créatif implique un moment où nous allons patauger, un fossé, un désert à traverser. Et plus notre ambition est grande, plus cette "partie sombre de notre expédition" sera longue et ardue.

"Alors comment savoir s'il faut abandonner ou persévérer ?" questionne l'auteur.

La clé tient en un mot : l’apprentissage.

En effet, nul besoin de s'acharner indéfiniment sur un projet au point mort : si les progrès se font attendre malgré nos efforts, prenons du recul et envisageons d'explorer une nouvelle piste créative.

Par contre, tant que nous continuons d'apprendre et de repousser nos limites chaque jour, alors persistons ! Car la zone d'inconfort maximale précède souvent un passage de niveau ou une percée, souligne l’auteur.

  • Trois autres conseils à suivre

Valentin Decker mentionne ensuite 3 autres conseils :

Ne cédons pas à la panique sous la pression : l’auteur se réfère aux recommandations de Seth Godin pour qui "le pire moment pour abandonner est quand la douleur est la plus grande" et qui pense que "les décisions prises sous le coup de la souffrance et de l’instant sont rarement bonnes".

Se fixer à l’avance un horizon raisonnable avant réévaluation : établissons dès le début la durée maximum durant laquelle nous sommes prêts à endurer les affres de l'échec avant de changer de cap. Ou si ce n’est pas une échéance, les conditions qui nous feront abandonner, comme le stipule l’ultra marathonien Dick Collins dans le livre ou comme le font les investisseurs en se donnant des règles de conduite. Cela permettra de garder le cap quoi qu'il arrive pendant ce laps de temps convenu. Après quoi, nous pourrons revoir notre copie en toute lucidité.

Raisonner plutôt en termes de trajectoire à long terme plutôt que de succès ou échec d'une initiative isolée. Chaque projet est un tremplin vers le suivant sur le chemin de la créativité !

"Chaque projet est une source d’apprentissage. On fait levier sur ce qui a déjà été construit pour développer les projets suivants. Que l’on abandonne ou que l’on persiste, chaque décision vient nourrir l’ensemble, qui nous permet de développer nos compétences sur le long-terme."

Partie 4 | Le bout du tunnel

Pour introduire cette dernière partie sur le chemin de nos ambitions créatives, Valentin Decker nous félicite : nous avons tenu !

Arriver à cette étape signifie que nous avons fait face aux doutes lancinants et à la peur de l'inconnu, et chaque jour combattu la "Résistance" en professionnels aguerris, sans se dérober à l'inconfort qui seul élève.

Mais si nous en sommes au bout, nous ne sommes pas encore sorti du tunnel pour autant…

4.1- Shipper son projet

Nous peinons depuis des mois sur notre projet, et nous y voilà : le moment est venu de le mettre au monde !

Mais cette étape ultime effraie. Nous doutons : ne vaudrait-il pas mieux retravailler certains détails ? Nous nous sentons ridicule, pas à la hauteur. "Ce projet nous brûle les doigts. On le met de côté. La sensation d’inconfort, de gêne et de malaise est immense" écrit Valentin Decker.

Mais pour ce dernier, ce besoin de perfectionnisme est illusoire. Car à force d'améliorations, on néglige l'essentiel : confronter notre idée au réel.

Or, c’est bien là que tout se joue. "Shipper" sa création (l’auteur reprend ici un terme employé par Seth Godin : "ship it" qui veut dire "délivrer", "publier", "mettre au monde"), c’est lui donner une chance de transmettre quelque chose, de faire ressentir des émotions, en un mot d’impacter. C’est lui donner une chance d’exister.

L’auteur raconte comment lui-même a connu cette fameuse "Résistance" à cette étape-là précisément : il a mis des semaines à se décider à publier son premier livre au lieu de quelques jours, se créant des excuses et se trouvant mauvais artiste.

4.2 - Ce qu’on ne contrôle pas

Dans cette partie du livre "Expédition créative", Valentin Decker commence par nous raconter comment en 1914, à 67 ans, Thomas Edison, voit son laboratoire partir en fumée. Ce soir-là, l’incendie détruit, sous les yeux du scientifique et de sa famille, le travail de toute une vie.

Pourtant, plutôt que de s'énerver, Thomas Edison fait preuve d'humour devant son fils.

À l'image de Thomas Edison, l’auteur du livre "Expédition créative" nous invite alors à accueillir sereinement la part de ce qu’on ne contrôle pas dans l’acte de création, plutôt que de vouloir le contraindre vainement.

L’auteur fait aussi référence à la philosophie stoïcienne. Selon cette approche, certains événements échappent à notre contrôle et il faut les accepter. Seule notre réaction face à eux compte. La réaction de Thomas Edison est un exemple parfait.

Acceptons donc le résultat de nos projets créatifs une fois qu'on a fourni tous les efforts possibles. Le succès final ne dépend plus de nous. Et gardons notre énergie pour ce qui compte vraiment plutôt que de nous lamenter.

4.3 - Que se passe-t-il si ce projet échoue ?

Au moment de se lancer dans le grand bain, il est normal de ressentir une sourde angoisse, explique ensuite Valentin Decker. On a beau savoir que l'échec est possible et qu’il est source d’enseignements, l'idée qu'il nous frappe en pleine face fait peur.

Alors même si c’est cliché, l’auteur suggère, là encore, de faire preuve de stoïcisme et de rester dans l’action :

"Certaines choses sont en notre contrôle, d’autres ne le sont pas. On a parfois beau faire tout ce qu’il faut, donner toute notre énergie et faire du mieux que l’on peut, cela ne fonctionne quand même pas. C’est comme ça. […] Ne perdons pas de temps à chercher un coupable ou à nous lamenter. Ne soyons pas non plus trop durs avec nous-mêmes et ne nous laissons pas abattre. C’est inutile et improductif. Si nécessaire, faisons une pause pour recharger les batteries. Mais, restons dans l’action et repartons immédiatement au combat. Cet échec ne présage rien pour la suite, si ce n’est du positif."

Car certes échouer est contrariant et coûteux en énergie, mais rappelons-nous que "plus on échoue, plus on apprend".

4.4 - L’échec est un examen

Pour l’auteur d’"Expédition créative", il est essentiel de cultiver l’idée que chaque écueil est une occasion de progresser.

Valentin Decker fait référence à l’empereur romain Marc-Aurèle pour qui "l'entrave à l'action devient un appel à l'action"..

Ainsi, plutôt que de subir passivement les aléas du parcours, voyons chaque obstacle comme un passage obligé vers un niveau supérieur de conscience et de capacités. Regardons donc l’échec comme un test.

4.5 - Être son propre juge

Valentin Decker nous raconte ici comment Marcelo Bielsa, entraineur de football argentin charismatique, a exigé de son équipe de Leeds qu'elle laisse volontairement Aston Villa égaliser lors d’un match en 2019 pour compenser une injustice de l’arbitre. Un geste fou sur le coup mais visionnaire sur le long terme, nous dit l’auteur d’"Expédition créative". Il explique comment l'approche de Bielsa a construit sa légende match après match, saison après saison, a permis de révéler de grands talents. Et comment sa philosophie centrée sur l'excellence du processus plutôt que sur le résultat immédiat a inspiré les plus grands !

Pour nos propres projets créatifs, l'auteur nous invite à suivre la voie de Marcelo Bielsa : osons construire nos standards de qualité internes, aussi exigeants soient-ils. Au diable l'opinion des autres ! Concentrons-nous plutôt sur ce qui dépend vraiment de nous au quotidien. Mettons toute notre énergie à donner le meilleur de nous-mêmes jour après jour, et le succès finira par nous sourire.

"Nous devons nous détacher du résultat immédiat et externe de nos actions. Nous devons construire nos propres instruments de mesure. Ne jugeons pas nos performances par rapport à notre adversaire du jour. Il peut être terriblement mauvais et, nous, simplement l’être un peu moins. Notre objectif doit être de donner le meilleur de nous-mêmes et de viser notre potentiel maximum. Créons nos propres standards de qualité. Soyons rigoureux. Ce mode de fonctionnement nous permettra d’obtenir des résultats sur le long terme. Et de faire abstraction des distractions du moment."

4.6 - Expérimenter des choses

Valentin Decker nous explique ici que pour Schopenhauer, seuls les créateurs qui ont "quelque chose de singulier à raconter" méritent notre intérêt. Leur propos précède la forme selon lui. L’auteur applique alors ce principe à tous les domaines : les meilleurs livres, films ou entreprises naissent d'expériences vécues plus que d'une maîtrise technique, affirme-t-il.

C’est pourquoi, l'auteur nous invite à oser expérimenter des choses fortes pour nourrir nos projets créatifs. Qu'il s'agisse d'un tour du monde en solitaire, d’un style de vie alternatif ou d'un défi sportif extrême, peu importe. Même nos échecs sont précieux, car ils forgent un regard unique.

Nous n’avons alors pas d'excuses pour ne pas nous lancer : aujourd’hui, tout le monde peut accumuler des expériences et les partager avec authenticité sans faire appel à un intermédiaire comme c'était le cas auparavant !

4.7 - Man in the Arena

En 1910 à Paris, l'ancien président américain Theodore Roosevelt prononce l'un de ses discours les plus marquants de l’histoire, baptisé "Man in the Arena". Redécouvert et cité par nombre de grands sportifs et hommes d'État, ce texte fondateur fait l'apologie du courage d'entreprendre et de se jeter dans l'arène.

En fait, pour Roosevelt, celui qui ose affronter la possibilité de l’échec a déjà gagné. Quoi qu'il arrive, il aura au moins eu le cran d'essayer ! Mieux vaut se battre de toutes ses forces, quitte à trébucher, que de tergiverser et rester éternellement figé par la peur.

Valentin Decker reprend ce vibrant plaidoyer pour l'audace. Il nous encourage à nous jeter à corps perdu dans l'aventure de la création. Comme les héros d'antan, il nous exhorte de foncer sans crainte face aux critiques, aux résistances et à la difficulté.

En somme, saisissons notre chance, ici et maintenant. Et si nous échouons ? Tant pis, l'essentiel est ailleurs : nous aurons mené notre combat. La tête haute.

4.8 - Que faire ensuite ?

Une fois la ligne franchie, on aurait tôt fait de souffler enfin, la pression retombée.

Mais les vrais créateurs, selon Valentin Decker, ne s’offrent pas vraiment de répit. "Ils ne sont jamais en train de ne pas penser à la suite". Aussitôt leur projet créatif terminé, les voilà déjà tournés vers le suivant, en quête perpétuelle d'apprentissages et de dépassement de soi.

De même, quelque soit l’issue de notre projet - échec cuisant, semi-flop ou succès - gardons en tête la suite. "Tournons notre esprit vers le prochain projet. Ne détruisons pas la dynamique et l’élan que l’on vient de construire" glisse l’auteur.

Conclusion du livre "Expédition créative | La patience, l'ambition et la rigueur du travail bien fait" par Valentin Decker

Dans sa conclusion, Valentin Decker met en lumière 3 conseils clés à considérer en tant que créateur.

Raisonner carrière créative globale

Valentin Decker rappelle que ce livre suit le cycle de vie d'un projet créatif, de l'idée initiale à sa concrétisation. Mais ses enseignements, indique-t-il, doivent aussi s'appliquer à notre carrière dans son ensemble, constituée de la somme de nos projets successifs.

Aussi, selon lui, l'échec ou la réussite d'une initiative isolée a finalement peu d'importance. Ce sont la trajectoire et la courbe d'apprentissage globales qui comptent vraiment sur le long terme. L’idée est de faire de chaque projet un tremplin vers le suivant.

Démystifier la créativité

Si certains principes énoncés peuvent sembler évidents, l'auteur tenait à les souligner pour déconstruire les mythes entourant les créateurs à succès.

Selon lui, l'inspiration et le talent ne suffisent pas ; seul le travail acharné et les habitudes productives font la différence.

La création exige de l'endurance et un détachement du résultat à court terme. Elle n'a rien de mystique ni d'inné, elle est juste exigeante.

Cette vérité dérange mais elle rend l'excellence accessible, à condition de persévérer et de toujours viser plus haut.

Devenir un "verbe"

Plutôt que de se focaliser sur le statut futur auquel on aspire, efforçons-nous de devenir des "verbes" : dessiner, écrire, filmer... Car pour Valentin Decker, la création est un processus, non un état. Elle nous pousse à recommencer indéfiniment l'ascension de la montagne, pas à nous reposer au sommet.

Alors, en dépit des obstacles inévitables, ne baissons jamais les bras et gardons intacte la flamme sacrée de la passion créative, aujourd'hui comme demain. Alors certes, le voyage promet d'être rude mais ô combien euphorisant !

Conclusion de "Expédition créative | La patience, l'ambition et la rigueur du travail bien fait" de Valentin Decker

Les 3 idées clés développées dans le livre "Expédition créative" pour concrétiser son projet créatif

1/ Adopter la posture du professionnel face à l'adversité

Lorsque les doutes et la peur de l'échec nous assaillent dans l’aventure de notre projet créatif, "Expédition créative" nous invite à endosser le costume du professionnel aguerri. Cela implique d'accepter l'inconfort inhérent au processus créatif et de persévérer coûte que coûte, en plaçant la pratique régulière au sommet de nos priorités.

2/ Se libérer du regard des autres en restant son propre juge

Pour tenir sur la durée, Valentin Decker insiste sur l'importance de développer ses propres critères de réussite, alignés avec nos aspirations profondes. En nous détachant de l'opinion externe, nous pouvons avancer sereinement, concentrés sur notre progression quotidienne plutôt que sur les distractions ambiantes.

3/ Raisonner en termes de trajectoire créative globale

Si l'auteur décortique avec précision les étapes d'un projet créatif isolé, de sa genèse à son achèvement, il replace constamment celui-ci dans la perspective plus vaste de notre cheminement artistique au long cours. Car au final, chaque initiative, même avortée, nous fait grandir et ouvre la voie aux suivantes.

Ce que ce livre "Expédition créative" va vous apporter

À travers "Expédition créative", Valentin Decker offre un guide inspirant pour accompagner tout créateur en herbe. Si vous avez l’envie et l’ambition de vous lancer dans un projet créatif quel qu’il soit - écrire un livre, lancer un blog, devenir vidéaste ou monter votre entreprise – vous trouverez, dans cet ouvrage, une méthode pour dompter votre état d'esprit, structurer votre démarche et surmonter les inévitables difficultés que vous rencontrerez en chemin.

Mais plus qu'une simple boîte à outils, cet ouvrage délivre un puissant message d'encouragement. En démystifiant le processus créatif, trop souvent auréolé d'une part de "don" et de "magie", l'auteur le rend accessible au commun des mortels. Nul besoin d'être un génie ! Seuls comptent votre détermination, votre capacité à embrasser l'inconfort et votre rigueur dans l'effort. De quoi susciter des vocations chez tous ceux qui rêvaient de se lancer sans oser, faute de mode d'emploi.

Pourquoi je recommande ce livre

Je recommande la lecture d'"Expédition créative" pour deux raisons principales.

D’abord, pour son côté pragmatique et inspirant : le lecteur en ressort boosté, avec un plan d'attaque applicable et l’état d’esprit nécessaire.

Ensuite pour l'authenticité qui s'en dégage : loin des discours pontifiants, Valentin Decker nous parle d'égal à égal, en livrant avec honnêteté ses propres doutes et errances.

Une bouffée d'air frais, en somme, qui réconcilie créativité et entrepreneuriat !

Points forts :          

Un livre qui donne une vision réaliste de ce qu’est le processus créatif, sans langue de bois et sans vendre du rêve ni paillettes.

Un guide pragmatique et inspirant, qui donne envie de se lancer… et de persévérer avec discipline et constance.

Une approche qui démystifie le processus créatif en le rendant accessible à tous, sans prérequis de "génie".

L’authenticité et l’honnêteté du contenu : l'auteur partage ses propres doutes et erreurs.

Point faible :

Certains conseils peuvent parfois paraître un peu contradictoires. Cela peut cependant s’expliquer par la complexité du processus créatif, ses nuances et le juste équilibre qu’il implique (entre persévérance et remise en question par exemple, ou entre détachement et engagement dans son projet créatif).

Ma note :

★★★★★

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Thu, 20 Jun 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12889/Expdition-crative
IA 2042 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12860/IA-2042

Résumé de « IA 2042 — Dix scénarios pour notre futur » de Kai-Fu Lee et Chen Qiufan : un livre qui mêle les talents de conteur de Chen Qiufan aux connaissances de Kai-Fu Lee en matière d'intelligence artificielle afin de proposer dix visions possibles des sociétés boostées à l'IA — pour le meilleur… et pas vraiment pour le pire !

Par Kai-Fu Lee et Chen Qiufan, 2022, 499 pages.

Titre original : « AI 2041 — Ten Visions for Our Future » (2021)

Chronique et résumé de « IA 2042 — Dix scénarios pour notre futur » de Kai-Fu Lee et Chen Qiufan

Introduction par Kai-Fu Lee : La véritable histoire de l'IA

C'est John McCarthy qui invente le terme d'intelligence artificielle (IA) à l'occasion du célèbre "Projet de recherche d'été sur l'intelligence artificielle" à Darmouth, en 1956.

Pendant longtemps, l'IA s'est cantonnée au monde universitaire. Mais récemment, elle a fait sa grande apparition publique. Voici deux dates marquantes, liées à l'avènement d'un nouveau type d'IA liée à l'apprentissage profond ou deep learning :

2016 = AlphaGo bat un humain au jeu de go, un jeu de société plus complexe que les échecs ;

2020 = l'IA résout un problème scientifique, à savoir le repliement des protéines.

Depuis quelques années, le deep learning a énormément progressé grâce à :

L'augmentation de la puissance de calcul ;

L'augmentation des données et des capacités de stockage de celles-ci.

La valeur économique de l'IA est en train de monter en flèche. Pourquoi ? Notamment car cette technologie est "omni-usage", c'est-à-dire disponible pour un très grand nombre d'applications.

Dans ce texte, les auteurs cherchent à proposer une série de "fictions scientifiques". Ils se servent des ressources du récit fictif pour faire de la prospective sérieuse.

"Ce livre s'appuie sur une IA réaliste, c'est-à-dire sur des technologies qui existent déjà, ou dont on peut raisonnablement s'attendre à ce qu'elles arrivent à maturité dans les vingt prochaines années." (IA 2042, Introduction par Kai-Fu Lee)

L'objectif est de penser l'avenir de l'humanité et de l'IA afin de nous aider à relever les défis qui nous attendent avec réalisme et optimisme.

Introduction par Chen Quifan : Comment apprendre à ne plus s'inquiéter et accueillir l'avenir avec imagination

Alors que Kai-Fu Lee est le scientifique de l'aventure, Chen Quifan est l'auteur de fiction. À eux deux, ils combinent les talents pour raconter avec justesse et imagination les avenirs possibles d'une humanité boostée à l'IA.

L'auteur de science-fiction (SF) rappelle la loi d'Amara :

"Nous avons tendance à surestimer l'effet d'une technologie à court terme et à en sous-estimer l'effet à long terme." (IA 2042, Introduction par Chen Qiufan)

La SF a depuis longtemps mis en scène les relations homme-machine et l'irruption d'intelligences artificielles. Grâce à elle, nous pouvons explorer toutes les questions qui nous concernent au plus près.

Elle est d'ailleurs, selon Yuval Noah Harari, l'auteur de Homo Deus, "le genre artistique le plus important" de notre époque.

En fait, les scientifiques et les ingénieurs s'inspirent également de la SF pour construire leurs théories et leurs nouvelles technologies. De cette façon, la littérature change le monde. Mais elle le fait aussi car elle nous permet, à tous, d'avoir plus d'esprit critique.

Voici les enjeux des nouvelles qui suivent :

Anticiper avec réalisme les développements techniques ;

Imaginer l'avenir des êtres humains et des institutions sociales ;

Poser des questions pour faire réfléchir.

Espérons que ce pari soit réussi et que vous preniez plaisir à la lecture de ces 10 courtes histoires ! Après chacune d'entre elle, Kai-Fu Lee fait le point sur les développements techniques liés à l'IA.

1 — L'éléphant doré

La première histoire se passe en Inde.

Au niveau technologique, plusieurs évolutions ont eu lieu. La plus importante d'entre elles — développée dans la nouvelle — consiste en une assurance en ligne nommée Ganesh, du nom du dieu de la mythologie indienne.

Cette assurance est proposée en lien avec une série d'applications (shopping, santé, etc.). Pourquoi ? Car celles-ci permettent à l'assurance de récolter un grand nombre de données sur ces utilisateurs.

Quel est l'objectif ? Proposer des polices d'assurance adaptées aux comportements des clients. L'idée est de faire baisser les polices d'assurance en faisant baisser, en même temps, les risques. Grâce à ces applications, l'assurance donne de nombreux conseils pour préserver sa santé physique, mentale et financière.

Sur le plan social, l'histoire insiste sur l'abolition plus ou moins réussie des castes. Les intouchables, à savoir la caste la plus basse et dénigrée d'Inde, n'ont pas accès aux mêmes services et continuent de vivre dans des conditions moins avantageuses, même après les lois passées pour contrer ce phénomène, dès les années 2010.

À travers une histoire d'amour entre deux adolescents, la question principale posée par cette nouvelle est la suivante : comment éviter que ces algorithmes — qui utilisent les données pour fournir des conseils personnalisés — ne reproduisent les inégalités sociales ?

L'analyse de Kai-Fu Lee

Certaines applications que nous connaissons déjà sur nos smartphones utilisent l'apprentissage profond pour transformer nos données en recommandations ou conseils personnalisés. C'est le cas, par exemple, pour Facebook ou Spotify, pour n'en citer que deux parmi d'autres.

Dans cette partie, le scientifique explique en détail ce qu'est le deep learning et les "réseaux de neurones artificiels" qui en assurent le fonctionnement. Vous pouvez également retrouver ces informations, plus détaillées encore, dans la chronique de L'intelligence artificielle pour les nuls !

Les résultats stupéfiants de l'apprentissage profond ne doivent pas nous masquer les limites et les problèmes de cette technologie. Voici les points mis en évidence par le chercheur et investisseur :

Une grande puissance de calcul est nécessaire ;

Il ne faut surtout pas confondre le fonctionnement du cerveau humain et de ces réseaux de neurones artificiels ;

L'IA a besoin de grandes quantités de données pertinentes et d'un objectif assez précis et concret (ce qui est appelé la "fonction objectif").

Deux exemples de domaines de développement de l'IA sont proposés :

Internet (en particulier via Facebook et Amazon) ;

La finance et ce qui est maintenant appelé la fintech, à savoir l'alliance des technologies de pointe et de la finance et du monde de l'assurance (avec des sociétés comme Waterdrop en Chine ou Lemonade aux États-Unis).

Enfin, l'auteur aborde les problèmes liés à ce type d'application :

Manipulation des utilisateurs ;

Perpétuation des préjugés (au centre de la nouvelle "L'éléphant doré") ;

Impossibilité de justifier ou d'expliquer les choix pris par l'IA.

2 — Derrière les masques

La deuxième nouvelle a lieu au Nigeria.

Sur le plan technologique, les deux innovations majeures mises en avant ici sont :

Les progrès de la reconnaissance facile via les caméras de sécurité ;

L'amélioration des logiciels de création audio et surtout vidéo. Ceux-ci permettant notamment de créer des deep fakes, ces trucages très difficiles à reconnaître.

Au niveau social, nous apprenons beaucoup de choses sur ce pays et, notamment, les conflits entre les peuples Igbo et les Yoruba qui divisent le pays. L'usage des trucages vidéo est ici utilisé à des fins de manipulation politique.

L'histoire suit un jeune homme Igbo pauvre, qui est recruté pour monter un deep fake contre les dirigeants Yoruba, mais qui va se rebeller et décider, finalement, de suivre une autre voie, plus positive pour l'avenir de son pays.

L'analyse de Kai-Fu Lee

Le chercheur explique ici comment fonctionne la vision par ordinateur. Celle-ci, pour fonctionner, doit résoudre bien des problèmes, en termes de :

Capture et traitement d'images ;

Détection d'objets et segmentation d'images ;

Reconnaissance d'objets ;

Suivi d'objets en mouvement ;

Reconnaissance des gestes et des mouvements ;

Compréhension des scènes.

Il y a, à l'heure actuelle, pléthore d'applications qui utilisent la vision par ordinateur, de la reconnaissance facile à la navigation autonome d'automobiles (voir en particulier la nouvelle 6, "Le pilote sacré"), en passant par l'édition de contenu.

Pour ce dernier type d'application, les ingénieurs utilisent la technologie dite des réseaux neuronaux convolutifs (CNN pour convolutional neural networks) et celle des réseaux antagonistes génératifs (generative adversial networks ou GAN).

Kai-Fu Lee prévoit que ces technologies évolueront suffisamment, dans vingt ans, pour créer des trucages vidéos indétectables à l'oeil nu. D'où l'importance de développer des logiciels antitrucage. Ceux-ci seront sans doute intégrés dans de nombreux domaines de la vie de tous les jours.

Voici sa conviction :

"Tout comme nous avons su remédier au problème de spams et des virus grâce à des innovations technologiques, nous garantirons de même la sécurité de l'IA la majorité du temps (car il est vrai que les attaques de spam et de virus n'ont pas totalement disparu). Les vulnérabilités d'origine technologique ont toujours été compensées en tout ou partie grâce à de nouveaux progrès technologiques." (IA 2042, Chapitre 2)

3 — Les jumeaux

Le cadre du troisième récit est le Sri Lanka.

Ici, la question technologique est liée à l'usage de l'IA dans l'éducation. Avec le développement des IA génératives et de la réalité virtuelle, il sera possible — selon les auteurs — de développer des assistants éducatifs qui aideront les jeunes à rapprendre leurs leçons, à réaliser leurs devoirs et, aussi, à se divertir.

Mais quelles sont les conséquences de ces technologies sur les relations sociales ? Et comment ces technologies pourront-elles se développer en des sens différents, pour laisser place à la diversité, notamment en termes de sensibilité et d'apprentissage ?

Dans l'histoire présentée, deux jumeaux sont adoptés par des familles différentes. L'un se développe avec une forte volonté et un sens de la compétition exacerbé. L'autre, atteint d'autisme, recherche plutôt l'évasion dans des mondes artistiques et oniriques qu'il crée lui-même de toutes pièces grâce à l'IA.

Bien sûr, une rivalité surgit entre les deux…

L'analyse de Kai-Fu Lee

C'est le fonctionnement du traitement automatique du langage naturel qui est exposé ici par le scientifique. L'auteur explique ce qu'est la méthode d'apprentissage supervisé (TALN) et quel est son usage pour le traitement du langage.

Plus récemment, la méthode d'apprentissage auto-supervisé a permis à Google et OpenAI de créer les chatbots conversationnels que nous connaissons sous le nom de ChatGPT ou Gemini. Ces progrès de l'IA conversationnelle peuvent déboucher sur des applications étonnantes, comme des "professeurs IA" !

"Peut-être que dans vingt ans, GPT-23, ayant lu chaque mot jamais écrit et vu chaque vidéo jamais produite, sera à même de construire son propre modèle du monde. Ce transducteur de séquence omniscient contiendra toutes les connaissances accumulées sur l'histoire humaine. Il ne nous restera plus qu'à lui poser les bonnes questions." (IA 2042, Chapitre 3)

Cela dit, Kai-Fu Lee est prudent lorsqu'il s'agit de prédire "la singularité" (moment où l'intelligence humaine sera surpassée par celle des machines). Pour lui, cela n'arrivera pas de si tôt. Encore une fois, il insiste sur la différence entre cerveau humain et cerveau artificiel.

4 — L'amour sans contact

Nous voici en Chine pour la quatrième histoire !

Ici, la technologie de l'IA vient s'associer à la robotique. Il y a beaucoup de robots ménagers dans ce récit, mais pas seulement. Le plus important, c'est le développement de toute une série de méthodes et objets liés au domaine de la santé et, plus largement, à la vie domestique.

Au niveau social, l'enjeu de ce récit est celui de la lutte contre les pandémies et de nos réactions face à leurs conséquences, notamment en termes de distanciation sociale.

Voici l'intrigue : Chen Nam est amoureuse d'un Brésilien nommé Garcia. Ils ne sont jamais vu "en vrai", car la jeune femme a peur de sortir de chez elle à cause des variants de la Covid. À l'aide de complices et d'un plan ingénieux, son compagnon va toutefois lui permettre de sortir de la "cage dorée" de son appartement… et mettre leur amour à l'épreuve.

L'analyse de Kai-Fu Lee

"Je considère que nous sommes aujourd'hui à l'orée d'une nouvelle révolution en matière de soins. En effet, la numérisation va permettre de déployer encore davantage toutes les technologies dépendantes des données dans des domaines comme l'informatique, la communication, la robotique, la science des données et, par-dessus tout, l'IA."

L'auteur prévoir l'accélération ou l'apparition de :

Processus de numérisation des bases de données et des processus liés à la santé ;

Technologies intimement liées au numérique et à l'IA (depuis les outils simples de mesure des indicateurs de santé comme la fréquence cardiaque, jusqu'à des outils de séquençage ADN, etc.).

La découverte de médicaments se fera de plus en plus rapide et de plus en plus personnalisée. Le tout, selon l'auteur, à moindre prix ! Par ailleurs, les diagnostics seront facilités et fournis avec plus de précision grâce à l'IA.

Le rôle des médecins évoluera vers un rôle de "soignants compatissants et de communicants d'informations médicales".

Dans la suite de cette partie, le chercheur introduit également aux grands principes de fonctionnement de la robotique et aux applications industrielles et commerciales qui vont en découler dans les décennies à venir. Enfin, il se penche sur la numérisation de la vie personnelle et professionnelle.

5 — Mon idole fantôme

La nouvelle "Mon idole fantôme" prend place au Japon.

La RX est un acronyme utilisé pour regrouper les différents types de mélanges entre réalité et "virtualité". Il y en a trois principaux :

RV ou réalité virtuelle (immersion dans un monde numérique) ;

RA ou réalité augmentée (superposition d'éléments virtuels dans un environnement réel) ;

RM ou réalité mixte, qui introduit un degré supérieur d'intrication entre ces deux "mondes".

Ces technologies vont probablement bouleverser bien des domaines de notre vie sociale. Mais ici, c'est le domaine du divertissement qui est étudié. Il est possible de créer des jeux et des expériences divertissantes d'une ampleur encore jamais vue.

Dans l'histoire conçue par Chen Qiufan, une fan nommée Aiko participe à un jeu grandeur nature qui concerne la prétendue mort mystérieuse de son idole : le chanteur Hiroshi. Parviendra-t-elle à s'habituer à la présence de l'avatar 3D virtuel de sa star préférée et à résoudre l'énigme de sa disparition ?

L'analyse de Kai-Fu Lee

Il y a plusieurs technologies qui se retrouvent d'une nouvelle à l'autre et qui donnent à penser qu'elles seront à coup sûr présentes dans nos vies de demain pour l'auteur :

Le smartstream ou successeur du smartphone.

Les lunettes et mêmes lentilles XR.

Le premier sera le support de toutes nos applications, comme il l'est déjà. Mais il gagnera en puissance de calcul et en nombre de données au point de devenir ultra-performant et personnalisé (comme cela est montré dans le chapitre 1 avec le système d'assurance).

Les secondes nous intéressent davantage ici. Grâce à elles, nous pourrons nous immerger dans les différents niveaux de RX à tout moment de la journée. Le personnage principal de l'histoire dit même qu'elle se sent "aveugle" sans elles.

Dans IA 2042, Kai-Fu Lee prend le temps d'expliquer les ressorts techniques de ces nouvelles technologies et leurs limites, tant fonctionnelles qu'éthiques — tout particulièrement la question de la conservation des données.

Il aborde aussi la question des gants haptiques et des technologies qui nous permettront de connecter nos autres sens (en plus de la vie) au monde numérique.

6 — Le pilote sacré

Nous sommes de retour au Sri Lanka pour cette nouvelle.

La réalité virtuelle ressemble à un jeu. Mais l'est-elle uniquement ? Certes, du divertissement peut être créé à partir d'elle, mais aussi bien d'autres choses. Et si la réalité virtuelle, couplée à la technologie de la voiture autonome, pouvait nous aider à guider à distance les voitures des personnes comme c'est déjà le cas pour les drones ?

La réalité sociale du Sri Lanka est faite de tensions politiques et parfois d'attentats terroristes. Mais c'est un pays qui se développe et qui bénéficiera de technologies de pointe dans vingt ans.

Dans cette histoire, un jeune prodige des jeux vidéo nommé Chamal est recruté par une entreprise pour effectuer des missions spéciales qu'il prend au départ pour un simple jeu vidéo. Avant de s'apercevoir que c'est loin d'être le cas !

L'analyse de Kai-Fu Lee

Grâce à cette histoire, nous plongeons encore plus profondément dans l'univers de la RX, tout en y intégrant une autre technologie : celle des voitures autonomes.

L'idée de base des auteurs consiste à affirmer que le cinquième stade de la voiture autonome (pour un rappel des cinq stades de la voiture autonome, lire la chronique Elon Musk : L'homme qui défie la science) sera complètement atteint en 2042.

Toutefois, il se peut qu'une "reprise en manuel" soit nécessaire de temps à autre, surtout lors de crises majeures (catastrophes naturelles, attentats, etc.) qui peuvent brouiller les systèmes d'IA, voire les rendre inopérants. L'hypothèse faite ici est que des pilotes "à distance" prennent le relais dans ces situations.

Au-delà de cette possibilité (qui relève ici de la fiction), Kai-Fu Lee étudie les retombées positives et négatives de la voiture autonome. Puis, il passe en revue les freins éthiques et juridiques qui pourraient ralentir les progrès techniques — comme la question de savoir qui est responsable en cas d'accident avec une voiture autonome, par exemple.

Pour l'auteur :

"Élargir la conscience que nous avons de ces questions toutes légitimes, et en débattre, est indispensable. Il nous faut résoudre ces difficultés le plus vite possible afin d'être prêts pour les technologies d'automatisation de la conduire, le jour où elles parviendront à maturité." (IA 2042, Chapitre 6)

7 — Apocalypse quantique

L'Islande, mais aussi l'Europe entière, est au cœur de ce septième chapitre.

La technologie mise en avant ici n'est pas à proprement parler celle de l'IA, même si elle lui est liée. Il s'agit de l'informatique quantique. Si cette technologie arrive à maturité, elle pourrait bien révolutionner l'IA en la dotant d'une puissance de calcul jamais atteinte.

La question sociale posée ici est celle de l'usage volontairement néfaste des technologies. L'un des mantra répétés dans tout l'ouvrage c'est que la technologie n'est pas bonne ou mauvaise en soi, mais qu'elle dépend de ce que les humains en font.

Quid si quelqu'un — ou une organisation — décide de faire le mal ?

Dans la nouvelle "Apocalypse quantique", un scientifique devenu fou cherche à "punir" la société en utilisant un ordinateur quantique et une armée de drones autonomes. Deux spécialistes que tout oppose — une jeune femme hacker et un fonctionnaire chargé de cybersécurité — vont se retrouver en charge de sauver l'humanité !

L'analyse de Kai-Fu Lee

"L'informatique quantique a, d'après moi, 80 % de chance de fonctionner en 2042. Si c'est le cas, son impact sur l'humanité pourrait dépasser celui de l'IA. Comme la machine à vapeur, l'électricité, l'informatique et l'IA? C'est une technologie extrêmement polyvalente capable de bouleverser la compréhension que nous avons de la nature et de nous aider à réaliser des progrès scientifiques spectaculaires." (IA 2042, Chapitre 7)

Le spécialiste de l'IA expose les grands principes de l'informatique quantique puis pose la question de la sécurité. En effet, l'informatique quantique, par sa puissance de calcul exceptionnelle, pourrait "hacker" tous les systèmes de sécurité actuels, y compris — par exemple — les systèmes de protection des bitcoins.

Un autre thème traité dans la suite de cette partie concerne les armes autonomes. Pour plus d'information sur ce sujet, vous pouvez également lire la chronique du livre À nous d'écrire l'avenir de l'ancien patron de Google Eric Schmidt.

Pour les auteurs, il est de la plus grande importance de limiter leur prolifération.

8 — Le sauveur d'emplois

Les États-Unis accueillent cette huitième histoire.

L'intelligence artificielle s'est infiltrée dans tous les secteurs, tous les métiers. C'est notamment l'épidémie qui a accéléré cet engouement des entreprises pour le recours à l'IA. Le problème est avant tout social : que faire de toutes ces personnes qui se retrouvent sans emploi ?

Plusieurs propositions sont faites, comme le revenu universel de base (RUB). Mais l'histoire propose une autre solution : le reclassement dans des emplois plus qualifiés ou moins sujets aux pressions de l'IA. Toutefois, cette solution est très imparfaite et de nombreux travailleurs ne trouvent pas de nouveaux emplois stables.

L'histoire se concentre sur le travail d'une spécialiste en reclassement et du patron de l'entreprise, Michael Sauveur. Un jour, une étonnante nouvelle fait irruption dans leur quotidien : une autre firme promet un reclassement de 100 % des travailleurs licenciés !

Arnaque ? Promesse en l'air ? Quel est le "truc" de cette concurrente ? Eh bien, elle est de faire travailler "pour de faux" les travailleurs désœuvrés. Un scandale ? Oui ! À moins que la société consente à quelques petites modifications…

L'analyse de Kai-Fu Lee

Le problème économique de la perte massive d'emplois en raison du développement et de l'adoption de l'IA dans de nombreux secteurs d'activité est très présent dans l'actualité. C'est un problème structurel à résoudre au plus vite.

Nous avons appris à aimer travailler et à donner sens à notre existence grâce à notre travail. Oui, pour nous, êtres humains du XXe et du début du XXIe siècle, le travail est une valeur ; se réaliser dans un métier nous construit comme individu et nous positionne dans la société.

Dans ces circonstances, le chômage de masse est un véritable enjeu, non seulement social et économique, mais aussi existentiel. Le RUB est l'une des solutions qui est avancée ces dernières années, mais il se peut que ce ne soit pas suffisant, car les gens risquent de se tourner vers des activités destructrices (addictions de toutes sortes, etc.).

L'une des clés consiste à repérer clairement les domaines où l'IA aura le plus de mal à s'intégrer et à rechercher ce type de poste. En l'occurrence, Kai-Fu Lee dégage trois grandes qualités qui seront toujours requises :

La créativité ;

L'empathie ;

La dextérité.

La reconversion professionnelle va devenir une obligation pour nombre d'entre nous, au moins une fois durant notre carrière. Au-delà, le chercheur nous invite à repenser le contrat social sur lequel reposent nos sociétés occidentales et suggère un plan en trois étapes :

Réapprendre (l'acquisition de compétences utiles et peu prises en charge par l'IA) ;

Recalibrer (la définition de nouveaux emplois liés à l'IA et générer une symbiose humain-machine) ;

Renaître (le développement d'une société curieuse et ouverte, qui poursuit la visée du progrès).

9 — L'île du bonheur

Le royaume du Qatar offre le cadre de cet avant-dernier récit.

Et si une technologie pouvait nous rendre heureux ? Si l'IA pouvait être assez fine pour capter vos moindres désirs — même les plus abstraits — et vous fournir le bonheur sur un plateau d'argent ? Telle est l'hypothèse mise à l'épreuve dans cette nouvelle.

Au niveau social, nous nous trouvons dans un milieu de milliardaires. Le Prince héritier du Qatar, en souverain bienveillant, veut le bonheur de son peuple et teste sa nouvelle technologie — une IA à prétention omnisciente — auprès d'un riche, très riche public trié sur le volet.

Viktor, jeune quarantenaire russe ayant fait fortune dans les jeux en ligne, notamment, est l'un des évités du royaume. Avec d'autres, il doit demeurer dans une île où tous leurs désirs pourront prendre forme. Pourtant, loin de les combler, l'IA leur fait perdre le goût à la vie, au point qu'ils cherchent à s'enfuir.

Pourquoi ?

L'analyse de Kai-Fu Lee

C'est probablement parce que l'IA développée par le Prince ne parvient qu'à subvenir aux besoins hédonistes et non aux besoins eudémoniques. Quelle est la différence ?

Besoins hédonistes = les deux premiers paliers de la pyramide de Maslow environ (besoins physiologiques, sécurité et pour une part, besoins de liens sociaux).

Besoins eudémonistes = les trois derniers paliers (besoins d'amour et d'appartenance, d'estime et d'accomplissement de soi).

Il est très difficile — mais pas impossible selon les auteurs — de concevoir une IA qui répondrait à toute cette palette de désirs, et surtout aux besoins eudémonistes, qui sont les plus abstraits et les plus propres à l'humain. Ce ne sera sans doute pas encore une réalité en 2042.

Pour que cela puisse se faire, il faudrait résoudre à minima trois épineux problèmes :

Celui de la mesure de notre bonheur ;

Celui du stockage des données et de leur protection ;

Et enfin, celui de l'entité qui conservera nos données.

Kai-Fu Lee estime que les visées de ceux qui récoltent nos données et nos propres objectifs doivent se rejoindre. C'est ce qu'ils nomment une "IA de confiance", c'est-à-dire qui cherchera à optimiser la même "fonction objectif" que nous.

C'est le contraire qui se passe aujourd'hui avec Google ou Facebook, par exemple. Dans la mesure où ces entreprises orientent l'IA vers la maximisation du profit, leurs objectifs ne sont pas convergents avec les nôtres.

Mais il est possible de penser des solutions qui facilitent la confiance entre les deux parties et qui nous permettent, ainsi, de livrer sans trop de remords nos données.

"Que cette entité de confiance soit une monarchie éclairée, une coopérative open source ou un système de blockchain distribué, nous pourrions retirer de cette puissante IA des bienfaits sans précédent, tout en ayant bon espoir que de nouvelles avancées technologiques sécuriseraient chaque jour davantage nos données." (IA 2042, Chapitre 9)

10 — Horizon plénitude

Un voyage en Australie nous est proposé pour clore ces nouvelles.

La technologie en jeu ici est une IA qui sert une politique publique de remise à l'emploi des jeunes et, notamment, des jeunes les plus défavorisés issus le plus souvent de la minorité indigène, les aborigènes. Ce système vise à proposer des travaux aux jeunes en l'échange de récompenses et d'une valorisation sociale.

Cette technologie est censée venir en aide à ces jeunes qui n'ont plus de travail (notamment à cause de l'IA), en tablant sur la qualité d'empathie et le besoin de reconnaissance sociale et de développement personnel.

Dans "Horizon Plénitude", Keira est une jeune qui va s'occuper d'une biologiste célèbre à la retraite, Johanna Campbell. Un lien fort se noue entre les deux femmes malgré des débuts difficiles. Peu à peu, chacune aide l'autre à surmonter ses difficultés et — pour Keira — à trouver sa voie.

L'analyse de Kai-Fu Lee

Le type de société qui est dépeint dans cette histoire n'est possible que dans un pays qui aurait mis en place une forme souple de gratuité de tous les services publics, générée notamment grâce à la baisse des coûts liés aux énergies propres. L'Australie est un bon candidat, mais beaucoup de chemin reste à faire !

Kai-Fu Lee expose l'intérêt des énergies renouvelables et aussi l'innovation en matière de nouveaux matériaux de construction et de consommation (il aborde par exemple le thème de la viande de synthèse).

Nous pourrions vivre dans une société d'abondance grâce au progrès scientifique et technique. Mais c'est aussi une question d'allocation juste et raisonnée des ressources qui est en cause (évitement du gaspillage et allocation des logements vides, par exemple).

Dernier point — et non des moindres — évoqué par l'auteur : la fin de l'argent. Pouvons-nous imaginer un monde où l'argent n'aurait plus la place qu'il a aujourd'hui ? Rien n'est moins sûr, mais pour Kai-Fu Lee, c'est bien vers cet horizon de la plénitude que nous devons nous diriger.

IA : Vers une fin heureuse ?

"L'intelligence artificielle renferme la promesse d'un avenir radieux pour l'humanité [...]. L'IA créera une richesse prodigieuse et, en symbiose avec les humains, amplifiera nos capacités. Elle améliorera nos façons de travailler, de jouer et de communiquer, nous affranchira des tâches routinières et nous fera entrer dans l'ère de la plénitude." (IA 2042, "IA : Vers une fin heureuse ?")

Le plus important est de comprendre que nous ne sommes pas les jouets de l'histoire ; nous pouvons contribuer au changement en nous investissant dans de nouveaux métiers ou dans des initiatives citoyennes et politiques.

Bien sûr, le voyage ne sera pas sans risque. Mais, pour les deux auteurs de IA 2042, l'aventure en vaut assurément la chandelle !

Conclusion sur « IA 2042 — Dix scénarios pour notre futur » de Kai-Fu Lee et Chen Qiufan :

Ce qu'il faut penser de « IA 2042 — Dix scénarios pour notre futur » de Kai-Fu Lee et Chen Qiufan :

Voici un livre très bien construit qui permet au lecteur de se familiariser avec un grand nombre de concepts techniques et de cerner leurs enjeux de façon divertissante et concrète, grâce aux histoires fictives.

Les auteurs sont résolument optimistes et cherchent à convaincre leurs lecteurs de les suivre sur le chemin de la confiance vis-à-vis de l'IA. Il ne faut donc pas y voir un livre uniquement "réaliste", comme ils le prétendent au début. C'est bien un livre engagé en faveur de l'IA que vous lirez ici !

Il y a pour eux de bonnes raisons d'être optimiste de façon réaliste et mesurée. Et c'est ce qu'ils s'évertuent à montrer au fil des pages, en voyant comment les difficultés, aussi bien techniques qu'éthiques, pourraient être surmontées.

En résumé, IA 2042 est un ouvrage à mettre entre toutes les mains, surtout celles qui n'ont pas encore eu d'introduction technique à l'intelligence artificielle !

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Mon, 20 May 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12860/IA-2042
Les modèles mentaux http://www.olivier-roland.fr/items/view/12847/Les-modles-mentaux

Résumé de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins : un livre qui vous aidera à penser mieux, plus rapidement et plus justement — le tout en utilisant les trucs et astuces des meilleurs intellectuels et hommes d'actions.

Par Peter Hollins, 2023.

Titre original : « Mental Models: 30 Thinking Tools that Separate the Average From the Exceptional. Improved Decision-Making, Logical Analysis, and Problem-Solving", 2019.

Chronique et résumé de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel"de Peter Hollins

Qui est Peter Hollins ?

Peter Hollins (ou Pete Hollins pour les plus intimes) est un auteur de développement personnel qui a eu quelques succès notables avec ses ouvrages antérieurs, comme :

Le pouvoir de l'autodiscipline (The Power of Self-Discipline) ;

Comment faire les choses que vous détestez (How to Do What You Hate) ;

Ou encore Finissez ce que vous avez commencé (Finish What you Start).

Dans ce nouveau livre, Peter Hollins, spécialiste de la psychologie humaine et cognitive, résume pour nous les principaux principes et tactiques mis en évidence par cette discipline et utilisés par les plus grands intellectuels, sportifs ou encore P.D.-G. d'entreprises.

Chapitre 1 — Prise de décision rapide en fonction du contexte

Peter Hollins commence par rendre à César ce qui lui appartient. En l'occurrence, il trouve en Charlie Munger — l'associé peu connu du célèbre investisseur milliardaire Warren Buffet — l'inventeur du concept de "modèle mental".

Il cite de façon extensive le discours de celui-ci, prononcé lors d'une remise de diplôme à la USC (University of Southern California) Business School. En voici le dernier passage :

"Vous devez connaître les idées principales des grandes disciplines et les utiliser régulièrement — toutes, et pas seulement quelques-unes d'entre elles. La plupart des gens sont formés à un seul modèle — l'économie, par exemple — et essaient de résoudre tous les problèmes par le même prisme. Vous connaissez le vieux dicton : pour l'homme qui a un marteau, le monde ressemble à un clou. C'est une manière insensée de traiter les problèmes." (Citation du discours de Charlie Munger, cité dans Les modèles mentaux, Introduction)

Ce que Charlie Munger et, après lui, Peter Hollins tentent de dire, c'est qu'il est capital de se doter des principaux "modèles mentaux", des principaux "outils" intellectuels développés dans les disciplines les plus diverses. C'est ce que l'auteur nomme plus loin un "treillis de modèles" pour traiter les problèmes.

Un modèle mental est "un plan qui attire votre attention sur les éléments importants de ce à quoi vous faites face et qui définit un contexte, un arrière-plan et une direction à prendre". En ayant à l'esprit, et même intégré complètement en vous différents modèles mentaux, vous comprendrez le monde plus rapidement et agirez plus efficacement.

1 : concentrez-vous sur ce qui est "important", ignorez les tâches "urgentes"

Séparer les tâches urgentes des tâches importantes est capital pour éviter de perdre du temps et d'avoir l'esprit perpétuellement encombré. Pour rappel :

Tâches urgentes = exigences d'une action immédiate et rapide, venant la plupart du temps de l'extérieur.

Tâches importantes = exigences qui contribue à un objectif à court ou long terme, souvent venant de l'intérieur (de vous-même).

Pour vous aider à distinguer l'important de l'urgent, il existe une matrice nommée Matrice d'Eisenhower, du nom du célèbre général des Armées, puis président des États-Unis.

Elle croise l'urgence et l'importance pour former 4 cases :

Urgent et important = à faire aujourd'hui ;

Urgent et non important = à déléguer ;

Pas urgent et important = à inscrire dans le planning ;

Pas urgent et pas important = à éliminer.

Peter Hollins soutient que le plus original, dans cette matrice, consiste à déléguer à quelqu'un d'autre les tâches urgentes non importantes. En effet, nous avons tendance à réaliser celles-ci en premier lieu. Problème : elles finissent pas nous pomper tout notre temps !

Solution : déléguer. Comment ? Cela peut être de façon automatisée (via des programmes informatiques) ou en embauchant des gens pour le faire.

2 : visualisez tous les dominos

Le psychologue nomme "raisonnement de premier ordre" la pensée qui consiste à agir en fonction des objectifs immédiats, sans penser aux conséquences de l'action. C'est souvent ce qui se passe, d'ailleurs, lorsque nous agissons selon les urgences du moment.

À la place, il prône le "raisonnement de second ordre", qui cherche à prendre en compte les conséquences prévisibles de l'action à plus long terme :

"Il s'agit simplement d'essayer de se projeter dans l'avenir et d'imaginer une suite de conséquences que vous pouvez utiliser pour effectuer une analyse coûts-avantages de vos décisions ou solutions." (Les modèles mentaux, Chapitre 1)

Autrement dit, il s'agit d'y "penser à deux fois", comme le dit l'expression. Certes, ce n'est pas si facile au quotidien. Cela engage des chaînes causales complexes que nous ne voulons pas toujours voir ou auxquelles nous pensons ne pas avoir le temps de penser.

L'investisseur Howard Marks suggère de se poser les questions suivantes pour raisonner de cette façon sans se perdre dans l'indécision :

Dans quelle mesure cette décision affectera-t-elle les événements dans le futur ?

Quel résultat cette décision aura-t-elle ?

Quelles sont les chances que je réussisse ou que j'aie raison ?

Qu'en pensent les autres ?

En quoi ce que je pense est-il si différent de ce que pensent les autres ?

Quels dominos, que les autres personnes visualisent, sont-ils en train de tomber ? (Se mettre à la place des autres pour voir comment ils imaginent les conséquences)

3 : prendre des décisions réversibles

L'une des façons de s'autoriser à décider rapidement (et non pas seulement de façon judicieuse) consiste à prendre des décisions réversibles. N'ayez pas peur de revenir sur ce que vous avez décidé !

"Ajoutez ceci à votre analyse : comment puis-je prendre une décision réversible, et que faudrait-il faire ? Est-ce que je peux le faire ? Puis passez à l'action." (Les modèles mentaux, Chapitre 1)

Revenir sur une décision ne signifie pas se déshonorer ou perdre sa parole, mais c'est s'ajuster en fonction de la situation et des nouvelles informations disponibles.

À noter : dans son livre Les lettres de Jeff Bezos, les auteurs Steve et Karen Anderson montrent que le milliardaire américain utilise cette distinction entre décisions réversibles et irréversibles.

4 : cherchez la "satisfiction"

Herbert Simon, un grand économiste, sociologue et père de la systémique (qui influença le développement de l'informatique dans les années 1950), a développé l'idée que les individus ne prenaient pas des décisions optimales mais des décisions suffisamment satisfaisantes.

C'est ce que ce terme de "satisfiction" veut signifier. Prenez des décisions réversibles et suffisamment bonnes sur le moment. Nous avons tous beaucoup trop tendance à réfléchir et à optimiser nos choix, dans des situations où rien ne l'exige.

"La plupart de nos décisions sont prises de manière adéquate en choisissant simplement une option qui est fiable et honnête. dit encore Peter Hollins dans Les modèles mentaux.

5 : restez dans une fourchette de 40 à 70 %

La fourchette d'information nécessaire pour prendre une décision éclairée se situe entre 40 et 70 % (estimés).

Vous ne pouvez certainement pas avoir toute l'information nécessaire au moment X pour prendre une décision complètement rationnelle. Dans ce cas, vous devrez vous contenter d'une information partielle et c'est bien ainsi.

Vous pouvez spécifier ce modèle mental, voire l'élargir, en remplaçant "information" par :

Lectures/apprentissage ;

Confiance (pas besoin d'avoir 100 % confiance en soi pour agir) ;

Planification (vous pouvez agir avec un taux raisonnable d'incertitude) ;

Etc.

Si vous êtes aux alentours de 70 %, cela signifie que vous êtes bien préparés pour décider et agir. En outre, considérez que cette information est suffisante et ignorez volontairement la zone grise.

6 : minimisez les regrets

Autre truc du célèbre Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon : le cadre de minimisation des regrets. Celui-ci se découpe en 3 directives simples :

Imaginez-vous à 80 ans ;

Considérez que vous voulez avoir le moins de regrets possible ;

Demandez-vous : "est-ce que, à cet âge, je regretterai d'avoir décidé/choisi/agi de cette façon ?".

À noter : c'est un test qui ressemble fort à certains préceptes des stoïciens. Il nous oblige à penser à ce que nous voulons vraiment, plutôt qu'à ce qui est bon maintenant. Allié aux autres modèles mentaux, il nous aide à agir à la fois justement et rapidement.

Chapitre 2 — Voir plus clairement

Bien que nous n'ayons pas toujours toutes les informations en main pour nous décider (et que nous puissions nous décider quand même !), il est utile de maximiser nos chances d'obtenir les bonnes informations au bon moment.

En d'autres termes, il est utile d'avoir des stratégies et des tactiques pour mieux appréhender les problèmes et obtenir l'information dont nous avons besoin. Pour ce faire, nous devons dépasser notre vision primaire, subjective, du monde.

7 : ignorez les "cygnes noirs"

Peter Hollins reprend ici la théorie du cygne noir de Nassim Nicholas Taleb. Selon cet auteur, des événements imprévisibles (cygnes noirs) ne manquent pas de survenir et de bouleverser nos façons de voir le monde, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devrions les considérer comme significatifs pour nos prises de décision.

Pourquoi ? Car ils ne sont pas la norme et que, si nous leur donnons trop d'importance, nous créerons peut-être plus de conséquences négatives que celles qu'ils ont déjà occasionnées.

"Ce modèle mental consiste à aller au-delà de la gravité d'un événement de type cygne noir, à faire un pas en arrière et observer l'ensemble du tableau." (Les modèles mentaux, Chapitre 2)

8 : recherchez les points d'équilibre

Connaissez-vous les rendements décroissants ? C'est un concept venu de l'économie. Pour le dire vite et en se plaçant du point de vue du consommateur, votre satisfaction diminue au fil de l'utilisation d'un produit ou d'un service.

Nous pensons généralement que nous aurons le même avantage, réparti équitablement dans le temps. Or nous avons d'abord plus, puis de moins en moins d'avantages au cours du temps. Par exemple, vous pouvez faire de rapides progrès en anglais, mais pour aller plus loin dans cette langue, vous devrez y consacrer chaque fois plus de temps et d'énergie.

Reconnaître la loi des rendements décroissants, c'est simplement être honnête avec soi-même. Peter Hollins donne quelques exemples parlants adaptés au quotidien :

Si vous cherchez à lire 900 mots à la minute, il est possible que vous n'y compreniez plus rien ;

Quand vous travaillez 9 heures d'affilée, vous devenez de moins en moins productif ;

Lorsque vous forcez l'apprentissage du piano, vous risquez de vous dégoûter de cet instrument ;

Etc.

9 : guettez la régression à la moyenne

L'idée de régression à la moyenne est liée à ces deux premiers modèles mentaux. La moyenne, pour rappel, est "l'entre-deux" de deux valeurs. Allons au plus simple : si vous avez deux chiffres — disons 5 et 7 —, alors leur moyenne sera 6.

Au-delà des mathématiques, nous pouvons dire que la moyenne est la "routine", l'habitude prise par quelque chose ou quelqu'un. Par définition, nous en changeons peu. Qu'est-ce qu'alors que la régression ? Eh bien, c'est simplement le passage d'un événement étonnant à la routine.

Par exemple : vous êtes fou amoureux pendant un (deux ou trois !) an de votre nouvelle compagne, puis vous "régressez à la moyenne", c'est-à-dire que vous en arrivez à un "niveau" d'amour plus stable et plus durable (une routine, une moyenne qui vous convient à tous les deux).

Qu'est-ce que cela signifie ? Eh bien, allié au modèle mental sur le cygne noir, il indique que nous ne devrions pas changer d'attitude ou prendre une décision risquée après un événement trop perturbant ou sortant de la moyenne/routine.

Il est préférable de "laisser le cycle entier se dérouler et [d'évaluer] toutes les informations auxquelles vous aurez accès pendant cette période", prévient Peter Hollis.

10 : que ferait Bayes (What Would Bayes Do) ?

Thomas Bayes est un mathématicien du XVIIIe siècle qui a donné son nom à un théorème mathématique très employé en probabilités. Il s'agit d'une formule mathématique simple (voir p. 67).

Son objectif : "prédire ce qu'il pourrait se produire si d'autres événements significatifs se sont produits". Disons-le en utilisant un langage plus formel et abstrait : "si A se produit, et qu'il est lié à B, alors vous pouvez générer une probabilité tangible".

Peter Hollins l'explique clairement et montre comment vous pouvez l'utiliser dans votre vie de tous les jours pour calculer rapidement la probabilité d'occurrence d'un événement donné.

11 : faites comme Darwin

C'est-à-dire ? Soyez ouvert aux idées contradictoires ou opposées aux vôtres !

Le célèbre biologiste était un passionné de l'apprentissage. Il voulait devenir incollable sur son domaine d'étude et ne rechignait pas devant la difficulté. Même quand la science était incertaine et que des avis divergents s'exprimaient, il les prenait tous en compte.

C'est ainsi qu'il a réussi à composer une théorie scientifique solide. Tous les détails et les incohérences qu'il apercevait, il cherchait à les expliquer et à les intégrer peu à peu à sa propre recherche.

Prendre en compte les avis opposés ou contradictoires ne suffit pas. Vous devez également suivre les preuves lorsque celles-ci sont irréfutables, et voir où elles vous amènent.

Ce goût puissant pour la recherche de la vérité peut générer un grand inconfort psychologique, malgré sa simplicité apparente. Mais en tant que modèle mental, il vous aidera à vous ouvrir l'esprit et à considérer avec plus d'attention vos problèmes.

12 : pensez avec le système 2

Ici, Peter Hollins utilise la théorie de Daniel Kahneman, présentée dans Système 1 / Système 2.

Selon le psychologue et économiste américain, prix Nobel d'économie, nous aurions deux "systèmes" de pensée l'un rapide (mais biaisé), et l'autre plus lent (mais plus susceptible d'atteindre la vérité).

Le système 1 est pratique et peut être utilisé dans bien des situations ordinaires. Il se base sur des "heuristiques" (biais) qui aident à prendre des décisions rapidement.

Le système 2 est idéal pour les situations de travail et d'effort mental. Il est l'outil à utiliser pour toute réflexion lucide et posée. Lorsque vous le pouvez, passez donc au système 2 !

Chapitre 3 — Résolution de problèmes révélateurs

Dans ce chapitre, Peter Hollins s'intéresse aux meilleures manières de résoudre les problèmes qui se posent dans la vie de tous les jours aussi bien qu'en situation particulière — dans le cours de votre travail ou de votre vie privée.

13 : contrôle de vos perspectives par les pairs

Ce type d'examen par les pairs — c'est-à-dire d'évaluation par des personnes aux mêmes compétences et au même statut que vous — est bénéfique, car il vous permet d'avancer considérablement dans votre perception des problèmes.

En fait, même une critique dévastatrice ou vicieuse et mal intentionnée peut vous être utile, dans la mesure où elles vous forceront à répondre et à trouver (ou à réaffirmer) ce qui est positif dans votre travail.

Toutefois, normalement, une évaluation par les pairs est une critique constructive et approfondie. Ce regard analytique et — si tout va bien — bienveillant sur votre travail ne peut que vous aider à aller plus loin.

Peter Hollins expose aussi le principe dit de la "triangulation", qui vise à croiser des sources d'origines différentes afin de solidifier une affirmation ou un propos.

14 : trouvez vos propres défauts

Vous pouvez également vous forcer vous-même à l'autocritique. Dans ce cas, partez de la question suivante : "si vous vouliez que votre point de vue ou votre opinion échoue, quel est le meilleur moyen pour que cela se produise facilement ?".

Autre façon d'opérer : imaginer un tiers objectif. Cela fonctionne bien pour analyser les relations et tout particulièrement les relations de couple, par exemple. Cherchez à vous placer successivement dans les 3 positions suivantes :

La vôtre ;

Celle de l'autre personne (votre partenaire, par exemple) ;

Un observateur neutre de la scène ou de la situation.

15 : séparer la corrélation de la causalité

C'est une "tarte à la crème" de beaucoup de statisticiens et de scientifiques : il faut éviter de confondre causalité et corrélation. D'accord, mais rappelons ce que désignent ces deux termes au juste !

Corrélation : terme statistique qui montre une similitude (caractéristique, comportement, etc.) entre deux éléments ou variables.

Causalité : rapport logique d'une chose à une autre, qui établit la raison d'une transformation (rapport de cause à effet).

Souvent, nous prenons l'un pour l'autre, sans nous en rendre clairement compte. Nous voyons deux choses qui se ressemblent et nous en inférons un rapport de causalité (ceci a créé/produit cela).

Exemple : si les ventes de lunettes de soleil augmentent en même temps que les ventes de crèmes glacées, ce n'est pas parce que les premières causent les secondes, mais seulement car il y a une corrélation entre ces deux types de vente en raison… de l'arrivée de l'été (qui elle, est la cause !).

Un conseil de Peter Hollins : posez-vous au moins 5 fois la question "pourquoi" et cherchez à y répondre avec de plus en plus de finesse, en passant des causes immédiates aux causes profondes.

16 : raconter à l'envers

Maintenant que vous connaissez la différence entre les corrélations et les causes, vous pouvez vous essayer à cet autre modèle mental. Concrètement, il s'agit d'un schéma à dessiner, dit "en arête de poisson".

Expliquons-nous :

À la droite de la surface d'écriture (tableau, feuille, etc.), vous écrirez un thème ou une observation et vous l'entourerez par un carré (ou pourquoi pas une tête de poisson dessinée !).

Vous tracerez une ligne partant du bord gauche de votre "tête de poisson" vers la gauche de la surface d'écriture pour créer son "corps" (sa "colonne vertébrale").

À partir de là, vous créerez les "arêtes", partant du corps et se prolongeant en verticale. Vous indiquerez pour chaque arête une cause possible de votre thème/observation.

Raconter à l'envers (Source, Les modèles mentaux, Chapitre 3, p. 99)

Sous chaque catégorie, vous viendrez placer des causes plus précises. Par exemple, si une catégorie est "politiques locales", vous spécifierez par "pas de parking gratuit" ou encore "mauvaise gestion du réseau des transports en commun".

17 : la méthode SCAMPER

Voici une méthode pour stimuler votre créativité.

Cet acronyme désigne :

S comme substituer ;

C comme combiner ;

A comme adapter ;

M comme maximiser/minimiser ;

P comme passer à un autre usage ;

E comme éliminer ;

R comme renverser.

L'objectif est de résoudre un problème en manipulant ces 7 outils logiques (expliqués en détail dans le livre) et en alliant leurs forces. De cette façon, vous êtes sûr d'explorer l'éventail le plus large possible d'options.

18 : revenir aux principes de base

Quelles sont les données de base de votre problème ? Prenez le temps d'enlever tout ce qui ne fait pas réellement partie du problème, mais qui est là pour des raisons plus conventionnelles (habitude de passer par tel outil, façon de faire, etc.).

Qu'obtenez-vous ? Une vision neuve du problème ! Et c'est déjà beaucoup. Revenir aux principes de base permet de sortir des habitudes prises et dont nous ne nous rendons même plus compte.

"Cette méthode élimine les opinions et les interprétations d'autres personnes et vous amène aux éléments essentiels qui existent. À partir de là, vous pouvez ensuite remonter vers une solution, souvent avec une approche entièrement nouvelle fondée sur des vérités irréfutables et indiscutables, car vous ne vous reposez plus sur des hypothèses." (Les modèles mentaux, Chapitre 3)

Chapitre 4 — Modèles Anti-Mentaux : comment l'évitement engendre le succès

Peter Hollins qualifie de modèles anti-mentaux les conseils et formules qui suivent car elles visent non pas à se rapprocher d'un objectif, comme c'était le cas jusqu'ici, mais plutôt à s'éloigner de ce que nous ne voulons pas. Ils nous orientent en nous évitant de faire telle ou telle chose qui nuit à notre objectif.

Voyons cela de plus près.

19 : évitez les objectifs directs

Par exemple, vous pouvez commencer par inverser votre objectif. Au lieu de vous demander ce que vous voulez, vous pouvez poser la question : "Qu'est-ce que je veux (à tout prix) éviter ?"

Les avantages de cette méthode :

Vous découvrirez ce qui risque de faire obstacle à votre réussite ;

Sur cette base, vous pourrez trouver des moyens de les contourner.

20 : évitez de penser comme un expert

Parfois, il est bon d'avoir une vue d'ensemble, et un regard frais sur un problème. L'expert est celui qui est accoutumé à un type de problème et qui regarde dans le détail. Mais vous pouvez résister à cette pensée experte — et c'est parfois une très bonne chose !

En fait, l'erreur est parfois tellement "grosse" que seul un débutant peut la remarquer. Les spécialistes, le nez dans le guidon", ne la voient tout simplement plus. Si vous arrivez avec une approche naïve, il se pourrait bien que vous fassiez mouche.

21 : évitez vos zones de non-génie

Le modèle mentaux vous dirait : "restez dans votre zone de génie". Le modèle anti-mental vous invite simplement à éviter les activités qui sont en dehors de cette zone. Autrement dit, si vous remarquez que vous n'êtes pas très bon en chant, mais excellent en danse, privilégiez plutôt la seconde discipline !

"Ne vous condamnez pas à l'échec en opérant en dehors de votre zone de génie. Préparez-vous à un succès constant et fiable en opérant dans ce secteur. Déterminez vos avantages stratégiques et exploitez-les au maximum." (Les modèles mentaux, Chapitre 4)

22 : évitez les listes de tâches à faire

Rédigez plutôt des listes "à ne pas faire" ! Vous verrez comme cela vous libèrera l'esprit… Cela peut paraître étrange, et pourtant ça fonctionne souvent. Oui, écrivez tout ce que vous avez déjà fait, et qui n'est plus à faire. Ou tout simplement des choses que vous ne voulez pas — et n'avez pas à — faire.

Un sentiment de plus grande légèreté vous envahira. Nous pensons tellement à ce que nous devons faire et aux fardeaux qui écrasent nos épaules que nous en oublions qu'il est bon, si bon, de laisser des choses de côté.

Ces tâches "à ne pas faire" peuvent être temporaires (elles reviendront sur votre liste de tâches à faire plus tard) ou définitives. Il y a aussi les choses que vous avez déléguées (voir le chapitre 1). Vous pourriez également noter :

Les tâches terminées ;

Celles qui sont pur gaspillage d'énergie ;

Celles qui sont en cours mais ne nécessitent plus votre attention.

23 : évitez le chemin de la moindre résistance

Prenez-vous les escaliers ou l'ascenseur ? Le second, c'est la voie de la moindre résistance. Pourtant, nous savons tous que ce sont les premiers qui nous conduisent à une meilleure santé physique. Nous nous laissons porter — et rien ne sert de culpabiliser — par la facilité.

Pour y échapper, c'est plutôt simple, du moins en paroles : être honnête avec soi-même, reconnaître le chemin de moindre résistance et prendre son courage à deux mains !

Pour ce faire, vous pouvez vous demander comment :

Vous serez dans 10 minutes ;

Et dans 10 heures ;

Puis dans 10 jours…

Si vous prenez tel ou tel chemin. Ne vous sentirez-vous pas mieux d'avoir pris l'escalier dans 10 jours (voir dans 10 semaines), si vous prenez l'escalier au lieu de l'ascenseur ?

Chapitre 5 — "Oldies but Goodies"

Voici quelques "lois" bien connues qui, sans pouvoir être classées clairement dans les chapitres qui précèdent, n'en demeurent pas moins des classiques à garder avec soi en cas de besoin !

24 : la loi de Murphy

"La tartine de confiture retombe toujours du mauvais côté". Cette loi, vous la connaissez sans doute et vous l'avez certainement déjà expérimentée !

Pour le dire de façon plus générale : "Tout ce qui peut tourner mal tournera mal". Ce qui doit être complété par deux corollaires qui explicitent la loi :

"Laissées à elles-mêmes, les choses ont tendance à aller de mal en pis".

"Il est impossible de rendre quoi que ce soit infaillible, car les failles sont sournoises".

Et connaissiez-vous l'observation d'Etorre ? Je suis sûr que vous avez expérimenté celle-là aussi au supermarché : "L'autre file va toujours plus vite" !

C'est sans doute une exagération. Mis qu'importe, gardez bien à l'esprit ce qui pourrait mal tourner et cherchez à l'éviter.

25 : le rasoir d'Occam

Ce philosophe médiéval a forgé un principe simple : "plus c'est simple, plus la probabilité de vérité est élevée". Autrement dit, en situation d'incertitude, préférez les explications simples et fuyez les théories qui coupent les cheveux en quatre.

Attention, il s'agit d'un principe, pas d'une règle absolue. Parfois, des situations sont le fruit de causes complexes et enchevêtrées. Mais il est néanmoins bon de commencer par le simple et d'avancer progressivement, en ajoutant de la complexité petit à petit.

"Une élaboration excessive ou des éléments inutiles ne feront que vous détourner du problème initial. Ne laissez pas vos instincts créatifs jouer un rôle trop important lorsque vous essayez de comprendre une situation — le plus souvent, la solution la plus élémentaire et basique est la plus précise." (Les modèles mentaux, Chapitre 5)

26 : le rasoir de Hanlon

Ici, le rasoir d'Occam prend une tournure plus morale ou plus directement liée au comportement humain. Plutôt que de considérer une mauvaise intention derrière un phénomène, préférez d'abord l'explication par l'incompétence ou l'insouciance.

Les personnes qui vous posent problème n'agissent probablement pas, le plus souvent, dans le but avéré de vous nuire. Soit ils ne connaissent pas votre propre objectif, soit ils ne sont pas parvenus à vous aider, mais ils ont essayé de bonne foi.

Mais attention ! Ici encore, cela ne signifie pas que cela soit tout le temps le cas. Il est important de rester attentif à la malveillance et, par exemple, à la manipulation.

27 : le principe de Pareto

Voici un principe que les rebelles intelligents connaissent bien ! Le principe de Pareto, dit aussi principe 80/20, s'applique à un grand nombre de situations. Citons ici Peter Hollins pour nous aider à le décrire :

"Ce modèle mental repose sur une proposition simple : identifiez les 20 % d'intrants qui génèrent les 80 % de résultats dans un domaine que vous cherchez à améliorer et concentrez-vous ces intrants. N'essayez pas de faire tout en même temps : concentrez-vous sur ce qui fait bouger l'aiguille et sur ce que contribue à façonner le résultat que vous souhaitez." (Les modèles mentaux, Chapitre 5)

Cette méthode fonctionne très bien dans les domaines de la productivité et du travail. Cela dit, vous pouvez également chercher à le mettre en place ailleurs, et notamment dans votre vie privée.

28 : la loi de Sturgeon

Il y a deux manières de le dire :

10 % des informations sont de qualité ;

90 % des informations sont à jeter.

Concentrez-vous sur la meilleure information possible ! Mais aussi sur les meilleurs produits ou services. Oubliez les propositions douteuses qui ne vous mèneront nulle part. Optez pour ce qu'il y a de meilleur et partez de cette bonne base pour vous décider ou agir.

29-30 : les lois de Parkinson

L'historien Cyril Parkinson a beaucoup écrit. Mais ici, nous nous intéressons à deux "lois" qu'il a formulées et qui concernent directement la productivité et l'efficacité :

L'effet "abri" à vélo" : si vous construisez une centrale nucléaire, la question de l'abri à vélo n'est sans doute pas votre plus grande priorité. Concentrez-vous sur l'essentiel et gardez votre objectif principal en vue.

"Le travail s'étend de manière à remplir tout le temps disponible pour son achèvement". Si vous vous donnez la journée pour faire un travail que vous auriez pu faire en 4 heures, vous gaspillerez à coup sûr toute la journée pour terminer ce travail. Donnez-vous des dates limites ambitieuses et des créneaux de travail précis pour mener à bien vos tâches !

Conclusion sur "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins :

Ce qu'il faut retenir de "Les modèles mentaux : 30 outils de la pensée qui séparent le commun de l'exceptionnel" de Peter Hollins :

Peter Hollins propose ici un petit vade-mecum de stratégies et d'outils conceptuels à conserver avec soi et à tester au jour le jour. Ses usages sont multiples :

Être plus créatif ;

Plus efficace ;

Mais aussi plus malin !

Vous y trouverez les influences de certains des plus grands psychologues, économistes et statisticiens actuels — notamment—, comme Daniel Kahneman ou Nassim Nicholas Taleb. Mais vous retrouverez aussi l'influence de penseurs plus anciens, comme Guillaume d'Occam.

Le livre se lit très facilement et son format "portable" (court et léger) en fera le compagnon de route préféré de votre sac à dos ou de votre attaché-case !

Points forts :

Des chapitres courts et bien écrits, avec beaucoup d'exemples ;

Un résumé des modèles mentaux en fin de chapitre et en fin d'ouvrage ;

Un manuel facile à prendre en main (au sens propre et figuré) et à emporter partout avec soi !

Point faible :

Le livre s'inspire surtout d'auteurs qui ont développé une pensée originale et dont nous pouvons d'ailleurs consulter les chroniques sur ce site ;). Cela dit, ce petit ouvrage forme une introduction précieuse et concise si vous ne voulez pas lire (tout de suite !) les classiques…

Ma note :

★★★★☆

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Mon, 06 May 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12847/Les-modles-mentaux
Un homme d’exception http://www.olivier-roland.fr/items/view/12830/Un-homme-dexception

Résumé de « Un homme d'exception » de Sylvia Nasar : la biographie de John Forbes Nash, l'un des plus célèbres mathématiciens du XXe siècle, est un véritable best-seller — ayant donné lieu au film bien connu avec Russel Crowe en tête d'affiche — et un livre à lire pour toute personne qui souhaite entrer dans la peau d'un génie et en comprendre les conflits internes.

Par Sylvia Nasar, 2002.

Titre original : « A beautiful Mind », 2002.

Note : Le livre a d'abord été traduit "Un cerveau d'exception", mais après le succès du film (tiré du livre), les nouvelles éditions ont privilégié le titre Un homme d'exception.

Chronique et résumé de « Un homme d'exception » de Sylvia Nasar

Prologue

L’histoire de John Nash est celle des relations entre créativité, rationalité et schizophrénie. Cet homme a réussi à inventer de nouvelles façons de voir le monde et de l’étudier, grâce aux mathématiques principalement. Mais il a aussi dû faire face à la maladie psychique et à l’exclusion sociale.

Sylvia Nasar évoque plusieurs anecdotes significatives dans le prologue. Par exemple, lorsque l'un de ses collègues mathématiciens lui demande : « Comment avez-vous pu, vous, un mathématicien, un homme voué à la raison et aux preuves logiques… comment avez-vous pu croire que des extraterrestres vous envoyaient des messages ? Que vous avez été recruté par des êtres venus du fin fond de l'espace pour sauver le monde ? Comment…? », John Nash lui répond :

«Parce que mes idées sur ces êtres surnaturels me sont venues de la même manière que mes idées de mathématiques. Je les ai donc prises au sérieux. »

Cette courte histoire montre que, pour lui, il n'y avait pas de frontière claire entre son génie mathématique — qui consiste à créer des idées mathématiques neuves, c'est-à-dire à faire des liens originaux et pertinents qui surprennent et soient utiles à ses collègues — et sa folie.

Entrons maintenant, si vous êtes prêt, dans le détail de son existence…

Première partie — Un cerveau d'exception

Université de Princeton, États-Unis.

Bluefield (1928-1945)

En 1924, John Nash Sr. et Virginia Martin se marient dans le salon de leur maison à Bluefield, en Virginie-Occidentale.

John, conservateur, sérieux et profondément préoccupé par les apparences, souhaite que tout soit très correct. Ingénieur électricien, il aime la science et la technologie et a un esprit vif.

Virginia, une femme vitale avec un esprit moins rigide que son mari réservé, avait autrefois été une enseignante passionnée, quittant sa profession pour épouser John.

Le 13 juin 1928 naît leur premier enfant, John Nash Jr. Solitaire et introverti dès son plus jeune âge, John Nash évite la compagnie des autres enfants, préférant lire et expérimenter dans sa chambre.

Ses parents encouragent ses études mais veulent aussi qu'il soit plus sociable, le poussant autant socialement qu'académiquement.

À l'école, bien qu'intelligent, Nash refuse les méthodes préférées de l'enseignant en mathématiques, démontrant souvent des solutions élégantes en quelques étapes. Peu populaire parmi ses camarades, il est perçu comme étrange, arrogant et distant.

Obsédé par l'invention de codes secrets, il aime aussi faire des farces parfois cruelles. Après le lycée, le jeune garçon obtient une bourse pour étudier au Carnegie Institute of Technology, dans l'intention de devenir ingénieur comme son père.

Au Carnegie Institute of Technology (Juin 1945 — juin 1948)

À Carnegie, le désir de John Nash de devenir ingénieur cède rapidement la place à un intérêt croissant pour les mathématiques. Au cours de son premier semestre, il abandonne l'ingénierie pour se concentrer sur la chimie, mais il éprouve des difficultés en raison du manque de rigueur dans les cours de mathématiques.

Ses professeurs reconnaissent son immense potentiel en mathématiques et le persuadent de se spécialiser dans ce domaine.

Bien qu'excellent dans ses études, le jeune homme reste impopulaire et socialement maladroit. Après avoir révélé son attirance pour les hommes, cela s'aggrave et il devient la cible de remarques homophobes.

Bien qu'il échoue à une compétition nationale de mathématiques, Nash est accepté à Princeton, mais son inadaptation sociale devient singulièrement visible et problématique lors d'un job d'été qu'il effectue à la marine en 1948.

Le centre de l'univers (Princeton, automne 1948)

Fondée en 1746, Princeton n'était pas considérée comme une institution académique particulièrement respectable au début du XXe siècle. Sa réputation demeurait limitée et elle manquait surtout de talents scientifiques reconnus.

Cela reflétait la défaillance générale des universités américaines de l'époque, à la traîne par rapport aux universités européennes et à leurs progrès révolutionnaires en mathématiques et en physique, portés par des figures comme Albert Einstein et David Hilbert.

Cependant, d'importants dons des Rockefeller et des Bambergers allaient bientôt changer la donne. Grâce à l'argent de ces mécènes venus du monde industriel, Princeton (et d'autres) peuvent établir des chaires de recherche pour attirer des talents européens.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des financements gouvernementaux et militaires affluent également. L'armée et le gouvernement reconnaissent le rôle décisif des mathématiques dans la planification tactique et le développement de la bombe atomique.

Le conflit mondial, en d'autres termes, a "enrichi et revitalisé les mathématiques américaines".

À l'arrivée de John Nash à Princeton en 1948, il découvre un centre des mathématiques américaines, imprégné d'optimisme et où les étudiants se considèrent comme faisant partie d'une "grande révolution intellectuelle".

L'école du génie (Princeton, automne 1948)

À Princeton, le jeune mathématicien et ses camarades rencontrent le président du département de mathématiques, Solomon Lefshetz. Il affirme qu'ils devront travailler dur pour répondre aux exigences de l'université, décrivant Princeton comme un endroit "où de vrais mathématiciens font de vraies mathématiques".

Il insiste sur l'apparence en déclarant: "Il est important de bien s'habiller" et exige qu'ils se fassent couper les cheveux chez un coiffeur de Princeton. Malgré son accent sur les apparences, le directeur valorise "la pensée indépendante et l'originalité par-dessus tout".

Au lieu des démonstrations rigoureuses et des calculs, les étincelles d'ingéniosité sont valorisées et considérées comme bien plus significatives. Cela convient parfaitement à John Nash, car cela colle exactement à son "tempérament et style en tant que mathématicien".

Autour d'un thé formel dans le Fine Hall de Princeton, étudiants et professeurs se rencontrent pour débattre, discuter d'idées, faire des potins et analyser les mathématiques. Dans une atmosphère à la fois compétitive et amicale, les idées circulent et de nouvelles théories s'épanouissent.

C'est une "serre mathématique" qui donnera bientôt à Nash le "contexte émotionnel et intellectuel dont il avait tant besoin pour s'exprimer".

Génies (Princeton, 1948-1949)

À Princeton, John Nash prospère, bénéficiant d'un environnement qui lui permet de s'engager dans les mathématiques à sa manière, avec ses propres méthodes.

Un après-midi en 1948, Kai Lai Chung, un instructeur de mathématiques, regarde par la porte habituellement verrouillée de la salle des professeurs et voit Nash étendu sur le dos sur une grande table en désordre, "parfaitement détendu, immobile, visiblement perdu dans ses pensées, les bras repliés derrière la tête".

Un tel comportement est loin d'être inhabituel pour John Nash, qui passe "la plupart de son temps, semble-t-il, simplement à réfléchir. Il se couche sur les bureaux, glisse dans les couloirs avec "l'épaule fermement pressée contre le mur", emprunte parfois des vélos et les fait tourner en "cercles concentriques de plus en plus petits". La plupart du temps, il marmonne ou siffle distraitement.

Ce n'est pas seulement l'approche immersive et absente de John Nash qui le distingue, mais toute son approche des mathématiques est originale et stimulante. Il trouve toujours des solutions par ses propres chemins, évitant les méthodes habituelles pour se fier à son intuition.

Pour maintenir son indépendance intellectuelle, John Nash :

Ne lit pas beaucoup (pour ne pas être trop influencé) ;

Ne s'attache pas à des cours ou des professeurs trop longtemps ;

Récupère des informations et les reconstruit "à sa manière".

Même ses camarades, pourtant eux-mêmes excentriques, le considèrent comme étrange et distant. Certains membres du corps enseignant acceptent sa bizarrerie, tandis que d'autres le trouvent insupportablement obtus et précoce.

Jeux (Princeton, printemps 1949)

John von Neumann, un brillant polymathe et conférencier à Princeton, entre dans la salle commune de mathématiques et voit deux étudiants jouer à un jeu avec des pions placés dans des emplacements hexagonaux sur un plateau de jeu en losange.

Lorsqu'il demande aux étudiants ce qu'ils font, ils lui disent qu'ils jouent à "Nash". Dans les années 1930, les professeurs européens introduisent la tradition de jouer à des jeux à Princeton, tels que Kriegspiel et Go, très populaires parmi les étudiants lors de la première année de John Nash.

John Nash y participe souvent avec une approche "exceptionnellement agressive", révélant sa "compétitivité naturelle et son esprit de surenchère". Il ne se contente pas de jouer, mais invente un jeu appelé 'Nash', un jeu à somme nulle pour deux personnes, sans hasard, basé uniquement sur la stratégie.

Le jeu devient très populaire et est régulièrement pratiqué dans la salle commune.

John Von Neumann (Princeton, 1948-1949)

Là où de nombreux mathématiciens remarquables de l'époque sont retirés et maladroits, John von Neumann est perçu comme plutôt séduisant. En fait, il est "universellement considéré comme le mathématicien le plus cosmopolite, polyvalent et intelligent" du XXe siècle.

La carrière de von Neumann comprend de nombreux rôles, tels que "physicien, économiste, expert en armes et visionnaire de l'informatique". Ses capacités de mémoire, de calcul mental et de connaissances générales, associées à sa manière parfois froide et directe, ont conduit les gens à plaisanter en disant qu'il est "vraiment un extraterrestre qui a appris à imiter parfaitement un humain".

Pendant la guerre, John von Neumann a co-écrit le texte très significatif "The Theory of Games and Economic Behavior" et a proposé une méthode pour déclencher la bombe atomique, créditée d'avoir raccourci le temps nécessaire au développement de la bombe d'environ un an. En 1948, il est un chercheur respecté à l'Institute for Advanced Studies de Princeton.

La théorie des jeux

En 1928, John von Neumann rédige un article sur "la théorie des jeux", suggérant que l'étude des jeux pourrait offrir des éclairages en économie. En 1938, avec le professeur Oskar Morgenstern, il développe cette théorie dans l'ouvrage novateur The Theory of Games and Economic Behavior.

Le livre attire l'attention du public et reçoit même une critique dans le New York Times. Beaucoup d'étudiants de Princeton le surnomment "la bible". Toutefois, les économistes professionnels gardent leurs distances, estimant que le livre ne tient pas ses promesses audacieuses.

Bien qu'il reconnaisse son "innovation mathématique", John Nash critique également les mérites du livre. Il remarque qu'une grande partie de la théorie "semble avoir peu d'applicabilité en sciences sociales", car elle se concentre sur des "jeux de conflit total" qui ne se produisent pas souvent dans des scénarios économiques réels.

Le jeune étudiant montre également que la discussion des jeux à plus de deux joueurs ne "prouve pas qu'une solution existe pour tous ces jeux" et que l'analyse des jeux à somme non nulle — où les gains et les pertes de chaque joueur ne sont pas équilibrés exactement par les gains et les pertes des autres joueurs —, est également incomplète. Il commence rapidement à réfléchir à des solutions à ces lacunes.

Le problème de la négociation (Princeton, printemps 1949)

Dans son deuxième trimestre à Princeton, John Nash rédige son premier article académique, intitulé "The Bargaining Problem" ("Le problème de la négociation"). Malgré une formation limitée en économie, il parvient à offrir une perspective remarquablement originale et significative dans ce domaine.

L'"idée d'échange" ou la "négociation un à un" y est centrale. Pourtant, aucune théorie n'a encore pu fournir une véritable compréhension de la façon dont les personnes engagées dans un échange se comporteront ou comment une négociation se déroulera.

Le problème central réside dans le fait que les gens ne "se comportent pas de manière purement compétitive" tout le temps. Autrement dit, ils collaborent parfois. Mais comment le prédire ? John Nash trouve une solution élégante à ce problème.

En outre, son originalité réside dans le fait qu'il a eu l'idée bien avant d'être exposé au travail de John von Neumann ou aux mathématiques avancées de Princeton. En fait, l'idée lui était d'abord venue lorsqu'il suivait son premier (et seul) cours d'économie de premier cycle à l'université Carnegie.

Non-coopération (Princeton, 1949-1950)

À l'été 1949, John Nash se plonge davantage dans la théorie des jeux. Mais avant cela, il doit consacrer l'été à préparer son examen général de fin d'études.

Une fois l'examen réussi, il retourne avec ardeur à la théorie des jeux et approche le mathématicien John von Neumann avec les prémices d'une nouvelle théorie. Lors de sa présentation, ce dernier l'interrompt. Il considère que la proposition d'un équilibre dans les jeux à plus de deux joueurs (l'apport majeur de John Nash) est "triviale".

Toutefois, tout le monde n'est pas aussi catégorique que John von Neumann. L'analyste de la théorie des jeux, David Gale, est particulièrement enthousiaste. La théorie lui semble applicable à une large classe de problèmes et les mathématiques utilisées lui semblent "très belles".

Pourtant, même le jeune mathématicien ne reconnaît pas immédiatement la véritable importance de sa théorie. C'est elle, pourtant, qui deviendra "l'un des paradigmes de base en sciences sociales et en biologie" et qui finira par lui valoir un prix Nobel en économie.

Lloyd Shapley (Princeton, 1950)

En 1950, John Nash cherche à établir des liens émotionnels. C'est à ce moment que naît son amitié avec Lloyd Shapley, un brillant mathématicien travaillant à la RAND Corporation.

John Nash exprime son admiration pour Lloyd Shapley de manière enfantine. Et parfois, cela ne passe pas. Ses blagues, notamment devant les amis de ce dernier, sont peu appréciées.

Par ailleurs, des différences de points de vue théoriques les éloignent, et leur amitié prend fin.

La guerre des têtes pensantes (RAND, été 1950)

À l'été 1950, John Nash commence à travailler à la RAND Corporation, un think tank financé par l'Air Force. L'institution a pour mission d'analyser et de résoudre le problème de l'utilisation des nouvelles armes nucléaires. L'enjeu est de prévenir la guerre avec la Russie — ou de la remporter, si la dissuasion échoue.

La théorie des jeux devient cruciale dans cette mission, propulsant cette discipline dans la pensée économique d'après-guerre grâce à la recherche de la RAND.

Bien que la paranoïa de la guerre froide soit palpable, la RAND reste étonnamment informelle, favorisant un environnement décontracté et propice à l'originalité. John Nash s'y intègre parfaitement : il déambule sans contrainte dans les couloirs, perdu dans ses pensées, souvent avec un gobelet de café vide à la main.

Toutefois, il n'est pas très populaire auprès de certains collègues qui le trouvent "absurde et enfantin", déplorant son goût pour "les blagues adolescentes" et son sifflement distrait qui agacent profondément.

La théorie des jeux à la RAND

Le travail de John Nash sur la théorie des jeux attire l'attention de la RAND. Jusqu'ici, le think thank travaillait avec l'hypothèse de John Von Neumann. Les jeux à somme nulle avec deux joueurs de ce dernier étaient réinterprétés à l'aune du "conflit total entre deux superpuissances".

Pourtant, le conflit nucléaire est loin d'être un jeu à somme nulle. La compétition doit s'allier à la coopération. John Nash introduit sa théorie de l'équilibre dans ce contexte et fournit "un cadre pour poser les bonnes questions".

L'équilibre de Nash inspire également le célèbre "dilemme du prisonnier", qui fut inventé à la RAND peu avant son arrivée. Selon cette théorie, les individus rationnels ont intérêt à collaborer plutôt qu'à rechercher leur intérêt personnel.

Ces recherches innovantes feront le succès de la théorie des jeux et la postérité de John Nash. Cependant, à la mi-1950, l'intérêt pour cette théorie diminue à la RAND.

Service militaire (Princeton, 1950-1951)

Par ailleurs, travailler dans le cadre d'un programme militaire dérange John Nash. Il se trouve engoncé, limité par les obligations liées à sa fonction. Il souhaite plutôt "avoir la liberté de se promener dans tous les domaines des mathématiques".

Pour ce faire, il décide de chercher un poste universitaire. Dans l'intervalle, il accepte un intérim à Princeton sur un projet de recherche pour la Marine.

Mais d'autres obligations l'appellent. À l'été 1950, la Corée du Nord envahit la Corée du Sud et les États-Unis promettent leur soutien. John Nash craint de devoir partir à la guerre.

Ses efforts pour éviter l'enrôlement sont au moins partiellement couronnés de succès, mais il doit néanmoins réaliser son service militaire pendant plusieurs mois.

Un très beau théorème (Princeton, 1950-1951)

John Nash doit se faire une place au sein des cercles académiques. Pour se faire connaître et accroître sa réputation, il entreprend d'écrire un article visant à le faire reconnaître en tant que mathématicien pur.

Son texte est effectivement une réussite ; ses calculs sont considérés comme des mathématiques élégantes et pures. Cet article lui permet donc d'être reconnu comme un véritable mathématicien de premier plan.

Pourtant, malgré ce succès, il n'obtient pas de poste à Princeton. La raison en est sans doute que beaucoup de ses collègues le trouvent dérangeant, voire arrogant.

Finalement, John Nash accepte plutôt un poste au Massachusetts Institute of Technology, le célèbre MIT.

MIT

Le MIT est une institution historiquement dédiée à l'ingénierie. Elle a moins bonne réputation que les grandes universités où se pratiquent la physique théorique ou les mathématiques pures, par exemple. C'est pourquoi Nash se perçoit parfois comme "un cygne parmi les canards".

Néanmoins, sa présence contribue au changement de l'Institut et, grâce à lui, les mathématiques deviennent un département majeur de l'école.

Des personnalités de premier plan comme Norbert Wiener — pionnier de la cybernétique et de l'informatique, entre autres choses — et Norman Levinson, un mathématicien, l'accueillent avec bienveillance.

Garnements

Au MIT, John Nash enseigne de façon peu conventionnelle. Il adopte un style excentrique et fait beaucoup de jeux d'esprit. Ses cours, plus proches de l'association libre que de l'exposition planifiée, incluent des énigmes et des farces.

Cette originalité est valorisée dans ce milieu et permet à John Nash de se trouver des amis.John Nash ne cesse d'expérimenter et de rencontrer de nouvelles personnes. Toutefois, son caractère hautain et parfois explicitement méprisant (notamment envers les juifs) le rend détestable aux yeux de certains.

Expériences (RAND, été 1952)

À l'été 1952, John Nash fait un road trip de Bluefield à Santa Monica avec John Milnor, un étudiant diplômé en mathématiques. La bande de jeunes comprend également la sœur du mathématicien, Martha, et Ruth Hincks, une étudiante en journalisme. Le voyage prend fin quand John Nash se dispute avec cette dernière.

Les deux hommes, qui partagent un appartement temporaire près du RAND, se concentrent principalement sur leurs projets individuels. Ils expérimentent autour de la théorie des jeux et notamment des règles de coalition et de collaboration.

La relation devient toutefois tendue après que Nash a déclaré sa flamme à John Milnor.

Géométrie

Au début des années 1950, la paranoïa de la guerre froide donne lieu au maccarthysme : l'ère du soupçon à l'encontre des "espions" communistes bat son plein.

Plusieurs mathématiciens du MIT, dont Norman Levinson, sont accusés et forcés de témoigner. Ce dernier avait été membre du Parti communiste dans sa jeunesse, mais nie être resté proche de cette pensée politique.

Bien que le MIT soutienne ses employés, cet événement rappelle à tous les universitaires, y compris à John Nash, que le contrôle fait désormais partie de la vie quotidienne et que le monde qu'ils ont connu avant la guerre s'est transformé.

Deuxième partie — Vies séparées

Le poker a inspiré la théorie des jeux de Von Newman et de Nash

Singularité

Au cours de son passage au MIT, John Nash devient plus sociable et sort de sa pensée pour se frotter aux relations interpersonnelles. Comme nous allons le voir plus en détail dans les sections suivantes, il s'engage émotionnellement de façon diverse en ayant notamment :

Des relations homosexuelles ou des amitiés masculines fortes et ambigües ;

Un enfant avec une première compagne du nom d'Eleonor, qu'il abandonnera ensuite ;

Une autre compagne avec laquelle il se mariera et aura un autre enfant.

John Nash peine toutefois à répondre aux demandes d'autrui. Il comble ses propres besoins émotionnels et sexuels, mais néglige souvent ceux des autres. Orgueilleux, il estime souvent que son génie devrait suffire à les satisfaire.

Une amitié particulière (Santa Monica, été 1952)

À la fin de l'été 1952, John Nash vit l'une de ses "amitiés particulières" avec un autre homme, Ervin Thomson, âgé de trente ans et secrètement homosexuel. À l'heure du maccartisme, il est préférable de ne pas avouer trop publiquement ses orientations sexuelles.

Peu d'informations sont disponibles sur leur relation. Toutefois, elle semble significative pour John Nash, car elle marque son premier pas vers la réciprocité et l'intelligence émotionnelle. Cette relation lui permet de sortir de son isolement.

Eleanor

Lors d'une visite de routine à l'hôpital, le jeune homme rencontre une infirmière "jolie et brune" nommée Eleanor. Bien que timide et inexpérimentée sur le plan sexuel, elle est désarmée par la douceur et le charme maladroit du professeur du MIT.

Les deux amants gardent d'abord leur relation sexuelle secrète. Toutefois, lorsqu'Eleanor annonce sa grossesse, John Nash doit prendre une décision. Au départ, il semble plutôt heureux, mais cette joie est de courte durée.

La relation se détériore rapidement : Eleonor s'inquiète de l'avenir, mais le mathématicien montre peu d'intérêt pour sa situation. Malgré la naissance de leur fils, il ne la demande pas en mariage ni ne lui fournit d'aide financière.

Lorsque, finalement, John Nash suggère qu'Eleanor donne leur enfant en adoption, celle-ci se détourne de lui définitivement.

Jack

À l'automne 1952 (c'est-à-dire durant sa relation avec Eleonor), John Nash rencontre un jeune étudiant diplômé, Jack Bricker, dans la salle commune du MIT. Bien qu'habituellement dédaigneux envers les esprits moins brillants, Nash est attiré par Bricker, tandis que ce dernier est fasciné par l'intelligence et la beauté de Nash.

Leur relation, bien qu'ouverte et affectueuse, ne sera toutefois pas particulièrement heureuse. En effet, le jeune génie des maths est obsédé par son autonomie et rechigne à s'engager émotionnellement. En plus, il ridiculise son compagnon en public, puis lui avoue sa relation avec Eleanor.

La relation se détériore au point que Jack Bricker décide d'abandonner ses études supérieures.

L'arrestation (RAND, été 1954)

En 1954, John Nash passe un autre été à la RAND. Suivant ses méthodes habituelles, il passe beaucoup de temps à réfléchir à ses recherches en marchant le long de la plage ou dans le parc Palisades — souvent jusqu'à très tard dans la nuit.

Un jour, la police signale à la sécurité de RAND l'arrestation du jeune homme pour "exhibition indécente" dans ce parc — où il ne faisait pas que penser, mais pratiquait aussi le cruising (rencontre avec d'autres hommes en extérieur)…

Cela entraîne une rupture de contrat. À cette époque, l'homosexualité est vue comme obscène et dangereuse. Le climat paranoïaque de la guerre froide n'aide en rien.

Nash ne semble pas initialement perturbé par cet incident. Toutefois, celui-ci révèle la vulnérabilité de sa vie privée et l'existence de pressions extérieures.

Alicia

De retour au MIT, Nash trouve un soulagement dans ses visites à la bibliothèque musicale, où il rencontre Alicia Larde. Cette ancienne étudiante est séduite par sa combinaison de génie, de statut et de beauté naturelle. Intelligente et curieuse, elle imite ses intérêts pour attirer son attention.

Fascinée par son nouveau compagnon, Alicia décide de renoncer à ses ambitions scientifiques et vise le mariage avec lui. Mais ce dernier ne sait pas encore que faire. Il est face à de nombreux choix, tant personnels que professionnels.

Manœuvres d'approche

John Nash envisage le mariage avec une femme comme une solution possible à ses propres problèmes avec les hommes et les risques qu'il encourt. C'est avec Alicia, rencontrée au moment opportun, qu'il décide de se lancer.

Le chercheur est attiré par la jeune femme car celle-ci est intelligente, mais aussi parce qu'elle s'intéresse à lui et l'aime tel qu'il est. Mais il n'est pas très doué pour la monogamie… En effet, pendant qu'il entame cette relation, il continue à voir Eleanor et Jack Bricker (en fait, tout se passe à la même période !).

Seattle (été 1956)

Nash quitte le MIT pour assister à une école d'été à l'Université de Washington. Il espère être au centre de l'attention. Malheureusement, l'annonce de la preuve de l'existence de sphères exotiques par un autre mathématicien lui vole complètement la vedette. John Nash se sent alors petit, tout petit…

C'est néanmoins à cette occasion qu'il rencontre Amasa Forrester, un ancien camarade de Princeton, ouvertement homosexuel et très sympathique. Ils sortent un temps ensemble et John Nash garde un bon souvenir de cette relation.

Plus tard, lorsque le mathématicien est mis devant ses responsabilités de père, il accorde une pension alimentaire à Eleonor. En fait, il semble que ce soit Jack Bricker qui l'ait convaincu d'agir de la sorte pour éviter un scandale préjudiciable à sa carrière.

Décès et mariage (1956-1957)

John Nash aime la vie new-yorkaise et s'installe à New York. Il aime la vie bohème et veut vivre différemment. Toutefois, le décès de son père le confronte à nouveau à des responsabilités et à des règles qu'il méprise et rejette.

D'un autre côté, sa mère fait pression pour qu'il se marie. John Nash et Alicia se fiancent donc et organisent une petite cérémonie de mariage familiale en février 1957.

Troisième partie — Comme un feu qui couve sous la cendre

La schizophrénie de John Nash lui crée de nombreux problèmes dans la vie quotidienne.

Olden Lane et Washington Square (1956-1957)

Comme il vit à New York, John Nash visite fréquemment l'Institut Courant des sciences mathématiques de l'Université de New York. Il aime ce lieu et finit par y passer autant de temps qu'à l'Institute of Advanced Study (ISA).

Malgré l'atmosphère conviviale et les défis stimulants qu'il trouve dans ces institutions, John Nash considère avoir échoué dans ses recherches à cette époque. Il découvre qu'un mathématicien italien, Ennio de Giorgi, a prouvé un théorème sur lequel il travaillait quelques mois plus tôt.

Les méthodes non conventionnelles de Nash connaissent un certain succès. Mais il devient aussi de plus en plus obsédé par la révision de la théorie quantique ; un effort qui se révèle vain et qu'il considérera plus tard comme potentiellement lié à l'apparition de sa schizophrénie.

La fabrique de bombes

Le couple trouve, non sans difficultés, un appartement à Cambridge et commence à mener une vie conjugale classique. Malgré cette bonne nouvelle, le mathématicien reste insatisfait. Il voudrait être davantage reconnu et il s'inquiète de ne pas encore avoir une position permanente à MIT.

Il se plaint également de ne pas obtenir la prestigieuse Médaille Fields. Son travail devient pourtant de plus en plus reconnu. En réalité, il se met une pression énorme sur les épaules pour réussir ; une pression, comme nous allons le voir, sans doute excessive.

Secrets (Été 1958)

John Nash a presque 30 ans. Il est anxieux, notamment en raison de la croyance selon laquelle les meilleures découvertes mathématiques surviennent avant cet âge.

Avec cette idée en tête, il décide de se confronter à l'Hypothèse de Riemann, un problème mathématique encore irrésolu. Il passe alors fréquemment du doute et de la perte de confiance en soi à l'exaltation la plus complète.

En parallèle, John Nash développe une passion pour les marchés boursiers et l'argent. Il cherche à décoder un supposé "secret" du marché. Il demande un prêt à sa mère et commence à réaliser des investissements de plus en plus risqués.

Durant l'été, John Nash et Alicia voyagent en Europe pour leur lune de miel. Le jeune homme offre une bague trop chère à sa compagne, mais à part ça le couple est néanmoins heureux.

Des plans sur la comète (Automne 1958)

De retour à Cambridge, Alicia annonce sa grossesse. Le mathématicien se sent à la fois heureux et inquiet. Il ne sait que faire, notamment au niveau de son avenir professionnel. Il reçoit des offres de postes très intéressantes, mais préfère prendre un congé sabbatique.

À cette époque, il partage son temps entre l'IAS et l'Institut des hautes études scientifiques à Paris.

Mais il ne parvient pas à gagner en stabilité. Financièrement, il perd l'argent investi en bourse et doit rembourser sa mère. Au niveau personnel, il s'engage dans une relation ambiguë avec Paul Cohen, un homme ambitieux qui attire le mathématicien.

Certains témoins et commentateurs prétendent que c'est la relation déçue et la compétition entre Paul Cohen et John Nash qui a été la cause de son effondrement psychique.

L'empereur de l'Antarctique

Nouvel An 1958. John Nash se déguise en bébé, ce qui étonne son entourage. Mais ce n'est pas le seul événement étrange :

Il se lance dans des monologues confus ;

Fait état de croyances irrationnelles ;

Rédige des lettres insensées à des ambassadeurs ;

N'arrive plus à suivre le fil de son exposé lors de ses conférences ;

Etc.

Indubitablement, ce sont les premiers signes de la maladie mentale qui se manifestent. Comme nous allons le voir, sa santé décline rapidement et va le conduire d'hôpital en hôpital à la recherche d'un traitement.

Dans l'œil du cyclone (printemps 1959)

Alicia suspecte depuis un moment que John Nash présente des signes de détresse mentale. Il est incohérent et paranoïaque. Au début, elle attribue ces comportements au stress du travail et à la perspective d'une paternité imminente, mais les symptômes de Nash deviennent plus inquiétants.

Parmi ses comportements étranges, il menace de vider ses comptes bancaires et écrit des lettres bizarres à des institutions internationales.

Hésitant à révéler la situation par crainte des conséquences professionnelles pour son mari, elle quitte son emploi pour le surveiller. Les conseils contradictoires de psychiatres et un incident alarmant conduisent finalement Alicia à reconnaître la gravité de la situation.

Elle prend alors une décision que John Nash lui reprochera longtemps : demander son internement.

Le jour se lève à Bowditch Hall (Hôpital McLean, avril-mai 1959)

John Nash prétend être le leader d'un mouvement mondial pour la paix sous le nom de "Prince de la paix". Après une brève évaluation à l'hôpital McLean où l'emmènent des policiers, il est finalement bel et bien interné. Un diagnostic est établi : schizophrénie paranoïaque.

Sa mère, Virginia, est bouleversée. Toutefois, elle se montre incapable de soutenir Alicia. Il semble normal lorsqu'elle le visite et ne comprend pas véritablement le problème. Traité avec des médicaments et une psychothérapie intensive, il se comporte en "patient modèle".

Cependant, certains psychiatres doutent de la sincérité de son rétablissement. Finalement, l'hôpital le libère après qu'il ait fait appel à un avocat et que sa femme se soit prononcée contre un nouvel internement.

Un thé chez le chapelier fou (Mai-juin 1959)

La vie de sa compagne, Alicia, n'est pas facile.

John Nash étant à l'hôpital, elle décide de s'installer chez son amie Emma. Elle doit se défendre d'avoir fait interner son mari. Mais aussi faire face à ce dernier, qui menace de divorcer en représailles de son geste.

Bien qu'elle soit enceinte, elle met toute son énergie dans la défense de son compagnon :

"Toute son attention [est] focalisée sur une seule tâche — non pas celle d'accoucher, mais celle de sauver John Nash." (Un homme d'exception, Troisième partie)

Une fois sorti de l'hôpital, John Nash — toujours fâché contre sa femme et en proie à ses théories délirantes — décide de s'enfuir et de partir vivre en Europe.

Quatrième partie — Les années perdues

Citoyen du monde (Paris et Genève, 1959-1960)

À Paris, John Nash cherche à rompre avec son ancienne vie américaine. Il tente de renoncer à sa citoyenneté américaine, mais un fonctionnaire de l'ambassade l'en dissuade. Malgré cela, il persiste et demande le statut de réfugié en Suisse.

Après des mois de lutte et d'échecs, il est finalement expulsé d'Allemagne de l'Est et renvoyé aux États-Unis. Durant cette période, ses comportements étranges et ses idées délirantes continuent de surprendre.

Zéro absolu (Princeton, 1960)

De retour aux États-Unis, John Nash séjourne brièvement à Princeton, puis emménage avec Alicia, mais les ennuis ne tardent pas à apparaître.

Il souhaite retourner en France et prétend être lié à des affaires internationales ; il parle de paix mondiale et de gouvernement mondial. Sa femme, Alicia, réalise qu'il devra probablement être interné à nouveau.

Finalement, la police doit intervenir. Sa santé mentale exige un internement. Étrangement (ou logiquement ?), deux jours plus tôt, John Nash prédit qu'il sera emmené par les policiers.

Tour de silence (Trenton State Hospital, 1961)

Avec peu d'argent, le couple ne peut pas faire grand-chose. John Nash est placé à l'hôpital d'État de Trenton. Il dira plus tard que le traitement à l'insuline qu'il y reçoit alors a été une "torture". En outre, il vit en grande promiscuité avec d'autres patients.

Il y reste six mois. Puis il est transféré au sein de l'aile de réadaptation après que le traitement ait montré des signes de succès. Il peut enfin travailler à un article académique important et est "libéré" de l'hôpital à la fin de l'été.

Un intermède de rationalité imposée (Juillet 1961 - avril 1963)

Bien que sa récupération mentale soit considérée comme une issue positive par son entourage, John Nash ressent "un sentiment de diminution et de perte". Pourquoi ? Car il considère qu'il n'a plus accès à ce qu'il considère comme des "visions cosmiques, voire divines".

Dépendant à nouveau de la gentillesse de ses amis et collègues, John Nash obtient un modeste poste de recherche à l'IAS. Bien qu'Alicia et lui vivent à nouveau ensemble, la relation demeure tendue.

Lorsque la santé mentale du mathématicien décline à nouveau, Alicia décide d'entamer à contrecœur une procédure de divorce. Elle lui impose également de se rendre dans une clinique pour être soigné.

Le problème de l'extension (Princeton et clinique Carrier, 1963-1965)

John Nash est admis dans une clinique privée qui pratique les électrochocs et les traitements pharmaceutiques : la Carrier Clinic. Sa femme refuse qu'il reçoive davantage d'électrochocs. Il y a passé plusieurs mois.

Une fois sorti, le mathématicien vit seul et reprend son travail. Mais son comportement étrange persiste. Malgré des apparences positives, il se considère comme une "figure religieuse secrète". Après un séjour en Europe, il est réadmis à la Carrier Clinic, puis s'installe à Boston une fois le traitement terminé.

Solitude (Boston, 1965-1967)

John Nash se sent seul sans sa femme et son fils. Il voit un psychiatre et décide de prendre des médicaments, ce qui ne lui plaît guère. En effet, les médicaments nuisent à sa créativité scientifique.

Il connaît ainsi des hauts et des bas entre productivité et reprise des crises. Au printemps 1967, il devient maniaque, incohérent, paranoïaque et délirant ; il est obsédé par des nombres magiques et des conspirations internationales.

Il rencontre sa première femme avec leur fils. Mais les relations sont mauvaises, en raison de son instabilité psychologique et de son irritation face aux résultats scolaires de son fils.

Un homme seul dans un monde étrange (Roanoke, 1967-1970)

À quarante ans, John Nash paraît déjà "vieux". Il vit à Roanoke avec sa mère, erre en ville, en sifflant parfois. La plupart du temps, il reste à la maison et y tourne — littéralement — en rond. Il est complètement obnubilé par la politique et fomente des théories du complot. Il crée des codes secrets.

Terrifié à l'idée d'être hospitalisé à nouveau, John Nash est pris de colère lorsque sa sœur décide de le faire interner à nouveau après la mort de sa mère. Il rompt tout lien avec elle pendant de longues années.

Le fantôme de Fine Hall (Princeton, années soixante-dix)

John Nash est surnommé "le Fantôme" à Princeton. L'air absent, les yeux enfoncés dans des cernes creusées, il sillonne les couloirs et donne cours de façon cryptique. Lors de ceux-ci, il mélange chiffres, codes, politique, philosophie et religion. Les étudiants sont désarçonnés par un tel enseignement, qui laisse parfois à désirer, mais qui est aussi, par moment, très stimulant.

Malgré sa maladie, John Nash espère toujours rester en contact avec sa communauté. Son écriture codée pourrait être le moyen qu'il trouve, à cette époque, pour ne pas perdre pied complètement. Par ailleurs, il se sent bien dans les couloirs de l'université. Princeton est un "endroit calme et sûr" pour lui. Il peut s'y exprimer sans crainte de rejet.

En 1978, il reçoit le prestigieux prix John Von Neumann, mais n'est pas invité à la cérémonie de remise des prix.

Une vie paisible (Princeton, 1970-1990)

Dans les années 1970, Alicia et John Nash vivent ensemble tant bien que mal, malgré la maladie mentale. La santé de John Nash reste instable, mais il cherche à passer du temps avec sa femme et leur fils Johnny.

Ce dernier, doué en mathématiques, montre toutefois — lui aussi — des signes de schizophrénie. Il est hospitalisé à plusieurs reprises, mais parvient à étudier les mathématiques et obtient même un doctorat en 1985.

Cinquième partie — Le plus digne

John Nash reçoit le prix Nobel d'économie en 1994.

Rémission

John Nash retrouve un équilibre mental à partir des années 1970 et 1980. Bien qu'ils ne disparaissent jamais complètement, les symptômes de la schizophrénie diminuent progressivement durant ces années.

Cette victoire sur la maladie est liée à sa propre capacité à tenir à distance les pensées délirantes qui l'assaillent. Il parvient à se raisonner et à entretenir des relations plus saines avec cette partie de sa psyché qui lui joue des tours.

Cette amélioration lui permet de retrouver une certaine normalité dans ses interactions. Il reprend également ses recherches et se forme à l'utilisation de l'informatique.

Pendant ce temps, sa célébrité s'accroît ; il est de plus en plus cité dans des articles universitaires, principalement en économie. Mais, si son nom circule, la plupart des chercheurs pensent qu'il est mort ou en institution !

Nouveau signe important de reconnaissance : John Nash est élu membre de la Société d'économétrie.

Le prix

John Nash n'a pas fait l'unanimité ! Lorsqu'il est proposé comme candidat au prix Nobel d'économie, les membres du comité hésitent en raison de sa santé mentale. Ils enverront même un émissaire, Jörgen Weibull, pour évaluer sa personnalité.

Le comité débat par deux fois de son inclusion en tant que candidat au prix. Certains s'y opposent vigoureusement, tandis que d'autres sont ses défenseurs passionnés. D'un côté, il y a ceux qui ont connu le mathématicien dans ses pires moments ; de l'autre, il y a ceux qui considèrent avant tout ses mérites scientifiques.

Finalement, John Nash est informé qu'il reçoit le prix Nobel vers la fin de l'année 1994.

La plus grande vente aux enchères de tous les temps (Washington DC, décembre 1994)

Au même moment, Al Gore inaugure "la plus grande vente aux enchères de tous les temps" liée aux télécommunications. La particularité de cet événement est qu'il s'appuie sur la théorie des jeux et, notamment, sur l'analyse de la rivalité et de la coopération entre un petit nombre de joueurs rationnels.

C'est la preuve que les concepts développés par John Nash deviennent de plus en plus acceptés et utilisés par les mathématiciens et les économistes (qui organisent la vente aux enchères). C'est un autre type de reconnaissance : après de longues "décennies de résistance", il voit enfin sa théorie appliquée largement.

De nouveau au monde (Princeton, 1995-1997)

La vie de John Nash s'améliore financièrement après la réception du prix Nobel. Il continue à travailler à Princeton, mais ses préoccupations s'orientent toujours davantage vers sa famille ; il s'inquiète en particulier pour la santé de son fils, Johnny.

Par ailleurs, John Nash cherche également à améliorer sa relation de couple avec sa femme et l'idée d'un remariage est même évoquée.

Épilogue

Et c'est bien ce qui se produit ! Les époux Nash se remarient après 40 de mariage. John Nash se sent stable et ne craint plus les rechutes.

Le prix Nobel travaille à divers projets :

Il donne des conférences dans lesquelles il aborde, notamment, la question des troubles mentaux et de la stigmatisation des personnes qui en souffrent.

Il continue à faire des mathématiques.

Ses relations sociales s'améliorent nettement, tant avec ses collègues qu'avec ses amis et sa famille. Et finalement, l'idée que quelqu'un rédige une biographie sur lui semble lui plaire — alors qu'il la trouvait auparavant saugrenue.

Conclusion sur « Un homme d'exception » de Sylvia Nasar :

Ce qu’il faut retenir de « Un homme d'exception » de Sylvia Nasar :

Tout l'intérêt de ce livre consiste à nous faire entrer dans la peau de John Nash. Non seulement dans ses grands moments créatifs, mais aussi dans ses périodes de trouble social et psychologique. Nous apprenons beaucoup d’éléments sur sa personnalité complexe et nous nous faisons une meilleure idée de sa façon d’engendrer des idées nouvelles.

Le célèbre mathématicien qui a mis en forme une bonne partie de la théorie des jeux a bien failli ne jamais obtenir le prix Nobel en raison de ses problèmes "psy". Pourtant, comme le montre à merveille le livre, il est parvenu à se stabiliser et à devenir une personne plus vivable pour ses proches.

Sylvia Nasar parvient parfaitement à nous plonger dans cette histoire, ainsi que dans cette époque des États-Unis de l'après-guerre.

Points forts :

Une écriture brillante qui fait de cette biographie un véritable "page turner" ;

De nombreuses anecdotes qui nous permettent de comprendre les relations entre génie et folie ;

Un témoignage exceptionnel de la vie de l'un des plus grands mathématiciens contemporains ;

Si vous avez aimé le film (ou que vous ne l'avez pas encore vu), lisez le livre pour comparer !

Point faible :

C'est un livre passionnant… Donc je n'en ai pas trouvé !

Ma note :

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Thu, 18 Apr 2024 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12830/Un-homme-dexception
Comment faire voler un cheval http://www.olivier-roland.fr/items/view/12795/Comment-faire-voler-un-cheval

Résumé de « Comment faire voler un cheval : l’histoire secrète de la création, l’invention et la découverte » de Kevin Ashton : un livre à la fois théorique et pratique qui vous emmène dans les coulisses des plus grands créateurs afin de vous donner les clés pour être plus créatif au quotidien.

Par Kevin Ashton, 2018.

Titre original : « How to Fly a Horse: The Secret History of Creation, Invention and Discovery », 2015

Chronique et résumé de « Comment faire voler un cheval » de Kevin Ashton

Qui est Kevin Ashton ?

Kevin Ashton a participé à la création des réseaux RFID (de radio-identification). C'est lui qui est à l'origine du terme "Internet of Things" (lnternet des Objets), devenu commun aujourd'hui. Il est le co-fondateur du Centre Auto-ID au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Avant-propos — Le mythe

Un journal allemand publia un jour une lettre attribuée à Mozart. Dans celle-ci, le compositeur de génie affirmait que la musique lui venait "toute faite" dans son esprit, et qu'il n'avait plus qu'à la coucher sur le papier.

En fait, cette lettre était un faux. Et il en va de même pour ce qu'elle décrit : l'idée d'un flash de génie immédiat, venant comme par magie. Selon Kevin Ashton, cette façon d'expliquer la création relève plutôt du "mythe".

Au contraire, la création demande du travail et du "bidouillage", de la débrouille et du temps. C'est ce qu'il a constaté en inventant les puces RFID et ce qui deviendrait peu de temps plus tard l'Internet des objets.

"La création, ce n'est pas de la magie, c'est du travail", dit-il en conclusion de cet avant-propos. C'est également la thèse d'un autre ouvrage important sur la créativité : Laissez courir les éléphants !

Chapitre 1 — Créer, un acte ordinaire

Tout le monde peut créer et crée effectivement, à plus ou moins grande échelle. C'est inné et commun.

Avant le 14e siècle, la société ne créditait pas les inventeurs et les créateurs. À partir de la Renaissance, en revanche, la société met à l'honneur les individus et célèbre le génie en sélectionnant certaines personnes.

C'est aussi à partir de cette époque, et plus précisément à partir du XVIIIe siècle, que des brevets (des droits de propriété liés aux inventions techniques) et des droits d'auteur (pour les œuvres d'art) sont octroyés aux individus.

Pourtant, si nous y regardons de près, ce ne sont pas moins de six millions d'individus qui ont reçu au moins un brevet entre 1790 et 2011 ! Pour l'auteur, ceci est une preuve que "créer n'est pas une affaire d'élite" et n'est pas prêt de l'être.

En fait, nous devrions plutôt apprendre à trouver la créativité dans les moindres détails de la vie de tous les jours. D'ailleurs, c'est ce que nous enseigne la psychologie cognitive. Des chercheurs tels que Allen Newell et Robert Weisberg l'ont bien montré.

En fait, pour l'auteur, même l'intelligence n'est pas identique à la créativité. Il le montre en citant une étude sur le sujet. Celle-ci mit en évidence que la créativité ne requiert pas d'aptitudes spéciales, seulement présentes chez quelques individus.

Non, la créativité est potentiellement la même chez chacun. Il s'agit en fait d'un processus expérimental, étape par étape, qui demande beaucoup de travail. Et que tout le monde peut mettre en œuvre !

Chapitre 2 — Réfléchir, c'est mettre un pied devant l'autre

Pour mettre en évidence ce fait initial, Kevin Ashton utilise la métaphore de la marche. En fait, marcher et créer reposent sur le même processus : la pensée progressive.

Voici comment il la décrit plus loin dans le chapitre, après avoir rapporté une expérience menée par des chercheurs dans les années 1930 (et renouvelée dans les années 1970) :

"Il n'y a pas de changement brutal de perception (quand nous créons ou inventons). Nous passons du connu au nouveau par petites étapes. Dans tous les cas, le scénario est le même : on commence par quelque chose de familier, on l'évalue, on résout ce qu'on peut, et on recommence jusqu'à trouver une solution satisfaisante." (Comment faire voler un cheval, Chapitre 2)

L'un des scientifiques auquel fait référence Kevin Ashton, Karl Duncker, considérait que la créativité commence à partir du moment où nous nous posons la question "Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas (ou plus) ?" ou "Que puis-je faire pour que cela fonctionne (à nouveau) ?".

Bien sûr, parfois, il n'est pas évident de voir ce qui ne fonctionne pas. Et c'est là où se trouve l'intérêt : dans la curiosité et l'insatisfaction que manifestent certaines personnes et qui les poussent à se poser cette question.

Mais avoir une idée n'est pas la même chose que créer. Dans le dernier cas, nous agissons, alors que dans le premier, nous pouvons très bien rester les bras croisés. Prenons l'exemple du vol : beaucoup de personnes étaient certaines qu'il était possible de voler. Elles en avaient l'idée… Mais seuls les frères Wright ont créé le premier avion fonctionnel !

Chapitre 3 — Des obstacles à venir

Avancer étape par étape, cela signifie nécessairement échouer de temps en temps. Et même souvent !

C'est le thème de ce chapitre. En fait, il n'y est pas seulement question d'échec, mais aussi de rejets. Lorsque nous créons quelque chose, cela peut être refusé, rejeté par les autres. Kevin Ashton prend l'exemple de l'invention d'une nouvelle thérapie contre le cancer par Judah Folkman.

Il vaut mieux s'attendre au rejet. Et cela est plus sain, car les personnes qui acceptent trop vite vos idées sont régulièrement celles qui veulent quelque chose de vous ou vous aiment trop pour avoir un bon recul critique.

Faire face aux réactions négatives et aux échecs nécessite d'avoir confiance en soi et en ses idées. Lorsque nous créons, c'est comme si nous étions dans un labyrinthe : si nous perdons confiance et que nous arrêtons de marcher, nous n'en trouvons jamais la sortie.

Bien sûr, la foi en elle-même ne suffit pas. L'auteur prend un exemple étonnant de cela : un ingénieur français était si sûr de son nouveau modèle de parachute qu'il se jeta du haut de la tour Eiffel — et en mourut !

Voici la chose à ne pas faire : avoir confiance en soi et ses idées, mais ignorer les faits, les données et les critiques qui nous sont formulées.

Chapitre 4 — Ce que voient nos yeux

Pour le dire en deux mots, la sérendipité est l'art de trouver ce que nous ne cherchons pas. Mais cela demande de la préparation. En fait, nous habituons notre regard à voir les choses d'une certaine façon. Nous sommes parfois volontairement aveugles à certaines choses, et particulièrement attentifs à d'autres.

C'est ainsi que nous sélectionnons les éléments du réel qui font sens pour nous. De cette façon, nous pouvons "voir" et "découvrir" des choses qui demeurent inaperçues à d'autres. Voilà ce qu'il s'est passé, par exemple, pour la découverte de la bactérie H. Pylori par Robin Warren.

"L'acte créatif, c'est de l'attention. C'est voir de nouveaux problèmes, remarquer ce qui ne l'avait pas été jusque-là, découvrir les points aveugles de l'inattention. Si, après coup, une découverte ou une invention nous paraît si évidente qu'il nous semble qu'elle était visible tout du long, c'est probablement le cas. La réponse à la question "pourquoi n'y ai-je pas pensé ?", voilà "l'esprit neuf"." (Comment faire voler un cheval, Chapitre 4)

Ce phénomène d'attention sélective est bien connu aujourd'hui et a été étudié de nombreuses fois. Il fait également partie de ces "biais" étudiés par Daniel Kahneman dans Système 1/Système 2.

En fait, tout ceci est lié à l'expertise et au travail accumulé durant plusieurs années. C'est parce que nous nous entraînons à voir d'une certaine manière que nous devenons effectivement capables de remarquer certaines choses plus rapidement que d'autres. Notre expertise se traduit en vitesse d'exécution.

Pour autant, les meilleurs experts sont aussi capables de renouveler leurs façons d'envisager des problèmes. C'est ce que Kevin Ashton nomme "l'esprit du débutant". Autrement dit, la création se cache à la fois dans l'ouverture et la fermeture, dans l'étonnement et la préparation.

Dans tous les cas, "considérez la certitude comme une ennemie et le doute comme un allié. Quand on peut changer d'avis, on peut tout changer", dit l'auteur pour clore le chapitre.

Chapitre 5 — À qui revient le mérite

Bien sûr, il nous faut ensuite tester notre idée. Nous l'avons dit, le flash de génie est un mythe. Pour être sûr que notre idée est valable — qu'elle est une bonne idée, qui va "tenir la route" —, il va falloir expérimenter, étape par étape.

Or, ce travail est souvent collectif. C'est en tout cas le cas pour les sciences. Le travail des uns s'appuie sur celui des autres. C'est ainsi que se créent les grandes découvertes. Mais alors, à qui en reviennent le crédit et le mérite ? N'est-il pas problématique d'attribuer l'émergence du neuf à un seul individu ?

Kevin Ashton prend l'exemple de la découverte de la structure de l'ADN par James Watson, Fancis Crick et Maurice Wilkins. En fait, il s'appuie notamment sur les recherches de Rosalind Franklin, une scientifique qui étudia les cristaux, les virus et découvrit la structure de l'ARN.

En fait, nous ne sommes pas vraiment assis "sur les épaules des géants", comme l'a dit Isaac Newton. Nous sommes plutôt assis à la suite de générations entières de personnes qui ont pensé et agi avant nous.

Rosalind Franklin elle-même put réaliser ses recherches parce que d'autres avaient mené la science de son époque à cette étape de son évolution :

"Rosalind Franklin, maîtresse en cristallographie, était juchée sur une tour de générations lorsqu'elle devint la première personne à observer le secret de la vie." (Comment faire voler un cheval, Chapitre 5)

Chapitre 6 — Comment tout s'enchaîne

Connaissez-vous le luddisme ? C'est un mouvement anti-technologie (ou technophobe) du XIXe siècle. Les promoteurs de ce mouvement firent scandale en détruisant des métiers à tisser industriels. Ceux-ci avaient peur d'être remplacés par des machines qui feraient le travail à leur place.

Ce processus de mécanisation de l'industrie s'amplifia tout au long du XIXe et du XXe siècle. Et de nombreuses craintes l'accompagnèrent. Pour remplacer les emplois perdus, les États occidentaux choisirent de miser sur l'éducation : seuls les emplois qualifiés étaient "hors machine".

En fait, les conséquences de l'introduction de nouvelles technologies sont souvent difficiles à prévoir totalement. Les inventions s'enchaînent les unes aux autres, menant à d'autres problèmes et à d'autres découvertes, dans un cycle infini.

Kevin Ashton prend l'exemple d'une canette de Coca-Cola. Celle-ci est le fruit de multiples petites créations qui remontent — si nous y regardons bien — aux temps les plus reculés de l'humanité. Par ailleurs, la consommation de cette boisson a aujourd'hui des conséquences plus ou moins dramatiques, sur le plan sanitaire et environnemental, notamment.

Toutefois, ce n'est pas en refusant l'invention que nous résoudrons les problèmes que la technique pose. Pour l'auteur, la réponse est claire : il nous faut plus d'innovation scientifique et technique. En cela, il se rapproche des visions optimistes de la science et des techniques (approche technophile) prônées par Bill Gates ou Elon Musk, par exemple.

"Les outils en chaîne provoquent des conséquences en chaîne. En tant que créateurs, on peut en anticiper certaines et, si elles sont mauvaises, on devrait bien sûr prendre des mesures pour les éviter, même si cela va jusqu'à inventer autre chose à la place. Ce que nous ne pouvons pas faire, c'est cesser de créer (...). La réponse aux problèmes de l'invention n'est pas moins d'invention, mais davantage. L'invention est un acte d'itération infinie et imparfaite. Les nouvelles solutions engendrent de nouveaux problèmes, qui engendrent de nouvelles solutions. Tel est le cycle de notre espèce." (Comment faire voler un cheval, Chapitre 6)

Le "cycle de notre espèce", voilà comment Kevin Ashton caractérise ce processus cyclique de création. Selon lui, elle concerne l'humanité tout entière.

Chapitre 7 — Ce qui nous meut

Ce chapitre est consacré à la motivation. Qu'est-ce qui nous meut ? Kevin Ashton commence par prendre l'exemple de Woody Allen. Celui-ci n'aime pas aller aux Oscars, malgré les multiples récompenses qui lui ont été proposées. Pourquoi ? Car, selon lui, recevoir des prix ne l'aide en rien à faire du bon travail.

Ce serait peut-être même le contraire. En fait, nous nous soumettons au jugement d'autrui et entrons dans une logique compétitive. Cela standardise et affaiblit notre travail — c'est, en tout cas, l'avis du réalisateur étatsunien. Mais pas seulement !

La psychologiste de Harvard Teresa Amabile a étudié les relations entre motivation et création. Elle montre que l'évaluation a un effet néfaste sur la création. Et de nombreuses études, notamment réalisées sur des animaux, vont dans le même sens.

Ces recherches vont dans la direction suivante : la motivation la plus forte est intrinsèque. Les motivations extrinsèques (récompenses, punitions, etc.) ne sont pas aussi efficaces.

Pour poursuivre son argument, Kevin Ashton parle du phénomène littéraire bien connu de crampe de l'écrivain ou d'"angoisse de la page blanche". Mais pour lui, c'est un faux problème ! En fait, ce qui nous arrive lorsque nous sommes bloqués devant notre écran d'ordinateur ou notre bloc de feuilles, ce n'est pas une simple impuissance ou un manque d'inspiration.

Que se passe-t-il, alors ? Nous nous figeons, car nous avons peur de ne pas être à la hauteur de nos propres attentes. C'est ce que Kevin Ashton nomme "le syndrome de la page mal remplie" :

"La victime d'un blocage n'est pas incapable d'écrire. Elle peut toujours tenir un stylo, taper sur les touches d'une machine à écrire, faire fonctionner son traitement de texte. La seule chose qu'elle est incapable d'écrire, c'est quelque chose qu'elle trouve bien. Ce n'est pas le syndrome de la page blanche, c'est le syndrome de la page mal remplie. Le remède va de soi : écrire quelque chose qu'on trouve mauvais." (Comment faire voler un cheval, Chapitre 7)

Le plus important, c'est d'écrire ou de travailler, quelle que soit la tâche. Nous ne pouvons atteindre le maximum à chaque fois. Celui-ci est par définition exceptionnel. Surtout, continuons à écrire, si telle est notre passion.

En fait, c'est le mot le plus important : la passion. C'est elle qui vous aide à créer et à maintenir votre confiance durant le processus difficile d'essais et d'erreurs. La mise en place d'un rituel, d'une routine créative pourra peut-être vous aider. Toutefois, le plus important, c'est la constance.

Comme le disait Igo Strabinsky, "c'est le travail qui apporte l'inspiration lorsque celle-ci n'est pas perceptible au démarrage".

Chapitre 8 — La création en bande organisée

Nous faisons souvent l'expérience de la création lorsque nous sommes seuls. Ou nous croyons que les grands génies créent lorsqu’ils sont isolés. Mais il faut pourtant se demander comment des groupes peuvent être créatifs. Et plus encore : "Comment pouvons-nous construire des organisations où les gens créent ?".

Kevin Ashton prend l'exemple de la conception d'un avion de combat de l'armée américaine. L'ingénieur en chef — Kelly Johnson — a gagné la confiance de l'entreprise chargée de la tâche, Lockheed Corporation. Celle-ci a décidé de lui faire confiance malgré ses idées farfelues, tout en lui demandant de faire ses preuves.

Le lien créé par le secret ou par le partage d'un même espace peut aussi favoriser la création. Réunies autour d'un même projet, les personnes font équipe. Mais ici, deux éléments supplémentaires sont cruciaux pour l'auteur :

Il importe que les personnes soient mises sur un pied d'égalité ;

L'action doit primer sur la discussion.

C'est ce qu'il illustre avec une expérience intéressante, impliquant des enfants et des adultes travaillant dans différents domaines (droit, business, cadres, etc.). Celle-ci consistait à demander à ces différents groupes de personnes de réaliser une construction stable à partir de pâtes, de cordes et de papier collant, afin de faire tenir un marshmallow sur le dessus.

Simple ? En apparence ! En fait, ce sont les enfants qui s'en sont sorti le mieux. Pourquoi ? Selon les résultats, rapportés par l'auteur de Comment faire voler un cheval, ce serait parce que les enfants n'ont pas discuté et ne sont pas entrés dans des "jeux de pouvoir". Ils ont agi et n'ont utilisé le langage que pour agir.

Ce "test du marshmallow" met bien en avant les deux points cités ci-dessus. Or, dans les entreprises, ils sont souvent peu respectés. Les réunions s'éternisent ; les discussions prennent le pas sur l'action. Les hiérarchies tuent l'initiative. Résultat : les employés se désengagent et ne font plus d'efforts pour porter les valeurs et les idées de l'organisation.

La solution pour rendre nos organisations créatives passe donc par la mise en place de rituels d'action et par des relations plus horizontales.

Chapitre 9 — Bye-bye, génie

Au XIXe siècle, l'eugéniste Francis Galton écrivit un livre intitulé Hereditary Genius. Selon lui, seuls quelques-uns possèdent d'exceptionnelles capacités créatives. Ce sont les génies. Pour cet auteur, il conviendrait de privilégier la reproduction de certains groupes humains — et en particulier, donc, des génies — pour le bien de l'humanité.

En opposition à cette vision, Kevin Ashton plaide pour l'universalité de la créativité. En utilisant l'étymologie, il montre que "génie" signifiait "esprit". Or, cet esprit fait partie de chacun d'entre nous.

Nous avons besoin de créativité pour évoluer en tant qu'humains. Nous avons tous besoin de résoudre des problèmes et d'inventer de nouveaux chemins. Or, la situation actuelle — entre surpopulation et surconsommation — exige de nous des initiatives originales (nous pourrions aussi dire : des révolutions tranquilles).

Les craintes liées à la surpopulation ne sont toutefois pas nouvelles. Au XIXe siècle encore, Thomas Malthus fut le premier à alerter sur ce phénomène. Il fut à la fois célébré et critiqué. Il avait raison : la population humaine s'accroît énormément.

Pourtant, il n'a pas vu autre chose : avec l'accroissement de la population vient l'augmentation de la créativité. Or c'est précisément, selon lui, ce qui nous sauve au quotidien.

"Quand la population augmente, notre capacité à créer augmente encore plus vite. Il y a plus de gens qui créent, donc plus de gens avec qui se connecter. (...) Nous prenons le dessus sur le changement grâce au changement." (Comment faire voler un cheval, Chapitre 9)

Conclusion sur « Comment faire voler un cheval ? » de Kevin Ashton :

Ce qu’il faut retenir de « Comment faire voler un cheval ? » de Kevin Ashton :

Ce livre est rempli d'anecdotes plus intéressantes les unes que les autres sur la création dans les domaines des arts, des sciences et des techniques — mais pas seulement. Kevin Ashton regarde la créativité comme une qualité intrinsèquement présente dans de nombreux actes du quotidien.

C'est un ouvrage optimiste et joyeux : il vous donnera vraiment envie de vous lancer dans votre aventure personnelle en explorant vos capacités créatives. Voulez-vous écrire ? Ou créer votre propre entreprise ? C'est possible ! Il suffit de se lancer, d'agir et d'accepter les erreurs.

Pour autant, vous ne lirez donc pas seulement un manuel de créativité. Il y a aussi, dans cet ouvrage, un côté philosophique et une réflexion sur l'avenir de l'humanité. C'est ce qui ressort bien, d'ailleurs, des dernières lignes du texte :

"La chaîne de la création est faite de nombreux maillons et chacun d'eux — c'est-à-dire chaque personne qui crée — est essentiel. Toutes les histoires des créateurs réaffirment les mêmes vérités : l'acte créatif est extraordinaire, mais les créateurs sont humains ; tout ce qu'il y a de bon en nous peut réparer ce qu'il y a de mauvais en nous ; le progrès n'est pas une conséquence inévitable, mais un choix individuel. La création ne naît pas d'un besoin : elle vient de nous." (Comment faire voler un cheval, Chapitre 9)

Vous pouvez méditer ces lignes tranquillement ! Par ailleurs, l'auteur propose une large bibliographie qui vous aidera à faire connaissance avec quelques-uns des classiques de la recherche contemporaine sur la créativité dans les différents domaines de l'existence.

En bref, ce livre est une réussite ! C'est un excellent livre de vulgarisation qui vous incitera à agir pour vous et pour les autres, tout en vous donnant les clés pour comprendre d'où vient cette force en nous que nous nommons "créativité".

Points forts :

Une pensée claire et une présentation didactique ;

De nombreuses références à des travaux classiques sur la créativité en philosophie, en sociologie, en psychologie et en histoire ;

Des exemples dans tous les domaines de l'existence ;

Une belle expérience de lecture et de réflexion.

Point faible :

Certes, la thèse de la créativité ordinaire n'est pas nouvelle. Beaucoup d'autres livres partent du même point de départ en critiquant, comme Kevin Ashton, la théorie du "flash du génie". Pourtant, le livre n'en demeure pas moins très intéressant et original. Et, en fait, il forme un excellent complément de Laissez courir les éléphants, qui est davantage axé sur les techniques concrètes à mettre en place pour agir au quotidien !

Ma note :

★★★★★

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Thu, 14 Mar 2024 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12795/Comment-faire-voler-un-cheval
Slasheurs, designers, gamers : quels seront les jobs de nos enfants demain http://www.olivier-roland.fr/items/view/12677/Slasheurs-designers-gamers-quels-seront-les-jobs-de-nos-enfants-demain

Résumé de "Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain" de Stéphane Biso : ce livre nous projette dans le futur du travail ; il décrit les transformations radicales des métiers et de l'éducation à venir face à l'innovation technologique et propose des pistes pour nous préparer et préparer nos enfants à ces changements.

Par Stéphane Biso, 2019, 192 pages.

Chronique et résumé de "Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain" de Stéphane Biso

Introduction

Un jour de rentrée scolaire : le déclic de l’auteur, père de famille, quant à l’avenir de son fils

Dans l’introduction de son livre "Slasheurs, designers, gamers", l’auteur, Stéphane Biso partage une réflexion qui a émergée lors de la plénière de la rentrée scolaire de son fils, lorsque le discours du chef d’établissement coordinateur a mis en évidence l'évolution des entreprises et l'apparition de nouveaux métiers.

L’auteur comprend ce jour-là, ce que sera vraiment le futur professionnel de son fils : des métiers transformés, originaux, différents de ceux que nous connaissons et entièrement impactés par le secteur du numérique.

Devant cette prise de conscience, Stéphane Biso se dit chanceux de la clarté des ambitions de son fils. Celui-ci se projette déjà comme un "design maker". Il souhaite travailler en tant que freelancer "slasheur". Autrement dit, il souhaite devenir multi-entrepreneur avec plusieurs identités professionnelles.

L'auteur a alors un déclic. Il sait, en tant que parent, qu’il est bien sûr responsable de sa scolarité ; il fera en sorte que celle-ci soit la meilleure possible. Mais il réalise surtout, à ce moment-là, qu’il n’aura accompli son devoir "que lorsqu’il accédera à un enseignement lui permettant d’exercer un métier passionnant et de vivre une vie remplie de joie".

L’adaptabilité, la créativité et le non-conformisme : des clés dans ce contexte en constante évolution

L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" met ainsi l'accent sur le besoin d'une vie épanouissante.

Inspiré par les pensées de Darwin, Pierre Rabhi ou encore Steve Jobs, il met également en lumière, l’importance d’une vie riche et créative pour nos enfants, loin des chemins prédéfinis et conformistes.

"Nous ne souhaitons pas que notre fils suive une vie ordinaire, prédéfinie, conformiste. Nous lui souhaitons une vie remplie d’éléments enrichissants, multiculturels, non conformes, où l’envie, le bonheur et la créativité n’auront aucune limite."

Le lecteur est ici invité à réfléchir à l'avenir de nos enfants dans ce contexte en constante mutation. Un avenir où les codes traditionnels de l'entreprise sont dépassés et où l'adaptabilité est clé.

Repenser l’éducation en valorisant l’échec

L’auteur rappelle ensuite que la chute n’est pas un échec. "L’échec est de rester là où l’on est tombé" lance-t-il.

Cette introduction se poursuit alors avec l’idée que l’échec doit être perçu comme une opportunité d'apprentissage et d'évolution. De ce fait, iI doit être encouragé. Selon l’auteur, il y a ici une part culturelle à considérer, notamment entre l’éducation européenne et l’éducation anglo-saxonne.  

Deux situations très parlantes sont décrites pour illustrer cette idée.

Dans un jardin d’enfants, une fillette fait une petite chute en faisant du toboggan. "La mère américaine lui dira : "c’est bien, tu auras au moins essayé". La mère européenne lui dira : "tu vois, je te l’avais dit"."

Le deuxième exemple montre comment l'échec entrepreneurial est perçu comme une expérience enrichissante dans les cultures anglo-saxonnes.

Pour appuyer sur cette nécessité de repenser l'éducation, d'apprendre à faire confiance en soi et de valoriser l'échec pour préparer nos enfants à leur avenir professionnel, l’auteur raconte les échecs de personnalités célèbres.

Albert Einstein, Walt Disney, Oprah Winfrey, Michael Jordan, Steve Jobs, et les Beatles : tous ont un parcours parsemé d’échecs. Et pourtant, nous savons tous qui ils sont devenus.

Aussi, ces histoires passionnantes illustrent bien la notion qu'il faut oser tenter de nouvelles choses, même si cela implique parfois l'échec.

Cette idée est appuyée dans le livre "Slasheurs, designers, gamers" par un extrait du célèbre discours de Steve Jobs à Stanford en 2006. Ce que souligne ce passage du discours, c’est la valeur de suivre son intuition et de ne pas perdre de temps à vivre une vie qui n’est pas la sienne en se laissant influencer par les dogmes extérieurs.

La progression technologique 

L’auteur parle ensuite de son inspiration et de son rôle en tant que designer.

Il explique comment son cadre professionnel évolue constamment.

Stéphane Biso travaille, en effet, dans un environnement de plus en plus connecté, augmenté. Il utilise des outils technologiques avancés : "nous utilisons des smartphones beaucoup plus puissants que les appareils qui ont permis à la NASA d’aller sur la Lune" s’amuse l’auteur. Il collabore avec des startups. Tout cela modifie sa manière d’exercer sa pratique, notamment par l'exploitation des objets connectés, la gamification des aspects marketing et la rupture des silos organisationnels.

L’introduction du livre "Slasheurs, designers, gamers" évoque ensuite :

La notion d'Homme augmenté.

Les trois étapes de la transformation, selon Schopenhauer, qu’elle soit industrielle, sociétale ou digitale : d’abord, on vous dit que c’est "ridicule", ensuite, on vous dit que c’est "dangereux", enfin, on vous dit que c’est "évident".  Le parcours d'Apple est notamment raconté pour illustrer ces étapes.

L’évolution rapide de la technologie, de l'apparition des écrans plats à celle des voitures volantes.

Enfin, l'auteur pose la question de l'entreprise de demain face à cette mutation et aux enjeux que rencontreront les enfants dans ce nouveau monde du travail.

Ce que propose le livre selon Stéphane Biso

"Slasheurs, designers, gamers" se propose de :

Explorer ce que pourrait être l'entreprise 3.0 selon les indices que nous en percevons déjà, quelles évolutions étonnantes nous pourrions être amené à vivre dans les prochaines années.

Partager des clés pour mieux comprendre comment le design peut accompagner cette révolution historique.

Partie 1 – Une nouvelle génération d’entreprise ?

1.1 – Accélération et ruptures technologiques

Dans le premier chapitre de son livre "Slasheurs, designers, gamers", Stéphane Biso nous décrit comment le monde évolue aujourd’hui à une cadence ahurissante.

Il nous rappelle notre quotidien il y a une décennie à peine : les smartphones étaient une nouveauté, Facebook faisait timidement ses premiers pas. Et depuis, notre population mondiale s'est enrichie d'un milliard d'âmes supplémentaires !

Tout cela a considérablement influencé notre vision du monde, notamment sur notre consommation technologique et son impact sur l'environnement.

Stéphane Biso qualifie judicieusement cette période de transition intense de "rupture".

Et il identifie cinq domaines clés de cette rupture :

Première rupture - Des systèmes de production d’énergie décentralisée

Pour Stéphane Biso, le futur semble briller d'un nouvel éclat, surtout lorsque l'on se penche sur l'univers énergétique.

Oubliez les géants monolithiques qui contrôlent tout, l’ère de la "démocratie énergétique" est à nos portes. Car en effet, la façon dont l'énergie est produite et consommée pourrait bien être révolutionnée d'ici quelques années, affirme l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers".

Au cœur de cette transformation se trouvent deux concepts :

Enernet : inspiré par l'alliance des mots "énergie" et "Internet", "l'Enernet est un concept qui propose de mettre les technologies numériques au service des besoins énergétiques". Il s’agit d'un réseau d'échange d'énergie en peer to peer, fonctionnant sur le même modèle qu’Internet.

Smart grid : nous n’avons plus simplement un réseau électrique, mais désormais un réseau intelligent. En bref, c'est une plateforme qui "favorise la circulation d’informations entre les fournisseurs et les consommateurs afin d’ajuster le flux d’électricité en temps réel", permettant une gestion optimisée de l'électricité.

Le mariage du numérique et de l'énergétique promet une distribution d'énergie révolutionnaire. Grâce à ces innovations, les entreprises bénéficieront d'une autonomie sans précédent.

Deuxième rupture - La transformation du numérique en matière

Stéphane Biso envisage ensuite un futur où "l’industrie deviendra non seulement connectée, mais également bottom-up". Ainsi, les TPE et PME jouent un rôle majeur, stimulées par la montée en puissance des imprimantes 3D. Elles pourraient engendrer une révolution potentiellement nommée "numatière".

Troisième rupture - La fusion du numérique et de la biologie

La fusion du numérique et de la biologie révolutionne la santé. On passe d'un modèle curatif à un modèle préventif, bouleversant inéluctablement l'industrie pharmaceutique et agro-alimentaire.

Les technologies Healthcare montent en puissance. Parallèlement, la popularité des médecines alternatives - comme l'acuponcture, la physiothérapie ou la naturopathie - s'accroît.

En fait, chacun prend en main son bien-être, incitant par là même les entreprises à valoriser davantage le bien-être de leurs équipes.

Quatrième rupture - Un nouvel écosystème numérique

Tout devient connecté !

À l'instar de l'électricité ou du gaz, l'Internet évoluera pour devenir un écosystème numérique omniprésent, connectant toutes les niveaux professionnels, de la production à la distribution, en passant par la communication et l'éducation.

Cinquième rupture - De nouveaux outils de travail impactant notre quotidien

On l’a vu, le travail évolue à une vitesse fulgurante.

Stéphane Biso montre ici comment l'homme, au cœur de toutes ces transformations, se retrouve impacté dans toutes les sphères de son quotidien. Ses relations, ses loisirs, sa façon de travailler et de manager en sont bouleversés.

En fait, selon l’auteur, les salariés recherchent aujourd'hui un renouveau. Ils ne sont plus simplement des rouages d'une machine ; non, ils veulent, à présent, être acteurs du changement.

Comment ?

Grâce à une approche de management bottom-up, où chaque employé, quel que soit son niveau, peut contribuer par ses idées et participer activement aux décisions stratégiques de l'entreprise. Une citation du livre éclaire cela : "Le management bottom-up consiste à élaborer les politiques [...] en encourageant la participation des employés à la prise de décision".

Par l'adoption de l'holacratie, un modèle organisationnel innovant qui prône l'intelligence collective. Exit les postes figés, place à des rôles définis, centrés sur une mission, une raison d'être.

Dans ce contexte, il est primordial de ne pas seulement être techniquement compétent. Savoir interagir, analyser et s'adapter, devient tout aussi crucial.

1.2 – À nouveaux business models, nouvelles organisations

La fin du modèle traditionnel où le consommateur achète un produit/ service d'une entreprise qui fabrique/ distribue en touchant une marge

Cette partie de "Slasheurs, designers, gamers" traite des nouveaux modèles d'entreprise qui sont en train d'émerger et qui donnent un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler l'entreprise de 2030.

Ces entreprises sont souvent qualifiées de "disruptrices". Elles sont associées à des exemples tels que :

Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon),

Les NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber),

D'autres entreprises comme Booking, Deliveroo, Vizeat, Napster, Superprof, et Stootie.

Ce qui caractérise ces nouvelles entreprises, c'est leur capacité à se transformer en plateformes. Plateformes qui mettent en relation l'offre et la demande grâce à des algorithmes, sans posséder les actifs physiques liés à leur service.

Ainsi, le modèle traditionnel où le consommateur achète un produit ou un service d'une entreprise qui fabrique ou distribue, en touchant une marge, est remis en question.

Les nouvelles entreprises se positionnent comme une fine couche ajoutée à d'énormes systèmes de distribution existants, tels que les secteurs bancaires, de transport, d'assurance, d'hôtellerie, etc.

Elles permettent aux consommateurs de comparer les offres rapidement et à moindre coût, en utilisant les plateformes pour satisfaire leurs besoins. Les clients et les utilisateurs contribuent ainsi à la création de valeur ajoutée et alimentent le big data, qui est ensuite utilisé par les plateformes pour générer des revenus supplémentaires.

L’impact de ces nouveaux business models sur les métiers et les compétences

Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", l’évolution de ces modèles économiques influence les compétences recherchées dans le monde du travail.

  • Premier impact : de nouveaux métiers

Le premier impact que note l’auteur est l’apparition de nouveaux métiers.

L’auteur explique que les nouveaux business models font naître des métiers liés à la donnée (data scientist), au digital et à la communication (community manager), au marketing (digital brand manager), à la robotique (solution owner), aux nouvelles démarches ou méthodes (Scrum Master), au développement durable (responsable des achats durables), aux ressources humaines (talent manager) et au management.

  • Deuxième impact : de l’ubérisation à la "Netflixation"

L'ubérisation est un terme qui décrit la façon dont des entreprises disruptent le marché en supprimant les intermédiaires (référence à Uber à l’origine de la "plateformisation"). Cependant, ce terme est vu par certains comme vieillissant. Aujourd'hui, on évoque plutôt la "Netflixation", un modèle qui se focalise sur la création d'émotions chez l'utilisateur.

Il est crucial de saisir les nouvelles normes de ces nouveaux modèles d'entreprise et leurs effets sur le travail. Car ce passage influence les métiers et les compétences requises. Selon Stéphane Biso, certains emplois sont en danger et des acquis chez les salariés sont remis en question.

Une organisation plus flexible et contributive

Cette partie du livre "Slasheurs, designers, gamers" dépeint une nouvelle ère pour les entreprises : celle du management contributif.

Voici alors ce que le management contributif, selon Stéphane Biso, implique comme changements dans l’entreprise 3.0 :

  • Une organisation souple

L’auteur présente l’organisation de l’entreprise 3.0 comme souple où le pouvoir est transversal, et non plus pyramidal.

  • Une entreprise collaborative et contributive

Qu’une faible proportion de salariés en France se sent véritablement impliqués dans leur entreprise, affirme l’auteur. Proche de l’entreprise "libérée", l’entreprise 3.0 se veut, elle, collaborative et contributive. Les salariés doivent être inclus dans les décisions, se sentir valorisés et partie prenante des projets. Dans cette structure où chacun est responsabilisé, tous travaillent ensemble pour faire progresser l’entreprise, et ce, indépendamment de leur position hiérarchique.

  • Un nouveau type de management

Stéphane Biso souligne le besoin d'un nouveau type de manager, reconnu pour son leadership et son expertise plutôt que pour son rang hiérarchique. Les salariés, eux, doivent être flexibles, mobiles, autonomes et capables de travailler en équipe.

  • Les nouvelles attentes de la génération Y

L'auteur souligne la volatilité de cette génération, influencée par l'instantanéité du numérique. Elle privilégie sa qualité de vie, ne voit pas sa carrière sur le long terme au sein d'une même entreprise et n'hésite pas à changer pour vivre de nouvelles expériences.

Des outils facilitant l’accès aux données

Aujourd’hui, dans notre monde professionnel, l'accessibilité aux données est devenue une question essentielle. Voici ici les points-clés qui se dégagent de la réflexion de l’auteur sur les évolutions au sujet de l’accès aux données au sein des entreprises :

  • Le développement des outils collaboratifs et de partage

Des plateformes comme Linkedin, Workplace by Facebook, Google Drive, WhatsApp, Facebook Messenger et Slack ont rendu la communication plus fluide et informelle. Elles favorisent le partage des données et les échanges dans l'entreprise.

  • L’équilibre vie privée/professionnelle réajusté

Avec le renforcement du travail à distance, la frontière entre vie privée et professionnelle s'estompe. Cette transition technologique exige une redéfinition des limites entre ces deux aspects de notre vie.

  • La nécessaire accessibilité et convivialité des interfaces

L'accessibilité est un enjeu majeur pour les entreprises. Les interfaces doivent être conviviales et faciles à utiliser pour garantir une intégration sans discrimination. Cela nécessite une gestion habile des différentes générations en entreprise.

  • L’incontournable management intergénérationnel

La transition vers un management intergénérationnel, qui valorise les spécificités de chaque génération tout en répondant à leurs attentes communes, est indispensable.

  • La nouvelle relation client et la notion de "consommacteurs"

L'entreprise 3.0 transforme la relation client. Les clients actifs, appelés "consommacteurs", influencent la marque et ses offres. Le marketing interactif et l'expérience client prennent donc une importance croissante.

  • Le design thinking

Une expérience client positive génère un engagement fort et une fidélité à la marque. Le design thinking, qui met en avant l'empathie, l'intuition et la co-création avec l'utilisateur, offre des opportunités pour les entreprises désireuses de se différencier.

Ainsi, l'accessibilité aux données, la gestion intergénérationnelle, la relation client et le design thinking sont les principaux piliers pour naviguer dans ce monde professionnel en pleine mutation.

1.3 – De l’entreprise 2.0 des parents à l’entreprise 3.0 des enfants

L'entreprise, de manière classique, est ici décrite par Stéphane Biso comme un regroupement d'individus dont l’objectif est de produire des services ou des produits afin d'en générer des profits.

Ce modèle traditionnel, surnommé "brick and mortar", renvoie à l'idée de points de vente physiques, ancrés dans des bâtiments matériels. Dans ce contexte, l'organisation est souvent de type taylorienne, autrement dit une organisation rationnelle du travail, lui-même divisé en tâches élémentaires, simples et répétitives, confiées à des travailleurs spécialisés. Ses structures de management sont hiérarchiques ou pyramidales.

Ce modèle traditionnel connaît de profondes mutations depuis plusieurs années. Ces transformations, que l'on observe déjà avec l'entreprise 2.0, seront d'autant plus palpables dans l'entreprise 3.0, l'entreprise de demain.

Cette partie du livre "Slasheurs, Designers, Gamers - Quels seront les jobs de nos enfants demain" nous amène à la découverte de cette évolution de l'entreprise qui se compose, selon Stéphane Biso, de 4 paliers que voici résumés :

Premier palier : l’entreprise 1.0, verticale et sous contrôle

L'entreprise 1.0 est le premier palier dans l'évolution de l'entreprise. Elle intègre l'intranet pour booster communication et information internes. Toutefois, le management y reste de type top-down, centralisé, visant productivité et élimination du gaspillage de temps.

Deuxième palier : l’entreprise 2.0, plus transversale et participative

L'entreprise 2.0 se distingue par son orientation transversale et participative. S'éloignant du management de contrôle pour embrasser un management de confiance, elle mesure la performance non plus par le temps consacré au travail, mais par l'atteinte des objectifs.

Elle encourage l'autonomie, la coopération et la montée en compétences via des outils collaboratifs, renforçant l'intelligence collective, l'agilité et l'innovation. De nouveaux métiers voient le jour grâce aux nouvelles technologies. L'entreprise 2.0, c'est cette entité où le chef d'entreprise reconnaît que "L’entreprise, c’est vous, c’est nous", abolissant le management top-down.

Troisième palier : l’entreprise 3.0, plus connectée et gamifiée

Le principe de l'entreprise 3.0 s'inspire de la fameuse citation d'Einstein : "La créativité, c'est l'intelligence qui s'amuse". Ainsi, l’entreprise 3.0 est une entité virtuelle et ludique. Elle se démarque par l'externalisation de tout, à l’exception de son "centre nerveux". Les formations, échanges et présentations se transforment en serious games, avec des concepts modélisés en 3D et partagés sur des plateformes collaboratives (comme sur la plateforme de simulation sociétale en réalité virtuelle Sansar).

L'entreprise 3.0 se base sur un management bottom-up, où collaborateurs et clients sont au cœur des décisions. Ses prestataires sont dispersés à travers le monde pour optimiser réactivité et productivité.

En somme, l'entreprise 3.0 est un hub de transactions qui connecte son "centre nerveux", ses clients, collaborateurs et prestataires.

Dans l’ouvrage "Slasheurs, Designers, Gamer", un tableau récapitule de façon très claire et synthétique ces trois paliers.

Quatrième palier : l'entreprise 3.0 s’appuie sur le web 3.0.

L'entreprise 3.0 incarne la nouvelle ère du web, celle qui ouvre la voie à une plus grande participation, simplicité, ouverture des données et immédiateté. Cette transformation impose un changement dans la manière de penser et d'agir au sein des entreprises.

Le livre "Slasheurs, Designers, Gamers - Quels seront les jobs de nos enfants demain" distingue 4 composantes de ce qu’on nomme communément "l’ADN du Web 3.0" :

  • La participation

La participation implique une étroite collaboration entre le producteur et le consommateur. Car ici, les clients contribuent à la conception et au design des produits ou services.

Cette approche bouleverse les modèles hiérarchiques traditionnels :

"Accepter d'injecter de la participation dans une entreprise, c'est accepter de basculer dans un milieu associé, c'est- à-dire que les clients prennent part, en amont, à la conception et au design des services ou des produits de l'entreprise. C'est aussi accepter, en interne, de repenser les logiques d'organisation du travail afin de s'émanciper des purs modèles hiérarchiques et administratifs. Certaines structures vont même jusqu'à rompre les codes organisationnels traditionnels."

"Las des organisations pyramidales avec des circuits de décision à rallonge, désabusés par les start-up où la rétribution est rarement à la hauteur des investissements", certains adoptent alors des structures hybrides qui vont favoriser l'échange et l'innovation. Un exemple pertinent est celui des "Hacker Houses" : des espaces d'innovation où ingénieurs, designers et développeurs collaborent sur des projets innovants.

  • La simplicité

Les entreprises 3.0 visent la simplicité. Ainsi :

Les applications doivent être simples, intuitives et conviviales pour l'utilisateur, qu'il soit collaborateur ou client.

Une expérience utilisateur fluide est essentielle pour clients et collaborateurs. L'auteur de "Slasheurs, Designers, Gamers" note souvent un décalage entre ces deux expériences. Une interface commune pourrait résoudre ce problème.

L’entreprise 3.0 utilise mieux les données pour personnaliser l'accompagnement du client. Cela ouvre de nouvelles opportunités commerciales.

L’auteur introduit les concepts de Rich Internet Application (RIA) et de Rich Desktop Application (RDA) suggérant que leur simplicité est clé pour les entreprises 3.0.

En termes de simplicité, Stéphane Biso plaide aussi pour un changement managérial axé sur le client. Celui-ci doit être orienté vers la satisfaction du client et l'expérience utilisateur. Ainsi, l'humain est central. Les clients veulent désormais des expériences mémorables, pas juste des produits. Les outils, les compétences, l’organisation et la gestion des entreprises doivent évoluer en conséquence.

Enfin, Stéphane Biso mentionne les attentes des nouvelles générations, les "digital natives", en termes de management participatif, de coopération et de défi collectif. Ces derniers cherchent bien-être au travail et communication interne efficace. Selon lui, ils veulent des leaders capables de donner une direction claire à leurs équipes.

  • L’ouverture des données

L'ouverture des données représente un véritable enjeu pour les entreprises 3.0.

Les données constituent en effet un véritable écosystème, nécessitant des interfaces de programmation applicatives (APIs) qui permettent leur intégration et leur exploitation.

Ces APIs favorisent l'accès aux données et la création de nouveaux services, tout en devant respecter des normes strictes de sécurité et de gestion des risques.

  • L’immédiateté et la vitesse

L’auteur du livre "Slasheurs, Designers, Gamers"revient ici sur l'immédiateté et la vitesse : des valeurs devenues fondamentales dans le monde moderne.

De nos jours, nous sommes constamment en quête d'instantanéité, que ce soit dans nos interactions personnelles ou professionnelles. Et cet état d'esprit s'est infiltré dans tous les domaines de la vie, de la politique à la consommation.

Aussi, cette tendance marquée vers le court terme et l'immédiateté est particulièrement palpable dans l'entreprise 3.0 qui doit s'adapter pour répondre rapidement et efficacement aux besoins changeants des consommateurs.

L'entreprise 3.0 implique donc une transformation profonde de l'organisation du travail, des interfaces utilisateurs et de la gestion des données, indique Stéphane Biso.

Finalement, l'entreprise 3.0 est une entreprise plus connectée, plus participative, plus ouverte et plus rapide. Cette transition nécessite cependant une évolution des compétences, des outils et de l'organisation, ainsi qu'un changement managérial pour recentrer l'entreprise sur le collaborateur et le client.

1.4 – Focus sur la TPE de demain

Cette partie du livre "Slasheurs, designers, gamers" met en lumière la mutation profonde des très petites entreprises (TPE).

La TPE d’aujourd’hui est agile et plus rapide

Confrontées à un contexte où les géants d'entreprise n'inspirent plus autant, les TPE séduisent par leur agilité et leur rapidité. Selon Stéphane Biso, elles apportent un sentiment d'appartenance fort à 75 % de leurs employés contre seulement 51 % dans les grandes structures.

Il faut dire que les TPE excellent dans l'art du travail collaboratif. Elles se regroupent en écosystèmes ouverts, espaces de co-working ou incubateurs pour décupler leurs forces.

À quoi ressemblera la TPE de demain ?

Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", les petites entreprises de demain :

Seront mobiles et ultra-connectées, grâce à l'influence du numérique.

Leurs dirigeants, technophiles et parfois engagés socialement, exploiteront pleinement le potentiel des évolutions technologiques, notamment via le Cloud et les outils numériques.

L'accent sera mis sur le cœur de métier, l'interaction avec les clients via les réseaux sociaux et des méthodes avancées de CRM.

La TPE de demain sera mobile

Stéphane Biso nous dessine ensuite le visage de la TPE de demain comme résolument mobile.

D’ailleurs, 58 % des dirigeants accèdent déjà à l'information de leur entreprise n'importe quand, n'importe où.

Les frontières entre sphères privée et professionnelle s'estompent. Les postes comme le commercial et la relation client sont potentiellement entièrement mobiles, affirmant ainsi la complémentarité du digital et du physique.

L’entrepreneuriat devient plus social

L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" met ici l'accent sur le virage social de l'entrepreneuriat.

Stéphane Biso décrit, en effet, la responsabilité croissante qu’endossent les petites structures vis-à-vis des problèmes sociétaux et environnementaux.

Ainsi, l'entrepreneur 3.0 n'est plus seulement économiquement motivé. Il prend également en compte son impact social.

La collaboration entre entreprises est également soulignée comme un levier puissant pour le bien-être collectif.

L’enjeu pour l’entrepreneur de demain, c’est quoi alors ?

Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", l’enjeu majeur de l'entrepreneur de demain est la maîtrise du parcours client dans un contexte de digitalisation croissante.

En effet, Stéphane Biso explique que l'évolution technologique complexifie les comportements d'achat. En cela, elle oblige les entreprises à accélérer leur transformation.

Pour survivre, les entreprises doivent donc adopter une approche omnicanale, autrement dit proposer une interaction continue entre la marque et chaque client. De façon incontournable, les dirigeants de TPE, quant à eux, deviennent technophiles pour gagner en autonomie et guider leur entreprise selon leurs propres usages et besoins.

L'omnicanalité et la technophilie marquent ainsi l'entrepreneuriat de demain.

Des changements qui vont se poursuivre

Dans un monde en constante évolution, la capacité à s'adapter et à innover est primordiale.

L'adoption de nouvelles méthodologies de travail, comme le "design thinking", a permis aux géants de l'Internet de créer des produits révolutionnaires. Malgré les résistances, cette approche s'étend désormais à divers secteurs.

Stéphane Biso souligne enfin le rôle croissant des slasheurs, designers, gamers qui pensent en dehors des sentiers battus. L'exemple du "Legal Design" utilisé par les avocats et les comptables illustre ce rôle dans la pérennité et l'adaptabilité des nouvelles tendances.

Partie 2 – L’entreprise sera collaborative, ludique et nomade

2.1 – Tous focus client !

Dans la deuxième partie de son livre "Slasheurs, designers, gamers", Stéphane Biso commence par nous parler d’un point essentiel de la nouvelle approche des entreprises modernes : elle est avant tout axée sur le client.

L’auteur explique que placer le client ainsi, au cœur de la chaîne de valeur, permet une plus grande personnalisation et des innovations ciblées.

Selon lui, les GAFA et les NATU en sont de parfaits exemples. Car ceux-ci  ne gèrent pas des "produits", mais des "clients" qu’ils considèrent d’ailleurs comme des co-innovateurs.

Stéphane Biso mentionne aussi une expérience de BNP Paribas. Cette banque a intégré ses clients dans un processus de design thinking dans le but de co-construire son offre de demain.

Il cite aussi le nouveau business model de Volkswagen. Grâce à la digitalisation, celui-ci place le client au centre de son écosystème. De cette façon, le client peut accéder à toutes les offres, tandis que l’entreprise pourra mieux connaître le client, répondre à ses besoins et proposer des services ou produits qui plaisent davantage au client.

Si cette approche client-centrique peut affecter les marges, elle présente aujourd’hui de nombreux avantages. En premier lieu, elle optimise la rentabilité grâce, notamment, à une simplification des processus.

"Partir du besoin du collaborateur est souvent moins coûteux, plus rapide, et favorise l'engagement et l'adhésion en interne."

Stéphane Biso souligne que la satisfaction client nécessite celle des collaborateurs, leur engagement et leur adhésion. Elle doit passer par des initiatives d’amélioration.

En résumé, pour survivre à l'ère du digital, les entreprises doivent devenir collaboratives, ludiques et nomades.

2.2 – La dynamique humaine au service de l’entreprise de demain

Selon Stéphane Biso, l'entreprise de demain sera avant tout construite à partir des hommes et de leurs compétences, ainsi qu’à partir de l'orientation client, soutenue par la gestion optimisée des flux.

Elle ne se définira plus par le marché, mais par sa rapidité à commercialiser des idées, grâce à un nouveau rôle crucial : le pilote de flux, chef d'orchestre des flux entrants et sortants.

L’auteur articule ici sa réflexion à travers 7 points-clés que voici résumées.

Point-clé n°1 : Plus d'agilité dans le monde professionnel

Stéphane Biso explique d’abord que les organisations modernes font face à un besoin croissant d'agilité. Cette agilité est nécessaire pour elles pour mettre en œuvre plus rapidement leurs projets. Elle permet, en effet, de contrecarrer l'inertie inhérente à la conception et au développement des projets/produits. Toutefois, mettre en place une approche agile n’est pas toujours aisé. Celle-ci se heurte parfois aux silos organisationnels et à des temporalités discordantes au sein des équipes.

L’auteur continue en soulignant que les méthodes agiles sont, du côté des professionnels, en adéquation avec les nouvelles générations. En effet, les jeunes, aujourd’hui, sont en quête de modes de travail plus flexibles. Ils recherchent généralement un job favorisant leur mobilité, que ce soit au sein de l'entreprise ou à l'international. Quand ils travaillent dans des organisations agiles, ils sont encouragés à exprimer leurs opinions. Ils apportent alors des idées moins conventionnelles que leurs aînés, souvent novatrices et à la pointe de la technologie. Ceci peut contribuer à améliorer le fonctionnement des entreprises.

Enfin, selon l’auteur, nous devrions :

Percevoir l'agilité non seulement comme une méthode, mais aussi comme un état d'esprit. Un état d’esprit qui favorise la coopération pour trouver des solutions communes aux problèmes.

Considérer le "design thinking" comme moyen de favoriser l'innovation et l'agilité et d'accélérer la réalisation des projets. L’auteur partage, en effet, les conclusions d’un rapport du cabinet de conseil McKinsey & Company qui montre une corrélation positive entre de bonnes pratiques de design et la performance d'une entreprise. Le design thinking est étudié en détail dans le second point…

Point-clé n°2 : Le design au cœur de l’entreprise de demain

  • Le "design thinking"

Cette partie de "Slasheurs, designers, gamers" nous invite à découvrir la montée en puissance du "design thinking". Cette méthodologie innovante, collaborative, itérative et initialement cantonnée à l'industrie s'invite désormais dans d'autres sphères comme l'éducation, la santé et la politique.

À l'ère de l'agilité, les entreprises y voient une opportunité d'orientation client, essentielle pour résister aux start-ups dynamiques grignotant leur marché.

Dans cette partie de l’ouvrage "Slasheurs, designers, gamers", le design thinking est alors décrit étape par étape avec l’aide de schémas. Puis, l'auteur partage un exemple en guise d’illustration : celui d’une enseignante qui a implémenté le design thinking pour améliorer les performances mathématiques de ses élèves.

  • Le "design doing"

L'auteur soutient aussi que le design thinking ne suffit pas. Selon lui, il est crucial de passer du "design thinking" au "design doing" pour concrétiser les idées. C’est ce qui a d’ailleurs participé au succès d'entreprises comme Alibaba fondée par des équipes de designers.

L’auteur insiste aussi sur le fait que dans cette nouvelle ère, il est essentiel d'oser, d'être audacieux et de ne pas craindre l'échec. C'est dans cet esprit d'innovation et de liberté que les nouvelles générations se retrouvent, s'épanouissent et apportent leur contribution à notre monde en constante évolution.

  • Les professions du design

Plusieurs typologies de designers sont alors précisément décrites : le motion designer, le designer de produit/d'espace, le designer UX, le designer UI ou le Web designer, le modeleur 3D et le modeleur maquettiste.

L'auteur explique que de plus en plus d’entreprises cherchent aujourd’hui à combiner les designers et développeurs dans un processus commun, car cette collaboration favorise des idées novatrices et une approche transversale, indique-t-il.

  • Trois méthodes liées au design

Stéphane Biso présente enfin trois méthodes liés au design : le design thinking, lean start-up et agile.

Le lean start-up qui étudie le marché via des enquêtes.

Le design thinking qui identifie les besoins clients, débouchant sur un "produit minimum viable" (MVP). Chaque étape intègre tous les acteurs du projet, dont les développeurs.

Enfin, la solution évolue suivant une méthode agile, avec des priorités définies par valeur commerciale.

Point-clé n°3 : L’open innovation

"Slasheurs, designers, gamers" aborde ici ce que l’on appelle l'Open Innovation.

Il s'agit d'un concept où les entreprises puisent des idées dans leur écosystème.

L’Open Innovation amène ainsi les grandes entreprises à vouloir s'allier aux start-ups innovantes. Ceci dans la perspective de se renouveler et de réduire leurs coûts. Le problème, c’est qu’il existe un décalage entre grandes entreprises et start-ups, et cette intégration est alors parfois maladroite. Les grandes entreprises agissent souvent comme des investisseurs en capital-risque. La collaboration devient alors ardue. Mais en dehors de cela, l'Open Innovation aide à anticiper les changements du secteur, qu'ils soient menaçants ou porteurs d'opportunités.

Point-clé n°4 : La gamification 

Selon l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", le jeu représente un outil d'apprentissage puissant chez les individus. C’est ce qui a poussé les entreprises à l’intégrer dans leur environnement.

Mais la transition vers la gamification s’avère lente car elle demande des professionnels capables d'intégrer la culture du jeu à celle de l'entreprise.

Voici ce que nous apprend Stéphane Biso à ce sujet :

  • La gamification est source de créativité et de productivité dans l’entreprise

L’auteur indique que le jeu est une méthode d'apprentissage naturelle pour le cerveau. Cette idée est appuyée par des observations réalisées chez tous les mammifères.

Ce constat a mené à intégrer le concept de gamification dans le monde du travail.

On a ainsi fait entrer le jeu dans les divers secteurs de l’entreprise : sur les sites web, sur ses réseaux sociaux, dans l'apprentissage et le travail des employés.

Le concept de gamification repose sur six mécaniques (les points, les niveaux, les challenges, les badges, les classements, les dons) et six dynamiques (la gratification, le statut, la réalisation, la créativité, la compétition, l’altruisme).

L’auteur cite l'exemple de Google comme entreprise ayant délibérément créé un environnement de travail amusant. Le but étant de stimuler la productivité et la créativité des employés.

D’autres sociétés comme Accor, L'Oréal et IBM ont aussi utilisé la gamification pour diverses finalités : fidéliser les clients, recruter ou encore faciliter l'apprentissage d'outils professionnels.

  • Passion et travail deviennent compatibles

Il devient désormais courant d'allouer 10 % du temps de travail à des activités de passion. C’est une manière de favoriser l’épanouissement au travail, indique l’auteur.

  • Il est nécessaire de privilégier les compétences aux simples connaissances dans l’éducation des enfants

Stéphane Biso cite le journaliste belge Jérôme Colin, qui critique l'enseignement pour son approche industrielle archaïque et son incapacité à intégrer les avancées des sciences cognitives. Aussi, l'accent est mis sur la nécessité de doter nos enfants de compétences plutôt que d’une simple accumulation de connaissances.

L’auteur vante aussi la philosophie Montessorienne. Cette approche éducative centrée sur l'enfant et le jeu encourage la confiance en soi et l'autonomie.

  • La gamification en entreprise améliore la productivité et la motivation

L’auteur partage l’exemple de l'entreprise Numeric Partner pour nous montrer comment un environnement de travail convivial et ludique peut vraiment augmenter l'implication des employés. Grâce à des formations basées sur le jeu - comme des quiz sur l'entreprise et ses produits - les employés sont plus engagés et satisfaits. De plus, la culture d'autogestion promue par cette entreprise favorise l'autonomie et la responsabilité, fondamentales pour maintenir une motivation élevée.

  • La gamification favorise le suivi optimisé des performances d'entreprise

La gamification aide à suivre des performances en temps réel. Les outils de jeu permettent en effet de tenir les employés en haleine, de la même manière que les jeux vidéo, en visualisant et en suivant leurs progrès. Des classements peuvent être créés pour entretenir l'esprit de compétition, avec des bénéfices pour les employés qui cherchent à atteindre ou dépasser leurs objectifs, et pour l'entreprise qui améliore ses résultats.

  • Le renforcement du partage et de l'esprit d'équipe grâce à la gamification

En favorisant l'entraide à travers le jeu, les employés se sentent valorisés et écoutés. En cela, la gamification renforce le partage d'informations et l'esprit d'équipe. Cela peut aussi servir à recueillir des retours très intéressants sur le terrain pour le marketing.

Ainsi, si la gamification, il faut le souligner, ne représente pas une solution miracle à tout, elle reste un outil précieux pour ces trois avantages. Plusieurs entreprises s’illustrent pour avoir déjà réussi à intégrer la gamification à leur organisation, comme par exemple :

Playboy, avec son jeu Miss Social, qui a observé une augmentation de 60 % de son chiffre d'affaires mensuel.

Starbucks qui a lancé son programme de fidélité "My Starbucks Rewards" pour engager davantage ses clients.

M&M'S qui a gagné plus de 25 000 abonnés sur sa page Facebook grâce à un simple jeu.

Bluewolf qui a, quant à lui, constaté une augmentation de productivité de 20 à 25 % après la mise en place d'un programme de jeu social interne.

Point-clé n°5 : Le management visuel, facilitateur de mutation

Cette partie du livre "Slasheurs, Designers, Gamers" parle de "management visuel", un concept qui change la façon de mener nos réunions : exit la table classique, place aux tableaux muraux autour desquels on se tient debout pour des "stand-up meetings".

Christophe Parachini, de la Banque de France, y voit un moyen efficace de renforcer la cohésion d'équipe. Les secrets de cette méthode ? Choisir les tableaux ensemble, suivre les règles du "stand-up meeting" et alterner les animateurs. Le livre montre comment ces approches novatrices transforment le monde professionnel.

Point-clé n°6 : Collaboration, holacratie et liberté

Stéphane Biso, dans cette section de "Slasheurs, Designers, Gamers", décrit la transition vers un monde professionnel plus numérique, collaboratif, axé sur le partage et libre.

Il développe ainsi plusieurs idées :

Le management et les RH ne sont plus de simples structures, mais des moteurs de culture et d'échange. Leur focus ? Valoriser l'expertise plus que les titres et encourager le "Positive thinking". Stéphane Biso introduit à ce propos le concept innovant  d’Appreciative Inquiry qui mise sur le positif pour trouver des solutions.

Les générations Y et Z influencent le paysage des entreprises d’aujourd’hui et de demain. Résultat : des méthodes de gestion plus flexibles, centrées sur le plaisir au travail. Des exemples inspirants à travers le monde illustrent cette mutation :

Aux États-Unis : Intuit organise des "fêtes de la défaite" pour célébrer et apprendre de leurs erreurs. Chez 3M, 20 % du temps est consacré à des projets personnels.

En France : les entreprises Mars Chocolat et Leroy Merlin adoptent des pratiques participatives pour renforcer l’implication et la confiance.

Au Brésil : les usines Fiat encouragent leurs ouvriers à exprimer leurs humeurs, créant une communication transparente.

Stéphane Biso prédit un monde où le digital renforce le rôle des RH et du management. Il affirme que les technologies du numérique vont continuer à remodeler nos façons de travailler et nos performances.

Point-clé n°7 : Gouvernance et organisation sont à revoir

Dans cette section, Stéphane Biso partage sa vision de l’avenir en matière de collaboration et de leadership.

Il commence en expliquant que les générations Y et Z, en quête d’un "bonheur au travail" différent, provoquent une évolution des pratiques traditionnelles pour répondre à leurs aspirations et à leur conception du bonheur au travail.

Adieu aux organigrammes rigides, Stéphane Biso nous décrit un futur où nous serions presque tous égaux.

Dans l’entreprise de demain, l’auteur interroge : le chef va-t-il disparaître ? Comment dirigera-t-on en 2030 ?

L’auteur développe plusieurs idées que voici résumées :

Un nouveau modèle de gouvernance est en train d’émerger : la "sociocratie". Il s’agit d’un modèle où le pouvoir est partagé. Ici, la décision est collective, valorisant davantage l'individu  et par conséquent son bonheur au travail.

Le rôle du chef change. Son rôle traditionnel décline au profit d’un management moderne qui  se base sur la rationalité, pas seulement sur la confiance. Il y a un besoin criant de décideurs, et non de managers qui se contentent de suivre le mouvement. Le contexte actuel nécessite désormais de vrais leaders, capables de s'adapter rapidement, d'agir avec courage et de mettre en œuvre leurs visions. Pas de simples gestionnaires. Les entreprises doivent chercher, former et promouvoir ces décideurs.  Or, beaucoup de grandes entreprises françaises ont du mal à former ces leaders.

Assoiffées d’autonomie, les futures générations se détournent des employeurs traditionnels et préfèrent des modèles plus flexibles et innovants, comme les start-ups ou le freelancing.

2.3 – Sortir de l’entreprise : les nouveaux codes du travail

Du salarié au slasheur

Le deuxième chapitre du livre "Slasheurs, designers, gamers" se penche ensuite sur les nouveaux codes du travail. Il dissèque notamment la tendance croissante qu’est la pluractivité, que l’on appelle plus couramment le "slashing".

Un slasheur est quelqu’un qui jongle habilement entre plusieurs professions. Beaucoup adoptent ce mode de vie pour suivre leurs passions et se sentir plus alignés avec leurs valeurs personnelles. Loin d'être instables, les slasheurs sont polyvalents. Ils débordent de créativité et d'initiative.

Mais pour Stéphane Biso, être slasheur ne se résume pas une simple quête de diversité ou de sécurité financière : en offrant aux entreprises l'opportunité d'avoir des experts multifacettes sans avoir à s’engager à long terme, les slasheurs sont en train de redéfinir notre perception du travail. Cette pluriactivité donne un nouvel élan à l'innovation et à l'entreprenariat.

L’auteur termine en soulignant toutefois qu’être un slasheur n'est pas sans ses défis. La multiplication des tâches et des interruptions potentielles nécessite des compétences en matière de gestion du temps et de la complexité. Le slasheur doit aussi gérer des émotions variées.

Le co-working est-il un trait d'union pour l'open innovation ?

L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" évoque en détail le tournant de l'open innovation. Fini le travail isolé, place à une synergie collective. Les espaces de co-working émergent comme solutions. Ils deviennent des carrefours où entreprises de toutes tailles collaborent. En France et ailleurs, ils accueillent les travailleurs "sans bureau fixe". Avec l'augmentation des indépendants et des start-up, ces lieux de partage ont un avenir radieux.

Pourquoi opter pour le co-working  ?

"Slasheurs, designers, gamers" met ici en lumière le co-working. Plus qu'une flexibilité économique, les espaces de co-working sont des creusets d'innovation. Selon le livre, ils favorisent collaboration, partage d'idées et exploration. Ils créent des ponts entre entreprises et nourrissent des communautés entrepreneuriales.

Quand lieu de vie et de travail ne font plus qu’un : les hacker houses

Stéphane Biso présente la première hacker house française, Seed-Up, fondée par Paul Poupet. Ces lieux mêlent cohabitation et travail, stimulant ainsi innovation et créativité. Leur credo ? Liberté, responsabilité et créativité. Un concept venu des États-Unis qui pourrait révolutionner notre conception du travail.

Pour le futur, les super diplômes ne suffisent plus

  • Les profils "mad skills"/ "soft skills" recherchés et valorisés dans l’entreprise de demain

L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" développe ici l’idée suivante : pour être performant et s'adapter à la transformation numérique (robotisation et IA notamment), il est nécessaire d’intégrer et de valoriser des qualités humaines au sein de l’entreprise de demain.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, les entreprises recherchent de plus en plus de profils "mad skills" : des individus non conformistes, avec des compétences éclectiques, capables d'innover et de remettre en question les normes établies.

Ces  compétences humaines, appelées "mad skills" ou "soft skills" - comme l'empathie, la créativité ou l'esprit d'entreprise - deviennent indispensables aux yeux des recruteurs, et prennent le pas sur les compétences techniques "hard skills".

Stéphane Biso illustre ces propos avec un écrit de Michel Barabel, professeur affilié à Sciences Po Executive Education et Directeur des éditions du Lab RH.

Ce texte décrit l’avènement des profils "mad skills". Il explique qu’au 20e siècle, l'environnement était relativement stable et simple. A cette époque, les entreprises prospéraient en recrutant des profils homogènes appelés "rameurs". Ces derniers effectuaient des tâches routinières dans un cadre hiérarchique strict. Ils fonctionnaient en silos. Mais aujourd'hui, l'évolution rapide de la société impose aux entreprises de s'adapter constamment. Celles-ci ont donc désormais besoin de "surfeurs" ou "kayakistes" : des personnes capables de penser en dehors de la boîte, d'apprendre rapidement et de renouveler constamment leurs compétences.

Ainsi, pour Michel Barabel, être original et singulier devient une force dans ce nouvel environnement.

Les profils "mad skills", caractérisés par l'originalité, l'autonomie de pensée et des compétences exceptionnelles, sont perçus comme des innovateurs capables de remettre en question l'ordre établi et de transformer l'entreprise. Les entreprises doivent donc non seulement recruter ces profils, mais aussi encourager l'introduction de ce "gène rebelle" pour survivre.

  • L’épanouissement au travail des collaborateurs aux compétences "mad skills"

Pour Stéphane Biso, les collaborateurs aux compétences "mad skills" sont aussi des profils qui ont besoin du soutien de la direction pour s'épanouir pleinement. L’auteur rappelle ici les quatre conditions sur lesquelles l'épanouissement au travail repose, selon le concept japonais de l'ikigaï : aimer ce que l'on fait, être compétent, répondre à un besoin du monde, et être rémunéré.

Si elles veulent survivre dans ce monde en mutation, les entreprises n’ont alors pas d’autres choix que de repenser leur organisation et leur environnement, pas conçue pour cela. Elles doivent créer un environnement favorable, plus ouvert et collaboratif.

2.4 – L’entreprise sera bienveillante et épanouissante

Les entreprises futures devront favoriser le bien-être et la qualité de vie au travail (QVT). Ainsi, elles stimuleront l'engagement des employés et créeront un cercle vertueux de satisfaction.

Le bien-être au travail

Stéphane Biso décrit trois sortes de bien-être au travail :

Le premier est "hédonique", basé sur les émotions.

Le second est "eudémonique", axé sur la croissance personnelle et la recherche de sens.

Le dernier est "social", centré sur les interactions entre collègues.

Puis, l’auteur explique que la QVT, ou qualité de vie au travail, influence ces trois dimensions. Elle dépend notamment  de "l’équilibre entre la vie pro et perso" et d'un travail qui a du sens. C’est pourquoi certaines entreprises, conscientes de ces enjeux, embauchent des "responsables du bonheur" pour améliorer ces domaines.

Une génération en quête de sens

La génération Y veut un travail qui ait du sens. Elle valorise l'autonomie, le développement personnel et des projets qui comptent, plus que le salaire. C’est pourquoi, nous dit Stéphane Biso, les entreprises qui attireront ces talents sont celles qui privilégient la qualité de vie au travail (QVT). Les managers, quant à eux, doivent garantir un équilibre entre travail et vie privée pour éviter que le travail ne devienne une obsession.

Du management bienveillant au télétravail

Pour Stéphane Biso, le bien-être ne se limite pas à des distractions comme le yoga. D’autres concepts apportent une réelle différence de qualité de vie au travail. Il cite :

Le management bienveillant,

Le télétravail,

La conciergerie, qui simplifie la vie des salariés,

Une clarté des objectifs professionnels,

Le fait de donner la parole et de l'autonomie aux salariés.

Selon l'auteur, l'absentéisme et le désengagement actuels montrent bien combien les modèles de management actuels sont à bout de souffle. Aussi, miser sur l'avenir, c’est promouvoir le bien-être et une meilleure qualité de vie au travail.

Partie 3 - L’entreprise sera connectée et intelligente

3.1 – Vers l’entreprise data driven

La troisième partie de "Slasheurs, designers, gamers" nous plonge au cœur du virage data qu’est en train de prendre l'entreprise contemporaine.

Elle nous dévoile comment les entreprises peuvent et doivent naviguer dans l'univers complexe mais prometteur de la data. Un défi qui demande audace, innovation, mais aussi éthique et sens des responsabilités.

Les dimensions techniques et culturelles

Stéphane Biso parle ici d'une ère où le "big data" et le "small data" se confondent aujourd’hui en une simple "data" omniprésente et nécessaire à la croissance. Et le passage au "data driven" s’inscrit sur un plan aussi technique que culturel :

La technique devient indispensable aujourd’hui pour maîtriser la gestion de toutes ces données. Au cœur de cette transformation, le RGPD (Règlement Général de Protection des Données) occupe une place prépondérante. C’est le signe que les entreprises ne peuvent pas se permettre d'ignorer les questions d'éthique et de conformité. Stéphane Biso met notamment en lumière l'importance d'une orientation claire et d'un but précis pour exploiter efficacement ces données.

La transformation vers une entreprise "data driven" englobe aussi  une dimension culturelle. Car selon l’auteur, être "data driven" ou "IT driven" ne suffit pas : l'entreprise doit rester "business driven". Et ceci implique un changement culturel majeur à développer au sein de l'entreprise.

Les technologies, comportements et systèmes émergents

L’auteur du livre "Slasheurs, designers, gamers" explore également des ruptures technologiques émergentes, telles que l'intelligence artificielle et le machine learning, qui sont à la fois défis et opportunités pour l'entreprise moderne.

Il souligne également la naissance d'un nouvel écosystème participatif où l'individu devient acteur de sa relation commerciale.

Sept profils métiers recherchés dans le passage au data driven

Pour finir, l'auteur dresse le portrait de sept profils métiers indispensables pour accompagner l'entreprise dans cette transition vers le data driven.

Du Chief Data Officer (CDO) au Data Protection Officer, en passant par le Data Scientist, Data Analyst Data Miner ou encore Master Data Manager, ces rôles clés doivent collaborer pour gérer, analyser et protéger les données, tout en respectant les réglementations en vigueur.

3.2 - Se préparer à la prochaine révolution digitale

Stéphane Biso dessine ici un futur qui n'est pas si lointain. Et il entend nous donner des clés pour nous préparer à la révolution digitale qui nous attend.

Cette partie du livre "Slasheurs, designers, gamers" nous immerge donc au cœur de la transformation digitale. Elle appelle les entreprises à un éveil. Car cette transformation numérique sera intégrale. Elle devra être centrée sur l'humain et intégrer les potentiels de l'IA et de l'IoT.

Les défis et les opportunités de l'IA et de l'IoT

L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" commence par nous éclairer sur le potentiel, les opportunités, mais aussi les défis que représentent l'intelligence artificielle (IA) et l'Internet des Objets (IoT).

Dès le départ, l’auteur met en garde contre une approche trop techno-centrée. L'IA n'est pas une fin en soi, mais un outil au service de la valeur créée pour l'entreprise, les collaborateurs et les clients. Ses capacités de traitement des données surpassent largement celles des humains, mais sa capacité à prendre des décisions reste questionnée.

Quant à l'IoT, nous explique l’auteur, il matérialise le Web dans le monde réel, via des objets connectés, ouvrant les portes du Web 3.0. Les montres, véhicules, bâtiments deviennent intelligents et interconnectés. Ce maillage offre aux entreprises une flexibilité et une adaptabilité sans précédent.

L'auteur cite, à ce propos, de nombreux exemples d'interconnexion d'objets connectés comme les robots d'Ecorobotix ou de Naïo Technologies qui assistent l'homme dans des tâches difficiles. Ou encore le robot Flippy de Miso Robotics, capable de reconnaître quand retourner un steak sur le grill.

L'importance de rester centré sur l'humain

Au-delà de l'IA et de l'IoT, Stéphane Biso met l'accent sur la nécessité pour les entreprises de rester centrées sur l'humain. Aussi, un management participatif, la libération des collaborateurs des tâches ingrates au profit des fonctions cognitives sont des éléments clés pour stimuler la créativité et la qualité.

L'intégration du digital à tous les niveaux de l’ entreprise

Le dernier défi pointé par Stéphane Biso est l'intégration du digital à tous les niveaux de l'entreprise. Ce processus nécessite une culture numérique profonde, incarnée notamment par les CDO (Chief Digital Officers) qui succèdent aux DSI (Direction des Systèmes d’Information).

3.3 - L’industrie intelligente

En nous exposant le concept d’industrie intelligente, cette partie du livre "Slasheurs, designers, gamers" nous fait voyager dans un monde où virtuel et réel se superposent, fusionnent, se confondent. Les objets connectés, associés à l'intelligence artificielle, révolutionnent l'industrie.

Cette transformation est la quatrième révolution industrielle. Elle repose sur l'interconnexion et la synchronisation des systèmes informatiques.

L'utilisation croissante de la réalité virtuelle et augmentée en est un exemple flagrant. De plus en plus, ces technologies se mêlent à la production, à l’approvisionnement, à la logistique, et bien plus encore. Les usines qui utilisent ces avancées deviennent des usines 4.0 : dans celles-ci, on voit des outils connectés et innovants optimiser les processus, accélérer et perfectionner les tâches des ouvriers et ingénieurs.

Stéphane Biso cite plusieurs exemples, comme Airbus qui a remplacé leurs plans papier par des tablettes, des entreprises comme Walmart, Michelin ou Bouygues Construction qui se servent de la  réalité virtuelle et de la réalité augmentée pour former leurs équipes, anticiper les besoins et améliorer les conditions de travail.

Mais cette révolution ne concerne pas seulement la production. L'industrie intelligente met le client au cœur de sa stratégie. De cette façon, elle offre des produits personnalisés tout en conservant une production à grande échelle.

En résulte l'émergence de nouveaux métiers tels que designer de réalité virtuelle, ingénieur en cybersécurité ou encore responsable des données numériques.

3.4 - Tous makers

Dans cette partie de "Slasheurs, designers, gamers",  Stéphane Biso étudie la mutation qui est en train d’opérer dans l’art de la fabrication.

Il évoque alors deux concepts qui sont passés du registre de "hobby" à "véritable art de fabrication" : 

Le "Maker Movement"

Il s’agit d’un mouvement qui rassemble des individus/ fabricants aux profils divers, avec pour seul objectif le partage de connaissances et la création respectueuse de l'environnement.

"Pour devenir un "maker", tout ce dont nous avons besoin c’est un esprit débrouillard, innovant et la volonté de créer. Les makers ou doers sont ouverts à l’esprit de collaboration entre ingénieurs, "géotrouvetou", concepteurs, architectes, bricoleurs, artistes et étudiants. Nous voyons alors naître une véritable synergie des esprits dans la fabrication où les rois de la débrouille et les as du bidouillage intègrent le "Maker Movement"."

La révolution du "Do-It-Yourself"

L'univers "Do-It-Yourself" ("faites-le vous-même en anglais") séduit un nombre croissant d'individus. Le concept vise à revisiter notre manière de consommer et à fabriquer nous-même nos produits de tous les jours (lessive, lotion pour les mains, meubles en bois ou en carton, instrument de musique, barres de céréales, confitures, etc).

L'auteur évoque la multiplication des "makerspaces" et des Fab labs, espaces dédiés à la création à disposition du public. Pour lui, les "design makers" semblent capables de tout, sans limite, et laissent présager une future révolution industrielle.

3.5 - L’évolution du Web et ses conséquences

Web 1.0, Web 2.0, Web 3.0

Stéphane Biso analyse ici l'évolution du Web :

Le Web 1.0 a été l'aube d'une nouvelle ère d'information, marquée par l'essor des sites institutionnels.

Le Web 2.0 a introduit une nouvelle dimension : l'interactivité. De nombreuses entreprises se sont ruées vers les réseaux sociaux, cherchant à établir des relations de confiance avec leur audience.

Le Web 3.0 a ouvert la voie à l'exploitation des données des utilisateurs, permettant aux entreprises de personnaliser leur communication de manière beaucoup plus efficace.

Cette analyse rétrospective et prospective de l'évolution du Web et de ses implications pour les entreprises met en lumière la montée en puissance des utilisateurs. Aujourd'hui, le "consommateur augmenté" est au centre de la toile. Les internautes sont devenus des acteurs majeurs, disrupteurs des modèles économiques traditionnels, prescripteurs, loueurs, intermédiaires et même financeurs. Ainsi, nous entrons dans une ère où il est indispensable de travailler avec l'internaute et non plus seulement pour lui.

L’entreprise face à l’évolution du Web

Sur la question de l’évolution du Web, l’auteur distingue deux types d'entreprises :

Celles qui restent centrées sur leur force digitale sans mettre l'internaute au centre de leurs préoccupations

Celles qui intègrent les enjeux de l'information (Web 1.0), de l'interactivité (Web 2.0) et de la personnalisation (Web 3.0).

Enfin, l'auteur met en exergue le rôle croissant des collaborateurs dans le dialogue avec les clients. Des chartes ont été mises en place pour limiter les échanges sur les réseaux sociaux, tandis que d'autres entreprises encouragent leurs employés à devenir les ambassadeurs de leur marque, solidifiant ainsi leur présence digitale.

3.6 - De nouveaux robots

La dernière partie du livre "Slasheurs, designers, gamers", Stéphane Biso démystifie nos peurs concernant les robots et les drones. L’auteur explique en effet que ces nouvelles technologies, loin de supprimer massivement nos emplois, peuvent apporter une véritable collaboration entre l'homme et la machine.

Les drones

Stéphane Biso expose d’abord une panoplie d'applications des drones, allant de l'agriculture à l'industrie cinématographique, en passant par les assurances et la maintenance des éoliennes. Dans ce secteur en expansion, ce ne sont pas uniquement les pilotes qui sont recherchés. Managers, ingénieurs et techniciens sont aussi nécessaires.

Les cobots

Le cobot est une fusion des termes anglais "collaborative" et "robots". Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", au lieu d'être une menace pour l'emploi, le cobot se positionne comme notre collègue de bureau. Il nous libère des tâches pénibles et répétitives.

Stéphane Biso nous apprend que ce nouveau collaborateur est déjà présent dans l'industrie automobile, où il permet d’ailleurs de réduire considérablement les troubles musculaires et les risques d'accidents.

Aussi, selon l’auteur, ces robots apportent un champ d'opportunités. Ils nous ouvrent la voie vers une croissance exponentielle.

Vous sentez-vous prêts à accueillir ces nouveaux collègues ?

Conclusion

Comment Stéphane Biso conclut-il "Slasheurs, designers, gamers" ?

Voici les nombreux points clés qu’il développe en conclusion de son livre.

La symbiose imminente entre le biologique, l'humain et le numérique

Pour l'auteur, l'évolution technologique des dix dernières années ne se résume pas seulement à la communication et aux appareils numériques que nous utilisons quotidiennement.

Il suggère que nous sommes sur le point d'entrer dans une nouvelle ère de symbiose, où les frontières entre le biologique, l'humain, le matériel, l'électronique et le numérique deviennent de plus en plus floues.

"Cette nouvelle ère de l’IA va produire au minimum une accélération de l'accélération" écrit-il. "Elle va faire bouger un grand nombre de fondamentaux de notre société : la place de l'intelligence dans l'économie du savoir et la guerre des talents, la fin possible de la vie privée, l'anticipation de nombreux risques" continue Stéphane Biso.

Cette transition est rendue possible par les avancées dans les domaines des NBIC  (Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l'Information et sciences Cognitives).

Les Nanotechnologies, par exemple, manipulent des objets de la taille du nanomètre, rendant ainsi possible la construction de matériaux, de systèmes, de robots complexes.

Grâce aux Biotechnologies, nous pouvons aujourd’hui modifier les organismes vivants et produire de nouveaux biens, services et nouvelles connaissances.

Les technologies de l'Information englobent tous les systèmes et processus utilisés pour créer et gérer les données électroniques.

Enfin, les sciences Cognitives étudient les mécanismes de la pensée humaine, animale ou artificielle.

L'avenir selon "Slasheurs, designers, gamers" : vers  l'Humain augmenté

"Slasheurs, designers, gamers" nous invite alors à envisager un avenir où, grâce à la fusion de ces domaines, nous devenons des êtres humains améliorés et de plus en plus autonomes. Un avenir où nous serons capables de réaliser des tâches complexes à distance, comme piloter une opération de nano-chirurgie.

Et pour nous aider à nous projeter, Stéphane Biso décrit un monde où des objets connectés et mettables, comme des bracelets, des montres ou même des puces RFID implantées sous la peau, sont devenus une partie intégrante de notre quotidien.

Les inquiétudes et les défis éthiques de la technologie

Au-delà des opportunités de cette vision de l’avenir, Stéphane Biso poursuit sa réflexion en soulignant qu’elle soulève aussi des inquiétudes. Notamment en ce qui concerne la surveillance généralisée et la protection de la vie privée.

Il nous pousse alors à réfléchir à ces changements technologiques, non seulement en termes de ce qu'ils signifient pour nos vies personnelles et professionnelles, mais aussi en termes d'implications éthiques et sociétales. Il nous encourage aussi à nous engager activement dans le façonnement de cet avenir technologique.

L'analyse prédictive et l'intelligence artificielle dans notre quotidien

L'intelligence artificielle est aujourd’hui omniprésente dans notre quotidien.

Des logiciels intelligents peuvent nous observer en temps réel. Couplés à une facette de l’intelligence artificielle appelée "l’analyse prédictive", ceux-ci peuvent même aisément faire des prédictions sur nos futurs comportements.

Des outils tels que Discover de Spotify, les suggestions de Netflix ou encore d'Amazon exploitent constamment ces technologies pour personnaliser nos expériences.

Pour Stéphane Biso, cette symbiose entre l’homme et la machine s’illustre aussi parfaitement dans les chatbots, de plus en plus courants, l’optimisation de nos déplacements avec Google Maps ou encore la voiture électrique Renault Symbioz, conçue comme une extension de la maison

Tous ces développements technologiques, autrefois de science-fiction, symbolisent notre relation croissante avec l'intelligence artificielle. Ils ont une incidence profonde sur notre quotidien.

La fracture numérique et l'accessibilité à la technologie : un problème sérieux

La conclusion de "Slasheurs, designers, gamers" souligne aussi un point à ne pas oublier : cette connexion n'est pas universelle. Un quart des Français peinent avec le numérique. Ce phénomène est appelé "illectronisme". Et cette fracture numérique, qui ne cesse de s'agrandir, pose un problème sérieux à mesure que la France avance vers une dématérialisation complète de son administration.

Le rôle déterminant de la créativité et la place centrale de l’humain dans l'élaboration de la société future

Dans ce contexte, la créativité et le design sont des éléments clés dans l'élaboration de la société technologique future.

Le designer a un rôle essentiel à jouer, non seulement dans la réflexion sur la place de l'humain dans la société, mais aussi dans la mise en place de nouvelles organisations d'entreprise.

Stéphane Biso rappelle que l'humanisme - pas seulement la science, la technologie ou le business - doit être au centre de nos préoccupations.

La transformation nécessaire des entreprises face à l'accélération technologique

Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d'activité, doivent se transformer si elles veulent rester compétitives.

Si cette transformation est indispensable dans un monde globalisé et en rapide accélération, elle est toutefois délicate à mettre en œuvre.

Le nécessaire changement de vision du monde du travail en réponse à la transformation digitale

Face à ces changements, nous devons revoir notre vision du monde du travail, affirme Stéphane Biso.

Il s'agit de ne pas subir ces transformations, mais de choisir consciemment comment nous nous y adaptons, tout en protégeant notre vie privée.

Pour réussir cette transformation, il nous faut également changer notre façon de travailler. Nous devons, selon l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" :

Porter une attention particulière à l'innovation et à la conduite du changement dans l'organisation.

Mettre en place une nouvelle forme d'organisation dynamique, flexible et ouverte. Car pour survivre dans ce monde en constante mutation, une entreprise doit être capable de se réorganiser quasiment en temps réel et rester ouverte à de nouveaux talents.

Donner une place importante au design : en mettant l'accent sur l'humanisme, il a le potentiel de nous aider à créer une société future où la technologie et l'homme coexistent harmonieusement.

Conclusion de "Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain" de Stéphane Biso

Alors que nous naviguons à grande vitesse dans une ère de ruptures technologiques, le livre de Stéphane Biso, "Slasheurs, designers, gamers", se présente comme une bouée salvatrice pour quiconque s'interroge sur l'avenir du monde professionnel.

L'Entreprise de demain à la lumière de "Slasheurs, Designers, Gamers"

"Slasheurs, designers, gamers" nous montre comment les accélérations technologiques provoquent une cascade de mutations : depuis les systèmes de production d'énergie décentralisée jusqu’à l'entreprise 3.0, en passant par l’émergence d'une symbiose inédite entre le biologique, l’humain et le numérique

Mais pour l'auteur, il serait naïf de ne pas mentionner les défis qui accompagnent cette évolution. La technologie, tout en offrant d'innombrables opportunités, suscite des inquiétudes éthiques. L’intelligence artificielle s’invite dans notre quotidien, et l’analyse prédictive promet des avancées mais aussi des dilemmes sans précédent. La fracture numérique, accentuée par des disparités d’accès à la technologie, est un défi majeur à surmonter.

Toutefois, comme Stéphane Biso le suggère, au cœur de cette révolution se trouve une constante indéfectible : la créativité humaine. Il souligne l'importance de la place centrale de l'homme dans la conception de notre futur. En dépit de l'accélération technologique, ce sont nos valeurs, notre vision et surtout notre capacité d’adaptation qui définiront l'entreprise de demain.

Le message est clair : l'avenir n'est pas uniquement dicté par la technologie, mais par la façon dont nous, en tant qu'êtres humains, la façonnons et l'intégrons. L'ouvrage de Stéphane Biso est un appel à l'action pour les décideurs, les entrepreneurs et tous ceux qui aspirent à modeler l'entreprise de demain.

Les 4 grands points clés que vous découvrirez en lisant le livre "Slasheurs, designers, gamers" de Stéphane Biso

En plongeant dans "Slasheurs, designers, gamers", vous découvrirez à quoi pourrait bien ressembler l'avenir du monde professionnel.

Stéphane Biso décode avec brio la manière dont les avancées technologiques redéfinissent notre vision du travail, tout en soulignant l'importance de préserver notre humanité. Cet ouvrage vous aidera alors à comprendre et à naviguer dans le paysage en constante évolution de la technologie et du travail.

Voici plus précisément 4 idées clés largement développées - parmi plein d'autres - que vous retrouverez dans le livre :

Point-clé n°1 : La symbiose entre biologie, humain et numérique est sur le point d'être une révolution majeure

Le premier point clé du livre "Slasheurs, designers, gamers" est la transformation majeure que nous observons aujourd'hui, à savoir : la fusion imminente entre le biologique, l'humain et le numérique.

Vous comprendrez pourquoi cette transition est amplifiée par des avancées impressionnantes dans les domaines des NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l'Information et sciences Cognitives). et pourquoi, pour Stéphane Biso, l'avenir se dirige vers l'Humain augmenté, une version améliorée de l'humanité avec une forte intégration technologique.

Point-clé n°2 : L'avenir du travail réside dans l'entreprise 3.0

Les entreprises ne sont plus ce qu'elles étaient. L'ère des organisations verticales et rigides s'efface, cédant la place à des structures plus flexibles, gamifiées et centrées sur l'humain.

Pour Stéphane Biso, le futur réside dans une entreprise 3.0. Un modèle d'entreprise qui s'appuie sur le web 3.0, prônant participation, simplicité, et ouverture des données. Cette transition, qu’il qualifie judicieusement de "rupture", nécessite une profonde réflexion sur notre consommation technologique, ainsi qu’une conscience accrue de son impact sur l’environnement.

Côté business, les modèles traditionnels s'estompent. Dans leur sillage, de nouveaux métiers voient le jour, portés par une logique de "Netflixation" de l'économie. Ce nouvel ordre économique influence fortement les compétences recherchées dans le monde du travail. Au centre de cette mutation : l’humain. Aussi, le design, l'open innovation et la gamification se révèlent comme des vecteurs d'efficacité et de créativité en entreprise.

Point-clé n°3 : La technologie apporte son lot de défis éthiques

Mais à mesure que la technologie progresse, elle apporte son lot de préoccupations.

Stéphane Biso insiste donc aussi sur les inquiétudes éthiques liées à l'intégration croissante de l'analyse prédictive et de l'intelligence artificielle dans notre quotidien. De plus, la fracture numérique grandissante et l'accessibilité limitée à ces technologies avancées posent un défi majeur pour notre société.

Point-clé n°4 : L'humain occupe une place centrale face à la transformation technologique

Malgré le rythme effréné de la digitalisation, le livre "Slasheurs, designers, gamers" rappelle également l'importance de la créativité humaine. Les entreprises doivent se transformer pour répondre à cette accélération technologique, mais il est vital qu'elles gardent à l'esprit que c'est l'humain qui reste au cœur de cette élaboration de la société future.

Un livre pour vous préparer à l'avenir du travail

"Slasheurs, designers, gamers" est, à mon sens, une lecture incontournable pour quiconque souhaite anticiper, comprendre et se préparer à l'avenir du travail. Un avenir où l'humain augmenté n'est pas seulement une possibilité, mais une réalité en devenir. À vous, désormais, de décider si vous souhaitez être un acteur ou un simple spectateur de cette transformation.

Je recommande vivement ce livre pour de nombreuses raisons mais surtout pour sa capacité à démystifier les tendances technologiques tout en mettant en lumière les implications éthiques et sociétales. Aussi, parce que Stéphane Biso nous rappelle que, malgré la technologie omniprésente, l'humain doit rester au centre de nos préoccupations.

Points forts :

Tout au long du livre, les illustrations, définitions, encarts et nombreux schémas récapitulatifs qui permettent une compréhension facile et agréable des propos de l’auteur.

L'exploration de la fusion entre le biologique, l'humain et le numérique et la mise en avant de l'humain comme élément central malgré la transformation numérique.

L'éclairage porté sur les défis éthiques liés à l'avancée technologique.

Un ouvrage très accessible pour comprendre l'évolution du monde professionnel face à la technologie. 

Point faible :

Il aurait été pertinent d'approfondir comment adapter l'éducation et les apprentissages actuels de nos enfants aux compétences requises pour les métiers de demain.

Ma note :

★★★★★

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Thu, 30 Nov 2023 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12677/Slasheurs-designers-gamers-quels-seront-les-jobs-de-nos-enfants-demain
La guerre de l’art  http://www.olivier-roland.fr/items/view/12614/La-guerre-de-lart

Résumé de "La guerre de l'art" de Steven Pressfield : Un livre percutant et lucide qui dresse surtout le portrait de notre pire ennemi dans notre approche de la création : la résistance, et nous guide dans l'attitude à adopter pour la contrer. Ce livre est un véritable éloge des batailles de l'esprit qui se déroulent en nous à chaque acte de création. Il nous encourage à prendre conscience de ces guerres et nous donne de précieux conseils pour guérir et reconquérir notre créativité.

Par Steven Pressfield, 2002, 192 pages

Titre original : The war of Art

Note : Cette chronique invitée est rédigée par Damien Giraud du blog monpotentielcreatif.

Chronique et Résumé de "La guerre de l'art" de Steven Pressfield

Un mot sur l'auteur, Steven Pressfield

Steven Pressfield, l'auteur de 'La guerre de l'art”

Steven Pressfield est un écrivain américain de renom, connu pour ses œuvres de fiction historique et ses livres sur l'acte de création.

Il a écrit des best-sellers qui ont captivé un large public. Il a notamment écrit "Les portes du feu", un roman épique sur la bataille des Thermopyles, et "La dernière Amazone", une aventure mêlant mythe et histoire.

Son livre le plus populaire, "The War of Art", explore les défis internes auxquels sont confrontés les artistes et propose des stratégies pour surmonter la résistance créative.

Pressfield continue d'inspirer de nombreux créateurs avec ses histoires captivantes et ses idées perspicaces.

Introduction - Cette force limitante en nous : la résistance

Pour nous présenter le livre, l'auteur jette un regard bref mais perspicace sur la révélation d'un secret, le secret qui différencie les créateurs de ceux qui ne peuvent pas ou ne sont pas.

"Les créateurs savent que le plus difficile n'est pas de créer, mais de s'asseoir et de commencer à créer."

Et ce qui est entre, c'est la résistance.

Résistance et conséquences : Une vie non vécue

Par sa nature même, la résistance est la force la plus toxique de la vie humaine, la racine du malheur, de la maladie et de la pauvreté.

Elle nous retient et nous limite dans l'accomplissement de ce que nous sommes, de ce que nous sommes censés être ; elle nous empêche de vivre la vie que nous sommes censés vivre au plus profond de nous-mêmes.

Pour ceux qui croient aux dieux, la résistance est le diable qui nous empêche de vivre notre vie.

La résistance est l'ombre qui cache le soleil dans nos vies.

Elle a affecté des millions d'hommes et de femmes avant nous, les empêchant de vivre une vie pleine de joie et d'épanouissement.

La résistance défigure nos vies, elle nous prive de notre espoir et de notre nature, elle nous fait payer un lourd tribut : le prix d'une vie non vécue !

Structure du livre "La guerre de l'art - Surmontez les blocages et gagnez vos batailles créatives intérieures".

Le livre "La Guerre de l'Art" est structuré en trois parties principales :

Livre 1 : Résistance - Comprendre l'ennemi

Il explore la compréhension de la force appelée "Résistance" dans ses différents champs d'action et manifestations.

Explorer la résistance sous ses différents aspects nous permet de mieux comprendre les obstacles qui se dressent sur le chemin de notre créativité et de notre épanouissement.

En comprenant la résistance, nous pouvons nous libérer et devenir plus conscients des pièges qui nous entravent.

Livre 2 : Lutter contre la résistance - Devenir professionnel

Il aborde le concept d'action et de professionnalisme face à la résistance, en mettant l'accent sur des qualités telles que la patience, l'endurance et la préparation.

En développant ces qualités, nous sommes mieux préparés à relever les défis et à maintenir notre engagement malgré les obstacles.

Cette approche nous aide à évoluer vers un niveau supérieur d'état d'esprit et d'épanouissement.

Livre 3 : Au-delà de la résistance - Les royaumes supérieurs

Il s'enfonce dans une dimension introspective, métaphysique et souvent spirituelle, explorant des concepts qui dépassent notre entendement, parfois d'ordre divin, et qui influencent notre vie et nos résultats dans le processus créatif.

La phrase suivante illustre parfaitement l'atmosphère du livre 3 : "Lorsque nous nous consacrons à notre travail quotidien, le monde se concentre autour de nous et nous devenons presque magnétiques."

Cette partie nous permet d'explorer et d'acquérir des angles de vue qui peuvent permettre un changement de conscience.

Elle nous invite à réfléchir aux aspects qui régissent notre existence et notre créativité, en abordant des notions parfois divines.

En nous ouvrant à ces idées profondes, cette partie du livre nous offre la possibilité de transcender les limites conventionnelles et d'approfondir notre compréhension de nous-mêmes et de notre processus créatif.

LIVRE 1 : Résistance - Comprendre et connaître l'ennemi dans notre guerre de l'art.

Livre 1 : 'La guerre de l'art' - Comprendre l'ennemi : la résistance.

La première bataille consiste à comprendre d'où vient la résistance

Cette partie du livre explore les différentes sphères de notre existence où s'opère la résistance, primordiale à la connaissance de l'adversaire. Dans :

La poursuite de toute vocation artistique, qu'il s'agisse de peinture, de dessin, de danse ou d'autres formes d'expression artistique.

Le lancement d'une entreprise ou d'une initiative entrepreneuriale.

Notre alimentation et nos efforts pour adopter un régime alimentaire sain.

Notre programme de développement spirituel, visant à cultiver notre esprit et notre bien-être intérieur.

Nos efforts pour vaincre les mauvaises habitudes ou les dépendances.

Notre programme sportif, visant à améliorer notre condition physique et notre santé.

Toutes les formes d'éducation, qu'elles soient formelles ou informelles.

Nos actes moraux ou éthiques, lorsque nous prenons la responsabilité de créer un changement positif, même si cela va à l'encontre des conventions.

Tout acte d'altruisme, lorsque nous cherchons à aider les autres ou à contribuer à la société.

Les engagements les plus profonds de notre cœur, tels que le mariage, la parentalité, la résolution de conflits relationnels ou l'affrontement de défis dans nos relations.

Toute forme d'adversité qui peut survenir dans notre vie.

En bref, l'ennemi se manifeste dans toutes ces sphères de notre existence, dans tout acte qui tend à être créateur de notre vie, et surtout, dans tout acte qui rejette la gratification immédiate en faveur de la croissance, de la santé ou de la "bonne vie".

La résistance : qui est-elle et quelles sont ses caractéristiques ?

L'auteur adopte une perspective intéressante en personnifiant et en humanisant la résistance.

En attribuant à la résistance des caractéristiques telles que l'invisibilité, l'intériorité, la ruse et l'implacabilité, il met en évidence sa nature complexe et presque organique.

LA RÉSISTANCE EST INVISIBLE

Elle ne se touche pas, ne se sent pas et ne se voit pas, mais elle se ressent.

LA RÉSISTANCE EST INTERNE

Elle est interne : la résistance, bien qu'elle semble venir de l'extérieur, est une force qui naît en nous, qui s'auto-génère et s'auto-entretient. La résistance est un ennemi qui vient de l'intérieur.

LA RÉSISTANCE EST INSIDIEUSE

Elle mentira, fabriquera, falsifiera, séduira, harcèlera... s'il le faut !

LA RÉSISTANCE EST IMPLACABLE

La Résistance est comme un méchant de cinéma, comme Alien, Terminator ou Jason Voorhes. Elle ne peut être réduite au silence, elle n'a d'autre raison que de détruire nos vies, et de nous empêcher de nous épanouir, même réduite, elle continuera d'attaquer.

LA RÉSISTANCE EST IMPERSONNELLE

Elle ne sait pas qui vous êtes et s'en moque ; c'est une force de la nature à l'intérieur de vous, qui agit avec froideur, et indifférence pour la personne qui se trouve en face d'elle.

LA RÉSISTANCE EST INFALSIFIABLE

Elle ne ment pas, et pour cause : vous pouvez l'utiliser comme une boussole et naviguer grâce à elle,

La règle est simple : plus l'appel et les actions qui en découlent sont importants pour notre esprit et notre évolution, plus la résistance nous poursuivra ardemment.

LA RÉSISTANCE EST UNIVERSELLE

Nous sommes loin d'être les seuls à y être confrontés : toute personne dotée d'un corps en fait l'expérience.

LA RÉSISTANCE NE DORT JAMAIS

Elle ne dort jamais, et certains grands créateurs la ressentent même des décennies après leurs débuts, mais les créateurs vivent selon le même code de nécessité : se battre chaque jour pour créer.

LA RÉSISTANCE JOUE LE TOUT POUR LE TOUT

Elle est sérieusement engagée à atteindre son objectif : détruire, saboter et résister à votre génie, votre esprit et votre unicité.

Quand on la combat, c'est un combat à mort.

LA RÉSISTANCE EST ALIMENTÉE PAR LA PEUR

La résistance est en soi une force qui n'a pas de force propre ; la seule force qu'elle possède vient de vous, qui la nourrissez de votre peur.

Elle est plus puissante sur la ligne d'arrivée, lorsque nous sommes très proches de la réalisation de notre vision.

Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de notre objectif, de la création, la résistance le sait et fera tout ce qui est en son pouvoir pour nous battre, en mettant tout ce qu'elle a dans son assaut final.

Vous aurez peur, peut-être même plus que jamais.

Le professionnel le sait et ne panique pas face à cela.

LA RÉSISTANCE RECRUTE DES ALLIÉS

La résistance est un auto-sabotage, parfois au point de vous faire agir bizarrement, et (trop) émotionnellement.

Mais ce n'est pas tout, elle recrute dans son équipe toute autre forme de sabotage. La résistance se fera aussi des alliés dans votre entourage.

Eux aussi sont susceptibles d'agir sous l'influence d'émotions telles que la jalousie et la peur pour saboter votre temps et vos opportunités. À travers vous, ils combattent leur propre résistance, leurs propres démons, leurs propres vies non vécues.

Le créateur doit être impitoyable d'abord envers lui-même, mais aussi envers les autres, il ne doit pas se laisser briser et saboter ! 

De quelle manière le combat se manifeste-t-il ?

 'La guerre de l'art' - connaître l'ennemi pour mieux le combattre, c’est aussi décoder les manifestations de la résistance 

La résistance à son chaos et sa mission : détruire tout aspect de la création dans votre vie est capable de se métamorphoser sous différentes formes, chacune pouvant avoir un impact sur votre vie et votre épanouissement.

RÉSISTANCE ET PROCRASTINATION

C'est la forme de résistance la plus courante, et la plus facile à rationaliser, notamment en trouvant des excuses pour remettre les choses à demain (jamais).

Cette résistance est vicieuse, car sans s'en rendre compte, elle devient une habitude, non seulement sur notre projet, mais jusqu'à notre lit de mort.

Éviter la procrastination, c'est cette seconde où l'on s'assoit et où l'on commence à faire son travail quotidien...

RÉSISTANCE ET SEXE

Oui, la résistance prend parfois cette forme, que ce soit en amour ou en inquiétude, pour la simple raison que le sexe est le plus puissant fournisseur de gratification immédiate, et la résistance adore ça !

Nous nous sentons approuvés, parfois aimés, dans l'arène sexuelle, et la résistance en profite pour nous distraire de notre travail,

Bien sûr, toutes les formes de sexe ne sont pas comme ça, mais en général, plus vous vous sentez vide, plus vous pouvez être certain que votre véritable motivation n'était pas l'amour ou même le désir, mais la Résistance.

Ce principe s'applique à toutes les formes de drogue et de gratification immédiate, telles que l'alcool, la télévision, le shopping, les réseaux sociaux ...

LA RÉSISTANCE ET LES PROBLÈMES

Les problèmes sont des situations facilement accessibles, sur lesquelles il est facile d'attirer l'attention ou d'être attiré, c'est pourquoi la résistance les utilise pour contourner notre attention.

Tout ce qui retient notre attention par la douleur ou l'artificialité est une manifestation de la résistance.

L'artiste qui travaille ne tolère pas les problèmes dans sa vie parce qu'il sait que les problèmes l'empêchent de faire son travail. L'artiste qui travaille bannit toutes les sources de problèmes de son monde.

LA RÉSISTANCE ET L'AUTO DRAMATISATION

La création de drames dans nos vies est un symptôme de résistance. 

Certaines personnes sont attirées par le drame, et lorsque le niveau de drame tombe en dessous d'un certain seuil, elles augmentent à nouveau inconsciemment. Parfois, c'est un proche qui alimente ce jeu.

C'est comme si, dès que l'ordre commence à régner, une alarme nucléaire se déclenche, ramenant le chaos et le désordre. Il s'agit d'une dynamique malsaine dans laquelle le drame devient une source d'attention et de divertissement.

Ce comportement, bien qu'inconscient, maintient les personnes impliquées dans un cycle de distraction, les empêchant de progresser et de s'épanouir.

RÉSISTANCE ET VICTIMISATION

Beaucoup de gens ne sont pas malades, ils aiment simplement rester dans le drame et la victimisation.

Jouer le rôle de victime, être plaint, être réconforté est une forme de gratification immédiate.

Parfois, la victimisation est une forme de résistance, obligeant les autres à venir à notre secours pour que nos souhaits se réalisent, et nous tenant ainsi en otage de notre propre désordre et de notre victimisation.

Si vous vous comportez comme une victime au lieu de faire votre travail, arrêtez !

LA RÉSISTANCE ET LE CHOIX D'UN PARTENAIRE

Parfois, nous ne sommes pas conscients de notre résistance et nous choisissons un partenaire qui l'a surmontée.

Peut-être parce qu'il est plus facile de donner et de percevoir le pouvoir que nous possédons chez les autres, peut-être parce qu'il est moins menaçant de croire que notre partenaire mérite de vivre cette vie plus que nous, ou peut-être parce que nous faisons de notre partenaire un modèle à admirer, ou parce que nous croyons que rester suffisamment sous le contrôle de notre partenaire aura l'influence souhaitée sur nous....

Dans tous les cas, cela nous empêche de poursuivre notre propre résistance et notre propre vie non vécue.

En outre, elle défigure l'amour.

RÉSISTANCE ET MALHEUR

L'un des principaux sentiments de résistance est le malheur et la tristesse.

Nous nous ennuyons, nous ne trouvons ni repos ni satisfaction, nous nous sentons coupables, nous ne nous sentons pas aimés et nous pensons que nous ne le serons jamais.

Nous sommes dégoûtés et détestons ce que nous sommes.

Le vice frappe, et il frappe fort : drogues, adultère, procrastination sur internet...

En outre, la dépression s'installe, nous nous sentons attaqués ou devenons les agresseurs, nous nous détruisons.

Cela ressemble à la vie de beaucoup de gens, n'est-ce pas ? C'est normal, la résistance touche tout le monde...

Plus délicat...

Notre société, qui en est bien plus consciente que nous, est prête à nous faire consommer à tout prix pour nous donner l'illusion du bonheur, une drogue légale, mais surtout pour nous détourner de notre esprit de création.

Le seul remède ?

Reprendre notre pouvoir, débrancher, faire notre travail !

RÉSISTANCE ET CRITIQUE

La résistance peut parfois prendre la forme d'une critique à l'égard des autres.

Lorsque nous observons les autres vivre leur vie de manière authentique, nous ressentons une profonde frustration de ne pas avoir vécu la nôtre (souvent inconsciemment).

Les personnes qui mènent une vie épanouie sont généralement moins enclines à critiquer les autres, à moins que leurs commentaires ne soient constructifs et encourageants.

Ceux qui vivent pleinement leur vie n'ont tout simplement pas le temps de critiquer, car ils consacrent leur énergie à accomplir leurs propres tâches et à mener à bien leur mission.

RÉSISTANCE ET DOUTE DE SOI

Le doute de soi peut être fructueux et bénéfique, car il peut refléter l'amour, le désir et l'aspiration que nous avons pour quelque chose que nous nous efforçons d'atteindre.

Vous arrive-t-il de vous poser de telles questions ?

"Suis-je vraiment un écrivain ? 

Suis-je une bonne personne ?

 Est-ce que je mérite vraiment de former un couple ou de fonder une famille ?"

Ces questions suggèrent qu'il y a de fortes chances que ce soit le cas !

RÉSISTANCE ET PEUR

La peur peut être bénéfique, car elle nous guide vers des actions à entreprendre et des chemins à suivre.

Plus la peur est grande, plus la résistance est intense, ce qui indique que vous devriez vous engager pleinement dans cette entreprise et en faire une mission de vie, car elle est d'une grande importance pour votre propre croissance et votre développement spirituel.

D'ailleurs, si cela vous intéresse, j'ai un Ebook complet de 50 pages sur le thème de la peur (et de la procrastination qui va avec), dont les formulaires sont accessibles partout sur mon site.

Je vous renvoie à cet article : Les 12 peurs qui bloquent votre créativité, En prendre conscience ! qui est un amuse bouche de ce qui est abordé beaucoup plus en profondeur (aspect Mindset et outils de coaching pro).

Si cela n'avait pas d'importance pour nous, il n'y aurait pas de résistance.

Le professionnel, concept dont nous parlerons ensuite, accepte les projets qui peuvent l'aider à évoluer et à explorer des aspects de lui-même qui restent à découvrir, même si cela peut être effrayant.

Comme vous et moi, il ressent aussi la peur, mais il fait quand même son travail.

RÉSISTANCE ET AMOUR

Ici aussi, la résistance sera proportionnelle à votre niveau d'amour.

L'amour de quelque chose peut créer une résistance incroyable, le projet peut vous terrifier, car là où il n'y a pas d'amour, il y a de l'indifférence, et la résistance ne s'attaque jamais à ce qui ne vous intéresse pas.

LA RÉSISTANCE ET L'ILLUSION DE DEVENIR UNE STAR

Le fantasme et l'illusion de devenir une star sont des symptômes de la résistance - c'est un comportement nuisible.

Le professionnel se concentre uniquement sur le présent, se détache des objectifs séduisants de l'avenir et fait son travail sans se soucier des résultats futurs.

RÉSISTANCE ET ISOLEMENT

Il est parfois effrayant d'être seul dans un acte créatif.

Mais n'oubliez pas ceci :

Selon l’auteur : Nous ne sommes jamais seuls, à partir du moment où nous commençons à créer, votre lumière brille, votre courage vient vous soutenir.

Le temps semble disparaître lorsque, pendant ce temps de solitude, nous changeons de vision, et les heures s'envolent.

De plus, dans nos actes de création, nous ne sommes jamais seuls : nous sommes avec nos personnages, avec nos instruments lorsque nous jouons de la musique, nous sommes avec nous-mêmes,

Et souvent, pour un créateur, son monde intérieur est beaucoup plus riche et plus vivant que les gens du monde réel.

LA RÉSISTANCE ET LA GUÉRISON

La résistance sait que plus nous mettons d'énergie à craindre notre santé et à nous forcer à guérir, moins il y a de jus disponible pour notre travail.

RÉSISTANCE ET SOUTIEN

Chercher le soutien de nos amis et de notre famille revient à les rassembler autour de notre lit de mort.

C'est une belle intention, mais tout ce qu'ils peuvent faire, c'est se tenir sur le quai et dire au revoir.

Tout le soutien que nous recevons de la part de personnes réelles se résume souvent à du vent et nous empêche de faire notre travail.

En fait, plus nous comptons sur le soutien de nos collègues et de nos proches, plus nous nous affaiblissons et plus nous devenons incapables de gérer nos propres affaires.

RÉSISTANCE ET RATIONALISATION

La rationalisation est l'alliée la plus proche de la résistance, car elle vise à nous empêcher de prendre conscience de notre résistance et même de la justifier rationnellement.

Elle nous pousse à nous mentir à nous-mêmes, mais nous avons le pouvoir de choisir de croire ou non ces mensonges.

La rationalisation est une voie qui cache la véritable source de nos problèmes plutôt que de nous la révéler.

Ce qui rend la résistance si subtile, c'est sa capacité à paraître tantôt vraie, tantôt légitime.

LA RÉSISTANCE PEUT ÊTRE VAINCUE

Mais ne vous inquiétez pas, la résistance peut être vaincue. Si ce n'était pas le cas, la plupart des actes créatifs de tous les temps n'auraient pas eu lieu.

Vaincre la résistance, c'est comme accoucher !

LIVRE 2 - Lutter contre la résistance - devenir professionnel

Livre 2  'La guerre de l'art' - Devenir professionnel  passer du statut d'amateur à celui de véritable expert.  

Deux piliers du livre 2 selon l'art de la guerre : Professionnels et amateurs

Pour introduire le livre 2, selon Steven Pressfield, les artistes en herbe qui échouent face à la Résistance ont un point commun : ils ont une mentalité d'amateur.

Or, le moment où un artiste devient professionnel est d'une importance capitale, comparable à la naissance de son premier enfant.

Les amateurs jouent pour le plaisir, à temps partiel, tandis que les professionnels jouent pour gagner, à temps plein.

Être professionnel signifie s'engager pleinement dans son art et y consacrer toute sa vie.

Un professionnel ne dépend pas de l'inspiration pour son travail ; il s'assoit régulièrement et fait son travail sans être dérangé par la Résistance. En construisant ce travail avec constance et discipline, l'inspiration finit par venir.

Pourquoi la Résistance cède-t-elle lorsque nous devenons professionnels ?

Lorsque nous devenons professionnels, la Résistance cède parce qu'elle puise sa force dans notre peur.

En nous concentrant sur notre travail et en mettant de côté nos peurs, nous pouvons vaincre la Résistance.

Comme les Spartiates, qui considéraient l'ennemi comme anonyme, nous devons rester déterminés et acharnés dans notre poursuite.

Même si la résistance persiste, le professionnel continue d'avancer avec détermination et discipline, en surmontant les obstacles qui se dressent sur son chemin.

Comment devenir professionnel, l'acte de volonté

Devenir professionnel n'a rien de mystérieux. C'est un acte de volonté. 

Nous décidons de nous considérer comme des professionnels et nous le faisons. C'est aussi simple que cela.

Les principes et comportements des professionnels, Le code d'honneur du créateur

Se présenter au travail tous les jours, quelles que soient les circonstances : Cela signifie qu'il faut être diligent et discipliné, faire face aux responsabilités et aux tâches quotidiennes, même lorsque cela peut être difficile ou décourageant.

Rester engagé et concentré sur son travail tout au long de la journée : Il s'agit de maintenir un niveau élevé d'attention et de concentration dans son travail, en évitant les distractions et en restant concentré sur les objectifs à atteindre.

S'engager à long terme : Il s'agit d'avoir une vision à long terme de sa carrière et de persévérer dans ses efforts, même lorsque les résultats tardent à venir. C'est la volonté d'affronter les défis et les difficultés pour progresser et réussir dans son domaine.

Reconnaître que les enjeux de son travail sont réels et importants pour sa survie : il s'agit de prendre conscience de l'importance de son travail pour sa subsistance et celle de sa famille, et de reconnaître que la réussite professionnelle a des répercussions concrètes sur sa vie et ses aspirations.

Être rémunéré pour son travail : Cela signifie être conscient de la valeur de son travail et être capable de le monétiser, d'être récompensé financièrement pour ses compétences et son investissement.

Ne pas s'identifier exclusivement à son travail : Il s'agit de comprendre que l'identité et la valeur personnelles ne sont pas déterminées uniquement par le travail, mais qu'il existe d'autres aspects de la vie qui sont tout aussi importants.

Maîtriser son métier : Cela signifie acquérir les compétences nécessaires, approfondir ses connaissances et développer son expertise dans son domaine afin de fournir un travail de qualité et de se distinguer professionnellement.

Avoir le sens de l'humour dans son travail : Il s'agit d'adopter une perspective positive et légère face aux difficultés et aux échecs, d'être capable de rire de soi-même et de trouver de la joie dans le processus créatif et les défis professionnels.

Recevoir des éloges ou des critiques dans le monde réel : Il s'agit d'être ouvert aux commentaires et aux réactions des autres, qu'il s'agisse de compliments ou de critiques constructives, afin de pouvoir progresser et s'améliorer dans son travail. Il s'agit de rechercher une validation authentique et objective de la qualité de votre travail.

Qui sont les professionnels ?  Compétences, aptitudes et caractéristiques

LE PROFESSIONNEL A ACCEPTÉ LE MALHEUR.

L'artiste engagé dans sa vocation a volontairement choisi l'enfer, qu'il en soit conscient ou non.

Toute sa vie, il doit se nourrir d'un régime d'isolement, de rejet, de doute, de désespoir, de ridicule, de mépris et d'humiliation.

L'artiste doit être comme un Marine. Il doit savoir être malheureux, il doit aimer être malheureux. Il doit être fier d'être plus malheureux que n'importe quel soldat.

LE PROFESSIONNEL JOUE POUR L'AMOUR DU JEU

Le professionnel, même s'il accepte de l'argent, fait son travail par amour.

Il doit l'aimer. Sinon, il n'y consacrerait pas volontiers sa vie. Le professionnel a cependant appris que trop d'amour peut être une mauvaise chose. Trop d'amour peut l'étouffer et devenir de la résistance.

UN PROFESSIONNEL EST PATIENT

La résistance contrecarre l'amateur avec la plus vieille des ruses : l'impatience et l'enthousiasme.

La résistance nous plonge dans un projet avec un calendrier trop ambitieux et irréaliste. Elle sait que nous ne pourrons pas maintenir ce niveau d'intensité. Nous nous heurtons à un mur. Nous nous écraserons.

Le professionnel, lui, comprend que ce n'est qu'une question de temps.

Il conserve son énergie. Il prépare son esprit pour le long terme.

UN PROFESSIONNEL CHERCHE L'ORDRE

Le professionnel ne peut pas se permettre de vivre ainsi. Il est engagé dans une mission. Il ne tolère pas le désordre. Et, il élimine le chaos de son environnement et le chasse de son esprit.

Le professionnel s'efforce de maintenir un environnement et un esprit propres, afin que l'inspiration puisse circuler sans être entravée par le désordre.

UN PROFESSIONNEL DÉMYSTIFIE

Un professionnel démystifie son travail en le considérant comme une profession plutôt que comme un art.

Il reconnaît la dimension mystique de tout effort créatif, mais ne s'y attarde pas.

Il se concentre sur la technique, maîtrisant le "comment", laissant le "quoi" et le "pourquoi" à des forces supérieures.

Le professionnel est conscient des éléments intangibles de l'inspiration, mais respecte leur pouvoir en les laissant agir.

Il se concentre sur ses propres actions.

Contrairement à l'amateur qui glorifie et obsède le mystère, le professionnel se tait et se met au travail.

LE PROFESSIONNEL AGIT FACE À LA PEUR

L'amateur croit qu'il doit d'abord vaincre sa peur ; ensuite, il peut faire son travail.

Le professionnel sait que la peur ne peut jamais être surmontée. Il sait qu'il n'existe pas de guerrier ou d'artiste sans peur.

UN PROFESSIONNEL N'ACCEPTE AUCUNE EXCUSE

Le professionnel s'efforce de s'améliorer en permanence. Il respecte la résistance.

Il sait que s'il cède aujourd'hui, quelles que soient les excuses valables, il aura deux fois plus de chances de céder demain.

Le professionnel comprend que la résistance est tenace !

UN PROFESSIONNEL AGIT EN FONCTION DE LA SITUATION

Le professionnel agit en fonction des circonstances.

Il mène son projet dans le monde réel, où il fait face à l'adversité, à l'injustice et aux espoirs déçus.

Voilà ce qu'est le monde réel pour le professionnel. Il sait que le sol n'est parfait qu'au paradis.

UN PROFESSIONNEL EST PRÉPARÉ

Ici, nous ne parlons pas de son art, de son entreprise... non, nous parlons d'être préparé chaque jour à faire face à son propre auto-sabotage, à sa propre résistance.

Le pro sait que la résistance ne cessera jamais d'être une force intelligente agissant contre lui, lui envoyant des choses qu'il n'a jamais vues auparavant.

Il est prêt à les absorber et à les libérer.

C'est son travail avant de penser au succès !*

UN PROFESSIONNEL NE SE MET PAS EN AVANT

Un professionnel a son propre style et ne crée pas pour se mettre en valeur ou attirer l'attention sur lui.

Son style est au service du matériau et de sa création.

UN PROFESSIONNEL SE CONSACRE À LA MAÎTRISE DE LA TECHNIQUE

Un professionnel se consacre à l'acquisition de compétences techniques.

Il a un profond respect pour son métier et ne se considère pas comme supérieur à celui-ci.

Il reconnaît la contribution de ceux qui l'ont précédé et apprend d'eux.

Le professionnel se consacre à la maîtrise de la technique, non pas parce qu'il croit que la technique remplace l'inspiration, mais plutôt parce qu'il veut être armé de toutes les compétences nécessaires lorsque l'inspiration se présente.

UN PROFESSIONNEL N'HÉSITE PAS À DEMANDER DE L'AIDE

Il ne lui viendrait jamais à l'esprit, comme à celui d'un amateur, qu'il sait tout ou qu'il peut tout faire tout seul.

Au contraire, il recherche le professeur le plus compétent et l'écoute attentivement.

LE PROFESSIONNEL SE DÉTACHE DE SON INSTRUMENT

Le professionnel reconnaît que son corps, sa voix, son talent et tous les aspects physiques, mentaux, émotionnels et psychologiques qu'il utilise dans son travail ne sont que les instruments que Dieu lui a donnés pour exercer son art.

Il les évalue de manière objective, impersonnelle et rationnelle.

UN PROFESSIONNEL NE PREND PAS L'ÉCHEC (OU LE SUCCÈS) PERSONNELLEMENT

Il agit en fonction de sa conscience professionnelle et non de son ego.

La résistance exploite l'un de nos programmes biologiques et évolutifs : le sentiment profondément ancré de rejet, car le rejet a eu des conséquences évolutives.

La résistance utilise cette peur du rejet pour nous entraver et nous paralyser dans notre travail.

Les professionnels ne prennent pas le rejet personnellement, car il renforce leur résistance.

L'ennemi n'est pas la critique ou le rejet, mais les pensées négatives qui encombrent notre esprit.

Le professionnel utilise la critique comme une opportunité d'écouter, d'apprendre et de se développer.

UN PROFESSIONNEL RÉSISTE À L'ADVERSITÉ

Le professionnel ne peut pas prendre l'humiliation personnellement.

L'humiliation, comme le rejet et la critique, est le reflet extérieur de la résistance intérieure.

Le professionnel endure l'adversité. Son essence créative, son noyau, ne peut être enterrée, même sous une montagne d'ordures.

Son noyau est indestructible. Rien ne peut l'atteindre.

UN PROFESSIONNEL S'AUTO-VALIDE

Le professionnel possède un état d'esprit que la plupart d'entre nous ne peuvent qu'imaginer et comprendre.

Il ne réagit pas de manière automatique, mais contrôle ses réactions et ses émotions.

Le professionnel ne prend pas les choses personnellement et ne se comporte pas en victime.

Il ne voit pas les aspects négatifs comme des signes de la volonté divine et ne les utilise pas comme une excuse pour échouer.

Il préserve son estime de soi au-delà du moment présent, quels que soient les obstacles extérieurs.

Le professionnel refuse de laisser les actions des autres le définir, ou même sa réalité, de sorte que les critiques de demain deviennent de lointains souvenirs.

Il reconnaît que les autres peuvent, sans le vouloir, servir de porte-voix à la même résistance qui réside en nous.

Le professionnel voit la critique pour ce qu'elle est : un moteur, un compliment suprême.

Rappelez-vous : le critique aime profondément ce que l'autre réalise et qu'il n'a pas eu le courage de faire lui-même.

UN PROFESSIONNEL RECONNAÎT SES LIMITES

Il sait qu'il ne peut être professionnel que dans un seul domaine. Il fait appel à d'autres professionnels lorsque ce n'est pas dans son domaine et les traite avec respect.

UN PROFESSIONNEL EST RECONNU PAR LES AUTRES PROFESSIONNELS

Le professionnel a un sixième sens pour reconnaître ceux qui ont fait leurs preuves et ceux qui ne les ont pas faites.

LIVRE 3 - AU-DELÀ DE LA RÉSISTANCE - Le domaine supérieur

Les forces invisibles : Les anges, les divinités et les pouvoirs de l'inconscient

Livre 3  'La guerre de l'art' - Les forces invisibles Explorer les anges, l'inconscient et la muse qui nous guident dans notre créativité.

Dans ce chapitre, les forces invisibles sont présentées comme des éléments impersonnels qui existent dans chaque partie de notre être dédiée à notre croissance.

Elles se manifestent dans les comportements qui nous poussent à courir, à jouer et à apprendre. De même, la résistance peut être considérée comme une force personnelle ou une force impersonnelle de la nature.

L'appel à la croissance peut être perçu de différentes manières, que ce soit à travers notre génie, un ange, une muse ou simplement comme une force impersonnelle : c'est ce que nous appelons les forces invisibles. Quelle que soit notre conception, l'important est de se sentir à l'aise avec elle.

En résumé, il y a des forces qui nous font face et des forces qui sont avec nous, des alliés, nos anges.

Mais n'oubliez jamais que la chose la plus importante dans la création est de s'asseoir et de faire son travail, d'expérimenter, d'essayer. Rien d'autre ne compte vraiment !

Lorsque nous nous engageons à grandir chaque jour, quelque chose de mystérieux se produit.

Le ciel semble nous venir en aide. Des forces invisibles se joignent à nous et soutiennent notre mission.

C'est un secret que seuls les professionnels connaissent : au fur et à mesure que nous accomplissons notre travail quotidien, une force se rassemble autour de nous. Les anges créateurs se concentrent sur nous. Nous entrons dans un état de flux divin.

Interaction entre les dieux et les affaires humaines

William Blake, poète, peintre et graveur britannique du XVIIIe siècle, et largement reconnu pour son œuvre visionnaire et symbolique, il est surtout célèbre pour ses poèmes lyriques et mystiques, notamment "Songs of Innocence and Experience" et "The Marriage and Hell". Il dit que "l'éternité est amoureuse des créations du temps", faisant écho à la croyance grecque en une interaction entre les dieux et les affaires humaines, soulignant que l'univers n'est pas indifférent à notre existence.

Blake décrit l'éternité comme une réalité supérieure, transcendant le temps et l'espace, qui se passionne pour les créations nées dans le flux du temps.

Les esprits célestes, comme les muses, se mêlent à notre réalité matérielle et s'intéressent à ce que les êtres temporels, en particulier les artistes, matérialisent dans notre monde terrestre.

La figure de la muse qui murmure l'inspiration à l'oreille de l'artiste symbolise cette communication entre le temps et l'éternité.

Les œuvres d'art existent déjà dans la sphère supérieure, mais elles nécessitent l'incarnation d'un être physique, l'artiste, pour prendre forme dans notre réalité concrète.

L'artiste devient ainsi le canal par lequel les forces supérieures peuvent nous inspirer et nous guider dans notre travail créatif.

La magie du démarrage

Lorsque nous prenons l'initiative ou que nous nous lançons dans un projet créatif, il existe une vérité fondamentale : dès que nous prenons une décision ferme, le destin se met également en marche.

Des événements et des circonstances favorables se mettent en place, offrant un soutien et une aide inattendus. Une décision génère une série d'événements qui nous sont bénéfiques.

Ces entités célestes, invisibles à nos yeux, sont des agents d'évolution qui œuvrent pour le bien de l'humanité. Elles sont décrites comme des sources de lumière, symbolisant l'intelligence et la conscience.

Lorsque nous nous lançons dans nos projets, une ouverture se crée dans notre réalité.

Les anges, métaphoriquement représentés comme des sages-femmes, nous entourent et nous aident à donner naissance à notre vrai moi, à la personne que nous sommes destinés à devenir.

En nous libérant de nos propres entraves, nous permettons aux anges de jouer leur rôle en nous apportant conseils et inspiration. Cela apporte de la joie aux anges et à Dieu.

En résumé, s'engager avec détermination dans une entreprise ouvre un passage entre l'éternité et le temps.

Des forces invisibles nous accompagnent et nous guident sur notre chemin, faisant de notre accomplissement une source de bonheur et de plénitude pour nous-mêmes et pour les entités célestes.

La magie de la persévérance

Ce texte explore le pouvoir de la persévérance et la poursuite du travail créatif.

L'auteur partage son expérience de recevoir des idées et des corrections lors d'une déconnexion mentale au cours d'une randonnée.

Il s'interroge sur l'origine de ces pensées et révisions automatiques, se demandant si elles proviennent des anges, des muses, de l'inconscient….

Il observe que cette force interne semble être plus intelligente que lui et travaille de manière autonome pour organiser ses idées et améliorer son travail.

En réalité, nous sommes tous créatifs et nous avons tous accès à cette force, qui est rendue possible par une dynamique d'engagement et de persévérance.

Forces invisibles et expériences intérieures

L'Art de la guerre traite des mystérieuses expériences intérieures de l'auteur, telles que les rêves et les moments de méditation profonde.

Ces expériences lui font prendre conscience de l'existence de forces invisibles et puissantes qui semblent le guider et lui transmettre ainsi des messages importants.

L'auteur s'interroge sur l'origine de ces expériences et sur leur place dans le fonctionnement de l'univers.

Il se rend compte que ces expériences intérieures sont aussi réelles et significatives que les aspects de sa vie éveillée.

Selon lui, ces forces mystérieuses et supérieures utilisent ces canaux pour nous guider.

Affronter la mort : Révéler l'essence et les priorités de la vie

Faire face à la mort : Le pouvoir de raviver notre créativité

La confrontation avec la réalité de la mort a le pouvoir de provoquer des changements profonds et radicaux dans notre vie. 

Elle nous fait prendre conscience de ce qui compte vraiment pour nous.

Nous pouvons nous rendre compte que des choses qui semblaient importantes, comme travailler pendant le week-end ou avoir le dernier mot dans une dispute, ne sont pas vraiment essentielles. Nous commençons à nous interroger sur le véritable sens de la vie et sur ce qui lui donne de la valeur.

Face à notre propre mortalité, nous nous posons des questions importantes : Avons-nous des regrets ? Avons-nous vécu pleinement notre vie ou sommes-nous restés dans une existence non vécue ?

L'auteur souligne que la confrontation avec la mort peut réveiller et révéler notre pouvoir créatif. La mort n'est pas perçue comme une fin, mais comme le début d'une nouvelle vie.

L'ego versus la conscience : un combat intérieur

Une bataille au sein de notre créativité L'Ego contre conscience

L'auteur mentionne à nouveau un concept : les anges s'installent dans le Soi, tandis que la Résistance est basée sur l'Ego.

La bataille se joue entre les deux :

Le Soi souhaite créer, évoluer.

L'Ego aime les choses telles qu'elles sont.

Mais qu'est-ce que l'Ego ?

L'auteur le définit comme suit :  L'Ego est la partie du psychisme qui croit en l'existence matérielle. Le rôle de l'Ego est de s'occuper des affaires du monde réel.

C'est un rôle important. Nous ne pourrions pas tenir une journée sans lui. Mais il existe d'autres mondes en dehors du monde réel, et c'est là que l'ego rencontre des problèmes.

Voici ce que croit l'ego :

La mort est réelle : L'ego croit que notre existence est définie par notre corps physique. Lorsque le corps meurt, nous mourons. Il n'y a pas de vie au-delà de la vie.

Le temps et l'espace sont réels : L'ego est linéaire. Il croit que pour aller de A à Z, nous devons passer par B, C et D. 

Chaque individu est différent et séparé de tous les autres : l'ego croit que je suis distinct de vous. Les deux ne peuvent pas se rencontrer. Je peux te faire du mal sans que cela me fasse du mal.

L'impulsion prédominante dans la vie est l'auto-préservation : Parce que notre existence est physique et donc vulnérable à d'innombrables maux, nous vivons et agissons par peur dans tout ce que nous faisons. Selon l'ego, il est sage d'avoir des enfants pour perpétuer notre lignée après notre mort, d'accomplir de grandes choses qui survivront après nous et de boucler nos ceintures de sécurité.

Il n'y a pas de Dieu : Aucune sphère n'existe en dehors du monde physique et aucune règle ne s'applique en dehors du monde matériel.

Voici ce que croit la conscience de soi :

La mort est une illusion : L'âme perdure et évolue à travers d'innombrables manifestations.

Le temps et l'espace sont des illusions : le temps et l'espace ne s'appliquent que dans la sphère physique, et même là, ils ne s'appliquent pas aux rêves, aux visions, aux transports. Dans d'autres dimensions, nous nous déplaçons aussi vite que la pensée et habitons plusieurs plans simultanément.

Tous les êtres sont un : Si je te fais du mal, je me fais du mal à moi-même.

L'amour est l'émotion suprême : l'union et l'entraide sont les impératifs de la vie. Nous sommes tous dans le même bateau.

Dieu est tout ce qui existe : Tout ce qui est, est Dieu sous une forme ou une autre. Dieu, l'arrière-plan divin, est ce dans quoi nous vivons, nous nous déplaçons et nous existons. Il existe une infinité de plans de réalité, tous créés, soutenus et imprégnés par l'esprit de Dieu.

La peur du succès - Surmonter les résistances pour atteindre son véritable potentiel

La peur que nous ressentons est alimentée par la résistance.

Elle nous empêche de suivre notre cœur par peur des conséquences et des changements profonds que cela pourrait entraîner dans notre vie. Nous craignons d'être confrontés à l'échec, de perdre nos relations et de nous retrouver seuls en terrain inconnu.

Cependant, la véritable peur qui se cache derrière tout cela est la peur de réussir. Nous avons peur de découvrir notre véritable potentiel et de devenir la personne que nous sommes vraiment au fond de nous-mêmes. Cela nous sortirait de notre zone de confort et remettrait en question notre identité et nos relations actuelles.

Pourtant, lorsque nous trouvons le courage d'affronter cette peur et de suivre notre véritable voie, nous découvrons une source infinie de sagesse, de conscience et d'accompagnement qui nous guide et nous soutient.

Selon Steven Pressfield, chaque personne naît avec une personnalité distincte et unique, déjà formée dès le départ. Nous ne sommes pas des êtres passifs qui attendent que le monde nous influence. Au contraire, nous arrivons avec une âme individualisée.

Notre tâche dans cette vie n'est pas de nous façonner selon une idéalisation imaginaire, mais de découvrir qui nous sommes vraiment et de le devenir.

Si nous sommes nés pour peindre, notre tâche est de devenir un artiste.

Si nous sommes nés pour élever et nourrir des enfants, notre tâche est de devenir parents.

Et si nous sommes nés pour renverser l'ignorance et l'injustice dans le monde, notre travail consiste à nous en rendre compte et à agir.

En embrassant notre véritable vocation, nous nous libérons des chaînes de la peur et de la résistance. Nous découvrons en nous un potentiel incommensurable, une force créatrice qui nous guide vers un épanouissement profond et authentique.

Territoire versus Hiérarchie

Dans le règne animal, les individus se définissent soit par leur position dans une hiérarchie, soit par leur rattachement à un territoire.

Dans notre société, l'approche hiérarchique est souvent privilégiée, nous incitant à nous définir en fonction de l'opinion des autres et de notre place dans la hiérarchie sociale.

Cependant, cette approche a ses limites, surtout face à une société de masse où l'individu peut se sentir dépassé et anonyme. L'orientation hiérarchique nous pousse à entrer en compétition avec les autres, à évaluer notre bonheur en fonction de notre rang et à agir selon le statut des autres.

Pour l'artiste, cependant, cette approche est fatale. L'artiste doit plutôt adopter une approche territoriale, travailler pour l'amour de son art et non pour la validation des autres.

Il doit se tourner vers l'intérieur, vers sa véritable essence, plutôt que de se préoccuper de sa place dans la hiérarchie.

L'artiste et la hiérarchie

Examinons les comportements associés à un système hiérarchique :

Il entre en compétition avec les autres pour améliorer son statut en dépassant ceux qui sont au-dessus de lui, tout en défendant sa position contre ceux qui sont en dessous.

Il juge son bonheur et sa réussite en fonction de son rang dans la hiérarchie, se sent satisfait lorsqu'il est haut et malheureux lorsqu'il est bas.

Il interagit avec les autres en fonction de leur rang dans la hiérarchie, en mettant de côté tous les autres aspects.

Il évalue chacune de ses actions uniquement en fonction de l'impact qu'elle a sur les autres : il agit pour les autres, s'habille pour les autres, parle pour les autres, pense pour les autres.

L'artiste, quant à lui, ne peut pas chercher la validation de ses efforts ou de sa vocation auprès des autres. Il doit faire son travail pour lui-même.

L'Artiste et le territoire

En résumé, l'extrait souligne que l'acte de création est territorial, qu'il s'agisse d'un artiste ou d'une mère.

Lorsque l'artiste adopte une approche hiérarchique, en essayant de deviner les attentes de son public ou de manipuler sa création à des fins personnelles, il court-circuite l'inspiration et l'authenticité de son œuvre.

Au contraire, l'artiste doit se connecter aux forces mystérieuses qui animent l'univers et travailler pour l'amour de son art, en faisant confiance à ce qui grandit en lui et en le mettant au service de la création elle-même, plutôt qu'en se concentrant sur les récompenses ou l'avancement personnel.

C'est un appel à travailler de manière territoriale, en se soumettant humblement aux forces créatrices et en se laissant guider par elles.

La différence entre territoire et hiérarchie

L'extrait explique la différence entre une orientation territoriale et une orientation hiérarchique dans notre approche du travail.

Si notre orientation est hiérarchique, nous recherchons la validation et l'approbation des autres et sommes impatients de savoir ce que les autres pensent de nous.

Une orientation territoriale, en revanche, signifie que nous trouvons notre motivation intrinsèque et notre satisfaction dans l'activité elle-même, indépendamment de ce que pensent les autres.

L'auteur propose des tests pour déterminer notre orientation : si nous cherchons à nous rassurer en cherchant l'approbation des autres, nous avons une approche hiérarchique.

Mais si, même si nous étions seuls sur terre, nous continuons à poursuivre notre activité avec passion, alors nous sommes dans une approche territoriale.

Devenir le Créateur Ultime : L'Artiste et la Quête de l'Excellence

Voici un portrait de l'artiste idéal par steven pressfield, auteur de la guerre de l'art.

La Vertu Suprême, le mépris de l'échec

La vertu suprême de l'artiste est le mépris de l'échec.

Tout comme le roi spartiate Léonidas identifiait le mépris de la mort comme la vertu suprême du guerrier, l'artiste doit adopter une attitude similaire face à l'échec.

En se concentrant sur son propre travail et en ignorant la peur de l'échec, l'artiste peut surmonter les obstacles et se libérer des contraintes qui pourraient l'empêcher de créer. En cultivant ce mépris de l'échec, l'artiste peut se concentrer pleinement sur sa création et atteindre son plein potentiel artistique.

Une vie, un portrait : L'artiste en lumière

Dans ce portrait de l'artiste, nous découvrons que l'artiste est à la fois le serviteur des sphères supérieures de la réalité et des forces créatrices qui cherchent à communiquer avec notre monde.

Il est un instrument volontaire et capable, permettant la manifestation des visions qui émergent de ces plans de pure potentialité. Cependant, l'ennemi de l'artiste réside dans l'ego restreint qui engendre la résistance et bloque l'expression créative.

Pour embrasser pleinement sa vocation artistique, l'artiste doit devenir un guerrier, acquérir la modestie et l'humilité, reconnaître que sa créativité ne vient pas de lui, mais qu'elle est canalisée à travers lui. Il se libère de l'idée d'être la source de ses créations et se positionne plutôt comme un canal à travers lequel elles se matérialisent.

La vie de l'artiste est également abordée. L'accent est mis sur le fait que l'accomplissement de notre véritable vocation artistique ou créative nécessite une action délibérée.

Il est essentiel de ne pas négliger ou abandonner cette vocation, car cela aurait des répercussions non seulement sur nous-mêmes, mais aussi sur nos enfants, sur la planète et même sur les forces supérieures qui nous ont dotés de nos dons uniques.

Le travail créatif n'est pas égoïste, c'est un don au monde et à chaque être vivant. Les artistes sont invités à ne pas retenir leur contribution, mais à la partager généreusement. La vocation artistique est considérée comme un appel à partager nos dons et à apporter une contribution précieuse à l'humanité.

Conclusion de « La guerre de l'art - Surmontez les blocages et gagnez vos batailles créatives intérieures »

La lecture du livre "The War of Art" a été pour moi une expérience transformatrice.

Le livre percutant de Steven Pressfield était plus qu'un simple guide pour les artistes ; il a agi comme une sonnette d'alarme, une prise de conscience profonde de mes propres blocages créatifs et une source d'inspiration inépuisable.

En explorant les pages de ce livre, je suis tombé nez à nez avec l'ennemi universel qui sommeille en moi depuis toujours  : La résistance.

J'ai pris conscience de la force invisible mais puissante qui nous empêche de poursuivre nos aspirations créatives, en nous accablant de doutes, de procrastination et de peurs.

Cette prise de conscience m'a profondément touchée, me faisant comprendre que je ne suis pas seule à lutter et que ces obstacles font partie intégrante du chemin de l'artiste, de l'humain.

La guerre de l'art m'a aidé à comprendre l'importance de la discipline, de la persévérance face à la résistance. 

J'ai appris à reconnaître les formes qu'elle prend dans ma vie et à développer des stratégies pour la surmonter. Ce livre m'a appris que la créativité n'est pas un don passif, mais une bataille active que nous devons mener chaque jour.

Au-delà de son impact sur ma propre vie, je crois fermement que "La guerre de l'art" peut avoir un effet profond sur les lecteurs qui se sentent bloqués dans leur processus créatif.

Il les invite à s'interroger sur leurs propres résistances, à reconnaître leurs peurs et à accepter la lutte qui accompagne la création.

Il peut donner aux lecteurs la permission d'être vulnérables, de prendre des risques et d'explorer leur créativité sans craindre le jugement ou l'échec.

En ce qui me concerne, ce livre a rempli sa mission, en faisant de moi un guerrier de l'art.

Points forts et points faibles du livre La guerre de l'art

Points forts :

Éclaire la lutte contre les résistances qui entravent la création

Offre de puissantes perspectives pour surmonter les obstacles artistiques

Motivant et inspirant, pousse le lecteur à affronter ses peurs

Encourage l'engagement total dans la pratique artistique

Points faibles :

Le langage peut être direct pour certains lecteurs (ce que j'ai trouvé être un point positif).

Certaines parties peuvent sembler répétitives ou prévisibles dans leurs messages.

Il peut manquer des exemples et des explications pour appliquer les concepts à d'autres domaines de la vie.

La note de Damien Giraud du blog monpotentielcreatif.com :

⭐⭐⭐⭐

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Foire Aux Questions (FAQ) du livre "La guerre de l'art - Surmontez les blocages et gagnez vos batailles créatives intérieures" de Steven Pressfield

Quels types d'artistes peuvent bénéficier de ce livre ?

Ce livre est utile pour tous les types d'artistes, qu'ils soient écrivains, peintres, musiciens, danseurs ou créatifs dans tout autre domaine. Les principes abordés sont universels et peuvent s'appliquer à toute personne cherchant à développer sa créativité et à surmonter les blocages artistiques.

Quelles sont les principales leçons enseignées dans ce livre ?

Dans La Guerre de l'Art, l'auteur explore des thèmes essentiels tels que la Résistance, la discipline, la persévérance, l'engagement total dans la pratique artistique, ainsi que le rôle des forces supérieures dans notre processus créatif. Le livre insiste sur l'importance de reconnaître et de surmonter les obstacles internes qui entravent notre créativité, tout en soulignant la nécessité d'être constant et déterminé dans la poursuite de nos aspirations artistiques.

Est-ce que ce livre fournit des conseils pratiques pour surmonter les blocages artistiques ?

Non, il s'agit plutôt d'un livre qui m'a fait réfléchir. Dans le but de changer notre état d'esprit, Steven Pressfield propose des " changements de conscience " pratiques pour faire face à la Résistance et stimuler la créativité.

Ce livre est-il seulement destiné aux artistes professionnels ?

Non, "La Guerre de l'Art" est pertinent pour tous ceux qui cherchent à développer leur créativité, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Il encourage chacun à cultiver son expression artistique et à surmonter les obstacles internes qui peuvent entraver le processus créatif. Les principes abordés peuvent également être appliqués à d'autres domaines de la vie où la résistance peut se manifester.

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Thu, 19 Oct 2023 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12614/La-guerre-de-lart
C’est quoi la sérendipité ? http://www.olivier-roland.fr/items/view/12444/Cest-quoi-la-srendipit

Chronique et résumé de « C’est quoi la sérendipité ? » de Danièle Bourcier et Pek van Andel : personnes fermées, s’abstenir — cet ouvrage est destiné à celles et ceux qui veulent comprendre comment le nouveau apparaît à ceux qui accueillent l’imprévu et s’ouvrent aux opportunités !

Daniel Bourcier et Pek Van Andel, 2017, 251 pages.

Chronique et résumé de « C'est quoi la sérendipité ? » de Danièle Bourcier et Pek van Andel

Introduction

Qu’est-ce que la sérendipité ?

« La sérendipité est le don, grâce à une observation surprenante et une explication juste, de faire des trouvailles. Plus précisément, c’est la faculté de découvrir, d’inventer ou de créer… ce qui n’était pas recherché à ce moment-là. » (C’est quoi la sérendipité ?, p. 14)

Il ne s’agit donc pas seulement d’observer ou de faire face à l’inattendu, mais aussi de le comprendre et d’en faire quelque chose. Cette notion peut donc s’appliquer à l’ensemble des activités humaines, des plus humbles aux plus audacieuses.

Le mot est apparu tardivement dans les dictionnaires français : en 2012. Le phénomène était alors observé et commenté, mais le nom « sérendipité » n’était pas en usage.

Au cœur de ce concept, vous trouverez donc l'idée "tirer profit de l'imprévu au moment opportun". Ce n'est en conséquence pas seulement un don, mais aussi une capacité ou une aptitude qui peut être travaillée.

Pour agir de cette façon, il importe donc de faire attention aux détails, aux petites "traces" et "indices" qui ont l'air, de prime abord, sans importance. Vous ne partez pas d'un plan ordonné, mais de l'étonnement face à (un petit) quelque chose qui vous surprend. Comme Sherlock Holmes, vous suivez des pistes.

À quoi sert la sérendipité ?

Les auteurs pensent que la sérendipité peut servir à tout le monde : étudiants, chercheurs, citoyens, artistes, politiciens, citoyens, etc. Cela dit, elle est particulièrement visible dans les domaines d'activités suivants.

Techniques : le bricolage, l'essai-erreur, les innovations de détournement, etc.

Arts : rôle de la spontanéité, de l'inconscient, de l'inspiration soudaine dans la création.

Sciences : découvertes surprenantes, stimulation de la curiosité, liberté de la recherche, questions autour de sa reproductibilité, etc.

Elle a également un rôle à jouer dans la démocratie, où le changement survient souvent à partir d'opportunités qui s'offrent de façon inattendue.

Peut-on enseigner et apprendre la sérendipité ?

La surprise ne se programme pas. Mais la réaction que vous adoptez face à elle peut être modifiée. Autrement dit, vous pouvez acquérir une méthode pour agir comme un "sérendipiste" (p. 18).

En réalité, l'une des façons d'apprendre consiste à lire des enseignements comme le conte des Trois Princes de Serendip. Vous pouvez également expérimenter ou vous inspirez d'exemples, comme le proposent les auteurs de ce livre.

Le conte des Trois Princes de Serendip

Tout d'abord, commençons par rappeler le conte. Il s'agit d'une histoire venue de Perse, écrite par le poète Amir Khosrow Dehlavi au tout début du XIVe siècle (en 1302).

Trois princes refusent la succession paternelle et sont alors bannis du royaume de Serendip. Cela les embarque alors pour un voyage inconnu. Tout au long du périple, ils vivent de nombreuses aventures et doivent résoudre quantité d'énigmes.

Mais surtout, ils ont un sens aigu de l'observation et de la déduction, comme le montre le long extrait proposé par Danièle Bourcier et Pek Van Andel p. 20-25 !

Les pères fondateurs de la sérendipité 

Un aristocrate anglais, Horace Walpole, comte d'Oxford, lut le conte au XVIIIe siècle et fut le premier à parler de serendipity.

Mais la référence au conte apparaît un siècle plus tôt sous la plume du philosophe Francis Bacon. Il commente donc le texte en parlant de "sagacité" par "accident" et déclare que :

« Il semblerait donc que, jusqu’à maintenant, l’homme doive plus à une chèvre pour la chirurgie, à un rossignol pour la musique, à l’ibis pour un clystère, à un couvercle qui saute du chaudron pour l’artillerie, ou, plus généralement, à la chance ou à quelque chose d’autre, qu’à la logique, pour l’invention dans les arts et les sciences. » (Texte de F. Bacon cité dans C'est quoi la sérendipité ?, p. 28)

Claude Bernard est, en effet, un autre précurseur. Ce grand médecin, père de la physiologie expérimentale, évoque à de nombreuses reprises l'héritage de Francis Bacon. La métaphore de la chasse est essentielle pour ces deux auteurs et elle renvoie à l'idée de découverte à partir de traces et d'indices.

Facettes de la sérendipité

En réalité, l'idée de la sérendipité a toujours existé et les auteurs les plus divers en ont fait l'éloge. Les auteurs proposent ici quelques citations qui montrent son importance dans différents champs du savoir.

"La science est fille de l'étonnement." (Aristote, philosophe)

"Être prêt, c'est tout." (William Shakespeare, écrivain)

"Les voies par lesquelles les hommes arrivent à comprendre les choses célestes me semblent aussi admirables que ces choses elles-mêmes." (Johann Kepler, astronome)

"Plus les gens planifient leur travail, plus le hasard peut les toucher." (Friedrich Dürrenmatt, physicien)

Il y a plus de 30 citations sur le sujet dans le livre C'est quoi la sérendipité !

Êtes-vous doué pour la sérendipité ?

Selon Danièle Bourcier et Pek van Andel, il est tout à fait possible de créer un milieu favorable à l'apprentissage de la sérendipité. Par ailleurs, il existe aussi des profils de personnes qui seront plus naturellement doués pour ce type d'aptitude.

« Le profil d’un sérendipiste est celui d’un individu qui n’aime pas suivre les règles définies et les idées dominantes. Il préfère se laisser détourner par un événement, une rencontre, une idée, et prendre des chemins buissonniers pour réaliser ses projets et ses rêves. » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 39)

Les artistes, les chercheurs et les enfants sont souvent pris en modèle de ce type d'action ouverte et aventureuse. Mais, encore une fois, elle peut se généraliser.

Comme les auteurs vont le montrer dans ce livre C'est quoi la sérendipité, certaines innovations du quotidien, de la cuisine au mobilier, sont dues à des inconnus ayant su exploiter l'inattendu et d'individus qui, parfois partis de rien, ont réussi.

C'est à votre tour de partir à leur rencontre !

Récits de sérendipité

1 — La viande grillée

Un récit chinois raconte comment les hommes en sont venus à manger de la viande cuite. C’est une histoire inventée, bien sûr, mais elle est savoureuse.

Selon celle-ci, un étourdi incendia la maison de son père avec des porcs à l’intérieur. La catastrophe était totale, mais l’odeur des animaux était si délicieuse qu'ils en oublièrent le drame et mangèrent pour la première fois du cochon grillé.

2 — La pierre celtique

Cette pierre en forme d'ellipse a la particularité de ne tourner que dans un seul sens. Elle existe depuis des millénaires et a été retrouvée dans de nombreuses civilisations préhistoriques.

Ce n'est qu'en 1896 qu'un scientifique réussit à percer le mystère de ce comportement étrange. Il a alors modélisé le mouvement de cette "pierre magique" par un système à six équations.

3 — Le verre

La civilisation phénicienne aurait inventé le verre en moins 5000 av. J.-C.

Selon le récit (sans doute légendaire) de l'historien romain Pline l'Ancien, des navigateurs phéniciens auraient par hasard mélangé des minéraux (du nitre) qu'ils transportaient pour faire du feu, avec le sable d'une plage sur laquelle ils se reposaient.

4 — Le café

Voici une autre histoire apocryphe concernant l'origine du café. Selon cette légende, les vertus du café auraient été découvertes dans le désert du Yémen par des chevriers qui constatèrent un jour que leurs chèvres avaient été "ensorcelées" par une plante.

Un imam particulièrement intrigué et ingénieux décida de faire une expérience : il fit une décoction des baies de ce mystérieux végétal. Et le café était né !

5 - Le roquefort

Autre récit inspirant, celui de la découverte du roquefort. L'histoire veut que ce soit un jeune berger qui, ayant laissé son "caillé" de brebis pour aller courir une jeune fille, le retrouve quelques semaines plus tard légèrement moisi — mais étonnamment délicieux.

Sur ce fait, il en parla aux autres habitants de la région qui commencèrent à perfectionner le procédé pour en faire ce que nous connaissons aujourd'hui comme le roquefort, le "roi des fromages", selon Diderot.

6 - La découverte de l'Amérique

Cette histoire-là est vraie, mais tellement connue qu'elle en devient légendaire. Christophe Colomb pensait partir pour les Indes… Et il découvre l'Amérique. Ce n'est pas seulement une erreur, mais aussi une preuve de courage et d'audace : il a osé choisir une autre route et tenter l'aventure.

Pourtant, le navigateur ne sut jamais qu'il avait découvert un nouveau continent. C'est Amerigo Vespucci qui en fit l'hypothèse le premier et c'est pour cette raison que ses contemporains donnèrent son nom au Nouveau Monde.

7 - Le vin de Madère

Le vin de Madère est connu depuis le XVIe siècle. Il fut perfectionné par les Anglais qui souhaitaient le protéger durant les longues traversées en bateau. Dans les siècles suivants, ce vin connut un grand succès.

Mais sa fabrication changea le jour où une bouteille fut oubliée dans une cale. Lorsque les marins la retrouvèrent, ils goutèrent le breuvage qui s'avéra encore meilleur, en raison du roulis et de la chaleur de la cale. Depuis, les producteurs de ce vin le font vieillir et le bonifient en s'inspirant de cette expérience fortuite.

8 - Le pendule de Galilée 

Il est dit — c'est une histoire apocryphe — que le jeune Galilée aurait découvert le principe du pendule en observant distraitement le lustre de la cathédrale de Pise, alors qu'il attendait que la messe soit dite. De retour chez lui, il aurait expérimenté à partir de son observation et aurait théorisé ce mouvement.

Même si elle est probablement erronée, cette histoire a le mérite didactique de montrer "l'importance de l'observation des faits étonnants suivie de l'expérimentation" (p. 63). Pour rappel, Galilée est le père de la science moderne.

9 - La quinine

Parfois, nous utilisons un produit de façon empirique sans pour autant savoir "pourquoi" cela fonctionne. Ce n'est que bien des années plus tard que nous prenons conscience du principe ou de la cause qui fait que cela "marche".

Eh bien, il en fut comme cela pour la quinine, cet extrait de plantes qui soigna bien des personnes de la fièvre, et notamment Louis XIV, durant tout le XVIIe siècle.

Ce n'est pourtant qu'au XVIIIe siècle que deux pharmaciens isolèrent la molécule responsable des effets bénéfiques sur la santé. Cette innovation mena à la synthèse complète de la quinine en 2008 (seulement).

10 - La rhubarbe

La rhubarbe telle que nous la connaissons vient en fait d'une amélioration due au hasard. Celle connue depuis l'Antiquité était d'un rose vif et elle était dure. Un jour, des jardiniers peu scrupuleux jetèrent de la terre sur des plans de rhubarbe, les oublièrent et les redécouvrirent plus tendres et plus agréables à manger.

Ce procédé d'ajout d'engrais fut repris et perfectionné par un horticulteur et c'est toujours comme cela que cette plante se cultive dans le nord de l'Angleterre.

11 - Le phosphore

Croyez-le ou non, mais le phosphore fut inventé par un alchimiste du nom de Hennig Brandt qui tenta de convertir de l'urine en or !

Les phosphates contenus dans l'urine se transformèrent en phosphore sous l'effet de la chaleur créée artificiellement par l'expérimentateur. Pas d'or à l'horizon, donc, mais la découverte d'un matériau luminescent, brillant dans l'obscurité.

12 - Les bactéries 

« Une découverte fondamentale est faite, par hasard, grâce à un instrument qui avait pour objectif initial un autre usage. » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 72)

Antoni van Leeuwenhoek est aujourd'hui considéré comme l'un des précurseurs de la microbiologie et de la biologie cellulaire. Pourtant, il était au départ marchand de tissu !

Il observa ce que nous nommons aujourd'hui "bactéries" grâce à un nouveau type de microscope qu'il avait construit pour observer la trame de ses étoffes. Toutefois, il voulut l'utiliser pour comprendre un problème qui l'intriguait : "Pourquoi le poivre pique-t-il ?"

Et c'est ainsi — en plongeant des grains de café dans l'eau et en les observant à l'aide de son invention — qu'il fit la découverte des bactéries.

13 - Le bouchon de champagne

C'est un moine, Pierre Pérignon (1638-1715, qui donna son nom à la célèbre marque), qui inventa le bouchon de champagne en liège après avoir observé des visiteurs venus de Catalogne transportant leur eau dans des jarres fermées avec des bouchons réalisés en cette matière.

Auparavant, les bouteilles se conservaient mal et les explosions dues au gaz présent dans le breuvage n'étaient pas rares, causant parfois des dégâts matériels et humains.

14 - Le cognac

C'est au début du XVIIIe siècle que le brandy, brandevin (vin brûlé) ou cognac, fit son apparition tel que nous le connaissons aujourd'hui. Pour des raisons de conservation, les viticulteurs se mirent à le distiller (c'est-à-dire à le "brûler" pour diminuer le volume et concentrer les arômes, tout en le rendant plus résistant aux aléas du temps), puis à le garder en fûts de chêne.

Il est dit qu'un stock fut retrouvé après la guerre de succession d'Espagne (1702-1702) et que les bouteilles qu'il contenait, vieilles de deux ou trois ans, se révélèrent meilleures que leurs cousines plus jeunes. De là viendrait l'habitude de laisser vieillir ce vin.

15 - Le papier de bois

Le scientifique René-Antoine Réaumur fut le premier à proposer de faire du papier avec des fibres de bois. Il faut dire qu'auparavant, le papier était fabriqué à partir de "chiffon" (tissu). Mais comment eut-il cette idée, qui nous semble si commune aujourd'hui ?

En observant les abeilles et la façon dont elles construisent leurs habitations. Il remarqua que celles-ci mangent du bois, le décomposent durant la digestion et le régurgitent sous forme de pâte qui leur sert à fabriquer leurs nids.

Il s'inspira donc de ce procédé naturel pour proposer une solution innovante. C'est un exemple de ce qui est parfois nommé "bionique", "soit la capacité de faire une observation surprenante dans la nature vivante et de l'appliquer à la technique ou aux sciences" (C'est quoi la sérendipité ?, p. 80).

16 - La mayonnaise

Il existe plusieurs histoires autour de l'origine de la mayonnaise et de son nom. L'une de celles racontées par Danièle Bourcier et Pek Van Andel nous fait remonter en 1756, alors que les Anglais et les Français se disputent l'île de Minorque.

Les Français gagnent à Port-Mahon et Richelieu, pour fêter la victoire, ils organisent un banquet. Le cuisinier, voulant préparer une sauce, ne trouve pas de crème et la remplace par de l'huile : la mayonnaise (de Port-Mahon) était née.

Vous n'êtes pas convaincu par ce récit ? Lisez les autres anecdotes et origines possibles p. 84 !

17 - La vaccination contre la variole

Un médecin anglais du nom d'Edward Jenner inventa la vaccination en observant les comportements des gens de sa région et en écoutant attentivement leurs histoires. Il remarqua que certaines jeunes filles trayant certaines vaches — celles dites atteintes de "vaccine" — ne tombaient pas malades de la variole.

Par contre, elles attrapaient de peu jolies pustules (c'est-à-dire, en fait, la vaccine de leurs vaches). Le docteur décida de tenter une expérience qui consista à mettre un jeune garçon au contact de ces pustules, puis à lui inoculer la variole. L'enfant ne contracta pas la maladie (heureusement, sinon le médecin aurait eu quelques problèmes !).

18 - L'électricité de Galvani

Luigi Galvani était professeur d'anatomie et d'obstétrique à l'université de Bologne durant le XVIIIe siècle. Il fit des expériences sur les grenouilles, notamment, afin d'étudier l'"électricité animale". Ces recherches ne furent pas couronnées du succès directement, mais ouvrirent la voie à de nouvelles recherches et inventions, comme la pile voltaïque d'Alessandro Volta en 1800.

Galvani écrit en 1791 :

« Quand nous ne pouvons pas arriver à la vérité, une nouvelle approche peut au moins être ouverte. » (Commentarius, cité dans C'est quoi la sérendipité ?, p. 89)

19 - La montgolfière

Il y a d'abord deux frères.

Joseph, l'utopiste, qui rêve et a de bonnes idées.

Étienne, le scientifique calme et méthodique.

Installé près du feu, Joseph voit sa chemise se gonfler sous l'effet de la chaleur. Cela lui donne une idée : de cette façon, les troupes françaises pourraient peut-être vaincre les Anglais et enfin prendre Gibraltar (nous sommes à l'époque du siège de la ville, vers 1780) !

Il n'en faut pas plus pour exciter la curiosité et l'envie d'entreprendre des deux compères, qui se mettent à l'œuvre. Finalement, en avril 1783, la démonstration est faite : un ballon d'un volume de 800 mètres cubes s'envole au-dessus de Paris à 1 000 mètres d'altitude.

20 - La nature de la chaleur

Benjamin Thompson, comte de Rumford (l'histoire retient surtout ce dernier nom), compris la nature de la chaleur à partir de fines observations de la nature et d'expériences multiples. Il conclut de ses recherches que la chaleur n'est pas une substance, mais le résultat d'un "mouvement interne des constituants de la matière".

Ces investigations furent le point de départ de la thermodynamique, un domaine qui gagna en importance tout au long du XIXe et du XXe siècle.

21 - Le daltonisme

John Dalton découvrit, à 28 ans seulement, qu'il ne voyait pas les couleurs comme tout le monde. Dans ses écrits, il a décrit pour la première fois ce que nous connaissons tous aujourd'hui comme le "daltonisme".

Pour se rendre compte de sa différence, il dut observer longuement la nature - des géraniums, en l'occurrence - et investiguer auprès de ses contemporains pour savoir ce qu'ils voyaient.

22 - L'Aquavit Linie

Encore une fois, les grandes traversées font bien les choses ! L'eau-de-vie (aquavit) "Linie" a la particularité d'être conservée dans des fûts de xérès et de naviguer à fond de cale tout autour du monde. C'est en tout cas ainsi que des marchands et marins norvégiens découvrirent que l'aquavit normal pouvait devenir bien meilleur !

23 - Le stéthoscope

Le stéthoscope a été inventé par le médecin français René Laennec suite à l'observation de jeux. Cherchant un moyen d'écouter le cœur de ses patients, il se rappela avoir vu des enfants écoutant le bruit fait par une aiguille en collant son oreille à l'autre bout d'une poutre.

Pour bien entendre le cœur, il fallait utiliser un dispositif permettant de le faire résonner ; le docteur utilisa d’abord un cône de papier, puis perfectionna son instrument.

24 - La draisienne

La draisienne est l’ancêtre de la bicyclette. C’est un vélo qui se conduit avec les pieds (il n’y a pas de système de poulie et de chaîne). Mais il a deux roues et… un guidon, qui fait l’objet de toutes les attentions.

En effet, son inventeur, Drais von Sauerbronn (1785 - 1851), n'avait pas vraiment prévu que le guidon serve non seulement à suivre la route, mais à conserver l'équilibre sur sa machine. Cette double fonction, partiellement imprévue, contribua au succès immédiat de son invention.

25 - Le daguerréotype

Il s’agit ici d’un cas de « pseudo-sérendipité », où « l’on trouve ce qu’on cherche de façon imprévue (et non ce qu’on ne cherche pas, comme pour la vraie sérendipité) » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 103)

Le daguerréotype, du nom de Louis Jacques Daguerre (1787-1851), son inventeur, est une technique photographique qui utilise des plaques de cuivres couvertes d'argent et des vapeurs de mercure pour fixer les images.

J. L. Daguerre savait ce qu'il voulait obtenir, mais l'idée d'utiliser des vapeurs de mercure lui vint par hasard, alors qu'il avait placé ses plaques dans une armoire contenant… un thermomètre cassé !

26 - L'omnibus

Stanislas Baudry, homme d'affaires avisé de Nantes, sut sauter sur les opportunités. D'abord propriétaire d'une minoterie qui rejetait beaucoup de vapeurs, il décida de créer des bains-douches publics à côté de sa fabrique en utilisant les vapeurs excédentaires.

Pour mener les gens jusque-là, il proposa un service de transport public. Les bains publics ne connurent pas de succès, mais son "bus" (nommé "omnibus" pour une raison étonnante évoquée dans le livre p. 106), lui, ne désemplissait pas.

Pariant sur ce besoin de mobilité, l'entrepreneur vendit minoterie et bains-douches pour se consacrer aux transports publics urbains et fonder une compagnie de transports à Paris qui fit sa renommée et sa fortune.

27 - Les bêtises de Cambrai

Le nom de cette sucrerie le dit : il s'agit d'une erreur, d'une "bêtise" ! Et c'est même devenu un argument commercial ! Qui fit l'erreur ? Difficile à dire, mais l'une des histoires les plus crédibles nous fait remonter à la famille Afchain, en 1830.

Et surtout à l’adolescent distrait — Émile — qui suivit mal la recette de ses parents et ajouta du caramel et de la menthe à la préparation initiale. Celui qui ne voulait pas se faire gronder fit, au final, le bonheur de tous !

28 - La sauce Worcester

Cette sauce est un classique de la cuisine anglaise. Et elle doit son existence à l'oubli et au temps. Jugée mauvaise de prime abord, ce n'est qu'au terme de deux années dans un pot qu'elle se révéla délicieuse. Ces concepteurs, John Lea et William Perrins, ont donc eu la bonne idée de ne pas jeter la mixture initiale !

29 - Le délai de Darwin

Danièle Bourcier et Pek van Andel affirment que :

« La théorie de l’évolution est un exemple de pseudo-sérendipité. Ce n’est pas par le fruit du hasard que cette théorie a été établie, mais à la suite d’une succession d’observations, de notes et de discussions qui durèrent près de vingt ans. » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 111)

Qu’est-ce, donc qui est dû au hasard ? C’est ce qui est nommé le « délai de Darwin », à savoir le temps entre lequel l’idée principale de sa théorie lui vint et le temps qu’il mit à l’exposer publiquement. Grâce à cette période de réflexion, l’auteur de L’Origine des espèces eut le temps de contrer un maximum d’objections possibles.

30 - La vulcanisation

Vous connaissez sans doute les pneus Goodyear ? Et bien, le matériau si particulier dont il est composé a été inventé par vulcanisation ou "curage". Ce procédé particulier (exposé p. 115) a été inventé en partie par hasard par Charles Goodyear, qui prit un brevet sur son invention en 1844.

31 - Le coton-poudre

C'est dans sa cuisine et non dans son laboratoire que ce chimiste allemand, Christian Schönbein, inventa le coton-poudre. Et ce n'est pas un fait anodin : c'est bien parce qu'il se trouvait là, et pas ailleurs, que la réaction appropriée eut lieu. Cela nous montre qu'un changement d'environnement peut être bénéfique à la découverte.

Le coton-poudre, oublié au profit de la nitroglycérine, fut utilisé dans l'industrie de l'armement et en pharmacie.

32 - Semmelweis et l'hygiène 

Ignace Philippe Semmelweis était un médecin obstétricien austro-hongrois. Il devait faire face à un nombre important de décès de femmes après accouchement. Pour résoudre ce problème, il investigua longuement.

Ce n'est toutefois qu'à l'occasion de la mort d'un de ses amis médecins qu'il comprit ce qui se passait : les médecins opéraient à la fois en salle d'autopsie et en salle d'accouchement et faisaient les allers et retours… sans se laver les mains.

Si cela nous paraît si étonnant aujourd’hui, c’est en partie grâce à son enseignement. Il fut le premier à mettre en place un protocole drastique de nettoyage des médecins qui ne fut pourtant redécouvert que bien des années plus tard.

33 - Le jeans

Le "détournement d'usage" est l'un des moteurs de la sérendipité. Dans ce cas, des rouleaux de toile initialement destinés à devenir des bâches pour les charriots ou les tentes des chercheurs d'or se reconvertirent en pantalons.

Et ceux-ci furent progressivement améliorés pour devenir le blue jeans que nous connaissons. Le tout, grâce au sens du commerce, à l'ingéniosité et à la collaboration de trois hommes : Loeb (devenu Levi) Strauss et Jacob Davis — ce qui donna Levis Strauss & Co.

34 - Le glycogène

Le glycogène est "une forme de stockage des glucides dans l'organisme" (p. 124). Le célèbre médecin français Claude Bernard découvrit ce composant à partir d'une expérience en apparence "ratée" sur des animaux.

Mais plutôt que de considérer cette expérience comme un échec, l'expérimentateur se demanda pourquoi celle-ci avait abouti à de tels résultats. Et c'est ainsi qu'il découvrit et isola le glycogène.

Voici ce qu'il dit :

« Le grand principe est donc […] de se préoccuper très peu de la valeur des hypothèses ou des théories, et d’avoir toujours l’œil attentif pour observer tout ce qui apparaît dans une expérience. Une circonstance en apparence accidentelle et inexplicable peut devenir l’occasion de la découverte d’un fait nouveau important. » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 125)

35 - La solution de Ringer

La solution de Ringer est une solution contenant du sel et du calcium (notamment) et qui sert à l'étude de certains organes. Au départ, Sydney Ringer n'avait pas l'idée d'y placer du calcium. Mais c'est à la suite d'une erreur et d'un mensonge d'un de ses subalternes qu'il découvrit la clé de son mélange.

36 - La bouillie bordelaise

Ici, la sérendipité apparaît de nouveau grâce à un changement d’usage. Les viticulteurs voulaient au départ protéger leurs vignes du chapardage en les aspergeant d’un mélange de produits chimiques (sulfate de cuivre et chaux).

Finalement, les plants ainsi traités se révèlent résistants au mildiou (maladie de la vigne). Après vérification et élaboration, la "bouillie bordelaise" devient le premier fongicide utilisé à grande échelle.

37 - Le Coca-Cola

Au départ, le coca-cola contenait du vin français et se nommait le French Wine Coca. Suite à la prohibition de l'alcool dans l'État d'Atlanta, son fabricant, John S. Pemberton, décida d'inventer une version sans alcool qui ressemblait à un sirop.

Celle-ci fut améliorée par son fils qui y ajouta de l'eau gazeuse. Mais ce fut une autre personne, Asa Candler, qui racheta la formule et en fit le succès que nous connaissons tous.

À noter : la forme de la bouteille est issue d'une erreur "bionique", puisque son designer s'est inspiré d'une fève de cacao et non d'une noix de coca.

38 - L'arrêt de caméra

Georges Méliès (1861 - 1938) est considéré comme l'un des tout premiers réalisateurs de films. Il trouva l'arrêt de caméra — une technique permettant de faire disparaître ou apparaître des éléments (décors, acteurs, etc.) à l'écran — grâce à un dysfonctionnement de l'un de ses appareils.

39 - L'électrocardiogramme

Albert von Kölliker et Heinrich Müller étaient des spécialistes d'anatomie qui travaillaient sur des grenouilles (comme Galvani). Ils cherchaient à étudier les battements du cœur de celles-ci et inventèrent un mécanisme pour rendre compte de leurs découvertes.

L'instrument d'enregistrement n'était pas pour eux une fin en soi, mais Willem Einthoven, un médecin néerlandais, améliora le dispositif inventé par les deux premiers et créa l'électrocardiogramme.

La leçon à tirer de cette histoire nous est fournie par les auteurs :

« Être confronté à un fait surprenant — ici, la surface du cœur d’une grenouille qui produit un courant électrique — ne suffit pas. Il faut créer un appareil capable d’enregistrer le phénomène. La trouvaille portera finalement sur l’instrument nouveau — qui deviendra l’électrocardiogramme — nécessaire pour enregistrer les vibrations. » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 134)

40 - La psychanalyse

Sigmund Freud (1856 - 1939) a découvert la signification des rêves (ou plutôt l’intérêt de leur interprétation), « presque par hasard », selon ses propres mots. Il dira ensuite qu’ils sont « la Voie royale qui mène à la connaissance de l’Inconscient et de la vie psychique ».

Mais ce n'est pas tout. En partant d'une analyse par l'hypnose, il en vient à changer de procédé grâce à l'observation attentive de ses patientes. Cela donnera naissance à sa "méthode des associations libres", si importante pour la psychanalyse.

41 - Les rayons X

« Je ne pensais pas, j’expérimentais… Je crus que j’étais victime d’une illusion. » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 141)

C'est ainsi que Wilhelm-Conrad Röntgen, découvreur des rayons X et l'un des premiers récipiendaires du prix Nobel en 1901, relata sa découverte. Cette citation nous montre encore une fois que l'expérimentation est au cœur du processus de sérendipité.

Le chercheur ne "pense pas", ne se juge pas, il avance par essais et erreurs, observe et tire des conclusions.

42 - La radioactivité

Il en va de même pour cette découverte capitale qui suit directement celle de Röntgen et s'en inspire. Henri Becquerel fit de nombreuses expériences pour étudier les rayons X à partir du caractère phosphorescent de certains objets.

Le hasard l'aida à se rendre compte que l'uranium émet par lui-même, sans besoin d'être exposé au soleil, des "radiations pénétrantes". Il venait de découvrir ce que Marie Curie, un an plus tard, appellera "radioactivité" (en utilisant pour sa part non de l'uranium, mais du radium).

43 - L'aspirine

L'acide acétylsalicylique est la substance active de l'"aspirine". Elle est connue sous sa forme naturelle depuis l'Antiquité, puisque les Égyptiens et les Grecs l'utilisaient déjà. Pourtant, ce n'est qu'au XIXe siècle qu'elle fut synthétisée et qu'on lui donna ce nom.

Plusieurs tentatives de pharmaciens et chimistes, français et allemands, furent nécessaires avant de parvenir à une synthèse parfaite. Le nom associé à cette réussite est Felix Hoffmann, qui travaillait pour l'entreprise Bayer.

44 - La machine d'Anticythère

Le premier ordinateur calculait la position des astres ! Cette machine retrouvée au fond d'une épave romaine dans les mers grecques a été entourée de mystère pendant bien des années. De nombreux chercheurs l'ont étudiée, sans pouvoir conclure clairement à sa fonction.

Sans l'heureux hasard de sa découverte par deux pêcheurs, tout cela serait resté inconnu.

45 - La tarte Tatin

Tous les Français ou presque connaissent cette histoire, dont l'authenticité n'est pas avérée. Selon la légende, donc, les sœurs Tatin, Caroline et Stéphanie, auraient joué de malchance et de maladresse avec une pauvre tarte aux pommes. Toutefois, les détails divergent.

Choisissez votre version préférée :

Stéphanie fait brûler la tarte et la remet au four à l'envers pour ne pas la jeter ;

Distraite par un prétendant, Stéphanie met la tarte à l'envers dans le four ;

Caroline fait tomber une tarte qui sort du four et la sert ainsi.

Quoi qu'il en soit, c'est bon !

46 - La synchronisation des horloges à distance

Que diriez-vous si Albert Einstein avait découvert la théorie de la relativité à partir d'un problème technique et politique, celui de la synchronisation des horloges à distance dans l'Empire prussien ?

Certes, Einstein s'intéressait à des questions théoriques, mais il ne lui serait peut-être jamais venu à l'esprit de remettre en cause les notions newtoniennes d'espace et de temps sans l'existence de cet enjeu pratique, qui le força à focaliser son attention sur les questions de mesure et de référence.

47 - Les dinosaures de Tendaguru

C'est un ingénieur allemand qui découvrit une zone remplie d'os de dinosaures dans la région de Tendaguru, en Tanzanie. À cette époque, le pays était sous domination germanique et de nombreux scientifiques vinrent exploiter le site et réussirent à recomposer de nombreux squelettes.

Ici encore, une trouvaille inattendue, faite par une personne soucieuse de prévenir des experts, permet à la science d'avancer.

48 - Les sachets de thé

Le détournement d’usage joue ici le rôle clé : les sachets de thé étaient au départ prévus pour contenir le thé qui devait être envoyé à des clients en tant qu’échantillons commerciaux. Mais certains d’entre eux, simplement naïfs ou expérimentateurs dans l’âme, décidèrent de jeter les petits sachets (en soie) tels quels dans l’eau bouillante.

L'invention se répandit et se perfectionna sous l'impulsion de cette innovation inopinée de quelques clients assoiffés !

49 - Kandinsky et l'invention de la peinture abstraite

En rentrant chez lui un soir, le peintre remarque un tableau merveilleux. À y regarder de plus près, il remarque qu’il s’agit là d’un de ses tableaux tourné de côté. Dans la pénombre, il ne pouvait reconnaître les objets peints. Pourtant (ou même grâce à cela), la peinture lui semblait extraordinaire ainsi.

De ce fait, simple en apparence, Kandinsky tira la certitude qu'il devait peindre "sans objet" reconnaissable et il théorisa le mouvement pictural connu sous le nom d'abstraction.

50 - La réaction de Maillard

Vous aimez la croûte brune et croustillante qui se forme sur la viande, les frites ou tout autre type d'aliment lorsqu'il cuit à une température suffisante (frit, rôti, etc.) ? Alors vous adorerez la réaction de Maillard ! C'est en effet le nom scientifique de ce phénomène.

Il se trouve que son explication a été proposée par Louis-Camille Maillard en 1911, alors qu'il étudiait la synthèse biologique des protéines.

51 — La petite madeleine de Proust

Dans À la recherche du temps perdu, Marcel Proust raconte comment ce gâteau, qu'il n'avait pas gouté depuis longtemps, lui fait revenir en mémoire de nombreux souvenirs. Cet épisode est un exemple de sérendipité fictive.

En effet, il semble que l'écrivain n'ait pas réellement vécu ce moment, mais qu'il l'ait inventé pour permettre "une transition entre deux niveaux de temps", le passé et le présent. L'idée lui serait venue d'une lettre qui évoquait d'ailleurs une biscotte, plutôt qu'une madeleine.

52- Les papiers collés de Jean Arp

Cet artiste, cofondateur du mouvement dada, voulait étudier les rapports entre art et hasard. Et cela tombe bien, car ce fut comme cela qu'il découvrit la technique artistique nommée "collage". Insatisfait de ces esquisses, il les déchira. En revenant dans son atelier, il les vit et décida de les coller sur une nouvelle toile.

Il dit plus tard : « Le hasard est ma matière première. » (cité dans C'est quoi la sérendipité ?, p. 169)

53 - Le No 5 de Chanel

L'homme derrière le Numéro 5 de Chanel se nomme Ernest Beaux, célèbre parfumeur élevé à Moscou. Il est chargé par la couturière de créer un parfum moderne. Celui-ci s'exécute avec joie et crée plusieurs échantillons.

Or il se trouve que le cinquième échantillon qu'il envoie à Chanel est une erreur… Il a placé trop d'aldéhydes (le composant principal qui lui donne son odeur). Mais c'est pourtant celui-là qu'elle choisit !

54 - Les deux rêves de Loewi

Otto Loewi (1873 - 1961) est un pharmacologue allemand qui enseigna en Autriche. Il obtint le prix Nobel de médecine pour la découverte de la transmission chimique des impulsions nerveuses. Pourtant, il était quelque peu au point mort.

Jusqu'au jour où, dix-sept ans après le début de ses recherches, il fit deux rêves qui le mirent sur la voie pour créer une expérimentation qui prouvait ses théories… Un bel exemple de sérendipité qui nous montre aussi l'intérêt de prendre note de nos rêves.

55 - La pénicilline

C'est un cas classique de pseudo-sérendipité, puisque Alexander Flemming découvrit ce qu'il cherchait, à savoir un antibiotique. Mais il le fit de façon inattendue, à savoir en s'intéressant de très près à une culture biologique contaminée que d'autres biologistes auraient sans doute jetée sans autre forme de procès.

Voici ce qu'il dit :

« Dans ma première publication, j’aurais pu dire que j’étais arrivé à ma conclusion de façon méthodique [mais] cela aurait été faux et je préférais dire la vérité : que la pénicilline était née d’une observation accidentelle. Mon seul mérite est que je ne négligeais pas l’observation et que j’abordais le sujet comme un bactériologiste. » (Cité dans C'est quoi la sérendipité ?, p. 175)

56 - Le Néoprène

Ce matériau est né en 1934 dans les laboratoires de la firme américaine DuPont. Un chimiste du nom d'Arnold Collins rata une expérience et dût casser son ballon d'expérience (l'outil qui sert à faire des mélanges).

Surprise : le matériau qu'il en sortit était élastique comme du caoutchouc. Ce matériau fut ensuite nommé et commercialisé par l'entreprise qui en tira un grand profit.

57 - La fission nucléaire

L'industrie liée à l'énergie atomique doit une fière chandelle à une physicienne, Lise Meitner, qui aida deux chimistes, Kaiser Wilhem et Otto Hahn, à comprendre le processus de fission nucléaire.

Cet exemple montre que l'interdisciplinarité est propice à la découverte et au déblocage de situations difficiles à interpréter. Les deux hommes reçurent finalement le prix Nobel, mais malheureusement, leur complice féminine resta dans l'ombre.

58 - La grotte de Lascaux

L’histoire est connue : quatre jeunes amis et un chien se promènent dans les bois. Le chien court après un lapin ; les amis le retrouvent dans une sorte de grotte, l’en sortent et commencent à explorer le lieu. Quatre jours plus tard, l’un d’eux, Marcel Ravidat, revient avec d’autres camarades. C’est la découverte.

Aujourd'hui, la grotte de Lascaux est considérée comme l'une des plus importantes œuvres artistiques du paléolithique.

59 - Le Velcro

Le velcro est un exemple de bionique : c'est par l'observation de la nature qu'une invention est pensée et réalisée. En l'occurrence, les fleurs de gratteron, ces petites boules agrippantes qui se collent aux vêtements, inspirèrent un ingénieur, George de Mestral.

Il observa au microscope le fonctionnement de ces boules et imita leur principe pour créer le Velcro (mot-valise pour "velours" et "crochets").

60 - La chimiothérapie

Le traitement qui sauve des vies aujourd'hui est lié à un gaz qui a été utilisé dans les heures les plus sombres du XXe siècle : le gaz moutarde.

Un médecin constata que les globules blancs des personnes intoxiquées par ce gaz avaient tendance à disparaître. Au même moment, des chercheurs firent le même constat et traitèrent un patient atteint de tumeur avec du gaz moutarde à l'azote. Celui-ci fut ainsi le premier traitement chimiothérapique connu.

61 - La musique concrète

Pierre Schaeffer était musicien et ingénieur, spécialisé en prises de son pour la radio. Il utilisait des sons venus de l'environnement pour habiller les émissions radiophoniques.

Mais un jour, par hasard, il se mit à écouter ces sons pour eux-mêmes et à considérer qu'ils pourraient devenir des éléments de base pour un nouveau type de musique. Cette découverte inspira énormément d'artistes et donna le jour à des instruments de traitement des sons originaux.

62 - La lentille artificielle

Cette invention est le fruit d'une question et d'un souvenir.

La question fut posée par un assistant du docteur Harold Ridley, qui lui demanda, lors d'une opération, pourquoi celui-ci n'avait pas remplacé le cristallin malade par une lentille artificielle (inexistante à l'époque).

Le souvenir fut celui de H. Ridley lui-même, qui se rappela que, durant la guerre, le Plexiglas qui explosait dans les yeux des aviateurs était bien toléré par ceux-ci.

Concluant que ce matériau pourrait convenir, il demanda de l’aide à des industriels pour concevoir des lentilles artificielles. Celles-ci changèrent le monde de l’ophtalmologie.

63 - L'odorat des papillons

Paul Jules Portier (1866 - 1962) était un biologiste et zoologiste spécialiste des papillons. Avec son petit-fils, ils firent des expériences sur l'odorat des papillons.

Le petit garçon suggéra une nouvelle manipulation (couper la tête du papillon…) qui se révéla très fructueuse, puisque cela permit de prouver au grand-père que l'odorat des papillons est lié au thorax et à l'abdomen.

64 - La chlorpromazine

La chlorpromazine est la substance qui donna naissance à la psychopharmacologie, en 1952. À partir de ces années, elle devient le traitement de base contre la schizophrénie. Pourtant, les effets de cet antihistaminique intéressaient au départ un autre champ du savoir : la chirurgie.

Si la découverte a été possible, c'est parce que des psychiatres se sont approprié cette molécule afin de la faire servir à d'autres usages.

65 - Rosa Parks

Nous sommes aux États-Unis, en 1955. La ségrégation raciale sévit. Cette femme noire refuse de céder sa place à un blanc dans un bus. Elle a une amende, mais fait appel et un procès commence. C'est le point de départ symbolique du mouvement pour les droits civiques.

Il y a sérendipité, selon les auteurs, dans la mesure où Rosa Park n'a pas prémédité son geste, mais que celui-ci a eu des conséquences en chaîne qui ont changé le pays tout entier.

66 — La thalidomide

Cette molécule a fait l'objet d'un scandale sanitaire : plus de 10 000 enfants sont nés difformes après la prise du médicament pendant la grossesse.

C'est pourtant un juriste, dont l'enfant était né sans bras, qui constata le problème le premier. Il tenta d'avertir le laboratoire pharmaceutique, mais celui-ci refusa d'entendre sa plainte. Ce fut finalement un chercheur qui l'aida à récolter les preuves et à pousser l'entreprise à retirer le médicament de la vente.

67 - Les pulsars

Tony Hewish, professeur d'astronomie, peut bien remercier sa doctorante, Jocelyn Bell, qui fit les premières observations de ce que nous nommons aujourd'hui "pulsar", c'est-à-dire une étoile à neutrons.

L'attention de la jeune femme à un phénomène étrange conduisit l'équipe du chercheur à faire des hypothèses et, finalement, à valider l'hypothèse théorique de l'existence de ces étoiles. Cela valut le prix Nobel à Tony Hewish en 1974.

68 - Une improvisation de Thelonious Monk

Lors d'une improvisation, les circonstances extérieures et les contraintes précises du moment servent à l'improvisateur de matériau pour créer. Bien sûr, celui-ci doit être prêt, c'est-à-dire avoir déjà de l'expérience — ici, du jazz — pour créer quelque chose de convaincant.

C'est ce qui arriva à Thelonious Monk un soir de Noël 1967, lorsqu'il improvisa sur Round Midnight. Et quel exemple de créativité !

69 - Le tabouret Tam Tam

Si Brigite Bardot ne s'était pas assise dessus durant une interview télévisée, ce tabouret en forme de sablier serait resté un simple ustensile de pêcheurs.

Mais voilà, c'était trop tard. Après l'émission, tout le monde veut le même et cet objet destiné en principe à un public restreint devient l'un des éléments iconiques du design français du dernier tiers du XXe siècle.

Par hasard, l'actrice a créé une mode et fait entrer son concepteur, Henri Massonnet, au Guinness Book !

70 — L’implantologie

Lorsqu’un médecin se rend compte qu’un morceau de titane resté littéralement collé à un os de lapin, comme si ces deux éléments avaient fusionné, cela donne — ou en tout cas peut donner — le premier implant dentaire digne de ce nom !

Mais pour ce faire, il faut que la société et surtout les dentistes, qui croient que cela n’est pas possible, acceptent la découverte de leur confrère. Et cela peut prendre du temps : 10 ans, dans ce cas-là.

71 - La peinture par accident

Pierre Soulage est l’un des artistes peintres contemporains qui comptent le plus sur le hasard et la chance pour la composition de ses toiles. C’est ainsi qu’il dit avoir découvert l’une de ses principales innovations : l’outre-noir.

C'est aussi de cette façon qu'il définit son parcours artistique :

« Tout ce qui m’arrive est accidentel… Je me suis aperçu que ce qui se présente de façon imprévue contient des développements inattendus méritant d’être exploités et qu’il ne faut pas laisser passer. » (Cité dans C'est quoi la sérendipité ?, p. 212)

72 - La Waffle de Nike

Bill Bowerman, coach sportif réputé, et Philip Knight, coureur de fond reconverti dans la finance, ont créé la marque Nike au début des années 1970. Mais au départ, ils produisaient des modèles qu’ils n’avaient pas inventés eux-mêmes.

Or, pour rester dans la course face à Adidas, il leur fallait innover et frapper un grand coup. La solution vint de façon inattendue, grâce à la femme de Bill Bowerman. Elle prépare des gaufres et son mari pense que le moule à gaufres pourrait faire de bonnes semelles !

Après quelques essais, cela fonctionne : la célèbre Waffle ("gaufre", en anglais) de Nike est née.

73 - Le Post-it

Vous connaissez peut-être déjà cette histoire. C'est l'une des plus célèbres concernant la sérendipité. Un jour, un chimiste de l'entreprise 3M se retrouve avec une colle poisseuse dont il ne sait que faire.

Elle fonctionne très bien pour coller temporairement de petits objets et les recoller si nécessaire, mais le chimiste ne va pas plus loin dans ces recherches.

Il faut attendre l'intervention de plusieurs autres personnes (dont un ingénieux expérimentateur et deux chimistes) pour que l'idée soit trouvée, mise en pratique et commercialisée sous la forme du si célèbre Post-it que nous connaissons encore aujourd'hui.

74 - Le Web ou World Wide Web

Tim Berners-Lee est l'inventeur d'Enquire, un programme qu'il développa ensuite avec l'aide de Robert Cailliau et qui donna naissance au World Wide Web dans la deuxième moitié des années 1980.

Voici ce qu'il dit de son idée :

« Je n’ai fait que prendre le principe d’hypertexte et le relier au principe du TCP [protocole de contrôle de transmission] et du DNS [système de noms de domaine] et alors — boum ! — ce fut le World Wide Web ! » (Cité dans C'est quoi la sérendipité ?, p. 219)

Ce « Boum ! » montre bien le côté soudain et partiellement inattendu de ce qui venait d’être créé — un outil qui allait dépasser le cadre restreint des ingénieurs du CERN (Centre européen de la recherche nucléaire) et se répandre dans le monde entier grâce à Internet.

75 - L'automédication par les animaux

Il se trouve que les chimpanzés du Parc national de Gombe Stream en Tanzanie savent très bien se soigner de la diarrhée et des vomissements. Comment ? Grâce aux feuilles d'un arbuste, Aspilia mossambicensis, qui sont toxiques pour les parasites qui rendent malades ces animaux.

Il est difficile d'expliquer le processus exact par lequel ces singes ont réussi à trouver une méthode efficace pour se soigner, mais ce qui est sûr, c'est qu'ils y sont parvenus !

76 - Le sida

La découverte de cette maladie a été possible par « la mise en pile de cas » et leur comparaison. Ainsi, peu à peu, ce que les médecines pensent d’abord être une mononucléose, ou une pneumonie, se transforme et prend des caractéristiques propres.

77 - La chute du mur de Berlin

Il serait exagéré de prétendre que cet événement était imprévu, mais l'erreur et la saisie de l'occasion créées à partir de cette erreur y jouèrent un rôle.

En l'occurrence, une annonce quelque peu brouillonne concernant l'ouverture des frontières de Berlin-Est et de la RDA faite par Günter Schabowski produit un engouement généralisé qui aboutira à la fin de la séparation des deux Allemagnes.

78 - Le Viagra

Cela arrive régulièrement dans le domaine pharmaceutique : une molécule testée pour des propriétés supposées pour résoudre un problème X finit par s'avérer efficace dans le traitement d'un problème Y.

Ici, l'effet secondaire (l'érection) devient l'effet principal et recherché et il ne fut pas si compliqué de lui trouver un usage : la dysfonction érectile.

Le Viagra (nom commercial) commercialisé par Pfizer en 1998 fut un énorme succès pour l'entreprise.

79 - Le concept de liquidité

Le concept de liquidité a été proposé par le philosophe et sociologue allemand Zygmunt Bauman au début des années 2000. Comme il le dira lui-même par la suite, cette "découverte" fut un cas typique de sérendipité.

En l'occurrence, il eut l'idée alors qu'il écoutait un concert de musique classique. Celle-ci (ou plus exactement l'idée du livre qui allait lui donnait naissance) lui vint d'un coup pendant le prélude de la Suite pour violoncelle de Bach.

80 - Big data ou la découverte participative de planètes

Parfois, des amateurs éclairés peuvent contribuer à des découvertes importantes. Des collaborations entre citoyens et chercheurs universitaires sont même organisées.

C'est ce qui se passa pour le projet Planet Hunters, "chasseurs de planètes", qui réunit scientifiques et volontaires dans l'exploration du ciel. Deux amateurs découvrirent une planète baptisée PH1 (Planet Hunter 1).

Comme le disent Danièle Bourcier et Pek van Andel, « leur regard neuf et leur opiniâtreté peuvent aider à élargir l’approche des spécialistes » (p. 232).

C'est quoi la sérendipité : Épilogue

Le jardin du dieu Kaïros

Kaïros est le dieu grec de l’Opportunité. Il souffle son étrange savoir à tous les vents, mais tous ne l’entendent pas. Le hasard ne suffit pas ; il faut saisir la chance et avoir l’intuition que c’est le bon moment.

L’idée principale de la sérendipité consiste en effet à dire qu’il faut être préparé à « s’emparer de toute solution inattendue ou même de toute nouvelle question qui s’offrent soudainement » (p. 236).

Les chemins de la création

Pour se préparer à accueillir la nouveauté, il importe de ne pas croire qu'il existe seulement une seule bonne réponse à une question. C'est aussi une manière d'affirmer qu'il est nécessaire de se détacher des stéréotypes, des courants dominants et des certitudes.

Voici en revanche quelques valeurs ou attitudes qui mènent sur cette route :

Naïveté ;

Curiosité ;

Ténacité ;

Goût de l'aventure ;

Humour ;

Doute sceptique.

La morale de l'histoire

Les auteurs terminent en rappelant une citation de Lao Tseu sur le vide et une fable de La Fontaine (Le laboureur et ses enfants), mais ils affirment surtout le caractère pratique de la sérendipité et militent pour son utilisation :

« La sérendipité doit désormais entrer par la grande porte à l’école et dans l’entreprise. » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 237)

Conclusion sur « C’est quoi la sérendipité ? » de Danièle Bourcier et Pek van Andel :

Ce qu’il faut retenir de « C'est quoi la sérendipité ? » de Danièle Bourcier et Pek van Andel :

C'est quoi la sérendipité est un trésor d'informations pour personnes curieuses ! Vous y trouverez 80 histoires plus étonnantes et passionnantes les unes que les autres, racontées avec simplicité et humour, mais aussi beaucoup de données fiables, puisque les auteurs sont tous deux universitaires.

Au-delà de ces cas particuliers, l'ouvrage offre une bonne introduction au concept de sérendipité et à ses notions secondaires, comme la pseudo-sérendipité. Vous apprendrez d'où vient le concept et ce qu'il est possible d'en faire, quel que soit votre métier ou votre activité.

« Au terme de ce voyage, à travers des récits puisés dans des univers si éloignés, la sérendipité se présente comme un lien de communication entre les hommes, les cultures et les générations. Elle active un langage commun où la curiosité, l’aventure, l’humour parfois, se mêlent sans prétention, car elle égalise les savoirs et les compétences au profit de l’innovation et de la créativité. Tout à chacun peut y prétendre, à condition qu’on lui en facilite l’accès. » (C'est quoi la sérendipité ?, p. 234)

Cette chronique sur C'est quoi la sérendipité vous a plu ? Vous aimerez sans doute celle sur La boîte à outils de la créativité !

Points forts :

Une présentation claire, agréable et amusante ;

De nombreuses illustrations, photographies et images qui viennent donner vie au texte ;

Des explications plus théoriques.

Point faible :

L’extension du concept à certains événements politiques semble parfois forcée.

Ma note :

★★★★★

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La boîte à outils de la créativité http://www.olivier-roland.fr/items/view/12185/La-bote-outils-de-la-crativit

Résumé de « La boîte à outils de la créativité » de François Debois, Arnaud Groff et Emmanuel Chevenier : un manuel à destination des entrepreneurs et des entreprises qui souhaitent booster leur créativité grâce à des techniques simples ou à l'aide d'un coach en créativité.

Par François Debois, Arnaud Groff et Emmanuel Chevenier, 2019 (3e édition), 190 pages.

Chronique et résumé de « La boîte à outils de la créativité » de François Debois, Arnaud Groff et Emmanuel Chevenier

Dossier 1 — Développer votre potentiel créatif

Outil 1 — Les 4 phases du processus créatif

Les idées naissent partiellement « malgré nous », c’est-à-dire en deçà d’un raisonnement pleinement conscient. Il importe donc de savoir « attraper » l’idée géniale lorsqu’elle survient, à l’aide d’un carnet de notes, par exemple.

Préparez-vous à créer en prévoyant de passer par les 4 phases suivantes :

Imprégnation = vous avez un problème, des informations, quelques idées, mais vous séchez ;

Incubation = faites autre chose ! Maintenez votre corps en forme et détendez votre esprit ;

Illumination = eurêka ! C’est le moment de survenue de l’idée ;

Production = vous travaillez pour transformer l’idée en solution réaliste et applicable.

Outil 2 — La bissociation

« La bissociation est un néologisme qui désigne un “assemblage original et pertinent d’éléments préexistants”. Elle est une manière de secouer et de mêler ce qui était séparé auparavant, de combiner deux idées. » (La boîte à outils de la créativité)

Ce concept a été proposé par Arthur Koestler. Selon lui, c’est un processus inhérent à toute production d’idée. Les auteurs le décomposent en 3 étapes :

Cadrage = choisir un secteur, ainsi que les éléments de ce secteur que vous voulez renouveler ;

Animation = vous pouvez être aidé d’un animateur qui aidera à favoriser le processus ;

Débordement = éventuellement, aller jusqu’à une « trissociation » ou « multissociation ».

Vous devez être dans des conditions favorables et « échauffé » pour pratiquer la bissociation. Consultez également l’outil 32 pour compléter cette pratique.

Outil 3 — La méthode Walt Disney

Cette méthode fonctionne aussi bien pour des problèmes individuels que pour des problèmes collectifs. L’important est de pouvoir adopter différents points de vue. En l’occurrence, ceux qui sont attribués à Walt Disney par Robert E. Dilts dans son analyse du processus créatif du maître du dessin animé.

Quels sont-ils ?

Rêveur (quoi) = vous vous lancez dans les projets les plus fous, vous imaginez ;

Critique (pourquoi) = vous remettez en question ce que vous avez projeté, vous en évaluez le sens ;

Réaliste (comment) = vous cherchez à concrétiser vos idées en pesant les moyens, les obstacles.

Cette méthode est également utilisée en storytelling et fait partie des techniques de la PNL.

Outil 4 — Les pages du matin

C’est une technique développée par Julia Cameron dans Libérez votre créativité. Il s’agit d’abord d’une aide pour se déstresser et se « laver le cerveau » chaque matin. En écrivant 3 pages, pendant 45 minutes chaque matin, en notant simplement ce qui vous vient à l’esprit, vous « lâchez prise » et laissez vos idées émerger.

Vous pouvez vous donner ce rendez-vous et l’utiliser comme moment propice à l’illumination (outil 1). Il n’est pas garanti que l’idée surgisse, mais c’est possible !

Suivez ces quelques conseils résumés par François Debois, Arnaud Groff et Emmanuel Chenevier :

Levez-vous 45 minutes plus tôt et mettez-vous à écrire environ 30 minutes après le réveil.

Suivez le rythme en maintenant ce rituel pendant 12 semaines au moins.

La cohérence n’a pas sa place ici.

Votre voix intérieure est la maîtresse des opérations.

Démarrez votre journée après avoir rédigé vos pages.

Outil 5 — … (Les points de suspension)

Connaissez-vous ces petits démons qui vous disent que vous n’êtes pas capable de faire quelque chose, ou que vos idées sont nécessairement mauvaises ?

Ces petites voix liées aux « Je dois », « Il faut », « Ça ne marchera pas », « Ce n’est pas le bon moment » et aux émotions négatives qui les accompagnent sont de véritables « créaticides ». Elles tuent votre créativité.

La technique des points de suspension vous aide à vous en libérer. Comment ?

Par le repérage = vous êtes capable d’identifier ce qui coince : besoin « absolu » de pertinence, d’originalité, d’efficacité ?

En dialoguant avec vous-même = lorsque les voix agissent, écrivez des points de suspension et lorsque vous avez compris ce qui coince (repérage), vous pouvez les « remercier » et transformer l’injonction négative en ressort créatif en la relativisant.

Grâce à votre pouvoir de décider = souvenez-vous que c’est vous, et non la petite voix, qui décide de votre objectif et de la qualité de votre intuition ou de votre idée.

Outil 6 — La sérendipité

« La sérendipité est […] l’art de découvrir par chance ou par sagacité ce que l’on ne cherchait pas en étant certain de ne pas trouver ce que l’on cherchait. » (La boîte à outils de la créativité)

Je suis en train de chercher quelque chose. Tout à coup, une idée complètement étrangère (ou un évènement) apparaît dans mon paysage. Je suis complètement « détourné » de mon objectif par celle-ci.

Et pourtant ! En me mettant à l’écoute de ce qui vient d’arriver, je trouve une solution inattendue, soit au problème que je me posais (pseudosérendipité), soit à un nouveau problème auquel je n’avais même pas pensé (sérendipité).

Il s’agit d’un processus non linéaire qui peut être associé à une démarche plus structurée. L’important est d’accepter que certaines idées puissent naître de cette démarche « en zigzag », puis de vérifier que ce qui a été trouvé peut vous être utile.

Outil 7 — Créailleurs (la marche créative)

Marcher, garder son corps en mouvement, voilà un moyen fabuleux de faire naître des idées ! Elle peut être mise en œuvre en phase d’incubation (outil 1) ou avant toute émission d’idée (par exemple avant un brainstorming).

Des chercheurs de l’université de Stanford ont montré son efficacité. Ils remarquent aussi que le lieu importe peu, au moins au départ. Mais de préférence, ne parlez pas. Suivez un parcours de façon plutôt « automatique » et laissez les connexions se faire « chemin faisant ».

Vous pouvez appliquer cette technique à un groupe en suivant les étapes suivantes :

Pose du problème ;

Identification d’un parcours de marche créative (10 à 15 minutes) ;

Réalisation du chemin en silence ;

Notation des idées dans un carnet ;

Partage des idées ;

Brainstorming (outil 29).

Dossier 2 — Faire de la créativité de coin de table

Outil 8 — Le looping de la créativité

Cet outil peut être utile pour préparer une séance de créativité. En l’expliquant aux participants, vous les aiderez à cerner ce qui est attendu d’eux et ainsi à focaliser positivement les énergies sur la création. Quels en sont les points essentiels ?

Imprégnation = comprendre un problème (via une carte mentale, par exemple) pour s’élancer vers sa résolution.

Divergence = trouver une foule d’idées (via le brainstorming ou le brainwriting, par exemple).

Convergence = transformer le foisonnement en un ensemble de solutions concrètes.

Évaluation des solutions = peser le pour et le contre de chaque idée et choisir les meilleures.

Outil 9 — La carte mentale

Cet outil est de plus en plus connu et utilisé. Aussi appelée mindmapping, la carte mentale a été développée par le psychologue anglais Tony Buzan. Sa forme spécifique fait toute la différence : elle permet de produire librement et rapidement des idées, tout en donnant une vision synthétique et systémique d’un problème.

Voyons de plus près ses caractéristiques.

L’idée principale au centre de la feuille (ou de l’écran) ;

Des branches principales qui explorent des concepts ou mots-clés liés à cette idée ;

Des branches secondaires qui entrent dans le détail ;

L’utilisation de couleurs et d’images pour mémoriser plus facilement en activant tous les sens ;

Des liens entre les idées/branches (par l’intermédiaire de flèches, par exemple).

Veillez à utiliser des mots-clés et des images clairs, évocateurs et assez simples. Et souvenez-vous de prendre plaisir à sa réalisation : plus elle sera agréable à regarder et plus vous aurez envie de la compléter. Bref, plus vous aurez d’idées !

Outil 10 — L’acronyme

Utilisez le mot ou l’idée centrale que vous voulez traiter et faites-en un acronyme. En d’autres termes, utilisez chaque lettre de ce mot/idée pour trouver des composants auxquels vous n’auriez peut-être pas pensé auparavant.

Cela peut vous aider lorsque vous cherchez une marque ou un slogan, par exemple, ou bien encore pour vous présenter.

Prenons un exemple donné par les auteurs :

C = Clarifier le problème ;

R = Rebondir sur les idées des autres ;

E = Émettre beaucoup d’idées ;

A = Analyser dans un second temps ;

T = Transgresser ;

I = Image, faire des petits dessins ;

F = Frotter les idées au problème initial pour voir celles qui adhèrent.

Vous pouvez agir ainsi pour tous les mots qui vous viennent à l’esprit. C’est un jeu d’enfant qui peut débloquer bien des problèmes sur un petit coin de table !

Outil 11 — L’apostiche

« Un peu plus complexe que l’acronyme, l’apostiche est un poème fondé sur une figure de style selon laquelle les premières lettres ou les premiers mots de chaque vers, lus verticalement de haut en bas, composent une phrase se rapportant au sujet du poème. » (La boîte à outils de la créativité)

Méthode poétique qui stimule votre imaginaire et vous pousse à créer des alliances nouvelles entre les mots, l’apostiche peut être un puissant outil. Il pourra vous aider pour échauffer les participants d’une séance de créativité, par exemple. Un conseil : veillez à maîtriser les champs sémantique et lexical de la thématique avant de vous y mettre !

Outil 12 — L’association

L’association fonctionne par « rebond » : un mot en appelle un autre, grâce à sa proximité phonétique, sonore. Vous enchaînez ainsi les mots apparemment sans signification commune. Et pourtant ! Peu à peu, un sens se crée à partir de cette association de sons.

Vous pouvez aussi travailler à partir du sens lui-même en liant des termes les uns aux autres en fonction de ce qu’ils évoquent pour vous (histoire personnelle), d’effets de proximité (plage et glace, parasol, etc.) ou de relations métaphoriques, par exemple.

Attention, toutefois, à ne pas trop dévier du sujet initial ! Dans ce cas, vous équilibrerez l’association avec la bissociation (outil 2).

Plus qu’une méthode, l’association est « un principe fondateur de la créativité,, sur lequel il faut s’entraîner régulièrement » (La boîte à outils de la créativité).

Outil 13 — Les syllabuses

Cet autre outil amusant et ludique est simple à mettre en œuvre. Encore une fois, il s’agit de jouer avec les mots. Il nous vient de Paul Siboun.

Quel est son principe ?

Vous avez un problème. Par exemple : faire dévorer des légumes aux enfants.

Prenez deux mots-clés (deux idées que vous voulez mixer, accorder). Par exemple : dévorer + légume.

Séparez-en les syllabes et créez un tableau à double entrée (une matrice).

Associez les syllabes du premier mot avec les syllabes du second. Par exemple : dégume et volé (parmi 6 possibilités).

Chaque néologisme est susceptible de vous donner des idées pour résoudre le problème que vous vous posez. Par exemple : créer un lancer de dés de légumes.

L’idée est simple, mais il faut parfois se creuser la cervelle pour donner du sens aux mots ainsi créés. La maîtrise de l’association (outil 12) est nécessaire !

Dossier 3 — Préparer une séance de créativité

Outil 14 — La tour de guet

En prenant de la hauteur (métaphore de la tour de guet), vous pouvez regarder s’il existe déjà des solutions disponibles à votre problème dans le champ qui vous concerne ou dans des champs voisins, voire éloignés.

Existe-t-il des solutions disponibles dans votre organisation ? C’est là où il faut d’abord chercher.

Sinon, celles et ceux avec qui vous êtes en lien (fournisseurs, clients, concurrents) ont peut-être traité et résolu le problème de façon inventive : inutile de réinventer la roue ! Vous pourrez sans doute vous inspirer de leurs façons de faire pour vous-même.

Enfin, il est possible que d’autres secteurs d’activité soient confrontés à des problèmes similaires et aient eu de bonnes idées. Ne vous en privez pas !

Dessinez une « carte du monde » avec toutes les solutions rencontrées. L’une d’entre elles (ou une combinaison) pourrait-elle vous convenir ?

Préparez une synthèse que vous présenterez aux participants de la séance de créativité. Autre option : vous pouvez monter dans la tour de guet tous ensemble, pour vous échauffer avant la séance. Utilisez le mouvement (passer de la station « assis » à « debout », puis proposer d’aller plus haut encore) pour stimuler le corps et, donc, l’esprit !

Outil 15 — Les questions paradoxales

Confronté à un paradoxe, vous allez réfléchir. Comment le résoudre ? Telle est l’idée des questions paradoxales.

Prenons un exemple proposé par les auteurs : votre chat aime les odeurs fortes, mais pas vous. « Comment faire en sorte que l’odeur de l’alimentation pour chats ne gêne pas l’être humain alors que cette odeur plaît à l’animal ? »

Utilisez ensuite une méthode de génération d’idées (brainstorming ou autre) pour tenter de résoudre la question. La résolution peut prendre du temps et nécessiter des itérations, mais c’est une façon excellente de préparer la séance.

En tant qu’animateur, assurez-vous d’en avoir formulé l’une ou l’autre avant de les « lancer » dans le groupe. Celui-ci pourra en générer d’autres et partir à la recherche d’idées pour les résoudre.

Outil 16 — Le futur idéal

Il s’agit ici de poser le problème en s’appuyant sur la différence entre réalité (problème) et avenir souhaité. L’animateur va chercher à faire travailler ensemble les collaborateurs en les invitant à rechercher un (ou plusieurs) objectif commun.

La méthode fait appel à l’imaginaire et à l’espace de la pièce dans lequel les participants se trouvent.

En tant qu’animateur, vous expliquerez qu’un des murs de la salle représente la situation souhaitée.

Ensuite, vous définirez une ligne imaginaire qui va du point où vous et les participants êtes jusqu’au mur. Vous graduerez cette ligne de 1 à 10 (10 étant le nez au mur).

Chaque participant est invité à se positionner sur cette ligne (entre 1 et 10).

Grâce à des Post-its, les participants vont noter les raisons pour lesquels ils ne se sont pas mis au niveau 10.

Vous pourrez ensuite classer et catégoriser les réponses grâce au mindmapping (outil 9).

Prévoyez 1 à 3 heures et un groupe de 4 à 8 personnes. Soyez attentifs aux aspects négatifs qui peuvent surgir. Demandez aux participants d’insister sur ce qui différencie la situation actuelle et le futur idéal.

Outil 17 — La baguette magique

Comme par magie, le problème est résolu ! Voici un outil simple, mais puissant : proposer de rédiger une phrase qui fait « comme si » une solution avait déjà été trouvée. Elle est une bonne méthode de projection à utiliser en début de séance.

Les participants partageront ensuite leurs idées en se focalisant sur le résultat final en tant que tel et les solutions pour l’atteindre.

Bien qu’il puisse déstabiliser certains membres du groupe (qu’il convient de rassurer en leur expliquant que c’est un échauffement), cet outil possède un puissant atout : il « crée tout de suite un climat positif, de succès ».

Outil 18 — Dessine-moi un problème

La vulgarisation peut faire surgir de nouvelles idées. En expliquant et en décomposant une thématique, il est possible de la redécouvrir. Cette méthode est donc particulièrement utile aux experts ayant besoin de renouveler leur point de vue et de sortir de leurs a priori.

Les auteurs conseillent de ne pas dépasser 15 minutes pour ce type d’exercice en séance de créativité. Le médiateur vérifiera que chaque élément technique (le jargon) a été explicité. Si le problème est trop complexe, il veillera à le séparer en sous-problèmes qui seront traités les uns à la suite des autres.

Outil 19 — Les TI (tendances influentes)

Certaines tendances sociales, économiques ou technologiques peuvent vous aider à modifier vos produits ou vos services. En prenant appui sur ces évolutions de grande ampleur, vous pouvez être amené à trouver des idées profitables.

Durant une séance, le TI se déroulera en 4 temps, que l’on peut résumer de la façon suivante :

Reformuler le problème (et le cahier des charges) ;

Déterminer les marchés/secteurs influents ;

Repérer et noter (sur des planches ou tableaux) les principales tendances observées ;

Inclure les planches de tendances dans le processus de génération des idées.

Cette méthode fonctionne grâce à la pluridisciplinarité des membres du groupe. Vous apprendrez à réaliser une planche de tendances dans l’exercice p. 58-59 !

Outil 20 — Les 3 h (head, hands, heart)

Lorsque vous travaillez avec un groupe hétérogène qui ne parvient pas encore à s’entendre sur la représentation du problème à résoudre, vous pouvez mettre en œuvre cet outil. Il va vous aider à expliciter les principes de chacun afin de créer, ensuite, une véritable démarche de construction de solutions communes.

Elle est composée de trois étapes. Les auteurs insistent sur la nécessité de bien les suivre l’une après l’autre :

Head = La tête, c’est-à-dire l’analyse rationnelle ;

Hands = les mains ou l’approche expérientielle ;

Heart = le cœur, à savoir la partie émotionnelle.

Durant l’approche expérientielle (hands), vous organiserez un exercice concret. Mais attention à ne pas le laisser « dériver » vers un jeu déconnecté du problème.

Outil 21 — La synectique

Cet outil est proche de la bissociation (outil 2) de Koestler. Il a été développé par William Gordon (ingénieur) et Georges Prince (psychologue) en 1994. Il s’agit de « chercher des idées dans des domaines déjà explorés pour résoudre des problèmes ».

Autrement dit, il est question d’utiliser les processus analogiques (métaphores, ressemblances entre des domaines distincts). Utiliser le familier pour le rendre étrange et s’approprier ce qui est nouveau : tels sont les deux mouvements essentiels impliqués ici.

En tant qu’animateur, vous demanderez par exemple : « Et si notre problème était un papillon… » ou encore « Et si c’était une légende ? » Cette technique nécessite un animateur expérimenté, une bonne préparation des participants et une appétence forte pour ce type de jeu.

Autre point à prendre en compte : il peut être assez lent à mettre en œuvre et ne convient donc pas aux « réponses rapides ».

Outil 22 — La théorie C-K

Davantage conçue pour les innovations de rupture, cette théorie s’appuie sur la relation entre un espace de concepts (C) et un espace de connaissances (K). Voici un bref résumé de la procédure, lorsqu’elle est appliquée à une séance de créativité :

S’informer sur le domaine (K) ;

Préciser ce qui est attendu grâce à d’autres connaissances (K → K) ;

Animer la séance en générant des idées neuves, c’est-à-dire des concepts (K → C) ;

Faire fructifier les concepts grâce aux différents outils de créativité (C → C) ;

Évaluer la pertinence des concepts innovants en fonction des connaissances disponibles (C → K) ;

Retourner au point 3 (K → C) si le point 5 n’est pas résolu ;

Continuer jusqu’à la création d’une solution viable.

Outil 23 — Les 7 clés de la préparation d’une séance de créativité

Voici maintenant 7 clés pour les animateurs de séances de créativité. Pour préparer au mieux vos séances, les auteurs insistent sur les points suivants :

« Planifier les séances ;

Choisir les participants ;

Préparer les outils de créativité ;

Rechercher un lieu adéquat ;

Inclure le groupe ;

Enrichir les données par des actions de veille ;

Faire rêver l’ensemble des acteurs. » (La boîte à outils de la créativité)

Le succès n’est jamais garanti à 100 %. Mais ce qui est sûr, c’est que sans préparation, les chances de succès diminuent en flèche ! Dans tous les cas, soyez réaliste au niveau des objectifs et flexible le moment venu.

Dossier 4 — Animer vos séances de créativité (niveau « Je me lance »)

Outil 24 — Les 6 chapeaux d’Edward de Bono

Edward de Bono remarque que les gens qui cherchent à résoudre un problème collectivement mélangent différentes tonalités ou niveaux de discours. Il propose de remettre un peu d’ordre dans ce processus en suggérant de faire porter des « chapeaux » différents, soit à des personnes différentes, soit successivement à chaque personne.

Quels sont ces chapeaux ?

Bleu/Processus = Quels sont les points clés de votre idée ? Les priorités et les étapes ?

Blanc/Information = Que savons-nous et comment pouvons-nous être davantage informés ?

Vert/Créativité = Quelles sont les alternatives (solutions ou explications du problème) ?

Jaune/Optimisme = « Ça pourrait marcher, si… »

Noir/Jugement = Qu’est-ce qui coince ? Y a-t-il des règlements, des réalités qui font obstacle ?

Rouge/Intuition = « Je suis sûr que… », « Mon intuition me porte à croire que… »

L’animateur de séance est important, puisque c’est lui qui décidera des changements de couleur. Il n’y a pas d’obligation à aller linéairement de 1 à 6 ; cela dépend du développement de la séance. Toutefois, l’animateur devra recadrer un participant si celui-ci sort de son rôle. Il veillera aussi à utiliser des accessoires (pas nécessairement des chapeaux de couleur) pour donner vie et consistance à ces rôles.

Outil 25 — Creative Problem Solving (CPS)

C’est un outil très souple qui peut être employé dans bien des situations, collectives et individuelles. Il a été élaboré par Alex Osborn en 1939 à partir de l’observation des méthodes de scientifiques et d’artistes.

La procédure, assez stricte, est composée de 8 étapes. À chacune d’entre elles, il y a un moment de « divergence » (laisser aller la créativité) et un autre de « convergence » (filtrer les options et faire des choix). Les 8 étapes sont divisées en 3 temps forts : clarifier l’objectif (1-3), générer des solutions (4-6), se préparer à l’action (7 et 8).

Besoins = Quel est le problème ?

Données = Que savons-nous ?

Objectifs = À quoi voulons-nous arriver ?

Idées = Que pouvons-nous proposer de nouveau ?

Critères = Quels sont nos critères pour choisir la bonne solution ?

Solutions = Quelle est la solution retenue ?

Adhésion = Comment assurer que chacun la mette en œuvre ?

Planification = Quelles sont les actions à entreprendre ?

Outil 26 — Les 7 clés de l’animation d’une séance de créativité

Cet outil peut être utilisé par l’animateur au début de chaque séance, pour clarifier l’état d’esprit dans lequel celle-ci va se dérouler. C’est un autre apport de Alex Osborn, le célèbre fondateur du brainstorming.

L’animateur écrira les règles en amont, puis sollicitera l’approbation de chaque membre du groupe. Si quelqu’un s’en détache en cours de la séance, l’animateur lui rappellera ses engagements. Cela peut se faire de façon ludique, en proposant un « gage » à celui ou celle qui les perd de vue.

Voici les 7 règles :

Être bienveillant ;

Noter toutes les idées ;

Abolir la censure ;

Produire un maximum d’idées (quantité) ;

Accueillir toutes les idées, même les plus folles ;

Détourner les idées, les reprendre, les modifier ;

S’ancrer dans le présent, « ici et maintenant » (ce qui est dit en cours de séance n’est valable que dans la séance).

Ces règles ont vocation à « ouvrir » la séance et à aider l’animateur à « cadrer » cette ouverture sans devenir trop directif.

Outil 27 — Les échauffements créatifs

« Un échauffement bien conduit permettra de provoquer la plupart des accidents créatifs bénins et même sérieux ! » (Farnuel Gronebois, cité dans La boîte à outils de la créativité)

L’environnement créatif, vous le comprenez, doit être lui-même « créé ». Pour ce faire, rien de tel qu’un petit échauffement, lorsque les participants sont encore « froids ».

L’enjeu est de leur faire prendre connaissance des différents outils que vous pourrez être amené à utiliser avec eux. À cette occasion, l’animateur pourra aussi repérer les personnalités de chacun et s’adapter en fonction. Enfin, ce sera l’occasion pour lui de jauger la qualité du groupe au niveau de la fluidité, de la flexibilité et de l’originalité.

Voici quelques exemples donnés par François Debois, Arnaud Groff et Emmanuel Chenevier :

Citez 30 manières d’utiliser un trombone ;

Dessinez votre relation avec votre client (sans mots) ;

Quels sont les points communs entre un citron et une autruche ?

Que voyez-vous (montrer un dessin ambigu avec plusieurs significations possibles) ?

Que signifient les mots suivants : persoptitude, kinéracte, Stalactoc ?

Vous vous retrouvez sur une île déserte avec 7 777 soutiens-gorge, que pouvez-vous en faire pour sortir de là ?

Comment écrire en vert avec un feutre rouge ?

Etc.

Félicitez l’équipe en fin d’échauffement, avant de passer à l’étape suivante.

Outil 28 — La purge

C’est une sorte d’échauffement également, mais avec l’idée, ici, qu’il faut d’abord vider son sac une première fois, afin de créer de meilleures idées ensuite. Ainsi, les participants se libèrent rapidement de leurs préjugés, de leurs idées en cours, et sont capables d’aborder la suite de la séance avec un regard neuf et plus original.

Pour les auteurs de cet ouvrage, cet outil doit être utilisé dans toute séance, avant de produire des idées nouvelles. Sa mise en œuvre est simple : pendant 10 minutes, chaque membre réfléchit pour son compte au sujet, puis va poser des Post-its avec ses éléments de réponse sur le paperboard. L’animateur regroupe ensuite les idées qui seront réutilisées en fin de séance.

Invitez les participants à être brefs et à respecter le timing.

Outil 29 — Le brainstorming

Outil célèbre de la créativité inventé par Alex Osborn, il est lié aux 7 règles reformulées à l’outil 26 (souvent résumées par l’expression CQFD : censure abolie, quantité, folles idées, détournement). Comme il est connu, il est facile de le proposer à un groupe. Par ailleurs, il permet de produire beaucoup d’idées en peu de temps.

La procédure est la suivante :

L’animateur clarifie le problème ;

Puis, il identifie les participants (entre 5 et 8 personnes si possible) ;

Il rappelle également les règles ;

Et donne une temporalité (5 à 45 minutes) ;

Il note ou fait coller des Post-its avec les idées à un endroit visible de tous ;

À l’issue de cette partie de l’exercice, l’animateur commence à trier les idées ;

Et il propose au groupe de sélectionner et d’approfondir certaines d’entre elles ;

Finalement, le groupe choisit les idées qui feront l’objet de la suite de la séance.

Outil 30 — Le brainwriting

« Écrivez ! Noircir le papier est idéal pour s’éclaircir l’esprit. » (Aldous Huxley, cité dans La boîte à outils de la créativité)

Ici, pas de prise de parole, tout est silencieux. Si vous avez beaucoup de timides dans le groupe, c’est idéal ! Voici le principe :

Chaque participant écrit une idée sur une feuille ;

Après un temps, il passe sa feuille au voisin de droite ;

Chacun « rebondit » sur l’idée de l’autre qu’il vient de recevoir ;

À la fin du tour de table, on regarde le résultat et on l’analyse.

Utilisez des Post-its et des feuilles A4 pour le débriefing. Rappelez aussi qu’il ne s’agit pas d’un exercice d’orthographe et qu’il vaut mieux rebondir à partir de la première image qui vient à l’esprit, sans trop y penser. Vous veillerez enfin à conserver le rythme de production et à terminer l’exercice en 30 minutes environ.

Outil 31 — L’inversion

Retourner votre problème comme un gant. Telle est peut-être la meilleure manière de lui trouver une solution ! L’inversion est un outil simple, qui fonctionne par opposition et analogie.

Demandez-vous : quel est mon objectif ? Et celui que je ne voudrais pas atteindre ? Que ferais-je pour être sûr d’atteindre cet objectif non souhaité ? Et donc, est-ce que cela peut me donner des idées pour l’objectif réellement visé ?

Une fois l’inversion réalisée, des idées auront émergé. Vous pouvez alors les approfondir et les concrétiser. En tant qu’animateur, prêtez attention au détail des idées. Ici, il convient d’être précis et d’aller au fond des choses, notamment pour éviter les redondances et faire surgir les différences.

Outil 32 — La matrice de la découverte

Outil simple qui consiste à systématiser la combinaison de différents éléments dans un tableau à double entrée. Il est particulièrement utilisé pour la création de nouveaux produits ou services, mais aussi pour la création de nouveaux débouchés.

Prenons l’exemple utilisé par les auteurs. Vous voulez inventer un nouveau meuble de salle de bains composé d’une baignoire, d’une armoire, d’un lavabo et d’un miroir. Vous allez entrer chaque composant dans le tableau, une fois à la verticale et une fois à l’horizontale.

De cette façon, vous obtenez des combinaisons deux par deux. Certaines sont inutiles (baignoire — baignoire, par exemple) ; d’autres correspondent à un état de l’art déjà existant (lavabo — miroir) ; d’autres enfin peuvent se révéler plus originales et constituer des idées à creuser.

Les auteurs invitent à ajouter un « intrus », c’est-à-dire un élément qui aide à sortir du cadre et à proposer des idées encore plus originales. Par exemple, ajouter l’élément « rose » à la matrice et voir ce que cela donne.

Outil 33 — Le SPIDER (c)

Le système de production d’idées divergentes et réalistes (SPIDER) est recommandé après clarification du problème et lorsqu’une première purge a été effectuée.

En voici le mécanisme :

Formulation de l’enjeu ;

Déclinaison en trois verbes d’action (dimension rationnelle) ;

Association de trois images à chaque verbe ;

Transformation de ces trois images en trois idées.

Vous le comprenez, cette méthode permet de générer pas moins de 27 idées à partir de la décomposition progressive du problème. C’est une technique assez systématique et synthétique qui peut très bien fonctionner de façon individuelle ou collective.

Outil 34 — Le portrait chinois

Méthode assez connue, venue de la poésie, elle repose sur la comparaison. « Si je/ma marque/mon problème […] était un animal/une chanson/un outil […], ce serait […] ». Aujourd’hui, c’est une technique qu’utilisent abondamment les marques pour fabriquer leur image.

Vous pouvez proposer cet exercice en groupe. Si vous animez la séance, veillez à ce que chaque participant exprime et explique sa proposition. Ensuite, vous regrouperez les idées en fonction des raisons qui ont été invoquées par chaque participant, afin de faire surgir les différents types de perception autour du problème.

Ne proposez pas trop de domaines de comparaison. Limitez-vous à quelqu’un et approfondissez-les ensemble.

Dossier 5 — Animer vos séances de créativité (niveau « Champion » !)

Outil 35 — L’analogie

Trouver des ressemblances entre différents domaines afin de créer des idées neuves, voilà le cœur de l’analogie. Les spécialistes classent généralement l’analogie en 5 types :

Ressemblance ;

Comparaison ;

Parabole (et métaphore) ;

Schéma ;

Identification.

En tant qu’animateur de séance de créativité, vous devrez aider à poser, puis à généraliser le problème pour l’abstraire. Exemple donné par les auteurs : « souder deux métaux » devient « unir deux corps étrangers ».

Ensuite, vous aiderez les participants à transposer le problème dans un autre domaine. Par exemple : « comment se fixe la moule sur le rocher ? » ou « comment le miel se mélange au yaourt ? »

Par la suite, vous choisirez avec les membres du groupe les meilleures analogies, les plus « parlantes » et les plus éloignées du problème, pour les décoder, puis les croiser afin de fertiliser la réponse au problème.

Enfin, vous reviendrez au problème d’origine en traduisant vos analogies en termes concrets et exhaustifs.

Outil 36 — La projection

Cet outil fonctionne à l’aide d’images (concrètes/abstraites, figuratives/non-figuratives, photos/représentations picturales, etc.).

L’animateur devra les préparer en amont, puis les projeter au groupe en les présentant rapidement. Les participants seront invités à s’exprimer à leur sujet et à donner leur ressenti. Ces éléments émotionnels mis en commun pourront aider à déplacer ou à résoudre le problème.

Cet outil peut être utilisé en complément à l’outil 35 sur les analogies. Les images viendront stimuler la recherche de ressemblances.

Outil 37 — Le consultant virtuel

Qui est-il ? Celui que vous voulez ! Demandez simplement à un personnage illustre de vous aider à résoudre votre problème. En lui téléphonant ? Non, simplement en imaginant vous trouver à sa place.

En tant qu’animateur, vous pouvez créer de petits papiers qui seront tirés ensuite au hasard. Vous ferez jouer chaque participant en posant les deux questions suivantes :

« Comment le personnage résoudrait-il votre problème ? »

« Quelles idées nouvelles par analogie vous viennent-elles suite à vos propositions ? »

Le passage par le personnage illustre est un moyen de créer de la distance et de forcer les connexions inattendues. Invitez les membres du groupe à utiliser l’humour et à caricaturer les personnages, pour faire ressortir des traits très distinctifs, quitte à s’éloigner de la véracité historique (s’il s’agit d’un personnage réel).

En tant qu’animateur, choisissez avec soin vos personnages en prenant en compte les référents culturels des participants et en évitant ceux qui sont trop controversés.

Outil 38 — Le rêve éveillé

Fermez les yeux, laissez vous aller : il est temps d’explorer librement votre problème grâce aux ressources du rêve et de l’imaginaire.

Comment faire, en tant que coach ou animateur ?

En couchant les participants au sol, têtes regroupées vers le centre (en étoile). Vous les invitez à se détendre, puis vous expliquez que le fantastique va servir de ressource à la création.

De là, vous pouvez utiliser une situation ou un objet en relation avec le problème à résoudre. Faites raconter des histoires et pensez à attirer l’attention des participants sur les détails sensibles (couleur, texture, sons, etc.).

Notez ce qui est formulé à cette occasion, afin d’avoir des ressources pour la suite de la séance.

Outil 39 — Les mots inducteurs

Particulièrement utiles lorsqu’un groupe a des difficultés à se sortir d’un cadre donné, les mots inducteurs vont stimuler la pensée divergente ou le pas de côté.

L’idée est simple : introduisez un ou plusieurs mots étrangers (décalés, mais pas trop) dans le problème et voyez ce qui se passe. Pour vous aider, le livre vous fournit une liste de mots inducteurs proposée par Kent et Rozanoff.

Employez cette méthode lorsque vous voulez relancer la recherche d’un problème, à n’importe quelle phase de créativité.

Outil 40 — Le portrait en creux

« Le portrait en creux ou antiportrait est un outil de créativité visant à préciser une problématique par la définition de ce qu’elle n’est pas. » (La boîte à outils de la créativité)

Il s’agit d’un autre outil de relance que vous pouvez employer à n’importe quelle phase du processus créatif. Son principe se résume en deux points :

Identifier ce que le problème posé n’est pas (un séminaire professionnel n’est pas un festival de cinéma, par exemple) ;

Afin d’imaginer ce qu’il pourrait être, vu sous cet angle, en creusant chaque aspect (le cinéma pourrait-il devenir le thème du prochain séminaire ?)

Outil 41 — La pensée latérale

Cette technique conviendra aux groupes ou aux personnes qui ne se sentent pas très à l’aise avec le fait de faire intervenir l’inconscient (comme dans le rêve éveillé ou le brainstorming, par exemple). Autre trait qui peut être un avantage : elle nécessite très peu de contexte créatif. Vous pouvez donc l’appliquer rapidement et même en costume cravate !

Comment fonctionne-t-elle ?

Expression d’une conviction ;

Provocation (dite aussi « PO » pour Provocation Operation, affirmation absurde qui bouscule la conviction) ;

Évaluation des effets bénéfiques de cette provocation ;

Exploitation concrète des effets bénéfiques pour la résolution du problème.

Dossier 6 — Le design thinking

Outil 42 — Persona

Ce terme est bien connu du marketing et notamment de l’inbound marketing. Son principe ? Connaître de près la personne à qui l’on veut vendre quelque chose (le prospect).

En fait, il s’agit d’en faire un « avatar » (autre nom souvent utilisé) ou un « portrait-robot » très précis, tant sur le plan des caractéristiques sociodémographiques que des habitudes d’achat et des comportements. Vous cherchez à reconstruire, à partir de multiples données récoltées :

Son identité ;

Le contexte qui l’amène à vous ;

Ses contraintes ;

Son ou ses besoins spécifiques ;

Ses façons de faire/ses habitudes actuelles ;

Sa motivation.

On parle parfois de persona primaire (« Le » persona ou « profil d’utilisateur » qui doit être totalement convaincu par votre solution) et de persona(s) secondaire(s) (celles et ceux qui trouveront un intérêt à acheter votre offre sans être pour autant complètement comblés).

Vous pouvez faire de ce travail de conception un exercice très ludique, en vous appuyant sur une séance de créativité collective !

Outil 43 — Le parcours du client

Autre concept clé du marketing et — notamment — du content marketing, le parcours du client (dit aussi « parcours d’achat ») consiste en la modélisation des points par lesquels va ou peut passer votre prospect avant d’acheter (et même après).

Vous pouvez travailler ce parcours du client en groupe, lors d’une séance de créativité. À l’aide d’un animateur, vous dégagerez les différents points de contact entre le produit/service et le prospect, puis vous chercherez entre autres à dégager les émotions de celui-ci et aussi la façon de les « positiver » le plus possible.

Cet outil implique normalement d’avoir élaboré son persona (outil 42). Si vous le pouvez, faites participer non seulement les marketeurs, mais aussi les vendeurs (au contact direct du client), voire les clients eux-mêmes !

Outil 44 — Effectual Makers©

Inspirée par les Fab Labs développés au sein du MIT (Massuschet Institute of Technology), l’idée centrale des Effectual Makers © consiste à réaliser au plus vite son idée pour identifier le plus rapidement possible ce qu’il reste à faire et à inventer. Les auteurs parlent d’une « créativité pragmatique ».

Si les besoins de vos utilisateurs ont été identifiés, vous pouvez vous lancer dans une telle démarche, qui nécessite de mettre en place et de mettre à disposition un prototype, qui sera ensuite testé et évalué par plusieurs types de personnes (plus il y a de gens différents, et plus il y a d’idées à glaner).

Concentrez-vous d’abord sur un prototypage simple, avec les fonctionnalités de base de votre offre. Commencez par les valider (ou non), puis avancer pas à pas vers plus de complexité.

Cette méthode ressemble par certains aspects au Lean startup.

Outil 45 — La créativité frugale

« La créativité frugale consiste à mobiliser son potentiel créatif en se limitant aux moyens dont on dispose, rien de plus. » (La boîte à outils de la créativité)

En s’obligeant à innover avec peu de moyens, on stimule la pensée et on s’ouvre à de nouvelles perspectives. Posez-vous la question : « comment répondre aux besoins des utilisateurs avec les moyens dont nous disposons ? »

Une séance de créativité pourra être organisée autour de cet outil. L’animateur veillera à prévoir différents temps, durant lesquels les participants réfléchiront tantôt en groupe, tantôt individuellement. Si le groupe est hétérogène, c’est bien mieux.

La base ? Récupérez un maximum de matières disponibles au sein de l’organisation (déchets, emballages, etc.) et demandez aux intervenants de travailler à partir d’elles et d’elles seules. L’enjeu consiste à « questionner » ces matières pour trouver des idées nouvelles.

Outil 46 — Minimum Viable Idea (MVI)

Voici un outil qui est lui directement inspiré par le lean startup et de Produit minimum viable ou Minimum viable product (MVP), mais aussi d’autres approches agiles.

Quel en est le principe ?

« MVI est un processus de créativité très convergent qui s’attache à répondre à chacun des besoins initialement priorisés de votre problématique en intégrant l’utilisateur final, pour valider et intégrer progressivement les idées proposées. » (La boîte à outils de la créativité)

Concrètement :

Élaborez un premier design de votre idée (à partir d’un outil présenté dans l’ouvrage, par exemple). Celle-ci doit répondre à la fonction la plus importante qui a été décelée dans l’analyse de la problématique et des besoins. C’est votre MVI (ou « MVI1 »).

Expérimentez une première fois en la soumettant à votre utilisateur final. Analysez et corrigez les erreurs en générant de nouvelles idées.

Implémentez la nouvelle offre en ajoutant une fonction. Vous avez votre MVI2.

Expérimentez à nouveau, et ainsi de suite (jusqu’à obtenir une MVIn, qui convient à l’utilisateur).

Gardez l’esprit ouvert sur les changements proposés par les bénéficiaires de votre offre/idée. Si la phase d’expérimentation permet de dégager une piste intéressante à suivre qui remet en cause le cahier des charges initial, évaluez-la et cherchez à la tester.

Dossier 7 — Résoudre un problème technique

Outil 47 — La DAF (démarche d’analyse fonctionnelle)

Cet outil permet d’identifier, puis de formuler un problème. Il a été conçu pour résoudre des problèmes industriels. Son point central est de décaler l’attention de la solution elle-même vers la fonction ou la finalité.

Raisonner en termes de fonctions crée une abstraction bénéfique pour la créativité, puisque cela nous permet d’envisager plusieurs solutions qui « résoudraient » cette même fonction.

Pour le mettre en œuvre complètement, il vous faudra également maîtriser le cycle de vie du produit (outil 48).

Outil 48 — Le cycle de vie du produit

Comme son nom l’indique, cet outil s’intéresse à toutes les phases de l’existence d’un produit, depuis sa création jusqu’à sa destruction. L’enjeu est d’observer tous les acteurs qui s’emparent du produit et lui donnent des fonctions différentes.

Pour mettre en place une telle analyse, vous devrez :

Lister chaque phase ;

Identifier les acteurs ;

Préciser leurs besoins (grâce à l’outil 47, par exemple) ;

Découvrir des solutions qui améliorent le produit et son cycle de vie.

Outil 49 — Le scénario technique

Cet outil permet d’améliorer un produit/service ou de lui trouver des alternatives viables moins coûteuses, par exemple. Il se base sur la décomposition du produit en trois éléments distincts :

Fonctions ;

Composants ;

Technologies.

En dissociant ces éléments, vous vous rendez capable de les recombiner de façon originale. Limitez-vous aux fonctions, aux composants et aux technologies de base, sans descendre trop profondément dans l’analyse. Sinon, vous risqueriez de la rendre impraticable (trop d’éléments à recombiner nuisent à la créativité) !

Outil 50 — Le SCAMPER

Cette méthode est proche de l’idée de concassage vue plus haut. Ici, la production d’idées va être impulsée par un certain nombre de verbes d’action (dont les premières lettres, mises bout à bout, forment l’acronyme SCAMPER).

Substituer ;

Combiner ;

Adapter ;

Modifier ;

Produire ;

Éliminer ;

Réorganiser.

Identifiez une situation (ou un produit), puis laissez chaque participant intervenir librement, sans se censurer, sur chacun des verbes. Reformulez avec soin chaque idée à partir du verbe d’action.

Outil 51 — La bionique

« La bionique étudie cette réserve inépuisable de solutions ingénieuses qu’est la nature (l’évolution) pour nous suggérer des idées de produits, de services, de procédés, etc. » (La boîte à outils de la créativité)

L’analogie avec les êtres vivants, mais aussi avec la matière inorganique, joue ici un rôle déterminant. Vous aiderez les participants à généraliser, puis à transposer le problème en cherchant des solutions ou des fonctions semblables dans la nature.

Ensuite, vous sélectionnerez, vous analyserez et vous croiserez les meilleures analogies. En tant qu’animateur, vous prendrez soin de revenir au problème et de noter les éléments principaux des échanges. Finalement, vous pourrez rédiger des fiches formalisant chaque solution.

Outil 52 — La méthode TRIZ

La méthode TRIZ ou « théorie de résolution des problèmes inventifs » (theoria resheniya izobretatelskikh zadatch) est née de l’analyse de 400 000 brevets russes. Il s’agit d’une théorie convergente qui focalise directement l’attention sur la recherche de solutions, au détriment de la prolifération des idées. Elle est principalement utilisée pour la résolution de problèmes techniques.

Elle s’appuie sur une liste de 39 paramètres génériques permettant de formuler des contradictions techniques, ainsi que sur 40 principes de solutions qui peuvent être susceptibles de résoudre ces contradictions/problèmes.

L’application de cet outil peut être pesante. En tant qu’animateur, vous pouvez présélectionner les paramètres pour aller plus rapidement.

Dossier 8 — Utiliser la créativité pour construire votre stratégie

Outil 53 — Le SWOT créatif

Vous connaissez peut-être la matrice SWOT, acronyme pour :

Forces (strenghts) ;

Faiblesses (weaknesses) ;

Opportunités (opportunities) ;

Menaces (threats).

Il est possible d’utiliser cette matrice de façon créative. Comment ?

« Le SWOT permet de cible des axes stratégiques en croisant les forces et les opportunités de l’organisation et conseille d’abandonner les activités faisant l’objet de menaces externes ou de faiblesses internes. Le SWO créatif propose de renverser cette analyse et d’aller chercher dans toutes les cases de la matrice les opportunités de business. » (La boîte à outils de la créativité)

Ce « dérangement » des cases — cette provocation — peut provoquer la créativité, notamment si l’animateur prête attention à rendre l’exercice dynamique, en rebondissant sur les propositions des interlocuteurs, plutôt qu’en « déroulant » la matrice de façon trop systématique.

Outil 54 — Le canevas stratégique

En marketing, un « océan rouge » est un marché très concurrentiel, dans lequel les concurrents se battent pour les mêmes proies et agissent de façon mimétique.

Par contraste, un « océan bleu » est un marché où les concurrents agissent de façon différenciée en cherchant à capter un secteur spécifique du marché, sans attaquer directement les autres.

Le canevas stratégique est un outil d’aide à la création de stratégie « océan bleu ». Le principe est simple : utiliser une série de critères (par exemple, les 6 pistes de l’outil 55, mais pas seulement) et comparer les différentes offres, y compris la sienne. Dans un second temps, se demander comment modifier le « profil » de l’offre pour le rendre plus original.

C’est un outil très visuel qui donne une vue synthétique des différents comportements sur un marché.

Outil 55 — Les 6 pistes

Comme l’outil précédent, celui-ci a été développé par M. Chan Kim et Renée Mauborgne dans le livre Stratégie Océan Bleu. Il s’agit d’une liste de questions à se poser pour analyser votre marché et votre positionnement.

Voici les 6 pistes à creuser si vous voulez créer un marché unique :

« Quels sont les points différenciant des solutions alternatives sur le marché ? […]

Quels sont les points différenciant des autres secteurs d’activité ayant les mêmes missions ? […]

Qu’est-ce qui se passe avant, pendant et après l’utilisation des produits/services ? Quelles sont les insatisfactions qui pourraient être traitées à chaque étape ? […]

Qui sont les “non-acheteurs” de nos offres ? Comment pourraient-ils devenir nos meilleurs clients ? […]

Comment pourrions-nous changer l’orientation et l’accent mis sur le prix et l’attrait fonctionnel par rapport au contenu affectif ? […]

Quelles sont les tendances extérieures majeures qui auront une influence sur le marché dans le futur ? » (La boîte à outils de la créativité)

Outil 56 — L’arbre des causes stratégiques

L’utilisation de cette méthode suit l’analyse stratégique à proprement parler. Les axes stratégiques doivent donc avoir été fixés en amont.

Résumez chaque axe sous forme de missions simples, puis poser une question qui permette de résoudre l’insatisfaction repérée sur le marché. Ensuite, faites un remue-méninges pour faire apparaître des réponses, puis regroupez-les et étudiez-les.

En agissant de la sorte, vous assurez une cohérence entre l’innovation et la stratégie globale de l’entreprise.

Outil 57 — Les 6 forces de Porter

Ce modèle inventé par Michaël Porter peut vous aider à déterminer le degré d’intensité de la concurrence dans votre domaine de prédilection.

Les 6 forces jouant un rôle sur l’intensité concurrentielle sont :

Clients ;

Substituts (acquisition/recrutement de nouvelles compétences, rachat de start-ups) ;

Nouveaux entrants ;

Fournisseurs ;

Concurrents ;

Pouvoirs publics.

Selon ce modèle, vous devez analyser un axe stratégique en fonction de ces forces, puis donner une intensité concurrentielle (de 1 à 3) pour chaque force. Lorsque l’intensité est trop importante sur une force, cherchez des alternatives.

Dossier 9 — Développer la créativité ouverte/collective

Outil 58 — Les systèmes de management des idées (SMI)

Cet outil s'appuie sur des applications informatiques distribuées dans l'entreprise. Leur but ? Faire remonter les idées générées par les collaborateurs, puis les enrichir dans un processus collectif d'incubation, puis de transformation en projets.

Pourquoi est-ce important ? Tout d'abord, pour ne pas se couper d'une source d'innovation abondante et déjà disponible. Ensuite, pour accroître l'engagement des collaborateurs qui se sentent ainsi valorisés.

Où trouver ce genre d'application ? Par exemple sur le site Bloomup.io !

Outil 59 — Hackathon

Autre outil venu tout droit du développement du numérique, le hackathon désigne une méthode de création par l'action, qui mobilise tous les volontaires, sur 2 jours top chrono !

C'est donc un outil qui implique l'organisation d'un évènement et la création d'un jury pour évaluer les propositions. Si vous souhaitez en mettre un en place, préparez-vous bien en amont, à l'aide d'une équipe d'animation.

Outil 60 — La Tour FL (Tour Fab Lab)

Cette méthode cherche à mettre en relation des porteurs d'idées avec des personnes capables de les mettre en œuvre. Dans le contexte présent, cet évènement s'organisera (comme le précédent) au sein de votre entreprise.

À la différence du hackathon, il s'agit ici d'organiser des tables rondes où les personnes pourront parler de leurs idées et voir si des moyens peuvent être débloqués. Elaborez un programme au préalable et, le jour J, rappelez par écrit les règles d'Osborn (outil 21).

Outil 61 — Le tournoi des idées

Comme son nom l'indique, ce type d'outil/évènement se base quant à lui sur la compétition. Les collaborateurs se confronteront les uns aux autres sur leurs idées au cours de manches (quart de finales, demi-finales, finale). À la fin, un vainqueur émergera.

Les manches fonctionneront en matchs oratoires de 5 minutes, basés sur des pitches (courtes présentations de l'idée) et des débats. C'est l'assemblée qui décide du vainqueur de la manche.

Dossier 10 — Transformer les idées en solutions

Outil 62 — Le diagramme des affinités 

Cet outil vous aidera, en tant qu'animateur par exemple, à organiser les idées émises par les participants à une séance de créativité. Le principe est simple, puisqu'il s'agit de regrouper des idées émises au sein de groupes plus larges, c'est-à-dire des groupes thématiques.

Il n'est pas nécessaire de donner un titre directement aux groupes. À l'inverse, il est préférable de laisser les participants grouper progressivement les idées. Puis, une fois qu'elles ont toutes été associées les unes aux autres, proposer collectivement des titres (qui feront émerger des thèmes principaux).

Cette étape permet de finaliser une phase de convergence en redonnant de la cohérence à l'ensemble des idées émises.

Outil 63 — La fiche idée/concept

"La fiche idée est essentielle dans le processus de créativité car elle force le rédacteur à développer l'idée émise, à l'analyser, tant par ce qu'elle apporte au problème posé, que par rapport aux risques qu'elle peut générer." (La boîte à outil de la créativité)

Cette fiche sera rédigée de préférence pour l'idée choisie, c'est-à-dire après une réunion où des idées ont été émises et sélectionnées. La fiche comporte :

Un titre ;

La description détaillée de l'idée et du procédé de mise en œuvre ;

Les avantages ;

Les risques ;

Des propositions.

Outil 64 — L’ACO (avocat commis d’office)

Celui qui est le plus défavorable à une idée (au cours d'une réunion, typiquement) sera désigné pour être son "avocat commis d'office". En d'autres termes, c'est celui qui imagine le plus d'obstacles qui sera le mieux à même de dégager des solutions et de trouver le meilleur moyen de "vendre" l'idée.

En tant qu'organisateur, vous veillerez à lui laisser du temps pour trouver les arguments. Vous pouvez utiliser cette technique au cours d'une réunion, du tac au tac (en lui laissant 5 à 15 minutes), mais aussi laisser plus de temps à la personne pour construire sa défense (1 ou 2 semaines). Son argumentation pourra servir à la rédaction de la fiche idée (outil 63).

Outil 65 — Le différentiel sémantique

Une grille d'analyse sémantique est composée de termes contraires (moderne, classique ; lourd, léger ; rationnel, intuitif ; etc.) et d'une évaluation par degrés (-3, -2, -1, 0, 1, 2, 3) de chaque composant (par exemple, très rationnel = +3).

Vous obtenez ainsi un diagramme qui permet de faire l'analyse d'un prototype auprès des concepteurs ou des utilisateurs.

Attention, les réponses au questionnaire doivent être rapides, spontanées. Si vous le rédigez, veillez à ne pas dépasser 25 items (intuitif/rationnel étant un item, etc.), sinon vous risquez de perdre l'attention de ceux que vous interrogez.

Outil 66 — Le tableau d’évaluation objective

Ce tableau permet de noter les idées qui ont été développées à l'issue d'une séance de créativité. Elle permet d'affiner le tri en sélectionnant celles qui paraissent les meilleures.

3 critères d'évaluation peuvent être retenus :

Efficacité ;

Originalité ;

Faisabilité.

Notez (d'abord individuellement, puis en groupe) de 1 à 5 chaque idée en fonction de chaque critère.

Attention, si vous avez fait émerger beaucoup d'idées, remplir ce tableau peut vous prendre du temps.

Outil 67 — Le lean startup créatif

L’idée minimum viable (MVI, outil 46) vous présentait déjà les principes du lean startup appliqué à la démarche créative. Ici, la focale se déplace vers la mise à l’épreuve de cette MVI. Pour ce faire, vous devrez au préalable dégager trois « lots » de fonctions :

Indispensables ;

Optionnelles ;

Plaisirs.

Recueillez les avis après avoir fait un pitch. Quels sont les retours ? Si vous avez des problèmes sur le lot 1, vous devrez modifier votre MVI. Répétez l’opération jusqu’à ce que tous les utilisateurs comprennent et valident votre MVI.

Outil 68 — Les 6 curseurs

Autre outil d’analyse objectif de vos idées, les 6 curseurs vous permettent de comparer et de jauger de chacune d’entre elles grâce à des critères clairs. Il peut être employé en contrepoint de la fiche idée.

Voici les 6 curseurs/critères à prendre en compte :

Contribution à un axe stratégique de l’entreprise ;

Avantage compétitif durable ;

Valeur ajoutée ;

Impact sur les méthodes de travail ;

Maîtrise des technologies et des savoir-faire ;

Capacité à assumer l’investissement.

Outil 69 — Le diagramme de Kano

« Le diagramme de Kano permet d’évaluer des idées par rapport à l’état du marché, d’une part, et aux attentes des clients d’autre part. Ce modèle identifie quatre types de caractéristiques d’un produit ou d’un service qui, selon qu’elles sont présentes ou absentes, satisferont les clients. » (La boîte à outils de la créativité)

Selon ce modèle, on parle de caractéristiques :

Proportionnelles ;

Obligatoires ;

Attrayantes ;

Hostiles.

Cet outil peut être utilisé en début de séance aussi bien qu’à la fin. Il a pour finalité principale de faire émerger la disparité entre les attentes des consommateurs concernant un produit/service et les offres disponibles.

Outil 70 — La matrice IF (intérêt/facilité de mise en œuvre)

Voici un dernier outil qui vous permettra de classer et d’évaluer vos idées. Il s’agit de positionner, en abscisse l’intérêt, et en ordonnée la facilité de mise en œuvre. Vous obtenez un graphe que vous pouvez découper en 9 carrés.

Le carré tout en haut à droite (celui où il y a le plus d’intérêt et de facilité à mettre en œuvre) constitue le « carré d’or », celui où se trouvent les « meilleures idées ». C’est un outil à utiliser en synergie avec le diagramme d’affinité (outil 62).

Par ailleurs, vous pouvez l’utiliser de façon dynamique en cours de séance de créativité, en proposant aux participants de « sauver » certaines idées qui auraient été exclues, à condition de leur trouver ensuite des bonnes raisons d’être soit  plus intéressantes, soit “plus faciles à mettre en œuvre”.

Conclusion sur “La boîte à outils de la créativité” de François Debois, Arnaud Groff et Emmanuel Chevenier :

Vous manquiez d’idées ? Avec ce livre, en tout cas, vous ne manquerez plus de méthodes pour en trouver !

Ce livre fourmille de techniques à découvrir, à combiner et à réutiliser seul ou en groupe. Bien sûr, c’est principalement dans le cadre de l’entreprise que la créativité est sollicitée ici, conformément à l’esprit de la collection “La boîte à outils”.

Que vous soyez un freelance, un collaborateur ou un dirigeant d'entreprise, vous y trouverez tous les outils dont vous avez besoin pour faire émerger et décoller vos projets !

Ce qu’il faut retenir de « La boîte à outils de la créativité » de François Debois, Arnaud Groff et Emmanuel Chevenier :

La créativité est partout et elle peut être entraînée au quotidien. Au sein des entreprises, de nombreuses solutions existent pour développer et entretenir la créativité individuelle et la créativité collective.

Ce livre vous aidera à envisager l'innovation sous un œil neuf et pratique. Sa principale caractéristique est de vous introduire à la conception et à la mise en place de séances de créativité au sein de vos organisations.

Grâce à de telles séances, l'impératif moderne à la nouveauté et à l'originalité devient plus facile à atteindre. Vous pouvez soit créer ces séances en interne, soit faire appel à des spécialistes pour vous y aider.

Les auteurs, François Debois, Arnaud Groff et Emmanuel Chenevier, sont tous trois spécialistes de ce type de prestations.

Points forts :

La présentation claire sur deux pages ;

Les nombreux à-côtés offerts (de la sitographie aux bonus vidéos) ;

Une méthodologie cohérente qui permet de passer à l'action grâce à des exemples concrets.

Point faible :

Certains outils peuvent sembler redondants.

Ma note :

                

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Thu, 22 Dec 2022 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/12185/La-bote-outils-de-la-crativit
L’art du storytelling. Manuel de communication http://www.olivier-roland.fr/items/view/11931/Lart-du-storytelling.-Manuel-de-communication

Résumé de « L’art du storytelling. Manuel de communication » de Guillaume Lamarre : un beau livre écrit par un expert en communication, à ne pas manquer pour celles et ceux qui veulent connaître les origines du storytelling et apprendre à s'en servir dans le cadre de leur stratégie d'entreprise. Par Guillaume Lamarre, 2020 (2e édition), 173 pages. Chronique et résumé de « L’art du storytelling. Manuel de communication » de Guillaume Lamarre Qui est Guillaume Lamarre ? Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont La voie du créatif, un guide complet pour cultiver et affûter sa créativité et de Festins. Comment la cuisine peut inspirer, affûter et cultiver notre créativité dans tous les domaines. Diplômé de Science Po Paris en communication (entre autres), Guillaume Lamarre enseigne les techniques du storytelling et du management de la création en tant que formateur indépendant. Parmi ses clients, on trouve Cartier, EDF, Universal Music BNP, Paribas ou encore Sanofi.

I. Le pouvoir des histoires 1. La guerre du feu Avant le verbe Avant même d’apprendre à écrire, nous avons appris à raconter des histoires par l’intermédiaire des symboles et des représentations imagées. Les histoires font notre « patrimoine génétique », dit l’auteur. Et, en effet, depuis les époques reculées de la préhistoire, on peut imaginer que nos ancêtres utilisaient les images pour se raconter ce qu’ils ne parvenaient pas à exprimer autrement. Arme de destruction massive Le succès de la réussite de l’Homo Sapiens vient de l’utilisation qu’il a su faire du langage. Grâce à lui, il a su mettre en forme le monde qui l’entoure. La narration — le fait de conter des histoires — génère du sens. Grâce à son développement, l’homme a pu se donner une place dans l’univers et « faire histoire » en transmettant ses découvertes de génération en génération. Orchestrer le temps Le temps, au sens du calendrier, est un élément essentiel du storytelling. Il y a bien sûr les références religieuses, nationales, saisonnières. Mais surtout, la marque gagnante est celle qui parvient à développer sa communication autour d’un calendrier propre à son champ d’expertise. Exercices pour s’échauffer

« Quelles sont les grandes dates de votre existence ? Les anniversaires, les Noëls sont bien sûr les premières qui nous viennent à l’esprit, mais essayez d’aller au-delà. Explorez les accidents, les rencontres, les révélations. Énumérez vos grands moments. Vous pouvez en dresser une liste à la façon de Georges Perec, grand amoureux des listes, qui disait ainsi : “Rien ne semble plus simple que de dresser une liste, en fait c’est beaucoup plus compliqué que ça n’en a l’air : on oublie toujours quelque chose, on est tenté d’écrire, etc., mais justement, un inventaire, c’est quand on n’écrit pas, etc.” [G. Perec, “Notes concernant les objets qui sont sur ma table de travail”, Penser/classer, Les nouvelles littéraires, n° 2521, 26 février 1976]

Commencez à vous échauffer pour créer des histoires. Amusez-vous à piocher cinq mots au hasard dans un dictionnaire, un livre ou un magazine et essayez de composer une histoire en utilisant ces mots, en respectant l’ordre dans lequel ils vous sont apparus.

Observez comment la bande dessinée parvient à figurer la notion du temps. Amusez-vous à créer des séquences temporelles en utilisant trois images successives pour illustrer une progression, une croissance ou une transformation. » (L’art du storytelling, p. 21)

  1. L’oignon d’Ibsen L’amour en héritage Il y a des histoires qui deviennent partie intégrante de notre vie et de notre identité. Guillaume Lamarre prend l’exemple d’un petit garçon londonien, fan du club de foot de son quartier. C’est plus fort que lui : parce que le jeune homme a été bercé des chants et des images du club, il ne pourra s’empêcher, bien des années plus tard, de continuer à suivre la progression de son équipe favorite. « Un océan de récits » Nous sommes littéralement « plongés » dans des récits de toutes sortes, depuis notre naissance (et même avant !) jusqu’à notre mort. Le langage et la narration sont le milieu dans lequel nous nous développons en tant qu’humains. Nos façons de penser, d’agir et de sentir sont structurées par les histoires que nous avons intégrées. Cela constitue la force de l’humain, mais aussi sa malédiction : il est dépendant du sens qu’il a attribué au monde en le racontant. Il lui en faut partout et toujours plus. Un formidable enseignant Simone de Beauvoir, Steven Spielberg ou encore Paul Auster connaissent bien l’importance des histoires. La première écrit que « on ne naît pas femme, on le devient », et cela signifie que la personne se construit progressivement au fil des histoires qu’on lui raconte (et qu’elle se raconte). Le deuxième a vu naître sa vocation cinématographique en observant l’arbre de son jardin et en contant mille histoires à son propre. Le troisième a reproduit 180 histoires qui lui ont été confiées par des citoyens étatsuniens dans un ouvrage intitulé True tales of american life. Un peu de storytelling politique Depuis longtemps, les dirigeants ont compris l’importance des récits. Et ils n’ont pas oublié la leçon de leurs prédécesseurs. Aujourd’hui, le storytelling politique forme une part importante de la politique elle-même. Cette importance de la construction narrative se remarque particulièrement, en France, lors d’une élection présidentielle. Exercices pour exploiter notre dimension narrative

« Écrivez rapidement une ou deux histoires qu’on vous a racontées sur votre enfance, à propos de vous. Pouvez-vous vraiment vous rappeler de ces événements en question ?

Examinez les récits qui se déploient autour de vous. Commencez par vous-même et observez l’importance qu’ils ont dans votre construction personnelle. Prenez une marque ou une personnalité publique que vous appréciez. Regardez comment elle met en avant son histoire…

Quelles sont les personnalités qui vous ont mis sur votre voie professionnelle ? Examinez le récit de leur vie, regardez qui les a influencées et quelles histoires vos mentors racontent à leur sujet. Essayez d’en faire de même.

Amusez-vous à observer vos congénères dans les files d’attente, les transports en commun ou les embouteillages. Imaginez leur vie, suivez-les avec votre imagination. Que raconte celui-ci au téléphone ? Qui cette dame court-elle rejoindre ? » (L’art du storytelling, p. 26)

  1. « Born in the USA » Nebraska Les murder songs (chansons de meurtre), véritables ancêtres du « gangsta rap » (rap de gangsters) sont une institution aux États-Unis : elles racontent les périples d’un tueur ou l’histoire d’un crime avec précision et froideur. On se met à la place du tueur ou du malfaiteur et on ressent pour lui à la fois affection et répulsion. Nouveau-né Mais les habitants des États-Unis savent aussi raconter d’autres histoires. En fait, la narration a été cruciale pour le développement du pays. Cette jeune nation (en comparaison des vieilles nations européennes, notamment) a dû se construire rapidement une identité pour s’émanciper de la tutelle anglaise. Elle y est parvenue en mettant en scène le récit de la colonisation et la passion des grands espaces, notamment. Cohésion nationale Plus qu’en France, les petits Américains sont invités à se raconter. Depuis leur enfance, les institutions — à commencer par l’école, bien sûr — les incitent à développer un récit sur eux-mêmes, sur leurs projets, etc. Cela fortifie leur sentiment d’être des individus face à la collectivité, et cela crée en même temps une forme particulière de mise en relation aux autres. Creative writing Aux États-Unis, l’art du récit est développé de façon particulièrement pointue et même industrielle. L’écriture créative est une pratique tout à fait implantée et qui ne souffre d’aucun mépris, comme c’est encore le cas en France où le romancier et le processus d’écriture doivent conserver une aura de mystère et de romantisme. Plus largement, les films, les séries télévisées, les vedettes elles-mêmes (dont l’histoire est « storytellée » pour plaire au public) sont des produits de la mise en récit. Les studios de cinéma hollywoodien, comme les équipes de scénaristes dirigées par des showrunners font partie de cette grande industrie culturelle américaine. L’exemple des studios Pixar Le studio Pixar, établi dans la Silicon Valley et non à Hollywood, était une firme de conception de logiciels ; il s’est désormais imposé comme l’un des meilleurs concepteurs de scénarios aux États-Unis et dans le monde. La recette de son succès ? Dans "L'art du storytelling. Manuel de communication", Guillaume Lammare pointe les éléments suivants :

L'excellente organisation ; Une interaction permanente entre les projets et entre les personnes ; Une mise en commun (analyse, décorticage, correction) des idées ; La création d’univers narratifs qui allient le quotidien et l’extraordinaire ; Le développement de quelques idées fortes ; L’empathie, c’est-à-dire l’adoption du point de vue de chaque protagoniste.

Exercices pour découvrir les histoires qui nous font vibrer

« Commencez à dresser le catalogue des films, des romans et des séries que vous aimez. Essayez de les classer en examinant ce que ces histoires ont en commun les unes avec les autres. Cela vous permettra de déterminer quel genre d’histoire vous plaît le plus et de comprendre, ainsi, quels sont les thèmes qui vous parlent.

Faites comme le conseille l’écrivain Jean-Noël Blanc : prenez une personnalité publique et observez en détail chez elle ce qui évoque sa vie privée. Regardez, par exemple, la chevalière de Nikos Aliagas ou le pull élimé de Jane Birkin. Essayez d’imaginer ce que révèle, en pointillés, cet objet sur la vie de cette personne. » (L’art du storytelling, p. 31)

  1. Les âges de la publicité Don La série Mad men raconte avec brio un certain âge d’or de la publicité étasunienne, au cours des années 50-60. Ce n’est pas si anodin, car cette profession de publicitaire a parfois des difficultés à évoquer son passé. Tellement accaparée par l’instant, elle en oublie sa propre histoire. Les cinq modèles Au fond, selon Guillaume Lamarre (qui suit ici la thèse de Paul Feldwick), rien n’a changé. Les éléments de base de la publicité, tels que la valorisation du client ou l’importance des émotions dans l’achat, restent les mêmes. Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas eu d’évolution. La publicité s’est transformée en fonction des habitudes de consommation et de production. L’auteur présente 5 modèles qui jalonnent l’histoire de cette profession et montre que le storytelling (même s’il ne portait pas nécessairement ce nom) y a toujours joué un rôle. Tous ces modèles coexistent encore aujourd’hui. La préhistoire Premier modèle ou plutôt époque des commencements et des premières formulations théoriques. Le rôle du vendeur est encore prépondérant, mais d’autres techniques apparaissent. Les chemises Arrow, par exemple, créent un personnage totalement fictif pour vendre leur produit. C’est un grand succès. Sur le plan théorique, certains cherchent à repérer la caractéristique déterminante du produit, l’atout qui le rend unique, afin de focaliser son discours dessus. Cette technique dite de « preemptive claim » annonce une autre technique : l’« Unique Selling Proposition ». La persuasion Cette technique sera au cœur de ce deuxième modèle ou de cette deuxième époque. Nous sommes en 1950-1960 et la télévision fait son apparition dans les foyers. Les Trente Glorieuses glorifient la production et la consommation. Les publicitaires ont du pain sur la planche et expérimentent à tout-va. Les publicitaires de renom (tels que David Ogilvy) se concentrent sur le bénéfice essentiel du produit et travaillent la forme de leurs publicités. L’implication L’expérience de marque ou « branding » est le grand mot de cette troisième période, initiée par l’agence JWT. À partir des années 1970, les publicitaires cherchent à faire aimer une marque comme une personne, en incitant le consommateur à développer un sentiment positif vis-à-vis de celle-ci. Nike, par exemple, met en scène des sportifs rebelles, amateurs et professionnels, qui accomplissent des exploits. Il s’agit, selon l’auteur, « du premier âge d’or du storytelling dans la publicité et le marketing » (p. 36). La disruption Face aux critiques naissantes et à la fatigue ressentie devant le flot de publicités, les marques changent de stratégie. Elles feignent de se moquer d’elle-même et adoptent un ton plus réflexif, voire autocritique. La disruption cherche à créer une rupture avec le passé. Diesel fait, pendant un temps, figure d’exemple pour ce modèle. La conversation et l’engagement Internet modifie encore la donne. Le consommateur a accès aux médias et aux réseaux sociaux 24 h/24 et non plus aux heures de grands rendez-vous prévus par la télévision. L’enjeu est d’apparaître plus souvent et partout (ou presque), mais sans user l’internaute. Le storytelling devient un enjeu crucial pour des marques qui cherchent à dérouler une histoire sur le long terme en créant une relation de communauté durable avec leurs clients. Le storytelling des agences Les agences publicitaires elles-mêmes font leur pub. Et celle-ci ne manque pas de storytelling. Certains passent par la référence aux estimés fondateurs, tandis que d’autres jouent la carte des méthodes et mettent en avant l’originalité de leurs concepts et de leurs pratiques. C’est la célèbre agence TBWA, par exemple, qui a inventé et promu le concept de « disruption » largement utilisé aujourd’hui. Exercices pour décrypter le storytelling publicitaire

« Amusez-vous à classer les publicités que vous rencontrez selon l’un des modèles évoqués : persuasion, démonstration, implication, disruption ou conversation. Essayez de transformer une campagne basée sur la persuasion, comme celle d’un dentifrice, par exemple, en lui appliquant le modèle de l’implication. Amusez-vous à travailler sur un territoire de marque pour ce même dentifrice. Vendez l’esprit plutôt que le produit. Retrouvez le visuel de la campagne Hathaway de David Ogilvy sur Internet. Amusez-vous à imaginer l’histoire du personnage central de cette publicité. Qui est-il ? D’où vient-il ? Comment a-t-il perdu son œil ? L’a-t-il seulement perdu ? Apprenez à vendre les bénéfices d’un produit ou d’un service plutôt que ses caractéristiques. Pour ce faire, écrivez un texte qui explique pourquoi chacun d’entre nous devrait au moins une fois dans sa vie commettre un crime passible d’emprisonnement. Exercez-vous à considérer vos créations comme de véritables histoires. Quels éléments pouvez-vous ajouter pour ouvrir le champ imaginaire de votre public ? Jouez avec les décalages ou les mystères, amusez-vous à laisser des questions ouvertes à l’interprétation dans vos travaux. » (L’art du storytelling, p. 39)

II. Marques et storytelling, quelques notions fondamentales 5. Chercher la bagarre L’épopée de Béatrice Kiddo Le conflit est au cœur du storytelling. Prenez par exemple l’histoire développée par Tarantino dans Kill Bill. Une seule chose anime l’héroïne, Béatrice Kiddo : se venger de Bill qui lui a fait beaucoup de mal. Ce désir de vengeance est le moteur de l’histoire. Règle universelle Même les histoires qui sont en apparence moins belliqueuses que celle-ci trouvent leur motif principal dans une situation conflictuelle. Dès lors, le cheminement suivi peut réussir ou échouer. La bonne histoire parvient à dramatiser cette incertitude. Causalité, désir et obstacles Comment faire bouillir la marmite des conflits ? En y introduisant ces trois ingrédients :

La causalité, c’est-à-dire le fait qu’il y a un enchaînement entre les événements et que ceux-ci portent à conséquences ; Le désir, qui pousse les protagonistes à agir contre vents et marées (amour, gloire, beauté, argent, vengeance, etc.) ; Les obstacles, à savoir — justement — les vents et les marées, tous les éléments et les personnes qui se déchaînent pour empêcher (volontairement ou non) la réalisation du désir.

Et concrètement, alors ? Aussi étrange que cela puisse paraitre de prime abord, les marques baignent dans le conflit. Ah oui ? Pensez-y : chaque produit ou service est une proposition de valeur qui vient satisfaire un désir, c’est-à-dire combler un manque sur le marché. Pour donner du sens à votre marque, vous devez montrer qu’elle s’incarne dans des causes et qu’elle surmonte (ou a surmonté) des obstacles. Electra Donc, contrairement à un fait énoncé de façon brute, le storytelling va mettre en scène un conflit, un désir et une causalité. L’auteur prend l’exemple de la voiture électrique. Dire « La voiture électrique est écologique » ne fait pas rêver. En revanche, affirmer qu’elle est à l’avant-garde d’un mouvement de lutte contre le réchauffement climatique, c’est déjà mieux. Créer des récits : c’est ce que les meilleures marques du XXe et du XXIe siècle savent faire à merveille. De l’art de faire voler les autruches Peu après avoir connu (et communiqué sur) des problèmes de conception de ses téléphones, Samsung a réalisé un spot qui reprend clairement ces ingrédients principaux. Celui-ci montre une autruche essayant de voler. La marque cherche à faire rêver à nouveau son consommateur en lui montrant qu’avec ses produits, tout devient possible. Exercices pour provoquer la bagarre

« Imaginez un personnage et amusez-vous à le téléporter dans le pire endroit qui puisse lui correspondre. Prenez un DRH psychorigide et envoyez-le dans une start-up âgée de quelques mois. Ou un directeur de la communication timide, chargé cette année de présenter les vœux annuels de son entreprise devant l’ensemble des actionnaires.

Commencez par la concurrence, puis n’hésitez pas à partir sur des sujets plus larges. Pensez à vos clients, avec quelles difficultés luttent-ils quotidiennement ?

Exercez-vous visuellement à jouer avec les conflits en travaillant les contrastes. N’hésitez pas à marier des éléments qui n’ont rien à voir ensemble, un clavecin et un punk, du coton et ces clous, le feu et la glace…

Travaillez votre positionnement en tant que designer. Faites comme le grand graphiste Massimo Vignelli, qui se désignait comme un combattant de la laideur. » (L’art du storytelling, p. 51)

  1. Le syndrome du Titanic La vie d’Emmet Lego a fait de sa marque un film. C’est l’illustration parfaite du storytelling. Elle a convoqué des scénaristes et des réalisateurs pour fabriquer une histoire mettant en scène son produit : les briques de jeu. Dans le film, Emmet, le protagoniste, devient un « maître-constructeur », capable de construire tout ce qu’il désire. La marque comme média De façon classique, le storytelling désigne la capacité à produire des histoires, notamment pour délivrer des messages (son intérêt pour la communication). Toutefois, à l’heure actuelle, il a pris une autre dimension. « Il désigne aujourd’hui l’ensemble des expressions d’une organisation à chaque point de contact entre elle et son public. […] Tout participe à construire ce que nous pourrions appeler un métarécit. En réalité, tout ce qu’une marque génère — produits, messages, services, contenus — entre dans sa communication. Tous ces éléments expriment, appuient et déploient son récit. La marque est un média comme les autres. » (L’art du storytelling, p. 53) Placement de produit géant Lego est une marque qui parvient très bien à jouer la carte du storytelling sur l’ensemble de sa production. À l’opposé, on trouve Tesla. La marque communique très peu, voire pas du tout, en matière de publicité. Pourtant, elle parvient à créer une histoire grâce à la satisfaction qu’elle apporte au client et à l’histoire de son fondateur. Méthode, vision et mission Avec ces trois termes, l’auteur explicite sa façon de penser le storytelling comme une stratégie globale de communication de marque.

Méthode : Elle constitue la partie visible, le design ou l’expérience de marque (qui comprend les contenus, produits et services) ; Vision : C'est ce qu’il y a de plus profond et qui donne sens à toutes les actions de la marque, l’idée clé ou l’insight (la compréhension du désir et de la façon de le combler, à la source de la tension narrative, comme on l’a vu) ; Mission : C'est elle qui se trouve entre les deux et par laquelle la marque exprime ses valeurs (ce qui la rattachera à une tribu ou communauté) et qui définit l’empreinte culturelle qu’elle veut laisser.

Exercices pour accorder vision et mission stratégiques

« Tentez de formuler la vision de votre organisation. D’où vient-elle ? Quel est son événement fondateur ? Qu’est-ce qui la rend pertinente aujourd’hui ? Qu’est-ce qui la rendra indispensable demain ?

Écrivez la mission de votre marque. Pour ceci, partez toujours de votre public, de vos utilisateurs. Demandez-vous ce qui compte réellement pour eux. Quelles sont leurs principales attentes ? Quelle est votre valeur ajoutée ? Quelle aide pouvez-vous leur offrir ?

Imaginez que le sujet soit un personnage de fiction. Qui est-il ? Quelle est sa mission ? Quels sont ses pouvoirs, ses forces ? » (L’art du storytelling, p. 57)

  1. De la stratégie à la tactique De professeur à dealer Pensez votre stratégie de storytelling comme une série télé. Breaking bad est un bon exemple de série accrocheuse et, comme on dit, bien ficelée. Elle se développe sur plusieurs saisons, chaque épisode apportant son grain de sel à l’histoire (chaque épisode étant lui-même séquencé en fonction des pauses publicitaires). Découpez votre communication de la même façon. Les petites idées Avec Internet, le flux des contenus publiés a explosé. Par ailleurs, le public devient actif et prend davantage part à la définition de la marque. C’est le modèle de la conversation et de l’engagement dont nous avons déjà parlé : la marque et son public communiquent, échangent constamment, 24 h/24. Pour que cet échange ne se tarisse pas, et qu’il garde en cohérence, les marques doivent à la fois garder clairement à l’esprit le message central qu’elles veulent délivrer (c’est la stratégie) et agir constamment, en égrenant des petites idées — des contenus — différentes, mais conformes au message central (c’est la tactique). Contenus Les articles de blog et les posts sur les réseaux sociaux sont une bonne chose, mais suffisent de moins en moins. Les marques développent des cours ou des tutoriels pour apprendre à leurs utilisateurs à se servir de leurs produits, elles se lancent dans la course au divertissement en créant des séries ou des films, etc. De cette façon, elles jouent sur deux types de valeurs :

La valeur d’usage (ce que l’utilisateur retire immédiatement de l’utilisation du contenu) ; La valeur d’image (ce qu’il en retient au niveau symbolique et qui l’attache à la marque sur un plan plus émotionnel).

« Brand journalism » Cette expression désigne une posture globale et une stratégie de communication des marques qui reprend les méthodes du journalisme. Il s’agit d’adopter, pour sa marque, une stratégie éditoriale, en réfléchissant les choix de formats, de points de vue, etc. La marque cherche alors à diffuser des messages plus subtilement et indirectement. Exercices pour appliquer le storytelling à sa stratégie de marque

« Trouvez une valeur d’usage pour cotre contenu. Commencez à réfléchir à ce que vos clients attendent de votre marque. Quels contenus pourriez-vous créer, en continuité avec vos services, et qui puissent leur être utiles ? Il peut s’agir de tutoriaux ou d’articles pour les éclairer sur tel ou tel sujet. N’essayez pas de trouver forcément une grande idée, pensez plus comme un magazine qui imaginerait sa ligne éditoriale sur le long terme. Appuyez-vous sur la mission que vous avez déterminée dans le chapitre précédent.

Reprenez le calendrier de votre secteur. Listez les événements et les périodes clés. Quels contenus pouvez-vous imaginer pour tel ou tel moment ?

Considérez votre contenu comme étant un outil pour enseigner. Accompagnez les débutants de votre secteur, mais offrez également aux experts avertis des leviers de prospective et de réflexion. » (L’art du storytelling, p. 63)

  1. Expérience de marque Interstellaire Dans le film Interstellar de Christopher Nollan, le protagoniste dit que le rôle des parents est d’être « des souvenirs pour [leurs] enfants ». La marque cherche à faire de même : créer des souvenirs pour ses utilisateurs. Holistique Pour réussir à créer une expérience de marque, il faut générer un univers et une ambiance. Autrement dit, il faut penser global ou holistique (qui veut dire total). Les pionniers de cette notion d’expérience de marque, Pline et Gilmore, énumèrent les critères suivants :

Thème (il doit conditionner le reste) ; Impressions positives (à créer à partir du thème et venant le « démontrer ») ; Impressions négatives (à proscrire) ; Souvenirs (la trace indélébile à créer à partir des impressions positives) ; Sensualité (sollicitation des cinq sens).

Co-propriété La marque doit rester à l’écoute des reprises qui sont faites de ses contenus sur les réseaux sociaux ou ailleurs. Elle doit même chercher à encourager l’engagement des utilisateurs, c’est-à-dire donner envie et permettre à son public d’échanger au sujet de son expérience de marque. Le sens de la marque est ainsi une « co-propriété » qui se crée dans la conversation. Lorsque Nike veut nous faire courir Après les scandales qu’elle a connus, la marque à la virgule a réussi à mettre en place une forme de storytelling conversationnel gagnant, basé sur une vision et une mission claires, mais aussi sur :

Les campagnes publicitaires ; Le développement du versant digital (Nike+) ; Un réseau social de partage des performances.

Les trublions du goût À un autre niveau, il en va de même pour Michel & Augustin, ce fabricant de biscuits français né en 2005 et qui a réussi une belle campagne de storytelling de marque. Voici notamment ce que la marque propose pour créer cette expérience de marque inclusive et holistique :

Un packaging où elle se raconte ; Un site internet personnalisé (avec la photo des collaborateurs) ; Une présence sur les réseaux sociaux ; Des portes ouvertes et des stages de formation en cuisine ; Une personnalisation des locaux ; Un livre pour passer son CAP de pâtissier.

Exercices pour développer son expérience de marque

« Pour designer votre expérience, commencez par définir le plus précisément possible votre public, vos objectifs en termes de business, les difficultés éventuelles, le planning ainsi que les éléments à produire. Rassemblez également les témoignages de vos utilisateurs, leurs attentes et leurs préférences.

Cartographiez l’ensemble des points de contact entre vous et vos utilisateurs — numériques, physiques, téléphoniques. Rappelez-vous de la mission que vous avez déterminée, en amont, pour votre organisation. Chaque point de contact est-il en accord avec l’histoire que vous souhaitez raconter ?

Essayez de récupérer le plus de retours possibles sur la façon dont vos publics vivent votre expérience de marque. Améliorez-la en conséquence.

Considérez votre travail en tant que designer de la façon la plus globale possible. Vous êtes un véritable architecte de l’expérience de marque. Lorsque vous travaillez un logo, envisagez ses applications dans leur ensemble et non seulement circonscrites à un site internet ou une affiche. Faites preuve d’empathie lorsque vous élaborez vos visuels : faciliter la lecture, fluidifier le parcours des utilisateurs, éviter les nécessités de passage d’un écran à un autre lors d’une même action, telles sont les bases d’une expérience utilisateur graphiquement réussie. » (L’art du storytelling, p. 69)

III. Les cinq caractéristiques d’une bonne histoire 9. Simple De mystérieux enlèvements Les légendes urbaines ou « hoax » font partie de notre quotidien. C’est surtout vrai si vous vivez aux États-Unis, mais il en existe aussi de nombreuses en France, telle que la « rumeur d’Orléans ». Ces histoires sont simples et horrifiantes, et c’est pourquoi nous les aimons et les retenons ! L’ennemi intime Le cerveau reptilien, la partie la plus primaire du cerveau, « veut » notre sécurité. Il cherche à nous protéger en nous avertissant des dangers. Le storytelling s’oppose à ce sentiment de sécurité en proposant des histoires qui nous dévient de nos trajectoires traditionnelles. Pour ne pas qu’elles soient rejetées par cette partie de notre cerveau, les histoires doivent contenir plusieurs caractéristiques, dont la simplicité. De l’importance du message essentiel Si vous voulez créer des histoires percutantes, apprenez à retirer le superflu. Pensez dès le départ à ce que vous voulez que votre public retienne et énoncez-le dès le départ. Souvent, nous voulons en dire trop. C’est une erreur. Exercices pour simplifier ses histoires

« Imaginez que vous ayez à convaincre l’élu(e) de votre cœur avec une phrase ou deux vous concernant. Comment parviendrez-vous à le ou la séduire ?

Trouvez un nouveau nom au produit phare de votre entreprise ou de votre studio de création. Amusez-vous à lui créer un brief simple. À qui s’adresse-t-il ? Quel est le principal atout qui le rend différent de ses concurrents ? Listez le plus de noms possible qui illustreraient au mieux ce produit. Trouvez celui qui le représente le mieux. » (L’art du storytelling, p. 80)

  1. Surprenante « Il est obligatoire de regarder Psychose depuis le début ! » Vous pouvez créer de l’attente, du désir, en générant du mystère autour de votre produit. C’est ce qu’Hitchcock avait bien compris, lorsqu’il créa une publicité basée sur l’interdiction de dévoiler la fin de son film et l’obligation d’arriver en avance. En établissant ces règles, il titillait l’esprit du spectateur qui, dès lors, ne voulait pas manquer ça. Vers l’inconnu et au-delà ! Le cerveau reptilien aime la sécurité, mais il est aussi curieux. C’est pourquoi il aimera que vous lui racontiez des choses qu’il ne sait pas. Ce qu’il craint, c’est l’ennui qui endort. Tenez-le éveillé par des événements inattendus, des rebondissements, et il dévorera vos histoires. Prévoyez des fins inattendues, mais crédibles. Même entre les scènes (ou les épisodes), prévoyez des cliffhangers qui donnent envie de lire la suite. Faire sonner les trompettes d’AIDA (Attention, Intérêt, Désir, Action) AIDA est une vieille méthode de copywriting. Elle repose sur :

L’attention (le titre, le visuel) ; L’intérêt (un élément perturbateur ou de surprise) ; Le désir (la mise en avant des avantages) ; L’action (un appel à réaliser une action, aujourd’hui souvent appelé call to action).

Les mirages de Dupond & Dupont Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le travail d’écriture relève aussi bien de la découverte que de l’invention. Vous ne savez pas ce que vos personnages vont devenir ; vous le découvrez en écrivant. C’est en tout cas de cette façon que l’auteur vous conseille d’écrire, afin de conserver l’effet de surprise. Où sont les licornes ? Vous pouvez multiplier les effets de surprise en jouant sur les mises en abime. Agissez de telle façon à ce que le public se demande qui a bien pu avoir l’idée de diffuser cette publicité (cette histoire) et dans quel but. En faisant cela, vous l’aiderez à se souvenir de vous. C’est ce que Canal+ a très bien réussi à faire avec son spot publicitaire de 2015, Les licornes. Exercices pour faire sonner les trompettes d’AIDA

« Prenez un fragment de texte sur une publicité ou sur un site que vous trouvez institutionnel, froid, voire pompeux. Amusez-vous à le récrire en faisant sonner les trompettes d’AIDA ! Attrapez notre attention ! Titillez notre intérêt ! Faites frémir notre désir ! Et faites-nous passer à l’action !

Amusez-vous à travailler le point de vue de votre histoire. Partez d’une scène et posez votre caméra à un endroit inattendu. L’exemple le plus courant est de partir d’une scène de mariage et de la décrire à travers les yeux de l’ex-petit ami du ou de la marié(e). Surprenez-nous !

Observez le travail d’un graphiste comme Michal Batory. Examinez comment il parvient à nous surprendre en adoptant à chacune de ses créations un point de vue particulier. Regardez comment il détourne les objets de notre quotidien pour en faire émerger des images poétiques et fortes. Faites-en de même : envisagez votre prochaine création en partant d’une fourchette, d’une bouteille d’eau minérale ou d’un pull-over. » (L’art du storytelling, p. 86)

  1. Concrète Lorsque le comédien se fait écrivain Dans la série True Detective, Matthew McConaughey joue un détective qui passe par plusieurs périodes difficiles. Pour interpréter son personnage, l’acteur a écrit un livre (oui !) répertoriant les différents états, addictions, problématiques de son personnage. Il a cherché à lui donner un maximum de profondeur et d’envergure. Bref, il a voulu rendre son personnage le plus concret possible. Valeur d’usage Lorsque vous écrivez, posez-vous la question de la valeur concrète (valeur d’usage) de votre récit : qu’apporte-t-il à votre auditoire ? Cela vous évitera de devenir trop abstrait. Une bonne histoire est une histoire qui est construite avec des détails et qui s’ancre dans le monde réel. Lacets Le designer de Nike, Tinker Hartfield, a conçu le design des Air Jordan. Mais c’est aussi lui qui se trouve derrière les baskets que porte Marty dans Retour vers le futur 2. Peu après, il a inventé un design de baskets similaires — sans lacets — pour les jours de la NBA. Ou quand le storytelling et la technique se fertilisent ! Fierté retrouvée Une autre manière d’être concret consiste à faire appel aux origines, à la fierté vis-à-vis de sa famille, de sa patrie ou de quoi que ce soit. Faire appel à ce sentiment d’attachement émeut et engage le public. Faire preuve d’empathie C’est une clé : faites l’effort de comprendre votre public ou votre client, si vous êtes une marque (ou un publicitaire). Comprendre, sans juger, les états d’âme et les attentes des destinataires de votre offre est important pour lui adresser le plus justement, et le plus concrètement possible, votre message. Posez-vous les questions essentielles que se pose tout journaliste :

Qui ; Quoi ; Où ; Pourquoi ; Comment.

Exercices pour garder les pieds sur Terre

« Remémorez-vous un lieu que vous adoriez. Il peut s’agir d’une boutique, du salon de vos grands-parents ou du grenier d’une maison de campagne. Amusez-vous à en décrire les moindres recoins en étant le plus précis et spécifique possible.

Entraînez-vous à écrire le plus précisément possible ce qui se passe dans la tête de votre utilisateur lorsqu’il arrive dans une boutique ou sur votre site pour la première fois. Essayez de vous mettre réellement dans sa peau sans tricher, décrivez ce qu’il ressent, pense et cherche à réaliser. » (L’art du storytelling, p. 96)

  1. Crédible Principe de réalité Il existe un « contrat de lecture » entre le créateur d’une histoire et son récepteur. Ce contrat s’appuie sur le réalisme ou, si vous préférez, la crédibilité. Chaque histoire doit former un tout cohérent et pertinent, doué de sa propre vérité interne. C’est aussi pourquoi, comme on l’a vu au chapitre précédent, il importe d’être concret et spécifique. Ne noyez pas vos lecteurs dans les détails, mais assurez-vous d’en donner assez pour qu’il croie à l’univers que vous avez créé. La vérité des personnages Vous devez justifier les actions, les émotions et les comportements de vos personnages. Ils ne doivent pas agir de façon absurde ; faute de quoi votre cerveau reptilien refusera de poursuivre plus loin. Faites agir comme bon vous semble vos personnages, mais faites-les agir de façon logique, en fonction de raisons objectives ou de motifs psychologiques clairement identifiés. Du choix de la bonne mascotte Que votre mascotte soit un fruit en dessin animé, un acteur anonyme revêtu d’un costume ou une star de cinéma en chair et en os (bien qu’éventuellement retouchée), peu importe. Mais rendez-la crédible. Générez un lien fort avec la marque et faites-le agir conformément à votre message (qui sera de nature plutôt ludique, informatif, attractif et sensuel, etc.). Les rois du service client La banque First Direct UK a beaucoup de succès outre-Manche. La raison ? Son service client impeccable et son authenticité. Elle propose un service 24 h/24 et en étant très customer friendly. Les habitants du Royaume-Uni apprécient également de pouvoir parler avec des personnes réelles et non avec des serveurs vocaux. Mais elle développe aussi tout son storytelling dans ses publicités, où elle se démarque clairement de la concurrence. Elle parle un langage urbain, développe une esthétique noir et blanc, etc. Bref, elle montre sa différence avec les autres banques. Tout cela constitue les éléments gagnants d’une communication complète et crédible. Exercices pour vous aider à rendre vos histoires crédibles

« Faites-vous plaisir, trouvez la mascotte qui représenterait le mieux votre organisation ! Choisissez un acteur, une actrice, un sportif de haut niveau ou un héros de dessin animé.

Prenez un texte tiré de votre site internet. Relevez le nombre de mots contenus qui relèvent du pur jargon. Récrivez ce texte sans utiliser un seul terme qui ne puisse être compris par le plus grand nombre.

Lorsque vous travaillez une illustration visuelle, prêtez attention aux détails qui apporteront de la crédibilité à votre composition. Elle ne tient qu’à quelques traits, un bouton de porte mal situé, des rails trop écartés, une ombre mal positionnée par rapport à sa source de lumière… » (L’art du storytelling, p. 101)

  1. Émouvante Joie La joie ne va pas sans la tristesse. C’est le leitmotiv du film d’animation de Pixar Vice-versa, où Joie et Tristesse côtoient Dégoût, Peur et Colère. Des émotions incarnées en personnages animés, confinés dans le « quartier cérébral » d’une préadolescente. Outre ces qualités en matière de surprise et de crédibilité, notamment, cette histoire nous rappelle l’importance des émotions. Mettre du cœur à l’ouvrage Vous ne parviendrez à capter l’attention de votre public qu’en ayant vous-même été très attentif à la façon dont les autres agissent, ressentent, etc., et en cherchant à reproduire ces émotions et ces actions dans vos récits. Il faut travailler dur pour parvenir à créer l’empathie, puis la sympathie. En tant que storyteller, vous devrez vous exercer pour réussir à communiquer de façon efficace. Un catalogue infini Guillaume Lamarre donne un conseil : agissez comme un acteur plutôt que comme un auteur. C’est-à-dire ? Devenez vos personnages et couchez sur le papier les émotions qu’ils ressentent comme si vous les viviez vous-même. Pour autant, ne cherchez pas à émouvoir ; cherchez à faire vivre quelque chose. Super-héros Tout l’enjeu sera de ne pas tomber dans le pathos au sens péjoratif et contemporain du terme, à savoir dans les bons sentiments. En étant acteur, vous pourrez rester juste. Vous éviterez la caricature. C’est ce que le spot We’re the super humans a réussi à accomplir. Exercices pour faire naître les émotions

« Travaillez la voix. Prenez un texte sur un site internet et faites comme si vous le traduisiez. Utilisez un personnage de fiction ou une personnalité du show-business — Stéphane Bern, Joey Star, Homer Simpson ou Fabrice Lucchini. Incarnez votre personnage. Jouez avec ses sentiments.

Écrivez un texte sur votre animal de compagnie. La seule contrainte étant d’écrire sur un animal que vous n’avez jamais eu. Vous pouvez choisir n’importe lequel, qu’il soit réel ou imaginaire, un chaton comme un dinosaure. Expliquez ce qui vous motive à garder ce compagnon auprès de vous, ce qu’il vous apporte et ce que vous lui donnez en retour. » (L’art du storytelling, p. 107)

IV. Anatomie d’une histoire 14. Garder la morale malgré les circonstances : le thème Maison Le film E.T. a un thème central : l’empathie qu’il est nécessaire de développer pour pouvoir grandir et vivre en société. Toutes les épreuves vécues par Elliot avec E.T. sont tendues vers ce point final, même s’il faut parfois savoir lire entre les lignes pour le comprendre. Sous-texte Vous devez démontrer — et non expliquer — le thème central de votre histoire en faisant agir vos personnages face au conflit. Dans une démarche de communication (publicité), vous devrez partir du thème (aussi appelé message essentiel). Prenez bien le temps de l’étudier avant de lancer votre stratégie. Techniques d’exploration Comment trouver votre thème ? Comme le disait Steve Jobs : « Partez du client et remontez ensuite jusqu’à la technologie. » Autrement dit, commencez par savoir ce qui manque à votre prospect (on en revient au conflit) et remontez, de là, vers la solution que propose votre produit ou votre service. Mais ce n’est pas tout, bien sûr. Si vous voulez devenir un pro des mots, vous devrez explorer les mots-clés qui sont liés à votre thème. En les mettant en relation et en trouvant des métaphores, notamment, vous obtiendrez les débuts de votre histoire. Guillaume Lamarre propose de se concentrer sur les questions suivantes :

« Qu’est-ce qui rend votre activité unique ? Qu’a-t-elle de remarquable dans sa conception/fondation ? Quel problème votre entreprise résout-elle ? Quelle est sa source d’inspiration ? Comment votre activité a-t-elle évolué ? Quelle serait l’intrigue/la métaphore illustrant le mieux votre histoire ? Comment votre organisation veut-elle changer le monde ? » (L’art du storytelling, p. 115)

Exercices pour élaborer son thème

« Amusez-vous à trouver le thème de vos livres, films ou séries préférés. Un indice, il est souvent énoncé au tout début — lorsqu’il s’agit d’un long-métrage notamment — par l’un des protagonistes.

Afin de démarrer votre réflexion et de vider votre coffre à jouets sur le sol, dressez une carte heuristique de votre projet. Écrivez au centre de celle-ci le nom du produit ou de l’opération à promouvoir. Faites partir quatre branches de ce nom et inscrivez : Utilisateurs, Produit, Collaborateurs et Marque. Déroulez, sans trop y réfléchir, les mots-clés qui vous viennent à l’esprit par associations d’idées. Allez le plus loin possible, n’hésitez pas à réitérer l’exercice afin d’obtenir la carte la plus riche et la plus complète.

Une fois la carte des éléments établie, amusez-vous à trouver l’opposé des mots-clés les plus importants. Commencez à chercher la bagarre !

Écrivez votre message essentiel à la manière d’une dépêche AFP. Il s’agit de la quintessence de votre message. Amusez-vous à le dramatiser en y ajoutant une bonne dose de tension.

Que ce soit pour une production écrite ou graphique, gardez ce message essentiel bien en vue : c’est lui que votre création doit illustrer. » (L’art du storytelling, p. 116)

  1. Se prendre pour Agatha Christie : l’intrigue Un organisme vivant L’intrigue est proprement ce qui vous fait tourner la page. C’est l’enchaînement des causes et des effets toujours plus ou moins imprévisibles, mais qui aboutissent à la résolution finale ; souvent, une transformation du héros. Que se passe-t-il et pourquoi ? Voilà ce que vous devez vous demander ici. Les cinq intrigues essentielles Les auteurs, d’Aristote à Ronald B. Tobias, ne s’entendent pas sur le nombre d’intrigues. Peu importe. Guillaume Lamarre en propose ici 5 essentielles dans le cadre d’une stratégie de communication. Les voici :

« Terrasser le dragon », c’est-à-dire combattre un monstre, un ennemi qui menace le monde entier ; « La renaissance », ou l’histoire de la perte d’une illusion et du gain d’une réalité supérieure ; « La quête », où le héros cherche à acquérir un bien précieux (jeunesse éternelle, amour, etc.) ; « Le voyage », dans lequel c’est la découverte d’un endroit inconnu qui prime ; « De la misère à la richesse », dans lequel un pauvre protagoniste conquiert le monde.

Exercices pour se familiariser avec les intrigues de base

« Amusez-vous à catégoriser les histoires, mais également les campagnes que vous connaissez. Observez comment les marques s’emparent de telle ou telle intrique.

Essayez de voir par vous-même si vous ne pouvez pas trouver une intrique qui colle plus à la raison d’être d’une organisation que vous appréciez ou non. Laquelle correspondrait le mieux à votre propre vocation ? » (L’art du storytelling, p. 123)

  1. Puiser dans son carnet de recettes : les scènes obligatoires Au menu aujourd’hui Il y a certaines scènes que vous devrez impérativement importer dans votre histoire, en fonction de l’intrigue que vous avez choisie. Par exemple, l’affrontement final avec le méchant dans une intrigue du type « Terrasser le dragon ». Dans ce chapitre important, mais difficile à résumer, Guillaume Lamarre vous donne de précieux conseils pour ajouter des scènes obligatoires à vos récits. Je vous invite chaudement à consulter l’ouvrage ! Appliquer les scènes obligatoires à son propre parcours Bien sûr, vous n’êtes pas obligé d’utiliser toutes les scènes obligatoires, ni même de suivre à la lettre le canevas d’une intrigue. En acquérant de la bouteille, vous pourrez combiner et utiliser ces scènes comme des épices à ajouter à l’histoire que vous voulez raconter. Et pourquoi pas réfléchir à votre propre histoire ? Comment pourriez-vous la mettre en intrigue ? Exercices pour réviser ses classiques

« Amusez-vous à relever les scènes obligatoires dans vos films, romans et séries préférés. Regardez surtout comment l’auteur est parvenu à les réinventer en changeant le point de vue, en faisant appel à une ellipse.

Identifiez ces moments dans votre propre parcours, amusez-vous à l’écrire en utilisant les points de départ suivants : les rencontres clés, les passions, les hasards, les réussites, les échecs, les difficultés, l’avenir…

Écrivez un discours de présentation d’un de vos proches ou d’un de vos collègues. Partez d’un élément qui vous fait penser à une scène obligatoire. Découvrez à quel genre d’intrigue son récit se rattache le plus. » (L’art du storytelling, p. 129)

  1. Sortir le squelette du placard : la structure Douze mesures, trois accords, des millions de possibilités Comme le blues, qui construit de véritables histoires sonores à partir de quelques accords et d’une structure relativement ouverte, le storytelling utilise des structures pour générer une infinie variété de récits. Trois actes La première structure à avoir à l’esprit est basique. Toute histoire comprend au moins ces trois actes :

Le début, où se plante le décor ; Un milieu où se joue l’action ; La fin, où se résout l’action et se rétablit l’équilibre.

Sept étapes Il est possible de détailler un peu plus cette trame générale en la découpant en sept étapes :

« Il était une fois » ; « Chaque jour » ; « Mais un jour… » ; « À cause de ça… » ; « À cause de ça… » ; « Jusqu’à ce que finalement… » ; « Et depuis ce jour… ».

Appliquer la structure à son propre projet Même l’histoire du storytelling, telle qu’on la raconte souvent, obéit à cette structure. Lisez le livre "L'art du storytelling. Manuel de communication" de Guillaume Lamarre pour vous en rendre compte ! Exercices pour construire le squelette de vos récits

« Utilisez les sept étapes comme premier brouillon pour raconter une histoire. Ajoutez une contrainte. Racontez une histoire en changeant un élément de notre réalité.

Relevez les éléments déclencheurs dans les livres et les films. Examinez comment le héros bascule et entre de plain-pied dans le royaume de l’aventure. Observez les éléments déclencheurs dans votre propre parcours, ce qui vous a conduit sur cette voie.

Amusez-vous à imaginer des événements qui pourraient faire basculer votre vie. Pensez aux plus anodins d’entre eux, comme oublier ses clés ou rater un bus. Déroulez la structure en sept étapes à partir de là. Récrivez-la pour faire disparaître totalement les formules toutes faites.

Faites comme Renaud, écrivez une histoire comme une chanson. Utilisez les couplets pour dérouler votre action…

Hemingway était parvenu à écrire une histoire en six mots : “For sale : babies shoes, never worn” (À vendre : chaussures bébé, jamais portées). Il existe d’ailleurs des sites où vous pouvez soumettre vos propres “six word stories”. Exercez-vous sur trois tweets…

Travaillez de la même manière sur la création d’un site internet ou de toute autre publication. Vérifiez bien que vous respectez les trois actes clés de présentation, complication puis résolution. » (L’art du storytelling, p. 136)

  1. Recruter la bande à Bonnot : les personnages Le voyeur Nous aimons tous regarder ce qui se passe dans la vie des autres ; oui, nous sommes tous curieux. Nous avons envie de connaître les péripéties de la dame du premier étage ou les problèmes du couple du troisième. C’est ainsi. HBO a créé une campagne à succès sur cette base. C’est aussi ce qui nous attache aux « personnages ». Du désir au besoin Chaque personnage agit en fonction d’un désir : être le meilleur dans son domaine, retrouver un être cher, etc. Il y a 1001 possibilités. L’histoire du personnage l’a mis dans les conditions d’avoir ce désir. Atteindre son but est pour lui une question décisive, de vie ou de mort. Toutefois, il peut avoir besoin d’autre chose et donc apprendre en cours de route. Par exemple ? Woody, dans Toy Story : « [Woody] désire être le jouet préféré du petit garçon, Andy, mais qui doit apprendre à partager et à ne pas toujours être le meilleur. C’est au moment du climax de l’histoire que le héros fait réellement le choix de se transformer. » (L’art du storytelling, p. 139) Les archétypes Vous devez penser vos personnages ensemble. Ils forment un « tout », une bande inséparable. Et pour corser le tout, ils sont eux-mêmes multiples, composés de multiples facettes qui s’emboitent les unes dans les autres ! Impossible à retranscrire ou à créer ? Voyons voir. Pensez par exemple à Game of Thrones : chaque protagoniste joue son rôle sans que l’on puisse dire qui est le « héros » unique et décisif de l’histoire. En fait, chaque personnage est un archétype qui fonctionne en combinaison avec les autres : le héros, l’antagoniste, le traitre, le mentor, le chef et l’allié. Dans la série fantastique, chaque personnage est capable de devenir l’un ou l’autre de ces archétypes. C’est ce qui rend la série si fascinante ! Tri-dimensionnel Vos personnages peuvent être découpés en trois dimensions ou types de caractéristiques :

Physiques ; Sociales ; Psychologiques.

« Faites-lui traverser l’enfer » De cette façon, vous allez le révéler à lui-même, ou plutôt à vous ! Le studio d’animation Pixar, dans l’une de ses masterclass, suggère de placer un personnage dans l’ascenseur et de voir comment il réagit. C’est ainsi que vous pourrez détecter son principal défaut et sa principale qualité. Explorer la vie de ses utilisateurs Airbnb a poussé le bouchon du storyelling très loin en amenant ses collaborateurs à se mettre constamment à la place des utilisateurs de la plateforme. Grâce à la création de personas et de storyboards scénarisant les différentes étapes du « parcours utilisateur », affichés dans ses locaux, Airbnb se rend capable de deviner ce qu’il peut proposer à chacun d’entre eux. En d’autres termes, il faut se demander comment répondre au besoin de l’utilisateur en se mettant à sa place — c’est-à-dire en pratiquant l’empathie. Exercices pour faire naître vos personnages

« Commencez à écrire une histoire en partant de cette phrase : “Deux individus sortent d’un immeuble…” Demandez-vous s’ils sont soulagés de sortir de ce bâtiment. Partent-ils à la rencontre de quelqu’un ensemble ou se séparent-ils ? Sont-ils des hommes, des femmes, un couple, des enfants… ? Amusez-vous à construire vos personnages en partant des caractéristiques internes et externes de ceux-ci. Écrivez un “un jour dans la vie de” pour vos personas. Racontez-nous une de leur journée par le menu. Que vient faire votre solution dans ce déroulé ? Comment pouvez-vous les aider ? Efforcez-vous d’humaniser vos designs. Travaillez à la main pour créer vos illustrations, n’hésitez pas à jouer avec des regards ou des éléments corporels dans vos compositions. » (L’art du storytelling, p. 144)

V. Améliorer son écriture et développer son esprit créatif 19. Les leçons de David, Lee, George et David « Et si quatre sommités de la communication publicitaire se rencontraient pour échanger au sujet du métier et de ses évolutions ? Cette interview fictive a été réalisée à partir d’éléments d’entretiens réels et de différentes publications de nos pontes. » (L’art du storytelling, p. 152) Impossible à résumer, je vous laisse découvrir cet entretien loufoque directement dans le livre. Mais au fait, qui sont ces 4 « pontes » du marketing ?

Lee Clow, directeur de TWBA/Chiat/Day, créateur des campagnes cultes d’Apple ; George Lois, « directeur artistique légendaire de l’époque des Mad Men » ; David Ogilvy, mythique publicitaire, fondateur de Ogilvy & Mather ; David Droga, Australien ambitieux et talentueux qui a travaillé pour les plus grands. Quelques règles d’écriture

Par ailleurs, Guillaume Lamarre donne quelques conseils d’écriture particulièrement adaptés au storytelling, qui se démarque de l’écriture créative en tant qu’il est une démarche de communication, nécessairement plus normée :

Observez, c’est-à-dire, soyez empathique, comprenez votre cible ; Parlez à une seule personne ; Relisez-vous de façon critique et détruisez sans pitié vos mauvais passages ; Parlez de choses précises, soyez concret ; Adoptez des tournures de phrases actives ; Soyez précis sans être jargonneux ; Testez de nouvelles métaphores et évitez les clichés ; Relisez-vous à voix haute, récrivez, et ainsi de suite jusqu’à épuration complète du texte ; Ayez une attitude objective vis-à-vis de ce que vous écrivez ; Écrivez le thème de votre histoire en haut de votre première page ; Attachez le lecteur dès le début en lui dépeignant une situation ; Jaugez avec esprit critique toutes ces règles et créez les vôtres !

Certains de ces conseils sont proches de ceux fournis par Stephen King dans son célèbre ouvrage Écriture. Mémoires d’un métier. 20. La question de la créativité L’Arpège L’Arpège est un restaurant coté trois étoiles au guide Michelin. Au tournant du siècle, son chef Alain Passard effectue pourtant un choix périlleux : proposer une carte entièrement végétarienne. Pour réussir, le cuisinier a dû développer toute la puissance de ce que Guillaume Lamarre nomme « la voie du créatif ». Adopter la juste attitude Pour devenir créatif, il faut amener le monde à nourrir vos histoires : la culture classique, mais aussi la culture populaire. En contrepartie, les histoires que vous racontez façonnent votre perception du monde qui vous entoure et des événements qui s’y produisent. En amenant le monde actuel dans vos créations, vous parviendrez à être dans l’air du temps. Prendre les bonnes habitudes Votre organisme – cerveau y compris — est comme un jardin. Pour le cultiver et le faire fructifier, vous devez acquérir les bonnes habitudes. Une vie saine vous aidera certainement mieux à canaliser votre inspiration qu’une vie décousue. La clé, dit Guillaume Lamarre, est de mettre en place une « écologie personnelle ». Trouver son trésor Pour ce faire, aidez-vous d’exemples autour de vous, mais aussi d’experts dans votre domaine. Qui sont-ils ? Qu’ont-ils apporté ? Comment les imiter ? Afin de repousser les limites de votre créativité, il n’y a aucune honte à reprendre ce qui a été fait et à le transformer. Au contraire, vous prendrez ainsi le relais d’une histoire qu’ils ont eux-mêmes continué à raconter ! Mettre à exécution Parmi les habitudes à trouver, il y a l’heure à laquelle vous pouvez ou voulez travailler. Ce sera celle où vous serez le plus libre d’obligations, celle où vous aurez le plus d’énergie, cela dépend. Au niveau de l’état d’esprit, il ne faudra pas craindre la désillusion et l’échec. Il est fort probable que, durant certaines périodes, écrire vous ennuie, que vous manquez d’inspiration ou que vos histoires soient mal construites, voire carrément nulles. Apprenez à accepter ces moments si vous voulez persévérer dans le métier de storyteller. Apprenez les règles, aidez-vous des trucs et astuces que l’on vous donne (notamment dans ce livre "L'art du storytelling. Manuel de communication"), mais faites votre propre chemin et prenez plaisir à découvrir ce que vous êtes en train de créer !

Conclusion sur « L’art du storytelling. Manuel de communication » de Guillaume Lamarre : Un livre agréable à avoir en main et à lire : L’ouvrage"L'art du storytelling. Manuel de communication" de Guillaume Lamarre est ce qu’on appelle un « beau livre », c’est-à-dire un ouvrage doté d’une belle facture. Le papier est de bonne qualité, la mise en page est soignée. Les chapitres sont bien présentés et les différentes sections clairement distinguées par des couleurs bien choisies. On aime donc d’abord parcourir le livre pour sa forme. Ensuite, au niveau du contenu, on est content de découvrir un auteur qui maîtrise autre chose que le seul marketing et la communication de marque (même si ça reste son domaine de spécialité). Il connaît les sciences humaines et la littérature ; il est capable de relier le storytelling à des tendances de fond de nos sociétés contemporaines. C’est donc une deuxième et agréable surprise. Ce qu’il faut retenir de « L’art du storytelling. Manuel de communication » de Guillaume Lamarre : Dans ce livre "L'art du stortytelling. Manuel de communication", le lecteur novice trouvera à la fois une introduction théorique au storytelling (d’où il vient, quelle est sa signification et ce qu’il propose, concrètement) et un manuel pratique (des règles pour créer des contenus storytellés). Vous pourrez aussi découvrir comme pratiquer le storytelling pas à pas dans cette autre chronique. Le lecteur plus expérimenté retiendra et appréciera les analyses et les propositions de l’auteur, et notamment l’idée de faire du storytelling une stratégie globale de communication. Mais il se souviendra aussi de cette mise en garde et de cette incitation : « Attention, le storytelling n’est pas une nouvelle pierre philosophale. Il ne transformera pas votre projet en or à tous les coups. En revanche, il peut en être une pierre angulaire, un principe fondateur et inhérent. Sans doute vous permettra-t-il, à l’instar des cailloux du petit Poucet, de toujours retrouver votre chemin. Mais ceci est une autre histoire, qu’il ne vous reste plus qu’à écrire ! » (L’art du storytelling, p. 168) Points forts :

Le façonnage du livre, c’est un « beau livre », édité avec soin et du papier de qualité ; On sent que l’auteur connaît bien son sujet et prend plaisir à en parler ; L’apprentissage du storytelling se fait pas à pas tout au long des chapitres ; Des entretiens avec des experts (qui n’ont pas été présentés ici) jalonnent l’ouvrage.

Point faible :

Rien à dire : c’est un travail propre et sans bavures.

Ma note :     Avez-vous lu le livre de Guillaume Lamarre « L’art du storytelling. Manuel de communication » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Guillaume Lamarre « L’art du storytelling. Manuel de communication » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Guillaume Lamarre « L’art du storytelling. Manuel de communication »

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Thu, 16 Jun 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11931/Lart-du-storytelling.-Manuel-de-communication
Comment écrire plus http://www.olivier-roland.fr/items/view/11913/Comment-crire-plus

Résumé de « Comment écrire plus » de Dominic Bellavance : Un petit guide pour les auteurs qui se sont déjà frottés à la littérature, mais qui veulent apprendre à écrire plus vite et mieux ! Par Dominic Bellavance, 2021, 248 pages. Chronique et résumé de « Comment écrire plus » de Dominic Bellavance

Quelques mots sur l’auteur Dominic Bellavance est écrivain. Ses genres de prédilection sont le roman noir, la science-fiction et la fantasy. Il a notamment écrit plusieurs ouvrages dans la collection « Un roman dont vous êtes la victime ». Vous pourrez trouver de nombreuses ressources sur son site Internet, qui contient un blog comprenant une foule d’articles sur le métier d’écrivain. Alégracia et le Serpent d’Argent, son premier livre, a remporté le Prix Aurora décerné par l’Association canadienne de la science-fiction et du fantastique. Dominic Bellavance a étudié l’intégration multimédia et a obtenu un baccalauréat multidisciplinaire en création littéraire, en littérature québécoise et en rédaction professionnelle à l’Université Laval. Il donne des cours d’écriture créative au Centre de formation professionnelle Maurice-Barbeau.

Introduction Un autre guide de conseils d’écriture Des livres qui parlent d’écriture efficace, il y en a à la pelle. Quelle est la spécificité de celui-ci ? Un guide pour être plus efficace Son sujet est bien l’efficacité, ce qui implique une méthode. Dominic Bellavance souhaite vous aider à rédiger vos œuvres de fiction ; et pour ce faire il vous rappelle ces trois étapes essentielles :

L’imagination (dite aussi parfois idéation, le moment de réflexion sur le sujet) ; La création (la partie rédactionnelle proprement dite) ; La livraison (le moment de divulguer son texte).

Un guide potentiellement dangereux La procrastination peut vous guetter si vous perdez de vue le processus d’écriture. Ne l’oubliez pas, les outils proposés dans ce livre n’ont pas vocation à devenir une fin en eux-mêmes. Ils doivent rester des moyens au service de la seule fin qui vaille : écrire ! Un guide sans fausses prétentions Il ne s’agit pas de promettre la production d’un nombre exubérant de mots, mais plus simplement de vous suggérer d’accroître votre propre production, quelle qu’elle soit. Un guide pour les romanciers intermédiaires à expérimentés L’ouvrage ne traite pas de littérature, ni ne proposer un atelier d’écriture créative. Dominic Bellavance considère que vous avez déjà mis les mains dans le cambouis de la création littéraire. Un guide précis L’auteur opte pour des outils précis et en parle de façon claire : il ne parle pas de logiciel de traitement de texte, mais de Word ou de Scrivener. Il partage « ses coups de cœur » technologiques. Un guide de trucs hiérarchisés Dominic Bellavance a choisi de donner des étoiles à ses propres conseils, afin de mettre en évidence que certains sont plus indispensables que d’autres (d’une à trois étoiles). Un guide qui vous rappelle ce qu’il est (et ce qu’il n’est pas) « Ce livre ne contient pas :

Des conseils pour absolus débutants […] ;

Des ateliers d’écriture […] ;

Un panorama 360° du métier d’écrivain […] ;

Des conseils pour publier son livre […] ;

Des tactiques de marketing […] ;

Que des trucs faciles à appliquer […].

Ici, vous trouverez :

Des méthodes de travail […] :

Des trucs pour économiser du temps […] ;

Des anecdotes […]. » (Comment écrire plus, Introduction)

Un guide qui contient même des conseils très mauvais Surprise ! Un guide basé sur des faits vécus Dominic Bellavance est un amoureux de la technologie et du blogging. Il aime tester les nouveaux outils et partager sa passion pour l’écriture. C’est dans la même logique qu’il rédige cet ouvrage. Un guide qui suit un ordre logique Le plan de l’ouvrage est le suivant :

Conseils utiles à toutes les étapes d’écriture ; Idéation ; Plan ; Premier jet ; Réécriture ; Évaluation par les bêta lecteurs.

Conseils utiles à toutes les étapes d’écriture Truc 1 — Trouver un bon ordinateur (conseil 3 étoiles) Le rêve de bon nombre d’écrivains ? Un ordinateur portable, pour pouvoir écrire n’importe où. Oui, mais… faut-il encore trouver le bon ! Ce ne fut pas le cas de Dominic Bellavance avec ce premier achat bon marché (il était alors étudiant). Trop lent, pas ergonomique pour un sou… Une plaie, quoi ! « Travailler avec un ordinateur performant, c’est la base. » (Comment écrire plus, chapitre 1) Quel que soit votre type de mobilité d’écrivain (nomade, sédentaire), recherchez un dispositif performant, c’est-à-dire qui plante peu et qui soit rapide. Cela vous fera déjà gagner bien du temps et vous épargnera des soucis qui réduisent inévitablement votre concentration. Ne négligez pas non plus le clavier. Pensez à l’ergonomie. Votre santé en dépend. La combinaison gagnante de Dominic Bellavance ? Un Magic Trackpad (pour faire défiler l’écran), un clavier Apple et une souris. Il évite ainsi de réveiller sa tendinite ! Avant de passer au point suivant, petit tour d’horizon des différents types de dispositifs qui pourraient vous tenter :

Le PC est un bon choix pour travailler sur Word, mais vous devrez impérativement vous méfier des virus et des mises à jour interminables ; Le Mac est indiscutablement le meilleur choix pour éviter les virus et travailler sur Scrivener (voir Truc 2), mais cela vous coûtera aussi indiscutablement plus cher ; Le Chromebook est la solution pour naviguer sur Internet et consulter des applications web, mais n’est pas conseillé pour l’écriture proprement dite.

Truc 2 — Acheter un bon logiciel d’écriture (conseil 3 étoiles) Quel est le meilleur logiciel pour écrire des romans ? Nombre d’entre nous utilisent le bon vieux Word, mais ce n’est pas nécessairement le plus pratique. Certes, changer de logiciel de traitement texte et d’habitudes de travail requiert de la volonté et un peu de temps à investir dans l’apprentissage, mais cela vaut le coup. Le logiciel Scrivener dispose des avantages suivants :

Il fournit un espace de stockage unique pour vos textes et vos documents de recherche ; Il permet de structurer plus aisément tous les documents.

Avant d’envoyer votre précieux manuscrit aux éditeurs, vous devrez néanmoins unifier votre texte en l’éditant dans un document Word (en utilisant le double interligne). Si cela vous tente, essayez dans un premier temps la version gratuite et consultez ce tutoriel de formation. Truc 3 — Se créer un système de copies de sûreté (conseil 3 étoiles) Rien n’est infaillible, pas même votre disque dur. C’est pourquoi il vous faut prendre toutes les précautions nécessaires avec vos données. Aujourd’hui, le stockage via des serveurs cloud fonctionne très bien : Dropbox, par exemple. Vous pouvez également faire des copies de sécurité sur des dispositifs physiques qui demeureront à votre portée, choisissez des clés USB ou un disque dur externe. Truc 4 — Acheter Antidote (conseil 3 étoiles) Ce logiciel ne vous délivrera pas de la tâche d’avoir à votre disposition quelques ouvrages de référence en papier, mais il vous facilitera néanmoins grandement le travail de correction/relecture et désencombrera vos étagères ! Antidote dispose :

De dictionnaires (définitions, synonymes, etc.) à employer au quotidien ; Un correcteur d’orthographe et de ponctuation très performant ; Une aide précieuse pour détecter certaines erreurs de style (les répétitions, notamment).

Truc 5 — Trouver un logiciel pour gérer ses tâches (conseil 3 étoiles) Les check-lists fonctionnent très bien : elles vous libèrent l’esprit et vous permettent ainsi de vous concentrer sur l’écriture. Il existe différentes applications qui rempliront très bien ce rôle. Dominic Bellavance utilise par exemple Toodledo, qui permet de donner de nombreuses caractéristiques aux tâches et de les organiser de façon hebdomadaire. L’auteur vous conseille aussi l’excellent livre de David Allen, Getting Things Done (d’où est tirée la méthode GTD), traduit en français sous le titre S’organiser pour réussir. Truc 6 — Créer des canaux pour ses idées (conseil 3 étoiles) Smartphone, enregistreur vocal, carnet avec stylo ou crayon, peu importe : gardez avec vous le moyen de noter vos idées. Vous les transférerez ensuite dans un projet en cours. Octroyez-vous un moment pour le faire chaque semaine. Le plus important est qu’aucune bonne idée ne vous échappe ! Truc 7 — Acheter un sac à main (conseil 3 étoiles) Non, Dominic Bellavance ne rigole pas ! Il le dit texto : « Les écrivains masculins auraient avantage à porter un sac à main pour transporter leurs ordinateurs, manuscrits, cahiers, calepins et liseuses partout où ils vont. » (Comment écrire plus, chapitre 7) Et après tout, on le comprend bien. C’est vrai que c’est pratique ! Conseils utiles à l’étape de l’idéation Truc 8 — Trouver une motivation fondamentale (conseil 3 étoiles) Qu’est-ce qu’une motivation fondamentale ? C’est le désir profond qui vous pousse à faire quelque chose : ici, écrire — c’est-à-dire aussi rester plusieurs heures d’affilée devant un écran d’ordinateur. Prenez le temps de sonder vos souhaits, vos désirs, vos ambitions. Ne vous arrêtez pas à la première motivation trouvée. Notez ce que vous estimez être votre ou vos motivations fondamentales. Placez ces motivations à un endroit visible, par exemple sur l’un des murs de votre bureau. De cette façon, vous pourrez y revenir quand vous aurez un doute et vous retrouverez ainsi la stimulation nécessaire pour avancer. Truc 9 — Trouver des idées qui font vibrer (conseil 3 étoiles) La motivation vous donne l’impulsion à partir d’un point extérieur (l’envie d’être connu ou de faire le bien de l’humanité, par exemple), tandis que les bonnes idées de roman vous feront vibrer « de l’intérieur » même du roman et réanimeront constamment l’impulsion première. Privilégiez l’exploration des idées qui sont source d’émotions, car ce sont celles qui vous mèneront le plus loin. Vous pouvez aussi travailler sur commande, si la proposition de votre éditeur vous plait. Vous aurez plus de chances de voir votre ouvrage finir dans les rayons des librairies. Mais pensez-y : est-ce votre « grand roman » ? Truc 10 — Cibler une maison d’édition (conseil 1 étoile) Vous aurez davantage de chances d’être reçu favorablement par une maison d’édition si vous l’avez ciblée au préalable. Autrement dit, il vous faudra analyser le champ littéraire et les éditeurs en vous posant la question suivante : quel est celui qui pourrait accepter le manuscrit que je vais créer ? À l’autre bout du raisonnement, vous pouvez aussi choisir d’écrire complètement « seul », c’est-à-dire sans prendre en compte une maison d’édition en particulier. Ainsi, vous serez sûr de ne pas faire de compromis sur vos idées ou votre style (ce qui risque d’être le cas dans l’option antérieure). Au final, l’important est de savoir dès le départ de quel côté de cette balance vous souhaitez vous placer, pour éviter les surprises et avancer plus sereinement dans votre ouvrage. Truc 11 — Voyager (conseil 3 étoiles) C’est certain : l’expérience nourrit les œuvres de fiction que vous imaginez. Or le voyage forme la jeunesse, comme on dit, mais aussi les adultes déjà bien bâtis ! Les voyages sont de formidables réservoirs d’expériences qui vous permettront d’enrichir considérablement vos horizons et de repousser les limites de votre créativité. Il n’y a pas de règles strictes concernant les voyages : chacun les réalise selon ses gouts et ses envies.

Vous pouvez privilégier des destinations de luxe, mais il est tout à fait possible de voyager à bon marché ; Il est parfois suffisant de partir à deux pas de chez soi, même si on peut aussi avoir envie de découvrir des lieux exotiques ; L’intensité du voyage varie — du plus confortable au plus « risqué » ; Lire est le premier voyage.

Truc 12 — Noter ses rêves (conseil 1 étoile) Cela demande peu d’efforts et de moyens, mais peut vous être fort bénéfique. Un carnet et un stylo, ou votre téléphone intelligent à portée de main, avec une lampe de chevet allumée, et vous pourrez immortaliser les idées (le plus souvent) fugaces d’un rêve. Ces idées pourront ensuite vous servir dans la construction de votre roman. Soit, pour vous fournir une trame générale, soit pour compléter la construction de certains personnages, de lieux imaginaires, etc. Truc 13 — Remplir un cahier Canada (conseil 3 étoiles) Le cahier Canada est l’équivalent d’un bloc de feuilles lignées, mais uniquement composées de 32 pages. Cette limitation vous donne un objectif : remplir les 32 pages pour trouver toutes les idées de votre prochain roman. Ne perdez pas cet objectif de vue, c’est lui qui donne sa valeur à l’exercice ! Il s’agit ici de réaliser un remue-méninge sans ordinateur. Vous notez ce qui vous passe par la tête, sans rien rejeter à priori :

Trame de fond ; Personnages principaux ; Personnages secondaires et tertiaires ; Situations intéressantes ; Etc.

Une fois le cahier terminé, vous aurez normalement quelques bonnes idées pour commencer votre roman. À partir de là, vous pourrez réorganiser les idées dans votre logiciel de traitement de texte. Truc 14 — Créer une trame de fond d’enfer (conseil 3 étoiles) La question de la trame de fond est épineuse : faut-il construire un plan très solide dès le départ, ou se laisser aller en cours de route, quitte à improviser ? Partir avec une trame de fond trop structurée et une préparation trop longue du sujet est une chose. Mais attention, car vous risquez d’ennuyer votre lecteur avec les détails issus de votre recherche. C’est d’ailleurs le premier mauvais conseil de Dominic Bellavance, qui s’est lui-même pris les pieds dans le tapis en essayant d’écrire une œuvre hyper structurée qui s’est soldée par un échec cuisant. Par ailleurs, cela peut vous donner une raison à suivre votre (notre) fâcheuse tendance à la procrastination. Finalement, il pourrait être préférable de construire la trame chemin faisant, en même temps que vous écrivez le roman. Plusieurs auteurs connus, tels que Stephen King, écrivent sans plan strict en tête. Et après tout, ça leur réussit plutôt bien !

Conseils utiles à l’étape du plan Truc 15 — Décortiquer les tâches à réaliser (conseil 2 étoiles) « Votre idéation est complétée, il est temps d’entrer dans le concret. Vous avez erré — tant mieux. Vos idées sont étalées devant vous. La création commencera bientôt, et c’est franchement excitant. Dansez un peu. Mais pas trop. Vous voulez écrire un roman de 600 pages, mais dois-je vous rappeler que sur cette projection phénoménale, vous n’avez encore tapé aucun “vrai” mot. Et avant que vous puissiez écrire le premier, il vous reste d’importantes étapes à franchir comme réaliser les fiches de personnages, définir votre histoire, monter le squelette de votre narration… » (Comment écrire plus, chapitre 15) Eh oui, il reste du pain sur la planche ! Mais pas d’inquiétude. Vous pouvez y arriver. Comment ? En… :

Déterminant les tâches à réaliser avant l’écriture du premier jet ; Planifiant ces tâches dans le logiciel d’aide à l’organisation que vous aurez choisi ; « Cassant » les tâches en sous-tâches plus aisément réalisables ; Se focalisant sur une petite tâche à la fois, sans regarder la montagne devant soi.

Truc 16 — Faire un plan (conseil 3 étoiles) Comme pour la trame de fond, il faut l’utiliser avec modération et, surtout, avec pertinence. Il n’est pas requis pour tous les romans. Commencez donc par vous demander si l’élaboration d’un plan précis est bien nécessaire. Le dilemme est le suivant : d’un côté, à l’aide d’un plan, vous gagnerez en rapidité dans l’écriture, mais d’un autre côté, vous pourriez vous sentir « obligé » par le plan et perdre en créativité. Le bon conseil de Dominic Bellavance : « Assurez-vous de contrôler votre plan, et non d’être contrôlé par ce dernier. » (Comment écrire plus, chapitre 16) Si vous vous décidez pour le plan, alors sachez que vous pourrez créer des dossiers très pratiques dans Scrivener. Vous n’aurez plus qu’à « remplir » chaque zone de texte ensuite, une fois votre plan réalisé. Truc 17 — Remplir des fiches de personnages (conseil 2 étoiles) Dominic Bellavance n’est pas un grand fan des fiches de personnages. Néanmoins, il les utilise de temps en temps. Il a conçu les siennes en s’inspirant de l’ouvrage de Rachel Aaron, 2 000 to 10 000 : Writing Faster, Writing Better, and Writing More of What you Love. Voici les critères qu’il utilise :

Nom ; Âge ; Caractéristiques physiques ; Aime ; Déteste ; Désire plus que tout ; Sait/croit ; Ignore ; Autres renseignements.

Demandez-vous si la construction de telles fiches vous sera vraiment utile, et pour quels personnages elle l’est. Vous pouvez adapter les fiches, mais garder la question du plus profond désir, puisque c’est ce qui meut votre personnage de bout en bout. Ne procrastinez pas des heures sur cette tâche ! Truc 18 — Faire des montages photo (conseil 3 étoiles) Voici une technique plus créative et peut-être plus simple pour créer vos profils de personnages. Elle peut venir en appoint ou remplacer les fiches vues plus haut. Comment faire ?

Commencez par trouver l’image d’une personne ressemblant à votre personnage et placez-là au centre de votre montage ; Ajoutez d’autres images autour, qui traitent de ses gouts, de ses habitudes, etc. ; Notez le nom du personnage quelque part sur le montage ; Collez le montage près de votre bureau — il vous soufflera les réponses le moment venu !

Truc 19 — Passer ses personnages en entrevue (Conseil 2 étoiles) Voici une autre technique proposée par l’auteur de Comment écrire plus. Elle peut se pratiquer complètement mentalement ou, de préférence, à l’aide d’un carnet et d’un crayon. Posez des questions qui embarrassent vos personnages, qui les forcent à se révéler ; notez, bien sûr, le résultat de vos découvertes. Éliminez ou remplacez les personnages qui ne vous ont pas convaincu. Truc 20 — Créer une distribution pour les personnages (conseil 2 étoiles) Ce truc sert à donner vie à vos personnages. Au début — et c’est normal — vos personnages sont ternes et sans relief. En leur attribuant un acteur ou une actrice, ou même à des personnes que vous connaissez, vous serez plus à même de les développer dans toutes leurs dimensions. Comme le dit Dominic Bellavance : « Au bout d’un temps, vos personnages deviendront autonomes et s’affranchiront de leurs référents. » (Comment écrire plus, chapitre 20) Conseils utiles à l’étape du premier jet Truc 21 — Se réserver du temps d’écriture (conseil 3 étoiles) Dominic Bellavance appuie ses dires sur deux livres : 168 Hours : You Have More Time Than You Think, de Laura Vanderkam et Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent, de Stephen R. Covey. Une chose est certaine : si vous voulez écrire, il faudra dégager du temps pour le faire. Vous pourrez trouver différentes méthodes en vue de vous organiser au quotidien. Une façon de faire est de distinguer entre les tâches ;

Urgentes, mais non importantes ; Urgentes et importantes ; Importantes, mais pas urgentes ; Non importantes, et non urgentes.

Une fois que vous aurez réussi à dégager quelques créneaux, rendez-les « sacrés » pour vous, comme pour vos proches. Ils doivent savoir qu’ils ne peuvent pas vous déranger durant ces périodes de travail. Truc 22 — Écrire chaque jour (conseil 3 étoiles) Ce n’est peut-être pas le truc le plus facile à mettre en place, mais c’est pourtant un conseil fort utile, parce qu’il augmente considérablement votre productivité et votre endurance. En effet, vous ne devez pas constamment « recharger », c’est-à-dire vous remettre en mémoire tout ce que vous aviez fait quelques jours ou quelques semaines plus tôt. À la limite, n’écrivez qu’une phrase, mais écrivez quelque chose ! « Si l’idée d’écrire chaque jour vous séduit, ouvrez votre agenda (papier ou virtuel) et créez-vous un horaire en vous basant sur ces trois questions :

À quel moment êtes-vous le plus productif ? Le matin ? Le soir ? En plein milieu de la nuit ?

Pourriez-vous travailler à ce moment tout au long de la semaine, ou êtes-vous dans l’obligation de faire varier votre période d’écriture ?

Combien de temps seriez-vous en mesure d’accorder à chaque séance ? » (Comment écrire plus, chapitre 22)

Truc 23 — Se définir un objectif quotidien (conseil 2 étoiles) Si vous êtes déjà un écrivain quotidien, un conseil supplémentaire pourrait être de définir des objectifs pour chaque séance d’écriture. Choisissez un objectif qui vous met au défi et qui ne soit donc pas trop facile à atteindre (un plus grand nombre de mots, par exemple). Vous pouvez utiliser Scrivener pour créer et « afficher les objectifs du projet ». Truc 24 — Écrire très rapidement, sans réfléchir (conseil 2 étoiles) Attention, comme pour le conseil qui consistait à tout prévoir sous forme de plan ou de trame de fond, ce conseil est à double tranchant. Vous pouvez l’essayer et vois si ce type d’écriture vous convient. Mais ne considérez pas les résultats comme bons à priori ! Analysez votre production en toute objectivité, une fois la séance terminée. Truc 25 — Laisser des trous (conseil 2 étoiles) Bannissez Internet lors de vos séances d’écriture — cela risquerait de vous faire perdre le fil de votre propre histoire. Si vous avez besoin d’une information pour compléter un passage, laissez celui-ci en suspens momentanément et annotez le texte en utilisant, par exemple, les crochets. Faites de même lorsque vous avez une petite panne sur un détail (pour trouver la réplique d’un dialogue, élaborer une description, etc.), mais que vous êtes en train d’écrire avec efficacité. Lorsque vous arriverez à la fin de votre créneau d’écriture, ou même lorsque vous aurez achevé votre premier jet, il sera temps de vous pencher sur ces passages entre crochets et de les remplacer par du texte de qualité. Truc 26 — Regarder ses mains (conseil 1 étoile) Le conseil peut paraitre étrange, à première vue, mais il a du sens : ne regardez pas votre écran, mais vos mains ! Pourquoi ? Eh bien, parce que vous pourriez être distrait par ce que vous écrivez. Si vous regardez uniquement vos mains, vous vous focalisez sur la rapidité d’écriture et sur la seule transmission de vos idées, de votre tête jusqu’à la page blanche. En somme, vous aurez :

Moins envie de remanier le texte (coquilles, fautes, style, etc.) ; Plus de « temps » pour penser à vos personnages et à l’action proprement dite.

Truc 27 — Prendre des pauses régulières (conseil 2 étoiles) Parfois, on se met à travailler et on en perd la notion du temps (cela vaut lorsqu’on a beaucoup de temps devant soi). Si vous faites des pauses régulières, vous :

Gérerez mieux votre réservoir d’énergie sur la longue durée ; Vous assurerez de bouger un peu, vous lever, marcher pour ne pas rester collé à l’écran ; En déterminerez soigneusement le temps et la fréquence (par exemple, dix minutes par heure).

Il existe des logiciels qui vous aideront à planifier vos pauses et qui vous rappelleront quand c’est l’heure de se dégourdir les jambes. Parmi eux, il existe Workrave ou encore Dejal. La fonction minuterie de votre téléphone mobile pourra aussi faire l’affaire. Truc 28 — Utiliser une banque de synonymes pour le verbe dire (conseil 1 étoile) Contrairement à la langue anglaise qui admet la répétition du verbe dire, le français préfère la diversité. Vous pourrez trouver de nombreux synonymes à utiliser pour vos dialogues et vos incises (il vaut mieux éviter ces dernières, si vous le pouvez). Dominic Bellavance conseille de vous constituer une liste que vous afficherez quelque part ou que vous ressortirez d’un tiroir le moment venu. Pensez à utiliser le synonyme adapté à la situation et à bien connaître la définition précise de chacun d’eux. Truc 29 — Terminer sa séance au milieu d’une phrase (conseil 1 étoile) Il faut souvent un peu de temps pour que le robinet de l’écriture commence à couler : les mots viennent au goute à goute, puis le jet se fait plus fort. Il se peut même qu’on soit complètement pris dans le flot en fin de séance ! Voici un conseil de l’auteur de Comment écrire plus : si votre séance se termine à 10 heures et que vous êtes en plein milieu d’une phrase, laissez cette phrase en plan. Pourquoi ? Car cela vous aidera à reprendre le lendemain. C’est aussi pourquoi il vaut mieux ne pas terminer sa séance sur un chapitre fini, par exemple. Il sera plus difficile pour vous de recommencer. Comme si vous aviez bien serré le robinet et qu’il fallait à nouveau attendre que les mots se mettent à couler. Truc 30 — Travailler ailleurs (conseil 3 étoiles) Vous manquez d’inspiration ? Vous n’aurez pas nécessairement besoin d’aller rencontrer les Inuits en Alaska, d’affronter l’Everest ou de déjeuner avec des Berbères après de longues heures à dos de chameau. Dominic Bellavance vous conseille simplement de (je traduis ses expressions canadiennes) :

Aller faire un tour ; Vous arrêter dans un bar ; Commander un café ou une autre boisson chaude ; Le savourer tranquillement ; Tout en travaillant entouré d’autres personnes.

Vous pouvez aussi simplement mimer l’ambiance du café en utilisant une application du type Coffivity. Qu’emporter au café ? Votre ordinateur portable ou vos documents papier, lors de l’étape de la relecture, par exemple. Truc 31 — Faire de l’exercice (conseil 3 étoiles) C’est simplement essentiel. Et pourtant ! On retarde, on trouve toutes les excuses imaginables. Comment ancrer cette saine habitude une bonne fois pour toutes dans notre planning quotidien ? Le conseil de Dominic Bellavance consiste à fusionner les activités : en même temps qu’il fait du vélo stationnaire ou qu’il sort se promener, il écoute des podcasts. Comme il le dit : « C’est ça, mon truc. Pour me désennuyer en faisant mes exercices, j’écoute désormais des podcasts. Je pédale et j’apprends. Si, comme moi, vous avez aussi besoin de stimulation, optez pour cette activité, ou visionnez des séries télé, écoutez des livres audio, lisez un roman pendant que vous forcez… Tant que le sport permet ce genre de distraction. Ça vous motivera à fouetter vos muscles, et ça rendra le moment infiniment plus agréable. » (Comment écrire plus, chapitre 31) Truc 32 — Bloquer Internet (conseil 2 étoiles) Connaissez-vous Freedom ? Une application qui vous « libère » de Twitter, Facebook, Pinterest et d’Internet. Pour toujours ? Mais non, rassurez-vous ; seulement le temps de votre séance d’écriture. Si vous restez concentré, vous ne pourrez pas faire mille choses à la fois. Le cerveau ne peut pas efficacement lire des mails, répondre à un commentaire sur Facebook et écrire un chef-d’œuvre (ou même un roman balbutiant). C’est sûr et certain : la navigation sur le web vous fait perdre en productivité et en attention, ce qui peut aussi générer des erreurs. Prenez donc en main votre « cure » : Freedom vous aidera si vous êtes accro, sinon, vous pourrez peut-être gérer la situation par vous-même, en déconnectant votre wifi ou votre 4G le temps de votre séance d’écriture. Truc 33 — Porter un chapeau d’écriture (conseil 1 étoile) Dominic Bellavance vous propose une autre solution, plus douce et plus amusante : le chapeau d’écriture. En quoi ça consiste ? Eh bien, je lui laisse ici encore la parole : « Vous prenez un chapeau. Vous le mettez sur votre tête. Et tant que ce chapeau reste en place, vous ne pouvez rien faire d’autre qu’écrire. Pas le droit d’aller sur Facebook. Ni de visiter Wikipédia pour commencer vos recherches. R. I. E. N. Sauf écrire. Ça fonctionne, imaginez-vous donc. Le seul fait de devoir enlever le chapeau pour aller procrastiner en ligne vous fera prendre conscience de vos tics improductifs. Vous remarquerez exactement à quelle fréquence le web vous extirpe de votre œuvre. Au fil du temps, vous allez gagner de la discipline sans même le réaliser. » (Comment écrire plus, chapitre 33) Voici donc les quelques règles à suivre.

Choisir un couvre-chef : casquette, bonnet, tout ce que vous voudrez ! Vous portez le chapeau ? Vous écrivez ! Vous voulez faire autre chose ? Il vous faut enlever le chapeau.

Truc 34 — Couper les sources de distraction (conseil 3 étoiles) Au cas où cela n’allait pas de soi avec les deux conseils précédents, voici de quoi enfoncer le clou : interdiction d’utiliser le smartphone durant la séance d’écriture. Votre mobile est votre pire ennemi durant ces périodes sacrées. Plusieurs solutions s’offrent à vous, depuis la désactivation des notifications, jusqu’à la désactivation du téléphone tout court. Si cette dernière solution vous parait extrême, pensez à :

Prendre un abonnement chez un service d’afficheur qui filtrera vos appels entrants ; Dire à vos amis de ne pas vous déranger pendant certaines heures ; Signaler à votre famille qu’ils ne peuvent vous appeler qu’en cas d’urgence réelle.

Si ce sont les bruits qui vous dérangent, vous pourrez utiliser un programmes tel que SimplyNoise, qui crée un bruit blanc vous coupant des sons extérieurs. Truc 35 — Cesser ses activités promotionnelles (conseil 2 étoiles) Lâchez du lest avec les réseaux sociaux et vos activités de promotion. Cela vous fera du bien. À vos followers et potentiels lecteurs aussi, peut-être. Ainsi que le suggère justement Dominic Bellavance : « Publier un livre de qualité est probablement l’acte promotionnel qui aura le plus d’impact sur votre carrière. » (Comment écrire plus, chapitre 35) Revoyez donc vos priorités, si cela n’est pas déjà fait. Truc 36 — Réduire l’entretien ménager (conseil 3 étoiles) Vous êtes un maniaque de la propreté et du rangement ? Ce conseil ne va peut-être pas vous plaire… Et pourtant, considérez le temps que vous gagneriez à limiter votre compulsion au nettoyage ? L’endurance à la saleté (dans des limites raisonnables, on s’entend) peut être l’un de vos apprentissages les plus précieux pour gagner en productivité en tant qu’auteur. Et si vraiment, cela vous fait mal au cœur de voir la poussière s’entasser quelque peu, pourquoi ne pas engager un professionnel ? Ce ne sera pas de l’argent jeté par les fenêtres, mais un réel investissement. Pensez aussi aux aspirateurs électriques et autres dispositifs automatiques qui peuplent aujourd’hui nos magasins d’électroménagers. Truc 37 — Acheter de gros chaudrons (conseil 2 étoiles) Le batch cooking a le vent en poupe. Et c’est ce que propose ici Dominic Bellavance avec son histoire de « gros chaudrons ». En gros, il vous suffira de cuisiner… en gros. Préparez des portions plus importantes et réservez-les pour d’autres fois. Pensez aux bocaux, aux casseroles et mijoteuses, donc, mais aussi à faire l’acquisition d’un bon congélateur, éventuellement indépendant du frigo. Truc 38 — Travailler sur deux projets en même temps (conseil 2 étoiles) « Écrire un roman est une entreprise de longue haleine. Si votre enthousiasme venait à diminuer au fil du temps, essayez de démarrer un deuxième projet en parallèle. Votre flamme pourrait se rallumer. Pendant que vous travaillez sur votre deuxième projet, accumulez activement des idées pour le premier. Quand vous y reviendrez, vous aurez du matériel frais devant vous. » (Comment écrire plus, chapitre 38) Attention, toutefois, à ne pas laisser un projet inachevé. D’un point de vue psychologique, et notamment pour la confiance en soi, il est important de terminer les projets dans lesquels vous vous êtes engagé. Avant de vous lancer dans deux projets en parallèle, assurez-vous de pouvoir revenir sans trop d’efforts au projet que vous laissez de côté : n’est-il pas trop complexe ? N’êtes-vous pas en train de le fuir ?

Conseils utiles à l’étape de la réécriture Truc 39 — Changer la police de caractère (conseil 1 étoile) Préférez une police de caractère bien lisible à l’écran. Cela facilitera grandement votre tâche de relecture et de réécriture. Times News Roman, taille 12, interligne double est le format standard que vous utiliserez pour soumettre vos manuscrits aux maisons d’édition. Toutefois, vous pourrez peut-être trouver une autre police qui comblera mieux vos attentes. Truc 40 — Relire son texte à voix haute (conseil 2 étoiles) Écoutons la prose imagée de Dominic Bellavance pour nous convaincre de l’utilité de ce conseil : « Quand je réécris le même texte ad vitam aeternam sans parvenir à trouver une solution satisfaisante, j’appelle mes cordes vocales en renfort, et je relis mon passage à voix haute. Ça change tout. Lorsque j’emploie les moyens extrêmes — c’est-à-dire les ondes sonores —, les faiblesses de mon texte sortent des buissons comme des perdrix qui s’envolent après un coup de fusil. C’est concret : je les entends. Les corrections m’apparaissent alors évidentes, me reste à les appliquer. J’économise un temps fou. » (Comment écrire plus, chapitre 40) Utilisez cette technique en priorité pour les dialogues. Le manque de naturel vous sautera aux oreilles ! À force de pratique, vous vous habituerez à votre voix et n’aurez plus peur de « parler tout seul ». Truc 41 — Supprimer (conseil 2 étoiles) Eh oui, cela peut être douloureux. Et pourtant ! Supprimer est parfois ce que vous pouvez faire de mieux. Parfois, on s’acharne à reformuler, à réécrire, à tourner autour, mais ça ne fonctionne pas et on ne sait pas pourquoi. Dans ce cas, supprimez ! Pourquoi ? Car vous y gagnerez du temps et de l’énergie. En quelque sorte, vous perdez une nouvelle fois le temps que vous avez déjà investi (et perdu) dans la rédaction de ce passage. Aller de l’avant est alors la meilleure option. En outre, vous vous remercierez sans doute plus tard, car il est fort possible que votre histoire s’en trouve améliorée. Certes, l’opération peut vous coûter, on l’a dit (elle donne l’impression d’avoir passé du temps à écrire « pour rien »), mais si elle est bénéfique pour la qualité de votre ouvrage, et donc pour la satisfaction de votre lectorat, n’est-ce pas ce que vous pouvez faire de mieux ? Si la douleur est vraiment trop forte, gardez vos scènes élaguées quelque part, dans un document Scrivener (il existe une option « Instantanés ») ou dans un document Word dédié à vos « déchets ». Truc 42 — Changer le temps de verbe ou le narrateur (conseil 2 étoiles) Il se peut qu’à la relecture, vous compreniez que vous n’avez pas utilisé le bon type de narrateur ou le bon temps de verbe : la troisième personne du singulier à la place de la première, par exemple, ou le passé simple à la place de l’indicatif. Si vous identifiez ce problème, vous pouvez vous lancer dans la correction de votre texte. Cela prend du temps et de l’énergie, mais ce n’est pas une tâche impossible. Faites l’essai sur quelques pages ou un chapitre et faites-le lire à vos bêta lecteurs. Attention, car des modifications « à côté » seront nécessaires : pronoms, cohérence des situations, etc. Vous devez donc être particulièrement attentif. Pour aller plus loin sur ce thème, le livre Comment écrire des histoires, d’Élisabeth Vonaburg, pourrait vous être utile. Truc 43 — Imprimer une copie papier (conseil 3 étoiles) Le stylo rouge est de sortie en même temps que le papier. Imprimer et corriger à la main est une étape souvent indispensable, car on ne lit pas un texte à l’ordinateur comme on le lit sur un écran. On voit des choses restées inaperçues. Par ailleurs, il est plus facile de rédiger certaines annotations, remarques, etc. pour chacun des chapitres. Suivez encore ces conseils de l’auteur : « Trouvez également une demi-douzaine de recommandations qui s’appliqueraient à l’ensemble de votre œuvre. Retranscrivez-les sur une feuille que vous épinglerez près de votre écran. Ce sera votre guide tout au long de votre réécriture. Une fois votre annotation terminée, retournez devant votre clavier et consultez votre manuscrit, page par page. Trouvez des solutions aux problèmes que vous avez soulevés. Répétez ces étapes au besoin. » (Comment écrire plus, chapitre 43) Truc 44 — Laisser reposer le manuscrit (conseil 3 étoiles) Parfois, une pause s’impose. Vous reliez, vous annotez, mais rien n’y fait. Vous n’avez plus l’inspiration (ou la motivation) pour effectuer les modifications et les corrections. Dans ce cas, laissez votre ouvrage de côté et passez à autre chose, pour un temps plus ou moins long. En règle générale, quelques semaines devraient suffire. Lors de cette « vacance », consacrez-vous à d’autres activités, et notamment à des activités qui pourront être bénéfiques pour votre carrière : animation d’un blog, promotion sur les réseaux sociaux, etc. Conseils utiles à l’étape de l’évaluation par les bêta lecteurs Truc 45 — Trouver des lecteurs appropriés (conseil 3 étoiles) « La révision est finie. Vous avez travaillé des mois pour produire votre premier jet, passé des nuits à remanier vos phrases, à déficeler votre intrigue, à enrichir vos descriptions et à donner de la couleur à vos personnages. Colère, écœurement, espoir, joie, terreur et courage vous ont tenues par la main à tour de rôle. C’est tout un voyage que vous avez fait ! Vous avez maintenant un roman achevé devant vous. Vous en êtes là. Après tout ce temps. Avouez-le : vous débarrasser de cette “chose” est tentant. Elle mérite un exil rapide. Ce démon de papier a été responsable de vos tourments durant une partie de votre vie. » (Comment écrire plus, chapitre 45) Que faire ? Envoyer cet être que vous ne pouvez plus voir directement à la maison d’édition ? Ce serait une erreur. Vous avez besoin des retours de bêta lecteurs compétents et de confiance. Choisissez-les selon vos besoins du moment. Chaque type de lecteur aura ses avantages et ses inconvénients. Composez votre cercle de lecteurs avec attention et — surtout — considérez leurs remarques en fonction de ce qu’ils peuvent vous apporter. Chacun lit en fonction d’intérêts, de compétences ou de connaissances qui lui sont propres. En variant les types de lecteurs, vous enrichirez les commentaires reçus. Voici les différentes catégories de lecteurs que vous pourrez probablement rencontrer autour de vous (elles peuvent d’ailleurs se recouper) :

Les membres de votre famille ; Vos amis ; Les lecteurs qui ne lisent jamais ; Ceux qui lisent tout le temps (les papivores boulimiques) ; Des collègues auteurs ; Les lecteurs spécialisés dans le genre littéraire que vous avez choisi (SF, horreur, romance, etc.) ; Ceux qui sont spécialisés dans un autre genre littéraire.

Truc 46 — Imprimer ses manuscrits aux bons endroits (conseil 1 étoile) Imprimez un manuscrit par bêta lecteur, pour qu’il puisse commenter personnellement plus à son aise. Vous pourrez trouver des centres d’impression : cela coûte certes un peu plus cher, mais se révèlera diablement plus efficace. Si vous n’imprimez qu’un seul volume, votre imprimante domestique devrait suffire. Vous pouvez opter pour des cartouches d’encre « marque blanc », voire pour des cartouches rechargeables pour réaliser des économies. Truc 47 — Utiliser un système d’étoiles (conseil 1 étoile) Cela peut vous être utile pour ne pas vous perdre dans les innombrables commentaires et vous faire une idée rapide de la qualité de chaque chapitre. Par exemple, vous pouvez demander à chaque bêta lecteur d’évaluer chaque chapitre de 1 à 5 étoiles, puis rassembler ces notes dans un fichier Excel : vous serez ainsi en mesure de réaliser la moyenne de chaque chapitre, en nombre d’étoiles. Si un consensus apparait sur la bonne qualité d’un chapitre, tant mieux ! Si c’est l’inverse qui apparait, vous saurez que vous devrez retravailler ce chapitre unanimement jugé médiocre. Truc 48 — Insérer des feuilles lignées dans ses manuscrits (conseil 1 étoile) Pour recueillir les avis de vos lecteurs avant qu’ils n’oublient eux-mêmes ce qu’ils avaient à dire, simplifiez-leur la tâche en insérant des feuilles lignées à la fin de chaque chapitre. Lorsque vous relierez votre manuscrit, veillez à ce que les pages lignées soient bien du même format que le reste des pages. Truc 49 — Bien interpréter les commentaires (conseil 1 étoile) Et voici un autre mauvais conseil : appliquez à la lettre les recommandations de vos bêta lecteurs. Ce que vous devez plutôt faire, c’est de trouver, d’interpréter ce qu’ils ont voulu vous dire. « Quelle pourrait être la cause réelle du problème qu’ils ont souligné ? » (Comment écrire plus, chapitre 49) Prenez garde aux commentaires qui reviennent d’un lecteur à l’autre ; ces remarques sont certainement significatives et vous aurez à traiter ce point. Cela dit, ne cherchez pas les complications : il se peut que le problème soit finalement aisé à résoudre. Le conseil le plus important Truc 50 — Écrire (conseil 5 étoiles !) Dominic Bellavance le répète : attention à la procrastination. Elle peut se nicher dans chacune des tâches auxiliaires à la création littéraire pure. Dans le choix des logiciels, dans les recherches, dans la mise en page, etc. « Votre roman n’avancera que durant les moments où votre cul sera posé sur votre chaise, et qu’un logiciel de traitement de texte sera ouvert devant vous. Cul. Sur chaise. Je n’ai rien de plus à dire là-dessus. Mettez-vous au travail. » (Comment écrire plus, chapitre 50, gras utilisé par l’auteur)

Conclusion sur « Comment écrire plus » de Dominic Bellavance : Un guide pour les auteurs de fiction : Comme Stephen King ou Neil Gaiman, Dominic Bellavance parle du travail d’écrivain comme d’un métier « en chair et en os ». Il parle des affres concrètes de l’écriture, des ratés et des moyens de s’améliorer au quotidien. On y retrouve donc de nombreuses anecdotes, souvent racontées avec humour. Mais aussi tous les tours de mains et les astuces développées au fil du temps par cet auteur canadien. À noter : on aimera ou on aimera pas le style d'écriture très léger, voire carrément familier, de Dominic Bellavance. Mais c'est son parti-pris. Il s'adresse au lecteur comme à un ami ou à un membre de la famille. Il parle aussi avec franchise et parfois un peu crûment. On ressent la volonté de partager son expérience personnelle et de motiver son audience. Mais vous n'êtes pas obligé de suivre le style proposé par l'auteur pour apprécier certains (voire tous) ses conseils ! Le livre est conçu de telle façon à pouvoir naviguer aisément entre les chapitres et même, si vous le souhaitez, à ne prendre que l'essentiel. À la fin de chaque chapitre, l'auteur propose un résumé bienvenu des principales idées ou actions qui y ont été développées. Un conseil : commencez par là. Consultez ces résumés et si le thème vous intéresse, il ne tient alors plus qu'à vous de plonger dans le chapitre. Ce qu’il faut retenir de « Comment écrire plus » de Dominic Bellavance : Dominic Bellavance prévient dès le départ ses lecteurs : ceux et celles qui voudront compléter leurs connaissances en écriture créative ne trouveront pas ce qu'ils cherchent ici. En effet, le livre ne contient presqu'aucune leçon sur le style, sur la création des personnages, sur le développement d'une énigme, etc. En revanche, celles et ceux qui souhaiteront améliorer leur productivité pourront lire cet ouvrage utile, qui leur donnera plein de « trucs » pour écrire plus rapidement et gagner du temps au quotidien. À ce titre, les chapitres les plus intéressants et les plus originaux concernent sans doute les logiciels utilisés par l'auteur. En somme, ce livre ne conviendra pas aux auteurs débutants qui chercheraient des conseils de base en écriture, mais il sera parfait pour des auteurs confirmés qui souhaitent changer leurs habitudes productives. Points forts :

Une écriture simple et amusante ; Des anecdotes nombreuses ; Des conseils précis, utiles et bien expliqués.

Point faible :

Si vous avez déjà lu d’autres ouvrages de ce type, vous ne serez pas très surpris par le contenu de celui-ci, qui n’apporte pas grand-chose de plus à ce qui est déjà connu. Mais si c’est votre premier livre sur le sujet, foncez !

Ma note :

Avez-vous lu le livre de Dominic Bellavance « Comment écrire plus » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Dominic Bellavance « Comment écrire plus » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Dominic Bellavance « Comment écrire plus »

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Thu, 26 May 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11913/Comment-crire-plus
157 citations pour mieux comprendre ce qu’est l’intelligence http://www.olivier-roland.fr/items/view/11896/157-citations-pour-mieux-comprendre-ce-quest-lintelligence

Qu'est-ce que l’intelligence ? Comment la mesure-t-on ? Quels en sont ses formes, ses degrés, ses impacts ? À quel moment dit-on d'une personne qu'elle est intelligente ? Quand parle-t-on de haut potentiel, de surdouance ou encore même de génie ? C'est ce que nous allons essayer de comprendre à travers les 157 citations sur l'intelligence de cet article.

L’intelligence intrigue et passionne. Elle fait l’objet de multiples débats et de nombreuses recherches. Mais malgré les avancées scientifiques dans le domaine des neurosciences notamment, "être intelligent" reste très subjectif. Tout le monde ne s'accorde pas sur une définition de ce qu’est l’intelligence tant elle revêt des dimensions propres à chacun et implique des domaines différents. On parle d’ailleurs aujourd'hui davantage d’intelligence multiple que d'intelligence "tout court". Avec ces citations sur l'intelligence, j'espère alors vous apporter matière à réflexion sur ce qu'est :

L'intelligence en général, selon la perception d'auteurs, scientifiques et grands penseurs : comment la reconnaît-on, quel est son rapport à la connaissance et à l'intellect, quel rôle et quelles implications suppose-t-elle chez les êtres humains. L'intelligence émotionnelle considérée aujourd'hui comme un atout considérable dans la réussite, le travail, l'épanouissement personnel. Le haut potentiel qui soulève des questions et souffre encore de nombreux mythes.

Ensuite, les citations sur l'intelligence artificielle vous feront réfléchir sur les impacts positifs ou négatifs de cette nouvelle forme d'intelligence. D'autres citations sur l'intelligence collective rappellent également combien l'intelligence se multiplie ou pas chez les individus selon qu'il s'agisse d'une équipe ou d'une foule. Enfin, des citations sur le génie et le talent, nous en diront davantage sur le lien entre intelligence, génie et talent. Pour terminer, j'ai mentionné quelques citations de personnalité connues pour leur intelligence créative, leur génie artistique ou scientifique. En mettant des mots, des idées derrière le terme trop vague de l’intelligence, ces citations sur l'intelligence vous ouvriront, je l'espère, d’autres angles et perspectives. 1. Citations sur l’intelligence au sens large du terme Qu’est-ce que l’intelligence ?

"Savoir que l'on sait ce que l'on sait, et savoir que l'on ne sait pas ce que l'on ne sait pas : voilà la véritable intelligence." Confucius "L'intelligence est la capacité de s'adapter au changement." Stephen Hawking "La plus haute forme d'intelligence humaine est la capacité d'observer sans juger." Jiddu Krishnamurti "L'intelligence n'est pas la capacité de stocker des informations, mais de savoir où les trouver." Albert Einstein "On mesure l'intelligence d'un individu à la quantité d'incertitudes qu'il est capable de supporter." Emmanuel Kant "Connaître autrui n’est que science. Se connaître soi-même, c’est intelligence." Lao Tseu "L’intelligence est un cheval fou ; il faut apprendre à lui tenir les rênes, à le nourrir de bonne avoine, à le nettoyer et parfois à utiliser la cravache." Nietzche "La mesure de l’intelligence est la capacité de changer." Albert Einstein "L'intelligence, c'est ce qui dans un homme reste toujours jeune." Émile Auguste Chartier, dit Alain "L'intelligence, ce n'est pas ce que l'on sait mais ce que l'on fait quand on ne sait pas." Jean Piaget "Si on demandait à dix personnes de définir l’intelligence, on obtiendrait probablement au moins dix définitions différentes." Catherine Devreux "La vraie intelligence du monde, n’est-ce pas de savoir réfléchir de façon plurielle, de savoir prendre en compte plusieurs grilles de compréhension du monde et non pas une seule ?" Joseph Schovanec "La seule chose qui caractérise l’intelligence, c’est l’adaptation dans la nature. Le vrai test d’intelligence, c’est la survie, c’est la vie même. Un système intelligent est durable. Ma définition de l’intelligence, c’est la liberté. Pour y parvenir, il faut plus de neurosagesse." Idriss Aberkane

L'esprit, la connaissance, la réussite, les capacités intellectuelles ne sont pas forcément synonymes d'intelligence

"L'esprit n'a que des flambées, l'intelligence a des rayons." Anne Barratin "Ce que l’on confond : l’intelligence et la performance. Ce que l’on mélange : les compétences et la réussite. Ce que l’on superpose : le potentiel et l’efficacité intellectuelle." Jeanne Siaud-Facchin "Je m'insurge contre le calcul du quotient intellectuel. L'intelligence ne se gradue pas. Elle a de multiples facettes, parmi lesquelles la capacité à imaginer, à s'intéresser." Albert Jacquard "Intellectuel n'est pas toujours synonyme d'intelligent." Alexandra David Néel "Peu importe votre brio intellectuel : ce brio restera lettre morte si vous ne savez pas vous montrer persuasif." Daniel Goleman "Le savant n’est pas l’homme qui fournit de vraies réponses ; c’est celui qui pose les vraies questions." Claude Lévi-Strauss "Les recherches de Gardner sur le potentiel humain ont mis en évidence l’existence de huit formes d’intelligence : linguistique, logicomathématiques, visuo-spatial, naturaliste, interpersonnelle, intrapersonnelle, corporelle et musicale." Catherine Cuche et Sophie Brasseur "La justice de l'intelligence est la sagesse. Le sage n'est pas celui qui sait beaucoup de choses, mais celui qui voit leur juste mesure." Platon

Le lien entre intelligence, conscience et responsabilité

"Une intelligence incapable d'envisager le contexte et le complexe planétaire, rend aveugle, inconscient et irresponsable." Edgar Morin "L’homme intelligent puise son enseignement de ses propres fautes… L’autocritique, en tant qu’activité d’introspection et de discrimination, est indispensable à toute tentative de comprendre sa propre psychologie." Carl Gustav Jung "L'intelligence, c'est le seul outil qui permette à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur." Pierre Desproges "L'exercice suprême de l'intelligence, c'est la décision. Il y a des centaines, des milliers d'analystes brillants mais peu de décideurs. La décision - une fois qu'on a fait 80 % d'analyse - c'est le vide qu'il y a entre le moment où l'on saute et celui où l'on réussit. Il faut donc du courage parce qu'il faut sauter. Il n'y a pas d’intelligence sans courage." Olivier de Kersauson "La conscience est la lumière de l'intelligence pour distinguer le bien du mal." Confucius "L'intelligence véritable agit dans le silence." Eckhart Tolle "Se rendre compte qu’on est imbécile est un signe d’intelligence." Philippe Geluck

Être intelligent grâce à l'éducation

"Chaque être humain possède une combinaison unique d’intelligence. C’est le défi éducatif fondamental." Howard Gardner "Les maîtres d'écoles sont des jardiniers en intelligences humaines." Victor Hugo "L'intelligence rachète l'ignorance." Naïm Kattan "La différence entre l'intelligence et l'éducation : l'intelligence fait vivre mieux." Charles F. Kettering

Le manque d’intelligence

"Le problème avec le monde c’est que les gens intelligents sont pleins de doutes, alors que les imbéciles sont pleins de certitudes." Charles Bukowski "La haine est un sentiment qui ne peut exister que dans l'absence de toute intelligence." Tennessee Williams "Quand la bêtise et l'intelligence sont face à face, c'est toujours l'intelligence qui gagne." Jean Dutourd "À peine l'homme découvre-t-il l'intelligence qu'il tente de l'impliquer dans sa propre stupidité." Jean-Yves Cousteau

De la difficulté d’être intelligent

"Si je suis un sot, on me tolère ; si j'ai raison, on m'injurie." Goethe "L’intelligence excessive est un double mal : elle fait souffrir et personne ne songe à plaindre celui qui en souffre. Au contraire, elle peut susciter jalousie et agressivité et amplifier ainsi la souffrance. On ne dira jamais de quelqu’un : "Il est sympa, mais le pauvre, il est trop intelligent !"" Jeanne Siaud-Facchin "Tout se passe comme si cette dernière [l'intelligence], pour être acceptable, devait aller de pair avec une extrême modestie de manière à s'affranchir et à se laver d'un péché originel." François-Michel Durazzo "L'intelligence se paie cher ou se nie." Albert Camus "La difficulté des surdoués n’est pas liée directement à leur différence, mais à leur sentiment de différence." Jeanne Siaud-Facchin

  1. Citations sur l’intelligence émotionnelle  Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

"L'intelligence émotionnelle est un moyen de reconnaître, de comprendre et de choisir comment nous pensons, ressentons et agissons. Cela forme nos interactions avec les autres et notre propre compréhension. Il définit comment et pourquoi nous apprenons ; cela nous permet d'établir des priorités ; détermine la majorité de nos actions quotidiennes. La recherche suggère qu'il détermine au moins 80 % de succès dans nos vies." J. Freedman "L'intelligence émotionnelle se développe à travers la perception. Regardez autour de vous, votre situation actuelle et observez-la au niveau de vos sentiments." Deepak Chopra. "La conscience de soi émotionnelle est la pierre angulaire de l'intelligence émotionnelle." Daniel Goleman. "La personne intelligente a des compétences émotionnelles dans quatre domaines : identifier les émotions, utiliser les émotions, comprendre les émotions et réguler les émotions." John Mayer. "L'empathie et les compétences sociales sont l'intelligence sociale, la partie interpersonnelle de l'intelligence émotionnelle." Daniel Goleman

Intelligence cognitive Vs intelligence émotionnelle

"Il est très important de comprendre que l'intelligence émotionnelle n'est pas le contraire de l'intelligence, ce n'est pas le triomphe du cœur sur la tête, c'est l'intersection des deux." David Caruso. "Des émotions dont nous perdons le contrôle peuvent rendre stupides les gens les plus intelligents." Daniel Goleman "Beaucoup d'intelligence intellectuelle dépend de l'intelligence émotionnelle." Michael Gurian. "Nous avons deux esprits ; un qui pense et un qui se sent." Daniel Goleman. "Ce qui importe pour se conduire de manière intelligente, ce n'est pas tant la force des facultés que la manière dont on s'en sert, c'est-à-dire l'art de l'intelligence, et cet art s'affine avec l'exercice." Edgar Binet "Bien qu'un QI élevé ne soit pas une garantie de prospérité, de prestige ou de bonheur, nos écoles et notre culture sont obsédées par les compétences académiques, ignorant l'intelligence émotionnelle, qui est également extrêmement importante pour notre destin personnel." Daniel Goleman. "QI et les compétences techniques sont importants, mais l'intelligence émotionnelle est la condition sine qua non du leadership." Daniel Goleman. "Il faut plus que de l'intelligence pour agir intelligemment." Fiodor Dostoïevski. "Les OCÉ sont embauchés pour leur expérience intellectuelle et professionnelle - et licenciés pour manque d'intelligence émotionnelle." Daniel Goleman.

L’intelligence émotionnelle, source de réussite

"Vous avez beau avoir toutes les aptitudes, si vous n’avez pas l’attitude, vous ne réussirez pas." Gandhi "Si tu n'as pas d'empathie et de relations personnelles effectives, peu importe que tu sois intelligent, tu n'iras pas bien loin." Daniel Goleman "La force de caractère et l'intelligence émotionnelle pour faire face aux erreurs et en tirer des leçons est la clé du succès." Robert Kiyosaki "Au moins 80 % des succès à l'âge adulte proviennent de l'intelligence émotionnelle." Daniel Goleman. "Dans la dernière décennie, la science a découvert le rôle que jouent les émotions dans nos vies. Les chercheurs ont découvert que plus que le QI, la conscience émotionnelle et la capacité à contrôler les sentiments détermineront notre succès et notre bonheur dans tous les domaines de la vie, y compris les relations familiales." John Gottman. "Quand l'intelligence émotionnelle se confond avec l'intelligence spirituelle, la nature humaine se transforme." Deepak Chopra. "L'intelligence émotionnelle, que je définis comme la force, est, à mon avis, la seule façon d'inspirer un réel changement." Kevin Allen "Ce qui compte vraiment pour la réussite, le caractère, le bonheur et les réalisations vitales est un ensemble défini de compétences sociales, et pas seulement des capacités cognitives mesurées par des tests de QI classiques." Daniel Goleman.

  1. Citations sur l’intelligence collective

"Le travail individuel permet de gagner un match mais c'est l'esprit d'équipe et l'intelligence collective qui permet de gagner la coupe du monde. Aimé Jacquet Aucun d’entre nous n’est plus intelligent que l’ensemble d’entre nous." Kenneth Blanchard "Lorsque deux forces sont jointes, leur efficacité est double." Isaac Newton "Chaque intelligence individuelle nait de la coopération collective de milliards de neurones, chaque intelligence collective nait de la coopération de nombreux individus." Edgar Morin "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble." Euripide "Il y a plus d’idées dans deux têtes que dans une." Jacques Chirac "La pierre n’a point d’espoir que d’être autre chose que pierre, mais de collaborer, elle s’assemble et devient temple." Antoine de Saint Exupéry "Individuellement, nous sommes une goutte d’eau. Ensemble, nous sommes un océan." Ryunosuke Satoro "Les meilleures choses qui arrivent dans le monde de l’entreprise ne sont pas le résultat du travail d’un seul homme. C’est le travail de toute une équipe." Steve Jobs "Le monde a besoin d’un nouveau leadership, et la nouveauté consiste à travailler ensemble." Jack Ma "Pour qu’un château de cartes s’écroule, il suffit d’en retirer une seule." Dominique Muller "Ce n’est pas le fait de porter le même maillot qui fait une équipe, c’est de transpirer ensemble." Aimé Jacquet "Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite." Henry Ford "Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin." Proverbe africain "Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès." Nelson Mandela "Le quotient intellectuel d'une foule est égal à celui du plus imbécile de ses membres." Jean Dion

  1. Citations sur le haut potentiel intellectuel et la douance Qu'est-ce qu'être une personne dite à haut potentiel ou surdouée ?

"Être surdoué, c’est une personnalité toujours marquée par ce double sceau : une intelligence puissante au fonctionnement qualitativement différent, une sensibilité intense qui imprègne chaque moment de vie." Jeanne Siaud-Facchin "Être surdoué, c’est penser dans un système différent, c’est disposer d’une forme d’intelligence particulière. C’est aussi grandir avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante, qui marquent la personnalité. Ce n’est pas un enfant avec un "plus", malgré la terminologie ambigüe, ni un génie qui aurait tout reçu." Jeanne Siaud-Facchin "Les vrais surdoués sont des personnes plus intelligentes, mais qui n’en font pas étalage ; il se sentent humbles et pas plus intelligents que les autres ; d’autres sont aussi intelligents qu’eux ; ils sont intuitifs, d’autres le sont aussi ; ils ont des valeurs, d’autres aussi ; ils sont curieux et passionnés de tout, d’autres également ; ils ont une mémoire d’éléphant, ce ne sont pas les seuls ; on les appelle œil de lynx, il n’y a pas qu’eux ; ils sont hypersensibles, certains le sont plus encore ; ils vont bien, nombre de nos congénères aussi. En revanche, ils sont les seuls à être tout cela à la fois. Et bien d’autres choses encore. Car, au-delà̀ de ce portrait-robot, leur personnalité est propre à chacun d’entre eux." Béatrice Millêtre "Il existe différentes formes de haut potentiel comme il existe différentes formes d’intelligence. En ce qui concerne le haut potentiel intellectuel, on trouve également une grande variété de profils cognitifs. La combinaison de ceux-ci avec des traits affectifs, motivationnels et la personnalité rendront dès lors chaque personne unique." Catherine Cuche et Sophie Brasseur "Être surdoué est peut-être finalement, d'abord penser avec son cœur, bien avant de penser avec sa tête." Jeanne Siaud-Facchin

Le haut potentiel intellectuel : une intelligence différente

"Pour se penser surdoué à l’âge adulte, il faut avoir compris qu’il s’agit moins d’un haut niveau intellectuel que d’une intelligence aux composantes singulières qui modifie la façon de percevoir, comprendre et analyser le monde. Il faut avoir intégré que la dimension affective est une composante essentielle de la personnalité du surdoué." Jeanne Siaud-Facchin "Le haut potentiel consiste à être différent, avec de très bonnes capacités intellectuelles et un fonctionnement cérébral particulier." Claire Grand "En gros, depuis que vous êtes tout petit, on essaye de vous [les personnes à haut potentiel] mettre dans une boîte ronde alors que vous êtes carré : non seulement cela ne fonctionne pas, mais en plus, c’est destructeur et déstabilisant". Béatrice Millêtre "Tous les surdoués ne sont pas des génies, comme tous ne finissent pas drogués et marginalisés, mais tous ressentent, à un moment ou à un autre, qu’ils sont différents, parce qu’ils le sont vraiment." Cécile Bost "C’est la singularité de son mode de pensée et son fonctionnement affectif qui caractérise l’enfant surdoué. Un enfant surdoué est un enfant différent." Jeanne Siaud-Facchin

Le haut potentiel intellectuel : une hypersensibilité et une intelligence créative et intuitive décuplée

"Tout est en trop : trop de pensées, trop de questions, trop d'émotions… et en superlatifs voir en hyperlatifs : hyperréactif, hypersensible, hyperaffectif… Les surefficients mentaux vivent les évènements de leur vie avec une intensité hors norme. Ce qui les touche, en positif comme en négatif, semble les faire résonner comme du cristal. Même des incidents mineurs peuvent prendre des proportions inédites, surtout s'ils touchent à leur système de valeur. Perceptions, émotions, sensibilité : tout est décuplé. En fait, c'est tout le système sensoriel et émotionnel qui est hypersensible. Cette finesse de perception est neurologique et commence par la perception de la réalité." Christel Petitcollin "Être surdoué, c'est l'émotion au bord des lèvres, toujours, et la pensée aux frontières de l'infini, tout le temps." Jeanne Siaud-Facchin "Nous autres les surdoués, avons un vrai feeling pour déceler sous le moindre incident l'émergence possible d'une anomalie inquiétante." Grégoire Lacroix "Un cerveau surefficient est fait pour créer. Qu'il s'agisse de création manuelle, intellectuelle ou artistique, votre cerveau doit pouvoir imaginer, inventer, concevoir, fabriquer, produire, construire..." Christel Petitcollin

  1. Citations sur l’intelligence artificielle

"Les formes primitives d'intelligence artificielle que nous avons déjà se sont montrées très utiles. Mais je pense que le développement d'une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine." Stephen Hawking "L'intelligence artificielle est potentiellement plus dangereuse que les armes nucléaires." Elon Musk "La tristesse de l’intelligence artificielle est qu’elle est sans artifice, donc sans intelligence." Jean Baudrillard "Il ne faut pas que le robot soit trop intelligent, sinon il ne voudra rien foutre." Jean-Marie Gourio "L'être humain croira toujours que plus le robot paraît humain, plus il est avancé, complexe et intelligent." Isaac Asimov "Avec l'intelligence artificielle, nous invoquons le démon." Elon Musk "On peut apprendre à un ordinateur à dire : "Je t'aime", mais on ne peut pas lui apprendre à aimer." Albert Jacquard "La connaissance sans la sagesse est de l'intelligence artificielle." Juliana M. Pavelka "Des soldats mécaniques pilotés par l'intelligence artificielle qui opéreront sur terre, dans les airs et en mer, obéiront toujours aux ordres, ne ressentiront ni la fatigue ni la douleur, n'auront jamais de problèmes de conscience, ni de famille à indemniser." Enki Bilal "Je n’ai pas peur des ordinateurs. J’ai peur qu’ils viennent à nous manquer." Isaac Asimov "Si ces robots s'humanisaient, inversement les êtres humains se robotiseraient-ils ?" Paul Guth "Nous devrions nous inquiéter de ce que les machines ne peuvent toujours pas faire, car nous aurons besoin de l'aide de ces nouvelles machines intelligentes pour faire de nos rêves les plus fous une réalité." Gary Kasparov

  1. Citations sur les talents, compétences et génie

"Le génie, c'est d'avoir du talent tout le temps ; le talent, c'est d'avoir du génie de temps à autre ; l'intelligence, c'est de savoir que l'on n'a ni génie, ni talent." Philippe Bouvard "Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde y parviennent." Jack Kerouac, repris par Steve Jobs dans une publicité pour Apple "Le génie est le talent doté d’idéaux." Somerset Maugham "Le talent est comme un mystère qu’il nous faut élucider grâce à la multitude d’indices laissés par la vie." Alexandre Pachulski "Le sens de la vie est de trouver ses dons. Le but de la vie est d’en faire don aux autres." Pablo Picasso. "J'ai mis tout mon génie dans ma vie ; je n'ai mis que mon talent dans mes œuvres." André Gide "Il n'existe pas de scientifiques qui aient créé quoique ce soit avec un QI inférieur à 120 ou 130." Dr Avner Ziv "Le talent est pareil à un archer qui touche une cible que les autres ne peuvent atteindre." Arthur Schopenhauer

  1. Paroles de 12 personnalités célèbres mondialement pour leur génie et intelligence créative Léonard de Vinci

"Qui pense peu, se trompe beaucoup." "Savoir écouter, c’est posséder, outre le sien, le cerveau des autres." "Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible." "La simplicité est la sophistication suprême."

Marie Curie

"Vous ne pouvez pas espérer construire un monde meilleur sans améliorer les individus." "Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre." "Pensez à être moins curieux des personnes que de leurs idées." "Chacun de nous doit travailler pour son propre perfectionnement et en même temps partager une responsabilité générale pour toute l'humanité."

Albert Einstein

"La créativité, c’est l’intelligence qui s’amuse." "L’imagination est plus importante que le savoir." "Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson à sa capacité de grimper à un arbre, il vivra toute sa vie en croyant qu’il est stupide." "Je n’ai pas de talent particulier. Je suis passionnément curieux."

Galilée

"Je n'ai jamais rencontré d'homme si ignorant qu'il n'eut quelque chose à m'apprendre." "Tu ne peux pas tout enseigner à un homme ; tu peux seulement l'aider à le trouver en lui." "Le doute est père de la création." "Le soleil, avec toutes ces planètes qui gravitent sous sa gouverne, prend encore le temps de mûrir une grappe de raisin, comme s'il n'y avait rien de plus important."

Wolfgang Amadeus Mozart

"Je cherche les notes qui s'aiment." "Le vrai génie sans cœur est un non-sens. Car ni intelligence élevée, ni imagination, ni toutes deux ensemble ne font le génie. Amour, amour, amour ! Voilà l'âme du génie." "Je continue à composer parce que cela me fatigue moins que de me reposer." "Je n'aime pas ceux qui ne rient jamais, ce ne sont pas des gens sérieux."

Frida Khalo

"Douleur, plaisir et mort ne sont rien de plus que le processus de la vie. La lutte révolutionnaire, dans ce processus, est une porte ouverte à l’intelligence." "Emmurer la souffrance, c’est prendre le risque qu’elle te dévore de l’intérieur." "Pour créer son propre paradis, il faut puiser dans son enfer personnel." "Ne fais pas attention à moi. Je viens d'une autre planète. Je vois toujours des horizons où tu dessines des frontières".

Elon Musk

"L'ingénierie est la chose la plus proche de la magie qui existe dans le monde." "Si vous ne pouvez pas battre la machine, le mieux est d'en devenir une." "Il y a une chance sur des milliards que notre réalité soit la bonne." "Si les règles vous empêchent de progresser, battez-vous pour les changer."

Hippocrate

"L’homme doit harmoniser l’esprit et le corps." "Que ton aliment soit ta seule médecine !" "Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants l'instruction que j'ai reçue de leurs pères." "Si quelqu'un désire la santé, il faut d'abord lui demander s'il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l'avoir."

Marcel Proust

"L'intelligence n'est pas l'instrument le plus subtil, le plus puissant, le plus approprié pour saisir le Vrai... C'est la vie qui peu à peu, cas par cas, nous permet de remarquer que ce qui est le plus important pour notre cœur, ou pour notre esprit, ne nous est pas appris par le raisonnement mais par des puissances autres." "Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver." "On n'aime que ce qu'on ne possède pas tout entier." "L’absence n’est-elle pas, pour qui aime, la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences ?"

Isaac Newton

"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts." "Ne tenez pour certain que ce qui est démontré." "Nos connaissances sont une goutte, notre ignorance, un océan." "On n'a jamais fait de grande découverte sans hypothèse audacieuse."

Charles Darwin

"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements." "L'ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance." "Un mathématicien est un aveugle qui, dans une pièce sombre, cherche un chat noir qui n’y est pas." "L'intelligence est basée sur l'efficacité avec laquelle une espèce est devenue capable de faire les choses dont elle a besoin pour survivre".

Stephen Hawking

"J'ai remarqué que même les gens qui affirment que tout est prédestiné et que nous ne pouvons rien y changer regardent avant de traverser la rue." "Mon objectif est simple. C'est une compréhension complète de l'univers, pourquoi il est tel qu'il est et pourquoi il existe." "Le premier ennemi de la connaissance n'est pas l'ignorance, c'est l'illusion de la connaissance." "Les personnes silencieuses ont les esprits les plus bruyants."

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Thu, 12 May 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11896/157-citations-pour-mieux-comprendre-ce-quest-lintelligence
Créez la vie qui vous ressemble http://www.olivier-roland.fr/items/view/11890/Crez-la-vie-qui-vous-ressemble

Résumé de "Créez la vie qui vous ressemble" d'Anne-Marie Jobin : ce livre nous invite à créez une vie qui nous ressemble en réveillant ce qui est à la source de nos rêves les plus profonds : notre créativité. L'auteure nous aide à réactiver notre énergie créatrice et à travailler sur les freins et atouts qui ponctuent le processus créateur via des réflexions et exercices ludiques à réaliser dans ce qu'elle appelle "un journal créatif". Par Anne-Marie Jobin, 2018, 232 pages. Chronique et résumé de "Créez la vie qui vous ressemble" d'Anne-Marie Jobin

Avant-Propos

La vie qui vous ressemble

Dans son avant-propos, l’auteure Anne-Marie Jobin, définit ce qu’elle entend dans l’expression du titre de son ouvrage "une vie qui nous ressemble". Ainsi, elle indique qu’une "vie qui nous ressemble" ou encore, dit-elle, "une vie faite à la main" est, en fait, une vie qui reflète le plus possible notre vraie nature. Plus précisément : "C’est le contraire d’une vie préfabriquée, où nous agirions selon des modes ou des rôles prescrits de l’extérieur. […] C’est une vie qui vibre, où nos passions et nos appels les plus fondamentaux se manifestent de façon concrète dans notre quotidien. Au lieu de rester à l’état de rêves, ils s’incarnent, devenant peu à peu réalité."

Le pouvoir guérisseur du processus créateur

Anne-Marie Jobin revient ensuite sur son parcours. Elle nous raconte les difficultés qu’elle a elle-même connues pour trouver une voie qui résonne profondément en elle. Elle explique que c'est en une combinaison d’inspirations, de "moments de grâce", de travail régulier et d’activités créatives, qui a fini par l’amener à l’art-thérapie qui fonde aujourd’hui sa pratique. En l’autorisant à s’exprimer pleinement et librement, le processus créatif l’a, par ailleurs, beaucoup apaisée. Il l’a aidée à prendre conscience de ses blocages, de ses "monstres enfouis" et lui a finalement permis de remonter à "sa source".

Le journal créatif comme fil conducteur

Anne-Marie Jobin relate ensuite ses questionnements et le changement qui en a résulté ce parcours. Ainsi, elle explique s'être interrogé sur ce qui liait sa vie, ce qui y mettait du sens, et ce qu’elle voulait vraiment au fond de son cœur, pour identifier son fil conducteur : à savoir "le journal créatif". "Le changement qui suivit cette révélation fut des plus fulgurants" confie l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble". "Je me découvrais enfin alignée sur mon centre vital, et ma vie devenait de plus en plus une création, quelque chose de vivant qui naissait de la rencontre entre mes élans créateurs et le monde. Si cette traversée fut longue, j’y ai appris beaucoup, et c’est de tout cela que ce livre témoigne."

L’objectif du livre "Créez la vie qui vous ressemble"

Dans cet ouvrage, Anne-Marie Jobin ne prétend pas apporter de recette miracle pour créer une vie qui nous ressemble ou réaliser ses rêves. Elle propose de partager ses réflexions accompagnées d’exercices concrets pour "remettre en branle l’énergie créatrice". Car c’est ainsi, une fois cette énergie réactivée, que naturellement se lèveront les blocages, qu’émergeront nos élans les plus fondamentaux pour se concrétiser en projets. En résumé, termine l’auteure : "J’espère vous transmettre des méthodes concrètes pour aligner votre vie sur cette énergie créatrice que vous portez et qui cherche à manifester de façon tangible votre nature véritable. J’aimerais que ce livre soit une inspiration à vivre selon les appels de votre cœur et de votre âme, et non selon des modèles prescrits de l’extérieur ; que mes propos vous incitent à sortir de votre coquille, à ne plus avoir peur d’être qui vous êtes. […] Vous serez nourri profondément et toute la communauté en bénéficiera." Introduction - Le pouvoir de l’art Anne-Marie Jobin en est convaincue : les arts et l’écriture sont des leviers formidables pour stimuler notre créativité générale (pas uniquement artistique) et contribuer à la réalisation de nos rêves.

Le journal créatif pour réveiller notre créativité : une combinaison d'écriture, de dessin et de collage

Les exercices créatifs et ludiques proposés par Anne-Marie Jobin tout au long du livre "Créez la vie qui vous ressemble" font partie d'un concept qu'elle appelle "le journal créatif". Le journal créatif est "une approche dynamique du journal intime" qui combine les domaines de l’art-thérapie, de la psychologie, de l’écriture créative et de la créativité, indique Anne-Marie Jobin. Le but est de créer un "espace d’exploration et de création libre de tout jugement". Il ne demande aucun "talent" particulier. Aussi, les activités créatives de la méthode du "journal créatif" à réaliser en fin de chaque chapitre nous montreront comment l'expression artistique peut vraiment se répercuter positivement dans notre vie et notre créativité. Ces exercices :

Ont pour objectif de nous aider à savoir où nous en sommes dans notre vie, à aligner nos actions sur ce qui nous interpelle, à stimuler notre énergie et à contrer les blocages liés à votre créativité.

Privilégient l’écriture, le dessin et le collage : trois langages/ médiums qui s’entrecroisent et permettent une riche combinaisons de possibilités.

Se fondent sur trois principes clés :

La spontanéité ⇒ la création est approchée de façon plus intuitive et ressentie que rationnelle : nous réfléchirons le moins possible. Le non-jugement ⇒ le jugement est tout le contraire de la spontanéité ; il paralyse l'expression : au lieu de juger ce qui émerge de nos créations, nous ferons preuve d'ouverture et de curiosité envers elles. Le processus plus que le produit ⇒ l'objectif est de se connecter à soi-même, pas de faire un journal d'artiste. Si nos créations nous plaisent, tant mieux, mais ce n'est pas ce qui compte.

Les quatre raisons principales qui expliquent les effets bénéfiques du journal créatif proposé dans "Créez la vie qui vous ressemble"

Le relâchement de l’énergie

Créer quelque chose par le moyen d’images, de mots, de symboles, de gestes, fait office d'exutoire pour libérer toute l’énergie contenue en nous. Elle sert en quelques sorte de "soupape de sécurité" quand la charge intérieure est trop intense.

La distanciation

"Dans l’expression artistique, des fragments de la vie intérieure prennent une forme tangible" écrit Anne-Marie Jobin. "Le fait d’avoir devant vous un produit issu du monde intérieur crée une distance avec l’aspect de vous qui s’est exprimé" complète-t-elle. Nous nous retrouvons ainsi dans la position d'un témoin qui observe les vagues passer, sans pour autant être submergé.

L’effet miroir

Nos créations constituent un reflet de ce qui se passe en nous car elles mettent en lumière ce qui échappe à notre conscience. Les observer attentivement révèle alors de nouvelles informations sur soi.

Le contact accru avec ce que l'auteure appelle "le plus vaste"

Grâce à l'effet miroir, nous nous sentons nourri par notre inconscient, comme accompagné, soutenu par quelque chose qui nous dépasse. Nous gagnons ainsi en confiance et en fluidité créative, et cela se ressent à toutes les étapes du processus créateur.

Créer son propre journal créatif

Anne-Marie recommande de réaliser les exercices proposés tout au long des chapitres du livre "Créez la vie qui vous ressemble" dans un journal créatif. Pour cela, le lecteur doit se munir d'un grand cahier à pages blanches, de ciseaux, colle, crayons de couleur, pastels et magazines à découper. Les exercices n'ont pas à s'appliquer nécessairement dans l'ordre proposé, ni à tous être accomplis. Ce sont des invitations, des points de départ, pas un procédé à suivre au pied de la lettre.

Chapitre 1- La créativité Dans le premier chapitre de "Créez la vie qui vous ressemble", Anne-Marie Jobin nous explique ce qu’est l’énergie créatrice et d’où elle provient. Elle commence par définir le mot "créativité" : un terme qui ne se limite pas qu'aux arts ou à la science mais qui s’inscrit en fait dans tous nos actes quotidiens, tous nos projets quelque que soit son domaine. La créativité, c’est donc, résume-t-elle, "un processus par lequel une idée est amenée à sa matérialisation". C’est ainsi "la capacité de manifester ce qui nous anime en formes tangibles dans le monde". 1.1 - L’énergie créatrice L’énergie créatrice :

Est notre énergie de vie, invisible donc, qui prend une forme visible : des envies de faire quelque chose, des idées, des inspirations, des projets qui deviennent des activités, objets, créations diverses. En fait, "l’esprit prend forme dans la matière, un peu comme si on le mettait au monde".

Existe chez tout le monde et s’exprime dans tous les domaines et de toutes les manières. Il arrive que, notre énergie créatrice soit "bloquée" ou "déformée", ou que nous ne sachions plus comment y accéder. Mais elle se trouve bien au fond de chacun d’entre nous.

Se montre particulièrement abondante et fluide chez le petit enfant, qui voit, en grandissant, cette énergie se rétrécir. En effet, au fil du temps, nous nous conformons aux rôles plus ou moins étroits que l’on nous propose, aux règles et codes sociaux ; nous rentrons dans les rangs et apprenons à retenir nos élans de vie plutôt que de les embrasser. Si bien que nous sommes nombreux à arriver à l’âge adulte en ayant perdu l’accès à notre énergie créatrice. Il devient alors très difficile de distinguer ce qui relève de notre nature profonde (ce que nous voulons, aimons, ce qui a du sens pour nous) de ce qui relève de notre socialisation. Et nous fondons alors nos choix de vie sur des choses extérieures.

Mais pour Anne-Marie Jobin, il n’est jamais trop tard pour "remettre en branle" notre énergie créatrice. Il suffit, assure-t-elle, de très peu de choses : une simple petite poussée est nécessaire "pour que la source s’éveille et que le flot redémarre". Pour cela, autorisons-nous à suivre ce qui émerge spontanément de nos élans... 1.2 - Le droit de créer Il y a beaucoup de personnes qui ne s’autorisent pas à créer, à manifester leurs élans dans le monde, prétextant toutes formes de raisons : "je n’ai pas le temps…", "à ma retraite je…", "ma sœur, elle, avait du talent…",  "il est trop tard pour moi…", "quand j’aurai de l’argent, un studio, une voiture…", etc. Pour Anne-Marie Jobin, il est crucial de s’accorder ce droit de créer. Au risque sinon de vivre selon des modèles attribués par l’extérieur, complètement détaché de ce qui nourrit notre âme. Elle précise que faire vibrer notre créativité ne demande pas nécessairement d’obéir à de grands critères d’excellence. "Il suffit d’être qui vous êtes et de manifester votre cœur, à votre façon, dans le monde" affirme l’auteure. 1.3 – "La vie faite à la main" "Faire sa vie à la main, c’est créer notre vie à partir de nos élans intérieurs, c’est voir se manifester de façon concrète, dans notre quotidien, ce qui nous tient le plus à cœur." Selon l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble", la raison principale qui fait que nous ne parvenons plus à nous connecter à ces élans intérieurs est la "domestication de notre nature instinctive". En nous socialisant, "nous rencontrons cette énergie de conformisme et nous perdons graduellement le lien, partiellement ou complètement, avec la possibilité de faire notre vie à la main". Quand nous tentons alors de retrouver le fil perdu, nous nous laissons entraîner dans toutes sortes d’illusions de bonheur. De cette "course aux illusions", course absurde, grisante, ensorcelante, nous nous réveillons un jour brutalement. Pour éviter d'en arriver là, il faut, selon l’auteure, absolument commencer par cesser de courir et de vouloir tout contrôler. Ainsi, nous pourrons ressentir profondément qui nous sommes. Cette étape nous effraie - nos identités, nos habitudes, notre agitation nous sécurisent – mais elle est indispensable. Concrètement, cela signifie que : "Avant de s’engager dans des projets, on s’assure qu’ils sont en lien avec ses élans fondamentaux. Dans le cours de l’action, on maintient le contact avec soi-même tout en étant réceptif aux mouvements de la vie extérieure. Dans ce va-et-vient entre soi et le monde, il se peut que les projets changent de forme et que des choses inattendues surviennent. Ce qui caractérise ce processus, c’est qu’il est tout à fait vivant, fluide et changeant, jamais domestiqué." En fait : "L’énergie créatrice a quelque chose de sauvage qui ne supporte pas les carcans. Elle peut être canalisée mais non subordonnée, et il vaut mieux en suivre le flot que de tenter d’en contrôler le cours." 1.4 - "Le plus vaste"

La métaphore de l'iceberg pour décrire "inconscient" et "conscient"

Pour Anne-Marie Jobin, notre énergie créatrice provient essentiellement de notre inconscient. Pour mieux saisir de quoi il relève exactement, l’auteure compare l’inconscient à la partie immergée d’un iceberg, le conscient étant donc sa partie émergée. Cette image nous permet de comprendre que "l’inconscient est beaucoup plus vaste que le conscient et, si l’on tient compte de la mer où l’iceberg baigne, on peut aussi prétendre qu’il y a quelque chose d’encore plus grand qui contient l’inconscient individuel". Cet espace est ce que Carl Jung appelait "l'inconscient collectif", et ce qu’Anne-Marie Jobin propose d’appeler "le plus vaste". Pour l’auteure, il s’agit d’une "source de vie plus spacieuse que celui qui nous vient du monde limité du conscient", une espèce de "réservoir d’images et d’expériences que tous les humains ont en commun", un espace opérant à l’arrière-plan de notre vie, où nous pouvons puiser à l’infini, lorsque nous nous trouvons dans un état particulier (l’état méditatif ou la relaxation par exemple, mais aussi l’acte créatif quand on s’abandonne au processus). "En d’autres mots, en prêtant attention à ce qui émerge du monde plus vaste de nos profondeurs, nous sommes guidés, nourris et inspirés par une vision plus riche que celle qui nous vient de notre conscient."

Entrer en contact avec "le plus vaste"

Pour Anne-Marie Jobin, c’est dans cet espace intérieur que se trouvent nos inspirations instinctives, nos vrais appels, les réponses à nos problèmes. Dans la partie émergée qui représente le conscient et l’ego, nous nous limitons au rationnel et tangible. Pour vivre une vie qui reflète notre vraie nature, l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" invite le lecteur alors à :

"Relâcher les rênes" pour se connecter avec "le plus vaste". Tout ce qui favorise la présence l’y aidera grandement (relaxation, méditation, etc.).

"Jeter des ponts" entre "le plus vaste" et le conscient afin de pouvoir faire des allers et retours régulièrement. Et ainsi "nous abreuver dans le mystère des profondeurs, puis revenir mener notre vie, pas à pas, guidés par cette vision plus large".

1.5 - Le cycle de l’énergie créatrice Pour terminer ce chapitre de "Créez la vie qui vous ressemble", Anne-Marie Jobin évoque un élément qu’elle dit essentiel dans l’acte de créer : le cycle naturel de l’énergie créatrice. L’auteure nous explique ici que puisqu'elle s’incarne dans la matière, l’énergie créatrice suit inévitablement le rythme du monde physique. Anne-Marie Jobin s'appuie sur les travaux de Pinkola Estés pour décrire ce rythme qui correspond pour ainsi dire au cycle de vie et de mort, cycle tout à fait naturel qui peut facilement être représenté de façon circulaire. "De la même façon que le monde naturel suit ce mouvement organique, l’énergie créatrice s’allume, naît, monte, stagne, redescend et meurt, puis incube avant de s’éveiller de nouveau. Travailler en suivant ce rythme implique donc de suivre patiemment un flot naturel plutôt que de pousser pour atteindre un but. Concrètement, cela veut dire que lorsque nous sentons la poussée de l’inspiration, nous démarrons, nous travaillons assidûment, et quand l’énergie redescend, nous nous arrêtons pour nous reposer." L'auteure souligne que, dans notre société actuelle, ce rythme est en général très difficilement respecté : soit nous poussons les choses, soit nous les freinons.

Rechercher toujours plus de productivité

La plupart du temps, plutôt que de suivre le flot, "nous tirons sur nos projets pour qu’ils avancent, nous poussons et renâclons, nous pestons contre les obstacles ou contre notre énergie qui ne suit pas". Bref, nous recherchons toujours à être plus productif pour finaliser plus vite nos projets. L'auteure résume très bien ce phénomène ici : "Si nous savons qu’il est absurde de tirer sur une plante pour la faire pousser plus vite, nous ne semblons pas comprendre ou accepter que notre travail ait besoin de temps pour sa gestation, sa germination et son mûrissement avant de pouvoir offrir ses fruits. Parce que la récolte nous plaît souvent davantage que le patient travail de désherbage ou de compostage, nous tentons d’accélérer le processus." Elle poursuit : "De même que lorsque nous engraissons artificiellement la terre à outrance, les légumes perdent en saveur et gagnent en toxicité, lorsque nous nous obstinons à hâter le processus de croissance de nos projets, nous finissons avec une création immature ou sans profondeur."

Résister à l’action

À l’inverse, à cause de nos croyances ou de nos peurs (de ne pas être à la hauteur, de nous laisser emporter trop loin, ou à l’inverse, pas assez loin, de sortir de notre zone de confort, de nous "noyer dans cette belle énergie sauvage") nous pouvons avoir tendance à freiner les montées d’énergie et à repousser les actions allant dans le sens de nos visions, niant nos élans intérieurs. Finalement, "au lieu de canaliser la force de notre énergie créatrice, nous l’éparpillons ou meublons le temps d’activités variées sans rapport avec nos élans fondamentaux" prévient l’auteure.

Lâcher prise pour suivre le rythme naturel de la créativité

Plutôt que de pousser ou de bloquer cette énergie de vie, plutôt que de lutter contre le rythme naturel du processus créateur, l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" nous encourage vivement à lâcher prise et à embrasser ce rythme sans chercher à ne rien contrôler. Mais "cela implique une grande présence aux mouvements naturels de notre énergie vitale, une écoute sensible des vagues montantes et descendantes du cycle" termine Anne-Marie Jobin. Chapitre 2 - Le processus créateur Dans le deuxième chapitre de son ouvrage "Créez la vie qui vous ressemble", Anne-Marie Jobin étudie le processus créateur. Elle commence alors par en donner une définition : "Le processus créateur, c’est en quelque sorte un trajet entre une première idée et sa réalisation, un voyage entre l’esprit, d’où émane la première idée, et la matière, où cette idée s’incarnera."

Anne-Marie Jobin dit s’être inspiré du travail de Pinkola Estés, qu’elle a adapté à sa façon, pour nous décrire le processus créateur. Voici les 5 grandes étapes qu’elle propose de développer dans cette partie, accompagnées, pour chacune d’entre elles, d’exercices créatifs :

L’inspiration, La concentration, L’organisation de l’action, La réalisation du projet, La réflexion sur l’action, le suivi et/ ou le soutien au projet.

L'auteure souligne que la prise de conscience de ce parcours - entre rêves et réalisation - lui a permis de :

Concevoir que physiquement, il ne lui était pas possible de donner suite à toutes ses idées, à toutes ses visions et ce qu'elle imaginait dans ses rêves. S'ouvrir aux changements, mieux comprendre ses égarements et comment rectifier son chemin. Créer un équilibre entre "rêves" et "action" :

"Pour créer votre vie, vous saurez que vous devez à la fois savoir rêver et savoir agir. En écoutant attentivement ce qui bouillonne au fond de vous et en concentrant votre énergie dans un choix, vous arriverez à endiguer l’action dans la direction souhaitée. Vous saurez également vous arrêter pour vous reposer et vous régénérer, mais aussi pour contempler le chemin parcouru et savourer les fruits de votre persévérance." 2.1 – Les deux étapes préalables au processus créateur Avant de traverser les cinq étapes du processus créatif, l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" décrit deux autres étapes, essentielles, pour s’engager dans le cœur de la création. Ces deux étapes aideront les personnes en manque d’inspiration, celles qui n’arrivent pas à savoir ce qu’elles veulent et ne ressentent aucune étincelle.

Faire le point

Faire le point, "c’est entrer en soi-même pour y sentir ce qui s’y passe vraiment". C’est prendre le temps d’aller à notre propre rencontre avec ouverture et acceptation afin de :

Identifier où nous en sommes et ce que nous souhaitons réellement. Nous assurer "d’être bien aligné sur ses élans fondamentaux", c'est-à-dire être certain que nos inspirations et nos rêves sont bien les nôtres et non ceux des autres.

Pour réaliser cette pré-étape, l’auteure suggère de :

Y dédier un temps précis : bloquer 15 minutes, une heure, plusieurs jours, le temps d’une retraite ou plusieurs semaines quand on est embourbé, peu importe le temps... Recourir au mode qui nous convient le mieux : la réflexion, l’écriture, la visualisation, la création artistique, discuter avec des amis, un conseiller, un thérapeute.

Faire de l’espace

"Faire de l’espace, c’est pousser momentanément de côté ses préoccupations et ses problèmes afin de créer un vide d’où émergeront les inspirations, les directions et les solutions requises à cette étape du voyage. C’est faire silence à l’intérieur et à l’extérieur afin de pouvoir mieux entendre la voix parfois subtile de sa créativité. En dégageant de l’espace, on s’assure que ce qui est fondamental a la chance d’être entendu. Faire de l’espace, c’est donc se libérer graduellement de tous les bruits du quotidien pour pouvoir se calmer et recevoir ensuite des sensations, des intuitions et des réponses qui viennent d’un endroit plus vaste que la personnalité habituelle." Il y a plusieurs manières de faire de l’espace. Anne-Marie Jobin en partage ici quelques-unes :

Cesser les activités de routine et favoriser le calme dans notre mental et nos émotions. S’offrir régulièrement des créneaux de temps libre pour se relaxer, méditer, marcher en silence. Faire du ménage dans notre environnement (c’est un moyen symbolique). Passer des moments à ne rien faire de "productif" (ne pas sous-estimer l’importance de ces moments dans l’épanouissement de notre créativité).

2.2 – Les 5 grandes étapes du processus créateur

Étape 1 : L’inspiration

L'inspiration arrive après des périodes plus ou moins longues de réflexion ou d’incubation. Il s’agit, en somme, d’un appel prenant la forme d’idées, d’intuitions, de visions, etc. C’est une phase grisante car "on voit dans son esprit les projets déjà réalisés, on y rêve et cela est souvent agréable". "Il s’agit de sentir vos élans créateurs, c’est-à-dire ce qui vous pousse par en dessous, ou ce qui vous allume assez pour vous donner envie d’en manifester une forme dans la vie concrète. C’est l’étape où l’on rêve… Ah ! que j’aimerais ouvrir un restaurant, suivre un cours d’italien, aller au Pérou, faire un gâteau, écrire un roman ! C’est l’énergie de l’esprit qui est à l’œuvre - elle est naturellement pétillante et n’est pas ralentie par les problèmes rencontrés dans la matière." Cette étape permet :

Quand nous avons plein d’idées, de valider si ces envies sont bien authentiques, reliées à ce qui est essentiel pour nous. Quand nous ne sentons pas ou plus nos appels intérieurs, de retrouver leur trace. L’auteure suggère pour cela de passer par l'étape précédente qui est de faire de l’espace (une retraite de quelques jours, avec le moins de stimulations possible par exemple).

Nos élans n’ont pas à être compliqués. Ils ne sont pas non plus forcément de grandes missions. Nous devons juste être attentif à ce qui nous fait vibrer, ce qui nous apporte du plaisir, ce que nous aimons, bref "ces petites choses qui nous remplissent le cœur".

Étape 2 : La concentration

À ce moment-là, l’énergie créatrice se focalise au lieu de se disperser. Cette étape aide à accepter de ne pas faire tout ce qu’on aimerait faire afin de ne pas s’éparpiller. Ainsi, des priorités se dessinent et nos choix se précisent pour s’enraciner "dans un canevas concret" qui correspond à la troisième étape.

Étape 3 : L’organisation

Cette étape vise à établir minutieusement un plan précis et détaillé de ce que nous allons faire : on "tisse le lien entre l’esprit et la matière puisqu’on amène l’énergie évanescente de l’inspiration dans un plan d’action concret". Ce plan peut être amené à changer en cours de route. Peu importe. Une planification souple et structurée à la fois :

Canalise l’énergie créatrice et encadre sa réalisation en offrant des assises et une ligne directrice au projet. Permet de rester aligné à notre vision d’origine, de stimuler l'action et tenir le cap lors des moments moins inspirés ou challengeants, de rester concentré face aux distractions, etc. Évite de se sentir découragé devant l'ampleur de ses visions ou d'un projet ou la lenteur de la réalisation : "on décortique l’action en étapes mesurables et réalisables, et ainsi on peut approcher son projet une bouchée à la fois".

Nous pouvons planifier nos actions en listant les choses à faire à chaque étape. Mais la planification peut se faire de multiples autres façons. Par exemple, l’auteure fait part d'un outil très visuel et stimulant qu’elle aime particulièrement utiliser : le diagramme. Celui-ci peut prendre différentes formes : tarte ou camembert (pour mieux visualiser les proportions et le temps à consacré à chaque étape), en colonnes, ou combiné à la carte mentale. Enfin, Anne-Marie Jobin termine sur cette étape par deux conseils :

Nos actions devront être sans cesse réajustées en fonction de l'évolution du projet. La planification ne doit pas nous enchaîner. Pour autant, il faut être vigilant à ne pas passer plus de temps à planifier et re-planifier qu’à agir.

Étape 4 : La réalisation du projet

Il s’agit ici de la mise en œuvre du plan d’action. Autrement dit, "l’énergie invisible et fluide de l’esprit se confronte à l’énergie dense de la matière". Concrètement, on se met au travail (démarches, contacts, appels téléphoniques, publicité, réunions, administration, locations, recherche d'outils, création, etc.). "Ce n’est plus le temps de rêver, mais d’agir" indique Anne-Marie Jobin. Et le fait de voir nos rêves se matérialiser rend cette période particulièrement satisfaisante. C’est généralement une phase où alternent des moments de grande fluidité à d'autres plus difficiles liés aux obstacles rencontrés, ce qui demande une grande adaptation. Selon l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble", il y a quatre phases majeures dans la réalisation :

Phase 1 : Se réchauffer 

L’auteure suggère trois excellentes façons selon elle de "se réchauffer" :

La mise au point, qui consiste à nous remettre là où nous en étions la dernière fois que nous avons travaillé sur notre projet (relecture de notes, plan de la journée, contemplation d’un chantier…). Le jeu : par exemple, dessiner une carte mentale des points à travailler en les regardant sous un autre angle, danser quelques minutes… Des exercices pour se recentrer : méditation, relaxation, visualisation, yoga…

Phase 2 : Avancer

Il s'agit ici de s'engager dans l'action. Nous retiendrons deux idées à ce sujet :

Le simple fait de commencer est suffisant pour insuffler l’énergie nécessaire à la poursuite du travail :

"L’action agit comme moteur de l’énergie créatrice. C’est une des façons les plus efficaces de dépasser les blocages liés à la procrastination ou aux peurs de toutes sortes".

Le "petit pas" est infaillible quand nous rencontrons des résistances et que nous n'arrivons pas à avancer :

"Le fait de ne vous demander qu’une petite tâche vous permettra de redémarrer et ensuite le mouvement vous entraînera. Vous ne vous laisserez alors plus alourdir par les pensées qui anticipaient tout ce qu’il y avait à faire. Les autres étapes s’enchaîneront avec moins d’effort."

Phase 3 : Naviguer 

Durant cette phase, nous avons l'impression de naviguer sur des vagues :

Tantôt en crêtes : il s'agit des moments au sommet où :

"On se sent totalement absorbé et transporté par ce qu’on est en train de faire. On est concentré, l’énergie monte et atteint un niveau où soudain il y a une fluidité incroyable dans l’action, comme si on se fondait complètement dans son activité. L’énergie est limpide, le temps disparaît, le travail est tout simplement grisant. [...] Les idées sont claires, l’inspiration déferle et le plaisir est entier."

Tantôt en creux : il s'agit des passages à vide, des moments d’incubation ou de panne sèche, où l'inspiration est en berne et le découragement pointe son nez. Ces moments sont inconfortables et frustrants mais nécessaires car ils permettent à la vague de rassembler son énergie pour remonter.

L'auteure explique qu'idéalement, nous devrions naviguer sur les flots en "savourant les montées" des vagues ascendantes et en "se laissant redescendre en douceur" sur les vagues descendantes. Mais très souvent, nous forçons le travail pour rester en haut de la vague, ce qui a pour conséquence de bloquer le flot naturel de la création, créer de l'épuisement ou des descentes trop intenses. C'est pourquoi, Anne-Marie Jobin insiste : nous devrions vraiment essayer de nous synchroniser et d'apprivoiser les vagues de notre créativité en prenant plaisir sur les sommets et en se relaxant dans les creux.

Phase 4 : Redescendre

Cette phase correspond au "moment où l’énergie faiblit et décroît". Ce n'est pas juste une vague en creux mais bien la fin de l'étape 4, l'étape productive d'un travail. Parfois, nous négligeons cette phase. D'autres fois, le travail a été si intense qu'il nous est difficile de "redescendre". Nous pouvons en ressentir le besoin, mais cela peut demander un certain temps avant d'y arriver. Pour Anne-Marie Jobin, il est clair qu'en écoutant notre corps et en respectant cette phase de redescente (en y consacrant 20 minutes, par exemple, avant de retourner à notre vie quotidienne), nous serons "plus équilibré" et "plus heureux". De plus, notre entourage aura pour modèle "une personne vivante et comblée, et non un bourreau de travail ou un artiste obsessif…"

Étape 5 : La réflexion sur l’action, le suivi et/ ou le soutien au projet

La réflexion

Cette phase consiste à réfléchir au chemin parcouru, en milieu ou en fin de parcours, dans le but de mieux rebondir. La réflexion permet de :

Faire le bilan de ses résultats, en tirer des conclusions pour clore ou réajuster la suite (noter les forces et faiblesses de notre projet, les problèmes à résoudre, les apprentissages, les indications pour la suite, faire une réunion d’évaluation, récolter un feed-back...).

Stimuler de nouvelles inspirations qui relanceront un nouveau cycle de création, "une nouvelle vague d’action".

Le suivi

Il permet de s’assurer que "rien ne reste en suspens", que "les boucles sont bien bouclées" (démarches de promotion, classement du matériel, envoi des remerciements, etc.). Il est possible de rendre le processus d'évaluation moins conventionnel en recourant à des outils moins traditionnels : pensée intuitive, visualisations, relaxations ou créations spontanées. Attention toutefois à ne pas tomber dans certains travers fréquents durant cette phase. Ainsi, veillons à :

Nous laisser suffisamment de temps, lors de cette phase, et même si cela est inconfortable, pour "digérer" et prendre du repos. Ne pas passer outre cette étape juste dans le but "rester dans l’aspect grisant de l’action et éviter de se poser des questions".

Et d'une manière générale, il faudra éviter de "sur-intellectualiser le processus", en consacrant notamment trop de temps à la planification et à l’évaluation de chaque détail. 2.3 – Le compostage Une fois l'évaluation et le suivi terminés, soudain, c'est le vide ! L'auteure appelle ces périodes "les hivers de la vie créatrice", "les périodes d’attente et de compostage". Capitales pour régénérer l'énergie, ces périodes creuses signent le temps de se reposer. Il est donc crucial d'en profiter pour se ressourcer avec confiance et patience, ou pour alimenter notre passion comme nous le conseille ici l'auteure : "Il ne sert à rien de piétiner et de s’énerver durant les périodes creuses, cela ne crée qu’une agitation inutile et nous perdons de l’énergie au lieu d’en gagner en nous reposant. [...] Ne cédez pas aux pressions des autres ou à vos pressions internes pour accélérer les choses. Prenez le temps de ne rien faire, de contempler la nature, de faire des promenades méditatives en respirant tranquillement. [...] Vous pouvez profiter de vos hivers pour faire ce qui vous fait du bien, pour nourrir votre passion ou votre projet. Vous pouvez lire sur le sujet, prendre des cours, discuter avec des gens de ce domaine, etc. Toutes ces démarches alimentent le sol de votre projet, participent à l’incubation de ce qui naîtra plus tard. Il s’agit de ne pas retomber dans l’agitation ou l’impatience, mais d’avoir conscience que l’on profite d’un temps creux pour nourrir la terre, tout simplement." Veillons, cela dit, à ne pas confondre "procrastination" et "période de compostage", avise l'auteure. Chapitre 3 - Les difficultés pour créer une vie qui nous ressemble Tout au long du "chemin de la vie faite à la main", nous rencontrons inévitablement des obstacles. Mais pour Anne-Marie Jobin, ces obstacles possèdent un "énorme potentiel de transformation" : quand nous les prenons avec curiosité et compassion, ils peuvent, en réalité, devenir de véritables catalyseurs. Ce troisième chapitre de "Créez la vie qui vous ressemble" étudie 20 points de blocage à notre créativité.

3.1 - L’ego L’ego, construit par-dessus notre vraie nature, est à l'origine de nos peurs et désirs. En ce sens, l'égo nous maintient loin de ce qui nous trouble et nous amène à nous accrocher à nos convoitises. La conséquence est que nous nous retrouvons à lutter, à pousser ou tirer. Ceci entrave le flot naturel de notre énergie créatrice. L’auteure nous presse alors de considérer l’ego comme ce qu’il est, rien de plus, à savoir un simple déguisement. Puis, elle nous suggère diverses pratiques (méditation ou exercices dans le livre) pour nous libérer de l’emprise des jeux de l’ego. 3.2 - L’énergie de lutte Parfois, les choses, nos projets ne se déroulent pas comme nous le voulons. "Cette distance entre ce qui est et ce que nous désirons crée une tension qui rend la vie plus difficile, parce que nous sommes constamment en train de lutter pour changer quelque chose" lance l’auteure. "Nous sommes en guerre contre ce qui est et contre qui nous sommes". Jamais satisfaits et incapables de voir ce que nous avons déjà, nous nous faisons violence. Il en résulte toujours du stress, de l’épuisement. Notre société favorise cette énergie de lutte en créant de "fausses motivations" qui nous conduisent à ne pas respecter notre rythme naturel ou nos élans fondamentaux. Finalement, nous tombons parfois malades ou nous retrouvons perdus, en quête de sens. Au lieu de nous régénérer d’énergie, nous nous vidons. L’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" nous invite à prendre la vie davantage comme une "danse" plutôt qu’un "combat déchirant". Autrement dit, elle nous encourage à "répondre simplement à ce que la vie apporte, tout en employant notre énergie à créer ce qui est important pour nous". 3.3 - Les vieilles blessures Les charges négatives, non résolues, que nous portons de notre histoire de vie, impacte le processus de création. S’il n’est pas nécessaire de se guérir de toutes nos blessures passées, l’auteure explique que "la vie créatrice trouvera à s’épanouir davantage si le chemin est libre d’entraves". Le plus important, précise-t-elle, est alors la relation que nous entretenons avec nos vieilles blessures. Celles-ci "peuvent nous paralyser, nous pousser à l’agitation, brouiller les messages que nous recevons, nous vider de notre énergie ; mais elles peuvent aussi nous montrer le chemin de la guérison". Pour qu’elles ne constituent pas un obstacle dans le processus créatif et gagner en fluidité, la meilleure option est d’accueillir ces blessures avec soin et compassion, sans les nier ni s’y accrocher. En les écoutant, nous saurons ce dont nous avons besoin pour cela : juste exprimer quelque chose, agir, régler un conflit ancien, poser des limites à une situation… 3.4 - La perte de vision La vision est primordiale dans le processus créateur. Car c’est elle qui :

Nous permet d’être aligné à ce qui est essentiel à nos yeux : grâce à elle, nous nous sentons à notre place. Apporte du sens à nos actions. Nous aide à continuer dans les périodes de travail dur et d’adversité.

Aussi, sans elle, nous ne savons plus dans quelle direction aller. Nous avançons à tâtons dans notre vie, "faisant souvent n’importe quoi, jusqu’à nous confronter à des culs-de-sac prenant la forme de crises de vie, d’épuisement professionnel, de maladies, etc.". Pour faire émerger notre mission de vie, Anne-Marie Jobin nous invite à :

Rechercher ce qui a servi de "fil conducteur" dans notre vie

Le fil conducteur est cette "sorte de moteur souterrain" qui a traversé toute notre existence : l’amour de quelque chose, une passion, une activité qui nous remplit, nous enchante. Selon l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble", cette dernière démarche demande d’être vigilant "aux illusions et aux discours de l’ego". Notre fil conducteur n’a aucun rapport avec ces rêves ou désirs que nous nous créons pour compenser nos blessures. Non, "il s’agit de vos rêves fondamentaux, de vos désirs les plus profonds et les plus vrais, ceux dont la matérialisation donnerait un véritable sens à votre vie" insiste l’auteure.

Nous armer de patience, ne pas forcer

Inutile de forcer cette vision à apparaître, elle germera au bon moment. Et : "Quand elle viendra, vous le saurez. Il vous restera à ajuster vos activités en fonction de cette vision profonde, et graduellement votre vie prendra des formes qui ressembleront à cet amour que vous portez." 3.5 - Les doutes Les doutes se manifestent par :

De l’agitation, de l’ambition, De l’hésitation ou de la procrastination.

Ils peuvent concerner :

Soi-même : "on doute de sa valeur, de ses décisions ou de ses compétences". Ses projets : "on doute de leur bien-fondé, de leur déroulement ou de leurs chances de succès". Autrui : on projette nos doutes sur les autres.

Selon Anne-Marie Jobin, pour surmonter ces doutes, il faut réapprendre à croire en soi et retrouver la foi inébranlable "dans le fait que nous avons droit à notre part de bonheur, et ce, même si on nous a fait croire le contraire". Par contre, il ne sert à rien d’attendre de croire entièrement en soi pour commencer à créer. Car ce cheminement peut se faire via le processus même de la création : "rien ne vous soignera mieux que de voir émerger de vous-même des créations uniques et vibrantes de vitalité". 3.6 - L’énergie de l’habitude L’énergie de l’habitude, ou le mode "pilotage automatique" (nous faisons les choses automatiquement sans prendre le temps de ressentir ce qui se passe vraiment) enferme l’énergie créatrice dans des règles et schémas répétitifs : penser avoir besoin d’alcool ou de café pour créer par exemple. C’est, selon Anne-Marie Jobin, en faisant les choses de façon inhabituelle que nous contrerons le mieux l’énergie de l’habitude. Agir ainsi "allège le processus, ouvre des horizons nouveaux et stimule énormément l’énergie créatrice et le plaisir de créer". Elle propose, par exemple, de créer à un autre moment de la journée, peindre avec les doigts au lieu d’utiliser des pinceaux, écrire avec son autre main, accomplir sa routine à l’envers, danser les yeux bandés, démarrer sa journée avec un sujet amusant plutôt qu’urgent… 3.7 - La peur de l’inconnu "Le processus créateur implique des sauts répétés dans l’inconnu." La peur de l’inconnu, qui sous-entend d’autres peurs comme celle du changement, de perdre le contrôle, d’être déstabilisé ou encore de devoir faire face à nos refoulements, s’avère souvent paralysante dans l’acte de créer. Dans nos projets, cette peur se matérialise, par exemple, par une résistance aux changements, aux visions brillantes mais nouvelles, à la prise de risques, à l'utilisation d'un matériel performant mais non familier. Ou encore lorsque nous nous accrochons à une collaboration qui ne nous satisfait pas par peur de ne pas en trouver une autre, quand nous évitons de creuser un problème par crainte d’avoir à changer ses façons de faire, etc. Pour dépasser cette peur, il est indispensable de développer une sécurité intérieure et une confiance dans le processus créateur. Cela implique de prendre les choses telles qu’elles sont, en osant explorer ses intuitions et tester du nouveau(elles) matériel/ actions. "En d’autres mots, c’est seulement en osant aborder les espaces méconnus de votre psyché que vous bénéficierez de toute l’énergie de vie qui est à votre disposition." 3.8 - La peur de l’échec Nous sommes nombreux à craindre que notre projet ne fonctionne pas, que personne n’adhère à l’activité que nous proposons ou n’achète notre produit. Or, en réalité, "penser en termes d’échec ou de réussite nuit considérablement au flot naturel de notre énergie, parce que nous sommes sous tension, centrés sur le résultat de nos actions plutôt que sur le processus présent" affirme Anne-Marie Jobin. Aussi, pour que l’énergie de vie circule en nous, il faut, selon l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble", absolument remettre tout cela en perspective, et donc :

Toujours garder en tête que "nos projets ne sont pas nous-mêmes". "Apprendre à courir le risque que nos plans ne fonctionnent pas comme prévu". Voir les échecs en termes d’apprentissages plutôt que de chercher nos fautes.

3.9 - La peur du succès La peur du succès, c’est la peur de tout ce qui pourrait arriver si nos projets réussissaient : cela pourrait chambouler notre vie, notre entourage, une relation, notre organisation familiale ou encore même la perception qu’on a de soi. Elle provient souvent d’une mauvaise estime de soi, de croyances négatives sur la vie et sur soi ou d’une peur inconsciente de "dépasser" notre milieu, nos parents, nos pairs, etc. Cette peur génère des hésitations qui nous empêchent d’aller au bout de nos élans, de rayonner, de nous ouvrir aux opportunités de la vie. Selon l’auteure, pour transcender cette peur, il est nécessaire de se questionner en permanence sur le sens de nos actions. 3.10 - La peur de la critique La peur de la critique, comme les autres peurs, "est liée à l’ego qui tente de puiser sa valeur dans le regard des autres ou dans ses succès".

Cette peur :

Peut concerner la critique extérieure (le regard des autres) ou la critique intérieure (qui vient de soi). Avoir peur de la critique positive paralyse, avoir peur de la critique négative détruit.

Se manifeste par des hésitations (liés à un sentiment d’insécurité), un haut perfectionnisme, l'absence de prise de risque, des décisions "ménageant la chèvre et le chou". Elle revêt souvent "une voix interne qui sans cesse dénigre ou sabote le travail, mettant l’accent sur ce qui manque et nous faisant sentir inadéquats".

Nous sommes particulièrement vulnérable à la critique lorsque nous nous identifions aux résultats de nos actions. Nous nous sentons en effet nous-mêmes critiqués ou attaqués, "comme si c’était notre valeur qui était remise en question" indique Anne-Marie Jobin. L’auteure liste plusieurs outils concrets pour nous protéger des critiques destructrices :

Toujours garder en tête que notre valeur ne réside pas dans nos actions, mais dans notre nature profonde. Personnifier notre petite voix critique interne (imaginer, par exemple, un corbeau noir sur notre épaule, un militaire intransigeant à l’intérieur de nous…) pour entrer en relation avec elle au lieu d’en être la victime. Jouer, expérimenter, nous autoriser à l’erreur, nous "abandonner au processus de création en oubliant pour un temps le produit qui émerge de ses explorations". Fixer des limites clairement, voire éviter certaines personnes ou certaines situations.

L’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" termine en nous rappelant de rester, par contre, ouvert(e) à la critique constructive, qui elle, peut s’avérer très utile. 3.11 - La peur du vide Notre société agitée et stimulante nous a déshabitués au vide. Si bien que celui-ci nous fait peur. Nous cherchons à le combler avec n’importe quoi (télévision/ radio continuellement allumée, surconsommation, grignotage…). Cette peur du vide se traduit pour beaucoup par une angoisse : celle de la mort, observe Anne-Marie Jobin. Dans le processus créateur, les passages à vide sont nécessaires. Pourtant là aussi, nous cherchons à remplir ces périodes en nous agitant, plutôt que nous mettre en mode réceptif et d’en profiter pour écouter notre monde intérieur. Aussi, pour l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble", il est crucial de comprendre déjà que ces moments sont naturels et précieux. Ensuite, qu’ils sont l’opportunité de laisser apparaître de nombreuses opportunités. Il faut, pour cela, s’ouvrir afin d'accéder à ce qui émerge quand notre mental s’apaise. En résumé, nous devons réapprendre à "être" au lieu de "faire". 3.12 - Le perfectionnisme "Être perfectionniste, c’est avoir de très hauts standards de qualité pour ses projets et/ ou pour soi-même." Le problème, c'est que lorsqu'il est obsessif, le perfectionnisme freine considérablement l’expression et la création. À l’origine du perfectionnisme, l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" observe souvent d’anciennes blessures liées à l’amour de soi. L'enfant perfectionniste n’a pas forcément été reconnu pour son essence. Il peut avoir grandi dans un contexte de grande exigence de propreté, de performance, sans trop d’occasions pour jouer, explorer et s’exprimer. Ayant souvent "l’impression que l’amour qu’on leur porte ou la valeur qu’on leur donne dépend de leur degré de réussite et de performance", les enfants devenus perfectionnistes ont ainsi appris à considérer leur valeur selon les éléments extérieurs. Nous devenons alors des adultes complètement centrés sur le résultat à atteindre, et donc continuellement sous tension. Finalement, comme nous ne sommes jamais vraiment satisfait ou que nos projets ne sont finalement pas à la hauteur de nos exigences, nous nous décourageons avant d’aller au bout de nos élans. Et tous ces projets inaccomplis ont pour conséquence de miner notre confiance. Aussi, pour l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble", ce qui peut vraiment nous libérer du perfectionnisme, c’est l’amour de soi. Pour cela, autorisons-nous à être imparfaits, et rappelons-nous, termine Anne-Marie Jobin, que "notre valeur fondamentale n’a rien à voir avec nos réalisations sociales ou matérielles". 3.13 - La procrastination Le fait de procrastiner consiste à "tout remettre au lendemain", à "éviter l’action". Cela se traduit soit par une inactivité, soit par une agitation. Dans ce dernier cas, nous paraissons très occupé, mais, en réalité, nous ne cessons de remettre à plus tard le "vrai" travail à réaliser, celui qui s’inscrit dans nos appels fondamentaux. Voici, par exemple, des comportements de procrastination. Le mode :

"Victime" : passer sa journée à se plaindre, à traîner des pieds. "Je m’en fous" : préférer une activité passive (télé, jeu vidéo…) alors que nous aspirons à autre chose. "Agité" : faire du ménage alors que nous avions planifié de la peinture. "Impuissant" : trouver de multiples excuses afin de ne pas passer à l’action.

L’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" partage plusieurs antidotes à la procrastination :

Passer à l’action, avec un rythme régulier de phases de création. S’écarter de nos sources de distraction. Commencer par ce qui nous tient le plus à cœur.

Il est aussi nécessaire de nous entrainer à différencier un besoin de repos d’un comportement d’évitement. 3.14 - L’agitation L’agitation engendre éparpillement et manque de concentration. Pour y faire face et réussir à mieux se concentrer, Anne-Marie Jobin suggère de :

Organiser notre travail selon le rythme naturel de notre énergie. Faire preuve de discipline : une "discipline aimante", qui offre "une sorte de fidélité à soi-même". Rester régulier. Apprendre à traverser les émotions pénibles.

3.15 - Les pensées polluantes Les pensées polluantes sont créées par notre mental et influencées par nos émotions. Elles apparaissent sous ce type de croyances : "c’est trop long, trop gros, je n’y arriverai jamais", "je ne suis pas bon, pas capable, pas assez…", "ça ne ressemble pas à ce que j’imagine dans ma tête, ce n’est pas assez bien", "il faut que ce soit un best-seller, il faut que…", "personne ne va s’intéresser à mon projet", etc. Elles ont des conséquences très néfastes sur notre créativité : elles nous freinent, nous plongent dans des blessures passées "en nous faisant saboter nos plus beaux élans ou en tuant le plaisir de créer". Pour enrayer ces pensées, l’auteure préconise plusieurs étapes. Tout d’abord, elle invite à prendre conscience de ses pensées, à les entendre plutôt que de s’y laisser piéger. Ensuite, une fois identifiées, Anne-Marie Jobin propose que nous travaillions avec ces pensées. Pour cela, elle décrit plusieurs méthodes :

Celle tirée du "Travail" de Byron Katie, qui consiste à "retourner" la pensée pour démontrer l’inverse et ainsi démanteler la croyance. Revenir en permanence à ce que nous sommes en train d’accomplir, au présent. Reformuler ses pensées polluantes en affirmations positives ("ce n’est pas assez bon" deviendra par exemple "j’ai le droit d’expérimenter").

3.16 - Les désirs Certes, les désirs stimulent l’action. Toutefois, ils peuvent aussi la rendre plus difficile. Pourquoi ? Parce que quand les désirs incombent à l’ego ou quand plus que seuls les résultats comptent, "le processus se transforme en lutte". Les désirs vont alors créer :

Du manque, de la tension et une ingratitude face à ce que nous avons déjà. Car ces désirs insinuent que "ce que nous sommes ou ce que nous avons est incomplet".

De l’éparpillement : ces désirs "vont dans toutes les directions et n’ont pas de réelle substance", et "dès qu’ils sont satisfaits, un nouveau désir apparaît, créant une agitation qui nous éparpille".

De la douleur : lorsqu’ensuite nous avons ce que nous désirons, nous nous y accrochons pour le faire durer ou ne pas le perdre.

C’est pourquoi il est capital, souligne Anne-Marie Jobin, d’apprendre à distinguer nos désirs ordinaires de nos élans fondamentaux. Mais nous devons aussi faire attention à nos "véritables" désirs : ils nous guident, nous  inspirent, "comme des étoiles sur lesquelles on s’aligne pour orienter ses projets" ; cependant, "malgré leur grandeur", ceux-là peuvent renfermer les mêmes pièges que nos désirs "ordinaires" : garder "les yeux trop rivés sur notre étoile" peut générer beaucoup de frustration et de souffrance inutile. "Obsédé par notre vision, si belle soit-elle, nous pouvons en arriver à ne plus savourer notre vie" déclare l'auteure. C'est alors seulement à force de rechercher un équilibre (se laisser porter par ses élans/ relâcher ses désirs) que nous apprenons à créer moins de charge émotionnelle et mentale autour de nos désirs. 3.17 - La recherche de l’illumination Anne-Marie Jobin explique que la recherche de l’illumination se traduit par "le désir de manifester sa lumière en rayonnant pleinement, en réalisant tout son potentiel ou en changeant le monde". Ce sont ici de "nobles désirs" continue-t-elle. Mais ils peuvent, comme tout autre désir, être source de tensions et nous "empêcher d’être totalement présents à ce qui est". En somme, clarifie l’auteure : "Ce n’est pas la lumière qui est un problème pour la créativité, mais le désir de la posséder." Et c’est, conclut-elle, un paradoxe : "si je veux rayonner davantage, je dois relâcher le désir de rayonner". 3.18 - Le manque de ressources et de temps

C'est notre attitude devant les contraintes qui fait la différence

Parfois, des contraintes extérieures et indépendantes de notre volonté peuvent s’inviter sur notre chemin créatif. Il peut s’agir d’entraves financières, matérielles, en lien avec le temps, l’espace ou encore nos compétences (manque d’argent, délais imprévus, maladies, etc.). Ce qu’il faut retenir, selon Anne-Marie Jobin, c’est que c’est notre relation à ces limites qui va déterminer notre rapport à la création. "Dans les périodes où il n’y a pas d’abondance sur ce plan, c’est l’attitude et le regard qui feront la différence entre simplement rencontrer une limite de façon réaliste et créative, ou s’engloutir dans le rôle de victime et perpétuer le problème." L’auteure fait, en effet, remarquer, que ces obstacles sont souvent utilisées comme "une manœuvre inconsciente pour contrer le malaise qui apparaît quand on tente de suivre les appels de la vie créatrice". Nous justifions alors notre inaction avec ce genre d’excuses : "je n’ai pas les moyens", "je ne peux pas me permettre de prendre ce risque", "je suis trop vieux…", "l’an prochain, quand j’aurai de l’argent", "à ma retraite…" Au final,  nous ne créons pas une vie qui nous ressemble, nous envions les autres et nous sentons déprimés.

Un pas à la fois

Ce que recommande alors Anne-Marie Jobin, c'est de se fixer des objectifs adaptés à la réalité de nos ressources et de notre temps et de s'engager dans l'action, fermement mais un pas à la fois. Selon l'auteure, il est possible de faire des choses surprenantes avec peu de moyens. Et quand vraiment, nous traversons une période de notre vie telle que nous pouvons difficilement faire mieux que de mettre un pied devant l'autre, alors il faut se rappeler que se donner des espaces de création nous apportera de l'énergie plutôt que de nous en enlever. En effet : "Dans les périodes où tenter de survivre est tout ce que nous pouvons faire, créer de petits espaces pour s’adonner à une activité qui nous nourrit vraiment et qui est en lien avec le cœur nous sustentera profondément et nous empêchera peut-être de sombrer dans le désespoir." 3.19 - Les erreurs Les erreurs sont incontournables. Dans le processus créateur, elles génèrent souvent des doutes sur soi, de la frustration, du découragement. L’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" note pourtant leur utilité dans nos apprentissages. En effet, la plupart du temps, les erreurs sont aussi, précise-t-elle "des capteurs d’attention, des révélateurs, des occasions de reconsidérer les choses et de prendre de nouvelles décisions". De fait, si nous savons y être attentif, elles :

Stimulent, Ouvrent de nouvelles perspectives, Enseignent la patience et l’humilité, Nous rendent plus forts par les apprentissages que nous en tirons, même s’il faut parfois du temps avant de trouver ce qu’elles nous ont apporté.

3.20 - Les bâtons dans les roues

Notre relation aux obstacles est plus déterminante que la difficulté en elle-même

Il s’agit ici des problèmes extérieurs, imprévus et agaçants, à petite ou grande échelle, qui surviennent dans le déroulé de nos projets : des incidents techniques, logistiques, la remise en cause d’un financement, des ennuis de santé nous concernant ou concernant nos enfants, des soucis personnels… Alors que "nous sommes immergés dans le flot de nos inspirations ou de notre travail, tout à coup, quelque chose coupe le courant". Nos projets sont ralentis, stoppés, remis en question. Nous doutons alors de nos compétences, de nos appels. Nous maugréons contre les circonstances, les autres, la vie ou nous-mêmes. Et nous en venons à confirmer certaines croyances négatives : "je savais que ça ne fonctionnerait pas !", "mon père avait bien raison, je suis un rêveur", "je ne ferai plus confiance à personne !", etc. Or, pour Anne-Marie Jobin, "ces obstacles peuvent être transformés en outils d’apprentissage" et devenir de véritables tremplins. Ce qu’il est important de comprendre, c’est que c’est notre relation à la difficulté qui est plus problématique que la difficulté elle-même : "Que nous baissions les bras et déprimions ou que nous nous acharnions contre elle et nous épuisions, le résultat est le même : nous paralysons ou polluons notre énergie au lieu de prendre le temps de sentir ce qui est requis dans les circonstances."

Se détacher de l'obstacle et le concevoir comme une opportunité 

En réalité, nous devrions, conseille l’auteure, considérer les obstacles comme des opportunités de transition : c'est l'occasion d'observer attentivement la situation et de s'interroger sur une autre façon de travailler sur un projet. Cette forme de détachement réduit nettement la charge émotionnelle et mentale. Elle crée un "calme intérieur" qui favorise une meilleure vision et prise de décisions. Les obstacles deviennent alors des tremplins de réflexion et des stimulants pour la créativité. Quand ces obstacles sont insurmontables car trop importants ou que trop se sont accumulés, l'auteure propose de les envisager comme des occasions de reprendre contact avec le centre de soi-même. Et de cela, découle parfois un retour à ce qui nous est fondamental. Chapitre 4 - Les alliés Ce qu’Anne-Marie Jobin nomme les "alliés" à la créativité sont des attitudes et pratiques qui "aident à traverser les difficultés" et améliorent la fluidité de l’énergie créatrice. En cela, ils sont de "puissants agents de transformation de la vie".

4.1 - L’amour et la compassion Pour Anne-Marie Jobin, l’amour est le plus puissant allié qui soit à la créativité. Il apporte la paix intérieure qui permet à l’énergie créatrice de s’épanouir, sans tensions ni blocages. Quand des difficultés se présentent (peurs, doutes, etc.), l’amour nous permet en effet de les accueillir avec compassion, plutôt qu’avec découragement et énervement, sans créer de résistance, ni stress ou agitation. Ces obstacles s’adoucissent naturellement, notre vision s’éclaircit et nos réponses sont, de fait, plus adéquates. L’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" partage ici une technique pour favoriser cette énergie d’amour et ainsi ne pas se durcir devant les difficultés. Cette technique consiste à dire "oui" aux épreuves au lieu de les combattre, à "leur envoyer une énergie aimante au lieu de les maudire". L’imaginaire peut grandement nous aider à cet exercice s’il demeure trop difficile : l’auteure propose, par exemple, de faire appel à des figures aimantes, de sagesse ou de guérison (Jésus, Bouddha, mère Teresa, Gandhi, un ange gardien, un grand-père, un arbre, peu importe, pourvu que nous nous sentions bien avec notre personnage) et de les imaginer encercler nos problèmes d’une énergie aimante. 4.2 - La présence Le processus créateur - et le respect de son rythme - implique que nous soyons pleinement présent dans le présent. Anne-Marie Jobin explique que si nous passons parfois beaucoup de temps à refaire notre vie dans notre tête ou à rêver à nos projets plutôt qu’à agir c’est parce que "l’ego tente d’éviter le présent". "Il y est mal à l’aise, surtout lorsque surviennent des problèmes ou des zones d’inconfort" explique l’auteure. Pour rester connecter au présent, la clé est l’attention. De multiples pratiques - comme la pleine conscience, la méditation ou certains exercices du livre - contribuent à intégrer cette présence dans notre vie quotidienne. 4.3 - L’attention Être attentif, c’est avoir "une qualité et une acuité de présence", indique Anne-Marie Jobin. Au cours de nos actions, "l’attention agit comme un radar interne qui capte les mouvements subtils de la vie intérieure et extérieure". Ainsi, en nous rendant conscient de ce qui se passe en dedans et en dehors de soi, l’attention nous permet d’agir de façon appropriée, sans nous laisser embarquer "dans une danse de réactions inconscientes". Ce travail d’attention est subtil parce qu’il demande d’écouter ses intuitions, ses ressentis corporels, ses malaises, ses émotions, tout en prêtant attention à ce qui provient des évènements extérieurs et des autres. 4.4 - Le corps Selon Anne-Marie Jobin, "plus nous vivons en accord avec le corps et ses rythmes naturels, plus l’énergie créatrice est fluide, régulière, constante". Pour habiter vraiment son corps et mieux percevoir ses signaux sous le brouhaha du mental, l’auteure nous encourage vivement à "pratiquer la présence au corps". Cette pratique consiste à diriger le plus régulièrement possible notre attention sur notre corps et ce qui le traverse (nœuds, sensations, impressions subtiles). Le but est "d’accueillir les sensations sans les juger, sans les repousser, simplement pour ce qu’elles sont", stipule Anne-Marie Jobin. Ainsi : "En cours de création, s’arrêter pour respirer, s’étirer, ralentir la cadence, prêter attention à chaque geste ou prendre des pauses pour aller s’oxygéner sont autant de façons de revenir au corps." 4.5 - L’authenticité Anne-Marie Jobin nous donne la définition suivante de l’authenticité : "Être authentique, c’est être vrai, fidèle à soi-même, en lien avec sa vraie nature. C’est sentir et exprimer ses instincts et ses élans fondamentaux." Beaucoup d’entre nous ont perdu le lien avec leurs instincts. Leur créativité en souffre beaucoup. L’authenticité fluidifie notre énergie créatrice. Il faut donc la cultiver. Pour cela, l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble", nous invite à la non-action. "Étrangement, la première chose à faire est de ne rien faire" écrit l’auteure. Cesser de s’agiter dans tous les sens, se recentrer, n’est peut-être pas une pratique facile et populaire de nos jours et cela peut sembler paradoxal (l’action émergeant de la non-action). Mais c’est pourtant bien ce qui ravivera nos instincts "ensevelis sous des années de poussière", assure-t-elle. Parallèlement à certaines pratiques renforçant notre présence (méditation, approches corporelles, rituels, contemplation de la nature…), l’auteure nous recommande alors de ne rien faire, mais aussi de simplifier nos vies pour nous laisser de l’espace et du temps à "sentir ce qui veut émerger naturellement ". Car "on ne peut pas sentir cela si on est constamment dans le feu roulant de la longue liste de choses à faire", souligne l’auteure. 4.6 - La confiance "Avoir confiance suppose une croyance de base selon laquelle une force positive est à l’œuvre en arrière-plan de notre vie, de la vie. […] Il ne s’agit pas simplement de croire que le résultat de nos actions sera positif (j’ai confiance que ça va marcher, que je suis compétent, etc.), mais plutôt de sentir profondément qu’il y a une sagesse intrinsèque à l’œuvre derrière nos vies et que même les difficultés ont un sens. Ainsi, parce que nous avons la conviction que quelque chose de plus grand que nous est en jeu, nous arrivons à nous y abandonner, à nous relaxer dans le processus et à accueillir les difficultés comme des occasions d’apprendre." En adoptant cette attitude qui suppose d’accepter que tout ne repose pas sur nos épaules (à l’opposé de la peur et du doute), nous allons :

Relâcher la tension, Accepter les changements de parcours, Conserver un regard curieux et positif devant problèmes et imprévus, Être détendu dans les moments d’incertitude ou de stagnation.

Sans faire confiance aveuglément à tout et n’importe qui et quoi, nous pouvons, selon Anne-Marie Jobin, développer cette capacité de confiance en observant le calme, l’absence de tensions et l’ouverture qui émane quand nous cessons de vouloir changer quoi que ce soit à ce que nous sommes. 4.7 - Le lâcher-prise Le lâcher-prise, c'est quand, au lieu de lutter, nous adoptons une approche détendue face aux évènements. Il résulte de la confiance : "quand nous avons confiance, nous pouvons relâcher notre contrôle trop serré sur le travail". Être dans le contrôle rassure, mais cela nous coupe de l'énergie créatrice, affirme l'auteure. Lâcher prise possède, par ailleurs, de nombreux bénéfices. Il permet de :

Relâcher le stress, Amplifier la fluidité de notre énergie, Maintenir un équilibre entre nos désirs et le monde de la matière (visions claires et détaillées de nos projets, mais pas rigides).

Pour passer du contrôle au lâcher-prise, l'auteure propose de :

Observer attentivement la tension engendrée par nos tentatives de contrôle sur les choses : cette observation devrait déjà naturellement nous inciter à lâcher prise. S'entrainer à rester relâché, détendu (en s'aidant par exemple de la respiration ou de tout autre pratique corporelle favorisant le relâchement) en présence de choses qui nous agacent, ou lorsque nous nous sentons stressé, fatigué, convaincu de notre idée. Activer l’intention de lâcher prise en l’écrivant ou en la dessinant. Réaliser les exercices proposés dans le livre.

"Lâchez. Lâchez vos ambitions, vos rêves, vos points de vue, vos attentes. Abandonnez-vous, encore et encore, à la force de Vie qui dépasse les petites manœuvres de contrôle de l’ego. Vous acquerrez une sorte de détachement face aux résultats de votre travail, ce qui, paradoxalement, permettra parfois des résultats plus inspirés." 4.8 - Les yeux du voyageur Anne-Marie Jobin appelle les yeux du voyageur "la capacité à voir vraiment ce qui est devant soi". Dans un endroit étranger, les yeux du voyageur découvrent avec ouverture et soif d’exploration tout ce qui l’entoure (nourriture, habitants, architecture, paysages, etc.). Parce que ses expériences sont éphémères, le voyageur les vit avec plus de textures et d’intensité. Sa conscience s’éveille. Ainsi, ce n’est pas tant le voyage en soi qui rend le voyage plus vivant, mais le regard du voyageur, sa capacité de présence et d’aventure liée à l’impermanence de la situation. Pour insuffler le regard du voyageur, l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble" propose de :

Songer "que nous sommes en voyage et qu’un jour il faudra bien quitter tout cela". Regarder avec attention les détails de son quotidien, "honorer profondément l’ordinaire". Faire les choses différemment : changer de perspectives, "explorer son médium de façon inhabituelle". Se dégager des temps de jeu, d’exploration, d’improvisation : le jeu, sans rechercher de résultat, n’a pas d’autre objectif que se faire plaisir. Il stimule l’énergie créatrice, apporte du dynamisme et facilite le passage à l’action. Jouer nous obligera à laisser notre travail de côté pendant un moment pour essayer de nouvelles manières de faire et lâcher prise.

En somme : "Donnez-vous le droit de causer du désordre et de sortir de vos sentiers tracés d’avance pour explorer en toute liberté. Et, si vous n’y arrivez pas, refaite connaissance avec l’enfant que vous étiez, il aura bien quelques idées pour vous." 4.9 - La pratique "Le talent ne suffit pas" affirme l’auteure. C’est, en effet, en pratiquant, jour après jour, que nous acquérons la maitrise de notre médium et le tonus nécessaire pour aller au bout de nos projets. De la même façon qu’un entraînement physique, la pratique implique régularité et persistance (on fait ce qu’il y a à faire même quand on n’en a pas envie). Grâce à elle, "l’énergie créatrice est gardée en mouvement, on ne perd pas le fil du travail". Aussi, pour maintenir un rythme de pratique dans nos quotidiens chargés, Anne-Marie Jobin nous invite à simplement instaurer et respecter une routine, comme nous le ferions pour nous mettre à faire de l’exercice. L’auteure souligne qu’il n’est toutefois pas question "de se fouetter à l’ouvrage ni de se faire violence d’aucune façon". Notre motivation doit plutôt être nourrie de l’amour qu’on porte à notre projet de création et à notre médium. 4.10 - La patience Selon l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble", la patience est déterminante pour tenir un rythme de pratique. Celle-ci demande de savoir attendre, ne pas hâter le processus naturel des choses dans l’idée de voir le fruit de notre travail le plus rapidement possible. Il faut juste continuer paisiblement à agir sur la croissance de ses projets : "De même que le jardinier prend soin de ses fleurs sans tirer dessus pour qu’elles poussent, la patience permet au créateur de se remettre jour après jour au travail, sans nécessairement en voir tout de suite la floraison." Il n'existe pas de technique particulière pour pallier un manque de patience. L’auteure suggère quand même quelques astuces qui peuvent aider :

Comprendre que "c’est l’obsession du résultat qui crée l’impatience, qui, à son tour, bloque le cours de l’énergie naturelle". Pratiquer encore et toujours. Écrire, se dire et afficher des affirmations.

4.11 - La lenteur Selon Anne-Marie Jobin, prendre son temps quand nous travaillons :

Nous rend plus présent dans chacun de nos gestes et est ainsi source de saveur, de plaisir. Empêche l’éparpillement et donc favorise la concentration. Nous préserve du stress et de l’épuisement. Permet aux projets de mûrir tranquillement "avant leur sortie au monde".

L’auteure suggère plusieurs pistes pour ne pas se laisser embarquer par l’appel de la vitesse et ralentir :

Réduire la cadence et simplifier son planning et ses horaires. Moins consommer de stimulants. Pratiquer la relaxation ou la méditation : 5 ou 10 minutes dans la journée (que nous pouvons répartir en 3 ou 4 fois) suffisent pour se recentrer et améliorer la qualité de son énergie. Faire les choses lentement : marcher, couper ses carottes, etc. Ne faire qu’une seule chose à la fois. S'arrêter totalement : en participant à une retraite de groupe ou solo par exemple (dans l'idée de faire le vide, pas de récupérer son retard au travail ni d'une remise en forme).

Tout cela est simple et pourtant difficile en même temps, car cela peut générer encore plus d’anxiété ou d’agitation physique. L’auteure nous fait d'ailleurs remarquer l’ironie de la situation : prendre son temps peut provoquer de la nervosité ! Mais, cela ne dure qu'un temps : avec la pratique de la lenteur, cette agitation diminue largement. 4.12 - La simplicité

Revenir à l'essentiel

"La simplicité, c’est revenir à l’essentiel, c’est se centrer sur ce qui est vraiment important afin d’avoir le temps et l’espace d’en jouir. Elle implique donc de faire du ménage, de l’élagage, des mises au point régulières afin de s’assurer que son énergie n’est pas perdue dans ce qui est superflu." L’auteure de "Créez la qui vous ressemble" explique que la principale raison à notre encombrement est que nous ne savons pas distinguer nos besoins de nos désirs. À cause de cela, "nous nous retrouvons débordés", "épuisés", "en manque de sens". Notre vision est brouillée et notre énergie s’éparpille. En fait, l’abondance de possibilités nous amène à vouloir entreprendre beaucoup trop de projets alors que la plupart d’entre eux ne sont pas essentiels.

La simplicité concrètement

Soyons donc attentif à nous en tenir à nos élans de fond, "au lieu de suivre toutes les inspirations passagères", conseille l’auteure. Concrètement, cela consiste à :

Simplifier son mode de vie en s’interrogeant sur ce qui est important pour soi : réduire ce qui nous fait courir maladivement, consommer moins, modérer nos achats et nos activités, trier nos armoires…

Épurer les inspirations éparses qui nous déconcentrent, autrement dit :

Commencer par le projet le plus important à nos yeux et le mener jusqu’au bout. Abandonner les idées, activités, projets qui nous vident ou ne nous enthousiasment plus, oxygéner l’espace en triant tout le matériel accumulé pour tous ces projets jamais terminés.

Ne garder dans notre liste que l’essentiel ; ceci aura deux bénéfices :

L’espace créé ⇒ nous pouvons respirer et laisser circuler notre énergie créatrice sans nous "empêtrer dans une complexité de projets ou une montagne d’objets empilés". Le processus satisfaisant ⇒ car nous irons ainsi au bout de nos projets importants.

En cas de difficulté à faire ce grand ménage, repérer si cela ne cache pas une peur : "s’éparpiller peut parfois être une manœuvre d’évitement pour ne pas se mesurer à ses appels", et aller à bout de la réalisation de ses rêves.

"Surtout, n’allez pas inscrire la créativité sur votre longue liste de choses à faire, en plus de devoir être en forme, réussir au travail et en amour, avoir ceci, cela… Rappelez-vous qu’être créatif, ce n’est pas vous inscrire à un cours de plus ou multiplier les originalités. Être créatif requiert simplement une écoute attentive de ce qui émane de votre vie intérieure et un lent travail de mise en œuvre de vos rêves."

4.13 - L’affirmation ultime L’affirmation ultime est un outil concret, très simple mais très puissant, affirme l’auteure de "Créez la vie qui vous ressemble". C’est, dit-elle, un antidote à la négativité, capable d’éliminer immédiatement les tensions et de nous sortir de notre rôle de victime. Cette technique consiste, en fait, à accueillir "joyeusement" ses difficultés : "on arrête la guerre contre ce qui est, on dit oui au présent, quel qu’il soit". Elle oblige à changer de regard et provoque un incontestable revirement de perception. Anne-Marie Jobin nous conseille de commencer à pratiquer l’affirmation ultime en douceur quand nous rencontrons de petites difficultés, des émotions négatives, dans nos projets de création "plutôt qu’avec de gros défis de vie". Par exemple : "Dites oui à vos blocages, à vos dossiers perdus, à vos collègues peu coopératifs. Dites oui à vos colères et à vos irritations, à vos journées gâchées par la procrastination." 4.14 - La gratitude

Selon Anne-Marie Jobin : "La gratitude est un élan du cœur exprimant le contentement. Peu importe à qui ou à quoi l’on s’adresse, le cœur s’ouvre devant ce que la vie offre et il dit merci."

Les bienfaits de la gratitude

La gratitude :

Est source de paix avec ce qui est :

"Au lieu d’approcher sa vie et sa création avec un esprit de manque, on y insuffle le contentement intérieur. [...]  Au lieu de traîner notre frustration de ne pas avoir ceci ou cela, nous apprécions chaque petite chose et rayonnons du plaisir d’être en vie."

Apporte une impression d'abondance : quand nous remercions la vie pour toutes les petites choses qu’elle nous offre, nous prenons conscience du "saisissant miracle de la vie dans ses moindres manifestations" et "chaque moment a le potentiel d’être une source de joie et de célébration".

Nous fait ressentir la joie d’être en vie : "on prend le temps de savourer ce qu’on a avant de partir en quête d’autre chose".

Dans le processus créateur, la gratitude ôte la pression pour ne laisser la place qu'au plaisir de créer et de savourer ce que nous avons, en tout simplicité. "Au lieu de contempler nos projets avec un sentiment de pauvreté, nous voyons nos ressources et les utilisons sans attendre que les conditions soient meilleures ou idéales. Même si nous avons peu, nous en percevons la richesse. Nous nous sentons appuyés par la vie au lieu d’en être les victimes."

Pratiquer la gratitude

Pour bénéficier de tous les bienfaits de la gratitude, Anne-Marie Jobin propose de :

Dire merci aussi souvent que nous le pouvons

"Merci pour ce bol de céréales, merci pour le vent, merci pour mes chaussures confortables, merci pour l’érable à ma fenêtre, même si ce n’est qu’une respiration. Merci… je suis vivante."

Recourir à "l’exercice des trois mercis"

Cet exercice consiste à mentionner 3 choses dont nous sommes reconnaissants lors des moments clés de notre journée (coucher, souper, retour d’une activité…). Pratiqué en famille, précise Anne-Marie Jobin,  l'exercice des trois mercis génère "une belle énergie d’abondance". L’auteure présente ensuite des variantes de cet exercice.

Inventer nos propres rituels

L'auteure recommande enfin de nous approprier nos propres façons de faire pour pratiquer la gratitude quotidiennement. 4.15 - La prière Anne-Marie Jobin propose plusieurs variantes pour définir la prière, variantes que chacun devra adapter, dit-elle, selon ses croyances. Globalement, retenons que "la prière est un mouvement du plus petit vers le plus grand, du limité vers l’illimité, du fini vers l’infini". L’auteure explique ensuite que quand nous faisons une "prière de demande", l’ego cesse de vouloir tout contrôler et se met à l’écoute des appels intérieurs, des signes et intuitions susceptibles de lui indiquer une voie à suivre. D’actif, il devient réceptif. "Ce lâcher-prise du contrôle, cette position d’humilité en face de ce qui nous dépasse" apporte une énergie plus élevée à nos actions dans le processus créateur. Selon Anne-Marie Jobin, la confiance accordée à nos voix profondes est beaucoup plus féconde que "la voix de notre petit ego apeuré ou ambitieux". Le relâchement et soutien invisible qui s’opère par le simple fait de demander et de nous abandonner à cette force qui nous dépasse est extrêmement bénéfique. Il est possible d'introduire la prière dans notre travail de création de nombreuses façons. Nous pouvons notamment :

Prendre un moment d’arrêt et de silence (pas forcément plus de 5 minutes) quand nous nous sentons bloqué ou confus. Exprimer ses demandes par écrit (dans son journal ou des carnets dédiés). Afficher ses demandes de façon à les relire souvent. Utiliser sa voix et son corps pour prier. S’isoler dans la nature pour prier.

Conclusion de l’auteure, Anne-Marie Jobin En conclusion de son ouvrage "Créez la vie qui vous ressemble", Anne-Marie Jobin :

Nous invite à toujours faire preuve de compassion pour nous-même dans la mise en pratique de ses propositions. Souligne l’importance de respecter notre rythme créatif naturel, sans négliger les nécessaires et "longs moments d’immobilité et de silence". Rappelle que vouloir créer une vie qui nous ressemble est une démarche "à contre-courant" et que "le chemin n’est jamais tracé d’avance". Insiste sur le fait que le processus créateur ne requiert pas d’effort : "Il n’y a pas de course ni de but à atteindre. […] Ce que créer une vie qui nous ressemble réclame par-dessus tout, c’est que nous nous abandonnions à ce qui nous dépasse".

En fin d’ouvrage, une annexe rassemble toutes les techniques présentées au fil des chapitres. Conclusion de "Créez la vie qui vous ressemble" d'Anne-Marie Jobin Les idées clés à retenir de l'ouvrage "Créez la vie qui vous ressemble"

L’énergie créatrice est le terreau invisible de nos rêves les plus profonds

L’énergie créatrice :

Se traduit par nos aspirations de vie, des envies profondes qui forment ce qu'on appelle notre "mission de vie". En ce sens, elle nous guide, nous nourrit. Existe en chacun de nous : chez certains, elle demande d’être réveillée car la société tend à domestiquer notre nature intuitive et à gommer notre énergie créatrice. Pour cela, nous devons nous autoriser à créer, cesser de courir et de vouloir tout contrôler. S’inspire de ce que l’auteure nomme "le plus vaste", qui correspond à ce qu'on nomme en psychologie "l’inconscient collectif". Pour remettre en branle notre énergie créatrice, il est donc indispensable de  se connecter à ce "plus vaste", d'apprendre à jeter des ponts entre celui-ci et le conscient. Se compose de phases cycliques qu’il est essentiel de connaître et de respecter, en cessant de forcer les choses. Au lieu de résister (en reléguant toujours nos aspirations à plus tard) ou, à l'inverse, de vouloir accélérer les choses (en recherchant toujours plus de productivité), il faut juste lâcher-prise.

Le processus créateur incarne nos idées et les matérialise en projets selon plusieurs étapes, avec des obstacles et des alliés

Nous retiendrons que dans le processus créateur, il y a :

Six étapes :

L’inspiration : qui correspond à un appel qui, après une phase de réflexion et d'incubation, se manifeste sous forme d’idées, d’intuitions, de visions, etc. C’est le moment grisant où l'on rêve de réaliser nos projets. La concentration : c'est la phase où nous faisons des priorités, des choix pour se concentrer sur certains de nos rêves seulement. L’organisation de l’action : notre vision s'enracine dans un canevas concret. Nous dressons un plan détaillé de nos actions à venir, de façon à transposer nos rêves (notre esprit) dans la matière (le plan d'action de notre projet). La réalisation du projet : c'est le moment de mettre notre plan d'action à exécution. C'est donc une période de travail où on ne rêve plus, on agit ! Le rythme de création se déroule alors en quatre temps : nous allons d'abord nous réchauffer, puis avancer, naviguer et enfin redescendre. La réflexion sur l’action et le suivi du projet : nous faisons le bilan (intermédiaire ou final) du chemin parcouru. Cette dernière étape permet d'être certain d'avoir tout finalisé correctement et de pouvoir ainsi bien repartir.

Deux pré-étapes :

Faire le point : il s'agit, plus précisément, de s'intérioriser pour vraiment identifier ce qui se passe en nous. Faire de l’espace : en d'autres termes, créer un vide pour laisser l'inspiration naître, et faire silence, se libérer des bruits du quotidien, pour pour mieux percevoir nos sensations, nos intuitions, la voix de notre créativité.

Des obstacles, qui freinent ou bloquent la créativité et nous éloignent de nos envies profondes :

L’ego, et toutes ses luttes, Les blessures du passé et ses charges négatives, La perte de vision ou de direction, Les doutes, Les habitudes, Les peurs de l’inconnu, de l’échec, de la critique, du vide, Le perfectionnisme, La procrastination, L'agitation, Les pensées nuisibles, Les désirs, y compris celui de faire rayonner pleinement son potentiel pour changer positivement le monde, Les contraintes extérieures et indépendantes de notre volonté comme le manque de temps et d’argent, les imprévus.

Des alliés, qui boostent l'énergie créatrice et constituent un soutien dans l'adversité : 

L'amour et la compassion, La présence, dont celle particulièrement qualitative que constitue l'attention, Le corps et le respect de son rythme naturel, L'authenticité, La confiance, et le lâcher prise qui va avec, Les yeux du voyageur, la façon de regarder les choses avec une conscience éveillée, une capacité de présence, d'ouverture, d'exploration, La pratique, qui agit sur le tonus de la créativité, La patience et la lenteur, La simplicité, L'accueil des épreuves avec joie que l'auteure appelle "l'affirmation ultime", La gratitude, le fait de dire merci à la vie, pratiqué régulièrement, La prière.

En fin de chaque chapitre, l’auteure propose des exercices créatifs pour dépasser ces difficultés et développer ces atouts. Ce que vous apportera le livre "Créez la vie qui vous ressemble"

Un travail de développement personnel par le biais de la créativité

"Créez la vie qui vous ressemble" est un ouvrage qui invite le lecteur à dépasser ses blocages et à déployer ses meilleures ressources pour remettre en branle sa créativité et faire émerger ses élans intérieurs. Les réflexions de l'auteure et les exercices qu'elle propose participent donc au réveil de notre créativité. Mais par le biais d'activités créatives, agréables et très ludiques, le lecteur va, en réalité, bien au-delà : il réalise un véritable travail sur lui-même. Au fur et à mesure des chapitres, presque sans s'en rendre compte, il avance sur le chemin d'une vie à l'image de ses aspirations profondes.

Motivation, détente et sérénité

Le contenu de l'ouvrage a un côté très motivant. La "méthode" proposée est souple, les activités sont récréatives, sans perdre en puissance. Les propos sont empreints de sérénité. Tous ces ingrédients en font une lecture agréable, profonde et apaisante.

Une invitation à la fois à l'introspection et à l'action

Certains apprécieront, d'autres moins, le ton introspectif d'Anne-Marie Jobin. Mais à mon sens, l'auteure propose justement un équilibre intéressant entre un contenu très pratique (son médium est parfaitement matériel : dessin, collage et écriture) et des propos plus "initiatiques". "Créez la vie qui vous ressemble" est un ouvrage que je conseille vivement à tous les lecteurs créatifs ou ceux qui rêvent de retrouver leur créativité pour cheminer vers une vie qui leur ressemble davantage. Points forts :

Les exercices proposés en fin de chaque chapitre qui nous engagent dans une exploration de soi et un travail de développement personnel de façon très concrète, ludique et créative. La sagesse et la sérénité qui se dégagent des propos. L’invitation à la réalisation de ses rêves via la création.

Point faible :

Le ton un peu "initiatique", "introspectif" ne conviendra peut-être pas à tous les lecteurs, même si l'ouvrage n'en reste pas moins très concret.

Ma note :                                           Avez-vous lu "Créez la vie qui vous ressemble" d'Anne-Marie Jobin ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre d'Anne-Marie Jobin "Créez la vie qui vous ressemble" Visitez Amazon afin d'acheter le livre d'Anne-Marie Jobin "Créez la vie qui vous ressemble"

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Thu, 05 May 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11890/Crez-la-vie-qui-vous-ressemble
Osez sortir du rang http://www.olivier-roland.fr/items/view/11866/Osez-sortir-du-rang

Résumé de « Osez sortir du rang ! » d’Adam Grant : en s’appuyant sur de nombreuses études et histoires réelles issues de domaines très divers, ce livre nous apprend comment reconnaître, générer et exprimer de nouvelles idées, faire preuve d’originalité et d’innovation sur un plan personnel et professionnel. Par Adam Grant, 2016, 272 pages, titre original : « Originals […] Cet article Osez sortir du rang est apparu en premier sur Des livres pour changer de vie.

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Thu, 31 Mar 2022 17:00:00 +0200 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11866/Osez-sortir-du-rang
La PNL pour les Nuls http://www.olivier-roland.fr/items/view/11840/La-PNL-pour-les-Nuls

Résumé de « La PNL pour les nuls » de Romilla Ready et Kate Burton : cet ouvrage d'introduction écrit par deux expertes états-uniennes vous emmènera dans le monde de la PNL (programmation neuro-linguistique) et vous guidera parmi ses concepts et ses méthodes. Par Romilla Ready et Kate Burton, 2020 (traduction française), 313 pages. Titre original : « Neuro-Linguistic Programming for Dummies ».

Chronique et résumé de "La PNL pour les nuls" de Romilla Ready et Kate Burton : Introduction « Cet ouvrage vise à combler tous ceux qui sont fascinés par les relations humaines. Grâce à son approche expérimentale, la PNL encourage les personnes à agir pour façonner leur vie. Elle attire ceux qui osent et sont prêts à découvrir de nouveaux horizons. […] L’approche de la PNL consiste d’abord à se lancer, à mettre de côté votre incrédulité, puis à comprendre l’apprentissage. » (La PNL pour les nuls, p. 2) Le ton est donné : vive l’expérimentation sur soi — et sur les autres ! Bien sûr, tout cela s’opère dans la bienveillance, la convivialité et un esprit pragmatique de progrès. C’est bien pourquoi la PNL est devenue l’une des ressources privilégiées de développement personnel. Elle offre en effet mille et une techniques plus ou moins simples pour s’améliorer soi-même et ses modes de communication avec autrui. Même si elle peut parfois sembler ésotérique ou farfelue (notamment parce qu’elle fait beaucoup appel à l’imagination), la PNL dispose de bases scientifiques suffisamment solides. Ses principes sont issus de travaux académiques menés dans des universités américaines, principalement en Californie, dès les années 1970. Elle s’est aujourd’hui répandue et fait l’objet de recherches continues dans le monde entier. Êtes-vous prêt à découvrir le sens et la puissance de ces trois lettres ? Partie 1 — Bienvenue dans un monde idéal Chapitre 1 — Destination PNL 1. Qu’est-ce que la PNL ? La PNL — pour programmation neuro-linguistique (adjectif écrit avec un tiret dans l’ouvrage) — est une méthode qui vise à améliorer ses façons de penser et sa communication.

Le terme « programmation » fait référence à la théorie de l’apprentissage et à l’idée selon laquelle nos représentations mentales des expériences sont le fruit d’un codage particulier — un processus que nous pouvons apprendre à maîtriser. « Neuro » concerne le système neurologique et renvoie en premier lieu à l’idée que les sens sont les premiers vecteurs de l’expérience : les informations sensorielles génèrent les pensées qui activent le système neurologique. Le terme « linguistique » est quant à lui utilisé afin de marquer que le langage est la manière privilégiée par laquelle les êtres humains s’approprient l’expérience et la communiquent. Les mots ont des conséquences sur notre façon d’expérimenter le monde.

Cette méthode a été développée par Richard Bandler et John Grinder à l’université de Santa Cruz en Californie, dans les années 1970. Elle s’appuie sur des entretiens réalisés auprès de personnalités particulièrement douées dans les domaines de la communication et du changement. Elle s’est largement développée depuis et compte aujourd’hui de nombreux praticiens de par le monde. 2. Les piliers de la PNL La PNL repose sur 4 piliers :

Le rapport désigne la façon de se relier à soi et aux autres. Il importe de savoir être intègre et de parler-vrai, même (et peut-être surtout) lorsqu’il s’agit de dire « non ». La représentation sensorielle concerne les sens : la vue, le toucher, l’ouïe, le goût et l’odorat nous permettent d’avoir accès à un univers riche de sensations. La pensée en termes de résultats se caractérise par une pensée positive orientée vers les objectifs à atteindre. La flexibilité comportementale désigne, dans la PNL, la capacité à se transformer et donc à changer de perspective sur le monde quand cela est nécessaire.

Pour atteindre un bon rapport (avec vous-même ou avec quelqu’un), vous devrez faire appel à vos sens pour entendre le message venu de l’extérieur, et avec clairement à l’idée le résultat souhaité. Par ailleurs, vous devrez peut-être faire preuve de flexibilité afin d’adapter le résultat s’il ne peut être atteint tel quel. 3. Les modèles et le modelage « La PNL s’attache à modéliser l’excellence dans tous les domaines. Le principe est le suivant : si vous trouvez quelqu’un de bon dans un domaine, vous pouvez alors modéliser sa stratégie et apprendre de lui. Cela signifie que vous pouvez apprendre à modéliser quiconque vous admirez […]. » (La PNL pour les nuls, p. 18) Sur quoi repose la modélisation ? D’abord, sur l’idée — que l’on retrouve également dans la philosophie stoïcienne — selon laquelle nous interprétons le monde de façon différente et que, donc, nos représentations (nos « cartes du monde ») diffèrent. 4. Des conseils pour rendre la PNL plus efficace Par ailleurs, la PNL considère que l’apprentissage (ou le remodelage de nos représentations à partir d’un modèle d’excellence) se fait progressivement, c’est-à-dire étape par étape. Inutile de vouloir se transformer en une seule fois… Allons-y pas à pas ! Il faut également avoir une attitude ouverte et penser qu’un changement est possible (sinon dans le monde entier, au moins en vous). Adopter une telle attitude est déjà un changement positif qui permet de se reconnecter autrement et de changer de vie. N’hésitez donc pas à partir à l’aventure : restez curieux et n’ayez pas peur d’être confus quelquefois. En fait, c’est un bon signe et c’est de cette manière que vous avancerez. Enfin, prenez la responsabilité du changement. C’est à vous d’expérimenter, de prendre des notes, de partager et de transmettre vos expériences. Vous pouvez réaliser ce travail de façon ludique et enjouée. Chapitre 2 — Hypothèses de base sur la PNL 1. Les présuppositions de la PNL Comme toute méthode ou théorie, la PNL part d’une série de postulats ou généralisations sur le monde. Quels sont-ils ? Voici la liste des plus importants :

« La carte n’est pas le territoire » (Korzybski), vos représentations ne sont pas le monde ; Chaque personne agit ou réagit à partir de sa propre carte ; Vous n’échouez pas, vous recevez un feedback (un retour sur expérience) ; Les conséquences de la communication importent plus que l’intention — faites donc attention à la façon dont vous communiquez, car c’est le résultat de l’échange qui compte ; Adoptez d’autres façons de faire si celle que vous utilisez ne fonctionne pas ; Vous communiquez avec votre corps autant qu’avec vos mots ; Vous disposez des ressources nécessaires pour atteindre les résultats souhaités ; Tout comportement, même négatif, vise une fin positive (se faire accepter, être aimé, etc.) ; Le comportement ne dit pas tout d’une personne, il convient également de prendre en compte l’environnement, les capacités et les compétences à un moment donné, les valeurs et les croyances, l’identité ; Il n’y a pas de séparation nette du corps et de l’esprit, mais un continuum — l’un influençant constamment l’autre ; Un changement est toujours concevable, même lorsqu’il est difficile à imaginer ou à accepter ; Prendre exemple sur des modèles est une excellente façon de progresser.

  1. Conclusions sur les présuppositions : Lancez-vous ! « Testez-les sur vous en faisant comme si les généralisations étaient vraies. Pratiquez celles que vous trouvez particulièrement utiles jusqu’à ce qu’elles deviennent une seconde nature. Lorsque vous essayez les présuppositions de la PNL, dressez-en une liste et choisissez-en une par jour. Vous découvrirez soudain que vous vivez ces présuppositions et que “la vie est plus simple” ! » (La PNL pour les nuls, p. 37) Chapitre 3 — Prendre votre vie en main
  2. Contrôler votre mémoire Les souvenirs sont codés en représentations sensorielles (sons, images, sensations diverses). Vous pouvez maîtriser vos souvenirs en accentuant l’état agréable des souvenirs positifs et diminuant la peine liée aux souvenirs négatifs. Comment ? En revivant le souvenir tout en vous focalisant progressivement sur ces sensations, puis en les modifiant mentalement (voir le chapitre 10 pour plus de détails).
  3. Sens et croyance Ce qu’on pense du monde et des autres est lié à nos filtres de perception. Pour en changer, il faut être capable de prendre la responsabilité de nos pensées et accepter de les modifier. Une façon efficace d’entreprendre un changement de croyance consiste à se focaliser sur les résultats, plutôt que sur le problème. C’est-à-dire ? Le danger de penser à partir du problème est qu’il peut nous pousser à chercher des coupables et nous mettre sur la défensive. Prendre appui sur une question visant la finalité de l’action, telle que « quel était le but de mon action ? », permet d’y voir plus clair et d’avancer de façon plus constructive.
  4. La voie de l’excellence Définir ce que vous voulez : tel est le premier pas. Connaissant l’objectif, le cerveau va se mettre en branle naturellement, et refuser de continuer dans la spirale épuisante et sans fin des pensées négatives. En sachant ce que vous voulez, vous canalisez votre énergie et vos ressources à bon escient. Un conseil : imaginez-vous âgé, en train de raconter votre vie. Ou même plus : écrivez votre nécrologie et dressez le bilan de votre héritage au monde pour dégager plus clairement ce que vous souhaitez obtenir comme résultats dans votre vie. Une fois que vous avez un objectif en tête, pensez SMART (spécifique, mesurable, approprié, réaliste et temporel) — ou, plus précisément, posez-vous les questions suivantes, qui vous permettront d’affiner encore sa formulation :

« L’objectif est-il énoncé de façon positive ?

Émane-t-il d’une initiative personnelle, est-il bien établi et sous mon contrôle ?

Décrit-il la procédure de vérification ?

Le contexte est-il clairement défini ?

Les ressources nécessaires sont-elles identifiées ?

Ai-je évalué son caractère écologique ?

Identifie-t-il la première mesure à prendre ? » (La PNL pour les nuls, p. 47)

  1. La formule du succès en 4 points Vous pouvez appliquer la méthode SMART (améliorée) pour chaque objectif spécifique de votre vie. Plus largement, rappelez-vous aussi de ces quatre points, qu'il faut avoir à l'esprit tout au long de sa vie :

Connaître le résultat souhaité (en le formulant bien) ; Passer à l’action ; Utiliser son système de représentation sensorielle ; Faire preuve de flexibilité comportementale.

On pourrait ajouter un point : tenir un journal des rêves liés à vos objectifs. Noter vos objectifs vous permettra de ne pas les oublier en cours de route et de programmer votre cerveau (et votre inconscient) à suivre la route indiquée. Imaginez que votre objectif est un rendez-vous avec vous-même. Vous pouvez aussi privilégier un carnet muni de pages ou d’intercalaires de couleurs différentes. Vous noterez alors les objectifs par domaine de votre choix (par exemple : vie sociale, travail, sports, etc.). Indiquez des objectifs liés ces domaines, puis classez-les par ordre chronologique (objectif à court, moyen ou long terme). Assurez-vous que ces objectifs soient bien formulés (smart) et jetez-y un coup d’œil régulièrement.

Partie 2 – Le Code de la route de votre cerveau Chapitre 4 — Qui est au volant ? 1. Comment nos peurs peuvent nous conduire dans la mauvaise direction L’inconscient agit de façon souterraine en contrôlant notre corps, nos émotions, nos comportements. Pour agir efficacement, il faut impérativement placer le conscient et l’inconscient en phase l’un avec l’autre. Pour ce faire, il est bon de connaître les fonctions respectives de chacun. Le conscient se concentre par exemple sur le langage verbal et la logique, tandis que l’inconscient s’occupe davantage du langage corporel et de la créativité. Observons certaines autres spécificités de ce dernier.

Incapacité à traiter des informations négatives (d’où l’importance de formuler ses objectifs de façon positive) ; Besoin d’orientation (la méditation est un excellent moyen d’ouvrir la communication avec votre inconscient et d’apprendre à le maîtriser) ; Traitement des souvenirs (dont le refoulement de ceux comportant des émotions négatives non résolues) ; Apprentissage en continu (l’inconscient n’aime pas s’ennuyer, il a besoin de stimulations) ; Moralité (votre inconscient vous fait agir en fonction de certains codes moraux que vous avez appris).

  1. La formation réticulée : votre système de suivi Afin de catégoriser toutes les informations sensorielles qui nous arrivent à chaque moment de notre vie, un système de neurones fonctionne à plein régime — la PNL l’appelle « formation réticulée ». Quels sont ces critères de sélection ? Comment choisit-elle de conserver ou de rejeter l’information ?

Importance pour la survie ; Nouveauté (une chose à laquelle vous n’êtes pas habitué va davantage retenir votre attention) ; Investissement émotionnel fort (pour un proche, par exemple).

La formation réticulée vous aidera à remarquer les éléments en rapport avec vos objectifs, tout en vous permettant de vivre votre vie quotidienne sans être constamment assailli par les sensations. Notez que vos croyances influencent la formation réticulée : celles-ci peuvent empêcher (ou au contraire stimuler) vos perceptions. 3. Les croyances et les valeurs font toute la différence « Tout le monde a des valeurs, celles-ci varient simplement d’un individu et d’un groupe à l’autre. Vos valeurs et vos croyances sont des filtres inconscients que vous utilisez pour décider quels fragments de données perçus par vos sens vous allez laisser entrer ou empêcher d’entrer. » (La PNL pour les nuls, p. 73) Autrement dit, ces valeurs et croyances vous font prendre des décisions inconsciemment. Elles sont le fruit de vos expériences passées et vous portent à avoir confiance (ou non) en certaines de vos capacités. On parle de croyances limitantes quand celles-ci vous poussent à vous sentir incapable de faire telle ou telle chose. D’autre part, les croyances des autres peuvent également nous aider ou nous nuire. Si d’autres (en particulier les figures éducatives, professionnelles, les amis et la famille) nous pensent incapables, nous aurons tendance à le devenir… Heureusement, il existe des moyens de contourner ce problème (voir le chapitre 7 sur l’exploration des modes de perception). Vous pouvez encore choisir de transformer vos propres croyances et valeurs, en agissant sur les modalités sensorielles (sons, images, sensations) qui leur sont associées — un peu comme pour les souvenirs. 4. Imaginez votre réalité future L’imagination n’est pas un défaut ! Au contraire, cela peut vous aider à établir vos objectifs de façon plus efficace. Voici les conseils de Romilla Ready et Kate Burton à ce sujet :

« Dressez une liste des éléments importants concernant votre objectif, des raisons pour lesquelles vous voulez l’atteindre, puis classez-les par ordre d’importance. Vos valeurs vous surprennent ? Vous êtes-vous rendu compte que des choses que vous jugiez importantes ne l’étaient pas tant que cela après tout ? Avez-vous pensé à une valeur qui manquait au départ ?

Maintenant, toujours éveillé, imaginez-vous en train de flotter en dehors de votre corps et projetez-vous dans l’avenir, à l’époque où vous pourriez avoir atteint l’objectif fixé.

Prêtez attention aux images, sons et sensations et modifiez-les. Parvenez-vous à les rendre plus puissants, vibrants, éclatants, et à aller encore au-delà ?

Depuis l’avenir, retournez-vous sur le présent et laissez votre inconscient identifier ce qu’il a besoin de savoir et vous aider à en prendre conscience, pour vous permettre d’atteindre votre objectif. N’oubliez pas de noter quelle serait la première mesure à prendre !

Une fois le rêve bien savouré, revenez à la réalité et prenez cette première mesure ! » (La PNL pour les nuls, p. 84-85)

Chapitre 5 — Appuyer sur les boutons de la communication 1. Le modèle de la communication de la PNL La psychologie cognitive de Bandler et Grinder propose un modèle de communication particulier. Celui-ci est constitué de quatre notions importantes :

Le comportement extérieur = la manière dont quelqu’un agit visiblement vis-à-vis des autres ; La réponse intérieure = la réaction qui se produit à l’intérieur de la personne ; Le processus interne = le dialogue qui se met en place lors de la réponse intérieure ; L’état interne = les sensations qui submergent la personne à l’occasion de la réponse intérieure.

Lorsque, par exemple, deux personnes communiquent, l’une agit d’une certaine façon (comportement extérieur), ce qui permet à l’autre de formuler une réponse intérieure, puis un comportement extérieur répondant à celui de son interlocuteur. Bien sûr, ce comportement extérieur produit à son tour une réponse intérieure de la première personne. Ce cycle se poursuit ainsi jusqu’à ce que cesse la communication. Soit la communication peut partir « en vrille », soit elle peut réussir et être harmonieuse. 2. Comprendre le processus de la communication Grinder et Bandler ont remarqué que les bons communicants possèdent au moins trois caractéristiques :

Savoir ce qui est attendu de la communication ; Être à l’écoute des réponses et savoir les identifier précisément ; Se montrer flexible pour obtenir, au moins progressivement, ce qui est attendu.

Nous ne sommes pas capables de tout entendre de l’autre. La communication dépend notamment de trois processus : les omissions, les distorsions et les généralisations que nous pouvons faire vis-à-vis de l’information transmise par autrui (ou par le milieu). Par ailleurs, nos réactions varient en fonction de plusieurs caractéristiques qui font notre singularité : notre métaprogramme (est-il plutôt introverti ou extraverti, par exemple), nos croyances et valeurs, nos attitudes, nos souvenirs, nos décisions. 3. Essayer la communication efficace Pour améliorer sa communication, mieux vaut apprendre à vivre avec toutes ces dimensions inconscientes. Il est possible de créer une communication harmonieuse avec autrui en se montrant déterminé (en sachant ce que l’on veut obtenir de la discussion) et patient (c’est-à-dire flexible). La communication non violente repose sur des bases similaires d’échange et de conscientisation des objectifs et des freins de la communication (désirs, peurs, etc.). Apprendre à bien communiquer, c’est apprendre à devenir pleinement responsable de ses paroles, c’est-à-dire des conséquences de nos actes langagiers. Partie 3 — Se faire des amis… En influençant les autres Chapitre 6 — Voir, entendre et sentir à votre manière pour mieux communiquer 1. Trois lettres pour des modalités : VAK Nous avons appelé "modalités" les impressions des sens qui restent présents à l’esprit lorsque nous pensons. Par exemple, si nous pensons à un plat, nous pensons à des images, des saveurs, un contact chaud ou froid, etc. Ces modalités imprègnent littéralement le processus de la pensée. VAK est un acronyme pour visuel, auditif et kinesthésique (lié aux sensations du corps). De ce dernier, on peut distinguer les informations olfactives et gustatives (on obtient alors l’acronyme VAKOG). Certaines personnes ont certains sens plus développés que d’autres — ce qui signifie qu’ils captent plus d’information par ce biais. Sachant cela, vous pouvez également commencer à entraîner vos sens pour les rendre plus aiguisés et ainsi recueillir des informations plus variées sur le monde qui vous entoure. Vous découvrirez peut-être de meilleures façons d’apprendre ou de pratiquer une activité, sportive ou artistique par exemple. 2. Écouter le monde des mots Les mots que vous utilisez peuvent vous donner des indices sur votre système de représentation sensorielle privilégié (plutôt visuel, auditif ou kinesthésique). Vous pouvez aussi deviner celui des autres. Par exemple, vous direz des propos de quelqu’un qu’ils sont clairs ou lumineux (visuel), qu’ils résonnent ou qu’ils sont forts (auditif), ou bien qu’ils sont solides ou excitants… Lorsque les mots sont neutres, sans référence aux sens, la PNL parle de langage digital. Les contrats et documents d’assurance en sont de parfaits exemples. 3. Tout dans les yeux Il en va de même avec le langage corporel, qui dit beaucoup, lui aussi, de votre système de représentations sensorielles préféré. En particulier, le mouvement des yeux permettrait de connaître ces préférences. C’est ce que la PNL appelle les clés d’accès visuelles :

Haut à droite = visuel créé (imagination) ; Haut à gauche = visuel évoqué (images connues) ; Droit devant = visuel (voir quelque chose de nouveau, d’important) ; Latéralement à droite = auditif créé (entendre de nouveaux sons) ; Latéralement à gauche = auditif évoqué (souvenir de sons) ; Bas à gauche = auditif dialogue intérieur (se parler à soi-même) ; Bas à droite = kinesthésique (sensations, émotions, toucher, goût, odorat).

En fait, l’étude du mouvement oculaire peut vous aider à cerner l’état d’esprit de quelqu’un. De cette façon, vous vous rendez capable de mieux communiquer avec lui. 4. Utiliser le système VAK La connaissance de ce système peut vous aider dans bien des domaines de votre vie quotidienne, depuis la gestion des réunions professionnelles jusqu’à la mentalisation de vos objectifs, en passant par le développement d’une écriture plus puissante. N’hésitez pas à travailler un sens par jour, en cherchant à explorer ce qui se passe en vous et, éventuellement, en apprenant à mettre des mots sur vos impressions.

Chapitre 7 — Établir le rapport 1. Pourquoi le rapport est-il important ? « Le rapport est au cœur de la PNL et constitue un de ses piliers, aboutissant à une communication satisfaisante entre deux individus ou groupes de personnes. Vous n’avez pas besoin d’aimer quelqu’un pour établir un rapport avec lui. Il s’agit d’une manière de se comporter avec les autres fondée sur le respect mutuel et d’échanger à tout moment. » (La PNL pour les nuls, p. 127) Le rapport est important, car il permet d’établir des relations bilatérales avec n’importe quelle personne, en établissant un contexte positif de réciprocité et d’écoute. Il importe de pouvoir identifier les rapports réussis et les comparer à ceux qui sont mal engagés ou carrément inexistants. Si vous souhaitez établir des rapports avec de nouvelles personnes ou en améliorer certains, posez-vous ces questions en veillant à répondre par écrit :

Quelle est la relation que j’entretiens avec cette personne ? Quel changement souhaiterais-je apporter ? En quoi cela m’impacterait-il ? Et pour autrui, quelles en seraient les conséquences ? Est-ce que je tiens vraiment à y dépenser du temps et de l’énergie ? Quelles sont les pressions vécues par la personne ? Qu’est-ce qui compte le plus pour elle actuellement ? Pourrais-je apprendre quelque chose de quelqu’un qui a une bonne relation avec cette personne ? Ai-je besoin d’une aide pour améliorer le rapport ? Quelles sont mes idées pour faire évoluer la relation ? Quelle serait la première chose à mettre en place ?

  1. Techniques de base pour établir le rapport Créer un rapport avec quelqu’un passe par l’environnement, les valeurs et les buts (partagés ou non), les croyances et les compétences acquises au long de la vie, et bien sûr par les manières d’être, de parler et d’agir. La PNL parle de synchronisation et de mimétisme comportemental lorsque les deux partenaires d’un rapport se sont mis totalement en phase. Lorsqu’ils ne le sont pas, la PNL parle de désaccord. Pour faciliter ou accélérer la mise en rapport, vous pouvez aussi adopter la même perspective sur la vie et le même rythme que l’autre personne (y compris le rythme de respiration). Apprenez à vous mouler dans ses intentions, mais aussi dans ses façons d’apprendre et de vivre au quotidien. Lorsque vous parlez, assurez-vous d’être en harmonie avec vous-même : mots, images et sons doivent fournir le même message à votre interlocuteur. Connectez-vous à autrui en démontrant votre confiance en vous-même et votre sincérité. Pour convaincre une personne (ou un groupe) et la « conduire » dans le sens voulu, commencez par vous mettre en phase avec elle. Plutôt que de vous opposer, écoutez et partez de la perspective de l’autre pour le faire doucement dériver vers la direction souhaitée.
  2. Comment rompre un rapport et pourquoi Vous pouvez avoir envie ou besoin de rompre le rapport provisoirement ou définitivement, c’est-à-dire de vous désynchroniser, pour plusieurs raisons : l’affaire est conclue, vous êtes fatigué ou vous vous ennuyez, vous êtes occupé, etc. Comment faire ? Modifiez la position de votre corps dans l’espace, changez le ton ou le volume de votre voix ou utilisez des mots clairs. Prêtez attention à certains gestes (haussement des sourcils, par exemple) et à certaines paroles (le connecteur « mais » peut modifier la perception du message par votre interlocuteur, en ne lui faisant se souvenir que de la moitié négative de votre message). Bien sûr, il est préférable de rester courtois et diplomate. Mais n’hésitez pas à exprimer votre refus — surtout si vous avez l’habitude d’en faire trop pour les autres.
  3. Comprendre les autres points de vue « Les personnes qui ont du succès affichent la flexibilité nécessaire pour percevoir le monde de différentes manières. Elles prennent plusieurs perspectives, ce qui leur permet d’explorer de nouvelles idées. » (La PNL pour les nuls, p. 142) Vous pouvez vous entraîner à prendre trois points de vue au moins, que la PNL nomme positions perceptuelles :

La vôtre, celle qui vous est naturelle ; Celle de l’autre, qui vous amène à imaginer ce qu’il vit ; Une position neutre, d’observateur désintéressé.

Pour vous familiariser avec les différentes perspectives sur le monde, vous pouvez aussi utiliser le métamiroir. Il s’agit d’un exercice proposé par Robert Dilts. Il permet de vous préparer à un échange compliqué. Comment faire ? Dessinez au sol quatre positions et suivez la procédure suivante :

Se placer en première position et se demander : « qu’est-ce que je vis, je pense et je ressens lorsque je regarde cette personne ? » Se placer dans la seconde position et se demander la même chose — mais en se mettant à la place de l’autre personne. Occuper la troisième position — neutre — et se questionner sur soi en première position : qu’est-ce que je pense de « moi », vu de l’extérieur ? Occuper la quatrième position, avec plus de distance encore. Là, comparer les pensées de la troisième position et celles de la première et les permuter (faire de l’image de soi reçue en position n° 3 la position n° 1 en première personne). Revenir dans la seconde position et se demander : « en quoi est-ce différent maintenant, qu’est-ce qui a changé ? » Revenir dans la première position et se poser la même question : « en quoi est-ce différent, qu’est-ce qui a changé ? »

Chapitre 8 — Comprendre pour être compris : les métaprogrammes 1. Les notions de base d’un métaprogramme « On appelle métaprogrammes les filtres inconscients qui orientent vers l’objet de votre attention la façon dont vous traitez n’importe quelle information reçue puis dont vous la communiquez. » (La PNL pour les nuls, p. 147) Ces métaprogrammes résultent de vos expériences, principalement celles vécues pendant l’enfance. Il en existe beaucoup, mais Romilla Ready et Kate Burton ont choisi de se focaliser sur six paires (en plus de l’introversion et de l’extraversion, évoquée au chapitre 5) qui peuvent être particulièrement utiles pour se motiver soi-même ou faciliter le rapport avec autrui. Souvenez-vous : il s’agit de caractérisations mobiles et évolutives. Elles peuvent d'ailleurs se combiner. Surtout, elles ne visent pas à juger ou à cataloguer, mais à comprendre, interpréter et éventuellement imiter (ou se synchroniser à) une situation de communication ou une personne. 2. Proactif/Réactif Le proactif a plutôt tendance à passer à l’action. Il veut que les choses avancent et il est prêt à agir pour faire évoluer la situation. Il trouve des solutions, même dans l’urgence. « Oser ! », « Allons-y ! », « Il faut s’y mettre », telles sont quelques-unes des expressions qu’il pourra utiliser au quotidien. Le réactif cherche plutôt à faire le point et à comprendre ce qui se passe avant de prendre une décision. Il attendra éventuellement que d’autres prennent l’initiative. « Réfléchissons-y », « étudions les données », « pesons le pour et le contre », dira sans doute le réactif. 3. Rapprochement/Éloignement Les personnes qui se rapprochent (du plaisir ou de valeurs positives) souhaitent avancer et le font souvent grâce aux bénéfices espérés. Elles sont capables de rester calmes et concentrées. « Accomplir », « Obtenir », « inclure » fait partie des verbes qu’elles aiment employer. Les personnes qui s’éloignent (de la douleur ou de valeurs négatives) cherchent plutôt à prendre leurs distances vis-à-vis de risques ou de dangers perçus. Elles gèrent les crises et se montrent critiques. Elles préfèrent les verbes « enlever », « éviter », « solutionner ». 4. Options/Procédures L’individu orienté « options » aimera découvrir de nouvelles façons de faire et optera pour la diversité. Il aime commencer des projets (mais pas nécessairement les terminer). « Essayer autrement », « improviser le moment venu » : voilà ce qui fait frémir la personne options. L’individu orienté « procédures » privilégiera les méthodologies déjà usitées, même s’il n’est pas toujours capable de les mettre en place lui-même. « Suivre les étapes », « un pas après l’autre » : le must de la personne procédures. 5. Interne/Externe L’interne aura confiance en lui-même : il n’aura pas besoin de l’avis des autres pour savoir qu’il a pris la bonne décision. Il s’appuie sur ses propres ressources. Pour influencer un interne, utilisez des termes tels que « c’est à vous de décider » ou « voyez vous-même ». L’externe éprouvera le besoin de se raccrocher à l’opinion d’autrui pour s’assurer qu’il a agi de la bonne manière. Il cherche des renforts à l’extérieur. Si vous voulez obtenir davantage d’un externe, employez plutôt des expressions comme « les statistiques montrent que… », « je sais que vous pouvez le faire », « ça se fait… ». 6. Global/Spécifique Quelqu’un manifestant un métaprogramme plutôt global découpera les tâches en plus gros morceaux. Il aime aussi les vues d’ensemble, les connexions latérales et les concepts. « En un mot », « généralement », seront des signes tangibles de globalité. Une personnalité plus spécifique découpera ses tâches en plus petites parties. Elle entrera directement dans le détail, utilisera des exemples et avancera de façon plus séquentielle. « Particulièrement », « avant/après », vous feront reconnaître la spécificité. 7. Similitude/Similitude avec différence/différence Trois profils se dégagent ici :

Renvoyer la nouveauté au connu (similitude) ; Remarquer la similitude, puis les différences (similitude avec différence) ; Se focaliser sur les modifications (différence).

Le premier usera le vocabulaire du « commun », du « statique », de l’« inchangé » ; le deuxième dira que « c’est pareil, sauf que » ou que « ça augmente/diminue » ; le troisième trouvera que « c’est le jour et la nuit », que « ça n’a rien à voir » ou que c’est « transformé ». 8. Combiner plusieurs métaprogrammes « Lorsque vous êtes dans votre zone de confort, vous préférez adopter une certaine combinaison de métaprogrammes. Vous devriez essayer d’avoir à l’esprit que cette combinaison peut changer en fonction des circonstances que vous rencontrez. […] Il est également important de se rendre compte que certaines combinaisons conviennent mieux que d’autres à certaines professions et que bien d’autres métaprogrammes peuvent vous être utiles. » (La PNL pour les nuls, p. 168) 9. Développer vos métaprogrammes Pensez-y : êtes-vous capable de repérer vos métaprogrammes, dans les différentes sphères de votre vie ? Êtes-vous capable de cerner ceux des autres au cours d’une interaction et d’agir en conséquence ? Progressivement, mettez-vous à l’écoute de vous-même et des autres, afin d’améliorer vos chances d’accomplir vos objectifs et d’avoir des rapports sereins avec autrui.

Partie 4 — Ouvrir la boîte à outils Chapitre 9 — Jeter l’ancre 1. Commencer par les ancres Vous pouvez avoir l’impression d’être submergé par vos sentiments — positifs comme négatifs. Vous perdez le contrôle et réagissez de manière disproportionnée. Ce qui peut avoir des conséquences dans divers aspects de votre vie. Pour maîtriser vos états, c’est-à-dire la manière dont vous vous sentez à un instant T, la PNL dispose d’outils appelés techniques d’ancrage. Une ancre, c’est un stimulus venu de l’extérieur qui va déclencher une réponse en vous et un état intérieur. Vous pouvez apprendre à définir des ancres. L’une des méthodes est la suivante :

Connaître l’état positif dans lequel on souhaite se trouver ; Trouver un souvenir correspondant ; Revivre le souvenir en y associant les sons, images, sensations ; Choisir une ancre — un son, un mouvement ou une image ; Mobiliser l’ancre mentalement (ou en faisant un geste) lorsque le besoin s’en fait sentir.

Sans le vouloir, nous créons tous des ancres négatives. Mais nous pouvons apprendre à les repérer. Nous pouvons aussi apprendre à calibrer nos relations en utilisant les expressions ou attitudes d’autrui comme des ancres. Enfin, grâce notamment à la procédure évoquée plus haut, nous pouvons créer nous-mêmes une palette d’ancres qui nous permette d’augmenter nos expériences positives et de diminuer les expériences négatives. 2. À la découverte des émotions : les états séquentiels Les états se transforment : nous passons tous d’un état à un autre. Et nous recherchons aussi parfois activement cette modification, pour nous-mêmes ou pour les autres. Les ancres permettent de (faire) changer d’état. Vous pouvez utiliser la musique comme ancre, et tout spécialement la musique baroque (Bach, Mozart, Haendel, Vivaldi) ! Mais pas seulement : élargissez vos goûts, tout en faisant confiance à votre intuition, variez les rythmes et les styles et voyez quels états chaque morceau provoque en vous. Progressivement, trouvez la meilleure musique qui convient à une situation problématique et vous permet de vous ressourcer. Une autre façon d’apprendre à changer d’état consiste à imiter un modèle positif. Pas seulement au niveau des métaprogrammes, mais en adoptant sa démarche même ou certains de ses mouvements corporels. Par exemple, si vous êtes petit, prenez de l’assurance en agissant comme une personne plus grande ! 3. Approfondir les techniques d’ancrage Les ancres peuvent nous aider à évoluer positivement. Vous pouvez modifier vos ancres négatives en vous désensibilisant, en la neutralisant, en allongeant la chaîne des ancres, c’est-à-dire en passant par des états successifs qui vont du plus négatif au plus positif (en passant de la colère à l’inquiétude, puis de l’inquiétude à la curiosité et enfin de cette dernière à la détente, par exemple). Pour prendre parole en public, vous pouvez utiliser le cercle d’excellence, qui vise à améliorer la confiance en soi au moment de passer à l’action. Cette technique nécessite un partenaire et s’appuie, à nouveau, sur le ressouvenir d’une expérience positive. Vous pourriez peut-être aussi avoir besoin de l’ancrage spatial, lorsque vous devez monter sur scène par exemple. Dans ce cas, vous veillerez à délivrer tel type d’information à un endroit précis de la salle, afin d’habituer vos interlocuteurs à l’idée que tel endroit (ou tel geste) signale un type d’information en particulier. 4. Une dernière chose sur les ancres « Les ancres ne marchent pas forcément au premier essai. Comme avec tous les outils présentés dans ce livre, votre apprentissage sera plus rapide si vous suivez une formation en PNL et travaillez avec un praticien chevronné. Quelle que soit la méthode choisie pour développer vos compétences, c’est-à-dire seul ou avec l’aide d’autres personnes, lancez-vous. Nous vous encourageons à persévérer même si l’expérience vous semble étrange au départ. Une fois que vous contrôlez votre état, vous élargissez l’éventail des choix qui s’offrent à vous et le jeu en vaut la chandelle. » (La PNL pour les nuls, p. 193) Chapitre 10 — Actionner les commandes 1. Sous-modalités : comment nous enregistrons nos expériences En PNL, les sens sont nommés modalités. Les sous-modalités, ce sont les caractéristiques secondaires liées, par exemple, aux sons (à l’ouïe) ou aux images (la vue) : le rythme, le timbre, le volume ou bien encore la couleur, la luminosité, la taille, etc. 2. Informations de base ou ce qu’il faut savoir avant de commencer Modifier les sous-modalités des sensations liées au souvenir d’une expérience peut transformer ces sensations (passer de la peine à l’indifférence ou au plaisir, plus ou moins intense) et donc le souvenir lui-même. Lorsque vous vous remémorez un souvenir, vous pouvez soit être dans l’image en tant qu’acteur — la PNL nomme cela association — ou en-dehors, tel un observateur — on parle alors de dissociation. Il s’agit d’une sous-modalité importante et qu’il faut pouvoir utiliser à bon escient pour s’éloigner ou se rapprocher de nos émotions. La modification des souvenirs peut vous libérer de peurs et d’inhibitions acquises dans votre existence. Par exemple, si un professeur vous a traité d’incapable en math un jour, vous pouvez revenir à ce souvenir et en transformer les modalités (vous rendez le professeur tout petit, avec une voix ridicule, vous diminuez le son, etc.) afin de faire passer l’émotion qui lui est associée de triste à absurde, voire rigolote. Ce faisant, votre sentiment d’incapacité à effectuer une tâche mathématique se dissipe. Chaque personne sera sensible à certaines sous-modalités plutôt qu’à d’autres. Testez-vous en utilisant un souvenir positif et en en modifiant les sous-modalités auditives, visuelles et kinesthésiques. Quelles sont les modifications qui vous affectent le plus ? Ces sous-modalités seront vos sous-modalités critiques. 3. Effectuer des changements pour de vrai « Imaginez un peu. Vous pouvez programmer votre esprit assis dans le train, dans les embouteillages ou même au cours d’un repas ennuyeux avec vos beaux-parents. Et souvenez-vous, l’entraînement conduit à l’excellence, alors entraînez-vous, avec la certitude de ne pas être arrêté pour avoir joué avec vos sous-modalités, même en public. » (La PNL pour les nuls, p. 205) Vous pourrez ainsi :

Atténuer la portée d’une expérience ; Modifier une croyance limitante ; Créer une croyance dynamisante ; Vous débarrasser de sensations désagréables (maux de dos, etc.).

Utilisez également le bruissement. C’est-à-dire ? Utiliser le processus d’une (mauvaise) habitude pour la transformer. Quel est l’élément déclencheur qui vous fait, par exemple, vous ronger les ongles ? Trouvez-le et interrompez le processus à l’aide du processus suivant proposé par Romilla Ready et Kate Burton : « Identifiez le comportement indésirable :

Vérifiez que vous êtes prêt à procéder au changement. Dites-vous simplement “prêt ?”.

Identifiez l’élément déclencheur à l’origine du comportement indésirable et créez une image associée. Il s’agit de l’image du signal.

Exploitez l’image afin de découvrir la ou les deux sous-modalités critiques.

Interrompez le processus. Cela signifie que vous sortez de l’état dans lequel vous étiez. […]

Pensez à l’image désirée. Créez une image de vous-même en train d’avoir un comportement que vous aimez ou vous tenant d’une certaine façon, en mode dissocié.

Interrompez le processus.

Rappelez-vous l’image du signal. Faites-en sorte d’y être associé, puis placez un cadre autour.

Créez une image du résultat souhaité.

Faites entrer l’image désirée dans un minuscule point noir et placez celui-ci dans le coin inférieur gauche de l’image du signal.

D’un bruissement (Fffffff), propulsez le point noir dans la grande image pour qu’il explose sur l’image du signal.

Interrompez le processus.

Répétez l’exercice plusieurs fois. » (La PNL pour les nuls, p. 211)

Chapitre 11 — Changer via les niveaux logiques 1. Quelle est votre perspective ? Pensez-vous qu’il soit impossible de changer ? Mais le monde — le territoire — se modifie constamment autour de vous. Alors, pourquoi pas vous et votre carte du territoire ? S’adapter, modifier sa perspective est une composante essentielle d’une existence réussie. Les niveaux logiques nous aident à comprendre le changement et à mettre en place des stratégies de transformation pour soi-même ou pour des groupes. Comment ? D’abord, en séquençant chaque étape de la modification et, ensuite, en avançant avec confiance vers le but poursuivi. 2. Comprendre les niveaux logiques Les niveaux logiques (aussi nommés niveaux neurologiques) se présentent différemment, soit de façon hiérarchique (sous forme de pyramide), soit de façon réticulaire (sous forme de réseau de relations) par exemple. Peu importe : l’important est de concevoir les relations entre chacun d’entre eux. Voici les six niveaux logiques du changement :

Environnement (où, quand et avec qui) ; Comportement (quoi) ; Capacités et compétences (comment) ; Croyances et valeurs (pourquoi) ; Identité (qui) ; But (dans quel but, pour qui).

Il est plus facile de modifier un point de l’environnement maîtrisé (repeindre les murs de sa maison) que de changer de comportement, mais il est sans doute plus aisé de changer de comportement que de modifier ses capacités et ses compétences ; et ainsi de suite. Vous comprenez que de 1 à 5, le niveau de difficulté augmente. Par ailleurs, le niveau inférieur influe sur le niveau supérieur. De plus, pour être bien dans sa peau ou dans un état de congruence, les différents niveaux doivent être alignés. Vous pouvez apprendre à identifier où se situent les problèmes (chez vous ou ailleurs), et tenter de réaligner le niveau logique désaligné. Utilisez les questions liées à chaque niveau pour repérer où « ça » coince et amorcer un travail. Pour agir sur un niveau, assurez-vous d’utiliser les ressources issues des niveaux supérieurs. 3. Trouver le levier adapté au changement Pour changer, il est nécessaire de vouloir changer, de savoir comment procéder et d’avoir l’occasion de mettre le changement en œuvre. Demandez-vous comment rendre la transformation plus aisée. Pour chaque niveau, posez-vous les questions suivantes. Au niveau environnemental, demandez-vous :

Où est-ce que je suis le mieux pour travailler ou vivre ? Avec qui est-ce que j’aime être ? Qui me fatigue ? Quand suis-je au mieux de ma forme ?

Au niveau comportemental, interrogez-vous de la sorte :

Puis-je atteindre mes objectifs en agissant de cette façon ? Mon attitude correspond-elle à ce que je veux être et à la façon dont je veux vivre ? Est-ce que j’utilise souvent certaines expressions ou certains tics de langage ? Quel est votre langage corporel, à différentes occasions ?

Pour questionner vos compétences et vos capacités, posez-vous par exemple ces questions :

De quelles compétences suis-je fier ? Comment les ai-je acquises ? Selon moi, mais aussi selon les autres, dans quels domaines suis-je bon ? Quelles sont les personnes qui pourraient m’inspirer ? Qu’aimerais-je apprendre ?

Au sujet des croyances et des valeurs, ne faites pas l’impasse sur les éléments suivants :

Pourquoi agir ainsi ? Qu’est qui m’importe ? Qu’est-ce que je considère bien et mal ? Quand dis-je « je devrais » et « je ne devrais pas » ?

Pour modifier votre identité, il vous faudra notamment questionner ces différents points :

En quoi ce que je vis exprime ce que je suis ? Quel type de personne suis-je ? De quelle façon me décrirais-je ? Comment est-ce que je caractérise les autres ? Comment les autres me décrivent-ils ? Est-ce que cette description me convient ? Quels images, sons et sensations est-ce que j’associe à moi-même ?

Un changement quant au but implique un questionnement autour de points tels que :

Pourquoi suis-je ici ? Qu’est-ce que je voudrais apporter aux autres et au monde ? Quel souvenir voudrais-je laisser après ma mort ?

Ces questions vous aideront à naviguer dans les niveaux logiques. Chapitre 12 – Vos habitudes : découvrir vos programmes secrets 1. L’évolution des stratégies Pour créer un modèle valide, la PNL s’est appuyée sur les études de psychologues antérieurs comme Pavlov, qui a découvert le système stimulus-réponse, et Miller, Galanter et Pribram qui ont pris le relais en créant le modèle TOTE (test déclencheur, opération/intervention, test comparatif, exit/sortie). La PNL reprend ce dernier modèle en lui ajoutant les systèmes de représentation sensorielle.

Test D = élément déclencheur d’une stratégie (c’est-à-dire d’une habitude) ; Operate (intervention) = moment où vous recueillez les éléments pour agir et où vous appliquer votre stratégie ; Test C = moment où vous comparez les données et la situation avec l’objectif qui était poursuivi ; Exit (sortie) = sortie du processus.

  1. Tout dans les yeux : identifier la stratégie d’une personne « Une fois la stratégie incorporée dans votre cerveau, vous avez très peu, voire pas du tout, conscience des étapes qui la composent. Mais, si vous savez sur quoi prêter votre attention, vous pouvez découvrir la stratégie d’une personne. Votre attention doit se tourner vers le mouvement des yeux. » (La PNL pour les nuls, p. 241) Pour cela, souvenez-vous des éléments du chapitre 6.
  2. Contracter les muscles stratégiques Les stratégies sont liées à différents niveaux logiques. Par exemple, au niveau des capacités et des compétences, vous pouvez décider de modifier votre façon de vous présenter en public en modifiant votre stratégie d’approche (en vous présentant, puis en posant des questions, tout en gardant votre objectif à l’esprit). Au niveau du comportement, vous pouvez également modifier une stratégie qui vous déplait. Vous êtes agressif en voiture ? Lorsque quelqu’un vous double (test D), au lieu de commencer à vociférer, pensez à l’absurdité de la situation et souriez (operate). Cela fonctionne-t-il ? Si oui (exit), continuez ce que vous avez à faire tranquillement — et sinon, entraînez-vous en recommençant le processus !
  3. Utiliser les stratégies de la PNL pour l’amour et la réussite Lorsque vous séduisez une personne, vous mettez toutes les modalités de votre côté : du parfum au look, en passant pour les mouvements, vous essayez de tout contrôler. Lorsque, avec le temps, la fusion avec l’autre se dissipe, la PNL peut vous aider à recréer une stratégie ou à observer les stratégies du conjoint pour être aimé. Comment ? Posez-lui la question : « tu sais que je t’aime, n’est-ce pas ? » et « qu’est-ce que je pourrais faire pour que tu te sentes plus aimé(e) ? » et regardez-le (ou la) dans les yeux. Observez ce qu’il s’y passe afin de découvrir comment le (ou la) satisfaire ! Il en va de même pour motiver quelqu’un : grâce à l’observation de ses yeux lorsque vous lui poser, par exemple, une question du type : « comment fais-tu pour t’entraîner d’habitude ? », vous comprendrez sa stratégie et vous pourrez l’appliquer à un autre domaine (par exemple, du football vers l’étude des mathématiques). Pour vous-même, demandez-vous dans quel domaine vous réussissez et quelles sont les stratégies mises en place. Tentez de les transposer au nouveau domaine souhaité. Chapitre 13 — Voyage dans le temps
  4. L’organisation de vos souvenirs Les souvenirs sont organisés comme un « collier de perles » (William James) : ils forment une chaîne qui va du passé au présent. Pour le futur, vous utilisez des images qui vous permettent de prévoir ce qu’il va vous arriver. Chaque souvenir est associé à des modalités sensorielles et à leurs sous-modalités. Il arrive que certains événements soient reliés entre eux : vous vivez quelque chose et cela vous renvoie à un souvenir. Ce dernier sera considéré comme la cause première des sensations vécues à l’occasion du second. Grâce à la PNL et au contrôle des modalités, vous pourrez agir sur ce processus.
  5. Découvrir votre ligne de temps Votre ligne de temps relie le passé, le présent et le futur. Vous pouvez vous l’imaginer de la façon suivante :

« Pensez à un événement que vous avez vécu récemment.

Respirez profondément et détendez-vous au maximum.

Imaginez-vous en train de flotter au-dessus de votre présent et de partir au-dessus des nuages, dans la stratosphère.

Créez une image de votre ligne de temps bien au-dessous de vous, comme un ruban, et représentez-vous sur cette ligne.

Maintenant, remontez votre ligne de temps jusqu’à ce que vous vous situiez juste au-dessus de l’événement récemment vécu.

Vous flottez à cet endroit aussi longtemps que vous le souhaitez jusqu’à ce que vous décidiez de revenir, toujours en planant, jusque vers le présent, puis de redescendre dans votre corps. » (La PNL pour les nuls, p. 259)

  1. Modifier la ligne de temps Vous pouvez vouloir être plus ou moins associé ou dissocié au temps. Cela signifie que vous pouvez souhaiter être davantage conscient de la valeur du temps et orienté vers les buts, ponctuel et rationnel (dissociation) ou bien plutôt créatif et multitâche, émotif et dans l’instant présent (association). Pour vous dissocier, sortez de votre ligne du temps et flottez au-dessus de sorte à voir passé, présent ou positionnez-vous de telle sorte à la voir clairement devant vous. Pour vous associer, voyez votre ligne de temps devant vous et marchez dessus tel un équilibriste, ou laissez-la vous traverser le corps. Ces exercices demandent de la pratique et il est préférable de les réaliser couché, car ils peuvent être déstabilisants.
  2. Voyager sur votre ligne de temps vers plus de bonheur En pratiquant des exercices liés à la ligne de temps, vous pourrez :

Libérer les émotions négatives et les décisions limitantes ; Réconforter la jeune personne que vous étiez ; Vous débarrasser de l’anxiété ; Vous concocter un meilleur avenir.

Plusieurs procédures sont proposées par Romilla Ready et Kate Burton. Voici l’une d’elles, qui concerne le traitement de l’anxiété, c’est-à-dire une sensation négative associée à un événement futur.

« Trouvez un endroit calme pour vous détendre et pensez à un événement qui vous rend anxieux. Demandez maintenant à votre inconscient si vous êtes prêt à vous débarrasser de l’anxiété.

Maintenant, élevez-vous au-dessus de votre ligne de temps de façon à voir votre passé et votre avenir devant vous.

Toujours au-dessus de votre ligne de temps, planez jusqu’à ce que vous soyez au-dessus de l’événement qui vous rend anxieux.

Demandez à votre inconscient de tirer la leçon de l’événement afin de libérer rapidement et sans difficulté l’anxiété.

Une fois les informations recueillies, planez plus loin dans le futur jusqu’à ce que vous vous trouviez 15 minutes après la conclusion heureuse de l’événement à l’origine de votre anxiété.

Retournez-vous, regardez vers le présent et remarquez comme vous êtes calme et plus du tout anxieux.

Lorsque vous êtes prêt, planez vers le présent.

Faites un simple test. Allez dans le futur, vers l’événement qui vous rendait anxieux et confirmer que l’anxiété a disparu. » (La PNL pour les nuls, p. 269)

Chapitre 14 — RAS dans la salle des machines 1. Une hiérarchie des conflits Nous sommes tous en proie aux conflits intérieurs. Dans ces cas-là, deux représentations du monde s’affrontent en nous. Le plus souvent, l’une est consciente et l’autre est plus souterraine, cachée dans l’inconscient. « Je veux ceci, mais en même temps… » ou encore « Je ne sais pas ce qui m’a pris » sont des révélateurs langagiers de ces luttes. Un conflit peut apparaître aux différents niveaux logiques (voir le chapitre 11). Il importe de pouvoir identifier à quel niveau il se situe. Voici quelques exemples.

Identité : les rôles sociaux que vous jouez peuvent entrer en conflit. Être un « bon parent » et un « bon employé » ne vont pas toujours de pair. Valeurs et croyances : certaines sont difficiles à accorder ou vous jouent des tours. Ainsi, vous pouvez chercher le bonheur, tout en croyant fermement (inconsciemment) que vous ne le méritez pas. Capacités et compétences : comment allier vos compétences sociales avec vos aptitudes créatrices ? Cela mène parfois à des choix de carrières difficiles. Comportement : un conflit surgit lorsque vous adoptez le comportement opposé à celui qui vous mènerait vers la réalisation de vos objectifs. Environnement : où voulez-vous vivre réellement ? Et qui voulez-vous fréquenter ? Faites-vous les choses au bon moment ?

  1. Du tout aux parties Chaque souvenir important déclenche une réponse émotionnelle qui forme une partie de vous, cachée dans votre inconscient et agissant à votre insu. Vous avez ainsi des intentions qui vous échappent. Elles sont positives en elles-mêmes (voir le chapitre 2), mais peuvent ne pas rencontrer leur but. Par exemple, vous pouvez boire parce que vous avez besoin d’amour ; pourtant, l’alcool ne vous apportera pas ce que vous recherchez. Il importe donc de trouver quel est le besoin réel, sous-jacent au comportement problématique. Vous devrez donc aller fouiller votre inconscient pour y découvrir ce qui « coince », seul ou à l’aide d’un spécialiste.
  2. Au secours ! Je suis en conflit avec moi-même « L’autosabotage est l’un des symptômes dont vous pouvez souffrir lorsque plusieurs parties de votre esprit sont en conflit. Votre tentative d’accomplissement d’un objectif étant annihilée par une de ces parties. » (La PNL pour les nuls, p. 277) Pour y mettre fin, il faudra commencer par écouter votre inconscient et remplacer le comportement inadéquat par un autre, plus positif. Ou vous pouvez aussi « choisir votre camp », c’est-à-dire décider quelle partie de vous-même vous souhaitez éliminer.
  3. Devenir un tout… en intégrant vos parties L’idéal est d’aspirer à devenir un tout harmonieux, dont les parties sont en accord les unes avec les autres. Pour ce faire, la PNL a inventé deux techniques : le squash visuel et le recadrage. Dans le premier exercice, il faut au préalable avoir identifié les parties en conflit et leurs intentions positives respectives, et ensuite visualiser — via la personnification — les parties en conflit et imaginer un débat constructif entre elles, afin de dégager les ressources utiles pour atteindre un but positif commun. Dans le deuxième cas, vous cherchez davantage à modifier le contexte d’une expérience et à trouver, par là, ce qui ne va pas. Il s’agit de « faire comme si » vous aviez réglé un problème, ou comme si vous étiez une autre personne que vous admirez, ou comme si vous disposiez de toutes les informations pour prendre une décision, ou comme si une bonne fée pouvait changer un élément qui ne convient pas.
  4. Les conflits plus importants Les propos ci-dessus visaient surtout les conflits intrapersonnels. Mais comment faire lorsqu’il s’agit de conflits entre des personnes ou des groupes (voire entre des nations) ? Vous pouvez, là aussi, utiliser les ressources des outils cités, en les adaptant. Par exemple, vous pourriez avoir besoin des deux méthodes en agissant de cette façon :

Agir en tant que négociateur ; Interroger les parties sur les intentions positives et les besoins qu’elles sous-tendent ; Proposer aux parties de trouver des points communs et un but commun ; Explorer des solutions de rechange grâce au « comme si » ; Décider des ressources que chaque partie peut apporter à la solution du problème ; Mettre en place une action avec le but commun en vue.

Partie 5 – Les dix commandements Chapitre 15 — Dix applications de la PNL Pour terminer, voici dix domaines dans lesquels la PNL pourra vous être utile :

Assurer votre développement personnel Gérer vos relations personnelles et professionnelles Négocier une solution qui contente tout le monde Atteindre des objectifs commerciaux Créer des présentations convaincantes Gérer votre temps et vos précieuses ressources Prendre un coach pour connaître le succès Vous servir de la PNL pour votre santé Être en phase avec votre auditoire : conseils aux formateurs et aux éducateurs Décrocher un emploi

Conclusion sur « La PNL pour les Nuls » de Romilla Ready et Kate Burton  : Un manuel à utiliser pour expérimenter En plus des explications théoriques et des guides pour passer à l’action, cet ouvrage propose une liste de dix ouvrages de référence et d’autres ressources bien pratiques. Vous pourrez utiliser le livre pour évoluer dans la PNL, le crayonner, choisir les exercices qui vous conviennent le mieux, etc. Un crédo : l’expérimentation ! Ce qu’il faut retenir de « La PNL pour les Nuls » : La PNL a développé ses bases théoriques dans le courant des années 1970 et a sans cesse été renouvelée depuis. Elle s’appuie sur des sources diverses, depuis la psychologie comportementale jusqu’aux travaux de Carl Jung. Son principal intérêt pratique, aujourd’hui, est de fournir une sorte de boite à outils de méthodes et d’instruments à employer pour mieux se connaître soi-même ou aider à débloquer les situations de communication houleuses. Elle est basée sur un présupposé majeur : il est toujours possible de transformer les personnes et les relations, à condition d’utiliser son imagination et de faire preuve d’une certaine dose de motivation. Points forts :

Une présentation didactique des concepts ; Des références et des ressources utiles ; De nombreux exercices clairement expliqués.

Points faibles :

Quelques redites, mais celles-ci sont parfois nécessaires.

Ma note :                  Avez-vous lu le livre de Romilla Ready et Kate Burton « La PNL pour les Nuls » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Romilla Ready et Kate Burton « La PNL pour les Nuls » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Romilla Ready et Kate Burton « La PNL pour les Nuls »

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Thu, 10 Feb 2022 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11840/La-PNL-pour-les-Nuls
Comment assumer sa singularité en 84 citations inspirantes http://www.olivier-roland.fr/items/view/11835/Comment-assumer-sa-singularit-en-84-citations-inspirantes

Cet article réunit 84 citations pour vous aider à assumer votre singularité, à faire de vos différences, quelles qu’elles soient, une force sur un plan tant personnel que professionnel. Vos particularités, vos défauts et qualités contribuent à vous démarquer et apportent de la valeur au monde. Les 84 citations de cet article sont là pour vous le montrer. Elles vous invitent à :

Booster votre originalité, votre côté atypique pour en faire un atout, une force sans commune mesure. Sortir du conformisme et remettre en cause le statu quo pour créer de la diversité, de la valeur, innover et ainsi faire avancer le monde. Oser être vous-même pour vous créer une vie qui vous ressemble, unique et authentique.

Enfin, des citations provenant de personnalités hors-normes vous rappelleront à quel point, assumer sa singularité sert à bouger les lignes à titre personnel mais aussi à l'échelle collective de l'humanité.

Parce que vous savez ce que signifie pour moi le terme de rebelle intelligent, je sais combien ces citations pour assumer votre singularité devraient vous parler... 1. Assumer pleinement sa singularité et son originalité

Les citations de cette première partie vous montreront d'abord qu'assumer sa singularité, c'est oser communiquer sa vision originale au monde : c’est non seulement la voie assurée vers une vie alignée, mais c’est aussi un acte qui apporte une valeur unique aux autres et aux systèmes en place, et ce dans n'importe quel domaines (la médecine, les droits humains, l'art, la politique, les sciences...). Assumer sa singularité, c'est aussi, risquer d'exprimer ses idées atypiques et/ou rebelles et les incarner profondément et sincèrement. Pour cela, il faut avoir le courage d'affronter les jugements des autres et dépasser sa peur d'échouer. Cela nécessite de sortir de sa zone de confort pour se montrer aux autres, quitte à essuyer de vives critiques. Vous ne ferez jamais l'unanimité, mais si vos idées n'étaient vraiment pas du tout comprises, vous n'aurez au moins pas le regret de ne pas avoir essayé. Enfin, ces citations vous aideront à prendre conscience que vos fragilités, ou ce que vous considérez ainsi, peuvent s'avérer votre plus grande force. Quand il est reconnu et accepté, ce que l'on juge être un défaut, un handicap, une faiblesse peut devenir source de créativité et un atout, porteur et moteur dans vos projets. Au lieu de chercher à gommer ces parties de vous pour ressembler aux autres, ces citations vous encouragent donc à pleinement les intégrer dans votre vie. L’originalité : une véritable valeur ajoutée pour les autres et les systèmes

"Il s’en faut de quelques personnes, poussées à agir de façon originale, que l’Amérique n’existe pas, que le mouvement pour les droits civiques soit toujours un rêve, que les murs de la chapelle Sixtine soient toujours nus ou que l’ordinateur personnel n’ait jamais connu un tel succès." Adam Grant "La marque de fabrique de l’originalité, c’est de rejeter le réglage par défaut pour rechercher de meilleures solutions." Adam Grant "Tu es différent ? Tant mieux, parce que c’est là que réside ton humanité. Ta différence est un cadeau de la vie. Ta seule mission est de veiller à ta singularité. C’est elle qui sauvera le monde de la grisaille." Fabrice Midal "En fin de compte, ce sont les champions de l’originalité qui nous font avancer. Après des années passées à les observer et à les fréquenter, ce qui me frappe, c’est que leur ressenti n’est pas différent du nôtre. Ils éprouvent les mêmes peurs, les mêmes doutes que le reste d’entre nous. Ce qui les distingue, c’est qu’en dépit de cela, ils agissent. Ils savent au plus profond d’eux-mêmes qu’échouer laisse moins de regret que ne pas essayer." Adam Grant "Vous devez trouver ce qui étincelle une lumière en vous pour que vous puissiez à votre manière illuminer le monde." Oprah Winfrey

Exprimer son côté atypique et des idées innovantes, parfois à contre-courant, implique de dépasser sa peur de l’échec et du jugement

"Il y a peu de véritables originaux dans le monde, parce que les gens ont peur de prendre la parole et de sortir du lot." Mellody Hobson "On trouve des façons d’être original en surface – on met un nœud papillon, on porte des chaussures rouges – sans prendre le risque de l’être vraiment. Quand on arrive à nos idées motrices, à nos valeurs profondes, nous nous autocensurons." Adam Grant "Ne laissez pas le bruit des opinions des autres étouffer votre voix intérieure." Steve Jobs "La quête obsessionnelle de réussite peut chasser l’originalité : plus on accorde de valeur au succès, plus on en vient à redouter l’échec. Au lieu de viser l’exceptionnel, l’intense désir de réussite nous pousse à rechercher des succès assurés." Adam Grant "Le problème n’est pas que nous nous distancions de la norme, que nous ne correspondions pas à une moyenne fictive. Le problème est que nous nous en sentons coupable. La norme est devenue une folie…" Fabrice Midal "Pour devenir un original, il faut essayer quelque chose de nouveau, ce qui entraîne nécessairement une part de risque. Mais les innovateurs qui ont le plus de succès ne sont pas les casse-cou qui foncent sans visibilité. Ce sont ceux qui hésitent au bord du gouffre, calculent la vitesse de la chute, vérifient trois fois leur parachute et installent un filet au fond, au cas où." Adam Grant "Si nous voulons que les autres acceptent nos idées originales, nous devons en parler, puis rincer et recommencer." Adam Grant

Ce que l’on considère comme une faiblesse peut devenir une force, un avantage

"Nos points faibles sont nos meilleurs atouts." Malcolm Gladwell "On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin." Johan Wolfgang von Goethe "Ce qu’on te reproche, cultive-le. C’est toi." Jean Cocteau "Le fait même d’être désavantagé et marginal lui a donné la liberté de tenter l’inimaginable." Malcolm Gladwell

  1. Sortir du conformisme et remettre en cause le statu quo Les citations de cette deuxième partie vous aideront à assumer votre singularité en vous invitant d'abord à vous détacher de la pensée in the box, de la norme : d'abord parce que la normalité n’existe pas, c'est une illusion (nous sommes bien tous différents). Ensuite parce que sortir des sentiers battus est une des meilleures façons de se démarquer, de booster votre créativité et de faire avancer le monde : la diversité est source de progrès, c'est une richesse pour l'humanité. Osez donc remettre en question l'état des choses, le système en place pour innover ! Ne craignez plus d'affirmer vos particularités pour faire la différence, sortir du lot, créer de la valeur. Comprendre qu’il n’existe pas de "normalité"

"La normalité est une illusion. Ce qui est normal pour une araignée est chaotique pour une mouche." Réplique du personnage de fiction Morticia Addams, dans le film "La Famille Adams" réalisé par Barry Sonnenfeld "La norme […] crée beaucoup de souffrances. Chacun se sent anormal pour une raison ou une autre et, effectivement, chacun l’est puisque la normalité est une fiction." Fabrice Midal "La normalité est le prétexte derrière lequel les gens ordinaires se réfugient pour porter atteinte aux gens extraordinaires." Anonyme "Nous nous sentons tous, quelque part, anormaux." Anonyme "Je rêve d’un jour où la norme sera simplement la richesse de toutes nos singularités." Marielle Barbe "-"Votre fils est… différent, Mme Gump", dit M. Hancock. -"On est tous différents", répond Mme Gump." Réplique issue du film "Forrest Gump" réalisé par Robert Zemeckis  "Souvenez-vous que vous avez non seulement le droit d’être unique, mais aussi l’obligation." Eleanor Roosevelt "Nous sommes tous, chacun à notre manière, des "autres normaux"." Fabrice Midal

Penser "out of the box"

"Think different." Steve Jobs "Plus on est expert dans un domaine, plus on devient prisonnier de ses stéréotypes." Adam Grant "Au lieu de penser en dehors de la boite, débarrassez-vous de la boîte." Deepak Chopra "J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé." Robert Frost "Celui qui suit la foule n'ira jamais plus loin que la foule qu'il suit. Celui qui marche seul peut parfois atteindre des lieux que personne n'a jamais atteints !" Albert Einstein "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers." Pythagore "Tout le monde naît avec l’instinct de succès et la capacité d’y parvenir, mais seuls ceux qui pensent out of the box triomphent." Unarine Ramaru "Si tout le monde fut contraint de penser autrement, en sortant du cadre, c'est peut-être que ce cadre avait besoin d'être modifié." Malcolm Gladwell "Les premières places ne sont pas intéressantes. Celles qui m’intéressent, ce sont les places à part." Jean Cocteau

Remettre en question l’ordre des choses fait avancer le monde

"Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents... Tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirer ou les désapprouver, les glorifier ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent, ils font avancer l'humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde y parviennent." Jack Kerouac "La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles mais d’échapper aux idées anciennes." John Maynard Keynes "Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences." Françoise Dolto "Bien que les enfants prodiges soient souvent à la fois pleins de talent et d’ambition, ce qui les empêche de faire progresser le monde, c’est qu’ils n’apprennent pas à être originaux. "Je n’ai jamais fait l’une de mes découvertes par le processus de pensée rationnelle." Albert Einstein "Détache-toi de cette tyrannie [de la norme], largue les amarres et autorise-toi à inventer ta vie. reste un humain dans un monde déshumanisé par la norme, où tout doit être lisse, où il faut couper tout ce qui dépasse. Et où l’on finit tous par se sentir bizarres." Fabrice Midal "La récompense de la conformité est que tout le monde vous aime sauf vous-même." Rita Mae Brown "L’originalité ne vient pas de ceux qui se conforment à une culture, mais de ceux qui l’enrichissent." Adam Grant

  1. Être soi pour se créer une vie unique, exceptionnelle, à sa manière Les citations de cette troisième partie révèlent qu'assumer sa singularité est une étape essentielle vers un épanouissement personnel et professionnel. En identifiant ce qui vous caractérise, "ce je ne sais quoi que les autres n’ont pas" et en libérant cette originalité, vous trouverez votre voie et votre place dans ce monde. Vous comprendrez que votre singularité est intéressante pour créer votre marque personnelle et vous distinguer dans le milieu artistique, dans votre leadership, votre carrière ou auprès de la concurrence si vous êtes entrepreneur. Mais qu'être soi est aussi la clé d'une vie unique et exceptionnelle. Cela vous assure des relations authentiques (vous êtes aimé pour ce que vous êtes réellement). C'est un facteur déterminant dans votre bien-être (vous vous épanouissez sans jeu ni faux-semblant) et gage d'une vie en phase avec vos aspirations profondes. Ces citations vous encouragent à mener des projets originaux, là où personne ne vous attend. Faites ce qui vous passionne, malgré les avis contraires. Ce que vous ferez n'a pas à être forcément révolutionnaire, mais faites-le juste à votre manière. Sans suivre les standards attendus de la société, de votre entourage. Cela vous habillera d'un charisme et en inspirera beaucoup d'autres ! Notre singularité nous indique notre chemin de vie et notre place

"Assumer sa singularité, c’est construire sa vie comme une œuvre d’art." Alexandre Jollien "Pour vivre une vie que vous aimez et aimer la vie que vous vivez, vous devez avoir la volonté d’aller de l’autre côté de la normalité." Lisa Nichols "Nous sommes singulièrement nous quand nous nous sentons bien et en accord avec nous-mêmes, en toutes circonstances. Ce qui n’empêche en rien évidemment de nous adapter à toutes les situations. Continuons d’aller aux mariages en nous mettant sur notre trente et un, mais assurons-nous que c’est notre trente et un et pas celui d’un autre." Alexandre Pachulski "J’étais très bon en musique et très mauvais dans tout le reste." Bruce Springsteen "Peu importe qui nous sommes ou d’où nous venons, nous avons toujours notre propre voyage de vie à faire." Oprah Winfrey

Devenir exceptionnel

"Ce qui vous rend unique fait votre succès." William Arruda "Votre marque personnelle, c’est tout simplement l’idée claire, forte et positive qui vient immédiatement à l’esprit des personnes qui vous connaissent quand elles pensent à vous." Peter Montoya "Si tu t’efforces d’être normal, tu ne sauras jamais à quel point tu peux être exceptionnel." Maya Angelou "Je crois en tout jusqu’à ce que ce soit réfuté. Je crois donc dans les fées, les mythes, les dragons. Ils ont tous existé s’ils sont dans nos esprits. Qui peut dire que les rêves et les cauchemars ne sont pas aussi réels qu’ici et maintenant ?" John Lennon "Pour avoir des idées créatives, il ne faut pas avoir le même vécu que les autres." Steve Jobs "La normalité est une route pavée : elle est confortable à marcher mais aucune fleur n’y fleurit." Vincent van Gogh "Le génie commence là où la normalité se termine." Susanna Mittermaier "À force de vouloir entrer dans le moule, on finit par devenir une tarte !" Bernard Werber "N’essayez pas de devenir une personne qui a du succès. Essayez de devenir une personne qui a de la valeur." Albert Einstein "C’est en prenant le temps de vous connaître, […] en explorant vos multiples facettes, que vous deviendrez "unique" à vos yeux et "unique au monde"." Marielle Barbe

Être soi pour se créer une vie particulière, à sa manière, unique

"Vouloir être quelqu’un d’autre, c’est gâcher la personne que vous êtes." Kurt Cobain "Il n’y a qu’un seul succès : être capable de passer sa vie à sa manière." Christophe Morley "Trouver notre voie, oser la parcourir, dans la perspective d’être heureux, d’être nous-mêmes, demande bien souvent de faire face aux vents contraires qui soufflent sur notre destin. Et donc de faire preuve de courage, de ténacité et de patience. Notre épanouissement dépend grandement de notre capacité à accepter ce qui nous différencie, indépendamment du regard des autres, sans quoi les risques de passer à côté de notre vie et de parcourir le chemin d’un autre sont énormes." Alexandre Pachulski "Aller à la découverte de ce qui nous rend uniques, singuliers, ce n’est pas seulement reconnaître en soi une aptitude ou un fonctionnement différent. C’est d’abord affirmer ses goûts, ses envies, ses aspirations, qui ne sont pas toujours ceux des personnes qui nous entourent ou ceux valorisés au sein de la société." Alexandre Pachulski "Et si je ne suis pas normal, c’est que je n’en ai pas envie car les normaux sont trop nombreux, laissons-les se comprendre ente eux." Georges Brassens "Ce qui compte réellement, c’est d’être en accord avec nous-mêmes, et donc de bien identifier notre fonctionnement et d’apprendre à l’accepter." Alexandre Pachulski "Si tu essaies de plaire à certaines personnes en étant quelqu’un que tu n’es pas, tu ne réussiras pas bien longtemps et tu ne seras pas heureux. Tu dois d’abord assumer ce que tu es, faire ce que tu aimes, et bien le faire. Et ensuite tu auras peut-être la chance d’avoir des fans." Kimi Räikkönen "Soyez vous-même, les autres sont déjà pris." Oscar Wilde "Nous ne pouvons pas devenir ce que nous voulons être en restant ce que nous sommes." Oprah Winfrey

  1. Citations de personnalités célèbres qui font bouger les lignes par leur vision différente Dans cette dernière partie, j'ai réuni des citations de personnalités qui ont su assumer leur singularité, leurs idées avant-gardistes, un trait de personnalité mal considéré, une orientation décriée ou encore une originalité exacerbée. Vous trouverez dans cette liste, pêle-mêle, des paroles d'individus célèbres : des profils dits atypiques, des visionnaires, des anticonformistes, des rebelles, des "qui ne rentrent jamais dans aucun moule", des personnes avec un trouble psychique, un handicap physique, une particularité émotionnelle, des innovateurs, des idéologistes. Ce sont des artistes, des entrepreneurs, des scientifiques, des philosophes, des gens qui sont allés au bout de leur rêve. Ceux-ci ont cassé les codes. Ils ont fait de leur faiblesse une force ou sinon, quelque chose qui ne les desserve pas dans leur idée du bonheur. Ces personnes ont su jouer et développer leur créativité pour faire passer des idées innovantes, extravagantes, insolites. En faisant preuve d'originalité, elles participent ou ont participé à l'amélioration du monde.

Citations de militants aux idées qui ont soulevé critiques et résistances mais qui ont su persévérer 

Pierre Rabhi, pionnier de l’agriculture écologique, fondateur du mouvement Colibris

"C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain."

Greta Thunberg, militante écologiste pour le climat, diagnostiqué autiste Asperger

"Vous n’avez pas compris ce que nous faisons. À la place de nous dire merci, faites quelque chose !" "J’ai appris qu’on n’est jamais trop petit pour faire une différence." "Nous ne pouvons donc pas sauver le monde en respectant les règles. Car les règles ont besoin d'être changées. Tout doit changer et cela doit démarrer aujourd'hui."

Simone de Beauvoir, militante féministe

"J’accepte la grande aventure d’être moi." "J’étais faite pour une autre planète. Je me suis trompée de destination."

Malala Yousafzai, militante pour le droit des femmes, prix Nobel de la paix

"Je n'avais que deux options. La première était de me taire et attendre d'être tuée, la deuxième était de parler haut et fort et me faire tuer. J'ai choisi la seconde option."

Maya Angelou, militante pour les droits humains et l’égalité

"Le succès, c’est vous aimer vous-mêmes, c’est aimer ce que vous faîtes, et c’est aimer comment vous le faites." Citations d'innovateurs qui ont révolutionné un marché avec des idées originales et loin d'avoir toujours fait l'unanimité

Elon Musk, notamment fondateur et directeur général de Tesla et Space X

"Si les règles vous empêchent de progresser, battez-vous pour les changer."

Brian Chesky, fondateur de Airbnb

"Si nous avions essayé de penser à une bonne idée, nous n’aurions pas pu penser à une bonne idée. Il vous suffit de trouver la solution à un problème dans votre propre vie."

Travis Kalanick, co-fondateur d’Uber

"Soyez fidèle à vos principes et à l’aise avec la confrontation. Peu de personnes le sont, ce qui fait que lorsque quelqu’un s’oppose à vous, ça devient une négociation."

Steve Jobs, notamment co-fondateur et directeur général de Apple Inc., inventeur de l'Iphone, du Macintosh et de l'IPad

"Votre temps est limité. Ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre."

Edwin Land, fondateur de Polaroid, inventeur de la photographie instantané et des filtres polarisants

"Personne ne pourrait être original dans un domaine de sa vie s’il ne possédait la stabilité émotionnelle et sociale que procurent des comportements bien définis dans tous les domaines autres que celui où il est original."

Alexander Graham Bell, inventeur du téléphone

"Ne marche jamais sur le chemin tracé car il ne te mène que là où d'autres sont allés." Citations inspirantes de personnalités qui ont trouvé de la force dans leur différence, leur handicap

Pascale Casanova, malvoyante, athlète membre de l’équipe de France de ski alpin handisport

"Entre différence et normalité, mon cœur s'est longtemps déchiré. Des deux chemins s'offrant à moi, le plus difficile m'a toujours semblé le plus digne d'intérêt. Après l'avoir parcouru, faisant de mon handicap un défi permanent, j'ai finalement pris le parti d'assumer ma différence. Que je le veuille ou non, elle et moi ne faisons qu'un. Elle a forgé ma personnalité, ma manière d'être, ma vie, alors autant l'assumer, comme une richesse, une force, et trouver, au cas par cas, les solutions pour surmonter chaque difficulté, en regardant vers l'avenir, avec confiance."

Fabien Marsaud, dit Grand Corps Malade, artiste slameur, poète, auteur-compositeur-interprète, réalisateur, ancien tétraplégique

"Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c'est un sixième qui les délivre ; bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction, ce 6e sens qui apparaît, c'est simplement l'envie de vivre."

Michèle Mathy, alias Mimie Mathy, humoriste, actrice, atteinte d’achondroplasie

"Nous sommes tous différents. J’ai toujours considéré qu’être de petite taille n’est pas un handicap mais juste une caractéristique, une particularité à gérer. C’est une autre façon de vivre la différence. Ma différence n’est pas un handicap."

Greta Thunberg, adolescente militante écologiste pour le climat, diagnostiquée autiste Asperger

"Certaines personnes se moquent de moi parce que je suis Asperger. Mais c'est tout sauf une maladie. C'est un cadeau ! Des gens disent que, parce que je suis Asperger, je ne peux pas, par définition, m'être mise dans ce rôle. Mais c'est exactement la raison pour laquelle j'y suis parvenue ! Parce que si j'avais été normale ou sociable, j'aurais rejoint une organisation ou monté la mienne. Mais comme je ne sais pas me mêler aux autres, j'ai fait cela à la place."

Alexandre Jollien, philosophe, écrivain, handicapé de naissance, atteint d’athétose

"Très vite, j'eus l'intuition qu'en fuyant le handicap, on s'isole. Il est là, il faut l'accueillir comme un cinquième membre, composer avec lui. Pour ce faire, la connaissance de ses faiblesses me semble primordiale."

Stephen Hawking, physicien théoricien, cosmologiste, écrivain, professeur, atteint d’une sclérose paralysante

"Mes espérances ont été réduites à zéro à 21 ans. Tout depuis est un bonus. Mon handicap n’a pas été une limite importante pour mes recherches dans mon domaine. Il m'a aidé dans un sens, en me gardant de tout le travail administratif que j'aurais dû assurer autrement." Et vous, connaissez-vous des citations qui inspirent à assumer pleinement sa singularité ? N'hésitez pas à les partager dans les commentaires ! Cet article Comment assumer sa singularité en 84 citations inspirantes est apparu en premier sur Des livres pour changer de vie.

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Thu, 03 Feb 2022 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11835/Comment-assumer-sa-singularit-en-84-citations-inspirantes
Secrets d’un écrivain freelance http://www.olivier-roland.fr/items/view/11804/Secrets-dun-crivain-freelance

Résumé de « Secrets d'un écrivain freelance » de Robert W. Bly : un classique qui vous expliquera de A à Z comment acquérir un niveau de vie confortable en réalisant une activité de rédaction freelance ! Par Robert W. Bly, 2006 (4e édition), 385 pages. Titre original : « Secrets of a Freelance Writer. How to Make $ 100,000 a Year or More » Chronique et résumé de "Secrets d'un écrivain freelance" par Robert W. Bly :

Robert W. Bly : un copywriter états-unien à succès Avec plus de 30 ans d’expérience dans le métier, Robert W. Bly a fait ses preuves. Copywriter états-unien spécialisé dans le domaine du marketing et du business-to-business (B2B), il a eu le temps de se construire une solide expérience et une forte réputation. Il a même enseigné le copwriting à l’université de New York. Ce livre n’est pas le seul qu’il a à son actif : The Complet Idiot’s Guide to Direct Marketing, ou encore internet Direct Mail : The Complete Guide to Successful E-Mail Marketing Campaigns sont d’autres exemples de ses productions. Néanmoins, c’est bien cet écrit qui a rendu son auteur célèbre parmi les rédacteurs, y compris francophones. Préface de « Secrets d'un écrivain freelance » L’objectif du livre est on ne peut plus clairement défini dès la première phrase de la préface : « Ce livre est écrit pour vous aider à vous faire beaucoup d’argent en tant qu’écrivain freelance. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. xv) Le livre s’adresse en particulier aux personnes qui :

Sont déjà rédacteurs commerciaux, mais qui peinent à en vivre ; Aux rédacteurs débutants qui viennent de se lancer en tant que freelances ; Sont employés dans une entreprise en tant que rédacteur et qui souhaitent quitter leur job pour se lancer de façon indépendante ; Ont déjà un revenu, mais aimeraient le compléter ; Ont un intérêt pour l’écriture, mais qui n’ont peut-être jamais écrit pour de l’argent et qui pensent à se reconvertir.

Tout d’abord, il faut savoir que ce métier est en plein changement (c’est d’autant plus vrai au moment où Robert W. Bly écrit cette préface, c’est-à-dire en 2006). Au rang des mauvaises nouvelles, on compte une concurrence accrue, des dates limites toujours plus courtes, des exigences plus grandes en termes de compétences informatiques, etc. Mais il y a aussi de bonnes nouvelles :

La demande de rédacteurs freelance a explosé ces dernières années ; Celui qui veut gagner plus le pourra très certainement ; Internet est le nouveau créneau à investir ; Les entreprises externalisent de plus en plus leur production éditoriale (d’où une demande accrue) ; La technologie, une fois maîtrisée, vous permet d’être plus productif.

Alors, si vous vous sentez attiré par l’expérience de la vie de freelance et que l’écriture — sous toutes ses formes — est une activité qui vous plaît, pourquoi ne pas tenter cette voie ? Le livre de Robert W. Bly vous donnera une foule de bons plans pour développer votre affaire sur de bonnes bases. La preuve par 17 !

  1. Introduction 1.1. Y a-t-il un nombre à six chiffres dans votre futur ? Robert W. Bly ne pense pas que la chose soit si compliquée. Pour lui, ni génie, ni même excellence absolue ne sont indispensables. Certes, il faut bien faire son travail et être raisonnablement intelligent, mais c’est donc tout à fait à la portée de la plupart d’entre nous. Trois éléments essentiels sont requis :

Une attitude humble, mais fière, à l’égard de son travail. Ce n’est peut-être pas de la littérature, mais il y a de la joie et de la dignité à écrire pour les entreprises. Du dévouement, car vous allez passer du temps à écrire et si vous ne mettez aucun enthousiasme à cette tâche, cela se ressentira dans vos écrits (et donc sur vos revenus). Une approche orientée business, autrement dit un goût pour les affaires et la vente, car la recherche de prospects et la gestion d’un portefeuille de clients font partie intégrante de ce métier.

1.2. L’affreuse vérité sur l’écriture freelance « traditionnelle » L’écrivain indépendant débutant pense souvent qu’il gagnera sa vie en écrivant des livres et des articles (en s'orientant soit dans une carrière littéraire, soit vers le, journalisme, voire le journalisme web). Or, ce type de production rapporte en vérité assez peu ou, du moins, nécessite de longs efforts avant d'être rentable. Par ailleurs, beaucoup écrivains tendent à tomber trop rapidement dans une mentalité de la pauvreté. « La première étape pour gagner beaucoup d’argent comme écrivain freelance est d’éviter la “mentalité du pauvre” que tant d’écrivains ont. C’est-à-dire la croyance que (a) les écrivains freelances gagnent vraiment très peu d’argent ; (b) qu’ils méritent de gagner peu ; (c) qu’il est impossible de se faire beaucoup d’argent en tant qu’écrivain freelance à moins de frapper un grand coup avec un bestseller ou un scénario de film ; et (d) que donc, vous ne gagnerez pas beaucoup d’argent en tant qu’écrivain freelance. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 4) Au contraire, Robert W. Bly invite le rédacteur novice à avoir confiance en soi et à considérer qu’il peut et mérite de bien gagner sa vie grâce à l’écriture. Il donne, pour ce faire, quelques exemples venus des États-Unis. 1.3. Un nouveau type de travail indépendant : l’écriture à haut profit Cette façon de gagner sa vie par l’écriture passe par l’écriture commerciale, c’est-à-dire l’écriture pour de petites et grandes entreprises. Ne cherchez donc plus du côté des magazines, journaux et éditeurs de romans. Au terme d'écriture commerciale (ou copywriting), l’auteur préfère le terme d’écriture à haut profit. Voici comment il la définit : « L’écriture à haut profit est un travail réalisé pour un client qui va utiliser votre texte pour des objectifs commerciaux. L’écrit peut être utilisé pour motiver, éduquer, informer ou persuader. La plupart des écrits commerciaux sont créés pour vendre ou aider quelqu’un à vendre un produit ou un service. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 5) Bien des types d’écrits sont concernés (voir le chapitre 4) ! Et bien des institutions pourront faire appel à vous également (en effet, vos clients ne se limitent pas nécessairement aux entreprises stricto sensu, voir le chapitre 6 pour plus de détail). 1.4. Les pour et les contre de l’écriture commerciale en freelance Voici les avantages mis en avant par Robert W. Bly :

Vous gagnez plus d’argent que dans l’écriture traditionnelle ; L’écriture commerciale a de beaux jours devant elle ; Il y a une grande variété de contenus à écrire ; Il y a une forte demande de la part des grandes et petites entreprises ; Le niveau de professionnalisme est élevé et la relation client-écrivain est souvent de qualité ; Il existe peu, voire pas du tout d’impayés ; On vous donne des idées pour écrire ; Vous recevez, en même temps que l’argent, une dignité nouvelle liée à votre activité d’écrivain ; Vous êtes capable de trouver par vous-même des personnes avec qui travailler, sans avoir besoin de les attendre.

Voici maintenant les inconvénients qui sont pointés du doigt par l’auteur :

Vous ne signez pas, vous n’êtes donc pas l’auteur reconnu des textes, mais c’est le client (la plupart du temps) qui l’est ; Le style d’écriture commerciale peut ennuyer ceux qui ont des ambitions littéraires ; Les idées ne viennent pas de vous, mais de l’entreprise (votre créativité intervient surtout au niveau de la mise en forme du texte lui-même) ; La forme finale du texte dépend de l’entreprise ; Les paiements peuvent tarder quelque peu à arriver, mais ils arrivent ; Il se peut qu’il y ait des conflits entre un client et un écrivain au sujet du travail ou du texte lui-même ; Lorsque le travail s’accumule, cela peut générer du stress ; Vous êtes un homme ou une femme à tout faire dans votre propre entreprise — vous travaillez majoritairement seul et êtes sur tous les fronts ; Le travail est sédentaire, ce qui peut générer des soucis de santé à ne pas négliger.

  1. Trucs pour débutants : comment commencer 2.1. Les clients engageront-ils des écrivains indépendants débutants ? Les clients sont très variés (dans leurs demandes, leurs attentes, leurs perceptions, etc.). Il n’est donc pas impossible que, même sans expérience, vous arriviez à décrocher quelques contrats. Voici quelques caractéristiques que Robert W. Bly a tirées de sa propre expérience :

L’intérêt d’un tiers des clients se focalise sur la fiabilité, la capacité, le budget et les dates limites — avant même de consulter le portfolio, qu’ils demandent par routine. Si vous parvenez à les convaincre des points précédents, c’est gagné ; Un client qui demande sans fin des échantillons de vos textes n’est pas à la recherche d’un véritable rédacteur, mais d’un contenu qu’il pourrait copier (vous en trouverez également un bon tiers qui agissent ainsi) ; Un autre tiers des clients sait qui vous êtes parce qu’il a entendu parler de vous en bien par d’autres personnes (amis, famille, relations, etc.). Il est donc facile de se faire embaucher dans ce cas.

Peut-être qu’au départ, ce seront des entreprises avec de petits budgets qui feront appel à vous. Mais c’est un début ! Il y a suffisamment d’entreprises dans le monde pour tirer son épingle du jeu. 2.2. Vous n’êtes peut-être pas si inexpérimenté que vous ne le pensez Par ailleurs, vous dévalorisez peut-être sans le savoir votre expérience. N’avez-vous vraiment jamais écrit ? Certes, vous n’étiez sans doute pas écrivain professionnel, mais que faisiez-vous ? Bien des métiers impliquent la rédaction de textes. Peut-être avez-vous eu à écrire des :

Lettres d’affaires ; Rapports, mémos, emails, etc. ; Articles publiés ou non, etc.

Ne laissez pas ces écrits au grenier ; exploitez-les. Seul conseil supplémentaire de l’auteur : « La seule chose que je ne montrerais définitivement pas à un client commercial, ce sont les histoires courtes non publiées, les romans, les pièces de théâtre et les poèmes. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 18) 2.3. Si vous n’avez aucune expérience, sortez et apprenez Comment faire ? Plusieurs solutions s’offrent à vous :

Travailler comme bénévole pour des ONGs (vous pourrez rédiger des newsletters, par exemple) ; Collaborer autour de vous, dans votre communauté ou les associations de quartier que vous fréquentez ; Écrire des articles pour des journaux commerciaux liés à votre spécialité (et qui peuvent vous faire connaître auprès de potentiels clients) ; Proposer de l’aide à vos amis qui ont de petites entreprises.

Vous pouvez aussi retaper au propre des travaux réalisés pour vous-même ou dans le cadre du travail. Faites cela correctement et dites à votre client de quel type de texte il s’agit, s’il le demande. Vous pouvez aussi vous amuser à retravailler des textes (ou des publicités) existants pour les rendre meilleurs et les montrer à des prospects. 2.4. Construire votre portfolio Vous commencez à assembler tous les textes que vous avez écrits au cours de votre carrière (avant et après votre reconversion). En fait, vous n’aurez sans doute pas besoin de beaucoup d’échantillons, seulement les plus signifiants. Lorsque quelqu’un vous en demande, vous pourrez la plupart du temps vous contenter d’envoyer vos trois ou quatre textes les plus pertinents. S’il vous connaît déjà, peut-être vous ne le demandera-t-il même pas ! Néanmoins, c’est important de construire son portfolio, au cas où. Si vous êtes un vrai débutant, reportez-vous au point précédent. 2.5. Comment trouver votre premier client ? Le conseil de Robert W. Bly est simple : « Par tous les moyens, concentrez vos efforts commerciaux initiaux dans les domaines pour lesquels vous avez un fort intérêt, une aptitude, des connexions, ou quelque expérience préalable. Pour un rédacteur débutant, c’est le meilleur endroit où commencer. Après tout, si vous avez un intérêt important, vous serez plus enthousiaste, et lorsque celui-ci se verra dans vos écrits (comme il le fera invariablement), le client le remarquera et l’appréciera. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 22) Mais attention, ne soyez pas non plus trop restrictif : par exemple, si vous avez travaillé (ou avez un intérêt) pour la santé et en particulier pour le cancer, évitez d’être trop précis et contentez-vous de mentionner les thématiques de santé. 2.6. Comment répondre à un prospect qui demande : « Qui sont vos clients ? » Utilisez les finesses du langage pour dire ce que vous avez fait par le passé : vous devez dire la vérité, mais vous pouvez néanmoins élargir le concept de « client » à toutes les expériences que vous avez eues par le passé. Vous avez écrit bénévolement un article ? Dites où ou pour qui. Bref : ne mentez pas, mais ne rejetez aucune de vos expériences ! 2.7. Ayez quelques noms importants dans votre liste de clients aussi tôt que vous le pourrez Il est vrai que les beaux noms attirent et retiennent l’attention. Dès que vous aurez un peu d’expérience, tentez de démarcher de grands noms dans votre domaine (ou au-delà). Même si le travail que vous y réalisez n’est pas de grande envergure, insérez ce nom important dans votre liste de clients/expériences. 2.8. Devriez-vous travailler gratuitement pour un client ? Parfois, vous pouvez écrire en proposant de vous faire payer si et seulement si le client est satisfait. Cela peut être une manière de le mettre en confiance et d’obtenir un premier contrat. Les prospects le demandent d’ailleurs de temps en temps. Si cela ne vous plaît pas, vous pouvez demander une « taxe de mort » (kill fee) : en cas de rejet, vous empocherez tout de même 10 % (par exemple) du prix total du texte. Si le client n’est pas d’accord, tournez les talons. Cela ne doit pas devenir une habitude, surtout si vous commencez à avoir une réputation que vous pouvez exhiber. 2.9. Créer vos premiers matériaux de marketing : considérations spécifiques pour débutants Un rédacteur débutant n’indiquera pas les mêmes données qu’un rédacteur expérimenté (qui pourra mettre en avant toute son expérience, ses clients, ses résultats, etc.). Pour avoir une visibilité commerciale, communiquez autour de :

Qui vous êtes ; Vos crédits (tout ce qui concerne votre travail avant la reconversion, par exemple) ; Vos capacités ; Les services que vous rendez ; Les types de projets que vous pouvez gérer ; Vos clients (ou expériences) ; Les bénéfices de faire appel à vous ; Votre valeur ajoutée par rapport à la concurrence ; Votre confiance en vous.

2.10. Mettez-vous sur votre 31 Vous n’êtes pas obligé de dire que vous êtes un débutant ! Soyez plutôt prêt directement à affirmer votre expérience préalable. Projetez la confiance et l’estime de soi. 2.11. Caractéristiques de l’entrepreneur à succès travaillant à la maison C’est sûr, pour devenir rédacteur freelance, il faut tout de même apprécier la solitude. De façon générale, les freelances :

Aiment travailler seul depuis chez eux ; Sont motivés par l’argent ; Ne sont pas intéressés aux détails du business ; Ne veulent pas superviser d’autres personnes.

2.12. Construire un petit matelas avant de sauter le pas Si vous avez la chance de pouvoir économiser, faites-le pour vous assurer une sécurité financière durant les premiers mois d’activité. Robert W. Bly suggère d’avoir entre 6 et 12 mois de revenus épargnés avant de commencer.

  1. Mettre en place votre activité d’écrivain freelance 3.1. Les neuf raisons les plus communes pour lesquelles les clients engagent des écrivains commerciaux en freelance Pour savoir comment agir et réussir à travailler avec des clients, vous devez comprendre les raisons potentielles qui les motivent à faire appel à vous. Voici une liste non exhaustive qui vous permettra de vous faire une idée.

Surmenage : l’équipe de rédacteurs de votre client ne peut absorber plus de travail. Sous-effectifs : l’entreprise ne trouve personne en interne pour effectuer le job ici et maintenant. Qualité : le travail sera mieux fait par quelqu’un d’extérieur, notamment parce qu’il est spécialisé. Résultats : le travail du rédacteur peut être contrôlé et mesuré plus facilement. Perspective nouvelle : un freelance extérieur peut apporter une expertise, un point de vue original. Incapacité : tout simplement, l’entreprise est incapable de réaliser ce travail par elle-même. Insatisfaction : vous remplacez d’autres freelances ou l’équipe interne, jugée inadéquate. Prix : vous proposez de réaliser le travail moins cher que si cela devait être réalisé en interne. Flexibilité : l’entreprise a besoin de quelqu’un tout de suite et vous acceptez aisément les conditions demandées.

Même un chirurgien a dû commencer à opérer en trouvant un patient qui lui fasse confiance, alors pourquoi ne réussiriez-vous pas à trouver votre premier client ? 3.2. Devez-vous être un spécialiste ou un généraliste ? « Mon expérience est que les spécialistes sont presque toujours mieux payés et plus demandés que les généralistes. La raison est liée à la nature des affaires en tant que freelance. Quand les entreprises engagent un rédacteur, ils ne se soucient pas tant que ça de sa formation ou de sa spécialité parce qu’ils peuvent toujours le former à leur façon d’écrire au sein de l’équipe. Ils recherchent surtout de la créativité et du talent. Mais quand les entreprises ou les agences de publicité ont besoin d’un rédacteur freelance, c’est pour un projet spécifique. Ils ne veulent pas avoir à l’entraîner […] Ils veulent un rédacteur qui soit immédiatement capable d’intervenir, de reprendre la main et de faire le job seul, sans supervision — rapidement, correctement et de façon compétente. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 39) Deux types de spécialités existent : par industrie ou par type d’écrit. Vous pouvez ainsi vous spécialiser dans les technologies de l’information et de la communication, dans la santé, dans le tourisme, dans l’écriture financière, etc., ou bien vous concentrer sur l’envoi de mails, sur les newsletters, sur le community management, sur les rapports d’entreprise ou les communiqués de presse, etc. Bien sûr, si vous n’avez pas encore de spécialité (pas de formation ou d’expérience professionnelle antérieure), il est tout à fait acceptable de commencer comme généraliste, et de se faire la main doucement. Certains domaines, certains contenus vous intéresseront plus que d’autres. Par ailleurs, il n’est pas recommandé de rejeter systématiquement les occasions qui pourraient s’offrir à vous, même en dehors de votre champ d’expertise. La diversification de vos activités peut vous apporter une nouveauté bienvenue dans vos activités et vous aider à repousser les limites de votre créativité. 3.3. Construire votre portfolio et un dossier d’échantillons Gardez vos textes, classez-les par spécialités. Envoyez les plus pertinents au client (par industrie ou par type de texte). Créez-vous progressivement une bibliothèque d’échantillons que vous pourrez sélectionner de façon opportune. Aujourd’hui, une version numérique du portfolio suffit amplement. Si — par miracle — on vous demande des documents écrits, envoyez des copies, car vous ne reverrez sans doute pas les documents. 3.4. Aménager votre bureau « Plus de 90 pour cent des rédacteurs commerciaux freelances que je connais travaillent à la maison. Ils le font pour d’évidentes raisons : quand vous travaillez à la maison, vous ne payez pas de location de bureau, vous avez un trajet de moins de 60 secondes et votre travail est toujours à portée de main, dès que vous avez envie de le faire. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 47) Toutefois, il peut être bon de travailler en dehors de la maison. C’est d’ailleurs ce que préfère faire Robert W. Bly. Pourquoi ? Car il est hors de toute distraction possible : les enfants, le ménage, la TV, etc. Il s’oblige ainsi à être focalisé sur son travail et il a, par ailleurs, plus de place pour organiser ses affaires. Dès lors, un conseil : pour bien travailler à la maison, assurez-vous d’avoir un bureau fermé aux distractions, avec tout le matériel électronique nécessaire, dans lequel vous pourrez travailler à l’aise et de façon complètement professionnelle. 3.5. Ordinateurs Cela va sans dire : aujourd’hui, l’achat d’un ordinateur est absolument incompressible. C’est votre outil de travail principal. Assurez-vous de vous procurer le meilleur que vous puissiez, car vous ne voulez sans doute pas devoir en changer dans quelques mois. Vous voulez un dispositif performant en matière de mémoire, de processeur, de disque dur, etc. Pensez aussi aux à-côtés : l’imprimante, le scanneur, le fax (sans doute moins utile aujourd’hui). Bien sûr, soignez aussi particulièrement le choix de votre logiciel de traitement de texte et de votre fournisseur d’accès à internet. 3.6. Créer une bibliothèque de référence En fonction de votre spécialité, créez-vous une bibliothèque de livres et de ressources en ligne pour pouvoir travailler plus efficacement en ayant toutes les informations nécessaires ou utiles à portée de main. Assurez-vous que celle-ci soit à jour (surtout dans certaines spécialités comme le droit ou la santé). Si vous travaillez pour plusieurs domaines ou sous-spécialités, organisez votre bibliothèque pour avoir un accès facile à toutes ces données. Gardez aussi sous la main les contenus que vous avez déjà rédigés pour vos clients, ainsi que toutes les informations qui proviennent de leur entreprise (brochures, etc.). 4. Les tâches d’un écrivain commercial freelance Voici les tâches que vous pourriez être amené à réaliser en tant que rédacteur commercial indépendant. Les données chiffrées fournies par Robert W. Bly sont liées aux États-Unis et ne sont donc pas très pertinentes dans le cadre francophone contemporain. Quoi qu’il en soit, prenez le temps de prendre connaissance des types d’écrits qui vous conviennent le mieux et chercher à connaître ce que vous pourriez gagner pour réaliser ce type de prestation.

Publicité : écrire des textes publicitaires. Publireportages : un article publicitaire (plus long qu’une simple publicité). Rapports annuels : une démonstration des réalisations d’une entreprise sur un an. Livres : soit pour la publicité d’une entreprise, soit d’une célébrité. Livrets : plus courts, ils exposent les avantages d’un produit ou d’un service. Brochures : le flyer typique que vous trouvez dans chaque magasin ou hôtel, par exemple. Business plans : le projet détaillé d’une affaire en cours de création. Histoires à succès : écrire la success-story d’un produit ou d’un service. Catalogues : le détail des produits d’une entreprise. Emails commerciaux : pour attirer de nouveaux clients, notamment. Reportages publicitaires pour la télévision. Packaging pour les produits qui se retrouvent dans le commerce. Pages de vente pour les sites internet. Manuels : explications techniques pour les produits ou services. Présentations multimédias : conférences, PowerPoint, etc.

La liste est encore longue ! Et je dirais même qu’elle s’allonge de jour en jour. Rédacteur publicitaire de la vieille école, Robert W. Bly n’en parle pas, mais les rédacteurs professionnels peuvent aujourd’hui rédiger des scripts de podcasts ou de vidéos YouTube, des sous-titres, etc. Et, bien sûr (l’auteur le cite à la fin de sa liste), des contenus pour les sites internet ! La rédaction web freelance a de beaux jours devant elle. 5. Établir vos prix 5.1. Forfait ou paiement à l’heure Beaucoup de rédacteurs proposent des forfaits, alors que cela semble de prime abord moins avantageux pour eux. En effet, ce sont eux qui assument le risque d’un dépassement horaire et donc d’une perte de revenus. Toutefois, le rédacteur intelligent est capable de savoir ce que le client est prêt à payer pour un service (par exemple, la rédaction d’une brochure) et il sait aussi évaluer avec justesse le temps que cela va lui prendre. Il peut donc ajuster son forfait sans avoir à annoncer son taux horaire (que le client n’accepterait peut-être pas) ou le temps qu’il va prendre pour réaliser la tâche. Pour ces raisons, le forfait est donc préférable. « Les gens comprennent qu’un unique prix est lié à un unique produit, ce qui est l’une des manières les plus répandues dans le monde de vendre quelque chose. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 77) 5.2. Est-ce qu’un horaire à l’heure a du sens ? Parfois, cela peut avoir un intérêt. Dans quelles situations ? Voici une liste indicative.

Vous êtes l’expert reconnu de votre profession : vous pouvez exiger le prix que vous voulez. Vous ne pouvez pas estimer correctement la durée du travail : il vaut donc mieux être prudent. Un projet trop petit (correction, relecture d’une page, etc.) : le client préfèrera sans doute un taux horaire. Autres tâches que l’écrit : vous pouvez alors proposer un tarif horaire qui vous semple pertinent, en fonction de vos compétences.

5.3. Déterminer votre taux horaire « Tout le monde devrait avoir un taux horaire. Les écrivains qui se font payer à l’heure ont besoin d’établir ce qu’ils vont facturer à leur client. Mais même les rédacteurs qui se font payer au projet ont besoin d’un taux horaire. Si vous facturez au projet, l’estimation de votre projet sera basée sur la multiplication du nombre d’heures que le travail vous prendra par le taux horaire que vous voulez gagner. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 79) Robert W. Bly propose un calcul sur base de votre travail salarié, s’il est relativement similaire à celui que vous ferez en tant que freelance. En l’occurrence, vous divisez votre salaire annuel par 2 080. Pour obtenir un taux horaire minimum en tant qu’indépendant, vous devrez multiplier le résultat de ce premier calcul par 2,5 minimum (afin de prendre en compte les charges). Vous obtiendrez ainsi un point de départ : c’est-à-dire le taux horaire minimum acceptable pour n’importe quel travail. Regardez ensuite ce que propose la concurrence et évaluez votre propre niveau d’expertise (êtes-vous un débutant ou non, etc.). Par ailleurs, restez à l’affût des réactions de vos clients ; avec ces différents indicateurs, vous parviendrez à ajuster votre taux horaire et à décider du prix de vos prestations. 5.4. Comment établir vos prix de forfait Suivez à peu près la même logique : instruisez-vous auprès de vos concurrents/collègues. Voyez si cela correspond au calcul que vous avez réalisé sur base de votre taux horaire. N’oubliez pas d’estimer l’ensemble du projet, et pas seulement l’écriture : recherche, édition, écriture et relecture. 5.5. Quatre facteurs qui affectent le prix En résumé, quels sont les principaux facteurs à avoir bien à l’esprit lorsque vous décidez de vos prix ?

Votre statut: déterminez avec honnêteté à quel niveau vous en êtes dans le métier (sans expérience, novice, expérimenté, etc.). Le taux en vigueur pour ce type de service: ce que les clients sont généralement prêts à payer. Les prix proposés par vos compétiteurs: quelles sont les pratiques de vos collègues ? Le besoin financier: avez-vous besoin (ou envie) de vous engager dans ce business ?

Si vous ne souhaitez pas particulièrement travailler dans un domaine ou sur un type de produit, ou bien que vous êtes déjà débordé et à l’aise financièrement, n’hésitez pas à facturer plus cher. En fait, cela vous permet de faire naturellement le tri et de laisser tomber les projets les moins intéressants sans regret. Par ailleurs, en tant que débutant, apprenez à ne pas vous sous-estimer de façon trop évidente. Vous pourriez être surpris de ce que les clients sont capables de payer ! 5.7. Conditions de vente Il est indispensable d’envoyer un document de la sorte, au moins après avoir convenu du prix. C’est à vous de décider comment vous souhaitez être payé, combien de relectures vous acceptez, etc., mais aussi ce que vous promettez à votre client et intégrez dans le prix. Cela doit impérativement être clarifié afin d’éviter les conflits et les pertes de temps. Donc, même si cela n’est pas toujours évident à présenter au client, il est nécessaire d’en passer par là. En tant que vendeur, vous êtes responsable. 5.8. Présenter votre grille tarifaire à vos futurs clients « Une fois que j’ai déterminé si je souhaite travailler avec un client potentiel, la prochaine étape est de lui dire que je lui enverrai les informations détaillées concernant mes services. Le matériel que j’envoie inclut une page avec les prix et les termes généraux de la vente. Je garde aussi une grille tarifaire en version PDF que je peux envoyer au client s’il veut la consulter tout de suite. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 91) Vous avez une marge de manœuvre sur votre grille tarifaire si vous indiquez, plutôt qu’un prix unique, une fourchette de prix. Cela vous permettra de calculer le prix de chaque projet spécifique au sein de cette fourchette, afin de correspondre à la difficulté du travail à réaliser. Vous pouvez ainsi présenter votre grille comme un support pour l’estimation de la prestation. 5.9. Devis et négociation d’honoraires Demeurez flexible, malgré votre grille tarifaire. Réfléchissez-bien à l’utilité de cette mission pour votre carrière ou à son intérêt financier. Pensez, par exemple, à proposer des réductions si vous souhaitez obtenir un projet. Surtout, résistez à la tentation de vous faire sous-payer, surtout lorsque vous êtes débutant. 5.10. Devez-vous accorder des crédits ? C’est une pratique courante chez les freelances, puisque vous êtes payés après la réalisation du travail. Vous pouvez demander une partie du paiement en avance (en proposant par exemple des solutions via PayPal ou cartes de crédit). Dans tous les cas, vous courrez le risque de ne pas être payé en totalité. Pour minimiser ce risque, la meilleure protection consiste à avoir un document avec des conditions de vente claires, signées par le client.

  1. Trouver vos marchés 6.1. Grandes entreprises Ce sont les plus grands employeurs de rédacteurs commerciaux : banques, assurances, entreprises textiles ou tout autre type d’organisation. Ils ont constamment besoin de communiquer vers l’extérieur (publicité, notamment) et vers l’intérieur (rapports internes, mémos, etc.). Pour les plus grandes entreprises, vous veillerez à contacter en priorité le directeur de la publicité, le directeur des relations publiques, par exemple. 6.2. Petites entreprises Pour les moyennes et petites entreprises, vous pouvez contacter directement le patron ou le directeur général, ou le cas échéant le directeur du marketing. Les plus petites entreprises ont généralement un budget moins élevé, mais le défi à relever peut aussi être plus intéressant, et vous êtes en contact plus direct avec le projet de la société pour laquelle vous travaillez. Du coup, leurs responsables vous demanderont peut-être d’intervenir sur plusieurs tâches. 6.3. Agences de publicité Les freelances y sont souvent demandés pour des missions liées à l’écriture de spots télé, de brochures, etc. Il y a, ici aussi, des grosses et des petites entités. Les plus petites agences risquent de vous payer plus tardivement, puisqu’elles attendent elles-mêmes d’être payées par leur client et n’ont pas de cash-flow. Quelles sont les différences entre travailler pour un client direct et une agence de publicité ? Robert W. Bly fait part de quelques observations issues de son expérience.

Plus de pression au niveau des dates limites ; Plus d’allers-retours (relecture, etc.) ; Davantage de variété dans les tâches proposées ; Moins bien payé (mais gestion du contact avec le client) ; Votre travail est intégré dans un ensemble et mieux présenté (design, etc.).

6.4. Autres clients potentiels Voici une série de clients potentiels à prospecter lorsque vous vous lancez dans la rédaction commerciale freelance (sur internet ou non).

Sociétés de relations publiques Associations Producteurs multimédias, agences audiovisuelles Studios d’art de design graphique Agences gouvernementales Organisations sans but lucratif Sites de freelance en ligne Et on pourrait ajouter à cette liste les blogueurs professionnels et autres entrepreneurs du web, que Robert W. Bly ne mentionne pas !

Selon le pays ou la région dans laquelle vous exercez, vous pouvez repérer les prospects intéressants et — si vous faites bien les choses — commencer à générer des ventes ! 7. Prospecter : générer des ventes 7.1. Appel à froid C’est sans doute la solution la plus old school (à moins d’aller frapper à la porte de chaque prospect !). « Quand vous sonnez un appel à froid à un prospect, ne lui faites pas un argumentaire de vente. Posez-lui plutôt une série de questions qui vont le qualifier comme un preneur de décision et mettez en place les prochaines étapes du processus de vente. C’est comme cela que ça marche. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 113) 7.2. Témoignages Demandez aux clients satisfaits de vous laisser un témoignage. Vous pourrez utiliser celui-ci dans vos communications ultérieures. Vous pouvez commencer par écrire rapidement au client pour lui demander s’il a apprécié le service et s’il ne manque de rien. S’il vous répond positivement, vous pouvez lui demander si vous pouvez utiliser ce témoignage pour vos publicités futures. 7.3. La lettre directe À l’heure d’internet, ce moyen est aujourd’hui dépassé (voir point 7,7.). 7.4. Publicité Vous pouvez investir dans des publicités dans des magazines spécialisés ou des journaux qui sont liés à votre domaine de spécialité (si vous en avez un). Une technique particulièrement utilisée aujourd’hui est aussi de payer pour apparaître en haut des résultats d’un moteur de recherche (tel que Google) : cela s’appelle le SEA (search engine advertising). 7.5. Réseautage C’est aussi l’une des plus vieilles — et même plus antique encore — manières de faire de la publicité : le bouche-à-oreille et la mise en lien interpersonnelle. Vous connaissez quelqu’un qui connaît quelqu’un, qui… Et vous avez peut-être trouvé une nouvelle mission ! Ces dernières années, Facebook a permis d’étendre ce système de réseautage. 7.6. Avantages Premium Vous offrez un cadeau à vos prospects et à vos clients. « L’utilité de donner des avantages premium est double : premièrement, pour créer de la bonne volonté en donnant un cadeau à quelqu’un, quel que soit le prix de celui-ci ; deuxièmement, pour servir de rappel constant de vous et de vos services. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 129) 7.8. Ligne téléphonique dédiée (hotline) Vous donnez une information gratuite sur vos services à vos prospects et à vos clients. Cela les amène à vous s’ils ont une question, et peut les inciter — si la réponse fournie est de qualité — à passer à l’action. 7.9. Brochures de vente Un autre classique du marketing. 7.10. Garder la trace des prospects Créez un fichier avec le maximum d’informations sur les prospects qui sont venues jusqu’à vous et vous ont demandé des informations. Vous pouvez utiliser un logiciel pour conserver ces données et relancer les personnes. 7.11. Groupes de discussion en ligne et forums Vous profitez des forums pour vous faire connaître en proposant des informations de qualité et en répondant aux questions des personnes qui y viennent pour trouver une réponse à une question. 7.12. Marketing par email Rappelez de temps en temps aux prospects (de votre liste) que vous pensez toujours à eux. En plus, vous pouvez créer une newsletter qui reprend des informations importantes sur vos services. Vous voulez en savoir plus ? Rendez-vous au chapitre 10 ! 7.13. Site internet C’est aujourd’hui l’une des façades les plus intéressantes pour un rédacteur professionnel. On en reparle au chapitre 9 ! 7.14. Penser en dehors des cadres « Si l’inspiration vous prend et que vous avez une idée formidable, essayez-là ! Trop souvent, nous conservons des idées pour après, puis nous perdons l’intérêt ou l’enthousiasme. Essayez quelque chose de nouveau de temps en temps si cela peut être testé à un coût raisonnable. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 141)

  1. Autopromotion : construire sa réputation et sa visibilité Il existe d’autres moyens de gagner en visibilité. Ce sont des moyens plus doux qui ne mettent pas directement en avant le côté promotionnel, mais qui permettent de vous construire une réputation et donc un portefeuille de clients plus important. 8.1. Articles Vous pouvez écrire sur un sujet que vous maîtrisez, par exemple dans une revue spécialisée dans votre champ d’expertise, que liront de potentiels prospects. 8.2. Lettre ouverte ou réponse Vous pouvez également répondre à un article paru dans l’une de ces revues et ainsi obtenir une tribune pour donner votre opinion et montrer votre savoir-faire. 8.3. Conférences et prises de parole en public Une autre solution consiste à devenir conférencier. Beaucoup d’auteurs utilisent ce moyen afin de diffuser et partager leurs connaissances, tout en se faisant reconnaître comme expert de leur discipline. 8.4. Enseignement Cela peut aller de pair avec le précédent. En montrant que vous savez enseigner à des étudiants, par exemple au niveau universitaire, vous démontrez implicitement que vous connaissez ce dont vous parlez et que des institutions vous font confiance. 8.5. Séminaires Une autre proposition de Robert W. Bly concerne les séminaires. Aujourd’hui, on peut penser aux nombreux séminaires dont la promotion est réalisée sur LinkedIn ou d’autres réseaux sociaux. Il s’agit souvent de freelances qui s’associent et discutent d’un thème au croisement de leurs disciplines, thématiques de prédilection, etc. Grâce à YouTube et d’autres canaux de distribution vidéo, ce type de production devient de plus en plus facile à publier. 8.6. Livret gratuit Offrez un livre à vos prospects : nous avons vu ce point au chapitre précédent. N’y faites pas votre promotion ; révélez juste des informations intéressantes que d’autres pourront utiliser (vos collègues, des clients, etc.). Le partage est l’une des voies vers la reconnaissance. À l’heure des blogs et des sites internet, pensez à offrir un ebook à ceux qui arrivent sur votre page d’accueil ! 8.7. Newsletters « Des newsletters autopubliées, régulièrement envoyées, sont un moyen puissant de construire votre réputation et la conscience de votre nom auprès d’une audience sélectionnée (les personnes recevant votre bulletin d’informations) sur une période étendue. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 157) Grâce à internet, vous pouvez maintenant envoyer facilement ces lettres, à une fréquence régulière, sans devoir les imprimer et les poster.

  2. Créer un site web pour son activité d’écrivain freelance 9.1. 7 étapes pour créer un site web efficace Voici les principaux éléments à ne pas manquer lorsque vous décidez de créer un site web professionnel :

Enregistrez un nom de domaine : privilégiez votre propre nom à quelque chose de générique. Créez le site pour qu’il s’occupe des besoins et des intérêts de vos prospects : convaincre, tel est le but. Organisez le site pour que l’information s’y trouve facilement : vous ne voulez pas perdre votre futur client dans les méandres d’un site mal ficelé. Demandez-vous ce qu’un client pourrait vous demander avant de vous engager et rendez-le disponible sur votre site internet : créez par exemple des onglets en fonction du type de client. Faites de votre portfolio la partie la plus importante de votre site : en proposant des onglets par types de texte, par exemple. Si vous avez écrit des articles, permettez aux internautes de les lire et de les télécharger : transparence et valeur ajoutée ! Ayez une page avec des images et des descriptions des livres que vous avez écrits : si c’est le cas, bien sûr.

9.2. Principales sections de votre site web Voici, selon Robert W. Bly, les principaux éléments à intégrer dans votre futur site web professionnel :

Une page d’accueil ; Un formulaire d’inscription (à votre newsletter) ; Un accord de confidentialité (stipulant que vous ne partagez pas les adresses mail reçues avec d’autres entreprises) ; Une description de vos services ; Le portfolio ; Une courte biographie ; La liste de vos clients ; Des témoignages ; Des articles ou des livres ; Un formulaire de contact ; Une FAQ ; Des liens externes.

9.3. Mise en route de votre site web Voici maintenant les principales étapes à suivre (vous pouvez ici vous faire aider) pour mettre en route, concrètement, votre site web :

Enregistrer le nom du domaine ; Créer l’architecture du site ; Écrire le contenu ; Créer le design du site ; S’assurer que le site est bien hébergé ; Nommer un administrateur de site.

9.4. Devez-vous avoir un blog sur votre site web ? « Comment un blog vous fait gagner de l’argent à vous, rédacteur ? En vous aidant à augmenter votre visibilité sur internet. L’espoir est que certaines personnes lisant votre blog seront de potentiels clients — et que ce qu’ils lisent les impressionne suffisamment pour les convaincre de vous engager sur un projet d’écriture. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 177) Vous pouvez mettre en place un blog professionnel relativement facilement. Incluez un flux RSS auquel les internautes pourront s’abonner afin de recevoir régulièrement vos nouveaux articles. Les moteurs de recherche tels que Google aiment les blogs et ils sont bons pour le SEO (search engine optimization), pour peu que les articles soient optimisés. Évitez de partir dans tous les sens : votre blog doit avoir une thématique précise et s’y tenir. Donnez des informations utiles ou des infos de dernière minute sur votre sujet. Vous pouvez collecter également des entretiens avec des collègues ou des personnes intéressantes, etc., ou donnez votre opinion informée sur telle problématique… 10. Écrire et publier votre propre webzine Le webzine est l’autre nom de votre newsletter, mais qui pourra être, éventuellement, un peu plus long que cette dernière. Il vise à faire de l’autopromotion tout en apportant des informations et de la valeur ajoutée à vos prospects ou clients. Tous les mois, vous leur envoyez un magazine en ligne rempli de bons plans ! 10.1. Offres d’affiliation Le principe est simple : vous partagez une publicité d’une autre marque sur votre propre site web ou, comme le propose ici Robert W. Bly, dans votre webzine. Si l’un de vos prospects ou clients clique sur le lien et passe à l’action, vous recevez une partie du produit de la vente (entre 15 et 50 %, selon l’enseigne). L’avantage, c’est qu’il s’agit d’un revenu passif (vous n’avez pas à agir ou à produire grand-chose pour gagner cet argent). Mais attention à ne pas en abuser. Vos abonnés vous le feront vite savoir, soit par des plaintes, soit en se désabonnant de votre liste. Or, ce n’est pas ce que vous voulez. 10.2. Écrire et mettre en page votre webzine Voici les conseils de l’auteur pour créer votre webzine :

Utilisez un format texte plutôt que HTML, cela est plus simple à prendre en main ; Programmez votre publication une fois par mois ; N’en faites pas trop, avec cinq ou six articles d’une minute de lecture chacun, cela suffit ; Optez pour la formule 80 % de contenu original et 20 % de promotion de produits et services ; Écrivez sur des choses relevant de votre spécialité (en tant qu’écrivain ou dans un domaine précis) ; Sollicitez les réactions de vos abonnés, ils vous aideront volontiers ; Choisissez bien le titre de votre email ; Variez vos articles et leurs titres pour créer l’intérêt et la diversité ; Créez une brève description du contenu de votre webzine (une phrase) au début du texte ; Donnez la possibilité à vos abonnés de se désabonner facilement et dites-le ; Proposez à vos abonnés de partager le webzine avec leurs amis ou connaissances ; Incluez éventuellement une courte présentation de vous et de vos services.

10.3. Qu’écrire dans votre webzine ? Répétons-le : des informations sur votre domaine de spécialité. Si vous êtes rédacteur web, parlez SEO et langage HTML, par exemple. Si vous êtes spécialisé dans la rédaction touristique, trouvez des informations pertinentes qui concernent à la fois le tourisme et la rédaction. Quoi d’autre ? Voici une nouvelle liste, totalement indicative, de ce que vous pourriez inclure dans votre webzine des :

Réponses/commentaires de vos abonnés ; Annonces de vos prochaines conférences ; Projets récents que vous avez finalisés ou auxquels vous avez participé ; Magasins que vous recommandez et des ressources que vous utilisez ; Sites web que vous aimez et qui pourraient intéresser vos abonnés ; Recensions d’ouvrages pertinents pour votre domaine de prédilection ; Nouvelles de votre domaine ; Publications personnelles (un nouveau livre ou un nouvel article récemment sorti) ; Citations inspirantes.

  1. Clôturer la vente Il n’y a pas de chemin unique pour arriver à réaliser une vente. Certains préfèrent se rencontrer, d’autres préfèrent envoyer des emails et puis téléphoner, ou simplement utiliser leur site internet et les réseaux sociaux : c’est à vous de voir. 11.1. Suivi Toutefois, un programme de mails réguliers aux prospects (avec ou sans téléphone) est une bonne manière de donner l’occasion à vos prospects de se souvenir de vous. Bien sûr, en tant que freelance solitaire, vous n’avez pas nécessairement beaucoup de temps à dédier à cette tâche. C’est pourquoi Robert W. Bly vous donne trois moyens de rendre ce suivi plus efficace.

Planifiez et programmez vos emails ou autres modes d’approche ; À défaut de planification poussée, envoyez des nouvelles à certains de vos prospects quand vous avez une actualité chaude (publication d’un livre, etc.) ; Demandez à vos prospects et clients la permission d’ajouter leur adresse email à votre liste d’abonnés afin d’automatiser le processus de suivi (ils recevront tous les mois votre newsletter/webzine).

11.2. Rencontre avec des prospects Il y a deux approches pour gérer les rencontres d’affaires : la façon conventionnelle, qui se centre sur le portfolio du rédacteur, et une approche différente, la « vente conseil ». L’approche-conseil paraît supérieure à l’auteur. Pourquoi ? Cette approche se focalise sur les besoins du prospect et non pas sur les réalisations de l’écrivain. « Expliquez-moi vos problèmes commerciaux », demandera le rédacteur orienté conseil. Ensuite, celui-ci identifiera le problème, le résumera, et proposera son aide. Agissez comme un consultant et non comme un simple exécutant ! 11.3. Établir un devis Certains projets sont simples et vous pouvez alors appliquer votre grille tarifaire. Dans d’autres cas, lorsque le projet est plus indécis ou plus complexe à chiffrer, n’hésitez pas à demander le budget prévu pour sa réalisation. « Si le budget disponible est trop petit pour le travail à réaliser, cela m’évite d’avoir à faire un devis. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 213) Bien sûr, il faut éviter d’être trop inflexible, surtout si le projet vous intéresse pour d’autres raisons. Quoi qu’il en soit, ne vous sentez pas obligé de fixer un prix dès que le client vous a donné son feu vert pour travailler avec vous. Vous pouvez lui donner une évaluation, mais lui dire que vous avez besoin d’un peu de temps pour calculer le montant et établir le devis. 11.4. Coucher l’accord sur le papier Notez le prix, la date limite et toutes les informations importantes concernant le projet et la relation professionnelle que vous allez entretenir. Cela rassure à la fois votre client et vous-même. Un contrat signé est donc la meilleure façon de travailler serein. Faites de même avec vos conditions de vente ; demandez à votre client de les signer. 11.5. Que faire si le client dit que vos prix sont trop élevés ? « Ne soyez pas trop prompt à baisser vos tarifs à la minute où le client rechigne, hésite ou se plaint du fait que les prix sont trop élevés. Si vous réduisez vos prix à ce que le client veut, celui-ci sera amené à penser que le prix initial était exagéré et vous défiera sur chaque prix que vous lui proposerez. Une meilleure façon de surpasser la résistance consiste à trouver ce que le client est prêt à dépenser, et à lui offrir un service réduit en fonction de ce budget. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 215) Plus vous aurez de l’expérience et des clients, et moins vous aurez besoin de négocier vos prix. Vous pourrez faire des exceptions pour un client, mais n’aurez plus la pression qu’à vos débuts. N’oubliez jamais que vous offrez un service professionnel et qu’il est donc justifié que vous obteniez un juste dédommagement.

  1. Gérer votre entreprise d’écrivain freelance 12.1. Planifier et terminer le travail La question « combien de temps cela vous prendra-t-il ? » est certainement la seconde question la plus récurrente après « combien ça coûte ? ». En fait, cela dépend beaucoup de votre vitesse d’écriture, ainsi que des facteurs externes qui peuvent entrer en jeu (devez-vous réaliser un entretien pour réaliser le projet ou avez-vous une autre chose importante à faire avant de vous y mettre ?). Vous pouvez créer une feuille de route avec les délais probables pour chaque mission ou annoncer une période fixe (par exemple : deux semaines, quel que soit le travail). Mais le plus important : ne manquez pas les dates limites ! 12.2. Gérer les demandes urgentes Cela dépend de votre capacité à gérer le stress. Si vous ne supportez pas l’anxiété liée à l’urgence, refusez ce type de proposition ; si, au contraire, cela vous booste, alors pourquoi pas ! Dans l’idéal, prévoyez toujours un peu de temps supplémentaire pour terminer une mission tranquillement. Ne commencez pas une relation sur la base de l’urgence, cela donnerait l’impression au client qu’il peut agir ainsi constamment. Faites-le uniquement pour des clients que vous connaissez et de façon exceptionnelle. 12.3. Respecter les dates limites Afin de ne pas accumuler du retard et de contenter vos clients sur ce point, voici quelques conseils donnés par Robert W. Bly.

Ne jamais prendre plus de travail que ce que l’on est capable de gérer ; Ne jamais charger son planning au maximum (laisser des espaces tampons) ; Garder une liste des projets en cours avec leurs dates, visible à proximité de son bureau ; Faites de même avec un calendrier électronique ou papier ; Choisir ses dates de remise pour le lundi ou le mardi (cela laisse le week-end au cas où) ; Planifier l’inattendu ; Créer des arrangements avec des collègues de confiance, en cas de survenue d’un problème.

12.4. Réviser Le plus souvent, soit le client accepte le texte tel quel soit les changements sont mineurs et il préfère s’en charger lui-même. Mais lorsqu’un désaccord sur le texte apparaît, il faut pouvoir réviser éventuellement sa production. Bien sûr, plus le changement est important, plus cela prendra du temps. « Revoir un texte requiert du travail de la part du client, et le client doit le comprendre. Le rédacteur ne peut pas produire une révision satisfaisante sans que le client lui explique, en détail, ce qui ne va pas avec le texte et quels sont les changements qu’il souhaite. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 224) Pour ce faire, vous pouvez numéroter les lignes de votre texte et demander, pour chaque ligne, quel est le problème. Aujourd’hui, vous pouvez également utiliser des logiciels de partage de documents et faire des commentaires directement en ligne. Insistez pour que ces commentaires soient précis. 12.5. Construire la relation client-rédacteur « Votre but devrait être de gagner des clients, non des missions. Bien qu’il soit toujours bon d’obtenir des missions, votre revenu augmentera plus largement lorsque vous construirez une relation stable avec des clients réguliers qui reviennent vers vous encore et encore. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 225) Pour cela, voici quelques trucs proposés par Robert W. Bly.

Cherchez des clients qui peuvent vous apporter un flux régulier de commandes ; Faites le nécessaire pour rendre ces clients satisfaits ; Construisez une relation personnelle avec eux ; Envoyez-leur des cadeaux ou des remerciements s’ils vous recommandent auprès d’autres personnes ; Participez aux activités de vos clients ; Envoyez à vos clients des copies de vos articles les plus pertinents ; Cultivez la relation avec autant de personnes de l’entreprise cliente que possible ; Ne soyez jamais discourtois, mais restez patient et amical ; Souvenez-vous que les clients ont le pouvoir de continuer ou de stopper la relation, quelle que soit la (bonne ou mauvais) raison.

12.6. Gérer son temps Pour un freelance, chaque heure compte. Réfléchissez donc attentivement à votre gestion du temps. De nouveau, l’auteur ne manque pas de bons conseils.

Organisez votre bureau avec tout ce dont vous avez besoin à proximité ; Gardez des dossiers avec vos projets en cours proches de vous ; Pensez à faire appel à une aide administrative si cela vous encombre ; Gardez à l’esprit que votre argent vient du temps passé à écrire et créer vos projets (évacuez les tâches inutiles) ; Groupez les courses et choses à faire en dehors du bureau à un moment précis de la journée ; Utilisez les logiciels et dispositifs technologiques dont vous avez besoin ; Expérimentez, testez et arrêtez une routine qui vous convient ; Évitez d’accepter trop de propositions de sortie en dehors du bureau, pour ne pas être débordé ; Fixez des priorités ; Faites des pauses quand vous êtes fatigué ; Utilisez des noms pratiques pour vos documents et organisez vos fichiers de manière efficace ; Ayez suffisamment de repos et respectez les limites de votre corps ; Ne rayez pas la vie personnelle de votre agenda, vos proches ont aussi besoin de vous.

12.7. Surmonter la panne de l’écrivain Une façon de surmonter la page blanche est de se ressourcer en travaillant sur différents projets en même temps. La diversité des tâches permet d’éviter l’épuisement et invite à la circulation des idées. Souvent, l’angoisse provient de l’idée que le travail est trop gros ou difficile à réaliser. Vous pouvez aussi le déconstruire en plus petites tâches. Dans ce cas, créez-vous un programme hebdomadaire (par exemple) pour le projet, avec un créneau horaire quotidien dédié à chaque petite tâche. Avancez pas à pas. Si c’est le manque de connaissance qui coince — par exemple si vous devez écrire sur un sujet dont vous ignorez tout, ou si c’est un nouveau type de texte que vous ne maîtrisez pas encore — profitez des conseils de vos collègues. 12.8. Facturer le client pour les services rendus Les clients privés, à la différence des magazines (qui fonctionnent à la pige), ont besoin de factures. Vous devrez créer des factures avec quelques informations essentielles (cela peut dépendre d’un pays à l’autre, renseignez-vous). Veillez à envoyer votre facture peu après la réalisation du projet. Assurez-vous que le client vous ait donné toutes les informations nécessaires ou qu’il n’ait pas d’exigences particulières que vous auriez oubliées. 12.9. Se faire payer les factures pendantes Certains clients paient plus tard que d’autres. Normalement, vous n’aurez pas de problème, mais si c’est le cas, voici ce que vous pourriez faire :

Envoyer une lettre polie au client en demandant le règlement de la facture ; Après deux semaines, renvoyer une lettre ; Si cela ne fonctionne toujours pas, essayer un appel téléphonique ; Si cela fonctionne, écrire une lettre recommandée avec les informations et l’accord conclu de vive voix ; Sans réponse, envoyer une dernière lettre formelle affirmant que des actions légales seront entreprises (par exemple, envoyer une lettre de mise en demeure).

  1. Comment s’assurer de la satisfaction de votre client ? 13.1. Rechercher Bien sûr, vos écrits doivent être pertinents : il vous faudra donc collecter l’information (lié à l’industrie, au produit ou au service, à l’entreprise, au sujet à traiter en général) dont vous avez besoin. Collectez tous les matériaux en provenance de votre client qui pourraient s’avérer utiles (présentations PowerPoint, anciennes brochures, etc.). 13.2. Poser des questions N’hésitez pas à demander lorsque vous ne trouvez pas une information dans les matériaux sources de vos clients. Prévoyez éventuellement une liste de questions à poser à votre client, concernant le produit et ses acheteurs potentiels. 13.3. Devez-vous proposer un aperçu du texte ? Vous pouvez proposer un document dans lequel vous résumer et présenter la façon dont vous allez construire le projet et rédiger le texte. Ce document peut comprendre :

Un gros titre ; Un aperçu du contenu ; Une liste exhaustive des points traités ; Un appel à l’action ; Une description de la cible ou de l’audience du texte.

13.4. Parfois, enfreindre les règles peut rapporter gros Certaines règles de rédaction, pourtant bien ancrées, peuvent parfois être enfreintes si elles apportent une plus-value au texte. La plupart du temps, mieux vaut les utiliser ; mais les copywriters professionnels sont des maîtres des mots, ils peuvent donc, de temps en temps, briser ces chaînes !

Être concis: c’est la règle de base (à utiliser 90 % du temps). Mais pourquoi pas aussi, de temps à autre, ajouter aussi des mots afin d’accentuer le sens et se faire mieux comprendre ? Éviter le jargon: certes, cela facilite la communication. Mais vous ne pouvez parfois pas vous en passer pour faire comprendre un concept. Mentionner un bénéfice dans le titre principal: c’est d’usage et très recommandé. Néanmoins, vous pouvez aussi choisir de vous focaliser sur un autre point (par exemple, cibler l’audience à laquelle vous voulez parler). Utiliser des mots simples: oui, toujours. Enfin… Presque. Parfois, utiliser un mot compliqué peut augmenter le prestige de ce que vous vendez. Utiliser des phrases courtes: une règle d’or ! Eh bien, pas à tous les coups… Si vous avez des choses compliquées à dire, vous n’aurez parfois pas le choix. Éviter les phrases négatives: le plus souvent, vous ferez bien, mais soyez créatifs et pensez à la situation que vous voulez décrire. Serez-vous plus efficace, plus convaincant avec une phrase négative ? Ne cognez pas sur la concurrence: c’est une règle commerciale qui a, aujourd’hui, du plomb dans l’aile avec les campagnes comparatives notamment. Aller droit au but: mais quel est ce point ? Le consommateur-lecteur connaît-il le problème ? Est-il évident ? Réfléchissez-y avant de rédiger.

13.5. Améliorer votre productivité d’écrivain « Plus vite vous pourrez écrire, et plus de travail vous pourrez rendre à un niveau acceptable de qualité, et plus vous pourrez bien gagner votre vie. Par ailleurs, devenir un écrivain rapide facilite le respect des dates limites, qui deviennent plus courtes chaque année : aujourd’hui, tout le monde est pressé, et tout le monde veut le travail pour hier. Si vous pouvez vous accommoder de dates limites courtes, vous pouvez plaire potentiellement à une portion substantielle du marché qui évalue positivement la rapidité. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 250) Comment améliorer simultanément la qualité et la productivité de son écriture ? Voici quelques trucs et astuces complémentaires proposés par Robert W. Bly.

Écrivez durant les heures de plus grande énergie (matin ou soir, à vous de savoir). Dégagez des plages horaires suffisamment longues durant lesquelles vous n’êtes pas dérangé. Détaillez ce que vous allez écrire. Avant d’écrire, réglez les détails mécaniques (liés à votre ordinateur ou traitement de texte). Copiez-collez certaines parties des matériaux issus de vos clients pour travailler votre texte. Rédigez les sections faciles en premier. Sauvegardez des copies de vos anciens projets sur un disque dur (vos anciens textes peuvent toujours resservir). Pensez aux travaux que vous avez réalisés pour d’autres clients : peuvent-ils servir ?

  1. Garder les clients satisfaits 14.1. Faites le meilleur travail que vous pouvez Augmenter sa productivité ne signifie pas pour autant diminuer sa qualité. Vous devez donner le meilleur de vous-même, non seulement parce que c’est dans l’intérêt des clients, mais aussi du vôtre. Les décevoir est votre pire cauchemar. Vous voulez par-dessus les conserver et acquérir une bonne réputation dans le métier. « Si un travail prend beaucoup plus d’heures que ce qui avait été anticipé au départ, mon conseil est de prendre le temps qu’il faut pour écrire le meilleur texte que vous pouvez. Ne vous préoccupez pas du profit. Le client est concerné par la qualité de votre travail, pas par votre profit ou vos pertes. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 257) 14.2. Ne manquez jamais une date limite La fiabilité est aussi essentielle que la qualité. Ne manquez donc pas les dates limites ! Voici quelques astuces supplémentaires de Robert W. Bly pour fournir le travail de façon ponctuelle.

Ne pas prendre un projet si on sait qu’on ne pourra pas respecter la date limite ; Ne pas prendre plus de projets que ce que l’on peut confortablement réaliser ; Négocier les dates limites trop courtes avec les clients ; Effectuer les recherches le plus rapidement possible ; Organiser les éventuels entretiens ou rencontres dès le début du projet ; Travailler les soirées ou les week-ends si cela s’avère nécessaire ; Engager quelqu’un pour se faire aider sur le plan administratif ou autre.

14.3. Donnez au client plus que ce qu’il attend Cela ne signifie pas qu’il faille donner son temps ou ses idées ! Néanmoins, vous pouvez proposer des choses à vos clients lorsque cela est opportun ou ne vous prend pas trop de temps supplémentaires. Souvent, ils seront contents de vous et ils vous donneront peut-être des projets supplémentaires. N’oubliez pas de conserver une mentalité de rédacteur-consultant, et pas seulement de rédacteur-exécutant. 14.4. Assurez-vous d’offrir le meilleur service au client « La satisfaction du client n’est pas quelque chose que vous pratiquez une fois par mois, et que vous pouvez laisser aller une fois que les choses vont tranquillement. C’est une attitude, une manière de faire des affaires, qui doit être appliquée de façon diligente à chaque moment, chaque minute de votre journée de travail. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 260) Vous devez donc soigner le service qui entoure le texte lui-même (c’est-à-dire le produit que vous offrez). Pourquoi ? Simplement parce que les clients sont très sensibles à la relation que vous entretenez avec eux, et pas seulement à la qualité des textes que vous leur envoyez. 14.5. Différenciez-vous de la concurrence Le plus important n’est pas d’être excellent ou d’être un génie dans son domaine, mais simplement d’être suffisamment bon (ou original) pour se démarquer de la concurrence. Vous pouvez y parvenir en améliorant votre service client, en vous spécialisant, etc. 14.6. Écoutez vos clients Vous coupez la parole ou trépignez d’impatience à l’idée de parler dès que l’autre a terminé ? Mauvaise idée… Vous n’êtes pas dans l’écoute. Or, les clients n’aiment pas cela. Ils ont besoin d’être écoutés et de s’assurer que vous comprenez ce qu’ils souhaitent. Prenez le temps d’étudier leurs propositions et de leur répondre calmement. 14.7. Méthode Faire plus pour un client ne veut pas dire faire ce que vous ne savez pas faire. Par exemple, vous n’êtes pas censé réaliser, en tant que rédacteur, le design d’une brochure, d’un manuel ou de quelconque autre texte. Parfois, les clients peuvent confondre votre service avec celui d’une agence et vous demander un « pack complet » incluant texte, mise en page, impression, etc. Pour éviter ce problème, vous pouvez publier et transmettre à vos clients, le plus tôt possible dans le cycle de vente, une brève description de votre méthodologie de travail. C’est-à-dire ? Vous proposez une liste des choses que vous faites et de ce que vous ne faites pas, en proposant des ressources pour ce que vous ne faites pas (par exemple, en proposant des noms de graphistes avec lesquels vous travaillez), en expliquant aussi la manière dont vous travaillez et transmettez les textes à vos clients.

  1. Problèmes usuels : comment les gérer 15.1. Votre client et vous avez des désaccords fondamentaux sur la façon dont le projet doit être géré Pour évacuer ce problème, assurez-vous dès le départ — quand votre client est encore un prospect — que vous avez une approche similaire des affaires. Lors de vos premiers échanges, vérifiez attentivement quels sont son style, sa philosophie, son ton et sa façon de concevoir le projet. Si vous ne vous sentez pas à l’aise, déclinez l’offre. Cela vous évitera un problème plus grand par la suite. 15.2. Votre client et vous avez un désaccord fondamental sur les modalités de la relation de travail Ceci ressemble au problème précédent, mais concerne les façons de travailler. Si vous n’aimez pas les réunions sans fin, par exemple, dites-le directement à votre client et — surtout — essayez de connaître au préalable ses habitudes. Vous pourrez alors choisir de travailler avec lui sur une base saine, ou refuser le projet. 15.3. Le client n’aime pas votre texte Les révisions sont une chose normale. Mais que faire lorsqu’un client n’aime pas du tout le texte et le refuse ? Cela peut être difficile à vivre, surtout si le client vous parle de façon agressive et désobligeante. Les deux premières choses à faire sont de rester calme et d’interroger le client sur ce qu’il n’aime pas précisément. Expliquez que vous devez comprendre très exactement ce qui ne fonctionne pas dans le texte pour pouvoir le réviser. Si le client est irrationnel ou de mauvaise foi, efforcez-vous de faire la révision du mieux que vous pouvez, envoyez la facture et passez au client suivant ! 15.4. Le client est en retard de paiement Les entreprises peuvent avoir des habitudes de paiement différentes. Même si vous indiquez « À payer dans les 30 jours » sur la facture, il se peut que certains clients prennent un peu plus de temps. Assurez-vous dans ce cas de la politique de l’entreprise en question. Si le temps passe et que rien n’arrive, procédez selon la méthode proposée au chapitre 12. Une autre méthode, incitative, consiste à proposer une petite réduction en cas de paiement rapide — par exemple, une déduction de x % pour un paiement dans les dix jours). 15.5. Le client refuse de payer la facture ou ne peut pas le faire Dans ce cas, vous devrez en passer par la voie légale. Attendez deux semaines, puis envoyez une première lettre. Répétez l’opération deux semaines plus tard si vous n’avez toujours pas de nouvelles. Ensuite, faites les démarches judiciaires nécessaires. Plus vous avez de documents (contrat, copie du compte en banque du client, devis, etc.) et plus vous serez en sécurité devant les tribunaux. 15.6. Le client exige une date de remise irréaliste « La définition d’un travail “en urgence” dépend du rédacteur et du client. Pour moi, deux ou trois semaines est une date limite acceptable, bien que j’essaie de laisser les trois semaines seulement pour les projets difficiles ou complexes. Je ne promets presque jamais rien en deçà d’une ou deux semaines, et un délai d’exécution de moins d’une semaine après la réception du projet est pour moi un travail “dans l’urgence”. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 276) Même s’il convient d’être flexible, vous avez des limites. Vous risqueriez de fournir un travail de moindre qualité et vous seriez perdant au bout du compte. Ne faites donc pas trop de compromis. Estimez correctement votre emploi du temps. Si c’est un client régulier auquel vous tenez, négociez toujours de façon courtoise. S’il insiste vraiment, vous pouvez soit refuser (au risque de mettre fin à la collaboration), soit accepter en lui faisant savoir poliment qu’il s’agit d’une faveur et que vous comptez augmenter exceptionnellement vos tarifs. 15.7. Vos prix sont trop élevés Ne vous sous-estimez pas ! Aucune profession n’a à rougir de ces tarifs. Vous faites un travail de qualité qui nécessite des compétences singulières et qui mérite une juste rétribution. Ne succombez pas non plus trop rapidement aux sirènes de la charité : vous faites des affaires, vous ne sauvez pas le monde. Enfin, ne laissez pas vos clients penser que vous affichez des prix surélevés ; or, c’est ce qu’il croira si vous baissez trop rapidement vos tarifs. 15.8. Le client ne veut pas signer le contrat Parfois, le client utilise l’urgence pour éviter d’avoir à signer un contrat. Pris par le temps, vous pensez qu’il est inutile ou inefficace de lui faire signer un accord. Mais si vous avez un document déjà préparé que vous n’avez qu’à lui envoyer, cela ne vous coûte plus rien. « Avec les emails et les fax, il n’y a aucune raison sur Terre pour laquelle le client ne pourrait pas recevoir, signer et vous retourner le contrat signé quelques minutes seulement après votre coup de téléphone. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 281) 15.9. Il y a des personnes dans l’entreprise qui ne coopèrent pas Agissez de manière stoïque. Vous êtes de passage, ce qui est positif (vous ne devrez pas faire face longtemps à ce manque de coopération) et négatif (en tant qu’outsider, il serait plus facile à un supérieur de vous blâmer vous, plutôt qu’un membre de l’équipe). Si le sujet s’envenime, prévenez simplement un supérieur de l’attitude de la personne ou du groupe en question. Faites-le de manière formelle, professionnelle. Ne vous laissez pas gagner par les émotions. 15.10. Le client annule le travail à mi-chemin Prévoyez une clause spécifique dans votre contrat en cas d’annulation. Vous pourrez ainsi, de façon totalement transparente, envoyer une facture pour le travail réalisé. Vous pouvez baser le montant de votre dû à partir de l’état d’avancement de votre travail. Par exemple :

10 % du montant total si le travail est annulé juste après son commencement ; 25 % du montant prévu si vous avez commencé le travail sans avoir encore proposé de texte ; 50 % si vous avez soumis une maquette du projet, mais que le texte n’a pas encore été fourni ; 75 % si le texte a été remis, mais que les révisions restent à faire ; 100 % si le texte est remis et révisé.

15.11. Le projet demande plus de travail que vous ne l’imaginiez Cela arrive souvent. Et c’est pourquoi il importe de bien cerner le projet au départ, de bien estimer le temps et la charge de travail. Toutefois, si vraiment le travail s’avère beaucoup plus complexe que prévu, que faire ? Surtout, ne dites pas au client que vous avez sous-estimé le travail, car cela vous dévaluerait à ses yeux. Si le travail demeure le même, efforcez-vous de le faire du mieux que vous pouvez et tenez-vous en là. Vous pourrez seulement trouver un nouveau compromis si le client a effectivement changé les objectifs du travail ou la quantité de contenu à fournir en cours de route. Dans ce cas, vous pourrez prévenir que ces modifications impliquent un changement de tarif. Et de ce fait, ajustez le contrat. 15.12. Le client veut le package entier, incluant le design et l’impression Vous pouvez soit vous référer au point 14.7 (avertir de ce que vous faites et ne faites pas en amont), soit proposer effectivement le « pack complet ». Dans ce cas, vous devez soit le faire vous-même (ce qui, de l’avis de Robert W. Bly, est une perte de temps et d’argent), soit externaliser les tâches supplémentaires à des freelances spécialisés. Mais rappelez-vous : cela n’a rien d’une obligation et vous pouvez très bien trouver des clients sans proposer des services supplémentaires.

  1. Construire votre activité d’écrivain freelance 16.1. Aller vers de nouveaux marchés et domaines Souvent, le rédacteur freelance commencera sa carrière dans un domaine proche du métier qu’il exerçait en tant que salarié. Il peut néanmoins chercher, plus tard, à diversifier ses horizons de missions. Comment s’y prendre ? Le meilleur moyen est sans doute de passer, au moins dans un premier temps, par des agences de publicité ou de marketing, car elles ont un éventail suffisant de clients pour vous faire travailler dans des spécialités différentes. Le bouche-à-oreille fonctionne également et peut, petit à petit, vous faire sortir de votre zone de confort. Vous pourrez être amenés à traiter des types de textes (articles de magazine, par exemple) que vous n’aviez jamais expérimentés auparavant. « L’aspect positif de réaliser quelque chose de nouveau est que c’est agréable, excitant, intéressant et que c’est un défi. Par ailleurs, cela vous donne de l’expérience et vous pouvez utiliser ces textes pour vous vendre afin d’obtenir de nouvelles missions dans ces domaines. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 289) Bien sûr, cela prend aussi plus de temps de travail, parce que vous n’avez pas l’habitude. Mais cela en vaut la peine. Cherchez à équilibrer votre emploi du temps entre choses connues et projets nouveaux. 16.2. Augmenter ses profits Il n’y a pas de poudre magique vous permettant d’augmenter vos gains comme par miracle. Voici les principales façons de faire mises en évidence par Robert W. Bly.

Écrire plus vite: cela vient avec le temps et l’organisation (parfois aussi quelques dispositifs techniques). Augmenter ses tarifs: ce n’est pas facile à réaliser, mais vous pouvez tenter le coup en justifiant et en respectant une certaine limite. Faire valoir ses droits d’auteur (de façon efficace): vous pouvez signer un contrat qui vous garantit des gains à chaque utilisation de vos textes. Engager des assistants: cela peut vous faire gagner du temps pour certaines tâches et donc vous faire travailler plus sur les tâches importantes qui rapportent davantage. Créer son entreprise: c’est un pas au-delà de la vie de freelance, c’est donc à vous de voir si cela vous plaît d’engranger ainsi les responsabilités et les tâches. Trouver des centres de profit additionnels: intervenir en tant que consultant, écrire des livres, etc.

16.3. Comment éviter l’épuisement ? « Dans un certain sens, la rédaction freelance est plus facile que d’autres jobs : pas de chef, pas de trajets, du travail intéressant et vous décidez de vos horaires. En même temps, écrire est très difficile. Chaque mission amène avec elle de nouvelles idées, de nouvelles dates limites, de nouveaux mots à créer à partir de zéro. À la différence d’un enseignant, qui peut donner les mêmes leçons chaque année, le rédacteur est toujours en train d’inventer quelque chose de nouveau. Or, cela peut être fatigant. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 296) Voici quelques pistes à suivre pour ménager votre temps et votre esprit.

Aller en vacances ; Réduire sa charge de travail ; Se lancer dans un projet personnel ; Avoir une vie sociale plus riche ; Ajouter de la diversité dans ses tâches ; Trouver une source de revenus complémentaires ; Diminuer son temps de travail (se mettre à mi-temps) ; Changer de voie professionnelle.

16.5. Continuer à se former Le rédacteur est un vrai « collecteur d’information » : afin de trouver de nouvelles idées pour rédiger ses textes, il doit constamment se tenir au courant des avancées dans son domaine, notamment en lisant des magazines et autres livres. Plus généralement, le rédacteur freelance est curieux de tout ce qui se passe autour de lui, et il cherche aussi à apprendre par l’observation : en repérant les façons d’interagir entre personnes, il acquiert de l’expérience en matière de relations commerciales. Le rédacteur peut également s’inspirer des personnes qui réussissent à ses côtés. Cela lui montre la voie à suivre. 16.6. Soyez résistants et n’abandonnez jamais ! Le rédacteur freelance ne doit pas regarder à court terme, mais viser le long terme et être tenace. Certaines journées sont fructueuses, d’autres non. Vous créez parfois beaucoup de contacts pour obtenir, finalement, peu de clients. C’est ainsi ! L’important, c’est de continuer à tisser son réseau et à gagner sa vie, peu à peu. La persévérance vaut bien davantage que le génie ou le talent : c’est elle qui vous fera avancer jusqu’à l’objectif souhaité. Bien sûr, vous aurez peur — et donc besoin de courage — et vous ferez des erreurs — et donc vous aurez besoin d’intelligence. Même si vous avez déjà suffisamment de clients, n’hésitez pas à continuer à prospecter. Plus vous avez de choix, plus vous pouvez choisir ceux qui vous intéressent davantage ou vous rapportent plus.

  1. Devenir millionnaire grâce à l’écriture, l’épargne et l’investissement : derniers conseils 17.1. La clé de votre indépendance financière : commencez à épargner maintenant ! Pour atteindre les 100 000 $ (ou euros) à l’année, comme l’auteur le promet, vous pouvez suivre les conseils donnés dans les 16 chapitres précédents. Vous pouvez le faire : tel est le crédo de Robert W. Bly. Si vous voulez atteindre le million, alors il vous faudra sans doute épargner et investir. Suivez les conseils de vos banquiers et assureurs. Tentez de conserver entre 10 et 40 % de ce que vous recevez de vos clients. N’oubliez pas, en effet, que vous aurez à payer des taxes. Par ailleurs, en tant qu'entrepreneur freelance, vous devez assurer vous-même votre pension. Commencez dès que vous le pouvez. Comment ? En investissant dans des bons d’État, des actions, etc. Mais aussi par l'investissement immobilier ou en souscrivant à des assurances vie, par exemple. Tel est le conseil de l’auteur : « Ne sacrifiez pas votre vie pour l’argent. […] Mais faites de l’accumulation de la richesse une priorité de votre existence. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 311) Trois conseils basiques, empruntés par l’auteur à Michael Masterson :

Augmentez vos revenus Développer des capitaux propres, que ce soit par le biais d’investissements immobiliers ou d’entreprises que vous possédez Réduisez vos dépenses, de telle façon à ce que vos revenus soient toujours supérieurs à vos frais

17.2. Mettez votre carrière en perspective Voici les dernières recommandations de Robert W. Bly pour réussir sa vie de rédacteur freelance. Une sorte de liste récapitulative à la Prévert pour terminer en beauté !

« Faites de votre mieux Tenez vos promesses Respectez les dates limites Établissez des priorités dans vos tâches Aidez vos clients Prenez soin de vous Concentrez-vous sur ce que veut le client et donnez-le-lui Conservez de l’ordre dans vos dossiers Si vous sentez que quelque chose va mal ou n’est pas confortable, allez-vous-en Épargnez et investissez votre argent Profitez du temps avec vos enfants tant qu’ils sont jeunes et vous veulent près d’eux Restez dévoué à votre métier et votre savoir-faire Soyez un éternel étudiant — au sujet de la rédaction, du commerce et des domaines sur lesquels vous écrivez Ne soyez pas arrogant, mais humble Apprenez à dire non. Ne vous surchargez pas ni ne promettez trop Attendez-vous et apprenez à vivre avec des hauts et des bas Restez cool, tranquille et posé. Ne permettez pas à la colère d’interférer avec vos pensées et vos actions Payez à temps et assurez-vous d’être payé Traitez les autres de façon juste Établissez les choses par écrit Assurez-vous que les autres vous traitent justement Réalisez des travaux qui vous font plaisir Pour chaque mission, donnez davantage à vos clients que ce que vous êtes payé pour faire le travail Gérez une diversité de missions tout en vous développant comme spécialiste dans un ou plusieurs domaines Demandez des prix corrects Ne faites pas payer trop cher Soyez prêt à vous éloigner Restez en contact avec vos clients et prospects. » (Secrets d'un écrivain freelance, p. 313-315)

Conclusion sur « Secrets d'un écrivain freelance » « Secrets d'un écrivain freelance » de Robert W. Bly est un classique du genre Réédité trois fois depuis sa première publication en 1988, il a inspiré un grand nombre d’écrivains freelance aux États-Unis et en Europe. Il s’agit donc d’une lecture presque obligatoire et initiatique pour tout rédacteur (web ou non) freelance en herbe. Bien sûr, certaines parties mériteraient une actualisation. Comme il n’est plus réédité depuis 2006, tout le traitement de la question d’internet demeure aujourd’hui insuffisant. Par ailleurs, on peut rester sur sa faim quant aux techniques d’écriture. Néanmoins, cela n’enlève rien à la qualité du livre et vous pourrez aisément compléter cette lecture par d’autres ouvrages plus actuels ou plus techniques. Ce qu’il faut retenir de « Secrets d'un écrivain freelance » de Robert W. Bly Un livre très bien écrit, à la fois agréable à lire et pertinent, qui focalise son attention sur les meilleures manières d’acquérir un niveau de vie confortable en réalisant une activité de rédaction freelance, avec une pléthore de conseils orientés productivité, promotion de soi et relations clients. Points forts :

La qualité d’écriture ; Les innombrables conseils pratiques sous forme de listes ; Une sincérité dans la démarche qui se ressent à chaque page ;

Point faible :

Un livre qui a un peu vieilli — depuis 2006, la situation du rédacteur freelance a été largement transformée par le développement exponentiel d’internet et des réseaux sociaux.

Ma note :                  Avez-vous lu le livre de Robert W. Bly « Secrets d'un écrivain freelance » ? Combien le notez-vous ? [ratings] Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Robert W. Bly « Secrets d'un écrivain freelance » Visitez Amazon afin d’acheter le livre de Robert W. Bly « Secrets d'un écrivain freelance »

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Thu, 09 Dec 2021 17:00:00 +0100 http://www.olivier-roland.fr/items/view/11804/Secrets-dun-crivain-freelance